La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENŒS
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- CINQUANTE-SEPTIÈME ANNÉE 1929 — DEUXIEME SEMESTRE
- MASSON ET C% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD_ .SAINT-GERMAIN
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- N- 2812.
- LA NATURÇ
- 1" Juillet 1929
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- LA VIE MOUVEMENTEE D'UN OBSERVATOIRE : KSARA
- L’Observatoire de l’Ebre, dont il a été question récemment dans les colonnes de La Nature (n° 2807), a joui d’une vie paisible dans un pays civilisé que n’a pas atteint la tourmente de 1914. Celui de lvsara, au Liban, qui peut être considéré comme le fils spirituel du précédent, a eu, au contraire, à subir tous les soubresauts de la grande Guerre. Il fut en plein dans le rayon de la tourmente, dans l’ouest de cette Syrie, un peu mystérieuse, et dont les peuples divers ne sont jamais tranquilles. t L’idée de la création d’un Observatoire à Ksara naquit à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, fondée et dirigée par les Jésuites, au cours de l’année scolaire 1903-1904.
- On se rappelle que c’est le 8 septembre 1904 qu’eut lieu l’inauguration privée de l’Observatoire de l’Ebre. Parmi les collaborateurs de la première heure, l’Ebre compta le P. Bonaventure Berloty, docteur ès sciences, Français, qui s’occupa quelque temps du service horaire, et fut le premier directeur de Ksara.
- Géographiquement, Ksara se trouve par 920 mètres d’altitude et sous un ciel d’une incomparable pureté, au bord de la plaine de Bekaa (ancienne Cœlésyrie), sur un des derniers mamelons du Liban, près de la petite ligne ferrée de Beyrouth à Reyak, Damas et Alep, à 52 minutes en chemin de fer de la première de ces villes (40 km à vol d’oiseau).
- L’histoire tragique de cette maison scientifique a été racontée d’une façon émouvante dans sa simplicité par le P. Berloty, dont les notes ont la précision de clichés photographiques.
- Elle comprend six périodes.
- La première embrasse les années 1906-1908. Ce sont les débuts. On s’installe. On se meuble. On commande les instruments : montres, pendules, lunettes, appareils magnétiques et météorologiques. On marche prudemment. Personne ne sait ce que deviendra la nouvelle fondation. On commence à travailler avec un personnel dévoué, mais de fortune.
- La seconde période dure deux ans, 1909 et 1910. On s’aperçoit qu’on est à l’étroit. On commence à s’agrandir. On termine les installations magnétiques. Un sismographe arrive. Il oblige à construire de nouveaux bâtiments. En mai 1910, on commence à publier un Bulletin.
- De 1911 à 19.14, l’Observatoire reçoit ses lettres de grande naturalisation. Les pouvoirs publics s’intéressent
- à lui. Le Bureau des Longitudes, l’Académie des Sciences, le Bureau central météorologique inscrivent Ksara sur la liste des établissements à qui ils font le service de leurs publications. Le P. Berloty visite les savants, établit d’utiles relations. On installe un équatorial, un héliographe, diverses machines, la T. S.F. On a une tour et une coupole. L’avenir s’annonce prospère et fructueux. Et puis, tout à coup, on ressenties oscillations qui précèdent les grands séismes, aussi bien moraux que matériels. La guerre menace. On devient suspect aux autorités turques. Et, finalement, on est obligé de partir en laissant à peu près tout.
- De 1914 à 1918, période sinistre. Le P. Berloty et ses auxiliaires, d’abord arrêtés, puis relâchés, sont autorisés à quitter la Syrie. Ils n’y reviendront qu’à la cessation des hostilités et pour trouver tout détruit. « Un désastre complet, écrit le P. Directeur. On avait voulu éteindre, un jour, un incendie avec de la terre et on était tombé sur la cachette aux instruments les plus précieux qui, naturellement, étaient devenus la proie des vandales. Tout était à recommencer, sauf les murs. »
- Le Haut Commissariat de la France en Syrie, les Affaires étrangères et l’Académie des Sciences, celle-ci sur le fonds Loutreuil, mirent le P. Berloty en état de remonter l’installation On put réparer l’équatorial et quelques autres instruments. On fit des achats nouveaux d’enregistreurs et d’indicateurs de toutes sortes. La géodésie fit son apparition en liaison avec le Service géographique de l’armée.
- Ce que le P. Berloty appelle la cinquième période va de la fin de 1919 au commencement de 1922. Au
- Fig. 1. — Les premiers travaux.
- Observation du passage de Mercure sur le soleil, le 14 novembre 1907.
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- kig- 2. — Ce qui restait, du sismographe après la guerre.
- début, le Père est seul. Sur la lin de 1920, il reçoit deux de ses confrères, les PP. Combier et Horan. Le premier est aujourd'hui son successeur. Le second venait de Zi-ka-wei, un des principaux, sinon le principal établissement scientifique d’observation des PP. Jésuites. On continue, naturellement, les travaux astronomiques et annexes. Mais l’événement capital de la période, c’est l’arrivée du général Perrier, alors lieutenant-colonel, qui fait de Ksara un centre géodé-sique.
- Enfin, le 4 juillet 1921, le général Gouraud, Haut Commissaire français en Syrie, après avoir remercié les PP. Berloty et Combier du concours prêté à la Mission géodé-sique syrienne, crée le Service Météorologique de Syrie, et en confère la direction au premier des deux Pères. Ksara devient donc un établissement officiel. Les frais du nouveau service sont mis à la charge du Service de l’Agriculture du Haut Commissariat.
- Nous sommes maintenant dans la sixième période.
- Le 15 août 1925, le P. Berloty a remis ses fonctions de directeur de l’Observatoire et dü Service météorologique officiel à son compagnon, le P. Combier. Ksara est
- classé. Il reçoit des visites officielles. Une nouvelle subvention du fonds Loulreuil vient l’aider à remplir ses devoirs scientifiques. Le P. Berloty est nommé correspondant de l’Académie des Sciences. On publie des Annales météorologiques — trois années ont déjà paru — et le premier volume des Mémoires vient d'être terminé. C’est de celui-ci que sont tirées ces notes et les gravures qui les accompagnent.
- Devenu centre météorologique officiel, Ksara rayonne sur Lattaquié, Damas, Soueida, Alep, Salamieh, Alexan-drette et autres sous-stations. Il en projette de nouvelles à Baalbec, à Kosseir, etc.
- La sismologie, la géodésie, les mesures de gravité interfèrent avec la météorologie.
- L’activité de Ksara paraît vraiment extraordinaire, surtout si l’on réfléchit à l’étendue du domaine sur lequel elle s’étend et aux difficultés politiques et autres qui ont encore, depuis la guerre, troublé ces régions où la population manque d’homogénéité, et où les ambitions personnelles et les menées souterraines entretiennent une agitation endémique.
- On comprend, toutefois, qu’il soit possible à des religieux, détachés des préoccupations ordinaires de l’existence, complètement dévoués à leur œuvre, de la mener à bien, malgré les difficultés matérielles et la faiblesse des moyens financiers dont ils disposent.
- Les tendances scientifiques des Pères Jésuites se manifestent dès longtemps dans le domaine de l’observation systématique des phénomènes terrestres, aériens, astronomiques.
- Voici présentement, sauf erreur ou omission, comme disent les comptables, les établissements de ce genre dirigés et fondés par les Pères, en dehors de ceux de l’Ebre et de Ksara :
- A Zi-ka-wei, en Chine : Observatoire d'abord exclusivement météorologique, fondé en 1873 par le P. Deche-
- Fig. 3. — L’Observatoire actuel.
- Entre les bâtiments, camp de la mission géodésique.
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- Fig. 10. — Lejfoudateur de l’Observatoire de Ksara, le P. Berloty, entouré du P. Combler à gauche et du P. lloratt à droite.
- vrens, et qui comporte une section de sismologie à Zi-ka-wei même, une d’astronomie à Bocé, une de magnétisme à Lot-ka-pang. Le directeur actuel de Zi-ka-wei
- est le P. Froc. Gomme spécialité, on s’occupe de la prévision des typhons.
- Cette prévision figure aussi au programme de l’Observatoire météorologique de Manille, fondé par les Pères espagnols, et dirigé par le P. Àlgué. L’établissement est subventionné par le gouvernement de Washington, après l’avoir été par celui de Madrid.
- L’Observatoire de Madagascar a été fondé en 1889 à Ambohidèmpona, près Tananarive, par le P. Colin, qui a laissé un nom apprécié dans la science française. Il est astronomique, météorologique et magnétique, et actuellement dirigé par le P. Poisson.
- Buluwayo, en Rhodésie, a aussi un Observatoire fondé vers 1905 par le P. Gates.
- Calcutta et La Havane ont deux établissements de moindre importance.
- Il existe aussi un Observatoire au fameux collège anglais de Stonyhurst, fondé par le P. Perry ; un autre à Santa Clara University, en Californie (Ricard Obser-vatory) et un autre encore à Riverview College, en Australie. Sous la direction du P. Pigot, on s’y occupe spécialement d’observations sismographiques.
- Notons enfin, à Jersey, l’Observatoire exclusivement météorologique, créé en 1900 par le P. Dechevrens, le fondateur de Zi-ka-wei. On ne peut guère citer le nom de cet éminent et savant religieux sans rappeler qu’il a fait construire, il y a une trentaine d’années, par la maison Chateau, de Paris, un curieux appareil appelé campylographe, qui, par le simple déplacement d’une plume actionnée par un système de coordonnées orthogonales, produit toutes sortes de figures géométriques décoratives susceptibles d’être employées dans la fabrication de la dentelle.
- Cette adaptation des Pères Jésuites à la recherche et à l’étude des questions scientifiques est d’ailleurs toute naturelle. Elle est le corollaire du sentiment religieux. Est-ce que l’Ecriture ne dit pas quelque part :
- Gœli enarrant gloriam Dei !
- C’est la « gloire de Dieu » qu’ils poursuivent, aussi bien dans le calme et la douceur de l’Ebre que dans l’agitation et l’angoisse de Ksara, dans le lointain Zi-ka-wei que dans le proche Jersey.
- Et partout, grâce à cette poursuite, la Science enrichit son domaine. Léopold Reveuchon.
- LES ATLAS LINGUISTIQUES
- ET LEURS PROGRÈS RÉCENTS
- Nous avons montré naguère à nos lecteurs l’intérêt de la géographie linguistique et nous avons signalé plus récemment les vœux émis par des congrès de spécialistes en faveur d’une enquête sur les langues du monde, dont le but serait la constitution d’un ensemble d’atlas lin guistiques(1).
- Le rôle des atlas linguistiques devient ainsi prépon-1. Voir La Nature du 1er avril 1922 et du 15 sept. 1928.
- dérant dans l’étude comparative du langage. 11 n’est pas sans intérêt d’examiner brièvement les progrès qu’ils ont réalisés depuis le début du siècle.
- On sait que le premier atlas linguistique conçu suivant une méthode scientifique est celui de la France romane, exécuté par Gilliéron et Edmont (Paris, Champion, 1902-1910). L’enquête, faite par Edmont, avait duré quatre ans (1897-1901). Le questionnaire, qui comportait des mots
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- isolés et de petites phrases, a été traduit, par un sujet indigène, en patois local, dans 638 localités. Chaque mot recueilli a sa carte (il y en a deux mille environ), sur laquelle chaque forme est inscrite en regard de la localité correspondante, représentée par un numéro.
- Nous reproduisons, à titre d’exemple, un fragment (relatif à l’Est) de la carte coq : on y reconnaîtra les types ;a, jô (.latin gallus), coq, poul dont 17 est tombé (masculin de poule), et poulot, couchot (couèchot, etc.) variantes bourguignonnes de poulet, cochet (petit coq)(1).
- Cet Atlas, extrêmement consciencieux, a marqué une date. Il est bien évident, toutefois, que la perfection ne pouvait être atteinte du premier coup. Si la méthode de Gilliéron a été suivie, dans l’ensemble, par ses successeurs (pour la plupart, ses élèves), à l’examen se sont révélées un certain nombre de défectuosités.
- Gilliéron avait pris pour enquêteur un érudit à l’oreille très fine, des plus consciencieux, connaissant bien les gens et les choses de la campagne, mais qui n’était pas linguiste. Il avait agi ainsi délibérément, pour que son collaborateur restât passif et enregistrât les réponses des sujets comme un phonographe. Or il s’est trouvé que souvent le sujet n’a pas compris la question, qu’il s’est mépris sur la chose ou sur le mot demandé, et qu’il a répondu à côté ou de travers. D’où des erreurs, dont beaucoup sautent aux yeux des spécialistes, mais dont d’autres peuvent passer inaperçues.
- L’enquête a été trop rapide. Avec les moyens très modestes dont disposaient les auteurs, ils ne pouvaient faire mieux, et on ne saurait trop vanter l’abnégation d’Edmont qui, pour réduire les frais, faisait à pied de longues traites malgré son âge, et couchait souvent dans de mauvaises auberges. Mais l’expérience a montré qu’il disposa de trop peu de temps pour choisir ses sujets et surtout pour les interroger : intellectuellement, le paysan se fatigue vite; un interlocuteur fatigué est plus sujet aux lapsus, aux confusions, aux erreurs.
- Si fine que fût l’oreille d’Edmont, elle n’était habituée qu’aux patois du Nord. La phonétique du Midi l’a un peu déconcerté : d’où des hésitations, voire des bizarreries de notation, sur lesquelles on a beaucoup épilogué, mais qui n’ont pas d’autre cause.
- Enfin, malgré sa connaissance de la vie rurale qui portait surtout sur son pays, Edmont s’est trouvé en présence de choses, de désignations, d’interprétations régionales et locales que le questionnaire n’avait pas prévues et qu’il ignorait. Ainsi à la demande « charrue » on a répondu dans le Midi par araire, qui représente un instrument aratoire tout différent; mais comme en certaines contrées (p. ex. en Wallonie) la charrue est appelée « araire » et que le contraire est possible, cette carte est à peu près inutilisable et Gilliéron m’avait déclaré lui-même qu’elle était à refaire.
- Les auteurs des nouveaux atlas linguistiques se sont efforcés de remédier à ces diverses imperfections et d’améliorer les procédés d’enquête, en serrant de plus près les réalités linguistiques.
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- 1. On sait que dans l'orthographe phonétique toutes les lettres se prononcent; ici h» a la valeur du w anglais (ou consonne), et l’« pourvu d’une boucle à gauche doit se lire ou.
- D’une manière générale, on a reconnu la nécessité de prendre des linguistes pour enquêteurs, car il est certaines erreurs de réponses qu’on ne peut tout de même pas enregistrer. L’expérience a’aussi prouvé que, pour recueillir dans de bonnes conditions des parlers populaires, il importe de les connaître au préalable, afin d’avoir l’oreille habituée à leur phonétique, afin de pouvoir vérifier l’indi-génat des sujets, dépister leurs erreurs et, au besoin, leurs supercheries. Enfin, il faut disposer d’un temps assez long pour choisir ses sujets et surtout pour les interroger, en leur laissant le repos nécessaire. Une attention toute particulière doit être donnée à l’identification des mots, à. la corrélation entre les termes et les objets ou les idées.
- L'Atlas de Catalogne, de M. Griera(1), réalise la plupart de ces desiderata. L’auteur a été son propre enquêteur : travail considérable pour un seul homme et que permettait seule la moindre étendue du territoire étudié.
- il a procédé d’abord à une enquête préliminaire, pour choisir, en connaissance de cause, les localités et s’initier aux divers types dialectaux, aux richesses du vocabulaire, aux variétés grammaticales. Il s’est efforcé d’enrichir le
- (1) Barcelone, Institut d’estudis catalans. 4 fascicules (cartes 1 à 786) ont paru depuis 1923; le 5e est sous presse. Il embrasse le Roussillon, la Catalogne, la lisière de l'Àragon, la province de Valence et lesBaléares (250 localités).
- Fig. 1. — Fragment d’une carte linguistique de la France : le nom de coq dans l’Est.
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- questionnaire et de serrer les mailles du filet : son atlas a quelque 3500 cartes ; la densité des points enquêtés est supérieure à celle de l’Atlas de France.
- Quant à l’enquête elle-même, l’auteur a passé environ une semaine dans chaque localité, à raison de huit heures de travail par jour. Il a choisi comme sujet une personne patiente, disposant de loisirs suffisants, instruits des choses et usages du pays et n’ayant jamais quitté la localité (condition plus facile à réaliser en Espagne qu’ailleurs). A la fin de l’enquête, il contrôlait les réponses douteuses en consultant d’autres personnes.
- h’Atlas de l'Italie et de la Suisse méridionale, de MM. Jaberg et Jud(1) réalise encore de nouveaux progrès. Englobant toute l’Italie romane (y compris la Sicile, la Sardaigne et le Tessin) ainsi que les Grisons romanches, il porte sur 400 localités et renfermera environ 1600 caries. Près de vingt années ont été consacrées à la préparation de ce travail. L’enquête a été confiée à des spécialistes, connaissant particulièrement les régions linguistiques qui leur étaient assignées : M. Scheuermeier pour la Suisse, l’Italie septentrionale et centrale, M. Rohlfs pour l’Italie méridionale et la Sicile, M. M.-L. Wagner pour la Sardaigne.
- Le questionnaire a été préparé avec un soin particulier. En principe, comme pour l’Atlas catalan, le questionnaire de l’Atlas de la France est pris pour base, mais avec de nombreuses additions, suppressions, modifications, afin de l’adapter à la mentalité des paysans qui varie d’ailleurs suivant les régions enquêtées. Un bon questionnaire doit reposer à la fois sur la connaissance psychologique du milieu social et sur la connaissance des objets, de la vie rurale, des coutumes. Les mots ne sont-ils pas les reflets des choses et des idées?
- La corrélation entre les mots et les choses a été minutieusement recherchée. L’atlas a la prétention justifiée de ne pas être seulement un atlas de mots, mais aussi un atlas des choses (Sach-atlas). Un volume de photographies l’accompagnera, dans lequel ont été recueillis nombre d’objets et ustensiles locaux, anciens costumes, habitations et leurs annexes, scènes de la vie rurale, procédés de culture, etc. Contribution inestimable au folklore.
- Le mot doit être replacé, pour être compris par le sujet, dans son ambiance à la fois linguistique et sociale. Les mots polysémiques ont besoin d’être précisés, d’autant plus que les groupes de sens, d’une langue à l’autre, ne se recouvrent jamais. L’anse vous paraît un mot précis, suggérait Gilliéron? Méfiez-vous, car l’anse du pot peut avoir un nom différent de l’anse du panier.
- Souvent les questions les plus simples sont mal comprises. Traduire c’est trahir, a remarqué depuis longtemps l’Italien. Si en principe les questions sont posées dans la langue nationale, il faut que l’enquêteur puisse se servir du dialecte ou, au moins, des formes régionales; s’il y a hésitation chez son interlocuteur, il aura recours à des explications, à des photographies, voire à des gestes.
- Les enquêteurs ont interrogé de préférence les paysans
- t. Zofingen (Suisse), Hbr. Ringier, 1er fasc. (cartes 1 à 198), 1928.
- dans leurs milieux, afin d’avoir à leur portée nombre d’objets qu’ils pouvaient désigner de la main. Le contrôle des parents ou amis n’est pas moins précieux, bien qu’il allonge les séances.
- On s’est efforcé, d’autre part, d’induire le paysan en confiance, en s’intéressant à sa vie, à ses travaux. On a obtenu ainsi nombre d’expressions spontanées, de termes à valeur affective qu’un questionnaire rapide ne saurait donner.
- Les localités ont été repérées soigneusement, afin de fournir les divers types de langages : dialectes urbains (qui n’existent plus guère en France) et ruraux, localités reculées à l’idiome conservateur, villages soumis aux influences urbaines, commerciales, etc.
- Les sujets sont choisis avec discernement non seulement parmi les natifs de l’endroit, mais, autant que possible, parmi ceux dont les père et mère étaient indigènes, car on désire recueillir un langage pur d’influences externes. L’explorateur a passé en moyenne deux ou trois jours dans chaque localité, pour les recherches préliminaires et le choix du sujet. Quant à l’interrogation, il a fallu compter de deux à sept jours suivant les cas, avec une durée totale de 18 à 40 heures : la longueur des séances variait naturellement suivant l’intelligence du sujet et, surtout, sa résistance à la fatigue, moins grande chez les gens âgés. L’enquête de M. Scheuermeier, qui a porté sur 306 localités, a duré 6 ans, celle de M. Rohlfs (80 localités) 15 mois, et celle de M. Wagner 5 mois (pour 20 villages).
- Les cartes nous donnent le maximum de renseignements qu’ait offerts jusqu’ici un atlas linguistique. D’abord la notation phonétique est plus détaillée, plus nuancée, plus riche en un mot que dans les atlas précédents : la photographie de la parole est ainsi d’une approximation beaucoup plus grande. Au point de vue psychologique, divers signes indiquent les variantes, les réponses exclamatives, hésitantes, douteuses, rapides ou ralenties, celles qui sont dues à une autre personne, les valeurs (archaïque, néologique, grossière, rustique, recherchée), etc. En outre, sur chaque carte une légende signale les faits spéciaux au mot ou au groupe transcrit, avec les erreurs de traduction et diverses particularités. Enfin une notice copieuse de 240 pages réunit : le système de transcription, le questionnaire, la liste des localités avec leurs caractéristiques linguistiques et les références des sujets; elle donne, en outre, des détails très complets sur la préparation de l’atlas, l’organisation de l’enquête, les difficultés rencontrées et les moyens employés pour y obvier.
- D’après ce bref résumé, on peut juger du formidable travail que représente un atlas linguistique scientifiquement conçu, de la complexité des problèmes qu’il soulève et de la richesse des matériaux qu’il renferme.
- D’autres atlas sont en préparation. Devancés par les Suisses, les romanistes italiens veulent exécuter, eux aussi, leur atlas d’Italie : MM. Bartoli et Bertoni ont'fait commencer une enquête à cet effet. Un atlas espagnol, qui complétera celui de M. Griera, est à l’étude à Madrid sous la direction de M. Menendez Pidal. Sur des domaines plus restreints, M. Le Roux a commencé à
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- publier l’atlas du bas breton ('); en Belgique, M. Blanc-quaert élabore celui du flamand, M. Haust celui du wallon. Un atlas basque est également annoncé.
- 1. Le 1er fascicule a paru en 1924, le 2e en 1927 (Paris, Champion), 100 cartes par fasc. (doit en compter 1200); 77 communes enquêtées.
- LE MONT-SAINT-MICHEL
- L’insularité du Mont-Saint-Michel ne préoccupe pas que les artistes et les archéologues, mais aussi l’opinion
- Il est à souhaiter que les aulres nations suivent cet exemple, et qu’en France on se prépare à publier des atlas linguistiques de nos colonies avant la disparition ou la désagrégation des dialectes indigènes.
- Albert Dauzat
- Directeur d'études à l’Ecole pratique des Hautes Études.
- ET SON ENSABLEMENT
- par l’Etat. Bien qu’elle ferait mieux comprendre l’ensablement de la baie, pareille relation serait ici trop longue.
- Fig. i. — Le Mont-Saint-Michel.
- publique, et tous la voudraient voir une bonne fois pour toutes résolue. Pendant des années et des années, sans résultats elle a été agitée, discutée par les services techniques du Ministère des Travaux Publics, par ceux des Beaux-Arts, enfin par l’Association des Amis du Mont. Et voici qu’elle reprend à la suite du vote par le Parlement d’un crédit d’un million de francs pour l’étude des travaux pouvant assurer cette insularité.
- Nous n’avons point l’intention d’examiner la topographie, l’hydrographie et la géologie de la baie du Mont-Saint-Michel, pas plus que de citer et décrire les multiples travaux de toute sorte qui ont été exécutés au cours des ans (de 1856 à 1880) autour du Mont par des particuliers, des sociétés et même par l’Etat dans le but, les uns, de parer aux divagations de la mer et des rivières se jetant dans la baie et de désensabler(l) le Mont, les autres, de favoriser et consolider le colmatage de plusieurs milliers d’hectares pris sur la mer et concédés
- LE MÉCANISME DE L’ENSABLEMENT
- Bien des personnes veulent voir dans quelques-uns de ces travaux et particulièrement dans l’établissement de la digue insubmersible la seule cause de l’ensablement de la baie. Il est plus exact de dire qu’ils ont grandement aidé et accéléré un phénomène qui est d’ordre naturel, la tendance qu’a la mer de ronger caps et promontoires et de combler golfes et baies, car si la mer est une grande démolisseuse, elle est aussi une ouvrière laborieuse. Rien n’est immuable et la continuité du changement est la grande loi de la nature. Plus ou moins apparente, plus ou moins rapide, qu’elle soit ou non accommodée à notre vue, cette modification existe, et nous assistons sans cesse à une sorte de palpitation de la matière. Certains points du globe s’élèvent, d’autres s’abaissent; des variations continuelles se produisent dans les bassins maritimes, généralement très lentement,
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- Polders gagnés
- Sur tes grèves Polder^
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- Fig, 2. — Carte de la baie du Mont-Saint-Michel (1916).
- ce qui les rend difficiles à suivre, mais peu à peu elles acquièrent une réelle valeur. En réalité, le rivage n’a qu’une fixité apparente et il n’est pas nécessaire de remonter à des époques très éloignées pour être témoin de l’envahissement ou du retrait des eaux.
- Dans une étude très instructive parue dans les Annales des Ponts et Chaussées (1913), M. Lecoq, actuellement ingénieur en chef de la Manche, en montrant le mouvement général des grèves ou alluvions dans l’arière-baie du Mont, fait ressortir par là même l’influence de certains de ces travaux sur le régime des grèves. Prenant notamment un secteur de 82 hectares environ, s’étendant jusqu’à 1000 mètres du Mont et ayant pour centre le Mont et pour limites la digue insubmersible, d’une part, la direction de la digue submersible de Roche-Torin, d’autre part, il note que si dans ce secteur les grèves ne s’y comportent pas pareillement, du moins leur niveau moyen s’est élevé de 0 m 66 dans la période 1884-1911, soit un exhaussement moyen annuel de 0 ra 025.
- Au moyen de graphiques, il montre que le long de la digue insubmersible et aussi suivant la direction du moulin de Montitier régnent deux dépressions perma-
- Fig. 4. — Carte de la baie indiquant des hermelles en direction du Mont-Saint-Michel.
- D’après M. Houbert.
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- nentes; que celles-ci agissent comme de véritables cours d’eau dont la rive concave, comme on le sait, est toujours plus affouillée que la rive convexe, par suite de la vitesse du courant et également en raison de la facilité avec laquelle les tangues(*) sont entraînées par les eaux tant d’égouttement des polders d’Ardevon que des eaux de surface de la partie de grève correspondant aux anciens lits des ruisseaux de la Rive et du Pont-Landais. Le fond de la dépression voisine de la digue insubmersible était en 1911 à la cote de 11 m 86 alors qu’en 1908 la partie de grève correspondante était à la cote de 13 m 45, soit, par conséquent, en trois ans, .une dénivellation de 1 m 59 au voisinage même de la digue. Ainsi les eaux douces, en si minime quantité qu’elles soient, sont à même, par un écoulement sinon continu, du moins très fréquent, d’empêcher tout exhaussement des grèves, de maintenir celles-ci en état d’équilibre, et de détruire, dans des limites évidemment en rapport avec l’importance du débit de ces eaux, des herbus arrivés presque à maturité.
- Ce même technicien dans une autre série de graphiques représentant les variations du niveau moyen des grèves,
- 1884-85-86 1888
- Fig. 3. — Graphique de Vensablement de la baie. Extrait des « Annales des Ponts et Chaussées », 1913.
- dans l’ensemble du secteur en question, montre également que l’exhaussement est toujours plus grand au N.-E. qu’au S.-O. Ceci mérite attention, car on devait plutôt s’attendre à voir des dépôts se produire à l’abri de la digue insubmersible tandis que les courants du flot se développant librement au N.-E. du Mont devaient s’opposer à la formation de tous dépôts dans cette partie. D’où M. Lecoq en conclut que la digue insubmersible est sans effet sur les atterrissements et qu’il ne faut pas compter sur les courants de marée pour détruire les atterrissements existants ou pour empêcher la formation de nouveaux.
- Si maintenant on examine les caries dressées chaque année par le Service maritime des Ponts et Chaussées et
- 1. Sable argilo-calcaire d’une teinte générale grise plutôt triste, presque impalpable, extrêmement mobile et n’offrant aucune résistance à la corrosion et à l’entraînement par l’eau. Jadis, objet d’un grand commerce, car il était utilisé par les agriculteurs de la région comme engrais.
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- montrant l’emplacement des cours de la Sée et de la Sélune, on remarque en 1911 un fait qui ne s’était pas encore produit, ces deux rivières sont entièrement reportées dans le N. de la baie, côtoyant le rivage Or, c’est cette même année que le niveau des grèves est le plus élevé aux abords du Mont, et si l’on poursuit cet examen, on constate une concordance absolue entre le cheminement de ces deux rivières vers le N. et les oscillations des grèves. Il faut en conclure ceci, que toutes les fois que ces deux rivières se rapprochent du Mont, le niveau moyen des grèves s’abaisse aux abords de celui-ci, du moins dans le secteur en question et plus particulièrement dans le S.-O. de l’ar-rière-baie, et inversement, toutes les fois qu’elles s’en éloignent, le niveau moyen des grèves s’exhausse aux abords du Mont, dans le S.-O. de l’arrière-baie.
- Fig. 5. — La digue vue du Mont-Saint-Michel. A droite : le Couesnon.
- édifiées par ces vers à sang rouge (*), barrant souvent les estuaires côtiers, sur une longueur dépassant parfois plusieurs kilomètres.
- Les récifs d’hermelles qui se développent depuis les bancs de sables du N- de Cherueix jusqu’à la hauteur de Dragey, dans la direction du Cantonnement, continuent à s’accroître en hauteur, sinon en étendue ; les crassiers que
- 1. Les hermelles sont, en eflVt, des vers que l’on trouve en plus ou moins grande quantité sur certaines plages, vivant dans des tubes fabriqués par eux au moyen de débris de coquilles et de grams de sable.
- Fig. 7, — Méandres des rivières dans les tangues de la baie à marée basse.
- Fig. 6. — Panorama de la baie du Mont-Saint-Michel à marée basse.
- Yu des falaises de Champeaux.
- Il existerait une autre cause d’ensablement, d’ailleurs signalée il y a un siècle par Audouin et Milne Edwards (Histoire naturelle du littoral de la France).
- Dans leur communication faite en 1916 à l’Académie des Sciences, MM Galaine et Houl-bert expriment l’opinion que ce qui concourt également à l’ensablement de la baie, est l’action des récifs construits par un certain genre d’annélides, les hermelles. Etudiant les bancs d’huîtres de la baie de Cancale limitrophe de celle du Mont-Saint-Michel, ils ont été amenés à constater des mouvements d’oscillation verticaux de certaines parties du fond de ladite baie, dues principalement à d’importantes digues récifales
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- l’on dirait d’immenses troupeaux de moutons couchés, formaient à cette époque (1916), sur une largeur de près de 32 kilomètres, une digue d’îlots tantôt réunis, tantôt séparés entre lesquels et en arrière desquels, d’année en année, s’accumulaient les sables amenés par les courants. Ces masses récifales s’enfoncent peu à peu, mais comme elles végètent sans cesse à leur partie supérieure, leur muraille s’élève, continuellement consolidée par les sables qu’elles arrêtent; ces sables, avec les vases qui les continuent vers l’E. et vers le S., ont tellement modifié l’estuaire du Couesnon que cette' rivière dont les eaux s’écoulaient, il y a plus d’un siècle, bien à gauche du Mont-Saint-Michel, le long des digues du grand marais de Dol, est maintenant refoulée versées grèves cotentines et coule directement vers le N., entraînant avec elle les eaux des ruisseaux se déversant dans le sud de la baie.
- Ces deux savants observateurs estimaient l’épaisseur des dépôts à environ 5 à 6 mètres et soulignaient que le sommet de la Grande-Bosse dépassait de 12 mètres le zéro des cartes marines (1). En face de ces faits, ils tiraient ces conclusions : ce sont les hermelles qui construisent, soit sur les bancs d’huîtres, soit sur des affleurements rocheux, les véritables digues qui arrêtent les sables amenés par les courants. Il se produit ainsi un exhaussement graduel du sol marin qui aboutira à un assèchement complet du fond de la baie ; la mer rencontrera des difficultés de plus en plus grandes pour atteindre le Mont-Saint-Michel et la suppression de la digue ou sa transformation ne peuvent apporter aucune amélioration à cet état de choses. Pour permettre aux eaux de s’avancer plus loin dans le fond de la baie, il faut détruire, sans trop tarder, les récifs d’hermelles, à la dynamite ou à la drague ; par les modifications ainsi faites à la topographie
- 1. Il y aurait intérêt à contrôler ces cotes. A titre documentaire, disons que sur une carte marine intéressant la baie du Mont-Saint-Michel et datant de 1838, le banc de hermelles est, en direction du Mont, coté 1 m 90.
- sous-marine, peut-être les courants arriveraient-ils à remporter vers la haute mer les sables accumulés. Mais le résultat n’est nullement sûr, et, en tout cas, il exige une étude très approfondie de la question, car on ne peut pas espérer défaire en quelques mois ce « que la nature a mis des siècles à édifier »
- POUR RETABLIR L’INSULARITÉ DU MONT-SAINT-MICHEL
- De ce qui précède, il résulte que le colmatage de la baie du Mont-Saint Michel est dû particulièrement à l’apport continuel de tangue par la mer, apport d’autant plus sensible que la pente de la baie est très faible, et que pour lutter contre cet ensablement ou tout au moins dégager les abords du Mont de telle sorte qu’ils soient submergés le plus possible et le plus souvent possible par haute mer — l’insularité complète du Mont est une illusion —, il convient en premier lieu de mettre à profit l’action de certains cours d’eau se jetant dans la baie. Il faut pouvoir faire passer au S. du Mont une forte chasse d’eau, c’est-à-dire de ces courants parallèles aux côtes qui ont cet avantage d’empêcher l’ensablement des ports ou encore qu’il se forme, à l’embouchure des fleuves, des dépôts sablonneux ou vaseux qui autrement barreraient en partie le passage à ces mêmes cours d’eau, devenant parfois assez importants pour constituer une sorte de delta.
- Il semble, en effet, qu’en dirigeant et en combinant les embouchures de la Sée, de la Sélune et de la Guintre dans la direction du S. et du Mont, on devrait arriver à déblayer les abords du Mont-Saint-Michel et y maintenir une dépression — comme l’indique l’étude de M. Lecoq — dans laquelle pénétrerait la mer à marée montante; une zone d’érosion serait, de celte manière, établie autour du géant de granit qui conserverait à celui-ci la situation à laquelle il doit son existence historique et sa célébrité mondiale. Et c’est ici qu’apparaît comme utile à la pointe du Grouin du Sud un épi submersible afin de barrer à la Sélune, dont le débit est de 20 mètres cubes-seconde, la direction du N. vers laquelle elle tend, comme il est dit plus’plus haut, depuis quelques années, entraînant forcément dans ce mouvement la Sée dont le débit n’est que de 8 mètres cubes-seconde.
- Cependant comme il apparaît que l’action de cet épi serait limitée par la digue de Roche-Torin, une coupure de quelques centaines de mètres serait faite dans une partie judicieusement choisie de cette digue, ce qui permettrait auxdites rivières réunies de s’introduire dans la zone se trouvant actuellement au S. de la digue de Roche-Torin, entre cet ouvrage et la côte. Mais comme à la faveur de cette coupure, le reste de la digue serait pris à revers par les rivières et serait vite détruit par les vents et les marées, il serait indispensable de protéger cette partie du littoral par de solides et épais enrochements placés à une faible distance de la côte(1).
- 1. Cette partie du littoral est, en effet, en dessous du niveau de la mer.
- Fig. 8. — La rive méridionale de la baie du Mont-Saint-Michel [région des Polders). La digue littorale à Cherrueix.
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- Fig. 9. — Le Mont-Saint-Michel et la baie à marée basse. Vue en arrivant à travers les sables depuis Genets.
- Quant à la digue insubmersible, nous croyons qu’elle peut, sur une longueur à fixer et en un point en rapport avec la même zone d’érosion et le régime du Couesnon, être remplacée par une estacade en béton armé qui laisserait le flot entourer le Mont et coopérer avec les rivières au dragage naturel de cette partie de la baie. On pourrait encore, toujours dans cette même partie de digue, pratiquer d’assez nombreuses ouvertures, sortes depertuis de chasse qui permettraient également au flux et au reflux de circuler librement sous la digue.
- Au surplus, l’étude actuellement entreprise par les
- services compétents nous dira ce qu’il appert de cette question de l’ensablement et ce qu’il convient de faire pour assurer l’insularité partielle du Mont. Souhaitons qu’elle ait une suite. Tergiverser, discuter plus longtemps, ce serait favoriser l’œuvre de la mer et les graphiques des Ponts et Chaussées — documents irréfutables — montrent qu’il ne faudrait pas beaucoup d’années pour que le [Mont-Saint-Michel ne devienne comme son voisin, le Mont-Dol, un rocher au sein d’une plaine herbagère.
- M. Bousquet.
- L'INSTITUT DE CHIMIE APPLIQUÉE
- DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE LILLE
- Dans ces dernières années, l’industrie chimique a pris un grand développement dans la région du Nord. L’emploi des gaz de fours à coke pour la fabrication de l’ammoniac synthétique, l’utilisation de tous les sous-produits de la distillation de la houille ont donné, à l’industrie houillère une orientation toute nouvelle. Les matières premières ainsi fabriquées : coke pour la métallurgie, gaz pour le chauffage et la force motrice, ammoniac pour les engrais, alcools, carbures et acide acétique de syn-
- thèse pour les industries organiques, favorisent l’établissement de nouvelles industries où le chimiste a un rôle important.
- Au milieu d’une telle région, l’Institut de Chimie appliquée de la Faculté des Sciences de Lille est appelé à prendre une grande extension.
- Les jeunes ingénieurs chimistes qu’il forme sont demandés par les industriels du Nord bien avant la fin de leurs études; ainsi, cette année, les offres d’emplois ont
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- dépassé la centaine pour une promotion sortante de vingt ingénieurs.
- L Institut de Chimie de Lille s’efforce de mériter cette confiance en formant des ingénieurs capables de s’adapter à toutes les branches de leur spécialité. On sait que maintenant l’industrie chimique utilise l’électricité, les pressions soit très élevées, soit au contraire très réduites ; aussi, dans bien des circonstances, le chimiste doit se doubler d’un physicien. C’est pourquoi, en première année, les étudiants suivent des cours de mathématiques appliquées, de physique, de cristallographie, de chimie
- adroit, ingénieux ; aussi les élèves y passeront-ils une grande partie de leur temps. Rien n’a donc été négligé à l’Institut de Chimie appliquée de Lille pour que les salles de travaux pratiques soient pourvues de tout l’outillage nécessaire. Des laboratoires ont été récemmen aménagés pour l’analyse des gaz, l’étude des combus-t tibles, la métallographie, les essais sur les verres et les ciments.
- Après ces trois années d’études, les élèves peuvent obtenir le grade d’ingénieur-chimiste de la Faculté des Sciences de Lille. Les mieux classés peuvent demander
- Fig. 1. —Laboratoire des hautes températures.
- Au premier plan ; sur la table, four électrique Cbaudron-Garvin qui permet le chauffage dans le vide jusqu’à 2500°; à gauche : sur la même table, l’appareil formé de tubes de verre sert à l’analyse des gaz dissous dans les métaux. (Pb. Cayez, Lille.)
- générale, ainsi que des travaux pratiques correspondants.
- En seconde et en troisième année, les études portent surtout sur les diverses branches de la chimie : chimie physique, chimie minérale, chimie organique, chimie industrielle, avec des conférences sur l’appareillage dans l’industrie chimique et le dessin industriel. Cet enseignement est complété par des visites d’usines.
- Mais il ne faut pas oublier que la chimie s’apprend surtout au laboratoire. C’est là que le futur ingénieur s’habituera à observer les phénomènes, à être précis,
- à préparer une thèse dans le laboratoire d’un professeur de l’Institut de Chimie (*).
- Nos industriels n’ont, en effet, pas seulement besoin de chefs de fabrication, mais encore de chefs de laboratoire capables de mener à bien une recherche : c’est de ceux-ci que dépendent l’explication d’une erreur de fabrication ou le perfectionnement des procédés et, par conséquent, la prospérité ou le mauvais fonctionnement de l’usine. L’expérience a montré que la meilleure for-
- 1. Ils obtiennent alors une bourse de Doctorat ou bien ils sont nommés à un poste de préparateur temporaire.
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- mation, pour cette catégorie de techniciens, est de faire unie recherche personnelle sous la direction d’un professeur ayant acquis une certaine réputation par ses travaux scientifiques.
- Il ne faut d’ailleurs pas croire que de tels laboratoires soient le sanctuaire d’études abstraites et de recherches d’intérêt purement théorique : du reste souvent, des travaux de l’importance pratique la plus immédiate peuvent avoir les plus grandes conséquences pour la science; à l’Institut de Chimie de Lille, on n’oublie pas que c’est pour rendre service à un brasseur, père d’un de ses élève's, que Pasteur étudia, à la Faculté des Sciences de Lille, la fermentation de la bière : c’est ainsi que le grand savant commença ses recherches dans le domaine des infiniment petits où il fit des découvertes qui transformèrent la
- Fig. 2. — Un coin d’un laboratoire de recherches.
- Mesure des points critiques des aciers au moyen du galvanomètre double enregistreur Saladin-Le-Ghatelier. (Ph. Cayez, Lille.)
- ciel du lin par un procédé physico-chimique.
- Dans un autre ordre d’idées, une installation pour l’étude des hautes températures a permis d’obtenir des précisions très intéressantes sur les propriétés des corps très
- Fig. 4. — Laboratoire d'analyse industrielle des gaz.
- Au premier plan : appareil Junker pour la mesure du pouvoir calorifique des gaz; devant la fenêtre du fond: appareil Orsat pour l’analyse des fumées. (Ph. Cayez, Lille.)
- Fig. 3. — Une des salles du laboratoire de métallurgie.
- Sur la table de gauche, appareil pour,1e dosage du carbone dans les aciers ; au milieu : mesure de dureté d’un métal à l’appareil Brinell; à droite : calorimètres pour mesurer le pouvoir calorifique des combustibles. Bombes M.aiher et Bombe Féry. (P. Cayez, Lille.)
- médecine et la biologie. Ainsi, à l’Institut de Chimie de Lille, fait-on des recherches pour la mise au point d’alliages légers résistant à l’eau de mer et destinés à la construction des hydravions métalliques. On étudie aussi la fabrication de nouveaux engrais de synthèse. On est venu à bout récemment en collaboration avec un filateur du Nord d’un problème vital pour la prospérité de la région et qui a fait l’objet de nombreuses recherches au cours de ces dernières annés ; c’est le rouissage artifi-
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- réfractaires comme la magnésie et sur l’action des gaz dissous dans les métaux.
- On s’est souvent demandé pourquoi notre industrie a si peu profité des nombreuses découvertes faites en France. Pourtant, l’enseignement de nos grandes Ecoles et de nos Facultés est, sans contredit, supérieur à celui de l’étranger. Peut-être faut-il trouver la cause dans ce fait que les étudiants étrangers ont eu, bien plus souvent que les Français, l’occasion de s’initier aux travaux des laboratoires de recherches. En effet, une industrie qui
- veut prospérer, ou même seulement se maintenir, ne peut se contenter des procédés décrits dans les livres, ils sont déjà exploités par tous les concurrents; elle doit constamment chercher de nouveaux perfectionnements, œuvres personnelles de ses ingénieurs. Nos Instituts de chimie appliquée peuvent donc rendre de nouveaux services au pays en préparant les futurs chefs de nos laboratoires de recherches industrielles. Georges Chaudron,
- Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur technique de l’Institut de Chimie appliquée de la Faculté des Sciences de Lille.
- INITIATION BIOLOGIQUE11
- LA CROISSANCE
- S’il est une question qui mérite d’êlre abordée sous le signe de la biologie générale, c’est bien celle de la croissance des organismes. L’histologie, la chimie, la physique, la physiologie, bref la plupart des disciplines qui concourent à l’étude des phénomènes vitaux, ont le droit d’y voir en partie leur domaine et se le disputent. D’importants problèmes d’ordre expérimental, comme celui de la culture des tissus, celui de la régénération, lui sont étroitement liés. La pathologie même lui porte un puissant intérêt, ne serait-ce qu’à cause de l’angoissante énigme du cancer, synonyme de croissance anarchique et indéfinie.
- Si vaste apparaît un tel sujet, qu’on ne pourrait, sans présomption, prétendre à le traiter d’une manière complète, dans les limites de quelques pages. Je me propose d’en donner ici un aperçu d’ensemble et de n’en considérer que les éléments généraux. Indiquer en quoi consiste la croissance des organes et des organismes, élucider les facteurs internes et externes propres à l’influencer, envisager ce qui détermine son arrêt, tel sera mon dessein. Mais je laisserai volontairement de côté les points de vue spéciaux d’où le problème a pu être abordé, d’ailleurs fort utilement, comme certaines observations d’ordre purement histologique ou bio-chimique, sous peine de rendre cette étude, au prix d’un caractère plus complet, à la fois trop longue et trop obscure.
- DÉFINITIONS
- CROISSANCE GLOBALE DE L'ORGANISME ET CROISSANCES ÉLÉMENTAIRES
- La croissance est un phénomène absolument général dans le développement de tous les êtres. A l’échelon le plus bas de la hiérarchie des animaux, il ne laisse pas de se manifester. Quand un Protozoaire se divise, les deux cellules qu’il engendre croissent ensuite pour récupérer la taille caractéristique de l’espèce. On surprend là déjà les conditions essentielles de la croissance : division des cellules, augmentation du volume cellulaire, acquisition d’une taille limite, en ces trois points se défi-
- 1. Voir La Nature, n03 2790 et précédente. L’ensemble des études sur « l’Initiation biologique » vient d’être réuni, avec quelques additions, en un livre : Vie et reproduction. Notions actuelles sur les problèmes généraux de la biologie animale. Masson et Gie, Paris.
- nissent les procédés mis en œuvre dans le développement des organismes.
- Chez les Métazoaires hautement évolués — c’est eux que je considérerai dans cette étude — on sait que l’œuf, à partir du moment où il est fécondé, détient tout ce qu’il faut pour engendrer un nouvel organisme complet de même espèce que celui d’où lui-même est issu. Il subit une segmentation, un morcellement en cellules nombreuses, dont chacune devient à son tour la souche de multiples lignées. J’ai eu précédemment l’occasion de parler de la « différenciation » qui de bonne heure marque l’ontogenèse, et qui consiste en la distribution aux cellules de propriétés distinctes, tant morphologiques que fonctionnelles. Ce n’est pas là ce qui nous occupera à présent, mais bien de tenter l’analyse de cette aptitude à s’accroître, que les organismes manifestent sans relâche jusqu’à ce que leurs dimensions normales aient été atteintes, et qui dure, suivant les espèces, ou quelques heures, ou quelques jours, ou un grand nombre d’années.
- Gomme je viens de l’indiquer — et comme il allait de soi — c’est en la division des cellules qu’il faut voir une des conditions fondamentales de la croissance. Et c’est aux propriétés de l’œuf fécondé qu’il faudrait remonter pour en chercher la cause originelle. L’aptitude à se multiplier des éléments d’organismes jeunes provient de celle que détenait l’ovule même. De ce dernier, ils ont hérité, à travers bien des générations cellulaires, une part de sa puissance de croître. Chez deux individus adultes de même espèce et de taille inégale, le nombre des cellules, et non leurs dimensions, conditionne la différence. En partie tout au moins, le problème de la croissance générale des organismes se ramène donc à celui du déterminisme de la division cellulaire.
- Dans l’article que j’ai consacré à ce sujet (1), l’opportunité m’a déjà été offerte de montrer combien il demeurait obscur. Les propriétés de l’œuf fécondé, comme celles des cellules qui en sont issues, grâce à quoi cet œuf et ces cellules détiennent une capacité de prolifération à la fois immense et limitée, nous les ignorons. Présumer qu’elles résident en la présence de substances
- 1. Yoir La Nature, n° 2756.
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- particulières dans le cytoplasme ou le noyau, c’est user de simples explications verbales tant qu’on ignore la nature de ces substances. Lorsque, comme Hertwig, on considère que les mitoses se préparent toutes les fois
- N
- que le rapport nucléo-plasmique p de la cellule a atteint
- une valeur limite et qu’il se produit de ce fait une « tension nucléo-plasmique »., on transpose le phénomène dans un langage symbolique, mais on ne l’explique pas. Il resterait à interpréter les conditions originelles de la variation du rapport. Quand on note que, pour une cellule quelconque, sphérique par exemple, en voie d’accroissement, l’augmentation de surface, qui répond au carré des dimensions linéaires, demeure trop faible par rapport à l’augmentation de volume qui, elle, répond au cube de ces dimensions, et qu’alors la zone d’échange de la cellule avec le milieu devient insuffisante, d’où sa division, on exprime bien un certain fait qui accompagne nécessairement tout accroissement volumétrique d’une cellule. Mais on ne rend nullement compte de la cause d’un tel accroissement, et, en outre, on commet une pétition de principe à propos du lien qu’on suppose entre les besoins nutritifs d’une cellule et l’incitation à la mitose.
- Plus fécondes sont les recherches qui, sans se payer de mots, se fondent sur l’analyse expérimentale des phénomènes. A cet égard, les méthodes d’investigation chimique se montrent certes les plus riches de promesses, parce que seules elles offrent la possibilité d’établir objectivement une relation entre la croissance globale de l’organisme, œuvre de la multiplication cellulaire, et certains changements d’équilibres ou certaines réactions. C’est ainsi que, dès 1910, J. Loeb avait soupçonné que l’essence de la segmentation ovulaire pouvait résider en une synthèse de nucléines par le noyau aux dépens du protoplasme, et avait considéré cette réaction comme régie par les règles de l’autocatalyse (^.II y a peu
- 1. On sait ce qu’il faut entendie par là : dans le cas du noyau, les substances nucléaires formées serviraient de catalyseurs pour la synthèse ultérieure de nouvelles substances, de sorte que la masse nucléaire augmenterait proportionnellement à la masse déjà formée.
- Fig, 2, — 1) Têtard privé d’hypophyse; 2) têtard normal; 3) têtard privé d’hypophyse et nourri avec du lobe postérieur d'hypophyse de bœuf; 4) têtard normal; 5) têtard privé d’hypophyse et nourri avec du lobe antérieur d’hypophyse de bœuf; G) têtard normal D’après Smith.
- 15
- 5,' - y>-
- 4 / 300 - Sv- ^
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- 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 2Z * 100 200 300 400 500 600 700 *
- Fig. 1. — Courbes de croissance du Rat blanc.
- A gauche : croissance fœtale; A droite : croissance postnatale. Le poids en grammes est porté en ordonnées, les temps en jours sont portés en abscisses.
- [A gauche : d’après Stotsenberg. A droite : d’après Donaldson, Dunn et Watson, empruntées à Fauré-Frémiet )
- d’années, les biologistes strasbourgeois E. Le Breton et G. Schaeffer ont abordé le problème d’un point de vue original, ainsi que j’en ai déjà fait mention à propos des relations nucléo-plasmiques. Chez des embryons de Mammifères et d’Oiseaux, ils ont, à des stades suffisamment rapprochés pour pouvoir établir des graphiques suggestifs, évalué, d’une part, les substances nucléaires totales (par le dosage de l’azote des purines du noyau) et, d’autre part, la masse cytoplasmique (par le dosage de l’azote des acides aminés). Le rapport entre l’azote du noyau et l’azote du cytoplasme équivaut, somme toute, à une relation nucléo-plasmique chimique. Or, cette relation s’exprime par une courbe évolutive fort caractéristique de la croissance d’une espèce, courbe qui s’abaisse graduellement à la manière d’une parabole, d’autant plus vite que le développement est plus rapide. Tout se passe comme si la segmentation se caractérisait par une suprématie de la synthèse des substances nucléaires sur celle des substances protoplasmiques actives et du paraplasme, mais comme si la différenciation progressive des cellules et des tissus était marquée par le retournement du phénomène.
- Certes, on ne saurait trouver, en de telles tentatives, l’explication des causes de la croissance, mais simplement l’analyse de certaines de ses manifestations. L’évolution du rapport nucléo-plasmique chimique ne permet pas de comprendre pourquoi un individu grandit ; elle rend compte d’un important phénomène qui accompagne son développement.
- Au reste, la croissance ne dépend pas uniquement de la division des cellules. Elle est en partie imputable à l’augmentation de leur grandeur. Les deux phénomènes vont le plus souvent de pair. Parfois ils se révèlent séparément. Ainsi, chez certains Invertébrés, comme les Nématodes (dont l’Ascaris, parasite du Cheval, est le type bien connu), la croissance terminale semble exclusivement due à la progression des dimensions cellulaires. Encore faut-il, à partir du moment où l’on considère une telle modalité, faire la part de l’accumulation dans les cellules de « paraplasme », qui, résultant de leur activité, représente un élément inconstant et variable de
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- leur volume, mais qui tend, d’une manière générale, à s’accroître avec leur âge et le degré de leur différenciation.
- En tant qu’effet de ces mécanismes, la croissance suit une allure normalement régulière et caractéristique d’une espèce donnée. C’est ce dont le recours à la représentation graphique permet de se rendre compte avec clarté. Les progrès du développement s’expriment par l’augmentation du poids total de l’organisme, évaluée à de courts intervalles (fig. 1).
- Alors que, chez certaines espèces, cette augmentation est relativement légère, chez d’autres l’édification de substance vivante qu’elle atteste atteint une proportion impressionnante : c’est ainsi que le Porc, type d’animal à « croissance impétueuse », voit son poids s’enrichir en moyenne de 200 grammes par jour durant le premier mois qui suit la naissance, de près de 300 grammes durant le troisième et de 775 grammes environ au cinquième, qui marque l’apogée de cette élévation ; l’accroissement de poids quotidien d’un jeune veau de quelques semaines atteint 1 kilogramme. D’une manière générale, la courbe de croissance embryonnaire des Vertébrés supérieurs présente la forme d’un S allongé, qui indique l’existence de deux périodes de vive croissance séparées par un intervalle de croissance plus lente. Après la naissance, la vitesse du développement demeure rapide durant un délai naturellement variable d’une espèce à l’autre, puis se ralentit progressivement (fig. 1).
- Jusqu’ici je n’ai eu égard qu’à la croissance globale des organismes. 11 importe de ne pas perdre de vue qu’elle est, en dernière analyse, la somme des croissances particulières des divers tissus et organes. Or, pour chacun d’eux, le rythme, la vitesse du développement obéissent à des conditions propres. En même temps que se fait, au cours de l’embryogenèse, le partage des spécialisations de forme et de fonction, il se produit une inégale répartition des capacités évolutives. Dès lors, certaines régions, certains organes s’accroîtront plus vite que d’autres. Au sein même de tissus ou d’organes déterminés, des zones arrivent à se créer aux éléments desquelles est exclusivement dévolue la capacité de pro-i férer et, partant, la responsabilité de la croissance. Elles correspondent à ce qu’on nomme les « zones germinatives ». L’épaississement progressif de l’épiderme cutané, pour citer, un exemple concret, reconnaît pour cause la multiplication des cellules de ses couches profondes seules. L’allongement des os dépend de l’activité de la « zone d’ossification », qui occupe une étroite bande sise entre l’épiphyse et la diaphyse. Au contraire, au sein d’autres organes, la prolifération s’étend à tous les points ; elle est, comme on dit, « interstitielle ».
- Lorsqu’on considère les croissances particulières, on note aussi que, si les unes résultent effectivement de la division des cellules accompagnée ou non de leur augmentation de volume, les autres n’ont pour condition que ce dernier processus. Dès une période assez précoce du développement il s’établit, entre les cellules, une hiérarchie que Bizzozero a su, le premier, démasquer : tandis que les unes sont des cellules « labiles », propres à se multiplier continuellement, comme c’est le cas dans
- les « zones germinatives » des organes, d’autres se rangent parmi les cellules « stables », moins aptes à se diviser, comme les cellules des glandes en fonctionnement ; enfin, les dernières méritent d’être appelées les « cellules permanentes » ; à celte catégorie appartiennent les cellules nerveuses, les cellules musculaires. Parmi elles, de bonne heure, toute mitose cesse définitivement de se produire. Leur contingent définitif est fourni dès un stade assez précoce. En revanche, elles restent aptes à subir, durant la période de développement entière, une augmentation souvent énorme de volume, qui affecte une certaine proportionnalité par rapport à la croissance globale et contribue ainsi à mettre en harmonie avec cette dernière les dimensions des organes où elles prennent place.
- Tant de phénomènes particuliers ne vont pas, on le conçoit, sans retentir les uns sur les autres. De même que, dans un organisme adulte, les fonctionnements des diverses parties apparaissent solidaires et s’enchaînent ou se combinent grâce à des agents de corrélations chimiques ou nerveux (*), de même, dans l’organisme en développement, la liaison est assurée de telle sorte entre les tissus et les organes que leur accroissement éventuel demeure toujours harmonieusement fixé. Je montrerai plus loin que des tissus, isolés de l’organisme dont ils font partie, conservent ou parfois même récupèrent, s’ils l’avaient perdue, la faculté de croître indéfiniment. C’est donc que, normalement, ils subissent la contrainte du milieu auquel ils s’incorporent. Je montrerai aussi que Ton commence à connaître certains des facteurs dont cette régulation dépend.
- Nous voici amenés à constater que, si les cellules d’un organisme en croissance détiennent en elles-mêmes les conditions requises pour se multiplier et grandir, leur multiplication et leur accroissement n’en sont pas moins soumis à diverses influences, propres, soit à les accélérer, soit à les restreindre, bref, à les régler. Un grand nombre de ces facteurs aujourd’hui sont connus, d’autres soupçonnés. Je me propose de les envisager en distinguant parmi eux des influences internes, qui se trouvent réalisées au sein même de l’organisme, et des facteurs externes, produits ou apportés par le milieu.
- LES FACTEURS INTERNES DE LA CROISSANCE
- Si le mécanisme d’action des facteurs de croissance reste le plus souvent obscur ou méconnu, du moins l’action même de beaucoup d’entre eux apparaît-elle évidente Leur variété est telle qu’il importe, au seuil de leur étude, de les classer en catégories. Aussi me pro-posé-je de considérer successivement les facteurs endocriniens et les facteurs nerveux.
- Les facteurs endocriniens. — J’ai, par ailleurs, défini les sécrétiohs internes en général, et .j’ai en parti-ticuiier passé en revue les glandes endocrines productrices d’hormones. A cette occasion, il m’a été donné de faire allusion au rôle que certaines d’entre elles jouent dans la croissance.
- La glande thyroïde intervient certainement dans ce sens. Depuis les premiers travaux de Schiff, de Moussu,
- 1. Voir La Nature n's 2777, 2783, 2790.
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- on sait que les animaux jeunes privés de leur corps thyroïde subissent, entre autres manifestations pathologiques du déficit thyroïdien, un ralentissement marqué de leur développement. Le « nanisme » d’origine thyroïdienne n’est d’ailleurs pas le fruit de l’étude expérimentale seule. On l’observe chez l’Homme en tant que résultat d’une insuffisance thyroïdienne précoce, comme celle que déterminent certaines formes du goitre.
- La thyroïde, au moyen de l’hormone qu’elle sécrète, contrôle donc pour une part la croissance. On aspirerait à connaître le mécanisme d’une telle influence. Malheureusement, on demeure fort ignoranl sur ce point.
- Les précisions que l’on possède sur le mode d’action de la thyroïde concernent, non pas l’Homme, mais les Batraciens. Comme j’en ai déjà fait mention, les travaux de Gudernatsch ont, les premiers, démontré que la métamorphose des Batraciens est conditionnée par l’hormone thyroïdienne, et l’on sait par Champy, Fauré-Frémiet, que celle-ci détermine alors une prolifération intense parmi les cellules de certaines régions. On a donc le droit de supposer que l’activité glandulaire de la thyroïde excite les cellules de tissus ou organes déterminés, et électivement sensibles à son action, à se multiplier et, par conséquent, à croître.
- \Jhypophyse ne laisse pas, elle aussi, d’influencer la croissance grâce à l’hormone ou à l’une des hormones qu’élabore son lobe antérieur. En dehors des cas pathologiques chez l’Homme, où l’on voit une lésion de l’hypophyse retentir sur le développement, on dispose d’observations expérimentales pratiquées surtout chez les Batraciens. C’est ainsi qu’une pléiade d’auteurs, parmi lesquels Houssay, Uhlenhuth, Allen, Smith, s’accorde à reconnaître que l’ablation de l’hypophyse inhibe la croissance et que l’administration, aux animaux, d’extraits du lobe antérieur amende les conséquences de l’opération (fig. 2).
- Enfin, parmi les actions hormoniques propres à agir sur le développement général, une place importante doit être faite à celle des glandes génitales. On apprendra plus tard (*) que ces organes recèlent, dans la complexité de leur structure, de véritables glandes endocrines. Les hormones qui en tirent leur origine provoquent dans l’organisme des réactions diverses qu’il n’est point opportun de mentionner ici. Toutefois, l’une parmi elles se rapporte directement au problème que nous examinons. On a pu constater de longue date que les enfants précocement castrés, c’est-à-dire privés de la sécrétion interne de leur gonade, grandissent plus vite que les sujets normaux. L’expression « de longue date » se justifie certes en tous points, puisqu’on lit dans Aristote que « tout animal châtré jeune devient plus grand et 1. Voir Vie et Reproduction (Masson et Cio, 1929).
- ......—......... -................= \7
- plus gros ». Il est classique, à cet égard, de recourir à l’exemple fameux de la secte russe des Skop-tes, chez qui la castration était pratiquée systématiquement pour des motifs rituels. Ces eunuques étaient, en général, de véritables géants. L’expérimentation chez les Mammifères entraîne, comme on doit s’y attendre, des conséquences de même ordre. Dans tous les cas, l’excès de la croissance n’affecte pas également toutes les parties de l’organisme.
- Une disproportion s’institue entre les membres (surtout les membres inférieurs, qui acquièrent un degré de développement excessif) et le reste du corps. Tout se passe en somme comme si l’hormone génitale, au moins chez le mâle, à partir d’un stade donné qui coïncide apparemment avec la puberté, inhibait la croissance, de sorte que celle-ci, à la faveur de la suppression de la sécrétion interne en cause, se poursuit au delà des limites normales. Il resterait à savoir comment agit l’hormone. Il semble qu’elle contrôle, avant tout, la poussée du squelette. Encore s’agirait-il de préciser si cette influence se fait sentir directement sur les zones de prolifération grâce auxquelles l’os grandit, ou bien sur l’utilisation des matériaux chimiques nécessaires à son édification.Autant de questions encore sans réponse.
- La thyroïde, l’hypophyse, les glandes endocrines des gonades, que je viens de considérer, sont des glandes à sécrétion interne hormonique. Elles régissent la croissance par l’intermédiaire des hormones qu’elles sécrètent. Or, quand j’ai traité le problème général des « sécrétions internes », j’ai fait mention d’autres manifestations d’activité endocrine, qui consistent dans l’élaboration et le rejet, non pas d’hormones, mais de substances nutritives très spéciales. Il semble que le thymus, dont j’ai déjà parlé (*), mérite d’être rangé dans cette catégorie. A ce titre, il intervient dans la croissance. Le fait connu que le thymus s’atrophie, une fois le développement terminé, constitue déjà une présomption sérieuse en faveur de cette notion. Gomme je l’ai écrit précédemment, les petites cellules, analogues à des lymphocytes, du sang, qui y prennent naissance, seraient des pourvoyeurs, à l’usage des autres tissus de l’organisme, de « nucléo-protéides » indispensables à la synthèse des substances nucléaires. L’ablation du thymus (H. Roger) retentit effectivement sur la croissance qu’elle ralentit. Les recherches de Ducuing et Soula paraissent indiquer que l’ablation de la rate entraîne des conséquences de même ordre. Dans l’un et l’autre cas, les résultats reconnaissent, selon toute vraisemblance, une même interpré-
- 1. La Nature, n° 2777.
- Fig. 4. — Têtards de Grenouille unis par la queue en greffe siamoise et dont l’un a subi la section de la moelle épinière quelques jours plus tard : la partie de la queue du têtard opéré, en arrière du point de section, croît et se modèle comme si elle "appartenait à l’autre têtard, s, ligne de soudure entre les deux larves; m, niveau 4e la section médullaire.
- (Photographie X2.)
- Fig. 3. — Triton chez lequel on a provoqué expérimentalement la poussée d’une patte surnuméraire (le trait noir indique la patte en surnombre).
- D’après P. Locatelli.
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- tation : le trouble de croissance résulte de la déficience de certains matériaux nutritifs élaborés ou modifiés par les organes en cause, si bien que Ton rencontre ici des facteurs comparables aux « facteurs alimentaires », qui seront envisagés prochainement. La simple différence qui oppose les uns aux autres est qu’il s’agit ici de facteurs d’origine endogène.
- Après avoir, comme je viens de le faire, considéré séparément la part des divers facteurs endocriniens (encore n’ai-je consigné dans cette étude que les plus sûrement établis), il conviendrait de montrer comment iis combinent ou balancent leurs actions. Je touche ici à un problème qu’il m’a été donné déjà de considérer : celui des corrélations fonctionnelles entre les glandes endocrines. Je renvoie le lecteur aux lignes que je lui ai consacrées. Il y trouvera du reste un aveu de presque totale ignorance.
- Les facteurs nerveux. — Longtemps méconnus, niés par le grand physiologiste Claude Bernard, les facteurs nerveux se voient peu à peu, de nos jours, attribuer un rôle important dans les phénomènes de croissance. Un jeune auteur italien, Mlle P. Locatelli, a donné aux recherches dans ce sens une impulsion nouvelle. Une de ses expériences, que j’ai déjà citée par ailleurs (*), apparaît particulièrement suggestive. Lorsqu’on dissèque et qu’on isole le nerf sciatique chez un Triton, même adulte, puis que, lui imposant un trajet récurrent, on en fixe l’extrémité sous la peau du dos, en ce point une patte surnuméraire se différencie et se met à croître (fig.3).
- La conclusion imposée par un pareil résultat est que les nerfs sont parcourus par un influx, susceptible, non seulement de provoquer des différenciations, mais encore de stimuler des développements. Mlle Locatelli fait du système nerveux cérébro-spinal le support de ces facteurs et situe leur source dans les ganglions rachidiens. Un autre son de cloche a retenti dernièrement, émis par les biologistes genevois Guyénot et Schotté, qui attribuent, non aux nerfs cérébraux-spinaux, mais aux nerfs sympathiques, le privilège d’influencer la croissance et aussi la régénération. La question est posée et, de toute manière, un important chapitre de biologie se trouve ainsi ouvert.
- J’ai moi-même abordé un autre point du même problème, et constaté que, chez les larves de Batraciens, la moelle épinière est parcourue d’avant en arrière par un 1. La Nature, n° 2767.
- certain influx qui joue dans les phénomènes de croissance le rôle le plus important 11 est, en effet, possible, chez ces animaux, d’interrompre la continuité de la moelle sans susciter de troubles trophiques. Or, si on opère ainsi, on constate que la croissance de toute la région située en arrière du niveau de section se ralentit à l’extrême ; c’est qu’elle est désormais privée de l’influx propagé le long de Taxe nerveux et qui tire son origine de la région postérieure de la tête. La preuve formelle de l’existence d’un tel influx est apportée par l’expérience suivante. Au moyen d’une technique qu’il n’importe pas ici de préciser, on accouple très précocement deux embryons de Grenouille, de manière que la queue de l’un se continue avec la queue de l’autre. Si l’opération réussit, les deux larves restent indissolublement liées et, qui plus est, au niveau de la zone d’union, la moelle épinière de l’une se prolonge, sans démarcation aucune, par la moelle de l’autre. Voilà donc deux têtards qui ont un système nerveux central pour ainsi dire unique, et entre qui, bien entendu, par l’intermédiaire des vaisseaux sanguins, peuvent s’échanger toutes les substances humorales. En dépit de cette communauté, chacun d’eux croît comme il l’eût fait isolé ; je veux dire que si l’un, par exemple, est plus jeune que l’autre de 1, 2 jours ou davantage, il reste également plus petit. Tout se passe comme si les influx de croissance propagés respectivement dans le sens cranio-caudal, le long de la moelle de chaque conjoint, ne dépassaient pas leur ligne de jonction. Mais vient-on à sectionner la moelle de l’un d’eux à un niveau quelconque, toute la région située en arrière de la solution de continuité, et soustraite ainsi à l’influx émané de la région du cerveau postérieur, passe sous le contrôle de l’autre larve et, désormais, croît avec la même vitesse que cette dernière et en harmonie avec elle. Ce résultat serait impossible à comprendre si on ne l’imputait aux propriétés de nature mystérieuse dont Taxe nerveux cérébro-spinal est le support (fîg. 4).
- Peut-être le rôle détenu par les nerfs, à des périodes plus avancées de l’évolution, ressort-il de la même explication. Le sujet est trop neuf encore pour qu’on ose s’aventurer sur le champ d’hypothèses incertaines. Il apparaît en tout cas que, parmi les facteurs internes de la croissance, il faut faire, au système nerveux, la place qui lui avait été jusqu’ici refusée.
- [A suivre.) Dr Max Aron,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- L'ÉTUDE PHOTOGRAPHIQUE DES EXPLOSIONS
- Un explosif est une substance ou un mélange de substances susceptible de développer brusquement une force expansive considérable ; ce phénomène est dû à la production brusque d’une réaction chimique, qui, en provoquant une élévation énorme de température, entraîne un violent dégagement de gaz fortement dilatés. La plupart des explosifs, ou des mélanges explosifs usuels contien-
- nent comme agent actif l’oxygène : les explosions sont donc dues à des combustions, mais d’une nature toute particulière ; le gaz d’éclairage brûle tranquillement dans l’air, à l’extrémité d’un bec de chauffage ; le même gaz, mélangé au même air, dans des proportions convenables, donnera lieu, sous l’action d’un point incandescent, à une explosion destructrice.
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- LES EXPLOSIONS
- L’étude systématique dés phénomènes explosifs a été entreprise pour la première fois par Davy, cherchant un préventif aux explosions de grisou dans les mines. On a pu se rendre compte rapidement que le phénomène explosif se propagea de proche en proche à grande vitesse dans le milieu explosif ; après Davy, de nombreux savants ont cherché à mesurer avec précision cette vitesse de propagation. La création des explosifs modernes, et le souci de leur perfectionnement, inspiré par les nécessités militaires, ont donné une vive impulsion à ces études.
- Les travaux célèbres de Berthelot et Vieille en 1881-1882 ont jeté une vive lumière sur cette question complexe. Ils ont permis, notamment, d’élucider les phénomènes de propagation de l’explosion. Ces savants nous ont appris qu’il y a deux modes de propagation : la propagation par
- conductibilité, et la propagation par onde explosive.
- La propagation par conductibilité s’effectue par transmission de la chaleur d’une tranche de mélange explosif à la suivante ; la première tranche brûle et s’échauffe, en communiquant progressivement à la tranche contiguë une chaleur suffisante pour élever sa température jusqu’au point de combustion ; cette tranche s’enflamme à son tour, et la flamme se propage, par ce mécanisme, de proche en proche.
- Tel est le mode normal de propagation des flammes dans les
- 1 Tube à
- j explosion
- Objectif
- Pellicule photographique
- Cylindre
- Moteur
- *ig- 2. — Schéma d'un appareil de mesure photographique des vitesses d’explosion à disque tournant.
- milieux gazeux, par exemple.
- Mais Berthelot et Vieille, au cours de leurs expériences sur les phénomènes explosifs dans les gaz, grâce à des méthodes de mesures nouvelles et précises, constatèrent l’existence de vitesses de propagation bien supérieures à celles qu’avaient notées leurs devanciers. Ils furent ainsi mis sur la voie de la découverte de l’onde explosive dont le mécanisme est tout différent : c’est maintenant non plus la chaleur, mais la pression qui joue le rôle capital : une première tranche du milieu explosif, en brûlant, développe une pression élevée qui se transmet à la tranche voisine ; sous l’effet de la compression, la température de cette tranche s’élève jusqu’au point où la combustion se produit et ainsi de suite. L’onde explosive est caractérisée par l’union de l’ébranlement mécanique et de la flamme.
- L’onde explosive présente donc quelque analogie avec une onde sonore ; il y a cependant entre ces deux ondes
- une différence capitale, clairement énoncée par Berthelot et Vieille dans leur mémoire de 1883.
- « L’onde sonore est transmise de proche en proche avec un excès dépréssion très petit et une vitesse déterminée par la seule constitution physique du milieu vibrant, vitesse qui est la même pour toute espèce de vibration.
- Au contraire, c’est le changement de constitution chimique qui se propage dans l’onde explosive et qui communique au système en mouvement un excès de pression considérable. »
- La vitesse de l’onde explosive est, en effet, toute différente de celle de l’onde sonore ; alors que cette dernière est de 514 m par seconde dans le mélange détonant d’hydrogène et d’oxygène, celle de l’onde explosive est de 2810 m.
- Dans les explosifs solides, la vitesse de l’onde explosive est plus grande encore : elle atteint 10 000 m dans la cordite, 6500 m dans la mélinite.
- LA PHOTOGRAPHIE DES EXPLOSIONS
- Berthelot et Vieille utilisaient pour mesurer la vitesse de l’explosion un dispositif électrochronographique. A la même époque, Mallard et Le Chatelier, qui étudiaient la combustion des mélanges gazeux, inaugurèrent une ingénieuse méthode photographique dont le principe est très simple.
- Fig. 3. — Vue d'ensemble de l’appareil Fraser pour T étude photo graphique des explosions.
- Ph. International Graphie Press.
- Vitesse de propagation §. de la flamme
- Fig. 1. — Principe de la mesure photographique des vitesses des explosions au moyen d’une plaque photographique tombant en chute libre.
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- Fig. 4. — L'appareil Fraser.
- Photo graphie montrant le disque tournant en duralumin et le moteur de commande. (Ph. International Graphie Press.)
- L’explosion se produit et se propage dans un tube horizontal; en face de lui une plaque photographique verticale tombe, en chute libre, avec une vitesse constante ; la ehute commence au moment où l’explosion est amorcée ; la flamme, à chaque moment,| envoie à travers un objectif une image qui impressionne une région nouvelle de la plaque ; si les deux vitesses, propagation de la flamme et chute de la plaque, sont uniformes, l’image s’enregistrera sous forme d’une ligne droite (fig. 1), dont l’inclinaison permet de calculer la vitesse de la flamme.
- La méthode a ensuite été perfectionnée. On s’est servi d’un cylindre en mouvement revêtu d’une pellicule sen-
- sible (fig. 2). Ce dispositif employé d’abord par Le Chatelier a été utilisé depuis par un grand nombre de savants qui ont étudié les explosions, notamment par Dixon, en Angleterre, et plus récemment en France par Laffitte.
- Le procédé photographique permet d’analyser toutes les circonstances qui accompagnent la formation et la propagation d’une onde explosive, il a permis à Le Chatelier et Mallard, notamment, de mettre en évidence des ondes condensées, ondes de réflexions et ondes rétrogrades, et d’étudier la nature des mouvements qui accompagnent la propagation de la flamme.
- C’est donc un mode d’investigation très précieux : bien des points restent encore obscurs, même aujourd’hui, dans les phénomènes explosifs et l’importance de leur étude n’a pas diminué, bien au contraire, depuis les travaux des grands pionniers. Les progrès des moteurs à explosion et à combustion interne semblent aujourd’hui liés en partie à l’étude approfondie des phénomènes d’explosion dans les cylindres, et subordonnés à l’élucidation d’un certain nombre de points encore obscurs (auto-allumage, détonation, explication du t, etc.).
- Il y a donc un intérêt évident à perfectionner encore la méthode photographique. On comprend aisément que les renseignements qu’elle fournira seront d’autant plus complets et précis que la vitesse de rotation du cylindre porte-pellicule sera plus élevée. On est du reste limité dans cette voie (par la résistance mécanique de la pellicule. Un savant anglais, M. R. P. Fraser, professeur à l’Impe-rial College of Sciences de Londres, a récemment mis au point un appareil remarquable avec lequel ont été prises les belles photographies qui illustrent cet article.
- L’instrument a été construit avec l’appui de la Nobel
- Fig. 5. — Photographie obtenue avec l’appareil Fraser.
- Explosion à propagation lente et régulière dans un mélange gazeux. (Ph. International Graphie Press.)
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- Fig. 6. — Photographie obtenue avec l’appareil Fraser.
- Explosion dans un tube fermé. Les lignes de son voyage du centre à la périphérie. (Ph. International Graphie Press.)
- Explosive Works C°. M. Fraser s’en est servi pour étudier notamment l’influence des ondes de choc sur l’accélération de la combustion et sur le phénomène de détonation; il étudie également l’influence des champs électriques ou magnétiques sur la propagation de la flamme.
- U APPAREIL FRASER
- L’appareil est conçu suivant le schéma de la figure 2.
- Le tambour tournant est en duralumin ; par un système ingénieux de roues à friction, un moteur électrique lui communique une vitesse de 260 à 280 tours par seconde, ce qui permet au film photographique de défiler devant l’objectif à la vitesse de 200 m à la seconde.
- La figure 3 représente une vue d’ensemble de l’appareil.
- La figure 4 montre la partie essentielle de l’appareil : le cylindre enregistreur en duralumin, à axe horizontal, sur lequel s’enroule le film sensible : ce cylindre est mû par le moteur de droite, muni d’une roue sphérique contre laquelle s’appuie une roue montée sur l’arbre du cylindre.
- Les figures 5, 6, 7 représentent des photographies d’explosions de mélanges gazeux, obtenues au moyen de l’appareil. Pour les comprendre, il suffit de savoir que les traits rectilignes sont la photographie de repères tracés sur le tube normalement à ses génératrices ; ils permettent de se rendre compte de la propagation de la flamme. Quand celle-ci se fait avec une vitesse uniforme, le contour extérieur de l’image est sensiblement rectiligne, son inclinaison sur les droites repères est constante et proportionnelle à la vitesse. C’est le cas delà figure5, photographie d’une explosion très lente (1800 m par sec.) dans un tube rempli de gaz.
- En outre cette photographie, comme les suivantes, révèle les mouvements imprimés à l’air par les sons de l’explosion.
- Ils se manifestent par des lignes assez régulières et semblables à une mèche de cheveux.
- La figure 6 est la photographie d’une explosion dans un tube fermé : on voit que l’explosion voyage du centre à la périphérie, en laissant les traces du son bien éclairées.
- La figure 7 est la photographie d’une explosion à grande vitesse de propagation. Elle met en évidence un phénomène remarquable : l’irrégularité de la vitesse de propagation qui procède pour ainsi dire par sauts irréguliers : on note en effet des intervalles de temps où la vitesse est très grande, suivie d’intervalles plus courts où elle est presque nulle ou même négative.
- R. VlLl.ERS.
- Fig. 7. — Photographie obtenue avec l’appareil Fraser.
- Explosion à grande vitesse de propagation. La photographie met en évidence de curieuses irrégularités dans cette vitesse.
- (Ph. International Graphie Press.)
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- LES COURANTS MARINS
- Les courants marins et surtout sous-marins sont une des questions qui ont été le moins étudiées en océanographie, et nous sommes, à ce point de vue, fort en retard
- pointe sud-ouest de l’Angleterre où un riche propriétaire anglais a pu installer en plein air un jardin tropical où mûrissent des oranges et des citrons énormes, où poussent en pleine terre des fougères arborescentes et dont la luxuriante végétation ne le cède en rien à beaucoup de jardins des pays tropicaux.
- L’autre est prise à la même latitude sur les bancs de Terre-Neuve et représente le « Saint-François-Xavier », navire des œuvres de mer, allant rejoindre un des nombreux Terre-neuvas qui pêchent dans ces parages.
- L’iceberg devant lequel il passe est un témoin irrécusable que les circonstances de climat ne sont pas précisément les mêmes. Mais ici passe un courant froid qui descend du Labrador en longeant toute la côte d’Amérique et qui d’ailleurs vient en courant sous-marin alimenter le golfe du Mexique d’où sort à la surface le fameux Gulf Stream. Sur nos côtes, au contraire, des eaux chaudes ve-
- dans notre connaissance des mers, si on la compare à celle de l’atmosphère.
- Ils sont cependant d’une importance capitale et la moindre modification dans leur régime pourrait entraîner de très grosses conséquences. Sans aller jusqu’à dire (comme on en a fait le sujet de certains romans) que le détournement du Gulf Stream plongerait la France dans un hiver presque perpétuel, il est incontestable que l’apport d’eau tropicale et d’eau polaire est une des principales causes de modification des climats.
- Prenons à titre d’exemple New York et Lisbonne : voici deux villes qui sont à peu près à la même latitude. Quelle différence de climat pourtant! N’oublions pas également que, si les palmiers poussent en pleine terre en Bretagne, c’est aux eaux chaudes de l’Atlantique qu’on le
- Fig. 1 et 2. — Les températures de l'eau dans l’Océan Pacifique, en surface et à 200 mètres
- (d'après Schott et Schue).
- doit.
- (Nous donnons ici deux photographies bien typiques nantdu sud amenées du tropique par le Gulf Stream, don-
- fig. 3) : l’une est prise dans un coin des îles Scilly à la nentle climat doux et égal dont nous parlions tout à l’heure.
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- Fig. 3. — Deux paysages de 50° de latitude Nord.
- A gauche : un jardin en pleine terre aux îles Scilly ; à droite : le Saint-François-Xavier sur le banc de Terre-Neuve.
- (Photo des « Œuvres de mer »).
- La circulation océanique de surface est d’ailleurs intimement liée à celle des profondeurs de l’océan. Un échange constant s’établit en effet entre les eaux chaudes des régions équatoriales qui, plus légères, affluent vers le pôle par la surface tandis que par-dessous les eaux plus denses et froides venues des pôles refluent vers l’équateur.
- Toutefois cette circulation est en réalité très compliquée et modifiée du fait de la rotation de la terre, des courants superficiels, dus aux vents ou à tout autre cause, de la variation de salinité des eaux, etc., mais elle n’en reste pas moins réelle dans son ensemble.
- - Les deux cartes ci-jointes montrent la répartition des températures en surface et à 200 mètres de profondeur, dans l’océan Pacifique. On remarquera que dans cette dernière la température est, aux environs de l’équateur (par7-à 8° de latitude nord), bien inférieure à ce qu’elle est aux environs de 20° de latitude. Gela tient au courant froid sous-marin qui de 200 à 500 mètres de profondeur reflue des pôles vers l’équateur en longeant d’abord la côte de l’Amérique, puis en s’allongeant de l’Est à l’Ouest près de l’équateur où les eaux se réchauffent petit à petit en remontant à la surface d’où elles refluent lentement vers les pôles.
- Ces deux cartes montrent donc d’une façon très typique la grande circulation sous-marine. On remarquera qu’au milieu du Pacifique, près de l’équateur, la température passe de 28° en surface à 10° à 200 m de profondeur.
- Une autre photographie (fig. 2) que nous devons à l’amabilité du docteur Charcot nous montre la rive est de l’îlé Jan-Mayen, petite île volcanique perdue dans l’Océan à mi-chemin entre le Spitzberg et le Groenland. Cette côte désolée, à peine parsemée de quelques touffes rachitiques au cœur de l’été, est cependant couverte d’immenses troncs d’arbres qui permirent aux premiers explorateurs hivernant dans l’île de se chauffer tout l’hiver. Ces bois viennent en ligne droite de Sibérie; charriés par les rivières, ils sont ensuite transportés par un courant marin sur cette côte désolée qu’ils approvisionnent annuellement en bois de chauffage.
- Si maintenant nous nous tournons du côté de la navigation, point n’est besoin de dire l’intérêt que présente la connaissance des courants marins qui déroutèrent les anciens navigateurs à voile et les firent atterrir en des
- points parfois bien lointains de ceux qu’ils avaient choisis. Le nombre de naufrages qui leur sont imputables est incalculable.
- Enfin en ce qui concerne l’art de l’ingénieur maritime, les questions d’ensablement des estuaires, de construction de digues avancées, etc., sont entièrement liées à celle des courants sous-marins.
- Or jusqu’ici, les appareils employés étaient d’une grande complication ou d’un maniement délicat ou incertain.
- Si l’on est arrivé depuis longtemps déjà à d’excellents appareils déterminant avec précision la température des mers à diverses profondeurs, il n’existait guère d’appareil, surtout enregistreur, donnant des renseignements continus et précis sur les courants.
- Nous décrirons dans un prochain article un appareil dû à M. Idrac, chef des travaux de physique à l’Ecole Polytechnique, qui associé au thermomètre à renversement et immergé du bord ou fixé à une bouée, enregistre par des procédés photographiques très simples les courants marins ou sous-marins. A. B.
- Fig. 4. — Les bois flottés à Vile Jan-Mayen, au-dessus du 700 de latitude nord.
- Photo Dr J.-B. Charcot.
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- :::::::::."r-. LES RÉCENTS PROGRÈS I..........................:
- DANS LA CONDENSATION ÉLECTRIQUE DES POUSSIÈRES
- PRINCIPE GÉNÉRAL DU DÉPOUSSIÉRAGE ÉLECTRIQUE
- Les fumées les plus diverses produites dans les fabrications industrielles sont constituées par des suspensions de particules extrêmement ténues portant des charges électriques. Placées entre deux armatures électrisées de sens contraire, on les voit se . diriger vers l’une des armatures, ce qui indique bien\ qu’elles sont électrisées. On a eu depuis longtemps l’idée d’utiliser cette propriété pour j|j condenser les fumées, c’est-à-dire pour en précipiter les particules solides qu’elles tiennent en suspension, ce qui présente, dans bien des cas, un intérêt essentiel, en particulier, lorsque les fu-, mées sont nocives ou qu’elles 1 contiennent des produits qu’il y a intérêt à récupérer. 1
- Cependant, l’électrisation des poussières est insuffisante pour que leur condensation puisse être obtenue avec un bon rendement par ce procédé direct. Il est nécsssaire de leur communiquer artificiellement une charge électrostatique assez élevée pour obtenir de grandes vitessesTd~e déplacement et, par suite, de dépôt sous l’influence d’un champ électrique. On y parvient en
- tig. 3. — Schéma de l’appareil de la Centrale électrique de Comines.
- Fig. 1. — Principe de la méthode de condensation des poussières solides imaginée par M. Pauthenier.
- H, boîte de tôle; P, plaque à la terre; F, fil fin à haute tension ; G, grille.
- Cheminée ( finage induit )
- Haute tension
- parles tubeçde J / ’écon om iseùn
- Réchauffeun\ J deau d'alimentation
- Plancher
- ionisant fortement le gaz dans lequel les poussières sont en suspension.
- Pour éliminer les poussières d’un gaz, il faut donc le faire circuler dans un espace où l’on a réalisé entre deux armatures métalliques un champ électrique intense en maintenant entre les deux armatures une différence
- de potentiel très élevée. Ces armatures peuvent être constituées par deux cylindres concentriques ou par deux armatures planes et parallèles.
- Bien des procédés ont déjà été mis en œuvre pour réaliser électriquement le dépoussiérage des fumées. Mais il m’a paru
- intéressant d’attirer l’attention des lecteurs de La Nature sur les résultats obtenus récemment à la suite de recherches expérimentales et théoriques de M. Pauthenier, professeur à la Faculté des Sciences de Lille, qui a'réussi à précipiter dans d’excellentes conditions économiques et avec un rendement de 95 pour 100 les poussières de charbon contenues dans la fumée expulsée par les foyers d’une chaudière de 5000
- kilowatts. C’est la première fois, semble-t-il, que le dépoussiérage électrique a été appliqué à des fumées de charbon avec un rendement aussi élevé.
- Fig. 2. — Principe du dépoussiéreur de
- M. Pauthenier (appareil symétrique).
- P, plaque à la terre; HT, fil fin à haute tension ; G, grille.
- LES CONCEPTIONS GÉNÉRALES DE M. PAUTHENIER
- Comme le fait remarquer M. Pauthenier, le dépoussiérage électrique des gaz comporte, en réalité, deux opérations bien distinctes :
- 1° il faut précipiter aussi complètement que possible toutes les particules solides d’un courant gazeux ;
- 2° Il faut éliminer les poussières ainsi condensées au fur et à mesure de leur précipitation. Cette deuxième opération, tout aussi importante que la première, est en réalité de beaucoup la plus difficile à réaliser.
- M. Pauthenier ayant remarqué que, pour des débits gazeux importants, un système de condensation formé
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- par deux cylindres concentriques conduirait à des appareils énormes, il a adopté le système constitué par deux armatures planes, l’une portée à un potentiel très élevé, l’autre mise à la terre.
- Pour maintenir entre ces deux armatures une différence de potentiel très élevée et de sens constant, il faut mettre en œuvre un transformateur généralement de faible puissance (qui transforme en courant alternatif de haute tension un courant industriel ordinaire) et un redresseur constitué par un kénotron, ou par un commutateur tournant (permettant d’obtenir un courant à haute tension de sens constant).
- M. Pauthenier a ainsi construit un dispositif très simple comprenant, comme partie essentielle, des plaques de tôle parallèles, les unes reliées à la terre, les autres maintenues à une tension négative de quelques dizaines de milliers de volts. Mais un tel dispositif, qui convient parfaitement pour des fumées dans lesquelles]
- Fig. 5.
- Fig. 4. —Appareil de laboratoire. La haute tension est appliquée.
- sont remises en suspension dans le courant gazeux ; de plus, ces petites explosions locales occasionnent chaque fois un claquage d’étincelle qui oblige à abaisser progressivement la tension et entraîne une diminution dans l’efficacité de l’appareil.
- COMMENT CONDENSER ET RECUEILLIR LES POUSSIÈRES SOLIDES
- Pour supprimer ces inconvénients, il ne saurait suffire de secouer les plaques.
- Cette méthode présenterait l’inconvénient de remettre chaque fois en suspension une grande masse de poussières ; en outre l’expérience montre qu’il reste toujours des points où le dépôt, plus compact, ne se détache pas, malgré son épaisseur, et il suffit d’un seul de ces points pour qu’on
- Appareil de laboratoire. La haute tension est coupée.
- les particules en suspension sont liquides, serait en général assez mal adapté aux besoins de la pratique industrielle pour les fumées formées de particules solides, car il ne permettrait pas l’évacuation spontanée des dépôts formés.
- En effet, dans le cas de brouillards liquides, les vésicules attirées vers la paroi, s’y maintiennent sous l’influence de forces d’adhésion bien supérieures aux forces électriques mises en jeu, et le liquide condensé s’écoule ensuite sans difficulté sous la seule influence de la gravité ; son évacuation n’offre donc aucune difficulté. Mais les choses vont tout autrement dans le cas d’un précipité pulvérulent très peu cohérent comme la suie de charbon : dès que le dépôt acquiert une épaisseur de quelques millimètres, il présente une multitude de points très fragiles d’où les poussières sont à nouveau arrachées par les forces électrostatiques très intenses qui interviennent dans l’appareil et
- Fig. 6. — Photographie de l’appareil de la Centrale électrique de Cominesf correspondant au schéma ci-]oint.
- L’appareil occupe la partie antérieure du parallélépipède de maçonnerie et se termine en AB.
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- = 26 :r-::.r:. =
- soit obligé d’abaisser la tension dans l’appareil entier. Autrement dit, pour que le fonctionnement puisse être régulier, il faut éviter que, même en un seul point, le dépôt de suie vienne diminuer l’intervalle entre les deux plaques du condensateur plan.
- On ne peut davantage songer à ôter ce dépôt par des brosses métalliques, ce qui constituerait une complication et un danger, car il faudrait opérer sous haute tension.
- M. Pauthenier a résolu ces difficultés d’une manière fort élégante. Il lui a suffi de prendre comme électrode mise au sol, non une simple plaque de tôle, mais une
- Fig. 7. — Aspect d’un autre appareil industriel de plus petites dimensions que celui de Comines.
- boîte plate H constituée par une plaque de tôle P devant laquelle se trouve, à une faible distance, une grille G parallèle à P (fig. 1). L’ensemble du fil fin F maintenu à haute tension et de la boîte H fonctionne un peu comme la classique lampe à trois électrodes, bien connue des sans-filistes : le fil F émet les ions destinés à charger les poussières du courant gazeux qui circule entre le fil et la grille, et les grains de poussière ainsi négativement chargés sont repoussés par le filament dans le sens de la flèche. Ils traversent la grille et arrivent sur la plaque où, grâce à l’action protectrice de la grille, qui se comporte ici comme une véritable cage de Faraday, ils sont presque complètement soustraits à toute action élec-
- trique. Les grains de poussière se déposent sur la plaque P à l’abri du courant gazeux et dans un champ électrique faible, incapable de les en arracher par la suite. Dès que le dépôt formé atteint la moindre épaisseur, il se détache et tombe par l’action de son poids, qui est la seule force à laquelle il est soumis.
- Pratiquement, l’électrode à haute tension H T est constituée par des fils fins parallèles équidistants, tendus dans un cadre rectangulaire et convenablement espacés (fig. 2). De part et d’autre de cette électrode on dispose deux électrodes terre constituées chacune par une boîte plate ou caisson dont le couvercle G est la grille et le fond la plaque de tôle P.
- Les poussières qui, après avoir traversé la grille et rencontré la plaque de tôle, tombent au fond de l’appareil, se rassemblent dans des trémies d’où elles sont évacuées.
- LES PREMIÈRES RÉALISATIONS
- Un appareil de laboratoire construit d’après ces principes généraux est représenté sur les figures 4 et 5. La figure 3 donne le schéma d’un appareil semblable, mais de bien plus grandes dimensions, qui fonctionne depuis dix-huit mois à la Centrale électrique de Comines. La chaudière en expérience produit à l’heure environ cent mille mètres cubes de gaz chargés de fumée. Le volume provisoirement prévu pour le dépoussiéreur était de 35 mètres cubes. Faute de place, on a réduit ce volume à 20 mètres cubes seulement (fig. 6). Les résultats fournis par ce dispositif ont été absolument probants. L’efficacité de l’appareil, calculée d’après le bilan de la chaudière, est en effet de 94 pour 100. Il ne sort de la cheminée qu’un panache de vapeur d’eau légèrement teintée de gris. La masse des produits condensés est d’environ 300 kilogrammes à l'heure. Les poussières sont recueillies dans une auge figurée à la partie inférieure du dépoussiéreur. L’évacuation de l’auge se fait par une vis sans fin entraînée par un petit moteur et un long tube vertical qui conduit les suies dans des berlines au niveau du sol. On aurait pu d’ailleurs éviter la vis sans fin en remplaçant l’auge par des trémies, comme dans l’appareil de laboratoire. Le dépoussiéreur n’apporte d’ailleurs aucune perturbation dans le tirage ni, par suite, dans la conduite de la chaudière.
- LES CONSÉQUENCES
- L’appareil de précipitation électrique des poussières du professeur Pauthenier résoud élégamment le problème déjà abordé par Cottrell.
- Dès maintenant, on en peut prévoir la rapide généralisation, car il répond à deux besoins très urgents.
- D’une part, il permet de récupérer nombre de poussières de valeurs telles que : pigments des fabriques de peinture, cimènt, etc., ou nuisibles pour le voisinage : composés arsenicaux, etc.
- D’autre part, il apporte une solution à un souci d’hygiène sociale de plus en plus aigu : la lutte contre les fumées qui diminuent l’insolation et polluent l’air respi-rable dans l’atmosphère des villes.
- A. Boutabic.
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- = LA FIGUE DE SMYRNE =
- CULTURE ET INDUSTRIE EN CALIFORNIE
- Les Etats-Unis importent chaque année d’Asie Mineure et des Etats septentrionaux d’Europe de 19 000 à 20000 tonnes de figues sèches d’une valeur approximative d’un million de dollars. Les deux tiers environ de ce tonnage et les neuf dixièmes de sa valeur consistent en figues de Smyrne.
- En présence de cette consommation fantastique, les Américains qui ont si bien réussi dans la culture des fruits européens entreprirent d’introduire chez eux le délicieux produit smyrniote. Pendant de longues années, planteurs et horticulteurs firent des essais coûteux, mais les figues qu’ils obtenaient ne dépassaient jamais la grosseur d’une bille, tombaient toutes avant leur maturité, et, de ce fait, étaient absolument insipides.
- Découragés par leurs insuccès répétés, ils avaient fini par renoncer à leurs tentatives, lorsqu’en 1886, M. Roe-ding, propriétaire d’un verger à] Fresno (Californie), résolut à son tour de tenter l’expérience.
- Avant de se mettre à l’œuvre, il envoya son chef de culture en Asie-Mineure d’où celui-ci lui rapporta plusieurs milliers de plants de figuiers de Smyrne ainsi qu’un certain nombre de figuiers sauvages ou caprifi-guiers, comme on les appelle.
- CAPRIFIGUES ET BLASTOPHAGES
- Cette fois, la solution du problème était en bonne voie. En effet, après de longues et patientes recherches, le Dr Meyer était arrivé à démontrer que les variétés de la figue de Smyrne contiennent exclusivement des fleurs femelles.
- Il avait reconnu que si ces fleurs ne sont pas fécondées, de manière à pouvoir donner des graines, les fruits tombent invariablement avant leur maturité. Il prouva enfin que la riche et délicieuse saveur de la figue de Smyrne sèche lui vient précisément des nombreuses graines mûres qu’elle renferme.
- En un mot, il avait trouvé la véritable cause de l’insuccès des planteurs californiens : l’absence de fécondation à laquelle la caprifigue, pourvue de fleurs mâles et de fleurs femelles et de fleurs de galle (fleurs femelles modifiées et infertiles), pouvait seule remédier.
- Du même coup, on eut l’explication de la coutume pratiquée, de temps immémorial, par les habitants de Smyrne et consistant à suspendre aux branches des figues comestibles des chapelets de caprifigues, d’où sort alors un hyménoptère de la famille des Cynipides et dont l’espèce porte le nom de « Blastophage » (Blas-tophaga prenes). Couvert du pollen des fleurs écloses, ce petit insecte s’introduit dans les réceptacles des fleurs de la figue cultivée, les féconde et les met de cette façon à même de produire des graines et de mûrir.
- L’existence de ce moucheron est intimement liée à la vie de la figue; la vie de la caprifigue comme celle de la figue de Smyrne dépendent à leur tour de l’insecte d’une
- Fig. 1. — Le Blastophage (Blastophaga prenes)
- a, femelle adulte, très grossie, b, sa tête vue par-dessous, c, sa tête vue de côté, d, mâle perçant une galle, e, Tmelle sortant d’une galle, f, mâle adulte très grossi.
- manière tout à fait curieuse qui mérite d’être expliquée plus spécialement.
- La caprifigue donne, chaque année, trois récoltes, de même que le moucheron produit, chaque année, trois générations. Notons en passant que la caprifigue n’a comme fruit aucune valeur. Elle est précieuse parce qu’elle fournit le pollen nécessaire au développement de la figue de Smyrne. Les trois récoltes auxquelles on a conservé leur appellation napolitaine sont, dans l’ordre d’arrivée : les « profichi » ou figue du printemps, les « mammoni » ou figues d’été et les « mammi » ou figues d'hiver.
- Les « mammi » passent l’hiver sur les arbres et c’est dans leurs fleurs de galle que la dernière génération des blastophages dépose ses œufs, à raison d’un œuf par fleur.
- Chaque fleur renferme, selon sa grosseur, entre 500 et 2000 individus.
- Les moucherons ont atteint leur complet^développement vers fin mars ou commencement avril.
- Les mâles sortent toujours les premiers de leurs galles pour percer celles des femelles qu’ils fécondent. Celles-ci agrandissent alors, avec leurs puissantes mandibules, le trou pratiqué parles mâles dans leurs galles qu’elles s’empressent de quitter, ainsi que le fruit lui-même.
- Elles abandonnent leur
- Fig. 2.
- Branche d'un caprifiguier.
- En bas : deux figues d’hiver (mammi) d’où les blastophages vont sortir; au sommet: figues de printemps (profichi) qui vont recevoir les blastophages.
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- Fig. 3. — Une figue coupée, montrant le réceptacle de fleurs.
- domicile par l’étroite ouverture terminale appelée vulgairement œil de figue, mais dans les efforts qu’elles font pour effectuer leur sortie, elles frôlent les fleurs mâles groupées juste au-dessous de l’œil, et ce faisant elles entraînent sur elles-mêmes une certaine quantité de pollen.
- Aussitôt sorties des fruits, les femelles s’en vont à la recherche des jeunes figues « profichi » dans lesquelles elles pénètrent pour y pondre leurs œufs et y mourir.
- La ponte leur est singulièrement facilitée par la structure même de leur abdomen composé d’une série de segments extensibles, à là manière de ceux d’un télescope, leur permettant de s’enfoncer jusqu’à la base des fleurs femelles, sur lesquelles elles disséminent, en même temps, la poussière fécondante.
- Lorsque la génération suivante des blastophages a accompli son évolution et s’apprête à délaisser les figues « profichi » — ordinairement dans la deuxième quinzaine de juin — les fleurs mâles de cette récolte sont complètement développées, et, au même moment, les fleurs femelles de la récolte des « mammoni » sont prêtes pour la fécondation.
- En somme, ce n’est que la répétition exacte du procédé que nous venons de décrire.
- Fin août, l’évolution de la troisième génération de moucherons est achevée et les premières figues « mammi » sont prêtes à recevoir leurs œufs qui exigent tout l’hiver pour se développer et former la première génération de l’année suivante.
- On peut voir par ce qui précède combien la fécondation de la caprifigue dépend du Blastop hage. En effet, il est impossible aux fleurs mâles d’une caprifigue de polliniser les fleurs femelles de la même figue puisqu’elles ne s’épanouissent pas à la même époque.
- Par exemple, les fleurs femelles de la récolte « profichi » sont écloses et prêtes à être fécondées vers le commencement d’avril, époque à laquelle les insectes sortent des figues « mammoni ». Les fleurs mâles des « profichi » ne s’ouvrent pas avant fin juin, c’est-à-dire au moment de l’épanouissement des fleurs femelles de la récolte « mammoni ».
- Dans chaque cas, les fleurs mâles d’une récolte fournissent le pollen pour la fécondation des fleurs femelles de la récolte suivante. La pollinisation ne peut être faite parle vent, parce que, comme nous l’avons signalé plus haut, les fleurs sont toutes cachées à l’intérieur de la figue. Le concours de l’insecte est donc absolument indispensable.
- Fig. 4. — Calimyrna, figues de Smyrne cultivées aux Etats-Unis.
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- Fig. 5. — Préparation des chapelets de caprifigues contenant des œufs de blastophages.
- Jusqu’à présent, dans nos explications concernant les relations existant entre le Blastophage et la caprifigue, mous n’avons pas encore mentionné la figue de Smyrne.
- Fig. 6. — Mise en place des chapelets de caprifigues.
- C’est que cette dernière n’est rien pour le moucheron, tandis que le moucheron et la caprifigue sont tout pour elle. Vous vous rappelez que la figue de Smyrne ne porte que des fleurs femelles et que la caprifigue est seule à posséder des fleurs mâles. Pour que la fécondation de la figue de Smyrne puisse avoir lieu, le pollen doit donc lui être fourni par la caprifigue.
- C’est précisément ce qui se produit et là encore les récoltes se correspondent d’une façon adéquate. Les figues de Smyrne sont ouvertes pour la fécondation au moment où s’épanouissent les caprifigues « mammoni » et lorsque les femelles du Blastophage sortent des figues « profichi » emportant la poussière pollinique des fleurs mâles.
- En réalité, la fécondation de la figue de Smyrne s’effectue par suite d’une méprise de la femelle. A la recherche d’une caprifigue mammoni pour y déposer ses œufs, celle-ci se trouve en présence d’une figue de Smyrne, soit que la caprifigue qu’elle vient de quitter ait été suspendue dans les branches d’un figuier cultivé ou que le moucheron ait volé sur un de ces arbres placés dans le voisinage.
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- Elle pénètre dans le fruit, se promène tout autour des fleurs, afin d’y pondre.
- Comme cela lui est impossible à cause de la structure même de ces fleurs, elle les essaye toutes avec son oviducte chargé de pollen des « profichi » et les féconde en même temps.
- Ainsi fécondées, les fleurs peuvent produire des graines qui mûrissent et, de cette manière, la figue ne tombe plus et devient ce fruit superbe qu’il doit être de par sa nature.
- Vous voyez maintenant pourquoi les planteurs de figues de Smyrne ont l'habitude d’enlever les branches chargées de caprifigues « profichi » et de les suspendre aux branches des figues comestibles.
- LA CAPRIFICATION
- Cette curieuse pratique à laquelle on a donné le nom de caprification avait été signalée à plusieurs reprises, mais personne n’en avait saisi l’utilité.
- D’aucuns n’admettaient même pas le rôle du moucheron jusqu’au jour où plusieurs savants firent des recherches à son sujet et en décrivirent les mœurs et les habitudes.
- En 1890, s’appuyant sur les divers renseignements fournis par ces savants, M. Roeding tenta d’introduire en Californie les insectes si indispensables à la réussite de ses essais.
- Ce ne fut pas encore le succès car, s’étant procuré en Syrie plusieurs chargements de caprifigues contenant des blastophages vivants, il lui fut ^impossible d’élever une
- nouvelle génération de mouches dans les figues qu’il avait pu réaliser.
- Il ne se découragea pas pour cela, mais il changea de plan. Au lieu d’utiliser les caprifigues de la récolte du « profichi », il fit venir d’Alger des caprifigues provenant de la récolte des « mammi ». Ceci se passait en mars 1899 et au mois de juin, en visitant sa figuerie, M. Roeding eut l’immense plaisir de trouver sur les arbres des caprifigues contenant des insectes en voie de développement. Le Blastophage était enfin transplanté !
- Depuis cette époque, ce moucheron a été introduit dans de nombreuses localités où il a fini par s’acclimater et ses générations se reproduisent à présent aussi régulièrement que dans leur pays d’origine.
- Grâce à cette acclimatation du blastophage, la figue de Smyrne a été définitivement introduite en Californie. Cette figue, la « Calimyrna », comme M. Roeding l’a baptisée, est du reste absolument semblable à celle d’Asie Mineure en grosseur, en saveur et en parfum. Elle est particulièrement recherchée dans les grands centres américains, où la consommation de ce fruit à l’état sec, et depuis quelques années à l’état frais, augmente sans cesse.
- Ce succès est dû, évidemment, aux excellentes qualités de la Calimyrna, mais aussi à sa préparation et à sa présentation faisant l’objet des soins assidus des producteurs.
- PREPARATION DES FRUITS
- Voici du reste comment on opère en cette occurrence.
- Fig. 7. — Un verger américain de figues de Smyrne.
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- ax j. uu.
- Fig. 8. — Triage des figues fraîches.
- On cueille les fruits à maturité complète et par temps sec, deux ou trois fois par semaine. Au fur et à mesure de la cueillette, on les rince dans de l’eau claire pour les étaler ensuite côte à côte sur des claies exposées au soleil.
- Pendant le séchage qui dure de 5 à 10 jours, on les retourne fréquemment, on les aplatit un peu pour faciliter la dessiccation. Quand ils sont secs à point, on les met dans des boîtes de ressuage.
- Avant d’emballer les figues, on les plonge pendant deux ou trois minutes dans un bain d’eau salée bouillante pour détruire les larves d’insectes qui compromettraient la conservation.
- Dès que les figues sortent de la saumure bouillante, des ouvrières les rangent avec soin par couches dans des caissettes, le pédoncule tourné vers le haut : on les presse à la main pour les aplatir. Ainsi, on distribue mieux la chair et la peau autour du pédoncule, et lorsqu’on ouvre la boîte dont le fond devient le couvercle, la surface se présente parfaitement pleine. Une assez forte pression est cependant nécessaire. On forme ainsi une masse dans laquelle l’air ne peut guère circuler et où les insectes ne peuvent non plus pénétrer.
- Dans ce travail les mains doivent être constamment imbibées d’eau salée pour empêcher les figues, très sucrées, de se coller aux doigts.
- On emballe une certaine quantité de fruits dans des caissettes de 5 à 10 livres, mais la plus grande partie est
- vendue dans des boîtes de carton d’une livre ou d’une demi-livre.
- Depuis quelques années, les producteurs font également le commerce des figues fraîches de Smyrne si supérieures aux autres figues.
- Après plusieurs tentatives infructeuses, ils ont réussi à expédier ces fruits, si fragiles pourtant, grâce aux minutieuses précautions que nous allons indiquer.
- Constatons tout d’abord que l’on n’expédie que les fruits de choix, de grosseur à peu près uniforme, de couleur vert clair, doux au toucher.
- Leur cueillette est faite par des ouvriers armés d’un couteau à lame recourbée. Ils tiennent la figue d’une main et la coupent de l’autre, en lui laissant 3 cm de pédoncule pour éviter l’écoulement du suc. Jamais ils n’arrachent le fruit ; la moindre meurtrissure le rendrait impropre à l’expédition.
- Au fur et à mesure qu’ils coupent les fruits, ils les placent avec précaution dans un panier fixé sur l’arbre au moyen d’un crochet en fil de fer.
- Lorsque le fond est garni d’une rangée de fruits, ils couvrent cette rangée d’une couche de feuilles, puis ils mettent une autre rangée et ainsi de suite. Quand le panier est rempli, on le décroche pour le remplacer par un autre.
- La cueillette terminée, les figues sont amenées sur des voitures spéciales dans la salle d’emballage où des ouvrières expertes les vérifient et les trient par trois gros-
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- Fig. 9. — Séchage des figues en plein air.
- seurs pour les ranger dans des caissettes de huit à dix livres garnies intérieurement de papier, chaque rangée étant séparée par des bandes de carton gaufré.
- Fig. 10. — Mise en boîte des figues de Smyrne sèches.
- A la fin de la journée, on transporte ces caissettes dans l’entrepôt frigorifique où elles sont soumises à une réfrigération préalable variant de trois à huit heures.
- Les fruits ainsi traités sont dans d’excellentes conditions pour supporter un transport assez long et même à l’arrivée pour se conserver pendant plusieurs jours sans s’abîmer ou même se ramollir.
- LE COMMERCE CALIFORNIEN DES FIGUES
- La « Earl Fruit Company » a chargé, la saison dernière, 48000 caissettes de figues fraîches ainsi traitées avec un déchet insignifiant de 2 pour 100.
- Aussitôt après la réfrigération préalable, les caissettes sont expédiées par grande vitesse dans des wagons frigorifiques à New-York, Chicago, Pittsburg, Boston, Cleveland et autres, où la Calimyrna fraîche faisant prime atteint à des prix tout à fait intéressants pour les producteurs.
- Cette figue, qui reproduit si heureusement et si parfaitement le fruit oriental, a donné naissance à une nouvelle industrie dont le développement est si rapide, si prodigieux que d’ici quelques années elle sera en tête de l’important commerce fruitier de la Californie.
- L. Kuentz.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- Dans le n° du 1er mars de La Nature nous apportions un petit problème emprunté à des Récréations mathématiques du xviie siècle. Nous ajoutions que notre auteur ne donnait qu’une solution : mais qu’il y en avait plusieurs et nous demandions à nos aimables lecteurs de nous indiquer leurs solutions.
- Pour plus de clarté rappelons le problème posé :
- 3 personnes vont vendre des pommes au marché : elles en ont respectivement 20, 30 et 40 : elles les vendent chacune le même prix à la pomme et rapportent cependant la même somme. Comment cela se peut-il faire.
- Notre auteur du xvn8 siècle indique la solution suivante :
- La vente a lieu en deux fois : une première fois les pommes sont vendues 1 sou pièce :
- la première en vend 2 et reçoit 2 sous la deuxième — 17 — 17 —
- la troisième — 32 — 32 —
- Deuxième vente au cours de 3 sous la pomme :
- La première vend les 18 pommes restant pour 54 sous
- La deuxième — 13 -— — — 39 —
- La troisième — 8 — — — 24 —
- Elles ont toutes trois rapporté la même somme 56 sous.
- On aperçoit tout de suite qu’on peut varier le prix des pommes autant qu’on veut, du moment qu’on observe la proportion de 1 à 3, de la première à la deuxième vente.
- On peut aussi faire varier le nombre de pommes en conservant les prix : 1 et 3, doubler, tripler ce nombre de pommes.
- M. Solari d’Alger et M. Démangé de Paris nous ont envoyé des solutions exactes différentes aussi de celles que nous venons d’indiquer.
- M. le docteur Cornet, directeur du bureau d’hygiène de la ville d’Amiens, grand amateur des récréations mathématiques chères à Edouard Lucas, a généralisé le problème et a fourni
- des réponses par centaines. Sa démonstration se développe tout au long de onze grandes pages : il nous excusera de ne pas la reproduire en entier.
- Nous donnerons les équations que comporte le problème, sans donner la résolution ni la discussion. Yoici le problème généralisé.
- 3 personnes apportent au marché respectivement A, B et C pommes.
- Elles vendent leurs pommes le même prix à l’unité et rapportent la même somme. Comment cela se peut-il faire?
- L’opération se fait en 2 ventes.
- ire vente : la pomme est vendue a sous :
- La première vend x pommes et reçoit ax sous
- La deuxième — y — — ay —
- La troisième — s — — az '—
- 2° vente : la pomme est vendue b sous :
- La première vend A-x pommes en reçoit b (A-a:)
- La deuxième — B*^ — — b (B-y)
- La troisième — C-z — — b fC-s)
- En résumé :
- • La première a reçu
- La deuxième La troisième — et par hypothèse on a
- ax -f- b (A-a;) = ay -f b (B-y) = az + b (C-z).
- On a 3 équations à 8 inconnues.
- C’est un beau modèle d’analyse indéterminée. Nous l’avons dit, la résolution de ce système compliqué, avec la discussion qu’elle comporte, n’exige pas moins de onze grandes pages de calcul. Tout cela pour prouver qu’une question, bien simple en apparence, peut nécessiter pour sa solution de très longs calculs.
- Virgile Braudicourt.
- [ax -f- b (A-a;)] sous |ay+//(B-y)] —
- ^ (C-")] —
- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- II. LES SAVANTS NÉS TROP BIEN PORTANTS
- Par opposition avec les savants nés malingres dont nous avons parlé dans un article précédent (*), on peut dire que certains autres naquirent avec une santé tellement exubérante, qu’elle leur communique un caractère quelque peu excessif et que, pour satisfaire celui-ci, ils furent amenés à se plonger avec ardeur dans les études scientifiques et, notamment, dans celles du domaine des sciences géographiques, les voyages leur servant de « calmant ». Ce sont, d’ailleurs, des savants « de seconde zone » et leur existence, assez décousue et turbulente, n’a guère d’intérêt qu’au point de vue anecdotique, ainsi qu’on va pouvoir en juger par les quelques lignes que nous allons consacrer à La Condamine, Ramond, Labillar-dière, d'Abadie et Yvon Villarceau.
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- La Condamine, connu, surtout, comme voyageur et comme mathématicien, eut une jeunesse (il était né à Paris en 1701) assez orageuse, mais, sur le tard, s’occupa, d’une manière un peu désordonnée, d’ailleurs, de questions scientifiques variées. « On peut dire de lui, a écrit Biot (2) que le trait saillant de son caractère, la cause principale de ses succès
- 1. Voir La Nature. n° 2808, 1er mai 1929.
- 2. Mélanges scientifiques et littéraires, tome III. Paris, 1858.
- dans les sciences, dans les lettres et dans le monde, fut la curiosité. mais une curiosité active, unie à des qualités solides, telles que l’ardeur, le courage et la constance dans les entreprises. En sortant du collège, il alla, comme volontaire, au siège des Roses, où, déjà, sa passion dominante manqua de lui devenir fatale. Il était monté sur une hauteur pour examiner la place de plus près et il s’occupait à regarder avec une lunette le service d’une batterie, dont les boulets tombaient autour de lui sans qu’il s’en aperçût. Il fallut qu’on lui donnât l’ordre de descendre et qu’on lui apprît qu’un manteau écarlate qu’il portait l’avait rendu le point de mire des assiégés. La paix vint et La Condamine ne pouvant espérer qu’un avancement lent et une vie monotone, qui ne satisfaisaient point son infatigable activité, quitta la carrière militaire et entra à l’Académie des Sciences en qualité à’adjoint chimiste. Sa curiosité qui s’étendait sur tout et que tout éveillait, l’avait porté à s’occuper également de diverses sciences cultivées à l’Académie ; mais, avec l’inquiétude de-son esprit qui lui rendait une longue méditation insupportable, ilne pouvait que les étudier superficiellement et les effleurer toutes sans en faire avancer aucune ». Ne pouvant, comme on dit, « tenir en place », il s’embarqua alors sur l’escadre de Duguay-Trouin et parcourut, dans la Méditerranée, les côtes de l’Asie et de l’Afrique. Il fit ensuite cette série de voyages qui l’ont rendu célèbre et, en même temps, s’occupa de diverses questions scientifiques (c’est lui qui proposa comme mesure de longueur uni-
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- verselle celle du pendule battant la seconde à l’équateur), et écrivit, même, de petites poésies.
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- Ramond, bien qu’ayant joué un certain rôle politique, a laissé un nom comme géologue, — il s’occupa surtout de la connaissance des Pyrénées, — botaniste, physicien et, même, comme littérateur. Il était né à Strasbourg, en 1753, et eut la vie agitée qui convenait à son tempérament et que, d’ailleurs, les circonstances lui imposèrent.
- « Dès son enfance, dès son origine même, a écrit Cuvier (l), on aperçoit en quelque sorte le germe de ce qu’il a été. Son père, trésorier de l’extraordinaire des guerres en Alsace, était originaire du midi de la France. Sa mère appartenait à une famille allemande de la rive gauche du Rhin ; et c’était, d’une part, les persécutions exercées contre les protestants, de l’autre, les épouvantables dévastations auxquelles les armées allemandes livrèrent à deux reprises le Palatinat, qui avaient fixé ces deux familles en Alsace, en sorte que, réunissant en lui la nature vive et ardente des habitants du Midi à cette disposition à la méditation, cette persévérance, si générales parmi les peuples germaniques, Ramond puisait dans les souvenirs de ses ancêtres l'horreur du gouvernement arbitraire et des conséquences qu’elle entraîne, même ce que l’on voit si rarement lorsqu’il est dans les mains d’un monarque aussi pénétrant, aussi instruit de ses affaires, d’une aussi grande élévation d’esprit que l’était incontestablement Louis X1Y. Strasbourg était peut-être le lieu le plus favorable au développement de ses dispositions.... Son université, organisée comme celle de l’Allemagne et donnant par conséquent l’enseignement le plus varié et le plus étendu, devait, à cette époque, aux talents de Schlœpflin une célébrité particulière pour les études relatives à la diplomatie et au droit public.... Les diverses branches du droit ne furent presque qu’un jeu pour un esprit aussi vif, et il trouva le temps d’y joindre la physique, toutes les parties de l’histoire naturelle. Il lui aurait été presque aussi facile de se faire recevoir médecin qu’avocat et s’il donna la préférence au dernier de ces titres, ce fut seulement par l’idée qu’il lui laissait plus de liberté dans l’emploi de ses talents. Dès lors, en effet, il ne se sentait pas plus de penchant à se renfermer dans une étude que dans un hôpital. Son corps avait besoin d’espace et de mouvement comme son esprit. A peine sorti des bancs, il gravissait à pieds les cimes des Vosges, visitant les ruines de leurs anciens châteaux et y composait des élégies et même des drames. Voyageur, naturaliste, poète, historien, et tout cela avec l’ardeur de la première jeunesse, Ramond se trouve bientôt avoir épuisé l'Alsace ; mais un théâtre voisin l’appelait. La Suisse lui offrit des plantes, des montagnes, des mœurs antiques, des gouvernements de toutes les sortes; c’étaient autant de pâtures pour l’activité qui le dévorait.... Le vieux Voltaire, chargé, comme il lui dit, de 83 ans et de 83 maladies, se fît encore un plaisir de lui montrer ce qu”il avait fait pour sa petite colonie. Lavater, à Zurich, chercha de s’emparer d’une imagination qui lui semblait disposée au mysticisme, et, à Berne, Haller, presque mourant, trouva encore la force de lui faire voir quelques plantes des Alpes».
- Ramond se rendit ensuite à Paris, où il fut mêlé à la trop célèbre histoire du Collier de la Reine, dont il eut toutes les peines du monde à se dépêtrer. Pour se remettre de cet imbroglio, il voyagea dans les Pyrénées et s’efforça de les comparer aux Alpes, s’attachant, entre autres, à l’élude des glaciers.
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- 1. Mémoire de l’Académie des Sciences de l’Institut de France, tome IX, Paris, 1830.
- Labillardière, bien que connu, surtout, comme explorateur, fut aussi un botaniste d’une certaine valeur.
- Né, en 1755, à Alençon d’une famille ancienne et considérée, il garda toute sa vie un naturel sauvage, indépendant et quelque peu « original ». Tout ce que l’on connaît de sa jeunesse, c’est que, malgré son naturel plutôt turbulent, il fît de bonnes études au Collège, puis se rendit à l’Ecole de médecine de Montpellier. C’est là, semble-t-il, que se développèrent ses goûts de la botanique et son fanatisme pour les voyages lointains. A cette Ecole, la botanique était enseignée par Gouan, lequel était, en même temps, l’ami enthousiaste de Commerson, le premier naturaliste français qui eut fait le tour du monde.
- On était alors en plein dans l’enthousiasme des voyages lointains. « Né avec des instincts d’indépendance et de curiosité, a dit de lui Flourens (1 ), Labillardière, digne émule déjà par ses bizarreries du peu sensé Jean Jacques, n’aspire plus qu’à vivre au milieu d’une nature inculte et sauvage. Les Dombay, les Forskal, le Pérou, devinrent les héros de ses rêves. Les aventures de ces « heureux marlyrs » de la botanique lui parurent plus enviables que la prosaïque facilité d’une vie douce et régulière, / consacrée à la pratique de la médecine. Pour échapper à ce bonheur facile, dont il ne voulait à aucun prix, après avoir reçu le grade de Docteur dans la Faculté de Paris, en 1780, il se rendit en Angleterre auprès de Banks. Là se trouvaient des collections de végétaux exotiques, que ne possédait pas encore la France et dont il était avide de se former quelque idée. Après avoir tiré tout ce que l’étude abstraite pouvait lui donner, il s’éloigna, emportant la sympathie du naturaliste anglais, et vint trouver dans les montagnes du Dauphiné et de la Savoie, alors si difficiles à parcourir, ces sites sauvages et cette nature ignorée, qu’il ne pouvait encore demander qu’à nos climats. Cependant Lemonnier, ce protecteur infatigable des jeunes carrières, réussit à découvrir, pour Labillardière, ce que celui-ci préférait à tout, l’occasion d’un long, d’un sérieux, d’un véritable voyage. Embarqué d’abord pour l’île de Chypre, notre jeune voyageur passa, en 1786, en Syrie. La peste, la guerre s’y promenaient en dominatrices ; rien ne put attiédir son zèle. Il employa deux années à explorer les chaînes de montagnes de ces belles et historiques contrées, parcourut les plaines des environs de Damas, et atteignit enfin le fameux mont Liban, que son imagination peuplait encore de cèdres majestueux ».
- Labillardière revint en France, puis repartit comme naturaliste attaché à l’expédition envoyée à la recherche de La Pérouse, dont on était sans nouvelles depuis trois ans. Il en profita pour augmenter ses récoltes botaniques, qu’il poursuivit au milieu de mille dangers, mais joyeux de vivre parmi les sauvages. Il en revint tout aussi indépendant qu’il était parti et, n’occupant aucune fonction publique, ne voulut jamais se plier aux conventions mondaines.
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- Antoine d’Abadie fut, plutôt, un voyageur qu’un savant, mais il effectua ses voyages d’une façon si scientifique que l’Académie des Sciences l’admit dans son sein, ce de quoi il la remercia, dans son testament, en lui léguant son magnifique château d’Abadie.
- Son enfance est assez bien connue grâce à la notice historique que Gaston Darboux lui a consacrée (2) et dont nous allons citer quelques passages.
- A. d’Abadie était né le 3 janvier 1810, à Dublin. Son père,
- 1. Éloges historiques, seconde séiie.
- 2. Séance publique annuelle de l’Académie des Sciences, du 2 décembre 1907.
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- Michel d’Abadie, descendait d’une ancienne famille d’abbés laïcs d’Arrast, commune du canton de Mauléon. L’institution de ces abbés laïcs remontait, par delà les croisades jusqu’à Charlemagne, qui les avait créés pour défendre la frontière contre les Sarrasins. Michel d’Abadie, qui avait émigré au commencement de la Révolution, épousa une Irlandaise ; revenu en France, vers 1820, il se fixa d’abord à Toulouse pour veiller à l’éducation de ses enfants, trois fils et trois filles, qui tous furent élevés à l’anglaise. On garda Antoine trois à quatre ans à la maison, ce dont il ne se plaignait pas, car, ainsi qu’il l’a dit plus tard, cela « lui permit d’ignorer toutes les tracasseries des études ». Cependant, à 13 ans, on l’envoya au Collège où il déploya une ardeur exceptionnelle, manifestant une rare curiosité pour tout ce qu’il ignorait.
- Une fois reçu bachelier, d’Abadie se fit inscrire à l’Ecole de droit. Mais, déjà, depuis longtemps, l’idée de devenir explorateur le tracassait. Il l’a conté lui-même : « Ayant formé, au sortir du Collège, en 1829, le projet d’une exploration dans l’intérieur de l’Afrique, où je voulais entrer par Tunis et le Maroc, je consacrai une grande partie des six années suivantes à étudier les sciences nécessaires pour voyager avec fruit. La lecture des voyages de Bruce me ramena invinciblement à l’Afrique Orientale, théâtre de tant d’émigrations et source de presque toutes les traditions qui vivent encore dans ce continent, si mystérieurement fermé. » Pendant les six années qu’il mûrissait ce projet, d’Abadie se livrait aux exercices physiques et s’habituait à la fatigue et aux privations qui attendent tout explorateur.
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- Antoine-Yvon Villarceau, astronome d’une certaine valeur, eut une jeunesse singulièrement décousue et incohérente.
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- Né, en 1813, à Vendôme où son père, ancien négociant, s’était retiré avec une très modeste aisance, il fit ses études, d’abord au Collège, puis dans une institution libre.
- Suivant un de ses biographes (1), sans se refuser à 1 étude, l’enfant lui dérobait le plus de temps qu’il pouvait ; il faisait ses devoirs dans un atelier. Tour à tour menuisier, serrurier, tourneur, mécanicien et horloger, pour réussir à tout, il n’avait besoin d’aucun maître. Il se fit même luthier pour se fabriquer un basson et faire partie d’une société philharmonique. Reçu bachelier, son père le fit entrer comme apprenti dans une pharmacie, mais il n’entendait rien à la vente et on. l’engagea à changer de carrière. Emancipé avant l’âge, il s’essaya d’abord dans la politique, puis se fit recevoir au Conservatoire comme joueur de basson. Satisfait d’avoir obtenu un prix pour sa virtuosité, il demanda alors un congé, et, accompagné d’un ami, partit en Egypte, désireux de soutenir la cause religieuse. Dégoûté de l’apostolat, il revint en France et se fit recevoir à l’Ecole centrale, où il ne tarda pas à briller. Villarceau étudiait avec ardeur et excellait surtout aux travaux graphiques. Son zèle fut récompensé par une élégante découverte, celle d’une troisième, — on n’en connaissait alors que deux seulement — série des cercles dans les sections du tore ; il étudia ensuite et fit connaître une théorie des voûtes. Un ancien élève de Polytechnique, Lambert Bey, avait sous le beau ciel de l’Egypte dirigé vers l’étude des astres les pensées du jeune Yvon. Changeant une fois encore de direction, le lauréat du Conservatoire, diplômé comme mécanicien, fit de l’astronomie le but définitif de ses.efforts; ses premières recherches furent relatives à l’orbite des planètes. Henri Coupin.
- 1. J. Bertra/nd. Mém. de VAcad, des Sciences, tomeXLV.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- REPRODUCTION PHOTOGRAPHIQUE RAPIDE DES TEXTES
- Dans Recherches et Inventions, organe de l’Office national des Inventions, M. le Dr Comandon donne l’indication d’un procédé qu’il emploie pour prendre économiquement la photographie des pages et des figures de livres dont on désire une copie.
- Si on applique, dit-il, un texte imprimé sur une feuille de papier sensible et qu’on expose à la lumière le dos, le verso de la feuille sensible, on obtient en blanc sur fond noir la photographie du texte, mais l’écriture est à l’envers, en miroir. En somme, on obtient un négatif dont il est facile de tirer des positifs en agissant comme précédemment, ou bien par transparence comme avec un cliché négatif ordinaire. On réalise ainsi la copie exacte du texte primitif.
- Il est aisé de comprendre comment s’effectue cette photographie. Les rayons lumineux traversent la couche sensible; ils sontréflé-chis par les parties blanches du texte et, venant de nouveau frapper le sel d’argent, ils l’impressionnent fortement Par contre, les rayons qui rencontrent les lettres. ou les traits noirs sont résorbés et les parties correspondantes de la couche sensible ne sont pour ainsi dire pas impressionnées, par rapport aux plages qui les entourent.
- Mais, dans un livre, le verso du texte à reproduire est généralement imprimé ; pour éviter que l’image en soit troublée, on applique sur ce côté une feuille de papier noir, qui neutralise les contrastes nuisibles ainsi formés.
- Voici comment opérer pratiquement.
- Il est commode d’avoir à sa disposition une tireuse. C’est une caisse dont le côté supérieur est fermé par une glace sans tain, très résistante. Dans le fond se trouve une lampe à incandescence de 50 bougies par exemple et dont l’allumage est extérieur, à la portée de l’opérateur. v
- La couche sensible d’un papier au gélatino-bromure est appliquée contre la page à photographier; derrière cette page on met une feuille de papier noir, puis une plaque mince rigide en zinc, par exemple. Le livre est renversé sur la tireuse, une légère
- pression assure le contact intime entre le papier sensible et le texte. On éclaire la tireuse pendant un temps qui dépend de la sensibilité du papier et de la puissance de la lampe, mais qui ne dépasse pas quelques secondes.
- Après développement, cette épreuve constitue un négatif, avec lequel on peut tirer des positifs comme avec un cliché, par transparence.
- Il existe d’ailleurs dans le commerce des plaques rigides recouvertes d’un enduit fluorescent. Il suffit, après insolation, d’appliquer celui-ci sur le verso du papier sensible placé comme précédemment pour obtenir l’impression photographique. Mais le prix de ces plaques est très élevé et à l’aide d’une tireuse que tout amateur photographe a intérêt à posséder, la manœuvre est aussi simple et plus rapide.
- POUR NIVELER UN TERRAIN DE TENNIS
- L’opération de nivellement d’un terrain destiné au tennis est la première chose que l’on doit effectuer avant de procéder à la préparation proprement dite de ce terrain, qui comprend le tassement de la terre et la vérification de la surface. Toutefois la précision n’est pas rigoureuse, et l’on peut se contenter d’une approximation que l’on obtient facilement avec un peu d’habileté et un outillage simple.
- L’appareil à utiliser se compose d’un long tube de caoutchouc dont les extrémités comportent un tube de verre qui se trouve fixé solidement à un piquet de bois. Lorsque le tube est rempli d’eau, il forme ainsi un niveau d’eau rudimentaire, mais qui sera néanmoins suffisant pour le travail à exécuter
- Pour cela, on place l’un des piquets sur le sol et on verse de l’eau dans le tube, jusqu’au niveau indiqué par un index. L’autre piquet comporte un repère qui se trouve à la même hauteur que le précédent. On peut observer immédiatement la dénivellation qui existe entre les deux points. On creuse alors au point le plus haut jusqu’à ce que le niveau de l’eau soit à la hauteur du repère. Cette opération répétée sur divers points du terrain donne un nivellement convenable.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AOUT 1929 (*)
- Astronomiquement, le mois d’août 1929 s’annonce assez calme, et il n’y aura aucun phénomène céleste de grande importance scientifique.
- L’amateur du ciel aura cependant l’occasion d’employer son activité dans diverses branches de l’Astronomie. C’est ainsi que les étoiles filantes, très nombreuses, en cette période de l’année, donneront lieu à de multiples observations.
- Il est recommandé aux observateurs de s’entendre pour noter les trajectoires en deux ou plusieurs stations, distantes de 30 à 50 km. Les météores vus simultanément de deux stations permettront de calculer leur hauteur d’apparition et de disparition par la parallaxe affectant les trajectoires.
- Parmi les autres observations à faire, citons de nombreuses conjonctions de planètes avec la Lune et quelques étoiles, la visibilité de la lumière cendrée de la Lune le matin, des minima d’Algol et surtout de la planète Uranus qui se présente dans d’excellentes conditions
- Enfin la visibilité en plein jour de la brillante planète Yénus.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en août, décroit rapidement, et de + 18° 5' le 1er, elle tombe à -(- 8° 44 le 31.
- Les jours diminuent fortement de durée pendant ce mois.
- De 15h 4“ le 1er août, la durée du jour n’est plus que de 13* 29“ le 31.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai de deux en deux jours.
- Aux heures ci-dessous, le centre du Soleil est juste au méridien de Paris.
- L’ombre d’un fil à plomb sur le sol indique alors exactement le méridien :
- Dates. Août lep Heures du passage. Il* 56” 51* Dates. Août 17 Heures du passage llk 54" 41*
- — 3 11* 56“ 43* — 19 llk 54“ 15*
- — 5 11* 56“ 33' — 21 11* 53“ 47*
- — 7 11* 56“ 20’ _ 23 11* 53" 17*
- — 9 11" 56” 5* — 25 llk 52“ 45*
- — 11 il* 55” 48» — 27 llk 52“ 12*
- — 13 llk 55” 28* — 29 11* 51” 37*
- — 15 llh 55” 68 — 31 11*51” 1*
- Observations physiques. — L’observation du Soleil est une des plus faciles à réaliser. Le procédé le plus pratique consiste à recevoir l’image du Soleil donnée par la lunette sur un carton blanc.
- Pour tirer un parti utile des observations, il faut orienter les dessins et mesurer la surface tachée.
- Nous avons donné ici même \La Nature, n° 2543 du 30 décembre 1922) un moyen pratique pour mesurer la surface des taches solaires sur les dessins et sur les photographies.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimée» en temps universel (T. U.), compté de 0* à 24* à partir de minuit (O*1).
- Pendant la mise en service de l'heure d’été, augmenter de 1 heure toutes les heures données ici, pour les mettre en accord avec nos pendules.
- L orientation des dessins s’obtient facilement à l’aide des données, P, B0 et L0 que fournit Y Annuaire du Bureau des Longitudes.
- P est 1 angle de position de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Est à partir du point nord du disque); B0 est la latitude héliographique du centre du disque solaire et L0 la longitude héliographique de ce centre.
- Voici ces éléments pour le mois d’août :
- Dates. P L0
- Août 4 + 11°,89 + 6°,03 320°,39
- — 9 + 13°,79 + 6°,35 254°, 28
- _ 14 + 15°,59 + 6°,62 188°,18
- — 19 + 17°,27 + 6°,84 122°,09
- — 24 + 18°. 8 4 + 7°,02 56°, 01
- — 29 + 20°, 27 + 7°,15 349°,95
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. — La lumière
- zodiacale est visible à présent le matin, avant l’arrivée de l’aurore.
- On sera bien inspiré de noter son intensité, sa couleur et sa forme, délimitée par rapport aux étoiles visibles.
- Les observations doivent être faites par un ciel très pur,
- et en l’absence du clair de Lune et de toute lumière arti-
- ficielle.
- Le Soleil est encore bien haut pour que l’on puisse, en nos régions, rechercher la lueur anti-solaire Celle-ci est juste à l’opposé du Soleil, son centre est situé par —18° 5 de déclinaison le Ie' et par — 8° 44' le 31. C’est dire que nous devons encore remettre à plus tard l’observation de cette faible luminescence céleste.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’août, seront les suivantes :
- N. L. le 5, à 3* 40“ P. L. le 20, à 9* 42“
- P. Q. le 12, à 611 1- D. Q. le 27, à 20h 2”.
- Age de la Lune, le l" août = 25J,1; le 6 août =01,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 6. Et pour une heure déterminée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 2 août, = + 27° 5'; le 16=— 27°9' ; le 30 = + 27° 15'. On remarquera la faible altitude de la Lune au-dessus de l’horizon le 16 août.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 août, à 21*. Parallaxe = 60'57" Distance =359 770 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 août, à 3*. Parallaxe = 54'6". Distance =405 320 km.
- Périgée de la Lune, le 31 août, à 23h. Parallaxe =60'12". Distance = 364 260 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 12 août, occultation de 172 B. Balance (gr. 5,9), de 20*15” à 20* 47m.
- Le 16, occultation de t Sagittaire (gr. 3,5), de 19* 36™ à 21* 1”.
- Le 17, occultation de A Sagittaire (gr. 4,9), de 19h 0m à 20*12m.
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- Le 18, occultation de 86 B. Capricorne (gr. 6,2), de 20h191” à 21h17m.
- Le 26, occultation de 175 B. Bélier (gr. 6,4), de 23h 51ra à 0k 50“ le 27.
- Le 28, occultation de u Taureau (gr. 4,2), de 0h 40m à à l^”.
- Marée, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 5 août et de la Pleine Lune du 20.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées pour
- Brest : Dates. Marées du matin, "Heure!" CoefScient ' Marées du soir. Heure." ^Coefficient
- Août 4 2k 55” 0,80 151* 23“ 0,85
- — 5 3b 49” 0,90 16h15“ 0,95
- — 6 4k 39” 0,97 17k 3” 0,99
- — 7 5h 26“ 1.00 17h48” 0,99
- — 8 6h 9“ 0,97 18h 30“ 0,94
- — 9 6" 51” 0,90 19h10” 0,84
- En raison de la faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour le mois d’août.
- III. Planètes — Le tableau suivant, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’août.
- ==• - , .......... = 37 =
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Vénus pour le
- mois d’août :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire
- Août 4 0,66 — 3,6
- — 9 0,68 — 3,6
- — 14 0,70 — 3,6
- — 19 0,72 — 3,6
- — 24 0,74 — 3,5
- — 29 0,75 — 3,5
- C’est une observation toujours captivante et intéressante que celle de la brillante planète faite en plein midi. Mais l’agitation atmosphérique dans le jour, rend les images, agrandies par l’oculaire, généralement défectueuses.
- Mars est. à présent, plongé dans le rayonnement solaire. Il sera inobservable jusqu’à la fin de l’année.
- Jupiter devient de mieux en mieux visible, se levant à présent avant minuit.
- On pourra donc l’observer pendant toute la deuxième partie de la nuit.
- Une très petite lunette suffit pour reconnaître le disque aplati de la planète, voiries bandes nuageuses qui traversent ce disque et suivre les évolutions si curieuses des quatre principaux satellites.
- ASTRE Dates : AOUT Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 41 31“ 11» 56m27* 19b 21” 9b + 16« 46' 31'36"0 Cancer
- Soleil . . . .« 16 4 45 11 54 54 19 4 9 42 + 13 49 31 38,4 Lion »
- f 26 4 59 11 52 28 18 45 10 19 + 10 30 31 43,2 Lion
- 6 5 2 12 26 19 48 9 29 + 16 42 5,0 X Lion
- Mercure . . . 16 6 8 12 56 19 43 10 40 + 9 41 5,2 Lion Inobservable.
- 26 7 0 13 14 19 27 11 37 + 2 22 5,6 P Vierge
- 6 1 9 8 58 16 48 6 4 + 21 25 16,8 rj Gémeaux
- Vénus 16 1 17 9 7 16 56 6 52 + 21 27 15,8 Gémeaux , Admirable le matin.
- 26 1 33 9 17 17 2 7 41 + 20 33 14,8 x Gémeaux
- 6 7 54 14 18 20 42 11 24 + 4 42 4,0 Lion
- Mars 16 7 49 14 1 20 13 11 47 + 2 7 4,0 p Vierge Inobservable.
- 26 7 45 13 45 19 45 12 11 — 0 30 4,0 ?! Vierge
- Jupiter. . . . 16 23 8 6 59 14 49 4 45 + 21 33 34,8 t Taureau Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . . 16 15 34 19 46 23 58 17 34 — 22 14 15,8 Sagittaire Première partie de la nuit.
- Uranus. . .. . 16 20 37 2 56 9 16 0 42 + 3 42 3,6 Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune. . . 16 5 28 12 25 19 23 10 12 + 11 45 2,4 a Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure s’est trouvé en conjonction supérieure avec le Soleil le 31 juillet. 11 sera inobservable pendant tout ce mois.
- Vénus est admirable au-dessus de l’aurore. Son grand éclat et sa haute déclinaison boréale permettent, si le temps est clair, de la suivre à l’œil nu une grande partie de la journée.
- Voir, à la page suivante, quelques-uns des phénomènes produits par les satellites dans leur marche autour de la planète.
- Saturne est encore observable le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 13 août :
- Grand axe extérieur............................ 39",76
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- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Août. Heure. Satel- lite. Phéno mène. DATES Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène
- 1 3h 21” I P.c. 17 3k 55“ I P. f.
- 2 2 40 I Em. 18 1 4 I Em.
- 5 1 47 III Im. 20 2 48 II E.c.
- 5 3 57 III Em. 22 1 58 II P. f.
- 6 2 26 II Em. 23 0 27 III P. c.
- 9 1 13 I E.c. 23 2 35 III P. f.
- 10 1 58 I P. f. 24 3 42 I P.c.
- 12 0 57 III E.c. 25 3 0 I Em.
- 12 3 1 III E. f. 26 0 19 I P. f.
- 13 2 33 II E. f. 29 2 16 II P. c.
- 13 2 45 II Im. 29 4 37 II P. f.
- 16 3 7 I E.c 30 4 33 III P.c.
- 17 1 45 I P.c. 30 23 45 II Em.
- Petit axe extérieur............................. 17 ',96
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau.............................................+26° 51'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -f 26° 34'
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne pourra être recherché lors de ses élongations maxima. En voici la liste pour le mois d’aout :
- Dates. Élongation. Heure.
- Août 3 Occidentale. 9\4
- — 11 Orientale. 2“,7
- — 19 Occidentale. 7\6
- — 27 Orientale. IM
- Uranus est visible presque toute la nuit, son opposition
- ayant lieu dans deux mois. On peut le suivre aisément avec une simple jumelle.
- Il se déplace, actuellement, entre les constellations des Poissons et de la Baleine. Ce déplacement sera faible pendant tout le mois d’août.
- Ajoutons que les observateurs doués d’une excellente vue, arrivent à voir Uranus à l’œil nu et à le suivre d’un jour à l’autre.
- Il faut pour cela des nuits bien noires et un ciel bien pur.
- Neptune sera en [conjonction avec le Soleil le 24 août, à 20\
- Il sera donc inobservable pendant tout le mois.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 0h, Jupiter en conjonc. avec la Lune, à 2° 45'S.
- Le 2, à 3\ Vénus — la Lune, à 5° 24'S.
- Le 4, à 5h, Mercure — 83 Cancer, à 0012'S.
- Le 5, à 12\ Mercure — la Lune, à 3» 25' S.
- Le 6, à 6k, Neptune — la Lune, à 40 37' S.
- Le 7, à 17h, Mars — là Lune, à 30 45' S.
- Le 11, à 19\ Mercure — Neptune, à 0° 57' N.
- Le 15, à 5k, Saturne — la Lune, à 4o 10' N.
- Le 15, à 21b, Mars — p Vierge, à 0« 1' S.
- Le 23, à 19b, Uranus en conjonc. avec la Lune, à 2° 22'N.
- Le 28, à 14h, Jupiter — la Lune, à 3° 18' S.
- Le 31, à 16h, Vénus — la Lune, à 5° 30' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (fi Persée),
- le 1er, à 22b 33“ ; le 19, à 3h24m; le 22, à 0h13“; le 24, à 214”.
- Etoiles filantes. — Le mois d’août est, par excellence, le mois des étoiles filantes.
- Pendant tout ce mois, l’essaim des Perséides donne lieu à de nombreux météores.
- Le radiant se trouve, au début de la chute — vers le 7 juillet — près de l’étoile o Cassiopée. Il se déplace peu à peu, se trouve, vers le 10 août, moment du maximum de la chute, près de l’étoile r\ Persée et le 21 août dans la constellation de la Girafe. Les météores de cet essaim cessent vers cette époque.
- Voici, établi par M. W.-F. Denning, le tableau emprunté
- à Y Annuaire du Bureau des en août : Longitudes, des essaims actifs
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août 1er au 4 29° + 36° P Triangle.
- — 7-11 295° + 54° X Cygne.
- — 2-12 292° + 70° ô Dragon.
- — 8-9 5° + 55° a Cassiopée.
- — 9-11 440 + 56° i) Persée.
- — 9-14 9° —19» P Baleine.
- — 12-13 3450 + 50° 3084 Bradley.
- — 12-16 61° + 48° p Persée.
- — 20 et 25 6° + 11° y Pégase.
- — 21 au 23 291° + 60° 0 Dragon.
- — 23-31 282° -f 41° a Lyre.
- — 25-30 237° + 65° y) Dragon.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris.
- Dates.
- Août 9
- — 19
- — 29
- Passage.
- Supérieur
- Heure.
- 4h 18m 32B
- 3h 39“ 24“ 3“ 0“ 15“
- Temps sidéral à U* (T. ü.)
- 21h 8m 0B 21h 47m 26“ 22h 26m 51"
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er août à 22h 30m ou le 15 août à 21h 30“ est le suivant :
- Au Zénith : Véga de la Lyre; Hercule (et, x, p, 95, i) ; le Cygne (p, o, p., 61').
- A l’Est : Le Verseau (x, 83 h, 94, ç) ; Pégase, Andromède (y, nébuleuse M. 31).
- Au Sud : Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 39); le Sagittaire (5, v, 54 e1, M. 8, X, W); le Scorpion (Antarès, v, p, o1, 5); la Balance; le Capricorne (x, p, p, o).
- A l’Ouest : Le Bouvier (a, e, tc, £, p) ; la Vierge, la Chevelure de Bérénice.
- Au Nord : La Grande Ourse (£, %, v, 23 h, a, 57); le Cocher (Capella glisse à l’horizon nord); Cassiopée (*], t).
- Les curiosités sidérales figurant entre parenthèses, à la suite du nom des constellations, sont toutes accessibles aux lunettes de faible puissance.
- Em. Touchet.
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- -------— LA RADIOPHONIE PRATIQUE ==^= :
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- L'EMPLOI DU PIANO COMME DIFFUSEUR DE HAUT-PARLEUR
- En théorie tout corps qui peut entrer en vibrations acoustiques peut aussi constituer un diffuseur de sons de haut-parleur qui sera, d’ailleurs, en pratique, généralement très défectueux s’il n'a pas été étudié spécialement dans ce but.
- On conçoit que la table d’harmonie d’un piano, qui a été établie spécialement pour vibrer sur une gamme de fréquences très étendue, puisse être actionnée par un moteur électromagnétique de haut-parleur de la même façon qu’elle est actionnée parles cordes de l’instrument.
- On pourra donc constituer un haut-parleur radiophonique qui servira également pour la reproduction phonographique, en adaptant un moteur électromagnétique de haut-parleur, que l’on peut maintenant se procurer facilement dans le commerce, à la table d’harmonie d’un piano ( fig. 1 )•
- Feutre ou 'caoutchouc
- Bloc de bois
- Ecrou de
- serrage
- Trous pour le passage des ''cordes à piano
- Moteur de haut parleur
- Tige réglable métallique reliée à l 'armature vibrante
- Fig. 1. — Emploi de la table d’harmonie d’un piano comme diffuseur de haut-parleur.
- Le moteur du haut-parleur est relié à un bloc de bois qui s’appuie sur la table du piano, avec interposition de feutre ou caoutchouc et réglage par fils de tension en acier, genre cordes à pianos.
- Il est évident que les résultats seront surtout satisfaisants pour la musique, et incomparables pour la reproduction des morceaux de piano, mais l’expérience montre aussi que la réception du chant et même de la parole est également possible, et dans des conditions comparables à celles de beaucoup de haut-parleurs à diffuseurs coniques bien étudiés.
- LES VALVES ÉLECTRONIQUES A DEUX PLAQUES ET LEURS DIVERSES UTILISATIONS
- Les valves de redressement à gaz rares, dans lesquelles le redressement du courant alternatif est obtenu uniquement grâce à la dissymétrie des électrodes plongées dans une atmosphère de gaz rare, néon ou hélium raréfié, sont des dispositifs extrêmement intéressants et qui ont déjà reçu de nombreuses applications pratiques.
- Malheureusement, on n’a pas encore pu, du moins en France, et pour des usages radiotechniques, réaliser des valves de ce genre de fonctionnement durable et régulier. C’est pourquoi on emploie surtout actuellement des valves électroniques à vide dont la réalisation est plus ancienne, mais dont le fonctionnement est sûr.
- Parmi ces valves, il est des modèles spécialement destinés
- aux usages de T. S. F. et qui comportent un filament à grande émission électronique et deux plaques.
- Ces soupapes, de plus en plus employées, peuvent convenir
- Fig. 2. — Tableau de redressement pour alimentation plaque à 2 valves simples.
- T, transformateur à 2 secondaires; Sl S2 secondaires à prises médianes.
- à deux usages. Elles peuvent tout d’abord remplacer deux valves séparées utilisées dans les montages symétriques, par exemple dans les montages d’alimentation plaque sur courant d’un secteur alternatif avec redressement des deux alternances (fig. 2).
- Il est évident que, pour obtenir de bons résultats,,.ces deux valves employées dans ce cas doivent être parfaitement identiques.
- Or il est très difficile de réaliser des valves diodes absolument identiques et si cette identité peut exister lorsque les valves sont neuves, il est infiniment peu probable qu’elle subsiste lorsqu’elles s’usent.
- Les valves biplaques contiennent en une seule ampoule les deux systèmes filament-plaque, et, enfermés dans la même ampoule et dans le même vide, les deux systèmes ont le maximum de chances d’être rigoureusement identiques et de le rester.
- Les filaments des deux ensembles de redressement peuvent être montés en série ou en parallèle, mais ils sont généralement placés en série. La disposition indiquée en a par la figure 3 est assez défectueuse, parce que le filament étant trop long prend souvent une flèche exagérée et risque de venir en contact avec la plaque; dans un récent modèle de valve, les filaments sont disposés comme le montre la figure 3 en b et cet inconvénient n’est plus à craindre.
- Fig. 3. — Valves de redressement biplaques.
- F, filament; Pi P2 plaques.
- a) disposition défectueuse, filament trop long; b) disposition du filament dans les valves Cyrnos ; ce dispositif diminue la longueur de filament non supportée et évite le décentrage.
- D’autre part, ce même modèle de valve comporte une borne qui correspond au point milieu du filament.
- On peut prendre cette borne comme origine de potentiel
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- (b) Volts plaque
- Fis;. 4. — Les valves biplaques Cyrnos.
- a) schéma de la disposition des organes : I. prise médiane avec borne: II, prise médiane avec broche. b) courbes caractéristiques de ces valves.
- positif au lieu de choisir un point neutre sur le secondaire du transformateur de chauffage. On se contente, en effet,
- Fhimaire P
- tw>ea&aQ(><L(L(i(LeM
- Il I I I h
- Batterie 80 volts
- Fig. 6. — Valve bip/aque utilisée redressant une seule alternance de courant alternatif, mais donnant des courants redressés de tensions différentes pour charger les batteries d'alimentation.
- dans ce cas, de choisir comme point neutre la prise mé* diane de ce secondaire et cette détermination n’est pas rigoureusement exacte au point de vue théorique, car la présence du rhéostat déplace presque toujours la symétrie de l’ensemble.
- La figure 4 représente ^d’ailleurs, les particularités et les courbes caractéristiques de ces valves, et la figure 5 indique leur schéma de montage.
- Il existe, d’autre part, un type de valve bi~ plaque dont nous avons déjà signalé l’utilisation dans certaines boîtes d’alimentation.
- Ces modèles ne sont pas employés pour remplacer deux valves symétriques dans un montage de redressement des deux alternances, mais pour obtenir en redressant une seule alter-
- nance deux courants de tensions différentes. On peut employer ainsi un modèle de ces valves pour charger à volonté une batterie de 4 volts et une batterie de 80 volts et le schéma de la figure 6 indique le montage à employer dans ce cas.
- Le transformateur d’alimentation T comporte 3 secondaires dont l’un Sj fournit le courant de chauffage du filament et les deux autres S2 et S3 les courants à redresser de tensions différentes.
- MONTAGE D'UNE LAMPE TRIGRILLE EN CHANGEUR DE FRÉQUENCE
- Les appareils à changement de fréquence à lampe trigrille sur lesquels plusieurs lecteurs nous ont demandé des renseignements, sont établis par la maison Péricaud, à laquelle il serait possible à nos correspondants de demander des détails de construction.
- Il est bon de remarquer que les montages indiqués à lampe trigrille conservent cependant les caractères généraux des dispositifs à changement de fréquence.
- Il est donc évident qu’on ne peut obtenir de bons résultats sans faire suivre la lampe à changement de fréquence d’un ou plusieurs étages d’amplification moyenne fréquence.
- UN BON MONTAGE A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Un grand nombre de nos lecteurs nous ont demandé de leur indiquer le montage simple d’un bon poste à changement
- Fig. 5. — Montage de redressement de deux alternances d’un couran t alternatif au moyen d’une valve biplaque avec prise médiane au filament
- On voit que cette prise sur le filament remplace la prise secondaire 5, de la figure 2.
- de fréquence. Nous leurs soumettons donc le schéma d’un poste de ce genre qui ne présente pas de particularités bien essentielles, mais qui a l’avantage d’être sensible et suffisamment sélectif et pur, et surtout de pouvoir être réalisé facilement et rapidement avec des pièces du commerce (%• 7)-
- Fig. 7. — Schéma d’un poste à changement de fréquence à 7 lampes.
- A', bigrille changeuse de fréquence; At, A», Az, lampes moyenne fréquence; Ait détectrice; As, A6, étages basse fréquence à transformateurs.
- VA^A-----
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- = 41
- Fig 8.
- Disposition générale des organes de l’appareil moniè suivant le schéma de la figure 7.
- Ce poste comporte une lampe à deux grilles changeuse de fréquence A', trois lampes moyenne fréquence A1 A2 A3, une lampe détectrice A4 et deux étages basse fréquence As et Ac.
- Les bobinages de la lampe modulatrice bigrille sont simplement enfermés dans deux boîtiers interchangeables et couvrent facilement la gamme 300-1600 mètres; les bobines oscillatrices pourraient, d’ailleurs, être placées d’une façon fixe et mises en circuit par le jeu d’un commutateur.
- Les transformateurs moyenne fréquence T2 T3 ne comportent aucun organe de réglage ; ils sont du type semi-apériodique, c’est-à-dire que leur courbe de résonance est de forme étalée avec un sommet vers 4500 mètres, mais s’étendant très loin de part et d’autre sans affaiblissement notable de l’amplification.
- Seul le tesla d’entrée T' comporte deux enroulements sans noyau de fer et deux condensateurs d’accord de ces enroulements C et G.
- Les enroulements sont peu résistants et l’accouplement des deux bobines est relativement peu serré. La fréquence moyenne du système correspond à une longueur d’onde également de 4500 mètres, mais le jeu du condensateur ajustable du secondaire G permet de modifier sensiblement cette longueur d’onde.
- Ce tesla d’entrée seul permet d’assurer la sélectivité du
- système puisque les transformateurs moyenne fréquence ne sont pas accordés, et l’expérience montre que l’on obtient ainsi une sélectivité suffisante avec une facilité de construction et de mise au point très précieuse pour l’amateur.
- La figure 8 montre d’une façon très explicite la position des pièces dans l’appareil.
- On remarquera la disposition des jacks et fiches pour la connexion du cadre et l’emploi d’un ou deux étages basse fréquence.
- Ces étages basse fréquence sont d’ailleurs à transformateurs et n’offrent pas de particularités spéciales, sauf la disposition du bouton à pression permettant d’éteindre l’avant-dernière lampe et non la dernière.
- Un potentiomètre monté sur les étages moyenne fréquence permet d’obtenir l’effet d’amplification suffisant, et les lampes doivent être choisies suivant les indications du tableau ci-dessous.
- P. Hkmardinquer.
- Adresses reeaeives aux appareils décrits :
- Valves biplaques. Etablissements 27, rue d’Orléans,
- Neuilly-sur-Seine, et Etablissements Grammont, 10, rue d’Uzès, Paris.
- Pièces pour montages à changement de fréquence. Pièces F. A. R. Yollant, agent général, 31, avenue Trudaine, Paris (9e).
- Indication des types de lampes à adopter pour les divers étages du poste.
- Lampes Bigrille 1 Moyenne fréquence 2-3-4 Détectrice 5 Basse fréquence 6 7
- Radiotechnique .... Philips Métal Fotos R 43 A 441 Micro-Métal R. M. Bigrille oscillatrice (40 volts) R 36 A 410 Micro-Métal C 9 R 36 A 415 ou A 409 Micro-Métal C 9 D R 36 R 55 ou 56 B 406 B 406 CL 104 CL 124 C 9 D 3
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- LIVRES NOUVEAUX
- La production industrielle et l’utilisation mécanique de la vapeur d’eau à haute pression, par
- Ch. Roszak et M. Véron. 1 broch, 162 p. 90 G g. Edition : Chaleur et Industrie. Paris, 1928.
- Cet important mémoire explique les raisons divpr3es qui ont orienté d'une façon décisive l'industrie moderne vers l’emploi de la vapeur à haute pression. Il en met en relief l’intérêt théorique, puis analyse les avantages et les inconvénients des hautes pressions dans les diverses applications de la vapeur; il montre comment doivent être construits les divers organes des installations à haute pression, et décrit les réalisations les plus récentes dans ce domaine.
- Cours d’électricité industrielle. Tome I. par A. Df.fre-tin. 1 vol., 582 p., 253 fig. et 66 phot. hors texte. Hermann et Cie éditeurs. Paris, 1929. Prix : broché, 95 francs.
- Le volume commence la publication du cours d’électricité industrielle professé par l’auteur à l’Institut industriel de Lille. Il est consacré aux notions fondamentales sur le courant électrique continu ou alternatif, à l’étude des propriétés générales des machines d’induction, à l’étude plus détaillée des génératrices et moteurs à courant continu, des alternateurs, des moteurs synchrones et asynchrones, des moteurs triphasés et monophasés à collecteurs, des transformateurs statiques et des convertisseurs d’énergie électrique, survolteurs, accumulateurs, commutatrices, rédresseurs à arc.
- L’exposé de M. Defretin est très clair et répond parfaitement aux exigences didactiques d’un enseignement d’ordre général destiné à de jeunes ingénieurs : la théorie et la pratique y voisinent en un mélange judicieux; de nombreuses applications numériques, des figures très claires facilitent l’intelligence du texte.
- Étude analytique et comparative des charbons au point ae vue de leurs impuretés (courbes caractéristiques, application au lavage et a la recherche de la valeur commerciale des charbons), par F. Blanc. 1 brochure, 66 p., 29 fig. Ch. Béranger, Paris, 1928. Prix : 10 francs.
- La Céramique, par Maurice Letomte, 1 vol., 182 p , 19 fig. Lemerre éditeur, Paris, 1929. Prix : lu fr.
- Après avoir rappelé comment la céramique est née et s’est développée en France, et après avoir marqué les étapes essentielles de son évolution artistique, l’ouvrage nous initie à l’essentiel de la fabrication des porcelaines, faïences, terres cuites, etc. Il s’achève par d’utiles conseils aux collectionneurs, qui ont à se défendre contre les truqueurs et les faussaires. Livre d’une lecture à la fois fort agréable et très instructive qui rendra service à tous ceux qui s’intéressent aux céramiques d'art.
- Faune de France. 20 Coléoptères. Cerambycidae,
- par F. Picard. 1 vol. in-8, 167 p., 71 fig. Leehevalier, Paris, 1929. Prix : 32 francs.
- Yoici le 20e volume de l’œuvre magistrale de l’Office central de Faunistique. L’inventaire complet des espèces zoologiques qui peuplent la France se poursuit régulièrement. Nous avons dit l'immense service qu’il rend à tous les naturalistes. Ce nouveau volume, dû au professeur de la Sorbonne, étudie les 235 espèces de Gérambycides françaises, Coléoptères longicornes dont beaucoup de larves vivent dan* le bois. Pour chacune, il donne les caractères, les dates d’apparition, le mode de vie des larves, la distribution géographique et au besoin les parasites. Une introduction très documentée indique les moyens d’étude, de chasse et de conservation.
- Die Vogelwelt unserer Heimat, par Ernst Scheffelt, 1 vol. in-8, 182 p., 51 fig., 2 pl. en couleurs. Herder, Fribourg en Brisgau, 1928. Prix ; 4,20 marks.
- Dans la collection « Der Weg zur Natur », cet ouvrage représente un livre purement allemand de science vulgarisée à l’usage des amateurs. Il énumère les espèces d’oiseaux qu’on rencontre communément aux diverses saisons, décrit leuis formes, leur vie, les groupe selon leurs habitats dans les bois, les champs, les vignes, les jardins, etc., note quelques chants parmi les plus connus. De bonnes figures illustrent ce texte élémentaire.
- Les chasses du Lièvre, par Michel Anty, 1 vol. illustré par Paul Baudier. Librairie cynégétique Emile Nourry, Paris, 1928. Prix : 18 fr.
- Pour être bon chasseur, il faut connaître les mœurs de l’animal
- poursuivi. L’auteur donne, à cet égard, d’intéressants détails sur la vie du lièvre. Puis il expose en détail toutes les manières de le chasser, même celles qui sont interdites en France, comme la chasse au lévrier ou au faucon
- il ajoute de précieux conseils concernant l’élevage et le repeuplement du lièvre. Enfin il dévoile aux amateurs de bonne chère le secret de délicieuses recettes.
- Some fundamental problems of cellular physio-logy, par \V. J V. Osterhout. 1 vol. in-12, 55 p. Yale Uni-versity Press. Humphrey Milford, London. Prix : relié 4 sh. 6 d
- On sait que l’auteur poursuit d’intéressantes recherches sur la perméabilité cellulaire en se servant d’algues marines à très grandes cellules vacuolisées et en utilisant Jes données récentes sur les membranes hémiperméable«, l’équilibre de Donnan, les propriétés des colloïdes. Cetie conférence donnée à la mémoire de William Thompson Sedgwick, à l'Institut de technologie du Massachusetts, résume les travaux entrepris et les situe dans le progrès de nos connaissances sur l’osmose et le fonctionnement cellulaire.
- Les ultravirus et les formes filtrantes des microbes,
- par le Dr P. Hauduroy. 1 vol. in-8, 392 p. Masson et Cie, Paris, 1929. Prix : 40 francs.
- Depuis quelques années, la bactériologie est bouleversée. Le bactériophage d'Hérelle, les maladies à ultravirus, dont l’homme a sa bonne part : varicelle, variole, alastrim, rubéole, rougeole, poliomyélite, encéphalite, herpès, zona, chorée, oreillons, dengue, etc.,, les maladies à microbes et à spirochètes visibles et filtrants : grippe, fièvres récurrentes, fièvre jaune, etc., les formes filtrantes du bacille tuberculeux ont posé de nouveaux problèmes dont l’élude commence fi peine. Ce livre est le premier à grouper les faits connus, à indiquer les techniques de recherches, à aborder ces multiples questions sous toutes leurs faces; à ce titre il est indispensable au médecin, au vétérinaire, au biologiste qui veulent s’informer des nouvelles orientations de la bactériologie. Il laisse pressentir une moisson prochaine de faits riches de conséquences pratiques pour l’hygiène et la thérapeutique.
- Traité des opérations commerciales de banque,
- par H. Teirel et H. Lejeune. 6e édition. 1 vol. 480 p. Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1929. Prix : 36 francs.
- le nombre d’éditions de cet ouvrage suffit à en indiquer la qualité. 11 expose en effet, avec une parfaite clarté, le mécanisme des diverses opérations de banque, leur caractère juridique, ainsi que leur intérêt économique et pratique. La présente édition a été revue en tenant compte des plus récentes lois en la matière. C’est un livre indispensable à l’industriel, au commerçant, à l’homme d’affaires.
- Récits d’aventures au Maroc au temps de Louis
- XIV, par P. Busnot, 1 vol. illustré 252 p., Editions Pierre Roger, Paris, 1928.
- En 1704, le P. Busnot fut chargé de racheter les captifs français, retenus en esclavage au Maroc, où ils étaient la propriété personnelle du célèbre sultan Moulay Ismael, le plus rusé, le plus sanguinaire et le plus féroce des tyrans. Le P. Busnot nous conte les péripéties de son voyage et de ses difficiles négociations : il donne de curieux détails sur le sultan du Maroc et son entourage, sur la situation du pays, il nous émeut par l’exposé des souffrances incroyables endurées par les malheureux esclaves chrétiens, ou par le récit des aventures de ceux, très peu nombreux, qui tentaient de recouvrer leur liberté par l'évasion.
- Les derniers jours de la marine à voiles, par le capitaine de frégate M. Rondeleux. Plon, éditeur, Paris, 1929.
- Les temps où Ton savait se servir pour naviguer de l’admirable et économique propulseur qu’est le vent ne sont pas encore si loin de nous. Quelques navires de commerce l’utilisent encore, et dans le « yachting », il est redevenu très à la mode, parmi une jeunesse qui y trouve des joies saines et fortes.
- Le livre du commandant Rondeleux qui nous promène si agréablement à la voile dans l’Atlantique et parmi les archipels du Pacifique sur des frégates aux noms romantiques : l’Iphigénie, la Melpomène, le Dubourdieu, sera donc lu avec vif intérêt. On y voit comment se forme une âme de marin, les joies qu’elle éprouve et aussi comment elle se tient dans les circonstances les plus tragiques.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Le voyage du L.-Z 127.
- Parti le 16 mai à 6 heures de Friedrichshafen, avec un équipage de 10 hommes, 18 passagers et du fret pour la traversée de l’Atlantique, le « Comte-Zeppelin » atteignait Saragosse à 18 h. 35.
- Deux: moteurs sur cinq cessant alors de fonctionner, le retour fut décidé et eut lieu en suivant la côte méditerranéenne de l’Espagne, à partir de Valence
- Deux autres moteurs arrêtés, le Zeppelin, luttant contre le mistral, dut atterrir à Cuers-Pierrefeu, où une équipe française exécuta la manoeuvre d’atterrissage, manoeuvre improvisée et fort bien réussie.
- Sans vouloir discuter des possibilités du Zeppelin, en tant qu’appareil transatlantique, il convient d’admirer la sécurité contre la panne de moteur donnée par l’emploi du plus léger que l’air.
- Cette sécurité est ignorée par l’avion.
- Record de durée avec ravitaillement en vol.
- Le record de durée avec ravitaillement en vol, qui était de 150 heures 40 minutes [« Question-mark »], vient d’être élevé à 172 heures 30, du 19 au 26 mai dernier, par les aviateurs américains Robbius et Kelly.
- Le ravitaillement était effectué deux fois par jour, de la manière maintenant classique.
- Record de charge enlevé à 2000 mètres.
- L’Allemagne vient d’attribuer, le 20 avril dernier, l’un des records du monde les plus intéressants : celui de la plus forte charge enlevée à 2000 mètres.
- Le précédent record appartenait à la France depuis le 16 novembre 1925. Bossoutrot avait ce jour-là enlevé 6000 kg sur un Super-Goliath Farman (quadrimoteur de 2000 ch).
- Le nouveau record, établi par Steindorf sur hydravion Rohrbach « Romar » (trimoteur de 2100 ch) s’élève à 4450kg enlevés à 2200 mètres.
- Le record pour hydravions est donc également battu.
- Les hydravions détiennent ainsi actuellement le record de la vitesse pure et celui de la charge enlevée à 2000 mètres, ce qui eût semblé, il y a quelques années, paradoxal.
- Les efforts allemands dirigés vers l’hydravion de gros tonnage, vers l’hydravion transatlantique, efforts appuyés sur une longue expérience, mènent à des appareils intéressants ; aucun effort semblable ne peut malheureusement être noté chez les constructeurs français.
- Avionnette Mauboussin.
- L’aviation légère française vient de s’enrichir d’un nouveau prototype : l’avionnette Mauboussin, construite par les ateliers Louis Peyret. Cet appareil, un appareil d’étude, présente des caractéristiques de construction et des performances remarquables.
- La voilure de l’avionnette Mauboussin est trapézoïdale à extrémités arrondies. Son allongement est de 10. Elle comporte deux longerons-caissons en spruce et contreplaqué, des nervures, et un recouvrement en contreplaqué d’aulne. L’aile est de profil épais (23 cm au milieu), décroissant vers les extrémités.
- La fixation est assurée par quatre ferrures correspondant aux deux longerons supérieurs du fuselage.
- Pour le transport, l’aile vient se fixer par les mêmes ferrures parallèlement au fuselage.
- Presque tout le bord de fuite est occupé par les ailerons ; une commande spéciale de ces ailerons permet d’augmenter la courbure du profil en abaissant simultanément les deux ailerons : ce dispositif réduit sensiblement la vitesse d’atterrissage.
- Bien que le porte-à-faux soit important, le poids du mètre carré de voilure n’est que de 6,5 kgs.
- Le fuselage, très court, comporte quatre longerons de spruce réunis par des cadres de frêne ; la cabine est recouverte de contreplaqué, le fuselage porte à l’avant un moteur A. B. C. de 34 ch à 2300 t/min., moteur à deux cylindres opposés , à refroidissement par l’air. Les deux réservoirs sont placés à l’intérieur de l’aile ; les deux carburateurs, fixés à l’extérieur du fuselage, sont alimentés par gravité.
- La cabine, aménagée en conduite intérieure , est placée sous l’aile; elle est largement éclairée vers l’avant, sur les côtés et vers le haut (revêtement transparent de l’aile). Le poste de pilotage est placé à gauche et en avant de la cabine ; en arrière et à droite peuvent être logés les bagages ou éventuellement un pas -sager. L’empennage horizontal, de grand allongement (5,7), est fixé à la partie inférieure du fuselage ; il est ainsi dégagé des remous dus à la voilure. L’empennage vertical (allongement 2,5) est très élevé ; le gouvernail de direction est facilement démonté, le plan de dérive peut alors tourner autour de charnières horizontales, ce qui permet à l’aile de prendre sa posilion de transport.
- Le train d’atterrissage est à essieu brisé, sa voie est de 1 m 30 ; il est monté avec des amortisseurs à sandows.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes ;
- Envergures..................... 10m.
- Longueur....................... 4 m 40.
- Surface............................. 10 m2.
- Poids vide.......................... 198 kg.
- Poids total......................... 334 kg.
- Vitesse maxima................. 144 km/h.
- Montée à 1000 m...................... 8 min.
- L’appareil est étudié pour recevoir un parachute capable de soutenir l’avion et son pilote : le poids total, assez faible, permettra de n’utiliser qu’un parachute de dimensions raisonnables.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Les essaims d'étoiles filantes dans le passé.
- D’après Simon Newcomb, il tombe cent quarante-six milliards d’étoiles filantes, chaque année, sur la Terre. Il s’agit là des étoiles filantes que l’on voit, et le nombre de celles qui échappent à la vision est beaucoup plus considérable.
- Depuis longtemps, on a reconnu que les étoiles filantes sont plus nombreuses à certaines époques de l'année qu’à d’autres ; elles se présentent en essaims bien déterminés et les météores d’un même essaim offrent à peu près les mêmes caractères : couleur, vitesse, traînée, etc. Çes météores paraissent diverger d’un point bien défini du ciel, auquel on a donné le nom de radiant.
- En réalité, les particules matérielles qui donnent naissance aux étoiles filantes suivent des orbites elliptiques autour du Soleil. Lorsque la Terre les rencontre, leur énergie s’absorbe presque instantanément dans notre atmosphère, qui forme pour elles un frein puissant. La chaleur dégagée est telle que ces petits corps sont rendus incandescents et qu’ils se consument en un clin d’œil.
- Les portions d’orbites suivis parles météores d’un essaim, dans le voisinage de la terre par exemple, sont sensiblement parallèles et peuvent être assimilées à des droites. Si ces orbites étaient rendues visibles — matérialisées, par exemple, en traits de feu — elles se présenteraient ainsi à nous comme un faisceau de droites vues dans leur prolongement. La représentation perspective d’un tel faisceau est précisément celle des météores irradiant d’un point du ciel.
- Les chutes les plus célèbres au cours de l’année sont celles du mois d’août (Perséides) et du mois de novembre (f.éonides et Andromédides). A certaines époques, ces essaims ont donné lieu à de véritables pluies de météores, ceux-ci tombant parfois comme des flocons f de neige. On rappelle ainsi les pluies du 27 novembre 1872, du 27 novembre 1885 et surtout celle du 12 au 13 novembre 1833.
- L’histoire fait souvent mention de ces chutes véritablement extraordinaires de météores qui frappaient, on le conçoit, l’imagination des populations ignorantes. Mais un grand nombre de documents se rapportant à ces observations ne sont pas encore connus.
- Il y aurait le plus grand intérêt scientifique à les exhumer de la poussière des Bibliothèques et des Archives et, à cet effet, M. Willard-J. Fisher., de l’Observatoire de Harvard College, vient de lancer un vibrant « appel » concernant les recherches historiques sur les Léonides et tous autres météores, à tous ceux que la science intéresse et qui, par leur fonction ou suivant les circonstances, peuvent aider à trouver ces anciennes observations relatées dans les vieux documents.
- M. VY.-J. Fisher, dans son appel, fait tout d’abord remarquer que les observations récentes indiquent une recrudescence du nombre des météores de l’essaim des Léonides « dans leur 31e apparition depuis l'année 902, « l’année des étoiles ». L’essaim des Léonides présentant un maximum d’activité,tous les 33 ans environ, on ne connaît seulement qu’une partie des observations de ces réapparitions.
- Les grands travaux de Newton, Adams et Schiaparelli, faits entre les années 1860 et 1870, sont basés sur quinze seulement de ces réapparitions. Les documents s’y rapportant furent trouvés — très dispersés — dans les annales
- d’Europe, du proche Orient, de l’Afrique et de la Chine par Chladni et ses successeurs Herrick, Chasles, Perrey, E. Biot, A. Quételet.
- Quételet a résumé l’histoire des chutes météoriques dans divers catalogues publiés successivement, le dernier datant de 1861. Les observations de Léonides réunies par Newton dans Y American Journal of Science pour 1864 ont été à peine complétées dans les 64 années suivantes.
- Il est évident qu’un grand nombre de sources d’information n’ont jamais été fouillées. Tels sont les documents de la littérature de l’Inde et peut-être de l’Égypte, les « Relations » des missionnaires Jésuites au Canada, les autres archives — civiles ou militaires — des possessions françaises et les documents de toutes sortes de l’Amérique espagnole, du Brésil, des Philippines appartenant soit aux autorités de l’Église, soit aux gouvernements de Madrid et de Lisbonne. Les livres de bord des navires et les documents de la marine de commerce contiennent probablement aussi des références concernant les météores et plus particulièrement les Léonides. Il est impossible de croire que les recherches de M. E. Biot, faites dans la littérature chinoise, et terminées il y a déjà 80 ans, ont épuisé cet immense réservoir d’information ; et aussi que les annales du Japon et de la Corée aient été complètement fouillées.
- M. W.-J. Fisher suggère donc à toutes les personnes qui ont accès auprès de tels documents et qui sont à même de lire leur contenu, soit de les publier dans tous leurs détails et aussitôt que possible, soit d’en envoyer des copies manuscrites aux savants ou aux institutions aptes à faire un bon usage de toutes les anciennes observations de météores.
- M. Fisher insiste sur le fait qu’une bonne compréhension des documents consultés est la seule connaissance astronomique nécessaire pour une telle recherche historique et son appel s’adresse ainsi non seulement aux astronomes, mais à toute personne s’intéressant, de près ou de loin, à la science. L’auteur de l’appel fait remarquer que les faits relatifs aux chutes des Léonides seront recherchés, de préférence, vers le commencement, au tiers et aux deux tiers de chaque siècle. Pendant plusieurs centaines d’années, les pluies météoriques ont eu lieu vers le début de novembre, alors que précédemment elles se produisaient en octobre, et encore plus anciennement en septembre.
- M. Fisher espère que les recherches entreprises à son appel permettront de découvrir des indications utiles se rapportant aussi bien aux Léonides qu’aux autres pluies d’étoiles (liantes, soit dans les documents déjà connus, soit dans d’autres de dates [plus anciennes de la Renaissance et du Moyen Age.
- :i;
- Un appel analogue à celui que l’on vient de lire a été distribué, à titre privé, à divers savants et il a déjà fait jaillir une intéressante information d’après les recherches effectuées dans les chroniques de Russie par M. Daniel Sviatsky, de Leningrad. Une autre liste d’observations, se rapportant à l’époque probable des Léonides, a été « déterrée » par M K. Hirayama, de l’Observatoire de Tokio, dans les archives du Japon et de la Corée. Parmi les observations de cette liste, huit sont entièrement nouvelles et remplissent beaucoup de vides dans le catalogue des apparitions des Léonides.
- La complaisance que mettront les savants à effectuer les recherches demandées par M. Willard-J. Fisher constituera, incontestablement, un important service rendu à la science.
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- L’Observatoire de Harvard College, aux États-Unis, recevra avec reconnaissance les exemplaires des publications, les manuscrits, etc. se rapportant au sujet qui fait l’objet de la présente note. Em. T.
- ÉLECTRICITÉ
- Production et distribution de l’énergie électrique en France.
- Le Service central des forces hydrauliques et des distributions d’énergies électriques du Ministère des Travaux Publics vient de publier la statistique de l’énergie électrique en France au 1er juillet 1928. Nous en extrayons les données suivantes :
- Les usines hydrauliques de plus de 10 000 kva de puissance représentaient au lor janvier 1927 : 1 507 220 kilovolt-ampères ; leur puissance normale disponible, en tenant compte des installations provisoires, atteignait 751 757 kilowatts. Du 1er janvier 1927 au 1°' juillet 1928, 15 nouvelles usines ont été mises en service, d’une puissance installée de 257 350 kilovoltampères, pouvant fournir normalement 100 590 kilowatts de plus.
- En outre, 225 950 kilowatts seront fournis par les usines en construction et 4 249 250 autres sont prévus pour les usines en projet.
- Les usines hydroélectriques de 150 à 1000 kva sont au nombre de 345 avec une puissance installée de 110 032 kva et une puissance normale disponible de 80 190 kw.
- On compte en plus 3905 usines de moins de 150 kva d’une puissance installée de 102 881 kva et d’une puissance disponible de 79 808 kw.
- Les grands réservoirs de plus d’un million de mètres cubes, emmagasinant au moins un million de kwh, sont encore peu nombreux, mais un assez grand nombre sont en projet.
- Les usines thermiques de plus de 1000 kva de puissance installée forment un total de 3 767 809 kva, donnant une puissance normale disponible de 2 740 479 kw. Près du tiers se trouve groupé dans la région parisienne ; la région du nord vient ensuite.
- Le total général pour la France se résume ainsi :
- Usines
- thermiques.
- Usines
- hydrauliques.
- Puissance installée 4.767.346 kw
- — normale dispon. 3.426.530 kw Energie produite 6,525.457.000 kwh
- 4
- 1.682.080
- 831.518
- 742.903.000
- 246 millions de kilowatts-heure sont absorbés pour la traction, 1440 pour l’électro-chimie et l’électro-métallurgie, 1893 pour d’autres usages, dans les usines mêmes; 769 millions de kwh sont livrés aux réseaux de distribution.
- Les lignes de distribution électrique aux usagers comptaient en 1926 : 163 431 kilomètres de longueur. Elles fournissaient, en haute tension, 411 millions de kwh pour la traction, 611 pour Téleclro-chimie et l’électro-métallurgie et 3489 pour d’autres usages. Les distributions en basse tension se répartissaient entre 953 millions de kwh pour l’éclairage et les usages domestiques et 820 pour la force motrice.
- La consommation d’énergie électrique a ainsi atteint en 1926 presque 10 milliards de kilowatts-heure.
- Au 1er janvier 1928, sur 37 981 communes, 16 747 n’avaient encore aucune distribution électrique.
- Tel est le bilan de l’électrification de la France, tel qu’il se présentait il y a un an.
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- GÉOGRAPHIE
- Nouvelle expédition antarctique.
- Le 1er août, une nouvelle expédition britannique quittera Londres à destination de l’Antarctique. Elle est commandée par Sir Douglas Mawson, un des explorateurs polaires les plus expérimentés pour avoir pris part à l’exploration Shac-kleton en 1908-1909 et en avoir dirigé ensuite une à la terre Adélie du début de 1912 à la fin de 1913, qui s’est révélée particulièrement féconde. Le programme de la nouvelle entreprise comporte, pendant la première campagne, l’exploration de la zone polaire australe dans le sud de l’Atlantique et de l’Océan Indien, entre le 0° et le 90° de longitude Est de Greenwich, en un mot, du quadrant Enderby. Cette région est demeurée complètement inconnue. Sur une distance de 6200 kilomètres environ qu’elle comporte d’ouest en est, les cartes y représentent seulement deux fragments de côtes peu étendus, les terres Enderby et Kemp ; tout le reste de l’espace est figuré en blanc. Pendant la seconde campagne, Sir Douglas Mawson se propose d’étendre les investigations qu’il a poursuivies si heureusement de 1912 à 1913 dans la partie du continent antarctique.
- L’expédition est embarquée sur le Discovery, l’ancien navire de Scott, qui est confié au capitaine J. Iv. Davis. Aucun choix ne pouvait être plus heureux. Ce marin est, en effet, un maître en matière de navigalion antarctique pour avoir commandé, avec le plus rare succès, les bateaux de la précédente expédition de Mawson et de celle de Shackleton. L’équipage du Discovery compte 28 officiers et matelots. Douze naturalistes prêteront à Sir Douglas Mawson leur concours.
- L’expédition est parfaitement outillée et possède, en outre, un personnel de spécialistes entraînés. Pour peu que la chance la favorise, on est donc en droit de fonder de grands espoirs sur ses résultats. Ajoutons que les frais de cette entreprise scientifique sont faits par les Dominions d’Australie et de Nouvelle-Zélande.
- De Londres, le Discovery fera route vers le Cap pour commencer sa campagne à la fia du printemps antarctique de 1929, c’est-à-dire en novembre prochain. Charles Rabot.
- AGRICULTURE La gomme de caroubier.
- La gomme de caroubier est un produit se présentant tantôt sous forme d’une gelée épaisse, translucide contenant 95 pour 100 d’eau, tantôt sous la forme d’une poudre dénommée alors Stargum. Elle est très employée à cause de ses remarquables propriétés chimiques et physiques. Les acides, même les acides organiques éclaircissent ses solutions, les bases les épaississent (ammoniaque) et même les coagulent (borax, soude). Le tanin, les sels de plomb et de cuivre, donnent, avec la gomme du caroubier, une combinaison insoluble.
- Au point de vue physique c’est une gomme qui se rapproche de la gélatine; elle se gonfle dans l’eau froide, se dissout dans l’eau chaude d’où elle précipite par le refroidissement.
- La dessiccation de ces gelées donne des pellicules souples, tenaces et élastiques. Cette dernière propriété la rapproche du caoutchouc.
- La gomme du caroubier s’utilise dans l’industrie textile, soit seule, soit mélangée à de la fécule ou à de la dextrine pour apprêter les tissus et pour encoller les fils.
- La propriété qu’elle possède de donner des enduits translucides souples et brillants, l’a fait utiliser pour le vernissage du cuir et l’encollage du papier de luxe.
- On l’emploie aussi beaucoup en teinture ; son pouvoir épaississant ralentit l’absorption des matières colorantes et permet ainsi d’éviter les plaquages. Les blanchisseurs l’utilisent pour remplacer, avec avantage, l’amidon.
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- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Pendule électrique à sonnerie.
- Un système de sonnerie électrique nouveau vient d’être imaginé par M. Rollin.
- La tige du marteau est solidaire d’une armature en fer en forme de champignon qui, dans sa rotation, se déplace dans un logement d’une armature d’électro-aimant, les bobines étant parcourues par le courant d'une pile. Les enroulements des bobines sont tels que l’armature est à la fois attirée par le noyau de l’une et repoussée par le noyau de l’autre. Si l’on inverse le sens du courant, l’armature est attirée par la seconde et repoussée par la première.
- Le marteau, obéissant à ces deux mouvements contraires, frappe d’abord sur le timbre et se relève ensuite. II suffit donc, pour frapper les heures, de commander l’envoi du courant inverse à une cadence déterminée. Cet envoi s’effectue par l’intermédiaire d’un disque isolé, formant distri-buteur ou inverseur, constitué par deux demi-circonférences métalliques reliées, l’une au positif de la pile, l’autre au négatif. Sur ce distributeur flottent deux lames qui conduisent les
- courants aux bobines.
- Dansl’intervalle des sonneries, les lames sont éloignées de l’inverseur ; les bobines ne reçoivent donc aucun courant.
- L’inverseur est constamment animé d’un mouvement alternatif par le balancier pourvu, pour la circonstance, d’un doigt terminé par une goupille engagée d ans une four-chette solidaire de l'axe du système. Meme pendant le frottement des lames, les mouvements du pendule n’en sont nullement modifiés; celui-ci conserve toute sa liberté d’allure, sans aucune altération de son amplitude.
- L’écartement de ces lames, maintenu permanent entre les temps de sonnerie, est réalisé par un disque à deux cames, que fait osciller le râteau, organe habituel des mécanismes d’horlogerie dans toutes les pendules. C’est seulement lorsque le râteau s’abaisse, pour 'préparer le déclenchement du mécanisme, que le disque oscille pour libérer les deux lames, dont les extrémités viennent alors reposer sur l’inverseur.
- Grâce à la sonnerie, la pendule électrique sera plus facilement admise dans tous les intérieurs, où l’on aime entendre l’heure, surtout pendant la nuit.
- Ato, 23, rue de la Michodière, Paris.
- Atîumoir électrique prise de courant.
- Les allumoirs électriques branchés sur le secteur exigent une dérivation spéciale. Elle est évidemment peu importante, facile à réaliser, mais ce système a l’inconvénient de fixer d’une manière définitive la position de l’allumoir.
- Un système ingénieux d’allumoir permet de brancher l’appareil sur une prise de courant déjà installée et, par conséquent, de le transporter de place en place à volonté ; de
- plus, lorsque l’allumoir est en position d’utilisation, la prise de courant n’est pas rendue inutilisable, l’appareil portant lui-même deux douilles permettant l’emploi d’un autre appareil électrique.
- Cet allumoir, entièrement en porcelaine, y compris le réservoir d’essence, porte sur sa face arrière une plaque de fibre où sont fixées les deux broches se posant sur la prise de courant ; les trous de la prise de courant ne sont pas situés dans un plan horizontal, il suffit de dévisser légèrement l'écrou maintenant la plaque de fibre, de faire tourner celle-ci jusqu’à ce que les broches aient une direction telle que, placées dans les trous de la prise de courant, l’allumoir soit vertical et de revisser cet écrou. Si aucune prise de courant n’existe dans la pièce où l’on veut fixer l’allumoir et que, en outre, on veuille le placer à poste fixe, rien n’est plus facile, et, du même coup, on aura installé l’allumoir et la prise de courant. Pour cela, on enlève la plaque de fibre, on supprime les broches, on effectue sur le secteur la dérivation nécessaire, on fixe les fils d’amenée du courant sous l’écrou de la prise de courant de l’allumoir, on replace la plaque de fibre et on fixe l’allumoir au mur au moyen d’une vis.
- Constructeur : Bouley, 14, rue Sainte-Cécile, Paris.
- OBJETS UTILES Pelle-évier
- Il est asssz difficile de nettoyer un évier ; lorsqu’il s’y trouve de menus débris et des détritus, il faut employer la brosse et le torchon et, malgré toutes les précautions prises, on n’arrive pas à un nettoyage rapide et on se salit les mains. Un petit dispositif ingénieux de pelle a été imaginé pour assurer rapidement et proprement le nettoyage de la pierre évier. La pelle, large, est percée de trous pour permettre l’écoulement de l’eau et, au contraire, retenir les détritus, grâce aux bords relevés sur le côté de la pelle.
- Les détritus sont rassemblés sur la pelle au moyen d’une petite raclette en caoutchouc, dont le fonctionnement est, en petit, celui de la raclette des balayeurs de ruisseaux. Les deux ap-pareils, pelle et raclette, sont en aluminium, très légers, très facilement net-toyables parl’ac-tion du jet d’eau du robinet.
- C’est un outil qui supprime la brosse et le torchon pour le nettoyage de l’évier, ce qui est propre et hygiénique.
- Constructeur : F.-Jules Malhape, 5, rue de l’Aqueduc, Paris.
- Fourchette
- Schéma de l’installation.
- Fig. 2. — Allumoir prise de courant.
- Raclette •
- Pelle
- Caoutchouc
- Fig. 3. — Pelle évier.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De quoi est composée la terre à mouler?
- Dans l’industrie du moulage de la fonte, on utilise deux sortes de matières :
- 1° Le sable de carrière ou sable à lapins rendu homogène, puis additionné de poussier de charbon ou de suie dans le but de faciliter lé dégagement des gaz lors du moulage. Pour les pièces bien finies on emploie le sable vert qui évite particulièrement l’effet de trempe.
- 2° La terre de fonderie contenant deux tiers de sable et un tiers d’argile, ce mélange sert dans le procédé à la trousse et pour la confection des noyaux destinés à réserver des vides. Pour prévenir le fendillement, on ajoute de la bourre de chanvre ou filasse.
- M. Stakels a Genval.
- Parlons encore de l’incombustibilité.
- Dans le numéro 2786 du lor juin 1928, page 526, nous avons donné une formule d’imprégnation qui empêche le flambage des bois ou tissus et par conséquent la propagation de l’inccndie.
- Bien qu’excellent, ce procédé ne convient pas si les objets ignifugés sont exposés aux intempéries, la pluie étant susceptible de dissoudre et entraîner plus ou moins rapidement l’acide borique ou ses sels.
- Dans ce cas, le silicate de soude ou celui de potasse devra être substitué aux élémentsp récédents, de façon à constituer un enduit qui, une fois sec, résistera parfaitement; on prendra par exemple :
- Eau chaude........................ 2500 cent, cubes
- Colle de peaux.................... 100 grammes
- Après dissolution on ajoutera :
- Blanc de Meudon pulvérisé ... 50 grammes
- Et finalement :
- Silicate de soude à 36° B . . . . 100 cent, cubes
- Le tout étant rendu bien homogène, on appliquera deux ou trois couches en ayant soin que la couche précédente soit bien sèche avant d’appliquer la suivante.
- N. B. Pour obtenir un bon mélange, faire « infuser » pendant 12 heures le blanc de Meudon dans un peu d’eau, avant de l’incorporer.
- Teinter suivant besoin au moyen de noir de fumée, d’ocre, etc.
- M. Léonard a Metz.
- Comment faut il traiter les taches dues aux tanins?
- Le tanin constitue le type des astringents végétaux destinés à resserrer les muqueuses en même temps qu’il agit comme antiseptique énergique; de là son emploi en lavements dans les hémorragies, les diarrhées et le lavage de toutes les cavités où il convient d’exercer une modification fibrillaire des organes.
- Le ou plutôt les tanins dont les origines peuvent être très diverses (noix.de galle, feuilles de noyer, cachou, etc.) possèdent, ainsi que nous l’avons signalé récemment, la propriété d’absorber l’oxygène de l'air, en brunissant, lorsqu’ils sont rendus alcalins, d’où production fréquente sur le linge de taches parfois difficiles à enlever.
- Pour réussir, il convient par conséquent d’effectuer une opération inverse, c’est-à-dire un phénomène de réduction, en traitant la tache par un produit susceptible d’enlever de l’oxygène.
- Si la tache n’est pas trop ancienne, le bisulfite de soude liquide du commerce conviendra parfaitement; au cas contraire on emploiera comme réducteur plus énergique l’hydrosulfite de soude, qui se prépare sans difficulté en mettant en contact pendant quelques heures le même bisulfite avec des rognures de zinc quelconques.
- Le tissu étant bien rincé, il n’y aura plus qu’à le passer de suite (afin d'éviter une réoxydation) à la lessive, pour faire disparaître toute trace du malencontreux accident.
- M. Poinsu a Brest.
- Un amateur peut-il repeindre son auto?
- Avec la mise courante dans le commerce des vernis cellulo-
- siques, qui se répandent de plus en plus, la chose est évidemment possible; mais il ne faut pas se dissimuler que les ponçages intermédiaires entre l’application des couches ne peuvent être évités ; ce n’est donc qu’en s’armant de patience et d’énergie que notre amateur pourra espérer un résultat satisfaisant; s’il possède ces qualités voici comment il devra opérer :
- 1° Enlever toute saleté par un bon lavage à l’eau de la carrosserie et du châssis, laisser sécher, puis passer à l’essence de térébenthine ou à l’essence minérale pour débarrasser de toute tache de graisse, car il y a antipathie entre les huiles et les, enduits cellulosiques.
- Prendre ensuite de l’eau chaude contenant 5 grammes de carbonate de soude par litre, et, au moyen d’un tampon de feutre, saupoudré de pierre ponce très fine, poncer environ un mètre carré à la fois, laver à l’eau froide, pour éliminer la pierre ponce, sécher à la peau de chamois.
- 2° Repiquer les éraHures par louches de vernis d’impression ou
- de première couche du type général :
- Nitro-cellulose..........................30 grammes
- Gomme dammar............................. 7 —
- Résine artificielle (albertol)............13 •—
- Plastifiant au tricrésylphosphate. ... 12 —
- Huile de bois de Chine.................... 5 —
- Oxyde de fer ou lithopone................33 —
- 3° L’enduit étant bien durci, rouler une feuille de papier de verre n° 1 sur morceau de bois plat et frotter jusqu’à suppression des surépaisseurs.
- Eponger à l’eau froide et essuyer à la peau de chamois, pour débarrasser de toute poussière.
- 4° Appliquer une première couche de la laque colorée au ton désiré, obtenue en broyant le pigment choisi avec du plastifiant, puis en délayant dans un vernis incolore composé de :
- Nitro-cellulose.......................15 grammes
- Acétate de bulyle........................15 —
- Acétate d’éthyle.........................15 —
- Alcool bulylique.........................10 —
- Albertol ................................ 4 —
- Gomme dammar............................. 4
- Plastifiant.............................. 2 —
- Celte couche étant bien sèche, la poncer soigneusement comme il a été indiqué, puis donner une seconde couche, ce dont on peut parfois se contenter, mais il est préférable d’effectuer un finissage avec une pâte à polir, puis de vernir avec le vernis incolore précédent, non additionné de pigment.
- Une fois cette dernière application bien durcie, on lave à l’eau froide, afin d’éviter que la pluie ou la boue ne marquent sur la carrosserie quand on remettra la voiture en service, puis on encaustique avec une préparation courante à la cire.
- Ainsi que nous l’avons dit maintes fois, il n’est pas du domaine de l’amateur de préparer les vernis, bien que les constituants en soieat connus; chaque emploi particulier comporte une mise au point, qui expose le non-professionnel à n’obtenir que des résultats imparfaits ; il est donc préférable de faire l’acquisition de vernis tout préparés, en spécifiant l’emploi qui doit en être fait : couche d’impression, couche d’apprêt, laquage proprement dit, vernissage final; de nombreuses spécialités de ce genre sont actuellement sur le marché et l’on n’a que l’embarras du choix.
- M. Anger a Noirmoutier.
- P.-S. 1° La peinture Silexore est destinée aux matériaux de construction, non aux automobiles. 2“ Les filets s’obtiennent très réguliers en appliquant pour faire réserves des bandes parallèles en toile diachylon (formule du Codex); on pulvérise la couleur et enlève ensuite les bandes. 3° Dans une certaine mesure vous pourrez réaliser un aspect nickelé en appliquant sur la laque encore visqueuse une poudre de bronze blanc jaunâtre comme cela se pratique avec les peintures à l’huile. 4° Les a Micas », qui sont en réalité du celluloïd, se nettoient à l’alcool camphré. 5° L’aluminium s’entretient facilement avec les pâtes à brillanter courantes. 6° La moleskine ne se répare pas.
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- Choses et Autres.
- La convalescence des accumulateurs.
- Ainsi que nous l’avons rappelé bien souvent, lorsqu’un accumulateur est sulfaté, le traitement classique consiste à remplacer l’acide par une solution de soude. caustique à 2 ou 3 pour cent, puis à charger.
- Si, à un moment quelconque, l’électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate n’ait pas complètement disparu, on ajoute de la soude jusqu’à réaction alcaline persistante. On continue ensuite la charge jusqu’à ce que la plaque positive ait pris le ton chocolat caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde. Après quoi on retire la solution de soude et la remplace par de l’àcide sulfurique.
- Lorsque l’on remet alors l’accumulateur définitivement en charge on constate généralement qu’il ne la conserve pas longtemps et que la densité de l’électrolyte: baisse avec rapidité.
- Ce phénomène, normal, estla conséquence de l’emploi de là soude qui a neutralisé l'acidité occluse dans la préparation supportée par les plaques; la densité baisse parce que ces plaques se renourrissent; il faut donc, pour remettre tout à fait l’accumulateur en bon état, non seulement continuer- à le charger jusqu’à dégagement gazeux, mais en même temps relever la densité par des additions convenables d’acide de telle façon que l’électrolyte marque ‘28° B à fin de charge.
- .... M. Charles a Sainte-Marie.
- Comment se pratique Vargenture au trempé.
- L’argenture ail’ trempé se réalise facilement par immersion des objets en cuivre ou laiton dans üh bain de cyanure d’argent, les pièces ayant été au préalable bien décapées à l’acide, puis à la potasse; le seul inconvénient dü procédé est d’employer un produit très toxique, disons même dangereux, dont il faut laisser le maniement aux professionnels de la dorure et de l’argenture sans chercher à l’introduire dans sa maison, la seule place étant à l’atelier. •
- Sous cette réserve, voici une préparation que l’on peut prendre
- comme type :
- Solution A :
- Nitrate d’argent.................... 10 grammes
- Eau distillée.................... 1000 —
- Solution B
- Cyanure de potassium................ 20 grammes
- Phosphate neutre de sodium . . 25
- Potasse caustique pure.............. 15 —
- Eau distillée..................... 1000 —
- Après dissolution complète, verser doucement la solution A dans la solution B en agitant constamment, le précipité qui se forme d’abord, se rédissout ensuite; après avoir rendu bien homogène on chauffe à une température voisine de l’ébullition et on y introduit les objets à argenter.
- N. B. — Les préparations du commerce étant établies sur les mêmes bases, leur manipulation impose également la plus grande prudence.
- • ; M. Bouisson a Marseille.
- Comment doit-on s’y prendre pour réaimanter un aimant de magnéto?
- Lorsque l’on dispose de courant continu, on peut facilement réaimanter les aimants qui faiblissent. Pour cela, après les avoir démontés, on ferme le circuit magnétique, au moyen d’une pièce de fer doux, puis on entoure l’aimant d’une façon convenable, c’est-à-dire" en suivant la règle classique « tire-bouchon » d’environ 600 spires de fil de 4 mm (barre) dans lequel on fait passer un courant de 45 ampères sous 110 volts, de manière à créer une induction d’environ 20 000 Gauss.
- Pratiquement il y a le plus souvent avantage à faire exécuter le travail de réaimantation par le constructeur, ou tout au moins une maison spécialisée.
- P.-S. La règle du « tire-bouchon » a pour but de rappeler à la mémoire le sens des lignes de force engendrées dans une barre de fer doux autour de laquelle est enroulé, un solénoïde traversé par un courant; vous en trouverez l’exposé dans tous les traités de physique.
- M. le Dr Zoux a La Réunion.
- M. Ralli a Alexandrie. — Ainsi que nous l’avons signalé dans un précédent article (Réponse à M. S. de R. à Paris), le sulfate de cuivre est, à notre avis, l’anticryplogamique de choix des colles à la. gomme arabique. A la dose d’un millième soit un gramme par litre de colle, une conservation parfaite est assurée, nous rappelons que l’emploi du sulfate de cuivre à cette dose est sans inconvénient ni danger.
- M. Sager a Paris. — A notre avis le procédé le plus pratique pour purifier le fiel de bœuf est celui préconisé par Berzélius qui consiste à utiliser l’action coagulante de l’alcool sur le mucus; il en résulte une sorte de collage qui fixe les produits en suspension, en même temps qu’il se produit une fixation de la matière colorante.
- Pour cela, la bile est additionnée de son volume d’alcool à 83° G. L., le mucus et les débris d’épithélium se précipitent, on ajoute une quantité suffisante d’un bon noir animal en poudre (noir lavé à l’acide), on laisse en contact plusieurs jours en agitant souvent.
- Finalement on filtre, fait évaporer l’alcool au bain-marie en ramenant par addition d’eau distillée au volume primitif et met en bouteilles.
- N, B. Pour assurer la conservation ajouter une pincée de
- thymol pulvérisé. y
- Pensionnat d’Hachy. — 1° Lorsque l’on veut peindre sur ciment ou enduits de même nature, le mieux est d’appliquer comme couche préparatoire une solution aqueuse à 50 pour 100 de sulfate de zinc ; la chaux libre donne, avec l’acide, du sulfate de chaux ou plâtre, en même temps que de l’oxyde de zinc dont le rôle loin d’être nuisible est avantageux comme siccativant.
- 2" A notre avis, le traitement le plus simple pour débarrasser cotre alambic de. ses goudrons serait de le flamber dans la cour sur des copeaux, le charbon résiduel se détachera alors facilement et l’odeur aura disparu.
- Société du Gaz de Nice — 1° Nous pensons que le procédé dit « Ozofer » que nous avons décrit dans un précédent numéro (réponses à MM. Engel à Paris, Weber à Mützig) vous permettra d’obtenir facilement de multiples copies.
- 2’ La détermination du temps de pose est fonction d’au moins six variables, ainsi que nous l’avons indiqué dans le numéro 2795, p. 382 : le sujet, l’époque à laquelle on opère, l’état du ciel, le type de plaque employé, l’intervention d’écrans naturels ou artificiels. Deux moyens sont mis à la disposition du photographe pour évaluer ce temps de pose : l’emploi des actinomètres, l’utilisation de tables.
- Dans le premier cas, on observe le temps nécessaire à la lumière qui éclaire l’objet pour donner à un morceau de papier sensible une coloration égale à celle d’un témoin; de ce temps on déduit la pose au moyen de facteurs spéciaux déterminés pour l’appareil.
- Les tables de pose ont été en général établies d’après les travaux de Bunsen, Roscoe, Chapel d’Espinassoux; les plus courantes sont celles de Buillard et Cousin ainsi que celles de Moreau dont nous avons parlé.
- Quoi qu’il en soit, ces indications ne peuvent que servir de base pour éviter de trop grands écarts de pose ; c’est à l’opérateur à y apporter son coefficient personnel résultant de la pratique de son art; en règle générale il vaut toujours mieux poser trop que pas assez, les effets de la surexposition pouvant être corrigés beaucoup plus facilement que ceux de la sous-exposition.
- A, V. a Saint-Etienne. — Il vous sera facile de noircir vos colonneites d’aluminium de radiateur à gaz en opérant ainsi :
- Étendre au pinceau sur l’objet à noircir une couche d’huile d’olive ou de préférence d’huile de lin. Chauffer sur un bec Bunsen; l’huile cuit et contracte avec l’aluminium une très grande adhérence.
- La couche de cette sorte de vernis devient d’abord mordorée, puis passe au noir absolu très uniforme. Au cours du chauffage qui doit être assez élevé, on peut, si l’intensité paraît insuffisante, passer de nouvelles couches jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat cbercbé.
- Le Gérant : G. Masson.
- 97,702. -r- Paris, lmp. Lahure. — 1-7-29,
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- N° 2813.
- 15 Juillet 1929
- LA NATURE
- LE TRANSPORT DES PASSAGERS SUR MER
- Il est à peu près certain que pendant de longs siècles les personnes appelées à passer d’un point du globe à un autre par les moyens maritimes n’ont connu, à bord des navires qui les recevaient, d’autre confort que celui des marins de l’équipage. Et c’était, sans doute aucun, fort peu de chose. Mais il faut observer que dans l’antiquité, tout au moins, les traversées n’étaient pas très longues; on ne naviguait généralement que de jour, à moins que quelque tempête ne surprît le navire au large de la côte et l’empêchât de la rallier. Dans ce cas le sort de tous à bord devait être lamentable.
- Les premiers renseignements certains qui nous soient parvenus à ce sujet, des temps lointains de l’histoire, sont ceux que nous trouvons dans les récits des croisades, et particulièrement la narration du sire de Joinville, l’admirable chroniqueur;des pieuses tentatives de saint Louis pour chasser les infidèles de la Terre Sainte.
- LES VOYAGES DE JADIS
- M. de la Roncière, dans son Histoire si scrupuleusement documentée de la marine française, nous donne également de précieux détails sur le transport des pèlerins ou Croisés de Terre Sainte. « Il existait déjà, nous dit-il, trois et même quatre classes de passagers. Ceux de première classe étaient logés dans le château qui surélevait l’arrière des nefs et qui comprenait trois grandes chambres superposées. Celle du dessus était la chambre de parade, appelée aussi « paradis ».
- Les deuxièmes classes occupaient les premier et deuxième ponts à partir du haut, et les troisièmes classes le pont inférieur ou troisième couverte, où il n’y avait ni jour ni air. Quant aux passagers de la quatrième classe, on mettait simplement à leur disposition les écuries où ils se débrouillaient comme ils le pouvaient avec les bêtes de somme.
- Sur ces vaisseaux des croisades, tous les passagers étaient fort pressés, et l’espace accordé à chacun, strictement mesuré, se réduisait à 1 m. 85 sur 80 cent. Pour dormir, ils ne pouvaient s’en tirer qu’en plaçant les pieds de l’un à la tête de l’autre.
- Le prix des passages entre Marseille et la Terre Sainte était de 60 sous, eau et feu compris, en première classe, 40 sous en seconde, 35 sous en troisième et 25 sous
- pour les malheureux qui logeaient avec les chevaux. Le prix moyen équivalait à environ 100 francs de notre monnaie d’avant-guerre.
- Chaque passager avait le droit d’emporter un coffre, qui lui servait de cercueil, en cas de mort(1).
- 11 devait apporter sa literie, un petit baril d’eau, un pot d’usage intime, quelques provisions et enfin une lanterne.
- Les embarquements pour les Croisades avaient donné un puissant essor à l’industrie de la navigation pour passagers dans certains ports de la Méditerranée : Marseille, Montpellier, Aigues-Mortes, Gênes, qui se faisaient concurrence. Voici comment M. de la Roncière décrit l’embarquement des pèlerins :
- « Lorsque apparaissait sur les quais de Venise, de Gênes ou de Marseille un groupe de pèlerins ou de Croisés, un grand brouhaha s’élevait à bord des navires dont la destination était écrite sur les voiles en une croix écarlate.
- Des appels, des offres, des objurgations, des imprécations venaient, de tous les côtés, s’abattre sur les malheureux. Les serviteurs des différents patrons de navires se disputaient leurs bagages, s’injuriaient, dénigraient la concurrence, protestaient de leur dévouement. Ahuris et indécis, les pèlerins se laissaient tenter par les succulentes collations disposées à la poupe des vaisseaux, vins de Crète, confitures d’Alexandrie, dont le patron faisait lui-même les honneurs. Plus que « les riches ouvraiges de la nave », c’était là « une mélodie et plaisant armonie à la vue des hommes », le meilleur des arguments (2).»
- Francesco da Barberino avait écrit à l’usage des pèlerins une sorte de guide-conseil: « Choisir un bon navire, un patron qui ne louche pas, des poules et des chapons, de bons vins, un moulin à bras, un barbier-chirurgien, un chapelain, un cercueil pour le cas où votre femme viendrait à décéder en mer. »
- On a gardé le contrat en 20 articles passé par le Père Faber (Allemand) avec un patron de galère vénitienne. Il y est spécifié que le* pèlerins auront un petit verre de malvoisie avant le repas du matin et qu’ils
- 1. Statut marseillais (Loi maritime) de 1253, cité par Ch. de la Roncière.
- 2. F. Faber, cité par Ch. de la Roncière.
- Fig. 1. — Un navire du 15e siècle. Extrait de l’ouvrage de La Roncière, Tome I, p.249, provient d'un manuscrit rapporté de Naples par Charles VIII. Bibliothèque Nationale, ms latin 6142, fol. I.
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- Ces prud’hommes, experts dans l’art maritime, fixaient la place disponible et par conséquent le nombre de passagers que chaque navire pouvait embarquer. Ils veillaient à la quantité et à la qualité des vivres et aussi à la sûreté de la navigation, en exigeant que ne fût pas dépassé, par chargement excessif de personnes ou de marchandises, un tirant d’eau déterminé par trois points de couleur blanche peints sur la coque.
- Notre Bureau Yéritas moderne et nos inspecteurs de la navigation ne font pas mieux !
- D’autres officiers municipaux, les consuls sur mer, accompagnaient aussi les convois pour assurer aux pèlerins une sauvegarde permanente jusqu’à destination. Ils veillaient à bord à l’exécution des prescriptions d’hygiène, réglaient les contestations, et pourvoyaient aux successions qui s’ouvraient.
- La nourriture des passagers était assurée par un entrepreneur « Cargator » (d’où vient peut être gargote!) qui passait à cet effet un contrat avec la municipalité du
- Fig. 2. — Appartement d'un passager de 'cabine sur le paquebot De Grasse de la Cie Transatlantique.
- pourront emporter des poules. Il y aura deux repas par jour. Le navire n’abordera qu’aux escales accoutumées, et il ne touchera point à Chypre (l’île de Vénus), dont l’air, suivant une tradition, est funeste aux Allemands !...
- Mais tout ceci se passait, malgré les'appa-rences, avec un certain ordre et sous la protection de mesures officielles, donnant aux passagers le maximum de garanties pour leur sécurité.
- La municipalité de Marseille, imitée parcelle de Gênes, affectait trois inspecteurs à chaque convoi de Palestine, qui veillaient à l’exacte observation de règlements précis et méticuleux.
- Fig. 4. — Salle de bain de Vappartement de grand luxe de /'Ile-de-France.
- Fig. 3. — Chambre de l'appartement de grand luxe du paquebot Ile-de-France de la Cie Transatlantique.
- port. Les menus envisagés apparaissaient comme suffisamment confortables, mais la réalité devait en différer considérablement, car le cargator ne recevait pour tout le voyage que 38 sous par tête, sur lesquels il versait encore un droit aux Consuls.
- Mais malgré les buts pieux que se proposaient les Croisés, la vie à bord, pendant la longue traversée, ne se déroulait pas sans quelques scandales.
- « Au milieu des harnais de guerre des Croisés, sous la bure des pèlerins, les dieux marins virent se renouveler des scènes aussi peu édifiantes que celles dont ils avaient été témoins sousles Ptolémées. Au lieu de la belle Cléopâtre et de ses suivantes, des femmes (de mœurs équivoques encombraient les nefs surchargées. Anticipant sur les promesses du Christ à Madeleine
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- repentante, elles envahissaient les abords du Paradis, sans respect pour le saint Roi et la Reine qui y étaient logés, et s’empressaient d’acquérir beaucoup des titres que leur patronne avait présentés à l’indulgence du Sauveur.
- Par suite, les nefs devinrent quelquefois le théâtre de scènes scandaleuses et même sanglantes.
- Aussi les marchands dont les bâtiments portaient des pèlerins en Terre Sainte insistaient-ils pour ne pas prendre des femmes à bord (Q. »
- Cette règle fut consacrée dans les statuts de la Commune de Marseille (1 2).
- Les passagers du Moyen Age, en Europe, devaient donc se contenter d’un confort rudimentaire et leur sécurité restait précaire par suite du peu d’avance-
- t'ig. 5- — Salon particulier de Vappartement de grand luxe de Z’Ile-de-France.
- tillée, auprès de la poêle de fer où la chandelle de la reine brûlait; et quand elle fut allée coucher dans la chambre au-dessous de, la chambre de la reine, là où les femmes couchaient, la chandelle brûla tant que le feu prit à l’étoffe et, de l’étoffe, il prit aux toiles dont les habits de la reine étaient couverts.
- Quand la reine s’éveilla, elle vit la chambre embrasée de feu, et sauta du lit toute nue et prit l’étoffe et la jeta tout en feu à la mer, et prit les toiles et les éteignit. Ceux qui étaient dans la chaloupe crièrent à demi-voix :
- Fig. 7. — Salon de musique de lre classe à bord de Z’Athos II.
- Fig. b. — Fumoir de 11,1 classe à bord du paquebot Athos II des Messageries Maritimes.
- ment de l’art de la construction navale et du danger d’incendie. R faillit même, à ce sujet,, en coûter cher à saint Louis, comme nous le raconte si joliment le connétable de Joinville, lorsque, en 1254, le saint Roi naviguait vers Hyères, avec la Reine Marguerite et ses trois enfants.
- « Avant que nous vinssions à terre(3), une autre aventure nous advint en mer, qui fut telle qu’une des béguines de la reine, quand elle eut couché la reine, ne prit pas garde et jeta l’étoffe, de quoi elle avait la tête entor-
- 1. Paccini La Marine.
- 2. Statut Marseillais (Lois Maritimes) de 1253.
- 3. Cité par Ch. de la Roncière.
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- Fig. 8. — Le fumoir du paquebot De Grasse.
- « Le feu! le feu! » Je levai la tête et vis que l’étoffe brûlait encore, flambant tout clair sur la mer, qui était très calme. Je revêtis ma cotte au plus tôt que je pus.... »
- Cette histoire, dont les conséquences auraient pu être si graves, prouve d’abord l’existence de rideaux dans la chambre de la reine et aussi de sabords d’une certaine taille.
- Elle valut au brave sénéchal une corvée. Ordre lui fut donné de veiller désormais le soir à l’extinction des feux, sauf du fanal d’arrière, et ceci dans les termes ci-après :
- « Sénéchal, je vous commande que vous ne vous cou-
- chiez pas dorénavant jusques à tant que vous ayez éteint tous les feux de céans, excepté le grand feu qui est en la soute de la nef. Et sachez que je ne me coucherai pas jusques à tant que vous reveniez à moi. » Et ainsi fis-je tant que nous fûmes en mer, et quand je revenais, alors le roi se couchait. »
- A cette même époque, cependant, les Chinois avaient déjà réalisé, en matière de construction navale, des progrès qui n’apparaissent guère dansles naviresde l’Occident, avant le xvmesiècle. Leurs grandes jonques, identiques à celles que l’on voit aujourd’hui sur leurs côtes, se distinguaient par leur vitesse due au nombre des mâts qui se comptaient par 4, 5 ou même 6. La solidité de leur construction était et est restée remarquable, ainsi que la sécurité fournie par la division des cales en grand nombre de compartiments étanches. Sur leurs ponts, chaque passager avait sa cabine aérée et éclairée(‘j.
- Dans les siècles qui suivirent, l’historique des moyens de transport réservés aux passagers sur mer devient difficile à établir, faute de documents. Il n’a presque rien été écrit sur la construction navale de ces époques.
- Cette ignorance, exception faite pour les moyens de propulsion, rame, voile, vapeur, se prolonge jusqu’à des époques assez récentes de notre histoire, nous dit M. Philippar, président du Conseil des Messageries Maritimes, dans sa communication à l’Académie de Marine en 1926.
- Déplorant cette lacune, il émet le vœu auquel ladite Académie est toute désignée pour donner la suite nécessaire, que les mesures soient prises dansles Compagnies de navigation pour que les historiens des siècles à venir soient documentés sur les modalités du service des passagers à notre époque où ce service aura vu tant et de si notables progrès.
- Nous pouvons cependant avoir une idée des commodités offertes aux équipages et passagers des navires qui entreprenaient de longues navigations au commencement du xvie siècle par les récits des navigateurs de cette époque.
- C’est ainsi que le capitaine de Ganneville, parti en 1503, du Havre avec son navire de 120 tonnes, l'Espoir, pour les Indes Orientales, atterrit au Brésil, après 194 jours de mer. Le couchage était fait de cadres superposés, placés dans l’entrepont et garnis de paillasses reposant sur une planche.
- Le capitaine avait cependant une cabine pour lui et ses officiers. La cuisine était installée sur le pont et se composait d’une caisse doublée de fer où les aliments cuisaient comme ils pouvaient. Le menu des repas nous est indiqué par la liste des provisions embarquées au départ par les soins de Ganneville : vin, huile,légumes secs,fèves, oignons, farine, 1. Marco-Polo, 1295.
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- lapins salés. Plus tard ce fut un luxe d’avoir du lard.
- A BORD DES NAVIRES A VAPEUR
- Lorsque la vapeur vient transformer les conditions de la navigation, les armateurs se trouvent avoir à transporter des passagers de plus en plus nombreux que les vitesses réalisées attirent vers les pays lointains, mais aucun souci n’apparaît encore de leur donner un confort dont, il faut le dire, ils n’éprouvaient guère le besoin, ne le connaissant que fort peu dans leurs installations de terre.
- L’armateur, au début de la navigation à vapeur, se
- effets. Des rideaux mobiles formaient un cabinet de toilette.
- En 1818, le capitaine du trois-mâts américain Maria Thérésa annonçait que : « ce bâtiment met à la disposition des passagers toutes sortes d’avantages au nombre desquels sont des chambres fermées à clef, un capitaine parlant français et une cuisine à la française (*) ».
- Mais, en 1830, on voit apparaître, à bord du paquebot Erié, un souci de luxe et d’élégance dans les aménagements. On y emploie l’érable pour les boiseries, deux salles à manger sont réservées aux hommes et aux femmes, avec tapis, colonnes de marbre, tables d’acajou^
- Fig. 10. — Le grand salon de Zlle-de-France.
- bornait donc à louer au passager une place sur le pont. Il ne fournissait pas toujours la nourriture, et quand il le faisait, c’était en mettant à la disposition des voyageurs une sorte de buffet où chacun achetait à son gré. Même en ce qui concerne la literie, le passager devait louer des couvertures, des coussins, etc.
- En 1817, d’après un mémoire du capitaine Andriel (4), vapeur à roues Paragon, construit par Fulton, offrait cependant à chaque passager une « cabane » à une grande fenêtre garnie de tablettes pour y déposer les 1. Cité par M. Philippar.
- portes à coulisses, bibliothèques, escaliers tournants.
- Les chambres sont à deux couchettes avec une table de toilette, un fauteuil. Il y a un office avec sonnerie. Le passage du Havre à New York coûte 800 francs.
- Notons, en passant, une curieuse communication faite en juillet 1853 par la Compagnie des Messageriesfmaritimes aux commandants de ses navires.
- Il leur est recommandé de ne pas perdre de vue que la majorité des voyageurs qui parcourent les Echelles du Levant passent sur le pont et que leurs mœurs et leur 1. Cité par M. Philippar.
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- Fig. li. — Le guignol des enfants à bord de /'Ile-de-France
- religion, bien différentes des nôtres, ont droit à tous les respects.
- Une tente installée à l’arrière, sera réservée aux harems et aux femmes arabes (1).
- *A partir de 1875, les progrès sont constants et de plus en plus considérables.
- Le logement des passagers est placé dans le pont immédiatement au-dessous du pont supérieur. Les cabines comprennent jusqu’à six couchettes pour la lre classe. Vers 1885 apparaît l’idée du château central, dans lequel se groupent, progressivement, les salles à manger, salons, fumoirs et un certain nombre de cabines de passagers, de lre classe, qui sont ainsi éloignées des machines, à l’abri des trépidations et aussi dans une certaine mesure des mouvements du navire. Le nombre des couchettes varie de trois à une.
- 1. Annales des services de Marseille des Messageries maritimes-
- Fig. 12. — La salle de culture physique de /'Ile-de-France.
- L’introduction de l’électricité à bord des navires ^vient alors donner lieu à d’importantes améliorations dans les services en général et particulièrement dans les installations des passagers, lumière, ventilation ; puis ce furent le téléphone, la T. S. F.
- L’aménagement d’ascenseurs, du chauffage à vapeur, de la circulation d’air augmente encore le confort offert aux voyageurs.
- Ce confort s’applique à toutes les classes de passagers. Ceux de 3e classe d’autrefois ne connaissaient que la vie dans des postes d’entreponts, avec logements séparés pour les hommes et les femmes, lavabos communs, repas sur tables démontables, les passagers allant eux-mêmes chercher leur nourriture à la cambuse.
- Des perfectionnements se produisirent par étapes pour arriver à l’installation moderne.
- LES INSTALLATIONS MODERNES
- Aujourd’hui, sur les grandes unités, les voyageurs de troisième classe habitent des cabines avec lavabos et eau courante. Des garçons sont attachés à leur service.
- Les couchettes avec matelas sont munies de draps et de couvertures. Le chauffage est assuré par radiateurs et des salles de bains sont prévues par 3 ou 4 cabines. Sur certains transatlantiques modernes (J) on a construit des salles de jeux pour les enfants, des bibliothèques, des salons pour dames, salons de coiffure et même un bar. Des séances de cinéma sont données tous les deux soirs. Un orchestre joue chaque jour et, si quelques empêchements l’oblige à ne pas paraître, des haut-parleurs transmettent la musique des premières classes.
- Les cabines des passagers de 2e classe comprennent deux ou trois couchettes. Elles sont spacieuses, dotées de lavabos à eau courante froide et chaude,.de sièges confortables. Bien aérées, bien éclairées, elles sont, pour les personnes qui désirent s’isoler de temps en temps, un chez soi parfaitement agréable.
- Les cabines de lre classe à bord de nos paquebots français modernes méritent mieux que cette appellation, ce sont de vraies et vastes chambres d’hôtel, agréablement décorées, renfermant tous les meubles utiles à un assez long séjour. Chacune d’elles ou à peu près possède une salle de bains.
- Pour les personnes qui désirent continuer à bord la vie de famille sans être contraintes au contact constant des autres passagers, et que n’arrête pas le souci de l’économie, les grandes compagnies de navigation mettent à leur disposition des appartements de luxe, comprenant de 2 à 4 chambres, antichambre, salon, salle à manger avec office, grand cabinet de toilette et salle de bains. Sur les bâtiments de la Compagnie Sud-Atlantique, les heureux occupants de ces logements ont la libre dis-
- 1. Le paquebot Ile-de-France, de la Compagnie générale Transatlantique, mis en service le 22 juin 1928, est le prototype de ces transatlantiques modernes.
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- position d’une galerie vitrée s’étendant sur toute la largeur du bâtiment et ouvrant sur la mer.
- Mais c’est dans les pièces où les passagers sont appelés à se réunir que nos grandes compagnies de navigation ont rivalisé d’ingéniosité, de luxe de bon goût, d’esprit français pour mettre à la disposition de leurs hôtes tout ce qui peut leur faire trouver agréable le temps de la traversée.
- A bord de navires tels que Y Ile-de-France, le Paris, le de Grasse, de la Compagnie générale Transatlantique ; les Mariette-Pacha, Champollion, Théophile Gautier, des Messageries Maritimes ; le Lutetia de la Compagnie Sud Atlantique; le Général Bonaparte, delà Compagnie Frais-sinet; les Cap-Saint-Jacques et Asie des Chargeurs Réunis et de tant d’autres unités nouvelles, on trouve de grands salons où se donnent concerts et réunions dansantes, salon de thé, fumoirs, salle de musique, d’autres pour la lecture.
- L’aménagement de ces lieux de réunions offre les dernières ressources du confort, et leur décoration a été l’objet de tous les soins d’artistes en renom spécialisés dans cet art (J).
- Pour remplir les moments de loisir, les passagers ont encore la visite des magasins-vitrines, d’agences qui s’alignent dans les grands foyers étincelant de lumière, un arrêt à la boutique delà fleuriste, aux salons de coiffure, ou aux tableaux où sont affichés, dès leur réception, les télégrammes qu’apportent les ondes hertziennes.
- Les amateurs de sports et de culture physique peuvent donner libre carrière à leurs goûts en usant du matériel le plus moderne, sous la surveillance de professeurs spécialisés.
- On peut, à bord, faire mécaniquement du cheval, de la bicyclette, voire du chameau, ou du canotage, s’exercer au tir, ou se livrer aux douceurs d’un match de boxe, puis se délasser dans des salles d’hydrothérapie dotées des agencements les plus perfectionnés.
- Et sur le pont supérieur longuement ouvert aux effluves salins et au grand soleil, les voyageurs peuvent encore pratiquer tous les jeux de plein air.
- Mais si nos lignes françaises offrent à leurs passagers un confort aussi luxueux que celui des plus fameux Hôtels-Palais des capitales et des villes de plaisir, c’est encore et toujours sous le rapport de la table qu’elles restent inégalables. De tous temps, les passagers de toutes les parties du monde ont reconnu l’éclatante supériorité de la cuisine française servie à bord des paquebots français, le raffinement et le haut goût de ses préparations, l’élégance de leur présentation, la perfection de ses vins !
- Ces repas aux menus aussi soigneusement étudiés qu’exécutés sont servis dans des salles à manger qui vont, d’un extrême confort pour la 3® classe, au luxe le plus éclatant pour la lie.Plus de longue table d’hôte, bien entendu, mais seulement des petites tables discrètement éclairées par des lampes particulières ou, comme sur Y Ile-de-France par la magique clarté descendue des 112 appliques combinées par Lalique pour jouer sur les marbres pyrénéens, dont son immense salle à manger est tout entière
- 1. Voir l’article « La décoration des navires ». La Nature, n" 2792.
- Fig. 13. — La salle à manger de 1ro classe de MLe-de-France.
- revêtue. 700 personnes s’y assoient à l’aise. En outre, 4 autres salles à manger, plus petites, mais aussi somptueusement conçues, sont à la disposition des hôtes désireux de plus d’intimité.
- Et comment ne pas dire un mot des cuisines où s’éla-
- Fig. îk. — La salle à manger de /’Athos-II
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- = 56 ................ ...... =
- borent ces menus précieux, se préparent ces repas somptueux et délicats, des offices où s’entretient, se classe, l’immense matériel de table, des chambres frigorifiques où se conservent, aux températures appropriées, les viandes, poissons, denrées de tous genres, des chambres à vivres frais, des caves à vins.
- Là encore, comme dans tout le navire, c’est l’esprit le plus moderne qui [a préparé les plans d’installation, choisi le matériel, réglé méticuleusement les conditions d’un fonctionnement impeccable, tout ce qui reste, en définitive, pour les passagers, la pierre de touche de
- la valeur de telle ou telle compagnie, de tel ou tel de ses navires.
- Et parmi les voyageurs du xxe siècle, choyés, dorlotés, gavés, combien s’en trouve-t-il pour évoquer le souvenir du coffre-cercueil des croisés partant pour la Terre Sainte, de la caisse où cuisaient en 15031e lapin salé, les merlans secs et les lentilles qui formaient le menu quotidiens des marins de l’Espoir, pour une traversée de 194 jours, ou encore du cadre en bois brut qui berça à bord de la Santa-Maria les rêves grandioses de Christophe Colomb. C* Sauvaire Jourdan.
- ACTIVITÉ SOLAIRE ET TEMPÉRATURE
- On connaît la périodicité des années où le Soleil est dépourvu de taches : elles reviennent à peu près tous les onze ans, à peu près seulement. On a dit et on a écrit beaucoup de choses sur cette question : on a parlé notamment de sous-périodes. Cette assertion ne résiste pas à un examen attentif du phénomène ; nous allons le montrer par des graphiques.
- Ceux-ci ont été établis, non pas en faisant correspondre les années avec des intervalles de 11 ans, mais bien avec des intervalles de 11,5 ans.
- La figure 1 représente les années où l’activité solaire
- a passé par des minima. En ces années, les nombres de taches sont nuis ou voisins de zéro. Cependant, si l’on examine mois par mois les nombres de taches, on se rend compte que l’on ne peut situer les minima qu’à un an près environ. Il en résulte que les années à minima ne sont pas des années bien définies, mais que leurs millésimes doivent être lus n ± 1 ; ce ne sera pas 1755, ni 1766, mais 1754 à 1756 et 1765 à 1767, etc.
- Sauf pour le minimum de 1784, la droite AB représente donc les minima : elle montre que ceux-ci se reproduisent selon une période de 11,3 ans.
- Fig. i.
- Fig. 2.
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- Les prochains mi-nima peuvent être prédits pour 1934 à 1936, 1945 à 1947, 1956 à 1958.
- En déplaçant AB de 11.3
- —— ans, on devrait 2
- avoirlaloides maxima de taches, qui seraient dès lors disposés suivant (LD'. Un procédé géométrique simple, basé sur les distances des points représentant les années à maxima à (LD', conduit immédiate-mentà remplacer C'D' par CD, CD représente les années à maxima, toujours à un an près et les représente bien, sauf pour les maxima de 1778 et de 1830.
- Les maxima à prévoir sont 1927 à 1929, 1938 à 1940,.1950 à 1952.
- Il est certain qu’il n’y a pas de relation entre la période des taches solaires et la durée de la révolution de la Terre autour du Soleil.
- Absence de relation définie entre la période des taches solaires et la température hivernale ou estivale à Paris. — On entend couramment par hiver froid un hiver où l’un des mois : décembre, janvier, février a été froid. Nous pensons qu’on peut caractériser l’hiver par la température du plus froid des trois mois qu’on vient d’énumérer, à Paris du moins. La figure 3 indique les intensités des hivers depuis 1874 en partant de cette donnée ; le mois dont la température a servi à caractériser l’hiver est indiqué en abrégé : D pour décembre, J pour janvier, F pour février. On a marqué de la lettre m les années où l'activité solaire a été minimum et indiqué par la lettre M les années où l’activité solaire a été maximum. On voit qu’il n’y a pas de correspondance entre la rigueur des hivers, depuis 1874, à; Paris (Parc Saint-Maur) et les nombres de taches du Soleil. On ne trouve
- pas davantage de correspondance quand on caractérise les hivers par les moyennes des températures des mois de décembre, janvier, février. Mais la figure montre une lente oscillation dans la température des hivers, moyennement de plus en plus froids jusque vers 1890, et se réchauffant depuis 1890.
- Nous avons de même, figure4, caractérisé les étés par la température du plus chaud des trois mois : juin (J), juillet (Jt), août (A) ; là non plus, nous ne voyons pas de relation entre les étés chauds ou froids et les taches du Soleil.
- On n’en aperçoit pas davantage quand on caractérise les étés par la température moyenne des mois de juin, juillet, août.
- Mêmes constatations négatives pour d’autres stations très différentes de Paris, telles sont Upernivik (Groenland) où les températures moyennes de janvier et juillet sont — 22n,l et 5°,0 et Moscou ; ici, les températures moyennes sont — 10°,8 et 18°,0.
- Pour Yerkhoyansk, dont les températures moyennes sont — 50°,4 et 15°,6, il semble qu’il en soit de même, mais les données ne remontent que jusqu’à 1885, laps de temps trop court pour acquérir des certitudes.
- Par contre, il existe une oscillation très marquée entre les étés chauds et les étés froids à Paris : étés froids vers 1885 et 1917 (32 ans d'intervalles) ; étés chauds vers 1874 et 1902 (28 ans d’intervalle). Il se peut qu’il y ait une période d’environ 30 ans entre les étés chauds et une période d’environ 30 ans aussi entre les étés froids, à Paris s’entend.
- Enfin, la comparaison entre les figures 3 et 4 montre qu’un été chaud est indifféremment suivi ou précédé d’un
- Hiver
- 1875-5 D0°27.
- 5- 8J-0°32
- 6- 7 J6°22
- 7- 6 ü 2°?6
- 8- 9 d- 0°0I
- 9- 0J.-T9S-1880-16-1°28
- 1- Z J2°01
- 2- 3 J3°95
- 3- 4 CW
- 4- 5d-0°25.
- 5- 6 F m
- 6- 7d-0°22
- 7- 8 F- 0°09
- 8- 9 d 1°07
- 9- 0 D 0°27 1890-10-3°26
- 1- 2 J 1°96
- 2- 3d-m
- 3- 5-d?m
- 4- 5 F-5°56-
- 5- 6 J 2150
- 6- 7 d2°23
- 7- 8 0 3137
- 8- 9 D4°99
- 9- 0 D0V7 1900-1 F- 0°29
- 1- 2 F 2130
- 2- 3 D2°53
- 3- 5 D m 5-5 d m
- 5- 6 F3°16
- 6- 7 D m
- 7- 8J-0V5-
- 8- 9 d 1°52
- 9- 0 d3°83 1910-1 d 0°79
- 1- 2 J5%8
- 2- 3 F5°10
- 3- 5JrO°31 5-5 d 5°03.
- 5- 6 F 5°32
- 6- 7 F-om
- 7- 8D0°0S-
- 8- 9 d 2°69
- 9- 0 d 5°20 . 1020-1 D3°56
- 1- 2 d5°25
- 2- 3 d 5°3S
- 3- 5 F ?°3 5-5 D3°7
- 5- 6 D3°9
- 6- 7 D2°6 7~8D1°7 8-9F~l°2
- - 5° -2° 0° 2°
- - + + 4++-
- 2i- + t- + + H-4--h+- - W
- 6°
- -2
- Fig. 3.
- Eté 16°
- 1375 üt. 20°67 5h. !8°66
- 6 Jt. 20°0l
- 7 d. 1S°93
- 8 dt,17°97
- 9 A. 18°05 1880dt.mi
- 1 dt.20°15
- 2 dt 16°91
- 3 A 17075
- 4 a me
- 5 dt mo
- 6 dt 18030
- 7 dt 19°35
- 8 A 16550
- 9 d 16°55
- 1390 a mo
- 1 dt 16°79 2A 18026 3A 19°32
- 4 dt 18c39 5dt I7°76 6dt 18°95
- 7 dt W°59
- 8 A 20°I7 9/1 20°79
- 1900 dt 21°56 ! dt 19°85 2dt I8°22 3Jtl7°69
- 5 dt 2F09 5dt 19160 6dt mo
- 7 A 17°57 8dt 18°13 9A 17°77 1910 A 17°15 IA 21°51
- 2 Jt 18°55 3A !7°09
- 17° 13° 18° 23°
- _______M
- ,16° 17° 180 19° 20°
- m * Années de min/ma des taches solaires Années de maxima des taches solaires
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- lS-
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- = 58 ---------------------------—.....-.... .........-
- hiver chaud ou froid, qu’un été froid est indifféremment aussi précédé ou suivi d’un hiver froid ou chaud, à Paris encore, malgré une opinion très courante qui veut puiser les caractères de la saison à venir dans ceux de la saison qui précède.
- Un seul fait précis est établi par l’étude que M. Piron, chef du service Grêle à la Nationale, a faite des statistiques de grêle depuis 1860 environ, année où remontent les plus anciennes qu’on ait établies en France : les sommes payées par les compagnies d’assurances contre
- la grêle sont à peu près les mêmes, pour des totaux de primes égaux, pour chacune des périodes de 11 ans qui commencent avec un minimum de taches du Soleil.
- On voit que si la périodicité undécennale (ou plutôt de 11,3 ans) des taches du Soleil est établie, il n’apparaît, par contre, aucun lien entre cette périodicité et le retour des saisons extrêmes.
- R. de Montessus de Ballore, Docteur ès Sciences, Lauréat de l’Institut.
- INITIATION BIOLOGIQUE(,)
- LA CROISSANCE [Suite. )
- LES FACTEURS EXTERNES DE LA CROISSANCE
- Parmi les influences qui, venues du dehors, contrôlent la croissance en quelque mesure, il y a lieu de distinguer les facteurs d’origine alimentaire, et les facteurs d’ordre physique tels que la chaleur, la lumière. C’est en respectant cette classification que je me propose de les envisager.
- Les facteurs alimentaires. — En dehors des besoins généraux d’ordre alimentaire communs à tous les organismes, jeunes ou adultes, les organismes en développement en manifestent de particuliers, et tels que la privation de certaines substances, qui ne sont plus indispensables à l’adulte, entraîne au contraire l’arrêt ou le ralentissement de leur croissance. En d’autres termes, l’édification de substance vivante exige un régime différent de celui que nécessite le simple entretien d’un organisme.
- Un cas absolument démonstratif illustre cette affirmation, c’est celui des besoins des animaux en acides aminés. On sait que ces corps, fort nombreux et variés, composent en s’unissant les molécules des substances protéiques ou albuminoïdes, des « protides », comme on les appelle aujourd’hui, et que c’est eux que la désintégration des protides par la digestion apporte, en dernière analyse, aux cellules. Les protides diffèrent les uns des autres à la fois par la proportion et par la nature des acides aminés qu’ils renferment. Or, parmi ces derniers, il en existe, comme le glycocolle, ou la proline, qui paraissent pouvoir impunément manquer. En revanche, des acides aminés comme le tryptophane et la tyrosine sont rigoureusement indispensables à l’entretien de l’organisme. Bien plus, les belles recherches des physiologistes américains Osborne et Mendel ont démontré — et nous touchons là au point essentiel du sujet — que tel protide, parfaitement apte à maintenir le poids d’un animal jeune, se montrera inapte à assurer la croissance s’il ne renferme pas, en quantité suffisante, un certain amino-acide qu’on nomme la lysine. Ce corps
- 1, La Nature, n05 2812 et précédents et le livre : Vie et reproduction. Notions actuelles sur les problèmes généraux de la biologie animale. Masson-et Gie, Paris.
- existe en proportions variables dans les substances albuminoïdes ; il en est même qui s’en trouvent dépourvues. L’adjonction au régime des divers protides doit être d’autant plus abondante, si l’on veut aboutir à une croissance normale, que leur teneur en lysine est plus faible. On saisit toute l’importance de cette donnée. Elle indique suffisamment que la réparation des cellules est chose fort distincte de leur construction, et que ce dernier processus exige des matériaux spéciaux.
- En ce qui regarde l’alimentation de l’enfant, ou en général*, des jeunes Mammifères, le lait possède la quantité de lysine nécessitée par le développement. Mais on conçoit le danger d’un sevrage qui n’aurait pas pour suite l’établissement d’un régime approprié et suffisamment riche en protides qui continssent de la lysine.
- Ce qui est vrai pour cet amino-acide, bien identifié chimiquement, l’est aussi pour des substances qu’apporte l’alimentation, mais qu’on ne connaît que par leur action physiologique, et non par leur nature : je veux parler des vitamines.
- Il n’est personne, aujourd’hui, qui ignore l’existence de ces constituants de la ration alimentaire. Découvertes par Funck(1911), mais pressenties longtemps auparavant par Eyjkman (1800), les vitamines ont fait l’objet de tant de recherches, durant ces dernières années, qu’il serait vain de prétendre à donner sur elles, dans un cadre restreint, plus qu’un sommaire aperçu. Hopkins, Mac Collum et Davis, Osborne et Mendel, pour ne citer que les initiateurs, ont illustré ce chapitre de la biologie. On sait que des individus nourris exclusivement avec du riz décortiqué, ou riz glacé, présentent rapidement des symptômes morbides caractérisés par des troubles nutritifs, des névrites, bref, par un tableau pathologique qui correspond à une affection connue de longue date, singulièrement au Japon, le béribéri. Ajoute-t-on au riz glacé de la « balle de paddy », constituée par les minces lamelles d’enveloppe des grains, les troubles caractéristiques du béribéri ne s’installent pas. La levure de bière, l’embryon des grains de blé, le jaune d’œuf, ont le même pouvoir préventif, et même curatif, vis-à-vis le béribéri. C’est qu’il existe, dans ces aliments, une substance, une vitamine, qui n’agit pas sur l’organisme par
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- sa quantité, car elle paraît active à un taux minime, mais qui, qualitativement, se révèle comme rigoureusement indispensable au régime (fig. 1).
- Non seulement le béribéri, mais encore le scorbut, la pellagre, et d’autres affections sont conditionnées par la déficience du régime en vitamine. Ce sont des « maladies par carence », comme les ont dénommées Weill et Mouriquand. Et ces constatations sont à la base des progrès considérables que l’étude des vitamines a enregistrés au cours des dernières années.
- Il est maintenant avéré qu’il existe plusieurs vitamines et que, sans elles, la croissance normale est troublée, voire totalement inhibée. Tel est le cas de la vitamine A, qui existe dissoute dans les matières grasses, et que nous ingérons avec le beurre, les œufs, certains végétaux. Tel aussi est celui de la vitamine B qui, elle, est soluble dans l’eau et l’alcool, et que nous apportent, dans le régime, des aliments comme le lait, les céréales (spécialement leurs enveloppes), les jus de fruits. Il ne suffit pas, pour que la croissance se poursuive normalement, d’une seule de ces vitamines, mais le facteur A surtout lui est indispensable. Indispensables, également, le facteur D ou « antirachitique «, que contient avant tout l’huile de foie de Morue, et le facteur C, dit aussi facteur antiscorbutique.
- Gomment agissent-elles ? La question reste encore sans réponse précise. D’une substance coihme la lysine, l’on peut dire, sans grand risque d’erreur, qu’elle fournit aux cellules certains groupements de molécules dont elles ne sauraient exécuter par elles-mêmes la synthèse, et que requiert impérieusement l’édification des matériaux organiques neufs. En ce qui regarde les vitamines, au contraire, on serait porté à croire qu’elles exercent une pure action de présence, d’ordre catalytique, ou bien des effets comparables à ceux de sortes d’hormones (1) plutôt qu’à les regarder comme passibles d’une utilisation directe. Certes, le fait qu’elles font sentir leur influence en quantité infinitésimale ne suffit pas à permettre de préjuger le mode de cette influence. Des corps comme maints sels minéraux sont des composants indispensables, quoique impondérables, de la matière vivante. Et quand on suppose que les vitamines ne font que permettre l’assimilation, ou assurer la synthèse de produits déterminés, on ne fonde cette opinion sur aucune donnée précise. On peut pourtant invoquer des analogies qui lui confèrent
- un indéniable crédit.
- On sait aujourd’hui qu’il existe, parmi les aliments requis par l’organisme, des sub-
- 1. En raison de cette analogie, Randoin et Simonnet viennent de proposer la substitution du terme exhormone à celui de vitamine.
- Fig. 1. — 1) Cobaye soumis à un régime normal; 2) cobaye de même dge, et de la même portée, soumis à un régime carencé en vitamines. La mort de l’animal est proche, le train postérieur est paralysé.
- (D’après Randoin et Simonnet.)
- stances qui ne sauraient être utilisées sans le secours d’autres substances ou de conditions spéciales, agissant en tant que fixatrices des premières. Le calcium, par exemple, matériel indispensable de l’édification osseuse, a besoin de « fixateur », et l’huile de foie de Morue se range parmi les agents susceptibles de le lui fournir (-1). Cette action s’identifie-t-elle à celle de toutes les vitamines? C’est là une supposition fort plausible. Néanmoins, tant que les vitamines n’auront pas été extraites et analysées, tant que leurs propriétés physiologiques ne seront pas rapportées à leur constitution chimique, on progressera sans doute fort peu vers la solution du problème. Funk a bien extrait du riz une substance azotée cristallisable, qui correspondrait à la vitamine B et qui en détient, en partie, l’action sur l’organisme. Mais ce n’est qu’un premier pas dans l’acheminement vers la complète clarté (2).
- Les facteurs physiques. — Chez les espèces « poïkilothermes », qui se caractérisent, comme on sait, par leur inaptitude à régler leur température, et qui prennent celle de leur habitat, la vitesse de la croissance dépend de cette dernière. A partir d’une limite inférieure, variable d’une espèce à l’autre, au-dessous de laquelle la croissance est suspendue, et jusqu’à une limite supérieure au delà de laquelle l’animal meurt, son développement se montre proportionnel à l’élévation thermique. Il ne s’agit du reste pas là d’une proportionnalité arithmétique. On serait tenté de croire qu’elle peut obéir à la loi de Van’t Hoff, selon laquelle la vitesse d’une réaction chimique est doublée pour une augmentation de température de 10°. Mais les mécanismes biologiques de la croissance sont complexes et c’est leur résultat global que l’on apprécie. Ce résultat s’exprime différemment selon qu’on considère le poids ou les dimensions de l’organisme en développement. De plus, l’augmentation même du poids ou du volume est la somme d’augmentations tissulaires ou organiques par-
- 1. Comme je l’ai indiqué par ailleurs, l’hormone sécrétée par les glandules para-thyroïdes joue aussi très vraisemblablement un rôle dans l’utilisation du calcium par l’organisme.
- 2. D’importants et curieux travaux ont récemment apporté des documents inédits sur la nature possible du « facteur antirachitique » de l’huile de foie de Morue, et ouvert une voie neuve aux hypothèses et aux investigations sur la nature des vitamines. On a montré (Windaus, Hess, Rosenheim), en effet, que l’ergoslérol, qui est un cholestérol végétal, soumis à l’irradiation par les rayons ultra-violets, acquiert des propriétés analogues à celles du facteur D. L’huile de foie des Morues devrait peut-être alors ses propriétés aux stérols des plantes marines qu’ingèrent ces poissons et qui, probablement, ont subi l’action de la lumière solaire.
- Fig. 2. — Deux rats de même portée, soumis l’un et l’autre à un régime pauvre en substances grasses fl pour 100 de beurre), donc en vitamine A, mais dont l'un (celui de gauche) a été exposé journellement aux rayons ultra-violets.
- D’après L. Binet.
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- ===== 60 - - : = —
- tielles qui diffèrent les unes des autres. Aussi est-il difficile et presque vain de s’efforcer à soumettre ces phénomènes à la rigueur des lois mathématiques. Il faut se contenter de noter l’indéniable influence de la température.
- Il va de soi que les « homéothermes », qui règlent leur chaleur et en maintiennent la constance,échappent à cette action. Ils subissent, en revanche, celle de certaines radiations lumineuses. De jeunes Cobayes ou de jeunes Rats élevés dans l’obscurité se développent plus lentement que les animaux témoins exposés à la lumière. Or, les recherches modernes ont réussi à discriminer, parmi les radiations élémentaires qui composent la lumière naturelle, celles à qui incombe cette action physiologique. C’est dans la zone dite « ultra-violette » du spectre solaire que figurent les rayons capables d’influencer le développement organique (fig. 2). Comme on dispose aujourd’hui de lampes spéciales à vapeurs de mercure, qui émettent ces rayons « ultra-violets », on arrive à suppléer grâce à elles la lumière du soleil. C’est là une méthode dont l’usage se généralise de plus en plus, car de nombreuses affections de l’enfance bénéficient hautement d’un traitement de cet ordre.
- Ce qui éveille, à ce sujet, la plus vive curiosité, c’est la question de savoir le mécanisme d’action sur l’organisme de ces radiations : curiosité d’autant plus justifiée que l’ingestion de substances déterminées, comme celles que renferme l’huile de foie de Morue, semble douée de la même vertu que les facteurs physiques en cause. 11 est possible que leur propriété commune soit de favoriser la fixation, par certains tissus, de matériaux indispensables à leur développement, telle que celle du calcium par les os. Et ici nous rejoignons un point de vue auquel nous nous étions déjà placés quand il s’est agi des vitamines. C’est, que, en effet, il existe un trouble assez répandu de la croissance du squelette qui, du même coup, affecte l’organisme entier, je veux parler du rachitisme. Une insuffisante calcification de l’os, un ralentissement dans l’activité de ses zones de prolifération, tels sont ses caractères dominants. On peut reproduire expérimentalement les lésions rachitiques chez des Mammifères jeunes en leur imposant un régime suffisamment riche en calcium, mais dépourvu de certaines vitamines. Or, on obtient un effet radicalement curatif de ces lésions, tant par l’administration aux animaux d’une petite quantité d’huile de foie de Morue que par leur exposition à la lumière solaire ou aux rayons ultraviolets. Les travaux de l’école américaine, avec Pappen-heimer et ses disciples, ont jeté une nouvelle clarté sur ce problème (*),
- De curieuses recherches ont attiré l’attention, récemment, sur un autre aspect de la même question. N’a-t-on pas observé, en effet, que des Mammifères maintenus à l’obscurité, mais dans des récipients en verre préalable-
- 1. Cette communauté d’action est peut-être explicable, jusqu’à un certain point, par les faits d'acquisition récente rapportés dans la note 3. Les radiations ultra-violettes ne seraient-elles pas susceptibles de déterminer la formation dans l’organisme de vitamines, aux dépens de substances préexistantes, comme elles provoquent la modification de l’ergostérol en un facteur anti-rachitique ?
- ment exposés aux radiations ultra-violettes, bénéficiaient à quelque degré de l’influence physiologique qu’eussent provoquée directement ces radiations, comme si elles avaient entraîné une modification durable, et elle-même ctive, de l’air, ou des parois du vase ?
- 11 semble bien vraisemblable, en tout cas, que l’effet ultime de la lumière est, comme celui de certains corps chimiques, de permettre à l’organisme l’utilisation, la fixation de matériaux alimentaires déterminés. On conçoit les importantes applications en quoi ces données sont fécondes, quand il s’agit de remédier aux troubles de la croissance chez l’enfant. Les découvertes biologiques, ici plus qu’en tout autre domaine, touchent de près la pratiqee.
- SIGNIFICATION GÉNÉRALE DES FACTEURS DE CROISSANCE. FACTEURS DE L'ARRÊT DE LA CROISSANCE. INDICATIONS TIRÉES DE LA CULTURE DES TISSUS SÉPARÉS DE L’ORGANISME ET DE LA RÉGÉNÉRATION.
- Nous venons de passer en revue toute une série de conditions d’ordre chimique ou physique, propres à l’organisme ou extérieures à lui, qui agissent sur la croissance, pour la hâter, l’inhiber, on lui imprimer telle ou telle allure particulière.
- Avant de conclure une étude de ce genre, il est indispensable de jeter sur elle un coup d’œil d’ensemble et da tâcher de voir clair dans la participation au développement de ces influences disparates. L’on pourrait être tenté de les tenir pour des causes nécessaires et suffisantes de la croissance, et le terme de « facteurs » prête à quelque équivoque qu’il importe de dissiper.
- Au début de ce chapitre, j'ai déjà insisté sur cette notion que la faculté de croître est dévolue en puissance à l’œuf fécondé. Les tissus et organes de l’individu jeune ne grandissent, ne prolifèrent qu’à la faveur de l’héritage qu’ils ont fait d’une part de cette faculté. Les modalités de la croissance sont inscrites à l’avance dans le protoplasme et le noyau ovulaire.
- Quel rôle jouent alors les « facteurs de croissance » ? Ce n’est pas un vain artifice que de les répartir, à cet égard, en deux groupes. Les uns apportent aux cellules les divers matériaux spécifiques que requièrent l’édification, la nouvelle formation de substance vivante, au même titre que l’alimentation fournit à l’organisme, qui a cessé de croître, les matériaux nécessaires à son entretien : ces facteurs de croissance, fournis parles aliments, se rapprochent, en ce qui regarde leur influence, de certains facteurs endocriniens, voire de facteurs physiques comme la lumière. Quant aux autres, ils contrôlent, dans l’organisme considéré comme un tout, les croissances particulières des diverses régions, des divers organes; ils assurent l’harmonie de croissance au même titre que, dans l’organisme adulte, des sécrétions internes conditionnent l’harmonie de fonctionnement : les hormones, le système nerveux jouent ici un rôle prépondérant. Somme toute, la croissance d’un organisme ne dépend de tous ces facteurs que dans la mesure où elle a besoin d’être nourrie, d’être réglée.
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- La croissance, d’ailleurs, cesse à un stade inéluctable, en dépit de la constance des mêmes facteurs qui l’ont entretenue et assurée. Je rappelais, quelques lignes plus haut, que les modalités de la croissance sont inscrites dans le protoplasme et le noyau ovulaire. Il est des biologistes pour penser que non seulement les modalités de la croissance, mais son terme même, sont fixés à l’avance, de par la constitution intime de l’œuf fécondé. L’embryologiste belge Brachet, aux larges conceptions de qui j’ai déjà fait appel, estime que la taille-limite d’un organisme est apparemment commandée par la quantité de matériaux formatifs présents dans la cellule-œuf. Certes, un être qui se développe crée de la matière vivante : c’est même là que réside l’essence du phénomène de croissance. Mais cette faculté de synthèse trouverait à la fois sa condition et sa limite dans les substances léguées en quantité précise par l’œuf aux cellules.
- Cette conception repose bien sur une série d’observations d’un grand poids. Chez les Vertébrés inférieurs comme les Grenouilles, les animaux ont une taille qui, pour une même espèce, varie dans le même rapport que les œufs eux-mêmes. Brachet a, par ailleurs, réalisé d’ingénieuses expériences, selon lesquelles un déficit de substance précocement occasionné dans une région déterminée de l’œuf retentit, par une diminution de taille irréparable, non seulement sur les organes issus de la région lésée, mais encore sur des régions voisines.
- Toutefois, il reste à savoir si, dans de pareilles interventions, ce ne sont pas des facteurs de croissance que l’on atteint et modifie, comme ceux qui, à des stades plus avancés, résident dans l’axe nerveux et que j’ai mis en évidence. L’aptitude même des cellules à croître serait
- ainsi, non directement, mais indirectement touchée.
- Ce qui nous inclinerait à le croire, à l’encontre de la conception de Brachet, ce sont les indications qu’apportent la culture des tissus et l’étude de la régénération. L’examen critique de leurs résultats nous incitera, on va le voir, à considérer l’arrêLde croissance comme commandé par des interactions tissulaires, bien plus encore que par l’extinction d’une certaine propriété des cellules.
- Je me suis adressé déjà aux résultats de la culture des tissus lorsque j’ai traité le problème de la spécificité cellulaire. La méthode qui consiste à cultiver, in vitro, des fragments de [tissus] isolés de
- l’organisme, à l’origine simple curiosité technique, a pris de nos jours un développement considérable sous l’impulsion d’auteurs comme Car-rel et Ebeling,
- Fischer, Lewis,
- G. Levi, Drewr,
- Harrison, Borrel,
- Champy et bien d’autres que, dans les limites d’une brève chronique, il ne peut être permis de citer tous.
- Les indications qu’on en a tirées
- sont immenses, Fig. '3. — Fibroblastes dans la zone de tant en ce qui con- croissance d’une culture in vitro,
- cerne divers points D’apres G. Levi, extrait deFauré-Frémiet.
- de la biologie générale qu’en ce qui touche le problème du cancer, voire d’autres affections.
- Je me bornerai ici à dire quelques mots des renseignements généraux qu’elle fournit à propos de la croissance.
- Un premier et important document qu’il faut enregistrer, c’est que des fragments de tissus embryonnaires cultivés avec les soins, la minutie, les précautions d’asepsie rigoureuse qu’il faut mettre en œuvre peuvent, soumis à des « repiquages » successifs et fréquents, proliférer "d’une manière pratiquement indéfinie (fig. 3). Comme i’en ai déjà fait mention, Carrel et Ebeling continuent, à l’Institut Rockefeller de New-York, à entretenir une culture de fibroblastes (cellules conjonctives) issus du cœur d’un embryon de Poulet et prélevés il y a plus de 16 ans. Bien entendu, à chaque « repiquage », on ne réensemence qu’une faible partie de la culture, en d’autres termes, un nombre très faible de descendants des fibroblastes initiaux. La masse totale qui résulterait de la descendance entière représenterait un volume inconcevable, correspondant à d’innombrables Poulets entiers.
- Il n’y a aucune raison de penser qu’en dehors d’accidents d’ordre technique, il puisse survenir spontanément, au sein de la culture, une cause d’arrêt de son pouvoir proliférati f.
- Ainsi des groupes de cellules extraites de l’organisme peuvent se révéler immortels, capables de se multiplier indéfiniment, comme fait une culture de Protozoaires, d’infusoires dans un milieu approprié.
- Des fragments de tissus d’organisme adulte se montrent bien moins aptes que les tissus embryonnaires à développer cette capacité de croissance illimitée. Néanmoins, il n’a pas été impossible, en certains cas, de eûr faire récupérer une aptitude marquée à proliférer, donc à être cultivés.
- Fig. 4. — Courbe de croissance des fibroblastes cultivés in vitro. Courbe inférieure : progression de la culture (évaluée par l'augmentation de surface), sans tré-phones ; courbe supérieure : progression de la culture, avec adjonction de tréphones. En abscisses, temps compté en jours; en ordonnées, surface occupée par la culture en mm2.
- (D’après Carrel et Ebeling.)
- 1 2 3 <* 5 6 7 8 9 10 11 12
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- Un second document, de haute valeur, consiste en ce fait que, livrés à leurs seules potentialités, des tissns, même embryonnaires, sont impropres à la culture, si on n’ajoute au milieu une petite quantité de « jus embryonnaire », c’est-à-dire d’extrait obtenu par le broyage d’un embryon d’espèce quelconque, et si on ne le renouvelle à chaque repiquage. Carrel et Ebeling ont donné le nom de tréphones aux substances hypothétiques qui, contenues dans les organismes en croissance, ont la vertu de permettre la prolifération cellulaire (fig. 4). Il semble que certains globules blancs — les « tréphocytes » de Carrel — détiennent, sinon le privilège, du moins la propriété de produire des tréphones. L’on commence, du reste, à pénétrer la nature de ces facteurs d’abord énigmatiques. Ils consisteraient en de simples produits de dégradation des substances protéiques et agiraient, non comme des excitants, mais comme des aliments de la croissance. Les tréphones ne manquent pas chez l’adulte : non seulement les globules blancs du sang circulant, mais encore un organe comme la rate en renferment qui se prêtent à activer la culture des tissus.
- Que déduire de ces indications? A la condition qu’on leur fournisse divers matériaux indispensables, les tissus d’embryons, voire, en certains cas, des tissus adultes, isolés de l’organisme où ils s’incorporaient, attestent une capacité illimitée de multiplication ou la récupèrent. Qu’est-ce à dire, sinon que ce qui inhibe le croissance, ce qui l’arrête à un stade déterminé, semble être justement le fait, pour des cellules, de participer à un ensemble fonctionnel qui est l’être vivant, d’y subir l’influence des autres tissus et, sans doute aussi, pour ma part, comme l’ont pensé Prenant et Champy, d’être soumise à une différenciation physiologique qui s’oppose d’autant plus à leur multiplication qu’elle est plus profonde. Si une comparaison, toute grossière qu’elle soit, peut mieux rendre compte de ma pensée, j’invoquerai l’exemple d’un édifice compliqué qui, au fur et à mesure que se construisent ses étages, ses chambres, son toit, au fur et à mesure qu’on l’utilise, l’habite et le meuble, devient quelque chose de plus rigide, de plus difficile à modifier, à remanier, à agrandir. D'ailleurs, comme je l’ai noté, la croissance n’est jamais suspendue, dans l’organisme, pour toutes ses parties sans exception. Les globules rouges du sang se détruisent continuellement : des cellules jeunes assurent leur remplacement. Des élé-
- ments d’épithélium se desquament : d’autres, dans la profondeur, se multiplient pour prendre leur place. Jusqu’à la mort, des zones germinatives fonctionnent, et leurs cellules conservent, jusqu’à la fin, les aptitudes d’éléments embryonnaires.
- Les expériences ou les faits de régénération viennent encore à l’appui de l’idée qui tient la cessation de la croissance pour liée à des interactions, à des combinaisons de fonctionnsment. Chez certains organismes inférieurs, le pouvoir de régénération est immense : un segment d’Hydre d’eau douce est capable de régénérer l’organisme entier ; une Planaire coupée en plusieurs morceaux engendre, aux dépens de chacun, autant d’organismes nouveaux. Ce pouvoir s’affaiblit au fur et à mesure qu’on s’élève dans la hiérarchie des êtres organisés. Mais, chez les Vertébrés inférieurs, comme les Urodèles, il se manifeste encore hautement : les pattes ou la queue excisées se reforment. Des Oiseaux même régénèrent leur bec amputé. Chez les Mammifères enfin, il n’est pas impossible que des organes comme la rate soient susceptibles de régénération. Dans tous les cas, on voit des parties de l’organisme assumer, à un moment donné, des potentialités de croissance nouvelles, et, dans tous les cas, ce qui met en jeu ces potentialités, c’est une rupture de l’équilibre général préexistant entre les tissus et les organes.
- En prétendant à pousser plus avant l’analyse et plus loin l’hypothèse, on se heurterait à l’inconnu.
- S’il existe bien un équilibre général, antagoniste des croissances élémentaires, qu’est-ce qui détermine alors le stade où cet équilibre vient contre-balancer les potentialités prolifératrices ou l’augmentation de taille des cellules? Tout ce qu’on a le droit de répondre, c’est que ce stade semble inscrit dans le patrimoine héréditaire ; et, de même que la différenciation, la mise en place de toutes les parties de l’organisme existent en puissance dans l’œuf fécondé, c'est aussi dans l’œuf qu’en dernière analyse il faut sans doute, même si l'on n’adopte pas d’une façon absolue la conception peut-être un peu exclusive de Brachel, chercher à la fois la cause de la croissance et la raison de ses limites.
- Dr Max Aron,
- Professeur à la Faculté de Médecine
- de Strasbourg.
- LA MARGARINE
- HISTORIQUE
- En 18G9, Napoléon III fonda un prix qui devait être attribué à l’inventeur d’un produit sain, nutritif, économique, facile à conserver, pouvant se substituer au beurre. La fondation fut octroyée à un Français, Mège-Mouriès, dont les travaux aboutirent à la création de la margarine.
- Mège-Mouriès avait fait l’observation suivante: si l’on
- soumet une vache laitière à la diète, elle continue à fournir du lait et ce lait contient toujours du beurre dans des conditions à peu près normales; mais l’animal maigrit. Mège-Mouriès en conclut que ce n’est pas aux dépens des aliments ingérés que l’animal élabore les matières grasses du lait, mais aux dépens de sa propre graisse. La combustion respiratoire fait disparaître la partie solide, ou stéarine, des tissus adipeux, et la partie fluide, ou oléo-margarine, sous l’action des ferments des
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- glandes mammaires, se transforme en corps gras constitutifs du beurre. Mège-Mouriès entreprit de réaliser artificiellement'le phénomène physiologique qu’il avait observé : il fit ^digérer vers 40° avec de l’eau alcali-nisée et des estomacs de porc ou de mouton, du suif de vache préalablement séché et broyé, afin que la pepsine stomacale opérât la séparation des corps gras.
- En effet, après deux heures dej traitement, le bain se trouvait surmonté d’une couche huileuse jaune d’or dontl’odeur etla saveur rappelaient celles du beurre.
- Après décantation et épuration, cette huile constituait les premiers jus. Ces premiers jus avaient un point de fusion supérieur à celui des corps gras du beurre. En les refroidissant lentement, on obtint la séparation progressive de la stéarine qui figeait la première et qu’on élimina par pressurage. La partie liquide qui s’enrichissait en oléine fut ainsi amenée au point de fusion désiré et constitua Voléo-margarine. Mais l’oléo-margarine n’était pas encore du beurre. Elle n’en avait ni l’onctuosité ni l’arome. Par barattage de l’oléo avec du lait de vache et un liquide provenant de la macération de mamelles de vache, Mège-Mouriès obtint d’abord une sorte de
- crème, puis en prolongeant l’agitation une masse épaisse. Après lavage et malaxage, cette masse présenta les caractères physiques et organoleptiques généraux du beurre.
- L’empereur mit à la disposition de l’inventeur une usine à Poissy, et la fabrication de la margarine, alors
- appelée faux-beurre commença (J). Le Conseil d’Hygiène, en sa séance du 12 avril 1872, autorisa la vente du produit nouveau à la condition que le vocable « beurre » n’entrât pas dans sa désignation.
- L’industrie nouvelle' se développa et s’étendit rapidement à l’étranger : en Autriche, en Italie, en Norvège, en Suède, en Hollande, au Danemark et aux Etats-Unis.
- Avant d’aborder les méthodes actuelles de fabrication de la margarine, nous allons exposer les conceptions’ modernes sur la constitution du lait, du beurre et de son succédané qui
- 1. Pour l’exploitation de cette usine de Poissy, Mège-Mouriès a fait appel à la collaboration de M. E. Pellerin, père de M. Auguste Pellerin (ce dernier encore président de la société qui porte son nom). E. Pellerin possédait, rue d’Allemagne, à Paris, le plus important fondoir de France. Auguste Pellerin fonda en 1876 la première fabrique norvégienne de margarine, qui porte encore son nom.
- mm
- — Eau + agent émulseur=. =Huile + agent emulseur=
- Fig. 1. — A gaucbe : schéma d’une émulsion du premier type : [huile dans eau).
- Les globules d’buile (phase dispersée) sont répartis dans la masse d’eau ou milieu de dispersion qui contient en solution l’agent émul-
- seur. Type lait.
- A droite : schéma d’une émulsion du deuxième type (eau dans huile). Les globules d’eau sont répartis dans la masse d’huile ou milieu de dispersion qui contient en solution l’agent émulseur. Type beurre.
- Fig. 2. — A gauche : lait vu au microscope.
- Les globules gras se détachent en sombre sur fond clair. A l’œil, ces globules apparaissent sphériques. Les particules des produits colloïdaux du milieu de dispersion (invisibles au microscope, décelables seulement à l’ultra-microscope) sont animées d’une agitation continuelle et désordonnée (mouvement brownien), elles heurtent dans leurs déplacements les globules gras. Ceux-ci oscillent autour d’une position moyenne. L’obtention de la microphotographie ci-dessous ayant nécessité une pose de plusieurs secondes, l’image des gouttelettes grasses est floue en raison de ce mouvement. Grossissement 350 diamètres.
- Fig. 3. —. Au milieu : beurre vu au microscope.
- Les globules aqueux se détachent en clair sur fond sombre. Grossissement 350 diamètres.
- Fig. 4. — A droite : margarine vue au microscope.
- Gomme pour le beurre, les globules aqueux apparaissent en clair sur fond sombre Grossissement 350 diamètres.
- (Clichés G.-F. Pouchon.)
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- Fig. 5. — Bain-marie mécanique. II. Grasso, constructeur.
- sont tous trois des émulsions de rhatières grasses et d’eau.
- ÉMULSIONS DE CORPS GRAS ET D’EAU
- On dit que deux liquides non miscibles sont émulsionnés lorsque l’un d’eux se trouve à l’état finement divisé et réparti au sein de l’autre. Le premier est dit la phase dispersée, l’autre le milieu de dispersion. La formation et la stabilité d’une émulsion sont principalement conditionnées par la tension superficielle de contact entre les deux liquides. Lorsqu’on agite vivement de l’huile avec de l’eau, l’huile forme des gouttelettes sphé-roïdales de plus en plus fines à mesure que l’agitation est plus énergique. La tension superficielle de contact est la force qui s’oppose à cette division et qui, l’agitation terminée, tend à réunir les gouttelettes d’huile les unes aux autres en une seule masse qui surnage. En général, pour qu’une émulsion soit stable, il faut qu’une troisième phase, soluble dans l’une ou l’autre des deux autres, vienne en abaisser la tension superficielle de contact. Par exemple, l’addition de savon ou de gélatine, même en faible quantité dans l’eau, favorise la formation d’émulsion d’huile avec l’eau, parce que le savon ou la gélatine abaisse la tension superficielle de contact entre l’huile et l’eau. Ce troisième constituant de l’émulsion est dit agent èmulseur.
- Dans les émulsions d’huile et d’eau, la phase dispersée peut être l’huile et le milieu de dispersion l’eau, ou réciproquement l’eau sera la phase dispersée et l’huile le milieu de dispersion. Si l’agent èmulseur est soluble dans l’eau, comme le savon, c’est l’huile qui sera la phase dispersée. Si l’agent èmulseur est soluble dans l’huile, comme le jaune d’œuf, c’est l’eau qui se dispersera (fig. 1). „
- Le lait est une émulsion du premier type (fig. 2) : ce sont des globules microscopiques de graisse répartis dans un milieu aqueux contenant en solution (vraie\ ou colloï-
- dale) la caséine, le lactose qui jouent le rôle d’agents émulseurs et stabilisent la suspension grasse. Cette stabilité est d’ailleurs relative, car, par repos, les gouttelettes de graisse s’agglomèrent, puis, par différence de densité, s’élèvent à la surface pour y constituerla crème. La crème est encore une émulsion d’huile dans.l’eau, mais la concentration de la matière grasse y est beaucoup plus élevée que dans le lait.
- Par barattage, les particules de crème s’agglutinent encore et retiennent dispersées dans leur masse compacte les gouttelettes de liquide aqueux : le beurre est une émulsion du type eau dans huile (fig. 3), contrairement au lait, qui est du genre huile dans eau. La stabilité de l’émulsion est réalisée par la viscosité de la graisse qui est solide à la température ordinaire. Elle emprisonne les particules microscopiques d’eau et les empêche de s’échapper. D’ailleurs, si on fond doucement du beurre, l’eau se sépare, tombe au fond du récipient et la matière grasse surnage. La structure de l’émulsion est détruite. C’est pourquoi le beurre fondu, après refroidissement, ne rappelle en rien le beurre frais, ni par l’aspect ni par l’odeur ou le goût.
- La structure physique, l’état émulsoïdal, est une
- Fig. 6. — Baratte èmulseur. H. Grasso, constructeur.
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- caractéristique essentielle du beurre. C’est à elle qu’il doit son onctuosité, son aspect et surtout ses propriétés diététiques, sa digestibilité. Sa discontinuité de constitution, les raillions de petites cellules aqueuses réparties dans sa masse facilitent sa pénétration par les sucs digestifs, d’où sa rapidité d’absorption.
- La margarine est une reproduction exacte de la nature physique du beurre (fig. 4) : c’est également une émulsion d’huile et d'eau. Suivant sa fabrication, l’émulsion peut être du premier ou du second type. Quoi qu’il en soit, l’aspect est le même et les propriétés sont identiques : onctuosité, finesse, digestibilité. On ne saurait trop insister sur cette dernière propriété de la margarine qui en fait, à ce point de vue au moins, un produit valant le beurre et elle lui confère une supériorité incontestable sur les graisses animales ou végétales simplement fondues, toujours plus difficiles à assimiler.
- FABRICATION DE LA MARGARINE
- En somme, bien que Mège-Mouriès ait réalisé d’emblée un excellent succédané du beurre, il s’était mépris sur les circonstances de sa formation. Il attribua aux ferments et aux enzymes des fonctions importantes. En réalité, elles n’interviennent qu’accessoirement. Nous allons voir que la margarine peut être fabriquée sans aucune intervention diastasique.
- Cette fabrication se schématise de la façon suivante : Préparation des corps gras, qui s’opère par simple fusion et cristallisation fractionnée. Emulsion des corps gras par barattage avec l’eau. (En fait l’eau est remplacée par du lait, de la crème de lait ou des jaunes d’œufs délayés, qui jouent le rôle d’agents émulseurs et stabilisateurs.)
- Enfin fixation de l’émulsion par refroidissement brusque.
- Matières premières. — Nous avons vu qu’à l’origine les graisses animales furent exclusivement employées comme matières premières de margarinerie.
- Fig. 8. — Malaxeur de margarine. lt. Grasso, constructeur.
- Fig. 7. — Malaxeur multiple à rouleaux.
- H. Grasso, Constructeur.
- Puis, pendant de longues années, elles entrèrent dans la composition du faux beurre, mélangées à des huiles végétales fines de coton, sésame, arachide. Plus récente est l’introduction des graisses végétales de coco (coprah). Mais il ne faut pas perdre de vue que les margarines les plus fines, les margarines préférées en France, contiennent encore une proportion majeure de graisses animales, particulièrement des graisses de ruminants.
- Les mélanges de matières grasses sont faits selon la destination et l’usage des margarines : margarines de table, margarines pour pâtisseries. Suivant la saison, on règle le point de fusion des corps gras pour que le produit final ait une consistance convenable.
- Premiers-jus. Oléo-margarine. — Lapréparation des premiers-jus emploie des suifs dits en branches ou en rames. C’est la graisse qui entoure les intestins et les rognons du bœuf. Aussitôt l’animal abattu et dépouillé, cette graisse est envoyée aux fondoirs où elle est abondamment lavée à l’eau froide, puis hachée en petits morceaux dans des appareils à lames tranchantes. De nouveau, on lave à fond à l’eau glacée. Après égouttage le suif est réduit en bouillie par broyage. La bouillie est fondue au bain-marie à aussi basse température que possible. Les membranes tombent au fond de la cuve, la graisse surnage, on envoie les premiers-jus ainsi obtenus dans des bacs maintenus chauds, jusqu’à clarification parfaite. Ces premiers-jus sont abandonnés à 25°. La stéarine, moins fusible, se solidifie; on l’exprime à la presse hydraulique d’où s’écoule Voléo-margarine.
- Toutes ces opérations, comme celles qui suivent d’ailleurs, sont effectuées dans des conditions de propreté sévères dont dépendent la finesse et la conservabilité des produits terminés.
- Barattage. Fixation de l’émulsion. Malaxage. — Nous avons vu que le barattage se fait en présence de lait et de crème. Le but de l’addition de crème n’est pas uniquement de faciliter l’émulsion et de la stabiliser, mais de servir de véhicule à l’arome.
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- Fig. 9. — Mélangeur. H. Grasso, constructeur.
- On a constaté que si l’on fait du beurre immédiate-tement après écrémage du lait à l’écrémeuse centrifuge, c’est-à-dire sans le repos préalable que nécessite le crémage spontané, le beurre obtenu est dépourvu de son arôme caractéristique.
- Avant barattage, la crème doit subir une fermentation qui développe cet arôme.
- Les margariniers ont mis cette observation à profit : après pasteurisation et écrémage du lait, la crème est soumise à une maturation, spontanée ou par ensemencement, pendant laquelle la fermentation lactique se développe et avec elle, l’arome qui sera retenu par les vésicules de matières grasses.
- Après maturation, la crème est envoyée dans des barattes maintenues à 25°, on y joint le lait, puis les mé-
- Fig. 10. — Machine à moule. H. Gragso, constructeur.
- langes d’oléo-margarine et d’huiles. L’agitation énergique de la baratte provoque une émulsion qu’on fixe par refroidissement brusque soit en l'envoyant contre des jets d’eau glacée, soit en l’étendant en couches minces sur un cylindre rotatif refroidi fortement.
- La masse est homogénéisée dans des malaxeurs ou lisseuses identiques à ceux employés pour le beurre. Elle perd dans cette dernière opération son excès d’eau. On laisse la margarine au repos pendant une journée dans des chambres à 20-25° pour parfaire la fermentation aromatique ; enfin, elle est moulée en pains et empaquetée dans du papier sulfurisé. Elle est prête à être livrée à la consommation.
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- Bien que la margarine soit une invention française, elle n’a pas eu en France un développement comparable à celui qu’elle a trouvé à l’étranger. Cependant, la fabrication de ce produit répond à un réel besoin : l’essor qu’elle a pris parallèlement à celle du beurre dans des pays tels que le Danemark, la Hollande, la Suède, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le prouve surabondamment.
- Son emploi, relativement très restreint en France, provient d’une réglementation vraiment draconienne qui l’y frappe.
- Peu après l’apparition de la margarine, son identité d’aspect avec le beurre fit craindre que celle-là ne servît à frauder celui-ci. Nous avons sous les yeux le n° 393 de La Nature, du 11 décembre 1880, nous y relevons les lignes suivantes :
- « ...Une quantité (de margarine) très importante, hélas ! quitte Paris pour la Normandie et la Bretagne, d’où elle revient baptisée du nom de beurre par son mélange au beurre de ces pays. »
- C’est un extrait du rapport que le Dr Riche présenta alors à l’Académie de Médecine.
- Il est possible qu’au début, les conditions indispensables de propreté dans la fabrication de la margarine n’aient pas toujours été strictement respectées. L'introduction des mamelles de vache et des estomacs de porcs qu’on croyait nécessaire, put être la cause du développement, dans les jus, de fermentations secondaires nuisibles à la finesse du goût et à la bonne conservation du beurre artificiel. La margarine eut bientôt mauvaise réputation :
- « ...tel est, dit plus loin le Dr Riche dans son rapport, le produit industriel, variable dans ses éléments... produit que nous ne sommes pas sûrs de ne pas manger à petite dose dans le beurre de Normandie et de Bretagne, et que l’on voudrait faire consommer, sans mélange de beurre, aux malades des asiles de la Seine ! »
- Ces courts extraits de la note de Riche suffisent à donner une idée de la méfiance qui se dressait, il y a cinquante ans, en face de l’industrie naissante. La conséquence en fut le vote de la loi du 16 avril 1897 (‘), loi
- 1. Quelques mois plus tard, cependant, le Comité consultatif d’Hygiène de France approuvait les conclusions d’un rapport présenté par les Dra Brouardel et Pouchet ; ces savants, après expériences dans les hôpitaux, affirmaient ]a marganne supé-
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- Fig. 11. — L’intérieur d’une usine à margarine.
- qui n’a d’ailleurs pas été abrogée depuis, même après le vote de la loi générale sur les fraudes de 1905.
- La loi de 1897 interdit la fabrication, la détention et le commerce de la margarine dans des locaux où se fabrique, se conserve, se vend du beurre.
- La margarine ne doit pas renfermer plus de 10 pour 100 de corps gras du beurre.
- L’ouverture d’une margarinerie est soumise à une déclaration, à un contrôle sévère d’inspecteurs gouvernementaux lorsqu’elle fonctionne, etc.
- Enfin par son article 3, cette loi interdisait la vente simultanée au détail du beurre et de la margarine.
- Toutes ces mesures, la dernière particulièrement, ne sont pas seulement propres à paralyser en France la fabrication et la consommation de la margarine, mais elles ont entretenu et augmenté la méfiance du public vis-à-vis de ce produit pourtant sain et nutritif.
- Ces rigueurs ont été, il est vrai, tempérées provisoirement en 1916 par une circulaire qui tolère la vente dans un même local du beurre et de la margarine. Mais la mesure, bien que toujours en vigueur, n’est que provisoire. Or depuis 1916, le public a pu apprécier les avantages de la margarine. De leur côté, les fabricants, pour prouver leur volonté d’empêcher toute fraude, ont doté d’un prix de 10000 francs la découverte d’un produit indicateur ou permettant à coup sûr de déceler sa présence, même en très faible proportion, de la margarine dans le beurre : à la suite de ses recherches, M. Yitoux au laboratoire de la répression des Fraudes a préconisé l’emploi dans ce but de la fécule de pomme de terre ou d’amidon de riz. (V. Annales des Falsifications, juillet-août 1928.)
- Si, en France, la production et la consommation de la margarine sontpeu importantes, nous voyons, phénomène significatif, dans des pays comme le Danemark et la Hollande, producteurs de beurre, prospérer à la fois le commerce du beurre et celui de la margarine, pour le plus grand bien de leurs nationaux et de leurs exportateurs.
- Il est souhaitable que disparaisse
- rieure au point de vue digestibilité aux graisses alors en usage en cuisine (saindoux, graisse de porc, graisse de pot-au-feu), quoique inférieure au beurre. Ils déclaraient que la margarine bien préparée est sans danger pour l’hygiène publique. Et en raison de la modicité de son prix, ils en recommandaient l’emploi pour la plupart des préparations alimentaires.
- cette prévention du consommateur français contre un produit parfaitement sain, préparé dans des conditions d’hygiène que bien des fabriques de beurre ou autres denrées alimentaires pourraient lui envier.
- Lorsque le législateur a frappé si durement la margarine, il n’a pas voulu atteindre en elle un produit nuisible contre quoi il fallait mettre le consommateur en garde, il a voulu simplement empêcher la fraude par mélange au beurre.
- Fig. 12. — Dans une usine à margarine.
- L’empaquetage automatique.
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- Peut-être a-t-il craint aussi une concurrence redoutable pour le produit naturel ?
- Le résultat a dépassé ses intentions : la consommation de la margarine en France était, il y a quelques années, de l’ordre de 300 gr. par habitant et par an.
- Elle était alors de 3 kg en Allemagne, de 4 kg en
- Grande-Bretagne, de 5 en Hollande et de 15 kg au Danemark ! (*)
- Gilbert-F. Pouciion, Ingénieur-chimiste E. C.I.L.
- 1 Je dois remercier ici la Société Auguste Pellerin pour la complaisance avec laquelle m’ont été communiqués les documents indispensables à la rédaction de cet article.
- LA PHOTOGRAPHIE SUR FILM CINÉMATOGRAPHIQUE
- Depuis quelques années, les appareils photographiques pour amateurs semblent être arrivés à des formes définitives. D’une part, la longue expérience acquise et le haut degré de précision, atteint par les bons constructeurs, donnent l’impression qu’il n’est guère possible d’avancer davantage dans la voie de la perfection ; d’autre part, la vogue des petites chambres pliantes ne paraît pas devoir décliner de sitôt et la faveur dont jouit, auprès d’une élite, la jumelle stéréoscopique est toujours aussi grande.
- Cependant, l’amateur fait moins de photographie que par le passé.
- Le prix des plaques et pellicules, qui est nominalement 7 fois 1/2 plus élevé qu’avant la guerre, la médiocrité des résultats que des mains inexpertes tirent des objectifs à grande ouverture aujourd’hui à la mode, la facilité enfin, avec laquelle l’automobile permet de revoir les sites qui ont charmé, se liguent pour inciter à ne pas fixer les souvenirs par l’image. Que déduire de ce fait, sinon que les appareils jusqu’alors utilisés ont cessé de répondre à tous les besoins ?
- L’AVANTAGE DES PETITS FORMATS
- De la nécessité, pour la photographie, de s’adapter aux conditions nouvelles, est résultée la création d’instruments de formats minuscules. Le cliché négatif étant non pas un but, mais un moyen, il est rationnel, dè3 l'instant qu’il est facile d’en tirer des images agrandies, de chercher à en réduire le plus possible les dimensions. C’est là une idée déjà ancienne et il nous souvient, notamment, d’un instrument anglais, le « Tycka », qui avait l’aspect d’une montre seulement un peu épaisse et contenait une pellicule permettant d’enregistrer 20 poses, 16X22 (*).
- Ce petit appareil, qui était d’ailleurs assez rudimentaire,
- 1. Sauf indication contraire, les spécifications relatives aux formats se réfèrent au millimètre.
- puisqu’il était pourvu d’un objectif achromatique sans diaphragme et d’un obturateur à une seule vitesse, connut, vers 1907, un certain succès; il était accompagné d’un amplificateur rigide donnant des copies de 6 cm 1/2 X 9. Comme bien l’on pense, la finesse laissait beaucoup à désirer.
- Les constructeurs qui, de nos jours, ont repris l’étude de la question, se sont attachés à établir des instruments
- non pas minuscules, mais capables de donner des négatifs assez fins pour supporter sans peine les plus fortes amplifications et ont adopté, d’une façon générale, le film de 35 mm de large normalement employé en cinégra-phie. Cette surface sensible est, en l’occurence, particulièrement intéressante : son grain est beaucoup plus fin que celui des émulsions coulées sur les plaques et les pellicules ordinaires et, avantage qui n’est pas à dédaigner, on peut aisément s’en approvisionner en tous pays, à la condition toutefois, que l’appareil utilise des bandes préparées pour l’usage cinégra-phique, c’est-à-dire pourvues vers chaque bord d’une perforation qui réduit à 24 mm la largeur utilisable pour l’impression des images.
- Les appareils employant le film de ciné se font en effet en plusieurs formats : quelques-uns donnent, comme les cinégraphes professionnels, des clichés 18 X 24, alors qu’avec d’autres la surface couverte atteint 24x36 et même 30 X 45 ; les instruments de ce dernier format exigent naturellement des bandes non perforées.
- La diversité des formats est de nature à rendre l’amateur quelque peu perplexe; aussi, nous croyons devoir exposer les raisons qui militent en faveur des uns et des autres.
- Il est un point qui ne souffre aucune discussion : des images aussi petites que celles que l’on peut obtenir sur le film de ciné ne sont pas faites pour être examinées directement à l’œil nu : quelles que soient leurs dimen-
- F/
- du champ net au V20 de
- du champ nei
- g 11.3-
- Distances
- Fig. t. — Profondeurs de champ comparées des objectifs de 110, 50 et 40 mm, la mise au point étant faite sur 2 mètres.
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- sions, il faut nécessairement les examiner sous forme d’agrandissement, ou de projection amplifiée sur un écran, ou, à la rigueur, à l’aide d’une loupe. Dans ces conditions, les plus étendus de ces petits formats n’ont d’autre avantage que celui de pouvoir être amené avec une moindre amplification à la dimension d’examen; or, l’expérience de tous les jours montre que l’on obtient aisément, avec les images cinégraphiques 18 X 24, des projections offrant toute la finesse désirable.
- Le fait que le plus petit format permet d’obtenir pratiquement le même résultat que les deux autres, avec une dépense de film respectivement deux et quatre fois moins grande que celles nécessitées par le 24 X 36 et le 30x45, mérite donc d’être pris en sérieuse considération.
- L’examen des caractéristiques optiques n’est pas moins favorable au plus petit format. Tous ceux qui ont eu l’occasion de se servir d’un 6 cm 1/2x9 pourvu d’un objectif à grande ouverture savent combien délicate est la mise au point, lorsque l’on opère sans diaphragmer. La distance à partir de laquelle commence une netteté linéaire donnée e, la mise au point étant faite sur l’infini,
- est déterminée par l’hyperfocale h = —. dans laquelle f
- représente la longueur focale et n le dénominateur de la fraction désignant l’ouverture relative.
- On remarquera que la distance focale est, dans cette formule, élevée au carré; c’est ce qui explique que, pour une ouverture f: 4,5 et une netteté linéaire de 1/10 de millimètre, l’hyperfocale qui, pour un objectif de 110 mm de foyer convenant au format 6 cm 1/2x9 e,&t de 27 m, puisse, toutes choses égales d’ailleurs, s’abaisser à 5 m. 50 pour une distance focale de 50 mm. En mettant au point non sur l’infini, mais sur l’hyperfocale, on rapproche de moitié il est vrai le plan en deçà duquel il faut faire varier le tirage en fonction de la distance, mais les courts foyers n’en conservent pas moins leurs avantages relatifs.
- L’importance de ces derniers apparaît tout aussi grande lorsque l’on considère le cas où on opère sur des objets situés plus près que la moitié de la distance hyperfocale. Le graphique (fig. 1) montre qu’au diaphragme F/8 par exemple, la mise au point étant faite sur 2 m, un objectif de 110 mm de longueur focale ne reproduit avec une netteté maximum de 1/10 de mm que ce qui est compris entre 1 m. 80 et 2 m. 30, alors que,
- Fig. 3. — Le Cent vues vu de côté.
- dans les mêmes conditions les objectifs de 50 et de 40 mm dessinent avec une finesse de 1/20 de millimètre tous les objets placés respectivement entre 1 m. 60 et 2m. 90; entre 1 m. 30 et 3 m. 90.
- La comparaison de nettetés identiques serait plus favorable encore aux très petits formats, mais elle serait fallacieuse, car il est absolument inutile de porter la finesse à plus de 1/10 de mm lorsqu’il s’agit d’un cliché de 6 cm 1/2x9.
- L’examen du graphique montre encore que l’influence du diaphragme sur la profondeur de champ est d’autant plus grande que la longueur focale est plus petite.
- LA. LIMITE MINIMUM DU FORMAT
- Mais alors, pourquoi ne pas faire descendre cette dernière valeur au-dessous de 40 mm ? L’insuffisance du pouvoir séparateur des lentilles et surtout le grain du gélatino-bromure assignent, à l’amplification ultérieure, des limites que l’on ne saurait dépasser sans compromettre gravement la qualité de l'image. Bien qu’elle soit extrêmement fine, l’émulsion du film de ciné négatif ou même inversible, ne permet pas d’enregistrer des éléments d’images plus petits quel/40 de millimètre ; la médiocrité, en projection fixe, des cinégraphies d’amateurs obtenues sur bandes de 11 mm de largeur le prouve expérimentalement. Si l’on admet que le cliché devra permettre de tirer despositifs atteignantl3cmXl8, avec une netteté voisine de 1/4 de millimètre, on est amené à considérer le format 18x24 comme le plus petit possible, du moins en l’état actuel de la technique. On pourrait évidemment couvrir ces dimensions au moyen d’un objectif de longueur focale plus courte ; l’essai a été tenté, mais n’a pas été heureux; lorsque l’on augmente l’angle embrassé, on rend plus difficile, tout au moins à l’ouverture maximum F/3,5, l’obtention d’images aussi bien éclairées et aussi nettes dans les angles que dans la partie centrale.
- L'APPAREIL PHOTOGRAPHIQUE “ CENT VUES ”
- Tels sont les principes dont se sont inspirés les établissements Mollier, lorsqu’ils ont construit le « Cent vues » (fig. 2), ainsi nommé en raison du nombre de photographies qu’il permet d’exécuter sans recharge. D’aucuns estimeront sans doute qu’une telle capacité est exagérée ; en fait, elle est justifiée par la quantité de sujets intéressants que les actuels moyens de transport donnent la possibilité de voir en une seule journée. L’appareil est
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- Fig. 2. — Le Cent vues.
- Appareil photo graphique à film, de ciné tu de face (1/2 grandeur).
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- Il suffît, pour ouvrir l’appareil, d’appuyer sur un bouton ad hoc et d’exercer, dans le sens latéral, une simple traction sur l’enveloppe gainée. Celle-ci étant enlevée, on aperçoit (fig. 4) la chambre, fermée par une porte et flanquée, d’une part du magasin débiteur, d’autre part, du magasin récepteur.
- Le chargement est très simple : il consiste à tirer du magasin débiteur une quantité de film suffisante pour atteindre le moyeu du magasin récepteur, après avoir franchi la fenêtre d’impression, la pellicule est appliquée contre cette dernière par un presseur à ressort fixé à la porte : son absolue planéité est ainsi parfaitement assurée.
- Un compteur automatique, commandé par une roue dentée en prise avec la perforation, indique à tout instant le nombre d’images impressionnées : un bouton spécial permet de le remettre rapidement à zéro, après emploi, par exemple, d’une bande pelliculaire de moins de 2 m.
- L’appareil est pourvu d’un viseur d’un type nouveau, constitué par un tube à section quadrangulaire contenant un système de lentilles qui donne une image très lumineuse du champ réellement embrassé par l’objectif.
- La facilité de manœuvre est telle que l’on peut aisément prendre une vue toutes les trois secondes!
- LA PROJECTION
- Les images obtenues au moyen des appareils de ce genre sont, avons-nous dit, destinées à être examinées
- Fig. <t. — Le mécanisme du Cent vues dégagé de sa gaine Fig. 5. —Le Cent vues magasins fermés et porte à presseurs ouverte.
- (,magasins ouverts).
- établi pour recevoir 2 m de film normal, mais il n’est nullement indispensable de le charger de bandes aussi longues; il est d’ailleurs toujours possible d’extraire la partie de film impressionnée, sans léser le contenu du magasin débiteur. Le « Cent vues » permet de « croquer » avec la même facilité les sites et les monuments, les manifestations sportives et les scènes de rue, sans avoir jamais à résoudre de problèmes de profondeur de champ ; et par suite il offre le moyen de faire d’excel-graphie documentaire, c’est-à-dire, en somme, à l’immense majorité des amateurs.
- Le « Cent vues » appartient au type rigide ; l’emploi d’un soufflet eût permis de réduire tant soit peu l’épaisseur de l’instrument, mais c’eût été risquer de rendre précaire le parallélisme entre le porte-objectif et la surface sensible, alors qu’avec une optique à la fois de très petite longueur focale et à très grande ouverture, la plus haute précision est indispensable.
- L’objectif, un « Lynx » Ilermagis ouvert à F/3,5, ayant 40 mm de longueur focale, est monté sur un obturateur central donnant, avec une régularité et un rendement satisfaisants, la pose en un ou deux temps et toutes les vitesses comprises entre la seconde et le 1/300. L’ensemble est relié au corps de l’appareil par un système hélicoïdal permettant de mettre au point, par variation du tirage, depuis 0,50 jüsqu’à l’infini. Grâce à l’emploi de sections très largement calculées, l’usure de ce mécanisme est pratiquement nulle.
- lente photo
- film vierge porte
- ra ressorts
- magasin
- démtëur
- magasin
- récepteur
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- sous forme d’agrandissement ou de projection amplifiée. Ce dernier mode est particulièrement intéressant, car il permet de constituer les collections au moyen de films positifs de poids et de volume insignifiants et de prix extrêmement faible ; une boîte de 6 cm de largeur sur 13 cm de longueur et 4 cm de hauteur peut contenir 10 rouleaux de 100 vues !
- La projection permet de montrer les petites images avec une amplification telle que . plusieurs personnes peuvent les examiner simultanément, sous un angle compatible avec les conditions d’une excellente perspective.
- De pratique fastidieuse, alors que les sources de lumière dont on disposait exigeaient des réglages délicats et continuels, elle est, grâce aux progrès survenus dans la fabrication des lampes électriques à filament de tungstène, devenue des plus faciles.
- Parmi les instruments spécialement établis pour projeter les images 18x24, nous citerons le « Projectos » (fig. 6), qui se compose d’une petite lanterne cylindrique fixée par un support articulé à une semelle de fonte et pourvue d’un passe-vues à rouleaux admettant 2 m de film. La source de lumière utilisée est une lampe de projection absorbant 1,5 ampère sous 30 volts; assez forte pour donner une brillante projection de 1 m 80 sur 2 m 40, elle ne dégage qu’une faible quantité de chaleur et ne risque pas de détériorer le film. Un rhéostat, monté en série avec la lampe, permet, en absorbant l’excédent de force électromotrice, d’employer pour l’alimentation les
- courants d’un sec-Fig. 7. — Agrandisseur Noxa, teur à 110 OU mê-
- Modèle Spécial-ciné. me à. 220 volts. La
- mise au point se fait en déplaçant le bouton de commande dont est pourvu l’objectif, lelong d’une rampe hélicoïdale, jusqu’à ce que l’image projetée atteigne la plus grande netteté possible. Le changement de vue se fait simplement en tournant un bouton moleté.
- Comme on le voit, le projecteur photographique est aujourd’hui un instrument de conduite extrêmement facile et n’importe quel amateur peut l’utiliser avec succès; c’est donc à juste titre que nous le considérons comme le mode
- Fig. 6. — Le Projectos.
- normal de présentation des images obtenues au moyen d’appareils utilisant le film de ciné.
- Lorsque, pour une raison quelconque, on désire ne pas employer le projecteur, on peut observer le film positif à l'aide d’une loupe ou mieux d’un « Pathéo-rama », petit instrument spécialement établi pour l’examen des vues diapositives 18 X 24 imprimées sur bandes pellieulaires et qui, en donnant des images virtuelles très agrandies, restitue la perspective. Ce procédé présente, comme le stéréoscope d’ailleurs, l’inconvénient de ne pas permettre à plusieurs personnes d’examiner simultanément une même photographie. Il convient de remarquer que le film normal de 35 mm ne passe dans le Pathéorama qu’à la condition d’avoir été préalablement allégé de la partie perforée qui se trouve à gauche des images.
- L'AGRANDISSEMENT
- Parfois cependant, on peut être amené à désirer des images sur papier, de dimensions assez grandes pour pouvoir être examinées à l’œil nu. Il faut, en ce cas, recourir à l’agrandissement, c’est-à-dire recueillir et fixer sur un papier au gélatino-bromure l’image amplifiée du cliché négatif placé dans le projecteur à l’endroit où l’on met d’ordinaire le film positif. Cette opération, qui est d’ailleurs très simple, est rendue plus facile encore par l’emploi d’un support permettant de disposer le projecteur de façon telle que l’image se forme sur un plan horizontal.
- A l’amateur qui préfère constituer ses collections au moyen d’agrandissements plutôt que de films positifs, ou qui désire obtenir des épreuves agrandies d une facture aussi parfaite que possible, nous conseillons d’opérer à l’aide d’un instrument mieux approprié à ce genre de travail. A cet égard, l’agrandisseur Noxa « Spécial-Ciné » (fig. 7), est particulièrement recommandable : il permet de tirer d’un petit négatif 18x24 des épreuves sur papier, de tout format compris entre la carte-postale et le 21 cm X 27, avec une facilité comparable à celle d’une
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- simple impression au châssis-presse. Grâce à l’association d’une lampe opale et d’un condensateur, cet instrument donne en effet, pour toute la gamme des rapports admis, et sans qu’il y ait jamais lieu de modifier la position de la source lumineuse, des images éclairées d’une façon à la fois très vive et très uniforme. En outre, le grain de l’émulsion reste très peu visible, alors qu’avec la lumière dirigée sans diffusion préalable, on obtient des agrandissements durs, granuleux, et sur lesquels les moindres défauts de la couche de gélatino-bromure sont
- la modicité du prix de revient des images, sont d’ailleurs dès maintenant réalisées, parmi lesquelles nous nous contenterons de citer la reproduction rapide des documents tels que livres, gravures, plans, listes électorales, le relevé des compteurs dans les centraux téléphoniques et la confection des clichés servant à préparer les films de publicité destinés à être projetés vue par vue au moyen d’appareils automatiques.
- Il faudrait se garder, pourtant, de croire que la photographie sur film de ciné doive un jour devenir le seul
- Fig. 8. — Photographie prise avec le Cent vues agrandi 7 fois lj2 linéairement. (Cliché A. Bourgain.)
- exagérés. Si l’on considère qu’au plus grand rapport l’amplification linéaire est de 12, on est obligé de reconnaître qu’un tel résultat justifie, lui aussi, la préférence accordée pour le négatif au plus petit format.
- Ses remarquables qualités l’imposeront à l’attention non seulement des amateurs et des touristes, mais aussi de tous ceux à qui la photographie peut venir en aide ; le reporter appréciera la facilité et la discrétion avec laquelle il permet d’opérer; l’explorateur et le naturaliste seront séduits par l’extraordinaire capacité des appareils et l’insignifiance du poids et du volume des films. Bien d’autres applications, rendues possibles par
- moyen auquel l’amateur aura recours pour fixer le souvenir par l’image : l’impossibilité de réaliser à bas prix les instruments de haute précision, qui seuls peuvent donner la finesse extrême ici indispensable, sera une entrave à la diffusion d’un procédé que certains considéreront avec quelque pitié, puisque s’il donne d’excellents documents il ne permet guère d’atteindre à l’art. Par ailleurs, les stéréo-scopistes et les autochromistes resteront, eux aussi, fidèles aux formats moyens. Mais le film de ciné connaîtra le succès en ouvrant à la photographie de nouveaux débouchés, en lui procurant de nouveaux adeptes et en ramenant à elle ceux qui l’ont délaissée. André Bourgain.
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- = L'INDUSTRIE DES CONDUCTEURS ISOLÉS =
- AU CAOUTCHOUC
- III. LE FIL ISOLÉ : LA NÉCESSITÉ DE LA NORMALISATION
- DES CONDUCTEURS ISOLÉS
- Examinons enfin les conditions auxquelles doit répondre le fil isolé pour assurer la sécurité, ainsi que la durée des canalisations électriques.
- Les fils, comme les câbles isolés au caoutchouc, sont souvent entourés d’un ou deux rubans caoutchoutés. Actuellement, les conducteurs isolés sont recouverts, pour protection mécanique, d’un ruban à la cellulose ou textile et d’une tresse. Le ruban ou la tresse sont imprégnés d’un enduit cireux.
- Il est aussi parfois nécessaire de protéger, par une enveloppe de plomb, le câble à un ou plusieurs conducteurs, d’ailleurs déjà isolés au caoutchouc et au coton ou à la soie. La machine qui opère cet enrobage de plomb consiste en un pot que l’on garnit de temps à autre de plomb liquide, qu’on laisse refroidir jusqu’à ce que le métal devienne pâteux. Alors, par une très forte pression exercée à la surface du pot, de forme cylindrique, à la partie inférieure duquel le câble se déplace à travers des filières spéciales, se forme la gaine de plomb continue et d’épaisseur constante destinée, en général, à protéger le câble contre l’humidité.
- Importance d'un
- posé des procédés de 1’
- n? .
- Essai d’allongement.
- La gaine isolante d’un fil conducteur correctement isolé doit, après étirement à 4 fois la longueur primitive eA = 4 te', ne conserver, dix minutes après la traction, qu’un rémanent, r, d’au plus 0,2Xee'.
- isolement régulier. — L’exindustrie des canalisations isolées dans ses principaux détails a montré quels soins nécessite l’obtention, tant d’un conducteur parfaitement calibré que d’un revêtement isolant parfaitement centré sur le conducteur obtenu. Les qualités pratiques du fil isolé obtenu dépendent essentiellement de l’exécution précise de ces deux conditions.
- Est-il nécessaire de rappeler ici toute l’importance que présente l’obtention et l’utilisation de conducteurs correctement isolés, leur emploi, à l’exclusion rigoureuse de tout produit de fabrication imparfaite ? La meilleure façon d’isoler les conducteurs consiste à les enrober à froid de deux feuilles au moins de caoutchouc vulcanisé mises aux machines à galets et enveloppées de rubans ou de tresses. Ce procédé, qui a constamment donné d’excellents résultats, caractérise le type de la belle et bonne fabrication française qui s’est, à cet égard, depuis près
- Fig. 1. — Calandre à 4 cylindres.
- Pour l’enrobage à froid de l’isolant mis aux galets, le caoutchouc, mélange de gomme et de charge, est une matière plastique qu’on lamine entre les quatre cylindres d’une calandre. La calandre transforme cette matière en une bande mince de plusieurs centaines de mètres de longueur, d’environ 1 m de large, et d’épaisseur parfaitement régulière variant de 2/10 à 1 millimètre. Cette bande est ultérieurement découpée en rubans étroits qui desservent les machines à galets.
- de cinquante ans, acquise une réputation méritée. Depuis quelques années, on est revenu, particulièrement à l’étranger, à l’emploi de la boudineuse, qui ne peut disposer qu’une seule couche de caoutchouc sur le conducteur. Malgré les perfectionnements apportés, en particulier en Amérique, aux machines boudineuses, la couche d’isolant ainsi appliquée sur le conducteur peut rester mal centrée et les produits obtenus sont inférieurs à ceux que produisent les machines à galets par l’enrobage à froid du caoutchouc (fig. 1) mis aux galets.
- Le procédé à la boudineuse disposant sur le fil une seule couche de caoutchouc mis à chaud est évidemment beaucoup plus rapide, mais il ne tient pas compte des inconvénients rédhibitoires auxquels conduit l’emploi du produit ainsi obtenu.
- Les installations électriques nécessitent, à l’heure actuelle, et cela impérieusement, l’emploi de conducteurs parfaitement et constamment bien isolés, afin d’éviter les dangers des courts-circuits et les incendies que les courts-circuits provoquent. En principe, ce parfait isolement des câbles et fils placés dans l’intérieur des immeubles réclame l’existence de deux ou trois couches de caoutchouc vulcanisé entourant le conducteur de
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- cuivre étamé, siège du courant électrique. Pour la conservation de l’isolant au caoutchouc vulcanisé, en particulier de sa souplesse, de son élasticité et de ses propriétés isolantes, il est nécessaire de le maintenir à l’abri de l’air et de la lumière. Le caoutchouc isolant doit donc être soigneusement entouré de rubans de toile ou de tresses de coton enduites, recouvertes en plus d’un enduit protégeant l'isolant contre les agents atmosphériques.
- Sans cette précaution, l’isolement du conducteur diminue rapidement avec le temps, car au contact de l’air et de l’humidité le caoutchouc devient dur, cassant et perd rapidement ses propriétés isolantes.
- C’est dans le but de prémunir les installateurs comme les usagers des inconvénients graves de l’emploi de conducteurs imparfaitement ou incorrectement isolés que les divers groupements de constructeurs, d’industriels, de manufacturiers, intéressés à l’industrie électrique ont, parla voie de leurs syndicats professionnels, indiqué les conditions précises auxquelles doivent répondre les conducteurs isolés tels qu’ils sont offerts à l’usager.
- En France, l’Union des Syndicats de l’Électricité a publié, le 7 février 1923, un premier cahier des charges. De nouvelles prescriptions ont été adoptées par l’Union le 7 mars 1928 et l’application de ce nouveau cahier des charges a été fixée au lei! avril 1929.
- Parmi les prescriptions ainsi édictées, les méthodes d’essais nous paraissent devoir retenir l’attention.
- Pour juger la qualité de l’isolant, du caoutchouc, et pour déterminer s’il contient bien la quantité imposée (en général, 30 à 35 pour 100 au minimum) de gomme pure, s’il est exempt de factices, les procédés d’analyses, bien que très perfectionnés, sont beaucoup moins certains que les essais mécaniques. Il est possible de dépister les factices, en particulier l’huile minérale, l’asphalte (minerai rubber), par la mise en digestion dans le xylol de 1 à 4 gr de caoutchouc découpé en petits fragments (1 gr. de caoutchouc par 5 c.c. de xylol). Le caoutchouc ne doit donner ainsi ni fluorescence nette, laquelle indique la présence d’huile minérale, ni coloration brune, indice de minerai rubber.
- Les essais mécaniques, même les plus simples (fig. 2) donnent de précieuses indications, aussi bien en ce qui concerne les procédés de fabrication qu’au regard de la qualité des matières constituant l’isolant, en particulier de la gomme. Des gommes que l’analyse chimique reconnaît pure se décèlent par les essais mécaniques de qualité médiocre et de conservation précaire.
- Remarquons qu’un caoutchouc insuffisamment vulcanisé donnera, avec un grand allongement à la rupture, une valeur faible de la traction produisant cette rupture, alors qu’un caoutchouc survulcanisé, qui est sec, cassant, se rompra pour une traction faible, présentant alors un faible allongement.
- Le contrôle des essais et de la fabrication. — La nécessité de spécifications précises concernant la fabrication des fils et câbles isolés au caoutchouc est démontrée par le nombre des groupements professionnels de l’industrie électrique qui, en tous pays, ont rédigé,
- relativement à ces fils isolés, des cahiers des charges.
- Plus se généralise l’électrification, plus le public veut avoir l’assurance que les installations qu’il fait effectuer dans ses demeures présentent le maximum de durée et de sécurité. L’usager, le distributeur d’énergie comme l’installateur ont tout intérêt à ce que soient sérieusement normalisés les conducteurs du courant électrique, afin que les dangers si graves d’incendie que font courir les court-circuits soient sérieusement et exactement conjurés.
- Pour lui donner cette assurance, il y aurait lieu d’organiser, en ce qui concerne l’industrie des conducteurs électriques isolés, ce qui existe et se développe déjà concernant certaines applications de l’énergie électrique.
- L’industrie du chauffage électrique et, en général, celle des applications de l’électricité ont installé un centre d’études techniques et expérimentales, laboratoire dans lequel sont essayés, contrôlés, soumis à des mesures pratiques de fonctionnement et de rendement, les appareils de chauffage offerts à l’utilisation. On y vérifie si les clauses des cahiers des charges relatifs à ces appareils sont observées.
- Ainsi se trouve réalisé un moyen de normalisation. Le contrôle de l’application des principes édictés en matière d’appareils de chauffage électrique, pouvant s’effectuer par l’apposition d’une estampille indiquant que les appareils essayés répondent aux prescriptions des cahiers des charges et que leur contrôle a été effectué à cet égard.
- Il est possible et facile d’opérer aussi le contrôle de la normalisation des fils isolés au caoutchouc.
- Mieux encore, il serait^éminemment désirable que la normalisation des fils et câbles isolés au caoutchouc devînt officielle en France et que le Ministère des Travaux Publics imposât un cahier des charges concernant ces fabrications. La considération d’intérêt général et de sécurité qui s’attache à l’usage exclusif de conducteurs correctement isolés justifierait amplement les prescriptions d’un ^hier des charges officiel.
- La conception de ce cahier des charges officiel devrait être faite en s’inspirant des desiderata exprimés par les usagers.
- Nous signalerons les conditions principales auxquelles doivent répondre les deux principales séries de conducteurs à isolement garanti de 600 mégohms et de 1200 mégohms pour tensions de service respectives de 250 et 750 volts.
- Ces conducteurs, en cuivre de haute conductibilité, obligatoirement étamés, devraient avoir été effectivement essayés à :
- 1500 volts pour la tension de service de 250 volts et 2500 volts pour la tension de service de 750 volts.
- La série 600 mégohms comportant comme isolant : 2 couches de caoutchouc vulcanisé et comme protecteur : un ruban à la cellulose ou textile, une tresse, tous deux imputrescibles, et un enduit spécial facilitant le glissement du conducteur isolé dans les tubes.
- La série 1200 mégohms comportant comme isolant : une couche de caoutchouc pure gomme, deux couches de caoutchouc vulcanisé et comme protecteur : un ruban à
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- la cellulose ou textile, une tresse, tous deux imputrescibles, et un enduit spécial facilitant le glissement du conducteur isolé dans les tubes.
- Ainsi que nous l’indiquons plus haut, la fabrication française des fils isolés au caoutchouc est, en général, plus soignée que la fabrication étrangère.
- Ce sont surtout les étrangers qui utilisent actuellement les boudineuses pour recouvrir les fils isolés. La fabrication des fils isolés à une seule couche de gomme est peu répandue en France.
- Il est donc d’autant plus important que la normalisation des fils et câbles isolés au caoutchouc devienne offi-
- cielle en France, afin de débarrasser le marché des produits de fabrication inférieure qui, au détriment des usagers, et de la généralisation de l’électrification, ne manqueraient pas de l’encombrer. L’acceptation, sur le marché français, de conducteurs isolés au caoutchouc de médiocre isolement et de conservation précaire risquerait d’être, malgré un bon marché apparent, en définitive, très onéreuse pour l’usager, dont les installations avec de tels conducteurs l’acculeraient, dans un très court laps de temps, à une réfection complète.
- Albert Turpain,
- Professeur à l’Université de Poitiers.
- = LA « NOCTOVISION ” : TÉLÉVISION DE NUIT =
- RÉCENTES EXPÉRIENCES ET IMPRESSIONS PERSONNELLES
- Les quotidiens ont, ces temps derniers, rendu compte d’expériences faites par l’Amirauté britannique avec une variété particulièrement intéressante de télévision électrique, la« Noctovision » ou vision de nuit. Ayant eu la bonne fortune, lors de mes visites à Londres, de me familiariser avec cette invention de John L. Baird, je donnerai aux lecteurs de cette revue un résumé de ce qu’elle est, de sa façon de fonctionner et de ce qu’on est en droit d’attendre d’elle.
- Lorsque M. Baird eut réussi ses premières démonstrations de télévision proprement dite, c’est-à-dire de transmissions immédiates de personnes et de scènes animées, il lui fallait d’abord de très grandes intensités lumineuses.
- Les personnes assises devant « l’œil électrique » du transmetteur téléviseur avaient même besoin d’un éclairage si intense que la lumière crue et la forte chaleur les gênaient beaucoup. Ce n’est que par degrés qu’il réussit à réduire de plus en plus l’intensité lumineuse, jusqu’à ce que les personnes posant devant le transmetteur fussent parfaitement à leur aise. Ce résultat inspira à l’inventeur une idée bien curieuse, celle de tâcher d’éli-
- miner tout à fait la lumière visible et de se contenter de rayons invisibles.
- On sait qu’il y a, de chaque côté du spectre visible,
- des bandes bien plus élendues que celui-ci et qui comportent, l’une, audelàdubleu et du violet, les rayons ultra-violets, à ondes courtes, qui exercent les effets chimiques et thérapeutiques de la lumière, l’autre, à l’extrémité opposée, en deçà du rouge, les rayons infra-rouges, à ondes longues, et qui se manifestent par des effets thermiques.
- Ayant d’abord essayé les rayons ultra-violets, M. Baird dut y renoncer à cause des effets nuisibles exercés sur les yeux. La bande située à l’extrémité opposée, celle des rayons infrarouges, à ondes longues, donna, au contraire, des résultats plus satisfaisants, d’autant plus que l’air atmosphérique absorbe ces rayons bien moins avidement que les rayons ultra-violets ; aussi les personnes assises devant 1’ « œil électrique » n’en sont-elles aucunement gênées.
- C’est donc grâce à l’emploi de ces rayons thermiques, invisibles à l’œil humain, que M. Baird a pu se passer tout à fait de la lumière visible, en rendant visibles, à
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- Fief. 2. — M. Baird faisant la démonstration de sa noctovision à Sir Oliver Lodge.
- distance, les personnes et les objets se trouvant à l’obscurité parfaite.
- Lors d’un récent séjour à Londres, M. Baird a bien voulu me faire la démonstration de cette intéressante méthode. M’ayant fait entrer dans un studio disposé comme une chambre obscure photographique, il a installé l’un de ses ingénieurs devant l’ouverture du transmetteur y disposé, après quoi il y a fait l’obscurité parfaite, en abaissant les stores. Or nous n’en avons pas moins, à notre entrée dans la salle de réception, remarqué dans
- la fenêtre du téléviseur-récepteur, son image télévisée, avec tous ses mouvements et la même précision qu’en employant la lumière visible ordinaire. C’est que le transmetteur réagissait aux rayons invisibles de la même façon qu’aux rayons visibles, son « œil électrique » étant aussi sensible à ces rayons que l’œil humain l’est à la lumière visible. Les gradations de lumière, correspondant aux différentes tonalités de l’original, étaient, par une cellule photo-électrique, transformées en impulsions électriques, transmises à distance, soit par un fil conducteur ou sans fil, par les ondes hertziennes d’une station de T. S. F.
- On comprend facilement l’impression saisissante qu’une démonstration de ce genre doit produire sur les spectateurs. Que le téléviseur puisse voir des objets invisibles, qu’il puisse plonger ses regards dans la nuit absolue, en rendant visibles tous les détails à l’extrémité opposée, de la façon usuelle comme dans le cas d’un éclairage éclatant, voilà qui ne saurait manquer de frapper l’imagination. Aussi, malgré l’apparente simplicité du procédé, a-t-il fallu vaincre bien des difficultés pour réaliser la noctovision.
- Quant aux emplois possibles de cette variété de télévision électrique, on a, en première ligne, pensé aux applications militaires. On pourra, grâce à elle, avec un projecteur n’émettant que des rayons thermiques invisibles, irradier les positions ennemies, rendues ainsi visibles à distance. Etant, par conséquent, en mesure de suivre les moindres mouvements de l’adversaire, sans que celui-ci puisse s’en douter, on rendra illusoire toute tentative de surprise. Les escadrilles d’avions trouveront leur chemin, la nuit, avec la lumière invisible; elles pourront explorer tout ce qui se passe dans les positions ennemies, sans qu’on y remarque leur présence.
- Cette invention se prête aussi à des applications plus pacifiques. Pénétrant librement à travers les brouillards et la nuit, les rayons thermiques ouvriront, en effet, de nouvelles possibilités à la navigation marine et aérienne.
- Toute source de lumière, toute lampe d’une intensité appropriée, pourra servir à engendrer les rayons invisibles infra-rouges. On n’aura qu’à éléminer la lumière visible par l’insertion d’un filtre convenable, plaque d’ébonite ou de caoutchouc, par exemple.
- D' Alfred Gradenwitz.
- = GLOZEL EE UNE EXPERTISE
- Voilà bientôt un lustre quarchéologues, préhistoriens, paléontologistes et linguistes, discutent sur les fameuses trouvailles de Glozel ! Un congrès international, réuni à Amsterdam en août 1927, nomma même une commission de savants spécialistes qui allèrent procéder à des constatations sur ce gisement « millénaire ». De son côté, la « Société préhistorique de France » déposa une
- plainte en escroquerie contre les Fradin, propriétaires du terrain des fouilles et probablement « fabricants » de la plupart des objets soi-disant « préhistoriques » qu’on y découvrit. A leur tour, ces braves paysans poursuivent en diffamation M. Dussaud, Membre de l’Institut et un de nos confrères « antiglozéliens ». Aussi, pour essayer de départager tant d’opinions contradictoires et d’ap-
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- porter, en tout cas, quelque lumière dans le débat, la justice française a chargé M. Bayle/ directeur du Service de l’identité judiciaire, d’expertiser les pièces les plus remarquables du célèbre « Musée de Glozel ».
- Grâce au hasard, dieu des journalistes, nous avons pu prendre connaissance, chez un des intéressés, du remarquable rapport où se trouvent révélée la jeunesse des étonnantes tablettes pseudo-préhistoriques. Comme les objets incriminés étaient les uns en terre plastique, les autres en os ou en roches diverses et que leur examen approfondi nécessitait non seulement des essais physiques, de délicates microanalyses chimiques, mais encore des déterminations minéralogiques, botaniques, ou histologiques, M. Bayle demanda au juge de lui adjoindre deux spécialistes, M. Randoin, assistant de géologie au Collège de France et M. Maheu, chef du Laboratoire de micrographie à la Faculté de Pharmacie de Paris.
- La première partie du rapport déposé par ces éminents experts, étudie seulement les trois tablettes plates (fig. 1) recouvertes de signes dits « glozéliens ». Nous nous bornerons donc à les suivre dans leurs ingénieuses investigations actuelles qui, à l’instar de la fontaine de Jouvence, ont redonné la jeunesse à ces blocs argilo-sableux qu’on voulait nous présenter comme d’authentiques « carnets de notes » de très lointains ancêtres. Au contraire, grâce à un faisceau de preuves concordantes, déduites d’une succession d’expériences, d’essais et d’examens de laboratoire, ces micro-analystes hors pair ont pu formuler un certain nombre de conclusions définitives.
- En premier lieu, un certain nombre de constatations leur ont permis de montrer que les tablettes de Glozel ne sont pas cuites. Ils ont d’abord reconnu la présence de fragments végétaux dans la pâte même de celles-ci en opérant de la façon suivante. M. Bayle découpa au moyen d’une scie à métaux dans l’épaisseur desdites tablettes et en partant de la face opposée à celle couverte d’inscriptions, des prismes de plusieurs centimètres de côté et d’environ 20 mm d’épaisseur. Puis il déposa ces petits blocs sur une feuille de papier blanc et il en râpa soigneusement les faces correspondant aux parties externes de la tablette, de façon à éliminer les éléments étrangers que celle-ci aurait pu emprunter à l’air ou au sol. Ces opérations préliminaires achevées, il fragmenta entre les doigts et sous la loupe à dissection cette terre très friable, dans la masse de laquelle il rencontra des petits pieds de mousse (fig. 2), appartenant aux genres Bryum, Barbula ou Hypnum, des débris d’une Fougère (Pteris aquilina), des glumes d’Avoine et des fragments de péricarpe de grains de Blé, des fibres de coton et de laine teintes de couleurs variées, les uns bleu foncé, bleu clair, bleu azur ou jaune vif, les autres allant du rouge vif au rouge orangé, etc. D’ailleurs, les examens histologiques et chimiques des divers fragments végétaux révélèrent l’intégrité complète et le parfait état de fraîcheur de leurs éléments cellulaires (fig. 3). Cette première série d’observations aboutit à la conclusion que les tablettes glozéliennes n’ont subi aucune cuisson puisque des éléments aussi fragiles y subsistent. Une
- autre suite d’expériences démontra que, dès la température de 150°, des fragments appartenant aux espèces végétales énumérées ci-dessus se carbonisent entièrement.
- En outre, les tfrres servant à confectionner des poteries renferment de Y argile qui, délayée avec l’eau, leur fait acquérir la plasticité nécessaire à leur réalisation. Ces masses plastiques conservent leurs formes en se desséchant; mais si on les remet au contact de l’eau, elles reprennent leur état pâteux. En revanche, quand on a porté un objet façonné avec de la pâte argileuse à une température dépassant 450° et qu’on le replonge dans l’eau, il reste rigide et conserve indéfiniment sa forme. Cela tient au fait qu’entre 450° et 500°, la kaolinite (principal constituant des argiles), perd ses molécules d’eau de combinaison. Or, la kaolinite anhydre, ne reprend jamais celle-ci quelle que soit la durée d’une nouvelle immersion. On doit à ladite propriété chimique de pouvoir loger ou même porter de l’eau à l’ébullition dans des vases en poterie. Si donc, dans un objet en terre plastique, on constate que la kaolinite possède toujours ses deux molécules d’eau de combinaison, on aura le droit d’affirmer que lesdits objets n’atteignirent jamais la température de 450°, obligatoire pour la déshydratation. Or, c’est précisément le cas des tablettes glozéliennes comme l’analyse chimique le démontra aux experts.
- En troisième lieu, certains éléments minéraux des terres argileuses, subissent, sous l’action de la chaleur, des transformations permanentes, dont l’observation peut renseigner sur les températures atteintes par les poteries au cours de leur cuisson. En particulier, le quartz et le feldspath orthose fournissent des tests indiquant que les terres cuites dans lesquelles ils subsistent furent fabriqués dans des fours chauffés à moins de 600°. Or, de minutieuses recherches effectuées dans cette voie, sans compter les autres considérations d’ordre chimique et
- Fig. 1.
- La grande brique plate, recouverte de signes glozéliens, Soumise à l’expertise.
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- Eléments végétaux trouvés inclus dans les tablettes.
- 4 gauche, fragment de mousse extrait de l’une des tablettes.
- A droite, débris de mousses de la grande tablette dessinés à la chambre claire sous le microscope : 1. Pied de Barbuda avec filaments protonémiques Fp, vus plus grossis en 2 ; 3, Bryum capillare; 4, extrémité d’un Hypnum ; 5, cellules de Bryum avec cbloroplastes.
- minéralogique, prouvèrent que non seulement l’argile des poteries de Glozel n’avait jamais atteint cette haute limite de température, mais que les tablettes ne furent même pas portées à 150° et qu’elles ne présentent, en définitive, aucun caractère scientifique [des terres cuites.
- Voici d’ailleurs une simple expérience imaginée par M. Bayle, pour mettre le fait en évidence.
- Après avoir prélevé dans la grande tablette un prisme de 4 cm de longueur, il le suspendit au-dessus d’une cuve en verre, dans laquelle il versa doucement^le l’eau jusqu’à ce que le liquide vienne baigner la pointe du petit bloc argileux.
- Immédiatement celui-ci commença à s’effriter en donnant naissance à une pluie de sable, comme en témoigne une série de photographies prises , à 10 secondes d’intervalle chacune (fig. 4).
- Puis, en une minute environ, le prisme se trouva dissocié jusqu’à environ 1 cm au-dessus du niveau de l’eau, celle-ci pénétrant par capillarité à travers la masse.
- Ces points éclaircis, peut-on regarder les tablettes comme très anciennes?
- Pour répondre à la question, les experts considérèrent d’abord l’état de conservation et la nature des fragments organisés inclus dans la pâte des tablettes, ces mousses, feuilles, enveloppes de graines, fibres teintes et autres débris étant contemporains de leur fabrication.
- Ils examinèrent, en second lieu, la possibilité pour des objets en terre sèche se désagrégeant aussi facilement, de séjourner sans-altération dans un sol humide.
- Au point de vue histologique, comme nous l’avons déjà noté plus haut, les éléments organisés trouvés dans la pâte des tablettes sont en parfait état.
- Von seulement leurs formes se trouvent très bien conservées, mais les végétaux renferment encore des éléments protoplasmiques, par exemple de fragiles chloroplastides encore imprégnées de leur chlorophylle et qui ne sauraient subsister au sein d’une masse de terre humide toujours « truffée » de millions de bactéries.
- Les experts poursuivirent donc leurs recherches au moyen du' spectrophotomètre d'Yvon (fig. 5), adapté à la mise en expériences de très petites quantités.
- La préparation microscopique se place de manière que son image agrandie par un dispositif optique vienne couvrir la fente du système spectrophotométrique analyseur.
- A l’aide de cette méthode, d’une rare précision, M. Bayle et ses collaborateurs purent étudier l’action du temps sur la chlorophylle. On sait, d’une façon générale, qu’en faisant passer un faisceau de lumière au travers d’une solution, une certaine partie de l’énergie lumineuse se trouve absorbée.
- La valeur de cette absorption varie, pour une même solution, avec les innombrables radiations spectrales, caractérisées chacune par leur longueur d’onde.
- Fig. 4, — Photographies successives, prises à dix secondes'd'intervalle, montrant Veffritement rapide d'un fragment de tablette mis dans l'eau.
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- Si l’on note pour chacune de ces dernières, la quantité d’énergie absorbée par la solution d’un composé et que Ton trace la courbe représentative desdites mesures, on obtient la courbe d’absorption caractéristique du produit considéré.
- D’ordinaire, on porte les longueurs d’onde en abscisses et en ordonnées les densités optiques ou expressions de la valeur de l’absorption subie par une radiation en traversant le corps considéré.
- Pour l’expertise glozélienne, M. Bayle et ses collaborateurs constituèrent, à l’aide d’herbiers allant de 1815 à 1929, une collection de feuilles de Graminées.
- Puis les savants opticiens tracèrent, pour chacun des échantillons ainsi rassemblés, la courbe d’absorption de la chlorophylle qu’il contenait encore (fig. 6).
- Ils observèrent ainsi que le temps exerce sur la chlorophylle des feuilles conservées en herbiers une action continuellement dégradante et susceptible de permettre le classement chronologique des feuilles sèches.
- Des nombreux spectrophotogrammes ainsi relevés, il ressort que ces déterminalions, au moins pendant les 30 premières années, donnent des résultats exacts à 6 pour 100 près.
- Les fragments de feuilles de Graminées extraits des tablettes de Glozel et dont le mode de conservation, au sein d’une terre sèche, offre beaucoup d’analogie avec celui des plantes d’herbier, vinrent se placer dans l’échelle spectrophotographique réalisée de la sorte, entre 1920 et 1927, mais plus près de cette dernière date. On peut donc en conclurfe que la fabrication desdites tablettes remonte à moins de 5 ans.
- Quant aux fibres trouvées dans l’argile des mêmes tablettes, si leur ténuité et leurs quelques millimètres de longueur interdisaient l’emploi de la microanalyse, M. Bayle put néanmoins procéder à l’examen optique de leurs teintes rouges. Là, encore, les méthodes spectro-photométriques précédentes lui révélèrent, en l’espèce, que les pigments employés présentent les caractères de la jeunesse et que ces matières colorantes artificielles sont de date toute récente.
- D’autre part, les circonstances de la découverte des tablettes glozéliennes, montrent l’impossibilité de leur séjour dans un sol humide? D’abord, étant donnée la façon dont les argiles se comportent vis-à-vis de l’eau, ces objets qui, d’après les constatations faites sur place par M. Depéret, gisent à 55 cm de profondeur, auraient dû garder des traces superficielles des infiltrations. L'expérience suivante suffit à donner une idée de ce que pouvait produire un enfouissement prolongé. Sous une cloche, M, Bayle disposa un petit vase plein d’eau, puis un trépied sur lequel il plaça une plaque de porcelaine et ensuite une bande de feutre, dont une extrémité plongeait dans le liquide du récipient. Enfin, sur l’étoffe feutrée, il mit un fragment découpé dans l’une des tablettes et abandonna le tout jusqu’au lendemain. Le
- savant expérimentateur trouva alors le morceau d’argile dans un tel état de déliquescence, qu’il ne put le saisir entre ses doigts.
- Les tablettes glozéliennes n’auraient donc pu séjourner longtemps dans un terrain humide sans conserver quelques minuscules témoins des phénomènes d’érosion ; or, elles ne présentent aucune trace semblable. Comme les experts le constatèrent sans peine, les bords et les parois des signes qu’elles portent sont vierges de toute parcelle boueuse ; sur ces tablettes plates pas d’incrustations, pas de produits secondaires de nature calcaire
- Fit;. 6. — Courbes d’absorption de la chlorophylle aux diverses longueurs d’onde.
- selon l’ancienneté des échantillons végétaux.
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- Fig. 7. — Tablette traversée par un rhizome.
- Le trou de perforation de la racine est rebouché avec de la terre argileuse.
- ou siliceuse que ne manquent jamais d’apporter les eaux d’infiltration, présentes dans tous les sols quelle que soit leur imperméabilité relative.
- En outre, fait étrange et troublant, alors que deux des tablettes de Glozel présentent une surface entièrement nette, on voit sur la troisième (et seulement sur la face recouverte d’hiéroglyphes pseudo-néolithiques) des placages de terre sèche qu’on pourrait prendre pour des incrustations naturelles.
- Mais si on examine ces apports étrangers à la loupe, on constate qn’il suffit de les toucher aveç une aiguille à dissection pour les détacher en laissant intacte la surface de soutien.
- Un autre détail observé par M. Bayle mérite encore de nous arrêter. Des rhizomes ou tiges souterraines de Fougère traversaient la moyenne tablette à deux endroits différents donnant à supposer que celle-ci avait séjourné assez longtemps dans le sol pour permettre aux radicelles d’une plante de la perforer. Mais en regardant les choses de plus près, on note les curieuses particularités suivantes. Dans le trou se trouve, indépendamment de la petite racine, un bouchon de terre argileuse non adhérente à la tablette (fig. 7), mais dont l’analyse révéla l’identité de composition avec cette dernière. En retirant successivement d’abord la racine, puis le mastiquage, on observa l’existence d’un canal parfaitement régulier, creusé perpendiculairement à la face de (la tablette, aux parois lisses et complètement dépourvues de tous filaments végétaux. Cet orifice présente, en outre, un diamètre de 20 mm alors que le diamètre du rhizome atteint 8 mm seulement. Une tige souterraine d’une plante aurait donc creusé à travers la tablette glozélienne un trou supérieur à sa grosseur puis, une fois l’obstacle franchi, elle aurait rebouché son passage! avec de" la
- terre empruntée à la substance même de sa souterraine géole? On ne saurait admettre un tel processus. Loin d’authentifier le séjour de la tablette dans le sol, la présence du rhizome indique uniquement qu’un rusé compère avait placé là cette racine non sans avoir eu soin de lui creuser une niche, qu’il avait sans doute faite trop grande, puis mastiquée ensuite aux alentours afin de simuler un phénomène de végétation naturelle!
- Examinons pour terminer deux matériaux saisis dans « l’officine préhistorique » désormais célèbre : le bloc argileux présentant l’aspect d’une matière plastique sèche et la fameuse casserole avec- sa boue desséchée.
- Sur le premier objet, on releva, dès son arrivée au Laboratoire du Service de l’Identité Judiciaire, l’empreinte d’un linge sur une de ses faces. Si au point de vue du coloris extérieur, celte terre diffère légèrement de la grande tablette, elle prend la même teinte que celle-ci quand on la chauffe à 100°-120°, elle offre une parfaite similitude de composition chimique et de structure minéralogique, tout comme le « gâteau » terreux retiré du fond de la casserole des Fradin est identique à l’enduit superficiel de la grande et de la moyenne tablette.
- L’action judiciaire actuellement engagée éclairera surtout le côté psychologique de cette bizarre affaire. Les débats mettront sans doute en pleine lumière les mystérieux agissements de leurs rustiques promoteurs que le microscope condamne dès aujourd’hui.
- La renommée de certains savants qui vantèrent, à la légère, ces extraordinaires trouvailles en souffrira peut-être.
- Mais, en définitive, les constatations et expériences strictement scientifiques relatées ci-dessus permettent de conclure, en dehors de toute considération d’ordre préhistorique ou archéologique, que les tablettes de Glozel sont de fabrication contemporaine.
- Jacques Boyer.
- Fig. 8. — Vers l’épilogue.
- La caisse des objets saisis et envoyés à l’eipertise.
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- L'INITIATION AQUATIQUE1’1
- L'eau est une bonne amie, mais une mortelle ennemie. Faites-en votre servante et laissez-la travailler pour vous.
- (Précepte américain.)
- Pour les simples débutants comme pour ceux qui nagent sans principes, qui « nageotent » — comme on chantonne sans avoir jamais appris à chanter — nous allons commencer par faire nos premier pas dans l’eau ; je dis bien, nos premiers pas, car il est préférable de sentir le sol sous soi et de ne pas perdre pied tout de suite.
- Les nageurs moyens, qui ont appris seuls, auront intérêt à recommencer leur apprentissage avecrious; ils y trouveront matière à réflexion et à profit.
- Qu’ils ne s’étonnent point, même si leurs progrès sont moins rapides que ceux des novices, car ils auront, tout d’abord, à corriger leurs réflexes fautifs ; or, il est plus facile d’éduquer les groupes musculaires que de les rééduquer.
- Nous allons donc procéder avec une sage méthode dans cette voie que les Américains ont si justement appelée « l’Ecole de la Confiance », car il faut s’y engager progressivement et sans appréhension.
- Voici les principales étapes de cette période de préparation, que l’on peut dénommer le noviciat aquatique :
- 1° Flotter sur la poitrine, la figure immergée ;
- 2° Flotter sur le dos;
- 3° Respirer, en aspirant l’air par la bouche, et en l’expirant sous l’eau par les narines ;
- 4° Se mouvoir, étant dans les deux premières positions, à l’aide des battements de jambes.
- En somme, trois choses principales à acquérir, pour bien nager :
- La flottabilité, obtenue par l’équilibre du corps dans l’eau;
- La respiration à fleur d’eau ;
- La propulsion, en conservant le plus possible la position horizontale.
- EXERCICES PRÉLIMINAIRES
- Il s’agit tout d’abord de prendre contact avec l’eau, de nous familiariser avec elle : nous allons ainsi nous
- 1. Extrait du livre de M. G. de Villepion. Nageons. (Bernard Grasset, éditeur). Voir aussi La Nature, n° 2761, 15 mai 1927.
- rendre compte qu’il est plus difficile de s'enfoncer sous Veau que de flotter à la surface : ici, intervient le fameux principe d’Achimède, que nous allons expérimenter de façon pratique.
- Avançons dans l’eau jusqu’à mi-corps, tournons-nous vers le rivage (je suppose que nous sommes au bord de la mer) et jetons devant nous une soucoupe : lorsque celle-ci est au fond, essayons de la saisir; si nous ne savons ni plonger, ni nager, nous resterons à la surface et ne pourrons pénétrer sous l’eau malgré tous nos
- efforts.
- Quelle démonstration plus convaincante de la flottabilité du corps humain, particulièrement dans l’eau de mer !
- Ayant acquis cette notion précieuse que l’eau est une sorte de matelas liquide qui nous supporte, approchons-nous du rivage et étendons-nous, les mains dans le sable, bien à plat sur l’eau, puis, comptant jusqu’à trois, élevons, d’un seul coup, les deux bras vers la surface, hardiment, sans hésitation aucune, et laissons la figure reposer sur l’eau.
- Bravo ! le premier pas, le plus difficile, est fait : nous flottons.
- Ici intervient un facteur physiologique, qui doit jouer un grand rôle dans notre éducation nautique : c’est ce qu’on appelle en anglais relaxation, mot qui n’a pas son équivalent exact en français; c’est le relâchement des muscles après l’effort, tout à la fois amollissement et inertie. De ce relâchement musculaire, effectué de façon opportune, dépend, en grande partie, l’aisance du nageur. — Pourquoi le nageur inexpérimenté donne-t-il, après quelques brasses, une impression de fatigue ? Parce qu’il contracte ses muscles et retient sa respiration, deux fautes capitales. Dans l’eau, il faut absolument oublier qu’on a des muscles ; le grand principe est de nager en souplesse, jamais en force.
- Pendant l’exercice de flottaison, abandonnez-vous donc à l’eau, comme si vous vouliez y mouler votre corps; immédiatement, votre équilibre s’établira automatiquement et, dès votre seconde tentative* vous vous sentirez plus à l’aise. Il est bon d’avoir auprès de soi un ami qui vous donne le signal de la flottaison, vous fait compter ses doigts sous l’eau (il faut absolument s'habituer à ouvrir les yeux tout grands dès le début) et qui, par ses exhortations, augmente votre confiance.
- Fig. 1. — Pour donner aux enfants le goût de Veau : les jeux aquatiques
- sur la plage.
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- Nous allons, maintenant, noos essayer à flotter sur le dos toujours dans la direction du rivage : accroupissez-vous d’abord, puis laissez-vous aller en arrière, les bras le long du corps, la figure regardant le ciel et la tête immergée jusqu’aux oreilles ; vous devez flotter. Si, cependant, vos jambes avaient tendance à s’enfoncer, pliez-les légèrement aux genoux et ramenez vos bras derrière la tête, où ils flotteront comme deux tentacules. Pour vous remettre droit, exercice simple, mais qui embarrasse beaucoup de débutants, ramenez votre menton sur la poitrine, repliez vos jambes sous le corps, prenant, en même temps, un appui énergique sur l’eau
- LA. RESPIRATION AQUATIQUE
- Nous abordons maintenant la partie la plus difficile et, aussi, la plus importante de notre' apprentissage. Donnons-lui toute notre attention : c’est la base de la natation moderne.
- Ici je dois placer une explication préalable. Elle surprendra bien des profanes et peut-être, même, pas mal de nageurs de l’ancienne école, qui n’auraient jamais supposé qu’il puisse y avoir deux façons de respirer. Eh bien; l’on ne doit point respirer dans l’eau comme on respire à terre, pour cette simple raison que le nageur
- Fig. 2. — Les joies de la natation : une partie de « pusk-ball ».
- avec les deux mains ; vous vous retrouverez dans la station verticale. Dans l’eau douce, on éprouve naturellement plus de difficulté à flotter, et certains 'sujets ne peuvent y parvenir. D’autre part, certaines eaux, telles celles de la mer Morte et du Grand Lac Salé, ont une telle densité que les baigneurs y flottent comme des bouchons, et je crois que, même en le faisant exprès, on ne pourrait arriver à s’y noyer (J).
- 1. Dans la mer des Sargasses (Antilles) les plantes marines couvrent l’eau sur d’immenses étendues, et on ne pourrait y nager que sur le dos, en « godillant » des mains : on a l’impression de glisser sur une prairie inondée.
- d’aujourd’hui, se mouvant, la figure immergée la plus grande partie du temps, sa respiration doit être prise très rapidement, en une seconde, ou même une fraction de seconde, lorsque la figure apparaît à l’air ; or, l’air est aspiré plus amplement et plus rapidement par la bouche que par le nez. De plus, dans la respiration nasale, il pourrait arriver que l’eau pénètre, en même temps que l’air, dans les étroits passages de cet organe, tapissés de membranes délicates, où elle pourrait provoquer des troubles fort désagréables et parfois même dangereux. C'est pour cette raison que Vaspiration par la bouche est adoptée désormais pour toutes les nages, y compris la brasse.
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- Fig. 3.
- Une course d’obstacles au Dolphin’s Club de Saint-Jean-de-Luz.
- PRINCIPE ESSENTIEL
- L'aspiration doit être rapide, l’expiration lente et régulière, dans la relation l’une à l’autre de 1/2 à 3. L’aspiration se fait comme si l’on voulait « happer » l’air avec la bouche largement ouverte, ou encore, pour employer l’expression très expressive de la fameuse nageuse Annette Kellermann, comme si l’on voulait « mordre un morceau d’air ». Cette provision d’air est ensuite expulsée, lorsque la figure est immergée, par les narines qui semblent distiller cet air en petits globules montant à la surface.
- Ceci bien compris, allongeons-nous à nouveau sur l’eau, face au rivage, les mains dans le sable : admettons, dès le début, que nous prendrons notre respiration vers la droite — le choix du côté sur lequel on doit se tourner pour respirer n’a pas grande importance ; on choisit celui sur lequel on se trouve
- le plus à l’aise ; il est futile de croire que la position sur le côté gauche peut gêner le fonctionnement du cœur (n’oublions pas que nous reposons sur un matelas élastique) .
- Pour prendre la première aspiration, ma méthode est quelque peu différente de la méthode usuelle : je vais vous demander d’abord d’expirer à fond sous l’eau, puis de tourner la figure vers l’air; l’aspiration se fait alors automatiquement et correctement, alors que, si l’on essaie
- d’aspirer en premier lieu, le résultat n’est généralement pas aussi satisfaisant.
- Dans ce cycle respirai toire, partie dans l’air, partie sous l’eau, il ne doit y avoir aucune interruption, si brève soit-elle, entre Vaspiration et l'expiration-, celle-ci doit se continuer jusqu’à ce que la bouche, dans le mouvement de rotation de la tête, soit bien exposée à l’air, et se terminer, juste avant l’inspiration, par un souffle plus accentué qui
- Fig. 4. — Un beau plongeon : le saut de l’ange,
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- chasse la dernière particule d’air vicié. Veiller aussi à ce que la tête tournant à l’extrémité de la colonne vertébrale, comme sur un pivot, repose continuellement sur l’eau; à aucun moment, on ne doit lui permettre de quitter le coussin liquide sur lequel elle est appuyée.
- Il est donc essentiel à!apprendre à expirer pour bien respirer, qu’il s’agisse de la respiration terrestre ou aquatique : les poumons doivent se débarrasser complètement de l’air vicié avant d’absorber- l’air frais, sinon l’oxygène ne pourra exercer sur le sang son action purificatrice ; la plupart des nageurs, respirant hâtivement et incomplètement, sont essoufflés au bout de peu de temps; l’aération de leurs poumons étant défectueuse, ils subissent un commencement d’asphyxie. Ainsi s’explique l’importance capitale d’une bonne respiration, celle-ci étant la condition sine qua non d’une nage correcte.
- Quelque difficulté que vous ayez à expirer sous Veau dans les débuts, soyez persévérant; accomplissez consciencieusement, à chaque séance d’entrainement, une cinquantaine d’inspirations èt d’expirations. Au bout de trois à quatre semaines, celte respiration nouvelle sera devenue naturelle^
- LA PROPULSION
- Nous passons maintenant au mouvement le plus simple pour déplacer le corps à la surface de l’eau : l’utilisation du battement de pieds.
- Vous éloignant du rivage de quelques mètres, penchez-vous en avant, la tête inclinée sur l’eau, les bras allongés à la surface ; chassez-vous dans la direction du rivage par une vigoureuse détente des pieds — (si vous êtes dans une piscine, il est encore plus facile de vous lancer en appliquant vos pieds contre le mur) —; vous vous sentez alors glisser à la surface de l’eau, dans une parfaite position horizontale, et bientôt vous vous retrouvez, si l’impulsion a été assez énergique, allongé sur le sable du rivage.
- Au deuxième essai, accompagnez le lancement du corps d’un léger battement alternatif des pieds à la surface de l’eau, et maintenez votre équilibre avec les deux bras écartés; vous constaterez avec satisfaction que,'votre avance est sensiblement plus rapide et plus aisée, à condition toutefois, que les pieds se mettent en action, aussitôt l’impulsion donnée, et que les jambes restent bien allongées, mais sans raideur. . /
- Ce premier résultat ne peut manquer de vous encou-
- rager, car vous vous rendez compte, déjà, de l’importance du battement des pieds dans la nage moderne.
- Ce sera, maintenant, un jeu pour vous de progresser sur le dos de la même façon, en gardant les mains aux hanches; les jambes restent très souples et les pieds exécutent une sorte de mouvement de rétropédalage, à fleur d’eau.
- QUELQUES EXERCICES AMUSANTS
- Pour terminer votre apprentissage, vous allez maintenant essayer quelques exercices faciles 'qui augmenteront votre confiance et votre aisance dans l’eau.
- Aller chercher une soucoupe au fond de l’eau. — Cet exercice, même en eau peu profonde, est beaucoup plus difficile qu’il ne semble : vous plaçant à 2 ou 3 m de la soucoupe, vous plongez en donnant un coup de reins ; gardez les mains dirigées vers le fond, jusqu’à ce que vous saisissiez l’objet, sinon vous remonterez immédiatement à la surface.
- De la même façon, vous pourrez passer entre les jambes d’une personne placée devant vous.
- La tortue. — Bon exercice de respiration et de flottaison qui vous démontrera que le corps humain a, à peu près, la même densité que l’eau : accroupissez-vous dans l’eau, entourez vos jambes avec vos bras au-dessous des genoux et, baissant la tête, laissez-vous flotter sur l’eau, le dos seul émergeant.
- La vrille. — Flottant sur la figure, les bras allongés, les mains unies, retournez-vous sur le dos par une brusque torsion des reins, sans vous aider des jambes ; après un temps d’arrêt, revenez sur la poitrine, puis à nouveau sur le dos, et ainsi de suite, une dizaine de fois, prenant soin de garder le corps bien horizontal, les jambes jointes et les bras dans le prolongement du corps; je recommande particulièrement cet exercice aux femmes qui tiennent à se conserver une taille souple et svelte.
- S’asseoir au fond de l’eau. — Cette épreuve est la plus difficile de toutes ; il s’agit de vider ses poumons de tout l’air qui s’y trouve, puis, élevant les deux jambes vers la surface, se laisser tomber, assis, vers le fond; si l’expiration a été complète, on pourra rester quelques secondes dans cette position et même se renverser sus le dos.
- Nomb'reux sont les nageurs réputés qui ne pourraient exécuter cet exercice. G. de Villepion.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ALLUMAGE DU FEU DE CAMPING A L'HUMIDITÉ
- Lorsque pour une raison ou une autre on doit allumer du feu dehors, on peut se trouver très ennuyé lorsque le sol. est détrempé par la pluie depuis un certain temps.
- L’écorce de bouleau est une bonne matière de départ pour le feu, mais on n’en a pas toujours a sa portée. Les feuilles sèches de l’automne précédent ou de petits copeaux de bois se trouvent souvent entre les racines d’un vieil arbre. Le bois intérieur d’un arbre mort fournira aussi une matière première sèche pour allumer le feu. Des pieds de vignes secs, dont on a ôté l’écorce sont aussi un excellent matériel pour faire prendre le feu.
- Les allumettes sont maintenues en bon état de sécheresse dans
- des bouteilles bouchées ou dans des récipients vides. Les têtes des allumettes peuvent être maintenues sèches sans qu’on ait besoin de les mettre dans des récipients, en les enduisant de paraffine, qui constitue un recouvrement étanche.
- Le celluloïd s’enflamme très facilement et il n’y a rien qui l’égale pour faire prendre le^ feu. Des vieux films ou des morceaux de cette matière peuvent être coupés en carré par exemple, de manière à pouvoir être rangés dans une boite qu’on transporte avec le reste de l’équipement. Une poignée de débris de cette sorte, trouvée à propos dans la poche, fournit un combustible merveilleux, qu’il fasse sec ou humide. En effet, le celluloïd brûle assez longuement pour permettre à un feu quelconque de prendre, même par un temps humide.
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- PRESTIDIGITATION
- TRUCS DES TIREURS
- Pour se présenter comme tireur dans un cirque, dans un music-hall, il faut naturellement être bon tireur et avoir une grande habitude des armes, mais il faut aussi truquer un peu « son numéro » ; car le public est exigeant et demande la réussite des choses les plus difficiles.
- Une des préoccupations du tireur est d’avoir la vision nette de son guidon au milieu des éclairages lui venant de tous côtés. Bien qu’ayant soin de tenir son guidon bien noir mat, comme il obtient difficilement cette netteté de vision, il emploie des trucs pour faciliter son travail. Nous allons voir quelque-uns de ces trucs.
- Actuellement les tireurs se servent principalement de carabines à répétition. Ces armes ne sont pas truquées, mais doivent être d’excellente qualité et capables de donner le meilleur rendement. Souvent les cartouches sont truquées et échangées contre d’autres non visitées par les spectateurs. Ainsi une cartouche à balle qui sert à tirer contre une cible sera échangée contre une cartouche de cendrée pour abattre un objet jeté en l’air, ou contre une cartouche à blanc pour tirer sur un but à déclenchement automatique.
- Autrefois le déclenchement était obtenu soit par l’aide qui tenait à la main un objet à toucher, soit par un aide caché dans la coulisse. En entendant le coup de feu, l’aide faisait agir le contact mécanique ou électrique qui touchait l’objet. La moindre inattention produisait une différence de temps appréciable pour les spectateurs. A présent, si l’on emploie un truc automatique, le déclenchement est produit par l'arme du tireur elle-même., Supposons qu'il s’agisse de briser une ampoule électrique sur la tête d’une femme assise au fond de la scène. Un petit marteau retenu par un ressort est couché sur une planchette supportant l’ampoule. Un fil électrique part du ressort, passe par les vêtements de la dame, continue sous la scène et aboutit à l’avant-scène dans le chevalet qui supporte l’arme du tireur. Là, le contact est rompu et il n’est donné (fig. 1) qu’aumoment où la détente de l’arme tirée en arrière pour faire partir le coup vient toucher le point B.
- Au lieu de passer dans le chevalet, le fil peut aussi passer dans le vêtement du tireur et aboutir à l’index de sa main droite. Il pose le talon sur un plot repéré et lorsqu’il appuie sur la détente le circuit complet est établi.
- Ce moyen électrique serait parfait si on ne risquait pas de voir au contact le but touché, alors que le coup de feu n’est pas parti, car il arrive quelquefois des ratés avec les armes et les cartouches les mieux conditionnées. L’effet produit sur les spectateurs est alors déplorable. Nous parlerons plus loin de moyens mécaniques plus certains.
- Généralement sur une scène, le tireur se propose de briser des coquilles d’œufs ou des boules blanches de différentes matières, cire, plâtre ou résine peinte, qui se brisent facile-
- Fig. 2.
- Détente
- ment. Les boules les plus fragiles et les plus employées sont faites au moyen de petits ballons de caoutchouc, terminés par un petit tube de bois, avec lesquels les enfants font de la musique, si on peut appeler ça delà musique.
- Ces ballons sont gonflés au moyen d’une pompe à bicyclette, puis trempés dans un bain léger d’eau gélatinée et de blanc d’Espagne. Ces ballons se crèvent facilement, mais encore faut-il qu’ils soient touchés; pour y arriver à coup sur, on se sert d’une cible spéciale formée d'un carré de tôle de 0 m. 50 de côté encadré de quatre fortes baguettes de chêne (fig. 2). Sur ce carré de tôle on a rivé soit une pince A pour fixer le petit tube de bois qui termine les ballons, soit un crochet B pour les soutenir s’ils sont simplement serrés avec un fil. Sur la cible ainsi formée, on fixe un carton percé d’une ouverture de 0 m. 15 de diamètre et on a la cible figure 3 entièrement peinte en noir. Si l’on accroche un petit ballon blanc dans l’ouverture, il suffira de toucher l’ouverture en un point quelconque pour qu’un éclat quelconque du plomb qui s’écrase sur la tôle vienne frapper le fragile ballon. Or il ne faut pas être d’une force extraordinaire pour atteindre à quelques mètres de distance une cible de 0 m. 15 de diamètre. .Souvent le tireur muni d’une carabine à répétition tire successivement et avec grande rapidité sur quatre ou cinq ballons placés sur une même cible. Dans ce cas, la cible, de même construction que celle pour tir unique, est beaucoup plus grande et elle est divisée en autant de cases qu’elle doit supporter de ballons, ceci afin qu’aucun éclat d’un coup de feu ne vienne crever un second ballon.
- Le carton qui recouvre la cible a pour but d’empêcher les éclats de jaillir en avant et de blesser le servant, homme ou femme qui souvent tient un objet à la main devant la cible, comme nous le verrons dans un prochain article.
- (A suivre.)
- Alber.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- UN CRIC AUTOMATIQUE POUR AUTOMOBILES
- On utilise déjà quelquefois des crics à pression d’air ou d’huile permettant de soulever une automobile avec le minimum d’efforts, mais leur placement sous la voilure en un point convenablement choisi et leur démontage après usage nécessitent une manœuvre souvent encore ennuyeuse pour l’automobiliste amateur. “
- Aussi les touristes prudents, soucieux d’éviter toute peine inutile, apprécieront-ils sans doute des modèles de crics automatiques placés d’une manière fixe sous la voiture, et qui permettent de soulever à volonté soit une des roues seulement, soit toutes les quatre à la fois sans descendre du siège.
- Le cric fonctionne par la dépression du moteur, qui permet le déplacement d’un piston relié à une tige de levage ;
- Fig. 1. — Quatre crics automatiques à dépression fixés aux essieux de la voiture permettent de soulever chaque roue ou toutes les roues à la fois sans descendre du siège.
- la commande s’effectue par simple pression d’un bouton sur le tablier (fig. 1).
- Le poids de l’appareil est minime et il est invisible extérieurement, une fois posé; un système de verrouillage spécial offre une sécurité complète lorsque les liges de levage sont au repos.
- N'EMBALLEZ PAS VOTRE MOTEUR !
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- Nous avons déjà signalé les inconvénients graves qui pouvaient résulter de la très mauvaise habitude consistant à « emballer » à froid le moteur d’une automobile.
- Il est très difficile de graisser convenablement les pistons d’une voiture moderne, qui sont en alliage d’aluminium et non plus en fonte. Dans le cas général, le moteur est graissé sous pression, mais ce graissage sous pression est réduit aux têtes de bielle et le graissage du piston proprement dit se fait seulement par projection. Il est, d’autre part, évident qu’un manque de graissage causera une usure rapide du piston, quelle que soit la qualité du métal employé.
- C’est dans ces conditions que M. Henri Petit a pu signaler récemment à une séance de la « Société des Ingénieurs de l’Automobile » l’usure très rapide des pistons provenant de l’emballement trop fréquent des moteurs à froid.
- Même avec de l’huile assez fluide, il faut, en effet, que la température de l’huile du carter soit assez élevée pour que
- le graissage des pistons soit normal ; cette température minima doit être très supérieure à 20°.
- En hiver, il faut quelquefois une assez longue durée de rotation du moteur pour que l’huile du carter soit à cette température minima.
- Le mauvais graissage des pistons nuit également à leur étanchéité ; dans les cylindres il diminue la compression, et, par là même, le rendement du moteur.
- On augmente encore ces inconvénients dus à la température trop basse de l’huile en injectant de l’essence dans les cylindres au départ, ou en fermant le volet de prise d’air du carburateur pendant trop longtemps.
- Le moteur absorbe alors une grande quantité d’essence qui vient laver les cylindres et les pistons et entraîne toute l’huile qui couvrait ces organes; de plus, cette essence dilue l’huile de graissage et diminue ses qualités lubrifiantes, donc rend inefficace le graissage des pistons.
- Les remèdes que l’on peut suggérer pour diminuer ces inconvénients assez ennuyeux et améliorer le graissage des pistons sont les suivants :
- 1° Ne jamais emballer le moteur à froid;
- 2° Ne pas injecter d’essence dans les cylindres et ne pas fermer trop longtemps le volet de prise d’air du carburateur.
- 3° Ménager une prise d’air gras dans le carter du moteur, ce qui supprime en même temps les mauvaises odeurs à l’intérieur de la voiture. Mais il est évident que ce procédé n: 'agit que lorsque l’huile est assez chaude.
- 4° Enfin on peut mélanger de l’huile avec l’essence dans la proportion de 2 à 3 pour 100. On emploie de l’huile très fluide qui se dépose sur les parois de la culasse, sur le fond du piston et les parois du cylindre.
- Le risque d'encrassement des bougies n’est pas grand et l’on peut surtout recommander ce procédé simple dont l’efficacité certaine augmentera de beaucoup la durée des pistons.
- VOLETS DE RADIATEUR ET CALORSTATS
- Ainsi que nous venons de l’indiquer encore une fois, le graissage d’un moteur d’automobile s’effectue très mal tant que l’huile du carter n’a pas atteint une température suffisante, et le rendement reste, en général, très mauvais tant que la température de l’eau entourant les cylindres n’atteint pas au moins 60°.
- Les 'moteurs modernes étant des moteurs plus ou moins « poussés », les constructeurs ont pris de grandes précautions pour éviter un échauffement exagéré de l’eau de circulation ; ils ont adopté des radiateurs de grande surface et à grand volume d’eau, refroidis par des ventilateurs puissants, des pompes de circulation efficaces ou des thermo-siphons avec tubulures de très gros diamètres.
- Ces précautions sont évidemment indispensables pour des moteurs de régime relativement élevé, mais il paraît également non moins utile de prévoir un réglage de cette intensité de refroidissement dans les nombreux cas où la température trop basse de l’eau de circulation ou de l’huile du carter peut entraîner les inconvénients cités plus haut.
- La présence d’un appareil régulateur de température minima est même plus utile encore sur un moteur à régime élevé que sur un moteur lent.
- On a prévu, en effet, comme nous venons de l’indiquer, pour un moteur de ce genre, un radiateur de grande capacité avec circulation d’eau très efficace; il faut donc beaucoup de temps pour arriver à. échauffer l’eau à une température qui permette d’obtenir une bonne carburation et un graissage satisfaisant.
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- Les constructeurs américains ont remarqué depuis longtemps cette nécessité, et il y a quelques années déjà que de nombreux appareils construits dans ce but étaient employés par eux.
- En France, on se contentait pendant ce temps d’utiliser pendant l’hiver des housses de radiateurs peu esthétiques et difficiles à régler, et c’est seulement depuis quelques mois que l’on a commencé à adopter des appareils plus perfectionnés établis suivant les principes américains, mais construits en France, et d’après des procédés de fabrication exclusivement français.
- On peut, tout d’abord, employer un système de volets métalliques disposés devant le radiateur et permettant de régler la quantité d’air qui passe à travers les tubes ou les ailettes de ce dernier.
- Ces volets sont verticaux ou horizontaux, mobiles autour d’un axe, et sont tous réunis à une seule tringle dont les déplacements commandent leur rotation (iig. 2).
- L’inclinaison des volets peut être commandée par une manette placée sur le tablier de contrôle de la voiture, à portée de la main du conducteur, et qui agit sur la tringle de rotation commune au moyen d’un câble « bowden ».
- Le conducteur peut ainsi contrôler à chaque instant la masse d’air qui passe à travers le radiateur, suivant la température constatée sur le thermomètre de radiateur.
- Mais il est aussi possible de prévoir un dispositif commandant automatiquement l’ouverture ou la fermeture des volets, en fonction de la température de l’eau de circulation.
- La partie essentielle de ce dispositif est constituée par un soufflet formé d’un tube métallique plissé fermé à ses deux extrémités (fig. 3).
- L’une de ces extrémités est fixe, l’autre est mobile et reliée à un levier commandant la rotation des volets.
- Un liquide^ spécial très volatil est disposé entre la paroi extérieure du soufflet, évidemment très mince, et une sorte de boite dans laquelle est fixé le tube plissé. Tout l’ensemble est entré à frottement doux dans une cavité étanche ménagée dans la paroi du radiateur, de telle sorte que le contact entre l’eau du radiateur et le liquide est aussi étroit que possible, bien qu’il y ait entre eux deux surfaces métalliques interposées.
- Cette disposition permet, d’autre part, notons-le, le montage et de démontage très simples de l’appareil.
- Lorsque la température de l’eau s’élève, le liquide contenu dans le dispositif se dilate et chasse l’extrémité libre du soufflet; celle-ci actionne alors le levier relié à la commande des volets.
- Les deux dispositifs que nous venons de décrire permettent de régler la vitesse de refroidissement du radiateur en contrôlant la masse d’air qui passe à travers les ailettes, mais on peut aussi, et ce système pourrait être conjugué avec le premier procédé, contrôler directement la vitesse de circulation de l’eau traversant les canalisations, en plaçant une soupape sur la canalisation d’arrivée au radiateur comme le montre la figure 4 ; cette soupape est à fonctionnement automatique, et il serait d’ailleurs difficile de réaliser un appareil de ce genre parfaitement étanche, fonctionnant à l’aide d’une commande extérieure.
- La partie essentielle de cet appareil est également un soufflet constitué par un tube métallique plissé 'très mince
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- Vers /a tring/e c/e
- commande des vo/ets Conirô/ant /a i/enti/ation
- Fig. 2. — Calorstat réglant automatiquement l'inclinaison des volets du radiateur.
- fermé à ses deux extrémités et contenant une certaine quantité d’un liquide spécial très volatil.
- Une des extrémités du soufflet est fixe, et l’autre mobile, porte une soupape qui s’ouvre lorsque la température de l’eau fait détendre le soufflet sous l’effet de la pression du gaz émis par le liquide.
- La base fixe du soufflet est simplement montée à l’extrémité d’une fourche dont les deux bras sont reliés au siège de la soupape (fig. 5).
- Le dispositif est placé dans la tubulure supérieure et son fonctionnement est très simple. Lorsque la température de l’eau est très basse la soupape reste fermée, mais la circulation n’est pas complètement arrêtée; un orifice de diamètre bien déterminé ménagé dans la soupape livre passage à une certaine quantité d’eau.
- Les dimensions de cet orifice sont telles que la pression ne peut jamais atteindre une valeur suffisante pour entraîner une perturbation quelconque dans le fonctionnement de la pompe à eau ou pour détériorer les joints de canalisation.
- A mesure que la température s’élève, la soupape se soulève de son siège, et, pour une température qui monte de 70 à 80°, elle est complètement ouverte.
- Dans l’intérieur même du soufflet, on a ménagé un dispositif guidant la soupape, de façon à avoir un ensemble complètement étanche.
- Le soufflet a été particulièrement étudié pour éviter tous risques de « panne » par crevaison, et, d’ailleurs, en cas d’une détérioration quelconque, la soupape s’ouvre automatiquement.
- Pour obtenir ce résultat, on a choisi des soufflets métal-
- Soupape
- Fig, 4. — Soupape automatique réglant la vitesse de circulation de Veau dan* le radiateur.
- Fig. 3. — Réglage de la ventilation d’un radiateur au moyen de volets mécaniques à inclinaison variable, commandés mécaniquement.
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- liques qui, par leur élasticité même seraient d’une longueur telle que la soupape soit largement ouverte en position normale.
- Ils sont remplis de liquide sous une pompe à vide, ce qui équivaut, lorsqu’ils sont étanches, à une pression extérieure et par suite à une compression qui maintient la soupape fermée à la température ordinaire. S’il y a crevaison, la soupape s’ouvre d’elle-même.
- L’ensemble de l’appareil, soufflet, soupape avec son siège, peut être livré dans un tube métallique terminé à ses deux extrémités par deux raccords destinés à être reliés d’une part à la chemise des cylindres, d’autre part au radiateur; l’appareil peut ainsi être monté très rapidement (fig. 6).
- L’efficacité d’un tel système n’est pas douteuse et elle permet une élévation rapide de la température de l’eau entourant les 'cylindres, comme le montre, à titre d’exemple, le tableau ci-dessous indiquant des résultats d’expériences effectuées sur une voiture de tourisme ordinaire par une température extérieure de 1 degré au-dessous de zéro et avec un calorstat réglé pour s’ouvrir entre 70 et 80°.
- Température de l’eau juste
- Minutes de Température avant son pas-
- marche du mo- de l’eau dans sage dans 1<
- teur. le radiateur. calorstat.
- 0 10 10.
- 1 1°
- 2 1° 35°
- 3 1° 3io
- 4 5° 39'*
- 5 9° 540
- 6 9» 58o
- 7 9° 60°
- 8 9° 600
- 9 9° 63°
- 10 9° 64o
- 11 9° 65°
- 12 9° 65°
- 13 9° 66°
- 14 9° 66«
- 15 9° 660
- 16 9° G5o
- 17 9* 660
- 18 9° 670
- 19 9° 66°
- 20 9° 66°
- Fig. 5. — La soupape automatique calorstat.
- Soufflet métallique portant la soupape automatique (à gauche . soupape fermée; à droite : soupape ouverte sous l’action du soufflet dilaté par la chaleur.)
- Les formes sous lesquelles sont réalisés ces dispositifs sont évidemment très variables suivant la disposition des canalisations de circulation d’eau. Pour certaines voitures comportant la circulation d'eau par thermosiphon avec canalisations de très grands diamètres, il sera bon par exemple de prévoir l’emploi, non pas d’une soupape commandée directement par le soufflet, mais d’une sorte de papillon mobile autour d’un axe et commandé indirectement par la dilatation du soufflet.
- LA PEINTURE CELLULOSIQUE ET SON ENTRETIEN
- La nouvelle peinture cellulosique qui a remplacé presque complètement l’ancienne peinture à l’huile avec vernis à la gomme-laque permet de réaliser des enduits beaucoup plus souples et plus résistants, moins sujets aux rayures et aux détériorations de toutes sortes.
- Il ne faudrait pas croire pourtant que cette peinture n’exige aucun entretien et qu’on puisse se contenter de la frotter de temps en temps avec un chiffon comme s’il s’agissait d’une surface métallique.
- La peinture à la cellulose forme évidemment une couche protectrice souple très mince de celluloïd à la surface des tôles qui constituent les carrosseries modernes; mais il ne faudrait pas exagérer l’invulnérabilité de cet enduit.
- Quand une voiture est couverte d’une couche de poussière épaisse ou de boue, il faut, non pas l’essuyer avec un chiffon sec, mais la laver; ce lavage peut être effectué avec moins de précautions que pour une ancienne peinture à l’huile et on peut sécher très rapidement avec une peau de chamois bien propre.
- Il n’est pas indispensable, mais il est bon également de passer de temps en temps sur la peinture préalablement nettoyée une couche d’un enduit à base de cire que l’on trouve maintenant dans le commerce sous des formes très diverses.
- On lustre avec un tampon d’ouate et l’on obtient une surface brillante d’un très bel effet esthétique, sur laquelle glissent la poussière et l’eau, et qui permet de diminuer la fréquence des lavages, tout en assurant la conservation de la peinture.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Crics automatiques à dépression, St-Didier accessoires, 39, rue St-Didier, Paris (XVIe).
- Appareils « calorstat », Établissements B. Frank, 156, rue Oberkampf, Paris (11e).
- Fig. 6. — La soupape automatique calorstat.
- Soupape montée dans son enveloppe étanche et prête à être montée sur la tubulure supérieure d’arrivée d’eau au radiateur.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Mai 1929
- MÉTÉOROLOGIE
- L’électrisation des vents chargés de neige
- (M. A. Vincent). — C’est à Shannavon (Canada) que des phénomènes électriques, d’une forte intensité, ont été observés par l’auteur de la note que transmet M. le général Ferrie.
- Un vent violent, par ciel pur, a soulevé la neige d’une finesse extrême qui recouvrait le sol, en soumettant ainsi à une sorte de bombardement une petite antenne en fil de cuivre torsadé tendue à une hauteur^de 4 à 5 mètres. Cette antenne a été ainsi électrisée si fortement que des étincelles, longues parfois d’un demi-centimètre, ont pu s’obtenir entre le fil et le plot de terre, quand on approchait ce dernier. En mettant le poste en fonctionnement, on entendait un crépitement dont les variations paraissaient reproduire le rythme du vent et par suite celui du bombardement neigeux. Comme la neige était primitivement sur le sol, l’électrisation constatée est due au frottement contre le fil métallique et l’observation de M. Vincent est à rapprocher de celles qui ont été rapportées récemment par M. H. Pollet sur l’électricité atmosphérique au cours des vents de poussière du nord de la Chine.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Chute d’un gaz lourd dans un gaz léger. Stabilité de l’ozone dans la haute atmosphère (M. Y.
- Rocard). — Depuis les expériences de MM. Cabannes et Dufay, on a pris la coutume de considérer la couche d’ozone atmosphérique comme absolument stable. Or, pour établir le mécanisme moléculaire, expliquant cette immobilité apparente de l’ozone, le seul usage de la formule de Laplace appliquée à un constituant permanent de l’atmosphère a pour conclusion le rassemblement de l’ozone à la surface du sol. M. Rocard estime que l’ozone, condensé dans les couches élevées de l’atmosphère, se diffuse, la densité variant exponentiellement avec la hauteur, et variant de façon si rapide que presque toute la masse tend à se rassembler au bas. Il y a en somme à considérer l’action d’une chute globale superposée à une diffusion suivant les lois classiques, ce qui revient à étudier la chute des molécules lourdes de l’ozone dans un gaz léger (air, azote, hélium ou hydrogène).
- Des calculs effectués par M. Rocard, on voit que, pour une atmosphère composée uniquement d’azote, la vitesse de chute de l’pzone serait de 22 m par jouç; elle se réduirait à 17 m. dans le cas de l’hydrogène. Ainsi l’ozone atmosphérique est pratiquement stable, et l’on doit chercher l’origine de ses variations, en épaisseur et hauteur, soit dans les causes qui le font naître ou disparaître, soit dans les mouvements généraux de notre atmosphère.
- PIÉZOÉLECTRICITÉ
- Un nouvel emploi des quartz piézo électriques
- (M. S. Siadei).— La conservation rigoureuse de ses périodes d’oscillation permet au quartz piézo-électrique une application à la chronométrie et, dans le dispositif que préconise l’auteur, une légère variation de la température ne peut amener, au bout de 24 heures, qu’une erreur de 0,05, 0,43 ou 1,728 seconde, suivant qu’on prend les chiffres donnés par Meissner, Powers ou Cady.
- Le dispositif soumis à l’Académie comprend deux oscillateurs à quartz piézoélectriques, absolument indépendants et placés à une telle distance qu’on supprime toute synchronisation. Pour obtenir des lamelles de dimensions analogues,
- on les coupe dans une même plaque, on les colle ensemble et on en dresse les bords. Après décollement, on donne à l’une un léger coup de polissage pour diminuer son épaisseur d’une quantité telle que les périodes propres des deux quartz vibrant dans le sens de l’épaisseur produisent par battements une période voisine de la seconde. Deux bobines couplées aux circuits oscillants des oscillateurs appliquent aux grilles d’une lampe bigrille les potentiels variables des deux appareils, en modulant, à la fréquence de leurs battements, le courant plaque qui peut alors s’utiliser dans divers appareils pour obtenir le déplacement des aiguilles des chronomètres.
- En faisant choix d’une fréquence de battements convenable, le même dispositif est susceptible de rendre de grands services en commandant des moteurs phoniques dans tous les appareils qui demandent une synchronisation rigoureuse.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- La vie latente des grains de pollen, dans le vide, à 271° C. au-dessous de zéro (M. Paul Becquerel). — En employant l’hélium liquide, pour soumettre à une température de — 269°2 C des graines desséchées dans le vide, l’auteur a démontré, en 1923, qu’on peut suspendre la vie du protoplasme des cellules de l’embryon sans provoquer leur mort. Les essais les plus récents ont porté sur des grains de pollen, dont il semble, d’après MM. L. Mangin et J. Nohara, que, dans les conditions normales, à la température ordinaire et dans l’obscurité, les espèces les plus résistantes ne conservent leur pouvoir germinatif que de 70 à 80 jours.
- En employant comme déshydratant la baryte caustique, M. Becquerel a desséehé progressivement, dans une atmosphère dépouillée de toute trace de vapeur d’eau, des grains de pollen à! Antirriliinum ma jus, variété pourpre, et de Nicotiana tabacum, variété Havane. Puis, après avoir vérifié leur pouvoir germinatif au bout d’une soixantaine de jours, il les a placés dans de petits tubes de verre, où il a réalisé une première étape de vide avec une pompe rotative de Gaiffe donnant le dix millième de millimètre de mercure. Le vide a été poussé par une pompe en quartz à condensation de Langmuir, la pression atteinte ne dépassant pas le cent millième de niilli-mètre, mesurable, on le sait, à la nouvelle jauge Dunoyer. Les tubes fermés à la lampe ont été envoyés, en décembre dernier, au laboratoire cryogène de Leyde où le professeur de Haas les plongea sept heures dans l’hélium liquide, la température s’abaissant à — 271° C. Revenus à Poitiers, ils ont été ouverts, le 30 avril dernier, et les grains de pollen ensemencés sur de la gélose à 10 pour 100 de saccharose, dans des cellules humides van Tieghem stérilisées, maintenues 24 heures dans une étuve à 25°. En prenant comme termes de comparaison des grains, au moment de leur récolte, et des grains maintenus les uns deux mois, les autres sept mois à l'air sec, M. Becquerel a constaté que le séjour dans le vide, à la température la plus basse que nous puissions atteindre, n’altère en rien le pouvoir germinatif des grains de pollen.
- On ne peut admettre, dans des conditions aussi singulières, une vie ralentie, car le protoplasma des cellules, d’une dureté comparable à celle du granit, a perdu l’état colloïdal indispensable aux phénomènes physico-chimiques de l'assimilation et de la désassimilation. Il s’agit d’une vie suspendue et sans doute d’une vie anaérobie intramoléculaire.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- The nature of the ph y sic al world, byA. S. Eddington, 1 vol., 362 pages. Editeur Ûniversity Press, Cambridge, 1928. Prix: 12 sh.6.
- M. Eddington est à la fois un savant aux vues profondes à qui l’on doit des théories astronomiques nouvelles, ainsi que d'importantes contributions aux théories modernes de la relativité. C'e«t en même temps un écrivain scientifique remarquable qui a le talent de faire comprendre au grand public les idées générales qui animent ces théories difficiles, et en apparence inabordables à qui ne possède pas un bagage mathématique de premier ordre. Son nouveau livre, recueil de conférences faites à l'Université d’Edimbourg, est, à cet égard, un véritable tour de force et un chef d œuvre de littérature scientifique.
- L’objet de ces conférencees était de faire ressortir la partie philosophique des changements qui se sont manifestés dans ces dernières années, dans la pensée scientifique, sous la poussée des théories nouvelles de la relativité, des quanta, de la mécanique ondulatoire Les premiers chapitres de l’ouvrage sont consacrés à l’exposé général des principes de ces théories et des raisons qui out conduit à les adopter. L’auteur cherche surtout à dégager les conceptions fondamentales qui sont à leur base. 11 trace ainsi un tableau de l’univers physique tel qu’il apparaît au physicien moderne. Il le fait en un style brillant et imagé qui donne un charme très vif à la lecture de ces chapitres. Les derniers chapitres sont consacrés à un problème philosophique, aussi ancien que la pensée humaine, mais toujours d’actualité : Quelle est la valeur de la connaissance scientifique? M. Eddington montre que la science est impuissante à analyser la nature intime du monde extérieur, aussi bien qu’à dépeindre celui-ci dans son universalité, mais les constructions provisoires et approchées, qu’elle édifie, ont une indéniable valeur d’esthétique et d’utilité.
- Polarisation diélectrique par J. Errera. (Recueil des Conférences Rapports sur la physique.) 1 vol , 172 p., 35 fig. Les Presses Universitaires de France. Paris, 1928. Prix : 35 fr.
- Ce volume est consacré à l’étude de la réfraction des ondes électromagnétiques ou lumineuses dans un milieu matériel homogène. Les ondes provoquent un état de polarisation des éléments constitutifs de la matière et modifient les mouvements propres de ces éléments.
- L’auteur établit d’abord les formules générales qui donnent les indices de réfraction et la polarisation d’un milieu non ionisé et non conducteur métallique en fonction de grandeurs caractéristiques de celui-ci, puis il examine comment ces formules sont vérifiées par l’expérience. Il étudie ensuite la réfraction dans les milieux à l’état divisé qu’il répartit en 3 catégories : division grossière, division colloïdale, division moléculaire (molécules, atomes, ions). C’est un chapitre intéressant de la physique moderne, très clairement exposé dans son état actuel.
- Les machines électriques industrielles. Principe,
- fonctionnement, divers types, montage, pannes, par R. Bardin, 1 vol. 80 p., 65 fig. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1918. Prix : 8 francs.
- Cet ouvrage, sans prétention scientifique, a pour but l’étude pratique des diverses machines électriques industrielles au point de vue principe, fonctionnement, montage électrique dans leurs différents cas d’utilisation, mise en marche et entretien.
- Manuel de la prévention de l’incendie à l’usage des assureurs et assurés, par L. Benoist. 1 vol., 169 p. Gauthier-Villars, Paris, 1928. Prix: 20 fr.
- Ce manuel offre à l’assureur un guide pour analyser et classer les risques d’une installation industrielle; il examine successivement l’éclairage, le chauffage, la force motrice, les manutentions de matières explosives et inflammables. Il décrit ensuite succinctement les mesures préventives considérées comme efficaces par les compagnies d’assurances; l’ouvrage se termine par un tableau indiquant les principaux dangers d’incendie et les moyens de les combattre.
- La composition décorative et la pratique industrielle. Comment on établit un modèle de bonne vente, par Léon Verlete. 1 vol. in-16 de 456 p., 270 fig., Desforges, Girardot et Cie, Paris. Prix : 35 fr.
- Dans une première partie, l’auteur passe en revue les arts et les styles et étudie les conditions sociales qui ont détermine
- l’éclosion de tel ou tel style, afin d’en dégager des directives pour notre présente époque, et celle des conditions particulières à l’exécution de la composition; c’est une façon de concevoir l’éducation du créateur de modèles, qui donne un intérêt tout nouveau. La partie purement technique embrasse les industries les plus diverses et donne la documentation nécessaire au compositeur pour ne pas voir sou travail écarté par l’industriel à cause des difficultés de l’exécution.
- Die Tierwelt der Nord-und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Lieferung XIV : Amphipoda, par K Stephensen. 1 vol. in-8, 188 p., 43 fig. Akademische Verlagsgesellschaft, Leipzig, 1929. Prix : 15,60.
- Voici la suite du vaste inventaire du monde animal qui peuple la Mer du Nord et la Baltique. Ce 14* fascicule traite des Crustacés amphipodes dont l’étude vient d’être faite d’autre part en France par Chevreux et Fage dans la « Faune de France ». Outre la description systématique des nombreuses espèces de ce groupe, qui occupe la plus grande partie du travail, on y trouve, selon le plan général de l’ouvrage, d’utiles renseignements sur l’anatomie, la reproduction, le développement, la nourriture, les parasites, la distribution géographique des Amphipodes, tous les éléments nécessairés au zoologiste, sur le terrain.
- La Vénerie Royale, par Robert de Salnove, précédée d’une notice bio-bibliographique sur l'auteur par le Commandant G. de Marolles, 1 vol. in-8, 297 p., illustré d’un fromispice, de 9 estampes de J Mieu, de bandeaux et culs-de-lampe de F. Chauveau. Librairie cynégétique Emile Nourry, Paris, 1929. Prix : 90 fr.
- La Vénerie Royale est un traité complet, minutieux et pratique de la grande Vénerie. Robert de Salnove était sous le règne de Louis XIII, lieutenant dans la grande louveterie du Roy et, par goût autant que par état, il a durant de longues années dirigé les grandes chasses dans toutes les forêts de France et de Piémont. Observateur patient et bon praticien, il a su réunir nombre de notations curieuses et de conseils précieux. Ou y trouve les indications les plus minutieuses pour permettre d’interpréter jusqu’au moindre indice, et reconnaître avec certitude une voie difficile. Le ehasseur novice apprendra de lui toutes les ruses du veneur cynégétique. La vénerie du cerf est. traitée avec des développements considérables. Le chevreuil, le sanglier, le loup, le renard et le lièvre font également l’objet de chapitres copieux. Il va de soi que Salnove s’occupe beaucoup des chiens : leur choix, leur reproduction, leur éducation, leur mentalité, leurs maladies n’ont jamais eu de connaisseur plus averti. Les anciennes éditions de la. Vénerie Royale dont la première parue en 1655 sont fort rares. La réimpression luxueuse actuelle, première édition illustrée de ce livre fameux, est ornée de bandeaux et de culs-de-lampe dus aux graveurs les plus fameux du xvii° siècle, d’un frontispice et de neuf figures du célèbre Miel qui servirent à illustrer un très beau livre de chasse italien paru à la même époque.
- Nageons, par G. DE Viulepion. 1 vol. in-16, fig. hors texte. Bernard Grasset, Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- Nageur émérite et professeur de natation, créateur du club des Canards et Dauphins de Saint-Jean-de-Luz et de la plage d’hiver de Cannes, l’auteur a étudié les techniques dans tous les pays du monde. Il a fait en France un nombre considérables d’élèves. On trouvera ici sa doctrine qui s’adresse tout autant aux nageurs qui nagent mal qu’aux débutants. Tous y trouveront maint enseignement profitable, comme nos lecteurs ont déjà pu en juger par les articles parus dans La Nature.
- La découverte de Laveran, Constantine, 6novembre 1880, par Edm. et Et. Sergent et L. Parrot, 1 vol. in-4, 48 p., 22 pl. Collection du centenaire de l’Algérie. Masson et Cie, Paris, 1929.
- A l’occasion du centenaire de la conquête de l'Algérie une collection d’ouvrages va paraître qui fera la suite et le complément de F « Exploration scientifique de l’Algérie », entreprise sous Louis-Philippe. Elle comprendra 5 sections dont une consacrée aux études scientifiques. En voici le premier volume consacré à la vie et à l’œuvre de Laveran qui découvrit en 1880 à Constantine le parasite du paludisme. De magnifiques illustrations montrent le maître, les lieux où il travailla, le manuscrit où il consigna ses observations.
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- NOTES ET INFORMATIONS
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- NECROLOGIE
- Charles Moureu.
- À la séance du 17 Juin dernier, M. Mangin, président de l'Académie des Sciences, a annoncé la mort récente de trois membres : Andoyer, professeur à la Faculté des Sciences; Moureu professeur au Collège de France; Lindet, professeur à l’Institut national agronomique. Il a prononcé de M. Moureu l’éloge suivant.
- « Charles Moureu, né à Mourenx (Basses-Pyrénées) le 19 avril 1863, interne en pharmacie des hôpitaux, devint pharmacien de lre classe en 1891, docteur ès sciences en 1893; agrégé de chimie et de toxicologie à l’École supérieure de Pharmacie en 1899; il était en même temps chargé de conférences préparatoires au cours de chimie organique.
- « En 1907, il fut nommé professeur de pharmacie chimique et bientôt succéda à Ber-thelot au Collège de France.
- « L’Académie de Médecine l’avait élu en 1907 et vous l’avez admis au milieu de nous en 1911.
- « Ses premiers travaux concernent les principes constituants de plusieurs essences végétales : eugénol, sa-frol, astragol et ané-thol, dont il a fait l’histoire et démontré par
- des essais de synthèse la constitution ; il a été amené, à la suite de ses recherches sur ces essences, dont plusieurs sont des dérivés de la pyrocatéchine, à étudier ce corps et à découvrir une nouvelle classe de composés non saturés à noyau hexagonal bioxygéné symétrique.
- « La belle série de recherches sur les composés acéty-léniques lui a permis de découvrir des réactions générales permettant la préparation de nombreuses familles de corps organiques nouveaux, et parmi eux les deux sous-azotures de carbone si étroitement liés au cyanogène, à la fois par leur constitution et leurs propriétés.
- « Le difficile problème de la chimie des alcaloïdes a été abordé par Moureu avec un plein succès par une étude très complète de la spartéine dont la constitution chimique avait, avant lui, défié les efforts des travailleurs.
- « La présence des gaz rares dans les sources minérales, déjà signalée par de nombreux chimistes, a retenu spécialement son attention, et il a institué un procédé de dosage de minimes quantités de krypton et de néon La méthode spectrophoto-métrique qu’il a établie lui a permis de doser un millième de millimètre cube de krypton et un demi-millième de millimètre cube de néon.
- « Il entreprit alors méthodiquement l’étude des mélanges gazeux émanés des sources minérales. Cinquante-sept sources
- Charles Moureu.
- ont été étudiées par lui et, dans toutes, les cinq gaz rares ont pu être caractérisés à des doses variables. Parmi ceux-ci l’hélium varie dans de larges limites et, à Maizières (Côte-d’Or), il existe dans la proportion de 5,92 pour 100. Aussi certaines sources sont-elles de véritables gisements d’hélium exploités industriellement.
- « Moureu a reconnu aussi dans les grisous les mêmes gaz rares, et en particulier d’importantes proportions d’hélium.
- « Fait remarquable, les rapports entre les quantités d’argon, de krypton et de xénon sont constants, aussi bien dans les
- eaux minérales que dans les grisous, et Moureu donne une explication ingénieuse de ce fait.
- « Ces résultats limités d’abord à l’hydrologie seule ont pris une grande ampleur par suite de leur influence sur la Physique du globe et l’évolution de la matière.
- « La mesure de la radioactivité d’une vingtaine de sources thermales complète ces mémorables recherches.
- ’ « Rappellerai-je le rôle important rempli par Moureu pendant la guerre où, après une période de surprise douloureuse, il fallut, avec une pléiade de chimistes et de physiologistes, improviser la protection des troupes contre les gaz asphyxiants et organiser de toutes pièces la riposte qui se fit bientôt rapide et foudroyante?
- « Eatraîneur d’hommes, Moureu avait réuni autour de lui des travailleurs dont il inspirait et dirigeait les travaux, il avait constitué ainsi une puissante réunion de jeunes chimistes auxquels il communiquait son enthousiasme et ses espoirs.
- « Avec une généreuse ardeur il avait mené dans les congres, par des conférences et dans la presse, une active campagne en faveur de la science française pour obtenir à nos laboratoires misérables les subsides nécessaires en matériel et en personnel, et nous lui sommes bien reconnaissants des améliorations que son activité féconde nous a permis d obtenir avec l’appui de nos confrères.
- « Frappé en pleine activité, Moureu laisse un grand vide parmi nous et ce savant, épris des vérités scientifiques, d une bonté rare, à l’enthousiasme généreux, sera unanimement regretté. »
- MÉTÉOROLOGIE
- Grandes taches solaires et température de juin 1929-
- Le relèvement important de la température qui s est produit du 15 au 20 juin a coïncidé avec l’apparition, sur
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- la surface du Soleil, le 18 juin, de deux grands foyers d’activité : l’un, représenté par une grande et belle tache isolée, l’autre par un groupe formé également d’une grande tache suivie d’un alignement de petites taches s’étendant parallèlement à l’équateur solaire sur une longueur considérable atteignant environ l/5e du disque solaire lors de son passage au méridien central de l’astre, le 24 juin. Ces deux groupes sont visibles à l’œil nu (en se servant d’un verre fortement noirci) depuis le 21 juin.
- En général, il se produit, du 5 au 15 juin, un abaissement de la température coïncidant avec une diminution générale des taches solaires. C’est cette variation de température qui survient presque chaque année, accompagnée d’un temps pluvieux, qui a certainement donné naissance au dicton bien connu de la St-Médard; d’ailleurs, la date du 8 juin est l’une des plus pluvieuses de la première quinzaine de juin. Toutefois le dicton est erroné pour les 40 jours qui suivent, car la deuxième quinzaine de juin est généralement plus chaude et plus sèche que la première quinzaine.
- En examinant les observations météorologiques pour une série d’années un peu étendue (38 ou 40 ans, par exemple), et en effectuant le total des températures et de la hauteur de pluie, à la même date du mois de juin d’une année à l’autre pour cette série d’années, on constate que la somme des températures du 10 juin, par exemple, est inférieure à la somme des températures du 5 juin, ce qui paraît anormal, puisque dans l’ensemble la température devrait aller en augmentant régulièrement jusque vers le milieu de juillet.
- Or, si l’on effectue, de la même façon, le total des taches solaires, on observe également une diminution des taches à partir des premiers jours de juin; l’action des phénomènes du Soleil apparaît ainsi comme agissant pour modifier les variations de la température dues à l’intluence de la saison.
- Aux époques de grande activité solaire, comme en 1928 et 1929, on observe assez, souvent des taches visibles à l’œil nu, mais rarement deux à la fois comme en ce moment.
- Quand ces taches diminuent sensiblement, ou quand elles disparaissent au bord ouest par suite de la rotation solaire, la température de nos régions s’abaisse, et il survient généralement des perturbations atmosphériques en divers points du globe, notamment sur l’Océan Atlantique nord et sur l’ouest de l’Europe. Les taches actuelles étant visibles depuis le 18 juin disparaîtront vers le 30 juin; on pourra noter facilement si des variations atmosphériques correspondantes se produisent à ce moment. Henri Mémery.
- BOTANIQUE.
- La culture du pyrèthre insecticide et lu protection des forêts contre les incendies.
- La Direction générale des Eaux et Forêts du Ministère de l’Agriculture publie la note suivante :
- Le pyrèthre insecticide est devenu une matière première industrielle dont la consommation se développe de jour en jour, pour la fabrication d’insecticides pharmaceutiques, hygiéniques et agricoles, actifs, et qui ne sont nullement toxiques pour l’homme et les animaux domestiques.
- Nous importons en France actuellement de fortes quantités de fleurs de pyrèthre de Dalmatie et même du Japon (plus de 300 tonnes) et nous aurions intérêt à produire nous-mêmes tout au moins ce qui nous est nécessaire pour notre consommation. Celle-ci, d’ailleurs, est destinée à augmenter largement, maintenant que l'on connaît la manière d’obtenir industriellement des produits actifs.
- Les essais de culture qui ont été faits dans tout le Midi de la France, et s’étendent d’année en année (il y en a actuel-
- lement plus de 200 hectares), ont montré que, dans tous les sols calcaires de cette région, on pouvait obtenir du pyrèthre aussi actif que celui de Dalmatie.
- Cette culture est facile et rémunératrice pour le producteur : elle permet d’utiliser des terrains arides, incultes ou de peu de valeur. On la recommande comme culture intercalaire sous les amandiers et les oliviers. Elle serait intéressante dans les parafeux des forêts qu’on est obligé d’entretenir en débroussaillant par arrachage; la récolte paierait tout ou partie de la main-d’œuvre et la lutte contre les incendies de forêts serait facilitée par l’extension de la culture de cette plante non seulement dans les parafeux établis, mais également dans les champs abandonnés par la culture dans les thalwegs des vallons boisés.
- Les essais de culture de pyrèthre effectués par l’Administration des Eaux et Forêts dans une forêt domaniale des Bouches-du-Rhône ont montré que cette plante s’accommode des plus mauvais terrains et que sa propagation, par voie de plantation, ne présente pas de difficultés sérieuses. Dans la mesure de ses disponibilités, elle délivrera gratuitement des graines ou plants aux personnes qui lui en feront la demande.
- Le pyrèthre est une plante vivace, qui peut rester 6 à 7 ans en place et s’acclimate dans les plus pauvres terrains calcaires et caillouteux; il ne craint pas la sécheresse et ne demande pas d’engrais; en dehors de la plantation, les soins de culture se résument à des binages de propreté; la récolte se fait à la faucille ou même, si le terrain s’y prête, à la faucheuse à herbe, à un moment où la main-d’œuvre est encore disponible; le séchage n’offre aucune difficulté; les industriels achètent la tige-fleur en balles pressées à la presse à foin. Le rendement à l’hectare varie, suivant les terrains, de 1000 à 2000 kg de tiges-fleurs et on peut compter sur un prix minimum de 2 fr. 50 le kilog.
- C’est donc une culture à développer.
- ARCHÉOLOGIE Levures de 4000 ans.
- Notre confrère anglais Nature rend compte d’une étude qui vient de paraître dans le Jahrbuch der Gesellschaft für die Geschichte und Bibliographie des Brauwesens, de Berlin, sous la signature du professeur J. Grüss, qui mérite d’être signalée, ne serait-ce qu’à titre d’exemple des précisions auxquelles peut atteindre l’archéologie.
- Les égyptologues nous avaient déjà appris que les anciens Egyptiens connaissaient les boissons fermentées, notamment la bière et le vin. En 1920, M. H.-E. Winlock, chef de l’expédition du Metropolitan Muséum de New York, ouvrit la tombe d’un pharaon de la 11e dynastie, Wah, et y trouva une jarre à bière, couchée sur le côté, intacte, dont le contenu fut recueilli et examiné par le professeur Grüss.
- Dans ce dépôt, vieux de quelque 4000 ans, le microscope révéla des diatomées provenant vraisemblablement des eaux du Nil, des cristaux de silicate d’aluminium provenant de la poterie, des fibres textiles, des grains d’amidon, des bacilles, et des grains d’une levure que M. Grüss a nommée Saccha-romyces Winlocki. Cette levure montre des cellules rondes ou elliptiques, de 5 p de diamètre, à protoplasma granuleux et vacuole nucléaire. La même levure fut retrouvée, mélangée avec un Schizomyces et des cellules à aleurone dans d’aulres restes de bière desséchée provenant de la même tombe. Ces trouvailles sont à peu près contemporaines du pain conservé au Musée de Berlin en provenance de la tombe de Mentuhotep, dans le même eimetière.
- L’analyse chimique du résidu de bière révéla l’addition de miel, probablement pour sucrer, et du fruit de Citrus aurantium, probablement pour donner de l’amertume.
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- PETITES INVENTIONS
- CHAUFFAGE
- Le Gazalair : Un gazogène domestique
- Partout où le gaz d’éclairage fait défaut, que ce soit au sommet de la montagne, dans le village le plus perdu, dans la lointaine colonie et même sur les navires et les trains, on peut, aujourd’hui, avec de l’essence d’automobile fabriquer soi-même très simplement et à bon compte un gaz supérieur èn tous points au gaz de houille.
- Le gaz d’essence a tout d’abord une valeur calorifique plus élevée : 3700 calories par mètre cube contre 3000 au grand maximum pour le gaz d’éclairage débenzolé, distribué actuellement aux particuliers.
- En outre, il n’est pas nocif, car il ne contient aucun produit sulfureux et sa combustion ne dégage pas d’oxyde de carbone ; il n’altère pas les couleurs (ce qui est important pour les papiers de tentures et, ne recéîant ni acides, ni vapeur d’eau, il n'oxyde point les métaux. On sait que les cuivres dans une pièce chauffée au gaz ou dans une cuisine sont instantanément ternis). Il est doué d’un pouvoir lumineux très intense : avec les manchons à incandescence, il donne une lumière bleutée qui se rapproche beaucoup de la lumière du jour. Enfin, à volume égal le prix de revient de ce gaz d’essence soutient généralement à son avantage la comparaison avec le gaz d’éclairage puisque un litre d’essence permet la fabrication de l’équivalence de trois mètres cubes de gaz de houille. Au prix actuel de l’essence, le mètre cube de gaz d’air carburé revient donc à environ 0 fr. 85 alors que le prix de vente du gaz de houille varie de 0,85 à 1,75 suivant les endroits.
- Et nous ne faisons pas entrer en ligne de compte le plus haut rendement calorifique du gaz d’essence.
- Celui-ci peut être distribué par les mêmes canalisations et 'brûle dans les mêmes appareils d’utilisation que ceux dont on se sert ordinairement avec le gaz de houille , cuisine, éclairage, chauffage, service d'eau chaude, etc., etc.
- Le gaz d’air carburé est fabriqué par divers systèmes d’appareils. Nous nous contenterons ici de décrire le dernier né, car il nous paraît comporter de sérieux perfectionnements par rapport à ses devanciers.
- Cet appareil, dénommé « Le Gazalair », se compose d’un cylindre horizontal inférieur dans lequel tourne un tambour compresseur monté sur un axe horizontal et comportant un certain nombre de cloisons. La forme de celles-ci est telle qu’elles puisent au-dessus du niveau de l’eau (contenue dans le tambour et arrivant un peu plus haut que son axe) le gaz qui s’y trouve (en l’espèce de l’air carburé que nous verrons plus loin) et l’amènent vers le centre en le comprimant sous la charge d’eau du tambour. Le gaz est conduit alors par un tuyau au dispositif de distribution. Yoici comment se produit la carburation de l’air. Celui-ci, aspiré dans l’atmosphère par la rotation du tambour, est obligé de passer à travers un système de fins tamis sur lesquels arrive l’essence. La finesse des tamis assure une carburation complète de l’air.
- Au-dessus du tambour se trouve le gazomètre constitué par une cloche coulissant dans un cylindre vertical fixe. Dans l’axe de ce dernier est situé un manchon comportant un siège sur lequel peut s’appliquer une soupape solidaire de la cloche. L’air carburé provenant du tambour est amené dans le manchon. Tant que la cloche est assez basse, la soupape n’est pas appliquée sur son siège et le gaz la remplit en la faisant remonter peu à peu. Si on n’utilise pas le gaz, celui-ci, ne pouvant être évacué par la tuyauterie partant du cylindre fixe, continue à soulever la cloche jusqu’à ce que la soupape vienne obturer le passage. Le tambour, mis en mouvement par la chute d’un poids, continue à tourner et à fabriquer du
- gaz jusqu’à ce que la pression de celui-ci soit suffisante pour équilibrer l’action du poids. Le gazogène cesse alors de fonctionner. Il se remettra automatiquement en marche dès que l’on utilisera l’air carburé.
- Nous avons dit que l’essence était amenée sur un système de tamis qui constitue, en somme, le carburateur. Yoici comment :
- Contenue dans le réservoir cylindrique visible de face sur la photographie (l’essence est déversée par un système de bras à godets (mû par une chaîne passant sur la poulie de commande du tambour), dans une gouttière et, après avoir tra-
- Pig. 1. — Le Gazalair.
- versé un condenseur épureur à glycérine, elle est amenée sur les tamis par un tube.
- En résumé, tout le fonctionnement de l’appareil est entièrement automatique et sa marche peut être confiée même à un enfant.
- Il suffit d’ouvrir un robinet de gaz à un appareil d’utilisation quelconque pour qu’automatiquement le générateur débite juste l’air nécessaire à la fabrication du gaz consommé. La fermeture de ce robinet arrête immédiatement l’appareil jusqu’à la prochaine utilisation.
- Il est donc à supposer que l’emploi du gaz d’air et d’essence se répandra de plus en plus et que ce progrès nouveau apportera en même temps qu’une agréable économie plus de bien-être et de confort.
- Constructeur : Etabl. Lucien Bregeaut, 55, rue de Turbigo, Paris,
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- SPORTS
- Rouleau pour tennis,
- Pour établir ’un terrain de tennis et pour l’entretenir, il est utile de se [servir|d’un rouleau. Ceux que l’on emploie
- généralement, en fonte ou en | fer, ont l’inconvénient de res-| ter identiques à eux-mêmes, quelles que soient la consistance du terrain, la nature ou l’état du terrain ; par suite, le travail obtenu varie et si l’on veut réglerla pression sur le sol, il faut se servir de rouleaux de poids différents, employer des équilibreurs à contrepoids. Un constructeur a établi un rouleau en acier avec une garniture intérieure en ciment; il est prévu de manière qu’une cavité soit ménagée à l’intérieur, cavité qu’il est possible de remplir avec de l’eau, par exemple, du sable ou toute autre matière fluide, pour réaliser un rouleau de poids suffisant en vue du travail à effectuer. Le contrepoids habituel du rouleau en fonte est, d’autre . part, remplacé par une cham-
- ig. . Rou eau pour tennis. brière, qui repose normalement sur le moteur du rouleau et qui est reliée à un anneau disposé près de la poignée de commande. Il est possible à celui qui se sert de l’appareil, par une simple traction sur l’anneau, de laisser retomber la chambrière sur le sol.
- Des perfectionnements intéressants ont été prévus pour la construction de l’appareil comme, par exemple, des roulements à billes, de manière que le fonctionnement et la mise en marche soient faciles.
- A. Mayer, 118, rue de la Tombe-Issoire, Paris.
- DIVERS
- Fleur artificielle désinfectante.
- Le pouvoir désinfectant de certaines essences est bien connu, ainsi que leur action pour détruire ou chasser les
- insectes. Différentes compositions ont été imaginées, et l’on procède soit à la pulvérisation, soit à l’évaporation lente au moyen de récipients ouverts.
- Une combinaison très originale a été imaginée par un inventeur pour assurer une évaporation continue et efficace, d’un produit composé d’un mélange d’aldéhyde, d’un composé phénolé et d’un hydrocarbure, c’est-à-dire des produits ayant des qualités reconnues comme insectifuges. Le liquide remplit un petit flacon fermé par une capsule métallique.
- Pour l’emploi, la capsule est percée d’un trou fait par une forte épingle, afin de laisser passage à
- la tige d’une petite fleur artificielle. Le liquide monte par capillarité le long de la tige et il ne tarde pas à imbiber les pétales de la fleur épanouie. Il y a donc une surface d’évaporation importante, et les vapeurs imprègnent l’air du local où le flacon reste enfermé.
- Notons que les essais faits au Muséum d’Histoire naturelle ont montré que cette petite combinaison était efficace, le liquide employé étant toxique pour les insectes parasites, qui fréquentent les locaux humides. Il agit comme répulsif sur d’autres insectes qui ne peuvent s’alimenter dans l’atmosphère saturée de vapeurs. Quant aux parasites des vêtements, fourrures, plumes, etc..., les locaux qu’ils évitent sont ceux saturés de vapeurs au moyen de flacons agissant par une évaporation lente et constante.
- Ces vapeurs ont d’ailleurs une action sur les moisissures, leur action est retardatrice et partiellement stérilisante. Enfin, elles ne sont pas toxiques pour l’homme et les animaux domestiques et jouent également le rôle de désinfectant.
- Saniflor M. François, 108, rue de la Folie-Méricourt, Paris.
- Pour se faire réveiller en musique.
- Le moyen le plus simple et le plus sûr pour se faire réveiller à une heure déterminée est de se servir d’un réveille-matin. Mais la sonnerie brutale et criarde de ces appareils provoque des réveils en sursaut et est, dans tous les] cas,
- coup plus harmonieux : c’est une idée charmante conçue et ingénieusement réalisée par une femme ; vous vous faites réveiller au son de la musique que vous préférez. L’instrument qui réalise ce rêve gracieux est le petit phonographe « Peter-Pan », dont le mouvement d’horlogerie a été utilisé pour actionner les aiguilles d’une pendule.
- L’appareil a les dimensions d’un appareil photographique ; il constitue donc une pendulette d’un format très acceptable et qui peut se placer sur toute table de nuit par exemple. Au moment de se coucher, on remonte le mouvement, on met en place le disque choisi, et l’on met l’index du réveille-matin en regard de l’heure du réveil. On peut alors s’endormir en toute tranquillité ; à l’heure dite, le phonographe se mettra en mouvement, les deux ou trois minutes de musique qu’il débitera viendront aisément à bout du sommeil le plus profond.
- L’appareil a donc trois fonctions : phonographe portatif, il peut, malgré ses petites dimensions, jouer tous les disques; il sert en même temps de pendulette de voyage et donne l’heure exacte. Enfin, il sert de réveille-matin.
- Constructeur : Etablissements Moncharmont, 9, rue Pasquier, Levallois-Perret.
- Béton
- Fig. 3. — Fleur artificielle désinfectante.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Les extraits tannants peuvent-ils être décolorés?
- L’industrie de la tannerie emploie en grande quantité des extraits obtenus en lixiviant les produits riches en tanins : bois, écorces, etc., puis concentrant sous pression réduite, on évite ainsi le transport de la masse inutile et met à la disposition de l’industriel des solutions riches en tanins qu’il lui suffit d’étendre d’eau pour constituer le bain dans lequel seront immergées les peaux.
- Malgré les précautions prises d’évaporer à l’abri de l’air, on ne peut empêcher les extraits d’être assez fortement colorés (extraits de châtaignier, quebracho, etc.,) ce qui ne permet pas d’obtenir des cuirs clairs.
- Pour remédier à cet inconvénient, on procède industriellement de la façon suivante :
- L’extrait étant mis au contact d’eau chaude, on en dissout ainsi la plus grande partie, puis on y ajoute une quantité de sulfite de soude égale à 3 pour 100 de l'extrait sec, ce qui facilite la fin de la dissolution.
- On porte le tout à une température voisine de l’ébullition que l’on maintient pendant trois heures, on laisse alors refroidir vers 60° G et ajoute 8 pour 100 d’une solution commerciale de bisulfite de soude à 40° B ; si l’on veut une décoloration bien complète on peut ajouter en outre 1 pour 100 de sulfate d’alumine.
- Au lieu d’opérer à la pression ordinaire, il est préférable de se servir d’un autoclave, ce qui empêche la déperdition de l’acide sulfureux et assure une action réductrice beaucoup plus profonde.
- Marchandise a Salonique.
- P,-S. — La décoloration des corps gras,qui repose sur les mêmes principes d’oxydation ou de réduction des produits colorés, est toujours une opération délicate subordonnée à la nature des matières grasses à traiter. Yeuillez pour une étude de ce genre vous adresser au laboratoire Wolff, 157, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- Recollons facilement les marbres cassés.
- Les ciments aux oxycblorures, dont nous parlons si souvent, sont susceptibles d’applications ménagères courantes, en particulier pour le recollage de petits objets en poterie ou en marbre. 11 suffit pour cela de préparer une dissolution de chlorure de zinc de densité 1500 ou 48° B et d’y faire dissoudre 3 pour 100-en poids de borax pulvérisé.
- Une fois en possession de la dissolution, on en fait un mélange avec une quantité d’oxyde de zinc (blanc de zinc) suffisante pour obtenir une pâte semi-fluide, que l’on applique aussitôt sur les fragments de marbre à réunir, on serre énergiquement, maintient avec une ligature et laisse bien sécher au moins 24 heures; il ne reste plus qu’à enlever les bavures au canif.
- N. B. — Suivant la couleur du marbre à réparer, on ajoutera au mastic un pigment approprié tel que ocre jaune ou rouge, noir de fumée, etc.
- Peut-on réparer le tain des glaces?
- Lorsque le dommage n’est pas généralisé et que certains points seulement de la glace sont en mauvais état, voici comment il faut s’y prendre pour y apporter remède :
- Au moyen d’un tampon de coton, on nettoie soigneusement l’endroit intéressant de façon à le débarrasser de la poussière et de la graisse qui peuvent s’y trouver, puis on découpe avec un canif, sur le tain d’une vieille glace, une surface de même forme mais un peu plus grande que l’on recouvre d’une gouttelette de mercure de la grosseur d’une tête d’épingle par surface d’un centimètre carré environ.
- Peu à peu le mercure s’étend et pénètre la couche jusqu’à la limite tracée au canif de sorte que cetteportion de tain peut facilement être détachée, puis portée sur l’endroit à réparer, où on l’applique avec beaucoup de soin à l’aide d’un tampon de coton. Le tain durcit bientôt et, si l’on a observé les précautions indiquées, la réparation est invisible.
- Doit-on laisser subsister les fentes dans les parquets ?
- Les interstices qui existent entre les lames constituant les parquets sont malheureusement des réceptacles à germes nombreux dont beaucoup peuvent être pathogènes si une maladie contagieuse a sévi dans l’appartement : grippe, rougeole, scarlatine, etc.; il est donc prudent de supprimer les fentes des parquets de façon à rendre le balayage facile pour l’élimination de ces hôtes indésirables; cette opération, si elle est un peu longue à effectuer, est tout au moins peu coûteuse et permettra d’éviter la réapparition saisonnière de nombreuses indispositions, dont on ne soupçonne généralement pas la cause.
- Le mastic à employer se prépare en prenant :
- Cire jaune............................ 350 gr.
- Résine en poudre...................... 200 —
- Suif. . ............................... 50 —
- Faire fondre doucement, puis incorporer :
- Blanc de Meudon....................... 400 —
- Couler le mastic chaud dans les rainures, laisser durcir quelques heures, puis racler l’excédent d’abord avec une lame de couteau, ensuite avec un morceau de verre de forme arrondie.
- N. B. — On peut approprier la teiate du mastic à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc de Meudon par de l’ocre jaune ou rouge et en y ajoutant une pointe de noir de fumée. On peut également, en augmentant la quantité de suif, réaliser un mastic plus malléable, s’employant à froid sans qu’il soit par conséquent nécessaire de maintenir le mastic liquide pendant le remplissage. Imprimerie de Rodez.
- Les vernis craquelés cellulosiques.
- Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises (La Nature, n° 2782, page 385, a0 2788, page 48), le craquelé se produit lorsque l’on superpose à une couche de vernis initial, une nouvelle couche riche en pigment et dont le solvant est très volatil. Gomme condition essentielle, le solvant du vernis craquelant doit être aussi un solvant du vernis support, le retrait de la pellicule de surface laisse dans ces conditions apparaître le vernis de fond.
- Les vernis cellulosiques, dont l’emploi se généralise de plus en plus, se prêtent parfaitement à des réalisations de ce genre ; d’après M. Renestrat (Revue de chimie de novembre 1928) on peut prendre comme base de préparation de la seconde couche :
- Nitro-cellulose 100 pour 100 ............. 25 gr.
- Acétate d’éthyle.......................... 80 —
- Acétate de butyle......................... 40 —
- Alcool butylique.......................... 20 —
- Gommes................................... 15 —
- Plastifiant . . .......................... 10 —
- Pigment léger........................... 100 —
- Benzine................................. 150 —
- N. B. — Les gommes sont constituées par un mélange d’environ deux tiers de résines artificielles type Albertol et un tiers de gomme dammar, le plastifiant classique est composé de :
- Tricrésylphosphate .......................100 gr.
- Triacétine............................... 200 —
- Une fois le craquelé produit, pendant que l’enduit est encore frais, on peut appliquer légèrement avec un tampon d’ouate des poudres de bronze, or ou argent, qui donnent au craquelé un éclat tout particulier. M. Ranieri, a Paris.
- Le parfum du métro.
- Certes, nous ne voulons pas parler de l’odeur sui generis se dégageant de l’agglomération des voyageurs qui, aux heures d’affluence, s’entassent dans des wagons à capacité illimitée, si l’on en juge par la possibilité qu’ils présentent de toujours recevoir les nouveaux arrivants pressés par le coup de sifflet.
- Le parfum auquel nous faisons allusion est celui fort agréable que l’on perçoit à certains moments dans les stations souterraines
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- et qui semble apporté par une brise légère jusqu’à nos organes olfactifs.
- Cette odeur est tout simplement celle de l’essence de citronnelle retirée de YAndropogon nardus, de la famille des Myrtacées, que la Compagnie du Métro répand dans l’air, d’abord pour nous donner une sensation plus agréable que celle de l’air confiné, ensuite pour exercer sur cet air une action légèrement antiseptique et salubre.
- En effet l’essence de citronnelle, qui nous vient de l’Inde et de l’Ile de Ceylan, est un mélange de camphène, de dipentène, de méthylhepténone, de citronnellal, de bornéol et de géraniol, mais les deux éléments principaux sont le géraniol et le citronnellal. Dupont et Labaume y ont en outre trouvé de l’alcool isoamy-lique et de l’alcool isovalérique.
- On comprend facilement que ces produits, la plupart de nature aldhéhydique, puissent avoir un heureux effet, l’action antiseptique des essences et des baumes étant connue depuis longtemps, ainsi qu’en font foi les plus anciennes pharmacopées.
- Pour répandre dans l’air l’essence de citronnelle, on procède par pulvérisation. A l’arrière de la dernière voiture de quelques rames (une rame sur six environ) se trouve placé un pulvérisateur, alimenté par la conduite d’air sous pression des freins; le liquide projeté est une émulsion aqueuse d’essence de citronnelle dans la proportion d’un dixième environ de celle-ci.
- C’est au moment où la rame se met en marche, la tête du train entrant dans le tunnel, que l’employé chargé de ce service appuie sur une manette ; le brouillard odorant formé à l’arrière se répand dans la station, sans que les assistants perçoivent le bruit de la projection qui est couvert par celui des véhicules; quant aux voyageurs qui y sont logés tant bien que mal, ils sont emportés avant que l’odeur de citronnelle soit parvenue jusqu’à eux.
- M. J., a Lyon-Vaise.
- Comment protéger les objets en fonte exposés aux intempéries ?
- Certains objets en fonte tels que statues, vases à üeurs; consoles, etc., placés dans les jardins, perdent beaucoup de leur caractère artistique si, pour les protéger, on les recouvre d’une peinture dont le moindre défaut est d’altérer les détails.
- Le mieux dans ces conditions est de recourir à un enduit léger qui tout en empêchant la fâcheuse rouille de se développer ne remplisse pas les creux et donne une patine agréable à l’œil.
- La composition suivante donnera à cet égard toute satisfaction :
- Brai stéarique.......................... 1000 gr.
- Bitume ordinaire......................... 350 —
- Huile de lin cuite....................... 650 —
- White spirit............................. 1000 c. c.
- Pour obtenir un ton gris, on ajoutera une quantité suffisante de plombagine, pour le noir franc on remplacera la plombagine par le noir de pétrole; enfin, si l’on désire un ton chaud, on se servira comme pigment d’un mélange, en proportions convenables, d’ocres jaune ou rouge qui mettront à la disposition de l’opérateur toute une gamme de colorations.
- M. Clément, a Paris.
- Voulez-vous réussir la mayonnaise?
- Tous les livres de cuisine vous diront que pour faire une mayonnaise il suffit de prendre un ou deux jaunes d’œufs crus, de saler, de poivrer, mélanger avec une fourchette, puis y incorporer goutte à goutte de l’huile jusqu’à obtention d’une masse épaisse se laissant couper facilement.
- Malgré ces indications, il arrive souvent que la mayonnaise est « ratée », c’est-à-dire que la sauce ne prend pas, accident d’autant plus regrettable que la ménagère attend ce jour-îà des invités.
- Pour éviter cet échec culinaire, deux conditions essentielles sont à réaliser :
- 1° Le milieu ne doit présenter aucune trace d’alcalinité, quelle que soit la garantie de fraîcheur de l’œuf donnée par le marchand; il est prudent de donner au jaune délayé une très légère acidité en y ajoutant trois à quatre gouttes de vinaigre, pas plus.
- 2° Il faut et il suffit que le jaune retienne un peu de blanc,
- lequel facilite la formation de l’émulsion. On doit donc éviter d’enlever tout le blanc, ainsi que le font consciencieusement les personnes non averties.
- Ces précautions prises, on opérera suivant le rite classique, en ajoutant l’huile progressivement et seulement d’une façon rapide, quand la prise est bien caractérisée, ce n’est qu’à la fin que l’on mettra le vinaigre suivant goût de chacun.
- La présence de l’albumine du blanc permet même de « rattraper » une sauce manquée; on placera d’abord dans un bol un peu de blanc, puis en tournant régulièrement on y incorporera petit à petit la sauce, celle-ci formera bientôt une pâte compacte, qui cette fois fera grand honneur à celui ou à celle qui l’aura confectionnée. M. Michel-Dansac, a Asnelles (Calvados).
- P.-S. — Les encres grasses renferment toujours comme pigment du noir de fumée et, le carbone étant insensible à tous les réactifs, il ne faut pas espérer faire disparaître des empreintes faites au moyen de ces encres.
- Soignons nos casseroles de nickel.
- Le nickel, dont malheureusement le prix est élevé actuellement, constitue un excellent métal pour la confection des ustensiles de cuisine et d’une façon générale de tous les récipients pour aliments, car il ne communique à ceux-ci aucun goût fâcheux, ni ne leur cède de produits nuisibles à la santé.
- Si l’on veut conserver en bon état les récipients qui doivent aller sur le feu, il faut observer certaines précautions, car le nickel, qui résiste à toute oxydation à l’air, se carbure au contraire avec une grande facilité, ce qui lui fait perdre de la résistance, il devient cassant sous le choc et on voit les ustensiles se percer, sans que la cause réelle soit connue de la ménagère.
- Il résulte en effet des travaux classiques de W. Ross et Irwing que le nickel s’unit au carbone comme le fer, en donnant une fonte de nickel plus fusible que le métal. Ce phénomène se produit lorsque l’on chauffe le nickel dans un milieu riche en hydrocarbures, comme cela a lieu si le fond de la casserole est mis directement en contact avec les flammes fuligineuses se dégageant d’un charbon gras, ou même sur un fourneau à gaz fonctionnant à combustion incomplète par suite d’un mauvais réglage du mélange gaz-air dans le bunsen.
- De cette observation, il résulte que, pour conserver à la batterie de cuisine en nickel toute sa solidité, il faut interposer entre elle et le foyer une plaque protectrice, plaque de tôle d’un prix minime eu égard à la valeur des récipients : ainsi ils feront bons et loyaux services sans défaillances. M. Nicolle, a Paris.
- P.-S. — Le nickel et ses alliages de cuivre, type maillechort, se soudent à l’étain, le meilleur décapant pour cette soudure est la térébenthine de Venise.
- Faisons la toilette des reliures en vélin.
- Les reliures en vélin, rien que par l’usage, se salissent assez facilement et l’on peut désirer, si elles sont un peu anciennes, leur rendre de la fraîcheur pour les faire figurer sur les rayons de la bibliothèque; voici comment il faut opérer :
- 1° Brosser soigneusement avec une brosse très propre et un pinceau dur de façon qu’il ne reste, dans les anfractuosités, aucune poussière susceptible d’être délayée ultérieurement.
- 2° Mettre dans un petit flacon à portée de la main du plâtre fin à modeler et y ajouter en remuant une quantité de tétrachlorure de carbone suffisante pour obtenir une bouillie assez épaisse dont on badigeonnera le vélin avec un pinceau. Laissez cette bouillie en place jusqu’à dessiccation complète.
- N. B. — Bien que le tétrachlorure soit très volatil, PE. =78°, les dernières portions sont parfois assez longues à s’éliminer.
- 3° Brosser à nouveau afin de détacher le plâtre sec que l'on recueille pour servir à de nouvelles opérations, puis répandre à la surface du vélin de la mie de pain rassis que l’on frotte circu-lairement avec la paume de la main en interposant une flanelle que l’on change chaque fois qu’elle apparaît souillée.
- S’il restait quelques points douteux, un finissage local avec une gomme à crayon, très douce, achèvera de remettre la reliure en parfait état.
- M. Van de Putt, a Bruxelles.
- Le Gérant : G. Masson,
- 97.768. — Paris, lmp. Lahure. — 15-7-29.
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- LA NATURE
- N° 2814 — Ier Août 1929 j/ Prix du Numéro : 3 francs V
- Paraît le Ier et le i5 de chaque mois. pour la vente en France.
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- Fig. là 4. — Les directeurs de l’Institut National Agronomique.
- De gauche à droite : Tisserand (1876-1879), Risler (1879-1901), Regnard (1901-1917), Wery (1917-1929).
- LE CINQUANTENAIRE DE L'INSTITUT NATIONAL
- AGRONOMIQUE
- Le savant agronome Malliieu de Dombasle fonda, en 1822, à Roville près de Nancy, la première grande Ecole d'agriculture française, mais son œuvre ne lui survécut pas et, quand il mourut en 1843, cet utile établissement avait fermé ses portes depuis trois ans. Entre temps, heureusement, un vieux « grognard » de l’Empire, Auguste Bella, qui, après*sa mise à la retraite, avait occupé ses loisirs à l’exploitation d’un domaine, organisa, avec l’aide du roi Charles X, Y Institut agronomique de Grignon (23 mai 1827) dont les élèves ont contribué puissamment, depuis plus d’un siècle, à mettre en valeur les ressources si variées du vieux sol gaulois.
- De son côté, la loi du 3 octobre 1848 couronna les efforts de ces initiateurs en établissant véritablement Y enseignement agricole en France. A la base de cette réorganisation gouvernementale, se trouvaient 40 fermes-écoles donnant l’instruction élémentaire pratique, puis au second degré, des écoles régionales d’agriculture dans lesquelles les élèves suivaient des cours secondaires, à la fois théoriques et pratiques plus spécialement appropriés à leurs régions respectives comme Rennes ou Grand-Jouan, Grignon ou Montpellier. Enfin au sommet de la hiérarchie figurait Y Institut National agronomique, installé en- 1850- dans les magnifiques dépendances du château de Versailles, mais supprimé deux ans plus tard et rétabli seulement par la loi du 9 août 1876.
- Eugène Tisserand, alors inspecteur général de l’agriculture française, fut l’âme de cette rénovation. Nommé directeur de l’école ressuscitée, il l’organisa selon les exigences du progrès scientifique. Les immortelles découvertes de Pasteur, les remarquables recherches de Peli-got, de Chevreul, d’Hervé-Mangon et de Prillieux, les expériences classiques de Georges Ville, d’Achille Muntz et autres avaient bouleversé, en particulier, les concep-
- tions biologiques, orienté la chimie végétale dans des voies fécondes et amélioré les techniques séculaires de certaines industries agricoles.
- S’inspirant des considérations précédentes, les rénovateurs de l’Institut agronomique l’installèrent d’abord au Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris, c’est-à-dire au cœur même de la Capitale, afin de pouvoir s’assurer le concours de professeurs d’élite, déjà titulaires de chaires de l’enseignement supérieur, comme les chimistes Boussingault, Aimé Girard et Schlœsing, comme le physicien Edmond Becquerel ou comme l’entomologiste Emile Blanchard. Puis on adjoignit à l’établissement de la rue Saint-Martin une ferme expérimentale d’une trentaine d’hectares sise au lieu dit de la Faisanderie, à Joinville-le-Pont, en bordure du bois de Vincennes.
- Eugène Tisserand në resta pas longtemps à la tête de l’Institut au rétablissement duquel il avait tant contribué. Il le quitta, deux ans plus tard, pour devenir directeur au Ministère de l’Agriculture. Mais, pendant sa longue carrière, il s’intéressa toujours à la science du sol et au sort des cultivateurs français qu’il s’efforça d’améliorer. Sa préoccupation constante fut non seulement l’enseignement agricole, mais la recherche scientifique appliquée à l’augmentation du rendement des terres. Il contribua à l’installation des laboratoires d’essais des semences et des machines agricoles, des stations de pathologie végétale, d’entomologie, de viticulture, de sériculture et de laiterie. Son ami Risler pouvait donc lui décerner le titre mérité de « Premier ingénieur agronome de France ». Du reste, Tisserand avant de mourir eut la consolation de voir lever plus d’une belle moisson dont il avait jeté en terre les premiers germes.
- Depuis une cinquantaine d’années, par exemple, la sélection rationnelle des céréales augmente, d’une façon
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- continue, le rendement de nos champs; des engrais, judicieusement dosés, accroissent la fertilité des sols. D’heureux croisements améliorent nos races d’animaux domestiques et un outillage de plus en plus perfectionné facilite la pénible besogne des cultivateurs ou’ supplée à la main-d’œuvre défaillante.
- Sous l’administration de son successeur Eugène Risler (1879-1901), l’Inslitut National agronomique prospéra beaucoup. Fils d’un riche industriel alsacien, le futur directeur fit d’abord de solides études au Lycée royal de Strasbourg et, en possession d’une belle fortune dès l'âge de 18 ans par suite de la mort prématurée de son père, il aurait pu mener une existence facile. Mais l’oisiveté manquait de charme à ses yeux. 11 résolut de s’adonner à l’élude des sciences appliquées à la culture de la terre, suivit comme élève libre les cours de 1 Ecole de Grignon, puis, après quelques voyages en France, en Allemagne, en Angleterre et en Ecosse, les hasards de la destinée l’amenèrent
- Fig. 5 à 7. — L'entrée de l'Institut national agronomique; une salle de cours; les jardins.
- en Suisse. Il y fit la connaissance d’une jeune fille genevoise, Mlle Puerari, qu’ilépousa en 1857 et, se laissant séduire par la beauté du Lac Léman, il acheta une jolie propriété à Galèves, dans la banlieue de Nyon. Or, comme ces champs, ces prés et ces vignes s’étageant au pied des Alpes étaient un peu à l’abandon, il voulut les mettre en valeur en appliquant ses connaissances scientifiques. Grâce aux ressources de la technique, à sa persévérance et à ses ressources pécuniaires, il parvint à vaincre toutes les difficultés et son domaine transformé devint une des exploitations rurales les plus remarquables du canton vaudois. Il y créa même des laboratoires où il poursuivit, durant plus de vingt ans, des travaux de chimie agricole, de physiologie végétale et des observations météorologiques, qui lui acquirent une célébrité
- européenne. Aussi, quand Tisserand quitta la direction de l’Institut agronomique, le désigna-t-il au choix du Ministre.
- Eugène Risler remplit très honorablement sa mission. Son érudition scientifique, son caractère loyal, sa bonhomie empreinte à l’occasion d’une fermeté nécessaire, lui assurèrent l’estime du personnel enseignant en même temps que la confiance des élèves dont l’effectif passa de 25 au début de sa direction à une soixantaine
- en 1887. Non seulement il s’entoura de professeurs d’élite, mais sa sollicitude envers les jeunes ingénieurs agronomes soit pendant leur temps d’éco-lage, soit après leur sortie pour leur trouver des places, groupa autour de lui des promotions de
- plus en plus nombreuses. Un trait original, qu’a bien voulu nous rapporter son successeur actuel M. Georges Wery, suffit à peindre son attachante physionomie.
- Depuis un demi-siècle, les « agros » composent, chaque année, une revue dans laquelle ils critiquent, avec plus ou moins de malice, les petits travers de leurs professeurs. Or, paraît-il, Risler figurait toujours dans ces farces traditionnelles sous les traits d’un nouveau saint Martin offrant son pardessus à un pauvre laboureur transi de froid !
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- Vu l’accroissement de sa population scolaire, l’Institut agronomique se trouvait donc trop à l’étroit au Conservatoire des Arts et Métiers. Aussi, en 1883, le Ministre décida-t-il son transfert dans les anciens locaux de l'Ecole supérieure de Pharmacie qu’on venait alors d’installer dans un palais construit avenue de l'Observatoire. On remplaça ces vieilles masures, édifiées au xvme siècle au milieu du « Jardin des Apothicaires », par un bâtiment neuf s’étendant en façade de la rue Claude-Bernard et auquel s’ajouta ensuite un immeuble neuf attenant au précédent. Mais on respecta les beaux arbres de jadis, même dans l’édification des constructions qui, établies en bordure de la rue de l’Arbalète, sont achevées depuis le mois de juin 1929; elles abritent de beaux laboratoires ainsi que de grands amphithéâtres,
- 1917, avait une formation intellectuelle toute différente. Disciple de Paul Bert, c’était lui-même un savant physiologiste, un professeur distingué et un remarquable administrateur qui sut maintenir la tradition, obtint des Pouvoirs Publics les crédits nécessaires pour édifier, de 1912 à 1914, les nouveaux bâtiments et perfectionner
- l’outillage technique. Quant à son disciple, M. Georges Wery, qui lui succéda et dirige encore jusqu’au mois d’octobre 1929 l’Institut National agronomique, sa modestie nous reprocherait de vanter ses mérites, mais la vérité nous oblige à constater que, sous sa direction éclairée, l’établissement de la rue Claude-Bernard a encore grandi. Les installations, inaugurées récemment,
- Fig. 8 à 10. — Le laboratoire d’entomologie; celai de chimie; M. Paul Marchai et la petite serre d expériences, installée sur le toit d un des batiments.
- des salles d’études et de collections. Du « Séminaire des simples » il ne reste donc plus que quelques beaux chênes ou marronniers qui ombragent maintenant des pelouses. Au milieu de celles-ci se voient les bustes de Boussingault, d’Aimé Girard, d’Eugène Tisserand, d’Eugène Risler, de l’ancien ministre de l’agri-
- culture Teisserenc de Bort, de Léonce de Lavergne, auteur d’études célèbres d’économie rurale et enfin le monument destiné à perpétuer le souvenir des 323 anciens élèves de l’Institut agronomique tombés au champ d’honneur pendant la Grande Guerre.
- Mais revenons un peu en arrière. Lorsque Risler prit sa retraite en 1901, deux cents élèves ou auditeurs libres fréquentaient l’Institut. Son successeur, le Dr Paul Regnard, qui présida aux destinées de l’École de 1901 à
- sont dues, en partie, à ses actives sollicitations, à ses heureuses initiatives. Depuis 1920 l’Institut agronomique possède, en effet, la personnalité civile, ce qui lui a permis de recueillir des dons et des legs.
- Ses nouveaux laboratoires de chimie, de pathologie végétale et de physiologie, ses collections de machines rurales, de zootechnie ou d’entomologie le disputent aux installations similaires les plus parfaites de
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- l’étranger et des hommes de haute valeur y professent maintenant.
- Parmi les particularités qui nous ont frappé au cours de nos visites, remarquons d’abord l’étuve souterraine dans laquelle l’éminent œnologiste Pierre Viala conserve les plus intéressantes des moisissures de la vigne. Les collections recueillies par le savant professeur, qui a tant contribué par ses recherches à vaincre le phylloxéra, sont probablement uniques au monde. L’entomologiste Paul Marchai est logé, au contraire, aux étages supérieurs de l’Institut agronomique. Une petite serre, installée sur le toit d’un des bâtiments en bordure de la rue Claude-Bernard, lui sert à élever des bestioles nuisibles ou utiles pour les plantes, tandis que, dans les salles vastes et bien éclairées de son laboratoire, il enseigne à ses élèves la zoologie agricole. Il les initie également aux originales méthodes d’élevage, qu’il a imaginées pour ses recherches personnelles et qui lui facilitèrent, en particulier, sa sensationnelle découverte de la polyembryonie spécifique ou mode de multiplication des êtres par dissociation des œufs. Ce système repose sur l’isolement dans une cage de chaque espèce d’insecte, de manière qu’il trouve dans sa prison tous les éléments nécessaires aux diverses périodes de son développement. On se rapproche ainsi le plus possible des conditions que les animaux rencontrent dans la nature. Des trappes de verre mobiles ainsi que des manches latérales en mousseline facilitent les observations sur les petits prisonniers. On dispose, d’ordinaire, ces cages vitrées et de grandeur
- variable, près d’une fenêtre; on les appuie parleur base sur des pots qui abritent les végétaux nourriciers et le naturaliste peut examiner à loisir par transparence les minuscules pensionnaires.
- Au laboratoire de M. Marchai, il existe également de grandes cages de plus de 2 mètres cubes permettant d’entreprendre des expériences, soit sur de plus nombreuses bestioles, soit sur des arbustes plus volumineux. On les fixe alors sur une table et l’expérimentateur peut y faire pénétrer l’intérieur de son corps, puis, en serrant la gaze autour de ses reins, y effectuer, à son aise toutes les manipulations possibles sans crainte de voir ses sujets s’envoler.
- Arrêlons-là notre visite, que les limites de notre article nous empêchent de rendre plus complète, mais constatons pour terminer qu’en voyant l’outillage perfectionné de l’Institut National agronomique on ne peut plus parler de la misère des établissements scientifiques de France, Ses laboratoires répondent aux exigences actuelles de l’agronomie. D’éminents professeurs y enseignent le vaste ensemble des connaissances physiques, chimiques, zoologiques, botaniques, géologiques et technologiques nécessaires pour embrasser avec succès les diverses carrières se rattachant de près ou de loin à la terre : fermiers, éleveurs, sylviculteurs, industriels traitant les produits du sol, officiers des haras, fonctionnaires ou même... Ministre de l’Agriculture !
- Jacques Boyek.
- UN PROGRÈS DANS LA TECHNIQUE CINÉMATOGRAPHIQUE LE FILM OZAPHANE
- Le film cinématographique couramment employé est constitué par un support en celluloïde recouvert d’une couche d’émulsion, c’est-à-dire d’une suspension colloïdale dans la gélatine d’un sel d’argent sensible à la lumière. L’image, après développement, se trouve toute contenue dans la mince couche émulsionnée, la pellicule de celluloïde ne fait qu’en assurer la rigidité et l’entraînement à la projection, grâce à des perforations ménagées dans sa marge.
- Le défaut capital de ce film est son inflammabilité : chacun sait en effet que le celluloïde est un éther nitré de la cellulose tout comme le coton-poudre ou pyroxiline qui constitue la base de nombreux explosifs, particulièrement des poudres sans fumée.
- Lorsqu’un tel film cinématographique passe dans un projecteur, c’est donc une bande d’explosif qui défile sous les rayons brûlants de la source lumineuse que concentre sur elle le condensateur de la lanterne.
- Les nécessités de la projection cinématographique aboutissent à un dispositif aussi bien fait pour mettre le feu au film que pour le projeter. Celui-ci ne doit son salut qu’à la fuite, et le peu de temps durant lequel il s’immobilise sous les rayons incendiaires (environ l/30e de seconde) est insuffi-
- sant pour provoquer son inflammation. Mais qu’un arrêl fortuit de l’appareil, une rupture de la pellicule se produise, et c’est l’incendie immédiat, et même l’explosion si les circonstances s’y prêtent.
- Heureusement, les appareils modernes comportent — obligatoirement du reste — des dispositifs de protection qui tendent à diminuer les chances d’inflammation ou à en limiter les effets : cuve à eau placée sur le trajet des rayons lumineux pour absorber une partie de leur chaleur, volet de sécurité qui se rabat sur le film en cas d’arrêt du mécanisme (c’est peut-être le dispositif le plus efficace... quand il fonctionne correctement), carters pare-feu entourant les bobines, etc. Les cabines de projection sont d’ailleurs soumises à une réglementation sévère dont le but est d’empêcher la propagation d’un incendie à la salle de spectacle.
- Malgré tout, le film a déjà fait de trop nombreuses victimes, et en fera malheureusement encore.
- On a tenté d’interdire l’usage des pellicules inflammables, mais la date d’application des décrets a été sans cesse reculée, parce que, pratiquement, les succédanés ininflammables du celluloïde n’ont pas donné toute satisfaction. Le film ininflammable classique actuel est à support d’acétoïde ou éther
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- acétique de la cellulose. Ce n’est pas un explosif, il ne s’en* flamme pas et sa préparation le rend à peu près incombustible. Soumis à une flamme il charbonne, mais ne brûle pas. Il rabit facilement, par contre, les variations hygrométriques. I.espassages répétés dans les appareils le rendent cassant, il perd une souplesse que conserve très longtemps le celluloïd, il se raye aussi plus facilement au détriment de sa transparence et de la pureté des images.
- L’émulsion photographique qui recouvre les films est, nous l’avons vu, à base de sels d’argent. Si l’on considère que, sur 100 m de film, il y a 16 gr d’argent, on se représente l’énorme quantité de ce métal consommée par l’industrie cinématographique qui utilise des milliers de kilomètres de bande, tant négative que positive. Le prix élevé de l’argent rend le film extrêmement coûteux.
- D’autre part, la couche d’émulsion gélatinée est délicate et le dur service auquel sont soumis les films dans les exploitations diverses rend leur vie éphémère.
- LE FILM OZAPHANE
- Dans ces dernières années, le problème du film ininflammable a reçu en France une solution élégante dont les nombreux avantages font espérer une faveur rapide.
- Le film ozaphane — tel est son nom — est une double nouveauté : il emploie un support nouveau, la cellophane et il exclut l’argent dans la formation de l’image pour lui substituer des matières colorantes sensibles à la lumière : les composés diazoïques.
- Le support. — Le support du film ozaphane est constitué par de la cellulose, ou plus exactement de la cellulose régénérée à partir d’un dérivé xanthogénique de la cellulose. Ce produit est plus connu sous le nom de viscose, lorsqu’il est filé pour constituer une qualité de soie artificielle très répandue actuellement, et sous le nom de cellophane lorsqu’il est présenté en feuilles minces et transparentes. Ces feuilles sont très employées dans l’emballage des spécialités pharmaceutiques, des savons de luxe, etc.
- Sans entrer dans le détail de préparation de la viscose, nous rappellerons que la matière première est la pâte de bois qui sert à la fabrication du papier. On sait que cette pâte est constituée essentiellement par de la cellulose, de formule brute :
- CprL°0;\
- On imprègne cette pâte de soude caustique, puis on l’essore de façon que sa composition soit voisine de la formule :
- (C6 H10 0*)2 NaOH
- alcali-cellulose.
- Après transformation de la pâte en pulpe dans des piles convenables, elle est soumise à l’action du sulfure de carbone. On obtient une masse colorée en jaune orangé. C’est un éther de l’acide xanthique et de la cellulose, de la forme :
- ro/SNa
- ^ \0(C6H°0*)Na0H
- ou xanthate de cellulose qui, après dissolution dans l’eau, peut être filé en fils ou coulé en films.
- Le coulage des films se fait, comme pour la nilrocellulose, sur des tambours parfaitement polis. La pellicule est acheminée ensuite dans des bacs de coagulation contenant d’abord des solutions salines concentrées (sulfate d'ammonium, sel marin), puis des solutions d’acides minéraux. Après lavage et séchage, le film est enroulé. Il est prêt à être découpé au calibre voulu et à être perforé.
- Les particularités saisissantes du support de cellophane sont : son extrême minceur et sa grande souplesse. Alors que, dans les films ordinaires, l’épaisseur est de l’ordre de 0,15 mm, elle n’est ici que de 0,05 mm.
- On comprend tout de suite tout le parti qu’on peut tirer de cette propriété : sur les bobines qui contiennent 3 à 400 m de film normal, on peut loger jusqu’à 1200 m de pellicule ozaphane. C’est donc une réduction d’encombrement considérable, des changements moins fréquents de bobines pendant la projection et le prix du transport, qui grève sensiblement la location des films, réduit eu proportion de la diminution du poids.
- La cellophane par elle-même est ininflammable au même degré que l’acétoïde ou acétate de cellulose. Par addition supplémentaire d’un agent énergique d’ignifugation, le film ozaphane est rendu absolument incombustible. Enfin la pellicule ozaphane qui est trois fois plus mince que le film celluloïd est meilleur marché que ce dernier.
- Voilà pour le support.
- Les matières photosensibles. — Nous avons dit précédemment que le film ozaphane ne possède pas d’émulsion argentique. Les produits photosensibles sont des matières colorantes de la série des azoïques.
- Pour la compréhension du procédé qu’utilise le film ozaphane, le lecteur nous permettra une digression aussi concise que possible sur les azoïques et leurs propriétés.
- Lorsqu’on traite des sels des amines aromatiques primaires par l’acide nitreux naissant, on obtient des dérivés dits diazoïques (sels de diazonium), selon l’équation :
- ArNLLHCl + NCXH __ 2H20 + Ar — N = N — Cl
- Chlorhydrate Acide Chlorure de
- d’amine nitreux diazoïque.
- aromatique.
- (Ar désigne un radical aromatique quelconque).
- Les sels de diazonium sont plus ou moins colorés, mais, si on les fait réagir en solution alcaline avec des phénols ou en solution acide avec des amines aromatiques, on obtient des matières colorantes dont la teinte varie suivant les sels diazoïques et les phénols ou amines mis en présence. Ces matières colorantes sont dites azoïques et la réaction du diazoïque sur le phénol ou l’amine est dite copulation. Par exemple, la copulation d’un sel de diazo avec la monophény-lamine ou aniline sera représentée par l’équation :
- Ar —N = N —Cl + C6 Hs NH - = HCl + Ar — N = N—CeiP
- Sel do diazo aniline Colorant azoïque.
- La copulation avec le phénol :
- Ar — N = N—Cl + C6 II5 OH Sel de diazo Phénol
- = IICl + A2 — N=N — C6H4OII.
- Colorant azoïque.
- Le groupe d’atomes —N=N — caractérise la classe des colorants azoïques.
- Les sels de diazoïques sont, à des degrés divers, sensibles à la lumière. Pour sensibiliser le film ozaphane, on imprègne la cellophane d’un mélange de sel de diazoïque particulièrement sensible à la lumière, et d’un phénol susceptible de lui être copulé en milieu alcalin. La solution d’imprégnation est légèrement acidifiée par un acide faible, par exemple l’acide acétique, pour empêcher toute copulation intempestive.
- Le film, ainsi préparé dans l’obscurité, séché, découpé, sera prêt pour un tirage de positif. (Car jusqu’ici il n’est question que de bande positive, la sensibilité à la lumière des diazoïques actuellement connus est insuffisante pour les prises de vues directes.)
- On exposera donc la bande de pellicule ozaphane derrière un positif ordinaire à l’argent dans la. tireuse. Voici le mécanisme du phénomène : la lumière traverse les parties claires du positif et détruit le sel de diazonium dans les parties correspondantes du film ozaphane.
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- Sous les parties opaques du modèle, que la lumière ne traverse pas, le sel de diazo est laissé intact»
- Sous les demi-teintes, le sel de diazo sera détruit proportionnellement à la quantité de lumière qui a traversé le positif.
- Au sortir de la tireuse, on expose la pellicule à des vapeurs ammoniacales. L’acide mélangé aux réactifs sera neutralisé, le milieu devient alcalin. Dans les régions où le diazo est resté intact intégralement ou en partie.il y a copulation avec le dérivé phénolique, d’où développement d’une coloration d’autant moins intense qu’il y a eu plus de diazo altéré.
- Dans les blancs, où tout le sel de diazoïque a été détruit, il n’y a aucune copulation, le film reste transparent.
- Le développement et le fixage se font sans immersion de la pellicule dans aucun liquide et par un seul passage dans des vapeurs ammoniacales. Les lavages sont supprimés, de même que le séchage.
- Enfin, pour éviter l’action de l’humidité atmosphérique, les deux faces du film sont enduites d’une mince couche imperméabilisante.
- On voit que, par un traitement très simple, on peut obtenir une épreuve positive d’un film positif, ce qui présente des avantages dont nous parlerons plus loin. Suivant les produits de copulation mis en présence, on peut obtenir directement une gamme variée de tons, ce qui ajoute à l’agrément de la projection.
- Nous devons ajouter enfin que, contrairement aux images argentiques, les teintes présentent une continuité remarquable par suite de l’absence totale de grain.
- On conçoit que, du fait de son extrême minceur, le film ozaphane nécessite des appareils spéciaux pour sa projection La difficulté a été résolue par des spécialistes, particulièrement par M. Oehmichen qui a réalisé un dispositif passant à volonté les films extra-minces et les films d’épaisseur courante, sans que le changement de pellicule nécessite le moindre réglage de l’appareil.
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- Nos lecteurs se rendent maintenant compte de ce qu’est le film ozaphane. Sa mise au point a demandé des efforts persévérants et les beaux résultats atteints représentent de nombreuses difficultés vaincues, difficultés d’autant plus pénibles
- à surmonter que les principes et les procédés- employés s’écartent résolument des sentiers battus pour aboutir à la création d’un film entièrement nouveau dans sa fabrication et dans ses propriétés.
- Le film ozaphane est donc avant tout un film ininflammable et incombustible. Son extrême minceur entraîne un poids et un encombrement très réduits.
- L’absence de gélatine rend sa surface beaucoup moins fragile que dans le film habituel dont les rayures et les écorchures sont d’un effet fâcheux à l’écran.
- Le prix de revient de la bande tirée est sensiblement inférieur à celui des positifs à l’argent, ce qui est un facteur d’exploitation important.
- Le fait que les positifs se tirent à partir de positifs présente un intérêt qu’on ne saisit pas a priori, et qui est cependant essentiel.
- En raison de l’importance des capitaux qu’exige l’édition d’un film à l’heure actuelle, il est très rare, sauf parfois peut-être en Amérique, que les sommes considérables engagées soient amorties dans le pays d’origine. Ce n’est qu’aprèsune circulation à l’étranger, circulation qui dure parfois assez longtemps, que la bande a rapporté le maximum. Lorsque le film a fait sa carrière dans le pays où il a été créé, le négatif doit s’expatrier, passer de mains en mains pour fournir à l’étranger les épreuves nécessaires. Ces tribulations ne sont pas sans risques pour sa bonne conservation, et il arrive assez souvent qu’un négatif de prix revient chez son éditeur dans un tel état qu’il devient inemployable, et toutes les assurances du monde ne peuvent lui rendre une valeur qu’il a irrémédiablement perdue.
- Le tirage du positif, d’après un positif, supprime tous ces inconvénients. Il suffit pour l’éditeur de distribuer aux pays intéressés des positifs pouvant être copiés sur ozaphane selon la demande. Cette distribution de positifs peut être faite en même temps dans tous les pays : l’attrait de la nouveauté, facteur essentiel de succès, concourra à un rapide amortissement sans que le négatif précieux quitte la maison d’édition.
- Cette création d’une industrie française aura peut-être bien des habitudes et des routines à vaincre avant que justice soit rendue à ses qualités, mais ses avantages paraissent tels qu’elle doit pouvoir triompher. Gilbert-F. Pouchon,
- Ingénieur-chimiste, E. C. I. L.
- NOUVELLE GROTTE MARBORÉENNE
- M. Joseph Devaux, aide-météorologiste a l'Observatoire du Pic du Midi, étudie depuis deux ans les phénomènes glaciaires dans les Pyrénées. Pendant Vhiver il effectue ses expériences à VObservatoire (2860 m d'altitude), dont les terrasses sont couvertes d'une épaisse couche de neige depuis le Pr novembre jusqu au Pv juillet. Pendant l'été il opère sur les névés permanents et les glaciers du Vigne-male, du Mont-Perdu, du Marboré.
- Au cours de la campagne qu’il a faite, aux mois de juillet et d'août 1928, dans le massif du Marboré, M. Devaux a découvert et exploré une grotte glacée, qui s’ouvre du côté français sur les gradins supérieurs du cirque de Gavarnie; cette grotte présente quelque analogie avec celle que M. Norbert Casteret a décrite dans le n° 275b de La Nature.
- Cest le récit très attachant de cette découverte que publie aujourd'hui La Nature. Nous sommes persuadé que les lecteurs de la Revue seront intéressés par cet exposé, qui montre les difficultés de toutes sortes que M. Devaux et ses compagnons ont rencontrées, et qu’ils ont courageusement surmontées.
- Des résultats importants pour la géologie et la physique du globe se dégagent de cette exploration : le plus curieux paraît être l'existence de cristaux de glace de grande taille, formés dans la grotte des « Sœurs de la Cascade », grâce à une température remarquablement constante.
- C. Datjzère,
- Directeur de l’Institut et Observatoire de Physique du Globe du Pic du Midi.
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- du Marboré
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- Fig. 1. — Le cirque de Gavarnie : le Marboré et la grotte des Sœurs de la Cascade.
- A la fin du printemps 1928, j’étudiais de l’Observatoire du Pic du Midi, à l’aide du petit équatorial de 22 cm d’ouverture, l’enneigement formidable du massif calcaire du Mont-Perdu, lorsque mon attention fut subitement attirée par une formation inattendue : dans le grand névé qui recouvrait l’Epaule du Marboré, on voyait distinctement une file de grands entonnoirs réguliers. Bien que ce névé soit à 30 km de l’Observatoire, on pouvait apercevoir ces cavités coniques à l’œil nu. Ne pouvant m’expliquer de telles formations par les particularités des courants aériens qui régissent l’enneigement des hauts sommets, je n’hésitais pas à les attribuer à une importante fissure du rocher. C'est pourquoi, dès le mois de juillet, je descendis en toute hâte de l’Observatoire pour vérifier de plus près l’existence de cette fissure hypothétique.
- Je fus accompagné, dans cette première course, par M. Robert Dauzère, le neveu de l’éminent Directeur de l’Observatoire. Après avoir gagné la Brèche de Roland, où fut établi notre campement, nous partons, le 16 juillet, pour gagner l’Epaule du Marboré. Du col de la Cascade, nous regardons la paroi Ouest de l’Epaule : longue falaise verticale d’environ 100 m de haut, au milieu de laquelle s’ouvre un énorme trou en apparence inaccessible. Cette « Caverne de l’Epaule » nous laisse rêveurs; elle se trouve juste au-dessous de la fissure présumée, et l’on voit, à l’intérieur, un grand névé très incliné. Ce névé ne provient-il pas de la neige qui s’engouffre dans la fissure? Nous reprenons notre marche, remontons le grand névé Sud de l’Epaule et, sans nous élever jusqu’au sommet de celle-ci, gagnons à flanc, par le ressaut Ouest, le névé Nord où se trouvent les entonnoirs. L’hypothèse était juste : une fissure de plusieurs dizaines de mètres de long et d’environ 1 m de large s’ouvre dans le calcaire, parallèlement à la paroi Ouest. Tandis que je fais basculer, dans cet abîme, de gros rochers, M. R. Dauzère, penché au-dessus de la Muraille, guette leur sortie par la caverne. Mais il ne voit rien; et nous étions un peu découragés, car la descente dans cette fissure était peu engageante.
- C’est alors qu’en me retournant pour regarder les
- formidables à-pics marboréens, je remarque à la base de la paroi verticale qui forme l’assise commune des trois pics nommés « les Sœurs de la Cascade » et au niveau du névé de l’Epaule, une arcade rocheuse, laissant deviner l’entrée d’une grotte. Un peu plus bas et au Nord, un torrent jaillit d’un trou percé dans la même paroi, et s’engouffre sous le névé. En trois coups de piolet, je franchis le névé, très incliné à cet endroit, gagne le porche, m’y engage et suis stupéfait de fouler aux pieds de la neige poudreuse, presque hivernale. Le plafond s’abaisse, je me glisse sur un plancher de glace; toutes les parois rocheuses, garnies de petits cristaux de glace, scintillent sous l’éclat de ma lampe électrique. Je franchis quelques blocs, me trouve dans une première salle, gagne une deuxième salle, où des croûtes de glaces tombées reposent sur des blocs irréguliers, m’engage dans un couloir sans issue, où des cristaux de glace énormes pendent au-dessus d’une coulée de glace lisse, essaye un nouveau couloir étroit, et me trouve dans une nouvelle salle au sol en partie couvert de glace. Je m’engage enfin en rampant sur la glace dans un couloir très surbaissé; mais je m’arrête soudain devant un aspect bizarre du sol; j’avance mon piolet : de l’eau; le plancher de glace plonge dans un lac souterrain. L’écho d’un hurlement me laisse supposer l’existence d’une nouvelle salle plus importante, mais un grondement lointain de torrent souterrain me déconseille de poursuivre cette exploration en pleine eau glaciale; et je juge prudent de reprendre la marche rampante, à reculons cette fois, pour regagner le jour.
- Le 1er août, je revins visiter cette grotte en compagnie de M. Marcel Hugon. Le torrent ne sortait plus par le même orifice; il jaillissait d’un trou situé plus haut et plus au Nord. Le 16 juillet, j’avais tenté d’explorer cette cavité, mais je n’avais pu remonter ce couloir que'd’une quinzaine de mètres, car le sol de glace rejoignait le plafond rocheux. Prévoyant un changement dans le cours souterrain des eaux, nous pénétrons dans la grotte par l’entrée normale. Dans la salle E (voir le croquis), une ouverture s’est faite au Nord-Ouest et, en avançant sur le sol de glace qui tombe brusquement dans le cours du ruisseau souterrain, j’aperçois l’orifice du
- Fiq. 2. — Croquis de la grotte des Sœurs de la Cascade.
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- torrent qui s’écoule jusqu’à sa sortie dans un couloir rectiligne. Puis je m’engage de nouveau dans le couloir d; le lac souterrain s’est vidé, et nous pouvons pénétrer dans une vaste salle, où coule calmement le ruisseau, parmi les rochers recouverts de limon humide. La salle s’étend vers le Sud-Est; j’atteins bientôt une région sèche encombrée d’énormes blocs; et je m’enfonce ainsi de plus en plus profondément dans la masse du Marboré. Mais la grotte se rétrécit de plus en plus; le plafond s’abaisse; ce n’est bientôt plus qu’un couloir qui oblique vers l’Est et se termine en queue de poisson. Après avoir dressé un petit « cairn » de mécontentement, je rejoins mon ami Hugon, qui m’attendait impatiemment dans l’obscurité.
- Cependant, en passant dans la salle C, j’aperçois dans la paroi Sud un orifice qui m’avait jusqu’alors échappé; il permet de pénétrer dans une petite salle, d’où part un nouveau couloir montant, étroit et très incliné. Je m’y engage et remonte ainsi une dizaine de mètres; mais soudain m’arrête stupéfait : à quelques mètres de moi, sous l’éclat de ma lampe électrique, une masse blanche d’énormes grappes étincelantes scintille.... Je m’approche : ce sont des cristaux de glace, mais des cristaux monstres. Ils forment des pendentifs géants d’une architecture incroyablement compliquée, qui semblent tenir par miracle à la voûte rocheuse où ils sont fixés. Certaines arêtes .rectilignes ont 15 à 20 cm de long; et ce monceau de joyaux énormes semble barrer la route à quiconque ne voudrait pas commettre le crime de les saccager. Cependant je rampe, me glisse entre les rochers et dépasse cette barrière sans la frôler. Nouvelle salle froide; je gravis son sol incliné; mais soudain, terrifié, je recule : devant moi une montagne de rochers bleus se déforme, grossit, monte et descend. .. Mais pourquoi sont-ils bleus, bleu de glace? Me doutant de l’illusion, je m’approche prudemment la main tendue, et brusquement, comme un aveugle, mes doigts rencontrent une surface que je ne voyais pas. Le fond de cette salle est tapissé d’une épaisse couche de glace, dont la surface courbe et lisse, et dont la masse pure comme un verre d’optique, forment une lentille déformante.
- Cependant il se fait tard, et nous regagnons en toute hâte la Brèche de Roland, où nous avions laissé nos provisions. Par bonheur, les bergers espagnols ne nous ont rien volé : ils oublient quelquefois.
- Le 22 août, nous partions de nouveau, Hugon et moi, pour visiter cette grotte et tenter d’en prendre des photographies, dont les essais avaient jusqu’alors été lamentables. Sous un soleil accablant, nous grimpons lentement à la Brèche par les Sarradets, faisant des haltes répétées, sous prétexte d’examiner à la longue vue les parois du Cirque de Gavarnie. Vers midi, le soleil éclairait tangentiellement la paroi Ouest de l’Epaule au milieu de laquelle s’ouvre la fameuse caverne. Alors Hugon me fait remarquer une discontinuité dans l’orientation de cette paroi; y avait-il à cet endroit une « vire », c’est-à-dire un passage étroit dans la muraille verticale? A 2 km de distance, il était difficile de l’affirmer; mais s’il y avait là une vire, elle semblait placée exprès pour atteindre la caverne.
- Le lendemain, au lever du soleil, nous quittons la Brèche de Roland, emportant cette fois nos provisions et notre matériel de couchage (matelas pneumatique et couverture de duvet, le comble du confort). Parvenus au col de la Cascade, nous braquons de nouveau notre longue vue vers la paroi de l’Epaule; du premier coup d’œil, nous voyons qu’il y a bien une vire d’un aspect assez engageant. Mais, pour atteindre la base de la vire, il nous faut descendre le grand névé, et le traverser dans la région où il est balayé par une canonnade de pierres sifflantes. Ayant échappé aux projectiles, nous gagnons la vire ; aucune difficulté au début; mais, vers le haut, sur le point d’atteindre la base de la caverne, on rencontre un passage un peu délicat, où il faut se fier à des prises rendues glissantes par le ruissellement d’un petit torrent. Nous voici sur une plate-forme confortable, devant l’entrée noire et gigantesque. Sur le rocher poli et glissant, nous remontons la pente tant bien que mal et attaquons la base du névé, que l’on pourrait presque qualifier de souterrain, à une pente très forte qui dépasse je pense 60°; mais, avec une paire de crampons, on y monte comme à une échelle. Nous gagnons bientôt le haut de ce névé qui s’adosse à une paroi vraiment verticale. Alors, en levant les yeux pour tâcher de distinguer la voûte, nous apercevons une vague lueur, éclairant une fissure verticale aux parois ruisselantes où tombe une pluie ininterrompue. Le fait est certain, nous sommes à rla base de la grande fissure, observée sur la partie supérieure de l’Epaule. Mais nous n’essayons même pas de remonter ce gouffre. Nous redescendons le névé sans difficulté, puis la vire, où la corde n’est pas indispensable. En somme, l’ascension de la Caverne de l’Epaule ne présente pas de grosses difficultés pour un montagnard un peu exercé, et nous ne sommes pas étonnés d’apprendre, quelques jours plus tard, du vieux guide Bernat-Salles, qu’il a déjà visité cet orifice il y a près d’un demi-siècle avec le fameux pyrénéiste Henri Brulle.
- Nous gagnons avec quelque retard la « Grotte des Sœurs de la Cascade ». Une visite rapide dans la grotte, puis nous nous installons pour la nuit à son entrée sur un grand rocher plat.
- Le lendemain, dès le lever du soleil, nous pénétrons de nouveau dans la grotte. Hugon attaque le travail photographique; c’est une dure besogne; les doigts gelés, rampant sur les rochers, il cadre sans voir, met au point à l’estime, allume des feux asphyxiants. Après plusieurs heures de travail, il réussit un bon cliché des grands cristaux de glace, dont la photographie présente de grosses difficultés. Pendant ce temps, je visite de nouveau la grande salle et, par de petites fissures latérales, je retrouve à plusieurs reprises le cours du ruisseau souterrain. Mais, après des allées et venues répétées, ne parvenant pas à remonter plus avant le cours du ruisseau qui rejoint le plafond rocheux, je rejoins mon ami Hugon. Alors, à court de vivres, nous regagnons la sortie, et, en toute hâte, revenons au col de la Cascade, redescendons sur le névé sous une canonnade de pierres intensifiée, remontons à la Caverne de l’Epaule pour prendre des photographies, regagnons le col de la Cascade, filons sur la Brèche, affamés, dévorons des croû-
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- Fig. 3. — Quelques aspects de la grotte.
- Le massif des Sœurs de la Cascade. 2. La sortie du torrent.
- L'entrée de la grotte. 4. Une salit de la grotte
- Le ruisseau souterrain. 6. Le torrent.
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- Fig. 4. —| Une salle aux parois garnies de petits cristaux de glace.
- tons de pain dont se régalaient de bruyantes corneilles, et nous nous engouffrons en glissade dans une épaisse mer de nuages.
- *
- * *
- M.'Caslcret a déjà donné, il y a quelques années dans La Nature n° 2754, une description d’une grotte qu’il a découverte au Sud de la Brèche de Roland. La « Grotte Casteret » renferme une glacière souterraine remarquable par son ampleur. Mais il existe, dans le haut Massif calcaire, de nombreuses formations de ce genre à plus petite échelle. En particulier, la paroi de la Brèche de Roland renferme un grand nombre de fissures où l’on trouve des formations de glace, soit en plancher, soit en couches tapissant les parois, soit en stalactites, stalagmites et colonnes. Il n’est pas douteux que ces formations de glace sont dues à une congélation de l’eau qui suinte ou qui tombe dans ces grottes, et provient de la fusion des névés supérieurs. Ces glaces qui se forment sur place, et sont pratiquement immobiles, ne doivent pas être dénommées « glaciers souterrains », car un glacier est caractérisé, avant tout, par sa marche (*).
- La « Grotte des Soeurs de la Cascade » contient peu de glace; mais elle me paraît présenter un intérêt particulier à deux points de vue.
- Tout d’abord j’ai appris que le torrent de sortie du ruisseau souterrain était déjà connu. Lors d’une ascension de la Sœur centrale de la Cascade par les à pic Nord-Ouest, Henri Brulle, et depuis une équipe de grimpeurs qui recherchaient cet itinéraire difficile, l’avaient déjà remarqué. On lui donne le nom de « Resur-gence Brulle ». Elle constitue, d’après M. Gaurier, la vraie source du gave de Pau. Les explorations de la « Grotte des Sœurs de la Cascade » m’ont permis de remonter de quelques 200 m le cours souterrain de cette
- 1. Voir à ce sujet l’article de M. Gaurier : « Une visite à la grotte Casteret », dans La Montagne, janvier 1929.
- source. Dans toute la partie explorée, ce ruisseau coulait, suivant une faible pente, à peu près dans la direction Sud-Est, Nord Ouest. A l’endroit le plus reculé, je me trouvais, je pense, sensiblement au-dessous de la ligne de crête des Sœurs de la Cascade, qui constitue la frontière. On peut donc dire, à ce point de vue, que le gave de Pau prend sa source en Espagne. D’ailleurs, M. Mengaud, professeur de Géologie à la Faculté des Sciences de Toulouse, a étudié longuement ce massif et en a dressé une carte géologique détaillée. 11 a déduit de ses études que les eaux de fusion des névés, qui recouvrent une partie très importante du versant espagnol du Mar-boré, doivent s’écouler par des fissures du calcaire sur le versant français sous forme de résurgences comme celle de Brulle.
- L’exploration de la « Grotte des Sœurs de la Cascade » apporte à ces vues une précision, encore insuffisante et qu’il serait utile de poursuivre.
- D’autre part, dans certaines salles de cette grotte, l’air est d’un calme remarquable. En particulier, je pense que, dans la salle D, l’air ne se renouvelle que par des courants de convection très lents. Par suite, la température
- Fig. 5. — Les grands cristaux de la « Grotte des Sœurs de la Cascade ».
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- de l’air qui s’y trouve doit être sensiblement la même que celle du rocher où elles sont creusées. Comme ces cavités sont à une assez grande distance de la surface extérieure de la montagne, leurs températures ne doivent subir qu’une variation annuelle très faible. L’étude de celte grotte nous donne donc des résultats intéressants sur la température des couches relativement profondes du Marboré. Dans la salle D j’ai trouvé une température de —1°,9 ; dans le fond de la salle F, à l’endroit le plus reculé de la grotte, elle était de 0°,0. Ces résultats permettent de supposer qu’au-dessus de 2900 m d’altitude, à une assez grande distance de la surface, les roches du Massif calcaire sont en général à une température constamment inférieure à 0°. Il pourrait donc exister dans ces régions des glaces souterraines qui ne fondraient
- - ^— ............... ————= 107 =
- jamais, de véritables glaces fossiles. Les cristaux de glaces qui pendent du plafond à l’entrée de la salle D, et qui ont dû se former par sublimation, semblent être à l’appui de cette hypothèse, car je ne conçois pas que des cristaux de pareille dimension puissent se former en une année. J’exprime cependant l’hypothèse des glaces fossiles sous toute réserve; car il faudrait, pour interpréter ces faits, s’appuyer sur des données géologiques précises, et compléter ces résultats bien insuffisants par des recherches méthodiques.
- Il me semble que des explorations spéléologiques dans ce massif, poursuivies d’une manière systématique, et guidées par des observations géologiques, auraient des chances d’amener à des découvertes remarquables.
- Joseph Devaux.
- L'ÉDITION PHONOGRAPHIQUE ET LA FABRICATION DES DISQUES DE PHONOGRAPHES
- II. L’ENREGISTREMENT DU DISQUE ORIGINAL ET SA REPRODUCTION
- GENERALITES SUR LA FABRICATION DES DISQUES
- Dans un récent article paru dans le numéro 2810 de La Nature, nous avons donné des détails sur l’édition phonographique, les principes et les difficultés de l’enregistrement élec-' trique des disques, difficultés dues à la nature même de ces disques.
- Nous allons maintenant décrire d’abord les appareils et les diverses opérations qui permettent de réaliser lé disque de cire prototype, et d’obtenir grâce à lui des « impressions » phonographiques en nombre illimité ; puis nous indiquerons les perfectionnements qu’il semble encore possible de réaliser dans un avenir plus ou moins lointain.
- Rappelons seulement que la fabrication des disques actuels de phonographe peut être divisée en trois phases bien distinctes : enregistrement d’un disque de cire original, réalisation au moyen de diverses opérations électrolytiques d’un moule métallique en relief constituant le négatif du disque et appelé matrice, enfin fabrication à la presse au moyen de cette matrice, des disques en matière plastique à base de gomme-laque.
- L'AUDITORIUM PHONOGRAPHIQUE L’adoption des procédés modernes d’enregistrement
- électrique permettant l’emploi de microphones devant lesquels on place les exécutants, comme s’il s’agissait d’une émission radiophonique, permet d’éviter la nécessité gênante de rassembler les artistes très près des appareils enregistreurs, alors que la faible sensibilité des enregistreurs mécaniques nécessitait auparavant leur groupement autour du cornet acoustique.
- En théorie, onpeut donc enregislrer électriquement des disques en plaçant les microphones reliés aux appareils d’enregistrement dans une église, une salle de concert, un théâtre quelconque, etc.,«et nous avons déjà indiqué des exemples d’enregistrements de ce genre.
- Les très beaux disques enregistrés au théâtre wagné-rien de Bayreuth constituent, à ce propos, une preuve indéniable que l’on peut réaliser des œuvres vraiment artistiques en plaçant judicieusement les microphones d’enregistrement dans une salle de spectacle ordinaire. Cependant, pour obtenir régulièrement et le plus faci-
- Fig. 1. — Enregistrement d'un disque.
- La distance du soliste au microphone varie suivant la profondeur du champ du microphone. On voit ici le compositeur Darius Milhaud, au piano, et la cantatrice Mme Bathary au microphone, enregistrant un disque Colombia.
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- Tenture
- Batterie
- s®*»-1
- Soliste i
- i Microphone
- Iij.'ou ensemble f demicrophone.
- d’orchestre
- Fig. 2. — Disposition des instruments dans un auditorium phonographique.
- leraent possible des enregistrements musicaux vraiment artistiques, on utilise, en général, une salle spécialement aménagée, l’auditorium ou studio phonographique, dans laquelle on détermine soigneusement la position du microphone ou ensemble de microphones et la position des artistes par rapport à ces microphones.
- Le problème de la construction et de l’aménagement d’un auditorium diffère essentiellement des problèmes d’acoustique de même ordre qui se posent pour les salles de théâtre et de concert.
- Dans ces dernières, il faut que tous les spectateurs placés dans tous les points de la salle jouissent d’une bonne audition ; dans un auditorium phonographique, au contraire, la qualité de l’audition n’importe que pour le ou les points où se trouvent placés les microphones. Mais il ne faudrait pas en déduire que le problème soit plus facile à résoudre ; il est extrêmement complexe et exigera encore de longs efforts de la part des spécialistes avertis qui l’étudient, avant d’être vraiment résolu d’une manière parfaite.
- Le microphone est, en effet, un instrument beaucoup moins « intelligent » que l’oreille et c’est pourquoi un auditorium ne peut être constitué comme une salle de concert.
- Lorsqu’on fait résonner un instrument de musique dans une salle, il se produit une onde sonore plus ou moins amortie qui va frapper les murs de la salle ; ces derniers la réfléchissent plus ou moins fortement suivant leurs
- Fig, 3. — Disposition schématique des organes d’un enregistrement électrique avec amplificateur à trois éléments.
- Elément d’entrée
- Elément moyen Elément de sortie
- périodes propres et les périodes propres de la masse d’air contenue dans la pièce.
- Il faut donc considérer l’onde directe, les échos et les résonances acoustiques ; de plus, les ondes successives diverses produisent des séries d’ondes stationnaires et d’interférences.
- L'oreille, instrument intelligent, nous permet de faire une sorte de sélection parmi les diverses ondes acoustiques, et, au contraire, c’est la sensation du passage des diverses ondes réfléchies qui évoque dans notre esprit la conception des dimensions et des caractéristiques de la salle par un effet de perspective sonore.
- Mais le microphone, appareil mécanique, placé au même endroit de cette salle ne permettrait, dans les mêmes conditions, que d’obtenir un enregistrement confus, par suite de la superposition des diverses impulsions successives; il paraît donc nécessaire, tout d’abord, d’amortir les échos et résonances sonores de l’auditorium.
- C’est pourquoi on tapisse les parois et planchers de feutre et de tentures qui absorbent en partie les ondes sonores de choc. Cette absorplion ne peut cependant être parfaite, et les tentures se comportent plutôt comme des miroirs acoustiques imparfaits, estompant et déformant les impulsions directes.
- Si l’auditorium est complètement revêtu de tentures, l’audition devient assourdie et voilée, les attaques et extinctions des notes disparaissent, la clarté naturelle des timbres n’existe plus.
- L’emploi de tentures amortissantes dans le studio est donc un mal encore nécessaire, mais qu’il convient de réduire au minimum.
- C’est pourquoi l’on peut généralement faire varier à volonté la surface des murs et du plafond de l’auditorium recouverte de tentures, et l’on ménage, autant que possible, l’existence d’un écho sonore qui donnera à l’enregistrement la clarté et le relief indispensables.
- Cette sorte de réglage acoustique est, d’ailleurs, effectuée avant chaque enregistrement, et la position des tentures, les surfaces à recouvrir et même les dimensions acoustiques de la salle sont modifiées suivant le caractère de l’enregistrement à effectuer, et après des essais successifs.
- La position des microphones et des artistes dans l’auditorium doit être déterminée non moins soigneusement, et l’adoption de microphones, modernes à grande pro: fondeur de champ, c’est-à-dire relativement peu sensibles aux variations de distance de la source sonore, facilite cette opération.
- On peut ainsi ne pas trop rapprocher les solistes du microphone, et conserver au groupement des instruments de musique un ordre à peu près analogue à celui qui est adopté dans les concerts (fig. 1 et 2).
- Le microphone, généralement entouré de tentures, est placé à quelques mètres du mur de fond et les musiciens sont groupés autour de lui en demi-cercles concentriques ; les instruments à cordes sont les plus rapprochés, puis les cuivres, enfin le piano et la batterie sont les plus éloignés.
- En raison de la difficulté relative d’enregistrement des
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- notes basses, les parties de violoncelle et de contrebasse sont généralement doublées par un contrebasson et un saxophone en cuivre, et certains compositeurs ou chefs d’orchestre même renforcent spécialement les basses en modifiant et en augmentant l’intensité des parties correspondantes des morceaux à enregistrer.
- Ainsi Gustave Charpentier, le compositeur bien connu, aurait modifié, en vue de l’enregistrement phonographique, comme l’indique notre confrère M. Honoré, les basses de Napoli, morceau tiré de ses célèbres Impressions d'Italie, en ajoutant une partie de clarinette doublant à l’octave supérieure les parties de violoncelle et de contrebasse.
- Toutes les questions d'acoustique que soulèvent la construction et l’aménagement des auditoriums sont fort intéressantes, et l’étude des studios d’émission radiophonique et d’enregistrement sonore des films parlants pose des problèmes analogues, bien qu’un peu différents par les détails d’application. Nous ne pouvons, dans cet article général, nous étendre plus longuement sur ce seul sujet, mais nous nous réservons de le traiter dans un autre article consacré à des problèmes d’acoustique moderne.
- Notons seulement encore que des précautions spéciales doivent être prises, non seulement pour atténuer les réflexions et résonances sonores, mais encore pour éviter la naissance de tout bruit parasite.
- Un silence absolu est imposé aux spectateurs non exécutants pendant toute la durée de l’enregistrement, les planchers sont recouverts de caoutchouc ou de feutre, les chaises, pupitres et supports sont en fer pour éviter les craquements du bois, et, de plus, munis de tampons de caoutchouc, etc.
- LES APPAREILS D'ENREGISTREMENT
- Comme nous l'avons déjà expliqué, les appareils d’enregistrement comportent trois parties principales : le microphone placé dans l’auditorium et soumis à l’action des ondes sonores, un amplificateur à lampes de T. S. F. qui amplifie les courants électriques ou variations de courant transmis par le microphone, enfin une machine à enregistrer comportant un outil graveur électromagnétique commandé par l’amplificateur et agissant sur un disque en cire vierge animé d’un mouvement de rotation et de translation régulières (fig. il).
- Les microphones employés sont analogues à ceux adoptés pour l’émission radiophonique, et peuvent être du type à grenaille compensé, à charbon et à membrane souple, électrostatiques, et même électrodynamiques.
- On doit utiliser un appareil sensible, mais sans résonance propre et surtout sans bruit de « souffle » parasite.
- Il faut donc choisir une membrane vibrante dont la fréquence propre soit très supérieure ou très inférieure aux fréquences musicales envisagées et, de plus, convenablement amortie.
- On utilisera donc une lame tendue très rigide, ou, au contraire, une feuille très souple, en soie ou en caoutchouc. L’amortissement est produit par un freinage mécanique ou électrique, par un freinage à l’huile ou un matelas d’air adossé à la membrane. i
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- Fig. 4.
- Forme des burins graveurs.
- a) Pour disques à aiguilles.
- b) Pour disques à saphir.
- Nous ne pouvons donner ici encore des détails très complets sur ces microphones, et ces détails seraient, d’ailleurs, surtout intéressants pour des techniciens. Le défaut principal du microphone électrostatique semble être son manque relatif de sensibilité ; certains spécialistes reprochent au microphone électrodynamique de provoquer des distorsions, et lui préfèrent les types à charbon.
- En tout cas, il existe maintenant une assez grande variété de types donnant de bons résultats et les difficultés de l’enregistrement ne proviennent pas, en général, de cet organe.
- On pourrait croire qu’il est suffisant d’uliliser un amplificateur basse-fréquence à lampes de T. S. F. pouvant amplifier la gamme musicale 50-4000 périodes environ. Mais, en réalité, on peut malaisément, dans l’état actuel de la physique et de la physiologie, déterminer la gamme précise des fréquences audibles, et cette gamme varie, d’ailleurs, suivant les individus considérés.
- En fait, un bon amplificateur pour enregistrements phonographiques doit pouvoir amplifier fidèlement la gamme 50-30 000, étant donné les propriétés actuelles des microphones et appareils enregistreurs, et les conditions de l’enregistrement sur disques.
- Les amplificateurs employés comportent généralement trois éléments constitués eux-mêmes chacun par des étages d'amplification en nombre variable (fig. 3).
- Un premier élément d’entrée, place à proximité ou dans le socle même du microphone, permet d’obtenir une amplification fixe. Cet élément a pour but d’amener l’intensité du courant microphonique à une valeur suffisante pour permettre sa transmission dans une ligne téléphonique jusqu’aux autres éléments d’amplification placés à côté des machines d’enregistrement.
- Un deuxième élément moyen permet une amplification réglable de sensibilité.
- Fig. 5. — Disposition schématique d’une machine à enregistrer les disques électriquement.
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- no
- mant dont les enroulements sont parcourus par les courants provenant de l’amplificateur, et dont les pôles entourent une palette en fer doux portant le burin enregistreur.
- La construction d’un bon outil graveur, qui permette la transformation des oscillations électriques en vibrations mécaniques correspondantes, constitue une des plus grandes, sinon la plus grande des difficultés de l’enregistrement électrique.
- Il faut utiliser une palette aussi rigide que possible, suffisamment robuste pour supporter l’effort nécessité par la coupe et dont la fréquence de résonance ne soit pas une cause de déformation.
- On amortit donc les mouvements de la palette, et on essaye par un mode de construction spécial de transmettre Fiff- 6- — Le dis1ue en cire vitr8e Fig.7. - Le disque enregistré est enduit je mojfts possible au burin les vibra-
- e&t poli avant d’être utilisé pour de graphite avant son passage au bain . ,
- Venregistrement. électrolytique. lions propres de 1 armature.
- Très souvent, d’ailleurs, la transmission des vibrations mécaniques n’est Enfin, un élément de sortie, généralement indépen- pas effectuée directement de l’armature au burin, mais
- dant, et placé à une certaine distance des autres, permet elle est réalisée par l’intermédiaire d’une pièce spéciale
- d’obtenir une amplification de puissance constamment dont les mouvements sont très amortis,
- réglable. * ' ; i- Certains techniciens ont même préconisé un enregis-
- L’ingénieur spécialiste qui dirige l’opération d’enre- trement indirect avec intermédiaire lumineux, gistrement peut ainsi à chaque instant régler l’amplifi- - On commençait par enregistrer les sons sur un film
- cation, surtout pour la réduire au moment des « forte ». à l’aide d’un dispositif analogue à celui employé par
- qui se traduiraient par des oscillations trop grandes du la cinématographie sonore, puis on utilisait le film stylet enregistreur. • r enregistré pour actionner à son tour un graveur élec-
- II est évident que la qualité des organes de montage tromagnétique sur disque, mais à vitesse très réduite,
- de l’amplificateur est soigneusement étudiée ; chaque , ce qui permettait d’utiliser un graveur à palette de grande
- inertie. ' ' ,
- Il semble qu’actuellement les dispositifs d’enregistrement direct soient assez pérfectionnés pour que les procédés d’enregistrement indirect, malgré leurs qualités indéniables, aient perdu beaucoup de leur intérêt.
- La machine d'enregistrement, maintenant, comporte essentiellement un moteur à vitesse de rotation rigoureusement uniforme, actionné par un contrepoids, et un tour vertical supportant le disque de cire (fig. 5).
- Dans les machines simples, un chariot mû par une vis sans fin entraîne l’outil graveur et, dans d’autres machines plus perfectionnées, cet outil reste fixe, et, au contraire, c’est le disque qui se déplace latéralement.
- Dans tous les cas, la régularité des mouvements est assurée au moyen d’un régulateur à boules et les engrenages sont établis pour éviter la naissance de toute vibration ; on emploie des pignons à taille hélicoïdale, en général, et les pignons qui tournent à grande vitesse sont en fibre ou même en cuir vert.
- Des dispositifs accessoires permettent d’obtenir l’embrayage et le débrayage du chariot, de régler la rapidité de sa translation, le traçage des spires finales, etc.
- Le principe de l’appareil est fort simple, mais sa réalisation mécanique doit être d’une précision parfaite.
- étage est muni d'une lampe de puissance suffisante pour éviter les effets de saturation, lès pièces magnétiques sont en acier ou en fer de grande perméabilité: pour éviter les effets d’hystérésis et de saturation.
- Les courants basse fréquence provenant de l’ampli-
- Fig. 8. — La suite des opérations électriques aboutissant à la formation de la matrice d’un disque.
- Cire initiale
- “fène’au négatif original
- fbsitif ou mère
- Positif
- ficateur sont transmis à un outil graveur qui porte un burin traçant les sillons sonores dans le disque de cire.
- Ce burin de saphir est à coupe triangulaire pour disque à aiguilles, et à coupe circulaire pour disque à saphir (fig. 4).
- Un outil graveur est, en somme, analogue à un « pick-up » électromagnétique à grande puissance dont l’armature porte le burin au lieu de porter l’aiguille reproductrice ; en principe, il se compose donc simplement d’un électro-ai-
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- L'ENREGISTREMENT DU DISQUE DE CIRE
- Le disque de cire prototype ou plus simplement « la cire » a quelque 310 mm de diamètre et 30 mm d’épaisseur. Il n’est évidemment pas composé de cire pure, mais d’une composition qui varie avec chaque marque, et dont la couleur varie aussi du jaune clair au brun foncé.
- Avant l’enregistrement, « la cire » est soigneusement rabotée et polie sur un tour à axe horizontal (fig. 6).
- Cette opération doit être effectuée avec les plus grandes précautions, car le bruit de « grattement » d’aiguille constaté sur le disque définitif peut provenir en partie d’un défaut de polissage de la cire initiale.
- La cire ainsi préparée est portée dans une étuve maintenue à une température d’environ 50°, à l’aide- d’un
- d’après la cire primitive dépend évidemment de la qualité de cet enregistrement et, pour obtenir cet enregistrement lui-même, il faut souvent utiliser les services de très nombreux exécutants, d’artistes célèbres, d’où il résulte des frais considérables. On conçoit donc fort bien que l’enregisirement d’un seul morceau d’orchestre dure parfois une journée entière avant que les résultats définitifs soient atteints.
- [.es premiers disques d’essais enregistrés, écoutés sur l’appareil mécanique reproducteur ou en haut-parleur à l aide d’un pick-up électromagnétique par les techniciens et les musiciens, permettent de se rendre compte des défauts primitifs musicaux ou techniques de l'enregistrement.
- L’examen à la loupe des sillons du disque par un spé-
- Fig. 9. — La salle des cuves électrolytiques des usines Colombia.
- On y fabrique par galvanoplastie les « pères » et les « mères ».
- courant d’air chaud passant généralement sur des résistances chauffantes et elles sont maintenues dans cette étuve qui les amollit au degré optimum jusqu’à leur placement sur le plateau de la machine à enregistrer.
- A proximité de cette machine, se trouve un ensemble reproducteur, avec diaphragme mécanique et pavillon, destiné à jouer les cires qui viennent d’être enregistrées, afin de se rendre compte de la qualité de l’enregistrement, et à côté de l’outil graveur débouche la tubulure d’un aspirateur électrique, qui absorbe les légers copeaux de cire produits par la coupe du burin.
- Il ne faudrait pas croire qu’un enregistrement soit une opération rapide et qui puisse s’effectuer sans de nombreux essais préalables.
- La qualité des milliers de disques qui seront exécutés
- cialiste permet aussi de déceler des défauts plus minimes qui auraient pu passer inaperçus à l’examen acoustique.
- On modifie alors en conséquence les caractéristiques acoustiques du studio, la position des artistes, le jeu des musiciens ou des chanteurs, et enfin l’intensité de l’amplification.
- Une « cire » qui a servi à la reproduction est évidemment inutilisable, et c’est seulement lorsqu’un eSsai a satisfait complètement à la fois les techniciens et les musiciens que l’on procède à l’enregistrement définitif.
- On voit qu’une séance d’enregistrement phonographique exige de la part des artistes une patience vraiment éprouvée, mais cela explique aussi pourquoi un morceau exécuté pour l’enregistrement peut être plus parfaitement joué quelquefois qu’au concert ou au théâtre.
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- l’usine de fabrication, quelquefois distincte de l’auditorium et de la salle d’enregistrement.
- Dans cette usine, une série d’opérations électrolytiques produira finalement la matrice, moulage métallique négatif, susceptible d’imprimer à son tour des disques de matière plastique positifs en nombre illimité. Cette matrice doit être exactement correspondante à la « cire » primitive et d’une solidité suffisante pour résister à la pression énorme de la presse hydraulique, au moyen de laquelle on imprime les disques en matière plastique.
- Ces diverses opérations d’électrolyse sont
- Fig. 10 (en haut). — Sertissage des matrices aux usines Odéon.
- Fig. Il (en bas). — Fabrication et laminage des rondelles de papier saupoudrées de gomme laque qui constitueront la surface du disque (usines Odéon).
- L’importance du rôle joué par 1’ « ingénieur enregistreur » est peut-être non moins grande que celle de l’exécutant.
- Après avoir réglé la pression du burin sur le disque et vérifié l’état optimum de la surface de ce dernier, il embraye le plateau tournant pendant qu’un interrupteur permet d’allumer les nombreuses ampoules rouges de l’auditorium, les unes donnant aux artistes le signal du commencement de l’exécution, et les autres indiquant à tous la nécessité d’observer le plus rigoureux silence. Puis, en suivant la partition musicale, et en écoutant au casque téléphonique ou à l’aide du haut-parleur pilote les sons qui sont produits par l’amplificateur, l’ingénieur, la main posée sur la manette de réglage de la puissance, modère à chaque instant l’intensité d’enregistrement, qui est, d’autre part, traduite et chiffrée par une aiguille indicatrice sur un cadran gradué.
- Il n’y a encore que fort peu de techniciens spécialistes capables d’exécuter ainsi un bon enregistrement, et la renommée des grandes marques d'édition phonographique est due, en partie, à l’habileté de ces ingénieurs.
- LES OPÉRATIONS D’ÉLECTROLYSE ET LA FABRICATION DE LA MATRICE
- La « cire » définitivement enregistrée est placée avec soin dans une boîte garnie de coton et transportée à
- schématisées sur la figure 8. On tire, d’abord, de la cire par électrolyse un disque de cuivre négatif, 1’ « original » ou père.
- Cet « original » donne de même une réplique métallique positive, la « mère » qui est identique à la « cire » et peut être jouée sur un phonographe.
- Enfin, la « mère » servira à établir les « matrices » négatives qui modèleront la matière plastique pour l’établissement des disques ordinaires.
- Ces matrices s’usent évidemment, mais on peut les reproduire à l’aide de la « mère », et, en cas de détérioration de la mère, on peut la remplacer grâce à l’original.
- Ces originaux et ces mères sont soigneusement conservés dans des « discothèques », et même dans des usines distinctes, afin d’écarter autant que possible tout danger de destruction de ces précieux documents.
- Examinons maintenant le détail de ces opérations qui sont, d’ailleurs, extrêmement délicates. La « cire » arrivant du studio est découverte dans une salle très propre ou une cage de verre et portée sur un plateau
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- tournant. La surface est soigneusement nettoyée avec un pinceau très fin et saupoudrée de graphite tamisé à la soie (fig. 7).
- Cette opération doit être conduite lentement et avec beaucoup d’habileté ; elle a pour but de rendre conductrice de l’électricité la surface enregistrée.
- La cire ainsi préparée est portée à l’atelier de galvanoplastie. On entoure son bord externe d’un ruban de cuivre qui permettra de la suspendre dans le bain électrolytique et de la connecter aux conducteurs d’amenée du courant.
- Les cuves d’électrolyse contenues dans une vaste salle renferment une solution acide de sulfate de cuivre ; les cires sont connectées à une ligne d’amenée du courant négative, et, dans le même bain, plongent en face d’une anode de cuivre électrolytique qui se dissout lentement pendant que le métal se dépose en couche d’épaisseur infinitésimale sur la surface du disque (fig. 9).
- Cette première opération électrolytique est assez longue, elle est surtout extrêmement délicate, car il faut observer une quantité de facteurs divers : composition de l’électrolyte, température, intensité du courant, etc. ; le liquide est, de plus, agité continuellement, mécani-
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- quement, et, dans certaines usines, le disque maintenu verticalement est également agité d’un mouvement de rotation continu.
- Dès que la couche de cuivre ainsi déposée sur le disque a atteint une épaisseur suffisante, on la détache et l’on obtient ainsi une épreuve négative que nous avons nommée plus haut « l’original » ou « père » et qui porte en relief la gravure.
- Cette feuille de cuivre est ensuite argentée en vue de
- de la deuxième opération électrolytique qui fournira l’épreuve positive ou mère, car si l’on appliquait une nouvelle couche de cuivre sur la première feuille de cuivre sans argenture préalable, il serait impossible de détacher la « mère » de 1’ « original ».
- La « mère », après nickelage et polissage, peut être retouchée, après écoutes, au moyen d’aiguilles spéciales et localisation des défauts au microscope. Les retouches s’effectuent à l’aide d’un burin épousant la forme du sillon.
- Enfin, une dernière électrolyse dans un bain de sulfate double de nickel produit une pellicule de nickel ou « shell » qui constitue l’épreuve définitive en relief de la cire primitive.
- Feuilles'de papier recouvertes dégommé laque pure très Fine
- X
- V/Z/W/M/Æ/Æ^
- Matière moulée ----ordinaire
- Fig. 12. — Constitution schématique d'un disque Colombia.
- Fig. 13 (à gauche). — Le disque prend sa forme définitive dans la presse de 20 tonnes. JJétiquette est fixée également par la machine. En dix heures, 750 disques peuvent être exécutés par un seul ouvrier spécialisé (Colombia).
- Fig. lk (à droite). — Les disques sont polis à la main par des ouvrières habiles (Colombia).
- irk-k
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- = U4 — ...... ....:.—
- Cette feuille de nickel de 0,5 mm d’épaisseur fixée par soudure ou sertissage à un plateau de cuivre de 150 mm d’épaisseur constitue une matrice de pressage qui permet de fabriquer les disques-épreuves du type courant (fig. 10).
- LA COMPOSITION DES DISQUES ET. LEUR FABRICATION A LA PRESSE
- Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, les disques
- bande de toile qui court sur un bâti de fonte long d’une quinzaine de mètres, ils sont saupoudrés d’une poussière de gomme laque qui se transformera à la chaleur du moule en une couche homogène impressionnée (fig. 11).
- Ces rondelles • sont ensuite transportées à la salle de moulage, hall immense qui contient généralement plusieurs dizaines de moules, dont chacun peut produire plus de 700 disques en 10 heures.
- A gauche de chaque machine à mouler est placée une
- actuels ne contiennent jamais de cire, ils peuvent être formés d’une composition plastique homogène formée de gommes convenablement choisies, de craie, de sable fin ou sciure de bois, de bourre de coton, et d’un colorant, généralement du noir de fumée
- Pour éviter les bruits de grattement d’aiguille il est nécessaire que la surface soit polie, très homogène et d’un grain extrêmement fin, mais le prix de revient de la matière est alors assez élevé.
- Un autre procédé breveté par la marque Colombia et employé par ses licenciés consiste à utiliser un « corps » de disque en matière moulée très ordinaire ; ce corps est recouvert des deux côtés de feuilles de papier portant des couches de gomme laque de première qualité, qui seules recevront l’impression phonographique (fig. 12).
- Ce procédé est de plus en plus employé. Les cercles de papier qui entrent alors dans la et de même dimension que ceux-
- Fig. 15 (à gauche). — Essais des qualités mécaniques du disque, résistance à la pression et à la chaleur. Fig. 16 (en bas).— Un ingénieur examine au microscope la surface du disque pour chercher les causes de « grattement ».
- Fig. 17 (à droite). — Les disques formés par la matrice sont d’abord essayés par le laboratoire au point de vue physique et chimique, puis au point de vue musical et enfin par l'artiste exécutant lui-même avant d’être acceptés définitivement (Photo Colombia).
- fabrication de disques ci sont portés par une
- table chauffante qui supporte des tablettes de matière plastique, dosées exactement pour chaque moulage, et à droite, sur une console, sont disposés les disques de papier recouverts de gomme laque.
- La figure 13 montre la forme d’un moule qui ressemble, en quelque sorte, à un énorme « moule à gaufres » d’un modèle bien connu des ménagères du Nord de la France.
- Deux matrices sont montées sur les plateaux de la machine sur lesquels on peut appliquer une pression de 20 tonnes au moyen d’une presse hydraulique.
- Des tubulures métalliques flexibles permettent de faire circuler, tour à tour, dans les plateaux de la vapeur d’eau à 160° et de l’eau glacée.
- L’ouvrier mouleur dépose sur le plateau horizontal de la machine, après l’avoir échauffé par la vapeur, l’étiquette du disque, le papier laqué (laque en dessous), la tablette de matière plastique, le second papier laqué (laque en dessus) et la seconde étiquette; puis il ferme le moule et
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- engage ses plateaux dans les mâchoires de la presse qui les comprime. La circulation de vapeur a été remplacée automatiquement par la circulation d’eau froide dès fermeture du moule.
- L’opération de pressage dure trente secondes, après lesquelles le moule dégagé est ouvert pour en extraire le disque terminé.
- Il ne reste plus qu’à le polir et à l’empaqueter (fig. 14), opérations qui sont effectuées rapidement par des ouvrières habiles.
- CONTROLE DE LA FABRICATION DES DISQUES
- Étant donné les difficultés de cette délicate fabrication, un contrôle constant est exercé sur la qualité des matières employées, tant au point de vue physique et mécanique que chimique, et chaque usine comporte un laboratoire disposé à cet effet (fig. 15).
- De plus, les disques définitifs ne sont pas « imprimés » avant essai d’un disque témoin obtenu à l’aide d’une « pelure », exécutée par galvanoplastie du « père » ou « original » et utilisée comme matrice de passage.
- Ce disque témoin est examiné par un ingénieur à l’aide d’un microscope et écouté par l’artiste exécutant qui doit donner son approbation, correspondant en quelque sorte au « bon à tirer » d’un livre (fig. 16 et 17).
- LE DISQUE DE L'AVENIR ET SES CONCURRENTS
- Le disque actuel a déjà atteint un degré de perfectionnement acoustique vraiment admirable ; il présente encore l’inconvénient d’être fragile, relativement lourd et coûteux.
- On a diminué son prix de revient au moyen du procédé Colombia déjà indiqué et l’on réalise actuellement aussi des disques minces de plus petits diamètres (20 cm ou même 15 cm) qui présentent une durée d’audition aussi grande que les disques classiques de 25 cm de diamètre et sont beaucoup moins chers.
- Il est possible que l’on puisse bientôt employer pour constituer le disque, ou plutôt pour imprégner un carton support, une substance remplaçant la gomme-laque,
- moins chère et moins fragile, par exemple de l’acétate de cellulose ou des résines synthétiques.
- Il n’est pas probable, par contre, que l’enregistrement et la reproduction sonores par disques soient remplacés avant longtemps par d’autres procédés.
- Un inventeur étranger, mais qui demeure depuis longtemps en France, avait proposé d’enregistrer, à l’aide d’un stylet vibrant, une bande de celluloïd dont la surface était ramollie sous l’action d’une mèche imbibée d’acétate d’amyle. II ne semble pas que ce procédé ait donné de bons résultats pratiques, en raison de la faiblesse de l’enregistrement et de la difficulté de maintenir plane la surface de la bande, mais on pourrait songer à un enregistrement électrique ou même chimique d’une bande analogue.
- Le système phonographique à fil d’acier aimanté de Stille-Poulsen que nous avons décrit récemment dans La Nature ne semble pas encore avoir donné des résultats pratiques suffisants.
- Par contre, les films sonores à enregistrement optique des sons employés dans les appareils de cinématographie sonore semblent constituer, dès maintenant, le concurrent futur du disque.
- Un appareil reproducteur pour films sonores est, certes, plus complexe qu’un phonographe à reproduction électrique, mais sa construction n’a, en somme, rien de particulièrement difficile. Ce qui restreindra pendant longtemps l’emploi du film sonore, c’est surtout son prix cinquante fois plus élevé que celui du disque, à égalité de durée d’audition. Il est cependant possible qu’une fabrication en série et une diminution des dimensions du film permettent un abaissement sensible de ce prix actuel prohibitif.
- Mais, en attendant une nouvelle évolution inévitable dans toute application moderne de la science, sachons pourtant admirer le degré de perfection artistique du disque phonographique actuel, et la rapidité de tels progrès accomplis en deux ou trois ans au plus.
- P. Hémardinquer.
- LA CHICORÉE
- Historique. — L’usage de cette denrée a été connu primitivement en Hollande, vers 1690; il s’introduisit de là en Prusse, vers 1763, et se répandit ensuite en France et dans le Luxembourg vers 1771; un peu plus tard, en Belgique, vers 1776.
- L’industrie de sa fabrication s’implanta surtout à la faveur du Blocus continental (1806). Il fallait alors chercher à suppléer au café; après divers essais, on ne trouva mieux pour le remplacer que la chicorée; plusieurs établissements devinrent prospères et sa consommation se généralisa. Rappelons que la fabrication du sucre de betteraves dut son développement à la même cause; toutes deux se développèrent également dans le département du Nord.
- Importance. — La chicorée est cultivée aujourd’hui
- en Allemagne, Belgique, Hollande, France, Espagne, Tchécoslovaquie, Pologne, Hongrie, Autriche, Yougoslavie, Roumanie, Russie, Danemark, Amérique du Nord. Les surfaces plantées s’élèvent dans le monde à 40 000 hectares environ et produisent un million de tonnes de racines qui, après séchage et torréfaction, donnent 190000 tonnes de produits utilisables.
- Les emblavements se répartissaient ainsi en 1924 :
- France................ . 3962 hectares
- Belgique ................... 8804 —
- Hollande..................... 946 —
- Tchécoslovaquie............. 8460 —
- Yougoslavie.................. 197 —
- Allemagne................... 3800 —
- Pologne ..................... 1957 —
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- En France, la culture est concentrée dans les départements du nord : Nord, 2480 hectares; Pas-de-Calais, 1370; Somme, 12.
- La même année, la récolte fut en France de 101 millions de kilogrammes de racines, avec une production moyenne de 26 à 35 tonnes à l’hectare.
- L’industrie de la chicorée torréfiée est localisée également dans le Nord, notamment à Cambrai, Orchies, les faubourgs de Lille, Valenciennes.
- La consommation française atteignait avant la guerre 45 millions de kg, après avoir fortement baissé pendant la guerre du fait de l’occupation allemande et de la zone
- ment; puis, elles passent dans les coupe-racines qui les débitent en morceaux de forme parallélipipédique ayant de 25à40mm de côté; ils sont transportés et étendus, en couches de 25 à 30 cm d'épaisseur, dans des séchoirs appelés « tourailles » ; celles-ci sont formées de deux ou trois étages de plateaux, en tôles perforées, placés au-dessus de grands foyers à coke.
- Le séchage dure de 24 à 36 heures, pendant lesquelles ces morceaux, qui prennent le nom de « cossettes », sont retournés cinq ou six fois.
- Quand les cossettes sont sèches à point, elles ont perdu, par évaporation d’eau, environ trois quarts de leur poids; totalement refroidies, elles sont dures, d’apparence cornée, et rendent un son sec; c’est dans ces conditions qu’elles sont mises en conservation dans des magasins, d’où elles sont fournies au fabricant.
- Torréfaction. — A l’usine, on commence par procéder au nettoyage des cossettes en les ventilant, en les passant sur des tamis; les impuretés sont ainsi éliminées ; puis les cossettes sont classées par grosseurs.
- La torréfaction a lieu ensuite; elle se fait le plus généralement, comme pour le café, dans des sphères en tôle, d’environ 1 mètre de diamètre, tournant sur des foyers à coke; c’est l’opération délicate de la fabrication; elle demande beaucoup
- Fig. 1 (en haut). — Approvisionnement de cossettes.
- Fig. 2 (en bas). — Transport des cossettes sur tapis.
- des combats, elle s’est relevée depuis et a atteint 47 millions de kg en 1928.
- Définition. — Le congrès international de la répression des fraudes de 1908 donne de la chicorée la définition suivante : « La chicorée est la racine de la chicorée dite « sauvage » (Cichorium Intybus), convenablement nettoyée, touraillée, torréfiée, concassée, tamisée, et enrobée ou non. »
- La chicorée, cultivée pour la torréfaction, est en effet une sélection de la chicorée sauvage, laquelle sélection donne une racine plus développée, rappelant, par sa forme, celles de la carotte et de la betterave.
- Culture. — Il en existe plusieurs variétés : la Mag-debourg, la Géante de Bade, la Courte de Silésie, la Tête d’Anguille, etc..., pour la connaissance desquelles nous renvoyons à l’étude de M. Truelle dans le n° 2781.
- La culture de cette plante demande beaucoup de soins : minutieux démariage et plusieurs sarclages.
- L’arrachage des racines commence fin septembre et se prolonge jusqu’à mi-novembre. Il se fait à la bêche, et d’une manière plus générale à la fouilleuse. Le rendement est d’environ 25 à 30000 kg à l’hectare.
- Séchage. — Des champs, les racines vont aux séche-riés, où elles sont lavées, presque toujours mécanique-
- de soins et d’expérience; le terme de cette opération est indiqué à l’ouvrier brûleur par le changement de couleur de la fumée qui se dégage du torréfacteur, par son odeur, et aussi par l’abondance de la vapeur qui s’échappe.
- Les cossettes de chicorée perdent environ 23 à 25 pour 100 de leur poids à la torréfaction.
- A la sortie du torréfacteur, les cossettes sont molles et flasques ; après refroidissement, elles sont devenues cassantes et friables.
- Concassage. — C’est alors seulement qu’elles sont concassées; pour cela, on les fait passer dans une série de broyeurs à cylindres cannelés; puis dans des blutoirs qui classent les grains en différentes grosseurs. Finalement, ces grains sont enrobés avec de la poudre impal-
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- Fig. 3 (en haut). — Salle de torréfaction.
- Fig. 4 (en bas). — Le broyage de la poudre de chicorée.
- pable de chicorée ; cet enrobage a pour but de donner aux grains une couleur uniforme, et surtout de diminuer le pouvoir hygrométrique de la chicorée en bouchant les pores des grains. La chicorée est alors prête pour l’empaquetage qui se fait mécaniquement, après pesée automatique.
- La fabrication française se chiffre actuellement
- par 45 millions de kilogrammes; elle paie à l’Etat 67 millions d’impôts de consommation; ce qui démontre, tout à la fois, la part importante que tient cette denrée dans l’alimentation du pays, et la part appréciable de contribution qu’elle apporte aux finances nationales.
- Usages. — L’infusion de chicorée sert le plus généralement en addition au café au lait, auquel elle procure une coloration accentuée, un goût franc et agréable, tandis que la décoction de café pur mélangée au lait est moins colorée et aroma-
- tique. En outre, la chicorée a le mérite d’être moins coûteuse que le café et de ce fait elle est très populaire.
- Le café au lait composé d’une infusion de café additionné de chicorée constitue pour beaucoup le petit déjeuner du matin et a remplacé
- Fig. 5 (en haut).
- Atelier d’empaquetage automatique.1 Fig. 6 (à droite). — Salle d’empaquetage.
- Fig. 6 (en bas).
- La fabrique de caisses d’emballage d’une usine de chicorée.
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- presque partout l’usage de la soupe, général il y a encore un demi-siècle; le café, en activant la circulation du sang, dissipe les dernières torpeurs du sommeil et stimule; la chicorée, en raison de son pouvoir légèrement laxatif, facilite le travail intestinal en même temps qu'elle tempère l’action excitante du café.
- Bien que la composition chimique de la chicorée torréfiée soit encore mal définie, on sait qu’elle contient de l’inuline, des sucres, plus ou moins caramélisés, qui lui donnent l’amertume et la couleur qu’on recherché.
- L’opinion de sommités scientifiques sur les qualités hygiéniques de la chicorée est unanime.
- D’après M. le professeur Perrot, de la Faculté de Pharmacie de Paris, « la chicorée est un produit sain, doué de véritables propriétés alibiles, et dont l’ingestion, même à dose élevée et prolongée, ne saurait être nuisible au consommateur. »
- M. Camille Guillot, docteur en pharmacie de l’Université de Paris, a écrit : « La chicorée est considérée, à juste titre, comme étant un aliment respiratoire à la fois tonique et digestif, dont l’adjonction au café est très souvent salutaire, en diminuant l’irritabilité nerveuse que provoque ce dernier. »
- Le même M. Guillot, a encore écrit : « Les études qui ont été faites sur la chicorée ont permis de constater que cette substance, par les éléments qui la constituent et les expériences qui ont été faites, ne pouvait être qu’un aliment excellent, jamais nuisible, permettant aux classes pauvres, grâce à son prix modique, de préparer des boissons hygiéniques et agréables, et personne n’ignore également que ce produit, très recherché pour
- son arôme et la couleur qu’il donne aux infusions, devient, de ce fait, un excellent adjuvant au café au lait, dont il tempère l’action stimulante souvent dangereuse. »
- Et par ailleurs encore, cet avis élogieux du même auteur : « L’évolution rapide de l’industrie de la chicorée est due aux méthodes de culture, de séchage, et de fabrication dont la perfection ne laisse rien à désirer, et, lorsqu’une industrie comme celle-ci prend un essor universel aussi rapide, on peut en conclure que le produit exploité, par ses qualités, sa composition, son emploi, répond à un véritable besoin. »
- D’après Payen, une infusion de 100 grammes de chicorée dans un litre d’eau contient 3 gr 55 de substance azotée; l’infusion de 100 gr de café en contient 4 gr 53.
- -La chicorée n’est donc pas un simple colorant, un trompe-l'œil, mais un véritable aliment.
- La consommation de la chicorée est presque générale en Europe; elle est surtout plus importante en Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Russie.
- Les exportations de l’Europe vers les deux Amériques et l’Afrique deviennent de plus en plus considérables.
- La fabrication française tient le premier rang par la qualité de la chicorée qu’elle produit, et cette excellence de qualité, non seulement a contribué au développement de la consommation chez nous, mais encore a acquis à notre fabrication nationale une réputation mondiale et permet une exportation constamment croissante.
- A. Leroy.
- L’ÉCLAIRAGE DE LA SCÈNE AU THEATRE
- LE CYCLORAMA
- Du jour où l’on a monté des représentations théâtrales dans des enceintes fermées, il a fallu penser à l’éclairage. C’est vers le milieu du xvie siècle que le spectacle, donné, jusqu’alors en plein air, eut lieu le soir dans des salles plus ou moins bien disposées.
- On employait alors une sorte de lustre, dernier cri du luminaire, bien qu’il fût garni seulement de chandelles de suif. La bougie en cire d’abeilles évinça la chandelle, vers 1720; puis ce fut la lampe à huile végétale ou quin-quet, qui fit son apparition à Paris; dans la salle de l’Udéon, en 1784 seulement.
- La découverte de l’éclairage au gaz apporta de grands perfectionnements. Les becs permirent de donner une plus grande illusion de la réalité. On les dissimula aux spectateurs dans les rampes. Au moyen de robinets, on fit varier graduellement l’intensité de l’éclairage et on employa aussi des verres colorés. Un poste central d’où partaient tous les branchements fût muni des robinets de commande.
- Comme tous ces tuyaux, parallèles en cet endroit
- donnaient l’impression de tuyaux d’orgue, de là est venu le nom de jeu d'orgue donné à ce poste. C’est encore la dénomination du poste de commande, qui aujourd’hui rassemble les interrupteurs, les commutateurs et les rhéostats, car l’éclairage électrique a complètement éliminé le gaz des théâtres.
- Aussitôt que la lampe électrique à incandescence apparut, en 1881, on reconnut qu’elle se prêtait merveilleusement à l’éclairage des scènes avec de moins grands dangers d’incendie que ceux qu’on redoutait lors de l’éclairage au gaz. Après l’incendie de l’Opéra-Comique, en 1887, l’eurploi de l’électricité devint obligatoire.
- Dès lors, on étudie des appareils ingénieux permettant de graduer l’intensité lumineuse et de passer du plein feu à la nuit. Avec les lampes modernes à filaments métalliques et à atmosphère gazeuse, on abaisse la tension de 110 volts à 10 volts seulement aux bornes. C’est naturellement par la manœuvre d’un rhéostat que l’on arrive à ce résultat.
- Les modèles les plus perfectionnés ont une forme de
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- couronne à plots avec curseur et la commande se fait à distance au moyen d’une transmission télédynamique. Cela permet d’éloigner le groupe des rhéostats du tableau de manœuvre.
- L’éclairage des décors se fait différemment suivant qu’il s’agit d’un intérieur ou d’un plein air. L’intérieur, au théâtre, éclairé comme dans la vie courante, produirait un effet désastreux pour les spectateurs. Il faut utiliser des rampes, des herses et des portants qui éclairent tout l’intérieur sans éblouir le public. Les herses sont dissimulées derrière les frises et, pour un intérieur, une ou deux suffisent, derrière la frise du cadre de scène. En somme, il y a peu de variantes d’illumination quand il s’agit d’une pièce fermée.
- Au contraire, avec le décor en plein air, tous les jeux
- Çyclorama
- Tambour
- *0* tO1 RÜP
- Fig. 2. — Disposition d’un cyclorama.
- de lumière sont utilisés. Sur les côtés sont des châssis attachés aux portants, derrière lesquels on peut dissimuler des lampes et des réflecteurs; la rampe, les herses interviennent également.
- La toile de fond présente une anomalie avec le reste de la décoration. Cette dernière est, en effet, à l’échelle de la grandeur naturelle, car les acteurs évoluent à côté, sur la toile de fond. Au contraire, sans transition, l’échelle des objets représentée sur le fond est beaucoup plus petite. Il y a donc là une réalisation assez délicate et l’on a proposé diverses combinaisons pour donner aux spectateurs une illusion plus parfaite de la réalité.
- Si 1’ on veut avoir une impression de profondeur, elle ne peut être obtenue que si la vue semble illimitée en hauteur, même pour le spectateur du premier rang de
- l’orchestre. Pour dissimuler le gril, placé, comme on le sait, au dessus de la scène, le peintre For-tuny avait imaginé une coupole en toile et il lui donnait l’as-pectdu ciel au moyen de lampes électriques à arc, deux dans les frises, une sur l’arrière, colorées par des écrans.
- Le difficile dans ce
- système est évidemment de réaliser une surface concave régulière ayant pour diamètre la largeur de la scène, sans que les méridiens soient visibles. Gela rejette donc l’emploi des arceaux et l’on y arrive en tendant la coupole au moyen d’une dépression d’air créée derrière elle. Cet équipement est compliqué, il se prête mal au décor d’intérieur.
- LE CYCLORAMA
- Un nouveau système, le cyclorama, est constitué par une simple toile blanche qui, développée, forme une surface cylindrique verticale, fixée dans le haut au gril et
- Fig. 3. — Un pi ojecteur de lumière.
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- Fig. 4. — Tronçon de herse cloisonnée.
- faisant le tour de la scène. Lorsqu’on veut monter des décors d’intérieur, on enroule cette toile sur le tambour de côté à axe vertical.
- Gomme la toile ne peut pas monter plus haut que le gril et qu’il est cependant indispensable que celui-ci ne soit pas aperçu par les spectateurs les plus rapprochés de la scène, on abaisse la frise qui; limite le cadre de scène. On profite de cela pour dissimuler derrière cette frise de puissants appareils d’éclairage, qui produiront sur la toile cylindrique des effets originaux.
- Les châssis des coulisses, les frises, les portants, les
- Fig. 5. — L’appareil à projeter les nuages.
- moteur de commun r
- herses sont supprimés; seule la rampe est conservée ainsi que les traînées au-dessus du plateau, s’il y a lieu, deux portants et une herse ou deux placés tout en avant. Dans la salle, on dispose d’un ensemble de projecteurs, de réflecteurs et de diffuseurs.
- Tous les appareils ont leur commande centralisée au jeu d’orgue. Ils sont munis de moteurs électriques spéciaux qui permettent ainsi de commander à distance leur orientation, de changer les écrans de couleur et l’on peut obtenir soit des effets lents et progressifs, comme le lever et le coucher du soleil soit des effets brusques ou rapides, tels que imitation d’orage et d’éclairs.
- On peut évidemment projeter sur la toile cylindrique ou cyclorama tout ce qu’on veut. Le3 effets les plus curieux, qui ont été rendus au théâtre du Châtelet, sont ceux des nuages en mouvement et des vagues de la mer. Le même système est monté au théâtre Pigalle.
- Pour donner l’illusion des nuages, on utilise habituellement des clichés de projection avec des nuages grossièrement dessinés. On obtient alors parfois un aspect très différent du nuage naturel. Dans le cyclorama, on emploie des positifs sur verre provenant de photographies de nuages réels. Ces clichés sont disposés sur un ou deux étages, par huit ou dix, autour d’une lampe de 4 à 6000 bougies. Pour chaque cliché, il y a un condensateur et un objectif et l’appareil est dissimulé derrière la frise du cadre de scène.
- La lampe est fixe, mais les corps optiques
- Fig. 6. — Projecteur à commande automatique à distance.
- écran p€ml
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- enhaufeur
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- tournent autour d’elle à une vitesse réglable. Toute la lumière émise par la source lumineuse est envoyée, grâce à un réflecteur, sur les condensateurs qui font face au cyclorama. Par la réflexion du faisceau lumineux sur des miroirs inclinés, orientables à volonté, on obtient des déplacements de nuages en hauteur.
- La projection des nuages sur le cyclorama est beaucoup plus lumineuse que celle de la lumière d’ensemble colorée.
- C’est pour cela que la lumière blanche, qui passe par le blanc du cliché d’un nuage, l’emporte sur la couleur du fond et le nuage blanc se détache. Pour la même raison, on peut faire apparaître des nuages d’orage gris ou noirs, sur un fond clair et coloré.
- L’effet de vagues est obtenu par un projecteur, dans le faisceau duquel on déplace des grillages. Les vides de ces grillages ont des formes étudiées et on leur communique un mouvement alternatif. Il ne passe donc du faisceau lumineux que des bandes ondulées, donnant l’apparence de déplacements à la fois en hauteur et en largeur. La projection se fait sur une toile peinte qui représente la mer simple et on obtient l’illusion parfaite de la mer agitée.
- On peut également réaliser toutes sortes d’effets spéciaux par projection de clichés photographiques d’objets ou de paysages réels, pris dans des conditions particulières. C’est ainsi qu’on obtient le clair de lune, le lever, le coucher du soleil, etc. On donne alors à la scène, jusqu’à un certain point, l’impression de la profondeur du
- Fig. 7. — Equipement d’une scène munie d’un cyclorama.
- ciel et des phénomènes de la nature. Il est bon de dire que ces procédés, qui commencent à être largement utilisés à l’étranger, ont une origine française. Ce sont les Etablissements Clémançon qui ont mis au point tous les appareils originaux dont nous venons de parler. D’ailleurs,, depuis 1828, ces installateurs ont éclairé les théâtres de Paris et la plupart des grandes scènes de province, en* utilisant successivement la chandelle, la bougie, l’huile,! le gaz et enfin le courant électrique. E.-H. Weiss.
- LES NOUVELLES PÊCHERIES DANS L'OCÉAN GLACIAL
- GRÔNLAND ET ILE AUX OURS
- Dans ces derniers temps, deux nouvelles régions de pêche ont été découvertes dans l’Océan Glacial.
- La première est située dans le détroit de Davis. Ainsi que nous avons été les premiers à l’annoncer en France, les bancs que l’on rencontre dans ce détroit, devant la côte ouest du Grônland, entre le 62° et le 68° de latitude nord : bancs du Dana, de Fiskenàs, du Fylla, etc., etc., sont fréquentés en été par des troupes considérables de morue et de flétan. Depuis que la présence dans cette région du poisson en quantité payante a été connue, c’est-à-dire depuis cinq ou six ans, des Danois, des Ferôyens, des Anglais, des Norvégiens, des Français sont venus y pêcher. D’après les renseignements que M. Gilbert, administrateur de lre classe de l’Inscription Maritime à Paimpol, a l’obligeance de nous communiquer, tous les étés un ou deux bateaux de ce port font une fructueuse campagne sur ces bancs. En 1928, deux
- dundees paimpolais y ont pris, en 34 à 40 jours de pêche, de 60 000 à 70 000 kilos de morue. En présence ,de ce succès, trois navires de ce quartier sont partis en 1929 pour cette destination. De son côté, cette année, et La Morue française » envoie au Grônland une très belle unité, le Zazpiakbat (fig. .1),‘voilier en acier de 1000 tonne» muni de deux moteurs. Il emporte 54 hommes d’équipage, des dories également à moteur, et est muni des? installations les plus >modernes : T.S.F., radiogonio-mètre, éclairage électrique, chambre froide pour la conservation de la boette. ,
- Au Grônland de même qu’en Islande, nos équipage» emploient comme engin uniquement la ligné qu’ils manient de leur bord même.
- Le plus fort contingent de pêcheurs dans cette région est formé de Norvégiens et envoyé par une maison d’armement de Hull ; il capture principalement le flétan.
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- Chaque saison, ces Norvégiens arrivent dans le détroit de Davis sur un ou deux vapeurs de fort tonnage destinés à leur servir de bases d’opération. Chaque jour, lorsque le temps est favorable, ces marins prennent la mer sur des dories à raison de cinq par embarcation. Une fois le plein de poisson fait, ils regagnent leur mère-gigogne où les prises de la journée sont emmagasinées dans des chambres froides. Lorsque ces compartiments sont remplis, le produit de la pêche est expédié par bateaux rapides à Hull pour y être immédiatement vendu. L’été dernier, le kilo de flétan frais provenant du Grônland a été payé à la criée de ce port jusqu’à 12 fr. 40, rapporte le Tidens Tegn d’Oslo. Cette année, la maison d’armement en question a envoyé dans le détroit de Davis deux vapeurs, l’un de 10 000 tonnes, l’autre de 5000 et 700 pêcheurs.
- L’abondance de la morue dans ces parages est une source de profits, non seulement pour les marins de l’Europe occidentale, mais encore pour les Esquimaux du Grônland, qui, eux, la pêchent dans l’archipel côtier et dans les fjords.
- Aussi bien, le gouvernement danois, constamment préoccupé du bien-être de ses sujets hyperboréens, a envoyé en 1925 le navire d’exploration océanographique, le Dana, sousladirection du professeur Àd. S.
- Jensen, étudier lès conditions recherchées par la morue sur les bancs en question, afin de permettre aux intéressés de se livrer à un exercice rationnel de la pêche. Les observations recueillies au cours de cette campagne montrent que, dans cette région comme dans les autres parties de l’Atlantique nord et dans l’océan Arctique, la morue affectionne des eaux relativement chaudes et que ses migrations sont déterminées par la température de la mer. Ce qui s’est passé sur le banc du Fylla, au début de l’été 1925, est instructif à cet égard.
- Au début de juin, ce banc était entièrement recouvert d’eau polaire, comme l’indique la température qu’on y observait; sur le fond, le thermomètre marquait 0°,2 à 0°,8, et, à la surface, 0°,39 à 0°,8. En conséquence, point de morue. Une ligne flottante portant 500 hameçons bien appâtés avec du hareng congelé n’en ramena que deux, et à la ligne ordinaire on n’en prit aucune.
- Le 18 juin une hausse de température légère se produit : 0°,36 à 1°,6 au fond; 1°,4 à 1°,49 à la surface; encore rien.
- Les 4, 5 et 6 juillet, un réchauffement marqué se manifeste ; on note 0°,87 à 1°,68 sur le fond ; 2°,84 à 3°,42 à la surface; aussitôt grande abondance de morues.
- Combien l’arrivée de ce poisson sur les bancs est dans une étroite dépendance de la température de l’eau de fond ; les résultats de trois pêches à la ligne faites par le Dana au même endroit, dans la partie sud du Petit banc du Flétan (profondeur : 65 — 89 mètres) à plusieurs jours d’intervalle, le mettent en évidence :
- Dates. Température au fond. Nombre de morues capturées.
- 19 juin 0°,38 0
- 5 juillet 0°,31 1
- 13 juillet 1°,09 88
- D’après le professeur Ad. S. Jensen, c’est sur le banc de la Fylla, situé entre le 63° et le 64° de latitude nord, que la pêche à la morue est susceptible de donner les résultats
- les plus avantageux, ce poisson s’y rencontrant plus tôt en saison et en plus grande abondance que sur les autres bancs. Dans l’opinion du savant naturaliste danois, ces circonstances favorables sont dues à ce que les eaux recouvrant ce haut fond atteignent une température plus élevée et à une date plus précoce que dans les autres régions de cette partie de la côte grônlan-daise. En tout cas, la fréquentation du poisson est très irrégulière ; souvent on reste plusieurs jours sans prendre quoi que ce soit, puis tout à coup la morue afflue en masses considérables. Ajoutons que le banc du Fylla est de médiocre étendue : 16 milles marins (30 kilomètres environ) de large et 40 milles (74 kilomètres) de long avec des accores du côté du large.
- Il y a quatre ans environ, des chalutiers français ont fait un essai de pêche dans cette région. Leur tentative n’a pas été heureuse; les prises ont été médiocres et les filets déchirés. Pareil accident est toujours à redouter dans les régions qui, comme celles-ci, ont été ou sont encore soumises à des manifestations glaciaires puissantes et où, par suite, les fonds marins sont parsemés d’abondants blocs erratiques, contre lesquels les chaluts sont exposés à rester « crochés ».
- Signalons encore, d’après 1 e Berlingske Tidende, le grand quotidien de Copenhague, qu’en, plein hiver, en . janvier et février derniers, un cordier à vapeur anglais
- 1. Voir Berelninger og Kundgo'relser çedrorende Siyrelsen of Grônland. Copenhague, 1926, n° 2.
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- a fait à la côte occidentale du Grônland deux voyages et en a rapporté des quantités considérables de flétan. Pendant sa seconde excursion, quatre ou cinq jours seulement, il lui a été possible de pêcher et durant ces quelques jours, il a capturé pas moins de 4000 flétans. Au total, cette campagne a rapporté 864 000 francs.
- *
- La seconde région de pêche découverte récemment dans l’Océan Glacial comprend les bancs qui entourent l’île aux Ours, entre la Norvège et le Spitsberg. Comme ceux du détroit de Davis, ils sont fréquentés par la morue et le flétan. On peut pêcher jusqu’à 40 milles dans l’ouest et le sud-est de cette île et jusqu’à 60 milles dans le nord-ouest. Autour de cette terre, les conditions de la navigation sont délicates, en raison de l’absence d’un mouillage abrité de tous les vents; de là, en cas de mauvais temps, la nécessité pour les bateaux d’aller s’abriter tanlôt derrière une côte, tantôt derrière une autre, suivant la direction de la brise; partout, les fonds sont de bonne tenue. Les débarquements sont difficiles; on ne peut, par suite, établir sur la côte des dépôts destinés au ravitaillement des pêcheurs, ni s’y installer pour pré-
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- parer le poisson. Quoi qu’il en soit, cette région commence à être fréquentée. L’an dernier, au milieu de juin, on y comptait 150 bateaux, principalement sur les bancs du nord-ouest et environ 250 un mois plus tard. Cette campagne paraît avoir été assez bonne. 33 vapeurs et 164 bateaux à moteur ont débarqué à Tromsô 808 tonnes de flétan et 232 d^ morue pêchées dans cette région. La valeur de ces prises a été évaluée à 3 millions de francs environ.
- Depuis longtemps la pêche de la morue sur ces bancs de l’Océan Glacial est pratiquée par les habitants de la Norvège septentrionale. Le Grand et Nouveau Miroir ou Flambeau de la Mer, traduit du flamand en français par Paul Yvournet, 1684, renferme, folio 87, la phrase suivante : « Quelquefois on peche de bon Merlu o Elegefin au près de cette isle des Ours. »
- Cette année, dès le milieu de juin, des Norvégiens sont arrivés dans cette région. Des glaces entouraient alors l'île, mais les eaux recouvrant les bancs possédant néanmoins une température relativement élevée, 3° à 4° au fond, le flétan se montrait abondant et un naturaliste du Service des Pêches de Norvège venu en observation à l’île aux Ours télégraphiait que cette année la saison s’annonçait également bien. Charles Rabot.
- UNE PETITE INDUSTRIE SPÉCIALE AU POITOU
- LES PEAUX D'OIES BLANCHES
- La plume des oiseaux a été, de tout temps, un objet de parure pour l’homme et pour la: femme; aujourd’hui, chez les peuples civilisés, elle est réservée à la toilette des femmes. De nombreux oiseaux servent à préparer des objets de mode, plumes, ailes et peaux avec duvet. C’est ainsi que la fourrure de cygne a toujours été très recherchée. On a souvent développé l’élevage de cet oiseau dans ce but. Je puis rappeler le grand centre du sud de l’Angleterre, dansleDorset, sur la lagune dite the Flèet, à l’abri du Chesil Bank-, j’ai eu l’occasion d’y voir une swannery (swan, cygne), qui a renfermé toujours plusieurs milliers d’animaux.
- Mais cette industrie est insuffisante depuis longtemps pour les besoins modernes. Aussi, s’adresse-t-on aux oies blanches dont la peau soyeuse peut être comparée à celle des cygnes; c’est l’origine d’une pelleterie spéciale qui fournit des quantités beaucoup plus considérables de peaux.
- On connaît, en Poitou, comme ailleurs, plusieurs races d’oies blanches, plus ou moins grises; elles constituent le mets favori des Poitevins; l’oie rôtie est une tradition dominicale; ce volatile ne mérite pas, du reste, la réputation que lui donne sa démarche gauche.
- Mais, depuis longtemps, on a tendance à développer l’élevage de la véritable « oie blanche du Poitou ». Sa chair est aussi bonne que celle des autres races et, de plus, la peau, fine et douce avec son duvet, est très
- recherchée par une mégisserie, cantonnée à Poitiers et à Châtellerault. Les éleveurs ont procédé par sélection, depuis de longues années, en éliminant les reproducteurs dont toutes les plumes ne sont pas absolument blanches. On est arrivé ainsi à fixer presque une race, dont le duvet est absolument blanc; les peaux servent alors à la fabrication de fourrures, tours de cou, manteaux, houppes à poudre de riz, etc.
- Les cultivateurs de certains cantons de la Vienne (Poitiers, Châtellerault, Mirebeau, Neuville, Chauvigny, Gençai, etc.) ont souvent un groupe de vingt à trente pirons; c’est le nom par lequel on désigne les oisons, c’est-à-dire les petits de l’oie, dans le Centre-Ouest Le pironnaîtau printemps et a une existence de 6 à 8 mois; au bout de deux mois, on le plume jusqu’à la chair; deux mois après, on procède à une nouvelle plumée (plumaison). Cet arrachage ne fait que se substituer à la mue naturelle. Les plumes, obtenues dans ces deux mues artificielles, sont employées par l’éleveur pour son usage personnel, ou bien vendues pour la literie, oreillers, traversins, etc.
- Il faut attendre encore deux mois environ pour que les plumes aient repoussé pour la troisième fois; on arrive au mois de septembre, c’est alors l’instant favorable de la vente sur un des nombreux marchés de la région. C’est le moment où la peau est le plus recherchée, le plumage brillant, et le duvet le plus beau et le plus monté.
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- Fig. 1. — Une oie blanche du Poitou, (Photo Laveissière.)
- De plus, on a baigné souvent les jeunes oies pour avoir propreté et blancheur.
- Autrefois, c’étaient des brocanteurs (ou chineurs) qui recueillaient la peau des oies écorchées dans la campagne, de même qu’ils recueillent aujourd’hui les peaux de lapins. Mais, aujourd’hui, ce commerce a évolué; il y a des raraasseurs-dépouilleurs qui achètent les bêtes vivantes et les portent en ville, dans leur installation. L’oie est suspendue par les pattes, tuée d’un coup de canif à la tempe, pour éviter de souiller le plumage, et dépouillée au moyen d’un couteau. La peau est fendue dans la région dorsale, et on la sépare du corps avec les mains, en rompant le tissu cellulaire sous-cutané. On procède alors à la plumée, et on ne laisse adhérer que le duvet. Un bon dépouilleur peut travailler 150 sujets dans sa journée, et une bonne plumeuse, 50.
- Le plumage des oies a été autrefois à peu près l’unique industrie, populaire et féminine, locale. Elle avait été abandonnée pendant la guerre, aussi les plumeuses d’oies formaient-elles la majorité des femmes qui ont travaillé aux usines.
- Les oies écorchées sont livrées à la consommation; elles se vendent un bon prix, sur place ou expédiées aux Halles de Paris.
- On fixe ensuite les peaux sur des planches par de petites pointes, le duvet contre le bois. Elles sèchent ainsi à l’air libre, dans des greniers, et elles sont détachées au bout de quinze jours environ; c’est alors qu’on les apporte aux maisons de pelleterie.
- Les usiniers les soumettent aux diverses opérations de la mégisserie pour leur donner la blancheur immaculée et l’aspect vaporeux si recherché. La peau, avec son duvet, est nettoyée, raclée, débarrassée des restes de chair qui peuvent encore y adhérer, puis soumise à l’apprêt qui varie avec les maisons. Autrefois,on tannait au
- moyen de chaux et d’alun; aujourd’hui, l’opération a lieu en vases clos, à chaud, avec l’aide de la benzine, avec divers traitements mécaniques, pour éviter toute contamination par les peaux traitées.
- Les plumes, d’après leur grosseur et leur qualité, servent à faire des plumeaux, des cure-dents, des parures, etc., la peau, avec duvet, sert pour les houppes à poudre de riz, fourrures, toilettes de bal, manteaux, etc. On dit même que les houppes, tirées de la peau d’oie, sont plus agréables que celles tirées de la peau de cygne; elles sont plus souples, moins granuleuses, et leur cuir est comparé à la peau de gant; leur conservation serait plus grande.
- Cette industrie, qui avait été à peu près arrêtée par la guerre, s’est beaucoup développée depuis quelques années.
- Les Directeurs des Services agricoles et les professeurs d’agriculture ont orienté l’élevage de manière à obtenir maximum de rendement, parle choix des reproducteurs; un travail de sélection, assez sévère, est nécessaire si l’on ne veut pas avoir des peaux n’ayant qu’une faible valeur commerciale. Il s’agit d’obtenir une race susceptible de donner des peaux analogues à celles de véritables peaux de cygnes.
- Au concours agricole de Paris, de Mars 1926, le grand prix d’honneur a été remporté par les oies blanches, du Poitou, pour des volatiles exposés par M. de Curzay, du département de la Vienne.
- De plus, la société d’Aviculture du Poitou, qui s’occupe de développer l’élevage des volailles et animaux de basse-cour, a une section spéciale (un Club) réservée aux oies blanches, dans tous les concours agricoles et foires-expositions. On sait que la basse-cour, lorsque l’élevage est bien compris, laisse d’appréciables profits à celui qui s’y livre.
- Déjà, dans la période de 1892-1898, si critique pour l’agriculture, les petits produits de la ferme ont rendu d’immenses services aux métayers, aux fermiers et et aux propriétaires.
- Aujourd’hui encore, la production de la chair et des œufs est loin de répondre aux besoins de la consommation, qui ne cesse d’augmenter.
- Fig. 2. — Un troupeau d’oies. (Photo Laveissière.)
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- De son côté, l’élevage des oies blanches laisse d’intéressants bénéfices aux fermières du Poitou, à condition toutefois d’obtenir des sujets complètement blancs, sans aucune plume grise. Et c’est le point de départ de la vieille industrie poitevine de la préparation des peaux d’oie, qui a des débouchés en France, Angleterre, Espagne, Italie,
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- Amérique, etc. L’ensemble de la ^production, viande, plumes et peaux d’oies, dépasse une valeur de plusieurs millions, probablement dix.
- Jules Welsch,
- Doyen honoraire de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- LES PRÉCURSEURS DU CINÉMA DANS L’ANTIQUITÉ
- Le cinématographe, éclos au xixe siècle et à l’édification duquel nombre d’inventeurs prirent part, eut sans doute des précurseurs lointains.
- L’étude succincte que nous donnons est basée sur la
- La vision seule, sûrement. Sans nous attarder à la préhistoire essayons de déchiffrer dans l’histoire des peuples le début du mouvement écrit.
- Les Chinois, les Egyptiens, les Assyriens, les Perses,
- Fig. 1 et 2. — Cavaliers de la frise du Parthénon.
- statuaire de la Grèce, plus particulièrement sur la frise du Parthénon. Nous savons que l’analyse d’un mouvement cinématographique demande un grand nombre d’images, le sculpteur pour la recherche de l’illusion n’a employé ici qu’un très petit nombre d’images sculptées, se complétant avec harmonie, l’œil imagine les phases intermédiaires et la souplesse fuyante de la vie est encore accrue par le relief.
- Ceci dit, considérons que la synthèse du mouvement, de la vie, a été de tout temps la préoccupation artistique des hommes, sans en excepter ce préhistorique qui traça dans le schiste un bison « instantanéisé » en pleine course ; cette gravure pariétale, fantaisiste au premier abord, est démontrée sincère par le film moderne.
- De quel moyen disposait l’homme des cavernes pour établir graphiquement une phase de mouvement rapide?
- se sont essayés, dans leur statuaire, notamment dans leurs bas-reliefs à graduer les gestes des sujets pour donner l’illusion du mouvement par ambiance. Mais, dans bien des cas, l’attitude des sujets est très analogue
- et semble parfois calquée sur un même type.
- C’est dans l’art hellénique, au siècle de Périclès, qu’apparaît le souci de la recherche précise et savante du mouvement.
- Nous pouvons en juger par la sculpture et la céramique et c’est surtout dans la frise du Parthénon, œuvre de Phidias, que l’on peut se rendre compte de l’adresse de l’artiste et de sa science de l’imitation de la vie.
- Le long de la frise qui déroule sur 160 mètres les groupes du cortège des Panathénées sont figurés les diverses classes de la société athénienne, des cavaliers aux coursiers fougueux, les prêtres conduisant les tau-
- Fig. 3 à 5. — Quelques chevaux de la frise du Parlhénon.
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- Fig. 6 et 7. —» Fragments de la frise du Parthénon.
- A gauche : les prêtres conduisant les barmjs au sacrifice. A droite : la procession des jeunes filles.
- reaux du sacrifice, les jeunes filles portant le péplum d’Athéna, les vieillards, etc.
- On comptait autrefois 400 têtes, toutes différentes, toutes expressives. Il se dégage de cet ensemble une impression de jeunesse et de vie étonnante. C’est
- Fig 8.
- Photochronographie de Marey : Vescrimeur tirant un coup droit. 50 images par seconde.
- D’après La Nature du 11 octobre 1890.
- que l’artiste a fait vibrer dans cette œuvre toute son érudition, toute sa sagacité, en même temps qu’une science remarquable de la composition.
- Dans ce déploiement d’art, pas de motifs superflus ni de détails parasites, peu de différence dans les costumes d’un même groupe, où seul, le premier personnage semble se déplacer; si nous l'isolons, il devient inerte, passif, et cependant ce personnage fait bien partie d’un groupe.
- Dans un ensemble de cavaliers, Phidias a réservé aux chevaux la part « motrice », il les a présentés sous une forme spacieuse et avantageuse pour notre œil afin de donner une large part au mouvement, malgré les corps à corps qui rendraient cette chevauchée bien difficile dans la réalité.
- Dans le groupe où les prêtres mènent les taureaux au sacrifice, lès ruminants à marche paisible se rapprochent
- davantage de l’horizontale, cette ligne de la sérénité. Le mouvement est ainsi lié intimement à l’art.
- Jusqu’au groupe de jeunes filles qui ne cessent de donner Eiiopression de l’action malgré leur marche lente et recueillie. Les pieds se soulèvent à peine sur un terrain légèrement ondulé. Rien qu’à l’examen des têtes, suivant le défilé, on devine la marche. Quel contraste avec le trot saccadé des coursiers de Thessalie qui se cabrent ou caracolent....
- Le jeu des muscles, remarquable étude anatomique, est un des principaux facteurs de l’illusion. Dans des attitudes analogues, remarquons combien le faible déplacement d’un membre peut modifier le jeu des muscles.
- Le spectateur profane sent la réalité; les déplacements de l’œil transforment les images fixes en images animées, principe inverse, il est vrai, du cinéma moderne.
- Et notons que les céramistes qui ont subi l’influence des peintres de leur temps (les peintures n’ont pu nous parvenir) ont dû s’inspirer aussi des maîtres de la sculpture, à en juger par leurs nombreux vases peints qui semblent être l’empreinte des bas-reliefs.
- Une étude complète de la frise ne pourrait trouver place ici, nous n’en avons exprimé qu’une idée qui, peut-être, s’est faite jour déjà dans d’autres cerveaux, pas à notre connaissance cependant. Et, quoi qu’il en soit, il convenait de marquer la part prise par les artistes
- Fig. 9.
- La nage de l’hippocampe, montrant l’ondulation de sa nageoire dorsale. Pkotoehronographie de Marey,
- D’après La Nature du 15 novembre 1890.
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- hellènes dans la synthèse du mouvement et de la vie. L’exemple le plus frappant,croyons-nous, réside dans la frise de Phidias, dont le ciseau guidé par Athéna, a sculpté pour le temps, les géniales et si vivantes images.
- Geokges Lutigneaux.
- N. B. — Nous avons reproduit pour mémoire des
- figures parues naguère dans La Nature et qui montrent l’évolution du cinéma au xixe siècle et aussi la différence avec la méthode archéologique.
- Les figures de la frise ont été tracées par mes soins d’après les documents de Ferrero (1826) qui en avait, en outre, reconstitué les éléments manquants.
- G. L.
- EE LE DOUBLE TÉLESCOPE DE 600 MILLIMÈTRES = DE L’OBSERVATOIRE DE LEMBANG (JAVA)
- L’histoire de l’astronomie est là pour prouver combien les idées relatives au rôle des télescopes à lentilles ont changé depuis l’invention de ces instruments.
- Newton lui-même, il y a environ 200 ans, signalait l’impossibilité d’assurer à cette époque des images vraiment achromatiques, c’est-à-dire dénuées de contours colorés.
- C’est ainsi que, 50 ans plus tard, du temps de Hers-chel, on a été conduit à construire les premiers télescopes à miroir.
- La tendance moderne est nettement en faveur de ces derniers.
- Les grands observatoires, notamment ceux des États-Unis érigés en ces dernières années, se sont équipés de télescopes à miroir pour porter leurs investigations dans les régions les plus lointaines des espaces célestes.
- Cependant le télescope à lentilles, aujourd’hui très perfectionné grâce aux progrès des verres d’optique, garde en astronomie de nombreuses applications.
- Lorsqu’il s’agit de faire, dans le firmament, des mesures d’une extrême précision, d’un angle, par exemple, de 1/100 de seconde, angle sous lequel un millimètre serait vu à 20 kilomètres de distance, le télescope à lentilles est bien supérieur à son rival. Comme l’œil humain, dans le cas d’une acuité visuelle normale, est capable d’apercevoir un millimètre, sur une échelle métrique, à environ 3 mètres de distance, une mesure pareille exigerait, on le voit, une précision 6000 mille fois plus grande que celle de l’observation directe à l’œil nu.
- Or, les /télescopes à miroir, étant donné leur faible pouvoir séparateur et leur grande sensibilité aux variations de température, seraient incapables d’assurer une telle précision. Parmi les milliers d’étoiles doubles connues, il n’y en a pas une qui ait été découverte au moyen d’un télescope à miroir.
- Les deux types d’instruments ont donc, pour l’étude du ciel, chacun leur domaine d’emploi.
- Le grand observatoire récemment installé à Lembang (-Java) pour explorer la moitié australe, encore peu connue, de notre ciel, a été, pour les raisons que nous venons d’indiquer, doté d’un grand équatorial, formé
- d’un télescope double à lentilles construit par Zeiss, et qui présente de nombreuses nouveautés intéressantes.
- Les deux objectifs, destinés, l’un, aux observations visuelles directes, l’autre aux enregistrements photographiques, ont été montés dans un même tube cylindrique de 1 m 70 de diamètre, de façon à assurer aux deux faisceaux lumineux un parallélisme impossible dans le cas de deux tubes parallèles et distincts.
- C’est un point d’une grande importance en raison de l’extrême précision que l’on veut atteindre avec ce nouveau télescope.
- On a, par exemple, l’intention de tenir une étoile donnée, durant plusieurs minutes, dans le micromètre du demi-tube destiné aux observations visuelles, pendant que l’image de cette même étoile sur la plaque photographique devra rester immobile à un millième de millimètre près, ce qui, évidemment, serait impossible dans le cas de deux tubes parallèles voisins l’un de l’autre.
- Les dispositifs destinés au réglage de chacun de ces demi-tubes sont d’une construction fort solide ; ils devront, en effet, porter des appareils assez lourds, tels que, par exemple, les grands micromètres. C’est pourquoi ils ne pourront être déplacés à la main et on a dû installer, à leur intention, de petits moteurs électriques, que l’on met en marche simplement par une légère pression sur un bouton.
- La grande coupole de 14,4 mètres de diamètre est également mise en rotation par un petit moteur électrique, il en est de même du plancher ajustable verticalement; tous ces mouvements sont effectués, sans le moindre effort physique et sans interrompre les observations visuelles ou les travaux de photographie, en pressant l’un des trois boutons.
- Le télescope repose dans une fourche close portée par des paliers aux deux extrémités, en direction sensiblement horizontale, fourche tournant autour de son axe longitudinal ou polaire, lequel, à Lembang, sous 5 degrés seulement de latitude australe, c’est-à-dire à proximité de l’équateur, est disposé parallèlement à l’axe de la Terre.
- Pour les observations visuelles aussi bien que pour les
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- enregistrements photographiques, le télescope est mis en rotation automatiquement par un mouvement d’horlogerie électrique, synchrone avec le mouvement diurne des étoiles; un petit moteur de 1/8 de ch suffit à assurer le mouvement diurne de cette masse énorme du poids de 14.000 kilogrammes.
- Les deux objectifs, de construction et de dimensions identiques — lentilles de 600 millimètres de diamètre et de 10,5 mètres de distance focale, pesant cha-
- Fig. 1 (en haut). — L’équatorial de Ltmbang aux essais dans les ateliers Zeiss.
- Fig. 2 (à gauche). — La partie inférieure de Véquatorial double. On aperçoit les deux bouts de tube munis de dispositifs de réglage fin, à gauche l’oculaire à micromètre, à droite la
- chambre photographique.
- •Les câbles que l’on aperçoit
- cune 300 kg — sont placés dans deux montures qui les abritent. La partie antérieure de chacune d'elles est munie d’une capote protégeant l’objectif contre tes dépôts de rosée, particulièrement à craindre dans le climat humide de Java. Dans sa fourche fermée, le télescope tourne autour d’un axe perpendiculaire à l’axe polaire et s’oriente aisément suivant une direction quelconque.
- Alfred Gradenwitz, Docteur ès Sciences.
- à droite sont les câbles électriques qui assurent la mise en mouvement électrique de l’appareil, la rotation électrique de la coupole et l’abaissement ou la montée du plancher mobile.
- Fig. 3 (à droite). — Montage des lentilles de 600 mm. dans leur monture, chacune des lentilles pèse 300 kg.
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- PURIFICATION DE L'EAU EN VACANCES = ,29
- Mon eau est suspecte, que faut-il faire pour la rendre potable ?»
- Cette question — bien souvent formulée et à laquelle il est toujours si imparfaitement répondu — se pose avec une acuité particulière au moment des vacances où les citadins s’essaiment jusque dans les plus lointaines campagnes, vers les plages, à la montagne.
- Là, un puits, dont les eaux claires ont une fraîcheur incomparable, n’aura pas fait regretter le robinet parisien; les usagers locaux ont d'ailleurs assuré que de tout temps ils en ont bu et que personne n’en fut jamais malade.
- Au retour, le tableau est parfois, hélas, moins enchanteur. A Paris, notamment, les statistiques enregistrent presque chaque année, vers les mois de septembre et d’octobre, des taux plus élevés de morbidité typhique auxquels les cas importés de la campagne contribuent pour une bonne part (M.
- En réalité, si en examinant de plus près le puits aux eaux attrayantes et fraîches de tout à l’heure, recherchant l’amont, l’aval, supputant le sens de l’écoulement des filets d’eau qui l’alimentent, vous aviez relevé sa position par rapport au potager, à la fosse d’aisances, aux puisards sournois, dissimulés à la sortie des cuisines, vous auriez noté plus d’un rapprochement qui vous eût inquiété. Et si par hasard, cet examen topographique vous avait rassuré, vous auriez pu, continuant vos investigations, jeter un regard indiscret au delà du mur de clôture de la propriété et constater peut-être que vous aviez moins lieu de vous féliciter des nuisances émises par le voisin et dont quelques-unes sont destinées à l’eau de votre puits.
- De fait, en dosant le chlore (des chlorures) — excellent signe de la pollution fécale — sur 1100 puits de la région briarde, nous avons pu établir que 23 seulement présentaient les caractères de la potabilité, parce qu’entièrement isolés.
- C’est un autre fait de constatation courante que le séjour à la mer, par exemple, s’accompagne de certains troubles digestifs, de diarrhée, attribués à l’usage de l’eau et dont les baigneurs s’accommodent plus ou moins, en les classant comme des attributs géographiques et inéluctables de la région.
- C’est ainsi que, sans préciser plus, on connaît la « sablaise » , la « royannaise », 1’ « arcachonnaise », etc....
- Il faut dire que la plupart de ces grandes stations se sont dotées d’eaux excellentes et que, si le nom reste, la chose a disparu ou n’est plus imputable à l’eau (*).
- Cependant les petits « trous » satellites qui gravitent autour des grandes plages que le succès a consacrées et dont l’hygiène se développe moins vite que les prétentions réservent encore à leurs baigneurs ces désagréables troubles gastro-intestinaux.
- Ce que nous venons de dire des puits et de leurs abords s’appliquerait avec quelques variantes aux captages rudimentaires mal entretenus, mal surveillés, des sources médiocres.
- L’idée- d’assurer une qualité satisfaisante aux eaux devant lesquelles les circonstances nous placent s’impose donc facilement à l’esprit.
- Restent les voies et moyens à utiliser.
- On ne songe guère à s’encombrer d’un filtre.... S’il est bon, c’est cependant une solution intéressante de notre petit pro-
- 1. Sur 11 années, de 1917 à 1927, neuf fois les mois de septembre et octobre atteignent ou dépassent 120 cas typhiques, alors que le nombre des cas dans les mois moyens ressort à 75.
- 2. Le plus souvent il s’agit de refroidissement abdominal éausé par les bains imprudemment prolongés.
- blême, mais elle s’accompagne de nettoyages fréquents et délicats.
- Nous pourrons aussi faire bouillir l’eau... du moins le volume indispensable à la boisson, c’est une discipline quotidienne à acquérir; on coulera l’eau bouillante dans des bouteilles en verre épais, et dont quelques-unes ne résisteront pas à cette épreuve; ces bouteilles seront ensuite bouchées avec un simple tampon d’ouate propre, chaque fois renouvelé, puis descendues en cave et consommées le lendemain. Malgré ces dernières précautions, ces eaux sont d’aspect et de goût, en général, peu engageants, bien que la pratique soit, comme on sait, d’une sûreté absolue au point de vue microbien.
- On trouve aussi dans le commerce pharmaceutique des produits sérieux, en très petit nombre d’ailleurs, destinés à purifier l’eau alimentaire. Ils sont généralement présentés sous forme de poudres ou comprimés. Ce sont des oxydants; leur action est donc liée à la richesse, très diverse, en matières organiques, des eaux à traiter.
- Comme le principe actif de ces produits est dosé d’une façon fixe et polyvalente, c’est-à-dire pour être utilisé avec les eaux de composition les plus différentes, on conçoit qu’il doive, à dessein, dépasser le but à atteindre.
- On sera donc amené à détruire l’excès du stérilisant par l’addition d’un corps réducteur. De là l’emploi, dans la manipulation de 2, parfois 3 comprimés successifs.
- C’est ainsi que l’iode à l’état naissant tue, en quelques minutes, les germes à la dose du 1/100 000e. Cette propriété a été utilisée dans le cas qui nous préoccupe. L’une de ces techniques comporte un premier comprimé qui est à base d’iodure alcalin.
- Dissous dans 1 litre, l’iode y est représenté à la dose du 1/16 000e ; le second comprimé contient de l’acide tartrique propre à mettre cet iode en liberté, et le troisième, constitué par de l’hyposulfite de soude, est destiné à neutraliser l’excès d’iode introduit.
- D’autres procédés utilisent les permanganates alcalins ou alcalino-terreux, comme corps oxydant et stérilisateur ; parfois s’y ajoutent du bioxyde de manganèse et un coagulant : l’alun. Puis, après un contact suffisant, on détruit l’excès du produit par addition d’hyposulfile mélangé ou non de carbonate de soude ou de chaux.
- Signalons aussi l’existence d’un petit nécessaire adapté pour la production domestique du peroxyde de chlore. Ce corps est un oxydant énergique, agissant à la fois par son chlore et son oxygène. Tl est deux fois plus antiseptique que le chlore, dont il rappelle à peine l’odeur d’ailleurs. Le nécessaire sus-visé contient tout le petit matériel propre à cette préparation qui rappellera, à plus d’un, le temps lointain des manipulations du lycée.
- Contrairement aux types précédents, la technique que nous préconisons ci-dessous proportionne, ajuste la dose du stérilisant — dont elle n’admet pas d’excès — avec la nature des différentes eaux. Nous nous adressons à l’eau de Javel, c’est-à-dire à la solution commerciale d’hypochlorite de soude.
- Notre but ne vise pas, bien entendu, à obtenir, très inutilement dans le cas qui nous préoccupe, des eaux stériles, .mais des eaux débarrassées de leurs espèces pathogènes ou suspectes et dont les qualités organoleptiques ne seront pas altérées.
- Notre petit matériel sera des plus simples; nous nous procurerons chez le pharmacien :
- 1 bouteille à potion de‘100 gr. de capacité, grossièrement graduée sur le côté.
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- l'r Exemple :
- On dispose d’eau de Javel A 12°.
- Ea compter à l’aide du compte-gouttes 30 gouttes que l’on introduit dans la bouteille à potion et l’on remplit celle-ci avec l’eau jusqu’à 55 gr. Agiter.
- 2' Exemple :
- On dispose d’eau de Javel à 4°.
- En compter à l’aide du compte-gouttes 40 gouttes que l’on porte dans la bouteille à potion et l’on remplit celle-ci
- 1 cms ou 20 gouttes de celle eau de Javel, avons-nous vu, renferme 38 milligrammes de chlore :
- 30 gouttes en contiendront
- OO
- 20 X 30 = 57 milligr.
- Portés dans 55 gr. d’eau chaque centimètre cube ou 20 gouttes renfermera 1 milligr. de chlore libre.
- 1 cm5 ou 20 gouttes de cette eau de Javel, avons-nous vu, renferme 12 milligr. 7 de chlore, 40 gouttes en contien-12,7
- dront: X 40 = 25 milligr.
- Porté dans 25 gr. d’eau cha-
- jusqu’à 25 gr. avec de l’eau. Agiter.
- (Ces deux solutions diluées d’eau de Javel ont la même richesse en chlore libre.)
- Aligner nos 7 bouteilles et mettre respectivement :
- Dans la lr% 1 goutte d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- Dans la 2% 3 gouttes d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- Dans la 3", 4 gouttes d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- Dans la 4% 5 gouttes d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- Dans la 5e, 7 gouttes d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- Dans la 6e, 9 gouttes d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- Dans la 7*, 11 gouttes d’eau de Javel diluée de la bouteille à potion.
- que centimètre cube ou 20 gouttes renfermera 1 milligr. de chlore libre.
- 1 goutte de l’une ou l’autre solation contient - de mmgr sojt 0 milligr. 05 de chlore libre(1).
- La lre bouteille qui reçoit
- I goutte contiendra 0,05 de Cl libre.
- La 2* bouteille qui reçoit
- 3 gouttes contiendra 0,15 de Cl libre.
- La 3® bouteille qui reçoit
- 4 gouttes contiendra 0,20 de Cl libre.
- La 4e bouteille qui reçoit
- 5 gouttes contiendra 0,25 de Cl libre.
- La 5* bouteille qui reçoit
- 7 gouttes contiendra 0,35 de Cl libre.
- La 6" bouteille qui reçoit
- 9 gouttes contiendja 0,45 de Cl
- II b re.
- La 7® bouteille qui reçoit
- 11 gouttes contiendra 0,55 de Cl libre. 1
- = Ï30 ... :......’ 1 — .. -...-=
- 1 compte-gouttes « calibré » (*) et, comme réactif, quelques cristaux d’iodure de potassium, la moitié environ d’un dé à coudre. Nous le compléterons par un passage à la cuisine, où nous emprunterons un peu d’eau de Javel et de l’amidon.
- Un mot sur l’eau de Javel du commerce. On sait que son action stérilisante est fonction de sa richesse en chlore libre; celle-ci est exprimée commercialement en degrés chloro-métriques. On dira que telle eau de Javel marque, par exemple, 12° chlorométriques, ce qui veut dire que cette eau de Javel renferme 12 litres de gaz chlore, et comme 1 litre de ce gaz pèse 3 gr. 17, notre litre d’eau de Javel renferme 3,17x12 = 38 gr. de chlore libre. Un centimètre cube ou 20 gouttes en contiendront donc 38 milligrammes.
- De même, le centimètre cube ou 20 gouttes d’une eau de Javel marquant 4° chlorométriques renfermera 4x3,17 ou 12 milligr. 6 de chlore libre.
- La circulaire N° 53 du 30 juin 1920 (2), du Ministère de l’Agriculture, prescrit qu’il soit fait obligatoirement mention de ce degré sur l’étiquette pour toutes les eaux de Javel qui n’atteindraient pas 12°. Nous choisirons donc une eau de Javel portant l’indication de son degré chlorométrique, bien que pour les marques qui ne le mentionnent pas on puisse faire confiance au souci qu’elles ont de leur intérêt et compter que ce chiffre de 12° n’est pas dépassé sensiblement.
- L’amidon est celui des blanchisseuses : l’amidon de riz en pseudo-cristaux irréguliers.
- Nos opérations comporteront deux temps : un premier essai déterminera une fois pour toutes la dose d’eau de Javel à introduire. Nous n’aurons pas à le renouveler, au cours de notre séjour de quelques semaines, car les résultats qu’il donne varieront peu, surtout si nous avons affaire à des eaux de puits ou à des eaux claires ne se troublant pas.
- Le deuxième temps sera l’opération même de javellisation. Nous allons écrire, dans la partie gauche de la colonne, notre rnodus operandi sans commenter nos gestes et à droite nous en donnerons les justifications.
- I - DÉTERMINATION DE LA DOSE JAVELLISANTE
- Prendre 7 bouteilles propres — type eau minérale — les emplir aux trois quarts avec l’eau à traiter.
- Agiter les bouteilles pour mélanger et rapidement achever de les remplir complètement.
- Abandonner l’expérience pendint 3 heures, les bouteilles étant disposées au frais.
- Nous occuperons ce laps de temps à préparer l’amidou nécessaire à la réaction.
- Nous en prendrons une quantité égale au quart de l’amande d’une noix que nous écraserons finement dans le fond d’une petite casserole, puis nous y verserons 100 gr. d’eau avec lesquels nous délayerons à fioid la poudre obtenue.
- Nous porterons ensuite sur une lampe à alcool la préparation à une douce ébullition que l’ou prolongera 5 minutes ; et on laissera déposer pendant 2 à 3 heures.
- Ce laps de temps étant écoulé, revenons à nos bouteilles ; sur un linge blanc nous disposerons en face de nos 7 bouteilles alignées 7 verres en verre blanc et verserons dans chacun d’eux environ 100 gr d’eau de la bouteille correspondante lui faisant vis-à-vis. Puis on ajoutera dans chaque verre 3 à 4 cristaux (2) d’iodure de potassium dont on hâtera la dissolution en agitant le liquide avec une petite baguette.
- Enfin, à l’aide du compte-gouttes, on déposera dans chaque verre 1 cm3 * ou 20 gouttes de la solution d’amidon prise dans la partie supérieure où elle s’est clarifiée.
- En agitant encore, on verra — traduisant la présence du chlore libre — une coloration bleue se développer dans les
- 1. Au lieu d’eau de Javel comme source de chlore, on peut s’adresser à une nouvelle forme de chlorure de chaux : la « caporit » qui est un hypochlorite de calcium pur, sans chaux, ni chlorure de calcium, c'est-à-dire que les causes d’altération de l’ancien produit sont éliminées. Ce corps se présente sous foime de poudre avec un litre en chlore libre de 70 pour 100 qu’il garde très fixe quand il est conservé dans des conditions normales Son emploi, dans le cas qui nous préoccupe, nécessitera une pesée : 150 milligrammes de produit dissous dans 100 cm3 constitueront une solution comme les précédentes dont 1 cm! renfermera 1 milligramme de chlore libre (1 goutte = 0 milligr. 05). On peut aisément, la pesée faite une fois au début, y substituer pour la suite l’appréciation de son volume (petite cuillère dosante).
- 2. En tout, gros comme le quart d’un petit pois.
- 1. Il donne 20 gouttes au centimètre cube.
- 2. Cette circulaire stipule que les termes d’« extrait », « esprit »,
- « extrait concentré », sont réservés aux eaux de Javel titrant plus
- de 40° chlorométriques. Ces concentrations ne sont pas rencon-
- trées dans le commerce de détail. Annales des Falsifications et des Fraudes, 1920, p. 504.
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- verres ayant reçu le nombre le plus élevé de gouttes d’eau de Javel diluée, et cette coloration décroître pour devenir nulle dans les verres ayant reçu le nombre de gouttes le plus petit.
- Il est un des termes de cette sorte de gamme où la coloration bleue, bien qu’affaiblie, est cependant encore légèrement perceptible.
- Supposons que ce soit la 3° bouteille ayant reçu 4 gouttes de l’eau de Javel diluée ; ce chiffre, qui est celui où, après 3 heures, il subsiste encore des traces iniimes de chlore, sera celui de notre traitement de javellisation (J). Comme on le voit cette dose est fonction de la richesse en matière organique de l’eau que nous avons à traiter et de la nature de cette matière organique. Nous n’avons plus, avons-nous dit, à renouveler cette détermination.
- II — JAVELLISATION
- Nous préparerons la quantité d’eau suffisante aux besoins alimentaires, aux soins de la bouche, etc..., pour 2 à 3 jours et, suivant l’importance de la famille, nous réunirons 10 à 20 bouteilles ou plus — propres et bouchées avec des lièges neufs — du type « eau minérale » qui nous a servi précédemment.
- Nous les remplirons aux 3/4 avec de l’eau essayée et dans chacune d’elles, nous servant du même compte-gouttes, nous laisserons tomber 4 gouttes de la solution diluée d’eau de Javel dont nous avons vu la préparation suivant son degré chlorométrique. On la préparera chaque fois fraîchement d’ailleurs, car le titre en chlore de ces solutions diluées s’altère.
- Nous agiterons ensuite une première bouteille pour mélanger le chlore et achèverons de la remplir complètement et puis nous passerons à la suivante et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le lot ait été ainsi traité. Les bouteilles sont descendues en cave et consommées à partir du lendemain, une douzaine d’heures après leur préparation.
- C’est précisément ce volant de temps que nous introduisons qui nous permet de ne déterminer qu’avec une rigueur approchée la dose javellisante et, en outre, nous évite toute correction ultérieure du chlore, car la destruction de celui-ci s’est parachevée complètement au cours de ce délai.
- Nous conseillons de réserver ces' bouteilles strictement à l’usage préindiqué et de vidanger au moment de l’usage l’eau purifiée qu’elles contiennent dans les vases, carafes,
- 1. Celte détermination de la dose javellisante que nous venons de décrire est une adaptation, avec la rigueur des dosages chimiques en moins, de la méthode du « Test-gamme » de Diénert, introduit par cet auteur, dans le même but, pour le traitement des eaux de la Ville de Paris (Annales des Services d’IJygiène de la Ville de Paris, 1924. Méthodes d’analyse), technique préconisée également par le Conseil Supérieur de Surveillance des Eaux destinées à 1 alimentation de l’Armée (1928) et le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France (1929).
- 13J
- etc..., où elle doit être utilisée. On évitera ainsi la souillure répétée de ces bouteilles, de leurs bouchons, etc....
- L’ensemble de cette petite manipulation ne demandera que quelques instants tous les deux ou trois jours. On ne la confiera pas à des soins ancillaires, car tous les gestes que nous avons décrits s’inspirent en réalité de disciplines hygiéniques au respect et à la compréhension desquelles les serviteurs ne sont généralement pas entraînés. Le chef de famille se réservera donc cette préparation qui lui garantira, à l’égard des maladies hydriques, la santé de son foyer.
- Nous avons traité, suivant cette technique des eaux présentant, au litre, de 0 milligr. 5 à 0,9 de matières organiques (exprimées en oxygène) et de 9 à 11 milligr. d’azote nitrique, suspectes/1), par conséquent riches d’autre part en Bacterium Goli etcegerme a étérégulièrementdétruit après retraitement.
- Nous l’avons recommandé également pour des groupements dépassant le cadre d’une famille; tels que les colonies de vacances, patronages, etc.... Le traitement se faisait alors dans des cuves en grès, de préférence de 100 à 200 litres par exemple. La détermination de la dose javellisante avait lieu aussi, en conséquence, à l’aide de bouteilles de 1 litre (et non plus du type eau minérale).
- Si, par exemple, la gamme a désigné comme base du traitement la bouteille ayant reçu 5 gouttes de la solution d’eau de Javel diluée, les 200 litres d’eau de la cuve devront recevoir : 5 X 200 = 1000 gouttes, soit à 20 gouttes au centi-, 1000 r
- mètre cube —— = 50 cm3 ou grammes de l’eau de Javel
- 1 V
- diluée, que nous préparons dans la petite bouteille à potion.
- Une agitation convenable sera ensuite réalisée avec un ustensile propre et affecté uniquement à ce service.
- M. l’abbé Y..., Directeur des Patronages de St-B... a, sur nos conseils, appliqué cette technique au traitement de l’eau du puits alimentant une de ses stations de vacances du Nord de la France. Ce prêtre nous écrivait que sur les 220 enfants Parisiens dont le séjour à la colonie s’est espacé en 1928, sur huit semaines, d’août-septembre, il n’avait plus à la suite de ce traitement « observé ces dérangements généraux qui, régulièrement, les autres années, s’emparaient de tous les colons au moins une fois pendant leur séjour ».
- En somme, cette technique simple, que nous préconisons autour de nous depuis plusieurs années, est susceptible de rendre service; nous la recommandons en entière quiétude.
- A. Guillerd,
- Chef-adjoint du Service de Surveillance des Eaux d’Alimentation de Paris.
- 1. Il s’agissait d’eaux du littoral où à cause de ce voisinage l’indice élevé des chlorures ne peut plus donner d’indication (80 à 100 milligr. par litre).
- PRESTIDIGITATION
- TRUCS DES TIREURS (Suite)
- Briser simplement des ballons ne peut suffire à composer un numéro de music hall ou de cirque, il a bien fallu varier un peu et chercher tout au moins à les casser d’une façon originale. J’ai dit en commençant que le tireur devait avoir un peu d’adresse et que le truquage l’aidait seulement à ne jamais manquer son coup. Aussi, aidé par la cible à éclatement et pard’aulres trucs quenous allons voir, le tireur arrive-t-il à tirer dans plusieurs positions qui semblent très incommodes, par exemple, derrière lui au moyen d’une glace, renversé sur le dossier d’une chaise, l’arme entre les jambes, etc.
- Yoici quelques-uns des trucs variés d’où dérivent tous les autres que l’on pourra voir : la cible, au lieu d’être un grand carré posé sur un chevalet, n’est qu’une rondelle noire posée sur un pied. Or, cette simple rondelle (pour l’œil du spectateur) est une sorte de récipient affectant (Gg. 1) la forme soit d’un entonnoir, soit d’une demi-boule. Le ballon blanc est suspendu à l’intérieur, alors que pour les spectateurs il semble être devant. Ce système a l’énorme inconvénient de projeter les éclats fort loin, surtout si le calibre de la carabine est un peu fort. Le tireur se sert aussi de ces
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- Fig. 1. — La cible en entonnoir.
- cibles courbes pour faire mouche à tous coups et prouver son adresse : au fond d’une cible on colle un peu de cire à modeler noire élan moment du tir le servant applique sur cette cire une petite pastille extra-mince soit de plâtre, soit de toute autre matière cassante. Un éclat fait toujours tomber la pastille s’il ne la brise pas.
- Au lieu de briser simplement des ballons accrochés à la cible, le tireur les brise alors qu’ils sont tenus par son aide. Dans ce cas, la main est en dehors de l’ouverture, mais, pour éviter les éclats, cette main est toujours gantée, le costume de chasse ou autre adopté par l’aide motivant ce détail. L’aide tient aussi très souvent un verre de lampe devant le ballon et le tireur brise le ballon au moyen de sa balle qui a traversé le verre de lampe. Tout naturellement il a tiré à droite si la main de l’aide est à gauche pour tenir le verre de lampe. Les éclats font le nécessaire, .l’ai vu aussi tenir une bague devant le ballon blanc. Cela force trop la note et le public pense que la balle a pu loucher à côté.
- Un truc qui fait de l’effet est le suivaul : deux ballous sont placés l’un contre l’autre devant la cible; l'aide tient un couteau entre les deux. La balle doit se couper sur le couteau et les deux morceaux frapper chacun un ballon! C’est ce qui arrive en effet, les éclats touchant les deux ballons, le couteau ne jouant aucun rôle.
- Devant la cible, l’aide place deux ballons et le tireur, épaulant deux armes, tire les deux coups à la fois sur les deux ballons qui sont brisés. Naturellement une seule balle est nécessaire. Le 2e coup de feu est à blanc, ou même n’est pas tiré, la détonation des cartouches ne produisant pas de fumée.
- On place aussi devant la cible un fil blanc assez fort supportant une pomme ou une orange. Le tireur coupe le fil avec sa balle et le fruit tombe. Pour ce truc, la cible noire est munie d’une large plaque également noire, formant pince (fig. 2). Touchée n’importe où, la plaque libère le fil qui est entraîné par le fruit. Par le même moyen de la large pince, on coupe un fil blanc horizontal.
- Toujours sur la cible, mais à plusieurs cases, l’aide colle une allumette-bougie allumée; le tireur l’éteint d’un seul coup. Puis plusieurs allumettes sont placées à la fois et sont
- éteintes l’une après l’autre par un tir rapide. L’allumette ou les allumettes ne sont fixées qu’avec un peu de cire molle et le choc les fait tomber. Les tireurs bien outillés ont une cible spéciale faite dé petites cibles indépendantes afin que le choc sur un endroit ne se communique pas à un autre.
- Pour ne pas toujours se servir de la cible, le tireur emprunte un cigare à un spectateur, tl le porte â l’aide, et, se reculant, coupe en deux ce cigare U nu à bout de bras par l’aide. Le cigare est fourni par un compère, ou si le cigare d’un spectateur est accepté, il est échangé contre un autre, ce qui est l’enfance de l’art de la prestidigitation. Dans le faux cigare (fig. 2) est une petite tige sur laquelle est piqué un morceau du cigare Au coup de feu, l aide tire la tige en arrière et le morceau de cigare tombe, le coup a été naturellement tiré à blanc.
- Le tireur éteint aussi une bougie tenue en main par l’aide ; la bougie est ensuite rallumée et éteinte de nouveau, ce qui enlève toute idée de truquage; cependant la bougie est une fausse bougie (fig. 2) qui contient à l’intérieur un tube et une poire comme pour un vaporisateur ou un obturateur photographique. Au coup de feu, l’aide presse la poire et la bougie s’éteint.
- Un tireur adroit tire aussi sur la tranche d’une carte tenue dans une pince. Pour cela, il se place pour viser la carte de biais et non pas sur la tranche, ou encore, la carte étant à peine tenue par la pince, il tire avec de la cendrée, ce qui à coup sûr touche la carte et la fait tomber.
- Deux tiges, placées sur un même pivot, sont balancées l’une de droite à gauche, l’autre de gauche à droite. Chacune d’elles est terminée par une plaquette de plâtre. Dans le balancement des deux tiges, elles se croisent et juste à ce moment le tireur les touche toutes les deux avec, sa balle. Les deux plaquettes sont légèrement collées et la cendrée fait le reste (fig. 2).
- La plupart de ces moyens amusants d’être adroit « quand même » m’ont été appris par un spécialiste, M. Abel Blanche, qui a obtenu comme tireur des succès remarquables.
- Albf.k.
- Fig. 2. — Quelques trucs de tireurs.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 133
- LA VOUTE CELESTE EN SEPTEMBRE 1929 (*)
- L'observateur du ciel, eu septembre, aura son temps bien occupé. Les nuits sont plus longues et de nombreux phénomènes célestes retiendront l’attention.
- Il y aura lieu notamment de rechercher Mercure, lors de sa plus [grande élongation du 12, d’observer la planète Jupiter qui se présentera dans des conditions très favorables, de suivre Uranus, qui sera presque en opposition.
- Ce mois-ci encore, il y aura de nombreuses occultations d étoiles par la Lune, des étoiles filantes, de nombreuses conjonctions. Enfin, il convient de noter la visibilité parfaite de la lumière zodiacale, le matin, de la lumière cendrée de la Lune, le matin également et, pour les amateurs de beaux spectacles de la nature, la production du mascaret.
- On trouvera, ci-après, tous les renseignements concernant ces divers phénomènes.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en septembre, continue de décroître rapidement. De + 8° 22' le L', elle sera de —2° 43' le 30.
- La durée du jour diminue également d’une manière importante ce mois-ci et, de 13h25“ le 1er, elle ne sera plus que de 11“43” le 30.
- Celte diminution est surtout sensible le soir.
- Le Soleil traversera l’équateur céleste le 23 septembre à 13“. Ce sera le commencement de l’automne.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, ou, si l’on aime mieux, l'heure marquée par les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient très facilement observable en septembre. Il faut choisir les matinées très pures, sans brume ni clair de Lune. La période du 1er au 10 septembre, puis les derniers jours du mois seront les plus favorables pour cette observation. Si l'on a pris l’habitude d’observer la lumière zodiacale le soir, on sera frappé de son aspect très différent le matin. On notera les limites de la lueur, repérées par rapport aux étoiles. On va pouvoir rechercher la lueur anti-solaire au point du ciel diamétralement opposé au Soleil, du lcl au 6 septembre, puis du 28 au 30. Voici les coordonnées du centre présumé de la lueur anti-solaire :
- Dates. Ascension limite. Déclinaison.
- Sept !„ 22h 41” — 8« 22'
- — 3 22h48” — 7° 38'
- — 6 ; 22“ 59” — 6° 32'
- — 28 0" 18” + lo 56'
- — 30 0“ 25” 4- 2o 43'
- 11. Lune. — Le s phases
- de la Lune, pendant le mois
- 60 45 40 35 30 25 20 15 /O
- O heure
- Fig. 1. — Marche de la planète Uranus sur le ciel pendant l’année 1929.
- Les chiffres marqués sur la trajectoire indiquent la position de la planète le l'-r de chaque mois.
- Dates. leures du passage. Dates. Heures du passage.
- Sept. 1er U» 50“ 42“ Sept. 17 11“ 45” 15*
- — 3 11“ 50* 4“ — 19 11“ 44“ 33*
- — 5 11“ 49“ 25* — 21 11“ 43“ 50*
- — 7 Uh 48” 45* — 23 11“ 43” 8*
- — 9 11“ 48“ 4* — 25 11“ 42“ 26*
- — 11 11“ 47” 23* — 27 11“ 41” 45*
- - 13 11“ 46“ 41* — 29 11“ 41” 5*
- — 15 llh 45” 58-
- Observations physiques. — Nous continuons ci-dessous la
- publication des valeurs P, B0, L0 permettant d’orienter les
- dessins et photographies du Soleil. Pour la définition de ces
- quantités, voir le précédent « Bulletin astronomique »
- (n" 2812, du le‘ juillet 1929).
- Dates. P K K
- Sept. 3 4- 210,57 4- 7°, 22 2830,91
- — 8 4- 220,73 + 70,25 2170,88
- — 13 + 230,74 + 70,22 1510,86
- — 18 + 240,60 + 70,14 850,85
- — 23 + 250,30 -h 70,01 19°,85
- 28 + 250,83 -f 6°, 83 3130,86
- de septembre, seront les suivantes
- N. L. le 3, à 11h 47m P. Q. le 10, à 22- 57»
- P. L. le 18, à 23“ 16*
- D. Q. le 26, à 2“ 7“
- Age de la Lune, le 1" septembre, à 0k = 26J,8 ; le 4 septembre, à 01' ==0i,5. On sait que pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 4.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 12=— 27021'; le 26=-f27027'. On sera frappé de la faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon sud, le 12 septembre, vers 19h.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 12 septembre, à 19“. Parallaxe = 54'13". Distance = 404 450 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 28 septembre, à IL Parallaxe = 59'25". Distance = 369050km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 9 septembre, occultation de 57 B. Scorpion (gr. 5,7). Emersion seule visible à 18h21m. — Occultation de 27 Q. Scorpion (gr. 5,8), de 18" 41“ à 20“ 1”.
- Le 11, occultation de 10 G Sagittaire (gr. 5,7), de 20h 36m à 21h25”.
- Le 15, occultation de 35 Capricorne- (gr. 6,0), de 20“ 38'” à 22h0”.
- Le 18, occultation de 376 B. Verseau (gr. 6,3), de 19“15” à 20“21”.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique b sont exprimée» en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24“ à partir de minuit (0h).
- Pendant la mise en service de l’heure d’été, augmenter de 1 heure toutes les heures données ici, pour les mettre en accord avec nos pendules.
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- Le 19, occultation de 14 Baleine (gr.. 5,4), de 19"19” à 20" 20”.
- Le 23, occultation de 39 Taureau (gr. 6,1), de 21" 52“ à 22"24m.
- Le 24, occultation del92 B. Taureau (gr. 6,1), deOh 58m à 2" lm.
- Le 28, occultation de X Cancer (gr. 5,9), de 0h8m à 0"57“.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 3 et de la Pleine Lune du 18 septembre. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées pour Brest :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. "Coefficient Heure. Coefficient
- Sept. 2 2" 51m 0,81 15"17” 0,88
- — 3 3" 42m 0,94 16" 3” 0,99
- — 4 4k 24” 1,03 16" 45” 1,04
- — 5 5" 5” 1,05 17" 24” 1,04
- — 6 5" 41“ 1,01 17"59” 0,98
- — 7 6" 17” 0,93 18" 34™ 0,87
- 8 6" 51“ 0,80 19" 9” 0,73
- — 18 3" 40” 0,8 L 15"57” 0,86
- — 19 4" 11” 0,90 16"27” 0,93
- — 20 4" 43” 0,96 16" 59” 0,98
- — 21 5" 15” 0,98 17"31” 0,97
- — 22 5" 48” 0,95 18" 4ni 0,92
- — 23 6" 22” 0,87 18" 41” 0,82
- Le mascaret se produira au moment des plus grandes
- marées du début du mois, comme l’indique le petit tableau
- suivant : Coefficient de lu marée. Arrivée du mascaret à
- Dates. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Sept. 4 1,03 7" 58” 8'1 35” 8" 44“
- — 4 1,04 20"17” 20"54” 21" 3™
- — 5 1,05 8" 37” 9" 14” 9" 23”
- — 5 1,04 20" 56* 21" 33” 21" 42”
- — 6 1,01 9" 14” 9" 51™ 10" 6”
- III Planètes. —- Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de l’Annuaire. astronomique Flammarion pour 1929, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de septembre.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du soir le
- 12 septembre, à 10* *, à 26° 41' à l’Est du Soleil. On pourra le
- rechercher cinq à six jours avant et après le 12 septembre.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de la planète Mercure
- pendant le présent mois :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 3 0,70 + 0,2
- — 8 0,64 + 0,3
- — 13 0,56 + 0,4
- — 18 0,47 + 0,5
- — 23 0,36 + 0,7
- — 28 0,22 +
- Vénus brille d’un éclat magnifique dans le ciel du matin,
- se levant, au début du mois, vers 2", soit pb us de 3 heures
- avant le Soleil. Vénus s’éloigne de la Terre et son diamètre
- diminue. Par contre, la partie éclaircie de son disque aug-
- mente, comme le m ontre le tableau ci-après :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 3 0,77 — 3,5
- — 8 O VI 00 — 3,5
- — 13 0,80 — 3,5
- — 18 0,81 -3,4
- — 23 0,83 -3,4
- 28 0,84 — 3,4
- Il sera facile, par les journées très claires, à ciel bien pur, de voir Vénus au moment de son passage au méridien, à l’œil nu, vers 10" du matin et de la suivre ainsi une partie de la journée.
- Mars est actuellement inobservable, en raison de son rapprochement du Soleil.
- Jupiter est à présent bien visible et on pourra l’observer avec les plus petites lunettes. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 8 septembre, à 9".
- Nous renverrons les observateurs, pour l’élude physique de la surface de Jupiter, à Y Annuaire astronomique qui donne un certain nombre d’éléments utiles : nomenclature des zones claires et des bandes foncées de Jupiter, périodes moyennes de rotation des diverses zones de la planète, heures de pas-
- ASTRE Dates : SEPTEMBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 5 5" 13“ ll"49™25‘ 18" 25” 10" 55* + 6° 5 V 31'46"8 Lion
- Soleil . . . . 15 5 28 11 45 58 18 4 11 31 +-3 7 31 52,8 Lion »
- 25 5 42 11 42 26 17 42 12 7 — 0 46 31 57,6 Vierge
- 5 7 40 13 22 19 4 12 25 — 4 23 6,2 y Vierge Le soir,
- Mercure . . . 15 8 2 13 19 18 36 13 3 — 9 48 7,2 a Vierge plus grande élongation
- 25 7 52 12 56 18 0 13 21 — 12 33 8,8 a Vierge le 12.
- 5 1 53 9 27 17 1 8 30 + 18 42 14,0 y Cancer
- Vénus . . . 15 2 17 9 36 16 55 9 19 + 15 59 13,2 a Lion Admirable le matin
- 25 2 43 9 44 16 45 10 6 + 12 30 ’ 12,6 a Lion \ avant l aurore.
- 5 7 30 13 29 19 17 12 34 — 39 3,8 y Vierge
- Mars 15 7 37 13 14 18 52 12 58 — 5 48 3,8 y Vierge Inobservable.
- 25 7 36 12 59 18 23 13 23 — 8 24 3,8 a Vierge
- Jupiter. . . . 15 21 22 5 14 13 4 4 58 + 21 54 38,0 a Taureau Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . . 15 13 37 17 49 , 22 0 17 35 — 22 20 15,0 t Scorpion Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . . 15 18 37 0 55 7 13 0 38 + 3 20 3,6 14 Baleine Toute la nuit.
- Neptune. . . 15 3 36 10 32 17 27 10 16 + 11 22 2,4 a Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en tempe universel, du passage au méridien de Paris.
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- sage du méridien zéro pour les régions correspondantes à la latitude de la tache ronge et le calcul de la longitude du méridien central.
- En ce qui concerne les satellites, nous avèns bien souvent insisté sur l’intérêt qu’ils présentent même dans les petits instruments, en raison de leurs configurations changeantes.
- Le 26 septembre, à l1" 45m, les quatre principaux satellites seront à droite de Jupiter dans l’ordre 1, 2, 3, 4, qui est celui de leur distance à la planète, pour une lunette renversant les objets.
- Le tableau suivant résume les principaux phénomènes qui se produiront ce mois-ci par suite des configurations changeantes des satellites :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Septembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- • 1 lh 23“ I E.c.
- 2 0 5 I P.c.
- 2 0 54 I 0. f.
- 5 2 10 II O.c.
- 6 23 37 II E. f.
- 6 23 59 II Im.
- 9 0 39 I O.c.
- 9 1 59 I P.c.
- 9 2 48 I O.f.
- 9 4 8 I P. f.
- 10 0 34 III Em.
- 10 1 18 I Em.
- 13 23 51 II E. c.
- 14 2 12 II E. f.
- 14 2 32 II Im.
- 15 23 7 11 P. f.
- 16 2 32 I O. c.
- 16 3 52 I P. c.
- 16 23 4 III E. f.
- 16 23 39 I E. c.
- DATES Septembre. Heure. Satel- lite. Phéno mène
- 17 21 21™ III Im.
- 17 3 11 I Em.
- 18 0 29 I P. f.
- 21 2 26 II E.c.
- 22 23 0 II O.f.
- 22 23 18 II P. c.
- 23 1 40 II P. f.
- 23 4 26 I O.c.
- 24 0 53 III E.c.
- 24 1 33 I E. c.
- 24 3 4 III E. f.
- 25 0 12 I P. c.
- 25 1 4 I O.f.
- 25 2 20 I P. f.
- 25 23 31 I Em.
- 27 22 23 III P. f.
- 29 21 15 II O.c.
- 30 1 36 II O.f.
- 30 1 48 II P.c.
- Saturne est visible dès l’arrivée de la nuit, se couchant le 15, vers 22h. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil le 17 septembre, à 15h.
- Voici les éléments de l’anneau de Saturne à la date du 1'» septembre :
- Grand axe extérieur............................. 37",78
- Petit axe extérieur............................. 17",12
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................+26° 57'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l'anneau. 4 26° 31'
- Voici, à présent, les élongations maxima de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne (gr. 8,5).
- Dates. Élongation. Heure.
- Septembre 4 Occidentale. 6\3
- — 12 Orientale. 0fc,0
- — 20 Occidentale. 5\5
- — 27 Orientale. 23h,4
- Uranus, qui sera en opposition avec le Soleil dans les premiers jours du mois prochain, est visible toute la nuit. La petite carte (fig. 1) permettra de le trouver aisément parmi
- 135
- les étoiles. Les chiffres marqués sur la trajectoire de la planète indiquent sa position le 1er de chaque mois de l’année 1929.
- Rappelons qu Uranus est visible à l’œil nu et qu’il est très facile de le suivre avec une jumelle. Avec des instruments un peu puissants, Uranus apparaît comme un petit disque bleuâtre, de 4" de diamètre environ.
- Neptune, très près du Soleil, est encore inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 18\ Neptune en conjonc. avec la Lune, à 4o 35' S.
- Le 5, à Mercure — la Lune, à 5o 6' S.
- Le 5, à llh, Mars — la Lune, à 20 42' S.
- Le 6, à 20\ Mercure — /Vierge, à O1 4' S.
- Le 10, à 8\ Mercure — Mars, à 2«54' S.
- Le 11, à 12\ Saturne — la Lune, à 40 19' N.
- Le 20. à o\ Uranus — la Lune, à 2° 19' N.
- Le 24, à 23k, Jupiter — la Lune, à 3<>42' S.
- Le 27, à 12\ Vénus - Neptune, à 00 18' N.
- Le 30, à 4h, Neptune — la Lune, à 40 38' S.
- Le 30, à 10\ Vénus — la Lune, à 4° 6' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Persée),
- le 11, à lh 53" ; le 13, à 22h 4U» ; le 16, à 19h 30m.
- Étoiles filantes. — De nombreuses chutes d’étoiles filantes se produisent en septembre. Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des radiants actifs pendant ce mois.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Sept. 1er au 4 282» 4 41° a Lyre.
- — 3 354° 4 38° 14 Andromède.
- — 3 au 14 346° 4 30 Poissons.
- — 6 au 8 62° 4- 370 e Persée.
- — 8 au 10 78° -f 230 Ç Taureau.
- — 13 68° 4- 50 P. IV. 236.
- — 15 au 20 10° 4- 35° p Andromède.
- — 15 et 22 6° 4-11° y Pégase.
- — 20 et 21 103° + 68° 42 Girafe.
- — 21 et 22 740 4 44° a Cocher.
- — 21 et 25 30° 4-36° p Triangle.
- — 21 31° + 18° « Bélier.
- — 29 et 30 24" + 170 y Bélier.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Étoi
- Polaire au méridien de Paris
- Temps sidéral
- Dates. Tassage. Heure. à 0b (T. 0.)
- Septembre 8 Supérieur 2h 21“ 03’ 23h 6“ 17”
- — 18 — lh 41“ 51" 231. 45m 42.
- — 28 — lh 2” 39» 0h 25“ 08“
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er septembre à 23h, ou le 15 à 22*, est le suivant :
- Au Zénith : Le Cygne (p, o, p, 61); Céphée )(ô, p, x, £); Cassiopée (r), t).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire 5, tc) ; le Dragon (v, ty, o, ix); la Grande Ourse (Ç).
- Au Nord-Est : Le Cocher (amas).
- A l’Est : Le Bélier (y, 30, X, 14, e) ; le Taureau (Pléiades, a, O, x, ct, X); Andromède (y, tc, M. 31); Persée (Algol, e, r,).
- Au Sud : Pégase (e, tc, 1, 3); le Verseau (Ç, 83 h, t, 44 ; le Capricorne {t, $, p, o) ; le Poisson austral (Fomalhaut).
- A l'Ouest : La Lyre (a, e, ô, Ç, yj); Hercule (a, x, p, 95, ô, M. 13) ; la Couronne (;, a) ; Ophiuchus; l’Aigle (y, 15 h).
- Les constellations d’hiver apparaissent à l’Est.
- Em. Touchet.
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- Fig. 1. — Vextincteur Assuro.
- A gauche: aspect extérieur; à droite : monté au-dessus du carburateur.
- EXTINCTEUR AUTOMATIQUE D'INCENDIE POUR AUTOMOBILE
- Si l’on examine la cause initiale des incendies d'automobiles, on constate que, presque toujours, il faut les attribuer à l’inflammation du carburateur.
- Il est donc toujours prudent de se munir d’un des modèles d’extincteurs qui existent maintenant en grand nombre, et qui permettent d’éteindre rapidement un incendie d’essence en projetant sur la {lamine un liquide extincteur spécial for-
- Fig. 2. — L’extincteur Assuro, en coupe.
- A gauche: position de repos; à droite : en fonctionnement.
- G______
- mant couche isolante, et empêchant l'arrivée de l’oxygène nécessaire à la combustion.
- Ces appareils sont manœuvres à la main en appuyant sur un piston qui projette le liquide, ou en ouvrant une soupape livrant passage à un gaz comprimé produisant le même effet.
- Il est évidemment plus pratique encore d’utiliser un appareil automatique placé d’une façon fixe au-dessus du carburateur, et projetant sur lui, dès qu’il y a danger, le liquide extincteur en quantité suffisante.
- Cet appareil entièrement métallique en laiton nickelé a seulement 15 cm de hauteur et 5 cm de diamètre.
- Il éteint tout commencement d’incendie en un temps maximum de 9 secondes, et peut, d’ailleurs, fonctionner à main pour éteindre un incendie en un autre point quelconque (%• !)•
- Comme le montrent les coupes de la figure 2, l’appareil comporte à sa base un capuchon en matière inflammable (1).
- Au premier contact de la flamme, ce capuchon s’enflamme et met le feu à un anneau en celluloïd (il), qui libère à son tour une lame de ressort (2).
- Le clapet d’obturation (5) n’étant plus maintenu par ce ressort est propulsé par la cuvette (6) actionnée par le jeu des coubeaux (8) manœuvrés eux-mêmes par le piston (9J sous l’action du ressort (7).
- Le même ressort agissant par l’intermédiaire du piston (9) sur la capsule (11) contenant de l’acide carbonique liquéfié la pousse vers le percuteur (15) au milieu du bouchon (16), ce qui fait tomber la valve d’obturation (14).
- L’acide carbonique ainsi libéré agit par pression sur le liquide extincteur (10) qui est alors projeté avec violence par les trous du cabochon pulvérisateur inférieur.
- On voit ainsi que tout le mécanisme très simple de l’appareil réside essentiellement dans le déclenchement automatique du ressort (7) qui produit d’une part l’ouverture du clapet d’obturation du liquide, et, d’autre part, la perforation d’une capsule d’acide carbonique liquéfié.
- La recharge de l’appareil peut d’autre part s’effectuer très facilement et très rapidement en remplaçant le liquide extincteur et la capsule d’acide carbonique et en vissant une nouvelle bague munie de sa lame, d’un anneau en celluloïd et d’un capuchon protecteur.
- CRIC HYDRAULIQUE A MANŒUVRE RAPIDE
- L’emploi d’un cric hydraulique, qui permet une manœuvre si aisée et si agréable en cas d’une réparation quelconque nécessitant le levage d’une roue ou d’un essieu, devient de plus en plus répaudu à mesure qu’augmente le nombre des automobiles conduites par leur propre propriétaire.
- Il nous semble donc intéressant d’indiquer un modèle particulièrement, simple et pratique qui comporte en principe un cylindre de petit diamètre avec un petit piston à manœuvre rapide sous l’action d’un levier assez long, et un autre piston de gros diamètre relié à la vis du cric qui porte la tête de vis placée sous l’organe à son lever (fig. 3).
- Le fonctionnement et la manœuvre du système sont évidents, et, d’ailleurs, les coupes de la figure 4 indiquent tous les détails de construction nécessaires.
- En tournant à gauche la tige de manœuvre, on peut ouvrir une canalisation pratiquée en bas du gros piston pour obtenir la descente rapide de la tête de vis, lorsque la réparation est terminée, et on arrête cette descente en tournant de nouveau le levier à droite.
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- Les avantages du système : suppression de la fatigue du conducteur, douceur de fonctionnement, sont indéniables et assureront sans doute son adoption par beaucoup de conducteurs amateurs habitués aux randonnées de grand tourisme, d’autant plus que la régularité du fonctionnement est assurée par deux filtres à huile qui empêchent les impuretés de parvenir aux pistons, inconvénient constaté sur certains modèles.
- BASCULEUR DE PHARES AUTOMATIQUE
- Le nombre des systèmes préconisés pour éviter l’éblouissement par les phares est très grand et les dispositifs de basculeurs, s’ils ne sont pas les plus simples, constituent évidemment pourtant les plus efficaces.
- On dirige ainsi en effet, très sûrement, les rayons des phares vers le sol, lorsque l’on croise un autre véhicule.
- Pour qu’un dispositif basé sur ce principe soit d’un, usage
- Fig. k. — Coupes d’un cric Samson.
- A gauche : détails du piston; à droite : dispositif à pointeau assurant la descente et l’arrêt de la tête de vis.
- pratique, il faut cependant que la manipulation soit simple et rapide, que le montage des phares soit d’une rigidité parfaite, et que la robustesse du système soit assurée.
- Dans un des basculeurs de phares ainsi proposés, le fonctionnement est assuré par un servo-moteur à dépression, dont la mise en action est commandée à distance par une simple manette, comme s’il s’agissait, par exemple, d’un essuie-glace à dépression; la très faible course du piston du basculeur permet une action instantanée et sans effet pratiquement sur le ralenti du moteur.
- Les phares sont montés et conjugués sur un axe de basculement solidaire d’un dispositif de blocage (fig. 5).
- Ce dernier agit immédiatement et automatiquement dès que le servo-moteur a cessé de fonctionner, et il est absolument indéréglable.
- Le basculeur est mis en action à l’aide d'une tirette de commande placée sur le tablier de contrôle de la voiture et reliée à l’appareil au moyen d’un câble Bowden agissant sur la soupape du tube de dépression.
- La tuyauterie de vide peut se fixer sur la prise de vide de
- ï 37 ===
- l’exhausteur, ou bien directement sur la pipe d’admission du moteur.
- Les phares et l’ensemble peuvent être posés en quelques
- Fig. 3. — Cric hydraulique Samson.
- A, petit piston; B «t G, gros piston avec réservoir d’huile;
- E, écran presse-étoupe.
- heures sans percer les ailes ou la carrosserie, quel que soit le système de fixation employé antérieurement pour le montage de ces phares.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Extincteur automatique a Assuro », 4, boulevard des Capucines, Paris.
- Cric hydraulique « Samson », Établissements F. Rossont, à Bray (Eure-et-Loir).
- Basculeur automatique Nestler, Galliard et Cie, 136, route de la Révolte, Levallois-Perret.
- Fig. 5. — Phares montés sur un basculeur automatique.
- On voit, à gauche, le dispositif moteur actionné par dépression.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Électrons et photons- Rapports et disiussions du5a Conseil de Physique de l’Institut inttrnational de Physique , Solvay ('21-29 oct. 1927) 1 vol., 289 p-. avec- fig. dans le texte. Éditeur, Gauthier-Villars, Paris 1928. Prix : 60 fr.
- On sait que deux conceptions théoriques se heurtent actuellement dans la physique moderne, d’une part la théorie électromagnétique de la lumière qui explique admirablement tous les phénomènes relatifs à la propagation de la lumière, mais s’arrête impuissante devant ceux qui touchent à la production même de la lumière, et d’autre part la théorie des quanta, qui groupe une partie des phénomènes d’une façon satisfaisante en nous ramenant, en somme, à la théorie de l’émission, mais à son tour reste impuissante devant les phénomènes manifestement ondulatoires, comme les interférences. Cette contradiction profonde, qui s’accentue encore par la découverte de phénomènes nouveaux comme celui de Compton ou celui de Germer tt Davisson (propriétés ondulatoires de l’électron), a fait l’objet de recherches et de méditations d’un grand nombre de savants. Le dernier Congrès de 1 Institut Solvay s’est attaché à faire le point de cette passionnante question, en écoutant et discutant les rapports qui ont le plus contribué à l’approfondir en ces dernières années. L’ensemble de ces rapports constitue un document d’une importance capitale pour la compréhension nette de l’état actuel de la physique.'
- Ce sont les exposés de M. W. L. Bragg sur l’intensité de réflexion des rayons X, de M. A. II. Compton sur le phénomène dé Compton et les discordances qu’il révèle entre l’expérience et la théorie électro-magnétique, de M. Louis de Broglie sur la mécanique ondulatoire qui tend, on le sait, à concilier la théorie des quanta et la théorie ondulatoire de la lumière, de MM. Born et Heisenberg sur la nouvelle mécanique des quanta (calcul des matrices), de M. Schrôlinger sur la mécanique ondulatoire poly-dimensionnelle.
- L’ouvrage se termine par la reproduction et la discussion de la Conférence faite à Côme en 1927 par M. N. Bohr sur le postulat des quanta et le nouveau développement de l’atomistique.
- Cours de Verrerie par E. Damour, lrt partie. La Chimie du Verre 1 vol. 194 p. 18 fig. — Ch. Béranger éditeur, Paris 1929, Prix : 40 fr.
- Les ouvrages français sur l’industiie du verre sont fort rares et remontent à des années assez lointaines. Aussi M. Damour rend-il un réel service à cette industrie en publiant le cours excellent qu’il professe au Conservatoire des Arts et Métiers, et dans lequel il met clairement en évidence le rôle essentiel que doit jouer la méthode scientifique pour assurer les progrès des techniques de fabrication. Ce premier volume est consacré à la chimie du verre : il étudie d’abord l’état vitreux. Il voit dans le verre industriel une solution solide, à l’encontre des théories qui lui attribuent une structure microcristalline; il met en relief l'importance capitale de la notion de viscosité et en étudie les variations avec la composition du verre. Il étudie ensuite les principaux constituants du verre répartis en six familles : vitrifiants, bases, fondants, oxydes indifférents, éléments correctifs, éléments colorants. Ace sujet il indique de nombreuses recettes des verres colorés. Puis il montre comment le laboratoire de verrerie, rationnellement organisé et dirigé, permet d’éviter les incidents et accidents de fabrication. Le volume se termine par les règles d’analyse quantitative des verres.
- Fabrication industrielle des Porcelaines, par M. Lar-chevîîque (2° vol.), 1 vol., 372 p, 101 fig. J. B. Baillière éditeur, Paris 1929. Prix broché : 70 fr.
- Le 2e volume du traité de M, Larchevêque est consacré à la cuisson et à la décoration des porcelaines. Il étudie d’abord la technique de la cuisson : construction et chauffage des fours, contrôle des températures, action de la chaleur et de l’atmosphère du four sur les constiluants de la porcelaine, propriétés des diverses espèces de fours et conditions de leur emploi. La seconde partie de ce volume est consacrée à la décoration des porcelaines et grès. L’auteur énumère les différentes couleurs utilisables dans ce but, il indique leur composition et leur mode d’emploi.
- Précis de Zoologie par Àug. Lajuerre. Tomel. Introduction (la cellule, l’espèce) ; les Protozoaires ; les Métazoaires (caractères fondamentaux); les Spongiaires; les Coelentérés. 1 vol. in-8, 396 p., 358 fig. Gaston Doin et Gie, Paris 1929. Prix : 60 fr.
- Ce précis est la synthèse d’un enseignement approfondi sur tous les groupes zoologiques, fait depuis près de quarante ans par l’auteur, à la Faculté des sciences de Bruxelles La Zoologie y est considérée non comme une science auxiliaire de la Biologie, mais comme l'histoire naturelle des animaux, cette expression étant prise dans son sens le plus élevé.
- 11 est destiné principalement aux universitaires qui font des études correspondant à la licence française, comme aussi à tous ceux qui, avant de se spécialiser, désireraient avoir une vue d’ensemble de l’évolution du règne animal. Chacun des chapitres a sa bibliographie ; les dessins ont été exécutés par un artiste,
- M Jean Bondroit, qui est en même temps un excellent naturaliste. L’ouvrage comprendra cinq volumes ; chacun d’eux formera un tout avec index alphabétique spécial.
- Les poissons et le inonde vivant des eaux. Études ichthyologiques, par le Dr Louis Rouliï. Tome 111. Voyages et migrations. 1 vol. in-8, 379 p., 54 dessins et 16 pl. en couleurs de F. Angel. Delagrave Paris, 1929.
- Continuant son œuvre qui doit comporter 9 volumes, le professeur du Muséum présente aujourd’hui l’étude des migrations et voyages des poissons. On y voit défiler, circuler les saumons, les aloses, les harengs, les sardines, les maquereaux, les thons, les morues, les dorades, les aoguilles. De chacun il décrit les mœurs, les merveilleuses aventures et les explique en un style imagé, très littéraire, sans s’encombrer ni de termes techniques ni de bibliographies. L’ouvrage, ainsi que les précédents, se lit comme un roman et donnera certainement à beaucoup de lecteurs le goût de la mer et de l’histoire naturelle.
- Au pays des Bisses, par Auguste Vautier. 1 vol. in-8, 155 p., £2 dessins de Reichlen, 32r pl. photographiques hors texte. Éditions Spes, Lausanne et Éditions pittoresques, Paris,
- 1928. Prix : broché, 30 fr., relié, 60 fr.
- Le pays des Bisses, c’est le Valais ; les bisses sont d’innombrables canaux d’irrigation en bois, en pierre, en fer, en ciment, qui captent l'eau des glaciers, des sources, des torrents et les conduisent à travers les gorges, les montagnes, les précipices, sur toutes le3 pentes où la culture a pu s’installer. Merveilleux travaux d’art, dont beaucoup sont fort anciens, et pittoresques à en juger par les nombreux dessins et les magnifiques photographies qui illustrent le livre.
- La mer du Groenland, par J.-B. Charcot. 2 vol., 210 p., 130 illustr. et cartes. Desclée, de Brouwer et Cie, Paris, Bruges,
- 1929.
- Récit aussi instructif qu’animé des croisières du « Pourquoi pas » de 1921 à 1928. Oa y retrouve toutes les magnanimes qualités et les savantes compétences du navigateur qui s’entend si parfaitement à faire fructifier sa bonne entente avec des collaborateurs de premier ordre. Ils ont aussi résolu ensemble (1921) l’énigme du fameux écueil de Rockall, entre l’Irlande et l’Islande « terre des navigateurs », c’est le témoin, haut de 21 m seulement d’une terre basaltique et érodée, disparue sous des fonds de 2500 m; les analyses du professeur Lacroix ont mis fin à la légende de la « Rockallite » ou roche mystérieuse ; il n’y a là qu’une variété de granité à enclave amphibolique.
- En 1925 Charcot retrouve les îles Feroii en progrès considérable sur 1899 avec un observatoire météorologique des plus importants, un hôpital moderne, mais toujours sans gendarmes et sans prisons, car « le crime y est encore inconnu ».
- A Jan Mayen, volcanique, « excroissance sinistre », la Norvège a établi (1921) un poste de télégraphie sans fil et un observatoire de météorologie, qui renient les plus grands services.
- En 1924 le Danemark a fait un essai de colonisation sur la difficile côte orientale du Groenland à Rosenving, entrée nord du Scoreslz-Sund, « le plus vaste fjord du monde entier ».
- La mission d’installation ayant perdu son chef Bjerring Petersen, le 2 juillet 1925 (du scorbut), « le Pourquoi pas » est allé la réconforter, premier navire français mouillant (sur cette côte. Le livre résume à ce sujet l’histoire de la colonisation du Groenland. En quatre ans, Rosenving, la colonie la plus (septentrionale du monde, 70° 30', s’est développée heureusement, à la satisfaction des Esquimaux qu’on y a appelés.
- En 1926 une seconde croisière du « Pourquoi pas » aux mêmes parages multiplie les nouveaux renseignements géologiques et physiques.
- En 1927 le Danemark pourvoit Rosenving d’un grand poste de T. S. F. et la met sur le même pied qu’Angmagsalik (plus au Sud et que les établissements de la côte ouest. Le Dr Charcot a trouvé les Esquimaux de Rosenving très sympathiques et bien moins sales que ne le disent les « dictionnaires ».
- M. P. Idrac a étudié le « vol à voile des oiseaux arctiques ».
- La dernière partie donne l’émouvant procès-verbal de la recherche, — sous les ordres de l’amiral Herr, — en juillet-aoiît 1928, du « Latham 47 » qui le 18 juin avait pmporté Amundsen, Dietrichsen, Guilbaud, de Guverville, Brazy et Valette ! .. Le 1" septembre le « Pourquoi pas » allait repartir de Reykjavik jusqu’au l*1 octobre, quand « la sinistre trouvaille du flotteur du « Latham 47 » mit fin à toutes les recherches !.. ».
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- La traversée de l'Atlantique.
- Après de nombreux essais, deux nouvelles traversées de l'Atlantique Nord, de l’ouest à l’est, viennent d’être effectuées : celle d’Assolant, Lefebvre et Lotti, et celle de Louis Yancey et Roger Williams.
- Les appareils employés sont : le monoplan Bernard-Hubert et un monoplan Bellanca, tous deux monomoteurs.
- Ces deux exploits, uniquement sportifs, n’ont présenté aucun intérêt scientifique : le matériel utilisé est déjà connu, il n’est pas adapté au travail demandé pour les grandes traversées, les méthodes de navigation sont les méthodes classiques : l’équipage a toujours à craindre le brouillard et la panne de moteur ; le rayon d’action et la vitesse ne permettent pas la traversée quel que soit le vent.
- Depuis Lindberg, nous savons qu’un avion a quelques chances de traverser l’Océan.
- Cette grande dépense d’énergies pour le redémontrer paraît bien inutile.
- Nouvel avion Bréguet.
- Les usines Bréguet viennent de sortir un appareil actuellement en essais, de conception assez révolutionnaire. Cet appareil est destiné à l’aviation d’observation ; il est entièrement construit en acier à haute résistance.
- La cellule du « Tout acier » est sesquiplane. Le plan supérieur, très important, est fixé au fuselage en deux points (correspondant aux deux longerons du plan) par une cabane légère; il est fixé au plan inférieur par deux mâts en V, la pointe du V s’attachant à l’extrémité du plan inférieur.
- Le plan inférieur, de profil épais, travaille à la flexion (aucun hauban ou corde à piano ne fait travailler la cellule en poutre triangulée) ; il comporte un seul longeron-caisson. Les mâts de cellule sont en tôle emboutie et rivée. La longueur du mât arrière, ajustable, permet le réglage de l’incidence du plan supérieur.
- Le fuselage est en deux parties distinctes : le fuselage proprement dit et une poutre supportant les empennages.
- Le fuselage proprement dit est constitué par un solide triangulé, supportant à l’avant le bâti moteur, à la partie supérieure la cabane, à la partie inférieure la poutre de réunion. Le poste de pilotage, placé au droit du bord de fuite du plan supérieur, est aménagé en conduite intérieure ; la visibilité vers l’avant doit être très bonne, du fait de la légèreté de la cabane. Le poste de l’observateur, situé immédiatement derrière le poste du pilote, est protégé contre le vent de l’hélice par un large pare-brise prolongeant la superstructure de l’habitacle du pilote. Le fuselage proprement dit peut recevoir, en avant du poste de pilotage, soit un lance-bombe vertical, soit des réservoirs supplémentaires. Prolongé le moins possible vers l’arrière, il donne à l’observateur le maximum de visibilité et améliore vers le bas le champ de tir des mitrailleuses de tourelle.
- La poutre supportant les empennages est une poutre en caisson de faible section. Elle est fixée à la partie inférieure du fuselage proprement dit et renferme toutes les commandes d’empennages (commandes rigides).
- L’appareil est monté sur un train d’atterrissage à roues indépendantes ; la partie supérieure des roues est carénée ; un dispositif de freinage permet de réduire la longueur de roulement à l’atterrissage.
- Les performances du « Tout acier » Bréguet ne sont pas encore connues : elles semblent devoir être nettement supé-
- rieures à celles du Bréguet 19. Quoi qu’il en soit, le nouvel avion est le résultat d’un très bel effort de recherches dans une voie assez peu travaillée.
- Avion de transport Blériot 111.
- Les usines Blériot viennent de sortir un appareil de transport, le Blériot 111, monoplan à aile surbaissée utilisant le nouveau moteur Hispano-Suiza de 280 ch à six cylindres en ligne. Ce moteur est particulièrement avantageux au point de vue du carénage : son encombrement transversal réduit permet un profilage parfait du nez du fuselage; de plus, les cylindres sont bien accessibles de chaque côté, ce qui n’existe pas sur les moteurs en Y ou en W. Le moteur tourne à 2000 t/min., il est monté avec réducteur entraînant l’hélice à 1000 t/min.
- La voilure du Blériot 111 comprend deux demi-plans fixés sur des embases faisant partie du fuselage. Les rotules de fixation sont réglables.
- Deux paires de mâts obliques, fixés à la partie supérieure du fuselage, assurent le haubanage de la voilure. Le profil de l’aile, constant jusqu’à l’attache des mâts, est ensuite décroissant ; sa forme en plan est trapézoïdale, à extrémités arrondies; le dièdre, comme dans la majorité des appareils
- O
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- à aile surbaissée, est important La structure de 1 aile est classique, les longerons sont en caisson, les nervures en treillis, le recouvrement en contreplaqué (par endroits) et toile.
- Le fuselage est formé à l’avant de couples transversaux et d’un recouvrement de contreplaqué; à l’arrière, il comporte quatre longerons, des montants et des traverses, le tout croisillonné en cordes à piano.
- Le poste de pilotage est à deux places côte à côte; il est aménagé en conduite intérieure avec toit amovible. La cabine à quatre fauteuils ou deux couchettes est bien éclairée (fenêtres latérales et hublots); elle est séparée du poste avant par le réservoir d’essence et un couloir. En arrière se trouvent un lavabo et la soute à bagages.
- L’empennage horizontal est elliptique, ces volets ne sont pas compensés ; l’empennage vertical, à dérive triangulaire, a son gouvernail compensé.
- Le train est sans essieu, sa voie est de 2 m 60.
- Les caractéristiques principales de l’avion sont les suivantes :
- Envergure................... 16 m .
- Longueur..................... 10 m 90.
- Surface.................... . 33 m2 10.
- Poids vide.................... 1500 kg.
- Poids total................... 2300 kg.
- Vitesse maxima ............... 190 km/h.
- Vitesse de route.............. 170 km/h.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- A la recherche des épaves.
- On connaît la valeur considérable que représentent parfois les épaves, et nul n’ignore les efforts effectués pour récupérer au moins une partie de leur valeur. Et si l’homme, aujourd’hui, explore l’atmosphère avec facilité, il est loin d’en être de même pour les océans. Il doit renoncer à tout travail, au delà d’une cinquantaine de mètres de profondeur, sauf quelques cas exceptionnellement coûteux d’ailleurs.
- Parmi les problèmes les plus ardus du relèvement des épaves, il en est un, qui, négligé jusqu’ici, n’en est pas moins des plus importants en l’espèce : c’est la connaissance exacte du lieu où repose l’épave.
- S’il est évident que le « point » permet de déterminer l’emplacement d’un navire sur mer, il n’en est pas moins réel que cette indication est cependant toute relative — à 100 m près (*). Or, le champ de vision d’un scaphandrier est très limité et se réduit de plus en plus avec la profondeur, d’où un avantage incontestable à découvrir exactement le lieu où gît l’épave.
- Divers procédés ont été proposés dans ce but; le plus commode nécessite deux navires qui remorquent un câble traînant au fond de la mer.
- Un ingénieur de Toulouse, M. Yélut, a pensé remplacer ce procédé coûteux par un autre, moins onéreux et tout aussi rapide. Yoici en quoi consiste sa méthode.
- Tout le monde connaît l’extrême sensibilité de la balance d’induction du professeur Gutton; mais on n’utilise cette balance que dans le plan horizontal et ses plateaux rapprochés.
- Considérons cet appareil dans le plan vertical; les conditions changent et les plateaux peuvent être aussi éloignés qu’on le désirera. De plus, la sensibilité augmente par le même fait. Mais un tel appareil serait bien peu commode pour déceler une épave si on n’avait pas la possibilité de lui faire explorer une grande surface. Or, pareille possibilité existe, et sa réalisation en est facile.
- Soit un flotteur, supportant, non pas la balance de Gutton — puisqu’elle n’a plus l’aspect d’une balance — mais la ligne sensible, d’une longueur telle, qu’elle se trouve à une distance convenable du fond; le flotteur muni d’un gouvernail à orientation automatique est remorqué par un simple canot automobile par l’intermédiaire d’un câble assez long, qui sert également à assurer la communication de la ligne avec les appareils enregistreurs, le gouvernail du flotteur étant calé de telle façon que celui-ci dérive latéralement.
- De plus, l’orientation du gouvernail change automatiquement de sens dès que le flotteur a dérivé d’une valeur fixée d’avance, ce qui provoque la dérivation en sens contraire. De ce fait, le flotteur et la ligne sensible décrivent une sorte d’oscillation autour d’un centre, qui se déplace suivant une ligne, et explore en fait une surface. Les oscillations pouvant être aussi rapprochées qu’on le désire, et l’appareil ayant une certaine sensibilité autour de lui, on peut donc considérer comme complètement exploré l’espace compris d’une dérive à l’autre en largeur, et le déplacement du canot en longueur.
- Lorsque cette ligne sensible manifeste la présence d'une épave, on ne peut considérer cette indication que comme approximative, la ligne sensible déviant en profondeur, par
- 1. L’erreur provient de l'élévation du navire au-dessus de l’eau. De plus, en coulant, un navire ne suit pas rigoureusement la verticale, surtout s’il y a des courants.
- suite des mouvements du flotteur, et de la résistance opposée par l’eau. On doit donc revenir sur le lieu où l’épave a commencé de se manifester. On jette une bouée pour servir de repère, à moins que cette bouée n’ait été placée automatiquement, celle-ci étant au préalable fixée sur le flotteur, qui, par un dispositif approprié, la libère au moment propice.
- Une fois le repère fixé, le canot remorquant la ligne sensible circule à petite vitesse autour de la bouée, l’opérateur se tenant prêt à marquer définitivement l’emplacement exact de l’épave lorsque celle-ci lui sera signalée par la ligne sensible.
- Au cas exceptionnel où le gisement de l’épave serait connu de façon assez précise, on peut la situer directement et exactement — à quelques mètres près — par l’emploi de la ligne sensible, qui, cette fois, sera maintenue, non plus par un flotteur relié à un canot, mais par le navire même qui procédera aux operations de relevage ou d’exploitation.
- R. V.
- Des essais entrepris en 1923 et 1927 (par le procédé du câble, traîné par deux bateaux) en vue du renflouement de la cargaison de YEgjpt ont abouti à identifier une roche inconnue des cartes, l’appareil décrit ci-dessus est à l’abri de cette cause d’erreur, ce qui pourra le faire employer avec succès dans de pareilles recherches.
- PHYSIQUE DU GLOBE Récents tremblements de terre
- De tous côtés la terre tremble. Le 1er décembre dernier de nombreuses secousses ont désolé le Chili au sud de Santiago et de Valparaiso. La ville de Talca qui compte 36 000 habitants a été presque entièrement détruite, de même que le port Constitucion et les agglomérations urbaines de Curico, Molina, Linares, Chillan. Ce séisme a fait plus de 200 victimes.
- Tout récemment, le 29 mai, un violent ébranlement s’est manifesté sur le versant oriental des Andes. Il a atteint son paroxysme dans la province argentine de Mendoza où l’on signale des villages ruinés, 40 morts et plus de 100 blessés. Le sol s’est fendu en plusieurs endroits en larges et longues crevasses. Des chocs ont été également ressentis dans les provinces de Cordoba, San Luiz, Buenos Aires et de la Pampa.
- D’autre part, au début de mai, le nord de la Perse a été secoué. Le 2, le Khorassan, au nord-ouest de la ville sainte de Mechhed, notamment la haute vallée de l’Atrek tributaire de la Caspienne, a éprouvé des chocs destructeurs. Plus de 100 villages ont été ruinés et 3000 indigènes ensevelis sous leurs décombres; en même temps une crevasse large de 2 m 50 à 3 mètres s’est ouverte sur une distance de 38 kilomètres.
- Plus près de nous, le sol a été également agité, mais heureusement moins fortement. Ainsi depuis le 10 avril jusqu’au milieu de mai Bologne a enregistré une série de secousses, parfois assez sensibles. Effrayée par la persistance du phénomène, une partie de la population campe la nuit dans les jardin s publics et autres espaces libres.
- Enfin, voici qu’une des régions les plus stables de l’Europe, le Danemark et le sud de la Norvège, vient en moins d’une semaine d’éprouver deux tremblements de terre. Le 23 mai, à 19 h. 40, les séismographes de Copenhague ont enregistré un frémissement du sol. Dans le Julland, le phénomène parait avoir été plus accusé. D’après le Berlingske Tidende, deux secousses ont été perçues : la première a déterminé
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- simplement des frémissements de vaisselle, la seconde a été plus forte. Elles ont été obserrées notamment à Nykôbing et à Aalborg, c’est-à-dire sur les rives du Limfjord, le large chenal sinueux qui, à travers la péninsule danoise, unit la mer du Nord au Gattegat. L’ébranlement s’est étendu jusqu’à la rive septentrionale de Skagerack. Le Tidens Tegn, un des principaux quotidiens d’Oslo, rapporte qu’il a été ressenti en Norvège sur les îles voisines d’Arendal.
- Le 30 mai, à 0 h. 32, le Danemark et la Norvège méridionale ont de nouveau senti le sol frémir. A Copenhague l’enregistrement du séismogramme accuse une durée de cinq minutes environ; l’amplitude de ses ondulations est notablement moindre que dans le séisme précédent, annonce le communiqué officiel adressé à la presse danoise. La secousse a été également ressentie dans le Jutland, mais a été plus accusée, semble-t-il; comme le 23 mai, elle a été particulièrement sensible autour du Limfjord. Eu Norvège, le phénomène a affecté les bords du Skagerack et de la mer du Nord ; à Mandai et à Egersund les cloisons, les portes et les fenêtres ont craqué, les objets mobiles bougé et la plupart des habitants ont été réveillés. La secousse a été accompagnée d’un grondement. L’effet le plus remarquable de ce séisme, c’est la rupture du câble reliant Arendal à l'Angleterre, à environ 136 km de la côte de Norvège, c’est-à-dire dans la fosse qui s’étend entre la péninsule Scandinave et le plateau de la mer du Nord.
- Dix-neuf jours après, l’extrémité septentrionale a été à son tour agitée. Le 11 juin, à minuit et quel ques minutes, une secousse a été ressentie sur la (ôte nord de la Norvège en bordure de l’Océan Glacial, des îles septentrionales du Lofoden et à Nàrvik, la tête de ligne norvégienne du translapon. Les maisons, presque toutes construites en bois, ont craqué, les vitres frémi et les gens ont été pour la plupart réveillés. Le séismographe de Bergen a enregistré le début du séisme à 0 h. 06 et la fin à 0 h. 17. C’est un des plus forts qui aient été observés en Norvège, rapportent les journaux.
- Dans l'autre hémisphère, aux Antipodes de l’Europe, le 17 juin, à 10 h. 20, un tremblement de terre a ravagé la partie nord de l’ile méridionale de la Nouvelle-Zélande, principalement les provinces de Nelson et de Westland. Depuis 1855 celte région n’avait pas été visitée par un séisme aussi violent.
- Les villes de Westport et de Greymouth ont été partiellement ruinées, les voies ferrées mises hors de service et les routes barrées par des crevasses. Enfin, la secousse a déterminé des éboulements considérables dans les montagnes qui ont enseveli des habitations et barré des cours d’eau. On a eu à déplorer la mort de quinze personnes.
- Chaules Rabot.
- BOTANIQUE
- Le très vieil arbre de Karasaki.
- Le reliquaire de Karasaki, dédié à la déesse Wakemasa-Hime, date du règne de l’impératrice Jito (696 après J.-CJ. Il dépend du grand et très vieux temple de Hiyoshi, situé au pied du Mont Iiiyei qui domine le lac Biwaf1) au bord duquel vit le très fameux pin de Karasaki. Ce doyen des arbres, ayant un état civil, est un Pinus Tltumbergi, il a été planté par Kotono-Mitachi Vschimora dans la cour intérieure de sa maison, alors qu’il demeurait là à Karasaki, sous le règne de l’empereur Jonei (629-641 de notre ère). Kotono avait baptisé
- 1. D’une superficie égale à celle du Lac Léman.
- son arbre du nom de « Nokika-no-Matsu » qui veut dire : Le pin qui pousse sous l’auvent de la maison. Etant donné le peu de hauteur des habitations japonaises, cette dénomination implique l’idée de petitesse. Ainsi ce pin aurait actuellement près de treize siècles. Il fut visité, raconte l’histoire, à diverses reprises par les Empereurs du Japon.
- La littérature du pays abonde en chants poétiques qui évoquent les souvenirs de la vie de l’Arbre de Karasaki et de ses formes curieuses.
- Ce pin qui, alors qu’il était petit, a été taillé, ainsi qu’il est d’usage général au Japon pour retarder et contrarier la croissance naturelle de certaines plantes d’ornement (érables, chênes, pins, genévriers...) est un énorme arbre déformé, tout en branches basses. Si ce pin n’a que 24 mètres d’élévation, il n’en a pas moins de 12 de circonférence à hauteur d’homme.
- Par contre, ses branches, semblables à d’énormes tentacules, s’étalent sur 80 mètres de diamètre de l’est à l’ouest et sur près de 100 mètres du nord au sud.
- Il paraît utile, à l’appui de l’image ci-dessous, d’expliquer que les branches de cet arbre rampant, qui couvre près de
- 60 ares, sont soutenues artificiellement, de-ci de-là, à différentes hauteurs au-dessus du sol, par 380 colonnes en pierre ou en bois. Certaines branches sont, en outre, abritées contre les intempéries par de véritables petites toitures.
- Cet arbre vénéré a attiré de tout temps un très grand nombre de visiteurs. Ceux-ci viennent surtout à l’époque des fêtes qui ont lieu du 28 au 31 juillet de chaque année.
- Il est interdit de toucher à l’arbre qui fait l’objet d’un véritable culte et c’est ainsi que ses aiguilles sont précieusement récoltées à terre par les pèlerins.
- L’entrée de l’enceinte est payante, l’on s’inscrit sur un registre. Le visiteur reçoit en échange une carte postale illustrée. Les offrandes servent à l’entretien de l’Arbre et du lieu.
- L’idée qu’implique le culte spécial de ce « très vieil Axbre » est très répandue au Japon.
- La population est très disciplinée, très conservatrice et sait à merveille toute l’importance du rôle que joué l’Arbre, la Forêt dans la Création. Roger Ducamp,
- Ancien Directeur du Service forestier de l’Indochine.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Une bouteille inépuisable
- M. E. Boyer de St-Affrique nous écrit : « Nous nous permettons, après aroir lu l’article paru le 15 juin sur « Les vases inépuisables », de vous signaler la réalisation d’une bouteille « inépuisable » ayant figuré comme réclame d’une maison de vins mousseux à l’Exposition de Barcelone de 1923.
- Cette bouteille maintenue inclinée à 45 degrés environ par un léger support métallique déversait sans cesse à plein goulot, semblait-il, le mousseux dans une vasque, des gouttelettes de liquide
- rejaillissaient même parfois tout près du public qui n’était l’objet d’aucune illusion, mais qui se demandait comment pouvait se remplir la bouteille, son léger support métallique ne pouvant dissimuler aucune canalisation de débit suffisant.
- L’artifice était très simple, il consistait en un tube de verre de courbure et de section appropriées qui traversait la vasque et pénétrait dans la bouteille où il amenait le liquide sous pression, ce tube était entièrement dissimulé par le jet de mousseux s’échappant de la bouteille. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Le secret de l’affûteur.
- Le problème de l’affûtage des outils tranchants, en particulier des rasoirs, des bistouris, coupe-cors, etc. qui doivent couper avec facilité, est un de ceux qui préoccupent le plus l’amateur, car souvent malgré toute sa bonne volonté il ne réussit dans ses essais que d’une façon médiocre et certaines personnes n’acquièrent jamais le tour de main nécessaire.
- Pour se rendre compte de ce qu’il faut faire pour réussir, il suffit d’observer que dans les tranchants réalisés avec succès par les professionnels, les deux faces du biseau font entre elle3 un angle de 10°; il s’ensuit que lors du repassage sur la meule fine, puis sur la pierre à huile et le cuir enduit d’un abrasif doux il faudra toujours présenter l’objet à affûter de telle façon que la surface abrasive forme avec le plan axial de la lame un angle de 5°; toute attaque sous un angle supérieur donnera des résultats désastreux, car, au lieu de conserver à l’angle du biseau sa valeur primitive, on le rendra plus obtus et plus émoussé.
- Dans les rasoirs ancien modèle l’épaisseur du talon était calculée par rapport à la largeur de la lame de façon qu’elle représentât le sinus de l’angle de 5°; ainsi il suffisait dépasser sur le cuir ou la pierre la lame en faisant reposer le talon et tirant en arrière pour réaliser l’affûtage parfait.
- Pour les instruments tranchants dépourvus de talon, ou pour lesquels celui-ci n’a pas été calculé suivant le principe énoncé ci-dessus, on peut y remédier en glissant sur le dos de la lame un tube fendu suivant sa longueur et dont l’épaisseur répondra à la condition précitée. Une fois l’affûtage terminé on retire le tube par glissement et on le met de côté en vue d’une future opération.
- On peut d’avance constituer un jeu de tubes que l’on numérotera suivant la largeur de la lame à laquelle il correspond et notre amateur sera ainsi fort surpris d'obtenir sans peine un tranchant parfait conforme aux données scientifiques et à la pratique.
- N. B. — Bien entendu, la finesse du tranchant, c’est-à-dire la grosseur plus ou moins grande des dents visibles à la loupe sur le fil, dépendra toujours du grain plus ou moins fin des substances abrasives employées, c’est à l'opérateur de mettre l’outil en conformité du travail plus ou moins soigné qu’il aura à effectuer.
- Dr N., Paris.
- Une bonne colle pour tous usages.
- Bien qu’en réalité il n’y ait pas de colle « universelle » on peut cependant désirer avoir sous la main une bonne colle qui conviendra dans la plupart des cas; voici une formule de préparation facile donnant une colle Irès adhérente et se conservant bien :
- Colle forte........................ 20 grammes
- Amidon de riz...................... 65 —
- Eau ordinaire..................... 900 —
- Fluorure de sodium ....... 15 —
- Faire gonfler la gélatine pendant douze heures en la couvrant d’eau (environ les deux tiers de la quantité ci-dessus), liquéfier ensuite au bain-marie.
- D’autre part délayer l’amidon dans le tiers d’eau froide restant et verser doucement en remuant constamment le lait obtenu, dans
- la solution de gélatine; continuer à chauffer jusqu’à formation d’un empois bien lié. Ajouter le fluorure destiné à la conservation et mettre en pots.
- M. Meunier a Limoges.
- Bruits de grattement d’aiguille dans un phonographe électrique.
- Les bruits de grattement d’aiguille dans un phonographe électrique sont dus à des causes assez complexes. Tout d’abord, la surface du disque sur laquelle sont imprimés les sillons peut D’être pas d’un grain assez fin ou renfermer des impuretés ou des poussières; de plus l’armature vibrante du pick-up peut présenter un jeu vertical ou n’êlre pas assez amortie.
- Pour éliminer autant que possible ces bruits de grattement, on peut donc employer trois sortes de remèdes.
- 1° Utiliser des disques à.surface extrêmement lisse, à grains très fins, genre Columbia par exemple.
- 2° Adopter des pick-ups à armature très amortie légère, et bien centrée mécaniquement, dont nous avons donné des exemplés dans nos chroniques.
- Un tel pick-up produit des courants musicaux basse fréquence d’assez faible intensité; mais il est possible d’obtenir malgré tout, une audition aussi intense qu’on le veut, par une amplification convenable à l’aide d’un amplificateur de puissance.
- 3° On peut utiliser un circuit-filtre dont nous avons déjà indiqué aussi des exemples : un tel dispositif ne permet évidemment pas de supprimer les bruits d’aiguille lorsqu’ils sont trop accentués, mais, employé concurremment avec les procédés ci-dessus, il permet d’obtenir un résultat presque parfait.
- Etant donné la grande amplification réalisée dans les phonographes électriques on ne peut exiger un silence vraiment parfait lorsque l’aiguille du pick-up suit un sillon du disque non modulé.
- Il suffit du moindre défaut dans l’impression de ce sillon ou de la présence d’une poussière pour produire un bruit déjà perceptible, si l’on y prête attention, mais on peut exiger que ces bruits de grattement soient complètement inaudibles pendant l’audition, et l’expérience montre que ce résultat est atteint facilement avec les moyens techniques actuels.
- M. Emmanuel Meyer a Fort-de-Fr.ynce (Martinique).
- Postes de T. S. F. automatiques.
- On ne peut exiger encore que le réglage d’un poste récepteur destinéàun usager soit parfaitement automatique, c’est-à-dire qu’il suffise de manœuvrer un bouton unique avec traits ou lettres de repère pour obtenir immédiatement l’audition désirée, quelles que soient la distance et la puissance du poste émetteur correspondant.
- Il faudrait d’aboi d, pour obtenir ce résultat, que les longueurs d’onde des stations émettrices demeurent invaiiables, ce qui n’est pas le cas, et il faudrait aussi que toutes les constantes du poste : lampes, tension de chauffage des filaments, tension depolarisation des grilles, et tension de plaque demeurent aussi invariables, ce qui est fort difficile à obtenir.
- Si ce résultat parfait ne peut donc être encore atteint dans les conditions actuelles de la radiotechnique, on peut cependant
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- construire actuellement des postes dans lesquels le nombre des manœuvres de réglage est réduit au minimum, et ce réglage est presque indépendant des conditions locales.
- L’initiative de l’opérateur est alors réduite au minimum, et il lui suffit de manœuvrer un bouton de commande ou deux disques concentriques suivant les indications données à l’avance par le constructeur, ou d’après les repères gravés sur l’appareil lui-même, pour entendre immédiatement l’émission désirée. Il suffit ensuite d’effectuer une légère connexion avec une manette indépendante agissant sur les circuits de réception ou sur le dispositif de réaction pour améliorer au maximum la netteté et l’intensité d’audition.
- Yous pouvez d’ailleurs trouver de nombreux détails sur cette question, ainsi que sur les différents systèmes de postes automatiques, dans La T. S. F. des Usagers (Masson éditeur).
- M. Fourny a Paris.
- Propagation des ondes courtes dans la journée.
- La propagation des ondes courtes semble assez irrégulière, et l’on n’a pu arriver à préciser encore de véritables lois générales permettant de déterminer à l’avance le mode de propagation d’une émission de ce genre, en fonction de la longueur d’onde, de la saison, de l’heure, et de la position géographique.
- Il faut distinguer deux sortes de phénomènes. Tout d’abord on constate le phénomène bien connu de variation « fading » consistant en une variation périodique et fréquente plus ou moins rapide mais continuelle de l’audition.
- La forme de ce phénomène varie suivant la longueur d’ondes envisagée, et les variations paraissent d’autant plus rapides que celte longueur d’ondes est plus courte.
- Le phénomène trouble surtout l’audition pour les longueurs d’onde supérieures à 40 m, et il est presque inaudible au contraire pour les longueurs d’ondes voisines de 15 m.
- Un deuxième genre de phénomène est relatif, non seulement à un trouble de l’audition, mais à une suppression presque complète de la propagation suivant les heures de la journée et suivant les longueurs d’on le.
- Suivant que les régions séparant les postes émetteurs et récepteurs sont ou non plongées dans la nuit, ou qu’une partie est éclairée par le soleil et l’autre dans la nuit, on pourra ou non transmettre suivant la longueur d’onde choisie, et l’on remarque que les résultats dépendent aussi de la saison à laquelle se fait la transmission.
- Pour les ondes courtes employées généralement pour la radiodiffusion ordinaire, c’est-à-dire pour la gamme 200 à 300 mètres on remarque que le phénomène du « fading » est relativement lent et que la propagation s’effectue beaucoup mieux la nuit que le jour.
- Pour les ondes de 15 m au contraire, la réception s'effectue généralement mieux de jour.
- Nous avons donné quelques indications sur ces phénomènes dans La Pratique Radio-électrique et vous pourrez trouver dans ce livre, si vous le désirez, des détails complémentaires sur la réception des ondes courtes.
- M. Blais c Otero a Santiago.
- Ouvrages sur les postes d'émission d'amateurs.
- Le nombre d’ouvrages publiés sur l’émission d’amateurs est assez restreint. Nous pouvons vous signaler surtout le livre de M. Laborie édité par la T. S. F. Moderne, 9, rue Gastex, à Paris (4e).
- Nous croyons qu’il doit aussi exister un livre de ce genre à la librairie Chiron, 40, rue de Seine, à Paris.
- M Jacques Belboin a Beauvais (Oise).
- Sélectivité obtenue avec un cadre.
- La sélectivité obtenue avec un cadre est évidemment fonction du poste récepteur employé, mais l’adoption d’un petit cadre comme collecteur d’ondes concourt d’une façon très efficace à accroître les qualités de sélection d’un ensemble récepteur.
- Il y a un intérêt pour conserver au cadre toutes ses qualités directrices à ne pas lui donner une forme rectangulaire trop allongée dans le sens vertical comme on le fait trop souvent à tort dans les cadres du commerce, pour diminuer l’encombrement.
- D’autre part il ne saurait être question avec les appareils modernes d’utiliser des montages d’accord tesla sur cadre, qui
- seraient inutiles et compliqueraient le réglage, mais vous pourriez a lopter un petit compensateur de cadre à trois armatures avec deux armatures fixes reliées aux deux bornes de l’enroulement et une armature mobile reliée à la terre, comme nous l’avons expliqué d’ailleurs, dans la Pratique Radio-électrique.
- Avec les appareils modernes de grande sensibilité, comme les chan geurs de fréquence il n’est plus nécessaire d’utiliser des cadrés de très grandes dimensions, et, en général, les plus grands ont des dimensions qui ne dépassent pas un mètre de côté.
- Bien qu’il soit préférable, en théorie, d’employer un cadre spécial pour la réception des ondes courtes, on peut cependant adopter- maintenant un seul cadre avec un enroulement à coupures entières pour toute la gamme 250 à 1600 m.
- Enfin pour la réception des émissions sur ondes très courtes, entre 15 m et 70 m de longueur environ, on peut utiliser un cadre à une seule spire, mais il est encore préférable et d’ailleurs plus simple d’adopter une petite antenne de quelques mètres de longueur seulement avec accord du type Bourne.
- M. Pbimault a Versailles.
- Modifications d’une superhétérodyne.
- Le schéma que vous nous adressez semble correct, et le mauvais résultat dont vous vous plaignez doit provenir, en effet, surtout du tesla de liaison et des transformateurs moyenne fréquence.
- Il conviendrait également de régler au mieux la valeur des capacités shunlant les secondaires des transformateurs moyenne fréquence.
- Il serait bon aussi de choisir soigneusement les lampes employées sur votre poste, et, en particulier, la bigrille changeuse de fréquence et les amplificatrices basse fréquence.
- Nous ne connaissons pas la marque des transformateurs basse fiéquence employés sur votre poste, mais nous constatons que leur rappoit semble un peu élevé surtout pour le premier.
- Vous pourriez aussi shunter le primaire de ce premier transformateur basse fréquence par un condensateur de valeur un peu plus grande de trois à quatre millièmes de microfarad et placer dans le cil cuit de plaque de la détectrice une bobine de choc avec condensateur de fuite de forte capacité empêchant les courants de haute fréquence de parvenir au circuit basse fréquence.
- Il est évident que vous ne pouvez remplacer seulement un des transformateurs moyenne fréquence par un autre modèle sans changer également tous les autres, puisqu’ils sont tous accordés sur la même longueur d’onde.
- Vous pouvez trouver des modifications sur le montage des superhétérodynes analogues à votre appareil, et sur les differentes pièces de ce montage dans nos chroniques de Radiophonie Pratique et dans la Revue La T. S. F. pour tous (Chiron éditeur).
- Comme marques des pièces à employer, nous pouvons indiquer les marques Brunet, Bardon, F. A. R. etc.
- M. Gouvy,. Casablanca Hermitage (Maroc).
- Postes émetteurs et appareils de réception d’images.
- Nous avons indiqué dans nos nouvelles de T. S. F. l'horaire des transmissions d’images effectuées par les postes de Vienne, de Berlin, de Radio-Paris et de Londres.
- Il n’existe pas encore dans le commerce de postes récepteurs d’images fabiiqués en série, mais on pourra sans doute en trouver dans quelques mois; vous pourrez consulter à ce sujet la réponse à M. Lefèbvre de Douai dans le n° 2811.
- M. Michaut a Paris.
- Documents sur les microphones électromagnétiques.
- L’étude des microphones électromagnétiques, comme celle des microphones électrostatiques, d’ailleurs, est fort intéressante, mais il n’existe pas encore en France d’ouvrages spéciaux sur la question.
- Nous croyons cependant que quelques études de ce genre ont été publiées en 1928 dans L’Onde Électrique (Chiron, éditeur).
- Nous ne connaissons pas encore de fabricants français d’appareils de ce type, vous pourriez vous adresser cependant au service technique à la maison Gaumont, 12, rue Carducci, à Paris (19e), au Matériel Téléphonique, 46, avenue de Breteuil, Paris et à la Société Française Radioélectrique, 79, Boulevard Haussmann, Paris.
- M. Garden au Havre.
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- Alimentation d’un poste par le courant d’un secteur continu.
- Pour obtenir la tension plaque nécessaire à l’alimentation des lampes d’un poste, il suffit de filtrer le courant continu du secteur au moyen d’un circuit filtre comportant deux bobinages à fer et deux condensateurs de quelques microfarads; on abaisse la tension au moyen d’une résistance qui peut être formée par des lampes à incandescence,
- On peut utiliser pour former le circuit filtre, les deux enroulements primaire et secondaire d’un transformateur basse fréquence de rapport.
- Bien que ce procédé ne soit pas absolument nécessaire, on peut encore améliorer lé filtrage en utilisant un circuit filtre à double cellule dont vous pourriez, par exemple, trouver les constantes dans La Pratique Radioélectrique.
- Pour abaisser la tension du courant à 40 volts, le moyen le plus simple sans avoir à modifier complètement le montage consiste à employer une résistance bobinée montée en série et de quelques milliers d’ohms ; cette résistance sera reliée à la connexion positive 80 volts et elle sera shuntée par un condensateur de plusieurs micro farads — Si ce courant de 40 volts est destiné à alimenter uniquement une lampe changeuse de fréquence ou une' lampe délectrice, le débit correspondant est relativement faible, et la valeur de la résistance devra atteindre environ 15000 ohms.
- Nous avons déjà répondu récemment à une question sur le coefficient d’isolement du verre dans la cc Boîte aux Lettres ».
- Le coefficient d’isolement du verre est certainement supérieur à celui de l’ébonite de l’ordre de 3/1, mais théoriquement le travail de cette matière est si difficile que l’on ne saurait en conseiller l’emploi.
- D'ailleurs, si l’on a soin de prendre de l’ébonite pure d’excellente qualité dont la surface ne soit pas hygrométrique et ne soit pas décomposée par les agents atmosphériques, les résultats sont excellents, même pour la réception des courants à très haute fréquence et le gain qu’on obtiendrait en employant du verre au lieu d’ébonite ne serait guère sensible pratiquement.
- Lisez à ce sujet la réponse à M. Perret à Orléans dans le n° 2811.
- M. Sériés a Versailles.
- Réception radiotéléphonique en utilisant comme antenne un fil du secteur.
- Il est normal qu’en employant comme poste récepteur un montage à une lampe détectrice à réaction suivie de deux étages basse fréquence et comme antenne un fil du secteur d’éclairage, vous ne puissiez obtenir l’audition des radioconcerts étrangers.
- En effet, par suite de l’absence d’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence, vôtre appareil n’est pas assez sensible, et ne permet pas la réception des émissions faibles provenant de stations éloignées ou peu puissantes.
- D'un autre côté, le fil du secteur employé comme antenne n’est évidemment qu’un collecteur d’onde de fortune, et les résultats obtenus en employant un tel collecteur d’ondes sont ordinairement irréguliers ; il est très rare notamment qu’il permette de recevoir les émisions sur onde courte.
- Pour faire des essais dans ce but, nous vous conseillons, en tous cas, d’adopter comme dispositif d’accord un montage du type Bourne à primaire apériodique composé d’un bobinage de quelques spires agissant sur un secondaire accordé ayant un point commun mis à terre avec le primaire.
- Votre montage d’accord actuel, en dérivation, ne vous permet pas facilement la réception de ces émissions sur ondes courtes étant donné la longueur d’onde propre très grande de votre antenne de fortune. D’autre part, la bobine que vous croyez à tort être une^bobine secondaire est, en réalité, une bobine de réaction qui doit être couplée avec la bobine primaire (comportant seulement sans doute une cinquantaine de spires pour là réception des ondes courtes), mais ne doit pas évidemment être shuntée par une capacité.
- Pour améliorer les résultats obtenus, tout en conservant votre poste actuel, il faudrait changer votre bobine primaire pour la réception des ondes courtes, supprimer le condensateur shuntant de la bobine de réaction, et surtout employer une antenne exté-
- rieure efficace, qui pourrait être constituée, par exemple, par une antenne prismatique de quatre brins de 20 m de longueur.
- Vous pourriez ainsi obtenir la réception des radioconcerts étrangers, mais la sélectivité ne serait sans doute pas parfaite, et il serait nécessaire, pour éliminer les émissions locales, d’adopter un filtre en série dans le circuit d’antenne, entre l’antenne et le circuit d’accord.
- Si vous ne pouvez monter une antenne de ce genre, et que vous soyez forcé d’employer une antenne intérieure ou un cadre, il est nécessaire de changer votre posté de réception et d’adopter un montage à changement de fréquence ou un poste à amplification directe à plusieurs étages haute fréquence.
- Pour le choix de ce montage, vous pouvez consulter La Pratique Radioélectique ou La T. S. F des Usageis:
- M. Chartier a Paris.
- Signaux horaires et météréologiques.
- Nous ne connaissons pas d’autre éditeur de tableaux des signaux horaires et bulletins météréologiques que la maison Chiron, 40, rue de Seine, à Paris.
- Peut-être obtiendriez-vous cependant un meilleur résultat en vous adressant directement à l’office National Météréologique, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. Carden a Suresines (Seine)
- Les diverses tendances de la construction radioélectrique dans le monde.
- 11 semble actuellement que ce soit l’industrie américaine radio-électiique qui puisse être considérée comme la première du monde tant par son importance que par la qualité et la diversité de ses recherches techniques.
- Les montages récepteurs adoptés sont très variés et comportent, en général, de multiples étages d’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence.
- Bien que le problème de la réception soit simplifié aux Etats-Unis par l’emploi d’une gamme relativement restreinte de Ion-geurs d’ondes les auditeurs désirent utiliser des appareils très sensibles et très sélectifs pour entendre des stations très éloignées.
- Il ne semble pas qu’il se manifeste là-bas comme en France le désir de réduire au minimum le nombre des lampes et des accessoires utilisés.
- Ce qui importe avant tout c'est le résultat obtenu, et les Américains ne prêtent pas une très grande attention au système employé pour obtenir ce résultat.
- II semble, au contraire, qu’en Angleterre et en Allemagne beaucoup d’auditeurs qui se contentent d’écouter les émissions des excellents postes nationaux adoptent des postes récepteurs relativement réduits.
- Les appareils de réception anglais ont une excellente réputation au point de vue de la solidité et de la précision des montages ; mais ils sont généralement plus chers que les postes allemands, français, ou même américains, et il ne semble pas que la construction anglaise réalise de grandes innovations.
- D’ailleurs, un assez grand nombre d’appareils vendus en Angleterre sont importés d’Allemagne, de France, et même des États-Unis.
- Pour l’explication des phénomènes d’aimantation vous pouvez lire un manuel quelconque de physique et en particulier le « Cours d’Électricité » de Bruhat (Masson, éditeur).
- Les lampes à grille écran permettent évidemment d’obt.enir d’excellents résultats avec un nombre d’étages d’amplification minimum; mais il ne faudrait pourtant pas s’exagérer l’importance de leur pouvoir amplificateur dans la pratique.
- Pour réaliser un poste tiès sensible pouvent permettre la réception des émissions sur ondes longues et sur ondes courtes sur cadre, il semble qu’il faille encore employer au minimum quatie ou cinq lampes, soit deux lampes haute fréquence à grille écran, une délectrice et une basse fréquence à grille écran, soit une lampe changeuse de fréquence bigrille où trigrille, deux lampes moyenne fréquence à grille écran, une détectrice et une basse fréquence à grille écran.
- M. Azoury a Alexandrie (Égypte).
- Ls Gérant : G. Masson.
- 97.853. — Paris, lmp. Lahure.
- 1-8-29,
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- N° 28J5.
- NATUR
- LE TRANSPYRÉNÉEN TOULOUSE-BARCELONE =
- Nous avons précédemment étudié ici les deux grandes trouées ferroviaires réalisées parla France pour ouvrir de nouvelles communications entre la côte d’Azur et le Piémont, à travers les Alpes-Maritimes (Nice-Coni) et entre le pays béarnais et l’Aragon espagnol (voie du Somport). En même temps qu’elle exécutait la ligne de Pau à Camfranc, la Compagnie des Chemins de fer du Midi entreprenait l’équipement d’une nouvelle artère transpyrénéenne: celle d’Ax-les-Thermes à Puigcerda (jonction Toulouse-Barcelone).
- Cette dernière a été inaugurée le 21 juillet de la présente année.
- HISTORIQUE DE LA LIGNE
- A l’aube des négociations, qui se prolongèrent durant un demi-siècle, entre la France et l’Espagne, pour la traversée des Pyrénées, la France avait témoigné du particulier intérêt qu’elle attachait à un tracé Perpignan- Montlouis-Puigcerda pour ses accès en direction de Barcelone. Cependant, cette voie devait présenter un souterrain de 13 km de longueur, des déclivités de 33 mm, et coûter fort cher. L’Espagne récusa cette formule, préférant une bretelle vers Toulouse. Néanmoins deux circonstances devaient déterminer la construction de la voie proposée, sous un faciès, d’ailleurs, un peu différent de celui qu avait été prévu à l’origine :
- 1° Le développement des forces hydrauliques en Cer-dagne française, qui permettait de se jouer des difficultés du profil.
- 2° L’équipement, en 1910, d’une ligne d’abord exclusivement destinée à desservir la célèbre station mondaine de Yernet-les-Bains, et qui fut poursuivie à voie étroite jusqu’à Montlouis, capitale et citadelle de la Cerdagne. Après la guerre cette ligne fut même conduite jusqu’ à Bourg-Madame, sur le versant espagnol, au pied de la cité ibérique de Puigcerda.
- Cette mise en œuvre n'entrava pas l'étude de la voie d’Ax à Puigcerda, particulièrement désirée par les hommes politiques du Midi français, très influents au
- Parlement, et dont on pouvait, d’ailleurs, attendre de précieux résultats au point de vue du trafic.
- La loi du 2 août 1907 [concéda à la Compagnie du Midi le transpyrénéen. Les actionnaires acceptèrent Ce cadeau, le 7 avril 1908, comme susceptible « d’avoir une heureuse répercussion sur l’activité du réseau ». L’Etat devait prendre à sa charge tous les travaux d’infrastructure et l’aménagement des usines hydrauliques. "
- La Compagnie, de son côté, n’assumait qu’une dépense de 25000 francs par kilomètre pour la superstructure, l’équipement électrique des usines et la fourniture du matériel roulant et de traction.
- Cette artère devant être terminée dans un délai de dix ans, conformément à l’accord franco-espagnol, on attaqua, dès 1908, les travaux du tunnel de faîte, dit de Puymorens. Mais la guerre devait retarder les opérations, qui ne furent poussées qu’à partir de 1920.
- DESCRIPTION DE LA LIGNE
- La nouvelle voie prolonge à Ax-les-Thermes, jolie ville thermale de l’Ariège, la ligne de Toulouse à Pamiers, Foix et Ax, ouverte partiellement en 1861 et finalement en 1888. Elle mesure 42 1cm de longueur. Quittant Ax à la cote 701,26, elle s’élève progressivement dans la vallée supérieure de l’Ariège par Merens (10 km), cote 1059 et l’IIospitalet (20 km 900) à la cote 1426. Pénétrant dans le souterrain de Puymorens, elle y atteint, à 1560 m d’altitude, son point culminant, sans quitter le territoire national; elle descend ensuite dans la vallé du Carol, dessert Porta (29 km 100 d’Ax et Latour de Carol (39 km 800) aux cotes respectivement de 1506 et 1230 m.
- D’Ax à Merens, les déclivités se maintiennent à 40 mm par mètre ; de Mérens à l’IIospitalet elles oscillent entre 28 et 40, de l’Hospitalet à Latour de Carol elles varient de 16,5 à 40. Les rayons de courbes sont supérieurs à 200 m.
- Sur un parcours aussi accidenté, les ouvrages d’art sont particulièrement nombreux.
- Fig. 1. — Le tracé de la ligne Toulouse-Barcelone.
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- Ces principaux tunnels se rencontrent à Ax (tunnel de 630 m), sur I Oriège (390 m), à Berduquet (522 m 75), à Lareng, avant Merens (420 m), à Saillens (1750 m), celui-ci hélicoïdal, à Barthe-Espesse (1224 m), enfin à Puymorens; ce dernier, long de 5355 m, présente des rampes de 34 mm, côté Sud, de 3 mm seulement côté Latour de Garol.
- Les ponts et viaducs sont multipliés sur la Lauze (100 m), l’Oriège (150 m), le Nabre, l’Ariège, le Carol (200), aux Bordes (100), à la Goutine (50),à Porta (100), à la Feuillatière.
- Ils ont été édifiés en granit du pays. Une seule exception a été faite pour le pont du Nabre, de 18 m de portée, en métal, ainsi que pour quelques passages étroits.
- La gare internationale a été réalisée à Latour de Carol, où aboutit déjà la ligne à voie étroite de Perpignan à Bourg-Madame.
- Abandonnant Latour de Carol, le rail franchit la frontière espagnole, dessert la gare espagnole de Puigcerda, traverse le Sègre, affluent de l’Ebre, par un pont de 45 m, s’élève sur ses rives en desservant Alp, s’infiltre à la cote 1494, sous le col de Tosas, après avoir franchi l’Alp, dessert Tosas, traverse à deux reprises le Rigart, puis successivement le Fresser, le Vafogan, le Gès, en ne cessant de s’abaisser vers la mer. Ripoll est la principale des stations parcourues.
- Sur tout le trajet la voie offre un intérêt touristique exceptionnel, tant par la grandeur des paysages que du fait de la multiplication des ouvrages. A chaque minute, la ligne s’évanouit sous la montagne, ou franchit un cours d’eau, ou s’accroche dans le roc.
- LES CONSÉQUENCES DE LA NOUVELLE PERCÉE
- On compte ainsi 11 souterrains, concentrés sur le versant ariégeois.
- Toutefois, le principal avantage de cette artère résidera dans une notable amélioration de certaines communications importantes : Toulouse ne sera plus qu’à 319 km de Barcelone, contre 426 par Narbonne-Perpignan et Port-Bou ; à 421 km de Tarragone, contre 527 ; à 595 de Valence, contre 802 ; à 919 de Murcie contre 1026; à 952 de Carthagène, au lieu de 1059.
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- De Pau à Barcelone, on devait compter 632 km, via Perpignan. Le trajet par Ax-les-Thermes ne comportera plus que 525 km, pour 563 par le Somport.
- Même gain pour Tarbes. Enfin, Bordeaux ne sera plus qu’à 575 km de Barcelone, à 677 de Tarragone, à 952 de Valence, à 1176 de Murcie, et à 1029 de Carthagène, cependant que Paris verra bénéficier ses distances de 107 km .en ce qui touche toutes les stations de la ligne de Barcelone à Carthagène. Quant à' Ax, il gagnera 56 km au raccourci.
- On peut entrevoir, d’autre part, un développement de trafic du fait de cette réalisation. On escompte, à juste raison, un essor exceptionnel des opérations à courte distance, comme celles de Toulouse, Foix ou Ax vers ou de Ripoll, centres de riches cultures. Des denrées qui ne sauraient supporter 500 km de transport pourront affronter 200 km de parcours. La ligne va permettre l’exploitation des mines de fer de Puymorens, qui recèlent un minerai d’une rare richesse (65 pour 100 de métal), qu’on ne pouvait extraire, faute de moyens d’évacuation.
- D’autres dépôts prendront, pour la même raison, une valeur nouvelle.
- On pourra mettre en œuvre les forêts de la Haute-Ariège. Les voyageurs, de leur côté, préféreront un parcours plus pittoresque à celui du passé, sans attraits, de Toulouse à la frontière.
- Cette éventualité a déterminé l’Espagne à un geste dont on ne saurait méconnaître la grâce. Le rail espagnol est à voie de 2 m. Il aurait donc fallu rompre charge à la frontière, comme à Port-Bou ou Irun, et même à Camfranc. Le Gouvernement de Madrid, désireux de favoriser Barcelone, son centre industriel et commercial par excellence, ne l’a pas voulu. Un décret du 17 juillet 1928 a ordonné l’équipement à 1 m 60 de la voie Puigcerda-Barcelone.
- Il n’y aura donc plus changement de voiture à la frontière.
- Le même décret de Madrid a attribué au Nord-Espagne l’exploitation de la section Latour de Carol-Ripoll, jusqu’ici aux mains de l’Etat.
- Ainsi tout a été organisé pour
- -McSegro
- Pont de 3 arches de 15 moo
- &' ALP
- Viaduc met 9"e de 4o"bo
- Barranco ciel Porn de S'^Bstebaiv ~
- Pont metqae \de i2.oo
- Rio Alp
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- Viaduc de 3 arches de wpoo
- Barranco dclxcMirui
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- Barranco de la, Ermita.
- Barranco (Le La. Casetas
- 'Pont métallique
- Rio Rigart
- J---©- RI BAS
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- Barranco de An/jeJnts
- Rio Presser
- Pont de 2 arches de is'l'oo
- CAMPDEVANOL
- -—RIPOLL
- Fig. 3. — Profil de la ligne du colé espagnol.
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- *48
- Fig. 4 (en haut, à gauche).
- Sortie du souterrain hélicoïdal de Saillères.
- Fig. 5 (en haut, à droite).
- Les Gorges de l’Ariège supérieur.
- Fig. 6 (au milieu).
- Ax-les-Therrn.es et le viaduc de La Lauze. Fig. 7 (en bas).
- Village de l'Hospital et, près d’Andorre.
- une utilisation rationnelle du nouveau transpyrénéen.
- • Nous ne’ saurions, toutefois, clore ici cet exposé. Il nous faut ajouter quelques précisions quant à l’exécution technique de la voie française.
- L'EXÉCUTION DES TRAVAUX
- Le ballast en a été extrait d’immenses carrières, ouvertes à Merens,oùl’on a installé un matériel mécanique perfectionné : com-
- presseurs, marteaux piqueurs, Décauville, concasseurs. Un chantier a été créé aux Gabannes, près d’Ax-les-Thermes. On y préparait les éléments de la voie. Des ouvriers y assemblaient les rails avec les traverses et coussinets, d’une longueur de 22 m, sur une plate-forme. Saisis par une grue sous portique, ces éléments étaient déposés sur un double truck jumelé ; aucun travail à la main. Avec un personnel restreint on a pu de la sorte exécuter 400 m de voie par jour.
- Les rails ainsi réalisés, un convoi les acheminait au lieu de pose. Là, deux petits portiques les soulevaient et le train se retirait. Les éléments étaient ensuite déposés à terre et une autre porteuse, reposant sur deux lorries, venait se placer au-dessus des éléments, qui étaient accrochés à elle. Enfin, cette poutre véhiculait à leur place définitive les 22 m de rail, en utilisant une voie provisoire légère. Encore une fois, le génie français
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- J 49 ==
- Fig. 8. — La cille espagnole de Puigcerda: eue générale.
- avait inventé un procédé mécanique inédit, pour réduire une main-d’œuvre qui lui était parcimonieusement mesurée dans un pays impeuplé.
- Aussi, les agents du réseau du Midi ont-ils montré quelque fierté de l’effort accompli.
- La Compagnie elle-même, désireuse de leur témoigner le souci qu’elle prend de la santé de son personnel, a inauguré récemment, près de Latour de Carol, un magnifique sanatorium, où les employés fatigués pourront venir jouir de l’air incomparablement pur de la Cer-dagne.
- Il sied, en dernière analyse, de considérer que, comme sur la ligne du Somport, la traction électrique a été envisagée dès l’origine. L’importance des déclivités ne permettait pas d’autre solution pratique.
- A cet effet, la Compagnie du Midi a procédé à la transformation de sa ligne de Toulouse à Ax-les-Thermes, suivant la formule généralisée sur ses voies. Trois grandes centrales hydro-électriques doivent alimenter d’énergie ce rayon. Celle de Saillens utilisera un débit moyen de 2000 litres par seconde et maximum de 3600, sous une chute de 545 m.
- Celle de Merens ne disposera que de 480 m
- de dénivellation, mais son débit moyen s’élèvera à 4000 litres, pouvant d’ailleurs atteindre 10 500 litres. Enfin, la plus basse des centrales, à Savignac, bénéfi-
- Fig. 9. — Le viaduc de Carol.
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- ciera de 350 m de chute nette et d’un débit moyen de 6820 litres, pouvant s’exacerber à. 13 700. Chaque centrale recevra des groupes turbo-alternateursde 10000 kw, au nombre de 3 pour Saillens et Merens, de 4 pour Ax-les-Thermes.
- La Haute-Ariège sera ainsi équipée comme la vallée d’Ossau, et régularisée par l’utilisation du lac Lanoux, magnifique réservoir de 58 000 000 m3. Une ligne de transport à 15 000 volts a été établie entre Toulouse et Ax.
- Elle recevra, ultérieurement, son courant des stations ariégeoises sous 50 périodes 60000 volts. Toutefois, jusqu’à la réalisation des usines, la ligne de Toulouse-Espagne empruntera sa puissance aux centrales déjà en service du Midi : Soulom sur le gave de Caute-
- rets, Eget sur la Neste de Couplan et les usines de la vallée d’Ossau.
- Des sous-stations ont été exécutées à Ax-les-Thermes (commutatrices de 1000 kw, 750 volts en série), l’Hospi-talet (idem), Latour de Carol (idem). Chaque sous-sta-tion comporte 2 groupes de 2 appareils et dispose donc d’une puissance de 4000 kw. Nous rappellerons que, conformément aux exigences de la loi française, le courant de traction est du continu 1500 volts, transmis aux tracteurs par une chaîne caténaire.
- La Compagnie du Midi n’entend d’ailleurs pas demeurer sur ses succès récents et l’ouverture de deux grandes voies internationales, puisqu’elle a entrepris l’électrification de sa grande artère du Massif Central.
- Auguste Pawlowski.
- PHÉNOMÈNES D'ABSORPTION ET D'ADSORPTION
- Les phénomènes d’absorption et d’adsorption régissent les échanges qui ont lieu à la surface de deux milieux.
- Il est particulièrement difficile d’établir une discrimination nette entre l’absorption et l’adsorption, quand il s’agit de la captation d’une substance par une autre. Quoique l’applicabilité de ces termes puisse s’étendre à beaucoup de dissolutions ou de réactions chimiques, une sensible distinction peut être établie par la présence ou l’influence de deux facteurs : équilibre ou réversibilité, qui sont les caractéristiques les plus importantes des phénomènes d’adsorption.
- Prenons, par exemple, le cas du charbon de bois agissant sur une solution de matière colorante, on constate au cours de l’action que la quantité du corps dissous fixé à la surface du corps solide augmente progressivement avec le temps, puis de plus en plus lentement et enfin atteint un état d’équilibre. Cet état d’équilibre est indépendant de la concentration du liquide, mais il est fonction de la quantité de colorant fixée par unité de masse et de la quantité de colorant restée libre dans la solution par unité de volume.
- Il y a réversibilité quand, faisant agir un corps adsorbant sur une solution vraie, si l’on diminue sa concentration par adjonction d’un solvant, une certaine proportion de la substance absorbée repasse en solution; mais si, au contraire, ou augmente la concentration par addition d’une masse nouvelle du principe dissous, une fraction nouvelle sera de nouveau adsorbée jusqu’à l’obtention d’un nouvel état d’équilibre. De plus, la matière adsorbée peut être facilement éliminée. C’est par exemple le cas des gaz traités par les charbons actifs, la silice colloïdale, qui après traitement peuvent être facilement extraits par l’action du vide ou de la chaleur.
- Si l’on fait agir une solution étendue d’acide picrique sur le charbon de bois, on peut récupérer ensuite la majeure partie du colorant adsorbépar lévigation du charbon à l’eau.
- Si l’on fixe à une température convenable de l’oxygène sur de l’amiante platiné, ce gaz peut être facilement entraîné par un courant d’oxyde de carbone en donnant de l’anhydride carbonique en même temps que l’excès d’oxyde de carbone se fixe à la place de l’oxygène.
- La valeur de l’adsorption est influencée par la concentration et la réaction du milieu. Elle est.en particulier favorisée par la dilution. C'est ainsi qu’une eau, dans laquelle on aura ajouté une trace infime d’une solution de colorant basique à 1 pour 1000, ne révèle à l’œil aucune coloration, cependant
- celle-ci est mise en évidence par un mouche de soie plongé au sein du liquide et qui se colore au bout d’un certain temps.
- L’étude du gonflement de la gélatine dans les solutions acides permet d'illustrer l’influence de la réaction du milieu ou mieux de son état d’ionisation. On remarque en effet que la gélatine accroît son gonflement, donc son absorption d’eau dans des solutions dont le P h est compris entre 4, 7 et 8, où il est maximum pour décroître ensuite.
- Les dimensions de la surface active entre les deux phases jouent aussi un rôle important.
- Si l’on veut décolorer une solution de matière colorante basique comme du bleu de méthylène ou du vert malachite à l’aide de noir en grain ou en bâtonnets, on constate que le phénomène ne se produit que lentement et après de vives agitations. Au contraire, la même quantité de noir en poudre agissant sur le même volume de solution tinctoriale donnera une décoloration immédiate.
- En général, les phénomènes d’adsorption peuvent s’observer quand les deux phases sont identiques ou dissemblables, c’est-à-dire que l’on peut avoir des états physiques analogues ou différents des corps adsorbés et absorbants, s’ils sont solides, liquides ou gazeux.
- Cas d’adsorption des solides par des solides. —
- C’est le cas banal de la décoloration des solutions par des substances appropriées telles que le noir animal, charbons actifs, silico-gels, terres à blanchir, etc.
- C'est aussi le cas du déplacement d’un métal par des feuilles d’or ou d’argent.
- Cas d’adsorption des liquides par des liquides. —
- Il est remarquable dans les émulsions aqueuses de corps gras, l’huile en particulier. On note deux systèmes ou deux équilibres, une phase huile dans l'eau et une phase eau dans l’huile.
- Cas d’adsorption des solides par des liquides. — Si l’on prépare une solution colloïdale d’iode en faisant agir un oxydant en présence d’un acide et d’une solution d’iodure de potassium, la liqueur prend une teinte rouge violacée consécutive à la formation d’iode. Ajoutons du sulfure de carbone et agitons modérément sans émulsionner ce réactif, la solution se décolore, le sulfure de carbone a pris la teinte violette caractéristique de l’iode.
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- Cas d’adsorption des liquides par les solides. —
- Il a lieu dans tous les phénomènes de gonflement, comme nous l’avons vu précédemment, par exemple dans le gonflement, par adsorption d’eau, de la gélatine dans les solutions acides ; le gonflement du caoutchouc dans la benzine ; des éthers cellulosiques dans l’acétate d’amyle, des savons dans l’eau, etc.
- Cas d’adsorption des gaz par les solides. — Nous verrons que le charbon de bois, les charbons et les sels de silice actifs adsorbent les gaz. Ces phénomènes sont mis utilement à profit dans les récupérations des solvants, dans la préparation des masques à gaz. On utilise aussi les propriétés adsorbantes du charbon de bois pour parfaire le vide donné par les trompes.
- L’adsorption des gaz se produit avec dégagement de chaleur, ce qui permet d’employer par exemple la mousse de platine comme allumeur de gaz d’éclairage.
- On a, jusqu’à ce jour, émis de nombreuses hypothèses concernant les théories du processus d’adsorption. D’après Gibbs l’adsorption sur la surface des liquides se trouve en relation directe avec l’action qu’exercent les corps en solution sur les tensions superficielles de ces liquides, de telle sorte que la fixation sur la surface se produit forcément si ces substances sont capables d’abaisser la tension superficielle.
- Langmuir au contraire établit le principe de la force de cohésion ; les parties internes des molécules étant unies entre elles par une force attractive, il peut y avoir un excédent d’énergie libre en surface, l’adsorption résulterait de l’utilisation de cette énergie. L’industrie utilise de plus en plus ces phénomènes, notamment dans les questions d’épuration, surtout depuis la mise au point d’adsorbants nouveaux que nous décrirons rapidement.
- PHÉNOMÈNES D’ADSORPTION PRODUITS PAR LES CHARBONS ACTIFS
- Les propriétés adsorbantes du charbon de bois furent mises en lumière il y a plus d’un siècle. Il connut plusieurs applications industrielles comme décolorant, mais fut bientôt concurrencé et supplanté parle noir d’os. Ce n’est que depuis peu d’années avant 1914 que, dans tous les pays, des études sur l’activation du charbon, c’est-à-dire sur le renforcement du pouvoir absorbant de celui-ci, conduisirent à des résultats intéressants et révélèrent deux|grandesîméthodes d’activation soit par déshydrogénation du charbon à l’aide d’acide phos-phorique ou parle chlorure de zinc (charbon Urbain et charbon Bayer), soit par oxydation ménagée (charbon hollandais Norit).
- Examinons rapidement un type de la première catégorie. Urbain emploie comme matière première la tourbe broyée finement, puis mélangée à de l’acide phosphorique. Le produit rendu pâteux est filé au moyen d’une presse hydraulique, puis on fait durcir les filaments qui sont découpés en courts bâtonnets.
- La calcination a lieu en deux stades. En premier lieu on utilise les gaz chauds du foyer, puis on calcine pendant 10 heures à une température de 1000°. Durant l’opération, l’acide phosphorique est réduit, il y a formation abondante de phosphore dont une partie se dégage et l’autre réagit sur les composés hydrogénés, en produisant de l’hydrogène phosphoré.
- Lorsque la réaction est achevée on laisse refroidir ; la masse est alors lavée à l’acide chlorhydrique, puis séchée. On obtient comme sous-produit du phosphore. Le charbon actif ainsi préparé se présente sous forme de petits bâtonnets de 5 à 10 millimètres de longueur, à bouts arrondis, et de 2 à 3 mil-
- limètres de diamètre. Il est employé en couches absorbantes dont l’épaisseur varie avec le produit à épurer.
- Un type de la seconde catégorie est la Norit_ qui est un charbon actif d'origine végétale.
- Si on examine ce produit au microscope on remarque que les bâtonnets présentent des cavités dont l’aspect diffère avec l’essence du bois qui a servi de matière première et cela quel que soit le procédé de carbonisation employé.
- On part du bois de bouleau, probablement le Betula occi-dentalis. D’après Tanner, le procédé de fabrication employé consisterait probablement à brûler de la sciure de bouleau en présence d’une quantité limitée d’air. On traiterait ensuite par un acide, puis on lave et on sèche.
- Les charbons actifs ont pris une telle place dans l’industrie que des modifications incessantes sont apportées dans leur préparation. Notons, par exemple, d’après des brevets allemands et américains, l’introduction de nouveaux agents d’activation tels que des solutions sulfuriques d’un sulfate métallique réductible à une température supérieure au rouge, comme les sulfates d’alumine, de chrome, de zinc, de manganèse de titane, ou bien encore l’utilisation de sels à réaction alcaline comme le carbonate ou le sulfure de potassium.
- D’autres brevets préconisent, pour le charbon actif utilisé pour le traitement des matières grasses, des huiles minérales, l’incorporation d’une certaine quantité d’acide chlorhydrique, sulfurique, nitrique, acétique ou tartrique. On peut incorporer l’acide par pulvérisation ou, comme dans le cas de l’acide chlorhydrique, en faisant passer ce gaz sur la masse, ou encore en le produisant à l'intérieur du charbon par des courants gazeux alternatifs de chlore et d’anhydride sulfureux.
- Enfin, on peut augmenter l’activité d’un charbon actif, soit d’après les brevets de Sauer en y incorporant une nouvelle quantité de carbone susceptible d’être activé à son tour, soit en y ajoutant une substance absorbante minérale. Dans le premier cas le procédé employé consiste à imprégner le charbon d’une solution organique appropriée. On calcine. Le carbone ainsi formé est activé par les moyens ordinaires. Dans le second cas, on produit une précipitation dans les pores de la base aclive en traitant par exemple du silicate de soude par l’acide chlorhydrique de façon à produire un gel de silice dans les pores du charbon, Puis on sèche et on chauffe. Pour éviter une diminution de pouvoir absorbant il est bon d’ajouter des substances capables d’émettre des gaz lors de la calcination, telles que le benzol, le carbonate d’ammonium, les levures, etc. Les produits ainsi obtenus conviendraient très bien pour le chargement des appareils respiratoires contre les gaz asphyxiants et le séchage de l’air et des gaz.
- La condition primordiale pour pouvoir activer un charbon est que son carbone soit amorphe. La valeur de l’activibilité dépend aussi de la grandeur de la surface et de sa teneur en carbone cristallin. L’obtention directe d’un charbon actif par carbonisation de corps organiques convenables n’est possible qu’avec le concours de certaines substances minérales et il faut encore réaliser les conditions dans lesquelles on obtient du carbone amorphe à grande surface. De plus, l’activation doit se produire pendant la réaction de formation qui est favorisée par la présence d’alcali, de l’oxygène de l’air, et par des réactions oxydantes de décomposition à l’intérieur de la masse durant la carbonisation. L’activité et l’activabi-lité se détruisent en portant le charbon à une température supérieure à 1100° à laquelle est favorisée la production de la forme cristalline.
- Le pouvoir absorbant d’un charbon est d’autant plus grand qu’il est plus pur et moins riche en hydrogène, résultat auquel on arrive en le portant à une température de plus en
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- plus élevée, ce qui a pour effet d’accroître sa densité. C’est ainsi que du charbon de béis porté à 150° contient encore 3 pour 100 d’hydrogène et aune densité de 0,6 à 0,8. A 300°, le taux d’hydrogène est de 4,8 pour 100 et la densité est de 1,2; enfin, à plus haute température on arrive à une densité de 2,1 à 2,2 pour une teneur en hydrogène de 0,01 pour 100. Il existe d’autres variétés de carbone dont la densité est de 2,1 à 2,38, c’est-à-dire de l’ordre de grandeur de celle du graphite.
- Le pouvoir adsorbant des charbons dépend non seulement de la grandeur de la surface de contact, mais aussi de sa structure moléculaire. On suppose qu’ils renferment, à côté des atomes de carbone plus ou moins coordonnés, un corps fondamental actif composé d’atomes de carbone non saturés ou de composés analogues d’atomes. Ces atomes non saturés sont le centre de l’adsorption. Dans les charbons non activés mais activables, le corps fondamental actif est recouvert d’une gaine compacte d’atomes saturés, dès lors le but essentiel de l’activation ultérieure serait la destruction de cette gaine. J
- Plus le charbon est actif, plus il dégage1 de chaleur quand on l’humecte avec un liquide comme l’eaii ou la benzjne. C’est ainsi que l’on observe des dégagements de chaleur qui pour l’eau peuvent atteindre 50 calories pour 1 gr. de charbon, et atteindre 67 calories avec le benzène.
- Application du charbon actif. — Débenzolage. — Le débenzolage du gaz consiste à faire absorber les vapeurs de benzol qu’il renferme par un dissolvant convenable et les récupérer ensuite sous forme de produits facilement condensables, en distillant par exemple.
- Cependant tous les solvants qui possèdent cette propriété ne sont pas aptes au débenzolage; car il faut que leur pouvoir absorbant soit assez grand pour que le lavage du gaz ait lieu d’une façon rapide et régulière ; leur stabilité doit être telle qu’ils puissent toujours être récupérés dans le même état au moment de la distillation ; ils ne devront pas former de combinaison très stable avec le benzol, ni se modifier tant au point de vue chimique que physique au contact des divers constituants du gaz de houille. A l’heure actuelle, on emploie des absorbants liquides ou solides.
- Parmi les absorbants liquides, on utilise principalement le goudron de houille déshydraté, les huiles de goudron de houille, les huiles lourdes de pétrole, les huiles de goudron de hauts fourneaux marchant à la houille crue, le tétra-hydrure de naphtaline mélangé de décahydrure ou tétraline. Ils ont un point d’ébullition assez élevé pour que l’on puisse en extraire ensuite facilement le benzol par distillation.
- L’absorbant solide dont l’empjpi est aujourd’hui préconisé est le charbon actif. On absorbe par une couche de ce réactif le gaz renfermant les vapeurs du produit à éliminer. Le charbon est ensuite saturé de vapeur d’eau pour enlever les vapeurs condensées, et après séchage il peut servir pour une nouvelle opération.
- Dans le cas du traitement du gaz d’éclairage, le problème est plus complexe que lorsqu’il s’agit d’un mélange d’air et de vapeur de benzol. Le charbon a, en effet, un pouvoir dissolvant particulier pour les différents constituants du gaz, et particulièrement pour le goudron qu’il peut renfermer encore, ainsi que pour l’hydrogène sulfuré, d’où la nécessité d’employer des appareils filtrants que l’on intercale entre les épurateurs et le gazomètre. L’opération a lieu dans des absor-beurs horizontaux agencés de façon telle que l’on ait le minimum de perte de charge. Ils sont accompagnés d’échangeurs comportant des serpentins à grande surface d’échange qui servent à la réfrigération pendant la phase d’absorption et au réchauffement pendant la phase de récupération. L’opé-
- ration est généralement discontinue, c’est-à-dire qu’il faut plusieurs appareils, les uns étant en phase d’absorption, les autres en phase d’extraction. Souvent il est bon de prévoir, avant les absorbeurs, les préabsorbeurs : par exemple deux cuves en série remplies de charbon peu actif, qui arrêteront les produits non extractibles comme la naphtaline.
- Quand le charbon est chargé de benzol, on le traite par la vapeur d’eau surchauffée, à 250° environ, après avoir au préalable réchauffé la masse à 130-140° C., en faisant circuler de l’eau chaude à la place d’eau froide dans les serpentins. Les produits volatils se dégagent et se condensent, entraînés par la vapeur d’eau. On fait le vide par un éjecteur condenseur; quand la pression est tombée à 50 mm., le charbon est pratiquement sec. On a constaté, en effet, que le charbon activé n’absorbe à 120° que 5 pour 100 d’eau quand on le traite par la vapeur d’eau à la pression de 1 kilogramme.
- On reproche au charbon actif d’être vite hors d’usage par suite de sa grande fragilité, car l’activation augmentant la porosité, c’est-à-dire la quantité de canaux capillaires par unité de volume, il en résulte que les vaporisations et les condensations successives et surtout les injections de vapeur d’eau font éclater et effritent peu à peu les grains de charbon qui tombent en poussière facilement entraînable par le courant gazeux.
- Les Américains ont essayé de fabriquer des charbons plus durs en traitant de l’écorce de noix de coco et de corozo, mais les prix sont prohibitifs.
- Le pouvoir absorbant du charbon tombe rapidement s’il retient les corps qui se fixent sur lui avec une grande ténacité ; c’est pourquoi on emploie le préabsorbeur ou filtre, préalable, chargé d’arrêter la majeure partie de la naphtaline avant l’entrée du gaz dans les filtres. On reproche aussi au charbon son affinité pour l’acide cyanhydrique, de sorte qu’avec des installations ordinaires on obtiendrait un benzol corrosif, bien que l’eau dissolve la majeure partie de cet acide. On emploierait approximativement en masse épurante 10 pour 100 du poids du benzol brut obtenu.
- Sucrerie. — L’industrie de la sucrerie, surtout en Europe Centrale, utilise les charbons actifs dans la décoloration des jus sucrés. Cette branche connaît maintenant toute une floraison de nouveaux produits : noir animal, polycarbone, stan-dartnorite et sulfanorite, éponite, carbroge, dorsite, kelp-schar, carborafin. Ce dernier, très répandu en Allemagne, est fabriqué à Carlsbad, en calcinant des matières riches en carbone, par exemple du bois en présence de chlorure de zinc. Les traces de ce métal et de cendres minérales restant dans le produit n’ont aucun effet nuisible sur les liquides à, décolorer. Cette substance aurait un grand pouvoir décolorant. D’une façon générale on se rend compte de la sélectivité de ces produits par des mesures de tension superficielle des filtrats obtenus, étant donné qu’un jus sucré est d’autant plus pur que sa tension superficielle est plus voisine que celle de l’eau.
- Le processus d’action est le suivant : les molécules colorées les plus légères sont fixées par attraction moléculaire, tandis que les molécules sucrées plus loürdes restent en solution. La vitesse de décoloration est alors fonction de la différence de grandeur moléculaire entre la matière colorante et le sucre dissous. La régénération de ces charbons se fait comme pour le noir animal par un traitement chimique suivi d’une calcination au rouge.
- Ces divers matériaux sontemployés en sucrerie de deux façon s différentes : dans le procédé par couche le jus sucré traverse alors une épaisseur de 5 à 20 cm de charbon placé sur un grand filtre. Les impuretés sont retenues à la surface si bien que la couche poreuse est rapidement colmatée et quoique le charbon ne soit pas épuisé, le rendement du filtre diminue
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- très vite. Il faut donc enlever la partie superficielle et rendre le filtre à nouveau perméable.
- Dans le procédé à la cuve la quantité de charbon nécessaire est agitée avec la solution à décolorer et le mélange obtenu envoyé au filtre-presse.
- L’avantage principal de l’emploi des charbons actifs vis-à-vis du noir animal en sucrerie réside surtout dans la faible quantité de produit nécessaire à la décoloration, d’où pertes moins grandes en sucre.
- Ces charbons sont aussi employés pour l’élimination des gommes des jus sucrés.
- Récupération de l’or en métallurgie. — Enfin, notons un
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- emploi particulier du charbon activé. Le charbon de bois a été de longue daie reconnu comme susceptible d’absorber l’or dans les solutions de cyanure. Les différentes qualités de charbon ont des valeurs très inégales au point de vue absorbant; certaines sorles ccmme lts « blackath residue » sous-produit de l’industrie de la soude, convenablement traitées, ont !un pouvoir absorbant vis-à-vis de l’or remarquablement grand. Celte récupération de l’or dans les solutions de cyanure est économique surtout au point de vue de la dépense en cyanure moindre que dans là précipitation par le zinc.
- (A suivre.) J- Besse.
- L'EDUCATION INTEGRALE DES AVEUGLES
- Il est assez difficile pour ceux qui ont l’usage des yeux de se rendre compte exactement des transpositions qui amènent un aveugle à utiliser les sensations tactiles pour l’éducation de son esprit, alors que certains aveugles se placent à cet égard aux premiers rangs parmi ceux qui ont l’usage de tous leurs sens.
- Un physicien, M. Dussaud, a étudié les divers problèmes concernant la substitution des sens les uns aux autres. Il a fait sur ce sujet déjà une trentaine de communications à l’Académie des Sciences. La dernière, en date du 4 février dernier (publiée le 11), concerne une nouvelle méthode d’écriture pour les aveugles, qui prend une ampleur considérable du fait qu’elle permet aussi le calcul, le dessin et une certaine assimilation de la peinture pour ceux qui ne peuvent l’admirer comme nous.
- J’ai eu le plaisir d’examiner et même de manipuler le nouvel appareil, et j’ai pu me rendre compte de sa simplicité de fonctionnement. Cette invention est grosse de conséquences dans la manière de conduire et de développer l’éducation des aveugles. Ainsi que me l’a expliqué M. Dussaud, (il ne faut pas croire que les perceptions faites par des sens différents puissent avoir un rapport quelconque entre elles. Lorsqu’il étudia, tout au début de sa carrière, l’éducation intellectuelle des sourds, il imagina le phonographe pour sourds, appareil qui transcrivait en sensations tactiles les sensations sonores fournies par un instrument de musique. M. Dussaud pense, et c’est également mon humble avis, qu’il n’y a aucune espèce de rapprochement quelconque entre les sensations sonores perçues par un homme normal et les sensations de substitution, celles du toucher, que perçoit le sourd. Néanmoins celui qui est com-plètement sourd arrive, par le toucher, à distinguer des
- oinçon
- Matière
- élastique
- Feuille de papier
- -Toile
- métallique
- Gaufrage en relief*
- Fig. 2. — Principe du gaufrage sur une toile métallique avec un poinçon, une molette ou une bille en caoutchouc.
- airs de musique joués par un instrument; il peut ainsi se les rappeler, les reconnaître lors d’une nouvelle perception tactile, comparer des morceaux entre eux et exprimer les sentiments qu’ils suscitent. Cette transposition offre des analogies avec la substitution aux impressions visuelles, des sensations tactiles pour mettre l’aveugle à même de distinguer les formes, les reliefs, les couleurs, les mouvements. Là également, par l’éducation du toucher, l’aveugle se souviendra des sensations reçues, les reconnaîtra, les comparera, et pourra confronter les sentiments qu'elles suscitent en lui avec ceux des personnes qui perçoivent les sensations visuelles, mais c’est là une transposition d’ordre purement intellectuel.
- Cependant, s’il s’agit d’aveugles ayant gardé des souvenirs visuels, aveugles par accident, par maladie, aveugles de guerre notamment, ceux-ci rapportent aux sensations tactiles
- conventionnelles — Représentation conventionnelle,
- qu’ils perçoivent en relief,
- les souvenirs vi- de* couleurs du drapeau français.
- suels qu’ils ont pu conserver. Chaque fois qu’une de ces sensations tactiles bien déterminée est perçue, l’aveugle par accident y associe des sensations visuelles autrefois connues et il conserve la mémoire des êtres et des choses qu’il
- 'Bleu
- (mailles finesJ
- Rouget
- (grosses mailles)
- Traits dencadrements noirsfmai/les extra-fines!
- Poinçon dur
- Impression
- 'Plaque élastiqi
- Fig. 1. — Principe de poinçonnage
- d’un point de L'alphabet Braille.
- +*
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- Fig. 4. — L’écriture et le calcul avec l’appareil Dussaud.
- On poinçonne la feuille de papier avec un poinçon terminé par du caoutchouc. On obtient des signes en relief. Sur la table, une réglette ajourée pour écrire en Braille, et une réglette à bande de caoutchouc.
- aima. Autrefois, avant les travaux de Valentin Hauy, les aveugles étaient considérés comme de véritables parias. On admettait qu’il était impossible de leur donner une instruction quelconque. Les écritures tactiles proposées et essayées en premier lieu, bien qu’imparfaites, ont prouvé dès leur apparition que les aveugles étaient aptes aux travaux de l’esprit. Un système plus perfectionné, proposé par Braille, a développé considérablement le système éducatif des aveugles. Aujourd’hui ces êtres, autrefois rebutés, peuvent écrire et lire aussi vite et aussi bien que nous en tirant parti de leur alphabet comme nous le faisons du nôtre, mais il n’y a aucun rapport entre notre lecture à nous et celle des aveugles par le toucher, du point de vue des sensations pures.
- L’invention de Braille, son alphabet conventionnel en
- Fig. 5. — Le Dessin géométrique avec l’appareil Dussaud. Avec un crayon, un compas à molette de caoutchouc, on effectue un tracé géométrique (biseclion de l'angle). On peut se servir de té (sous la main gauche), d’équerre, de rapporteur à encoches de
- repérage.
- points saillants, est adoptée dans le monde entier comme base de l’instruction des aveugles. Les différents signes sont, on le sait, formés par la combinaison de 1 à 6 points, groupés dans un rectangle. L’aveugle dispose ainsi de 63 signes qui lui permettent de lire des livres spéciaux écrits avec ces caractères en relief sur du papier fort.
- L’aveugle écrit lui-même au moyen d’une réglette perforée, qui coulisse sur une planchette portant des rayures parallèles à la réglette. Des fenêtres rectangulaires découpées dans la réglette facilitent l’impression en creux, sur une feuille de papier, de groupes de points pour obtenir un signe de Braille.
- On se rend eompte immédiatement de la nécessité pour l’aveugle, lorsqu’il écrit, de faire un signe symétrique de celui qu’il connaît pour la lecture, puisque l’impression en creux sur le recto de la feuille est lue en relief au verso de cette même feuille. Enfin pour écrire en Braille une page, qu’on lira de gauche à droite, comme un livre ordinaire, il faut poinçonner en creux les groupes de points de droite à gauche. Il y a là un inconvénient qui se fait surtout sentir si l’aveugle désire contrôler, au cours d’une page, ce qu’il vient d’écrire. Il est obligé, pour se relire, de retourner la feuille et, pour continuer la page, de remettre la feuille exactement à sa place.
- Il est impossible, avec les signes Braille, de faire des opérations de calcul, toujours en raison de la nécessité de lire au verso de la feuille. On a tourné la difficulté au moyen d’autres combinaisons, notamment celle des cubarithmes. Des cubes en métal portent sur chacune de leurs faces des points en relief différemment groupés et l’on aligne les cubes les uns à côté des autres, pour constituer les nombres; plusieurs nombres placés les uns au-dessous des autres permettent de faire des additions, des soustractions, etc.
- Jusqu’à présent, nous constatons que les aveugles peuvent lire, écrire et calculer, mais rien n’est mis à leur disposition pour leur permettre de dessiner. A plus forte raison, leur est-il impossible d’avoir des sensations capables de leur donner quelque idée de la peinture. Ces lacunes, qui ont existé de tout temps, ont orienté les recherches de M. Dussaud, dont le plus grand désir est d’apporter un soulagement à ceux qui ont perdu l’usage des yeux ou qui-n’ont même jamais soupçonné les bienfaits que le sens de la vue nous procure.
- L’appareil qu’il a présenté à l’Académie des Sciences a ceci de remarquable qu’il e*t d’une merveilleuse simplicité. Tout réside dans le principe, que l’on adapte aux différents cas : écriture, calcul, dessin, peinture. Ainsi l’aveugle peut recevoir une éducation intégrale, car, pour la première fois, il sera initié au dessin, à la peinture et même à la sensation de mouvement, grâce à un petit appareil complémentaire appelé cinématographe pour aveugles.
- Le but de M. Dussaud, m’a-t-il dit, a été d’ajouter ces trois techniques qui manquaient à l’aveugle à celle de Técritùre qu’il possède déjà, permettant de lui donner désormais cette culture intégrale qui fera de lui l’égal du voyant dans le domaine intellectuel et qui lui assurera une vie toujours plus haute et plus féconde.
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- Comme nous l’avons déjà dit, le nouvel appareil est simple ; sa réalisation économique est à la portée de tous. Voici comment il est conçu :
- Au lieu d’avoir une plaque unie, on se sert d’une sorte de toile métallique, tissu grossier qui présente donc au toucher un quadrillage de reliefs et de creux. Ce tissu métallique est monté dans un cadre qui lui donne de la rigidité.
- Appliquons une feuille mince de papier sur la toile métallique et exerçons une pression avec un poinçon terminé par un petit morceau de caoutchouc souple. Le papier épouse les formes du quadrillage et quand le poinçon se relève, son emplacement est marqué par le gaufrage du papier, reproduisant le quadrillage de la planchette. Au toucher un aveugle perçoit nettement cet emplacement gaufré, sans être obligé de retourner la feuille.
- On comprend immédiatement qu’il devient possible de tracer des signes Braille directement, comme ceux de l’alphabet de lecture, de relire immédiatement au toucher ce qu’on vient d’écrire. Rien n’empêche d’ailleurs l’aveugle de tracer d’autres caractères que ceux de l’alphabet Braille; par conséquent, il peut avoir une écriture personnelle, signer véritablement son nom, correspondre avec une personne ignorant l’alphabet Braille.
- Le calcul se fait exactement comme par les voyants, puisqu’on lit immédiatement au toucher les chiffres inscrits disposés dans l’ordre voulu, étagés de manière convenable. C’est donc là un très grand progrès sur l’ancienne méthode qui imprime en creux sur le papier.
- Voyons maintenant pour le dessin : servons-nous d’unè molette en caoutchouc, à l’extrémité d’une sorte de tire-ligne. Nous pouvons dès lors tracer des lignes en relief. Nous utiliserons des règles, un té, des équerres et nous exécuterons des dessins géométriques. Le compas, au lieu d’un crayon, portera une petite roulette de caoutchouc, et nous marquerons au préalable le centre du cercle par un petit poinçonnage au caoutchouc.
- Nous sommes donc à même de faire des tracés géométriques en relief, de connaître au toucher les figures qui correspondent aux théorèmes et même d’en établir de nouvelles. L’aveugle ainsi instruit pourra lire avec fruit des ouvrages mathématiques, où les figures seront obtenues en relief par la pression d’un cliché au trait sur la feuille de papier, avec interposition d’une feuille souple de caoutchouc ; le papier sera gaufré tout le long des traits du cliché.
- S’agit-il de dessin d'art? Il faut donner à l’aveugle une éducation artistique par l’interprétation des sensations tactiles. En se servant de pochoirs et du crayon à roulette de caoutchouc, l’aveugle dessinera des figures connues et se rendra compte, par le toucher, des formes qu’elles peuvent avoir. Il est possible qu’il arrive alors à composer lui-même certaines formes et à dessiner véritablement.
- Le profil d’un visage, par exemple, pourra être reporté sur la feuille en relief, en prenant un gabarit de ce profil au moyen d’un fil de plomb analogue à ceux dont on se sert pour les coupe-circuit électriques. Le fil étant suffisamment rigide, la forme relevée se conserve et enappli-
- Fig. 6. — Le Dessin d'Ari et la Peinture.
- Avec un pochoir (déformé par la perspective) on trace le profil des formes. A gauche, le gabarit d’un profil au plomb fusible (déformé comme le précédent). A droite, les diverses toiles de grosseurs de mailles différentes pour interpréter les couleurs. Devant, la bobine de fil fusible pour prendre les gabarits.
- quant ce gabarit sur la feuille de papier, puis en faisant pression, toujours par l’intermédiaire d’une feuille de caoutchouc, le profil est marqué en relief. L’aveugle, par le toucher, peut s’en rendre compte, comparant ensuite l’impression tactile reçue avec la 'physionomie qu’il explore également par le toucher.
- L’application la plus curieuse de l’appareil est certainement celle que M. Dussaud a prévue pour donner aux aveugles la notion de la peinture. On se sert de cinq couleurs fondamentales : violet, bleu, vert, jaune et rouge. Le voyant distingue ces couleurs grâce aux différences de longueur d’onde, ce qui a donné l’idée d’assigner à chacune d’elles une planchette ayant une grosseur de
- Fig. 7 — La notion du mouvement.
- Un disque en papier porte des figurines en relief. Le socle de bois sur lequel il est monté est muni de dents pour commander les mouvements divers avec deux doigts de la main gauche, tandis que l’index de la main droite explore la figurine par le toucher. Sur la table, un disque ajouré en métal pour produire en relief les figurines sur les disques en papier.
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- maille déterminée. La maille la plus fine correspond au violet, la maille la plus grosse au rouge.
- On peut ainsi, en changeant chaque fois la plaque à mailles métalliques, former, sur une partie d’un dessin, un gaufrage correspondant à la teinte choisie, réaliser ainsi l’interprétation en teintes plates, par gaufrage du papier, d’un dessin en couleurs.
- Les traits d’encadrement qui, pratiquement, seraient noirs sont caractérisés par une maille encore plus fine que celle qui correspond à la teinte violette. Le passage des teintes se fait au moyen d’une sorte de pinceau en caoutchouc, qui permet de traiter rapidement les surfaces.
- Au toucher, l’aveugle appréciera les différentes grosseurs de maille. Il n’aura pas évidemment les mêmes sensations que nous, lorsque nous examinons une image en couleurs. Il n’aura que des sensations de substitution, qui nécessitent évidemment pour lui une certaine éducation, pouvant arriver finalement au niveau de la nôtre, faite par des moyens différents, pour apprécier la beauté d’un tableau.
- Il est permis de penser que l’aveugle exercé au dessin, à Incompréhension des couleurs et à leur harmonie, qui pour lui sera certainement conventionnelle et calquée sur celle que nous goûtons, peut devenir un sujet parfaitement doué de sens artistique. Son éducation étant faite par l’étude des œuvres de maîtres, transcrites sur du papier gaufré avec des grosseurs de mailles correspondantes, peut le mettre à même de composer à son tour, en donnant libre cours à son imagination.
- Il faut aussi faire connaître à l’aveugle la notion du mouvement.
- C’est pour cela que M. Dussaud a imaginé le cinéma pour aveugles que nous avons cité plus haut.
- C’est un disque qui porte en relief des figurines ou des signes, suffisamment réduits de façon que la dernière phalange de l’index droit puisse percevoir chacun dans son ensemble. Une fenêtre mobile, sur laquelle on agit avec le pouce et l’index de la main gauche, fait tourner le disque dansun sens ou dans l’autre pouramener la figure choisie au contact de la main droite.
- On peut ainsi faire défiler plusieurs figures, donnant l’impression du mouvement d’un être, un peu comme les images d’un kaléidoscope qui passent devant les yeux d’un enfant.
- L’aveugle perçoit les différences entre les figurines qui se succèdent, les variations qui se produisent et il interprète ainsi, par exemple, comme on représente la main qui s’ouvre ou se ferme, l’homme qui marche, l’oiseau qui vole, etc. Cette notion du mouvement donnée par ce petit appareil complète ainsi l’éducation artistique, désormais possible pour l’aveugle.
- Il n’est pas besoin de dire que l’invention dont nous venons de parler n’a fait l’objet d’aucun brevet. M. Dussaud n’a pas voulu en tirer parti, car il désire uniquement que ce premier aboutissement de ses longs travaux contribue à améliorer encore davantage les conditions d’existence de tous les aveugles du monde.
- E.-H. Weiss.
- = UN NOUVEL ULTRAMICROSCOPE =
- CHAMP MAGNÉTIQUE ET MOUVEMENT BROWNIEN
- Ce n’est qu’en mettant en œuvre de très puissantes sources de lumière qu’on est parvenu à éclairer suffisamment les dispositifs d’ultramicroscope actuellement encore en usage. On y utilise souvent comme éclairage soit l’arc électrique, soit tout au moins des lampes à incandescence intensives.
- Les dispositifs préconisés comme ultramicroscopes encombrent beaucoup la platine du microscope tout au moins en largeur et surface, souvent même en profondeur. Ils réclament de très puissants éclairements. Le matériel expérimental mis à la disposition des chercheurs par les constructeurs (miroirs paraboloïdes concentrant les faisceaux d’éclairement sous incidence rasante, bloc de verre accolé à la dernière lentille du condensateur Abbe, etc..,).ne laissent ni de rester encombrants, ni de nécessiter dé.;puissants éclairements.
- Cependant les^procédés d’observation microscopiques sur fond noir parûnterposition d’écran circulaire éliminant la partie centrale du faisceau ne souffrent que des grossissements plutôt moyens, rarement poussés. Les dispositifs ultramicroscopiques actuels ne permettent pas d’atteindre les très forts grossissements.
- Nous avons cherché en collaboration avec M. de Bony de Lavergne, et nous sommes parvenus à réaliser un dispositif d’ultramicroscope qui permet : 1° d’atteindre de très forts grossissements et d’utiliser couramment l’immersion ; 2° l’examen ultramicroscopique de volumes très restreints suivant les trois dimensions, de l’ordre de quelques millimètres cubes seulement.
- Ainsi, alors que les ultramicroscopes que l’on peut se procurer chez les divers constructeurs présentent un encombrement de plusieurs centimètres cubes : (6 cm x 6 cmXO cm 8 épaisseur : 29 cm3 Nachet, Jouan; 5 cmX 5 cm x 1,2 cm = 30 cm5,. Stiassnie ; 3 cm X 3 cm X 2 cm = 18 cm3, Reichert), les dispositifs dont nous avons à l’heure actuelle construit plusieurs exemplaires, au nombre de sept, utilisent comme réfringent des volumes dont les trois dimensions varient entre 2 et 5 millimètres, correspondant à des encombrements qui n’atteignent pas un dixième de centimètre cube et dont certains sont réduits à quarante millimètres cubes, soit au vingt-cinquième d’un centimètre cube.
- Cependant ces ultramicroscopes, dont les plus petits modèles peuvent se loger dans une fente de 2 millimètres 5
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- seulement, n’en permettent pas moins l’observation des mouvements browniens des particules les plus fines, cela par un éclairage qu’une très petite lampe à incandescence, de quelques volts, assure convenablement.
- PRINCIPE DU NOUVEL ULTRAMICROSCOPE
- Le principe à la base de la réalisation de ces nouveaux ultramicroscopes procède d’une étude, que nous avons incidemment faite, des jeux de la lumière dans une sphère de spath de grand diamètre (l) (5 cm) et qui nous amena à étudier les conditions d’émergence d’un faisceau parallèle de lumière envoyé sur une sphère transparente.
- Suivons un faisceau lumineux ainsi projeté sur uue sphère transparente dans la direction même de son diamètre : le faisceau cylindrique aborde la sphère, y pénètre. Par suite de la réfraction qui rapproche les génératrices parallèles du faisceau cylindrique incident (fig. 1), ce faisceau traverse la sphère sous la forme d’un faisceau conique convergent, lequel vient éclairer une calotte de la sphère de rayon de base moindre que celui de la section droite de ce cylindre incident. Un calcul simple montre que le maximum du rayon de base de cette calotte sphérique ainsi éclairée ne dépend que de l’indice du
- 1. Bulletin de la Société Française de Physique, 20 mars 1925, et Journal de Physique 1925, p. 259.
- Fie;. 2. — Quatre tubes à essais contenant, de droite à gauche, de l'eau, du sulfure de carbone, delà bromonaphtalme et une couche d’eau surnageant la bromonaphtaline, éclairés de loin par une source punctiforme {lampe demi-watt), présentent des plages rectangulaires éclairées, d’autant plus larges que l’indice du liquide est moindre. Pour une augmentation de l’indice de 1,33 {eau) à 1,61 (bromonaphtaline) le rétrécissement est de l’ordre de h à 1.
- cylindriqUe
- Fig. 1. — La sphère transparente transforme le faisceau cylindrique de lumière qu’elle reçoit en un faisceau conique qui éclaire la surface de la sphère suivant une plage lumineuse formant une calotte sphérique de rayon y.
- corps transparent constituant la sphère et qu’il se produit lorsque l’incidence est telle que
- Si l’on applique ce résultat à divers corps transparents : l’eau (n = 4/3), le sulfure de carbone (n = l,62), la bromonaphtaline (n = l,67), le diamant [n = 2), on trouve que, pour l’eau, la plage lumineuse maximum est une calotte ayant le tiers du diamètre de la sphère comme diamètre; pour la bromonaphtaline, ce diamètre se réduit au dixième du diamètre de la sphère; pour le diamant elle se réduit à un point.
- Sans avoir à se procurer de sphères, on peut très aisément et par une expérience des plus simples vérifier ces résultats. En effet, des cylindres transparents, qu’on éclaire par une source lumineuse de dimensions réduites (lampe 1/2 watt) et éloignée, montrent des plages limitées par des génératrices parallèles qui ont ces proportions et vérifient ces résultats. L’observation est rendue très facile en prenant des tubes à essai qu’on remplit des liquides à observer (eau, sulfure de carbone, bromonaphtaline); la plage lumineuse est plus nettement observable si l’on a pris soin de coller dans le sens des génératrices du tube à essai une petite bande de papier pelure qui sert d’écran sur lequel se forme et se délimite la plage lumineuse en question (s).
- La figure 2 représente 4 tubes à essais dans lesquels on a placé, de droite à gauche : de l’eau, du sulfure de carbone, de la bromonaphtaline, le 4e contient au fond de la bromonaphtaline et au-dessus de l’eau. Ces 4 tubes éclairés 'par une source punctiforme éloignée (lampe demi-watt) montrent les plages éclairées, à bords paral-
- 1. On a, en effet, y étant le rayon de la calotte, R, le rayon de la sphère : y = R sia (2 r — i) car : i -f- a = 2 r, avec sin i — n sin r. Le maximum de y se produit avec le maximum de sin (2 r — i), lequel correspond au maximum de 2 r — i. On trouve :
- 2. On peut baser sur cette observation, puisque la largeur de la plage est fonction de l’indice, un moyen de mesurer rapidement et avec une certaine précision l’indice de réfraction, en particulier de liquides dont on ne possède qu’un volume très restreint. Un tel réfractomètre serait des plus simples.
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- lèles aux génératrices des tubes, d’autant plus étroites que l’indice du liquide éclairé est plus élevé. On voit sur ces figures même qu’en passant de l’eau (n —1,33 à la bromonaphtaline (n — 1,67), la plage se rétrécit de 3 millimètres 5 de large à moins de 1 millimètre. Pour une
- l j$rj 'p 33
- variation relative de l’indice de —----—> soit d’en-
- 1,67
- viron les 0,2 de la grandeur à mesurer, l’amplitude du phénomène mesuré varie de près de 1 à 4.
- Il est à remarquer que le faisceau lumineux qui, en convergeant, vient former, sur la surface de la sphère ou du cylindre opposée à l’entrée delà lumière dans le corps transparent, la plage lumineuse observée, sort du corps transparent suivant un faisceau conique divergent. En particulier les rayons émergeant de la sphère, sur les bords mêmes de la plage lumineuse, forment un cône de très grande ouverture.
- Partant de ce principe expérimental, nous avons construit des ultramicroscopes constitués par une sphère de verre dont le diamètre mesure à peine 2 millimètres, que nous éclairons par un faisceau parallèle à un diamètre et dont un écran circulaire opaque E (fig 3) élimine la partie centrale.
- Les rayons émergeant de la sphère dans ces conditions forment un cône de très grande ouverture qui éclaire très vivement les objets placés dans un plan parallèle et voisin du plan tangent au point d’impact P.
- Ces rayons n’entreront pas dans l’objectif d’un microscope même très rapproché de P.
- L’ensemble du dispositif d’ultramicroscope fixé dans une lamelle de laiton assurant la fixité de l’écran par rapport à la sphère ne dépasse pas en longueur et épaisseur cinq millimètres et peut être réduit à 2 millim 5 en largeur, ce qui permet de l’introduire dans une fente de cette dimension réduite.
- Un artifice de construction nous a d’ailleurs permis de rendre autoréglable et très précise la disposition de l’écran par rapport à la sphère.
- L'ÉTUDE DES MOUVEMENTS BROWNIENS
- Ces ultramicroscopes nous ont permis l’observation de mouvements browniens de particules les plus ténues : particules émulsionnées de bromonaphtaline, mercure colloïdal, etc....
- Grâce à ce nouveau dispositif expérimental nous avons pu soumettre le mouvement brownien à l’effet d’un champ magnétique très intense et reconnaître que dans certaines conditions le champ magnétique influence le mouvement brownien.
- Ayant placé entre les mâchoires d’un puissant électro-
- aimant un de nos dispositifs ultramicroscopiques, lequel permet de rapprocher les pôles magnétiques à 1,5 millimètre l’un de l’autre, nous avons observé que le développement d’un champ magnétique très intense n’avait aucune action sur le mouvement brownien d’une émulsion disposée sur l’ultramicroscope. Des émulsions de gomme-gutte, de bleu de prusse, d’hydrate d’oxyde de fer, de jaune de chrome, de rouge de venise, de vermillon, présentant toutes, très nettement, le mouvement brownien, ne paraissent nullement influencées par l’établissement du champ. Les substances émulsionnées sont des couleurs d’aquarelles.
- Il est indispensable de bloquer très exactement la lame de laiton fixant la petite sphère de verre de l’ullra-microscope entre les pièces polaires de l’électro-aimant. Cette lame de laiton, de 2,5 millimètres de largeur seulement, porte de part et d’autre de la sphère de verre et à un niveau légèrement supérieur deux coins de fer, brasés au laiton, le tout soigneusement aplani. Ce sont
- ces coins de fer destinés à concentrer le champ magnétique que les pièces polaires de l’électro-aimant compriment. On s’assure que le tout reste indéformable lors de l’établissement du champ. Pour cela, en l’absence de toute émulsion, on met au point la surface de la sphère de verre. L’établissement du champ ne doit en rien troubler cette mise au point. C’est alors que les émulsions sont examinées à l’ultramicroscope.
- Dans ces conditions la présence fortuite dans le champ à fond noir ultrami-croscopique d’une particule (que nous reconnûmes ultérieurement être une très fine limaille de fer) nous permît, en décembre 1924, d’observer que l’établissement du champ magnétique déterminait la précipitation des grains d’une émulsion de bleu de prusse, grains animés du mouvement brownien, sur la particule de fer, laquelle se maintenait dans le champ magnétique, probablement par suite de ses très faibles dimensions (la plus grande de ces dimensions, mesurée au micromètre, s’élevait à 0,01 millimètre au plus).
- Pour répéter cette observation très nette nous avons dû chercher un dispositif expérimental qui nous permît : 1° de placer assez commodément dans le champ ultrami-croscopique une limaille assez fine et qui y demeurât sans déplacement lors de l’établissement d’un champ magnétique intense; 2° de disposer sur cette limaille l’émulsion à examiner dont les grains soient animés du mouvëment brownien.
- A la suite de nombreux insuccès le modus expérimental qui nous a paru le plus certain est le suivant : la
- Fig. 3' — Principe de l’ultramicroscope.
- Un écran opaque ne laisse traverser que les rayons marginaux extrêmes qui sortent de la sphère suivant les génératrices d’un :ône de très grande ouverture, rayons qui éclairent vivement les objets placés dans un plan parallèle voisin du plan tangent au point d’impact P. Ces rayons n’entreront pas dans l’objectif d’un microscope même très rapproché de P.
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- lame de laiton de 2 millimètres de largeur portant les coins de fer qui y sont brasés est très légèrement creusée d’une petite gouttière dans le sens perpendiculaire aux lignes de force du champ magnétique, gouttière de profil rectangulaire et qui n’a pas plus de deux dixièmes de millimètre de profondeur. La sphère de l’ultra affleure cette gouttière, laquelle sert à guider de très minces bandes de mica ou de verre découpées à la machine à diviser dans de très minces lames de couvre-objet. La lame de mica reçoit vers une extrémité la particule de fer a, laquelle est choisie parmi les plus petites de celles restées adhérentes aux extrémités d’un petit aimant permanent trempé dans de la fine limaille, puis violemment choqué. On fixe cette lame de mica sur la calotte sphérique de l’ultramicroscope au moyen d’une très petite gouttelette d’eau, la particule a vers le haut. On vise et met au point cette particule de fer, puis, relevant le corps du microscope, on dépose une gouttelette d’émulsion de bleu de prusse par exemple sur une petite lamelle de verre (1 mm 5x6 mm) qu’on retourne et dont on coiffe a. On met au point. On constate le mouvement brownien. L’établissement du champ magnétique détermine une migration très active des particules animées du mouvement brownien vers a, ces particules se déplaçant d’autant plus vite qu’elles sont plus grosses. Cette migration dégarnit bientôt de grains de bleu de prusse toute la zone autour de la particule de fer. Si l’on supprime le champ magnétique cette zone se repeuple de grains animés de mouvements browniens. Un nouvel établissement du champ produit une nouvelle raréfaction.
- Nous avons constaté que les émulsions de bleu de prusse, d’hydrate d’oxyde de fer, de jaune de chrome, de rouge de Venise présentent, en face d’une particule de fer, les mêmes phénomènes de migration vers la particule a.
- Par contre, les émulsions de gomme-gutte, de vermillon; à grains agités de mouvements browniensre, stent insensibles à l’action d’une particule de fer maintenue dans le champ magnétique, que ce champ magnétique soit ou non établi.
- Des particules de nickel, de cobalt, de chrome se comportent de même que celle de fer.
- L’agitation brownienne paraît plus active en l’absence du champ magnétique que sous l’influence du champ.
- On peut simplifier un peu le mode expérimental en construisant un ultramicroscope dont la sphère de verre
- .......-... -..... ............... = *59 ===
- soit scellée à la lame de laiton qui la supporte. On supprime alors la lamelle de mica et ayant fixé la particule a de métal magnétique (Fe, Ni, Gr ou Go) à l'extrémité d’une étroite lamelle de verre, on y dépose, sur a même, une gouttelette d’émulsion, on retourne le tout et on applique sur la sphère de verre le liquide en contact avec la sphère.
- On peut encore déposer la parlicule a sur la sphère, y ajouter une goutte d’émulsion et observer par immersion.
- Au cours de ces expériences nous avons observé un autre mode d’action du champ magnétique sur le mouvement brownien.
- Si l’on mélange une solution d’acide chromique au 1/100 et une solution de sulfate de fer au 1/100 dans la proportion de une partie de la première pour un quart de la seconde, on constate qu’au bout de quelques minutes ce mélange se trouble.
- Examiné à l’ultramicroscope, ce mélange montre bientôt la formation de grains qui sont aussitôt animés de mouvements browniens. Ces mouvements persistent pendant environ 20 minutes. Peu à peu les grains s’agglomèrent en chapelet continuant à présenter le mouvement brownien, puis, lorsque les chapelets sont assez grossis ils tombent au fond de la préparation et se collent à la lamelle inférieure ne présentant plus de mouvements browniens.
- Si l’on répète la même expérience et qu’en plus on fasse agir le champ magnétique, on constate que le champ magnétique active l’agglomération des grains et leur précipitation sur la lamelle inférieure. Une partie du mélange soustraite à l’action du champ magnétique montre encore l’existence de mouvements browniens dont les grains ou les chapelets de grains restent animés alors que la partie du même mélange qui a été soumise à un champ magnétique ne présente plus aucun mouvement brownien.
- Notons en terminant qu’un autre intérêt de notre ultramicroscope est de rendre très facile l’observation ultra-microscopique en lumière polarisée. Les niçois des microscopes polarisants usuels ont une trop petite section pour permettre l’emploi des systèmes classiques à paraboloïdes. Notre ultramicroscope, même le modèle employant une sphère de plusieurs millimètres (5 à 6) de diamètre, permet très commodément l’observation avec des niçois. Albert Turpain,
- Professeur à l’Université de Poitiers.
- E CHAMPIGNONS COMESTIBLES E ET CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX
- Et, tout d’abord, convenons que ce titre est assez mal choisi ; il peut faire croire, en effet, que les champignons se classent en deux grandes catégories bien distinctes et bien tranchées, l’une composée d’excellents comestibles, l’autre constituée par des espèces mortelles. IL n’en est rien.
- C’est une chose que l’on ignore trop : l’ensemble des
- espèces croissant en France (plusieurs milliers) se divise non pas en deux groupes, mais en cinq ou six pour le moins, selon leur degré de, nocivité. Et encore, ces groupes ne sont-ils pas toujours bien délimités. Il serait plus exact de dire que les champignons se répartissent suivant unegamme allant des espèces les plus inoffensives : Agaricus campester
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- (champignon de couche), jusqu’aux plus redoutables : Amanita phalloïdes, en passant par un grand nombre d’autres de toxicité intermédiaire.
- Faisons encore remarquer que, s’il est des champignons plus ou moins vénéneux, ce n’est pas seulement parce qu’ils contiennent plus ou moins de poison. C’est aussi, c’est surtout parce qu’ils contiennent des poisons différents. Il n’y a pas, en effet, un poison fungique et un seul. Il y en a plusieurs; on eu connaît à peu près une douzaine, de types chimiques probablement assez variés, mais nous ne possédons encore que des données assez incertaines sur leur constitution moléculaire.
- Bien qu’il soit toujours arbitraire, surtout en Histoire naturelle, de pratiquer des sectionnements trop nets, on peut, pour la clarté de la compréhension, diviser les champignons en six groupes. Nous allons les envisager successivement en les classant par ordre de comestibilité décroissante.
- Premier groupe. — Champignons comestibles, absolument inoffensifs. Nous faisons rentrer dans ce groupe aussi bien les espèces savoureuses : Agaricus campe ster déjà cité, Amanita caesarea (Oronge impériale), que les espèces sans grand mérite culinaire : Tricholoma terreum, ou même franchement désagréables : Volvaria gloiocephala. Notre point de vue est toxicologique, non gastronomique. Disons à propos de ce premier groupe, à propos des champignons comestibles, que s’ils constituent un aliment assez nourrissant, ils n’en sont pas moins de digestion difficile. Les estomacs susceptibles feront mieux de s’en abstenir. On cite même des cas de complète intolérance gastrique envers les champignons comme on en cite envers les œufs, le lait, le poisson, etc. Personnellement, nous avons été à deux reprises assez sérieusement incommodé (jusqu’aux spasmes gastriques, à l’élévation de température passagère, mais considérable et au léger délire) par l’ingestion d’une faible quantité de champignons parfaitement comestibles (A. cam-pester, Paxillus involutus, Rhodopaxillus nudus et Lactarius deliciosus). Dans des cas semblables, c’est l'individu et non les champignons qu’il convient d’incriminer.
- Deuxième groupe. — Champignons contenant des principes hémolytiques. Le principal représentant de ce groupe est Gyromitra esculenta, sorte de morille qui, bien cuite, semble tout à fait inoffensive, mais qui, crue, occasionne des accidents parfois mortels. On attribue cette toxicité qui, quoi qu’on en ait dit, paraît assez inconstante, à la présence d’acide helvellique qui, thermolabile, serait détruit par l’ébullition et n’existerait que dans les sujets non ou insuffisamment cuits. C’est en Autriche que cette espèce a produit le plus d’empoisonnements sans qu’on sache bien si cette plus grande fréquence est due à une consommation plus abondante, à un mode de cuisson différent ou même à la nature du sol. Cette dernière hypothèse nous paraît la moins probable de toutes.
- Troisième groupe. — Champignons non véritablement vénéneux, mais contenant un principe irritant. Tous les Lactaires et Russules à chair poivrée rentrent dans cette catégorie qu’ils constituent presque à eux seuls. On ne saurait mieux faire comprendre l’action de ces espèces sur l’organisme qu’en la comparant au résultat que pourrait produire l’ingestion de cinq ou six grandes cuillerées de moutarde fortement épicée. On voit qu’il ne s’agit pas dans ce cas de toxicité à proprement parler.
- Quatrième groupe. — Champignons déjà plus dangereux, mais non encore mortels ou mortels de façon tout à fait exceptionnelle. Le plus commun des champignons rentrant dans ce groupe est Entaloma Vwidum, que sa bonne odeur de farine, loin d’être repoussante, fait souvent
- prendre pour une espèce comestible par ceux, trop nombreux, qui croient pouvoir déduire la comestibilité d'un champignon de son odeur ou de sa saveur, alors qu’il n’y a aucune relation entre ces propriétés organoleptiques et l’innocuité des espèces qui les présentent.
- Cinquième groupe. — Champignons produisant l’empoisonnement pseudo-muscarinien et l’empoisonnement mus-carinien vrai. Ici, il faut débrouiller une confusion de langage. Il existe un champignon très commun et bien reconnaissable à son chapeau rouge éclatant constellé de plaques blanches : Amanita muscaria (Amanite muscarine, fausse Oronge) dont la toxicité avait été attribuée à un principe aussitôt baptisé muscarine, du nom de l’espèce qui le renferme. Mais voici qu’une technique chimio-toxicologique mieux appropriée permit de découvrir dans A. muscaria un deuxième corps toxique, voisin de l’atropine, dont le rôle, dans les empoisonnements causés par cette espèce, est assurément plus important que celui de la muscarine. Mieux encore : il est précisément d’une nature opposée à celle de de la muscarine et l’on pourrait presque dire à la rigueur, que l’un et l’autre tendraient à se neutraliser. Cet heureux antagonisme ne suffit d’ailleurs pas à rendre cette espèce comestible, car la myco-atropine qu’elle contient excède considérablement la muscarine qu’elle renferme et n’est que très partiellement contre-balancée par elle.
- Donc, les empoisonnements causés par A. muscaria sont dus à la myco-atropine et non à la muscarine. Donc, encore, et un peu paradoxalement, les empoisonnements que provoque cette espèce peuvent être qualifiés de « muscariens » (dus à A. muscaria), mais non « muscariniens », ce qui signifierait : dus à la muscarine. Or on a vu qu’il n’en est rien.
- Donc, enfin, en cas d’intoxication, faire ce que l’on faisait avant de savoir que le corps responsable était la myco-atropine et non la muscarine, c’est-à-dire administrer de l’atropine sous prétexte qu’elle est un peu un contre-poison de la muscarine, c’est aggraver le mal, c’est pratiquer une contre-thérapeutique, c’est renforcer l’action du poison au lieu de l’affaiblir et c’est proprement vouloir guérir par la bastonnade quelqu’un qui a reçu les verges.
- Mais, si les empoisonnements produits par A. muscaria ne sont pas dus à la muscarine, il n’en est pas moins vrai qu’il existe tout un groupe d’espèces qui elles, sans contredit, doivent leur toxicité à ce principe. Citons seulement certains Inocybes dont l’ingestion est assez dangereuse et parfois même mortelle.
- Ce cinquième groupe renferme donc des espèces déjà très redoutables, le sixième et dernier contient les espèces toujours mortelles.
- Sixième groupe. — Champignons mortels à syndrome phalloïdien. Ce groupe ne comprend que deux espèces, trois tout au plus. Ce sont Amanita phalloïdes au premier chef, au tout premier chef. Cette espèce cause au moins 95 pour 100 des empoisonnements mortels. Puis A. virosa, aussi dangereuse, mais trop rare pour être coupable d’un nombre important de décès. Enfin, A. verna que certains auteurs considèrent comme existant de façon très distincte, alors que d’autres la considèrent comme un simple cas d’albinisme d'A. phalloïdes. Nous penchons pour ce dernier point de vue, sans pouvoir toutefois être complètement affirmatif.
- Là encore il y a une terminologie à préciser. Robert, analysant jadis A. phalloïdes, y trouva un corps toxique auquel il donna le nom de phalline ; or ce nom doit disparaître, car, depuis ces premières expériences, des analyses plus poussées, effectuées par Abel et Ford, montrèrent quL4. phalloïdes contenait non pas un poison, mais au moins deux que Robert avait probablement étiquetés collectivement
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- sous le nom de phalline et qu’Abel et Ford dénommèrent l’un amanita-hémolysinei l’autre amanita-toxine.
- Ces deux corps jouent, ainsi qu’on va le voir, un rôle bien différent dans les intoxications. L’amanita-hémolysine est évidemment très dangereuse puisqu’elle détruit vigoureusement les globules rouges du sang, mais elle ne les détruit qu’à la double condition : 1° de n’avoir pas été portée, préalablement, à la température d’ébullition, car, tout comme l’acide helvellique, elle est instable aux températures élevées; 2° d’être injectée directement par voie sous-cutanée et non ingérée per os, car les sucs gastriques la modifient et la rendent inerte. Ce corps, pour exercer son action hémo-îysante, doit donc être absorbé cru et par voie parentérale, deux conditions qui ne sont pas réalisées dans la pratique et font que son action toxique est vraisemblablement nulle.
- Reste l’amanita-toxine. Ce corps étant doublement stable : thermo-stabile et gastro-stabile, est celui auquel doivent être attribuées la terrible toxicité à' Amanita phalloïdes et la létha-lité des empoisonnements qu’elle provoque. Son action est d’autant plus meurtrière qu’elle est tardive et ne commence à se manifester que bien des heures après l’ingestion, alors que les aliments ont déjà subi la digestion gastrique et sont très engagés dans l’intestin grêle.
- On argumente encore sur le mode d’action de l’amanita-toxine. On a parlé de dégénérescence cellulaire, mais il est probable que, dans quelques années, nous serons plus exactement renseignés sur ce point.
- Et maintenant que nous avons passé en revue les divers types de myco-intoxications, il nous reste à mentionner une dernière et bien singulière façon de s’empoisonner. Nous voulons parler des empoisonnements produits par l’action conjuguée de deux aliments qui, consommés séparément, sont d’une innocuité incontestable. C’est ainsi que certains Coprins très comestibles déclenchent des troubles sans gravité, mais bien nets si au cours du repas où on les a absorbés, on a fait usage de vin de table ordinaire. Pour avoir des détails sur
- .-....................= \6\ =
- ces curieux phénomènes, on peut se reporter aux communications de Chifflot et Pouchet.
- En résumé, on voit que le problème de la toxicité des champignons est plus complexe qu’on ne le croirait au premier abord, étant donné la diversité des poisons qu’ils contiennent.
- Il nous reste, pour terminer, et pour répondre par avance à une question que nos lecteurs n’ont pas dû manquer de se formuler, à les mettre en garde contre une croyance dangereuse. Existe-t-il un moyen de reconnaître à première vue, si un champignon est comestible ou vénéneux? Il n’en existe aucun. Les pierres de touche classiques sont toutes fausses. Chaque année, de stupides préjugés (préjugé * de la limace », préjugé « de la pièce d’argent », préjugé « de la bague », préjugé « de la couleur de la chair à la cassure », etc.) sont la cause directe d’un bon nombre d’empoisonnements mortels.
- Pour savoir si un champignon est toxique ou non, il n’existe absolument qu’un seul moyen : l’identifier en se servant d’une flore mycologique et préalablement avoir appris à se servir de ladite flore en s’affiliant aux Sociétés d’Histoire naturelle qui, dans beaucoup de régions, ont organisé la diffusion des connaissances mycologiques. C’est à ces groupements, c’est aux mycologues experts qui les dirigent qu’il convient de s’adresser et non aux ramasseurs de champignons « qui en ramassent depuis quinze ans et ne se sont jamais empoisonnés ».
- Malheureusement et bien que l’avertissement ci-dessus soit clamé et proclamé inlassablement, bien qu’il soit imprimé et répété à tout propos par la Société mycologique de France et par les sociétés provinciales d’Histoire naturelle, les préjugés qu’il vise sont si tenaces, si enracinés, si incroyablement persistants qu’ils continuent à sévir en dépit des démentis parfois tragiques qu’ils ne cessent de recevoir.
- C’est pourquoi, en terminant, nous avons tenu à insister, nous aussi, sur ce point : delenda Carthago.
- M. Josserand.
- LA CONSTRUCTION D’UN PHARE EN PLEINE MER
- LE PHARE DE MEN-TENSEL
- LE PHARE DE MEN-TENSEL
- Si l’on regarde une carte marine à grande échelle, on voit que le passage de Fromweur, entre l’Ile d’Ouessant et l’archipel comportant divers îles et îlots, dont l’île Molène, peut abréger le voyage des navires entrant dans la Manche. Les courants sont violents, mais le chenal large et profond, est préférable, lors des tempêtes, à la grosse mer, au nord d’Ouessant.
- Sur une carte plus détaillée, on s’aperçoit que ce chenal (comme toutes les passes de la région) est bordé d’écueils, de « cailloux », comme disent les marins, singuliers et énormes obstacles de chaussées monstrueuses comme celle, longue d’un demi-mille marin, qui déborde, dans l’ouest, le gros rocher Loédoc.
- A l’extrémité de cette chaussée aux pierres géantes, se trouve l’écueil de Men-Tensel (pierre hargneuse,) sur lequel la Commission des Phares décida d’établir un phare important avec un puissant signal sonore.
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- Les travaux durèrent dix ans.
- Douze ans maintenant se sont écoulés depuis leur achèvement et l’on peut être ( sûr de la solidité d’un ouvrage bâti dans (des circonstances exceptionnellement difficiles. Nous allons donc suivre les opérations de l’Ingénieur Croûton, qui eut, à partir de 1910, la direction effective de ces travaux, auxquelsle Service des Phares (*) donnait l’impulsion et qu’il visitait régulièrement (nous
- 1. Sous la direction de M. Ch. Ribière, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, M. G. de Joly, Ingénieur en chef, avait dressé les projets, d’accord avec Mme Jules Lebaudy, donatrice, et l’Amiral Gervais. MM. Pigeaud et Le Roux, Ingénieurs en chef; Monti-gny, Ingénieur ordinaire ; Le Corvaisier, sous-ingénieur (de 1907 à 1909) ; Croûton, conducteur (de 1910 à 1916) furent chargés de la construction de la tour. M. G. de Joly et ses collaborateurs MM. Meurs et Ciolina furent chargés avec les constructeurs Barbier, Bénard et Turenne et la Société des Établissements Henri Lepaute, de la construction des machines et appareils.
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- Les Pierres Verres m (Basse occidentale)
- Fig. î. — Situation de la roche de Men-Tensel sur laquelle a été bâti le phare de Kéréon.
- avons yu plusieurs fois le phare en construction au cours des années 1910-1913). Nous allons mettre en lumière les incidents notables pour en tirer quelques conclusions utiles à la technique des Travaux Maritimes. Nulle part, on ne trouvera une mer plus dure ; ainsi les moyens employés à Men-Tensel se [trouvent applicables à nombre d'entreprises moins hasardeuses,
- ÉTUDES
- En 1906, M. Le Corvaisier reconnut deux têtes à l’écueil ; celle de l’est, seule, pouvait servir à l’assiette d’une tour de 12 à 13 m de diamètre (fig. 2).
- Cette roche principale était divisée en deux par une fente étroite N.-S. de 2 mètres de profondeur environ (fig. 1 et 2).
- Une série (fig. 2) de sondages permit de tracer une carte des [alentours, tandis que la topographie de la roche était exactement relevée.
- Cette dernière opération n'était pas sans risque.
- M. Le Corvaisier, sous-ingénieur des Ponts et Chaussées (qui dirigea les études sur place et les travaux jusqu’en 1909), était surja roche avec quelques aides-opérateurs par une très belle journée, la mer était parfaitement calme.
- Une dépression barométrique soudaine fut accompagnée du soulèvement d’une onde marine de quelques mètres qui, ne formant qu’un large pli à peine visible au loin, arriva sur le groupe. Tout fut emporté, hommes et instruments ; les ceintures de sauvetage sauvèrent M. Le Corvaisier et ses collaborateurs que l’on repêcha. M. Le Corvaisier me dit qu’ensuite il chargeait toujours l’un des ouvriers de l’unique mission de surveiller le baromètre et de donner l'alarme au moindre mouvement de baisse. On s’embarquait aussitôt et cette précaution évita bien des accidents.
- PREMIÈRE CAMPAGNE : 1907
- On mit à la disposition du conducteur des travaux — c’était alors M. Le Corvaisier, à partir de 1910 ce fut
- M. Croûton — un bateau à vapeur qui mouillait dans le petit port d’Argenton et un équipage comportant des matelots, des maçons et des manœuvres, tous gens de mer éprouvés.
- A l’aide de sondages, ils vérifièrent l’homogénéité du granité, s’aperçurent que la faille nord-sud était toute superficielle, forèrent les premiers trous de scellement, piquèrent les surfaces glissantes; disposèrent, dans les remous du flot et du jusant, des échelons pour l’accostage avec deux petits mâts de charge (fig. 3, n° 2).
- Quarante-trois accostages permirent de parachever la reconnaissance de la roche et des alentours pour le meilleur mouillage, d’effectuer ces travaux préparatoires et d’exécuter, en outre, 61 m3 de maçonnerie de fondation.
- ANNÉE 1908
- En dépit de l’état de la mer, qui resta très défavorable, on maçonna 139 m3. La plate-forme de fondations était ainsi complète sauf à l’ouest, portion qui exigeait des marées très favorables.
- Cette année-là, on avait pu préciser les dimensions de l’ouvrage qui devait comporter :
- Un phare dont le plan focal devait s’élever à 30 m au-dessus des hautes mers ;
- Une optique de grand diamètre assurant des occultations régulières avec coloration, blanche dans un secteur de 229° (de N 19° E à S 68° O), rouge pour le surplus (côté de l’archipel de Molène) ;
- Un signal sonore émettant, toutes les 90 secondes, un groupe de deux sons, l’un long, l’autre bref.
- ANNÉE 1909
- Il fallait compléter la fondation à l’ouest.
- On protégea cette partie basse par un batardeau constitué par des sacs pleins de ciment prompt et maintenus par des scellements de fer, l’intérieur de cette sorte de redoute était garni de mortier mixte, de ciment prompt
- Fig. 2. — Sondage aux abords de Men-Tensel.
- On voit combien le fond de la mer est tourmenté dans cette région.
- Schjslle
- JO 40 JO Mètres
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- J 63
- Fig 3.
- 1. Vue sud de la' roche de
- Men-Tensel en, 1906.
- 2. Vue ouest de la roche de Men-Tensel en 1908, après le commencement des travaux du phare.
- 3. Montage du pylône
- en 1910.
- 4. Le chantier en 1911.
- 5. Le chantier en 1913.
- et de portland artificiel, le tout traversé par des armatures de fer ancrées dans la roche et dans les maçonneries antérieurement exécutées.
- A la fin de la campagne 1909, 204 m5 avaient été exé-
- cutés, couvrant une surface de 114 m2 dont les cotes étaient :
- pour un tiers...............6 m 90
- pour un autre tiers. . . 4 m 70
- pour un dernier tiers. . 4 m 50
- au-dessus des plus basses mers.
- ANNÉE I9J0
- A partir de cette hauteur, il devenait de plus en plus difficile de jeter des matériaux sur la roche, on installa donc un dispositif de transport mécanique que l’on essaya d’abord à Argenton.
- Pylône, poutres et plates-formes étaient métalliques (fig. 3, n° 3).
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- Nous ne décrirons pas en détail cette installation largement prévue pour résister à des. efforts considérables, Par un supplément de précautions, les montants et le pylône métalliques avaient été encerclés jusqu’à la cote H- 14 m 50 d’un cylindre de béton.
- A la fin de la campagne, le treuil et son moteur, la bétonnière, la moto-pompe et la plate-forme en madriers avaient été enlevés et rapportés à Argenton.
- Les maçonneries étaient alors à la cote +7m 50.
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- Le 15 décembre 1910, disparut toute l’armature métallique, coupée par la tempête au ras des maçonneries.
- ANNÉE I9IJ
- On s’ingénia à constituer une charpente plus solide. Le métal était conservé pour le pylône central de 19 m de hauteur ainsi que pour le poutrage delà plate-forme, mais les colonnes de celle-ci étaient en béton armé ; elles présentaient 8 m de hauteur et 1 m de diamètre (fig. 3, n°4). Un bateau automobile fut ajouté au matériel naval. Ce bateau de 9 m de long, 3 m 20 au maître-couple, portait 10 tonnes, il rendit beaucoup de services.
- Le 17 octobre 1911, le matériel mécanique était emporté à Argenton.
- Ce jour-là fut marqué par un deuil.
- M. Croûton quittait, le dernier, le soubassement de l’ouvrage et voulait descendre le long de l’échelle qui avait été aménagée pour cela, mais le dernier barreau, celui que l’on venait de sceller dans une pierre dont le mortier était encore frais, vint avec la pierre sous l’effet de la traction. L’ingénieur tomba à la renverse et le bloc de granité fracassa la tête d’un ouvrier qui se trouvait dans un canot au bas de l’échelle. M. Croûton fut heureusement repêché.
- ANNÉE W2
- Le 15 décembre 1911, une tempête enlevait le poutrage métallique et le pylône.
- Seules les quatre colonnes en béton armé, dépassant de 5 m le niveau des maçonneries, étaient intactes.
- L'excellente tenue du béton armé était démontrée.
- Aussi décida-t-on de rétablir, avec ce matériau, le pylône même et de l’implanter de sorte qu’il pût rester englobé dans les murs de la tour, au fur et à mesure de son édification (fig. 4).
- Cette année-là, on posa 381 m3 de maçonnerie et l’on atteignit la cote (-4- 15 m 25). Le soubassement était terminé et les premières assises de pierres de taille étaient en place.
- ANNÉES 1913 A 1916
- Dès lors les travaux sont menés rondement; la guerre
- les retarde un peu.
- Le 15 septembre 1912, le soubassement était terminé.
- A la fin de 1913, la cote (-(-22 m 72) était atteinte (fig. 3, n° 5) ; on arriva à la cote (-+- 38 m 20) à la fin de 1915 et les seuls travaux à exécuter étaient, le 1er octobre 1916 (fig. 6) : les rejointoie-ments extérieurs de la tour, les revêtements en menuiserie d’une chambre, de la salle d’honneur et de la lanterne.
- La figure 6 nous montre l’aspect sobre et correct de l’édifice qui, depuis, brave toutes les tempêtes et assure le balisage lumi: neux et sonore du passage du Fromweur.
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- Il n’est pas inutile pour ceux qui sont curieux de connaître le cadre où veillent les gardiens des phares isolés, de nous arrêter quelques instants sur la description de ce phare de Kéréon, construit à l’aide d’un don de Mme Jules Lebaudy en mémoire de son grand-oncle, l’enseigne de vaisseau Le Dali de Kéréon.
- L'INTÉRIEUR DU PHARE
- Procédons à la visite du phare étage par étage . Tout d’abord, dans le soubassement, nous trouvons la chambre de la citerne. Elle renferme deux réservoirs en béton armé verré, l’un de 2500 litres pour le pétrole, l’autre de 2200 litres pour l’eau potable. Chacun d’eux est muni d’une pompe aspirante et refoulante ; la pompe des réservoirs à pétrole remonte le pétrole dans un bassin de la salle des machines, celle du réservoir d’eaupeut
- j(19.70> Plateforme\eiSn)métallique
- | Cylindre en tôle* :
- Poulie de fe f
- Poulie de rappel
- arasement de.
- 1(14.00)
- Fig. 4. — Le chantier de construction du phare en 1913.
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- envoyer l’eau dans un bassin de 1500 litres placé dans le mur de la cuisine ou dans les réservoirs d’eau de circulation du groupe moteur compresseur de la salle des machines.
- Quittons la citerne ; nous montons l’escalier qui court sur toute la hauteur du phare ; nous arrivons d’abord au vestibule où l’on trouve la plaque commémorative rappelant le souvenir de l’enseigne de vaisseau Le Dali de Kéréon en mémoire de qui le phare a été érigé.
- L’étage immédiatement supérieur est occupé par la cuisine.
- Au-dessus de celle-ci on rencontre deux chambres à coucher superposées, chacune pour deux gardiens ; puis on arrive à une salle d’honneur d’aspect fort agréable. Au-dessus d’elle à la salle des machines : on trouve, au milieu de la pièce et dans l’axe des fenêtres, le groupe moteur compresseur, formé d’un moteur à pétrole Millot, monocylindrique, de 14 ch à 25 tours par minute, commandant par accouplement élastique un compresseur d’air comprimé, à 4 cylindres étagés deux à deux. Le compresseur refoule l’air, soit à 2 kg en temps de brume pour actionner la sirène, soit à 15 kg pour la recharge des accumulateurs d’air. Ceux-ci sont constitués par deux réservoirs de 2 m3,5. Ils sont chargés à la fin de chaque période de brume, et sont destinés à actionner immédiatement la sirène en cas de brume soudaine; ils fournissent aussi l’air comprimé -p-aF le lancement du moteur.
- Fig. 6. — Le phare de Kéréon terminé.
- Quatre autres réservoirs de 2 m3,5 chacun, communiquant entre eux, servent de régulateurs pour la production et la dépense d’air comprimé, en particulier pour en maintenir la pression à 2 kg pendant tout le temps d’émission des sons.
- A l’extrémité de l’arbre du compresseur est fixé le mécanisme d’émission rythmée des sons.
- Enfin, le long du mur, on trouve encore 3 réservoirs d’eau d’une capacité totale de 9 m3, fournissant l’eau nécessaire au refroidissement du moteur et du compresseur. La circulation de cette eau est assurée par une pompe centrifuge attelée sur le volant du moteur.
- Nous arrivons enfin à la lanterne (fig. 5) qui contient l’appareil lumineux; c’est une salle à charpente métallique, au centre de laquelle est montée une colonne en fonte surmontée par une table en fonte qui porte l’appareil lumineux.
- Nous apercevons d’abord dans la salle de la lanterne un réservoir d’air de 800 litres de capacité relié au groupe des réservoirs distributeurs de la salle des machines. Ce réservoir alimente une sirène à disque, qui fournit les signaux de brume.
- Sur la table de fonte repose une légère carcasse métallique qui maintient les panneaux optiques : à savoir une couronne de 7 panneaux dans la partie basse, surmontés de 7 panneaux intermédiaires, dits dioptriques, eux-mêmes surmontés par 8 panneaux catadioptrique s de coupole.
- Au centre de la table en fonte est fixée une estrade qui porte elle-même un petit manchon en fonte. A l’intérieür de celui-ci se superposent la machine de rotation du feu, puis la cuve à mercure. Dans cette cuve est placé un flotteur adapté à une petite table en fonte sur laquelle est monté l’appareil d'éclairage.
- Celui-ci est composé d’un générateur, dit en dessous, dans lequel se produit la vaporisation d’un mélange de pétrole et d’air. Ce mélange, enflammé, porte à l’incandescence des manchons Auer.
- L’occultation du feu est obtenue au moyen de 4 pan-
- Pétrole
- Fig. 5. — La lanterne du phare et l’appareil lumineux.
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- neaux en tôle placés sur la tablette qui supporte le feu et tournant régulièrement.
- Le feu est blanc et rouge, à occultation toutes les secondes, au rythme 5 secondes de lumière, 1 seconde d’éclairage. La puissance est de 250.000 bougies pour le feu blanc et de 50.000 pour le feu rouge.
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- Si nous avons exposé les principales phases de la construction de ce phare important au bord du passage du Fromweur, c’est pour rappeler une fois de plus, la supériorité du béton armé sur les poutres métalliques pour la résistance aux tempêtes. Le métal, même le plus solide, ne résiste jamais en certains lieux ; le bois serait préférable. C’est ainsi qu’on a eu des mécomptes en remplaçant
- de simples balises de bois par des tubes creux en acier.
- Nous avons voulu aussi montrer les difficultés de la construction des phares sur des rochers isolés et donner une idée de leur aménagement. Si le décor est moins sommaire que celui que l’on voit sur certaines scènes où l’on représente des pièces dramatiques dont les gardiens de phare sont les héros, il faut avouer qu’un séjour au phare de Kéréon, sur Men-Tensel, pierre hargneuse, n’a rien de bien réjouissant et que l’on doit souhaiter que les signaux hertziens de brume, ainsi que les signaux optiques, se perfectionnent assez pour pouvoir marcher longtemps et sûrement sans gardiens. La solution est loin d’être impossible. On devrait la poursuivre, ne fût-ce que pour des raisons d’économie.
- Edmond Marcotte.
- LES MOTEURS DIESEL D’AVIATION
- LES MOTEURS DIESEL D’AVIATION
- Le 14 mai dernier, aux Etats-Unis, un avion commercial Stinson piloté par M. Walter Lees accompagné du Capitaine Woolson, ingénieur en chef du département aviation de la Packard Company, couvrait sans escale les 1120 km qui séparent la ville de Detroit de l’aérodrome de Langley-Field (Virginie). Ce vol ne présenterait, aujourd’hui, rien de bien extraordinaire s’il n’avait été effectué avec un appareil équipé d’un moteur Packard-Diesel à grande vitesse.
- Cette nouvelle, grosse de conséquences pour l’avenir delà locomotion aérienne, paraît établir l’avance considérable prise dans cette voie par les ingénieurs de la Packard G0. L’importance de cette firme, ses travaux antérieurs sur les moteurs à explosion du cycle « à volume constant » fonctionnant à l’essence, sont des garanties devant lesquelles doit disparaître toute idée de « bluff ».
- Le problème de l’adaptation du moteur Diesel à l’aviation a également provoqué en Allemagne, chez Junkers, et en Angleterre, chez Beardmore, des recherches très poussées ayant donné lieu à des résultats déjà appréciables.
- Beaucoup de temps, énormément d’argent sont en outre dépensés un peu partout, plus ou moins officiellement, pour arriver à une solution satisfaisante de ce problème. C’est que, ainsi que nous allons le voir, le jeu en vaut réellement la peine.
- LES AVANTAGES DU DIESEL
- Le développement des transports aériens est lié, sans aucun doute, à l’amélioration dufacteur sécurité. En supprimant le risque d’incendie à bord des avions, on contribuera, dans une très large mesure, à perfectionner efficacement la sécurité.
- Dès à présent, le feu est heureusement combattu par différents dispositifs ingénieusement créés à cet effet : extincteurs automatiques, carburateurs spéciaux, grilles
- anti-retour de flammes, etc... Mais ce ne sont là que de très utiles palliatifs. L’emploi du Diesel alimenté d’huile lourde à point d’inflammation élevé élimine complètement ce danger. La preuve en a été faite maintes fois, notamment au cours de la mise au point du Diesel-Packard. Ces essais ont duré plus d’un an et, à de nombreuses reprises, les tuyauteries de carburant des modèles d’expériences se crevèrent, inondant d’huile le moteur surchauffé, sans provoquer d’incendie.
- La régularité, la sûreté de fonctionnement du groupe moto-propulseur présentent, ensuite, pour l’aviation, un intérêt évident. Le seul danger résultant d’un arrêt du moteur réside, on le sait, dans l’atterrissage, car le pilote n’a pas toujours un terrain de dimensions suffisantes pour exécuter convenablement cette manœuvre.
- La simplicité de constitution du Diesel, par rapport à celui d’un moteur à essence, réduit d’autant les causes de panne. L’absence, d’une part, des magnétos,bougies, fils à haute tension et des centaines de pièces, petites et grandes, la plupart délicates, qui assurent l’allumage; la disparition, d’autre part, de tout le mécanisme d’alimentation qui fait également partie de l’équipement des moteurs à essence ne peuvent que contribuer à rendre très sûre la marche d’un Diesel.
- En effet, que trouvons-nous, en place, sur ce dernier? Peu de chose pour son allumage, car il est obtenu parla seule compression de l’air. Quant à son alimentation, elle est réalisée par un dispositif d’injection individuel pour chaque cylindre. Ainsi, en cas de détérioration d’un injecteur, seul le cylindre correspondant viendrait à ne pas « donner ».
- Par ailleurs, le principe de l’injection autorise la marche du moteur dans toutes les positions, le niveau des cuves des carburateurs n’étant plus à maintenir correct. Pour la même raison, le givrage ou le dépôt de glace sur les venturis des carburateurs n’est plus à redouter.
- Dans l’ordre, notons, parmi les avantages du Diesel, sa valeur économique.
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- On sait que le rendement thermique du cycle Diesel est nettement supérieur à celui du cycle à explosion Beau de Rochas, du moins avec les taux de compression actuellement en usage dans les moteurs à explosion. Pour un même régime de 1600 tours-minute, le moteur à essence consomme de 210 à 230 gr par ch-heure, alors que le Diesel — rapport de compression 18 à 1 — ne dépasse guère 160 gr. Le bénéfice brut oscille donc entre 65 à 70 gr par ch-heure. Cette économie appréciable doit compenser le poids, actuellement plus élevé, des Diesel, en permettant d’emmener une charge plus réduite de carburant. Il faut également mettre en compte le prix du combustible utilisé ; il est vraisemblable, même si toute l’aéronautique mondiale adoptait le Diesel, que ce prix resterait sensiblement inférieur à celui de l’essence ultralégère.
- Signalons, enfin, que la présence du Diesel à bord des avions facilitera les réceptions radio-téléphoniques ou télégraphiques. Cette amélioration découle tout simplement de la suppression de l’allumage par rupture de cou-
- Fig. 2. — Vue générale schématique avant
- du moteur Diesel-Packard à refroidissement par l’air.
- rant qui, souvent, engendre des parasites. Les ensembles de protection que l’on dispose habituellement sur lescir-cuits d’allumages n’ont, ainsi, plus de raison d’exister sur le Diesel. Son rendement ne peut, de la sorte, en être affecté.
- LES POSSIBILITÉS DE RÉALISATION D’UN DIESEL RAPIDE
- Les avantages, nombreux et de première importance, que nous venons de mettre à l’actif du Diesel aviation expliquent la persévérance des chercheurs à trouver la solution de ce délicat problème.
- Or le cycle Diesel semble, par principe, devoir entraîner des réalisations d’un poids élevé, ne fonctionnant uniquement qu’à de faibles régimes de rotation. Son adaptation à la navigation aérienne ne pouvait être envisagée dans ces conditions.
- Il n’y a pas longtemps, on citait encore comme une merveille de légèreté les productions de la maison allemande Maybach, dont les moteurs Diesel, spécialement étudiés pour des embarcations et de gros tracteurs, déve-
- Üiesel a grande vitesse 3,4-kg.par cmz.
- Diesel à faible vitesse
- Moteur a essence
- 20 4-0 60
- Course en pour cent
- Fig. 1. — Diagrammes des moteurs Diesel rapide, Diesel lent et moteur à essence à explosion.
- loppaient une puissance de 150 ch pour un poids de 1050 kg. Ce résultat était, à la vérité, appréciable ; 7 kg au ch à côté des 180 kg par ch des Diesel fixes, puis,des 25 à 40 kg par ch des derniers modèles construits pour des sous-marins; on approchait sérieusement du but désiré.
- Aussi les spécialistes de la question, pour la plupart depuis plusieurs années sur la brèche, loin de désespérer, amplifiaient leurs recherches.
- Le grand spécialiste de la combustion, M. Ricardo, a donné sur ce sujet, à notre confrère britannique, Aero-vlane, l’opinion autorisée que voici :
- a Le phénomène de la combustion peut être accéléré iusqu’à une limite presque indéfinie par une turbulence appropriée et peut même être conduit plus rapidement
- Fig. 3. — Le Diesel-Packard, vue arrière; ce moteur, débarrassé des tuyauteries, des tiges de soupapes et des apparaux d’allumage, est d’une netteté de ligne frappante.
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- Fig. 4. — Schéma de fonctionnement du moteur industriel Diesel-Junkers.
- qu’avec de l’essence et des bougies. A ce point de vue, la vitesse du moteur n’est pas limitée.
- « L’injection, le dosage, la distribution du combustible ne sont en aucune façon des problèmes aussi délicats que nous l’avions imaginé et cela, en tous cas, jusqu’à 2000 tours-minute.
- « Le rendement du moteur à « allumage par compression » ne dépend nullement d’une conduite habile et ne peut être diminué du fait d’un traitement maladroit. Ce moteur doit marcher économiquement ou ne pas marcher du tout.
- « Ce moteur se prête admirablement à l’adaptation au cycle à deux temps. Quand il tourne sur ce cycle, le rapport de la pression maximum à la pression moyenne efficace tombe à 4, taux plus favorable que celui des moteurs
- à essence actuels, mais, dans ce cas, la vitesse maximum est limitée par les exigences du balayage. »
- Depuis, la communication présentée, lors de la dernière Exposition ^Aéronautique de Chicago, à la « Society of Automotive Engineering », parle Capitaine L. W. Wool-son, chef du bureau d’études aéronautiques de la Packard Company, nous a donné des vues nouvelles sur la question. Nous les avons faites nôtres sur bien des points.
- Pour prendre le problème à sa base, rappelons que le moteur à explosion alimenté à l’essence est du cycle « à volume constant ». Ainsi qu’on le sait, l’air carburé est aspiré dans le cylindre, puis enflammé en entier un peu avant le point mort haut. Pendant toute la course qui voisine avec ce point, les gaz étant maintenus à un volume constant, il s’ensuit une rapide augmentation de la pression.
- Par contre, le moteur du cycle Diesel est conçu pour obtenir la combustion à une pression constante. Cette pression, en fin de compression, atteint 38 kg par cm2. ; elle est suffisante pour obtenir Lauto-allumage. L’alimentation se fait graduellement, à partir du point mort haut.
- Cependant, les phénomènes de combustion ne sont pas instantanés et demandent un temps déterminé pour effectuer la préparation du mélange combustible dans le cylindre lui-même et à réchauffement des gouttelettes refroidies par la détente de l’air d’insufflation.
- Etant donné que les moteurs Diesel tournent normalement à 200 ou 300 tours à la minute alors que les propulseurs aériens doivent être actionnés à des régimes de l’ordre de 1400 à 1800 t., et comme le temps d’allumage est sensiblement le même dans tous les cas, on arrive à cette conclusion que le Diesel à grande vitesse exige un mode de combustion différent de celui du Diesel ordinaire. Ce mode nouveau consistera à employer le cycle à combustion mixte de Sabathé pour lequel la combustion se fait partie à volume constant, partie à pression constante.
- Une remarquable étude du Professeur Toyoji Narita, de l’Université de Tokio, nous en montre la supériorité. Il résulte des calculs de ce savant que, lorsque la chaleur spécifique est constante, le rendement du cycle Diesel atteint 54,4 pour 100, alors que celui du cycle Sabathé serait de 56,7 pour 100. Lorsque la chaleur spécifique est fonction de la température, le rendement du Diesel passe à 42,5 pour 100 et celui du Sabathé à 45,3 pour 100. Ce dernier offre donc une amélioration certaine et permet d’obtenir, d’après des expériences répétées, une consommation réduite de 160 gr par ch-heure.
- Aucun mécanisme n’a besoin d’être ajouté au moteur primitif pour obtenir ce résultat. Dans les Diesel à grande vitesse, on commencera l’injection à 50° avant le point mortt haut, ce qui assurera une combustion totale, sans fumée, tandis que, dans les Diesel ordinaires, l’injection a lieu 10° avant le poin mort haut et se termine 32° après ce repère.
- Fig. 5. — Le moteur d’aviation Diesel-Junkers construit dès 1926.' A remarquer la position de l’arbre de l’hélice qui permet de donner à celle-ci un grand diamètre favorable à son rendement.
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- Fig. 6. — Le monoplan Junkers G-24, de 30 mètres d'envergure qui, équipé du moteur Diesel-Junlters de 600/700 ch,
- a volé très correctement, à Dessau, en février dernier.
- Le cycle du Diesel à grande vitesse et le cycle à explosion deviennent ainsi assez comparables.
- Dans les deux cas, l’étincelle d’allumage et le commencement de l’injection se produisent au même endroit, avant le point mort haut. La combustion se poursuit pendant que le volume diminue, produisant des variations de pression analogues.
- Toutefois, dans le moteur à explosion, l’étincelle allume tout le mélange carburé se trouvant dans le cylindre. L’augmentation de pression ne peut alors être contrôlée; elle est uniquement déterminée parle rapport de compression, la turbulence et la température du cylindre.
- Dans le Diesel, au contraire, le combustible peut être contrôlé, en quantité et en temps, ce qui permet d’agir sur la pression et d’obtenir des régimes différents de surcharge.
- LE DIESEL-PACKARD EST CONSTRUIT EN SERIE
- De la théorie à la pratique, de l’expérience de laboratoire à son industrialisation, il y a, presque toujours, un grand pas à franchir. Les difficultés que présente la mise au point d’un moteur Diesel, rapide et léger, paraissent bien, cependant, avoir été surmontées avec succès par la Packard Company.
- Fig. 7. — Un des moteurs d’expérience construit en Angleterre par la firme William Beardmore Go Ltd.
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- Le vol important effectué grâce à un de ces moteurs, vol dout nous avons parlé en tête de cette étude, constitue le couronnement des recherches de la firme américaine.
- Depuis mai dernier, en effet, un personnel de 700 ouvriers travaille à la fabrication en série du Diesel-Packard.
- On prévoyait que la chaîne de montage devait terminer les premiers moteurs courant juillet. Les prix de vente annoncés sont de l’ordre de 4000 à 5000 dollars, ce qui n’a rien d’excessif.
- Le Diesel rapide pour l’aviation serait donc, à bref délai, une réalité et, des jours prochains nous apporteront la confirmation de sa valeur.
- Quoi qu’il en soit, la réalisation de ce nouveau moteur présentait de redoutables problèmes constructifs. Alors que dans un moteur à explosion ordinaire, d’un taux de compression de 6 à 1, les pressions supportées par les cylindres ne dépassent guère 40 kilos par cm2, ces pressions passent à 84 kilos par cm5, pour le Diesel.
- La fixation des cylindres est rendue, de ce fait, plus ardue.
- Les alliages légers, en particulier pour les pièces devant subir des efforts alternatifs, ont été judicieusement éliminés dans sa construction.
- A l’encontre de ses concurrents, qui, tous, ont établi des moteurs en ligne refroidis par eau, le Diesel-Packard se présente sous la forme d’un neuf cylindres en étoile refroidis par l’air. Chaque cylindre, de 127 m/m d’alésage et de 140 m/m de course, est doté de sa propre pompe à combustible. Ce moteur développe 200 ch à 1800 tours-minute et son poids total est de 270 kg, soitl kg 350 par cheval. Résultat tout à fait remarquable qui fait honneur aux deux ingénieurs qui se sont attelés à cette tâche : le Capitaine M.-L. Woolson et le Professeur Hermann Dorner.
- RÉSULTATS DES TRAVAUX DU PROFESSEUR JUNKERS
- Depuis plusieurs années, le Professeur Junkers, le grand pionnier de l’aviation d’Outre-Rhin, poursuit de son côté la solution du problème. Il réalisa, tout d’abord, un certain nombre de moteurs industriels, maintenant sur le marché, et notamment construits en France sous licence par la Société La Chaléassière et par la Société Lilloise de Moteurs. Ces moteurs arrivent au poids relativement peu élevé de 6 kg 500 par ch.
- Au Salon d’Aviation qui s’est tenu en octobre dernier, A Berlin, nous avons pu voir exposé un Diesel-Junkers d’aviation dont l’étude remontait à 1926. Grâce à l’amabilité du Dr A. R. Bohm, collaborateur du professeur, nous avons pu obtenir quelques précisions sur la marche de ce moteur. Les résultats obtenus à l’époque étaient déjà forts encourageants, car la régularité de fonctionnement obtenue dépassait 50 pour 100.
- Depuis, un nouveau type, à six cylindres en ligne, a été expérimenté en vol, à Dessau, courant février. Ce moteur, d’une puissance de 600 à 700 ch, était monté -sur un avion G 24 habituellement équipé de trois groupes
- moto-propulseurs de 280 à 310 ch chacun. Les essais auraient été des plus concluants.
- Le Junkers-Diesel tourne à 1600 tours-minute et actionne l’hélice à 1120 tours-minute par l’intermédiaire d’un réducteur présentant un rapport de démultiplication de 1/1,4. Son poids « sec » est de 800 kg. Le modèle Junkers est à pistons opposés, disposés dans le même cylindre avec chambre de combustion au milieu du fût. Il y à deux vilebrequins, haut et bas, accouplés sur la face avant par un train d’engrenages. L’arbre de l’hélice se trouve ainsi placé dans la partie supérieure du moteur.
- Il peut donc recevoir un propulseur de grand diamètre, tournant plus lentement grâce au réducteur, par conséquent d’un excellent rendement. De plus, la hauteur du train d’atterrissage peut être avantageusement réduite.
- Sa consommation au ch-heure atteint 180 gr et l’on a calculé que, pour 600 heures de fonctionnement, la dépense totale serait de 39 272 fr pour le Junkers-Diesel, et de 207 180 frpour un moteur à essence de même puissance, consommant normalement 250 gr par ch-heure. Ces chiffres parlent d’eux-même et il nous faut bien constater que, là aussi, d’intéressants résultats sont, dès à présent, acquis.
- LES ESSAIS DE BEARDMORE
- En Angleterre, on ne se désintéresse pas non plus de la question.
- La Maison William Beardmore et Co Ltd à Dalmuir, Glasgow, s’est spécialisée dans ce domaine.
- Elle a successivement réalisé plusieurs types de moteurs en ligne, à six et huit cylindres, dont l’alimentation était assurée, tout d’abord, avec de l’essence. Puis, on réduisait l’alésage des cylindres, pour leur adaptation au carburant lourd.
- Le nouveau modèle « Typhoon I » qui vient de sortir est du modèle inverse. Ce moteur donnerait une puissance de 800 ch pour un poids de 830 kg, au régime normal de 1220 tours-minute.
- Mais nos amis d’Outre-Manche sont discrets — par ordre de l’Air Ministry pour le compte duquel se font les essais — et on ne possède pas de renseignements très précis sur l’importance des résultats obtenus. Il semble, cependant, que la Maison Beardmore se trouve également à la veille de réussir.
- En France, les crédits affectés jusqu’ici à ces recherches étaient, croyons-nous, assez maigres. L’avènement du Ministère de l’Air ne pourra que hâter la sortie du moteur à neuf cylindres en étoile auquel on travaille dans le silence et dont les essais seraient assez avancés.
- Par tout ce qui précède, il n’est pas exagéré de penser que, dans un temps assez proche, l’aviation bénéficiera des précieux avantages attachés à l’emploi des moteurs du cycle Diesel.
- Les différentes solutions que nous venons d’examiner se sont révélées pratiquement viables. Leur complète mise au point ne serait donc plus qu’une question de temps et d’argent.
- André Frachet.
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- LES ÉPONGES
- Les Eponges, ou plus exactement les Spongiaires, sont des animaux singuliers qui, dans leur jeune âge, ont une forme ovoïde, et nagent librement, entre deux eaux, grâce à des cils vibratiles, mais qui ne tardent pas à se fixer sur un rocher, et perdent du même coup toute sensibilité apparente. Ils deviennent immobiles au point de ne ressembler à rien de ce qui existe dans le règne animal.
- Communément, on considère l’éponge vulgaire comme le type de la famille, mais, en réalité, la diversité des formes, et les modifications profondes d!un groupe à un autre font des Spongiaires un embranchement zoologique fort important.
- On rencontre des éponges sous toutes les latitudes et presque exclusivement dans la mer, à des profondeurs
- variables. C’est ainsi que les mers polaireset les mers équatoriales en renferment de riches colonies. Quelques types du genre, les Spongilles, qui constituent une exception se rencontrent en eau douce. (Nous en reparlerons plus loin.)
- L’éponge du commerce n’est en réalité que le squelette de l’animal, dont la matière vivante a été enlevée. Ce squelette peut être formé par des matériaux chimiques fort divers. C’est cette particularité qui a permis de classer les Spongiaires en trois grands groupes : les éponges calcaires, les éponges siliceuses, et les éponges cornées ou fibreuses, ce dernier groupe renfermant l’éponge commune.
- La matière vivante qui recouvre le squelette est d’une couleur noirâtre et de consistance gélatineuse, elle renferme une substance blanche laiteuse qui se corrompt rapidement à l’air. Au sein de cette matière se différencient un grand nombre de canaux tapissés par des cellules dont certaines sont munies de cils vibratiles. Elle renferme aussi les cellules sexuelles qui donneront naissance à un nouvel individu.
- Le squelette, dans le groupe des éponges calcaires, est formé par l’assemblage de fines aiguilles en étoiles à trois ou cinq branches, qui ont souvent l’aspect d’un réseau de verre filé, donnant par transparence l’illusion d’une véritable dentelle. Ces éléments calcaires ont reçu
- Fig. 1. — La pêche au trident sur les côtes tunisiennes. A l’ayant, un pêcheur Toit le fond à la lunette d’eau. A côté, un aide tient le trident.
- le nom de « spiculés », et il est curieux de remarquer que l’orientation de ces spiculés est invariable pour une espèce déterminée, ce que le zoologiste utilise pour son classement.
- Les éponges calcaires sont certainement les moins pittoresques du groupe, leur taille est d’ailleurs extrêmement réduite et n’excède pas quelques millimètres. Réunis en colonies, ces petits animaux forment sur nos côtes de véritables encroûtements. Les petites éponges calcaires ou « ascones » ont un diamètre compris entre 1 et 3 mm, mais elles vivent généralement isolées. Quelques-unes du genre « Leucones » atteignent 15 à 20 mm.
- Les éponges siliceuses sont déjà plus intéressantes, tant par la diversité des formes que par leur organisation plus perfectionnée. Elles affectent souvent l’aspect d’un cylindre ou d’une coupe dont la partie inférieure serait terminée par un pédoncule fixant l’animal au rocher, et à la partie supérieure, par une sorte de bouche, orifice nommé « oscule ».
- Ici encore le squelette est rigide, et constitué par des
- Fig. 3. — La pêche au scaphandre.
- Le sacolève, remorqué paru» canot, suit les déplacements du scaphandrier sur le fond.
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- aiguilles de silice hydratée sécrétées par les cellules de la matière vivante. Les formes du squelette sont d’une diversité inouïe. On en rencontre affectant l’allure d’étoiles, de pyramides, de fourches, de hameçons, de harpons, de colimaçons, etc....
- Les éponges siliceuses se rencontrent dans toutes les mers, à des profondeurs parfois considérables. Au Japon, il en existe des formes curieuses, dont la plus célèbre est certainement Ybaplectella aspergillum vivant par des fonds de 100 à 200 m et qui ressemble à un cylindre de dentelle fermé à une extrémité par une sorte de grillage, et à l’autre par de longs fils soyeux servant d’organes de fixation.
- Les spongilles qui sont des éponges siliceuses sont les seuls représentants du groupe vivant en eau douce, soit dans les cours d’eau tranquilles ou plus fréquemment dans les lacs de montagnes. Elles recouvrent, à des
- pomme d’arrosoir. A leur partie inférieure, se trouve la gaine fibreuse ou « pédicule » qui les maintient attachées aux rochers. A la partie supérieure se trouve l’oscule. A l’état vivant, le squelette est recouvert d’une matière noirâtre criblée d’une infinité de petites ouvertures qui sont « les pores inhalants » par où l’eau entre dans la masse, poussée par les cils vibratiles qui tapissent les parois des canaux, elle sort ensuite par l’oscule. Il s’établit ainsi un véritable mouvement circulatoire de l’eau de mer, au travers du corps de l’animal.
- La biologie des éponges est d’ailleurs mal connue. On ignore à peu près totalement leur mode de croissance et leur reproduction. On sait cependant qu’une éponge atteint l’âge adulte vers la cinquième année et que les plus beaux spécimens sont pêchés entre 6 et 7 ans.
- La reproduction sexuée se fait au moyen de cellules génitales différenciées au sein de la masse animale. L’œuf
- Fig. 4.
- La descente du scaphandrier.
- Fig. 5. — A bord, la manœuvre de la pompe envoyant de l’air au scaphandrier en plongée.
- Fig. 6.
- La remontée du scaphandrier.
- profondeurs souvent considérables, les pierres ou les pièces de bois immergées, d’une sorte de revêtement analogue à la mousse.
- Les spongilles se reproduisent presque exclusivement par bourgeonnement. Un groupe de cellules se différencie en une « gemmule », qui à l’automne se sépare de l’éponge mère, et va fonder un autre individu, après avoir flotté pendant quelque temps.
- Les éponges cornées ou fibreuses sont seules l’objet d’un commerce. Le squelette est constitué par une masse fibreuse, souple et élastique, la spongine, qui jouit de la précieuse propriété de retenir l’eau par simple contact. Les bonnes épongés sont capables de retenir leur propre volume d’eau sans pour cela changer de forme ni aug-menter de volume.
- La forme des éponges fibreuses est assez variable ; le plus souvent elles sont arrondies comme une tête où une
- qui est une cellule ciliée vogue quelque temps au gré des flots et se fixe à un rocher. La reproduction par bourgeonnement a été également observée; d’ailleurs il est très curieux de constater qu’une éponge jeune, coupée en plusieurs morceaux, reconstitue plusieurs individus parfaits issus de ces fragments.
- Une station biologique qui vient d’être fondée à Salammbô, en Tunisie, grand centre de pêche des éponges, nous renseignera certainement d’une façon plus complète, d’ici quelque temps, sur la curieuse vie de ces individus.
- LA PÊCHE DES ÉPONGES
- Un des procédés les plus anciens et aussi des plus dangereux est la pêche à la plonge, le seul praticable pour les éponges fines qui ne peuvent subir sans se déchirer le contact des engins de pêche. La pêche à la plonge se
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- pratique de nos jours le long des côtes de Syrie, notamment aux environs de Beyrouth, Tripoli, Latakieh et Batroum ainsi que dans les parages de l’île de Rhodes. Dans ces contrées, la pêche commence au mois de juin pour se terminer en août ou septembre, mais les plus belles éponges sont récoltées en juillet.
- Les pêcheurs syriens ou grecs arrivent sur les lieux de pêche, montés sur des « Sacolèves », sorte d’embarcations à voiles non pontées, de 10 à 25 tonneaux et comprenant une dizaine d’hommes d’équipage.
- Ces bateaux restent pendant toute la durée de la pêche, au large, à 7 ou 8 km de la côte, et sont ravitaillés pendant les 2 ou 3 mois que dure la campagne par d’autres navires qui font la liaison terrestre, apportant des vivres aux pêcheurs, et emportant les éponges récoltées.
- L’équipage de chaque « Sacolève » est réparti au
- moment de la pêche, sur deux ou trois embarcations ou « Scaphi », semblables aux doris de nos terres-neuvas, et qui sont commandées par un « Reis ». L’équipage du scaphi cherche un banc favorable et, quand il croit l’avoir trouvé, on jette l’ancre, et les plongeur s, complètement nus, se jettent à la mer à tour de rôle en tenant un morceau de marore Diane fixé à un cordage. Cette pierre constitue le salut pour ces malheureux, si quelquefois un plongeur, entraîné par son zèle, perd sa corde de vue, et ne la retrouve plus quand il faut quitter le fond de la mer, écrasé par la formidable pression, son sauvetage réside dans la corde d’un camarade qu’il parvient à saisir.
- Les plongeurs, à nu, vont chercher l’éponge jusqu’à 40 et 50 m, et l’on comprend sans peine que le métier de plongeur use vite les hommes qui s’y livrent; beaucoup meurent jeunes, atteints de maladies de cœur. Les relations des voyageurs racontent qu’il n’est pas rare de voir des plongeurs remonter à la surface, rendant le sang par la bouche et les oreilles. La dureté des patrons pêcheurs est telle qu’une surveillance armée a dû être organisée pour essayer de limiter la profondeur de plongée. Les éponges cueillies à la main sont mises dans un panier que chaque plongeur fixe à sa ceinture.
- Les plongeurs grecs iresteraient jusqu’à 3 minutes sous l’eau, ceux d’Asie Mineure resteraient plus long-
- temps encore,
- mais iraient à de
- moindres profon-
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- Les éponges ré- * -âÉifc
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- pièce. D’ailleurs la i jsm i
- récolte est rare- Rl .If
- ment abondante et Ipr -trlBËr
- chaque « Scaphi »
- rejoint, le soir, le Sacolève avec 7,
- ou 8 éponges au
- plus, mais de l’espèce « fine douce ».
- La pêche à la
- « Gangava » est moins dangereuse Fig. 7.— L’arrivée du scaphandrier à bon
- et plus productive,
- mais ne peut être utilisée que pour la récolte des éponges communes, comme celles récoltées le long des côtes de Tunisie.
- La Gangava, surtout employée par les pêcheurs italiens, est une sorte de drague ou de chalut, dont l’ouverture a de 10 à 12 m, et qui est traînée sur des fonds de 30 à 40 m, par un ou deux Sacolèves. Cet engin racle le fond de la mer et arrache tout sur son passage, on comprend aisément son rôle destructeur, qui anéantit les champs d’éponges en détruisant les jeunes et les adultes; d’ailleurs, les éponges sont presque toujours déchirées avec ce procédé. Le gouvernement tunisien a dû, ces dernières années, réglementer son usage, et ne l’autoriser que sur les fonds de plus de 20 mètres.
- Malgré une surveillance sévère, les Italiens ravagent chaque année les plus riches gisements du golfe de Gabès.
- Depuis la guerre, la pêche au scaphandre, exclusi-
- Fig. 9. — Deux éponges sorties de l’eau.
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- vement pratiquée par les Grecs, a pris une grande extension, les scaphandriers descendent jusqu’à 30 et 40 m sous l’eau, et peuvent travailler 2 à 3 heures avant d’être remontés. Malheureusement, les accidents sont nombreux, et, chaque année, ce procédé de pêche coûte la vie à une soixantaine d'hommes (106 victimes en 1923).
- La cloche- à plongeurs avait été également essayée, mais ce procédé est trop coûteux et nécessite tout un armement spécial.
- Le long des côtes tunisiennes, la pêche aux éponges est pratiquée depuis un temps immémorial. Les indigènes pêchent au harpon ou au trident qui sont des sortes de fourches métalliques à une ou plusieurs dents, emmanchées dans une longue perche de bois, c’est la pêche au « kamakis ». Les pêcheurs partent le matin à deux ou trois sur de petites barques et restent toujours en vue des côtes. Pour repérer les champs d’éponges, ils se servent d’une lunette, sorte de cylindre de zinc terminé à l’un des bouts par un simple verre à vitre.
- En enfonçant cet instrument dans l’eau on supprime le clapotis de la surface et, avec un peu d’habitude, on voit distinctement les fonds jusqu’à 10 et 20 m, suivant l’état de la mer et la luminosité du ciel. Lorsqu’une éponge a été aperçue par ce procédé, on la détache à l’aide du harpon, et on la remonte à la surface, bien souvent déchirée d’ailleurs. C’est ainsi que se fait la récolte de l’espèce appelée Gerbis, auprès des îles Kerkenna et Gerbat, et dans l’Etat de Tunis. Ces éponges croissent sous des touffes d’herbes très épaisses; aussi, pour se livrer à la pêche qui dure tout l’hiver, faut-il attendre que les bourrasques de l’arrière-saison aient dispersé cette végétation parasite.
- Les éponges pêchées par ce procédé sont vendues sur les marchés tunisiens à l’état naturel, c’est-à-dire avec la matière vivante adhérente. C’est la pêche noire, par opposition à la pêche blanche des autres procédés. Dans ce dernier cas, en effet, les éponges sont travaillées sur le sacolève et vendues toutes préparées.
- La préparation des éponges est fort simple, et consiste à séparer la matière vivante du squelette fibreux. A cet effet, les éponges pêchées sont mises en tas sur le navire et, au bout de 24 heures, la matière noire entre en fermentation en dégageant une odeur épouvantable. Au bout de 48 heures, la masse est malaxée, foulée aux pieds en présence d’eau. La matière noire est alors entraînée, et les morceaux encore adhérents sont grattés au couteau. On répète le malaxage plusieurs fois, en laissant sécher dans l’intervalle. Au bout de 2 ou 3 jours, lés éponges sont prêtes pour la vente. On a d’ailleurs la mauvaise habitude de blanchir les éponges avec le permanganate de potasse ou l’hyposulfite de soude et l’acide sulfurique afin de répondre aux désirs de la clientèle, qui attache plus de prix aux produits absolument blancs. C’est une erreur profonde, car le traitement chimique attaque la spongine, et lui fait perdre une partie de son élasticité. Les éponges sont ensuite taillées au moyen de ciseaux spéciaux pour leur donner une forme aussi ronde que possible.
- En Amérique sur les côtes de Floride, ainsi qu’à la Martinique et à la Guadeloupe, les éponges sont malaxées
- à l’eau sitôt pêchées, et dans ce cas il n’y a pas de fermentation préalable. Le procédé paraît plus rationnel, mais exige une nombreuse main-d’œuvre. Les éponge» préparées ainsi contiennent encore une grande quantité de sable, et les pêcheurs se gardent bien de trop laver leurs éponges, celles-ci étant vendues au poids, mais il n’y a guère que les négociants novices qui se laissent prendre à cette grossière tromperie.
- Au point de vue commercial, les éponges employées en médecine et dans l’industrie ont été décrites sous le nom générique d’Euspongia Officinalis, mais elles appartiennent en réalité à plusieurs espèces.
- La première qualité est l’éponge fine du Levant, pêchée à la plonge sur les côtes de Syrie. Ces éponges sont presque blanches, en forme de coupe, très fines et douces au toucher. Ce sont les « fines douces » qui valaient 100 à 150 francs pièce avant guerre. Les éponges de Syrie sont surtout employées par la chirurgie et la parfumerie de luxe.
- La seconde catégorie commerciale dérive du genre Euspongia Mollissima, ou éponge fine de l’Archipel, plus lourde et moins fine que la précédente, pêchée également en vue des côtes de Syrie et dans l’Archipel grec. Les manufactures de porcelaine, d’optique, la parfumerie courante, absorbent cette production. Leur prix moyen est de 50 à 100 francs le kilogramme (valeur courante).
- Dans l’Archipel grec, on pêche aussi Y Euspongia Zin-nocca, plus dure et plus serrée que l’espèce précédente, et un peu plus grossière. Le prix en est sensiblement moins élevé. L’éponge blonde de Venise est pêchée sur les côtes italiennes, elle rentre dans la même catégorie que l’E. Zinnocca.
- Parmi les éponges vulgaires du commerce, qui sont principalement pêchées le long des côtes tunisiennes, nous rencontrons plusieurs variétés du genre Hippo— spongia Equina ou éponge cheval. C’est une éponge brune, grossière, à larges trous convenant aussi bien pour la toilette que pour les usages domestiques. Les variétés sont désignées commercialement du nom des lieux de pêche, citons par exemple : les Gerbis à racines rouges de Djerba, les Kerkennis des îles Kerkenna, les Zarzis du golfe de Gabès. Les principaux marchés tunisiens sont Sfax et Gabès. Étant importées par Marseille, on connaît les éponges de Tunisie sous le nom générique d’éponges de Marseille.
- Les éponges américaines et les éponges provenant des Antilles donnent également plusieurs variétés commerciales, mais généralement de qualité très inférieure..
- En Tunisie, la pêche des éponges mériterait d’être encouragée et rationnellement organisée (notamment en interdisant formellement l’usage de la gangava). Il y a en effet de ce côté un réel avenir pour le petit pêcheur indigène qui mériterait d’être protégé contre les mer-cantis sans scrupules, presque toujours de nationalité étrangère, qui exploitent honteusement son habileté et son courage, en l’abrutissant d’alcools frelatés.
- Les transactions entre pêcheurs et négociants s’opèrent le plus souvent en « scynes », unité de poids grec qui correspond à 1280 gr environ; pour les types curieux
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- et les petites quantités, les ventes s’effectuent à la pièce et au chapelet; les pêcheurs italiens ont adopté la vente au kilogramme.
- Les éponges sont expédiées pressées dans des sacs de différentes dimensions. Pour les éponges de qualité supérieure, l’envoi par colis postaux est très usité.
- Les cours varient en Tunisie suivant la demande de l’exportation, l’importance de la pêche, le coût et les difficultés de l’armement ainsi que des stocks. Il est admis que les prix payés aux pêcheurs subissent un
- ...•.- ........... = J75 =
- « escompte » ou « réfaction » pour tenir compte du degré d’humidité des éponges et des impuretés (sable, pierres, débris végétaux) qu’elles contiennent.
- Depuis 1920, la moyenne annuelle des quantités d’éponges exportées de Tunisie ressort à 187 407 kg dont près des deux tiers à destination de la France (4).
- André Tréhard.
- 1. Les clichés qui illustrent cet article ont été pris par M. Jean Thomas, du Muséum national.
- LA VITESSE DES TRAINS EN FRANCE
- Malgré le prodigieux développement de l’automobile, les voyageurs n’ont pas délaissé le chemin de fer, ainsi qu’en font foi les statistiques, tout au moins sur les grandes lignes. C’est que le chemin de fer reste le mode de locomotion le plus sûr, le plus confortable et le plus rapide. La Journée industrielle se livrait récemment à une intéressante étude des parcours les plus rapides de nos trains : il en résulte que c’est actuellement en France que l’on trouve les trains les plus rapides du continent et les parcours les plus longs sans arrêt.
- Pour l’été 1929, notre confrère a relevé 67 parcours effectués à la moyenne minima de 90 km à l’heure (46 sur le Nord, 7 sur l’Est, 5 sur le Midi, 4 sur l’Orléans, 4 sur l’État, 1 en Alsace-Lorraine) contre 55 en 1928 et 36 en 1927.
- Les parcours les plus rapides sont actuellement Paris-
- Saint-Quentin ; 153,2 km en 1 h 32 soit 99,9 km à l’heure et Bordeaux-Dax (électrique) qui franchit 147,5 km à la moyenne de 99,4 km à l’heure.
- C’est le réseau de l’Est qui a les trajets sans arrêt les plus longs entre Paris et Nancy, soit 352,6 km, parcourus chaque jour par 3 trains qui, malgré le profil accidenté de la ligne, tiennent les vitesses moyennes très honorables de 89,6 km; 88,1 km et 85,2 km. Viennent ensuite les trajets Paris-Bruxelles : 311 km; Paris-Dunkerque : 306,5 km ; Paris-Calais : 297,3 km. ; Paris-Saumur : 285,7 km ; Troyes-Belfort :
- 276.5 km; Paris-Boulogne : 253,6 km; Paris-Bar-le-Duc :
- 253.6 km.
- En Angleterre les parcours de cette sorte sont encore plus longs : on trouve Londres-Edimbourg : 632,3 km et Londres-Carlisle : 481,5 km.
- GLOZEL
- A propos de Varticle que nous avons publié dans notre n° du 15 juillet dernier, nous avons reçu de M. E. Fradin la lettre suivante que nous reproduisons sans commentaires.
- M. le Rédacteur en chef,
- On me montre dans La Nature un article intitulé : « Glozel. Une Expertise ». Je peux ainsi me rendre compte une fois de plus que M. Bayle, qui fut chargé par le juge d’instruction de Moulins, d’expertiser — après avoir prêté serment — les objets que le Dr Régnault a saisis lui-même chez nous, ne se soucie en aucune façon du secret professionnel. Car votre reporter a beau parler du hasard, dieu des journalistes, chacun sait ce que cela veut dire : les documents photographiques et le texte qu’il publie lui ont été fournis par M. Bayle ou ses acolytes.
- Mais si nos tablettes n’étaient pas cuites à plus de 150°, pourquoi seraient-elles rougeâtres, alors que l’argile du gisement qui a servi à les confectionner reste jaune à cette température. Que M. Bayle ose donc enfin répondre à cette question avant de tenter de faire passer d’honnêtes gens pour des faussaires.
- .Et puisque votre Revue ne craint pas de se faire son porte-parole, j’espère qu’elle aura à cœur de publier en mêmes caractères et en même place dans son plus prochain numéro, et pour l’y aider je l’en requiers en vertu
- du droit que me donne la loi, cette lettre entière com* prenant l’adresse que le Conseil Municipal de notre commune vient d’envoyer au Ministre de la Justice, et que voici :
- « Le Conseil Municipal de Ferrières-sur-Sichon à M. le Ministre de la Justice.
- Monsieur le Ministre,
- , Le Conseil Municipal de Ferrières-sur-Sichon, réuni en séance ordinaire, croit de son devoir d’affirmer que toute la famille Fradin, de Glozel, a toujours joui de la plus complète estime, due à sa parfaite honnêteté en toute circonstance.
- Interprète de toute la population de Ferrières-sur-Sichon, il se permet, Monsieur le Ministre, d’appeler respectueusement votre attention sur les brimades de tous genres dont cette famille, si honorable, est victime depuis quatre ans, sans les mériter en quoi que ce soit, certain qu’il suffit de vous signaler ces faits pour que votre haute justice y trouve une solution.
- Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre sincère et respectueux dévouement. »
- Ainsi vos lecteurs pourront juger par eux-mêmes de quel côté se trouve la vérité bafouée.
- Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, l’expression de mes sentiments distingués.
- E. Fradin.
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- QUELQUES MAMMIFÈRES CURIEUX DU « ZOO ”
- DE LONDRES
- 1. Trois jeunes Fennecs, récemment arrivés. Ce sont de charmants animaux, très vifs, voisins des Renards, à énormes oreilles.
- 2. Un rongeur rare, de VAmérique du Sud, voisin des Pacas et des Cochons d’Inde. C’est le premier spécimen
- vivant dans un musée européen.
- 3. Une portée de jeunes Loups nouveau-nés.
- 4. Un rongeur américain, la Viscaehe, et sa manière de protéger ses enfants.
- 5. Un lémurien sans queue et à yeux énormes; il ne se montre généralement que la nuit.
- 6. Un Chien sauvage du Somaliland, ressemblant aux Hyènes.
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- LES ENNEMIS NATURELS DES VIPÈRES
- DU HÉRISSON A LA COULEUVRE LISSE
- De divers côtés, on nous signale que les Vipères deviennent de plus en plus nombreuses, et notamment dans les départements de Loir-et-Cher, d’Indre-et-Loire, de l’Indre, de la Haute-Vienne, de la Creuse, etc..., ces Reptiles ont pullulé pendant ce qu’il est convenu d’appeler « la belle saison ». Au mois de juin 1927, cinq Vipères Aspics ont été tuées autour d’une habitation blésoise, alors qu’elles traversaient une route très passante, longeaient un pré ou cherchaient à s’engager sur le perron de la maison. Si peu qu’on eût cherché, on en eût trouvé certainement davantage.
- Il nous semble que la multiplication croissante des Vipères, — et aussi celle des Rongeurs déprédateurs, — est due en grande partie à l’imprévoyance de l’Homme qui détruit aveuglément les animaux utiles, ennemis des Serpents et des Rongeurs. Il en résulte une rupture de l’équilibre des espèces dans la Nature, dont les conséquences se font sentir d’année en année plus fâcheusement.
- Aussi avons-nous cru opportun de faire une conférence sur les ennemis des Serpents, le 2 octobre 1927, à Blois, à la Société d’Histoire naturelle de Loir-et-Cher. Nous avons essayé de démontrer que si l’Homme doit être le premier ennemi des Serpents, il n’en est pas moins vrai qu’il doit respecter les ennemis naturels des Vipères.
- Evidemment, le meilleur moyen de combattre les Serpents venimeux consiste à lés chercher pour les détruire. La chasse aux Vipères devrait être encouragée. Il faudrait relever la* prime à un taux qui fût en rapport avec la vie économique actuelle.
- Ainsi, la Direction des Services agricoles de Loir-et-Cher donnait avant la guerre une prime de 0 fr 25 par Vipère tuée. En 1926, M. le Directeur des Services agricoles a demandé que la prime soit portée à 0 fr 75 ou à un franc. Nous voulons croire que cette proposition a été acceptée et que le prix de 1 franc a été fixé. Sinon, nous faisons des vœux pour la réalisation, à bref délai, de ce projet. Ce que nous disons du Loir-et-Cher peut s’appliquer à beaucoup d’autres départements.
- Un autre point sur lequel il convient d’insister, c’est la nécessité de supprimer, autant que possible, tout ce qui peut servir d’abri aux Vipères. Que les abords des habitations soient très nets, qu’il n’y ait point de tas de broussailles dans les jardins, que les tas de bois et de javelles soient surveillés, que les haies soient entretenues. Combien voyons-nous de désordre dans certaines propriétés ! Que de terres en friches, couvertes d’herbes hautes et touffues, repaires tout indiqués des Serpents et des Rongeurs, qui rayonnent de là pour infester les lieux avoisinants! L’ordre, la propreté, le travail de la terre : voilà trois armes précieuses contre les animaux nuisibles.
- De plus, un grand nombre de Mammifères et d’Oiseaux sont nos auxiliaires bénévoles et mériteraient d’être protégés parce qu’ils recherchent les Vipères pour s’en nourrir, ou tout au moins parce qu’ils les tuent à l’occasion.
- Tout d’abord, le Hérisson, adversaire déclaré et victorieux des Vipères, devrait être attiré, voire élevé, dans les contrées infestées de Reptiles venimeux. « Le Hérisson s’accommode des nourritures les plus variées », — nous écrit Mme le Docteur Physalix — « il vient volontiers nicher dans les habita-« tions rurales ou dans leurs dépendances, et les mères nour-« rices apprécient la bonne assiette de soupe qu’on met le « soir à leur portée. » En ayant soin de garantir les poulaillers contre les entreprises du Hérisson, il nous semble
- que l’on pourrait tirer parti des qualités de cet animal très intelligent, avisé et doué de mémoire.
- Le Hérisson jouit d’une immunité naturelle contre le venin de Vipère, et aussi contre d’autres venins, contre des toxines. D’après les expériences de MM. Physalix et Bertrand, le Hérisson résiste à l’inoculation de quantités assez fortes de venin de Vipère^ Le sang du Hérisson normal est toxique: chauffé à 58°, il devient antitoxique. La résistance du Hérisson paraît due à la présence dans son sang de substances antitoxiques. II doit en être de même pour d’autres animaux qui résistent aux morsures venimeuses.
- On a vu un Hérisson femelle, qui allaitait ses petits, tuer et manger une Vipère de grande taille sans en être nullement incommodé, non plus que ses petits.
- Nanti du formidable appétit des Insectivores, le Hérisson dévore tout ce qu'il trouve, il détruit les œjfs et les petits des Oiseaux humicoles ; mais outre les Vipères, il mange des Insectes, des Mollusques, des Vers. Il rend trop de services pour être classé comme nuisible.
- Le Blaireau, lui aussi, mange, avec une pareille gloutonnerie, des Vipères, des Rongeurs, de gros Insectes.
- Un autre Carnassier qui détruit des Serpents et des Rongeurs, sans que jamais ou veuille le reconnaître, c’est le Renard.
- De même, tous les Mustélidés font la guerre aux Serpents, au hasard des rencontres.
- Aussi c’est à tort que l’on s’efforce d’exterminer les petits Carnassiers, il suffirait de s’opposer à leur excessive multiplication.
- Contre les Vipères, nous avons encore des alliés parmi les animaux domestiques. Le Porc et le Chat, par exemple, attaquent et mangent les Serpents venimeux.
- Le Porc est protégé contre l’envenimation par son épaisse couche de graisse. Quant au Chat, la morsure de Vipère ne détermine chez lui que des accidents d’iuflammation locaux.
- L’immunité du Chat nous entraîne à faire observer que la résistance au venin est plus grande chez les petites espèces que chez les gros animaux. Relativement à un même poids, il faut une plus forte dose de venin pour tuer les petites espèces que les grosses. Entre parenthèses, citons l’immunité du Lérot, fort remarquable puisqu’il « résiste à une morsure capable de tuer un Cheval ou un Bœuf ». Et l’on se demande pourquoi des substances antitoxiques existent dans le sang du petit Rongeur amateur des plus beaux fruits de nos vergers et friand des œufs de nos meilleurs auxiliaires ailés !
- C’est à dessein que nous ne parlons pas des Oiseaux ennemis des Vipères, car ils sont nombreux, et ils nécessiteraient une étude particulière qui dépasserait le cadre de celte note.
- Mais nous tenons à répondre ici à M. J. B., de Paris, et à M. D., de Vesoul, qui ont écrit à La Nature pour demander des renseignements sur la Coronelle dont M. le Dr C. Week a parlé dans le N° 2770.
- Il s’agit simplement de la Coronelle lisse, Coronella aus-triaca Laurenti ou Coluber lævis Lacépède, que nous avons décrite dans notre article sur « Les Serpents qui ressemblent aux Vipères ». (N° 2675).
- De petite taille, puisqu’elle dépasse rarement 0 m 60 de longueur, la Couleuvre lisse est moins svelte, elle a la démarche moins rapide que les autres Couleuvres ; son coloris variable, souvent roussâtre, les lignes noires qui rayent le dessus de sa tête, enfin l’allure menaçante qu’elle
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- prend quand elle se croit en danger, la font souvent confondre avec la Vipère Bérus. Elle se tient de préférence dans les lieux secs, dans les endroits pierreux, sous les broussailles.
- Comme toutes les Coronelles, la C. lisse est volontiers ophiophage; elle mange probablement des Vipères, quoique sans les rechercher. Mais on ne peut songer à favoriser la multiplication des Coronelles qui sont plutôt nuisibles, par ailleurs, car elles se nourrissent principalement de Reptiles utiles : Orvets et Lézards ; elles mangent aussi de jeunes Oiseaux au nid. Enfin, la Coronelle ne s’élève pas facilement.
- Il est à remarquer que seule des Couleuvres de France, la Coronella austriaca est ovovivipare. Tout de suite après la sortie de l’œuf du corps de la mère, le nouveau-né déchire l’enveloppe extrêmement mince de sa prison; quelquefois même l’œuf éclate dans le sein de la mère. En France, nous avons une autre espèce de Coronelle, la C. Bordelaise, Coronella girundica Daudin, qui habite le midi de la France. Son
- habit roux la fait prendre pour une Vipère rouge. Elle est d’un caractère très doux.
- Les Coronelles sont intelligentes et capables de s’apprivoiser. M. Rollinat a élevé plusieurs de ces Couleuvres qui s’enroulaient autour de ses doigts, se laissaient caresser, et mangeaient dans sa main.
- A l’examen, les Coronelles présentent une petite tête peu distincte du cou, un corps long, cylindrique, une queue conique de longueur moyenne, des écailles lisses. La pupille est ronde.
- En somme, les Coronelles sont des Reptiles intéressants, et sans souhaiter leur trop grande propagation, on peut regretter qu’elles soient prises pour des Vipères et massacrées comme telles.
- Au nombre des espèces étrangères, on cite la Coronella getula qui jouit de l'immunité contre le venin des Crotales.
- Alex. Feuillée-Billot.
- E LA TOURBE EN PICARDIE E INVENTION DU GRAND LOUCHET
- Vers 1720, Jean Pagès, un bourgeois d’Amiens qui a laissé des Manuscrits très précieux pour les historiens locaux, notait :
- « L’usage de tourbes à brûler est fort incommode par son odeur forte et puante aux personnes qui n’y sont pas accoutumées; les gens les moins aisés et quelques bourgeois même assez riches ne laissent pas d’en brûler, parce que le bois est très cher en Picardie.
- (c Avant l’usage presque général du charbon de terre à Amiens, la tourbe était le combustible de presque tous les foyers des usines dé cette ville et des environs. Aussi l’atmosphère imprégnée des fumées, des vapeurs nauséabondes de la tourbe, de cette odeur si désagréable pour ceux qui n’y sont pas habitués, aux étrangers surtout, portait ces émanations à deux et cinq lieues de rayon d’alentour. Un habitant de Roye, où l’on ne brûle que du bois, disait qu’il commençait à sentir Amiens dès Domart-sur~la-Luce et qu’en descendant la côte du bois de Gentelles, à 15 km de cette ville, il entrait entièrement dans l’air épais et à l’odeur sul-furo-tourbeuse qui annonçait qu’il en approchait.
- « Ce fait vérifié s’est trouvé exact. Amiens n’a plus cet inconvénient qui le rendait quelquefois le sujet des critiques des étrangers. Comme le fait si aigrement remarquer un Anglais, voyageur qui y vint en 1761, dans ses pérégrinations de touriste flâneur, il ne trouvait rien de bien sous sa plume et, dans sa cervelle albionaise, critiquant tout, et ne voyant rien de beau que son pays de brouillards et de pluies presque continuelles, et rien de comparable à sa nation et à ses compatriotes, sentiment fort honorable sans doute, qui est trop rare chez les Français, trop commun et trop exclusif chez les Anglais. »
- A la fin du xviii0 siècle, l’Inspecteur des manufactures en résidence à Amiens, Roland de la Piatière, le futur ministre Girondin, le mari de la célèbre Mme Roland, affirmait la généralisation de l'emploi de la tourbe dans un traité ex professo : L’art du tourbier.
- Roland constatait combien rudimentaire, archaïque était le procédé d’extraction de la tourbe malgré l’effort qu’on avait fait pour l’améliorer (trinqueballes, machine Bellery pour tirer a à fond »). Appareils trop compliqués, trop
- savants. La très simple invention d’un paysan picard allait révolutionner l’industrie des tourbières.
- L’extraction de la tourbe se faisait de tout temps au petit louchet ou bêche à aileron : avec cet instrument on ne pouvait exploiter utilement que des bancs de tourbes d’un demi-mètre environ d’épaisseur ou deux, pointes de 0 m 27 de longueur chacune au-dessous du niveau de l’eau; le reste du banc, c’est-à-dire la partie la plus importante, était perdu ou bien il fallait préalablement assécher par des machines le terrain tourbeux, ce qui est fort dispendieux. Un ouvrier extracteur de tourbe nommé « Eloi Morel », de Thézy-Glimont (près d’Amiens), frappé de l’imperfection d’un outil avec lequel on ne pouvait extraire que le septième ou le huitième et quelquefois moins encore de la quantité de tourbe déposée dans le sein des eaux, inventa, en « mai 1786, le grand louchet », tel ou à peu près, pour la forme, que nous le connaissons aujourd’hui.
- Cet homme intelligent étant occupé à tirer de la tourbe dans une prairie submergée de la vallée d’Àvre, au lieu dit Pavry, commune de Thézy, conçut l’heureuse idée d’essayer d’extraire à la fois, avec le petit louchet dont il se servait alors, un bloc de tourbe d’abord de 2 pointes, ensuite de 8 pointes, enfin de 4 pointes (1 m 08) de longueur. Il réussit parfaitement à détacher de la masse tourbeuse ses blocs, mais il éprouva, comme on le conçoit aisément, les plus grandes difficultés pour les maintenir en équilibre sur son outil et par suite pour les sortir du fond de l’eau où ils retombaient presque toujours. Pour remédier à ce grave inconvénient, il fixa d’abord à son outil une latte, ensuite deux lattes parallèles qui maintinrent assez bien les blocs pour qu’il pût les sortir de l’eau. Fier et heureux de son succès, il courut à Gentelles où il commanda à son maréchal de construire un grand louchet où les lattes étaient remplacées par des tringles en fer qui permettaient à l’outil de pénétrer plus facilement dans la tourbe. — La construction de cet outil, qui a reçu peu de perfectionnements, mais que l’on manœuvre avec plus d’habileté, permet de tirer sous l’eau de la tourbe jusqu’à 7 m de profondeur, c’est-à-dire douze fois plus avant qu’on ne pouvait le faire avec l’ancien instrument.
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- J 79
- En 1841, le petit-fils de l’inventeur, Jean-François Morel, membre du Conseil municipal de la commune de Thézy, donna au baron Siméon, alors préfet de la Somme, le premier grand louchet qui a servi à l’extraction de la tourbe; ce fonctionnaire fit déposer l'instrument aux Archives départementales et le Conseil général voulant perpétuer la mémoire des services immenses rendus au pays par cette découverte a, à l’unanimité, voté, dans une séance du 29 août 1841, une somme de 1000 francs destinée à contribuer à l’érection d’un monument au sieur Eloy Morel dans le village de Thézy-Glimont.
- M. Siméon, préfet, proposa cette inscription :
- A Eloy Morel,
- Inventeur du grand louchet.
- Sa découverte
- a augmenté l'aisance des populations agricoles en faisant baisser le prix de la tourbe et a enrichi les propriétaires en décuplant la valeur des terrains tourbeux.
- 1186.
- V. Brandicourt,
- Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- LA CINÉMATOGRAPHIE D'AMATEUR
- LE TIRAGE DES COPIES
- QUELQUES CONSEILS PRÉLIMINAIRES
- Dans une précédente étude (l), j’ai examiné le principe et la pratique d’un développement rationnel assurant le maximum de succès dans le traitement des films par l’amateur.
- Avant d’aborder le sujet qu’annonce le titre de cet article, je' vais donner quelques conseils pratiques relatifs au traite-
- 1. Voir La Nature, n° 2801.
- Fig. 2.
- A, cotes de découpage^ du collier de fixation de la boîte de lumière.
- B, vis de serrage à bouton moletté. C, collier terminé prêt à être fixé. D, montage du collier sur le fond de la boîte perforée d’un
- orifice D pour le passage des rayons lumineux.
- Fig. 1.
- Les accessoires nécessaires à la transformation du projecteur en tireuse.
- A, boite de lumière se fixant par le collier sur le pare-lumière.
- B, couvercle de la boîte A maintenant l’ampoule opaline de 50 watts. D, potence à axe dont la joue J est mobile pour laisser
- passer la galette de film vierge.
- ment du film en général. L’inobservation de ces remarques aboutit à des échecs totaux ou partiels irréparables.
- Avant tout, l’opérateur doit absolument modérer une impatience peut-être compréhensible, mais sûrement néfaste. Les divers traitements doivent être menés sans hésitation, avec calme, et jusqu’à ce que l’effet de chacun soit total.
- Pour le développement, si on emploie la méthode rationnelle en deux bains que je préconise, lorsque les contours sont apparus et que le film se trouve dans le bain concentré, après avoir agité le châssis pour chasser les bulles d’air, il faut le laisser absolument tranquille pendant le temps que le séjour dans le premier bain a déterminé. Si l’on opère de la manière ordinaire, éviter de sortir le châssis du liquide. Quand on veut suivre la venue des images, le faire aussi rapidement que possible, car chaque perforation retient par capillarité une goutte de bain. Cette goutte provoque un développement plus poussé dans cette région, il en résulte sur le film terminé une bande plus claire de la largeur des perforations, ce qui est d’un effet fâcheux à l’écran. Si l’on désire faire un examen prolongé de la bande, il suffit de
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- plonger le châssis en l’agitant dans une grande curette pleine d’eau placée à proximité de l’opérateur.
- Le développement se trouve ainsi arrêté et on peut examiner le film à loisir.
- J’en arrive au point le plus important : le lavage qui suit le développement.
- Le bain de révélateur, par oxydation, donne une matière colorante brun rouge insoluble dans l’eau. Un film mal débarrassé du bain de développement se colore en jaune et reste jaune ou taché en jaune quoi Fig. 3. qu’on y fasse.
- Mode de fixation de la. poterne qui recevra'. - Cette teinte, si elle la galette du film vierge. est faible, passe ina-
- perçue à la projection. Mais il ne faut pas oublier qu’une bonne partie des rayons lumineux sont absorbés par la coloration du film, et un film n’est jamais trop transparent. On s’en aperçoit à la durée des ampoules à incandescence (à ce sujet je signale qu’un objectif de projection cher est bien vite payé par l’économie de lampes qui résulte de son emploi, sans préjudice de la finesse et de la luminosité supérieures qu’il donne à la projection).
- Donc, il faut laver et laver abondammenQle film qui sort du développa teur. Lorsqu’on dispose d’eau courante, c’est facile, le lavage sera prolongé au moins un quart d’heure. Cependant, si la température de l’eau est inférieure à 10°C,
- il est bon de faire précéder le lavage sous le robinet de trois immersions successives de chacune trois minutes dans de l’eau dont la température est intermédiaire entre celle du révélateur eft celle de l’eau du robinet.
- Si l’on n’a pas d’eau courante dans la chambre noire, il faut changer le liquide de la cuve de lavage toutes les deux minutes, et cela, au moin s huit fois. Le châssis doit être agité continuellement pendant son séjour dans l’eau pour la renouveler à la surface du film et faciliter la diffusion du bain dans le liquide de lavage.
- Le film développé et convenablement lavé passe dans le bain d’inversion.
- Je disais dans mon précédent article : l'inversion, le blanchiment, le noircissement ne doivent être la cause d’aucun insuccès. Il suffit d’appliquer les prescriptions des notices. Mais il faut bien se pénétrer de cette idée que la durée de ces opérations peut varier suivant le sujet : ce [n’est pas la montre qui indique la fin de l’immersion, de la décoloration ou du noircissement, c est un examen très soigneux du film.
- Cet examen est aisé puisqu’il peut se faire à la lumière blanche, même pour l’inversion.
- Cette dernière opération demande à être particulièrement soignée : il est indispensable de s’assurer que tout l’argent réduit est bien dissous.
- Les parties du film qui doivent devenir claires seront alors bien limpides, sans voile.
- La coloration brune due à l’oxyde de manganèse ne gêne pas et l’on se rend parfaitement compte, par transparence, de la fin de l’inversion. D’ailleurs, un séjour trop prolongé dans le bain de permanganate ne peut avoir aucun inconvénient.
- Quant au blanchiment, il est utile de le pousser jusqu’à disparition totale de la couleur brune au dos du film.
- De même, un noircissement bien effectué ne doit pas laisser de teinte laiteuse dans les parties foncées à l’envers de la pellicule.
- Le dernier lavage sera suffisamment soigné et il durera au moins une demi-heure en eau courante.
- J’attire enfin l’attention du lecteur sur la nécessité d’effectuer un essorage consciencieux.
- Il est en effet recommandé de laisser la cuve se vider lentement, au moins en trente minutes.
- L’eau, se retirant peu à peu, exerce par capillarité une sorte de succion qui boit la plus grande partie du liquide retenu par la gélatine et empêche, ce qui est capital, la formation de gouttes isolées.
- Ces gouttes, en séchant sur l’émulsion, laissent des taches dues au dépôt des sels dissous dans l’eàu. C’est d’un effet désastreux à la projection.
- L’essorage terminé, le châssis sera placé à l’abri des poussières ,pour le séchage.
- Il ne faut, naturellement, sous aucun prétexte, dérouler la bande avant séchage complet.
- En somme, tout le succès réside dans ces deux mots qu’on ne saurait assez répéter au cinégraphiste amateur : soin et surtout patience.
- LE TIRAGE DES COPIES
- Le gros avantage du film inversible en positif réside, pour l’amateur, dans la possibilité d’obtenir une épreuve prête à être projetée avec une seule pellicule. Point n’est besoin, en effet, de tirer un négatif, puis d’exécuter un ou plusieurs positifs nécessitant chacun un traitement spécial et surtout la dépense d’une bande supplémentaire. L’inversion, si elle satisfait d’une façon générale, comporte quelques inconvénients.
- Nous avons vu dans l’article précédent que la qualité du contre-type dépend étroitement de la qualité de la prise de vue : seul un film parfait donne un bon positif inversé.
- Par contre, si l’on tire des positifs d'après un négatif, celui-ci peut être imparfait, mais donner cependant un bon positif par un tirage approprié. Enfin les contre-types ont
- Fig. 4.
- Entre le cadre presseur et le condensateur est glissé le carton noirci qui empêche la réflexion de la lumière par la lentille.
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- rarement la douceur et la transparence des positifs obtenus par tirage.
- J’espère avoir l’occasion d’entretenir mes lecteurs du développement en négatif et du tirage des positifs. Aujourd’hui, nous nous occuperons de l’exécution de copies de films positifs.
- La pellicule, support des films d’amateur, est constituée par un acétate de cellulose ininflammable, ce qui est un gros avantage sur la bande en celluloïd encore en usage presque général dans les grands appareils. Malheureusement, à épaisseur égale, l’acétate de cellulose est moins tenace que le celluloïd, il se coupe, se casse et se raye beaucoup plus vite. En tournant les bandes de format réduit avec soin, en évitant, lors du réembobinage, leur contact avec des parties métalliques de l’appareil, en maintenant les tiroirs où on les collectionne constamment humides à l’aide d’une boîte ouverte remplie de coton toujours mouillé, on arrive à leur faire faire un usage très prolongé. Malgré tous les soins apportés à leur conservation et à leur emploi, ces petits films si délicats perdent leur fraîcheur, leur limpidité, et ce sont justement les meilleurs souvenirs qui s’effacent les premiers parce qu’on les tourne trop souvent. Alors le besoin se fait sentir d’avoir en réserve des exemplaires intacts des bandes les mieux réussies ou de souvenirs qu’il n’est plus possible de rééditer.
- 11 ne faut pas attendre qu’un film soit perdu pour le regretter.
- Lorsqu’une bande terminée et montée en vaut la peine, il faut en faire une copie. Des maisons spécialisées se chargent de ce travail.
- Mais là comme pour le développement, l’amateur vraiment digne de ce nom veut opérer lui-même. Malheureusement, le prix d’une tireuse est très élevé.
- Nous allons voir qu’on peut très bien s’en passer et réaliser soi-même d’excellentes copies.
- C’est à l’appareil de projection que nous ferons appel pour confectionner la tireuse.
- La figure 1 donne la photographie des éléments à fabriquer pour réaliser cette transformation.
- A est une boîte quelconque en fer-blanc de dimensions telles qu’elle puisse contenir l’ampoule électrique opaline demi-watt de 50 watts qu’une douille à double bague maintient fixée au couvercle B.
- C’est un collier en cuivre qui, par serrage d’une vis molet-tée, permet de maintenir le tout fixé sur le pare-lumière du projecteur.
- La figure 2 donne le détail de découpage du collier pris dans une feuille de laiton de 1 mm d’épaisseur, de même que son mode de fixation sur le fond de la boîte percé d’un orifice convenable pour le passage des rayons lumineux.
- D est une potence à axe et à joue mobile qui reçoit le film vierge.
- On la fixe sur le couvercle du projecteur : pour cela, il suffit de dévisser l’écrou moletté de démontage du magasin supérieur, d’enfiler la potence sur l’axe de la vis et revisser 1 écrou moletté (fig. 3).
- La figure 5 montre l’ensemble de l’appareil transformé.
- Tirage d'une copie. — Pour la projection, les films se présentent le côté émulsion tourné du côté de l’écran.
- Pour le tirage d’une copie, la gélatine doit faire face à la lanterne.
- Il faut donc monter la bande à copier sur sa bobine de façon que le côté brillant de la pellicule se présente du côté de l’objectif.
- En l’enroulant, faire passer le film entre deux plis d’une
- peau de chamois ou d'un linge fin pour enlever les poussières.
- On amorce le film et on en projette une certaine longueur de façon à réaliser un cadrage parfait. Ceci fait, réenrouler la bande, la placer comme pour une nouvelle projection et fixer la boîte de lumière qu’on aura soin d’entourer d’un tissu sombre pour éviter toute fuite de lumière susceptible de voiler le film vierge.
- On glisse entre le cadre presseur et le condensateur un bristol convenablement découpé et noirci à l’encre de Chine pour empêcher une réflexion intempestive de la lumière par la lentille (fig. 4). On enlève la glace du magasin récepteur et dispose une boîte ou une corbeille exempte de poussières pour recevoir les bandes.
- En raison du sens du bobinage des films, l’enroulement ne se produirait pas ou se ferait mal.
- Tout étant ainsi préparé, faire l’obscurité^dans lajpièce, les manipulations suivantes ne devant se faire qu’en lumière rouge.
- Equiper alors la potence d’une bande vierge inversible en positif, de manière que les gélatines des deux films soient l’une contre l’autre, amorcer les deux films ensemble, fermer l’appareil, allumer la lampe placée devant l’objectif et tourner la manivelle avec une grande régularité.
- Pour un film de transparence normale, tourner à la vitesse d’environ 65 à 70 tours à la minute.
- En développant dans le révélateur habituel pendant quinze minutes à la température de 18° C, le film, après inversion et traitement complet, sera la reproduction exacte du modèle.
- Lors du montage d’une copie sur bobine, ne pas oublier que, contrairement à l’habitude, la gélatine doit se présenter à l’extérieur, et, à la projection, elle fera face au condensateur et non à l’objectif.
- En suivant scrupuleusement les indications ci-dessus, avec (toujours !) du soin et de la patience , l’amateur consciencieux pourra obtenir d’excellentes reproductions de ses films préférés.
- Gilbert-F. Pouchon,
- Ingénieur-Chimiste E. C. I. L.
- Fig. 5.
- Vue de l’appareil transformé en tireuse.
- Sur la galette de film vierge, la corbeille reçoit les deux bandes qui sortent ensemble du magasin inférieur. Sur le pare-lumière de [l’objectif : Ta boite à lumière de tirage.
- Fig. 6.
- A, film original. B, copie obtenue avec l’appareil projecteur transformé en tireuse.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La première année de photographie, par G. Schwei-tzer. 1 vol., 2ü0 p., J. de Fraocia, éditeur. Paris. Prix : 7 50.
- Get ouvrage expose avec beaucoup de clarté et uu grand talent de vulgarisation les notions scientifiques qui sont à la base de la pratique photographique : description de l’appareil photographique et éléments d’optique des lentilles permettant d’en faire comprendre le fonctionnement, ainsi que d’en apprécier les •qualités, notions très simples de chimie pour faire comprendre la nomenclature des réactifs chimiques, explicatiou des diverses manipulations photographiques, technique de l’agrandissement, etc. Le lecteur trouvera, en outre, dans tout le cours du livre, d’excellents conseils pratiques dictés par une expérience raisonnée.
- Encyclopédie de la Radio, par Michel Adam. 1 vol., 356 p., 1550 fig. Ghiron, éditeur, Paris 1928. Prix relié : 50 fr.
- La radiophonie étant entrée dans les mœurs a introduit dans le langage courant une foule de termes spéciaux et dans la pratique un grand nombre de notions scientifiques et techniques dont l’amateur doit comprendre le sens. Le dictionnaire encyclopédique de M. Adam lui en offre le moyen sous une forme commode. Dans les 1310 articles qu’il contient, on trouvera l'explication de toutes les locutions en usage, ainsi que la description de toutes les pièces, organes et montages qui peuvent intéresser l’amateur de radio. Notons que chaque mot est accompagné de sa traduction en anglais et en allemand.
- Formulaire chimique des Laboratoires modernes, biologie, hygiène, industrie, par G. Pellekin. 1 vol. in-8, 462 p., 36 fig. Le François, Paris, 1929. Prix : 50 fr.
- Les sujets traités s’appliquent à la biologie et à l’hygiène privée ou industrielle. A la biologie se rattachent principalement l’appréciation des états fonctionnels du rein et du foie par les méthodes modernes d’exploration; l’étude des réactions ioniques des humeurs de l’économie, de la réserve alcaline, de l’équilibre acido-basique du sang, au moyen des données du pH et de la tension de l’acide carbonique intra-alvéolaire : l’expression du métabolisme basal ; l’interprétation des coefficients urologiques et hématologiques, etc. A l’hygiène se rapportent l’étude des atmosphères viciées ou nocives dans les diverses industries classées, des eaux d’égouts, de la purification des eaux potables par les méthodes dites de javellisation, l’analyse des matières de nettoyage, de blanchiment, de chauffage, d’éclairage, de désinfection, etc. Pour chaque analyse sont indiquées des méthodes précises, appuyées d’exemples numériques et de calculs simplifiés.
- Méthode s etprocédés métallurgiques parM. Regnauld. 1 vol., 342 p., 107 fig., Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1929. Prix : 60 fr.
- Get ouvrage donne quelques aperçus généraux sur la métallurgie des différents métaux, mais il est surtout consacré à l’élaboration des produits ferreux : fer, fonte, acier, tous alliages : et il présente d’une façon très méthodique un tableau très complet de cette vaste industrie; il en décrit le matériel, ses conditions de fonctionnement, indique les qualités des produits et leurs divers modes de traitement; il montre comment s’établissent les bilans de la production sidérurgique, et termine en étudiant les propriétés physiques qui caractérisent les produits ferreux, ainsi que les méthodes d’analyse qui permettent de déterminer systématiquement la structure intime de ces produits.
- Machines hydrauliques, par L. Bergeron. 1 vol., 884 p., 472 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1928. Prix broché : 100 fr.
- L’ouvrage de M. Bergeron est une remarquable et très‘complète application à toutes les machines hydrauliques des théories de l’hydrodynamique démontrées par les mathématiques élémentaires et contrôlées par l’expérience.
- L’auteur a tiré de ses travaux personnels de constructeur hydraulicien une grande partie des observations qui font de son traité une source de documentation absolument unique et inédite ; mais, loin de s’en tenir aux résultats acquis dans la pratique journalière des questions d’hydraulique appliquée, il a entrepris spécialement pour son livre de nombreux et patients essais dont profiteront les lecteurs. Ges études approfondies, ainsi étayées sur l’expérience, l’ont conduit, dans nombre de cas, à de véritables découvertes, telles que : l’existence de courbes caractéristiques du fonctionnement des éjecteurs et du bélier hydraulique; l’existence d’une droite des hauteurs recueillies dans les turbines fonctionnant à vitesse constante sous chute variable; les propriétés, analogues à celles du moteur électrique série, de la
- pompe centrifuge utilisée comme propulseur, etc.... La solution d’un grand nombre de problèmes est donnée pour la première fois, par exemple sur le fonctionnement des pompes centrifuges attaquées par divers moteurs, sur les machines gyroscopiques, les pompes à émulsion, à viscosité; les oscillations des réservoirs à air et le mouvement des clapets des pompes à piston, etc. Des essais spécialement entrepris à la Ville de Paris ont fourni la matière d’un chapitre original sur les diagrammes de pompes à piston montrant comment on peut déduire de l’inspection de ces diagrammes les conditions plus ou moins satisfaisantes du fonctionnement de la pompe. Toutes les machines hydrauliques ainsi que leurs applications sont examinées, appareils à jet, béliers, turbines, hélices, pompes centrifuges, rotatives et à piston, roues à aubes, machines élévatoires, etc.
- L'émaillage industriel de l’acier et de la fonte, par
- M. Thiers. 1 vol., iv-252 p. Dunod, éditeur, Paris, 1929. Prix broché : 40 francs.
- L’ouvrage de M. Thiers apporte une documentation précise et essentiellement pratique sur la technique de l’émaillage des métaux.
- L’auteur étudie d’abord les métaux employés dans l’émaillage, puis les constituants qui entrent dans la composition des émaux, classés d’après celles de leurs propriétés que l’on utilise. Il examine ensuite les propriétés physiques des émaux, leur fusibilité, leur résistance aux variations de température, aux chocs et aux agents chimiques ; puis décrit les plus récents procédés de fabrication. Un chapitre particulièrement utile comporte l’examen détaillé des défauts de l’émail et de leurs causes. Une place importante est faite dans les chapitres suivants à l’étude des fours et des combustibles, puis aux divers procédés de décoration des objets émaillés (décalcomanie, peinture et impressions sur émail, photocéramique, etc ..). L’ouvrage est complété par de nombreuses formules et recettes, utilisables dans les divers cas qui peuvent se présenter et suivant les objets à fabriquer, ainsi que par des tables et tableaux formant aide-mémoire.
- La dernière croisière de l'amiral Von Spée de
- Hans Pochommer, capitaine de frégate, ex-commandant en second du Gueisenan. Traduit de l’allemand par le lieutenant de vaisseau Jouan. (Payot, éditeur, 106, Bd Saint-Germain).
- L’éditeur Payot publie une très belle série de volumes, pour servir à l’histoire de la guerre mondiale, particulièrement sur les mers.
- Cette dernière œuvre est un document complémentaire de la plus haute importance, Tunique ouvrage allemand, écrit par un témoin, sur les batailles navales de Coronel et des Falklands qui sont sans doute les faits les plus émouvants et parmi les plus tragiques de l’histoire navale.
- Chez le même éditeur : Histoire du blocus naval par Louis. Guichard, lieutenant de vaisseau, du service historique de la marine. Le premier livre traite dans son ensemble la question de la maîtrise des mers et le parti que les alliés en ont tiré de 1914 à 1918.
- Traité sur l'art de chasser avec le chien courant,
- par Bojsrot de Lacour, 1 vol., 184p., planches et vignettes de Carie Vernet. Librairie Cynégétique Emile Nourry. Paris, 1929. Prix : 60 francs.
- Boisrot de Lacour, lieutenant de louveterie sous le premier Empire, était non seulement un chasseur passionné, mais un homme d’un esprit judicieux et fort cultivé. A ces divers titres, il ne pouvait qu'être un excellent maître en fait de Vénerie. La première édition de son livre, publiée en 1808, avait pour ainsi dire complètement disparu; il garde cependant un vif intérêt.
- Les amateurs y trouveront tout ce qu’il est possible d’apprendre sur le chien courant, depuis la manière de le nourrir et de le soigner jusqu’à sa psychologie et son dressage. Ils y trouveront aussi tous détails sur la chasse du lièvre et sur celles du cerf, chevreuil, sanglier, renard, loup, etc....
- La chasse pratique, par Jean Reignac. 1 vol. in-8, 228 p., 80 fig., Hachette, Paris.
- Bon exposé de cet art et de cette science passionnants. L’auteur prend le chasseur par la main et le conduit pas à pas. Il lui rappelle ses droits, ses devoirs, lui enseigne le soin de son arme, de ses chiens, loi présente les diverses chasses d’ouverture, d’arrière-saison, au gibier d’eaux, aux chiens courants, au furet, au miroir, en montagne. Après avoir dit ce qu’il pense des braconniers, des bêtes puantes et des rapaces et parlé avec amour de la santé du chien, il termine par une poignée de conseils lapidaires.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
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- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTES RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LE PERFECTIONNEMENT EN T. S. F. N’EST PAS TOUJOURS SYNONYME DE SIMPLIFICATION
- Les automobiles de 1929 sont, certes, plus perfectionnées que celles de 1910, elles sont aussi beaucoup plus faciles à conduire et à entretetenir, mais on pourra constater en réfléchissant un peu que leurs mécanismes sont aussi beaucoup plus complexes.
- Une automobile moderne avec son tableau de bord aux multiples appareils de mesures, son moteur électrique de démarrage, sa dynamo d’éclairage, ses batteries, tous ses organes de graissage, d'alimentation et de freinage multiples, et compliqués, est une véritable petite usine thermique et électrique mobile.
- De même, on peut remarquer que le poste moderne de T. S. F., par exemple un appareil à changement de fréquence, est très facile à régler et généralement à entretenir, mais qu’il est beaucoup plus complexe qu’ùn poste primitif de 1922,
- à liaison à résistance capacité, par exemple.
- Et ce n’est pas seulement le montage du poste en lui-même qui est devenu plus compliqué, le nombre et la diversité de tous les accessoires des postes récepteurs ont augmenté sensiblement. Il n’existait par exemple,en 1922, qu’un seul type de lampe de réception , et l’on employait généralement la mê-
- récepteur idéal; ces prévisions n’ont, bien entendu, qu’une valeur relative puisqu'il est toujours possible qu’un progrès
- Disposition schématique d’un poste récepteur radiophonique ultramoderne.
- décisif et inattendu transforme complètement la technique de la construction.
- Quoi qu’il en soit, il ne semble pas probable que les montages à changements de fréquence puissent être abandonnés de sitôt en France, car tous les auditeurs ont pu apprécier assez longtemps leurs qualités remarquables de simplicité de réglage, de sensibilité, de sélectivité.
- Il est, par contre, possible que leur adoption par les constructeurs soit beaucoup moins exclusive, et que l’on voie réaliser simultanément des appareils à amplification directe, sans doute à lampes à grille-écran, dès que la technique de l’emploi de celles-ci se sera affirmée. *
- L’évolution constatée jusqu’ici dans la réalisation des
- Fig. 2. — Montage debigrille chanteuse de fréquence A avec lampe oscillatrice triode séparée.
- me tension-plaque pour toutes les lampes du poste.
- Nous avons maintenant des lampes spéciales presque pour chaque étage de l’appareil, lampe changeuse de fréquence, lampe haute fréquence ou moyenne fréquence, détectrice, première basse fréquence, dernière basse fréquence, lampe pour alimentation directe sur alternatif, etc., etc.
- Il faut prévoir une tension-plaque spéciale pour la lampe changeuse de fréquence, très souvent une tension séparée pour les lampes basse fréquence et détectrice, et enfin l’emploi d’une tension négative de polarisation grille pour les lampes basse fréquence est presque devenu nécessité.
- Il est donc indéniable que les perfectionnements des postes récepteurs se sont traduits par une augmentation de leur complexité et non par une simplification, mais c’est une loi industrielle, contre laquelle on ne peut lutter.
- LE POSTE RÉCEPTEUR DE L’AVENIR
- On peut se demander, en se basant sur les tendances actuelles de la radiotechnique, quelle sera la forme dans un avenir prochain du poste
- Fig. 3. — Montage à changement de fréquence par lampe bigrille A avec oscillatrice séparée triode B.
- 1 et 2. condensateurs variables 1/1000. f. —J 3, hétérodyne. — 4, filtre accordé. — 5, transfo. moyenne fréquence accordés. — 6, transfo. basse fréquence rapport 1/2. — 7, transfo basse fréquence 1/1. — 8 et 9, condensateurs fixes (2/1000 f ). — 10, condensateur fixe : 5/1000 f. — 11, condensateur fixe 1 f. — 1*2, condensateur sbunté : résistance 2 mégohms ; capacité 0,5/1000. — 13, Jack à 4 lames. — 14, Jack à 2 lames. — 15, résistance fixe (500 ohms). — 16, résistance fixe (1 ohm). — 17, résistance variable 0 à 40 ohms. — 18, interrupteur tripolaire.
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- étages basse fréquence ne peut' que s’accentuer, et il est probable que les constructeurs tenteront de réaliser des
- montages basse fréquence très bien étudiés avec des lampes de puissance à grande tension plaque conjuguées avec des haut-parleurs électro-magnétiques puissants, des diffuseurs électrodynamiques. en attendant l’apparition des appareils électrostatiques.
- De tels montages basse fréquence permettent fort bien, non seulement une excellente audition radiophonique, mais encore une bonne reproduction phonographique et leur alimentation complète sur courant alternatif est très facile.
- Le poste idéal, dans un avenir rapproché, sera donc sans doute formé, d’une part, d’un poste récepteur radiophonique à changement de fréquence ou à amplification directe, et à réglage plus ou moins automatique avec petite batterie d’alimentation rechargée automatiquement et, d’autre part, d’un ensemble amplificateur basse fréquence à grande puissance alimenté par le courant alternatif d’un secteur.
- Cet amplificateur basse fréquence servira à obtenir à volonté une audition radiophonique ou phonographique, il pourra même être utilisé pour des usages spéciaux très intéressants « Cinématographie sonore d’amateurs ou amplification microphonique par exemple » (fig. 1).
- UN MONTAGE A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE A LAMPE OSCILLATRICE SÉPARÉE
- Nous avons étudié dans ces chroniques de nombreux montages changeur de fréquence à lampes triodes du type à hétérodyne séparée outropadyne, à lampe bigrille, et'enfin à lampe trigrille.
- Dans ces derniers montages, la même lampe joue deux et parfois même trois rôles différents, puisqu’elle est à la fois modulatrice, amplificatrice, et détectrice.
- On réalise, avec de tels dispositifs, des appareils comportant le nombre de lampes le plus réduit possible, et possédant cependant une sensibilité maxima.
- Certains techniciens préconisent pourtant, maintenant, non plus de faire jouer à la même lampe plusieurs rôles différents, mais d’employer plusieurs lampes différentes comme on le faisait dans les montages primitifs. Ils prétendent, en effet, qu’on obtient ainsi une audition beaucoup plus pure et une atténuation du « bruit de fond » souvent si désagréable dans les montages à changement de fréquence sensibles.
- Un des montages modernes les plus simples, indiqué par un des plus savants ra-diotechniciens, comporte une lampe bigrille (A) dont la grille intérieure est reliée à la grille d’une lampe triode (B) ordinaire montée en hétérodyne (fig. 2). Ce montage ne modifie en rien évidemment la disposition des autres étages d’un poste récepteur à changements de fréquences comme le montre le schéma de la figure 3.
- On obtiendrait ainsi, outre les qualités de pureté indiquées plus haut, un fonctionnement d’une régularité excellente sur toute la gamme 200 à 8000 m. sans avoir à sélectionner particulièrement la lampe bigrille employée.
- Ce montage s’appliquerait même fort bien à la réception des émissions sur ondes très courtes, et on a réalisé ainsi un bloc changeur de fréquence s’adaptant à n’importe quel poste ordinaire à changement de fréquence et permettant de le transformer pour la réception des ondes très courtes entre 15 et 100 m de longueur.
- LA POLARISATION DE GRILLES. COMMENT L'OBTENIR SANS L'AIDE DE PILES?
- Pour le bon fonctionnement des postes récepteurs de T. S. F., il est essentiel d’appliquer aux grilles des différentes lampes un potentiel moyen bien défini.
- Il ne suffit pas, en effet, d’employer des lampes spéciales pour chacun des étages du poste, il faut encore se rendre compte que le fonctionnement des lampes change beaucoup suivant le potentiel appliqué à leurs grilles.
- Le point de fonctionnement se déplace sur la caractéristique suivant le potentiel et se trouve donc tantôt sur la partie droite, tantôt sur la partie courbe.
- On sait qu'il est généralement inutile avec les lampes actuelles (sauf dans quelques lampes multiples) d’utiliser une pile de polarisation séparée pour les étages d’amplification haute fréquence. On détermine simplement le potentiel des grilles en les reliant le plus souvent au curseur d’un potentiomètre connecté sur les bornes de la batterie de chauffage.
- En cas d’accrochage provoqué par des effets de rétroaction dus aux connexions ou capacités internes des lampes on ramène, comme on le sait, le curseur de ce potentiomètre vers l’extrémité -f- 4 volts (fig. 4).
- On sait, d’autre part, que dans le montage classique de la lampe détectrice à condensateur shunté, le retour de la résistance de fuite doit être fait à un potentiel positif, ou bien la grille elle-même doit être connectée à l’extrémité positive du filament (fig. 5).
- C’est uniquement lorsqu’on voudrait obtenir un effet de rétroaction plus accentué qu’il y aurait lieu de réunir la résistance de grille ou le retour de grille au curseur d’un potentiomètre (fig. 6).
- Mais c’est encore dans les montages à basse fréquence que la polarisation de grille doit être effectuée le plus soigneusement.
- Il ne suffit pas, en effet, de brancher le retour de grille, c’est-à-dire généralement l’extrémité du secondaire du transformateur de liaison, à l’extrémité négative du filament; il est encore nécessaire de rendre le potentiel moyen de la grille sensiblement inférieur au potentiel pris pour origine, c’est-à-dire au potentiel négatif du filament.
- En effet, supposons par exemple que l’amplitude maxima des oscillations appliquée à la lampe basse fréquence dépasse une dizaine de volts, le potentiel moyen de cette grille variera depuis une tension négative inférieure de 10 volts à ce potentiel moyen jusqu’à une tension supérieure de 10 volts à ce même potentiel moyen.
- Il ne faut pas que, pour ces deux valeurs extrêmes, le point de fonctionnement dépasse la partie droite de la caractéristique de la lampe, ou que la grille devienne positive par rapport au filament; à ce moment, en effet, une partie de l’émission électronique du filament aboutit à la grille, et il se produit un courant de sens contraire dirigé de la grille vers le filament.
- Emploi d’un, potentio-
- mètre P pour fixer le potentiel des lampes amplificatrices haute et moyenne fréquence.
- Fig. 5 — Montage de lampe détectrice à condensateur shunté.
- a) le retour de la grille se fait à l’extrémité positive du filament;
- b) la résistance de fuite est connectée à l’extrémité positive
- du filament.
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- Ce courant, bien que très faible, et de l’ordre du microampère, charge l’enroulement secondaire du transformateur basse fréquence et produit une distorsion très importante, d’autant plus accentuée que l’on emploie des lampes de puissance à forte tension-plaque.
- Pour abaisser le potentiel moyen de la grille, on ne saurait songer à employer un potentiomètre branché sur une batterie d’alimentation puisqu’on n’obtiendrait qu’une valeur positive plus élevée que celle du pôle négatif du filament pris pour origine.
- Une première solution consiste donc à utiliser des piles spéciales de polarisation dont le pôle positif doit être relié au pôle négatif de la batterie de chauffage, ce qui revient simplement à augmenter la valeur de l’ensemble de la batterie de chauffage et de tension-plaque (fig. 7).
- Cependant, au lieu d’utiliser ces piles, il est possible, lorsqu’on emploie un bloc d’alimentation sur le secteur alternatif, de modifier un peu le montage pour obtenir les tensions négatives nécessaires.
- Nous indiquons ainsi le schéma d’un tableau d’alimentation plaque à grande puissance réalisé avec deux valves de 30 watts, (fig. 8).
- Pour obtenir deux tensions de polarisation, on a simplement intercalé dans le fil de retour deux potentiomètres de 400 ohms Pt et P2 mis en série; trois condensateurs C4, Cs
- et C9 de deux microfarads laissent passage aux courants de haute fréquence.
- Les tensions de polarisation obtenues dépendent évidemment de l’intensité du courant redressé qui traverse les enroulements des potentiomètres.
- Lorsque cette intensité est de 60 milliampères, la tension utilisable à la borne G, variera entre — 24 et—4 volts et la tension à la borne G2 entre zéro et — 24 volts.
- On voit ainsi qu’on obtient très facilement par ce montage simple toutes les tensions nécessaires pour les usages courants.
- LES POSTES MODERNES A ALIMENTATION COMPLETE PAR LE SECTEUR ALTERNATIF
- Nous avons décrit plusieurs fois des modèles de boîtes d’alimentation sur secteur alternatif permettant d'assurer le chauffage des filaments des lampes et leur tension de plaque à l’aide du courant alternatif d’un secteur redressé et filtré.
- L’apparition récente en France de lampes de réception à chauffage indirect, c’est-à-dire de lampes dont les filaments séparés ou non de la cathode peuvent être alimentés directement par le courant alternatif, sans l’aide d’un appareil de redressement ou de filtrage, simplifie encore souvent le problème d’alimentation des postes par le courant d’un secteur.
- On peut donc utiliser dès maintenant en France des appareils récepteurs montés avec des lampes de ce genre, et dont les organes d’alimentation sont contenus dans la boîte même du poste, ce qui forme ainsi un ensemble compact et homogène vraiment très pratique pour l’usager, puisqu’il suffit de le relier à une prise de courant, à une prise de terre, et à une petite antenne pour obtenir l’audition de nombreux radio-concerts avec un réglage simple.
- ______ Pile
- polanisafrice
- Fig. 7. — Emploi d'une pile de polarisation pour abaisser le potentiel moyen de grille d’une lampe basse fréquence.
- Î85
- Un de ces postes comporte ainsi une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence à liaison par résistance capacité (fig. 9).
- Les lampes employées sont du type radio réseau avec filament à prise médiane alimentées sous très faible voltage.
- Le coffret contenant les organes du poste de réception, c’est-à-dire le condensateur d’accord avec ses bobinages commandés par un commutateur, comprend Pour régler l effet de
- aussi le transformateur d'ali- réiroaction darls une lamPe dét*c~
- mentation qui permet le , „ , , , ,
- i « ,. , , a) effectuer le retour de grille, ou
- chauffage direct des lampes b) connecteP la résistance de fuite
- et une valve thermoionique au curseur d’un potentiomètre P. avec son circuit de filtrage pour la tension de plaque.
- Un petit condensateur O, de 0,2 millièmes de microfarad permet d’obtenir un effet de réaction électrostatique, et l’on remarquera que les résistances de plaques ont une valeur assez grande, les tensions-plaque étant elles-mêmes relativement fortes.
- L’aspect extérieur de l’appareil est très simple, puisque le panneau avant ne comporte que le condensateur d’accord de 0,6 millièmes à gauche, le condensateur de réaction à droite et le bouton central du bobinage d’accords. Le récepteur est, d’ailleurs, présenté dans un coffret entièrement en métal, ce qui le met à l’abri de toute induction nuisible.
- Un autre appareil du même genre, mais encore plus récent, comprend une lampe haute fréquence, une lampe détectrice, et une lampe basse fréquence.
- La lampe haute fréquence est du type à grille-écran à chauffage indirect de la cathode, la lampe détectrice est g _ Tableau d’alimenta-également à chauffage indirect, tion, plaque à grande puissance mais la lampe basse fréquence avec dispositif de polarisation à grille-écran peut être du type grille (type Ferrix-Aisberg).
- ordinaire (fig. 10).
- La première lampe à grille-écran est montée avec liaison à résonance, ce qui assure une assez grande sélectivité, et permet une bonne amplification grâce au grand coefficient d’amplification de ce type de lampe; de même la lampe basse fréquence alimentée sous forte tension-plaque et à grand coefficient d’amplification permet d’obtenir une audition presque aussiintense qu’avec deux lampes basse fréquence ordinaires.
- La lampe à grille-écran est, d’ailleurs, chauffée en courant alternatif sous tension de 1 volt seulement. La première grille de la lampe basse fréquence est reliée de la manière ordinaire au transformateur qui sert de liaison avec la lampe détectrice, la seconde est montée comme une plaque, elle est réunie au pôle positif de la batterie haute tension (120 volts
- C, C2 C3, condensateur à 4f.< C4C5 CP)C7 Cs C9, condensateurs à 2 f. ; Rt Ro R-, résistance de 3000, 5000, 15 000 ohms.
- 130 v II0V
- Æ(L^eaaG.(LQae.èîi
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- Potentiomètre ( WjOohms)
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- J 86
- Secteur
- Haut-pari
- Transfo.
- 400v.
- Plan des connexions du poste Radiola S. F. R. 34 à alimentation directe par le secteur; plateau vu par-dessus. A, détectrice; B, G, lampes basse fréquence; V, valve pour la tension plaque.
- au minimum) ; la troisième enfin sert d’écran et elle est réunie à l’intérieur de la lampe au pôle négatif de la batterie de chauffage. La plaque est évidemment connectée au haut-parleur.
- La polarisation négative doit être d’environ 12 volts.
- Un tel poste se caractérise donc à la fois par ses qualités techniques et par la grande simplicité avec laquelle il peut être alimenté, puisqu’il suffit d'introduire sa fiche dans une prise de courant quelconque pour mettre l’appareil en fonctionnement comme un appareil d’éclairage ordinaire.
- Les seuls organes de réglage consistent en un commutateur central à levier, des bobinages d’accords et de résonance et deux boutons latéraux commandant les condensateurs d’accords et de résonance avec cadrans de repère très faciles à lire (fig. 11).
- Un dispositif de sécurité coupe automatiquement toutes les tensions lorsqu’on ouvre l’appareil. Ce dernier est, d’ailleurs, contenu avec tous ses organes d’alimentation dans un coffret entièrement métallique qui le met à l’abri de toute induction et le protège mécaniquement contre les chocs.
- On voit donc qu’il existe maintenant des appareils vraiment pratiques pouvant être alimentés directement par le courant alternatif d’un secteur avec de très bons résultats, pourvu qu’il n'y ait pas de conditions locales particulièrement défavorables (ascenseur, moteur, installation radiologique ou de tubes au Néon, etc.,).
- De plus, on doit constater que ces postes n’ont pas une sensibilité suffisante pour recevoir sur cadre les concerts
- provenant de stations très éloignées, et que, surtout, leur sélectivité n’est pas assez grande pour permettre l’élimination d’émissions provenant de postes rapprochés, ce qui est gênant dans les grandes villes.
- Tels qu’ils sont, ces postes conviennent cependant fort bien pour la réception des émissions locales dans les grandes
- Fig. 10. — Poste à 3 lampes avec étages haute fréquence et basse fréquence munis d’une lampe à grille écran.
- Schéma analogue si les filaments sont chauffés indirectement par le courant alternatif d’un secteur.
- Réaction
- -O + '£
- g choc
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- villes, ou pour la réception sur antenne en province.
- Nul doute, d’ailleurs, que les constructeurs français n’arrivent prochainement à réaliser des postes du même genre à étages d’amplification haute fréquence multiples ou même à changements de fréquence qui permettront la réception sur cadre et avec une excellente sélectivité.
- UN POSTE A TROIS LAMPES TRÈS MODERNE
- Nous venons de décrire sommairement un montage à trois lampes alimenté directement par le courant d’un secteur, et comportant une lampe haute fréquence et une lampe basse fréquence à grille écran.
- Tout amateur peut réaliser lui-même un montage du même genre, très simple, d’ailleurs, puisque peu complexe, et dont l’étude sera pour lui fort intéressante.
- Nous indiquons sur la figure 12 le schéma d’un tel montage.
- La première lampe est une lampe haute fréquence à grille écran type Métal, écran Philips A 442, ou Radiotechnique R80. La deuxième lampe est une lampe détectrice type A 415 Philips, par exemple, c 9 Fotos, et, enfin, la troisième lampe basse fréquence est à grille écran type B 443 Philips[ou R 79 Radiotechnique.
- La lampe haute fréquence à grille écran à facteur d’amplification extrêmement élevé et à résistance intense également très grande a une plaque reliée généralement à une borne placée au sommet de l’ampoule. La grille auxiliaire formant écran est connectée à la broche correspondant normalement à la plaque, elle est portée à un potentiel positif fixe, généralement de la moitié de la tension anodique.
- La plaque est disposée de façon qu’aucune influence électrostatique de la grille intérieure ou du filament ne puisse s’exercer sur elle.
- Un écran métallique qui prolongera dans le poste l’écran
- Fig. 11. — Disposition générale d’un poste récepteur Philips à alimentation totale par le secteur, établi suivant le schéma de la fig. 10.
- placé à l’intérieur de la lampe augmentera encore l’efficacité du dispositif.
- On peut aussi introduire les lampes dans un collier métallique qui épouse exactement leurs formes.
- La tension de la plaque de la lampe à grille écran sera de l’ordre de 150 volts et on peut régler les tensions-plaque des autres lampes au moyen de résistances bobinées ou au graphite, shuntées par des condensateurs de quelques micro-farads. Les bobinages haute fréquence seront choisis avec le plus grand soin et l’on remarquera que le dispositif de réaction utilisé est un peu spécial, avec réaction mixte à la fois électrostatique et électromagnétique en dérivation. '
- Le montage d’accord, enfin, est très simple, et du type Bourne bien connu à primaire dit apériodique.
- Ce montage est évidemment un peu plus complexe qu’un dispositif ordinaire du même genre à lampes triodes et il est également plus coûteux, étant donné le prix actuel des lampes à grille écran et les tensions de plaques assez élevées, qui sont nécessaires si l’on veut obtenir des résultats vraiment intéressants.
- Mais le montage en lui-même n’est pas fort complexe, et il est évidemment possible d’en rechercher des variantes.
- P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DECRITS
- Montage pour changement de fréquence avec lampe triode séparée. Société des téléphones Ericssen, boulevard d Achères à Colombes (Seine).
- Postes alimentés directement par le courant alternatif d’un secteur. Radiola, 79, boulevard Haussmann, Paris et Philips, 4, cité Paradis, Paris.
- Montages à lampes à grille écran. Etablissements Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris (XVe).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CHAMPIGNONNIÈRE D'APPARTEMENT
- Un de nos lecteurs nous communique la recette suivante :
- « Munissez-vous d’un tiroir en sapin verni intérieurement; mettez-y une couche de 0 m, 10 de bouse de vache séchée, que vous humectez d’eau légèrement salpêtrée. Tassez au pied.
- Recouvrir d’une épaisseur d’environ 5 cm de terre végétale.
- Semer du Blanc de champignons, recouvrir avec une autre couche de 3 à 5 cm de terre et bouse de vache mélangées, arroser; quel-
- ques jours après vous aurez, et ce, pendant 2 ans, de beaux champignons.
- Au bout de deux ans, démolissez le tout et recommencez, en utilisant le Blanc de champignons qui aura doublé.
- Note. — Mettre le tiroir dans un endroit sombre quelconque.
- Le Blanc de champignons s’achète au mètre carré chez les marchands de semences et grains.
- Un simple tiroir peut donner jusqu’à 500 grammes de champignon, par jour. »
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Le prochain télescope à grande puissance des États-Unis.
- Les progrès de l’Astrophysique sont intimement liés au perfectionnement des instruments d'optique. Il est évident que les grands télescopes des Etats-Unis et du Canada n’ont pas encore épuisé la série des recherches permises à leur puissance. Mais il est évident aussi que la progression des découvertes faites grâce à leur emploi tend vers une limite que l’on ne pourra bientôt plus dépasser. Pour exécuter de nouveaux bonds en avant, des instruments de plus en plus grands seront nécessaires.
- Les Américains l’ont bien compris et, après les télescopes de lm52 et de 2“57 de l’Observatoire du Mont Wilson, voici qu’ils ont formé le projet d’en construire un de 5 mètres de diamètre (exactement 5m08)!
- L’intéressante Gazette astronomique publiée par la Société d’Astronomie d’Anvers (n° 184, avril 1929) sous la signature de M. F. de Roy et Popular Astronomy (vol. XXXVII, n° 5, mai 1929) donnent de nombreux détails sur cet instrument géant, qui sera construit pour l’Institut de Technologie de Californie.
- Les plans du nouveau télescope sont activement poussés sous la direction de MM. John A. Anderson; F.-G. Pease; E.-P. Burrell et Russell-W. Porter, avec la coopération de l’Observatoire du Mont Wilson.
- En outre un Comité consultatif a été créé en vue d’aider et de conseiller ces ingénieurs. Il comprend un certain nombre de savants réputés, tels que Walter-S. Adams, directeur de l’Observatoire du Mont Wilson; F.-H. Seares, directeur adjoint du même établissement; Ch.-G. Abbott, secrétaire de la Smithsonian Institution; A.-A. Michelson, de l’Université de Chicago; le professeur H.-N. Russell, de l’Université de Princeton; R.-C. Tolman; P.-S. Epstein et I.-S, Bowen, de l’Institut de Technologie.
- Iln’estpas impossible cependant que des changements considérables soient apportés aux premiers plans jusqu’au moment de l’adoption du projet définitif. Actuellement tous les instruments qui ont été envisagés sont du type du télescope de de lm52 de l’Observatoire du Mont Wilson (tube monté à l’extrémité d’une fourche tournant suivant l’axe du monde), si bien réussi par G.-W. Ritchey, qui en a dessiné les plans et exécuté le miroir.
- Mais il ne s’agit pas seulement de construire le plus grand lélescope existant; on envisage aussi la création d’un observatoire complet consacré à l’Astrophysique. Ce nouvel établissement, comme celui du Mont Wilson, comprendra deux parties : l’Observatoire et le Laboratoire.
- Le premier — où naturellement sera monté le télescope — sera érigé dans un site de haute altitude, très favorable au point de vue de la qualité des images, soit en Californie, soit dans l’Arizona.
- Le laboratoire sera construit sur les terrains de l’Institut de Technologie de Californie, à Pasadena : il comprendra des bureaux, des laboratoires pour la mesure des clichés et pour la réduction des observations, deux ateliers d’optique et, en outre, des habitations pour le haut personnel.
- Le nouvel observatoire sera dirigé par un Conseil présidé par M. George-E. Ilale, l’ancien directeur de l Observatoire du Mont Wilson. D’importantes notabilités scientifiques feront partie de ce Conseil de direction, entre autres MM. Robert A. Millikan, Arthur-A. Noyés, Henry-M. Robinson, tous membres du Comité exécutif de l’Institut de Technologie.
- Le Conseil de l’observatoire et le comité consultatif, se basant sur l’expérience révélée par l’usage du miroir de 2m57 du Mont Wilson (très sensible aux .'variations de température qui déforment ses bords), ont décidé d’avoir cette fois recours non plus au verre ou à la glace, mais à la silice fondue pour constituer le nouveau miroir de 5m08. Des travaux préliminaires ont été entrepris à cet effet par la General Electric Company, à West Elihu, Massachusetts, sous la direction de M. Elihu Thomson. On a pu revêtir, avec succès, un disque de 0m56 de silice pure et sans bulles. A présent, on va s’attaquer à un disque bien plus grand, de lm52 de diamètre.
- Si la réussite couronne cette expérience, on entreprendra une pièce encore plus grande avant de passer au diamètre record de 5 m 08.
- M. Frank-E. Ross, de l’Observatoire Yerkes, a effectué de son côté une étude mathématique des caractéristiques optiques du nouveau télescope; cette étude l’a conduit à confirmer le choix de l’ouverture f/3,3 pour ce grand instrument.
- La longueur focale en résultant sera de 5 m 08 X 3,3, soit 16 m 77.
- Pour le travail spectrographique on a adopté une combinaison Cassegrain, de rapport focal f/10 donnant un champ net de 30’, très suffisant pour la photographie du soleil entier. Le grand miroir comportera ainsi un trou central.
- Enfin un dispositif optique analogue à celui existant dans le télescope de 2 m 57 du Mont Wilson et utilisant des miroirs renvoyant l’image focale permettra de recevoir cette image agrandie dans un laboratoire de température constante.
- Le poids de la monture sera, comme on peut l’imaginer, formidable.
- Les poids et les efforts des diverses parties de l’instrument ont été calculés en vue d’assurer à l’ensemble une absolue rigidité. Le tube du télescope aura 50 pieds (15m24) de longueur et sera monté dans une fourche de construction massive.
- Le poids total des parties mobiles est estimé à 200 tonnes !
- Un tel instrument, pour rendre tous les services que l’on en attend, doit pouvoir se déplacer sans aucun effort et d’aussi peu qu’on le désire. En particulier, pour suivre le mouvement diurne, il doit être entraîné sans aucun frottement. On utilisera largement, dans sa construction, les roulements à billes qui sont, aujourd’hui, d’une fabrication si précise et qui permettent d’éliminer pratiquement les frottements.
- Le Dr Pease, de l’Observatoire du Mont Wilson, qui a fait l’étude de la monture, pense pouvoir y fixer un interféromètre de 40 pieds (12m19), permettant ainsi la mesure de la distance des composantes d’un certain nombre de binaires spectroscopiques et aussi la mesure du diamètre de quelques étoiles.
- En résumé, on désire, en construisant ce nouveau télescope, profiter des enseignements tirés de l’usage du télescope de 2ro57 du Mont Wilson.
- Le miroir de cet instrument était parfait au laboratoire, lorsqu’il fut terminé par G.-W. Ritchey. Mais son montage quelque peu défecteux n’a presque jamais permis de l’utiliser à toute ouverture.
- Il convient donc que le télescope de soit étudié et
- construit de manière à toujours profiter du miroir entier et de son pouvoir séparateur si considérable.
- Un instrument de ce genre, concentrant une très grande quantité de lumière, pourra être employé à de multiples recherches. Le Conseil du futur observatoire s’est donc pré-
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- occupé des applications très nombreuses que l’on en pourra faire.
- Ces applications nécessiteront, suivant les cas, de nombreux appareils auxiliaires.
- Dès à présent, pour les recherches photographiques, le conseil s’est adressé à deux spécialistes universellement connus : MM. G. Eastman et C.-E.-K. Mees.
- Le D' Sinclair a reçu mission d’étudier les appareils auxi-liares concernant la microphotométrie et la radiométrie.
- Maintenant, où cet observatoire géant sera-t-il installé? Des observations de haute précision sur les conditions atmo-sphériqnes dans un certain nombre de stations de montagnes situées en Californie et dans l’Arizona sont poursuivies depuis deux ans déjà, et l’on espère en déduire l’emplacement le mieux favorisé au point de vue de la stabilité des images stellaires et aussi de la fréquence du beau temps.
- Pour l’étude de ces conditions atmosphériques, le Dr Anderson a imaginé un procédé pour la mesure des oscillations atmosphériques des images stellaires avec un grossissement de 600 diamètres et avec une petite lunette de 4 à 5 pouces (0m10 à 0m125) seulement. Le nouveau procédé a été mis en pratique à l’observatoire du Mont Wilson par M. Eller-mann et trouvé satisfaisant par comparaison avec les observations faites simultanément aux télescopes de lm52 et de 2m57.
- Des recherches ont donc été effectuées à l’aide de cette nouvelle méthode par MM. Ellermann et Hurmason, à « Palomar Mountain » et aux « Horse Flats » situés au Nord du Mont Wilson.
- De leur côté MM. Abbott et Moore ont observé à « Table Mountain ».
- Enfin le Dr Hubble, bien connu par ses belles photographies prises au télescope de 2 m. 57, a étudié la région du « Grand Canon » et d’autres points du haut plateau de l’Arizona.
- Il y a lieu de faire remarquer ici que cette région pittoresque et grandiose de l’Arizona a été recommandée, depuis long, temps, par le professeur G.-W. Ritchey, pour l’installation d’un observatoire géant. Pendant plus de 20 années, avec l’aide de ses assistants, ce savant a utilisé ses vacances à rechercher dans la région du grand canon le meilleur site pour construire un grand observatoire. Il a ainsi, au cours de ses recherches, reconnu l’emplacement de plusieurs stations et même tout récemment, il a publié!1), accompagné d’un splendide croquis, un projet de grand observatoire construit dans l’un des endroits repérés. On découvre de cette station, dans une vision merveilleuse, des montagnes situées à des centaines de kilomètres, tant l’atmosphère est transparente, et l’on aperçoit, au fond du canon, les méandres pittoresques du Rio Colorado.
- Qui travaillera l’immense miroir de 5 mètres et attachera ainsi son nom — sans doute pendant un bon nombre d’années, — au plus grand observatoire de la Terre, comme celui de G.-W Ritchey est lié à celui du Mont Wilson, dont il a exécuté les deux grands miroirs?
- Les publications sont muettes sur ce point.
- Une telle pièce optique doit être absolument parfaite pour que l’on ne perde rien de sa puissance et elle ne peut être exécutée que par un opticien hors ligne.
- Les Américains, gens pratiques, mettant de côté certaines divergences de vues, se souviendront peut-être qu’un des leurs, venu à Paris pour étudier l’optique d’un grand observatoire, a réussi victorieusement la taille de leurs plus grands miroirs, et a mis sur pied plusieurs projets à observatoires contenant des instruments plus puissants que le télescope de 5 mètres envisagé ici. Les progrès de la science exigent que Ton ne
- (*) L’Astronomie, 42* année, jmllet_1928, p. 352.
- laisse pas perdre cette magnifique expérience acquise au cours d’une vie de labeur acharné.
- Quoi qu’il en soit, on doit féliciter T « International Education Board » de New York qui s’est engagé à réunir les fonds nécessaires à la construction du nouvel observatoire et sans lesquels cette gigantesque entreprise ne saurait être réalisée.
- Avec de si puissants moyens, l’Astrophysique, dans quelques années, fera, à n’en pas douter, un immense pas en avant et la science s’enrichira de nouvelles et importantes découvertes.
- Em. T.
- HISTOIRE NATURELLE Bois fendus par la sécheresse.
- M. Moreillon vient de signaler dans le Journal Forestier Suisse des troncs d’épiceas fendus par la sécheresse et portant de ce
- fait dans leur bois la trace des années très chaudes et sèches. Il s’agit de pieds d’épiceas de 20 à 40 cm de diamètre, croissant entre 400 et 800 mètres d’altitude, en sol frais et profond, sur le plateau et les avant-monts vaudois, abattus récemment qui montrèrent, à la coupe, des cicatrices ou défauts du bois dont certaines correspondent à Tannée 1911 et d’autres à Tannée 1928.
- La figure jointe, reproduisant les photographies prises par M. A. Barbey, de Montcherand, montre l’aspect de ces troncs, véritable enregistrement biologique de phénomènes météorologiques.
- Ces fentes de chaleur ont déjà été observées en Belgique, en Allemagne et en Suisse et sont distinctes des fentes dues au gel ou à l’insolation.
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- PETITES INVENTIONS
- Fig. 1. — Récepteur téléviseur du professeur Karolus.
- ÉLECTRICITÉ
- La télévision système Karolus.
- Pendant que les ingénieurs de la Société Baird font, à Berlin, des transmissions de télévision et que Dénes Mihâly y continue ses essais de télé-cinéma, voici un troisième rival, le Dr Karolus, professeur à l’Université de Leipzig, qui, de concert avec la Société Telefunken, s’était déjà, à la dernière exposition de T. S. F. , à Berlin, présenté avec un premier appareil encore rudimentaire.
- Le savant Leipsicois a profité de ces derniers mois pour perfectionner ses appareils : l’on ne saurait y critiquer que deux détails : d’une part, les résultats, assez satisfaisants dont il vient de faire la démonstration, ne sont possibles que grâce à l’emploi d’un appareillage encore dispendieux et compliqué, devant rendre illusoire toute tentative de radiodiffusion; d’autre part, il ne prend au sérieux aucune des tentatives antérieures faites par d’autres inventeurs dans le même domaine, et dont une presse trop complaisante aurait d’après lui, exagéré les mérites. Un verdict si sommaire n’a, du reste, rien qui doive surprendre. N’étant jamais allé à Londres, il n'a pas encore eu l’occasion de se familiariser avec le système Baird, qui, de tous ceux actuellement en présence, est assurément celui qui réalise les résultats les
- plus frappants et les programmes les plus variés et qui. du reste, s’apprête justement à entrer dans les services de T. S. F. en Angleterre, Allemagne et ailleurs.
- Au lieu du disque tournant employé par Baird et d’autres inventeurs, M. Karolus se sert, pour explorer les personnes ou les objets à transmettre par télévision, d’une roue portant à sa circonférence une série de petits miroirs (cinquante en 1 espèce), chacun desquels est décalé d’un petit angle par rapport au précédent. La lumière d’une lampe à éclairage stable, réfléchie par ces miroirs tournants, est^projetée sur l’objet qu’il s’agit de « téléviser ».
- Réfléchis, de nouveau, par cet objet, ces rayons vont frapper une cellule photo-électrique convertissant les différentes nuances lumineuses en autant d’impulsions électriques variables.
- La cellule photo-électrique mise;au point par Telefunken est de forme annulaire. Les rayons de lumière passent à travers son ouverture centrale; elle serait suffisamment exempte d’inertie pour réagir sans retard appréciable à une suite de 100 000 stimulations par seconde. Dans le cas présent, une image décomposée en 2500 éléments est, dans son ensemble, explorée 15 fois par seconde, ce qui suffit amplement pour produire l’impression d’un mouvement continu.
- Les impulsions électriques variables venant de la cellule photo-électrique se superposent sur l’émission d’un transmetteur à ondes courtes. Au poste de réception, les impulsions basse fréquence du récepteur de T. S. F. vont, après amplification suffisante, contrôler une cellule Kerr, organe servant à reconvertir les fluctuations de courant en une suite d’intensités lumineuses variables. Cette cellule est basée sur l’effet dit de Kerr, c’est-à-dire sur la double réfraction élec-
- Fig. 2. — Une dame assise devant l’œil électrique du téléviseur Karolus.
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- trique de la lumière polarisée passant à travers le nitrobenzol. Sous la forme que lui donne le Prof. Karolus, c'est un condensateur minuscule rempli de nitro-benzol, et dont les électrodes reçoivent les impulsions basse fréquence amplifiées. Ce dispositif donne passage à une intensité lumineuse variable suivant la tension électrique de là cellule Kerr, de façon à donner naissance à une suite de points lumineux correspondant aux différents éléments de l’objet ou de la personne à téléviser.
- Une roue à miroirs semblable à celle du transmetteur sert, au poste récepteur, à reconstituer l’image originale, en projetant la lumière réfléchie sur un écran de 30 X 30 cms. Cette méthode permettrait d’accroître à volonté l’intensité de la source lumineuse, d’autant plus que la cellule Kerr peut servir à régler des intensités lumineuses quelconques.
- La synchronisation se fait, dans le dispositif Karolus, au moyen de contacteurs à diapason dont la fréquence se conserve constante en maintenant leur température à des valeurs invariables. Le courant provenant de ces contacteurs est, après amplification convenable, fourni à un petit moteur synchrone monté sur l’arbre du moteur actionnant la roue à miroirs du récepteur.
- Depuis la dernière exposition de T. S. F., à Berlin, les récepteurs de télévision, système Karolus, ont été bien simplifiés. Malgré un prix déjà réduit, ce sont toujours des appareils fort coûteux et d’un maniement délicat. Ils ne se prêten t du reste— l’inventeur est le premier à en convenir — qu’aux transmissions par ondes courtes, de préférence entre 50 et 100 mètres. D1 Alfred Gradenwitz.
- ÉCLAIRAGE
- Lampe électrique incassable.
- La généralisation de l’éclairage électrique, le développement de la radiophonie qui réclame maintenant des lampes variées et complexes, ont conduit l’industrie des lampes à des réalisations de plus en plus parfaites.
- Aux premières ampoules en verre soufflé et étiré, au culot scellé au plâtre, mille perfectionnements ont succédé. La pointe de l’ampoule qui était si fragile a disparu; le verre est soufflé en forme de poire ou de sphère à partir de la base. Le culot ne se détache plus, parce qu’adhérent mieux au verre que le plâtre primitif.
- Il ne reste plus guère de fragile que le filament, parce qu’il doit être soutenu en de nombreux points par une armature .
- Fig. 3. — Lampe électrique incassable.
- Or les lampes électriques à incandescence se trouvent fréquemment soumises à des trépidations, dues aux machines ou aux charrois et transmises par les murs de l’immeuble ;
- Fig. k. — Hamac et son support « Le Camping ».
- elles le sont encore plus quand elles sont en service sur des trains, des tramways, des automobiles, des bateaux, et l’on a déjà cherché à amortir ces vibrations au point de fixation de la douille.
- Voici une nouvelle lampe qui résout le problème d’autre façon, par le mode de suspension du filament. Celui-ci n’est plus fixé qu’en deux points, sur la douille. Sur tout le reste de son trajet, il est élastique. La figure 3 montre comment on y est parvenu. Inutile d’ajouter qu’une telle lampe est particulièrement solide, résistante aux chocs et aux trépidations.
- Constructeur : Lulèce-Lumière, 32, rue d’Hauteville, Paris.
- TOURISME
- Support de hamac repliable et portatif.
- Le support de hamac « Le Camping » est un nouveau meuble extra-léger repliable et facilement portatif, à l’usage des touristes, automobilistes et tous amateurs de plein air.
- Il est formé de deux chevalets-compas en bois, dont les branches, articulées aux deux tiers de leur longueur, sont munies à leurs extrémités de pointes métalliques et de doubles crochets. En cours d’emploi, les pointes s’enfoncent dans le sol, et, aux doubles crochets viennent s’accrocher, d’une part, les pattes d’oie du hamac, d’autre part, des amarres faites de câbles d’acier, lesquelles, par leur autre extrémité, viennent s’accrocher à des pièces d’ancrage formées de pieux s’enfonçant dans le sol par percussion, ou de vrilles s’y implantant comme des tire-bouchons.
- Le « Camping » se fabrique sous deux formats :
- 1° Format courant, portant jusqu’à 75 kg, pesant, hamac compris, 1 kg 500 ;
- 2° F’ormat renforcé, portant jusqu’à 100 kg, pesant, hamac compris, 2 kg. •
- Repliés et maintenus enroulés par une double courroie munie d’une poignée ou d’une bretelle, ces deux modèles peuvent facilement être portés à la main, ou en bandoulière, par les enfants comme par les adultes. En cours de voyage, ils se logent facilement, vu leur faible encombrement, dans une auto, un filet de wagon, etc.
- Grâce à ce dispositif, on est toujours sûr de pouvoir utiliser le hamac, en promenade ou au camping, sans avoir à se préoccuper de trouver des points d’attache que l’on ne rencontre pas toujours quand on les cherche.
- Fabricant : A. Yilliamier, 4, rue du Cours, Pontarlier (Doubs).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Montage d’une lampe trigrille à changeuse de fréquence.
- Les appareils à changement de fréquence par lampe trigrille du type Tnsodyne sont établis par la maison Péricaut, 85, boulevard Voltaire et 6, rue Lafayette, Paris, à laquelle vous pourriez demander les renseignements nécessaires.
- Les lampes trigrilles utilisées sont du type Vatéa ou Cyrnos.
- Nous vous faisons remarquer que le montage indiqué comporte un changement de fréquence par lampe à trigrilles, mais qu’il conserve cependant les caractères généraux d’un dispositif à changement de fréquence.
- Il est donc certain qu’on ne peut obtenir de bons résultats si l’on ne fait suivre la lampe à changement de fréquence d’un ou plusieurs étages d’amplification moyenne fréquence.
- Il n’est par suite nullement recommandable de constituer un poste récepteur en faisant simplement suivre la changeuse de fréquence d’une lampe détectrice à réaction, et l’on ne saurait obtenir ainsi les qualités ordinaires de sensibilité et de sélectivité d’un appareil à changement de fréquence.
- Le testa de liaison T placé dans le primaire et monté dans le circuit plaqué de la lampe changeuse de fréquence peut être du type employé de façon courante dans les postes de ce genre, et accordé sur une longueur d’onde de 4 à 500 m, comme d’ailleurs le transformateur moyenne fréquence qu’il faudra également utiliser.
- La valeur du bobinage intercalé dans le cadre dépend évidemment du nombre de spires de ce cadre, et la bobine de réaction du type de la lampe trigrille.
- Si vous désirez étudier spécialement l’utilisation de ces lampes, vous pouvez lire les articles parus en 1928 dans la T. S. F. pour tous rédigés par M. Chauvierre, ainsi que la description d’un poste à changement de fréquence par lampe trigrille décrit également dans la T. S. F. pour tous par M. Darman.
- M. Raynaut a Moulins (Allier.)
- Erreur d’adresse dans une chronique.
- L’adresse de la Société F. W. D. que nous avons indiquée dans une chronique d’Automobile Pratique à propos de la description de Gant minute pour réparation urgente est, 29, rue Vallier à Levallois-Perret et non, 29, rue de Villiers.
- M. Bagués, a Paris.
- Comment combattre les vipères ?
- Pendant les périodes de grandes chaleurs sèches, il arrive souvent, en effet, que les Vipères viennent chercher un peu de fraîcheur dans les terres cultivées, dans les jardins, auprès des habitations et parfois même dans celles-ci, pénétrant dans les sous-sols et les rez-de-chaussée.
- Lorsque la présence des Vipères est signalée, il faut se mettre en chasse contre elles. Il n’existe pas d'autre moyen que de les chercher pour les détruire. Nous avons déjà dit, dans ces colonnes, qu’il n’existe ni piège, ni poison à employer avec efficacité contre les Vipères.
- La Vipère est lente à se mouvoir, surtout le jour. Son saut est court, puisqu’elle ne peut pas s’élancer à plus de 30 cm, soit la moitié de sa longueur totale et maxima. La chasser n’est ni très difficile, ni très dangereux.
- Néanmoins, il y a des précautions à prendre. On doit se vêtir en conséquence ; notamment, porter des bottes, des guêtres ou de fortes chaussures.
- Afin de se préserver del’intrusion des Vipères —et de tous animaux nuisibles — il est sage de maintenir l’ordre et la propreté aux abords et dans les maisons. Il faut leur retirer tout abri. Les broussailles seront détruites, les tas de pierres enlevés. Dans les caves, on s’efforcera de mettre toutes choses à hauteur, sur des tables, des tablettes, des supports. C’est encore la meilleure méthode que l’on connaisse pour prévenir ou combattre les invasions de petits animaux indésirables.
- Enfin, nous avons maintes fois recommandé de respecter les
- ennemis naturels des Vipères, en tête desquels vient le Hérisson. Parmi les animaux domestiques, le Chat attaque les Serpents. La plupart des Oiseaux de basse-cour tuent les jeunes Vipères.
- La faune sauvage comprend de nombreux ennemis des Vipères. Pour ne citer que les Oiseaux, rappelons brièvement que les Rapaces diurnes et nocturnes, les Echassiers, les Corbeaux dévorent volontiers les adultes et les jeunes.
- Des mesures de protection seraient à prendre en faveur de nos auxiliaires naturels.'
- Dans une région infestée de Vipères, il est prudent d’avoir sous la main du sérum antivenimeux, à utiliser éventuellement pour l’Homme et pour les animaux domestiques.
- Faut-il ajouter que le désir de chasser les Serpents venimeux ne doit pas entraîner la destruction des Couleuvres inoffensives, voire des pauvres Orvets ? On fait habituellement un trop mauvais sort aux Reptiles utiles ou indifférents.
- Ecole professionnelle de jeunes filles (Lugano).
- Entretien delà peinture à la nitrocellulose.
- La peinture à la nitrocellulose qui recouvre les carrosseries modernes en tôle est beaucoup plus durable et moins sensible à l’action des agents atmosphériques ou mécaniques que l’ancienne peinture à l’huile.
- Nous avons, d’ailleurs, déjà donné quelques indications à ce sujet dans nos chroniques d’automobile pratique; cependant, il ne faudrait pas exagérer les qualités de solidité de cette peinture et croire qu’elle peut constituer une couche protectrice absolument invulnérable.
- Il est nécessaire de laver la carrosserie peinte au « Duc© » ou avec un produit similaire, lorsqu’elle est recouverte de boue ou d’une couche très épaisse de poussière.
- Ce lavage peut s’effectuer de la façon ordinaire avec un jet d’eau et une éponge ou sans eau à l’aide d’un pulvérisateur et d’un produit spécial, genre « clinoto ».
- Il est bon, à la fois dans un but esthétique et pour assurer à la peinture une durée plus grande, de la recouvrir constamment d’un enduit à base de cire genre « Automiror » Sinimiz, etc.
- Ces produits sont généralement de deux sortes, un premier composé pâteux est utilisé jpour enlever les taches qui pourraient subsister après un lavage soigneux suivi d’un séchage complet, un deuxième produit pâteux ou liquide est utilisé pour faire briller la surface vernie; il est généralement appliqué sur la peinture à l’aide de tampon d’ouate, pour éviter tous risques de rayures.
- En répétant plusieurs fois la même opération, on arrive à étendre sur toute la carrosserie une couche très mince mais protectrice d’une composition de cire sur laquelle glissent la poussière, l’eau, et même la boue lorsqu’elle n’est pas trop épaisse.
- M. Lefebvre, a Douai.
- De tout un peu.
- M. Gouaze, a Seysses. — 1° L’essence de camphre est obtenue par distillation du bois de l’arbre à camphre, elle se présente sous forme d’une huile légère D = 0.895 à 0.920 pour les premières portions, plus lourde D~0.960 à 1100 pour les dernières.
- Cette essence contient un terpène, du terpinéol, beaucoup de cinéol et un peu de safrol.
- L’essence de camphre est surtout utilisée pour faciliter la dissolution des résines, lors de la préparation des vernis.
- 2° La bouillie barytique dont nous avons donné la formule dans le n° 2795, p. 383, pour mettre les enduits calorifuges à l’abri des rats, peut évidemment s’appliquer avec un pulvérisateur, si on en a un à sa disposition, ou encore mieux avec le pistolet très répandu aujourd’hui dans la pratique de la peinture, mais il faut prendre grand soin de tamiser pour éviter les obstructions.
- M. J. Michel, a Paris. — La question des appareils désignés habituellement sous le nom d’ozoniseurs a été traitée d’une façon très complète dans le numéro 2786, p. 526; veuillez bien vous y reporter.
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- LA NATURE
- 1er Septembre 1929
- ..... UN HYDRAVION GIGANTESQUE .......
- LE BATEAU VOLANT A 12 MOTEURS DES USINES DORNIER
- Le géant de l’air qu’on vient, pour la première fois, de présenter à la presse internationale, a nécessité, pour sa construction, une transformation radicale des usines Dornier. Les dimensions de l’usine Manzell, près de
- mie des services aériens. Aussi, au moment même où le « Do. X » s’apprêtait à prendre son vol, deux autres bateaux volants, de dimensions identiques, commandés par le gouvernement italien, étaient déjà en construction.
- Friedrichshafen, s’étant trouvées insuffisantes, on a, dès 1926-27, sur le bord suisse du lac de Constance, à Altenrhein, près Rorschach, là où le Rhin vient tomber dans le lac, installé une nouvelle usine couvrant une superficie de 17 500 m2 et employant, rien que pour la construction de ce bateau volant 500 ouvriers.
- Encore s’agit-il, non pas d’un monstre exceptionnel créé en vue de performances sensationnelles, mais d’un nouveau type d’hydravion destiné à transformer les bases mêmes de l’aviation en augmentant la sécurité et l’écono-
- L’aviation a, depuis la guerre, pris un essor si rapide qu’on a quelque peu négligé deux facteurs pourtant d’une importance capitale, la sécurité et l’économie. Malgré le succès de certains raids transatlantiques téméraires,
- il ne faut pas oublier les difficultés énormes qui s’opposent toujours à la réalisation d’un service régulier, sur des trajets aussi longs.
- Aussi le Dr Dornier a-t-il voulu, tout d’abord, créer une machine permettant de transporter des charges fort considérables à des distances moyennes — d’environ 1000 km —
- Fig. 2 — Vue de profil du modèle de Vhydravion Dornier.
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- dans des conditions de sécurité et d’économie jusqu’ici inconnues.
- Ce bateau volant qui, avec son aile de 48 m d’envergure, occupe la largeur tout entière du hall et qui atteint une hauteur de 10 m, a vraiment l’air d’un oiseau monstre. Les contours du fuselage à trois étages sont d’une grande élégance : au lieu du fond plat usuel dans les autres hydravions du même constructeur, il comporte une quille très prononcée et qui lui permet de mieux tenir la mer. D’une façon analogue aux grands paquebots, il est subdivisé par des cloisons étanches; aussi, même dans le cas d’une voie d’eau très considérable, ne sera-t-il point exposé à couler bas.
- La disposition des 12 moteurs d’un total de 6300 ch
- Fig. 4. — L'aile gigantesque de Vhydravion.
- est particulièrement intéressante. Ils sont, en effet, installés, par paires, sur un pont porteur; une aile auxiliaire qui les relie évite toute vibration. Un passage au fond de l’aile principale permet aux mécaniciens de se rendre, en rampant, d’un moteur à l’autre, même au cours 'du voyage, et d’y faire, le cas échéant, des réparations assez considérables.
- Les surfaces de support n’ont pas moins de 490 m2 de superficie; comme la charge utile est d’au moins 22800 ks\ le bateau volant transportera plus de 100 personnes. La vitesse maxima sera de 250 km, la vitesse moyenne de 190 km par heure. Même dans le cas où l’on compterait un poids de 100 kg pour chaque personne avec son bagage, il sera facile d’avoir à bord assez de combustible pour une course ininterrompue de 6-8 heures.
- Ce nouveau bateau volant doit à sa grande réserve de force motrice la supériorité très considérable qu’il possède sur les autres hydravions du même constructeur. Dans le cas où l’un quelconque des 12 moteurs refuserait de fonctionner, la perte de puissance ne serait que de 8 pour 100 et il suffirait, pour la compenser, d’augmenter légèrement le régime des autres moteurs. Même la mise hors de service de plusieurs moteurs ne compromettrait en aucune manière la capacité de l’hydravion à tenir les airs, tandis qu’un hydravion de dimensions moyennes se verrait dans la nécessité de faire un atterrissage forcé.
- Ajoutons que la disposition des moteurs laisse tout l’espace nécessaire pour en surveiller le fonctionnement, que les fuites et les ruptures de conduites se constatent et se réparent bien plus vite et bien plus facilement que pour les avions et les hydravions de moindre envergure. Aussi tout risque de mise hors service ou d’incendie se irouve-t-il écarté, d’autant plus que le combustible est disposé au fond même du fuselage, loin des moteurs.
- La division très poussée du travail, possible sur un bateau volant de si grandes dimensions, augmente, à son tour, considérablement la sécurité du service. Tandis que le pilote sur d’autres appareils doit, pendant le vol, remplir toutes sortes de fonctions, surveiller des organes si multiples que son attention peut bien, à l’occasion, venir à manquer, il n'a, à bord du « Do. X », que le vol lui-même à surveiller. Un ingénieur, assisté de quatre mécaniciens, surveille les moteurs et un commodore, préposé à la navigation, établit, de concert avec un officier, la route du bateau et donne, conformément à la situation variable, aux hommes de l’équipage tout ordre nécessaire. C’est ainsi que chacun a sa tâche bien définie, à laquelle il peut se consacrer sans risque de surmenage.
- Il est également d’une grande importance que l’équipage soit logé à un endroit séparé complètement des passagers, lesquels ne^pourront, par conséquent le déranger.
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- Les trois ponts superposés ont les fonctions suivantes : dans le pont inférieur, on a installé le fret, les bagages, les provisions, les pièces de rechange, les outils, les équipements, etc. Le pont principal d’environ 20 m de long est réservé exclusivement à loger les passagers — de jour et de nuit. C’est ici qu’on pourra aménager les salons, etc., à l’intention des voyageurs, d’une façon analogue aux aménagements souvent luxueux des grands paquebots. Pour les vols à grande distance, on pourra séparer la partie postérieure du fuselage, des locaux réservés aux passagers, quitte à y loger les hommes destinés à relayer l’équipage. Quand les hommes sont de service, ils se trouvent invariablement sur le pont supé-
- rieur, au-dessus du pont principal. Le pilote dispose naturellement du compartiment antérieur, offrant les meilleures vues ; immédiatement en arrière, se trouve la salle des commutateurs, d’où l’on peut, au moyen de tableaux parfaitement disposés, surveiller à distance les 12 moteurs, par lecture directe des nombres de tours, des pressions et des températures. Viennent ensuite le compartiment de T. S. F. qui, par des dispositifs spéciaux, communique avec le compartiment de navigation, et le compartiment des machines auxiliaires, commandées par un petiQmotBtrr à combustion interne.
- Dr A. Gradenwitz.
- Fig. 5. — L’hydravion sur le lac de Constance.
- LA PÊCHE EN INDOCHINE
- Par l’exploitation rationnelle et patiente des richesses naturelles de l’Indochine, la France, mieux que par des spéculations financières hasardées, établit tous les jours plus solidement le crédit de notre empire colonial d’Asie.
- “L’une de ces richesses, jusqu’ici inexploitée, du moins industriellement et selon des méthodes européennes, est la faune ichtyologique. Jusqu’à ce jour, seuls les indigènes, Annamites ou Chinois, ont tiré des fleuves et des mers qui baignent l’Union indochinoise une faible partie des immenses ressources qu’ils contiennent. Les pouvoirs publics se sont préoccupés d’ouvrir, par des études scientifiques et techniques, un nouveau et vaste champ d’activité aux capitaux français : sous l’impulsion du « Service océanographique des pêches », de création relativement récente, qui dispose d’un bateau, le « de Lanessan », l’un des mieux outillés du monde entier, et d’un magnifique laboratoire, notre belle colonie s’achemine vers les conceptions industrielles de la pêche moderne.
- Avant d’étudier la faune des mers et des fleuves indo-
- chinois, il est utile de jeter un coup d’œil sur les côtes, l’orographie et l’hydrographie de la péninsule, éléments qui conditionnent l’existence et l’exploitation de cette faune. Favorables, en effet, par l’abondance des eaux douces, la praticabilité des côtes, l’accessibilité des ports marins, ils facilitent les opérations de pêche ; défavorables, ils interdiraient l’exploitation des richesses maritimes et fluviales qui sont, nous le verrons, exceptionnellement importantes. Pour terminer, nous dirons un mot de la pêche, telle que la pratiquent les Annamites et les Chinois, et de ce qu’elle sera le jour prochain où nous l’aurons industrialisée. > .
- Les côtes. — La côte indochinoise, baignée par les eaux du golfe du Tonkin, de la Mer de Chine et du golfe du Siam, présente la forme générale d’un immense « S » majuscule long d’environ 2500 kilomètres. Malgré le régime des vents — les moussons y sont particulièrement violentes — ce littoral offre, au point de vue spécial de la pêche, l’heureuse particularité d’avoir en permanence une partie de son développement au calme.
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- De son extrémité Nord jusqu’à la pointe de Ca-Mau, la côte est, en effet, abritée de la mousson du Sud-Ouest et elle est protégée de la monsson Nord-Est de cette même pointe de Ca-Mau à la frontière siamoise. Ces deux moussons soufflant alternativement durant cinq mois chaque année, il en résulte que, pendant ces cinq mois, l’une des deux portions du littoral est praticable aux bateaux, même de faible tonnage, et aux petites embarcations.
- En outre, lorsque sévit la mousson du Nord-Est, la partie septentrionale de la côte Est lui échappe, grâce à la protection de la presqu’île chinoise de Lei-Tchéou et de l’île de Hai-Nan.
- Si, abandonnant l’examen des côtes au point de vue des vents, nous nous occupons des fonds de pêche et des courants, nous diviserons le littoral en deux régions séparées, cette fois, par le cap Varella. Au Nord de ce cap, le golfe du Tonkin forme une grande avenue, en direction de la Chine, parfaitement chalutable. Au Sud du Varella, un autre couloir mène au golfe du Siam. En face du cap se trouve, à une centaine de milles de la côte, une fosse dont la profondeur atteint par endroits 4000 mètres, d’où surgissent, sous l’action des vents violents, des courants à vitesse parfois très grande, qui gênent la navigation. La région du cap Varella mise à part, les pêcheurs trouvent de très bons fonds de pêche, au Nord comme au Sud.
- Dans le golfe du Tonkin, notamment, s’étalent des alluvions extrêmement abondantes amenées par les grands fleuves qui s’y déversent. Cette partie de la côte, abritée comme nous l’avons vu plus haut par l’écran de Lei-Tchéou et Hai-Nan, est généralement calme; les vases s’y déposent régulièrement, constituant une plate-forme idéale pour le chalut.
- Sur les côtes d’Annam, les vases, infiniment moindres, sont lavées et entraînées par les courants ; dès que s’établit la mousson du Nord-Est, la côte, jusqu’alors défavorable à la pêche, devient accessible aux embarcations, qui y trouvent une faune très abondante.
- Dans la partie Sud, les sédiments charriés par le Mékong, brassés par les moussons, se déposent presque exclusivement à la pointe de Ca-Mau qu’ils allongent chaque année. Les fonds, inférieurs à 200 mètres, sont constitués par du sable gris et de la vase.
- Orographie et hydrographie. — La Cordillère annamitique, qui traverse obliquement tout le territoire
- de l’Union indochinoise, constitue une immense ligne de partage des eaux, qui a une grande influence sur l’industrie de la pêche; chacun sait que, en tous lieux, le poisson est amené par les crues des fleuves venus de la montagne. De ce massif montagneux et des plateaux qui le flanquent (plateaux du Lang-Bian, du Dar-Lac, des Boloven, de Tran-Ninh, etc.) descend un réseau hydrographique puissant, très important au point de vue de la pêche en eau douce.
- A l’Ouest de la chaîne annamitique, le Mékong, venu du Thibet, draine tous les fleuves et s’ouvre par un énorme delta sur la côte orientale de Cochinchine. Son débit passe de 15 000 mètres cubes à la seconde en saison sèche, au chiffre formidable de 60 000 mètres cubes à la seconde à la fonte des neiges du Thibet.
- Lorsque arrive dans le delta cochinchinois cette imposante masse liquide, tous les fleuves et rivières deviennent pléthoriques et, refusant peu à peu l’eau qui afflue sans arrêt, la repoussent vers le Nord. L’eau remonte violemment vers la petite mer intérieure qu’est le Tonlé-Sap et vers les grands lacs, inondant les berges. Lorsque la crue atteint son maximum, l’immense nappe liquide recouvre même les grandes forêts avoisinantes, dont on n’aperçoit plus que les sommets des arbres les plus élevés. L’étiage est à ce moment de 17 mètres !
- Tout comme en Egypte, cette inondation apporte la richesse. Ce n’est pas ici le lieu de parler de l’aide précieuse qu’elle donne à l’agriculture tant par les possibilités d’irrigation — dont l’Annamite a tiré un parti si grand — que par l’apport d’humus fertilisants. Mais qu’on imagine le formidable grouillement des poissons de toutes sortes qui trouvent dans cette masse d’eaux calmes des abris sûrs pour la ponte !
- A côté du delta du Mékong, et beaucoup moins important que lui, nous trouvons, plus au Nord, le delta du Donnai, venu du Lang-Bian.
- Sur la côte d’Annam descendent, courts et rapides, en raison de la proximité de la chaîne annamitique, des rivières dont les embouchures forment des baies favorables aux pêcheurs.
- Au Nord enfin, le Fleuve-Rouge, grossi de ses affluents dont les plus importants sont la Rivière Claire et la Rivière Noire, se déverse dans le golfe du Tonkin par un vaste delta. Nous avons vu que ses apports ont constitué un fond éminemment favorable à la pêche au chalut.
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- Fig. 1. — Carte bathymétrique des mers qui bordent l’Indochine avec indication des principaux centres de pêche.
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- Passé le delta, la côte est bordée jusqu’à la frontière chinoise d’une infinité d’îles formant des archipels. L’admirable baie d’Along, les îles Fai-tsi-long constituent contre les vents du large des abris excellents, qui sonttrès fréquentés par les pêcheurs, venus même de Chine, sur des jonques de haut bord.
- En résumé, largement irriguée par ses fleuves, pourvue d'un littoral offrant des havres hos-
- tion complète des poissons qui peuplent les eaux douces indochinoises, en s’inspirant des seules ressources que les riverains peuvent révéler. Des études longues et mé-
- Fig. 2. — En haut : pêche en eau douce.
- Le poisson capturé au filet est attaché en attendant l’heure du marché.
- Fig. 3. — Au milieu : barrage et trappes au Laos.
- La trappe du piège au premier plan est baissée et le pêcheur vient ,recueillir le poisson.
- Fig. 4. — Filets de pêche au palum étendus près de Luang-Prabang.
- pitaliers, l’Indochine possède des éléments d’une richesse incomparable qui ont provoqué un développement important de la pêche indigène tant en eaux douces qu’à la mer.
- Nous allons maintenant parler de ce que l’on sait de sa faune ichtyologique.
- LA FAUNE DES EAUX DOUCES
- A) Les Poissons : Il serait difficile d’établir une classifica-
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- thodiques sont àpoursuivre pour arriver à bien connaître cette faune.
- La majorité des espèces connues, qui vivent ou se reproduisent dans les fleuves de l’Indochine appartiennent aux familles ci-après :
- Les Siluridés constituent un des plus importants groupements, tant par le nombre de leurs représentants que par leur utilisation économique, très recherchée ; leur chair prend l’apparence, en séchant, de celle de la morue, avec toutefois des filaments plus fins et plus courts. Ils serrent à préparer le poisson sec de lie qualité dont l’Asiatique est si friand. La plupart des Silures sont pourvus de vessies natatoires que l’on fait sécher pour les vendre aux Chinois au prix moyen de 13 fr le kilog.
- Les espèces identifiées appartiennent au genre Clarios; l’une d’elles appelée « Çà-tra » en annamite et « trey-pra » en cambodgien, offre lès caractéristiques suivantes : longueur moyenne 0 m 50, épaisseur : 0 m 18, largeur : 0 m 25 ; tête osseuse et grosse, corps allongé et lisse, aplati, dépourvu d’écailles, mais armé, de part et d’autre de la tête, de fortes épines ; couleur générale blanc argenté,dos bleuâtre, tête et queue légèrement mauves.
- Une autre variété, le « Cà-dâu » ou « Trey-Rèach »,possède les caractéristiques de la précédente, mais peut atteindre 2 mètres; sa tête est recherchée pour la fabrication d’une huile estimée
- Parmi les autres Silures, citons le Plotosus canius (Cà Ugat), le Silurus coc/ùnchinensis, Macroses nemurus et divers Arius.
- Les Opicéphalidés. « Cà-Bong » en annamite » et « trey-chhdo » en cambodgien.
- Ils dépassent souvent 1 mètre de long ; leur tête, aplatie, est recouverte de plaques écailleuses, leur corps affecte une forme presque cylindrique. Couleur générale : vert sombre, dos marbré de noir, ventre blanc légèrement rosé. Certains sujets offrent des bigarrures d’écailles si variées que les natifs les ont baptisés « « poissons-fleurs ». Ces poissons se cachent souvent dans la vase.
- Parmi les espèces repérées, citons : YOpicephalus striatus, l’O. lucius, l’O. siamensis.
- Les Cyprinidés. Très répandus ; les plus communs sont le Carassius auratus (« trey-prùol » ou « Cà-duong») dont voici les caractéristiques : taille : 30 à 40 centimètres, couleur générale bleu argent, écailles bronzées par moitié, dos vert bleuté, museau violet. Dans le Tonlé-Sap, paradis des pêcheurs, on cite plusieurs coups de filet heureux qui auraient ramené plus de 8000 poissons ; il n’est pas rare, en tous cas, d’en voir remonter 2 à 3000 !
- Ces poissons sont utilisés pour la salaison et plus couramment pour fabriquer des saumures.
- A la même famille appartient le « trey-kaheck » ou « Câ Et », qui atteint parfois 1 mètre, d’un violet noirâtre, avec une goutte d’or sur chaque écaille. Cette belle coloration disparaît après la mort et le poisson salé tourne au noir fixe. Son nom cambodgien kahek, signifie aussi corbeau et lui vient, sans doute, de cette coloration ou des grognements qu’il pousse lorsqu’il voyage en bandes, et que l’on entend parfaitement par les nuits calmes.
- La carpe ordinaire « Cyprinis carpo » est également commune.
- Les Clupéidés. Parmi les poissons marins qui remontent dans les eaux douces pour la ponte, les Clupéidés tiennent une large place. On trouve parmi eux des sardines, des anchois et des aloses qui remontent le Mékong en quête d’une frayère pour déposer leurs œufs. La taille de celles-ci est alors del mètre environ. Ils sont gras et savoureux ; leurs ovaires, très développés, sont particulièrement appréciés.
- Leur chair, après la ponte, devient flasque, et beaucoup d’entre eux meurent avant d’avoir regagné la mer.
- Les Nopioridés séjournent spécialement dans les estuaires, mais remontent en eaux douces pour pondre. Leur goût, très fin, est apprécié; on les trouve sur tous les marchés de l’intérieur, au Cambodge surtout.
- Parmi eux, le Trey-Slat ou Câoc-nôc, au corps bombé, atteint parfois 60 centimètres; ses maxillaires s’étendent en arrière de l’orbite ; il est noirâtre. Les Scombresocidés, voraces, armés d’un long bec atteignant 50 centimètres, sont capturés pour leur frai réputé délicat; leur chair est délaissée.
- Les Cobitidés, fort recherchés, séjournent plus volontiers dans les eaux vives.
- Toutes les variétés de Loches sont baptisées par les indigènes « Câ-Héo » ou « trey-damrey ». Leur taille est exiguë, leur couleur marron clair, avec bandes noires longitudinales sur le dos.
- Elles portent 6 barbillons rouges, dont 4 à la partie antérieure du museau forment une sorte de trompe et deux sont à la commissure.
- On trouve encore :
- Les Abramidés, à tête petite, avec mâchoire inférieure proéminente, couleur argentée.
- Les Rasboridés, dont le trey-chang-wa, analogue à l’ablette, excellent en friture, et utilisé par les indigènes pour la fabrication des saumures ; il voyage, à certaines époques, par bancs immenses.
- Les Symbranchidés, anguilles communes. .
- Les Trigonidés, dont la variété la mieux connue est
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- un Trigon jaunâtre, portant une queue annelée noire et blanche.
- Les Plagusies, parmi lesquels le « trey-audat-tchhké » ou, en annamite « Cà-cuoi-trâu », est semblable à la Sole d’Europe ;
- Les Fharyncitidés, dont le « trey-krauh » ou « Cà-R6 » à chair excellente, et qui a la propriété de se traîner à terre à l’aide de ses nageoires ; il peut vivre ainsi plusieurs jours hors de l’eau sans être trop éprouvé. Citons encore le « trey-krem » ou « Cà-thia », petit poisson de mare extrêmement batailleur. Les Annamites organisent des combats avec ces poissons, qu’ils placent dans un grand vase qu’une vitre mobile divise en deux parties. Dès qu’ils s’aperçoivent à travers la lame translucide, les petits combattants s’excitent, se cherchent, changent
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- un Espadon du sous-ordre des Rajidés, à long museau, orné de 15 à 30 paires de dents acérées, qui lui donnent l’allure d’une double scie. Certains atteignent jusqu’à 7 mètres de long.
- Enfin, les Gymnodontes, parmi lesquels le « trey-krepot » ou « Câ-Noe », est protégé par une épaisse peau garnie d’épines. Très vorace, il ne craint pas les attaques des autres poissons, en raison de ses puissantes défenses. Il peut, en gonflant d’air et d’eau son œsophage, prendre une forme globulaire hérissée de piquants et flotter à la surface ou entre deux eaux.
- 11 s’attaque à toute proie qu’il rencontre ; ses coupures occasionnent des plaies longues à guérir.
- B) Les Crustacés : Il en existe peu qui soient franchement dulcaquicoles. On trouve, sur tous les marchés,
- Fig. 6. — Pêche aux crevettes dans une rizière du Tonkin.
- dérouleur. Lorsqu’ils sont jugés mûrs pour la lutte, on enlève la séparation ; ils se mordent alors et se portent de tels coups que l’un d’eux meurt sur place dans la plupart des cas.
- On dit que les amateurs de ce genre d’émotion engagent des paris considérables sur les chances de leur champion favori.
- Les Chondroptérygiens, dans le sous-ordre des Plagios-tomes (Requins), comportent une variété de petite taille qui se rencontre quelquefois dans les eaux douces ; c’est le « trey-chhlam », qui ne dépasse pas 60 centimètres, dont le nez est allongé et la mâchoire armée de dents lisses et obliques. Les indigènes consomment sa chair en salade avec des condiments et des liqueurs.
- Les Pristidès s’aventurent également dans les eaux douces. Parmi eux, le « trey-thka » ou « Gâ-Duo », est
- plusieurs variétés de crabes, qui sont consommés après cuisson ou entrent dans la fabrication des saumures. Il existe aussi plusieurs espèces de crevettes, notamment dans les rizières, où les femmes et les enfants en font d’amples moissons.
- G) Les Mollusques : Il faut citer, parmi les coquillages, les Modiola lemeslei, les M. siamensis. Les Ano-dontes sont aussi largement représentés. Ges Mollusques ne doivent pas être consommés à la légère ; ceux qui ont été pêchés sur les fonds de palétuviers peuvent être dangereux à manger.
- Le genre Dipsas comporte, en Indochine, plusieurs espèces avec lesquelles on fabrique des figurines en nacre ; la plus appropriée à ce genre d’industrie, la D. plicatus, se rencontre aux environs de Hanoï et dans le Tonlé-Sap.
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- Elle peut atteindre 0 ra 25 ; sa chair est comestible.
- Les moules d’eau douce, Unio, sont très répandues ; il en existe une cinquantaine, d’espèces plus ou moins utilisables.
- D) Les Chéloniens : Il faut citer, en premier lieu, la Trionyx cartilagineus, tortue dont la taille ne dépasse pas 60 centimètres. Elle est très recherchée pour sa chair délicate et fait l’objet d’un important commerce d’écaille. Ses œufs constituent un régal de choix pour les indigènes et l’on dit que, dans les temps anciens, l’usage en était réservé au roi. Des esclaves d’Etat, pêcheurs éprouvés, les recueillaient pour la table royale. De sévères châtiments étaient édictés contre les coupables de s’être approprié le succulent régal.
- On trouve également la Chitra indica, grande tortue ayant les mœurs de la Trionyx, et une autre tortue de rizière à chair délicate.
- E) Les Hydrosauriens : Ne foisonnent pas comme à Madagascar, mais sont abondants dans certains cours d’eau du Sud de la péninsule.
- L’espèce la plus répandue, le Crocodilus siamensis, n’atteint pas de grandes dimensions. La queue a la réputation d’être excellente, et, sur le marché de Mytho (Cochinchine), il arrive qu’on débite en tranche des crocodiles vivants, solidement ligottés. Le découpage commence par la queue.
- F) Les Varans, qui appartiennent au sous-ordre des reptiles dits fissilingues, sont d’énormes lézards pouvant mesurer jusqu’à 2 mètres de long, aux brillantes couleurs, vert, bleu, jaune, violet. Ils vivent dans l’eau comme sur terre, nagent et plongent avec rapidité, et, grâce aux puissantes griffes de leurs pattes, grimpent aux arbres aisément. Leur chair et leurs œufs sont recherchés par les indigènes.
- Sans être, on va le voir, aussi importante que la faune marine, la faune spéciale des eaux douces est très intéressante tant par ses individus que par le nombre des espèces.
- En Indochine, on peut dire que, partout où il y a de l’eau douce, on trouve des poissons et, par conséquent, des pêcheurs.
- LA FAUNE DES MERS INDOCHINOISES
- Il serait vain de prétendre énumérer et décrire ici la faune générale des mers qui baignent l’Indochine. Outre que sur de nombreux points bien des problèmes demeurent en suspens, nous décrirons seulement les espèces qui présentent un intérêt commercial ou industriel.
- A) Les Cétacés : Les mammifères marins fréquentant le littoral indochinois sont encore peu connus.
- En 1907, s’échoua à Poulo Gondore un Baleinoptère, jeune exemplaire mesurant près de 7 mètres; c’était un Balaenoptora musculus, caractérisé par sa couleur grise, son ventre blanc à sillons longitudinaux. Cette espèce, de belle taille, peut atteindre 25 mètres, peser de 20 à 30 tonnes, fournir jusqu’à 760 fanons et donner 70 hl d’huile. La baleine franche australe — Balaena australis — n’a jamais été rencontrée.
- Le Cachalot est plus commun. A côté de ces grandes formes, on a signalé des dauphins (Sténo sinensis, S. plum-beus). Nous ne résistons pas au plaisir de faire connaître les curieuses légendes et coutumes que ces mammifères ont suscitées au pays d’Annam :
- Les Cétacés, appelés « géants des eaux », « poissons seigneurs», sont très respectés par les Annamites, qui croient ces animaux envoyés par le Dieu des eaux pour protéger les navigateurs, prendre sur leur dos les naufragés et les transporter en lieu sûr.
- Toujours précédées de deux seiches, qui écartent les ennemis des cétacés en troublant l’eau par l’encre qu’elles sécrètent, les Baleines sont, en outre, flanquées par des poissons-scies qui les défendent contre leurs ennemis et... les punissent lorsqu’elles commettent une faute.
- Quand un bateau rencontre le cadavre d’un cétacé ou lorsque celui-ci s’échoue sur le rivage, le village entier assiste à ses funérailles, et le patron du bateau ou la personne qui a découvert le cadavre, considéré comme fils aîné du défunt, prend le deuil.
- B) Les poissons : Insuffisamment dénombrés et identifiés, ils comprennent :
- Des Sélaciens, extrêmement nombreux ; les squales, hôtes indésirables et dangereux, pullulent.
- L’une des espèces, la plus recherchée, Chilloscyllium indicum, atteint 2 mètres ; le Galeus glaücus est deux fois plus long. Les divers genres de Scotrodons se rencontrent également. Le requin-marteau, Cestracion, est commun. La famille intermédiaire entre le requin et la raie, le poisson-scie, des Pristidés, est au moins représenté par trois variétés : Pristis peroteti, P. pectinatus, P. microdon ; ils peuvent dépasser 3 mètres.
- Il existe également des Torpédinés, ou torpilles, qui inspirent une grande terreur à cause de leur puissance électrique.
- Les Malacoptérygiens ont donné à l’Indochine des espèces variées : les Chanidés, abondants dans le golfe du Siam; les Clupéidés, que nous avons déjà mentionnés à propos des eaux douces ; les Murénidés, estimés pour
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- leur chair. Les Mugilidés, muges, mulets sont très nombreux ; leurs ovaires sont appréciés. On les consomme à l’état frais ou séchés. Les Polynémidés se rencontrent au large, et certaines espèces peuvent, à l’état jeune, servir de poissons d’ornement.
- Les Sphyrénidés, brochets de mer, mesurant 30 centimètres, sont abondants. Les Bérycidés, également intéressants, pullulent. Les Serranidés, constituant un des plus importants groupes, sont très appréciés des Européens. Parmi eux, YEpinepkelus lanceolatus, est très abondant au Tonkin où il est connu des Blancs sous le nom de « Vieille de Mer ».
- Le groupe des Apogon, de petite taille, est aussi très important ; ses principales espèces sont VApogon novem-fasciatus et Y Apogon trimaculatus, l’une des plus grandes formes.
- Les Lutjanus, utilisés comme poisson frais, comptent aussi de nombreuses variétés.
- Les Therapon, petits 'poissons de 8 à 10 centimètres, abondent dans le golfe du Tonkin ; quoique dégageant une odeur nauséabonde, ils sont consommés par les indigènes.
- Les Serridés sont utilisés pour les salaisons ; leur forme aplatie et large ne dépasse pas, en général, 4 ou 5 centimètres.
- Les Pristipomatidés ont une grande importance au point de vue alimentaire. D’assez belle taille — notamment les Diagramma et Pristepoma — ils vivent sur les fonds rocheux et donnent lieu à une exportation importante vers la Chine.
- Les Sparidés, que nous nommons daurades, sont en nombre considérable ; citons parmi eux les Lynagris sinensis, S. Blochi, les Scolopsis bilineatus, les Cæscio lunaris, les Sparus spinifer.
- Les Siænidés sont bien représentés sur les rivages, mais plus rares en haute mer. Les Mullidés, très nombreux, comprennent des variétés très fines : rougets-barbets, barbarins, etc.
- Les Chœtontidés, abondants, comprennent les espèces les plus belles au point de vue du coloris ; leur forme est originale par suite des appendices curieux.
- Tout concourt à faire d’eux de véritables pièces de collection ; ils vivent dans le voisinage des côtes.
- Les Labridés, très recherchés, vivent près de terre et prennent souvent de très belles couleurs ; leur chair est très estimée et utilisée pour le séchage.
- Les Scaridés, vénéneux, sont appelés perroquets de mer, à cause de leur bec qui ressemble à celui de ces oiseaux.
- Les Amphacanthidés comportent des espèces excellentes, à fine chair, très appréciée malgré les arêtes.
- Les Garangidés sont très importants au point de vue économique, car ils entrent pour une large part dans la fabrication des saumures ; ils vivent surtout en surface.
- Les Scombridés, proches parents des précé-
- Fig. 8. — Flotte de sampans et village de pêcheurs sur pilotis en baie d’Along.
- dents, sont éminemment comestibles ; ils rappellent le maquereau de nos côtes.
- Les Trichiuridés, ou poissons sobres, sont très appréciés par les indigènes, n’une des familles les plus goûtées de la population européenne, les Pleuronectidés, poissons plats, est cependant délaissée par les natifs. Nos compatriotes y voient des soles, et il faut convenir que les Cynoglossus functiceps, notamment, sont presque semblables à ce poisson si recherché en Europe.
- Les Scorpénidés renferment une série très curieuse, connue en France sous le nom de « rascasse ». Leur chair est généralement estimée
- C) Les Crustacés : Les plus intéressants sont les langoustes, les crabes, les crevettes et les limules.
- Les Langoustes, qu’il y a lieu de juger très nombreuses, n’ont jusqu’à présent trouvé qu’un écoulement commercial restreint, limité aux seuls consommateurs blancs de la colonie. Aussi sont-elles délaissées par les pêcheurs indigènes.
- Fig. 9. — Radeau de la côte nord de l’Annam.
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- Les exemplaires les plus fréquemment trouvés sont le Palinurus ornatus et le P. fasciatus.
- La première espèce, de fort belle taille, se rencontre dans les cavités coraliennes et quelque peu dans les zones rocheuses.
- La seconde, dont les antennes ont une longueur exceptionnelle, est verle, avec des bandes jaune clair; elle n’atteint jamais les dimensions de la précédente, mais son goût est plus fin ; elle gîte dans les rochers.
- La Palinurus japonicus, plus foncée et tachetée de blanc, est également réprésentée.
- Les Crabes comportent de magnifiques variétés, notamment le Scylla serrata, abondant, très gros et de bonne qualité.
- On trouve aussi, en grande quantité, le Neptunus pelagicus, grand, coloré, à carapace allongée, pourvu de fortes pinces. Enfin, le Grapsus strigosus, d’assez belle taille, quoique moins gros que les précédents, est répandu sur tout le littoral.
- Les Crevettes, parmi elles, il en est une très commune qui atteint, pour le corps seulement, 20 centimètres de long, la Palaemon carcinus, qui est très savoureuse.
- Une autre belle forme, très abondante, dépourvue de pinces, la Metapaeneus affinis, atteint 18 centimètres et est très recherchée.
- Qui ne voit les possibilités de fabrication de conserves que ces richesses représentent! Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point.
- Les Limules sont des crustacés de fort belle taille, dont les appendices locomoteurs sont dissimulés sous
- Fig. Î0. — Vidage d'une nasse sur la berge à Luang-Prabang.
- un vaste bouclier céphalique, prolongé lui-même par un autre bouclier thoracique qui s’articule avec une longue épine caudale repliée, d’où leur nom : Xyphosurus (épée anale).
- Ces animaux, extrêmement curieux, sont des descendants des crustacés communs que l’on retrouve dans les couches carbonifère, triasique et crétacée, qui se sont ainsi perpétués. L’espèce la plus répandue sur la côte d’Indochine, le Crabe des Moluques, s’enfouit dans les vases par des fonds de 10 mètres.
- D) Les Chéloniens, ou Tortues, dont nous avons déjà parlé. Les variétés marines sont intéressantes par leur carapace d’écaille, produit de valeur au point de vue industriel. Elles abondent dans les eaux indochinoises.
- Les principales espèces sont : la Tortue marine — Chelone mydas — qui peut atteindre 2 mètres. Abondantes sur les côtes d’Annam, elles ont une carapace bombée particulièrement intéressante. Elles fournissent, en outre, une huile industrielle. Certains naturalistes prétendent qu’il serait aisé d’en élever.
- La petite Tortue marine — Chelone imbricata — qui a 60 à 80 centimètres de long, donne une chair médiocre ; son écaille, par contre, est de très belle qualité. On la trouve surtout dans les îles de Cochinchine : Poulo Condore, Poulo-Dama, etc...
- E) Les Mollusques offrent un grand intérêt, tant au point de vue alimentaire qu’au point de vue industriel.
- Les Céphalopodes, en particulier les Seiches, les Calmars sont l’objet d’une pêche intensive. Les derniers nommés sont exportés, après séchage, vers la Chine.
- Parmi les Poulpes, il convient de signaler Y Octopus karmandi. Les Pourpres sont nombreuses, notamment les Littorines ou Bigorneaux. Les Turbos fournissent beaucoup de nacre, de qualité ordinaire il est vrai ; les Halio-tides, au contraire, donnent une nacre finement irisée que les indigènes utilisent pour la fabrication des meubles incrustés.
- Parmi les Bivalves, les Huîtres sont largement représentées ; les rochers de la baie de P ort-Wallut portent des espèces très appréciées; citons l’Ostrea forkalski, l’O. parasitica, l’O. arborea.
- Les Méléagrines, huîtres perlières, existent également au moins par deux espèces : Meleagrina margaritifera, qui peut [atteindre la taille d’une assiette à dessert, et la Meleagrina occa, beaucoup plus petite.
- Il y a là une belle industrie à créer : la culture des perles fines par le procédé japonais Mikimoto.
- F) Les Echinodermes : très variés, sont peu utilisés.
- Citons le Diademagaxatile, le Topneustes. Les Etoiles de mer sont également nombreuses ; les Holothuries ou biches de mer sont intensivement pêchées ; elles comptent en Indochine une douzaine d’espèces.
- G) Les Coralliaires : Sur les côtes d’Annam, à marée basse, se découvrent d’admirables plages de coraux. Ces madrépores se présentent sous trois formes : récifs frangeants, récifs barrières et îlots corallins. On ne trouve pas d’àttolls.
- Les Spongiaires sont assez richement représentés ; ce
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- Fig. il. — Pêche au carrelet sur la rivière des parfums, à Hué.
- sont malheureusement des échantillons petits, le plus souvent souillés par des veines ferrugineuses. Ils présentent, en général, un médiocre intérêt.
- Signalons enfin la présence dans les eaux indochinoises d’un grand nombre d’espèces de Méduses, que les indigènes utilisent pour l’alimentation.
- Enfin, nous mentionnerons le grand Serpent de mer (Megophias megophias), qui n’existerait pas seulemeut dans la légende, et mesurerait 25 mètres de long. Des navigateurs dignes de foi, le commandant de la canonnière l'Avalanche, en 1898, et un officier du Bayard, auraient aperçu ce fabuleux animal.
- LA PÊCHE INDIGÈNE
- Après le riz, ce pain de l’Asie, le poisson constitue la base de l’alimentation indigène ; aussi les peuples asiatiques ont-ils créé une foule de procédés pour capturer cet élément indispensable de leurs repas.
- C'est en eaux douces, surtout au Cambodge, que leur ingéniosité s’est le mieux manifestée.
- Ils ont constitué, aux environs des lieux de pêche, des villages sur pilotis, pourvus de séchoirs. Les bateaux utilisés sont ou de simples pirogues, longues et étroites, creusées dans un tronc d’arbre, que deux hommes guident, ou des bateaux plus importants, de 7 à 8 mètres, à quille arrondie, munis d’un roof à l’arrière et à l’avant, et portant deux tonnes et demie environ. La partie centrale, non pontée, sert à loger les filets et conserver le poisson. Ces embarcations sont montées par 4 ou 5 hommes. Les engins de pêche varient à l’infini. Citons en premier lieu les nasses, en lames de bambou, à un ou plusieurs compartiments, une ou deux ouvertures. Elles constituent des ouvrages de vannerie remarquables et on en pourrait décrire cinquante formes différentes. L’Annamite pratique la pêche au harpon,
- engin en bois, à deux ou trois dents, et il est parvenu à une dextérité étonnante dans ce genre de pêche.
- Les filets sont également très variés. Un des plus curieux est une sorte de poche de 2 mètres de profondeur, dont l’ouverture rectangulaire a 3 mètres sur 2 et est fixée sur deux perches en bambou. La longueur totale de ces perches est à peu près égale à la hauteur d’un homme. Ce filet, tenu par deux pêcheurs ayant chacun en main l’un des bambous, est traîné sur le fond ; des prises importantes sont ainsi effectuées.
- Un autre filet, nommé en cambodgien « océam », mesure 10 mètres de long sur 3 mètres de haut ; l’une de ses extrémités est fixée le long du bordage ; à chacun des bouts de l’autre extrémité est attachée une pierre fixée à une corde tenue par un des pêcheurs de l’embarcation. On laisse le bateau aller à la dérive, l’engin tourné vers l’amont. Les pierres retiennent le filet qui forme, par ce moyen, une nappe tendue depuis le fond du cours d’eau jusqu’au bateau. Lorsqu’un gros poisson s’emmaille, les deux hommes tirent la corde, ramènent les pierres et le filet se trouve refermé.
- Il existe aussi d’énormes carrelets à balancier, établis sur de grands et lourds bateaux ; l’ensemble de l’appareil de relèvement est composé d’un bâti formé de deux triangles isocèles opposés par la base, qui s’appuient sur l’avant du bateau ; le sommet de l’un des triangles soutient le carrelet, le sommet de l’autre, qui est, de plus, relié au précédent par une longue pièce de bois, porte une masse pesante — plomb ou pierre — qui aide au relèvement du filet. Dès que le carrelet est relevé, les pêcheurs en retirent le poisson à l’aide de longues épuisettes.
- L’épervier traînant est également en usage; des barrages, avec vivier-réservoir sont aussi installés aux hautes eaux. De vastes filets, nommés Uon, qui néces-
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- si tent dix jonques de traînage, sont utilisés et remplissent ces jonques d’une masse argentée, aux facettes mouvantes qui s’agite en brusques spasmes, en sauts et en convulsions frémissantes.
- Plus modeste, mais combien pratiquée, puisqu’elle n’exige aucun capital préalable, est la pêche à la ligne. L’Asiatique est passé maître dans cet art, et sait choisir les appâts appropriés au genre de prise qu’il ambitionne de faire.
- A la mer, le Chinois, venu de fort loin sur des jonques de haut bord, a acquis, surtout au Tonkin, une situation privilégiée. Robuste, consciencieux, très bon marin, ne s’occupant que de son métier, il s’entend très bien avec son confrère annamite, qui a souvent besoin de lui.
- Tandis que le Chinois vit presque exclusivement sur ses jonques, le pêcheur annamite, qu’il soit d’Annam ou du Tonkin, établit sur la côte, à 1 ou 2 mètres au-dessus des plus grandes marées, des villages d’où se dégage une odeur pestilentielle. Il existe plusieurs espèces d’embarcations :
- La grande jonque de 15 à 60 tonneaux, entièrement en bois, qui emporte 15 hommes d’équipage; ses voiles sont curieuses, formées de joncs tressés, aux formes quadrangulaires, caractéristiques.
- La petite jonque, de forme plus arrondie, plus légère, se meut à la voile ou à la roue.
- Viennent ensuite : le sampan, le radeau, formé de bambous reliés sur lequel une case est bâtie, et un sampan exigu, plus engin de pêche qu'embarcation puisqu’il est constitué par des tiges de bambou écrasé et tressé, rendu imperméable par de la bouse de buffle.
- Les engins sont analogues à ceux que nous avons cités pour la pêche en eau douce : nous retrouvons le harpon, les lignes, les engins fixes et aussi les filets mobiles, le chalut mobile qui ressemble au chalut bœuf de notre Méditerranée.
- La grande senne de surface, qui ne dépasse jamais 300 mètres, en chanvre ou en ramie, sert à la capture, pendant l’été, des bancs voyageurs.
- L’Annamite, on le voit, s’est ingénié à capturer, par des moyens de plus en plus efficaces, mais qui demeurent encore primitifs, le poisson dont il a besoin pour son alimentation, pour la fabrication des saumures, dont la plus importante, le « nûoc-mam », fait l’objet d’un commerce considérable, et aussi pour l’exportation.
- Que de richesses dorment et sont mal exploitées dans ces mers d’Indochine, aussi fertiles que la terre ! C'est d’abord la capture proprement dite du poisson en vue de sa consommation à l’état frais, la fabrication, qui pourrait être décuplée, du poisson salé, fumé ou séché, produit de très grande consommation et d’exportation, qui nécessitera, pour être convenablement préparé, de vastes installations de caractère industriel.
- Ce sont les conserves de sardine, de thon, de langouste, de filets de sole même qui, convenablement organisées, nous affranchiront des importations étrangères, du Cap, du Japon et même de Chine ou du Portugal.
- C’est aussi la préparation des saumures, dont l’usage est si répandu en Asie, parce que leur richesse en azote en fait un complément indispensable du riz.
- C’est encore la fabrication des graisses, des colles, du guano, dont la demande, dans le monde, croît sans cesse.
- C’est enfin l’organisation du commerce, si rémunérateur, des ailerons de requins ; le traitement des algues marines pour obtenir de l’alcool, des géloses alimentaires, etc...
- Il n’est pas douteux que les ressources immenses des mers indochinoises — qui fournissent déjà une exportation annuelle de 40 000 tonnes — donneront naissance à une industrie plus prospère.
- Par l’emploi de chalutiers à vapeur, de grands engins traînants, de filets de surface industriels, par l’organisation de moyens de conservation appropriés au climat, la préparation de sous-produits, la création de ports de pêches puissaïqjpnent outillés, par exemple à Hongay, à l’entrée de l’incomparable baie d’Along, aux portes des mines de houille, et à Cam-Ranh, en Annam, dans cette magnifique rade où tinrent à l’aise les 52 navires de la flotte de l’amiral Rodjesvinsky, par l’installation dans ces ports de tous les appareils modernes pour l’utilisation des produits de la pêche et leurs dérivés, la France, consciente de sa mission civilisatrice, associant la technique et la science modernes, fera œuvre utile et humaine (i). L Rouan.
- 1. Ouvrages consultés : G. Triant : Les poissons de la Basse Cochinchine ; Ricard : La pêche de saison à Pnom-Penh ; Aymo-nier : Le Cambodge ; Pétillot : La pêche et les poissons ; Grivel : Richesses marines et fluviales de l’Indochine.
- Les photographies illustrant cet article sont dues à l’obligeance du Service photocinématographique de l’Indochine.
- PHÉNOMÈNES D’ABSORPTION ET D’ADSORPTION (**•)
- PHÉNOMÈNES D’ADSORPTION PRODUITS PAR LE SILICO<GEL
- Si l’on fait agir une solution acide sur un silicate alcalin, comme le silicate de soude, ou liqueur des cailloux, obtenu en chauffant au rouge du sable fin ou du verre soigneusement pilé avec du carbonate de sodium, on obtient un précipité gélatineux blanc assez soluble dans les solutions d’acide chlorhydrique, de soude et de potasse; c’est la silice hydratée.
- En ce qui concerne l’obtention de silicogel comme matériau d’adsorption on doit suivre des conditions assez rigoureuses de concentration des réactifs, car l’allure générale de la précipitation est un facteur primordial et joue un rôle des plus importants sur les propriétés acquises par le gel.
- Obtenu par l’action de l’acide sulfurique ou chlorhydrique sur le silicate de soude, il est dialysé et lavé jusqu'à plus ou moins complète disparition du sel de sodium de l’acide employé. On procède à l’activation en séchant le précipité jusqu’à l’obtention d’une teneur en eau de 18 pour 100 envi-
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- ron. Le produit acquiert alors une grande porosité, les pores formés sont excessivement petits, l'examen microscopique ne permet pas de les révéler.
- Si on projette de l’eau sur du gel de silice préalablement bien desséché, le gel éclate avec bruit en petits morceaux et la température s’élève. On note que l’éther, le benzène, les solutions salines produisent le même effet. Lorsqu’on compare le pouvoir décolorant du gel avant et après son traitement à l’eau, on constate qu’il a augmenté jusqu’au quadruple. L’augmentation est d’autant plus forte que l’échantillon était moins actif auparavant. C’est une méthode d’augmentation de l’activité.
- L’action de surface du gel est d'un ordre de grandeur très appréciable, car on estime que 1 gr. de celui-ci représente une surface de 450 m2.
- Les applications du silicogel. — Cette matière est actuellement employée dans un grand nombre d’industries où il s’agit d’épuration, de récupération, de séchage, comme dans le débenzolage des gaz de cokeries, la désulfuration des pétroles, la récupération des dissolvants volatils mélangés d’air.
- Débenzolage. — Dans le débenzolage des gaz de four à coke, la silice colloïdale concurrence l’emploi du charbon actif. En effet, l’activité de l’acide silicique diminue moins rapidement que celle du charbon. Celle-ci se réduit au deux tiers après trois ou quatre saturations et à la moitié après quinze saturations. Cette diminution de l’adsorption est due à la formation sur la surface active du charbon d’une combinaison de ce dernier avec les gaz de combustion. Le gel est utilisé sous forme de poudre dont les grains ont la dimension de ceux du sable fin. L’épuration se fait par injection de la matière dans le gaz. Puis un chauffage modéré du gel saturé libère le benzol tandis qu’un chauffage plus poussé lui rend son activité première.
- Raffinage des pétroles. — L’acide silicique trouve une utilisation de plus en plus marquée dans la désulfuration des pétroles ainsi que dans celle des essences artificielles légères provenant de l’opération du cracking.
- La teneur en soufre des pétroles est très différente suivant leur origine. Tandis que par exemple les pétroles de Pennsylvanie en renferment environ 0,06 pour 100, ceux du Mexique au contraire sont remarquables par leur taux élevé qui peut aller jusqu’à 5 pour 100. Ce sont des liquides très visqueux, de coloration brune, qui fournissent par distillation des produits brunâtres à odeur désagréable. Au cours de la distillation 1 se dégage des quantités notables d’hydrogène sulfuré et l’on constate que ce sont les parties les plus lourdes et en particulier l’asphalte qui contiennent le plus de soufre.
- La pratique courante d’épuration consiste à traiter les huiles minérales avec des agents précipitants comme l’acide sulfurique, ou d’en faire passer les vapeurs au cours de la distillation sur des oxydes métalliques tels que l’oxyde de cuivre, l’oxyde de plomb, le sesquioxyde de fer.
- En Amérique, on commence maintenant à utiliser le pouvoir absorbant de la silice activée dans le raffinage des pétroles. Le processus de l’opération serait le suivant. Entre les petites molécules de silice il y a des vides ou capillaires, et autour d’elles une pellicule d’humidité permanente. Qu’un liquide ou un gaz liquéfiable vienne en contact avec cette structure, il se trouve aspiré par la force de l’attraction capillaire des vides, dans un mélange de plusieurs éléments, la masse adsorbante attire autour de ses granules sur sa pellicule humide, ceux qui ont le moins de tension superficielle Ainsi, dans le cas du petrole, mélange d’hydrocarbures et de produits sulfurés, ces derniers qui présentent le moins de tension superficielle sont attirés les premiers
- On peut sélectionner le pouvoir désulfurant de divers gels
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- en préparant, par exemple, un carburant artificiel souillé à base de benzine et de sulfure d’éthyle. On a remarqué ainsi que 1 action désulfurante est d’autant plus grande que les grains de silice sont plus ténus, quoiqu’il ne soit pas très avantageux de travailler avec des grains trop petits, car 1 avantage obtenu dans l’adsorption se compense par les pertes du gel en poussière, produites par le concassage. L humidité joue aussi un rôle prépondérant ; on a été amené à constater que 1 adsorption devient très faible quand l’humidité croît légèrement.
- Dans le cas des gazolines américaines résultant des industries du cracking, le problème est plus délicat. Cette opération a pris une très grosse importance après la guerre, quand on se trouvait privé des essences légères de Roumanie et de Russie. Les pétroles américains sont très pauvres en essences, le cracking consiste à les déshydrogéner par l’action de la chaleur en présence ou non de catalyseurs. On obtient ainsi des hydrocarbures non saturés légers. Dans la désulfuration à l’aide de l’acide sulfurique, une partie de ces hydrocarbures non saturés sont entraînés dans la précipitation des produits sulfurés d’où une diminution du rendement. Le gel de silice, au contraire, laisse passer tous les carbures.
- Un problème des plus importants pour l’industrie de la transformation du pétrole en huile de graissage est la préparation des viscosines à point d’inflammation élevé et de bonne qualité, c’est-à-dire avec une teneur minima en produits goudronneux. Jusqu’à présent, on opérait surtout par distillation fractionnée. Maintenant le procédé par adsorption est de plus en plus en faveur et l’on pense que, dans un avenir plus ou moins lointain, il sera le procédé de prédilection et peut-être même le procédé exclusif. Les avantages de la méthode paraissent probants, l’emploi en est hygiénique et l’on obtient peu de goudrons acides. De plus, l’adsorbant laisse facilement extraire le goudron retenu.
- Dans le cas de l’emploi du gel de silice, on constate que ses propriétés adsorbantes sont restées pratiquement les mêmes après trois régénérations successives.
- COLLOÏDES ADSORBANTS ARGILEUX
- A côté des adsorbants artificiels dpnt nous venons d’examiner rapidement quelques propriétés intéressantes, on trouve dans le sol toute une série d’éléments naturels qui sont également employés dans l’industrie concurremment avec les premiers.
- Ce sont les terres à briques, kaolin, argile, terres à blanchir diverses dont la composition générale est celle des corps argiloïdes, c’est-à-dire des silico-aluminates plus ou moins hydratés qui contiennent également de petites quantités de fer et de manganèse, ainsi que de la chaux et des alcalis.
- Le type le mieux étudié est la terre à brique qui forme le limon quaternaire du Nord de la France, provenant de la destruction des sédiments tertiaires. Cette matière argileuse est constituée par des aluminosilicates et des ferrisilicates à structure kaolinique avec de la limonite et un peu de quartz. Les colloïdes argileux se trouvent à l’état naturel floculés, c’est-à-dire formant des agrégats. Leur utilisation comporte donc la destruction de ceux-ci, ainsi que l’obtention d’une dispersion maxima. Ce résultat est atteint en lavant ces argiles avec des solutions faibles d’acide de façon à les décalcifier et en leur faisant subir une série d’agitations méca-ciques suivies de repos plus ou moins prolongé. La dispersion est aussi obtenue par de nouvelles agitations en présence d’alcali.
- Le produit colloïdal obtenu se trouve constitué par des particules dont le diamètre est inférieur à 5 microns. L’examen microscopique révèle une masse amorphe qui peut contenir comme impureté un peu de silice à l’état de
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- débris de quartz finement dispersés, du titane, du manganèse, de l’oxyde de fer. Après séchage elle retient encore avec énergie une teneur appréciable d’humidité.
- Le colloïde argileux de la" terre à brique se comporte comme un colloïde électronégatif, il est sensible à l’action des électrolytes, retient énergiquement les colorants basiques comme le bleu de méthylène, le violet de gentiane, adsorbe les alcaloïdes, tels que la quinine et les oxydes métalliques et peut donner avec des bases comme la chaux des complexes d’adsorption dans lesquels la chaux n’est déplacée que partiellement par le gaz carbonique.
- Les principaux types de ces adsorbants sont, à part les argiles et kaolins colloïdaux, les terres naturelles de Floride connues sous le nom de floridines, les Urres de Bavière, les kieselghurs, et des sortes diverses de terres à foulon et de terres à blanchir. Les floridines ont connu une grande renommée pour les purifications des huiles de pétroles ; elles sont employées à l’état naturel. Les autres terres sont généralement activées par une petite imprégnation acide ne dépassant pas généralement 0,02 à 0,4 pour 100 en acide chlorhydrique.
- On les réactive après usage par extraction à l’essence et séchage.
- Les matériaux activés ou non, comme les floridines et les terres à foulon, se comportent différemment dans leur emploi. On constate ainsi que dans le traitement des huiles de graissage, les produits activés, malgré leur réaction acide, n’augmentent pas l’acidité des huiles traitées, mais possèdent au contraire des propriétés désacidifianles remarquables. Elles agissent uniquement par adsorption tandis que dans le cas des terres naturelles il s’agit à la fois d'une action chimique neutralisante à la faveur des petites quantités de carbonate de chaux et de carbonate de magnésie qu’elles contiennent et d’un processus d’adsorption. On peut également mettre en ligne de compte la production de phénomènes de coagulation résultant de la présence des électrolytes. On remarque aussi que l’humidité joue un rôle important, les terres de blanchiment sèches agissant plus favorablement que les terres humides.
- Les modes d’utilisation, la température obtenue, la durée de chauffage, la quantité de terre employée sont des facteurs assez variables et dépendent étroitement de la nature de l’adsorbant et du degré de décoloration des huiles minérales que l’on veut obtenir. Dans les raffineries russes, où le kaolin de Glouchov est couramment utilisé, on opère à des températures voisines de 90 à 95°, une température plus élevée n’améliorant pas la décoloration, les quantités utilisables sont sensiblement de 15 pour 100 du poids du pétrole.
- Les matières colorantes retenues par la masse d épuration sont ensuite extraites par un solvant approprié et l’on peut alors procéder à la régénération de la terre.
- En ce qui concerne l’épuration des huiles minérales souillées d’asphalte, l’opération se montre plus difficile. Quand elles en contiennent un taux élevé, on commence à diluer ces huiles très visqueuses avec un distillât plus léger, puis on les fait passer sur une couche épaisse de terre de blanchiment, le filtre étant maintenu à une température de 60°. La filtration est très lente et le résultat souvent médiocre. En effet, tandis que les premières parties du filtrat sont de couleur claire et exemptes d’asphalte, les portions finales sont foncées et en contiennent de grosses proportions. Le pouvoir adsorbant pour l’asphalte diminue rapidement et la terre de blanchiment doit être bientôt remplacée ou régénérée. On remarque également que le filtre possède un régime d’adsorption sélective, les premières parties du filtrat ayant un poids spécifique plus petit que les portions finales. Mais le traitement reste applicable aux huiles renfermant peu d’as-
- phalte, car dans ce cas l’épuisement des terres est moins rapide.
- Le kieselghur d’Akhalcikh, dont la nature est voisine de celle de la terre d’infusoire, a été étudié au point de vue de son application comme agent décolorant pour le raffinage des produits de pétrole. Ce corps contient de 89 à 93 pour 100 de silice, 3 à 4 pour 100 d'oxyde de fer et d’alumine Son pouvoir décolorant est sensiblement quatre fois plus petit que celui de la floridine. Mais il peut être utilisé pour la fabrication du silicogel; on prépare du silicate de soude par voie humide en traitant ce kieselghur par la soude, on décompose ensuite le silicate par un acide. On obtient ainsi un gel de silice dont le pouvoir décolorant est de 10 pour 100 inférieur à celui de la floridine américaine.
- La régénération des poudres décolorantes usées est un problème délicat et souvent compliqué. Généralement on expulse les huiles, les asphaltes, les impuretés retenues, à l’aide de benzine ou d’essence légère, on élimine en même temps les matières colorantes adsorbées. Le reste part en soumettant la poudre à l’action d’un courant d’air chaud jusqu’à ce que les matières étrangères soient complètement brûlées. Les terres régénérées de cette façon possèdent des propriétés adsorbantes amoindries, il se produit aussi des pertes sérieuses durant les transports inévitables. On peut opérer plus simplement en faisant une adsorption inverse. On traite par exemple la floridine chargée d’huiles par un mélange d’alcool et de benzine, les huiles sont alors déplacées par l’alcool et dissoutes par la benzine. L’expérience montre que le phénomène s’effectue à peu près jusqu’à complet épuisement. En portant ensuite vers 250°, on élimine 1 alcool et le benzène. On évite les pertes et le pouvoir adsorbant diminue moins sensiblement.
- Ces questions étant, surtout dans l’industrie des pétroles, d'une très grande importance, les inventeurs s’ingénient à modifier incessamment les masses adsorbantes de façon à obtenir des rendements meilleurs. C’est ainsi que, pour la purification des hydrocarbures légers, on peut ajouter des métaux, comme le fer, le cuivre, le plomb, le manganèse avec des oxydes de calcium, de strontium, de magnésie, à des adsorbants qui seront des silicates d’alumine hydratée tels que les zéolithes, permutites, réfinite, borromite, chalazite, natrolite, scolocite. thomsonite, pyrophylite. On obtient la combinaison la plus active en dissolvant le sel du métal dans un liquide non miscible à l’hydrocarbure et, en fabriquant une sorte de pâte avec l'argile colloïdale, on réduit ensuite le sel à l’état métallique ou à celui d’oxyde.
- PHÉNOMÈNES D'ADSORPTION PRODUITS PAR LES ALGINATES ALCALINS
- Stanford a montré que l’on pouvait extraire de certaines algues de la famille des Laminariées une substance mucila-gineuse, l’acide alginique ou algine qui existerait à l’état naturel dans ces plantes sous forme de sel de calcium insoluble. On l’extrait en épuisant les algues par des solutions chaudes de carbonate de soude, le produit gonfle et l’on obtient après essorage ou filtration, des solutions plus ou moins colorées d’alginate de soude très visqueuses. En traitant ces solutions par un acide, on précipite l’acide alginique sous forme de flocons entraînant avec eux une certaine quantité de pigments chlorophylliens verts.
- Les alginates de métaux lourds sont insolubles dans l’eau. Les plus connus sont les alginates de fer employés en pharmacopée sous le nom de ferrocol et l’alginate de cuivre utilisé pour combattre les maladies cryptogamiques de la vigne.
- L’alginate de soude possède de très bonnes propriétés clarifiantes et adsorbantes et peut être utilisé pour l'épuration des liquides troubles.
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- En sucrerie, ces propriétés intéressantes ont été mises à profit et il est employé comme défécant. Par échange de bases on arrive aune formation intense d’alginate insoluble qui adsorbe et entraîne avec lui en se déposant toutes les impuretés colloïdales.
- On peut également l’utiliser pour l’épuration des eaux limoneuses et calcaires.
- PHÉNOMÈNES PRODUITS PAR LES COMPLEXES D'ADSORPTION DU SOL
- Le sol est composé en général de complexes colloïdaux silico-alumineux alcalins, dont les propriétés sont nettement fonction des proportions respectives de chaque constituant. La neutralité approximative ou l’équilibre, correspond sensiblement au complexe formé par 1 partie d’alumine, 3 parties de silice, 1 d’oxyde de potassium ou de sodium, et 1 de chaux et de manganèse. En examinant rapidement les propriétés de la matière argileuse du sol, nous avons vu que celle-ci se comporte comme un colloïde électro-négatif et donne lieu au phénomène de double échange d’ions.
- En présence de calcium, sous une forme appropriée, l’ion potassium s’échange toujours avec l’ion calcium. Si au contraire on n’est pas en présence de chaux, l’échange porte sur l’alumine, ou le fer ou le maganèse. Aussi, on remarque que par suite de ces échanges, lorsque le rapport de l’alumine à l’alcali diminue dans le complexe, celui-ci tend de plus en plus à fixer les bases et son action équivaut à celle d’un acide, c’est ce que l’on appelle l’acidité latente ou potentielle du sol.
- Cette acidité potentielle a une importance considérable sur le développement des végétaux. Elle tend en effet à retenir les éléments tels que la chaux, la magnésie, la potasse, qui sont indispensables aux plantes.
- L’état de saturation du sol étant défini par le rapport existant entre la teneur de ce sol en bases adsorbées ou échangeables et la proportion de bases que le sol peut adsorber, il s’ensuit que la non saturation des complexes équivaut à une diminution de l’action fertilisante du sol et des engrais.
- (A suivre.) J. Besse.
- LA TÉLÉVISION
- L’APPAREIL BELL - L’APPAREIL GELOSO
- PREMIÈRES ^RECHERCHES
- Le problème de la télévision, par fil ou sans fil, a été étudié depuis plus d’un quart de siècle, notamment par Rühmer, Rignoux et Fournier, Belin, Andersen, etc.
- Tous les procédés imaginés à l’origine reposaient sur l’emploi de l’élément au sélénium, substance qui, dans certaines conditions, a la propriété d’offrir au courant électrique une résistance plus ou moins réduite selon l’éclairage auquel elle est soumise.
- Dans les premières dispositions imaginées, l’image de l’objet ou de la personne à transmettre était projetée, au moyen d’une lentille, sur un écran formé d’un certain nombre d’éléments au sélénium placés les uns à côté des autres et intercalés chacun dans un circuit comprenant, au départ, une source de courant appropriée et, à l’arrivée, une lampe électrique. Les lampes étaient elles-mêmes disposées les unes à côté des autres, comme les éléments sensibles, derrière un verre mat ; s’illuminant plus ou moins selon l’éclairage reçu par les éléments au sélénium correspondants, elles donnaient une image reproduisant l’image originale.
- Un inconvénient fondamental de ces procédés était d’exiger un nombre considérable d’éléments sensibles et de lampes réceptrices avec autant de circuits électriques pour relier les éléments aux lampes correspondantes ou bien un dispositif spécial reliant successivement chaque élément à la lampe correspondante
- Mais ce qui en constituait surtout le grand obstacle, c’était la lenteur d’action de l’élément au sélénium son inertie photoélectrique, qui ne lui permet pas de suivre instantanément les variations de lumière qu’il reçoit et de les traduire en variations de courant correspondantes.
- Adoption du disque explorateur . — Le premier progrès important réalisé dans les procédés de transmission et de réception consista à substituer à l’écran d’éléments sensibles un plateau ou disque explorateur, dont la conception est empruntée d’ailleurs aux procédés de la téléphotographie (1) ; le principe en est montré à la figure 1.
- Le disque explorateur se compose d’un disque opaque, tournant à une vitesse appropriée, entre l’image à transmettre et une source de lumière, et sur le pourtour duquel sont pratiquées des ouvertures équidistantes, décalées radialement en spirale, de telle sorte que la lumière émise par la source et dirigée sur l’image traverse le disque en un mince pinceau qui explore toute la surface de l’objet ou de la personne.
- La lumière réfléchie à chaque instant par l’objet ou la figure est dirigée sur un élément sensible, qui en traduit l’intensité par une variation de courant.
- Une variante de ce système consiste à éclairer l’objet de façon permanente et à faire agir la lumière réfléchie sur l’élément sensible à travers les trous du disque
- 1. Ce dispositif a été imaginé et employé dès 1884, par Plotnow.
- Cellule
- photoélectrique
- Source éclairante
- Fig. 1. — Principe général du transmetteur à disque explorateur.
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- Source éclairante
- Fig. 2. — Autre disposition du transmetteur à disque explorateur.
- explorateur ; mais cette disposition est moins avantageuse que la précédente.
- A la réception, on emploie (fig. 2) un dispositif constituant la réplique du système transmetteur : le courant contrôlé par l’élément sensible agit sur une lampe dont la lumière est distribuée sur un écran, synchroniquement à l’exploration de l’image au départ, par un plateau distributeur identique au disque explorateur et tournant à la même vitesse que celui-ci.
- LES CELLULES PHOTOÉLECTRIQUES
- Inconvénients de Vélément au sélénium. — Bien que constituant un très sérieux progrès sur les procédés antérieurs, le système du disque explorateur ne pouvait encore donner aucun résultat pratique aussi longtemps que Ton ne disposait, comme élément sensible, que de l’élément au sélénium.
- On remarquera à ce propos que, quel que soit le procédé employé, il est nécessaire que l’exploration de toute l’image ait lieu en moins de 1/20 ou, au minimum, de 1/16 de seconde, délai correspondant à la durée de la persistance des images sur la rétine.
- Comme il faut, d’autre part, diviser l’image en un
- Fig. 4. — Courbes de sensibilité pour les différentes longueurs d’ondes lumineuses, dans une cellule photoélectrique à vide et dans une cellule à gaz.
- En abscisses : les longueurs d’onde en millimicrons; en ordonnées, la quantité d’électricité engendrée en millicoulombs par calorie d’énergie lumineuse absorbée.
- nombre de sections considérable pour que la reproduction soit suffisamment fidèle, on est en fait obligé de travailler avec des variations de lumière d’une fréquence de plusieurs milliers à la seconde.
- Pour se faire une idée de ce que cela représente, il suffit de se représenter les images successives d’un film cinématographique projetées sur un écran à raison de 18 ou 20 par seconde ; chaque image ne peut tenir l’écran que pendant moins d’un vingtième de seconde.
- Eh bien ! nous devons nous dire que, pour faire de la télévision, il faut que, pendant ce court laps de temps où chaque image s’immobilise devant nos yeux, le distributeur parcoure toute la surface de l’image et donne pour chacun de ses quelque dix milliers d’éléments une impulsion de courant proportionnelle à son éclairement.
- L’élément au sélénium est bien trop lent pour répondre avec la rapidité voulue à des variations de lumière aussi rapides et l’on n’a pu arriver à un commencement de succès pratique qu’à l’aide d’un organe nouveau, l’élément photoélectrique au potassium.
- L’élément photoélectrique à vide. — L’élément photoélectrique est basé sur un phénomène observé par Hertz en 1887, et résidant en ceci que les rayons ultra-violets d’une lampe à arc tombant entre les électrodes d’une bobine d’induction favorisent la production de la charge.
- Plus tard, l’expérience a montré que ce phénomène est d’autant plus marqué que la pression entre les électrodes est moindre et l’on a été amené ainsi à placer celles-ci dans un tube en verre et à raréfier le gaz dans ce tube (’).
- Dans la suite encore, on a remarqué qu’il y a intérêt à employer pour la constitution de la cathode des métaux du groupe alcalino-terreux et spécialement le potassium.
- L’élément photoélectrique a dès lors été constitué par une ampoule contenant un fil métallique comme anode et du potassium comme cathode et où l’on fait le vide.
- Dans l’obscurité, la résistance de l’élément photoélectrique est pratiquement infinie; sous l’influence de la lumière, le tube devient conducteur et si l’on applique à ses bornes une tension constante, il se produit sur le tube un courant dont l’intensité est proportionnelle à l’éclairement reçu.
- L’élément photoélectrique à gaz. — Les éléments photoélectriques ont bénéficié d’un nouveau perfectionnement : on introduit dans le tube un gaz rare — l’hélium ou le néon — ce qui augmente la facilité du passage du courant.
- Les éléments à gaz rare sont considérablement plus sensibles que les éléments à vide; leurs caractéristiques
- l. Ce dispositif a été imaginé par Zickler pour ses essais de phototélégraphie, -vers 1898.
- Cellule â
- Fig. 3. — Courbes caractéristiques de l’intensité électrique en fonction de la tension pour des éléments photoélectriques h vide et à gaz.
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- électriques sont d’ailleurs différentes. La figure 3 ci-contre, qui donne, d’après M. Zickler (4), les courbes intensité-tension des deux genres d’élément, on remarquera que lorsque l’on augmente la tension aux bornes de l’élément photoélectrique soumis à un éclairage déterminé, l’intensité du courant augmente d’abord proportionnellement à la tension ; mais qu’avec l’élément à vide on arj ive assez rapidement à une limite, à partir de laquelle l’intensité n’augmente plus; tandis qu’avec l’élément à gaz, au contraire, l’augmentation s’accentue.
- Les éléments photoélectriques actuels. — Les éléments photoélectriques, actuellement employés en télévision et dans les autres applications, sont généralement des éléments à gaz conditionnés pour présenter
- leur maximum de sensibilité à une tension déterminée (le plus souvent une quarantaine de volts).
- Le tube !en est quelquefois conditionné de manière à jouer le rôle de lentille et à concentrer la lumière sur l’intervalle entre les électrodes ; on donne à celles-ci diverses formes pour en augmenter plus ou moins la sensibilité.
- De toute façon, on doit éviter de pousser un élément photoélectrique à une tension supérieure à celle pour laquelle il est établi, parce qu’en se rapprochant trop de la tension critique (Ez de la figure 3) on s’exposerait à faire jaillir entre les électrodes une décharge qui le détériorerait. Pour se prémunir contre cet accident, on place dans le circuit de l’élément une résistance de sûreté de grandeur convenable.
- 1. Prof. K. Zickler. Das Problem der Photo-Telephonie} Elek-trotechnik und Maschinenbau, 15 juillet 1928, p. 769-775.
- Fig. 5. — Principe du transmetteur Bell.
- Une particularité à prendre en sérieuse considération est que l’élément photoélectrique n’a pas la même sensibilité pour tous les rayons lumineux, mais présente au contraire un maximum de sensibilité Irès marqué pour les rayons d’une certaine longueur d’onde.
- La figure 4 ci-contre, empruntée à M. Zickler, est édifiante à cet égard : elle donne les courbes de sensibilité d’un élément à vide (I) et d’un élément au gaz (II) de meme fabrication en fonction de la longueur d’onde de la lumière. On voit que le maximum de sensibilité, très marqué surtout pour le tube à gaz, se produit pour la longueur d’onde de 438 pp. environ.
- Ceux qui voudront faire de la téléphotographie ou de la télévision auront donc le plus grand intérêt à travailler avec une source de lumière où dominent les rayons correspondant à cette longueur d’onde.
- LE POSTE RÉCEPTEUR
- La lampe réceptrice. — Comme lampe réceptrice, la plupart (*) des systèmes actuellement mis à l’épreuve emploient la lampe au néon, dispositif qui, soumis à des courants de
- 1. Dans le système de M. von Mihaly, on emploie la lampe à lumière cathodique au tungstène, mais modifiée de telle façon que l’on utilise non la lumière cathodique mais la lueur entre les électrodes.
- Fig. 7. — Principe du récepteur Geloso.
- Antenne
- Tube e néon
- Disque
- récepteur
- Batteries d'alimentation
- eimodulation Dispositifréceptem
- transmetteur
- transmetteur radioélectrique
- Fig. G. — Principe du transmetteur Geloso.
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- haute fréquence, a la propriété de donner une lumière à peu près rigoureusement proportionnelle à l’intensité des signaux reçus, ou, pour être plus exact, à la tension fournie par ces signaux.
- Dans sa forme la plus courante, la lampe au néon se compose de deux plaques en métal de 4 cm environ de diamètre, placées, à quelques millimètres l'une de l’autre dans une ampoule en verre, remplie de néon.
- Au passage de l’électricité, le gaz de l'ampoule s’illumine de la belle et douce lumière rosée, caractéristique du néon.
- On construit aujourd’hui différents types de lampes au néon; les bons modèles ont la réputation de réagir aux oscillations qui y sont appliquées en moins d’un millionième de seconde.
- Réception des ondes — D’une façon générale, on admet que le récepteur d’ondes peut être un récepteur ordinaire, à condition que l’amplification y soit suffisante et se fasse sans distorsion pour les oscillations de 60 à 5000 périodes par seconde.
- Il y a dès maintenant plusieurs procédés en présence : en France, le système Belin-Holweck et le système Dauvilliers; en Hongrie : le système von Mihaly ; en Angleterre, le système Baird ; en Amérique, les systèmes de l’American Telegraph and Téléphoné Company (Bell), de la General Electric Company (Alexanderson) et de la Pilot-Electric Mfg. Cy (Geloso).
- Les systèmes von Mihaly, Baird, ont été déjà décrits dans cette Revue, nous décrirons sommairement ci-après, à titre d’exemple, le système de l’American Téléphoné
- Fig. 8. — Le transmetteur à 4 miroirs du système Geloso.
- and Telegraph Company et celui de la Pilot Electric Manufacturing Company.
- L'APPAREIL BELL
- Les ingénieurs de l’American Téléphoné and Telegraph Company ont été des premiers à présenter un système de télévision donnant vraiment des résultats ; le principe du système est montré par la figure 5.
- Au commencement de 1928, ils ont pu transmettre à 360 km de distance l’image d’une personne lisant un journal, avec une netteté suffisante pour que l’on pût reconnaître les traits du personnage et même les dessins illustrant le journal qu’il tenait en mains.
- La partie caractéristique du transmetteur employé était constituée par les éléments photoélectriques : c’étaient trois éléments de grande dimension, les plus grands que l’on eût réalisés jusqu’alors, construits par le Dr Herbert E. Ives.
- A la réception, on travaillait avec une lampe au néon construite par M.-D. Mc Farlan Moore, technicien de l’American Téléphoné and Telegraph Company qui s’occupe depuis des années de l’étude de ce genre d’appareils. (Voir La Nature, n° 2773, 15 novembre 1927.)
- Signalons que l’American Téléphoné and Telegraph Company a aussi fait des expériences avec un tube au néon spécial, se présentant sous la forme d’un long tube, avec une électrode principale allant d’un bout à l’autre du (tube et 2500 électrodes auxiliaires, distribuées sur toute la longueur de l’instrument.
- Un commutateur tournant mettait en circuit successivement les électrodes auxiliaires, de façon à faire jaillir la lumière à tour de rôle de l’une à l’autre, et à produire, par la succession rapide des lumières ainsi obtenues, un ensemble reproduisant l’image de l’objet ou de la personne vue au départ.
- LE SYSTÈME GELOSO
- Le système Pilot, qui a été étudié principalement par l’ingénieur en chef Geloso, de la Pilot (Electric Mfg Cy, est connu spécialement pour l’intéressante expérience qui en fut faite, par T. S. F., en juillet 1928, entre Coytes-ville et New York, et par la démonstration présentée au Grand Central Palace de New York, en octobre 1928.
- La lumière destinée à éclairer l’objet ou la figure à transmettre est produite par un fort arc électrique ; un système de lentilles approprié la dirige sur l’objet ; un système de quatre éléments photoélectriques placés au foyer de miroirs reprend le faisceau lumineux réfléchi.
- Grâce à la combinaison ingénieuse des éléments et des miroirs, M. Geloso est parvenu, assure-t-on, à travailler avec des éléments photoélectriques de petite dimension, beaucoup plus faciles à exécuter et beaucoup moins chers que les grands éléments employés dans le système de l’American Téléphoné and Telegraph Company.
- Ces (derniers éléments n’ont pas moins de 30 cm et coûteraient de 350 à 400 dollars pièce, tandis que les éléments employés par M. Geloso ne reviennent qu'à 25 dollars environ.
- Le plateau explorateur tourne à 450 tours par minute ; il est percé de 48 trous ; la figure 8 ci-contre montre le
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- transmetteur : à gauche, on voit le plateau tournant, entre l’arc et le système de lentilles; à droite, les 4 éléments photoélectriques; la figure montre le récepteur, vu de l’arrière : on remarque le plateau, le moteur qui l’actionne, et, à la partie supérieure, la lampe au néon.
- Le principe du système Pilot est montré par les figures 6 et 7 ; on remarquera que le transmetteur comporte, outre les organes dont nous avons fait mention, un « moniteur », qui n’est autre chose qu’un récepteur pour permettre aux opérateurs de se rendre compte du bon fonctionnement de leur appareil.
- Ce récepteur est à cette fin actionné en local par les courants qui commandent les éléments photoélectriques ; il comporte tous les organes d’un récepteur normal et fonctionne comme les postes intérieurs, avec cette seule différence que, son disque distributeur étant monté sur le même axe que celui du transmetteur, le synchronisme se trouve toujours réalisé et qu’il n’y a pas à prévoir de dispositif régulateur pour l’obtenir.
- LE TÉLÉCINÉ KAROLUS
- La vision à distance implique la transmission d’un nombre suffisant d’images successives dans le délai imposé par la durée de la persistance des impressions sur la rétine; la condition est la même que pour les projections cinématographiques.
- Il n’y a donc aucune difficulté pour passer du procédé à la télécinématographie : il suffit de transmettre les divers éléments de chaque section de la pellicule, comme on transmet les éléments de chaque vue de la personne ou de la scène radiodiffusée.
- Un expérimentateur hongrois, M. Karolus, s’est particulièrement occupé de ce problème; les formes de réalisation qu’il a adoptées diffèrent quelque peu de celles en usage dans les procédés de télévision, mais le principe est le même.
- CONCLUSIONS
- Nous croyons bon, en terminant cet article, de reproduire les lignes ci-après extraites d’une note de M. T. Thorne Baker, le spécialiste anglais bien connu par ses travaux en téléphotographie :
- « Lorsque l’on examine la question sans passion, on ne peut s’empêcher de penser que les résultats obtenus iusqu’à présent, avec des appareils extrêmement compliqués et coûteux demeurent rudimentaires et hautement décourageants.
- « Parler de pouvoir suivre, sur un poste « domes-
- Fig. 9. — Le récepteur du système Geloso.
- tique » des courses de chevaux, des régates, des représentations théâtrales, est une plaisanterie.
- « Même en tenant compte des possibilités que permettent d’attendre les incroyables progrès réalisés dans la science électrique, les espoirs que d’aucuns ont énoncés en ce qui concerne la télévision ne sont pas justifiés.
- « La télévision ne peut être considérée aujourd’hui que comme une expérience scientifique, et l’impression qu’elle a faite sur l’imagination populaire sera peut-être un des plus grands obstacles à son perfectionnement légitime. »
- Bien que ces lignes pessimistes aient été écrites il y a quelques mois et quoique, depuis, des démonstrations « retentissantes » aient été faites en Angleterre, en Amérique, etc., elles restent bonnes à lire et à méditer.
- Henri Marchand.
- LA LUTTE POUR L'ALIMENT
- DANS LE MONDE AILÉ
- Absorbés par les difficultés de l’existence, par notre travail, par nos affections, il est assez rare que nos préoccupations aillent jusqu’aux animaux qui vivent près de nous et cependant que d’observations charmantes et intéressantes on pourrait faire rien qu’en les regardant vivre, rien qu’en se rendant compte de la manière dont ils pourvoient à leur nourriture. Je n’entends pas ici parler de tous nos commen-
- saux inférieurs, mais simplement des habitants d’une volière dont la vie nous a souvent fait faire des découvertes vrail ment extraordinaires quand elles n’allaient pas jusqu’à être tragiques. C’est un chardonneret qui ouvrit la série. Ravissant de forme et de plumage, il chante du matin au soir, il sautille d’une place à l’autre presque sans s’arrêter, dresse sa fine tête, puis l’incline de côté pour permettre à l’œil
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- latéral d’explorer le fond de la cage. Bien soigné, bien nourri, il semble devoir vivre heureux et voici que son bec s’allonge démesurément au point que, devenu trop flexible, il ne peut plus décortiquer les graines nécessaires à son entretien et que sa vie paraît menacée. Mais sa voisine la serine au délicat manteau d’or vient à son aide et la voici qui délicatement introduit, dans le bec largement ouvert, les graines préparées comme il convient.
- Les jours passent, le charitable commerce continue.
- Or je m'avise de rogner le bec trop long et, l’opération faite, je replace le chardonneret dans la cage. Dame serine’lui fait grand accueil, l’opéré ouvre un large bec pour recevoir la provende accoutumée. Dame serine s’élance, mais qu’est-ce? La voici qui arrête son élan, revient au chardonneret et le pousse vers la mangeoire abondamment pourvue. Lui a-t-elle dit: « Tu peux manger seul maintenant », je l’ignore, en tous cas son ami fait comme si elle l’avait dit; le gavage est terminé.
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- * *
- Voici un charmant serin devenu aveugle par accident. Pendant assez longtemps nous ne nous étions pas aperçus de son infirmité, étonnés simplement de le voir presque toujours immobile, perché dans un angle de la cage. Si par hasard celle-ci s’ouvrait, si on l’obligeait à la quitter, c’était un vol éperdu, un manque absolu de direction, puis la chute lamentable sur le parquet. Sa cécité était certaine, mais comment dans ces conditions arrivait-il à trouver les petites graines nécessaires à sa nourriture? Était-ce un ami qui le ravitaillait? Nous n’en vîmes aucun se livrer à ce pieux exercice. Comment alors faisait-il pour suppléer à la vue? L’homme a la main, le sens du toucher, les frêles pattes de l’oiseau semblent peu aptes à lui rendre pareil service. Nous l’observâmes et bientôt nous nous rendîmes compte que c’était sa queue qui, appuyée sur le sol, le renseignait.
- Un.beau soleil met en joie les habitants de la volière, ce ne sont que sauts, pépiements, roulades et trémolos et voici
- que le rossignol, adepte d’Armand Delille sans le savoir’ s’étend au soleil, ouvrant, étalant à ses rayons l’éventail de ses plumes. Une jeune linotte s’approche et délicatement épouille le roi des chanteurs !
- * *
- Ce sont là des faits observés dans le monde des braves, des bons oiseaux ; il en est d’autres qui racontent la férocité de certains d’entre eux. En voici un exemple : bruits d’ailes, petits cris, lutte dans la volière, une mésange charbonnière robuste et de grande taille se bat contre une petite mésange bleue, délicate et fine. La première nous a souvent ému par sa beauté et par son audace. Que de fois, d’un vol hardi, elle est venue vers la main qui tendait au bout d’une pince un ver de farine, son régal, s'emparant de la proie convoitée avec une extraordinaire habileté. Suspendue en l’air, ses deux fines jambes pendantes, elle évoquait en nous les plus belles compositions des artistes des temps modernes. Aujourd’hui, c’est une brute déchaînée ; les plumes de son adversaire volent de toutes parts, elle trépigne le corps misérable, véritable loque qui, déjà, nous semble avoir passé de vie à trépas. Un dernier soubresaut, une dernière tentative de résistance et la bestiole succombe....
- Le régal commence pour la mésange charbonnière; de son bec aigu elle fouille l’orbite, tire à elle le globe de l’œil et s’en repaît, puis elle frappe à coups redoublés la boîte crânienne afin qu’elle lui fournisse la cervelle délicate qui pour elle est un morceau de choix.
- Dans les baignoires, dans les mangeoires, les petites mésanges bleues apeurées se cachent comme si elles savaient que, mise en appétit, par le festin qu’elle vient de faire, leur redoutable ennemie voudra le renouveler à leurs dépens à la prochaine occasion ou simplement parce que tel sera son bon plaisir. Hélas ! les mêmes règles gouvernent tous les êtres, hommes et animaux, la seule loi à laquelle ils se soumettent c’est celle du plus fort,... ’Augusta Moll-Weiss,
- Fondatrice-Directrice de l’Ecole des Mères.
- LE FER DEVANT LES ATTAQUES CHIMIQUES
- Inconnu de la primitive civilisation égyptienne, mais du moins cinq fois millénaire, le fer fut une des premières conquêtes de l’art du feu ou de la fusion, de cette cheminée au pays de Cham, et dont les prêtres de Memphis ou autres initiés exploitèrent habilement l’hermétique prestige. Mais, thaumaturges ou artisans, les premiers qui utilisèrent ce métal ne tardèrent pas à s’apercevoir qu’il était encore moins résistant à la corrosion que les bronzes, ses aînés dans la préhistoire. La rouille naquit avec le fer : il est même admirable que, malgré cette lèpre congénitale, la technique élémentaire des fondeurs inaugurant l’âge du Fer en ait su tirer bon parti.
- COUP D'ŒIL SUR L'HISTOIRE DU FER DANS L'INDUSTRIE
- Il n’a pas fallu moins d’une cinquantaine de siècles et d’un effort scientifique poussé jusqu’aux théories électro-moléculaires, pour que la métallurgie du fer et de ses alliages fournît enfin des produits plus rebelles à la rouille que le métal martelé par le forgeron de l’Inde
- védique ou le faber du Latium. Combien d’armes romaines, aux formes encore parfaitement reconnaissables, furent exhumées des campi putridi du monde méditerranéen ! Aussi bien, des colonnes hindoues en fer forgé, qui résistent depuis deux mille ans à l’atmosphère tiède, mais non pas sèche, du Pendjab, ne font-elles pas à bon droit l’étonnement du technicien comme l’admiration de l’archéologue ?
- Aisément attaqué, même parles agents atmosphériques, le fer n’inspira pas grande confiance aux vieux alchimistes; pour leurs cornues, matras, alambics et autres vaisseaux, ils lui préféraient l’argile ou le verre, le cuivre ou le plomb, voire le bois ou la pierre. Pourtant, quand la chimie s’industrialisa enfin, ce métal lui offrait des avantages qu’elle ne pouvait plus longtemps négliger. Moins lourd que plomb, terre cuite ou verre épais, meilleur conducteur thermique et moins fragile que ces matériaux en couches minces, ne devenant jamais toxique comme le cuivre oxydé, le fer était en outre le métal le moins coûteux comme le plus abondant depuis qu’en Angleterre, vers 1735, Abraham Darby, avait substitué
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- Fig. 1. — Décoration de pèlerin et têtes de crayon du 16e sièele. (Musée de Cluny.)
- Ces pièces métalliques anciennes, si elles ne sont pas exemptes de traces d’oxydation, ont du moins été préservées de la corrosion totale, d’abord par la manipulation fréquente (le sébum faisant fonction de graisse isolante), puis par la conservation à l’abri de l’air
- et de l’humidité.
- (Photo. Jacques Boyer.)
- dans le haut fourneau le coke au charbon de bois, qu’employait encore chez nous le marquis de Courtivron. Si les interprétations de Réaumur égaraient Buffon dans sa fonderie de Montbard, tandis que l’aciérie d’Amboise n’améliorait guère le classique acier de cémentation en utilisant par ordre royal les médiocres fers du Berry, bientôt Berg-mann, de Stockholm, allait élucider en quelque mesure l’énigme de la fonte et de l’acier Or, quand il justifiait vers 1780 la supériorité des fers de Suède non plus par quelque mystérieuse propriété du minerai Scandinave, mais par les méthodes soigneuses de fusion donnant un métal homogène, précisément se montaient les vitrioleries de Rouen et s’annonçaient les soudières Leblanc.
- Ainsi, à cette aube du xixe siècle qui vit éclore la grande industrie chimique, les métaux ferreux, préparés désormais en abondance et selon des méthodes déjà moins empiriques, pouvaient obtenir dans ces usines un droit de cité sans cesse élargi, comme ils allaient régner dans la mécanique industrielle.
- Mais, partout, la fatale corrosion devait susciter des recherches aussi ardues que celles qui aboutirent, dans la technique métallurgique, au puddlage de Gort, au convertisseur Bessemer, au procédé Thomas-Gilchrist
- ou au four Martin, en attendant les merveilles de l’élec-trométallurgie.
- LE FER DANS L'OUTILLAGE DES INDUSTRIES CHIMIQUES
- La construction de l’outillage pour ateliers chimiques doit satisfaire à des obligations complexes. R faut là un matériel susceptible de résister à la fois aux agents atmosphériques, à l’attaque des réactifs acides ou alcalins et des bases organiques, aux dilatations et retraits résultant des variations de température, ou même aux effets destructifs de la chauffe directe, aux pressions internes ou externes qu’implique le fréquent travail en autoclave ou sous vide, enfin à des actions mécaniques assez violentes (concasseurs, malaxeurs, etc.), parfois combinées avec des effets thermiques accentués (fours de carbonisation à brassage automatique, etc.). Notez encore qu’une facile conduction de la chaleur est souvent désirable et que les propriétés diélectriques peuvent entrer en considération. Même pour des appareils simples, dont le remplacement n’entraînera dépense ou réajustement excessifs, on recherche des métaux inattaquables, qui seuls garantissent un produit de fabrication exempt d’impuretés.
- Ce recours aux métaux, avantageux de par leurs propriétés mécaniques et dia-thermiques, ne résout pas d'emblée l’équation chimique du problème. Seul le
- Fig. 2. — Enseigne de fer forgé, du 18a siècle, <c A. la Grâce de Dieu », rue Montmartre
- à Paris.
- Sans constituer une démonstration aussi impressionnante que la célèbre colonne de fer du roi Dhava à Delhi, qui semble remonter au 3e siècle de notre ère (cf. Gustave Le Bon, Les civilisations de l’Inde, p. 523, fi g. 221), cette enseigne deux fois centenaire témoigne du moins de la belle résistance du fer forgé, dans une atmosphère urbaine chargée de fumées corrosives.
- (Photo. Jacques Boyer.)
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- platine offre une magnifique résistance aux corrosions; mais, aux prix actuels, mieux vaut laisser à la bijouterie cet « or blanc » dont la dota, voici deux siècles, l’essayeur jamaïcain Wood. Emploiera-t-on le fer, si économique de première mise? En tout, il faut considérer la fin, et la question est ici de savoir si l’alliage ferreux coûtant, par exemple, 20 francs au kilo, ne s’usera pas 2400 fois plus vite que le platine coté 48 000 francs à poids égal. Sinon, compte tenu des ennuis de réinstalla--tion, mieux vaudrait songer même au platine iridié, dont on calculera le prix en se remémorant que l’iridium est tarifé 140 000 francs au kilo. En fait, l'industrie chimique doit se contenter pour son matériel de métaux plus ou moins communs, parmi lesquels ceux qui présentent une résistance appréciable à la corrosion, sans toujours posséder les qualités mécaniques indispensables, restent assez coûteux.
- Il faut noter que la résistance mécanique n’est pas requise seulement dans les appareils de concassage, broyage, malaxage, lés décaveuses ou transporteurs à phosphates, les fours mécaniques ou les autoclaves. Les pompes, ventilateurs, turbines essoreuses, agitatrices, centrifugeuses, tous appareils si répandus maintenant dans les ateliers chimiques, ont à supporter des efforts qui s’aggravent, là, du risque assez constant de corrosion. Le danger des surpressions, déjà fréquent avec les chaudières et les autoclaves, a été multiplié parle récent essor de la chimie des gaz : ne faut-il pas, pour les gaz comprimés, des tubes ou bombes d’acier préservés intérieurement contre toute corrosion et soigneusement
- essayés sous des pressions supérieures à celle de service? Pour le gaz d’éclairage, dès les premières installations anglaises de Winsler de Znayrn (dit Winsor), quand on eut souri de la boutade incrédule d’IIumphry Davy proposant le dôme de Saint-Paul comme gazomètre, tôle et fonte peinte s’imposèrent durablement pour la construction des cloches et des tuyauteries principales; encore y faut-il des enduits très résistants contre les attaques atmosphériques aggravées par les vapeurs acides; dans les cornues, les métaux tiennent plus longtemps que les briques, mais les silos à charbon ou à coke sont attaqués par le soufre, la récupération de l’ammoniaque exige plomb, aluminium ou bronzes spéciaux; enfin, si les conduites aériennes de l’usine sont menacées à -chaud par le cyanogène, l’ammoniac ou le soufre, les conduites souterraines de distribution sont à protéger par des isolants (jute, asphalte et goudron, ou asphalte et ciment) contre les effets conjugués des courants vagabonds et de l’humidité.
- A la chaufferie, les chaudières à fonctionnement intermittent sont surtout attaquées à la ligne d’eau. La corrosion apparaît aussi vers l’arrivée de l’eau froide et sur les parois baignées par de l’eau chaude en mouvement lent; là où circule la vapeur, pas de corrosion; c’est que celle-ci, favorisée par les sels alcalins des eaux à titre hydrotimétrique élevé, a pour agent principal l’oxygène, dont la vapeur empêche la fixation sur le métal. Quant aux cuiseurs à double paroi {jacket), si usuels en chimie industrielle, voilà encore, avec son chauffage indirect par vapeur ou huile bouillante jusqu’à 300° G, un matériel exigeant de sérieuses précautions contre tout risque de corrosion et d’explosion : on recommande les fontes à haute teneur en silicium, avec très peu de manganèse ou de phosphate, et la chaudière à jacket et joint renforcé coulés d’un seul bloc, pour éviter les cassures aux rivets.
- La question des hautes températures et de leurs effets destructifs sur le métal est aussi très importante dans la plupart des compartiments de la chimie industrielle. Déjà, en métallurgie, pour éviter l’oxydation nuisible aux alliages, ne doit-on pas travailler 1’ « acier fondu » sous couche isolante de verre, quand on ne procède pas en dispositif étanche dans une atmosphère neutre d’azote? Le chauffage indirect, qui réclame d’ailleurs chemises ou serpentins de résistance appropriée, ne saurait toujours s’adapter au labeur chimique. Par exemple, dans la fabrication classique de l’acide sulfurique, la production de l’anhydride sulfureux par calcination des pyrites, s’impose un chauffage direct et, certes, dangereux aux matériaux constructifs du four rotatif, des étages qui le cloiionnent, de l’arbre qui le traverse verticalement et des râteaux qui assurent la descente de
- Fig. 3. — Un grand atelier moderne pour le forgeage du fer.
- Dès la forge, la question de la corrosion du métal sous l’effet, soit des températures excessives, soit de l’oxjgène en présence d’humidité, se pose fréquemment. Cependant le travail du fer forgé, beaucoup plus rebelle à la rouille que la fonte ou surtout l’acier, reste en honneur. Mais il serait trop lent, trop coûteux en main-d’œuvre, pour ceux des appareils industriels auxquels il pourrait convenir.
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- la charge. De même, pour les pièces articulées des grilles mobiles, si fréquemment adaptées maintenant aux foyers industriels, indispensable est la résistance du métal aux effets déformants et destructifs de la chauffe. Ce n’est pas demain que, si brillant soit-il, le développement des procédés catalyliques, en réduisant au minimum la consommation de calories, supprimera, pour le matériel des usines chimiques comme pour leur personnel, les désagréments et dangers des températures extrêmes.
- ATTAQUE DES MÉTAUX FERREUX PAR LES AGENTS CHIMIQUES
- Ce qui menace-le fer ou ses alliages dans les ateliers chimiques est déjà impliqué dans l’attaque du métal par les agents atmosphériques; en observant de près les effets si universels de l’air et de l’eau, on aborde au mieux l’étude des cas particuliers de corrosion.
- Fer, fonte ou acier ne se corrodent guère dans l’oxygène sec à température normale, ni dans l’eau « dégazée » et purifiée, sauf à la température du rouge; ils ne sont pas rapidement attaqués en profondeur dans une eau aérée, mais très courante ou agitée, de teneur chimique et température d’ailleurs normales. En revanche, l’attaque est prompte et progressive au contact d’air et d’humidité immobile ou en faible mouvement. Ces faits d’expérience ont suggéré, de toute antiquité, pour l’entretien des fers, la pratique du graissage isolant, et, plus récemment, pour la protection des chaudières, la technique du dégazage des eaux d’alimentation. D’ailleurs, ces eaux brutes, tant pour éviter les corrosions que les entartrages, des dispositifs mécano-chimiques de filtration et neutralisation, des mucilages organiques absorbants, enfin d’ingénieux systèmes électriques les épurent aussi des acides ou alcalins qui menaceraient le métal des appareils.
- L’eau naturelle est rarement acide ; on y décèle parfois l’acide carbonique dégagé des carbonates sous effet de la chaleur ou l’acide chlorhydrique libéré par hydrolyse du chlorure de magnésium, et l'acide humiqueou d’autres organiques dans les eaux de tourbière. Mais les eaux de mine, nettement acidulées par l’oxydation des pyrites sulfureuses, attaquent vite acier ordinaire, laiton ou même cupro-nickels, seuls les bronzes au plomb ou aciers chromés tiendraient aussi bien dans les mines que les usuelles conduites en bois et les doublures plomb ou porcelaine. Hors ce cas particulier, l’acidité des eaux naturelles est peu inquiétante pour le métal, surtout lorsque, calculée en ions hydrogène, elle donne moins que p H 4,5 ou plus que p H 7 ; car il se forme un film d’oxyde protecteur, qui persiste sauf agitation excessive ou déplacement rapide du milieu corrosif.
- Mais la teneur, relativement élevée, des eaux naturelles en alcalins n’est pas toujours une garantie pour le métal. Sans doute, le carbonate de soude réduit de 50 pour 100 l’attaque, quand on porte sa concentration dans l’eau de 0,1 à 1 pour 1000 ; au maximum de 10 pour 1000 à froid, ou 1 pour 1000 à chaud, la corrosion devient très faible. Mais d’autres sels, surtout magnésiens, et les chlorures plus que les sulfates ou nitrates, activent l’attaque, du moins en raison inverse de leur
- Fig. 4. — Une pièce métallique d’usage industriel en métal inattaquable : robinet à soupape en métal « Invulner ».
- Déjà, pour les simples distributions d’eau ou de vapeur, la cor-rosibilité des métaux vulgaires, du fer surtout, n’offre pas une sécurité suffisante pour des pièces aussi exposées, aussi essentielles, que les robinets et soupapes. A plus forte raison, pour la translation des acides, faut-il recourir à des alliages tels que 1’ « Invulner » (fer-chrome-nickel), qui résiste même aux acides acétique et nitrique, à toutes concentrations et températures.
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- concentration ; à concentration-limite, il est vrai, les plus oxydants même (chromâtes, chlorates) deviennent si neutres qu’on proposerait le bichromate de potasse comme antirouille si son prix n’était excessif.
- La question de la rouille, si simple pour le soldat ou le chasseur graissant son arme, prend donc une autre envergure dans l’industrie chimique, où le .matériel doit résister non seulement à l’eau, à l’air ou au feu, mais encore aux 185 000 produits que la chimie appliquée manipule ou fabrique à notre époque! L’action éner-. gique dés réactifs acides sur le métal est d’autant mieux connue qu’on en a tiré parti pour le décapage et la gravure artistique ou industrielle, puis même pour le découpage des tôles ou la préparation des coupes macrogra-phiqùes d’échantillons. Aux graveurs est due l’observation de ce fait, paradoxal en apparence : un acide trop concentré attaque plus faiblement. La corrosion s’accélérant si le réactif fort est agité ou se déplace rapidement
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- déjà se manifeste ici, avant tout essai de théorie, le rôle isolant ou neutralisant des couches d’oxyde, vite arrachées du métal en milieu mobile.
- Grave et ruineuse pourrait être la corrosion dans les fabriques de grands réactifs. Pour l’acide sulfurique préparé à partir des pyrites, la chauffe brutale n’est pas seule à menacer le métal des fours mécaniques : une condensation de vapeur d’eau acidulée s’y produit quand la température s’abaisse. Dans les ventilateurs en fonte, auxiliaires accoutumés de telles fabrications chimiques, ce n’est pas mince désagrément qu’avoir à neutraliser l’attaque acide en arrosant l’intérieur de l’appareil avec une lessive alcaline soigneusement dosée ; dans les chambres à poussières, en fonte et brique, c’est seulement à température élevée que le métal ne souffre pas trop. Enfin partout ailleurs, dans les chambres de réaction, colonnes de Gay-Lussac, tours de Glover, on doit recourir au plomb ou aux matériaux siliceux ; le résistant ferro-silicium lui-même n’est pas inattaquable dans les pompes, monte-jus ou réservoirs quand on dépasse la concentration-limite de 50° B : car l’acide redevient alors corrosif comme une eau de mine faiblement sulfurée. La fonte peut s’employer avec le procédé du contact, qui donne l’oléum au départ du soufre et par catalyse. Mais, si l’acide nitrique admet des cornues ou conduites de fonte riche en silicium et des condensateurs en ce duri-ron », les fers carburés ou même le fer pur électrolytique ne résisteraient pas à ce réactif, qui exige des absorbeurs en silice fondue ou en grès spéciaux. Enfin la morsure de l’acide chlorhydrique n’admet la fonte que pour les fours et les conduites à gaz très chauds : ailleurs, il faut des réfractaires, du verre ou de l’ébonite.
- Avec les alcalins, éléments ou dérivés, il ne faut pas songer à employer couramment les métaux ferreux. Une communication de MM. Hackspill et Grandadam (*) rappelait naguère que le sodium et le potassium déplacent le fer de toutes ses combinaisons : n’y a-t-il pas là, pour maintes opérations sur les alcalins, une contre-indication à l’égard du matériel en fer? Sans doute la fonte résiste parfois au chlorure de sodium à 33 pour 100, et un observateur anglais attribue la fréquente rupture terminale des tubes d’acier à un affaiblissement sous le recuit d’étirage, les tubes sans soudure semblant exempts et l’accident se produisant aussi bien quand on évapore des solutions de colle que des lessives alcalines. Cependant la fonte n’est jugée admissible que pour conduites'; encore les lessives chlorurées (Mg, Na, Ca), lui sont-elles très néfastes, surtout à chaud. Aussi, pour éviter la détérioration du matériel ou un produit final fâcheusement teinté, emploie-t-on souvent des alliages coûteux, comme le « monel », ou des bronzes d’aluminium, par exemple, le « brai » de fabrication normande. *
- Enfin, pour ce qui est des acides ou intermédiaires organiques et de leurs innombrables dérivés, pire est encore la susceptibilité des métaux ferreux : car alors, irrégulière et fantasque, elle nécessite pour chaque cas d’espèce l’essai préalable. L’acide acétique, qui attaque le cuivre en présenee d’oxygène pour donner le verdet,
- 1. Cf/ Paul Ba.ud, Académie des Sciences, La Nature, 21 février 1925.
- respecte aussi bien certains alliages, comme le fameux « métal de l’Amirauté », que l’aluminium. Mais il n’est pas douteux que les intermédiaires et produits de synthèse, des colorants en particulier, quoique neutres de constitution, accélèrent l’attaque du métal par les acides ou bases intervenant dans les manipulations.
- LE COMMENT ET LE POURQUOI DE LA ROUILLE
- A toutes industries chimiques et aux constructeurs qui en équipent les usines, il importait donc beaucoup de connaître le mécanisme et les causes profondes de cette corrosion des métaux ferreux, dont la rouille est l’exemple typique. Mais, sur ce fléau qui (au dire des statisticiens) ronge chaque année la moitié de la production mondiale de fer, divergentes sont les hypothèses et même les observations des chimistes ou métallographes, sans qu’on puisse d’ailleurs invoquer l’influence des climats ou des époques : car certains échantillons d’essai présentent à l’analyse des produits d’oxydation moins analogues à ceux provenant des mêmes pièces, qu’à la rouille des casques ou fers de lance conservés dans nos collections archéologiques; preuve, déjà, que les états physiques locaux du métal conditionnent l’aptitude à la corrosion.
- La rouille, qui à l’œil nu apparaît de nuance et consistance assez composites, révèle à l’examen microscopique des couches confondues en une agglomération nodulaire. Mais il a fallu des analyses chimiques méticuleuses pour démontrer combien est insuffisante la classique formule Fe (OH)5, l’hydrate ferrique qu’elle représente ne constituant qu’un produit partiel ou une phase de l’oxydation. Et, pour comble d’impertinence, les données analytiques précises, obtenues par titration des oxydes constitutifs, se prêtent à de multiples interprétations chimiques.
- La plus ancienne, et quasi instinctive, est la pure théorie pratique : la rouille serait produite par action directe de l’oxygène humide sur le métal. Les constituants d’un mélange gazeux se dissolvant dans l’eau proportionnellement à leur pression respective (loi de Henry), on s’explique pourquoi un litre d’eau aérée, contenant donc 7 cm3 d’oxygène pour 14,4 d’azote, attaque le métal, tandis que l’air, où les deux gaz se trouvent dans la proportion pondérale de 1 O pour 4 N, l’épargnera. Les stades de formation de la rouille, que diversifient parfois des conditions particulières, chimiques (teneur des eaux en alcalins, acides ou matières organiques, y compris les bactéries à sécrétion spéciale, et teneur de l’air en ozone, gaz actifs, fumées, etc.) ou surtout physiques (température, lumière, électricité de l’atmosphère, états locaux du fer résultant des traitements métallurgiques, etc.), s’enchaîneraient alors comme suit, lorsque l’agent corrosif est peu concentré :
- 1° Si le milieu oxydant est au repos ou presque immobile, rapidement se forme la tache de protoxyde noir FeO (si constant, qu’on l’a identifié dans les glaives romains du British Muséum), et elle devient, par oxydation continuée, l’enduit d’hydroxyde jaune rougeâtre Fe (OH)3, avec, en milieu plus sec, le dépôt rouge pulvérulent de sesquioxyde Fe203. Mais le fer sous-ou adjacent réduit cet hydroxyde en une couche d’hydrate Fe3 (OH)8,
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- qu’on découvre après grattage, bien que d’ailleurs l’oxyde salin magnétique Fe304 n’ait pu être décelé. Ainsi le métal se consomme même comme réducteur, et l’attaque s’approfondit jusqu’à perforation, si la rouille n’est promptement éliminée.
- 2° En milieu oxydant, de circulation ou agitation vives, la tache d’oxyde ferreux évolue aussi vers l’état d’hy-droxyde-rouille ; mais le contact entre oxygène et métal étant moins prolongé, le sesquioxyde est réduit en surface par une faible proportion du fer circonvoisin. L’hydrate ferreux floconneux verdâtre Fe (OH)2 produit par cette réduction est immédiatement entraîné * en suspension dans le courant ou le milieu agité, et le sesquioxyde, puis la rouille, en quoi il se transforme, ne pouvant se fixer au métal, l’attaque ne se multiplie guère.
- Enfin, si vitesse ou agitation accélèrent la corrosion par réactifs plus énergiques, c’est qu’alors la proportion d’oxygène est assez élevée pour agir rapidement, tandis qu’il ne peut y avoir ni formation de film protecteur, ni neutralisation de l’ambiance par les oxydes désagrégés et trop vite emportés.
- Sur cette interprétation, qui rend assez bien compte des faits d’expérience, on a pourtant voulu greffer une théorie catalytique de la corrosion, invoquant l’oxydation indirecte ou « action de présence » de l’acide carbonique de l’atmosphère. Mais des essais multipliés aux Etats-Unis ou au Bureau impérial de Gharlottenburg n’ont en rien démontré la nécessité de cette catalyse, et encore bien moins la formation primitive d’un carbonate ferreux aboutissant à l’hy-droxyde ferrique.
- Dès le début du siècle dernier, Humphry Davy avait implicitement suggéré une autre hypothèse, en indiquant à l’Amirauté britannique l’emploi des clous de fer pour préserver le doublage de cuivre des navires contre l’effet électrolytique de l’eau de mer. Modernisée surtout
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- par Nernst, la théorie électrochimique de la corrosion souleva d’abord maintes objections : comment expliquer que du fer, en atmosphère humide, rouille fort bien tout seul, alors que zinc et cuivre en contact avec de l’eau dégazée, même additionnée de sel, restent indemnes ? Et pourquoi des générateurs construits en deux qualités d’acier, ou même des appareils à tubes d’acier et plaque
- de cuivre, sont-ils moins attaqués que d’autres en un seul et même métal? La théorie des piles locales répond ainsi : de plusieurs points d’un même métal baigné par un milieu électrolyte, les plus aérés feraient fonction de cathodes, les moins aérés devenant alors anodiques, et un « courant d’aération * déclenche alors l’électro-lyse. D’après les expé-riencesde M. U.-R. Evans, les parties les plus nobles, par leur composition ou texture, à la surface du métal unique sont spécialement cathodiques, puisque, si on met en contact ces parties aérées avec un métal noble, dans un bain où ne puisse se former le film protecteur, le courant d’aération est néanmoins produit ou renforcé.
- Une série d’essais de M. R. Stumper sur l’accélération de la corrosion du fer en présence de sulfuie démontre aussi que l’accélération, qui est de 2,5 pour 1 avec contact direct, atteint 4,7 avec contact électrolytique ; les effets d’électrolyse et de polarisations locales ne semblent donc pas niables. Tandis que certaine théorie électrothermique, imputant la formation des courantsélectrolyseurs aux différences de températures locales dues surtout à l’exothermie des réactions oxydantes, apparaît fort aventureuse : ne faut-il pas une élévation de température de 100° pour faire varier le potentiel de 1 millivolt environ ?
- Plus intéressante est la théorie ionique de la“corrosion ; fondée sur la découverte d’Arrhenius qui complète et rectifie la thermochimie de Berthelot. L’état d’équilibre des ions hydrogène (H) et des ions hydroxyle (OH) étant
- Fig. 5. — Un métal qui ne redoute pas le « vitriol » : robinte à boisseau en matériel « Sulfacid »
- Réactif corrosif des plus usuels et très énei-gique, attaquant parfois d’autant mieux les métaux qu’il est à faible concentration, l’acide sulfurique peut n’être pas muselé par des alliages résistant aux acides organiques ou aux dérivés de l’azote. Jadis, on ne lui opposait guère d’autre métal que le plomb. Aujourd’hui de nouvelles combinaisons métalliques évitent sa morsure, même dans les pièces de robinetterie où les frottements, les rétentions de liquide, etc., peuvent favoriser la corrosion. Le matériel « Sulfacid » est également réfractaire à l’action d’un autre réactif très menaçant, l’acide chlorhydrique,
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- conditionné par pression et température, et le fer (qui possède plus haute pression de solution électrolytique) pouvant déplacer l’ion H dissous dans l’eau, le mécanisme de la rouillure s’établira ainsi : formation d’hydroxyde de fer par déplacement des ions, et prompt équilibre grâce à la production d’une couche d’hydrogène isolant le métal de l’eau ionisée ; l’oxygène dissous dans celle-ci, et ionisé de par sa forte dilution, reconstitue de l’eau par combinaison entre ions H et OH, si bien que l’attaque reprend ; d’ailleurs l’hydrate ferreux, ainsi formé sans cesse en solution ionisée, s’oxyde en hydrate ferrique à ionisation plus faible et de solution instable qui précipite immédiatement.
- Enfin, très en faveur également dans nos laboratoires, la notion de colloïde, qui est loin d’exclure celle de pH, ne pouvait faillir à inspirer une théorie colloïdale de la corrosion, considérant surtout la valeur protectrice des couches d’oxyde selon leur teneur en eau d’hydratation : teneur qui s’explique évidemment par les très diverses capacités d’absorption reconnues aux sels d’oxydes, en particulier à ceux de Fe (OH)®.
- Il faudrait ne rien savoir de l’énergétique, ou mal comprendre l’évolution des sciences physico-chimiques vers
- des formules unitaires, pour s’arrêter aux contradictions verbales et renoncer à une synthèse de ces théories. Action chimique indispensable de l’oxygène et intervention de l’eau; effet accélérateur du gaz carbonique peut-être, mais surtout des courants électrolytiques entre pôles locaux (l’influence des traitements thermiques et de l’usinage sur l’aptitude à corrosion restant à élucider) ; complicité éventuelle des températures et des éclairages : rôle enfin des colloïdes formés en cours de réaction et des couches d’oxyde en rapport avec les états de surface du métal : tout ceci ne peut-il s’exprimer dans ce langage de l’ion ou de l’électron, qui fournit la plus pénétrante analyse des phénomènes moléculaires ? La corrosion observée n’est, en définitive (selon l’heureuse formule de M. Saklatwalla) que la somme algébrique de ces diverses actions. Mais la recherche théorique n’aura pas été vaine. Si, dans la marine, où l’eau salée réfrigérante menace beaucoup condenseurs et chaudières, la mise en circuit du métal à protéger (Cumberland) n’a pas semblé juguler l’effet électrolytique, du moins, là et dans l’industrie, la considération des propriétés électrochimiques des métaux associables au fer fournit enfin des alliages résistant aux corrosions. Arn. Matagrin.
- LA MESURE DES COURANTS MARINS
- Dana un article précédent (n°2813), nous avons montré sommairement l’intérêt que présentent à de nombreux points de vue les mesures de courants marins et sous-marins, ainsi que celles des températures à diverses profon-Ftg. 1. — Un thermomètre cieurs. Nous allons aujourd'hui à renversement. , , .
- donner quelques indications succinctes sur les méthodes employées pour ces mesures. Afin de ne pas en allonger l’exposé d’une façon excessive, nous nous contenterons de décrire deux des appareils qui nous ont paru avoir donné les résultats les plus satisfaisants dans les dernières recherches entreprises.
- LE THERMOMÈTRE A RENVERSEMENT
- L’un, connu depuis longtemps, est le thermomètre à renversement dont le principe est aussi ingénieux que simple. C’est avec lui qu’ont été faites à peu près toutes les mesures qui ont permis d’établir les cartes publiées dans notre dernier article.
- Nous n’insisterons pas sur le fait évident, a priori, de l’impossibilité de prendre une température sous-marine avec un
- thermomètre ordinaire : à la remontée (quelque rapide soit-elle), le thermomètre change de température sous l’influence des couches d’eau qu’il traverse, et on a une lecture erronée.
- Il faut donc se munir d’un instrument dont les indications soient immobilisées à un moment donné au gré de l’opérateur, de manière qu’elles ne changent pas pendant la remontée.
- On obtient ce ré- Fig. 2. — Manœuvre par messager du sultat en faisant thermomètre à renversement.
- basculer un thermomètre spécial muni d’un étranglement (fig. 1) en un point convenablement choisi de la colonne thermométrique et aménagé de telle sorte que, lorsqu’on retourne le thermomètre, la colonne de mercure se brise au niveau de l’étranglement et le mercure libéré vienne remplir le bas de la partie AC, s’élevant jusqu’en B, par exemple. Il suffit donc
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- que le tube AG soit convenablement étalonné en température en partant de A pour avoir la température réelle.
- Ajoutons que le réservoir thermométrique est lui-même entouré d’une enveloppe de verre partiellement remplie de mercure et. destinée à le mettre à l’abri des effets de la pression extérieure, très importante aux grandes profondeurs.
- Pour provoquer le renversement, on peut employer deux méthodes : le messager et l’hélice.
- Dans la première méthode, le thermomètre et sa monture en cuivre peuvent tourner autour d’un axe oo' (fig. 2), (le centre de gravité étant au-dessus de cet axe). Le mouvement de bascule s’opère dès que la fourche ff est libérée de la barre bV. Celle-ci peut pivoter autour d’un axe co et est maintenue dans la position de la figure 2 par un ressort r. Lorsque l’opérateur désire déclencher le thermomètre, il libère à la surface un messager M en forme de cylindre évidé. Celui-ci des-
- Fig. 4. — Principe de Venregistrement des courants en direction dans le moulinet Idrac.
- Suivant que les points G, G' ou G" de la spirale se présenteront devant la fente ff, la pellicule sera impressionnée aux points c, c' ou c", d’où une courberont les ordonnées] seront proportionnelles aux angles de rotation de la spirale portée par la rose du compas.
- cend le long du câble CC qui maintient le thermomètre par les griffes gg. Quand le messager arrive sur la barre bb', il appuie sur elle et libère la fourche de retenue ff.
- L’inconvénient de cette première méthode est qu’on ne peut, du moins simplement, mettre sur le câble plus d’un appareil; de sorte qu’il faut opérer une montée et une descente du thermomètre pour chaque lecture désirée, ce qui rend lentes les opérations en profondeur.
- La deuxième méthode, au contraire, permet de placer simultanément sur le câble [un aussi grand nombre de thermomètres qu’on peut le désirer.
- Pour cela, on a constitué le système déclencheur par une vis E (fig. 3) qui peut tourner dans un écrou fixé au bâti. Quand elle est à bout de course, vers le bas, sa pointe introduite dans une encoche maintient la partie supérieure du porte-thermomètre basculant. Si elle se dévisse, au contraire, la pointe sort de l’encoche, libérant rapidement le porte-thermomètre qui bascule aussitôt.
- Le mouvement de la vis est commandé par une hélice h montée sur son axe et calculée de telle sorte que, à la descente de l’appareil, le mouvement relatif de l’eau tend à visser la vis, donc à maintenir le ther-momètre en place, et qu’à la montée au contraire la vis se dévisse et libère rapidement (en 3 ou 4 m de montée) la monture basculante du thermomètre.
- L’opération consiste donc, une fois tous les thermomètres en place, à virer de quelques tours le treuil du câble de retenue : le déclenchement s’opère instantanément.
- Avec des thermomètres bien construits, on peut ainsi compter avoir la température de l’eau à l/10e de degré près.
- Fig. 5. — Coupe en élévation du moulinet Idrac.
- A, accumulateur; B, interrupteur; C, cloche à air; D, système démultiplicateur; E, moulinet; F, câble électrique; G, appareil photographique contenant le mouvement d’horlogerie ; H, objectif de l’appareil photographique ; I, I', I", lampes d’enregistrement ; J, boussole.
- Fig. 3. — Manœuvre du thermomètre par hélice.
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- nœuds (ou milles marins, à l'heure). Cette partie de la pellicule peut d’ailleurs être divisée en deux (comme dans l’exemple schématique de la fig. 8), de manière à obtenir deux sensibilités différentes pour les grandes et les faibles vitesses. La partie inférieure de la pellicule est réservée à l’enregistrement de la direction du courant.
- Elle se traduit sous forme d’une courbe comprise entre deux lignes de repère A et B. Les abscisses sont proportionnelles au temps et les ordonnées à l’angle que fait avec le nord la direction où porte le courant (’).
- Autrement dit, la courbe est confondue avec la ligne A ou B si le courant porte au nord magnétique.
- Elle est à 1/4 de A si le courant porte à l’Est, à égale distance de A et B si le courant porte au sud, à 1/4 de B si le courant porte
- Fig. 6. = L’appareil Idrac vu de profil avec son gouvernail d’orientaiion. à l’ouest.
- Il est donc facile de connaître, pour chaque
- LE MOULINET IDRAC
- Quant à la mesure des courants sous-marins, elle se . présente avec beaucoup moins de facilité, en raison surtout de la difficulté qu’il y a à enregistrer sous l’eau ou à transmettre à distance les indications d’une boussole dont le couple moteur est excessivement faible.
- Un appareil récent, le moulinet Idrac, que nous allons décrire, résout ce problème.
- Cet appareil permet l’enregistrement continu de la vitesse et de la direction des courants sous-marins, par rapport à un point fixe (bouée ou grappin mouillé) ou par rapport à un point mobile (navire) dont on connaît la dérive.
- L’enregistrement est obtenu photographiquement à l’intérieur même de l’appareil, sur une pellicule ordinaire du commerce qui se déroule proportionnellement au temps.
- La partie supérieure de la pellicule est réservée à l’enregistrement des vitesses, qui se traduit par une série de traits verticaux impressionnés (fig. 4) d’autant plus serrés et fins que la vitesse du courant est plus forte, d’autant plus larges et épais que la vitesse est plus faible.
- Le nombre de traits par unité de longueur (cm ou mm) donne immédiatement, à l’aide d’une courbe d’étalonnage adjointe à l’instrument, la vitesse du courant en
- Fig. 8. — Exemple d’enregistrement de la vitesse et de la direction des courants par le moulinet Idrac.
- Fig. 7. —Détails de l’appareil Idrac vu de dessus sans gouvernail.
- point, la direction vers laquelle porte le courant, et, comme la pellicule se déroule avec une vitesse uniforme,
- 1. En commençant par l’est : autrement dit, un courant portant vers l’est correspond à 90, vers le sud à 180, vers l’ouest à 270 et vers le nord à 360 ou 0.
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- de connaître la direction à l’heure voulue. Sur la figure 8, par exemple, le courant va en augmentant de vitesse et sa direction tourne constamment du nord vers l’est, puis vers le sud pour revenir au nord en passant par l’ouest.
- Nous allons étudier d’abord le principe de l’enregistrement de la vitesse, puis celui de la direction du courant.
- Enregistrement des vitesses. —- Il est obtenu à l’aide d’un moulinet E (fig. 5) entraîné par le courant et tournant avec une vitesse angulaire sensiblement proportionnelle à la vitesse du courant.
- L’arbre de ce moulinet, par un système d’engrenages démultiplicateurs, actionne un doigt qui ferme, pendant quelques secondes tous les N tours, un contact électrique.
- Le contact électrique provoque l'allumage d une petite lampe électrique, qui impressionne une pellicule photographique se déroulant avec une vitesse constante derrière un objectif spécial muni d’un collimateur portant une fente, de telle façon que chaque allumage de la lampe s’inscrit sous la forme d’un trait.
- Les traits sont donc d’autant plus serrés et étroits que la vitesse du courant est plus forte.
- L’appareil ayant été étalonné expérimentalement au bassin des carènes, il est extrêmement facile de connaître la vitesse du courant en comptant le nombre de traits par unité de temps qui, dans le cas présent, correspond à l’unité de longueur de pellicule déroulée.
- De manière à obtenir une précision et une facilité de lecture plus grande, les inscriptions de vitesses sont faites à deux échelles différentes.
- Le moulinet allumant une lampe tous les N tours, et une autre lampe tous les Nx^ tours, l’on obtient donc deux séries de traits, les uns très étroits et rapprochés, les autres plus larges et plus espacés, un trait de la seconde correspondant à 5 traits de la première dans le cas qui nous occupe.
- Lorsque la vitesse du courant est grande, il devient impossible de compter les premiers, qui sont tellement rapprochés qu’ils forment une tache blanche.
- De même, une absence totale de courant peut s’inscrire soit par un trait très large si la lampe reste allumée lorsque le moulinet s’arrête, soit par une absence de trait si la lampe est éteinte au moment de l’arrêt du moulinet.
- Cette méthode d’inscription permet, d’un seul coup d’œil, de se rendre compté des variations de vitesse du courant, rien que par l’examen des teintes données par les hachures.
- La mesure exacte est d’une grande facilité, puisqu’il suffit de compter les traits par unité de longueur et de se rapporter à une courbe d’étalonnage.
- Enregistrement des directions. — La direction est enregistrée sur la même pellicule et est indiquée, comme nous l’avons dit, par la courbe tracée entre les deux lignes de repère A et B.
- Pour cela, le compas porte trois traits tracés en blanc sur fond noir ; deux d’entre eux sont des cercles concen-
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- triques tracés autour du pivot. Le troisième est un trait en spirale partant du nord pour revenir au nord, comme l’indique le croquis ci-joint.
- L’examen de cette image nous montre que la spirale passe à des distances des 2 cercles concentriques proportionnelles aux angles des directions avec le Nord.
- A l’Est.................... 90° 1/4
- Au Sud.....................180° 2/4
- A l’Ouest................. 270° 3/4
- Au Nord................... 360° 4/4
- Cette figure est projetée à l’aide d’un objectif 0 sur une fente convenablement orientée et placée devant la pellicule, qui se déroule de manière à n’impressionner sur celle-ci que l’image correspondant à la fine fente ff' (fig. 4).
- Le cadran de la boussole reste constamment orienté nord-sud, quelle que soit l’orientation de l’appareil la portant et, en particulier, de l’appareil photographique, lequel enregistrera donc, sur la pellicule se déroulant derrière la fente, 3 séries de points qui, par suite de leur rapprochement, donneront 3 traits.
- Les traits extrêmes représentant les deux cercles concentriques seront parallèles.
- Le trait intermédiaire sera plus ou moins éloigné des deux autres, suivant la portion de spirale qui sera représentée.
- La détermination de l’angle fait par l’appareil enregistreur, orienté dans le courant, avec le nord magnétique, est dans la mesure du rapport des distances des points de la courbe milieu par rapport à la distance des deux droites extrêmes.
- L’appareil. — Il est constitué par un châssis servant de carter à un moulinet et qui supporte deux cylindres extérieurs étanches et un cylindre central. Ces 3 cylindres renferment tout l’appareillage nécessaire au fonctionnement de l’appareil (fig. 6 et 7).
- Le cylindre avant et le cylindre arrière sont fermés sur un couvercle étanche muni d’écrou à oreilles.
- Dans le cylindre avant se trouvent l’accumulateur et l’interrupteur général.
- Le cylindre arrière contient le compas, les lampes électriques et l’appareil photographique interchangeable qui renferme le mouvement d’horlogerie.
- Le cylindre central est une cloche à air destinée à protéger de l’eau de mer les contacts électriques, le système démultiplicateur du moulinet et le roulement à billes qui supporte ce dernier. Pour les profondeurs supérieures à 50 m, qui peuvent aller jusqu’à 1000 m, cette cloche à air est remplacée par une cloche à huile.
- L’orientation de l’appareil est obtenue au moyen d’une queue non représentée sur la coupe de la figure 5, mais représentée sur la figure 6 et qui rappelle par sa forme une queue d’aéroplane, assurant avec beaucoup de stabilité et de fixité la direction de l’instrument.
- Cet appareil dont l’encombrement est minime et le poids de 50 kg environ se manœuvre avec facilité. Nous parlerons dans notre prochain article des résultats qu’il a permis récemment d'obtenir. A. B.
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- LES FRANÇAIS D'ACADIE ET LEUR LANGUE
- L’Acadie, qui fut une des premières terres découvertes en Amérique par Jacques Cartier, évoque, aux yeux de qui connaît l’histoire, une des plus lamentables tragédies des siècles passés.
- L’Acadie, représentée aujourd’hui par les trois provinces du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de l’IIe du Prince-Edouard, doit son nom à la langue des Abénaquis, tribu indienne qui habitait la région. Elle fut colonisée dès le début du xvne siècle par des paysans venus de la Touraine et du Berry, qui défrichèrent les forêts vierges, importèrent des arbres fruitiers, constituèrent de magnifiques vergers, fondèrent de prospères villages. Très prolifiques et se mariant de bonne heure, ils avaient des familles de 12 à 20 enfants et se multipliaient avec une rapidité incomparable.
- Isolé du Canada proprement dit tant par la mer que par d’impénétrables forêts, ce beau pays nous servit comme monnaie d’échange au Traité d’Utrecht (1713), quand il fut cédé à l’Angleterre. Beaucoup’d’Acadiens’émi-grèrent au Canada plutôt que de subir le joug des Anglais protestants. Il en resta environ 2000. Un demi-siècle plus tard, ils avaient quintuplé.
- L’Angleterre n’avait rien à leur reprocher, sinon que la plupart refusaient de prêter un serment d’allégeance qui aurait pu les contraindre de porter les armes contre leurs frères du Canada. Par deux fois, depuis 1713, ceux-ci les avaient sollicités de se soulever contre l’Angleterre ; mais ils s’y étaient refusés. Cependant, poussés par les colons de la Nouvelle-Angleterre qui enviaient la fortune et les biens des Acadiens, les fonctionnaires anglais avaient inauguré contre ceux-ci une ère de persécutions.
- Elle atteignit son apogée en 1755, date d’un événement que le célèbre poète américain Longfellow a stigmatisé dans sa belle œuvre Evangelina et qui reste comme une tache indélébile sur l’honneur de l’Angleterre. On doit dire, à la décharge du Cabinet de Londres, qu’il fut trompé par les mensonges de Lawrence, le gouverneur de Halifax, fondée en 1749 pour dominer l’Acadie.
- Avec une habileté diabolique, Lawrence prépara minutieusement son forfait. Il commença par confisquer les fusils de chasse et les embarcations des Acadiens et chargea le port de Boston de réunir des navires qui vinrent s’embusquer secrètement dans les anses de la région.
- Il attendit que les paysans eussent fait la moisson et rempli leurs granges. Alors, sous prétexte de leur faire connaître une importante proclamation du gouvernement, il convoqua dans les églises tous les Acadiens mâles, depuis l'âge de dix ans.
- Les temples furent aussitôt cernés par la soldatesque, et les malheureux paysans apprirent qu’ils étaient prisonniers de guerre, que leurs biens devenaient la propriété du roi, qu’ils allaient être déportés immédiatement.
- Sans égards pour l’âge, le sexe et les liens de famille, hommes, femmes et enfants furent embarqués, au nombre de 7000 à 8000, sur les navires préparés. Plusieurs de ces voiliers étaient en si mauvais état qu’ils sombrèrent avec leur cargaison humaine. Les autres distribuèrent les malheureux dans toutes les colonies anglaises du
- Nouveau Monde. Quelques centaines de condamnés, prévenus à temps, s’étaient frayé un chemin au Canada; d’autres s’étaient réfugiés dans les forêts de l’intérieur où ils vécurent longtemps comme des bêtes traquées.
- Hic jacet Acadia .. On aurait pu planter cette épitaphe sur ce pays... Or il était dans sa destinée de revenir à la vie. Et je crois que c’est là un cas unique dans les annales de l’humanité.
- Passionnément attachés au sol natal, ces paysans mirent à profit l’époque troublée de la guerre de l’indépendance américaine pour retourner par petites bandes, et clandestinement, dans leur patrie. Certaines familles, déportées jusqu’en Floride, ne la regagnèrent qu’à la deuxième génération. On m’a cité là-bas de touchants exemples : des hommes brutalement séparés de leurs femmes et de leurs enfants lors du Grand Dérangement, et ne les retrouvant que vingt ans plus tard.
- Par les petits (peu à peu, 'selon l’expression locale), les Acadiens reconstituèrent des paroisses, des villages, des villes. Cette race énergique, laborieuse, incomparablement prolifique, est redevenue une puissance au pays de ses pères. Elle a ses évêques et ses curés de langue française, ses députés et ses sénateurs au Parlement du Dominion. Et c’est l’un de ces derniers, M. Pascal Poirier, le sénateur du Nouveau-Brunswick, qui vient de publier à Québec (Imprimerie Franciscaine Missionnaire) un ouvrage d’un intérêt considérable, digne de l’attention des linguistes comme de celle du grand public.
- Le Parler Franco-Acadien et ses Origines comporte une trop courte préface dont je citerai les passages suivants :
- « Ceci est un essai de réhabilitation du parler franco-acadien... Certaines expressions dont on se sert en Acadie font sourire les Canadiens et les « Français de France ». Nos gens n’aiment pas qu’on se moque d’eux. Plutôt que de s’exposer à la risée des étrangers, ils se tairont, ou parleront anglais...
- « Et pourtant, cette langue, c’est celle que leurs pères ont apportée de la Touraine et du Berry, dans la première partie du xvne siècle, lorsqu’ils vinrent coloniser la « Nouvelle-France » d’Amérique.
- « Cette crainte qu’éprouve le paysan acadien de parler sa langue devant les étrangers est chose dangereuse pour lui, au point de vue national : elle ouvre une écluse à la marée montante de l’anglicisme, qui déjà déborde. Et puis, il ne faut pas qu’un enfant soit exposé à rougir de sa mère. Pour un Acadien, rougir de sa langue maternelle, c’est un peu rougir de la France... »
- Bien que cet ouvrage de 355 pages constitue une étude philologique de la plus haute valeur, il comporte maints passages que la plume alerte et si française du savant sénateur a rendus fort divertissants. Par exemple, sur le procédé des créations analogiques qui joue un rôle important dans la formation des langues, il nous cite ces cas : meeting est devenu mitaine ; le village de Sommerset, Saint-Morissette. Un certain Sifroid Godin, obligé de traduire son nom en anglais, en fit Six time Goddam (six fois le juron favori des Anglais !)
- Les bons paysans venus de France durent inventer des
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- mots pour désigner des objets, des animaux, des phénomènes nouveaux pour eux. Très fréquentes et très belles en Acadie, les aurores boréales furent à leurs yeux des marionnettes ou des lances. Une tempête de neige est une poudrerie ou unpoudrain.
- Pour les animaux sauvages, ils empruntèrent souvent des noms aux dialectes des Indiens, les Micmacs et les Abenaquis; madouèce, pour porc épie ; marchouêche, pour lynx; caribou, pour renne. Ou encore ils forgèrent des termes qui s'inspiraient soit d’un détail dans l’apparence de l’animal, soit de l’imitation de son cri. Cependant, M. Pascal Poirier avoue qu’il est difficile de découvrir l’étymologie d'original ou originât, nom donné à l’élan.
- Très nombreux sont les vieux mots français, presque tous disparus de nos patois, qui se sont conservés dans le dialecte des Acadiens. Voici quelques passages des
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- du jour), le ramasser en stouques (amas) bien rangées...
- « La saison des grainages (cueillette des fruits sauvages) est peut-être la plus joyeuse de l’année. Ce sont jours fériés pour les enfants et les creyatures (femmes et jeunes filles) que ceux où l’on s’en va aux champs cueillir : fraises, framboises, groselles, gadelles (groseille à grappes), et aux bois ramasser : bluets (myrtilles), cerises-à-grappes (merises) poires-acres (poires-sauvages), quatre-temps (petites baies rouges),pommes-de-pré (autres baies), pomme-de-terre (baies rampantes) et autres fruits comestibles.
- « Que de pots de confiture en perspective ! l es enfants s’en fripent (lèchent) les babines (lèvres) d’avance... »
- Le chapitre que M. Pascal Poirier consacre aux habitudes de la vie, aux mœurs, à la nourriture, nous pré-
- Fig. 1. — Un village caractéristique d’Acadie : Grandpré.
- chapitres que l’auteur consacre aux choses de la terre :
- « ... Nous sommes au printemps. La terre, guéret et rompi (sol déjà mis en valeur), est prête à labourer. C’est avec des chevals qu’on raboure aujourd’hui. Durant la grande persécution, ce fut souvent avec une tranche (bêche) qu’on remuait la terre...
- « La culture de la patate est au premier plan. Aussi la soigne-t-on. Avant de la planter, on la tranche par germons qu’on laisse le plus souvent germouner à la cave. Lorsque les plants ont bien levé, on les essarbe (sarcler, désherber),.. Puis, on les arrache avec la tranche a fourchons (bêche à plusieurs dents)...
- « Quand le blé est mûr, il se métive (se coupe à la faucille); et c’est un gracieux coup d'œil que de voir métiviers et mètivières couper le blé par poignée, le mettre, en javelle, s’il est trempé (mouillé) le lier en gerbe, s’il est bien sec, et, sur la brimante (à la tombée
- sente de nombreux cas de survivance de mots et expressions que nous avons délaissés :
- « ... Il n’y avait jamais de presse (hâte) chez les Acadiens, sauf à la saison des semences (semailles) et [de la cueillette (moisson). En tout autre temps, ils se mettaient généralement au travail de haute heure (tard) et débauchaient (quittaient le travail) assez tôt pour être de retour à la maison avant la brunante.
- « Par les matinées secques, quand le blé s'égrugeait bien (était mûr), il fallait décaniller au petit jour... A l’heure du dîner (grand déjeuner), on huchait (appelait) les travaillants, ou, s’ils étaient trop éloignés de la maison, on les appelait avec un borgo (trompe). Le dîner pris, les vieux se ouétraient une escousse (faisaient une petite sieste)...
- « ... L’autorité du père et de la mère était absolue. Quand ils avaient dit (donné un ordre), personne n’eût
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- osé ostiner. Pas destination, non plus, chez les plus jeunes avec les plus vieux. Ceux-ci tutoyaient les cadets; mais ceux-là parlaient toujours en vous à leurs frères et sœurs aînés. Le dernier de la famille était le sacculot. En présence des vieillards, les enfants étaient toujours scien-cieux (silencieux) : tout carillon (vacarme) cessait... »
- En Acadie comme au Canada, on jette depuis longtemps ce cri d’alarme : l’anglicisme, voilà l’ennemi ! Si lalangue du conquérant n’a pas réussi, après plus d’un siècle et demi d’occupation, à éliminer la langue des populations
- To drive (conduire) a fourni le verbe draïver et le substantif draïveur.
- Dans l’industrie des conserves, to solder (souder) est devenu sodérer, un ouvrier soudeur étant un sodereux. Un cordonnier pose un sole (semelle) à une chaussure. Le vitrier appelle son mastic de la pottée (potty, en anglais). Un magasin est trop souvent appelé une choppe [shop) ; l'épicier* est un groceur (grocer), et le pêcheur va au travail en botte (boat).
- Et le sénateur de conclure : « Il n’y a pas à se le
- Fig. ?. — La vallée d’Annapolis célèbre par ses pommes.
- conquises, elle lui a imposé un grand nombre de termes qui sont, pour la plupart, de signification technique. Par exemple, dans l’industrie forestière conduite. dans les deux pays par des compagnies de langue anglaise avec une main-d’œuvre française, l’anglicisme a introduit tout un vocabulaire que les Acadiens ont à peine francisé. Le boss (contre-maître) est le bâce ; commander une équipe, c’est bâcer. To log est un verbe anglo-saxon qui embrasse toutes les opérations du forestier : un bûcheron dira qu’il va loguer pour telle compagnie. Shanty (chantier, mot emprunté au français du Moyen Age parles Anglais) fait retour au franco-acadien sous la forme de channeté.
- dissimuler : notre belle langue française est menacée en Acadie, et aussi, quoique moins sérieusement, chez les Canadiens de la province de Québec...
- « Quelle sera la complexion de la langue française au Canada, après huit siècles de domination anglaise ? Que serait-elle aujourd’hui, si nous n’avions devant nous, derrière nous, au-dessus de nous,la grande littérature de France, qui nous couvre de son manteau de lumière ? si nousn’avions pas pour nousla France elle-même, songénie, son prestige, sa gloire? Nous glissons sur une pente!... Annibal est à nos portes !... (*) » Victor Forbin.
- 1. Photographies du Canadian Pacific Railway.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES111
- III. LES SAVANTS DE MODESTE ORIGINE
- La très grande majorité des savants, surtout ceux des temps plus ou moins anciens, ont eu une origine des plus modestes et il est bien difficile, en général, de deviner les raisons qui les ont amenés à entrer dans la voie scientifique, alors que leurs parents étaient aussi éloignés que possible de cette dernière et que, certainement, ceux-ci n’ont rien fait pour les y pousser. C’est, en somme, ce que les naturalistes appellent une « mutation » ou un « changement brusque » dans une lignée.
- Ces savants de modeste origine, il ne faut pas songer, faute de place, à les citer tous ici; ils sont trop! Aussi me conten-terai-je, à titre d’exemples, de piquer, un peu au hasard, et chronologiquement, ceux de Copernic, Franklin, Monge, Laplace, Clouet, Yauquelin, Pasteur, J.-H. Fabre, Tisserand. Excusez du peu....
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- Copernic (1473-1543), qui devait devenir un célèbre astronome, n’était, cependant, que le fils d’un modeste boulanger. D’origine polonaise, Copernic, encore enfant, apprit d’abord les langues anciennes dans la petite école de Saint-Jean, à Thorn. « A dix-huit ans son oncle l’envoya à l’Université de Cracovie. Il s’y livra d’abord avec une ardeur extrême à l’étude de la philosophie et de la médecine, mais le hasard le conduisit aux leçons d’Albert Brudzewski, professeur d’astronomie, et lui révéla sa véritable vocation. Il cultiva, à la même époque, l’art de la peinture, dans lequel il fit des progrès remarquables. A 23 ans, il se rendit à Padoue et à Bologne pour étudier la philosophie, la médecine et l’astronomie. En 1499, nous trouvons Copernic professant les mathématiques à Rome devant un auditoire nombreux et choisi. De retour à Cracovie. en 1502, il se fit prêtre. » (Arago) (*). Il mit alors trente ans à méditer son ouvrage si connu intitulé De revolutionibus orbium cælestium.
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- Franklin (1706-1790), célèbre par ses études sur l’électricité atmosphérique et son intervention dans la fondation de l’indépendance américaine, était né à Boston, d’une famille pauvre et nombreuse. « Son père et ses frères, à écrit Biot (â), étaient de simples artisans, et lui-même semblait ne devoir jamais être autre chose; cependant, l'ardeur qu’il montra dès sa première enfance pour lire et pour apprendre donna à son père l’envie d’en faire un ecclésiastique, et, comme il le dit lui-même, le chapelain de la famille. En conséquence, pour l’y préparer, on l’envoya d’abord, à l’âge de 8 ans, dans une petite école; mais, un an après, son père, trouvant cette éducation trop chère et considérant, d’ailleurs, que les éducations de collèges ne font jamais de bons ouvriers, le retira de cette école et le mit dans une autre où l’on apprenait seulement à lire et à compter. Franklin acquit ainsi, en peu de temps, une belle écriture, mais ne réussit point du tout au calcul. Ce fut là, dans son éducation, tout ce qu’il dut à d'autres qu’à lui-même. A 10 ans, son père le reprit pour l’aider dans son métier qui était de fabriquer des chandelles. L’enfant ne put se plaire à ce travail. Son imagination déjà active lui donnait un goût très vif pour la vie de mer, et, le lieu le favorisant, il apprit de bonne heure, tout seul, à nager et à conduire une barque. Son père, qui n’approuvait
- 1. Voir La Nature, n°a 2808 et 2812.
- 2. Œuvres complètes de François Araço, tome III.
- 3. Biot, Mélanges scientifiques et littéraires, tome III.
- point ce désir de voyager, chercha à le fixer et essaya s’il ne pourrait pas en faire un coutelier, mais cela ne réussit pas mieux et il fut encore obligé de le rappeler à la maison. Le premier goût du jeune Franklin pour la lecture était devenu une passion véritable. Les voyages surtout et l’histoire le charmaient ... Son amour irrésistible pour les livres décida enfin son père à en faire un imprimeur, quoiqu’il y eût déjà un autre fils dans cette profession.... Le jeune Franklin devint bientôt fort habile dans cette besogne.... Vers cette époque, il se remit à étudier l’arithmétique ; il apprit assez de calcul et de géométrie pour lire les ouvrages de navigation. Il fonda ensuite une gazette où ses articles lui attirèrent tellement d’ennuis qu’il fut obligé de quitter Boston pour New York, puis Philadelphie. »
- On ne voit guère dans tout cela ce qui a pu l’amener à s’occuper de questions scientifiques en même temps que de journalisme et de questions sociales. La raison semble en être qu’à Philadelphie il avait formé une réunion de personnes instruites, qui s’assemblaient une fois par semaine pour traiter ensemble des questions de morale, de politique ou de physique, chacun des membres étant obligé de lire, tous les mois, un essai de sa composition. Or cette société de lecture avait reçu d’Angleterre le détail de nouvelles expériences sur l’électricité ; on avait envoyé des tubes de verre et les autres instruments nécessaires, avec des renseignements sur la manière de s’en servir. Franklin répéta toutes les expériences décrites et en imagina beaucoup d’autres, ce qui l’amena à faire, sur l’électricité, les découvertes que tout le monde connaît aujourd’hui, mais qui, pour l’époque, étaient toutes nouvelles.
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- G. Monge (1746-1918), auquel on doit trois découvertes capitales en mathématiques (celle de la géométrie descriptive, celle du « principe de continuité », celle du sens des équations aux différentielles partielles), était le fils d’un marchand ambulant, qui ne dédaignait pas, dans ses courses autour de Beaune, d’aiguiser les couteaux et les ciseaux des ménagères bourguignonnes. « Le laborieux commerçant, a écrit Arago (*), s’imposa de rudes, d’honorables privations, et parvint ainsi à placer ses trois fils dans le collège de la ville, dirigé alors par les Oratoriens. Les trois jeunes gens répondirent avec distinction à la sollicitude paternelle. L’aîné, Gaspard, devint, dès son début, un sujet d’élite. Il remportait les premiers prix dans toutes les Facultés. Jusqu’à la fin de sa vie, Monge conserva religieusement les petits bulletins hebdomadaires dont les Oratoriens de Beaune s’étaient complu à le gratifier... Le jeune Gaspard, malgré ses succès, n’était pas tellement absorbé par les études littéraires qu’il ne trouvât l’occasion de faire des excursions dans le domaine des sciences et des arts. A quatorze ans, l’élève rbétoricieu exécuta une pompe à incendie dont les effets frappèrent les personnes les plus instruites. « Comment, lui demandait-on, avez-vous pu, sans guide et sans modèle, mener à bonne fin une pareille entreprise? — J’avais, répondit-il, deux moyens de succès infaillibles : une invincible ténacité et des doigts qui traduisaient ma pensée avec une fidélité géométrique. » La ténacité dans l’esprit, des doigts exercés et dociles ne furent pas moins nécessaires au jeune Monge le jour où il entreprit de faire le plan détaillé de sa ville natale. Le géomètre improvisé eut à inventer les méthodes d'observation, à construire les instruments propres à mesurer les angles, à exécuter le tracé graphique.
- 1 Œuvres complètes, tome II,
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- Ses succès attirèrent sur lui l’attention et, dès l’âge de 16 ans, il devint professeur de physique à Lyon.
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- Le Marquis de Laplace (17i9-1827) a laissé une œuvre tellement considérable qu’aucun de ceux qui ont esquissé sa vie n’a eu la place nécessaire pour relater ses premières années — du moins à ma connaissance, qui, est, sans doute, imparfaite. — Tout ce que l’on sait consiste simplement en ce que, né à Beaumont-en-Auge (Calvados), il était le fils d’un cultivateur et étudia les mathématiques à l’école militaire établie dans sa ville natale.
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- Clouet (1751-1801), qui a laissé un nom honorable dans la chimie, se montra toute sa vie un fieffé « original ». Il était né dans un village près de Mézières. « Ses parents étaient laboureurs et propriétaires d’une ferme qu’ils faisaient valoir. Il commença ses études au collège de Charleville et s’y distingua par son intelligence. Mais un de ses maîtres ayant voulu l’assujettir à ce qu’il appelait les « détails minutieux de toilette », il s’en alla et ce fut là son premier acte de l’opposition absolue à tous les usages de la société qu’il a constamment pratiquée dans tout le reste de sa vie. Sorti du collège, il se rendit à Mézières. On sait qu'il existait alors dans cette ville une école du génie militaire, exclusivement réservée à la noblesse ; mais ce que l’on sait moins, e’est qu’on y recevait aussi, dans des salles particulières, et principalement pendant l’hiver, de jeunes apprentis, maçons ou charpentiers, auxquels on enseignait, gratuitement, les éléments du calcul et de la géométrie descriptive. Clouet suivit ces leçons avec ardeur, s’y distingua, et mérita l’estime de Monge, dont l’enseignement a illustré cette école. Il vint ensuite à Paris pour en visiter les ateliers et les manufactures, mais il ne s’y fixa point. » (Biot) (1 ). Plus tard, Clouet dirigea plusieurs établissements métallurgiques, ce qui lui permettait de se livrer à des recherches scientifiques. Il ne vivait guère que de pain et d’eau et faisait lui-même ses vêtements, à vrai dire dépourvus de toute élégance. Il travaillait beaucoup et l’on assure qu’il était parvenu à se contenter d’une heure de sommeil par nuit, et encore sans se coucher et même en gardant les yeux ouverts.
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- Vauquelin (1763-1829), dont les découvertes ont marqué dans tous les domaines de la chimie, eut des origines aussi humbles qu’il est possible de les imaginer. Il était né dans une chaumière près de Pont-l’Évèque (Calvados). « On se fera une idée de l’état de sa famille lorsqu’on saura que sa mère, en l’envoyant à l’école et voulant l’exciter à l’étude, lui offrait comme objet d’émulation les beaux habits des messieurs du château : c’était de la livrée qu’elle voulait parler. Son bon naturel l’excitant encore mieux, il sut, en peu de temps, tout ce qu’on pouvait apprendre dans une école de village; provision plus que légère avec laquelle, cependant, à 13 ou 14 ans, il se hasarda dans le monde et alla chercher fortune à Rouen. Un apothicaire de cette ville, à qui sa figure agréa, le prit pour garçon de laboratoire, ce qui veut dire qu’il lui faisait souffler son feu et laver des cornues. Mais cet apothicaire donnait des leçons de chimie à quelques apprentis : le jeune campagnard, humblement debout derrière les bancs, écoutait avec émotion. Les opérations dont il avait été le témoin et le très subalterne collaborateur avaient d’abord frappé son esprit ; maintenant, il les voyait avec étonnement se lier par une théorie, former
- 1. Mélanges scientifiques et littéraires, tome I.
- un ensemble; il se mit à prendre des notes qu’il relisait ensuite et sur lesquelles il faisait à son tour ses réflexions. Un jour, son maître le surprit à ce travail, et, ce qui aurait intéressé toute âme généreuse, ne fit naître en lui que de la colère; il arracha le cahier à ce pauvre enfant, le déchira et lui défendit de recommencer sous peine d’être congédié. Vauquelin a dit souvent depuis que jamais il n’avait éprouvé une aussi vive douleur; il versa des larmes amères, et, ne pouvant plus supporter la vue de cet homme injuste, il vint à pied à Paris, avec un petit paquet sur le dos et, dans sa poche, six francs qu’une personne charitable lui avait avancés » (Cuvier) (1). A Paris, il tomba malade et fut soigné à l'abominable Hôtel-Dieu de cette époque, puis il eut la chance d’être agréé par un pharmacien intelligent, Chéra-dame, lequel, frappé de l’ardeur de Vauquelin au travail et à s’instruire, le présenta à l’illustre Fourcroy, qui, dès lors, en fit un collaborateur et un ami.
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- Fourier (1768-1830), qu’il ne faut pas confondre avec le politicien et le sociologue du même nom acquit une juste notoriété par ses travaux sur la résolution des équations numériques, la théorie mathématique de la chaleur, la chaleur centrale du globe terrestre. Il était né à Auxerre ; son père était un simple tailleur. « Fourier devint orphelin à l’âge de huit ans. Une dame, qui avait remarqué la gentillesse de ses manières et ses heureuses dispositions, le recommanda à l’évêque d’Auxerre. Par l’influence de ce prélat, Fourier fut admis à l’école militaire que dirigeaient alors les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Il y fit ses études littéraires avec une rapidité et des succès surprenants. Plusieurs sermons fort applaudis à Paris étaient sortis de sa plume. Fourier avait, à treize ans, la pétulance, la vivacité bruyante de la plupart des jeunes gens de cet âge ; mais son caractère changea tout à coup et comme par enchantement dès qu’il fut initié aux premières notions de mathématiques, c’est-à-dire dès qu’il eut senti sa véritable vocation. Les heures réglementaires de travail ne suffirent plus alors à son insatiable curiosité. Des bouts de chandelles soigneusement recueilis dans la cuisine, les corridors et le réfectoire du collège, servaient, la nuit, dans un âire de cheminée fermé avec un paravent à éclairer les études solitaires par lesquelles Fourier préludait aux travaux qui, peu d'années après, devaient honorer son nom et sa patrie. » (Arago)(a). Il prit ensuite, — faute de mieux —, l’habit de bénédictin, puis l’abandonna.
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- La vie de Pasteur (1822-1895) est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’y insister ici. Rappelons seulement que sa famille était d’origine paysanne, et, vers la fin, un peu industrielle; ses ascendants les plus immédiats étaient tanneurs. Lui-même alla d’abord à l’école primaire, où il ne tarda pas à d< venir « moniteur » — l’enseignement mutuel était alors à la mode —. Il suivit ensuite, comme externe, les classes du collège d'Arbois, où il fut, comme on dit, un « bon ordinaire » préférant se livrer aux jeux et au travail solitaire, en particulier au dessin A seize ans il alla à Paris se préparer à l’École Normale, puis revint dans sa famille et dans sa chère Franche-Comté, dont il avait la nostalgie. Il fut reçu bachelier ès sciences mathématiques, avec, pour la chimie, la note « médiocre ». Ironie des examens ...
- 1. Mémoires de l'Académie des Sciences de l'Institut de France, tome XII.
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- J.-H. Fabre (1823-1914), le célèbre entomologiste, était né à Saint-Léons, petite commune dn canton de Vesins, dans le haut Rouergue. Sa vocation s’est révélée de très bonne heure et ne doit rien ni à sa mère, au caractère un peu bizarre, ni à son père, d’abord cultivateur, puis petit tenancier de café, peu fait pour gérer ses affaires pécuniaires. Sa vie a été exposée en détail par un de ses disciples et ami, le Dr Legros (*), auquel, faute de place, nous renvoyons le lecteur. Disons seulement qu’il passa ses premières années, en totale liberté, à la campagne, où il apprit à aimer les insectes et les fleurs, puis alla, à sept ans, dans une modeste école où l’instituteur joignait à ses fonctions celle de « barbier, de sonneur de cloches et de chantre au lutrin ». Son père ayant fait des affaires peu brillantes changea plusieurs fois de localité pour exploiter un café, ce qui permit à Henri Fabre, admis gratuitement au séminaire de l’Esquile, de terminer sa cinquième. « Par malheur, écrit le Dr Legros, ses progrès sont bientôt interrompus par un nouvel exode de la famille, qui émigre, cette fois, à Montpellier, où il est vaguement hanté par la médecine, pour laquelle il semblait également né. Finalement, le guignon s’obstinant toujours, il faut dire adieu aux études et gagner son pain par n’importe quels métiers. Le voilà donc parti sur les grandes routes blanches, enfant perdu, presque errant, essayant la vie avec quelles
- 1. Dr Legros. La vie de J.-H. Fabre. Delagrave, édit., Paris, 1913.
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- sueurs ! un jour vendant des citrons à la foire de Beaucaire, sous les arceaux des Halles ou devant les baraques du Pré ; une autre fois s’enrôlant dans une équipe d ouvriers qui travaillaient à la ligne de Beaucaire à Nîmes qu’on était en train de construire. II connut des heures sombres, mornes et désolées. Que faisait-il? à quoi rêvait-il? L’amour de la nature et la passion de l’étude le soutenaient malgré tout et, souvent, lui servirent de nourriture. » Il mit tant d’acharnement à s’instruire par lui-même qu’il finit par entrer, comme boursier, à l’Ecole normale primaire d’Avignon.
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- Félix Tisserand, l’érudit astronome, était né, en 1845, à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). Son père était tonnelier, et, d’habitudes simples, ne souhaitait à ses enfants rien au delà de l’honnête médiocrité. Après avoir étudié à Nuits, jusqu’à l’âge de dix ans, Félix Tisserand, sur ses iustances, fut envoyé au collège, puis au lycée de Beaune. Tout en méritant les prix de thème et de version, il s’appliquait aux problèmes de géométrie et excellait aux exercices d’algèbre. Finalement, à dix-huit ans, il se présenta à l’Ecole Normale et à l’Ecole Polytechnique et réussit dans ces deux concours ; il opta pour la première, puis, après quelques mois de passage, comme professeur, dans un lycée, fut, sans l’avoir demandé, nommé astronome-adjoint à l’Observatoire de Paris.
- Henri Cou pin.
- CHRONIQUE
- Caractéristiques de fabrication d’une automobile 10 ch 4 cylindres.
- Sait-on que près de 10 tonnes— exactement 9575 kg — de matières premières sont indispensables pour la fabrication d’une automobile 10 ch 4 cylindres de série du poids de 1200 kg? Ces 10 tonnes se répartissent ainsi :
- i° 3702 kg de charbon pour la production de : fonte (256 kg), acier (600 kg), tôle (930 kg), autres métaux (300 kg), électricité (830 kg), gaz (176 kg), charbon direct (610 kg);
- 2° 3900 kg de minerai de fer, 17 kg de minerai d’alumine, 16 kg cuivre et 1 kg étain ;
- 3° Graisses, mazout, essence, huiles, sable, en tout 1600 kg ;
- 4° Carbonate de chaux et baryte 26 kg ; gomme 36 kg ;
- 5° Crins, bois, jute, nitro-cellulose, chaux, etc., 127 kg;
- 6° Pièces d’approvisionnement diverses, 150 kg.
- Le prix de revient est de 12 621 francs, c’est-à-dire que'les matières premières brutes plus haut indiquées coûtent en France 2800 francs (22,19 pour 100); la main-d’œuvre employée à la transformation, puis à l’utilisation des produits fabriqués revient à 5557 francs (44,04 pour 100); les impôts frappant ces achats et ce travail interviennent pour 1264 francs (10,01 pour 100); enfin il y a lieu de prévoir 3000 francs de taxe de luxe (23 76 pour 100).
- A ce prix de revient industriellement établi, il faut bien entendu ajouter la rémunération et 1 amortissement du capital-argent et outillage, les frais généraux, les bénéfices normaux du producteur et des intermédiaires, les frais du laboratoire, etc.
- Il s’agit ici de la voiture utilitaire, mais on remarque que sur un prix de 12 621 francs, il y a 4264 francs d’impôts et taxe ; un peu plus que le tiers. C’est vraiment excessif et il
- est certain que le gouvernement sera amené un jour à fortement diminuer ce pourcentage, s’il ne veut pas tuer notre industrie automobile, en présence des efforts financiers et industriels présentement faits par deux grosses firmes américaines pour accaparer le marché européen.
- Les maisons de Londres et les vibrations du sol des rues.
- A Londres, nous dit Ferro-Concrete, plus d’un millier de maisons en briques sont actuellement en danger d’écroulement par suite des vibrations du sol, dues à l’intensité du trafic des rues, des chemins de fer et du métropolitain. Pour M. John Simpson, architecte, « les bâtiments modernes, à ossature métallique ou en béton armé, sont plus élastiques et supportent mieux les efforts dus aux vibrations, mais les vieilles maisons ne sont souvent que des briques et du sable qui ne tiennent l’un à l’autre que par le plâtre et le papier qui en recouvrent les murs. »
- Bien que cela puisse paraître un peu excessif, il n’en est pas moins vrai que les personnes habitant de vieux immeubles, et même de modernes, mais construits en simple maçonnerie à mortier de chaux, savent par expérience à qael point ces constructions sont sensibles aux vibrations, surtout dans les centres où la circulation des autobus, poids lourds et automobiles est intensive. Il est assez malaisé d’assurer une sauvegarde réellement efficace aux maisons existantes, mais il est évidemment nécessaire que les immeubles qui se bâtissent maintenant et se bâtiront dans l’avenir soient prévus pour la résistance aux effets dus aux vibrations, qui peuvent s’amplifier encore davantage dans les grandes villes.
- Il semble que le ciment armé convienne le mieux dans ce but sous tous les rapports.
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- 228 BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1929 (*)
- En octobre, voici les principaux phénomènes qui retiendront la curiosité des observateurs : opposition d’Uranus le 3; plus grande élongation du matin de Mercure, le 23; occultation de la brillante planète Yénus par la Lune le 30, plus un grand nombre de phénomènes produits parles satellites de Jupiter dans leur marche autour de leur planète centrale, de nombreuses occultations et conjonctions, etc.
- I. Soleil- — En octobre, la déclinaison du Soleil diminue rapidement. De —3°6' le lor, elle tombe à —14°3' le 31. La durée du jour diminue également très vite et de llh39m le 1er, cette durée est réduite à 9*55“ à la fin du mois.
- Le temps moyen à midi vrai, que donne, de deux en deux jours, le tableau suivant, indique le moment du passage du centre du Soleil au méridien de Paris. L ombre d un à plomb, à ces heures, trace alors exactement la direction du méridien.
- Dates.
- Oct.
- — 3
- — 5
- — 7
- — 9
- — 11
- — 13
- — 15
- — 17
- — 19
- — 21
- — 23
- — 25
- — 27
- — 29
- — 31
- Observations physiques. — Nous renvoyons, pour ces observations, à ce que nous avons dit au « Bulletin astronomique » du n° 2810, du 1er juin 1929. Les éléments ci-après permettent d’orienter
- les dessins et photographies. Dates. H B.
- Oct. 3 + 26°,20 4- 6°,59 247°,88
- 8 + 26°,39 + 6°,31 181°,92
- 13 + 270,39 + 50,98 115°,96
- 18 ' +26°,21 + 5°, 60 50°,00
- 23 + 25°,84 + 5«,18 344°,06
- — 28 + 25°, 27 + 4«,72 278°,12
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible le matin, avant l’arrivée de l’aurore, par les nuits pures et sans clair de Lune.
- La meilleure période, pour faire cette observation s’étend du 1er au 14 octobre, puis tout à fait à la fin du mois, le 30 et le 31.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0b à 24*, à partir de minuit (0h).
- Pendant les quelques jours d’application de Y heure d’été, augmenter de 1 heure toutes les heures données ici.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire, juste à 1 opposé du Soleil, au début du mois.
- Le 2 octobre, le centre de cette lueur sera situé par 0*32“ d’ascension droite et -f 3° 29' de déclinaison, dans la constellation des Poissons.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’octobre, seront les suivantes :
- N. L. le 2, 22b 19” I P. L. le 18, à 12" 6“
- P. Q. le 10, à 18* 5“ I D. Q. le 25, à 8» 21“
- Age de la Lune, le 1er octobre, à 0*=27-i,5; le 3 octobre,
- 0* = 0',1.
- Nous rappelons que [pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 3.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 9 octobre =—27032'; le 23 octobre =+27034’. On remarquera la très faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon le 9 octobre, vers 17h, moment de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 10 octobre, à 15*. Parallaxe'= 54'15". Distance = 404 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 22 octobre, à 22*. Parallaxe =59 29" Distance = 368640 km.
- Occultations d’étoiles et de Vénus par la Lune. — Le 10 octobre, occultation de 234 B. Sagittaire (gr. 5,9), de 20*30”. à 20h 31”.
- Le 13, occultation de 161 B. Capricorne ( gr. 6,4 ), de 23* 41m à 0h 39“ du 14.
- Le 21, occultation de 95 Taureau (gr. 6,2), de 19*9“ à 19* 56m.
- Le 24, occultation de 4 Cancer (gr. 6,2), de 22h 9m à
- 23h0m.
- Le 30, occultation de Yénus (gr. —3,4), de 12*11“ à 13h 18“.
- Cette curieuse occultation se produit en plein jour. Elle sera observable avec de petites lunettes et offrira ua grand intérêt.
- La Lune, en mince croissant, recouvrira Vénus, qui se présente maintenant sous l’aspect de notre satellite deux jours avant la pleine Lune.
- Yénus disparaîtra derrière le bord éclairé de la Lune et réapparaîtra, loin du croissant (voir figure 1).
- Si le temps est clair, nous engageons tous les observateurs à ne pas manquer cette belle occultation.
- Marées. Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 2 octobre et à l’époque de la Pleine Lune du 18.
- Voici quelques-unes [de ces plus grandes marées pour Brest.
- à
- Heures du passage.
- 1er 11“ 40“ 26*
- 11* 39“ 49-11* 39“ 12" 11* 38“ 37* 11“ 38“ 3‘ 11* 37“ 32* 11* 37“ 2* 11* 36“ 34“ 11*36“ 8* 11* 35“ 44* 11* 35“ 23* llh 35“ 5* 11* 34“ 50* 11* 34“ 37* 11* 34“ 28* 11* 34” 21“
- Fig. i. — Occultation de la planète Vénus par la Lune, le 30 octobre 1929, de 12* IV* à 13* 18>'K
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- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. “Coefficient Heure H oefficient
- Oct. 2 3“ 24“ 0,96 15k43“ 1,00
- — 3 4“ 2“ 1,03 16k 20“ 1,03
- — 4 4“ 38“ 1,03 16k 55“ 1,02
- — 5 5“ 12“ 0,99 17k 27“ 0,95
- — 18 3k 40" 0,94 15h 55“ 0,98
- — 19 4k 11“ 1,00 16h29“ 1,02
- — 20 4h 46“ 1.02 17h 4® 1,00
- — 21 5” 22“ 0,98 17k 42" 0,94
- Le curieux phénomène du mascaret se produira plusieurs fois ce mois-ci, comme l’indique le tableau suivant :
- Coefficient Arrivée du mascaret à
- Dates. de la marée. Quilleheuf. Villequier. Caudebec.
- Oct. 3 1,03 7h 37“ 81114“ 8“ 23"
- — 3 1,03 19h 54“ 20“31“ 20“40"
- — 4 1,03 8“ 11“ 8“ 48" 8“ 57“
- — 4 1,02 20“27“ 21“ 4“ 21“13“
- — 19 1,02 20“ 2“ 20“39“ 20“48“
- — 20 1,02 8“ 18“ 8“ 55“ 9“ 4“
- III. Planètes. — Le tableau ci- -après, établi ; à l’aide des
- données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1929,
- contient les principaux renseignements pour trouver et
- observer les planètes les plus importantes pendant le mois d’octobre.
- 229
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Oc'obre 3 0,08 + 1,9
- — 8 0,00 + 8,0
- — 13 0,07 + 1,7
- — 18 0,28 9,5
- — 23 0,52 -0,3
- — 28 0,72 -0,6
- Ce tableau montre encore que le disque illuminé étant de
- 0,00 le 8 octobre, Mercure sera ce jour-là en conjonction
- inférieure avec le Soleil ( exactement à 6h).
- Vénus brille encore d’un bel éclat dans le ciel du matin.
- Son diamètre diminue et, en même temps, la phase s’atténue.
- Voici, comme pour Mercure, le disque illuminé et la gran-
- deur stellaire de Vénus en octobre :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,85 -3,4
- — 8 0,87 -3,4
- — 13 0,88 -3,4
- — 18 0,89 -3,4
- — 23 0,90 -3,4
- — 28 0,91 -3,4
- Par les belles journées, on pourra encore voir Vénus en plein jour et la suivre une partie de l’après-midi.
- Mars s’approche de sa conjonction avec le Soleil, il est inobservable,
- Jupiter est à présent visible presque toute la nuit.
- Il se déplacera très peu sur le Ciel pendant tout ce mois
- Dates : Lever Passage au Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à a sion et VISIBILITÉ
- OCTOBRE Paris. de Paris (*). Paris. droite. son apparent étoile voisine.
- 5 5“ 56“ 11“ 39“ 12* 17“ 21" 12“43“ 4° 39' 31' 45" 8 Yierge
- Soleil . . . .< 15 6 12 11 36 34 17 1 13 20 — 8 27 31 52,8 Vierge > ))
- 25 6 27 11 34 50 16 42 13 58 — 12 2 31 57,6 Balance
- 5 6 40 11 57 17 14 13 3 — 9 48 10,2 a Vierge
- Mercure . . . 15 5 0 10 48 16 36 12 32 — 3 7 9,0 T Vierge >Le matin, à la fin du mois.
- 25 4 42 10 30 16 18 12 51 — 3 13 6,6 T Vierge
- 5 3 10 9 51 16 32 10 53 8 24 12,2 Lion Toujours admirable le matin.
- Vénus .... 15 25 3 4 36 5 9 10 57 4 16 16 19 2 11 12 39 24 + 3 0 52 54 11,8 11,4 P Y Vierge Vierge
- Mars 5 7 34 12 45 17 57 13 48 — 10 57 3,8 a Vierge
- 15 7 32 12 32 17 31 14 14 — 13 23 3,8 \ Vierge » Inobservable.
- 25 7 31 12 19 17 7 14 41 — 15 40 3,8 a Balance
- Jupiter. . . . 15 19 26 3 19 11 11 5 1 + 21 56 41,8 a-p Taureau Presque toute la nuit.
- Saturne . . . 15 11 47 15 57 20 8 17 41 — 22 28 14,2 [ Scorpion Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . . 15 T6 33 22 48 5 4 0 34 + 2 52 3,6 14 Baleine Toute la nuit.
- Neptune. . . 15 1 43 8 37 15 31 10 20 + 11 2 2,4 P Lion Avant l’arrivée du jour.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin, le 23 octobre, à 17\ à 18° 16' à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher du 20 au 30 octobre.
- Voici la phase et l’éclat stellaire de Mercure ce mois-ci :
- et sera stationnaire, à mi-distance de u — p Taureau, le 4 octobre, à 9h.
- On sait que cette planète, la plus importante du système solaire, est l’une des plus intéressantes à observer, même dans les instruments de faible puissance. Nous recomman-
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- dons aux observateurs de suivre les curieuses évolutions des quatre principaux satellites et d’observer les phénomènes auxquels donnent lieu leurs déplacements autour de la planète.
- En voici la liste pour le mois d’octobre 1929.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Octobre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène DATES Octobre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 3b 27m I E.c. 18 lk qgm I O. f.
- 2 0 48 I O.c. 18 2 15 I P. f.
- 2 2 2 I P.c. 19 3 1 III O.c.
- 2 2 57 I O. f. 19 20 42 I P. f.
- 2 21 55 I E.c. 22 20 51 III Im.
- 3 1 21 I Em. 22 23 0 III Em.
- 5 0 0 III P.c. 23 2 1 II E. c.
- 5 2 7 III P. f. 24 3 38 I E.c.
- 7 1 51 II O.c. 25 0 40 II P f.
- 9 1 35 II Em. 25 0 57 I O.c.
- 9 2 42 I O.c. 25 1 53 I P. c.
- 9 3 51 I P.c. 25 3 7 I O.f.
- 9 4 51 I O.f. 25 4 2 I P. f.
- 10 3 11 I Em. 25 22 6 I E.c.
- 10 21 10 I O.c. 26 1 15 I Em.
- 10 22 18 I P. c. 26 20 19 I P.c.
- 10 23 19 I O.f. 26 21 35 I O.f.
- IL 0 27 I P. f. 26 22 28 I P. f.
- 12 1 13 III O.f. 29 20 51 III E.c.
- 12 3 41 III P. c. 29 23 6 III E. f.
- 15 23 26 II E.c. 30 0 20 III Im.
- 16 3 58 II Em. 30 2 28 III Em.
- 16 4 35 I O.c. 30 4 35 II E. c.
- 17 1 43 I E. c. 31 5 32 I E.c.
- 18 0 5 I P. c. 31 22 59 II O.c.
- Saturne se couche maintenant de bonne heure, et doit être observé dès l’arrivée de la nuit.
- Yoici les éléments de l’anneau à la date du 16 octobre :
- Grand axe extérieur.............................. 35".9 2
- Petit axe extérieur.............................. 16" 28
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................+ 26° 57'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. 4- 26° 27'
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, lors de ses plus grandes élongations. En voici la liste pour octobre :
- Dates. Élongation. Heure.
- Octobre 6 Occidentale. 5\2
- — 13 Orientale. 23\5
- — 22 Occidentale. 5\3
- Uranus sera en opposition avec le Soleil, le 3 octobre, à 2h.
- Il est visible toute la nuit. La petite carte que nous avons donnée au précédent Bulletin astronomique (N° 2814, du 1er août 1929) permettra de le trouver aisément parmi les étoiles.
- Une simple jumelle suffit pour cela.
- Neptune peut être recherché à présent avant l’arrivée du
- jour, non loin de l’étoile p du Lion.
- Yoici quelques- -unes des positions où l’on pourra le
- rechercher.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Octobre 5 10h19m + 11» g’ 2"4
- — 15 10h 20» + 11° 2' 2"4
- - 25 10h21“ + 10°57' 2"4
- Neptune brille comme une étoile de 8e grandeur et demie. Une petite lunette est nécessaire pour le suivre parmi les étoiles.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 13\ Mercure en conjonc. avec la Lune, à 50 48' S.
- Le 4, à 8\ Mars — la Lune, à 1° 11' s.
- Le 6, à 20h, Vénus — X Lion à 0° 8' s.
- Le 8, à 23\ Saturne — la Lune, à 4° 30' N.
- Le 22, à 4\ Jupiter — la Lune, à 3o 48' S.
- Le 23, à 6\ Vénus — •/) Vierge, à 00 13' N.
- Le 27, à 12\ Neptune — la Lune, à 4° 42' S.
- Le 30, à 12k, Vénus — la Lune, à 1° 6' S.
- Le 31, à 4\ Mercure — la Lune, O O O N.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol, en octobre : le 1er, à 3k 33“ ; le 4, à 0h22“; le 6, à 21k10“; le 21, à 5h 14m; le 24, à 2k3“; le 26, à 22k51“; le 29, à 19h40m. Ces minima sont observables à l’œil nu.
- Étoiles filantes. — Quelques essaims d’étoiles filantes sont encore actifs en octobre. En voici la liste, d’après l’Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Oct. 1er au 9 24o + 170 y Bélier.
- — 7 31° + 180 a Bélier.
- — 8 43° 4-56° y; Persée.
- — 15 et 29 1080 -f 230 ô Gémeaux.
- — 18 au 20 90° + 150 v Orion.
- — 18 au 27 108° + 120 p Petit Chien.
- — 20 au 27 328° + 620 a Céphée.
- — 21 et 25 112° + 30« P Gémeaux.
- — mois 29° + 8° \ Baleine.
- — 31 43° + 220 e Bélier.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris : Temps sidéral
- Dates. Passage. Heure. à 0h (T. ü.)
- Octobre 8 Supérieur 0h 23“ 23’ lh 4“ 23“
- — 13 — 0h 3“ 45“ —
- — 13 23k 59” 49“ H* 5 CO CO
- — 18 23h 40“ 10“ lk 43” 59“
- — 28 — 23h 0“ 52s 2k 23“ 24“
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er octobre à 21h, ou le 15 à 20\ est le suivant :
- Au Zénith, l’entourant : Le Cygne, Pégase, Andromède, Cassiopée, Céphée.
- Au Sud : Le Carré de Pégase, le Yerseau, le Capricorne. Près de l’horizon sud : Fomalhaut, du Poisson austral.
- A l’Est : Le Bélier; les Pléiades; Persée.
- A l’Ouest : La Lyre; l’Aigle; Hercule; le Bouvier.
- Au Nord : La Grande Ourse; la Petite Ourse. Capella est à l’horizon.
- Em Touchet.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- AUTOMOBILISTES ET CYCLISTES
- Les prescriptions du code de la route obligent les cyclistes à posséder à l’arrière de leur machine un verre rouge réfléchissant, de manière que les rayons des phares des automobiles arrivant à l’arrière des cyclistes puissent produire un signal lumineux réfléchi suffisant pour signaler la présence de la bicyclette au conducteur de la voiture.
- Cette recommandation n’est malheureusement pas toujours suivie et elle est d’ailleurs aussi quelquefois inutile, car lorsque deux automobilistes se croisent, ils éteignent leurs phares pour obéir aux prescriptions du Code.
- Dans la période de quasi-obscurité qui en résulte, et dont l’effet est encore augmenté par le phénomène physiologique provenant du passage subit de la grande lumière à la pénombre, peuvent survenir de graves accidents, car tout ce qui se trouve devant l’automobile est invisible pour le conducteur à moins que l’objet ne soit lui-même éclairé.
- Des accidents très graves sont donc souvent survenus aux cyclistes par suite de l’absence d’un signal lumineux à 1 arrière des bicyclettes, et c’est avec raison, à la fois dans 1 intérêt des cyclistes et dans celui des automobilistes, que notre confrère la Revue des Agents a commencé une campagne qui a pour but l’adoption par tous les cyclistes, non plus d’un verre réfléchissant rouge, mais d’une lanterne à feu rouge à l’arrière de leur machine.
- L’adoption de cet accessoire sera, sans doute, prochainement rendue obligatoire, mais, en attendant, on peut signaler avec insistance aux cyclistes que cet achat si minime assurera leur sécurité, et épargnera chaque année beaucoup de vies humaines.
- LA CIRCULATION DES AUTOMOBILES EN FRANCE
- EN 1928
- Le nombre des automobiles circulant en France s’est accru dans de grandes proportions au cours de l’année 1928, puisqu’il est passé de 949 196 à 1 088 351 d’après les statistiques du Ministère des Finances.
- Parmi ces voitures, il faut distinguer 757 668 autos de tourisme et 330 683 véhicules commerciaux, industriels et de poids lourds. D’autre part, le nombre des cyclecars atteint 26 585, celui des motocyclettes 301914, celui des bateaux automobiles de plaisance 3929.
- Le département de la Seine vient, en premier, pour l’intensité de circulation des véhicules avec 179 004 automobiles, celui du Nord vient ensuite avec 43 719.
- La Lozère est le moins favorisé avec 781 véhicules seulement.
- DISPOSITIF SIMPLE DE PHARES POUR LES CROISEMENTS
- Le nombre des dispositifs proposés pour modifier l’éclairage des phares au moment des croisements est déjà très important.
- On a proposé des dispositifs optiques, emploi d’une lampe spéciale ou de prismes déviant les rayons lumineux, des appareils mécaniques, basculeurs de phares, et on a proposé aussi l’emploi de phares spéciaux de croisement distincts des phares d’éclairage ordinaires.
- Dans ce dernier ordre d’idées, un de nos lecteurs, M. Roussel, nous indique un dispositif simple qui a, d’ailleurs, croyons-nous, déjà été adopté par un constructeur français, du moins sous une forme un peu modifiée.
- Ce système consiste à éclairer la route de la voiture
- venant en sens inverse, sans gêner les voitures suivantes (fig- *}•
- On emploie dans ce but un phare supplémentaire, ou phare de croisement, dont la position sur le côté gauche de la carrosserie est soigneusement étudiée et qui est destiné à éclairer le côté gauche de la voiture, et la route en arrière de celle-ci suivant un angle déterminé après essai, mais dont l’un des côtés atteindra à peine le prolongement du côté gauche de la voiture.
- A l’approche d’une voiture venant en sens inverse et à une distance convenable, il serait alors facile d’éteindre les phares avant et d'allumer les lanternes, ainsi que le phare de croisement.
- Cette idée paraît intéressante, mais il est évident que son application est assez délicate parce qu’il serait indispensable, pour sa mise en pratique, que toutes les voitures soient munies d’un dispositif analogue.
- Si une voiture munie de ce système croisait, en effet, une autre voiture pourvue d’un appareil quelconque, elle éclaire-
- ra n/e/vî es
- Phare de croisement
- Phare de ' croisement
- Lanternes
- Fig. 1. — Pour éviter Péblouissement dans les croisements. Dispositif préconisé par M. Roussel : des phares de croisement éclairent la route à l’arrière de fa voiture.
- rait bien la route de l’autre véhicule, mais son conducteur, par contre, serait plongé dans la presque obscurité (fig. 1).
- LA SIMPLIFICATION DU GRAISSAGE DANS LES VOITURES MODERNES
- Nous avons déjà décrit plusieurs fois dans nos chroniques des dispositifs de graissage central, qui permettent d’assurer automatiquement le graissage de toutes les articulations de direction, de freins, de ressorts, etc., qui était exécuté primitivement au moyen de graisseurs « Stauffers » ou plus récemment de graisseurs à pression genre « Técalemit ».
- Rappelons que le premier principe de ces dispositifs de graissage central consiste à utiliser des phénomènes de capillarité, au moyen de canalisations flexibles garnies de mèches qui amènent l’huile fluide provenant d'un réservoir central à l’intérieur des organes, avec un débit soigneusement déterminé.
- Dans une deuxième catégorie de ces installations, on emploie pour le graissage l’huile même contenue dans le carter du moteur, et on l’injecte sous pression dans des canalisations métalliques qui la transmettent aux organes à graisser.
- On peut noter maintenant que des installations de ce genre sont déjà établies sur des voitures de séries livrées «'nnramment par des constructeurs français, et l’on peut en déduire qu’elles ont démontré leurs qualités pratiques.
- Mais il existe encore une autre tendance que nous avons déjà signalée, et qui consiste à diminuer de plus en plus le nombre des organes nécessitant un graissage spécial.
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- Déjà, beaucoup de transmissions à la cardan sont remplacées par des flëcteurs élastiques ne nécessitant aucun graissage, et, dans les articulations oscillantes dont l ampli-tude reste au-dessous d’une certaine limite, celle des ressorts et des amortisseurs par exemple, on peut employer des joints élastiques supprimant tout graissage.
- Ainsi, peu à peu, le nombre des articulations à graisser diminue, ce qui rend plus facile la manœurre manuelle de graissage, mais rend aussi plus facile l’installation d’un dispositif de graissage central.
- On peut donc, dès à présent, prévoir le moment où toute l’opération de graissage des articulations consistera pour l’usager à vérifier de temps en temps le niveau d’un réservoir d’huile, comme il le fait pour le graissage du moteur.
- UN NOUVEAU SYSTÈME DE PARE-BRISE PERFECTIONNÉ
- La forme de carrosserie la plus usitée actuellement, sinon la seule presque exclusivement, est la conduite intérieure, et on a l’habitude, maintenant, d’employer dans ces voitures un pare-brise d’une seule pièce, ce qui a l’avantage d’éviter
- les vibrations mécaniques et les bruits qui en résultent, et d'assurer, de plus, l’étanchéité à l’air et à la pluie.
- Malheureusement, en été, on constate les inconvénients inverses du système, c’est-à-dire que l’aération devient mauvaise, ce qui est pénible pour le conducteur exposé d’autre part aux courants d’air chaud transmis par le moteur.
- Il est donc intéressant de signaler un système de pare-brise non articulé à aération par dépression, et qui est complété par un système de pare-soleil perfectionné.
- L’appareil se compose d’une glace'principale A constituant le pare-brise proprement dit, et d’une petite glace auxiliaire B fixée parallèlement à la glace principale en haut et en avant de cette dernière (fig. 2).
- L’ensemble du pare-brise pivote autour d’une charnière à sa partie inférieure.
- Le pare-brise étant entr’ouvert comme il est indiqué sur la figure 2 et la voiture étant en marche, l’air heurte la face extérieure du pare-brise, glisse le long de cette face, et une partie des filets d’air prend une direction ascendante. Ce» courants ascendants sont accélérés par le déplacement d’air produit par la glace auxiliaire qui se trouve en avant de la glace principale, et" l'air qui a pris une direction sensiblement verticale se trouve engagé' dans le couloir formé par les deux glaces.
- Ce couloir AB forme donc injecteur et la trombe d’air passant devant la partie ouverte à l’avant de la carrosserie entraîne dans le même sens l’air se trouvant à proximité de son passage, et détermine ainsi une évacuation continue de l’air contenu à l’intérieur du véhicule.
- L’atmosphère est donc constamment renouvelée et les mauvaises odeurs d’essence et huile à l’intérieur des voitures sont, atténuées.
- Le dispositif est complété par un pare-soleil qui permet
- Fig. 3. — Pare-brise L. M, fermé, k droite, le pare-brise est complété par un pare-soleil.
- de garantir des rayons solaires obliques, tout en laissant passage au courant d’air ascendant déterminé par le pare-brise (fig. 3).
- Un dispositif de commande permet par l’ouverture ou la fermeture de volets une entrée ou une sortie d’air dans la voiture sans toucher au pare-brise.
- En fermant les volets du pare-soleil, on obtient une entrée directe d’air dans la voiture, et en les ouvrant on obtient une aspiration de l’air contenu dans la voiture.
- PARE-BRISE A COMMANDE CENTRALE D'INCLINAISON ET A RATTRAPAGE DE JEU
- Il est agréable de modifier à volonté l'inclinaison d’un pare-brise par la simple commande d’une manette placée à l’intérieur de la voiture. Mais il est nécessaire que le dispositif employé ne puisse prendre du jeu, ce qui causerait des vibrations et bruits fort désagréables.
- Nous signalons à ce propos la construction d’un appareil à vis sans fin et à roue hélicoïdale, dans lequel on peut réduire automatiquement de l’extérieur la distance existant entre la vis sans fin et la roue hélicoïdale (fig. 4).
- De plus, on peut régler automatiquement de l’extérieur le jeu longitudinal au moyen d’un écrou à cuvette fileté et à encoches qui reçoit un bouchon formant contre-écrou. L’axe du pare-brise est simplement solidaire de la roue hélicoïdale.
- DISPOSITIF DE CHAUFFAGE POUR VOITURE AUTOMOBILE
- L’emploi d’un appareil de chauffage dans les voitures automobiles à carrosserie fermée est souvent indiqué, non seulement dans les ambulances et les voitures de transport en commun, mais même pour les voitures de particuliers dans les pays à climat rigoureux.
- On a proposé surtout des appareils de chauffage électrique, et des appareils dans lesquels la chaleur est produite par les gaz de combustion provenant du pot d’échappement.
- Les appareils de cette dernière catégorie sont évidemment les plus simples, mais ils présentent souvent des inconvé-
- Courents
- ascendants
- Dépréssion
- Fig. 2. — Pare-brise à dépression L. M. ouvert.
- Fig. 4. — Commande centrale de pare-brise à vis sans fin irréversible et rattrapage automatique de jeu.
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- nients et même des dangers, lorsqu’on utilise directement une dérivation des gaz de combustion pour produire les effets calorifiques.
- Il est donc préférable de ne pas faire traverser par ces
- Fig. 5. — Dispositif de chauffage Autocalor monté sur le pot d’échappement.
- gaz des éléments chauffants intérieurs à la carrosserie, mais de les utiliser simplement pour échauffer de l’air frais, qu’on introduit ensuite à l’intérieur de la voiture, et nous allons décrire un appareil basé sur ce principe.
- Ce système de chauffage est construit sur le principe de la chaudière tubulaire et comporte trois organes principaux : un faisceau tubulaire enfermé dans un carter réchauffé par les gaz d’échappement avant de s’échapper au dehors, un dispositif d’entrée d’air frais puisé à l’extérieur et dirigé à travers le faisceau tubulaire où il se réchauffe avant de pénétrer à l'intérieur de la voiture, et enfin un dispositif de
- Commande irréversible Longueur du levier du clapet réglable suivant !"épaisseur de la planche
- Air chaud à la
- température
- désirée
- Air chaud en excèdent envoyé à l’extérieur
- Clapet de 'réglage de la température
- Air chaud
- Fig. 6. — Dispositif Autocalor.
- Coupe du’clapet permettant de régler la température de l’air introduit dans la voiture.
- réglage permettant de modérer à volonté l’entrée de l’air chaud dans la voiture et de régler sa température (fig. 5).
- La partie la plus intéressante du dispositif est le clapet dont la coupe est donnée sur la figure 6, et qui permet de renvoyer vers l’extérieur l’air chaud en excédent, donc de
- ........... :.^.....^...........:......= 233 =====
- régler à volonté la température du mélange qui parvient à la bouche de chaleur.
- L’ensemble du dispositif est très aisé à monter à l’intérieur de n’importe quelle voiture comme le montre la figure 5 et ses avantages paraissent assez grands sur les dispositifs similaires, puisqu’il ne cause aucune odeur à l’intérieur de la voiture, renouvelle au contraire l’air à l’intérieur, permet de régler la température désirée et ne freine pas l’échappement des gaz.
- On remarquera, au contraire, que non seulement la section totale des tubes chauffants est de beaucoup supérieure à celle du tube d'échappement, mais encore que l’absorption considérable de chaleur que produit l’air frais dans sa circulation autour du tube détermine une dépression qui produit un appel de gaz et favorise leur évacuation.
- ATTACHE-FIL PRATIQUE
- Les systèmes d’attache-fil sont de plus en plus utilisés à mesure qu’augmente le nombre de canalisations électriques
- Fig. 7. — Attache-fil.
- des circuits d’une automobile, mais .malheureusement très peu sont pratiques.
- Signalons encore un système qui s’emble robuste, simple, et bon marché, et comporte une pince maintenue par un ressort enfermé dans un boîtier isolant .
- Pour fixer le fil conducteur, on le dénude sur une longueur de quelques centimètres, on l’introduit dans le trou de la pince et on le replie en l’enroulant sur lui-même. On croise l’une sur l’autre les deux branches, on place le ressort et on introduit le tout dans la douille (fig. 7).
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Disposition de phases de croisement. Joseph Roussel, 6, rue du Renard, Paris (4e).
- Pare-brise & dépression L. M. Établissements Lemoine, 21, rue de Lappe, Paris (11e).
- Commande de pare-brise perfectionnée. Établissements Aude-mard, 76, rue du Chemin-de-Fer, Courbevoie (Seine).
- Appareil de chauffage Auto-Calor. Accessoires Taxis-Transports, 32, rue de la Jonquière, Paris (17e).
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’aluminium et ses alliages, 1 vol. in-8 illusiré, 124 p. Edité par l’Aluminium français, 23 bis, rue de Balzac, Paris, 1928. Cet ouvrage, très élégamment présenté, résume d’excellente façon l’état actuel de l’industrie de l'aluminium; après un historique succinct, il décrit la fabrication de métal à partir de l’alumine, ses propriétés physiques, chimiques et mécaniques, ainsi que celles de ses alliages; il donne d’utiles renseignements sur le travail de l’aluminium (fonderie, laminage, étirage, tréfilage, forgeage, emboutissage, rivetage, soudure, etc ), et passe en revue ses diverses applications. Ajoutons que cet utile opuscule est envoyé gratuitement aux personnes qui en font la demande à la Société de l’Aluminium Français.
- Aide-mémoire de l’industrie textile, par D. de Prat. 3e Édition, 1 vol., 375 p., 22 fig. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1928. Prix : 40 fr.
- La nouvelle édition de ce volume qui résume les notions essentielles aux praticiens de l’industrie textile a été mise à jour au point de vue des prix de revient, et complétée par des renseignements sur les progrès des machines textiles, sur la soie artificielle, sur la teinture, le blanchiment et les apprêts.
- Savants et artisans de la révolution industrielle,
- par Mme Bonfante. 1 vol., 240 p. Librairie Valris, éditeur, Paris 1928. Prix : 12 fr.
- L’auteur a réuni sous ce titre une série d’aimables causeries biographiques sur d’illustres savants et inventeurs des temps modernes. Elle débute par Roger Bacon, le docteur admirable, par Palissy, Paré, Kepler, Riquet et Papin, pour terminer avec Pasteur. Mme Bonfante ne nous donne pas ici une histoire méthodique des sciences ou des inventions; trop de noms importants manquent dans la liste des grands hommes qu’elle étudie. Mais de brefs récits de belles existences tout entières consacrées à la recherche de la vérité et à la création de moyens nouveaux ont une vertu évocatrice et instructive qui en rendent la lecture des plus recommandables.
- Éléments de botanique horticole, La vie des plantes vue par un horticulteur, par R. Gérard, 1 vol. in-16, 400 p., 150 fig. J.-B. Baillière et Fils, Paris, 1928 : Prix 16 fr. 50.
- Bonne introduction à l’étude de la botanique à l’usage des horticulteurs. L’auteur expose les fondements scientifiques indispensables : divers types de plantes, conservation et développement de l’individu (absorption, assimilation, réserves, élimination); croissance; fonctions de relation; reproduction; évolution.
- Cent ans d’horticulture française (Numéro du centenaire de la Revue Horticole, 1 vol. in-8, 124 p., 2 planches coloriées et 200 fig. Société des publications horticoles, Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- A l’occasion de son centenaire, notre excellent confrère, la Revue Horticole, qui est le plus ancien Journal d’Horticulture du monde entier, vient de publier, sous le titre « Cent ans d’horticulture française», un numéro exceptionnel qui constitue un véritable volume remarquable à la fois par la présentation et par les matières qu’il contient. La première partie est consacrée à l’histoire du journal et aux multiples transformations qu’il a subies au cours de sa longue carrière ; la seconde, de beaucoup la plus importante sous le titre « Un siècle d’horticulture ». est l’histoire de l’horticulture française.
- Les troisième et quatrième parties, qui ont pour titres « l’horticulture et ses tendances en 1929 », « les plantes en vedette en 1929 », ont un caractère d’actualité. En.38 articles les auteurs exposent la situation actuelle de l’horticulture et les mérites des plantes aujourd’hui à la mode.
- Die Binnengewâsser, par Auguste Thienemann, Band VII. Die Biologie der Moore, par O. Harnirch. 1 vol. in-8, 146 p., 3U fig. Schweizerbart’sche Verlags-Buchhandlung, Stuttgart, 1929. Prix : broché, 16 M., rélié 17 M. 50.
- Le volume VII des eaux continentales est consacré à la biologie des marais et tourbières. Après les définitions indispensables, il étudie d’abord le milieu, son histoire et ses transformations, puis les diverses communautés végétales et animales qui le caractérisent et leuts conditions de vie. Une bonne bibliographie termine l’ouvrage. Cette série de monographies des eaux douces est d’autant plus précieuse qu’aucun ouvrage en français ne traite ces questions, jusqu’ici assez peu étudiées dans notre pays, malgré leur grand intérêt biologique.
- Le Mammouth (Elephas primigenius Blum). Reconstitution de E. AV. Pfizemmayer d’après les découvertes d’animaux con-
- gelés de 1901 à Beresovvka-Kolyma et 1908 à Sangajura (N.-O-de la Sibérie). 1 fig. en couleurs. Schweitzerbart'sche Verlags-Buchhandlung, Stuttgart. Prix : 8 M,; entoilée, 14 M. 50.
- Les services de médecine et d’hygiène industrielles et l’organisation scientifique du travail, par le
- Dr André Salmoist, 1 brochure in-8, 16 p. Comité national de l’Organisation française, 44, rue de Rennes, Paris, 1928.Prix: 5 fr.
- Ils augmentent le rendement et jouent un rôle social important.
- Comment on devient tuberculeux et comment on peut éviter la tuberculose, par le Docteur L. Borianne.
- 1 vol. in-8, 72 p. Gustave Doin et Cie, Paris, 1929. Prix : 8 fr. La tuberculose, un des grands fléaux restant à vaincre, ne se combat pas par des discours. Si elle n’atteint que certains, c’est qu’on peut s’en protéger par l’hygiène, en restant fort, robuste et sain. Et l’auteur conte en praticien ce qu’il a vu et ce qu’il fait.
- Les préfixes nominaux dans les parlers peut, haoussa et bantous, par Mlle Homburger. 1 vol. in-8,167 p. Tome VII des Travaux et Mémoires de l’Institut d’Elhnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris. Prix : relié, 30 fr.
- Depuis de nombreuses années, l’auteur connaît et étudie ces langues nègres. Tandis qu’on leur cherchait des origines ou des parentés diverses : chamitique, sémitique, sumérienne, etc., Aille Homburger a découvert, notamment par l’étude des formes normales, que toutes les langues parlées par les Noirs ont une origine commune et que leurs divergences modernes résultent de l'évolution indépendante d’éléments primitivement semblables Elle vient même de trouver leur ancêtre dans l'égyptien. C'est assez dire l'importance de ce mémoire de linguistique.
- Histoire des peuples Shoshones-Aztèques (Amérique
- du Nord et Amérique centrale), par Jean Genet. 1 vol. in-8, 351 p. Bibliothèque d'études historiques. Éditions Genet, Paris. 1929. Prix : 60 fr.
- Suite des importantes études de l’auteur sur l’histoire américaine précolombienne. Les Shoshones-Aztèques habitaient depuis l’Alberta (Canada) jusqu’auprès de l’isthme de Panama et parlaient une famille de langues qu’on connaît assez bien par des documents d’Européens depuis le temps de la conquête, des documents indigènes peints remontant jusqu’à l’an 600 et des documents mixtes, surtout judiciaires. C'est une histoire fort complexe qui va des peuples allogènes aux empires toltèques, à la domination mexicaine et se termine à l’arrivée de Cortès. Pour beaucoup de lecteurs, ce livre sera, comme le précédent sur les Mayas-Quichés, une révélation.
- L’Argentine au travail, par Georges Lafond. 1 vol. in-12, 322 p., 10 pl., 3 graphiques, 1 carte. Collection Les pays
- modernes, Pierre Roger, Paris.
- Pays en plein développement, l’Argentine est présentée ici dans ses aspects actuels : terre, capitale, chemins de fer et ports, finances, élevage, agriculture, industries frigorifiques, extractives, manufacturières, forces intellectuelles. C’est un bilan, vivant, établi après avoir vu, par conséquent exact et sincère.
- Le dernier voilier dans l’océan Pacifique (Souvenirs d’Océanie), par René La Brutère 1 vol. in-8, 284 p., pl. hors texte. Pierre Roger, Paris. Prix: 15 fr.
- Au début de ce siècle l’auteur a traversé l’océan Pacifique sur un navire de guerre à voiles. Il a ainsi visité les possessions françaises d’Océanie et il mène le lecteur aux îles fortunées dont tant de voyageurs (Bougainville, Cook, La Pérouse) et tant d’artistes (Loti, Gauguin) firent rêver; il le fait assister à la pêche des perles, il lui montre la Nouvelle Calédonie, émaillant en chemin les descriptions pittoresques de réflexions d’ordre économique.
- Traité de gymnastique de développement et d’application a l’usage des sociétés de gymnastique et de sport, par E. Frairot, et C. Lapalu. 1 vol. in-16, 394 p , 56 fig. Collection médico-sportive. Gaston Doin, Paris, 1929. Prix : 32 fr. Présentation des exercices aux appareils usités dans les sociétés de gymnastique, classés par groupes et divises en séries graduées et progressives depuis les exercices préparatoires jusqu’au maximum de difficultés.
- Ueber Jung-diluviale und Alluviale Torflager in dergrube Marga beiSenftenberg {Nierderlausitz),
- parE. Firbas et R. Grahmann. 1 br. in-4, 63 p. S. Hirzel, Leipzig, 1928. Prix 3,60 Al.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Appareil à incidence variable.
- Un appareil d’étude à incidence variable en vol vient d’être construit à la « Daniel Guggenheim Graduate School of Aero-
- fioint c/‘Articulation de la Voilure .
- Fig. 1. — L‘appareil G. I. T. 9.
- nautics » de Pasadena (Etats-Unis) sur les plans de l’ingénieur A. Nerril.
- Cet appareil, le C. I. T. 9, est biplan, le décalage des plans est positif (50 pour 100), la différence d’incidence des plans est de 4°.
- La voilure est articulée au fuselage au droit du longeron arrière du plan supérieur, cette articulation est placée à la verticale du centre de gravité du fuselage ; l’incidence est fixée par la manoeuvre d’un volant à commande irréversible. Le mouvement est limité à la traînée minimum et au maximum de portance.
- Le fuselage peut ainsi être maintenu parallèle à la trajectoire, quel que soit le régime du vol. Les possibilités de perte de vitesse sont, dans ces conditions, réduites. L’augmentation de l’incidence de la voilure permet de réduire au minimum la vitesse d’atterrissage et la longueur de roulement au sol.
- Les caractéristiques de construction de C. I. T. 9. sont les
- suivantes :
- Surface portante........................12,36 m2
- Envergure.................................. 7 m.
- Entre-plan................................. 1 m 52
- Poids total (avec 2 personnes)........... 603 kg
- Puissance (moteur Kinner)............... 100 ch
- Monoplan commercial Blériot 195.
- Un appareil commercial de formule nouvelle vient de sortir des usines Blériot. Cet appareil, le Blériot 195 est destiné aux lignes commerciales à longues étapes ; il peut être équipé en terrestre ou en hydravion à flotteurs.
- La voilure du Blériot 195 est monoplane cantilever surbaissée. De même profil que celle du Blériot 127, elle est formée d’une partie centrale, liée au fuselage, de profil constant, et de deux parties latérales, trapézoïdales, formant un dièdre sensible.
- L’envergure totale est de 23 m 20, l’épaisseur maxima de l’aile de 0 m 80. L’aile comporte deux longerons-caissons,
- des nervures et un revêtement de toile (bord d’attaque en contreplaqué).
- Le fuselage, de construction bois, comporte de l’avant à 1 arrière : le poste de pilotage (double commande) aménagé en conduite intérieure, le poste du navigateur, une soute destinée au courrier et au fret.
- Dans le but de dégager le poste de pilotage, le manche à balais est remplacé par deux poignées fixées à un tube rec* tangulaire parallèle à l’axe de l’avion ; le coulissement de ce tube commande les volets de profondeur, le déplacement latéral des poignées commande les ailerons. Le volet de direction est commandé par pédales.
- Le Blériot 195 est monté avec quatre moteurs Hispano-Suiza de 250 ch (moteurs à 6 cylindres en ligne). Ces moteurs sont placés deux à deux en tandem, dans des fuseaux fixés, au-dessus de la voilure, sur des bâtis de tubes profilés. Le moteur avant de chaque fuseau est muni d’un réducteur ; le moteur arrière est en prise directe.
- Les réservoirs d’essence sont placés dans la voilure ; leur capacité totale est de 4800 litres. Dans les fuseaux moteurs sont logés les réservoirs d’huile.
- Le train d’atterrissage, semblable à celui du Blériot 127 (deux demi-trains de deux roues), n’est pas définitif : l’atter-risseur normal comprendra deux roues élastiques Blériot carénées.
- L’appareil, adapté en hydravion, est monté avec deux flotteurs de duralumin fixés sur un bâti de tubes d’acier.
- Fig. 2. — Monoplan commercial Blériot 195.
- Les caractéristiques principales du Blériot 195 sont les suivantes : (appareil terrestre).
- Surface totale............................ 90 m2
- Poids vide.............................. 3800 kg
- Charge payante .......................... 500 —
- Poids total............................. 8200 —
- Vitesse maxima........................... 210 kh
- Rayon d’action........................... 20 h.
- Un indicateur de direction automatique pour avions et navires.
- On s’est, à différentes reprises, ingénié à faciliter l’orientation des avions, la nuit et par un temps brumeux, grâce à un dispositif ajusté, une fois pour toutes, au moment du départ et qui, durant le vol, serait au pilote un guide sûr. C’est ainsi que, par exemple, le regretté François Drexler, bien connu par ses travaux en navigation aérienne, a voulu, par un système de trois gyroscopes, réaliser une direction automatique dans tous les sens et que d’autres inventeurs, avec un succès variable, se sont posé des problèmes analogues.
- William Dubilier, de New York, l’inventeur des condensateurs portant son nom, vient de me faire, lors d’un récent passage à Berlin, la démonstration d’un dispositif basé sur des principes radiotéléphoniques et qui, semble-t-il, constitue
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- une solution intégrale du problème. Cet instrument, que les usines Dubilier construisent d’après les brevets du pilote W.-S. Eaton, est actuellement l’objet d’essais approfondis par le gouvernement américain; le gouvernement anglais aurait également l’intention de l’adopter pour sa marine.
- Cet instrument est assez simple pour pouvoir s’adapter sans grands frais à tout avion donné ; il fonctionne comme une boussole, mais son aiguille se tourne non pas vers le Nord, mais, une fois ajustée, en toute direction voulue. Si, par exemple, on voulait voler de Paris à Londres, on n’aurait qu’à ajuster l’aiguille de l’instrument dans la direction de Londres, pour lui faire garder cette direction, indépendamment des manœuvres de l’avion ; aussi, le pilote sera-t-il indépendant, en cours de route, de toute observation du terrain. Un instrument analogue conçu comme altimètre indique du reste, au pilote, à tout moment voulu, la hauteur actuelle de l’avion au-dessus du sol, en l’empêchant ainsi de heurter le terrain. Que l’air soit calme ou orageux cela ne joue pas le moindre rôle pour la sûreté des lectures. Ajoutez à cela
- Fig. 3. — L’indicateur automatique de direction Dubilier.
- qu’une aiguille analogue permet un atterrissage sûr dans le brouillard même le plus dense ; à cet effet, on a disposé, suivant la longueur de l’aérodrome, des fils émettant des signaux de T. S. F. Ces instruments fonctionnent en rapport avec les postes d’avions ordinaires.
- Les détails de construction de cet instrument sont encore tenus secrets; disons toutefois que la rose de boussole comporte une série de bobines rayonnantes qu’on ajuste au moyen d’un système de cadres à antennes suivant toute direction voulue. L’aviation se trouve, on le voit grâce à cet instrument, à l’abri de bien des risques qui, jusqu’ici, en compromettaient la sécurité.
- Sous une forme légèrement modifiée, ce même instrument se prête aux emplois de la navigation, surtout au passage des canaux étroits et tortueux, à l’entrée des ports, etc. Même par un brouillard très épais, il permet à tout navire de se passer de pilote.
- Refroidissement des moteurs à l’éthyl-glycol.
- Des essais viennent d’être effectués par l’aviation américaine, portant sur le refroidissement des moteurs d’aviation. Iis ont abouti à l’utilisation, en remplacement de l’eau, de l’éthyl-glycol, corps déjà employé comme anti-gel par l’automobile.
- L éthyl-glycol, de chaleur spécifique élevée, a son point d ébullition voisin de 200°. Il permet donc de faire fonctionner le moteur aux environs de 150°, ce qui provoque 1 amélioration du rendement, et aussi l’allégement du système de refroidissemsnt. Le radiateur fonctionnant sous une différence de température plus grande, sa surface peut être réduite, d où réduction de poids et de résistance à l’avancement.
- Sur un avion de chasse Curtiss à moteur Curtiss de 420 ch, le radiateur employé, réduit au tiers du radiateur à eau normal, assura une température de 132°. L’amélioration de vitesse fut de 18 km-h.
- Sur un avion commercial Curtiss Falcon muni d’un moteur Curtiss 625 ch, le radiateur, réduit au quart du radiateur à eau, utilisa 18 litres d’élhyl-glycol, au lieu de 68 litres d’eau, d’où une réduction de poids de 57 kg.
- Le nouveau système de refroidissement exige naturellement quelques précautions : qualité de l’huile, joints très étanches, antidétonants, etc.
- Record d’altitude.
- Le record mondial d’altitude vient d’être battu, le 26 mai dernier, par le pilote allemand Neuenhafen, pilotant un Junkers monoplan à moteur Jupiter (suralimenté par compresseur mécanique).
- L’altitude atteinte, non encore officielle, est de 12 735 m ; le temps de montée d’environ 1 heure.
- L’altitude du record précédent était de 11 710 m, ce record appartenait au pilote américain Champion.
- Dans un but de sécurité, un contact, placé sur le manche à balai, coupait le moteur, dès que le pilote lâchait les commandes. Au cas de malaise du pilote, l’appareil, très stable, devait se mettre ainsi en vol plané.
- Record d’altitude avec charge.
- Le lieutenant de vaisseau Paris a battu le record d’altitude avec charge de [2000 kg pour hydravions, le 15 mai dernier.
- L’altitude atteinte est de 4827 m. L’appareil utilisé pour ce record est l’hydravion C. A. H. S. 53, à 2 moteurs de 600 ch chacun (Hispano-Suiza à réducteur).
- Le précédent record était de 4684 m. Il appartenait également au lieutenant de vaisseau Paris, et datait du 18 août 1927.
- Record féminin de durée.
- Le record féminin de durée, qui appartenait à l’Américaine miss Smith avec 26 h 24 mn, a été porté, le 29 juillet dernier à 26 h 46 mn par l’aviatrice française Maryse Bastié.
- L’appareil utilisé pour cette performance (exécutée dans des conditions atmosphériques très dures) est un Caudron C. 109 à moteur Salmson de 40 ch ; il emportait, au décollage, 425 litres d’essence et 25 litres d’huile.
- Le « Comte Zeppelin » sur l’Atlantique.
- Le dirigeable allemand Comte Zeppelin vient d’effectuer du 1er au 10 août une double traversée de l’Atlantique : Friedrichshafen Zakehurst et retour.
- Le voyage aller a duré 95 h 23 mn, le retour 55 heures.
- La dernière traversée de l’E. à l’O. a duré 111 heures. Si l’on rapproche ces chiffres du temps de traversée par bateau (Bremen. 4 jours 1/2), il apparaît que la concurrence du dirigeable est faible actuellement.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Les interrupteurs sans huile pour courants à haute tension.
- Malgré les perfectionnements apportés, ces temps derniers, aux interrupteurs à huile, on s’ingénie à rechercher, pour
- Fig. 1. — Interrupteur tripolaire à air comprimé.
- remplir le même but, des organes évitant l’emploi de l’huile qui donne lieu à de sérieux inconvénients.
- C’est ainsi que la Société Westinghouse a créé son interrupteur « Deion » récemment décrit ici même.
- Dans une conférence récente faite à la Société berlinoise des ingénieurs électriciens, M. Biermanns, ingénieur en chef de l’usine des transformateurs de l’A.E.G., a signalé, pour la première fois, un autre type d’interrupteur sans huile, basé sur une invention du Prof. S. Ruppel, à Franc-fort-sur-Main.
- Des essais soigneux ayant fait voir la possibilité d’éteindre nn arc électrique d’une façon absolument certaine et en un minimum de temps, grâce à un courant d’air comprimé soufflé contre l’arc, on a profité de cette observation pour la construction d’un interrupteur bien simple : un tube en matière isolante porte à l’une de ses extrémités le contact fixe qui a la forme d’un anneau, tandis que le contact mobile est une petite tige conique qui, au moment de la mise hors circuit, sous l’action d’un piston à air comprimé, est arrachée de la surface d’appui intérieure du contact annulaire. Au même instant, l’air comprimé, passant à travers l’ouverture, va en moins d’une demi-période éteindre l’arc électrique.
- L interrupteur tri-polaire à air comprimé, représenté à la figure 1, est calculé pour mettre hors circuit la somme d’énergie fort considérable de 300 000 kw ; il vient toutefois sans difficulté à bout de 500 000 kw, en court-circuit. Un nombre assez important de ces interrupteurs sera prochainement mis en service dans les installations de plusieurs grandes usines d’électricité.
- Bien que les dimensions de ces interrupteurs soient les mêmes que celles des interrupteurs à huile, l’absence des conduites de décharge et des ouvertures communiquant avec l’air libre, indispensables aux interrupteurs à huile, assure des économies d’encombrement assez considérables. Dans les installations existantes, l’interrupteur à air comprimé se substitue, sans modification aucune, à l’interrupteur à huile. Pour amortir le bruit inséparable de leur fonctionnement, les interrupteurs à air comprimé sont reliés, au travers de simples amortisseurs acoustiques, à un canal communiquant avec l’air extérieur.
- Le rendement d’un interrupteur conçu d’après ce système est, d ores et déjà, équivalent à celui d’un interrupteur à huile ; on espère toutefois le dépasser considérablement.
- Grâce à l’accroissement de la sécurité de service, qu’il assure, ce nouveau type d’interrupteur pourra s’installer même dans les districts très peuplés, à proximité et même à l'intérieur des maisons d’habitation.
- La station radiotélégraphique du « Bremen ».
- Le paquebot géant « Bremen », qui, le 16 juillet, est parti pour son premier voyage de Brême à New York, est muni de machines très puissantes qui lui ont permis de faire la traversée en un temps record. Aussi, pour suivre toutes les péripéties de ce « maiden trip », qui, en Allemagne, en Europe et aux Etats-Unis, a suscité un intérêt particulier, a-t-on prévu toute une série de retransmissions : concerts de bord, comptes rendus du chemin parcouru et impressions de voyage, causeries sur la vie mondaine à bord du navire, tout
- Fig. I. — Une. des salles de transmission-réception de la station de T. S. F. du Bremen.
- Au milieu, le transmetteur à ondes courtes de 700 watts; à droite et à gauche, sur les tables : plusieurs récepteurs avec accessoires. La machine à écrire sert a inscrire immédiatement les télégrammes qui arrivent.
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- Fig. 2. — Autre salle de transmission-réception de la station du Bremen.
- A gauche, au fond, le transmetteur de 3 kilowatts ; au-dessous, le commutateur d’antenne; à gauche, au premier plan sur la table, interrupteur à 3 circuits ; à droite, le tableau de distribution central d’où toutes les sources de courant et les transmetteurs peuvent être mis en ou hors circuit,
- ce programme sera retransmis par la station de Hambourg et plusieurs autres stations 'allemandes.
- D’autre part, le service journalier de T. S. F., qui, naturellement, ne devait en aucune manière souffrir de ce programme extraordinaire, comporte les échanges de télégrammes météorologiques, la réception de signaux chronométriques et de signaux d’alarme nautiques, et last but not least, l’émission et la réception de télégrammes publics. Les bulletins de presse sont également reçus et rédigés sous la forme d’un journal de bord bilingue, mis à la disposition des passagers.
- On comprendra sans peine que seule une installation particulièrement puissante soit capable de suffire à ces exigences multiples. Aussi, celle du « Bremen » est, semble-t-il, la plus puissante et la plus complète de toutes les stations de T. S. F. installées sur les grands paquebots. Le service normal avec les stations de côte est assuré par un transmetteur Telefunken, à tube, d’un rendement, à l’antenne, d’environ 3000 watts, embrassant l’intervalle de 500-3000 m. D’autre part, un transmetteur à ondes courtes (entre 13 et 105 m) dont le rendement, à l’antenne, est de 700 watts, sert à franchir les grandes distances ; c’est lui qui sera appelé à assurer les retransmissions dont il vient d’être question. Outre ces deux transmetteurs, le « Bremen » est muni d’un troisième de moindre puissance (250 watts à l’antenne) ; c’est un transmetteur à tubes, à modulations acoustiques, fonctionnant aux ondes de 175, 600 et 800 m et qui sera chargé des transmissions à petite distance. Enfin, comme réserve en cas de détresse, on a prévu un transmetteur à modulation acoustique, alimenté par une batteriè d’accumulateurs et, par conséquent, entièrement indépendant du réseau électrique du navire. Tous ces transmetteurs peuvent assurer un service télégraphique à la vitesse de 150 mots par minute ; ils peuvent tous fonctionner simultanément.
- Le grand transmetteur à 3 kw est particulièrement intéressant ; il comporte les derniers perfectionnements de la technique radio-télégraphique. C’est, en effet, un transmetteur à excitation séparée, muni d’un circuit intermédiaire et qui assure les trois modes de fonctionnement suivants, en ne
- mettant que quelques secondes à passer de l’un à l’autre : télégraphie non amortie, télégraphie sonore et téléphonie. Le fonctionnement est assuré, dans le circuit de grille du tube émetteur, par un modulateur spécial et par une disposition de compensation. Grâce à sa construction particulière, ce transmetteur se distingue par la constance de sa fréquence ; il réduit les harmoniques supérieures à un minimum et élimine tout risque de shuntage réciproque des différents circuits vibratoires. La netteté des réglages de longueurs d’ondes est supérieure même à celle assurée par les ondo-mètres de précision jusqu’ici en usage, ce qui, étant donnée la grande intensité du service télégraphique dans le Nord-Atlantique, surtout à proximité des ports, facilite énormément l’échange des nouvelles radiotélégraphiques.
- Le transmetteur à ondes courtes est également à excitation séparée et à circuit intermédiaire; il comporte, à son tour, les derniers perfectionnements.
- Le poste récepteur comporte un récepteur à grande vitesse, destiné à recevoir la télégraphie rapide de Norddeich et de Chatham et deux récepteurs à cinq tubes, pour la réception à ondes courtes ; le reste du service de réception est assuré par trois récepteurs à trois circuits, correspondant aux trois intervalles suivants : 120 à 1200 m, 400 à 4000 m et 3000 à 25 000 m. Enfin, signalons un septième appareil fort utile, à savoir un récepteur normal destiné exclusivement à recevoir les appels éventuels de SOS.
- Une station si complète comporte nécessairement un système d’antennes multiples : entre deux mâts distants de 170 m, on a suspendu — par deux vergues à chacune des extrémités — une antenne principale en « L s, longue de 80 m. Les vergues inférieures portant deux « dipôles » transmetteurs pour les ondes courtes et de 9 et 15 m respectivement, un x « dipôle » récepteur de 30 m de longueur et enfin, l’antenne de 46 m assurant le service de téléphonie dans les deux sens. Pour le transmetteur à tube, à modulation acoustique, et pour le transmetteur de détresse, on a, enfin, prévu une antenne spéciale entre les deux cheminées du paquebot.
- Ce service de T. S. F. proprement dit est complété par un dispositif de relèvement radiotélégraphique, permettant de déterminer à tout moment la situation du navire. Sept officiers sont chargés du service de T. S. F. ; ch icun d’eux peut) de sa place, en pressant un bouton, faire fonctionner les différents transmetteurs.
- Fig. 3. — La salle de s machine s génératrices de courant.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Observation d’un coup de foudre.
- M. Deu, instituteur à Couvron (Aisne), nous envoie une intéressante observation de ceup de foudre, survenu à Couvron le 23 juillet dernier à 14 h. 20.
- « Bien que le ciel fût orageux, aucune manifestation électrique ne s’était encore produite, lorsque à 14 li 20 environ, un bruit semblable à un coup de fusil ou à un éclatement de pneu se faisait entendre, en même temps qu’une flamme fondait les plombs
- du relai téléphonique placé à 20 m environ de l’école des garçons.
- Deux secondes après ce phénomène, un éclair suivi d’un coup de foudre en boule tombait sur la maison d’un cultivateur de l’endroit La boule de feu ayant percé toit et plafond s’échappait par la fenêtre entr’ouverte ; elle est partie horizontalement à la vitesse d’une automobile allant à bonne allure, puis est disparue, cachée aux yeux de l’observateur par une haie. La boule jaune orangé, de forme sphérique, a causé plus d’effroi que de dégâts. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment accélérer la prise du plâtre.
- Dans certaines circonstances, par exemple dans des opérations de moulage, lorsque l’on ne dispose que d’un nombre restreint de moules, il peut être intéressant de hâter la prise du plâtre pour libérer les moules plus tôt; voici quelques observations qui permettront de donner satisfaction.
- 1° Tout d’abord le plâtre prend plus rapidement si, au lieu d’eau froide, on emploie de l’eau tiède; un peu de sel de cuisine (chlorure de sodium), préalablement dissous dans celle-ci, donne encore un meilleur résultat;
- 2° On active beaucoup la prise du plâtre, en même temps que l’on réalise une masse plus dure, en ajoutant à l’eau qui doit servir au gâchage 0 gr 25 de bisulfite de soude pour 100 gr de plâtre mis en œuvre, soit 1 gr de bisulfite pour 400 gr de plâtre.
- M. Godard, a Paris.
- Emploi du fiel de bœuf dans les bouillies insecticides.
- Les bouillies employées en pulvérisations pour la destruction des insectes ont souvent l’inconvénient de glisser sur les feuilles à protéger, sans les mouiller, de sorte qu’une grande partie de cette bouillie est sans utilité, ce qui est un gros inconvénient, eu égard au prix élevé des produits employés comme insecticides ou anticryptogamiques.
- L’observation que la bile diminuant la tension superficielle à la surface des liquides permet un mouillage plus facile a fait envisager une solution élégante de la question.
- Il est, par exemple, d’usage courant, en urologie, d’effectuer le petit essai suivant pour rechercher la présence de la bile dans l’urine : si à la surface du liquide on projette en soufflant sur une carte un peu de fleur de soufre, on constate que s’il y a de la bile, le soufre se mouille rapidement et tombe au fond du verre; au contraire, en l’absence de bile, la fleur de soufre flotte indéfiniment.
- Comme il suffit de très peu de bile pour que le phénomène de mouillage se produise, on voit que l’addition d’une quantité minime de fiel de bœuf aux bouillies rendra leur action très efficace, sans modifier en quoi que ce soit les propriétés des constituants, on peut même prévoir l’emploi de la fleur de soufre contre l’oïdium sous forme d’émulsion mouillante au lieu de procéder par la méthode habituelle sèche du soufflet.
- La préparation de la bile de bœuf pour cet usage ne présente aucune difficulté, ainsi que nous l’avons indiqué, il suffit de l’additionner de son volume d’alcool, qui peut être l’alcool dénaturé, puis de passer sur une mousseline double pour séparer le coagulum et les débris grossiers ; ainsi purifié, le fiel se conserve parfaitement jusqu’au moment de l’emploi, la bouteille étant bien bouchée. M. Lafore, a Bordeaux.
- P.-S. — Le savon résineux n’a pas été conseillé pour augmenter la facilité de mouillage de la bouillie bordelaise, mais en vue d’augmenter son adhérence; le résinate de soude (absétate de soude) constitue, en effet, après séchage une excellente colle.
- Différents systèmes de graissage central.
- Nous avons déjà indiqué dans nos chroniques différents systèmes d’appareils de graissage central.
- Il existe actuellement trois catégories principales d’appareils de ce genre.
- Le fonctionnement du plus simple d’entre eux est basé sur un effet de capillarité. L’huile est versée tous les 1000 km environ dans un petit réservoir de 1/4 de litre cloisonné en trois compartiments destinés chacun à graisser une partie du châssis.
- L’huile de ce réservoir progresse par capillarité dans des canalisations flexibles garnies d’une mèche et formées d’un tube de coton verni enrobé d’une gaine métallique.
- Ces canalisations amènent l’huile à des vis de réglage qui la font pénétrer à l’intérieur des organes avec un débit déterminé par construction.
- A l’arrêt du véhicule, la circulation d’huile s’arrête, l’huile s’accumule à l’extrémité de la vis de réglage ; lorsque la voiture est remise en route, la circulation reprend aussitôt.
- Dans un deuxième dispositif, on utilise pour le graissage des articulations l’huile contenue dans le carter du moteur, cette huile étant amenée dans les organes à graisser à l’aide de petites canalisations métalliques étanches et articulées.
- Le graissage n’est plus effectué constamment, mais seulement à la volonté du conducteur et par la simple manœuvre d’un bouton placé sur le tablier.
- Il met ainsi en action une pompe envoyant l’huile dans les canalisations de graissage.
- Enfin, un troisième procédé est basé sur un principe mixte qui tient à la fois des deux précédents.
- L’huile est envoyée dans les organes à graisser à la fois par pression et par capillarité.
- Une pompe produit une circulation d’huile continue, mais l’huile en excès retourne au carter ou à un réservoir.
- Plusieurs de ces dispositifs sont déjà adoptés par des fabricants d’automobiles et montés sur des châssis de série, ce qui indique bien leurs qualités pratiques.
- Il est cependant difficile de vous indiquer quel genre d’appareil vous devez choisir, puisqu’il en èxiste déjà maintenant plusieurs parfaitement au point.
- Le graissage central par capillarité semble cependant le plus simple.
- M. Lutz, a Paris.
- Indicateur du niveau d’essence et dispositif de réserve.
- La plupart des appareils indicateurs de niveau d’essence, type « Miex », sont du type à pression.
- Au moyen d’une petite pompe, on envoie de l’air dans une canalisation de faible section débouchant au fond du réservoir d’essence. On conçoit alors que la pression de l’air dans la canalisation est d’autant plus élevée que la quantité d’essence contenue dans le réservoir est plus grande.
- Pour que le fonctionnement du système soit normal, il faut évidemment que la fermeture du réservoir ne soit pas étanche, et qu’il existe une petite ouverture dans le bouchon pour le passage de l’air.
- Une cause d’erreur qui peut même provoquer le non-fonctionnement de l’appareil est due à l’obturation de cette ouverture.
- 11 peut quelquefois arriver aussi que la pompe ne fonctionne plus ou que la canalisation ne soit plus étanche.
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- L’indicateur lui-même n’est, en somme, qu'un simple manomètre et ses dérangements sont heureusement fort rares.
- Les dispositifs de réserve .utilisés dans les voitures « Citroën » pour permettre de conserver toujours disponible une petite quantité d’essence au fond du réservoir en cas de panne d’essence sont évidemment constitués par des systèmes de canalisation très simples avec robinet à deux voies.
- Il est facile de monter sur n’importe quelle voiture un dispositif de ce genre, mais nous ne savons s’il en existe déjà dans le commerce.
- Vous pouvez vous adresser à ce sujet à la maison Mestre et Blatgé, 46, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. Delort, a Maison-Carrée (Algérie).
- La mode est aux chapeaux de paille vernie.
- D’une manière générale, les vernis brillants sont constitués avec des matières colorantes solubles, au contraire les vernis mats renferment des pigments insolubles.
- Dans le cas qui intéresse la mode actuelle des chapeaux de paille, on pourra, en tenant compte de cette observation, réaliser facilement l’apparence cherchée; la gamme des couleurs solubles retirées de la houille est aujourd’hui extrêmement riche; quant aux couleurs insolubles on les trouvera dans la collection des anciennes couleurs minérales ou couleurs courantes.
- On préparera par exemple un vernis noir brillant en prenant :
- Gomme laque brune.......... 200 grammes.
- Alcool à 95°............... 1000 cm3.
- Nigrosine soluble à l’alcool . . 40 grammes.
- Si l’on désire un noir mat, il suffira d’y ajouter :
- Noir de pétrole ........ 40 grammes.
- La concentration du vernis réglant l’épaisseur de la couche, il sera facile, par dilution, à l’alcool d’amener cette couche à la légèreté désirée.
- Bien entendu, avant application, on enlèvera à l’alcool l’ancienne couche de vernis qui pourrait exister et .qui donnerait de la surépaisseur.
- N. B. — Dans les vernis de choix, on fait entrer, outre la gomme laque, la gomme aeroïde et la gomme de Manille tendre. (Voir à ce sujet réponse à M. Turlot, dans un précédent numéro.)
- M. Audenet, a Tours. ^
- Faisons de bons matelas avec la laine de tonte.
- Lorsqu’on se trouve dans une région de production lainière, il est toujours avantageux de se procurer de la laine brute et de procéder soi-même au dégraissage, ce qui donne, une laine de plus belle qualité dont les brins sont souples et non fragmentés.
- Chacun peut entreprendre ce petit travail qui ne présente aucune difficulté, car déjà un simple lavage à l’eau tiède permet d’enlever la majeure partie des impuretés telles que terre, produits excrémentiels, gratterons, ainsi que du suint dont les acides gras sont à l’état de savons de potasse très solubles.
- Cependant une autre partie de ces acides gras se trouve en combinaison avec la chaux, c’est-à-dire sous une forme insoluble ; il convient donc de décomposer préalablement ces savons de chaux si l’on veut les éliminer.
- Pour cela, on fera tremper la laine dans une solution tiède très faible d’acide chlorhydrique, il se formera ainsi du chlorure de calcium soluble que l’on entraînera par un lavage soigné; quant aux acides gras ainsi libérés, un traitement alcalin dont nous allons parler les dégagera également.
- En se basant sur les observations précédentes, on fera donc subir à la laine en suint les traitements suivants :
- 1“ Un débourbage en eau tiède de préférence.
- 2° Immersion dans une eau acidulée par 2 à 3 pour 100 d’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce ou acide jaune) à environ 2 à 3 pour 100, après un séjour d’une heure environ, rinçage.
- 3° Macération dans une eau tiède alcalinisée par 2 ou 3 pour 100 de carbonate de soude (cristaux du commerce), cela pendant quelques heures, ensuite rinçage final et séchage au grand air.
- Lycée de Douai.
- De quelle manière peut-on faire adhérer des pigments sur les étoffes ?
- Autrefois, on ne connaissait, comme liaison entre les matières colorantes insolubles et les étoffes, que l’albumine, servant à délayer les couleurs à l’état de blanc d’œuf, que l’on coagulait ensuite à la vapeur (vaporisage) pour obtenir une fixation définitive.
- Le développement considérable de la fabrication des vernis cellulosiques a permis de faciliter beaucoup ces opérations par suite de l’insolubilité complète dans l’eau des éthers cellulosiques et de la grande rapidité d’évaporation des solvants employés.
- Bien entendu, chaque cas particulier comporte une adaptation spéciale du fixatif, mais, d’une manière générale, on peut prendre
- comme type la formule suivante :
- Nitrocellulose............................. 70 gr.
- Éther sulfurique = 0.720................. 640 —
- Alcool à 95°.............................. 220 —
- Huile de ricin incolore.................... 70 —
- Avoir soin d’effectuer toutes manipulations, loin d’un foyer, les vapeurs du solvant étant très inflammables, laisser également l’évaporation complète se faire en plein air.
- M. Zalesei, a Troyes.
- Peut-on se servir des vieilles huiles de graissage ?
- Le prix élevé qu’atteignent les huiles de graissage doit attirer notre attention sur la possibilité de se servir des huiles usagées, mises de côté, en ayant soin d’éliminer par filtration les matières solides qu’elles peuvent tenir en suspension et qui seraient susceptibles de provoquer une usure fâcheuse des surfaces en contact.
- Si la quantité d’huile à filtrer est minime, un moyen très simple d’çbtenir ce résultat est d’utiliser la capillarité en plaçant l’huile à épurer dans un récipient un peu élevé puis, en dessous, Un autre vase pour recevoir l’huile limpide, entre les deux on dispose une mèche de' préférence en laine dont une extrémité plongera dans l’huile.
- Cette mèche va jouer le rôle de siphon, l’huile cheminera lentement entre les mailles et finalement viendra goutter à la partie inférieure. Quant aux impuretés, les plus lourdes resteront au fond du vase puisqu’il n’y aura aucune agitation, les plus légères seront arrêtées par les fibres dès qu’elles voudront avancer dans la mèche.
- Le stock de vieilles huiles est-il plus important, voici comment on pourra réaliser économiquement un filtre épurateur :
- On partage un récipient cylindrique vertical en deux parties, au moyen d’un faux fond constitué par deux toiles métalliques entre lesquelles on place deux ou trois épaisseurs de feutre de laine ; celui-ci étant bien sec, on l’imprègne largement d’huile neuve dès le début, puis, dans la cavité inférieure du cylindre, on introduit de l’eau pure.
- Avec un entonnoir à longue douille, on fait alors couler de l’huile usagée jusqu’au fond du récipient, cette huile abandonne ses impuretés lourdes, se lave dans l’eau et gagne la surface en traversant le feutre, où elle se dépouille de toute matière solide en suspension.
- Il ne reste plus qu’à décanter par un robinet de surface l’huile ainsi récupérée, un tube de niveau en verre placé sur le côté permettra de se rendre exactement compte de son importance et d’en faire une séparation facile. M. Magnin, a Passenans.
- Les parquets huilés assurent la conservation du bois.
- Lorsqu’on veut laisser à un parquet sa couleur naturelle il est bon, si on veut conserver aux fibres du bois leur souplesse et mettre les lames à l’abri des vrillettes, de procéder de la façon suivante :
- On commence par nettoyer soigneusement le parquet à la paille de fer, puis on applique au pinceau une couche d’huile de lin très chaude. (L’huile peut aussi être employée froide, mais avec un résultat moins parfait, dans ce cas elle doit être additionnée de 10 pour 100 de siccatif liquide.)
- Ensuite, à 24 heures d’intervalle, on donne deux couches de siccatif brillant incolore et on laisse bien sécher.
- Il ne reste plus pour l’entretien qu’à encaustiquer avec une encaustique à l’essence du type courant que nous avons indiqué souvent. B., Jura.
- Le Gérant : G. Masson.
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- 1-9-20.
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- LA NATURE
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- LA NATURE
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- LA NATURE 15 Sepumt"
- LES TOUAREG DU HOGGAR
- Le Iioggar est, au centre du Sahara, une des régions les plus intéressantes de ce désert. Cet intérêt est dû, non seulement au mystère qui a longtemps recouvert ce
- pays ou à la beauté farouche de ses montagnes et à l’étrangeté de ses sites, mais plus encore à l’originalité du peuple qui l’habite.
- Fig. 1. — 1, Aspect de l’Atakor, vu de la maison du Père de Foucauld, sur l’Asekrem (2770 m). 2, Dans l'Alakor N’Ahaggar. 3, Un oued du Hoggar, à 2000 m d'altitude. 4, Guerriers Hoggars. 5, Un groupe de Touareg nobles dans le poste de Tamanrasset. 6, Un groupe de Touareg ' nobles près de leur campement : au fond, un troupeau de méhara venus pour l’abreuvoir.
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- Nomades, les Touareg du Hoggar sont un excellent exemple d’adaptation à la vie dans un pays déshérité. Berbères, ils constituent un échantillon très pur de cette race, mais, séparés depuis longtemps des Berbères de l’Afrique du Nord et à peu près préservés de tout contact extérieur, ils ont évolué d’une façon différente sous l’influence cl’un milieu dissemblable.
- Enfin, on découvre en eux plus d’un contraste : leur outillage rudimentaire, qui a permis de les considérer comme un anachronisme ethnographique, s’oppose à une mentalité relativement affinée ; la hiérarchisation de leur organisation sociale contraste avec un fond
- et moins chaud dans son ensemble que le restant du désert; cependant, les pluies y sont fort irrégulières et les périodes de sécheresse prolongées plusieurs années n’y sont pas rares. Les pluies surviennent en toute saison, mais de préférence en été (influence nigérienne). Les précipitations sont, en général, brèves et violentes.
- La température conserve son caractère de grandes variations diurnes et de différence très marquée entre l’hiver et l’été. La chaleur est rarement supérieure à;-j- 40° en été, les froids inférieurs à zéro sont de règle dans les nuits d’hiver (chiffre le plus bas enregistré : —7°). L’écart entre les minima d’hiver et les maxima d’été est
- d’habitudes démocratiques ; la profondeur de leurs croyances superstitieuses s’oppose à la tiédeur de leur foi musulmane ; cette, dernière est souvent en désaccord avec leurs institutions.
- APERÇU GÉOGRAPHIQUE
- Le Hoggar est la région comprise approximativement entre 20° et 25° de latitude N. et 3° et 6° de longitude E. C’est le massif montagneux le plus important du Sahara ; après le Tibesti, c’est aussi le plus élevé. L’ensemble du massif est constitué par des terrains cristallins où apparaissent quelques formations volcaniques récentes. Sa partie centrale et culminante, VAtakor N’Ahaggar, est un vaste socle, dont l’altitude atteint 2000 m, hérissé de pics ou de hauteurs tabulaires qui dépassent 2500 m (Ilaman et Tahat 3000 m) et forment, par endroits, un chaos extrême. La région environnante, très tourmentée, plus vaste, s’abaisse en gradins jusqu’au-dessous de 1000 m. Une ceinture de tassilis (plateaux à bords abrupts), très largement interrompue, borde ce massif à plus ou moins grande distance. Alentour s’étendent d’immenses plaines, reg, tmiri ou tanezrouft.
- Malgré sa basse latitude et en raison de son altitude élevée, le Hoggar est une région du Sahara relativement favorisée au point de vue du climat. Il est mieux arrosé
- Fig. 3. — Anaba, un des chefs des Hoggars qui massacrèrent la mission Flatters.
- de 40° à 45° ; la variation diurne peut atteindre, 20",. A In Salah, par comparaison, ces chiffres sont respectivement de 55° et de 30°. Le climat du Sahara n’est pas malsain ; celui du Hoggar est sain et agréable.
- Toute la vie, végétale, animale ou humaine, se concentre dans les oueds. Ceux-ci, assez nombreux, ont, en effet, en dehors des crues trop rares, un cours souterrain qui alimente les puits et entretient les pâturages. Entre les oueds, c’est le roc et la stérilité. Les hauteurs sont extrêmement dénudées ; les vallées y découpent des bandes relativement verdoyantes de végétation herbacée ou même d’arbres, parfois assez nombreux et assez grands. La flore (') est pauvre ; elle présente quelques espèces spéciales à la région. La faune, peu variée et peu nombreuse, est celle de tout le désert.
- LA RACE. - ORGANISATION POLITIQUE ET SOCIALE
- Les Touareg du Hoggar forment la confédération des Kel Ahaggar. Leur nombre dépasse quelque peu 3000 ; il faut y ajouter environ 800 noirs nomadisant avec eux et un millier de noirs sédentaires. La population totale est donc, en chiffres ronds, de 5000 âmes. C’est bien peu pour une aussi vaste région.
- Les Hoggars sont des gens de grande taille et élancés, quoique vigoureux et musclés. Les traits du visage sont quelquefois très fins, autant que le port du voile permet d’en juger. Les femmes, elles aussi d’une taille élevée, sont souvent de physionomie agréable. Hommes et femmes ont des extrémités très fines.
- Dans l’ensemble, la race est belle, mais, ce qui frappe surtout, c’est la noblesse des attitudes, le port digne et fier des hommes, la grâce noble des femmes. Leur teint est souvent très clair, mais il est difficile d’apprécier la part du hâle et celle de l’indigo de leurs vêtements dans la coloration de leur peau.
- 1. Voir notre article « La Flore saharienne », La Nature, ne 2795. Pour l’aspect du pays voir également les photographies données dans les nos 2745, 2767, 2785.
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- Si la race est berbère, si certaines tribus ou certains individus sont de sang très pur. d'autres ont à coup sûr un peu de sang soudanais.
- De caractère, les Hoggars sont sympathiques et beaucoup plus francs et loyaux que les Arabes.
- L’organisation politique et sociale des Hoggars est basée sur la distinction entre nobles (ahag-gar, sing. ; ihaggaren, plur.), vassaux (amricl, sing. ; imr’ad. plur.) et noirs (akli, sing. ; iklan, plur.).
- Les tribus imr’ad sont sous la dépendance et la protection des tribus nobles et leur paient l’impôt ; chaque amr’id participe ,en outre, à l’entretien d’une famille noble.
- Le noble a la charge de la direction des affaires politiques, de la conduite des opérations guerrières’ de la protection des campements ou des, caravanes des vassaux. Les imr’ad, plus riches que les nobles, ont d’importants troupeaux ; ce sont eux qui font tout le commerce du pays. Le noble est, généralement, de race plus pure que l’amr’id, mais ce n’est pas à cela, ni à son costume plus recherché, qu’on le reconnaît du premier coup d’œil, mais à son allure plus assurée, à sa personnalité plus marquée. Il y a, ainsi, dans la société targuie, deux classes bien distinctes. Les noirs, descendants des captifs ramenés du Soudan par les rezzous en constituent une troisième. Le passage d’une classe à l’autre ne peut se faire que par filiation maternelle ; autrement dit, les enfants cl’une femme noble et d’un amr’id ou d’un nègre sont nobles comme leur mère ; inversement, les enfants d’un noble et d’une femme tamr’idt ou noire sont respectivement amr’id ou noirs. Il faut attribuer à cette règle le rôle capital d’avoir maintenu à peu près l’intégrité de la race Ahaggar; en effet, peu de femmes ont des enfants d’unions avec des noirs, mais le cas inverse est, au contraire, assez fréquent,
- les Touareg prenant, parfois, des négresses comme concubines. La presque totalité du sang noir, qui pourrait s’infuser dans la race, s’en trouve éliminée. Cette loi, qui prend son origine dans le matriarcat, se trouve donc avoir eu les conséquences les plus heureuses, quoique imprévues, pour les Touareg.
- Le groupement d’une tribu noble et des tribus imr’ad, qui en dépendent, forme un tobol (commandement). Chaque tribu a un chef, Yamrar, qui dépend du chef de tobol. Les trois to-bols, qui constituent la confédération des Hoggars, reconnaissent pour chef Yaménokal.
- Cette organisation est donc aibstocratique et féodale ; ce qui est en contradiction avec les habitudes essentiellement démocratiques des Berbères. Des conditions
- spéciales, des nécessités puissantes, la protection indispensable du plus grand nombre par un élément guerrier spécialisé, ont forcé les Hoggars à faire abstraction de leurs instincts. Mais ceux-ci réapparaissent dès qu’il y en a possibilité. Par exemple, le droit au commandement ,se transmet par une règle d’hérédité spéciale (par filiation maternelle) ; cependant, la désignation de l’àrhé-nokal n’est pas faite d’après l’hérédité seule ; entre les deux ou trois candidats que celle-ci permet de choisir, les représentants des tribus nobles et imr’ad élisent leur nouveau chef, les vassaux donnant leur avis les premiers. Si un aménokal cesse dè plaire, il peut être remplacé ; ce fait est d’ailleurs assez rare. De plus, l’aménokal, les chefs de tobols ou de tribus ne prennent jamais seuls leurs décisions, mais assistés de l’assemblée des notables, el jamet. On retrouve, ici, l’organisation générale commune aux Berbères ; mais, alors que chez les Imaziren du Moyen Atlas, par exemple, l’assemblée des notables est
- Fig. 4 (à gauche,. —• Le modeste monument élevé à l’emplacement où furent massacrés Flatters et ses compagnons. Fig. 5 (au milieu). — L’aménokal du Hoggar devant la tombe du père de Foucauld el du général Laperrine, à Tamanrasset. Fig. 6 (à droite). — Un jardin à Ta-manrasset : au fond, le fortin du père de Foucauld.
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- un organisme de législation et de délibération pendant que l’amrar est l’agent d’exécution, elle n’est, ici, qu’un conseil. Enfin, les instincts démocratiques se révèlent encore' dans la cordialité des rapports entre nobles et imr’ad.
- LES MODES DE VIE
- Ressources naturelles. Les ressources naturelles du Hoggar sont extrêmement limitées. Elles se réduisent à l’élevage et un peu d’agriculture.
- Un pays aussi stérile ne se prête dans ses maigres pâturages qu’à l’élevage des chameaux et des chèvres. Les Hoggars, qui sont essentiellement pasteurs de ces animaux, en possèdent des troupeaux relativement importants, aussi nombreux que le permet la végétation. Les troupeaux fournissent le lait, le beurre, la viande, le cuir, la graisse.
- L’agriculture n’a qu’une importance bien faible. On ne rencontre de cultures qu’en certains lieux, dans la vallée d’oueds possédant un cours souterrain. En ces endroits, le lit est barré par un seuil rocheux, qui force la nappe d’eau à se rapprocher de la surface; des galeries souterraines, foggcira, peu inclinées par rapport à l’horizontale, vont chercher l’eau à ce point et l’amènent en surface à l’aval, où l’élargissement de la vallée se prête à l’installation de cultures irriguées. Là, sur des surfaces minimes, on cultive du blé ou de l’orge que l’on récolte à la fin du printemps, du bechna (sorgho) que l’on récolte à la fin de l’été, différents légumes et quelques arbres fruitiers. Le climat du Hoggar n’est pas assez chaud pour la culture du palmier. Il n’y existe qu’une seule palmeraie de quelques centaines de dattiers seulement ; située en bordure du tanezrouft, elle est abandonnée depuis longtemps ; les djerids desséchés, qui pendent le long des troncs (partout ailleurs on les coupe), donnent à ces palmiers un aspect inaccoutumé. Le seul outil de culture est la houe, qui sert aux travaux peu compliqués des noirs sédentaires.
- Le sel, qui s’est déposé en couches épaisses à la sebkha d’Amadror, constitue une ressource dont nous verrons l’importance plus loin.
- Nomadisme. Migrations. -— Les pâturages s’épuisant vite, la nécessité d’assurer la nourriture de leurs bêtes exige des Touareg des déplacements fréquents. En général, ceux-ci s’opèrent dans un espace relativement peu étendu, qui constitue le terrain de parcours traditionnel de la tribu. L’emplacement et l’importance des campements dépendent des ressources actuelles en eau et en pâturages ; en fonction de celles-ci, ils sont dispersés ou resserrés, formés de tentes isolées, de petits groupes de tentes ou de groupements assez importants, quoique ces derniers soient assez rares.
- Si une longue sécheresse a desséché les pâturages de la région et tari les points d’eau temporaires, toutes les tentes gagnent une région plus favorisée, qui peut être très éloignée, comme l’Aïr ou l’Adrar des Iforass. Dès que les pluies l’ont revivifiée, chacun regagne sa zone traditionnelle. De pareilles migrations n’ont lieu qu’en dernier ressort. Si les pâturages se raréfient et ne permettent plus d’y faire subsister la totalité des troupeaux,
- les Hoggars ne conservent que les animaux indispensables et font transhumer les autres sous la garde de bergers en Aïr ou en Adrar. De même, si les troupeaux n’exécutent que des changements de pâturage à petit rayon autour du campement, celui-ci ne se déplace pas. Migrations ou transhumances des Hoggars n’ont jamais aucun caractère de régularité analogue à celles des tribus arabes de la bordure septentrionale du Sahara, qui vont estiver sur les Hauts Plateaux algériens ; elles sont, en effet, fonction, non des saisons, mais des crises de sécheresse.
- Commerce. — Quoique leurs troupeaux utilisent au maximum la végétation précaire du pays et fournissent aux Hoggars la majeure partie de leurs ressources, celles-ci resteraient insuffisantes ; l’agriculture n’y ajoute qu’un faible appoint, de même que la récolte des graines de certaines graminées. Et, si peu peuplé que soit le Hoggar, il l’est encore trop pour nourrir entièrement ses habitants. Le commerce leur fournit le complément de ressources indispensable : c’est-à-dire du bechna et des dattes pour la nourriture, des vêtements, des étoffes et divers objets pour la vie quotidienne. Les dattes viennent du Tidikelt, où les Hoggars vont vendre mehara et chameaux qui y font défaut. Le bechna vient d’Aïr et du Damerghou , ainsi que les vêtements, les étoffes et la plupart des accessoires. Mais, dans ces pays d’élevage plus riches que le Hoggar, il faut d’autres objets d’échange. Le seul, qui soit à la disposition des Hoggars, est le sel de la sebkha d’Amadror. Très pur, il est prisé en Aïr et au Damerghou, où il est rare ; une charge de sel y est échangée contre plusieurs charges de bechna. Aussi, chaque année, les Hoggars conduisent, dans ces régions, d’importantes caravanes de sel, qui rapportent tout ce qui leur est nécessaire ; mais, si leur retour se fait attendre « la soudure » est toujours pénible.
- Ce commerce assure donc la vie des Hoggars, qui autrement, serait précaire et leur procure même une aisance relative. Il semblerait que la nature, en plaçant à leur disposition ce produit naturel d’échange, a voulu adoucir l’hostilité du pays.
- LES OBJETS USUELS
- Le vêtement se compose de deux amples chemises superposées, en coton blanc en dessous, en coton indigo lustré en dessus ; un large pantalon, en coton blanc ou indigo tombe jusqu’au cou-de-pied. La coiffure caractéristique du Targui est le voile (tegoulmoust en tamaheq, litham en arabe), formé d’une bande de coton indigo. Il entoure le front et la nuque, laissant le sommet du crâne à découvert ; il forme, en avant, une sorte de visière qui peut s’abaisser de façon à dissimuler les yeux ; un autre tour du voile passe sur la partie inférieure du visage, cachant le menton, la bouche et le nez. Ce pan est assez lâche pour que l’on puisse boire ou manger en le soulevant légèrement et sans montrer la bouche. La chaussure est une large sandale plate, faite d’une semelle de cuir fixée au pied par des brides. Le costume des femmes ne diffère de celui des hommes que par l’absence du voile et par le remplacement du pantalon par une jupe formée d’une pièce d’étoffe enroulée autour des hanches et
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- tombant jusqu’à mi-jambes. « Avec d’aussi minces éléments de toilette, dit Duveyrier, elles trouvent cependant le moyen de rappeler la pose altière des déesses de l’antiquité. »
- Les Hoggars habitent la tente ; elle est constituée par un vélum de cuir supporté par des poteaux de bois ; les côtés sont fermés par des nattes tressées avec les tiges de graminées sahariennes. Une moitié de la tente est réservée à l’homme et l’autre à la femme, mais sans qu’il existe de cloison, comme chez les Arabes.
- Le mobilier de la tente est à peu près inexistant : peaux ou tapis posés sur le sol, nattes, sacs, sacoches ou coussins de cuir, parfois très finement décorés, ustensiles en bois, comme des bols, des écuel-les, des cuillers ou le mortier et le pilon pour écraser le bechna ou encore quelques corbeilles en spar-terie ou vases en terre.
- L’outillage est très primitif. Les haches ou les herminettes employées pour débiter ou travailler le bois présentent l’intéressante particularité d’être emmanchées à la manière néolithique * le fei d< l'onI il -I l<i mim pai 11 11 ( | < >i n I < qui s ( II-
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- strictement. Et, pourquoi alors les femmes n’en feraient-elles pas usage également ? On a soutenu, bien à tort, que le voile les empêchait d’être reconnus par leurs ennemis. On l’a attribué enfin à une survivance de l’animisme. Les Touareg eux-mêmes en donnent comme raison que la bouche est un organe impur et que la montrer serait honteux. Quoi qu’il en soit, cet usage est, maintenant, une tradition, dont la raison d’être est une question de convenance. C’est lorsqu’il arrive ou séjourne dans un campement, en présence d’étrangers, de femmes, que le Targui se voile le plus strictement, ne laissant
- qu’une fente très étroite pour le regard.
- Une autre habitude assez curieuse des Touareg consiste à s’enduire de l’indigo de leurs vêtements ; celui-ci déteint facilement, aussi leur corps en est-il couvert, mais ils s’en frottent le visage, les mains, les bras pour obtenir une teinte plus foncée, indispensable complément de l’élégance du costume. Ils ont, ainsi, l’étrange aspect d’hommes bleus. Les femmes remplacent, parfois, l’indigo par de l’ocre, pour le visage seulement.
- Les Hoggars ne se lavent ou peu ; nous croyons c’est pour ne pas
- Fig. 7 (en haut). — Zébu tirant de l’eau d’un puits servant à l’irrigation des jardins à In Amgel. Fig. 8 (à gauche). — Un centre de culture au Hog-gar, Idelès : à gauche des figuiers, au fond, quelques palmiers.Fig. 9 (à droite). — Etrange aspect de palmiers abandonnés à Silet, en bordure du Tanezrouft : les djerids desséchés pendent le long des troncs.
- qu’à une époque peu ancienne que l’usage du fer a été connu des Touareg.
- L’industrie est presque nulle et toujours familiale. COUTUMES — INSTITUTIONS - LA VIE QUOTIDIENNE
- Le port du voile. — La coutume la plus remarquable des Touareg est le port du voile. On en a cherché plusieurs explications qui semblent erronées. Par exemple, on a dit que c’était une mesure d’hygiène, que le voile avait pour but de protéger la bouche et les fosses nasales de l’action du sable et de la dessiccation ; mais c’est en marche, en voyage que les Touareg se voilent le moins
- faire partir cette belle couleur bleue plutôt que par réelle aversion de l’eau. Ils prétendent que se laver rend malade et sensible au froid et à la chaleur.
- Hommes et femmes sont d’une grande coquetterie. Pour les hommes, celle-ci est une conséquence de l’usage du voile ; puisqu’on ne voit d’eux que leurs vêtements, il faut bien que ceux-ci soient recherchés, pour impressionner les cœurs féminins.
- La famille. Situation de la femme. Matriarcat.— Les Touareg sont strictement monogames. S’il venait, du reste, à l’idée d’un Targui d’épouser une seconde femme, la première le quitterait aussitôt. On ne force
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- pas une jeune fille à épouser quelqu’un contre son gré ; si on le faisait, il lui suffirait de se refuser à son mari qui la renverrait. Un nouveau ménage campe durant un an à proximité de la tente des parents de la mariée pour habituer ceux-ci à la séparation.
- de son époux. Chez les Arabes, l’homme peut répudier son épouse à son gré, celle-ci ne peut qu’exceptionnellement obtenir la séparation en sa faveur. Chez les Touareg, le droit au divorce est égal pour les deux sexes. Si une femme veut quitter son mari, il ne peut la retenir, mais il ne lui doit rien. Au cas contraire, si le mari décide la rupture, il doit restituer la dot. Aussi, les divorces, fréquents au Hoggar, sont-ils presque toujours provoqués par les femmes. Les femmes divorcées se remarient sans difficulté, mais beaucoup n’y tiennent pas, car si la jeune fille est libre, si la femme mariée l’est un peu moins, la liberté est entière pour une divorcée ou une veuve.
- Fig. 10 (en haut). Fig. 11 (en bas). — Fig. 12 (à droite).
- — Types de Touareg, montrant le costume masculin. Femmes targuies, la femme et la sœur de l’amênokal.
- — L’amênokal du Hoggar devant sa tente : celle-ci est
- une lente européenne.
- La femme reste toujours très libre ; sans que son mari ait le droit de s’en formaliser et en son absence, elle peut recevoir un homme chez elle ou aller lui rendre visite ; elle peut, au su de tous, avoir un ami, un chevalier servant en quelque sorte. Ses biens restent indépendants de ceux
- Dans la vie courante, la femme est placée sur un pied d’égalité avec l’homme. On en a l’impression nette lorsque l’on est admis dans une tente targuie, que l’on est reçu par la femme aussi bien que par le mari, que l’on converse ou palabre avec celui-ci, pendant que sa compagne écoute en faisant nonchalamment quelque travail de couture, tandis qu’une négresse apporte une écuelle de lait aigre et que les enfants courent aux abords de la tente ou se tiennent à côté de leur père, silencieux, curieux et intimidés. Il y a là quelque chose d’analogue à notre foyer et dé très lointain, au contraire, de la famille arabe.
- Les enfants, nous l’avons dit, prennent la qualité de nobles ou d’imr’ad suivant le rang de leur mère et font partie de sa tribu. « Le ventre tient l’enfant. » L’oncle maternel est la personne la plus importante de la famille ; c’est lui qui assume l’éducation des garçons et des adolescents.
- Les femmes transmettent les droits au commandement à leurs héritiers, mais en laissent l’usufruit aux hommes,
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- sur lesquels elles ont, d’ailleurs, une influence très vive.
- Sous plus d’un rapport, la femme est donc l’égale de l’homme et possède une situation analogue à celle qui lui
- est réservée chez nous : monogamie, nécessité de son consentement au mariage, possibilité de divorce identique ou plus facile, faculté de disposer de ses biens,
- Fig. 13. — 1, Une îenle Iioggar : à gauche, une négresse est en train de piler du sorgho. 2, Femme jouant de l’imz’ad. 3, Méhariste avant la fantasia. 4, Fantasia à méhari. Les méharistes, par groupes de deux, dont on voit l’un à gauche, exécutent une sorte de quadrille autour du groupe des femmes qui jouent du violon ou frappent dans leurs mains. 5, Une tombe pré-islamique. Elle est formée d’un amas tronconique de pierres, dont on ne voit que la partie supérieure, parce qu’elle a été ensablée. 6, Lieu-de culte pré-islamique formé de rangées concentriques de
- pierres : c’est, suppose-i-on, un emplacement de sacrifice.
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- liberté presque absolue dans la vie de tous les jours. Elle est même supérieure à l’homme à d’autres égards, rang des enfants, transmission des droits au commandement qui sont des survivances du matriarcat. L’archaïsme du cadre social fait contraste avec l’analogie que les mœurs présentent avec les nôtres.
- Réjouissances. — L' ahal est la distraction favorite des Hoggars. C’est une réunion galante et musicale qui a lieu dans la soirée et se prolonge très avant dans la nuit.
- Il a lieu le plus souvent possible. Les femmes, mariées ou non, se réunissent ; elles apportent leurs imz'ads, violons monocordes. Les hommes s’y rendent soigneusement voilés ; ils viennent même de campements éloignés si quelque femme les attire. Les femmes jouent de l’imz’ad, mais seules les femmes imr’ad chantent en s’accompagnant de cet instrument. Les hommes écoutent en poussant, de temps à autre, des cris aigus qui témoignent de leur plaisir. Le son de l’imz’ad est bas, modéré et agréable. Enfin, on fait assaut d’esprit et l’on flirte. Les jeunes filles qui brillent à l’ahal par leur beauté, leur esprit, leur talent sur l’imz’ad, sont les plus recherchées en mariage.
- La fantasia à méhari est le seul mode de réjouissance publique des Hoggars. C’est, pour eux, l’analogue et le remplaçant de la danse. Ils s’y livrent chaque fois qu’il y a une fête importante. Les hommes s’y rendent montés sur leurs meilleurs méhara harnachés pour la parade. Les femmes y viennent avec leurs imz’ads et leurs tobols (tambours). Tous portent leurs plus beaux vêtements, leurs bijoux et ont soigneusement ravivé, sur leur peau, la couche d’indigo. Les femmes se rassemblent, jouent de l’imz’ad, frappent sur leurs tobols et chantent. Les hommes sè disposent par deux ou par trois autour du groupe des femmes. Au petit trot de leur monture, en cadence de la musique, ils échangent leurs places et exécutent une sorte de quadrille. Ils terminent par une course au grand trot ou au galop, ou bien l’un d’eux enlève, en passant, le voile de tête de l’une des femmes, dont les autres doivent s’emparer.
- Convenances sociales. — Il existe au Hoggar, beaucoup de convenances que nul ne songerait à enfreindre. Le port du voile est la principale ; nous n’y reviendrons pas. D’autres, moins connues ou moins apparentes, sont aussi respectées. Devant les personnes à qui l’on doit du respect, oncle maternel, père, chef, on garde le silence, si l’on n’est pas interrogé et l’on ne fume pas ; l’homme baisse son voile strictement, la femme ramène son voile de tête sur son visage. Il est de bon ton, alors, de parler sans faire face à son interlocuteur, mais en se tournant de trois quarts ou presque de dos. Il ne faut pas demander à quelqu’un des nouvelles de sa femme devant des personnes qu’il respecte, il ne pourrait répondre. On ne dôit pas manger en présence de telles personnes. Aussi, Aœit-on souvent tel jeune homme, que l’on connaît comme gai, expansif, devenir tout à coup silencieux et compassé, parce que son père ou son oncle approche ; celui-ci parti, il redevient naturel. De ces convenances, qui sont la marque de sentiments délicats, il ressort un raffinement certain, qui contribue avec la
- dignité d’allure des Hoggars à donner de ceux-ci la meilleure impression.
- RELIGION — SUPERSTITIONS
- Les Touareg ont embrassé l’islam à une époque relativement récente. D’une façon générale, ils sont peu fervents et, souvent, sont musulmans nominalement plus qu’effectRement. Bien peu observent le jeûne du Ramadan,nombreux sont les prétextes pour se dispenser de ce rite.
- Cette indifférence religieuse s’explique aisément. D’abord, la masse targuie ne comprend pas l’arabe et le Coran ne doit pas se traduire. Aussi, beaucoup ne connaissent-ils que quelques mots de prière. De plus, ils ont manqué, jusqu’ici, de contacts suffisamment étroits avec un milieu islamisé pour que la religion se répande rapidement et profondément. Enfin, l’islam est non seulement une religion, mais un statut social. Or, sur bien des points (monogamie, matriarcat, situation de la femme), les bases de la vie sociale des Touareg sont en opposition avec les conceptions musulmanes. Pareille opposition a été et est encore un puissant obstacle à l’expansion de l’islam.
- Les Touareg, cela est bien prouvé, n’ont jamais été chrétiens, comme Duveyrier en fit l’hypothèse. Le célèbre voyageur avait ainsi traduit, peut-être involontairement, l’impression qu’on ressent à leur contact et qui s’impose à tous les Européens : leur mentalité paraît proche de la nôtre, surtout par comparaison avec les autres populations sahariennes.
- Des études du père de Foucauld ont montré l’existence au Hoggar d’un culte antérieur à l’islam et comprenant six dieux, dont les noms sont encore invoqués parfois. Du reste, on, trouve partout des tombeaux pré-islamiques, qui sont des amas tronconiques de pierres, semblables aux tombeaux des Lybiens. D’autres traces de cette religion sont des lieux de culte formés par des cercles concentriques de cailloux rangés sur le sol. Les Touareg n’ont gardé aucun souvenir des gens qui ont construit ces tombeaux ou ces lieux de cultes ; ils ne les considèrent pas comme leurs ancêtres.
- Si indifférents en matière religieuse, les Touareg sont, au contraire, très superstitieux. Ils croient fermement à l’existence des génies (alhinen ou kel essouf, gens du vide), qui résident dans les oueds, les montagnes, les arbres, etc. Le mont Oudan (2770 m) est leur résidence favorite : il surplombe de 1700 m la plaine environnante et se termine par un massif quadrangulaire à bords à pic ; le sommet en paraît un peu concave et abriterait, à en croire les Touareg, une palmeraie enchantée d’où ne peuvent revenir ceux qui y ont pénétré.
- Les Hoggars croient aux amulettes, aux sorciers, au mauvais œil.
- Le port du voile tire probablement son origine d’une superstition.
- Ils ne tuent jamais d’ouranes (varan), qui est, disent-ils, le « père des Touareg ».
- Comme dit M. Gautier, « c’est du totémisme franc, avoué». Ils ne mangent jamais, par une sorte de tabou, ni œufs ni volaille.
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- CONCLUSION
- Ce peuple si original a-t-il, depuis qu’il est ouvert à notre influence, c’est-à-dire depuis plus de vingt ans, subi d’importantes modifications ? Son originalité dis-paraîtra-t-elle sous l’action des contacts extérieurs ?
- Notre venue a apporté la paix et fait cesser les rezzous. On a dit, souvent, que nous changions par là les conditions de vie des Hoggars et que leur société devait, par suite, subir, pour subsister, de profondes transformations. On parlait même de l’agriculture comme débouché de l’activité employée auparavant au pillage. C’était méconnaître à la fois les conditions naturelles du pays et l’importance que les razzias tenaient dans l’économie de ses habitants. Les rezzous offraient l’intérêt de procurer des esclaves, mais ils ne constituaient pas l'industrie principale des Touareg et n’apportaient qu’un
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- léger appoint à leurs ressources, dont la base était l’élevage.
- L’organisation féodale et hiérarchisée des Hoggars n’avait d’autre raison d’être que la guerre et l’insécurité ; elle doit disparaître avec celles-ci, a-t-on dit. Cependant, nous l’utilisons pour l’exercice de notre commandement et pour notre administration. En la sanctionnant, nous lui avons donné un but nouveau.
- En vingt ans, notre occupation n’a modifié ni le cadre social, ni la vie des Hoggars, mais on ne peut prévoir les conséquences qu’elle entraînera en se prolongeant. Néanmoins, ce pays ne peut nourrir que des nomades pasteurs ; comme, de plus, les influences européennes resteront toujours extrêmement limitées, malgré une facilité plus grande des communications, il est douteux que l’avenir apporte de profondes modifications à la vie des Hoggars. Lieutenant F. Demoulin.
- QUELQUES DÉTAILS
- SUR LES CUIRASSÉS ANGLAIS “ NELSON ” ET “ RODNEY
- Nous avons, dans le n° du 1er nov. 1927 de La Nature, présenté à nos lecteurs une description sommaire des derniers et puissants navires de combat, dont s’est augmentée la flotte anglaise, avec leurs caractéristiques générales, leur armement et surtout, nous avons noté la disposition hardie et nouvelle adoptée par l’Amirauté, qui groupe leur grosse artillerie (9 pièces de 400 mm) tout entière en une sorte de citadelle placée au milieu des navires.
- Voici aujourd’hui, d’après l'Engineering, quelques détails sur la structure interne de ces belles unités, sur l’impressionnante machinerie qu’elles renferment dans leurs flancs cuirassés, machinerie destinée à assurer la bonne marche des multiples organes nécessaires à la vie de ces monstres, en paix comme en guerre. Nos lecteurs pourront ainsi se rendre compte de l’organisation du navire de combat telle qu’elle est comprise sous sa forme la plus moderne.
- Rappelons que le Nelson et le Rodney ont été mis en chantier en décembre 1922 et répondent aux stipulations de la Conférence navale de Washington. Ils sont l’un et l’autre à la limite maxima permise par ce traité pour les navires de combat, tant pour le tonnage standard que pour le calibre des canons. Voici d’ailleurs leurs caractéristiques principales : déplacement 35 000 tonnes, longueur 236 m, largeur 35 m (la plus grande permise pour utiliser les canals de Panama et de Suez), tirant d’eau arrière : 10 m, vitesse : 23 nœuds. Epaisseur de la cuirasse des tourelles 400 mm, des flancs : 350 mm, du pont supérieur : 162 mm.
- Les canons de 400 mm qui arment les tourelles ont une portée de 32 km, le poids de leur projectile est de 1000 kg, chaque pièce peut tirer deux ,‘coups par minute. C’est donc un poids d’acier de 18 tonnes que les Qfpièces des 3 tourelles sont susceptibles de lancer en une minute.
- Le groupement de l’armement principal répond à l’idée
- de concentrer dans l’espace minimum la force principale du navire, celle qu’il importe, avant tout, de mettre à l’abri des coups, et dont ou pourra, ainsi, assurer la protection d’une manière plus efficace et plus complète que si cet armement était réparti sur toute la longueur du bâtiment. On réalise, de ce fait, une notable économie sur le poids du cuirassement.
- Les avantages ainsi obtenus permettent d’envisager, sans trop de regrets, le fait que l’arrière de ces navires, sur un secteur s’étendant à 30° de chaque côté de l’axe, n’est pas défendu par la grosse artillerie, ce qui revient à dire que ces formidables unités ne devront jamais présenter à l’ennemi que l’avant ou le travers.
- Dans leur structure même, on a également réalisé toutes les économies de poids possible. On est arrivé, en cette matière, à des gains très appréciables en se servant, notamment, pour la membrure, d’un nouvel acier, dit acier D, plus résistant et plus léger que celui dont on usait jusqu’à présent. ; 6000 tonnes de ce nouveau métal ont été employées pour chacun des deux navires. On a aussi veillé très attentivement à ne donner aux tôles diverses que l’épaisseur strictement nécessaire. Pour les parties métalliques du matériel non exposées directement à l’air ou non sujettes à des maniements intensifs, on a fait usage d’alliages légers. Pour le pont supérieur dont la tôle est recouverte de bois, pratique si judicieusement conservée par la marine anglaise, on a employé le pin au lieu du teck.
- D’ailleurs, toujours pour gagner du poids, l’Amirauté n’a pas hésité à étendre l’usage du bois, pour tous les aménagements ou cloisonnements qui n’ont pas à supporter d’efforts. Elle a fait ainsi, avec un certain courage, un pas considérable en arrière. Il paraissait admis, en effet, que le bois devait être absolument proscrit dans la construction navale moderne, comme présentant un
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- redoutable élément, d’incendie. Il n’est plus très sûr que cette idée soit exacte. On a vu des navires uniquement construits en tôles, mais celles-ci recouvertes de peinture ou de linoléum s’enflammer de bout en bout avec une soudaineté qui ne se serait jamais produite sur des bâtiments en bois.
- L’Amirauté anglaise a d’ailleurs toujours recouvert de bois les ponts supérieurs de ses navires, ce qui améliore sensiblement les conditions d’habitabilité.
- Sur le Nelson et le Rodney, on voit donc réapparaître le bois sur plusieurs points. Il est d’ailleurs soigneusement ignifugé.
- Les arcs de feu couverts par les tourelles avant, milieu et arrière, renfermant chacune 3 pièces de 400 mm, sont respectivement 298, 330 et 250° (la tourelle milieu, surélevée, tire par-dessus les deux autres).
- Il a fallu prendre des précautions spéciales pour protéger le personnel et le matériel, sur les ponts et plates-formes, contre le souffle du tir de la tourelle arrière lorsque ses pièces sont au pointage positif extrême.
- L’espèce de monument qui se dresse immédiatement derrière les tourelles de 400.mm porte d’abord une petite tourelle cuirassée tournante où se tiennent avec les instruments nécessaires, longues vues, télémètres, etc., les directeurs du tir, de la grosse, moyenne et petite artillerie dont le rôle pendant le combat est d’importance
- capitale. Au-dessous on trouve le blockhouse de l’amiral et de son état-major, un autre blockhouse avec passerelles pour le commandant du navire et ses services.
- Les projecteurs de 900 mm sont placés 2 sur les côtés de la cheminée, 2 sur une plate-forme portée par le mât.
- L’armement secondaire : 12 pièces de 150 mm, est réparti en 6 tourelles doubles placées, comme le montrent les figures 1 et 2, et groupées sur l’arrière du navire, que 8 d’entre elles protègent directement de leurs feux. Le magasin à munitions de cette batterie est placé sous la flottaison au centre du groupement.
- L’artillerie est protégée sur ses flancs par une épaisse cuirasse de 350 mm s’étendant de la tourelle de 400 mm de l’avant à celle de 150 mm le plus à l’arrière. Sur la même étendue règne un pont cuirassé de 150 mm d’épaisseur contre le tir plongeant et les bombes d’avion.
- La machinerie principale est du modèle à turbines Brown-Curtiss à engrenages, développant sur 2 hélices la puissance totale de 45 000 ch. Les turbines sont logées dans 4 chambres situées 2 par 2 dans le sens de la longueur du navire et séparées par une cloison médiane qui les isole complètement l’une de l’autre. La vapeur provient de 8 chaudières à petits tubes avec surchaufïeurs.
- La force hydraulique nécessaire à la manœuvre^des tourelles est donnée par 3 pompes actionnées par la vapeur et placées chacune dans un|compartiment étanche.
- Fig. 1 (en haut) — Profil des cuirassés anglais type Nelson ou Rodney. Fig. 2 (au milieu). — Pont-abri. Fig. 3 (en bas). — Pont supérieur. (D’après Engineering.)
- Co/rasse de 375 m/m
- 2 pièces de 117 m/m
- 2 canons del50mJr,
- Pont supérieur.
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- fbnt milieu — fbnt inférieur —
- 'doutes
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- 'tüO Echelle en pieds
- Echelle en mètres
- 2 pièces de 150m/m
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- 2 canons de 117 m/m
- 3 canons de WOm/m
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- canotas delI7m/n
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- 2 canons de ISO. -A
- Cabestan
- jl_ 2canons de 150
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- 3 canons de b00 m/m
- Teddelamur
- 2 canons
- de commandement
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- Fig. 4, — Le cuirassé Nelson aux manœuvres navales anglaises. (Ph. Meurisse.)
- Six dynamos fournissent ensemble 1800 kw à 200 volts. Deux d’entre elles sont actionnées par des Diesel, les 4 autres par des turbines à engrenage.
- Les engins de réfrigération comportent 7 compresseurs dont 2 réservés à la conservation des viandes et denrées d’approvisionnement et aussi à la fabrication de la glace. Les 5 autres machines travaillent pour maintenir à la température convenable les soutes à poudre et à munitions de l’artillerie.
- Les cabestans des grosses ancres sont mus par une machine électro-hydraulique. On a évité ainsi l’installation des tuyaux de vapeur sur une très grande distance, puisqu’il fallait les amener jusqu’à l’extrême avant ou arrière du navire et échapper ainsi aux inconvénients d’inévitables condensations et de sources de chaleur indésirables.
- Sur le pont on trouve 10 treuils, dont 6 sont conduits hydrauliquement et 4 par machines électro-hydrauliques. Ces appareils sont destinés à la manœuvre des para-vanes ('), à l’embarquement des torpilles, munitions et approvisionnements.
- D’autres, également du type électro-hydraulique, servent pour mettre les embarcations à bord ou à la mer.
- On se doute du rôle de premier plan que joue le gouvernail à bord de pareilles unités, et des soins dont il importe de l’entourer pour assurer son fonctionnement.
- Celui des Nelson et Rodney est du type compensé, ce qui diminue la valeur des efforts nécessaires pour les faire jouer. La barre est manœuvrée par 4 cylindres hydrauliques avec béliers à simple effet, placés en paires opposées sur la tête du gouvernail. Les béliers reçoivent
- 1. Les paravanes sont des appareils qui se placent en avant de l’étrave, sous l’eau, et sont destinés à écarter ou à faire exploser les mines sous-marines.
- leur mouvement par de l’huile sous pression provenant de 3 pompes à vitesse variable que conduisent des moteurs électriques.
- Chaque pompe et son moteur sont placés dans un compartiment étanche. Deux d’entre elles opèrent en service courant, la troisième restant en réserve comme pompe de secours, pouvant instantanément intervenir en cas de panne d’une des 2 autres.
- Pour parer au cas où l’électricité ferait défaut, il reste un appareil de réserve mû par la vapeur.
- Avec les 2 pompes de service, le gouvernail peut être porté en 30 secondes de l’extrémité d’une de ses courses à l’autre, le navire marchant à toute vitesse.
- La ventilation de l’intérieur de la coque a été très spécialement soignée. 200 appareils y sont employés sans compter ceux des chaufferies et chambres des machines.
- Les installations relatives au maintien de l’assiette du navire et au refoulement de l’eau qui aurait envahi l’intérieur de la coque sont, bien entendu, très importantes et conçues pour porter remède très rapidement aux événements de ce genre qui pourraient se produire.
- Pour les compartiments autres que ceux des machines, qui possèdent leur matériel propre, il existe à cet effet 11 pompes électriques centrifuges dont chacune peut évacuer 350 tonnes à l’heure. En plus, la chaufferie arrière contient une turbo-pompe à vapeur de très grand-débit. Il existe encore, en outre, 9 pompes électriques pour l’incendie et le service courant.
- Les vitesses obtenues aux essais, avec le déplacement standard, ont été de 23 n. 55 pour le Nelson avec puissance aux machines de 46 000 ch, et de 23 n. 8 pour le Rodney. Le diamètre du cercle de giration minimum a été trouvé de 61.2 m. soit un peu moins de 3 longueurs de navire. Ct Sauvaire-Jourdan.
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- MATÉRIEL CINÉMATOGRAPHIQUE D AMATEUR
- I - LES APPAREILS DE PRISE DE VUE
- La cinégraphie d’amateur n’a pris son essor que longtemps après la cinégraphie industrielle. La faute en est, surtout, aux constructeurs qui, tout d’abord, n’offrirent à l’amateur que des appareils du format normal de 18 mm sur 24, sans tenir compte du fait que l’emploi de la pellicule de 35 mm de largeur entraîne une dépense qui, au cours actuel et dans le cas le plus favorable, celui où l’on obtient le positif par inversion du négatif, est supérieure à 130 francs pour une prise de vue de la durée d’une minute. On conçoit, sans peine, que les rares amateurs qui s’étaient laissé tenter aient vite renoncé à un passe-temps aussi dispendieux.
- Le principe du format unique, qui, en permettant d’utiliser dans n’importe quel cinéscope un film de pro-
- Fig. 1. — Le « Ciné-Kodak ». Modèle pourvu d’un objectif ouvert à L. 3,5.
- venance quelconque, avait contribué pour une si grande part au développement de la cinégraphie industrielle, était un sérieux obstacle à la diffusion du procédé dans le monde des amateurs. Le respect de ce principe s’imposait d’autant moins en la circonstance que. le film d’amateur n’est nullement destiné à être projeté dans les salles de spectacle : enregistrant le plus souvent des scènes de la vie familiale ou des souvenirs personnels, parfois de petits scénarios, il n’est jamais projeté que devant une assistance restreinte, sur un écran n’atteignant que rarement 1 mètre carré.
- Ces raisons déterminèrent la création d’appareils utilisant des films de 11 mm de largeur ; ces instruments connurent un grand succès qui ne s’est d’ailleurs pas encore démenti..
- Cependant, on était tombé d’un excès dans l’autre et il fallut reconnaître que si le format de 6 mm sur 9 était satisfaisant au point de vue purement économique, il
- ne permettait pas d’obtenir une projection de qualité comparable à celle produite avec des films de format normal. La facilité beaucoup plus grande avec laquelle l’œil analyse les détails, lorsqu’il est très près de l’écran, entraîne l’obligation de rechercher une plus grande netteté intrinsèque qui ne peut résulter que de l’augmentation de la finesse du grain ou de la diminution du coefficient d’amplification. Cette dernière solution étant la seule applicable, puisqu’il n’est pas possible, en l’état actuel de la chimie photographique, de réduire encore le grain du gélatino-bromure d’argent, sans diminuer en même temps la sensibilité, un format moyen s’imposait.
- C’est pourquoi les constructeurs américains ont adopté, pour la cinégraphie d’amateur, le film de 16 mm. Les images mesurent ici 7,5 mm sur 10 mm; leur surface est donc 5,7 fois plus petite que celle des images cinégra-phiques normales de 18 mm sur 24 mm. Les bobines de 15 et de 30 m admises pour les appareils à film de 16 mm permettent respectivement d’enregistrer 2000 et 4000 images, ce qui, à l’allure ordinaire de 16 images par seconde, correspond à des durées de projection animée de l’ordre de 2 et de 4 minutes.
- Le film de 16 mm de large est livré à un prix tel que la minute d’enregistrement à vitesse normale ne revient qu’à 30 francs, y compris les frais de développement et d’inversion. Ce film est pkourvu, à chacune de ses extrémités, d’une bande de papier de même largeur et perforée de la même façon, de sorte que l’on peut, sans aucun risque de voile, charger et décharger les cinégraphes à la lumière du jour.
- Parmi les appareils établis spécialement pour l’emploi de ce film, nous citerons le « Ciné Kodak » et les « Filmos ».
- Le cinégraphe Kodak (fig. 1) se présente sous la forme d’un coffret d’aluminium gainé de maroquin, dont l’intérieur est divisé en trois compartiments.
- Du premier de ces compartiments, nous nous contenterons de dire qu’il renferme le mécanisme moteur, un régulateur de vitesse, l’arbre de l’obturateur rotatif, celui du tambour débiteur et une came qui commande les griffes d’entraînement et le cadre presseur ; on sait que le rôle de ce dernier est de maintenir le film contre la fenêtre pendant les périodes d’exposition. Il suffit, pour tendre le ressort moteur, de dégager de l’alvéole où elle est normalement logée, la manivelle qui se trouve sur le côté droit de l’appareil, et de lui faire effectuer une trentaine de tours, le levier de déclenchement occupant la position haute, c’est-à-dire étant à l’arrêt.
- Le deuxième compartiment (fig. 2) est destiné à recevoir la bobine débitrice A ; celle-ci, dont le trou axial est à section circulaire d’un côté et carrée de l’autre, est placée sur l’arbre B, de façon telle que le côté carré du trou vienne s’appliquer contre l’embase de même forme. .
- On remarque, vers le haut de la porte de ce compartiment, sur la partie échancrée, une poulie de renvoi C, sur laquelle passe le film provenant de la bobine débitrice et, vers le milieu, un arbre B’ qui la traverse de part en part
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- Fig. 2. — Mise en place de la bobine de film vierge.
- Celui-ci est protégé contre la lumière, non seulement par le papier noir, mais aussi par le fond de la boîte que l’on ne dégage de la bobine que juste avant de
- fermer la porte.
- et présente un manchon le solidarisant avec l’arbre B lorsque la porte est rabattue. Celle-ci est d’ailleurs pourvue d’un verrou automatique qui l’immobilise en cette position, mais seulement si la bobine débitrice est placée correctement.
- Le troisième compartiment (fig. 3) contient les organes de guidage et d’entraînement du film et la bobine réceptrice. Après avoir franchi la poulie de renvoi, le film passe sur le tambour D, contre lequel il est maintenu par le presseur E et dont les dents engrènent la perforation, rencontre un guide F qui l’oblige à changer de direction, décrit une large boucle, s’engage dans le couloir G, vers le milieu duquel se trouve la fenêtre d’exposition, décrit une seconde boucle, passe sous le tambour débiteur D contre lequel il est maintenu par le presseur E’ et atteint enfin la bobine réceptrice H (fig. 4).
- Le déplacement du film par saccades, devant la fenêtre d’exposition, est assuré par deux griffes qui l’engrènent seulement dans le mouvement de descente ; les boucles que le film doit décrire sont indiquées par des courbes
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- Fig. 3. — Mécanisme d’entraînement du « Ciné-Kodak ».
- mission offre toute la souplesse désirable. Un levier de tension I (fig. 3) empêche le desserrage des spires enroulées sur la bobine réceptrice ; selon que la bobine utilisée contient 15 ou 30 m de film, le levier est amené en regard de la butée la plus proche, (50 feet), ou la plus éloignée de l’arbre, (100 feet).
- Afin de prévenir les conséquences d’un oubli lors du chargement, la porte est pourvue de nervures qui empêchent la fermeture de l’appareil si les bobines ne sont pas correctement placées ou si les presseurs ne sont pas rapprochés suffisamment pour maintenir le film contre le tambour d’entraînement.
- La longueur du film disponible est indiquée à tout instant par un cadran, que commande un levier maintenu par un ressort contre le film enroulé sur la bobine débitrice.
- Le cinégraphe Kodak est muni de viseurs permettant
- tracées sur la paroi du fond : ainsi, l’amateur 4. __ (( Ciné.Koiak „ chargL
- le moins averti n’éprouve aucune difficulté pour placer la bande correctement.
- La bobine réceptrice H est placée sur l’arbre B’ ; de même que l’arbre B de la débitrice, ce dernier présente une embase carrée sur laquelle vient s’engager le carré du trou axial de la bobine réceptrice. L’arbre B’ est pourvu d’une poulie à gorge, reliée par une courroie sans fin au mécanisme moteur. Lorsque celui-ci est déclenché, les arbres B et B’ tournent dans le sens des aiguilles d’une montre, ce qui oblige la bobine débitrice à abandonner du film et la bobine réceptrice à en enrouler. La courroie pouvant aisément glisser sur la poulie lorsque la résistance opposée est trop forte, cette trans-
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- Fig. 5. — « Ciné-Kodak » pourvu d’un objectif ouvert à F. 1,9.
- d’opérer soit à hauteur de l’oeil, soit à hauteur de la poitrine ; il peut, éventuellement être placé sur un tripode.
- L’objectif de cet appareil a une longueur focale de 25 mm ; l’ouverture maximum peut atteindre, suivant le modèle, F/3,5 ou F/1,9 (fig. 5). Cette dernière ouverture, dont la luminosité est quatre fois plus grande, permet d’opérer dans les plus mauvaises conditions, mais entraîne la nécessité d’une plus grande précision dans la mise au point. Alors qu’à l’ouverture F/3,5 l’objectif embrasse nettement l’espace compris entre l’infini et 2,50 m, ce qui a permis de se contenter, pour donner le moyen d’opérer en deçà, de disposer à l’avant de l’appareil une simple lentille additionnelle que l’on peut, à volonté, amener dans le champ de l’objectif, il a fallu, avec l’objectif ouvert à F/1,9, ajouter à la monture une rampe hélicoïdale ; la distance hyperfocale atteignant, dans ce cas, une trentaine de mètres, il est indispensable de se préoc-
- cuper de la mise au point dès que le sujet est à moins de 20 m de l’appareil.
- Avec le « Filmo 70 » (fig. 6), la « Bell and Howel C° » a mis à la disposition de l’amateur un cinégraphe de haute précision dont la qualité est en tous points comparable à celle des appareils industriels les plus réputés, et qui, cependant, est moins volumineux encore que le « Ciné Kodak. »
- Les bobines sont placées ici, non plus suivant le même axe, mais côte à côte (fig. 7), entre les mêmes plans ; le film suit ainsi une trajectoire plus simple et l’effort nécessaire à l’entraînement est notablement réduit. Cette disposition a aussi l’avantage de faciliter le char-
- ccmpteur^
- boulv/t de, déc/&ne/(-
- \ *ËLar/j/v<fcfbh. " luraleur
- Fig. 6. — Le « Filmo-70 » de la Bell and Hoivell C°, vu du côté moteur
- gement. Pour charger, il suffit, l’appareil étant à plat, objectif en avant, et la tige des presseurs étant ramenée en arrière, de placer la débitrice sur l’arbre de droite, après avoir tiré environ 30 cm de papier, de pincer l’extrémité libre du papier dans la fente du moyen de la bobine réceptrice et d’engager cette dernière sur l’arbre de gauche, le côté carré du trou axial vers le bas, en ayant soin, par ailleurs, de faire passer la bande par le couloir. On tourne ensuite légèrement la bobine réceptrice de façon à réduire les boucles à la largeur de deux doigts, puis on repousse vers l’avant la tige des presseurs, ce qui a pour effet d’emprisonner la bande dans le couloir et de l’appliquer contre le tambour débiteur. Des nervures, qui empêchent de mettre en place le couvercle de l’instrument, tant que
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- les presseurs n’occupent pas la position voulue, préviennent toute omission.
- La propulsion du film est assurée, comme dans les cinégraphes de professionnels, par deux tambours dentés et par deux griffes ; ce mécanisme est mû par un puissant ressort d’acier que l’on tend au préalable au moyen d’une clé.
- Pour cinégraphier, il suffit de faire entrer le sujet dans le champ du viseur (fig. 8) et d’appuyer sur le bouton de déclenchement ; ce dernier est pourvu d’un encliquetage spécial, grâce auquel il reste abaissé, et laisse, par conséquent, le mécanisme en marche si on le lâche lentement, mais se relève aussitôt si on l’abandonne brusquement ; dans ce dernier cas, le mécanisme s’arrête aussitôt.
- L’obturateur, dont le secteur évidé atteint 240 grades, valeur supérieure à celle que l’on rencontre dans la plupart des cinégraphes, même de professionnels, a un rendement très élevé. Le « Filmo 70 » comporte, habituellement, une seule vitesse, mais il peut aussi être muni de dispositifs spéciaux permettant de choisir entre 16 et 8, 16 et 32 et même 12, 16 et 24 images par seconde. Signalons encore un modèle spécial dont l’obturateur fait 128 tours par seconde et au moyen duquel on peut cinégraphier les mouvements rapides dans des conditions telles que l’on obtienne, lors de la projection, une synthèse ralenties iyhuit fois. Un tel résultat, avec un^appareil d’amateur est absolument remarquable. Un compteur automatique permet de connaître à tout instant la longueur impressionnée.
- D’ordinaire, le « Filmo 70 » est pourvu d’un objectif d’une longueur focale de 25 mm, ouvert soit à F/3,5, soit à F/1,5 ; il peut aussi recevoir des téléobjectifs de 50, 100 et même 150 mm de foyer, donnant, des objets éloignés, des images 2, 4 et 6 fois plus grandes que celles que l’on pourrait obtenir avec les objectifs normaux de 25 mm.
- Le viseur (fig. 8) est constitué par un tube latéral contenant une combinaison optique semblable à celle de la lunette de Galilée mais travaillant en sens inverse ; il est pourvu d’un cache limitant le champ à celui couvert par l’objectif. Grâce à une heureuse disposition de la bague de commande de l’iris et à une échancrure ménagée dans le cache, l’opérateur voit, dans le viseur, le numéro du diaphragme "auquel il opère, en même temps
- qu’il observe le sujet. Lorsque l’on opère au moyen d’un téléobjectif, on a recours à un viseur amovible pourvu d’un cache approprié.
- Au « Filmo 70 » peuvent être adaptés divers accessoires parmi lesquels nous citerons un jeu de caches permettant de limiter l’impression à une surface en forme de cercle, de cœur, de triangle ou de trou de serrure, un dispositif prismatique
- grâce auquel onpeut j?; T ^ Film°-70 uu c°téJiseur
- . 1 a r (Modèle a deux vitesses^ prenant 8 et 16 ima-
- viser par le cote, ges par seconde).
- c’est-à-dire opérer sans attirer l’attention du sujet et un dispositif permettant de titrer les films de toutes les façons imaginables, l’amateur pouvant même cinégraphier sa propre main pendant qu’elle écrit. Ce dernier accessoire, qui est pourvu de puissantes lampes électriques, se prête d’ailleurs à la prise de scènes miniatures et, par suite, à une foule de truquages sur lesquels nous ne pouvons nous étendre ici.
- Le k Filmo 70 » peut, encore, recevoir des filtres jaunes orthochromatiques ou dégradés, un vignetteur à iris et des lentilles déformantes permettant d’obtenir des effets comiques. Ces derniers accessoires sont, d’ailleurs, utilisables également
- sur un nouveau ci- Fig_ 10 _ u , Film0,75 , ouverU
- négraphe plus simple et notablement plus léger, le « Filmo 75 ».
- Cet appareil (fig. 9), qui est de création toute récente, présente l’aspect particulièrement élégant d’un coffret plat, aux extrémités arr o n dies, en j oli v é derinceaux sur toutes ses faces ; n’offrant que très peu d’aspérités, il peut, à la rigueur, prendre place dans une poche. Bien que construit, comme le précédent, avec la plus grande précision, il ne saurait
- réglage du champ du viseur
- etc de remcniatfe
- compléta'
- chiectif-du viseur
- verrou du. dêclencfm dedcndieuA,
- Fig. 9.
- • Le » Filmo-75 » de la Bell and Howell C°.
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- == 256 .......................... '= " =
- procurer à l’opérateur les mêmes avantages ; il ne peut, notamment, fonctionner qu’à la seule vitesse de 16 images par seconde.
- Le mode de chargement est analogue à celui du » Filmo 70 » ; le film suit une trajectoire semblable (fîg. 10); seule une particularité est à signaler : les presseurs qui maintiennent la bande contre les tambours dentés sont indépendants au lieu d’être commandés par une tige uni que.
- Le « Filmo 75 » est, habituellement, pourvu d’un objectif de 25 mm de longueur focale, ouvert à F/3,5, mais il peut aussi recevoir des systèmes optiques de plus long foyer. Le viseur, dont le tube est logé dans l’épaisseur de l’appareil, donne, dans tous les cas, le champ exact, grâce à un cache dont l’ouverture est réglable ; il suffit, lorsque l’on change l’objectif, de tourner au moyen d’une lame la vis de réglage, de façon à amener en regard du repère le trait correspondant au foyer que l’on va utiliser.
- Le moteur consiste en ressorts jumelés de faible lar-
- geur, qui sont, néanmoins, assez puissants pour entraîner 6 m. de film par remontage ; la clé restant fixée à demeure, il est facile de tendre les ressorts à fond, chaque fois que l’on va opérer. Le déclenchement est obtenu par pression sur une languette de métal qui pend au-dessous de la plaquette porte-objectif, c’est-à-dire en un endroit tel qu’il soit facile d’opérer en tenant l’instrument seulement de la main gauche. Un verrou de blocage, qu’il suffit de pousser vers la languette avant de ranger l’appareil, rend impossible tout déclenchement inopiné du mécanisme d’entraînement.
- Par la précision avec laquelle ils sont construits, par la facilité de leur emploi, par l’excellence des résultats qu’ils permettent d’obtenir, les nouveaux appareils utilisant le film de 16 mm résolvent parfaitement le problème de la cinématographie d’amateur. Nous verrons bientôt que le matériel de projection spécialement établi pour ce même film ne le cède en rien aux appareils de prise de vue.
- André Bourgain.
- L’ORGANISATION DU SAUVETAGE DES NAUFRAGÉS
- EN FRANCE ET CHEZ LES AUTRES NATIONS
- Tous les peuples possédant une frontière maritime ont compris la nécessité d’assurer, dans la plus grande mesure possible, le sauvetage des personnes qui, par suite de tempêtes ou autres causes quelconques, se trouvent en danger de périr sur leur littoral.
- Sur l’initiative de la Société centrale de Sauvetage des naufragés, qui assure ce service humanitaire en France, une Conférence internationale des institutions de sauvetage a été organisée à Paris, en juin 1928.
- Cette Conférence a réuni les délégués de 17 nations, dont les rapports nous fournissent l’occasion de faire connaître aux lecteurs de La Nature ce qui se fait actuellement, par le monde, dans cet ordre d’idées si intéressant et les magnifiques résultats fournis par ces diverses organisations.
- LA SOCIÉTÉ CENTRALE DE SAUVETAGE DES NAUFRAGÉS
- Il est permis d’affirmer que la Société française de Sauvetage peut être prise comme modèle. Là nature des côtes de France où se rencontrent les hautes falaises coupées de petits havres, les amas d’écueils balayés par de puissants courants, les plages à très faible inclinaison, les sables mouvants, ont, en effet, forcé cette Société à rechercher et à réaliser la solution de tous les problèmes que pose le sauvetage.
- Nous rappellerons donc les grandes lignes de son fonctionnement. Disons, tout d’abord, que fondée en 1865 par l’amiral Rigault de Genouilly, elle fut aussitôt
- reconnue d’utilité publique. Son président actuel est le vice-amiral Touchard, ancien ambassadeur de France, qui exerce ses fonctions depuis 1914 avec une activité et un dévouement universellement reconnus.
- Le personnel dirigeant de la Société, ses présidents, ses inspecteurs ont toujours été recrutés dans la Marine.
- Elle entretient, actuellement, 108 stations de canots de sauvetage, dont 27 munies de canots à moteurs, 72 postes de fusées lance-amorces et 350 postes de secours munis d’engins divers.
- Depuis sa fondation, la Société a porté secours à 1843 navires et sauvé près de 22 000 vies humaines.
- Les stations de canots et les postes de secours sont répartis sur tout le littoral français, Manche, Atlantique, Méditerranée, Corse, les côtes de Tunisie, Algérie, Maroc.
- Le matériel précieux qu’elles contiennent est confié à des marins volontaires, entraînés par des exercices périodiques.
- CANOTS DE SAUVETAGE
- Les canots sont de modèles différents, suivant les parages et les conditions dans lesquels ils sont appelés à opérer, mais certaines qualités doivent être communes à tous. En premier lieu, ils doivent être insubmersibles, c’est-à-dire à l’abri du danger de couler sous le poids de l’eau de mer qui pourrait les envahir. On obtient ce résultat en recouvrant complètement l’embarcation d’un pont étanche, qui ne permet pas à l’eau de pénétrer dans l’intérieur de la coque.
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- Celle-ci constitue donc un vase clos, fournissant une réserve de flottabilité considérable. Pour assurer à ce vase clos toute son efficacité, même en cas de voie d’eau provenant de déchirures de la coque toujours à redouter, puisque les canots évolueront parmi de redoutables
- -— = 257 =
- l’eau envahit l’intérieur de la coque par avarie, elle ne trouve à occuper que des espaces restreints et le canot n’en reste pas moins insubmersible ; il flotte seulement sur ses caisses à air.
- Le canot de sauvetage ne doit pas, non plus, être exposé
- Jfgmnkijpque, Gra vefines
- REPARTITION DES STATIONS DE SAUVETAGE
- üAudresseifës T Boulogne
- Canot à moteur
- X Canot à ra
- >ncamp
- Granville
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- Casablanca
- *?Safi
- ‘Mogador
- Fig. 1. — Répartition des stations de sauvetage de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés.
- écueils, on le remplit, à peu près entièrement, de caisses métalliques à air, hermétiquement fermées et étanches. Ces caisses sont de formes variables, leur permettant de s’adapter aux courbes de l’embarcation. De sorte que si
- à chavirer. Cette qualité lui est fournie, tout au moins dans la limite humainement possible, par une très grande stabilité de formes.
- Celle-ci s’obtient par une grande largeur, allant
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- Fig. 2. — Canot à redressement de la Société Centrale de Sauvetage des
- Naufragés.
- jusqu’au 3/10e de la longueur, par des fonds presque plats, et par des quilles lourdes.
- On ne connaît pas d’exemple qu’aucun des canots construits d’après ces données et ayant rempli son office dans les mers les plus dures, ait chaviré.
- Entre le pont et le sommet du plat-bord où reposent les avirons, il existe, on le comprend, une sorte de cuvette dans laquelle l’eau des lames ne doit pas séjourner sous peine de compromettre gravement la stabilité de l’embarcation. On s’en débarrasse automatiquement au moyen de puits verticaux, en aussi grand nombre que possible, qui traversent le canot depuis le pont jusqu’à la quille. Leur orifice est muni d’un clapet qui empêche l’eau d’affluer de bas en haut. Celle qui circule sur le pont trouve ainsi un exutoire immédiat.
- Les premiers canots de sauvetage étaient toujours en bois ; l’usage du fer ne s’étant pas encore étendu à la construction navale. Lorsqu’on y vint, par motif d’économie, on dut bien vite reconnaître que le bois convenait infiniment mieux pour des embarcations destinées à naviguer souvent par petits fonds et exposées par conséquent à talonner. Là où les coques de fer ou d’acier se crevaient ou se déformaient dangereusement, les vieilles coques en bois s’éraflaient seulement ou se mâchaient contre les roches sans créer de fortes^voies
- Fig 4. — Baleinière à fond plat, pour cotes basses.
- d’eau. De plus, elles possédaient une élasticité à laquelle les autres ne pouvaient prétendre.
- On construit donc toujours en bois les canots de sauvetage du type courant. Mais cette construction est très soignée. Elle consiste en deux plans de lattes d’acajou se croisant diagonalement, avec interposition d’une toile rendue imperméable. On conçoit, sans peine, la solidité que peut fournir un pareil système. Il est donc devenu classique, en France tout au moins, et s’applique aussi bien aux canots mus seulement à l’aviron et à la voile, qu’à ceux qui possèdent un moteur à essence.
- Canot a redressement instantané. — En 1865, lorsque la Société de Sauvetage française eut à construire ses premiers canots, elle se vit tout naturellement conduite à adopter le type couramment employé déjà par des organisations locales ou quelques institutions étrangères.
- C’était une embarcation relativement légère (2700 kg), de 10 na de long avec 2 m 27 de largeur, qui, jusqu’en 1906, constitua la presque totalité de la flottille de la Société. Il en reste encore en service sur nos côtes une
- Fig. 3. — Lancement d’un canot à redressement automatique (Erqug).
- trentaine, sur les points notamment où le canot aura une barre dangereuse à franchir et où toute embarcation, quelle que soit sa stabilité, est exposée au chavirement (').
- On acceptait donc, pour ce type de canot, l’éventualité du chavirement, avec le correctif d’un redressement automatique instantané.
- A cet effet, ces embarcations sont munies, à l’avant et à l’arrière, de tambours étanches surélevés, sur lesquels ils flottent lorsqu’ils sont chavirés. Ils sont, alors, en équilibre instable et le poids de leur quille les force à se remettre debout à peu près instantanément. L’eau restée sur le pont après le redressement se vide de suite par les soupapes d’évacuation automatiques.
- Les marins qui forment l’armement doivent suivre le mouvement. Il leur est recommandé de saisir fortement les bancs et de tourner avec l’embarcation. Avec elle, ils se retrouvent debout, dans l’air et la lumière.
- Mais on se doute de quel courage stoïque ces hommes
- 1. Canots de sauvetage et Marins sauveteurs. Société d’Éditions géographiques, maritimes et coloniales, 17, rue Jacob.
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- doivent être doués ! Tous sont, bien entendu, munis d’un gilet de sauvetage.
- o O
- Canots a moteur. — L’invention du moteur à explosion est venue expressément après quelques tâtonnements inévitables, en raison des données très spéciales du problème, fournir la vraie solution de la question du canot de sauvetage. Le type du canot à moteur est maintenant réalisé et donne toute satisfaction.
- La coque est en bois, toujours. On lui donne 2 moteurs complètement indépendants pour doubler la sécurité des manœuvres.
- Les 2 hélices sont protégées de manière aussi complète que possible contre l’immobilisation par suite de rencontre d’épaves, de débris flottants au milieu desquels le canot sera certainement appelé à circuler. Chacune d’elles est logée dans un tunnel qui l’enveloppe et sur les côtés et par-dessus.
- La puissance des moteurs varie de 10 à 20 ch. Ils assurent une vifesse d’environ 7 nœuds et l’approvisionnement d’essence permet 20 heures de marche.
- Fig. 6. — Canot à 2 moteurs de Vile Brêhal, sur sa cale de lancement.
- Le canot est ponté, bien entendu. A l’avant et à l’arrière sont ménagés 2 logements qui peuvent ensemble recevoir 25 personnes.
- Ils sont pourvus de puits d’évacuation de l’eau de mer embarquée, avec soupapes automatiques.
- La longueur d’un canot à 2 moteurs est de 10 m, sa largeur de 2 m 90 et son déplacement de 6 m 50. On y embarque toujours une forte voilure, pour parer à une défaillance des moteurs et seulement 4 avirons pour aider une évolution difficile.
- Le canot à moteurs est, bien entendu, d’un prix élevé (400 000 francs). Il y aurait évidemment grand avantage à en généraliser l’emploi, mais la Société qui tire ses ressources de la bonne volonté publique, pour subvenir à ses frais, se voit contrainte de marcher à pas comptés dans la voie du progrès et de placer d’abord ses canots à moteurs sur les points où ils sont particulièrement aptes à rendre de bons services.
- D’ailleurs, sur bien des points, la mise à l’eau d’un canot à moteur ne pourrait être envisagée, notamment sur les plages très peu inclinées et sablonneuses. Le canot de
- Fig. 5. — Canot à 2 moteurs de la Société centrale de Sauvetage, sur son chariot de lancement.
- sauvetage, mu à la voile et à l’aviron, reste donc d’une grande utilité dans bien des parages.
- Il en est cependant encore d’autres, comme la côte de Camargue, à l’embouchure du Rhône, le littoral de Gascogne où le manque de profondeur d’eau s’oppose absolument à l’emploi de canots du type courant. On se sert alors d’embarcations à fond plat, semblables en principe à celles qu’utilisent les pêcheurs de ces côtes. Construites très solidement, elles ne pèsent pas plus de 1000 kg et on peut, sans grosses difficultés, les traîner sur leurs chariots dans les sables mouvants où un canot pesant ne pourrait passer. Ces baleinières sont pontées et munies de 10 puits d’évacuation. Leur cale est, comme celles de toutes les embarcations de sauvetage, remplie de caisses à air. Elles sont mues par 8 ou 10 avirons et ne portent pas de voilure.
- En Allemagne, on étudie l’emploi du Diesel à huile lourde qu’on estime offrir de meilleures chances de fonctionnement et moins de danger d’incendie que le moteur à essence.
- En Hollande où les conditions des plages imposaient une embarcation puissante, on a construit Y Tnsulinde, en acier, de 48 tonnes, avec 19 m de long, 4 m 05 de large, munie de 2 moteurs à huile lourde, développant chacun 60 ch. La vitesse est de 9 n 5.
- La particularité de ce canot consiste en ce que, malgré ses grandes dimensions, on a envisagé la possibilité de
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- Fig, 8. — Le canot de sauvetage hollandais, Z’Insulinde, se redressant après chavirement.
- le voir chavirer et que sa construction comporte un système spécial de redressement automatique très rapide, qui a été essayé à plusieurs reprises et toujours avec un égal succès. L’ Insulinde est toujours tenu à flot.
- l’héroïsme des sauveteurs
- Les équipages des canots de sauvetage, quels que soient leurs types, se recrutent parmi les marins ou pêcheurs de l’agglomération la plus voisine du point où ils stationnent. Ce sont toujours et uniquement des volontaires et nous ne pouvons que nous associer à l’appréciation que porte sur eux la Société qui fait appel à leur dévouement quand elle dit : « dès que le signal d’alarme a retenti, ils accourent ; affections, intérêts, ils oublient tout pour s’élancer, dans des conditions de temps parfois les plus terribles, au secours de leurs semblables en. danger. Qui donc pourrait ne pas admirer jusqu’au fond du cœur un aussi magnifique mouvement d’humanité ? ». La liste serait longue des cas où ces sauveteurs ont déployé un héroïsme et un courage presque surhumains.
- Fig. 9. — Plan d’ensemble de la station de sauvetage de Gourg-la-Hague,
- près Cherbourg.
- 1 Abri du canot de sauvetage Ht Ca/b intérieure
- 3 Cale extérieure
- 4 Pont roulant
- 5 Treuil à moteur
- Port
- . G o u r y
- le Jet dAmdi
- - J a fl a ff u
- On me permettra d’en citer deux :
- C’est, d’abord, le 23 mai 1909, à Penmarc’h (Finistère) :
- Ce jour-là, deux canots de sauvetage sont partis porter secours aux naufragés d’une barque qui venait de chavirer dans des brisants que l’on pouvait juger infranchissables. Ces naufragés, c’étaient des pêcheurs comme les canotiers, des pêcheurs du même village. L’un des canotiers de sauvetage avait deux fils et un gendre dans la barque chavirée.
- A la rencontre d’une lame formidable qui se dressait à l’entrée d’une passe étroite, le premier canot chavira. C’était un canot à redressement : il se redressa... et tous les canotiers se retrouvèrent à bord. Mais les avirons avaient été dispersés. Le canot, tombé en travers, chavira de nouveau. Les canotiers enlevés par les lames successives ne purent se maintenir sur la coque qui résista cependant, se redressa encore, se vida par ses soupapes et fut rejetée intacte à la côte par le courant.
- La seconde embarcation à 100 m derrière ne chavira pas, mais, à la rencontre de la même lame monstrueuse, elle se dressa verticalement à tel point que tous les canotiers furent projetés à la renverse par-dessus l’arrière du canot qui, lui aussi, continua à flotter et fut ramené par le courant sans avoir d’avaries.
- Le tiers seulement des canotiers fut sauvé, ceux qui, grâce à leurs ceintures de sauvetage, purent se maintenir sur l’eau jusqu’à ce que le courant les portât près de terre dans une région abritée par les roches.
- De tels sinistres, heureusement tout à fait exceptionnels, dans les annales de la Société de Sauvetage, n’ont jamais d’ailleurs abattu la force d’âme des canotiers. En voici une preuve saisissante.
- Lorsque, une semaine après le sinistre de Penmarc’h on reconstitua les armements des deux canots, les demandes affluèrent si nombreuses qu’il fut nécessaire de réserver un droit de priorité aux plus proches parents des disparus (').
- En août 1880, à l’occasion d’une visite du Président de la République à Cherbourg, les canots de sauvetage de six stations voisines avaient été convoqués. Cinq d’entre eux arrivèrent le samedi soir par une violente tempête de sud-ouest. Le canot de Grandcamp ne put arriver que le dimanche ; ayant rencontré sur sa route un grand trois-mâts italien en perdition, il avait réussi à en recueillir tout l’équipage qu’il débarqua sain et sauf à Cherbourg. Lorsque les canotiers furent présentés au Chef de l’Etat, celui-ci éprouva un sentiment de véritable émotion en voyant le jeune patron Le Boucher qui venait d’accomplir ce brillant sauvetage : « Voilà un acte qui mérite sa récompense », dit-il en se tournant vers le Ministre de la Marine, et il lui demanda une Croix de la Légion d’honneur qu’il épingla aussitôt sur la poitrine du brave patron de Grandcamp (2).
- Disons, à ce propos, que 70 marins ont reçu la Croix de la Légion d’honneur pour sauvetages effectués avec les canots de la Société centrale.
- 1. Conférence du commandant Cholet.
- 2. La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. Commandant Granjon de Lépiney, administrateur honoraire, 1928.
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- COMMENT ON MET EN ACTION LES CANOTS DE SAUVETAGE
- Ils sont logés, au sec, dans des maisons élevées, bâties ou installées pour les recevoir dans les meilleures conditions et permettant leur mise à l’eau facile et rapide.
- Les canots à rame et à voiles sont généralement placés sur des chariots et, lorsque l’alerte est donnée, traînés à la mer à bras d’hommes ou au moyen de chevaux.
- Lorsque les conditions des lieux s’y prêtent, on construit des cales permettant d’atteindre l’eau à toute heure de la marée, ou bien on installe une glissière inclinée sur laquelle le canot de sauvetage repose. Le chariot est alors supprimé.
- Cale ou glissière pourvues de rails, sont indispensables s’il s’agit de canots à moteurs. La descente ou la remontée s’effectuent alors au moyen de treuils.
- Dans les ports importants, la mise à l’eau s’opère au moyen de grues spéciales.
- En Angleterre, on utilise pour les mises à l’eau des lourds canots à moteurs (20 tonnes) sur les plages exposées et découvertes, des tracteurs à chenilles remorquant le chariot porteur du canot.
- FUSÉES PORTE-AMARRES
- En plus de ses canots de sauvetage, la Société de Sauvetage des naufragés entretient sur le littoral 45 postes de fusées porte-amarres à grande portée, matériel puissant et très efficace, semblable à celui qu’emploient divers autres pays, notamment l’Angleterre et le Danemark. Le porte-amarres français a été étudié et établi par le général Reibel. Il constitue un appareil robuste, d’un poids réduit, permettant de lancer avec précision l’extrémité d’une corde de 2 mm de diamètre à environ 300 m. Il consiste en une tige métallique de 2 m 50 de long, terminée par une bêche qui prend appui sur le sol et amortit le recul. Un porte-cartouche est vissé à l’autre extrémité du lance-amarres. Il reçoit une douille renfermant la charge de balistite. Un système percutant commande la mise de feu. et l’explosion projette une flèche en acier de 3 kg qui coiffe la partie avant du lance-amarres.
- Cette flèche porte à sa base un étrier avec ressort à boudin sur lequel est fixé un bout de la corde dont le reste est logé dans un dérouleur en bois, facilement transportable à l’aide d’une bretelle.
- Le poids total de cet appareil est de 13 kg 500. Il est donc facile de l’amener sur le point du rivage le plus rapproché du navire avec lequel il est nécessaire d’établir une communication. On sait qu’au moyen du cordage du porte-amarres, il est relativement aisé de tendre entre l’épave et la terre un système de va-et-vient permettant aux passagers d’atteindre la côte.
- Il y a, d’ailleurs, intérêt à munir les navires eux-mêmes d’un appareil porte-amarres qui leur permettra, en cas de besoin, par
- Fig. 10. — En Angleterre, le canot est mis à l’eau au moyen d'un tracteur à chenille (ce mode de lancement s’applique aux plages très étendues).
- exemple si le sinistre se produit sur une côte où n’existe aucun matériel de sauvetage, d’établir un va-et-vient avec la terre.
- Disons, en terminant, que la première Conférence, qui s’est tenue à Londres en 1924, a marqué la reconnaissance publique du caractère international du mouvement en faveur des institutions de sauvetage. Ce caractère a été souligné par l’envoi, sur la proposition du délégué japonais comte Yoshu, à toutes les nations maritimes, d’une résolution en faveur de l’établissement d’un service de canots de sauvetage en tous pays (').
- Puis, en novembre 1925, la question du sauvetage des naufragés fut prise en considération par la Ligue des Nations qui décida de mettre le secrétariat de la Ligue à la disposition du mouvement international des services de sauvetage.
- Ct Sauvaire-Jourdan.
- 1. Discours de Sir Godfrey Baring, délégué anglais à la Conférence de Paris de 1928.
- Fig. 11. — Le lance-amarre Reibel (à gauche, présentation de la flèche floüanie : a droite, en position de tir).
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- UN CURIEUX ANIMAL : LA NÉBALIE
- La Nébaîie de. Geoffroy est un petit crustacé, long d’un centimètre, pesant environ 5 milligrammes, fort intéressant à observer à des points de vue très divers.
- Tout d’abord, il forme, à lui seul — ou presque — un ordre, les Leptostracés, dont on a beaucoup discuté la position systématique. Il se place vraisemblablement entre les Malacostracés ou Crustacés supérieurs et les autres formes inférieures et indique la transition entre eux.
- Puis, il a longtemps été considéré comme rare, alors qu’il pullule sur nos côtes, quand on sait le moyen de l’observer et de le capturer.
- Enfin, il présente, d’après le récent travail de M. L. Baudin, paru dans les Mémoires de la Société vaudoise des Sciences naturelles, une particularité physiologique jusqu'ici insoupçonnée qui donnera l’occasion de le présenter ici.
- La Nébalie apparaît comme une lentille blanche, translucide, d’où sort toute une série d’appendices. En effet, deux valves enveloppent le corps et l’on en voit dépasser un rostre et sortir les antennes, les yeux, les pattes respiratoires et locomotrices au nombre de 8,' une queue terminée par deux pointes. Vivant, l’animal tient ses deux valves rapprochées et en fait appéndices ; mort, les
- Fig. 1 et 2. — La Nébalie de Geoffroy. A gauche, femelle : à droite, mâle, fortement grossis.
- A’, antenne antérieure ; A”, antenne postérieure ; R, rostre ; O, œil ;
- M, gésier ; D, intestin ; S, test ; G, canal déférent.
- rement, les pattes respiratoires qui s’agitent et, chez les femelles, la masse des œufs.
- On rencontre les Nébalies près des côtes. En Bretagne, on en découvre parfois de véritables nids sous les pierres,
- dans de petites flaques d’eau de la zone des marées qui stagnent quand la mer descend et toujours dans un milieu putride, où achèvent de s’altérer des débris organiques.
- Longtemps, on a considéré les Nébalies comme rares et l’on citait les points, Concarneau par exemple, où il est possible d’en rencontrer. Mais il est un moyen d’en trouver en abondance que M. Baudin a utilisé pour s’en procurer. Il suffit de placer dans un casier ou une nasse quelques crabes morts et de préférence écrasés, particulièrement des tourteaux ou des araignées de mer. En immergeant un casier ainsi appâté et le relevant le lendemain, on trouve de nombreuses Nébalies logées dans les pattes, sur les branchies, sous l’abdomen où elles se sont rassemblées, pour se gaver des viscères en putréfaction.
- M. Baudin en a recueilli jusqu’à 50 sur un seul crabe et
- sortir plus ou moins tous ses deux valves s’ouvrent, s’écartent et le cadavre prend l’aspect d’une sorte de monoplan.
- Tout est blanchâtre, transparent, sauf les yeux qui forment des masses très pigmentées, rouges ou noires.
- Au microscope, on distingue à travers les valves toute T anatomie de l’animal : le tube digestif plus ou moins teinté par la nourriture, le cœur dorsal qui bat réguliè-
- a pu en ramasser jusqu’à 300 en un jour. Chose curieuse, il a constaté que les Nébalies, très nombreuses en période de morte eau, deviennent rares au moment des grandes marées.
- La manière dont on peut recueillir les Nébalies pose un problème physiologique intéressant que M. Baudin a eu le mérite de résoudre.
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- Voilà un animal muni de pattes branchiales très grandes et toujours en mouvement ; ces pattes ont d’énormes rames respiratoires ; cela semble indiquer des échanges respiratoires, très actifs, une consommation d’oxygène intense. Et, cependant, on le trouve dans des matières en putréfaction, dans un milieu presque anaérobie, parfois même dans des liquides complètement privés d’oxygène. Comment expliquer cette contradiction.
- Certes, on pourrait, à première vue, faire l’hypothèse que la très grande étendue des surfaces respiratoires est justement réalisée pour compenser la pauvreté du milieu en oxygène dissous et recueillir la moindre trace qui reste du gaz vital, mais l’observation attentive est autrement féconde et montre un phénomène tout différent.
- A son étude, M. Baudin a consacré tout l’été dernier au Laboratoire maritime du Collège de France, à Concarneau et voici ce qu’il a constaté.
- Les Nébalies qu’on met dans l’eau de mer d’un vase en verre exposé à la lumière se rassemblent du côté opposé à l’arrivée des rayons ; on dit qu’elles sont luci-fuges, qm elles ont un phototropisme négatif.
- Cependant, si on installe deux vases d’eau de mer, communicants, l’un contenant un fragment de crabe en putréfaction, entouré de papier pour donner de l’ombre et l’autre contenant des ulves et exposé à la lumière directe, on voit les Nébalies à jeun aller d’abord vers la nourriture, puis une heure plus tard quitter le milieu obscur et putride pour se rendre dans les ulves à la lumière.
- Le lendemain, on retrouve mortes dans le vase obscur celles qui n’ont pas trouvé le chemin vers la lumière et l’eau pure. Les Nébalies qui viennent de se nourrir ne recherchent pas le milieu putride et vont immédiatement vers la lumière ; celles qui s’égarent dans le premier milieu y meurent beaucoup plus vite que les animaux à jeun.
- Si l’on met dans de l’eau de mer pure des Nébalies gavées et d’autres à jeun, les premières consomment l’oxygène deux fois plus vite que les secondes, comme si
- ..........263 =
- leur travail de digestion exigeait autant d’oxygène que toutes leurs autres fonctions réunies.
- Dans une expérience, 70 Nébalies ont absorbé en 6 heures 1 milligramme d’oxygène. Comme leur poids est de 350 milligrammes environ, cela ferait, pour 70 kg de Nébalies, 800 gr d’oxygène consommés en un jour, équivalant sensiblement à la respiration d’un homme dont le milieu intérieur est cependant à 37° et non à 18 ou 20°. C’est là une quantité énorme, un véritable record pour un animal à sang froid.
- M. Baudin a étudié aussi la résistance à l’asphyxie des Nébalies placées dans de l’eau désoxygénée par'la pullulation de bactéries, l’ébullition, le barbotage d’hydrogène. Elles y perdent tôt leur phototropisme négatif et y meurent après quelques heures.
- De toutes ces expériences et d’autres encore qu’on trouvera dans le mémoire de M. Baudin, se dégage l’explication du paradoxe qu’on avait observé : le fait qu’on recueille toujours les Nébalies, crustacés à énormes organes respiratoires, dans un milieu anaérobie. Les Nébalies à jeun fuient la lumière, cherchent les crabes en putréfaction, y pénètrent et se gavent. C’est à ce moment que le naturaliste les trouve aisément. Mais ce n’est pas leur habitat constant et elles ne sauraient y séjourner longtemps sans mourir. Elles y perdent leur sensibilité à la lumière si bien que, leur tube digestif rempli, elles quittent les crabes morts pour nager activement en pleine eau et y respirer avec la plus grande intensité. C’est à ce moment qu’elles échappent à l’observation du naturaliste.
- Voilà donc un animal qui dissocie ses fonctions ou, plus exactement, qui les exerce alternativement dans toute leur ampleur : quand il mange, il respire peu ; il respire beaucoup quand il assimile ; et il change chaque fois de milieu. Il est probable qu’il n’est pas le seul chez lequel une observation attentive, comme celle de M. Baudin, révélerait une physiologie des plus intéressantes. René Merle.
- A PROPOS DU CENTENAIRE DES ÉTABLENTS JACOB HOLTZER
- LE GROUPE MÉTALLURGIQUE DE FIRMINY
- Lorsque, quittant l’express de Paris à Saint-Etienne dans la plaine du Forez, on emprunte le chemin de fer de Saint-Just-sur-Loire à Firminy, le spectacle qu’offrent les gorges de la Loire est des plus pittoresques. Le train s’attarde dans des tunnels nombreux, à travers un paysage sauvage et désert, aux abrupts grandioses, coiffé de tours en ruines, romantique à souhait. En bas, le fleuve écume et râle dans ce défilé hautain, presque sinistre. Un dernier tunnel. Brusquement l’horizon s’élargit, se déploie comme un éventail entr’ouvert. Une rivière aux eaux noires serpente dans des prairies d’un vert foncé : c’est l’Ondaine. Au fond se dressent les cheminées fumantes des Etablissements Holtzer, l’une des grandes usines qui s’alignent vers l’amont, le long du cours d’eau,
- sur 15 km. L’ensemble constitue un des éléments essentiels de ce qu’on a l’habitude d’appeler la région métallurgique de la Loire. 55 000 habitants s’entassent dans cinq agglomérations qui se suivent à peu près sans interruption.
- Firminy est, des communes riveraines de l’Ondaine, la seule qui présente l’allure d’une véritable ville. Elle s’est établie à un coude de la vallée qui s’élargit à cet endroit et forme une sorte, de bassin environné de hauteurs boisées atteignant au sud près de 900 m d’altitude. Elle prend volontiers l’allure d’une petite capitale, avec ses banques, ses grands magasins, ses tramways et sa gare très active que l’on vient de doubler d’une vaste gare de marchandises. A ses 21 000 habitants, s’ajoute
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- LEGENDE
- Unieux Communes, de l’Ondaine autres que Firmy Groupe métallurgique de Firminy (Firm/ny.Le Vigneron.la Malafolie
- Usines
- Unieux
- LeChambon
- Fraisses
- Fig. 1. — Le groupe métallurgique de Firming.
- d’ailleurs, la population de deux agglomérations qui la flanquent à l’est et . à l’ouest et forment comme deux faubourgs : le Vigneron qui dépend de la commune d’Unieux et La Malafolie qui fait partie du Chambon-Feugerolles. Ainsi élargi, Firminy forme un groupe industriel de plus de 30 000 habitants et concentre les organes essentiels de la vie économique de l’Ondaine : les Aciéries et Forges de Firminy, les Etablissements Jacob Holtzer, les Forges et Aciéries du Chambon-Feu-gerolles, groupant ensemble près de 10 000 ouvriers. La puissante Compagnie des Mines de Roche-la-Molière et Firminy possède, à la Malafolie, quatre de ses puits principaux. On trouve encore cinq usines de textile dont
- l’une occupe 600 ouvriers et une douzaine de petits établissements métallurgiques spécialisés.
- LA NAISSANCE
- DU CENTRE MÉTALLURGIQUE
- On a fêté, le 28 juin dernier, le centenaire de l’une de ces grandes firmes, les Etablissements Jacob Holtzer, dont les aciers spéciaux ont une renommée mondiale. C’est, en effet, dans la première moitié: du xixe siècle que la grosse métallurgie s’est déve-- loppée dans . cette région. Auparavant, on trouvait une industrie du fer, établie depuis lè xvie siècle au moins, pratiquée par des forgerons et surtout des cloutiers qui travaillaient le métal venu de la Bourgogne et de F Ardèche. Son importance était modeste, si on la compare à celle de Saint-Chamond et Saint-Etienne qui brillaient alors d’un éclat très vif. Ses produits ne commencèrent à acquérir une certaine réputation qu’au xvme siècle, où on les expédiait à Paris, en Bretagne et par Marseille jusqu’au Levant. '
- La grande industrie s’installe dans la Loire en 1815. C’est un Anglais, Jackson, qui crée, sur les bords de l’Ondaine, la première fabrique d’acier fondu en France. L’emploi de la houille, qu’on trouvait là en abondance, se généralisa dans les usines. Jusqu’en 1860, les créations se succèdent. En ce qui concerne le groupe de Firminy, trois dates méritent d’être retenues : 1829, Jacob et Jean Holtzer ayant quitté l’Alsace, établissent près du village d’Unieux un modeste martinet et développent l’industrie des aciers fondus. 1852 : Claudinon fonde, entre Firminy et le Chambon-Feugerolles, les Forges et Aciéries du Chambon-Feugerolles. 1854 : F.-F. Verdié organise une société en commandite et fait bâtir, à l’emplacement d’une fabrique de faulx, les ateliers qui deviendront les Aciéries et Forges de Firminy. A quelques nuances près, l’évolution de ces trois usines est la même ; elle peut donner une idée assez juste de celle du groupe métallurgique de la Loire tout entier et, dans une certaine mesure, des transformations qu’a subies la sidérurgie du Massif central.
- Jusqu’en 1880, l’industrie de Firminy se développe très rapidement, suivant la progression du bassin métallurgique de Saint-Etienne, dont la production décuple en moins d’un demi-siècle.
- Chose curieuse : c’est dans la fabrication de l’acier, produit cher à cette époque, que la région de Firminy se rend célèbre. La fonte est difficile à obtenir, car les minerais locaux n’ont pas donné les résultats espérés. On fait
- 'Fig. 2. — Un témoin de la naissance d’un grand établissement métallurgique. ;
- Les anciens martinets installés en 1829 aux Etablissements Jacob Holtzer. Les martinets sont utilisés encore aujourd’hui pour forger le fer.
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- Vue générale des Aciéries Jacob Holtzer, à Unieux. j
- Fig. 3. —
- venir le métal brut que l’on va transformer. Le premier en France, Jacob Holtzer installe des fours à puddler, puis une fabrique de cloches en acier.
- Pour obtenir plus facilement les fontes fines dont il a besoin, il s’intéresse aux hauts fourneaux de Ria (Pyrénées-Orientales). Il les achètera plus tard. En 1861, il occupe 500 ouvriers, Alsaciens pour la plupart, formant
- au Vigneron une véritable cité ouvrière. Les usines Verdié suivent une ascension analogue : leur fondateur trouve le moyen de souder l’acier sur la fonte en 1855 : ce métal mixte augmentait considérablement la durée des rails de chemins de fer. Le convertisseur Bessemer, adopté par Saint-Chamond, porta un coup fatal à cette invention ; Verdié fait installer alors des fours Siemens,
- Fig. 4. — Les fours à cémenter des Aciéries Jacob Holtzer. Au fond s’élève une des croupes boisées qui enserrent la vallée de l’Ondaine.
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- puis Siemens-Martin, et livre, ainsi, en grande quantité et pour la première fois dans notre pays, un acier moins coûteux que l’acier Bessemer. Les Aciéries et Forges de Firminy font encore construire en 1873 un haut fourneau de 2G0 mètres cubes, alimenté par les minerais algériens du Mokta-el-Hadid. Actuellement, il est le seul en activité dans la Loire.
- La ville grandissait en même temps que son industrie ; sa population n’était que de 4800 habitants en 1840 ; en 1890, elle atteignait 14 000 âmes. Le vieux bourg, groupé autour de son clocher du 3tve siècle, vestige de l’ancien prieuré du Moyen-Age, se double de cjuartiers
- Fig. 6. — Chargement d’un creuset pour la fabrication de l’acier au creuset, aux Etablissements Jacob Holtzer.
- Les matières premières sont choisies et dosées, afin d’obtenir un acier ayant des propriétés nettement définies..
- ouvriers jusqu’aux bords de l’Ondaine. Firminy se rapproche de son gagne-pain.
- L’ÉVOLUTION DE LA MÉTALLURGIE DE LA LOIRE A PARTIR DE 1880
- A partir de 1880, la métallurgie de la Loire traverse une crise grave. Jusque-là, la houille qu’elle trouvait sur place lui assurait- un immense avantage. Cet avantage n’est plus suffisant. L’approvisionnement en matière première demeure difficile dans cette région montagneuse. D’autres groupes sidérurgiques travaillant sur le charbon, le Nord par exemple, offraient un ravitaillement beaucoup plus facile. Mais surtout, de nouvelles régions, riches en minerais, bien situées, commençaient à se développer et bientôt les découvertes de Thomas et Gilchrist, permettant de déphosphorer la minette, font de la Lorraine un gigantesque foyer sidérurgique. Des faillites retentissantes ébranlent l’industrie .^stéphanoise. Les hauts fourneaux s’éteignent un à un. Firminy tient bon, car déjà ses grandes usines ont transformé leur fabrication. Les produits courants ne sont plus rémunérateurs ? Sur eux pèsent trop lourdement les tarifs des transports ? On s’oriente alors délibérément vers les aciers fins, les pièces délicates, où le travail de l’esprit a plus d’importance que celui du marteau-pilon. Les Etablissements Holtzer montrent la voie. Dès 1875, un de leurs ingénieurs, M. Brustlein, étudiait dans son laboratoire la production des aciers spéciaux au chrome, au nickel, au tungstène. C’est une révolution dans l’armement et surtout dans l’artillerie. Des essais retentissants en France, puis en Italie, en Russie et jusqu’en Amérique consacrent la renommée des aciers Holtzer. Les usines Claudinon et Verdié ne restent pas en arrière : sans abandonner les aciers Martin, elles développent la production des aciers fondus au creuset et des moulages d’acier. Verdié travaillant pour les chemins de fer et la marine ; Claudinon, pour l’outillage agricole et industriel. L’équilibre se rétablit peu à peu.
- La guerre de 1914-1918 donne un violent coup de fouet à la métallurgie du bassin de Saint-Etienne, alors que le Nord et la Lorraine sont occupés par les Allemands. Dès le Ie1’ novembre 1914 les Aciéries et Forges de Firminy livrent les premiers obus de 75 mm, puis canons, affûts, projectiles de toutes sortes, plaques de blindage sont fabriqués à un rythme sans cesse accéléré par un personnel qui dépassa 10 000 ouvriers. Les Aciéries Holtzer travaillent pour l’aviation et envoient des obus pesant 2 tonnes, pour les pièces de 520 mm. Elles occupent alors 6000 travailleurs. Firminy s’emplit à craquer d’une population cosmopolite où races et nationalités se coudoient sans surprise. Un moment, elle compta plus de 40 000 habitants.
- Après la paix et une courte crise, l’industrie du fer s’est pliée aux conditions nouvelles. Mais les produits fins ont toujours la préférence : aciers inoxydables et pièces d’avion aux Etablissements Holtzer; versoirs,
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- essieux, fontes et aciers moulés aux Aciéries du Chambon-Feugerolles ; raccords, fils d’acier, arbres de marine aux Aciéries de Firminy. Le personnel est moins nombreux que pendant la guerre, mais son chiffre est supérieur à celui de 1913. On a modernisé et renforcé l’outillage : c’est ainsi que les usines Floltzer possèdent 19 foürs à creuset et 60 marteaux-pilons. Les Aciéries de Firminy ont 5 fours Martin, 8 fours à puddler et une presse de 2500 tonnes. Quant aux Forges et Aciéries du Chambon, elles ont aussi leurs fours Martin, dont 2 de .50 tonnes et une vingtaine de pilons, dont 1 de 60 tonnes. Pour faciliter leur approvisionnement ces firmes ont, bien avant 1914, esquissé, nous l’avons vu, une de ces » concentrations » qui devaient connaître une singulière fortune dans l’Allemagne d’après-guerre. L’exemple des Aciéries et Forges de Firminy est significatif : cette Société comprend 8 établissements répartis aux quatre
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- coins de la France : l’usine des bords de l’Ondaine reste importante, mais des satellites ont surgi aux Dunes (Nord), a Riou-Péroux (Isère), à Saint-Ouen (Seine), etc.
- On peut se rendre compte, par cette simple esquisse, du caractère original qu’offre la métallurgie dans la région de Firminy. Son histoire est un persévérant et audacieux effort pour surmonter les difficultés qu’offre un milieu naturel assez ingrat. Pour cela, des hommes se sont trouvés, ingénieux, pleins d’initiative, toujours à l’affût des nouveautés et des inventions. Dans peu de centres métallurgiques, l’industrie est aussi profondément imprégnée de pensée humaine. C’est pourquoi il nous a paru opportun de rappeler, au moment où la sidérurgie française fête un de ses grands centenaires, le mérite de cette équipe de maîtres de forges qui, par leur énergie lucide, ont été des créateurs de vie et d’activité. Maurice Debesse.
- UNE ENERGIE NATURELLE UTILISABLE
- LES LACS GLACÉS DES RÉGIONS BORÉALES
- Partout où la nature nous offre des différences de température, maintenues par le jeu des éléments physiques de notre globe, il est théoriquement possible de créer de la force motrice, sans autres dépenses que celles nécessaires pour construire l’installation qui tirera parti de cette chute de température, mise gratuitement à notre disposition.
- C’est cette idée qui préside aux travaux actuellement poursuivis par MM. Georges Claude et Boucherot, pour utiliser la différence de température qui règne, sous les tropiques, dans la mer des Antilles, entre les couches supérieures chaudes de la mer et les couches profondes à basse température.
- Il existe en d’autres points du globe, des chutes de température naturelles dont il est également possible -de tirer parti et, à la suite des communications de Georges Claude, il en a été signalé un certain nombre.
- Parmi les plus intéressantes, est celle qui vient de faire l’objet d’une étude approfondie de la part de M. FI. Barjot, et qui vise dans les pays froids à tirer parti des eaux profondes, maintenues à température relativement élevée, alors que la température en surface est très basse.
- Dans les pays très septentrionaux, pendant l’hiver, les eaux naturelles (rivières, lacs, mers) ne se congèlent qu’en surface, tandis qu’elles restent liquides dans la profondeur. La carapace superficielle de glace, dont l’épaisseur ne dépasse guère 5 m, forme une cloison isolante parfaite qui empêche le refroidissement ultérieur de la masse d’eau et, celle-ci, malgré la température très basse de l’atmosphère, se maintient liquide à une température voisine de zéro, tandis que la température de l’atmosphère reste souvent pendant de longs mois inférieure à — 40°.
- Cette masse d’eau constitue une immense réserve de chaleur, qui pourra être utilisée comme source chaude
- dans un cycle thermique destiné à produire de l’énergie mécanique, la source froide étant créée par l’atmosphère.
- COMMENT METTRE EN ŒUVRE LA CHALEUR FROIDE
- Comment mettre en œuvre ces calories « froides » ? Il vient immédiatement à l’esprit de procéder comme MM. Claude et Boucherot avec l’eau froide remontée du fond de l’Océan. Grâce à la basse température extérieure, il sera aisé de maintenir un condenseur à — 22°, par exemple. Mettons ce condenseur en liaison avec une enceinte close, alimentée en eau à 0°, en intercalant une turbine dans la conduite de liaison. L’eau s’évapore dans l’enceinte chaude, c’est-à-dire dans la chaudière à 0°, et la vapeur se dirige vers le condenseur à — 22°, en traversant la turbine qu’elle mettra en mouvement.
- L’évaporation entraînera le refroidissement de l’eau et celui-ci pourra être poussé sensiblement en dessous de zéro ; l’eau se congèlera donc partiellement dans notre paradoxale chaudière. A condition que l’on puisse évacuer la glace formée qui joue ici le rôle de scories, ce n’est pas un inconvénient, bien au contraire ; car cette congélation libère 80 calories par kilogramme d’eau solidifiée. Telle sera, en gros, la quantité de chaleur fournie au cycle, par la source chaude, pour chaque kilogramme d’eau mis en jeu. C’est une quantité relativement considérable, bien plus élevée que celle qui est mise en jeu dans le procédé Claude-Boueherot, où la source chaude ne cède sa chaleur que par abaissement de température .sans changement d’état et, par suite, ne peut débiter que 1 calorie par degré et par kilogramme d’eau utilisée.
- La méthode ci-dessus, en apparence très simple, serait en réalité impraticable, en raison de la très faible tension de vapeur de l’eau ou de la glace au voisinage de zéro
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- (4 mm de mercure). Un kilogramme de vapeur sous cette pression occupe un volume de 210 mètres cubes. Il faudrait des turbines et des canalisations gigantesques pour assurer un pareil débit : et, d’autre part, il serait très difficile d’assurer l’étanchéité et, par suite, de maintenir dans l’enceinte la basse pression, nécessaire pour une évaporation rapide.
- LA MISE EN PRATIQUE DU PROCÉDÉ
- M. Barjot tourne très ingénieusement cette difficulté en recourant à un fluide intermédiaire bouillant à basse température ; l’eau, en se refroidissant et en se congelant cède à ce fluide les calories nécessaires pour se vapo-
- l’isobutane C4Hl!> (-f- 1°), l’éther de pétrole (+35°).
- Par ce procédé, la pression dans le bouilleur sera suffisamment élevée et l’échange de chaleur entre l’eau et l’agent vaporisé s’effectuera par contact direct et, par suite, avec le rendement maximum.
- L’installation comportera donc un bouilleur-mélangeur d’eau froide et d’hydrocarbure, une turbine et un condenseur de vapeurs d’hydrocarbure.
- Examinons successivement ces trois organes.
- Le bouilleur. — C’est une simple marmite hermétiquement close. L’eau, pompée sous la couche de glace du lac, de la rivière ou de la mer, y est pulvérisée au sein d’une atmosphère d’hydrocarbure, sous
- Fig. 1. — Schéma d'ensemble d'une installation du système Barjot, pour utiliser dans les régions froides l’énergie thermique
- des eaux profondes.
- riser. La vapeur dense ainsi dégagée se dirigera vers le condenseur, en traversant une turbine.
- On aurait pu songer à se servir de gaz liquéfiés (acide sulfureux, ammoniac), comme ceux que l’on emploie dans les machines frigorifiques ; mais ce serait également peu pratique. Ils exigeraient un système de tubes coûteux et- à travers lesquels le passage de la chaleur serait rapidement bloqué par la formation de la glace.
- M. H. Barjot propose d’évaporer directement dans le bouilleur, au contact même de l’eau à zér.o, un liquide insoluble et volatil ; en l’espèce, un des hydrocarbures volatils qui forment les premières fractions de distillation du pétrole brut. Ceux qui paraissent le mieux convenir sont : le propane (C°H8) dont le point d’ébullition est —45°, le butane C4H10 (point d’ébullition — 17°),
- la pression d’ébullition de celui-ci à zéro. Les gouttelettes d’eau fournissent à l’hydrocarbüre la chaleur nécessaire à sa vaporisation et, en raison de cet échange, se congèlent en formant de petites masses de glace que l’on évacue aisément. Car, plus lourdes que l’hydrocarbure, elles tombent au fond du bouilleur, cl’où elles s’échappent vers l’extérieur par un bouchon hydraulique (fig. 1).
- Les turbines. — Ce sont de simples turbines à basse pression, mises en rotation par des vapeurs d’hydrocarbure au lieu de vapeur d’eau.
- Par exemple, si l’on emploie comme fluide volatil l’éther de pétrole, la pression d’admission y sera de trois quarts d’atmosphère et la pression d’évacuation d’un tiers d’atmosphère environ.
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- leurs de butane "s,
- CONDENSEUR
- Colonne
- deSaumure
- formant
- 'bouchon hydraulique'
- Turbine
- Turbine
- Turbine
- Turbine
- Saumure
- fumure
- Eauincongelée
- BOUILLEUR
- Vidange de
- Fig. 2. — Coupe d'une centrale thermique système Barjol.
- (En bas, le bouilleur à butane chauffé par l'eau incongelée pompée sous la glace; au-dessus, les turbines à vapeur de butane, échappant dans un condenseur refroidi au moyen de cryohydrate de sel marin.)
- Le condenseur. — On pourrait employer comme condenseur un aéroréfrigérant dont les tubes seraient balayés par l’atmosphère extérieure. Mais ce procédé de réfrigération est peu pratique ; car l’air n’a qu’une faible capacité calorifique. En outre, l’atmosphère extérieure est sujette à de grandes variations de température : très froide en général pendant la nuit, elle se réchauffe souvent beaucoup pendant le jour, notamment l’après-midi, ce qui compromettrait le fonctionnement de l’installation au moment où la demande d’énergie est maxima.
- M. Barjot propose un moyen tout différent : il constitue à l’avance une réserve de glace saline qui servira à alimenter le condenseur. On sait qu’une solution saturée de sel marin se solidifie à — 22° en un cryohydrate. Cette congélation s’effectuera au contact de l’atmosphère dès que la température tombera au voisinage de — 27°. La glace saline ainsi obtenue constitue une véritable réserve de froid. C’est un parfait agent de réfrigération, en raison de la chaleur énorme qu’elle doit absorber pour fondre (80 calories par kilogramme). Elle sera placée dans le condenseur en contact direct avec la vapeur d’hydrocarbure, détendue au sortir de la turbine. On obtiendra une condensation énergique à- une température remarquablement fixe qui est celle du point de fusion (— 22°) du cryohydrate. L’eau salée de fusion et le fluide reliquéfié se sépareront d’eux-mêmes par différence de densité et pourront resservir indéfiniment.
- Il est à remarquer que le problème de l’extraction des gaz non condensables hors du condenseur offre ici moins de difficultés que dans le procédé Claude ; car, à puissance produite égale, le procédé Barjot ne met en œuvre qu’une quantité d’eau 20 fois plus faible. D’autre part, la glace
- saline introduite dans le condenseur a expulsé tous ses gaz dissous, au moment de sa congélation et par suite elle n’introduit pas de gaz au condenseur.
- La préparation de la provision de cryohydrate ne semble pas devoir offrir de difficultés ; si l’on travaille sur un lac par exemple, la surface glacée de celui-ci offrira une aire plane tout indiquée pour y répandre en couche mince la saumure à congeler. Le cryohydrate accumulé pendant la nuit constitue une véritable réserve d’énergie, grâce à laquelle le fonctionnement à pleine charge de l’installation pourra être assuré à tout moment avec une parfaite sécurité.
- Une solution saline couvrant 1 kilomètre carré et
- Fig. 3. —• Vue d'une centrale disposée au bord d’un lac.
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- Isotherme d’hiver-20°: limite la région où le procédé peut-être mis .en application
- y' Houille blanche d'hiver Ulllij Terrains pré-cambriens
- Fig. 4. — Carie du Canada montrant la situation de Visotherme d’hiver de — HQ0 (limite de la région où le procédé Barjot est applicable).
- congelée sous une épaisseur de 15 cm peut alimenter pendant 24 Heures, à pleine charge, le condenseur d’une centrale de 30 000 ch.
- Notons encore que si la température extérieure n’est pas assez basse pour assurer la formation du cryohydrate à — 22°, la centrale ne sera pas arrêtée pour cela. On congèlera une saumure plus diluée : on sait, en effet, que le point de congélation d’une solution saline s’élève quand la concentration s’abaisse. Une saumure à 20 pour 100 de sel marin se prendra en glace à — 15°. Bien entendu, le rendement de l’installation sera d’autant meilleur que la température de la glace condensante sera plus basse. .
- Au bord de la mer, l’approvisionnement en saumure sera évidemment particulièrement commode et économique.
- Notre figure 1 montre comment M. Barjot conçoit la
- Fig. 5. —; Courbe de débit d’une chute d’eau au Canada.
- Elle montre que l’hiver rigoureux, en immobilisant l’eau, produit un profond affaiblissement de la production hydroélectrique. L’utilisation de la « houille blanche d’hiver » permettrait de remédier au déséquilibre entre la production et la demande.
- Demande
- r/esa ’trfess' ?8U do jnarrt rn deb taprèt »^des net g et
- Production
- Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin
- Juif Août Sept. Oct. Nov. Déc.
- fabrication de la glace saline et son amenée au condenseur.
- LES APPLICATIONS
- . Le procédé imaginé par M. Barjot apparaît donc comme parfaitement logique et réalisable. Son rendement théorique est de 8 pour 100, son rendement pratique tomberait sans doute aux environs de 4 à 5 pour 100 ; le chiffre peut paraître bien faible (le rendement théorique du procédé Claude-Boucherot n’est que 1,5 pour 100) ; mais il ne faut pas oublier qu’il s’applique à une énergie naturelle gratuitement mise à notre disposition et, au point de vue pratique, la seule question est que la mise en œuvre du procédé n’exige que des dépenses de premier établissement acceptables, eu égard à la puissance utile fournie. La simplicité des organes d’une centrale Barjot laisse présumer qu’il en serait bien ainsi.
- Un moyen nous est donc offert pour mettre en œuvre des réserves immenses d’énergie, dont, jusqu’ici, nul, à notre connaissance, n’avait songé à tirer parti.
- On objectera, sans doute, que les régions qui les recèlent se prêtent bien mal à leur utilisation : sans habitants, sans industrie, à quoi y employer la force motrice rendue ainsi disponible ? L’objection ne tient guère ; il suffit de considérer, à titre d’exemple, la situation du Canada pour la voir tomber.
- Il existe, au Canada, à des latitudes comparables à celles de la France, de vastes régions, aux multiples ressources, mais handicapées par leur long et dur hiver, qui y paralyse l’exploitation des chutes d’eau et les prive de force motrice. Il suffirait d’y mobiliser, pendant la saison froide, l’énergie thermique des eaux profondes, remplacée en été par l’énergie hydroélectrique, pour y appeler les hommes et en faire de belles contrées de peuplement et d’industrie. Plus au Nord, les terrains précambriens du Canada Arctique, recèlent d’immenses richesses minières.
- Les fameux gisements d’or du Klondyke qui, il y a quelques années, attirèrent tant de chercheurs et d’aventuriers, malgré les difficultés d’accès offrent un exemple des trésors que recouvre l’immense solitude glacée du nord de l’Amérique.
- Les prospections des géologues en ont révélé d’autres, mais leur exploitation ne peut être envisagée actuellement dans des régions où tout fait défaut à l’homme.
- La situation se trouvera profondément modifiée le jour où l’on saura mettre en œuvre ce que M. Barjot appelle la houille blanche d’hiver.
- Des conditions analogues se rencontreraient probablement dans le nord de la péninsule Scandinave et en certains endroits de la Sibérie.
- Jusqu’ici, la zone tempérée, seule, a offert à l’activité humaine un théâtre où elle peut s’exercer dans toute son intensité. Mais la science, en nous donnant des moyens de tirer parti des températures extrêmes, nous donne les armes pour corriger, par le jeu même des forces naturelles, l’effet des climats défavorables et, par suite, pour élargir le domaine des richesses naturelles exploitables.
- A. Troller.
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- UNE FERME DE PARASITES AUX ÉTATS-UNIS
- CONTROLE DES INSECTICIDES - LUTTE CONTRE LES INSECTES
- Le gouvernement des Etats-Unis possède une ferme destruction des insectes étaient franchement inalhon-
- probablement unique dans son genre. On y élève des nêtes. C’est pourquoi le Bureau créa une station d’expé
- chiens pour avoir leurs puces, des poulets pour avoir leurs rimentation à Vienna (Virginie), à quelques kilomètres
- poux. Il y existe un poulailler pour ramasser des acariens de Washington pour l’expérimentation aux fins d'analyse
- ou mites des volailles. On y produit des choux pour nourrir et d’essai des produits antiparasitaires livrés au commerce,
- les altises des choux et des roses pour avoir des aphides afin de sauvegarder les intérêts des agriculteurs, des pro-
- des roses. On y trouve une maisonnette pour les cafards, priétaires de vergers, des maraîchers, des aviculteurs .
- Fig. 1. — Vue générale de la ferme des parasites, à Vienna (Virginie).
- une chambrette chauffée pour les mites de vêtements et les « vrillettes », ces redoutables ennemis de nos meubles et des planchers de nos maisons.
- La ferme comprend également un verger, un jardin potager et une serre, afin d’offrir aux parasites l’occasion de pulluler à leur aise dans les conditions les plus favorables à leur développement.
- Mais, direz-vous, pourquoi tout cela? Simplement pour contrôler les innombrables insecticides qui, toutes les semaines, sont lancés sur le marché.
- En 1910, lors de la création du Bureau des Insecticides, les deux tiers des préparations vendues pour la
- Dès qu’un nouvel insecticide apparaît, les agents de la ferme prélèvent un échantillon du produit pour essayer, immédiatement, tous les avantages énumérés dans l’étiquette collée sur l’emballage.
- De par la loi, le fabricant est obligé d’indiquer sur l’étiquette ou le nom et le pourcentage de chaque ingrédient actif et le pourcentage total des ingrédients inertes ou le nom et le pourcentage de chaque ingrédient inerte.
- Nombre de fabricants soumettent au gouvernement la composition de leurs produits avec un échantillon de l’étiquette que portera le récipient, pour faire vérifier
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- l’exactitude de leur déclaration, avant de les lancer dans le commerce.
- Le fabricant malhonnête, dont le produit ne correspond pas à ce qu’il annonce,' est prié d’arrêter la vente de ce produit ou d’en changer l’étiquette s’il ne réalise que partiellement ce qui est indiqué. S’il persiste, il est puni d’une amende. Parfois, le fabricant proteste contre la réglementation gouvernementale et alors, le Bureau le traduit en justice et le délinquant en est quitte avec une forte amende et de la prison.
- La loi prévoit également la saisie d’envois de produits frauduleux, afin d’en empêcher l’écoulement sur le marché.
- D’une manière générale, nous dit M. W. S. Abbott, le savant qui est à la tête de la ferme, les fabricants honnêtes sont enchantés de notre collaboration, mais il nous arrive parfois des histoires amusantes avec les fraudeurs. Ainsi, un fabricant vendait un insecticide composé de soufre, d’arséniate de plomb et de chaux.
- Après expérimentation, on constata que ce produit donnait, en effet, ce que disait l’étiquette. Quelque temps après, un inspecteur envoya quelques nouveaux échantillons de l’insecticide en question vendu dans le même emballage avec la même étiquette, mais dans lequel on ne trouva que de la chaux. Le fabricant avait simplement supprimé les deux ingrédients efficaces de cet insecticide et vendait, au public, une quantité minime de chaux à un prix exorbitant.
- Chose amusante, on pouvait lire sur l’étiquette : « Si vous désirez un insecticide meilleur marché, mélangez une partie du contenu de ce paquet avec trois parties de chaux ». Le fabricant a été exécuté immédiatement.
- LA LUTTE CONTRE LES INSECTES
- Toutefois le travail le plus efficace de la «Ferme» est celui que ses agents font à la campagne aux endroits où il est besoin d’enrayer rapidement une invasion désastreuse de parasites.
- Par exemple, à l’époque où les ravages de l’« Anthonome du coton » ou « Boll-worm » menaçaient de ruiner toute la culture cotonnière, la direction établit des stations
- dans les champs de coton où les agents luttèrent de concert avec les planteurs.
- Pendant un certain temps, le Bureau d’Entomologie ne connaissait aucun moyen pour détruire le néfaste parasite. Finalement, l’un des savants de ce Bureau découvrit qu’il ne résistait pas à l'arséniate de calcium.
- Les fabricants se mirent aussitôt à préparer ce sel en masse. Nombre d’entre eux, n’ayant pas les connaissances voulues ou les appareils appropriés pour la fabrication du produit, celui-ci, la plupart du temps, était si mauvais qu’il brûlait les feuilles de coton et abîmait plus le coton que ne le faisait le parasite.
- On envoya immédiatement dans la région d’élection du coton, la région tropicale du Sud-Est, des chimistes et des inspecteurs qui purent arrêter des envois d’arséniate de calciumjjf inférieur juste avant leur livraison.
- Grâce à cette précaution, les planteurs de coton furent protégés contre une substance qui aurait achevé de ruiner leur récolte.
- L’ÉLEVAGE DES PARASITES
- On cultive toutes espèces de plap-tes à la ferme, pour avoir les différents types d’insectes.
- L’élevage des puces se pratique en grand, grâce aux nombreux chiens de l’Etablissement.
- Quant aux four mis, elles se laissent facilement attirer dans un endroit voulu, en y plaçant quelque substance sucrée et l’on a sans peine des sujets en nombre pour essayer les insecticides.
- Pour avoir les chenilles des noctuelles des blés et des fourrages, on met des planches sur du gazon.
- Les chenilles qui vivent enterrées sortent la nuit e£, après avoir abîmé le gazon, se réunissent sous les planches où l’on peut, facilement, les ramasser le matin.
- Ajoutons, en terminant, qu’à la ferme de Vienna on ne s’occupe pas de rechercher de nouveaux insecticides.
- C’est simplement une ferme d’expérimentation. Les recherches sont faites par le Bureau d’Entomologie et le Bureau de Chimie du Ministère de l’Agriculture.
- L. Kuentz.
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- LAVOISIER ET LA MÉTÉOROLOGIE
- Si l’œuvre du grand chimiste français Lavoisier est universellement admirée, il s’en faut de beaucoup que sa réputation de météorologiste éminent soit aussi répandue. Et, pourtant, l’œuvre de Lavoisier en météorologie est loin d’être négligeable. Sir Napier Shaw, dans son Histoire de la Météorologie, rend à ce savant la place qui lui est due ('). Et c’est une préoccupation du même ordre qui a poussé l’Office national météorologique à publier, il y a quelques années, les principaux travaux de Lavoisier, touchant cette science (2).
- Il n’en pouvait être autrement. Les découvertes de Lavoisier sur la nature de l’air l’entraînaient vers l’étude de l’atmosphère. Ses recherches sur la chaleur le conduisaient naturellement à l’étude de la thermométrie. Ce n’est pas seulement en physicien qu’il a étudié thermomètre et baromètre, mais surtout en vue de la mesure de la température de l’air et de la pression atmosphérique, grandeurs dont il s’agissait de rechercher les lois de variations.
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- Ses travaux sur les thermomètres ont comme point de départ une question du roi Louis XYI, demandant si l’hiver de 1776 avait été aussi froid que celui de 1709. Il n’était pas facile d’y répondre; la plus basse température de 1709 avait bien été marquée sur la planchette d’un thermomètre de La Hire, mais ce dernier avait disparu. Pourtant, son échelle avait été comparée en 1732 à celle d’un thermomètre de Réaumur, qui existait encore. Il devenait donc possible, par l’intermédiaire de ce thermomètre, de comparer les indications du thermomètre de La Hire à celles des thermomètres employés pour les observations de l’hiver 1776.
- La question était très complexe, car les différents thermomètres n’étaient pas comparables entre eux. Non seulement ils différaient par la construction — certains étaient remplis de mercure, d’autres d’alcool plus ou moins dilué — mais encore, l’échelle thermométrique était mal définie. Réaumur, par exemple, prenait comme points fixés la température de fusion de la glace et la température d’ébüllition de l’eau (qu’il marquait 80°), mais ce dernier point était inobservable avec son thermomètre à esprit dé vin, car le mélange alcool-eau bout à une température inférieure à celle de l’eau pure. Lavoisier fut d’ailleurs arrêté par une autre difficulté : le thermomètre de Réaumur manquait de fidélité. Avant lui, l’abbé Nollet avait déjà observé le déplacement du zéro de ce thermomètre. Aussi, ce n’est qu’après d’infinies précautions que Lavoisier se croit en mesure d’affirmer prudemment que « l’hiver de 1709 a été plus froid de 2° que l’hiver de 1776 ».
- Ces difficultés frappèrent l’Académie des Sciences, qui prescrivit des recherches pour amener les thermomètres à être comparables entre eux et à donner des indications fidèles. Il ne faut pas s’étonner si Lavoisier ne résolut pas le problème. Les travaux des Régnault, des Isidore Pierre et d’autres n’y suffirent pas. Il a fallu pour faire du thermomètre à mercure un appareil de précision la découverte des verres durs, les travaux de Chappuis et du Bureau international des Poids et Mesures. Et, comme on sait, cette précision ne va pas sans de nombreuses corrections. Cependant, Lavoisier eut le mérite de montrer dans quel sens il fallait diriger les recherches ; il indiqua que seul le thermomètre à mercure pourrait devenir un appareil précis ; il montra que les thermomètres à esprit de vin ne pourraient être d’un emploi sérieux que lorsqu’ils seraient faits d’alcool pur. Il réalisa même, avec le plus grand
- 1. Traité de Météorologie, vol. I. — The Cambridge Uniuersitg Press.
- 2. Mémoires de Lavoisier sur la Météorologie et l’Aéronautique (Chiron, éditeur).
- soin, 12 thermomètres à mercure qui s’accordaient à 1/25 de degré près et qui, dans sa pensée, devaient servir d’étalons. Encore une idée qui a été réalisée par le Bureau international ; seulement, pour différentes raisons, le thermomètre étalon fut un thermomètre à gaz.
- Lavoisier étudia aussi la construction des baromètres.
- Il indiqua un procédé pour purifier le mercure et une méthode très ingénieuse de remplissage. Sans doute, à ce propos, est-on surpris de lire certain mémoire « sur la construction des baromètres à surface plane ». Notre savant avait été frappé du fait que les baromètres de sections différentes ne sont pas comparables entre eux. Nous savons, aujourd’hui, que cela est dû aux phénomènes capillaires et que la flèche du ménisque formé par la surface libre du mercure dépend du rayon du tube barométrique. Or, Lavoisier rapporte qu’en chauffant convenablement tube et mercure, la surface libre, après refroidissement, reste plane ; l’effet capillaire a disparu. Mais alors, que valent les indications du baromètre ? Ne nous arrêtons pas à ces petites insuffisances qu’on rencontre chez les plus grands savants. Ce qui suit, d’ailleurs, nous permettra d’admirer la sagacité de Lavoisier dans un tout autre domaine.
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- Lavoisier ne se contenta pas d’étudier ce qu’avait été l’hiver de 1776 à Paris et de montrer qu’il avait été moins froid que celui de 1709. Il voulut avoir une idée d’ensemble de ce qu’il avait été par toute la France et comment il s’était différencié d’une région à l’autre. C’est pourquoi il provoqua de toutes parts, de nombreux rapports sur cette question, dont quelques-uns très intéressants. A lire toutes ces observations, venant des quatre coins de la France, on est surpris de constater combien de gens, à l’époque, s’occupaient de science, achetant de leurs deniers appareils et instruments. Et la constatation est assez pénible, quand on songe qu’à l’heure actuelle nombre de nos commissions météorologiques départementales manquent d’observateurs. Malheureusement, Lavoisier n’eut pas le temps de comparer ces différentes données, troublé par la tourmente révolutionnaire qui devait l’emporter. Cela nous prive, sans doute, d’une intéressante conception de la climatologie.
- C’est un jeu assez puéril de vouloir rechercher, dans un passé de plus en plus lointain, des précurseurs aux idées actuelles. C’est un non-sens de considérer Lucrèce comme le créateur de la Théorie atomistique et il ne vient à l’idée de personne de citer le P. Mersenne parmi les auteurs du principe de la conservation de l’énergie ('). Pourtant, il ne faut pas craindre de considérer Lavoisier comme l’un des précurseurs de la météorologie dynamique. A vrai dire, il en partage le mérite avec Borda ; mais il a complété et soutenu de toute son autorité les idées de ce savant. On peut les résumer de la façon suivante : les dépressions atmosphériques sont les phénomènes dont la météorologie doit rechercher les lois. Borda avait, en effet, constaté que les baromètres ne variaient pas simultanément en tous les points d’une grande étendue, mais successivement. Il avait ^nême déterminé grossièrement la vitesse de propagation de ces dépressions. Enfin, et c’est un résultat sur lequel Lavoisier insiste : « il y a une correspondance telle entre la force, la direction des vents et les variations du baromètre faites en un grand nombre de lieux éloignés les uns des autres, qu’étant donnés deux de ces éléments, on pourrait souvent conclure l’autre ».
- 1. Pourtant, La Nature (20 juin 1896) a publié un texte du P. Mer-senne, disant que « la nature ne perd rien d’un côté qu’elle ne le gagne de l’autre ».
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- Les observations de Borda ne durèrent que pendant quinze jours; Lavoisier montra tout l’intérêt qu’il y avait à les continuer. Pour cela, il fallait pourvoir les observateurs de baromètres comparables entre eux — et c’est à cela que répond l’étude sur les baromètres signalée plus haut — et il fallait, de plus, établir un réseau serré d’observateurs. Nombreux sont les esprits éminents, qui, depuis Lavoisier, ont réclamé l’organisation des observations météorologiques ; il a fallu attendre le début du xxe siècle pour la voir se réaliser, et pour certaines contrées, elle reste encore précaire. C’est pourtant cette organisation qui a permis le renouveau de la météorologie française. Sans doute, les points de vue ont changé, depuis Lavoisier, les instruments et les méthodes aussi. Aujourd’hui, ce ne sont plus les dépressions atmosphériques {ou les anticyclones) qui sont les phénomènes susceptibles d’une prévision, mais plutôt les noyaux de variations de pression.
- Bien entendu, pour Lavoisier, le but final de la météorologie devait être la prévision du temps. Il n’a pas résisté au désir de publier une méthode, d’après les observations locales ('). Ce qui est important dans cette étude, c’est moins l’ensemble des règles précises — on serait même tenté de dire qu’elles le
- 1. Règles pour prédire le changement de temps d'après les variations du baromètre (Litlerary Magazine, octobre 1790).
- sont trop — que certaines restrictions qu’il a soin d’intercaler. Les indications du baromètre, dit-il, sont d’autant plus sûres que les prévisions viennent de se trouver réalisées il y a peu de temps. Ce qui montre clairement que Lavoisier admettait l’existence de ce qu’on appelle des « types de temps ». On a dit sur la prévision du temps d’après les observations locales, des choses définitives, mais il a fallu, pour montrer l’insuffisance de ces méthodes, le travail de tout un siècle.
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- Ce n’est pas tout. Lavoisier s’intéressa à de nombreuses questions qui touchent de près ou de loin à la météorologie. Il avait en tête une histoire de l’anémomètre. Il ruina la croyance populaire des pierres ardentes tombant pendant les orages, en montrant que c’étaient des roches terrestres frappées par la foudre. Il s’intéressa au problème de la température du sol et suivit pendant plusieurs années la marche des thermomètres dans les caves de l’Observatoire.... C’est pourquoi Lavoisier doit être rangé parmi nos grands météorologistes précurseurs, au milieu de Descartes, Pascal, Réau-mur, Lagrange, Laplace.
- J. Jaffray.
- Agrégé de l’Université
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- LA NOUVELLE MAGIE NOIRE
- Le truc appelé en France Magie Noire et en Angleterre ou en Amérique Black Art eut un grand succès à son apparition, il y a une quarantaine d’années, puis, peu à peu, fut délaissé et il est aujourd’hui à peu près oublié. Repris et présenté maintenant avec quelques modifications heureuses, il obtient un regain de succès et de curiosité, même pour les rares spectateurs qui connaissent la manière d’opérer.
- Voyons, d’abord, la présentation : le rideau se lève et le spectateur aperçoit un espace noir et vide, sorte de trou
- Fig. 1. — Les apparitions de la magie noire.
- béant dont il ne peut apprécier la profondeur, mais qui mesure 4 à 5 m de large sur 4 m de hauteur. Cet espace est entouré d’un cadre garni de lampes. L’usage théâtral veut que les lumières soient dirigées vers la scène et cachées aux spectateurs soit par des réflecteurs, interposés, soit par des écrans. Dans le cas qui nous occupe, le contraire a lieu : la lumière est dirigée vers les spectateurs et les réflecteurs placés derrière. A l’apparition du truc de Magie Noire, on employait encore beaucoup le gaz et les réflecteurs étaient nécessaires, mais depuis que l’électricité est d’un emploi général, on a augmenté le nombre des lumières et supprimé les réflecteurs, les ampoules étant simplement fixées sur le cadre de la scène.
- Tout à coup, dans le noir béant, le prestidigitateur apparaît brusquement comme s’il jaillissait du néant, sans qu’on puisse savoir d’où il vient. Ce personnage revêtu d’un habit blanc, constatant que l’espace est vide, commande à une table puis à une chaise d’apparaître et ces objets viennent brusquement, comme lui-même est apparu, sans que l’œil puisse s’apercevoir de leur entrée en scène. Le prestidigitateur s’assied sur la chaise et un squelette sans tête se dresse derrière la table puis vient vers lui ; un des bras de ce squelette se détache, s’élève en l’air, va, vient, traverse la scène et finit par se remettre en place, puis ce sont les deux bras qui se détachent, puis les deux jambes qui s’éloignent et reviennent. Le prestidigitateur tend la main et, aussitôt, un crâne repose sur cette main ; le crâne est lancé en l’air, il monte, il descend, va, vient et finit par se placer sur le squelette, qui esquisse un pas de danse. Un simple voile ou écran noir cachant l’objet à faire apparaître et enlevé à propos par un servant invisible vêtu de noir, voilà quel était, en toute simplicité, le seul truquage nécessaire. La figure 2 représente l’apparition d’une table effectuée par l’aide invisible.
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- Le truquage, tout en restant le même, s’est compliqué perfectionné, mais l’ancienne présentation, trop macabre^ a complètement disparu. La Magie Noire s’est poétisée ' sans changer le principe initial lui-même, elle a modifié la manière de s’en servir et elle en a tiré des effets plus artistiques. Voici la dernière présentation qui a été réalisée. Comme précédemment, le grand creux noir est lumineusement entouré d’une légère' guirlande d’ampoules roses, mais c’est un élégant Pierrot fantaisiste qui sort du néant : Pierrot s’ennuie, Pierrot ne sait que faire : tout à coup, la lune apparaît dans un angle ; aussitôt, Pierrot tend les bras, va vers le disque grimaçant qui disparaît, puis reparaît à un autre endroit ; Pierrot le poursuit, puis tout à coup la lune éclate avec une lueur intense et s’évanouit, mais à sa place se trouve un serviteur habillé à l’orientale d’un costume clair ; ce serviteur Semble se dédoubler en un second semblable est à côté de lui. Tous deux sortent alors du cadre et, en dansant, vont chercher dans la coulisse à l’avant-scène un autre cadre plus petit, car il mesure 2 m 50 sur chaque côté. Ce cadre, doré, très brillant, est posé au milieu de l’espace noir et se tient là sans support au milieu du grand ; tout à coup, il devient lumineux, grâce à une quantité de lampes minuscules, multicolores qui s’allument dans la dorure. Les deux serviteurs, après être venus saluer Pierrot jusqu’à terre, vont se placer l’un à droite, l’autre à gauche du petit cadre et, là, s’évanouissent brusquement. Pierrot va examiner l’endroit où ils étaient, il entre dans le petit cadre, tourne autour des montants, ressort. Il voit, et les spectateurs aussi, que dans l’intérieur du petit cadre se forme insensiblement une apparition qui, peu à peu, se précise :
- LES COLLIERS
- Dans la vie courante, on a constamment besoin de relier im tube métallique à un tube de caoutchouc amenant ou emmenant un liquide sous pression, sans qu’il se produise de fuite et sans que le tuyau de caoutchouc puisse glisser sur le tube métallique.
- Ce dernier, se trouvant en principe placé dans l’intérieur du tube souple, il faut ligaturer le tube en caoutchouc sur le tube en métal. C’est le cas qui se présente pour les tuyaux d’arrosage, les tubes d’aménée d’eau ou de gaz sous pression, etc.
- Le procédé le plus simple et celui qui vient le premier à l’idée consiste à enrouler à la main un simple fil de fer sur le tuyau souple préalablement mis en place. Il a l’inconvénient de ne donner que peu de serrage, et de n’empêcher, par suite, ni les fuites de liquide, ni le glissement du tuyau souple par
- Fig. 2. — Comment on fait apparaître une table.
- c’est Colomhine, ravissante et rieuse qui, sortant de son cadre, se dirige vers Pierrot en dansant. Celui-ci veut l’enlacer et prendre une rose à son corsage ; elle l’écarte d’un geste, puis, d’un mouvement de son éventail, elle fait apparaître, au milieu du petit cadre, un trépied ; puis, derrière, un élégant lit de repos; elle se couche sur ce lit. Pierrot,qui est dans le grand cadre, se met à genoux et tend les bras vers elle. Le lit s’élève peu à peu avec Colombine et, au moment où ils sont presque en haut du cadre, une flamme verte jaillit du trépied et Colombine, ainsi que le lit, ne sont plus là.
- Le pauvre Pierrot, désespéré, s’enveloppe d’un voile blanc. Le voile tombe : Pierrot a disparu, mais il apparaît au même moment dans le fond de la salle.
- (A suivre.) Alber.
- DE SERRAGE
- rapport à l’autre, dès que la pression interne présente une certaine valeur.
- Il exige, en outre, l’emploi d’une pince, ainsi qu’une certaine dextérité. Enfin, il détériore trop souvent le caoutchouc, tout en prenant beaucoup de temps. Autrement dit, les ligatures en fil de fer ont besoin d’être exécutées par des professionnels et ne sont guère à la portée des amateurs.
- Il a fallu imaginer des dispositifs pouvant être facilement employés par tout le monde. C’est ainsi qu’un propriétaire d’automobile, par exemple, qui conduit lui-même, ne doit pas être à la merci d’une avarie à la conduite d’eau du radiateur.
- COLLIERS A RUBAN A SIMPLE ENROULEMENT
- On a été bien vite amené à employer un ruban en acier perforé d’une série de trous et muni d’un boulon. On entourait
- Fig. 1. — Collier de serrage à ruban métallique perforé, à un seul tour et à rapprochement des extrémités (Collier B. V.).
- Fig, 2. — Collier de serrage à ruban, à un seul tour
- et à écartement des extrémités (La Ceinture Malleville).
- Fig. 3.
- Collier à un seul tour, fermeture à bascule (Étrier Weyland).
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- Fig. 4. — Collier à un seul tour, fermeture à excentrique (Le Pratic).
- avec le ruban le tube de caoutchouc à ligaturer, on passait le boulon dans un trou convenablement choisi et en serrant avec une clef on assujettissait assez facilement le collier sur le tube en caoutchouc. Ce dispositif, qui est encore employé fréquemment et qui est assez peu dispendieux, présente les inconvénients suivants (fig. 1) :
- Dès que l’on veut obtenir un serrage un peu accentué pour empêcher les fuites ou prévenir tout glissement du tube extérieur, le caoutchouc fait saillie par les trous du ruban, ce qui détériore le tube et empêche le ruban de glisser, rendant ainsi tout serrage énergique fort difficile.
- D’autre part, sous l’influence des vibrations, le boulon se desserre assez facilement en marche, ce qui peut devenir dangereux surtout en aviation.
- Au lieu d’employer un boulon qui serre le ruban perforé, en rapprochant ses deux extrémités l’une de l’autre, on a eu l’idée d’écarter ces deux extrémités après les avoir croisées. Dans ce cas, le ruban présente, à une de ses extrémités, une partie élargie percée d’une mortaise transversale dans laquelle on fait passer l’extrémité non élargie. On forme ainsi, autour du tube, une boucle que l’on serrera en écartant les deux extrémités repliées au moyen d’un boulon qui les traverse.
- Ce système présente à peu près les mêmes inconvénients que le précédent, et il est, en outre, un peu plus volumineux. S’il a l’avantage de permettre d’employer un même collier pour des diamètres très différents, il a, par contre, lui aussi, le défaut de nécessiter des rubans spéciaux dont on n’utilise, en général, qu’une partie.
- Le collier Malleville est un bon spécimen de ce genre (fig. 2).
- Le système qui consiste à employer des bagues en deux pièces ou des bagues formées d’un ressort d’acier fendu dont les extrémités sont rapprochées par un boulon ne donne pas de meilleurs résultats au point de vue du serrage. Les colliers de ce genre offrent le défaut d’être assez fragiles et de ne bien
- s’appliquer que s’ils sont exactement du diamètre convenable.
- Les colliers à fermeture excentrique et à bascule, où un étrier est chargé d’assurer la fermeture et le serrage, paraissent assez commodes à première vue, mais sont incapables d’assurer un serrage sérieux. On ne peut guère les employer que pour maintenir en place des objets qui doivent être démontés fréquemment (fig. 4).
- Un autre type de collier est celui qui se compose d’une boucle avec boulon servant à perforer la bande de serrage métallique. On accroche la bande doublée à une traverse de la boucle, puis on ramène le brin libre dans lasboucle où on la fixe en la faisant traverser par le boulon qui sert de rivet fixateur. La bande se trouve.donc détériorée.
- C’est le genre du collier VÉtrangleur (fig. 5).
- COLLIER A DOUBLE ENROULEMENT
- Il semble que les divers systèmes dont nous venons d’indiquer le principe n’utilisent pas suffisamment les avantages que présentent les rubans minces en acier. Ceux-ci possèdent, en effet, une très grande résistance et on peut, très facilement, leur faire faire plus d’un tour. Or la tension du ruban et par suite la pression exercée par lui croissent comme une fonction exponentielle, dont la variable est l’angle d’enroulement. En faisant faire au ruban deux tours, on accroîtra donc singulièrement la pression exercée (fig. 6).
- Ce principe a été appliqué avec succès dans le collier de serrage Caillau P. C. à double enroulement qui a été homologué par le Service technique de l’Aéronautique, de préférence aux colliers à simple enroulement (fig. 7).
- Dans ce système, qui n’utilise que du ruban d’acier mince de modèle courant, on fixe le ruban à l’agrafe au moyen d’une simple ganse, puis on fait faire à ce ruban deux tours complets autour du tube de caoutchouc à ligaturer, en passant à chaque fois le bout libre dans l’agrafe et en l’engageant au deuxième tour, dans la fente de l’axe de l’agrafe. Avec une broche, on fait tourner l’axe sur lui-même, ce qui a pour effet d’enrouler la bande sur cet axe (comme un couvercle de boîte à sardines) jusqu’à ce que la pression exercée soit suffisante.
- Il a été construit un certain nombre de colliers à double enroulement qui ont donné, comme on pouvait s’y attendre, des résultats très supérieurs à ceux des colliers à simple enroulement, surtout lorsqu’il s’agit de supporter des pressions un peu élevées. On a, notamment, perfectionné le modèle Caillau P. C. en ajoutant à l’agrafe un frein à ressort qui fait enroulement sur l’axe de l’agrafe et qui a pour but de bloquer celui-ci et de rendre le collier indesserrable.
- Cette modification constitue le collier de serrage Emid (fig. 8).
- On voit, par ce qui précède, que la question des colliers de serrage qui paraît, au premier abord, fort simple à résoudre, est, en réalité, assez complexe, quand on veut établir des colliers satisfaisant à toutes les conditions désirables.
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- Fig. 8.
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- Collier à multiple enroulement (collier Emid).
- Fig. 9. — Vue et coupe schématique du collier Fixfort.
- Fig. 10.
- Le collier Fixfort en place.
- Il faut, en effet, que ces colliers puissent :
- Donner un serrage au besoin très énergique (pour éviter les fuites et les glissements dans le cas de hautes pressions), serrage bien uniforme, bien rond (sans porte-à-faux) et cela pour tous les diamètres ;
- Etre serrés sans crainte de rupture, être parfaitement bloqués et rester pratiquement indesserrables, malgré les vibrations ;
- Etre facilement montés et démontés et employés à plusieurs reprises ;
- Etre aussi simples et peu volumineux que possible et employer, de préférence, des éléments courants, notamment en ce qui concerne les rubans;
- Ne pas craindre l’oxydation;
- Rester d’un prix abordable, tout en conservant une forme agréable à l’œil.
- LE COLLIER FIXFORT
- Or toutes ces conditions paraissent être remplies par un nouveau collier, Fixfort.
- Ce collier emploie du ruban métallique de bonne qualité, de fabrication courante, qu’il suffit de couper à la longueur convenable au moment du besoin. Sa capacité de serrage est fonction de la résistance de la bande.
- Le double enroulement du ruban présente une surface parfaitement cylindrique, la traction s’exerce bien dans l’axe du ruban et la pression sur le caoutchouc est rigoureusement uniforme. Sa surface d’appui sur le tube étant bien continue, sans interstice, le collier ne risque pas de détériorer le tube sur lequel il est placé et supporte, sans glisser ou se déformer, des pressions qui n’avaient pas encore été atteintes. Quand la pression intérieure devient trop élevée, le tube de caoutchouc éclate toujours avant que le collier lui-même ait subi utie déformation. Les diverses pièces qui le constituent sont galvanisées ou cadmisées. de telle sorte qu’elles res tent toujours inoxydables.
- Simplicité du système. — L’appareil ne comporte que du ruban lisse d’acier pris dans un rouleau et deux pièces seulement :
- a) Une boucle formée d’une tôle rectangulaire, percée d’un trou cylindrique lisse et dont les extrémités ont été deux fois repliées à angle droit ;
- b) Un petit boulon à pointe mousse et un écrou carré se logeant dans la boucle.
- La fabrication est des plus simples ;
- Une branche étroite de tôle d’acier, de la dimension convenable, passe sous un balancier qui la coupe de longueur et la perce en son milieu [d’un
- trou cylindrique. Un second balancier plie en même temps les deux bouts de l’ébauche et en fait une petite boîte carrée surbaissée, d’un centimètre environ de côté, ouverte sur ses deux petites faces.
- Cette boîte, qui forme boucle, reçoit un écrou carré dans lequel un petit boulon fileté vient se visser en passant par le trou lisse supérieur de la boîte. Le boulon qui présente une pointe mousse très camuse vient immobiliser le ruban d’acier, une fois celui-ci passé dans la boîte.
- Le poids de la boucle complète avec boulon et écrou est inférieur à 7 grammes. Le volume total est inférieur à 1 cm’.
- Montage du collier. — On accroche l’extrémité du ruban, repliée en forme de ganse, à la traverse inférieure de la boucle du collier; on fait faire au ruban deux fois le tour du tuyau à serrer, en passant dans la boucle et sous l’écrou. On tire le ruban sur l’écrou à travers la boucle avec une pince et on l’immobilise en serrant la vis. On voit que le montage est simple et demande fort peu de place disponible.
- Le même collier peut convenir pour tous les diamètres de tubes jusqu’à 100 millimètres et au delà. Il peut être démonté ou remonté au moins une dizaine de fois, car il ne comporte aucune partie délicate et le ruban est lui-même très robuste. Le prix de ce collier, le plus simple de tous, paraît devoir être inférieur à celui de tous les autres.
- L’étude d’un accessoire aussi insignifiant au premier abord et cependant aussi utile est des plus instructives. Elle montre quels progrès on peut faire dans la fabrication des plus modestes accessoires de l’automobile.
- N. B. — Le collier Fixfort a fait l’objet dans le courant du mois de mai d’essais officiels exécutés par le personnel du laboratoire de l’Automobile-Club. .
- Nous donnons ci-après un extrait du procès-verbal :
- et Pour ces essais, les tubes de caoutchouc des différents
- Fig. 11. — Mise en place du collier Fixfort; à droite, avec une pince; à gauche : avec un tendeur.
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- <( diamètres ont été fixés avec des colliers de serrage Fixfort « à l’extrémité d’un mandrin pouvant recevoir un raccord « de pompe hydraulique. L’autre extrémité du tube était « ligaturée sur un second mandrin. Un manomètre étalonné « jusqu’à 40 kg permettait de suivre l’augmentation de pres-« sion et de lire la pression moyenne supportée avant gfisse-« ment. La largeur des colliers utilisés était de 10 mm. »
- Résultats des essais.
- Serrage par un seul collier.
- Nature du mandrin : acier poli.
- Diamètre des tuyaux Charge maximum
- 12 mm 40 kg (1)
- 16 — 32 —
- 25 — 22 —
- 35 — 15 —
- 50 — 5 - (2)
- iV, B — Ces essais, ainsi que quelques autres essais précédents de même nature, ont semblé démontrer qu’un tube de caoutchouc ordinaire bien ligaturé par un collier de serrage glisse moins facilement sur un mandrin bien lisse que sur un mandrin quelque peu rugueux. Il semble que ce soit là un effet de la pression atmosphérique.
- (1) La charge a été légèrement supérieure au chiffre indiqué (dernière graduation du manomètre); elle a été maintenue 3 minutes avant que le glissement se manifestât.
- (2) Un second essai a été exécuté avec le tube de 50 mm de diamètre avec deux colliers de serrage juxtaposés. Les colliers n’ont pas cédé, mais le tube a éclaté sous une pression de S kg.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Les principaux modèles de colliers composés d’une bande généralement perforée, ne faisant qu'un seul tour et serrée au moyen d’un boulon, sont les suivants :
- Collier de serrage B. V. et collier F. R. en laiton pour un seul diamètre. Etablissements Bridant, 12S, rue Jean-Jaurès (Levallois-Perret).
- Collier de serrage C.. D. S. Weber, 11, impasse du Moulin-Joli (Paris).
- Collier de serrage Le Prctiic. I-I. Jambon, 23, rue du Marais (Paris) _
- Collier de serrage La Ceinture, système Malleville. H. Weyder, 21, rue du Président-Wilson (LevalloisTPerret).
- Collier de serrage Etrier. Weyland, H. V. Boisselot, 114, rue Cas-tagnary (Paris).
- Collier de serrage Botta. De Mellet (Roanne).
- Collier L’Etrangleur. Quemard, 2S, rue Saint-Lazare (Paris).
- Les principaux colliers composés d’une bande lisse faisant deux tours et serrée au moyen d’un axe tournant sont les suivants :
- Collier de serrage H. V. Herbelot et Worms, 35, rue de Bagnolet (Paris).
- Collier de serrage S. E. R. Les Fils de F. Ivron, 47-49, boulevard de Belleville (Paris).
- Collier de serrage universel P. C. Etablissements Caillau, 82, avenue Ed.-Vaillant (Billancourt).
- Collier de serrage Emid, 40, rue de Dunkerque (Paris).
- Collier de serrage Fixfort. Etablissements W., 58, rue Taitbout (Paris).
- L'-Colonel Ferrus,
- Président, de la Commission technique de l’Automobile-Club de France,
- ELECTRIFICATION DE LA LIGNE CULOZ-MODANE
- Lors d’une réunion récemment tenue à Grenoble par les groupements intéressés au développement du tourisme et à l’aménagement des chutes d’eau, M. Japiot, ingénieur en chef adjoint du Matériel et de la Traction du P.-L.-M., a fait une intéressante conférence sur l’électrification de la ligne de Culoz à Modane.
- Contrairement au P.-O. et au Midi, qui ont déjà appliqué la traction électrique à plusieurs centaines de kilomètres de lignes, le P.-L.-M. n’a encore électrifié que les 72 1cm de voie normale compris entre Chambéry et Saint-Jean-de-Maurienne. M. Japiot a montré que la politique de temporisation du P.-L.-M. était justifiée par la présence de puissantes centrales hydroélectriques aux disponibilités desquelles on pouvait se contenter de faire appel, alors que le P.-O. et le Midi étaient, au contraire, obligés de créer des usines de production auxquelles il fallait, dès le début, assurer une utilisation suffisante.
- L’énergie est fournie au P.-L.-M. par diverses usines établies dans les vallées du Bonnant, de l’Arly et du Doron de Beau-fort, qui disposent de 75 000 kw et dont la capacité de production atteint 450 millions de kilowatts-heure par an. La traction n’absorbera, tout au moins au début, que 20 millions de kilowatts-heure par an, avec des pointes de l’ordre de 10000 kw.
- L’énergie est prise au poste de Venthon, sous forme de triphasé 40 000-45 000 volts et transformé en continu 1500 volts par 8 sous-stations échelonnées entre Culoz et La Praz. Sauf celle de Saint-Pierre d’Albigny qui, étant destinée à régler le facteur de puissance, comprend des groupes moteur synchrone-générateur, ces sous-stations sont équipées avec
- des commutatrices de 1000 kw groupées en série par deux Ces groupes peuvent supporter une surcharge de 50 pour 100 pendant 2 heures et de 200 pour 100 pendant 5 minutes.
- Contrairement au P.-O. et au Midi, qui ont adopté l’alimentation par ligne caténaire, le P.-L.-M. a accordé la préférence au troisième rail, dont l’installation n’est pas plus coûteuse lorsqu’il s’agit d’une ligne à grand trafic et qui a l’avantage d’être d’entretien plus facile.
- Le conférencier a donné ensuite quelques détails sur les locomotives électriques utilisées, dont les types ont tout d’abord été limités à deux, l’un étant affecté à la traction des trains rapides, l’autre à celle des convois à vitesse modérée Les machines de ce dernier type sont capables de remorquer à la vitesse de 45 km par heure des trains de 800 tonnes sur les rampes de 10 à 15 mm par mètre que l’on rencontre entre Chambéry et Saint-Jean-de-Maurienne, et pourront, en double traction, assurer même le service sur les rampes de 30 mm par mètre que l’on rencontre au delà de cette gare. Ces locomotives, qui comportent six essieux moteurs: ont une puissance de 1700 à 1760 kw.
- Les machines destinées à la traction das trains rapides peuvent remorquer des convois de 500 tonnes, à une vitesse légèrement supérieure à celle des ravides à vapeur circulant sur la même ligne; leur puissance est de 1900 kw. Enfin, le P.-L.-M. essaye actuellement un nouveau type de locomotive électrique à six essieux moteurs, dont la puissance atteint 4000 kw ; cette dernière machine est, quant à présent, Ia*plus forte du genre.
- A. B.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juin 1929.
- CHIMIE
- Recherches sur le rubrène. Un nouvel oxyde (MM. Ch. Moureu, Ch. Dufraisse et Léon Enderlin). •— C’est là la dernière note signée de l’éminent chimiste que pleure la science française. Elle indique que le nouveau carbure, à désigner par R, fournit non seulement l’oxyde RO2 dissociable en ses deux éléments, mais encore un sous-oxyde RO qui, lui, ne s’obtient pas directement par l’action de l’oxygène libre et dont la formation n’exige pas l’action de la lumière.
- Sa préparation demande l’emploi d’un oxydant : N03H (à 15 p. 100), CrO3, MnO'K... ou la réduction du composé supérieur RO2 par le zinc, en présence d’acide acétique. Il n’est pas dissociable et ne libère pas d’oxygène en revenant à l’état de carbure. Il fond sans décomposition à 325°, ce qui le sépare totalement du composé RO2, dissociable complètement (RO2-> R + O2) au voisinage de 100° et qui présente déjà à froid une tension d’oxygène notable. Les auteurs n’ont pas réussi à fixer de nouveau de l’oxygène sur le dérivé RO, pour aboutir à l’oxyde RO2 ; toute tentative d’oxydation aboutit à une scission de la molécule, avec formation de dibenzoylbenzène.
- Le fait important que les auteurs ont pu mettre ainsi en lumière est un étroit parallélisme entre le schéma qui résume l’ensemble des réactions d’oxydation du rubi’ène et de réduction de ses oxydes et le schéma correspondant relatif à l’hémoglobine et à ses oxydes.
- R + 02rR02; Hb + 02A Hb02ainsi que R + Oj->RO et Hb + 0->- Hb O.
- GÉOLOGIE
- Les minéraux lourds des roches éruptives et cris= tallophylliennes de Bretagne (M. L. Barthois). •— Pour caractériser les divers massifs granitiques et cristallophylliens de la presqu’île armoricaine, l’auteur a entrepris l’inventaire des métaux lourds qu’ils présentent et qu’il extrait des arènes résultant d’une altération naturelle plus ou moins profonde — et non des roches broyées; — ce qui doit lui permettre de mieux suivre les transformations subies au moment de l’incorporation dans des sédiments variés.
- Au cours de ses recherches, il a pu procéder au prélèvement de 80 échantillons et les premiers résultats intéressent le zircon et la tourmaline, particulièrement fréquents. Le zircon se présente sous la forme de longs prismes, avec arêtes très nettes, et terminés par une protopyramide. — rares dans le gneiss et fréquents dans le granit, sans pour cela atteindre la prédominance signalée par von Chrustschofï, — de prismes allongés à faces verticales nettes, avec pointements arrondis, plus fréquents dans le gneiss, de roches à nombreuses inclusions et zonées ou de prismes courts, à pointements réguliers, parfois peu transparents, également répartis parmi les minéraux éruptifs et les minéraux cristallophylliens... La tourmaline jaune brun clair, polychroïque ou brun foncé, se rencontre soit sous la forme d’éclats informes avec nombreuses inclusions ou de fragments de prismes avec un seul pointement ou sans pointement, légèrement prédominants dans les roches cristallophylliennes, soit sous la forme de prismes terminés par deux pointements surbaissés, plus communs dans le gneiss que dans le graphite. Il faut encore noter les tourmalines ferro-manganésiennes, fragments de prismes ou éclats informes, incolores ou légèrement bleutés avec un polychroïsme intense en bleu foncé.
- Suivant qu’ils proviennent des granités et granulites ou des gneiss et micaschistes, deux minéraux très communs peuvent
- ainsi donner des indications sûres lorsqu’on recherche la roche mère d’un sédiment. Mais M. L. Barthois estime que ses remarques doivent, en certains cas, se compléter par un examen des minéraux caractéristiques des roches cristallophylliennes : Disthène, Staurotide, etc.
- ZOOLOGIE
- Sur les Archœoindris de Madagascar (M. Lamberton). — La grande île ayant été séparée du continent africain avant d’avoir reçu les puissants caimivores, les Lémuriens ont pu y réaliser leur pleine évolution et certains d’entre eux atteindre ainsi une taille dépassant celle des singes anthropoïdes de notre époque.
- Ces grands Lémuriens subfossiles de Madagascar ont été répartis en quatre groupes, dont trois sont bien connus grâce aux travaux de G. Grandidier et Standing;: Archœolémurs, Mégaladapis, Palœopropithèques, Archœoindris. Ces derniers sont de beaucoup les moins abondants, mais l’ensemble des exemplaires rassemblés dans les collections de l’Académie malgache permet de fournir des documents assez précis sur ce groupe. Le cx-âne, un peu moins long que celui de Mégaladapis, présente une voûte fortement bombée en dôme, ce qui lui donne un angle facial voisin de 45°. La forme de la tête est unique dans toute la série des Lémuriens : elle se distingue notamment par la robustesse des arcades zygomatiques et leur grand développement, comme par l’énorme surface des os molaires, les orbites rapprochées et presque circulaires et des naseaux dilatés.
- M. Lamberton insiste avec raison sur la dentition et la puissance des membres. Il remarque notamment, au sujet du fémur, l’absence du troisième trochanter et la forme peu aplatie, la tête étant beaucoup plus dans l’axe de l’os que chez les autres Lémuriens : ce qui semble établir des analogies intéressantes entre Archœoindris et Lemuroidotherium. Quant à rattacher les Archœoindris au genre Palœopropi-thèque, comme pourrait le permettre la forme générale des dents et des os des membres. M. Lamberton estime que la forme si particulière de la tête suffit à légitimer le maintien du genre. Sans doute, une souche commune a pu donner naissance aux deux groupes, mais les jArchœoindi’is sont restés des animaux sylvestres alors que les Palœopropithèques se sont, peu à peu, adaptés à la vie aquatique.
- BOTANIQUE
- Une forme ancestrale de l’Arachide cultivée (M. Aug.
- Chevalier). — Le savant professeur du Muséum étudie, dans sa note, un des types sauvages, récemment reçu de Bahia, au Brésil, et qui a pu, croisé avec d’autres formes, donner naissance aux multiples races d’arachides cultivées, légumineuses dont on sait l’importance pour notre colonie du Sénégal, où l’on récolte 5.000.000 qx de gousses, pour donner après dessiccation un tonnage suffisant à la production d’une huile dont le marché dépasse un milliard de francs.
- Pour l’auteur, la mise en culture de l’arachide a tendu au développement de la taille du fruit et de la graine, en même temps que s’augmentait l’épaisseur du péricarpe. Dans les variétés cultivées, le mésocarpe est formé d’un tissu lacuneux très développé qui emmagasine l’eau, à l’époque des pluies, pour l’utiliser pendant les grandes sécheresses : ainsi, quelques variétés prospèrent dans des régions à climat sénégalais, où les journées de pluies sont rares. L’épaississement du mésocarpe a, enfin, tendu à protéger la graine contre les déprédations de certains insectes. Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Manuel de sensitométrie, par L. Lobel et M. Dubois. 1 vol. broché de 190 pages, 74 fig. [dont 12 hors texte. Publications photographiques P. Montel, Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- La sensitométrie a pour but l’étude de l’action photochimique de la lumière sur les émulsions sensibles. M. Lobel, qui est un spécialiste de cette question et à qui l’on doit des instruments ingénieux pour l’application des méthodes sensitométriques, a écrit, en collaboration avec M. Dubois, un manuel très clair et très précis, destiné aux praticiens de la photographie et grâce auquel ceux-ci pourront sans difficulté employer les méthodes de la sensitométrie, c’est-à-dire exécuter leurs travaux photographiques suivant des méthodes rationnelles et scientifiques.
- Erdgéstaltung und Erdgeschichte, par Georg Gurich. 1 vol. in-8, 274 p., 59 fig. Max Janecke, Leipzig, 1928. Prix : 9,60 M. ; relié 11,40 M.
- Le petit manuel de géologie que M. Gürich présente aujourd’hui au public se l'ait remarquer par sa clarté, sa concision et son plan, plus complet que celui de la plupart des ouvrages analogues. Tous les points de vue de la science de la Terre sont au moins effleurés dans cet opüscule dont le texte concis et bien imprimé est accompagné d’un petit nombre de figures au trait.
- Les ravageurs des arbres fruitiers. Tome I, par H. Latiere, B. Trouvelot et F. Willaume. 1 vol. in-S, 97 p., 206 fig.-,-7 pl. Maurice Mendel, Paris, 1928.. Prix : 18 fr.
- Ç.e tome I présente, sous forme de textes réduits à l’essentiel, de tableaux et de figures nombreuses, une méthode simple et facile d’identification des dégâts constatés sur les végétaux lorsque ces dégâts se! rapportent à une maladie grave susceptible d’avoir une sérieuse influence sur l’économie de la culture, qu’ils soient dus à des insectes ou à des champignons. . . . .
- Congrès maraîcher du Mans organisé par les Chemins de fer de l’Etat. 1 broch. in-8, 68 p. Chemins de fer de l’Etat, Paris, 1928.
- Les chemins de fer de l’État ont, depuis plusieurs années, créé un service agricole pour aider au développement de la production sur toute l’étendue de leur réseau. Dans chaque région ce service organise des congrès et des réunions où se discutent les intérêts d’un groupe, où s’enseignent les meilleures méthodes de culture, et il publie fréquemment les comptes rendus de ces journées ou l’on trouve réunis tous les conseils utiles, toute la documentation sur une production déterminée. Voici deux de ces brochures, l’une consacrée au congrès maraîcher du Mans où furent examinées la lutte contre les parasites des plantes potagères, la culture des légumes et des fruits, l’organisation des jardins ouvriers, l’autre rassemblant tous les rapports des journées agricoles de Caen, au cours desquelles furent étudiés les sols des prairies normandes et leurs amendements, leur drainage, la création et l’entretien des prairies, l’élevage, la nourriture du bétail, l’ensilage des fourrages, la production du beurre et du cidre.
- Ostréiculture et mytiliculture sur le littoral centre-ouest, par Louis Lambert, Ferdinand Faideau et Raphaël Bluteau. 1 broch. in-8, 7S p., 42 fig. Imprimerie Jean Foucher, La Rochelle, 1928.
- A l’occasion de la foire-exposition de La Rochelle, le Comité de la section ostréicole a publié cette brochure consacrée aux huîtres et aux moules, richesses d’une grande partie de ce littoral. On y trouve tous les renseignements désirables sur ces mollusques et les autres coquillages comestibles, leur vie et leur multiplication, leur élevage, leur engraissement, leur transport, etc. De nombreuses photographies complètent très heureusement cette présentation.
- Haliotis, par Doris R. Crofts. 1 vol. in-S, 174 p., 8 pl. Vol. XXIX des Liverpool Marine Biological Committee Memoirs on typical british marine Plants and Animais. University Press of Liverpool, 1929. Prix : cartonné, 10 sh. 6 d.
- Depuis 1899, sous le titre de « L. and M. C. Memoirs », le Comité de biologie marine, puis le département d’océanographie de l’Université de Liverpool ont publié 29 volumes consacrés chacun à une espèce ou à un genre d’animaux, communs au bord de la mer. Ces monographies sont toutes basées sur des observations personnelles et établies selon un plan qui les rend particulièrement utiles aux zoologistes et aux étudiants des laboratoires maritimes. Voici la 29e consacrée à l’Haliotis, oreille de mer ou ormeau, grand mollusque gas-téropode assez primitif, recouvert d’une belle coquille et comestible. Ce mémoire examine sa position systématique, son habitat et son genre de vie, ses formes, ses organes et fonctions, son développement. Une bonne bibliographie termine l’ouvrage. On trouvera beaucoup de précisions et de faits nouveaux ajoutés â nos connaissances par ce mémoire.
- Die Kolloide in Biologie und Medizin, par H. Bechhold
- 5e édition entièrement revue. 1 vol. in-8, 586 p.. 87 fig., 7 pl. Théodor Steinkopff, Dresde et Leipzig, 1929. Prix : broché, 32 M.; relié, 35 M.
- Voici la 5e édition du livre publié en 1911 par le directeur de l’Institut pour l’étude des colloïdes de Francfort-sur-le-Mein. C’est dire assez son succès et aussi la nécessité où fut l’auteur de le remanier complètement, tant les progrès furent nombreux et rapides en ces dernières années. Il débute par les définitions des colloïdes : solution, émulsion, suspension, sel et gel. Puis il examine leurs propriétés et les moyens de les étudier : tension superficielle, adsorption, mouvements browniens, diffusion, dialyse, ultrafiltration, électrotropie, etc. Ensuite, il passe en revue les colloïdes biologiques : hydrates de carbone, lipides, protides, enzymes, les réactions d’immunité. Enfin, il considère l’organisme comme un système colloïdal et examine de ce point de vue les fonctions. Une dernière partie est consacrée à la toxicologie, la pharmacologie, la thérapeutique et aux techniques histologiques. On peut dire que c’est un manuel très complet rassemblant ce qu’on sait des colloïdes biologiques (à quelques données françaises près !) et s’il n’est pas plus didactique, la faute n’en est pas à l’auteur, mais à l’insuffisance et à la discordance de beaucoup de nos connaissances actuelles.
- Réflexions sur le psychisme, par Remi Collin. 1 vol. n-8, 227 p., 9 fig. Cahiers de philosophie de la nature. Vrin, Paris, 1929. Prix : 20 fr.
- C’est une œuvre méritoire que celle des Cahiers de philosophie de la nature qui s’efforcent, par la collaboration de métaphysiciens et d’hommes de laboratoire, de faire le point entre la philosophie et la science. Peut-être les premiers sont-ils parfois trop scholastiques et les seconds trop imbus des théories scientifiques en vogue, mais c’est toujours besogne utile de remuer des idées et troubler des quiétudes. L’auteur de ce troisième cahier est professeur d’histologie à la Faculté de Médecine de Nancy ; il est aussi l’un des animateurs de la collection. Le voici réfléchissant sur le psychisme, commençant par examiner la matière vivante, les cellules, puis les individus, abordant la vie végétative, la vie animale, la vie intellectuelle, puis discutant les explications scientifiques et philosophiques de l’activité psychique. N’arrivant pas à la réduire à des phénomènes mécaniques, spatiaux, il s’empare du résidu irréductible, irrationnel et soutient qu’il est notre grandeur, notre dignité, le témoignage de notre destinée immortelle.
- 43"' Annual Report of the Bureau of American Etnology. 1925-1926. 1 vol. in-4, 828 p., 44 pl. Smithsonian Institution, Washington, 1928.
- Ce beau volume contient cinq importants et intéressants mémoires : 1° deux versions du rite d’appellation des enfants dans la tribu Osage, par Francis La Flesche ; 2° des textes sur les mythes chez les Wawe-nock, par Frank G. Speck ; 3° les tribus et les dialectes du Connecticut, par le même ; 4° histoires d’enfants picuris, par John P. Harrington et Flelen H. Roberts ; 5° cosmologie iroquoise, par J.-N. æ. Hewitt.
- Economique rationnelle, par F. Divisia, 1 vol. in-16, 443 p., 40 fig. Encyclopédie scientifique, G. Doin et Cie, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- Application du raisonnement mathématique aux principales questions de la science économique : théorie de l’offre et de la demande, étude de la production, répartition des produits ; phénomènes monétaires, théorie synthétique de l’équilibre économique. Certaines parties de l’exposé, conçues dans un ordre d’idées nouveau, montrent comment l’instrument mathématique peut servir non seulement à l’élaboration des théories, mais aussi à l’observation de la réalité en permettant de forger les définitions précises indispensables. En ce qui concerne spécialement l’étude des questions monétaires, qui est à la base même de l’observation des faits économiques, l’auteur a en outre utilisé de telles définitions pour expliquer toute une série de phénomènes et compléter la théorie, aujourd’hui classique, de l’équilibre général économique.
- Le Breton Yves de Kerguelen, par Auguste Dupouy.
- 1 vol. in-16, 267 p., 4 pl. hors texte. Collection « La grande légende de la mer ». La Renaissance du Livre, Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- Cette nouvelle collection fait présenter les grands marins et les hauts faits de mer par une série d’écrivains de valeur, tous goûtés du public. Histoires romanesques, dramatiques, mais non romancées, où l’on sent le vent du large et la grandeur et l’héroïsme des voyages d’autrefois. L’histoire de Kerguelen est typique. Breton de Quimper, officier du roi, après quelques longues croisières, le voilà parti dans les mers australes. Voyage périlleux, mouvementé, malchanceux au cours duquel il découvre une île à laquelle, trois ans plus tard, Cook donne son nom : Kerguelen. Puis, le retour, l’accusation, le procès, la disgrâce. Et aujourd’hui, la réhabilitation : l’île est exploitée, occupée par des Français et le grand marin a trouvé son défenseur, Auguste Dupouy, éloquent, documenté, connaissant et sentant bien le caractère de son modèle et le rendant à nos yeux tout vivant.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES Marié-Davy (1820=1893)
- Le 15 août dernier, une plaque commémorative a été apposée à Clamecy, sur la maison natale de Marié-Davy,
- Elle rappellera le souvenir d’un homme qui fut curieux de bien des problèmes et apparaît aujourd’hui en plusieurs points comme un précurseur.
- Reçu à 20 ans premier à l’Ecole Normale et à l’Ecole Polytechnique, il choisit l’enseignement et devint, en 1843, professeur de lycée à Saint-Etienne, puis à Rouen. En 1845, il fut nommé à la Faculté des Sciences de Montpellier, puis fut rappelé à l’Observatoire de Paris comme astronome titulaire. En 1873, il devint directeur de l’Observatoire de Montsouris.
- Dès le début de sa carrière, il avait inventé une pile au bisulfate de mercure qui porte son nom. A l’Observatoire, il organisa le service d’avertissements aux ports, basé sur l’étude des orages en France et des tempêtes dans l’Atlantique, origine des bulletins météorologiques actuels. A Montsouris, il créa les services d’hygiène de la Ville de Paris, bactériologique et chimique, chargés de l’étude des eaux potables, de leur adduction, de l’évacuation des matières usées. Son livre sur les mouvements de l’atmosphère est lu encore aujourd’hui. L’un des premiers, il chercha aussi les rapports entre la végétation et les phénomènes météorologiques et songea à en informelles cultivateurs.
- La Ville de Paris a déjà fixé son souvenir en donnant son
- Fig. 1. — M. Mariê-Daug.
- nom à une rue proche du parc de Montsouris. Clamecy, sa ville natale, vient à son tour de lui rendre hommage.
- ÉLECTRICITÉ
- Le jubilé d'or de la lampe électrique à incandescence
- A l’instigation des plus anciens collaborateurs d’Edison, les différents « rois » de l’industrie américaine ont constitué,
- Fig.- 2. — L’auditorium d’Atlantic-Citg.
- sous le haut patronage du Président Hoover, un comité pour célébrer, par diverses manifestations, le jubilé d’or de l’invention de la lampe électrique à incandescence.
- Ces manifestations, dont le but est d’exprimer à l’illustre savant une gratitude toute spéciale pour ses inventions qui contribuent si grandement au confort et au progrès de l’humanité, ont été inaugurées à la fin du mois dernier par un premier festival à Atlantic City, New Jersey.
- Ce festival se termina par une cérémonie officielle dans l’immense « auditorium » de la ville, sous la présidence de M. Arlcwright, président de l’Association nationale de la lumière électrique. A la fin de la cérémonie, celui-ci appuya sur un bouton et alluma un énorme phare installé sur le toit de l’auditorium. A ce signal, le pilote d’un aéroplane qui patrouillait dans les airs descendit en chandelle, manœuvrant ainsi une sirène pneumatique placée à son bord. Les hurlements de la sirène impressionnèrent une « oreille électrique » ultra-sensible (nous avons décrit cet appareil dernièrement), se trouvant dans la salle et reliée au système de contrôle du « floodlighting » de l’auditorium. A l’instant même explosa une batterie de lumière sous forme d’une aurore boréale fantasque enveloppant tout le monument dans un véritable manteau de flammes.
- Ces festivals vont se succéder tous les huit ou quinze jours dans les principales cités américaines pour se terminer le 21 octobre à Dearborn, Michigan, par une dernière fête qui, dit-on, dépassera en splendeur ce que l’on aura vu jusqu’à ce jour aux Etats-Unis.
- A cette occasion, on inaugurera à Dearborn le laboratoire, complètement restauré, de Menlo Park, où le grand Américain travailla pendant de longues années et d’où il annonça le 21 octobre 1879, au monde, la création de la lampe à incandescence, grâce à laquelle l’industrie de l’éclairage et
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- de l’énergie électrique a pu réaliser ses admirables progrès.
- Toutes les branches multiples de cette industrie collaboreront à la célébration du cinquantième anniversaire de l’événement qui marqua une date si mémorable dans l’histoire de l’humanité. L. K.
- ZOOLOGIE
- Œuf anormal
- La Nature a signalé, à diverses reprises, des œufs de poule anormaux, de formes bizarres, à double jaune ou sans jaune aucun (voir, notamment, l’article de M. Henneguy, n° 2026, 23 mars 1912).
- En voici un nouvel exemple que nous communique M. Ma-
- Fig. 3.
- ranne, pharmacien à Périgueux. Il s’agit d’une poule de race Faverolle, âgée de 3 ans, qui, le 9 juillet dernier, a pondu l’œuf dont la photographie est reproduite ici.
- Outre sa forme singulière, cet œuf se faisait remarquer par l’absence du jaune.
- AGRICULTURE
- Découverte d’une nouvelle plante économique au Congo belge : un succédané du riz.
- Le riz ne possédait pas encore de succédané : on vient d’en découvrir un au Congo belge, parmi les noirs de cette région africaine qui le cultivent depuis des temps très anciens. Je suis heureux de pouvoir, le premier, le signaler à l’attention des curieux, sinon des agronomes.
- Cette trouvaille est d’importance, si ce que l’on m’en dit peut se réaliser.
- Cette nouveauté porte le nom de Coix Lacrimae, variété Djali Bras ; elle appartient à la famille des graminées ; ses graines nombreuses, en grappes, de la grosseur d’un pois, sont blanc grisâtre extérieurement et remplies d’une farine très blanche, ayant la même valeur nutritive que le riz et sa saveur. Les Congolais décortiquent grossièrement cette graine, ils. blutent avec leurs moyens primitifs et s’en servent pour renforcer leurs mets.
- Cette plante est ensemencée sommairement et sans irrigations par les noirs qui en font un certain commerce avec leurs voisins ; malgré cette culture défectueuse, leurs rendements sont, paraît-il, intéressants.
- En admettant que cette plante soit adoptée chez nous, il n’est pas douteux qu’on trouverait moyen de retirer la quintessence de farine que peut donner cette graine.
- Les nègres sèment au milieu de la saison des pluies ; la récolte a lieu vers le premier quart de l’été.
- Le Djali atteint 1 m de hauteur et possède des chaumes solides ayant l’apparence du maïs à l’état jeune ; ces chaumes rameux produisent à chaque extrémité une tête ou ombelle d’épillets, contenant les graines, semblables à de petites perles, remplies de matières nutritives.
- La culture de cette plante pourra se faire dans le Midi et en Afrique du Nord, où ses semences mûriront; elle pourrait remplacer, dans bien des cas, même pour les animaux, le Sorgho plus difficile à décortiquer et. à réduire en farine, friande pour la pâtisserie ou autres usages.
- Le semis devra s’en faire en février-mars, dans le Midi et en Afrique du Nord, sans irrigations, et la récolte sera appréciable.
- Une bonne terre légère lui conviendra, avec adjonction de nitrate de soude ; la récolte sera abondante en grain et en fanes, que l’on utilisera pour faire de la litière.
- Il est à souhaiter que des essais soient faits et poursuivis par les intéressés, en vue de naturaliser, chez nous, cette plante si intéressante.
- R. de Noter.
- PHYSIOLOGIE
- Un panthéon des cerveaux
- La Presse Médicale publie la curieuse note suivante :
- M. Bechterev, l’illustre neurologiste russe, vient de lancer une idée dont la réalisation lui paraît d’une très grande utilité. Il s’agit de créer, dans un centre de l’Union des républiques soviétiques et socialistes, un musée-panthéon où seraient conservés et exposés les cerveaux de personnalités éminentes du domaine de la science, de l’art, de la littérature et de la politique.
- Pour attirer l’attention de l’opinion publique sur son projet, M. Bechterev publie un article dans le quotidien Izvestia. Nous pouvons y lire, entre autres, les lignes suivantes :
- « Quand on met au tombeau le corps d’une personnalité illustre, on commet ainsi une faute irréparable. On s’interdit ainsi l’examen passionnant de son cerveau, de ses circonvolutions, de toutes ses particularités anatomiques, de ce mécanisme complexe où réside ce sphinx, appelé génie. »
- M. Bechterev insiste sur le fait, depuis longtemps connu, qu’il n’existe aucun rapport entre le poids et le génie. Le but principal n’est pas dans l’étude du poids, mais dans l’examen détaillé de diverses circonvolutions. A ce point de vue, les investigations, entreprises par Bechterev sur le cerveau du génial chimiste Mendeleev, ont permis d’aboutir à des constatations hautement instructives, mais qui, malheureusement, restent encore isolées.
- A côté du cerveau de Mendeleev, il a été possible à M. Bechterev d’étudier également celui du célèbre compositeur Ru-binstein.
- Ce dernier présentait un développement extraordinaire de la sphère auditive dans la région de la première circonvolution temporale.
- Ce fait nouvellement établi confirme les données acquises par l’examen du cerveau de Bach.
- M. Bechterev cite d’autres détails curieux et termine son article par un appel au gouvernement, invité à accorder à l’Institut de réflexologie de Léningrad la permission de nommer un comité de neurologistes en vue de réaliser pratiquement le projet de Bechterev.
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- PETITES INVENTIONS
- MECANIQUE
- Pilons, moutons et demoiselles à explosion.
- Les outils à chocs successifs ont de très nombreuses applications ; ils portent des noms divers suivant leurs usages : marteaux, pilons, moutons, demoiselles (outils de paveurs), etc. Comme partout on cherche à substituer au travail à la main le travail de machines. Il existe aujourd’hui une grande variété de ces appareils qui sont mus mécaniquement. Pour ceux qui sont employés sur des chantiers, et qui doivent être aisément amovibles, l’agent moteur le plus employé est actuellement l’air comprimé ; mais celui-ci exige l’intervention d’une véritable petite usine mobile, comprenant un groupe compresseur et son moteur, généralement à essence. Chacun de ses organes a un rendement plus ou moins satisfaisant ; de sorte que le rendement final, pour le travail effectif fourni par l’outil, est très faible. Il y a un intérêt évident à réduire autant que possible le nombre de ces organes intermédiaires, qui jouent simplement le rôle de transformateurs de la puissance motrice pour fournir celle-ci sous une forme commode.
- Les outils nouveaux que nous allons décrire constituent à cet égard une innovation fort intéressante. Le mouvement leur est, en effet, communiqué directement par l’explosion d’une charge combustible.
- L’instrument se compose d’un cylindre de moteur à explosion faisant corps avec lui. Le piston est relié à la pièce qui sert d’outil ; l’appareil étant posé sur l’objet à frapper, le sol par exemple s’il s’agit d’outils pilonneurs, on enflamme la charge admise dans le cylindre ; elle fait explosion ; le piston
- Fig. 2. — Demoiselles à explosion en action.
- Fig. 1. — Pilonneuse de 120 kg.
- ne pouvant se déplacer Fig_ 3 __ Baüage
- de pieux par explosion
- vers le bas, puisqu il repose sur sa tige, c’est le cylindre qui est projeté verticalement, vers le haut et avec lui tout le corps deToutil. Pendant ce mouvement, un ressort intérieur est tendu et dès que la compression se trouve diminuée par les échappements latéraux, ce ressort entre en fonction et projette le piston vers le haut. A ce moment s’ouvre la soupape principale d’échappement : les gaz brûlés sont expulsés complètement par le mouvement ascendant du piston. Puis la ma-
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- chine retombe de tout son poids ; en même temps le piston redescend dans le cylindre et aspire une nouvelle charge de gaz combustibles.
- L’instrument comprend, en outre, un réservoir d’essence, un carburateur et les tuyaux nécessaires pour l’admission de la charge dans le cylindre.
- L’ouvrier qui guide l’outil porte en bandoulière, dans un sac de cuir, une batterie d’accumulateurs avec une bobine servant à l’allumage du mélange explosif qui s’opère au moyen de bougies comme dans un moteur ordinaire. Il lui suffit de connecter les conducteurs souples qui réunissent l’inflammateur aux bougies, puis de soulever l’appareil et de le repousser vers le bas d’un mouvement sec pour aspirer la première charge ; l’outil est désormais prêt à fonctionner. Une manette commande l’allumage ; l’ouvrier n’a plus d’autre travail à faire qu’à guider l’outil et à appuyer sur la manette pour provoquer l’inflammation ; on voit alors à chaque explosion l’appareil bondir verticalement de 50 à 60 cm, puis retomber, à une cadence qui peut aller jusqu’à 60 coups à la minute.
- Sur ce principe, on a construit des pilonneuses de 120 kg, des demoiselles de 50 et 90 kg et des moutons de 9 0 kg pour battre les pieux. Pour cette application, l’appareil est muni d’une tige de guidage que l’on fixe sur le pieu. L’ouvrier peut, par exemple, se tenir sur une échelle à côté du pieu, sans autre préoccupation que celle de manœuvrer sa manette.
- Constructeur : Ateliers Delmag, à Esslingen A. N. (Allemagne). Représentant en France : J. Huber, 26, rue de la Pépinière, Paris.
- AVICULTURE
- Machine à plumer les volailles.
- Jusqu’ici la piumaison des volailles s’effectuait à la main. Après avoir saigné la tête, on la plumait encore chaude, d’abord parce que l’opération se faisait plus aisément et qu’en outre une fois l’oiseau mort, le tuyau de la plume s’emplit rapidement d’une sérosité, qui en rend la conservation précaire. Mais depuis peu, le plumage mécanique se généralise dans de grandes fermes des Etats-Unis, d’Australie, d’Allemagne et de Hollande.
- Un tel problème comporte un certain nombre de difficultés techniques. Il faut d’abord ne pas endommager les plumes en procédant à leur enlèvement, ni abîmer la peau des animaux,
- Fig. 2. — Grille coupante de la plumeuse (une série de lames mousses passent entre son patin et la grille, saisissent les plumes, les arrachent et une soufflerie les amène dans un tambour).
- Fig. 1. — Plumeuse Bentall-Kingdon en action.
- puis évacuer lesdites plumes au fur et à mesure de leur arrachage tout en les classant par type et par couleur, afin d’en tirer des bénéfices rémunérateurs. La machine doit allier, en outre, la simplicité à la robustesse, car elle sera manœuvrée beaucoup plus souvent par des ouvriers agricoles que par des mécaniciens expérimentés. Enfin, si son prix de revient reste abordable, les petits établissements d’aviculture auront intérêt à l’acheter.
- La nouvelle plumeuse Bentall-Kingdon (fig. 1) paraît répondre à ces diverses exigences pratiques et son fonctionnement s’explique aisément. Le garçon maintient la volaille, la tête en bas contre une grille par laquelle passe le courant d’air d’une soufflerie. Les plumes entraînées viennent alors se placer en travers du bord supérieur d’un patin métallique, que des ressorts faiblement tendus maintiennent contre la grille (fig. 2j. Une série de lames mousses tournantes passent, d’autre part, entre le patin et ladite grille, saisissent les plumes, les arrachent du corps du volatile et, les forçant à passer à travers la surface du patin, les amènent dans le coffre de la machine.
- La grille disposée entre l’organe plumeur et la volaille
- Fig. 3. — Au fur et à mesure de leur arrachage, les plumes sont dirigées automatiquement dans des sacs fixés à l’extrémité de la soufflerie.
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- protège non seulement la peau de celle-ci, mais les mains de l’opérateur tandis que les lames tournantes, au nombre de trois, sont fixées sur un tambour marchant à la vitesse de 630 tours par minute. Ce dispositif, qui produit donc 1890 arrachements par minute, se trouve enfermé dans un cylindre métallique dont l’une des extrémités, boulonnée à l’orifice d’admission d’un souffleur centrifuge, aspire l’air constamment. Quant aux plumes, les lames coupantes, après les avoir forcées à passer au travers du patin, les libèrent à l’intérieur du cylindre d’où le courant d’aspiration les refoule ensuite dans un sac qu’on fixe à l’orifice de sortie de la soufflerie. Toute'la plume se trouve donc automatiquement ensachée, au fur et à mesure (fig. 3).
- Pour opérer le classement des différentes variétés de plumes (plumes d’ailes, de queue et de dos, plumes appartenant à des espèces diverses, etc.), il suffit d’arracher consécutivement toutes les plumes d’un certain type ou d’une certaine couleur et de changer de sac lorsqu’on passe à une autre catégorie de plumes. Si, par exemple, on doit plumer des poules de Bresse blanches ou noires, des Orpingtons fauves ou des Houdans au plumage caillouté de blanc et de noir, on commence par plumer les volailles blanches, puis on passe à une race de couleur ou d’espèce différente (noires, fauves, grises, etc.), on accroche un nouveau sac qui se remplit d’une manière analogue au récipient-filtre d’un aspirateur de poussière.
- L’air s’échappe par les interstices de la toile et sèche, au passage, les plumes restant à l’intérieur.
- Entrons, maintenant, dans quelques détails au sujet du plumage afin de nous rendre mieux compte des avantages de la nouvelle méthode mécanique.
- D’ordinaire, ces opérations se poursuivent en trois étapes.
- ..:.............i==^= 285 =
- On commence d’abord par arracher les longues plumes des ailes et de la queue, on enlève ensuite les plumes du corps et, finalement, celles des écots. Or, l’expérience montre que la première et la troisième phase de la plumée se font aussi rapidement à la main qu’à la machine. En revanche, l’enlèvement des plumes du corps s’exécute mieux et plus vite avec cette dernière. Alors qu’il faut environ 2 minutes à un plumeur très expérimenté pour arracher les plumes d’un poulet et qu’il ne saurait maintenir très longtemps cette vitesse de travail, la plumeuse Bentall-Kingdon rase les plumes du corps et le duvet de 60 poulets en une heure ou de 20 à 25 jeunes canards pendant le même temps. Le bénéfice est encore plus grand s’il s’agit du plumage d’une oie qui exige, à la main, 18 minutes en moyenne. Avec un modèle spécial de la plumeuse, muni d’un portique pour supporter les pesants volatiles, deux homtnes plument complètement des oies à raison de 18 à 20 par heure, alors que, manuellement, les mêmes ouvriers n’en arrangeraient que 6 à 7. L’un des travailleurs présente à la machine le grassouillet animal, dont l’autre termine la toilette. Pour les dindes, élevées presque uniquement pour les marchés de Noël, époque où ces oiseaux n’ont pas d’écots, le plumage mécanique s’effectue très bien et presque aussi vite que celui des poulets. Il faut seulement enlever quelques plumes dures à la main pour parachever l’ouvrage.
- Aussi, d’après les dires des inventeurs, les économies réalisées par l’emploi d’une plumeuse Bentall-Kingdon seraient [telles qu’elles permettraient à un expéditeur de volailles d’amortir ses frais d’achat en trois mois environ, sans compter que la valeur marchande des plumes arrachées, ensachées, séchées et triées de cette façon, se trouve notablement accrue et que les ouvriers travaillent dans de meilleures conditions hygiéniques.
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Illusion d’optique.
- Un de nos abonnés nous signale le fait suivant :
- « Si vous passez sur le pont de la Concorde en automobile, à une allure suffisante (elle n’a pas besoin d’être rapide, mais le phénomène m’a paru plus net quand la voiture accélère un peu), l’allure d’un cheval au trot par exemple (j’ignore si le phénomène se produit quand on est arrêté), et que vous regardiez! le treillis de fil de fer qui garnit les parapets de la passerelle des piétons, voici ce que vous observez:
- QUESTIONS
- Demande de renseignements.
- Un de nos lecteurs nous écrit :
- « J’ai remarqué, chez plusieurs personnes, plus particulièrement chez es enfants et plus spécialement encore chez les enfants .d’intelligence médiocre, un défaut d’attention qui leur fait écrire ch pour j, f pour v, v pour f, d pour t et t pour d.
- Elles écriraient, par exemple, che fous dis, au lieu de je vous dis. C’est-à-dire qu’elles écrivent comme parle un alsacien. L’erreur n’est pas constante, mais peut se renouveler jusqu’à six ou dix fois dans une dictée d’une page.
- Moi-même, en écrivant vite, me suis surpris à faire des erreurs de cette nature.
- Il est, en outre, bien entendu que toutes les personnes sur qui ont porté mes observations étaient bien françaises, sans aucun exotisme
- 1° Si vous fixez votre regard sur le treillis même, il vous apparaît en sombre et se détache en noir sur les eaux claires de la Seine, formant le fond du tableau ;
- 2° Mais, si vous regardez plus spécialement l’eau même de la Seine (en mettant votre œil au point), le treillis apparaît projeté sur celte surface claire en un réseau plus clair encore, dont le quadrillage brillant se détache sur les eaux de la rivière.
- Le phénomène est très net et se réalise très facilement ».
- Peut-on trouver une explication de celui-ci ? »
- ET RÉPONSES
- et savaient parfaitement comment s’écrivaient les mots dans lesquels elles faisaient ces fautes d’allure tudesque.
- Se trouve-t-il, parmi les lecteurs de La Nature, quelqu’un qui soit capable d’expliquer ce phénomène ? »
- Quelles sont les différentes sortes d’encaustiques.
- Les encaustiques toujours à base de cire d’abeilles vraie si on veut obtenir de bons résultats, peuvent se préparer soit à l’essence de térébenthine, soit à l’eau, voici deux bonnes formules pour chacune de ces préparations :
- 1° Encaustique à l'essence.
- Prendre : Essence de térébenthine vraie. .. . 2000 cm3
- Cire d’abeilles vraie. . ........ 500 gr
- Faire fondre à feu doux la cire jaune avec 20 gr de litharge en
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- poudre, remuer pendant dix minutes en maintenant le liquide sur le feu, laisser reposer et décanter la partie supérieure que l’on fera couler doucement, pas trop chaude, dans l’essence de térébenthine, bien mélanger jusqu’à ce que la mass.e en partie refroidie devienne pâteuse, mettre alors en boîte fermant avec un bon couvercle.
- 2° Encaustique à l’eau.
- Prendre : Eau non calcaire....................... 500 cm3
- Savon de Marseille en copeaux. . . 125 gr
- Cire d’abeilles...................... 500 —
- Sel de tartre........................ 20 —
- Faire dissoudre dans l’eau bouillante le savon et le sel de tartre, ajouter la cire et continuer à chauffer jusqu’à obtention d’un lait homogène. Appliquer chaud au pinceau, laisser bien sécher, puis brosser énergiquement.
- Pour l’entretien des parquets cirés, frotter avec un chiffon de laine ayant reçu quelques jours auparavant une légère arpersion de pétrole ; suivre toujours le sens des fibres du bois.
- Comment détruire l’herbe dans les allées de jardins.
- Laissant de côté l’emploi des arsenicaux, dont l’usage est toujours dangereux, voici quelques procédés peu coûteux pour la destruction de l’herbe dans les allées :
- 1° Procédé au sulfure de calcium.
- Prendre : Chaux vive . ........................ 10 kg
- Eau ordinaire.......................100 litres
- Fleur de. soufre..................... 8 kg
- On commence par éteindre la chaux en l’humectant d'un peu d’eau, elle s’échauffe considérablement, fuse ou tombe en poussière.
- On tamise alors la poudre de chaux éteinte, ainsi préparée pour en séparer les incuits, puis on en forme un lait en ajoutant progressivement le reste de l’eau de manière à obtenir un lait bien homogène que l’on porte à ébullition dans un récipient en fer-
- On additionne peu à peu ce lait de fleur de soufre, en maintenant l’ébullition jusqu’à ce que la dissolutuion soit complète.
- Le liquide une fois refroidi est étendu d’un volume égal d’eau et on se sert de cette dissolution pour arroser les endroits où on veut détruire toute végétation :
- 2° Procédé Rabaiê à l’acide sulfurique'
- Arroser au moyen d’une solution contenant 1 à 2 pour 100 en volumes d’acide sulfurique commercial à 54° B, soit 2 à 3 pour 100 en poids.
- L’inconvénient de cette méthode est qu’il faut se servir de récipients en cuivre comme arrosoirs, en effet le fer et le zinc seraient rapidement attaqués.
- 3° Procédé au sel marin. .
- Faire une solution composée de :
- Eau tiède...........................100 litres
- Sel dénaturé. .....................610 kg
- Effectuer deux arrosages successifs, par temps sec, à deux jours d’intervalle.
- 4° Procédé au chlorate de soude :
- Employer pour l’arrosage dans les mêmes conditions une solution de chlorate de soude à 5 pour 100 légèrement alcalinisée par l’ammoniaque.
- Enfin, lorsqu’on se trouve dans certains centres industriels, on pourra parfois se procurer des résidus de chlorure de calcium, dans ce cas, une solution à 200 grammes par litre conviendra parfaitement pour la destruction des herbes.
- Préparons nous=mêmes une excellente moutarde aux fines herbes.
- La moutarde, subissant comme les autres denrées une hausse importante, voici comment chacun de nous peut, avec du soin, préparer une excellente moutarde de table :
- Prendre : cerfeuil, céleri, persil, ciboule ; de chacun environ 250 gr ainsi que trois têtes d’aii. Les hacher finement, mettre dans un pot en grès avec couvercle, couvrir le tout de vinaigre et laisser macérer pendant quinze jours.
- Ajouter alors à la masse, de façon à bien incorporer :
- Sel de cuisine pulvérisé................ 250 grammes
- Quatre épices........................... 60 —
- Essence de thym......................... 40 gouttes
- — de cannelle.............. 30 —
- — d’estragon. .................. 30 —
- Puis une quantité de moutarde finement broyée, de manière que le volume total soit de 12 litres.
- Enfin, en dernier lieu, pour adoucir, mais sa présence n’est pas indispensable :
- Huile d’olive........................125 grammes
- Mettre en pots, couvrir d’une rondelle de papier parchemin, fermer hermétiquement.
- N. B. — Si l’on ne dispose pas d’essences aromatiques, les remplacer par une petite quantité des plantes elles-mêmes ;
- 2° Les quatre épices sont constituées par un mélange finement moulu de :
- Piment de Tabago.....................150 grammes
- Gingembre............................ 50 —
- Cannelle............................. 30 —
- Laurier en feuilles.................. 10 — .
- M. de Lavigerie a Soissons.
- Qu’était la préparation désignée sous le nom de sels anglais ?
- Au temps lointain ou il était de bon ton pour une élégante d’avoir « des vapeurs », chacune d’elles disposait d’un petit flacon garni de « sels anglais » qu’elle s’empressait de respirer de la plus gracieuse façon à la moindre incommodité.
- Bien que le flacon de sels ne soit plus guère de mode, il peut être intéressant de savoir quel était son contenu peu coûteux, comme on va le voir, puisqu’il s’agissait simplement de carbonate basique d’ammoniaque, sel peu stable susceptible de libérer peu à peu du gaz ammoniac, qui en excitant la muqueuse nasale peut, dans une certaine mesure, ramener le sang vers la tête en cas de tendance à la syncope.
- Dans un petit flacon, on introduirait, d’abord, quelques morceaux du sel ci-dessus concassé mais non en poudre, puis on parfumait en ajoutant les essences suivantes, les proportions étant évaluées en gouttes :
- Essence de lavande et extrait de musc dd 14 ; essences de bergamote, de girofle dû 3 ; essence de rose, 10 ; essence de cannelle de Ceylan, 5 ; enfin, pour terminer, ammoniaque très concentrée, 2 gouttes (N. B. — L’indication dû signifie quantités égales, autrement dit, par exemple, de chacun 14 gouttes).
- Le carbonate basique s’obtient en introduisant dans un flacon, que l’on peut fermer hermétiquement, 600 gr de carbonate d’ammoniaque du commerce concassé en morceaux de la grosseur d’une noisette, puis 300 cm5 d’ammoniaque concentrée (alcali volatil), on agite fréquemment pendant une semaine, puis on abandonne dans un endroit frais, pendant un mois environ; il se forme, alors, un sel basique qui se dépose au fond du vase ; on le sépare, on l’essore sur du papier à filtrer et conserve pour l’emploi comme il a été indiqué ci-dessus. M. Lebel a Paris.
- P.-S. — Vous trouverez un excellent traité de lutte japonaise, intitulé Jiu-Jitsu, méthode d’entraînement et de combat à la librairie A. Huart, 82, rue de Rome.
- Comment développer les films en positifs directs.
- Les petits appareils de prise de vues s’étant vulgarisés, il peut être intéressant de savoir comment on peut obtenir, directement, des images en positifs sans avoir à passer par un négatif. •
- Le principe des opérations est celui proposé par Roussel dès 1S62 et qui porte le nom de méthode d’inversion par reste, c’est-à-dire qu’après un développement en négatif suivant la méthode habituelle, on dissout l’argent réduit constituant l’image ; puis, après large exposition à la lumière du gélatino-bromure resté intact (puisque l’on n’a pas fixé), on développe ce bromure d’argent jusqu’à l’intensité désirée, puis on effectue le fixage final.
- Voici quelques formules types des bains employés :
- A. Paraphénylène diamine.................... 10 gr
- Sulfite de soude anhydre.............. 15 —•
- Bromure de potassium.................. 4 —
- Safranine............................. 0, 04
- Soude caustique........................... 10 —
- Eau distillée q. s. pour faire.......... 1000 cm5
- Après développement dans ce bain, on plonge, dans le suivant destiné à détruire l’image négative :
- B. Permanganate de potasse................... 2 gr
- Acide sulfurique pur....................... 8 cm5
- Eau distillée...................... 1000, cm5
- On rince soigneusement, puis expose à la lumière jaune, de préfé
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- rence à la lumière blanche, à ce moment le film présente une teinte brune due à l’oxyde de manganèse; pour la faire disparaître, il suffit
- de l’immerger dans le bain qui suit :
- C. Eau distillée.............................. 1000 cm3
- Bisulfite de soude........................... 50 —
- Le film blanchit peu à peu et devient laiteux, on rince à nouveau et procède au second développement en se servant d’un des révélateurs courants ou mieux encore dans :
- D. I-Iydrosulfite de soude...................... 10 gr
- Bisulfite de soude........................... 50 cm3
- Eau distillée.............................. 1000 cm5
- (Bien observer qu’il s’agit d’hydrosulfite et non d’hyposulfite.) Si on laisse noircir complètement, le fixage n’est pas nécessaire et il suffit de laver, si on s’arrête à une intensité déterminée, il est indispensable d’éliminer suivant l’usage le sel d’argent non réduit.
- M. Boutan a Courbevoie.
- N. B. — Les Etablissements Pathé-Cinéma vendent les produits tout préparés pour le traitement des films Pathé-Baby.
- Pour détails complémentaires, vous pourrez consulter une suite de très intéressants articles parus dans la Photo-Revue, 118 bis, rue d’Assas, n08 3,-6, 8, de 1927 ; n09 3, 8, etc., de 1929.
- Qu’est=ce que Vamalgame au cuivre des dentistes?
- L’amalgame au cuivre, utilisé pour l’obturation des cavités dentaires, est constitué par un mélange d’un tiers de cuivre en poudre très fine et deux tiers de mercure..
- Pour faciliter la formation de l’amalgame, il faut que le cuivre soit « mouillé » facilement par le mercure, résultat qui est obtenu soit en ajoutant au mélange un peu d’eau acidulée par l’acide sulfurique, soit préférablement en amalgamant la surface du cuivre, en le faisant bouillir dans une solution très étendue de nitrate de mercure. Le cuivre ensuite bien lavé est devenu apte à l’emploi.
- Le cuivre en poudre, dont nous venons de parler, résulte de la précipitation par le fer d’une solution de sulfate de cuivre, ou bien encore de la réduction par l’hydrogène de l’oxyde de cuivre, c’est pourquoi on peut, parfois, remplacer l’amalgame précédent par un mélange au mortier fait au moment de l’emploi de :
- Sulfate de cuivre pulvérisé..................0 gr 90
- Mercure......................................0 — 70
- Fer réduit...................................0 — 20
- Le tout est humecté d’eau tiède, pour obtenir une pâte de consistance convenable.
- N. B. — Dans la pratique dentaire, d’autres amalgames peuvent être utilisés, mais généralement les fournisseurs de ces produits spéciaux se gardent d’en donner la formule.
- M. Pradet a Cusset.
- Peut=on se débarrasser des fourmis ?
- Ces hyménoptères qui vivent en colonies composées de mâles, de femelles et d’ouvrières, vivent surtout de matières sucrées qu’elles viennent chercher soit dans les nectaires de fleurs, soit plus simplement dans les provisions des ménagères, confitures, sirops, sans qu’il soit possible de les éloigner par l’emploi des moyens généralement préconisés.
- Voici, cependant, un petit procédé d’application facile, que nous avons vu utiliser avec succès :
- Sur une assiette, on place un morceau de sucre, que l’on arrose de quelques gouttes de liqueur de F ourler, de manière à transformer le sucre en sirop sans qu’il y ait excès de liquide.
- Cette assiette est ensuite mise sur le trajet suivi par les fourmis, à l’obscurité; si le lieu n’est pas naturellement obscur, recouvrir l’assiette d’un abri pour réaliser cette condition essentielle.
- Très friandes de ce sirop, les fourmis le consomment rapidement; au bout de très peu de temps, il ne reste ni sucre ni fourmis, ces dernières étant allées mourir dans le nid.
- S’il reste encore quelques fourmis, c’est que la provision de sucre était insuffisante pour le nombre d’individus constituant la colonie ; il suffit de renouveler cette provision.
- La liqueur de Fowler, de préparation médicinale courante, a pour
- composition :
- Acide arsénieux. . .......................... 1 gramme
- Carbonate de potasse......................... 1
- Alcoolat de mélisse composé.................. 3 —
- Eau distillée.............................. 95 —
- -.....: ........... ...........:.. — = 287 =
- C’est, en réalité, une solution d’arsénite de potasse aromatisée; sa faible teneur en produit actif la fait, généralement, délivrer sans difficultés aux personnes connues.
- F. Meunier a Levallois.
- Comment préparer du papier tue-mouches ?
- Les papiers tue-mouches que l’on trouve dans le commerce sont, généralement, préparés avec un mélange de sucre et de kobolt ou arsenic libre, bien que le fabricant ait soin d’ajouter une matière colorante, rouge, bleue ou violette pour rendre la préparation peu appétissante ; la présence de 20 pour 100 environ d’arsenic dans les mixtures de ce genre n’en constitue pas moins un danger au foyer domestique.
- Il est donc préférable de substituer aux papiers tue-mouches les papiers attrape-mouches qui n’ont pas cet inconvénient ; on les prépare facilement en faisant bouillir 100 gr d’huile de lin jusqu’à consistance sirupeuse, on y ajoute alors 120 gr de résine en poudre, puis, après homogénéisation, 40 gr de miel et 10 gr de glycérine.
- La préparation encore chaude est appliquée sur du papier; après refroidissement on obtient une masse visqueuse de laquelle les mouches ne peuvent se dégager lorsque l’appât du miel les a fait se fixer sur la feuille de papier.
- Institut scientifique et industriel.
- Manière de conserver les filets de tennis.
- Le plus souvent, les filets de tennis sont goudronnés pour en assurer la conservation ; cette façon de procéder a le grave inconvénient de rendre les cordelettes poisseuses, au grand détriment des mains de ceux qui ont préparé le jeu.
- C’est pourquoi il est préférable d’employer la mixture suivante, que l’on peut préparer avec facilité.
- Dans un bidon que l’on peut fermer par un bon bouchon, introduire ;
- Essence pour autos ....................... 1000 cm3
- Vaseline blonde..............•............ 50 gr
- Paraffine.................................. 100 —
- Après dissolution, ce qui est très rapide, badigeonner le filet qui doit être parfaitement sec, si l’on veut que la fibre soit bien imprégnée, l’application sur une corde mouillée ne fournirait, au contraire, qu’un résultat déplorable.
- Si l’on a bien opéré, on obtient un filet souple, imputrescible et, par conséquent, d’usage très prolongé, étant moins accessible aux frottements.
- M. de Vavrechin a Roost-Warendin.
- Un perfectionnement œnologique intéressant.
- On sait que la maladie des vins désignée sous le nom de casse est due à la présence de ferments désignés sous le nom général d’« oxydases»; une nouvelle pratique œnologique consistant dans un chauffage partiel de la récolte permet d’éviter presque à coup sûr cet accident.
- Voici,d’aprèslesindications deM. J.Dubaquié,directeur delà station œnologique de la Gironde, comment il faut opérer :
- Environ un dixième à un sixième de la vendange totale est introduit sans égrappage ni écrasage dans un local bien clos où la température est maintenue vers 40°-45° pendant plusieurs heures. Le raisin est placé dans des caisses à claire-voie ou paniers rectangulaires que l’on superpose dans l’étuve, en laissant seulement la place pour les radia teurs qui sont alimentés par une installation identique à celle adoptée pour le chauffage central. Le remplissage des paniers se fait de préférence avec les derniers apports de la journée de manière à avoir encore devant soi 3 à 4 heures de chauffe dans les conditions indiquées ci-dessus.
- Par suite du dégagement d’acide carbonique et de la température élevée, on a ainsi constitué un milieu favorable à la fermentation intracellulaire agissant en particulier sur les pectoses, ainsi que l’a montré Pasteur.
- Le lendemain matin, on retire le raisin de l’étuve et le soumet au foulage, le produit est alors ajouté au reste de la vendange, traité comme d’habitude, dans lequel s’est développée la fermentation tumultueuse.
- On obtient ainsi des vins remarquables non seulement par leur tenue parfaite, mais aussi par l’éclat et l’intensité de leur coloration, ils se dépouillent plus facilement et acquièrent plus tôt le bouquet final qui doit en faire la valeur marchande.
- M. et G. Vie - a- Or an.
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- LA NATURE
- N"2818. — Ier Octobre 1929
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- LA NATURE
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- N" 2818
- LA NATURE
- 1er Octobre 1929♦
- = L’EXPÉDITION OCÉANOGRAPHIQUE =
- DU PROFESSEUR JOHS. SCHMIDT AUTOUR DU MONDE
- Le professeur Johs. Schmidt, le savant directeur de la section de physiologie du laboratoire Carlsberg, à Copenhague, dont nos lecteurs connaissent les beaux travaux de biologie, poursuit actuellement une entreprise scientifique d’un intérêt considérable.
- Personne n’ignore que cet éminent naturaliste a résolu
- ment, que le bassin indo-pacifique renferme de nombreuses espèces d’anguilles mais qu’elles demeurent cantonnées dans les régions à l’ouest du méridien des îles Hawaï. Ce Malacoptérygien est, en effet, absent sur toute la côte occidentale du Nouveau Monde, tandis qu’il abonde en Océanie, en Nouvelle-Zélande, en Aus—
- Cadix ' Casablancaj
- Philippines
- Madère,
- lartinique
- Panama
- irres.
- Itinéraire du Dana dans son voyage autour du monde.
- Fig. 1.
- d’une manière magistrale l’énigme de l’anguille européenne vainement cherchée depuis des siècles. Au prix de dix-huit ans de recherches à la mer, il a réussi à démontrer que cet hôte de nos rivières et de nos étangs va se reproduire dans la mer des Sargasses et que, de cette région lointaine, ses larves arrivent ensuite à l’embouchure de nos rivières, lentement véhiculées pendant trois ans par les courants et après avoir subi une métamorphose en cours de route.
- Pour compléter son œuvre, le professeur Schmidt s’est attaqué au mystère qui enveloppe encore les espèces de ce poisson indigènes du Pacifique et de l’Océan Indien. Il y a sept ans, lorsqu’il en a abordé l’étude, le problème était entièrement neuf, et, à son sujet, les informations précises faisaient complètement défaut. On savait, seule-
- tralie orientale, en Mélanésie, en Chine, au Japon, aux Indes, à Madagascar, sur la côte orientale d’Afrique. Combien d’espèces cet ordre compte-t-il dans cet immense espace ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Quelle est leur distribution géographique ? Pour se reproduire, accomplissent-elles de longues migrations comme l’anguille d’Europe ? Sur tous ces points et sur bien d’autres, notre ignorance était complète.
- Afin de débrouiller ces questions si complexes, il importait, avant tout, d’établir une classification rigoureuse des anguilles indo-pacifiques.
- C’est à cette tâche que le professeur Schmidt s’est employé tout d’abord avec l’impeccable méthode de travail qui est la marque de son talent.
- Pour cela, il commença par étudier la plupart des
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- collections de ces poissons possédées par les divers musées du monde, puis, en 1926, en compagnie de Mme Schmidt, il accomplit un voyage en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Tahiti. Ces études préliminaires l’ont amené à constater l’existence d’au moins dix-huit espèces d’anguille dans l’immense bassin océanique compris entre la côte occidentale d’Amérique et la côte orientale d’Afrique. Six appartiennent à l’Océan Indien et douze au Pacifique. A elle seule, la petite île de Tahiti en renferme trois. (Voir l’article publié par le professeur Johs. Schmidt lui—même sur les anguilles de Tahiti dans La Nature en 1927). Ajoutons que dans ces océans, à la différence de ce que l’on observe dans l’Atlantique, certaines espèces sont étroitement cantonnées, soit dans les régions tropicales, soit dans les régions tempérées.
- Cette classification est fondée principalement sur le nombre des vertèbres. Présentant de remarquables variations d’une espèce à l’autre, ce caractère offre l’avantage
- espèces de la zone tempérée vont frayer dans les mers tropicales, d’où, sous l’impulsion des courants marins, leurs larves reviennent vers l’habitat primitif de leur espèce pour achever de s’y développer. Aucune espèce indo-pacifique ne paraît toutefois faire d’aussi longs voyages que l’anguille d’Europe. L’Anguilla australis f. continentalis effectue, par exemple, des migrations remarquablement courtes. Vivant dans les rivières des Etats australiens de Victoria et de la Nouvelle-Galles du Sud, au sud du 30° de latitude australe, ainsi qu’en Tasmanie et à l’île Lord Howe, elle se reproduit, selon toute vraisemblance, dans la fosse océanique située au large du Queensland. L’A. auchlandi étroitement localisée, semble-t-il, dans la Nouvelle-Zélande, principalement dans ses parties occidentale et méridionale, accomplit un voyage un peu plus long,
- De même que l’A. australis f. continentalis, elle fraie selon toute apparence, au-dessus des grandes
- Fig. 2. — Le Dana au mouillage à Bangkok.
- d’être aisément discernable non seulement sur les adultes mais encore sur les larves. Grâce à cette circonstance il devient dès lors possible de reconnaître les espèces chez les alevins, par suite d’étudier leurs migrations.
- Grâce aux travaux poursuivis au laboratoire Carlsberg et aux recherches qu’il a effectuées lui-même en Australasie en 1926, le Dr J. Schmidt a obtenu les premiers renseignements précis sur les anguilles indo-pacifiques.
- Il a ainsi reconnu que, selon toutes probabilités, dans le Pacifique, le genre Anguille compte une nombreuse série de 'types biologiques. Les espèces tropicales sont généralement stationnaires ou, du moins, ne se déplacent que dans une zone fort limitée, tandis que celles des régions tempérées (Chine et Japon, dans l’hémisphère boréal ; Nouvelle-Zélande et Australie sud-orientale dans l’hémisphère austral) accomplissent des migrations relativement étendues. Comme l’anguille de nos pays, les
- profondeurs situées dans l’est de l’Australie. De cette région, les larves de VA. aucklandi dérivent vers le Sud, vers la Nouvelle-Zélande et celles de VA. australis vers l’Ouest, vers l’Australie. Il y a là une situation analogue à celle que l’on observe dans la mer des Sargasses où, sous la poussée des courants marins, l’anguille américaine et celle d’Europe prennent des directions diamétralement opposées.
- Pour compléter ces notions fragmentaires, pour élucider la biologie des anguilles indo-pacifiques, pour, en un mot, substituer la certitude aux probabilités et aux hypothèses, suivant l’expression si juste du Dr Schmidt, l’exploration méthodique du grand Océan avec un bateau approprié aux recherches à la mer s’imposait. Seul, ce mode d’investigations permettrait de déterminer la distribution géographique des larves des diverses espèces, d’observer leur évolution dans leurs domaines respectifs, d’examiner les conditions physiques et chimiques de leurs
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- différents milieux, enfin d’étudier les courants marins. Bref, la méthode de travail qui avait donné de si beaux résultats pour l’anguille de l’Atlantique devait être suivie pour l’anguille du Pacifique. Etant donné l’immensité des espaces à explorer et cette circonstance que, selon toutes probabilités, les diverses espèces d’anguilles indo-pacifiques fraient à des époques différentes, il était nécessaire de prévoir une expédition de deux ans.
- Par les temps actuels, quelle somme ne faudrait-il pas pour exécuter pareil programme ? Néanmoins le Danemark n’a pas reculé devant une aussi grosse dépense. Le gouvernement danois a mis à la disposition du professeur Johs. Schmidt le navire de recherches océanographiques, le Dana, et a promis de subvenir pendant deux ans aux frais d’armement de ce bateau, soit une subvention d’environ 1 400 000 fr. Le surplus du budget de l’expédition, soit plus de 2 millions de francs, a été couvert par la fondation Carlsberg.
- * *
- Qu’est-ce que cette fondation Carlsberg, qui dispose d’aussi abondantes ressources ? C’est ce que nous allons expliquer rapidement, d’autant que son rôle est de toute première importance dans la vie scientifique du Danemark et qu’après les prix Nobel elle est la plus riche des institutions de ce genre en Europe.
- Créée par la libéralité des deux célèbres brasseurs danois Jacobsen père et fils, cette fondation dispose, non seulement des revenus de capitaux considérables, mais encore des bénéfices de l’exploitation des deux grandes brasseries, Garnie Carlsberg et Ny Carlsberg, fondées par ces mécènes.
- Combien considérables sont les disponibilités de cette institution, son bilan le met en évidence. En actif et en passif, il se balançait, le 30 septembre 1927, par 91 817 902 couronnes danoises, soit environ 624 millions de francs, et, dans ce total fabuleux, les valeurs mobilières de la fondation figuraient pour 38 681 688 couronnes, soit 263 millions de francs 1 D’après la volonté de feu Jacobsen fils, les sommes provenant de Ny Carlsberg sont affectées aux beaux-arts, tandis que son père a réservé aux sciences les revenus de Garnie Carlsberg. En vertu de ce règlement, en 1926-1927, la division artistique de l’institution disposait de près de 2,2 millions de couronnes, soit environ 15 millions de francs et la division scientifique de 1 300 000 couronnes, soit environ 8,9 millions de francs. Selon les intentions de Jacobsen père, les revenus de ses donations véritablement royales sont employées : 1° à l’entretien d’un laboratoire de recherches intéressant la chimie et la physiologie, le célèbre laboratoire Carlsberg, dont les deux sections sont dirigées aujourd’hui par les professeurs S. P. L. Sôrensen et Johs. Schmidt ; 2° à un musée historique ; 3° en subventions aux travailleurs danois. De quelles ressources considérables les savants de ce petit pays disposent grâce à la munificence du célèbre brasseur, les comptes de la fondation Carlsberg, en 1926-1927, les derniers que nous possédons, le montrent. Durant cette période, les dépenses du laboratoire ont atteint 1 243 000 fr et, à la fin de l’exercice, il restait en caisse 375 000 fr !
- Fig. 3. — Le Dana passant au large de l'îlot de Pitcairn. (Photo de Mme Ingeborg Schmidt).
- D’autre part, il a été distribué aux savants danois plus de 5 millions et demi de francs, sans compter une somme de 76 000 fr, dont la Société Royale des Sciences de Copenhague bénéficie annuellement. 278 personnalités ont été touchées par cette manne, laquelle paraît distribuée équitablement, sans esprit de coterie ; les historiens, les philologues, les bibliographes y participent, comme les naturalistes, les physiciens, les chimistes, les archéologues, les ethnographes. Disposant de telles ressources, les administrateurs de la fondation Carlsberg n’ont pas hésité à voter au professeur Schmidt une subvention de 2 millions de francs pour sa nouvelle expédition. En science comme dans toutes les œuvres humaines, le système des petits paquets est déplorable au point de vue de l’intérêt général ; seules les grandes entreprises sont véritablement fécondes.
- * +
- Pour que le lecteur puisse se rendre compte de l’importance de la nouvelle expédition zoologique danoise, ajoutons que, outre l’étude des anguilles qui demeure son objet principal, le voyage comportera d’autres
- Fig. 4. — Le DT Johs. Schmidt devant une maison maori, à Rolorua (Nouvelle-Zélande) (photo de Mme Ingeborg Schmidt).
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- recherches. A titre d’exemples, citons : 1° la détermination de la teneur en oxygène des nappes profondes du Pacifique et de l’Océan Indien, étude capitale pour la connaissance de l’origine de l’eau de fond du Pacifique et des mouvements qui affectent les couches profondes de ces deux bassins maritimes ; 2° exploration des fosses océaniques, situées à l’est de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée ; 3° étude des échanges d’eau qui se font par le détroit de Gibraltar entre la Méditerranée et l’Atlantique, et par le détroit de Bab-El-Mandeb entre la Mer Rouge et l’Océan Indien; 4° détermination des aires d’habitat des poissons pélagiques. (L’expédition recherchera notamment si la même espèce se rencontre dans les zones tropicales des trois océans, comme cela- a été affirmé dans plusieurs cas, ou si cette soi-disant même espèce ne se décompose pas, au contraire, en plusieurs que, seule, une analyse minutieuse permettra de distinguer) ; enfin, 5° étude du plankton dans les divers océans parcourus.
- Pour accomplir ce grand dessein, le professeur Johs.
- Fig. 5. — Recherche des anguilles à Nouka-Hiva (Iles Marquises).
- Photo de M. Mou, radiotélégraphiste à bord du Dana.
- Schmidt dispose de moyens d’action restreints. Son bateau, le Dana, déjà célèbre dans les annales de l’océanographie, ne jauge que 354 tonnes brutes et sa longueur ne dépasse pas 41 m 5 ; bref, une véritable coquille de noix, mais un bateau très marin et muni d’un outillage perfectionné : T. S. F., appareil de sondage par le son, etc. Outre son chef, l’état-major scientifique comprend, seulement, quatre spécialistes : le Dr P. Jespersen et le magister A. F. Bruun, naturalistes ; M. H. Thomsen, océanographe ; M. Ejner Nielsen, botaniste, auquel s’ajoute le médecin du bord, le Dr N. C. Andersen. En outre, pendant les premières semaines, le Dr J. N. Nielsen, océanographe, et le professeur Ove Paulsen ont participé au voyage.
- Voici plus d’un an que le Dana a commencé son voyage autour du monde. De Copenhague, au lieu de faire route directement vers Panama et le Pacifique, il s’est dirigé d’abord vers l’Espagne et le Maroc pour pénétrer ensuite dans la Méditerranée.
- Les expéditions océanographiques danoises de 1908 et 1910, dirigées par le Dr Johs. Schmidt, ont constaté
- dans le détroit de Gibraltar l’existence, en profondeur, d’un courant de sortie entraînant les eaux très salées de la Méditerranée dans l’Atlantique. Les nappes, d’origine méditerranéenne, formeraient, dans ce dernier bassin océanique, une couche fort étendue située à la cotebathy-métrique de 1000 m. Leur présence a été constatée jusque dans le sud de l’Irlande. Des océanographes espagnols ayant contesté l’exactitude des observations danoises sur la circulation des eaux dans le détroit de Gibraltar, et des naturalistes italiens se refusant à admettre que le lieu de ponte de l’anguille soit la mer des Sargasses et le plaçant, au contraire, en Méditerranée, le professeur Johs. Schmidt est revenu dans cette région, afin de contrôler les résultats de ses précédents voyages. Sa nouvelle campagne a complètement confirmé ses premières recherches. C’est ainsi que dans le golfe de Biscaye, au nord de San-tander, le Dana a relevé la présence, en profondeur, d’une couche d’eau, dont la forte salinité décelait, de toute évidence, 1(origine méditerranéenne, puis, à mesure qu’il avançait vers le sud, le long de la côte du Portugal, l’épaisseur de cette nappe augmentait. Devant Cadix, comme devant Casablanca, ainsi que dans le détroit de Gibraltar, de nouvelles observations ont confirmé complètement les propositions formulées antérieurement par les océanographes danois sur le rôle des eaux méditerranéennes dans cette partie de l’Atlantique.
- En même temps, les pêches exécutées en Méditerranée occidentale ont prouvé que les larves d’anguille sont de plus en plus grandes, par conséquent de plus en plus âgées, à mesure que l’on avance vers l’Est. N’est-ce pas une preuve éclatante que ce poisson ne fraie pas en Méditerranée et que ses alevins proviennent de l’Atlantique.
- De Gibraltar, l’expédition a fait route vers Madère, où le professeur Schmidt, rappelé à Copenhague par ses devoirs de directeur du laboratoire Carlsberg, a passé le commandement à son dévoué second, le Dr Jespersen, avec mission de conduire le Dana en Nouvelle-Zélande par Panama, Tahiti, etc. Grâce à la T. S. F., le Dr Schmidt est resté en étroite relation avec ses naturalistes du bord; aussi bien, comme il l’expose dans un interview publié par le grand journal de Copenhague, le Berlingske Ti— demie, quoique séparé de ses collaborateurs par des milliers et des milliers de kilomètres, il a pu leur apporter le précieux concours de ses conseils et, en même temps, suivre la marche de leurs travaux. « Ayant appris ainsi la première découverte d’une larve d’anguille faite par mes camarades dans le Pacifique, racohte-t-il, je leur demandai de me dire le nombre de ses vertèbres; une fois en possession de ce renseignement, j’ai pu immédiatement reconnaître à quelle espèce elle appartenait. » L’exploration zoologique à distance, voilà certes une utilisation de la T. S. F. qui n’avait pas encore été prévue.
- En vingt-neuf jours, le Dana accomplit le voyage de Panama à Tahiti, après avoir effectué dans le Pacifique sept stations océanographiques et quatre cents sondages et après avoir relâché à Nouka-Hiva, dont les cours d’eau fournirent à l’expédition une collection d’anguilles. Remettant en route au milieu d’octobre, les Danois ont ensuite exploré la mer entre les îles Cook, les Samoa et
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- les Fidji pour arriver à Nouméa au début de décembre. A signaler qu’ils ont étudié la faune des profondeurs et la faune pélagique sur la côte ouest de la Nouvelle-Calédonie. Au sud des Fidji, pendant plusieurs jours, ils ont rencontré des ponces flottant à la surface de la mer. Leurs dimensions variaient de la grosseur d’un grain à celle d’une noix de coco. Elles formaient, écrit le Dr Jes-persen, tantôt des traînées étroites, épaisses d’un pouce et atteignant parfois la longueur du navire, tantôt de petites flaques. Ces ponces étaient souvent arrondies ; indice qu’elles flottaient depuis quelque temps. Selon toute vraisemblance, elles provenaient d’une éruption survenue dans une des îles Tonga.
- De la Nouvelle-Calédonie, le Dana a rallié Auckland, en Nouvelle-Zélande, où le professeur Johs. Schmidt, arrivé par paquebot avec Mme Schmidt, a repris la direction des recherches.
- Pendant un mois, les naturalistes danois ont travaillé au large de la côte est de cette grande terre comme autour des petites îles voisines de son extrémité australe, situées, elles, dans la zone des eaux froides originaires de l’Antarctique.
- « Là, près de l’île Stewart, nous écrit le Dr Johs. Schmidt, nous avons rencontré une température et une faune rappelant celles des Færôer, et avons grelotté comme jamais encore auparavant cela né nous était arrivé.»
- « Très curieux, rapporte le Dr Jespersen, le passage progressif de la faune marine subtropicale à celle des eaux polaires, que l’on observe dans cette région. Il se manifeste non seulement par une chute remarquable de la température de la mer et par un changement profond dans la faune marine, mais encore par une modification de la faune ailée. Au Nord de cette zone, on observe des espèces tropicales et subtropicales, tandis qu’au Sud on ne voit plus que des albatros, des pingouins et des pigeons du Cap.'
- De la Nouvelle-Zélande, le Dana est remonté en Australie où il a séjourné à Sydney et à Brisbane, puis, du 25 au 30 mars dernier, a fait des stations entre l’Australie la Nouvelle-Guinée et Célèbes, relâchant à l’île du Jeudi où, soit dit en passant, la tonne de charbon de soute est vendue 121 shillings, 750 francs ! un record dans son genre, à Amboine, à Menado (Célèbes). En traversant la mer de Banda, l’expédition a fait un sondage de 7100 m, la plus grande profondeur que le Dana ait rencontrée jusqu’ici, nous écrit le professeur Schmidt. Signalons à ceux de nos lecteurs qui s’intéressent aux si curieuses conditions bathymétriques des mers de Banda, de Célèbes et du détroit de Macassar, la carte des profondeurs de cette région publiée dans le « Bulletin de la Société Royale.néerlandaise de Géographie » (Tijdschrift van h et K. Nederlandsch Aardrijkskundig Genootschap. Tveede Reeks Dl., XLVI, n° 3, mai 1929, Kaart n° X). Cette carte, établie à la suite de la magnifique expédition océanographique du Willebrord Snellius, navire hollandais de recherches à la mer, complète très heureusement les résultats obtenus par le Siboga et le Meteor. Tous les différents bassins séparant les grandes îles composant les Indes néerlandaises ont été explorés en détails.
- Fig. 6. —Recherche des anguilles à Nouka-Hiva (Iles Marquises.) Photo de M. Mou, radiotélégraphiste à bord du Dana.
- Nul doute que les opérations effectuées par le Dana dans ces parages n’apportent une contribution intéressante à l’œuvre déjà accomplie par les Hollandais.
- Des Indes néerlandaises, le professeur Johs. Schmidt a fait route vers Saïgon, puis vers Bangkok où il a séjourné du 23 avril au 6 mai. Reprenant ensuite la mer, il a visité la station biologique de Nhatrang, en Indo-Chine, puis la pointe nord des Philippines.
- Dans ces derniers temps, l’expédition est revenue dans la mer de Banda. Un télégramme de son chef, reçu à Copenhague le 8 août, annonce la découverte, dans cette région, d’alevins appartenant à quatre espèces différentes d’anguille.
- D’après une source d’information, cette intéressante récolte aurait été faite « un peu à l’ouest de la Nouvelle-Guinée », tandis que dans un interview publié par le Berlingske Tidende, de Copenhague, le professeur C. H. Ostenfeld, président du Comité de patronage de l’expédition, rapporte quelle a eu lieu dans la région de Célèbes.
- D’autre part, on annonce un important changement
- Fig. 7. — Notables des îles Samoa venant visiter le Dana. Photo de M. Mou, radiotélégraphiste à bord du Dana.
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- dans le personnel scientifique de l’expédition. Le Dr Jes-persen ayant terminé son année de service à bord du Dana a obtenu de rentrer en Europe et est remplacé, comme second de l’état-major scientifique, par le Dr Vedel Taaning, un des naturalistes du laboratoire Carlsberg, dont l’éloge n’est plus à faire.
- Aux dernières nouvelles, qui datent du début de septembre, par 5” de latitude sud et 99° de longitude est, soit dans le sud-ouest de Sumatra, les savants danois ont recueilli les premières larves d’anguille qui aient été récoltées dans l’Océan Indien.
- Charles Rabot.
- LE RAYON VERT - LES OMBRES COLOREES
- REPRODUCTION ARTIFICIELLE DE CES PHÉNOMÈNES
- Horizon de la mer. — Au cours de ma carrière de marin, j’ai observé le rayon vert aussi souvent que j’ai pu le désirer lorsque les conditions atmosphériques le permettaient : contours de l’astre net, horizon de la mer dégagé de brume, état hygrométrique de l’air modéré.
- J’ai vu la coloration d’un beau vert lorsque le soleil couchant était d’un rouge franc. Lorsque l’astre est orangé ou jaune, le rayon ultime apparaît bleuâtre ou violacé ; mais souvent ce rayon, toujours fort pâle, ne peut se discerner sur le fond trop lumineux de la région du ciel qui tangente l’horizon. D’autre part, comme le font observer divers auteurs, il intervient sans doute une question de dispersion dans l’atmosphère et de sensibilité de la rétine.
- Montagnes. — J’ai observé le coucher du soleil rouge sur une colline d’Algérie, au sommet horizontal et net. Le rayon vert s’est manifesté. Je dois reconnaître que son éclat était moindre que d’ordinaire sur l’horizon marin. Peut-être convient-il d’attribuer ce défaut d’intensité à l’absence de réflexion sur l’eau, action qui peut être de nature à amplifier l’éclat du météore pour l’observateur placé à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la mer.
- Par une belle soirée très sereine et très sèche, le coucher de la lune, presque pleine et jaunâtre sur une montagne d’Algérie située à quelques kilomètres de moi et à la cime rocheuse et très nette, m’a donné un rayon violet fort pâle, mais distinct du dernier rayon direct de l’astre. La nuit était d’ailleurs très claire et la lumière diffusée par les étoiles était très appréciable.
- Ce souvenir, pourtant assez lointain (1902), est resté gravé dans ma mémoire, car, à cette époque, je me préoccupais déjà du rayon vert, non pas encore au point de vue de la détermination de son origine, mais à celui de la réalité de sa perception, réalité parfois contestée, même dans le monde maritime.
- Horizons divers. — J’ai vu le rayon vert se produire entre les interstices de masses de verdùre sombre soit éloignées, soit rapprochées .de moi, ainsi qu’à travers le feuillage si nettement découpé d’un platane de mon jardin.
- J’ai encore observé le rayon vert dans des circonstances assez inattendues. Je me trouvais, au cours de l’été 1913, à la terrasse d’un café de Rouen, par une fin d’après-midi chaude et sèche. A travers la Seine, un
- rayon rouge du soleil près de se coucher frappait mon regard, réfléchi par la vitre d’une mansarde d’un immeuble sis sur l’autre rive du fleuve. Un consommateur était assis en face de moi et demeurait presque immobile. Chaque fois qu’en me baissant légèrement j’occultais le mince faisceau rouge par le sommet du chapeau-melon de mon voisin, je voyais se produire un rayon fort net et d’un vert franc émeraude.
- J’ai toujours remarqué que la manifestation du rayon induit succède immédiatement à l’occultation du faisceau coloré inducteur.
- Si d’autres observateurs (La Nature du 25 septembre 1920, M. Henri Piéron) pensent que le rayon vert est une lueur qui se'substitue à celle émanant de l’ultime et mince segment du disque solaire avant sa disparition, je crois pouvoir attribuer cette impression visuelle à une aptitude exceptionnelle de leur rétine, à ce qu’on appelle la « persistance de l’impression lumineuse ». Nous verrons, plus loin, que cette illusion s’explique par la forme particulière que revêt parfois la lueur induite.
- Je crois devoir faire encore cette remarque : l’expression rayon vert qui caractérise le « célèbre » phénomène (selon l’expression de M. Puiseux), qui surexcite tant la curiosité des voyageurs et, notamment, des baigneurs de nos plages, est devenu une locution toute faite, les deux mots qui la composent constituant, en quelque sorte, une entité indivisible. Dès lors, il se peut que, lorsqu’un observateur patient et heureux réussit à voir le rayon induit, il ne s’attache pas assez à discerner la véritable coloration de ce rayon. Pour un observateur calme et habitué à prendre toutes précautions préliminaires, en vue d’éviter le trouble visuel dû à l’éblouissement d’une part et, d’autre part, peut-être à un phénomène de contraste successif (suivant le terme de Che-vreul), il y a des rayons verts non seulement de nuance, mais encore de couleurs différentes. J’estime qu’aux facteurs physique et physiologique envisagés par M. Piéron, il conviendrait d’ajouter le facteur psychologique, qui n’est négligeable dans aucun ordre d’observations.
- Soleil levant. — Je ne me suis jamais attaché à observer le rayon vert au lever du soleil. Très souvent, d’ailleurs, l’astre se lève, à la mer, pâle et blafard et, rarement, l’horizon y est dégagé de brumes légères à cet instant. Mais des personnes dignes de foi m’ont affirmé avoir perçu le rayon vert à terre, au lever du soleil.
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- Expériences. — Convaincu par mes observations que la production du rayon vert doit être considérée comme absolument indépendante de la nature liquide ou solide de l’horizon occultateur (j’ai omis de rapporter que je l’ai vu se montrer sur un nuage très opaque peu élevé au-dessus de la mer), j’ai résolu, en vue d’en chercher l’explication, de reproduire artificiellement ce météore. Pour éviter des longueurs, je ne citerai, ici, que la première et la dernière de la longue série d’expériences auxquelles j’ai procédé.
- Dans mon jardin, de nuit, à quelques mètres de la véranda, j’ai suspendu un ballon sphérique de papier d’un beau rouge et j’y ai allumé une ampoule électrique blanche. Puis, accoudé sur une table sous la véranda, j’ai occulté la lumière rouge, en réduisant progressivement la surface éclairante, au moyen d’un large couteau à papier en bois, aux bords nets, que j’interposais entre mon œil et le ballon. Je n’ai obtenu, de prime abord, aucun résultat. J’ai dû alors constater que je
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- raison de l’épaisseur de l’atmosphère. Mais, lorsque le rayon vert se produit à terre, sur un horizon élevé et plus ou moins rapproché de l’œil, j’estime que la réfraction devient relativement négligeable et qu’il serait malaisé de la considérer comme facteur du phénomène qui nous occupe.
- D’ailleurs, serrons d’un peu plus près le problème. Evoquons le vieil adage des physiciens d’antan : « Non variât lux fracta colorem ». Lorsque les rayons blancs du soleil couchant pénètrent obliquement dans l’atmosphère alors coloré de rouge, orangé ou jaune, ils se comportent comme s’ils traversaient un prisme coloré dans sa masse ; ils prennent immédiatement la coloration du milieu qui absorbe les autres couleurs. Or, à leur émergence du prisme, ils se comportent comme si, rayons préalablement colorés, ils émergeaient d’un prisme blanc ; ils sont réfractés et dirigés sur la région du spectre qui leur correspond. La coloration de l’atmosphère, dans la région voisine de l’horizon, lorsque le soleil se couche,
- Fig. 1. — La courbe du Soleil quelques instants avant l’apparition du rayon vert. (Photo Rudaux.)
- ne m’étais pas exactement placé dans les conditions où opère la nature. Au moment du coucher du soleil, en effet, le zénith envoie encore dans l’atmosphère une certaine quantité de lumière blanche. J’allumai alors une lampe blanche au-dessus de ma tête. Dès lors, chaque fois que j’occultais la radiation rouge par la lame de bois, un beau rayon vert se produisait. Bien plus, si, en coordonnant prudemment mes mouvements, je venais à immobiliser l’écran, au moment voulu, je fixais le rayon vert dans le temps. Si, après la production et l’extinction du rayon vert, je faisais rétrograder l’écran, le rayon vert se manifestait avant l’apparition du premier faisceau de lumière rouge. Je pense avoir, au cours de la dernière phase de l’expérience, éliminé tout élément de contraste simultané ou successif. Je ne crois pas non plus qu’il c#nvienne de faire intervenir, là, aucune action de réfraction.
- Je ne nie pas, cela va sans dire, qu’à l’horizon de la mer il se produise un phénomène général de réfraction, en
- étant, on le constate, en général rouge, jaune ou orangée, les derniers rayons visibles de l’astre seront réfractés sans modification de leur couleur. C’est à peine, si, à la rigueur, l’orangé sera bordé, sur le spectre, d’un peu de rouge et de jaune.
- Il semble, en définitive, que l’apparition d’un éclat vert ne puisse être attribué à la décomposition de la lumière blanche par réfraction.
- Il en est naturellement de même des rayons ultimes violets ou bleus qui s’observent parfois, lorsque le soleil se couche orangé ou jaune. La rareté de leur perception et leur manque d’éclat peuvent être attribués notamment aux deux causes suivantes :
- 1° Absorption et dispersion de l’atmosphère ;
- 2° Transparence de ces émanations peu intenses à la lumière colorée du fond du ciel au voisinage de l’horizon de la mer. La coloration de cette région du ciel étant précisément leur complémentaire, il doit arriver fréquemment que ces rayons sont rendus partiellement ou totalement
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- invisibles par un effet de « blanchissement » de eur teinte.
- Parmi les expériences de tout genre que j’ai faites, j’en citerai encore une : la dernière et peut-être l’une des plus simples. Sur une lamelle de verre, je trace, à la plume, un trait de vernis coloré à l’alcool (l’encre colorée, à moins d’être. employée rapidement, présente l’inconvénient, en séchant, de se concentrer, sur les bords du trait et d’y devenir opaque). Je place, derrière cette lamelle, une petite lampe à essence dont la flamme a été réduite au minimum, afin de ne pas fatiguer l’œil. Le trait de vernis devient ainsi, par diffusion et translucidité, une source de lumière colorée. Projetant alors la lamelle sur une surface de teinte neutre (papier gris, par exemple), j’occulte progressivement le faisceau coloré par une lame de couteau à papier ou tout autre écran idoine au bord net. J’obtiens alors la production d’un rayon complémentaire, sa fixation et, par rétrogradation de l’écran, son apparition avant que la source génératrice n’ait été démasquée. Remarquons que la lumière blanche, indispensable, est fournie à l’ambiance par la petite lampe.
- Rayons complémentaires. — J’ajouterai, ce dont le lecteur se doute déjà, que j’ai obtenu, par les procédés décrits, les rayons complémentaires au blanc de faisceaux de. couleurs quelconques.
- Et, si je ne craignais trop d’allonger cette note, je montrerais que, d’une manière absolument générale, le rayon réel et objectif qui apparaît après l’occultation d’une source lumineuse de couleur quelconque est complémentaire de cette couleur à celle de l’atmosphère qui est le siège du phénomène lorsque sa couleur est composée.
- Ceci résulte de multiples observations et expériences complétées par celles relatives au phénomène, moins étudié jusqu’ici des « ombres colorées ».
- Pour abréger, j’ai laissé de côté un grand nombre de faits concomitants qui montrent que le rayon vert et les jeux de lumière de l’espèce peuvent être attribués à la décomposition automatique d’une lumière blanche ou seulement composée par une projection de lumière simple ou composée. Nous verrons plus loin que ces phénomènes, ainsi que ceux qui vont être décrits succinctement, peuvent être en quelque sorte considérés comme des faits d’induction, de self-induction et d’influence analogues aux phénomènes du même nom en électricité.
- Les ombres colorées. — Il y a déjà quelques années, assis à une table de marbre blanc, je jouais machinalement avec une allumette. Une verrière, traversée par le soleil, dessinait sur la table des nappes de couleurs variées. Chaque fois que l’allumette, rasant la table, passait d’une nappe à l’autre, je voyais son ombre portée changer de couleur. Et cette teinte était nettement la complémentaire, au blanc de la couleur émise par chacune des vitres. Il y a lieu de noter que la lumière blanche accédait à la table par le haut et par les faces de la terrasse non occupée par la verrière.
- Buffon a observé « ces couleurs accidentelles. » Il les a bien vues bleues ou violettes lorsque le soleil couchant,
- de teinte orangée ou jaune, projetait sur un mur blanc le feuillage des arbres voisins. Chevreul, dans son admirable ouvrage sur la Loi des Contrastes simultanés et successifs des couleurs juxtaposées (Edition de l’Imprimerie Nationale des bibliothèques publiques), rapporte que, vers 1800, le physicien anglais baron Rumford s’est aussi occupé de ces ombres colorées. Mais l’illustre chimiste, à ce propos comme à celui des contrastes qu’il a parfaitement observés, sinon justement interprétés au point de vue physique, déclare positivement que le lecteur ne doit pas voir, dans ces altérations de couleurs, une modification physique ou chimique, mais seulement fine action physiologique sur la rétine. Chevreul, à mon avis, s’est trop avancé, et, une fois atteint le but artistique qu’il poursuivait, le teinturier en chef des Gobelins a conclu trop hâtivement. Certes, l’effet du contraste est amplifié par le jeu du courant du nerf optique qui a, lui aussi, sa faculté d’induction, mais tous ces jeux de lumière, je l’ai montré expérimentalement, sont objectifs. Nous reviendrons sur ce sujet un peu plus loin.
- Mes expériences. — Je ne citerai que la première et principale de mes expériences. Sur une table de papier blanc, je projette en sens inverse, au moyen de deux châssis verticaux garnis de papier translucide, l’un rouge, l’autre blanc, et de deux lampes, deux nappes lumineuses, l’une rouge, l’autre blanche. Si je place entre les deux écrans sources de lumière un petit écran opaque, une boîte d’allumettes debout, par exemple, je vois apparaître du côté de la source, blanche, une ombre portée par la boîte. Cette ombre est nettement verte. Du côté de la source rouge apparaît, en même temps, une ombre d’un rouge plus intense que la région de la nappe rouge sur laquelle elle se détache. En étudiant de près les détails de nuances de ces ombres colorées, je constate que si l’on suppose, pour faire image, qu’il existe une différence de potentiel entre deux couleurs complémentaires et que leur synthèse, la lumière blanche, représente l’état neutre, ces détails reproduisent toutes les particularités d’un courant partiellement entravé par une pile de pont ; extumescence ou suppression en amont, intumescence ou dépression en aval de l’obstacle, avec courants latéraux accélérés, contre-courants, remous, c’est-à-dire émulsion d’énergies de sens contraires, etc....
- Pour mettre en évidence Y objectivité de l’ombre verte complémentaire, je remplace la surface réceptrice blanche de la table par une bande de velours noir, en recevant cette ombre sur un rectangle de papier blanc. Le phénomène subsiste, alors qu’il n’y a plus en présence d’éléments de contraste, puisque la lumière rouge en aval est absorbée par l’étoffe noire. Il y a lieu de remarquer que le contraste physiologique n’existant plus, la couleur verte est moins intense.
- J’ai expérimenté, avec des écrans de couleurs variées, et j’ai toujours observé qu’une couleur simple donne une ombre de coloration complémentaire de cette cduleur simple à la couleur composée qui lui est opposée.
- Une très jolie expérience est celle-ci : je prends un fragment de celluloïd mince teinté dans sa masse, tout simplement un morceau de verre coloré (provenant,
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- par exemple, d’un de ces petits appareils destinés à faire des nœuds de cravate). Je l’applique normalement à la tranche d’une pièce d’argent à l’effigie de la « Semeuse », de telle façon que les rayons du soleil, traversant le petit écran coloré translucide, viennent raser les reliefs de la figurine. Ces reliefs se colorent et les creux du métal prennent la teinte complémentaire, le tout fondu au point de donner l’illusion d’une petite « Loïe Fuller ».
- Les phénomènes ci-dessus rappelés présentent de curieuses analogies avec les faits de self-induction électrique et ceux d’un ordre similaire que l’on observe en hydraulique.
- t Avant de tirer des conclusions et de tenter de présenter une explication physique du rayon vert, je vais rappeler succinctement les observations de Chevreul, relatives au « contraste simultané des couleurs juxtaposées », puis je dirai quelques mots de mes expériences sur le « contraste successif ».
- Soient J R deux feuilles de papier respectivement jaune et rouge clair, par exemple, placées à courte distance l’une de l’autre sur un fond neutre, une toile écrue si l’on veut (fig. 2). Soient J’ R’ deux feuilles de papier respectivement de colorations identiques aux premières. Si ce dispositif est exposé à une vive lumière, on observera que les feuilles J R subissent une altération de nuance. La première paraîtra jaune verdâtre et la seconde rouge violacée. L’aspect des feuilles témoins, J’ R’, servira de contrôle. La coloration des feuilles centrales sera influencée comme si chacune de ces feuilles recevait de sa voisine une coloration complémentaire de celle de cette voisine, alors que les feuilles témoins J’ R’ restent normales.
- Chevreul, nous l’avons rappelé plus haut, nie formellement la réalité de cette altération. Pour montrer son objectivité, il suffit d’interposer entre l’œil et l’une des feuilles inductrices un écran, en évitant d’obstruer l’accès de la lumière blanche sur le dispositif. On constatera aisément, en comparant l’aspect de la feuille induite à celui de la feuille témoin, que la modification de teinte
- subsiste bien que l’élément de con-Fig. 3. Occultation du son. traste ait été mas-
- qué. Bien entendu, comme nous l’avons déjà indiqué, l’éclat du phénomène sera réduit par la suppression du contraste physiologique.
- Les feuilles de couleurs différentes peuvent être remplacées par des feuilles teintées de gris plus ou moins foncé. L’effet produit est encore plus facile à saisir. D’une manière
- Fig. 2. —• Expérience de l’éclairement de deux feuilles de papier, jaune et rouge.
- générale, deux surfaces de même couleur, mais d’intensités différentes, voient l’intensité de leurs teintes s’altérer par la juxtaposition.
- La même remarque s’applique aux effets de contraste successifs dont il est fait mention plus loin.
- Mes expériences de contraste successif. — 1° A
- la campagne, sous une tonnelle bien éclairée, un treillage se détache en noir sur le mur blanc qui borde la route en face. Après avoir fixé un instant du regard le treillage, je ferme les yeux. Je vois alors se reproduire le même dessin : opposition de losanges noirs sur fond blanc. Si, rouvrant les yeux, je porte le regard sur le sol en ciment de couleur gris neutre, je vois se dessiner un treillage blanc sur fond noir (image dite complémentaire).
- Si, après de nouvelles empreintes visuelles, je porte le regard sur le mur rose qui est à ma droite, ou sur la façade jaune de la maison qui est derrière moi, ou enfin sur la table verte près de laquelle je suis assis, je constate que l’image du treillage devient successivement verte, mauve, puis rouge (couleur complémentaire des écrans de projection).
- 2° Si j’ai fixé un poteau se détachant en noir sur le ciel bleu, l’image perçue sur le sol, après fermeture puis réouverture des yeux, est bleutée ; que la table verte, elle, est jaune ; sur le mur rose, elle est mauve — deux couleurs simples : bleu et rose se marient, puisqu’il n’y a pas décomposition.
- Je pourrais varier les exemples à l’infini.
- Bien que ce soit sortir du sujet, je désire faire ici une remarque curieuse.
- Objectivité des vibrations lumineuses projetées par la rétine. — Selon la distance qui existe entre mon œil et la surface sur laquelle je projette mon regard « en puissance » de l’image préalablement enregistrée, je constate que les dimensions de l’image « seconde.» varient. Ces dimensions sont proportionnelles aux distances. Pour cette raison, et par suite d’autres considérations qu’il serait trop long de développer ici, je suis tenté de penser que l’image projetée est réelle et que les vibrations lumi-
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- neuses sont objectives. Il serait intéressant d’essayer de photographier cette image.
- En dépit de mon désir d’être bref, je dois cependant appeler l’attention du lecteur sur une analogie de fait qui paraîtra toute naturelle à la réflexion.
- 1° Lorsqu’un courant électrique cesse, un courant de même sens succède au premier. De même, lorsque l’œil, en se fermant, coupe le courant nerveux optique, l’image perçue persiste momentanément sur la rétine en conservant sa couleur ;
- 2° Lorsqu’un courant électrique commence, un courant de sens inverse semble parcourir momentanément le circuit. De même, lorsque l’œil s’ouvre alors que la rétine est encore en puissance d’une image perçue, la reprise ou l’accroissement du courant nerveux optique détermine la projection d’une image de coloration complémentaire.
- Ce rapprochement devrait évidemment être serré de plus près, mais il intervient en l’espèce, notamment en ce qui concerne la durée des vibrations, des actions physiologiques dont l’examen nous entraînerait fort loin du sujet principal de cette note, car cet examen devrait porter sur des phénomènes physico-chimico-biologiques complexes.
- Conclusion. — Après cet exposé des faits, que j’eusse désiré pouvoir abréger, je suis fatalement amené à faire un peu de synthèse.
- Les faits généraux que j’ai décrits ou rappelés et les multiples investigations auxquelles je me suis livré permettent de penser, en ce qui concerne le rayon vert et les phénomènes ayant le même origine, que les choses se passent comme si :
- Les zones complémentaires. — 1° Une sphère qui émet de la lumière colorée simple ou composée en présence de lumière blanche (je ne parle pas ici d’autres lumières composées puisqu’il ne s’agit actuellement que du rayon vert qui se produit au sein d’une atmosphère de coloration généralement blanche) induit autour d’elle une zone mince concentrique de couleur complémentaire. Entre cette zone et la surface émettrice existe une zone mince de même couleur que la source, mais plus intense.
- Lorsqu’il s’agit du soleil, cette zone complémentaire, qui est mangée par l’éclat de l’astre aussi longtemps qu’il est au-dessus de l’horizon, devient perceptible à l’œil dès la disparition. Elle se distingue alors de profil. En raison de sa transparence, son éclat et aussi la pureté de sa coloration sont fonction de l’intensité lumineuse et de la coloration de la région du ciel qui tangente l’horizon.
- Ici, une remarque intéressante. L’hypothèse, suivant laquelle l’apparition du rayon vert est due à la perception d’un mince segment de la zone complémentaire induite, explique fort bien l’impi’ession de M. H. Piéron qui croit voir un segment de couleur verte se substituer au dernier segment visible du globe solaire ; la légère inexactitude que je persiste à relever dans l’observation de cet auteur consiste en ce qu’il voit une substitution là où je crois avoir montré qu’il y a succession.
- Si j’ai vu souvent le rayon-vert se manifester sous l’apparence d’une projection brillante et courte dirigée
- vers le ciel, il est arrivé maintes fois de l’observer sous forme d’un segment de cercle moins éclatant. J’attribue ces variations d’intensité et, par conséquent, de forme apparente, à l’intensité et à la coloration variables du fond du ciel au-dessus de l’horizon de la mer.
- 2° Lorsqu’une source lumière colorée émet un faisceau en présence de lumière blanche, les choses se passent comme si ce faisceau était séparé du milieu par une mince zone de couleur complémentaire. Si l’on reçoit un faisceau rouge, par exemple, sur un écran blanc, on peut voir la tache rouge ainsi recueillie nimbée d’une étroite auréole verte. Assurément, comme l’ambiance blanche est indispensable, le liséré complémentaire n’est pas très intense, mais il est perceptible. Par des observations moins directes j’ai pu constater que la gaine verte est séparée de la surface du faisceau rouge par une mince zone intermédiaire d’un rouge plus intense que le faisceau lui-même.
- Nécessité d une atmosphère lumineuse. — Le
- lecteur me permettra d’insister sur l’indispensabilité d’une ambiance lumineuse pour la production du phénomène général et blanche pour le rayon vert en particulier.
- De même qu’en électricité, si j’emploie un langage désuet mais concret, les fluides positif et négatif ne pourraient se comprendre sans l’existence d’un état neutre, de même, dans l’ordre de faits qui nous occupent, le jeu automatique des couleurs complémentaires ne peut se concevoir sans la présence, dans l’ambiance, de la lumière à l’état complet, puisque le blanc est la synthèse des couleurs, la résultante de leur tendance à l’homogène. Cette tendance est mise en évidence par cette sorte d’affinité qui fond entre eux les éléments constituants de la lumière blanche lorsqu’ils sont opposés les uns aux autres. En présence des phénomènes que nous avons passés en revue, il est difficile de ne pas se rendre compte de ce qu’en lumière, comme en électricité et en magnétisme, un de ces éléments mis en présence du tout fait jaillir l’élément complémentaire par décomposition locale de ce tout. Il y a lieu de remarquer ce fait important, que, à côté de l’élément complémentaire, se montre également un surcroît de lumière inductrice (exemple : la zone rouge intense qui sépare la zone verte de la surface de la source rouge) mis en liberté par la décomposition locale de l’ambiance blanche.
- Nous retrouvons là une application du principe purement mécanique auquel obéit tout phénomène au cours duquel un effort de pénétration est suivi d’un effet.
- Au risque d’être prolixe, je crois devoir rappeler ici quelques exemples mettant en évidence cette loi naturelle. Je prie le lecteur de considérer que je n’entends pas donner aux analogies que je vais énumérer une portée plus étendue que ne le comporte le cadre de cette loi.
- Analogies. Electricité. — Le physicien anglais Fleeming Jenkin a clairement montré que, lorsqu’un courant naît ou croît dans un circuit rectiligne, il induit, en effet, en avant de sa marche, un petit courant de même sens (donc, suppression précédée de dépression) qu’il doit refouler et qui entrave la propagation ; c’est là une
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- des causes de la résistance à la circulation d’un courant électrique.
- Chaleur. — Je ne cite qu’un fait qui, d’ailleurs, est peu connu, pour abréger. Un rayon froid solaire précède le lever et succède au coucher du soleil, dans les mêmes conditions que le rayon vert, mais avec une durée de perception naturellement plus longue. Ce phénomène a été souvent observé à la mer ou dans les plaines dont l’horizon ouest est dégagé de tout obstacle, montagne ou arbres formant écran.
- Fluides acoustiques. — Lorsque deux cordes vibrantes accordées à l’unisson sont tendues parallèlement, celle qui est mise en mouvement induit l’autre en vibration, de telle manière que les ventres se rapprochent et s’éloignent synchroniquement, sans que les cordes redeviennent parallèles dans leurs vibrations (il en est de même des pendules d’Elliot). Le mouvement s’induit de l’une à l’autre par attraction d’abord, puis par répulsion. Il ne faut pas confondre ce cas avec celui de deux cordes qui interfèrent lorsqu’elles ont été toutes deux mises en mouvement parallèlement et simultanément.
- Avant de quitter l’acoustique, je citerai encore une expérience que je crois inédite (même après l’enquête de M. Bigourdan sur le son du canon). Il s’agit de l’occultation du son, analogue à celle de la lumière du soleil par la Terre.
- Une montre, placée en M, émet un son qui se perçoit faiblement lorsque l’oreille est placée en O, à travers un écran épais E. Lorsque l’oreille vient se placer en O’, sur la normale à l’écran tangente à sa tranche et passant par le centre de la montre, le bruit de celle-ci s’éteint. Dès que l’oreille se place en dehors de cet alignement, en O’ par exemple, le son de la montre se fait entendre de nouveau (fig. 3).
- Mobiles dans l’air. — Un projectile ou un véhicule rapide provoquent sur l’avant de leur mouvement la formation d’un bourrelet d’air comprimé (sur pression), immédiatement précédé par une dépression (nous ne parlons pas, ici, de la dépression importante produite à l’arrière du mobile). Expérience des plus nettes, faite récemment sur le passage d’un tramway en employant un anémomètre auto-orientable très sensible.
- Hydraulique. — Lorsque deux navires marchent de conserve, parallèlement et à courte .distance l’un de l’autre, il se produit entre eux une attraction puissante qui a donné lieu à maint accident. Cette attraction provient de ce que, sur Vavant du bourrelet d’eau provoqué par le déplacement dû aux formes immergées des bateaux, se forme une dépression. Lorsqu’un bateau se déplace en long d’un quai, la dépression se traduit en surface par une dénivellation très marquée sur le quai, immédiatement suivie par une vague plus élevée que le niveau normal de l’eau. S’il s’agit de la berge d’une rivière, une vague négative découvre cette berge et est suivie d’une vague positive qui la balaie.
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- C’est par un phénomène du même ordre que je pense pouvoir interpréter les attractions et répulsions qui s’exercent entre les « sphères puisantes » de Bjerknes.
- Matières solides. — Expérience personnelle. A l’intérieur d’un tuyau de plomb aux parois épaisses et tenu à la main pour éviter les réactions de l’établi, j’ai chassé une bille de marbre dur. J’ai constaté que, sur l’avant du bourrelet dû à la dilatation du métal refoulé, il s’est produit une réduction sensible du diamètre extérieur du tuyau de plomb. Il semble que, par compensation ou remplacement moléculaire, il s’opère une sorte de fluage du métal ductible.
- En continuant l’avance de la bille de marbre, j’ai vu le plomb se refermer légèrement derrière elle. La bille s’est trouvée emprisonnée avec le renflement du métal, entre deux dépressions, comme un bateau est emprisonné entre ses deux « sillages » avant et arrière. Le mécanicien qui m’assistait dans l’expérience m’a dit que lorsqu’un ouvrier veut élargir au mandrin l’entrée d’un tube de cuivre malléable, le métal se restreint sur l’avant du mandrin d’acier. Les ouvriers disent alors que l’outil « avale » le métal.
- J’arrête là les énumérations de ces anneaux d’une chaîne d’analogies fort suggestives qui me permet de croire à l’existence d’une loi générale de pénétrations dans les milieux compressibles ou non (si tant est qu’il existe de ces derniers).
- Je résiste à la tentation bien naturelle de faire ici un peu de métaphysique, mais je ne puis m’interdire de penser que, dans certains cas, la connaissance de cette loi pourrait être utilisée avec fruit.
- P. Moureau.
- P.-S. — Ce post-scriptum a pour but de permettre au lecteur éventuel de la Note qui précède de tenir compte des travaux sur le « rayon vert » qui ont été publiés depuis l’année 1920.
- Cette étude, qui n’a pas été publiée jusqu’ici, remonte à l’année 1920. Depuis, j’ai perdu la vue et n’ai pu me tenir au courant de la controverse à laquelle donne lieu le rayon vert. Cependant, on m’a donné connaissance, tout dernièrement, d’un fort intéressant article qui a paru le 6 juin 1925, dans La Nature, sous la signature de M. E. Touchet, qui, ainsi que l’a fait déjà M. Danjon, le distingué astronome de l’Observatoire de Strasbourg, attribue la production du rayon vert à la réfraction et à la dispersion.
- En ce qui me concerne je ne pense pas devoir supposer que le principal rôle soit joué par lesdites actions.
- M. Danjon, d’ailleurs, dans une lettre fort aimable, m’a déclaré qu’après avoir répété mes expériences il reconnaissait, qu’en dehors de certains cas, parmi lesquels je classe le dédoublement coloré de Vénus, il lui paraît vraisemblable que les faits signalés par moi renforcent le rayon vert, proprement dit, et qu’il faudrait probablement chercher la raison de l’éclat et de l’intensité de certaines manifestations brillantes dans la voie que j’ai indiquée. M. Danjon veut bien ajouter que son explication et la mienne ne se contredisent pas.
- Je souhaite qu’un lecteur amateur de physique à laTom-Titt, c’est-à-dire sans appareil, reprenne mes expériences et se mette à son tour à la recherche de la vérité. Cette vérité est, on le sait, le plus souvent fugace et insaisissable dans la relativité de toutes choses.
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- LES RICHESSES MINIÈRES DE LA TUNISIE
- LES PHOSPHATES
- TUNIS
- KALAA -DdERDA
- M’DILLA
- Fig. 1. — Carte des gisements de phosphates exploités ou reconnus en Tunisie.
- La Tunisie fait peu parler d’elle. On n’y voit pas de catastrophes, d’inondations, d’effondrements de barrages, d’invasions de sauterelles, ainsi qu’en Algérie. Elle n’est plus, et depuis longtemps, sujette aux guérillas, comme le Maroc. Son sol n’attire pas les chercheurs de diamants, d’or et autres richesses immédiates.
- Mais ce pays est un des plus beaux pour le touriste — assez proche de Marseille, 36 heures de bateau ou 8 heures d’avion, pourvu de routes, autocars, auto-Renault à 6 roues — de végétation luxuriante de novembre à mai, surtout en dattes, bananes, figues, oranges, il offre une grande variété de régions du nord au sud, la luminosité de son ciel, d’abondants souvenirs des civilisations punique, romaine, byzantine, arabe et d’émouvantes ruines.
- La Tunisie, dont la conquête remonte à 1881, est avant tout un pays en plein travail, en plein développement. Les témoignages les plus saisissants de cette activité sont le domaine du colon français et l’industrie extractive. L’exploitation des gisements de phosphate, de minerais de fer, de^ plomb et de zinc, qui étaient insoupçonnés avant l’occupation, s’est développée notablement depuis 1892.
- Grâce à cette industrie, la Tunisie, en peu d’années, s’est pourvue d’un puissant outillage économique, sans intervention financière de la France. Le réseau ferroviaire est long de 2000 km, dont plus de 400 furent construits par la Compagnie des phosphates de Gafsa. Sur ces voies étroites, à écartement de 1 m, sont réalisés le plus fort trafic et la plus grande vitesse du monde. Les 4500 km de route, d’un faible intérêt peut-être pour les mineurs,
- permettent aux agriculteurs d’y transiter le blé, les olives, le bétail. La Tunisie a 3 ports de commerce, Sousse et Sfax, sur la côte Est, alimentés principalement par les phosphates de Gafsa, Tunis, qui exporte les minerais de fer, plomb et zinc, les phosphates de Kalaa-Djerda, de Tébbaka, etc., et Bizerte, port militaire.
- Du point de, vue commercial, les exportations minérales ont passé de 323 à 872 millions de 1913 à 1920 — elles représentent plus de 50 pour 100 de la valeur des produits exportés — en tonnage les minerais phosphatifères et métallifères représentent 83 pour 100 des exportations.
- ROLE DES PHOSPHATES EN AGRICULTURE
- Le tissu des végétaux renferme une partie organique, c’est-à-dire formée de carbone, d’oxygène, d’hydrogène et d’azote empruntés à l’atmosphère et à l’eau, sauf l’azote, et une partie minérale. Pour obtenir de bons rendements culturaux, le sol doit contenir les éléments minéraux indispensables, sous une forme assimilable.
- Fig. 2. — L’exploitation des phosphates en Tunisie. Elle se fait par « traçages » et « rabattages s.
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- Plan de l'exploitation
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- Les engrais azotés — nitrate, cyanamide —- activent la végétation et son rendement en poids. Les engrais potassiques sont employés particulièrement pour la pomme de terre et la betterave. Les engrais phosphatés, enfin, agissent sur la croissance et sur l’alimentation des végétaux.
- L’acide phosphorique absorbé par les plantes retourne à la terre sous forme de fumier, s’il n’a pas été assimilé, et sous forme d’os s’il l’a été. Dès que les végétaux ne sont plus consommés sur place, l’acide phosphorique ne retourne pas à sa terre initiale et il faut engraisser le terrain. Les doses d’engrais à utiliser peuvent être fixées par la connaissance de ce qui est exporté par la récolte, en tenant compte du déplacement des engrais dans le sol, sous l’action de l’eau. C’est ainsi qu’une récolte de blé enlève annuellement en moyenne 21 kg d’acide phosphorique par hectare, mais le sol, pour ne pas s’appauvrir, demande plus.
- La découverte de l’action fertilisante du phosphate date du début du xxe siècle. En 1802, Frédéric Kropp, propriétaire allemand, observa les bons effets des os comme engrais, ce qui suscita en Angleterre l’installation d’usines pour le broyage des os, que les spéculateurs allèrent chercher de tous côtés, même sur les champs de bataille d’Allemagne et d’Espagne. On attribuait,
- Fig. 4. — Les gorges de Seldja où Philippe Thomas découvrit les phosphates en 1885.
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- généralement, le bon effet des os aux matières organiques qu’ils pouvaient renfermer. En 1840 seulement, le rôle du phosphate de chaux fut reconnu par le duc de Richmond, agronome anglais.
- Une autre question se posa alors : celle de l’assimilation.
- Fig. 3. — Installation d’embarquement de Sfax de la Compagnie des phosphates de Gafsa.
- Comment le phosphate de chaux, insoluble, est-il assimilé par les plantes ? Liebig constata que l’acide sulfurique transforme le phosphate en un produit soluble, le phosphate monocalcique. Les acides même faibles — acide carbonique de l’air— produisent une réaction analogue. De là naquit l’industrie des superphosphates, intermédiaire nécessaire entre la mine et l’agriculture.
- Dans le sol, le phosphate « rétrograde », c’est-à-dire retourne à l’état insoluble et l’expérience montre que l’action fertilisante du phosphate traité est très supérieure à celle du phosphate naturel. La rétrogradation se fait à l’état de précipité chimique, sous une forme extrêmement divisée qui favorise l’assimilation. Tout autre procédé pour obtenir du phosphate assimilable : traitement par un acide faible, broyage très poussé, n’a pu être industrialisé.
- ORIGINE DES PHOSPHATES TUNISIENS
- Les phosphates tunisiens se trouvent dans les roches sédimentaires d’une époque géologique bien déterminée, au début de l’ère tertiaire. L’étage phosphaté, épais d’environ 30 m, comprend des couches de calcaires, de marnes, des bancs de coquilles et des couches de phosphates. Il est couronné par une assise puissante de calcaires à coquilles.
- Le minerai de phosphate se présente comme une roche d’aspect un peu gréseux, parfois dure, plus souvent friable, dont la couleur varie du gris jaune clair au brun verdâtre. On y trouve parfois des débris d’os, des copro-lithes — excréments fossiles — et des dents de squales, que l’émail a protégées contre la destruction.
- L’origine animale du phosphate n’est pas douteuse, les dents en sont la preuve. Les couches ne sont autre chose que d’immenses nécropoles de poissons tertiaires. On reste confondu devant l’immensité de^ ces dépôts qui
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- s’étendent de la Tripolitaine au Maroc, sur plus de 4000 km, avec une régularité impressionnante. Quelle fut la destinée du requin tertiaire cherchant sa pâture au voisinage des côtes d’Afrique — à cette époque, 200 à 300 km plus au sud que de notre temps ? Est-ce la variation de salure de la mer, conjuguée à une rencontre fâcheuse de courants, de températures différentes, qui causa sa fin tragique et brutale ? Peut-être mourut-il de vieillesse et sa dépouille poussée par le mistral échoua sur la berge. De l’avis des géologues, la première hypothèse serait plus probable, la grande étendue des gise-
- Fig. 5. — Aspect tabulaire du relief dans la région de Gafsa.
- ments écarte l’idée admise autrefois d’une formation de plage.
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE EN TUNISIE
- Les gisements du Sud tunisien. — Le phosphate est exploité principalement dans le Sud par la Compagnie de Gafsa et la Compagnie de Djebel M’dilla où les couches sont en élévation, c’est-à-dire exploitables par simples galeries à flanc de coteau. Ces gisements représentent des réserves de plus de 250 millions de tonnes, alors que la production annuelle est voisine de 3 millions.
- Ils sont situés à l’ouest du golfe de Gabès, à près de 250 km du port de Sfax dans une plaine basse, d’aspect
- désertique, ravagée par des oueds nombreux et sans eau. hérissée de montagnes calcaires de 7 à 900 m d’altitude, entièrement nues et ravinées profondément. L’absence totale de végétation, le modelé anguleux dû à l’érosion d’une eau orageuse, suivie d’un soleil qui pétrifie les formes d’argile molle, la grande limpidité de l’atmosphère en font un site d’une beauté à la fois sévère et ensorcelante.
- Les stratifications du terrain apparaissent, offrant une succession d’assises parfois blanches, plus souvent rosées. Les unes, plus tendres, sont creusées et sous-cavées; les autres, en surplomb. C’est ainsi que se forment de véritables tables horizontales bordées de falaises. Les affleurements de phosphate sont visibles en gris sombre à la base des falaises. C’est là qu’ils furent découverts en avril 1885 par Philippe Thomas, vétérinaire, en partie de chasse dans les gorges de Seldja, canon extrêmement étroit et sinueux au voisinage de Gafsa.
- Les gisements du centre. — Des gisements d’importance moins notable sont exploités 200 km plus au nord, à Kalaa-Djerda et dans les environs. Cette région, d’une altitude moyenne de 700 m avec de nombreux sommets supérieurs à 1000 m, présente, malgré l’absence complète d’arbres, un aspect verdoyant. Le relief reste sévère : de grandes tables aux bords abrupts, où pousse le romarin, signalent les gisements de phosphate — des dômes, tels des bosses de chameau posées sur la prairie, donnent abri aux minerais de fer — des monts cahotiques et rocheux, dont le nez pointe vers le ciel, recèlent les filons de galène. Ces cimes, si variées, s’enchevêtrent et se superposent au-dessus d’une plaine couverte de blé.
- L’INDUSTRIE DES PHOSPHATES EN TUNISIE
- Exploitation. — Le phosphate est exploité dans deux couches dont l’épaisseur varie de 1 m 50 à 3 m 50, séparées par 1 à 2 m de marnes et de boulets calcaires. L’exploitation se rapproche beaucoup de celle du charbon qui se présente également sous forme de couches, mais elle est incomparablement plus aisée : ni grisou, ni incendies ne sont à craindre. Le phosphate tendre s’abat au pic, cependant il n’est pas ébouleux et les galeries tiennent le plus souvent sans boisage. Les venues d’eau n’existent pas.
- Aussi la mine de phosphate moderne offre-t-elle l’aspect de la mine de charbon de Haute-Silésie, il y a cinquante ans. La couche est découpée en panneaux de 250 m de côté par des galeries de niveau et d’autres à angle droit, les « plans inclinés ». De part et d’autre du plan incliné, on « trace » des galeries de niveau espacées de 10 à 15 m, jusqu’aux limites du panneau. Puis on « dépile » la couche par chambres de 4 à 6 m de large, longues de l’intervalle entre deux niveaux. La mine comprend un grand nombre de petites chambres où travaille une équipe de 3 à 5 hommes : la dissémination du personnel à la production est considérable.
- Le phosphate est abattu à la fois à l’explosif — le rôle de T explosif est de détacher de gros blocs — et au pic. L’emploi des explosifs à l’oxygène liquide, récemment mis au point, croît rapidement. On sait qu’une cartouche de matières'"organiques "pulvérisées (liège, charbon de
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- bois, etc.), trempée dans l’oxygène liquide, devient susceptible de détoner sous l’action d’une flamme. Elle réunit, en effet, sous une forme très divisée, les deux éléments d’une combustion. Seule, la basse température de l’oxygène liquide s’oppose à la réaction. Les cartouches sont imprégnées un quart d’heure avant l’emploi dans un vase à oxygène liquide. Le tir doit être effectué aussitôt, car l’évaporation est rapide. Ce léger inconvénient n’est rien en regard de la grande sécurité dans le transport et la manutention et du faible prix de revient des cartouches.
- Un caractère particulier des exploitations de phosphate est qu’on y « foudroie » : le vide formé n’est pas remblayé. L’éboulement de la montagne doit le combler. Le mineur cherche à diriger l’éboulement, à le réaliser par petits fragments, pour en être complètement maître.
- C’est pourquoi on travaille par chambres de petites dimensions. La chambre, une fois vide, sera déboisée pour provoquer le foudroyage.
- Le déboisage est une opération dangereuse, non' pas que les bois supportent toute la charge des terrains — ils n’y pourraient suffire — mais à cause des blocs du « toit » de la chambre qui peuvent se détacher. Les déboiseurs opèrent la nuit par deux, dans le silence. L’un travaille, l’autre écoute. Tout craquement du bois prévient l’ouvrier qui se retire aussitôt.
- Séchage du phosphate. — Le phosphate extrait des mines est trop humide. Il renferme 8 à 10 pour 100 d’eau et le traitement ultérieur demande que cette teneur soit abaissée à 3 ou 4.
- Le séchage s’effectue généralement dans de grands fours rotatifs analogues aux fours à cuire le ciment, mais plus petits.
- Ce sont des cylindres de tôle de 10 m de long, de 2 m de diamètre, légèrement inclinés. Le phosphate les traverse en descendant en sens inverse des fumées, issues d’un foyer ou d’un brûleur à mazout. Le séchage est très rapide et chaque four donne, environ,
- 30 tonnes à l’heure.
- Dans le Sud, où la température reste élevée pendant une partie^.de l’année, on peut sécher le phosphate en plein air, en le répandant en couche mince sur une aire horizontale, pendant 2 à 3 jours.
- La Compagnie de Gafsa a résolu élégamment le problème de la manutention mécanique du phosphate en équipant ces aires de séchage de voies parallèles distantes de 15 m et de machines spécialement étudiées. Les trois opérations à effectuer sont :
- 1° Déchargement des wagons et répandage ;
- 2° Labour, pour agiter la masse et favoriser le séchage ,
- 3° Reprise et chargement.
- Le phosphate arrive en wagons à boggies de section W, munis de portes latérales, de sorte que le déchargement est automatique. La « ré-
- Fig. 6. — Four rotatif pour sécher le phosphate.
- pandeüse » comprend un châssis sur voie ferrée et deux poutres de chaque côté.
- Un demi-soc mobile sur chaque poutre écarte le phosphate de la voie.
- Le labour est assuré par une charrue de construction analogue, dont les socs latéraux, mobiles, permettent de balayer toute la zone entre deux voies. Le mouvement transversal des socs sur les poutres est calculé de manière qu’un sillon ne couvre pas le précédent. Ces deux machines, avec un personnel total de 5 hommes, per--mettent de répandre et de labourer 3000 tonnes en 9 heures de travail.
- Le phosphate sec est repris par une « ramasseuse » dont les deux bras sont munis de chaînes à godets qui déversent le minerai sur une courroie de caoutchouc, sans fin, transversale, suivie d’un élévateur qui charge les
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- wagons. Cette machine, avec 11 hommes, peut charger 2000 tonnes par journée.
- La main=d’ oeuvre indigène. — Les mines utilisent soit des indigènes libres, soit des détenus condamnés aux travaux publics. Les détenus, soumis naturellement à un régime moins dur qu’au pénitencier, donnent des rendements supérieurs de 30 pour 100 à ceux des indigènes libres. Ils ne sont pas payés, mais reçoivent des primes en sucre, thé, tabac.
- La main-d’œuvre locale, fournie par diverses tribus (Kabyles venus du Nord, Bédouins nomades, Marocains dissidents), est excessivement instable, en particulier
- Les difficultés de la surveillance des travaux de mine — les chantiers sont petits et dispersés — rendent nécessaire le paiement, à la tâche du plus grand nombre des travaux. Il semblerait qu’un ouvrier payé à la tâche doive travailler le plus possible afin de gagner davantage : ce serait déjà une affirmation osée pour les ouvriers européens ; en ce qui concerne l’Arabe, c’est une affirmation tout à fait fausse. L’Arabe s’arrête de travailler lorsqu’il a gagné de quoi pourvoir à ses besoins. Il quitte le chantier moins par paresse que par désintéressement.
- Le développement des besoins de l’indigène en quantité et en qualité (nourriture, vêtements, logement, hygiène),
- Fig. 8. — Trains de phosphate à la gare de Mellaoui, à destination de Sfax.
- au moment des moissons. Une année de bonne récolte voit les mines désertées; l’ouvrier ne reviendra, s’il revient, qu’après épuisement du blé dont on lui a payé son travail. Il n’y a pas de concurrence réelle entre les salaires; c’est l’attrait des travaux agricoles qui provoque la désertion des mines. Certaines compagnies minières doivent envoyer, en automne, un secrétaire interprète et des « caporaux » recruter les ouvriers dans une région plus peuplée.
- Le caractère dominant de l’indigène est son peu de besoins. L’Arabe se contente de fèves, de semoule et de thé. Il est sobre, le Coran lui interdit de boire. Il n’a aucune idée de l’épargne. '
- permettrait d’élever le rendement de la journée de travail par l’amélioration de l’état physique de l’ouvrier et par le désir chez lui d’un gain supérieur. Peu de chose a été fait de ce côté.
- Le marché du phosphate. — Le phosphate est vendu à l’unité pour cent de phosphate tricalcique. Les gisements tunisiens se classent en deux catégories, le 58-63 pour 100 et le 63-68 pour 100, le premier est vendu environ 1 fr l’unité, soit 63 fr la tonne de phosphate à 63 pour 100, le second est vendu 1 fr 15 l’unité. Le prix de l’unité est d’autant plus élevé que la teneur est plus forte. Ainsi les phosphates marocains 75-77 pour 100 sont vendus 1 fr 55 l’unité.
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- Il y a donc intérêt à enrichir les phosphates bruts en tricalcique, de même qu’on enrichit les minerais métalliques. Cependant, le problème est plus compliqué : tandis que la galène, la blende, la pyrite et la plupart des minerais métalliques sont unis à leur gangue sous forme d’éléments visibles, le phosphate est lié au calcaire et à la silice stériles en grains infiniment petits. Tandis qu’un broyage et une séparation par ordre de densité permettent d’enrichir les minerais métalliques, aucun procédé physique n’est actuellement réalisé pour le phosphate.
- L’Amérique et l’Afrique du Nord sont les grands pays phosphatiers du monde. L’Afrique du Nord fournit principalement le marché européen dont les terres usées demandent plus d’engrais que celles des pays neufs.
- L’industrie des*phosphates en Tunisie a vu apparaître,
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- en 1921, la concurrence des phosphates marocains, qui, grâce à une proximité plus grande de la mer et par leur haute teneur en acide phosphorique, péuvent être obtenus moins cher et vendus plus du double.
- Il semblait que le phosphate marocain allait chasser du marché européen les phosphates américains d’abord, puis les phosphates tunisiens. Cependant, l’emploi des engrais phosphatés se répand, augmentant d’année en année d’environ 15 pour 100, de sorte que la production tunisienne a continué à croître, moins vite cependant que la production marocaine.
- Quelle que soit l’augmentation de la production des phosphates à haut titre, l’emploi des engrais en Europe paraît devoir être tel, que l’ensemble des phosphates de Tunisie ne saurait que continuer à marquer de son côté une augmentation. Jean Aubery,
- Ingénieur civil des Mines.
- LA CELLULE PHOTOELECTRIQUE
- QUELQUES UTILISATIONS INDUSTRIELLES
- Lors d’une récente réunion des ingénieurs électriciens de 1’ « American Institute », M. John V. Breisky, de la « Westinghouse C° », a fait une conférence sur quelques - unes des multiples applications de la cellule photoélectrique ou « œil électrique », comme on l’appelle encore.
- Le conférencier commença par jeter une allumette enflammée dans un bidon d’essence placé à côté de lui.
- Dès la première bouffée de fumée, un détecteur photoélectrique manœuvre un signal d’alarme qui ouvre le robinet d’un tube d’acide carbonique installé près du bidon. Le feu était éteint avant que l’assistance se fût aperçue de ce qui se passait.
- Le but de cette démonstration était de montrer la supériorité de cet appareil de protection contre le feu sur ceux employés actuellement, dont le fonctionnement est subordonné à un changement de température et, de ce fait, un incendie spontané peut prendre des proportions irrémédiables, avant le déclenchement de l’extincteur.
- Le conférencier annonça ensuite à ses auditeurs qu’au fur et à mesure de leur arrivée ils avaient été
- comptés par un autre « œil électrique » se trouvant à l’entrée de la salle. En passant la porte, ils interceptaient un rayon lumineux dirigé sur une cellule provoquant, ainsi, le déclic d’un compteur.
- Cet appareil est, du reste, adopté par nombre de théâtres et de music-halls. Il dénombre automatiquement les spectateurs, à leur insu, car il n’utilise pas une lumière ordinaire, mais des rayons ultra-violets invisibles.
- C’est un moyen de contrôle fidèle et pratique.
- La possibilité d’employer ce genre de rayons a permis de réaliser une autre application sensationnelle de la cellule photoélectrique.
- On envoie, au moyen d’une lampe soigneusement voilée, au point de paraître complètement noire, un rayon ultra-violet sur la porte d’un coffre-fort, par exemple. A l’instant où un cambrioleur passe devant le rayon, son ombre projetée sur la cellule met en marche une sonnette
- Fig. 1. — Extincteur automatique duncendie.
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- Fig. 2. — Le compteur photoélectrique.
- d’alarme assez éloignée pour que l’intrus ne puisse pas l’entendre et les gardiens ou la police peuvent arriver à temps pour cueillir l’individu en train d’opérer.
- La vérification des objets finit par fatiguer l’oeil de la personne qui est chargée de ce genre de travail. L’œil électrique exécute automatiquement et mathématiquement cette tâche, comme le montra le conférencier.
- Après avoir placé sur un petit tapis roulant une dizaine de paquets de levure, dont trois ne portaient pas la marque de fabrique voulue, il tourna une petite manivelle et les paquets vinrent passer un à un sous un œil électrique. Le premier, le second, le troisième passèrent sans incident ; puis, arriva le quatrième, sans étiquette. Aussitôt, un bras métallique le saisit pour le jeter dans une boîte placée à côté de l’appareil. Il en fut de même pour les deux autres paquets défectueux.
- M. Breisky signale un autre appareil, du même genre, servant au triage des graines, installé à l’Université de Dakota (E.-U.).
- Le dispositif comprend deux parties principales : un distributeur et un amplificateur.
- Le premier contient les graines à trier qui sont distribuées une à une sur un petit tapis roulant à l’aide d’une vis sans fin. Elles passent ainsi séparément aux foyers de deux lentilles : l’une concentre la lumière sur le grain, l’autre fait converger les rayons sur une cellule.
- La transmission électrique de la cellule à l’électro-ai-mant par l’amplificateur étant pratiquement instantanée, c’est à ce même endroit que se trouve une languette qui distribue les graines suivant leur couleur en plusieurs voies se déversant chacune au bout du tapis dans un récipient spécial.
- Après le trieur de graines, ce fut le tour du curieux appareil que l’on vient d’installer dans le nouveau « Holland tunnel », le grand tube sous la rivière Hudson reliant New York à New Jersey.
- Fixé sous terre, cet appareil enregistre le nombre de véhicules utilisant le tunnel et indique, en même temps, le nombre de véhicules présents dans le tunnel à un moment donné en l’inscrivant sur un cadran fixé devant l’ingénieur de service.
- Pour ce dernier usage, on emploie un compteur spécial qui est déclenché chaque fois qu’une voiture passe sur une cellule photoélectrique installée à l’entrée du tunnel et qui est fermé par la voiture voilant un « œil électrique » installé à la sortie.
- En soustrayant les véhicules sortis de ceux qui entrent, l’ingénieur sait le nombre total de ceux qui se trouvent dans le tunnel et, par l’intermédiaire d’indicateurs, il est ainsi constamment renseigné sur l’état de l’atmosphère du tunnel.
- Parmi les utilisations les plus pratiques de la cellule, nous devons plus particulièrement signaler le triage des cigares.
- Le plus souvent, les cigares sont fabriqués et classés à la main : les ouvrières préparent la partie intérieure, la recouvrent d’une « robe » constituée par une feuille de tabac spécialement choisie et rangent les cigares dans différents casiers suivant que la robe est plus ou moins claire ou teintée.
- Aux États-Unis, on fabrique aujourd’hui des cigares à l’aide de machines très perfectionnées capables de débiter 500 cigares par heure. Il a fallu, bien entendu, trouver
- Fig. 3. — Appareil photoélectrique pour le comptage des paquets.
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- un procédé de classement rapide et automatique.
- Une cellule photoélectrique fait ce travail avec une minutie si remarquable qu’elle arrive à classer les cigares en 30 teintes différentes, alors qu’à l’œil on n’en distingue que 6 ou 7.
- La Nature a mentionné à plusieurs reprises des intéressantes applications de la cellule photoélectrique pour la transmission des images : téléphotographie, télé-cinématographie et télévision, nous n’y reviendrons pas et nous terminerons notre exposé par une description sommaire des deux toutes dernières applications de 1’ « œil électrique ».
- D’abord, le « télélux », le frère du télévox, ce véritable serviteur automatique décrit ici même par M. Villers il y a quelque temps.
- Alors que le télévox agit au moyen d’un code sonore, son frère agit au moyen de la lumière. Il utilise deux cellules photoélectriques sur lesquelles on envoie un faisceau lumineux avec un pistolet éclairant. L’une des cellules constitue le sélecteur qui choisit progressivement l’un quelconque d’une série de trois circuits. On projette le rayon sur la cellule opératrice et le télélüx ouvre ou ferme le circuit choisi.
- Pour montrer la façon d’opérer du nouvel appareil, M. Breisky lui fit éteindre et allumer les lampes de la salle.
- A cet effet, il projeta un faisceau lumineux, puis deux et trois sur le sélecteur, envoya ensuite un autre sur la cellule opératrice et le télélux éteignit les divers groupes de lampes pour les rallumer sous l’impulsion du conférencier.
- Il existe enfin un nouveau procédé de signalisation qui vient d’être expérimenté sur les chemins de fer prussiens. C’est un système photoélectrique fonctionnant par un jeu de miroirs. Le signal destiné à commander éventuellement l’arrêt du train porte un miroir et la locomotive est munie d’un projecteur envoyant un faisceau lumineux vers ce miroir. Quand le signal est à l’arrêt, le miroir est dans une position telle qu'il réfléchit le faisceau lumineux sur une cellule photoélectrique montée sur la locomotive. Cette cellule produit alors un courant, amplifié par les moyens usuels, qui vient actionner le mécanisme de fermeture des freins.
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- Ce système est évidemment ingénieux. Mais, on peut se demander s’il n’est pas quelque peu fragile, car les cellules photoélectriques sont des appareils délicats. On peut craindre également que certains jours la brume ne soit assez épaisse pour en troubler le fonctionnement. Il sera prudent de recommander au mécanicien de ne pas compter d’une façon aveugle sur cet appareil automatique.
- L. Kuentz.
- Fig. 4.
- Le Télélux, frère du Télévox, appareil de télémécanique commandé par des rayons lumineux.
- L’ASCENSION DE LA SEVE
- La pénétration et la circulation de l’eau dans le corps de la plante a toujours été la grande énigme botanique. Par quels moyens physiques, mécaniques, chimiques, physiologiques, l’eau pénètre-t-elle à l’intérieur des tissus végétaux et s’y élève-t-elle jusqu’à des hauteurs extraordinaires, puisque certains arbres exotiques ont leur feuillage à plus de 100 m du sol ?
- Diverses théories scientifiques ont essayé d’encadrer ce mystère dans des lois connues. On peut les classer sommairement en deux groupes :
- a) Les théories physiques qui ont cherché la cause de
- l’ascension dans les influences extérieures subies par la plante et dans les dispositions spéciales de ses tissus ;
- b) Les théories physiologiques, qui ont cherché cette cause dans l’activité des cellules vivantes et non pas seulement dans leurs dispositions anatomiques.
- A - THÉORIES PHYSIQUES
- Les théories physiques elles-mêmes peuvent être réparties finalement en trois groupes, suivant qu’elles ont voulu chercher la cause de l’ascension : a) Dans une aspiration du sommet ;
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- b) Dans une poussée provenant des racines ;
- c) Dans l’une et l’autre à la fois.
- Dans le premier groupe, nous trouvons d’abord l’hypothèse de la capillarité.'
- Sachs et, plus tard, Vesque, puis Jamin, avaient cru pouvoir affirmer que l’attraction capillaire des tissus ligneux était suffisante pour expliquer l’ascension de l’eau jusqu’au sommet des arbres.
- « C’est la capillarité qui introduit un liquide dans les intervalles vides d’un morceau de sucre. C’est par capillarité que le tissu spongieux de la mèche amène l’huile du réservoir de la lampe à la flamme. C’est par capillarité qu’un tas de sable, dont la base est dans l’eau, s’imbibe jusqu’au sommet. Or, où trouver de meilleures conditions pour de tels résultats que dans le tissu d’un végétal ? Les cellules y laissent entre elles d’innombrables intervalles vides, les vaisseaux y sont d’une finesse extrême avec laquelle celle de nos tubes les plus fins ne saurait rivaliser ('). »
- On compara donc le corps de la plante à la mèche d’une théorie fut vite abandonnée. On s’aperçut bientôt que si la capillarité pouvait, dans une certaine mesure, faciliter l’ascension et surtout l’accumulation de l’eau dans la tige, elle était incapable d’expliquer la production des nectars, la sudation des pleurs (chez la vigne, par exemple).
- La plante, en effet, est Une mèche qui sue sa sève, or une mèche ne sue pas le liquide qu’elie contient.
- La capillarité n’expliquait donc qu’une partie du problème.
- * *
- Dans ce même groupe d’hypothèses physiques basées sur l’aspiration du sommet, nous trouvons la théorie de la pression de transpiration.
- On sait, en effet, que la pression intravasculaire est, chez tous les végétaux qui transpirent, presque toujours plus faible que la pression atmosphérique.
- Si, par exemple, on courbe la tige d’un rameau feuillu en la maintenant dans une solution colorée (Yon Hohnel) et que brusquement on la sectionne au-dessous du niveau du liquide, on voit celui-ci se précipiter dans les vaisseaux du bois du côté des feuilles. La tige aspire donc bien l’eau vers son sommet.
- Une autre expérience due à Bohm semble encore plus décisive à ce sujet.
- On remplit, avec de l’eau, l’une des branches d’un manomètre à mercure (fig. 1), puis on y scelle hermétiquement la tige tronquée d’un rameau feuillé. Peu à peu, l’eau en A.B est absorbée par la plante et, sous l’effet de la pression atmosphérique, le mercure, refoulé en D’, vient remplir le vide en B’.
- La différence de niveau entre B’ et D’ mesure la pression d’absorption développée par la plante et celle-ci peut 1. J. H. Fabre, La Plante (Delagrave, édit.).
- être considérable (0 m 64, soit 4/5 d’atmosphère chez le saule, expérience de Bohm).
- Ces deux expériences prouvent bien, en effet, qu’une aspiration se produit au sommet de la plante, mais c’est sur la cause de cette succion que de nombreuses erreurs d’interprétations ont été commises. Et l’erreur capitale, hélas encore très répandue dans les manuels, c’est de comparer cette succion produite par l’évaporation à la succion produite par le piston d’une pompe.
- Lisons :
- « Chaque feuille est le siège d’une évaporation très active d’où résulte nécessairement un vide dans les organes qui ont fourni l’eau évaporée. Mais ce vide est aussitôt comblé par les organes voisins qui cèdent leur contenu et reçoivent à leur tour celui des couches plus profondes. De cellule en cellule, de fibre en fibre, de vaisseau en vaisseau, pareil effet se reproduit en des points de plus en plus éloignés des surfaces évaporantes et se propage jusqu’aux extrémités des racines qui, par une continuelle succion, remplacent le liquide disparu. C’est, en quelque sorte, le jeu de la pompe aspirante dont le piston laisse derrière lui un aide, immédiatement rempli par l’eau du canal qui la reçoit lui-même du puits ('). »
- Présentée de cette façon, l’explication me paraît dangereuse. Elle semble lier le phénomène physique de l’évaporation à celui de la succion par la base. Or il n’en est rien. L’évaporation, en elle-même, ne peut pas être la cause d’une succion.
- Représentons-nous par l’esprit une file de cellules (A. B. C.) dont la dernière, A, est en contact avec l’extérieur. Cette cellule, nous dit-on, se dessèche au contact de l’air. Il en résulte un vide que vient aussitôt combler l’eau des cellules voisines....
- Mais la cellule du parenchyme des feuilles ne peut, en aucune façon, être comparée au corps d’une pompe aspirante ; car cette cellule étant perméable à l’eau est, à plus forte raison, perméable à l’air. Elle n’est pas hermétique et l’eau qui lui sera soutirée par évaporation sera, sur-le-champ, remplacée par une même quantité d’air venu de l’extérieur. Elle n’exercera donc, de ce fait, aucune pression sur les cellules voisines. Pour qu’elle se remplisse à nouveau, il faudra que les cellules voisines lui injectent ce qu’elles contiennent et nous verrons plus loin, en parlant du phénomène de l’osmose, comment cet équilibre se rétablit, mais, en aucune façon, le phénomène physique de l’évaporation ne peut être considéré comme la cause efficiente d’une succion quelconque (2).
- On peut, d’ailleurs, démontrer expérimentalement l’indépendance absolue de ces deux phénomènes.
- Par exemple :
- Supprimons complètement l’évaporàtion en enduisant entièrement d’une épaisse couche de vaseline le rameau feuillé de la figure 1 et montons-le, de la même façon, sur la branche du manomètre. Le mercure n’en sera pas moins attiré du côté de A.
- Craignez-vous que, malgré la vaseline, une petite quan-
- 1. J. I-I. Fabre, La Plante (Delagrave, édit.).
- 2. D’autre part, la pression atmosphérique ne saurait élever l’eau du sol à plus de 10 m de hauteur et certains arbres peuvent atteindre 100 m.
- lampe, mais cette
- Fig. 1. —• Expérience de Bohm sur la transpiration.
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- tité d’eau ne se soit évaporée quand même ? Faites, alors, cette expérience que j’ai faite plusieurs fois.
- Montez le rameau feuillu et vaseliné sur la plus courte branche d’un manomètre comportant deux branches d’inégale longueur et plongez le rameau vaseliné et le manomètre dans l’eau d’un bocal (fig. 2). De cette façon, sous l’eau, toute évaporation devient impossible et le mercure du manomètre n’en indiquera pas moins une absorption relativement considérable du rameau végé-
- tal O*
- La plante, qu’elle soit aérienne ou aquatique, ne peut donc pas être assimilée à une pompe aspirante et la transpiration des feuilles n’est pas la cause directe de la succion exercée par le pétiole ou par la tige. Nous verrons plus loin comment on explique aujourd’hui tous ces phénomènes par l’osmose ou la pulsation cellulaire.
- Abordons maintenant le deuxième groupe des hypothèses physiques : Y hypothèse de la poussée des racines. La plante peut-elle être comparée à une pompe foulante ?
- Le physicien Haies (en 1725) avait le premier découvert et mesuré cette poussée fantastique des racines. En scellant hermétiquement à la tige d’un cep de vigne l’une des branches d’un manomètre à mercure, il avait vu que la poussée de la sève vers le haut était cinq fois plus forte que la poussée du sang dans l’artère crurale d’un cheval.
- Il fallait expliquer physiquement cette poussée des racines, mais comment ?
- En se fondant sur ce fait que le phénomène de la poussée était intermittent et qu’il se manifestait surtout le matin, on a tout d’abord essayé de l’expliquer par une dilatation, sous l’effet de la chaleur solaire des gaz contenus dans l’intérieur de la plante.
- « Raisonnement qui n’a aucune valeur, dit Maquenne (1 2), car, pour développer une pression seulement équivalant à celle de l’atmosphère il faudrait que la température de ces gaz, supposée primitivement égale à 0°, s’élève jusqu’à 273°, ce qui est absurde. »
- Cette hypothèse de la. dilatation des gaz fut abandonnée dès que Dutrochet, vers 1830, eut découvert le phénomène de l’osmose et qu’on l’eut appliqué tant à l’explication de la « poussée des racines » qu’à la « succion du sommet ».
- *
- * *
- Avec cette hypothèse de Vosmose, le plus généralement admise, nous abordons le troisième groupe des hypothèses physiques.
- La plante fut comparée à un endosmomètre.
- Le phénomène de l’osmose est trop connu pour qu’il soit nécessaire de l’exposer dans tous ses détails. On sait, en effet, depuis les expériences de Dutrochet que :
- 1° Si deux solutions aqueuses sont mises en contact
- 1. Mieux que cela. On peut, expérimentalement, démontrer que cette succion par le sommet existe même chez les plantes entièrement submergées, ce qui prouve surabondamment qu’elle n’est pas un effet direct de l’évaporation dans l’atmosphère. (Je (rapporterai plus tard certaines expériences que j’ai faites à ce sujet sur les feuilles naissantes de Nymphéa alba.)
- 2. Maquenne, Précis de physiologie végétale, p. 129 (Payot).
- de chaque côté d’une membrane semi-perméable (fragment de vessie ou de baudruche), l’eau de la solution la moins concentrée filtre à travers la membrane et se répand dans la solution la plus concentrée jusqu’à ce que les deux solutions soient arrivées au même degré de concentration.
- 2° La force avec laquelle l’eau pénètre dans la solution la plus concentrée est proportionnelle à la concentration de celle-ci. Cette force peut atteindre des chiffres considérables. Une solution de sucre à 200 gr par litre peut, par exemple, produire une pression osmotique de 13 atmosphères par rapport à l’< cette force, à elle seule, sen 130 m de hauteur.
- Fig. 2. — Dispositif pour montrer que la pression d’évaporation existe en l’absence de transpiration.
- pure, c’est-à-dire que capable d’élever l’eau à
- Or, la plante peut, physiquement, être comparée à un endosmomètre ou plutôt à une file d’endosmomètres, chaque cellule représentant un petit appareil de Dutrochet. Par endosmose, les cellules de la racine pompent l’eau du sol qui filtre à travers leur membrane. Par endosmose, les cellules se transmettent de l’une à l’autre l’eau qu’elles ont reçue de leurs voisines et cette eau monte jusqu’au sommet par les canaux très déliés des vaisseaux. Par endosmose, enfin, les cellules du parenchyme des feuilles se remplissent à leur tour et le tissu cellulaire de la plante se maintient ainsi dans son état de plénitude.
- Mais les feuilles, au contact de l’air, perdent continuellement de l’eau par évaporation. Il en résulte une reconcentration du liquide intérieur de leurs cellules et, par suite, une augmentation du pouvoir osmotique de celles-ci. Ces cellules réabsorberont donc de l’eau dans la mesure où elles en perdront par évaporation. Le phénomène ne cessera donc qu’avec la mort des feuilles et l’arrêt de la transpiration. Aussi longtemps qu’elle transpirera, la plante absorbera.
- Schéma du crescographe de Bose.
- Fig. 3.
- P, plaque oscillante en verre fumé ; H, mouvement d’horlogerie SS’, articulations sur pierres fines.
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- = 310 .......................:....... — =====
- Telle est, grossièrement schématisée, la théorie physique de l’osmose qui, découverte par Dutrochet, a été préconisée tout d’abord par Gôldew'ski, puis perfectionnée, adaptée par Dixon Joly et d’Askenasy (1895) et que M. Leclerc du Sablon a clairement exposée dans son bel ouvrage sur Le rôle de Vosmose en biologie (').
- Cette théorie a soulevé de nos jours de nombreuses et savantes objections. Je ne citerai que les trois principales :
- 1° La vitesse de l’ascension de l’eau est infiniment plus rapide dans le corps de la plante que dans le tube de l’endosmomètre (Bohm) (6 cm par heure avec une solution de sucre à 20 gr pour 100, un tube de 8 mm et une membrane de 30 cm2 environ). Dans la tige du Chrysanthème, d’après les travaux de Bose, la sève s’élèverait à raison de 13 à 20 m dans le même temps.
- Maquenne (2) a répondu à cette objection de Bohm, en disant que les tissus végétaux présentent, sous le même volume que l’endosmomètre, une surface d’absorption des milliers de fois plus grande représentée par la surface totale des cellules absorbantes. L’équilibre osmotique devrait donc être atteint en un temps des milliers de fois plus court.
- Cette façon de voir serait très juste si les cellules étaient toutes groupées en surface, mais comme elles sont groupées également en série, l’objection de Bühm tient toujours : comment, par osmose simple, ces cellules peuvent-elles si rapidement se transmettre l’eau de l’une à l’autre, de bas en haut ?
- 2° Comment expliquer la présence d’eau pure à l’intérieur des vaisseaux?
- C’est Jost (3) qui a exposé le plus clairement et l’un des premiers, je crois, cette objection fondamentale.
- Si l’osmose seule commande à tous les échanges d’eau, comment se fait-il que l’on trouve, à l’intérieur de la plante, des réserves d’eau ? Si l’eau est sans cesse attirée vers le liquide le plus concentré, comment se fait-il qu’elle soit attirée dans les vaisseaux qui contiennent un liquide beaucoup moins dense que celui des cellules d’où elle sort ? D’après la théorie physique de l’osmose, les vaisseaux devraient contenir un liquide très dense : ils contiennent, au contraire, une sève très claire.
- On a bien essayé de résoudre la difficulté mathématiquement, mais sans y parvenir, je crois, très clairement (4).
- 3° Enfin l’objection la plus grave que l’on ait pu faire à la théorie de l’osmose, c’est qu’elle ne peut expliquer d’une manière rationnelle la circulation des sels à travers les tissus, c’est, en somme, qu’elle soit incapable d’expliquer la nutrition des cellules.
- L’osmose, par définition, est la propriété que possèdent certaines membranes semi-perméables de se laisser traverser par l’eau sans laisser passer les substances dissoutes.
- Alors comment expliquer l’absorption des sels nutritifs nécessaires à la vie de la plante ?
- La cellule végétale est composée de deux membranes,
- 1. Flammarion, éditeur.
- 2. Précis de physiologie végétale, p. 133.
- 3. Plant physiology, trad. anglaise, p. 49.
- 4. Voir, à ce sujet, Maquenne et Leclerc du Sablon (loc. cit.)-
- nous dit-on : la membrane cellulosique externe qui est perméable et la membrane protoplasmique interne qui est hémiperméable. Si l’on s’en tient à la seule circulation de l’eau, on peut expliquer ainsi, sans peine, les phénomènes de turgescence, de plasmolyse, etc....
- Mais le problème devient plus compliqué s’il s’agit d’expliquer comment les cristalloïdes pénètrent à l’intérieur du protoplasme.
- « Si l’on admet que la membrane ectoplasmique est hémiperméable, dit M. Raoul Combes, on ne peut expliquer par les seuls phénomènes osmotiques comment les cristalloïdes parviennent à l’intérieur de la masse protoplasmique ni comment ils en sortent ; on ne peut donc expliquer comment les cellules se nourrissent (l). »
- Ces trois objections suffisent, je crois, à montrer que, bien que très séduisante, la théorie physique de l’osmose n’a pas encore apporté au problème de l’ascension de la sève la solution définitive.
- B - THÉORIES PHYSIOLOGIQUES
- Tandis que les auteurs de ces théories purement physiques n’accordaient au protoplasme végétal que le rôle d’une membrane semi-perméable, d’autres savants, en se basant sur les analogies fonctionnelles existant entre la plante et l’animal, ont pensé et voulu montrer par d’autres expériences le rôle prépondérant que jouent, dans l’absorption de l’eau et la circulation de la sève, les cellules végétales elles-mêmes.
- Mais quel est exactement ce rôle des cellules végétales ? Par quel mécanisme interne s’opère cette propulsion de l’eau dans une direction déterminée ?
- Godlewski, le premier, après avoir eu l’idée de recourir aux lois de l’osmose pour expliquer les phénomènes de l’absorption et de la circulation de l’eau dans la plante, admit, gratuitement d’ailleurs, que cette circulation était provoquée par des pulsations régulières provoquées par « une variation périodique dans la pression osmotique durant laquelle la substance douée d’un pouvoir osmotique actif était alternativement détruite et restaurée ». Il lui fut d’ailleurs impossible de prouver cette hypothèse et ceux-là même qui reconnurent le bien-fondé de sa théorie de l’osmose ne voulurent pas admettre sa théorie des pulsations protoplasmiques. Ils démontrèrent, théoriquement il est vrai, que ce « mouvement alternatif de l’eau pouvait être transformé en mouvement continu, sans rien changer au fond de la théorie » (2).
- Westermaïer, Schwendener et Janse admirent tous, plus ou moins explicitement, que l’énergie nécessaire à l’ascension de la sève était fournie, d’une manière qu’ils n’expliquèrent pas, par les cellules vivantes du bois ; mais aucun de ces auteurs, pas plus que Godlewski n’apportait à l’appui de ses dires des expériences suffisantes.
- Seul, le savant hindou Sir Jagadis Chunder Bose", dans son livre sur Le Problème de Vascension de la sève et dans toute une série de mémoires, apporta, sur ce sujet troublant, une série d’expériences conçues dans un
- 1. La Vie de la cellule végétale, p. 18 (Arm. Colin).
- 2. Voir Maquenne, Précis de physiologie végétale, p. 129 et Leclerc du Sablon, Le Rôle de l’osmose en biologie, chap. V.
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- esprit nouveau et faites avec des appareils toujours très ingénieux.
- Expériences très critiquées, conceptions très hardies mais très critiquables et qui, en France surtout, n’ont pas retenu, à ce qu’il semble, toute l’attention du monde savant.
- « En fait, dit Bose, il n’existe pas d’action physiologique chez l’Animal qui ne puisse se retrouver aussi chez la Plante. » Or nous savons que, chez l’animal, la propidsion des liquides dans une direction déterminée s’effectue grâce à des contractions rythmiques des tissus conducteurs (œsophage, artères). Les cellules végétales possèdent, elles aussi, une activité rythmique semblable.
- a Déceler celle-ci dans une cellule isolée est un problème hérissé de difficultés. L’examen microscopique, même s’il était praticable, serait peu ou point efficace ; car, en supposant le diamètre d’une cellule égal à 0 mm 05, sa contraction ou son expansion ne causerait pas un changement de plus de 10 pour 100, la variation de longueur se rapprocherait donc de 0 mm 005.
- « La période d’une pulsation isolée est comparativement lente chez la plante : elle est d’une minute ou presque. Le problème se réduit donc à trouver le taux d’une variation de longueur égale à 0 mm 00002 par
- seconde, ce qui dépasse le pouvoir d’un microscope » (').
- C’est, en effet, l’écueil contre lequel vinrent buter toutes les théories physiologiques de l’ascension de la sève, celle de Bose comme celle de Godlewski; la cellule végétale est trop petite et sa pulsation, si elle existe, est trop faible pour qu’on puisse l’observer même avec le meilleur microscope.
- Pour obvier à cette difficulté, Bose inventa certaine sonde électrique, grâce à laquelle il explora les tissus de la plante depuis l’épiderme jusqu’à la moelle.
- Cette sonde électrique se compose essentiellement d’un fil de platine très fin qui, isolé partout, sauf à sa pointe, peut être introduit dans le fond des tissus, grâce à une vis micrométrique. La pointe de ce fil, qui seule est excitable, est reliée à une borne d’un galvanoscope de d’Arsonval et l’autre borne de ce galvanoscope à un point quelconque de la plante que l’on veut explorer. Or, Bose avait montré, dans des travaux antérieurs (1 2), qu’une augmentation de turgescence d’un tissu donne au galvanoscope une déviation positive, tandis qu’une diminution de cette même turgescence donne, au contraire, une déviation négative. Les cellules rythmiques présentant alternativement une période d’augmentation de turgescence suivie d’une période de contraction, on devait donc, d’après Bose, pouvoir, avec la sonde électrique, mesurer l’amplitude et situer le lieu, des pulsations rythmiques en étudiant l’amplitude des oscillations du
- Fig. 5. — Oscillations de croissance, d'après Bose.
- 1. Physiologie de l’ascension de la sève, p. 8 (traduction française, Gauthier-Villars, édit.).
- 2. Réactions de la matière vivante et non vivante; Electrophysiologie comparée.
- galvanoscope comparativement à la profondeur où se trouvait l’aiguille.
- L’ëxpérience confirma les vues de l’inventeur et, grâce à cet appareil, Bose obtint une série de graphiques qui, selon lui, témoignent que les cellules pulsatrices sont situées dans l’endoderme. Mais il prétendit, par le même procédé, mesurer la pulsation d'une cellule individuelle (').
- Or, même en admettant que la pointe de la sonde soit assez fine pour ne pénétrer qu’une cellule à la fois, il paraît évident qu’une cellule ainsi perforée ne serait plus capable de puiser, car elle serait tout simplement détruite.
- Que Bose ait ainsi décelé la perturbation cellulaire déterminée dans les tissus conducteurs par le passage de Fonde hydraulique, bien ; mais qu’il ait ainsi démontré l’existence de la pulsation rythmique d’une cellule individuelle, cela semble, je crois, difficile à admettre.
- Est-ce dire que l’œuvre de Bose, qui est immense, n’ait rien apporté de nouveau sur le problème de l’ascension de la sève ? Bien loin de là. Sans parler d’une méthode toute nouvelle et très ingénieuse, sans parler des nombreux appareils enregistreurs inventés de toutes pièces pour la confirmer, l’œuvre de Bose est la seule, parmi toutes les hypothèses physiologiques, à pouvoir soutenir la comparaison avec la théorie physique de l’osmose.
- Résumons-la donc en ce qui concerne le problème qui nous occupe :
- 1° Les cellules végétales ne jouent pas simplement le rôle de filtres plus ou moins perméables, elles sont animées de mouvements d’expansion et de contraction. Ces mouvements sont lents et imperceptibles. Une file de cellules se comporte, en somme, comme un injecteur à poire de caoutchouc, la cellule supérieure absorbant par expansion l’eau que sa voisine rejette par contraction ;
- 2° Les vaisseaux du bois ne sont pas des canaux de circulation, mais simplement des réservoirs dans lesquels les cellules rejettent l’eau qu’elles ont en trop lorsque la transpiration est plus faible que l’absorption;
- 3° L’eau circule dans la plante du point le
- 1. « J’ai pourtant pu
- surmonter cette difficulté en assurant le contact avec une cellule individuelle par l’emploi de la sonde électrique »
- (loc. cil., p. 216).
- Fig. 6.
- Oscillations rythmiques
- dans le geste du sommeil des folioles de Lupin (d’après photographies de Dewèvre et Bordage).
- Fig. 4.
- Auxanomètre à poulie.
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- = 312 ...... " : ' =
- plus turgescent vers le point le moins turgescent (');
- 4° Cette circulation de l’eau est réglée automatiquement par tout un processus physiologique et une suite d’effets antagonistes (Exemple : si la chaleur fait augmenter la transpiration, la lumière, son associée provoque la fermeture des stomates et évite ainsi la fanaison).
- *
- ¥ +
- J’ai essayé d’exposer très succinctement et le plus impartialement possible les diverses hypothèses qui ont été depuis longtemps émises pour expliquer l’ascension de la sève ; mais je n’ai point l’intention de confronter ces diverses hypothèses physiques et physiologiques afin d’en tirer une conclusion nette et définitive. Qui pourrait se vanter, en ces problèmes essentiels de la physiologie végétale, d’avoir trouvé la solution ?
- Tout ce que l’on peut dire — et c’est une opinion qui s’accrédite de plus en plus aujourd’hui — c’est que les théories purement physiques de l’ascension de la sève semblent insuffisantes.
- La plante est un être vivant et l’énigme de sa vie ne se résout pas plus que celle du corps animal par une série d’équations algébriques.
- Si les expériences de Dutrochet et de ses continuateurs prouvent, de façon indubitable, que le phénomène de l’osmose est à la base de la vie végétale, les expériences des physiologistes (celles de Godlewski et surtout celles de Bose) prouvent également de façon indubitable que l’eau ne circule pas dans la plante exactement comme dans un osmomètre, mais qu’elle y circule par saccades rythmiques.
- C’est là, d’ailleurs, tout ce que ces hypothèses ont apporté de nouveau dans le problème.
- ¥ ¥
- Ce nouveau, comme il arrive souvent d’ailleurs, n’était pas aussi nouveau qu’on aurait pu le croire. Depuis longtemps, ces saccades rythmiques avaient été notées par exemple en ce qui concerne les mouvements de croissance ; mais on ne semblait pas leur attribuer une grande importance. On savait, grâce à certaines mesures fai es au cathétomètre ou par d’autres moyens optiques, que la pointe d’une tige ne s’accroît pas suivant une ligne régulière, mais bien par une série de poussées successives suivies de temps d’arrêt et même de raccourcissements.
- « Ces oscillations de croissance, disait Pfeffer, se produisent pour une constance complète des conditions extérieures ; aussi elles doivent être considérées comme des mouvements autonomes. Des ondulations rythmiques se produisent, d’ailleurs avec la plus grande diversité, dans le, fonctionnement du mécanisme vital qui se règle lui-même ; les vibrations des cils, les vacuoles pulsatiles^
- 1. « La direction de la propulsion de la sève suit ainsi le « gradient de turgescence » normalement, à partir de la racine, absorbant l’eau jusqu’au sommet de la branche où une sécheresse partielle se produit par suite de la transpiration des feuilles. Si l’on fournit de l’eau aux feuilles et qu’on en retire à la racine, le gradient de turgescence est inversé ; la sève s’écoule alors de haut en bas » (Physiologie de l'ascension de la sèae,- p. 274).
- le changement de sens dans la circulation du protoplasme, etc., le montrent bien. Il n’est pas étonnant que les mouvements de croissance éprouvent aussi des oscillations dépendant de ces variations internes ('), »
- On semblait donc attribuer ces oscillations à certaines influences perturbatrices agissant sur le libre développement des mouvements protoplasmiques ; mais on ne disait pas pour quelles raisons cet accroissement de la tige devenait négatif à des intervalles plus ou moins réguliers.
- Que la croissance subisse des arrêts temporaires provoqués par la résistance des tissus, soit ; mais que cette croissance devienne négative, cela devient difficile à comprendre. Il semble plus logique d’attribuer ces oscillations à des variations dans la pression de Veau quà des variations dans la turgescence des tissus.
- Et si l’on remarque que ces variations dans la pression interne suivent un rythme plus ou moins régulier, il semblera logique d’admettre que l’eau ne chemine pas dans une tige comme dans une mèche ou à travers une membrane inerte, mais qu’elle semble y palpiter.
- Quelques expériences classées chronologiquement montreront : 1° que ces oscillations étaient connues depuis longtemps ; 2° que les observations ont été faites par les moyens les plus divers et qu’elles ont toutes donné le même résultat.
- a) Expérience de Hofmeister (2).
- 1° Hofmeister a mesuré au microscope, en se servant d’un micromètre, la croissance de deux cellules terminales d’un filament de Spirogyra. Voici le tableau résumant ses observations.
- Temps Divisions lues Croissance par minute
- 9h 28' 85,8
- 9h 31' 87 + 0,4
- 9h 43' 90 + 0,25
- 1011 5' 90,2 + 0,09
- 10h 10' 90,7 + 0,1
- 10h 12' 92 + 0,65
- 10h 13' 91,8 -0,2
- Comme on peut le voir, le taux de la croissance est très variable. Il peut atteindre 7 pour 100 pendant
- I minute ; mais il peut aussi devenir négatif lorsque deux observations sont faites à 1 minute d’intervalle (10 h 12 m, puis 10 h 13 m, par exemple) au lieu d’être faites à des intervalles très irréguliers et très éloignés.
- Hofmeister ne l’a pas expliqué et cela prouverait que ces cellules ont été surprises à leur phase de contraction.
- b) Expérience de Bose avec le crescographe.
- J. C. Bose a, grâce à un appareil de son invention, le crescographe, mesuré l’accroissement en longueur d’une tige. Il a obtenu les mêmes résultats qu’Hofmeister.
- II a vu que la pointe ne s’accroît pas d’une façon régulière, mais bien par une série d’expansions suivies de contractions.
- 1. Pfeffer, Physiologie végétale, tome II, p. 22.
- 2. Cité par Pfeffer, Physiologie végétale, tome II, p. 23.
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- Ce crescographe à grande amplification mérite la peine d’être décrit. Il se compose essentiellement de deux leviers très ténus en tube d’aluminium montés l’un sur l’autre et équilibrés de telle façon que les mouvements du grand bras du levier inférieur soient transmis au petit bras du levier supérieur (fig. 3).
- On voit que si le premier levier amplifie 50 fois le geste de la plante, le deuxième levier, le multipliant à nouveau par 20, l’amplification totale du geste sera de 50 X 20 — 1000 fois.
- On voit également les grands avantages que cet appareil présente sur les auxanomètres ordinaires, employés jusqu’alors (fig. 4).
- 1° Aucune traction n’est exercée sur la pointe. Celle-ci peut donc se rétracter librement ;
- 2° Suppression de l’effet hygrométrique (très important) par la suppression des fils d’attache ;
- 3° Amplification beaucoup plus grande (beaucoup trop grande même, disent d’aucuns).
- Bose avait adapté à cet appareil un système enregistreur très ingénieux (une plaque en verre fumé oscillant mécaniquement et venant, à des intervalles réguliers de 10 ou 20 secondes, toucher la pointe du levier). Bose obtint de la sorte des graphiques à peu près analogues à celui de la figure 5, qui font ressortir nettement l’existence de palpitations régulières à la pointe de la tige en croissance.
- 4 4
- S’il fallait encore d’autres preuves à l’appui de cette affirmation, il suffirait de citer les expériences que le professeur Richtera a faites sur la croissance d’un rameau vivant, au moyen d’un condensateur de T. S. F.
- On sait que toute variation, même très faible des caractéristiques d’un condensateur, fait varier la longueur d’onde du circuit oscillant dont il fait partie.
- Le condensateur employé par M. Richtera a une électrode fixe, la deuxième est reliée à l’une des extrémités d’un bras de levier, dont l’autre est reliée à la pointe d’un rameau vivant. Chaque mouvement de la tige déplace donc l’électrode et produit, dans le circuit oscillant, des
- .-.. . = 313 =
- « battements » repérables au son. On entend ainsi la plante pousser. Et l’on entend que celle-ci ne grandit pas régulièrement comme une tige de fer qui se dilate par la chaleur, mais bien par battements limités et intermittents.
- On pourrait citer à l’appui de cette hypothèse de la palpitation de l’eau toute une série d’autres expériences que le cinéma n’a fait, depuis lors, que confirmer photographiquement.
- En photographiant toutes les 10 secondes le geste nyctitropique (affaissement de sommeil) des folioles du Lupin (Lupinus), Dewèvre et Bordage, en 1892, ont obtenu le graphique de la figure 6.
- J’ai obtenu des résultats identiques en projetant, avec une lanterne à projection, certains autres gestes de sommeil : Haricot (Phaseolus), Robinier faux-acacia, etc.
- J’ai pu voir que certains gestes de fanaison chez la Carotte (Daucus carotta) s’accomplissent de la même façon, c’est-à-dire par saccades spasmodiques.
- Pour cela, on projette, avec la lanterne, l’image de la plante sur une plaque de verre dépoli mobile, le long d’une glissière graduée. On repère à l’encre de Chine la pointe de la tige en faisant avancer la plaque de 5 à 10 mm toutes les 10, 20 ou 30 secondes. On obtient ainsi la courbe du geste.
- Le cinéma, en décomposant et en ralentissant les gestes d’enroulement de certaines plantes volubiles (Liseron, Houblon, etc.), a montré que les pointes de ces plantes frémissent de façon continue, que leurs jeunes feuilles terminales palpitent en abaissant et relevant successivement leur pointe, etc. (Voir notamment, chez Pathé : La Vie d'une- plante à fleurs et Le Mouvement chez les végétaux, du docteur Comandon.j
- Toutes ces expériences sont suffisantes, fe crois, pour nous permettre, non pas de conclure, mais tout au moins de supposer sérieusement que l'eau palpite dans le corps de la plante.
- Mais quel est le mécanisme de cette pulsation ? Jusqu’alors ni J. C. Bose, ni personne n’a pu l’expliquer.
- J.-G. Millet.
- LES COURANTS SOUS-MARINS
- LES ÉTUDES DE M. IDRAC
- Après avoir décrit (') des appareils servant aux mesures de température et de courant sous-marins, nous allons maintenant exposer quelques-uns des résultats obtenus au cours de la dernière année par M. Idrac qui les a appliqués à diverses recherches.
- Disons d’abord que, sur nos côtes, quelques essais sur le nouvel enregistreur de courants avaient été faits en 1927. Ce fut d’abord au laboratoire maritime de Con-
- 1. La Nature, n° 2816, 1er sept. 1929.
- carneau, dont l’organisation parfaitement conçue avait permis de vérifier les étalonnages et d’améliorer le fonctionnement de l’appareil primitif; puis en rade du Havre où, avec l’aide des ingénieurs du port, de M. Teste et de M. Caulle en particulier, de nombreux perfectionnements ont été opérés.
- A bord du Pourquoi-Pas, la même année, des mesures furent faites en Manche par une cinquantaine de mètres de fond, qui permirent de confirmer que les courants de marée sont des courants de masse et non de simple
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- Fig. 1. — Reproduction d'une portion du diagramme obtenu avec un appareil Idrac, mouillé au bateau-feu du Havre,
- par 22 m de fond, du 21 au 22 juin 1929.
- (Les traits verticaux indiquent, par leur espacement, c’est-à-dire par leur nombre dans un centimètre, la vitesse du courant ; les deux séries de traits verticaux correspondent à deux sensibilités différentes. La courbe indique la direction du courant, les abscisses sont proportionnelles au temps (18 mm par heure), les ordonnées à l’angle que fait avec le Nord la direction du courant.)
- surface ('). Mais les enregistrements obtenus ont montré qu’il y avait décalage, c’est-à-dire que le renversement du courant se fait généralement à des époques sensiblement différentes en haut et en bas. L’étude complète de ce phénomène, que M. Idrac compte poursuivre, sera sans doute d’un grand intérêt au point de vue de la théorie encore mal connue des courants marins. Au Havre, les mesures se poursuivent en vue des travaux d’exten-
- fondeur, enfin le troisième dans les bassins mêmes du port, où l’on peut constater de curieux phénomènes d’oscillation périodique des courants dont l’étude se poursuit actuellement.
- LES COURANTS DU DÉTROIT DE GIBRALTAR
- Mais ces travaux ne concernent que des profondeurs assez faibles, ne dépassant guère une vingtaine de mètres.
- Fig: 2. — Mesures en rade du Havre, le 20 mars 1929 (Echelle : 9 mm 1 heure).
- sion du port et un grand nombre de diagrammes ont déjà été obtenus. Nous en reproduisons ici quelques-uns, pris, le premier, d’un bateau-feu à 9 milles au large, par 20 m de profondeur environ, le second au banc de l’Éclat, à 2 milles de l’entrée du port et par 4 m de pro-
- 1. Ainsi que la théorie l’exige et que l’ont déjà fait voir les travaux exécutés en Manche par M. Courtier (Annales hydrographiques de la Marine, 1924).
- Or l’étude de certaines régions nécessite la possibilité de descendre à plusieurs centaines de mètres de profondeur. C’est, par exemple, le cas du détroit de Gibraltar, particulièrement intéressant entre tous et où un fort courant, souvent fort gênant pour les voiliers, porte de l’Océan vers la Méditerranée. Les travaux du Dr Schmidt sur la salinité et la température des eaux du détroit lui firent prévoir l’existence, dans les couches inférieures,
- Fig. 3. — Mesures le long d’un quai de l’avant-port du Havre, (21 et 22 novembre 1928) (Echelle : 18 mm = 1 heure). Ce diagramme révèle de curieuses oscillations périodiques du courant de profondeur, à l’intérieur du port.
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- d’un contre-courant de sens contraire dont la réalité, néan-moins, avait souvent été discutée.
- Grâce à un nouvel appareil enregistreur, basé sur le-même principe que celui décrit dans le dernier article, mais extrêmement réduit pour faciliter son maniement et son
- Fig• 4. — Enregistrement des courants du détroit de Gibraltar, depuis zéro jusqu’à 500 m
- de profondeur.
- transport (poids 12 kg 5, mais durée de fonctionnement de 2 heures seulement), M. Idrac a pu obtenir des enregistrements, à bord d’une simple barque à rames, jusqu’à 500 m de profondeur.
- Ces essais ont été faits au sud de Tarifa, dans la région
- la Havane
- 70 Milles
- la Havane 10
- 70 Milles la Havane jq
- Fig. 5, 6, 7, 8. — Coupes thermiques à différentes dates du Détroit de Floride entre La Havane et les Cages de Floride (Remarquer la rapidité de la variation, notamment du 26 novembre au 1er décembre 1928.)
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- la plus étroite du détroit, en descendant l’instrument à l’aide d’un treuil Warluzel, spécialement construit à cet effet, peu encombrant et d’un maniement facile.
- L’immobilité de la barque était obtenue en faisant manœuvrer les rameurs de telle sorte que la barque se trouvât constamment sur deux alignements bien définis. Comme cette immobilité est impossible à obtenir pratiquement d’une façon constante, on s’arrangeait pour faire coïncider le début et la fin de chaque enregistrement à même profondeur avec un instant de bonne position ; la moyenne de vitesse et direction marquait ainsi, très exactement, les petits écarts qui pouvaient se produire entre temps.
- M. Idrac, dans les quelques essais qu’il a ainsi effectués, a toujours trouvé, en profondeur, le contre-courant venant de la Méditerranée et allant vers l’Atlantique avec une intensité parfois supérieure au courant de surface.
- Voici, à titre d’exemple, la reproduction d’un enregistrement obtenu de 100 en 100 m de profondeur, le 13 mars 1928 à 14 heures, au sud de Tarifa, au point situé par 5° 36’ 1 de longitude W et 35° 57’ 9 de latitude Nord, par environ 600 m de fond (fig. 4).
- On trouve ainsi, d’après cet enregistrement, que le courant superficiel était du SW 1 /4 W avec une vitesse de 1 nœud, 4, en surface et de 0 nœud 8, à 100 m.
- Ensuite, il tourna brusquement à l’E 1 /4 SE pour y demeurer jusqu’au fond, avec une vitesse de 1 nd, 1 à 200 m, de 1 nd, 2 à 300 m, de 0 nd, 9 à 400 m et de 0 nd, 5 à 500 m.
- Il y a donc bien, ainsi que l’avait prévu le Dr Schmidt, deux courants de sens inverse superposés dans le détroit de Gibraltar.
- La raison en est, sans doute, d’après plusieurs auteurs autorisés, la très grande évaporation que supporte cette mer fermée qu’est la Méditerranée et que les fleuves quelle reçoit n’arrivent pas à compenser. Un apport d’eau de l’Océan est donc nécessaire, d’où le courant superficiel depuis longtemps connu. Mais alors, à profondeur égale, la concentration en sel et la densité des eaux océaniques et méditerranéennes étant inégales, l’équilibre ne saurait s’établir, d’après le principe des vases communicants, que par un écoulement en sens inverse de l’eau plus dense, d’où l’aspect singulier des deux courants superposés.
- 1500 _
- Métrés
- Fig. 9. — L’allure des courbes de courant du Gulf-Slream, au large de la Havane (les hachures sont d’aulant plus serrées que le courant est plus fort). Le report vers La Havane des couches de courant profond paraît dû à l’influence du courant froid venant du Labrador qui longe en profondeur.
- L’ÉTUDE DU GULF-STREAM
- D’autres recherches du même genre ont été nécessitées dernièrement par des essais intéressant au plus haut point l’avenir de l’industrie. Nous voulons parler de la première utilisation de l’énergie thermique des mers,
- actuellement en cours de réalisation par M. Georges Claude, à La Havane.
- La question de la variation des températures et des courants dans les eaux profondes est, en effet, d’un intérêt primordial dans le choix d’un emplacement favorable pour la pose de l’immense tuyau devant amener à la surface les eaux froides du fond de l’Océan.
- M. Idrac, chargé de ces recherches, fut ainsi amené à étudier le Gulf-Stream, cet immense courant d’eau chaude qui, après s’être formé dans le golfe du Mexique, s’en échappe vers l’Atlantique par le passage d’environ 70 milles de large et 1000 à 1800 m de profondeur qui sépare l’île de Cuba des récifs ouest de la pointe de la Floride.
- Il put ainsi, pendant une période de trois mois, faire à diverses reprises quatre coupes thermiques du détroit obtenues chacune au moyen d’une cinquantaine de mesures convenablement réparties dans tout l’espace du détroit jusqu’à 1000 m de profondeur, chacune de ces mesures étant d’ailleurs contrôlée par la lecture simultanée de deux thermomètres à renversement.
- Des mesures de courant ont été faites de la surface à 1400 m de profondeur simultanément au moyen des appareils enregistreurs déjà décrits.
- La dérive du bateau était évaluée par des relèvements à terre. L’effet du vent et de la houle était éliminé en plongeant l’appareil à quelques mètres en dessous de la surface, ce qui donnait ainsi la dérive propre du bateau par rapport au courant superficiel. L’appareil était ensuite descendu à diverses profondeurs pour obtenir la direction et la vitesse du courant profond par rapport à la dérive brute du navire d’où l’on pouvait déduire, par un graphique simple, la direction et la vitesse réelle du courant profond.
- Les figures 5, 6, 7 et 8 donnent une idée exacte de la structure du Gulf-Stream et des variations thermiques rapides dont il est le siège et qui, dans certains cas, peuvent atteindre au même point plus de 5° en 5 jours.
- Heureusement pour les projets de M. Claude, toute cette variabilité s’atténue beaucoup au-dessous des profondeurs de 800 m qui ne paraissent presque plus touchées par le Gulf-Stream, sauf quand il est très fort. A 1000 m, par exemple, on a à peu près uniformément 5° dans toute la largeur du canal.
- Le gros du courant est en général plus près de la côte de Cuba que de celle des cayes de la Floride. Il s’en approche ou s’en éloigne d’une façon, paraît-il, assez irrégulière, mais qui est sans doute liée à l’extension du courant froid venant du Labrador, lequel s’étend, comme
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- on le voit dans la figure 9, sur le côté de la Floride où il donne à égalité de profondeur des températures plus basses que sur la côte cubaine.
- L’axe du courant du Gulf-Stream coïncide en général grossièrement en surface avec l’axe des températures les plus élevées (toutefois quand le Gulf-Stream s’éloigne de la côte cubaine la surface reste chaude à son voisinage).
- Mais en profondeur, chaque fois que l’on put faire des mesures, on constatait que l’axe du courant ne coïncidait pas avec la verticale de l’axe du courant superficiel et se reportait nettement du côté de la côte cubaine.
- Quant à l’intensité du courant à son endroit le plus fort (qui a atteint pendant nos mesures jusqu’à 3 nœuds), elle reste à peu près constante de la surface jusqu’à 300 m de fond ; elle diminue ensuite petit à petit. On trouve encore parfois un courant de 1 nœud à 500 m de profondeur et de 0,5 nœud à 1000 m.
- ..... ... 317 =
- Des résultats obtenus, on peut déduire le débit approché du Gulf-Stream. Or il est très variable lui aussi. Le 1er décembre, par exemple, il était de l’ordre de 50 kilomètres cubes à l’heure, tandis que le 31 janvier il atteignait environ 90 kilomètres cubes à l’heure.
- Ce formidable débit permet d’arriver à un calcul assez curieux. Quoique le Gulf-Stream ne dépasse en température que d’un petit nombre de degrés les mers avoisinantes, son débit est tel que l’excès de chaleur qu’il emporte avec lui, si on pouvait le recueillir entièrement, serait suffisant pour élever chaque jour de 10° environ la température d’une couche d’air épaisse de 200 m recouvrant toute l’Europe occidentale !
- Voilà un sérieux calorifère. Mais, heureusement, il ne nous dispense qu’une très petite partie de cette chaleur, suffisante cependant pour donner à nos régions européennes côtières un climat beaucoup plus doux que ne le comporte leur situation en latitude. A. B.
- L’INDUSTRIE DES CONDUCTEURS ISOLES
- AU CAOUTCHOUC
- Nous recevons de l’Union des Syndicats de l’Électricité, à propos des articles de M. Turpain, publiés sous le titre ci-dessus (noa du 15 juin et du 15 juillet 1929) la lettre suivante :
- Messieurs,
- I Les numéros des 15 juin et 15 juillet 1929 de votre très intéressant journal contiennent, sur l’industrie des conducteurs isolés au caoutchouc, un article de M. Turpain, professeur à l’Université de Poitiers.
- Cet article met en garde, à plusieurs reprises, les abonnés, les distributeurs et les installateurs, « contre les inconvénients rédhibitoires » (décentrages et dangers d’incendie pouvant en résulter) que ferait courir l’emploi de conducteurs revêtus par les boudineuses, d’une seule couche de caoutchouc.
- II ajoute que ce type de fabrication, usité à l’étranger, est peu répandu en France et il termine comme suit : « Il est d’autant plus important que la normalisation des fils et câbles isolés au caoutchouc devienne officielle en France, afin de débarrasser le marché des produits de fabrication inférieure qui, au détriment des usagers, et de la généralisation de l’électrification, ne manqueraient pas de l’encombrer. L’acceptation, sur le marché français, de conducteurs isolés au caoutchouc de médiocre isolement et de conservation précaire risquerait d’être, malgré un bon marché apparent, en définitive, très onéreuse pour l’usager, dont les installations avec de tels conducteurs l’acculeraient, dans un très court laps de temps, à une réfection complète. »
- Au cours de l’article M. Turpain signale les prescriptions publiées par notre Union le 7 février 1923, et modifiées le 7 mars 1928. Or, l’une des modifications, adoptée après une longue enquête auprès des usagers et des fabricants, a eu précisément pour objet d’autoriser l’emploi, au gré de l’acheteur, des conducteurs recouverts d’une couche unique de caoutchouc.
- Nous nous étonnons donc que M. le professeur Turpain reproduise à la fin de la deuxième colonne de la page 74 les anciennes spécifications du 7 février 1923 périmées depuis les modifications du 7 mars 1928 et qu’il passe sous silence ces dernières, lesquelles se trouvent en opposition complète avec ses appréciations.
- Plus haut, dans la même colonne, nous lisons qu’il serait
- éminemment désirable que la normalisation des fils et câbles isolés au caoutchouc devînt officielle en France et que le Ministère des Travaux Publics imposât un cahier des charges concernant ces fabrications. La conception de ce cahier des charges officiel, ajoute M. Turpain, devrait être faite en s’inspirant des desiderata exprimés par les usagers. Or, nous venons de le voir, les usagers ont été consultés, suivant la méthode invariable de l’Union des Syndicats de l’Électricité. Le Syndicat Professionnel des Producteurs et Distributeurs d’Électricité notamment a insisté pour l’adoption de l’isolant à une couche. D’autre part, cette année, le Ministère des Travaux Publics, Service des Installations électriques, a adressé à tous les Préfets un cahier de règles concernant les installations électriques. Ces règles soumises pour avis au Comité d’Électricité, puis communiquées à notre Union, stipulent que « l’isolant sera constitué par une ou plusieurs couches ».
- Les prescriptions de notre -Union présentent donc bien le double caractère réclamé par M. Turpain, d’avoir été prises après consultation de tous les intéressés et notamment des usagers et d’avoir été officiellement approuvées par le Ministère des Travaux publics.
- Nous croyons devoir ajouter qu’il existe en France un laboratoire complètement indépendant et parfaitement outillé pour vérifier si les conducteurs répondent aux stipulations officielles : c’est le Laboratoire Central d’Électricité, 14, rue de Staël, créé par le Ministère des Postes et Télégraphes gi'âce au boni laissé par l’Exposition d’Électricité de 1881; la gérance en a été confiée par l’État à la Société Française des Électriciens. Le vœu exprimé par M. Turpain et tendant à la création d’un organisme de contrôle est donc réalisé depuis fort longtemps.
- Étant donné le trouble que les inexactitudes relevées par nous dans l’article précité seraient, bien à tort, susceptibles de jeter dans l’esprit de vos très nombreux lecteurs, nous vous serions très obligés, Messieurs les Rédacteurs en chef, de bien vouloir publier cette lettre complémentaire dans un de vos plus prochains numéros. Nous vous en remercions à l’avance, et vous prions d’agréer l’assurance de notre considération la plus distinguée. Le Président,
- Signé : H. Cahen.
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- LE POSOPHOTOMETRE “ FILMOGRAPH
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- Le temps de pose a, en photographie, une très grande importance ; de son exactitude dépend, en effet, la qualité de l’image. Les corrections que l’on peut faire par la suite en modifiant la composition du bain révélateur ne permettent qu’une légère amélioration ; celles obtenues au moyen de bains renforçant les clichés augmentent simplement le contraste sans faire apparaître aucun détail qui n’y était déjà ; celles, enfin, qui résultent de l’action d’un afïaiblisseur ne peuvent guère cju’éclaircir l’image, en rendre le tirage moins lent.
- L’ACTION DE LA LUMIÈRE SUR LE GÉLATINOBROMURE D’ARGENT
- Examinons le mécanisme de l’action de la lumière sur le gélatinobromure d’argent.
- A la suite de patientes recherches, Hurler et Driffield sont parvenus, il y a près de quarante ans déjà, à établir que a si l’on donne à diverses régions d’une plaque des temps de pose en progression géométrique, les densités correspondantes du négatif s’accroissent en progression arithmétique », ce que l’on exprime plus succinctement au moyen de la formule D = a + y (log. t), dans laquelle D représente la densité en un point donné, a une constante, y un facteur qui dépend de la durée du développement et t le temps de pose. En même temps qu’elle est proportionnelle au poids de l’argent réduit par unité de surface, la densité est égale au logarithme de Yopacité : il faut donc se garder de la confondre avec cette dernière. Hurter et Driffield représentèrent, par une courbe (fig. 1), les variations subies par la densité en fonction des éclairages. Les raisons qui ont fait adopter l’évaluation en densités ont amené à noter les abscisses, non pas en éclairages, mais en logarithmes des éclairages ; le tracé à échelle dégressive ainsi obtenu a l’avantage de réduire
- Fig. 1. — Courbe sensitomélrique d’une émulsion au gélatinobromure d’argent.
- Logarithmes des éclairages
- 10.000
- considérablement les dimensions de la courbe tout en lui laissant une excellente lisibilité dans la partie la plus intéressante.
- La courbe sensitométrique montre que l’impression commence en A, à une certaine hauteur au-dessus de l’axe des abscisses et à quelque distance de l’axe des ordonnées, ce qui met en évidence l’existence d’un voile chimique se produisant même à défaut de toute impression et révèle qu’il faut, pour impressionner la plaque, une quantité minimum de lumière, suffisante pour franchir ce que l’on nomme le seuil de la sensibilité. La courbe présente une partie rectiligne BC, comprise entre deux branches curvilignes, l’une AB à concavité positive, l’autre CD à concavité négative. Les densités qui, dans la partie rectiligne, sont proportionnelles aux intensités lumineuses reçues, croissent plus vite que les éclairages dans la région AB et moins vite dans la région CD, qui correspondent l’une à la sous-exposition, l’autre à la surexposition ; pour que les luminosités du sujet soient correctement traduites, il est nécessaire et suffisant que le rapport des extrêmes ne soit pas supérieur à celui existant entre B et C, et que les éclairages n’empiètent ni sur la région de sous-exposition, ni sur celle de surexposition.
- Dans une plaque de bonne qualité, la partie rectiligne de la courbe est d’ordinaire assez étendue pour enregistrer des éclairages dont les termes extrêmes sont dans le rapport de 1 à 1000. L’intervalle des luminosités étant de 1 à 30 dans la plupart des sujets de plein air et n’atteignant que rarement des rapports supérieurs à celui de 1 à 100, on dispose, dans l’évaluation du temps de pose, d’une certaine latitude qui est d’autant plus grande que l’écart des luminosités extrêmes est plus faible ; la tolérance qui, dans le premier cas, peut sans grand inconvénient s’étendre jusqu’à 66 pour 100 en plus ou en moins, ne saurait, dans le second, excéder 25 pour 100 sans risquer de faire empiéter l’intervalle des éclairages sur la région de sous-exposition ou sur celle de surexposition. Il importe donc d’apporter le plus grand soin à la détermination du temps de pose.
- LE CALCUL DU TEMPS DE POSE
- La durée de a pose nécessaire pour obtenir un bon cliché est sous la dépendance de plusieurs variables, parmi lesquelles nous citerons la latitude, l’altitude, la saison, l’heure, l’état du ciel, la nature du sujet, les conditions dans lesquelles lui parvient la lumière, là rapidité de l’émulsion, l’ouverture de l’objectif et le rendement de l’obturateur. On conçoit que, soumise à tant d’influences diverses, la durée de la pose puisse varier dans d’énormes proportions et être de détermination quelque peu délicate.
- Certains opérateurs très exercés parviennent à faire cette détermination par intuition, mais il y a généralement avantage à recourir à une table de pose ou à un instrument approprié. Les tables qui, comme celle de la Société Lumière, traduisent les divers facteurs par des nombres qu’il suffit d’additionner, permettent de trouver le temps de pose avec une approximation suffisante lorsqu’il s’agit de travaux en plein air, mais sont à
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- peu près inutilisables lorsque l’on opère sous bois ou dans un intérieur. Il en est naturellement de même des tables mécanisées, dans lesquelles les divers facteurs sont disposés le long d’échelles pourvues chacune d’un curseur et qui n’ont d’autre avantage que celui, bien insignifiant, d’éviter une addition de quatre nombres.
- Les autres instruments destinés à déterminer le temps de pose sont basés, soit sur la durée de l’exposition nécessaire pour qu’un papier sensible à la lumière prenne une teinte déterminée, soit sur l’emploi de coins absorbants. Les premiers, qui sont connus sous le nom d’actino-mètres, prétendent mesurer l’actinisme de la lumière qui éclaire le sujet, mais n’y parviennent que lorsque celui-ci est très près ; si le lieu où l’on opère est sombre, si l’intensité lumineuse varie rapidement comme c’est le cas lors du coucher du soleil, il est impossible de procéder à une mesure suffisamment précise. Enfin, les teintes obtenues sur le papier spécial sont telles qu’il faut un œil de teinturier pour apprécier les similitudes qu’elles offrent avec les teintes étalons peintes de part et d’autre de la fenêtre d’exposition. Les seconds, que l’on nomme généralement « photomètres », bien qu’ils ne soient nullement capables de mesurer, c’est-à-dire de comparer la lumière réfléchie par le sujet à celle émise par un étalon, sont basés sur l’emploi de coins absorbants, constitués par des papiers diaphanes superposés en nombres de plus en plus grands ou par des prismes en verre teinté présentant un angle très petit. Le coin étant utilisé pour éteindre le sujet, l’acuité visuelle entre en ligne de compte ; les résultats sont d’ailleurs faussés par d’autres facteurs, parmi lesquels nous citerons la rapidité plus ou moins grande de l’adaptation de l’œil aux faibles intensités lumineuses et l’état physiologique de l’observateur à l’instant considéré.
- L’insuffisance notoire de tous ces instruments a amené un spécialiste de la sensitométrie et de la photométrie, M. Lobel, à reprendre l’étude de la question. Après de patientes recherches, M. Lobel est parvenu à mettre au point un petit appareil, le Posophotomètre « Filmograph » (fig. 2) qui permet réellement de mesurer la lumière réfléchie par le sujet.
- LE POSOPHOTOMÈTRE “ FILMOGRAPH ”
- Le moyen le plus simple de mesurer un éclairement avec une approximation suffisante, c’est d’en comparer l’éclat à celui d’un étalon lumineux. La petite ampoule électrique de lampe de poche possède les qualités requises pour constituer un tel étalon : le corps lumineux est, en effet, nettement délimité et la lumière émise d’une grande fixité ; une condition toutefois doit être remplie : la constance de l’intensité passant par le filament. Le débit de de la pile s’affaiblissant au fur et à mesure que se poursuit la réaction chimique à laquelle le courant doit la naissance, il est nécessaire de disposer un rhéostat dans le circuit, de façon à pouvoir compenser par une réduction de résistance la diminution du potentiel et rendre constant le voltage appliqué à la lampe. Le contrôle de la tension se fait habituellement à l’aide d’un voltmètre ; ce moyen est inapplicable lorsqu’il s’agit d’un instrument d’amateur devant, de toute nécessité, être de volume aussi réduit que possible. Dans le Posophotomètre
- Fig. 2. — Le Posopholomètre « Filmograph ».
- « Filmograph », la difficulté a été éludée par un artifice aussi simple qu’ingénieux.
- On sait que la lumière émise par une lampe électrique varie en fonction de la tension qui lui est appliquée et qu’elle est, pour un voltage donné, toujours identique à elle-même ; au point d’extinction correspond une tension bien déterminée. Si donc, nous faisons rebrousser le curseur d’une quantité donnée, après l’avoir amené au point d’extinction, nous alimenterons le filament sous une tension indépendante de l’état de la pile et obtiendrons sensiblement l’intensité lumineuse que nous avons choisie pour étalon. Supposons, par exemple, que nous voulions faire travailler sous une tension de 1,2 volt une lampe qui s’éteint dès que la force électromotrice s’abaisse à 0,2 volt et que notre rhéostat soit construit de telle façon qu’en déplaçant le curseur de 30 mm on fasse varier la tension de 1 volt. Si le point d’extinction est atteint après un déplacement de 45 mm, il suffira de ramener le curseur au millimètre 15, pour porter la tension à la valeur désirée. Au bout de quelque temps d’usage, le point d’extinction sera atteint après un déplacement plus faible, de 35 mm par exemple ; en ramenant le curseur au millimètre 5, nous obtiendrons encore une tension de 1,2 volt. Enfin, la pile continuant à s’affaiblir, l’extinction se produira avant que le curseur ait franchi 30 mm ; il faudra alors changer l’élément, celui-ci étant désormais impuissant à donner la tension voulue.
- Le curseur du rhéostat du Posophotomètre « Filmograph » est pourvu d’une tirette sur laquelle est tracée une division millimétrique, qui en rend le repérage très facile.
- L’alimentation de la lampe est assurée par un élément de pile pour lampe de poche du .type courant ; lorsque l’élément contenu dans l’instrument est épuisé, il suffit de le remplacer par l’un des trois cylindres de zinc que l’on trouve habituellement dans les piles de poche. Celles-ci se conservant environ six mois et étant utilisées par tiers font un long usage ; aucune difficulté n’est donc à craindre en ce qui concerne l’alimentation.
- Le Posophotomètre « Filmograph » est pourvu d’une bonnette (fig. 3) contre laquelle il suffit d’appliquer l’œil pour voir le sujet ; le. diamètre des trous par lesquels passe la ligne de visée est assez petit pour permettre d’observer séparément les plages claires et les parties sombres, sans jamais être gêné par les luminosités plus
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- Curseur à tirette
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- Rhéostat
- Glissière au coin de mesure
- Boitpette
- Fig. 3.
- Coupe schématique du Posophotomètre « Filmograph
- vives qui pourraient se trouver dans le voisinage. En même temps que le sujet, on aperçoit le filament incandescent, dont les rayons, rendus parallèles par une lentille, sont reçus par une glace transparente dont le plan forme, tant avec la ligne de visée qu’avec l’axe de la lampe, un angle de 50 grades.
- L’œil est à peu près incapable d’apprécier des différences d’intensité lumineuse ; pour comparer deux éclai-rements, on est donc obligé de les ramener à des valeurs aussi voisines que possible, sinon identiques. C’est l’importance de l’intervention qui fait connaître le rapport. Il est plusieurs moyens de réduire la quantité de lumière reçue de l’étalon ; on a adopté ici celui que l’on emploie généralement en sensitométrie, le coin.
- Le coin utilisé est constitué par une bande de celluloïd présentant une teinte gris neutre, dont la densité croît de bas en haut suivant une constante telle que, avec la lampe de 3,5 volts alimentée sous 1,2 volt, il soit possible de mesurer tous les temps de pose compris dans une progression allant de 1 à 10 000, ce qui, en pratique, est plus que suffisant pour répondre à tous les besoins de l’amateur. Le coin, qui est accompagné d’une échelle millimétrique permettant d’en repérer la position, est enchâssé dans un cadre métallique ; il prend place dans une glissière perpendiculaire à la base de l’instrument.
- Pour procéder à une mesure, il faut d’abord placer le coin de façon telle que le zéro de l’échelle soit au niveau de la face supérieure du Posophotomètre, appliquer l’œil contre la bonnette, placer le doigt sur le trou placé en regard, puis sortir la tirette-curseur jusqu’à ce que le filament, qui s’est allumé dès que le zéro de l’échelle millimétrique a émergé du boîtier, soit sur le point de s’éteindre ; on regarde alors la division qui affleure et refoule la tirette de 3 cm. Il suffit ensuite de viser le sujet, d’abaisser le coin jusqu’à ce que le filament disparaisse, de lire sur l’échelle le degré atteint et de se reporter à un tableau qui fait connaître à première lecture le temps de pose correspondant, calculé en fonction du diaphragme, pour les plaques extra-rapides qui sont aujourd’hui les plus employées. Lorsque l’on opère avec une plaque ultra-rapide, telle que 1’ « Opta » de la Société Lumière, on prend la moitié du temps indiqué. Si, au contraire, on
- utilise des émulsions moins sensibles, on multiplie la p ose par un coefficient qui, de 3 pour les plaques « Ortho S. E. », s’élève à 4 pour les plaques « Micro » et les pellicules et à 200 pour les « Autochromes ».
- La détermination du temps de pose au moyen du Pho-toposomètre « Filmograph » demande beaucoup moins de temps qu’il n’en faut pour l’expliquer.
- Il arrive parfois que le filament, bien que porté au degré voulu d’incandescence, ne puisse, en aucune position du coin, être observé en même temps que le sujet ; cela montre que celui-ci, violemment éclairé, est plus lumineux que le filament. Lorsque tel est le cas, on'dispose devant le trou par lequel les rayons que réfléchit le sujet pénètrent dans le boîtier un filtre gris neutre réduisant la luminosité de 9/10 ; les opérations de mesures se font'ensuite comme d’ordinaire, le temps de pose à appliquer étant alors égal au 1/10 de celui indiqué par le tableau.
- Le Posophotomètre « Filmograph » est, sans aucun doute, appelé à rendre les plus grands services non seulement aux amateurs, mais aussi aux professionnels.
- Les autochromistes, notamment, auront grand avantage à utiliser le Posophotomètre ; avec lui, la faible tolérance de pose que présentent les plaques « Autochromes », par suite du peu d’épaisseur de la couche de gélatino-bromure et des conditions dans lesquelles elle est traitée pour donner un positif direct, cesse d’être un obstacle à l’obtention régulière d’excellents résultats.
- Il n’est pas jusqu’aux cinéastes amateurs qui n’aient intérêt à employer le nouvel instrument ; l’obturateur ne permet pas ici de faire varier la durée de l’exposition : on ne dispose, pour régler l’admission de la lumière, que du diaphragme qu’il convient, par conséquent, de ne manœuvrer qu’à bon escient. L’obturateur tournant des cinés d’amateur présentant, le plus souvent, une ouverture voisine de 200 grades, le temps de pose, à la vitesse normale de 16 images par seconde, ressort à 1 /30 de seconde environ. Grâce à l’invariabilité de la durée d’exposition, on a pu inscrire directement sur le coin le numéro du diaphragme à utiliser selon la luminosité du sujet. André Bourgain.
- Fig. 4. — Le « Filmograph » muni de son coin de mesure.
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- SAISONS FROIDES ET SAISONS CHAUDES
- A CHATEAUDUN
- DE 1890 A 1923, SOIT PENDANT 34 ANS
- I - SAISONS FROIDES
- Nombre de jours de Nombre Minimum Température
- Années. gelée sous abri. gelée à — 5° - gelée à — 10° gel continu de jours de neige. absolu de la température sous abri. moyenne du mois le plus froid,
- 1889-1890 72 12 1 17 12 - — 10°,2, 3 mars 0°,16, déc.
- 1890-1891 97 37 12 37 15 - — 13°,3, 18 janv. — 3°,83, déc.
- 1891-1892 72 20 3 13 11 - — 13°,0, 12 janv. 1°,90, janv.
- 1892-1893 56 23 10 22 11 - — 17°,4, 18 janv. — 10,32, janv.
- 1893-1894 62 13 2 10 7 - —16°,0, 5 janv. 1°,98, janv.
- 1894-1895 77 29 12 27 16 - — 14°,6, 7 févr. — 4°,10, févr.
- 1895-1896 54 5 14 5 — 7°,4, 11 janv. 26 févr. 2o,41, janv.
- 1896-1897 53 3 3 18 — 7°,0, 24 janv. 2o,27, janv.
- 1897-1898 68 7 2 6 — 9°,1, 26 déc. 3°,12, déc.
- 1898-1899 51 8 4 8 — 9°,9, 4 févr. 4°,69, déc.
- 1899-1900 59 14 2 10 18 — 10°,6, 14 déc. 0°,41, déc.
- 1900-1901 50 13 4 10 14 — 11°,4, 6 janv. — 0,08, févr.
- 1901-1902 66 5 6 10 — 7°,9, 16 févr. 2o,55, févr.
- 1902-1903 63 17 2 14 8 — 11°,8, 21 nov. 2o,60, déc.
- 1903-1904 70 6 12 11 — 8°,6, 31 déc. 10>43, déc.
- 1904-1905 57 6 ' 2 8 10 —-110,0, 2 janv. 1°,77, janv.
- 1905-1906 67 2 5 22 — 7°,3, 25 janv. 3o,22, févr.
- 1906-1907 66 14 2 11 21 — 120,1, 23 janv. 1°,52, déc.
- 1907-1908 59 9 3 7 19 — 10°,5, 12 janv. 1 O O O janv.
- 1908-1909 91 13 1 13 24 — 11°,1, 31 déc. lo,87, févr.
- 1909-1910 57 3 1 4 21 —10°,6, 27 janv. 3°,65, janv,
- 1910-1911 69 5 4 21 - 7o,5, 1er févr. 0°,68, janv.
- 1911-1912 30 5 2 12 — 9°,3, 4 févr. 4°,56, janv.
- 1912-1913 55 3 1 7 — 60,7, 24 févr. » — 4o,12, févr.
- 1913-1914 48 20 1 13 14 — 10°,9, 24 janv. 1 O O CO 0 janv.
- 1914-1915 49 5 . 5 11 — 70,8, 29 janv. 30,64, janv,
- 1915-1916 49 6 3 17 — 80,8, 28 nov. 30,46, nov.
- 1916-1917 87 26 11 21 15 — 14o,2, 4 févr. — 0°,10, févr.
- 1917-1918 79 25 ' 7 15 21 -13°,5, 6 janv. — 0°,52, déc.
- Remarques diverses.
- 23 j. de gelée en déc. 89 et 22 en févr. dont 14 consécutifs.
- 30 j. de gelée en déc. 90 dont 20 de gel continu ; 21 j. en janv. et 22 en févr.
- 18 j. de gelée en janv. et 16 en mars dont 14 consécutifs. 1 jour de gelée en mai (min. — 0°,7 le 7).
- 22 j. de gelée en déc. 92 dont 14 consécutifs et 21 en janvier dont 15 de gel continu.
- 18 j. de gelée en déc. 93 et 16 en janvier dont 9 consécutifs.
- 27 j. de gelée en févr. (le 23 excepté) dont 16 de gel continu; 24 j. de gelée en janv. dont 10 de gel continu.
- 19 j. de gelée en févr. dont 9 consécutifs et 7 de gel continu.
- 17 j. de gelée en janvier.
- 17 j. de gelée en mars.
- 16 j. de gelée en mars.
- 19 j. de gelée en déc. 99 dont 12 conséc
- 21 j. de gelée en févr. dont 18 conséc.
- 18 j. de gelée en février.
- 16 j. de gelée en déc. 02, et il y en a eu 7 en avril.
- 21 j. de gelée en déc. 03 et 18 en janvier.
- 18 j. de gelée en janv. et 16 en nov. 04.
- 19 j. de gelée en déc. 06 dont 13 consécutifs et 17 en janvier.
- 23 j. de gelée en janv. dont 7 de ge continu.
- 23 j. de gelée en févr. dont 18 consécutifs; 19 en janv. dont 10 consécutifs. 1 j. de gelée en mai (min. — 0°,4 le 2).
- 26 j. de gelée en janv. et 8 en avril dont 1 de gel continu (min. — 4°,4 le 6).
- 15 j. de gelée en févr.; 1 j. de gelée en sept. 12, le 27 (min. — 0°,4).
- 22 j. de gelée en janv. dont 16 consécutifs et 12 de gel continu.
- 21 j. de gelée en janv. dont 19 consécutifs et 13 de gel continu; 17 en février dont 16 consécutifs.
- 23 j. de gelée en déc. 17 dont 16 consécutifs et 10 de gel continu; 21 en janvier dont 10 consécutifs.
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- 1918- 1919
- 1919- 1920
- 63
- 55
- 17 — 9°,6, 8 févr. 2°,77, janv. 16 j. de gelée en janvier.
- 9 — 4°,9, 10 déc. 4°,32, nov. tous les jours de neige appartiennent à
- novembre 19.
- 1920-1921 67 9 1 7 9 - -13°,2, 17 déc. 3°, 10, déc. 18 j. de gelée en novembre 20.
- 1921-1922 58 17 8 8 - - 9°,9, 8 févr. 3°,39, nov. 22 j. de gelée en novembre 21.
- 1922-1923 39 2 2 6 - — 5°,9, 15 déc. 4°,48, déc.
- janv.
- II - SAISONS CHAUDES
- Nombre de jours de Nombre Maximum Température
- chaleur tempre de jours absolu moyenne
- Années. moyenne de la température du mois Remarques diverses.
- à 25° à 30°. à 35°. diurne d’orage sous abri. le plus chaud.
- de 25°.
- 1890. 27 3 27 33°,7, 1er août 17°,30, août minimum de température de 3°,5 le
- 1er juin (gel. bl. les 1er et 2).
- 1891. 33 1 20 30°,7, 28 juin 17°,58, juill.
- 1892. 47 10 O 25 34°,5, 16-17 août 18°,95, août
- 1893. 57 21 4 7 28 36°,0, 9 août 20°,24, août 18 j. de chaleur à 25° dont 9 au-dessus
- de 30°, en août ; minimum de température de 3°,3 le 1er juin (gel. bl.).
- 1894. 33 7 1 1 25 35°,5, 6 juill. 19°,08, juill.
- 1895. 58 14 1 3 28 35°,9, 9 sept. 19°,75, sept. 20 j. de chaleur à 25° dont 8 au-dessus
- de 30° en septembre.
- 1896. 48 10 24 33°,8, 14 juill. 19°,95, juill. 20 j. de chaleur à 25 °dont 10 au-dessus
- de 30° en juillet.
- 1897. 43 8 2 30 33°,8, 25 juin 19°,91, juill. 19 jours de chaleur à 25° en juillet.
- 1898. 55 20 3 8 21 37°,3, 21 août 21°,52, août 23 j. de chaleur à 25° dont 11 au-dessus
- de 30° et 6 à tempér. moyenne de 25° en août, plus haut minimum 21°,9 le 22.
- 1899. 68 31 4 9 26 37°,7, 5 août 22°,19, août 27 j. de chaleur à 25° dont 13 au-dessus
- de 30° et 4 au-dessus de 35° et 6 à
- tempér. moyenne de 25° en août ; 22 j. de chaleur à 25°, dont 10 au-dessus de 30° en juillet.
- 1900. 63 23 7 12 23 39°,8, 27 juill. 22o,72, juill. 22 j. de chai, à 25° dont 17 au-dessus
- de 30° et 7 au-dessus de 35° et 12 à
- tempér. moyenne de 25° en juillet, moyenne diurne de 30°,0 le 27.
- 1901. 65 23 1 5 26 36°,1, 29 juin 20°,95, juill. 20 j. de chaleur à 25°, dont 12 au-dessus
- de 30° en juillet et 19 j. de chaleur à 25° en août.
- 1902. 41 7 1 16 36°,0, 14 juill. 18°,98, juill.
- 1903. 32 8 29 33°,1, 28 juin 18°,41, juill. en mars, 1 jour de chaleur à 25°, le 25,
- 25°,6.
- 1904. 61 23 6 7 24 38°,6, 17 juill. 22o,17, juill. 24 j. de chaleur à 25° dont 16 au-dessus
- de 30° et 5 au-dessus de 35° en juillet; 21 j. de chaleur à 25° en août.
- 1905. 55 13 1 2 25 35°,5, 27 juill. 210,00, juill. 27 j. de chaleur à 25° dont 8 au-dessus
- de 30° en juillet.
- 1906. 65 22 1 3 23 37°,8, 2 août 20°,01, juill. 20 j. de chai, à 25° en juillet et en août.
- 1907. 48 4 1 19 35°,2, 4 août 18°,52, août
- 1908. 47 6 21 31°,6, 4 juin 18°,83, juill.
- 1909. 32 10 1 27 33°,7, 8 août 19°,21, août
- 1910. 24 33 28°,0, 28 juill. 17°,60, août 9 j. seulement de chaleur à 25° en août
- et 7 en juillet.
- 1911. 85 44 17 18 31 38°,1, 23 juill. 22°,69, août. 28 j. de chaleur à 25° dont 15 au-dessus
- 9 août de 30° et 7 au-dessus de 35° et 8 à tempér. moyenne de 25° en août, 27 j. de chaleur à 25° dont 16 au-dessus de 30° en juillet.
- 1912. 27 10 1 26 34°,8, 12 juill. 18°,94, juill. en août, 1 j. seulement de chaleur à 25°,
- mois froid, moyenne 15°,22.
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- 1913. 32 2 33 32°, 1, 27 août 17°,78, août
- 1914. 41 10 1 26 33°,1, ^er juill. 19°,31, août
- 1915. 42 4 30 32°,8, 9 août 18°,11, août
- 1916. 31 4 24 32o,4, 2 août 18°,88, août en juin, 1 j. seulement de chaleur à 25°,
- mois froid, moyenne 13°,61.
- 1917. 39 3 29 32o,4, 17 juin. 18°,30, juin.
- 1918. 46 10 1 2 19 35°,9, 22 août 18°,90, août
- 1919. 52 12 • 8 34o,0, 10 août 19°,90, août 22 j. de chaleur à 25° en août et 5 seule-
- ment en juillet, mois froid, moyenne 16°,0 ; aucun jour de tonn. en juin.
- 1920. 34 2 12 30o,6, 21 juill. 17o,53, juill.
- 1921. 72 16 4 5 23 36°,7, 12 juill. 21°,60, juill. 24 j. de chaleur à 25° dont 12 au-dessus
- de 30° et 4 au-dessus de 35° en juill. ; 11 j. de chaleur à 25° en octobre dont 1 au-dessus de 30° (le 5).
- 1922. 36 5 18 33o,l, 24 mai 17°, 11, août
- 1923. 46 17 2 5 20 380,4, 9 août 20°,35, juill.
- En ces 34 années, pour la saison froide, la moyenne annuelle est de : 62 jours de gelée sous abri, 11 jours de gelée à — 5°, 2 jours de gelée à — 10°, 10 jours de gel continu, 13 jours de neige et de — 10°,4 pour le minimum absolu de la température sous abri ; et pour la saison chaude, cette même moyenne est de : 46 jours de chaleur à 25°, 12 jours de chaleur à 30°, 1 jour de chaleur à 35°, 3 jours de température moyenne diurne de 25°, 24 jours d’orage et de 34°,6 pour le maximum absolu de la température sous abri.
- Remarque est faite que l’été très chaud de 1911, le plus chaud de toute la période, a suivi celui de 1910 presque absolument dénué de chaleur ; qu’en 1911, le mois d’août fut très chaud et en 1912 très froid et que c’est précisément la saison froide de 1911-1912 qui fournit le moins de jours de gelée et fut une des plus clémentes. Em. Roger
- Membre de la Société Météorologique de France.
- PRESTIDIGITATION
- LA NOUVELLE MAGIE NOIRE
- D’après ce que nous avons dit en commençant, de l’installation de la Magie Noire, on a déjà compris le principe des apparitions et disparitions : tout objet qui doit apparaître est de couleur claire et tout objet noir ne peut être aperçu. Mais pour que cette visibilité du clair et cette invisibilité du noir soient parfaites, deux conditions sont nécessaires: l’endroit où doivent se faire les apparitions et disparitions doit être
- Fig. 1. — Le double cadre.
- tendu de noir sur les côtés, au fond, sur le sol et au plafond. Cet espace noir est entouré d’un cadre lumineux dont l’éclat, sans aveugler les spectateurs, les empêche de distinguer les mouvements pouvant se produire, d’objets noirs. Quand le rideau se lève, dans l’ancienne ou nouvelle présentation, le prestidigitateur ou Pierrot est debout au milieu du cadre, mais un voile noir les dissimule. De plus un ou deux servants de scène et davantage, s’il en est besoin, absolument vêtus de noir, coiffés d’une cagoule, gantés de noir, évoluent derrière le personnage qui va apparaître. Au moment de l’apparition un des servants prenant un des coins inférieurs du voile noir tire brusquement ce voile et l’apparition se fait. La même manœuvre s’opère pour l’apparition de la table, du squelette. Un servant tient ce squelette par une poignée fixée derrière; un autre décroche le bras et le promène au moyen d’une poignée invisible. Lorsque le crâne doit apparaître un servant le tient d’une main également par une poignée, mais de l’autre main, il le cache avec un écran noir. Lorsque le prestidigitateur veut créer cette tête, il allonge le bras, le servant y dépose la tête et en même temps lève l’écran.
- Toutes les apparitions et disparitions sont basées sur le même principe. Par exemple dans
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- la nouvelle présentation lorsque les deux serviteurs orientaux doivent apparaître à Pierrot, ils ne peuvent être en scène dès le commencement, cachés sous des voiles noirs, car ils empêcheraient la liberté de mouvement de l’acteur qui court en tous sens après les apparitions de la lune. Alors deux servants glissent en scène un grand châssis noir derrière lequel marchent les deux serviteurs.
- L’un des servants lâche le châssis tenu par son camarade et il recouvre les deux serviteurs placés l’un derrière l’autre, ne faisant , pour ainsi dire, qu’un personnage, du voile protecteur nécessaire ; ils se retirent alors tous les deux emportant le châssis. Lorsque l’apparition doit se faire, le voile noir est tiré brusquement par un des servants revenu en scène et les spectateurs aperçoivent un serviteur oriental. Avant qu’ils aient eu le temps de préciser la situation, le second fait un pas de côté, et on croit voir le personnage se dédoubler.
- Inutile de dire qùe les apparitions et disparitions de la lune à différents endroits de la scène s’obtiennent par un moyen à peu près semblable : la lune est faite au moyen d’une caissette plate dans laquelle est pratiquée une ouverture ronde fermée par un verre jaune. Dans la boîte est une ampoule électrique également jaune, reliée par un fil noir au courant d’éclairage et commandée par un contact agissant par simple pression du doigt. Le servant tenant la boîte d’une main et un écran noir devant cette boîte, de l’autre main, éclaire le disque jaune au moment voulu et retire l’écran qui n’est là que pour éviter la vue des reflets du verre lorsque l’ampoule est éteinte. La manœuvre contraire fait disparaître la lune.
- Dans l’ancienne présentation de magie noire, tout se passait
- dans la scène unique. J’ai expliqué que dans la nouvelle manière apparaissait un second cadre lumineux faisant accessoire dans le premier (fig. 1).
- Le deuxième cadre lumineux placé au centre permet aux servants une grande latitude de mouvements. Ils apportent derrière ce deuxième cadre et sans être vus un panneau garni de plusieurs épaisseurs de tulle. Colombine enveloppée de noir vient se placer derrière, elle laisse tomber son voile, et les servants enlèvent successivement les tulles. Le trépied et le lit, revêtus d’étoffes noires, sont mis en place, puis brusquement découverts. Sous le lit se trouvent deux tiges noires actionnées dans le dessous du théâtre par un treuil. Ces deux tiges soulèvent invisiblement le lit et Colombine. Un écran noir brusquement abaissé les fait disparaître. Toutes les autres apparitions ou disparitions se font par des moyens similaires. L’escamotage de Pierrot par lui-même diffère un peu (fig. 2). Au moment où cet escamotage va se faire les servants développent en scène un paravent noir qui, partant de la coulisse, vient jusqu’à Pierrot. Celui-ci soulève le grand voile blanc dont il va s’envelopper, mais à ce moment précis un des servants noirs invisible, accroupi en face du paravent, se glisse entre Pierrot et le voile blanc, saisit ce voile, et c’est lui qui continue le mouvement d’enveloppement pendant que Pierrot s’enfuit derrière le paravent ; le temps nécessaire à son apparition est soigneusement calculé et c’est au moment précis où elle va se faire que le servant noir laisse tomber le voile blanc derrière lequel les spectateurs ne voient personne.
- Am er.
- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- S’il est une rubrique qui a eu toujours beaucoup de succès à La Nature c’est bien celle des « récréations scientifiques », si brillamment inaugurées et continuées par M. Gaston Tis-sandier. Par contre — on s’étonnera peut-être de trouver des récréations mathématiques dans un journal d’avant-garde, surtout littéraire, Le Crapouillot, janvier 1928.
- Nous y lisons sous la signature de Dominique Braga :
- « Les chiffres sont bien singuliers. Prenez ceux qui composent le nombre 142 857. Multipliez pair 2, vous avez 285 714 ; par 3, vous avez 428 571 ; par 4, vous avez 571 428 ; par 5, vous avez 714 285 ; par 6, vous avez 857 142.
- « Vous voyez qu’après s’être agglomérés pour former le nombre 142 857, les chiffres qui le composent semblent ne plus vouloir se séparer. Que vous multipliiez le nombre 142 857 par 2, 3, 4, 5 ou 6, ce sont toujours les mêmes chiffres qui se retrouvent et toujours dans le même ordre, en prenant pour point de départ à l’intérieur du nombre 142 857, et en suivant successivement les chiffres 2, 4, 5, 7, 8. Mais comme s’ils étaient soudain fatigués de cette cohésion, multipliez les six chiffres de 142 857 par 7 vous avez : 999 999. »
- Et Dominique Braga finit par conclure :
- « Comment ne pas croire, dès lors, à une vertu incluse dans les chiffres? Comment ne pas penser que, si on la découvrait, on connaîtrait quelque chose de la loi des lois, de la fatalité, de la prédestination. »
- La suggestion de M. Dominique Braga a paru si intéressante que la grave Revue des Deux Mondes (1er août 1929) l’a accueillie dans un article de M. Berge sur Y Esprit littéraire moderne et l’a fait suivre des réflexions suivantes qui montrent la place que les mathématiques — cette si forte discipline de l’esprit humain — tiennent dans les préoccupations de Ja jeune génération.
- « Le Chiffre, tel est justement le titre d’un roman d’Alexandre Arnoux : autre forme du même merveilleux ! Plutôt que la recherche des symboles ou des lois internes de la mathématique, il y a dans ce volume une tentative pour expliquer la valeur et le rôle des chiffres dans notre existence. Par une longue suite de déductions psychologiques, un personnage découvre la combinaison du coffre-fort, d’autrui. Dans un autre roman du même écrivain, Indice 33, un curieux individu mesure, grâce à un instrument de son invention, « l’indice de suggestibilité des peuples », d’où dépendent la guerre et la paix, la victoire et la défaite.
- « Sans doute, il faut faire une large part à la poésie dans ces échappées de la pensée. Mais n’y a-t-il pas cependant, à la base de tout cela, l’intuition ou la croyance d’une réalité cosmique qui ne nous apparaîtrait qu’à de rares intervalles et dont la substance serait issue d’une sorte d’arithmétique raffinée? »
- Les surprises provoquées par les combinaisons de chiffres sont innombrables et parviennent quelquefois à nous troubler. Nous choisissons aujourd’hui quelques exemples pris dans la multiplication par 9 et par 37.
- La multiplication par 9 est facile à faire mentalement, ou plutôt mécaniquement, car le chiffre à gauche du produit est toujours le nombre immédiatement au-dessous de celui qu’on multiplie par 9, et le second chiffre, le nombre qu’il faut ajouter au premier pour avoir 9. •
- Exemples :
- 2x9 = 18; 3x9 = 27; 4x9 = 36; 5x9 = 45; 6 X 9 = 54 ; 7 X 9 = 63 ; 8 X 9 = 72 ; 9 X 9 = 81.
- Remarquez que les chiffres des produits sont les mêmes deux à deux, le premier avec le dernier ; le deuxième avec
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- l’avant-dernier, etc...; ils sont seulement changés de place.
- 18-81 ; 27-72 ; 36-63 ; 45-54.
- Etendant ce moyen mécanique aux composés de 9 on en déduit la règle générale suivante :
- Règle. — Le produit se compose toujours d’autant de 9 moins 1 qu’il y en a dans le multiplicateur, placés entre deux chiffres extrêmes dont celui de gauche est le nombre immédiatement au-dessous du chiffre que l’on multiplie par les 9 et celui de droite le nombre qu’il faut y ajouter pour faire 9.
- On peut appliquer cette règle sous la forme du problème suivant :
- Dire instantanément le produit d’un des neuf premiers chiffres par un nombre composé d’autant de 9 que l’on voudra.
- 4 x 99 = 396 ; 6 X 999 = 5994 ; 8 X 9999 = 79 992.
- 9 x 99 999 = 899 991.
- On peut appliquer ce principe aux multiples de 9, et dire instantanément les produits de la série directe des neuf premiers chiffres par les nombres 18, 27, 36, 45, 54, 63, 72 et 81.
- Règle. — Le produit des neuf premiers chiffres placés dans l’ordre naturel par un multiple de 9 sera toujours composé de dix chiffres. Le chiffre des dizaines sera toujours un 0, et les neuf autres chiffres ce qu’il faut ajouter aux unités du multiplicateur pour faire 10.
- Exemples :
- Multipli- Multiplicandes. cateurs. Produits. -
- 123' '456 789 X 18 = = 2 222 222 202 ; car 8 + 2 = = 10.
- 123 456 789 X 27 = = 3 333 333 303 ; car 7 + 3 = = 10.
- 123 456 789 X 36 = = 4 444 444 404 ; car 6 + 4 = = 10.
- 123 456 789 X 45 = = 5 555 555 505 ; car 5 + 5 = = 10.
- 123 456 789 X 54 = = 6 666 666 606 ; car 4 + 6 = = 10.
- 123 456 789 X 63 = = 7 777 777 707 ; car 3 + 7 = = 10.
- 123 456 789 X 72 = = 8 888 888 808 ; car 2 + 8 = = 10.
- 123 456 789 X 81 = = 9 999 999 909 ; car 1 + 9 = = 10.
- Mais pour embarrasser le calculateur on pourrait lui demander de donner les produits des neuf premiers chiffres dans l’ordre inverse. La règle suivante répond à cette question.
- Règle. — Le produit des neuf premiers chiffres placés dans l’ordre inverse, par un multiple de 9 sera toujours composé de onze chiffres, dont neuf semblables au chiffre des unités du multiplicateur- diminué de 1 compris entre les chiffres du multiplicateur.
- ......—i::.:.:,:....: 325
- Multipli- Multipli-
- candes. cateurs. Produits.
- 987 654 321 X 18 = 17 777 777 778 ; car 8 — 1=7.
- 987 654 321 X 27 = 26 666 666 667 ; car 7 — 1 = 6.
- 987 654 321 X 36 = 35 555 555 556 ; car 6 — 1 = 5.
- 987 654 321 X 45 = 44 444 444 445 ; car 5 — 1=4.
- 987 654 321 X 54 = 53 333 333 334 ; car 4 — 1 = 3.
- 987 654 321 X 63 = 62 222 222 223 ; car 3 — 1 = 2.
- 987 654 321 X 72 = 71 111 111 112 ; car 2 — 1 = 1.
- 987 654 321 X 81 = 80 000 000 001 ; car 1 — 1=0.
- Remarque. — Les chiffres des produits, dans ces deux exemples, se reproduisent toujours, en tous sens dans leur ordre naturel.
- On peut également obtenir des produits composés de neuf chiffres semblables en multipliant la série des neuf premiers nombres, sans comprendre le 8, par 9 ou par des multiples de 9.
- Exemples :
- 12 345 679 X 9 = 111 111 111.
- 12 345 679 x 18 = 222 222 222.
- 12 345 679 x 27 = 333 333 333.
- 12 345 679 X 36 = 444 444 444.
- 12 345 679 X 45 = 555 555 555.
- 12 345 679 X 54 = 666 666 666.
- 12 345 679 X 63 = 777 777 777.
- 12 345 679 X 72 = 888 888 888.
- 12 345 679 X 81 = 999 999 999.
- Le nombre 37 multiplié par chacun des nombres de la progression arithmétique 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21, 24 et 27 offre les particularités suivantes :
- 1° Tous les produits qui résultent de ces multiplications sont composés, chacun, de trois chiffres semblables.
- 2° Les chiffres de ces produits sont, depuis 1 jusqu’à 9, placés dans l’ordre naturel ;
- 3° La somme des chiffres de chaque produit est toujours égale au multiplicateur.
- 37 37 37 37 37 37 37 37 37
- X 3 X 6 X 9 X 12 x 15 x 18 x 21 X 24 X 27
- 111 222 333 444 555 666 777 888 999
- Remarque. — Il résulte des explications ci-dessus que les produits peuvent être déterminés d’avance. Il suffit de diviser le multiplicateur par 3 et de poser trois chiffres semblables au quotient obtenu.
- Virgile Brandicourt,
- Président de la Société des antiquaires de Picardie.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PATINAGE DU BOIS
- M. le Capitaine de Frégate Chrétien nous écrit :
- « J’ai vu plusieurs fois, dans la Nature, décrire des procédés et indiquer des recettes pour patiner le bois. Sauf erreur, je n’y ai jamais vu figurer le procédé au permanganate de potasse, que j’emploie depuis 35 ans pour toutes sortes de travaux et ouvrages en bois, depuis des petits cadres jusqu’à des meubles.
- Chacun sait — ou peut l’expérimenter facilement — qu’une solution de permanganate de potasse au contact de la cellulose, bois, papier, et en général des matières organiques, du beau violet qu’elle présente pure, passe au brun, et tache d’ailleurs ainsi en brun la peau, le linge, etc. Il suffit donc d’appliquer avec un pinceau, sur le bois qu’on veut patiner, une solution aqueuse de permanganate à saturation.
- On laisse sécher les couches successives (ce qui se produit rapidement) et on passe autant de couches qu’il en faut pour obtenir le ton désiré. Plus le bois est tendre, plüs vite est atteint ce résultat, c’est ainsi que le bois blanc arrive très vite à la teinte du vieux noyer; le chêne, le noyer eux-mêmes sont patinés « au vieux » avec des tons très flatteurs. Le procédé est d’une très grande souplesse à cause des couches successives qu’il est nécessaire d’employer. Le bois blanc peut être poussé au noir, et acquérir même des teintes de palissandre avec des tons violacés, quand lo bois étant saturé, la réduction du permanganate au brun ne se fait plus complètement.
- Pousser le ton un peu plus qu’on ne le désire (le traitement ultérieur le faisant légèrement éclaircir). La dernière couche étant sèche, frotter énergiquement avec un tampon de linge ou d’étoffe quelconque. Ensuite cirer à l’encaustique, ou vernir — tampon ou pinceau— à volonté. »
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1929 (')
- Le mois de novembre est très riche en phénomènes astronomiques. Nous signalerons parmi ceux-ci l’éclipse de Soleil du 1er novembre, visible comme partielle à Paris, et l’éclipse de Lune par la pénombre du 16 novembre visible entièrement à Paris. Nous attirons spécialement l’attention des observateurs sur cette dernière éclipse assez rare, et nous serons heureux de centraliser les relations que l’on voudra bien nous communiquer.
- I. Soleil. — Le Soleil, en novembre, descend de plus en plus dans l’hémisphère austral. De — 14°22' le 1er novembre, sa déclinaison atteint — 21°37' le 30. Les jours diminuent fortement de durée, et cette diminution est surtout sensible le soir. Le Soleil passant au méridien environ 25 minutes avant midi, il en résulte que la soirée est beaucoup plus courte que la matinée. La durée du jour est de 9h 52m le 1er novembre et de 8" 33m le 30.
- Voici à présent le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris pour le mois de novembre. On voit d ’ après ce tableau que lorsqu’il est midi, à nos horloges, le Soleil a déjà largement dépassé le méridien :
- Heures
- Dates.
- Novembre
- 1
- 3
- 5
- 7
- 9
- 11
- 13
- 15
- 17
- 19
- 21
- 23
- 25
- 27
- 29
- du passage.
- Hh 34m 19s llh 34m 18s 111' 34m 198 1111 34m 24s 110 34m 32s 11h 34m 44s 11" 34m 59s 11" 35m 17s 11" 35m 38s ll"36m 3S 11" 36m 31s 11" 37m 3S 11" 37m 38B 11" 38m 15s 11 J38m56s
- Fig. 1. — Éclipse de Lune par la pénombre de la Terre, le 16 Novembre 1928.
- Dessin de L. Rudaux, d’après le schéma de M. G. Blum.
- Observations physiques. -—• Voici les principaux renseignements permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil. La définition des quantités P, B°, L° a été donnée dans le « Bulletin astronomique » du n° 2812, du 1er juillet 1929 :
- Dates.
- Novembre
- la lumière zodiacale du soir, ayant son extrémité beaucoup plus effilée. On pourra rechercher la lueur antisolaire au début du mois, à l’époque de la nouvelle Lune. Le 1er novembre, le centre de la lueur anti solaire sera situé par 2" 25m d’ascension droite et -|- 14°,22’ de déclinaison.
- L’observation de la lueur antisolaire exige une nuit pure et l’absence de toute lumière artificielle.
- Eclipse annulaire de Soleil. — Le 1er novembre se produira une éclipse annulaire de Soleil, visible à Paris comme éclipse partielle. La grandeur maxima de l’éc ipse sera de 0,982 (le diamètre du Soleil étant pris pour unité). L’éclipse commencera sous sa forme générale, à 9" 12m ; la plus grande phase aura lieu à 12" 5m et la fin à 14" 57m.
- La zone de la phase annulaire commencera dans l’Océan atlantique, au Sud de Terre-Neuve, passera au Sud des Açores, sur les Iles Canaries, l’Afrique Occidentale, le golfe de Guinée, l’Afrique centrale, les Iles Amirautés et Seychelles. Elle finira dans l’Océan Indien. La durée de la phase annulaire variera de
- 3m 19® à 3m 58s.
- A Paris, l’éclipse aura lieu dans la matinée. Elle commencera à 10" 9m ; la phase maxima (grandeur 0,224) se produira à 11 ii 4m et }a fin à 12" 4m.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de novembre, se produiront aux dates ci-après :
- N. L. le 1er, à 12" lm P. Q. le 9, à 14" 10m P. L. le 17, à 0" 14m D. Q. le 23, à 16" 4m
- Age de la Lune, le 1er novembre, à 0" = 29 j.; le
- 2 nov., à 0" — Oj. 5. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 2 novembre.
- Apogée de la Lune (plus Terre), le 7 novembre, à 11". Paral-
- P Bo Lo
- 2 -t- 24°,51 -f- 4o,22 212o,19
- 7 -f- 230,55 4- 3°,69 146o,26
- 12 -h 22Q,39 H- 3°,13 80°,34
- 17 H- 210,04 4- 2o,55 14°,43
- 22 -f- 19°,51 4-1°,94 3080,52
- 27 -f-17o,80 ’ 4- 1°,32 242o,62
- Lumière zodiacale ; lueur antisolaire. — Dans nos régions la lumière zodiacale est encore visible le matin avant l’arrivée de l’aurore. On sera frappé de la différence qu’elle présente avec
- 1. Les heures indiquées dans le présent « Bulletin astronomique » sont mentionnées en temps universel (T. U.) compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit).
- grande distance à la laxe= 54’10”. Distance= 404 820 1cm.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre, le 19 nov., à 6". Parallaxe= 60’22”. Distance = 363 250 km. Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 6 nov. — — 27°35’ ; le 19 novembre = -(- 27°34’. On remarquera la grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon deux jours après la pleine Lune, le 19.
- Occultation d’étoiles par la Lune (à suivre avec une petite lunette). — Le 12 novembre, occultation de <]/’ Verseau (gr. 5,2). Immersion seule visible à 0" 10m.
- Le 17, occultation de 192 B. Taureau (gr. 6,1). Emersion seule visible à 16" 45m.
- Le 20, occultation de c Gémeaux (gr. 5,5), de 21" 40m à 22" 38m.
- Eclipse de Lune par la pénombre du 16 novembre 1929. — Voici un phénomène assez rare et fort intéressant. Il est indiqué par M. G. Blum, le secrétaire de la Société astrono-
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- 327
- mique de France, qui vient d’en calculer les divers éléments pour les lecteurs de Y Astronomie. Cette éclipse est visible à Paris, ce qui ne veut pas dire qu’on la verra nécessairement, même si le ciel est pur. En effet, cette fois, la Lune, comme le montre notre figure 1, pénétrera seulement dans la pénombre de la Terre et non pas dans le cône d’ombre. L’assombrissement sera très peu marqué. Il sera plus sensible si on regarde la Lune à travers des verres teintés foncés ou dans un miroir non étamé.
- Enfin, si l’on prend des photographies à très courte pose, l’assombrissement de la Lune sera très marqué.
- Voici les éléments donnés par M. Blum :
- III. — Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi è l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient les renseignements nécessaires pour observer ou rechercher les planètes principales pendant le mois de novembre.
- Mercure est inobservable ce mois-ci. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 27 novembre à 14h.
- Vénus brille toujours d’un très vif éclat dans le ciel du matin.
- Elle se rapproche du Soleil et sa phase diminue comme l’indique le tableau ci-après :
- Milieu de l’éclipse.............le 17
- Sortie de la pénombre...........le 17
- Lever de la Lune, à Paris . . . le 16
- Coucher de la Lune, à Paris . . . le 17
- de notre satellite sera assombri. A sa plus petite distance de l’ombre, le bord sud sera à 5’ de l’ombre de la Terre.
- A Paris, les conditions de visibilité seront excellentes : Lune en plein ciel, très haute sur l’horizon. L’éclipse sera visible de l’Amérique du Nord, des Antilles, de l’Amérique du Sud, de l’Afrique, de l’Asie, etc. Elle passera inaperçue pour les personnes non prévenues.
- Marées. Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune du 1er et surtout de la pleine Lune du 17.
- Leur coefficient maximum sera de 100 centièmes.
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour ce mois-ci.
- à 221' 5m Dates. Disque illuminé.® Grandeur stellaire.
- à 0h 3m — — •—• '
- à 211 0m Novembre 2 0,92 — 3,4
- à 15b50m — 7 0,93 — 3,4
- à 711 34m — 12 0,94 — 3,4
- — 17 0,94 -3,4
- pénombre — 22 0,95 — 3,4
- bord sud — 27 0,96 — 3,4
- Vénus donnera lieu ce mois-ci à plusieurs conjonctions intéressantes (voir plus loin aux Conjonctions).
- Mars sera en conjonction avec le Soleil au début du mois prochain. Il est inobservable en ce moment.
- Jupiter sera en opposition avec le Soleil au début de décembre.
- Il est visible toute la nuit.
- Comme nous recommandons de le faire tous les mois, nous conseillons de suivre — une petite lunette suffit — les évolutions si curieuses des satellites. Le tableau ci-après donne la liste des principaux phénomènes que l’on pourra ainsi observer.
- ASTRE Dates : Nov. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 611 46m llh34m21s 16' 22m 1411 45m — 15° 56’ 32’ 20”4 Balance j
- Soleil. . . .) 16 7 2 11 35 27 16 8 15 25 — 18 42 32 24,0 Balance / ))
- { 26 7 17 11 37 56 15 59 16 7 — 20 55 32 28, 8 Scorpion
- 6 5 32 10 48 16 4 13 55 — 10 2 5, 2 X Vierge
- Mercure. . J 16 6 25 11 10 15 56 14 57 — 16 10 4,8 a Balance Inobservable.
- 26 7 26 11 35 15 53 16 1 — 21 8 6,4 P Scorpion
- 6 . 4 40 10 11 15 43 13 19 — 6 39 11,0 7 Vierge (
- Vénus. . . C 16 5 9 10 19 15 29 14 6 — 11 14 10, 8 X Vierge ) Le matin, avant l’aurore.
- ; 26 5 39 10 28 15 18 14 55 — 15 23 10, 6 a Vierge
- 6 7 31 12 6 16 40 15 14 — 18 10 3, 8 t Balance
- Mars. . . . 16 7 30 11 55 16 20 15 43 — 20 0 3, 8 P Scorpion , Inobservable.
- 26 7 30 11 46 16 2 16 13 — 21 32 3, 8 P Scorpion
- Jupiter. . . 16 17 12 1 2 8 52 4 50 H- 21 39 44, 8 T Taureau Toute la nuit.
- Saturne. . . 16 9 54 14 4: 18 13 17 53 — 22 36 13, 8 0 Ophiuchus Inobservable.
- .Uranus. . . 16 14 25 20 39 2 53 0 30 -+- 2 27 3, 6 14 Poissons Première partie de la nuit.
- Neptune. . . 16 23 41 6 34 13 27 10 22 4- 10 49 2,4 G Lion Seconde partie de la nuit.
- (1) Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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-
- . Nous en parlerons le mois prochain.
- 328
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- Dates. Nov. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Nov. Heure. Satel- lite. Phéno-mène.
- 1 0» 38m II P. c. 17 1» 33m I P. c
- 1 1» 23m II O. f. 17 2» 16m II Em.
- 1 2h 5m I O. c. 17 3» 17m I O. f.
- 1 3h 0m II P. f. 17 4» 42m I P. f.
- 1 311 38m I P. c. 17 22» 18m I E. c.
- 2 0'> qm I E. c. 18 0» 55m I Em.
- 2 2" 59m I Em. 18 18» 24“ II P. c.
- 2 2111 19m I O. c. 18 19» 35“ I O. c.
- 2 2111 45“ II Em. 18 19» 56m II O. f.
- 2 22» 5m I P. c. 18 19» 59m I P. c.
- 2 2311 29m I O. f. 18 20» 43m II P. f.
- 3 011 14m I P. f. 18 21» 45m I O. f.
- 3 2111 25m I Em. 18 22» gm I p. f.
- 6 O11 51m III E. c. 19 19» 21m I Em.
- 6 311 8m III E. f. 22 6» 50m II O. c.
- 6 311 44m III Em. 23 5» 44m I E. c.
- 6 511 53“ III Em. 23 22» 57m III O. c.
- 8 lh 36m II O. c. 24 0» 7m III P. c.
- 8 2" 57m II P. c. 24 1» 16m III O. f.
- 8 4» 0m II O. f. ' 24 1» 35m II E. c.
- 8 4» 44m I O. c. 24 2» 13m III P. f.
- 9 li, 55“ I E. c. 24 3» 4m I O. c.
- 10 0» 4m II Em. 24 3» 16m I P. c.
- 10 lh 23m I O. f. 25 0» 13m I E. c.
- 10 lh 58m I P. f. 25 2» 38m I Em.
- 10 20 h 24m I E. c. 25 20» 9m II O. c.
- 10 23h 10m I Em. 25 20» 56m II P. c.
- 11 19» 51“ I O. f. 25 21» 29m I O. c.
- 11 201' 24m I P. f. 25 21» 42m I P. c.
- 13 4» 51m III E. c. 25 22» 34m II O. f.
- 15 4h 13m II O. c. 25 22» 59m II p. f.
- 15 511 14m II P. c. 25 23» 40m I O. f.
- 16 311 50“ T l E. c. 25 23» 52m I p. f.
- 16 16u 58m III O. c. 26 18» 42m I E. c.
- 16 20» 51m III P. c. 26 21» 4m I Em.
- 16 21 » 15m III O. f. 27 17» 35“ II Em.
- 16 22» 57m III P. f. 27 18» 8“ I O. f.
- 16 23» |m II E. c. 27 18» 17“ I P. f.
- 17 1» 7m I O. c.
- en conjonct. avec la Lune, à 0° 30’ N. — m Vierge, à 0° 12’ N.
- — 6 Vierge, à 0° 10’ S-
- Le 2, à 2h, Mars Le 3, à 21’, Mercure Le 3, à 41', Vénus Le 5, à 11», Saturne Le 9, à 23h, Vénus Le 13, à 14h, Uranus Le 14, à 3h, Mars Le 18, à 9», Jupiter Le 22, à 12», Mercure Le 23, à 18», Mercure Le 29, à 1511, Vénus
- la Lune, à 4° 38’ N. m Vierge, à 0° 10’ S. la Lune, à 2° 32’ N. x Balance à 0° 13’ S. la Lune, à 3° 36’ S. x Balance, à 0° 7’ S. la Lune, à 4° 39’ S. la Lune, à 2° 2’ N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée), visible à l’œil,nu : le 13 novembre, à 31'44m ; le 16, à O11 33m ; le 18, à 21» 22“ ; le 21, à 18» 11“.
- Etoiles filantes. — Le mois de novembre est caractérisé par de nombreuses étoiles filantes provenant notamment de l’essaim des Léonides et de l’essaim des Andromédides. Voici la liste des essaims donnant des météores pendant ce mois, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite.Déclin. Etoile voisine
- Novembre 1e’ à 4 43o -f- 22° e Bélier.
- — 1 à 8 58° H- 20° A Taureau.
- — 13-14 53° + 32° 0 Persée.
- — 13-14 149° -f- 23° z Lion.
- — 13-14 279° + 56° 2348 Bradley.
- — 16, 25 à 28 154° 4- 40° p. Grande Ourse.
- — 20 et 27 62° H- 22° co2 Taureau.
- — 27 25° + 430 y Andromède.
- — 28 328° 4- 62° a Céphée.
- Étoile Polaire. — - Voici quelques passages de l’Etoile polaire
- au méridien de Paris :
- Temps sidéral.
- Dates. Passage. Heure. à 0» (T. U.)
- Novembre 7 Supérieur 22» 21“ 32s 3» 2“ 508
- — 17 — 21» 42“ 9S 3» 42“ 16a
- — 27 — 21» 2“ 448 4» 21“ 41a
- Saturne est inobservable.
- Voici toutefois les éléments de l’anneau à la date du 17 novembre :
- Grand axe extérieur. . .............................. 34”61
- Petit axe extérieur.................................. 15”69
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau, -f- 26°,47. Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -f- 26°,23.
- Uranus est encore visible presque toute la nuit. Pour le trouver, on est prié de se reporter à la petite carte publiée au n° 2814, du 1er août 1929, p. 133. Une jumelle suffit pour suivre cette planète sur le ciel.
- Neptune sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 26 novembre, à 7».
- Il est à présent à 1° % au Nord-Est de l’étoile p du Lion.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er novembre, à 21h ou le 15 à 20h, est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée ; Andromède ; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse ; Céphée ; le Dragon ; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux ; le Cocher ; le Taureau ; Orion à l’horizon.
- Au Sud : Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine ; le Poisson austral.
- A l’Ouest : Le Cygne, l’Aigle ; la Lyre.
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne.
- Em. Touchet.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE -.......:3
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- LES POSTES PORTATIFS EN FRANCE
- Un poste portatif radiophonique est simplement un poste récepteur établi mécaniquement et électriquement de façon à être assez robuste, assez léger, et de dimensions assez réduites pour pouvoir être transporté facilement.
- Les postes récepteurs portatifs ne sont donc nullement des créations récentes, et de nombreux modèles militaires employés pendant la guerre étaient déjà réalisés sous forme d’appareils portatifs. Pourtant, l’usage des appareils transportables en France ne s’était guère développé jusqu’à ces dernières années, pas plus, d’ailleurs, qu’en Allemagne, dans l’Europe méridionale, ou même aux États-Unis. Il faut remarquer, en effet, et le fait est assez curieux, que la création du poste portatif moderne est essentiellement d’origine anglaise.
- En Angleterre, 70 pour 100 des appareils établis par les constructeurs sont des appareils portatifs, et cette vogue s’accroît continuelle-•ment, les modèles construits recevant constamment de nouveaux p e r f e c-tionnements.
- Cette vogue est sans doute due à des motifs psychologiques ; les Anglais sont essentiellement un peuple de voyageurs, mais, en dehors de ceux qui parcourent constamment le monde, dans la masse profonde
- du public, employés, ouvriers, fonctionnaires, etc., l’habitude d’un petit voyage ou d'une excursion à la campagne pendant le « week end » est devenue presque une tradition.
- Tous les sans-filistes anglais, ou du moins presque tous, ne concevraient pas une excursion de « weekend » sans un poste portatif, et ils adjoignent souvent à ce poste un phonographe portatif.
- Il faut ajouter, d’autre part, que les postes émetteurs anglais sont nombreux et excellents ; la réception de leurs émissions est facile en n’importe quel point du territoire avec un poste relativement simple.
- Dès 1922, les constructeurs français avaient réalisé des récepteurs portatifs à l’usage des amateurs. Les montages de ces appareils furent modifiés peu à peu, comme furent modifiés les montages de postes ordinaires.
- En 1926, il y avait donc des valises réceptrices avec montage à résonance à 4 lampes, et des postes portatifs à changement de fréquence du genre superhétérodyne, soit'autonomes avec cadre pliant et batteries d’alimentation contenues dans la valise, soit avec valise réceptrice distincte et ensemble d’alimentation séparé.
- Le nombre de ces postes était d’ailleurs très réduit, et il ne semble pas que le public français se soit vraiment intéressé à la question des appareils portatifs avant 1928 ou 1929.
- Les appareils réalisés actuellement sont sans doute beaucoup
- plus perfectionnés, et surtout beaucoup plus pratiques que les postes de 1922, mais il semble que l’on doive surtout attribuer le développement de ce genre de postes au développement de l’automobile en France.
- On peut utiliser un appareil transportable en se promenant à pied, en bicyclette, ou en’chemin de fer, mais il faut bien convenir que le transport, dans ces conditions, d’un appareil de volume sans doute réduit, mais dont le poids atteint normalement une quinzaine de lçilogs, n’offre rien de particulièrement agréable.
- En automobile, au contraire, ce transport devient aisé et a mise en fonctionnement de l’appareil n’offre aucune diffi-culté".
- Tout sans-filiste automobiliste a donc intérêt à posséder un poste portatif qui lui permettra, non seulement de recevoir les radio-concerts et les informations, mais encore d’effectuer
- de très intéressantes expériences sur les phénomènes de propagation des ondes hertziennes suivant les conditions lo -cales, l’heure, la saison, la longueur d’onde, etc.
- Nous avons d’ailleurs indiqué notamment dans La Nature quelques expériences intéressantes réalisées avec des appareils portatifs, et spécialement les usages d’un poste portatiE en automobile.
- Les montages récepteurs proprement dits utilisés dans les postes portatifs actuels sont essentiellement de conception française, mais nos constructeurs ont su fort intelligemment adapter, suivant les demandes des amateurs français, les conceptions pratiques appliquées en Angleterre pour la réalisation des différents modèfes portatifs (fig. 1).
- Au point de vue mécanique, pourrait-on dire, il y a donc maintenant une ressemblance assez marquée entre la disposition générale des postes portatifs anglais et français, mais il existe toujours une différence essentielle au point de vue purement radioélectrique.
- Presque tous les appareils français portatifs, comme d’ailleurs les autres modèles fixes, sont munis de montages à changement de fréquence, surtout par lampe bigrille ; en Angleterre, au contraire, ces montages ne sont jamais utilisés et, on a adopté exclusivement des montages à amplification directe, généralement semi-apériodiques. Le nombre de lampes maximum le plus souvent adopté en Angleterre est de 5, alors qu’en Fi’ance il peut atteindre six, sept et même huit.
- Les appareils anglais sont donc moins sensibles et moins sélectifs que les postes français, mais ils permettent d’obtenir, en général, une audition d’excellente qualité, d’autant plus que leur amplification basse fréquence est le plus souvent soignée, et qu’ils sont munis de haut-parleurs électromagnétiques à diffuseurs de grand diamètre généralement très bons.
- Fig. 1. — Trois modèles caractéristiques d’appareils portatifs anglais. (Remarquer leur aspect simple et leur présentation heureuse.)
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- COMMENT DIMINUER LE POIDS ET L’ENCOMBREMENT D’UN POSTE PORTATIF
- Par sa nature spéciale, un poste portatif doit posséder des qualités radioélectriques comme tout poste récepteur, mais aussi des qualités mécaniques ; il doit être robuste, léger, et de dimensions réduites. Il faut évidemment, de plus, que ces qualités mécaniques soient compatibles avec les qualités radioélectriques.
- Le plus simple, le plus léger, le plus réduit des postes récepteurs est, sans contredit, le poste à galène, et pourtant il est presque complètement abandonné à l’heure actuelle. Nous pensons que cet abandon total est sans doute injustifié, du moins pour cet usage particulier.
- Rien de plus facile à la campagne, en effet, que de tendre une antenne de grande longueur, unifilaire si l’on veut, d’utiliser la longue clôture métallique d’un pré, ou même, dans certains cas privilégiés, de suspendre l’antenne à un cerf-volant (fig. 2).
- Ces collecteurs d’onde très développés permettront, non seulement la réception des émissions locales sur ondes moyennes, mais encore de quelques grands postes européens tels que Daventry ou Kœnigswusterhausen.
- L’audition sera évidemment effectuée au casque ou en
- Poste à
- Arbre
- quelconque
- Prise de terre, pièce métallique enfoncée dans la terre humide.
- Cerf-volant
- Câble de retenue du cerf volant, différent de celui de / l'antenne.
- ——___^ Point
- fixe.
- Câble métalliqi
- Prise de
- terre
- Fig. 2. — Deux manières d’utiliser un poste à galène à la campagne.
- faible haut-parleur, mais le matériel est tellement simple et peu coûteux que ces essais méritent vraiment d’être entrepris.
- L’appareil le plus simple après le poste à galène est la détectrice à réaction. Pour réaliser le poste portatif, on emploiera, de préférence, un montage à lampe bigrille, réalisé suivant un des différents schémas bien connus, mais qui fonctionnera avec une tension-plaque très réduite, donc permettra l’emploi d’une batterie d’alimentation-plaque très légère.
- On fera généralement suivre cette lampe détectrice d’une deuxième lampe basse fréquence, qui pourra être également une lampe bigrille à tension-plaque très réduite.
- Ces petits postes ainsi réalisés permettront d’obtenir, sur antenne, d’excellentes réceptions des émissions les plus lointaines ; l’audition ne sera d’ailleurs possible qu’au casque ou en faible haut-parleur et sera fort difficile au voisinage d’un poste local puissant.
- Une autre catégorie d’appareils de théorie plus complexe, mais de montage très simple, est constituée par les postes superrégénérateurs. Après un moment d’enthousiasme, vers 1922, on a complètement abandonné l’usage de ces appareils, et pourtant leur sensibilité, du moins pour la réception des émissions sur ondes courtes, est vraiment merveilleuse, étant donné qu’on peut les réaliser avec une lampe ou deux lampes seulement. Ils se prêtent donc particulièrement bien à la réali-
- sation de petits postes portatifs très réduits. On pourrait même, d’ailleurs, utiliser à cet effet des lampes à deux grilles montées en superrégénératrices, détectrices et amplificatrices basse fréquence. Les postes portatifs de ce genre, dont nous avons déjà décrit des modèles dans La Nature, ne sont sans doute pas des postes « d’usagers » parce que leur réglage demeure souvent assez délicat, mais les amateurs avertis pourront réaliser, grâce à eux, de très intéressantes expériences de réception des émissions sur ondes courtes.
- Le poste classique à amplification haute fréquence directe à résonance, ou semi-apériodique, n’est plus guère utilisé en France. Un poste récepteur à quatre lampes, comportant une lampe amplificatrice haute fréquence à résonance, une détectrice et deux basse fréquence, constituerait un ensemble relativement réduit et suffisamment sensible et sélectif dans les conditions ordinaires pour permettre sur antenne la réception de presque toutes les émissions européennes en haut-parleur avec une intensité normale. Ce montage pourrait être réduit à l’heure actuelle en utilisant une lampe trigrille de puissance pour l’amplification basse fréquence; avec une seule lampe basse fréquence de ce genre, donc trois lampes en tout, on pourrait obtenir une intensité d’audition comparable à celle fournie par quatre lampes ordinaires.
- L’usage d’une lampe à grille-écran en haute fréquence permettrait également de recevoir les émissions sur ondes courtes avec plus de facilité, et d’augmenter la stabilité et la sûreté de fonctionnement du système.
- Un montage à trois lampes comprenant une lampe haute fréquence à grille-écran, une lampe détectrice, et une lampe trigrille en basse fréquence, constitue donc un excellent ensemble pour poste portatif, et nous avons d’ailleurs décrit un montage de ce genre dans notre chronique du n° 2815 de La Nature.
- Enfin, les appareils à changement de fréquence comportent généralement un nombre de lampes assez grand mais ce nombre peut être réduit dans des proportions assez marquées par l’emploi de lampes spéciales ou de montages particuliers.
- Les dispositifs réflexes, dans lesquels la même lampe joue plusieurs rôles différents, par exemple amplification haute fréquence ou moyenne fréquence et basse fréquence, avec généralement détection par galène, donnent de bons résultats lorsqu’ils sont bien étudiés, mais leur réalisation pratique est assez difficile.
- Les lampes multiples permettent une simplification de la construction d’un poste, mais plutôt en apparence qu’en réalité, car on ne diminue pas le nombre de lampes dans ce cas, on en concentre simplement plusieurs dans la même ampoule.
- L’emploi d’une lampe trigrille de puissance en basse fréquence permet de supprimer une lampe en basse fréquence et, en employant en moyenne fréquence une lampe à grille-écran ou une lampe trigrille, on augmente l’intensité et la sûreté de l’amplification. Il existe d’ailleurs déjà des appareils portatifs à quatre lampes comportant une lampe chan-geuse de fréquence bigrille ou trigrille, une lampe moyenne fréquence trigrille ou à grille-écran, une lampe détectrice et une lampe trigrille de puissance, qui permettent la réception des émissions européennes sur petit cadre. On voit que les moyens techniques ne manquent pas pour réaliser des postes portatifs sensibles comportant au maximum quatre à cinq lampes.
- Il est donc vraisemblable que la majorité des appareils portatifs pourra bientôt bénéficier de ces perfectionnements. Ceci ne signifie nullement qu’on ne construira plus de postes à lampes multiples. A côté des voitures de cinq, six et sept chevaux construites en grande série, il existera toujours des automobiles de grand luxe de quinze ou vingt chevaux.
- Qui peut le plus peut le moins est un proverbe qui s’applique à la T. S. F. Un poste de conception moderne bien construit, à sept, huit, ou dix lampes, est sans doute un appa-
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- reil complexe et coûteux, mais il permettra d’obtenir des auditions avec une sûreté et une pureté incomparables parce qu’on n’aura besoin d’utiliser en général qu’une partie de ses qualités d’amplification, alors qu’il sera nécessaire de pousser au maximum un appareil plus réduit et moins coûteux.
- LES POSTES TRANSPORTABLES ET LES POSTES-VALISES
- Les premiers appareils portatifs pour amateurs étaient uniquement réalisés sous la forme de postes-valises, c’est-à-dire ayant l’apparence extérieure d’une valise de voyage et, d’ailleurs, disposés, en réalité, dans une valise de voyage gainée en cuir ou en simili-cuir.
- Cette forme d’appareil portatif, toujours employée à l’heure actuelle, a l’avantage de permettre d’établir un appareil léger, de faible encombrement et facilement transportable, mais les organes du poste sont évidemment disposés d’une façon différente de celle adoptée par un appareil fixe, et le poste sert, en général, presque exclusivement pour le voyage.
- A l’instar, semble-t-il, des constructeurs anglais, les fabricants français ont commencé à réaliser depuis quelque temps un autre genre de postes portatifs, les postes transportables. Ces appareils récepteurs sont également autonomes et portatifs, mais leurs organes de montage ou d’alimentation sont disposés à peu près comme dans un poste meuble ordinaire, et ils sont d’ailleurs contenus très souvent dans une boîte en ébénisterie. De plus, alors que la position de transport des postes-valises diffère de la position de fonctionnement, les appareils transportables conservent la même disposition verticale pour le transport et en position de réception.
- En réalité, les appareils transportables sont donc des postes mixtes qui peuvent être utilisés, soit en voyage, soit comme postes fixes d’appartements. Le rendement de ces appareils est généralement analogue à celui des postes fixes ordinaires, mais leur encombrement et leur poids sont souvent supérieurs à ceux des appareils-valises.
- UN APPAREIL-VALISE A LAMPES SPÉCIALES
- Nous avons indiqué plus haut que le montage radioélectrique généralement adopté dans les postes portatifs était le montage à changement de fréquence, mais nous avons noté que l’on pouvait augmenter l’efficacité de ce montage en utilisant des lampes spéciales sur les étages d’amplification moyenne fréquence.
- Un constructeur français, spécialisé depuis longtemps dans la construction des postes à changement de fréquence par lampe bigrille, vient d’établir un modèle de poste-valise comportant six lampes dont une lampe à changement de fréquence, deux lampes moyenne fréquence, une détectrice et deux basse fréquence (fig. 3).
- Les lampes utilisées sur les étages moyenne fréquence sont des lampes spéciales à écran d’anode qui permettent d’obtenir un excellent rendement, tout en diminuant le « bruit de fonds » souvent si gênant sur les appareils à changement de fréquence.
- En dehors de cette particularité essentielle, la réduction à l’extrême du volume de l’amplificateur contenu dans la valise permet de réserver plus de place aux batteries d’alimentation, les étages basse fréquence et le haut-parleur à diffuseur de grande surface sont particulièrement étudiés ; un dispositif avec jack et fiche permet la reproduction radioélectrique des disques de phonographe à l’aide d’un pick-up, et enfin un dispositif original assure l’orientation facile de toute la valise, donc du cadre de réception contenu dans son couvercle.
- DEUX ACCESSOIRES UTILES POUR BATTERIES DE TENSION-PLAQUE
- On sait que, pour obtenir de bons résultats avec les appareils à changement de fréquence par lampe bigrille, il est souvent
- Fig. 3. — La nouvelle valise Ducrelet à lampes moyenne fréquence à grille-écran.
- recommandable de régler avec soin la tension de plaque à appliquer à cette lampe ; cette précaution est surtout utile lorsqu’on veut recevoir les ondes très courtes avec un changeur de fréquence disposé dans ce but. Il est nécessaire également, d’autre part, de déterminer avec soin la polarisation négative de grille à appliquer aux lampes amplificatrices basse fréquence de puissance suivant leur type et leur tension de plaque.
- Ces deux opérations différentes sont difficiles à réaliser lorsqu’on emploie les batteries d’accumulateurs pour la tension-plaque et la polarisation de grille parce que ces batteries groupées par ensembles de 10 éléments (20 volts) ne comportent généralement pas de bornes de connexion intermédiaires.
- Un constructeur de batteries d’accumulateur a établi une « prise de courant électrolytique », petit accessoire formé d’une tige en plomb surmontée d’une borne de connexion à bain de vaseline qui permet de résoudre ce problème.
- Le corps, en plomb également, de la prise s’introduit, en effet, dans la tubulure de remplissage d’un bac quelconque d’un élément. Le corps de la prise est rainuré et s’appuie sur la tubulure à l’aide de quatre épaulements laissant des orifices suffisants pour le dégagement gazeux (fig, 4, en a).
- En déplaçant cette prise et en la montant sur un élément quelconque de la batterie, on obtient donc n’importe quelle tension intermédiaire désirée, puisque le contact s’effectue par la tige inférieure plongeant dans l’électrolyte.
- On sait, enfin, que le remplissage des bacs des petits accumulateurs de tension-plaque et la vérification de la densité de cet électrolyte sont assez
- difficiles dans le cas ordinaire. Ces opérations sont facilitées par l’emploi d’une pipette en verre munie d’un réservoir avec aréomètre de contrôle et terminée à sa partie inférieure par un petit tuyau de caoutchouc pénétrant facilement dans la tubulure des bacs (b, fig. 4).
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux
- APPAREILS DÉCRITS :
- Poste-valise : Etablissements Ducretet, 83, boulevard Haussmann, Paris (8°).
- Accessoires d'accumulateurs: Etablissements Tudor, 16, rue de la Baume, Paris.
- Fig. 4. — Deux accessoires utiles pour les batteries de tension plaque :
- a) Prise de courant électrolytique. b) Densimètre réservoir avec tubulure.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Ondes et Electrons, par Pierre Bricout. 1 vol., 215 p. Armand Colin, éditeur, Paris, 1929. Prix broché : 9 Er.
- La physique moderne, on le sait, est en pleine réfection. Après avoir ramené à la théorie électrique toutes les conceptions de la matière, après avoir fait de l’électron un constituant fondamental de la matière, ainsi que l’origine des vibrations lumineuses ou électriques transmises à travers l’espace, elle se heurte à des incompatibilités irréductibles en apparence entre les lois des phénomènes ondulatoires et celles des phénomènes d’émission granulaire de particules électriques ou de fractions d’énergie. Dans cette confusion momentanée, il est bon de faire le point et c’est ce que réalise l’intéressant exposé simplifié de M. Bricout. Il met le lecteur au courant de l’état actuel de nos connaissances sur l’électron, les ondes électromagnétiques, leurs rapports avec la théorie de la relativité, les quanta, la constitution de l’atome, et enfin il donne un bref aperçu des théories les plus modernes, notamment la mécanique ondulatoire, qui cherchent à concilier les contradictions que nous signalons plus haut.
- Huiles et graisses minérales, végétales et animales. Leurs dérivés et succédanés, par Dr D. Holde, traduit de l’allemand par Ad. Jouve. 1 vol., 961 p., 179 fig., 195 tables et 1 pl. hors texte. Béranger, éditeur, Paris, 1929. Prix : relié, 150 fr.
- Cet important et utile ouvrage embrasse tous les domaines des applications techniques des huiles et graisses. Pour chaque catégorie de produits il donne des notions sur l’origine et la fabrication des corps qui en font partie, en étudie les propriétés physiques, la composition chimique, en décrit les méthodes d’analyse ou d’essais et en énumère les applications principales. Sont ainsi examinés successivement : d’abord, le pétrole et les produits de son traitement : essence, pétrole lampant, huiles de nettoyage, de chauffage, gasoil, huile pour moteurs, huiles diélectriques, huiles minérales de graissage, huiles spéciales, graisses, paraffines, vaseline, goudrons et brais, etc. ; puis l’asphalte naturel, la cire minérale, les produits de la distillation de la houille, du schiste, du lignite, de la tourbe, du bois, de la cellulose, la térébenthine et ses succédanés et la colophane. L’auteur étudie ensuite les graisses et huiles végétales et animales, les produits de traitement des graisses : graisses hydrogénées, produits stéariques, glycérine, savon vernis, couleurs à l’huile, linoléum, etc. ; l’ouvrage se termine par l’étude des cires et celle des huiles pour la préparation des minerais. Il abonde en renseignements précieux et sa remarquable documentation a été tenue à jour des plus récents travaux.
- Comptes rendus du 2e Congrès de chauffage industriel (Tome II). 1 vol., 476 p. Editeur Chaleur et Industrie, 5, rue Michel-Ange, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- Le volume contient la suite des diverses communications, la plupart fort importantes, faites au dernier Congrès de chauffage industriel, tenu à Paris en 1928. Les principaux sujets traités sont les suivants : chauffage des fours (MM. Hirt, Laffargue', Conte), transmission de la chaleur par convection (M. Levèque) ; préparation chimique des mélanges combustibles d’air et de gaz, vapeurs ou liquides en gouttelettes (M. G rebel), dépoussiérage des fumées (Pauthenier, de Bussy), perfectionnements de la locomotive (MM. Roy, Lavarde, Horney, Chapelin) ; combustion dans les moteurs à explosion (MM. Dumanois, Lucas Girardville); chauffe à bord des navires (MM. Brullié, Hugé); chaudières (MM. Roszak, Delawai, Loutz, Charles, Paris, Kohler) ; turbines (MM. Roszak, Lamouchë, Bergeon, Colombi) ; accumulateurs et températeurs (MM. Beaurienne, Lebel, Choisy, Véron); générateurs à haute pression (M. Kammerer) ; liaison entre le haut fourneau, le four à coke et le four Martin (M. Ch. Berthelot), etc.
- Initiation à la Biologie, par Désiré Tits. Collection des initiations. 1 vol. in-16, 19é p., 69 fig. Hachette et Cie. Prix : 10 fr. C’est une tâche difficile que d’initier à la biologie en moins de 200 pages. L’auteur a réussi cependant à montrer nombre de faces du problème : la cytologie, la protistologie, les théories de l’origine et de l’évolution de la vie, l’embryologie, l’éthologie, la biographie. Tout au plus a-t-il négligé les méthodes expérimentales : physiologie, physico-chimie au profit des études globales et descriptives, mais on ne peut tout faire tenir en si peu de place et son livre se lit avec agrément. Souhaitons qu’il initie et oriente les jeunes vers les sciences de la nature.
- Le corps humain, par Christian Champy. t vol. in-S, 83 p., 60 pl. Bibliothèque générale illustrée. Rieder, Paris. Prix : broché, 16 fr.50 ; relié, 20 fr.
- Après avoir placé l’homme dans l’échelle des êtres et rappelé les notions d’évolution et de phylum, l’auteur décrit à larges traits l’anatomie des divers appareils et termine par un aperçu sur l’avenir évolutif de l’homme. De nombreuses figures terminent l’ouvrage.
- Problèmes de psychologie et de morale, par Eugenio
- Rignano. 1 vol. in-S, 279 p.'Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix : 25 fr.
- Recueil d’essais destinés à éclairer le rôle, les méthodes et le but de la psychologie. L’auteur l’examine d’abord, dans ses rapports avec la philosophie, la science et la pédagogie et expose la Gestaltlheorie ou théorie de la forme, actuellement très en vogue en Allemagne. Il trouve aux phénomènes psychiques, comme à tous les phénomènes de la vie, un finalisme qu’il oppose à l’atéléologie du monde inorganique; il dégage de tous les phénomènes psychiques un facteur affectif ; il défend l’introspection contre l’exclusivité des méthodes physiologiques. Ceci le conduit, dans les derniers chapitres, à chercher le postulat d’une morale qu’il trouve dans l’harmonie de la vie, « harmonie psychique interne par cohérence affective » dont il développe les conséquences optimistes.
- Grosse Naturforscher, par Ph. Lenard. 1 vol., 326 p.,
- 67 portraits hors texte. Editeur F.-F. Lehmann, Munich, 1929.
- Prix : relié 12 Marks.
- M. Lenard est un physicien allemand très distingué. II a entrepris de résumer la vie et l’œuvre des grands chercheurs qui ont le plus contribué à amener la science à l’état où nous la voyons aujourd’hui. C’est donc une suite de biographies, fort intéressantes en elles-mêmes, d’où se dégage en même temps l’histoire des idées essentielles qui guident la pensée scientifique moderne et animent toute notre technique. Le choix de ces biographies a, par lui-même, une grande importance, car il révèle la pensée dirigeante de l’auteur : il nous a paru, dans l’ensemble, judicieux et impartial, sauf deux graves omissions. Aux xvie et xvii s siècles, nous trouvons les fondateurs de l'Astronomie : Copernic, Tycho-Brahé, Këpler; les fondateurs de la mécanique : Stevin et Galilée ; ceux de la physique : Descartes, Torricelli, Snell, Pascal, Guéricke, Mariotte, Boyle, Leibnitz, Papin et, enfin, les deux grandes figures de Huygens et Newton ; puis, au xvui0 siècle, le grand astronome Bradley, le physicien Black, le mécanicien Watt, les chimistes Scheele, Priestley, Cavendish ; les créateurs de la science électrique Coulomb, Galvani, Volta. Mais Lavoisier a été oublié volontairement ; l’auteur a repris à son compte les accusations de plagiat lancées par Kopp et Ladenburg dont, cependant, il a été souvent fait justice. Au xixe siècle, les figures représentatives choisies par l’auteur sont : Rumford, Klaproth, Dalton, Gay-Lussac, I-Iumboldt, Davy, Berzélius, Young, Fresnel, Fraunhofer, CErstedt, Laplace, Ampère, Carnot, Ohm, Gauss, Joule, Faraday, Weber, Mayer, Helmholtz, Lord Kelvin, Clausius, Bunsen, Kirchoff, Maxwell, Hittorf et Crookes, Stefan, Boltzmann, Hertz, Hasenohrl, tous physiciens ou chimistes et, enfin, Darwin. Il n’y a rien à redire à ce choix ; mais on peut s’étonner de ne pas voir figurer dans cette liste Pasteur, qui a révélé un monde nouveau, ni Rœntgen à qui l’on doit les rayons X, ni Becquerel et Curie à qui l’on doit la radioactivité. Sous cette réserve, il faut reconnaître que les biographies de M. Lenard sont très exactement documentées, fort attrayantes et que ses jugements sont le plus souvent fort judicieux.
- Wild Animais I hâve known, par E. Thompson Seton.
- Traduit de l’anglais par Mlle Salomon.
- I. Lobo, roi du Currumpaw, suivi de Raggylug, histoire d’un lapin « cottontail ».
- IL Redruff, histoire de la perdrix de la vallée du Don, suivi de Bingo, histoire de mon chien.
- III. Wully, histoire d’un chien jaune, suivi de « le Renard de Springfield’.
- IV. Silverspot, histoire d’une corneille, suivi de « Le trotteur sauvage'.
- 4 vol. in-8, 80 p., dessins de Y. Lanore.Paris. Prix de chaque vol. : 5 fr. 50.
- La Nature a déjà loué l’œuvre de M. E. Thompson Seton lorsqu’elle a paru en anglais. Voici une traduction de quelques récits qui permettra aux lecteurs français de goûter le charme, la vie, de ces récits, à peine romancés, basés sur une très fine observation. Ils font penser à Kipling et à Jack London, c’est dire qu’ils enchanteront les petits et les grands.
- Wat ÎS life, par Augusta Gasgùell. 1 vol. in-8, 324 p. Baillière,
- Tindall et Cox, Londres, 1928. Prix : cartonné toile, 16 sli.
- Qu’est-ce que la vie ? s’est demandée Mrs. Gaskell et elle y répond d’une façon très originale, après avoir pris la précaution de se faire préfacer par un physicien, Compton, et un biologiste, Pearl, tous deux professeurs d’université. Sa réponse est tout entière dans la physique atomique la plus moderne : la vie, ce sont les protons et les électrons qui peuvent se combiner d’une façon spécifique avec les éléments connus de la chimie ; la vie est donc une dualité, mais une dualité physique. Cette hypothèse, l’auteur l’applique successivement à toutes les questions, même celle de l’origine des espèces. Il ne reste plus à la physique qu’à révéler dans l’avenir cette action biologique des protons et électrons.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Le tour du monde du « Comte Zeppelin ».
- Voici le résumé des voyages accomplis par le dirigeable Comte Zeppelin depuis le début du mois d’août :
- 7 au 10 août. — Lakehurst-Friedrichshaîen :
- 8100 km. — 148 km : h.
- 15 au 19 août. — Friedrichshafen-Tokio :
- 12 250 km. — 110 km : h.
- 23 au 26 août. — Tokio-Los Angeles :
- 9650 km. — 120 km : h.
- 27 au 29 août. — Los Angeles-Lakehurst :
- 470Q km. — 91 km : h.
- 1er au 4 septembre. — Lakehurst-Friedrichshaîen :
- 8100 km. — 120 km : h.
- Ces chiffres se passent de commentaires. Grâce à son installation de T. S. F., le Zeppelin a pu rester constamment en liaison avec les postes terrestres et les bateaux, adaptant sa route aux conditions météorologiques du moment.
- Ces voyages constituent encore un raid ; mais, réalisé dans de telles conditions de confort et de régularité, il permet d’envisager une utilisation commerciale immédiate.
- Les détracteurs des dirigeables sont nombreux, en particulier en France ; le C-Z-127 montre que le plus léger que l’air n’est pas une machine périmée : ses qualités sont différentes de celles de l’avion, elles sont néanmoins fort intéressantes.
- Record d’altitude avec charge.
- Le record du monde d’altitude avec 500 kg de charge utile, qui appartenait au pilote allemand Schinzinger avec 9190 m, vient d’être battu par le pilote français Burtin, avec 9500 m.
- L’appareil utilisé dans cette performance est un Bréguet-'19 à moteur Farman ; ce moteur est suralimenté à l’aide d’un compresseur R.ateau, à commande mécanique.
- Records de distance en avion léger.
- Le record de distance en ligne droite, pour avions légers, pesant moins de 400 kg, a été battu le 17 juillet dernier par le pilote américain Zimmerly, sur avion Barling N. B.-3 à moteur Armstrong de 80 ch.
- La distance parcourue est de 2655 km.
- Le précédent record appartenait au pilote tchécoslovaque Vicherek avec 2011 km (octobre 1928).
- L’avion Packard=Diesel.
- Dans son récent article sur les moteurs Diesel d’avion, M. Frachet a exposé la genèse de l’avion Packard à moteur
- Diesel qui, aux Etats-Unis, s’est déjà signalé par plusieurs vols importants. C’est le début d’une période nouvelle dans l’histoire du plus lourd que Pair.
- Nous reproduisons ci-contre deux photographies représentant l’avion Stinson avec lequel le capitaine Woolson et le pilote Nalter Lees ont effectué la mise au point en vol du moteur Diesel-P ackard.
- On se rend compte, sur ces photographies, que le carénage du moteur et son raccordement avec le fuselage ne présentent pas de difficultés. Malgré son encombrement plus important que celui d’un moteur à essence de puissance équivalente, l’adoption de ce moteur ne risque pas d’amoindrir les qualités aérodynamiques de l’avion.
- La Coupe Schneider des hydravions.
- Cette épreuve qui est devenue l’épreuve internationale classique de vitesse pour les hydravions a été gagnée cette année par un hydravion anglais Supermarine qui a réalisé la vitesse extraordinaire de 530 km à l’heure. Les détails de construction de l’appareil, qui appartient à l’amirauté anglaise, sont encore tenus secrets. Toutefois voici quelques renseignements : l’avion en ordre de marche avec le combustible pour une heure de vol pèse 4500 kg environ ; sa surface est de 10 m2; son envergure de 8 m. Le moteur est un moteur Rolls-Royce qui développe plus de 1600 ch et pèse 750 kg. Il est muni d’un suralimentateur spécial. La vitesse atteinte, sur la ligne droite, a été de 570 km à l’heure environ.
- Record de durée avec ravitaillement en vol.
- Le record de durée avec ravitaillement en vol vient d’être battu par les aviateurs américains Jackson et O’Brien.
- Volant depuis le 13 juillet dernier, ces aviateurs ont atterri le 31 juillet, après 420 heures 21 minutes de vol.
- Le record précédent appartenait à Reinhart et Mendell ; il s’élevait à 246 heures 42 minutes.
- Ce record est certainement celui qui s’élève le plus rapidement, puisqu’en moins d’un an il est passé de 60 heures à 420 heures.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MINES
- L'état actuel de l'industrie du radium.
- On sait que le radium a des usages importants, surtout en thérapeutique; on sait aussi que ce curieux métal ne s’utilise que par fractions de très faible poids et c’est peut-être la substance la plus chère du monde. Aujourd’hui, malgré de sérieux abaissements de prix, le prix de 1 gr de radium dépasse sensiblement 1 million de francs.
- L’industrie du radium, née des découvertes et travaux de Mme et M. Pierre Curie, a été, à l’origine, exclusivement française.
- Elle n’a pu le rester longtemps ; la France ne possède pas actuellement de gisements de minerais radioactifs assez riches ; pour obtenir une fraction infinitésimale de sel radioactif, il faut traiter un tonnage énorme de minerai : d’où l’obligation de concentrer celui-ci à proximité même du gisement. Les Etats-Unis, grâce au minerai radioactif du Colorado, se rendirent bientôt maîtres de l’industrie du radium que se partagèrent deux sociétés produisant à elles seules, jusqu’en 1921, 90 pour 100 de la production mondiale. C’est à ce moment que le prix du radium atteint son point culminant : 25 000 livres sterling par gramme, soit plus de 3 millions de francs actuels.
- Mais en 1921, la situation change. On a découvert au Congo belge, dans les mines de cuivre du Haut-Katanga, des minerais de radium, d’un tonnage et d’une richesse suffisants pour justifier la création d’une nouvelle industrie.
- L’Union Minière du Haut-Katanga, à qui cette industrie apparaissait comme une utilisation intéressante d’un sous-produit de son exploitation principale, entreprit la construction en Belgique, à Oolen, d’une usine pour le traitement des minerais concentrés expédiés d’Afrique. Au commencement de 1923, les premiers grammes du radium du Katanga apparaissaient sur le marché ; et, en même temps, les prix baissaient.
- Bientôt l’Union Minière du Haut-Katanga se rendait maîtresse, à son tour, du monopole de la fabrication du radium, en en mettant sur le marché des quantités chaque année croissantes à des prix décroissants, qui éliminèrent toute concurrence.
- En 1923, ce prix était déjà ramené de 24 000 à 14 000 livres sterling par gramme. Il est aujourd’hui de 12 000 à 10 000 livres.
- La production de l’Union Minière a été de 20 gr en 1926, 30 gr en 1927, 40 gr en 1928.
- Rappelons que cette Société a eu le beau geste d’offrir aux laboratoires de Mme Curie, à Paris, le premier gramme de radium sorti de ses usines.
- ÉLECTRICITÉ
- Décharges électriques en laboratoire sous 5 millions
- de volts.
- Les tensions de l’ordre du million de volts sont maintenant assez fréquemment réalisées dans les laboratoires industriels où l’on étudie le matériel électrique : isolateurs, câbles, appareillage destiné aux réseaux modernes à haute tension. Le chiffre du million de volts qui représentait un record extraordinaire, il y a quelques années, lorsqu’on inaugura à Ivry le laboratoire Ampère, est aujourd’hui bien dépassé.
- C’est ainsi que M. Peek, l’ingénieur américain, bien connu par ses recherches sur les décharges à haute tension, obtient actuellement des décharge? sous 5 millions de volts au laboratoire de la General Electric C° à Pittsfield.
- Le précédent record, obtenu également par M. Peek, était de 3 600 000 volts. Ces décharges sont obtenues au moyen de 4 générateurs produisant chacun 1 250 000 volts et montés
- en série de telle façon que leurs tensions respectives s’ajoutent au moment voulu. Les décharges obtenues sont, en général, oscillantes et leur fréquence peut être modifiée dans de très larges limites au moyen de circuits de résistance, capacité et selfs convenablement calculés.
- Cette installation n’a pas seulement pour objet d’éprouver le matériel électrique industriel. M. Peek compte l’utiliser également à élucider les phénomènes mystérieux de la foudre naturelle. Mais celle-ci met en jeu des tensions bien plus élevées qui atteignent jusqu’à 100 millions de volts.
- TRAVAUX PUBLICS
- Le rail au cœur du grand désert australien.
- En matière de construction de voies ferrées en pays désertique, tandis que depuis un demi-siècle nous bavardons à propos du Transsaharien sans pouvoir aboutir, les autres peuples obtiennent des résultats féconds. Depuis longtemps déjà, les Russes ont achevé le Transcaspien et l’Orembourg-Tachkent à travers les sables et les steppes du Turkestan et voici, maintenant, que les Australiens viennent de pousser le rail jusqu’au cœur même du désert qui occupe le centre de leur immense pays. Rappelons que, depuis plusieurs années, ce dominion poursuit la construction d’un Nord-Sud, d’Adélaïde sur la côte méridionale, à Port-Darwin sur la côte septentrionale. Tandis que ce transcontinental s’étend du côté du Nord jusqu’à Dahy-Waters, son front d’avancement du côté du Sud a tout récemment atteint Alice Springs, au centre même de l’Australie, de telle sorte que les deux terminus actuels ne sont plus séparés que par une solution de continuité longue de 800 kilomètres.
- En attendant qu’elle disparaisse, on envisage la création d’un service aérien destiné à relier les deux tronçons ferrés en exploitation.
- Ajoutons que le Transaustralien est un chemin de fer impérial. Ainsi sur la section d’Alice Springs, récemment terminée, on ne prévoit qu’un seul train de voyageurs par semaine !
- DIVERS
- La presse américaine.
- Un journal américain comprendrait, d’après M. Lichten-berger, une moyenne de 1350 personnes : direction et administration 48, informations 466, publicité 366, mécaniciens 130, imprimeurs 260, clicheurs 30, graveurs 30, photographes 17, etc. Dans un seul journal qui publie, en plus des nombreuses éditions quotidiennes, une quinzaine de suppléments illustrés du dimanche, on compte même 2070 personnes occupées. Ce sont, comme on le voit, de très grandes entreprises. En 1923, il y avait — ce qui n’est pas extraordinaire — près de 2400 journaux quotidiens aux Etats-Unis dont une trentaine à très grand format, plus — ce qui est formidable — 14 608 périodiques hebdomadaires, le tout représentant un capital de près de 28 milliards de francs. Ajoutons que chaque grand journal a sa fabrique de papier dont la valeur pexit être estimée à 145 millions de francs environ.
- Et M. Lichtenberger ajoute ces précisions dont on comprendra l’importance : « Les journaux américains ont de» bureaux admirablement agencés et organisés dans le monde entier. A Paris, notamment, 64 journaux américains ont leur bureau occupant de 8 à .100 employés, tandis qu’un seul journal français est représenté aux' Etats-Unis par un seul bureau et n’occupe qu’un seul employé ; de plus, il ne figure même pas à l’annuaire des téléphones. »
- Il y a de quoi rêver et cela explique sans doute pourquoi nous sommes si mal renseignés sur la mentalité américaine.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Un moyen pratique de recoller l'albâtre.
- On sait que l’albâtre n’est autre chose que du sulfate de calcium naturel et pur, il est donc facile à comprendre que sa réparation sera réalisée au mieux, en faisant intervenir dans la préparation du ciment le plâtre cuit des mouleurs ou sulfate de calcium anhydre, lequel, en absorbant l’eau de gâchage, reconstitue le sulfate naturel hydraté.
- Pour réparer l’albâtre, on commencera par faire un mélange à parties égales de plâtre à mouler et de poudre tamisée de chaux éteinte.
- D’autre part, on délayera un blanc d’œuf dans la moitié de son volume d’eau froide.
- Verser alors peu à peu la solution de blanc d’œuf sur le mélange de plâtre et de chaux, de façon à former une pâte semi-fluide.
- Enduire les parties d’albâtre à joindre de la mixture, serrer fortement par une ligature, enlever les bavures et laisser bien sécher.
- M. Similon a Paris.
- Exécution de la patine en vert antique.
- La patine en vert antique, qui ne peut se réaliser que sur le cuivre ou le bronze, consiste à produire superficiellement une couche d’hydrocarbonate de cuivre, avec une rapidité plus grande que ne le feraient es agents atmosphériques; il faut donc que le cuivre soit présent dans 'alliage à patiner ; il suffit alors d’opérer ainsi:
- Dans un demi-litre de bon vinaigre, on fait dissoudre :
- Sulfate de cuivre ..................... 5 grammes
- Sel ammoniac. ............................ 15 —
- Sel de cuisine............................ 15 —
- Cendres vertes. ...........................35 —
- Chromate de plomb..........................15 —
- Au liquide, toujours un peu trouble, on ajoute:
- Alcali volatil............................ 15 cm5
- Après avoir bien agité la mixture, on enduit, au moyen d’un pinceau, la pièce à bronzer, en opérant assez rapidement.
- Quand le métal commence à verdir, on continue à promener le pinceau, mais sans recharger. La teinte se développe, on remplace alors le premier pinceau par un autre sec, lequel doit absorber toute l’humidité.
- La pièce est ensuite abandonnée à elle-même jusqu’au lendemain, puis l’opération est répétée ; on procède ainsi trois à quatre fois usqu’à obtention du résultat cherché.
- Pour terminer, on passe sur l’objet bronzé une brosse préalablement frottée sur un morceau de cire.
- M. le Dr Lenez a Chalon.
- Qu'est=ce que le glycol éthylénique ?
- Le glycol éthylénique ou éthanediol, dont nous avons signalé le développement de la fabrication, en partant du gaz méthane naturel qui s’échappe en abondance des puits pétroliers américains, est susceptible de nombreux emplois, tant comme succédané de la glycérine que pour l’obtention de dérivés nombreux (La Nature, n° 2804, 1er mars 1929, p. 235).
- Le glycol C2 H4 (OH)2, corps très important au point de vue théorique, est le premier des alcools diatomiques, il a été identifié dès 1856 par Würtz qui l’obtint en faisant réagir le biodure d’éthylène sur l’acétate d'argent. On peut, aujourd’hui, le préparer plus économiquement par réaction du bichlorure d’éthylène sur le carbonate de potassium
- C2 H4 Cl2 + CO3 K2 4- H2o = CO2 + 2 KC1 +
- glycol
- C’est un liquide incolore, un peu visqueux, inodore, de saveur sucrée et légèrement alcoolique. Sa densité à 0° est de 1,125 ; il bout à 197° 5 sous la pression de 756 mm, le glycol ne se congèle pas dans un mélange réfrigérant acide carbonique solide et éther, il devient seulement plus visqueux.
- Le glycol est soluble en toutes proportions dans l’eau et l’alcool éthylique, il n’est pas miscible à l’éther sulfurique; il dissout facilement la potasse et la soude caustique, ainsi que le bichlorure de mercure, les chlorures de sodium et de potassium y sont plus ou moins solubles. Institut Cavalieri a Paris.
- P.-S. — 1° Nous pensons que vous pourrez trouver en toutes quantités du glycol éthylénique aux Établissements Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure, à Aubervilliers (Seine).
- 2° Le moyen le plus pratique pour clarifier les liquides épais est la centrifugation, par exemple en employant les supercentrifugeuses Sharpless, 1, rue Taitbout, Paris.
- Préparons nous=mêmes un godet de colle=btoc.
- On peut facilement préparer une colle analogue aux produits du commerce, solides d’un blanc opaque, en prenant:
- Dextrine blanche...........................30 grammes
- Eau froide.................................35 —
- Gélatine...................................50 —
- Blanc de zinc.............................. 5 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide, liquéfier au bain-marie , laisser refroidir de façon que la température ne soit plus que de 35 à 40° (important), incorporer la dextrine puis l’oxyde de zinc et couler le mélange dans un récipient approprié à côté duquel se trouvera, par exemple, un petit réservoir d’eau où on mettra à demeure le pinceau.
- Pour l’usage, frotter simplement le pinceau sur le bloc de colle pour prendre de celle-ci la quantité nécessaire.
- M. Laveau a Bordeaux.
- Choses et autres.
- M. le Dr M. K., à Paris. — Nous avons traité en détail, dans le n° 2786, page 526, la question des liquides employés dans les appareils dit ozonateurs et qui, en réalité, sont des producteurs de formol, agissant comme antiseptique et désodorisant. Veuillez bien vous reporter à ce numéro.
- M. Q. Delmas, à Toulouse. — Les tubes sans soudure en cuivre peuvent être obtenus électrolytiquement en toutes épaisseurs ; vous pourrez vous en rendre compte d’après les indications que nous avons fournies sur le procédé dans le n° 2806, page 335.
- M. Bizouard, à Villeurbanne. — 1° Le tétrachlorure de carbone lorsqu’il est bien sec, n’a pas d’action sur les récipients métalliques; il faut, en effet, l’intervention éventuelle de l’eau pour qu’il y ait formation d’acide chlorhydrique. En conséquence, la condition essentielle à réaliser, pour qu’il n’y ait aucune attaque, est de n’enma-ganiser que du tétrachlorure anhydre. Dans le cas d’un tétrachlorure humide, il faudrait mettre à l’intérieur du récipient une chemise en plomb.
- 2° La colle à laquelle vous faites allusion est simplement une colle à la dextrine blonde.
- M. Bakx, à Reims. — Nous pensons que vous pourrez faire disparaître, ou tout au moins atténuer considérablement l’odeur de vos cuirs traités à l’huile de poissons en les plongeant dans une bouillie obtenue en délayant 25 gr de farine de moutarde dans un litre d’eau tiède, c’est-à-dire à 30 ou 35° C au maximum.
- Sous l’influence de l’eau, le myronate de potasse et la myrosine que contient la farine de moutarde réagissent l’un sur l’autre, en donnant du sulfocyanure d’allyle dont les propriétés désodorisantes sont depuis longtemps utilisées en pharmacie pour faire disparaître l’odeur qui persiste dans les mortiers après pulvérisation de certaines substances, en particulier de l’assa fœtida (Stercus diaboli), dont l’impression sur l’odorat est si désagréable.
- Eu égard aux propriétés irritantes du sulfocyanure ainsi développé, effectuer le délayage de la farine avec un bâtonnet, non avec les mains, et éviter d’exposer les yeux aux vapeurs qui se dégagent du liquide.
- N. B. — Bien observer qu’une température trop élevée, non seulement serait défavorable au cuir, mais, en outre, coagulerait la myrosine, empêchant ainsi la réaction de se produire.
- Après l’opération, laisser sécher à l’air, à l’ombre, puis brosser pour enlever les parcelles de graines encore adhérentes.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- üsasg*
- De haut en bas et de gauche â droite :
- Fig. 1. — Le paquebot allemand Bremen, qui détient le record de vitesse pour la traversée de l’Atlantique : vitesse moyenne : 27,91 nœuds.
- Ph. Meurisse.)
- Fig. 2. •— Les tracteurs aux manœuvres militaires anglaises (Ph. Meurisse.)
- Fig. 3. — Le nouveau tank mitrailleur anglais. (Ph. Meurisse.)
- Fig. 4. — Le paquebot Bremen emmène à bord un hydravion pour accélérer l’arrivée du courrier postal. (Ph. Forbin.)
- Fig. 5. — Un des hydravions anglais de la coupe Schneider : le Gloster Napier (Ph. International Graphie Press.)
- Fig. 6. — Au 27e Concours Lépine, une curieuse rétrospective des moyens de locomotion. Ph. Meurisse.)
- Le Gérant : G. Masson.
- c.8.o3d.
- Paris, lmp. Lahure.
- î-io-igsp.
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- LA NATURE
- N°2819, — 15 Octobre 1929 ' Prix Numéro : 3 francs 5G
- Paraît le ieret le i5 de chaque mois. y pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VJ® CR. C Seine : i5.z34> Tel Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE UABONNElVIEfrr
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n°*), 70 fr, ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg .-. 12 mois (24 n'‘), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°‘), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1
- Un an...............
- Six mois............
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif na 2
- Un an.................
- Six mois..............
- 110 fr.
- 55 fr.
- ^£^£^££^^£,,2^ valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques ; Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C*\ sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La. Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI0.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
- La reproduction des illustrations de a La Nature » est interdite.
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- N° 2319
- 15 Octobre 1929
- LA NATURE
- =:'. CONTRIBUTION =—..—....
- A L’ÉTUDE DES OISEAUX-MOUCHES
- M. Gaston Sévrette a publié dans La Nature (n° 2810) vrai qu’ils figurent en plus grand nombre dans la faune
- un article sur l’Oiseau-Mouche, article très intéressant, des régions tropicales. On les trouve aussi bien en plaine
- car le sujet a le don de captiver l’attention générale et, de plus, il est inépuisable. Il n’est pas d’ornithologiste qui ne se soit livré à quelques recherches sur le chef-d’œuvre ailé de la nature : je vais résumer les résultats des miennes pour compléter le travail de M. Sévrette.
- Les Trochilidés sont exclusivement américains; leur habitat s’étend de l’Alaska à la Patagonie; mais il est
- qu’en montagne, à une altitude élevée. La plupart sont migrateurs.
- Ces petits oiseaux forment une famille aux caractéristiques nettement accusées ; ils présentent une remarquable uniformité de constitution et de mœurs. Mais leur taille est variable puisque l’Oiseau-Mouche géant (Patagonas gigas), grand comme une Hirondelle de fenêtre, a 13 cm
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- de longueur d’aile, tandis que le plus petit Oiseau-Mouche (Mellisuga minima), de la Jamaïque, n’est guère plus gros qu’un frelon : je.me suis amusée, il y a quelques années, à prendre un croquis du Mellisuga minima qui est exposé au Muséum, ainsi que de son nid, petite merveille dont les dimensions ne dépassent pas celles de la moitié d’une belle noisette, et qui semble bien fait pour servir de lit de repos à la reine Mab....
- Les Trochilidés ont les ailes suraiguës, les pattes extrêmement petites, trois doigts dirigés en avant. Ils ont le bec effilé, la langue conformée pour sucer et pour aspirer. Organisés pour le vol rapide et continu, ils ont les muscles pectoraux développés d’une façon extraordinaire. Chez ces petits êtres, le cœur est très volumineux.
- Ils se nourrissent en volant pour visiter les fleurs et les feuilles. Ils aspirent le nectar et les petits Insectes. Ils poursuivent aussi au vol les Moucherons et les Coléoptères minuscules. Il paraît bien certain qu’ils sont insectivores. On a toujours trouvé des débris d’insectes dans leur estomac. Et les Oiseaux-Mouches qui ont été nourris, en captivité, de sirop et de miel uniquement, sont morts au bout de peu de temps. Lorsqu’on a un peu expérimenté l’élevage des animaux, on sait que le sucre seul n’est pas un aliment suffisant à l’entretien de la vie.
- Il y a longtemps que l’élevage des Oiseaux-Mouches a été tenté. Le marquis de Brisay, dans son ouvrage intitulé : Aviculture. Passereaux, cite plusieurs entreprises dont certaines semblent avoir été menées à bien. A notre époque, des essais ont été couronnés de succès. M. Jean Delacour, l’ornithologiste bien connu, a composé un manuel sur l’entretien et l’élevage des Oiseaux, manuel auquel je vais emprunter les détails qui vont suivre sur les expériences faites dans le but de conserver les Trochilidés en captivité.
- En remontant un peu en arrière, nous voyons que le Major A. Pam rapporta du Yénézuéla, en 1908,18 Colibris qu’il remit au Jardin Zoologique de Londres, où, seul, un Lampornis prevosti survécut cinq semaines. .
- Puis, M. Ezra, de Londres, essaya de nourrir des Oiseaux-Mouches avec la bouillie de Mellin qui lui avait donné toute satisfaction pour alimenter des Souïmangas. Le premier Colibri élevé de sa sorte, un Ricordia ricordi, de Cuba, vécut parfaitement. M. Ezra parvint à conserver des Oiseaux-Mouches pendant plusieurs années. Il les laissait voler, un à un, dans la chambre, une heure par jour; chacun d’eux rentrait de lui-même dans sa demeure respective. A une exposition de Londres, en 1914, les charmants captifs furent présentés dans des cages fleuries d’Orchidées.
- Mais c’est un Français, — le regretté marquis de Ségur, — qui procéda aux expériences les plus concluantes. Il s’en alla chercher des Oiseaux-Mouches aux Antilles et, en mars 1914, il rapporta 14 de ces gemmes vivantes, qui voyagèrent en cabine et en wagon chauffés ; la volière fut, en hiver, violemment éclairée et la chambre était maintenue dans une chaleur humide, de 22 ou 23°. L’année suivante, le marquis de Ségur reçut 25 Colibris du Vénézuéla, lesquels vécurent très bien, également.
- Les Oiseaux-Mouches étaient nourris au moyen d’une crème composée de miel, de lait et d’une préparation
- spéciale nommée sirop de Mellin, le tout étant délayé à l’eau bouillante. Pour qu’ils puissent faire leur toilette, on mettait dans leur cage une petite plante verte mouillée ou bien on les seringuait à l’eau tiède. Ainsi soignés, les Oiseaux du marquis de Ségur vécurent 3 et 4 ans. Ils s’étaient familiarisés ; mais il avait fabules séparer et avoir autant de cages que d’individus, car les Colibris sont très querelleurs. Quand on les sépara, plusieurs en moururent de dépit. On leur donnait des fleurs et des fruits, rouges de préférence, autour desquels ils voletaient, comme des Papillons, pour découvrir de menus Insectes. Ils avaient une prédilection pour les fleurs de Chèvrefeuille.
- M. J. Delacour a rendu compte des' essais réalisés par le marquis de Ségur, dans L’Oiseau, revue publiée par la Société Nationale d’Acclimatation de France.
- Plus récemment, en s’inspirant de la méthode d’élevage préconisée par le marquis de Ségur, M. J. Delacour a rapporté et conservé dès Oiseaux-Mouches. En 1922, il en captura 21, à la Guyane. Ces Oiseaux furent pris au moyen d’une sarbacane chargée d’une boulette de terre molle; les petites bêtes étourdies étaient portées au camp où, une par une, on leur plongeait le bec dans la crème (miel-lait-sirop Mellin). La plupart, ayant goûté l’aliment tiède et savoureux, boivent immédiatement et en ressentent un bienfait instantané ; lâchés, ils papillonnent avec vivacité. Mais bientôt leurs forces déclinent et il est nécessaire de les prendre et de les faire boire toutes les dix minutes, cela pendant.plusieurs heures de suite, et même pendant plusieurs jours, selon les espèces, jusqu’à ce qu’ils se nourrissent seuls.
- Un Oiseau-Mouche au plumage sali est perdu : aussi est-il capital de leur présenter la crème de manière qu’ils ne puissent pas tacher et coller leurs plumes. Pour cela, le récipient qui contient la crème est muni d’un couvercle percé d’un trou, auquel l’Oiseau-Mouche, — très intelligent, —• s’accoutume promptement. Pour le même motif, le plancher des cages est revêtu de papier buvard. Semblables précautions sont prises vis-à-vis des très petits Oiseaux nourris d’aliment sirupeux, tels que les Souïmangas, qui sont les Colibris de l’Ancien Monde, quoiqu’ils appartiennent à une famille assez éloignée des Trochilidés.
- Il me semble superflu de dire que la fraîcheur parfaite de la nourriture est chose importante. La question de la température ne l’est pas moins, les Oiseaux-Mouches devant être maintenus dans une pièce chauffée à 22-25°. Au-dessous de 18°, des accidents pulmonaires sont à craindre.
- M. J. Delacour dit qu’il est impossible de garder deux Oiseaux-Mouches dans la même cage; il n’est pas nécessaire, au reste, de les mettre dans une grande cage, car ils volent presque sur place et se donnent beaucoup de mouvement dans un espace restreint. Un ou deux perchoirs, très fins, leur suffisent pour se reposer.
- A la crème dont il a été parlé plus haut, on peut ajouter de la poudre de viande. On leur donne aussi des Drosso-philes, petites Mouches que l’on élève dans un bocal contenant des pommes de terre et du vin rouge et qu’ils saisissent au vol.
- M. J. Delacour dit que les Oiseaux-Mouches, à l’état naturel, sont très insectivores ; ils prennent le nectar des
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- fleurs comme digestif ou comme complément de nourriture.
- Enfin, il ne faut pas oublier que les Colibris ont besoin de Soleil pour vivre et garder leur éclat merveilleux.
- Dix-sept espèces d’Oiseaux-Mouches ont vécu en captivité, soit au Jardin Zoologique de Londres, soit chez les ornithologistes que j’ai nommés tout à l’heure. Ce sont :
- Le Campylopterus largipennis, de la Guyane, qui est d’assez grande taille. M. Delacour en a possédé un.
- La Jacobine (Florisuga melliçora), au plumage vert et blanc. M. Delacour en a rapporté deux de la Guyane.
- Le Mango, du Brésil, qui est vert avec la queue violette.
- Le Lampornis prevosti, qui ressemble au Mango.
- L’Anaïs, qui habite les Andes, l’Argentine, le Yénézuéla.
- Le Grenat, des Antilles (Eulampis jugularis) et YEulam-pis holosericeus, tous deux des Antilles. M. de Ségur a eu des Eulampis qui se sont très bien plu chez lui et dont le bec, cassé au moment de la capture, a repoussé (mandibule supérieure). Le Grenat vole admirablement : il se livre à des évolutions étourdissantes, en avant, en arrière et sur les côtés; on l’a comparé à un avion lilliputien !
- Le Rubis-topaze (Chrysolampis moschitus) a été importé par le marquis de Ségur. Tout petit et très paré, on le trouve dans l’Amérique tropicale.
- L’Oiseau-Mouche huppé (Bellona exilis), des Antilles, noir à huppe verte, de très petite taille, a été également importé par le marquis de Ségur, chez qui il a mué, lentement.
- Le Ricordia ricordi, de Cuba, vert doré, a vécu plus de deux ans chez M. Ezra.
- L’Oiseau-Mouche à queue fourchue, vert et violet, a été rapporté de la Guyane par M. Delacour.
- Le Chrysuronia œnone, du Vénézuéla, est vert, avec la tête bleue et la queue d’un brillant doré cuivreux.
- L’Agyrtria milleri, qui habite l’Amérique du Sud, de la Colombie au Brésil, est vert et blanc. L ’Agyrtria fun-briata, vert, est un peu moins petit que le précédent. Tous deux ont été conservés par le marquis de Ségur et l’un d’eux a vécu plus de trois ans.
- Le Chlorestes notatus, vert cuivreux en dessus, vert émeraude en dessous, a le menton bleu et la queue acier.
- Le Saucerottea feliciæ, du Vénézuéla, vert et roux, a vécu chez le marquis de Ségur et chez le major Pam.
- Le Calypte helenæ, importé par M. de Ségur, de Cuba, est l’un des plus petits Oiseaux connus. Le dessus du corps est d’un bleu d’acier à reflet vert, la tête et la gorge, rose vif, ont un éclat métallique; de chaque côté du cou, les plumes forment collerette; le dessous du corps est blanc
- gris-
- Le dix-septième est ce joyau que l’on appelle Colibri topaze (Topaza pella). M. J. Delacour a rapporté de la Guyane un couple de cette espèce ravissante, la plus belle peut-être de toutes les créatures. La gorge, brillante comme une topaze, est jaune doré, cernée de noir; vue de côté, elle paraît vert doré et, vue d’en dessous, vert pur. La tête est coiffée de noir velouté; le dos, la poitrine sont d’un rouge métallique splendide; le ventre est d’un pourpre encore plus riche, à reflets rouge et doré; l’épaule
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- et le bas du dos sont roux aurore, le croupion vert doré.
- A la queue, les deux plumes médianes sont vertes, les suivantes sont d’un noir brillant, elles s’allongent, se recourbent et se croisent pour former un gracieux ornement, les autres plumes sont rousses.
- L’énumération ci-dessus tend à prouver que l’amour des Oiseaux est plus développé en France que ne le suppose M. G. Sévrette. Nous venons de rappeler que l’honneur revient au marquis de Ségur et à M. J. Delacour d’avoir mis au point la délicate question de l’élevage des Oiseaux-Mouches. J’ajouterai que nous avons en France des ornithologistes de grande valeur, et que la revue L’Oiseau est, de toutes les revues d’ornithologie, celle qui a le plus fort tirage du monde entier. Que M. G. Sévrette me pardonne de le contredire ! Et, d’ailleurs, je souhaite, avec lui, que le goût de l’ornithologie et de la protection pratique des Oiseaux se généralise davantage dans notre pays.
- Nous autres Français, nous avons la singulière manie de médire de nous-mêmes, voire de nous calomnier.... Nous envions mille choses à l’étranger, mais nous fermons les yeux sur ce que nous possédons. Jamais on ne vante les collections de la galerie de Zoologie du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris ; pourtant, en ce qui concerne spécialement les Oiseaux-Mouches naturalisés, les collections sont très riches et très belles. Voir les différentes espèces de Colibris, leurs nids, leurs œufs, leurs petits, constitue une charmante leçon de choses.
- Notons, en passant, que les œufs des Oiseaux-Mouches sont relativement gros. Leur volume n’est pas très inférieur à celui des œufs des Bengalis, de YEstrelda aman-dava ou de YEstrelda subflaoa, par exemple.
- Pour terminer, nous présenterons quatre photographies que M. le chanoine G. Foucher nous a permis de prendre d’après ses collections. Ces photographies montrent quatre types de Trochilidés, choisis parmi les mieux connus.
- C’est d’abord le Rubis-topaze (Chrysolampis moschitus), du Brésil. La tête est rouge rubis et rouge doré, la gorge feu à reflets éclatants, la queue rousse. Le Rubis-topaze ou Chrysolampe nymphe compte au nombre des plus jolis Oiseaux-Mouches de l’Amérique du Sud.
- Nous avons dit qu’il a été importé et conservé par le marquis de Ségur.
- Ensuite, le Saphir (Oreopyra cinereicauda), de Costa-Rica, a la tête bleue, la gorge blanche, la poitrine vert émeraude. En la simplicité de ses formes, il est très harmonieux.
- Voici encore le Sapho-Phaon, remarquable par l’épanouissement de sa queue. Le Sapho a la tête, la gorge et le dos vert métallique, la queue d’un rouge orangé à reflets. Chez la femelle, plus sobrement habillée, selon la règle, la queue est plus courte et rosée. Cette espèce habite la Bolivie.
- Enfin, voici un Lesbiidé : un Cyano lesbia, à tête vert émeraude, à gorge bleue et à queue bleue aux reflets verts et violets; comme on le voit, la queue est très longue et très fourchue. Les Lesbies ou Sylphes sont propres à l’Amérique du Sud, —Brésil et Vénézuéla.
- A. Feuillée-Billot.
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- PHÉNOMÈNES D’ABSORPTION ET D’ADSORPTION1
- PHENOMENES D’ADSORPTION PRODUITS PAR LES AÉROSOLS
- Les aérosols sont constitués par des poussières en suspension dans des gaz. Lorsqu’on réduit des substances à l’état d’éléments impalpables, leurs propriétés se trouvent profondément modifiées ; leur surface spécifique devenant très grande, il y a un contact plus intime de ces particules avec les autres phases liquides, solides ou gazeuses ; leur flottabilité suivant le même ordre de grandeur que leur surface, les caractères réactionnels de ces nuages de poussières se rapprochent de ceux des gaz ou des vapeurs.
- En général, les aérosols se produisent lors de la désintégration d’un solide, de la dispersion des gouttelettes extrêmement fines d’un liquide ou de la condensation de produits gazeux, au moment du percement des roches, de la manutention des charbons et des produits pulvérulents, des opérations de sondage. Tous les* gaz de combustion et les fumées des usines en contiennent de grosses quantités.
- De par leur énorme surface spécifique, ils sont capables de donner naissance à des phénomènes d’adsorption, c’est ce qui a lieu lorsqu’ils se trouvent en contact avec des gaz. C’est ainsi que du sucre broyé dans une enceinte étanche et parfaitement close adsorbe l’air et peut donner un vide assez poussé, de l’ordre de 23 mm.
- La capacité de l’adsorption augmente quand il y a flocculation ou agglomération des aérosols et dépend peu de la structure des molécules. La présence de gaz adsorbés autour des particules gêne la floculation, l’aérosol est donc relativement stable. Celle-ci peut cependant se produire sous l’action de différents agents physiques, tels que l’influence de la charge électrique comme dans le procédé Cottrell, d’épuration des fumées ou sous l’action de la température comme dans le cas du dépôt des suies ou des vapeurs d’oxyde de zinc.
- Les gaz ainsi adsorbés enrobent les particules qu’il est difficile alors de mouiller, c’est ce qui se produit pour les vapeurs d’anhydride sulfurique qui ne se dissolvent pas dans l’eau, mais dans l’acide sulfurique concentré. Mais on peut arriver à humidifier ces aérosols par la vapeur d’eau en déplaçant les gaz adsorbés. Leur flocculation est surtout réalisée en donnant aux suspensions qui les composent des charges électriques de signes contraires de façon qu’elles s’attirent mutuellement.
- La capacité électrique d’un corps étant proportionnelle à sa surface, elle est considérable dans le cas des aérosols. Ils
- 1. Voir n°» 2815 et 2816.
- acquièrent leur charge en adsorbant les ions atmosphérique-ou au contact des solides ou de liquides chargés électriques ment, le signe de la charge dépendant de la nature et de la grosseur des poussières ainsi que de l’état électrique de l’atmosphère. Les explosions de poussières sont comparables aux explosions de mélanges gazeux. Les aérosols combustibles donnent facilement de terribles déflagrations : outre la formation de gaz due à la combustion, il y a une expansion considérable produite par la chaleur dégagée par la réaction. Les gaz et les fumées inertes retardent les explosions.
- PHÉNOMÈNES D’ADSORPTION DANS L’ÉPURATION DES EAUX USÉES
- Les matières colloïdales des eaux d’égout peuvent être facilement retenues par des matières adsorbantes comme le charbon de bois en poudre, le talc, la tourbe, les argiles plastiques. Les meilleurs résultats s’observent en milieux alcalins, on détruit ensuite les mauvaises odeurs et la couleur de ces effluents résiduaires, mais il est probable qu’il n’y a aucune modification portant sur les sels en solution.
- L’épuration par adsorption semble plus intensive et conduit à de meilleurs résultats par l’emploi des boues activées. Ce procédé dû à Arden et Lakett repose sur le principe suivant : en soumettant les eaux usées à une vive agitation en présence d’un courant d’air, puis en les décantant périodiquement et agitant le dépôt avec de nouvelles eaux, on obtient au bout d’un certain temps, qui varie avec la nature de l’eau, un dépôt d’aspect boueux, floconneux, grisâtre, qui a acquis des propriétés particulières et constitue la boue activée. Son processus de formation résulterait vraisemblablement de la transformation du dépôt primitif sous l’influence des bactéries aérobies et de l’oxygène de l’air ; les matières organiques sont brûlées et la boue passe à l’état de matière humique. En même temps qu’elle prend une forme colloïdale elle se charge de ferments aérobies capables d’oxyder et par conséquent de détruire d’importantes quantités de substances organiques.
- Si l’on agite ces boues avec de nouvelles quantités d’eaux d’égout polluées et en présence d’air, elles font disparaître l’ammoniaque et adsorbent les produits colloïdaux en suspension si bien qu’après repos la couche surnageante se trouve clarifiée et épurée, et peut être rejetée dans une rivière ou dans un lac.
- J. Besse.
- =• -= LE RAYONNEMENT SOLAIRE
- LES PROGRÈS RÉCENTS DANS LA MESURE DE SON INTENSITÉ
- Le Soleil est directement ou indirectement la principale, sinon Tunique, source d’énergie dont nous disposions à la surface du globe. C’est grâce aux rayons qu’il nous envoie que les plantes croissent et que les fruits mûrissent. Les forêts et les énormes dépôts de houille qui représentent l’accumulation de forêts fossiles d’âges disparus proviennent d’actions chimiques provoquées par ces rayons. Les vents, les pluies et, par suite, l’énergie
- hydraulique, sont, en dernière analyse, le résultat de phénomènes produits par la chaleur solaire. ,
- On comprend que la mesure de cette chaleur ait sollicité depuis longtemps l’attention des physiciens. Les premiers essais, dus à Herschell et de Saussure, remontent au xvme siècle. Mais les recherches poursuivies sans relâche au xixe siècle par un grand nombre de physiciens et de météorologistes sont loin d’avoir épuisé la ques—
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- tion. Malgré tout l’intérêt qu’il y aurait à connaître, pour un nombre de stations aussi grand que possible, comment varie l’intensité du rayonnement solaire aux divers jours de l’année, 1 on peut dire que les données rassemblées sur ces questions sont encore bien incomplètes.
- La cause en est surtout aux difficultés que présente la mesure précise de l’intensité du rayonnement solaire et à la longue durée de ces mesures, deux raisons pour lesquelles elles sont rarement pratiquées dans les stations météorologiques. Aussi m’a-t-il paru intéressant de signaler les efforts faits de divers côtés, et notamment par M. Ladislas Gorczynski, pour mettre au point des appareils simples et robustes permettant dès mesures rapides et précises de l’intensité du rayonnement solaire.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES MESURES D’INTENSITÉ DU RAYONNEMENT SOLAIRE
- Rappelons, tout d’abord, le principe des méthodes utilisées pour mesurer l’intensité du rayonnement solaire. Certains corps, comme le noir de fumée, absorbent pratiquement toutes les radiations qu’ils reçoivent et les transforment en chaleur. Considérons une boîte cylindrique pleine d’eau ou de mercure, noircie sur sa face externe AB (fig. 1). Si l’on expose la boîte de manière que la face AB soit frappée normalement par les rayons solaires, ces rayons, absorbés par le noir de fumée, se transforment en chaleur et élèvent la température du liquide intérieur. L’élévation de température, mesurée au moyen du thermomètre T, permet de calculer la quantité de chaleur absorbée en une minute par un centimètre carré de la surface noircie AB : c’est ce qu’on prend comme mesure de l’intensité du rayonnement solaire à l’instant et au lieu considérés.
- En un point donné de la surface du globe, cette intensité Varie avec les conditions atmosphériques, avec le jour et l’heure de l’observation.
- Une atmosphère riche en vapeur d’eau ou chargée de
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- Temps solaire vrai
- Fig. 2. — Courbe représentant la variation du rayonnement solaire à Montpellier, le 4 avril 1912.
- poussières, ou assombrie par des nuages, absorbe une grande partie de la chaleur envoyée par le Soleil et ne laisse parvenir au sol qu’un rayonnement très affaibli.
- En un lieu donné, par une belle journée, l’intensité du rayonnement solaire part de zéro lors du lever du Soleil, croît régulièrement jusqu’à midi, passe alors par un maximum et diminue ensuite, en suivant une variation à peu près symétrique de celle éprouvée dans la matinée, pour s’annuler lors du coucher du Soleil. En réalité, la courbe horaire de l’intensité du rayonnement solaire n’est jamais absolument symétrique par rapport à l’ordonnée de midi, comme on le voit sur la figure 2 qui reproduit la variation de l’intensité solaire que j’ai observée à Montpellier le 4 août 1912. Les observations de Crova à Montpellier, celles que j’ai faites à Montpellier, au Pic du Midi et au mont Blanc, montrent que, pour des heures également distantes de midi, les intensités sont habituellement plus faibles l’après-midi que le matin. C’est, que, en effet, l’évaporation, favorisée par le Soleil, fait croître de plus en plus, au cours de la journée, la quantité de vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère, ce qui en accroît le pouvoir absorbant.
- Enfin, en un même lieu, à la même heure (par exemple midi) et pour des journées également claires, l’intensité du rayonnement solaire dépend de la longueur du trajet suivi dans l’atmosphère, c’est-à-dire de l’obliquité des rayons, qui varie régulièrement aux divers jours de l’année.
- SOLARIMÈTRES ET PYRHÉLIOMÈTRES DÉ M. GORCZYNSKI
- Si le principe des mesures actinométriques paraît simple, bien des difficultés se présentent lorsqu’on veut rendre ces mesures à la fois précises et rapides. Aussi un très grand nombre de modèles d’actinomètres ou de pyrhéliomètres ont-ils été imaginés.
- Rappelons à ce propos que Crova avait proposé de désigner sous le nom d’actinomètres les appareils ne permettant de mesurer l’intensité du rayonnement solaire qu’en valeur relative et de réserver le nom de pyrhêlio-mètre pour les appareils permettant des mesures en valeur absolue.
- Mais s’il y a intérêt à mesurer la chaleur qu’apportent les rayons solaires directs sur une surface disposée normalement à sa direction, on conçoit qu’il puisse être plus intéressant encore, en ce qui concerne l’agriculture et la climatologie, de connaître la quantité de chaleur que
- Fig. 1. — Principe de Vactinomètre, Le thermomètre T mesure l’élévation de température du liquide contenu dans la boîte sous l’influence des rayons solaires tombant sur la face noircie A, B.
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- Fig. 3. — Solarimètre de M. Gorczynski.
- reçoit par minute un centimètre carré d’une surface posée horizontalement sur le sol. Or cette chaleur provient non seulement du rayonnement envoyé directement par le Soleil, mais encore du rayonnement diffusé par l’ensemble du ciel, rayonnement très important surtout lorsque le ciel renferme des nuages ; si même le ciel est complètement couvert, ce rayonnement diffusé est le seul qui parvienne au sol. M. Ladislas Gorczynski a construit, sous le nom de solcirimètres, des appareils permettant de mesurer le rayonnement total reçu par une surface horizontale.
- Ainsi, tandis que les actinomètres et pyrhéliomètres jusqu’alors utilisés mesuraient seulement l’intensité transportée par les rayons directs du Soleil, le solarimètre donne l’intensité du rayonnement provenant du Soleil et du ciel tout entier pour un élément de surface horizontale du sol. Le principe de ce solarimètre est extrêmement simple. Il comprend : 1° une pile thermo-électrique sen-
- Fig. 4. — Tube pyrhêliomêtrique relié à un milliuollmèlre.
- Le tube pyrhêliomêtrique porte, à l’intérieur, une pile thermo électrique de Moll.
- sible dont un groupe de soudure reçoit le rayonnement à mesurer, tandis qii’un autre groupe est abrité contre ces rayons ; 2° un galvanomètre à la fois robuste et sensible, permettant d’évaluer le courant produit par cette différence de température, qui est en dernière analyse proportionnelle à la chaleur reçue dans l’unité de temps par les soudures chaudes.
- Rappelons que Crova, qui fut pendant de nombreuses années professeur de physique à l’Université de Montpellier, avait depuis longtemps utilisé les piles thermoélectriques pour mesurer et même pour enregistrer le rayonnement solaire. Les appareils de M. Gorczynski, dont le principe est identique, utilisent les piles thermo-électriques extrêmement sensibles et de très faible résistance construites par Moll, ce qui permet de les associer avec des millivoltmètres robustes du type courant.
- La figure 3 représente une vue d’ensemble du solarimètre de M. Gorczynski. La pile thermo-électrique est montée dans un cylindre de laiton et protégée contre l’action des courants d’air par une coupe hémisphérique en verre spécial. Elle est enfermée hermétiquement dans une atmosphère préalablement bien desséchée et reliée avec le cadre mobile d’un millivoltmètre. La pile thermo-électrique et le galvanomètre sont groupés dans un seul appareil aisément transportable et d’un maniement très simple. On peut lire instantanément la déviation de l’aiguille sous l’influence de la radiation dès que le couvercle de la boîte est ouvert. L’appareil donne l’intensité en valeur absolue si on a eu soin de l’étalonner préalablement au moyen d’un pyrhéliomètre absolu.
- Le solarimètre permet également de mesurer aisément le seul rayonnement fourni par la voûte céleste : il suffit pour cela d’abriter par un petit écran (cache-soleil) la pile thermo-électrique contre les rayons solaires directs. Sur la figure 3, on voit ce petit écran installé, en sorte qu’ainsi monté le solarimètre mesure le rayonnement envoyé par la voûte céleste, le Soleil excepté.
- La coupe hémisphérique, qui protège la pile thermoélectrique, est en verre transparent qui transmet parfaitement non seulement les rayons visibles, mais presque tout l’infra-rouge solaire. Une coupe hémisphérique en verre noir permet d’arrêter complètement les rayons visibles et de mesurer l’ensemble des radiations infrarouges. Une coupe en verre rouge laisse passer non seulement la partie infra-rouge, mais aussi les rayons visibles jusqu’au jaune. Une large cuvette hémisphérique à double paroi qu’on peut remplir avec de l’eau distillée arrête les rayons infra-rouges et laisse passer uniquement les rayons visibles et les rayons ultra-violets voisins (dont l’intensité est d’ailleurs très faible) ; remplie avec une solution de sulfate de cuivre à 30 pour 100, elle transmet surtout les radiations violettes et ultra-violettes.
- Le solarimètre, légèrement modifié, peut également servir àÿ mesurer l’intensité des rayons parvenant normalement du Soleil ; il fonctionne ainsi comme pyrhéliomètre. Pour cet usage, on relie le millivoltmètre du solarimètre à un tube pyrhêliomêtrique porté par un support spécial (fig. 4), comprenant une pile thermo-électrique analogue à celle du solarimètre avec cette différence qu’elle n’est pas protégée par un verre hémisphérique,
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- mais par une lentille sphéro-cylindrique placée à l’autre extrémité du tube qui permet de concentrer les rayons lumineux suivant une étroite bande à l’endroit même où se trouvent les soudures actives. Les connexions sont établies de manière que, par un simple déplacement de vis de contact, on obtienne soit les indications du sola-rimètre relatives au rayonnement que reçoit une surface horizontale, soit celles du pyrhéliomètre qui mesure le rayonnement tombant sur une surface normale aux rayons solaires.
- Des écrans convenables disposés devant le tube pyrhéliométrique permettent d’étudier l’intensité du rayonnement transporté par divers groupes de rayons. L’interposition d’un verre noir opaque pour les rayons visibles, mais, transparent pour l’infra-rouge, donne l’intensité de ces rayons qui atteint environ le quart de l’intensité totale du rayonnement solaire. Au moyen d’un verre rouge spécial, on mesure à la fois l’intensité du rayonnement infra-rouge et celle des rayons visibles de grande longueur d’onde. Avec une cuve en quartz ou en verre spécial remplie d’une solution de sulfate de cuivre, on élimine pratiquement toute la partie infrarouge et la plùs grande partie du rayonnement visible jusqu’au bleu.
- En utilisant, au lieu d’un millivoltmètre ordinaire, un galvanomètre enregistreur, on peut enregistrer soit la radiation totale, soit la radiation diffusée par le ciel, soit le rayonnement solaire seul et constituer, ainsi, des solarigraphes et des pyrhéliographes (fig. 5).
- La figure 6 représente la courbe ainsi enregistrée qu’on peut appeler solarigramme, obtenue par une belle journée au Service botanique tunisien de l’Ariana. Bien entendu, dans le cas du pyrhéliographe, il faut monter le tube pyrhéliométrique sur une monture équatoriale, de manière que le tube suive la marche du Soleil dans le ciel et, pour enregistrer le rayonnement diffusé par le ciel, il convient de disposer le petit écran cache-soleil destiné à arrêter les rayons solaires directs non sur une tige portée par la pile solarimétrique et qu’on déplace à la main, mais sur une petite monture équatoriale, de manière que le disque se déplace automatiquement et suive le mouvement du soleil.
- Fig. 5. — S olarimètre enregistreur (solarigraphe).
- M. Gorczynski a également établi, sous le nom de spec-trographe thermo-électrique et de spectro-pyrhéliomètre, des appareils permettant d’étudier la répartition de l’énergie dans le spectre du rayonnement solaire qui nous parvient après avoir traversé l’atmosphère. La figure 7 représente le schéma du spectrographe. On y voit : 1° une lunette avec fente micrométrique par laquelle pénètrent les rayons solaires ; 2° un miroir concave argenté extérieurement qui reçoit ces rayons ; 3° un prisme en flint spécial, dont une face est argentée, de manière que les rayons réfléchis par le miroir concave, après avoir traversé une première fois le prisme et s’être réfléchis sur la face argentée, reviennent en sens inverse ; 4° un petit miroir plan qui sert à diriger le spectre sur la fente d’une pile thermo-électrique étroite (pile linéaire). En déplaçant la pile thermo-électrique le long du spectre, on peut ainsi comparer l’énergie transportée par les diverses radiations depuis l’infra-rouge jusqu’au violet et établir la courbe de distribution spectrale de l’énergie. La figure 8 représente une vue d’ensemble de l’appareil.
- Fig. 6. — Solarigramme obtenu au Service botanique tunisien de l’Ariana.
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- Fig. 7.— Marche des rayons dans le spectrographe de M. Gorczynski.
- 1. Lentille sphéro-cylindrique pour recevoir les rayons solaires;
- 2. Lunette; 3. Fente micrométïique réglable; 4. Petit miroir plan; 5. Pile thermo-électrique; 6. Prisme en flint spécial ; 7. Plate-forme mobile actionnée par un mouvement d’horlogerie; 8. Face argentée du prisme ; 9. Miroir concave ; 10. Fils allant au galvanomètre.
- M. Gorczynski a construit également un spectro-pyrhé-liomètre dans lequel le prisme, ainsi que les lentilles traversées par les rayons, sont en quartz (fig. 9), qui est plus spécialement adapté à l’étude de l’ultra-violet solaire. Si l’on songe à l’importance qu’ont ces rayons ultra-violets pour un grand nombre d’applications et notamment pour les applications médicales dans l’héliothérapie, on conçoit l’intérêt que pourraient présenter des études suivies de l’ultra-violet solaire.
- QUELQUES RESULTATS OBTENUS AVEC LES APPAREILS PRÉCÉDENTS
- Les appareils précédents, installés au Service botanique de Tunisie, à l’Ariana, près de Tunis, depuis plusieurs
- Fig. S. — Vue d’ensemble du spectrographe de M. Gorczynski.
- années, ont permis d’obtenir des données très importantes sur le climat tunisien. Ces données sont condensées dans le tableau suivant, qui contient également les moyennes mensuelles de l’intensité du rayonnement solaire observées à Montpellier, à Paris et à Varsovie.
- Comparaison des maxima mensuels de Vintensité du rayonnement solaire obtenus dans quatre stations :
- Ariana Montpellier Paris Varsovie
- 1924-27 1924-27 1924-27 1911-15
- Janvier. . .. . 1,54 1,38 1,21 1,18
- Février. . . . 1,59 1,50 1,32 1,24
- Mars.... . 1,61 1,45 1,37 1,29
- Avril. . . . . 1,56 1,45 1,43 1,39
- Mai .... . 1,57 1,48 1,42 1,35
- Juin .... . 1,54 1,42 1,40 1,31
- Juillet . . . . 1,52 1,49 1,37 1,34
- Août. . . . . 1,46 1,46 1,37 1,36
- Septembre. . . 1,46 1,49 1,38 1,39
- Octobre. . . . 1,54 1,46 1,30 1,30
- Novembre. . . 1,61 1,49 1,19 1,13
- Décembre. . . 1,51 1,37 1,18 0,91
- On voit, par ce tableau, que les plus grands maxima de l’intensité se manifestent à l’Ariana et à Montpellier au commencement et à la fin de l’hiver, tandis qu’en plein hiver, la position trop basse du Soleil empêche un accroissement plus important du rayonnement solaire par suite de l’absorption atmosphérique que subissent des rayons très obliques. A Paris et à Varsovie, les maxima se déplacent vers le printemps (avril et mai) pour une raison analogue. De novembre à février, le Soleil y est tellement bas qu’on obtient, pendant ces mois, les valeurs minima de l’intensité du rayonnement solaire.
- On remarque, en outre, que c’est en Tunisie que les intensités du rayonnement solaire atteignent leurs plus grandes valeurs, la moyenne dépassant 1,60 petite calorie par centimètre carré et par minute ; dans le Midi de la France, l’intensité exprimée avec la même unité est 1,50, alors qu’elle dépasse à peine 1,40 à Paris. A l’Ariana, on observe un minimum bien accentué du rayonnement solaire en août et en septembre, après la période d’été caractérisée par de fortes chaleurs et des coups de siroco, tandis qu’à Montpellier et à Paris on observe plutôt vers le commencement de l’automne un léger accroissement de l’intensité du rayonnement solaire.
- Généralement, ce n’est pas durant les mois d’été que le climat solaire de l’Ariana révèle sa supériorité sur celui d’Europe. Les grands avantages des conditions solaires du littoral nord-africain apparaissent par contre très nettement en hiver. Non seulement l’intensité du rayonnement y est plus forte, mais encore les jours clairs y sont plus nombreux. Cette supériorité du climat, relativement à l’intensité du rayonnement solaire et à la durée de l’insolation, s’accentue encore lorsqu’on se déplace du littoral méditerranéen vers les oasis sahariennes, ainsi que l’ont établi les mesures faites à l’oasis saharienne d’Ouargla avec les appareils de M. Gorczynski (fig. 10).
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- INFLUENCE DES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES SUR LES VALEURS OBSERVÉES DE L’INTENSITÉ DU RAYONNEMENT SOLAIRE
- Nous venons de voir que la mesure continue de l’intensité solaire fournissait des documents de la plus grande importance pour caractériser le climat d’une région déterminée.
- D’un autre point de vue, ces mesures permettent de se rendre compte des variations qu’éprouve la transparence de l’atmosphère sous certaines influences et notamment sous l’influence des éruptions volcaniques.
- Ces variations temporaires de l’opacité atmosphérique se reflètent nettement dans les
- Fig. 10.
- Speclrographe en service à l'oasis de Ouargla (Sahara), en 1926.
- Fig. 9.
- Spectro-pyrhéliomèire en quartz, spécialement adapté pour l’élude du rayonnement ultra-violet.
- séries des mesures actinométriques et sont, sans doute, plus importantes que celles qu’on attribue aux variations mêmes de l’activité solaire.
- En comparant les diverses mesures faites depuis un très grand nombre d’années, M. Gorczynski a relevé des dépressions fort caractéristiques :
- 1° Au cours des années 1884, 1885 et 1886, à la suite de l’éruption du Krakatoa (Java, 1883) ;
- 2° Au cours des années 1890, 1891, 1892, à la suite de l’éruption de Bogoslof et autres volcans ;
- 3° En 1903 et 1904, à la suite de l’éruption du Mont-Pelé, à la Martinique ;
- 4° En 1912 et 1913, par suite de l’éruption du volcan Katmai (Alaska), survenue en juin 1912. La dépression du rayonnement solaire correspondante qui était terminée en Amérique du Nord en décembre 1913 prit fin seulement en janvier 1914 à Varsovie, ce qui s’explique par la plus grande distance qu’avaient à franchir les poussières pour aller de l’Alaska en Europe.
- A. Boutabxc.
- Professeur à l’Université de Dijon.
- LA PARALYSIE DES PROIES
- POMPILES ET ARAIGNÉES
- La paralysaiion de la proie est un drame à trois personnages : un chasseur, un gibier et le destinataire du gibier.
- Le chasseur c’est un hyménoptère du genre des guêpes : nn Cercéris, un Sphex, une Ammophile, un Pompile, etc. Le
- gibier, c’est un insecte, à l’état larvaire ou à l’état parfait, mais dont l’espèce varie suivant le chasseur. Ainsi telle espèce de Cercéris ne s’adressera qu’à telle espèce de coléoptères : celui-ci à un certain bupreste, celui-là à un certain
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- = 346 ........=
- charançon ; tel sphex n’aura pour gibier qu’un criquet, tel autre qu’un éphippigère, tandis que chaque espèce d’Ammo-phile ne s’attaquera qu’à une larve bien déterminée de lépidoptère ou de coléoptère, et que . chaque Pompile ne paralysera que « son » araignée.
- Quant au destinataire du gibier, c’est la progéniture à naître du chasseur, lequel est toujours une femelle.
- La proie saisie, le chasseur pique de son aiguillon le ou les centres nerveux, foyer des facultés motrices. Puis, sur la proie immobilisée, il pond son œuf et emmagasine la proie. Entre la ponte et l’éclosion, il s’écoulera des jours, parfois des semaines, mais en naissant la larve disposera d’une proie vivante ; vivant d’une vie plus ou moins ralentie, plus ou moins apparente mais vivante, enfin, et en tant que proie, en tant qu’objet de nourriture se trouvant aussi fraîche, aussi saine qu’avant d’être capturée.
- Parmi les merveilles que nous offre l’instinct des insectes, cette merveille à jet continu, il n’en est pas de plus extraordinaire, de plus incompréhensible que ce phénomène de la paralysation. Il nous oblige à convenir que l’hyménoptère agit comme s’il possédait la parfaite connaissance de la structure anatomique de la proie. Chez le Cléone ophtalmique qu’opère le Cercéris tuberculé, les trois ganglions thoraciques qui président au mouvement des pattes, des ailes sont assez centralisés pour qu’il n’y ait ici qu’un point à atteindre et pour qu’y suffise un seul coup d’aiguillon. Le Cercéris tuberculé atteint ce point imperceptible et ne frappe qu’une fois. Mais la chenille de la Noctuelle, proie de l’Ammophile hérissée, possède autant de centres nerveux que son corps comprend d’anneaux, à savoir neuf, et l’Ammophile pique, à l’endroit qu’il faut, les neuf segments. Or, outre sa parfaite science, l’hyménoptère apporte à sa délicate opération un art parfait. Car, il ne doit pas frapper à côté ; c’est le centre nerveux lui-même qu’il doit léser, soit directement, soit par la diffusion du venin qui accompagne la piqûre. Il ne doit pas non plus frapper trop fort ou trop faiblement, instiller trop de venin ou pas assez, sans quoi il ne paralysera qu’à demi ou pas du tout, sans quoi il risquera de tuer la proie soit tout de suite, soit avant que sa larve ait pu éclore, Cependant, chaque hyménoptère porte son ou ses coups d’aiguillon comme s’il tenait compte non seulement de la constitution anatomique de la proie, mais encore des conditions dans lesquelles naît et se développe la larve ; d’où dans ce phénomène de la paralysation qui vise à un but toujours le même : la nourriture de la larve du chasseur, d’où une variété infinie de façons, de méthodes. Si bien que cette merveille générale se décompose en une série innombrable de merveilles particulières ; si bien que ce problème, insoluble sous son énoncé général, est un composé innombrable de problèmes particuliers dont la solution nous échappe aussi. Tandis, par exemple, qu’un grand nombre d’hyménoptères paralysent à fond leur gibier, tels les Cercéris, d’autres se contentent d’une paralysation relative, parfois très légère et très passagère. Et, si certains Pompiles laissent leur araignée dans un état semblable à celui du bupreste ou du charançon opéré par le Cercéris, état qu’on croirait cadavérique n’était la fraîcheur absolue du pseudo-cadavre, d’autres paralysent si légèrement, que lorsqu’on sort l’araignée du trou où l’opérateur l’emprisonna (de telle façon, d’ailleurs, qu’il lui était impossible d’en sortir), ladite araignée recommence à vivre, comme si de rien n’avait été. Ce qui n’empêche pas l’œuf accolé à son flanc d’éclore, ce qui n’empêche pas la larve issue de l’œuf de dévorer cette proie qui restera vivante et agissante tant que les organes essentiels à sa vie n’auront pas été dévorés.
- La paralysation des Araignées par les Pompiles offre un sujet d’étonnement d’un genre quasi unique dans l’étude de
- la paralysation, et que J.-H. Fabre a mis en relief en s’exprimant de la sorte :
- « La chenille de l’Ammophile. le taon du Bembex, le bupreste et le charançon du Cercéris, l’acridien, le grillon, l’éphippigère du Sphex, tout ce gibier pacifique c’est l’imbécile mouton de nos abattoirs ; cela se laisse opérer par le paralyseur sans grande résistance, stupidement. Les mandibules bâillent, les pattent ruent et protestent, la croupe se contorsionne, et c’est tout. Ils n’ont pas d’armes qui puissent lutter avec le stylet de l’assassin. Je voudrais voir le prédateur aux prises avec un adversaire imposant, rusé comme lui, expert en embûches et, comme lui, porteur de dague empoisonnée. Au bandit qui joue du poignard, je désirerais voir s’opposer un autre bandit sachant poignarder. Semblable duel est-il possible ? Oui, très possible, et même très commun. D’une part sont les Pompiles, champions toujours vainqueurs ; d’autre part, les Araignées, champions toujours vaincus. (Souv. Ent., t. II, p. 207). »
- Telle est la raison qui a déterminé Fabre — auquel est due la découverte du fait lui-même de la paralysation et qui a jeté non pas sur la solution de ce problème incompréhensible, mais sur son exposition tant de jour ! — à regarder agir les Pompiles. Il a rassemblé dans deux chapitres des Souvenirs : tome II « Les Pompiles ». t. IV, « Méthode des Calicurgues » (Calicurgue étant un nom qu’on donne à certaines espèces de Pompiles), le résultat de ses observations. Ou plutôt de ses expérimentations, car il n’a guère pu surprendre le duel du Pompile et de l’Araignée dans les conditions naturelles, spontanées, mais il les a vu agir dans les cages, cages d’ailleurs transportées par lui, parfois, en pleine Nature, au-dessus du terrier même de l’Aranéide. Cependant l’œuvre de Ferton, le meilleur disciple de Fabre, mais peu doué pour l’expérimentation, est une mine d’observations sur le cas qui nous intéresse, car Ferton, auteur de La vie des Abeilles et des Guêpes, s’est spécialement attaché à l’observation des Pompiles ; observations de grand intérêt et qui corroborent la plupart des conclusions que Fabre a tirées de ses expériences. Enfin, on ne saurait raisonner sur les rapports des Pompiles et des Araignées sans interroger les travaux d’un des meilleurs arachnéologistes actuels, M. Petrunkevitch, professeur de zoologie à l’Université américaine de Yale, notamment une copieuse étude publiée par lui sous le titre Tarantula versus, Tarantula-Haup ; a study in Instinct dans le « Journ. of Exp. Zool. », v. 45, n° 2, 5 juillet 1926, étude dont un autre arachnéologiste bien connu, M. Maurice Thomas, de Bruxelles, donne un compte rendu détaillé au « Bulletin des Naturalistes de Mons », 1926-1928, p. 97 et s.
- II
- Les Pompiles s’attaquent non pas à des araignées de petite taille ( comme fait un autre hyménoptère paralyseur, le Pélo-pée), mais aux plus grosses et redoutables. C’est ainsi que le Pompile annelé, le plus puissant des pompilides de la région méditerranéenne qui atteint à peine la taille du Frelon (Vespa-crabro), s’en prend à la Tarentule à ventre noir, araignée qui, d’un seul coup de son arme, extermine net un Xylocope, un Bourdon, dont le venin arrive à tuer un moineau, une taupe et n’est pas sans danger grave pour l’homme. Et Ferton a vu, en Algérie, un Pompile tout fluet, Pompilus luctuosus, opérer des tarentules dix fois plus pesantes que lui (Ferton op. cit., p. 3).
- Or non seulement, dans leur duel, l’Araignée, ainsi que Fabre l’a remarqué, est toujours vaincue par le Pompile,
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- mais encore le Pompile ne court aucun_ danger, son terrible adversaire ne se sert jamais contre lui de ses crochets à venin. En somme, parler de duel est impropre ; la résistance de l’Araignée est passive, lorsqu’il y a résistance : voilà ce qui résulte nettement tant des quelques expériences de Fabre et de Petrunkevitch que des nombreuses observations de Ferton. Fabre (Souv. Eut., t. II), frappé par la puissance des moyens dont dispose l’Araignée, avait d’abord cru que le Pompile courait des dangers tels que jamais il n’osait pénétrer dans le terrier de l’Araignée et ne voulait la paralyser qu’une fois chassée de son fort. Plus tard, il a rectifié cette erreur ; le Pompile pénètre parfaitement chez sa future victime, l’opère aussi bien (cela dépend des esjièces) dans son fort que hors de son fort, et en tous câs sort toujours indemne des rencontres.
- S’il sort indemne de ces rencontres, ce n’est pas du tout parce qu’il sait écarter de lui les crochets à venin de sa proie (encore que certaines espèces de Pompiles, avant de paralyser les centres moteurs de l’Araignée, prennent soin de la piquer dans la bouche, ce qui paralyse le mouvement de ses crochets à venin). Non ; si l’Araignée voulait tuer le Pompile, le traiter comme elle traite tous les autres insectes petits ou grands qui passent à sa portée, elle pourrait aisément le faire.
- Regardez le Pompile annelé et la Tarentule à ventre noir, mis sous cloche par F Homère des Insectes :
- « Je suis tout yeux. Quel drame dans un moment ! J’attends anxieux... Mais..., mais... Qu’est ceci ? Qui des deux est l’assailli? Qui des deux est l’assaillant? Les rôles semblent intervertis. Le Calicurgue, non apte à grimper sur la paroi lissé de la cloche, arpente le périmètre du cirque. L’allure fière et rapide, l’aile et l’antenne vibrantes, il va, revient. La Lycose est bientôt aperçue. Il s’en approche sans le moindre signe de crainte, tourne autour d’elle et paraît dans l’intention de lui saisir une patte. A l’instant la Tarentule se lève presque verticale, les quatre pattes postérieures pour appui, les quatre antérieures dressées, étalées, prêtes à la riposte. Les crochets venimeux largement bâillent ; une goutte de venin perle à leur pointe. Rien qu’à les voir, j’en ai la chair de poule. Dans cette attitude terrible, présentant à l’ennemi sa robuste poitrine et le velours noir de son ventre, l’Ara-néide en impose au Pompile, qui, brusquement, fait demi-tour et s’écarte. La Lycose referme alors sa trousse de poignards empoisonnés, et reprend la pose naturelle, l’appui sur les huit pattes ; mais aux: moindres velléités agressives de l’hyménoptère, elle reprend sa menaçante posture.
- « Elle fait mieux : soudain elle bondit et se jette sur le Calicurgue ; prestement elle l’enlace, le mordille de ses crochets Sans riposter de l'aiguillon, l’attaqué se dégage et sort indemne de la chaude bourrade. A plusieurs reprises, je suis témoin de l’attaque, et jamais rien n’arrive à l’hyménoptère qui. rapidement se tire d’affaire et paraît n’avoir rien éprouvé (Souv., t. IV, p. 246). »
- Même histoire entre le Pompile apical et la Ségestrie perfide :
- « La Ségestrie par moments saisit le Pompile, qui se pelo- * tonne de son mieux sans chercher à faire usage de son dard ; • elle le roule entre ses pattes et même entre ses pinces, mais ne paraît le faire qu’avec répugnance. Une fois, je la vois se coucher sur le dos et maintenir le Pompile au-dessus d’elle, à distance autant qu’elle le peut, tout en le roulant entre les pattes antérieures, le mâchonnant entre les mandibules.... L’attaque de la Ségestrie, stimulée par mes secousses, se réitère une dizaine de fois et le Pompile s’échappe toujours des crochets venimeux, sans avoir rien éprouvé comme s’il était invulnérable (Souv., t. II, p. 221).)
- L’est-il invulnérable ? En aucune manière. Pour qU’aucune
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- rencontre ne se produise hors de sa vue, pendant la nuit, Fabre met dans la cloche un chiffon de papier dans les plis duquel il voit s’installer le Pompile. Le lendemain matin l’hyménoptère est mort. Pendant la nuit, la Ségestrie a poignardé son ennemi en sommeil.
- Mais, le jour, l’Araignée ne pouvait-elle matériellement frapper le Pompile? — Si fait : la Ségestrie tue aussitôt une Abeille, puis un Eristale que Fabre lui donne pour compagnon. Alors, direz-vous, c’est qu’elle a faim maintenant et que dans la journée d’hier, quand elle tenait le Pompile à sa merci, la faim ne la pressait pas. — Pas du tout, car pas plus qu’elle n’a touché au cadavre du Pompile, elle ne touchera à ceux de l’Abeille et de l’Eristale.
- Cependant le côté inexplicable de l’attitude de l’Araignée est bien accusé dans le récit de Petrunkevitch qui a mis sous cage un Pompilide Pepsis marginata et une Tarentule Cirto-pholis portoricæ, insectes appartenant à la faune de Porto-Rico. L’Araignée est de belle taille, et mesure 4 pouces (10 cm), les pattes étendues. « C’est une créature féroce qui tue avec une facilité extrême les insectes qui s’approchent d’elle. S.i rapide est l’attaque qu’il est impossible de voir ce qui s’est passé. Tout ce que l’on entend est le bruit d’un écrasement brutal; tout ce que l’on voit après la momentanée et presque explosive commotion est la Tarentule déjà immobile avec la proie broyée entre les crocs. » La taille de la Pepsis atteint 3 1/2 à 4 cm. Donnons la parole à M. Maurice Thomas résumant ainsi son confrère américain :
- « Plusieurs rencontres de ce genre se produisent en peu de temps. La Pepsis frotte les pattes de la Tarentule ; de ses antennes, elle lui palpe même les terribles chélicères et, soudain, se précipite sous elle et émerge de l’autre côté.... En un seul jour, 27 rencontres n’amènent aucun résultat. »
- Tout ce que l’on obtient de la Tarentule est qu’elle prenne l’attitude de défense décrite par Fabre. Serait-ce qu’elle est repue ? — Non, car l’observateur introduit dans la prison une Blatte qui. au premier contact avec la terrible mégère, est saisie et dévorée, ce Les choses se passent ainsi durant trois jours sans amener de résultats. » Croyant s’être trompé d’espèce, Petrunkevitch remplace la Tarentule par une Araignée d’espèce différente.
- « Rien de saillant ne se produit. La Guêpe vient bien de temps à autre tirer sur les pattes de la nouvelle venue, màis celle-ci, quoique marquant, dans la Nature, un esprit plus combatif encore que celui de la Cirtopholis, oppose une immobilité complète. Après une demi-journée, la Cirtopholis est remise avec la Guêpe. Rien ne se produit jusqu’à cinq heures de l’après-midi. A ce moment, l’observateur, oubliant son expérience, s’engage dans une conversation de quelques minutes, lorsque brusquement, sans bien savoir pourquoi, son attention est à nouveau attirée sur la cage. L’acte a été commis. La Tarentule est étendue impuissante sur le dos et la Pepsis est sur sa victime avec le dard encore enfoncé dans le corps de F assassinée....
- « ... Tout d ailleurs, ici, n’était pas perdu et Petrunkevitch a pu assister au creusement du terrier, au transport de la proie, à" la ponte. Enfin, à une goutte de sang blanc apparue au bord de la blessure, il a pu voir que le coup de dard avait été.donné à l’articulation située entre le sternum, la pièce labiale, le maxillaire et la hanche de la première patte, sur le côté droit du corps. Le sternum est trop dur pour être percé, et pourtant, sous le sternum, est situé le grand ganglion thoracique. La Pepsis l’a touché de biais, en partant du point vulnérable le plus proche. Ici, encore, se révèle cette science anatomique de l’instinct que Fabre a si bien mise en évidence, et contre laquelle certains naturalistes
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- déterministes se démènent — mais en vain — en furieux.
- « La tombe de la Tarentule est un trou de 20 cm de profondeur ; juste assez large pour la maintenir les pattes serrées contre le corps. Se remettrait-elle de la paralysie résultant de la piqûre qu’il lui serait impossible de faire un mouvement pour se déterrer.
- III
- Sur la soudaineté et la facilité du meurtre, Petrunkevitch est d’accord avec ce que Fabre et Ferton ont vu. Sitôt que le Pompile se décide à frapper, il n’y a pas de duel, il y a un meurtre sur une victime qui si bien armée, si puissante qu’elle soit, ne se défend pas davantage que l’inoffensif Charançon, ou Bupreste ne se défendent contre le Cercéris, la chenille de la Noctuelle contre l’Ammophile ou l’Agneau contre le Loup. Et alors deux problèmes se posent, l’un relatif à la conduite de l’Araignée, l’autre à la conduite du Pompile.
- Pourquoi l’Araignée ne traite-t-elle pas le Pompile comme elle traite l’Abeille, la Blatte, l’Eristale, le Xylocope ou le Bourdon? Pourquoi cette dangereuse bête qui mordra une taupe, un moineau, qui mordra l’homme, ne mord-elle pas le Pompile ? Pourquoi le tigre, en présence de son ennemi mortel, se conduit-il comme l’agneau devant le loup?
- C’est une question à laquelle je suis incapable de donner le moindre commencement d’explication. Mes lecteurs seront-ils plus inventifs que moi ? Si oui, qu’ils soumettent leur hypothèse à la lecture complète des récits de Fabre, de Petrunkevitch, de Ferton, et je crois qu’ils abandonneront leur hypothèse. L’Araignée se conduit de la façon incompréhensible qu’on lui voit parce qu’ii faut, pour que la race des Pompiles se perpétue, qu’elle se conduise de la sorte. Voilà la seule raison à donner.
- Second problème. Pourquoi tant de rencontres à blanc entre cette Araignée —- qui ne fera jamais, jamais aucun mal au Pompile — et le Pompile qui, à un certain moment, foudroiera l’araignée de son aiguillon ? Pourquoi la Pepsis de Petrunkevitch attend-elle plusieurs jours pour faire ce qu’elle fera en une seconde sans aucune difficulté, sans que (dit le naturaliste américain à propos d’observations postérieures à celle que j’ai rapportée), on puisse dire qu’elle ait « essayé en aucune manière de ruser avec sa victime ». L’Araignée ne veut jamais tuer le Pompile, ce à quoi elle aurait une facilité extrême ; le Pompile, lui, reste des journées et des journées sans vouloir paralyser l’Araignée puis, brusquement, il la paralyse. Pourquoi ce caprice;?
- Ce n’est nullement un caprice, et la volonté du Pompile n’est ici pour rien. « Caprice », « volonté » sont des mots inapplicables à un agissement de l’insecte, tout au moins quand il s’agit d’un acte concourant au fait de la reproduction. Le Pompile ne frappe que lorsqu'il peut matériellement frapper. Et il ne peut matériellement frapper que lorsque l’œuf se trouve dans ses ovaires prêt à être pondu. Le problème est un problème de l’ordre obstétrique. L’arrivée de l’œuf dans le canal de l’oviducte d’où il se détachera pour se coller sur la proie paralysée déclenche l’aiguillon paralysateur. Jusqu’à cet instant précis, le Pompile n’a pas le pouvoir de piquer sa proie. Voilà, en gros, exprimée la solution du problème. Cette solution, aucun des trois naturalistes ne l’a envisagée (bien que Fabre nous mette sur sa voie lorsque, capturant un Pompile annelé qui « traîne par une patte, dans la poudre de la grande route, sa lourde aranéide paralysée, il nous dise : « Je fais grand cas de ma trouvaille : le dépôt de l’œuf presse et la mère acceptera, je crois, une pièce d’échange sans grande hésitation) », mais elle résulte de tous les détails qu’ils nous rapportent.
- Le lecteur la vérifiera en se rapportant à nos citations, mais surtout s’il lit, en leur entier, les deux chapitres de
- Fabre et le mémoire de Petrunkevitch. Mais je voudrais en terminant lui soumettre une des observations de Ferton.
- « La Lycosa bi-impressa que je rencontre aux environs d’Alger n’est guère moins redoutable que la Tarentule de Provence et son genre de vie est le même. Elle habite un large terrier, conduit vertical terminé par une partie coudée, où elle se tient aux aguets, prête à se jeter sur le visiteur imprudent. La puissante Araignée est la proie du Pompilus luctuosus qu’on rencontre assez communément à Alger dans les premiers jours de septembre....
- « Le logis de la Lycose a environ 3 cm de largeur et 7 à 8 de profondeur, il est en terrain horizontal ; la toile, qui en tapisse les bords, prévient toute erreur du Pompile. Celui-ci entre sans hésitation et disparaît pour sortir presque aussitôt et aller lustrer ses antennes à deux pas du terrier. Ce temps d’immobilité dure à peu près un quart d’heure, et la même manœuvre suivie du même repos se répète encore deux fois. Les allures de l’Hyménoptère ne me laissent aucun doute sur son intention ; il n’a plus la marche sinueuse du chasseur en quête, il se rend directement au trou de la Lycose et revient de même à sa place de repos. Je n’ose voir ce qui se passe dans les courtes agressions du Pompile, mais je m’assure, pendant les intervalles, que l’Araignée est en vie. En grattant avec un chaume de paille l’entrée de son terrier, je la fais venir sur le seuil ; elle se jette sur le chaume et cherche à le saisir. Enfin, après une quatrième attente, le ravisseur entre résolument dans le trou et y séjourne ; je le vois quelques instants plus tard détacher de la paroi des mottes de terre ; il revient au soleil prendre un repos de quelques minutes et se remet à la besogne. Ce fut à ce moment que je le pris ; il lui avait fallu une heure pour terrasser sa victime qui gisait immobile au fond du terrier. J’eus la curiosité de peser les deux bêtes : le poids du Pompile était de 7 cg 1/2, celui de la Lycose 75 cg, soit dix fois celui du vainqueur.
- « Il y a donc peu de dangers pour le Pompilus luctuosus à entrer dans le repaire de l’ennemi pour l’y tuer. Certes, les hésitations ne lui ont pas manqué puisque ce n’est qu’à la quatrième attaque qu’il a opéré sa victime. »
- Non, il n’a pas fallu une heure au Pompile pour paralyser (c’est par inadvertance que Ferton écrit tuer) l’Araignée; et c’est improprement que Ferton- parle de ses hésitations, terme qui indiquerait de la crainte chez l’Hyménoptère, et le sentiment qu’il court un danger. Mais il a fallu une heure à Vœuf du Pompile pour être en état d’être pondu. Ce que l’observateur appelle « hésitations » serait mieux qualifié « impatiences ». Le Pompile n’a rien à redouter de l’Araignée et lorsque l’instant sera venu il la paralysera en une seconde et sans s’entourer d’aucune précaution : ceci, Ferton l’a vu nombre et nombre de fois. Mais, à Certains instants, son Pompilus luctuosus a cru se trouver capable de jouer de l’aiguillon et il a pénétré dans le terrier. Puis il s’est rendu compte qu’il lui était impossible de frapper, et alors il s’est retiré. La cinquième fois, l’œuf est prêt et l’aiguillon joue.
- Veut-on cependant conserver le mot « hésitations » ? Soit, mais ceci ne changera rien à une conclusion qui s’impose. Nous dirons, en effet, que les quatre premières fois qu’il est entré chez l’Araignée, le Pompile n’a pas osé piquer parce que l’œuf n’était pas encore au point. L’important, c’est d’admettre qu’il y a un rapport de cause à effet, de ressort à balle, entre l’obligation où l’Hyménoptère se trouve de pondre à un instant précis et le coup d’aiguillon. L’important, c’est de reconnaître que le problème posé par les agissements du Pompile, rapportés par Fabre, Petrunkevitch et Ferton, ressortit à l’obstétrique. Ce qui revient à dire à la mécanique, mais un mécanisme qui ne saurait, bien entendu, être purement automatique. Marcel Coulon.
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- L’AUTOGIRE DE LA CIERVA
- Les lecteurs de cette revue ont été tenus au courant, en leur temps, des premiers essais de l’ingénieur espagnol Juan de la Cierva.
- On sait que cet inventeur a réussi à mettre au point une machine volante baptisée autogire qui diffère complètement de l’avion classique. Néanmoins, il n’est peut-être pas inutile de rappeler, en un bref historique, la genèse de sa conception.
- Aussi bien, l’autogire de la Cierva à cessé d’être un
- pour le compte de la Cierva Autogiro Ltd, de petits appareils biplaces de 80 ch. Un autogire de ce modèle était exposé au Salon de Londres, en juillet dernier. Il a été, paraît-il, vendu à de nombreux exemplaires.
- LA LEÇON D’UN ACCIDENT
- C’est en 1918, à la suite d’un accident survenu à un gros trimoteur de bombardement de sa création, que l’ingénieur de La Cierva orienta ses recherches vers une
- Fig. 1. — L’autogire tgpe C-8 en vol.
- Les pales de son rotor, de forme rectangulaire, n’ont pas encore été affinées. Le fuselage, les empennages et l’atterrisseur
- sont ceux'd’un avion école Avro.
- appareil d’expérience. De nombreux pilotes ont parcouru à son bord, par tous les temps, des milliers de kilomètres. De plus, différents perfectionnements apportés à ses principaux organes ont heureusement complété un ensemble de qualités bien confirmées. Dès lors il ne restait plus qu’à lancer l’autogire sur le marché après avoir industrialisé sa fabrication. C’est chose faite maintenant. En effet, la Société A. Y. Roe construit, en Angleterre,
- voie nouvelle. Dans son esprit, il s’agissait de trouver un appareil indifférent à la perte de vitesse. Il étudia, tout d’abord, le problème de l’hélicoptère. Puis, devant les difficultés de tout ordre, mécanique et aérodynamique, inhérentes à ce principe de vol, il lui vint à l’idée d’utiliser, comme voilure, des hélices tournant librement en autorotation.
- En 1920, un premier appareil à deux hélices co-axiales,
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- Fig. 2. — Le modèle 08-11 à voilure perfectionnée.
- Sur cette vue on remarquera particulièrement le haubanage supportant les pales du rotor. Les sandows destinés à limiter les variations
- d’incidence sont également très visibles.
- à quatre pales* fut expérimenté. Il ne quitta pas le sol. Cet insuccès provenait, vraisemblablement, de l’interaction des deux voilures. Une seconde machine dotée d’une seule hélice à trois pales, puis une troisième, ne donnèrent pas les résultats escomptés. Les surfaces de ces rotors possédaient bien, cependant, des sections calées à des incidences différentes dont l’effet, dans l’esprit de l’inventeur, devait stabiliser le centre de poussée, pour toutes les incidences de vol, dans le plan de symétrie longitudinal. Toutefois, ces pales étaient rigidement haubanées alors que, ainsi que le reconnut
- plus tard M. de La Cierva, il aurait fallu les articuler le plus près possible de leur axe de rotation.
- De nouvelles recherches furent entreprises sur ces bases. Il se confirma, alors, que la voilure rendue élastique suivant des directions perpendiculaires à son axe s’équilibrait pendant le vol, en fonction de la résultante des forces qui la sollicitent : poussée sustentatrice, poids et force centrifuge.
- Un grand pas venait d’être franchi.
- Aussi, l’appareil n° 4 à rotor articulé, essayé en 1922, réussit quelques petits bonds pleins de promesses. Sur cet autogire, le lieutenant Spencer effectua, le 31 janvier 1923, à l’aérodrome madrilène de Cuatro-Yientos, un vol en circuit fermé de 4 km, à une altitude moyenne de 25 m. Il venait de terminer cet essai lorsque, par suite d’une faute de pilotage, l’autogire cabré à 45° se mit en perte de vitesse à quelque 10 m de haut. Cette manœuvre involontaire n’eut aucune suite. L’appareil descendit correctement à la verticale et atterrit sur place sans dommage.
- Peu de temps après, un autre pilote espagnol, le lieutenant Loriga réussit un nouveau vol d’une quinzaine de kilomètres.
- La démonstration venait d’être faite qu’un appareil plus lourd que l’air, d’un modèle autre que l’avion, pouvait être pratiquement utilisé pour la navigation aérienne.
- Fig^ 3, — L’autogire biplace de 200 ch avec lequel M. de la Cierva a réussi le voyage Londres-Paris avec survol de la Manche.
- Au moment où cette vue a été prise; le rotor tourne à 120 t-min.L’atterrisseur à large voie et le plan stabilisateur avant se détachent nettement de l’ensemble.
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- Fig. 4: — L’autogire C-19, la plus récente réalisation de l’ingénieur espagnol.
- Sa voilure tournante est identique à celle du C-8-II. Par contre, le plan stabilisateur et les gouvérnes ont été complètement modifiés.
- QUALITÉS ET INCONVÉNIENTS DE L’AUTOGIRE
- Avant de poursuivre plus avant l’étude des perfectionnements successivement apportés par M. de la Cierva à sa machine à voler, il nous paraît bon de préciser les qualités et les inconvénients propres à l’autogyre.
- Toutes ces qualités sont fonction du principe même de l’appareil. Celui-ci ne connaissant pas la perte de vitesse, son pilotage devient, pour tout le monde, d’une grande facilité. Quelles que soient les fautes commises pour sa manœuvre, il les pardonnera toujours, c’est-à-dire que leurs conséquences se réduiront à une perte de hauteur, ou à unatterrissage fortuit. De ce fait, l’autogire offre donc une sécurité presque absolue.
- A cette qualité, bien propre à favoriser le développement de la navigation aérienne, vient s’ajouter une aptitude remarquable au décollage et à l’atterrissage. Cette dernière opération s’effectue pour ainsi dire sur place, sous un angle de descente normal de 50 à 60°, ce qui correspond à une vitesse de chute de l’ordre de 1 à 2 m : sec. Au cours des essais officiels effectués en Angleterre, des prises de terrain correctes ont été réussies sous un angle de 87°, soit sensiblement à la verticale. Le contact avec le sol a lieu, alors, à une vitesse estimée à 5 m : sec, celle d’un quelconque parachute.
- Quant au décollage, grâce au dispositif que nous décrivons plus loin et dont sont pourvus les nouveaux modèles, il est assuré en moins de 30 m. Des terrains extrêmement exigus peuvent donc être pratiquement utilisés avec un autogire.
- Parmi les avantages que nous nous permettrons de qualifier de deuxième zone, il faut noter la rectitude du vol. Grâce à sa voilure souple, l’autogire absorba tous les remous sans en être autrement influencé. D’une stabilité extraordinaire, son vol à une altitude constante ne réclame, paraît-il, quelles que soient les conditions atmosphériques, aucune action des gouvernes. Les virages peuvent être pris en agissant uniquement sur le gouvernail de direction, comme pour un bateau. L’appareil est muni, cependant, d’un plan stabilisateur supportant deux ailerons analogues à ceux des avions ordinaires.
- Leur usage peut être utile dans des virages très courts pour ne pas réduire sa vitesse et perdre ainsi de la hauteur*
- Pour monter, on pousse légèrement le moteur et l’on tire sur le manche à balai commandant le gouvernail de profondeur. La manœuvre inverse vous ramène au sol sous un angle de chute que le pilote peut régler à son gré, sans risque, selon les circonstances.
- Prenons, maintenant, l’éventualité d’une panne de moteur, alors que l’autogire survole à faible hauteur des terrains peu hospitaliers'. Ces circonstances, les plus défavorables que l’on puisse rencontrer, seraient critiques pour un avion orthodoxe. Avec l’autogire, ainsi que son constructeur l’assure, il suffit de le faire cabrer au maximum pour obtenir une descente « parachutale i sans danger. A proximité du sol, le pilote « rend la main », en bon français fait piquer légèrement l’appareil pour lui conserver un peu de vitesse, environ 48 km-h, le redresse à nouveau et se retrouve sans avarie sur le terrain. Un atter-risseur particulièrement robuste est prévu pour absorber le choc relativement important en résultant.
- Nous avons eu l’occasion de survoler un autogire et également de le voir décoller et atterrir. Toutes ces manœuvres nous ont sincèrement stupéfié par leur aisance et leur précision.
- L’autogire offre, incontestablement, de précieuses, d’immédiates possibilités. Pourtant, il nous faut examiner aussi loyalement tout ce qu’on peut lui reprocher.
- Passons rapidement sur les performances effectives. Ainsi qu’on pourra le constater, elles sont, pour le moins, égales aux performances d’un avion de la même puissance.
- Et puis, quand bien même elles se trouveraient légè-
- Vues schématiques, sous ses trois aspects, de l’autogire C-19.
- Fig. 5.
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- Fig. 6. — L’autogire C-19 en vol.
- Il peut emmener deux personnes à la vitesse de 150 km-h. Remarquer la forme nouvelle des empennages et du plan stabilisateur avant.
- rement amoindries — ce qui n’est pas le cas — ce ne serait pas payer trop cher l’excédent de sécurité dont bénéficient les appareils à voilure tournante.
- Par contre, l’objection la plus sérieuse qui puisse être faite à M. de la Cierva se rapporte aux risques de rupture ou à l’arrêt de son rotor. Il va sans dire qu’un de ces accidents équivaudrait, purement et simplement, au bris de la cellule d’un avion classique, fait de plus en plus rare.
- A cette réserve, l’inventeur répond qu’il n’y a pas de raison que sa voilure cède plus facilement que celle d’un avion. A la vérité, le pilote Courtney a été victime d’un incident de cet ordre. Simple incident, en effet, puisque, en dépit de la rupture d’une des pales de son rotor, il réussit à se poser sans mal. Des améliorations apportées depuis lors au rotor permettent de dire qu’elles présentent une résistance mécanique très élevée. Les surcharges occasionnelles provoquées par les variations d’incidence de la voilure d’un avion classique arrivent à dépasser huit fois sa charge normale alors que, dans le dispositif autogire, ces, surcharges atteignent 40 pour 100 au maximum. Cette énorme différence est due à ce que la grande inertie du rotor ne se prête pas à une augmentation rapide de sa vitesse angulaire. D’autre part, la force centrifuge considérable, elle est environ dix fois plus importante que la poussée, ne saurait dans ces conditions varier instantanément, la résultante reste donc sensiblement constante. Théoriquement, le coefficient de résistance
- de la voilure tournante serait donc supérieur à celui d’une voilure fixe.
- L’arrêt complet du rotor apparaît plus grave. Il ne pourrait se produire que par une défaillance des roulements. Par prudence, ces derniers ont été doublés. Là, nous touchons à l’inconnu, malgré que les nombreux modèles expérimentés n’aient jamais donné lieu à des mécomptes de ce genre. Et puis, ainsi que nous le fait remarquer M. de la Cierva, les automobiles ne comportent bien qu’une seule barre d’accouplement de la direction. A vive allure, si cette barre vient à céder, c’est, presque à coup sûr, l’accident mortel. Pourtant, il ne vient à personne l’idée du risque couru. Il existe cependant....
- DE 1923 A 1929
- Les premiers vols de 1923, réalisés avec l’appareil n° 4, eurent le don d’émouvoir l’autorité militaire espagnole.
- M. de la Cierva fit alors son appareil n° 5, d’une construction plus finie. Les pales du rotor, précédemment dotées du profil 430 du laboratoire aérodynamique allemand de Goettingen, furent établies avec un profd biconvexe, le 429 de Goettingen, à faible déplacement de centre de poussée. Cette modification évitait la déformation des pales.
- Simultanément,' de patientes recherches aérodynamiques furent entreprises sur maquettes, au tunnel de Cuatros-Vientos. Ces essais aboutirent à la réalisation
- Fig. 7. — Deux aspects de l'hélicoggre Isacco.
- Les pales tournantes sont dotées d’ailerons. Leur variation permettrait de rétablir la stabilité latérale.
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- de l’autogire C-6. Ce n’était autre que le fuselage d’un avion école Avro, muni d’un moteur Rhône de 80 ch, dans lequel on avait substitué, à la cellule biplane, une" voilure tournante à quatre pales. Un grand nombre de vols, réussis sans incident, donnèrent à penser à l’inventeur que la solution pratique du problème approchait.
- De fait, à la fin de 1925, M. de la Cierva se décida à poursuivre ses études en. Angleterre et l’Air Ministry lui prodigua aussitôt des marques effectives d’intérêt.
- L’année 1926 fut marquée par la fondation de la Cierva Autogiro C° Ltd. La valeur du dispositif n’étant plus à démontrer, l’inventeur s’attacha plus particulièrement au perfectionnement de la voilure tournante.
- Les précédents rotors utilisés avaient, tout bonnement, des pales rectangulaires. Pour en améliorer la forme, une série d’essais comparatifs furent effectués avec des ailes de types différents. Des rotors à deux, trois et quatre pales furent expérimentés en vol à des angles d’attaque différents.
- Cette période expérimentale donna de fructueux résultats. Le calage de la voilure à un angle correct améliora de 32 km-h la vitesse maximum du modèle C-6-d et sa vitesse ascensionnelle, en biplace, devint très supérieure à ce qu’elle était précédemment en monoplace.
- Au début de 1927 survint l’accident de Courtney auquel nous avons fait allusion. La rupture d’une des pales du rotor fut alors reconnue imputable aux mouvements de flexion alternés auxquels les pales sont soumises dans leur plan de rotation.
- Prudemment, M. de la Cierva entreprit ensuite de nombreuses expériences, en vraie grandeur, sur des voilures fixées au sommet d’une tour et exposées à la seule action du vent. Ces essais démontrèrent la nécessité d’une double articulation. Dès lors, en outre de l’articulation'perpendiculaire au moyeu essayée dès 1922 sur l’appareil n° 4, les ferrures furent complétées d’une seconde articulation perpendiculaire à la première. Ces articulations permettent aux pales de se déplacer dans leur plan et leurs positions angulaires relatives sont limitées par des sandows. Le remède aux dangers des efforts alternés était
- Fig. 8. — Le gyroptère Chauuière.
- Les pales de cet appareil sont reliées au moteur par une transmission débrayable. La stabilité latérale doit être assurée par les volets verticaux placés sur les côtés du fuselage. (Photo André, Le Bourget)-
- trouvé. De juillet à décembre 1927, par tous les temps, 35 heures de vol d’essais furent totalisées avec ce système.
- La phase industrielle commençait. Au C-6-d succédaient bientôt le C-7 et le C-8 dont plusieurs exemplaires furent acquis par les gouvernements britannique et italien. Ce modèle possédait une vitesse maximum, au sol, de 170 km-h, une vitesse commerciale de 145 km-h et une vitesse minimum de 35 km-h. Sa vitesse ascensionnelle atteignait 3 m 33 par seconde et. il descendait verticalement en parachute, à 4 m 50 par seconde. L’appareil, biplace, d’un poids total en charge de 1100 kg, était propulsé par un moteur de 200 ch.
- Parmi les performances portées à l’actif de l’autogire C-8, notons un vol de 350 km en 2 h. 30, dans la Coupe du Roi de 1928. La même année, le pilote Rawson couvrait le tour d’Angleterre, soit 4800 km avec 25 atterrissages. En septembre 1928, enfin, M. de la Cierva, accompagné de notre bon confrère Henri Bouché, exécutait le premier voyage Londres-Paris. Depuis, d’innombrables randonnées, qu’il serait fastidieux de signaler, ont été effectuées dans tous les pays.
- LES PERFECTIONNEMENTS
- DE L’AUTOGIRE C-19
- Après avoir définitivement mis au point la voilure tournante, élément principal de son dispositif, M. de la Cierva s’appliqua, ensuite, à faciliter l’utilisation de l’autogire.
- Les différents modèles réalisés com-* portaient, en somme, voilure mise à part, les mêmes éléments qu’un avion classique. Le train d’atterrissage, en raison du choc important qu’il doit absorber, avait été modifié en conséquence. Cette partie de l’appareil se
- Fig. 9. — L’hélicogyre Isacco expérimenté au Bourget en octobre 1928.
- L’appareil a décollé franchement à de nombreuses reprises. Sa voilure tourne également folle sur son axe, mais elle est entraînée par deux petits moteurs, d’une puissance de 20 ch
- placés en bout des ailes.
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- trouvait donc, elle aussi, bien au point. Il ne restait plus qu’à améliorer les conditions'de l’envol.
- Le décollage ne peut être assuré, en effet, que lorsque le rotor atteint la vitesse de 80 t-min. Pour obtenir ce régime, il suffisait au pilote de tourner en rond pendant quelques minutes, de préférence avec le vent de côté. Cette manœuvre, quoique simple, manquait d’élégance.
- Un dispositif peu compliqué est adapté sur le C-19. Ce dernier comporte des empennages biplans. Les deux surfaces horizontales, plan fixe et gouvernail de profondeur, peuvent être braquées au sol, sous un angle de 75°. Ces surfaces étant emprisonnées par les plans verticaux de dérive et les gouvernails de direction, il ne peut se produire de pertes marginales bien importantes. Elles constituent alors un puissant déflecteur du souffle de l’hélice tractive sur les pales du rotor. Le courant d’air canalisé de la sorte atteindrait, au point fixe — l’appareil étant maintenu par les freins montés sur les roues — une vitesse de 200 km-h. Il agit énergiquement sur la voilure tournante qui acquiert très rapidement le régime nécessaire au décollage. Cette manœuvre demande alors moins de 30 in, ce qui est remarquable.
- Entre autres perfectionnements, notons également la surface stabilisatrice placée sous le rotor, qui a été dotée d’un dièdre important, encore! accentué par le relèvement de ses extrémités. Il en résulte une grande stabilité latérale automatique dont l’effet vient compléter celui du rotor. L’autogire C-19 est plus particulièrement destiné au tourisme. Par ses capacités et sa puissance, il se présente comme l’équivalent des avions légers britanniques. A l’aide du tableau de caractéristiques et de performances que nous publions, on pourra mettre aisément en parallèle les deux types d’appareils.
- Autogire C-19 Avion léger
- Caractéristiques générales :
- Envergure totale 9 m 140 9 m 150
- Longueur totale. . . . . . 9 m 140 7 m 390
- Hauteur totale 3 m 040 2 m 680
- Profondeur de l’aile .... 0 m 400 1 m 650
- Surface portante 2 m2 32 23 m2 40
- Puissance 1 moteur «Genet». 80 ch 80 ch
- Poids à vide. 340 kg 367 kg
- Poids utile disponible. . . . 250 kg 335 kg
- Poids total en ordre de vol . 590 kg 702 kg
- Charge au mètre carré . . . 222 kg 30 kg 500
- Charge au cheval . . . . . 7 kg 375 8 kg 775
- Performances : Vitesse maximum au sol 153 km-h 163 km-h
- Vitesse minimum au sol . . 16 km-h 65 km-h
- Vitesse ascensionnelle . . . 152 m-min 180 m-min
- AUTOGIRE OU AVION
- Paràni les ingénieurs qui, en dehors des sentiers battus, cherchent à réaliser de nouvelles machines à voler, M. de la Cierva est de beaucoup le plus avancé.
- Il est juste, cependant, de signaler les efforts d’un Français, Lucien Chauvière, hélicier renommé, dans cette même voie. Pendant la guerre, M. Chauvière avait pris un brevet pour un appareil qu’il avait baptisé gyroptère et dont la voilure était constituée, elle aussi, par des pales tournantes. En vol, la machine devait passer à peu près invisible; du moins, c’est dans ce but que son créateur l’avait étudiée. Le projet de M. Chauvière resta de longues années dans ses cartons. Il fallut les essais retentissants de M. de la Cierva pour qu’ils en sortent. Un appareil de ce modèle est terminé et doit commencer incessamment des essais en vol.
- Un autre chercheur, l’ingénieur italien Isacco, a également entrepris des études un peu analogues. Mais sa voilure tournante est entraînée par deux petits moteurs fixés au bout de chacune des pales. Il compte pouvoir, de la sorte, s’élever verticalement. Des premiers essais paraissent confirmer les espoirs de l’inventeur. Ils ont été effectués sur un appareil construit avec l’aide du gouvernement français. Depuis, M. Isacco a émigré à Londres. L’Angleterre devient, décidément, la providence des inventeurs !
- Ainsi qu’on le voit, le problème est simultanément attaqué de plusieurs côtés. Les succès de M. de la Cierva, indéniables, sont un encouragement à persévérer. Celui-ci va se présenter au grand concours Gouguenheim réunissant, aux Etats-Unis, tous les appareils plus lourds que l’air d’une complète sécurité. Reconnaissons qu’il a de sérieuses chances de remporter le trophée.
- Est-ce à dire que l’autogire détrônera l’avion dans un temps plus ou moins lointain ?
- Pour notre part, nous pensons qu’il y aura place pour les deux principes.
- L’autogire assure dès à présent aux petits appareils une appréciable sécurité. Mais ce système ne pourrait être brusquement extrapolé.
- D’ici là, de nouveaux progrès seront vraisemblablement apportés aux cellules fixes des avions actuels. Des dispositifs spéciaux.— il en existe déjà — donneront aux voilures une meilleure portance. La redoutable perte de vitesse sera, peu à peu, éliminée. Les atterrissages, la seule manœuvre délicate, seront aussi rendus plus faciles.
- Nous n’en sommes pas encore là, il est vrai, car c’est l’œuvre de demain à laquelle tant de chercheurs de tous les pays sont patiemment attelés.
- André Fraciiet.
- LES ALLIAGES FERREUX
- RÉSISTANT AUX CORROSIONS
- L’étude théorique de la corrosion du fer enseigne que les traditionnels vernis ou peintures, les méthodes classiques de dégazage ou d’épuration des eaux, et toutes
- autres précautions extérieures au métal menacé, ne sont pas les seuls ni peut-être les meilleurs préservatifs à envisager contre l’attaque chimique. Le perfectionne-
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- ment des alliages dans d’autres buts qpe l’amélioration des propriétés mécaniques a trouvé la des directives neuves et fécondes. Toutefois la controverse scientifique n’aboutit pas à des conclusions assez simples pour qu’elles infirment nettement l’opinion vulgaire que le métal pur est moins exposé à la corrosion que ses alliages. Si le plomb résiste bien à l’acide sulfurique ou même à la soude caustique, n’accroît-if pas aussi la résistance à ces réactifs dans un alliage ?
- Et si l’aluminium très pur affronte d’autant mieux les lessives salines ou sulfatées, ceci n’empêche le bronze d’aluminium de Sainte-Claire Deville de tolérer des attaques qui n’épargnent ni le cuivre, ni l’aluminium pris isolément.
- L’essai de la résistance chimique du fer électrolytique se justifiait cependant, ce métal pur restant économique et se prêtant à d’intéressantes méthodes d’usinage. Mais il n’offre de garanties qu’à l’égard du chlorure de sodium, et n’est même pas toujours recommandable pour l’appareillage industriel de traitement du sel. Pourtant ce genre d’affinage sidérurgique s’est développé, en particulier dans les usines dauphinoises favorisées par la houille blanche; le métal très fin, supérieur même au fer de Suède, qu’on y obtient après recuit, donne des tubes sans soudure dignes de trouver place dans l’équipement des salines et soudières. Mais, là où ce fer est exposé simultanément aux actions chimiques et à des efforts mécaniques prononcés, sa pureté même est plutôt désavantageuse.
- Ce n’est donc pas par jeu brillant de virtuosité, ni au petit bonheur, que depuis un demi-siècle la métallurgie étend à l’infini son clavier d’alliages industriels, et surtout la gamme des alliages ferreux. Il s’agissait, en améliorant ou conservant du moins les propriétés mécaniques
- Fig. 2. — Pièce de grandes dimensions en prométal.
- - Fig. 1. — Eléments de grilles de foyer en prométal, fonle réfractaire résistant aux températures élevées.
- du métal, de lui conférer plus générale indifférence à l’encontre des attaques corrosives.
- ACIERS AU NICKEL ET ALLIAGES RÉFRACTAIRES
- Pour unir, dans un alliage de fer, qualités physiques et chimiques, on devait songer précocement au moins coûteux des métaux précieux : le nickel. Choix séduisant pour la métallurgie française, puisque la « garnierite » de Nouvelle-Calédonie (hydrosilicate de Ni et Mg) est, avec la moins riche « pyrrothine » du Canada, la principale source minérale de nickel. Analogue au fer, spécialement dans ses propriétés magnétiques, le nickel pouvait se combiner directement à l’acier par fusion, au four Martin . ou au creuset, selon teneur cherchée. Jusqu’à 10 pour 100 Ni, les alliages de structure perlitique, présentent déjà dureté et résilience accrues, avec quelque résistance chimique. Mais bien plus marquée se manifeste la résistance à l’air, à l’eau et aux températures élevées dans les alliages à haute teneur, comme 1’ « invar » de M. Guillaume (36 pour 100 Ni), si précieux pour mesures de précision, ou le « platinite » (46 pour 100 Ni), soudable au verre dont il a le coefficient de dilatation. Des tubes de chaudière marine construits en acier-nickel à 30 pour 100 durent trois fois plus. Mais, quoique la réduction du nombre des cuirassés par les conférences de désarmement, en limitant la fabrication des plaques de blindage, sinon celle du « métal canon » en alliage analogue au ferro-nickel, laisse un peu plus de ce métal disponible pour usages industriels, le nickel reste assez cher. Un acier nickel à haute teneur ne coûte guère moins que le « monel » (17 pour 100 Ni, 28 pour 100 Cu), préparé avec un minerai sulfureux mixte de l’Ontario et contenant seulement le fer inhérent au minerai. Un assez fort pourcentage de fer n’exclurait d’ailleurs pas, d’un alliage au nickel, la résistance à la corrosion. Si la corrodibilité du fer forgé est prise pour unité, le degré du risque s’élève à 1,7 pour l’acier doux, mais tombe à 0,77 pour l’acier nickel 3 pour 100 et à 0,31 pour l’acier à 26 pour 100 Ni. Seulement, dès pareilles teneurs, les propriétés mécaniques du métal gênent l’usinage et surtout le forgeage.
- On a donc plutôt étudié, pour résistance chimique,
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- Fig. S. -— Bacs de cémentation, lingolière et autres pièces en prométal.
- des alliages ternaires ou plus complexes, qui fussent économiques et moins rebelles au travail. Le cuivre était un constituant très discuté : pourtant, en solution solide dans l’acier, il abaisse comme le nickel ou le chrome la pression électrolytique clé l’alliage; en fortes proportions, réduisant la dépense de nickel, le cuivre modifierait trop les propriétés mécaniques de l’alliage et deviendrait même facteur électrochimique de corrosion : mais des essais de laboratoire, et le succès de nouveaux métaux comme Yapso, prouvent qu’à la dose de 0,25 à 1,5 pour 100 ce constituant prévient la rouille par effet atmosphérique, réduit un peu la corrosion en sol humide et, au total, améliore la tenue chimique des complexes Fe-Ni-Cr. De conductibilité électrique analogue à celle du cuivre, mais jouissant d’immunités chimiques plus étendues, l’aluminium donne des aciers intéressants : un alliage quaternaire (Fe 49, Ni 40, Al 10, Ti 1 pour 100), naguère breveté par la Compagnie française Thomson-Houston comme résistant aux températures extrêmes sans craqueler au refroidissement, tient compte de ce que les faibles additions de titane
- Fig. 4.— Le Superneutral, alliage fer-silicium, résistant aux acides, sert à faire des creusets et des cuves.
- accroissent la malléabilité et la ductibilité du métal; mais de tels alliages sont trop coûteux hors des pièces métalliques de dimensions restreintes. Enfin nous retrouverons le nickel comme tiers constituant très usuel dans les aciers au chrome.
- Les aciers au nickel sont appréciés aussi pour leurs qualités diathermiques. Mais très complexe est la question des alliages résistant aux températures élevées et spécialement dans la série du fer. Pour métaux communs, c’est surtout à haute température que la vitesse de corrosion dépend à la fois de la pression de l’oxygène et du rapport entre la densité du métal et celle des oxydes qu’il tend à former. Tungstène et tantale, si résistants à la chauffe dans le vide, la tolèrent moins bien que la fonte à l’air libre et le platine, qui là n’est guère attaquable, faiblit à températures encore basses dans une atmosphère d’oxyde de carbone ou de vapeurs métalliques. D’ailleurs, les qualités mécaniques des alliages diminuant généralement avec la surchauffe, il faut calculer des parois épaisses : d’où surcroît de dépense, poids excessif des appareils, échanges de chaleur ralentis, etc. Des aciers riches en Cr, Ni, Tu même, peuvent se recommander pour températures n’excédant guère 700° à 800° C. Mais, comme l’a bien reconnu M. Léon Guillet, l’alliage conservant une haute limite élastique au-dessus de 1200° reste à découvrir.
- Voilà pourquoi les producteurs de fontes hautement réfractaires en dissimulent la composition avec des soins jaloux. Fabriqué en France et largement expérimenté, le prométal, dont le coefficient de durée au feu triple celui de la fonte réfractaire courante, jouit aussi d’une résistance mécanique supérieure. On utilise cet alliage pour creusets, cornues, retortes, lingotières, pots à recuire, cuves de fusion ou bacs de cémentation : il est surtout précieux pour foyers fixes ou automatiques, le calibrage constamment rigoureux des barreaux retenant même le poussier sur les grilles mobiles, et la facilité du nettoyage sur un métal, auquel le mâchefer n’adhère pas réduisant au minimum les frais d’entretien.
- FONTES AU SILICIUM
- Mieux encore que les métaux rares, un métalloïde abondant et, à l’état pur, assez réfractaire, s’offrait pour conférer aux alliages carburés du fer l’indifférence chimique : c’était le silicium. La matière première, sable, quartz ou même minerai de fer quartzeux n’étant pas en cause, la technique de première fusion des ferrosilicium s’organisa bientôt, d’abord avec le haut fourneau, qui à allure très chaude donnait seulement des alliages à 12-15 pour 100 de Si, puis au four électrique qui peut fournir le métal à 80 pour 100 Si, avec prix de revient modéré par le recours à l’énergie hydraulique. Mais la difficulté gisait dans l’intime contradiction qui oppose les propriétés physiques du ferro-silicium à ses qualités chimiques. Quelle que soit la proportion de Si, ces alliages ne sont ni laminables, ni ductiles et ne peuvent donc être utilisés en construction que sous forme de moulages. Les alliages à forte teneur de silicium, chimiquement les plus intéressants, se révèlent défectueux sous le rapport allongement ou résilience. Restent donc à considérer les
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- fontes de moulage : sans préparation très étudiée et des précautions à la coulée, elles n’eussent pas donné bon résultat. Le ferro-silicium est peu fluide aux environs de son point de fusion; on effectue donc à haute température (cubilot ou four électrique) la fusion de la fonte additionnée d’un ferro-silicium riche ; et il se produit, à solidification, non seulement un retrait considérable, mais encore des précipitations de constituants risquant de modifier fâcheusement les proportions de l’alliage, et par suite ses propriétés chimiques et physiques (‘). Aussi bien, ne fallait-il pas s’efforcer de conserver les avantages du fer, réduire au minimum le poids, la fragilité, inconvénients reprochables au verre et autres matériaux siliceux ?
- On s’occupa e3^ France, vers 1900, de vaincre ces difficultés; en 1903, M. Ad. Jouve prènait un premier brevet, et déjà une usine lyonnaise employait un tuyau en fonte siliceuse pour condensation directe de l’acide nitrique, tandis que des capsules de condensation en ce même alliage étaient bien accueillies dans les vitrioleries. Bientôt se répandirent jusqu’en Amérique les constructions françaises en métillure (dénomination dont M. Jouve baptisa en 1907 ses siliciures de fer carburés). L’Allemagne suivit le mouvement avec les alliages Krupp et autres. Puis vinrent, en Angleterre, le tantiron et Yironac; aux Etats-Unis, le cluriron des usines de Dayton; enfin, en Italie, Yélicinite de M. Rossi, grand fabricant d’acide nitrique à Legnano et Pontemamello. Une vive impulsion fut donnée à ces recherches par la guerre, les poudreries réclamant un matériel de haute résistance. Aussi les établissements Bouchayer et Viallet, de Grenoble, montèrent-ils la fabrication de l’élianite. Puis, dans ses fonderies du Havre et de Rocherolles (Bolbec), la Société des Produits Métallurgiques entreprit en 1917, la fabrication du superneutral résistant aux acides, alliage étudié par elle dès avant 1914.
- La composition des fontes au silicium, comme celle de tous métaux ferreux inoxydables, n’est pas volontiers révélée. Toutefois, d’après les publications de MM. Matignon, J. Escard, Goodwin, Guertler, Jouve, Kowalke, J. Scott, Sutor, Tammann et autres, la composition moyenne des fontes au silicium oscillerait entre les pourcentages suivants : Fer 80,87-83,99; Silicium 13,16-16,92; Carbone 0,59-1,25; Manganèse 0,83-2,50; Soufre 0,01-0,10; Phosphore 0,05-0,10.
- D’autres constituants apparaissent rarement et en faibles proportions, par exemple 2,23 pour 100 de nickel dans une qualité supérieure d'élianite, ou 0,25 pour 100 d’aluminium dans le métillure. Le cas du manganèse est singulier : ce composant est précieux dans l’affinage de la fonte pour des raisons thermochimiques, il fluidifie le métal pour moulage, enfin il stabilise l’alliage en formant des siliciures doubles Fe-Mn. Pourtant ce réducteur et désulfurant n’est pas désigné pour entraver la corrosion : les « silico-spiegel » à 8-12 pour 100 Si et 15-20 pour 100 Mn, porir aciers sans soufflures, n’offrent pas grande résistance chimique. Aussi la proportion de man-
- 1. Ce problème spécial a été savamment étudié par M. E. Dewulf, chef des Services scientifiques aux Etablissements Bouchayer et Viallet, dans une note que nous regrettons de ne pouvoir reproduire.
- Fig. 5. — Le Superbasique, alliage fer-silicium, résislanl aux alcalis. Cuve et agitateur en superbasique.
- ganèse ne dépasse-t-elle 1 pour 100 que dans les fontes siliceuses américaines et dans le tantiron.
- Une particularité intéressante des fontes au Si, c’est que magnétisme et conductibilité électrique y diminuent avec la teneur en fer; rien de surprenant, puisque les
- Fig. 6. — Raccords en superbasique, résislant aux alcalis.
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- propriétés isolantes du quartz sont des meilleures. Mais c’est occasion de noter que les caractéristiques diélectriques sont dignes d’attention à propos de corro-dibilité. Tandis que le « nichrome », à quoi s’apparentent les aciers ternaires inoxydables, possède une résistivité souvent exploitée pour appareils chauffants ou pyromètres électriques, un certain ferro-nickel, le permalloy (Ni 78 pour 100, Fe 22 pour 100) d’Arnold et Elmes, fournit par sa conductivité l’alliage le plus satisfaisant pour enrubanner l’âme de cuivre des câbles sous-marins, afin d’amortir la self-induction et d’activer les communications en réduisant la capacité du câble : cet alliage à hystérésis infime manifeste à l’égard de champs magnétiques faibles une perméabilité 15 fois supérieure à celle du fer de Suède, déjà 5000 fois plus perméable que l’air. Or il n’est nullement inoxydable, surtout à température élevée; pour le refroidir sans détérioration, il faut créer dans le four une atmosphère de gaz inertes. L’avantage chimique de la silice pourrait être en rapport avec ses propriétés diélectriques, qu’elle confère partiellement à l’alliage.
- Bien meilleurs conducteurs thermiques que le verre de silice pure, les alliages ferro-silicium ne l’égalent pas en résistance chimique. A moins de 10 pour 100, le silicium ne crée pas dans la fonte une indifférence régulière et durable, surtout à l’égard des acides organiques. Dès 1917, des essais américains (Kowalke) recommandaient un pourcentage 14-18 en silicium. Les « métillures », assez riches (16,92 pour 100), luttaient moins bien que l’étain contre l’acide acétique, mais lui résistaient deux fois autant que le cuivre, quatre fois autant que le plomb, neuf fois autant que le fer. Il est démontré aujourd’hui que les fontes à 15 pour 100 Si, les plus nombreuses, ne subissent de la plupart des agents minéraux que des attaques négligeables (par exemple 0,015 pour 100 de perte horaire en poids) après premier décapage plus prononcé durant 24 heures ; encore cette première morsure détruit-elle surtout les oxydes ou impuretés de la couche superficielle. Le superneutral, après jour et nuit d’immer-
- Fig. 7. — L’Elianite, alliage fer-silicium, résistant aux alcalis : cuve et agitateur.
- sion dans le réactif bouillant, manifeste une perte en poids de 0,02 pour 100 avec l’acide sulfurique à 3/10 et 0,05 pour 100 avec l’acide nitrique à 1/4; ces pourcentages tombent à 0,01 et 0,02 après les 24 heures suivantes, et sont encore plus faibles dans les acides concentrés. Le superbasique de même origine, mais résistant aux alcalins, dès le début tient 20 fois mieux contre la soude caustique bouillante qu’une fonte ordinaire. Seul de la branche minérale, l’acide chlorhydrique restait très agressif : c’était affaire de dosage, puisque dès 1918 l’inventeur de 1’ « élianite » fît breveter, en même temps que des alliages 13-15 pour 100 contre autres oxydants, une formule à 20-21 pour 100 Si, donnant un métal pour appareils de chloruration ou de concentration du réactif.
- Mais, ici, réapparaissent les difficultés qu’introduit le silicium dans la métallurgie du fer : on spécifiait que la fusion s’opère au four électrique, avec adjonction de sulfure de fer pour homogénéiser l’alliage. A la charge ou pendant coulée, bien d’autres fondants ou désoxydants peuvent s’ajouter pour réduire l’antinomie entre les propriétés mécaniques et chimiques, respectives et contradictoires, des deux alliés. Carbone et manganèse, quoique indispensables, sont à doser méticuleusement, tandis qu’on élimine autant que possible soufre et phosphore. Encore le métal n’est-il usinable qu’à la machine à rectifier, et son coefficient de contraction est presque triple de celui de la fonte. La fonderie doit donc prévoir des moulages exempts de grandes surfaces et d’arêtes vives, où la matière soit répartie en épaisseur uniforme, avec fonds hémisphériques et congés arrondis à toutes surfaces de raccordement. Enfin, moins coûteuse que d’autres alliages pour appareils chimiques, la fonte au silicium l’est encore plus que la fonte vulgaire. Aussi ceux qui la fabriquent ne renoncent-ils pas à produire, pour manipulations moins sévères, des fontes siliceuses à faible teneur, donc plus faciles à préparer, à usiner aussi, et de prix réduit : telle la « fonte RÀ », sortant des mêmes ateliers que le « superneutral », et présentant, avec d’excellentes propriétés mécaniques, une résistance chimique qui, vis-à-vis de l’acide sulfurique dilué, triple celle des fontes ordinaires.
- ACIERS AU CHROME INOXYDABLES
- Les alliages ferro-chrome se recommandaient également pour usages chimiques. Le chrome, qui ressemble au nickel, est aussi pour la métallurgie française matière première coloniale; la sidéro-chromite ou « fer chromé », ce minerai double traité naguère par aluminothermie, aujourd’hui plutôt au four électrique, provient aussi de Nouvelle-Calédonie. Mais des pays riches en houille blanche équipée, Suède, Canada, Etats-Unis, possèdent également des gîtes de chromite, parfois vierges encore; et l’intérêt du chrome en métallurgie comme en tannerie s’est révélé tel, que des pays dépourvus, comme l’Allemagne, importent les chromites de la Rhodésia ou de l’Oural pour en développer le traitement.
- Uni au fer, le chrome donne à l’alliage, et à degré plus élevé, les qualités dues au nickel, souvent adjoint comme tiers constituant. Fusible seulement au delà de 1500°, de densité inférieure à 7, trop dur pour étirage ou lami-
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- nage, enfin non magnétique, le chrome pur, métal blanc brillant, est inoxydable à l’air humide et n’est sensiblement attaqué que par les alcalins bouillants; à froid, seul l’acide chlorhydrique le corrode. On n’étudia d’abord les alliages Fe-Cr qu’en vue des emplois mécaniques, l’inoxydabilité restant la qualité accessoire. Les aciers binaires étaient trop cassants ; des ternaires ou quaternaires, à teneur de nickel, réussirent en particulier à remplacer pour plaques de blindages les premiers aciers-nickel; les fameux aciers à coupe rapide sont des alliages ferro-tungstène chromés et vanadiés.
- L’idée du métal intachable (stainless) et internissable (untarnish) ne fut primitivement réalisée que par alliage de métaux peu communs, cobalt (35-55 pour 100) et chrome (26-34 pour 100), avec 1,5-1,7 pour 100 carbone, un peu de tungstène et molybdène, et moins encore de vanadium, silice et manganèse.
- La stellite supporte bien effets atmosphériques ou réactifs chimiques, garde sa dureté jusqu’à température du rouge et convient pour instruments à tranchant effilé. Mais, pour rendre l’alliage plus malléable, on admit aussi le fer dans le festel, dont une qualité à faible teneur en nickel se laisse bien tourner ou limer. Ainsi en arrivait-on aux intachables Fe-Ni-Cr, intéressants pour la coutellerie et d’abord étudiés à Sheffield par M. Idarry Brearley, mais bientôt reconnus aussi acceptables pour l’équipement des usines chimiques que le dépôt électrolytique de chrome sur le fer. Sans braver, comme les alliages binaires Ni-Cr, des températures de 1000 à 1500°, ces aciers nickel-chrome conservent bonne résistance thermique; ils lui allient l’indifférence chimique du ferro-chrome, qui exige, pour attaque en vue d’étude macrographique, des réactifs énergiques comme le ferricyanure de potassium employé par MM. blonda et Murakami. Néanmoins ils restent assez usinables pour satisfaire les constructeurs d’appareils auxquels la fonte au silicium ne peut physiquement convenir.
- Difficile était le choix des pourcentages conciliant l’économie sur métaux coûteux, la résistance physique et chimique, enfin les qualités mécaniques. Les alliages ternaires 75 pour 100 Ni, 20 pour 100 Ca, 10 pour 100 Fe, très résistants aux températures ou aux acides, coûteraient trop cher. D’ailleurs, à partir de 15 pour 100, l’effet du chrome ne progresse plus, les produits deviennent durs, et, à 50 pour 100 Car, la viscosité du métal fondu interdit le moulage. Pourtant on hésitait à dépasser 40 pour 100 de fer, avec proportion 1/4 ou 2/3 pour Cr et Ni (aciers allemands). Enfin, l’action prépondérante du chrome étant mise en lumière, on put réduire ou exclure le nickel; et les compositions aujourd’hui signalées s’analysent ainsi, abstraction faite du pourcentage en fer qui dépasse toujours 85 :
- (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7)
- Carbone. . 0,05 0,07 0,07 0,15 0,33 0,37 1,01
- Chrome * . 13,52 11,7 13,3 11,8 12,43 12,0 11,8 Silicium. . 0,84 0,08 0,32 0,49 0,36 0,19 0,06
- Manganèse. 0,23 0,12 0,29 0,16 0,47 0,15 0,28
- Nickel . . 0,05 0,57 0,40 0,77 0,25 0,55 . ..
- Fig. S. — Grandes cuves à soude en superbasique,
- L’acier 2, forgeable à la main, usinable à froid, se prête à emplois divers; 3, 4, 6 et 7 sont des aciers durs ou mi-durs, le dernier pour outils; le type 5 est largement fabriqué en France, mais on y produit aussi, spécialement à Ugine, des aciers à 2 pour 100 Ni et 12 pour 100 Cr. Des traces seulement de soufre ou de phosphore sont admises. Les aciers Krupp à 0,15-0,40pourl00decarboneetl2-20 de Cr ne contiennent ni silicium, ni manganèse. Quant au cuivre, parmi les formules en admettant 0,5 à 1,5 pour 100, celle du métal apso, lancé par des aciéries lorraines, résiste bien aux eaux ammoniacales et 12 fois mieux que l’acier ordinaire à l’acide sulfurique dilué; ce métal très malléable, laminable, forgeable, est adopté pour les réservoirs à mazout où ni enduits asphaltiques, ni matelas de sable goudronné, n’arrêtaient la corrosion interne et externe. Quant au carbone, pas trop il n’en faut, la graphitisation étant suspecte pour toute théorie de la corrosion. Un brevet américain Saklatwalla, où le cuivre intervient, recommande le silicium pour balancer l’influence nocive du carbone dans la tendance à corrosion; d’autres spécialistes réclament au moins 2 Si pour 1 C, le pourcentage carbonique devant d’ailleurs augmenter avec ceux de chrome et (éventuellement) de molybdène. Certains procédés toutefois admettent, en cours de fusion, plus de carbone que n’en tolère l’alliage inoxydable, puis décarburent après coulée.
- Un point délicat, dont l’étude a fondé maints procédés, est la question du mode de préparation et du traitement thermique optimum pour ces aciers. Comme le démontrent les brevets anglais Saltrick, la composition de l’alliage et l’économique fabrication directe à partir d’un minerai de chrome et de ferro-silicium ou ferro-nickel conditionnent rigoureusementQa méthode de fusion : en travaillant au départ de la chromite, le choix et le moment d’addition ou injection d’autres constituants, de réducteurs du minerai, de gaz oxydants pour affiner l’alliage, le choix aussi du four, électrique ou à sole, dont le revêtement ne doit pas être carbonifère, tout ceci influence beaucoup la qualité du produit. Le mode de coulée lui-même peut marquer son effet, puisque l’èmploi de ..........-.................. ' ......------------
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- moules rotatifs centrifugeant l’acier chromé a permis d’obtenir des billes de roulement équivalant à celles venant de forge. Les traitements thermiques ne jouent pas un rôle moins important : parmi les inoxydables à 12-15 pour 100 Cr, les meilleurs en résistance et ductilité semblent fournis par trempe à partir de 955°, suivie d’un recuit à 427°; et assez souvent l’indifférence chimique ne s’obtient qu’après trempe.
- Qu’on les nomme stainless par amour de l’anglais, ou « inoxydables » par une légitime simplification, ces aciers complexes au chrome possèdent un ensemble de qualités qui leur promet un bel avenir dans les industries chimiques, aussi bien que dans la mécanique ou dans la coutellerie et la quincaillerie. Pour ce qui est des propriétés mécaniques, dès 1919 M. Murakami a exposé que l’autodurcissement'des aciers chromés s’explique par abaissement ou suppression d’un des points de transformation du métal, la dureté finale résultant de la dissolution du chrome par le carbure CrLG’2 dans le fer : explication qui suffirait, pour qui admet le caractère surtout chimique des corrosions, à. rendre compte en gros de la supériorité de ces alliages sur l’açièr ordinaire. Pour les tenants d’une théorie électrochimique, la « passivité spontanée ». des aciers au chrome est plus finement, élucidée par M. G. Tammànn ; des conclusions de ce chercheur, on retiendra que les. aciers a plus de 15 pour 10.0 de Cr constituent des métaux analogues, au platine quant à la valeur de tension ou polarisation cathodique; ceux à moindre teneur peuvent être suffisamment protégés de l’oxydation par la charge d’hydrogène produite en milieu électrolyte.
- Ce qui importe aux industries consommatrices, c’est que la métallurgie obtient maintenant, sur ces données théoriques, des aciers à base de chrome et nickel groupant les avantages suivants : dureté constante jusqu’au delà de 900° C. et parfois supérieure à celle des aciers rapides ; pas d’oxydation à même température, et très peu jusqu’à 950°, seuls les types au cuivre étant plus sensibles aux gaz de four surchauffés; résistance imparfaite à l’acide sulfurique, aux sulfates, aux mélanges sulfoni-triques et surtout à l’acide chlorhydrique, mais excellente à l’égard de l’acide nitrique, des alcalins et souvent aussi des réactifs organiques. Parfois, l’acier chromé à faible teneur résiste mieux à H Cl qu’aux simples effets atmosphériques, et il arrive qu’acicle acétique ou lactique l’attaque plus que vinaigre ou lait aigre, les colloïdes du produit naturel entravant sans doute le mécanisme de corrosion. Mais, sans cesse, de nouvelles formules, des traitements perfectionnés améliorent les qualités chimiques dans cette catégorie d’alliages, tandis que, malléables et ductibles en qualités douces, ils se prêtent aussi bien à la chaudronnerie ou tôlerie qu’à la construction des turbines, des hélices, des moteurs d’avions exposés à surchauffe.
- Le temps est donc venu où les usines chimiques et para chimiques, fidèles à une famille métallique d’emploi commode et de. production nationale abondante, peuvent choisir entre une vingtaine de marques françaises d’alliages ferreux résistant aux corrosions. Succès métallurgique inespéré vers 1900, et qui manifeste, une fois de plus,, le bienfait de l’intime collaboration de l’usine et du laboratoire. ? . Am. Matagrin.
- Eau Chlorure de Soude If1 ' Sulfate Mélanges Acide , 7 7 . r * ' '. " Acide Acide Acides
- de mer sodium caustique de soude sülîo- nitrique sulfurique chlor- orga-
- 33 p.100 33 p.100 10 p;100 _ nitriques ,..j -- hydrique liiqucs
- Acier (à 0,3-pour 100 C) . . . d
- Fonte ordinaire. * . .. . . .- , A ’
- Fer électrolÿtique. . . . . . A O
- Acier au manganèse A O
- Acier au nickel (30 p> 100 Ni). O O . CL o
- Fontes au silicium. .... . ; " O O A o • O O Q o O
- Aciers au chrome-nickel- (12à 15 pour ' 100 . Cr; 0,05 à 20 pour 100 Ni) . A. . ' 6 O o A A O A O
- — attaqué fortement; A =. attaqué faiblement ou sous certaines conditions; q = indemne.
- LES MOISSONNEUSES-BATTEUSES
- Un des problèmes les plus angoissants, ou plutôt le problème le plus angoissant à l’heure actuelle, en agriculture, est celui de la main-d’œuvre.
- Dans l’industrie, l’ouvrier est difficile à manier, il est plus ou moins habile, plus ou moins bien préparé
- au travail que l’on attend de lui, mais on le trouve généralement lorsque l’on en a besoin.
- En agriculture, au contraire, il devient de plus en plus difficile de trouver du personnel, celui-ci, tenté par les hauts salaires des villes et les agréments plus ou moins
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- réels qu’il peut y trouver délaissant la campagne pour l’usine.
- Cet abandon de la vie aux champs est dû d’ailleurs à des raisons multiples et complexes que nous n’étudierons pas ici et qui préoccupent à juste titre les économistes et les pouvoirs publics.
- Quoi qu’il en soit, le fait brutal est là : on ne peut plus compter sur du personnel supplémentaire pour les gros travaux saisonniers et il faut s’efforcer de plus en plus de remplacer les bras par des machines.
- Nous assistons, d’ailleurs, à cette industrialisation de la ferme depuis plusieurs années déjà, ne serait-ce que par l’extension considérable de l’emploi de la faucheuse mécanique et de la moissonneuse-lieuse : cette machine qui permet, en un seul passage, de couper la récolte, de la ficeler en gerbes et de la laisser sur le sol par groupes de plusieurs bottes prêtes à être rentrées à la ferme pour être ensuite battues, le battage devant séparer le grain de la paille et même débarrasser ce grain des poussières et impuretés qui ont pu se mélanger à lui.
- anciennes méthodes, avec mise en meules pour être battues ultérieurement, prenait souvent plusieurs semaines dans les exploitations de quelque importance : la durée de cette opération comprenant, en plus, le battage, le nettoyage et l’ensachage est réduite à quelques jours, suivant l’importance de l’exploitation. Ceci permet à l’agriculteur d’attendre que ses cultures soient arrivées à l’état de maturité optima pour les couper puisqu’il est beaucoup moins à la merci de la température ;
- 2° jEconomie de grain, car chaque manutention entraîne de la perte soit au champ, à la meule, à la bat-
- Fig. 1 à 3.
- Moissonneuses-batteuses (remorquées par des tracteurs) en travail.
- Mais si la pénurie de main-d’œuvre se fait sentir d’une façon inquiétante en France, il en est de même dans notre domaine colonial de l’Afrique du Nord.
- Et ce manque de bras est surtout préjudiciable au. moment de la moisson • qui doit naturellement se faire à une époque déterminée et dans un laps de temps très court.
- C’est pour cette raison que furent imaginées les moissonneuses-batteuses.
- Ces machines, en un seul passage sur le champ, coupent la récolte, la battent, c’est-à-dire séparent le grain de la paille, nettoyent ce grain et l’ensachent, tout en laissant retomber la paille sur le champ, soit en nappe uniforme, soit en tas régulièrement espacés. La paille est laissée sur le terrain lorsqu’on veut l’enfouir comme engrais par un labour moyen; elle est, au contraire, mise en tas lorsque l’on désire ensuite la ramasser soit pour l’utiliser comme litière, soit pour la transformer en papier.
- Les avantages de la moissonneuse-batteuse sont les suivants : 1° économie de temps : la moisson, par les
- teuse. L’ensachage immédiat empêche également les prélèvements dés oiseaux et des rongeurs. Cè grain ainsi battu très tôt a, en outre, meilleur aspect.
- 3° Economie de main-dd œuvre. — En effet, deux hommes assurant le service du tracteur et de la moissonneuse batteuse et deux charretiers pour l’enlèvement du grain forment une équipe suffisante pour moissonner une vingtaine d’hectares par jour.
- 4° Economie d? outillage, car il n’est plus besoin d’un grand nombre de chariots pour l’enlèvement de la récolte et, d’autre part, on n’utilise pas de ficelle de lieuse.
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- Fig. 4.
- Moissonneuse-balieu.se avec réservoir à grains.
- 5° Meilleures conditions générales puisque la machine permet de recueillir, avec le minimum de frais, une récolte mal venue, ce qui permet de réaliser un bénéfice sur une récolte qui, rentrée et battue normalement, n’aurait rien rapporté ou qui, abandonnée en terre, aurait représenté une perte sèche.
- En outre, les labours d’automne sont grandement facilités £>ar l’enlèvement précoce de la récolte précédente et par le fait qu’ils peuvent être exécutés avant que la terre soit durcie.
- La moissonneuse-batteuse est composée de deux parties qui sont les deux éléments formant son nom.
- La partie moissonneuse comporte une barre coupeuse exactement semblable à celle des faucheuses à herbe ou des moissonneuses-lieuses et pouvant couper le blé soit près du sol, soit juste au dessous des épis. La récolte tombe alors sur une toile sans fin tournant derrière la barre de coupe et entraînant les épis vers un élévateur qui les dirige dans la batteuse.
- La batteuse est du modèle normal, c’est-à-dire comporte un cylindre à battre tournant rapidement devant
- Fig. 6.
- Moissonneuse-batteuse vue de trois quarts avant droite.
- une grille demi-cylindrique; les épis passent entre les deux et, par choc, le grain en est extrait.
- Ce grain est ensuite nettoyé par passage dans un courant d’air produit par un ventilateur, puis trié suivant sa grosseur.
- Enfin il est dirigé dans les sacs se trouvant sur une plate-forme, sacs qui, une fois pleins, sont déposés sur le sol.
- Cet ensemble mécanique assez lourd est encore quelquefois traîné par un puissant attelage, mais on préfère généralement le faire , remorquer par un tracteur.
- Le mouvement est transmis tant aux organes de coupe qu’à la batteuse par un moteur fixé généralement à l’avant de la machine, ce moteur pouvant être démonté en période de non-utilisation de la moissonneuse-batteuse pour pouvoir être employé à d’autres usages.
- Sur quelques petites machines, le mouvement est transmis du tracteur; par l’intermédiaire d’un arbre de
- liaison muni de joints de cardan, dans ce cas — naturellement — il n’y a pas de moteur auxiliaire sur la moissonneuse.
- Voici donc un appareil permettant üne grosse réduction de main-d’œuvre et ayant toute une série d’avantages que je vous ai exposés plus haut; il se répand de plus en plus dans notre domaine de l’Afrique du Nord où les surfaces à récolter sont considérables, mais nous commençons aussi à le trouver dans les domaines d’une certaine importance dans le Midi de la France.
- La ferme tend à « s’industrialiser » tous les jours plus et les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour mettre à la portée des agriculteurs des machines de plus en plus complexes.
- J. Sers.
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- LA CULTURE DE L“ ARBRE A HUILE
- AUX ÉTATS-UNIS
- Depuis un temps immémorial, les Chinois emploient l’huile d’ « Abrasin » qui constitue la base de tous leurs vernis universellement réputés et enviés. Cette huile est encore appelée « wood oil », huile de bois; mais il ne faut pas la confondre avec l’« huile de bois » du « dao » annamite produite par le tronc incisé de grands arbres, pour protéger les bois et les cordages contre l’humidité, pour imperméabiliser les papiers et les étoffes.
- L’HUILE D’ABRASIN
- L’ « Abrasin »
- (.Aleurites fordii) ou arbre à huile, originaire de la Chine centrale, appartient à la grande famille des Euphorbiacées.
- Cet arbre est d’une beauté remarquable avec ses superbes fleurs blanches rappelant celles du cornouiller et ses grandes feuilles vertes cordii-formes. Le fruit qui a le volume d’une noix garnie de son brou est formé par trois à sept coques contenant chacune une graine, de l’albumen de laquelle on extrait l’huile dite « huile de bois ».
- Les Chinois utilisent eux-mêmes une grande partie de leur production pour leurs propres besoins. Ils en exportent, cependant, une certaine quantité et comme ils en ont jusqu’ici le monopole, ils s’appliquent à faire payer à leurs clients le prix fort autant que cela peut se faire.
- Les Américains qui se servent de l’huile de bois comme siccatif dans les vernis fins, les peintures imperméables pour parquets, meubles et autres articles similaires, sans compter les produits employés pour isoler les moteurs, les dynamos et les câbles sont encore les meilleurs clients de la Chine : ils en importent chaque année pour environ 15 millions de dollars.
- En présence de cette forte consommation, en présence aussi des fluctuations violentes des prix et des retards de livraison dus aux troubles incessants du pays des Célestes, les Yankee ont résolu de tenter avec l’Abrasin ce qui leur a déjà si bien réussi avec un certain nombre de plantes européennes.
- L’ACCLIMATATION DE L’ABRASIN AUX ÉTATS-UNIS
- D’ailleurs, déjà en 1905, le Département de l’Agriculture ayant pu se procurer quelques graines d’Abra-sin les fit semer et distribua un certain nombre de plants à des personnes habitant des régions où l’on pouvait compter les voir prospérer.
- Cinq de ces plants tombèrent entre les mains d’un M. Ray-nes, de Tallahassee (Floride), qui les mit, en novembre 1906, dans son jardin. Un seul survécut et ce plant qui est devenu un grand arbre existe toujours : c’est de lui que descendent tous les arbres à huile de bois cultivés actuellement aux Etats-Unis.
- En 1913, M. Raynes put envoyer à une grande fabrique de peinture de New Jersey 36 litres de noix d’où l’on a pu extraire environ 8 litres d’huile de bois,; la première qui ait été produite en Amérique.
- Mais ce ne fut, en réalité, qu’en 1918 que l’on se rendit compte des possibilités commerciales du nouvel arbre. Ce fut M. B. F. Williamson, de Gainesville, qui donna le branle à une entreprise se présentant aujourd’hui sous un aspect si favorable que deux des plus importantes fabriques de peintures et vernis ont entrepris sur une grande échelle la culture de l’arbre à huile. Leurs plantations comprennent 1200 hectares sur les 1600 actuellement existant en Floride et dans les Etats voisins, elles sont
- Fig. 1. — L’abrasin.
- Un arbre de 3 ans en pleine floraison.
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- Fig. 2. — Fleurs de l'arbre à huile.
- situées aux environs de Gainesville qui possède les mêmes conditions climatériques, reçoit la même quantité de
- Fig. 3. — Coupe transversale des fruits de l'arbre à huile, montrant les coques contenant chacune une graine. En haut : les graines dont on extrait l'huile.
- pluie, à la même époque, et se trouve à la même latitude que la province chinoise où pousse ce genre d’arbres depuis des milliers d’années.
- Du reste, grâce à une sélection des plus sévère, grâce surtout à la culture scientifique créée par M. Williamson après de nombreuses années d’études et de recherche?, les plantations sont en plein rapport et leur rendement est des plus encourageants.
- Comme 1’ « abrasin » conviendrait facilement à certaines de nos colonies, comme on pourrait peut-être même en tenter la culture en France, nous allons ajouter quelques renseignements complémentaires sur l’arbre lui-même, sur sa culture et sur son rendement.
- Les plants sont très fragiles et succombent facilement
- Fig. 4. — Arbre à huile portant dés noix.
- aux gelées. Jeunes, les arbres ne résistent pas à une température de — 6° C. Par contre, les sujets adultes ne sont pas affectés par une température de — 12° C., alors que des citronniers placés dans leur voisinage périssent sous cette même température.
- Ces arbres réussissent à peu près dans tous les terrains, pourvu que ceux-ci soient bien drames 5 ils preferent cependant les marnes sablonneuses ou les terrains argilo-sablonneux.
- On les plante par rangées, en laissant un espace de 9 m entre chaque rangée et de 3 m 65 entre chaque arbre. Plus tard, lorsqu’ils commencent à étendre leur ramure, on en enlève un.certain nombre, de manière à leur accorder entre eux un espace de 7 m 60. On laisse une soixantaine d’arbres par acre (40 ares).
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- Il faut s’occuper des arbres durant trois ans après leur mise en place et les fumer jusqu’à l’âge de six ans, si possible avec du fumier d’étable ou avec de bons engrais commerciaux. Pour donner à la plantation les matières organiques qui lui sont nécessaires pour son développement normal, on y sème en hiver des légumineuses (luzerne, vesce, etc.) qui, enfouies dans le sol avant la floraison, constituent un excellent engrais vert.
- Les arbres à huile ne sont sujets à aucune maladie cryptogamique et jusqu’à présent, en Amérique comme en Chine, ils paraissent être à l’abri des attaques des insectes déprédateurs.
- Ils donnent leur première récolte à l’âge de trois ans, mais ils ne sont en plein rapport que vers l’âge de neuf ans. A cette époque, on peut compter sur une moyenne de quatre boisseaux de noix par arbre, donnant environ 30 litres d’huile ; soit 1800 litres par acre, puisqu’il y a 60 arbres par acre;, alors qu’un acre de lin en donne 255 livres.
- ........... 'y:-;-:.....= 365 =
- En se basant sur ces chiffres officiellement contrôlés, on peut sans exagération affirmer que peu à peu l’huile de bois américaine remplacera le produit chinois et même, dans une certaine mesure, l’huile de lin dont les fabriques de peintures américaines usent, chaque année, pour 120 millions de dollars, la moitié provenant de l’étranger, et cela tout en augmentant la qualité et la durée des peintures.
- En résumé, après des tâtonnements inévitables, la culture de l’arbre à huile est parvenue, grâce à des méthodes à la fois rationnelles et scientifiques, à un stade de développement qui permet tous les espoirs. N’ayant pas. à craindre une surproduction toujours néfaste, — les besoins surtout de l’industrie automobile vont sans cesse augmentant -—1 tout fait prévoir que dans un avenir plus ou moins prochain elle sera l’une des plus importantes et des plus profitables industries de la Floride.
- L. Kuentz.
- PHOTOTOXIES
- La lumière-poison ? Il est certain que bien des faits, sinon nouveaux, du moins nouvellement publiés et étudiés, prouvent que la lumière se comporte chez certains individus comme des médicaments ou des aliments toxiques. Sans parler de la banale insolation qui souvent fait tituber, vomir l’individu, à la façon de l’ivresse, bien, des cas moins sensationnels montrent l’empoisonnement lumineux. Nous sommes plus oumoihs sensibilisés, soumis au « choc radiant » (').
- Il est des sujets prédisposés en cela comme en maints phénomènes physiologiques courants, variables avec chacun de nous, d’où les difficultés de la physiologie et de la thérapeutique, les doses variables, petites ou grandes, homéopathiques ou allopathiques, nécessaires en alimentation, en médication. Nous avons des capacités différentes. Nous, mangeons plus ou moins. Certains d’entre nous ont vite une indigestion ou des symptômes d’ivresse avec peu d’aliments ou dé boissons. Nous avons, je crois, un pouvoir d’absorption lumineuse variable allant de 0 à N unités (l’unité photogénique étant encore à déterminer, le terme « bougie » est insuffisant, on a songé à l’appeler « Finsen », du nom du grand photothérapeutë danois, au premier Congrès International d’Actinologie de Paris, 22-27 juillet 1929).
- Nous connaissons déjà deux accumulateurs de lumière par nous signalés depuis longtemps (graisse ou cholestérine, 1911, sélénium, 1912) dont le pouvoir d’absorption par gramme ou kilogramme pourrait servir d’unité de lumière spécifique.
- La lumière s’absorbe en effet et se conserve un certain temps. Ge photogénisme déjà mesurable par la plaque photographique l’est certainement par d’autres procédés physiques et même physiologiquës. Les maladies produites par sa carence — « vitamines » dit-on, le nom importe peu — selon le temps, la force de conservation, peuvent aussi aider aux mesures.
- Qu’on appelle radio-anaphylaxie, comme nous l’avons fait, les phénomènes morbides dus aux actions lumineuses si variées ; puisqu’elles vont des infra-rouges (voisins des
- 1. La Nature, 15 mars et 1er juillet 1928, etc.
- ondes de T. S. F.) aux lumières colorées visibles, et aux invisibles, ultra-violets, rayons X, radium, ultra-pénétrants des astres de Millikan,... : ils sont complexes et varient avec la cause génératrice.
- Il est des sujets qui ne peuvent s’exposer à la lumière sans être victimes d’urticaires violents, analogues à l'empoisonnement par l’ingestion de poissons, de crustacés, de fraises. Ceci dit pour justifier notre appellation que nous croyons exacte de « phototoxie ». J’ai vu — et j’avais lu bien des publications analogues dans nos revues médicales, — des malades, des femmes surtout, pour qui on a cru et voulu traiter pour « des maladies de peau », se refusant à croire à l’action solaire, et pour qui celle-ci provoque des brûlures et des démangeaisons intolérables. Même à la lumière voilée, certains de ces sujets sont brûlés immédiatement aux parties découvertes, avec rougeurs et petites pustules, les mains n’y échappent pas. Si on interroge ces patients, on ne trouve jusqu’ici rien qui mette sur la voie de l’intoxication lumineuse, à moins de revenir à la vieille notion d’idiosyncrasie.
- On connaît certains épileptiques badigeonnés . d’éosine, et ne présentant ensuite, au soleil, qu’aux endroits découverts, des manifestations cutanées. Il s’agit là de photosensibilisation qui commence à-être connue peu encore malgré des recherches dont les premières remontent au siècle dernier, mais dans les phototoxies purement lumineuses, on n’.en peut établir le rapport. On sait, avec le professeur Jansion, que la résorcine peut, en quelque sorte, vacciner en ces cas déterminés et à origine connue.
- Un patient m’a signalé un processus assez curieux. II travaille le torse au soleil, mais le torse couvert d’une flanelle et d’une chemise. Tout le haut du corps, du haut du pantalon au cou, est. entièrement rouge, « sauf la place des bretelles qui reste blanche et ne le démange pas ». Son médecin le docteur Collette, d’Àrdres, fit mettre entre la-chemise et la flanelle un plastron en étoffe bleue, et tout rentra dans l’ordre.
- Il y a, nous le signalions en 1903, un antagonisme des radiai tions, des radiations contraires, antitoxiques ; est-ce le cas, en cette application bleue, en cette chromothérapie agissante!*
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- Les phototoxies posent le problème de l’intégration et de sa durée dans les substances ou corps irradiés, procédés de mesure des quantités absorbées et par suite pouvant être émises. Si, comme dans le domaine calorifique, le pouvoir émissif est égal au pouvoir absorbant, le dosage de l’intégration lumineuse, de l’énergie « biogène » comme l’appelle le docteur Chambas, devient très important pour savoir, Un sujet étant connu, l’intensité de la durée de sa phatotoxie.
- Ce sont surtout les rayons X et dès leur début qui démontrèrent leur action nocive. — Disons en passant combien les bienfaits de ces radiations dépassent le mal . qu’elles causent occasionnellement, encore que celles-ci, même celles de Roentgen, exigent des conditions organiques spéciales, certaines, déjà connues.
- La durée de conservation des rayons lumineux, surtout pénétrants, comme les rayons X, est encore inconnue, imprévisible même. Le docteur H. Béclère a signalé à un Congrès de l’Association française pour l’Avancement des Sciences, un cas de brûlure cutanée où les dernières applications radiothérapiques remontaient à 14 ans ; d’autres auteurs en ont signalé de 2, 3, 4. et 5 ans. On ne sait pas toujours ce que deviennent les patients, d’où une certaine ignorance qui demeure. En général, les brûlures par les ultra-violets sont immédiates et faciles à guérir ; celles des rayons de Rœntgen exigent quelques jours, quelques semaines ou quelques mois avant d’apparaître, et guérissent plus ou moins lentement, selon les sujets et les traitements employés (l’infra-rouge, antagoniste des ultra-violets,- est ici indiqué).
- La phototoxie, qu’elle soit produite par des causes encore inconnues, ou provoquée .par des agents physiques théra-
- peutiques, est assez fréquente. La preuve, les preuves même existent en la multiplicité des remèdes proposés, rayons antagonistes, pommades nombreuses, et... primes d’assurances considérablement augmentées pour ces traitements, dans le monde entier. Le docteur William Benham Snow, de New York, dans Physical Therapeutics nous dit ces primes quadruplées aux Etats-Unis ! On parle de même de compagnies refusant d’assurer les radiothérapeutes?! C’est là une exagération qui pourrait priver maints patients du médicament rayon X — excellent et si puissant contre maintes tumeurs notamment.
- Les phototoxies propres, dues simplement à la lumière, sont rares, très rares, ce qui est rassurant. Il faut, en général pour leur production, des causes adjuvantes qui commencent à être connues, et qui permettront soit de ne pas soumettre, soit de vacciner, les sujets aux traitements, aux « chocs radiants » comme j e les appelle.
- Ainsi le professeur Jausion a vu chez les sujets gonacrinés une transformation du système pileux qui s’exagère, forme des « hommes caniches ». Dans un sens plus heureux, les simples ultra-violets font marcher « les enfants en retard », recouvrir leurs os de calcaire. Des farines complexes à 9arrazin, maïs, par contre, aident la pellagre disparue à reparaître, donneraient des symptômes particuliers à l’encéphalite léthargique, en des pays ensoleillés !...
- Ces sensibilisations se combattent déjà — en certains cas — par la résorcine, dit Jausion; elles, sont rares, mais devaient être signalées. Il nous a paru bon d’opposer la lumière-poison à la lumière-aliment, ce qu’elle est le plus souvent, et fort heureusement ! . . „
- Dr Foveau x>e Courmelles.
- LE NOUVEAU POSTE DE RADIODIFFUSION
- D’ALGER
- La prochaine'célébration du Centenaire de l’occupation française en Algérie vaut à la France d’outre-Méditerranée l’installation d’un nouvel et puissant poste émetteur de radiodiffusion, le poste Radio P. T. T. Alger, qui sera sous peu mis en service.
- Equipé par la Société Française Radio-Electrique qui a également monté Radio-Paris, Radio-Toulouse et Sainte-Assise, la plus grande station radio-électrique du monde, il est situé aux Eucalyptus, à une vingtaine de kilomètres d’Alger, sur la route de l’Arba.
- En son temps, nous avons informé nos lecteurs des premiers travaux.
- Aujourd’hui, l’installation de l’émetteur est complètement terminée et les ingénieurs de la S. F. R. sont à pied d’œuvre pour les premiers essais et la mise au point.
- UN ÉMETTEUR MODERNE DE 100 KILOWATTS
- Alimentation. — Le nouveau poste Radio P. T. T. Alger, du Gouvernement général, a bénéficié de la technique la plus moderne et des plus récentes réalisations de la radiophonie, tant au point de. vue scientifique que mécanique.
- La puissance de l’émetteur, comptée dans Yaritenne, est de 12 kw avec un taux de modulation de près de 100 pour 100.
- La! puissance totale prise au secteur sera d’environ 100 kw.
- Le système employé est du type dit à haute fréquence modulée. Ce système se caractérise par le fait que la modulation s’effectue sur un circuit de faible puissance.
- L’oscillation ainsi modulée est ensuite amplifiée autant de fois que cela est nécessaire pour atteindre la puissance qu’on s’est fixée.
- Les avantages qui découlent de ce principe sont les suivants :
- 1° Possibilité de réaliser un taux de modulation pratiquement aussi fort que possible.
- 2° Possibilité d’augmentation future de puissance sans modification du matériel déjà en exploitation.
- 3° Possibilité d’emploi d’un maître-oscillateur de très faible puissance commandé par un cristal de quartz.
- Dans le cas qui nous occupe, l’oscillation est engendrée par un cristal de quartz, vibrant directement sur la fréquence correspondant à la longueur d’onde d’émission. Le quartz et la lampe triode qu’il excite constituent le maître-oscillateur, point de départ de toute la station.
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- Stabilisation de l’onde. — Pour donner toutes garanties de stabilité de la longueur d’onde aussi bien dans le temps qu’au cours de la modulation, le maître-oscillateur est alimenté d’une façon autonome, c’est-à-dire entièrement indépendante du secteur d’alimentation. Par ailleurs, un amplificateur de rapport 1 sépare le maître-oscillateur de l’étage amplificateur sur lequel s’effectue la modulation. Par cette méthode, on peut obtenir une onde stable à 1/100 000 près, ce qui équivaut en principe à une stabilité absolue.
- Dispositif d’émission. — La puissance antenne est obtenue au moyen d’un étage d’amplification comportant 4 lampes triodes à circulation d’eau.
- Nous donnerons une idée de ce dernier ensemble en
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- sur un pupitre. Sur ce même élément se trouvent réunis tous les appareils de contrôle nécessaires, ainsi que les organes de sécurité.
- L’ensemble est combiné de façon que la moindre anomalie dans l’alimentation des triodes à circulation d’eau, dans leur polarisation ou leur excitation, se traduise immédiatement par l’arrêt de la station, avec signalisation du circuit en défaut.
- Les pylônes et l’antenne. — Il faut ajouter à ce qui précède que l’antenne, supportée par deux pylônes de 75 m, a été spécialement établie pour avoir un très fort rayonnement à distance sans créer de perturbations locales sérieuses. Il est probable que la longueur d’onde sera de 364 m.
- Fig. 1. — Le poste de Radiodiffusion Radio-Alger.
- disant que la puissance consommée par les filaments est de 3 kw 200. Les anodes absorbent une puissance moyenne de 45 kw environ sous une tension de 10 000 v et les grilles sont polarisées sous une tension de plusieurs centaines de volts par une dynamo de plusieurs kilowatts.
- Les tensions anodiques et de grille sont soigneusement filtrées de façon à éviter toute émission de tonique, c’est-à-dire de note musicale superposée.
- Suppression des harmoniques et automatisme. —
- Indépendamment de tous ces dispositifs destinés à permettre l’émission d’uné onde exacte, stable et pure, une disposition spéciale du couplage de circuit d antenne permet la suppression de tout harmonique gênant dans un rayon très court de la station.
- L’ensemble de l’émission est à commande entièrement automatique et la mise en route totale s’effectue par la seule manœuvre de deux petites clefs téléphoniques placées
- LE STUDIO ACTUEL ET LE FUTUR
- Le studio actuel, situé boulevard Saint-Sacns, servira encore pendant quelque temps et sera directement relié au poste émetteur par une ligne spéciale, souterraine jusqu’à Maison-Carrée et aérienne entre ce centre et la station.
- Au début de 1930 le studio sera transféré dans la nouvelle Salle des Fêtes, actuellement en construction en haut du boulevard Laferrière.
- M. Garcin, l’actif et dévoué président de l’Amicale de Radio P. T. T. Alger, qui a bien voulu se laisser interviewer, nous a fait également savoir qu’à partir du 1er octobre un nouvel orchestre radiophonique composé de 7 musiciens réputés, presque tous 1er prix du Conservatoire national et ayant de très sérieuses références, serait affecté à Radio-Alger.
- Le Conseil d’administration de l’Amicale espère qu’à
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- Fig. 2 (en haut). — La salle des appareils d'émission. Fig. 3 (en bas). — Le poste et les antennes.
- dater du 1er janvier 1930 l’effectif de cet orchestre sera porté à 15 musiciens de même valeur.
- D’autre part, le Conseil d’administration de l’Amicale envisage de donner à Alger, au cours de la saison, une vingtaine de concerts publics de musique de chambre avec un quatuor à cordes, également d’organiser hors cl’Alger, en collaboration avec la Société « Les Amis de la Musique » et dans les principales localités de l’intérieur, des auditions musicales de haute tenue artistique à l’aide des artistes de Radio-Alger, ceci afin de faire connaître par les milliers d’auditeurs sans-fdistes ceux qu’ils entendent si souvent sans les voir et de contribuer égale ment au développement du goût de la musique parmi les populations du pays.
- C’est à la fois une heureuse innovation et une décentralisation artistique qui portera ses fruits.
- Grâce à M. Pierre Bordes, gouverneur général de l’Algérie, à qui n’a pas échappé l’importance politique du grave problème de la radiodiffusion dans notre Colonie, à l’initiative du Commissariat général du Centenaire et à la fertile activité de l’Amicale du Poste Radio P. T. T. Alger du Gouvernement général, l’Algérie est ainsi dotée d’une puissante station de T. S. F. qui la place, du premier coup, à la tête de la Radiodiffusion dans l’ancien continent. Fred Bedeil.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES1
- IV. LES SAVANTS NÉS PAUVRES
- Les Savants nés pauvres sont légion et l’on ne peut qu’admirer ceux qui, forcés de travailler — souvent dans des emplois médiocres — pour gagner leur vie, ont, en outre, à force de ténacité, cherché à développer, dans un but tout à fait désintéressé, leurs tendances scientifiques et enrichir la Science. Citons-en quelques-uns, chronologiquement : Galilée, Kepler, Cassini, Denis Papin, Decaisne, Régnault, Claude-Bernard, Brown-Séquard.
- * *
- Galilée (1564-1642), le génial créateur de la philosophie expérimentale, était né, à Pise, dans une famille noble, mais malheureusement nombreuse et sans fortune, a Dès sa plus tendre enfance, a écrit Biot (2), il montra une aptitude singulière pour les inventions mécaniques, imitant, avec une adresse infinie, toutes sortes de machines et en en imaginant de nouvelles ou, quand il manquait de quelques-uns des matériaux nécessaires, ce qui était fort ordinaire, ajoutant de nouvelles pièces aux anciennes jusqu’à ce qu’enfin il eût le plaisir de les voir marcher. Son père lui fit faire ses études littéraires à Florence, où il demeurait, mais, peu riche et chargé de famille, il ne put lui donner qu’un maître fort vulgaire. Heureusement, le jeune Galilée, connaissant la difficulté de sa position, entreprit d’en sortir à force de travail. Il se livra avec tant d’assiduité à l’étude des classiques qu’il acquit bientôt une littérature étendue et solide, à laquelle il dut, par la suite, la netteté de ses discours et l’élégance de ses écrits. Son père, très versé dans la musique théorique et pratique, le rendit aussi fort habile dans cet art, qui ne cessa jamais d’être son délassement favori. Il apprit aussi à dessiner; il y excella et y acquit un goût si parfait que d’habiles peintres de son temps n’hésitèrent point à reconnaître qu’ils devaient beaucoup à ses conseils. Tel était Galilée à dix-huit ans, lorsque son père, qui découvrait chaque jour davantage l’étendue de son esprit, l’envoya, non sans de pénibles sacrifices, étudier la médecine à Pise.... Ce fut vers cette époque qu’il fit la première et l’une de ses plus belles découvertes.
- Se trouvant un jour dans l’église métropolitaine de Pise, il remarqua le mouvement réglé et périodique d’une lampe suspendue au haut de la voûte. Il reconnut l’égale durée de ses oscillations et la confirma par des expériences réitérées. Aussitôt il comprit quel pouvait être l’usage de ce phénomène pour la mesure du temps.... Jusqu’à l’époque de sa jeunesse où nous venons de le conduire, Galilée n’avait encore aucune connaissance des mathématiques; et, même, il n’avait pas le moindre désir de les apprendre, ne concevant pas en quoi des triangles et des cercles pouvaient servir à la philosophie. Néanmoins, comme son père lui répétait souvent que la musique et le dessin, dont il était passionné, avaient leurs principes dans le rapport de nombres et de position que les mathématiques enseignent, il eut envie de s’y essayer et pria plusieurs fois son père de lui en montrer quelque chose; mais celui-ci, craignant qu’une étude si forte et qui attache tant quand on s’y plait, n’affaiblît son zèle pour la médecine, lui répondit d’attendre qu’il eût achevé ses cours. Cela ne tranquillisa point du tout Galilée; et, comme parmi les personnes qui venaient habituellement chez son père, il se trouvait un certain Ricci, professeur de mathématiques des pages du Grand-Duc, il le supplia de lui donner, en cachette, quelques leçons de géométrie. Le jeune homme ne fut pas plutôt entré
- 1. Voir La Nature, n°» 2808, 2812 et 2816.
- 2. Mélanges scientifiques et littéraires, t. 2 (18586
- dans ce genre de spéculations auquel la nature l’avait destiné, que tout son esprit fut saisi par un charme nouveau de la possession certaine et entière de la vérité. Dès lors, la médecine, la philosophie, tout fut oublié pour Euclide. » Il apprit ensuite la géométrie seul, puis s’enthousiasma pour le principe d’Archimède et construisit ce que l’on appelle aujourd’hui une balance hydrostatique. Un pe.u plus tard on lui confia la chaire de mathématiques de l’Université de Pise; il avait alors. 25 ans.
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- Kepler (1571-1630), que l’on peut appeler le père de l’astronomie moderne, était né à Nagstatt, en Souabe. Quelques particularités de sa jeunesse sont connues grâce à Breitschwert, dont l’ouVrage a été utilisé par Arago dans la biographie f1) dont nous allons citer quelques passages.
- « Venu au monde à sept mois, Kepler était; très faible et avait la vue délicate. Son père était fils d’un bourgmestre de la ville de Weil. Sa famille était très pauvre. Sa mère, fdle d’un aubergiste des environs de Weil, n’avait aucune culture intellectuelle et ne savait même ni lire ni écrire; sa jeunesse s’était passée chez une tante, qui fut brûlée pour cause de sorcellerie. Le père de Kepler fit la guerre contre les Belges sous le duc d’Albe. Kepler fut atteint de la petite vérole à six ans. A peine était-il échappé à cette maladie qu’on l’envoya à l’école de Leonberg. Mais, lorsque son père revint de l’armée, il se trouva totalement ruiné par la faillite d’un individu en faveur duquel il avait imprudemment donné sa garantie. Il ouvrit alors un cabaret à Elmerdingen, retira son fils de l’école où il ne pouvait plus l’entretenir et lui confia le soin de servir ses pratiques, emploi dont il s’acquitta jusqu’à l’âge de douze ans. Ainsi, celui qui devait tant illustrer son nom et son pays commença par être garçon de cabaret. A 13 ans, le jeune Kepler fut atteint d’une violente maladie, à laquelle on crut qu’il ne survivrait pas. Son père, dont les affaires ne prospéraient pas, s’engagea dans l’armée autrichienne et, depuis lors, on n’en a plus entendu parler. Sa mère, dure, d’un caractère tracassier et rusé, rendit l’enfant très malheureux et dissipa les 4000 florins que possédait la famdle. » Ses autres parents n’étaient pas meilleurs pour lui; ses frères, entre autres, étaient de vrais vauriens Lui-même fut d’abord employé aux champs, mais, vu sa faiblesse corporelle, dut y renoncer. C’est alors qu’on le destina à ta théologie protestante, où il se montra peu orthodoxe et de laquelle il fut expulsé. C’est alors que son esprit fut dirigé vers les mathématiques par un professeur, Mæstlin, et s’enthousiasma pour l’œuvre de Copernic. « Dès que, a-t-il écrit lui-même, je pus apprécier les charmes de la philosophie, j’en embrassais avec ardeur toutes les parties ; mais je ne donnais pas une attention toute particulière à l’astronomie, quoique je réussisse aisément à bien entendre tout ce qu’on nous enseignait à l’école sur cet objet. J’avais été élevé aux frais du duc de Wurtemberg, et lorsque je vis mes compagnons accepter dans le service du duc des positions pour lesquelles ils n’avaient pas montré une aptitude particulière, je me décidai à accepter moi-même le premier emploi qu’on m’offrait. » Cet emploi était celui de professeur d’astronomie. Il n’en eut pas la vie plus agréable et, pendant de longues années, eut toutes sortes de malheurs. Mais il devait laisser les fameuses « lois de Kepler v, que connaissent tous les lycéens.
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- Un autre célèbre astronome, Cassini (1615 1702), né à Périnaldo, dans le comté de Nice, n’avait, pas plus que le
- 1. Œuvres complètes de François Arago, t. III, Paris, 1859.
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- précédent, été dirigé par ses parents vers l’astronomie. Il avait reçu une solide instruction littéraire et brilla même dans plusieurs poésies latines. Il eut la chance de se lier d’amitié avec Lercaro qui fut, depuis, doge de sa république. « Il était allé avec lui, a écrit Fontenelle ('), à une de ses terres, lorsqu’un ecclésiastique lui prêta, pour l’amuser, quelques livres d’astrologie judiciaire. Sa curiosité en fut frappée et il en fit un extrait pour son usage personnel. L’instinct naturel, qui le portait à la connaissance des astres, se méprenait alors et ne démêlait pas encore l’astronomie de l’astrologie; Il alla jusqu’à faire quelques essais de prédiction qui lui réussirent; mais cela même, qui aurait plongé un autre dans l’erreur pour jamais, lui fut suspect. Il sentit, par la droiture de son esprit, que cet art de prédire ne pouvait être que chimérique; et il craignait par délicatesse de religion que les succès ne fussent la punition de ceux qui s’y appliquaient. Il lut avec soin le bel ouvrage de Pic de la Mirandole contre les astrologues et brûla un extrait des livres qu’il avait empruntés. Mais, au travers du frivole et du ridicule de l’astrologie, il avait aperçu les charmes solides de l’astronomie et en avait été vivement touché. » Il s’attacha dès lors avec ardeur à cette belle science.
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- Le génial physicien Denis Papin (1647-1725), qui devait découvrir les effets et l’emploi de la vapeur d’eau comme force motrice, était né, à Blois, d’une famille protestante dont plusieurs membres avaient rempli des fonctions publiques. Elevé d’abord par les jésuites du Collège de Blois, il alla étudier la médecine à Angers, où, vu son peu de fortune, il obtint l’exemption des droits d’examens. Deux ans après il abandonna la médecine pour laquelle il ne se sentait aucun goût et devint, à la bibliothèque du Roi, l’assistant de Huyghens qui fut pour beaucoup dans sa vocation scientifique et dont il exécuta toutes les expériences. D’humeur aventureuse et se dérobant peut-être aux persécutions déjà menaçantes pour lès protestants, il quitta cependant son pays pour aller chercher fortune en Angleterre, où il était déjà connu par son ouvrage sur de Nouvelles expériences sur le vide et où il attira l’attention du physicien Boyle. Celui-ci a raconté, dans l’un de ses ouvrages, sa première entrevue avec Papin et l’origine de leurs relations. « Il arriva heureusement, écrit-il, qu’un certain Traité français, petit de volume, mais très ingénieux, sur la conservation des fruits et quelques autres points de diverse nature, me fut remis par M. Papin qui avait joint ses efforts à ceux de l’éminent Christian Huyghens pour faire les diverses expériences. J’appris qu’il était arrivé de France en Angleterre dans l’espoir d’y trouver un lieu qui fût convenable à l’exercice de son talent et qu’en attendant il voulait consacrer ses soins à quelques expériences physiques; sur ce, j’eus l’intention de satisfaire, à mes frais, sa curiosité et la mienne en même temps. Ma confiance en lui fut justifiée par son habileté et son activité, car certaines de nos expériences sortirent de son imagination seule; plusieurs des machines dont nous faisons usage, particulièrement la double pompe et le fusil à vent, étaient aussi de son invention. » Il ne connut cependant la gloire que tardivement parce que son caractère manquait un peu de souplesse et qu’il était très susceptible.
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- De simple garçon jardinier devenir Membre de l’Institut,, c’est un cas véritablement exceptionnel et qui fut cependant celui du botaniste Joseph Decaisne (1807-1882). Alors que la Belgique faisait partie de l’Empire français, le futur savant naquit à Bruxelles. Sa mère devint veuve de bonne heure, ayant à sa charge quatre enfants, dont trois fils, Henri,
- 1. Œuvres de Fonlenelle, t. I, lre partie, Paris, 1818.
- Joseph et Pierre. Ce dernier fit des études à Paris, puis atteignit le plus haut grade du service de santé dans l’armée belge. Henri s’adonna à la peinture; élève de David, il vint à Paris en 1821 avec sa famille qui traversa une période de gêne et de misère. Quant à Joseph, il avait commencé ses études au lycée de Bruxelles et les avait poursuivies à Paris, mais la vie devenant de plus en plus difficile il dut songer à gagner sa vie. Celle-ci a été retracée par M. Berthelet dans sa Notice historique lue à l’Académie des Sciences en décembre 1893 :
- Son frère lui donna des leçons de dessin, ce qui lui permit d’acquérir une certaine habileté pour reproduire les objets d’histoire naturelle, plantes, fleurs, animaux, talent auxiliaire indispensable aux études scientifiques qu’il poursuivit plus tard : à l’heure actuelle, ce devait être pour lui un gagne-pain. Le professeur Breschet proposa à Decaisne d’entrer dans son laboratoire pour y dessiner des pièces anatomiques; il ne put y rester, la vocation médicale lui manquant. La vue l’odeur des objets disséqués lui inspiraient une répugnance invincible et une sorte de terreur qui l’obligèrent à chercher d’autres moyens d’existence. Les plantes ont quelque chose de plus doux pour les sens et l’imagination. Mais il n’est pas facile à un débutant de trouver à vivre en les dessinant. La pauvreté le força donc à descendre encore davantage : il dut renoncer pour un temps à vivre de son intelligence et se résigner à une profession matérielle qui lui permît de tirer parti de ses bras. Visiteur assidu du Jardin des Plantes à cause de ses dessins, il fut réduit à demander du travail à Colin, aide dans cet établissement, et il entra lui-même au Muséum comme garçon jardinier à l’âge de 17 ans. Ses débuts dans sa nouvelle condition furent rendus plus durs par la malveillance de ses nouveaux pairs. Au lieu d’accueillir avec sympathie ce jeune homme amené vers eux, d’une- condition supérieure, par le sentiment du devoir et qui regardait le labeur du manœuvre comme supérieur à la mendicité du déclassé, ses compagnons traitèrent avec répulsion leur nouveau collègue : ils l’entourèrent de tracasseries et cherchèrent à l’humilier. Mais Decaisne sut se défendre par les moyens mêmes à la portée de sa nouvelle société. On rapporte que la question se vida par un combat singulier où il fut le plus fort, ce qui lui donna la paix. Il put alors exercer tranquillement ses fonctions de garçon jardinier et il demeura dans la hiérarchie de cette condition pendant neuf années. Cependant, une fois assuré de l’existence matérielle, il ne se confina pas dans sa besogne quotidienne. Après avoir accompli sa tâche avec conscience il allait visiter les serres et les jardins célèbres, il étudiait et dessinait les plantes rares; ses fonctions mêmes lui permettaient de suivre les herborisations, comme auxiliaire, et d’en profiter pour compléter son instruction. Enflammé du désir d’apprendre, eprès une journée de labeurs manuels, il consacrait encore une partie de ses nuits à l’étude. Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, apercevant de la lumière aux fenêtres du magasin de graines après l’heure réglementaire, s’enquit de ce qui s’y passait et, avec sa bonté accoutumée, signala le jeune jardinier aux encouragements de ses collègues. Adrien de Jussieu le fit passer du laboratoire dés graines au carré des semis : ce fut son premier avancement; Bernard de Jussieu avait autrefois illustré cette modeste situation. Les mérites de Decaisne et ses services devenant de plus en plus manifestes, il fut choisi par Jussieu, en 1833, comme aide-naturaliste; il avait 26 ans et la carrière de la science, fermée pour lui depuis son adolescence, se rouvrait enfin et d’une manière définitive.
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- Le chimiste et physicien Victor Régnault (1810-1874) eut des débuts difficiles. Son père était capitaine au corps des ingénieurs géographes militaires et eut deux enfants, une fille
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- et un fils. Celui-ci avait deux ans à peine lorsque, pendant la campagne de Russie, son père fut mortellement blessé et abandonné sur la route de Wilna. Les deux orphelins restèrent sans famille et sans ressources; Grâce à une aimable intervention ils furent placés, rue Richelieu, dans une maison de nouveautés, où le jeune Victor fut bientôt distingué : sa vive intelligence, son entrain, son précoce bon sens, tempéré par la gaieté communicative qui ne l’abandonna jamais, tout en lui provoqua la sympathie. Jusqu’à l’âge de 18 ans, il remplit les fonctions les plus modestes. Commis exact et scrupuleux, on lui laissait quelque liberté, mais il n’en abusa point; les heures dont il pouvait disposer, il les consacrait à la Ribliothèque nationale. Il reconnut bientôt que les éléments des mathématiques ne lui offraient aucune difficulté et il en entreprit l’étude ('). Il suivit alors les cours d’une institution préparatoire à l’Ecole polytechnique et fut reçu à celle-ci en 1830.
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- La vocation de Claude Bernard (1813-1878), le grand physiologiste, a failli sombrer par suite des difficultés de l’existence. Sa biographie a été exposée par Van Tieghem à l’Académie des sciences (2) et va nous permettre d’en dire quelques mots.
- Claude Bernard naquit au petit village de Saint-Julien, près de Villefranche-sur-Rhône (Rhône), dans une maison de vignerons qui lui resta toujours chère et où il passa jusqu’aux derniers temps ses moments les plus doux. Il perdit son père debonne heure et c’est sous l’œil vigilant d’une mère attentive et tendre que s’écoula son enfance. Comme il apprenait bien à l’école, le curé le choisit comme enfant de chœur et lui fit commencer le latin. Il continua et acheva ses études au Collège de Villefranche. C’était un élève très ordinaire, froid, taciturne, frayant peu avec ses camarades qui s’efforcaient en vain de l’associer à leurs jeux et que, plus tard, son élévation a fort surpris. La situation de sa famille ne lui permettant pas de loisirs, il vint à Lyon où il trouva chez un pharmacien un emploi qui lui donnait la nourriture et le logement. Il s’occupait des médicaments pour les animaux malades et apprit à faire... du.cirage. « Jamais, a-t-il lui-même raconté plus tard à Sarcey, je n’éprouvai une joie si franche que le jour où je composai mon premier pot de cirage. J’avais un état en main; je savais faire quelque chose; j’étais un homme ! » Tout de même, il s’ennuyait ferme dans cette boutique. En secret, il s’exerçait à tout autre chose. Au bout de quelques mois, ayant eu un petit succès sur un théâtre de Lyon avec un vaudeville, il se décida à partir pour Paris, léger d’argent, mais emportant dans sa valise une tragédie en cinq actes — Arthur de Bretagne — et une lettre de recommandation pour Saint-Marc-Girardin. Celui-ci, qui ne se doutait certes guère qu’il avait devant lui un futur confrère de l’Académie française, lui dit que sa pièce ne valait rien et lui conseilla de chercher un métier.
- Un peu déçu sans doute, Claude Bernard suivit cette indication et, dès le lendemain, s’inscrivit à la Faculté de nàéde-cine! Il s’y appliqua aussitôt à l’anatomie, aux dissections, aux travaux d'amphithéâtre. Ce n’était pourtant rien moins qu’un élève brillant.
- Pas plus ici qu’au collège, ses camarades ne pouvaient soupçonner ce que recélait en son vaste front cet étudiant silencieux, peu attentif aux leçons des maîtres et dont le calme méditatif était traité par eux de paresse. « Le sort, on serait tenté de dire une harmonie préétablie, a écrit Renan, l’attacha au service de Magendie à l’Hôtel-Dieu; Jamais le hasard n’opéra un rapprochement plus judicieux. Claude Bernard
- 1. Eloge par J.-B. Dumas. Mêm. de l'Acad. des sc., t. 42.
- 2. Séance publique annuelle du 19 novembre 1910.
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- et Magendie étaient, en quelque sorte, créés pour se joindre se compléter et se continuer.... Si Claude Bernard n’avait pas trouvé la direction de Magendie, il est douteux qu’il eût pu surmonter les énormes difficultés matérielles que la Fortune semblait avoir semées devant lui.... Chose singulière! Le premier abord de l’homme qui devait être son initiateur à la vie scientifique lui fut désagréable, presque pénible. Magendie, avec ses grandes qualités, était peu aimable. Son accueil seul déconcerta le jeune interne et, un moment, Claude Bernard méconnut la rare chance qui lui était échue. Magendie, lui, n’hésita pas longtemps. Au hout de quelques jours, sachant à peine le nom de son jeune élève, ayant remarqué ses yeux et sa main pendant une dissection : « Dites-donc, vous, lui cria-t-il d’un bout de la table à l’autre, je vous prends pour préparateur au Collège de France. »
- Dans ce récit un peu trop condensé, Renan a omis une circonstance qui semble pourtant mériter d’être rappelée. Au difficile début de ses relations avec Magendie, le découragement de Claude Bernard était si profond et, d’autre part, si impérieuse la nécessité de vivre, qu’il allait renoncer à la Science et se résigner, ses études terminées, à rentrer dans sa ville natale pour y exercer la médecine. Heureusement, il fit part de cette résolution à l’un de ses maîtres, Rayer, qui se connaissait en hommes et qui avait su, le seul, semble-t-il, apprécier les aptitudes particulières de son élève et deviner le brillant avenir qu’elles lui réservaient. Rayer repoussa bien loin cette détermination et se chargea d’arranger les choses. Grâce à son intervention, Magendie, mieux renseigné, se radoucit, étudia de plus près son interne et, bientôt, brusquement, comme il est .dit plus haut, en fit son préparateur. A dater de ce jour, la carrière de Claude Bernard était toute tracée.
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- Au nombre des savants peu favorisés par la fortune durant leur jeunesse, il faut aussi citer un autre physiologiste, Brown-Séquard (1817-1894), né à Port-Louis, dans l’île Maurice, qui, à ce moment, était devenue anglaise. Son père était américain (de Philadelphie) et sa mère française (de Provence) ; le premier, capitaine dans la marine marchande, disparut en mer avec son navire quelques mois avant la naissance de son fils.
- Sa mère lui communiqua cette vivacité d’esprit toute méridionale et ce caractère affectueux qui attirèrent à Brown-Séquard de si vives et nombreuses sympathies, tandis qu’il tenait de son père cette hardiesse qu’il porta dans ses entreprises et aussi cette promptitude à, changer d’existence et à évoluer sans cesse au milieu des péripéties d’une carrière aventureuse. Sa mère n’avait aucune fortune. Elle l’éleva, au milieu des privations de la misère, avec une tendresse dont il garda toujours le plus vif souvenir. Elle vivait en faisant vendre, par une vieille négresse, ses ouvrages de couture. A 15 ans, Brown-Séquard entra, en qualité de commis, dans un bazar colonial où l’on vendait toutes sortes de denrées; c’était, en même temps, un lieu de rendez-vous et de conversation, où l’adolesCent se trouvait en rapport à la fois avec les industriels et les beaux esprits de la localité. Il subit d’abord l’influence de ces derniers, en écrivant des poésies, des romans, des pièces de théâtre (curieux rapprochement avec la biographie précédente). A 20 ans, Brown-Séquard partit avec sa mère pour la France, centre idéal d’attraction pour les Mauriciens. A peine arrivé et comptant naïvement sur ses talents littéraires pour vivre, le jeune émigré vint présenter ses œuvres à Charles Nodier qui s’empressa de l’éclairer sur son vrai mérite en cette matière : « Il faut prendre un métier pour vivre, mon ami ». Il suivit ce conseil et décida qu’il se férait médecin, profession à laquelle, cependant, il ne semblait pas jusque-là prédestiné. Ce métier ne répondait
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- guère à ses besoins immédiats. La mère et le fils louèrent à bail, rue Férou, près de Saint-Sulpice, un appartement où des étudiants mauriciens, plus fortunés, vinrent prendre logement et pension. En même temps, travaillant à refaire ou plutôt à faire son instruction, il préparait, à la fois, outre ses examens de médecine, les deux baccalauréats ès lettres et ès sciences. En même temps, il donnait des leçons et travaillait au laboratoire de Martin Magron. Au contact des maîtres parisiens, Brown-Séquard eut la révélation de sa véritable vocation, jusque-là demeurée obscure. En reproduisant les expériences des autres dans le laboratoire de ce dernier, il eut l’idée d’en exécuter pour son propre compte; sa passion pour la physiologie éclata et concourut à le soutenir au milieu des pénibles épreuves d’une entrée de vie si difficultueuse. Il ne tarda guère en effet à être éprouvé, aussi bien au point de vue personnel qu’au point de vue familial. Une piqûre anatomique, phénomène alors trop fréquent encore parmi les étudiants en médecine,, le retint malade pendant de longs mois.
- A peine guéri, il perdit sa mère, la compagne dévouée et le soutien de son existence. Frappé par ce coup inattendu
- et sous l’influence d’une impulsion irrésistible et d’un demi-délire, il quitta Paris et s’embarqua pour son pays natal. Mais, à peine arrivé, plus dénué que jamais des ressources matérielles et n’en trouvant pas d’autres dans un centre aussi restreint, il eut recours à l’aide d’un ami pour regagner Paris. Il revint donc dans la capitale, plus pauvre que jamais, terminer ses études médicales, travaillant dans une misérable chambre et nourri, certains jours, de pain sec et d’eau claire, sans feu au cœur de l’hiver, vivant pêle-mêle avec les lapins et les cobayes, sujets de ses expériences, qui devaient, dès lors, demeurer ses compagnons pendant un demi-siècle (*).
- Après avoir passé sa thèse de médecine, Brown-Séquard partagea dès lors son existence entre la France, l’Angleterre et l’Amérique; on a compté qu’en cinquante ans il traversa l’Océan plus de soixante fois. Ce n’est que plus tard, en 1878, qu’il demeura définitivement en France, où il se fit naturaliser Français et succéda à Claude Bernard au Collège de France. Sa « bougite » perpétuelle était terminée.
- (A suivre.) Henri Coupin.
- 1. Berthelot. Notice lue à la séance annuelle de l’Acad. des Sc du 19 décembre 1928.
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- LES CHATAIGNES DANS L ALIMENTATION
- L’automne ramène aux coins des rues les échoppes enfumées, où grésillent, sous la morsure des flammes, les appétissants marrons de Lyon... ou d’ailleurs. La région lyonnaise produit en effet peu de châtaignes, mais la capitale du Rhône est un grand entrepôt où convergent les produits du Yivarais, du Forez, du Limousin, du Dauphiné, des Maures, sans compter, au moins avant la guerre, ceux du Piémont, de Florence, de Naples, de la Sardaigne et même de Turquie.
- Les plus délicates châtaignes viennent, dit-on, de Périgueux. La Dordogne était d’ailleurs, dans la dernière statistique sur ce sujet, le département qui produisait alors le plus de ces fruits. Se classaient ensuite la Haute-Vienne, la Corse, l’Ardèche, la Corrèze, etc.
- Chauds, les marrons ! chauds !... Et c’est le défilé des gavroches, des ouvriers, des midinettes, voire des élégantes parées de leurs fourrures, devant le fourneau du « marronnier » à Paris, du « castagnaïre », à Marseille !
- La châtaigne fut, avec le gland, un des aliments des races primitives. On en retrouve l’emploi jusqu’à la race aryenne. Aujourd’hui, c’est encore un fruit populaire que l’on rencontre sur toutes les tables. Elle constitue la base de l’alimentation, pendant les longs mois d’hiver, des habitants des régions pauvres, Plateau central, Corse, etc., où on la récolte de mi-septembre à novembre.
- Mme de Sévigné, demandant un jour à un petit paysan des Cévennes quelle était sa nourriture, reçut cette réponse charmante : « Tous les jours, nous mangeons des châtaignes ». — Et le dimanche ? « Nous en mangeons un peu plus ». Les appellations d’arbre à vie, arbre d’or, arbre à pain, appliquées au châtaignier, ne sont donc pas surfaites.
- Le nom de castanea, qui fut donné à la châtaigne par les anciens Grecs, est celui d’une ville de Thrace (ancienne Rou-mélie et Bulgarie). Virgile et Diodore de Sicile la nommaient noix castanéique.
- Les Romains appréciaient plus particulièrement les leucena, récoltées en Crète, sur lë Mont Ida, les tarentines, les napolitaines, les salariennes. L’empereur Tibère préférait celles de Sardaigne, nommées glands de Sarde par le Grec Dioscoride.
- Le mot marron tirerait son origine de Marronea, autre ville de l’ancienne Thrace, située, comme Castanea, près des côtes de la Mer Noire. A Rome on désignait les meilleures châtaignes sous le nom général de balanni, les marrons d’alors. Pline nous apprend que celles d’une qùalité médiocre, appelées coctivas et populares, étaient le partage du peuple et des pourceaux.
- Peut-être sont-ce les Romains qui importèrent chez nous les premiers marrons. On prétend que c’est au commencement de l’ère chrétienne, au temps où les Césars de la famille d’Auguste séjournaient à Lyon, que furent greffées les premières sardones (castanea sardinensis) du Vivarais et du Lyonnais. Telle est, semble-t-il, l’origine du marron de Lyon.
- Le marron se développant généralement seul dans la cupule du fruit est plus rond que la châtaigne. Il est aussi plus gros et d’un brun plus clair, plus cendré, alors que la châtaigne sauvage, elle, est noire. Remarquons qu’il existe encore beaucoup trop de châtaigniers non greffés, qui concourent à l’alimentation de l’homme. Le marron est rayé de « côtules » nerveuses et presque parallèles. Sa chair est plus fine, plus sucrée, plus parfumée, plus savoureuse. Sa peau est plus mince, de même que la pellicule interne (appelée quelquefois tan), celle-ci pénétrant moins, ou pas du tout, dans les sinus de la chair.
- Les marrons les plus volumineux sont ceux de Naples ; il en faut en moyenne 45 pour le kilo ; mais les meilleurs sont eeux de Turin. Les tambus sont de très gros marrons du Japon, d’Aomori, d’Yonozawa (variétés tambû, bon-gûri, yamba-gûri).
- La châtaigne acquiert surtout ses qualités au cours d’une année sèche. Les étés chauds, avec de temps en temps quelques pluies, sont les meilleurs. Si le mois d’août est froid, le fruit ne peut grossir. Mais un mois de septembre pluvieux, suivi de quelques semaines de beaux jours, favorise la maturité et la grosseur, en même temps que les qualités gustatives de la châtaigne.
- La faveur dont jouit le fruit du châtaignier ne tient pas seulement à son bon marché relatif et à sa saveur, mais aussi
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- à ses propriétés nutritives. La farine de châtaigne est un aliment que Monselet a ainsi qualifié : « Toi, farine de châtaigne ; toi, la synthèse des bois ».
- Wolf a donné du fruit frais la composition suivante : eau, 49,2 pour 100 ; matières azotées, 3 ; matières grasses, 2.5 ; matières hydrocarbonées, 42,7 ; matières ligneuses, cellulose, 0,8; phosphates et autres, 1,8. Baland cite, pour des châtaignes du Piémont : matières azotées, 5,97 ; matières grasses, 3,78 ; matières hydrocarbonées, 82 à 86 ; Larba-létrier a obtenu, avec des châtaignes débarrassées de leur enveloppe : eau, 46,15 ; matières azotées, 3 ; matières grasses, 2,46 ; matières amylacées et sucres, 44,57 ; cellulose, 1,90 ; matières minérales, 1,92. De Brévans cite les chiffres suivants, se rapportant à des marrons : eau, 51,48 ; matières azotées, 5,48 ; matières grasses, 1,37 ; matières extractives non azotées, 38,34 ; cellulose, 1,61:; cendres, 1,72.
- On a dit que 2 kg 5 de châtaignes fraîches, ou 1 kg 5 de sèches, forment l’équivalent d’un kilo de pain. Mais une nourriture exclusivement composée de châtaignes, substituée à ce dernier, ne saurait suffire au plein entretien des fonctions vitales de l’homme. On reproche surtout à cet aliment son insuffisance en azote et en phosphates. On a calculé qu’un homme devrait en manger 5 kg pour se sustenter convenablement. Dans la plupart des régions pauvres de production, on les associe au laitage.
- Quand elle n’est pas assez cuite, la châtaigne est d’une digestion assez difficile ; bouillie, elle conviendrait donc mieux que rôtie.
- Bodart dit, dans son cours de botanique comparée, que « par la préparation que l’on fait subir aux marrons, dans les Apennins, où ils forment la principale nourriture du pauvre, lis offrent toujours un aliment sain, agréable au goût et d'une digestion facile. En général, les hommes qui se nourrissent de châtaignes sont forts, robustes, capables de résister à des travaux si rudes que les ouvriers de la plaine les plus vigoureux et les mieux nourris en seraient effrayés ».
- On a essayé, à plusieurs reprises, de faire du pain avec de la farine de châtaigne, mais la pâte, pas assez élastique, cuit mal, est friable, lourde à digérer. Ce dernier point expliquerait cette appréciation de Grimod de la Reynière : « Il ne convient qu’à des estomacs grossiers de se bourrer de ce fruit populaire ».
- En Corse, on en fait, cependant, une galette qui sert de pain. Ce pays est, d’ailleurs, à la fois un grand producteur et un grand consommateur de châtaignes. A la fin de l’Empire, les partisans de l’Empereur étaient désignés par le peuple sous le nom provençal de « castagnaïres ».
- La fameuse » polenta » de châtaigne, le plat favori des insulaires, qu’affectionnent aussi les Calabrais, est de la purée de châtaigne au lait, plus ou moins bien frite dans l’huile.
- Dans le Limousin, le Périgord, l’Angoumois, on fait une préparation de châtaignes fort appréciée, en opérant de la façon suivante : après avoir décortiqué les fruits, on les laisse se ressuyer du soir au matin sur une table. On les plonge alors dans une marmite pleine d’eau bouillante, pour que l’on puisse leur enlever leur pellicule rougeâtre, mais se gardant de les réduire en purée. Pour débarrasser les châtaignes de cette seconde peau, on agite verticalement dans la marmite une sorte de grands ciseaux en bois dur (2 règles de 0 m 60, assemblées sur le plat avec un boulon et un écrou), portant des encoches sur les bords de la moitié opposée au manche, et remplaçant le tranchant.
- On procède ainsi au blanchiment.
- On jette ensuite sur une claie, puis on plonge les châtaignes dans de l’eau claire, et on lave abondamment. Avec un couteau, on complète, s’il y a lieu, le travail du débourradour ainsi décrit.
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- Finalement, on cuit sur un feu ardent, et dans une marmite au fond de laquelle on a mis une couche de feuilles, qui communiquent à l’aliment leur parfum. Celles du figuier sont surtout recherchées, mais on emploie, à défaut, les feuilles de vigne, de pêcher, de tilleul. On complète avec de l’eau et on ajoute du sel.
- Rappelons que les châtaignes bouillies constituent un remède contre la dysenterie.
- On connaît l’emploi plus aristocratique des châtaignes rôties pour « bourrer » les dindes, remplaçant les truffes inabordables, et celles qui accompagnent les rôtis de porc et de veau ; le cuissot de chevreuil, ou le gigot de mouton, à la purée de châtaigne, trouvent aussi leurs amateurs.
- Dans les pays de production, on conserve les châtaignes par la dessiccation à la fumée et au feu, sur des claies. Débarrassées ensuite de leurs enveloppes, elles constituent les châtaignes blanches, castagons, blanquettes, que l’on mange cuites à l’eau et au sel, ou au lait.
- Baland considérait comme une heureuse innovation de faire entrer, à la caserne, la châtaigne dans l’alimentation ordinaire du soldat.
- En attendant, les fraudeurs, eux, les font entrer, dit-on, dans la confection des boudins et de certains chocolats. Cependant, les convalescents peuvent essayer cette sorte de chocolat de châtaigne, recommandée par Lieutaud et par Bodard.
- Après cuisson des fruits dans de l’eau (eau-de-vie est-il dit, mais un peu chère aujourd’hui), on les débarrasse de leurs enveloppes et les fait bouillir avec du lait, du sucre, de la cannelle en poudre, de la vanille.
- On écrase et on agite dans une chocolatière, pour rendre mousseux.
- On connaît l’emploi des châtaignes pour la préparation des marrons glacés, dont les plus réputés sont ceux de Privas, Lyon, Vais, Clermond-Ferrand.
- Pour la purée de marrons, on cuit à petit feu ces derniers avec deux verres d’eau par kilogramme. Quand ils se fondent, on les pile et on les passe au tamis, ou à la passoire. On fait dissoudre le même poids de sucre vanillé que de pâte, dans 2 décilitres d’eau par kilogramme de sucre. Lorsque le sirop « forme le fil », ajouter la pâte et faire cuire 15 à 20 minute sans cesser d’agiter.
- On peut encore écraser les fruits cuits dans un sirop, puis passer la purée dans une passoire avec un pilon en bois. En tournant la passoire, on dresse en pyramide ce vermicel, que l’on sert accompagné d’une crème.
- Le soufflé de marrons se prépare avec des marrons cuits, puis écrasés avec un pilon dans une passoire. On mélange alors un litre de marrons, 200 gr de sucre en poudre, 50 gr de fécule de pomme de terre, 6 jaunes d’œuf, 6 blancs battus en neige et un peu de vanille en poudre. Le tout, après avoir été travaillé sur un feu très doux, est laissé au four durant 20 minutes, dans un plat creux, ou dans un moule enduit de caramel.
- La poudre de châtaignes torréfiées serait un excellent remède contre la dysenterie.
- La décoction de châtaigne mêlée au miel est efficace contre la toux et l’hémoptysie.
- On tire encore de l’alcool des châtaignes, comme des autres matières féculentes, pommes de terre, grains, haricots, fèves, etc.
- Enfin, dans les lieux de production, les châtaignes constituent un précieux aliment pour les animaux de- la ferme : chevaux, ruminants, volaille. Les porcs du Limousin, de Saint-Yrieix en particulier, doivent Une part de leur supériorité aux châtaignes avec lesquelles on les engraisse.
- Antonin Rolet, Ingénieur agronome.
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- 4 —.. LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- Fig. 1. — Vue 'd’ensemble le l’appareil Super-Ralhje Radio L L.
- POSTE TRANSPORTABLE “ UP TO DATE ”
- Nous avons indiqué récemment les caractéristiques les plus intéressantes des « postes transportables » modernes. Ces appareils doivent donc posséder à la fois les avantages des postes fixes et des postes portatifs, et leur réalisation doit être particulièrement étudiée.
- Le constructeur français qui a, le premier, établi en France des appareils à changement de fréquence, et des postes portatifs de ce modèle, vient d’étudier un poste transportable qui constitue sans doute le modèle le plus perfectionné que l’on puisse construire à l’heure actuelle.
- Cet appareil comporte un montage à cinq lampes seulement, dont une changeuse de fréquence bigrille, deux lampes moyenne fréquence, une détectrice et une lampe basse fréquence.
- Malgré ce nombre de lampes relativement réduit, la sensibilité du système et l’intensité d’audition sont assez grandes grâce à l’emploi de lampes spéciales à capacités internes réduites sur les étages moyenne fréquence, et d’une lampe trigrille de puissance en basse fréquence.
- L’alimentation des lampes est assurée par un accumulateur de chauffage à liquide immoblisé et par des batteries de piles
- à grande capacité pour la tension plaque et la polarisation de grille. Ces batteries sont logées dans la partie inférieure de l’ébénisterie gainée (fig. 2.)
- L’aspect extérieur de l’ensemble de ce poste complètement autonome est extrêmement heureux et simple (fig.’l).
- Sur une petite plaquette de contrôle en aluminium encastrée dans une planchette d’acajou verni sont disposés les cadrans du condensateur de modulation et d’accord du cadre, les boutons du rhéostat et du potentiomètre de réglage d’intensité, et un commutateur de bobinages d’oscillatrice grandes ondes, petites ondes.
- Un jack pour haut-parleur extérieur et un autre destiné à permettre la reproduction phonographique à l’aide d’un pick-up électromagnétique complètent l’ensemble.
- Un haut-parleur à grand rendement, à diffuseur réglable de grand diamètre, est placé en dessous de la plaquette de réglage et le cadre de réception est disposé simplement dans le couvercle antérieur du poste, monté à charnières et pourvu d’un commutateur d’enroulement grandes ondes-petites ondes, comme le montre la photographie de la figure 1.
- Le poids relativement peu élevé du poste et son faible encombrement permettent un transport aisé; tandis que son aspect
- Fig. 2. — L’appareil transportable Super Rallye, vu par derrière.
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- esthétique rend possible son adoption comme poste fixe d’appartement.
- UN MONTAGE BASSE FRÉQUENCE A IMPÉDANCES
- Le système de liaison le plus employé pour l’amplification basse fréquence est le système à transformateur à circuit magnétique fermé.
- Mais nos lecteurs connaissent sans doute aussi les avantages de la liaison basse fréquence à résistance capacité ou impédance capacité.
- Ce système de liaison, qui peut être combiné, d’ailleurs, avec la liaison à transformateur, permet d’obtenir une grande pureté d’audition. L’amplification est sans doute moindre qu’avec la liaison à transformateur, mais elle est encore très suffisante, surtout si l’on emploie une tension de plaque assez grande et des lampes de puissance bien choisies suivant le but désiré.
- La courbe théorique schématique de l’amplification obtenue
- Fig. 3. — Montage à 2 lampes basse fréquence à liaison impédance
- capacité.
- ' k v. réaction
- H? Parleur.
- Fréquences (Echelle logarithmique)
- Fig. A. — Caractéristique théorique d’amplification obtenue avec une liaison à impédance et une lampe de coefficient d’amplification 10 et de résistance interne 10 000 ohms.
- par ce procédé montre bien qu’il permet d’obtenir d’excellents résultats à partir d’une fréquence de 200 périodes environ, on peut encore descendre plus bas en le combinant avec un étage à transformateur (fig. 4).
- Il est très facile de réaliser de tels systèmes de liaison à l’aide d’un enroulement à fer à noyau de tôle mince de grande perméabilité, d’un coefficient de self induction d’environ 30 henrys dans les conditions normales d’utilisation, et de deux condensateurs d’environ 10/1 000 de microfarad.
- Le schéma de la figure 3 indique, par exemple, un montage à deux lampes basse fréquence L2 et L_ montées avec deux impédances ^ et I2 de ce genre, deux condensateurs C, et C5 et deux résistances de grille Rt et R2 de 2 à 5 mégohms.
- La première lampe L.2 sera une A-409 Philips, L-410 Gécovalve ou équivalente, la deuxième L3, une B-406 Philips ou P-410 Gécovalve avec polarisations respectives de 4 v et 6 v environ. P. HemarÔinqüer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Poste transportable: Etablissements Radio L. L., 5, rue du Cirque Paris.
- Impédances F. A. R., Voilant, agent général, 31, avenue Trudaine Paris.
- Lampes Gecovalve 10 et 12, rue Rodier, Paris (9e).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR AVIVER LES VIEILLES LIMES
- On commence par les nettoyer avec de l’eau chaude et de la potasse ; on les brosse bien avec une brosse rude, puis on les fait sécher. On les plonge ensuite dans l’eau-forte ou l’acide chlorhydrique. On essuie immédiatement les dents en les frottant sur un linge tendu sur une planche de bois. L’acide qui reste dans les raies creuse l’acier à une certaine profondeur. Au bout de 3 heures, on peut laver les limes et les faire sécher ; puis on les trempe légèrement dans l’huile. Elles sont alors prêtes à servir à nouveau.
- POUR RÉUSSIR LA MAYONNAISE
- Un de nos lecteurs nous, écrit à ce sujet
- « Pour réussir à coup sûr la mayonnaise (voir La Nature n° 2813), le meilleur moyen serait de la manquer.au préalable... ce qui est tout à fait facile,
- Dans un bol propre, il faut alors mettre une demi-cuillerée à café d’eau, ajouter tout doucement et par petites portions le mélange raté d’œuf et d’huile, en brassant selon les rites. De cette façon la mayonnaise se réussit beaucoup plus facilement, et la vieille cuisinière qui m’a appris
- cette recette m’assurait qu’elle faisait tout son possible pour rater la première sauce, la seconde étant toujours plus belle....
- Sans aller jusque-là, j’ai vu essayer très souvent cette méthode et n’ai jamais vu d’insuccès. »
- ÉTIQUETTES
- « 1° Collage des étiquettes sur le fer-blanc.
- Vernir au préalable la partie de surface destinée à recevoir l'étiquette.
- Coller ensuite l’étiquette avec n’importe quelle colle.
- Le vernissage (avec tout vernis incolore) des boîtes de fer-blanc destinées à un usage courant donne à ces boîtes un aspect soigné très durable, et les préserve parfaitement de la rouille.
- 2° Vernissage des étiquettes.
- Les vernis cellulosiques (Duco) conviennent bien, mais le meilleur aspect, principalement pour une étiquette collée sur verre ou sur porcelaine, sera obtenu en vernissant l’étiquette, collée et sèche : 10 avec une couche très légère de’collodion ; 2° après séchage de cette couche, avec une ou plusieurs couches de vernis incolore à l’alcool.
- Avec cette méthode et en assortissant la couleur du papier et celle du vase, l’étiquette fait corps avec son support et peut être confondue avec une inscription émaillée.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La diffusion moléculaire de la lumière, par Jean
- Cabannes avec la collaboration de Yves Rocard. 1 vol., 326 p.,
- av. fig. Les Presses Universitaires de France. Paris, 1929- Prix
- 65 fr.
- L’étude de la diffusion de la lumière par les molécules est un chapitre neuf de la physique et d’un vif intérêt. Il est né le jour où l’on s’est aperçu que la coloration bleue d’un ciel pur était un phénomène inexplicable. Tyndall avait bien proposé l’hypothèse d’une diffusion de la lumière par des particules atmosphériques très petites, des poussières en quelque sorte. Mais aucune observation ne révèle l’existence de ces poussières aux hautes altitudes. C’est lord Rayleigh, en 1899, qui proposa l’hypothèse qui semble le mieux correspondre à la vérité : la diffusion de la lumière par les molécules mêmes du milieu gazeux qu’elle traverse, sans intervention d’aucune impureté en suspension. L’auteur, à qui cette branche de la physique doit une importante contribution, expose d’abord la théorie de la diffusion moléculaire de la lumière par un gaz ou une vapeur transparents ; il décrit les dispositifs expérimentaux qui permettent d’étudier quantitativement le phénomène. La lumière diffusée par une molécule, au lieu d’être totalement polarisée, est partiellement dépolarisée; M. Cabannes, après avoir indiqué comment on mesure ce facteur de dépolarisation, montre que le phénomène a des rapports étroits avec la structure même de la molécule et nous offre un moyen d’entrevoir l’architecture moléculaire. L’auteur termine cette partie de l’ouvrage en montrant les rapports entre la diffusion moléculaire et l’absorption atmosphérique. Il aborde ensuite l’étude de la diffusion de la lumière dans les liquides purs, en donnant tout le développement nécessaire à la partie expérimentale, particulièrement délicate. Ici encore la dépolarisation beaucoup plus forte que dans le cas des gaz procure d’utiles données sur-la structure moléculaire. Puis, en collaboration avec M. Rocard, il propose une théorie thermodynamique générale de la diffusion de la lumière par les fluides, perfectionnant celles de Gans et de Vessiot King. Il discute, à la lumière du contrôle expérimental, la valeur des formules déduites de la théorie.
- Les chapitres suivants sont dus à M. Rocard : ils sont consacrés à la-définition et à l’étude du champ moléculaire et de l’opalescence critique. Un appendice est consacré à l’étude expérimentale des spectres de diffusion et à l’effet Raman.
- Cet intéressant et très complet ouvrage non seulement résume d’excellente façon la situation actuelle d’une branche très neuve et très discutée de la physique; mais il constitue un guide excellent pour quiconque veut poursuivre des investigations dans ce domaine, et offre nombre de suggestions qui apportent un véritable programme de travail aux chercheurs.
- Les Industries de l’Azote, par L. Maugé. 1 vol., 684 p.,
- 255 fig. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1929.
- Les industries de l’azote ont pour objet essentiel la production d’engrais azotés ou d’acide nitrique, élément nécessaire à nombre d’industries chimiques. On sait quelles révolutions sont survenues dans les industries de l’azote depuis l’entrée dans la domaine industriel de la synthèse de l’ammoniac, ou de l’acide nitrique à partir de l’azote de l’air. L’ouvrage de M. Maugé nous offre un tableau technique complet et à jour de l’état actuel de cette vaste et puissante industrie.
- K* Après avoir rappelé comment se pose le problème des engrais azotés, il étudie l’industrie des produits ammoniacaux et tout d’abord les procédés de récupération des sels ammoniacaux dans les matières organiques, puis la synthèse directe de l’ammoniac à partir de l’hydrogène et de l’azote (procédés Haber, Claude, Casale, Greenwood, Fauser); il examine également les procédés de synthèse par les nitrures métalliques et passe en revue les propriétés, usages et fabrications de certains dérivés de l’ammoniac : amides, urée. Il étudie ensuite les composés oxygénés de l’azote, surtout l’acide nitrique ; décrit l’extraction et le traitement des nitrates naturels au Chili, puis les divers procédés de fabrication de l’acide nitrique, soit par traitement des nitrates, soit par synthèse directe. Un chapitre est consacré aux applications de l’acide nitrique et des divers nitrates, un autre à la fabrication de l’acide cyanhydrique et des cyanures, un autre enfin à la cyanamide de calcium.
- Les Houilles, par'. C. Berthelot. 1 vol., 330 p., 60 fig.
- J.-B. Baillière et Fils, éditeurs, Paris, 1929. Prix : 20 fr.
- Dans la première partie de son livre, l’auteur examine rapidement la situation économique actuelle de l’industrie charbonnière dans les principaux pays européens, situation devenue difficile, on le sait, mais qui s’est améliorée depuis la rédaction de l’ouvrage. Celui-ci décrit •en outre, l’évolution profonde imprimée en ces derniers temps à l'industrie du charbon par l’adjonction directe d’industries chimiques : ammoniac synthétique, combustibles liquides, utilisant les produits de la distillation du charbon.
- Le reste de l’ouvrage est une étude technique, à l’usage du grand public, de l’industrie et du commerce des houilles à partir de la sortie de la mine : définition des diverses espèces de houilles et cokes, pré-
- paration mécanique des charbons, fabrication des agglomérés, contrats de vente, méthodes d’essai.
- C’est un excellent précis qui rendra de précieux services à tous les consommateurs, et ceux-ci sont légion, en leur faisant bien connaître le produit qu’ils emploient.
- Le Pétrole, par J. Filhol et Ch. Bihoreau. I vol., 208tp., 39 fig. en planches hors texte et cartes. Les Éditions Pittoresques, 101, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris, 1929. Prix : 30 francs.
- Le pétrole joue aujourd’hui un rôle si considérable dans l’activité économique et même dans la politique des nations que tout homme cultivé se doit de connaître les données essentielles relatives à ce combustible.
- L’ouvrage de MM. Filhol et Bihoreau permet de le faire aisément et d’une façon fort agréable. Les auteurs, ingénieurs à l’Office National des Combustibles liquides, sont parfaitement au courant de tous les aspects de la question du pétrole ; ils ont su en dégager, à l’usage du grand public, les points capitaux : historique et répartition du pétrole dans le monde, développement rapide de l’extraction en Amérique, procédés de prospection et de forage, traitement du pétrole brut, raffinage, cracking, transport, magasinage et vente, pétrole de synthèse et carburants de remplacement. Un chapitre particulièrement intéressant est celui où les auteurs narrent les luttes entre les grands groupements d’industriels pétroliers, lutte finissant par aboutir à la constitution d’une sorte de monopole mondial entre les mains d’une infime oligarchie. Us n’ont pas de peine à montrer la nécessité d’une politique française du pétrole et indiquent ce qui, jusqu’ici, a été fait en France dans cette voie : recherches sur le territoire de la Métropole et des colonies, participations privées ou de l’État dans des gisements étrangers, recherches scientifiques, restauration de l’industrie du raffinage en France, etc.
- Les coulisses du cinéma, par M. Michel Coissac. 1 vol., 216 p., 38 fig. hors texte. Éditeur : Les Éditions Pittoresques, 101, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris, 1929. Prix : 30 fr.
- Comment se conçoit, s’exécute et s’exploite un film, tel est le sujet de ce nouveau livre de M. Michel Coissac : l’auteur nous montre, en action, l’armée souvent formidable de tous les collaborateurs qui contribuent à la réalisation d’un film, il analyse les tâches multiples et variées auxquelles ils ont à faire face et les moyens dont ils disposent à cet effet. On trouvera en outre dans l’ouvrage des renseignements précis sur l’outillage comparé de l’industrie cinématographique dans les divers pays producteurs. Lecture instructive et attrayante pour tous les amateurs du nouvel art théâtral.
- Le Travail des Métaux aux machines-outils, par M.-J. Androuin. 1 vol., 495 p., 642 fig. J.-B. Baillière, éditeur. Paris, 1929. Prix : 80 fr.
- Pour la bonne exécution d’une pièce mécanique, rien n’est plus important que de pouvoir connaître exactement la façon dont les outils agissent sur la matière. On sait que la détermination précise des éléments qui influent sur ce mode de travail a été le point de départ des célèbres travaux de Taylor et qu’elle a conduit à des résultats révolutionnaires dans l’organisation des ateliers de mécanique, ainsi qu’à des découvertes capitales dans le domaine de la fabrication et du traitement des aciers. M. Androuin étudie, dans cet ouvrage, d’une façon théorique et pratique, les diverses opérations élémentaires que l’on trouve dans tout usinage mécanique : il montre, d’abord, d’une façon générale, comment déterminer les formes optima à donner à un outil, ainsi que les conditions de marche les plus économiques, comment choisir et traiter la matière de l’outil ; puis, des mêmes points de vue, il examine successivement et en détail les divers procédés de façonnage : rabotage, mortaisage, alésage, perçage, fraisage, taillage, brochage, filetage, taraudage, tournage, grattage, limage, sciage, meulage, rectification, brunissage.
- Cette énumération montre l’ampleur du programme abordé par, M. Androuin et traité par lui avec une clarté et une compétence, qui font de son livre un guide précieux pour tous les praticiens du travail des métaux.
- Les ailes et les Alpes, par M. Mittelholzer. l vol. in-8, 108 p., 191 photos hors texte. Editions pittoresques, Paris, 1929.
- Aviateur admirable qui, non seulement a survolé les Alpes en tous sens, mais a été au Spitzberg à la recherche d’Amundsen et a franchi pour la première fois toute l’Afrique, de Zurich au Cap, l’auteur conte sa carrière, ses premiers vols, ses accidents, ses pilotages, seul ou accompagné, ses raids au-dessus du Cervin et de toutes les hautes cimes. Les photographies qu’il a prises, dont 191 sont admirablement reproduites ici, montrent les Alpes sous des aspects inconnus et étonnants
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Août 1929.
- MINÉRALOGIE
- L’existence de l’agate et du spath d’Islande dans l’archipel de Kerguelen (M.-E. Aubert de la Rue). — Un voyage effectué au cours de l’été austral 1928-1929 a permis à l’auteur de constater que, parmi les nombreux minéraux qui se rencontrent dans ces terres australes, dont la constitution géologique est beaucoup plus complexe qu’on ne le croyait jusqu’ici, il en est deux qui présentent un intérêt tout particulier.
- Les immenses coulées basaltiques qui constituent la plus grande partie de l’Archipel sont fréquemment altérées et riches en zéolites, et en autres produits siliceux, comme l’a montré jadis M. Lacroix. En relation avec elles se trouvent des gisements d’agate, dont le plus intéressant est celui de Port-Mary, sur la côte est de l’Ile Foch. Les gradins qui entourent la baie sont, en de nombreux points, recouverts d’agates, les unes exemptes de toute gangue, les autres encore en partie implantées dans le basalte. De forme ovoïde, remarquablement zonées .(blanc, gris, jaune, rouge), elles atteignent souvent un poids de plusieurs kilogrammes. L’intérieur de certaines renferme des géodes de quartz incolores, parfois de l’améthyste d’un violet pâle. Il faut encore citer les gisements qui se montrent sur la rive de l’Anse du Jardin, la Pointe Pigeon, la presqu’île Bouquet de la Grye, la rive sud de la baie Irlandaise, l’entrée du Port du Tonnerre, comme sur les hauteurs qui dominent la rive ouest de la baie de Swains.
- Enfin, sans être comparables à ceux d’Islande, certains échantillons de spath, assez volumineux et d’une parfaite limpidité, ont été signalés, provenant des veines, au milieu des basaltes décomposés de la Pointe Pigeon d’une part, et des rives du lac Dasté de l’autre. Et M. Aubert de la Rue rappelle qu’entre les coulées de ce basalte, dans le nord des îles Kerguelen on a signalé de nombreuses couches de lignite.
- ÉLECTROCHIMIE
- Sur les piles à électrolyte fondu (M. S.-L. Costeanu). — L’appareil comprend deux électrodes, oxyde de cuivre et zinc, plongeant dans de la soude caustique maintenue en fusion dans un creuset de nickel par un circuit extérieur en fil de nichrome. La réaction fondamentale est l’oxydation du métal Zn par l’oxyde Na' OH, avec libération d’hydrogène qui agit sur l’oxyde Cu O constituant l’anode, en donnant la réaction de 'dépolarisation Cu O + 2 H —y Cu -f H2 O et deux séries d’essais ont été faites, l’une dans l’air, l’autre dans l’azote.
- Dans le premier cas, la f. é. m. est légèrement inférieure à la valeur moyenne 1,322 volt, la porosité croissante du bâtonnet d’oxyde faisant augmenter son pouvoir dépolarisant et la pile débite un courant très constant, sur une résistance extérieure de 20 ohms tant que le zinc n’est pas fortement attaqué ; l’oxyde Zn O s’agglomère autour du bâtonnet de zinc et l’on peut le détacher facilement, car il est peu soluble dans la soude fondue, par une agitation verticale. Quand on opère dans une atmosphère d’azote, la f. é. m. ne dépasse 1,200 volt qu’après addition d’un peu de bioxyde Na- O agissant comme dépolarisant ; le débit est régulier, sur 20 (o pendant plusieurs heures, pour une résistance intérieure au début de 1,949 ou
- Un tel appareil se recommanderait, comme le dit M. Costeanu, par la valeur élevée de sa force électromotrice et la
- constance de son débit, si le zinc n’était fortement attaqué par la soude, même en circuit ouvert.
- CHIMIE AGRICOLE
- La chaux active des scories de déphosphoration et des phosphates dits désagrégés (MM. Brioux et Jouis). — Pour les agronomes, il reste quelque incertitude sur la teneur en chaux active des scories fournies par le procédé basique, au Bessemer ou au four Martin, et, contrairement à l’opinion la plus répandue, MM. Rousseaux et Joret ont montré que ces sous-produits de fonderie ne renferment que de 2 à 7 pour 100 d’oxyde Ca O libre. Mais on doit remarquer qu’ils contiennent une quantité notable de sels calciques, silicates et silico-phosphates, décomposables plus ou moins facilement par l’eau chargée de gaz CO2, avec formation de carbonate CO3 Ca tendant à neutraliser l’acidité du sol.
- MM. Brioux et Jouis ont fait porter leurs essais sur deux scories de déphosphoration et sur un phosphate, dit désagrégé (2.3,15 pour 100 P2Os), en cherchant à établir les courbes de saturation des sols acides par la chaux, afin d’évaluer la quantité de cet oxyde nécessaire pour amener un sol donné à une valeur déterminée par son coefficient pH. Us ont vu ainsi que les silicates et silico-phosphates calciques composant ces engrais se décomposent avec une assez grande rapidité dans un sol acide. Cette décomposition peut être complétée pour une terre donnée (pH = 6,03) au bout de 8 jours, mais après une attente de trois semaines on note un début de réacidification. Dans le cas du phosphate désagrégé on doit ajouter, à l’action de la chaux active libérée, celle de la soude et de la potasse existant aussi au début à l’état de silicates et, quand il s’agit d’un sol acide, il est de toute évidence que la décomposition des silicates et silico-phosphates de chaux est grandement facilitée.
- CHIMIE BIOLOGIQUE
- Le titane dans les plantes cryptogames (M. G. Bertrand et Mme C. Voronca-Spirt). — Des expériences antérieures ayant montré la présence de ce métal dans les cellules des plantes supérieures, les auteurs ont conduit une nouvelle série de recherches sur des végétaux appartenant aux classes des Fougères, des Algues et des Champignons.
- Dans le premier cas, ils ont opéré sur des frondes de Polypodium bulgare C. et de sept espèces de Fucacées des genres Fucus, Pelvetia-, Himanthalia, Ascophyllum et Cysto-sera où, par kilogramme de matière fraîche, ils ont mis en évidence le titane à la dose d’un à plusieurs milligrammes. Pour les champignons, ils se sont adressés au champignon de couche, au bolet comestible et à la russule de Quelet, pour y rencontrer le métal à une dose beaucoup plus faible, alors qu’ils ne pouvaient le mettre en évidence dans la levure de boulangerie et dans 1 ’Aspergillus niger.
- En résumé, M. G. Bertrand et Mme Voronca-Spirt estiment que le métal Ti se rencontre ordinairement dans les plantes cryptogames, comme dans les plantes phanérogames, avec cette réserve que si la proportion de l’élément Ti contenu dans la matière fraîche oscille autour du millionième, il se présente des espèces de champignons chez lesquels le titane, si on arrive à établir sa présence de façon indiscutable, y serait en proportion beaucoup plus petite. Une telle réserve, d’ailleurs, n’exclut pas la possibilité du rôle physiologique du métal Ti dans les plantes. Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Les lampes à incandescence à ampoules dépolies.
- Pour rendre plus douce la lumière des lampes électriques à filament incandescent, on pratique depuis longtemps le dépolissage des verres des ampoules. On évite ainsi que œil reçoive directement la lumière aveuglante du filament incandescent, celle-ci étant diffusée par les aspérités créées sur le verre. Le dépolissage se pratique au jet de sable ou mieux à l’acide fluorhydrique, quoique la manipulation de cette substance offre de sérieuses difficultés. Le dépolissage s’est d’abord pratiqué sur la surface extérieure de l’ampoule recouverte ensuite d’un vernis translucide. Aujourd’hui on tend à substituer au dépolissage extérieur le dépolissage intérieur, effectué, bien entendu, mécaniquement à l’aide de machines spéciales. L’un des principaux avantages de cette nouvelle méthode est que la lampe s’encrasse moins que la lampe dépolie extérieurement et s’entretient aussi facilement qu’une lampe claire. Il y a donc moins de lumière absorbée par les poussières accumulées sur l’ampoule. L’aspect obtenu pour la lampe est également plus esthétique.
- MARINE
- Développement de la navigation à moteur pour la pêche maritime.
- En 1913, dernière année normale d’avant-guerre, le nombre total des bateaux de pêche à moteur était de 433. Il n’était encore que de 968 en 1922, lorsque M. Rio, alors sous-secrétaire d’Etat à la Marine marchande, prit l’initiative d’organiser à l’occasion de la Grande Semaine de Poisson de Boulogne sur-Mer le premier concours de navires de pêche à moteur.
- Les constructeurs sentirent aussitôt tout l’intérêt qu’il pouvait y avoir pour eux à présenter aux armateurs et aux
- pêcheurs, au cours d’épreuves officiellement contrôlées, des moteurs en ordre de marche et nombreux furent ceux qui participèrent à ce premier concours.
- Depuis cette époque, on peut dire que l’emploi du moteur tend à se généraliser ainsi qu’on s’en rendra compte en constatant que le nombre des bateaux munis de ce genre de propulsion est passé à 1827 en 1924, à 2387 en 1923 ; à 3570 en 1926 ; à 4564 en 1927 et à 5406 en 1928, alors que le nombre total de nos navires de pêche est d’environ 25 000 (en 1928 : 24 729).
- Le 3e concours qui a eu lieu à Lorient cette année, du 29 septembre au 7 octobre, et l’exposition jointe de moteurs marins contribueront certainement encore à propager le nouveau mode de navigation, qui, de plus en plus, se répand pour tous les genres de pêches en mer.
- AGRONOMIE
- La culture du ricin au Maroc.
- De l’avis de tous les spécialistes, l’huile de graines de ricin est celle qui convient le mieux au graissage des moteurs d’avia-
- tion. Or le ricin est un quasi-monopole de l’Inde anglaise. Pendant la guerre, les exigences de la consommation étaient pressantes et le ravitaillement en graines de ricin était fort difficile, pour bien des raisons aisées à comprendre. Le gouvernement français s’est alors préoccupé de créer des cultures de ricin, soit en France, soit dans les colonies les plus rapprochées. Ce n’est guère qu’au Maroc qu’on a pu trouver terrains et climats propices; mais la baisse de prix énorme survenue après l’armistice a découragé les cultivateurs et la culture du ricin a été à peu près abandonnée partout où elle a été tentée.
- Cependant, elle n’a pas entièrement disparu du Maroc où elle se maintient comme moyen de fixation des dunes de sable ; moyen très précieux, car par la vente des graines, il est productif de recettes qui, dans ce cas, sont fort intéressantes.
- C’est une histoire fort curieuse que celle de cet emploi du ricin au Maroc. Nous le trouvons dans un rapport sur la culture du ricin dans le Midi de la France et en Afrique du Nord, dû à M. Em. André, l’éminent spécialiste des huiles organiques, et publié par Les Annales de l'Office National des Combustibles Liquides.
- En avril 1915, bien avant que n’aient commencé les essais de culture signalés plus haut, M. Dupuy, brigadier chef des Eaux et Forêts à Mogador, envoyé à Tanger pour y acheter des arbres fruitiers chez un pépiniériste, fut informé qu’un certain nombre de sacs de graines de ricin étaient à vendre, comme laissés pour compte.
- Il apprit qu’ils avaient été achetés avant la déclaration de guerre par les frères Mannesmann, pour les ensemencer sur les dunes d’Agadir; ces hommes d’affaires allemands avaient en effet acheté dans cette région d’immenses étendues de dunes, mises depuis sous séquestre et administrées précisément par le service des Eaux et Forêts.
- Le brigadier Dupuy aperçut chez le pépiniériste de Tanger de jeunes plants de ricin âgés de trois mois qui mesuraient déjà 80 cm de haut. Il comprit que les Allemands avaient eu précisément l’intention d’utiliser le ricin dans les dunes comme espèce à croissance rapide, susceptible de fixer les dunes. 11 pensa que là où les Allemands comptaient réussir, lui-même réussirait bien aussi. Il acheta donc, de ses propres deniers, les 10 kg. de graines qui lui étaient offerts et les sema dès le 5 avril 1915 dans les dunes de Mogador. La réussite fut complète.
- L’administration française, pour fixer les sables mouvants qui occupent d’immenses étendues sur la côte marocaine, et donner une valeur à ces terrains, a l’intention d’y faire revivre les forêts de genévriers qui y prospéraient, voici quelques siècles. Mais avant d’y semer la graine de ces arbres, il faut constituer un tapis végétal protecteur sous lequel les graines ensemencées pourront germer et se développer ; il faut aussi protéger les jeunes arbres pendant les premiers temps de leur croissance.
- Tel est précisément le rôle que joue admirablement le ricin. Semé en même temps que les thuyas, acacias et autres arbres destinés à former la forêt future, il croît d’abord beaucoup plus vite qu’eux.
- Quelques semaines après sa germination, il forme déjà des touffes buissonnantes dont les racines fixent le sol, tandis que leur feuillage protège les jeunes arbres à croissance plus haute contre le soleil et le vent.
- La culture du ricin sur une même superficie de dunes ne peut actuellement se poursuivre plus de 3 ans. Après ce délai, le sol, sans doute épuisé, ne se prête plus au développement de l’arbuste. Mais il a, alors, complètement rempli son rôle utile. Et la vente de ses graines a laissé un bénéfice fort appréciable.
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- Chaque année actuellement, le Service des Eaux et Forêts conquiert à la végétation une superficie de 300 hectares de dunes autour de Mogador et une surface à peu près équivalente autour d’Agadir. Le ricin occupe le tiers de cette surface et donne, ainsi, bon an mal an, environ 2000 quintaux de graines dont la vente, tous frais payés, laisse un bénéfice d’environ 150 000 francs.
- Notons qu’il reste 4000 hectares de dunes à reconquérir dans la région de Mogador, 25 à 30 000 dans celle d’Agadir.
- La tomate des anthropophages.
- Le cannibalisme ne survit plus aujourd’hui, en Océanie, que dans un petit nombre de localités et il est à supposer que bientôt il aura complètement disparu, devenant, comme dit le célèbre botaniste anglais Seeman, un simple sujet historique.
- Les indigènes des îles Fidji étaient autrefois anthropophages, ils l’étaient à leurs heures, après des combats qui les rendaient possesseurs de ce qu’ils appelaient le Bokala, c’est-à-dire de cadavres qu’ils consommaient avec délices, parce que c’étaient ceux de leurs ennemis, ce qui ne les empêchait nullement de se délecter de la chair de leurs proches, tués pendant la bataille. Mais il paraît — d’après les Fidjiens — que cette chair était difficile à digérer et qu’ils souffraient deux ou trois jours de l’estomac après en avoir mangé.
- Afin d’en faciliter le digestion, la chair humaine était toujours absorbée avec certains légumes, entre autres la tomate dont il va être question [Solarium anthropophogarum, Seeman ou Morelle des Anthropophages).
- « Les légumes et autres sortes de viandes sont, dit Seeman, mangés avec les doigts, mais on ne touche à la nourriture des cannibales qu’avec des fourchettes faites en bois de Casnarina equisetifolia et ayant trois longues dents. »
- La tomate des anthropophages, appelée dans le pays Boro-dina est un arbuste pouvant atteindre près de deux mètres de hauteur, son feuillage est d’un vert sombre et luisant, ses baies ont la forme et la couleur des tomates. Ce fruit est légèrement aromatique et l’on en fait de la sauce, très salée, qui assaisonne la chair humaine préalablement cuite, entourée du feuillage et de plusieurs autres frondaisons.
- Il paraîtrait que l’emploi de la fourchette était rendu indispensable par la croyance généralement répandue parmi les fidjiens que si l’on touchait ce mets macabre avec les doigts, la bokala pouvait engendrer des maladies cutanées quand ils étaient en contact avec la peau délicate de leurs enfants qu’ils aiment tendrement.
- Évidemment ce végétal n’offre rien de bien attrayant en tant que comestible, mais il est, dit-on, fort beau au point de vue ornemental ; dans ces conditions il peut devenir un arbuste intéressant pour les jardins du Midi, où il fut d’ailleurs cultivé avec succès à Hyères, dans le Var, où l’on récolta des fruits mûrs en février. De l’avis de Rantonnet qui l’a dégustée cette tomate arborescente pourrait entrer dans la consommation générale et être cultivée avec profit dans la France méridionale et mieux encore en Afrique du Nord. Reste à savoir s’il y aurait des consommateurs pour un fruit aussi... spécial?
- Il faudrait, au reste, planter ce végétal dans un terrain léger et bien abrité, la température des Iles Fidji étant un peu plus élevée que celle du Midi et de l’Afrique du Nord que j’indique ci-dessus. Par des hybridations, on arriverait à l’améliorer, comme la tomate ordinaire. R. de Noter.
- ZOOLOGIE
- L'augmentation de l'effectif des castors au Canada.
- Dans un article et dans une note publiés ici même, nous avons montré que les colonies de castors de la Norvège méridionale, fort réduites au début de ce siècle, ont considéra-
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- blement augmenté depuis une vingtaine d’années et qu’en ce pays on assiste à une véritable renaissance de ce rongeur que l’on croyait pour ainsi dire éteint.
- Le même phénomène se manifeste au Canada. Dans le Saskatchawan, une des provinces occidentales de ce dominion, un accroissement notable de ces animaux a été constaté aux environs d’Hudson Bay Junction, d’après le rapport du garde de chasse de ce district. En même temps qu’il donne cette information, le Public Service Monthly (numéro de février et mars 1929), le journal officiel du Saskatchewan, publie deux photographies représentant l’activité constructive des castors dans le territoire en question.
- Or, il y a quelques années, ce petit mammifère, l’animal emblématique du Canada, était devenu si rare dans cette province que, pour éviter son extinction, la chasse en avait été prohibée jusqu’à la fin de 1930. Cette mesure a donc obtenu un très heureux résultat.
- Comme le fait remarquer le Public Service Monthly, en raison des dégâts que ces rongeurs sont capables de causer aux prairies en déterminant leur submersion“par la création de digues en travers des cours d’eau, l’accroissement de leur effectif dans la zone de colonisation ne saurait être favorisé.
- Bineuse munie de la T. S. F.
- Par contre, dans les districts du Nord où la rigueur du climat interdit toute culture, l’augmentation de ces animaux à fourrure doit être protégée afin de reconstituer leur stock d’antan et la richesse qu’il constituait pour le pays.
- Charles Rabot,
- DIVERS
- La T. S. P. aux champs.
- La télégraphie sans fil ne rend pas de grands services aux ouvriers agricoles qui restent trop peu de temps à la ferme, en dehors des heures de sommeil, pour goûter la distraction qu’elle peut apporter. Mais un laboureur de l’Illinois a eu l’excellente idée de monter un appareil récepteur de T. S. F. sur sa machine agricole.
- Il s’agit ici d’une bineuse en lignes à siège comme on devrait en multiplier les types en France. Bien entendu, le même appareil est transportable sur d’autres machines.
- Asseoir le laboureur, le distraire dans la monotonie de son travail, c’est vraiment apporter un grand progrès à l’humanité et, peut-être, résoudre l’angoissant problème de l’exode des campagnes vers les villes tentaculaires.
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- PETITES INVENTIONS
- Desserte mobile
- Fig. 1.— Coupe de la labié à gradins.
- ÉCONOMIE MÉNAGÈRE
- Le service de table mécanique.
- Le personnel domestique devient introuvable : toutes les maîtresses de maison le savent. Tout donne à croire que cette situation qui dure depuis de longues années déjà est appelée à se prolonger ou à devenir permanente. Elle se fait sentir, non seulement dans les ménages modestes ou simplement aisés, mais encore dans ceux qui ont des ressources plus fortes. Les Etats-Unis nous montrent l’exemple d’un pays où les domestiques sont le privilège des millionnaires. Rien ne sert de gémir devant une évolution que l’on ne peut modifier et qui, du reste, au point de vue social, peut être considérée à certains égards comme un progrès. Mieux vaut s’adapter aussi ingénieusement que possible à la situation nouvelle.
- C’est ce que vient de faire un constructeur de Lyon, M. Mar-monier, pour les besoins de sa propre famille. Pour suppléer au manque de personnel, non seulement il a muni sa cuisine et sa buanderie de tous les engins mécaniques, mus électriquement, susceptibles de remplacer la main-d’œuvre défaillante : machines à laver les légumes, à éplucher, à battre les sauces, à moudre le café, à nettoyer la vaisselle, machines à laver et à repasser le linge, à cirer les chaussures, etc., mais encore il a imaginé une table de salle à manger à service mécanique extrêmement ingénieuse et pratique, qui permet de se dispenser de tout serviteur dans la salle à manger.
- Entre l’office ou la cuisine et la table de la salle à manger
- Fig. 2.— Coupe montrant la desserte mobile sur son chemin de roulement, ainsi que son mécanisme.
- Guichet mobile
- f\"D'y\-Tamèourdénrou/emem'
- : àcX K^Ài du oèUe souple du meiei <n
- . .Dispositif de commande du guichet
- et de mise en marche du moteur
- Interrupteur à b plots
- Fig. 3. —• Vue de la table à gradins, .saris la desserte.
- On remarque la position étagée des verres et carafes permettant le passage du porte-plats.
- est installé un chemin de roulement, sur lequel se meut une desserte : celle-ci est une sorte de chariot monté sur 4 galets à roulements à billes. La personne préposée au service de la cuisine garnit cette plate-forme avec les objets ou ustensiles : tels que verres, assiettes, bouteilles qui doivent être placés sur la table et que chaque convive placera lui-même. De même les convives, pour débarrasser la table, replaceront, sur la desserte, assiettes ou verres et ceux-ci repartiront à la cuisine par la même voie. La desserte, en outre, est munie d’un dispositif de support mobile destiné à recevoir les plats contenant les aliments et qui permet de les présenter successivement à chaque groupe de deux convives occupant une place opposée et qui, ainsi, peuvent se servir en même temps.
- Fig. 4. — Arrivée de la desserte garnie des assiettes et des plats. Lorsqu’elle occupera sa position de service, les assiettes se présenteront devant chaque convive.
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- Le déplacement de la desserte sur son chemin de roulement est assuré par un moteur électrique, dont le mouvement est transmis à un des galets par une vis sans fin.
- La table de la salle à manger, pour recevoir commodément la desserte mobile, a une forme spéciale.
- Elle est en gradins : le centre où passe le chemin de roulement de la desserte est au niveau le plus bas. A ce niveau peuvent prendre place les carafes, par exemple.
- On trouve, ensuite, faisant le tour de la table, un premier gradin qui recevra les verres. Enfin, le bord extérieur de la table, qui reçoit assiettes et couverts, est à un niveau plus élevé encore.
- Grâce à cette disposition, la desserte, en mouvement, ne heurtera aucun objet et le support mobile qui présente les plats aux convives passera aisément par-dessus les carafes et les verres pour se présenter à peu près au niveau des assiettes.
- Le passage entre la salle à manger et l’office est fermé par un guichet qui, grâce à un dispositif électrique, se lève automatiquement lorsque la personne de service à la cuisine met
- Fig. 5. — La desserte dans sa position de service.
- Chaque convive a pris son assiette. Le porte-plats rotatif et extensible, passant au-dessus des verres et des carafes, présente les plats à deux convives à la fois.
- la desserte en marche ; le guichet s’abaisse de même automatiquement, lorsque la desserte l’a franchi. Enfin, le moteur électrique s’arrête quand la desserte arrive au bout de sa course sur la table.
- Même fonctionnement, en sens inverse, quand la desserte est rappelée à la cuisine.
- Le support rotatif qui présente les plats est, lui aussi, très judicieusement conçu : il est monté sur un pivot qui lui permet de faire un tour complet : les plats sont montés sur 2 bras à crémaillère diamétralement opposés, que l’on peut tirer à soi, ou repousser en tirant ou en poussant sur les poignées dont ils sont munis. On amène ainsi le plat à la position la plus commode pour y puiser.
- La maîtresse de maison, pour obtenir l’arrivée ou le départ de la desserte, n’a qu’à aviser la cuisine par une sonnerie, par exemple, ou tout autre signal convenu. Elle obtient ainsi un service impeccable, sans avoir eu le souci de styler un personnel essentiellement instable.
- Inventeur : M. Marmonier, 32, Chemin des Alouettes, Lyon-Mon-plaisir.
- Fig. 6. — Pédale antitrépidante.
- CYCLISME
- Pédale antitrépidante.
- Les cyclistes ont longuement discuté des qualités à exiger des pédales de bicyclette.
- La pédale simple n’assure pas une adhérence suffisante et le pied la quitte ou se déplace quand la bicyclette roule sur un mauvais chemin. Le cale-pied remédie à cet inconvénient, mais il enserre la pointe du pied, frotte trop souvent sur le dessus de la chaussure et risque de retenir le pied au moment où l’on voudrait le mettre à terre.
- Voici une autre solution imaginée par M. L. André.
- Celui-ci vient de réaliser une pédale antitrépidante qui se fixe sur la pédale ordinaire par deux vis, à la façon d’un cale-pied; la fig. 1
- montre son aspect, en place et isolée. Elle entoure par-dessous la pédale et comporte un ressort de force telle que lorsque le cycliste appuie il agit sur la pédale ordinaire, mais trouve l’antitrépidante relevée quand, surpris par un cahot, il perdrait contact. Ainsi, il garde toujours le pied en place, mais libre. Cette petite invention résout élégamment un petit problème qui préoccupait bien des cyclistes.
- JOUETS
- Pour animer de petits morceaux de bois
- Ce petit bonhomme qui pousse sa brouette d’un pas dégagé a bien l’air vivant. Il se balance très à son aise et ses jambes minuscules tricotent comme s’il était fort pressé.
- On dirait qu’un mécanis me secret guide ses mouvements et, pourtant, il ne possède aucun organe intérieur.
- Un corps, deux jambes et une brouette, voilà toutes les pièces qui constituent le jouet.
- Pourquoi marche-t-il ?
- C’est qu’il se trouve constamment dans une position d’équilibre instable. On ne peut pas le déplacer sans l’obliger à tomber, tantôt sur une jambe, tantôt sur l’autre.
- Tout le système moteur consiste en une simple ficelle.
- Il suffit de tirer le bonhomme par là et il suit en poussant son véhicule avec des efforts comiques.
- Les jambes ont la forme Feig. 8. d’un secteur, dont le centre est au point de pivotement.
- Lorsqu’elles reculent, le corps roule dessus comme si elles faisaient partie d’une grande roue.
- Fig. 7. — L’homme à la brouette.
- Les jambes ont la forme d’un secteur.
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- Ces jambes sont percées en biais (fîg. 9).
- Ainsi, suivant qu’elles touchent le sol sur la pointe du
- pied ou sur le talon, le bonhomme s’appuie sur un polygone de sustentation plus ou moins large.
- Quand une jambe a fini sa course, le jouet est complètement déséquilibré ; il tombe sur l’autre pied.
- Pour qu’une jambe avance pendant que l’autre recule, un petit renvoi en fil de fer (fîg. 10) les réunit toutes les deux.
- Les mouvements sont assez simples et la figure 11 en indique le cycle complet.
- Si, au lieu de faire osciller un morceau de bois de droite à gauche, on le fait se balancer d’avant en arrière, on peut faire galoper le petit renard représenté figure 12. Les pattes (fîg. 13) ont leur centre de gravité en arrière de l’axe, ainsi elles reviennent en avant par leur propre
- Fig. 9. — Les jambes percées en biais. Le point de contact s’écarte de l’axe quand elles reculent.
- Elle sert de balancier en somme et son inertie permet de transformer en sautillement le moindre déplacement de l’animal.
- Les pattes de devant sont reliées ensemble (fîg. 14) et les pattes de derrière également font un tout de leur côté.
- Quand les pattes de devant reculent, elles soulèvent un peu la tête et abaissent la queue.
- Celle-ci continue son mouvement et il arrive un moment où le corps se soulève et les pattes de devant quittant le sol reviennent sur elles-mêmes.
- Pendant ce temps, les pattes de derrière produisent l’effet inverse.
- T-, -, . ,, Fig. 10. — Le renvoi
- En reculant, elles soulèvent la ,
- ' rjPQ ïambes
- queue et elles amorcent une oscillation d’un sens contraire.
- La queue sert toujours de volant, elle soulève à ce moment le train arrière et ce sont les pattes de devant qui entrent en action.
- On verra d’ailleurs (fîg. 15) comment sont produits les sautillements de ce petit jouet.
- 'Fig. 11. — L’homme à la brouette se balance tantôt sur une jambe, tantôt sur l’autre. Les croquis ci-dessus le montrent d’arrière et de profil.
- poids dès qu’elles ne touchent plus le sol. Si la queue est Ils ont l’air désordonnés, mais, en réalité, ils sont voulus et
- assez grande, c’est à dessein. provoqués intentionnellement.
- Fig. 12. — Le petit renard.
- *
- Fig. 13. — Une patte de renard avec son centre de gravité à l’arrière.
- Fig. 14. — Le groupe des pattes de devant et celui des pattes de derrière.
- Elle est assez lourde pour accentuer tous les déplace- Ces objets sont en vente chez les fils de N. Clerc, 12, avenue
- ments du corps. du Président-Wilson, La Plaine-Saint-Denis.
- Fig. 15. — Le galop du petit renard.
- Les pattes de devant soulèvent la tête et la queue s’abaisse. — Elle entraîne le corps qui pivote autour de l’axe des pattes de derrière. Les pattes de devant reviennent sur elles-mêmes par leur propre poids. — Les pattes de derrière, en reculant, ont soulevé la queue. Le renard retombe sur les pattes de devant. — Le jouet dépasse cette position et les pattes de derrière sont soulevées à leur tour.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Réception des images téléphotographiques.
- Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, la réception des images téléphotographiques est possible toutes les fois que l’audition est assez intense pour être perçue en haut-parleur.
- Mais, pour obtenir de bons résultats, il faut, évidemment, que les parasites atmosphériques ne soient pas trop intenses, parce qu’il en résulterait sur l’image des traits ou des points qui empêcheraient toute netteté ou formeraient même une « teinte de fond » sur laquelle les contours de l’image ne se détacheraient plus suffisamment.
- Enfin, le poste récepteur doit être réglé de façon à obtenir un synchronisme, tout au moins pratique, très bien étudié, car un déré-glage entraînerait une déformation complète de l’image.
- Votre appareil récepteur sur ondes courtes semble bien convenir au but que vous recherchez, puisque les communications sur ondes courtes sont généralement moins troublées par les effets des parasites atmosphériques.
- Les phénomènes de « fading », variables, d’ailleurs, suivant la longueur d’onde, se traduiraient par des variations d’intensité de l’image, qui empêcheraient toute homogénéité de ses différentes parties.
- Pour pouvoir faire apparaître sur la feuille de papier chimiquement imprégnée de l’appareil téléphotographique l’image transmise, il est nécessaire de redresser encore une fois les [courants de basse fréquence provenant du récepteur. Il ne s’agit plus, en effet, de faire vibrer la membrane de l’écouteur ou d’un haut-parleur, mais de produire un effet électrolytique continu sur le papier du récepteur téléphoto-graphique. Ce détecteur est simplement formé par une lampe de T. S. F. avec montage de détection par courbure de la caractéristique de plaque.
- Nous avons déjà décrit différents modèles d’appareils téléphotographiques dans nos chroniques de Radiovision et vous trouverez la description d’autres modèles dans d’autres chroniques prochaines de La Nature.
- Les appareils réalisés par les constructeurs sont simplement disposés à la suite des appareils ordinaires, à la place de l’écouteur ou du haut-parleur.
- Il n’existe, d’ailleurs, en France, que deux constructeurs : la Société Radiola, 79, boulevard Haussmann à Paris, et les Etablissements Belin, à la Malmaison, par Rueil (Seine-et-Oise).
- M. R. Bouquet a Bangui (Oubangui-Chari).
- Choix de lampes pour postes à changement de fréquence.
- Actuellement, les constructeurs établissent un choix très varié de lampes et il est facile de déterminer, d’après les caractéristiques de celles-ci, celles qui conviennent le mieux pour chaque cas particulier.
- Pour le changement de fréquence par lampe bigrille, il n’existe généralement qu’un seul type dont la tension-plaque doit être voisine de 40 volts ; vous pouvez utiliser, par exemple, une A-441 Philips ou une R43-M Radiotechnique.
- Certains constructeurs commencent à employer sur les étages moyenne fréquence des lampes à grille-écran, mais il est évidemment nécessaire que le montage soit disposé spécialement en conséquence.
- Dans le. cas ordinaire, on peut employer sur les étages moyenne fréquence des lampes à résistance interne assez faible dans le genre de la A-409 Philips ou de la L-410 Geco Valve, soit des lampes à résistance interne moyenne dans le genre de la A-410 Philips ou de la HL-410 Geco-Valve, par exemple.
- Avec les lampes à faible résistance interne, le système de réaction agit plus facilement et plus vite, mais son réglage est généralement moins progressif.
- L’adoption d’un type de lampe ou de l’autre constitue donc un cas d’espèce suivant les systèmes de liaison moyenne fréquence employés sur les appareils et il est nécessaire d’essayer soi-même les lampes ou de consulter le constructeur du poste ou le fabricant des lampes.
- Il est facile, en général, de déterminer la lampe détectrice. On peut choisir une lampe à résistance interne relativement faible comme la A-409 Philips ou la L-410 Geco-Valve, ou à résistance interne moyenne, comme la AH-410-N Philips ou la HL-410 Geco-Valve.
- Il faut noter que certaines lampes détectrices à faible résistance
- interne et à courant de saturation élevé exigent un courant-plaque d’intensité relativement grande.
- Si l’on ne peut pas utiliser une batterie de plaques de capacité assez grande, il est nécessaire de ne pas adopter un tel type de lampe, d’ailleurs indispensable s’il faut obtenir une audition d’une très grande intensité, et surtout pour la réception des stations locales. '
- Comme première lampe basse fréquence maintenant, si l’on utilise un montage à transformateur, on adoptera une lampe à faible résistance interne et à coefficient d’amplification relativement faible, à courant de saturation assez réduit, du genre de la A-409 Philips, de la L-410 Geco-Valve ou R-75 Radiotechnique.
- Si l’on ne peut employer qu’un seul étage basse fréquence, il y a intérêt à adopter une trigrille de puissance, telle que la B-443 Philips, la R-79 Radiotechnique, la S-410 Geco-Valve, etc.
- Enfin pour un deuxième étage basse fréquence, il faut adopter une . lampe à courant de saturation élevé, et à coefficient d’amplification relativement faible, à pente élevée et à caractéristique de grille déplacée vers les potentiels négatifs, du genre du type D-5 Grammont, B-406 Philips, R-56 Radiotechnique, P-410 Geco-Valve, etc.
- M. Martin a Paris.
- Montage d’un poste superhétérodyne en pièces détachées.
- Les montages de postes à changement de fréquence en pièces détachées, que nous avons décrits dans nos chroniques et spécialement ceux réalisés avec des pièces Bardon, FAR, etc., sont particulièrement faciles à établir et à mettre au point parce que les systèmes de liaison moyenne fréquence sont semi-apériodiques ou, du moins, accordés à l’avance sur la longueur d’onde optima, et qu’il suffit de régler le condensateur du tesla de liaison dont les bobinages sont d’ailleurs couplés assez lâchement, pour obtenir une sélectivité suffisante et un rendement très satisfaisant.
- Nous ne pensons donc pas qu’il puisse se présenter de grandes difficultés, à condition que les pièces employées aient été soigneusement vérifiées. Pour le choix des lampes à adopter, vous pourrez d’ailleurs vous référer aux indications données plus haut.
- M. Michel a Fontainebleau.
- Écran pour cinématographie sonore.
- Les écrans utilisés dans les grandes salles pour la cinématographie sonore doivent laisser passer les sons et réfléchir la lumière.
- Les modèles employés sont très divers, depuis le simple écran en toile blanchie jusqu’à l’écran formé de lamelles métalliques paraissant former une surface continue réfléchissante pour la lumière, mais laissant, entre elles, un léger espace suffisant pour donner passage aux ondes sonores. Il vous sera donc possible d’utiliser soit un écran en toile en plaçant le haut-parleur derrière l’écran, soit un écran métallisé à la poudre d’aluminium, en plaçant le haut-parleur derrière ou à côté de l’écran.
- Pour réaliser ce dernier modèle, on peut adopter une formule qui a été préconisée par la Revue de l’Aluminium et qui donne toute satisfaction au point de vue de la netteté des images.
- On commence par tendre l’écran sur un cadre, puis on l’encolle avec de la colle de peau et du blanc de Meudon, à raison d’un kilogramme de colle pour 1 kilogramme de blanc de Meudon.
- On applique une couche de cet enduit à la brosse et on laisse sécher, ensuite on applique une couche de peinture maigre de teinte gris clair et on laisse sécher encore 24 heures. Enfin, on applique au pinceau, ou de préférence à l’aérographe, une seule couche de peinture d’aluminium contenant 200 grammes de poudre d’aluminium par litre de vernis. Les vernis nitro-cellulosiques ne conviennent pas, parce qu’ils donnent trop de brillant et font, ainsi, mal ressortir les vues.
- M. Cahen a Paris.
- Choses et autres.
- M. Orlowski, à Poitiers. —-1° Le graphite ou mine de plomb employé comme pigment donne du gris et non du noir, il ne faut donc pas songer à introduire ce produit dans un cirage, car les chaussures prendraient un fâcheux aspect de tuyaux de poêle.
- 2° L’odeur qui se dégage des radiateurs électriques au moment de
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- eur mise en service est due d’abord à la destruction des vernis plus ou moins proches de la résistance chauffante et qui subissent la décomposition pyrogénée.
- D’autre part, T amiante, par suite de l’élévation de température, perd son eau de combinaison en dégageant une odeur spéciale.
- Enfin l’agglutinant de l’amiante (encollage amylacé) se carbonise également après avoir passé par les états intermédiaires de dextrine, glucose, caramel, etc.
- Garnison de Limoges. — 1° Vous obtiendrez une préparation analogue à la plupart des liquides vendus pour brillanter les métaux
- en prenant :
- Oléine du commerce................... 220 grammes
- Ammoniaque liquide à 22°.............. 55 —
- Essence minérale.................... 525 —
- Kaolin pulvérisé. ................... 200 —
- Verser peu à peu, en remuant, l’ammoniaque dans l’oléine, incorporer ensuite le kaolin, finalement amener à consistance voulue en ajoutant l’essence dont la quantité peut être à volonté augmentée ou diminuée sans modifier d’une façon sensible l’aptitude au brillantage;
- 2° La lessive à laquelle vous faites allusion est constituée par le
- mélange suivant :
- Carbonate de soude cristallisé............ 720 grammes
- Soude caustique........................... 80 —
- Silicate de soude......................... 200 —
- Le carbonate de soude cristallisé se trouve couramment chez les épiciers, sous le nom de cristaux.
- Lycée du Puy. — L’un de nos abonnés, professeur de chimie, a bien voulu nous communiquer les résultats de l’étude qu’il a faite des liquides employés pour imbiber les balais à mèches de coton, en vue de fixer la poussière, ce qui permet de l’enlever facilement ; il n’y a jamais trouvé que de l’huile de vaseline diluée avec un peu de pétrole, colorée par un jaune au stéarate et parfumée. -
- Ainsi qu’on le voit, il est facile de réaliser une préparation semblable, peu coûteuse et d’efficàcité égale.
- Concepcion S., à Burgos.— La gomme laqüe répondra à tous vos desiderata, car le carton imbibé d’une solution alcoolique de gomme laque, puis séché, aura d’abord acquis une grande dureté et résistance.
- Pour fixer sur le carton ainsi préparé de la toile, il suffira, après superposition, de passer à la surface un fer à repasser modérément chaud qui amènera la fusion de la gomme laque.
- (Interposer entre le fer et l’étoffe une feuille de papier pour faciliter le glissement.)
- L’ensemble possédera enfin la troisièmé qualité requise, celle de l’imperméabilité.
- Quelques essais préalables vous fixeront sur la concentration à donner à la solution alcoolique de gomme laque.
- IVL J. Lefebvre, à Douai. — 1° La Société de publicité Fama a son siège social, 7, rue d’Aumale, Paris (9e) ;
- 2° Vous pourrez, très probablement, enlever les taches de goudron sur votre carrosserie d’auto en frottant légèrement avec une flanelle imbibée d’un mélange d’environ 1/5 d’huile de paraffine et 4/5 de pétrole.
- Ml. R. d’Aldin, à Quineville. — 1° Nous avons publié récemment dans la « Boîte aux lettres » un article documenté sur la peinture des automobiles au moyen des laques cellulosiques (réponse à M. Anger, à Noirmoutier, n° 2812, p. 47. Veuillez bien vous y reporter).
- 2° Les peintures genre Ripolin étant à base de standolie (huile de lin cuite longuement à l’abri de l’air), il est évident que leur préparation n’est pas du domaine de l’amateur, le mieux est d’acheter ces peintures prêtes à l’emploi; mais nous vous rappelons que l’on peut réaliser une économie en donnant la couche d’impression et la première “couche en peinture"ordinaire, seule la dernière couché étant appliquée en peinture laquée.
- Ml. Guillon-Verne, à Nantes. — Nous pensons que vous réussirez assez facilement à nettoyér votre enduit d’asphalte taché par les huiles d’automobiles en utilisant les propriétés absorbantes du plâtre cuit en poudre, tel qu’il est utilisé en maçonnerie. Répandre le soir, à la surface du sol, une couche de plâtre de 1 à 2 cm d’épaisseur sur les endroits tachés. Le lendemain, balayer le plâtre qui a absorbé les matières grasses et le remplacer par du plâtre neuf. Répéter l’opération autant de fois que cela sera nécessaire et, bientôt, le sol du garage aura repris toute la netteté désirée.
- Ml. Bécart, à Hazebrouck. — Le meilleur moyen pour obturer
- les fissures dans le fibro-ciment est d’employer le ciment courant type Portland, bien malaxé avec juste la quantité d’eau nécessaire.
- Si les fissures sont un peu grandes, on donnera du corps au ciment en y incorporant quelques débris de chanvre obtenus en détordant de vieilles ficelles.
- Ml. de Lavigerie, à Soissons. — 1° Dans la formule de colle pour porcelaine qui a paru au n° 2804, page 240, l’indication du pourcentage en ammoniaque a échappé à la composition, le chiffre que nous avions indiqué était de 1 pour 100.
- 2° La préparation des décalcomanies nécessitte un outilage spécial qui n’est pas à la portée de l’amateur, il est donc préférable de commander aux spécialistes les dessins ou marques que l’on désire transporter sur certains objets à livrer au commerce.
- 3° Nous donnons, d’autre part, une formule très simple de préparation de moutarde aux fines herbes.
- 4° Pour rendre étanche à la benzine ou au toluène votre bac en tôle, il faut, d’abord, bourrer de papier grossier l’espace libre entre les tôles, cela au moyen d’un burin, puis de passer à l’endroit traité une couche ou deux d’une solution chaude de colle forte.
- Bien entendu, si la fuite était importante, il faudrait faire riveter à nouveau par un constructeur le raccordement des tôles.
- Ml. H. B., à Paris. — 1° Le seul moyen pour faire disparaître des souillures de ciment sur des carreaux en ciment est de poncer avec un tampon de bois et du sable fin délayé dans l’eau jusqu’à disparition du ciment additionnel. Pour terminer et rendre la surface polie, employer de la potée d’étain après avoir enlevé tout le sable par un lavage soigné.
- 2° S’il s’agit de carreaux en céramique, c’est-à-dire de terres argileuses cuites, on peut alors agir chimiquement en frottant les croûtes de ciment avec un chiffon imprégné d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique du commerce), le chiffon étant noué à l’extrémité d’un bâtonnet. Rincer à l’eau tiède, puis laver avec une solution de carbonate de soude (cristaux) pour enlever les dernières traces de silice mise en liberté par l’acide.
- Ml. Campolo, à Nancy. — 1° L’encre pour ruban de machines à écrire dont nous avons donné la formule s’applique au moyen d’une petite brosse, brosse à dents par exemple.
- La quantité à déposer dépend de la porosité du ruban et ne doit pas, bien entendu, excéder sa faculté d’absorption.
- 2° Cette encre rentre dans la catégorie des encres copiantes.
- P.-S. — Nous avons noté la formule que vous avez bien voulu nous communiquer, relative à l’utilisation des poussiers ; nous vous en remercions et la ferons connaître prochainement à nos lecteurs.
- Ml. Qiroud, à Nice. — 1° Le moyen le plus sûr, en même temps que le plus économique, pour donner de la solidité aux moulages en plâtre exposés aux intempéries, est la fluatation par simple imprégnation soit à la lance, soit au pinceau ou à l’éponge, le plâtre devient ainsi aussi dur que la pierre et on peut le laver quand il est sali par la poussière.
- Lorsque l’on veut peindre à l’huile, cette préparation économise une couche et rend la peinture plus solide, elle ne modifie en rien la couleur du plâtre et permet de lui donner toutes les teintes désirées.
- Il faut, habituellement, compter employer environ 1 kg de produit par 10 mètres carrés ; pour les objets de dimensions modérées, on peut opérer la fluatation par immersion dans une solution à 10 pour 100.
- N. B. — Nous vous rappelons que la Maison Teisset-Kessler, de Clermont-Ferrand, s’est spécialisée dans la préparation des divers Huâtes.
- 2° Vous pourrez donner à votre parquet de sapin neuf, après rabot-tage, un aspect voisin de celui du pitchpin en faisant infuser dans un litre d’alcool dénaturé environ 50 gr de poudre de curcuma avec un peu d’orcanette également pulvérisée la dose de celle-ci étant subordonnée à l’intensité du ton rougeâtre que vous désirez réaliser.
- Dans le même ordre d’idées, appliquer une, deux ou trois couches ou bien diluer à volonté.
- Lorsque le tout est bien sec, encaustiquer, de préférence avec une encaustique à l’eau (Voir La Nature, n" 2809, p. 480).
- N. B. — Faire quelques essais préalables de tons sur planchettes avant application définitive.
- Ml. Leconte, à Lille. — 1° La Maison Noël Adam et Gail ne nous a pas fait connaître sa nouvelle adresse ;
- 2° La colle pour écaille vraie (bien entendu, il ne s’agit pas d’imitation en celluloïd) est simplement une solution concentrée et chaude de potasse caustique.
- Le Gérant : G. Masson.
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- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, .120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe fj{. C Seine : Téi. Littré 48-92 et 4,8-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
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- Tarif^extériei^nMl valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques . Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne. Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.>, San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique au Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C“, sur une banque de Paris
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
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- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.
- BREVETS p INYENTIQN
- ASSOCIATION FRANÇAISE DES
- INGÉNIEURS — CONSEILS
- En Propriété industrielle
- FONDÉE en 18Ô4
- V
- EXTRAITS DES STATUTS
- Art. 2. — L'Association a pour but : 1* De-grouper les Ingénieurs-Conseils en propriété industrielle qui réunissent les qualités requises d’honorabilité, de moralité et de capacité ;
- 2° de veiller au maintien de la considération et de la dignité de la profession d’ingénieur-Conseil en propriété industrielle.
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES
- ARMENGAUD Aîné ** A Ch. DONY Gutenberg 11-94 21, bd Poissonnière, Paris C. DANZER Central 41-71 20, rue Vignon, Paris
- ARMENGAUD Jeune ‘ Provence 13-39 23, bd de Strasbourg, Paris Henri ELLU1N Provence 17-20 42, bd Bonne-Nouvelle, Paris
- E. BERT* y G. de KÉRAVENANT * 4 Archives 30-42 7, boulevard St-Dems, Paris G. FAUGE Roquette 19-93 118, boulev. Voltaire, Paris
- C. BLETRY o.* Botzaris 21-93 2, bd de Strasbourg, Paris P. LOYER*” Anjou 09-94 25, vue Lavoisier, iParis
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- d.i HISTOIRE NATURELLE
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- N° 282o,
- LA NATURE "^
- Que l’on puisse mesurer
- « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »
- comme dit Corneille, il n’y a pas à s’en étonner, car il existe des procédés photométriques bien connus, qu’on peut appliquer aussi bien à la lumière des astres qu’à nos lumières terrestres.
- Que 1’ on ait pu mesurer la « constante solaire » (nom
- très mal choisi), c’est-à-dire la quantité de chaleur que le Soleil nous envoie sous l’incidence normale par centimètre carré de surface et par minute, on l’admet facilement, quoique les résultats obtenus ne concordent guère entre eux. Dès 1846, Melloni et, plus tard, Piazzi - Smyth (*) ont mesuré l’action calorifique que la Lune exerce sur nous, et elle est bien faible, si faible qu’elle ne peut nullement influencer nos
- Fig. 1. — La constellation de la phénomènes météoro-
- Grande Ourse avec Mizar et Alcor. logiqueS; maig fl. est
- bien beau qu’on ait pu réussir cette mesure.
- S’il en est ainsi, que dire de la mesure de la chaleur que nous envoient les étoiles !
- On l’a tentée, cependant, et l’on semble être arrivé à des résultats satisfaisants, car deux astronomes de l’Observatoire du Mont-Wilson, aux Etats-Unis, viennent de reprendre des expériences faites il y a environ vingt-cinq ans par M. Nordmann, astronome français et, comme lui, ils trouvent que l’étoile Bételgeuse (a Orion) est celle qui nous envoie le plus de chaleur (0°,015), comme lui
- 1. C’est pendant son voyage au Pic de Ténériffe (1858), que Piazzi-Smyth reconnut que l’action calorifique de la Lune équivaut à peu près au tiers de celle d’une bougie éloignée de quinze pieds anglais. Il n’est pas hors de propos de dire que, à 3320 m au-dessus du niveau de la mer, on voyait dans le ciel bien des détails qui échappent aux observateurs qui ne sont pas dans ces conditions extraordinaires; on dédoublait sans difficulté des étoiles') doubles qui, en Angleterre, semblaient ne former qu’une seule étoile à la forme allongée. Il y a quelques années, on a monté, à l’observatoire du Pic du Midi, un assez grand équatorial, dont il ne semble pas qu’on ait encore tiré tout le parti possible.
- encore, ils trouvent que Algol Persée), étoile que nous avons déjà citée, doit avoir pour température effective 13 000°, la température de la surface de notre Soleil semblant être environ 8000°. On voit qu’on est loin des millions de degrés qu’attribuaient jadis au Soleil Ericsson et le P. Secchi.
- LES ÉTOILES DOUBLES
- Mais il nous faut examiner les étoiles à d’autres points de vue.
- D’abord, la vue simple nous suffit pour constater qu’il y a des étoiles très rapprochées l’une de l’autre. Si l’on tourne ses regards vers une des plus belles constellations de notre ciel boréal et, sans doute, la plus connue, la Grande Ourse et si, parmi les sept étoiles dont elle se compose, on distingue spécialement celle qui est désignée par la. lettre grecque Ç et qu’on appelle aussi Mizar, on remarque auprès d’elle, si on a de bons yeux et si le ciel est bien pur, une autre petite étoile, que nous appelons, d’après les Arabes, Alcor; les astronomes anciens s’en servaient pour éprouver la puissance de la vue, aussi les Arabes lui donnaient-ils encore un autre nom, Saidak, ce qui signifie l’épreuve.
- De même, dans le voisinage de Véga (a Lyre), étoile aussi facile à reconnaître que la Polaire, il y a une étoile de quatrième grandeur (s Lyre) qui semble un peu allongée, ce qui fait pressentir qu’en réalité il y a là deux astres distincts, mais très voisins l’un de l’autre, et une simple jumelle d’opéra suffit pour montrer que telle est bien la vérité.
- Mais les deux exemples que nous venons de citer ne sont pas réellement des étoiles doubles, il y a trop de distance entre Alcor et Mizar, par exemple, pour que ce couple de la Grande Ourse mérite cette qualification. Depuis Herschel, on ne considère, en général, comme étoiles doubles,que celles où la distance angulaire des deux composantes ne dépasse pas 32 secondes d’arc.
- Il y a, parmi les étoiles doubles, deux grandes catégories : les couples optiques et les couples physiques.
- Fig. 2. —Deux'étoiles A et B, très inégalement éloignées de la terre T, sont vues en perspective tout près l'une de Vautre et paraissent ainsi former obliquement un couple A' B'.
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- L’expérience vulgaire nous apprend que, par exemple, les pointes de deux clochers peuvent nous sembler très voisines l’une de l’autre, alors qu’en réalité c’est tout le contraire. Il suffît, pour cela, que nous nous trouvions en un point peu éloigné de la ligne droite qui passe par les deux clochers. Si l’on a affaire à un couple optique, son étude n’est pas sans intérêt; en comparant les positions relatives des deux étoiles, on peut déterminer la parallaxe de celle qui est le plus rapprochée de nous. Galilée avait déjà indiqué cette méthode, mais il fallut, pour l’appliquer, attendre que les constructeurs fussent devenus assez habiles pour fournir aux astronomes des instruments permettant de mesurer avec précision de très petits angles.
- Venons-en aux couples physiques; ils nous offrent des sujets d’étude encore plus intéressants. Cette étude
- Fig. 3. — Mizar et Alcor dans le champ d’une lunette.
- Mizar est une étoile réellement double, tandis qu’Alcor et les autres petites étoiles sont groupées dans son voisinage par la perspective.
- a montré que, dans un tel couple, l’étoile la plus faible tourne autour de la plus importante, ou plutôt que l’une et l’autre tournent autour de leur centre de gravité commun, ce qui est tout à fait analogue à ce qui se passe dans le système solaire, où le centre autour duquel tournent les planètes est tantôt à l’intérieur du Soleil et tantôt^ au dehors. Si on considère l’étoile principale comme fixe, on trouve que la courbe décrite par son compagnon est une ellipse dans laquelle le rayon vecteur décrit des aires égales en des temps égaux. Ainsi, les lois de Képler, et, par suite, celle de Newton, s’appliquent à l’univers entier et non pas seulement à notre petit système solaire. Quelle eût été la joie de ces deux grands hommes, s’ils avaient pu pressentir un tel résultat d’études faites plusieurs siècles après leur mort !
- Parmi les astronomes qui se sont distingués dans ce
- genre de travaux, il faut citer Savary ('), Encke, John Herschel, Yvon Villarceau.
- On conçoit d’ailleurs, vu la difficulté des mesures, quand il s’agit de quantités aussi petites, que les résultats obtenus sont entachés d’une certaine incertitude; c’est ainsi que, pour la belle étoile Castor, de la constellation des Gémeaux, on a trouvé, pour la durée de la révolution du système, des nombres assez discordants, allant de 250 à 1000 ans, mais le temps nous permettra de faire mieux. Il ne faut pas oublier que l’étude des étoiles doubles est toute récente, et qu’elle ne remonte pas à deux siècles. Le premier qui les a observées sérieusement, en 1778, est un astronome de Mannheim, nommé Christian Mayer, qu’il faut bien se garder de confondre avec l’illustre Tobias Mayer.
- On a fait une belle application de cette extension de la loi de la gravitation aux étoiles doubles.
- Le plus illustre des astronomes allemands, Bessel, en comparant ses propres observations avec celles de Bradley, a déterminé avec précision les mouvements propres de trente-six belles étoiles, et il remarqua que, par exception, le mouvement propre de Sirius n’était pas uniforme et il se demanda quelle pouvait bien être la cause de cette irrégularité. Il lui sembla que cette cause pouvait être l’existence d’un corps invisible, mais relativement voisin de Sirius, qui serait donc une étoile double.
- Il n’alla pas plus loin, mais un de ses disciples, C.-A.-F. Peters, sans doute encouragé par l’éclatant succès de Le Verrier découvrant Neptune uniquement par le calcul, chercha s’il était possible de représenter d’une manière satisfaisante les irrégularités du mouvement de Sirius. Il y parvint, en admettant que le satellite supposé décrit une ellipse dont l’étoile principale occupe un foyer, en cinquante ans environ, et qu’en 1791, la distance des deux étoiles avait atteint sa valeur minima. Le travail de Peters fut confirmé par ceux d’autres astronomes. Enfin, le 31 janvier 1862, l’astronome américain Alvan Clarke, fils d’un opticien célèbre, découvrit, tout près de Sirius, à 10" seulement de distance, une petite étoile qui semblait bien être le satellite soupçonné. On n’est pas arrivé à un accord absolument satisfaisant, mais il faut songer aux difficultés des observations et puis, Sirius peut avoir d’autres satellites non encore découverts et qui agissent à la fois sur l’étoile principale et sur celles qu’a découvertes Alvan Clarke.
- La masse de Sirius serait environ trois fois celle du compagnon, une fois et demie celle du Soleil et la distance qui sépare ces deux astres serait à peu près celle d’Uranus au Soleil. Et nous la voyons sous un angle de dix secondes !
- De même, Auwers a signalé, en 1862, un satellite de l’étoile Procyon (a Petit Chien), ce satellite n’a été observé qu’en 1896. Depuis, plusieurs découvertes analogues ont été faites.
- 1. Savary (Félix), né à Paris en 1797, lut élève de l’École polytechnique (1815), puis entra dans l’armée et devint officier d’état-major. En 1824, il donna sa démission et fut attaché à l’Observatoire de Paris. Plus tard, il fit partie du Bureau des Longitudes et de l’Institut. Sa mort prématurée, arrivée en 1841, désola Arago, qui l’aimait comme un fils.
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- Mais les étoiles doubles ne sont pas, à beaucoup près, les plus compliquées que l’on puisse voir dans le ciel; il y a des étoiles triples, quadruples, etc., et même une étoile septuple, c’est l’étoile 0 Orion, où John Herschel lui-même ne voyait que six étoiles, mais où M. Lassell, brasseur de Liverpool, qui consacrait tous ses loisirs aux études astronomiques, a réussi à en voir sept. Il est vrai qu’il faisait usage d’un télescope réflecteur de quatre pieds d’ouverture et que, fuyant la brumeuse Angleterre, il s’était transporté à Malte. Ajoutons que M. Lassell, mort en 1880, a aussi découvert le satellite de Neptune et deux satellites d’Uranus.
- LES AMAS D’ÉTOILES ET LES NÉBULEUSES
- Passons aux amas d’étoiles.
- Il y en a que l’on peut parfaitement reconnaître à l’œil nu. Tel est le groupe des Pléiades, connu de toute antiquité, on y compte près de 600 étoiles dont la plus brillante, Alcyone, est de troisième grandeur. On ne distingue à l’œil nu, en général, que six étoiles dans ce groupe, quoiqu’on dise encore, par tradition : les sept Pléiades. La septième aurait disparu, selon les Anciens, à l’époque de la prise de Troie. Moestlin, qui fut le maître de Képler, distinguait nettement quatorze étoiles dans ce groupe. C’est probablement, de tous les hommes qui ont vécu, celui qui a été le mieux doté au point de vue de la puissance des yeux. On doit, sur les Pléiades, citer les travaux du regretté M. Wolf, de l’Observatoire de Paris.
- On peut encore citer dans la Chevelure de Bérénice un amas d’étoiles remarquables, de forme à peu près sphérique, et l’amas, découpé en trois parties par des raies noires partant d’un même point, qui se voit dans la constellation d’Hercule.
- Mais, à côté de ces nébuleuses qui se résolvent en étoiles — et bien longtemps on a cru qu’il n’y en a pas d’autres, et qu’avec le temps, la puissance des instruments d’optique allant toujours en croissant, il n’y aurait plus, un jour, que des nébuleuses résolubles, à côté de ces nébuleuses, l’analyse spectrale a fait voir qu’il y a dans le ciel des taches blanchâtres, dont la forme est parfois très irrégulière, et qui semblent ne se composer que d’une matière qui, diffusée, semble-t-il, à l’origine, dans l’espace infini, s’est condensée en certains endroits, pour des causes inconnues et forme des nuages où, la condensation continuant, se forment des étoiles distinctes, en sorte que, dans des milliards de siècles, telle nébuleuse aujourd’hui non résoluble sera devenue un amas d’étoiles dont les astronomes d’alors chercheront à dresser la carte, soit par la photographie, soit par des mesures micrométriques.
- Une des plus belles, parmi les nébuleuses de cette catégorie, est celle de l’Epée d’Orion, qui fut découverte, non pas par Huyghens en 1656, comme on l’écrit souvent, mais bien par l’admirable Peiresc en 1610; ajoutons qu’avant Huyghens, un astronome allemand, nommé Cyzat, avait a?u cette nébuleuse, peut-être dès 1611.
- Cette nébuleuse d’Orion, occupant dans le ciel une surface sensiblement égale à celle de la pleine Lune, est une des plus grandes du ciel ; ajoutons que c’est la plus ancienne qu’on ait décomœrte, car c’est seulement le
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- MORO
- Fig. 4. — Exemple d'orbite d’une étoile double.
- L’orbite apparente telle que nous la voyons obliquement en perspec tive, de E Grande Ourse dont la révolution s’accomplit en 60 ans.
- 15 décembre 1612 que Simon Mayer, ou Marius, découvrit la nébuleuse d’Andromède, qu’on croit généralement être la première qu’un astronome ait distinguée.
- Un astronome qui vivait à Toulouse au xvme siècle, Darquier, découvrit en 1780 une singulière nébuleuse, à laquelle, depuis, ont succédé plusieurs nébuleuses analogues, qui ont suggéré des idées importantes :
- « J’ai rencontré, dit Darquier, quelques nébuleuses en mon chemin, dont la plupart sont inconnues; mais celle à laquelle je me suis arrêté avec le plus de complaisance est une nébuleuse située entre deux belles étoiles de troisième grandeur; elle ne ressemble à aucune autre connue, elle est grosse comme Jupiter, terne comme la partie obscure de la Lune dans les syzygies, mais parfaitement terminée; il semble que son centre soit un peu moins terne que le reste de la surface; cette nébuleuse n’a été remarquée jusqu’ici par aucun astronome :
- Fig. 5. — Le groupe d'étoiles des Pléiades.
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- Fig. 6. — Photographie de la partie inférieure de la constellation d’Orion avec la grande nébuleuse.
- plète, nous dirons seulement^ qu’elle se compose d’une multitude d’étoiles, dont Herschel a évalué le nombre à 50 millions, et que ces étoiles sont, le plus souvent, groupées en amas; qu’elle est, en différents endroits, interrompue^ par des intervalles non lumineux, surtout dans l’hémisphère austral, et qu’à ces taches noires, on a donné le nom de sacs à charbon.
- Non loin d’elle, toujours dans l’hémisphère austral, on voit les deux grandes nébuleuses, appelées Nuées de Magellan, .bien que les astronomes arabes les aient connues bien avant qu’on fît le tour du monde. On ne sait pas trop si l’on doit les rattacher à la Voie lactée ou si elles en sont distinctes.
- Ajoutons que, dans la direction perpendiculaire au plan de la Voie lactée, on voit peu d’étoiles, mais que, vers son pôle boréal, les nébuleuses non résolubles sont nombreuses ; dans l’autre région, il semble qu’il y ait, pour celles-ci, plusieurs centres de condensation.
- Plusieurs astronomes éminents ont cherché à expliquer la constitution de la Voie lactée, qui nous intéresse spécialement, car notre Soleil est une des étoiles qui lui appartiennent, et il paraît faire partie d’un amas que forment les étoiles visibles à l’œil nu et qui se trouve à l’intérieur de l’anneau, mais à peu de distance d’un de ses bords.
- Parmi ces astronomes ou philosophes, nous citerons Thomas Wright (‘), Kant, dont on peut lire l’ouvrage,
- 1. U publia en 1750 sa théorie de l’Univers, dans un livre intitulé : An original Theory, or new Hypothesis of the Universe, founded upon ihe laws of Nature. Ce livre est devenu introuvable depuis longtemps,
- cela tient, sans doute, à ce qu’on ne peut l’apercevoir qu’avec une forte lunette... »
- Darquier venait de découvrir la fameuse nébuleuse annulaire de la Lyre et pressentait le vide relatif à l’intérieur de l’anneau. Plus tard, grâce à son puissant télescope, lord Ross décomposa l’anneau en une multitude de points lumineux et montra que des stries parallèles moins brillantes remplissent son ouverture.
- Il y a plusieurs autres nébuleuses de cette sorte, et on se demande si, parmi elles, il ne faut pas compter la Voie lactée.
- Tout le monde connaît cet immense ruban blanc qui fait le tour du ciel, en se bifurquant aux environs de la constellation du Cygne, la branche secondaire allant rejoindre la branche principale dans le Centaure. La Voie lactée forme à peu près un grand cercle de la sphère céleste, qui coupe l’équateur sous un angle de 63° entre Procyon et Sirius d’une part, vers la main droite d’Anti-noüs de l’autre; elle divise le ciel en deux parties un peu inégales. Nous ne ferons pas, faute de place, sa description com-
- Fig. 7. — Photographie de la Voie Lactée dans l’Ecu de Sobieski.
- On voit que les étoiles s’y groupent sur certains points en véritables nuages que séparent de curieux espaces sombres.
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- traduit en français, à la suite des Hypothèses cosmogoniques de M. Wolf, Lambert, de Mulhouse, et enfin William Herschel, le plus grand peut-être de tous les observateurs.
- Et il faut se dire que, à côté des étoiles que nous voyons, il y a celles, sans doute très nombreuses, que nous ne voyons pas ; leur matière subsiste toujours, mais elles sont éteintes et viendraient sans doute à se rallumer si une autre masse matérielle, animée d’une vitesse suL lisante, venait à les heurter. Toutes les étoiles, mortes ou vivantes, sont sans doute, comme notre Soleil, accompagnées de planètes qui circulent autour d’elles, et dans cet immense univers, il n’y a probablement pas une seule molécule matérielle qui ne soit en mouvement; si longue vie que l’humanité puisse se promettre, les astronomes auront donc toujours des problèmes à résoudre.
- Nous aurions encore bien des choses à dire, notamment sur ces nébuleuses spirales qu’a montrées le gigantesque télescope de lord Ross- et dont la forme, analogue à celle d’un soleil de feu d’artifice, indique qu’elles doivent être animées d’un mouvement de rotation sur elles-mêmes, le noyau tournant avec plus de rapidité que le contour, et sans doute aussi d’un mouvement de translation [on en connaît aujourd’hui plus de 100 000 (')], sur ces étoiles qu’on appelle maintenant géantes et naines, dont les différences d’éclat semblent devoir être attribuées à ce fait que les premières ont un volume beaucoup plus grand que les autres, et, par suite, une densité plus faible, les masses étant du même ordre, mais il faut savoir se borner.
- si bien qu’Arago ayant réussi à grand'peine à s’en procurer un exemplaire, il le prêta à M. Otto Struve, qui ne le rendit pas, en sorte que le grand astronome français ne put le lire. Il en éprouva un vif dépit qu’il a exprimé dans une note de son Astronomie populaire. L’illustre Société Royale astronomique de Londres devrait bien faire réimprimer l’ouvrage de Wright.
- 1. Parmi les astronomes français qui se sont occupés avec succès de l’étude des nébuleuses, nous devons nommer M.M. Stephan, à Marseille et Bigourdan, à Paris.
- LES COURANTS D’ÉTOILES
- Le Soleil se meut dans l’espace, nous le savons, et, assurément, il en est de même des autres étoiles. Ces mouvements sont-ils distribués au hasard ou régis par quelque loi ? Les recherches de M. Kapteyn, directeur du Laboratoire astronomique (*) de Groningue, en Hollande, ont fait voir qu’il existe, non pas un seul courant apparent d’étoiles, conséquence du mouvement du système solaire, mais bien deux courants réels et intermêlés d’étoiles allant vers deux points du ciel dont les cordonnées sont :
- Ascension droite Déclinaison
- Premier courant......... 947° + 12°
- Deuxième courant. . . . 274° — 12°
- Ces points sont donc diamétralement opposés sur la sphère céleste.
- C’est en comparant les positions modernes d’étoiles avec celles du catalogue de Bradley, que M. Kapteyn est arrivé à ce brillant résultat.
- Il n’est d’ailleurs pas le seul astronome dont les travaux aient donné des résultats analogues; parmi eux, il faut citer MM. Lewis, Boss et, à une époque antérieure, Maedler, Flammarion et Proctor. Ce dernier a reconnu que cinq étoiles de la Grande Ourse ont des mouvements de même direction.
- Mais que d’incertitudes encore ! Aussi, pour conclure, nous ne pouvons mieux faire que de rappeler le mot que Laplace prononça sur son lit de mort : « Ce que nous savons est peu de chose, ce que nous ignorons est immense. »
- Cela sera toujours vrai.
- E. Doublet.
- 1. Le mot « laboratoire astronomique » convient parfaitement, car, à Groningue, on ne fait pas d’observations, mais on travaille sur des documents obtenus ailleurs, soit par vision directe, soit par la photographie.
- UN CORSAIRE A VOILES ALLEMAND
- PENDANT LA GRANDE GUERRE
- Ce n’est pas dans les annales des xvne et xvme siècles, que nous irons chercher la véridique histoire de ce corsaire que nous allons présenter aux lecteurs de La Nature, mais bien dans celles de la dernière guerre.
- Si incroyable, en effet, que la chose puisse paraître, un navire à voiles (muni il est vrai d’un moteur auxiliaire) a été armé en 1916 et, sous le pavillon de guerre allemand, a couru les mers, causant d’énormes dégâts dans le commerce maritime des nations alliées.
- Cette histoire d’apparence fabuleuse, mais bien exacte dans toutes ses parties, nous a été racontée par le héros lui-même de l’aventure, le comte Félix de Luckner (')> petit-fils du
- 1. Le dernier Corsaire, par le Comte Félix de Luckner, traduit de l’allemand par Louis Berthain. Payot, éditeur, boulevard Saint-Germain.
- célèbre maréchal de Luckner à qui, en 1792, il fut donné de conduire, lui Allemand, les armées françaises contre ses compatriotes.
- Ce descendant du Maréchal, à qui Rouget de l’Isle avait dédié la Marseillaise, reste un singulier et bien curieux personnage.
- Echappé du lycée de Dresde, par dégoût de ce qu’on l’y forçait à apprendre sans doute, mais surtout par une prodigieuse attirance vers la mer, il réussit à se faire embarquer, à Hambourg, comme mousse, sur un voilier russe en partance pour l’Australie. Les dures épreuves qu’il eut à subir au cours de cette navigation et de celles qui suivirent ne firent que l’ancrer dans son goût pour la mer et surtout la navigation à la voile.
- Jusqu’en 1911, cette vocation le promène sous un faux nom
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- de navire en navire sur tous les points du globe et à travers les aventures les plus fantastiques.
- Ses embarquements sont cependant coupés de séjours à terre au cours desquels on le voit successivement laveur de vaisselle en Australie, aide-fakir dans un cirque, boxeur, soldat dans l’armée mexicaine, garçon de guinguette, jardinier, gardien de phare. Comme tout le reste de son récit, cette tranche de sa vie est contée par von Luckner, d’une plume gaie et alerte. Mais, dans cette extraordinaire série d’avatars, une idée avait toujours hanté son cerveau.
- Ses parents n’avaient plus jamais entendu parler de lui depuis le jour de sa fugue, et le croyaient mort. Il s’était promis de ne plus reparaître devant eux que lorsqu’il serait admis à porter l’uniforme de la marine impériale allemande.
- Il réussit, en étudiant beaucoup plus qu’il ne l’avait fait au collège, à passer les examens nécessaires et, un beau jour de 1911, la protection du Kaiser lui-même intex-venant, il réalisa son rêve et nous le retrouvons, en 1913, capitaine (lieutenant de vaisseau), sur la canonnière Panther de célèbre mémoire, puis à bord du cuirassé Kronprinz, sur lequel il prend part à la bataille du Jutland.
- Cependant, le grand Etat-Major naval allemand estimait qu’à côté des croiseurs auxiliaires, Mœwe, Wolf, qu’il avait lancés en enfants perdus pour la destruction du commerce maritime des alliés, une bonne chance existait encore pour un voilier qui, n’étant pas bridé par l’impérieuse nécessité de charbonner, pourrait avantageusement faire la guerre de course en s’attaquant, spécialement, aux navires à voiles, encore nombreux, qui transportaient, pour les alliés, des cargaisons précieuses, comme des nitrates, du charbon, du blé, etc. Pour mener à bien cette idée, on ne pouvait trouver un meilleur homme que von Luckner, qui accepta avec empressement „de la réaliser.
- Un trois-mâts américain de 1850 tonneaux, Pass of Bahama fut choisi. On le munit d’un moteur de 1000 ch et on le transforma en vue du rôle qu’il allait être appelé à jouer.
- Le Seeadler (Aigle de mer) devint le nom officiel du futur corsaire. Mais, -comme tout bon écumeur de routes, il fut muni d’un faux état civil pour pouvoir tromper les croiseurs ennemis sur le chemin desquels il risquait de se trouver.
- Il devait, en ce cas, présenter l’aspect d’un innocent voilier norvégien, baptisé Amelia, et c’est à ce nom que tous les papiers, officiels autant que faux, furent établis. Un double équipage montait ce navire à deux fins. Sur les 64 hommes qu’il portait en tout, 23 constituaient celui de Y Amelia.
- Us parlaient naturellement le norvégien. Tout le matériel d’armement, dans ses moindres détails et jusqu’aux crayons et porte-plume, 'avait été acheté en Norvège. Un portrait du Roi de Norvège, et un autre du vieil oncle, le roi Edouard VII ornaient le salon du capitaine et un jeune marin, choisi spécialement pour les agréments de son visage, devait, en cas d’alerte et le fait se produisit, se déguiser et jouer le rôle de la femme du capitaine.
- Le pont et un poste à l’avant constituaient le domaine de ce groupe à l’aspect particulièrement pacifique, et il était seul à devoir paraître en cas de visite par un navire de guerre ennemi. Bien entendu, la tenue et les allures des marins et des officiers étaient en rapport avec leur affectation commerciale, c’est-à-dire rudes et négligées.
- L’entrepont était installé pour recevoir et loger confortablement 400 prisonniers, à l’usage desquels on embarqua des livres anglais et français, des gramophones et jeux divers.
- Aux capitaines prisonniers étaient réservés des cabines à deux couchettes, une salle à manger particulière, des lavabos perfectionnés, un office pour leurs plantons.
- Les fonds du navire étaient réservés au matériel de guerre et à l’équipage militaire qui s’y cantonnait lorsque une visite
- inopportune était à redouter. On ne communiquait entre la partie commerce et la partie militaire du navire que par des armoires à double-fond.
- Ainsi truqué et agencé, le Seeadler-Amelia quitta Hambourg le 21 décembre. Son pont était recouvert d’un chargement de bois consigné à une colonie anglaise qui accentuait encore son aspect norvégien.
- Par une chance inespérée, on rencontra tout de suite une série de tempêtes qui forçèrent les bloqueurs à relâcher leur surveillance et permirent à von Lucker de s’échapper par le détroit entre les Feroë et l’Islande.
- Mais, le 25 décembre, alors qu’on croyait tout danger écarté et la route du large ouverte, un croiseur auxiliaire anglais se présenta soudainement. Le Seadler, ayant pris son plus anodin aspect norvégien subit, non sans angoisse, la visite réglementaire qui tourna finalement à son avantage.
- Les officiers anglais à qui cette enquête était confiée, durent regretter amèrement, lorsqu’ils connurent la réelle identité du voilier, leur manque de clairvoyance.
- En effet, le corsaire allemand, ayant gagné dans l’Atlantique la grande route commerciale entre l’Europe et l’Amérique du Sud avait déjà, huit semaines après son départ, détruit 12 bâtiments jaugeant 40 000 tonnes et recueilli 263 prisonniers.
- Supposant alors que sa présence en ces parages avait dû être signalée, von Luckner passe dans le Pacifique où il continua sa chasse pendant trois mois et détruisit encore trois voiliers américains. Mais le gibier se fait rare, la santé et le moral de l’équipage déclinent sous l’effet d’une déprimante navigation de 35 000 milles sous les cieux tropicaux du Pacifique. Un repos devient nécessaire et von Luckner conduit son Seeadler au mouillage dans l’île déserte de Mopélie (Iles de la Société!. Il y était depuis six jours lorsqu’une énorme lame de fond produite par un soulèvement volcanique, cueille le corsaire et l’envoie finir sa carrière sur le banc de corail où il reste cloué.
- Equipage et prisonniers vont s’installer à terre, où ils mènent une vie idyllique. Puis, sur un voilier français venu à leur secours et qu’ils capturent, ils gagnent l’île de Pâques, d’où ils sont transportés au Chili, quatre mois après le naufrage.
- Quant à von Luckner, accompagné de cinq camarades, il avait repris la mer dès le 23 août, avec un cran qu’on ne peut qu’admirer, sur le canot à moteurs du Seeadler. Cette frêle embarcation, transformée à son tour en corsaire à voile, devait servir à joindre et capturer un navire ennemi, à bord duquel on serait venu reprendre les robinsons de Mopélie.
- Pendant 25 jours, dont 13 passés sans voir la terre, le Seeadler II connut le plus dur des destins. Alternativement cuits par le soleil tropical, passés au sel par les vagues, gelés la nuit, les six marins allemands ne peuvent prendre aucun repos sur cette coquille de noix où ils sont entassés et de laquelle, toutes les heures, ils doivent rejeter à la mer 250 seaux de l’eau qui pénètre inlassablement par le plat-bord.
- A bout de force, atteints du scorbut, ils atterrissent aux Fidji le 30 août, où ils sont arrêtés et envoyés en internement à Auckland, en Nouvelle-Zélande.
- Là, en subtilisant la propre vedette du gouverneur, ils machinent une évasion, qui réussit presque. Us sont néanmoins repris alors qu’ayant capturé une goélette, ils voyaient poindre l’espoir du retour dans la patrie. Libérés à la fin des hostilités, ils rentrent en Allemagne en juillet 1919.
- En terminant ce succinct aperçu d’une aventure qui dénote, chez tous ceux qui l’ont courue, une endurance et un esprit militaire remarquables, il importe de dire encore qu’elle s’est déroulée sans qu’une goutte de sang ait été versée, que l’équipage du corsaire n’a subi aucune perte et enfin que les marins des navires coulés ont été traités avec une humanité et même une bienveillance auxquelles tous se sont plu à rendre hommage. Cl Sauvaire Jourdan.
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- = LES LAQUES DU CAMBODGE
- Les Cambodgiens fabriquent des laques unis qui, par leur fini et l’éclat du vernis, peuvent soutenir la comparaison avec les plus beaux laques japonais.
- LA LAQUE AU POINT DE VUE BOTANIQUE
- La laque cambodgienne (moreak) est une gomme extraite d’un arbre appelé kroeul en cambodgien, cay mu son en annamite. C’est le Melanorrhea laccifera (l), décrit par-Pierre dans sa Flore forestière de Cochinchine, à qui nous empruntons la description suivante :
- « Feuilles obovées arrondies ou atténuées arrondies, aiguës à la base et décurrentes sur le pétiole très court
- Grappes longues de 14 à 20 cm, nues à la base dans une longueur de 5 à 10 cm. Elles sont axillaires et terminales et leurs ramifications sont longues de 4 à 8 cm. Les pédi-celles sont longs de 4 à 5 mm et velus. Le calice conique ou ovale-lancéolé, nervé, est long de 4 à 5 mm et tombe d’une seule pièce. Les pétales enroulés, oblongs, lancéolés et aigus, larges de 1/2 mm, sont longs avant l’anthèse de 7 à 12 mm. Ils sont un peu épaissis à la base, en dedans, et là pubescents. Les étamines sont au nombre de 30 ordinairement et formant quatre séries sur un disque cylindrique long de 1 mm 5 et les anthères, déhiscentes bien avant l’anthère, ont 1/2 mm à 3/4 mm de long. Le disque
- Fig. 1. 1. Bol à eau en laque unie. 2. Bol à eau en laque noire avec incrustations de laque rouge. 3. Carafe à eau en laque noire.
- (Cliché de la Direction des Arts Cambodgiens.)
- et aplati, entièrement glabres, coriaces, munies de 18 à 24 paires de petites côtes, de même que la nervation tertiaire, plus élevées en dessous qu’en dessus. Grappes plus courtes ou plus longues que les feuilles, nues à la base, à ramifications assez distantes, papilleuses ou pubéru-lentes. Pédicelles plus longs que la fleur. Calice glabre. Pétales entièrement velus en dehors. Etamines au nombre de trente. Pédicule de l’ovaire pubescent. Ovaire glabre. Drupe sphérique plus longue que son pédicule.
- « Arbre de 15 à 20 m. Rameaux épais de 6 à 8 mm, glabres, mais à jeunes bourgeons velus. Pétiole large de 3 à 6 mm, un peu bombé dessous ou aplati en dessus et plus ou moins ailé ou nu. Limbe long de 12 à 20 cm, large au-dessus du milieu de 7 cm 5 à 10 cm, obconique.
- 1. Le bois de ce Melanorrhea a été dénommé bois jonquille par les industriels de Nancy qui l’utilisent en ébénisterie.
- se prolonge au-dessus de l’insertion des étamines où un pédicule long de 1 mm portant un ovaire ovale oblique, long de 34 mm que termine un style excentrique long de 1 mm 25. L’ovule inséré latéralement à la base de la cavité est ascendant, avec un micropyle situé au coin intérieur et supérieur de sa courbure. Le fruit est porté par un pédicule, long de 1 cm 5, et les pétales persistants, longs de 9 à 12 mm, forment une couronne à la base de ce dernier. Son diamètre de 3 à 4 cm 2 est supérieur à sa longueur qui n’a que 2 cm 6 à 3 cm.
- a Le péricarpe, un peu fibreux, a Une épaisseur d’un peu plus de 2 mm. Il est pourvu d’une zone de cellules scléreuses contre l’endocarpe assez mince, subspongieux, brillant en dedans. Je n’ai pas vu de tégument. L’embryon est formé de deux gros cotylédons dressés, unis en haut et latéralement à une courte tigelle. »
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- Fig. 2. — 1. Coupe à offrandes en laque avec incrustations de'nacre. 2. Plateau à offrandes en bois laqué avec incrustations
- de bambou et décors dorés.
- (Cliché de la Direction des Arts Cambodgiens.)
- « Cet arbre a un suc un peu jaune qui ne tarde pas à se solidifier à l’air et à devenir sec et noirâtre. Ce suc rougeâtre que les Khmèrs appellent mairac ou meréac est assez abondant et est un vernis d’une très grande beauté servant à laquer tous les objets de pierre et de bois, etc., il est recueilli dans des nœuds de bambou taillés en biseau et enfoncés dans l’écorce et le liber après un battage qui a pour but de faciliter son écoulement. Ce suc reste liquide pendant dix à quinze jours. Pour le conserver tel, sans quoi il deviendrait résineux, on le tient dans des vases dont le plein est fait avec de l’oléorésine, produit de Diptérocarpées et principalement des espèces D. alatus et D. intricatus. En cet état, le vase étant luté, le mairac peut servir pendant longtemps, au delà de deux années. Les huiles de coco, de ricin, ont la propriété de le durcir. Voilà pourquoi ces mêmes huiles servent à délaquer les objets recouverts de mairac. Ainsi, les statues de pierre ou de bois, qui ont été laquées avant de recevoir un revêtement ou d’or ou d’argent, sont facilement'1 délaquées par ces huiles.
- • « Le Melanorrhea laccifera a une croissance rapide, et déjà après deux ans de plantation, des incisions peuvent y être faites sans inconvénients. C’est donc un arbre à recommander dans les cultures forestières. Il mérite encore la culture pour son bois dont le cœur, chez un arbre âgé d’une centaine d’années, a un diamètre de plus de 30 cm d’un rouge intense. A cet âge, l’aubier rougeâtre a 9 cm de diamètre. L’aubier donne de bonnes planches, des manches d’outils et le cœur est un bois d’ébénisterie de grande valeur commerciale. Ce bois est assez lourd et se conserve bien. En Birmanie, d’après Kurz, on emploie celui du M. usitata (Wall), pour traverses de chemin de fer, manches d’outils ét, autrefois, il servait d’ancre et de refouloir à canon. Un coccus vit aussi sur cet arbre et sa gomme laque est
- estimée d’après les Kmers. La feuille est pourvue d’un hypoderme presque aussi large que l’épiderme et le mésophylle supérieur comprend deux ou trois rangées de palissades formant une bande un peu plus large que le mésophylle inférieur. Les faisceaux des nervures atteignent l’un et l’autre l’épiderme. Le contenu des canaux est jaune orangé. Le nombre de ces canaux est considérable en dedans du péricycle, ils manquent au pourtour de la moelle. Du cylindre central, ainsi que cela a lieu dans la famille, trois faisceaux bien distants s’échappent, pour la feuille. Le méristème qui en est formé est oblong transversal et sa gaine est formée d’une multitude d’arcs fibreux pénétrant plus ou moins le liber dans lequel on trouve autant de canaux sécréteurs correspondants. »
- Le kroeul pousse ici et là dans les forêts du Cambodge; on le trouve plus abondamment dans les provinces de Svay-Rieng, Thbong Khmum, Pursat, Kom-pong Speu et Siemréap. La récolte du moreak se fait trois fois par an, de juillet à fin septembre.
- Suivant le terrain où poussent les arbres et suivant leur âge, on récolte des gommes de couleur et de qualité un peu différentes ; on peut les diviser en deux catégories principales : le moreak noir (moreak khmao) et le moreak plus clair (moreak achmon) qui sèche moins vite que le moreak noir et garde même après séchage une teinte brune d’un ton très chaud.
- Pour la récolte, comme l’indique Pierre, on pratique à l’aide d’un couteau à large lame sur le tronc, à partir du bas, des saignées en arête de poisson : trois ou quatre superposées; on suspend au-dessous des entre-nœuds de bambou pour récolter le liquide.
- . La coutume cambodgienne veut, pour écarter les mauvais esprits et obtenir une abondante récolte, qu’avant de pratiquer la prémière saignée, la lame
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- du couteau soit passée dans une sorte de gâteau fait de poissons séchés et de têtes de serpents venimeux.
- On compte que 300 arbres fournissent annuellement de 3 à 4 litres de moreak.
- Cette gomme est soigneusement sassée, dans une étoffe de coton, puis conservée dans les tubes de bambou à l’abri de l’air et de la lumière pour éviter l’oxydation du latex.
- Actuellement, sur le marché de Pnom Penh, le prix de vente varie de 1 $ 50 à 2 le kilogramme. Les émanations du moreak, bien que beaucoup moins nocives que celles des vernis japonais issus des Rhus çernicci-fera et succedanea, ne sont cependant pas sans danger et provoquent parfois chez les ouvriers des rubéfactions à la face et aux mains. Pour parer à cet inconvénient, certains ouvriers prétendent qu’il suffit de s’exposer quelques instants à la fumée des chaumes; d’autres se frottent le corps, la figure et les mains avec de l’huile ou un corps gras quelconque.
- UTILISATION DE LA LAQUE AU CAMBODGE
- Les Cambodgiens utilisent cette laque, soit pour recouvrir des objets en bois, en pierre ou même en bronze : boîtes, manches de couteau ou d’éventails, statuettes, etc. Dans le cas des statuettes en pierre ou en bronze, le laquage est le plus généralement suivi d’un dorage à la feuille; la laque joue alors ici simplement le rôle de support; soit, comme matière première, pour fabriquer les objets eux-mêmes : vase à eau (phtel) (fig. 1, 1), coupe à offrandes (chœung pean)
- (fig. 1, 2) ou carafe à eau (kanti tuck) (fig. 1, 3).
- 1° Laquage sur bois. — Les objets sont soigneusement poncés et polis, les trous et les jointures lutés avec un mastic fait de laque mélangée avec de la sciure de bois. On applique au pinceau une première couche de laque; on laisse sécher deux ou trois jours dans un endroit légèrement humide, à l’abri de la poussière et de la lumière; on polit cette première couche avec un mélange de poudre fine de pierre à aiguiser et de cendre de palmes; on applique une seconde, puis une troisième couche de laque en ayant soin de bien laisser sécher entre chaque nouvelle application.
- Après l’application de la cinquième couche, on procède au polissage définitif d’abord avec une pierre à aiguiser fine, puis avec des morceaux de charbon de bois (de trach) trempés dans l’eau, enfin le fini s’obtient par polissage avec des tampons de chiffons contenant un mélange de poudre de charbon de tronc de kapok et de cendres de palmes.
- Quelquefois, après la deuxième couche, on utilise de la laque préalablement colorée en rouge par une poudre spéciale venant de Chine (tiet angkul : sulfure mercurique ou argile colorée par de l’oxyde ferrique). Ces laques rouges recouvrent ordinairement l’intérieur des objets, l’extérieur restant noir. Certains
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- de ces objets sont en outre ornés de petits morceaux de nacre ou de clinquant (feuille de verre recouverte d’antimoine) préalablement découpés en ronds, carrés ou losanges et noyés dans la laque (incrustation).
- Le laquage sur pierre ou bronze constitue en général, comme nous l’avons déjà dit, un simple support destiné à recevoir une dorure à la feuille. Ce procédé semble avoir été très en honneur autrefois; les représentations des divinités (ronde-bosse ou bas-relief) étaient, pour la plupart, dorées et, sur beaucoup où la dorure a presque totalement disparu, on retrouve encore des traces de laque.
- Le procédé est, du reste, toujours en usage et nombreux sont les exemples d’objets en pierre ou en bois laqués et dorés que l’on peut voir au Palais royal à Pnom Penh, dans les pagodes ou chez de riches mandarins.
- Ajoutons, enfin, que certains ustensiles de ménage en rotin tressé ou même en terre cuite, sont recouverts intérieurement et quelquefois aussi extérieurement d’une ou de deux couches de laque. Cette opération a ici uniquement pour but d’imperméabiliser ces objets; la laque n’est, en effet, attaquée ni par l’eau, acide ou alcaline, ni par l’alcool.
- 2° Objets en laque. — Nous avons dit que certains objets, tels que vases à eau, coupes, etc., sont uniquement faits avec du mereak. Voici la suite des opérations nécessitées par cette fabrication
- Pour faire un bol à eau, par exemple :
- On commence par établir un moule en terre, de la dimension exacte que doit avoir l’intérieur du. bol. On recouvre cette forme en terre d’un papier (fig. 3, 1) sur lequel on applique une très légère couche de laque ; on laisse sécher un jour ou deux, puis, avec un mélange d’eau et de farine de riz, on colle sur cette laque un morceau
- Fig. 3. — 1. Moule enterre recouvert d’une première couche de papier. 2. Moule en terre recouvert d’une première toile. 3. Moule en terre avec tours jointifs en coton. (Cliché de la Direction des Arts Cambodgiens.)
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- de toile (fig. 3, 2); sur cette toile, on passe une ou deux couches de mereak; on laisse sécher pendant 5 à 10 jours, suivant l’humidité du milieu (la laque sèche plus vite dans une atmosphère légèrement humide) ; on applique une seconde toile et, de nouveau, une couche de moreak; on laisse sécher encore 5 ou 10 jours; on répète ainsi cinq fois l’opération; puis, au lieu d’appliquer une sixième toile, on enroule jointivement des fils de coton (fig. 3, 3) sur lesquels on passe deux ou trois couches de laque mélangée avec de la cendre de^ palmes qui a pour effet de durcir la laque. On ajoute successivement autant de couches de laque qu’il est nécessaire pour obtenir l’épaisseur désirée. Ce travail terminé, on brise le moule en terre primitif, on gratte avec une petite curette le premier papier qui ne sert ainsi qu’à isoler le bol du mandrin en terre et l’on obtient finalement un bol en laque sans aucun support autre que les fils de coton. On pratique ensuite le polissage comme il a été dit plus haut au sujet des objets en bois; mais ici, comme on n’a pas à craindre que l’eau abîme le support, le polissage se fait, le plus souvent, l’objet complètement immergé.
- Ces ustensiles tout en laque, s’ils sont d’une fabrication fort longue en raison du temps nécessaire au séchage, sont du moins pratiquement incassables; comme par
- ailleurs ils ne sont pas attaqués par l’eau, ils sont d’un usage encore assez répandu dans ce pays qui fut toujours plus ou moins tributaire de la Chine pour la poterie.
- Bien que ces laques soient ordinairement parfaitement unis, certains sont cependant ornés d’une incrustation de bambou.
- Le poli, la qualité de la matière, la profondeur des noirs permettent de ranger ces laques à côté des plus beaux laques chinois ou japonais.
- A ma connaissance, il n’existe pas au Cambodge de laques sculptés. Des essais sont actuellement poursuivis à l’Ecole des Arts cambodgiens à Pnom Penh et les résultats obtenus à ce jour sont des plus encourageants.
- Dans ce cas, avant le dernier polissage, les laques passent à l’atelier de sculpture où elles sont travaillées comme le bois ou l’ivoire à l’aide de petits ciseaux très coupants.
- Sur la question des laques cambodgiennes comparées aux laques du Tonkin et de Cochinchine, je renvoie le lecteur aux articles de M. Crévost parus dans le Bulletin économique de VIndochine, 1905, p. 599 et suivantes et 1925, p. 475 et suivantes.
- J. Stœckel,
- Professeur à l’École des Arts Cambodgiens de Pnom-Penh (Cambodge).
- LES ARDOISIÈRES DE L ANJOU
- L’exploitation de l’ardoise est une des industries les plus intéressantes de l’ouest de la France. Elle donne lieu dans le département de Maine-et-Loire surtout à un commerce très actif et les ardoises d’Angers sont célèbres dans le monde entier à cause de leur excellente qualité. L’extraction en est fort ancienne et le travail du schiste curieux et pittoresque n’a pour ainsi dire pas varié depuis plusieurs siècles. Les lecteurs de cette revue nous sauront gré de leur donner une idée de la nature du schiste ardoisier et des différentes phases de son exploitation.
- GÉOLOGIE DE L’ARDOISE
- Le Massif armoricain est, en France, un des témoins des terrains les plus anciens qui forment notre territoire. Il est formé de roches métamorphiques, granités, gneiss et micaschistes provenant de là transformation d’anciens sédiments sous l’influence de la chaleur et de la pression. Ces terrains supportent toute la série primaire plissée à la période anthracolithique.
- Les dépôts précambriens azoïques sont surmontés par les terrains siluriens renfermant les intéressantes couches de schiste ardoisier de la Bretagne. C’est pendant la deuxième partie de la période silurienne, à l’époque ordovicienne que se sont déposées dans une mer profonde entre deux couches de grès, les boues argileuses qui ont été l’origine de l’ardoise.
- A) Origine, nature, composition de Vardoise. —
- Jusqu’à la période anthracolithiquej les sédiments
- arrachés aux continents voisins se déposent horizontalement dans un immense géosynclinal occupant l’emplacement actuel de la zone hercynienne. Dans la partie la plus profonde de ce géosynclinal, les boues argileuses ont été soumises à l’action de la chaleur et de la pression et, plus tard, le plissement hercynien les a soulevées et, laminées. Il en est résulté un début de métamorphisme qui a formé l’ardoise.
- L’argile est du silicate d’alumine hydraté et, sous l’influence des agents physiques précédemment cités, il y a eu formation de minéraux nouveaux du groupe des micas et minéraux voisins; du quartz a également pris naissance et un certain nombre d’autres minéraux, en particulier des pyrites de fer, de cuivre et de plomb. Mais ce que l’on peut observer, c’est que la composition chimique globale de la roche ne change sensiblement pas les nouveaux minéraux se formant aux' dépens du silicate d’alumine et des diverses impuretés qui existent tou*-jours dans l’argile.
- La composition moyenne d’une ardoise, don!; la, densité est d’environ 2,8, est la suivante :
- Silice . . . . 57 p. 100 Magnésie . . 3 p. 100
- Alumine. ... 20 ~ K2 O ..... 2 —-
- Fei O5 .... 11 — Na* O. .... 1 —
- Ca O . . . . . 1 — Eau. . ... , 5 —
- Nous avons parlé tout à l’heure de la. pression supportée par. les argiles, cette pression, conséquence surtout du plissement hercynien n’a •pas toujours été dirigée du haut en bas, la plupart du temps elle a été latérale. Le
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- plan perpendiculaire à la direction de la pression est donc, en général, distinct du plan de sédimentation. Or, c’est suivant la direction du premier plan que l’ardoise se clive, nous l’appellerons plan de schistosité ou de fis-silité. La schistosité indépendante de la stratification, masque complètement cette dernière dans l’ardoise. Les fossiles -— des trilobites surtout — qui se sont déposés dans les boues argileuses sont aplatis quand les deux plans sont confondus, étirés, déformés et même fragmentés dans le cas contraire.
- Il convient de citer, en outre, un autre plan appelé le longrain, qui est un plan de clivage perpendiculaire à la fissilité. La connaissance de ce plan est très utile aux ouvriers qui débitent le schiste et sa trace est généralement indiquée par des cristaux de pyrites.
- B) Faune de Vardoise. — Les fossiles de l’ardoise, relativement rares, sont surtout des trilobites. Les plus caractéristiques sont : Illoenus giganteus, Calymene Tristani, Dalmanites Tristani. On trouve également des brachiopodes et des céphalopodes. La plupart de ces fossiles sont déformés, comme nous l’avons dit plus haut.
- C) Extension. — Les montagnes hercyniennes, rasées par l’érosion et recouvertes par des sédiments beaucoup plus récents, ne se présentent plus qu’à l’état de pénéplaine. Il ne subsiste que la partie profonde des plis et l’on observe à la surface du sol des bandes de terrains qui sont les témoins des synclinaux primaires. Ces bandes parallèles entre elles sont, orientées dans la direction S.-E.,—N.-W., au sud du Massif armoricain et se prolongent sous la Manche. Dans le Maine-et-Loire qui nous intéresse plus particulièrement, on observe du Nord au Sud :
- Deux bandes parallèles se prolongeant dans le département de la Mayenne où elles donnent le gisement de Renazé,
- La bande de Pouancé-Segré.
- Au Sud, plusieurs bandes dans les régions de Vern, Angrie, La Pouèze, Le Louroux.
- Autour d’Angers, la carte ci-contre (fig. 1) montre que le schiste ardoisier se répartit de la façon suivante :
- Fig. 2. — Les ardoisières d'Angers au xvi° siècle, d'après une gravure de l’époque (exploitation à ciel ouvert).
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- Terrains
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- Fig. 1. — Carte géologique schématique des environs d’Angers.
- 1° Sur la rive droite de la Maine, 6 bandes :
- a) La bande d’Avrillé;
- b) La bande Sud d’Avrillé;
- c) La bande de la Beurière;
- d) La bande de l’Etang Saint-Nicolas;
- e) La bande de Beaucouzé;
- /) La bande de Bouchemaine.
- 2° Sur la rive gauche de la Maine, on observe la fusion des bandes, b, e, d, qui donnent la large bande de Trélazé où sont les principales exploitations de l’Anjou.
- HISTORIQUE DE L’EXPLOITATION
- L’exploitation de l’ardoise en Anjou semble être très ancienne et remonte certainement avant l’an 1000. La pierre tombale de l’abbé Ato, décédé en 835 et conservée au Musée Saint-Jean, à Angers, en est une preuve. Toutefois l’emploi du schiste pour , la couverture des habitations n’a commencé que vers le milieu du xive siècle. Au xvme siècle, l’exploitation était déjà très active comme le montre la figure 2 représentant une vue d’Angers à cette époque.
- Historiquement on distingue trois méthodes d’exploitation de l’ardoise.
- A) Exploitation à ciel ouvert : c’est la méthode la plus ancienne. — On commence par enlever sur toute la surface de la carrière projetée la terre végétale et la cosse ou schiste altéré par les agents atmosphériques. On atteint alors l’ardoise de qualité; on pratique au milieu de la carrière et parallèlement à la schistosité un fossé de 2 à 3 m de profondeur et d’un mètre de largeur. L’ouvrier abat alors, à l’aide de maillets et de coins des plaques d’ardoise de dimensions variables. Lorsque le fossé est suffisamment large, on en creuse un nouveau au fond du premier, tandis que l’exploitation continue au niveau supérieur. La carrière apparaît donc au bout d’un certain temps comme une profonde excavation dont les parois sont un immense escalier sur les marches duquel on exploite le schiste.
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- Fig. 3. — La carrière à ciel ouvert de VHermitage dont la profondeur atteint 160 m.
- Sur une des parois cle la carrière, généralement du côté Ouest, on dispose l’échafaudage nécessaire pour la montée des hommes et de l’ardoise. Les chevaux, qui effectuaient tout le travail jusqu’au milieu du xixe siècle, ont été remplacés par des machines à vapeur; à cette époque, on a également commencé à employer les explosifs.
- La méthode d’exploitation à ciel ouvert présente de nombreux inconvénients. La surface exploitable va en diminuant à mesure que l’on approfondit et les eaux de source et de pluie sont gênantes. En outre, on est obligé de remonter à la surface tous les débris et le schiste inutilisable qui ne peuvent encombrer le fond de la carrière; c’est ce qui explique l’origine des immenses tas de « bourrier d’ardoise » des environs d’Angers et de Trélazé. ,
- La profondeur atteinte est en moyenne de 100 à 120 m; certaines carrières ont cependant atteint 160 m. La figure 3 représente l’ardoisière de l’Hermitageda-Saulaie, dernière exploitation à ciel ouvert commencée au début du xixe siècle et abandonnée en octobre 1898.
- Les anciens fonds, très nombreux autour d’Angers,
- sont aujourd’hui presque tous remplis d’une eau rendue glauque par le reflet du fond.
- B) Exploitation souterraine par gradins droits.
- — Cette méthode, abandonnée aujourd’hui, fut mise en œuvre à Angers vers 1830 ; elle est due à l’ingénieur Le Chatelier. Voici en quoi elle consiste. On creuse un puits profond de 60 à 80 m qui traverse la terre végétale, la cosse et une certaine épaisseur du schiste; puis on creuse une vaste chambre de 3 à.4:m de hauteur ayant une superficie égale à celle de la carrière projetée, de 1000 à-1500 m'!. Ceci étant fait, on extrait l’ardoise comme dans la méthode précédente en allant de haut en bas.
- Au bout d’un certain temps, le plafond de la chambre d’exploitation est très élevé au-dessus des ouvriers : 120 m au puits n° 6 des Grands-Carreaux. On est obligé de surveiller constamment la voûte et les parois pour éviter les accidents dus aux éboulements. Malgré toutes les précautions prises, cette méthode d’exploitation a été très meurtrière. Voici, d’après le Dr O. Coufîon, quelques' accidents mémorables : le 5 janvier 1868, la voûté des Grands-Carreaux s’effondre d’une hauteur de 115 m formant une masse de 450 m3, ensevelissant le contremaître et deux ouvriers; le 15 novembre 1888, à Misengrain, un bloc tombant de 8 m tua 18 ouvriers; le 4'juin 1883, à la Paperie, 1000 m°, tombant de 59 m, tuèrent 13 ouvriers.
- ) ' . !
- . Fig. 4. — Exploitation
- C) Méthode actuelle par souterraine de l’ardoise par gradins renversés. —Cette '- gradins droits, méthode méthode imaginée par l’in- - , de Le Chatelier génieur Blavier est aujourd’hui ' (C0UPe de la carrière). complètement' généralisée ; elle a été mise en œuvre pour la première fois en 1887 aux Grands-Carreaux.
- On commence par creuser un puits profond de 3 à 400 m, de section rectangulaire (5 m 5 X 3 m 75). Ce puits est, en général, boisé ou maçonné dans sa partie supérieure et à partir d’un certain niveau le schiste assez solide rend tout soutènement inutile.
- Quand le puits est terminé, on creuse à sa base une galerie de chaque côté et on construit parallèlement à l’exploitation future une collectrice dont la longueur varie avec l’importance des chantiers. On ouvre alors des galeries perpendiculaires à la collectrice appelées travers-bancs d’une hauteur de 2 m et, élargissant ces travers-bancs, on pratique les chambres d’exploitation dont la superficie varie entre 1000 et 2000 in2. Les chambres
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- sont séparées les unes des autres par des piliers de schiste ou bardeaux, d’une dizaine de mètres d’épaisseur.
- L’exploitation peut, alors commencer. Suivant la schistosité on pratique une foncée de bas en haut, de 4 à 6 m de hauteur et, à l’aide de perforatrices électriques et de dynamite, on abat d’énormes blocs de schiste. Pendant la journée, les ouvriers déblaient la chambre et posent les mines et, lorsque tout le monde est remonté au sol, le chef de chantier met le feu aux poudres. Une formidable explosion ébranle la carrière et le lendemain, après avoir vérifié l’état, des voûtes, on débite les plus gros blocs qui, sur des voies Decauville, sont amenés jusqu’à la recette d’« à bas » à la base du puits.
- Le « bourrier » ou schiste inutilisable est laissé sous terre et sert de remblai; la chambre d’exploitation n’a pas plus de 5 à 6 m de hauteur. On est toutefois obligé pour activer le remblayage d’avoir recours aux débris des fendeurs, ce « bourrier » tombe dans la mine par un puits auxiliaire de faible section.
- L’exploitation d’une chambre étant terminée, on achève le remblayage par une collectrice de niveau supérieur et on fait toutes les opérations nécessaires pour l’exploitation d’un nouveau banc. La montée est d’environ 6 m par an.
- Les carrières ont été éclairées successivement à l’huile, au gaz et à l’électricité. Le gaz a été employé pour la première fois en 1847 et l’électricité en 1887. Actuellement, l’électricité est utilisée dans tous les travaux pour la lumière, la force motrice des perforatrices et la production de l’air comprimé. La venue de l’eau est peu abondante et l’épuisement peu important est de 150 m3 en moyenne par 24 heures.
- Les ouvriers descendent dans l’ardoisière debout dans une cage métallique mue par de puissants treuils à vapeur. Un dispositif spécial indique au mécanicien les positions respectives de la benne montante et de la benne descendante. La durée du travail des ouvriers d’ « à bas » est de 8 heures, de 7 heures à 15 heures, la descente, la montée, le temps du repas compris.
- Les gros blocs de schiste pesant de 800 à 2000 kg sont montés attachés à de puissantes chaînes; quand il s’agit de blocs plus petits ils sont montés dans un bassicot grande boîte en bois d’une contenance d’environ 1 m3.
- Fig. 6. — Coupe d’une chambre d’exploitation, méthode Blauier.
- \ Foncée en remontant
- Travers banc
- Reste de ^ banc à exploiter
- Collectrice niveau supérieur
- Collectrice
- Chambre
- Chambre d’exploitation
- Chambre
- Collectrice
- '////////////////////m
- Püiis à. rem b!a
- Fig. 5. — Plan d’une exploitation ardoisière par gradins renversés] méthode Blavier.
- LE TRAVAIL DU SCHISTE
- Le schistè est extrait de la carrière, il faut maintenant le confier aux ouvriers « d’à haut » qui le façonneront. Les blocs pris à la recette « d’à haut, « sont chargés dans des wagonnets tirés par une locomotive électrique à trolley et transportés aux ateliers des fendeurs.
- Ces ateliers individuels en plein air “sont'très pittoresques. Ce sont de petites cabanes faites de blocs d’ardoise empilés, ouvertes au midi et d’une superficie de 5 à 6 m . Une claie mobile garnie de paille ou « tue-vent » préserve l’ouvrier des intempéries.
- Les wagonnets déposent les blocs devant les ateliers qui manquent de matière première; le travail du schiste commence alors et comprend, les opérations suivantes :
- 1° Uali.gnage : qui a pour but de diviser les trop gros blocs en morceaux maniables, ce travail est fait par un ouvrier qui, à l’aide d’une barre formant levier, les coupe suivant le plan de schistosité.
- 2° La quernure ou fabrication des repartons a pour but de diviser les blocs précédents, suivant des plans perpendiculaires à la fissilité (suivant le longrain) en morceaux ayant approximativement la dimension des modèles d’ardoises à obtenir.
- Pour cela, l’ouvrier, à l’aide d’une scie à métaux, fait une encoche perpendiculaire à la fissilité, y introduit un coin, donne un coup de maillet et le bloc se fend.
- Les morceaux ainsi obtenus sont les repartons.
- Le schiste, à l’air, laisse évaporer son eau de carrière et perd de sa fissilité, on est donc obligé de maintenir les repartons humides. Aussitôt qu’ils sont faits, le fendeur les recouvre de débris d*ardoise mouillés et les conserve à l’ombre dans le fond de son abri. Tous les jours, un service d’eau est fait aux ateliers en plein air.
- 3° La fente. — Le fendeur place les repartons verticalement entre ses jambes entourées de guenilles attachées avec des ficelles. Puis il engage avec précaution entre les feuillets de l’ardoise de longs ciseaux d’acier dont le tranchant a été légèrement enduit de graisse, et, frappant à petits coups à l’aide d’un maillet, il arrive à diviser le reparton en lames dont l’épaisseur varie de 2 mm 5 pour les modèles français à.5 mm pour les
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- modèles anglais (l). Certains ouvriers acquièrent une grande habileté, travaillent très vite et donnent des
- 16 en modèle français, 24 en modèle anglais, puis rangées et comptées par 100 (104), suivant leurs grandeurs, dans un endroit appelé canton qui se trouve à proximité de chaque atelier de fendeur.
- Les fencleurs sont de véritables petits entrepreneurs, auxquels les sociétés livrent le schiste qu’ils rendent sous forme d’ardoises. Ils sont payés suivant le rendement (rapport entre le poids des ardoises et le poids des repartons) et d’après une échelle variable avec la forme et les dimensions des modèles fabriqués.
- Depuis 1915, les sociétés exploitantes et en particulier la Commission des Ardoisières d’Angers ont introduit la main-d’œuvre féminine. Le seul travail qui puisse être fait par les femmes est la taille et le rondissage. Les repartons sont livrés aux ouvrières qui les serrent fortement entre deux lames de bois verticales, l’une portant un contrepoids, l’autre poussée par le genou de la fendeuse ; le reparton ainsi maintenu
- Fig. 8. — Recette d’une pièce de schisle ardoisée.
- lames d’une grande régularité d’épaisseur; le rendement moyen d’un fendeur est de 6 à 700 ardoises par jour.
- 4° La taille ou rondissage. — L’ardoise doit être mise aux dimensions voulues : c’est la taille ou rondissage. Ce travail est effectué par le fendeur; il s’agit de rendre le fendis rectangulaire, suivant les plus grandes dimensions possibles pour éviter' le déchet.
- Cette opération est obtenue à l’aide de machines fort simples, dont le couteau est mû par les pieds ; l’ouvrier avec ses deux mains libres maintient la plaque de schiste arrêtée par des crémaillères, tandis que la lame la coupe. Pour la taille de l’ardoise de grandes dimensions, telle que la grande anglaise, on se sert d’une machine dont la manœuvre nécessite deux hommes : le premier tient la lame de schiste sur les crémaillères, l’autre abaisse et soulève le couteau.
- Les ardoises fabriquées sont divisées par catégories :
- 1. On obtient alors le fendis.
- Fig. 9. — Recette d'un bassicol.
- est fendu de la même manière et avec autant d’ha-Fig. 10. — Le travail de l’ardoise : Valignage des pièces.
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- Fig. 11.
- Le travail de l’ardoise : la fente à l’abri des « tue-vent s.
- Fig. 12.— Le travail de l’ardoise : les abris actuels des fendeurs (sans tue-ven On aperçoit d’avant en arrière la fente, le rondissage et la qucrnurc.
- bileté que par les hommes. La Commission des Ardoisières occupe environ 250 ouvrières.
- En dehors de la fabrication des ardoises, le schiste est employé à de multiples usages. Grâce à sa grande résistance à tous les agents physiques et chimiques, c’est un matériau très précieux. On en fait des éviers, des marches d’escaliers, des tableaux, des plaques pour urinoirs, etc. Ces divers objets sont fabriqués dans les ateliers de Saint-Léonard où de nombreuses machines : scieuses, raboteuses, perçeuses, polisseuses façonnent le schiste. La roche inutilisable pour la fente ou la confection d’objets divers sert de pierre de construction; enfin, avec les menus débris, on fabrique des agglomérés.
- RENDEMEMT, PRODUCTION
- Le rendement d’une exploitation ardoisière est le rapport entre le volume ou le poids du schiste vendable et le volume ou le poids du schiste abattu. Ce rendement est très variable et dépend de nombreux facteurs, en particulier de la qualité de la roche et de l’habileté des ouvriers; il est d’environ 20 pour 100; les 80 pour 100 de déchets se répartissent de la façon suivante : 50
- pour 100 pour le fond et 30 pour 100 pour la surface.
- Les trois sociétés exploitantes du Maine-et-Loire sont :
- 1° La Commission des Ardoisières;
- 2° La Société ardoisière de l’Anjou;
- 3° La Société des Ardoisières de Trélazé.
- La production moyenne du centre Angers-Trélazé est annuellement d’environ 115 000 tonnes se répartis-sant de la façon suivante :
- 80 000 tonnes en modèle français;
- 30 000 tonnes en modèle anglais;
- 4 000 tonnes pour objets divers.
- La Commission des Ardoisières livre annuellement au commerce 140 000 tonnes de schiste, qui correspondent à un vide souterrain de 150 000 à 160 000 m\
- Le nombre des ouvriers du centre Angers-Trélazé est de 2500 : 800 ouvriers d’« à bas », 1200 fendeurs, 500 ouvriers divers. Avec ses exploitations du nord du département et de la Mayenne, la Commission des Ardoisières occupe à elle seule environ 5000 ouvriers.
- Tous ces chiffres montrent l’importance de l’extraction du schiste dans l’ouest de la France.
- Fig. 13 (à gauche). — Rondissage des ardoises anglaises. Fig. 14 (à droite). — Les fendeuses en atelier.
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- Fig. 15. — Un chef-d’œuvre de couverture en ardoise.
- Les sociétés ardoisières ont fait un grand effort pour améliorer le sort de leurs employés : construction de
- cités ouvrières, établissement de bains-douches, etc. La durée de la journée de travail est de huit heures pour toutes les catégories. La législation des ardoisières est celle des mines ; à 55 ans, les ouvriers reçoivent une retraite qui leur est versée par la caisse autonome des ouvriers mineurs.
- L’Anjou est, en France et certainement dans le monde, le centre de l’industrie ardoisière. L’ardoise est peut-être un peu triste d’aspect, elle est certainement moins gaie que la brique, mais légèr e, résistante à tous les agents atmosphériques, elle peut lui être préférée. Du Bellay, dans son exil, la préférait aux roches les plus belles, lorsqu’il disait dans son fameux sonnet :
- « Plus que le marbre dur, me plaist l’ardoise fine ».
- Lecteurs de La Nature, qui visiterez un jour le magnifique coin de France qu’est l’Anjou, n’oubliez pas de venir voir les ardoisières, vous verrez une exploitation qui, par les moyens mis en œuvre, le travail intéressant et pittoresque des ouvriers, est certainement une des plus curieuses industries du sous-sol (').
- M. Paumier, Professeur à Angers.
- 1. Tous les clichés qui illustrent cet article nous ont été aimablement fournis par M. le Gérant de la Commission des Ardoisières, 52, boulevard du Roi-René à Angers. Nous lui adressons nos bien sincères remerciements.
- LE PARA ET L’ORTHOHYDROGÈNE
- S’il est une substance que l’on pouvait supposer bien connue, c’est l’hydrogène.
- Depuis qu’il a été isolé et étudié par Cavendish en 1766, des milliers de personnes en ont préparé; on l’utilise par tonnes dans des industries chimiques comme la synthèse de l’ammoniaque et, si c’était un mélange, ça se saurait... C’est bien pourtant ce que des expériences récentes viennent de mettre hors de doute : l’hydrogène préparé dans les conditions habituelles est un mélange de deux hydrogènes : un quart de parahydrogène et trois quarts d’orthohydrogène. Comment a-t-on eu l’idée de séparer l’hydrogène habituel, que nous appel-ler’oiïs hydrogène normal, en ses deux constituants ? C’est en essayant d’expliquer certains aspects du spectre de l’hydrogène et la variation de sa chaleur spécifique^ avec la température que la théorie des quanta, sous sa forme récente, a émis l’hypothèse des deux hydrogènes, que l’expérience a très rapidement vérifiée.
- 1
- Quand on fait passer des décharges électriques condensées dans un tube qui renferme de l’hydrogène sous Ta pression de quelques millimètres de mercure et qü’on
- analyse la lumière émise au spectroscope, on observe dans la partie visible du spectre des raies bien connues appelées Ha (rouge), H|3 (bleue), Hy (indigo), Ho (violette). Ces raies se retrouvent dans le spectre solaire (Ha = C, H^ = F) et dans les spectres d’étoiles; la série des raies Ha HJ3, etc., se prolonge dans l’ultraviolet où elle s’arrête. Ce spectre de l’hydrogène est le plus connu; on l’appelle spectre de Balmer et on l’attribue à l’atome d’hydrogène. L’atome H comprend un noyau positif lourd, le proton, et un électron négatif près de 2000 fois plus léger qui peut graviter à une certaine distance du noyau sur diverses orbites (fig. 1 a). Le spectre atomique se produit par le mécanisme des sauts d’électrons d’une orbite à l’autre, dont nous avons dit quelques* mots dans un article récent (‘). Chaque orbite corres-. pond à un atome H instable; l’orbite est caractérisée par un certain niveau d’énergie pour l’atome et l’énergie émise sous forme de lumière pendant le saut de l’électron est égale à la différence des deux niveaux d’arrivée et de départ; la fréquence de la lumière est donnée par la formule Jiv — W, — W, déjà citée. On dit que les mouvements/des électrons dans l’atome sont « quantifiés » 1. La Nature, 15 juin 1929, p. 554.
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- pour exprimer l’existence d’orbites à énergies fixes.
- A côté du spectre atomique, l’hydrogène donne un autre spectre, moins connu, appelé souvent spectre secondaire, qu’on obtient avec des décharges non condensées, et qui comprend un nombre beaucoup plus grand de raies (au moins 450 dans le spectre visible). Ce spectre est attribué à la molécule d’hydrogène; celle-ci comprend deux atomes, donc deux noyaux positifs où se trouve concentrée presque toute la masse, et deux électrons. La figure 1 représente schématiquement l’atome H et la molécule H2, celle-ci avec le modèle primitif de Bohr, où les deux électrons décrivent la même orbite. On peut s’imaginer les deux protons de la molécule H2 comme les deux sphères d’une haltère, les forces attractives des charges négatives sur les charges positives feront l’effet de la barre qui réunit les deux sphères. Les deux noyaux gravitent l’un autour de l’autre, autrement dit la molécule entière tourne autour d’un axe que nous supposerons par exemple perpendiculaire à la droite de jonction des noyaux; la molécule a ainsi une énergie de rotation. En même temps, l’ensemble n’est pas rigide, les noyaux oscillent légèrement autour de leur position d’équilibre le long de la droite qui les joint; la molécule a donc une certaine énergie d’oscillation.
- Les électrons se trouvent naturellement dans des états quantifiés, comme dans l’atome, et les deux énergies d’oscillation et de rotation sont aussi quantifiées. Autrement dit, l’émission d’une raie peut se produire, outre les transitions électroniques, par changement de l’état vibratoire et de l’état de rotation de la molécule. Il est possible, par conséquent, d’imaginer une série de raies correspondant aux mêmes changements électronique et vibratoire et à des changements différents de l’état de rotation; ces raies forment ce que l’on appelle une bande
- Fig. 2. — Courbe indiquant la variation de la chaleur spécifique de rotation de l’hydrogène (exprimée en calories par molécule gramme) pour diverses teneurs en parahydrogène.
- "X / Noyau \ / -'^Electron \ i i i \
- i ô i O ! o
- i ! \ i \ ! jS Noyau j Noyau i i
- Electron Electron® /'
- Atome H Molécule H2
- Fig. 1. — Configuration schématique de l’atome d'hydrogène H (à gauche) et de la molécule H3 (à droite).
- et la théorie montre que, pour les raies d’une même bande, la fréquence ç de la vibration émise est sensiblement donnée par la formule
- ,= A[(P + |)+
- les nombres entiers p et p caractérisant les états de rotation d’arrivée et de départ. Une observation attentive a montré à Mecke (1924-1925) que les raies d’une même bande de l’hydrogène étaient alternativement fortes et faibles. C’est la première raison qui a conduit à admettre que les molécules H2 pouvaient être de deux sortes.
- Il est difficile d’imaginer comment, avec deux atomes identiques, on peut bâtir deux édifices différents. Nous indiquerons seulement que l’on suppose actuellement que le proton peut posséder un moment magnétique; en même temps qu’une charge électrique, c’est aussi un petit aimant (’). Dans la réunion de deux atomes, les deux aimants en question peuvent se placer parallèlement dans le même sens, l’ensemble formant un aimant deux fois plus fort, ou parallèlement dans le sens opposé, l’ensemble n’étant plus aimanté. On obtient ainsi deux sortes de molécules : le premier arrangement donne l’ortho, le deuxième le parahydrogène; la molécule une fois formée garde son aimantation indéfiniment. La théorie montre que, dans l’orthohydrogène, les nombres p et p' de la formule ci-dessus sont des nombres impairs, pour le parahydrogène des nombres pairs et que, précisément à cause de l’existence d’une aimantation dans l’orthohydrogène, les molécules de ce dernier doivent être trois fois plus nombreuses que celles du parahydrogène; on s’explique ainsi l’intensité plus grande des raies qui leur correspondent. N
- II
- La théorie cinétique des gaz envisage les gaz comme formés de molécules séparées les unes des autres. A la pression ordinaire et à la température de 0°, 2 gr d’hydrogène occupent un volume de 22,4 litres et contiennent 6 X1023 molécules. Ces molécules se heurtent continuellement les unes les autres; elles heurtent également
- 1. La charge électrique peut être supposée en mouvement; le champ magnétique serait celui d’un courant.
- m
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- = 402 =-.....................":. —
- les parois du récipient qui les contient et les parcours qu’elles effectuent sans choc sont très courts ; dans ce parcours libres, les molécules sont animées de vitesses très grandes; pour l’hydrogène, cette vitesse est aux environs de 1900 m à la seconde à 0°. Cette vitesse augmente quand on chauffe le gaz; si cet échauffement a lieu dans un récipient clos, à volume constant, on peut penser que la chaleur fournie sert à augmenter la vitesse de translation des molécules; si cette supposition est exacte, on peut démontrer que la chaleur C à fournir pour augmenter de 1° la température de 2 gr d’hydrogène doit être égale à 3 calories environ (2,98 exactement), quelle que soit la température initiale. Or, pour chauffer ces 2 gr de 0° à 1°, l’expérience montre qu’il faut près de 5 calories; c’est donc qu’une cause supplémentaire d’absorption d’énergie intervient. Il y a longtemps qu’on a supposé que cette cause était précisément la rotation des molécules déjà envisagée ci-dessus, d’où l’emploi d’une chaleur spécifique de rotation Cr égale à la différence C—3. Cette chaleur Cr change avec la température et elle diminue considérablement quand celle-ci diminue ; elle s’annule même aux très basses températures; vers —- 250° ou 20° absolus ( ), les rotations ont l’air complètement arrêtées. Une théorie des chaleurs spécifiques, qui tient compte de la mise en route progressive de ces rotations, a été commencée par Einstein et continuée par Debye; les formules données par cette théorie ne pouvaient pas représenter la variation de Cr pour l’hydrogène et cette discordance a embarrassé longtemps les physiciens. En 1927, Heisenberg, puis Dennison ont proposé d’admettre que, si les deux modifications de l’hydrogène existent, leurs chaleurs spécifiques de rotation ne sont pas les mêmes et elles varient d’une façon toute différente quand la température augmente, celle du parahydrogène augmentant beaucoup plus vite aux basses températures; Dennison arrive à représenter la cnurbe de l’hydrogène normal en admettant la proportion de 1 : 3 déjà énoncée. Il faut supposer que, aux basses températures, la proportion reste la même qu’aux températures ordinaires, au moins pendant le temps nécessaire à la mesure de la chaleur spécifique. Cependant la théorie indiquait que le parahydrogène devait être la forme stable aux basses températures; on sait que beaucoup de corps qui devraient se transformer en une forme plus stable ne le font souvent qu’avec une extrême lenteur; Dennison suggère alors l’idée de maintenir l’hydrogène gazeux pendant longtemps à basse température, pour voir si la proportion des deux formes change. L’expérience a été faite par Eucken (2) et elle a pleinement réussi (1929) ; il faut toutefois plusieurs mois de séjour dans l’air liquide pour obtenir une variation notable de la chaleur spécifique. On est arrivé plus rapidement au résultat par une autre voie.
- 111
- La théorie permet de calculer la proportion d’équilibre entre les deux formes; on trouve que cette proportion
- 1. La température absolue est comptée à partir de —273°; on a note T = 273 + i où t est la température centigrade.
- 2. Les recherches d’Eucken ont été effectuées à Breslau.
- doit varier avec la température. Vers 20° absolus, température de l’hydrogène liquide, on trouve 99,7 pour 100 de parahydrogène; vers 90°, température de l’air liquide, on trouve 50 pour 100; vers 170° absolus (—100° C.), on arrive à la proportion 1 : 3 qui reste la même aux températures plus élevées. Nous venons de dire déjà que la transformation est très lente; on a pensé aussitôt à la catalyser. Bonhoeffer et Harteclc (1929) (') ont trouvé un procédé extrêmement simple; il consiste à absorber l’hydrogène ordinaire, à la pression atmosphérique, par du charbon activé, refroidi par l’hydrogène liquide. Au bout de quelques minutes, on peut faire le vide; la pompe extrait du parahydrogène à 99,7 pour 100, c’est-à-dire pratiquement pur. Si la même opération est faite à la température de l’air liquide, le mélange contient 50 pour 100 des deux formes. Jusqu’ici, on n’a pas trouvé de procédé permettant l’enrichissement de l’hydrogène normal en orthohydrogène.
- Le parahydrogène semble un peu plus fusible que l’hydrogène normal; il est plus volatil; à la température de 20°, 4 absolus (ébullition du gaz normal), les tensions de vapeur des deux formes seraient 787 mm (p) et 751 mm (o). Les chaleurs de fusion et de vaporisation sont les mêmes pour les deux formes ; celles-ci différeraient en énergie à l’état solide, de la même manière qu’à l’état gazeux, c’est-à-dire par leur énergie de rotation.
- En faisant passer des décharges non condensées dans le parahydrogène, on a vérifié directement que les raies qu’on lui attribuait apparaissaient cette fois nettement et à l’exclusion de celles attribuées à la forme ortho; il faut toutefois opérer avec des décharges assez faibles, pour éviter la décomposition de l’hydrogène en atomes; ces atomes se recombineraient ensuite pour redonner l’hydrogène normal.
- Nous donnons, figure 2, les courbes de variation de la chaleur spécifique de rotation avec la température; on voit qu’il s’agit de différences importantes. Les valeurs expérimentales, en traits pleins, se placent exactement sur les courbes théoriques, en pointillé.
- La théorie cinétique des gaz permet d’établir une relation entre la chaleur spécifique et la conductibilité calorifique d’un gaz donné; elles sont à peu près proportionnelles pour les deux formes de l’hydrogène; le parahydrogène doit donc être plus conducteur que l’hydrogène normal. On a vérifié cette propriété en faisant passer un courant dans un fil fin de platine tendu dans une ampoule remplie de gaz sous faible pression et plongée dans un mélange réfrigérant; la chaleur dégagée dans le fil est enlevée par conductibilité dans le gaz. On constate que, pour une même dépense en watts dans le fil, celui-ci prend une température plus basse dans le parahydrogène. La température se mesure en déterminant la résistance électrique du fil; le procédé permet de montrer, dans un cours, la différence entre les deux hydrogènes; il est commode surtout pour doser très exactement la proportion des deux formes dans un mélange.
- On a étudié aussi dans quelles conditions on pouvait repasser du parahydrogène à l’hydrogène normal. On y arrive à haute température (1100o-1200°), probable-
- 1. Les recherches de Bonhoeffer et Harteck ont été effectuées è Berlin.
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- ment à cause de la formation d’atomes qui redonnent ensuite l’hydrogène normal. En présence du noir de platine, la transformation a lieu en quelques secondes à la température ordinaire. On avait espéré mettre en évidence une différence dans les forces électromotrices de piles à hydrogène employant le parahydrogène et le gaz normal; on n’a rien trouvé de tel et ce n’est pas étonnant, puisque ces piles ont une électrode en platine noirci. D’une façon générale, on n’a pas signalé jusqu’ici de différences dans _les propriétés chimiques des deux hydrogènes; il est possible que c’est parce que toutes les réactions étudiées se font par l’intermédiaire des atomes.
- IY
- On a vu par le rapide résumé précédent comment s’est faite la découverte des deux modifications de l’hydro-
- ..-..........: . =........ = 403 =
- gène; c’est par un emploi combiné de l’expérience et de la théorie, celle-ci mettant en œuvre les idées les plus modernes sur la constitution de la matière. Le temps n’est plus évidemment où on pouvait, à l’aide de moyens rudimentaires, quelques tubes à essais et quelques produits peu coûteux, faire progresser la science. Il a fallu mettre en œuvre ici l’hydrogène liquide, les délicates mesures de chaleur spécifique des gaz aux basses températures, la spectroscopie à l’aide d’appareils très dispersas. La recherche scientifique demande, à côté des idées, du matériel. Mais, si la mise en œuvre des expériences se complique, la possibilité des découvertes est toujours aussi grande; même sur un sujet aussi rebattu que l’hydrogène, il y a toujours du nouveau à trouver
- E. Darmois,
- Professeur à la Sorbonne.
- LA FOUDRE
- ET LES LIGNES ÉLECTRIQUES
- La foudre est un fléau qui éprouve surtout les campagnes : les accidents qu’elle provoque sont rares dans les centres urbains; ils sont, au contraire, très fréquents et souvent très graves à la campagne. Le développement des réseaux aériens d’électricité rend ce danger plus préoccupant encore que par le passé; non pas que les lignes électriques aient, comme certains le croient, la propriété d’attirer la foudre : mais lorsqu’elles sont frappées, et c’est un cas qui deviendra d’autant plus fréquent que le réseau sera plus dense, elles peuvent propager dans les lieux habités, usines ou maisons, les effets destructeurs du météore.
- C’est donc un problème de plus en plus pressant que de déterminer, avec le plus d’exactitude possible, les circonstances de formation de la foudre, afin d’être armé pour en combattre les effets pernicieux.
- Une très importante et originale contribution vient d’être apportée à cette étude par M. C. Dauzère, le savant directeur de l’Observatoire de Physique du Globe du Pic du Midi et son collaborateur M. Bouget.
- Nous en résumerons ici les points essentiels d’après une conférence faite à Toulouse et à Tarbes sous le patronage de la Société française des Electriciens, qui en a publié le texte dans un de ses récents bulletins.
- IL EXISTE DES LIEUX DE PRÉDILECTION POUR LA CHUTE DE LA FOUDRE
- Pendant une trentaine d’années, M. Bouget a poursuivi une enquête précise sur les points de chute de la foudre aux environs de Bagnères-de-Bigorre.
- Il a reconnu que la foudre ne tombe pas au-hasard,
- mais qu’elle a une prédilection marquée pour certains lieux. Contrairement à l’opinion courante, ceux-ci ne sont pas toujours les lieux élevés; sommets de clochers ou points proéminents du sol. Ceci n’est à peu près exact que dans une contrée dont la constitution géologique est à peu près uniforme.
- Dans une région montagneuse où les roches et les terrains les plus divers sont rapprochés sur des superficies restreintes, les choses se passent tout autrement.
- Voici, pour ce cas, les résultats essentiels de l’enquête de M. Bouget, tels que les expose M. Dauzère.
- 1° Les lieux de prédilection de la foudre sont situés souvent au voisinage des sources, dans les fonds de vallons, dans les cols.
- 2° La situation des lieux fréquemment foudroyés dépend avant tout de la constitution géologique du sol : les calcaires compacts ne sont presque jamais foudroyés; les schistes ardoisiers, les granits, les ophites le sont souvent.
- 3° Les lieux les plus exposés sont situés sur les lignes de contact de deux terrains géologiques différents.
- Sur ces lignes, sont situés les fonds de vallons, les sources, les cols, ce qui explique pourquoi ces points sont souvent foudroyés.
- La figure 1, qui représente une coupe géologique de la région de Labassère, près de Bagnères-de-Bigorre, fournit un exemple de ces phénomènes. Les sommets, qui sont dans le calcaire, ne sont jamais foudroyés; les points atteints se trouvent sur les ophites et les schistes; le lieu le plus dangereux est situé dans un petit col, à quelques mètres du sommet intact du pic de Labassère; en ce point, situé précisément sur une ligne de contact, 5 hommes ont été tués par la foudre dans une cabane de berger.
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- LE ROLE DES IONS DANS LA CHUTE DE LA FOUDRE
- Quelle est la cause de cette prédilection de la foudre pour certains lieux privilégiés ? On peut proposer deux explications différentes. Mais nous allons voir qu’une seule est acceptable.
- La première fait intervenir la conductibilité électrique des différents sols; un sol bon conducteur, dit M. Dauzère, subit mieux que les autres l’influence électrostatique du nuage orageux : il en résulte au-dessus de lui une augmentation sensible du champ électrique qui règne entre la base du cumulo nimbus, siège de l’orage et la terre. Si l’on admet que la décharge suit la ligne de force, selon laquelle l’intensité du champ est la plus grande, un sol bon conducteur doit être frappé de préférence.
- Cette explication ne résiste pas aux nombreuses mesures
- sur la conductibilité et permet de distinguer la part due aux ions positifs et celle due aux ions négatifs.
- M. Dauzère a procédé, pendant l’été 1928, à de nombreuses mesures de la conductibilité de l’air dans la même région de Bagnères, par les temps les plus divers.
- Il a constaté qu’en temps normal la conductibilité due aux ions positifs est supérieure à celle due aux ions négatifs.
- A l’approche et au début d’un orage, dans la grande majorité des cas, la conductibilité totale augmente et prend une valeur élevée ; ce qui, dans le cas actuel, revient à dire que le nombre total d’ions augmente; on constate, en outre, que ce sont les ions négatifs, qui alors prédominent et non plus les positifs.
- Ces observations s’appliquent à toute la région soumise à l’influence de l’orage.
- Mais, les lieux fréquemment foudroyés se dis-
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- / ////tr.
- Schistes de l'Albien
- Schistes de l'Albien Ophites
- O^ <o
- Fig, 1. — Coupe géologique de la région de Labassère (Hautes-Pgrénées), d’aprèsjC. Dauzère.
- du champ électrique effectuées par M. Dauzère dans la région montagneuse de Bagnères, dans les conditions atmosphériques les plus diverses. Ce savant a toujours constaté, en effet, que l’intensité du champ a toujours ses valeurs les plus grandes sur les sommets des montagnes, quelle que soit la nature des roches qui les forment. Ces sommets devraient donc être le plus souvent frappés; nous avons vu qu’il n’en est rien. Les lieux foudroyés, au contraire, ne jouissent d’aucun privilège à l’égard du champ électrique.
- La deuxième explication fait intervenir non plus la conductibilité du sol, mais celle du chemin que suit la foudre dans l’air. Il est évident que ce chemin doit être celui qui offre la meilleure conductibilité pour la décharge électrique. On sait, d’autre part, que la conductibilité de l’air est due à la présence de centres électrisés, positifs ou négatifs, les ions, qui transportent les charges électriques; la mesure de l’ionisation de l’air renseigne donc
- tinguent par les phénomènes suivants : en tout temps, le nombre total d’ions par centimètre cube y est relativement grand et les ions négatifs y sont d’ordinaire plus nombreux que les ions positifs.
- Les conditions qui caractérisent l’approche d’un orage se trouvent donc, en ces points, réalisées en permanence. Ces lieux apparaissent, en conséquence, comme des centres d’ionisation liés à la constitution géologique même du sol.
- M. C. Dauzère a procédé, pendant l’été 1928, à une enquête personnelle dans la région du Sud-Ouest en visitant des lieux où la foudre a produit de graves accidents : l’usine hydroélectrique de Saint-Georges (Aude), détruite par la foudre le 17 avril 1928, est située au pied d’une falaise de calcaire urgo-aptien sur la ligne de contact de ce calcaire avec le schiste albien. Un nouveau coup de foudre s’y est produit le 18 juillet 1928.
- Le 12 juin 1927, la foudre avait provoqué la rupture
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- de feeders de la ligne de traction du chemin de fer électrique au milieu de la rampe de Capvern (Hautes-Pyrénées) ; là encore on se trouve à la ligne de contact de deux terrains différents, sur le contour d’une petite enclave de marnes grises du sénonien au milieu des argiles miocènes à cailloux roulés du plateau de Lannemezan.
- Au village de Germ (Hautes-Pyrénées), situé à 1300 m d’altitude dans la vallée du Louron, une femme fut tuée dans son lit par la foudre, le 3 juillet 1928; la foudre était tombée au voisinage de la ligne électrique basse tension qui éclaire le village et c’est cette ligne, en mauvais état, qui avait, sans doute, véhiculé les surtensions homicides. Mais M. Dauzère a remarqué que le village, bâti sur un dépôt glaciaire enclavé entre deux massifs schisteux, représente un lieu dangereux au point de vue de la foudre.
- Le village de Tudelle (Gers) est situé sur un des coteaux argilo-calcaires de l’Armagnac; ce terrain est divisé en plusieurs étages dont les divisions sont marquées par de brusques dénivellations, généralement très apparentes. A Tudelle, l’étage supérieur forme un petit plateau sur lequel sont groupées les maisons du village; ce plateau est entouré d’une enceinte naturelle, occupée par des arbres et des fossés remplis d’eau; c’est la ligne de contact avec l’étage géologique précédent. Or les arbres qui s’y trouvent sont fréquemment foudroyés et une fdlette fut même tuée sous l’un d’eux en 1927. Par contre, le clocher, au milieu du plateau, quoique beaucoup plus élevé, n’a jamais été frappé.
- M. Dauzère a également fait le relevé des coups de foudre observés sur la ligne de chemin de fer électrifiée de Toulouse à Bayonne. Entre Saint-Gaudens et Orthez les observations faites depuis 1924 révèlent trois zones où se concentrent les accidents : les environs de la gare d’Artix, les environs de Lourdes et le plateau de Lannemezan et ses environs.
- Les accidents les plus nombreux se trouvent sur le plateau de Lannemezan et dans les vallées qui en descendent. Sur ce même plateau, le village de Le Cuing offre un lieu de prédilection marqué pour la foudre; il èn est de même dans les communes voisines; et leur territoire est ravagé] par la grêle presque tous les ans; on sait que la grêle est un phénomène concomitant aux orages. Le plateau de Lannemezan constitue un centre d’action remarquable au point de vue de la météorologie régionale et M. Dauzère se propose de faire tous ses efforts pour découvrir les causes de son influence.
- LA FOUDRE ET LES LIGNES ÉLECTRIQUES
- C’est une grave question que celle de savoir si les terribles dangers de la foudre sont encore amplifiés par la présence de lignes électriques aé-
- V Tarbes
- Non teinté : miocène ; argile ferrugineuse à cailloux roulés
- Cénomanien : calcaires
- Sénon ien : ma rnesgrises
- FM a t e a u
- Capvern
- Lannemezan
- Fig. 2. — Coupe géologique des environs de Capvern (Hautes-Pyrénées) d’après C. Dauzère.
- riennes; car celles-ci sont appelées à couvrir nos campagnes d’un réseau de plus en plus dense.
- Quelques-uns des cas particuliers étudiés par M. Dauzère démontrent, avec évidence que ces lignes surtout, lorsqu’elles sont mal établies, peuvent propager le péril dans des localités ou des habitations où l’on aurait toutes raisons de se croire en sécurité.
- M. Dauzère classe en trois catégories les accidents observés :
- 1° Le coup de foudre direct sur la ligne; celle-ci est alors, en général, rompue au point frappé; dans les deux
- Fig. 3. — Carte de la ligne de Toulouse à Bayonne montrant la répartition des coups de foudre, d’après C. Dauzère.
- Audi
- Orihez
- Artix
- Tarbes
- Lannemezan
- Oloron
- ,apvern
- Pic du
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- tronçons violemment séparés se propagent des ondes de surtension de grande intensité qui provoqueront, dans les maisons, des accidents très graves.
- 2° La foudre tombe à proximité de la ligne; celle-ci, placée dans un champ électrique intense, s’était chargée par influence électrostatique. Le passage de l’éclair détruit brusquement ce champ, et la ligne se décharge tout aussi brusquement, en donnant naissance à des ondes mobiles se propageant de part et d’autre de la région influencée. L’effet est d’autant plus intensifié que le coup de foudre a été plus voisin de la ligne; à proximité immédiate, l’induction magnétique ajoute son effet à l’influence électrostatique et aggrave encore la situation. C’est là l’origine des accidents les plus fréquents.
- 3° La foudre frappe un transformateur et met en communication le primaire et le secondaire; le courant à haute tension est alors dérivé sur la ligne basse tension et est une source de graves dangers.
- . Faut-il conclure de là, comme certains l’ont fait, qu’une ligne électrique attire la foudre ? Nullement. L’effet d’une ligne chargée est d’augmenter, par influence électrostatique, l’intensité du champ électrique entre le lieu où elle se trouve et le nuage orageux. Mais les observations de M. Dauzère prouvent, indiscutablement que l’intensité du champ et l’influence électrostatique sont inopérantes pour provoquer la chute de la foudre sur des sommets de montagne; il doit, a plus forte raison, en être de même dans le cas actuel. Et de nombreuses constatations statistiques prouvent qu’il en est bien ainsi. Les lignes électriques n’attirent pas la fondre, mais elles en propagent les ravages lorsqu’elle éclate dans leur voisinage.
- Pour assurer la sécurité, il faudra donc détourner les lignes des points dangereux que la foudre affectionne et les munir d’appareils de protection efficace contre les surtensions. Ces appareils existent et sont employés
- normalement sur les lignes à haute tension dont l’établissement est toujours entouré de beaucoup de soins. Aussi constate-t-on que les accidents dus à la foudre se manifestent de préférence sur les lignes à basse tension, qui, surtout dans les installations rurales, sont trop souvent construites très sommairement.
- LA CARTE DES LIEUX DANGEREUX POUR LA FOUDRE
- De ces considérations, il résulte que, pour toute région que l’on veut pourvoir d’une distribution électrique aérienne, il importe d’en reconnaître au préalable les points dangereux. L’étude de la carte géologique en facilitera la recherche.
- Il serait mieux encore d’organiser des observations méthodiques, en vue d’établir des cartes des lieux dangereux. C’est ce que M. Dauzère se propose de faire lui-même pour le département des Hautes-Pyrénées. Il semble que cette tâche si utile pourrait être sans trop de difficultés étendue à toute la France, moyennant une organisation aisément réalisable.
- Aussi terminerons-nous ce résumé de la belle conférence de M. Dauzère, en reproduisant, pour nous y associer, le vœu émis, sur l’initiative de MM. Juppont, et Camichel, par le groupe toulousain de la Société française des Electriciens :
- 1° Que soient concentrés à l’Observatoire du Pic du Midi à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) tous les renseignements sur les accidents causés par la foudre, la grêle et les orages dans toute la France;
- 2° Qu’une propagande active soit faite auprès des pouvoirs publics, des compagnies de traction électrique, des sociétés de production d’énergie, des sociétés techniques et des sociétés d’agriculture, en vue de la réalisation de ce centre de documentation si étroitement lié à la prospérité nationale. R. Villers.
- : LA RADIOELECTRICITE
- ET L'ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
- Les relations mutuelles entre la T. S. F. et la musique sont multiples. D’une part, la radiodiffusion contribue, d’une façon naguère insoupçonnée, à populariser la musique; d’autre part, les ingénieurs spécialisés en T. S. F. ont souvent besoin d’une connaissance approfondie des effets musicaux. Enfin, l’enseignement de la musique pourra, à son tour, mettre à contribution les ressources de la radiotechnique.
- C’est dans cet ordre d’idées que le laboratoire central de T. S. F., attaché depuis près d’un an à l’Académie de Musique, à Berlin, nous paraît digne de fixer l’attention de nos lecteurs. C’est, en effet, un endroit où musiciens et ingénieurs, en collaboration étroite, étudient à fond ces relations réciproques et où ils ont l’occasion d’échanger
- leurs vues et leurs expériences personnelles et de travailler, de concert, à la solution de certains problèmes.
- On s’y est surtout attaché à tirer parti de la T. S. F. pour faciliter et généraliser l’enseignement de la musique. Toutes les salles- ont été équipées avec des microphones particulièrement efficaces et d’excellents récepteurs et haut-parleurs. Le courant qui sert à alimenter les amplificateurs et les haut-parleurs est emprunté soit à des batteries d’accumulateurs, soit à des machines à haute fréquence. La salle des amplificateurs comporte de grands tableaux de distribution d’où l’énergie électrique est convenablement distribuée aux salles et aux cabinets d’étude; chaque salle, chaque cabinet est relié, du reste, à un petit tableau propre, auquel les différents micro-
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- phones et haut-parleurs sont connectés. Enfin, chaque pièce communique, par une ligne téléphonique directe avec la salle des amplificateurs, en sorte que le mécanicien chargé de son service peut, à tout moment, recevoir toutes les instructions nécessaires. Le studio comporte non seulement les draperies usuelles pour amortir les échos, mais, sur les murs, des revêtements amovibles en bois ou autres matières dont on y peut, à loisir, étudier les effets acoustiques.
- Parmi les innovations inaugurées à l’Académie de Musique, signalons, en premier lieu, l’enseignement à
- ——r--::--- ..:.....:.... .......= 407 =
- les différents membres pourront se tenir à des endroits quelconques n’ayant entre eux aucun moyen de communication, mais qui sont, chacun, reliés au cabinet de travail du chef d’orchestre, assis au piano, dont les sons amortis indiquent parfaitement le rythme. Lors d’une fête prochaine, on organisera un concert, dirigé depuis Berlin, avec des musiciens se tenant dans les trois Suisses, à Zurich, Lausanne, Lugano.
- Signalons, en outre, l’usage très étendu qu’on fait, à l’Académie de Musique, du télégraphone Stille, dispositif pour enregistrer et reproduire des sons. On sait
- IliïilISBii;!
- wÊËÊÊêêêèHKÊÈ
- !
- Fig. 1. — Le laboratoire radioélectrique de l'Académie de Musique de Berlin.
- distance du chant. L’élève, profitant de cette méthode, n’a pas besoin de quitter sa chambre pour recevoir les instructions du professeur assis à son piano, à un endroit situé à une distance quelconque, pourvu que l’une et l’autre pièce soient équipées avec un microphone et un haut-parleur. C’est en effet ainsi que le professeur pourra, à tout moment, se rendre compte des défauts de l’élève, alors que ce dernier entendra parfaitement les commentaires et les recommandations du maître.
- Une autre nouveauté adoptée à l’Académie, c’est la direction, à distance, d’un orchestre ou d’un chœur dont
- que cet appareil comporte un fil (où un ruban) d’acier passant devant les pôles d’un électro-aimant relié au microphone et qui s’aimante plus ou moins fortement selon l’intensité plus ou moins grande des courants téléphoniques.
- Lorsque, ensuite, on déroulera le même fil ou le même ruban devant les pôles d’un électro-aimant relié à un casque ou à un haut-parleur, il y induira des courants analogues aux courants microphoniques. Aussi entendra-t-on, dans le récepteur téléphonique, la reproduction fidèle et singulièrement pure des paroles pro-
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- Fig. 2. — La direction à distance d’un orchestre. Le chef d’orchestre est au piano dans une salle séparée. Les exécutants peuvent être répartis dans des salles séparées.
- Fig. 4 (à gauche). — Le Dr Fischer examinant Fig. 5 (h droite).—- Mise en œuvre de la méthode du Dr Fischer.
- le son reçu directement et le son
- Fig. 3. — Une étudiante de l’Académie de Musique contrôlant les défauts de sa voix au moyen de l’appareil Stille.
- noncées — ou du morceau chanté — devant le microphone.
- Lors de ma récente visite à l’Académie de Musique, je fus frappé par la pureté des sons qui sortaient de cet appareil. Je croyais avoir affaire à la reproduction d’un disque de gramophone dû à une artiste accomplie. Aussi, quel ne fut pas mon étonnement en apprenant qu’il s’agissait de la voix d’une étudiante, fort douée à la vérité, qui tenait à avoir un moyen de contrôle de ses propres progrès. Empressons-nous d’ajouter que
- les qualités acoustiques d’une matière de revêtement.
- . Dans deux haut-parleurs de construction identique on compare réfléchi par la matière à étudier.
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- l’inscription laissée dans le fil d’acier s’efface facilement, grâce à une aimantation uniforme et intense.
- D’autre part, le D1’ E. Fischer m’a fait la démonstration de son nouveau procédé pour apprécier l’acoustique d’une salle donnée. On sait que les draperies amortissant les sons s’emploient de moins en moins dans les studios de T. S. F. et qu’on s’efforce plutôt de réaliser, grâce à des revêtements appropriés, une bonne réflexion des sons. Suivant la nouvelle méthode Fischer, un haut-parleur minuscule produisant le son normal est disposé à l’intérieur d’un tube d’environ 25 cm de diamètre et d’environ 2 m de longueur. Les ondes sonores provenant de ce haut-parleur sortent par l’embouchure amincie du tube et vont frapper une plaque échantillon de la matière dont il s’agit d’examiner le pouvoir réflecteur. Un microphone disposé à proximité communique les sons réfléchis à un haut-parleur disposé dans une autre salle,
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- à côté d’un haut-parleur identique émettant les sons directs, non. réfléchis. On n’a, grâce à un dispositif de mesure approprié, qu’à faire en sorte que le son réfléchi ait la même intensité que le son direct pour pouvoir apprécier les qualités acoustiques de la matière.
- Enfin, le Dr Sell a mis au point un nouveau microphone dont on ignore encore le principe de construction, mais qui, semble-t-il, donne passage aux fréquences élevées. Le même savant s’occupe de la production de sons et de timbres nouveaux, en créant, dans un instrument à cordes, une résonance électrique qui accentue surtout certaines fréquences acoustiques. Un autre savant attaché à la station radiotéléphonique de l’Académie, M. H. K. de Willisen, préconise une nouvelle méthode d’enregistrement acoustique basée sur une technique de taille perfectionnée des disques de gramo-phones. D' Alfred Gradenwitz.
- FONDATIONS ISOLANTES
- Le machinisme chaque jour davantage s’installe dans les villes, entre dans nos maisons, pénètre même chez nous. Contre cette invasion lente, continue, qui nous trouble dans la jouissance paisible de nos appartements, nous n’avons qu’un moyen de défense : les fondations isolantes.
- La première idée en est due incontestablement à M. Gustave Anthoni, ingénieur des Arts et Manufactures (1864).
- Succédant à son père comme fabricant d’essieux et de ressorts, il avait monté, dans son usine de la rue Neuve-Coquenard, un marteau-pilon qui fut l’origine d’un procès intenté par les voisins à cause du bruit et des trépidations dont ils eurent à se plaindre.
- Pour le jeune ingénieur, à sa sortie de l’Ecole Centrale, l’occasion se présentait d’études intéressantes sur l’amortissement des vibrations : il se mit aussitôt au travail et étudia toutes les matières isolantes ou supposées telles. Il reconnut que cette réputation était généralement surfaite ou même inexistante (sable, asphalte...) et celle sur laquelle il fixa son choix fut un certain mélange de caoutchouc dont il fit mouler des tampons de forme assez compliquée. Mais ses premiers essais ne furent pas couronnés de succès, tant s’en faut ! Les voisins s’impatientèrent, il dut s’avouer vaincu et déménager.
- Entre temps, il avait appliqué son système d’isolement aux voitures de luxe et breveté divers modes de suspension des carrosseries, des bandages, des isolements de moyeux, et ses succès dans cette voie lui faisaient conserver l’espoir de réussir à isoler son marteau.
- Il transporta alors son usine hors des fortifications, à côté des ateliers de son camarade Eiffel, à Levallois, et cela lui donna du temps dont il sut profiter.
- Enfin, il put, mettre en service son marteau-pilon monté sur de nouvelles fondations qui lui parurent satisfaisantes.
- Le 28 décembre 1876, Eiffel lui écrivait :
- « ... ma maison d’habitation distanté de 25 m environ de votre marteau-pilon ne ressente aucune vibration, tant que le caoutchouc que vous interposez est en bon état de fonctionnement »... mais... « aussitôt que les battitures de fer empêchent l’action du caoutchouc, les vibrations produites sont extrêmement désagréables, ébranlent tous les objets de la maison, notamment les portes, les fenêtres, la vaisselle, les suspensions, etc. Cet effet est assez gênant pour que je vous prévienne immédiatement, sachant qu’un simple nettoyage suffira à remettre le pilon dans son état primitif qui est tel que nous ne nous apercevons en aucune façon de sa présence. »
- Il va sans dire que, dès le reçu de cette lettre, un perfectionnement fut apporté aux fondations pour empêcher toute pénétration des battitures dans la fosse d’isolement.
- Encouragé par ce succès, M. Anthoni appliqua son dispositif aux machines les plus diverses.
- Dès 1879, son procédé jouissait déjà d’une certaine notoriété, puisque l’Hôtel Continental luir demandait d’isoler une transmission de mouvement qui, placée au-dessus de 6 à 7 chambres, les . rendait inhabitables. L’opération fut effectuée avec succès.
- Parmi ses nombreuses installations, on pèut citer, en particulier, celles de deux groupes électrogènes de 600 ch comprenant une machine à vapeur Farcot avec volant de 6 m de diamètre et génératrices Desroziers, La charpente métallique qui portait l’ensemble était constituée par des poutres de 1 m 30 d’âme : c’était un ,travail considérable qui serait maintenant simplifié à tous points de vue par l’emploi du béton armé.
- Au début de l’année 1927, quelques-unes de ces installations subsistaient encore : on peut citer : au Journal des Débats, un moteur à gaz monté en 1893 et encore en, service sur les mêmes isolants ; chez MM. Caplain Saint-André, 10, rue Portefoin, un marteau de 300 kg de masse tombante à planche, sur les isolants d’origine.
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- Butée___
- Niches pour vérins
- Supports isolants
- Supports isolant s
- Dalle en béton
- Supports isolants
- Supports isolants
- “ Butée
- Fig. 1. — Schéma d’une fondation isolante en fosse.
- I. Coupe longitudinale, II. vue en plan, III. Coupe agrandie d’une butée.
- Mais ces machines durent généralement moins de trente ans : on les a remplacées parce qu’elles sont hors de service, ou pour en installer d’autres mieux adaptées aux nécessités actuelles, plus puissantes, plus perfectionnées ou plus économiques. Par exemple, les fondations isolantes de MM. Caplain Saint-André ont servi ' successivement sous deux marteaux semblables. C’est pour cela qu’on peut compter les installations datant de l’autre siècle : mais il est certain qu’un système de fondations qui peut résister pendant trente ans sous une machine aussi brutale qu’un pilon peut être dit parfait.
- Ces constatations mettent en évidence deux qualités du caoutchouc, trop souvent méconnues du public, même éclairé :
- 1° Les propriétés amortissantes. Elles peuvent être mises en évidence d’une façon qui frappe l’imagination. Avec 2 m 50 de fil cl’acier très fin, on fait un ressort à boudin à spires de 5 mm de diamètre, qui s’allonge du tiers de sa longueur sous un certain poids. D’autre part, on choisit un fil de caoutchouc qui, sous la même longueur initiale que le ressort, 0 m 10 environ, s’allonge d’autant sous la même charge, et l’on compare la durée des oscillations verticales de ces deux ressorts tendus par le même poids : on les met en oscillations en soulevant légèrement les poids qu’on abandonne soudain à l’action de la pesanteur. On constate qu’une demi-heure plus tard les oscillations du ressort d’acier auront à peine cessé d’être perceptibles, tandis que, pour le fil de caoutchouc, on a peine à compter dix oscillation tellement vite elles s’amortissent.
- 2° On croit communément que la « durée » du caoutchouc est éphémère, qu’il durcit très vite. Cette idée fausse provient de ce que nous sommes habitués à voir traiter le caoutchouc d’une façon barbare : gomme à effacer qu’on écrase sur le papier, bandages qu’on force à user les routes sur des milliers de kilomètres, chambres à air auxquelles on demande une résistance énorme dans de mauvaises conditions de température, de frottement, de pression.
- Nous avons sous les yeux un échantillon datant de 1890; en 37 ans, sa souplesse n’a pas changé d’une façon appréciable.
- Un accident de fabrication peut donner à un bon mélange une surface qui durcisse sur un millimètre d’épaisseur en quelques mois, ce qui est mortel pour une chambre à air, mais ce qui est presque sans inconvénients pour une épaisseur cinquante fois supérieure à celle de la chambre à air. De plus, le durcissement d’un tampon isolant qui travaille sans cesse ne se produit pas sous forme d’une croûte fragile, ce qui est le cas de la chambre à air pendant un repos prolongé.
- A l’époque de M. Anthoni, le caoutchouc était une matière bon marché ; aussi, pour respecter les préjugés en immobilisant les machines au maximum, cet ingénieur multipliait-il les scellements, les liaisons élastiques avec le sol, ce qui est à éviter; car, évidemment, il est préférable d’avoir des montages simples qui diminuent le nombre et l’importance des contacts avec le sol, puisque ce sont là autant de points par où les vibrations peuvent se transmettre.
- Les procédés de M. Anthony ont, depuis lors, continué
- Fig. 2. — Schéma de Visolement d’un moteur électrique commandé par poulie. La poulie provoque des réactions verticale et horizontale qui sont absorbées par un boulon de fixation vertical, et par une butée horizontale, tous deux munis de tampons isolants.
- M D\/
- Poulie
- Butée a deux tampons Isolants
- Bouchon de fixation avec tampon isolant
- Support isolant
- Support isolant
- l Pou/te (
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- à être mis en œuvre avec succès. Mais ils ont été perfectionnés.
- M. Prache, qui a continué les travaux et les recherches d’Anthony, s'est appliqué à simplifier les dispositifs d’applications et il se garderait bien de mettre des attaches isolantes superflues d’autant plus que le prix de la matière isolante a subi une majoration considérable.
- Il s’est attaché surtout à déterminer les efforts statiques ou dynamiques qui tendent à déplacer les appareils à isoler de façon à ne leur laisser prendre, lorsqu’on les mettra en service sur fondations isolantes, qu’un léger déplacement propre suffisant pour le résultat visé qui est la suppression des vibrations du sol sans que le déplacement nuise au bon fonctionnement de la machine isolée.
- Les vibrations ne peuvent pas toujours être supprimées, il est des cas où le problème ne peut être pratiquement résolu; pourtant le succès a été obtenu dans des circonstances difficiles, qu’il est bon de faire connaître. Groupes à essences, de 40 ch, polycylindriques installés en étage, notamment au troisième; groupes électrogènes à bord de bateaux et sur des châssis d’automobiles; masse d’une cinquantaine de tonnes pouvant tomber de 3 m de hauteur; il est vrai que la chute n’était pas quotidienne; des presses rotatives de 180 tonnes, etc.
- En général, le but de ces installations est la suppression des troubles de voisinage, mais les fondations isolantes
- ............ : ...........:... = 411 =
- peuvent aussi éviter la destruction d’ouvrages en maçonnerie par des machines brutales, broyeurs, tables à secousses, etc. ; ou l’usure d’un métal : chocs répétés entre deux parties métalliques qui seraient mises hors d’état en peu de temps, alors qu’une disposition isolante, qui fait travailler le caoutchouc en évitant le contact brutal, empêche la détérioration rapide.
- Dans la généralité des cas, on se propose d’empêcher les vibrations d’une machine d’atteindre le sol : il est aussi des cas où, au contraire, on veut soustraire un appareil aux vibrations de la rue ; isolements de balances de précision, de galvanomètres balistiques et même de galvanomètres à corde avec enregistrement photographique des déplacements delà corde ; interféromètres....
- On peut aussi se proposer, par des joints isolants, d’empêcher les vibrations de parcourir une tuyauterie : tuyaux de calorifères à eau chaude, avec isolement des moto-pompes.
- En résumé, l’isolement d’une machine doit faire, dans chaque cas, l’objet d’une étude tant au point de vue des efforts qui la sollicitent à se déplacer qu’au point de vue de la forme et des dimensions à donner aux isolants.
- Tout dispositif consistant à poser une machine sur une matière isolante non étudiée quant à sa forme et à ses dimensions est voué à l’insuccès.
- M. P.
- APRÈS LA RADIOPHONIE, LE TÉLÉPHONE
- DANS LES TRAINS EN MARCHE’'11
- Le Canadian National Railways fut le premier réseau du monde à installer, sur certaines de ses grandes lignes, des appareils récepteurs de radiotéléphonie avec haut-parleurs. Depuis une dizaine d’années, en effet, chaque fauteuil des wagons de' luxe du Canada possède sa paire d’écouteurs et les voyageurs qui partent de Québec ou de Montréal pour Ottawa ou Vancouver, Toronto ou Winnipeg peuvent charmer la longueur de leurs voyages en entendant les nouvelles importantes du monde, les cours des bourses de Paris ou de Londres, d’Amsterdam, de Francfort ou de Berlin ! Un spécialiste, qui se tient dans le fourgon du train, contrôle la bonne marche de l’installation radiotechnique ambulante.
- Vers la même époque, une compagnie de chemins de fer des Etats-Unis, la Lackawanna Railroad Company, érigea aussi des stations de télégraphie sans fil en divers points de son réseau à Scranton, à Hoboken, à Bingham-ton et à Buffalo, afin de remplacer les télégraphes et ’ téléphones ordinaires, puis, peu après elle mit en marche des trains munis de postes radiotélêphoniques.
- Ces appareils fonctionnent, par exemple, sur le train i. qui quitte Hoboken pour Buffalo, tous les jours, à 10 h. 15 '*’ du matin, Les fils d’antennes des quatre voitures sont
- 1. Voir notre article La Radiotéléphonie sur les trains en marche dans La Nature, n® 2576 (18 août 1923), pUl02. *
- reliés en série au moyen de conducteurs flexibles. La station centrale génératrice, enfermée dans un réduit du fourgon de bagages, se compose d’une turbine à vapeur couplée sur un alternateur d’un type spécial, qui produit les ondes destinées au transport des vibrations de la voix.
- En Europe, les communications sans-filistes ferroviaires furent établies plus récemment. En 1921-22, la Compagnie du Nord français poursuivit de très intéressants essais radiotélégraphiques sur la ligne de Creil. Un train lancé à 80 kilomètres à l’heure resta en liaison constante avec un poste récepteur parisien.
- De son côté, la Compagnie des chemins de fer d’Orléans étudia les possibilités d’application de la télégraphie et de la téléphonie sans fil à l’exploitation de son réseau. Elle disposa les appareils nécessaires sur de confortables « voitures-fumoirs » mises quelques mois en service sur la ligne Paris-Bordeaux afin de donner, en cours de route, à ses voyageurs, soit des nouvelles par sans fil, soit même des auditions radiotélêphoniques émises par les trois stations françaises (Tour Eiffel, Radiola, Ecole des P. T, T.). Mais l’innovation fut abandonnée par la suite. Au contraire, en Allemagne, sur les lignes Berlin-Ham bourg et Berlin-Munich, les communications radiophoniques fonctionnent “régulièrement depuis le "commence-
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- ment de 1926 et malgré les circonstances parfois très défavorables 90 pour 100 des conversations échangées se poursuivent sans brouillages, .grâce à divers perfectionnements apportés par les techniciens allemands aux dispositifs de transmission.
- Enfin, tout dernièrement, le Canadian National Railways vient de réaliser un nouveau progrès dans cet ordre d’idées, en inaugurant les conversations téléphoniques ordinaires avec un train en marche.
- Le 5 mai, M. W. D. Robb, vice-président de la Compagnie, invitait un groupe de journalistes américains à l’accompagner de Davenport à Concord (province d’Ontario) dans le wagon qui servit aux expériences de M. John C. Burkholder, jeune ingénieur de la Société Bell et inventeur du système.
- Le train se mit en marche à 15 h. 30.
- Une vingtaine de minutes plus tard, M. Robb décrocha un récepteur téléphonique (absolument semblable à celui d’un appareil ordinaire) et pria l’opérateur, assis à l’autre extrémité du convoi, d’appeler M. W. C. Barber, gérant général des services télégraphiques du Canadian National Railways à Toronto. Moins de 20 secondes après, la communication se trouvait établie entre le train filant alors à 80 km à l’heure et le bureau de M. Barber à Toronto. Puis le dialogue suivant s’échangea.
- « — M. Barber ?
- — Lui-même, M. Robb.
- — C’est la première fois que j’ai le plaisir de causer avec vous d’un train en marche. M’entendez-vous bien ?
- — Parfaitement.
- — Je vous entends aussi très bien, M. Barber. Je tiens à vous féliciter et à vous remercier, vous et tous ceux qui ont contribué à rendre cette expérience possible, pour le succès de vos efforts.
- — M. Robb j’ai ici une dépêche de sir Henry Thornton, notre président, qui vous félicite. Voulez-vous que je vous la lise ?
- —Lisez. »
- Telle fut la première conversation téléphonique échangée dans les deux sens entre une ville et un train en marche. Quelques autres la suivirent avec autant de succès. Par exemple, un journaliste new yorkais, qui se trouvait dans le train spécial, demanda à communiquer avec un bureau télégraphique afin de pouvoir ajouter quelques mots à son article.
- Un peu plus tard, on mit le train en communication avec l’un des bureaux du chemin de fer à Toronto et on relia celui-ci par téléphone à une station radiotélé-phonique de la ville. Alors l’annoncier surprit beaucoup les auditeurs en leur disant :
- « Pour la première fois dans l’histoire de la radio, vous allez entendre une voix humaine venant d’un train en marche. M. W. D. Robb, vice-président du Canadian
- Fig. 1. (à gauche) — M. W. D. Robb, vice-président du « Canadian National Railways », causant pour la première fois d’un train en marche avec M. W. G. Barber, à Toronto. Fig. 2 (à droite). — La station établie en bordure du chemin de fer pour raccorder les messages
- téléphoniques émis d’un irain en marche aux lignes téléphoniques fixes.
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- Fig. 3. — Le train spécial qui a servi aux expériences du Canadian National Railways.
- National Railways, qui se trouve actuellement quelque part entré Davenport et Concord, vous parlera. » Non moins surpris furent les passagers du convoi spécial lorsque la voix de M. Robb leur revint dans le wagon même où celui-ci parlait, captée par les antennes du train et amplifiée par un haut-parleur.
- D’autre part, afin de montrer l’emploi pratique de la nouvelle découverte, un jeune messager circula dans le train et prévint un des invités, M. Eggleston, qu’on le demandait au téléphone. Ce voyageur, ayant décroché l’appareil, reconnut au bout du fil la voix d’un de ses amis de Toronto.
- La nouvelle invention est un perfectionnement du procédé allemand connu sous le nom de « système à courant porteur » qui permet d’établir la communication entre une station téléphonique installée dans un train et un poste téléphonique sis dans un édicule en bordure de l’emprise du chemin de fer à proximité du réseau télégraphique. Cette dernière station terminale constitue donc un « central » auquel on raccorde les lignes téléphoniques de longue distance ainsi que les fils télégraphiques parallèles à la voie ferrée. Une partie de ceux-ci sert d’antennes de transmission et l’autre moitié d’antennes réceptrices. En outre, des filtres spéciaux, reliés aux postes récepteurs et émetteurs, empêchent les échanges téléphoniques des voyageurs de se mêler soit aux dépêches envoyées par « courant porteur », soit aux diverses conversations téléphoniques acheminées par ces fils. Autrement dit, ces fils, déjà chargés de messages télégraphiques expédiés dans les deux sens par « courant porteur » et de conversations téléphoniques ordinaires, servent encore à établir la communication avec le convoi
- en marche. Voilà la très remarquable originalité du perfectionnement technique canadien.
- Si donc une personne, voyageant dans un train, veut entrer en relations téléphoniques avec une autre se tenant au loin, l’oreille à son microphone, il lui suffit de décrocher l’appareil transmetteur; sa voix, modulée sur une onde de longueur inférieure à 66 mètres, passe alors sur les fils du « courant porteur » et arrive à la station terminale. Là, des organes récepteurs la captent et un relais l’envoie sur la ligne téléphonique terrestre. Les mêmes opérations se succèdent en sens inverse quand d’un poste fixe on désire converser avec un voyageur du chemin de fer.
- A la suite de ces intéressants essais, le Canadian National Railways a décidé d’équiper avec un poste Burkholder d’abord le rapide Montréal-Chicago, puis successivement tous les grands express de son réseau. On compte mettre les premiers appareils en service régulier vers la fin de l’année. Comme on s’en rend compte par ce rapide résumé, l’invention offre un grand avantage sur le système utilisé en Allemagne depuis un an. Ce dernier ne permet qu’à une seule personne de parler. Le voyageur ne peut recevoir la réponse de son interlocuteur sans une opération très compliquée et, dans ce cas encore, la conversation est unilatérale tandis qu’avec le nouveau procédé canadien deux personnes parlent à la fois au téléphone. Aussi les compagnies européennes de chemin de fer ne tarderont sans doute pas à utiliser ce perfectionnement technique qui évitera, à l’occasion, des accidents. De la sorte, en effet, les chefs de gare, les « dispatchers » et les postes d’aiguillage peuvent se maintenir constamment en communication avec les conducteurs de locomotives ou de trains. Jacques Boyer.
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- LA REALISATION DE FILMS SCIENTIFIQUES
- EN DESSINS ANIMÉS
- Tout le monde connaît aujourd’hui lqs dessins animés, ces charmants petits bonshommes, ou ces animaux espiègles, nés de la fantaisie d’un artiste et auxquels la. cinématographie prête le mouvement et la vie, pour la plus grande joie des enfants et de leurs aînés. Ces dessins animés ne sont, à la vérité, qu’un mode d’un genre beaucoup plus étendu, qu’on pourrait appeler Y animation artificielle et qui vise soit à reproduire des mouvements réels difficilement saisissables, soit à réaliser des mouvements fictifs ou schématiques.
- Il est aisé de discerner les services précieux que cette ingénieuse conception peut rendre à la science, à l’industrie, à l’enseignement et l’on doit regretter que son application n’ait pas été davantage généralisée dans le passé. C’est à peine même si l’opinion a été éclairée sur l’intérêt d’une telle invention et les moyens mis en oeuvre pour la réaliser. Aussi avons-nous cru devoir profiter de l’exécution d’un film documentaire sur l’équipement des forces de la mer, film établi à notre spéciale intention par M. Meifred Devais, pour entretenir les lecteurs de La Nature de ce passionnant sujet.
- LA CINEMATOGRAPHIE ORDINAIRE ET L’ANIMATION ARTIFICIELLE
- Il ne saurait échapper à l’attention qu’il y a une différence entre la cinématographie ordinaire et T animation artificielle. Le cinéaste se borne à enregistrer ce qu’il voit, sans se préoccuper des lois qui président au développement des divers mouvements. Il en va tout autrement de « l’animateur », qui doit témoigner d’un sens physiologique et psychologique profond, en vue de reconstituer l’oeuvre de la nature.
- La cinématographie, dit-on, repose sur la persistance rétinienne, qui permet aux images de se superposer en quelque sorte, ou du moins, de se succéder sans solution de continuité. Toutefois, il est mécaniquement impossible de substituer sans cette solution de continuité une image à une autre, de manière que la vision à l’écran s’identifie avec celle de la nature. D’ailleurs, comme 1’observait si justement M. Devais lui-même, au cours d’une conférence, « si le mouvement est continu dans la réalité, la continuité n’est nullement nécessaire à la sensation de la mobilité. Dans la vision normale, nous ramenons la perception du mouvement à une suite de perceptions d’images immobiles. En effet, sous peine de le voir mal, nous suivons le mobile des yeux; à cette fin, nous modifions la direction de nos axes visuels, de façon que les images successives se forment toujours à la même place, dans la zone de meilleure visibilité de la rétine. En somme, nous immobilisons l’objet mobile sur notre rétine ».
- Admettons, cependant, qu’on puisse construire un appareil de projection capable d’assurer la parfaite continuité des mouvements, on s’apercevrait facilement
- que la persistance rétinienne non seulement ne contribue pas à la reconstitution de la sensation du mouvement, mais qu elle en limite l'étendue. Tel qui serait doué d’une persistance rétinienne d’une seconde ne pourrait voir circuler un colimaçon, tandis que tel autre, bénéficiant d’une persistance très réduite, 1/TOO 000e de seconde, suivrait la balle d’un fusil dans sa trajectoire.
- M. Devais en est arrivé à cette conclusion qu’un autre facteur que la persistance rétinienne joue en l’occurrence, un facteur d’ordre psychologique, le « principe d’identité ». Notre intellect affirme son action par un réflexe, qui nous fait saisir le mouvement, ce qui ne se produit pas pour l’appréciation du relief. Evidemment, l’opération est inconsciente à nos yeux, mais on ne saurait douter de sa conscience originelle. L’intellect préfère croire à une transformation des objets qu’à l’apparition de nouveaux (la prestidigitation est basée sur cette tendance). Mais cette dernière trouve sa limite dans l’exagération de certains mouvements imposés à l’œil ou l’impossibilité de leur exécution.
- Ainsi, M. Devais a-t-il pu considérer qu’il est possible de réaliser un mouvement continu par la présentation successive d’images immobiles, « la durée de cette immobilité étant en rapport inverse de l’amplitude du déplacement ».
- U animation artificielle a donc un caractère essentiellement scientifique. Cette origine lui donne une valeur particulière en matière de vulgarisation de tout ce qui a trait à la science. Elle en fait le prolongement et le complément naturels de l’enseignement suivant les formules traditionnelles.
- Le professeur de physique, qui trace à la craie le schéma d’une machine et de ses organes intérieurs, supplée, par la parole ou le geste, à l’immobilité de son dessin. Il ne réussit, pourtant, pas à l’animer et sa démonstration frappe à coup sûr moins qu’une représentation schématique filmée, très vraisemblablement parce que ne s’exerce pas cette influence de l’intellect que nous avons dénoncée.
- A plus forte raison, le livre, l’article, non. accompagnés des gestes, ne peuvent-ils illuminer le cerveau comme l’animation artificielle ou le film pris sur le vif, qui permettent de supprimer tous commentaires. On pourrait dire que le film est dynamique, le dessin ou l’écriture demeurant statiques.
- L’animation artificielle, réglée pour l’œil et l’intellect de l’humain, apparaît même comme plus parfaite que le film naturel.
- Aucun mode d’expression ne répond mieux aux exigences psychologiques de l’individu, à la captation de son attention, à la progression de la démonstration. Mais quelles ressources, d’imagination et de réflexion n’exige-t-elle pas de ses auteurs !
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- PRINCIPES DE L’ANIMATION ARTIFICIELLE
- Les principes de cet art sont, toutefois, simples. On enregistre, par images, les diverses positions ou déformations du mobile étudié. Il en doit résulter une grande lenteur dans l’exécution. De fait, les primes dessins animés furent d’abord réalisés par les artistes à très petite échelle et sur rouleaux, puis cinématographiés. Chaque mètre de fdm comporte 52 images. Certains fdms mesurent 500 mètres. Il aurait fallu passer des années pour composer les 26 000 images que certains films renferment. Il n’y fallait pas songer. Leur confection n’a pu être entreprise que grâce à des perfectionnements, à des méthodes industrielles récemment mis au point.
- Le travail comprend, dans son essence, deux parties : le dessin et la prise de vues.
- LE DESSIN ET LA PRISE DE VUES
- On décompose un tableau en deux éléments : le fond, et les mobiles qui doivent l’animer. Il y a donc un fond unique pour une série d’images, ce qui simplifie la besogne. Les mobiles peuvent se déplacer à volonté sur le fond, ainsi que leurs éléments, eux-mêmes mobiles. Les découpages ne pourraient, néanmoins, se mouvoir que dans un plan. Pour permettre des déplacements dans d’autres directions, on exécute d’autres séries de mobiles, les dessins étant habilement substitués les uns aux autres lors de la prise de vues. Il est, naturellement, aisé d’apporter, si besoin en est, toutes modifications à ce matériel durant la création du film, de même qu’on peut constituer ainsi une véritable collection de « matrices » pour l’avenir.
- Les dessins, à cet effet, sont classés avec soin et répertoriés, pour que l’animateur, à l’occasion, puisse y recourir. Chaque film nouveau réclame, fatalement, la préparation de découpages particuliers, complémentaires, mais les séries de mouvement étant standardisées, leur établissement, qui correspond à des types déterminés, s’effectue avec célérité et sans indécision.
- Nous en arrivons au plus délicat du travail, la prise de vues. Deux considérations doivent retenir l’attention du cinéaste : l’observation des résultats acquis et la recherche d’un plus complet automatisme.
- Prenons quelques exemples. L’expérience montre que le nombre des images doit être proportionnel à la dimension des mobiles et à l’amplitude des mouvements. Si une flèche se déplace rapidement, il faut une image par position. Mais dans le cas d’une vitesse
- Fig. 2. — Schéma montrant comment on procède à une prise de vues pour représenter une ligne pointillêe en mouvement.
- 1 2 3 4-56 7 8 9 10 11 12
- Position 1 i i i i i i t ? ? f 9 9 19 9 ^ 9 v • • • i » , i , i »
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- Fig. 1. — Un poste de prises de vues animées.
- moyenne,., le plus fréquent, on enregistre deux images de la même position. Pour des déplacements lents, comme des changements de niveaux, ou des mobiles lointains (Soleil à l’horizon) 3 ou 4 images peuvent être prises de la même position.
- S’agit-il d’un mobile animé d’un mouvement uniforme, et régulier, accomplissant un cycle, au cours duquel il se déforme soit en fait (organe anatomique) ou par perspective (organe mécanique), on réalisera un nombre x de positions, de 1 à 2 ou 3 images chacune. Pour créer le cycle, on substituera les découpages les uns aux autres et, le cycle terminé, on reprendra la position n° 1. On pourrait, de la sorte, confectionner une bande de longueur illimitée, avec un minimum de dessins.
- Mais le problème est plus délicat si les mobiles ont des éléments multiples. Un exemple très simple consiste à envisager l’animation d’une ligne pointillêe orientée dans un sens déterminé. Evidemment, il suffirait de multiplier, à la queue leu leu, des images de points. Faudra-t-il, cependant, découper 50 mobiles par opération et, si le mouvement doit durer 3 secondes, déplacer 2600 mobiles ?
- Ce serait gaspiller un temps précieux.
- On obtient le résultat voulu en réglant trois fois seu-
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- Fig. 3.— Extraits d'un film documentaire en dessins animés, relatif à l’équipement des forces de la mer. Réalisation et explications animées du cycle Defour pour l’utilisation des marées.
- lement la position des mobiles, comme l’indique la figure ci-dessus (fig. 2) :
- On se trouve en présence d’un cycle à 3 phases. On enregistre d’abord les positions 1, c’est-à-dire les images 1, 4, 7, 10, etc., en ayant soin de laisser deux images non impressionnées entre chacune. On ramène ensuite le film à son point de départ, et l’on enregistre les positions 2, c’est-à-dire les images 2, 5, 8, 11, etc., avec intervalle de deux images non impressionnées. L’on fait de même pour les positions 3, c’est-à-dire les images 3, 6, 9, 12, etc.
- La prise de vues ainsi exécutée sur une longueur quelconque, la bande se trouve impressionnée dans l’ordre voulu : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, etc., et, à la projection, les mobiles se déplacent dans le sens adopté.
- Nous avons fixé le principe. Quelle que soit la complexité d’une représentation, le procédé demeure le même, avec les variantes nécessaires, dont aucune ne reste sans solution.
- C’est ainsi que M. Meifred Devais a pu réaliser, avec un rare bonheur, pour la houille bleue, la marche schématique de profils de vagues, comportant des directions, des amplitudes et des déformations allant jusqu’au déferlement de l’ondulation.
- APPAREILS D’EXECUTION
- Il nous reste à donner quelques renseignements précis touchant le matériel d’exécution. Ledit matériel, il le faut d’abord mettre en lumière, n’existe pas dans le commerce. On le comprend aisément. Les postes — c’est le nom qu’on leur assigne — sont agencés suivant les cas. On place, sur bâti, un appareil de prise de vues au-dessus d’une table à dessin, en prenant soin de pouvoir régler à volonté la distance entre l’une et l’autre.
- Un poste comprend 4 éléments : 1° l’appareil de prises et ses obturateurs; 2° la lumière; 3° la commande; 4° le tableau et ses accessoires.
- L’appareil n’aurait rien de particulier, si ce n’est qu’il
- est commandé non par l’axe de manœvre courante, mais par un « tour de manivelle ». Le premier débite 8 images par tour, le second une seule. La marche arrière est possible. Comme de juste, il existe diaphragme et iris. D’autre part, l’obturation ne dépend, en aucun cas, de la marche de la bande et peut être réglée au gré de l’opérateur, soit qu’on veuille la supprimer, la répéter ou modifier sa vitesse.
- La lumière comporte deux éclairages, l’un pour le travail, l’autre (2000 bougies) pour la prise de vues, qui est automatique et demande un cinquième de seconde par image. Des résistances sont prévues, soit pour la compensation automatique des variations de secteur, soit pour certaines combinaisons de lumière nécessaires.
- La commande, électrique ou mécanique, sur interrupteur ou levier, provoque automatiquement : l’amenée de la pellicule, la substitution de l’éclairage travail à l’éclairage de prise ou vice-versa, l’obturation — l’opération exige 1/2 seconde environ. Le nombre des images est enregistré par un compteur. La commande permet, simultanément, les retours en arrière, la marche à blanc, la prise de dessins immobiles, l’arrêt sur une image fixe. Des appareils de contrôle assurent également le moyen de juger de l’intensité de la lumière.
- Le.tableau est pourvu de cadres (frisquettes) qui déterminent l’aire de la prise de vues. Sur des tablettes, disposées à ses bords, peuvent circuler les dessins à mettre en œuvre. Ces tablettes sont agencées pour faciliter les déplacements horizontaux, verticaux, les ondulations, bref toute la gamme des combinaisons de mouvements.
- Il est évident que l’aménagement des postes réclame de l’expérience, du doigté, un réglage parfait, mais, celui-ci réalisé, leur automatisme et leur souplesse laissent à l’animateur une complète liberté d’action et de pensée.
- La France peut s’enorgueillir d’avoir, à ce point de vue, créé un outillage qui n’est surpassé par aucun autre.
- Auguste Pawlowski.
- Fig. 4. — Extraits d’un film documentaire de vulgarisation et de publicité relatif au pneu Michelin et exécuté en dessins animés.
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- CLIMAT CONTINENTAL, CLIMAT MARIN 417
- Les périodes tant de fortes chaleurs que de grands froids et accompagnées de sécheresse que nous subissons depuis le courant de l’été 1928 nous mettent à même de jeter un regard sur ce qui s’est déjà passé antérieurement et nous incitent à la fois d’augurer, pour l’avenir, sur ce qui pourrait se passer.
- Dans les xv% xvi% et xvn° siècles, on remarque un régime météorologique notablement différent de celui que nous avons. Notre climat paraît avoir été, pendant ces quelques siècles, plus continental, c’est-à-dire avoir offert des saisons plus différentes, mieux caractérisées.
- Puis, presque au début du xvme siècle à partir de l’hiver très rigoureux de 1709, qui fut suivi de trois étés excessivement froids, ce régime semble avoir changé et est devenu, pour ainsi dire, plus marin et ce, surtout, de, façon encore plus accentuée depuis trente et quelques années ; les caractères des saisons s’étant tout à fait effacés : hivers plutôt doux, étés plutôt très frais, ce qui fait dire vulgairement, et très souvent, « il n’y a pas d’hiver, il n’y a pas d’été comme anciennement ».
- Il n’y a rien d’anormal à ce qui se passe aujourd’hui, quand on veut bien se rendre compte de ce qu’on a constaté dans les siècles passés. Ainsi, une des intempéries les plus curieuses de notre climat est celle qui a eu lieu au commencement du xve siècle ; l’année 1420 commença par un hiver très rude, mais qui dura peu; bientôt après, une chaleur considérable suivit, de sorte que l’année fut très avancée et que la vendange eut lieu, à Dijon le 25 août. En 1421, l’hiver fut extraordinairement doux et l’année très avancée ; en 1422, le mois de janvier fut d’une rigueur exceptionnelle ; en peu de temps, les rivières gelèrent à une profondeur considérable ; après janvier, la chaleur prit très rapidement comme en 1420 ; l’année fut aussi très avancée et on vendangea à Dijon le 28 août.
- L’ART DE PROTÉGER ET DE
- Les travaux déjà anciens de Bouchardat (1879) avaient montré que la gomme purifiée — qui est à la base des objets en caoutchouc — constituée par un hydrocarbure polymé-risé, le polymène, tend normalement à évoluer de l’état métas-table élastique vers un état stable poisseux, par un phénomène qui est connu sous le nom de « stickag'e ».
- La vulcanisation a pour but de retarder cette évolution naturelle, suractivée par la lumière, la chaleur et les premiers produits de la dépolymérisation qui semblent jouer le rôle de catalyseurs. Cependant, malgré les précautions prises, nous le savons tous par expérience, le caoutchouc ainsi traité évolue encore trop souvent, soit vers le stickage (vulcanisation trop faible), soit vers le durcissement (survulcanisation par fixation secondaire du soufre).
- La mise hors service périodique de quantités notables d’appareils de caoutchouc n’était pas sans imposer au Service de Santé de lourdes charges. Très heureusement, le pharmacien-colonel P. Bruère vient de trouver un moyen simple et économique de remédier à cet état de choses. Il préconise à cet effet l’action protectrice des huiles lourdes de pétrole raffinées pour usage thérapeutique (huiles dites de paraffine ou de vaseline, paraffine ou vaseline liquide).
- L’essai doit être pratiqué : à froid comme traitement d’entretien, et à chaud comme méthode d’assouplissement des objets en voie d’altération. Toutefois, seuls les objets durcis sont régénérés, les produits stickés ne sont pas sensiblement modifiés. Un excès de vulcanisation par vieillissement est donc préférable à une vulcanisation insuffisante.
- Dans le xvue siècle, ce régime continental se retrouve-Un grand nombre d’étés sont cités comme extrêmement chauds et beaucoup succèdent à des hivers rigoureux, notamment ceux de 1608 et 1638 ; en 1684, l’été a été cité comme un des plus chauds du xvie siècle et comme ayant offert jusqu’à 87 jours de température au-dessus de 25°; il avait succédé aussi à un hiver rigoureux.
- Depuis l’hiver de 1709, le fait est certain et établi par M. E. Renon’qu’après un hiver rigoureux l'été n’a jamais été beau ; or, cette année, quoique l’hiver ait été tardif et rigoureux, la saison d’été a été cependant relativement belle, chaude et très sèche. Est-ce qu’on pourrait en conclure, si surtout on se laisse aller à faire certains rapprochements et qu’aussi on considère des retours qui semblent être périodiques, que nous serions appelés à voir bientôt, d’ici quelques années peut-être, notre climat reprendre alors un régime plus normal, soit le caractère continental comme précédemment ?
- En 1829,-nous eûmes un hiver très rigoureux, ainsi qu’en 1830; est-ce qu’après avoir eu également, cent ans après, celui de 1929, il ne pourrait pas en être aussi de même pour le prochain, celui de 1930 ? .
- De plus, entre 1822 et 1846, l’allure de la courbe des variations de la température moyenne annuelle de l’air dans la région de Paris a présenté des oscillations de très grande amplitude, allant même jusqu’à offrir les extrêmes absolus : 12° 0 pour l’année 1822 et 8° 1 pour l’année 1845 et il y eut, au cours de cette période, des étés très chauds succédant à des hivers assez rigoureux, tels ceux surtout de 1826 et 1842 ; et l’année très froide de 1845 eut sa contre-partie l’année suivante qui présenta un été très chaud.
- E. Roger.
- Membre de la Société météorologique de France.
- RÉGÉNÉRER LE CAOUTCHOUC
- Préalablement, l’huile de paraffine est portée à une température voisine de 115° (l’opération dite du » craquage » aboutit à la formation de carbures à doubles liaisons) ; toutefois, il est prudent de ne pas traiter plus d’un demi-litre d’huile à la fois. Cette quantité est du reste pratiquement suffisante pour traiter 5 k^' d’objets en caoutchouc.
- Ensuite, à l’aide d’un pinceau plat, on applique l’huile sur les objets à assouplir en tenant compte des observations suivantes. En premier lieu, il convient de favoriser l’action imbibitrice (qui tend à se poursuivre plusieurs heures après le traitement) par un massage judicieux, en évitant cependant de toucher les régions craquelées. Il est recommandé, en outre, d’obturer les extrémités des tubes, sans dilatation, avec des bouchons ou des fragments d’agitateurs aplatis à une extrémité et rodés à l’autre bout.
- L’expérience montre qu’il y a intérêt à faire précéder le traitement à chaud d’une imbibition à froid que l’on prolonge tant que les objets absorbent de l’huile de paraffine et qui peut atteindre 5 pour 100 et au delà.
- Qu’on agisse à titre préventif... ou curatif, on talque en fin d’expérience et on conserve en tiroirs plats, en évitant les entassements et la formation prolongée de plissements. Les objets régénérés seront ensuite entretenus périodiquement (s’il y a lieu) par des applications d’huile de paraffine à froid.
- Il faut louer M. P. Bruère de nous avoir enseigné cet ingénieux procédé. Mais qu’en penseront les marchands d’objets d’accessoires en caoutchouc ?
- R. Lecoq.
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- = L’ALIMENTATION MODERNE
- DES POSTES RÉCEPTEURS RADIOTÉLÉPHONIQUES
- PAR LE COURANT ALTERNATIF
- Un poste récepteur moderne de radiotéléphonie comporte un ensemble de lampes électroniques, ayant à remplir un certain nombre de fonctions : détection, changement de fréquence, amplification. Ces lampes exigent, pour fonctionner, un certain nombre de sources locales de courant ou de tension; il faut, en effet, leur fournir le courant nécessaire au chauffage des filaments, mettre sous tension convenable Fig. 1.— Coupe d’un élément de re- les anodes (ou plaques), dresseur à l oxyde de cuivre. enfin fournir aux grilles
- leur tension de polarisation.
- A l’origine, on a employé des accumulateurs pour fournir le courant de chauffage, des piles ou des accumulateurs pour fournir les tensions d’anode et de polarisation.
- Mais la recharge des accumulateurs est une sujétion gênante; et, pour l’usager peu expérimenté, elle pose des problèmes parfois ardus. Les piles sont fragiles, coûteuses et de peu de durée lorsqu’elles doivent fonctionner sous des tensions élevées. Ces deux auxiliaires sont donc des causes d’ennuis, ou de pannes, toujours désagréables.
- Or, il existe aujourd’hui, dans presque toutes les maisons, une source d’électricité sûre, commode et bon marché. C’est le réseau. Le courant fourni est de plus en plus du courant alternatif sous 50 périodes et, généralement, 110 volts.
- C’est donc une idée toute naturelle que de demander à ce réseau le courant et les tensions nécessaires pour alimenter un poste récepteur. L’idéal serait de mettre le poste en état de marche, simplement en pressant un bouton ou en mettant une fiche de prise de courant dans sa douille, tout'comme on allume une lampe électrique.
- Le problème ainsi posé comporte un grand nombre de difficultés qui expliquent pourquoi il a attendu assez longtemps des solutions complètes : il est aisé, au moyen de transformateurs, de tirer d’un courant alternatif toutes les tensions que l’on désire : basses ou élevées, puis au moyen de redres-
- Fig. 3.
- Alimentation anodique avec tension stabilisée par lampes au néon.
- seurs, de les transformer en tensions continues, les seules qu’admettent les postes de réception. Mais il faut éviter que les alternances du courant initial, périodes naturelles ou harmoniques ne réagissent sur les organes si sensibles d’un poste. D’autre part, le débit du courant à travers les divers organes du poste peut varier à chaque moment; il faut cependant que les tensions restent invariables sous peine de rendre la réception défectueuse.
- On s’explique ainsi qu’il soit assez malaisé de réaliser un dispositif unique assurant l’alimentation totale du poste. On y a réussi cependant, comme nous le verrons, dans la suite de cette étude... Toutefois, bien des amateurs pourront se contenter de solutions partielles qui éliminent déjà une notable partie des ennuis signalés ci-dessus : on peut, par exemple, demander seulement au secteur l’alimentation anodique, ou l’alimentation du filament.
- Tout appareil d’alimentation par le secteur comporte des filtres électriques ayant pour objet d’éliminer les ondulations
- ---DDDWclODÎ)'
- _G 7—
- Fig. 2.
- Montage classique pour alimentation anodique.
- qui subsistent dans le courant redressé et engendrent des parasites dans l’appareil. On s’est heurté à de sérieuses difficultés pour réaliser les filtres pour courant de chauffage; mais l’apparition sur le marché de condensateurs électrolytiques à liquide stabilisé, donnant des capacités énormes sous de faibles valeurs, a permis la solution de cette partie du problème.
- D’autre part, la mise au point des redresseurs secs cuivre-oxyde de cuivre a mis, en ces derniers temps, à la disposition des techniciens un organe nouveau, de bon rendement et très robuste, offrant une très grande sécurité et dont l’emploi, par suite, se recommandait tout particulièrement pour les appareils d’alimentation.
- La place nous manque pour étudier ici en détail ces intéressants appareils. Rappelons seulement que le redressement du courant alternatif y est obtenu par un mécanisme analogue à celui du détecteur à galène, au passage du courant à travers la surface de contact d’une rondelle métallique pure et d’une rondelle recouverte d’une couche mince d’oxyde cuivreux. Un élément de redresseur (fig. 1) est composé d’une rondelle de cuivre pur, d’une rondelle de plomb malléable et d’une rondelle de cuivre oxydé, maintenues en contact intime par un écrou. Dans ce système, la résistance à un courant dirigé de l’oxyde vers le métal est de 1 ohm, tandis que, en sens inversé, elle est de plusieurs milliers d’ohms. On peut avec ces appareils, redresser des courants jusqu’à l’ordre de l’ampère, sous des tensions pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de volts (180 volts et davantage).
- Rondelles de serrage et prise de courant
- Rondelle 'de plomb
- Cuivre
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- Dans la suite de cet article, nous décrirons les solutions récentes apportées aux problèmes de l’alimentation par deux habiles techniciens, MM. Demontvignier et Touly. Les réalisations industrielles en lesquelles elles se concrétisent font appel, nous le verrons, au redresseur sec. Elles donnent, nous avons pu le constater, des résultats excellents, capables de satisfaire les auditeurs les plus délicats.
- Nous examinerons successivement les solutions partielles, puis celle de l’alimentation totale.
- L’ALIMENTATION ANODIQUE
- Montage il0 1. — La figure 2 représente le schéma d’un montage simple, du reste classique, et adopté sous diverses formes par plusieurs constructeurs.
- Un transformateur 1 alimente un groupe d’éléments redresseurs 2 montés en pont de Wheatstone; un filtre composé de deux cellules (deux selfs 3 et 4, trois condensateurs 5, 6 et 7), élimine pratiquement la composante alternative de la tension redressée et ne laisse passer que la tension continue. La tension continue maximum est recueillie entre les bornes 9 et 10. Une résistance fixe ou réglable permet d’obtenir, entre les bornes 9 et 12, une tension réduite. Les condensateurs 7 et 14 permettent de court-circuiter cette résistance pour les courants
- alternatifs haute ou basse fréquence circulant dans le poste.
- Ils évitent l’amorça ge d’oscillations parasites dans le récepteur.
- La tension continue que l’on peut recueillir entre les bornes principales 9 et 10 est évidemment fonction du débit. Elle est égale à la tension à vide diminuée de la chute dans les appareils, plus spécialement dans le redresseur et le circuit filtre.
- Le meilleur appareil est celui qui donne la chute la plus faible. En voici la raison.
- Si la tension continue varie beaucoup avec le débit, elle devient fonction du nombre de lampes alimentées et du chauffage de celles-ci. Une modification apportée au réglage du circuit de chauffage entraîne donc, si la variation est forte, une modification dans la tension plaque. Or, on sait qu’il est indispensable de bien régler les différentes tensions d’alimentation si l’on désire obtenir puissance et qualité.
- Ce montage est, par excellence, le type qui convient à J’amateur. Il ne permet pas toujours d’utiliser la puissance des lampes au maximum, mais il convient parfaitement pour les appareils donnant déjà du haut parleur confortable.
- Montage n° 2. — Les tensions maximum les plus courantes en France, tolérées par les lampes dans leurs circuits de plaque, sont de 150 à 170 volts. Si l’on désire utiliser les lampes sous leur tension la plus favorable, en particulier pour en tirer un fort volume de son sans distorsion et obtenir du bon haut-parleur de qualité, le montage précédent peut être toujours utilisé, mais les tensions doivent être augmentées. Le nombre dç rondelles à placer en série pour former chaque branche du redresseur augmente.
- Fig. 4.
- Dispositif d'alimenlcdion compoundée du circuit de chauffage.
- L’augmentation du nombre de rondelles est d’autant plus regrettable que l’intensité à fournir est faible et n’utilise pas la capacité totale du redresseur monté en pont de Wheatstone (100 milliampères). Un courant de 40 milliampères est déjà convenable à 160 volts.
- Pour utiliser au mieux les rondelles, dans le montage imaginé par M. Touly on utilise alors le montage en doubleur de tension. Mais ce dispositif a le grave inconvénient de donner une chute interne très forte. Pour éliminer cet inconvénient, on place à la sortie du filtre des lampes à néon qui permettent d’obtenir une tension constante.
- La figure 2 indique le schéma de cette disposition.
- 1 est le transformateur.
- 2 et 2’ sont les éléments redresseurs.
- 3 et 4 sont les selfs du filtre;
- 5, 6, 7 et 8 sont des condensateurs de 2 microfarads;
- 9 est le potentiomètre pour les tensions de polarisation;
- 10 et 11 sont les lampes à néon;
- 12 est une résistance permettant d’alimenter une ou plusieurs lampes à 40 volts;
- 13, 14, 15, sont des condensateurs de passage pour les courants du poste.
- Le fonctionnement est le suivant :
- Supposons que dans les redresseurs le courant ne passe que dans le sens de la flèche.
- Lorsque le courant dans le transformateur a le sens de la flèche /p le redresseur 2 laisse passer le courant et le condensateur 5 se charge suivant la polarité indiquée. Lorsque le courant s’inverse et a le sens de la flèche /2, le condensateur 6 se charge suivant les polarités indiquées. Les condensateurs étant montés en série, les tensions aux bornes s’ajoutent. Le courant passe à travers le filtre constitué par des selfs 3 et 4 et les condensateurs 7 et 8 pour alimenter les lampes à néon 10 et 11.
- Ces lampes ont une propriété très intéressante.
- Lorsque l’on mesure la valeur de la différence de potentiel aux bornes de la décharge de l’ordre de 80 volts en fonction du courant, on remarque que cette tension varie extrêmement
- Fig. 6.
- Schéma du dispositif à’alimentation totale.
- Fig. 5.
- — Schéma d’un système de filtrage sans condensateurs.
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- peu alors que le courant passe de 0 à plusieurs dizaines de milliampères.
- Si l’on place deux de ces lampes en série et qu’on les branche à la sortie du filtre, la différence de potentiel aux bornes reste constante, quel que soit le courant qui circule (dans les limites indiquées ci-dessus). On peut donc alimenter les circuits de plaque du poste de T. S. F. en les branchant en dérivation sur les décharges. Lorsque le poste de T. S. F. prend du courant, les lampes en prennent moins, mais le voltage aux bornes reste constant.
- L’appareil se comporte donc comme si le dispositif avait une chute interne très faible. L’appareil délivre donc un cou-
- Fig. 7.
- Appareil d'alimentation anodique suivant le montage de la figure 2.
- rant continu à tension constante exactement comme le ferait une batterie d’accumulateurs.
- ALIMENTATION DU CIRCUIT DE CHAUFFAGE
- Montage n° 3. — Nous allons examiner comment on peut obtenir un courant de chauffage continu .parfaitement filtré, permettant l’alimentation des postes les plus sensibles.
- La tension continue doit être rendue sensiblement indépendante du courant débité. On évitera ainsi les inconvénients suivants :
- a) Impossibilité de modifier le chauffage d’une lampe sans agir en même temps sur celui des autres ;
- b) Si une lampe vient à claquer, les autres lampes sont
- soumises à un survoltage important qui peut lés détruire toutes. ;
- Pour obtenir le : résultat cherché, M. Dëmontvignier a imaginé un compoundage spécial basé sur le phénomène de saturation des circuits magnétiques.
- Il consiste à superposer dans le même circuit ferro-magné-tique un flux alternatif ou un flux continu. La valeur de la self correspondant au courant alternatif est fonction du
- flux continu qui s’y superpose. Cette self, intercalée dans le circuit d’alimentation, provoque une chute de tension variable suivant le courant continu qui circule.
- La figure 3 indique le montage.
- 1 est la self de compoundage que nous décrirons plus spécialement ensuite; 2 est un transformateur abaisseur de tension; 3 est le redresseur; 4 une self de filtre; 5 et 6 des capacités électrolytiques de forte valeur.
- La self de compoundage comprend un circuit magnétique à trois branches portant chacune un enroulement. Les deux enroulements extrêmes sont montés en série avec les primaires du transformateur 2. Le bobinage central, bobiné sur une carcasse métallique, est en série avec le circuit de courant redressé. Le flux magnétique alternatif des bobines extérieures ne peut pénétrer dans la branche centrale, à cause de la carcasse métallique, mais le flux de la bobine centrale se superpose au flux alternatif dans les branches extérieures. En l’absence de courant continu, les selfs 1 ont la valeur maximum et le transformateur 2 est alimenté à tension réduite. Lorsque le filtre débite un courant continu, celui-ci circule dans le bobinage central de la self de compoundage et le flux magnétique correspondant se superpose, dans les noyaux extérieurs au flux alternatif. La self des bobines insérées dans le circuit alternatif diminue et la tension aux bornes du primaire du transformateur 2 augmente, la tension redressée augmente. Si tous les éléments du montage sont convenablement choisis, l’augmentation de tension compense la chute de tension interne produite par le courant débité et la tension d’alimentation ne varie pas.
- Comme précédemment, on réalise ainsi une alimentation rigoureusement équivalente à une batterie d’accumulateurs.
- ALIMENTATION COMPLÈTE
- Montage n° 4. —On se propose, maintenant, d’alimenter complètement un poste au moyen du courant du réseau. .
- En principe, il suffit de prendre et d’associer deux des montages ci-dessus décrits, un pour le circuit de plaque, l’autre pour le circuit du filament.
- Néanmoins, l’examen approfondi montre que l’association peut conduire à des simplifications.
- Soit (fig. 4) deux ensembles redresseurs et filtreurs 1 et 1' sont des transformateurs identiques; 2 et 2' des redresseurs identiques; 3 est un noyau portant deux enroulements semblables; 4 un condensateur.
- A la sortie du redresseur 2, on dispose d’un courant ondulé et sur le condensateur 4 on recueille un courant pratiquement continu. La partie variable du courant ondulé est donc absorbée par la self 3. Si le deuxième enroulement comporte un nombre de spires égal au premier, on dispose, aux bornes, d’une différence de potentiel alternative exactement semblable à la tension absorbée par la self pour transformer le courant ondulé en un courant continu. Si ce deuxième enroulement est connecté en opposition avec le deuxième redresseur on recueille aux bornes 7 et 8 une tension continue.
- On réalise ainsi un filtrage sans condensateur.
- L’application de ce dispositif permet, dans les appareils à alimentation totale, de diminuer le nombre des éléments coûteux.
- Le schéma de la figure 6 montre un montage d’alimentation totale, dans lequel M. Demontvignier a appliqué le principe précédent et où les circuits de plaque et de chauffage sont compoundés.
- C’est évidemment le montage idéal.
- 1 est la self de compoundage dans laquelle le noyau central porte deux enroulements, l’un en série avec le circuit de plaque, l’autre en série avec le circuit du filament; 2 est un transformateur dont le primaire est relié au réseau après passage
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- dans les selfs de compoundage. Deux enroulements secondaires sont prévus, l’un pour le circuit du chauffage, l’autre pour la tension plaque. Les redresseurs 3 et 4, du même type, sont reliés aux enroulements secondaires. Les circuits du filtre comportent en 5 la self à double enroulement, équivalente à une première cellule. Les deuxièmes cellules des circuits de plaque et filament sont respectivement constituées d’une part par la self 6 et les capacités 7 et 8, d’autre part par la self 9 et le condensateur électrolytique 10. Une résistance à plusieurs prises 11 permet d’obtenir entre les bornes 12 et 13, ou 12 et 14 une tension réduite pour l’alimentation des lampes haute ou moyenne fréquence; des condensateurs court-circuitent convenablement des résistances. La tension continue maximum est obtenue entre les bornes 12 et 15, la tension du chauffage entre les bornes 16 et 17.
- En comparant avec les montages précédents donnant séparément la tension de plaque et de chauffage, on remarque ici la simplification obtenue dans les circuits de filtre, qui ne comportent qu’un nombre de condensateurs réduit.
- Le fonctionnement est le suivant : en l’absence de charge, il ne passe aucun courant continu dans les bobines centrales de la self de compoundage 1. La chute dans les bobines intercalées entre le réseau et le transformateur 2 est maximum, la tension redressée est réduite. Dès que l’on alimente un poste de T. S. F., les bobinages centraux de la self de compoundage sont parcourus par les courants de chauffage et de plaques des lampes, la chute dans la self de compoundage diminue, la tension aux bornes du transformateur augmente et, si les éléments sont judicieusement choisis, compense la chute interne de l’appareil. Les tensions continues recueillies à la sortie de l’appareil ne varient pas avec le débit.
- MONTAGE DES APPAREILS SUR LES RÉSEAUX
- Tous ces appareils se relient purement et simplement au réseau. Néanmoins il est bon de monter les éléments dans une boîte métallique reliée à la terre et au circuit de chauffage. Sur les réseaux particulièrement aptes à apporter des perturbations parasites, on relie chacun des deux fils du réseau à la terre au moyen de condensateurs de 2 microfarads. Ces connexions doivent être faites aussi loin que possible du poste, par exemple près du compteur. Ces condensateurs ayant pour but de dériver les perturbations parasites, il est mauvais de placer ces connexions près des circuits sensibles du récepteur.
- Une objection est quelquefois faite aux appareils d’alimentation sur le secteur. Les variations de tension du secteur se reproduisent sur les circuits à courant continu et dérèglent le poste. Pour qu’il en soit ainsi, il faut que les variations soient fortes et dépassent 5 pour 100. Il est alors nécessaire d’avoir un régulateur de tension. Ces appareils, particulièrement simples, existent; nous les décrirons dans un prochain article.
- Le montage n° 1 peut être utilisé dans la plupart des postes de T. S. F. où l’on désire remplacer la tension plaque. Les tensions obtenues ne permettent que du moyen haut-parleur.
- Le montage n° 2, donnant jusqu’à 160 et même plus de 200 volts sur la première cellule et plusieurs tensions de polarisation, peut être.utilisé dans les postes de T. S. F. où l’on recherche du bon haut-parleur, il peut être également employé avec les amplificateurs phonographiques moyens.
- Le montage n° 3 supprime les accumulateurs de chauffage dans les postes les plus sensibles, sans aucun risque de surtension pouvant détériorer les lampes.
- Le montage n° 4 résout le problème de l’alimentation totale. Il peut être employé dans les postes de T. S. F. les
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- Fig..8.
- Appareil d'alimentation anodique à tension stabilisée par lampes au néon suivant te schéma de la figure 3.
- plus sensibles où il permet d’obtenir du bon haut-parleur. Son emploi est indiqué dans les amplificateurs phonographiques de moyenne puissance pour appartement. Le dispositif de compoundage empêche tout survoltage des lampes, soit dans le circuit de chauffage, soit sur le circuit de tension plaque. C’est le montage idéal.
- R. Villers.
- Fig. Ô.
- Vue intérieure de l’appareil d'alimentation totale suivant le schéma de la figure 6.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1929 (')
- Deux nouvelles comètes télescopiques ont été découvertes au début d’août. La première, trouvée au Cap, par M. Forbes, le 1er août, était située à la position suivante :
- Ascension droite = 201' 0 m 52s; déclinaison = — 30° 26’.
- •
- La grandeur n’était pas indiquée et le mouvement était dirigé vers le Nord-Ouest.
- D’après les éléments calculés et en raison de sa faible inclinaison, cette comète pourrait bien être périodique.
- La seconde comète a été découverte par M. Neujmin, le 2 août.
- Elle était de 13e grandeur et demie.
- La position de cette comète, au moment de sa découverte, était la suivante :
- Ascension droite — 21h 16m 5S; déclinaison = 12° 45’ 41”.
- M. Max Wolf a retrouvé ce petit astre sur deux clichés pris les 4 et 6 août. Le mouvement diurne déduit a été de — 23s en ascension droite et + 5’ en déclinaison.
- D’après l’éphéméride calculée par M. Ebell, le passage au périhélie aurait eu lieu le 3 juillet dernier.
- Ces deux comètes sont demeurées invisibles dans les petits instruments et l’on est frappé de l’absence de grandes comètes depuis quelques années.
- I. Soleil. — Le solstice d’hiver se produira le 22 décembre, à 8".
- A ce moment, la déclinaison du Soleil qui, de — 21° 47’ le 1er décembre était descendue à — 23° 27’ le 22, commencera à augmenter et ne sera plus que de — 23° 11’ le 31.
- La durée du jour atteindra son minimum au moment du solstice d’hiver.
- De 81' 31m le 1er, elle tombera à 8l1 llm du 19 au 24 décembre et remontera à 81' 15m le 31.
- Voici le tableau du temps moyen à midi vrai :
- Dates. Heures du passage. Dates Heures du passage.
- Décembre i Il1' 39™ 408 Décembre 17 11" 46™ 438
- — 3 11" 40™ 26s — 19 11" 47™ 4-28
- — 5 11" 41™ 14s — 21 11" 48™ 41s
- —. 7 11" 42™ 58 — 23 11" 49™ 418
- .— S 11" 42™ 58s 25 . ni* 50m 4is
- M ' ' 11 11" 43 ™52s — 27 11 h 5im 4is
- 13 11" 44™ 488 — 29 11" 52™ 408
- 15 11" 45™ 458 — 31 11" 53™ 388
- * Observations physiques. — Voici la suite des données principales pour orienter les dessins et photographies du Soleil. Nous renvoyons, pour la définition des quantités P, B0, L„, au « Bulletin astronomique » du n° 2812, du 1er juillet 1929 :
- Dates, P B0 Bo
- Décembre 2 .+ 15°,92 + 0°,69 176°,73
- — 7 + 13°, 90 + 0°,05 110°,84
- — 12 + 11°,75 — 0°,59 44°,96
- — 17 + 9°,49 — lo,23 339°,08
- — 22 + 7°,15 — lo,86 273°,21
- —, 27 + 4°,76 — 2°,47 207°,35
- s. 1. Toutes les heures figurant dans ce Bulletin sont exprimées en
- Temps universel (T. U.) , compté de 0h à 24h, à partir de minuit (0h).
- L’Astronomie donne à présent, chaque mois, un intéressant graphique de l’activité solaire pour la rotation solaire écoulée. Nos lecteurs s’y reporteront avec profit.
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale, en décembre, dans les régions ayant la latitude de la France, est pratiquement inobservable.
- La lueur anti-solaire, par contre, atteint son maximum d’élévation au-dessus de l’horizon.
- Voici quelques positions du centre de la lueur anti-solaire
- en décembre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Décembre 1er 4" 28™ + 21° 47’
- — 4 4" 41™ + 22°13’
- — 27 6" 23™ + 23° 21’
- — 30 6" 36™ + 23° 11’
- A ces dates, la Lune ne gênera pas les observations, comme on va le voir ci-après.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en décembre, seront les suivantes :
- N. L. le 1er, à 4" 48m D. Q. le 23, à 2" 27™
- P. Q. le 9, à 9h 42m N. L. le 30, à 23" 42™
- P. L. le 16, à 11" 38™
- Age de la Lune, le 1er décembre, à 0h = 29 j. 5; le 2 décembre, à 0!l = 0 b 5. Il est facile d’avoir l’âge de la Lune pour toute autre date du mois, en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 2 décembre.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 5 décembre, à 51'. Parallaxe = 54’ 1”. Distance = 405 950 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 déc., à 12". Parallaxe = 61’ 8”. Distance = 358 700 km.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 3 décembre = — 27° 32’; le 17 décembre; = + 27° 30’, le 30 décembre = — 27° 29’.
- On remarquera la très grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, à son passage au méridien, le 17 décembre prochain.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 8 décembre, occultation de t Verseau (gr. .4,4); émersion seule visible, à 16ii 8™.
- Le 15, occultation de 315 B. Taureau (gr. 6,3), de 19h 28™ à 19h 48™. Courte occultation fort intéressante à suivre. — Occultation de K Taureau (gr. 5,6), de 2.0h 9™ à 21" 15™.
- Le 17, occultation de 134 B. Gémeaux (gr. 6,5), de 21tl 26™ à 22h13™.
- Le 18, occultation de y Cancer (gr. 5,9), de 20" 13™ à 20h 59™. — Occultation de 28 Cancer (gr. 6,1), de 23h 36™ à 0h 16™ du 19.
- Le 20, occultation de 42 Lion (gr. 6,1). Emersion seule visible à 21h 45™.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine lune du 19.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes mai’ées, pour Brest :
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- Dates. Heure de la pleine mer. Coefficient.
- Décembre 15 2h 33m 0,83
- — 15 14h 55m 0,87
- — 16 3h 18m 0,90
- — 16 15h 42® 0,93
- - — 17 4h 6m 0,95
- — 17 16h 30® 0,95
- — 18 4h 56® 0,95
- — 18 17h 20® 0,93
- — 19 5h 46® 0,90
- — 19 18h 21® 0,87
- — 20 6h 37® 0,83
- Le phénomène du mascaret n’est pas signalé en décembre, en raison de la faible amplitude des marées.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi à l’aide des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient tous les renseignements utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de décembre.
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- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Décembre 2 0,96 — 3,4
- — 7 0,97 — 3,4
- — 12 0,97 — 3,4
- — 17 0,98 — 3,4
- — 22 0,98 — 3,4
- — 27 0,99 — 3,4
- Mars est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil, e 3 décembre, à 7h.
- Jupiter sera en opposition avec le Soleil le 3, à 23u. Il sera donc visible toute la nuit.
- Peu de planètes présentent un si grand intérêt pour les observateurs, que Jupiter. Entouré d’un imposant cortège de satellites, il offre, dans les instruments, si l’on peut dire, l’apparence d’une réduction du système solaire.
- Une petite lunette grossissant une quarantaine de fois montre Jupiter avec un diamètre apparent analogue à celui de la Lune vue "à l’œil nu.
- Les évolutions si curieuses des satellites peuvent être
- Passage
- , Dates : Lever au Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE Déc. à Méridien à sion son. apparent et VISIBILITÉ
- Paris. de Paris (1). Paris. droite. étoile voisine.
- 6 7h 30® lli, 41® 49s 15h 53® 16h50® — 22o 29' 32' 31 "2 Balance
- Soleil. . . . 16 7 40 11 46 14 15 53 17 34 — 23 19 32 33, 6 Balance |
- 26 7 45 11 5.1 11 15 57 18 19 — 23 23 32 34, 8 Sagittaire 1 »
- 30 7 46 11 53 9 16 1 18 36 — 23 11 32 34, 8 Sagittaire
- 6 8 4 12 2 16 1 17 8 — 24 23 4,6 £ Ophiuchus
- 16 8 31 12 32 16 24 18 17 — 25 30 4, 8 X Sagittaire Sagittaire Inobservable.
- Mercure. . . ) 26 9 11 13 1 17 11 19 25 — 24 11 5,4
- 30 9 3 13 10 17 18 .19 56 — 22 36 5, 9 Sagittaire
- [ 6 6 9 10 39 15 10 15 45 — 18 54 10, 4 0 Balance )
- Vénus. . . . ) 16 6 36 10 52 15 9 16 38 — 21 32 10, 2 % Scorpion 1 Un peu visible le matin.
- ) 26 7 1 11 7 15 14 17 32 — 23 8 10, 0 Ophiuchus
- f 30 7 9 11 13 15 18 17 54 — 23 26 10, 0 X Sagittaire
- i 6 7 28 11 37 15 46 16 44 — 22 45 3, 8 à Scorpion / Inobservable.
- Mars. . . . 1 16 7 26 11 30 15 34 17 16 — 23 36 3,8 6 Ophiuchus
- j 26 7 22 11 23 15 24 17 49 — 24 3 3, 8 Ophiuchus Tn conjonct. avec le Soleil
- ( 30 7 20 11 20 15 21 18 2 — 24 7 3, 8 X Sagittaire \ le 3.
- Jupiter. . . \ 16 14 54 22 42 6 30 4 33 + 21 11 44, 8 r Taureau ) Toute la nuit.
- ( 30 \ 13 54 21 41 5 28 4 26 + 20 59 43, 8 a Taureau ) Opposition le 3.
- Saturne. . . \ . 16 j 30 8 7 11 23 12 11 20 32 16 15 30 42 18 18 8 15 — 22 — 22 39 38 13, 6 13, 6 X Sagittaire X Sagittaire - ) Inobservable. En conjonc-) tion avec le Soleil le 25.
- ( 16 12 26 18 39 0 52 0 28 + 2 19 3, 4 10 Baleine 1 ^Première partie de la nuit.
- Uranus. . . / 30 11 31 17 45 23 58 0 29 + 2 .21 3,4 10 Baleine
- Neptune . . ( 16 21 43 4 36 11 29 10 23 + 10 48 2, 4 p Lion p Lion 1 ^Seconde partie de la nuit. 1
- ( 30 1 20 46 3 40 10 33 10 22 + 10 51 2,4
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure est inobservable ce mois-ci ; trop rapproché du Soleil, il est plongé dans son rayonnement.
- Vénus est encore un peu visible le matin, mais difficilement. Elle est à présent presque éclairée de face et sa phase est presque nulle, comme on le voit dans le tableau suivant :
- suivies avec de petits instruments. En voici la liste pour le mois de décembre, ainsi que l’énumération succincte des phénomènes :
- P. c., P. f. : commencement et fin du passage d’un satellite devant la planète;
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- O. c., 0. f. : commencement et fin du passage de l’ombre d’un satellite sur le disque de la planète;
- E. c., E. f. : commencement et .fin de l’éclipse d’un satellite dans l’ombre de Jupiter;
- Im., Em. : Disparition (immersion) ou réapparition (émersion) d’un satellite derrière le globe de Jupiter.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- Dates. Déc. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Déc. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 2h 58m III O. c. 18 0h 5m I Im.
- 1 3h 22m III P. c. 18 2h 39™ I E. f.
- .2 2h 8m I E. c. 18 2111 18m I P. c.
- 2 22h 46m II O. c. 18 21 h 41m I O. c.
- 2 22h 51m II P. c. 18 21h 52m II Im.
- 2 23h 23m I O. c. 18 23'» 22m III Im.
- 2 23h 25m I P. c. 18 23h 28m I P. f.
- 3 l'i 42m II O. f. 18 23h 51m I O. f.
- 3 lh 14m II P. f. 19 lh 2m II E. f.
- 3 lh 34m I O. f. 19 3h 15m III E. f.
- 3 lh 35m I P. f. 19 18h 31m I Im.
- 3 20h 37m I E. c. 19 21'» 8m I E. f.
- 3 22h 48m I E. f. 20 16h 9m I O. c.
- 4 17h 26m II Im. 20 16h 30m II P. c.
- 4 17h 51m I P. c. 20 17h 21m II O. c.
- 4 17“52m I O. c. 20 17h 54m I P. f.
- 4 19h llm III E. f. 20 18h 20m i O. f.
- 4- - 1T1 52m II E f. 20 18h 53m 11 P. f.
- 4 20h lm I P. f. 20 19h 48m 11 O. f.
- 4 20h 2m I O. f. 22 27h 20m m O. f.
- 5 P7h17m I E. f. 24 4>i 36m 1 P. c.
- 9 3h 55m I Im. 24 5h 7m 1 O. c.
- 10 lh 6m II P. c. 25 lh 50m 1 Im.
- 10 lh 8m I P. c. 25 4 h 34m 1 E. f.
- 10 lh i8m I O. c. 25 23‘> 3m 1 P. c.
- 10 li. 24“ II O. c. 25 23ii 35m 1 O. c.
- 10 311 18m I P. f. 26 0h 7m 11 Im.
- 10 22- 21 m I Im. 26 lh 12m 1 P. f.
- 11 0h 43m I E. f. 26 lh 46m 1 O. f.
- 11 19h 34m I P. c. 26 2i 41m m Im.
- 11 19i* 39m II Im. 26 3ii 38m 11 E. f.
- 11 19h 46m I O. c. 26 20ii 16m 1 Im.
- 11 20h 6m III Im. 26 23'» 3m 1 E. f.
- 11 21 h 44m I P. f. 27 17h 29m 1 P. c.
- 11 2111 57“ I O. f. 27 18h 4m 1 O. c.
- 11 22«> 27m II E. f. 27 18*» 48m 11 P. c.
- 11 23h 13m III E. f. 27 19i» 39m 1 P. f.
- 12 16 h 47m I Im. 27 19h 59m 11 O. c.
- 12 19h12m I E. f. 27 2011 15m 1 O. f.
- * 13 16ti 25m I O. f. 27 211 llm 11 P. f.
- 13 16h 37m II P. f. 27 22i> 27m 11 O. f.
- 13 17h 10m II O. f. 28 17" 32m 1 E. f.
- 16 5»> 39“ I Im. 29 16h 26m m P. c.
- 17 2i' 52m I P. c. 29 16'i 55m 11 E. î.
- 17 3 h 12m I O. c. 29 181» 38m m P. f.
- 17 31, 22m II P. c. 29 18h 57m m O. c.
- 17 4 h 2m II O. c. 29 21 ii 21m m O. f.
- Saturne est inobservable, il sera en conjonction avec Jupiter le 25 décembre, à 4h. Voici, cependant, les éléments de l’anneau à la date du 19 décembre :
- Grand axe extérieur............................... 34",05
- Petit axe extérieur................................ 15",16
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau, -f- 26°,26' Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26°,18'
- Uranus est encore visible le soir avant minuit. Pour le trouver, on utilisera la petite carte parue au n° 2814, du 1er août 1929, p. 133. Une jumelle est suffisante pour suivre Uranus sur le ciel.
- Neptune devient à présent bien visible. Il est situé non loin de l’étoile p du Lion.
- Voici quelques positions où l’on pourra le rechercher . :
- Ascension Diamètre
- Dates. droite. Déclinaison. apparent.
- Décembre 6 10‘* 23m + ÏÔ° 47' 2“4
- — 16 10h 23m + 10° 48' 2", 4
- — 26 10h 23m + 10o 50' 2",4
- — 30 10*1 22m + 10° 51' 2", 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 7h, Mars en conîonct. avec la Lune, à 2° 2' N. Le 1er, à 10h, Mercure — la Lune, à 0° 29' N.
- Le 2, à 0h, Saturne — la Lune, à 3° 22' N.
- Le 7, à 12h, Mercure — Q Ophiuchus, à 0° 15' N.
- Le 10, à 23l», Uranus — la Lune, à 2° 29' N.
- Le 14, à 16h, Mercure — Saturne, à 2° 50' S.
- Le 15, à 14h, Jupiter la Lune, à 3° 15"S.
- Le 21, à lh, Neptune — la Lune, à 4° 28' S.
- Le 30, à 31’, Vénus la Lune, à 3° 46' N.
- Le 30, à 7h, Mars — la Lune, à 3° 13' N.
- Le 31, à 13h, Saturne la Lune, à 4° 49' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol
- ((3 Persée), visibles à l’œil nu : le 3 décembre, à 5b 27m; le 6, à 2» 16m; le 8, à 23h 5m; le 11, à. 19h 54m; le 26, à 4h 0m; le 29, à O1' 49m ; le 31, à 211' 38m.
- Etoiles filantes. — Quelques essaims d’étoiles filantes sont actifs en décembre. En voici la liste d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes :
- Epoques. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Déc. 1er 43° +~56° -4 Persée.
- — 1er au 10 H70 -f 32° a-p Gémeaux.
- — 6 80° + 23° Ç Taureau.
- — 6 au 13 149° + 41° Piazzi IX*1, 254.
- — 9 au 12 107° + 33° a Gémeaux.
- — 10 au 12 130° + 46° t Grande' Ourse.
- Etoile Polaire. — On trouvera ci-dessous quelques passages
- de l’Etoile Polaire au méridien de Paris : Temps sidéral
- Dates. Passage. Heure. à O’1 (T. U.).
- Décembre 7 Supérieur 20h 23“ 19s 5 h ïm 17s
- — 17 — 19h 43m 528 5h 40m 32s
- — 27 — 19h 4m 22s 6h 19m 588
- — 31 — 18*» 44® 388 6h 35m 448
- V. Constellations. — L’aspect de- la voûte céleste le 1er décembre, à 2111 ou le 15 décembre à 20h, est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas); Andromède (M. 31, y); le Bélier; Cassiopée (tj, t, ']/, cr).
- Au Nord : la Petite Ourse (Polaire, x) ; Céphée (', u., Z, (8) ; le Dragon (o, 40, s, p.) ; la Grande Ourse (Ç, v, 23 h, cr).
- A l’Est : le Cocher (7, 14, 4 co) ; le Lion, le Cancer, les Gémeaux (7., [3,. 8, x, M. 35); le Petit Chien (Procyon) ; le Taureau (a, t, y, Pléiades) ; Orion (6, M. 42, 0, £, p, cr).
- Au Sud : les Poissons (ï , Z, IA 35) ; la Baleine (Mira, y, 66, 67) ; l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase (85, 3, 7:) ; le Cygne (o,61, 8).
- Au .Nord-Ouest : la Lyre (Véga, e).
- Toutes les curiosités sidérales figurant ici entre parenthèses, à la suite du nom.de la constellation, sont accessibles dans les instruments d’amateur de moyenne puissance. Em. Touchet.
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- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- Fig. 1. — Montage d'un pavillon amplificateur intérieur à grand développement (système Thorens) dans un phonographe ancien modèle.
- LES PAVILLONS DE PHONOGRAPHES ET LES PHONOGRAPHES PORTATIFS
- Les immenses progrès du phonographe, dans ces dernières années, ont particulièrement consisté dans l’amélioration de la qualité de l’enregistrement sonore et de la fabrication des
- disques. Des articles parus récemment dans La Nature ont, d’ailleurs, donné de nombreux détails sur cette fabrication.
- Mais, à côté des progrès des disques, il faut constater aussi la transformation complète des dispositifs de reproduction, et, si l’on doit reconnaître les avantages de la reproduction radioélectrique, il ne faut pas pour cela méconnaître les améliorations apportées à la reproduction mécanique.
- Les perfectionnements des phonographes mécaniques ont porté surtout sur la construction du diaphragme, du bras acoustique et du système diffuseur de sons.
- Les immenses pavillons extérieurs en bois ou en métal, qui avaient d’ailleurs généralement une période propre de résonance fort gênante, ont été peu à peu remplacés par des diffuseurs placés à l’intérieur même du phonographe. Bien que de dimensions extérieures relativement faibles, ces diffuseurs présentent souvent au point de vue acoustique un développement assez considérable, parce que le conduit acoustique est replié sur lui-même en affectant des formes assez diverses.
- Il existe d’ailleurs maintenant des systèmes de pavillons amplificateurs bien étudiés s’adaptant facilement à la suite du bras acoustique dans la plupart des modèles de phonographes de construction moderne. Ces diffuseurs de sons, en métal ou en bois, continuent la progression du bras par une longueur effective qui peut être supérieure’ à 1 m et augmentent le volume de son et la pureté de reproduction (fig. 1).
- Les plus répandus actuellement parmi les différents modèles de phonographes à reproduction mécanique sont, sans nul doute, les appareils portatifs. On peut, évidemment, employer sur ces appareils les mêmes diaphragmes et les mêmes bras acoustiques que dans les appareils à meubles fixes, mais il semble, par contre, qu’il soit plus difficile de placer dans un appareil de ce genre un pavillon diffuseur de sons de grande puissance, étant donné les dimensions relativement faibles des coffrets ou valises contenant ces appareils phonographiques complets.
- Mais il faut remarquer que l’intensité d’audition que doit fournir un appareil portatif est moins grande que celle demandée à un appareil meuble et les constructeurs d’appareils portatifs modernes tels que Colombia, Polydor,
- Broadcast, Odéon, Salabert, etc., par exemple, ont trouvé des solutions élégantes pour réaliser des diffuseurs de sons très efficaces et relativement réduits assurant avec des appareils portatifs des auditions très satisfaisantes, comme intensité et pureté.
- Les ondes, sonores provenant du bras acoustique ne sont généralefnent pas transmises directement au dehors comme dans les systèmes diffuseurs d’appareils meubles, elles viennent se réfléchir d’abord sur un réflecteur en métal ou en bois gainé qui les renvoie vers l’auditeur.
- Les .dispositifs les plus employés sont représentés schématiquement sur la figure 2. On voit, en I, un système à pavillon métallique et à réflecteur en bois ou en métal; en II, les ondes sonores sont transmises directement, mais cette disposition n’est possible que dans les modèles de dimensions relativement grandes. Le système III est très simple, mais il est assez peu recommandable, et il n’est employé que dans les postes bon marché; enfin, le dispositif IV est très perfectionné, mais iî est| assez délicat à exécuter correctement.
- LES PHONOGRAPHES A FILMS
- Nous avons déjà décrit, dans La Nature, les différents systèmes de cinématographie sonore et indiqué comment on pouvait enregistrer les sons par un procédé optique sur film sensible séparé du film d’images, ou accolé à la bande d’images. Nous avons également étudié les avantages et inconvénients de ces procédés et noté les résultats obtenus.
- L’avantage du système, a priori, est de permettre une audition très longue simplement en augmentant la longueur de la bande sonore, sans nécessiter aucun changement dans le système reproducteur, alors que l’audition sur disque phono-graphique ordinaire ne dure guère plus de 4 minutes, avec les disques de modèles courants et qu’il est, de plus, nécessaire de changer l’aiguille après chaque audition.
- On peut se demander, dans ces conditions, si l’on ne verra pas, dans un avenir très proche, la réalisation de phonographes à film avec bandes sonores enregistrées optiquement.
- Dans l’état actuel de la question, l’enregistrement sur film coûte infiniment plus cher que l’enregistrement sur disque, bieh que le film ait l’avantage, au point de vue économique, de permettre un plus grand nombre de reproductions et de ne pas présenter la même fragilité que le disque. En diminuant la longueur de la bande, en employant une matière moins coûteuse, on peut sans doute diminuer le prix de revient d’un film sonore, mais, pour reproduire les épreuves à partir du film-type, il faudra sans doute toujours des opérations photographiques assez nombreuses qui augmenteront le prix de vente final.
- D’autre part, la bande sonore ne se prête pas à la reproduction mécanique. Les appareils reproducteurs, constitués essentiellement par une cellule photoélectrique et un amplificateur, pourront être simplifiés, mais ils seront toujours d’un prix élevé.
- Il semble que l’emploi des phonographes à films soit, dès
- Fig. 2. — Pavillons amplificateurs pour phonographes portatifs :
- I. système à réflecteur métallique; II. pavillon à émission sonore directe;lll. système simplifié à réflecteur de section parabolique; IV. conduit acoustique en spirale à
- réflecteur en bois.
- Réflecteur en bais ou en métal
- Bras acoustique
- Réflecteur
- Boite du
- phonographe
- portatif
- I Bras acoustique
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- Fig. 3. — Radioélectrophone Thomson phonographique et radiophonique. Au centrej le~haul parleur électrodynamique. Sur les portes, à droite et à gauche, les cadres de réception.
- à présent, possible pour des usages particuliers professionnels; par exemple, pour des auditions de grande durée dans des salles de spectacle, mais il ne paraît pas probable que l’on puisse, à l’heure actuelle, réaliser des appareils destinés aux amateurs.
- Un avenir prochain nous montrera sans doute comment les fabricants de phonographes auront su adapter à leurs appareils les découvertes réalisées pour les appareils de cinématographie sonore.
- Il est juste, d’ailleurs, que le cinématographe aide au développement du phonographe, puisque c’est grâce aux progrès réalisés en phonographie que l’on a pu établir les appareils récents de cinématographie sonore.
- Fig. 4. —
- UN POSTE RADIOPHONOGRAPHIÇUE COMPLET
- Les appareils modernes de radiophonie sont munis généralement d’un dispositif permettant la reproduction des disques au moyen d’un pick-up électromagnétique, mais il existe de nombreux modèles de meubles comportant un poste récepteur
- Fig. 5. — Disposition schématique d’un appareil reproducteur de variations lumineuses enregistrées sur disque.
- Lampe au néon ou enregistreur tèléphotqgraphi -quefaprès redresseur de courant).
- radiophonique et un phonographe à reproduction électrique, les deux appareils ayant les étages d’amplification basse fréquence et le haut-parleur commun.
- Ces ensembles, d’un prix généralement élevé, et réalisés sous forme de meubles de grand luxe, permettent à l’usager d’apprécier complètement toutes les applications musicales de la radiotechnique.
- Une grande société de construction radioélectrique a ains établi un ensemble radiophonique et phonographique bien étudié et absolument complet, contenu dans un meuble de forme assez basse et allongée (fig. 3).
- A gauche, se trouve le poste récepteur; à droite le mouvement phonographique ainsi que le pick-up monté sur un bras support spécial, et, au milieu du panneau avant, le haut-parleur électrodynamique.
- Les portes antérieures du meuble, montées à charnières, supportent deux cadres bobinés en spirale plate, l’un de ces cadres est destiné à la réception des ondes longues et moyennes l’autre à la réception des ondes courtes.
- Le système récepteur radiophonique est un changeur de fréquence, avec lampes à grille écran sur les étages moyenne fréquence. L’amplificateur basse fréquence de puissance permet, d’une part, une forte audition des émissions radiophoniques; d’autre part, une reproduction parfaite des disques phonographiques.
- Des batteries d’accumulateurs sont employées pour l’alimentation du récepteur, avec dispositif de charge permettant sans grande difficulté l’entretien des batteries; le haut-parleur ainsi que son amplificateur basse fréquence sont complètement alimentés par le courant du secteur.
- Dans ce système, l’enroulement de l’électro-aimant du haut-parleur sert d’impédance de filtre au courant alternatif
- Disposition schématique d’un appareil d’enregistrement sonore des variations d’intensité d'une source lumineuse.
- redressé et destiné à l’alimentation de l’amplificateur de puissance.
- LA PHONO-VISION
- Comme nous venons de l’indiquer, on peut enregistrer les sons sur un film sensible au moyen d’un système optique, on peut, de même, enregistrer les images sur un disque phonographique sous forme de sons. Pour cela, il suffit de faire moduler par une cellule photoélectrique un courant à fréquence musicale, qui actionne après amplification un pick-up enregistreur.
- Si l’on explore au moyen d’un style ou au moyen d’une cellule exploratrice tous les points d’une image enroulée sur un cylindre tournant, on peut, par ce procédé, enregistrer sur un disque des sons qui représentent les intensités lumineuses de tous les points de l’image (fig. 4).
- Le disque ainsi enregistré correspond à une image que l’on peut reproduire en faisant l’opération inverse. Un pick-up
- Source lumineuse
- 4. ; Disque tournant interrompant Hp Je faisceau lumineux à une ^ fréquence acoustique
- Enregistreur sonore électro -mécanique sur disques de phonographi
- Système
- optique
- Amplificateur basse frêquen
- © © $ 5
- Pick - up reproducteur
- Amplificateur basse fréquence
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- suit le sillon du disque, reçoit les vibrations sonores qu’il transmet à un amplificateur basse fréquence sous forme de concerts musicaux et cet amplificateur, à son tour, actionne un récepteur téléphotographique ou une lampe au néon (fig. 5).
- Ce dispositif, très curieux, est employé, dès à présent, à l'étranger et a pu servir à faire des démonstrations de téléphotographie.
- On peut prévoir que des systèmes phonogra hiques de ce genre pourront être sous peu utilisés pour la transmission et
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- la réception non seulement d’images fixes, mais aussi pour les images animées et c’est pourquoi nous avons voulu le signaler à nos lecteurs. P. Hémardinqtjer.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Pavillons pour phonographes : Thorens Etablissements Didrichs, 13, rue Bleue, Paris.
- Meuble radiophonographique : Société Thomson-Houston, 173, boulevard Haussmann, Paris.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- CONTRE LES MOISISSURES DES COLLES
- La Nature (n° 2805) a préconisé l’emploi, dans les solutions concentrées de gomme arabique (40 à 50 pour 100), le sulfate de cuivre qui aseptise la colle et la clarifie ; mais il produit aussi une diminution très notable de la viscosité.
- Un de nos lecteurs nous signale qu’on obtient de meilleurs résultats en employant soit le fluorure de sodium à 1 pour 1000, soit le phénol à une dose moitié moindre.
- CONTRE LA BUÉE
- Sans discuter la valeur évidente des méthodes déjà préconisées par La Nature, le procédé suivant, fort simple, me donne entière satisfaction :
- Humecter les glaces assez abondamment avec un chiffon imbibé à refus d’une solution d’eau glycérinée au quart. Ce badigeonnage ne nuit guère à la transparence des glaces et suffit pour toute une journée.
- (Communiqué par M. J. G.)
- CONSERVATION DU CAOUTCHOUC
- Parmi les très nombreux procédés préconisés pour retarder le durcissement du caoutchouc, j’ai retenu, après une longue expérimentation, les deux méthodes suivantes :
- 1° Lorsque l’élasticité est une qualité secondaire :
- Malaxer l’objet, l’étirer légèrement au besoin dans de l’eau glycérinée à 50 pour 100, chauffée à 60-70°.
- Ce procédé donne d’excellents résultats au point de vue aspect et souplesse, mais non au point de vue élasticité. D”autre part, l’amélioration est de courte durée, et rend plus rapide l’altération du caoutchouc.
- 2° Immerger les objets dans un bain d’huile de vaseline à S0° environ. Pour ne pas dépasser la température de 100°, qui semble altérer le caoutchouc, il èst utile d’employer un bain-marie à eau bouillante.
- Ce procédé donne de meilleurs résultats que le n° 1, mais il n’est facilement applicable qu’aux objets non moulés. Avec les tubes, les tétines ou objets analogues, il est d’un emploi difficile (égouttage) et l’aspect est moins beau qu’avec le premier traitement.
- PAPIERS MARBRÉS
- « J’ai expérimenté, nous écrit M. J. G., les diverses recettes données dans La Nature pour obtenir des papiers marbrés au moyen de bains colorés additionnés de fiel de bœuf.
- J’ai même modifié les méthodes, les doses, sans obtenir de bons résultats, et ceci pour la raison suivante : alors que dans la cuvette, j’obtiens parfaitement les mélanges de couleurs, les stries et les irisations voulues, ces diverses dispositions sont détruites : 1° en étalant le papier à la surface du bain ; 2° et surtout,au moment où l’on retire la feuille de papier.
- L’effet de tension superficielle s’accentue sur la ligne où la feuille quitte le bain ; le résultat définitif devient incontrôlable et tout différent de celui qui était espéré. »
- LISTE DES PRINCIPAUX RÉACTIFS UTILISÉS EN MICROSCOPIE
- De temps à autre quelqu’un de nos lecteurs nous demande conseil pour équiper un laboratoire de microscopie d’amateur. A tous nous ne saurions mieux faire que conseiller la lecture du Précis de microscopie, du docteur Langeron, édité par la librairie Masson, dans lequel ils trouveront tous les renseignements utiles.
- Nous empruntons à ce livre la liste suivante des principaux instruments et du matériel nécessaires :
- Microscope, avec 3 objectifs, 2 oculaires, un condensateur.
- Lames.
- Lamelles.
- Tubes bouchés au liège.
- Tube de verre pour faire des pipettes effilées. Lime à couper le verre.
- Papier Joseph, papier buvard et papier filtre. Fil de platine emmanché.
- Pince Debrand.
- Tétines en caoutchouc pour pipettes.
- Boîtes de Pétri.
- Petite balance ou trébuchet.
- Éprouvettes graduées.
- Fixateurs :
- F ormol................................ 1 litre
- Acide picrique....................... 250 gr.
- Acide acétique cristallisable........ 500 —
- Bichlorure de mercure. ...... 250 —
- Acide osmique.......................... 1 —
- Bichromate de potassium.............. 250 —
- Colorants :
- Bleu de méthylène...................... 5 gr.
- — de toluidine..................... 5 —
- — coton C 43 Poirrier.............. 5 -—
- — de méthyle....................... 5 -—
- Fuchsine basique...................... 10 —'
- — acide............................. 5 —
- Eosine........................... . 10 —
- Erythrosine............................ 10 -—
- Violet de gentiane.................... 10 •—
- Azur II............................... 1 —
- Rouge neutre. . ....................... 5 —
- Safranine.............................. 5 —
- Carmin n° 40.......................... 10 —
- Hématoxyline.......................... 10 —
- Bleu polychrome....................... 60 cc.
- Réactifs divers :
- Eau distillée.................. en quantité
- Alcool à 90°............................ —
- — absolu.......................... 1 litre
- Tétrachlorure de carbone............. 250 gr.
- Toluène................................. 2 litres
- Acétone................................. 1 —
- Chloroforme. ........................ 250 gr.
- Acide chlorhydrique.................. 250 —
- — azotique...................... 250 —
- — lactique...................... 250 —
- — phénique neige................. 500 —
- — borique. ....................... 50 —
- Glycérine............................ 500 —
- Iode................................. 100 —
- Iodure de potassium. .................100 —
- Chlorure de sodium............... 1.000 —
- Phosphate monosodique. ..... 100 —
- Carbonate de sodium...................100 —
- Nitrate d’argent...................... 10 —
- Alun de fer. . .......................100 —
- — potasse......................100 —
- Huile de cèdre pour immersion. . . 25 —
- Baume du Canada...................... 250 —
- Résine mastic........................ 250 —
- Paraffine.................... 1.000 —
- Gélatine............................. 250 —
- Colophane............................ 500 —
- Lanoline ............................ 500 —
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cours d’électricité, par G. Bruhat. 2® édit., 1 vol., 740 p., 518 fig. Masson et C16, éditeurs, Paris, 1929. Prix : 70 fr.
- Voici la 2e édition de l’excellent cours professé, il y a quelques années, à la Faculté des Sciences de Lille, par M. Bruhat.
- Il offre, suivant un plan rigoureusement logique et sous une forme d’une parfaite clarté, l’exposé des connaissances théoriques nécessaires soit à l’étude ultérieure des applications industrielles, soit à celle de la physique moderne.
- Le texte de cette seconde édition a été remanié pour tenir compte des nouvelles recherches scientifiques et des derniers progrès industriels. L’exposé de l’électromagnétisme et de l’électrotechnique classiques n’ont pas subi de modifications, mais celui des théories électroniques et l’étude des rayonnements corpusculaires et électromagnétiques ont été revus pour tenir compte des faits définitivement acquis depuis la rédaction de la première édition. Le livre de M. Bruhat, ainsi mis à jour, continuera par ses remarquables qualités didactiques à rendre de précieux services aux étudiants désireux d'asseoir solidement leur instruction.
- Album de l’Éclairage. 1 vol., 172 p., 300 fig. Revue Lux, éditeur, 65, rue de la Chapelle, Paris. Prix : 35 fr.
- L’Album de l’Eclairage présente sous une forme luxueuse et dans un ordre méthodique les réalisations modernes les plus intéressantes d’appareils et d’installations d’éclairage. Les luminaires artistiques, les exemples les plus originaux d’architecture lumineuse, les appareils et les systèmes d’éclairage les plus rationnels pour le home, les magasins, les bureaux, les ateliers, les voies publiques et diverses applications spéciales, ont été réunis et classés de façon à former une documentation photographique séduisante et complète sur les progrès les plus récents de l’éclairage.
- En outre, un texte, à la fois clair et concis, résume, pour le praticien, les données techniqués nécessaires à la réalisation de bonnes installations : principes généraux, définitions, formules, tableaux de coefficients, méthodes de projet d’éclairage, calcul de canalisations, etc.
- Annuaire des carrières et des industries annexes,
- 1928-1929. 1 vol. Edité par Mines, Carrières, Grandes Entreprises, 109, boulevard Lefebvre, Paris. Prix : 41 fr. 25.
- Outre la liste des exploitants de carrières, classés par département et nature de pierres et celle des industries annexes : tailleurs de pierre, marbriers, fournisseurs de matériel, etc., cet annuaire contient de précieux renseignements sur les différentes roches exploitées en France.
- On y trouve aussi d’utiles renseignements d’ordre législatif, administratif et syndical.
- Les progrès de la technologie du caoutchouc,
- par le docteur Kirchhof. Traduit de l’allemand par W. Démarché et A. Andron. 1 vol. 219 p., 66 fig. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1929. Prix, relié : 55 fr.
- Les procédés de préparation du caoutchouc et les modes de traitement ont fait de rapides progrès en ces dernières années, sous l’impulsion des recherches de laboratoire effectuées dans tous les pays. C’est le tableau de ces progrès récents qu’a dressé le docteur Kirchhof. Il expose le résultat des plus récentes études sur le latex et les méthodes modernes de coagulation, les perfectionnements apportés dans le travail de la gomme ; il étudie les constituants des mélanges de caoutchouc, les solvants du caoutchouc et les différents procédés employés pour les récupérer. Il examine l’état actuel de la question de la vulcanisation et étudie, en détail, les accélérateurs. La question des régénérés et celle du caoutchouc synthétique sont également passées en revue. L’ouvrage se termine par l’examen des méthodes d’essais mécaniques.
- La commercialisation de la vie française de l’Empire à nos jours, par P. Bonnet. 1 vol., 424 p. Plon-Nourrit, éditeur, Paris, 1929. Prix : 15 francs.
- Au moment de la Révolution, l’agriculture était l’élément essentiel de l’activité économique française et conditionnait la structure sociale du pays. Mais depuis lors des modifications profondes sont survenues : l’industrie et les voies de communications se sont développées ; les échanges se sont multipliés et l’on s’est ingénié à les intensifier par tous les moyens. Le négoce, autrefois tenu en maigre estime par les classes élevées de la Société, apparaît aujourd’hui comme un élément indispensable pour maintenir ou accélérer le mouvement d’échanges nécessaires à l’équilibre économique du pays. Ce sont les étapes de cette évolution, son influence sur notre agriculture, notre industrie, nos transports, notre commerce intérieur et extérieur, notre activité économique, financière, juridique, que l’auteur décrit, dans le présent ouvrage. S'appuyant sur une solide et précise documentation, il met en évidence, avec beaucoup de sagacité, les faits essentiels ; son exposé a, en outre, le mérite d’offrir une lecture non seulement instructive, mais fort agréable et qui reste d’un vif intérêt du début à la fin de l’ouvrage.
- L’Asie des moussons, 2e partie (Inde, Indochine, Insulinde), par Jules Sion, gr. in-8, 280 p., 45 cartes, 94 photographies hors texte et une carte en couleurs, (Paris, A. Colin, 1929, collection Géographie universelle). Prx : 70 fr..
- Ce volume, dont l’auteur a publié récemment la première partie (Chine et Japon), est un des plus originaux de cette belle collection ; outre l’étude des caractéristiques physiques et de la géographie humaine,^ il aborde les problèmes complexes que pose le réveil de
- I Asie. L’Indochine française est particulièrement bien traitée.
- L’Autriche, in-16 cartonné, 404 p., avec 35 cartes, 33 plans et 2 panoramas, collection des guides Bædeker, Paris, Agence générale de librairie, 1929.
- Ce guide dont il existe deux éditions, une allemande (1926) et une anglaise (1929) est le seul guide sur l’Autriche qui soit à jour.
- II est très complet et au courant des nombreuses transformations qui se sont produites depuis la guerre dans ce petit Etat pittoresque, où le tourisme a pris un nouvel essor.
- L’Espagne, par Ch. Magué, 1 vol., 141 p., 8 fig. Gauthier-Villars éditeur, Paris, 1929. Prix : 18 fr.
- L’Espagne est mal connue des Français, en général. Voici un livre, de lecture agréable, qui permettra de combler cette lacune. L’auteur y met en relief, dans une suite d’esquisses rapides, les éléments caractéristiques essentiels de, ce grand pays : sa constitution physique et son développement économique, son histoire, son admirable production littéraire et artistique.
- Architecture (Tome II du Rapport général de l’Exposition des Arts décoratifs, 1925), 1 vol. in-4, 103 p., 96 pl. en noir et couleurs. Larousse, Paris, 1928. Prix : 80 fr.
- Utilitaire par destination, l’architecture est décorative par la mise en valeur des volumes et des plans ; placée sous la dépendance de l’industrie, elle est d’autre part révélatrice des goûts, des mœurs, de la psychologie collective d’une époque : c’est dire l’intérêt de ce volume. L’Exposition de 1925 a marqué deux tendances : l’une d’ordre industriel, le triomphe du béton ; l’autre, esthétique, la soumission de l’ornement à la destination et à la matière. Successivement passent sous les yeux les divers édifices qui ont figuré à cette grande manifestation ; puis d’autres types plus complets, plus vastes, plus définitifs de l’art moderne. La reproduction des modèles de pavillons, maisons privées, monuments publics, etc..., forme une collection aussi intéressante pour les curieux que pour les professionnels.
- La belle forêt de la Côte d’ivoire, par R. Monmarson, 1 broch., 80 p., 1 carte, 11 phot. Editions de la R. I. C., 2, rue Crillon, Paris, 1929.
- L’auteur a étudié sur place les conditions de l’exploitation forestière à la Côte d’ivoire. Il conclut en les déclarant beaucoup trop onéreuses pour que les bois d’œuvre tirés de cette région puissent trouver un marché rémunérateur en Europe. Il y a lé un danger certain pour l’avenir immédiat d’un grand nombre d'exploitation,, entreprises d’enthousiasme dans les années qui ont suivi la guerre.
- Le géon ou la terre vivante, par le Dr Hélan Jaworski. 1 vol. in-12, 269 p., 3 pl., Nouvelle Revue française, Paris, 1929, Prix : 12 fr.
- Singulière conception rapprochant la terre-et son satellite de la cellule avec son centrosome, de l’embryon avec son placenta. Dans cette terre vivante, le sang est métallique, les hommes sont le cerveau, etc. Que pourrait-on dire d’un tel livre ?
- 41lh Annual Report of the Bureau of american Ethnology to the Secretary of the Smith sonian Institution, 1919-1924. 1 vol. in-4, 626 p., 200 fig., 137 pl., 1 carte. Government imting Office, Washington, 1928.
- Outre les rapports annuels, ce beau volume contient deux gros mémoires, l’un sur la vannerie en Colombie britannique par Haeberlin, Teit et Roberts, l’autre sur deux villages préhistoriques du Tennessee, par Myer.
- Pour comprendre la géométrie descriptive, par
- l’Abbé Th. Moreux. 1 vol. 200 p., 212 fig. G. Doin, éditeur. Prix : 15 fr.
- M. l’Abbé Moreux continue la série de ses ouvrages d’initiation qu. rencontrent un succès mérité. Son nouveau livre présente très claire-1 ment les éléments essentiels de la géométrie descriptive. Pour habituer son lecteur à voir dans l’espace, autrement dit à saisir nettement le but et l’objet d’une épure, l’auteur a pris soin d’accompagner chacune de ses figures d’une' perspective cavalière qui facilite singulièrement au débutant la compréhension des constructions utilisées dans la pratique de cette branche de la géométrie appliquée.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉCLAIRAGE
- U illumination des chutes du Niagara
- Nous avons signalé dans notre numéro 2817 les fêtes grandioses données aux Etats-Unis en l’honneur d’Edison et du cinquantenaire de l’invention de la lampe à incandescence.
- Une des manifestations les plus remarquables faites à cette occasion fut l’illumination des chutes du Niagara, réalisée par une batterie de 24 projecteurs, concentrant sur la gigantesque cascade les feux de 1 440 000 000 de bougies. Sous ces feux les
- on l’emploie sur les bouteilles à gaz comprimé, d’usage si répandu aujourd’hui, pour en laisser sortir le gaz à la pression convenable pour l’utilisation.
- Le mot manodétendeur très employé par les techniciens ne figure pas encore dans les dictionnaires ; mais on y voit souvent un mot composé formé, semble-t-il, avec les deux mots : manomètre et détendeur.
- Il n’en est rien. La Revue de la Soudure autogène rappelle avec raison que le mot manodétendeur est en réalité une marque de fabrique, imaginée par le créateur de ces appareils,
- Fig. 1.
- Les chutes du Niagara illuminées.
- chutes prenaient l’aspect d’une gigantesque cataracte d’or fondu. Notre photographie donne une idée de cette féerique illumination, jusqu’ici sans précédent.
- PHYSIQUE
- L’étymologie du mot manodétendeur.
- Le manodétendeur est un appareil universellement connu;
- M. Jacques Mandet, et dont l’origine est une déformation de son propre nom (Man...det.).
- Cette marque a du reste été léguée volontairement par son auteur au domaine public et de nom propre elle est devenue un nom commun dont tout le monde fait usage aujourd’hui. M. J. Mandet a créé son premier manodétendeur en 1894.
- X.
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- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ Le chien électrique
- Cet amusant automate a été présenté, à titre de publicité, par la Société Philips, au récent Salon international de T. S. F. C’est un automate un peu rudimentaire, dont le but est de
- Fig. 1. — Le chien électrique.
- faire comprendre au public les propriétés des cellules photoélectriques.
- Le chien électrique est, comme le montre notre photographie, d’aspect quelque peu cubiste. Il est en bois, recouvert de feutre. Il est monté sur roues; sa rude enveloppe dissimule des lampes amplificatrices, des relais et des moteurs électriques commandant les roues; ses yeux sont des cellules photoélectriques.
- La lumière d’une lampe électrique attire le chien électrique; il se dirige vers elle d’abord en tournant à gauche ou à droite, puis en ligne droite; mais, arrivé auprès d’elle, il s’arrête en poussant un petit cri rauque.
- Voici en gros le mécanisme de ce curieux appareil.
- Chaque cellule, suivie par un amplificateur, manœuvre, à l’aide de deux relais appropriés et en cascade, un moteur électrique entraînant une roue motrice.
- Le mécanisme a été conçu de telle façon que, lorsque les deux cellules photoélectriques sont également éclairées, les deux moteurs se mettent en marche et l’animal avance en droite ligne. Si l’une seulement des deux cellules reçoit la lumière, un seul moteur fonctionne et le chien tourne comme une barque mue à l’aide d’une seule rame. Lorsque l’éclairage dépasse une certaine valeur, les deux moteurs sont mis hors
- circuit et une troisième série de deux relais actionne un klaxon qui imite l’aboiement d’un chien. A l’aide d’une lampe et d’un petit projecteur, il est possible de faire exécuter au chien électrique un grand nombre de manœuvres qui paraissent communiquer une vie réelle à ce petit fauve mécanique.
- Cet appareil de démonstration illustre, d’une façon amusante, les possibilités d’utilisation des cellules photoélectriques qui peuvent, comme le savent nos lecteurs, rendre de grands services, non seulement pour la télévision, mais aussi dans les divers systèmes de protection contre les cambrioleurs, dans les dispositifs de sécurité sur les voies ferrées, dans les moyens de contrôle sûrs de l’arrivée d’un coureur, etc.
- OBJETS UTILES Le Pocket=siège
- Siège de poche, tel est le sens du nom donné au siège portatif que représentent nos figures. Et c’est là une appellation méritée, car l’objet démonté tient en effet fort peu de place et est extrêmement léger; grâce à sa monture en duralumin, il ne pèse que 400 grammes. C’est donc un siège que tout promeneur peut, sans fatigue et sans gêne, emporter avec lui et qui lui permettra, le moment venu, de s’asseoir où bon lui semblera. Pêcheurs et chasseurs tireront également avantage de l’emploi de ce siège qui n’alourdira pas trop leur chargement déjà pesant.
- L’objet est simple et bien compris : un support tubulaire en duralumin, dans lequel s’emmanche, à vis, la petite table de bois servant de siège : pour assurer là solidité de cette
- Ouvert \\-
- Fermé
- Fig. 2 et 3. •— Le Pocket-siège.
- table mise en place, deux montants obliques en duralumin servent d’entretoises et se fixent très simplement à la table par 2 écrous à oreilles. Le pied se termine en pointe et, pour placer le siège, il suffit de l’enfoncer dans le sol; montage ou démontage s’effectuent en un clin d’œil.
- Fabricant: A. Monnier, 2 a, rue Moret, Paris (!]>},
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le pyrëthre insecticide et vermicide.
- (Voir N° du 1CT sept. 1928, p. 227.)
- M. D. Peyrieux, à Bures-sur-Yvette, nous écrit à ce sujet :
- « Il y a longtemps que je voulais vous envoyer cette observation; mais j’ai voulu attendre que le temps ait confirmé le fait que je vais vous rapporter.
- » Je possède un chien groenendael, âgé de 7 ans, du poids de 40 kg environ. Depuis 5 ans, il était atteint du tænia. Chaque année j’essayais de l’en débarrasser, employant tantôt la noix d’arec, seule ou mélangée au kamala et à la santonine, tantôt la fougère mâle, et en dernier lieu le vermifuge « Néocarnis », spécialité dont on m’avait dit grand bien. Je n’ai jamais réussi à obtenir le ver entier : 3 ou 4 mois après l’expulsion, des anneaux reparaissaient dans les excréments du chien. La raison de cet insuccès tenait non pas à la non-activité des remèdes employés, mais à la difficulté de faire prendre par l’animai la dose active nécessaire de ces divers médicaments. La panse de mouton saupoudrée de noix d’arec était secouée en tous sens, de telle sorte qu’il ne restait presque pas de poudre active. Quant à la fougère mâle, sur les 12 capsules d’extrait et les 4 capsules d’huile de ricin, j’ai pu arriver — aidé par quelqu’un qui enfonçait les capsules tandis que je tenais ouverte la gueule de ma bête — à administrer 8 capsules d’extrait et une d’huile. Vouloir aller plus loin aurait été courir le risque de se faire dévorer... Pour ce qui est du « Néocarnis », sur 3 comprimés que le chien devait prendre, les 2 premiers que j’ai pu lui faire avaler ont été vomis quelques instants après, et je n’ai pas essayé d’aller plus loin.
- « Or, dans tous ces essais malheureux, j’avais suivi scrupuleusement la technique recommandée. L’avant-veille, comme soupe, l’animal n’avait bu qu’un simple litre de lait; la veille, jeûne absolu,, pas même d’eau. Il était donc certain que le chien était complètement à jeun.
- « J’ai alors pensé à mettre en pratique le conseil donné dans le numéro de La Nature cité en tête de cette lettre. Après avoir mis-mon chien dans l’état de jeûne décrit plus haut, j’ai pris un centimètre cube de «Fly-Tox», n’ayant pas d’autre éther de pyrèthre à ma-disposition. Avec une seringue de. Pravaz, je l’ai introduit dans-50 grammes de jarret de bœuf découpé en carrés. Mon chien affamé a fait la grimace, il a secoué du bout, des dents, babines relevées, cette viande peu appétissante, mais il a fini par la manger. Il est sûr que-le centimètre cube de Fly-Tox n’a pas été absorbé en entier. La-chose se passait vers une heure de l’après-midi. Or, dix minutes après le tænia était expulsé en entier et en une seule fois. Et jamais, depuis-ce jour-là, il y a plus de dix mois, je n’ai retrouvé trace d’anneaux.
- « Je souhaite que la pharmacie vétérinaire mette au point descapsules très petites (puisqu’il faut si peu d’éther de pyrèthre), capsules-que l’on puisse introduire dans un morceau de viande que le chien happerait au vol sans se douter qu’un médicament est inclus-dedans.»
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareils d’alimentation pour postes de T.S.F. Constructeur Sté. Kewittic, 11, rue du Pont, Suresnes (Seine).
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Établissement d’une antenne pour la réception des ondes très courtes.
- La réception des ondes très courtes peut s’effectuer facilement avec un simple collecteur d’ondes constitué par un fil métallique horizontal isolé, de quelques mètres de longueur. On emploie avec ce collecteur d’ondes- soit une prise de terre à faible résistance, soit un contrepoids électrique formé d’une masse métallique quelconque isolée, placée en dessous de l’antenne, soit encore l’antenne seule sans contrepoids, ni prise de terre.
- On pourrait d’ailleurs employer fort bien l’antenne ordinaire du poste avec un montage d’accord dit à primaire apériodique, mais les résultats ne seraient généralement pas supérieurs.
- Il est, par contre, peu recommandé d’utiliser un cadre dont les qualités ne seraient pas utiles dans ce cas particulier.
- On peut remarquer d’ailleurs en général, que l’établissement des antennes peut être beaucoup moins soigneusement étudié actuellement qu’au début de la radio-diffusion. En effet, d’une part, les appareils sont tellement sensibles qu’ils fonctionnent avec une énergie très réduite et, d’autre part, la facilité de propagation de ces émissions est telle qu’elles peuvent être reçues avec des collecteurs d’ondes, de longueur d’onde propre très courte et de dispositions relativement quelconques.
- Vous pouvez d’ailleurs trouver dans La Pratique radioélectrique des détails pour l’établissement d’une antenne de réception.
- M. Bouchet a Versailles.
- Réception à l’aide d’un poste à galène.
- Un appareil à galène permet évidemment la réception à l’écouteur téléphonique des émissions locales, mais il n’est pas assez sélectif pour séparer deux émissions de longueurs d’onde voisines, surtout si l’on emploie une antenne de fortune comme il arrive trop souvent, et non une antenne bien disposée, ou mieux un cadre de grandes dimensions.
- Les essais entrepris pour amplifier les réceptions obtenues avec un poste à galène, sans l’aide d’un appareil à lampes et avec des relais microphoniques ou mécaniques, ont été généralement assez décevants.
- Il semble donc qu’un poste à galène ne doive plus être adopté main-
- tenant que pour des usages très particuliers, pour des essais ën rase-campagne, par exemple.
- Pour le choix du premier poste à adopter par un débutant, vous-pouvez vous référer à La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur)..
- M. Pédou a Narbonne.
- Les différents systèmes de Pick=up.
- Ainsi qu’il a été indiqué dans les articles de La Nature consacrés à la reproduction phonographique radioélectrique, il existe deux catégories de pick-up bien distincte. Les pick-up électromagnétiques sont les plus employés à l’heure actuelle. On sait que sous l’action desvibrations transmises à leur armature par l’aiguille reproductrice, ils engendrent des courants musicaux à basse fréquence qui sont, ensuite amplifiés par un amplificateur de T. S. Fi
- Les pick-up électrostatiques n’engendrent pas de courants électriques, mais seulement des variations de capacité. Celles-ci sont transmises au circuit d'une lampe modulatrice agissant sur un appareil spécial muni d’étages haute fréquence et basse fréquence. Il existe enfin des pick-up mixtes, à la fois électromagnétiques et électrostatiques, mais nous vous conseillons d’adopter, pour le moment, un-pick-up électromagnétique, l’utilisation des autres systèmes étant, encore trop délicate.
- M. Jamont a Paris.
- Choses et autres.
- M. Bîrot, à Arles. — Pour brillanter la surface des statuettes en-plâtre ou en terre cuite, il suffit de les badigeonner avec une solution à 5 pour 100 environ d’acide stéarique dans l’alcool. Suivant la porosité de l’objet, on passera deux ou trois couches, de manière que le dernier apport ne disparaisse plus dans l’épaisseur du plâtre ou de la terre. L’uniformisation finale s’obtiendra en exposant au soleil ou à distance convenable d’un foyer.
- Si l’on veut aller plus rapidement et si l’objet n’est pas trop volumineux, on procédera par immersion avec une solution plus concentrée.. Polir enfin avec une flanelle propre.
- N. B. — On se procure facilement l’acide stéarique sous forme de vieux bouts de bougies, avoir soin de filtrer la solution alcoolique pour-séparer les impuretés.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Le dirigeable anglais jR-101.
- On. parle beaucoup d’essais du grand dirigeable anglais R-101 en construction depuis plusieurs années. Il mesure 213 m de long, 40 m de diamètre et peut emmener 100 passagers et 25 hommes d’équipage. De gauche à droite et de haut en bas : 2 vues du dirigeable dans son hangar (ph. Meurisse). L’un des moteurs. Les instruments de navigation Un coin de la salle à manger. Balcon d’observation pour les passagers.
- Le Gérant : G. Masson.
- 98.182. — Paris, lmp. Lahure. — 1-11-1929.
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- W2821. — 15 Novembre 1929
- Paraît le iei et le 15 de chaque mois.
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- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Paraît le l*r et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et O*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T{. C Seine : >5.234) Tel. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n**), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois (12 n"), 43 fr.
- Tari! pour l’étranger : Tarif n* i
- Un an . Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n' 2
- Un an . Six mois,
- 110 fr.
- 55 fr.
- valable pop$ les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Bica. Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas,. Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique dii Sud Uruguay, Venezuela f,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G1", sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés,
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VT.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de « La Nature > est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.
- R. C. Saint-Dizier 822.
- Nouveauté
- Travail idéal en ligne*
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- n
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- où elle a été présentée au cours de la saison 1929.
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- LA NATURE USsSüS
- LE GRAND SPHINX "’
- Dès que son esprit eut acquis la faculté de concevoir, de se rendre compte de ses sensations, l’homme ne pouvait rester insensible aux phénomènes dont il était sans cesse le témoin.
- Le cours réglé du soleil et de la lune, le retour périodique des saisons, le fracas du tonnerre, tous les phénomènes naturels firent naître dans son âme un sentiment d’admiration et de crainte, puis, trop ignorant pour en pénétrer la cause, il en attribua les effets à une intelligence supérieure, servie par une force extraordinaire, à un être tout-puissant, arbitre souverain de l’Univers.
- Bientôt, quand il voulut contempler cette divinité, dont il avait eu la conception première, la fixer auprès de lui, se la rendre propice par de religieux hommages, obligé de lui donner une forme matérielle, tangible évoquant à elle seule l’idée d’intelligence et de force, il créa le sphinx à tête humaine, et à corps de lion.
- Clément d’Alexandrie est le seul des écrivains classiques qui, avançant une opinion semblable à propos de cet animal fantastique, se trouve en parfaite harmonie avec les faits démontrés par les monuments. « Chez les Egyptiens, dit-il, le sphinx fut le symbole de la force unie à l’intelligence ou à la sagesse, la première de ces qualités était exprimée par le corps entier du lion et la seconde par la face de l’homme unie au corps de l’animal. » (2).
- Par la suite, le soleil étant considère comme 1 image matérielle de l’Etre suprême, on attribua au sphinx un caractère solaire.
- Mais la force et l’intelligence constituant les qualités essentielles de toute créature divine, le sphinx n était point le symbole exclusif d’une seule divinité, mais aussi
- 1. On a raconté sur le sphinx des choses tellement invraisemblables, extravagantes même, que pour couper court à toutes ces fantaisies, nous croyons devoir faire connaître exactement où en est cette question, d’après l’état actuel de la science.
- 2. Clément d'Alexandrie, Strom., lib. V.
- Fig. 2. •— Le Sphinx hiêracocéphale.
- Fig. 1. — Le grand Sphinx. Étal actuel.
- de tous les personnages mystiques auxquels l’Egypte rendait un culte habituel; nous voyons par les monuments qu’il symbolisait également les pharaons.
- Personnifiant le soleil sous ses aspects les plus divers, chacune de ses phases était représentée par un sphinx à tête différente.
- Le corps du lion à face humaine constituait le sphinx androcéphale ou androsphinx et représentait le dieu Phrê (fig. 1).
- Avec une tête de bélier, animal consacré à Amon ou Amon-Ra, roi des dieux, c’était le sphinx criocéphale ou criosphinx.
- Enfin le sphinx à tête de faucon ou hiéracosphinx, symbolisait le dieu Idorus (fig. 2).
- Nous avons encore les sphinx androcéphales qui, ayant un caractère d’oblation religieuse, sont munis de bras supportant des offrandes faites à quelque divinité.
- Des bas-reliefs nous montrent des androsphinx à l’effigie de pharaons, debout et foulant aux pieds des nations vaincues.
- Quelquefois aussi, des images peintes représentent des sphinx femelles, avec une face et des bras humains, enfin toute une variété de figures symboliques, constituant une faune imaginaire, d’où les Grecs ont tiré leurs merveilleuses créations.
- Les sphinx étaient habituellement placés de chaque côté des avenues précédant les temples ou à proximité de leur entrée extérieure. Parfois des béliers leur étaient substitués et formaient le même genre cl’accès, comme au grand temple d’Amon à Thèbes.
- D’après Plutarque et Clément d’Alexandrie, les Egyptiens plaçaient des sphinx à l’entrée de leurs temples pour annoncer que ce qui concerne les dieux est énigmatique (*).
- 1.' Plutarque, de Isis et Osiris; Clément d’Alexandrie, Strom., lib. V.
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- Le Grand Sphinx (fig. 1) a une tête humaine. C’est un rocher naturel, un hanc de grès formé de stratifications torrentielles, variété caractéristique des eaux courantes. A l’origine, c’était une masse grossière offrant de vagues contours figurant un animal accroupi que les sculpteurs égyptiens ont complétée par des couches de maçonnerie au moyen desquelles les formes du sphinx furent modelées d’une manière tout à fait remarquable.
- Mais l’outil du sculpteur n’a jamais touché que la tête, laquelle a été sculptée avec un art infini, ce que ne cessent d’exprimer d’ailleurs, les inscriptions grecques découvertes dans les environs.
- Cette statue, vraiment colossale, est coiffée du claft orné de l’urœus. Quant à ses dimensions, les différents auteurs qui en parlent n’étant point d’accord, nous donnons ici celles qui paraissent les plus exactes. Le col et la tête, pris ensemble, auraient 8 m 55 de hauteur, la longueur du corps serait de 57 m 55 et sa hauteur
- Fig. 3. Ammon-Ra.
- Fig. 4.
- Le dieu Thol.
- Fig. 5.
- La déesse Isis.
- totale depuis la base où reposent les pattes, jusqu’à l’extrémité de la tête, égalerait environ 17 m.
- Son profil offre toutes les caractéristiques de la race éthiopienne. On a voulu l’identifier à divers pharaons, mais la face- est dans un si mauvais état, que toute identification nous paraîtrait plutôt téméraire.
- a Ce voisin que les dieux ont donné aux pyramides » est situé sur les confins du désert de Libye et regarde l’Orient.
- Le nom générique donné au sphinx par les anciens Egyptiens était seseh, mais il ne s’appliquait pas à celui de Gyzeh, lequel avait une dénomination toute spéciale. Etant un lion, il portait un des noms donnés à ce carnassier et s’appelait Hou, c’est-à-dire le dieu qui fait entendre sa voix de commandement, sa voix tonnante, ce qui concorde parfaitement avec son caractère de gardien que lui donnent les textes ('). Mais si l’aboiement du chien sert d’avertissemefit, le rugissement du lion inspire la terreur. De ce fait, le Grand Sphinx, dont le vrai nom, d’aprèî Makrizi et autres auteurs, serait Belhouley ou 1. Le Sphinx.
- Belhout, est aujourd’hui, par les gens du peuple, appelé Aboul-hol le Père de la Terreur.
- Son image était la personnification du dieu Harmakhis, le soleil à son coucher, divinité essentiellement funéraire. Ainsi s’explique sa place dans la nécropole memphite. Particularité qui lui a valu de la part des Arabes, le nom de Sab-el-Ueil, lion de la nuit (').
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- Par-dessus leur coiffure, les dieux de l’Egypte portaient un ornement symbolique destiné à préciser leur caractère. Sur la tête d’Amon ou Amon-Ra, on voit habituellement le disque solaire et deux grandes plumes d’autruche (fig. 3). Thot, le dieu des sciences, des lettres et des arts, est souvent représenté avec une tête d’ibis couverte du claft, sur lequel se dressent le disque et le croissant lunaire (fig. 4); la tête d’Isis, nous montre fréquemment, entre deux cornes de génisse, un disque surmonté du signe as, par lequel s’écrit son nom (fig. 5) ; le chef de Nowré-Toum est agrémenté d’un lotus épanoui, cl’où émergent deux plumes de lumière (fig. 6). Nous pourrions multiplier les exemples, car il en va de même pour tous les dieux du Panthéon pharaonique.
- A de rares exceptions près, ces attributs n’appartiennent pas exclusivement à la même divinité. Les pharaons eux-mêmes s’en paraient quelquefois aussi, dans l’accomplissement de certaines cérémonies religieuses.
- Le Grand Sphinx étant une divinité — le dieu Harmakhis — devait, lui aussi, avoir le chef orné d’un accessoire symbolique. Diverses images nous le montrent en effet, toujours couché et la tête couverte soit du pschent, d’un large disque solaire ou bien de l’atef.
- Quand on sculpta le rocher, n’ayant pu, en raison de son importance ménager cet accessoire dans la masse, on se réserva de le rapporter après coup, procédé souvent employé même pour des statuettes de petite dimension; dès lors, comme cet accessoire avait de 8 à 10 m environ de hauteur, on dut, pour assurer sa stabilité, pratiquer dans la tête une cavité assez profonde. Tel est l’usage auquel était destiné celle que l’on voit aujourd’hui au sommet de notre colosse.
- Mais quel était cet emblème ?
- Fig. 6. Nowré-Toum.
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- Le mercredi 26 novembre 1919, au risque de me rompre le cou, car l’ascension est fort périlleuse, avec l’aide de quelques Arabes, je montai sur la tête du Sphinx, afin de me rendre compte par moi-même de cette excavation et d’en prendre les mesures exactes.
- 2. Harmakhis n’est autre chose que le dieu Thoum. Dans un monument du Louvre, le suppliant, un prêtre d’Amon-Ra, donne au dieu Thoum le qualificatif bien remarquable de lion de la nuit.
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- C’est une cavité offrant l’aspect cl’une ovale assez régulière. Son grand axe mesure i m 60, le petit i m 05 et sa plus grande profondeur égale 2 m 14. Creusée de l’avant à l’arrière, cette cavité permet, par sa forme (fig. 7), d’établir que l’accessoire symbolique était plutôt le pschent que l’atef, mais nullement le disque solaire.
- Par sa profondeur, elle nous incite, en outre, à croire que cet accessoire devait être monolithe et non formé d’assises superposées; comme nous l’avons écrit par ailleurs (‘), avant d’en connaître les mesures exactes.
- Placé sur le point culminant d’un monument situé lui-même sur un haut plateau, seul, isolé, par sa position, exposé à toutes les intempéries, il fut plus d’une fois, sans doute, frappé de la foudre ; la pluie, les tempêtes de sable, les vents du désert finirent à la longue par en avoir raison et cela à une époque fort lointaine, car il ne figure sur aucun des plus anciens monuments arrivés jusqu’à nous.
- A vrai dire, il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’il n’ait jamais été mis en place, à cause des difficultés qu’aurait exigées l’exécution d’un semblable travail.
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- Le Sphinx est l’une des formes les plus anciennes sous lesquelles on a rendu hommage à la divinité. Les fouilles, faites par Piette au Mas-d’Azil, mirent au jour une statuette en palme de renne (fig. 8) représentant un sphinx accroupi et muni de deux ailes (s), découverte qui ferait remonter l’origine de cet emblème à Vâge du renne.
- Sans donner au Grand Sphinx une aussi prodigieuse antiquité, de grandes difficultés se présentent pour lui assigner une date précise. Malgré les études dont ce problème, à plusieurs reprises, n’a cessé d’être l’objet, le résultat est resté négatif.
- Environ 1500 ans avant notre ère, le colosse étant envahi par les sables, sa tête seule émergeait au-dessus du sol, lorsque au cours d’une partie de chasse dans le désert de Libye où il avait coutume de se rendre pour y chasser, sur son char, le lion et la gazelle, Thothmès IY, qui n’était encore que prince royal, vint s’abriter à l’ombre du Sphinx pour y faire sa sieste.
- A peine endormi, la Majesté de ce dieu auguste lui parla avec sa propre bouche, comme un père parle à son fils : « Aime-moi, contemple-moi, ô mon fils Thothmès, je suis ton père Llarmakhis, Kopri-Ra-Toum ; je t’attribue la souveraineté sur mon domaine, la suprématie sur les vivants, tu porteras la couronne blanche et la couronne rouge sur le trône de Seb, le chef héréditaire. Que la terre soit à toi en toute sa longueur et làrgeur, que la splendeur du maître universel t’illumine, qu’affluent vers toi l’abondance qui est dans la double terre, les
- 1. Dans Y Illustration du 11 avril 1914, voir le Mystère du Sphinx, par P. Hippolyte Boussac.
- 2. Un éminent préhistorien a cru reconnaître un tétras dans cette statuette, n’insistons pas. D’autre part, M. Ménégaux, le très savant ornithologiste, assistant du Muséum National, a déclaré que cette statuette était sûrement, comme Piette l’a allirmé, un sphinx d’origine asiatique et nullement un oiseau, ses pattes en effet sont bien celles d’un quadrupède.
- Fig. 7. Fig. 8. — Sphinx préhistorique.
- Cavité au-dessus de la tête. En haut, côté droit. En bas, côté gauche.
- richesses amenées de tous pays et la longue durée des années. A toi est mon visage, à toi est mon cœur, ton cœur est à moi. Regarde ma condition actuelle, afin que tu puisses protéger tous mes membres parfaits. Le sable du désert où je suis posé m’a couvert, sauve-moi en faisant'réaliser tout ce qui est dans mon cœur, car je sais que tu es mon fils, mon défenseur, approche; voici que je suis avec toi, je suis ton père. »
- A son réveil, le prince comprit que le dieu lui promettait la souveraineté s’il le dégageait du sable dont il était envahi. Aussitôt monté sur le trône, il fit enlever le sable et dressa contre la poitrine du colosse, une stèle en granit rouge où il fit graver le récit de son aventure
- (fig. 9).
- Découverte en 1818, avec deux autres stèles du temps de Ramsès II, par le capitaine Caviglia, alors qu’il dégageait le Sphinx, comme cette stèle portait la plus ancienne mention du colosse, on attribua celui-ci à Thothmès IV et il fut, pendant plus d’un demi-siècle, classé parmi les monuments de la XVIIIe dynastie.
- En 1853, Mariette découvrit, encastrée dans le mur d’un petit temple voisin de la Grande Pyramide, une
- Fig. 9. — Bas-relief de la stèle du Songe.
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- stèle portant le nom de Khou-fou (Khéops) et des inscriptions mentionnant la Grande Pyramide, sa fille Hent-Sen et divers temples du voisinage.
- Ces textes nous révèlent les divers travaux que Khéops fit exécuter. C’est, d’après les dessins de l’image d’Harma-khis, dit l’inscription, que le colosse fut remis en état. Il restaura la statue toute couverte de peinture, fit tailler dans une pierre dorée de sept coudées de longueur (3 m 50), l’arrière de la coiffure qui manquait. Cette partie de l’inscription nous montre que la tête avait été fortement endommagée, et c’est ainsi que dut disparaître l’accessoire symbolique. A cause de sa fragilité relative, Chéops ne jugea pas à propos de le rétablir. Mais à quelle époque sa disparition eut-elle lieu ? Il serait difficile de le préciser. En tout cas, ce fut bien longtemps avant Khéops, puisque à son époque il n’en restait déjà plus rien.
- Telle était d’ailleurs l’opinion de Mariette qui, dans son catalogue du Musée de Boulaq, ajoutait : « Il résulte de ces textes, que le Sphinx existait au temps de Khéops et même lui était antérieur, puisqu’il figure parmi les monuments que ce prince avait restaurés; on voit par lui combien son antiquité est reculée ».
- Acceptée tout d’abord, cette opinion trouva plus tard des contradicteurs qui firent tour à tour remonter le Sphinx à la XXIe dynastie, à la XIIe, à la XVIIIe. Tous ces tâtonnements, ces hésitations montrent clairement qu’on est loin d’être fixé à son égard. En conséquence, tenant compte de la durée du temps qu’il a fallu pour faire disparaître l’accessoire symbolique, mille ans peut-être, nous estimons avec Mariette que .le Sphinx existait bien longtemps avant la Grande Pyramide, c’est-à-dire six mille ans environ avant notre ère.
- Indépendamment de cette cavité, le Sphinx en possède deux autres : l’une sur la croupe, de forme très irrégulière (fig. 10) mesurant 2 m 30 de long sur 2 m de large
- Fig. 11. — Tribune cl’époque romaine.
- et une troisième à l’arrière de l’animal, près de la cuisse droite, dont les dimensions égalent 1 m 20 de long, 0 m 95 de large et 3 m 50 de profondeur.
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- Sous la période gréco-romaine, le Grand Sphinx était à nouveau envahi par les sables. Quand on le déblaya, à nouveau, la tête seule était visible, mais le corps n’avait plus d’un lion que l’aspect général.
- Au lieu de le déblayer entièrement, les fouilles ne furent pas poussées plus loin qu’à la hauteur des pattes, à une dizaine de mètres environ, au-dessous du niveau du plateau, aussi ne put-on se rendre compte s’il reposait, oui ou non, sur un piédestal.
- On restaura les pattes avec des pierres de taille de petit appareil, puis on le peignit, la face en rouge, le claft bleu et jaune, le corps du lion, jaune entièrement. Un dallage fut posé tout autour et, afin de le protéger contre un nouvel envahissement du sable, on l’entoura d’un mur longeant, à faible distance, le corps du lion.
- En avant du colosse s’étendait un parvis auquel on accédait par un escalier formé de deux volées se faisant suite, construit à l’époque de Trajan.
- La première, comprenant douze marches, aboutissait à un long palier aux extrémités duquel s’élevaient deux tribunes (fig. 11), servant à la numimission ou affranchissement des esclaves. C’est là que montait le maître qui voulait affranchir un esclave et proclamait à haute voix, devant les assistants, qu’il lui rendait la liberté. « Un tel, criait-il, affranchit un tel. »
- La seconde volée, comprenant 31 marches, arrivait directement sur le parvis où se trouvait, entre les pattes du Sphinx, l’autel des sacrifices (fig. 12) .Un peu plus loin, eu avant de la poitrine du colosse, et toujours entre ses pattes, s’élevait un petit temple hypêthre formé de la stèle du songe et des deux stèles du temps de Ramsès II. Le vide laissé entre celles-ci était comblé par un lion accroupi.
- Tel était l’aspect de cette enceinte où l’on accourait, des pays les plus lointains, pour rendre hommage au Grand Sphinx, emblème-du Soleil.
- En apportant leurs offrandes, les fidèles ne manquaient jamais de graver leur nom, quelquefois accompagné d’une date ou d’une légende, sur les pattes du Sphinx ou sur des stèles qu’ils érigeaient le long des murs.
- Ces inscriptions fort nombreuses appartiennent à diverses époques et émanent de gens de diverses conditions. Elles nous montrent combien était grande, sous la domination romaine, la vénération qu’on avait pour le Sphinx.
- Le plus grand nombre de visiteurs, se bornaient à écrire simplement leur nom comme celui-ci :
- « Adrien le scieur (charpentier).
- Voici un ex-voto représentant un pied entre une palme et un serpent. Dans le haut, un nom tronqué. Comme nous n’avons ici qu’une partie de la pierre, sur l’autre moitié devait se trouver le second pied et le complément du nom qui était sans doute Nsxcpop'.T/.s (fig. 13).
- Dans les proscynèmes, cette représentation de pieds
- Fig. 10. — Excavation sur la croupe.
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- était une sorte d’expression graphique signifiant : Je suis venu.
- Les deux inscriptions suivantes vantent l’esthétique du colosse : « Il est l’ohjet de l’admiration de tous, ce Sphinx qui est un divin spectacle. »
- <v Quoique le sahle cache la hase du soiosse, tu peux facilement juger tout ce qu’il a de beau, tout ce qui fait l’ornement sacré, à savoir sa tête et son corps. »
- Ne pouvant citer ici toutes les inscriptions, nous terminerons cette nomenclature par celle que voici, gravée sur le second doigt de la patte gauche :
- « Les dieux éternels ont créé ton corps étonnant dans leur sympathie pour la contrée qui produit le froment ; t’ayant posé au milieu d’un large plateau et repoussé le sahle de ton île rocheuse. Ce voisin que les dieux ont donné aux Pyramides, n’est pas comme à Thèbes le Sphinx homicide d’Œdipe, c’est le suivant sacré de la déesse Latone, le gardien du désiré et bienfaisant Osins, le chef auguste de la terre d’Egypte, le roi des habitants du ciel, semblable au Soleil. » (').
- De même qu’ils avaient à Thèbes, visité le colosse de Memnon, les empereurs Adrien et Septime Sévère, tinrent à honneur d’aller également rendre hommage au Grand Sphinx.
- Au cours de leurs pèlerinages religieux, traînant à leur suite les simulacres des astres pour symboliser leur course errante à travers l’infini, les Sabéens, montés sur des chevaux et des dromadaires, allaient rendre hommage au Grand Sphinx et s’y rassemblaient des pays les plus lo'ntains; c’était pour eux une grande fête. Ils allumaient des flambeaux depuis le Nil jusqu’au Colosse auquel ils adressaient cette prière : « O Belhout, nous venons vers toi t’adresser nos vœux et nos hommages, daigne nous exaucer ». Ils lui offraient des coqs blancs en sacrifice et brûlaient de l’encens et de la sandaraque sur ses autels.
- * *
- Quand les alentours du Sphinx cessèrent d’être entretenus, vraisemblablement apres 1 édit de Theodose, le sable reprit, peu à peu, son œuvre d’envahissement, mais la tête, peut-être même une partie du corps, restant encore visibles au commencement du xive siècle, les auteurs arabes ont pu nous faire connaître leurs impressions et nous dire à quel usage, suivant eux, il était destiné. Leur admiration n’est pas moindre que celle des auteurs classiques.
- Le livre Merveilles des constructions, nous dit : « Le visage était peint en rouge et recouvert d’un vernis brillant parfaitement conservé. La figure est belle, les traits agréables, empreints de charme et de beauté, le Ansage semble sourire. »
- « Ce qu’il y a d’admirable chez l’artiste qui a exécuté la statue d’Abou l’hol, écrit Makrizi, c’est qu’il ait pu, malgré l’énormité du monument, conserver la proportion des membres, bien que la nature n ait jamais créé de corps de cette dimension. »
- « Un homme éminent, nous dit-il encore, interrogé
- 1. Letronne, Inscriptions grecques cl latines de l'Egypte, 2e volume.
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- Fig. 12. Autel
- des sacrifices.
- Fig. 13. Fig. 15. — Motif Ex-voto. décoratif
- de l’Ancien Empire.
- sur ce qu’il avait vu de plus merveilleux, répondit, i: la proportion du visage d’Abou l’hol. »
- « Quoi de plus beau, ajoute-t-il, que ce qu’a dit Zafer El-ITaddid :
- « Examine la forme des deux Pyramides et admire.
- « Entre les deux est Abou l’hôl, le merveilleux. »
- « Vis-à-vis de cette statue, sur le territoire de Masr (’)‘ près du palais royal, poursuit le même auteur, s’en trouvait une semblable de taille colossale également et parfaitement proportionnée comme la première. Dans son giron, elle tient un enfant et sur sa tête est posé un bassin, le tout d’un seul bloc de granit. On prétend que c’est une femme, l’épouse d’Abou l’hol. On assure que si l’on mettait sur la tête d’Abou l’hôl l’extrémité d’un fil et que, le fil tendu, l’autre extrémité reposât sur la tête de la femme, on obtiendrait une ligne exactement horizontale. Abou l’hôl est, dit-on, un talisman destiné à empêcher les sables de se joindre au Nil et la femme un autre talisman dont la vertu est d’empêcher les eaux du Nil d’inonder la ville de Masr. »
- 1. Masr : Le Caire.
- Fig. 14. — Peinture de sarcophage, d’après Champollion.
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- Vers 780 (’), l’un des Sophis du couvent des Derviches, se mit en route afin de combattre et détruire la superstition; il se rendit aux Pyramides et mutila le visage d’Abou l’hôl qui est resté en cet état jusqu’à présent. Depuis lors le sable a envahi en grande partie le territoire de Gizeh et les habitants de cette province attribuent cet empiétement des sables sur leurs terres à la mutilation de la statue (2).
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- En 1853, grâce à la munificence du duc de Luynes, Mariette put entreprendre de nouvelles fouilles, mais celles-ci, une fois encore, n’étant point descendues plus bas que les pattes du colosse, le piédestal ne put être mis à découvert. Ce qui a fait écrire à Emm. de Rougé : « Le Sphinx n’a pas de piédestal, contrairement aux représentations égyptiennes de ce monument qui nous le montrent couché sur un stylobate. » Eh bien si ! En dépit de l’affirmation d’Emm. de Rougé, le sphinx a un piédestal et il ne pouvait pas ne pas en avoir.
- Très soucieux de leurs traditions, les architectes égyptiens ne modifiaient pas à leur fantaisie les formes acquises. Si les images représentent le Grand Sphinx sur un piédestal, c’est qu’il était ainsi.
- En dehors du témoignage des monuments, il y a une question d’esthétique à prendre en considération, qui s’impose et sur laquelle on ne saurait trop insister.
- Toutes les fois qu’en fouillant une construction égyptienne on parvient au sol, on trouve un socle, base ou soubassement, sur lequel elle repose.
- On a découvert des socles sous des obélisques et sous des colonnes, on en a même rencontré au bas des pyramides. Non seulement ces soubassements ou stylobates donnent ou semblent donner au monument une assiette plus solide, mais ils satisfont l’œil qui aime jusqu’à l’apparence de la solidité et, de plus, ils défendent le pied de l’édifice des injures du temps et des outrages de toute espèce; ils sont aussi anciens que l’art de bâtir et on peut les regarder comme inséparables de tout grand ouvrage d’architecture.
- Il est donc matériellement impossible que notre colosse, adoré à l’égal d’un dieu, ait été représenté couché simplement sur le sol, au lieu d’être mis en évidence de manière à frapper l’imagination des masses. Il n’y a pas un architecte, un artiste vraiment digne de ce nom qui, faisant preuve d’un pareil manque de goût, commettrait une pareille hérésie.
- Décorateurs incomparables, metteurs en scène d’une prodigieuse habileté, si les artistes égyptiens n’avaient point ignoré la perspective, ils auraient produit des œuvres qui eussent laissé bien loin, derrière elles, ce que l’art grec a produit de plus parfait. Il est donc inadmissible qu’ils aient négligé un accessoire qui aurait considérablement augmenté le prestige et la valeur artistique d’une œuvre de cette importance.
- D’autre part, suivant Pline, le Grand Sphinx serait le tombeau d’un roi, qu’il nomme Amasis, par suite sans
- 1. Du 30 avril 1378 au 18 avril 1379.
- 2. Makrizi, Description historique de l’Égypte.
- doute, d’une mauvaise interprétation du mot Harmakhis. Or ce n’est point dans le corps de l’animal qu’on pourrait établir une crypte ou une chapelle, mais plutôt dans le piédestal sur lequel il est posé.
- C’est ce que nous montrent, d’ailleurs, quatre stèles : celle de la fdle de Khéops ; la stèle du songe (fig. 9) ; celle de Merht et une peinture de sarcophage (fxg. 15) sur lesquelles le Grand Sphinx est représenté sur un piédestal. Chacun d’eux à l’exclusion de celui de la stèle de la fille de Khéops, possède une porte pour bien marquer sa destination; sur le piédestal figuré dans l’image peinte la serrure est même indiquée. Dans leur ignorance de la perspective, mais fort soucieux d’être compris, les artistes égyptiens ont indiqué ces ouvertures sur les faces latérales, ce qui a fait croire à la plupart des archéologues qu’on entrait dans ce tombeau par le côté. Mais dans la stèle de Merht, on a figuré, quoiqu’il n’existât point, un escalier précédé cl’une table d’offrandes, pour bien montrer que la porte se trouvait au-dessous de la face du Sphinx et non sur le côté. De pareilles anomalies sont d’un usage courant dans l’art pharaonique.
- La stèle de la fille de Khéops n’offre l’indication d’aucune ouverture sur le piédestal, mais pour bien montrer que c’était celui du Grand Sphinx, on s’est borné à y graver: « Image d’Harmakhis. »
- L’essentiel était surtout de se faire comprendre.
- Sur trois des stèles que nous venons d’examiner, le piédestal est couronné de la grande gorge égyptienne ornée de cannelures, seul celui qui est figuré sur la stèle royale a la forme d’un dé tout uni, sans le moindre couronnement; il est d’une simplicité archaïque.
- De ces quatre piédestaux destinés au même symbole, aucun n’étant pareil; il est assez difficile de connaître la forme exacte de celui du colosse; nous allons tout de même essayer de la déterminer.
- Pour les auteurs des piédestaux avec couronnement, la question archéologique avait sans doute peu d’importance; le principal pour eux était de montrer que le Sphinx reposait sur un piédestal constituant un sépulcre.
- Il n’en était pas de même pour la stèle du songe. Etant donné l’attachement des Egyptiens à leurs antiques traditions, on a tenu à reproduire le plus fidèlement possible la forme de la décoration du piédestal original. C’était d’autant plus facile qu’on avait le modèle sous les yeux. Croyant obéir aux ordres d’un dieu, Thothmès ne s’était point borné à déblayer le sphinx jusqu’aux pattes, mais il l’avait dégagé entièrement.
- Or la décoration que porte le piédestal, fort en usage sous l’Ancien Empire, ne comportait pas seulement des figures géométriques, mais pour varier le jeu des lignes droites on y mêlait un gracieux ornement formé de deux fleurs de lotus adossées, motif qu’affectionnaient particulièrement les sculpteurs de l’Ancien Empire (fig. 15) comme on le voit sur le sarcophage de Menkérès et sur la cuve de granit de même époque du Musée de Leyde, sujet complètement tombé en désuétude au temps de Thothmès IV.
- On peut donc affirmer, sans la moindre hésitation, que le piédestal du Grand Sphinx était semblable à celui qu’on a figuré sur la stèle du songe.
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- Il est d’autant plus regrettable que le déblaiement n’ait pas été poussé plus loin, que le Grand Sphinx étant le monument le plus ancien de l’Egypte, peut-être même du monde entier, les tombes creusées autour de lui ne peuvent manquer d’appartenir aux siècles qui suivirent immédiatement son érection, aussi n’est-il point douteux que des fouilles complètes amèneraient certainement des découvertes du plus haut intérêt.
- Un monument aussi remarquable, non seulement par sa masse imposante, mais par son caractère sacré et les qualités qu’on lui attribuait, devait naturellement donner naissance aux récits les plus fantastiques ,aux plus merveilleuses légendes.
- f- Dans l’excavation de la tête on soupçonnait une galerie aboutissant à un souterrain où les prêtres se réunissaient pour rendre les oracles. On croyait également qu’un conduit ouvert dans le corps du Sphinx, le mettait en communication avec la seconde pyramide. D’après les auteurs arabes, les flancs du colosse possédaient des galeries où sont enfouis d’inappréciables trésors. Enfin l’une des légendes les plus accréditées est que la coupe d’onyx du roi Salomon, laquelle jouit de propriétés particulières, est déposée dans le corps du Sphinx. Le liquide qu’on y verse se mettant à tourner, si le mouvement se propage de gauche à droite, c’est signe de malheur; si au contraire il se propage de droite à gauche, c’est signe de bonheur.
- + *
- Vu du haut de la Grande Pyramide, le Sphinx est sans prestige. Accroupi au milieu des sables, brûlé par le soleil, il offre l’aspect d’un petit bibelot en terre cuite, émergeant d’un bassin aux bords pulvérisés.
- Mais, si descendant de ces sommets, on vient le contempler face à face, l’aspect change subitement. En dépit des outrages du temps et du vandalisme de l’homme, cet emblème sacré, tourné vers l’Orient à l’entrée du désert, a, de nos jours encore, conservé un caractère imposant'. Malgré ses proportions excessives, ce qui
- reste des contours est d’une souplesse, d’une pureté tout à fait remarquables. Le regard a une profondeur qui attire et qui fascine. Encadrée dans une rihhe coiffure, sa face, calme et souriante, réflète une incomparable sérénité.
- ÉPILOGUE
- Il y a quelques années, un Américain facétieux voulant se moquer d’un égyptologue, son compatriote, qui faisait alors des fouilles autour du Grand Sphinx, imagina d’envoyer à l’un de nos plus grands hebdomadaires une description de cette statue symbolique.
- ' Il y avait, disait-il, dans les flancs du colosse, reliés par de vastes couloirs, de somptueuses galeries, propres à loger des familles entières.
- Les dimensions qu’il donnait pour l’une des salles, étaient à elles seules jdIus grandes que l’ensemble du Sphinx lui-même.
- Comme toutes les choses extravagantes, cet article eut un grand retentissement, surtout en Angleterre, où tout ce qui concerne l’Egypte est, avec faveur, avidement accueilli.
- Quelque temps après, le même Recueil eut beau exposer l’invraisemblance de ces assertions fantaisistes, on n’en persista pas moins à y ajouter foi ei l’on y croira longtemps encore, n’en doutez point.
- Au mois de juillet 1919, retour de la Iiaute-Egypte, je me trouvais au Caire à la bibliothèque du Musée égyptien, quand arriva un officier anglais de l’armée d’occupation.
- Il venait demander s’il y avait encore des appartements à louer dans le Sphinx. M. Munier, le sympathique bibliothécaire, fut tellement ahuri en entendant un semblable discours, qu’il resta bouche bée, ne sachant quoi répondre. Je répondis pour lui : « Non, Monsieur, dis-je en souriant au trop crédule officier, il n’y a rien à louer ».
- Comprenant, sans doute, mais un peu tard, que ces appartements à l’intérieur du Sphinx n’étaient qu’une vaste mystification, il n’ajouta pas une parole et se retira sans demander la moindre explication.
- P.-IIippolyte Boussac, Membre de l’Institut d’Égypte.
- INITIATION BIOLOGIQUE111
- L’HÉRÉDITÉ
- I - LE MÉCANISME DE TRANSMISSION DES CARACTÈRES HÉRÉDITAIRES
- Dans un des premiers chapitres de cette étude, j’avais déjà eu l’occasion d’écrire que « l’ensemble des phénomènes liés à la vie se reproduit, pour chaque cellule, pour chaque individu, selon les traits fondamentaux de l’innombrable suite des générations antérieures. Ils sont
- 1. La Nature, nos 2813 et précédents, et le livre Vie et Reproduction (Masson et Clc).
- dominés par les propriétés héréditaires et trouvent en elles, en quelque sorte, leur modèle préexistant. Manifestations vitales et hérédité sont deux termes inséparables ».
- Jusqu’ici nous nous sommes efforcé d’éclairer les plus importantes des manifestations vitales dans les cellules et les organismes. Le moment est venu d’examiner,
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- dans la mesure où il se montre sujet à l’analyse expérimentale et passible d’interprétations rationnelles, le problème de l’hérédité.
- Aux temps, proches encorè, ou la biologie reconnaissait surtout des explications verbales, on constatait purement l’évidente transmission des caractères d’espèce des parents à leurs descendants, et l’on regardait l’hérédité comme une force mystérieuse soustraite au domaine des phénomènes propres aux investigations scientifiques.
- La seule observation positive, que l’on eût faite de longue date, était celle du réveil, dans une génération d’animaux, de certains caractères de race demeurés absents chez plusieurs générations antérieures, par exemple, chez des espèces domestiques, de traits liés à l’état sauvage. On groupait de telles particularités sous la rubrique d’atavisme, sans tenter de rendre compte de leur mécanisme.
- Ce n’est qu’au cours du siècle dernier que des biologistes notables, qui se recrutèrent, à l’origine, parmi les botanistes, s’avisèrent que la transmission de caractères spécifiés, de génération en génération, obéit à des règles numériques d’une remarquable fixité. Les fondements de l’hérédité, en tant que discipline scientifique, étaient dès lors posés. En même temps, la cytologie réalisait d’admirables progrès. Au fur et à mesure que s’approfondissait la connaissance des cellules en général, de la cellule-œuf en particulier, on prenait une conscience toujours plus nette de l’idée que cette dernière renferme en puissance, une fois fécondée, tous les caractères de l’espèce, de la race, de l’individu. Et l’on se préoccupait avec fruit de raccorder les acquisitions des généticiens — qui considéraient surtout le sort des formes extérieures — avec celles des biologistes — qui analysaient les structures. De cette collusion procèdent nos connaissances actuelles. Et leur domaine est devenu assez vaste, cultivé par assez de chercheurs, pour avoir mérité de devenir un territoire autonome de la biologie, la génétique.
- L’HÉRÉDITÉ ET LE TRANSFORMISME
- A l’époque où cette discipline a pris corps, il s’est institué du même coup, sinon un conflit, du moins un curieux antagonisme entre les idées alors régnantes sur l’évolution des espèces animales et celles qui naissaient des recherches nouvelles. Cet antagonisme continue de se manifester, voire avec une acuité croissante, en même temps que les acquisitions sur le mécanisme de l’hérédité gagnent chaque jour en précision. Il importe d’en définir les principes au seuil même de cette étude, dont ils contribueront à éclairer les développements.
- Depuis les travaux des illustres naturalistes Darwin et Lamarck, la plupart des biologistes ou des philosophes ont vu dans les formes de la vie les résultats d’une lente évolution qui, d’étape en étape, les a fait parvenir à leur état actuel. La place me manquerait pour exposer et commenter les théories célèbres de ces deux savants. Je rappellerai simplement que, pour l’un comme pour l’autre, les espèces animales sont relativement instables. Le jeu des forces naturelles, les actions du milieu, sus-
- citent des modifications continues qui, à la longue, sont capables d’aboutir à des types nouveaux. Que, selon Darwin, on accepte l’idée d’une « sélection », progressivement réalisée parmi des individualités multiples et faiblement dissemblables, au profit des mieux douées, ce qui amène à concevoir les espèces comme originellement reliées les unes aux autres par une série ininterrompue d’états intermédiaires ; ou que, selon Lamarck, on admette que les influences extérieures sont aptes à retoucher certains caractères, de manière à créer peu à peu des espèces différentes de leurs ascendants : daniftous les cas, on est tenu de croire à la variabilité des organismes, à une évolution fondée sur leur variation.
- Ces conceptions trouvent d’ailleurs un appui dans les analogies, observées de longue date, qui existent dans les stades primitifs du développement embryonnaire entre tous les Vertébrés. Pour m’en tenir à un exemple classique, je rappellerai que l’embryon des Mammifères présente temporairement, à un certain stade, des arcs branchiaux de même origine, de même signification que ceux qui, chez les Poissons, engendreront des formations branchiales définitives. L’axiome que « l’ontogenèse reproduit et résume les étapes de la phylogenèse » se fonde sur de nombreuses constatations de cet ordre.
- Les idées évolutionnistes ont exercé, exercent encore une profonde influence sur les sciences biologiques, et l’idée que « l’Homme descend du Singe», en dehors de la signification de boutade qu’on lui prête souvent, garde toujours, pour bien des esprits, la valeur et la rigueur d’une loi.
- Or, les expériences des généticiens modernes ne laissent pas d’aller à l’encontre de telles conceptions. Si l’on considère une « population » quelconque (pour fixer les idées, choisissons l’exemple d’un amas de grains de haricots), on observe que, parmi les individus qui la composent, il en est de grands et de petits, et qu’entre les extrêmes existe toute une gamme de dimensions intercalaires. Les spéculations darwiniennes se fondent en partie sur de semblables exemples de variation. Mais les soumet-on à la critique de l’expérience, on se rend compte qu’ils relèvent en réalité d’interprétations purement statistiques et que la prétendue variation en cause ne saurait intervenir dans l’évolution.
- Il est facile, en effet, de trier les graines et de séparer, en deux groupes, les plus grosses des plus petites, puis d’obtenir par auto-fécondation, aux dépens de chaque groupe, une lignée de haricots. Dans l’une', il peut certes arriver que les graines soient, en moyenne, plus lourdes que dans l’autre, de sorte qu’on pourrait être tenté de conclure à une véritable « sélection », et de supposer qu’en poursuivant les recherches dans ce sens on arriverait à « sélectionner » des descendants à graines de plus en plus volumineuses, ou de plus en plus petites : on aurait ainsi apporté un argument en faveur de l’évolutionnisme. Mais les apparences sont trompeuses. On a beau, dans la population à grosses graines, isoler les plus lourdes en vue de la reproduction, les descendants continuent à offrir la même courbe de variabilité que la génération antérieure et à former des graines relativement légères.
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- Comment s’explique ce phénomène ? Il suffit, pour le concevoir, d’admettre que dans la « population » initiale se trouvaient par aventure mélangées des graines de deux races différentes, caractérisées par leur taille, et telles que ces caractères de dimensions étaient transmissibles héréditairement. On avait séparé à l’origine deux des lignées, des « espèces élémentaires », qui répondent à une telle condition de stabilité héréditaire. Quant à la variabilité de taille qui se manifeste dans la descendance de chacune d’elles, elle ne se prête pas à une sélection que puisse maintenir leur descendance. La proportion de semblables variétés, dans les générations issues d’une « espèce élémentaire » donnée, est commandée par des lois purement statistiques, autrement dit par le hasard.
- Ce qui vient d’être écrit à propos d’une « population » de graines végétales reste vrai pour une population végétale ou animale quelconque. A l’intérieur de toute espèce, un grand nombre de ces races, de ces « espèces élémentaires », se rencontre le plus souvent, et comme leur descendance est elle-même soumise aux variations individuelles, l’espèce considérée semble comprendre de multiples formes que des transitions graduelles relient les unes aux autres. Cette apparence en impose pour une variation continue. On vient de voir qu’elle est fallacieuse, et que chaque race conserve, malgré qu’on en ait, sa fixité héréditaire.
- La conception que je viens d’énoncer se recoupe, du reste, avec un autre ordre d’observations. Les théories transformistes, singulièrement le lamarckisme, supposent qu’une légère modification enregistrée par un individu, qu’une empreinte marquée sur lui par des facteurs normaux ou accidentels, est propre à devenir l’héritage de ses descendants. Bref, la doctrine de Lamarck contient implicitement l’adhésion à l’idée que les caractères acquis peuvent être héréditaires. Or rien, parmi les innombrables expériences des biologistes, n’a jusqu’ici fourni le moindre argument sérieux à l’appui d’une telle hypothèse. On connaît bien, et l’on cite volontiers, quelques rares faits en quoi l’on prétend voir des preuves de sa validité. Mais aucun d’eux ne résiste à une critique attentive ou ne se dépouille entièrement de causes d’erreur. Que pour tant nous ne soyons pas autorisés à-rejeter hors du patrimoine scientifique la doctrine de l’hérédité des caractères acquis, sous prétexte qu’il en manque une démonstration décisive, c’est ce qu’il est bon de préciser ici. Les évolutionnistes auraient beau jeu de répartir que l’ordre de grandeur des modifications transmissibles est si faible, le délai de nos investigations si minime par rapport à l’énormité des périodes où la vie a progressé, que nous n’avons pas le droit de nous montrer trop dogmatiques. Mais rien non plus ne nous force à accepter une théorie fondée uniquement sur des vues de l’esprit, alors que, dans la limite de durée assignée à nos observations, des faits positifs la contrecarrent.
- Nous avons noté que, pour une espèce végétale ou animale, chaque « espèce élémentaire » conserve, à travers les générations, ses caractères essentiels, et qu’il est difficile de concevoir, dans ces conditions, une évolution possible d’un type à un autre, liée à une acquisition progressive ou à la lente retouche de certaines
- particularités. Ce qui est vrai pour une race ou une espèce l’est, à plus forte raison, pour un genre. Ecrire qu’un Homme ne saurait engendrer qu’un Homme, un Lézard un autre Lézard, un Géranium un autre Géranium, c’est formuler un- truisme des plus vulgaires.
- Toutes les considérations qui précèdent nous suggèrent ainsi la conviction que non seulement les caractères de genre, mais encore ceux d’espèce, voire de race, présentent une indéfectible permanence, et que rien n’autorise à croire qu’ils puissent être jamais déviés de leur forme originelle, tout au moins dans les conditions générales où se poursuit actuellement la vie des cellules et des organismes.
- Cette stabilité est l’oeuvre de ce qu’autrefois l’on concevait comme une « force », une « puissance » héréditaire, et qu’aujourd’hui nous sommes davantage fondés à appeler le « mécanisme héréditaire ».
- L’HÉRÉDITÉ ET LA MUTATION
- Mais si l’hérédité assure la permanence des caractères fondamentaux d’une espèce, faut-il conclure qu’elle interdit tout changement, quel qu’il soit, d’une génération à une autre ? A cette question, la réponse doit être négative. Dans la deuxième moitié du siècle passé, le botaniste de Vries avait déjà noté que, dans la descendance d’un individu, on peut soudainement voir se produire l’apparition d’un caractère inédit, la brusque modification d’un caractère préexistant : c’est ce que l’on nomme une mutation. Les mutations ménagent constamment les caractères essentiels qui assurent l’identification d’une espèce. Elles n’atteignent que des caractères individuels, et les plus importantes différences qu’elles engendrent ne permettent de distinguer que de simples variétés. Toutefois, elles attestent suffisamment la possibilité de changements dans la descendance des êtres.
- Ainsi, au terme de cet exposé préliminaire, nous voici amenés à enregistrer deux ordres de constatations qui se complètent, sans s’opposer. Les premières nous font douter qu’une évolution continue des formes vivantes se réalise, au moins dans les conditions actuelles, au sens darwinien ou lamarckien. Les secondes nous persuadent que les individus sont susceptibles de présenter soudainement des caractères particuliers, de subir des « mutations », sources de variétés nouvelles. Les biologistes ont longtemps considéré comme un dogme l’aphorisme : Natura non facit saltus. Il nous apparaît que le contraire seul semble vrai et, qu’en réalité, dans le sens de l’hérédité, la nature ne procède que par sauts.
- L’HYBRIDATION
- En quoi consistent ces sauts ? A quelles règles répondent-ils ? C’est ce que va désormais nous enseigner l’étude de l’hybridation et des hybrides. Nous en apporterons d’abord des exemples. Nous tenterons ensuite d’en élucider le mécanisme et de les interpréter.
- Au botaniste français Naudin (1863) revient le mérite d’avoir, le premier, entrevu la solution théorique du problème de l’hybridation. Les expériences de cet auteur
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- consistèrent à croiser entre elles des espèces différentes (comme Datura lævis et Datura stramonium). Il observa ainsi que les produits de ce croisement présentaient bien, en général, un aspect intermédiaire entre les parents : ils répondaient à un état hybride. Mais Naudin — et c’est là qu’il apparaît comme un précurseur — ne faillit pas à constater qu’en croisant entre eux les hybrides de la première génération, il obtenait des plantes dont beaucoup faisaient retour au type pur de leurs grands-parents. Il s’agissait alors d’expliquer cette reviviscence, cette disjonction des caractères paternels et maternels mêlés chez l’hybride. Naudin pressentit, à ce sujet, l’hypothèse que ses successeurs devaient aider à faire prévaloir. Il admit que les gamètes mâles des hybrides (les grains de pollen) sont, chez chaque sujet, de deux catégories engendrées en proportion égale : les unes détiennent en puissance les caractères du père, les autres ceux de la mère. Il en va également de la sorte pour les gamètes femelles des hybrides. Aussi, suivant que les hasards de la fécondation rassemblent, ou bien deux gamètes l’une et l’autre de type paternel, ou bien chacune de type maternel, ou bien enfin de type différent l’une de l’autre, le descendant recouvre le type du grand-père, ou de la grand’mère (si l’on ose appliquer ces expressions à des plantes...), ou enfin reste un hybride.
- Toutefois, Naudin utilisait, en vue de ses expériences, des espèces telles que les sujets croisés se distinguaient respectivement par des caractères importants et nombreux.
- Dans ces conditions, l’état hybride manquait d’éléments simples et sûrs d’identification et, par suite, les résultats expérimentaux échappaient à une exacte analyse.
- Il appartenait au moine autrichien Mendel de combler ces lacunes et de faire accomplir à la génétique un pas décisif. Ce sont les résultats de ses célèbres recherches (1865) que nous allons à présent rapporter.
- Au lieu de s’adresser, pour les unir, à des individus de diverses espèces, Mendel choisit des sujets de même espèce, mais de race dissemblable, qu’un seul caractère, ou qu’un petit nombre de caractères opposaient les uns aux autres. On conçoit qu’à partir du moment où toute l’attention se concentrait sur des particularités bien définies, peu nombreuses, commodes à suivre dans leurs modifications, les conséquences des croisements apportaient les éléments d’une comparaison facile.
- . Les expériences de Mendel ont été reprises par de nombreux généticiens modernes, et ses idées ont servi de base à des généralisations qu’il est commun d’entendre aujourd’hui désigner sous l’expression de « néomendélisme ». Citer tous les savants qui ont contribué à fonder cet édifice serait difficile et vain au cours d’une revue aussi rapide que la nôtre. Quand j’aurai nommé, en Amérique, Morgan et ses collaborateurs, Bateson, Castle, Wilson ; en Allemagne, Correns, Goldschmidt ; en France, Guyénot, Cuénot, Rahaud, j’aurai certes ouvert des lacunes regrettables, mais au moins rendu hommage à quelques-uns de ceux qui ont éclairé le grand problème en cause.
- L’HYBRIDISME ET LA DISJONCTION DES CARACTÈRES HYBRIDES
- Pour fixer les idées, dès l’abord, sur un exemple typique, nous allons considérer les suites du croisement entre deux plantes de race différente appartenant au genre Mirabilis et à l’espèce Mirabilis jalapa (la « belle de nuit »), et telles que l’une ne se distingue de l’autre que par la couleur des pétales, rouge dans un cas, blanche dans l’autre (fxg. 1).
- Tous'les sujets de la première génération (ou génération-fille) possèdent des fleurs à pétales roses, de teinte en somme intermédiaire entre celles des parents : ils sont hybrides.
- Si, plus tard, on vient à croiser entre eux ces hybrides, va-t-on obtenir une deuxième génération (génération petite-fille) composée d’individus tous identiques à leurs parents, c’est-à-dire doués de fleurs à pétales roses ? Nullement. Les uns ont bien effectivement des fleurs roses, et conservent ainsi leur aspect d’hybrides ; mais d’autres récupèrent des fleurs rouges, d’autres encore des fleurs blanches. Pour exprimer de tels faits, on peut écrire qu’il se produit partiellement, à la deuxième génération, un retour au type pur originel.
- Or, si l’on a soin, comme il est strictement indispensable pour établir les règles numériques d’une semblable transmission héréditaire, de faire porter les observations sur un très grand nombre de cas-, si, en d’autres termes, on permet au hasard de développer toutes ses possibilités, on enregistre d’une manière inéluctable les résultats suivants : dans la deuxième génération, les individus du type hybride représentent la moitié de la descendance totale ; les plantes à fleurs rouges et celles à fleurs blanches respectivement le quart (fîg. 1).
- C’est dans l’interprétation de ces phénomènes que l’hypothèse antérieurement formulée par Naudin affirme sa valeur explicative. Avec lui, admettons que, dans la première génération, les gamètes mâles appartiennent en égale proportion à deux catégories, dont l’une détient exclusivement les caractères paternels (par exemple, la potentialité fleurs blanches) et l’autre les caractères maternels (la potentialité fleurs rouges), et que la même séparation soit intervenue entre les gamètes femelles. Il n’est plus difficile, dès lors, de prévoir ce qui doit survenir, en vertu des lois du hasard, si l’on unit mâles et femelles. Il existe, en effet, un quart des chances pour qu’une gamète mâle à potentialité « fleurs rouges » rencontre une gamète femelle de même potentialité ; un quart également pour qu’une gamète mâle « fleurs blanches » féconde une gamète femelle homologue ; un quart encore pour qu’une gamète mâle « fleurs rouges » s’unisse à une gamète femelle « fleurs blanches », et un quart enfin pour qu’une gamète mâle « fleurs blanches » se conjugue avec une gamète femelle « fleurs rouges ».
- Les deux dernières combinaisons aboutissent au même résultat : fleurs blanches X fleurs rouges, de sorte qu’au total il y a la moitié des chances pour que les produits de deuxième génération restent des hybrides, un quart pour qu’ils redeviennent porteurs de fleurs blanches et un quart pour qu’ils acquièrent des fleurs rouges. C’est
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- là le résultat que l’expérience avait permis d’enregistrer.
- Pour simplifier le langage de telles prévisions et pour les faire apparaître plus évidentes, les généticiens ont accoutumé de recourir à une symbolisation. Dans le cas dont on vient de faire état, par exemple, les gamètes des parents à fleurs blanches se désignent par B, ceux des parents à fleurs rouges par r.
- Leur croisement donne inéluctablement des sujets à fleurs roses, dont l’état hybride est dû à la formule B r. Si l’hypothèse de Naudin et de Mendel se justifie, les gamètes de ces hybrides, tant mâles que femelles, comportent, en égale proportion, des éléments porteurs de B et des éléments porteurs de r. Le croisement entre les hybrides de première génération s’écrit alors :
- (B + r) X (B + r).
- Le résultat du produit est évidemment :
- BB -f- B r -)- 7’ B -j- rr ou
- BB + 2 B r + rr.
- Telle est l’expression quasi mathématique de la solution que nous avions déjà énoncée (voir fig. 1, moitié inférieure).
- Les faits se montrent toujours d’accord avec la théorie, à laquelle leur constance confère la plus grande force. Elle se fonde, somme toute, sur la disjonction des caractères paternels et maternels lors du passage de la première à la deuxième génération.
- Tout se passe comme si les sujets de la première génération, les hybrides, devaient leurs caractères particuliers (la coloration rose des pétales dans l’exemple choisi) à la conjonction de facteurs qui
- gardent néanmoins leur indépendance, puisqu’ils se séparent dans les gamètes.
- Les facteurs qui conditionnent l’état d’un même caractère, ainsi réunis chez les hybrides, constituent . ce qu’on nomme des allélomorphes : B r est le symbole d’un couple d’allélomorphes dans le cas étudié.
- Celui-ci nous a enseigné que l’influence des allélo-
- PARENTS
- morphes peut se balancer de telle sorte que le caractère déterminé par eux prend un aspect intermédiaire entre ceux qu’il présentait respectivement chez le père et chez la mère. Mais les choses ne suivent pas toujours ce cours.
- Un nouvel exemple va le démontrer.
- CARACTÈRES DOMINANTS ET CARACTÈRES RÉCESSIFS
- Passons, en règne végétal
- Fig. 1.
- Représentation clu croisement entre Mirabilis « fleurs blanches et Mirabilis à fleurs rouges (figurées en noir).
- (D’après T. H. Morgan.)
- effet, du au règne animal, et élisons pour ascendants des Souris grises et des Souris blanches. Nous conviendrons alors de conférer au caractère « poils gris » le symbole G et, au caractère « poils blancs », le symbole b. A la première génération, née de semblables parents, toutes les Souris se trouveront dotées des deux caractères et répondront au symbole G b. Mais ces hybrides .n’offrent pas, comme les fleurs de Mirabilis, une teinte intermédiaire entre le gris et le blanc. Ils sont tous gris comme l’un des parents. C’est qu’ici intervient une influence nouvelle, celle de la dominance. Le caractère « coloration grise » est dominant sur la blanche et, dans le coupled’allélomor-
- e\
- La première génération (F ) se compose exclusivement de plantes à fleurs roses (figurées en gris). La deuxième génération (F2) se compose de 1 /4 de plantes à fleurs blanches, de 2 /4 de plantes à fleurs roses, de 1 /4 de plantes à fleurs rouges. Dans la moitié inférieure de la figure, diagramme explicatif : la potentialité « fleurs blanches » est figurée par des cercles blancs, la potentialité « fleurs rouges » par des cercles noirs.
- plies G b ( ou—
- que la seconde que, pour ce motif, on appelle] un caractère récessif.
- L’accouplement entre ces Souris-filles est susceptible de prouver qu’en dépit de leur apparence elles ne laissent pas de se comporter effectivement comme des hybrides. Selon les principes que nous avons déjà appliqués, ce croisement doit s’écrire :
- (G + b) X (G + b) et ses résultats se formuleront :
- GG + 2 G b + bb.
- La seconde génération se composera donc, en vertu de la théorie, pour un quart, d’individus à symbole GG,
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- Fig. 2. — Représentation de croisement entre Souris grises et Souris blanches. (D’après L. Cuénot.)
- En haut, les parents : le cercle noir correspond à la coloration grise (G), le cercle blanc à la coloration blanche ou « albinos » (b). Au milieu, première génération, composée exclusivement de sujets gris. En bas, deuxième génération, composée-de 3/4 de sujets gris et de 1/4 de sujets albinos.
- pour une moitié, d’individus à symbole G b i ou
- G
- et, pour un dernier quart, d’individus porteurs de bb.
- Or, les premiers, qui ne détiennent que des facteurs de coloration grise, seront nécessairement gris ; les deuxièmes, qui. gardent la même formule que la génération-fille, conserveront aussi, comme elle, la couleur grise; enfin, les derniers, qui'ne possèdent que des facteurs de coloration blanche, ne pourront qu’être blancs. En résumé, la théorie incite à prévoir que, dans la génération petite-fille, sur un nombre suffisant de Souris, les trois quarts seront gris, et qu’un quart seulement sera blanc.
- L’expérience vérifie d’une manière surprenante la justesse de ces déductions. Tout se passe constamment en conformité avec les principes mendéliens (fig. 2).
- LIGNÉES PURES
- 11 existe, du reste, une méthode supplémentaire pour confirmer leur valeur. Elle, consiste à croiser entre eux les sujets dë la génération petite-fille. Quand on y sélectionne, comme reproducteurs, les Souris blanches, on n’obtient plus que des descendants à poils blancs, si loin que l’on pousse le contrôle à travers les générations successives : c’est qu’en effet ces animaux ne portent que les facteurs bb ; ils constituent ainsi une lignée pure. Parmi les sujets gris de la deuxième génération, on
- arrive aussi à en isoler un certain nombre (un quart du total), qui, accouplés, n’engendrent que des Souris grises comme eux : ce sont les détenteurs de facteurs GG. En revanche, deux autres quarts de ces sujets gris, pris comme parents, se comportent exactement comme les hybrides de première génération : leur descendance ren ferme de nouveau des Souris blanches. Us possédaient donc bien le couple d’allélomorphes G b, où G était dominant, et b récessif.
- LES DROSOPHILES
- Ce qui est vrai pour des Souris le demeure pour n’importe quel groupe de la série animale. Ainsi les généticiens modernes, comme l’Américain Morgan et ses élèves, ont fait porter des recherches admirables de patience, de minutie et de précision sur de petites Mouches, les Drosophiles (vulgairement appelées les Mouches du vinaigre) qui, faciles à élever, se reproduisent avec une rapidité extrême. A cause de la brièveté de leur vie et du grand nombre de générations qu’elles permettent de suivre en un court délai, elles représentent un objet de choix pour les travaux sur l’hérédité. Parmi leurs races variées, il en est qui se caractérisent par la longueur normale des ailes, tandis que d’autres sont pourvues de sortes de moignons, d’ailes vestigiales, comme on les nomme. Le croisement entre sujets à ailes longues (L) et sujets à ailes vestigiales (v) réalise, dans la première génération, le couple d’allélomorphes L v où L est dominant et v récessif : aussi toutes les Mouches de cette génération ont-elles des ailes longues. Les accouple-t-on entre elles, on obtient trois quarts de Drosophiles à ailes longues, — sur lesquels deux quarts sont des hybrides à formule L v, — et un quart de Drosophiles à ailes vestigiales. Les prévisions théoriques, de même que les résultats, se superposent à ceux que nous avions vus jouer à propos des Souris (fig. 3 et 4).
- POLYHYBRIDISME ET DISJONCTION
- INDÉPENDANTE DES CARACTÈRES HYBRIDES
- Jusqu’ici, il est vrai, notre examen n’a porté que sur des exemples fort simples, où les parents ne se distinguaient que par un seul caractère de race. A la lumière des faits dont nous avons pris note, le moment est venu d’envisager ce qui se produit, si les races en présence diffèrent l’une de l’autre par un nombre plus élevé de caractères. Pour employer le langage scientifique, j’écrirai que les exemples dont je viens de faire état se rapportent au monohybridisme, et qu’il y a lieu maintenant d’analyser le polyhybridisme.
- Cette étude sera grandement facilitée, si d’abord l’on considère des parents que deux caractères seulement opposent les uns aux autres (dihybridisme).
- Dans ce dessein, je recourrai, une fois encore, à ces si commodes Drosophiles dont j’ai déjà parlé. Cette fois, les sujets en présence seront choisi; parmi des races telles que les uns possèdent des ailes longues et un corps de coloration grise, les autres des ailes vestigiales et un corps noir ébène. Les gamètes des premiers recevront
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- le symbole LG, celles des autres le symbole vn (fig. 5).
- Le problème ainsi posé, deux solutions possibles s’offrent aux prévisions. On a le droit de supposer, en effet, que le caractère « corps gris » est lié indissolublement au caractère « ailes longues » et, de la même sorte, le caractère « corps noir » au caractère « ailes vestigiales ». S’il en était bien ainsi, tout devrait se passer comme dans le cas des races séparées par un caractère seulement. Les hybrides de la première génération répondraient au symbole (LG) (pn) et le croisement effectué entre eux, qui se formulerait :
- [(LG) + (pn.)] X (LG) X H], aurait pour résultat :
- [(LG) (LG) + 2 (LG) (vn) + (yn) (on).
- Comme les caractères « ailes longues » et « couleur grise » sont dominants par rapport aux caractères « ailes vestigiales » et « couleur ébène », on obtiendrait en définitive, à la deuxième génération, trois quarts de Mouches à ailes longues et corps gris, un quart à ailes courtes et corps ébène.
- Or, les faits d’expérience déjouent un pareil raisonnement. La seconde génération comprend des animaux qui présentent, avec des ailes longues, un corps ébène, ou bien, avec des ailes vestigiales, un corps gris. Notre première supposition n’était donc pas fondée : les caractères réunis chez les parents ne sauraient plus être considérés comme indissolubles. Les hybrides de la première génération, au lieu de former des gamètes où L et G, d’une part, n et v, d’autre part, -demeurent liés, en engendrent de quatre sortes :
- • (LG), (pu), (Ln) et (Gp).
- Leur croisement s’écrira en conséquence :
- [(LG) -f- (vn) -f- (Ln) + (Gp)] X [(LG) + (pn) -f- (Ln) -I- (G,)].
- Il va de soi qu’il en résulte un jeu fort complexe de combinaisons, qui sont les suivantes :
- (LG) (LG) + 2 (LG) (yn) -f 2 (LG) (Gp) + 2 (LG) (Ln).
- -f- (on) (vn) -f- 2 (Gp) (pn) -f- 2 (Ln) (pn) -f- (Gp) (Gp)
- + 2 (Gp) (Ln) -j- (Ln) (Ln).
- Parmi ces 16 types, il est facile d’en relever 9 où coexistent les caractères L et G, 3 où L s’associe à n, 3 aussi où G s’allie à p, un seul enfin où p et n sont réunis. Bref, la génération petite-fille doit être, d’après les prévisions théoriques, représentée par des Drosophiles à ailes longues et corps gris dans la proportion de 9/16, par des Mouches à ailes longues et corps noir dans celle de 3/16, dans la même par des Mouches à ailes courtes et corps gris, et dans la proportion de 1/16 par des sujets à ailes courtes et corps noir (fig. 5).
- Il est admirable de constater que les faits d’observation confirment rigoureusement ces hypothèses. Leurs-bases étaient donc solides, et l’on a le droit d’affirmer que les divers caractères, réunis chez les hybrides, se transmettent à leurs gamètes indépendamment les uns des autres, qu’en d’autres termes il s’effectue, dans les cellules germinatives de la génération fille, une disjonc-
- ",.........................: — —.:.....- = 445 =
- tion indépendante des caractères, d’où résulte un nouveau groupement d’allélomorphes.
- Le cas qui vient d’être choisi se montre riche encore d’autres enseignements. Il nous a, en effet, permis de constater que certains sujets de la deuxième génération offrent des combinaisons de caractères opposées à celles des grands-parents : l’état corps gris — ailes courtes ou corps ébène — ailes longues. Or, parmi ces animaux, ceux qui répondent au symbole (Gp) (Gp), croisés entre eux, de même que ceux qui répondent au symbole (Ln) (Ln), ne pourront désormais engendrer que des descendants de même type, — il est aisé de s’en convaincre en appliquant les règles qui nous ont servi jusqu’ici. Puisque les individus que l’on avait choisis comme souche des lignées successives se caractérisaient par l’état corps gris — ailes longues ou corps ébène — ailes courtes, on aura assisté, en somme, à partir de la deuxième génération, à la production de deux races nouvelles marquées, non par Vapparition de traits inédits, mais par la combinaison inédite de traits anciens. C’est ainsi que sera intervenue une mutation, source cl’une lignée capable de demeurer fixe dans la suite.
- L’examen des mêmes résultats nous apprend en outre
- Fig. 3. — Représentation du croisement entre Drosophiles à ailes longues (L) et Drosophiles à ailes vestigiales (v).
- (D’après T. H. Morgan.)
- En haut, parents. Au milieu, première génération F1, composée exclusivement de sujets à ailes longues. En bas, deuxième génération L2, composée de 3 /4 de sujets à ailes longues et de 1 /4 de sujets à ailes vestigiales.
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- que, sur 16 combinaisons de symboles possibles, une seule reproduit le type, (yn) {on) de l’un des grands-parents. Sur un nombre assez limité de descendants, il y aurait donc peu de chances pour qu’il fût réalisé, et pour que naquissent des sujets à ailes courtes et corps ébène. Toutefois, des Mouches de cette race sont susceptibles de refaire leur apparition lors d’une génération beaucoup plus tardive, par exemple, dans la descendance des Drosophiles de symbole (LG) (en) ou (Ge) (on) qui, elles, représentent, dans la seconde génération, un pourcentage relativement élevé. De la sorte s’éclaire à nos yeux le fait que, dans une lignée quelconque d’animaux, un aspect légué par des ancêtres souvent très lointains peut ressusciter brusquement, après être resté éteint durant des siècles. Le hasard des rencontres entre les gamètes porte la responsabilité de ces réveils ataviques.
- Ainsi, rien, dans le patrimoine héréditaire, ne se perd ni ne se crée. Mais grâce au jeu de combinaisons multiples servies par la disjonction indépendante des caractères, d’une part, et par la dominance possible d’un caractère allélomorphe dans les couples, d’autre part, des races nouvelles arrivent à se reproduire, des types ancestraux à reparaître.
- Ce que le « dihybridisme » vient de nous apprendre, le « trihybridisme », le « tétrahybridisme » (c’est-à-dire le croisement entre des parents opposés les uns aux autres par trois, par quatre caractères différents), etc..., ne feraient que le confirmer. Mais l’analyse expérimentale des résultats de pareils croisements devient fort compliquée, à cause du nombre des combinaisons possibles qui s’accroît suivant une progression géométrique, et oblige à dresser de véritables tableaux. Les prévisions auxquelles
- Fig. 4. — Diagramme représentatif du croisement entre des hybrides, issus de parents respectivement pourvus d’ailes longues (L) et d’ailes vestigiales (v).
- Les ovules aussi bien que les spermatozoïdes sont de deux sortes : la moitié détient la qualité L, l’autre la qualité v. Le croisement entre ces gamètes aboutit à quatre combinaisons : LL, Lu, Lv et vv, figurées sur la ligne inférieure, et dont les proportions respectives sont indiquées. (En partie d’après T. H. Morgan.)
- Ov.ules
- on parvient ainsi, et que le lecteur arriverait rapidement à établir lui-même sur la base de notre exemple de « dihybridisme », reçoivent toujours l’éclatante consécration de l’expérience. Qu’il me suffise, pour fixer les idées, d’indiquer que l’accouplement entre animaux porteurs de trois caractères distincts opposés deux à deux aboutit à la naissance d’hybrides à trois couples d’allélomorphes. Si l’on suppose que, dans chaque couple, un caractère est dominant et l’autre récessif, on dénombre déjà, à la seconde génération, 64 combinaisons possibles de symboles, qui s’expriment en 8 types différents. Comme dans le cas mentionné tout à l’heure, un de ces types n’a que des chances fort restreintes de se révéler : ici, une sur 64. On conçoit de la sorte quelle diversité arrive à présenter la descendance, non plus de dihybrides, ou de trihybrides, mais de polyhybrides, et quel rôle le hasard peut jouer, soit dans la survivance de certaines races ou de certaines combinaisons de caractères, soit dans la réapparition de certaines autres.
- Tels sont, sous leur expression la plus simple, les faits que dominent les lois découvertes par Mendel. Des hypothèses comme celle de la disjonction des caractères paternels et maternels chez les hybrides, de leur disjonction indépendante chez les polyhybrides, ont reçu l’investiture de l’expérience. Elles ont pris là, est-il besoin de l’ajouter, une force et une autorité singulières. Il nous reste à tenter l’interprétation de ces phénomènes.
- INTERPRÉTATION DE L’HYBRIDISME PAR LE JEU DE “ FACTEURS ” OU “ GÈNES ”
- Rappelons d’abord que, jusqu’à présent, nous avons constamment raisonné comme si les caractères héréditaires, qui ont servi de base à l’étude de l’hybridisme et de ses règles, possédaient un support. Notre raison répugne, en effet, à concevoir la fixité mathématique de leurs chassés-croisés, la possibilité de leur reviviscence à travers les générations, sans concrétiser en quelque sorte la cause de ces caractères, sans attribuer leur déterminisme à des éléments propres à se prêter à des combinaisons variées. En particulier, la « disjonction indépendante », que j’ai invoquée et décrite, suggère l’acception que les propriétés héréditaires sont dues à des unités distinctes et autonomes.
- En vertu de cette idée, on appelle aujourd’hui facteur ou gène l’hypothétique particule matérielle à laquelle répond un caractère donné. Ainsi, un couple d’allélomorphes se compose de deux gènes, dont Lun représente la condition d’un certain état du caractère, l’autre la condition d’un état différent du même caractère. Les combinaisons dites « génotypiques » sont celles que réalise le jeu des symboles à quoi nous avons eu recours, et le « génotype » est l’individu qui les porte. Quant aux « phénotypes », ils se définissent par les particularités d’aspect que suscite l’influence réciproque des gènes. Nous savons que divers génotypes peuvent se présenter avec le même phénotype.
- Il serait toutefois trop simpliste de considérer tout caractère mendélien comme régi nécessairement par un « gène » déterminé. Sans doute, en est-il ainsi dans beaucoup d’exemples. Mais il y a des cas où un seul
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- « gène » est la condition de plusieurs caractères. Ainsi, le facteur qui, chez la Drosophile, est cause de l’état vestigial des ailes, détermine, en même temps, les dimensions anormalement faibles de la deuxième paire de pattes et, chez les femelles, la stérilité.
- Inversement, chez certaines espèces, un caractère unique reconnaît parfois plusieurs facteurs différents. On arrive à s’en apercevoir dans l’étude de la descendance des hybrides, parce que, de ces facteurs multiples, les uns peuvent être dominants, les autres récessifs. L’analyse de l’hérédité mendélienne enseigne même, en ce qui concerne des races déterminées, qu’un caractère peut exiger, pour se manifester, cl’abord un « gène » propre, puis l’adjonction de « gènes complémentaires ». Le mécanisme de la disjonction sépare fréquemment ces gènes les uns des autres, et alors le caractère manque, même si son gène propre est présent dans le patrimoine héréditaire de l’individu considéré.
- Il est à peine besoin de relever la difficulté extrême que ces particularités génétiques introduisent dans l’analyse des cas expérimentaux. Seule la patience des observateurs, jointe à une perspicacité rare, parvient à déjouer, à travers tant de variations et d’exceptions, les combinaisons réelles et à fixer leur déterminisme. Les hypothèses qu’on échafaude pour les expliquer puisent leur justification dans l’exactitude des prévisions auxquelles elles conduisent.
- L’interprétation, par les « gènes », du mécanisme de l’hérédité mendélienne, peut trouver d’ailleurs un nouveau « recoupement », si l’on ose ainsi s’exprimer, dans les observations cytologiques. Jusqu’à présent, en effet, j’étais demeuré, en invoquant des supports matériels, des « gènes » porteurs de qualités héréditaires, dans le domaine de la théorie. Or, on ne saurait oublier que ces particules hypothétiques font partie des organismes et qu’elles doivent être représentées évidemment dans les cellules reproductrices. Si certains éléments structuraux de ces dernières se comportaient de telle sorte qu’on fût fondé à voir en eux les supports incriminés, la conception mendélienne trouverait là un nouvel appui.
- Fig. 5. — Représentation du croisement entre Drosophiles -à corps ébène et ailes courtes, et Drosophiles à corps gris et ailes, longues. (D’après Guyénot.)
- En haut, parents. Au milieu, première génération (F1) composée exclusivement de sujets à corps gris et ailes longues. En bas, deuxième génération (F-) avec ses quatre types d’insectes.
- L’article qui suivra nous éclairera sur ce point.
- Dr Max Aron,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- : LA MOIRE ......
- IMPERFECTION DE NOTRE ACUITÉ VISUELLE
- Avant d’aborder cette intéressante question, quelques définitions — tout à fait étrangères à l’optique physiologique— sont nécessaires.
- LES EFFETS DE MOIRE
- Tout d’abord qu’appelle-t-on Moire ? Ce mot vient de l’anglais Mohair qui signifie une étoffe à reflet changeant et ondulé. Moire est souvent employé pour désigner le reflet lui-même de l’étoffe. Le moirage se pratique non
- 1. Cet article a été publié dans les Archives d’Ophtalmologie qui nous ont aimablement autorisé à le reproduires.
- seulement sur la soie, mais encore sur la laine, le coton, le papier; le moirage du fer-blanc ou du zinc n’a rien de commun avec celui que nous allons étudier. :
- On peut poser en principe que les effets de moire sont le résultat d’une imperfection de notre acuité visuelle, ou, en d’autres termes, que la moire n’existerait pas si notre acuité visuelle était infiniment bonne.
- Prenons deux tiges rectilignes ou deux bandes minces et regardons-les en face d’une fenêtre en les inclinant Tune sur l’autre de façon qu’elles forment un angle aigu1 : à leur intersection les deux côtés des angles opposés
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- Fi fl- 1.—Aspect des ombres vues par l’œil au niveau des angles.
- ne sont pas distingués nettement jusqu’à leur sommet. Celui-ci nous paraît occupé par une ombre dont la hauteur est d’autant plus grande que l’angle formé par les tiges ou les bandes est plus petit.
- Prenons maintenant une grille formée de fils minces parallèles fixés sur un cadre et distants de quelques millimètres : présentons devant cette grille une autre identique et regardons les fils devant un fond blanc, un rideau de fenêtre par exemple. En inclinant les deux cadres l’un par rapport à l’autre nous voyons se former, de part et d’autre du sommet de chaque angle aigu, l’ombre dont je viens de parler : cet espace obscur et flou nous apparaît à chaque intersection des lignes ; en sorte que les sommets de tous ces angles sont accompagnés d’une zone noire qui, avec les zones noires voisines, constitue une bande obscure plus ou moins large que j’appelle bande de moire. Ces bandes sont parallèles entre elles si les fils de chaque cadre sont bien exactement équidistants. Quand on fait tourner dans un plan vertical l’une des grilles devant l’autre, celle-ci étant immobile, on voit les bandes de moire se rapprocher ou s’éloigner suivant qu’on augmente la valeur des angles ou qu’on la diminue : ces bandes disparaissent quand cette valeur angulaire devient ou très grande ou très petite.
- On peut obtenir des effets de moire de bien des façons : quand on superpose deux toiles métalliques par exemple, si le parallèlisme des fils de chacune d’elles n’est pas parfait ou si l’une ou l’autre est un peu gondolée, on constate la production de jolies bandes sombres de moire se détachant sur fond clair; ces bandes seront ou rectilignes ou courbes suivant l’orientation des points de croisement des fils de chaque toile métallique.
- Un effet de moire, facile à obtenir, est fourni par un simple panier à salade - orienté et éclairé d’une certaine façon : les fils de fer du côté antérieur par rapport à l’observateur se superposent aux fils du côté opposé en formant des angles aigus de grandeur variable, d’où production de bandes de moire d’un bel effet.
- On peut généraliser et dire : que chaque fois qu’un réseau composé de lignes
- Fig. 2. — Bandes de moire formées par l’entre-croisement de deux toiles métalliques.
- parallèles, droites ou courbes, se superpose à un autre réseau semblable, des bandes sombres de moire apparaissent; le milieu de leur trajectoire est constitué par une ligne passant par les sommets des angles formés par h intersection des lignes de chaque réseau . La largeur de ces bandes obscures est inversement proportionnelle à la valeur des angles qui en provoquent la formation : à mesure que cette valeur augmente, pour se rapprocher de 90°, la largeur des bandes diminue et l’effet de moire disparaît.
- Voyons maintenant comment s’obtient la moire de soie, car c’est ce tissu qui est le plus employé. La moire résulte d’une sorte d’apprêt consistant à soumettre du taffetas à une fort# pression : les effets de moire sont d’autant plus marqués que ce taffetas est formé d’une trame plus grosse et plus ronde : l’étoffe est pliée en deux, les deux lisières exactement superposées et parallèles. Sous l’influence de la pression énergique, il se produit sur les deux faces un écrasement et en même temps un glissement irrégulier des trames qui, de parallèles qu’elles étaient tout d’abord, deviennent obliques d’un côté ou de l’autre en formant des lignes plus ou moins courbes qui se rencontrent sous des angles très aigus et variables. C’est à la formation et à l’intersection de ces lignes, produites par l’écrasement, qu’est dû l’aspect particulier de la moire.
- Au niveau du sommet de chacun des angles formés par l’intersection des trames écrasées, il se produit une ombre qui tranche nettement avec les parties où le parallélisme a été conservé entre les fils de trame. Ce sont ces oppositions d’ombres et de reflets qui donnent au taffetas, soumis à l’action d’une presse hydraulique, l’aspect chatoyant bien connu.
- EXPLICATION
- L’explication des effets de moire, quel que soit le procédé qui les produise, doit être recherchée dans la formation sur la rétine, de cercles de diffusion dus à l’imperfection de notre acuité visuelle; si notre œil avait une acuité visuelle idéalement parfaite, les effets de moire n’existeraient pas. On sait que l’acuité d’un œil a pour mesure l’angle visuel correspondant au plus petit objet qui peut être vu nettement ('): des points, des lignes ou des objets séparés par des intervalles de même grandeur que ces points, lignes ou objets, peuvent servir à cette mesure (échelles d’acuité). On sait aussi que, dans un œil d’acuité normale, deux images séparées par un intervalle obscur de même étendue sont distinguées l’une de l’autre lorsque leur largeur plus grande ou au moins égale à celle des éléments sensibles de la rétine : ces éléments dans la fovea centralis ont un diamètre inférieur à 0 mm. 004, ce qui correspond à un angle visuel d’une minute. Prenons deux traits noirs parallèles sur fond blanc, laissant entre eux un intervalle de même largeur : si l’œil est exactement accommodé pour la distance de ces traits, chacun donnera sur la rétine une image très nette séparée par un intervalle de même largeur. Supposons maintenant que l’écartement
- 1. Voir Traité de. Physique biologique, t. II, p. 717 et suiv. Paris, Masson, 1903.
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- des deux traits noirs aille en diminuant : les images rétiniennes cesseront, à partir d’un certain rapprochement des traits, d’être nettes, parce qu’autour d’elles existent des cercles de diffusion qui arriveront à se toucher et alors les impressions rétiniennes se confondront.
- Voyons brièvement ce que sont les cercles de diffusion et quels sont les facteurs qui interviennent dans leur formation.
- Soit (fig. 4) un point lumineux A, placé en avant d’un œil, à une distance D du foyer antérieur : l’image de ce point à travers le système dioptrique centré formé par un œil se fera en a, en arrière de la rétine, si la distance D n’est pas infinie et égale par exemple à 50 cm : le pinceau de rayons, ayant son sommet en A et pénétrant dans l’œil, a pour limite le contour de la pupille, de diamètre p; le pinceau réfracté, en convergeant vers a, découpe sur la rétine un petit cercle cc qui est précisément ce qu’on appelle un cercle de diffusion. Le calcul montre que le diamètre de ce petit cercle a pour valeur générale, quel que soit l’œil considéré (myope, hypermétrope, emmétrope) :
- p. (I±N. D)
- 1 +
- D. e.
- ~TT
- formule dans laquelle :
- p est le diamètre de la pupille;
- N le degré d’amétropie de l’œil;
- D la distance du point au foyer antérieur de l’œil; e la distance du plan de la pupille au foyer postérieur; //’ les distances focales de l’œil.
- On voit tout d’abord que les cercles de diffusion dépendent de la grandeur de la pupille : plus le diamètre pupillaire est petit, plus les cercles de diffusion sont rétrécis. L’influence du diamètre de la pupille est grande aussi sur la valeur de l’acuité visuelle, ainsi que je l’ai démontré autrefois expérimentalement ('); cela se comprend facilement si l’on se rappelle que l’acuité visuelle est en rapport étroit avec les cercles de diffusion.
- On voit ensuite que les cercles de diffusion sont plus grands dans l’œil hypermétrope que dans l’œil myope, car le produit N.D de la formule précédente s’ajoute à l’unité chez l’hypermétrope, tandis qu’il s’en retranche chez le myope. Enfin, on voit que le diamètre des cercles de diffusion décroît, toutes choses égales d’ailleurs, à mesure que la distance D augmente, c’est-à-dire que le point A s’éloigne. Pour l’œil emmétrope, où N = 0, la formule se simplifie et devient :
- 1 + 7T
- Revenons maintenant à nos deux petits traits noirs sur fond blanc; chaque image rétinienne de ces traits est accompagnée sur sa périphérie de cercles de diffusion; les plus nuisibles de ces cercles, au point de vue de la faculté de distinguer l’un de l’autre les deux traits considérés, sont évidemment ceux qui sont situés en dedans des images rétiniennes des deux traits, sur les bords .. II. Bordier, De l'acuité visuelle, p. 138. — Paris, J.-B. Baillière.
- internes de ?ces deux images. Tant que ces cercles de diffusion ne sont pas tangents, ou, ce qui revient au même, tant que ces cercles restent plus petits que la largeur des images, l’élément rétinien sensible, intermédiaire à cette image, est plus éclairé que les deux éléments voisins et la sensation lumineuse reste distincte. Mais, à partir du moment où les cercles de diffusion se touchent, les impressions se confondent, la netteté des images rétiniennes n’existe plus ; il en résulte une impression visuelle de flou que nous avons déjà invoquée en des bandes de moire. .
- Fig. 3. — Effets de moire observés sur un panier à salade.
- parlant de la production
- Pour comprendre ce qui se passe lorsque deux lignes droites ou courbes se rencontrent sous un petit angle, nous allons supposer que les côtés de cet angle sont décomposés en petits segments élémentaires parallèles deux à deux : les images rétiniennes de ces traits sont accompagnées, avons-nous dit, de cercles de diffusion. Si nous considérons deux à deux ces éléments parallèles, on voit que leur écartement va en diminuant à mesure qu’on les considère plus près du sommet de l’angle : avant d’arriver à ce sommet, les petits traits parallèles donnent des images rétiniennes dont les cercles de diffusion deviennent d’abord tangents, puis empiètent les uns sur les autres et cela de plus en plus à mesure que l’on se rapproche davantage du sommet où les deux traits élémentaires finissent par n’en former qu’un seul. C’est donc à partir du moment où les cercles de diffusion de deux de ces petits traits vont se toucher que la sensation de netteté des côtés de l’angle considéré va devenir trouble et que notre œil verra l’espace angulaire devenir obscur et flou. Comme je l’ai dit, cet espace angulaire flou est d’autant plus étendu à partir du sommet que l’angle est plus petit
- Fig. 4. — Le pinceau convergeant en a découpe sur la rétine un petit cercle de diffusion c'c.
- ou inversement, il est d’autant moins étendu que l’angle est plus voisin de 90°. ’
- L’existence des bandes de moire n’est donc que le résultat de la formation sur la rétine de cercles de diffusion.
- Dr H. Bordier. Professeur agrégé -
- à la Faculté de Médecine de Lyon.
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- LE THEATRE PIGALLE
- Un nouveau théâtre vient de s’ouvrir, qui marque une date dans l'évolution de l’art dé l’éclairage et surtout dans celle de la machinerie de scène. Pour la première fois en France, on se repose sur l’électricité du soin, non seulement de répandre sur la scène et dans la salle une lumière appropriée aux circonstances, mais aussi de mouvoir toute la machinerie. Il ne faudrait pas croire cependant que nos théâtres soient particulièrement en retard à ce point de vue : la situation est la même dans presque tous les autres pays et jusqu’à ces temps derniers, l’Allemagne était à peu près seule à disposer de scènes pourvues d’équipements électriques perfectionnés ;
- Fig. 1.
- Façade et marquise du Théâtre Pigalle.
- ceci explique qu’il ait fallu, pour une partie de l’installation, avoir recours aux constructeurs d’outre-Rhin, seuls en mesure de fournir certains appareils.
- L’extérieur du Théâtre Pigalle n’offre que peu de particularités dignes d’être signalées. Très sobre et légèrement dissymétrique, la façade n’a pas la prétention de fixer les regards. Les architectes, MM. Charles Siclis, Henri Just et Pierre Blum, se sont surtout attachés à donner du caractère à l’entrée et à la marquise qui la protège contre les intempéries et se sont bornés, pour la partie supérieure, à prévoir une décoration lumineuse, d’ailleurs très réussie.
- LA SALLE DU THÉÂTRE
- Dès que nous pénétrons dans le hall, nos yeux sont frappés par une profusion de tubes horizontaux en métal chromé (fig. 2) desquels rejaillissent les feux multicolores projetés par de grosses lampes fixées au plafond. Le bleu, le blanc, le rouge, apparaissent tantôt séparément, tantôt simultanément et donnent d’étranges aspects à cette gigantesque grille aux éclats de laquelle les larges rampes métalliques des escaliers latéraux (fig. 3) ajoutent celui de leurs chromes polis. La douceur de l’éclairage du plafond qui, illuminé par des lampes dissimulées en des redans, prend des teintes diverses, changeant sans cesse en intensité comme en coloris, se fondant les unes dans les autres, contraste avec la brutalité voulue des lumières qui exaltent l’éclat du métal.
- Il nous faut, pour pénétrer plus avant, contourner la grille; le détour qui nous est imposé contribue, avec l’architecture particulière au hall et les jeux de lumière, à nous détacher de la rue, à rompre le fil de nos pensées, à nous mettre en état de réceptivité.
- Nous atteignons enfin la salle; aux éclatantes lumières du hall succède ici un éclairage plus discret qui nous montre des fauteuils grenat dans une enceinte d’acajou. Avançons vers le milieu et levons les yeux : nous apercevons un extraordinaire plafond lumineux (fig. 4), qui paraît constitué par quatre gigantesques coquilles se coiffant les unes, les autres et diffusant la lumière par leurs bords crénelés; cette lumière, qui émane de lampes polychromes invisibles, est réglée, en qualité comme en intensité, par des rhéostats qui permettent d’en faire varier le coloris à l’infini, voire même de donner au plafond une apparence de mouvement ! Les balcons (fig. 5) décrivent de gracieuses courbes compliquées de cannelures et sont, comme les parois de la salle, revêtus d’un plaqué d’acajou; cette garniture, inspirée semble-t-il de celle de l’ancienne salle du Conservatoire de musique, dissimule d’heureuse façon l’ossature en ciment armé et procure une excellente acoustique. Les avant-scènes sont surmontées chacune d’abat-sons destinés à renvoyer vers les spectateurs les ondes musicales émises par les orgues.
- Tout ici concourt à donner une impression de calme et de douceur. Ce serait une erreur, cependant que de croire que l’on y ait ménagé la lumière placée sous le contrôle de rhéostats spéciaux que nous examinerons lorsque nous visiterons l’envers du décor, elle est dispensée par 1000 lampes de 25 watts dissimulées sous les balcons et par 1200 lampes de même puissance logées dans les redans du plafond. Ce dernier a d’ailleurs une forme toute différente de celle que l’on imagine lorsqu’on l’examine des fauteuils d’orchestre ou des premières galeries : la partie centrale, que l’on croit être la plus élevée est, en réalité, la plus basse et les coquilles qui semblent la déborder ne sont que des surfaces tronconiques plus ou moins régulières dont la grande base est à la partie supérieure (fig. 7).
- La salle du Théâtre Pigalle offre 1100 places; c’est dire
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- <fuselle est de dimensions moyennes, comme celle du Gymnase ou de la Renaissance, par exemple.
- Les dispositions nouvelles réalisées dans l’ordre architectural par MM. Siclis, Blum et Just sont remarquables; celles auxquelles MM. Périer, Forissier et Junillon ont eu recours pour établir, sur la surface quelque peu restreinte dont ils disposaient, les installations électriques, hydrauliques et mécaniques de la scène la mieux équipée du monde entier, le sont plus encore. Mais avant de visiter la scène et ses dépendances, voyons d’abord la sous-station qui alimente le théâtre en énergie.
- LA SOUS-STATION
- La sous-station reçoit, d’une part, du diphasé sous 12 000 volts; d’autre part, du continu 3 fils sous la tension de 2 X 110 volts.
- Le courant alternatif parvient par 2 câbles à 4 conducteurs et alimente 2 groupes comportant chacun 2 transformateurs. Ceux-ci, d’une puissance unitaire de 150 kilo-volts-ampères, donnent, au secondaire, une tension de 220 volts. La tension de 110 volts entre conducteurs et terre — maximum admis par la Préfecture de Police pour l’éclairage des théâtres — est obtenue en reliant en permanence à la terre le milieu de chacun des enroulements secondaires.
- Le diphasé à basse tension alimente directement, sous 110 volts, les circuits d’éclairage à l’exception toutefois de ceux de secours, et, sous 220 volts, la plupart des moteurs. Parmi ceux-ci, nous citerons le moteur qui emmagasine dans un accumulateur hydraulique l’eau sous pression utilisée pour la mise en action du gril, du portail de scène et du rideau; ceux du monte-orchestre, des ateliers du théâtre, du monte-charge à décors, de la soufflerie des orgues, de certains ascenseurs, du rideau de fer, de la grille du théâtre ; ceux, enfin, qui sont mis en route de la chaufferie. Ce poste assure à la fois le chauffage et la ventilation de la salle ; le plus important des moteurs qu’il commande est celui de la pompe puisant à 74 m de profondeur l’eau à 12°C. qui, pulvérisée sur un banc de coke à travers lequel circule l’air aspiré, le ramène à la température voulue pour assurer à la salle une agréable fraîcheur, même pendant la période la plus chaude de l’année.
- Le diphasé assure enfin le fonctionnement de groupes convertisseurs produisant du courant continu. L’un de ces groupés est du système Léonard, dans lequel la présence d’un rhéostat et d’un inverseur sur le circuit d’excitation permet de faire varier de — 220 à -j- 220 volts la tension du courant qu’il produit; sa puissance atteint 42,5 lcw. Les deux groupes principaux, dont la puissance unitaire est de 50 kw, fournissent le continu sous la tension constante de 2 X 110 volts. Un groupe de 23 kw, enfin, fournit le courant de charge à la batterie d’accumulateurs.
- Les moteurs à courant continu comprennent, d’une part, ceux dont la vitesse doit pouvoir Avarier dans de très larges proportions, d’autre part ceux de certains ascenseurs dont le fonctionnement est prévu en dehors des représentations.
- Parmi les premiers, nous citerons notamment les
- Fig. 2. — La grille du hall.
- moteurs dé levage et' de translation des plateaux de scène, ceux des trappes ménagées sur les plateaux, celui qui assure la ventilation de la salle. Le,s moteurs de la scène
- Fig. 3. — L’escalier.
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- ont habituellement alimentés sous 220 volts par le courant provenant des groupes convertisseurs principaux, mais ils peuvent également être branchés sur le Léonard; seul, ce dernier appareil permettait les très grandes variations de vitesse qu’exige parfois la mise en scène moderne. L’allure du moteur du ventilateur de la salle est réglée par des rhéostats.
- L’emploi du courant continu pour les moteurs appelés à fonctionner en dehors des représentations ou répétitions était imposé par le fait que ce type de courant était le seul que le secteur pouvait fournir en basse tension et que l’on devait prévoir des arrêts dans la marche du poste à iiaute tension.
- Là puissance fournie en basse tension par le secteur a été limitée à 30 lcw pour la force motrice et à 15 kw pour la lumière; c’est dire que l’interruption du courant alternatif au cours d’une représentation obligerait à surveiller
- Fig. 4. — Le plafond lumineux.
- de très près la consommation d’énergie. Les appareils dont le fonctionnement doit être assuré en tout état de cause sont d’ailleurs pourvus, à cet effet, de dispositifs permettant de substituer aisément l’action manuelle à celle du moteur électrique.
- La batterie d’accumulateurs, qui constitue l’ultime ressource du théâtre en énergie électrique, comporte 105 éléments S. A. F. T. à électrolyte alcalin.. L’emploi d’une batterie au fer-nickel était tout indiqué pour cette application où il importe d’éluder les sujétions inhérentes à l’emploi des accumulateurs au plomb. Deux des qualités essentielles des éléments S. A. T., celle de conserver la charge, en circuit ouvert, beaucoup mieux que ne le pourrait faire une batterie au plomb, celle de pouvoir, saris aucun inconvénient, être abandonnée à aile-même pendant un temps indéterminé, sont particulièrement intéressantes pour un établissement où, durant les deux mois de clôture annuelle, les appareils ne sont guère
- surveillés. Une recharge d’une demi-heure au plus par quinzaine suffît à maintenir cette batterie chargée à bloc.
- Il convient, par ailleurs, de noter que la facilité avec laquelle l’accumulateur au fer-nickel peut travailler à un régime très élevé, sans faire courir le moindre risque aux électrodes, présente ici un intérêt de tout premier ordre.. La batterie du Théâtre Pigalle est, en effet, prévue, non seulement pour assurer l’éclairage de secours, mais aussi pour permettre d’achever une représentation commencée et, dans certains cas, on lui demandera de fournir 600 ampères en une heure. Alors qu’avec une batterie au plomb on n’aurait pu, sans compromettre gravement la durée des éléments, obtenir une telle intensité que d’une capacité d’au moins 1200 ampères-heure, il a été possible, grâce à la puissance de débit de l’accumulateur S. A. F. T., de limiter la capacité à 620 ampères-heure.
- Notons, enfin, que l’absence d’odeurs et d’émanations acides, propres à l’élément fer-niclcel, constitue un avantage dont on ne saurait, en la circonstance, méconnaître l’intérêt.
- Outre le courant de secours, la batterie fournit l’alimentation des relais qui commandent les valves des moteurs hydrauliques.
- LA SCÈNE
- La scène est, de toutes les parties du théâtre, celle qui, aux points de vue électrique et mécanique, offre le plus d’intérêt.
- Les plateaux. — Dans presque tous les théâtres, le « plateau » sur lequel évoluent les artistes est fixe, et si les décors et objets suspendus peuvent, grâce à un ensemble extrêmement complexe de treuils et de câbles, être enlevés et remplacés assez rapidement, il n’en est pas de même des décors implantés sur le plateau.
- Dans quelques théâtres récents, on s’est attaché à faire beaucoup mieux, à ménager le moyen de substituer rapidement les uns aux autres, non seulement les décors implantés, mais aussi tous les objets que le spectateur peut voir sur le plateau. Ce but a été atteint par la mise en œuvre de dispositifs permettant de présenter successivement des plateaux équipés d’avance et tout à loisir. La scène divisée en secteurs du Théâtre municipal de Lyon ou du Residenz Theater de Munich, le plateau double à translation latérale du Burg Theater de Vienne, les scènes mobiles superposées de certains théâtres de Londres, en sont les exemples les plus typiques.
- Au Théâtre Pigalle, où l’espace est mesuré et où l’on désirait néanmoins disposer à la fois d’une vaste scène et du moyen de jouer dans de bonnes conditions des pièces comportant un grand nombre de tableaux, on a eu recours à un système nouveau, bien plus parfait que les précédents.
- Ici, les plateaux sont au nombre de quatre, normale ment superposés deux à deux, les uns « à la face », c’est-à-dire près du spectateur, les autres « au lointain ». Les
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- premiers peuvent être déplacés seulement dans le sens vertical; les seconds peuvent, en outre, être amenés contre le proscenium. A cet effet, les plateaux du lointain reposent chacun sur un monte-charge, par F intermédiaire de huit galets qui, sous l’action d’un moteur électrique, peuvent rouler sur des rails.
- Les plateaux sont désignés par des noms de couleurs; ceux de la face sont le rouge en haut, et le vert en bas ; ceux du lointain, le jaune et le bleu. Les plateaux de la face et les monte-charge du lointain sont suspendus comme des cages d’ascenseur et équilibrés chacun par quatre contrepoids placés dans des « cheminées » ménagées de chaque côté de la scène. Ils ont été établis assez solidement pour pouvoir supporter sans peine le poids de quatre éléphants. Bien que chacun pesant de 40 à 50 tonnes, ces plateaux peuvent être aisément montés ou baissés par l’action d’un moteur électrique dont la puissance n’excède pas 37 kw; grâce à une transmission appropriée, le moteur de chacun d’eux agit simultanément sur les quatre tambours autour desquels s’enroulent les câbles de soutien.
- Les quatre plateaux sont pourvus de trappes disposées en « plans » ou « ruelles » parallèles au fond de la scène, et de tous les accessoires propres à faciliter l’implantation des décors ; mais alors que les trappes des plateaux supérieurs permettent d’obtenir les différences de niveau exigées pur certaines scènes, sans qu’il soit nécessaire, le plus souvent, de recourir aux décors « praticables », celles des plateaux vert et bleu n’ont d’autre rôle que rendre possible l’établissement de communications directes avec les « dessous ».
- Dans chacun des plateaux, les trappes sont actionnées par un moteur électrique qui est logé dans la charpente, et agit par l’intermédiaire d’enclenchements.
- Le poste de commande des plateaux est établi sur une passerelle située du côté « jardin », c’est-à-dire, pour l’acteur, à droite de la scène. De; enclenchements électriques obligent à lever, avant toute manœuvre, des balustrades à éclipse autour du plateau que l’on veut écarter du plan des dégagements de la scène et préviennent ainsi toute chute de personnel. Un ingénieux système, imaginé par M. Georges Fouilloux, administrateur du théâtre, permet de verrouiller les plateaux, non seulement au niveau du proscenium, mais aussi en tous les points d’une certaine zone s’étendant en deçà et au delà de ce plan, les plateaux peuvent, bien entendu, être également verrouillés dans le « dessus », à hauteur de l’une ou de 1 autre des passerelles de changement de décors. Enfin, chaque pla-
- Fig. 5. — La salle; '
- teau est pourvu d’un dispositif parachute qui l’immobiliserait dans le cas, infiniment peu probable, où les câbles viendraient à se rompre.
- La largeur de chacun des plateaux est de 13 m, la profondeur de. 9 m; on peut disposer côte à côte un plateau de face et un plateau de lointain : en faisant état des surfaces fixes utilisables contiguës aux parties mobiles, on peut considérer que l’on dispose alors d’une scène de 13 m de largeur sur 20 de profondeur. Tout en rendant possibles de rapides substitutions de tableaux, les pla-
- Fig. G. — Schéma général des installations électriques. .
- Ce schéma général des installations électriques du Théâtre Pigalle donne une idée très exacte de l’ensemble et montre comment ceux des appareils d'utilisation qui doivent être alimentés d’une façon certaine pendant les représentations peuvent recevoir le courant aussi bien du secteur à basse tension que de la sous-station, les circuits de secours permettant d’ailleurs de parer à la panne totale pour ce ce qui concerne l’éclairags de la salle et de la scène.
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- Cintre-
- Ibat son de /'orgue
- Sc ène
- Dessous
- Salon i'expos/tio
- Monte-orchestré,
- Fig. 7. — Coupe longitudinale du Thiâtre Pigalle.
- teaux mobile du Théâtre Pigalle permettent donc de monter des pièces à grand spectacle.
- Le gril et les moteurs hydrauliques. — Tout contre le mur du lointain sont alignés de longs et fluets cylindres verticaux (fig. 10) desquels s’échappent, bien au-dessus de nos têtes, des câbles qui s’enroulent autour de poulies, puis disparaissent dans le a gril » : nous sommes devant les moteurs hydrauliques qui actionnent les porteuses, auxquels sont attachés certains décors et appareils d’éclairage. Dans presque tous les théâtres, ce matériel est déplacé au moyen de palans manœuvrés à la main, par des machinistes postés dans les cintres; ce procédé, qui exige l’emploi d’un personnel nombreux, n’aurait pas été applicable en la circonstance; la présence des contrepoids des plateaux de scène obligeait en effet à rejeter la commande du gril en un endroit où l’espace disponible est restreint.
- Le système qui a été adopté au Théâtre Pigalle, à l’instar de quelques théâtres allemands, a été établi par la maison Fritsch, de Dresde. Les cylindres moteurs sont alimentés par un accumulateur hydraulique (fig. 11), cylindre à parois épaisses, partiellement rempli d’eau, communiquant avec une batterie de bouteilles d’acier de laquelle de l’air préalablement comprimé exerce une pression de 100 atmosphères. Un moteur diphasé de 10 kw peut, à volonté, être embrayé soit avec un compresseur, soit avec une pompe.
- Le compresseur assure la mise sous pression initiale et n’est ensuite utilisé que pour compenser les pertes qui, en dépit, de la présence d’une couche d’huile sur l’eau de l’accumulateur, se produisent par dissolution. En service normal, le moteur est embrayé avec la pompe, dont le rôle est de restituer à l’accumulateur l’eau s’échappant des cylindres. Dès que la pression tombe au-dessous d’une certaine valeur, un relai manométrique détermine automatiquement le démarrage progressif du moteur; lorsque la pression voulue est atteinte, un second relai du même genre provoque brusquement la rupture du circuit d’alimentation du moteur. .
- Grâce à l’emploi d’une pression élevée, on a pu limiter à 15 cm l’encombrement des cylindres moteurs, ce qui a permis d’en loger 69 contre le mur du lointain et d’établir en dépit de l’exiguïté de l’emplacement dont oh disposait, une commande de gril capable de satisfaire à tous les besoins de le mise en scène moderne.
- Chaque cylindre est muni d*une valve d’admission et d’une valve de décharge, si petites qu’un examen attentif n’en révèle pas la présence. Les valves sont commandées à distance, au moyen d’un dispositif électrique. Le piston de chacun des cylindres agit, par l’intermédiaire de câbles et de palans, sur une « porteuse »; bien que l’amplitude de ses déplacements soit huit fois plus grande que celle des mouvements du piston, cette dernière soulève aisément une charge utile de 300 kg.
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- De la scène, il est absolument impossible de se rendre compte de ce que sont les trains de décors : une visite au gril s’impose. Le petit ascenseur des machinistes nous permettra d’y accéder sans fatigue.
- Le gril (fig. 12), qui se trouve à 27 m au-dessus de la scène, offre un spectacle vraiment extraordinaire; les « fds » s’y enchevêtrent de telle façon que l’œil a tout d’abord quelque peine à les démêler. A la partie supé rieure, tirés par des câbles qui transmettent, amplifié déjà, les déplacements des pistons hydrauliques du fond de la scène, glissent des poulies à quatre gorges sur lesquelles s’enroulent les fils des porteuses. Ceux-ci, qui sont ancrés vers l’une des extrémités de la salle (fig. 9), sont repris ensuite par des poulies fixés, également à quatre gorges, formant palan avec les précédentes, s’abaissent en se séparant en quatre groupes distincts vers les poulies de renvoi fixées au gril et plongent vers la scène. Les quatre fils de chaque palan maintiennent une même porteuse.
- Descendons maintenant au poste d’où l’on coordonne les mouvements de tout cet ensemble et qui est placé à 12 m 50 au-dessus de la scène, en un point d’où il est toujours facile d’o&server les déplacements des décors et appareils suspendus. A l’extrême complexité de la machi-
- Fig. 9. — Le gril, vu du côté de l’ancrage des câbles de porteuses.
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- Fig.'8. —Tambours de levage des plateaux de scène.
- nerie supérieure correspond, ici, une extraordinaire simplicité : un combinateur électrique comprenant 20 fiches — nombre correspondant à celui des pistons qu’il est possible de "mouvoir simultanément, — et autant de groupes de quatre trous que l’installation comporte de moteurs hydrauliques, tel est le seul organe que l’opérateur ait à connaître.
- Les fiches, qui sont tripolaires, peuvent être connectées au tableau de deux façons différentes; une flèche métallique fixée à la monture permet de reconnaître à première vue la position de chacune des fiches en prise. Selon que la flèche se présente au-dessus ou au-dessous, la porteuse correspondante montera ou descendra lorsque le machiniste, qui travaille à 10 m plus bas, aura amené à la « marche avant » le levier à trois positions au moyen duquel il commande la machinerie supérieure. Bien entendu, ces mêmes porteuses feront les mouvements respectivement inverses, lorsque le levier sera poussé de 1’ « arrêt » à la « marche arrière ».
- Deux exemples feront mieux comprendre la simplicité de la manoeuvre. Soit un tableau pour lequel il y a lieu d'amener sur la scène les objets suspendus aux porteuses 3, 7, 12, 15... : l’opérateur place, flèche en bas, des fiches dans les trous correspondants; dès que le machiniste met en
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- Fig. 11. — Schéma de la commande hydraulique des porteuses (Système Fritsch).
- Porteuse
- Valise d'admission
- Valve d'échappt
- Air comprimé
- Moteur " hydrauliqui
- Bouteille à air comprimé
- a 100 atmosph.
- Bâche
- « marche avant », les porteuses désignées descendent. Si, pour le tableau suivant., il faut laisseç en place la porteuse 12, et substituer aux autres celles portant les numéros 5. S. 17... l’opérateur enlèvera la fiche qui était dans le trou n° 12 et placera, flèche en haut, des fiches dans les trous 5. 8, 17...: lorsque sera venu le moment de procéder au changement de décors, le machiniste poussera le levier de manœuvre à la position « marche arrière » et obtiendra simultanément la montée des objets à faire disparaître dans les cintres et la descente de ceux à amener sur la scène.
- Le machiniste peut faire varier la vitesse de déplacement de 1 cm à i m par seconde et arrêter le mouvement à n’importe quel moment.
- Outre la machinerie du gril, les moteurs hydrauliques commandent le rideau et le portail de la scène. Ce dernier, qui remplace l’habituel rideau d’arlequin, comporte deux montants verticaux qui peuvent être déplacés symétriquement par rapport à l’axe de la scène et une traverse que l’on peut élever à une hauteur plus ou moins grande : on peut ainsi faire varier à volonté la portion de scène visible de la salle. -
- On a pu, tout contre la partie inférieure de la traverse du portail, installer une passerelle mobile sur laquelle
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- sont disposés des projecteurs dont la sortie et la rentrée sont commandées à distance par l’intermédiaire d’une transmission liquide.
- Véclairage de la scène. Les jeux d’orgue. —
- L’éclairage de la scène est assuré par une installation que l’on peut considérer comme l’une des plus complètes qui aient été réalisées, non seulement par la puissance mise en jeu, mais aussi par le nombre et la variété des appareils. Bien entendu, ceux-ci sont des types les plus perfectionnés.
- C’est ainsi que la rampe est du modèle cloisonné, ce qui permet d’équiper les circuits des divers effets uniquement
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- Les herses (fig. 13), qui assurent l’éclairage des frises, sont également du type cloisonné et pourvues d’un équipement permettant d’obtenir quatre effets; elles peuvent être réglées par oscillation autour de leur axe longitudinal. Ces appareils sont pourvus de 6 lampes de 150 watts par mètre.
- Les « cloches », qui dispensent un éclairage vertical, sont munies de verres diffusants et d’écrans cylindriques concentriques qui interceptent les rayons trop obliques; chacune d’elles contient une lampe de 1500 watts.
- La scène comporte huit plans d’éclairage, constitués chacun pour une herse ; quatre d’entre eux comportent en
- Fig. 12. — Le gril, vu du côté des poulies mobiles.
- au moyen de lampes claires: chacune d’elles est enfermée dans un alvéole d’où la lumière ne peut sortir qu’en traversant un filtre en cellon coloré et est pourvue d’un réflecteur parabolique assurant un rendement aussi élevé que possible. La rampe est divisée en quatre sections pouvant osciller, indépendamment l’une de l’autre, autour de l’axe longitudinal et donner ainsi soit une lumière directe, soit un éclairage indirect. La rampe comporte quatre circuits distincts, correspondant chacun à une couleur; l’alimentation des sections centrales est commune alors que celles des sections extrêmes sont indépendantes l’une de l’autre. La rampe comporte 6 lampes de 200 watts par mètre.
- outre des groupes de cloches. Des lampes fixées à des portants et à des réflecteurs mobiles, des projecteurs que l’on peut répartir suivant les besoins, fournissent un „ éclairage dit complémentaire.
- La scène du Théâtre Pigalle est munie d’un grand et d’un petit horizon; selon l’ampleur du tableau représenté, on déroule l’une ou l’autre de ces toiles de fond, dont la courbure parvient, grâce à un luminaire approprié, à donner l’illusion du plein air. Les horizons sont éclairés au moyen de grosses et de petites lanternes ; les premières comportent 3 lampes de 1 kw et sont munies d’un obturateur et de 4 filtres colorés, le tout commandé à distance ; les secondes contiennent simplement une lampe de 1 kw.
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- Enfin, un appareil spécial du type le plus perfectionné .permet de projeter des nuages sur l’horizon.: La puissance mise en œuvre pour l’éclairage de la scène peut atteindre 300 kw, dont 180 pour celui du grand horizon. Les circuits d’éclairage de la scène passent par des rhéostats sur lesquels on peut agir à l’aide de leviers disposés sur des appareils spéciaux auxquels on a donné.le nom de « jeux d’orgue ». Mieux encoré peut-être que la vue des rampes, herses et lanternes éclairant la scène, celle des jeux d’orgue est de nature adonner une idée de l’importance de l’installation. Les
- Fig. 14. — Les jeux d'orgue.
- Le jeu d’orgue, dispositif facilitant la commande des rhéostats interposés dans les circuits où il importe de pouvoir régler l’intensité de la lumière, comporte des groupes de quatre rangées de leviers; chacun de ces groupes commande une couleur déterminée; les leviers placés sur une même verticale commandent les diverses couleurs d’un même appareil d’éclairage. Les leviers peuvent être déplacés dans un plan vertical, soit individuellement, à la main, soit collectivement, au moyen d’un volant; ces butées mobiles permettent de soustraire à l’action collective tel ou tel levier et ce, à l’instant que l’opérateur a choisi d’avance.
- Fig. 13. — Ensemble des appareils éclairant la scène.
- jeux d’orgue (fig. 14) sont placés vers l’extrémité de la dasserelle où sont réunis tous les organes de commande de la machinerie; l’un comporte 48 leviers au moyen desquels on peut faire varier l’éclairage de la salle, tant en intensitéxqu’en coloris; l’autre groupe 160 leviers, destinés à régler les jeux de lumière de la scène. Dans chacun d’eux,les éléments sont disposés en quatre rangées; en principe, chaque rangée commande une couleur déterminée,'lesdeviers placés sur une même verticale agissant sur lès diverses couleurs d’un même appareil d’éclairage. Le grand jeu d’orgue règle, non seulement les rhéostats des circuits d’éclairage de la scène, mais aussi la position des ' obturateurs et filtres des grosses lanternes d’horizon.
- Une comparaison nous permettra de nous rendre encore ;mieux compte de l’importance de cette installation rayée leurs 208 leviers, les jeux d’orgue du Théâtre Pigalle groupent 12 éléments de plus que ceux de la Comédie-Française, de l’Opéra Comique et de l’Odéon réunis ! André Bourgain,
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- —.... FABRICATION DU GOUDRON
- PAR CARBONISATION DE BOIS CHEZ LES TUNISIENS
- Au moment où, de tous côtés, en France, ou se préoccupe de la fabrication du charbon de bois et des sous-produits obtenus pendant la carbonisation, il nous semble intéressant de signaler une industrie s’y rattachant et répandue dans certaines régions de la Tunisie, nous voulons parler de la fabrication du goudron par les indigènes.
- Nous ne parlerons que pour mémoire de la fabrication du charbon de bois, les meules faites par les indigènes étant les mêmes à peu de chose près que celles faites en France, avec cette différence qu’ici l’on emploie surtout les souches de lentisques et d’oliviers sauvages; dans les régions où se rencontrent les chênes, ce dernier bois est aussi employé.
- Le rendement de ces meules est peu élevé, les charbons obtenus sont généralement de qualité médiocre en raison du peu de soins que prennent les indigènes pour faire leurs meules et de leur façon de faire qui consiste à retirer le charbon au fur et à mesure qu’il se forme, ce qui a pour résultat d’amener des rentrées d’air dans les meules et de provoquer, souvent, la combustion totale d’une grande partie du bois.
- Pour la fabrication du goudron, dans notre région — région du Krib — ce sont surtout des ayaris, population essentiellement nomade, qui se livrent à cette industrie; iis emploient comme bois le pin d’Alep, dont de vastes forêts couvrent ces contrées ; ils choisissent, surtout, les pins qui, à la suite des incendies, fréquents dans la région, ont été brûlés sur pied et ils s’installent sur place dans les parties incendiées des forêts.
- Ils ne prennent pas tout l’arbre, mais se contentent de le déchiqueter pour n'utiliser que l’aubier; c’est surtout aux troncs et aux souches que va leur préférence.
- Le travail est exécuté par des .hommes et des femmes ; les premiers coupent le bois, le débitent en morceaux de 0 m 30 à 0 m 40 de long; les femmes s’occupent de la construction des fours et de la carbonisation qui a lieu, ainsi que nous allons le voir, en vase clos. * ’
- Pour la construction des fours, on s’installe de préférence à côté d’un oued, en un lieu où la roche du calcaire, en général, est apparente ou peu profonde et légèrement inclinée; il est à noter que, souvent, les calcaires forment un dallage naturel. Si le calcaire est peu profond, on creuse un trou de 2 m de diamètre, de manière à mettre la roche à nu. Sur cette table, on étale, avec de l’argile pétrie et mélangée de sable, une couche de 0 m 05 d’épaisseur et de 0 m 70 de diamètre qui formera le fond du
- four, puis, tout autour, on élève l’argile de manière à former une espèce de marmite de 0 m 70 de diamètre, dont les parois ont, en général, de 0 m 04 à 0 m 05 d’épaisseur; en haut, on l’étrangle pour amener l’ouverture à 0 m 60 de diamètre; à la base de cette cuve en argile, un trou est pratiqué du côté de la pente; de ce t-rou partira un tuyau fait de la même matière, de 0 m 10 à l’intérieur et de 2 m de longueur, qui, en suivant la pente, ira déboucher au-dessus d’une cuve en argile de 15 à 16 litres de capacité.
- Tout autour du corps du four ainsi obtenu, avec des pierres récoltées çà et là, on établit une murette, distante du corps du four, de 0 m 30, de manière à former un couloir qui sera plafonné par des dalles, à hauteur de l’ouverture haute de la marmite; ce couloir servira de foyer lors de la mise en marche de l’appareil; à cet effet deux trous, en face l’un de l’autre, sont pratiqués dans la murette; l’un servira de foyer et l’autre de cheminée
- suivant la direction du vent ; le réglage du foyer s’effectue au moyen de pierres percées, devant l'orifice servant de cheminée.
- Ce travail achevé, le four est enterré ainsi que le tuyau; dans le cas où il a été fabriqué dans un trou, on élève, tout autour, un tertre en terre.
- Une des femmes va, alors, chercher la provision de bois nécessaire à la marche du four pendant que l’autre achève la construction du four par un couvercle qui viendra fermer le trou circulaire laissé dans la marmite ; pour cela elle fabrique une marmite en terre, sur une toile ou sur une peau de chèvre, de manière à pouvoir décoller facilement; cette marmite a 0 m 60 de diamètre et autant de profondeur. Les femmes laissent sécher l’appareil une journée, puis mettent, alors, du bois dans le couloir et l’allument; au bout d’un certain laps de temps, lorsque l’argile est bien sèche, on commence à cuire; une première fournée est introduite dans le corps de l’appareil en terre, arrangé de manière à en contenir le plus possible, sous la condition de pouvoir être hermétiquement fermé par la seconde marmite faite à côté. Le bois, une fois placé à l’intérieur, les femmes laissent ce bois sécher à l’air libre et, dès qu’elles le jugent suffisamment sec, elles ajustent le couvercle, en mettant de la terre tout autour pour former joint étanche à l’air.
- Le feu est alors poussé activement. Lorsque la furpée de goudron apparaît par l’extrémité du tuyau en contrebas, on couvre le récipient et l’extrémité du tuyau, mais non hermétiquement, le plus souvent avec un paillasson
- Fig. 1. — Coupe d’un four.
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- ou des branchages; quelques pierres mises dessus servent à maintenir ce léger couvercle.
- La carbonisation dure environ de 8 à 10 heures; au bout de ce temps, les femmes laissent le feu s’éteindre et, pour cela, obturent les deux orifices de la murette avec des pierres ; 2 heures après elles procèdent au défourne-ment en retirant le charbon ainsi obtenu; s’il y a des charbons qui risquent de prendre feu, elles les éteignent avec de l’eau, puis, alors, une nouvelle fournée est introduite .
- Chaque fournée comporte environ 70 kg de bois, donne de 5 à 6 litres de goudron liquide. Ce goudron est mis. dans des outres en peau de chèvre appelées guelbas, pour être vendu sur les marchés à raison de 2 fr 50 le litre, et est acheté par les indigènes comme antiseptique pour enduire leurs chameaux; il s’en fait un grand commerce, surtout dans les marchés du Sud.
- Grâce à ces appareils, deux femmes, avec une batterie de quelques fours, produisent 20 litres de goudron par 24 heures; le résidu obtenu qui est du charbon de bois de pin est mélangé avec d’autres charbons de bois de lentisques ou d’oliviers faits en meules ordinaires à côté.
- Le charbon de bois de pin n’est pas accepté pour la consommation locale; cette répulsion nous étonne, car nous nous en servons presque journellement et nous ne lui avons trouvé aucun défaut ; peut-être est-il plus léger et brûle-t-il plus vite, mais il ne pétille ni ne fume.
- Cette industrie est et pourrait être assez rémunératrice, car un four bien construit peut durer longtemps.
- Nous en possédons un, construit par des femmes incli gènes, qui travaille, tous les jouis, depuis trois mois et ne s’est jamais abîmé. Les indigènes qui fabriquent du goudron et qui sont, comme nous l’avons dit, essentiellement nomades, ne restent jamais plus de quinze jours au même endroit, mus par un impérieux besoin de déplacement; nous avons essayé de les fixer sur notre enchir. mais, malgré les primes offertes et tout ce que nous avons pu faire, jamais ils n’ont voulu rester à demeure.
- Nous signalerons, dans ce même article, que ces indigènes récoltent aussi l’écorce des pins verts qu’ils vendent sur les marchés aux indigènes, lesquels s’en servent pour le tannage des peaux, l’écorce de pin d’Alep ayant unp teneur en tanin assez forte
- Bouquers de Volig.ny.
- L’INDUSTRIE AUTOMOBILE FRANÇAISE
- La maison Michelin vient de publier, sur l’état actuel de l’industrie automobile en France, une petite brochure illustrée de graphiques qui met en relief d’une façon saisissante les progrès accomplis en ces dernières années.
- Nous en extrayons les chiffres suivants : il a été fabriqué en France en 1928 : 223 600 voitures (non compris 4000 autos américaines montées en France) ; la production de 1913 était de 45 000 voitures, celle de 1919 de 18 000 voitures, celle de 1920 de 40 000 voitures, celle de 1927 de 191 300.
- Sur 100 automobiles fabriquées en France : 58 sont des voitures à conduite intérieure, 20 des torpédos, 18 des camionnettes, 4 des camions.
- Les chiffres suivants marquent le caractère de l’évolution de la voiture de tourisme : en 4 ans, la production des 6 cylindres a passé de 9 à 18 pour 100. Les voitures de 10 ch sont l’immense majorité aujourd'hui : 80 pour 100 de la production contre 55 pour 100 en 1923.
- La production automobile de 1928 représente une valeur de 6 milliards et elle a absorbé pour les châssis : 185000 tonnes d’acier, 41 600 tonnes de fonte, 10 250 tonnes de laiton et bronze, 4850 tonnes d’autres métaux; pour la carrosserie : 36 000 tonnes de tôle d’acier, 4000 de peintures et vernis, 3000 de crin et ouate, 220 000 m2 de glaces et vitrerie.
- Michelin évalue à 380 000 le nombre de personnes occupées par l’auto : 100 000 dans les usines d’autos, 40 000 dans celles d’accessoires, 26 000 dans celles de pneus, 85 000 chauffeurs, 30 000 agents de vente, 100 000 personnes dans les ateliers de réparation. Notons que ces chiffres ne tiennent pas compte des ouvriers occupés par les fournisseurs de l’automobile.
- Notre industrie tient la deuxième place dans le monde : au premier rang vient celle des Etats-Unis et du Canada que Michelin a groupées sous un seul pavillon. (En fait, la production du Canada est à peu près de même ordre que celle de la France,) Ces deux pays ont produit ensemble 4 601 130 voitures en 1928. Après la France vient l’Angleterre qui a fabriqué
- 223 600 voitures, puis l’Allemagne avec 150 200 voitures; enfin l’Italie avec 55 000. Notons en passant la progression rapide de l’Allemagne qui ne produisait que 48 000 voitures en 1926
- En 1928, la France a exporté 50 128 autos dont 5906 véhicules lourds, ce qui la classe également au 2« rang des pays exportateurs, après le groupe Etats-Unis-Canada qui en a exporté 595 132. L’Italie a exporté 26 000 voitures, la Grande Bretagne 19 743.
- Il faut noter cependant à cet égard que nos exportations sont en régression continue depuis 4 ans : 61 472 voitures en 1925, 59 770 en 1926, 52 053 en 1927. Nos colonies, au surplus, absorbent 34 pour 100 de ces ventes à l’extérieur.
- En 1928, on comptait en France 1 116 991 automobiles en circulation, contre 107 535 en 1914, et 500 059 en 1923. Soit une moyenne de 1 auto par 36 habitants. Aux Etats-Unis, on compte 1 voiture pour 5 habitants, au Canada et en Nouvelle Zélande 1 pour 9, en Australie 1 pour 12, en Argentine 1 pour 34, en Grande Bretagne et au Danemark 1 pour 35. La Russie n’a qu’une voiture pour 6980 habitants et la Chine 1 pour 17 000.
- La France est aujourd’hui, au point de vue de la circulation, le 3e pays du monde. En tête bien entendu viennent les Etats-Unis avec 24 493 126 voitures; puis la Grande Bretagne avec 1 348 545; après la France vient le Canada avec 1 061 830 voitures. L’Allemagne a regagné le 5e rang avec 550 000 voitures, dépassant l’Australie qui en compte 516 695.
- Nos colonies ou protectorats réunis comptent aujourd’hui 94 330 voitures en circulation contre 45 200 en 1928. Notons la rapide progression de F Indo-Chine passée en 3 ans de 6600 à 16 000 voitures^ "
- On trouve encore bien d’autres renseignements dans la substantielle brochure de Michelin ; répartition dans les départements, les villes et les campagnes, budget d’un véhicule automobile, statistique de l’essence, état de nos routes, etc.
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- LA CULTURE MÉCANIQUE
- DE LA POMME DE TERRE
- A PROPOS DE LA “ JOURNEE DE LA POMME DE TERRE ” DE LAMOTTE-BEUVRON
- 22 SEPTEMBRE 1929
- A Lamotte-Beuvron, dans cette Sologne jadis stérile mais méthodiquement assainie par le drainage, l’assèchement des eaux stagnantes, l’irrigation et le reboisement, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et la Chambre syndicale de la Féculerie française ont organisé, le 22 septembre 1929, une Journée de la pomme de terre particulièrement réussie. Là, 2000 agriculteurs environ purent voir fonctionner les plus intéressants et les plus nouveaux des appareils mécaniques destinés à faciliter la culture de leurs « Parmentières ». L’occasion nous semble donc propice pour jeter un coup d’œil rapide sur les principaux systèmes de trieurs, de planteuses et d’cir rocheuses de tubercules, ayant pour but de suppléer à une main-d’œuvre de plus en plus défaillante.
- LES TRIEURS MÉCANIQUES
- Comme on le sait, pour obtenir les meilleurs rendements en pommes de terre, il faut, après avoir choisi la variété appropriée à la nature du sol et au climat, sélectionner les sujets individuels, c’est-à-dire extraire, d’une récolte précédente, les tubercules de grosseur moyenne. Les trieurs mécaniques remplacent cette sélection manuelle longue et onéreuse. D’ordinaire, ces machines reposent sur le principe suivant : un premier crible ou grille à mailles carrées arrête tous les tubercules trop gros et laisse passer les moyens ou les trop petits, qu’une deuxième grille plus fine évacue à son tour, retenant seulement la bonne semence. Légèrement inclinées, ces deux grilles se superposent l’une à l’autre dans un bâti plus ou moins robuste; elles reçoivent d’un mécanisme actionné par manivelle ou au moteur les oscillations
- Fig. 2. — Planieuse Barbier en cours de travail à Lamotte-Beuvron (22 septembre 1929;.
- Fig. 1.— Type industriel du trieur mécanique de pommes de terre « Jydey ».
- nécessaires pour forcer les pommes de terre à se présenter devant les mailles, tandis que la masse « tout venante » se place sur une trémie, installée au-dessus de l’appareil et dont la vanne de sortie permet aux tubercules de tomber avec la vitesse convenable sur la première grille. Quelques constructeurs ont augmenté, sans grande utilité d’ailleurs, le nombre des cribles de façon à obtenir plusieurs grosseurs de tubercules. Toutefois la classification approxL mative réalisée par deux grilles suffit amplement au but à atteindre en l’occurrence.
- Dans les trieurs Jydey, qui figuraient à Lamotte-Beuvron, les deux cribles superposés reposent sur 4 ressorts afin d’açsurer la douceur du fonctionnement et déversent leur triage sur le devant, tandis que les petits tubercules, passés à travers le deuxième crible, tombent sur une grille puis s’échappent par un couloir latéral abandonnant en chemin cailloux et grains de terre,. Un arbre supportant deux leviers doubles transmet le mouvement à l’extrémité inférieur des cribles. Le type courant du trieur « Jydey » a un débit horaire de 1500 à 2000 kg et le type industriel, qui en diffère par le renforcement de ses organes et des cribles plus grands, porte une poulie volante permettant de l’équiper avec une dynamo ou de le faire commander par un moteur indépendant. Il trie 4000 kg de pommes de terre à l’heure.
- Les deux modèles des trieurs Bihale possèdent un !ys tème spécial de suspension des grilles, commandé pai un excentrique et des vibrateurs, qui fournissent deux mouvements conjugués, un mouvement de lancement dans le sens horizontal et un mouvement vibratoire dans le sens vertical afin de dégager les grilles. Chacune de celles-ci déverse sa charge dans des sacs. La même maison a
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- réalisé, récemment, une installation beaucoup plus complète. Elle comprend un trieur à 4 grilles auquel se trouvent adjoints d’une part un élévateur vertical associé à uïle trémie oscillante d’approvisionnement et à l’autre bout une table de visite. L’alimentation s’effectue automatiquement, grâce aux godets de l’élévateur montés sur Une forte courroie de balata. Puis, après leur passage au travers des grilles du trieur, les pommes de terre arrivent devant 2 femmes, se tenant de chaque côté d’un tapis roulant de caoutchouc et qui éliminent les avariées, tandis que les tubercules sains et convenablement triés, seloii leur destination, s’entassent dans des sacs placés àu-desSous du convoyeur horizontal.
- LES PLANTEUSES MÉCANIQUES
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- Une fois les pommes de terre bien calibrées au moyen des trieurs mécaniques, il s’agit de les enfouindans le sol en le§ espaçant d’une façon régulière de manière à pouvoir les biner, les sarcler et les butter aisément. Qüand l’exploitation est petite et qu’on dispose d’ouvriers, la plantation n’offre pas de difficultés. On ouvre des raies dans le champ et l’on y place les tubercules à la main. Mais, lorsque la quantité de « patates » est considérable, les cultivateurs préfèrent opérer à l’aide de planteuses mécaniques dont les divers systèmes se ramènent à deux types :
- 1° Les appareils simples destinés à régulariser la plantation et dans lesquels un homme place les tubercules un à Un dans les mécanismes d’enterrage.
- 2° Les machines plus complexes, qui prélèvent automatiquement les tubercules dans une caisse réservoir où ils sdht misen vrac et les conduisent aux organes d’enfouissement, à peu près identiques, du reste, à ceux du premier groupe.
- Dans ces deux catégories d’instruments, un attelage (chevaux ou bœufs) tire les deux roues dont la jante, garnie de nervures d’adhérence, entraîne un mécanisme plus ou moins compliqué. Le bâti supporte, en outre, une lame de scarificateur ou une sorte de buttoir ouvrant la raie dans laquelle les tubercules vont tomber
- Fig. 3. — Plartteuse semi-automatique' à 2 rangs Loiseau, présentée aux essais de Lam'dle-Beuvron.
- à intervalles réguliers et deux petits socs referment le sillon. Enfin le préposé à l’alimentation se tient sur un siège, sis à l’arrière de l’instrument. Les planteuses entièrement automatiques comportent toujours une ou deux caisses réservoirs renfermant les pommes de terre en vrac et dont le fond présente Finclinaisort nécessaire pour amener les tubercules à l’organe chargé de les prendre un à un et de les conduire aux tubes de descente. Ledit organe est tantôt un tiroir à mouvement alternatif rectiligne poussé par une tringlerie reliée à une des roues et rappelé par un ressort antagoniste, tantôt un disque épais muni de plusieurs orifices de gros calibres et tournant autour de son propre axe, tantôt une chaîne sans fin agissant à la façon d’une noria.
- Dans la planteuse Barbier, les godets arrivant successivement par le bas du réservoir à semences happent les tubercules et, lors de leur passage sur la roue de chaîne qui les guide, ils les déversent dans une goulotte. Dans la planteuse « Jydey » le système d’attelage se combine avec un avant-train réglable, ce qui facilite sa direction pendant le travail; un simple changement d’engrenages suffit pour faire varier la distance de plantation de 0 m 25 à 1 m 05; la chaîne à godets s’enlève ou se pose sans avoir besoin de la démonter, grâce à une paire de maillons spéciaux. La planteuse semi-automatique à 2 rangs Loiseau est montée avec avant-train vireur. ce qui en rend la conduite facile ; elle permet de planter dé 2 à 4 hectares par jour, selon le temps. Dans le modèle automatique, construit par la même maison, on met les semences triées dans la trémie supérieure d’alimentation, dont le fond est remplacé par un plan trépidant. La chaîne planteuse prend très doucement chaque tubercule et le descend tout près du fond de la raie tracée: en outre, un système correcteur remplace dans la gou-lotte, le cas échéant, les pommes de terre manquantes.
- D’une façon générale, selon les spécialistes autorisés, l’emploi des diverses planteuses mécaniques ne se généralise pas beaucoup en France, car elles présentent plusieurs défauts. D’abord dans les machines où l’on doit placer à la main chaque tubercule dans son alvéole, si l’attelage marche à vive allure, le travail exige trop d’attention pour que le conducteur puisse bien le poursuivre durant un jour entier. En second lieu, malgré tous les perfectionnements apportés jusqu’ici,_ la plantation mécanique offre souvent des irrégularités d’espacement par suite de la trop grande hauteur de chute des pommes de terre dans le tuyau de guidage. Pour remédier autant que possible à ce défaut, certains constructeurs placent la chaîne à godets de manière qu’elle abandonne les tubercules un à un, en chute libre, le plus près du sol.
- LES ARRACHEUSES'MÉCANIQUES
- Mais à Lamotte-Beuvron, les arracheuses mécaniques dominaient et les agriculteurs s’intéressèrent beaucoup aux vingt modèles plus ou moins perfectionnés, qui besognèrent, le 22 septembre, dans les champs de « Par-mentières » de la ferme de Saint-Maurice. Comtne le constate M. Coupan, chef de travaux du génie rural à l’Institut agronomique, l’arrachage des pommes de
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- terre constitue un problème fort ardu. Il faut, en effet, extraire une récolte disséminée dans un volume de terre inconnue et pour cela faire agir les pièces travaillantes sur une largeur et une profondeur considérables. Les mécaniciens ont donc cherché à construire des machines robustes auxquelles les agriculteurs devront atteler de puissants attelages. Le matériel sera donc cher et son emploi nécessitera une dépense assez forte, que seule pourront supporter de grandes exploitations.
- Aussi, dans nombre de départements français, les fermiers arrachent encore leur récolte à bras soit à la bêche, à la fourche ou à l’aide de houes spéciales, soit avec des buttoirs aux socs à tranchant continu. En ce cas, on fait suivre charrues et herses par des enfants et des femmes qui glanent encore quantité de tubercules laissés sur le terrain des fouilles. Cependant Y arrachage mécanique s’impose aux propriétaires emblavant de grandes surfaces de pommes de terre.
- Actuellement pour déterrer les tubercules, les constructeurs ont adopté un mécanisme identique comportant des variations de détail peu importantes. Un soc plat incliné, dont la pointe passe sous les touffes force d’abord le mélange de pommes de terre,« de fanes et de terre à remonter sa pente pour venir tomber en arrière. Ensuite l’imagination des inventeurs s’est donné libre cours pour débrouiller cet imbroglio et échelonner la récolte en ligne de manière à faciliter son ramassage. Tantôt des grilles fixes ou mobiles tamisent doucement, puis déposent moelleusement leur hétéroclite brassée, tantôt des organes d’acier, se rapprochant beaucoup du mécanisme des râteaux-faneurs, le fouillent énergiquement et' en éparpillent les éléments disparates; tantôt de^î.Qupies T entraînent, dans une valse tourbil-
- lonnante, laissant tomber sur le champ les tubercules encore tout poussiéreux; d’autres fois, une grille latérale, complétant l’instrument, arrête les tubercules dans leurs ébats chorégraphiques et laisse passër les particules terreuses.
- Aussi les intéressés se trouvent souvent embarrassés pour choisir entre tous ces modèles d’arracheuses. Plusieurs d’entre elles projettent de la terre sur les tubercules, qu’elles enfouissent légèrement à nouveau, ce qui nécessite un travail supplémentaire de ramassage; d’autres dispersent trop la récolte et, dans toutes, l’effort de traction augmente avec la perfection du travail.
- Ainsi la nouvelle arracheuse « Hercule » (1927), dont l’emploi se généralise depuis peu parmi les primeuristes du Midi, fonctionne beaucoup mieux avec un tracteur à chenilles qu’avec des bœufs ou des chevaux. Les dents de la turbine projectrice de cette machine sont en acier-ressort et deux écrous à poignée permettent de les disposer à hauteur convenable correspondant à celle du soc dont une large semelle assure le travail régulier. La turbine suit le réglage du coutre, de manière que les dents à hélices passent librement sous le soc qu’elles doivent effleurer. La récolte se trouve déposée en lignes, au fur et à mesure, sur une largeur de 40 cm environ, les tubercules n’étant ni projetés au loin, ni recouverts par la terre de la ligne voisine.
- 1Yarracheur Melotte avec avant-train à roue pivotante réalise le terrage et le déterrage automatiques. Il suffit d’exercer une légère pression sur un levier pour que ses organes se placent en position de travail; le soc s’enterre alors sous la motte contenant les pommes de terre, puis la soulève pendant que les fourches rotatives articulées se mettent en mouvement et projettent les tubercules
- Fig. 4 (à gauche). — Bultoir employé dans le Nord de la France pour arracher les pommes de terre.
- Fig. 5 (à droite). — Passage de la herse après récolte des pommes de terre au buttoir dans le Nord de la France.
- Fig. 6 (au milieu). — Arracheuse de pommes de terre à fourches, en usage dans le Nord de la France. Son mécanisme se rapproche de celui des râteaux faneurs.)
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- Fig. 7.
- Arracheuse Hercule (Modèle 1927).
- à la surface du sol. L’écartement des roues se règle selon la distance entre les raies et le levier à main qui se meut sur un secteur denté, permet de disposer les pièces travaillantes à la hauteur voulue. Enfin tous les organes de commande des mouvements tournent dans l’huile renfermée dans un carter hermétique, ce qui assure leur graissage d’une manière constante.
- h’arracheuse Loiseau à 2 rangs, spécialement étudiée pour la grande culture, coûte assez cher, vu la complexité de son mécanisme. En revanche, elle se distingue par son adhérence parfaite au sol, surtout par temps humide. Ses organes arracheurs sont commandés par un moteur si des chevaux ou des bœufs la traînent, ou par un arbre à cardans dans le cas de traction mécanique. La petite arracheuse modèle 28 du même constructeur fonctionne en projection longitudinale, la roue à fourches étant montée parallèlement au sens de la marche; ce dispositif assure un déterrage parfait, la mise en ligne de la récolte et un arrachage continu sans ramassage. Quant à Yarra-cheur Gellet, qu’un seul cheval peut conduire, la douceur de sa traction le recommande. Pendant les essais culturaux à Lamotte-Beuvron, l’appareil spécial, dont il est muni et qui rassemble lés pommes de terre en ligne derrière la machine, fonctionna sans à-coup.
- Que conclure de tout ceci ? Quel avenir semble avoir la culture mécanique de la pomme de terre en France ? Quels conseils donner aux agriculteurs soucieux du progrès ? Un homme du métier, M. E. Thillier, a répondu pour nous aux diverses questions précédentes. Transcrivons donc ici les humoristiques paroles que cet agronome solognot si distingué adressait à un ami lui demandant son avis pour guider son choix dans l’achat d’une arracheuse de pommes de terre :
- « Tout d’abord, si ta terre est très pierreuse, si elle est, de plus, dure et sèche au moment de l’arrachage ou bien si elle est mouillée et collante et si, avec cela, les fanes sont abondantes, alors, n’hésite pas. Prends ton croc, crache dans tes mains, prépare tes reins et tes muscles et laisse toutes les machines ous le hangar : c’est là seulement
- qu’elles feront du bon travail ! Si tu n’as pas toutes les malchances que je viens de te citer, si tu veux avancer ton travail sans faire de grosses dépenses, achète une simple déterreuse à soc; il y en a d’excellentes. Plusieurs sont transformables en houes, buttoirs, etc. Leur prix est très minime. Choisis seulement un modèle solide et rustique (nous en avons vu qui pèchent sous ce rapport) et qui ait, au-dessus du soc, le plus grand espace possible pour éviter le bourrage. Tu iras ainsi, à peu de frais, aussi vite que n’importe quelle autre machine. Un seul inconvénient : les tubercules restent mélangés à la terre, derrière l’outil, mais je pense que ta femme et tes enfants qui les ramasseront n’ont pas peur de se salir les mains !
- « Si tu consens à payer un outil plus cher pour avoir un travail plus soigné et un ramassage plus facile, sans être obligé d’atteler plus de deux chevaux, tu auras le choix entre trois ou quatre marques excellentes qui, par des moyens différents semblent avoir à peu près résolu le problème. Si enfin tu viens à un travail parfait sans regarder à l’économie de traction, n’hésite pas à acheter une machine à tablier mouvant et fais-la traîner par quatre chevaux. » Tels sont, dans l’état actuel des choses, les conseils d’ordre général qu’on peut donner relativement à l’arrachage mécanique.
- Quant aux divers pulvérisateurs (Rebeyrol, Caruelle, Powerful, Castaing et Vermorel) qui figurèrent à Lamotte-Beuvron et que les vignerons emploient depuis longtemps, ils ne présentaient aucune particularité digne de remarque. Somme toute, les organisateurs de la Journée de la pomme de terre peuvent se montrer fiers du succès de leur entreprise, car cette belle manifestation incitera, sans doute, les cultivateurs à employer les nouveaux engins afin de faciliter le triage et l’arrachage de leur récolte. Partant, le trafic ferroviaire se trouvera augmenté et la construction mécanique française notablement accrue.
- Jacques Boyer.
- Fig. 8.
- Arracheuse Hercule remorquée par tracteur dans une culture de pommes de terre du midi de la France.
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- = LES ENNEMIS NATURELS DES VIPÈRES =465
- LES OISEAUX
- Dp nombreux ennemis dos Vipères appartiennent au monde des Oiseaux.
- Presque tous les Rapaces diurnes et nocturnes combattent les Serpents. Et, d’abord, les Aigles. Et surtout le Circaète de France ou Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus Gmelin). On l’appelle encore Aigle de Sologne. C’est un migrateur qui passe l’été dans le centre de la France; il est sédentaire dans Je Midi. En particulier, le Circaète a été observé dans le département de Loir-et-Cher, de mai à septembre : il niche, sans doute, dans nos forêts. Mais cette espèce, si intéressante, est rare et il serait blâmable de la détruire, d’autant plus qu’elle est peu prolifique; elle ne pond qu’un seul œuf, blanchâtre et gros comme un œuf de Dinde, mais plus court.
- Des chasseurs se font un sport de rechercher le Circaète pour le tuer, précisément parce qu’il est rare. Et l’on nous a cité le cas d’un chasseur qui se glorifiait d’avoir tiré, un jour de printemps, deux Circaètes dont une femelle sur son nid construit sur un chêne et couvant son œuf unique ! Qu’il nous soit permis de nous élever contre une telle façon d’agir : si admirable que soit l’adresse du tireur, si précieuse que puisse être une collection d’Oiseaux montés, ce ne sont pas là des raisons suffisantes pour justifier la destruction d’un animal utile. Le véritable amour de la Nature ne va pas sans le respect de la vie. N’est-ce pas une étude passionnante que celle qui consiste à observer patiemment un animal, en son milieu et dans la libre expansion de sa vitalité ?
- Le Circaète se classe entre les Milans et les Aigles. De ces derniers, il se rapproche par la grande taille et aussi par les plumes effilées de la tête. Le Jean-le-Blanc est brun fauve, en dessus, plus ou moins nuancé. En dessous, il est blanc, avec des taches oblongues brun roux, en avant. La queue, brune, est rayée de trois bandes transversales plus foncées; elle est blanchâtre en dessous. Le bec est gris noirâtre, l’iris jaune; la cire, les tarses et les doigts sont jaunes. Ce bel Oiseau mesure de 0 m 65 à 0 m 72' de longueur.
- Le nom de Circaetus, dû à Vieillot, et tiré du grec-, signifie Busard-Aigle. Et Lacépède a donné aux Busards le nom de Circus qui peint les cercles tracés dans les airs par ces oiseaux en vol.
- Le Jean-le-Blanc semble préférer les Serpents à toute autre nourriture. Dans les pays chauds, quelle que soit la taille du Reptile, le Circaète ose l’attaquer. Il pousse de grands cris et il bat des ailes quand il découvre sa future victime; il saisit promptement le Serpent derrière la tête, au moyen de l’une de ses serres, tandis que, de l’autre serre, il lui maintient le dos. Du bec, il lui tranche le cou. Et il commence par dévorer la tête de sa proie. En Afrique du Nord, un jeune Circaète apprivoisé mangea en une matinée trois gros Serpents, dont l’un avait près de 1 m 30 de longueur.
- Le Jean-le-Blanc serait très sensible au venin des Serpents, Il n’évite les morsures que grâce à son adresse, et il n’est défendu que par son épais plumage. Mais aucune expérience n’a été faite sur la sensibilité du Circaète au venin.
- Les Busards et surtout peut-être le Busard cendré (Circus pygargus L.) se nourrissent en grande partie de Serpents.
- La Buse commune (Buteo çulgaris Leach.) détruit beaucoup de Serpents pendant la belle saison. De même la Bondrée apivore (Pernis apivorus L.), commune dans les bois du centre de la France. La Bondrée se distingue de la Buse par la forme des plumes, arrondies en écailles, qui couvrent sa tête et qui sont généralement gris bleuâtre.
- IjCS Milans chassent volontiers les Reptiles. Mais le Milan royal (Milvus regalis Briss.) est peu répandu et le Milan noir [Milvus niger Bonap.) est plus rare encore, plus méridional aussi.
- La jolie Crécerelle, le plus commun de nos Faucons (Tin-nunculus alaudarius Gray), détruit de jeunes Serpents. Parce qu’elle se nourrit de petits animaux nuisibles, là Crécerelle est protégée par la Convention internationale de 1902 pour la Protection des Oiseaux. La Crécerelle est élégamment habillée de roux clair et de gris bleuté ; elle aime à nicher dans les vieux nids de Pies ou dans des trous de mur. Elle est sédentaire dans le Centre.
- Les Rapaces nocturnes sont également des chasseurs de Serpents. Parmi eux, la Chouette chevêche passe pour jouir d’immunité (d’après les expériences de MM. Billart et Mau-blant). Cette petite Chouette aime à s’établir dans les vergers situés auprès des bois. L’Athene noctua Scop. sort parfois en plein jour et s’approche de la demeure de l’homme.
- Tous les Corbeaux, la Pie, le Geai, s’attaquent aux jeunes Ophidiens et même aux adultes..
- Les Palmipèdes et les Echassiers se livrent souvent à la chasse aux Serpents. Mais les Cigognes, les Spatules, les Hérons, particulièrement, détruisent un grand nombre de Couleuvres et de Vipères. Ils les recherchent pour nourrir leurs petits.
- Les Faisans sont très friands des jeunes Serpents. Les Vipères sont devenues rares dans les contrées où les Faisans abondent. A titre d’exemple, M. Edouard Belly nous a signalé que le nombre des Vipères a notablement diminué dans la région de Salbris (Loir-et-Cher) depuis que les Faisans y ont été acclimatés. Tous les Oiseaux de basse-cour, Dindons et Oies, Canards et Poules, tuent et mangent les jeunes Vipères qu’ils rencontrent.
- D’après MM. Billard et Maublanc, l’Oie serait douée d’immunité au venin et le Canard domestique y serait très peu sensible.
- Les mêmes auteurs auraient reconnu que la Buse serait réfractaire à l’envenimation. Et Fontana a éprouvé la résistance du Corbeau à de fortes doses de venin de Vipère.
- Mais, en somme, la sensibilité ou l’immunité des Oiseaux est mal connue. On peut supposer qu’ils évitent les morsures grâce à leur agilité; et que l’épaisseur du plumage s’oppose à la pénétration du venin dans le corps, s’ils sont mordus.
- Ce qui est absolument certain, c’est que de nombreux Oiseaux sont les alliés naturels de l’Homme dans la guerre que celui-ci a déclarée aux Vipères et aux Serpents venimeux, en général, A. Feuileée-Billot.
- PRESTIDIGITATION
- INCOMPRÉHENSIBLE !
- Le prestidigitateur se présente en disant qu’en ces dernières années les fakirs ont vivement piqué la curiosité eil présentant des expériences très extraordinaires dans lesquelles ils se coupaient, s’enfonçaient des aiguilles ou des poinçons. Des spectateurs disent que les fakirs sont arrivés à être insen-
- sibles, mais d’autres prétendent qu’il s’agit de trucs. 11 ajoute qu’il va présenter un sujet qui fait plus fort que tous les fakirs, qu’il ne connaît pas le truc s’il y en a un, et que du reste les spectateurs vont pouvoir juger comme lui que, s’il y a un truc, il est bien combiné.
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- «Sens de glissement des grilles
- Longueur 180
- Sens d'abaissement des grilles
- Fig 1.
- Après cet exorde, deux domestiques apportent sur la scène une longue caisse, montée sur quatre pieds, et une jeune femme assez court vêtue fait son entrée.
- Le prestidigitateur fait ouvrir cette caisse qui est formée de deux parties, l’une inférieure portant du côté des spectateurs une plaque de cristal qui permet de voir à l’intérieur, l’autre supérieure, un peu plus haute que l’autre et contenant vingt-quatre tiges acérées plantées comme les poils d’une brosse.
- Il explique que ces tiges de métal sont vissées dans le dessus du couvercle, qu’elles sont en acier et très acérées. En effet, il en dévisse deux ou trois, les fait sonner, les pique dans le plancher, puis les revisse à leur place dans le couvercle. Ce dessus du couvercle ou boîte supérieure est mobile. Il est actionné par deux fortes vis en métal. Si l’on met en mouvement les deux vis, ce dessus de couvercle se baisse avec les tiges qu’il contient et ces tiges ressortent par le fond où des trous ont été ménagés pour les laisser passer. L’appareil n’est pas compliqué, mais il serait dangereux de se coucher à l’intérieur et de faire fonctionner les vis, car le dessus de couvercle descendrait et les tiges d’acier transperceraient l’imprudent qui se trouverait là. Cependant, après cette explication, la dame se couche dans la boîte inférieure, son cou est maintenu par un carcan fixé au fond de l’appareil. Il en est de même des poignets et des chevilles enfermés dans des bracelets. Le carcan et les bracelets sont fixés par des spectateurs de bonne volonté qui conservent les clés et qui sont invités à rester sur la scène pour bien voir que la dame n’est pas escamotée. Elle est du reste visible au travers de la plaque de cristal. Au moment où les deux domestiques, ayant fermé et cadenassé la boîte, vont tourner les vis et
- Fig- 3.
- faire descendre les tiges acérées, l’opérateur, pour éviter aux personnes sensibles la vue du supplice subi par le sujet, jette un voile sur le devant de la caisse. On tourne les vis lentement et peu à peu les tiges ayant traversé la boîte inférieure apparaissent sous l’appareil. Le sujet est invité à manifester sa présence en secouant ses bracelets ; ce qu’il fait. Les vis sont alors tournées en sens inverse ; le dessus du couvercle remonte lentement, les tiges disparaissent et, quand tout est en place, le voile étant retiré, on aperçoit le sujet toujours couché et cadenassé.
- Le truc réside dans la confection de l’appareil qui, avec des moyens très simples, produit un effet extraordinaire. Les tiges sont mobiles sur pivot. Les pivots sont dans le sens de la largeur. Elles ne sont donc pas vissées comme les spectateurs le croient. Lorsque la femme est couchée, elle se délivre de ses bracelets-menottes par un des nombreux moyens que j’ai déjà indiqués, puis, au-dessus de sa tête, elle actionne deux poignées qui, elles, font glisser deux grilles. Ces grilles appuient sur les têtes des tiges et les forcent à se coucher à plat sur le couvercle. La figure 1 montre les 2 grilles qui, par un mouvement inverse, forcent les tiges de droite comme celles de gauche à s’incliner vers le centre.
- On remarquera que les tiges dont on aperçoit les têtes dans les ouvertures rectangulaires ne sont pas placées en face l’une de l’autre afin que celles de droite ne heurtent pas celles de gauche en se couchant sur le couvercle. Quatre tiges sont réellement vissées sur ce couvercle. Elles sont marquées AAAA sur la fi -gure 1 .Comme elles passent à droite et à gauche de la tête, à droite et à gauche des pieds, elles ne risquent pas de blesser le sujet et elles servent à appuyer sur le fond F (fig. 2). Ce fond haut de 10 cm contient des bouts de tiges. Il est tenu en l’air par des ressorts juste assez forts pour soutenir le poids de la femme (R). Lorsque le couvercle est descendu jusqu’à C, les 4 tiges A appuient sur le faux fond F et font apparaître les faysses pointes de tiges, qui remontent lorsqu’on fait remonter le couvercle.
- On voit dans cette figure schématique la section de la grille, indiquée en noir, qui appuie sur la tête de tige. Les tiges que le prestidigitateur dévisse sont en deux pièces, l’une est le pivot, l’autre qui se dévisse est juste au-dessous ; les spectateurs ne peuvent estimer la différence de longueur. Pardessus la plaque contenant les pivots et soutenant les grilles on a placé une seconde plaque cachant le mystère. Les spectateurs peuvent donc être autorisés à examiner.
- Le fond contenant les fausses pointes a 10 cm d’épaisseur, mais peint en couleur foncée avec une saillie claire, il paraît beaucoup plus mince qu’il n’est réellement.
- L’appareil est monté sur pieds assez hauts pour enlever toute idée d’escamotage du sujet. Alber.
- Plaque cachant te mécanisme
- Plaque portant
- Emplacement de la femme couchée
- \f Fond contenant les fausses pointes
- Coupe schématique d'un coin de l’appareil
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- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- LES APPAREILS DE TÉLÉPHOTOGRAPHIE BELIN
- Nous avons déjà indiqué dans nos chroniques les principes o ,sentiels des différents appareils de transmission et de réception téléphotographiques, et nous avons étudié quelques-uns de ces dispositifs simples qui pourront être employés prochainement par tous les amateurs possédant un appareil de radiophonie.
- Nous avons indiqué également que les principaux appareils présentés en France étaient les appareils S. F. R. et Belin.
- Etant donné que des services réguliers de téléphotographie seront sans doute bientôt organisés en France, il nous semble ntéressant de décrire plus en détail les modèles d’amateurs Belin.
- Le fonctionnement des appareils émetteurs est basé essentiellement sur les propriétés des cellules photoélectriques. Rappelons que ce sont des ampoules de verre dans lesquelles on a fait le vide presque absolu et recouvertes d’une couche de potassium sur une partie de leur paroi. En face de cette couche,
- Ecran
- tournant
- Source
- lumineuse
- -| | Moteur
- Prisme
- Amplificat.
- Image d transmettre
- Cylindre
- | Arbre de rotation
- d'entraînem?
- Vers poste de T. S, F.
- Fig. 2.— Principe du transmetteur d’images Belin.
- Un faisceau lumineux concentré par un condensateur optique est coupé à une fréquence musicale, par un écran tournant, puis renvoyé par un prisme sur le cylindre portant l’image à reproduire; le point éclairé de l’image agit sur une cellule photoélectrique reliée à un amplificateur basse fréquence qui actionne, finalement, un poste émetteur de T.
- S. F.
- la partie opposée de l’ampoule est transparente à la lumière ; au milieu de l’ampoule se trouve un fil enroulé en hélice qui constitue la grille (fig. 1). Deux connexions extérieures sont, l’une, en contact intérieur avec la couche de potassium, l’autre avec la grille. Pour l’utilisation, on monte entre les connexions une batterie de valeur convenable dont on relie le polo négatif au potassium et le pôle positif à la grille.
- Dans ces conditions, un courant circule dans les fils, chaque fois que la cellule est éclairée, et l’intensité de ce courant est fonction de 1 intensité de cet
- éclairement. . _
- Si on place en face de la cellule un point de l’image à transmettre, le courant provenant de la cellule est d’autant plus intense que le point de l’image est plus éclairé ; ce courant sera donc maximum pour un point blanc et nul pour un point noir.
- Le courant qui circule dans le circuit de la cellule est faible et de l’ordre du 1/10 de microampère, et il est nécessaire de l’amplifier pour pouvoir l’utiliser d’une façon pratique.
- ' Pour cela, on commence par le rendre alternatif en
- Sous l’influence des rayons lumineux, le potassium émet des électrons, et grâce à la présence de la batterie, un courant électrique s’établit entre la grille et le potassium.
- interrompant périodique -ment la lumière qui éclaire l’image au moyen d’un disque tournant percé de trous; ce courant alternatif est ensuite amplifié par les moyens habituels et envoyé à un poste émetteur de T. S. F. (fig. 2).
- Le dispositif adopté est donc le suivant : le document à transmettre est enroulé sans aucune préparation sur un cylindre qui tourne en avançant peu à peu devant un petit objectif de microscope qui projette sur une cellule photoélectrique l’image de la tache lumineuse correspondante, la partie de la photographie défilant devant l’objectif étant éclairéeau moyend’une lampe électrique au filament très ramassé (fig. 2 et 3).
- L’image ainsi projetée sur la cathode de la cellule a un éclairement qui est fonction de la tonalité du point exploré de l’image.
- L’effet de cet éclairement est de provoquer la production d’un courant d’intensité variable dans le circuit de la cellule, les variations d’intensité étant produites par les différences de tonalités du document.
- On remarquera que le faisceau lumineux agissant sur la cellule, placée dans une boîte close, est limité par un petit diaphragme; la lumière ne provient donc que d’une portion bien définie de l’image, n’ayant que 0 mm 25 seulement de diamètre.
- Comme nous l’avons indiqué, un disque perforé intercepte le faisceau lumineux agissant sur le document à une fréquence de 1000 à 1500 interruptions par seconde, et l’on remarquera que la finesse de la trame dépend du rapport de la fréquence à la vitesse de rotation du cylindre.
- Cette fréquence peut être facilement augmentée pour les transmissions par T. S. F., alors qu’il existe une limite supérieure pour la transmission par fil.
- Cependant, pour diminuer dans de grandes proportions la durée de transmission sans fil, il faudrait établir des appareils de très grande précision qui sont très coûteux. Les appareils
- Fig. 3. — Le transmetteur Belin à roue phonique d son amplificateur. On distingue l’image enroulée sur le cylindre et le système explorateur utilisé.
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- Vers poste récepteur radiophonique.
- Récepteur
- téléphotogra-
- phique
- * 80 v. o
- Fig. 4. — Redresseur type Belin-Mesny.
- 11 se place à la suite d’uti récepteur radiophonique pour la réception
- d’images.
- courants pour amateurs exigent une durée de 5 minutes et demie pour transmettre une image de 13 X 10 cm.
- Le courant qui doit être transmis par le poste émetteur de T. S. F. est donc un courant modulé deux fois, d’abord à la fréquence de rupture de la lumière, ensuite à la fréquence des variations des blancs èt des noirs du document.
- Le courant primitif support modulé sur lequel s’applique la deuxième modulation provenant des différentes tonalités du document peut être facilement amplifié par un amplificateur à transformateurs, et on l’utilise pour moduler [l’onde porteuse du poste radiophonique; il suffit de remplacer le microphone du poste par un transformateur de rapport convenable.
- Au poste récepteur, on reçoit ce courant téléphotographique comme une émission radiophonique ordinaire, avec les mêmes appareils, mais il faut effectuer la transformation inverse de celle que l’on avait faite à l’émission, et transformer ces variations audibles en variations de courant continu, et ces variations de courant en variations de tonalités.
- Pour enregistrer une image à l’aide du courant reçu, on
- utilise un effet électro-chimique. Le courant provenant du système récepteur est amené par un stylet métallique sur une feuille de papier enroulée sur un cylindre identique à celui du poste émetteur, auquel on donne un mouvement hélicoïdal synchrone. Le papier, avant d’être posé sur le cylindre, est imbibé de la solution suivante :
- Eau.............................. 1000 grammes
- Nitrate d’ammonium............., 125 —
- Ferrocyanure de potassium .... 5 —
- Glycérine........................ 30 —
- Les variations de courants agissant sur le papier produisent, par effet électrolytique, des variations d’intensité de coloration. Ces colorations sont bleues comme dans le papier photographique au prussiate. Il faut remarquer que l’effet n’est obtenu que si le courant qui traverse le papier a toujours le même sens, et il faut donc redresser le courant reçu par le récepteur radiophonique, qui servirait normalement à actionner le haut-parleur. Ce redressement peut être effectué,
- Fig. 5. •— Redresseur amplificaleur pour lêlêpholographie.
- Fig. 6. — Ensemble récepteur complet de téléphotographie.
- A gauche : le poste radiophonique; à droite : l'amplificateur redresseur el le récepteur téléphotographique.
- par exemple, au moyen d’un dispositif comprenant une lampe basse fréquence suivie de deux lampes redresseuses montées symétriquement (fig. 4 et 5).
- Un ensemble complet de réception téléphotographique comprend donc un poste récepteur ordinaire, un redresseur connecté à la place du haut-parleur, et, enfin, le récepteur lui-même sur le cylindre duquel vient s’inscrire l’image reçue (fig. 6).
- Ce dernier appareil comprend essentiellement un cylindre tournant à la même vitesse que celui du poste d’émission, et recevant le papier imprégné sur lequel vient s’inscrire l’image.
- Il est indispensable que les deux cylindres soient animés d’un mouvement synchrone. Dans le cas contraire, il en résulterait une déformation très visible et il est facile de démontrer qu’il faut réaliser l’égalité de rotation avec une approximation de l’ordre de 1/50 000.
- Dans le cas particulier où les postes récepteur et émetteur se trouvent placés dans une région où les secteurs sont interconnectés, il est possible d’entraîner les cylindres de l’émetteur et du récepteur par une roue phonique, qui est un petit alternateur synchrone; dans ce cas, le synchronisme est automatique (fig. 7).
- La mise en page, c’est-à-dire la coïncidence initiale du passage de la barrette de fixation devant
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- Fig. 7. — Bélinographe d’amaleur à roue phonique.
- On aperçoit le stylet reproducteur et son chariot d’entraînement à vis sans fin.
- l’objectif de microscope au poste émetteur et devant le stylet au poste de réception, est assurée au moyen de « tops » émis à intervalles réguliers et entendus par l’amateur dans le haut-parleur ordinaire et il suffit d’embrayer l’axe moteur au moment de ce passage (fig. 8).
- Dans le cas général, on emploie un dispositif tout à fait différent dit de synchronisation à Varrêt. Le cylindre récepteur est actionné par un mouvement d’horlogerie à une vitesse légèrement supérieure à celle du tambour émetteur, ce dernier tournant d’un mouvement uniforme (70 tours environ à la minute), sous l’action d’une roue phonique alimentée par le secteur.
- Une correction, ou remise à l’heure, est alors effectuée par un signal de synchronisation émis à chaque tour au moment du passage devant le stylet de la barrette servant à fixer le papier chimique sur le cylindre.
- Ce signal agit sur un relais libérant le cylindre, qui avait été arrêté pendant une fraction de seconde par un dispositif
- Fig. 9. —• L’embrayage électromagnétique à cônes [employé pour l’entrainement du cylindre dans le Bélinographe.
- A. engrenage d’entraînement; B. cône femelle; C. cylindre portant la feuille imprégnée; D-E. cône mâle; F-H. armature et bobinage de Vélectro-aimant; G. clavettes, de fixation; P. armature mobile de Vélectro-aimant solidaire du cône mâle D-E.
- P D
- Fig. 8. — Le Bélinographe en fonctionnement connecté à l’amplificateur
- redresseur.
- automatique et, dans ces conditions, le cylindre de réception repart à chaque tour exactement de la même position, au moment exact où le tambour d’émission se trouve aussi dans la même situation.
- Le cylindre d’émission doit avoir un diamètre un peu plus grand que le cylindre récepteur, puisque sa vitesse de rotation est plus petite, si l’on veut éviter l’allongement des images.
- Mais, malgré cet artifice, le mouvement d’horlogerie utilisé doit être très bien construit et le système- mécanique en général assez étudié pour atteindre une précision de 1/300. Les arrêts et les départs brusques du cylindre à chaque tour doivent donc s’effectuer avec la plus grande régularité.
- Dans l’appareil Belin, les arrêts et départs à chaque tour sont obtenus au moyen d’un embrayage à cônes électromagnétiques monté sur l’axe du cylindre.
- La partie mâle de cet embrayage peut coulisser le long de deux clavettes longitudinales, mais participe au mouvement de rotation. Le cône femelle est fou et porte l’engrenage sur lequel agit le mouvement d’horlogerie. Dans le cône mâle
- Fig. 10. — Principe du fonctionnement du dispositif de « synchronisme, à l’arrêt » dans le Bélinographe.
- Bornes
- d'entrée
- Ç^Carne
- S?
- r=! g
- O! Cylindre de * .
- réception
- | % Relais de synchronisme
- LF* “1 ^Masse de
- /'appareil
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- pOTj|.)rn_./bce' du >—* cylindre
- Cône démbrayage
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- Fig. 11. —Appareil récepteur de précision pour la transmission d'images pour la presse ou les services publics.
- est logé un électro-aimant, à cloche, fixé au flasque de l’appareil ; en excitant cet électro-aimant, on colle le cône mâle sur le flasque et on bloque le cylindre dans une position déterminée. Un ressort agit en sens inverse et repousse ce cône chaque fois que le courant ne passe pas dans l’électro-aimant; le cylindre est alors entraîné par le mouvement d’horlogerie.
- Ce dernier tournera donc d’une façon continue, mais n’entraînera le cylindre que lorsque le courant de l’électro-aimant sera coupé. Une came fixée sur le pourtour du cône mâle provoque
- au contraire le passage de ce courant en venant toucher un contact et arrête ainsi le cylindre (fig. 9 et 10).
- Le fonctionnement du système comporte donc trois phases consécutives à chaque tour du cylindre : enregistrement de l’image par le stylet agissant sur le papier imprégné; arrêt du cylindre par l’action de la came; départ du cylindre sous l’action d’un « top » de synchronisme envoyé par le poste émetteur qui agit sur un relais de synchronisation coupant le courant de l’embrayage.
- On peut, d’autre part, faire varier la vitesse du déplacement longitudinal du stylet qui doit varier évidemment suivant les systèmes d’émetteurs utilisés; à cet effet, l’axe du cylindre et la vis d’entraînement portent des poulies de diamètres différents qui peuvent être reliées à volonté au moyen d’une petite courroie. Les diamètres de ces poulies sont déterminés de façon à obtenir le résultat convenable.
- En dehors de ces appareils d’amateurs, il existe évidemment d’autres modèles de plus grande précision destinés à des journaux, à des organisations de police, etc.
- Le synchronisme de ces appareils peut être obtenu au moyen de générateurs à lampes entretenues par des diapasons et alimentant les roues phoniques (fig. 11).
- L’ensemble de ces différents modèles semble donc bien répondre à tous les cas qui se présentent dans les problèmes de transmissions d’images par ondes hertziennes.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Récepteurs léléphotographiques : Établissements Belin, 272, avenue de Paris, La Malmaison, près Rueil (Seine-et-Oise).
- LE SOL ET LA MALADIE
- La localisation de certaines affections morbides en des pays déterminés a fait tout naturellement songer qu’il y avait là un sol, des éléments favorables à ces manifestations. La différence ancienne entre endémies et épidémies n’était que l’expression de cette croyance.
- Cependant la bactériologie ayant changé bien des choses, il se trouve que si certains auteurs admettent un régionalisme pathologique, et je suis du nombre, le biologiste Lakhovsky et iDien d’autres chercheurs également, il en est d’autres qui le nient absolument, n’admettant que des causes précises et déterminées, tel, en matière de cancer, M. Auguste Lumière, qui a écrit un magistral volume et affirme le cancer, maladie des cicatrices.
- Les deux théories sont certainement exactes et si des irritations locales, des métiers, des frottements, provoquent des maladies, il ne s’ensuit pas que le sol, le terrain géologique, avec sa constitution, ses courants telluriques, ne puissent produire les mêmes effets sur l’individu, le terrain humain ou ajouter leurs effets particuliers à ceux d’organismes affaiblis ou changés par le genre de vie, l’alimentation, inhérents au climat, au cours des eaux, etc. Nous sommes ainsi sensibilisés, photo-sensibilisés, transformés, modifiés, rendus plus ou moins réceptibles.
- Ce que l’on prend souvent pour de la contagion ou de l’hérédité, époux ou ascendants et descendants atteints, n’est souvent ni l’une ni l’autre; mais simplement dû à des existences semblables, en des milieux semblables, où le sol, la région, donnent leurs effets complets.
- On connaît des cas de cancers (Dr P. Souilhé, de Gramat,
- Lot) apportés par l’eau, grâce à des rats vecteurs; dans l’ankylostomiase des mineurs, maladie vermineuse d’importation, selon la nature de l’eau et du sol, il y a transport ou non de l’affection morbide. Dans les régions voisines de Bonn, Hoise a trouvé l’ankylostome duodénal dans les selles de la plupart des tuiliers et quelques années plus tard la même maladie était déclarée chez quelques tuiliers des environs de Cologne. U y a des mines d’or à Kremnitz et à Chemnitz et seul, ce dernier pays a l’anémie, malgré des mines peu distantes et creusées en des roches identiques et d’égale profondeur, parce qu’à Kremnitz le filon aurifère contient de la pyrite (bisulfure de fer) et que l’eau se charge d’acide sulfurique tuant les œufs de l’ankylostome, alors qu’à Chemnitz, peu de pyrite, pas assez pour tuer la cause de, l’anémie.
- Le sol, pour très important qu’il soit, ne doit pas être, comme on a trop de tendance à le faire, séparé de l’eau qui y circule, qui dissout maints de ses sels, se charge d’iode, de radio-activité.... En ce dernier domaine, le D'. Répin a attribué (1906) le goitre aux eaux radifères, abondantes dans le Valais. Pour Chatin, c’était, dans les régions goitrigènes du pied des Pyrénées et de l’Isère, l’absence d’iode dans les eaux : les terrains de sédiment ou calcaires, magnésiens, ou irrigués par des eaux de glaciers, sont en effet peu iodés. Alors, on donna de l’iode aux goitreux... le plus souvent en vain. Et voici que les Drs Pierre Caillard, Folley, Chagniot nous montrent que c’est encore le sol, ou plutôt les eaux propageant une helminthiase spéciale qui, chez les constipés, produisent le goitre. Que l’on fore des puits, que l’on ne consomme plus les eaux courantes et le goitre disparaît. On voit comme
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- l’on peut se tromper sur le rôle du sol proprement dit — question d’interprétation entraînant une grave erreur de thérapeutique — mais, cependant, le sol par ses failles, ses cours d’eau souvent insoupçonnés (sauf par la fluorescéine) a bien, même là, son rôle sans préjudice de l’ambiance atmosphérique qu’il crée, électricité, lumière transmise ou réfléchie sur les roches, les bois, la mer, la neige....
- Le sol s’est vu depuis longtemps attribuer un rôle important selon sa constitution géologique et nous avons préféré montrer d’abord les arguments opposables à notre régionalisme pathologique. L’eau étant souvent invoquée contre lui, malgré son action dissolvante et entraînante de tant de principes actifs, M. A. Lumière s’oppose absolument à la théorie électrique oscillante, variable avec les terrains plus ou moins perméables de l’éminent biologiste qu’est M. Georges Lakhovsky. C’est surtout pour l’affreuse maladie, de plus en plus fréquente qu’est le cancer, que M. Lumière ne voit que des causes irritatives, des brûlures, des cicatrices. Nous n’y contrevenons pas, mais en admettant à côté d’autres causes.
- Un grand argument contre l’influence du sol est le cas des Basoutous rapporté par les D's Casalis de Pury, père et fils, et portant sur un grand nombre d’années, où des milliers de malades ne présentèrent nulle trace de cancer, jusqu’au jour où les Boers fuyant là vague colonisatrice anglo-saxonne y importèrent l’alcoolisme, la syphilis....
- Pour que le fait des Basoutous, unique à notre connaissance, ait, à notre avis, une valeur intégrale, il faudrait que dans le pays... envahi (?) par les civilisés, il n’y ait eu aucune modification du sol, aucun changement de vie chez les indigènes, aucun cas de cancer importé (encore que l’hérédité et la contagion soient toujours contestées). Des régimes de vie semblables peuvent produire les mêmes effets, on ne le dira jamais assez, et il est certain que nous modifions profondément, en les approchant de nous, l’existence des indigènes. Nous modifions leurs cultures, leur sol, le cours des rivières, l’alimentation, les productions par des engrais divers et introduisons par suite dans les végétaux et dans les animaux les consommant des principes nouveaux. Si ce n’est pas là une action directe du sol, il y est bien pour quelque chose, pour beaucoup même !
- Depuis Haviland, Kolb, Green, Guelliot, Abramowslcy, Stelys,... on connaît des régions à maladies déterminées, à cancers notamment (maisons basses et humides...) (').
- Dans la deuxième édition de ses Origines de la Vie, devenues Le secret de la Vie, M. G. Lakhovsky, préfacé par le Pr d’Arsonval, nous apporte de nouveaux faits, les plus récents, croyons-nous, sur l’influence du sol, du « terroir » ! Expression de tradition. Celle-ci a du bon et consacre l’expérience de bien des siècles !
- « Terroir », combien vraie l’expression pour les produits du sol, les vins jjar exemple, si différents parfois à quelques mètres de distance, comme les gens qui les boivent !...
- En 1897, en sa thèse « sur la topographie et la contagion
- 1. DrFovEAU de Courmelles : Le Cancer. Terrains humains. Terrains géologiques, in Les Néoplasmes. Juillet-Août 1929.
- =.—...... .....= 471 =
- du cancer », M. Léon Noël montrait la vérité de la remarque ancienne sur la formation des races par le sol, puis, dans une certaine mesure, la transmission héréditaire des caractères acquis, mais leurs modifications avec les conditions d’existence, tout en restant fonctions du sol.
- Le D'- Henri Bouquet (« La Médecine et la Géologie », Le Temps, 8 décembre 1928) montre la constitution géologique réglant la différenciation des types provençaux, bretons. Le sénateur-chanoine Muller affirmait, en une séance de congrès régionaliste à laquelle j’assistais, que plus qu’entre ces deux races françaises, il y avait de différences entre les Lorrains et les Alsaciens.
- Les Israélites, race homogène à alliances restreintes entre eux, ont cependant pris les caractères des pays où ils vivent depuis un certain temps : le Juif hollandais est blond et blanc; le portugais et le turc, bruns, sont restés plus sémitiques.
- Un homme né sur une terre désertique est obligé à des efforts physiques développant ses muscles (Sigaud).
- MM. Baroux et Sergeant montrent l’oreille du Picard, droite et tourmentée, pour percevoir l’écho des collines, et celle du Flamand, plus simple, faite pour les plaines.
- Dès 1832, Nérée Boubée, de l’Académie des Sciences, à propos de l’épidémie de choléra, la voyait évoluer avec la constitution du sol, ce que corroborait, en 1849, de Fourcault pour diverses maladies.
- Un village des Ardennes (d’Hôtel), les pays à eau sans carbonate de chaux (Ferrier), à citernes et eaux de pluie, ont en général des os fragiles (inversement, trop de chaux, plus de calculeux). Pour les poules, si, pas de calcaire, œufs sans coquilles, lesquelles reparaissent avec une alimentation calcaire.
- Les plantes, les fleurs, varient avec la richesse du sol (G. Bohn...).
- « La bonne conservation des naissances » a plutôt lieu sur les terrains récents (tertiaire ou quaternaire) et moins sur les primaires, granits, gneiss (Russo).
- Nous n’insisterons pas, croyant ainsi la preuve faite du régionalisme pathologique. Ces études prouvent la symbiose maintenant nécessaire de l’ingénieur, du biologiste, du physicien, du chimiste et du médecin doublé du bactériologiste, pour arriver à connaître les causes des maladies, à remonter aux sources souvent bien difficiles à trouver, afin de faire de la bonne thérapeutique.
- En matière de cancer, il semble, avec le P1' Delbet, que le magnésium, donc les eaux et les tei’rains magnésiens (Pr Albert Robin, Dubard...) ont une grande influence préventive. Il en serait de même pour les enveloppes de fruits et de légumes, de son (Lapicque), contenant aussi du magnésium combattant la toxique constipation et aussi, nous l’avons bien des fois démontré, de « la lumière intégrée ».
- Les théories trop simples sont fausses en général, la nature est complexe et ce n’est pas trop de toutes les lumières pour arriver à la connaissance, à des fragments de connaissances !...
- D1’ Foveau de Courmelles.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- NETTOYAGE HYGIÉNIQUE DES PLANCHERS
- La Technique sanitaire et municipale rend compte d’une étude faite à la demande de l’Association des médecins allemands de dispensaires antituberculeux, par MM. Ickert, Schaede et Walke et parue dans le Zeitschrift fur Hygiene und Infektionskrarihheit, sur les meilleurs moyens de nettoyer un plancher et de détruire ses germes microbiens.
- Les résultats des expériences ont été les suivants : un lavage m
- fond du plancher enlève mécaniquement la plus grande partie des germes : ce procédé est amplement suffisant pour la vie quotidienne. Dans les cas où le lavage du plancher ne peut être effectué assez souvent, l’aspirateur de poussières donne des résultats satisfaisants. Son action en profondeur est remarquable.
- Des résultats très favorables ont été obtenus par l’encausticage des parquets, car les bactéries se trouvent alors mécaniquement retenues par l’huile ou l’encaustique.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Manuel du dessinateur industriel (I. — Principes géométriques et applications. Tracés et calculs),
- par Numa Morise. 1 vol., 608 p., 110 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1929. Prix : cartonné, 30 fr.
- Ce premier volume expose la géométrie à l’usage des dessinateurs, c'est-à-dire dégagée de ce qui n’a pas d’application dans lé métier en question. Aussi l’auteur s’est-il dispensé de démontrer un grand nombre des propositions qu’il énonce. Il vise surtout à fournir des constructions et des formules utiles.
- Les ondes hertziennes et la télégraphie sans fil,
- par A. Boutaric. 1 vol. 250 p., 89 fig. E. Flammarion, éditeur, Paris, 1929. Prix : 12 fr.
- L’auteur s’est proposé d’expliquer clairement, en un langage à la portée du grand public, les théories et les phénomènes physiques qui sont à la base de la télégraphie sans fil. Son exposé très sobre atteint parfaitement le but, sans sacrifier l’exactitude ni la précision. Il présente, tout d’abord, en raccourci, les connaissances indispensables relatives aux phénomènes vibratoires et aux actions magnétiques ou électromagnétiques. Il passe ensuite à l’étude physique des ondes hertziennes, puis à leur application aux radiocommunications, et il passe en revue les organes essentiels des appareils émetteurs ou récepteurs, pour expliquer le principe de leur fonctionnement. Un dernier Chapitre est consacré à la propagation des ondes hertziennes et ses rapports avec la météorologie.
- Le marbre. (Conférences à l’Ecole Spéciale des Travaux publics) du Bâtiment et de l’Industrie, 1 brochure illustrée, publiée par la Fédération marbrière de France, 96 pages; Imprimerie Henri Mallez, Cambrai, 1928-1929.
- Cette brochure réunit plusieurs conférences du plus vif intérêt organisées à l’Ecole spéciale des Travaux Publics par la Fédération marbrière de France. Le but de ces conférences est d’attirer des jeunes gens vers l’industrie marbrière qui manque de personnel compétent. Cette industrie offre cependant un vif attrait par la variété des études qu’elle implique et des objets qu’elle exécute. Et c’est ce qui ressort clairement des excellentes conférences d’initiation réunies dans cette brochure. M. Sancholle Henraux y conte d’une façon extrêmement attrayante l’histoire du marbre; il énumère les gisements principaux et les qualités de leurs produits, et.il décrit les méthodes pour l’extraction du marbre en carrière. M. du Vivier de Streel étudie ensuite la technique du travail du marbre, l’outillage des carrières et des usines. M. fRichez étudie encore le travail de la marbrerie du point de vue prix de revient et donne à cet egard une foule de conseils et de renseignements dictés par une longue expérience et précieux pour les praticiens.
- L&S liants : chaux, ciments, plâtres, goudrons et bitumes, par E. Marcotte. 1 vol. 415 p., 116 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1929. Prix : 80 fr.
- La majeure partie de ce volume est consacrée aux chaux et ciments : l’auteur résume d’abord l’historique des progrès réalisés, puis expose les propriétés générales des sables, des mortiers et des divers ciments aujourd’hui en usage, décrit la fabrication des chaux et ciments et les essais auxquels on les soumet.
- Vient ensuite une étude très succincte du plâtre, puis des liants hydrocarbonés. L’ouvrage se termine par un grand nombre d’annexes où l’on trouvera notamment les prescriptions des cahiers des charges français et étrangers, les caractéristiques de ciments de diverses marques et des renseignements sur certains matériaux particuliers et sur certaines machines.
- La céramique industrielle, par a. Oranger. Vol. I, 398p., 165 fig. Vol. II., 522 p., 397 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1929. Prix des 2 vol. : 150 fr.
- L’ouvrage de M. Granger, professeur à l’École de Céramique de Sèvres, embrasse tout le vaste domaine de l’industrie céramique. Il se livre tout d’abord à l’étude détaillée des matières premières utilisées en céramique : en premier lieu, les argiles dont il examine la composition chimique, les propriétés essentielles, puis les substances dégraissantes et les matières premières des glaçures, émaux et couleurs. Il montre ensuite comment on procède aux essais de ces matières premières; puis il indique les préparations qu’elles doivent subir pour être aptes à entrer dans la composition des pâtes. Enfin il étudie d’une façon générale les diverses opérations successives qui constituent une fabrication céramique : calcul et préparation des pâtes, travail des pâtes, façonnage, séchage et encastage, cuisson, choix des combustibles, description des fours, notions de pyrométrie; le premier volume se termine par l’étude chimique des glaçures. Le second est consacré à l’étude particulière des principales fabrications céramiques : briques, tuiles, carreaux, terres cuites, produits réfractaires argileux, faïences de tous genres, grès, porcelaines. Un dernier et intéressant chapitre est consacré à la décoration des céramiques.
- Étude sur la croissance des plantes, par L. Demozay.
- 1 vol. in-4, 35 p., 28 graphiques. Le mouvement sanitaire, 4, rue de Sèvres, Paris.
- Etude de la croissance en longueur de plusieurs plantes, notamment des pivoines, d’où l’auteur déduit une série de lois sur la croissance normale et les réactions aux conditions défavorables.
- The rôle of research in the development of fores-try in North America, par J. w. BAiLEYetH. A. Spoeiir.
- . 1 -vol. in-8, 118 p. Macmillan Cy, New York, 1929. Prix : cartonné toile 1,50
- Une inquiétude s’est manifestée sur l’avenir des ressources en bois des Etats-Unis et la National Aeademy of Sciences a désigné un Comité pour examiner les moyens d’études susceptibles de protéger et développer les forêts. Les auteurs ont été chargés de visiter les principaux centres scientifiques s’occupant des bois en Europe et de tracer un programme d’organisation de centres de recherches semblables aux États-Unis. Ce petit livre est consacré à la situation existante et aux développements projetés : instituts, personnel, genres de travaux, etc.
- Die Tierwelt der Nord-und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Fasc. XV. 1 vol. in-8,108 p., 80 fîg.Akademische Verlag-sgesellschaft, Leipzig, 1929. Prix : 8,80 M.
- Suite de l’excellente publication que nous avons signalée à diverses reprises. Le nouveau fascicule est consacré aux Aculijera par H. J.Niers-trasz et H. Hoffmann, aux Myriapodes thalassobiontes et thalasso-philes par O. Schubart et à un complément de renseignements récents sur les Poissons. Les Aculifères comprennent, d’une part, les Soléno-gastres ou Aplacophores, Mollusques peu étudiés jusqu’ici et considérés comme assez rares, et, d’autre part, les Chitons ou Polyplaco-phores qu’on trouve communément sur les côtes. Les Myriapodes qu’on trouve dans la mer ou à son voisinage sont des formes très voisines de celles terrestres ou d’eau douce et ne peuvent être considérées que comme des adaptations d’un groupe essentiellement aérien. Comme d’habitude, ces monographies donnent non seulement la liste de toutes les espèces connues, mais aussi leurs habitats, leurs mœurs, leur anatomie, leur physiologie, leur développement, ou, du moins, tout ce qu’on en sait à l’heure actuelle.
- The great Apes A study of anthropoid life, par
- Robert-M. Yerkes et Ada W. Yerkes. 1 vol. in-4, 652 p., 172 fig., Oxford University Press; Humphrey Milford, Londres, 1929. Prix, relié : 45 sh.
- Aucun animal n’est plus intéressant à observer que les grands singes : gibbon, orang-outan, chimpanzé, gorille; aucun ne ressemble plus à l’homme par ses gestes et ses attitudes; aucun n’a donné lieu à autant d’observations et d’expériences de la part des psychologues et des biologistes.
- M. Yerkes, professeur de psychobiologie à l’Université de Yale, bien connu par ses travaux antérieurs de psychologie comparée, a consacré beaucoup de temps et de soins à leur étude et il a été ainsi conduit à écrire cet ouvrage considérable qui est une mise au point très complète de la question. Dans une première partie, on trouve l’histoire de nos connaissances sur les singes anthropoïdes, depuis les premières descriptions de ces animaux dans Aristote. Ensuite quatre parties distinctes sont consacrées à chacun des genres; on y passe en revue le mode de vie, l’habitat, les moyens de capture, la vie en captivité, les relations sociales, parentales et familiales, les modes de manger, boire, marcher, nicher, dormir, les expressions de physionomie, les formes individuelles de la personnalité, l’éducation, l’emploi de moyens tels que leviers, barres, etc., pour atteindre la nourriture, la domestication, l’éducation, les rapports avec l’homme, l’intelligence. Toutes les observations et études expérimentales antérieures sont rapportées à leur place. Dans une dernière partie, les diverses espèces sont comparées entre elles et avec l’homme et les auteurs concluent que si rien n’est plus impressionnant que le mode de vie et le comportement des grands singes, cependant ils diffèrent si nettement de l’homme que la vie humaine est signifiée par le contraste et ils terminent en exprimant l’enchantement d’être hommes.
- Les ferments. Conceptions modernes. Recherches expérimentales sur quelques ferments animaux,
- par Yvonne Schaeffer. 1 vol. in-8, 168 p., 20 fig. Masson et C,e, Paris, 1929.
- Bonne riiise au point de cette question importante pour la physiologie • et beaucoup d’industries biologiqit.es et qui a fait d’énormes progrès en ces dernières années. L’auteur classe les ferments par fonctions, puis résume les conceptions actuelles sur leur nature chimique, encore non élucidée; ensuite, elle passe en revue leur biologie (d’après leur origine) et la cinétique de leurs actions. La deuxième partie comporte l’exposé de recherches personnelles sur l’amylase, la trypsine et la lipase, qui peuvent servir d’exemple des moyens d’études actuels de ces corps aussi actifs que mystérieux.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Septembre 1929.
- PHYSIOLOGIE
- Le calcium du sang des moutons normaux et des moutons éthyroïdés (MM. Botchkareff et Danilova). —• L’existence de glandes parathyroïdes accessoires, le long de la trachée, explique ce fait bien connu que la parathyroïdectomie complète chez les jeunes moutons ne provoque pas de symptômes d’insuffisance parathyroïdienne et que le taux du calcium sanguin ne change pas. Cependant quelques auteurs ont signalé la diminution de ce taux après une thyroïdectomie, c’est-à-dire après une parathyroïdectomie partielle, ce déficit pouvant être dû à la tendance aux hémorragies, et même à des lésions cutanées. Pour reprendre la question, MM. Botchkareff et Danilova ont mis en observation de jeunes moutons de la race karatchaï (nord du Caucase), moutons éthyroïdés, à l’âge d’un an, avec ablation des parathyroïdes internes ou inférieures et comparé la calcémie moyenne à celles d’animaux normaux de la même race et du même âge. Leurs analyses indiquent que :
- 1° La calcémie moyenne normale des moutons, à l’âge d’un an et demi, est de 10 mg. pour 100 cmc. ;
- 2° La thyroïdectomie complète, y compris l’ablation simultanée des parathyroïdes internes, reste sans influence sur la calcémie.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- L’influence des vagues de froid sur la respiration des végétaux (M. A. Hée). — Ayant remarqué qu’après des vagues de froid, même peu importantes, les feuilles de Prunus laurocerasus et ILedera hélix présentaient, dans leurs échanges gazeux, des valeurs nettement différentes de celles qu’elles avaient montrées antérieurement aux époques de gelées et que, de plus, pour une même espèce, l’effet produit par l’abaissement antérieur de la température, sur les feuilles jeunes, n’était pas le même que celui ressenti par des organes foliaires ayant atteint leur plein développement, M. A. Hée a fait porter des expériences, longues de plusieurs mois, sur des limbes de feuilles de Lierre, les unes très jeunes, les autres adultes, les mesures de respiration étant effectuées à l’obscurité, avec des échantillons sensiblement de même poids et de même surface, prélevés au début de l’après-midi sur les mêmes plantes.
- Des résultats obtenus, il ressort nettement que : 1° pour les feuilles âgées, toute période froide est suivie, après le dégel, d’une augmentation sensible de l’intensité respiratoire, augmentation d’autant plus forte que le froid a été plus vif ; 2° sur les jeunes feuilles, une légère chute de la température au-dessous de 0° provoque une diminution de la valeur de la respiration ; 3° les modifications de l’intensité respiratoire causées par les périodes froides sont temporaires et la respiration tend à redevenir normale quand la température se maintient au-dessus de 0°.
- L’évolution de l’azote au cours de la germination
- (M. R. Bonnet). — Rendues difficiles, tant par la dégradation de certaines réserves et la formation de nouvelles substances constitutives de la plantule, que par la présence, à l’intérieur du végétal, de composés correspondant aux produits d’excrétion de la cellule animale, les recherches faites jusqu’ici tendent à montrer que la transformation des corps azotés, dans la gei'mination des végétaux supérieurs, se conduit comme la résorption des albumines par les bactéries et les champignons
- ou la digestion de ces mêmes substances par les organismes animaux.
- Les mesures de M. R. Bonnet ont porté sur Lupinus hiteus et Ervum lens, développés à l’obscurité et sur eau distillée, les dosages ayant trait à toutes les formes de l’azote susceptibles de se trouver, autant dans la graine au repos que dans les cotylédons restants, la plantule et le liquide de culture après germination : N total, N albuminoïde, N des peptones, N ammoniacal, N amidé, N de l’urée, de l’allantoïne ou de l’ac. allantoïque, N nitrique, N aminé, etc. Les résultats obtenus en une quinzaine de jours ont amené l’auteur à formuler les conclusions : 1° avant la germination, que précède une protéolyse intense, la plus grande partie de l’azote, 85 pour 100, se trouve à l’état d’azote protidique; 2° contrairement à ce qui se passe dans le règne animal, l’ammoniac apparaît au cours du métabolisme intermédiaire des protides; 3° comme l’indique la théorie de Prianischnikow, l’asparagine résulte de la succession de deux processus; 4° si le végétal peut utiliser l’asparagine qui renferme une chaîne combustible, il y a similitude entre la formation de l’asparagine dans le règne végétal et la formation de l’urée dans le règne animal; 5° chez le végétal, les substances de déchet comprennent l’urée, l’acide allantoïque et les alcaloïdes qui augmentent au fur et à mesure du développement; 6° enfin, l’azote nitrique ne joue aucun rôle au cours de la germination, dans l’évolution de l’azote.
- HYDROLOGIE
- Etude expérimentale de l’action de l’eau d’Evian dans les néphrites provoquées (MM. A. Desgrez et P. Régnier). — Les auteurs ont fait choix, comme sujet d’étude, d’une eau oligo-métallique (Evian, source Cachai) dont les propriétés diurétiques sont connues depuis longtemps et leurs expériences ont porté sur des animaux : lapins de même sexe, de poids voisins, environ 3 kg, soumis à un régime identique et rendus malades par des injections intraveineuses de nitrate d’urane.
- Même avec un régime constant, le volume d’urine émis chaque jour, par le lapin, peut, on le sait, varier grandement, mais les auteurs ont constaté que les différences se maintiennent de même sens chez des sujets normaux et chez des animaux dans des états pathologiques comparables. Le symptôme albuminurie s’est nettement montré influencé, dans un sens favorable, par l’ingestion de 50 cm'1 d’eau d’Evian par animal, alors qu’une même quantité d’eau de source (eau de la Yanne) n’a produit aucune amélioration. Sur des animaux déjà accoutumés, ayant reçu des doses de sel toxique suffisantes pour provoquer une néphrite grave, mais non mortelle, les troubles morbides terminent leur évolution plus rapidement avec l’eau minérale qu’avec l’eau de source. L’eau distillée enfin, qui s’est montrée nettement nocive pour certains sujets, en entraînant la formation et la sécrétion de pigments anormaux, n’a produit, sur certains autres, aucune action utile ni nuisible.
- D’une façon générale, l’eau minérale a toujours réagi dans un sens favorable sur la durée et l’évolution des troubles rénaux, même au cas de néphrites d’un caractère chronique provoquées par l’injection intramusculaire de doses d’urane, d’abord de 0,25 mg par kilogramme, et portées progressivement à 1 mg.
- Paul Baud.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
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- Avion léger Juhkers.
- Le constructeur allemand Junkers, spécialisé depuis longtemps dans la construction entièrement métallique, vient d’appliquer ses méthodes à la création d’un appareil de tourisme, le Junkers « Junior », appareil biplace de 80 ch.
- Le Junkers « Junior » est un monoplan à aile surbaissée en cantilever ; son aile comporte une partie centrale, rectangulaire, fixée au fuselage et deux parties latérales, trapézoïdales, démontables chacune par quatre boulons.
- La structure de l’aile, entièrement en duralumin, comporte quatre longerons tubulaires, réunis par des barres profilées, le tout recouvert de tôle ondulée (la tôle de recouvrement concourt à la résistance). Les ailerons, commandés rigidement, sont de grand allongement (ils correspondent à toute l’envergure des parties démontables du plan).
- Le fuselage, plat à la partie inférieure, arrondi à la partie supérieure, est formé de couples en tubes de duralumin portant des lisses longitudinales (profilé de duralumin) ; sur ces lisses est fixée la tôle de recouvrement ondulée.
- Les postes sont places en tandem et séparés par un coffre
- 12, 6 mq.
- 1,2 mq.
- Fig. 1.
- L’avion léger Junkers.
- à bagages, ils sont aménagés en double commande ; le poste avant, réservé à l’élève ou au passager, est situé au voisinage du centre de gravité de l’avion.
- Les empennages sont classiques, sans compensation, l’empennage horizontal est haubané par deux mâts obliques.
- Le train d’atterrissage, sans essieu, comporte, par demi-train, un V articulé au milieu du fuselage et une barre télescopique verticale, fixée à la partie centrale de l’aile (voie : 1 m 80).
- Un moteur Siddeley « Genet », de 80 ch., équipe normalement le Junkers « Junior », il pèse 91 kg et développe 80 ch à 2200 t. min. (moteur à 5 cylindres en étoile, à refroidissement par l’air). L’alimentation du moteur se fait par gravité, à l’aide d’une nourrice de 12 litres fixée derrière le moteur. Des réservoirs latéraux (80 litres au total), placés dans la partie centrale de l’aile, remplissent la nourrice, par l’intermédiaire d’une pompe à main.
- Les caractéristiques de l’avion sont les suivantes
- Envergure........................ 10m
- Longueur............................. 7 —
- Surface.......................... 12 mq 60
- Poids vide......................... 295 kg
- Poids total chargé................. 550 —
- Vitesse maxima......................175 lcm-h
- — d’atterrissage.................. 75 —
- Plafond........................... 500 m
- La construction entièrement métallique, intéressante au point de vue technique pour l’avion léger, puisqu’elle conduit à des poids de construction du même ordre de grandeur que la construction bois, semble conduire-à des prix de revient plus élevés. Peut-être n’en sera-t-il plus de même, le jour où la construction en série sera commercialement possible.
- Record du monde de vitesse.
- Après s’être adjugé la coupe Schneider, les Anglais viennent de s’attaquer au record du monde de vitesse sur base de 3 km.
- Différentes tentatives furent faites les 10 et 11 septembre et élevèrent le record à 540,600'km-h puis à 571,915 km-h; enfin, le 12 septembre, à 16 heures, Orlebar atteignit la moyenne de 574,972 km-h.
- Le record précédent appartenait à de Bernardi et s’élevait à 512,776 km-h.
- Record du monde de distance en ligne droite.
- Le record du monde de distance en ligne droite, qui appartenait depuis juillet 1928 aux Italiens Ferrarin et del Prete (Savoia-Marchetti S-64 à moteur Fiat 550 ch) et s’élevait à 7188 km, vient d’être battu, les 27, 28 et 29 septembre dernier, par Costes et Bellonte.
- Partis du terrain du Bourget, les aviateurs français atterrirent en Mandchourie (Kovchinza), ayant parcouru une distance en ligne droite supérieure à 8000 km.
- L’appareil utilisé était un Brêguet biplan à moteur Hispano-Suiza; il emportait au départ 5200 litres d’essence et 180 litres d’huile. La durée du vol a été d’environ 52 heures, ce qui correspond au rayon d’action prévu.
- Nouvelle roue pour avions
- Une roue nouvelle, de forme étrange, est actuellement étudiée par la Compagnie américaine Goodyear.
- Destinée à être montée sur un train d’atterrissage rigide, cette roue est formée de deux petites flasques tourillonnant sur le moyeu; sur ces flasques est monté un pneu à basse pression (2 kg) ayant, sur le modèle en essais (avion école), un diamètre de 0 m 56 et une largeur de 0 m 26. Le pneu, chargé, présente une surface d’appui très importante, facilitant les manoeuvres en terrain mou. Son travail de déformation lui permet d’absorber les chocs dus aux obstacles et à l’atterrissage. Enfin, à caractéristiques égales, cette roue est plus légère et présente une moindre résistance à l’avancement que la roue Standard.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE W. H. Perkin.
- Le 17 septembre dernier est mort W. Henry Perkin, professeur de chimie à l’Université d’Oxford.
- Fils d’ un chimiste illustre, il s’est rendu célèbre à son tour par des travaux remarquables de chimie organique : ils ont porté sur les acides cétoniques, sur la synthèse des Composés à chaînes fermées polyméthyléniques, sur les alcaloïdes de l’opium, sur la brucine et la strychnine, enfin sur la synthèse des acides dérivés du camphre par oxydation et sur celle d’un certain nombre d’alcaloïdes très complexes. W. H. Perkin à joué, en outre, un grand rôle en ces dernières années dans le restauration de l’industrie anglaise des matières colorantes.
- NAVIGATION
- Les progrès de la navigation à moteur Diesel.
- Les progrès du moteur Diesel pour la propulsion des navires s’accusent de plus en plus rapides. Dans un intéressant article de la revue anglaise Nature, le capitaine mécanicien E. C. Smith met très clairement en évidence le caractère et les étapes de cette évolution.
- Les plus récentes statistiques du Lloyd portant sur un tonnage de 65 159 143 tonnes révèlent que 50 045 048 tonnes sont mues par machines à vapeur à pistons ; 9 682 063 tonnes par turbines à vapeur et 5 432 302 tonnes par moteurs à huiles lourdes.
- Le premier navire à turbine, le célèbre Turbinia de Parsons, a fait son apparition en 1894 ; le première embarcation à moteur Diesel, une péniche équipée par le constructeur français Sautter-Harlé, vit le jour en 1903. Le premier navire à moteur Diesel qui ait pris la mer est le Vulcanus, bâtiment de 1900 tonnes lancé à Amsterdam en 1910 et muni d’un moteur de 500 ch.
- En 1914, le tonnage des navires à moteur était encore très faible : 234 000 tonnes ; mais, en 1924, il atteint déjà 1 million 542 000 tonnes ; on voit que, dans les cinq années dernières, il a presque quadruplé. Et les statistiques montrent que la faveur du moteur marin ne cesse de croître ; car sur les navires actuellement en chantier 40 pour 100 sont à moteur ; et cet engin, après avoir été réservé aux cargos et aux navires de faible tonnage, est aujourd’hui utilisé également pour les paquebots et les navires de fort tonnage : par exemple le paquebot italien Augustus de 32 650 tonnes ou le paquebot anglais Britannic de 26 840 tonnes.
- Le succès actuel du moteur Diesel est dû, avant tout, à l’économie de combustible qu’il assure. Mais comme l’huile consommée par le moteur Diesel est en général plus coûteuse que celle qui suffit à chauffer une chaudière à vapeur, il arrive souvent que la comparaison de prix reste encore à l’avantage de la propulsion à vapeur.
- CONSTRUCTION
- Quelques idées sur les maisons à bon marché.
- Dans un article publié ici même, le 1er octobre 1928, nous indiquions à quelles conditions géométriques une maison devait répondre pour être construite économiquement. Nous complétons aujourd’hui cet article par l’exposé de diverses considérations d’ordre physique.
- Le prix de la main-d’œuvre sans cesse ascendant incite de plus en plus les constructeurs à améliorer le rendement de leurs ouvriers, en utilisant dés matériaux nouveaux suivant une technique plus rationnelle. Les quelques observations suivantes apporteront leur contribution à l’établissement de cette technique.
- Les murs, dans une construction destinée à l’habitation, sont de simples écrans destinés à défendre les habitants contre les agents physiques extérieurs. Par temps sec, ils joueront leur rôle au mieux, pourvu qu’ils soient suffisamment opaques, insonores et calorifuges. Le problème devient plus complexe lorsque les variations atmosphériques s’accompagnent de précipitation d’eau sous forme de pluie ou de rosée.
- Si le mur est poreux, il absorbera cette eau qui se répandra dans sa masse jusqu’à saturation. Si le mur est imperméable ou recouvert d’un enduit étanche, l’eau ruissellera à sa surface.
- Dans le cas du mur poreux, la bonne hygiène de la maison dépendra de trois éléments :
- 1° La quantité d’eau reçue par le mur.
- 2° La quantité d’eau que la masse du mur est capable . d’absorber sans effet sensible.
- 3° La rapidité avec laquelle le mur pourra sécher entre deux précipitations.
- Contre la pluie, nous devrons donc :
- 1° Abriter le mur.
- 2° Le construire épais.
- 3° L’exposer au vent sec.
- Contre la rosée l’épaisseur et l’exposition joueront seules; aucun abri ne pouvant empêcher la condensation de se produire.
- Dans le cas du mur imperméable, la pluie ne sera pas à craindre; le ruissellement des murs extérieurs n’étant aucunement gênant. Il n’en est pas de même des dépôts de rosée à l’intérieur des maisons où le ruissellement abondant qui se manifeste à chaque période d’humidité est insupportable. Un palliatif apparent serait apporté par la solution mixte : mur imperméable à l’extérieur; poreux à l’intérieur. Dans ce cas, le ruissellement ne se produirait pas, mais l’expérience a montré qu’en procédant ainsi, on empêche le mur de sécher en l’isolant de l’air agité du dehors et il reste constamment humide.
- Des considérations ci-dessus énoncées, nous pouvons tirer les deux principes suivants :
- 1° Proscrire absolument les murs imperméables et les enduits étanches (sauf dans les salles de bains, etc.), aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des maisons. Donc pas de peinture à l’huile, pas de ciment, pas de carreaux de faïence, pas de granit rejointoyé au ciment, etc.
- 2° Employer des murs poreux d’une forte masse. Ici une question de quantité intervient, la masse poreuse nécessaire étant proportionnelle à la quantité d’eau à absorber. Nous ne pouvons donner d’indications sur ces quantités, aucune expérience systématique n’ayant été faite sur ce sujet. On agira donc empiriquement, au mieux, suivant les sommes d’argent dont on disposera et les matériaux qu’on pourra se procurer.
- Pour la vieille maçonnerie, on donnera aux murs la plus grande masse utile possible par l’emploi de pierres poreuses, mortier poreux, etc.
- La présence de grandes cellules creuses dans un matériau poreux (ex. : briques creuses, agglomérés de béton creux) est très utile pour donner à ces matériaux de précieuses qualités en les rendant insonores et calorifuges ; mais il faudra tenir
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- compte du fait que la cellule d’air agit exactement comme le ferait un bloc imperméable, opposant un obstacle absolu ail passage de l’humidité. Il .faudra donc faire en sorte que les Cavités soient plus nombreuses que grandes en proscrivant l’usage des murs à deux parois séparées par un vide parallèle aux façades.
- Lorsque, pour des raisons, d’économie, on ne pourra donner aux murs poreux qu’une épaisseur notoirement insuffisante pour lutter contre les effets de la pluie, on se bornera à équilibrer les dépôts d’éau dus à la condensation et on abritera aussi complètement que possible le mur contre les chutes de pluies. Une corniche, Ou un toit dépassant sera une excellente protection qui suffira dans la généralité des cas. Cependant si le mur est exposé de plèin fouet aux pluies d’hiver, il faudra avoir recours à un autre mode de protection; pour cela on utilisera un revêtement en lames d’ardoise ou de fibro-ciment posées à clins sur le mur, ou mieux, une plantation de lierre. L?air passera facilement et le mur sera protégé.
- Les différents conseils que nous donnons ne sont ni difficile; à appliquer ni coûteux. Ils permettront de construire en matériaux réputés mauvais des maisons parfaitement saines et aussi agréables à habiter à tous points de vue que ce’les construites par les anciens systèmes qui eux-mêmes ne donnaient pas toujours satisfaction.
- Lucien Dodin, Architecte.
- ALIMENTATION
- U alimentation d’Athènes en eau potable
- Dans les gorges historiques de Marathon, on achève actuellement la construction d’un grand barrage sur les rivières Harada et Varneva; ce barrage est destiné à créer une retenue d'eau pour alimenter en eau potable Athènes, le Pirée et les environs.
- Ce barrage de 270 m de long, 49 m 50 de haut, épais de 45 m à la base et de 4 m 50 au sommet, pourra créer une retenue de 27 millions de mètres cubes d’eau, formant un lac de 2 km2 25. Une particularité remarquable de cet ouvrage, construit en ciment et maçonnerie, est d’être revêtu entièrement de marbre blanc du Pentélique.
- L’aqueduc qui amène ces eaux dans le réservoir aménagé dans la plaine de l’Attique passe sous la chaîne du Parnasse.
- Au cours de sa construction effectuée sous la direction d’ingénieurs américains, on a retrouvé et utilisé d’importantes fractions de l’aqueduc commencé sur le même trajet en l’an 134 de notre ère par Adrien, alors gouverneur de la Grèce, avant de devenir Empereur romain ; cet aqueduc fut terminé en 140 par l’empereur Antonin. C’est une galerie maçonnée de 25 km de long, courant souterrainement à des profondeurs allant parfois jusqu’à 40 m en dessous du sol.
- Plusieurs kilomètres en ont été retrouvés en parfait état.
- L’aqueduc d’Adrien était resté en service jusqu’au moment des premières invasions barbares en Grèce. Ce pays fut alors ravagé à maintes reprises par les Goths, les Vandales, les Bulgares, etc. ; ce fut ensuite la domination turque. L’aqueduc d’Adrien fut abandonné, puis oublié. Il a été redécouvert il y a une centaine d’années. -
- Le lait végétal japonais
- Le Japon ne nous a pas encore dévoilé tous ses secrets, dont bon nombre remontent à la nuit des temps, tel ce lait végétal, que les Japonais emploient depuis toujours, si je puis m’ex-
- primer ainsi, à l’usage des enfants, des vieillards et même... des animaux. Chez ces asiatiques, rien n’est perdu et plus nous allons, plus nous les voyons perfectionner ce que leurs ancêtres possédaient déjà sous une forme rudimentaire, tant la chimie s’est développée chez eux comme chez nous. La mortalité infantile est presque nulle chez les Nippons, au point que les hommes y attejngnent une longévité inconnue ailleurs, grâce à une nourriture azotée, presque exempte de viande, composée principalement de végétaux et de poissons, dont ce peuple est friand.
- Parmi les aliments les plus recherchés et d’une grande valeur nutritive, on compte le Soja, dont, au moyen de certains procédés, ils retirent : une farine très richement dotée en azote, de Y huile comestible, du fromage, des confitures comparables à celles de marrons, une sauce employée universellement et enfin un lait, plus riche que celui provenant des vaches, toujours sujettes à caution : c’est de ce lait, si précieux, dont je veux indiquer la fabrication, qu’il va être, ici, question : en voici la recette japonaise :
- 1° Tremper les graines pendant 24 heures, dans de l’eau pure, exempte de calcaire, en agitant souvent ;
- 2° Concasser grossièrement les graines ramollies par le trempage, au moyen d’un moulin en bois ; ceci fait, replonger ce mortier dans l’eau de trempage, où on doit l’agiter souvent, encore pendant les 24 heures.
- 3° Enfin, presser fortement cette pâte, au moyen d’un filtre-presse ; le liquide qui en provient est laiteux et a une odeur de malt ; ce produit, qui se rapproche par ses propriétés physiques du lait de vache, renferme 3,13 pour 100 de caséine et 9,89 pour 100 de matière grasse, n’en permettant cependant pas le barattage, néanmoins on en obtient du fromage, auquel, au moyen de ferments spéciaux, on communique la saveur voulue ». En outre, ce lait de Soja, dit un docteur allemand, étant riche en phosphates, est particulièrement recommandable pour l’alimentation des enfants. »
- Certains malades, ne pouvant supporter le lait de vache, s’étant rejetés sur celui provenant du Soja, ont pu continuer leur traitement. En Chine et au Japon, on le préfère à tout autre.
- Dans la pratique, ce lait est extrait directement de la graine et des tourteaux obtenus par l’expression de l’huile, ce qui fait qu’on en retire tout ce qu’elle contient.
- J’ajoute que ce lait peut être soumis à la concentration et, mis en boîtes séché et réduit en poudre, il se conserve indéfiniment.
- Ce que je viens de dire sur le lait végétal est assez intéressant pour être mentionné.
- ZOOLOGIE
- Le plus petit Vertébré ,
- Si l’on vous demandait quel est le plus petit des Vertébrés, vous penseriez sans doute tout d’abord aux Oiseaux-Mouches. Et cependant, ce sont de véritables géants par rapport à divers poissons.
- L’Année Biologique rend compte d’une réponse à cette question parue récemment dans Science sous la signature de M. A. W. Herre.
- 1 Jusqu’ici, le plus petit Vertébré connu était le Mistichthys luzonarsis, petit poisson de la famille des Gobidés, long de 14 mm, signalé en 1902 par M. H. Smith. Ce record est maintenant battu puisque M. Herre a trouvé parmi les mêmes Gobidés de l’île Luçon, aux Philippines, une , autre espèce, Pandaka pygmaca qui ne dépasse pas 11 mm et n’en a souvent que 7,5 seulement.
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- PETITES INVENTIONS
- PHOTOMICROGRAPHIE Chambre microphotographique.
- La nouvelle chambre microphotographique réalisée par la Société française des Instruments d’Optique offre, par rapport aux appareils usuels, un certain nombre de caractères nouveaux qui lui confèrent de sérieux avantages. Elle est de petites dimensions; sa mise en place sur le microscope et l’établissement de sa mise au point se font instantanément et sans déranger le microscope. Le micrographe peut, grâce à cette chambre, prendre une photographie à un moment quelconque de l’observation et cela sans perte de temps appréciable.
- La nouvelle chambre qui pèse 315 gr donne des clichés de format 4,5 X 6 cm. Elle se place sur le microscope de la même manière qu’un oculaire; la mise au point, au lieu de se faire sur verre dépoli, s’effectue dans une petite lunette spéciale.
- A la partie inférieure de la chambre est fixé, au moyen d’un écrou A, l’oculaire à grossissement convenable; la chambre est mise en place sur le microscope en introduisant cet oculaire dans le tube porte-oculaire, puis en serrant la vis B, qui assure une fixation rigide.
- La lunette de mise au point C comporte un réticule que l’on amène à être vu net en tournant la bonnette de l’oculaire. L’image donnée par le microscope est vue dans cette lunette et on l’amène dans le même plan que celui du réticule par le moyen du mouvement rapide, puis du mouvement lent du microscope. A ce moment, la mise au point de l’image dans le plan de la plaque portée par le
- „ ,,, châssis D est effectuée, c’est-à-dire que
- tij. Z. — Ecran pour . , , , ,
- lampe électrique. S1 011 escamote, en appuyant sur le bouton E, le prisme qui envoyait les faisceaux sortant du microscope dans la lunette de mise au point, et si on ouvre l’obturateur commandé par le bowden F, l’image de l’objet examiné se trouve exactement dans le plan de la couche sensible (l’objectif est réglé sur l’infini de manière que l’optique du microscope soit utilisée dans les conditions normales. Donc, pour passer de la mise au point à l’exposition, il suffit d’appuyer d’abord sur le bowden E, puis sur le bowden F. L’obturateur permet l’exposition automatique de 1 seconde à 1 /100e de seconde; la pose en un temps et la pose en deux temps.
- Cette méthode de mise au point présente les avantages suivants :
- 1° Mise au point précise et facile, même sur des images peu lumineuses qui seraient presque invisibles sur verre dépoli ;
- 2° Garantie que la mise au point n’est pas détruite au moment de l’exposition, comme cela arrive lorsqu’on opère le remplacement du verre dépoli par un châssis;
- 3° Possibilité de suivre les évolutions d’un organisme mobile et d’en fixer l’imago sur la plaque juste au moment où il se présente dans les conditions voulues.
- Société Française des Instruments d’optique SOFRINDO, 20, rue de Varenne, Paris).
- Fig. 1. — Chambre microphotographique.
- ÉCLAIRAGE
- Écran pour lampe électrique.
- La lumière des lampes électriques est, on le sait, très fatigante pour l’œil; et cela pour plusieurs raisons. Les rayons ultra-violets qu’elle contient sont parfois dangereux; d’autre part, il est pénible de recevoir directement sur la rétine l’image éblouissante du filament incandescent.
- Aussi est-il recommandé à tous ceux qui sont obligés de travailler sous l’éclairage d’une lampe à incandescence de se protéger contre la lumière directe.
- Cette protection est aisément obtenue au moyen des écrans réalisés par M. Maigret. Ce sont des lames en matière plastique transparente et teintée, montées sur des agrafes en fil de fer qui se fixent sur le culot de la lampe.
- L’écran est pivotant sur sa monture, ce qui permet de lui donner, quelle que soit la position de la lampe, l’orientation nécessaire pour protéger efficacement les yeux du travailleur.
- L’écran sc fait en deux dimensions et de teinte bleue, jaune, Fieuzal ou fumée. Le prix en est modique, considération qui a son intérêt quand il s’agit d’équiper un grand nombre de lampes. Cette invention a obtenu la Médaille d’Or du Concours Lépine en 1929.
- M. René Maigret, 50, boulevard Magenta, Paris.
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- OBJETS MÉNAGERS Socle automatique pour fer à repasser
- Lorsque le fer électrique à r-epasser chauffe continuellement ; il arrive assez souvent que le fait de l’oublier sur une pièce pendant quelque temps cause des détériorations importantes, et parfois désastreuses. Un nouvel appareil qui a été présenté au Concours Lépine supprime tous ces inconvénients.
- II consiste en un socle portant un interrupteur, lequel est actionné automatiquement lorsqu’on pose le fer sur ce socle.
- <r~m
- Fig. 3. — V Inierrupl.
- la plus petite partie de son arôme et l’on obtient un meilleur rendement dans la préparation du café parfait.
- Concaro, 56, Fg-St-Honoré, Paris.
- Support de fourchette et de cuiller.
- TT .Fig. 5.—Support de fourchette ei de cuiller. Un petit appareil
- posé sur le bord du
- plat porte deux étriers qui permettent de poser la cuiller ou la fourchette sans qu’elle puisse glisser et éviter le repêchage dans la sauce.
- Ce petit râtelier est commode, non seulement pour les plats, mais aussi pour les assiettes.
- Doniol, 2, rue Sibour, Paris.
- C’est, somme toute, le remplacement de l’interrupteur ordinaire placé sur le cordon souple et que l’on applique à des fers en fonctionnement.
- Dans ces conditions, lorsque le fer n’est plus utilisé, on le place sur le socle, ce qui a pour effet de couper immédiatement le courant. Pendant qu’on change la pièce ou qu’on la plie, il suffit de poser le fer sur le support et le courant est coupé.
- Il peut arriver que pour une raison quelconque, par exemple pour le repassage de linge très humide ou des grosses pièces, on désire rie pas interrompre le fer au repos. Il suffit alors de poser le fer non pas sur le socle, mais sur le dossier du support,
- et l’interrup -leur n’est pas actionné.
- Grâce à cet appareil, on ne risque plus de brûler le linge et l’on fait aussi une économie de courant.
- « L’Interrupt », 4, cité Thuré, Paris.
- Moulin électrique à café
- La mouture du café avec l’antique moulin fastidieux est une véritable corvée renouvelée chaque jour. Il n’y a guère que pour les appareils destinés à l’industrie hôtelière où l’on prévoit des moteurs électriques actionnant le moulin. Au Concours Lépine on a présenté un petit moulin de ménage peu encombrant, avec moteur de 1/25 de ch monté directement sur le moulin, qui l’actionne par courroie et permet à l’appareil de moudre comme un moulin ordinaire. Un écrou de réglage règle la finesse de la mouture.
- L’opération se fait d’ailleurs dans des conditions telles que le café n’est pas échauffé, par conséquent né peut perdre
- Fig. 4. — Moulin électrique à café.
- Passe=Thé.
- Voici un système original de passe-thé, construit en fil d’acier, en forme de coin que l’on enfonce dans le bec verseur, et qui se trouve maintenu par l’extrémité coudée du fil. L’une des branches qui pénètre à l’intérieur du bec est munie d’un ressort à boudin conique.
- Ce ressort obture ainsi en partie l’ouverture du bec et il arrête toutes les parcelles de thé qui se présentent pour passer pendant qu’ou verse le liquide.
- Ce même système donne également satisfaction pour supprimer les gouttes qui s’échappent lorsqu’on a fini de verser et qui coulent à l’extérieur.
- Doniol, 2, rue Sibcur,
- Paris.
- Couteau à légumes à rouleau.
- Ce dispositif comporte une lame guidée par un rouleau permettant de faire à volonté toutes les épaisseurs de pelure. Il donne également la possibilité de tailler les légumes en copeaux, ce qui est intéressant pour le céleri et pour la préparation de la julienne. Ce même couteau sert aussi à couper le gruyère en rubans. Il facilite l’épluchage des salsifis et des asperges.
- Les rouleaux sont interchangeables et des rouleaux de rechange sont logés dans le manche sous une plaquette.
- Amédée Noël, 5, rue Michel-Colombier, Courbevoie (Seine).
- Fig. 7. — Couteau à légumes à rouleau.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- L’éternelle légende des serpents qui tètent (').
- Chaque année, pendant la belle saison, refleurit la légende des Serpents qui tètent. L’été dernier, la presse s’est fait l’écho de récits invraisemblables; ainsi, la revue L’Acclimatation, du 3 septembre 1929, a rapporté dans ses « Variétés » l’aventure d’une Vache appelant par de petits beuglements maternels une grosse Couleuvre qui se mettait à téter comme une affamée; le troisième jour, la Vache mit le pied par mégarde (sic) sur la queue de son nourrisson et celui-ci, furieux, mordit la mamelle du Ruminant. Le garçon de ferme, témoin et observateur du fait, tua le Serpent. Ceci se passait, il est vrai, au sud de la Garonne !...
- Dans l’esprit des villageois, les Serpents sont des animaux vraiment des plus avisés. Un paysan de l’Isère n’a-t-il pas vu, — de ses yeux vu, — une Couleuvre boire au moyen d’un chalumeau ?... Ce paysan avait vu, tout simplement, un bout de chaume à la bouche du Serpent, ou plutôt un morceau de jonc sec avalé en partie en même temps qu’une Grenouille et qui dépassait la bouche du Serpent.
- M. R. R... de Lyon veut bien nous signaler l’explication donnée par un autre paysan à propos des Serpents buveurs de lait : « Le Reptile s’enroule autour du pis de la Vache et par pression fait sortir le lait qu’il n’a plus qu’à recueillir. Il ne tète pas la Vache, il boit le lait qu’il a su extraire....» Que répondre à'cela, sinon que la croyance aux
- 1. Le Larousse indique l’orthographe : tePent.
- Serpents voleurs de lait est si fortement enracinée dans le cerveau des hommes qu’elle prend mille formes.
- Nous avons déjà dit que les Serpents ne tètent et ne téteront jamais. (Voir nos articles et notes parus dans La Nature des 25 août 1923, 11 juillet 1925, 1er août 1928.) La conformation de la bouche des Serpents ne leur permet pas la succion. Les Serpents ne tètent pas plus les Vaches que l’Engoulevent ne tète les Chèvres, — l’Engoulevent dont le nom latin, Caprimulgus, perpétue le souvenir d’une vieille erreur....
- Ce qui est possible, c’est "que des Couleuvres se soient enroulées autour de la jambe d’une femelle d’animal domestique. Les Couleuvres s’enroulent n’importe où, aussi bien autour d’une jambe qu’autour du pied d’un meuble de jardin. La Couleuvre à collier n’est pas farouche : j’en ai vu s’enrouler tranquillement autour du soulier d’un pêcheur à la ligne.
- D’autre part, lés Serpents ne recherchent nullement le lait. Us aiment beaucoup l’eau; tous boivent longuement et se baignent.
- Mais il faudra dire et redire ces choses pendant longtemps encore avant que soit détruite la légende des Serpents buveurs de lait, tétant et trayant les Vaches. Nombreux sont les « observateurs » obstinés j dernièrement un brave nomme m’a assuré que les Crapauds sont utiles parce qu’ils mangent les Serpents : il croyait avoir Am un Crapaud commun en train d’avaler une CouleuArre, et il le croyait si fermement qu’il eût été tout à fait inutile de lui dire qu’il avait pris la victime pour le mangeur !... A. Feuillée-Billot.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Les phonographes à fils métalliques aimantés.
- Nous avons décrit, dans le numéro de février 1929 de La Nature, un système d’enregistrement et de reproduction phonographiques sur fils ou sur bandes métalliques aimantés.
- Des appareils de ce genre avaient été construits il y a déjà fort longtemps par Poulsen, leur inventeur, et destinés surtout à la dictée dans les maisons de commerce, à l’usage des dactylographes.
- Des modèles de ce type ne sont plus réalisés maintenant industriellement, et il semble que les appareils Stille étaient plutôt destinés par leur constructeur à des usages spéciaux, par exemple à l’accompagnement sonore et synchrone des films cinématographiques. Nous ne pouvons donc encore vous donner de renseignements précis sur le constructeur actuel de ces appareils.
- . M. Félix, a Paris.
- L’emploi des lampes à chauffage indirect.
- Des articles sur ce nouveau modèle de lampe paraîtront prochainement dans La Nature.
- Ces modèles comportent un élément résistant traversé par le courant alternatif non redressé du secteur, et chauffant par conduction une cathode émettrice d’électrons.
- En principe, le circuit de chauffage et le circuit de la cathode sont complètement séparés, et il est ainsi possible d’utiliser ces lampes sur n’importe quel étage d’un poste récepteur.
- En pratique, cependant, on conçoit qu’il soit plus facile d’utiliser ces modèles sur des étages basse fréquence.
- L’adoption de ces lampes sur votre poste récepteur est donc très facile à condition de prévoir des connexions de chauffage réalisées avec du câble de grosse section et torsadé, pour éviter tous risques d’induction directe sur les circuits de réception.
- Vous pouvez déjà trouver dans le commerce tous les modèles nécessaires réalisés par les principaux constructeurs; nous citerons par exemple les marques : Radiotechnique, Gécovalve, Philips, etc....
- M. Michaut, a Lyon.
- Choix d’un dispositif d’alimentation sur le secteur.
- 1° Comme nous venons de l’indiquer plus haut, on peut maintenant chauffer les filaments des lampes à l’aide du courant non redressé d’un secteur alternatif, à condition d’adopter des modèles spéciaux de
- lampes : lampes à chauffage indirect ou lampes, à chauffage direct à prise potentiométrique.
- Mais on peut également utiliser un appareil d’alimentation sur le courant d’un secteur permettant d’employer le poste récepteur non modifié avec ses lampes ordinaires, et il existe en France différents dispositifs qui donnent généralement de bons résultats.
- Il est, tout d’abord, nécessaire de savoir à quel usage on veut destiner ce poste récepteur, car la qualité de l’émission dépend évidemment du rapport de l’intensité de l’émission utile à celle des bruits parasites; ce qui signifie, par exemple, qu’il est beaucoup plus facile d’établir un dispositif d’alimentation sur le courant d’un secteur pour un poste destiné à recevoir les émissions locales, que pour un poste destiné à receAmir les émissions faibles ou lointaines.
- Si vous désirez, ce qui est probable, établir un poste très sensible et très sélectif permettant d’obtenir une réception très pure, la meilleure solution, à notre avis, consiste à employer une batterie de chauffage de 4 A»olts et une batterie de tension-plaque de 80 à 120 volts, conjuguée avec un système de recharge.
- Deux dispositifs peuvent être adoptés, d’ailleurs, pour ce système de recharge. On peut choisir un appareil chargeant continuellement les batteries sous une très faible intensité, ou un appareil toujours connecté aux batteries et qui permet leur recharge normale en une dizaine d’heures.
- Le fonctionnement du premier système est automatique, et celui du deuxième n’est guère complexe; lès deux systèmes sont également économiques.
- Il existe maintenant des petits chargeurs combinés fournissant les courants de 4 volts, 80 volts ou 120 volts, aArec valves redresseurs thermoioniques à atmosphère gazeuse, et des chargeurs continus à soupapes électriques entièrement métalliques genre Cuproxyde ou Reclox.
- Le choix de l’un ou l’autre de ces dispositifs est donc uniquement une question de préférences personnelles.
- Si vous désirez absolument supprimer la batterie de plaque, et même la batterie de chauffage, vous pouA'ez utiliser une boîte d’alimentation comportant une valve de redressement avec circuit-filtre pour l’alimentation en courant plaque, et même un redresseur également électronique et à soupape métallique avec circuit filtre comportant des condensateurs à grande capacité électrolytique pour le chauffage des filaments.
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- L’alimentation plaque est plus facile à obtenir que l’alimentation des filaments, et le dispositif correspondant est généralement moins coûteux.
- 2° Nous ne pouvons vous donner les renseignements commerciaux que vous demandez, mais il existe maintenant de nombreux constructeurs de ces différents types de dispositifs d’alimentation, et nous vous signalons seulement plus particulièrement que, d’après vos indications, c’est un ensemble du premier type, c’est-à-dire avec batterie d’accumulateurs rechargés continuellement ou à l’aide d’un système semi-automatique qui nous semble le mieux convenir à votre cas.
- M. Alavoine, Avesnelles (Nord).
- Etablissement d'un dispositif de reproduction phonographique.
- Comme nous l’avons déjà indiqué plusieurs fois, il est possible d’obtenir des reproductions phonographiques radioélectriques à l’aide d’un phonographe mécanique quelconque, et d’un poste récepteur radiophonique comportant des étages amplification basse fréquence.
- Il suffit, pour cela, de monter à la place du diaphragme du phonographe un pick-up électromagnétique, et de connecter les bornes de ce pick-up, d’une part à la grille, d’autre part à l’extrémité négative du filament de la lampe réceptrice, connexions qui s’effectuent immédiatement à l’aide d’un bouchon coupe-grille que l’on peut trouver dans le commerce.
- Les résultats obtenus par ce procédé ne sont généralement pas aussi bons que ceux réalisés à l’aide d’un amplificateur de puissance spéciale, mais ils sont cependant suffisants si les étages basse fréquence du poste sont bien étudiés et si le haut-parleur employé est de bonne marque. M. Guillault, a Nantes.
- Destruction des fourmis.
- «
- Un de nos abonnés nous communique les renseignements suivants ; au lieu de la liqueur de Fowler, qu’un pharmacien peut refuser de délivrer sans ordonnance, il est mieux d’employer la solution commerciale de bisulfite de soude qui donne d’excellents résultats.
- Comment s'obtiennent les toiles imperméabi= Usées en rouge=orangé ?
- Les vêtements de travail de beaucoup de pêcheurs de l’Océan ainsi que la toile des voiles, présentent, par suite de l’imperméabilisation, une couleur rouge-orangé caractéristique, qui les différencie des préparations faites dans le même but et utilisées dans la Manche; voici comment est effectuée ladite imperméabilisation :
- On commence par tremper le tissu dans une solution composée de : Prussiate jaune du commerce . . . 100 grammes
- Eau ordinaire....................... 10 litres
- Après imbibition complète d’au moins une heure, le tissu est tordu, puis introduit dans une seconde solution contenant :
- Sulfate de cuivre...................150 grammes
- Eau ordinaire....................... 10 litres
- La coloration rouge se développe alors par formation de ferro-cyanure de cuivre insoluble qui reste occlus dans la fibre.
- Si l’on désire une coloration plus intense, on répète deux ou trois fois les opérations dans le même ordre.
- M. Gourdin, a Amilly (Loiret).
- P.-S. — Le réactif de Schweitzer, cupro-ammoniacal étant un solvant de la cellulose, il serait à craindre, si l’on employait une semblable solution pour imperméabiliser des tissus en fibres végétales (coton, lin, chanvre, etc.), que le véhicule (liquide cupro-ammoniacal) n’altérât le tissu support en le dissolvant.
- Quelle peinture convient pour l'intérieur d'un bac à benzine ?
- Dans le cas d’un emmagasinement de benzine ou de pétrole, les peintures à l’huile se comportent mal et il est préférable de les remplacer par des peintures dont l’excipient est insoluble dans ces liquides; on peut, dans ce cas, utiliser soit les peintures au silicate, soit celles à la caséine ; dans les deux cas la préparation en est très facile, voici, par exemple, les proportions qui peuvent servir de base.
- 1° Peinture au silicate :
- Lithopone.......................... 500 grammes
- Silicate de soude à 40° B.......... 200 —
- Eau ordinaire...................... 200 —
- Pour l’emploi, donner d’abord une première couche au silicate seul à 22° B., c’est-à-dire non teinté. Donner, ensuite, une seconde couche
- avec la peinture proprement dite ci-dessus, azurée si on le désire par une pointe d’outremer pour obtenir un blanc bleuté plus agréable. Terminer, enfin, par une couche de silicate simple à 26° B.
- Bien entendu, chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- 2° Peinture à la caséine : Prendre
- Caséine en poudre....................100 grammes
- Carbonate de soude................... 50 —
- Carbonate de chaux.................. 850 —
- Bien broyer, pour obtenir un produit homogène; puis, au moment de
- l’emploi, délayer au moyen d’une quantité d’eau tiède suffisante pour obtenir la consistance convenable.
- Ces peintures se trouvent actuellement dans le commerce sous forme de mélanges tout préparés, on peut donc se dispenser de faire l’acquisition des éléments séparés.
- Une fois la peinture au point, on y ajoute la valeur d’une cuillerée à soupe de formol commercial (40 pour 100 d’aldéhyde formique), il en résulte une combinaison beaucoup plus stable et d’une grande solidité.
- 3° Le seul moyen de détartrer vos conduites d’eau, s’il vous est impossible de les démonter, est d’y faire circuler lentement une solution à 5 pour 100 environ d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique ou acide jaune), puis de bien rincer ensuite pour enlever le chlorure de calcium formé.
- Suivre attentivement l’attaque du tartre d’après l’odeur des gaz dégagés dans les parties hautes, de manière à purger rapidement aussitôt que le calcaire aura disparu et avant qu’il n’y ait attaque du fer.
- 4° Nous pensons qu’en délayant du blanc d’Espagne au moyen de silicate de soude, vous obtiendrez, pour vos bornes de disjoncteurs, un ciment convenable, sur lequel l’huile n’aura pas d’action.
- M. de Lavigerie, a Soissons.
- De tout un peu.
- M. Peyrieux, à Bure. — 1° Le forage des puits nécessite un matériel spécial et une grande expérience, il ne peut donc être question pour un amateur d’exécuter ce travail.
- 2° La profondeur à laquelle on peut espérer trouver l’eau est extrêmement variable, elle dépend des conditions locales, qui déterminent le cheminement souterrain, structure géologique, inclinaison des couches, etc.' Le mieux est donc de s’adresser aux puisatiers du pays dont l’expérience est encore le meilleur guide.
- 3° En général, lorsque Ton a atteint la couche aquifère profonde, l’eau remonte en prenant un régime qui la met à portée utile des pompes aspirantes.
- Au cas contraire, il faut faire un puits cuvelé et decendre au niveau de l’eau une pompe foulante mue par tiges ou électriquement. En l’absence de moteur mécanique, on peut enfin utiliser la pompe à chapelet mue à bras.
- IVI. Plassard, à Paris. — Le tétrachlorure de carbone est un liquide incolore, mobile, très dense (P = 1,629), bouillant à 78° C.
- Son odeur est éthérée, agréable, elle rappelle celle du chloroforme; le tétrachlorure de carbone est complètement insoluble dans l’eau.
- Ce produit est utilisé contre'les incendies, en pulvérisations sur le foyer, soit en se servant d’une petite pompe à main et d’un gicleur, soit en mettant à profit la pression obtenue par l’action brusque d’un acide sur une solution saturée de bicarbonate de soude (ampoule fermée à la lampe, contenant de l’acide chlorhydrique, que Ton brise d’un coup de poing).
- M. Scoliège, à Cambrai. — La préparation de, la crème pour chaussures, sur les bases que nous avons indiquées, ne présente aucune difficulté, car la cire de carnauba, la cérésine, le stéarate de nigrosine, sont très solubles dans l’essence de térébenthine, il suffit donc de mettre ces éléments en contact, de préférence dans un ballon pour qu’il n’y ait pas déperdition d’essence de térébenthine, puis de chauffer au bain-marie (non à feu nu de crainte d’inflammation).
- Quand tout est dissous, on transvase dans un récipient plus large d’ouverture, pot à confiture par exemple; on laisse un peu refroidir, puis on incorpore le noir de fumée, cela en remuant toujours jusqu’au moment où la masse est assez épaisse pour qu’il n’y ait pas sédimentation du pigment. Il ne reste plus qu’à conserver en boîtes bien fermées.
- M.’ de M., à Laizy. —• La difficulté, pour nous, de répondre utilement aux questions posées par nos lecteurs, est suffisamment grande sans qu’il soit nécessaire de les poser sous forme d’énigmes.
- Faites-nous connaître le but que vous poursuivez et nous ferons de notre mieux pour vous aider à l’atteindre.
- Le Gérant : G. Masson.
- 98.240. — Paris, lmp. Laiiure. — 15-11-1929.
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- Parait le l*r et 8e <5 de chaque mois (40 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C‘®, Editeurs, i le, Boulevard Saint-Germain, PARIS. VI' CR. C Seine : >5.234) Têt. Littré 48-42 et 48-43.
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- ASSOCIATION FRANÇAISE DES
- INGÉNIEURS — CONSEILS
- En Propriété industrielle
- FONDÉE EN 1884
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- EXTRAITS DES STATUTS
- Art. 2. —* 1/Association a pour but : 1* De- grouper les Ingénieurs-Conseils en propriété industrielle qui réunissent les qualités requises d'honorabilité, de moralité et de capacité ;
- 2° de veiller au maintien de la considération et de la dignité de la profession d'ingénieur-Conseil en propriété industrielle.
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES
- ARMENGAUD Aîné** A Ch. DONY Gutenberg U-94 21, bd Poissonnière, Paris G DANZER Central 41-71 20, rue Vignon, Paris
- ARMENGAUD Jeune Provence 13-1» 23, bd de Strasbourg, Paris Henri ELLUIN Provence 17-20 42, bd Bonne-Nouvelle, Paris
- E* SERT* G. de KERAVENANT *'* Archives 30-42 7,boulevardSt-Dems,Paris G. FAUGE Roquette 19-93 118, boulev. Voltaire, Paris
- C. BLETRY O.* Botzaris 21-93 2, bd de Strasbourg, Paris P. LOYER** Anjou 09-94 25, rucXavoisipr, Paris
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- N” 2822.
- LA NATURE
- Ier Décembre 1929*
- GLACES POLAIRES
- ,/__________
- li , -Agi.
- SUR LES COTES DE NORVÈGE
- Il y a quelques mois, la côte septentrionale de Norvège, à l’est du cap Nord, a été le théâtre d’un phénomène extraordinaire.
- Tous les manuels de géographie enseignent qu’autour de cette extrémité de l’Europe, l’Océan demeure complètement libre hiver comme été, grâce au Gulfstream. Certaines années, toutefois, l’étendue de ces eaux libres,
- que des glaçons fussent parvenus jusqu’à cette côte même. Les archives de la marine norvégienne comme les descriptions scientifiques de ce pays sont muettes à cet égard. « De mémoire d’homme, ni glaces d mer originaires des banquises polaires, ni icebergs n’ont été observés sur le littoral nord de la péninsule Scandinave », écrivait récemment le Norges-Handels-ogSjâfartstidende, le « Ship-ping Gazette » d’Oslo, interprète de l’opinion maritime norvégienne à ce sujet. Profonde a donc été la surprise lorsque dans les premiers jours de mai les journaux annoncèrent /arrivée de glaçons dans les eaux mêmes du Finmark. Ce phénomène s’est manifesté pendant un mois environ. D’après l’enquête ouverte à ce sujet, par le docent Adolf Hoel, directeur du Service norvégien des recherches scientifiques au Spitsberg et dans l’Océan Glacial, il a été observé, pour la première fois, le 28 avril dernier et il a pris fin, semble-t-il, au début de juin. A cette dernière date, les glaces qui s’étaient échouées sur de hauts
- OCEA N
- en direction méridienne, se trouve singulièrement réduite. Il arrive, en effet, qu’au printemps, sous la poussée de brises persistantes de la partie nord, les banquises de l’Arctique dérivent dans le sud jusqu’à 20 ou 30 milles (37 à 55 kilomètres) de la côte septentrionale • de Norvège. En 1917, par exemple, elles sont arrivées à 28 milles (51,8 kilomètres) nord-est de Vardb, le principal port de pêche à la morue du Finmark oriental C). Mais jusqu’ici on n’avait point connaissance
- 1. Pour que le lecteur puisse se reconnaître dans la nomenclature géographique du nord de la Norvège, en général peu familière, rappelons que l’extrémité septentrionale de ce pays' constitue le département de Finmark et que la partie est de ce département porte le nom de Finmark oriental.
- GLACIAL ARC.
- ierIe™mjovénœring a&Makur^pï&
- Ka vririgènl PVardâ
- Fig. 1. — Carie indiquant les points de la côte du Finmark oriental (côle Nord de Norvège) où des icebergs ont été observés en mai 1929.
- fonds près de terre avaient fondu, tandis que les autres avaient été entraînées plus loin dans l’est par le courant.
- Cette invasion glaciaire n’a affecté qu’une portion restreinte du littoral du Finmark, le secteur compris entre le Sletnes, qui limite à l’ouest l’embouchure du grand fjord de
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- Tana et la frontière inlandaise, soit une étendue de côtes de 350 kilomètres environ, à vol d’oiseau. Le croquis ci-joint indique les localités où des glaçons ont été signalés. Leur afflux paraît avoir été particulièrement abondant à Vardo et dans les environs immédiats de ce port. Faisons remarquer que les blocs observés dans le fjord de Varanger sont arrivés d’abord sur la côte nord du Finmark oriental, puis de là ont été entraînés dans cette grande baie par le courant qui longe ses rivages d’abord en direction sud, ensuite en direction est.
- C’est ainsi qu’un glaçon rencontré le 12 mai à l’ouest de Vardo, s’est échoué le 25 dans la partie méridionala du Varanger, plus exactement dans le Bôkfjord, près de Kjelmi).
- Dans le cas qui nous occupe, il importe de bien préciser qu’il s’agit, non pas de fragments de banquises, de trains de glaçons plus ou moins cohérents, plus ou moins étendus, mais de blocs isolés dérivant à une grande distance les uns des autres et en très petit nombre. Exemple : le 4 mai, six glaçons sont signalés devant la côte nord du Fin-mark oriental : quatre aux environs d’LIavningberg, un près de Berlevaag et le sixième à l’entrée du Persfjord. Deux jours plus tard, la présence de six blocs également est relevée dans ces mêmes parages, mais dans un périmètre beaucoup plus restreint; tous sont concentrés, pourrait-on dire, entre Vardo et Makur, soit sur une distance de 55 kilomètres environ. Le 10, un paquebot n’aperçoit plus dans cette région que 3 blocs entre le Syltefjord et Vardo (distance approximative : 25 kilomètres).
- Que ces glaçons provinssent des banquises en dérive au nord du continent entre la Norvège, le Spitsberg, la Nouvelle-Zemble, cela ne fait pas l’ombre d un doute. La plupart étaient, en effet, de petits icebergs, c’est-à-dire des fragments détachés du front de glaciers baignés par la mer, originaires par conséquent des terres arctiques. Des bandes de glace bleue, caractéristiques, comme on sait, de la glace de glacier, visibles sur plusieurs, de ces blocs, ne laissent aucune incertitude sur leur origine. A cet égard, le capitaine du paquebot Vesteraalen apporte un second témoignage important. Ce marin, très expérimenté en matière de glaces pour avoir beaucoup navigué dans l’Arctique comme dans F Antarctique, n’hésite pas à affirmer que les glaçons qu’il a rencontrés en mai dernier sur la côte du Finmark oriental présentaient le même aspect que les icebergs de Terre-Neuve et du Labrador ; ils étaient seulement de beaucoup plus petite taille, ne dépassant pas une hauteur de 6 à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, 60 à 80 de longueur et 30 de large, d’après son estime. (Voiries figures 3, 4, 5 et 6 d’après des photos que le Dr Adolf Hoel nous a obligemment com-
- muniquées). Le 12 mai, à 4 milles au sud-sud-est de Vardo, ce capitaine vit un glaçon à peu près de même surface que les précédents, mais s’élevant à 15 ou 20 mètres au-dessus de l’eau. Sa silhouette ressemblait à celle d’une église flanquée d’une large tour basse, écrit-t-il. D’après deux indigènes qui l’ont escaladé, un iceberg en dérive entre Vardo et Kiberg dominait la mer de 23 m et formait à son sommet un carré de 10 m de côté.
- L’enquête menée par le Dr Adolf Hoel a non seulement permis de réunir une documentation nourrie sur un phénomène curieux dont les modalités seraient restées ignorées sans l’initiative de ce savant, mais en outre a
- apporté cette révélation, complètement inattendue, que l’arrivée de glaces polaires sur la côte septentrionale de la péninsule Scandinave n’est pas sans précédent, comme on le croyait jusqu’ici. En réponse au questionnaire qu’il a répandu dans le nord du Finmark en vue de recueillir des informations sur l’événement qui nous occupe, le directeur du Service norvégien des recherches scientifiques au Spitsberg et dans l’océan Glacial a reçu une communication d’un octogénaire habitant le port de Berlevaag depuis soixante ans environ, lui faisant connaître que déjà, au printemps del870 ou de 1871, des glaces polaires étaient descendues sur la côte nord du Finmark oriental. Il y a cinquante-neuf ou cinquante-huit ans, le vieillard en question avait vu une masse de glace dériver à un mille au large du port qu’il habite. Cette fois, il paraît s’être agi d’un gros morceau de banquise. Si les souvenirs de cet indigène sont exacts, cette masse de glace aurait atteint une longueur de 4 à 5 anciens milles norvégiens (45 à 55 kilomètres d’ouest en est); à la distance à laquelle il l’observa, elle paraissait s’élever au-dessus de l’eau « d’une largeur de main ». Dans une seconde lettre cet informateur évalue même entre 66 et 76 kilomètres, l’étendue de cette banquise, car du cap situé à l’ouest du Baatsfjord elle était visible à perte de vue. L’agrégat glaciaire en question ne demeura qu’un seul jour en vue de Berlevaag et disparut dans l’est. La même année d’autres glaces approchèrent également très près de la côte; l’une d’elles, échouée à l’entrée du Syltefjord, ne fondit que dans le courant de l’été. Selon cet observateur, en 1929, les glaçons n’auraient pas été aussi nombreux qu’en 1870 ou 1871, mais auraient atteint une plus grande hauteur au-dessus de la mer.
- D’où ces glaces proviennent-elles et comment sont-elles arrivées sur la côte de Norvège? La question est sujette à controverse. Etant donné que le littoral nord de la péninsule Scandinave est baigné par une branche du Gulfstream venant du sud-ouest et portant vers l’est, on comprend que des épaves originaires du sud
- Fig'Jl. — Iceberg en dérive dans le Varangerfjord, aux environs deVardi (Norvège septentrionale).
- (Photo de M. Schrôder, de Trondhjem.)
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- arrivent sur cette côte, mais on comprend plus difficilement que des glaces flottant au nord de ce courant aient pu pénétrer dans son domaine et le traverser. L’explication la plus plausible, c’est que, des brises de
- Gulfstream. Cette hypothèse trouve sa confirmation dans le fait qu’un pêcheur a rencontré à 30 milles de Vardo un iceberg voguant vers la côte de Norvège. Dans tous les cas, il est certain qu’au printemps dernier
- Fig. 3 (en haut, à gauche). — Glaçon observé le 14 mai 1929 à l'entrée du Persfjord. (Côte nord de Norvège.)
- Ce glaçon est un iceberg qui, à la suite de la fusion de sa base primitive, s’est retourné..
- (Photo du capitaine S. Alshager, du vapeur Sanct Svithun).
- Fig. 4 (en haut à droité). — Le même glaçon, sous un angle différent, le 14 mai 1929, à l'entrée du Persfjord.
- D’après le capitaine S. Alshager, auteur de la photographie, ce glaçon serait échoué sur un fond de 40 à 50 mètres. Sa hauteur au-dessus de
- l’eau ne dépasse pas 6 à 7 mètres, et sa longueur, 60 à 70 mètres.
- Fig. 5 (en bas à gauche). — Le même glaçon à l’entrée du Persfjord, le 14 mai 1929.
- Le centre de cet iceberg est occupé par un lagon produit par la fusion. Les nombreuses embarcations visibles sur cette vue pêchent la morue.
- (Photo du capitaine Alshager du vapeur Sanct Svithun).
- Fig. 6 (en bas à droite). — Glaçon en dérive, le 14 mai 1929, devant Kiberg, important port de pêche à la morue de la côte nord de Norvège. Ce large bloc représente un fragment détaché du front d’un glacier polaire. A cette extrémité de l’Europe, l’hiver règne encore au milieu de mai ; mais en été, la couche de neige recouvrant les falaises disparaît entièrement. (Photo du capitaine S. Alshager, du. vapeur Sanct Svithun).
- nord-est ayant dominé pendant plusieurs semaines à la fin de l’hiver 1928-1929, et au début du printemps suivant, la banquise de la mer de Barents ('), est descendue très bas dans le sud, en direction du Finmark oriental et que, sous la poussée de ces mêmes vents, des fragments de cette glace ont été entraînés dans la zone du
- 1. Partie de l’Océan Glacial comprise entre le méridien du Cap Nord et la Nouvelle Zemble, la côte septentrionale d’Europe, le Spits-berg oriental et la terre François-Joseph.
- il s’est produit dans la partie de l’Arctique faisant face à l’Atlantique une débâcle formidable, une descente d’énormes masses de glaces. A cette époque, entre la Norvège et le Spitsberg, les banquises ont acquis une extension anormale vers le sud; au début de juin, elles fermaient la côte occidentale de ce dernier archipel et entouraient Pîlc aux Ours, alors que généralement à cette époque ces parages sont dégagés. Pareillement, à Terre-Neuve, on a constaté un afflux extraordinaire d’icebergs.
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- Ils sont arrivés sur les bancs un mois plus tôt que d’habitude et en abondance telle qu’ils ont mis plusieurs transatlantiques en posture dangereuse. Le 26 avril, sur le rebord est de cette plate-forme immergée un Cunard s’est heurté à une banquise large de 90 kilomètres en direction nora-sud et un autre paquebot a dû demeurer quatorze heures immobile dans les mêmes conditions. Aussi bien, à la fin d’avril, par mesure de prudence, pour éviter le retour d’une catastrophe pareille à celle du Titanic, la navigation transatlantique a dû prendre une route plus méridionale.
- ’ L’afflux de glaces sur les bancs de Terre-Neuve constitue un phénomène normal. La présence de blocs provenant des banquises polaires sur la côte nord de Norvège est, au contraire, un fait tout à fait exceptionnel. De plus, comme nous l’avons déjà exposé, la plupart de ces blocs étaient de petits icebergs. En même temps, le naturaliste embarqué sur le navire norvégien de recherches océanographiques, le Michael Sars, qui a exploré pendant la première semaine de juin la banquise de l’ile aux Ours, signale dans ces parages l’abondance de glaçons de ce dernier type. Leur hauteur atteignait 10 à 12 m. au maximum, 6 en moyenne. La présence d’icebergs en aussi grand nombre dans cette région est tout à fait extraordinaire. Il semble, nous écrit le Dr Hoel, que
- cette année d’énormes pans se soient détachés du front des glaciers que baigne la mer de Barents. Depuis plusieurs années, les icebergs, plutôt rares dans cette partie de l’Arctique, il y a 40 ou 50 ans, y sont devenus abondants. Ce phénomène rapproché de l’arrivée de glaces cette année sur la côte nord de la Norvège, paraît indiquer un détraquement ou tout au moins des anomalies dans le fonctionnement de la machinerie géophysique. Selon toute vraisemblance, il s’est produit récemment dans cette région une modification de ses conditions océanographiques et climatiques.
- A propos de la présence en mai dernier d’icebergs devant la côte septentrionale de la péninsule Scandinave, il y a lieu de mentionner un cas de dérive de glaçons de ce type dans les mers d’Europe à une très basse latitude. En janvier 1836, le célèbre navigateur anglais, Sir James Ross, envoyé au secours des baleiniers de la mer de Baffin, rencontra deux icebergs entre les Orcades et les Faeroer, à 40 milles dans le sud-est de Sudero, l’île la plus méridionale de ce dernier archipel. De toute évidence, ces glaçons provenaient de la banquise du Grônland oriental et avaient été entraînés au sud par. le courant polaire passant dans l’est de l’Islande.
- Charles Rabot.
- = INITIATION BIOLOGIQUE1’ =
- L’HÉRÉDITÉ
- II - LES BASES CYTOLOGIQUES DU PROBLÈME DE L’HÉRÉDITÉ
- L’objet de l’article, précédent avait été l’analyse, suivant les principes que Naudin, et surtout Mendel, ont établis les premiers, du mécanisme qui préside à la transmission des caractères héréditaires chez les hybrides et leurs descendants. On a pu se rendre compte que cette transmission répond à des règles numériques d’une rigueur extrême, et qu’il est difficile d’en concevoir l’application sans imaginer que les propriétés héréditaires sont supportées par des particules hypothétiques, qu’on est convenu d’appeler « facteurs » ou « gènes ».
- Si cette théorie est féconde, il paraît logique de présumer que, dans les cellules des organismes, spécialement dans les cellules reproductrices, qui détiennent en puissance tous les caractères héréditaires, les gènes peuvent correspondre à des éléments structuraux visibles. Qui plus est, on est amené à dépasser le cadre de ce problème, lequel ne concerne, somme toute, que le sort de particularités raciales assez contingentes, et de le poser à propos de l’hérédité des caractères d’espèce les plus fondamentaux. Bref, il s’agit désormais pour nous de tenter l’attribution, à certains constituants cellulaires, des conditions grâce auxquelles sont maintenues, à travers les générations, les qualités de genre, d’espèce, de race, de variété.
- 1. La Nature, n03 précédénts, et le livre Vie et Reproduction (Masson et Cie),
- LA THÉORIE CHROMOSOMIQUE
- Au seuil d’une telle étude, il importe d’abord de se reporter aux indications que j’ai données par ailleurs sur l’évolution des cellules sexuelles, sur leur maturation en particulier ('). C’est à ces faits cytologiques,- dûment établis à l’heure actuelle, que nous essaierons de raccorder les principes posés dans le paragraphe précédent.
- On se rappelle que, suivant la conception mendélienne, nous avions considéré les gamètes comme dissemblables, aussi bien chez le mâle que chez la femelle. Nous avions supposé que, parmi elles, la moitié possède un gène ou facteur d’une paire d’allélomorphes relative à un caractère héréditaire déterminé, et la seconde moitié, l’autre facteur. Ainsi, dans le cas du croisement entre Mirabilis jalapa à fleurs rouges et Mirabilis à fleurs blanches, la moitié des grains de pollen des hybrides renferment le facteur de coloration rouge et, l’aùtre moitié, celui de coloration blanche. Il en va de même pour les éléments femelles du pistik* De la sorte, la fécondation est capable d’engendrer l’une des trois combinaisons Bb, Br ou rr.
- Cette théorie trouve un recoupement morphologique suggestif dans les phénomènes qui marquent la première division de maturation des cellules germinatives (2).
- 1. Voir Vie et Reproduction^ Masson et Cie) et NJ 2921.
- 2. Voir Vie et Reproduction, p. 213 à 215.
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- Nous avons déjà appris que les chromosomes paternels et maternels peuvent rester distincts dans un œuf qui vient d’être fécondé, partant dans les cellules issues de sa division. S’il en est bien ainsi chez les hybrides, nous sommes fondés à admettre que les chromosomes qui s’individualisent, en nombre n, dans les spermatocytes et les ovocytes, lors de la prophase de la première mitose maturative, sont, à part égale, des chromosomes paternels et maternels. Or les voilà qui, nous le savons, s’appa-
- Tl
- rient deux à deux, de manière à former - paires (fig. 1.)
- A
- Si l’on accepte l’idée que chaque paire se compose d’un chromosome paternel et d’un chromosome maternel, et l’hypothèse de départ que les chromosomes sont les supports des qualités héréditaires, leur comportement fournit une explication fort plausible des particularités de l’hybridisme. Dans les paires chromosomiales, en effet, il y a tout lieu de supposer que l’un et l’autre constituants détiennent des qualités héréditaires correspondantes, ou, en d’autres termes, les facteurs d’un couple d’allélomorphes déterminé. Pour fixer les idées, recourons une fois de plus à l’exemple des pétales blancs ou rouges des fleurs de Mirabilis. Chez un hybride à fleurs roses, où les chromosomes paternels, vecteurs, je le suppose, de la qualité « fleurs rouges » (r) elles chromosomes maternels, vecteurs de la qualité « fleurs blanches (B), étaient restés distincts, on verra le chromosome qui supporte B s’accoupler avec le chromosome qui supporte r au cours de la première mitose maturative dans les gamètes, tant mâles que femelles. Or on connaît la suite de cette division cellulaire : les constituants des couples chromosomiques se disjoignent, si bien que l’un se rend dans une cellule-fille, l’autre dans la seconde. De la sorte la moitié des gamètes, dans chaque sexe, héritera de la qualité B, l’autre moitié, de la qualité r. Tel était bien le principe qu’à l’exclusion de tout contrôle morphologique les précurseurs de la génétique avaient été amenés à émettre (voir fig. 1, article précédent).
- En ce qui concerne le polyhybridisme, l’hypothèse que
- Fig. 2. — Représentation schématique de ta distribution des chromosomes lors de la première mitose de maturation. (D’après E. Guyénot.)
- Si l’on suppose que les grands chromosomes supportent, le noir le facteur G et le blanc le facteur n, cependant que les petits supportent, le noir le facteur L et le blanc le facteur v, on se rend compte qu’en 1 et 2 les cellules-filles héritent respectivement de GL et nv, et, en T et 2’, respectivement de Gv et nL.
- Fig. 1. — Représentation schématique des"' phénomènes de la première division de maturation. (D’après L. Cuénot.)
- 1° Noyau avec six chromosomes, dont trois paternels (en une teinte) et trois maternels (en une autre teinte) ; 2° appariement des chromosomes paternels et maternels ; 3° les trois couples de chromosomes se disposent à l’équateur de la cellule ; 4° fin de la lr® division de maturation : chaque cellule-fille reçoit trois chromosomes, dont: un de chaque couple. .
- les chromosomes supportent les qualités héréditaires ne rend pas moins bien compte des phénomènes. Là .encore, nous rappellerons, pour donner aux conceptions invoquées l’appui de documents concrets, un cas que nous avons exposé précédemment, celui du croisement entre des Drosophiles dont les unes ont le corps gris (G) et les ailes longues (L), les autres le corps ébène (n) et les ailes vestigiales (p). Chez les hybrides qui en sont issus, il nous est loisible d’admettre qu’à la première division de maturation des gamètes, au moment où les chromosomes s’apparient par couples, les constituants de l’un de ceux-ci détiennent, l’un le facteur G et l’autre le facteur n, cependant qu’un autre couple se charge des facteurs L et p. Quand les chromosomes de chaque couple se séparent l’un de l’autre pour être distribués respectivement aux cellules-filles (spermatocytes de 2e ordre ou ovocytes après l’expulsion du premier globule polaire), le hasard peut faire en sorte que le chromosome vecteur de L se rende dans la même cellule-fille que celui qui porte n, ou que celui qui porte G. Bref, il est facile de reconnaître que diverses combinaisons sont susceptibles d’intervenir alors, et qu’elles aboutissent à la formation de gamètes de quatre sortes dans chaque sexe : celles-là même que nous avions prévues sur la base purement théorique de la « disjonction indépendante » des caractères. Cette conception trouve, en définitive, une remarquable correspondance dans les faits cytologiques (fig. 2).
- Quoi qu’il en soit, de tels rapprochements ne garde-
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- raient qu’une valeur, somme toute, spéculative, et l’on aurait le droit de ne voir en eux que l’œuvre de coïncidences curieuses, si un certain nombre de constatations troublantes ne venait renforcer leur valeur explicative.
- Sans présenter au lecteur tous les aspects d’un problème que les magnifiques découvertes modernes ont fait vaste et complexe, je ne retiendrai, dans le cadre nécessairement limité de cet article, que les plus importantes observations.
- L’HÉRÉDITÉ « LIÉE AU SEXE ”
- Il en est une qui mérite une mention toute particulière : je veux parler du rapport que les généticiens ont su établir entre la transmission de certains caractères et le sexe de l’individu qui en hérite.
- X(B)-Y(0)
- X (R ) —X(B)
- X(R) — X(R) X(R)-X(B)
- X(B)-Y
- Fig. 3. — Beprésenlation du croisement entre Drosophiles femelles à œil rouge et Drosophiles mâles à œil barré. Les yeux seuls sont figurés (D’après E. Guyénot.)
- En haut, yeux des parents ; à gauche, œil rouge ; à'droite, œil « barré», An milieu, types d’yeux des sujets de la lre génération (F1) : à gauche, œil « réniforme » ; à droite, œil rouge. En bas, types d’yeux des sujets de la 2e génération (F2).
- Pour saisir la signification des phénomènes dont il va s’agir, il importe de se rappeler au préalable ce qui se passe couramment dans l’hybridisme, selon les exemples classiques que j’avais rapportés. Quand on croise entre eux des sujets qui se distinguent par un nombre quelconque de caractères opposés deux à deux, les hybrides de première génération sont tous pareils, que le progéniteur, qui présente l’un des deux états possibles d’un caractère donné soit mâle ou femelle. Je veux dire par là que si l’on accouple des Souris grises mâles avec des Souris blanches femelles, le résultat, en ce qui regarde la constitution des hybrides, est exactement le même que si l’on avait donné des Souris blanches mâles comme conjoints à des Souris grises femelles. De même, cela va
- de soi, la répartition des facteurs héréditaires aux sujets de la deuxième génération ne dépend nullement de leur rapport avec le sexe de leurs ascendants.
- Or il n’en est pas toujours ainsi, et, pour le démontrer, j’utiliserai le cas d’un croisement entre deux races de ces petites Mouches du vinaigre qui, entre les mains de généticiens comme Morgan et ses collaborateurs, se sont montrées si prodigues en renseignements précieux. Cette fois, les ancêtres des lignées soumises à l’analyse seront choisis, d’un côté parmi des Drosophiles à œil rouge, qualité qui du reste correspond à l’état normal, de l’autre côté parmi des Drosophiles à « œil barré » (« barred eye » de l’école américaine), tel qu’il est représenté figure 3. Mais on s’arrangera, contrairement à l’usage observé jusqu’ici, de manière que toutes les femelles aient l’œil rouge (R), cependant que tous les mâles soient dotés, eux, de l’état « barré » (B).
- Si les faits avaient lieu comme dans les cas qui ont, jusqu’à présent, servi de base à mes descriptions, les hybrides devraient tous répondre au symbole RB. Dans ce couple de caractères allélomorphes, on sait par expérience qu’il ne s’exerce pas de dominance, et les sujets qui le détiennent se caractérisent par un état réniforme de l’œil (fig. 3). Par conséquent il serait logique de s’attendre que la première génération tout entière fût douée d’ « yeux réniformes », quel que fût le sexe des individus. Et, toujours en vertu des lois précédemment établies, il y aurait lieu de prévoir que la deuxième génération comprît des Mouches à œil rouge pour un quart du total, des Mouches à œil barré pour le même pourcentage, et enfin, pour la moitié restante, des Mouches à œil réniforme.
- Or les résultats réels ne se montrent nullement conformes à ces conjectures. A la première génération on note une différence constante entre les mâles et femelles. Les premiers ont tous l’œil réniforme, les deuxièmes, toutes l’œil rouge. A la seconde génération une nouvelle complication surgit : au lieu de la répartition simple que les exemples habituels nous suggéraient, on trouve, parmi les mâles, 50 pour 100 de sujets à œil rouge et 50 pour 100 de sujets à œil barré, tandis que, parmi les femelles, la moitié ont aussi le caractère « œil rouge », mais l’autre moitié, l’œil réniforme.
- Il y a donc là une exception aux règles que l’on a tirées des faits normaux de l’hybridisme. Nous voici amenés à constater que certains caractères peuvent être liés au sexe. Justement ’a cytologie va se montrer apte à nous éclairer sur le mécanisme possible de cette relation et, du même coup, apporter un puissant argument en faveur de la théorie chromosomique, bénéficiaire de l’explication rationnelle qu’elle permet.
- Quand nous nous sommes occupés du déterminisme du sexe (‘), nous avons eu l’occasion d’insister sur le rôle qu’aujourd’hui l’on fait jouer à des chromosomes spéciaux, les « hétérochromosomes », ou « chromosomes sexuels », en tant que facteurs de ce déterminisme. Nous avons appris à ce moment qu’à un sexe donné correspond une répartition spécifique des hétérochromosomes et que, pour citer en exemple un cas fréquent, les cel-
- 1. Voir Vie et Reproduction, 3e part., chap. III (Masson et Cie).
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- Iules de la femelle en possèdent deux, tandis que le mâle n’est pourvu que d’un seul. Nous avons mis en lumière le mécanisme de distribution du ou des hétérochromosomes pendant les divisions qui s’accomplissent à cette phase.
- C’est en confrontant ces faits cytologiques avec des observations en apparence atypiques, comme celle dont je viens de faire état, que l’on parvient à interpréter ces dernières d’une façon satisfaisante.
- Revenons, en ce sens, à notre point de départ, c’est-à-dire au croisement entre des Drosophiles femelles à œil normal, rouge (R), et des mâles à œil barré (B).
- La composition singulière de la première génération et de celles qui en dérivent va trouver une explication frappante, si l’cn accepte l’hypothèse préalable que les facteurs « œil rouge » et « œil barré » sont localisés sur les hétérochromosomes.
- Dans ce cas, en effet, il est permis de poser que, chez les parents, les hétérochromosomes de la femelle, qui répondent au symbole X, supportent l’un et l’auire le facteur R, cependant que l’hétérochromosome du mâle, qui répond aussi au symbole X, supporte le facteur B, son chromosome Y ne jouant ici aucun rôle (fig. 4).
- Toutes les gamètes de la femelle se caractériseront sans exception par la formule X (R). En revanche, chez le mâle, nous n’ignorons pas que l’hétérochromosome X passe seulement dans la moitié des spermatozoïdes : ceux-ci détiendront donc la formule X (B), mais l’autre moitié, pourvue de l’hétérochromosome Y, manquera de tout facteur pour l’aspect des yeux.
- Le croisement entre individus producteurs de telles gamètes engendrera une première génération composée, selon un calcul de probabilités facile à effectuer, de 50 pour 100 de sujets à symbole XX (RB) et de 50 pour 100 de sujets à symbole XY (R). Les sujets XX (RB) sont des femelles puisqu’ils ont reçu deux hétéro chromosomes X, et leurs yeux présentent forcément l’aspect réniforme dû à l’influence combinée du couple d’allé-lomorphes RB. Quant aux sujets XY (R), ils sont des mâles, et leurs yeux sont rouges nécessairement sous l’influence exclusive du facteur R.
- L’hypothèse sur laquelle nous nous sommes appuyés dès l’abord n’éclaire pas moins bien les résultats du croisement entre hybrides de première génération. Les femelles XX (RB) forment naturellement des ovocytes de deux sortes : X (R) et X (B). Les mâle , en vertu de la règle de répartition de l’hétérochromosome, produisent des spermatozoïdes dont les uns héritent de X (R), les autres de Y. Le croisement s’écrira donc :
- [X(R) + X(B)x][X(R)+Y]
- R s’impose que ses produits seront de quatre catégories, en proportion égale : XX (RR), ou femelles à œil rouge ; XX (RB), ou femelles à œil réniforme ; XY (R), ou mâles à œil rouge ; XY (B), ou mâles à œil barré (fig. 8).
- C’est bien là, nous l’avons dit, ce que les expériences les plus répétées confirment avec éclat. Si le propre d’une bonne théorie est de permettre de sûres prévisions, on ne saurait refuser cette qualification à celle qui fait, des chromosomes, les supports des facteurs héréditaires, et
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- Fig. 4. — Chromosomes des Drosophiles femelles (à gauche) el mâles {à droite). En bas, les hétérochromosomes, ou chromosomes sexueis, xx de la femelle et xy du mâle. (D’après T. H. Morgan.)
- qui considère ces facteurs comme parfois attachés aux chromosomes sexuels.
- Certes de tels rapprochements, si impressionnants qu’ils puissent paraître, ne sauraient en imposer pour des preuves décisives. Nous avons affaire, en somme, à divers enchaînements légaux de phénomènes, en des sphères distinctes : les uns concernent le mode de transmission des propriétés héréditaires et ses règles numériques ; les autres, le jeu des chromosomes au cours des
- Gamètes
- Fig. 5. — Diagramme explicatif du croisement entre Drosophiles grises à ailes longues (GL) et Drosophiles noires à ailes courtes (nv). G et L d’une part, n et y d’autre part, sont supportés par le même chromosome. (D’après E. Guyénot.)
- Sur les deux lignes du haut, distribution defe chromosomes aux gamètes des parents. En F , genèse de sujets GLna. En F2; genèse de sujets GLGL, GL nv et nvnv.
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- mitoses des cellules sexuelles. L’observance d’un positivisme doctrinal devrait nous contraindre à ne pas dépasser de telles notions. La tendance à les combiner se fonde évidemment sur un besoin de comprendre que seules des hypothèses sont capables d’assouvir.
- Mais la théorie chromosomique de l’hérédité puise sa force et montre sa valeur dans sa faculté de se plier à l’explication des phénomènes les plus divers, aussi bien de ceux qui semblent représenter l’état normal que d’exceptions troublantes. Nous venons de le constater à propos de l’hérédité liée au sexe, de l’hérédité sex United, comme disent les biologistes américains. Nous allons en apporter de nouvelles démonstrations.
- LA LIAISON ENTRE FACTEURS
- En effet, chez les espèces où l’on peut suivre la transmission de caractères nombreux, il y a lieu de se demander si plusieurs de ces caractères n’arrivent pas à être supportés par le même chromosome. Si l’hypothèse que les chromosomes sont les vecteurs des qualités héréditaires répond à la réalité, elle doit valoir pour tous les cas, et, dans celui que j’envisage, la « disjonction indépendante » ne pourrait plus se produire pour tous les caractères considérés. La question doit se poser avec d’autant plus d’acuité que les qualités héréditaires étudiées sont plus nombreuses et les chromosomes plus rares, car alors le groupement de plusieurs qualités sur le même chromosome devient une nécessité logique.
- Une fois de plus, sur ce point, l’expérience vient confirmer la prévision théorique. Entre autres exemples, je recourrai, pour le montrer, au croisement entre deux races de Drosophiles, dont l’une a le corps noir (') et les ailes courtes (ne), l’autre, le corps gris et les ailes longues GL). Pour rendre plus sensible la particularité de ce cas, je supposerai d’abord que tout se passe selon les règles générales établies au cours du précédent chapitre. Leur application nous invite à considérer les hybrides de première génération comme détenteurs de la formule GL ne, et, puisque les caractères G et L sont dominants par rapport aux caractères n et v, ces hybrides doivent avoir tous le corps gris avec des ailes longues. C’est bien ce résultat que l’on enregistre. Mais, si la disjonction des caractères s’opérait dans les gamètes de ces sujets, il s’en développerait de quatre sortes, GL, Gv, nL et nv et les Drosophiles de la deuxième génération pourraient ainsi appartenir à quatre types, répartis suivant les
- 1. Cette coloration noire est un caractère distinct de celle que nous avions considérée, au cours de l’article précédent, dans l’étude du dihybridisme : il s’agissait alors d’un noir « ébène » particulier.
- rigoureuses proportions que j’ai définies antérieurement. Ici, justement, apparaît l’anomalie. La seconde génération ne compte en réalité que des individus gris à ailes longues, représentant les trois quarts de l’ensemble, et, pour un quart, des individus noirs à ailes courtes. Tout se passe comme si les hybrides n’avaient formé que deux sortes de gamètes, GL etnv, ce qui s’explique si l’on tient ces caractères pour réunis, deux à deux, sur le même chromosome (fig. 5).
- Des adversaires de la théorie chromosomique de l’hérédité -— car elle en compte :— pourraient être tentés de donner de cette particularité une explication d’ordre physique ou chimique, qui consisterait à imaginer un jeu d’attraction ou de répulsion réciproques entre certains facteurs. Mais la conception morphologique, qui les considère comme associés sur un même support et voit, dans celui-ci, l’agent de leur commun destin, l’emporte sans conteste, car des expériences de croisements entre d’autres races montrent que, chez elles, c’est la coloration noire du corps qui peut être indéfectiblement liée au caractère ailes longues.
- Nous n’hésiterons donc plus à conclure qu’un chromosome déterminé semble capable de se charger de plusieurs « facteurs » : propriété que les généticiens américains appellent le linkage. Les exceptions qui en découlent, par rapport à la théorie de la « disjonction indépendante » des caractères, viennent, en somme, confirmer la règle.
- Jusqu’ici nous avons constamment observé l’accord entre les faits d’expérience, et les prévisions fondées sur la théorie chromosomique. Allons plus loin encore dans cette voie. Si deux facteurs peuvent être liés sur le même chromosome, il n’y a aucune raison de ne point admettre que la même liaison arrive à associer un grand nombre de facteurs. Précisément tel semble être le cas chez les Drosophiles, à l’exemple desquelles nous avons si fréquemment recouru. Ces petites Mouches n’ont que quatre paires de chromosomes, et pourtant comptent de multiples races qu’opposent de très nombreux caractères. La pratique a enseigné, surtout aux généticiens de l’école de Morgan, qu’un seul de ces chromosomes est capable de supporter une vingtaine de facteurs que l’on trouve, par conséquent, « liés » d’une manière constante. Et comme les chromosomes de chaque paire offrent un aspect distinct (fig. 4); on a réalisé le tour de force d’établir les groupes de qualités héréditaires dévolues aux uns et aux autres,
- (A suivre.) Dr Max Aron
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- L’INDUSTRIE MARBRIÈRE FRANÇAISE
- Il y a quelque temps, deux jeunes élèves de l’excellente École spéciale des Travaux Publics et du Bâtiment revenant d’un stage accompli dans une usine marbrière du Nord, très satisfaits, semblait-il, de la carrière qu’ils envisageaient de suivre, répondaient à une demande qui leur était faite de chercher dans leurs condisciples de
- nouveaux candidats marbriers, car cette industrie avait besoin de personnel compétent, que cela ne serait pas facile, car les camarades semblaient mépriser cette soi-disant petite industrie presque inconnue; ils ajoutaient que des amis, élèves de l’École Centrale des Arts et Manufactures s’étaient même moqués d’eux, les dissua-
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- leurs aînés et non des moindres furent et sont encore nombreux parmi les propriétaires ou chefs des plus importantes firmes marbrières. Ils auraient dû, tout au contraire, les inciter à suivre la carrière: du marbre en leur faisant constater le grand essor de cette industrie ces dernières années. Il est vrai que la plupart reçoivent si peu d’instruction marbrière dans les écoles supérieures, qu’ils croient sans doute encore que tous les marbres qui enrichissent de leur beauté nos rues et nos intérieurs viennent de l’étranger. On doit aussi ajouter que les prétentions des jeunes diplômés sont aujourd’hui telles qu’elles écartent souvent
- Fig. 1 (en haut).
- La carrière de marbre de Campan. (Société industrielle des Pyrénées.)
- Fig. 2 (au milieu).
- Débitage de blocs dans la carrière de Campan.
- (Société industrielle des Pyrénées.) Fig. 3 (en bas).
- Extraction d’un bloc de marbre dans la carrière de Campan. (Société industrielle des Pyrénées.)
- le continuer.
- la possibilité de les engager; ils veulent des appointements de directeurs alors qu’ils ignorent encore tout d’une industrie particulièrement difficile, car elle nécessite des connaissances nombreuses et que de longues pratiques seules permettent d’acquérir ; ils ne savent rien de l’importance des carrières françaises, des puissantes entreprises qui les exploitent et met-, tent en œuvre leur production. La Nature m’a prié de donner à ses lecteurs un aperçu de l’industrie marbrière française; j’aurais. voulu être très court, mais la question est si importante que, bien que résumant très sommairement ce qui a été demandé, il a fallu s’étendre plus que de raison sans doute pour montrer simplement combien
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- cette industrie occupe en France une place importante.
- Il ne sera pa.lé ici que des marbres de France sans disserter sur les origines, les fonctions physiques ou chimiques du marbre. Il est toutefois utile de définir ce que l’on entend par Marbre et par Calcaire-marbrier.
- Dans son sens géologique, le terme « Marbre » est appliqué aux roches lormées de grains cristallisés de ca1— cite et de dolomite, ou du mélange des deux.
- La pierre calcaire a la même compo-sition chimique, mais en diffère en
- ce que les particules de carbonate de chaux et de magnésie qui la composent sont granulées et non cristallines. Dans le marbre, les cristaux peuvent être intégrés dans la masse, alors que dans la pierre ils y sont
- agglomérés et cémentés entre eux en particules séparées dans une masse solide. Mais dans son sens commercial, le « Marbre » a une acception beaucoup plus étendue.
- La possibilité de le polir est une de ses principales caractéristiques et on classe comme marbres toutes les
- Fig. 4 (en haut). — Une carrière de marbre à 2100 m d’altilude.
- La carrière de Maurin (Vert des Alpes). Terrassements pour abaisser de 15 m le plan de la carrière. (Société Derville et Cie.)
- Fig. 5 (à gauche). — Dans la carrière de Maurin. Le chantier de débitage. (Dervillé.et Cie.)
- Fig. 6 (à droite). — Carrière de Languedoc (vue d’ensemble). Au premier plan les masses de marbre déjà coupées.
- Au second plan, la masse en cours de- débitage. (Dervillé et Cie.)
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- roches calcaires susceptibles de prendre le poli. En conséquence, les pierres qui dans leur structure montrent un peu de cristallisation peuvent, si elles prennent un beau poli, être classées comme marbres.
- C’est ainsi que l’on classera comme marbre, les serpentines, les onyx calcaires et même les labradors qui n’ont aucun rapport avec lui. On pourra donc définir Marbre ou Calcaire marbrier tous les calcaires susceptibles de prendre un bon poli et utilisables dans les travaux de marbrerie.
- Avant de passer en revue nos beaux marbres de France, il est bon de noter que la densité des marbres varie de 2,580 à 2,900 suivant les espèces, avec une moyenne de 2,650 environ, à l’exception des serpentines beaucoup plus lourdes, qui atteignent presque 3000. On peut dire aussi que les marbres con'iennent en moyenne 91 pour 100 de carbonate de chaux, 1,42 pour 100 de carbonate de magnésie, 1,15 pour 100 de résidu insoluble aux acides, 0,63 d’alumine et de peroxyde de fer et le surplus en eau et pertes; que, si on prend pour base le granit (1000), la résistance à l’usure du marbre est d’environ 165 pour 1000; qu’il existe des marbres dans le monde entier.
- Après ces quelques lignes préliminaires, les pages suivantes donneront quelques aperçus sur l’histoire du marbre en France, montreront l’immensité des gisements sur notre territoire, leurs innombrables variétés, leurs qualités et se termineront par un bref exposé des moyens d’extraction et de transformation de ce matériau.
- HISTORIQUE
- Les gisements marbriers français ont été sans nul doute exploités à des époques très reculées comme on peut s’en
- rendre compte par quelques vestiges que l’on retrouve cà et là, mais on peut en suivre l’exploitation depuis l’invasion romaine. Celle-ci a laissé des traces nombreuses et sans citer tous ' les lieux où l’on rencontre des travaux en marbre exécutés par les Romains, on peut nommer Lyon, Vienne, Nîmes,
- Aix en Provence, la région de l’étang de B erre,
- Avignon, Arles, Toulouse,
- Dax, Limoges, etc.; les carrières de Saint-Béat, du Sarrancolin, de Cam-pan, du Languedoc furent sans nul doute travaillées ou ouvertes par eux et exploitées en grand.
- Ainsi, Rome nomma Fig. 7. — Schéma du procédé pour les diriger et les de débitage par fil hélicoïdal
- exploiter Bebnonius prae- muni de poulies pénétrantes,
- fectus tabellarus curatio—
- nis marmoribus et Lucius Junius Urascius magister a marmoribus, et on sait que Quintus Julius Julianus et Publicius Crescentinus, grâce à la protection des diéux sylvains, purent extraire, ouvrer et transporter des carrières de Saint-Béat des colonnes de 20 pieds. On dit même, que des marbres de la colonne Trajane à Rome proviennent de ces carrières. A Aix en Provence, en voit encore des baignoires romaines
- en brèche de la région et foule d’autres vestiges marbriers de cette époque. Il faut toutefois admettre que, si les Romains exploitèrent et exportèrent en Italie des marbres de France, ils en importèrent aussi des Apouanes ita-
- liennes.
- Après le départ des Romains, les carrières de France n’eurent plus une exploitation aussi active ; on peut
- toutefois trouver dans les églises et
- cloîtres du Midi de nombreux ouvrages en marbre pyrénéen admirablement et délicatement ouvrés. Ailleurs, le Moyen Age vit triompher la belle pierre de France, pâle et blonde, ferme' et capable de traduire toutes les nuances lés plus délicates, dans les nombreuses cathédrales et abbayes que l’on construisit alors. La Renaissance rétablit l’usage du marbre. L’influence italienne, les récits des voyageurs revenant émerveillés des marbres utilisés avec tant de munificence dans les églises, les palais et les places d’Italie, incitèrent les archi-
- F'kj. 8. — Vue de la batterie de fils de Brignoles. Carrière basse. (Société Les Marbres Français.)
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- Fig. 9.— Un beau travail de débitage. Une tabîe de marbre de 400 tonnes débitée au [il. Carrière Napoléon. (Société des Marbres du Boulonnais.)
- tectes français à employer cette belle matière. Les souverains facilitèrent cette renaissance du marbre. Louis XII chargeait Bachelier, élève de Michel-Ange, de diriger l’exploitation des marbres français et d’en tirer des matériaux pour les demeures royales. Henri II écrivait aux Consuls de Saint-Gaudens : Les beaux marbres rouges, blancs et verts de vostre pays sont choses qui équi-pollent bien ceux que Von porte ici à grand coût de Gênes, et suis marri, qu’on n ait continué à en tirer comme par le passé et du temps de mon Seigneur et Père. Pesant aorner certaines parties de ce mien chasteau de Saint-Germain en Laie, . je voudrais aucuns de vos marbres à cest effet, et si par adventure, vous m’obligez en cela, vous me trouverez toujours bon Prince à vous servir, mesmes si vous les envolés tost, ores, or il y ait loen de vos montagnes et ceste mienne maison. Quelques années plus tard, Henri IV recommandait au Connétable Bonne de Lesdiguière un marbrier parisien chargé de lui rapporter des marbres pour « Venrichissement de Mes maisons des Tuilerie?, Saint Germain en Laie et Fontainebleau », de ses « Provinces de Languedoc, Provence et Dauphine » ; il terminait ainsi sa lettre : « Je vous prie de le favoriser en ce qu il aura besoin
- de Vous. Vous, savez comme cest chose que J’affectionne, qui Me fait croire que Vous Vaffectionnez aussi et qu’il y va
- Fig. 10. — Parc à blocs. Usine de Jeumonl.
- (Société Les Marbres français.)
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- de Mon contentement. Sur ce, Dieu vous ait, Mon Compère, en Sa garde. Henri».
- C’est sous Louis XIV que l’exploitation des marbres français prit un grand essor sous l’impulsion de Colbert qui fit dresser un inventaire des dépôts de marbres bruts et ouvrés qui se trouvaient en France, et aussi des carrières et gisements connus ; il fit confier par le Roi au duc d’Antin, et à des grands du Royaume la direction de exploitations et on vit bientôt s’orner les palais et les châteaux de la Couronne et des courtisans de marbres magnifiques tels le « Grand Deuil » ou « Drap mortuaire », le « Rouge de France » ou « Marbre du Roi », les « Campan », les « Sarrancolin », les « Escalette », les « Marbres de Provence »; le marquis de Galiffet, de sa terre du Tholonet près d’Aix, envoyait aux Princesses Royales des cheminées et des tables de mar-
- bre de la belle brèche qu’il exploitait et nommait en leur honneur « Brèche Mesdames ».
- Dans l’ouest, l’Intendant de la générahté de Tours, de Miromesnil, signalait au Dauphin les « très beaux et très fins » marbres extraits par ses soins dans l’élection de Laval.
- Sous. Louis XV et Louis XVI, les marbres italiens devinrent un peu en vogue, car le fin veinage de certains d’entre eux se prêtait mieux aux charmants travaux de cette époque. Napoléon Ier décida en 1812 de construire un palais pour le Roi de Rome sur l’emplacement actuel du Trocadéro; les seuls marbres français devaient y être utilisés. Si ce projet ne vit malheureusement le jour, par contre les marbres verts des Alpes et d’autres marbres aux riches tonalités furent largement employés dans
- Fig. 11 (en haut,-à gauche).
- Carrière du Languedoc.
- Vue montrant le débitage des masses par coupes perpendiculaires au sens des terrasses en haut et à gauche :
- tranchée donnant accès à la carrière. (Dervillé et Cie.)
- Fig. 12 (au milieu). — Carrière du Languedoc.
- Couloir de 22 m où l’on placera les montants de sciages destinés aux sciages à la masse. Cette vue permet de se rendre compte de l’importance de la masse de marbre à débiter, qui a été dégagée par les habituels travaux de découverte. (Dervillé et Cie.)
- Ftg. 13 (à droite). — Carrière du Maurin.
- Une masse -sous-cavée suspendue par le haut, et, par la paroi, adossée à la montagne. (Dervillé et Cie.)
- Fig. 14 (en bas). — Carrière de Grand Antique.
- Dans le fond : une masse sciée prête à être renversée. — Au premier plan, l’échelle s’appuie sur un gros bloc traîné au milieu de la carrièr pour être débité en blocs plus petits. Le sol de la carrière a été complètement scié au fil. (Dervillé et Cie.)
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- Fig." 15. — Un bloc de marbre prêt à être transporté. — Carrière de ~ Maurin. (Dervillé et Cie.) _____
- la cheminée et la pendulerie, avec des bronzes dorés.
- Sous la Restauration, on pouvait entendre, à la Chambre des Députés, de Puymaurin s’écrier : « Que le Gouvernement ouvre les yeux sur les richesses de ce genre enfouies depuis tant de siècles, qu il aide les entrepreneurs de sa puissante protection et la France naura plus à envier et à payer les marbres cVItalie ».
- Le Roi économe, Louis-Philippe, fit préférer au marbre riche ses frères plus pauvres tels les calcaires-marbriers nommés petits granits ou Soignie que l’on pouvait faire venir à bon compte du Hainaut et aussi d’autres types de marbres bon marché, caractéristiques de ce règne.
- ' Visconti, Lefue-1, Montferrand, Garnier sous Napoléon III employèrent par contre les marbres et les onyx les plus coûteux; si l’on parcourt le Grand Opéra, l’Hôtel de la Païva, la Chambre de Commerce de Paris et tant d’autres palais ou hôtels de cette époque, on est frappé par l’emploi du marbre aussi luxueux que lourd comme le style de cette période.
- Enfin à l’exposition des Arts Décoratifs de 1925, grâce à la Fédération marbrière de France qui venait de naître, on put admirer et s’enthousiasmer devant cette longue théorie de tapisseries aux couleurs les plus riches, les plus variées, aux dessins les plus fantaisistes qui ornaient les galeries extérieures de l’esplanade des Invalides, et donner au marbre ce magnifique essor dont on voit aujourd’hui le résultat sur ces innombrables façades de maisons, de magasins, ces intérieurs d’hôtels, de cafés, de restaurants, de théâtres, de banques, tous recouverts avec tant de- munificence par nos beaux marbres de France, le plus généralement.
- LES GISEMENTS
- On peut dire sans se tromper qu’il y a dans toutes les parties de la France des gisements marbriers ; on pourrait en citer au moins plusieurs dans chaque département mais certaines régions sont plus riches que d’autres; on les passera très rapidement en vue.
- Région du Nord. — Les Noirs unis, mais surtout veinés de blanc, et les gris dominent dans les environs de Jeumont, tandis que les rouges type rouges des Flandres
- sont fort nombreux dans ceux de Maubeuge et de Cousolre ; si du Nord on passe dans le Pas-de-Calais, ce sont des café au lait comme tonalité générale qui s’y exploitent, surtout entre Calais et Boulogne auprès de Marquise et que l’on classifie sous le nom général de Lunel et que l’on spécialise sous ceux de Napoléon petit et grand, mélange, Pied d'alouette, Tigré, Notre-Dame, Caroline, Joinville, Stinkal, etc. Dans les Ardennes, des noirs, des brèches calcaro-marbrières assez coquillières où les tonalités noires, grises et jaunâtres dominent.
- Région de l’Est. — Les grès abondent dans cette partie de la France avec les granits, mais on y trouve des marbres jaunâtres peu exploités dans le Haut-Rhin, des bruns parfois verdâtres comme les Russ du Bas-Rhin qui produit aussi les gris d’Alsace veinés de brun et de rouge des environs de Schirmeck; si on trouve peu de gisements en Moselle et Meurthe-et-Moselle, par contre les lumachelles des Argonnes de Meuse et) quelques calcaires marbriers parsemés dans les filons de pierres du département de la Meuse présentent de l’intérêt. Le Doubs possède des calcaires-marbriers comme le Grand Noir de Puilly près de Besançon et les blancs ou crèmes de Montlebon, Malcombes, Lougres, Pouligney, etc.... Dans le Jura, à côté des albâtres de Saint-Lothain qui furent fort exploités autrefois, avec ceux de l’Abbaye de Poli-gny, de nombreux et beaux marbres, comme les Bleus d’Arbois et de Salins, jaspés de gris et de blanc; les Brocatelles de Molinges aux tonalités jaunes, violettes et roses dominées par le jaune que l’on retrouve dans ce jaune Lamartine, ainsi baptisé par les Romantiques, au fin veinage rose, delà même région. Non loin, les calcaires-marbriers de Belvoye, Damparis, Cousance aux tons très clairs et ceux allant du gris-jaunâtre au rouge vif de Sampans. Quelques brèches et poudingues du côté de Saint-Amour, de Sirod et même des noirs jurassiques à Saint-Lothain. Plus bas encore, l’Ain a des calcaires-marbriers clairs dans les parages de Brégnier-Cordon, Glandieu, Groslée, Ilauteville, Parves, Rocheret, Saint-Rambert, Villebois et autres, des lumachelles dans les mêmes endroits et quelques autres marbres de qualités secondaires. En Saône-et-Loire, quelques calcaires-marbriers très coquilliers.
- Région du Sud-Est. — La région alpine est remplie de gisements marbriers ; malheureusement la plupart d’entre eux sont du fait de leur altitude ou des difficultés d’accès peu exploitables; il faut toutefois en citer un bon nombre de fort intéressants. Dans l’Isère, on trouve des noirs à Seyssins, Peychagnard-Lamure d’Isère, dans le massif de la Grande-Chartreuse; des lumachelles jaunes et rosées à Yerna, la Buisse, Saint-Julien de Ratz; de belles brèches aux tonalités variées à Seyssins, La Vil-lette, Grande-Chartreuse, Le Désert Savoie, des blancs statuaires (pour échantillons) à Yaljouffray; des blancs crèmes tels les Echaillon, les Yizille et autres et aussi des verts tels ceux de Peychagnard et encore d’autres types intéressants. Il en est de même dans les Hautes-Alpes où l’on rencontre les belles serpentines aux tons verts si variés du Drac et de la Haute Durance, de Saint-Véran; les noirs unis et brèchés du Briançonnais, de Gap, de Saint-Firmin en-Valgodmar ; les gris plus ou moins
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- sombres et souvent veinés de blanc de Charence, de Guillestre, de Morgon, etc.... Dans les Basses-Alpes, les brèches jaunes de Digne, des autres brèches ou des veinés aux tous divers à Entrevaux, Sisteron, Saint-Vincerrt-sur-Jabron, Saint-Paul-sur-Ubaye, les célèbres Verts maurins, etc.... Dans les Alpes-Maritimes le jaune vif à jaspage rouge de Saint-Vallier-du-Thiey, les calcaires-marbriers jaunâtres de la Turbic, les blancs de Grasse à Rocquevignon ; les onyx ou albâtres niçois. Le Var est très riche en marbres, les fonds jaunes dominent : on y voit entre autres, à côté des divers blancs du Var, toute la série des jaunes du Var : Citrons, Rosés, Jaspés, Sainte-Baume, Ambrés, et tous les Rosés à fond jaune des environs de Brignoles et de Saint-Maximin, puis les Brèches jaunes, rouges et brunes de Pourcieux, de Salernes ; les onyx de Draguignan ; les albâtres de Campredon près de Carcès, les rouges clairs de Draguignan. Tous ces marbres doivent leurs tons rose sur le jaune à la bauxite que l’on y rencontre partout. Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont les brèches d’Alep ou d’Alet, ou Galiffet, ou Mesdames, ou Saint-Antonin, ou Impériale, ou Arlequin, ou Dorée ou du Tholonet, ou Sainte-Victoire (les noms sont si variés que l’énumération serait interminable) des environs d’Aix; celles de Memphis ou de Marseille-, le Rouge étrusque si curieux avec son fond rouge brique vif aux flammes en forme de coquillages ou de sangsues d’argent, caparaçonnés d’or, de Vitrolles; foule d’autres types où toujours le jaune, le rose, le rouge et le brun dominent. ' '
- Région du Sud ou Pyrénéenne. — Cette région présente les plus grandes variétés de marbres et les exploitations les plus nombreuses. On peut dire que de la Méditerranée à l’Océan, les carrières se suivent presque ininterrompues.
- Ariège. — Noirs unis et mouchetés ou veinés de blanc de Bélesta, Montferrier, Moulis; brèches ou veinés où les roses, les violets, les bruns, les jaunes dominent, de Saint-Girons, Seix, Moulis, Ganemon; les Escalette beiges veinées de violet foncé; le Grand Antique, ou Grand Deuil ou Drap mortuaire superbement brèché à larges plaques de blanc et noir d’Aubert-sur-Lez ; les Petits Antiques à taches et veines plus menues de Saint-Girons; les Griottes, œil de Perdrix et unies de Seix, les Pourpres de Riverenert, les Amarantes de Saint-Girons; les Pou-dingues de Seix; enfin, en en oubliant beaucoup, toute la série des Verts : Fleuris, Français, Mède, Pastillés, Unis, Vert-vert, d’Estours et des régions de Seix et Saint-Girons.
- Aude. — Dans ce département les environs de Caunes-Minervois sont célèbres par leurs nombreuses carrières de Rouge Languedoc ou Incarnat, ou Rouge de France, ou Marbre du Roi aux tonalités écarlates à grandes flammes blanches parfois parsemées de riches taches grises d’un effet toujours très décoratif à la réputation mondiale. Dans les environs de Narbonne, des lumachelles intéressantes; de très beaux albâtres à Saint-Louis, près de Revel; enfin des marbres rouges vifs unis et des verts et rouges dans la même région de Caunes-Minervois.
- Haute-Garonne. — Dans ce département, il faut citer tout cl’abord les Blancs de Scdnt-Béat au grain cristallin
- =— ....... = 495 =
- Isaccharoïde tantôt statuaires, tantôt plus ordinaires, tantôt bleutés, si appréciés par les Romains; les blancs ‘f(TArguénos peu exploités du même genre; les Brèches (foncées de Cierp, les Griottes brunes, les Hortensia, les 'Isabelle de Cierp ; les marbres aux coloris très variés ;de Bisé, les Nankin de Mancioux, les Verts de Lèze, beaucoup d’autres.
- Hérault. — Gris et noirs de Pezenas, Roses et Rouges de | Saint-Pons, Cette, Pézenas, Cessenon, etc.; Jaunes et Ivoirés de Frontignan, Vendargues, Saint-Pons et des Brèches nombreuses.
- Lot. — Divers rouges et nankins à Léobard, Cahus, Cahors, Larnagol ; des serpentines à Saint-Céré, Cahus et divers autres marbres.
- Dans le Lot-et- Garonne, on peut citer le Jaune franc aux teintes chaudes avec des traînées violettes ou roses de Tournon d’Agenais et les Brèches Barron de la même région.
- Pyrénées-Orientales. — Marbres très variés et nombreux : les beaux blancs plus ou moins exploitables de la Preste, du Mas-Carol,- de Py; les magnifiques onyx-calcaires de Fontrabiouse, de La Preste;, les Incarnats si décoratifs de Ria, Serdinya, Villefranche-de-Conflent, Jujols,
- [Fig. 10. — Un plan incliné dans une carrière de marbre, carrière de Brignoles. (Société Les Mai-lires français.)
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- Fig. 17. — Carrière de la Société des Marbres du Boulonnais : carrière, parc et pont roulant, batterie de fils.
- (Société des Marbres du Boulonnais.)
- Thuir, les violets de Villefranche-de-Gonflent ; les gris et bleutés de La Preste, Baixas, les noirs de Baixas; les cipolins de Tech et de très nombreuses brèches autour de Baixas, Ansignan, Thuir, Estagel, Calce, Cases de Pêne etc. ; enfin des serpentines près de La Preste.
- Hautes-Pyrénées. — Dans ce département, il y a lieu de nommer d’abord les divers Campan aux couleurs vertes, blanches, rouges et rosées artistiquement mélangées; puis toutes les brèches si diverses de Baudéan, Sost, Lourdes, Bagnères-de-Bigorre, Asté, Vieil-Arreau, etc.; les Sarrancolin d’Ilhet aux tons juxtaposés très divers; les gris et lès verts de Tarbes, Ossun, Sost; les lumachelles et foule d’autres marbres, beaux en général.
- Basses-Pyrénées. — Là encore de nombreux marbres, comme les Amarantes d’Osserain, près de Sauveterre-de-Béarn; les calcaires-marbriers d’Arudy noirâtres et violacés, veinés de blanc, ceux d’Arros et de Bosdarros blanchâtres, bleutés et mastic, les nombreux marbres noirs veinés de blanc comme le bleu Henri IV et autres de la Vallée d’Aspe et de Saint-Christau-Lurbes ; les délicieux Benou au ton ivoiré veiné de vert et de violet délicats; les blancs secondaires de la région de Louvié-Soubiron; les bleutés de la même région. y Région du Centre. — Bien pauvre en marbre cette ; tégion à côté de la précédente, mais sifriche en calcaires-marbriers splendides que l’on rencontre en Côte-d’Or, dans T Yonne et dans les départements voisins. Il suffira de! nommer dans P Yonne : la Lumachelle d’Arcis-sur- ‘ Cure, le Larrysf.dans la Côte-d’Or : Y Arc jaune et' fouge; le bleu doré de Ghâtillon-sur-Seine; les Comblan-ehien, le Corgoloin, les Rocberon, le Ladoix, le Pouille-naÿ, le Lizeron, Te Saint-Georges,et beaucoup d’autres. : Dans le centre aussi les Buxy.
- Région de /’Ouest. — Dans l’Ouest, les marbres sont surtout concentrés dans la Mayenne et la Sarthe. Les environs de Gréez-en-Bouëre, en Mayenne, produisent les
- variétés de Boisjourdan au ton gris souris sombre, flammé de rouge éclatant et avec quelques traînées blanches que l’on rencontre dans tant de façades de magasins et près de Sablé et de Laval en Sarthe, les Sarran-colins de l’Ouest ou Poses Enjugeraies ou Roses La Pélivière panachés de rose brique et gris perle avec quelques flammes blanches et rouges et les marbres du Maine qui s’approchent de ceux-ci ou de ceux de la Mayenne.
- Région de Corse. — Après avoir ainsi passé longuement et pourtant très sommairement les principales régions marbrières de la France Continentale, il est nécessaire de donner une idée de la richesse marbrière française hors France. C’est d’abord la Corse aux gisements très nombreux et peu exploités qui possède des Blancs au Cap Corse, à Borgo, Ortiparo, Gavignano, du marbre mosaïque à Moltifao, des Rouges à Olmeto et Oletta, d’innombrables serpentines, et d’autres gisements les plus divers.
- Algérie. — Les marbres algériens sont surtout concentrés dans les deux départements extrêmes. Alors que dans celui d’Alger on ne trouve qu’un calcaire-marbrier coquillier noirâtre veiné de blanc, aux environs de Bougie et quelques brèches dont la meilleure est celle gris jaunâtre et rouge du Cap Matifou, on trouve dans celui de Constantine les beaux gisements d'onyx calcaire doré, nuagé, rosé d’Aïn-Smara, les onyx rouges cl’El Kantara, les jaunes de Chemtou et, auprès de Philippeville sur le mont Filfila, toutes les qualités des marbres italiens malheureusement le plus souvent traversés par le fer des mines voisines. De même dans la province d’Oran, on exploite les beaux onyx de Aïn-Telcbalet, Sidi-Hamsa, Bou-ITanifa, ITadjadjia, Sidi-Oucha, Tarnana et de très beaux marbres comme les jaunes et verts de Chouarfa, les bruns de Aïn-Ouinkel, les jaunes et rouges de Numidie, de Krichtel, les jaunes Safra, les violets de Numidie, la brèche sanguine de Krichtel, etc...
- Maroc. — L’exploitation des marbres marocains s’annonce comme devant être importante, mais pour le moment, faute de moyens de communication, on n’exploite que les marbres de l’Oued-Akreuch rougeâtres, ceux de l’Oued-Yquem gris, roses et noirs veinés de blanc et surtout TOghnika gris turquin acier veiné et nuagé ton sur ton de noir et blanc. Tous ces marbres se trouvent entre Casablanca et Rabat
- Tunisie. — Peu de marbres en Tunisie, si ce n’est un calcaire-marbrier, le rose-gris de Tunisie, mais de très beaux onyx jaune et vert clair non loin de Tunis à Djebel-Oust.
- Autres colonies. — Nos colonies produisent, du fait de la nature de leur sol, très peu de marbres et les exploitations en sont minimes. Toutefois, en Indo-Chine, on peut citer les marbres de Thala-Bonivat, Melouprey, Sratau dans le Cambodge, la Pierre des Montagnes de Marbres de Tourane en Annam. A Madagascar, le blanc dé Kiranomena, le calcaire-marbrier rose de la Montagne
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- des Français à Diego-Suarez. C’est à peu près tout ce que l’on connaît comme marbre à ce jour dans nos possessions coloniales, mais on en découvrira sans doute un jour ou l’autre.
- Conclusion. — Cette longue énumération, si fastidieuse soit-elle, démontre toute la richesse marmoréenne française, sans nécessité de citer tous les autres départements qui possèdent des marbres. En terminant, il y a lieu de dire qu’à la suite d’une enquête faite par l’auteur de ces lignes, il a pu noter en France plus de 700 gisements connus de marbre et calcaire-marbrier et combien ont été omis !
- QUALITÉS ET PRODUITS
- Beaucoup de gisements, mais, dira-t-on, la qualité vaut-elle la quantité; on peut répondre nettement par l’affirmative. La France ne peut certes prétendre à la première place pour les marbres blancs dont la suprématie reste à l’Italie; s’il existe en France des filons de blancs aussi fins de grain que ceux des Apouanes, ils sont minimes et presque inexploitables industriellement; par contre les blancs comme ceux de Saint-Béat à grain plus fort, sont fort adaptables à la statuaire (statue de la Défense de Paris par Bartholomé au Carrousel par exemple), mais plus particulièrement à la marbrerie n’exigeant pas un poli très fin, comme les marches’d’escaliers du Palais de Versailles, les thermes de Dax et foule d’autres travaux, dans le Midi en particulier. Par contre les marbres de couleur français sont de tout premier ordre et sont exportés dans le monde entier. Les calcaires-marbriers du type des Hauteville, des C.orgo-loins,. des Ladoix, des Buxy, des Comblanchien, des Chatelperron, des Lunel, des Napoléon, n’ont pas leur égal et sont renommés justement sur tous les continents ; on peut le dire plus encore des admirables marbres que sont les Noirs Antiques, les Incarnats, les Languedoc, les Sarrancolins. les Rouges étrusques, les divers Rosés et Jaunes du Var, les Campan, les Benou, les Verts des Alpes, combien d’autres encore. On peut donc affirmer que la qualité des gisements vaut leur quantité.
- Combien produit-on de marbre en France, il est très difficile de le dire, car'les propriétaires répondent peu à ces questions ; en général on admet que la production se répartit comme suit : région pyrénéenne 40 pour 100 ; région du sud-est 25 pour 100; région du nord et de l’est 15 pour 100; autres régions 20 pour 100, mais ce chiffre peut varier d’année en année, suivant la mode, qui tantôt veut un marbre, tantôt un autre, et dans ce pourcentage on ne comprend que les mairbres purs et non les calcaires-marbriers, car alors, du fait de la grande consommation des pierres marbrières du Centre, on devrait modifier fortement ces proportions. D’après le rapport général sur l’industrie française, tome D, page 552, la production française aurait atteint en 1900 :
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- 614331 tonnes pour redescendre en 1913 à 210344 tonnes, mais ces chiffres semblent sujets à caution, car on n’explique suffisamment les matériaux considérés et il y a tout lieu de croire que ces chiffres sont erronés. La France importe environ 45 à 50000 tonnes de marbres étrangers particulièrement d’Italie, Belgique, Grèce, Portugal, Espagne.
- Elle en produit (sans parler des calcaires-marbriers dont la statistique est des plus difficile, car nombre de .carrières produisent des calcaires-marbriers et des pierres de construction et de maçonnerie), au moins le double peut-on dire, soit près de 100 000 à 150 000 tonnes. Le nombre d’ouvriers employés se chiffre à 20 000 environ pour la plupart Français, mais avec adjonction d’Italiens, surtout dans le Midi et de Belges en particulier dans le Nord.
- Alors que les carrières sont disséminées dans toute la - France, les usines marbrières sont, avec les scieries à marbre, plus rassemblées. On en trouve le plus grand nombre dans la région du Nord : Cousolre est une petite ville uniquement marbrière ; près d’elle des centres importants de marbrerie se trouvent à Jeumont, Idou-dain-lez-Bavay, Bellignies, Gussignies, Fresne-sur-Escaüt, Hon-Hergies. Puis Paris avec de nombreuses usines pour travaux de luxe. Dans l’Est : Strasbourg, Saint-Amour, Sault-Brenaz, Molinges, Glandieu-Brégnier-Cordon. Dans le Sud-Est : Grenoble, Marseille, Antibes, Nice, Avignon, Lyon. Dans le Sud : Ria, Bagnères-de-Bigorre, Saint-Béat, Arudy. Dans le Centre : Buxy, Comblanchien, Corgoloin. Dans l’Ouest enfin : Sablé et Laval. Les princi-! paux ports d’exportation sont Marseille, Dunkerque, Là Havre et Bordeaux. Les douanes frontières terrestres les plus utilisées à l’importation comme à l’exportation sont Jeumont et les autres postes douaniers franco-belges, les gares de Vintimille et Modane pour l’Italie. j
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- Fig. 18. — Parc à tranches. — Usine de .Jeumont. !
- (Société’Les Marbres Français.). V ’
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- EXTRACTION
- L’extraction du marbre en France, du fait de la similitude des exploitations marbrières presque toutes à ciel ouvert, est assez uniforme, et peut se résumer ainsi : les marbres français se présentent en général en couches plus ou moins épaisses reposant sur une assise commune. On observe d’abord le sens des fissures afin de se rendre compte des dimensions des blocs que l’on pourra obtenir et de leur solidité; après cette étude sur laquelle, nous ne nous étendrons pas ici et qui permet de voir, suivant la qualité et le prix de vente du matériau, s’il y a lieu ou non d’ouvrir la carrière qui sera bonne si elle peut rendre au moins 30 pour 100 des blocs; puis par de nombreux échantillons importants que l’on fera scier en tous sens, polir et ouvrer, on se rendra compte .de la qualité de la carrière. On étudiera l’inclinaison des
- Fig. 19. — Parc à blocs dans une carrière (Brignolss).
- (Société Les Marbres Français.)
- couches et on fera au besoin appel à un géologue.
- Après s’être assuré de toutes les probabilités de réussite, si la carrière a, comme on le supposera, de l’importance, on se procurera autant que-possible de la forcé électrique et à son défaut des moteurs mécaniques à essence ou huile lourde, puis des wagonnets et des voies pour les déblais, des compresseurs et engins pneumatiques, des fils hélicoïdaux, des treuils, parfois des appareils pour Va-et-vient, des crics, des marteaux, des barres à.mines, et toute une foule d’autres ustensiles utiles à l’exploitation. Puis on fait soit à la main, soit avec des mines à la poudre noire (autant que possible jamais de poudres brisantes ou de dynamite dont les effets nocifs se feraient sentir pendant des années), le déroctage et la découverte nécessaire pour arriver à voir toute la masse que l’on désire exploiter; et on fera ce travail préparatoire sans danger pour l’avenir de l’exploitation, c’est-à dire en sachant placer en un lieu où ils n’auront
- pas besoin d’être retouchés les déblais et aussi en disposant les travaux pour que la carrière se présente bien. Ceci fait, à moins que l’on ne soit obligé de travailler à la mine, ce qui aujourd’hui est de moins en moins pratiqué, ou à l’aide de coins placés dans les fissures, ce qui est peu utilisé aussi, on installera un appareil de carrière : le fil hélicoïdal muni de poulie pénétrante. Avec des perforatrices spéciales, on creuse aux deux extrémités dé la masse homogène que l’on veut exploiter, deux puits de diamètres restreints, destinés à recevoir chacun une colonne qui portera le fil. Ces montants seront munis de deux poulies dont la supérieure pourra être orientée en tous sens, tandis que l’inférieure sera fixée dans le sens du sciage à obtenir. Ces deux poulies seront à gorge et un mécanisme de descente et des guides obligeront la poulie inférieure à descendre dans le puits à mesure du sciage qui pourra être, suivant les cas, vertical, horizontal ou oblique. On montera alors sur les poulies le fil d’acier à 3 brins enroulés en hélice. Ce fil mû d’un mouvement giratoire sera le plus long possible afin de parcourir un long espace en dehors du sciage et avoir ainsi le temps de se refroidir et il sera à cet effet guidé par des poulies d’orientation. Un moteur fournira le mouvement; il suffira suivant la dureté du marbre et de quelques autres données de peu de force (en général 4 à 8 ch suffisent amplement) et une grande poulie sur chevalet incliné munie de poids calculés à cet effet servira de tendeur. Sur la partie à scier on placera des planches penchées vers le sciage avec du sable siliceux et de l’eau, pour faciliter le sciage par usure du marbre. On opérera autant de sciages que nécessaire, jusqu’à ce que la masse puisse glisser sur le plan de carrière ; on la conduira alors à l’aide de treuils, crics, roules, bois savonnés, ou autres moyens jusqu’au point de descente ou de chargement, ou, chaque fois que cela sera possible, à des batteries de fils hélicoïdaux fixes qui termineront l’équarrissage ou débiteront la masse à des mesures données ou plus aisément transportables. Le bloc sera donc équarri et prêt à être transporté ou travaillé, et il aura bien entendu été purgé de ses défauts par les ouvriers équarrisseurs à l’aide de ciseaux et de marteaux pneumatiques et au besoin aussi, diminué par des coupes faites avec des coins enfoncés à coups de masses dans une entaille en Y faite au ciseau à cet effet. Avant de faire partir la masse on la mesurera suivant les règles de l’art en laissant un affranchi nécessaire pour compenser les inégalités des surfaces, les flaches ou défauts. On pourra se rendre compte du poids en multipliant par 3000 le cube obtenu. Ce chiffre un peu supérieur à la densité du marbre donne le poids avec une grande approximation, car il compense les manques du bloc sur les surfaces d’équarrissage. De même pour avoir le poids des tranches en 0,02 on multipliera la surface par 60 et pour les autres épaisseurs en proportion. Voici donc le bloc prêt à être expédié, on l’amènera alors au point de chargement, soit à l’aidé du sys-
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- tème de glissage qui consistera à le faire glisser placé sur un traîneau ad hoc sur des bois savonnés et en guidant la descente à l’aide de trois gros câbles de chanvre ou métalliques enroulés autour de fûts ou d’un treuil, soit à l’aide d’un plan incliné sur wagonnet, soit si la carrière est au même plan que celui de chargement à l’aide de ponts roulants ou de grues ; bref on opérera suivant les dispositions naturelles des terrains et des plans de carrières et de chargement. Le bloc sera ainsi amené, soit sur des wagons qui s’en iront à destination par la voie de raccordement de la carrière, soit par des camions attelés à des tracteurs, ou même sur des chariots traînés par des chevaux ou des bœufs.
- On doit noter que dans certaines carrières en contre-bas on peut parfois installer de grands ponts roulants ou des câbles transporteurs circulaires qui permettent de faciliter l’extraction et de faire remonter les masses jusqu’à la plate-forme de chargement. On opère ainsi par exemple aux diverses carrières de Lunel et il est assez fréquent de voir des ponts de plus de 100 mètres de portée pesant plus de 750 tonnes et qui ont une puissance de levage de 30 à 50 tonnes.
- TRANSFORMATION
- Le bloc sorti de la carrière est amené, soit directement, soit indirectement en passant par des dépôts de blocs bruts, aux usines pour y être utilisé. Alors qu’on aura besoin d’une masse spéciale pour tel ou tel travail, on commencera si nécessaire par la couper aux mesures utiles à l’aide de fils hélicoïdaux, puis on l’amènera soit à des tours si on veut en faire des colonnes,
- Soit à dès moulureuses s’il doit en sortir de larges épaisseurs ouvrées, soit enfin aux scieries si on doit produire avec la masse des tranches d’épaisseurs données. Pour amener les blocs du parc à blocs aux appareils de transformation, on utilisera le plus souvent des ponts roulants de service et des wagonnets qui iront sous les armures de sciage ou les appareils de transformation. L’armure de sciage permet de débiter les blocs en épaisseurs variant en général de 8 mm à 100 mm, mais le débitage le plus usuel est de 20 mm. Ces châssis de sciage sont munis d’un mouvement oscillant grâce à des bielles que l’on fait de plus en plus courtes afin de mieux favoriser le passage du sable sous la lame grâce à une levée plus forte ; les lames sont en acier sans dents et séparées entre elles par des taquets en bois ou métalliques déterminés suivant les épaisseurs que l’on veut avoir. Un mélange bien calculé de sable siliceux et d’eau permet le sciage et l’armure descend automatiquement à l’aide de vis qui permettent un mouvement régulier de descente. Ces ar-
- Fig. 20. — Galerie de polissage. — Usine de Jeumont.
- (Société Les Marbres Français.) -
- mures qui peuvent atteindre 4 à 5 m de longueur par plus de 2 m de largeur et autant de hauteur ont comme dimensions moyennes 3,80 X 1,40 m.
- Une fois sciées les tranches sont transportées sur leurs wagonnets ou par chariots, soit au parc à tranches, soit aux appareils de polissage ou aux débiteuses qui les mettront à mesures fixes. Ces débiteuses. sont soit des armures à peu de lames ou même à une seule lame, soit clés fils hélicoïdaux, soit des meules à carborundum vers lesquels on pousse les tranches sur des chariots mus
- Fig. 21.'-— Galerie de montage. — Usine de Jeumont; ~
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- à main ou par moteur. Une fois débitées aux mesures exactes, on les moulinera à l’aide d’une couronne en fonte tournant autour d’un axe fixe vertical sur lequel on vient user les champs du marbre jusqu’à obtenir la mise à l’équerre des champs et les mesures exactes et on les moulurera à l’aide de meules au carborundum ayant' le contre-profil de la moulure recherchée. Le polissage s’opérera ensuite; on polira d’abord les plats avec des polissoirs à ferrasses constitués par des tables d’au moins 2 m de côté sur lesquelles on scelle au plâtre les pièces à. polir. Au-dessus de la table un lourd plateau vient tourner avec un double mouvement de rotation qui lui permettra d’user très régulièrement la face du marbre. Pour les champs on utilisera un touret composé de plusieurs épaisseurs de toile animé d’un mouvement de rotation très rapide et on terminera à main le polissage. Un aura préalablement mastiqué à chaud les terrasses .et trous qui se trouveraient dans le marbre et on complé-.tera à froid, après polissage ce masticage suivant les règles de l’art. Certaines pièces seront conduites aux ateliers de taille, d’ornementation et de sculpture. Les travaux seront en général montés dans les ateliers des usines marbrières avant d’être expédiés afin d’opérer un appareillage parfait des morceaux juxtaposés et d’arriver à des joints exacts et invisibles autant que faire se peut entre les pièces. C’est ainsi que l’on obtient ces effets merveilleux de dessins fantastiques que l’on peut voir sur des revêtements en marbre.
- Après être ainsi passé par tant d’appareils, avoir reçu tant de soins minutieux, exigé un travail ardu, délicat et artistique, l’ouvrage commandé à l’usine tout prêt à être posé sera expédié en caisses ou dans des cadres spéciaux jusqu’à destination. Ce sera alors aux poseurs à le mettre en place et à en terminer le nettoyage final. Les marbres seront scellés entre eux soit directement, soit avec l’aide de goujons de bronze ou de cuivre et seront scellés aux parois à l’aide d’agrafes, de tampons d’étoupe plâtrés et par d’autres procédés, suivant la nature du fond, la forme, le poids des marbres et les effets que l’on veut obtenir. 11 y aura lieu enfin de conserver les marbres en bon état en les frottant souvent avec des chiffons de toile, en les lavant sans matières corrosives, en les encaustiquant, bref en employant des systèmes fort simples que les marbriers indiqueront et qui permettront de les conserver facilement et indéfiniment dans un état magnifique.
- EMPLOI
- Les emplois du marbre sont infinis et en donner la liste serait interminable. Dans la construction, le marbre est de plus en plus utilisé pour le revêtement des façades et on cherche à en rendre l’application le plus économique possible afin cl’en permettre l’accès à toutes les bourses; on étudie actuellement, après être parvenu à diminuer l’épaisseur des revêtements à 2 cm même, grâce à des perfectionnements dans les moyens de scellement, à éviter les joints coûteux en faisant glisser les plaques de marbre dans des cornières de fer ou de béton standardisées. «>
- A la dernière exposition de l’Habitation, au parc des Expositions (octobre-novembre 1929), la Fédération Marbrière a exposé diverses maquettes de ces revêtements économiques en marbre et calcaire-marbrier qui ent été fort remarquées par les architectes et les métallurgistes.
- Dans les intérieurs ce sont les décorations des salles de bains, des salons, des escaliers, les revêtements des salles d’opération, les installations des magasins de luxe, mais aussi des boucheries, laiteries, poissonneries, épiceries, restaurants et bars. On a commencé même à exécuter de véritables fresques de marbre grâce à la savante juxtaposition de marbres divers découpés et bien choisis afin de donner l’illusion d’une large peinture murale aux sujets les plus divers comme des visions mauresques, des cascades, des paysages lacustres et montagneux, etc... L’électricité emploie les marbres de préférence pour les tableaux électriques; l’industrie du cuir en réclame pour ses tables de corroyage; on en pulvérise pour les biscuits des moulures ; on prend des déchets pour des mosaïques, et aussi comme fondants dans les industries métallurgiques ; on en fait même des ersatz marbriers en les combinant avec des ciments. Dans le meuble depuis la modeste table de nuit aux riches dessus de tables et de commodes, on emploie foule de marbres de toutes classes. C’est encore l’importante industrie de la pendulerie. Sous ce nom on comprend non seulement les cages des réveils, des pendules, mais encore les garnitures de cheminées, les objets de bureau (cendriers, boîtes, porte-papiers, plumiers, stylophores, encriers, etc.), les objets de toilette (brosses, glaces, boîtes à poudres et à fards, ongliers, etc.), des lampes, des lampadaires, mille autres objets usuels encore.
- L’automobile demande au marbre des poignées de changements de vitesse ou de freins, des poignées de portières, même des revêtements intérieurs et des cantines.
- C’est encore l’importante industrie de la cheminée et des cache-radiateurs de plus en plus en vogue. Les dallages de marbre, les marches d’escaliers seront toujours recherchés pour leur propreté et leur belle apparence.
- Bref, partout où on désire de l’hygiène, de la beauté, le marbre s’impose par la richesse de ses coloris, l’infinité des tonalités, des dessins, la multiplicité de ses applications, il trouvera partout sa place. Il n’a pas été parlé ici de son utilisation pour la statuaire, car les marbres français, sauf le Saint-Béat y sont peu aptes, mais combien de belles fontaines, de décorations de pergolas, de vases et bancs de jardins peuvent être exécutées dans nos beaux marbres de France! Ces pages auront, on l’espère, bien démontré l’importance de l’industrie marbrière française. Puissent de jeunes géologues, de jeunes ingénieurs s’v intéresser et contribuer à la mise au point de sa technique qui a besoin d’être encore très perfectionnée.
- B. Sancholle-Henraux.
- Président de la Fédération marbrière de France.
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- ORAN, PREMIER PORT DU MAGHREB
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- Les centenaires ont une double utilité : ils sont souvent l’occasion, pour bien des personnes, de connaître — enfin — l’existence du grand homme ou du grand événement qu’on honore; ils permettent aussi, .par les recherches qu’ils suscitent, une mise au point de nos connaissances sur ce que l’on fête.
- Le centenaire de l’Algérie offrira ces deux avantages : de nombreux Français se préparent à aller visiter un pays qu’ils avaient un peu oublié depuis l’école; de multiples recherches révéleront les profondes transformations qu’a subies notre belle possession africaine après la guerre. Les statistiques vieillissent vite aujourd’hui, surtout, aux colonies. Une révision des notions essentielles s'impose et ce travail suscitera quelques surprises.
- L’une d’elles est la place prise par*Oran dans le trafic Nord-Africain. En 1928, ce port se place au premier rang pour le Maghreb tout entier, distançant non seulement Casablanca et Sfax, mais Aljçer elle-même :
- Nombre Tonnes
- de navires Tonnage de marchandises
- Oran. . 11.083 19.747.000 tx 3.755.000 tonnes
- Alger. . 8.591 15.466.000 — 3.233.000 —
- Un tel résultat n’est pas né de circonstances exceptionnelles : déjà, en 1927, la capitale algérienne ne l’emportait plus que par le poids des marchandises. Il n’est pas dû non plus à un fléchissement d’Alger, mais aux bonds prodigieux que le trafic de la métropole de l’Ouest a faits, surtout depuis une dizaine d’années :
- 1855
- 1875
- 1895
- 1913
- 36.000 tonneaux 223.000 —
- 1.836.000 —
- 7.642.000 —
- 1919 : 3.856.000 tonneaux 1926:12.730.000 —
- 1927:16.282.000 —
- 1928:19.747.000 —
- LE DÉVELOPPEMENT D’ORAN
- Le site d’Oran ne présentait que des conditions natu-
- Fig. 2. — La région d’Oran.
- relies médiocres. La baie manquait d’ampleur et n’était protégée convenablement quecontre les vents d’Ouest.En dehors des lits de l’oued Rehhi et de l’oued Rouina, le littoral tombait assez rapidement sur la mer. Au contraire, à 8 km de là, une rade magnifique, vaste et profonde, celle de Mers-el-Kébir, constituait un très sûr mouillage. Jusqu’au milieu du xixe siècle, on hésita, avant d’entreprendre les travaux, entre la baie d’Oran et la rade de Mers. Le développement rapide de la ville sur son ancien emplacement fit abandonner le projet d’un port qui eût été trop éloigné de la jeune cité.
- En 1831, lors de l’occupation française, Oran, dont Ibn-Khaldoun, l’historien arabe du Moyen-Age, vantait la richesse et la beauté, n’était plus qu’une misérable bourgade en ruines, saccagée en 1790 par un tremblement de terre. Les Espagnols, qui l’occupaient depuis le xvie siècle, l’avaient abandonnée après la catastrophe. Le port n’était guère qu’un refuge. La croissance de la ville rendit nécessaire l’équipement d’un important organe commercial, malgré les difficultés que présentait 1 e milieu physique. On ne comptait que 4000 habitants en 1832. Un demi-siècle plus tard, la population atteignit 60 000 habitants ; en 1901, 88 000 habitants; en 1911, 123 000 habitants. Aujourd’hui, Oran a plus de 150000 habitants. Les agrandissements du port, qui ont suivi avec un certain retard, ce remarquable développement, se sont faits en direction de l’Est. Après une série de tâtonnements, le premier bassin est ouvert en 1864; il forme aujourd’hui le « Vieux port ». En 1876, le bassin Aucour est mis en service ; mais les quais, encombrés, ne suffisent déjà plus au trafic. La troisième tranche de travaux commencée en 1906 permet d’organiser le bassin du Maroc. Enfin, à l’heure actuelle, le bassin Poincaré est en cours d’exécution ainsi qu’un avant-; port de 29 ha.
- Les profondeurs, à quai, varient de 3 m à 10 m 40 et les nouveaux bassins seront creusés à 8 et 12 m. Si les magasins couvrent 4000 m2 et les terre-pleins 26 ha,’ les quais n’ont encore qu’une longueur de 3600 m. Par contre, l’outillage est puissant et neuf : 2 grues de 8 et 20 tonnes sans compter des grues flottantes. Des pontons-bigues, dont deux qui méritent d’être signalés : l’un de 45 tonnes, l’autre de 120 tonnes. Ce dernier est l’orgueil
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- Fig. 3. — Le port d’Oran : le quai des Vins. (Ph. du Gouvernement général de l’Algérie.)
- des Oranais; il n’a pas son rival dans nos ports méditerranéens. C’est lui qui permit récemment de débarquer des locomotives pesant chacune 70 tonnes !
- Ainsi, grâce au travail de l’homme, les inconvénients du site primitif ont été corrigés. Des pentes du Mourdjajo qui ferme l’horizon au Sud, le spectacle ne manque pas de grandeur. Un paysage urbain magnifique se déploie jusqu’en pleine mer. Tout cet ensemble actif et jeune, c’est une œuvre française et l’esprit a quelque peine à recréer, en face de cette ville opulente, l’image de la bourgade que nous occupâmes il y a un siècle.
- A quoi est dû un développement aussi rapide, presque brutal? Les causes en sont assez diverses, mais elles se rattachent toutes plus ou moins à F avantage essentiel d’Oran : sa situation. A la fois chef-lieu et débouché d’un pays qui s’étend même au delà des limites de l’Algérie, et dont la mise en valeur a été poursuivie par des procédés modernes, Oran a un rôle régional de premier plan. Placée à égale distance de l’Europe industrielle du N.-W. et du canal de Suez, elle est devenue la grande escale de ravitaillement. Enfin, elle tend à développer les industries qui transforment les produits qu’elle concentre.
- L’essor du port de relâche est particulièrement vigoureux. En 1904, ce trafic n’intéressait que 178 navires jaugeant 300 000 tonneaux environ; il groupe aux entrées, en 1927, 1976 navires jaugeant 4 897 000 tonneaux. La même année, Alger, qui fut pendant 20 ans la principale escale charbonnière, ne compte plus cpie 1207 navires relâcheurs jaugeant 2 980 000 tonneaux. Si Oran voit croître cet élément de trafic, au détriment de Gibraltar et d’Alger, c’est à sa situation excellente à mi-chemin entre les grands ports de la Mer du Nord et Port-Saïd qu’elle le doit. C’est aussi parce que l’arrêt ne nécessite qu’un déroutement de moins de 20 milles. C’est enfin parce qu’elle offre des facilités qui abaissent le temps de ravitaillement à quelques heures : élévateurs, pontons et chalands pour charbonner; et, pour mazouter, deux réservoirs qui envoient leurs canalisations directement dans le navire.
- Le trafic des passagers, par contre, reste étale et même a diminué légèrement depuis quelques années. Il oscille autour de 100 000. Alger garde sa primauté avec plus de 200 000 voyageurs.
- L’ACTIVITÉ DE LA RÉGION D’ORAN
- Le port d’Oran doit aussi sa prospérité au développement de la région qu’il dessert. Un important réseaù de voies ferrées le met en relations avec le Maroc et Alger par la grande dorsale africaine, et avec les oasis par les chemins de fer de pénétration saharienne. Le Tell oranais est, par excellence, la terre du vin dans la plaine du Sig et un vaste champ de céréales dans les hautes plaines d’Egris, de Mascara et de Sidi-bel-Abbès.
- En arrière, s’étendent les steppes, très vastes dans ce département et où poussent l’alfa et le crin végétal, tandis que de nombreux troupeaux les parcourent en tous sens.
- L’analyse du trafic commercial d’Oran offre une image saisissante des domaines d’activité de l’ouest algérien :
- Fig. 4. — Le port d’Oran : le quai des Céréales. (Ph. du Gouvernement général de l’Algérie.)
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- Exportations 1927
- Vin 1.626.000 m
- Alfa 72.000 tonnes
- Crin végétal..... 28.900 —
- Céréales 33.000 —•
- Légumes secs 17.300 —
- Légumes frais 7.500 —
- Fer 33.000 —
- Laine en masses. . . . 3.800 —
- Coton 1.400 .—
- Ovins 360.000 têtes
- Importations 1927
- Houille 148.000 tonnes
- Huiles lourdes . . . 6.000 —.
- Huiles minérales . . 50.000 in
- Bois 31.000 tonnes
- Céréales. 55.000 —
- Sucre.. . . .... 20.000 —
- Engrais phosphatés. 16.000. —
- Fer. . 16.500 —
- Produits métallurgi-
- ques 18.600 —
- Tissus 5.300 —
- Fig: 5. — Port d’Qran : Le vieux port et le bassin Aucour. A l’horizon : le massif de l'Aïdour et le fort de Santa Cruz. (Ph. du Gouvernement général de l’Algérie.)
- Généralement, le total des exportations est légèrement supérieur à celui des importations; en 1927, l’inverse se produisit par suite de la faiblesse des sorties en céréales et en vin. L’examen de la statistique ne révèle la présence d’aucun produit absolument prépondérant, aussi bien dans les envois que dans les arrivages. Les importations sont constituées avant tout par les matières premières qui manquent à la région : houille, pétrole, bois, sucre ou qu’une mauvaise récolte rend nécessaires les céréales, par exemple. Le reste comprend des marchandises manufacturées telles que les tissus et les produits métallurgiques. Les exportations sont un reflet de l’activité économique de l’Oranie. Pas de phosphate, peu de fer et de plomb. Oran est avant tout le port des vins et des céréales, de l’alfa et du mouton. Il concentre, en effet, le tiers des exportations algériennes de céréales et de vins,
- 36 pour 100 des expéditions d’alfa, près de la moitié de celles du crin végétal et 68 pour 100 de celles du bétail : le long des docks se rangent les convois chargés de blé et d’orge, tandis que, non loin des bâtiments de la Compagnie de Navigation mixte, des milliers de barriques esquissent un semblant d’alignement. Ces pourcentages sont d’autant plus remarquables que les satellites d’Oran absorbent, de leur côté, une part notable du trafic de la colonie : Beni-Saf pour le minerai de fer, Arzew pour l’alfa et le crin végétal, Mos-taganem pour les céréales et le vin.
- L’industrie a cherché à utiliser les facilités d’approvisionnement qu’offrait le port. Ce sont surtout les produits agricoles que l’on transforme. Oran possède de grandes minoteries et des fabriques de semoules, une importante
- brasserie, des fabriques de conserves alimentaires et de tabac, des ateliers pour la réparation des navires. Mais ce n’est encore dà qu’un début.
- ORAN ET LE MAROC
- La fonction régionale du port dépasse les frontières de l’Algérie. Elle englobe actuellement le Maroc oriental qui n’est, au point de vue géographique, que le prolongement de l’Oranie. Même climat, aptitudes analogues. Cette unité naturelle qui fut une marche longtemps disputée, les hasards de la conquête l’ont coupée en deux; mais le trafic dé la partie marocaine trouve, par la dis-
- Fig. 6. — Port d’Oran : Les nouveaux bassins.
- Au premier plan : bassin Aucour, les docks et le quai transatlantique puis le bassin du Maroc et au fond le bassin Poincaré.
- (Ph. du Gouvernement général de l’Algérie.)
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- position du relief, son débouché vers la côte méditerranéenne. C’est de là que sont venus, avant notre installation dans l’Empire chérifien, les premiers colons. C’est aussi d’Oran que sont parties la voie ferrée d’Oudjda et de Fez qui dessert la partie Nord, la voie de Figuig et de Colomb Béchar pour la partie Sud. Le Maroc oriental comprend des plaines fertiles, comme celles des Triffas et des Angad où se développent les cultures de céréales, de légumes et une région de plateaux, domaine du mouton et de l’alfa. L’ensemble est riche en minerais, surtout en plomb dans le voisinage de Bou-Arfa. La mise
- la conférence nord-africaine de 1928 : l’Etat chérifien fera construire une voie ferrée d’Oudjda à Nemours. Ce port, situé entre Oran et le Maroc, sera équipé de façon à servir de débouché au Maroc oriental. Mais pendant bien des années encore, c’est par le chef-lieu de TOranie que respirera cette région de confins,
- ¥ ¥
- La situation d’Oran possède enfin l’avantage de faire de la ville une des têtes possibles du Transsaharien. L’idée de réunir les deux parties essentielles de notre
- Fig. 7. — Oran vu en avion : la ville et le bassin Aucourt. (Ph. du Gouvernement général de l’Algérie.)
- en valeur a été tout d’abord assez négligée, car elle était moins aisée que dans les plaines plantureuses de la Chaouïa. Elle avance aujourd’hui plus rapidement et Oran profite de sa situation privilégiée pour soutirer vers son port l’essentiel du trafic. Voyageurs et marchandises utilisent Tunique voie ferrée Oudjda-Oran pour aborder ou quitter le Maroc oriental. La métropole de l’ouest algérien espérait développer cet élément d’activité par la construction d’une voie ferrée d’Aïn-Témouchent, à? Lalla-Marnia, qui eut évité au commerce algéro-marocain le pittoresque, mais très long détour, par Tlemcern et Sidi-bel-ÀEbès. C’est à une autre solution que s’est arrêtée
- domaine africain est déjà ancienne. Elle s’est beaucoup répandue depuis quelques années. De Colomb-Béchar et de Touggourt, des raids automobiles ont opéré la jonction entre l’Afrique du Nord et TA. O. F. : les expéditions en auto-chenilles Citroën, le voyage des missions algériennes au Niger, la randonnée de M. Maginot du Soudan à la Méditerranée à travers le Sahara ont eu un grand retentissement. Parmi les fêtes du Centenaire, il y aura un Grand Prix saharien ! Mais, à côté de la route possible existe un projet de chemin de fer transsaharien, plus, ancien que l’automobile elle-même.... Une commission instituée en 1928 recherche si une telle voie ferrée
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- serait utile, si sa construction est possible et à quelles conditions. Oran s’intéresse vivement à tous ces travaux d’approche. Que le projet soit enfin mis sur pied et réalisé, que le tracé par l’Ouest soit choisi comme le meilleur, et Oran, dont le chemin de fer de pénétration est poussé actuellement jusqu’à Colomb-Béchar, trouverait, comme terminus du transsaharien, un nouvel élément de prospérité.
- L’avenir apparaît donc assuré et brillant. Toutes les possibilités sont loin d’être pleinement utilisées. Mais le port pourra-t-il suffire à un trafic qui s’accroît aussi vite ? Déjà il manque de quais et clé surfaces couvertes. Au fur et à mesure qu’on prolonge la jetée vers l’Est, la construction de nouveaux bassins devient plus ’diffi-
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- cile. Ces faits ont suscité des inquiétudes, mais il semble que, sous l’impulsion de la Chambre de commerce, on s’oriente vers la solution rationnelle : si le mouvement commercial l’exigeait, on équiperait la rade de Mers-el-Kébir qui, déjà, sert au débarquement des marchandises dangereuses ou inflammables. Elle deviendrait une véritable annexe oranaise, comme l’étang de Berre l’est chaque jour davantage pour Marseille. Ainsi, après un siècle, on revient un peu à la solution que soutenait le général Frossard en 1850. Mais depuis, les choses ont changé. Oran est aujourd’hui une grande ville. Elle peut, maintenant, par delà Santa-Cruz et l’Aïdour, regarder vers Mers-el-Kébir et se souvenir que, là se trouve la plus belle base maritime de l’Algérie. Tant il est vrai qu’ori ne triomphe du milieu naturel que pour mieux s’y. plier. ’•
- T Maurice Debesse.
- LE RÔLE DE L’ANAMORPHOSE
- DANS LA TECHNIQUE DU CINÉMA
- Les lecteurs de La Nature se rappellent la projection, sur triple écran, du film Napoléon, vu par Abel Gance.A ce moment, l’emploi de plusieurs objectifs, soit de prise de vue, soit de projection, et de plusieurs films, rendait ce genre de spectacle fort onéreux. En outre, raccorder les images adjacentes avec précision et sans cesse égaliser leurs éclairements, produits par des sources lumineuses différentes, constituaient de sérieures difficultés. Les résultats n’en furent pas moins saisissants, et un nombreux public les apprécia, dont la faveur, dès lors, était acquise au cinéma panoramique.
- Aujourd’hui,-un mouvement très important, provoqué par la naissance des films parlants, et accéléré par de grandes firmes américaines, dénature l’art « muet qui devient un pseudorthéâtre. Pour rendre plus complète
- l’illusion, l’écran se transforme, et, deux fois plus large que haut, prend les proportions d’une véritable scène.
- Vue du biais technique, cette transformation est riche de conséquences. Méthodes et appareils vont changer. Une première solution, brutale, consiste à doubler la largeur des bandes, en modifiant tout l’équipement de prise de vue et de projection. On devine la réclame faite au procédé par les fabricants de caméras et surtout par ceux de pellicules, qui voient, d’un seul coup, doubler leur
- chiffre d’affaires. Le total des f dépenses "nécessaires est tout à fait américain. Tout à fait fran- *•" çaise, ,yme deuxième solution, moins goûtée des producteurs en question, permet, sans rien toucher à l’équipement, actuel, la projection des films panoramiques. Elle utilise Yhypergonax, inventé par M. Henri Chrétien, professeur à l’Institut d’Opti-que, et présenté en 1927 à l’Académie des Sciences par M. Louis r Lumière.
- « Idypergoner », c’est augmenter les angles, oh, à volonté, - y U/.y. 1.
- les réduire. Mais l’appareil ne Lentille sphérique
- fait pas subir à tous lès rayons divergente,.
- lumineux des déviations analogues, là est d’ailleurs son intérêt. Il constitue, comme on dit, un système anamorphoseur, et déforme les objets, comme ces glaces du Musée Grévin, où vous apparaissez soit obèse, soit squelettique. Devant un objectif photographique, seules l’apprécieraient les personnes mécontentes de leur contour apparent. Jugeant une telle clientèle tout à fait insuffisante, il a préféré l’objectif de cinéma, comme nous le verrons tout à l’heure.
- Auparavant, faisons un peu d’optique géométrique : l’appareil se compose de lentilles cylindriques à génératrices parallèles, dont le nombre et les intervalles dépendent de l’application en vue. La coupe, par un plan de section droite, ne diffère pas de celle d’un système sphérique, dont les lois régissent, par conséquent, la déviation des rayons lumineux dans un tel plan. Plus délicate est la théorie des rayons inclinés d’une manière quelconque sur
- Fig. 2. — Coupe par un plan de section droite d'un système de lentilles cylindriques.
- k:
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- Fig. 3. — L'image du carré A B C D, donnée par un objectif « Ilgpergonax » est un rectangle A' B' C1 D'.
- (Le côté AB est parallèle aux génératrices des lentilles cylindriques.)
- les génératrices. On peut cependant la résumer ainsi : les mêmes lois s’appliquent à condition de remplacer l’indice
- et de Photographie, et construits par le colonel Dévé, fournissent des images d’une remarquable netteté.
- CINÉMA PANORAMIQUE
- Plaçons un hypergonax convenable, les génératrices verticales, devant un objectif de prise de vue. Son grand champ latéral permet de doubler, par exemple, l’objet embrassé. Sur la pellicule, les personnages sont du genre squelettique, mais la projection, par un procédé inverse, leur restitue, sur double écran, leurs proportions véritables.
- Un défaut, reproché à l’instrument par les partisans de la méthode « brutale », est de doubler l’importance du grain négatif, et de nuire par conséquent à la finesse de l’image. Remarquons, en passant, que le grain
- Fig. 4 et 5. — Deux clichés de la Tour Eiffel pris du même point.
- Celui de gauche est] obtenu avec un objectif ordinaire et une partie seulement de l’édifice trouve place dans le cadre de la plaque photographique. Celui de droite est obtenu avec un objectif Hypergonax qui aplatit l’image et fait rentrer toute la tour dans les dimensions de la plaque.
- du verre par un indice fictif, fonction de l’inclinaison.
- En supposant l’appareil corrigé, il donne (fig. 3), d’un segment AB, parallèle aux génératrices, une image A'B'= AB, et d’un segment AD, normal au précédent, une image A'D'r^K. AD (K est constant dans le plan de l’objet considéré). Ainsi, le carré ABCD aura pour image le rectangle A' B' C' D'. Les mêmes considérations s’appliquent aux grandissements angulaires; l’appareil possède des champs différents en hauteur et en largeur.
- Naturellement, un choix convenable des indices, des pouvoirs dispersifs, des rayons de courbure et des intervalles, élimine, en tenant compte des caractéristiques des appareils de prisç de vue ou de projection, les diverses aberrations. Seule résiste une distorsion, compensée automatiquement par la restitution à travers un système optique semblable. Les calculs sont parfois longs, mais les catalogues de verres modernes sont assez riches pour fournir, dans chaque cas, une solution. Détruisant les vieux préjugés sur les lentilles cylindriques, les derniers modèles, calculés à la Société technique d’Optique
- est doublé et non quadruplé comme dans le cas des amplifications d’images, telles que l’ampliviseur, le magna-
- ESSS Rideaux LZ ES Rideaux &.«
- Fig. 6. — Écran panoramique muni de deux systèmes de rideaux (1-2, 3-4), permettant des projections de formats variés.
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- scope, etc. Mais rien n’empêche d’effectuer la prise de vue sur bande élargie, de la reproduire par anamorphose sur bande normale positive, dont le grain est beaucoup plus fin et de restituer l’image sur double écran par anamorphose inverse. C’est le procédé employé actuellement par la Société technique d’Optique et de Photographie.
- Comme, en Amérique justement, un négatif qui se respecte engendre plusieurs centaines de positifs, le film panoramique ainsi réalisé n’est pas sensiblement plus coûteux que le film normal.
- CINÉMA SYNTHÉTIQUE
- Reproduisons un film normal au moyen d’une tireuse à hypergonax. L’image ne couvre qu’une fraction de la surface habituelle 18 X 24mm, et, si nous avons pris la précaution de munir d’un cache la fenêtre du porte-positif, nous disposons d’un emplacement pour un deuxième tableau. Voilà un champ nouveau ouvert à la fantaisie des cinéastes. M. Claude Antass Lara tire les derniers décamètres d’une production extraite de la poignante nouvelle de Jack London -.Construire un feu. Les impressions et les pensées du héros y sont traduites en images et constituent, à côté du film « concret », le film « abstrait ».
- Les titres, qui n’offrent pas l’avantage énorme de cette simultanéité, et qui obligent à des coupures intolérables, ces affreux titres et sous-titres, cauchemar du cinéaste convaincu, deviennent superflus. Ainsi se trouve réalisé, tout à fait indépendant de certaines fantasmagories hypercubistes, le véritable film muet.
- CINÉMA SONORE
- Passons aux antipodes. Deux écoles, on le sait, se partagent les divers procédés de « talkies ». L’une synchronise phono et film, l’autre, de plus en plus prépondérante, effectue l’enregistrement musical et parlant par des méthodes optiques, et obtient, outre le film visuel, un véritable « film sonore ». Reste à loger ce dernier. Employez la méthode « brutale », et vous
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- augmentez votre consommation de pellicule. Conservez la bande normale, et vous vous heurtez au dilemme suivant : reléguer le « film sonore » dans la partie extérieure aux perforations, où il est vraiment à l’étroit, ou restreindre le champ du film visuel. - .
- Cette « crise du logement » a orienté les recherches vers de nouveaux procédés, dont certains ne sont enco.reyque des principes (enregistrement magnétique sur fil métalr lique en alliages spéciaux, ou encore accolage de deux films d’épaisseur mi-normale,' le « film sonore » étant imprégné d’une substance transparente aux rayons visuels, mais opaques pour l’ultra-violet). L’anamorphose dispense de ces méthodes d’une technique délicate. Par elle, film sonore et film visuel, même à champ supranormal, font bon ménage dans le 18 X24. D’ailleurs, le procédé est d’ores et déjà mis en exploitation par une grande société.
- CINÉMA EN COULEURS
- Les procédés trichromes de cinéma en couleur exigent, en général, l’obtention de trois images, en bleu violet, vert, et rouge orangé. Les disposer à la queue leu leu, c’est employer un film trois fois plus long, et c’est aussi la nécessité, pour éviter le papillotemént et le manque de luminosité, d’accroître la fréquence des projections, hâtant ainsi l’usure de la bande; employer trois films côte à côte, c’est la certitude de subir des franges chromatiques, dues à la parallaxe.
- L’hypergonax, en juxtaposant les trois films élémentaires sur la même bande, réduit cette parallaxe non seulement au tiers, mais au neuvièmede sa valeur, et la rend tout à fait supportable.
- CINÉMA EN RELIEF
- Il exige de même un film droit et un film gauche, que l’anamorphose condense sur la même pellicule.
- En somme, à chaque enrichissement de la technique cinématographique, l’anamorphose apporte un moyen d’action à la fois souple et bon marché.
- Jean-Louis Lagkula.
- UN HARICOT... A VERMICELLE ET A... CONFITURES
- Il s’agit du Haricot mungo — Phaseolus mungo, radiatus, hirtus, Max, suboolubilis, aureus, çiridissimus, et humilis — ce ne sont pas les noms scientifiques qui lui manquent et, cependant, je crois que les botanistes se sont trompés en prenant les variétés du Mungo pour des espèces, à cause d’un faciès qui diffère dans chacune d’elles; il y a des graines de toutes couleurs aussi.
- Le Mungo est natif de l’Asie et de l’Archipel indien et on le cultive généralement dans l’Inde.
- J’en ai possédé et cultivé plusieurs espèces (?) aux environs de Paris, sans aucun résultat appréciable, tandis que dans le Midi, elles me donnent de fortes touffes, chargées de gousses.
- Ce haricot, fameux en Asie au point de vue économique, fournit en abondance des grains petits dont la cuisson rapide donne une purée fine et délicate, qui peut suppléer à la lentille et au pois cassé.
- Son emploi culinaire est plutôt restreint en Asie où l’on
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- en fabrique un vermicelle très recherché vendu sur tous les marchés . locaux.
- On le réduit d’abord en pâte par la cuisson, puis, avec de l’eau chaude on la délaie pour en faire le fameux vermicelle.
- Il est. à noter que .ce produit ne s’obtient avec aucun autre haricot connu: en Chine on l’appelle Lou Téou ou pois vert; au Japon, Adzuki — dont il y a deux variétés : l’une, tardive, l’autre, précoce — et à Java, katjang heedjah.
- En Chine, l’usage du Mung- est très populaire pour la fabrication du vermicelle’ en question; voici comment on l’extrait des graines du Mungo : les semences, bien lavées et nettoyées, sont mises à tremper durant vingt-quatre heures, dans une eau non calcaire (eau de pluie par exemple); puis on lés fait cuire jusqu’à ce qu’elles soient réduites en purée épÉÛss^; on passe le tout dans un linge (étamine) qui retient les impur-e^és.
- Lorsque cette masse est suffisamment ferme, après avoir été remise sur le feu, on la met dans un tamis qui est secoué sur des toiles, on recueille le vermicelle qu’on fait sécher ensuite au soleil.
- Lors de l’emploi culinaire, ce produit se réduit en purée, plus ou moins épaisse, suivant ce que l’on veut en faire.
- Ce procédé est le même dans toutes les régions de l’Asie et des Indes orientales; il est à présumer qu’en Europe on obtiendrait mieux avec nos procédés perfectionnés.
- Les Japonais qui adorent les sucreries — ils mangent même le poisson salé avec du sucre — ne manquèrent pas d’en confectionner avec le Mungo ou adzuki et ils en exportent de grandes quantités en... Asie et en Angleterre.
- Ils donnent à ce produit le nom de Yo-kan-, en voici la recette :
- Ils trempent les graines comme ci-dessus pour le vermicelle ; quand elles sont arrivées au point voulu d’une purée
- épaisse, ils incorporent à la fin de la cuisson moitié sucre et recuisent de nouveau jusqu’à bonne consistance; pour terminer ils ajoutent, en faisant dissoudre à chaud, du kan-ten ou colle d’algues marines, dans des proportions variables après l’avoir filtrée dans un linge pour en extraire toutes les impuretés.
- Quand l’opération est terminée, il en résulte une confiture un peu ferme, d’une saveur agréable et, je le répète, recherchée des gourmets... japonais.
- A Java, on en fait encore un autre usage — non industriel — qui est celui-ci : les graines sont semées très serrées, sur un fond glaiseux et l’on couvre d’un centimètre d’eau.
- Deux jours plus tard, on récolte les pousses ou germes, qui ont alors 0 m 07 de longueur, bien blanches et tendres, dont la couleur, en résumé, se rapproche de la barbe de capucin.
- Ces pousses, qui se vendent sur tous les marchés sous le nom de tangué, doivent se consommer le même jour et se préparent ainsi sous le nom de gado-gado : on met un peu d’huile dans une poêle, on y jette les pousses du Mung, dix minutes après on ajoute une sauce noire — ketjap —- un jaune d’œuf, du kurkuma et d’autres aromates.
- Au Japon et en Chine, on emploie également ce dernier procédé, dans ce cas le Mungo devient un assez bon légume d’hiver.
- Si, chez nous, ce haricot était connu, il n’est pas douteux qu’il augmenterait agréablement -nos ressources culinaires, mais allez habituer des Européens à des produits nouveaux ?
- Quoi qu’il en soit, malgré les désirs de la Société nationale d’acclimatation de France et le prix proposé jadis — qui ne fut jamais décerné d’ailleurs — jamais personne ne s’est préoccupé de ce Phaseolus, depuis un demi-siècle qu’il a été introduit chez nous.
- X.
- L’AILE A FENTE
- Les épreuves du concours Guggenheim pour la sécurité du vol en avion se disputent, depuis le 31 octobre, à Mitchel Field (U. S. A.). Cette intéressante compétition a pour objet de provoquer l’amélioration aérodynamique des appareils plus lourds que l’air tout en leur conservant les qualités pratiques dont ils sont actuellement dotés.
- C’est ainsi que les concurrents devront satisfaire à un certain nombre de conditions minima dont la seule énumération permettra de se rendre compte des difficultés qu’ils ont à surmonter.
- Les règlements du Concours Guggenheim exigent, en effet :
- a) Une vitesse minimum de vol de 56 km : h;
- b) Une vitesse minimum de planement de 61 km : h ;
- c) Une vitesse maximum de 177 : h;
- cl) Une vitesse ascensionnelle initiale de 122 mètres-minute ;
- e) Une course de roulement à l’atterrissage de .30 m par vent nul ;
- . ' f) Le franchissement d’un obstacle de 10 m de haut avec arrêt à 100 m de cet obstacle;
- g) Le décollage en 100 rn par vent nul;
- h) Un décollage avec franchissement d’un obstacle de 10 m de haut situé à 150 m du point de départ ;
- i) Des angles de planement, maximum de 8° et minimum de 16n, mesurés par rapport à l’horizontale.
- Un prix de deux millions et demi de francs viendra récompenser le constructeur de la machine qui remplira sans restriction toutes ces clauses. C’est évidemment une somme coquette. Mais ce rie sera pas payer trop cher un ensemble de qualités permettant de voler avec une sécurité presque totale.
- Le Concours Guggenheim a réuni 25 concurrents dont 21 Américains. Parmi les dispositifs utilisés, on compte, en dehors de deux autogires, quelques appareils pourvus de voilure à courbure variable ou à incidence réglable ; mais, la grande majorité des compétiteurs se présentent avec des avions à ailes ou ailerons à fente.
- Sur un appareil de ce type, le biplan Handley Page « Guggenheim », le Capitaine anglais John Cordes réussissait à se poser, dès les premières journées, à la vitesse extrêmement réduite de 32 km : h. C’est un résultat impressionnant, Mais, ainsi que nous allons le voir,
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- l’aile à fente assure également d’autres possibilités non moins importantes.
- LA PERTE DE VITESSE
- Un des risques les plus sérieux que comporte le pilotage d’un avion orthodoxe est celui dit de la perte de vitesse. Il a encore dans le pourcentage des accidents une trop grande place.
- Le plus souvent, la perte de vitesse est consécutive à une baisse de régime du moteur, dans un virage et au décollage. Elle peut également se produire à la suite d’une fausse manœuvre, dans la brume ou dans les nuages.
- Lorsque les voilures atteignent leur angle critique de sustentation, il n’est plus possible, en effet, d’obtenir une augmentation de poussée alors que leur traînée croît au contraire très rapidement. L’avion perd sa vitesse et se trouve sans contrôle, car ses gouvernes n’ont plus d’efficacité. Pour employer un terme d’aviation, les commandes deviennent « molles ». Il en résulte donc, presque inévitablement, une vrille ou une glissade sur l’aile dont le pilote peut rarement sortir, surtout s’il se trouve au voisinage du sol.
- De nombreuses expériences ont été effectuées sur des profils d’aile exposés, dans un tunnel aérodynamique, à des courants d’air d’une vitesse de 30 m : sec. Elles ont démontré que la perte de- sustentation provenait, aux grands angles d’incidence, du décollement des filets d’air au-dessus de l’extrados des plans.
- LE MÉCANISME DU DÉCOLLEMENT
- Une étude approfondie de l’écoulement de l’air a montré que, pour une aile classique, non pourvue de fente, il existe près du bord d’attaque du plan une région
- Fig. 1. — En haut, écoulement de l’air sur un profil normal. On remarquera la zone turbulente qui épouse l’extrados du plan.
- En bas, le même profil, fenle o uverle.
- où cet écoulement acquiert une très grande vitesse. Par contre, le long de son profil, la couche d’air reste superficielle. Dès que l’angle d’attaque des surfaces augmente, l’écoulement de l’air devient encore beaucoup plus rapide, et produit, par son contact avec la couche superficielle, la turbulence néfaste bien visible sur le cliché de la figure 1.
- En bas de ce cliché, le même profil a été complété par un petit plan assujetti sur la partie supérieure du bord d’attaque. La solution de continuité existant entre ce plan et l’aile constitue la fente. Grâce à celle-ci un courant d’air est créé, puis canalisé vers la zone turbulente. Ce courant assure la suppression des remous, de sorte que la poussée continue à s’exercer sur les surfaces sans provoquer un accroissement anormal de la traînée, c’est-à-dire l’ensemble des résistances parasites.
- A vrai dire, il serait également possible de remédier différemment à ce dangereux état de choses, notamment grâce à des appareils propres à rendre impossible le vol aux angles d’attaque critiques. C’est dans cet esprit que furent étudiés le dispositif Savage-Bramson et la girouette de M. Louis Constantin. Ce dernier appareil paraît susceptible d’être, pour les gros appareils de transport en particulier, d’une incontestable utilité.
- Nous retrouvons d’ailleurs le nom
- Fig. 2. — Première adaptation de la fenle, en 1923, sur un avion torpilleur. Le petit plan auxiliaire occupe la totalité de l’envergure de l’aile supérieure.
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- AILERON ABAISSÉ
- ~ AILERON LEVÉ
- Fig. 3. — Mécanisme de liaison entre la fcnle et l’aileron.
- de ce chercheur, dès 1912, alors qu’il venait, un des premiers, de s’attaquer au délicat problème de la perte de vitesse.
- ' A cette époque, en effet, M. Louis Constantin avait fait breveter le principè même de l’aile à fente. Ce principe a été repris depuis, en Allemagne, par le professeur Lackmann, et en Angleterre par le constructeur Ilandley Page qui en a assuré la parfaite mise au point. C’est, néanmoins, un Français qui, une fois de plus, a créé l’embryon d’une invention qui nous revient très perfectionnée assurément, mais de l’étranger...
- L’ÉVOLUTION DE L’AILE A FENTE
- De nombreux perfectionnements ont été successivement apportés par M. Idandley Page à son dispositif primitif.
- Le premier avion à ailes à fente étudié par ce construc-
- Zone de dépression
- L'aspiration d'air soulevant légèrement
- La pression d'air soulevant légèrement
- Zone de pression
- Fig. 5. —- Disposition de ia fenle à ouverture autornalique.
- teur fut présenté, en janvier 1923, au Salon de l’Aéronautique de Paris. Il s’agissait d’un biplan de bombardement destiné à la Marine britannique. Il devait emporter une torpille de 700 kg environ. Lé bord d’attaque du plan supérieur de cet appareil était muni d’une fente -courant tout le long de l’envergure. Sa commande était assurée par le pilote. Ouverte, elle augmentait la portance de l’avion tout en réduisant sa vitesse; fermée, elle conservait à l’aile son profd normal et ne modifiait en rien ses qualités habituelles de vol (fig. 2).
- A cette époque, croyons-nous, M. Handley Page cherchait sa voie....
- L’aile à fente dont a été doté son avion torpilleur devait surtout lui permettre de réduire sa vitesse au moment de
- lâcher son projectile. De fait, ce prototype qui pesait 1658 kg à vide, et près de 3000 kg en charge, réussissait à voler à 172 km : h et à se poser,te fen ouverte, à environ 60 km : h. L’atterrissage sur le pont d’un navire porte-avions se trouvait de la sorte facilité.
- A la suite de ces premiers et appréciables résultats, le constructeur britannique amplifia ses recherches. Elles aboutirent alors à l’application de la fente comme moyen pratique de maintenir l’efficacité du contrôle latéral.
- Fig. 4. — Autre mécanisme de liaison pour ailes minces.
- Renonçant à sa disposition initiale, il se contenta alors d’installer les fentes sur une longueur sensiblement égale à celle des ailerons, parallèlement à ces derniers.
- Entre le profil d’aile avant et l’aileron correspondant, un mécanisme de synchronisation fonctionnait de telle sorte que, lorsque l’aileron était levé, la fente se fermait. La manœuvre inverse provoquait naturellement son ouverture (fig. 3).
- Selon l’épaisseur du profil utilisé, ce mécanisme, dont le poids n’a rien de prohibitif, peut être logé à l’intérieur de l’aile ou encore sous l’intrados.
- Cependant, ce dispositif exigeait encore une attention constante du pilote, l’augmentation de poussée ne pou-
- Fig. G. — Commande de Vinlercepteur par l’aileron.
- AILERON NORMAL
- AILERON ABAISSÉ
- AILERON LEVÉ
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- Fig. 7. — Sur celle vue, on dislingue 1res nettement les fentes ouvertes de l’avion Handley Page « Arrow ». Elles débordent largement du bord d’allaque.
- vant être obtenue, sur l’un ou l’autre côté de l’aile, que lorsque les ailerons et par suite la fente se trouvaient actionnés.
- On peut se demander pourquoi on ne laisse pas les fentes toujours ouvertes. Ce serait là, évidemment, une solution qui aurait au moins le mérite de la simplicité. Elle provoquerait, toutefois, une augmentation de la traînée et, par suite, une diminution du rendement en vol normal. •
- Aussi, le dernier type d’aile à fente a été rendu automatique. Les petits volets fonctionnent d’eux-mêmes. Ils se soulèvent et ouvrent la fente dès que l’angle d’incidence augmente et la ferment lorsque celui-ci diminue.
- Le moyen de parvenir à ce résultat a été déterminé par de nouvelles recherches, effectuées au tunnel aérodynamique, conjointement avec des expériences en vraie grandeur poursuivies sur des avions laboratoires.
- On a alors constaté qu’en donnant des proportions convenables au mécanisme, la fente ne s’ouvre pas tant que l’angle d’incidence n’a pas atteint 8 ou 10° et qu’elle reste ensuite ouverte à tous les autres angles plus élevés. En outre, ces essais ont décelé l’existence, entre le volet avant et l’aile principale, d’une zone d’air soumise, soit à une certaine dépression ou succion, si le bord arrière du volet se trouve légèrement levé, soit à une pression positive si le bord avant
- du petit plan est lui aussi faiblement levé. Il devenait ainsi relativement facile d’obtenir l’écartement automatique recherché (fig. 5).
- SON COMPLÉMENT : L’INTERCEPTEUR
- Un autre petit perfectionnement vient d’être tout dernièrement apporté à l’aile à fente Handley Page. Ce nouvel élément, dénommé V inter cep teur, est constitué par une plaque rectangulaire qui, normalement, reste encastrée dans l’aile, parallèlement au bord d’attaque.
- Lorsqu’on actionne un des - ailerons vers le haut, une commande soulève verticalement l’intercepteur correspondant, ce qui a pour effet de faire dévier vers le haut le débit d’air provenant de la fente (fig. 6). L’effet de cette dernière est alors' complètement supprimé. La conséquence de cette manœuvre sera plus compréhensible à l’aide d’un exemple.
- Supposons un avion en perte de vitesse avec ses deux fentes automatiques ouvertes et que, par suite d’une rafale, son aile gauche s’enfonce. La fente permet assurément au pilote d’employer son contrôle latéral. En tirant le manche des commandes à droite, il rabat l’aileron gauche et relève le droit. Mais il doit aussi donner du « pied » au palon-nier de la direction, afin d’éviter une
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- tance, cl’un dispositif spécial de verrouillage, cet officier s’éleva à une altitude considérable. En cas de non-réussite de l’essai, il lui restait ainsi la ressource d’avoir recours à son parachute. Puis, fente fermée, il mit volontairement son appareil en perte de vitesse. Lorsque la vrille qui s’ensuivit fut en plein développement, il relâcha la fente et l’avion se redressa normalement.
- L’EMPLOI DE LA FENTE SE GÉNÉRALISE
- Les expériences du lieutenant Harper' ont été entreprises à la suite de l’achat, par le gouvernement américain, d’une licence du dispositif Handley Page. Tous les avions militaires de ce pays vont être, paraît-il, dotés à bref délai de fentes.
- Fig. 9. — Le même avion exécutant, {entes fermées, un passage à grande vitesse.
- tendance à tourner à gauche. C’est alors que l’élévation de l’aileron droit fait apparaître verticalement l’inter-cepteur, ce qui accroît largement et instantanément la traînée de cette portion d’aile. Il s’ensuit que cette augmentation de résistance vient compenser celle provoquée par le rabattement de l’aileron gauche. Elle rend donc à peu près facultatif l’emploi du gouvernail de direction. En effet, par cette opération, l’aile gauche se trouvera soulevée par l’action de l’aileron alors que l’aile droite sera ramenée vers sa position normale par l’effet de l’intercepteur qui annule sa poussée.
- L’association de l’intercepteur avec la fente assurerait donc plus spécialement aux pilotes jeunes ou peu entraînés un appréciable excédent de sécurité.
- C’est, en tout cas, ce qui résulte des expériences effectuées par le lieutenant Harper de l’Aéronautique militaire américaine. Abord d’un avion Wright « Corsaire» muni d’une fente automatique complétée, pour la circons-
- L’Air Ministry a également décidé officiellement d’en munir tous les appareils militaires britanniques. Cette mesure a été prise à la suite de démonstrations convaincantes réalisées notamment sur un avion de combat type « Arrow » (fig. 7,8et9).
- Fig. 10. — Application de l’aile à fente sur un monoplan de transport trimoteur. Les ailerons de cet appareil sont, eux aussi, pourvus d’une fente. Ce dernier dispositif est fréquemment utilisé, entre autres par Junkers et Rohrbach.
- Fig. 11. — Les petits avions de tourisme sont également munis de [entes. Voici un Avro « Avian » atterrissant à faible vitesse, fenles_ouverles.
- La Suède, le Japon et plusieurs autres pays ont aussi acquis des licences de construction. N’importe quel avion peut en effet recevoir ce précieux dispositif.
- Au dernier Salon d’Aviation de Londres, nous avons vu des appareils totalement différents, tel que le gros hydravion bimoteur Short et le petit avion de tourisme Avro « Avian », qui en étaient munis (fig. 11). L’emploi de la fente Handley Page va donc rapidement se généraliser. Des centaines d’appareils en sont déjà pourvus et son constructeur nous a assuré que, jusqu’ici, aucun accident par perte de vitesse ne peut leur être imputé.
- Ce n’est pas faire preuve d’un enthousiasme irréfléchi, croyons-nous, de demander à nos services officiels d’examiner cette question par le bon côté. Jusqu’alors, délaissant le facteur sécurité, nous ne nous sommes préoccupés, en France, que du seul écart de vitesse pouvant être obtenu avec l’aile à fente. L’exemple donné par les plus importantes Aéronautiques militaires étrangères et les résultats enregistrés au Concours Guggenheim nous apportent, cependant, des enseignements dont il serait sage de tenir compte. André Frachet.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES1
- V. LES SAVANTS NÉS RICHES
- Les savants nés riches ou, tout au moins, assez aisés sont très rares, par la raison, sans doute, que la fortune a, généralement, pour effet, du moins chez les jeunes gens, de les inciter à vivre dans l’oisiveté et à faire travailler leur intelligence.. On peut, cependant, en citer quelques-uns, par exemple — singulier mélange — Aristote, Napier, Viviani, Daubrée, Cosson, Hermite.
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- Aristote (384-322 av. J.C.) qui fut le plus grand génie scientifique de l’antiquité, est peu connu quant à ses jeunes années. On sait seulement qu’il naquit à Stagyre (aujourd’hui Stravo), petite ville maritime de la Macédoine, et qu’il eut, pour père, Nicomaque, médecin du roi Amyntas (père de Philippe de Macédoine) et appartenant à une famille'— celle des Asclé-piades— consacrée, depuis longtemps, à l’étude de la médecine. Il fut, lui-même, destiné à la pratique médicale, mais il trouva, vraisemblablement, cette voie trop restreinte pour l’ampleur de son intelligence, car, ayant perdu ses parents de bonne heure, il se rendit à Athènes pour suivre les leçons de philosophie de Platon, ce qui lui fut possible grâce à une belle fortune qui lui était venue par héritage. Aristote ne put rester aussi longtemps qu’il l’eût désiré le disciple de Platon, car les Athéniens ayant déclaré la guerre à Philippe de Macédoine, il dut quitter Athènes et se retirer chez Hermias, petit prince de Mysies, dont il épousa la sœur. . Ce ne fut que plus tard, alors qu’il avait une quarantaine d’années, que Philippe de Macédoine l’appela à sa cour et le chargea de l’éducation de son-fils Alexandre — le futur Alexandre le Grand. Six ans après retourna à Athènes, où il fonda sa célèbre école péripatéticienne et- où il écrivit la plupart de ses célèbres ouvrages.
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- En Angleterre, il est fréquent de voir de riches propriétaires se livrer, par goût, à des études scientifiques et y acquérir une maîtrise incomparable : ce ne sont pas, comme cela le serait dans d’autres pays, de simples « amateurs », mais de vrais « savants ». On pourrait en citer de nombreux exemples dans ces dernières années et à l’heure actuelle; mais, chose curieuse, on peut en trouver aussi dans les temps anciens. L’un d’eux est célèbre à cet égard, puisqu’il devait devenir le génial inventeur des logarithrnes : c’est Napier (1550-1617) — dit, aussi, Neper—sur lequel, malheureusement, on ne possède que peu de renseignements, à part ceux recueillis par J.-B.Biot (2 *) : « Né au château de Merchiston, Napier entra à Saint-Andrews en 1563 et en sortit quelques années après pour aller voyager sur le continent, probablement afin d’y compléter son éducation, comme c’était alors l’usage parmi les Ecossais d’un rang distingué. Revenu à Merchiston en 1571, il s’y maria l’année suivante; puis, s’ensevelissant dans cette retraite, il partagea, dès lors, son temps entre deux occupations principales : l’administration des domaines de sa famille, que lui avait confiée son père, et les études théologiques pour lesquelles il semble avoir eu un certain penchant. Mais, quel que pût être pour lui son amour du repos, il fut forcé de sortir de son asile, soit pour échapper aux attaques des gens de guerre, soit pour prendre, lui-même, le rôle que lui dictaient sa position
- 1. Voir La Nature, n°8 2808, 2812, 28.16, 2819.
- 2. Mémoire sur J. Napier de Merchiston, par Marck Napier,analysé
- par Biot dans le Journal des Savants (1835).
- et ses opinions religieuses, dans les transactions politiques de son temps. » Les mathématiques étaient, pour Napier, un simple passe-temps et, s’il découvrit les logarithmes, c’est un peu à la manière de ceux qui, de nos jours, se plaisent à déchiffrer des rébus ou à résoudre des mots croisés.
- Viviani (1622-1703), qui fut, en son temps, un mathématicien éminent, est un exemple curieux d’un gentilhomme se vouant à l’étude des sciences sans autre but que de faire « de la science pour la science. » Sa biographie a été tracée, dans ses grandes lignes, par Fontenelle; (') ,. qui, toutefois, est peu explicite sur l’origine même de ce goût qui était,. alors, peu répandu, surtout à Florence : « Vincenzio Viviani, gentilhomme florentin, naquit à Florence le 5 avril 1622.'A l’âge de'lé àns, son maître de logique, qui était un religieux, lui dit qu’il n’y avait pas de meilleure logique que la géométrie ; et comme les géomètres qui, encore aujourd’hui, ne sont pas fort communs, l’étaient beaucoup moins en ce temps-là, il n’y avait alors dans la Toscane qu’un seul maître de mathématique, qui était encore un religieux, sous lequel Viviani put commencer à étudier. Le grand Galilée était alors fort âgé, et il avait perdu, selon sa propre expression, « ces yeux qui avaient découvert un nouveau ciel ». Il n’avait pas, cependant, abandonné l’étude; ni son goût ni ses étonnants succès ne lui permettaient de l’abandonner. Il lui fallait auprès de lui quelques jeunes gens qui lui tinssent lieu de ses yeux et qu’il eût le plaisir de former. Viviani à peine avait un an de géométrie, qu’il fut digne que Galilée le prît chez lui et, en quelque manière, l’adoptât; ce fut en 1639. Près de trois ans après, il prit aussi chez lui le fameux Evangelista Torricelli, et mourut au bout de trois mois, âgé de 77 ans... Viviani fut donc 3 ans avec Galilée, depuis 17 ans jusqu’à 20. Heureusement né pour les sciences, et plein de cette vigueur d’esprit que donne la première jeunesse, il n’est pas étonnant qu’il ait extrêmement profité des leçons d’un si excellent maître, mais il l’est beaucoup plus que, malgré l’extrême disproportion d’âge, il ait pris pour Galilée une tendresse vive et une espèce de passion. Partout il se nomma le disciple et le dernier disciple du grand Galilée. »
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- La vie de Daubrée (1814-1896), qui a été un géologue éminent, n’offre, tout au moins à ses débuts, aucun fait sensationnel, sauf que, bien que né riche, il eût pu mener une vie oisive si le goût de la science ne l’avait talonné au point qu’il y consacra toute son existence. Né à Metz, Daubrée (2) ne connut guère son père qui, ayant pris part à l’expédition de Russie, n’y survécut pas et le laissa, orphelin, aux soins de sa mère qui, dès lors, avec un grand dévouement, présida à son éducation, laquelle se poursuivit au Collège de Metz, où il manifesta, tout de suite, un goût ' manifeste pour les Sciences naturelles, surtout sous l’influence de son oncle, ; ancien médecin principal de l’armée d’Espagne. Suivant la tradition des Messins à cette époque, il prépara l’Ecole Polytechnique, où il entra à l’âge de 18 ans, avec le numéro 24.; Deux ans après, il en sortit dans les premiers rangs, ce qui lui permit de choisir la carrière des Mines, qu’il devait illustrer, puis fit des tournées d’élève-ingénieur dans la Cornouaille anglaise, où il observa les mines d’étain. Il eut ensuite une existence' douce et pri-
- 1. Œuvres de Fontenelle, tome I, Im partie, Paris 1818;
- 2. D’après sa biographie, par Berthelot, dans les Mémoires de
- l’Académie des sciences, t. 48......
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- vilégiée, comme il le reconnut lui-même en écrivant, un an avant sa mort : « Tout m’a réussi dans ma famille, dans mes affections et amitiés, dans ma carrière d’ingénieur et dans ma carrière scientifique, rare bonheur dont j’ai joui jusqu’au jour où j’ai été subitement privé de ma bien aimée et dévouée compagne. » Un homme heureux et qui le reconnaît ! Voilà bien un des miracles de la science...
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- Cosson (1819-1889 , qui a laissé un nom honorable dans la botanique systématique, appartenait à une famille riche, ce qui ne l’empêcha pas de se montrer travailleur sérieux. Son père eût désiré qu’il fit du commerce; mais, voyant que cela ne lui plaisait pas, l’autorisa à choisir lui-même une profession. •Cosson se décida pour la médecine, mais n’exerça jamais. Ses goûts l’entraînaient plutôt vers les sciences naturelles; il se mit à herboriser dans les environs de Paris, avec son ami Germain de Saint-Pierre, et devint ainsi un excellent botaniste systématicien, dont tous les amateurs de plantes sauvages connaissent la Flore des environs de Paris, qui, en son temps, eut un grand succès.
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- Le grand mathématicien Charles Hermite (1822-1901) était né à Dieuze, chef-lieu de canton du département de la Meurthe. Ses ascendants n’avaient rien de scientifique, ainsi qu’on va le voir par les documents ci-après rassemblés par Gaston Darboux (') :
- Son grand-père du côté paternel était un armateur, probablement originaire de Marseille. Il avait un somptueux hôtel dans la Chaussée d’Antin, mais il fut ruiné pendant la Révolution; il mourut en prison et un de ses frères, qui était son associé, fut guillotiné. Le père de Charles Hermite, Ferdinand Hermite, était alors bien jeune au moment de la ruine de sa famille. Il fit des études d’ingénieur, mais n’eut jamais beaucoup de goût pour son métier; il semble qu’il fut, plutôt, artiste : il faisait un peu de peinture et était excellent musicien. Entré en Lorraine dans une entreprise de salines, il se fixa à Dieuze et épousa bientôt Mlle Madeleine Lallemand, fille d’un marchand de drap de cette petite ville. Il abandonna alors l’industrie du sel et l’art d’ingénieur pour le commerce du drap et succéda ensuite à ses beaux-parents. Mme Hermite paraît avoir été l’âme de la maison de commerce, qu’elle agrandit considérablement. Charles Hermite aimait à raconter que son père avait peint l’enseigne de la maison : elle.représentait un solitaire dans quelque thébaïde et on lisait au-dessous : A l’ermite. Dans son affection reconnaissante pour ses parents
- 1. Notice historique lue dans la séance publique annuelle de l’Académie des Sciences du 18 décembre 1905.
- il se plaisait aussi à rappeler que c’était à leur activité, à leur labeur persévérant, qu’il dev.ait la modeste aisance grâce à laquelle il a pu se livrer à ses goûts et se consacrer à des recherches mathématiques. M. et Mme Ferdinand Hermite eurent sept enfants, deux fdles et cinq fds. Charles Hermite fut l’avant-dernier. Il avait 6 ou 7 ans quand ses parents vinrent établir à Nancy leur maison de commerce. La discipline était sévère dans la famille; les enfants, par exemple, ne devaient pas boire de vin et on les faisait sortir de table avant le dessert, sauf le dimanche. Mais, comme il arrive chez beaucoup de négociants, il ne semble pas que M. et Mme Hermite aient trouvé le temps de veiller de près à l’éducation de leurs fils. On les mit au collège de Nancy, d’abord comme demi-pensionnaires, ensuite comme internes; et comme, à cette époque, les études y laissaient à désirer, on envoya Charles à Paris, où il suivit les classes de seconde et de rhétorique au Collège Henri IV. En seconde, ce qui intéressa le plus le jeune élève, ce fut la classe de Physique, faite par M. Despretz. Son j^rofesseur de lettres, M. Caboche, lui reprochait de trop aimer les cours de M. Despretz. En somme, les études classiques d’FIermite furent faites sans beaucoup d’ardeur. L’internat ne lui convenait nullement; il avait le sentiment d’être dans une caserne, dans une geôle pour employer sa propre expession. Entraîné par l’exemple de son frère aîné Hippolyte, qui fut reçu à l’Ecole Polytechnique et servit, pendant dix ans, dans le Génie, il négligea la pilosophie et les mathématiques élémentaires, et, au début de l’année scolaire 1840-1841, il entra au Collège Louis-le-Grand, dans la classe de mathématiques préparatoires à l’Ecole Polytechnique, dont l’excellent professeur était M. Richard. Il avait alors 18 ans. C’est à ce moment que se développa, avec une rapidité et une intensité extraordinaires, cette furie mathématique qu’il n’avait pas montrée dans les classes des lettres et qu’il devait garder jusqu’à son dernier jour. M. Richard reconnut, très promptement, toute la valeur d’Hermite; il disait à son père : « Ce sera un petit Lagrange. » Mais il s’inquiétait beaucoup de le voir suivre sà fantaisie et négliger les examens. Hermite n’était pas de ceux qui s’assujettissent volontiers à un programme régulier. Sur ce point, caractéristique, on peut invoquer ses propres écrits, par exemple le passage suivant d’une lettre adressée à un de ses jeunes amis :
- « J’ai aussi les examens en horreur et j’ai passé une année, étant élève de rtrathématiques spéciales, à lire, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, les collections académiques, les ouvrages d’Euler, etc., au lieu de me mettre en mesure de répondre sur les questions de géométrie, de statique, etc. M. M. G... m’avait pris en aversion et j’ai expié par un humiliant échec mes fantaisies d’écolier savant. » Cela ne l’empêcha pas, d’ailleurs d’être reçu —• le 68e, il est vrai — à l’Ecole Polytechnique, où, on l’admit malgré qu’il eût au pied droit une infirmité qui datait de sa naissance et qui l’obligeait à se servir d’une canne.
- (.A suivre.) Henri Coupin.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- BONNE FORMULE D’ENDUIT CALORIFUGE
- On sait que dans l’industrie, la vapeur produite par les générateurs est un transporteur de force de chaleur, malheureusement, avant d’arriver au point où elle doit être utilisée, elle traverse des milieux froids où se produit une condensation, d’où résulte : perte de pression et de chaleur.
- Pour éviter cet inconvénient, on a l’habitude de revêtir les tuyaux dans lesquels circule la vapeur d’un enduit empêchant la perte de cha-eur par rayonnement, enduit dans lequel entrent essentiellement la poudre de liège ou la sciure de bois. Voici, à titre d’exemple, une composition qui peut servir de type :
- Eau ordinaire............... 1.000 grammes
- Colle forte.................... 20 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures, puis liquéfier au bain-marie, ensuite ajouter :
- Silicate de soude liquide à 36° B. . 50 grammes
- Carbonate de chaux pulvérisé. . . 40 —
- Liège râpé de la grosseur d’un pois. 100 —
- Amener à consistance convenable de plâtre gâché, soit en y ajoutant un peu de carbonate de chaux (craie en poudre), soit en l’additionnant d’eau tiède, appliquer ensuite à la truelle, de façon à constituer un manchon d’environ 12 à 15 cm. d’épaisseur sur le tuyau à protéger.
- Entourer ensuite de bandes prises, par exemple, dans de vieux sacs de jute, cela pour empêcher le fendillement de l’enduit sous l’influence des variations de température.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1930 (1)
- La planète Mercure arrivera à sa plus grande distance angulaire du Soleil le 6 janvier, à 19° 14/ à l’Est. Mais en raison de sa forte déclinaison australe, il sera à peu près impossible de l’observer.
- En janvier, on pourra suivre quelques occultations intéressantes d’étoiles, rechercher la lumière zodiacale, le soir, dès l’arrivée de la nuit, et procéder à des observations méthodiques de l’essaim des Bootides, dont le radiant est situé près de [3 de la constellation du Bouvier.
- Signalons encore quelques minima de l’étoile variable Algal, visibles à l’œil nu, un grand nombre de phénomènes du système des stallites de Jupiter et, enfin, un nombre respectable de conjonctions de la Lune et avec les planètes.
- I. Soleil. — En janvier, le Soleil s’élève graduellement vers l’hémisphère nord — qu’il atteindra au moment de l’équinoxe de printemps. Sa déclinaison de — 23° 3' le 1er janvier ne sera plus que de —17° 30' le 31. La durée du jour augmente rapidement et de 8» 18m (intervalle entre le lever et le coucher du centre du Soleil) le 1er janvier, elle sera de 91‘ 19m le 31.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris, du 1er au 31 janvier.
- Observations physiques. — Le soleil vient de présenter (au début de novembre) une activité considérable .On a pu ainsi compter en même temps, à sa surface, 64 taches de toutes dimensions. Un autre jour, on pouvait en compter 47. Ces nombres nous ont été communiqués par notre savant collègue, M. G. Bidault de l’Isle, et il les a reconnus à son bel observatoire de l’Isle-sur-Serein, dans l’Yonne.
- On voit donc le très grand intérêt que présente l’observation du Soleil; le plus petit instrument suffit pour ce travail. Mais, ce qu il faut surtout, c’est une patience et une persévérance soutenues, pour continuer chaque jour, sans lacune, les observations. On prendra des dessins d’ensemble et de détail' des taches, chaque fois que le temps le permettra.
- Lumière zodiacale. — À la fin du mois, la lumière zodiacale commencera à être bien visible le soir. Elle va devenir de plus en plus lumineuse et élevée dans le ciel dans les mois qui vont suivre. Les observateurs devront noter la forme, la position par rapport aux étoiles, la couleur, l’intensité de la lueur. Une étude photométrique complète est à recommander.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de janvier 1930 seront les suivantes :
- Dates. . Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Janvier ^er 54“ 7s Janvier 17 12h 0“ 43s
- — 3 11 55 3 — 19 12 1 22
- —. 5 11 55 58 — 21 12 1 58
- — 7 11 56 52 — 23 12 2 30
- — 9 11 57 43 — 25 12 3 0
- —: 11 11 58 32 — 27 12 3 27
- •— 13 11 59 18 — 29 12 3 50
- — 15 12 0 2 — 31 12 4 10
- P. Q. le 8, à 3» 11“ D. Q. le 21, à 161' 7“
- P. L. le 14, à 22h 21“ N. L. le 29, à 191* 7“
- Age de la Lune le 1er janvier 1930, à 0h = 21,0; le 30 janvier, à 8" = 11,0.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le 13 — -f- 27° 28'; le 27 = — 27° 26'. Oh sera frappé de la très
- 1. Toutes les heures indiquées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de minuit (0h).
- ASTRE Dates : Janvier Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 , 7h 46m 11» 55“ 58s 16» 7 m 19» 3“ _ 22° 40' 32'34", 8 Sagittaire
- Soleil. . . . 15 7 41 11 12 02 16 19 19 46 — 21 12 32 33, 6 Sagittaire 11 ))
- 25 7 32 12 12 30 16 34 20 29 — 19 4 32 32,4 Capricorne
- l 5 8 56 13 18 17 40 20 22 — 20 11 6, 6 P Capricorne
- Mercure. . . 15 8 10 12 52 17 34 20 30 — 17 18 8,7 P Capricorne Le soir au début du mois
- i 25 6 48 11 28 16 8 19 59 — 16 16 9,4 P Capricorne
- i 5 7 19 11 23 15 27 18 32 — 23 23 10, 3 X Sagittaire ,
- Vénus. . . . 15 7 29 11 38 15 46 19 27 — 22 29 10, 3 % Sagittaire Inobservable.
- [ 25 7 32 11 52 16 12 20 21 — 20 53 10,2 P Capricorne
- 5 7 16 11 17 15 17 18 25 —. 24 0 3, 9 X Sagittaire
- Mars.... 15 7 7 11 10 15 13 18 58 —• 23 32 3, 9 (J Sagittaire Inobservable.
- 25 6 55 11 4 15 12 19 31 — 22 40 3, 9 Sagittaire
- Jupiter. , . 15 12 46 20 32 4 18 4 20 4“ 20 50 45, 2 <N O Taureau Première partie de la nuit
- Saturne. . . 15 6 28 10 37 14 47 18 24 —• 22 36 15 X Sagittaire Inobservable.
- Uranus. . . 15 10 29 16 43 22 57 0 29 + 2 24 3,7 10 Poissons Dès l’ai’rivée de la nuit
- Neptune. . . . 15 19 43 2 37 9 30 10 22 + 10 54 2, 3 0 Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
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- grande hauteur de la Lune dans le ciel à l’époque de la pleine Lune du 14.
- Apogée de la Lune (.plus grande distance à la Terre), le 1er janvier, à 16h. Parallaxe = 53' 56". Distance = 406 570 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 15 janvier, à 0h. Parallaxe = 61' 32". Distance = 356 360 km.
- Apogée de la Lune, le 28 janvier, à 161*. Parallaxe = 53' 55". Distance = 406 700 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3 janvier, occulta tion de 154 B. Capricorne (gr. 6,1). Immersion seule visible, à 17h 30m. Le 8 janvier, occultation de o Poissons (gr. 4,5), de 21h 57m, à 22h 50m. Le 14 janvier, occultation de c Gémeaux (gr. 5,5), de 18h llm à 18h 57m.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 14. Voici, pour Brest, les coefficients de quelques-unes de ces marées •
- Dates. Marées du matin. Marées du soir
- Janvier 14 0,82 0,87
- — 15 0,92 0,95
- — 16 0,98. 0,99
- — 17 0,99 0,98
- — 18 0,96 0,93
- — 19 0,88 0,83
- En raison de la faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau de la page précédente contient les données principales pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de janvier 1930. Les renseignements de ce tableau sont extraits, en partie, de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1930.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du soir le 6 janvier à 19° 14' à l’Est du Soleil. Il sera difficilement observable, peu de temps séparant le coucher du Soleil de celui de Mercure par suite de la forte déclinaison australe de cette petite planète. 1
- Vénus est inobservable. Elle sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 6 du mois prochain. Il faudra attendre le mois d’avril pour la voir se dégager des rayons du Soleil et pouvoir l’observer.
- Mars est également inobservable en janvier, s’étant trouvée en conjonction avec le Soleil le 3 décembre dernier. A partir du mois prochain on pourra l’observer le matin, avant l’arrivée du jour.
- Jupiter est encore bien visible pendant presque toute la nuit, et très favorablement situé pour les observations. Une petite lunette est suffisante pour voir le globe de Jupiter et discerner les bandes nuageuses qui traversent son disque. Un grossissement de 40 fois donne à cette planète un disque apparent égal à celui de la Lune vue à l’œil nu.
- Une toute petite lunette suffît également pour voir les quatre principaux satellites et pour suivre les curieux phénomènes auxquels ils donnent lieu dans leur rotation autour de la planète géante. Le tableau suivant donne la liste des phénomènes visibles en janvier. Nous avons défini dans un Bulletin précédent les divers phénomènes présentés : Im, Em = Immersion, émersion; O. C., O. f. = Passage de l’ombre d’un satellite sur le disque, commencement et fin; Ec. c., Ec. f.= Eclipse d’un satellite, commencement et fin;. P. c., P. f. = Passage d’un satellite, commencement et fin.
- Saturne a été en conjonction avec le Soleil à la fin du mois dernier. Il sera inobservable en janvier.
- Dates. Janv. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Janv. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 3h 36m I Im. 14 171* 2m II O. f.
- 2 O 48 I P. c. 16 16 53 III Ec. c.
- 2 1 30 I O. c. 16 19 22 III Ec. f.
- 2 2 23 II Im. 17 1 37 I Im.
- 2 2 58 I P. f. 17 22 49 I P. c.
- 2 3 41 I O. f. 17 23 49 I O. c.
- 2 22 2 I Im. 18 0 59 I P. f.
- 3 0 58 I Ec. f. 1.8 1 51 II P. c.
- 3 19 14 I P. c. 18 1 59 I O. f.
- 3 19 59 I O. c. 18 20 4 I Im.
- 3 21 7 II P. c. 18 23 18 I Ec. f.
- 3 21 24 I P. f. 19 17 16 I P. c.
- 3 22 9 I O. f. 19 18 17 I O. c.
- 3 22 38 II 0. c. 19 19 26 I P. f.
- 3 23 30 II P. f. 19 20 13 II Im.
- 4 1 5 II O. f. 19 20 28 I O. f.
- 4 16 29 I Im. 20 0 43 II Ec. f.
- 4 19 27 I Ec f. 20 2 48 III P. c.
- 5 16 38 I O. f. 20 17 47 I Ec. f.
- 5 19 31 II Ec f. 21 17 13 II O. c.
- 5 19 49 III P. c. 21 17 29 II P. f.
- 5 22 3 III P. f. 21 19 40 II O. f.
- 5 22 58 III O. c. 23 18 52 III Em.
- 6 1 23 III O. f. 23 20 54 III Ec. c.
- 9 2 34 I P. c. 23 23 23 III Ec. f.
- 9 3 25 I O. c. 24 3 26 I Im.
- 9 23 49 I Im. 25 0 38 I P. c.
- 10 2 54 I Ec f. 25 1 44 I O. c.
- 10 21 1 I P. c. 25 2 48 I P. f.
- 10 21 54 I O. c. 25 21 54 I Im.
- 10 23 11 I P. f. 26 1 14 I Ec f.
- 10 23 28 II P. c. 26 19 6 I P. c.
- 11 0 4 I O f. 26 20 12 I O. c.
- 11 1 16 ni O. c. 26 21 15 I P. f.
- 11 1 51 ii P. f. 26 22 23 I O. f.
- 11 3 43 il O. f. 26 22 37 II Im.
- 11 18 16 i Im. 27 19 43 I Ec f.
- 11 21 23 i Ec f. 28 17 31 II P. c.
- 12 17 38 i P. f. 28 19 51 II O. c.
- 12 17 51 ii Im. 28 19 56 II P. f.
- 12 18 33 i O. f. 28 22 19 II O. f.
- 12 22 7 il Ec f. 30 20 11 III Im.
- 12 23 16 iii P. c. 30 22‘ 34 III Em.
- 13 1 32 ni P. f. 31 0 55 III Ec c.
- 13 2 58 ni O. c.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 janvier :
- Grand axe extérieur................ 34",20
- Petit axe extérieur................. . -|- 15",01
- Nous voyons actuellement la face boréale des anneaux de Saturne.
- Uranus est à présent visible dès l’arrivée de la nuit.
- Voici quelques positions où l’on pourra trouver cette
- planète :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Janvier 1er 0h 29®a • -f 2° 22'
- — 16 0h 30m + 2° 30'
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-
- Rappelons que, dans les lunettes de moyenne puissance, Uranus présente un petit disque, bleuâtre, de 4" environ de diamètre,
- Neptune sera en opposition avec le soleil au milieu du mois prochain. Il est à présent visible toute la nuit. Voici quelques positions où l’on pourra le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Janvier 1er 10h 22m + 10°52'
- — 16 10h 21m + 10°58'
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, Le 2, Le 3, Le 3, Le 7, Le 11, Le 17, Le 23, Le 29, Le 28, Le 28, Le 28, Le 29,
- à 15h, Mercure en conjonction avec la Lune, à 3° 23' N
- à 17h, Vénus à 7h, Vénus à 18h,Mars à 8h, Uranus à 20h, Jupiter à 9h, Neptune à 41', Mercure à lh, Saturne à 9h, Mars à 10h, Mercure à 21h, Mercure à 12h, Vénus
- Mars, à (DSS' N Saturne, à 0° 57' S Saturne, à 1° 28' S la Lune, à 2° 14' N à 3° 4' S à 4° 15' S Vénus, à 4° 25 N la Lune, à 5° 1' N à 3° 57' N à 8° 23' N Mars, à 4° 22' N la Lune, à 4° 2' N
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (8 Persée), visibles à l’œil nu : le 18 janvier, à 21* 33m; le 20, à 23h 23m; le 23, à 20h 12m.
- Etoiles filantes. — En janvier, quelques essaims d’étoiles filantes sont actifs, notamment l’essaim des Bootides, qui, les 2 et 3 janvier, donne lieu à des météores rapides, à longues trajectoires. Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, les radiants des essaims donnant lieu à des météores en janvier :
- Dates.
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- Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Janvier 2 119° + 16° K Cancer.
- — 2 et 3 232o + 16° P Bouvier.
- — 4 au 11 180° + 3.5° N Chevelure.
- — 18 232° + 36° S. Couronne.
- — 28 236° + 25°. a Couronne.
- —• (mois) 105° + 44° 63 Cocher.
- Temps sidéral. - - Voici le temps sidéral, à 0“ (méridien de
- Greenwich), de 10 en 10 jours.
- Dates. Temps si déral.
- Janvier 8 711 7m 17s
- —- 18 7h 46m 42®
- — 28 81‘ 26m 8®
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er janvier à 23h ou le 15 à 22h est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas, e, -y) ; le Cocher (14, 4 'ta* M. 37) ; Andromède (y, tt, 56, M. 31).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, iz) ; Céphée (o, u, y, H, (3, o) ; Cassiopée (y, i, d*, g); le Dragon.
- A l’Est : Le Lion (?, [3, y, Z, 54 t) ; le Cancer (la Crèche) ; les Gémeaux (a, 8, ç, y, o, 61, M. 35).
- Au Nord-Est : La Grande-Ourse.
- Au Sud : Orion (0, M. 42, o, 42 c, (3, g) ; le Taureau (les Pléiades, a, r, y, 88, a); le Bélier, (y, 30, ir, 33).
- Au Sud-Est : Le Grand Chien (Sirius, la plus brillante de toutes les étoiles.)
- A Y Ouest : Les Poissons (a, Z, ('), 35) ; Pégase (85,3, 1, s, "). La Baleine et le Cygne disparaissent.
- Les curiosités sidérales inscrites ici entre parenthèses, après le nom de la constellation, sont toutes visibles avec de petits instruments. Em. Touciiet.
- LES VIPERES VONT-ELLES A L EAU ?
- Au mois de septembre dernier, la grande presse s’est occupée des vipères et les « échos » ont été remplis par les réponses des lecteurs; un grand nombre de ceux-ci ont prétendu avoir pêché des Vipères..., bien malgré eux. On n’a pas idée du nombre de pêcheurs à la ligne qui ont retiré des Serpents pris à l’hameçon ! Et presque tous croient avoir affaire à des Vipères.
- Avons-nous besoin de dire qu’il s’agit 99 l’ois sur cent de Couleuvres vipérines. Il est curieux de constater combien le Tropidonote vipérin est ignoré du vulgaire, alors que l’espèce est commune dans les mares, au bord des eaux.
- La Couleuvre vipérine, qui mesure au maximum et exceptionnellement 99 centimètres, mais en moyenne 50-65 centimètres, rappelle la Vipère bérus par sa coloration et par les attitudes qu’elle prend parfois; mais sa queue plus longue et surtout ses plaques céphaliques la font aisément distinguer de la Vipère.
- L’inoffensive Couleuvre vipérine est très aquatique; elle nage admirablement. Elle se nourrit de Poissons et de petits Batraciens. Après avoir avalé quelque proie, elle aime à se reposer sur et sous les pierres du bord des cours d’eau. A la moindre alerte, elle file prestement dans l’eau.
- Nous avons parlé de la Couleuvre vipérine dans l’article intitulé : « Les Serpents qui ressemblent aux Vipères » paru dans le numéro 2675 de La Nature.
- Nous disons donc que la Vipère rencontrée au bord de l’eau est, généralement, une Couleuvre vipérine.
- Cependant, les Vipères vont à l’eau. D’abord, elles y vont boire.
- Puis, elles y vont se baigner et principalement quand elles muent, afin de favoriser le changement d’épiderme.
- Un naturaliste-préparateur, M. C.., qui a pris part à la polémique engagée par un grand quotidien, a dit que les Vipères ne vont pas dans l’eau. Pourtant, elles entrent bien dans l'eau pour y prendre des bains.
- M. C... dit encore avoir capturé des Vipères endormies aux abords immédiats des ruisseaux. Elles se laissaient prendre plutôt que de plonger dans l’eau; refoulées vers le ruisseau, elles se refusaient obstinément à y entrer. Evidemment, les Vipères ne cherchent pas à fuir dans l’eau quand elles se voient près d’être prises; mais cela ne les empêche pas d’aller dans l’eau de temps à autre. Elles n’y vont, d’ailleurs, que pour se baigner, car elles ne se nourrissent pas d’animaux aquatiques : elles ne mangent ni Batraciens, ni Poissons.
- M. R. Rollinat, consulté, est bien de cet avis, à savoir que les Vipères vont à l’eau pour boire et se baigner. Le zoologiste d’Argenton nous fait observer que les Vipères se sont peu montrées pendant les étés de 1928 et de 1929 : des centaines de pierres soulevées, au bord de l’eau, ne cachaient que des Tropidonotes vipérins. Fuyant les pierres brûlantes des lieux accidentés, les Vipères se sont tenues au fond de leurs retraites, trous de terre ou de rocher. Et le savant erpétologue, qui avait besoin de ces Reptiles, n’a pas pu en capturer.
- Sans nous être livrée à semblables recherches, nous avons néanmoins remarqué que dans la région blésoise les Vipères n’ont pas fait parler d’elles cette année. L’Aspic, surtout, n’aime pas les saisons très chaudes.
- A. Feuillée-Billot,
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- 8 = LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LES TECHNIQUES RADIOÉLECTRIQUES FRANÇAISE ET AMÉRICAINE
- Il est fort intéressant de comparer à l’heure actuelle les tendances des industries radioélectriques française et améri-
- Fig. 1. — Un poste récepteur américain « up io date ».
- a) Le poste-meuble vu de face. On voit la petite plaquette de contrôle avec bouton de « réglage unique » et, au-dessus, le diffuseur du haut-parleur électromagnétique, b) L’appareil vu par derrière; le haut-parleur est placé au-dessus du bloc récepteur et du système d’alimentation complètement protégés par. des blindages, c) Le poste et le haut-parleur ont été démontés hors du meuble. On distingue les lampes à grille-écran, les fusibles du circuit d’alimentation et la disposition du cône du diffuseur. (D’après Radio-News.)
- caine, justement parce qu’elles semblent présenter des divergences assez marquées, qui sont dues à l’influence des conditions radioélectriques locales, des opinions des techniciens, et aussi des facteurs économiques et sociaux.
- Tout d’abord, les conditions de la réception radiophonique sont tout à fait différentes. Tandis qu’en Europe les stations de radiodiffusion émettent sur deux bandes de longueurs d’onde, comprises entre 200 et 600 m environ, et entre 1000 et 2000 m au maximum, aux Etats-Unis la bande des lon-
- gueurs d’onde réservée aux « broadeasting » s’étend, en général, de 200 à 600 m seulement, bien qu’il existe un nombre de plus en plus grand de postes émetteurs sur ondes très courtes sur la gamme 15-60 m environ.
- Il s’ensuit de ce fait une grande simplification de tous les postes récepteurs, d’où une plus grande facilité de construction. La réalisation d’appareils en grande série permet d’établir des prix de revient très bas, et, par suite, des prix de vente au détail relativement modérés, tout en assurant une qualité moyenne suffisante.
- D’un autre côté, le constructeur américain, en vertu de l’adage, « qui peut le plus, peut le moins », adage qu’il applique, d’ailleurs, aussi dans la construction automobile, préfère toujours adopter une puissance supérieure au but à atteindre ; les appareils de 6, 8 ou même 10 lampes sont donc en majorité.
- L ’« Américain moyen », recevant de gros salaires, peut dépenser plus aisément que le « Français moyen », d’autant plus qu’il a peu le sens de l’économie; d’ailleurs, la construction en grande série abaisse les prix de revient. Le prix de vente des postes-meubles les plus complets comportant un dispositif de reproduction électrique pour disques de phonographe ne dépasse guère 300 dollars (environ 7.500 francs) ; le prix des appareils complets du type ordinaire demeure aux environs de 100 dollars (environ 2500 francs).
- Les postes portatifs sont peu employés et la forme la plus courante est la forme meuble (fig. 1).
- Les systèmes d’amplification adoptés sont relativement variés, mais, au contraire de ce qui se passe en France, la haute fréquence directe seule est en faveur, alors que les dispositifs de réception par changement de fréquence sont peu utilisés. D’ailleurs, le changement de fréquence, lorsqu’il est adopté, est réalisé au moyen de lampes triodes et non de lampes bigrilles comme en France; on emploie presque toujours une lampe oscillatrice séparée, mais on a essayé pendant quelque temps le système strobodyne, dû à un jeune inventeur français, M. Chrétien.
- L’amplification haute fréquence est obtenue avec des liaisons par transformateurs accordés, le plus souvent, et au moyen de lampes à grille-écran; les différents étages du poste sont presque toujours entièrement blindés.
- Etant donné que la gamme de la radiodiffusion s’étend sur une bande relativement resserrée, il est possible de n’utiliser qu’un seul jeu de transformateurs, et l’on peut, de plus, commander au moyen d’un système de contrôle unique les différents condensateurs d’accord et de résonance.
- Sur les étages basse fréquence, on emploie presque toujours des liaisons à transformateurs et des lampes de puissance ; le montage push-pull est très en faveur.
- Le système de haut-parleur très souvent adopté maintenant est le haut-parleur électro-dynamique, dont l’enroulement inducteur forme quelquefois impédance de filtre pour le circuit d’alimentation plaque.
- Comme nous l’avons indiqué, il existe peu de postes portatifs ; la plupart sont des postes-meubles contenant souvent un système d’amplification phonographique actionnant le même haut-parleur électrodynamique à grande puissance.
- D’autre part, l’alimentation des appareils est généralement assurée en France par des batteries d’accumulateurs et de piles qui constituent la solution théorique idéale au point de vue de la pureté de réception.
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- Phono - pick-up
- YBlindage yBlindage ^Blindage
- Antenne
- Régulateur
- vers secteur 1101
- Fig. 2. Schéma du posie précédent à 7 lampes, dont 4 à grille-écran, à réglage unique, alimenté directement par le secteur,
- complètement blindé, à liaison haute fréquence à résonance avec sélecteur spécial et étage basse fréquence push-pull.
- On commence pourtant à utiliser des boîtes d’alimentation sur courant alternatif d’un secteur et nous avons déjà décrit différents modèles de ces appareils. Ces dispositifs fournissent un courant redressé et filtré pour le chauffage des fdaments et la tension de plaque.
- Aux Etats-Unis, seul le courant de plaque est obtenu par redressement et filtrage, et l’on emploie toujours des lampes spéciales dites à chauffage indirect, dont la cathode est chauffée indirectement par le courant du secteur non redressé.
- Presque tous les postes actuels sont munis de lampes de ce genre dont il existe d’ailleurs une grande variété de types, et il n’y a plus que très peu d’appareils fonctionnant encore à l’aide de batteries.
- Les figures 1 et 2 indiquent la disposition générale et le schéma de montage d’un appareil américain de construction très récente, qui peut être considéré comme possédant toutes les caractéristiques que nous venons d’énumérer.
- Cet appareil, réalisé sous forme de poste-meuble, avec haut-parleur électrodynamique, entièrement blindé, comporte un système de réglage essentiel unique. Il est alimenté entièrement par le courant d’un secteur et comporte quatre étages d amplification haute fréquence à transformateurs accordés, avec lampes à grille-écran chauffées indirectement; une lampe détectrice et un étage d’amplification basse fréquence push-pull.
- L’alimentation plaque est assurée entièrement par le secteur et une valve de redressement est placée à l’intérieur du poste-meuble.
- On remarquera sur le schéma que le système d’accord est, en quelque sorte, apériodique; la première lampe est une lampe de couplage et l’accord s’effectue au moyen d’un filtre placé dans le circuit de plaque.
- Les appareils américains actuels sont donc d’un usage très pratique, puisqu’ils sont presque toujours à réglage simplifié et fonctionnent directement à l’aide du courant du secteur.
- La sélectivité semble, d’autre part, suffisante dans les conditions de la radiodiffusion de ce pays et l’ensemble de la construction paraît robuste, mécaniquement établi, et d’un aspect suffisamment esthétique.
- Pour que de tels appareils puissent cependant être utilisés en Europe, il faudrait qu’ils soient profondément modifiés, puisque toute Leur construction repose sur l’emploi d’une bande de longueurs d’onde unique relativement resserrée.
- LES ACCUMULATEURS IRRENVERSABLES
- Les postes portatifs sont presque exclusivement équipés avec des accumulateurs de chauffage, alors qu’au contraire, et avec raison, on a conservé des batteries de piles pour l’alimentation plaque.
- Les accumulateurs de chauffage ne sont guère plus lourds que les piles et ont, de plus, l’avantage évident de pouvoir être rechargés indéfiniment. Leur seul inconvénient dans les postes portatifs était la présence de l’électrolyte liquide dans le bac, ce qui empêchait le transport.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a d’abord imaginé de fixer ce liquide au moyen d’une matière poreuse ou de lui donner une consistance gélatineuse à l’aide d’une solution à base de silicate de sodium par exemple.
- Il existe différents modèles très satisfaisants de ces batteries à liquide immobilisé, mais ils présentent l’inconvénient d’avoir une capacité moins grande que les modèles ordinaires, à égalité d’encombrement et ..de poids.
- On a donc cherché à établir d’autres types, dans lesquels l’électrolyte reste liquide, mais qui sont munis de systèmes permettant le li-bi’e passage des gaz et empêchant toute fuite de liquide.
- Il existe actuellement deux catégories de ces batteries. Dans les premières, le bac en celluloïd est muni d’un seul
- Fig. 3. — Disposition schématique d'un bouchon d'accumulateur hermétique aux liquides et laissant passer les gaz.t
- Ouverture pour le passage des gaz .
- Tube intérieur ouvert à ses deux extrémités.
- __ ube extérieur percé seulement d'ouvertures latérales
- Bac d’accumulateur en celluloïd.
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- Bouchon fixe pour le passage des gaz^y
- Ouvertures pour le passage des gaz
- Bouchon de remplissage \du liquide. (vissé)
- JSphêre en celluloïd
- Fig. 4. ‘— Dispositif avec bouchon de remplissage séparé pouraccumulaleur irrenversable.
- bouchon de remplissage hermétique aux liquides lorsqu’il est vissé, et permettant le passage des gaz
- (fig, 3).
- Ce bouchon peut comporter, comme le montre la ligure, deux tubes de celluloïd emboîtés l’un dans l’autre et disposés en chicane.
- Les gaz traversent le premier tube, mais
- les liquides ne peuvent passer, et seraient, en tous cas, arrêtés par le deuxième.
- On peut également employer deux bouchons séparés, dont l’un latéral permet le remplissage du liquide lorsqu’on le dévisse, et l’autre fixe, placé sur la partie supérieure du bac, ne laisse passer que les gaz (fig. 4).
- Ces modèles d’accumulateurs auraient pourtant l’inconvénient de laisser les plaques à l’air en cas de choc ou lorsqu’ils sont couchés, par suite d’un déplacement trop brusque du liquide qu’ils renferment.
- C’est pourquoi on place souvent entre les lames une masse spongieuse, par exemple de la mousse de verre, qui atténue cet inconvénient sans diminuer la capacité .
- UN HAUT-PARLEUR ÉLECTROMAGNÉTIQUE A CONE MOBILE
- On sait que, dans les haut-parleurs électrodynamiques, le déplacement du cône diffuseur n’est pas limité ; ce déplacement peut atteindre plusieurs millimètres dans les modèles courants, et malgré le faible diamètre du cône, on peut ainsi reproduire les notes basses avec une grande intensité, à condition, bien entendu, d’employer en même temps un écran sonore convenable.
- Ce résultat n’est possible qu’en employant un modèle électrodynamique, car le déplacement de la bobine mobile n’est pas limité comme celui de l’armature d’un moteur électromagnétique.
- Si l’on veut se contenter d’une intensité d’audition moyenne, on peut cependant utiliser un moteur électromagnétique combiné avec un cône diffuseur à bords libres et un écran sonore. On obtient alors des résultats comparables à ceux fournis par un moteur électrodynamique, avec évidemment une simplicité d’utilisation beaucoup plus grande.
- Fig. 5. — Haut-parleur à moteur électromagnétique, à diffuseur à bords libres, type Kraemer, vu d’arrière et de face.
- Un constructeur français vient de réaliser un modèle de ce genre, dont l’ensemble est représenté sur la figure 5.
- Cet appareil de 230 mm de diamètre et de 115 mm de profondeur seulement comporte un cône en papier spécial monté dans un cercle rigide, avec interposition d’un bord souple lui permettant de se déplacer avec de grandes amplitudes. Ce cône est solidaire d’un équipement électromagnétique compensé très sensible et permettant cependant d’obtenir une puissance sonore assez grande pour une pièce de dimensions moyennes. Ce moteur équilibré ne nécessite d’ailleurs aucun réglage. L’ensemble du dispositif doit être monté sur un panneau très large ou dans une ébénisterie formant écran pour que les notes graves puissent être reproduites convenablement.
- Indiquons qu’une ébénisterie de 28 cm de haut, de 30 cm de large et de 20 cm de profondeur convient parfaitement,
- UN POSTE PORTATIF A LAMPES TRIGRILLES
- Nous avons déjà signalé dans La Nature les essais effectués par M. Barthélémy pour l’emploi de lampes trigrilles, non
- Fig. 6. — Le posle-trisodyne portatif.
- seulement comme changeuses de fréquence, mais aussi pour l’amplification moyenne fréquence.
- Nous avons également indiqué les caractéristiques d’un poste à 4 lampes comprenant 1 lampe trigrille changeuse de fréquence, une bigrille moyenne fréquence, une détectrice, et une lampe trigrille de puissance pour l’amplification basse fréquence. Un tel poste, permettant la réception de presque toutes les émissions européennes sur petit cadre, convient parfaitement pour la réalisation d’un poste portatif.
- M. Barthélémy vient de mettre au point un poste de ce genre, donnant de fort bonnes réceptions tout en étant d’un réglage facile et d’un emploi des plus pratiques (fig. 6).
- L’appareil se présente sous la forme de deux parallélipipèdes s’emboîtant l’un dans l’autre. L’un de ces parallélépipèdes constitue le cadre et l’autre le poste proprement dit. Une poignée placée sur le dessus du premier permet le transport facile de l’ensemble. L’alimentation est obtenue à l’aide de deux éléments de piles de 40 volts pour la tension plaque et d’un petit accumulateur à liquide immobilisé de 4 volts 20 ampères-heure pour le chauffage des filaments.
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- UNE BOITE D’ALIMENTATION PRATIQUE
- 521
- Comme on le sait, l’alimentation par batteries, malgré les perfectionnements apportés aux systèmes à courant redressé par soupapes ou par valves, reste la solution idéale théoriquement.
- Des progrès très nets ont été apportés à la construction des accumulateurs, non seulement de chauffage, mais aussi de tension plaque. Ces derniers se présentent actuellement sous une forme plus pratique, en bacs hermétiques, avec des tubulures permettant le remplissage facile.
- Etant donné l’usage de lampes de puissance et de lampes à écran nécessitant des débits de plus en plus grands, et des voltages de plus en plus élevés,d’emploi de batteries de tension devient aussi de plus en plus nécessaire. C’est pourquoi un constructeur d’accumulateurs a eu l’idée pratique de réunir en un même coffret en matière moulée une batterie de chauffage de 4 volts 40 ampères-heure et une batterie de tension de 80 volts 2 ampères-heure (fig. 7).
- Ce coffret est muni d’un tableau très simple comprenant un inverseur et huit bornes.
- Quatre bornes situées du côté de l’inscription « charge » sont marquées comme suit : — 4, + 4, — 80, + 80, et doivent être connectées aux bornes d’un rechargeur permettant la charge simultanée ou séparée des batteries de 4 volts ou 80 volts.
- Les quatre autres bornes, situées du côté de l’inscription « écoute » et marquées de même —4, + 4, — 80, -j- 40 et + 80 sont à connecter au cordon d’alimentation du poste ou à ses bornes, la borne + 40, servant dans le cas d’un poste à changement de fréquence par lampe bigrille.
- Le fonctionnement se réduit donc à la manœuvre de l’inverseur qu’il suffit de mettre dans la position « écoute » ou « charge » pour l’alimentation du poste récepteur et la charge des batteries.
- Un tel bloc réduit donc les inconvénients inhérents aux accumulateurs, tout en permettant à l’amateur d’utiliser au mieux leurs avantages.
- UN BON MONTAGE POUR LA RÉCEPTION EN HAUT-PARLEUR DES ÉMISSIONS LOCALES
- Pour recevoir les émissions locales, il n’est évidemment pas nécessaire d’employer des étages d’amplification haute fréquence, ni même de changement de fréquence.
- Fig. 7. — Bloc d’alimentation Tudor.
- Il suffit d’utiliser une détectrice à réaction suivie d’un système basse fréquence très puissant et très pur.
- Comme on le fait aux Etats-Unis, on a intérêt, dans ce cas, à monter un étage à transformateur suivi d’un étage push-puli.
- Ce montage push-pull est facile à réaliser avec de bonnes lampes de puissance et de bons transformateurs spécialement étudiés à cet usage, munis de tôles à grande perméabilité et à pertes très faibles.
- Ces organes de montage, faciles à se procurer dans le commerce maintenant, devront avoir une prise médiane au secondaire de l’un et une prise médiane au primaire de l’autre, comme le montre la figure 8.
- La tension plaque pourra être de 80 à 120 volts pour le premier étage et de 150 à 200 volts pour le deuxième étage.
- Comme lampe détectrice, on emploiera une R-36 ou une R-75-D Radiotechnique ou une C-9 Fotos.
- Comme première lampe basse fréquence, on prendra, par exemple, une B-406 Philips ou une P-410 Gecovalve, et comme deuxième basse fréquence deux B-403 Philips ou deux P-425 Gecovalve.
- Il sera évidemment utile de déterminer exactement la polarisation de chaque étage suivant la tension plaque employée. Dansl’exemple que nous donnons,elle pourra être de 14,5 volts à 9 volts pour le premier étage, et de 12 à 40 volts pour le deuxième étage.
- Un tel montage permet évidemment d’obtenir une grande pureté et une grande puissance, mais il faut se rappeler qu’il est destiné presque uniquement à recevoir les émissions locales et qu’il n’est ni très sensible ni très sélectif.
- Il est donc spécialement désigné pour la réception des émissions parisiennes par exemple, mais ne peut servir dans les villes à l’écoute des radio-concerts étran-
- Fig. 8. — Montage à une lampe dèlectrice à réaction suivie d’un étage basse fréquence à transformateur et d'un deuxième étage push-pull avec transformateur Bardon.
- Antenne
- 'X ~7 Accum.
- Réaction
- Transf.2
- sPrÉ
- Transf.3
- Vernier
- 30 a 260 volts
- y#—|i|i|t-
- suivant la ten-
- H? Parleur
- sion plaque.
- gers.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Haut-parleur électromagnétique : Établissements Kraemer, 16, rue de Châteaudun, Asnières (Seine).
- Poste valise trisodyne : Établissements Péri-caud, 6, rue Lafayette, Paris.
- Bloc d1 alimentation Tudor : -16, rue de la Baume, Paris.
- Lampes de réception Gecovalve : General Electric de France, 10, rue Rodier, Paris. '
- Transformateur basse fréquence push-pull : Établissements Bardon, 61, boulevard Jean-Jaurès, Clichy (Seine).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cours d’électricité, par Veaux'. 1 vol., 451 p., 252 fl g. Ch. Béranger, éditeur, Paris,'1929.'Prix : relié, 85 fr.
- Il s’agit ici d’un cours élémentaire où l’auteur s’est attaché exclusivement à exposer très clairement et d’une façon logique les lois et formules fondamentales de l’électrostatique et de l’électrodynamique; chaque chapitre contient de nombreuses applications numériques qui font bien comprendre le sens et la portée des formules, ainsi que leur maniement. L’ouvrage débute par un rappel des notions de trigonométrie, et un lucide abrégé des notions de mécanique nécessaires pour la compréhension des formules et des phénomènes électriques. Le livre de M. Veaux peut être recommandé comme un excellent traité didactique élémentaire.
- Les travaux publics, par J. Bourde (Tome II). 1 vol., 404 pages, 111 flg. J.-B. Baillière. Paris, 1929. Prix : 22 fr.
- La première partie de cet ouvrage expose d’une façon élémentaire la technique de la construction, du revêtement et de l’entretien des routes. La seconde partie traite dans le même esprit les travaux maritimes : protection des côtes, exécution et entretien des ports et de leurs ouvrages, réparation des navires et aménagement des ports. La troisième partie est consacrée aux voies navigables.
- Traité pratique de serrurerie, par E. Barberot. 4e édition, revue et corrigée par L. Griveaud. 1 vol., 461 p., 1169 flg. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1929. Prix : 100 fr.
- Le mot serrurerie n’est pas pris ici dans l’acception courante aujourd’hui; il désigne uniquement l’art du charpentier en fer et du ferronnier. Le traité de M. Barberot, rédigé à l’usage des artisans de la construction en fer, a rencontré un succès mérité par la clarté et la précision de sa rédaction accompagnée d’excellents dessins. Après une étude rapide du fer, de la fonte et de l’acier, l’auteur décrit les planchers à armatures métalliques, puis explique très clairement, avec exemples à l’appui, comment on calcule la résistance d’une pièce métallique ; il continue ensuite son étude de la construction métallique : colonnes, charpentes avec description et calcul des divers types de fermes, passerelles et petits ponts, escaliers en fer, serres, jardins d’hiver, chauffage des serres, volières, tonnelles et kiosques, auvents et marquises, grilles, balcons, rampes et ornements en fer, etc. Ce livre permettra aux bons ouvriers de compléter leur instruction; les renseignements de tous genres, les croquis cotés, les exemples de calcul qu’il contient leur fourniront un guide précieux pour atteindre la pleine possession de leur art.
- Hydrogen Ions. Their détermination and importance in pure and applied chemistry, par Hubert T. S. Britton. 1 vol. in-8, 515 p., 108 flg. Vol. III of Mono-graphs on applied Chemistry. Chapman and Hall, London, 1929. Prix, cartonné toile : 25 sh.
- La notion de concentration en ions hydrogène a pris en ces dernières années un développement considérable que justifie son importance dans toutes les réactions chimiques qui se produisent au contact de l’eau. D’innombrables recherches sont poursuivies partout, tant en science pure que dans les industries les plus diverses. L’Angleterre ne possédait pas encore de traité sur la question. En voici un qui diffère de ceux publiés en d’autres pays par l’importance qu’il donne aux questions de chimie appliquée. La première moitié du volume est consacrée à l’exposé théorique et à la description des principales méthodes de mesure. Les électrodes autres que celle d’hydrogène sont particulièrement citées. Divers problèmes de chimie sont ensuite abordés tels que la précipitation des hydroxydes et des divers sels. Près de 200 pages montrent les remarquables applications du pH à de nombreuses industries : tannerie, sucrerie, papeterie, brasserie, laiterie, boulangerie, purification de l’eau, corrosion, traitement des eaux d’égouts, fertilité des sols, céramique, tissage, teinture, flottation des minerais, sirops et confitures, conservation des grains, photographie^ savonnerie, et jusqu’aux dentifrices et aux extincteurs d’incendie.
- Déposition of the sedimentary rocks, par J. E. Marr. 1 vol. in-8, 245 p., 8 flg. Cambridge University Press, London, 1929. Prix, cartonné toile : 7 sh. 6 d.
- Depuis quelques années, l’un des plus grands problèmes géologiques, celui des dépôts et formations des roches sédimentaires, a provoqué un renouveau de recherches, marqué déjà par les ouvrages de Clarke et de Twenhofel. Voici un nouveau livre sur le même sujet, basé surtout sur les observations du professeur de Cambridge dans les terrains paléozoïques. Il dégage les conditions générales des diverses formes de sédimentation dans le temps et dans l’espace, notamment les facteurss organiques et biologiques et montre leur fixité d’une part, leur lente évolution de l’autre, sous l’influence des variations de transgression, de climat et de vulcanisme.
- La vie du sol, par J. Magrou. 1 vol., in-8, 128 p., 13 fig. Première initiation agricole. Éditions Spès, Paris, 1929. Prix : 5 fr.
- On a rarement le plaisir de lire un livre élémentaire aussi bien pensé et construit. Le chef de laboratoire de l’Institut Pasteur qui l’a écrit a su dégager les faits fondamentaux, les enchaîner, les présenter simplement en renvoyant aux travaux originaux qu’il indique pour une connaissance plus approfondie. Successivement, il explique la constitution du sol, les lois générales de la nutrition des êtres vivants, le rôle des microbes, les cycles du carbone et de l’azote, les symbioses, puis il termine par une vue hypothétique de l’origine et de l’avenir de la vie terrestre.
- Assèchement des terres par les saignées souterraines, par Max Ringelmann. 1 vol. in-î.6, 91 p., 31 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique. Paris, 1929. Prix : 5 fr.
- Autrefois le drainage était basé surtout sur l’emploi de tuyaux en poterie disposés dans le sol. Ce mode d’opération est devenu trop coûteux. Aussi, aujourd’hui, on réalise l’assainissement des terres, et en particulier des prairies, en forant à faible profondeur avec des charrues-taupes, des canaux dans le sol : on appelle cela les saignées souterraines.
- Le directeur de la station d’essais de machines agricoles expose les résultats déjà constatés, donne des détails sur le tracé et l’exécution des saignées souterraines et termine par l’étude pratique des charrues-taupes qui effectuent, à peu de frais, cette importante amélioration foncière.
- Les animaux infectieux, par Paul Vuillemin. 1 vol. in-8, 143 p., 69 fig. Encyclopédie biologique, vol. IV. Lechevalier. Paris, 1929. Prix : 30 francs.
- A côté des bactéries sur lesquelles l’œuvre de Pasteur attira toute l’attention, il est nombre d’autres êtres vivants causes d’infections variées parce qu’ils vivent en parasites, ou bien troublent l’organisme par leurs déchets ou leurs cadavres en décomposition. On trouve dans ce groupe d’animaux infectieux des vers nombreux, des protozoaires variés, les uns filtrant, les autres pénétrant dans les plastides, d’autres encore pénétrant dans les tissus . L’ouvrage du professeur de la Faculté de Médecine de Nancy les passe en revue et attire utilement l’attention sur les infections qu’ils provoquent, lesquelles sont toujours des altérations de la constitution physico-chimique de la matière vivante de l’hôte.
- Les Abeilles. Anatomie et physiologie, par le Dr Leuenber-ger. Traduit de l'allemand par G. Jaubert. 1 vol. in-8, 195 p., 104 fig. Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1929. Prix : broché, 40 fr. ; cartonné toile, 50 fr.
- Président de l’Association des apiculteurs suisses, l'auteur a organisé une caisse d’assurances qui groupe les très nombreux éleveurs du pays et d’autre part a fait de belles recherches d’anatomie sur l’abeille. Utilisant tous les documents ainsi rassemblés, il a écrit ce volume, qui a eu en Suisse un grand succès. On y trouve l’anatomie et là physiologie de l’insecte, présentées à des éleveurs professionnels.
- Les poissons apodes appartenant au sous-ordre des NémichthydifOrmes, par Louis Roule et Léon Ber-tin. Oceanographical Report n° 4 of theDanish» Dana » Expéditions, 1920-1922. 1 vol. in-4, 113 p., 57 fig., 9 pi. Gyldendalske Boghandet, Copenhague; Wheldon and Wesley, Londres. Prix : 18 sh.
- Peu de campagnes océanographiques ont été aussi fertiles que celles du professeur Jolis Schmidt, en ces dernières années, à bord du « Thor », puis du « Dana ». Les très nombreux animaux recueillis ont été distribués à des zoologistes compétents et les résultats de leur étude paraissent en rapports successifs dont La Nature a plusieurs fois signalé tout l’intérêt. Voici le quatrième, publié par le professeur du Muséum et notre collaborateur, et consacré à un groupe de poissons des plus étranges et des plus mal connus jusqu’ici, voisins des Anguilles et des Congres. On n’en avait capturé que quelques exemplaires, au hasard des diverses expéditions océanographiques; d’un coup, le * Dana » en a rapporté un si grand nombre que l’on peut maintenant connaître leurs caractères, leurs variations, leur aire géographique, leur développement. Rien que pour le genre Nemichthys, 114 inidividus ont été pris, en majorité vers 1000 mètres de profondeur et paraissent voyager pendant leur croissance, à la manière des anguilles, de la mer des Bermudes aux côtes d’Europe et d’Amérique. Les Cyema ont des larves en forme de feuille, munies d’un bec, dont on devine maintenant, les transformations. Cette trop brève analyse suffit à montrer tout l’intérêt de ces découvertes qui complètent et étendent beaucoup nos connaissances sur ces singuliers poissons.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- La production de Vhélium aux Btats=Unis
- L’hélium est le plus léger des gaz connus après l’hydrogène, et il offre sur celui-ci l’avantage d’être ininflammable. Aussi a-t-on songé à l’employer pour gonfler les dirigeables; les grands dirigeables militaires en service aux Etats-Unis ont été gonflés à l’hélium. Mais c’est le seul pays qui, jusqu’ici, ait pu s’offrir ce luxe, car l’hélium extrait des gaz naturels qui s’échappent de certains puits ou forages pétrolifères, est d’un prix très élevé.
- Cependant, les Etats-Unis ont fait en ces derniers temps de sérieux efforts pour réduire ce prix de revient, et augmenter la capacité de production du pays en hélium.
- L'Engineering résumait récemment l’état actuel de cette question d’après les comptes rendus de la Commission de la Marine de la Chambre des Représentants du parlement américain.
- L’extraction de l’hélium a commencé aux Etats-Unis pendant la guerre à Fort Worth, dans le Texas'. A l’armistice, les premiers mètres cubes (5000 environ) étaient prêts à être envoyés en Europe. Les travaux continuèrent, la paix rétablie. La marine américaine se préoccupa d’abord de déterminer la méthode la plus économique pour extraire l’hélium et, à cet effet, expérimenta à Fort Worth différentes installations. En 1921 une usine définitive, utilisant le procédé Linde, fut établie; grâce à divers progrès, le prix de revient descendit progressivement de 111 à moins de 1 dollar le mètre cube. En 1925, quand la direction de l’exploitation fut transférée de la Marine au Bureau des Mines, la production était de plus de 20 000 m"1 par mois.
- A ce moment, les puits d’où l’on tirait l’hélium commencèrent à donner des signes d’épuisement; et le prix de revient augmentant en conséquence, il fallut, le 1er janvier 1929, arrêter l’usine de Fort-Worth. Pendant l’année 1928, il avait été produit environ 175 000 m:) d’hélium, réparti à peu près par moitié entre les services de la Marine et de la Guerre. Mais le prix de revient en était monté à plus de 2 dollars le mètre cube.
- En prévision de l’arrêt de l’usine de Fort Worth, le Bureau des Mines avait commencé, dès 1927, à équiper une nouvelle usine à Amarillo, dans le Texas. Les gaz naturels y ont une teneur de 1,75 pour 100 en hélium. La première des 3 machines qui y seront en service devait être mise en marche en février 1929, la seconde en juin; la troisième à une date ultérieure indéterminée. Ces deux unités doivent ensemble fournir normalement 36 500 m3 d’hélium par mois; et si toutes deux sont en service simultanément à un prix de revient de 0,75 dollar le mètre cube environ. Quand les 3 unités seront en service, ce qui montera la production mensuelle moyenne à 58 000 m3, le prix du mètre cube tombera à 0,4 dollar; mais il ne s’agit là que de prix bruts qui ne tiennent pas compte des charges du capital. Le prix total de l’usine d’Amarillo ne sera pas inférieur à 1 620 000 dollars. Quatre puits sont utilisés et il ne faut pas moins de 18 km de canalisation pour amener à l’usine les gaz recueillis au sortir des puits.
- L’usine d’Amarillo a commencé à fonctionner en mai dernier avec une seule machine; en juillet elle a débité environ 18 000 m5 d’hélium à 97 pour 100 de pureté.
- A côté de cette usine d’Etat, il existe, depuis 1927, une entreprise privée, la Kentucky Oxygen and Hydrogen C°, qui produit de l’hélium dans une usine située à Decter, dans le Kansas; les gaz naturels recueillis en cette région ont une teneur en hélium de plus de 2 pour 100; l’usine de Decter peut fournir normalement 215 000 m3 d’hélium par an.
- Elle a déjà livré à la Marine américaine 95 000 m3 de ce gaz, mais à un prix (1,3 dollar en moyenne le mètre cube) qu’elle déclare ruineux pour elle; ce serait à peu de chose près son prix de revient si l’usine marchait à pleine capacité.
- De tout ceci ressort que l’hélium est une substance encore fort coûteuse : néanmoins le gouvernement américain a bien compris l’intérêt de son emploi puisque de 1920 à 1928 — tant à Fort Worth qu’à Amarillo — il n’a pas hésité à dépenser 12 millions de dollars, soit 300 millions de francs, rien qu’en études et installation de matériel, pour s’assurer une source d’hélium.
- Et ce n’est qu’une faible partie des dépenses incombant actuellement à l’hélium dans le budget américain.
- Tout l’hélium produit dans les usines n’est pas immédiatement employé; mais les services aéronautiques des Etats-Unis tiennent à constituer de forts approvisionnements de ce gaz : actuellement ils disposent d’une réserve de 162 000 m"’ qui sera portée à 270 000 en 1930. A ce moment, entrera en service le premier des deux grands dirigeables nouveaux commandés en 1928; son gonflement exigera 175 000 m3. Le second doit suivre à 15 mois d’intervalle.
- L’hélium en réserve est emmagasiné à Laltehurst, partie dans des gazomètres (27 675 m3), le reste sous forte pression dans des bouteilles d’acier; quelques-unes de ces bouteilles sont enterrées.
- Il y a actuellement dans ce Centre aéronautique, 12 883 de ces bouteilles à haute pression et 6000 autres sont commandées pour 1930.
- Le transport de l’hélium depuis l’usine d’extraction jusqu’à Lakehurst est également une opération fort onéreuse; elle se fait soit au moyen de voitures-tubes spéciales dans lèsquelles on peut comprimer 5400 m3 d’hélium à la fois; soit au moyen de bouteilles que l’on charge sur les wagons ordinaires; il ne faut pas, actuellement, moins de 22 000 de ces bouteilles. Mais elles seront bientôt remplacées par de nouvelles voitures-tubes actuellement en construction.
- Ces détails donnent une idée de l’organisation complexe qu’exige le maintien de l’approvisionnement d’hélium. Notons, pour terminer, que les aéronefs gonflés perdent, par mois, environ 8 à 10 pour 100 d’hélium.
- Le dirigeable à hélium n’est pas un engin militaire de pays pauvre.
- Interdiction de voler sur certains appareils
- Par une décision officielle curieuse, tous les appareils construits antérieurement à 1919 ne sont plus autorisés à voler depuis le 1er octobre de cette année.
- Rien pourtant n’est venu mettre en défaut les méthodes de calcul et de construction anciennes, aucun accident grave ne peut être attribué plus spécialement à ces avions.
- Il est d’ailleurs étrange que des appareils contrôlés par les services officiels, et considérés jusqu’ici par ces services comme bons à voler, soient mis au rebut du jour au lendemain, sous un simple prétexte de date d’origine.
- Cette mesure semble plus arbitraire encore, quand on considère le nombre de ruptures en vol constatées sur certain matériel militaire, ruptures dues plus à une mauvaise construction qu’à un défaut d’entretien des appareils.
- La sécurité doit évidemment être recherchée : elle est indispensable au développement de la navigation aérienne, toute décision, pour être efficace, doit cependant être basée sur une analyse technique sérieuse.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Lecène
- Un grand chirurgien français vient de mourir victime du devoir professionnel, puisque c’est en exminant la vésicule biliaire qu’il venait de retirer à un malade qu’il s’est infecté une fièvre typhoïde si grave que tous les soins furent inutiles.
- Il meurt à 51 ans, en pleine activité, au moment où son oeuvre commençait de lui valoir non seulement l’admiration du milieu médical, mais la plus large gloire d’être connue de toute notre génération.
- Fils d’un professeur du lycée Charlemagne, Lecène avait parcouru rapidement tous les échelons de la carrière universitaire : interne, médaille d’or, prosecteur, chef des travaux, agrégé, chirurgien des hôpitaux, professeur, membre de l’Académie de Médecine.
- Pendant la guerre, il avait rendu d’inestimables services, tant comme opérateur que comme professeur des jeunes chirurgiens qu’il fallait éduquer en hâte et en grand nombre.
- Depuis il était devenu, tant à la Faculté qu’à l’hôpital Saint-Louis le grand maître de la chirurgie moderne, le chef d’école admiré et aimé de ses élèves, de son personnel et de ses malades.
- Sa culture était universelle; il lisait beaucoup et de tout. Mais il s’appliquait surtout à enseigner, à démontrer et voulait appuyer la chirurgie non seulement sur l'anatomie, mais aussi sur la microscopie et l’expérimentation pathologique.
- Son oeuvre est considérable. Outre de nombreux mémoires lumineux, on lui doit le Précis de pathologie chirurgicale, le Précis de médecine opératoire classique, la Thérapeutique chirurgicale (publiée avec Leriche), la Chirurgie des os et des articulations des membres, et l’Evolution de la vhû’urgie écrit pour le grand public dans la « Bibliothèque de philosophie scientifique ».Sa mort est une perte cruelle, alors qu’on pouvait tant espérer encore de lui. Son ami Lenormant l’évoquant dans la Presse Médicale a rappelé à son sujet la parole de Corvisart au Premier Consul en lui annonçant la mort de Bichat : « Il est tombé sur un champ de bataille qui veut aussi du courage et qui compte bien des victimes; il a grandi la science médicale; nul à son âge n’a fait tant et surtout si bien. »
- PRIX NOBEL
- Louis de Broglie, prix Nobel de physique
- Le prix Nobel de physique pour 1929 vient d’être décerné à M. Louis de Broglie. Le jeune et brillant physicien, né à Dieppe en 1892, descendant d’une famille de généraux et d’hommes politiques illustres, frère du physicien Maurice de Broglie membre de l’Académie des Sciences, s’est révélé au monde savant par sa thèse de doctorat soutenue en 1924. C’est là qu’il a présenté les premières données d’une théorie audacieuse : la mécanique ondulatoire qu’il a perfectionnée par la suite. Celle-ci a servi de point de départ à une foule de travaux qui sont en voie de révolutionner à nouveau la physique moderne. Au moment où Louis de Broglie présenta sa thèsè, la science se trouvait en présence d’une situation paradoxale : l’ensemble des phénomènes physiques connus pouvait être groupé dans deux théories, strictement contradictoires: la théorie ondulatoire de la lumière, d’une part, la théorie des quanta de l’autre. Les phénomènes d’interférence et de diffraction que la première explique parfaitement sont incompatibles avec la seconde; mais la composition des spectres du rayonnement atomiquè et bien d’autres phénomènes que
- la théorie des quanta relie d’une façon pleinement satisfaisante sont à leur tour incompatibles avec l’ancienne théorie ondulatoire, et forcent à admettre que la propagation de la lumière, comme celle de l’électricité, est due à l’émission de particules discrètes : les photons, présentant de singulières analogies avec les électrons.
- M. L. de Broglie, le premier, a montré la voie où il convenait de s’engager pour résoudre cette contradiction, logiquement insupportable. Selon sa théorie, tout phénomène de propagation électromagnétique est dû à un corpuscule inséparablement fié à une onde et tout se passe comme si la propagation de cette onde dirigeait le corpuscule. Il est parvenu à déduire de cette hypothèse des lois qui rattachent d’une façon satisfaisante des phénomènes relevant de l’une ou de l’autre des théories précédentes. Les travaux poursuivis depuis lors
- Louis de Broglie.
- dans différentes voies par les théoriciens de la mécanique quantique et de la mécanique ondulatoire conduisent à des théories générales, cohérentes et satisfaisantes pour la logique; mais dont le principal mérite est de recevoir des vérifications expérimentales et de conduire à la découverte de faits nouveaux.
- C’est ainsi que la théorie de Louis de Broglie, œuvre de mathématicien prenant son point de départ sur une idée physique neuve, a reçu, très peu de temps après sa publication, une éclatante confirmation expérimentale par la découverte de phénomènes ondulatoires liés à la projection d’électrons (expériences de Germer et Davidson aux Etats-Unis, de Thomson en Angleterre, de Rupp en Allemagne, de Ponte en France). Les mesures faites par ces expérimentateurs s’accordaient exactement avec les formules déduites par Louis de Broglie. Il était, dès lors, prouvé que la-nouvelle mécanique ondulatoire n’était pas un simple jeu de l’esprit.
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- Les Prix Nobel de physique et de chimie
- En même temps que le prix Nobel de physique pour 1929 était attribué à notre compatriote le prince Louis de Broglie, le prix Nobel de physique pour 1928, qui n’avait pas été attribué l’an dernier, a été décerné cette année au physicien anglais Richardson, connu par ses beaux travaux sur l’émission électronique des métaux chauffés. Ces travaux, outre leur intérêt théorique, ont été d’un grand secours pour perfectionner la technique des lampes électroniques.
- Le prix Nobel de chimie pour 1929 a été partagé entre le professeur A. Harden de . Londres et le professeur von Euler-Chelpin de Stockholm. Le premier est connu par ses études sur la fermentation alcoolique ; il a notamment mis en évidence le rôle des phosphates dans la fermentation. Le professeur von Euler-Chelpin a fait d’importants travaux sur la chimie des enzymes.
- AÉRODYNAMIQUE ET HYDRODYNAMIQUE LlInstitut de Mécanique des Fluides
- Le Ministère de l’Air se préoccupe de multiplier, en France, les recherches aérodynamiques et hydrodynamiques. Mais, si les laboratoires spécialisés ne nous manquent pas, on doit déplorer, par contre, une sérieuse pénurie de personnel.
- Aussi, pour y remédier, on a très justement pensé à faire appel aux savants de nos Universités. Dé plus, des encouragements seront réservés aux avionneurs qui installeront des laboratoires dans leurs usines.
- Enfin, la création d’un Institut de Mécanique des Fluides est venue compléter utilement ce programme. Les cours de cet Institut, fort intéressants., ont débuté le 20 novembre.
- Son directeur, M. Henri Villat, traitera de la représentation conforme et de ses applications à la mécanique des fluides.
- M. H. Beghin abordera les théories générales de l’hydrodynamique et de l’aérodynamique, à l’amphithéâtre Le Verrier, le mercredi à 15 h. 30 et le samedi à 10 h. 30.
- M. Henri Bénard traitera des spectres hydro-aérodynamiques et de l’étude des divers régimes de mouvement des fluides réels, dans la salle des conférences de Physique, les lundi et mercredi à 10 h. 30.
- M. A. Foch traitera des méthodes de mesure et de la résistance générale des fluides, dans le même local que M. Bénard, le mardi à 9 h. 30 et le jeudi à 10 h. 30.
- M. Riabouchinslcy, enfin, dirigera, conjointement avec MM. Bénard et Foch, les recherches personnelles des étudiants.
- PHYSIQUE
- Les constantes radioactives sont-elles invariables ?
- On sait que les substances radioactives sont considérées comme possédant la propriété de se transformer spontanément suivant une loi invariable. Si, par exemple, on considère un rayonnement émis par un échantillon d’une telle substance abandonnée à elle-même, on constatera que l’intensité de ce rayonnement décroît en progression géométrique avec le temps ; l’intensité it de ce rayonnement au temps t, sera donnée en fonction de l’intensité i, au temps t0, début de l’observation par la formule it — ic e~ ; X étant une constante, nommée constante radioactive.
- Les très nombreuses observations et expériences poursuivies depuis les premiers jours de la découverte de la radioactivité ont conduit à admettre qu’aucun agent physique ou chimique connu n’était capable de modifier cette constante; un échan-
- —........ ...............y:-....... -.....= 525 =
- tillon quelconque de substance radioactive se transforme à une cadence que rien ne peut dérégler.
- Cette loi fondamentale, admise jusqu’ici par tous les savants qui se sont occupés de cette branche de la science, vient d’être mise en doute par un savant russe, M. L. Bogoiavlensky, du Laboratoire radiologique de la Chambre centrale des Poids et Mesures de Leningrad qui a communiqué au Journal de Physique, et à la revue anglaise Nature les résultats, de ses investigations. Ceux-ci ont provoqué l’intervention de Mme Curie qui, dans une note et un article du Journal de Physique démontre que les expériences de M. Bogoiavlensky n’ont pas été entourées des précautions nécessaires pour éviter toute erreur dans les mesures très délicates que ce savant avait à effectuer et que, jusqu’à nouvel ordre, la loi fondamentale de la radioactivité reste inébranlée.
- Voici en quoi consistaient les expériences de M. Bogoïav-lensky ; des disques en laiton, tous de même forme et grandeur, étaient recouverts d’une couche mince de polonium préparé à Leningrad avec du minerai provenant de Fergana et soigneusement purifié. L’activité de ces disques fut mesurée au Laboratoire un mois après leur préparation. Elle était la même pour tous.
- Puis, ils furent emballés avec précaution et expédiés dans 18 villes de Russie, réparties sur plus de 3000 1cm, depuis Mourmansk et Archange! dans l’extrême Nord jusqu’à Tiflis, Bakou et Erivan dans la région du Caucase. Les destinataires de ces colis étaient les bureaux de vérification des poids et mesures existant dans ces villes.
- Ils avaient pour instruction de ne pas dépaqueter les colis et de les renvoyer à leur expéditeur au bout de cinq mois environ; le temps au bout duquel le polonium perd la moitié de son activité est de 139 jours environ; la durée de transport de Leningrad aux villes ci-dessus est de cinq jours au minimum.
- Cette durée de cinq mois était donc suffisante pour mettre en évidence, le cas échéant, des variations de la période de désintégration imputables à des causes locales.
- Les échantillons, dès leur retour à Leningrad, furent mesurés à nouveau et l’auteur constata d’extraordinaires différences dans les résultats à la suite de ces voyages; les échantillons retour de Tiflis et Astrakan donnaient respectivement une demi-période de 125, 6 jours et 127,8 jours, tandis que l’échantillon retour de Krasnodar (au nord-ouest de la chaîne du Caucase) accusait 181,6 jours.
- On conçoit que de tels résultats aient provoqué un vif intérêt.
- Mme Curie, avec l’autorité qui s’attache à son nom et à la grande expérience qu’elle possède de toutes les mesures radioactives, a fait la critique des expériences de M.Bogoïav-lensky et montré que des causes d’erreurs graves y subsistaient.
- Elle expose en détail la technique de la préparation des lamelles recouvertes de polonium, les méthodes de mesure à employer, les causes d’erreur qui peuvent intervenir; elle relate les expériences qu’elle a faites elle-même sur des échantillons ainsi préparés, expédiés à l’usine de radium d’Oolen en Belgique, avec des précautions plus minutieuses encore que celles du savant russe; la boîte contenant ces lamelles a été enfoncée dans un tas d’uranate de soude, y a séjourné six mois et a été retournée à Paris.
- Mme Curie a bien observé de légères variations de la période du polonium; mais ces écarts sont attribuables à des effets parasites, tels que la pénétration du polonium dans son support, son déplacement à la surface du support, sa projection en dehors de celui-ci.
- Rien donc, jusqu’ici, ne permet de mettre en doute la loi fondamentale de la radioactivité ni n’admettre l’influence de causes locales, ou de la période des corps radioactifs.
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- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Nouvelle technique microphonique à l’usage des sourds Le Décaphone
- Tous les sourds qui ont fait usage de mircophones ont pu constater qu’il s’établit rapidement une sorte d’accoutumance qui rend l’appareil inopérant.
- D’autre part, l’amplification du son s’accompagne bien souvent d’un traumatisme répété de l’oreille par chocs sonores et absence de réglage.
- Enfin, leur audition se trouve considérablement entravée par les interférences sonores et les bruits parasites qui masquent les sons de la voix des interlocuteurs; il se produit une malencontreuse cacophonie.
- Le Décaphone supprime ces inconvénients. Il est essentiellement constitué par deux transmetteurs microphoniques juxtaposés, ce qui lui assure un débit invariable. Si, en effet, on déplace l’appareil, l’un des microphones gagne en résistance ce que l’autre peut en perdre. Ainsi, se trouve assurée la régularité des tonalités, avantage incontestable.
- Cet accouplement de deux microphones se trouve partiellement encastré dans une boîte de résonance, l’une des faces
- Fig. 1 cl 2. •— Le Décaphone.
- du double microphone restant à l’extérieur, de façon à éviter la cacophonie qui résulterait du choc et de l’interférence des ondes sonores. .
- Quant aux bruits parasites, ils sont supprimés par un montage spécial des contacts, par la qualité des microphones et par la détermination exacte de la longueur et du diamètre des fils transmetteurs.
- Un régulateur placé à la partie supérieure de l’appareil, gradué de 0 à 6, permet au sourd de doser avec beaucoup de précision la force électromotrice et de se défendre contre les chocs sonores.
- Il permêt au grand sourd de soumettre son oreille à un entraînement méthodique qui ne peut être que bienfaisant. D’autre part, il lui facilite sa vie professionnelle, sociale et familiale. Le sourd muni de cet instrument peut prendre part aux conversations, suivre une conférence, écouter un concert, s’évader en un mot de sa prison de silence.
- Constructeur : Louis Lafont, 11, rue Vignon, Paris.
- Allume-cigares électrique à charbon
- Les allume-cigares sont en général constitués par un fil résistant, que le courant électrique porte à incandescence. Un nouveau modèle d’appareil très intéressant est basé sur un principe très différent. Il comporte une tige de charbon qui,
- Fig. 3. — A gauche : allume-cigare automatique. — A droite : Cendrier allume-cigare.
- sous l’action du passage du courant, est portée à incandescence comme dans une lampe à arc ordinaire.
- La tige de charbon est moulée dans une poignée manche. Lorsqu’on veut se servir de l’appareil, on fait pression sur le manche, ce qui actionne un interrupteur et fait passer le courant. Immédiatement, la pointe de charbon est portée à l’incandescence; sortie de l’appareil, elle permet l’allumage de la cigarette, du cigare ou de la pipe.
- Bien entendu, le charbon est réglable, car il est monté à vis, de sorte qu’on peut faire sortir le charbon de son logement, au fur et à mesure de l’usure. Celle-ci est inappréciable, le charbon dure longtemps. Il est d’ailleurs facile de le remplacer par un charbon nouveau, lorsque la longueur est insuffisante. L’appareil est combiné, au besoin, avec une cantine d’automobile. Il a l’avantage d’être indéréglable et inusable. Toutes les parties sont protégées. La baguette de charbon n’est pas aussi délicate que les fils résistants des appareils à pastille.
- De plus, la baguette incandescente rend facile l’allumage des pipes,, ce qui n’est pas le cas des appareils allumeurs ordinaires.
- Constructeur : Siama, 15, rue Lavoisier, Montreuil-sous-Bois.
- Fiche de prise de courant à deux usages
- Il est commode de pouvoir monter un appareil, comme un fer à repasser par exemple, tantôt sur un socle de prise de courant à douille, tantôt à la place d’une lampe.
- Il existe des appareils intermédiaires qui permettent la subs-
- titution d’une prise à une autre. Au concours Lépine, était exposée une ficheàdeuxusages qui porte elle-même le système intermédiaire en question. Il est susceptible de tourner à l’intérieur delà fiche et de présenter vers l’extérieur, tantôt les broches, tantôt la monture analogue à celle d’un culot de lampe et capable, par conséquent, de se monter dans les douilles. Une simple rotation de la partie centrale permet à volonté l’un ou l’autre de ces branchements.
- EtablissementsDonna, 140, boulevard de Ménilmontant, Paris.
- Fig. 4. — Fiche de prise de courant à deux usages.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le départ des Hirondelles.
- Un de nos abonnés, M. Paul Decréquy, de Boulogne, nous adresse la lettre suivante :
- « Au sujet du départ des hirondelles pour le Sud, je crois devoir vous signaler—pour ceux de vos lecteurs que cette observation pourrait intéresser— que j’ai encore vu une famille d’hirondelles ici à Boulogne-sur-Mer, le dimanche 13 octobre, alors que toutes les autres hirondelles avaient quitté notre ville dans les premiers jours d’octobre (contrairement à ce qui avait eu lieu les années précédentes, où j’ai constaté leur disparition dans les derniers jours de septembre).
- J’en cohclus qu’il s’agit sans doute d’une famille dont les petits étaient le produit d’une couvée éclose tardivement après destruction accidentelle d’une première couvée. Il m’a malheureusement été impossible de retourner après le 13 octobre dans le quartier de la ville où résidaient ces hirondelles et où j’avais déjà été surpris de les voir, le dimanche précédent alors que toutes les autres hirondelles avaient quitté notre région depuis quelques jours. Il s’agit d’hirondelles de fenêtre (à ventre blanc); je connais trop bien ces oiseaux pour les confondre avec d’autres passereaux; il y en avait cinq ou six, que deux de mes amis ont vues et revues comme moi, voler dans leur rue (Rue de Marignan) et même se poser très, près de nous sur un fil téléphonique, le dimanche 13 octobre dernier, comme dit plus haut.
- Où vont hiverner nos hirondelles ? A quelle latitude et en quel hémisphère ? Je pose cette question parce que les journaux ont rapporté, il y a quelques années, qu’une hirondelle captée en Angleterre où on l’avait munie d’une bague d’identité, avait été signalée,
- quelque temps après les migrations d’automne, dans une localité de l’Afrique du Sud. Si c’est vraisemblable, pourquoi ce changement d’hémisphère ? Pourquoi cet oiseau frileux ne se serait-il pas contenté de se rapprocher de la région tropicale de notre hémisphère, au lieu de traverser l’Equateur pour gagner la région tempérée de l’hémisphère Sud. Peut-être un de vos lecteurs pourra-t-il nous renseigner sur ce point ?
- Il est reconnu que les hirondelles ne séjournent guère qu’environ cinq mois dans le Nord de la France (les martinets un peu moins, quelques jours et non quelques semaines). A supposer que ce soit bien de.l’autre côté de l’équateur que ces oiseaux élisent domicile pour la saison d’hiver et qu’ils n’y restent pas plus longtemps que dans leur résidence estivale de l’hémisphère nord, c’est-à-dire environ 5 mois, ils mettraient environ un mois pour couvrir la distance de quelques milliers de kilomètres séparant leurs deux résidences. Mais comme les hirondelles peuvent facilement progresser à une vitesse de quelque 300 km : h (les martinets plus rapidement encore), il est plus vraisemblable que ces rapides oiseaux effectuent leur voyage de migration en beaucoup moins de temps qu’un mois ou même quelques jours, ne se reposant guère que la nuit ou à de courts intervalles dans le jour. Il s’ensuit qu’ils séjourneraient quelques semaines de plus dans leurs quartiers d’hiver (régions tempérées de l’hémisphère sud) que dans notre région, où la saison froide est plus longue que la saison chaude. Ceci serait plus vrai encore pour les martinets, puisque ces migrateurs nous quittent un peu plus tôt que les autres hirondelles et nous reviennent un peu plus tard qu’elles. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Emploi du sel dénaturé pour la destruction des mauvaises herbes.
- Le sel dénaturé ou chlorure de sodium destiné aux usages agricoles, constitue un excellent destructeur des mauvaises herbes, quand il est employé convenablement, il est, en outre, économique, puisqu’on peut se le procurer à prix assez bas, sur demande, au Service des Contributions indirectes de l’arrondissement.
- La dose à employer doit être de 50 kg à l’are, soit 500 gr au mètre carré, son application suivra le grattage des herbes et précédera le ratissage de propreté, de façon à incorporer le sel dans la couche superficielle où se trouveront les graines indésirables, dont on veut détruire la vitalité, il n’est pas utile d’arroser, car le sel serait entraîné trop tôt dans les couches profondes, l’humidité naturelle résultant des condensations nocturnes est suffisante.
- L’épandage se fera au printemps en deux fois à deux ou trois semaines d’intervalle, soit 25 kg à chaque opération; on répand le sel à la main d’une façon bien régulière, puis on recouvre d’une couche de sable d’environ 0 m. 05 d’épaisseur.
- Bien entendu, d’après ce que nous venons de dire, ce serait une erreur de répandre le sel par la pluie; le mieux serait, ici, l’ennemi du bien.
- M. J. Lefebvre a Douai.
- Ce qu’était la pile Lalande et Chaperon ?
- Cette pile que l’on ne trouve plus, croyons-nous, dans le commerce, était constituée par une sorte de marmite en fer ou en fonte représentant le pôle positif, au fond de laquelle on déposait une couche d’oxyde de cuivre agissant comme dépolarisant.
- On remplissait ladite marmite d’une solution concentrée de soude caustique, puis on plongeait dans celle-ci une lame de zinc enroulée en spirale, soutenue par le couvercle et isolée de ce dernier, par une bague en caoutchouc, ce zinc formait de son côté le pôle négatif.
- L’inconvénient principal de ce système était la carbonatation assez rapide de la soude par suite de la présence* en grande quantité dans les habitations, de l’acide carbonique provenant de la respiration et de toutes les combustions en général. D’autre part, la manipulation de la soude caustique est toujours délicate hors le laboratoire ou l’atelier et les vêtements de laine se trouvent en particulier fort mal
- du contact avec la fâcheuse solution; on comprend que des dispositions plus pratiques aient été préférées.
- Dr Marco Dulto a Mercedes.
- P .-S. — Bertheiot a réalisé la formation de la benzine en partant de l’acétylène, en chauffant ce gaz dans une cloche courbe, sur le mercure, à une température voisine de la fusion du verre.
- Il y a en même temps formation d’autres polymères tels que cinna-mène, hydrure de naphtaline, hydrure d’anthracène, mais la benzine représente au moins la moitié du produit total.
- Cette expérience faisait considérer, par Bertheiot, la benzine comme du triacétylène.
- (Bulletin de la Société Chimique, 1866, t. VI, p. 268; id. 1867, t. VII, p. 304.)
- Qu’est=ce que le taffetas d’Angleterre ?
- En pharmacie, on désigne sous le nom général de sparadraps (du latin spargere, étendre et du français drap, étoffe), des tissus de so'e, de lin ou de coton, recouverts d’une composition emplastique destinée à produire un effet variable suivant la nature du médicament entrant dans la composition de l’emplâtre : opium, belladone, cantharide, etc.
- Le sparadrap le plus commun est le sparadrap au diachylon, dont nous avons parlé dans le n° 2804, page 240, réponse à M. Haubier à Heinitz.
- Dans l’esprit du public, le mot de sparadrap correspond, le plus souvent, à taffetas d’Angleterre ou court plaster des Anglais, également appelé emplâtre de Woodstock qui est utilisé pour panser les coupures légères ou, en pratique hospitalière, pour la réunion des lèvres d’une plaie où blessure, par première intention.
- Voici comment se prépare le taffetas anglais classique. Introduire dans un ballon en verre :
- Eau pure............................ 250 grammes
- Colle de poissons.................... 30 —
- Laisser macérer pendant quelques heures pour permettre à la colle de se gonfler, puis ajouter :
- Alcool à 56°........................ 250 cm’
- Teinture de benjoin................. 60 —
- Chauffer au bain-marie en fermant le ballon au moyen d’un bouchon traversé par un tube de verre de 1 m environ, cela pour condenser lés
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- vapeurs d’alcool, puis lorsque la masse est devenue homogène, l’étendre au pinceau sur des bandes de taffetas tendues sur un châssis. Recouvrir ensuite de deux couches du mélange suivant :
- Térébenthine de Venise..........125 grammes
- Teinture de benjoin ou de Baume du
- Pérou . . . .................. 30 —
- Donner enfin une dernière couche avec une solution géaltineuse chaude, abandonner à l’air dans un lieu sèc.
- Pour réaliser dès taffetas de couleurs différentes, il suffit de choisir comme support de la préparation un taffetas de la couleur appropriée noire, rose, blanche, etc.
- Enfin pour obtenir plus de souplesse, on remplace souvent le taffetas trop rigide soit par de la baudruche (baudruche gommée), soit par un papier très mince (papier pelure); la préparation en est la même avec cette différence que l’on y ajoute parfois, pour arrêter l’écoulement du sang, un peu de teinture de perchlorure de fer (taffetas hémostatique) ou de la teinture d’arnica (taffetas pour contusion).
- M. S. M..., a Epinal.
- Préparons un papier tue=mouche sans danger pour les personnes.
- Les anciens papiers tue-mouches étaient préparés avec un mélange d’arsenic en poudre (Kobolt) et de miel, mais il était toujours dangereux de se servir de ces préparations soit parce que des mouches déjà intoxiquées pouvaient aller mourir sur des aliments, soit parce que les assiettes supportant les carrés de papier se trouvaient à proximité des enfants.
- Il est donc de beaucoup préférable d’adopter le procédé suivant utilisé en Suisse, qui ne présente pas les mêmes inconvénients.
- Prendre :
- Quassia amara en copeaux ............... 100 grammes
- Graines de staphisaigre pulvérisées. ... 20
- Eau ordinaire........................... 3.000 cm’1.
- Faire bouillir jusqu’à réduction à 2 litres, ce décocté est sucré, puis on y trempe des feuilles de papier buvard qu’on laisse sécher en les suspendant par un coin.
- Pour l’usage, on place le papier sur une assiette et on l’humecte d’eau comme d’habitude.
- P. et G... a Paris.
- P.-S. — La poudre de pyrèthre fraîche est ce qu’il y a de mieux.
- Le secret de Stradivarius.
- La renommée des instruments fabriqués par le célèbre luthier de Crémone (1644-1737) est universelle et on attribue particulièrement l’excellence de ses violons à l’emploi de vernis spéciaux qui donnent aux bois des qualités de sonorité recherchée par les artistes.
- Dans un petit ouvrage très intéressant (découverte des anciens vernis employés pour les instruments à cordes et à archets, 1859). Mailand a tenté de reconstituer la formule si importante et c’est à son travail que nous devons d’avoir approché de très près la vérité.
- D’après ce chercheur, voici comment il était procédé.
- Le bois recevait d’abord une première couche d’impression au moyen d’un vernis riche en huile de lin crue ou peu siccative, obtenu en faisant macérer pendant une quinzaine de jours dans un flacon contenant des fragments de verre pour faciliter la dissociation des gommes :
- Gomme mastic de choix.’. .... 10 grammes
- :— dammar................ . . 5 —•
- Huile de lin................ . . '. 10 —
- Essence de térébenthine grasse. . 75 —
- Le tout était agité fréquemment, puis on ajoutait une solution alcoolique des matières colorantes adoptées principalement d’origine naturelle (orcanette, rocou, etc.). Enfin, le. mélange était chauffé, de préférence au bain-marie jusqu’à élimination de tout l’alcool.
- Venait ensuite le vernissage proprement dit destiné à donner du brillant, il se pratiquait au moyen d’un vernis de même constitution, mais moins gras pour pouvoir durcir, l’addition de colorants n’était plus ici indispensable.
- Ainsi que pour beaucoup de produits résultant de mélanges, le vieillissement après fabrication ayant une grande importance, les vernis devaient avoir six à huit mois d’âge avant emploi.
- Bien entendu, dans toutes préparations de ce genre, il y a des tours de main à acquérir, qui résultent des observations de chacun, c’est pourquoi nos luthiers actuels ont leur formule personnelle, mais les
- indications de Mailand sont précieuses et tout spécialiste avec du soin et de l’attention peut en tirer profit.
- M. A. Nigogossian a Constantinople.
- P.-S. — La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour souder l’aluminium. Fondre ensemble vers 700° :
- Etain............................. 550 grammes
- Zinc...............................380
- Aluminium.......................... 80 —
- L’aluminium donne plus ou moins de dureté suivant sa proportion.
- Choses et autres.
- IVIIVl. Servas, à Bourg et Bertrand, à Laon. — Nous avons publié, récemment, dans la « Boîte aux Lettres », un ensemble de procédés pour la destruction de l’herbe dans les allées de jardins, réponse à M. Maguin de Passenaus (Jura), parmi ceux-ci, le procédé au sulfure de calcium est particulièrement pratique et son emploi est sans danger pour les opérateurs ; vous trouverez tous détails sur sa préparation dans l’article sus indiqué.
- M. IVI. G. Vie, à Oran. La pasteurisation des moûts, l’ensemencement en levures pures et la fermentation en cuves verrées, sont les moyens les plus certains d’éviter les maladies des vins.
- En ce qui concerne les cas particuliers à la région algérienne, les meilleurs renseignements vous seront donnés par le directeur de la station œnologique de Tunis, dont la compétence bien connue sera pour vous le guide le plus sûr. Vous trouverez, d’autre part, dans cette même « Boîte aux Lettres », l’exposé d’un procédé nouveau de vinification, permettant d’éviter la casse des vins;
- IVL Chabot, à Paris. — Le ravalement des façades en pierres de taille repose toujours sur une action abrasive, soit à sec, par grattage avec un rabot spécial, soit par projection de sable par l’air, l’eau ou la vapeur ; ces derniers procédés ont l’avantage d’être plus rapides et de limiter l’usure de la pierre au juste nécessaire. Voici quelques adresses d’entrepreneurs de ravalements : Thomas et Harrison (nettoyage à la vapeur), 66, rue de La Condamine ; Vallana, 137, rue des Poissonniers (18e) (nettoyage au jet) ; Gosset et Levasseur, 20, rue Guynemer (6e) ; Métivier Righenzi, rue Mousset-Robert (12e).
- Pour renseignements complémentaires, s’adresser à la Chambre syndicale des Entrepreneurs de ravalements, 10, rue de Lancry, à Paris.
- M. Sergent, à Jouy-en-Josas. — Le gaz en bouteilles, auquel vous faites allusion, est l’acétylène dissous ; vous pourrez trouver l’article sous cette forme, dans les maisons suivantes : société de l’Acétylène dissous, 48, rue Saint-Lazare ; société l’Acetyl (bouteilles d’acétylène dissous), 19, rue Brunei (17°).
- Bien entendu, pour alimenter les brûleurs, le gaz doit être ramené à une faible pression ; on se sert, pour cela, de détendeurs tels que ceux de Freyer et Cle, de Delamarre, etc.
- On compte qu’un litre d’acétylène liquide est susceptible de donner environ 400 litres de gaz, à la température de 17° C., sous pression atmosphérique.
- L. E. Z., à Mexico. — Toutes les teintures pour cheveux, dites progressives, sont à base de sels de plomb et constituent un danger réel pour celui qui les emploie ; nous nous en voudrions de vulgariser des recettes de ce genre, susceptibles de nuire à la santé;
- M. Descalle, à Argenteuil. — Vous pourrez facilement enlever les souillures d’huile de machines, en vous servant d’une flanelle imbibée de tétrachlorure de carbone, lequel est un très bon solvant des matières grasses, tout en étant ininflammable; toutefois, vu le prix modique des bandes de papier, il nous semble qu’il serait plus économique de les remplacer, plutôt que de chercher à les dégraisser.
- M. de Boutray, à Creysse. — Une erreur d’alinéa a fait attribuer à la recette concernant l’écran cinématographique, une référence concernant une autre question; exactement, c’est au n° 2798 du 1er décembre 1928, page 514, qu’il faut vous reporter.
- M. de C., à Paris. — A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner satisfaction, car, en rendant publique une formule d’encre susceptible de disparaître au bout d’un certain temps, il serait à craindre qu’un usage malhonnête ne soit fait du procédé, par exemple en l’utilisant pour se libérer d’engagements écrits qu’un créancier confiant croirait avoir toujours en mains.
- M. Clément, à Paris. — Nous avons répondu à votre question au sujet d’un enduit protecteur des statues en fonte dans le n°2813, page 96 ; veuillez bien vous y reporter.
- Le Gérant-. G. Masson.
- 98.319. — Paris, lmp. Laiiure. — 1-12-1929.
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- LA NATURE
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- N° 2823
- NATURE*
- J 5 Décembre 1929
- LA FUTURE ECOLE NAVALE
- Nos futurs officiers de marine vont enfin recevoir leur préparation et leur éducation nautiques dans un monument digne de la Marine française et de la tâche que ces jeunes gens seront appelés à remplir.
- Ce n’a pas été sans peine ni tergiversations que la décision nécessaire a été prise. Depuis l’année 1900, on avait bien reconnu que les multiples connaissances à exiger d’un officier de la Marine moderne ne cadraient plus avec l’exiguïté des locaux et la faiblesse des ressources que pouvait offrir un navire, fût-ce un vaisseau
- de vaisseau. Ce fut l’ordonnance de Fontainebleau, du 27 décembre 1810, qui décida la création des premières écoles de marine flottantes ; ces écoles installées à Brest et à Toulon fonctionnèrent jusqu’à la Restauration et furent supprimées par F Ordonnance de janvier 1816.
- Celle-ci prévoyait la création, dans les trois ports, de compagnies d’élèves de première et de deuxième classe, recrutés par une Ecole royale de Marine, établie à Angou-lême, dont les élèves prenaient le titre d’élèves de troisième classe. Le système fonctionna mal, les corvettes
- Fig. 1 cl 2. — A gauche, la fin du vaisseau à trois ponts Intrépide ; à droite, le dernier Borda, en démolition à Cherbourg.
- à trois ponts comme ceux à bord desquels l’Ecole Navale a été logée de 1825 à 1914.
- Mais de vieilles habitudes, et aussi l’argument fort respectable que des marins devaient apprendre leur métier sur l’eau, provoquèrent des hésitations, des retours sur des décisions presque prises, qui ont reculé la solution du problème jusqu’à nos jours, et même plus loin, puisqu’en y mettant toute la hâte possible on ne peut prévoir, l’installation de l’Ecole dans son nouveau domicile avant le commencement de 1932.
- Le recrutement des officiers de marine sous l’ancien régime était assuré en principe par l’institution des gardes de la Marine dont la première formation est du 24 décembre 1669. Les compagnies des gardes, reconstituées en 1771, durent être remplacées par une Ecole royale de Marine cpii fonctionna au Havre de 1773 à 1775. En 1786 on institua à Vannes et à Alais des collèges préparatoires et dans les ports des compagnies d’élèves qui devenaient ensuite lieutenants de vaisseau.
- L’organisation de 1786 ne comportait aucune école navale, mais seulement des aspirants, nommés au concours pour trois ans et qui, après quatre années de navigation, pouvaient concourir pour le grade d’enseigne
- d’instruction prévues par l’Ordonnance n’ayant pu être armées d’une façon régulière, faute de crédits, et le collège d’Angoulême ayant été dès le début frappé d’une impopularité contre quoi ne put réagir l’établissement du recrutement par concours publics en 1824.
- Une nouvelle Ordonnance du 30 juillet 1826 décida donc l’ouverture d’un concours direct pour le recrutement d’élèves de deuxième classe qui furent installés à Brest à bord du vaisseau VOrion, transformé en école; le collège fut réduit au rang d’école préparatoire et définitivement supprimé le 7 décembre 1830 ; les bâtiments en ont été utilisés pour une des gares d’Angoulême.
- L’Ecole Navale reçut son existence définitive par Ordonnance royale du 1er novembre 1830, avec le caractère qu’elle a conservé jusqu’à l’époque contemporaine; elle fut successivement transférée en 1840 sur le vaisseau le Commerce de Paris, qui prit le nom de Borda, puis, en 1863, sur le vaisseau le Valrny, et, en 1885, sur le vaisseau F Intrépide, qui furent également baptisés Borda; mais l’ancien transport le Tonkin, sur lequel elle fut installée en 1910, conserva le nom de Duguay-Trouin qu’il avait reçu lorsqu’il avait été transformé en école d’application. -
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- Fig. 3. — Plan des bâtiments de la nouvelle École Navale.
- 1, Amphithéâtres; 2, bâtiment de la lre promotion; 3, bâtiment de la 2° promotion; 4, bâtiment des officiers; 5, pavillon de l’état-major; 6, observatoire; 7, artillerie; 8, cour des études; 9, cuisine; 10, ateliers et laboratoires; 11, piscine, gymnase; 12, infirmerie; 13, caserne; 14, buanderie; 15, garage; 16, terrain de sport; 17, 18, pavillons d’officiers et de professeurs; 20, cour d’honneur.
- L’Ecole Navale avait continué à fonctionner, malgré les plaintes des élèves pendant toute la durée de la guerre de 1870, sur le Borda, rentré dans le port; mais, dès le début de la guerre de 1914, les élèves furent envoyés aux armées ou sur les bâtiments armés et le Duguay-Trouin reprit son service de transport hôpital; il fallut donc se décider, quand on rouvrit l’Ecole Navale à l’automne de 1915, à l’installer provisoirement dans les bâtiments de la Flottille à Lanninon où elle se trouve encore (').
- La future Ecole Navale s’élèvera sur un plateau de 78 mètres d’altitude dominant la rade de Brest et situé à 200 mètres à l’Ouest de l’Arsenal de Lanninon.
- Les plans en ont été établis par MM. Hermant et Maurice, architectes du Gouvernement. Les bâtiments et annexes couvriront une superficie de 25 hectares.
- Une façade monumentale, composée d’un pavillon central et de deux ailes, percée de 170 grandes ouvertures et longue de 280 mètres, se dressera face à la mer. Elle contiendra les salles d’études, les dortoirs (chambres pour cinq élèves), pour les deux promotions qui comp tent actuellement 310 élèves, la bibliothèque, une salle de repos et distractions et le musée de l’Ecole.
- Ce bâtiment central sera flanqué de deux pavillons réservé aux commandants et officiers professeurs.
- En arrière, groupés dans un vaste quadrilatère, on trouvera 4 amphithéâtres entourés d’un portique couvert, de vastes réfectoires avec cuisines attenantes, une belle
- 1. Renseignements fournis par le Ministère de la Marine.
- Fig. 4. — Vue générale de l’École
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- Fig. 5. — Façade de la nouvelle École.
- infirmerie, un gymnase avec salle d’hydrothérapie et piscine, de nombreux ateliers et salles de manipulations, des pavillons pour l’escrime et l’instruction des armes.
- A l’arrière du quadrilatère, une caserne pour les marins de service, et enfin un beau terrain de jeux et sports.
- En avant du bâtiment central régnera une vaste esplanade d’où deux escaliers monumentaux conduiront jusqu’à une route donnant accès au port qui recevra le matériel flottant d’instruction et de service.
- Les officiers attachés à l’Ecole pourront se loger dans d’agréables villas groupées à l’est du quadrilatère.
- L’ensemble de la construction présentera un aspect de
- caractère élégant et grandiose. Les installations intérieures sont conçues de façon à assurer un confort moderne.
- Ainsi logée, notre Ecole Navale sera digne de la Marine Française et du corps d’officiers qu’elle doit former. Elle fera excellente figure à côté de celles que les grandes nations maritimes possèdent depuis longtemps à Yar-mouth et dans l’île de Wight pour l’Angleterre, à Anna-polis, près de Washington, pour les Etats-Unis.
- Rappelons que l’Ecole Navale reçoit en outre des deux promotions d’élèves proprement dits, les élèves-officiers de marine provenant du rang et les élèves-ingénieurs mécaniciens. Cl Sauvaire-Jourdan.
- LES RAYONS INFRAROUGES
- CE QU’ON ENTEND PAR RAYONS INFRAROUGES
- On sait, depuis Newton, que la lumière blanche, celle du soleil ou celle d’une lampe à incandescence par exemple, est formée d’une infinité de radiations simples indécomposables, dont la couleur varie du rouge au violet en passant par les diverses teintes de l’arc-en-ciel. Après avoir traversé un prisme de verre, la lumière blanche donne à la sortie un faisceau dispersé .qui, reçu sur un écran, y produit une tache lumineuse appelée spectre dont
- chaque élément est formé par une radiation simple. Mais le spectre qui s’étend ainsi du rouge au violet se prolonge de part et d’autre de ces limites. Une plaque photographique révèle au delà du violet la présence de radiations dites ultra-violettes. De même un thermomètre sensible qu’on déplace le long du spectre indique une élévation de température qui . va en croissant du violet au rouge et se prolonge au delà du rouge, révélant ainsi dans cette région des radiations que notre œil ne perçoit pas et qu’on appelle radiations infrarouges. On
- Fig. 1. — Répartition des longueurs d’onde des radiations lumineuses.
- Violet extrême tfaujge extreme
- ULTRA - VIOLET ! i i SPECTRE VISIBLE ! INFRA \ROUGE
- 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 2000
- Longueurs d'onde en microns
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- Fig. 2. — Schéma d’un pont de Wheaistone.
- G, galvanomètre; P, pile.
- les désignait autrefois sous le nom de radiations calorifiques pour rappeler qu’elles avaient été découvertes et qu’elles étaient étudiées grâce à leurs propriétés calorifiques. En réalité cette appellation est très défectueuse, car toutes les radiations, qu’elles soient ultra-violettes ou visibles, qu’il s’agisse même des rayons X ou des ondes hertziennes, donnent un dégagement de chaleur dans les substances qui les absorbent et mériteraient ainsi la qualification de « calorifiques ». Ausi désigne-t-on aujourd’hui exclusivement sous le nom d’infrarouges les radiations qui prolongent le spectre visible au delà du rouge.
- Il est à peine besoin de rappeler que depuis les travaux d’Young et de Fresnel, la lumière est considérée comme un phénomène périodique se propageant dans le vide avec l’énorme vitesse de 300 000 kilomètres à la seconde. Cette propagation, comme celle de tout mouvement vibratoire, s’effectue par ondes comparables jusqu’à un certain point à celles que la chute régulière d’une série de pierres fait naître dans l’eau. Mais ces ondes sont ici très courtes. On évalue leur longueur en- millièmes de millimètre ou microns (qu’on représente par la lettre grecque p). Leur longueur varie de 0,4 p pour le violet, à 0,75 p pour le rouge. Les rayons ultra-violets ont des longueurs d’onde inférieures à la première dè ces limites, les rayons infrarouges, dont nous nous occuperons dans cet article, des longueurs d’onde supérieures à la seconde. Le domaine des rayons infrarouges est donc, par rapport au domaine des radiations visibles ordinaires, celui des grandes longueurs d’onde.
- COMMENT ON DÉCÈLE L’EXISTENCE DES RAYONS INFRAROUGES ET COMMENT ON MESURE LEUR INTENSITÉ
- Les difficultés du problème. — S’il est facile de reconnaître, ne fût-ce que par l’impression de chaleur qu’ils produisent sur notre sens du toucher, les rayons infrarouges pris globalement, il a été beaucoup plus difficile de les étudier, longueur d’oncle par longueur d’onde, comme on le fait pour les rayons lumineux. Les difficultés qu’on a rencontrées tiennent principalement à l’invisibilité, des layons infrarouges, à l’énergie très faible sous laquelle ils sont émis dès qu’on s’écarte quelque peu des
- limites du spectre visible et à l’absorption énergique qu’exercent sur eux la plupart des milieux transparents pour la lumière ordinaire. Aussi a-t-il fallu imaginer des détecteurs d’une sensibilité et d’une délicatesse extrêmes, surtout pour l’étude des rayons infrarouges d’une longueur d’onde dépassant quelques microns. Un grand nombre de méthodes plus ou moins sensibles suivant les longueurs d’onde qu’il s’agit de déceler ont été proposées. Mentionnons ici les principales.
- Méthode photographique. — Les plaques photographiques ordinaires ne sont pas sensibles aux rayons infrarouges même les plus voisins du spectre visible. Mais on peut les rendre impressionnables par ces rayons en ajoutant à la couche sensible des sensibilisateurs appropriés. L’un des plus efficaces est la dicyanine. Au moyen de plaques sensibilisées par ce produit, on a pu prendre dans les spectres d’arc de divers métaux de remarquables photographies où les raies infrarouges sont enregistrées avec une grande précision. Mais les poses nécessaires sont toujours assez longues; leur durée croît avec la longueur d’onde, et, pour enregistrer des raies de longueur d’onde supérieure à un micron, il faut poser six à huit heures. Aussi la méthode photographique ne convient-elle que pour l’étude de radiations de longueur d’onde inférieure au micron.
- Méthode phosphorographique. — Si l’on fait tomber des rayons infrarouges sur un écran phosphorescent (recouvert de sulfure de zinc phosphorescent) préalablement insolé, on constate que la luminescence de l’écran éprouve d’abord aux points frappés par les rayons infrarouges une recrudescence d’intensité, après quoi elle s’affaiblit et s’éteint très vite. Si donc on produit sur un écran phosphorescent préalablement insolé un spectre de radiations infrarouges, on constate que les points de l’écran où n’existent pas de raies infrarouges conservent leur luminosité, tandis que les régions frappées par ces rayons se sont presque complètement éteintes. Si l’on applique ensuite l’écran phosphorescent contre une plaque photographique, celle-ci est impressionnée par les parties de l’écran qui n’ont pas subi l’action des rayons infrarouges, et, après développement, ces parties apparaissent en noir, tandis que les rayons et les bandes infrarouges se détachent en clair. Cette méthode, d’une application très simple, ne convient malheureusement que pour des longueurs d’onde inférieures à 2 pu
- Un autre procédé faisant intervenir une action d’ordre photochimique des rayons infrarouges de sens inverse à celle qu’exercent les rayons lumineux a été récemment proposé. Une plaque photographique convenablement préparée est soumise pendant une durée de 10 à 20 secondes au faible éclairement d’une petite lampe électrique d’une à deux bougies disposée à une distance d’un mètre. Un voile léger se forme ainsi sur la plaque et ce voile disparaît sous l’influence des rayons infrarouges. Aussi en projetant un spectre de ces rayons sur lu plaque voilée, les raies et les bandes infrarouges apparaissent-elles ensuite en clair sur un fond noir après développement.
- Méthode bolométrique. — La méthode bolomé-trique est la première méthode vraiment sensible qui ait été appliquée à l’étude des radiations infrarouges. Le
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- bolomètre, imaginé par le physicien américain Langley, repose sur la variation de conductibilité qu’éprouve un fil de métal sous l’influence d’une élévation de température.
- La partie essentielle d’un bolomètre est un ruban de platine extrêmement mince (d’une épaisseur voisine de 3 microns), soigneusement noirci de manière à absorber complètement les radiations qu’il reçoit. On le dispose sur l’une des branches A B d’un pont de Whcatstone comportant trois autres résistances a, b, c, variables à volonté (fig. 2). On règle le pont de Wheatstone de manière que les résistances s’équilibrent lorsque la lame de platine ne reçoit aucun rayonnement; dans ces conditions, le galvanomètre G est au zéro. Lorsqu’on expose le ruban de platine à l’action d’un rayonnement, réchauffement qu’il éprouve en augmente la résistance, l’équilibre du pont est rompu et le galvanomètre est traversé par un courant dont la valeur dépend de l’intensité du rayonnement reçu par la lame de platine.
- Le bolomètre permet de déceler des variations de température ne dépassant par un millionième de degré. Aussi constitue-t-il un excellent instrument pour l’étude des radiations infrarouges. Mais la construction d’un bolomètre doué d’une sensibilité aussi grande que possible ne va pas sans de sérieuses difficultés. Il convient tout d’abord de placer le bolomètre, ou tout au moins le ruban récepteur, dans un vide très poussé (environ un centième de millimètre de mercure), ce qui supprime les perturbations produites par les courants d’air et réduit dans de grandes proportions les pertes de chaleur par conduction. Bien entendu, il faut que les parois du récipient contenant le bolomètre soient transparentes pour les radiations qu’on désire étudier.
- Méthode thermoélectrique. — On sait que deux métaux différents, le cuivre et le fer par exemple, étant soudés entre eux en A et B, un courant s’établit dans le circuit ainsi réalisé lorsque les températures des deux soudures sont différentes et l’intensité de ce courant croît avec la différence dès températures (fig. 3). Le dispositif précédent constitue ce qu’on appelle un couple thermoélectrique. Afin d’accroître l’intensité du courant, on associe un grand nombre de ces couples de manière à former une pile. La célèbre pile de Melloni est formée de barreaux d’antimoine A alternant avec des barreaux de bismuth B, disposés de manière que toutes les soudures paires soient d’un côté et les soudures impaires de l’autre; on replie la chaîne sur elle-même tout en laissant les couples isolés, de manière à lui donner la forme d’un parallélépipède rectangle (fig. 4).
- Les piles thermo-électriques ont été utilisées dès les premières recherches sur les radiations par Melloni et par Tyndall. Depuis cette époque, la construction de ces piles a reçu de nombreux perfectionnements et les modèles actuellement utilisés sont d’une sensibilité extrême. Les couples de métaux ou d’alliages qui donnent les meilleurs résultats sontbismuth et argent, fer et constantan, manganine et constantan, fer et bismuth, tellure et argent. On les constitue par des fils ou des lames extrêmement minces soudés entre eux, la soudure de chaque couple étant légèrement aplatie de
- manière à former une petite plaque que l’on enduit de noir de fumée ou de noir de platine. Ordinairement on groupe une vingtaine de ces éléments en une file rectiligne et l’on expose aux radiations les soudures noircies. Il faut utiliser un galvanomètre très peu résistant et sensible au cent-millième de micro-ampère.
- En prenant toutes ces précautions, on parvient à déceler une différence de température d’un millionième de degré entre les deux groupes de soudure. Une bougie placée à une distance de dix mètres donne sur la règle du galvanomètre une déviation de plusieurs centimètres. Comme pour le bolomètre, on améliore beaucoup la sensibilité en plaçant la pile thermo-électrique dans le vide.
- Méthode radiométrique. — On trouve aujourd’hui à la devanture de tous les opticiens un appareil fort curieux, imaginé par Crookes, et appelé par lui radio-mètre. II comprend un petit moulinet formé de quatre lamelles légères en mica ou en platine, noircies sur l’une de leur face et polies sur l’autre. Le moulinet, enfermé dans une ampoule où on a réalisé un vide très poussé, est porté par un axe qui est extrêmement mobile sur son pivot (fig. 5). Si l’on fait tomber un faisceau de rayons lumineux sur l’appareil, le moulinet se met à tourner comme si la pression sur les faces noires était plus grande que sur les autres.
- Moyennant quelques modifications simples apportées au dispositif précédent, on a pu le transformer en un appareil permettant de mesurer avec précision un flux quelconque d’énergie rayonnante et notamment de radiations infrarouges. L’appareil ne comprend plus que deux ailettes a en mica ou en platine, toujours extrêmement légères, noircies d’un côté et réunies entre elles par un petit bras de levier que supporte dans le vide un fil de quartz très fin (fig. 6). Si l’on fait tomber sur une des ailettes un faisceau de rayons infrarouges pénétrant dans l’ampoule par une fenêtre fermée au moyen d’une mince lame d’une substance transparente à ces rayons, le bras de levier tourne autour du fil de quartz d’un angle proportionnel à l’intensité du faisceau reçu. On mesure cet angle comme toujours par une méthode optique grâce à un tout petit miroir m porté par le fil de suspension. La sensibilité dépend de la finesse du fil de quartz utilisé, de la grandeur des ailettes, de la pression résiduelle, etc. Toutes ces conditions ont été minutieusement étudiées.
- Fig. 3. — Principe d'un couple ihermoéleclrique.
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- Pour donner une idée de la sensibilité de l’appareil, indiquons que le rayonnement d’une bougie située à un mètre suffit à produire un déplacement du rayon réfléchi par le miroir m d’environ 150 centimètres sur une règle graduée située à un mètre du miroir.
- COMMENT ON PRODUIT LES RAYONS INFRAROUGES
- Il n’est pas difficile de produire des radiations infrarouges, quelle-que soit leur longueur d’onde, puisqu’un corps noir émet toute la gamme de ces radiations. Nous vivons dans un bain de radiations infrarouges de quelques microns de longueur d’onde : notre corps, les appareils de chauffage, tous les corps qui nous entourent les émettent avec abondance. Mais aux températures qu’on peut réaliser pratiquement sans trop de difficultés et qui ne dépassent guère 2000 degrés, un corps noir ne
- fournirait des radiations de très grande longueur d’onde qu’avec une intensité extrêmement faible, tout à fait insuffis ante pour qu’on'puisse la déceler par les moyens pourtant bien délicats dont on dispose.
- Pour obtenir des radiations d’une longueur d’onde atteignant quelques centaines de microns, il a fallu s’adresser à des sources émettant sélectivement des radiations de grande longueur d’onde. Le physicien hollandais Rubens a montré que le manchon Auer sans verre et que la lampe à vapeur de mercure à enveloppe de quartz constituaient des sources de choix pour la production des rayons infrarouges de très grande longueur d’onde.
- Il me paraît inutile d’entrer dans aucun détail sur le manchon Auer composé par un mélange d’oxyde de thorium avec 1 pour 100 d’oxyde de cérium.
- Quant à la lampe à vapeur de mercure, également bien connue des lecteurs de cette revue, on sait que tous les modèles comprennent un arc électrique jaillissant dans la vapeur de mercure. L’enveloppe doit être en quartz lorsqu’on veut utiliser la lampe pour produire soit des radiations ultra-violettes, soit des radiations infrarouges. L’ampoule ne doit pas contenir d’air, mais de faibles quantités de néon ou d’argon ne sont pas nuisibles.
- La cathode est toujours en mercure, quant à l’anode elle peut être constituée soit par du mercure, soit par
- une lame de fer. La figure 7 donne un schéma très simplifié d’une lampe à vapeur de mercure.
- COMMENT ON ISOLE DES RAYONS INFRAROUGES MONOCHROMATIQUES
- Le bec Auer aussi bien que la lampe à vapeur de mercure sont loin d’émettre un faisceau simple ou monochromatique de rayons infrarouges. Pour isoler, dans le faisceau complexe qu’elles émettent, telle ou telle radiation, on a imaginé des méthodes très ingénieuses parmi lesquelles nous décrirons la méthode dite des rayons restants et la méthode dite de dispersion des foyers.
- Méthode des rayons restants ou des réflexions successives. — Cette méthode, instituée par Rubens et Nichols (1897), utilise la propriété que possèdent quelques substances de réfléchir sélectivement certaines radiations déterminées de très grande longueur d’onde. Ainsi, en faisant tomber sur une lame de fluorine le rayonnement complexe émis par le manchon Auer incandescent ou la lampe en cpiartz à vapeur de mercure, on obtient un faisceau réfléchi composé surtout de radiations dont la longueur d’onde est voisine de 25 p ; cela tient à ce que la fluorine réfléchit presque intégralement ces radiations, alors qu’elle réfléchit très peu les radiations de longueur d’onde différente. Mais le faisceau réfléchi ainsi obtenu, bien qu’il soit principalement composé des radiations de longueur d’onde égale à 25 p, contient encore, quoique sous une intensité fort réduite, toutes les autres radiations. Une nouvelle réflexion sur une autre lame de fluorine améliore la sélection. Après plusieurs réflexions successives, les rayons restants constituent un faisceau homogène de longueur d’onde égale à 25 microns. On obtient de la même manière, par réflexion sur le sel gemme, la sylvine, etc., des rayons monochromatiques de longueurs d’onde différentes :
- Avec le sel gemme................. 46,9 et 53,6 p
- — la sylvine.................... 62 et 70,3
- — le bromure de potassium....... 86,5
- — l’iodure de potassium......... 96,4
- Pour étudier des faisceaux de longueurs d’onde plus grandes que 90 ou 100 p, il est nécessaire d’opérer dans le vide, car l’air devient très absorbant.
- La figure 8 montre le schéma du dispositif utilisé. Les rayons issus d’une source S, après avoir été concentrés par un miroir concave M1, tombent successivement sur une série de lames identiques constituées par une matière douée de pouvoir réflecteur sélectif A, B, C, D. Après cette série de réflexions, les rayons restants, qui sont très sensiblement monochromatiques, sont concentrés par un miroir concave M2 sur l’appareil récepteur approprié. L’ensemble du dispositif est contenu dans une caisse noircie, afin d’éviter les perturbations considérables qu’apporte le moindre courant d’air et d’opérer dans une atmosphère parfaitement sèche, ce qui est très important en raison de l’absorption considérable qu’eNerce la vapeur d’eau sur les radiations de grande longueur d’onde.
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- Fig. 4.
- Principe d’une pile thermoêleclrique:
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- Méthode de dispersion des foyers (réfraction par une lentille de quartz). — Le quartz est une substance très transparente pour la lumière invisible aussi bien que pour les premières parties de l’infrarouge. Son indice de réfraction est alors assez voisin de celui du verre, soit 1,5. Il devient très absorbant et présente, comme on dit, des bandes d’absorption, pour des longueurs d’onde voisines de 8,5 p., 9,02 p. et 20,75 p. ; il est ensuite transparent, puis il redevient opaque pour des longueurs d’onde comprises entre 60 et 80 p. et enfin il reste transparent pour des longueurs d’onde supérieures. En même temps, son indice croît plus ou moins régulièrement, depuis la valeur 1,5 qu’il possède pour les débuts de l’infrarouge jusqu’à la valeur 2,14 qui est atteinte vers 80 microns. Cette grande variation de l’indice permet d’utiliser la réfraction à travers le quartz pour séparer les rayons de diverses longueurs d’onde. Ainsi la distance focale d’une lentille en quartz, qui est 30 centimètres pour les rayons du début de l’infrarouge, s’abaisse à 13 centimètres pour l’infrarouge extrême. Un faisceau de rayons infrarouges complexes tombant sur une lentille de quartz convergera après réfraction en des foyers très éloignés les uns des autres. Sans insister sur la description même du dispositif, on conçoit qu’on puisse par cette méthode séparer les radiations de diverses longueurs d’onde et notamment isoler les radiations de plus grande longueur d’onde qui correspondent à la plus courte distance focale. Rubens a isolé ainsi des rayons d’une longueur d’onde voisine de 110 pi.
- Autres expériences de Rubens. — En augmentant dans de grandes limites le courant qui traverse une lampe en quartz à vapeur de mercure, on fait croître là température de la vapeur et sa pression. Dans ces conditions, l’intensité des rayons de l’extrême infrarouge croît également beaucoup. Tout se passe comme, si le rayonnement dans cet infrarouge extrême était celui d’un corps porté à une température très élevée. Un écran de carton noir de quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur disposé devant la lampe ne laisse passer que les radiations dont la longueur d’onde est très grande. En opérant dans le vide, car l’air est opaque pour ces radiations, Rubens a pu déceler des radiations d’une longueur d’onde égale à 314 p. (soit 0,314 millimètre).
- La limite extrême des radiations ainsi isolées et étudiées par Rubens a été longtemps limitée à 330 p.. Mais dans des recherches récentes, Nichols et Tear ont pu explorer un domaine très vaste jusque-là fermé aux investigations, s’étendant de 330 pi à 2000 p, soit 2 millimètres.
- LA LIAISON ENTRE LES RAYONS INFRAROUGES ET LES ONDES HERTZIENNES
- Après la découverte par Hertz, en 1888, des ondes qui portent son nom, on s’est efforcé de produire des .ondes de plus en plus courtes. Il a été relativement facile d’en obtenir de quelques centimètres de longueur. Mais au-dessous de cette limite, les expériences ont présenté de très grandes difficultés. C’est seulement à la suite de laborieuses recherches que Lebedew avait cru obtenir des ondes de 6 millimètres et Lâmpa de 4 millimètres, et encore ces résultats avaient-ils été contestés. A l’époque
- où ces recherches furent faites, une importante lacune subsistait donc entre les plus grandes longueurs d’onde obtenues dans le domaine infrarouge et les plus courtes longueurs d’onde hertziennes.
- Cette lacune s’est rétrécie progressivement et a été comblée par des recherches qui ont permis de prolonger des deux côtés le domaine des radiations explorées..
- Nous avons mentionné dans le paragraphe précédent comment Rubens et ses collaborateurs ont pu isoler dans les sources de lumière des radiations d’une longueur d’onde supérieure à 0,3 mm.
- Nichols et Tear ont porté leurs efforts sur la production d’ondes électriques de plus en plus courtes. Sans entrer dans Flg- 5- Radiomèlre de Crookes. le détail de leurs expériences très délicates,
- signalons qu’au moyen d’un oscillateur électrique constitué par des fils de tungstène très fins et très courts soudés dans du verre, ils sont parvenus à isoler et à mesurer des ondes électriques de plus en plus courtes, allant de 7 millimètres à 0,2 millimètre, soit 220 u, réalisant ainsi des ondes électriques plus courtes que les ondes les plus longues décelées dans les sources de lumière. Il semble d’ailleurs, que d’autres expérimentateurs soient parvenus à obtenir des ondes électriques encore plus courtes.
- COMMENT ON ÉTUDIE LES RAYONS INFRAROUGES
- Les rayons'infrarouges ont un grand nombre de propriétés analogues à celles des rayons lumineux ordinaires. Ils se réfléchissent contre un miroir, se réfractent à travers un prisme, sont diffractés par un réseau, etc. On peut donc les étudier et mesurer leur longueur d’onde par des méthodes analogues à celles utilisées dans l’Optique proprement dite.
- Cependant, l’étude des
- . . . Fig. 6. —Schéma d’un dispositif
- rayons infrarouges est radiomélrique permettant la mesure
- rendue très difficile par des radialion^
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- l’absorption énergique qu’ils éprouvent en traversant la matière. L’air lui-même devient très absorbant pour l’infrarouge extrême, et il faut opérer dans le vide.
- Le verre, à peu près complètement opaque pour le domaine entier des rayons infrarouges, est tout à fait inutilisable.
- Dans beaucoup de régions, le sel gemme, la fluorine, le quartz sont transparents et peuvent être utilisés pour la construction de dispositifs optiques destinés à l’infrarouge. En particulier les prismes et les lentilles de sel gemme sont d’un emploi courant.
- Pour étudier les rayons infrarouges et notamment pour mesurer leur longueur d’onde, on utilise habituellement des spectroscopes où prismes et lentilles sont en sel gemme.
- En recevant le faisceau dispersé sur. un appareil détecteur approprié, on peut reconnaître facilement la présence de maxima indiquant les raies infrarouges, et la position de l’organe récepteur fait connaître la longueur d’onde de ces raies.
- On emploie également beaucoup, pour l’étude des rayons infrarouges, des réseaux métalliques. Ils sont constitués par un miroir de métal plan ou sphérique sur lequel ont été tracés un très grand nombre de traits parallèles équidistants et très rapprochés. Tombant sur un tel miroir, la lumière se diffracte en même temps qu’elle se réfléchit, et chaque radiation est renvoyée suivant une direction bien déterminée qui permet de calculer la longueur d’onde. Pour étudier les rayons de l’infrarouge lointain, Rubens a construit récemment des réseaux constitués par des fils de cuivre très fins tendus parallèlement entre eux.
- Le quartz, qui arrête les rayons infrarouges voisins du spectre visible mais qui est transparent pour les rayons de grande longueur d’onde, a pu être utilisé pour la construction d’interféromètres pour rayons infrarouges analogues aux interféromètres utilisés en optique.
- PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES RADIATIONS INFRAROUGES
- Corps athermanes et corps diathermanes. — Les
- premiers savants qui s’occupèrent des rayons infrarouges se contentaient d’observations globales portant sur l’ensemble de tous les rayons situés au delà du rouge. Ils étudiaient les actions calorifiques de ces rayons, faisaient des observations grossières sur leur absorption dans diverses substances. Ils furent ainsi amenés à distinguer les corps diathermanes qui se laissaient traverser par ces rayons et les corps athermanes qui les arrêtaient. Ils constatèrent que les rayons infrarouges sont arrêtés par un grand nombre de corps transparents pour les
- rayons lumineux ordinaires. L’eau les absorbe presque complètement, surtout si l’on a soin d’y dissoudre des sels de cuivre.
- C’est là une propriété très précieuse, utilisée dans les lanternes de projection pour éviter un échauffe-ment exagéré ou même dangereux du cliché ou du film par les rayons infrarouges contenus en abondance dans le faisceau éclairant : il suffît d’intercaler entre la source lumineuse et le cliché une cuve de deux centimètres d’épaisseur contenant une solution très étendue d’acétate de cuivre qui n’absorbe pas sensiblement les rayons lumineux proprement dits. On préconisait souvent autrefois, à cet effet, une solution d’alun. En réalité il semble bien que les vertus absorbantes de cette solution aient été exagérées : des études précises ont montré qu’elle n’est guère plus efficace que l’eau pure.
- Le verre arrête également les rayons infrarouges et supprime tout échange de ces rayons entre deux corps. Cette propriété est utilisée en particulier pour supprimer ces échanges entre l’atmosphère et un corps exposé à l’air libre pendant la nuit. Ce corps se refroidit parce que le rayonnement qu’il émet vers l’atmosphère surpasse celui qu’il en reçoit. Si l’on interpose une lame de verre, les échanges du corps avec l’atmosphère sont supprimés et le corps ne se refroidit plus : c’est le principe des serres et des cloches utilisées par les jardiniers pour protéger leur culture contre l’action refroidissante du rayonnement nocturne, tout en leur permettant d’être soumises pendant le jour à l’action bienfaisante des rayons lumineux du soleil.
- D’autrës substances opaques pour les rayons ordinaires laissent passer une proportion plus ou moins importante de rayons infrarouges. Il en est ainsi pour le simple papier noir utilisé en photographie. De même une solution concentrée d’iode dans le sulfure de carbone qui, interposée sur le trajet du faisceau lumineux émis par une lampe à arc, arrête, à peu près complètement les rayons lumineux, ne modifie pas sensiblement l’action exercée sur une pile thermoélectrique. On prépare aujourd’hui des verres à l’oxyde de manganèse, opaques pour la lumière ordinaire, mais transparents pour les rayons infrarouges.
- Les diverses régions de l’infrarouge. — Mais ces observations, pour intéressantes qu’elles aient été au début, ne pouvaient suffire à nous faire connaître d’une manière précise les propriétés dés rayons. infrarouges.
- Dans ce domaine, comme d’ailleurs dans toutes les branches de la physique, on s’est efforcé de substituer aux observations qualitatives des mesures de plus en plus précises. Et l’on s’est aperçu que les rayons infrarouges étaient loin de présenter la simplicité d’allure qu’on avait cru apercevoir tout d’abord.
- C’est, qu’en effet, le domaine des rayons infrarouges est extrêmement étendu. Il comprend des radiations dont les longueurs d’onde varient depuis 0,76 p jusqu’à 2 millimètres, soit 2000 p. On se fera une idée plus nette de l’étendue de ce domaine en substituant aux longueurs d’onde les fréquences de vibration qui leur correspondent et en = comparant ces fréquences comme on le fait en
- Fig. 7.
- Schéma cl'une lampe à vapeur de mercure.
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- Acoustique pour les intervalles musicaux. Avec cette notation, on constate que l’infrarouge s’étend sur dix octaves, alors que les rayons ultra-violets se limitent à 5 octaves et que les rayons lumineux proprement dits couvrent à peine une quinte.
- Aussi comprend-on que les propriétés des rayons infrarouges puissent varier grandement d’une extrémité à l’autre de leur spectre. Pour permettre de classer les résultats expérimentaux on a subdivisé en trois régions le domaine entier de l’infrarouge :
- 1° Le proche infrarouge, dont les propriétés physiques ressemblent beaucoup à celles de la lumière ordinaire, sauf qu’ils n’impressionnent ni l’œil, ni la plaque photographique, et qu’il faut faire appel pour les déceler à des détecteurs spéciaux;
- 2° Les radiations déjà bien différentes de la lumière visible et en particulier très facilement absorbables, qu’on peut appeler l’infrarouge moyen, et dont la longueur d’onde est de l’ordre de 10 p. ; ces radiations sont très abondantes autour de nous et sont émises par tous les corps à la température ordinaire;
- 3° L’infrarouge extrême qui commence vers 30 p. et déborde largement sur les frontières des ondes hertziennes, depuis que ces frontières ont été, comme nous l’avons vu au paragraphe précédent, abaissées jusqu’à 220 microns par Nichols et Tear en 1923.
- Bandes d'absorption— Nous avons déjà mentionné la grande absorption qu’éprouvent habituellement les rayons infrarouges en traversant la matière.
- La plupart des corps solides et des corps liquides ont un très grand pouvoir absorbant pour des régions étendues du spectre infrarouge. Mais ce pouvoir absorbant varie beaucoup avec la longueur d’onde, et 11 existe de véritables bandes d’absorption séparées par des zones de transparence plus ou moins grande.
- Ainsi, avons-nous déjà signalé que le quartz, après avoir présenté plusieurs fortes bandes d’absorption dans l’infrarouge moyen, devient très transparent pour les radiations de grandes longueurs d’onde. Le sel gemme et la. fluorine, transparents pour le proche infrarouge, deviennent opaques dès que la longueur d’onde dépasse 7 ou 10 p. et sont à nouveau transparents pour des longueurs d’onde beaucoup plus grandes.
- L’eau, opaque dans le proche infrarouge et l’infrarouge moyen, présente une certaine transparence dans l’infrarouge extrême.
- En général, les corps isolants ou diélectriques comme la paraffine sont parfaitement transparents dans l’infrarouge extrême, leur transparence croît avec la longueur d’onde. Ainsi la transparence du diamant devient parfaite au delà de 100 p.. D’autres substances comme la bakélite sont transparentes dans le proche infrarouge. On construit avec ces substances des filtres infrarouges pour diverses applications médicales et pour la télégraphie optique infrarouge.
- 1. Jean Lecomte, Le spectre infrarouge. Presses universitaires de France.
- ............= 537 =
- Nous avons à diverses reprises signalé les difficultés qu’apporte dans l’étude de l’infrarouge la grande absor-babilité de ses rayons. « En revanche, comme l’écrit M. Lecomte, dans un livre extrêmement documenté ('), cette absorption permet d’obtenir, avec une couche très mince et par conséquent une très faihle quantité de matière, un spectre d’absorption assez complet pour bien caractériser le corps examiné. Très souvent il suffira d’une petite fraction de millimètre (quelquefois de moins d’un centième).
- De même que, dans les spectres de réflexion, les maxima variaient d’un corps à l’autre, de même aussi les places des bandes d’absorption resteront propres à chaque substance. Dès lors, étant donné la manière dont un corps absorbera les radiations infrarouges, on pourra en déduire sa composition .»
- Les gaz présentent également vis-à-vis des rayons infrarouges un spectre d’absorption caractéristique, comprenant des bandes qui, dans certains cas, ont pu être décomposées en véritables raies. Le plus souvent, ce spectre peut être obtenu avec une colonne gazeuse de quelques centimètres d’épaisseur sous la pression atmosphérique, et là encore il est permis d’espérer que le développement des .recherches conduira à des résultats intéressants.
- La loi de Maxwell. — Dans un autre ordre d’idées, signalons que les rayons infrarouges ont fourni une vérification d’une loi très importante de la théorie électromagnétique de la lumière.
- Maxwell avait déduit de considérations théoriques que la constante diélectrique, ou pouvoir inducteur spécifique des corps isolants, devait être égale au carré de l’indice de réfraction. Cette loi se vérifie assez mal lorsqu’on considère la valeur de l’indice de réfraction relatif au rayon lumineux visible.
- On a une bien meilleure concordance en considérant l’indice relatif aux rayons infrarouges.
- (A suivre.)
- A. Booxakic.
- Professeur à la Facullé des Sciences de Dijon.
- Fig. 8. — Isolement de rayons infrarouges par la méthode des rayons restants.
- * *
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- 538 = L’EAU DE MER A DOSE MINUSCULE
- J’ai pu, il y a longtemps, établir ce fait assez singulier qu’une quantité de substance qu’on peut appeler minuscule (puisqu’il s’agit dans un litre d’un millionième de milligramme) exerce encore sur la fermentation une action non négligeable.
- Pour constater cette influence des petites doses d’un sel métallique, je m’étais adressé à la fermentation lactique. Un bouillon de culture convenable, additionné de lactose, donne de l’acide lactique quand on l’ensemence avec un ferment lactique. Alors, après 48 heures de fermentation, le dosage de l’acidité indique l’activité de la fermentation, activité dont, évidemment, l’acidité est l’image.
- Mes expériences comportant plus de dix mille dosages (') ont prouvé qu’à la dose de 10~'J, et parfois 10 !°, c’est-à-dire à la dose de 0,000.000.001 par litre, les sels métalliques ont encore un effet légèrement accélérateur sur la fermentation du lactose. Mais ici mon but n’est pas de décrire ces expériences déjà anciennes faites avec les sels de baryum, de thorium, de platine, de cobalt, de manganèse, de lithium, d’argent, de thallium, etc., puisque je veux seulement montrer — ce qui est nouveau — que l’eau de mer, même à dose minuscule, agit comme les sels métalliques.
- Pourtant, avant de parler de l’eau de mer, je veux citer les expériences de fermentation lactique faites avec le chlorure de vanadium, car ces expériences sont très nombreuses, décisives, portant sur une grande quantité de cultures, soit 28 séries expérimentales. Chaque série représente la moyenne de six dosages, et chaque dosage, minutieux, a été fait sur 500 centimètres cubes de liquide.
- Voici les chiffres. Soit 100 l’activité des liqueurs témoins.
- Chlorure de sodium....... 28,9
- Sulfate de magnésium. .... 2,8
- Chlorure de magnésium. . . . 2,4
- Sulfate de calcium........ 0,9
- Chlorure de potassium..... 0,8
- Supposons la quantité d’acide formé dans les tubes témoins égale à 100, déduction faite de l’acidité initiale pour tous les tubes. Il s’agit ici d’une moyenne d’environ 50 dosages pour chaque chiffre.
- Proportion
- d’eau de mer Quantité Proportion Quantité
- naturelle d’acide d’eau de mer d’acide
- pour 100. formé. pour 100. formé.
- 50. . . V . .. . .. 87 ’ 10~G 102
- 5 . 123 10~7 101
- ÎO"2. . . . . . 127 10 "8 120
- 10~4 111 1 115 , 119 \ 115 10~9 106
- 10~3 10~10 .... 105
- 10“8 , 101 ÎO-11 .... 99
- Proportion
- d’eau de mer Quantité Proportion d’eau de mer Quantité
- artificielle d’acide d’acide
- pour 100. formé. pour 100. formé.
- 50 . 91 10”6 . . . . 102
- 5 ' 106 ^115 . uo r10 10“7 . . . . 100
- io-2 10~8 .... ?
- 10"5 . 96 10~9 .... 105
- 10"* . 116 10“10 .... 100
- 10“5. . 101 10-11 .... 101
- Dilution en grammes du Acidité finale
- chlorure de vanadium par litre, des liqueurs vanadiques.
- 10”1 83
- 10"2 96
- 10~5 ...... 99
- 10~4 100
- 10~s 104
- 10“6 . 102
- 10-7 102
- 10~8 103
- 10~9 . 103
- 10-,fl 101
- Or, voici que récemment, avec i eau de mer, Michel Faguet et moi, nous avons retrouvé les mêmes lois, c’est-à-dire qu’à dose minuscule d’eau de mer, il y a accélération de la fermentation.
- Nous avons même comparé l’eau de mer naturelle à iune eau de mer artificielle, composée ainsi (par litre) :
- 1. Travaux du laboratoire de physiologie, tome VI, 1909, pages 294 .à 972.
- Ainsi on voit :
- 1° Un premier ralentissement (89) quand il y a 50 pour 100 d’eau de mer;
- 2° Une première accélération (118) quand il y en a 10"1 pour 100;
- 3° Un second arrêt ou ralentissement (101) à 10~c pour 100;
- 4° Une seconde accélération (105) à 10'10 pour 100.
- Cette seconde accélération correspond à la quantité minuscule de 10-9 ou 10~10. Et elle n’est pas douteuse, puisqu’elle porte sur 118 dosages.
- En prenant la moyenne de ces diverses expériences et en supposant toujours égale à 100 l’acidité de la liqueur témoin, nous voyons qu’il y a une courbe qui présente deux maxima, un premier maximum à une dose d’environ l/100e d’eau de mer. Puis, quand la quantité d’eau de mer devient de moins en moins forte, on aperçoit une dépression de la courbe, et la fermentation est légèrement ralentie ou égale à celle des témoins.
- Après ce ralentissement, il y a un second max - um qui correspond à des doses extrêmement faibles, c’est-à-dire à un milliardième d’eau de mer. La figure ci-jointe indique très nettement les modalités de ce curieux phénomène.
- Aux abscisses, les quantités d’eau de mer sont indiquées en progression logarithmique décroissante et aux
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- ordonnées la quantité d’acide formée, toujours par rapport à la quantité des liqueurs témoins égales à 100.
- On voit sur cette courbe qu’il y a après la première période de ralentissement une accélération très nette suivie d’un retour à la normale, et une seconde accélération aux doses de 10'8, 10~n, 10“10. Les expériences sont assez nombreuses pour que nous puissions affirmer le fait, car chaque chiffre est la moyenne d’environ 50 dosages.
- Puisque, avec les sels métalliques de vanadium, de
- .. ' . ..." . ——----------- 539 =
- de vue toxicologique), c’est une faible dose, relativement à un dixième de milligramme de scopolamine.
- L’interprétation de notre courbe à deux maxima, courbe générale, comme nous venons de le dire, est très délicate. Tout se passe comme si dans l’action d’un sel métallique il y avait deux étapes : une première étape, celle seule que jusqu’à présent les physiologistes ont étudiée (doses au maximum d’un dixième de milligramme), et une deuxième étape due peut-être à une libération des ions, dose d’un millième ou d’un millio-
- Fig. 1. — Aux abscisses les doses d'eau de mer. Aux ordonnées, les proportions d’acide lactique formé par rapport aux liqueurs témoins
- égales à 100.
- On voit que les courbes d'eau de mer naturelle et d’eau de mer artificielle sont tout à fait parallèles, mais toujours avec
- une activité supérieure (évidente) pour l’eau de mer naturelle„ '
- cobalt, d’argent, de thorium, etc., nous retrouvons exactement la même courbe, nous pouvons admettre qu’il s’agit là d’un phénomène très général.
- Au premier abord on sera surpris de voir qu’un milliardième de gramme dans un litre va encore exercer une action quelconque et, de fait, nulle réaction chimique n’est capable de déceler cette quantité impondérable. Mais, si l’on réfléchit, on comprend tout de suite qu’un milliardième de gramme contient beaucoup plus d’un milliard de molécules, c’est à dire un chiffre énorme. Rien de surprenant alors à ce qu’un milliard de molécules, par litre, puisse modifier la fermentation.
- Qu’on le sache bien, quand on emploie les mots de forte dose ou de faible dose, ce ne sont que des expressions relatives : 10 grammes de chlorure de sodium (au point
- nième de milligramme. Mais cette hypothèse n’est pas bien satisfaisante, puisqu’il y a déjà des ions libérés à de moindres dilutions.
- L’interprétation n’est pas moins obscure quand il s’agit de savoir si l’eau de mer exerce cette influence par les sels métalliques qu’elle contient autres que ceux de sodium, de magnésium, de calcium et de potassium.
- * Mais dans les sciences, l’interprétation, l’hypothèse, la théorie sont d’une importance secondaire. Ce qui est essentiel, c’est la constatation d’un fait, quelque inexplicable qu’il soit.
- Les faits d’abord. Les théories plus tard, si possible,
- . Charles Richet,
- Membre de l’Institut.
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- L’ARCHIPEL DE JUAN FERNANDEZ
- Quel est celui qui, dans son enfance, n’a pas été prodigieusement intéressé par les aventures du Robmson Crusoé, de Daniel de Foë ? De ce premier évocateur, pour les jeunes imaginations, des contrées intertropicales tous ont conservé un souvenir attendri. Mais combien seraient capables de fournir la moindre précision sur l’île dans laquelle le véritable Robinson subit ses années de déportation forcée ?
- Chacun sait, aujourd’hui, que si le nègre Vendredi est un produit de l’imagination de Daniel de Foë, Robinson Crusoé, lui, a vraiment existé. C’est l’Ecossais Alexander Selkirk.
- Nous n’entreprendrons pas de raconter, par le menu, comment il fut abandonné dans une île déserte, où il demeura, bien contre son gré, de 1704 à février 1709. Recueilli, à cette époque par Wood Rodgers, capitaine du Duke, et ramené par lui en Angleterre, il raconta, au cours de cette traversée, l’existence qu’il avait menée, pendant plus de quatre ans, dans son île.
- Wood Rodgers eut l’idée de publier, dans un journal de Londres, les notes qu’il avait prises,' à ce sujet. Daniel de Foë les lut et en tira son roman qui, refusé par presque tous les éditeurs, devait connaître un succès prodigieux lequel ne s’est jamais ralenti.
- Signalons, en passant, que ce roman, célèbre à d’autres titres, est le premier feuilleton connu qui parut dans un journal. Ce fut, en effet, le London Post qui le publia, avec suite auprohainc numéro, à partir du 7 octobre 1719
- Alexander Selkirk mourut, en 1723, alors qu’il naviguait, en qualité de lieutenant, à bord du Weymouth. Sans l’œuvre de Daniel de Foë il serait oublié depuis longtemps.
- Mais, dans quelle île se déroula son aventure ?
- La question présente d’autant plus d’intérêt que Daniel de Foc, pour des raisons qu’on ne s’explique pas bien, crut devoir faire vivre son Robinson clans une île imaginaire, située à l’embouchure de l’Ürénoque. Or, Selkirk avait été abandonné dans le Pacifique, en plein hémisphère Nord. Ce transfert d’un hémisphère dans l’autre a faussé certains détails de la faune et de la flore du roman, qui n’en doit pas moins une grande partie
- de sa vogue à l’exactitude de ses descriptions de la nature, ce à quoi le lecteur n’était pas habitué à l’époque où il parut.
- Les gens les mieux informés situent la vie solitaire de Selkirk dans l’île de Juan Fernandez. C’est, à la fois, vrai et faux. Car il n’y a pas une île de ce nom, mais un archipel composé de trois îles, tellement distinctes que l’une d’elles est distante des deux autres de 80 milles. Chose extraordinaire, cet archipel, en dépit des circonstances, n’a pas encore trouvé d’historiographe.
- C’est cette lacune que nous allons nous efforcer de combler brièvement. Nous le ferons d’autant plus volontiers que nous aurons, ainsi, l’occasion de mettre en
- lumière l’œuvre industrielle et commerciale, accomplie par un Français, à l’aide de ses seules ressources, sur cette terre perdue du vaste Océan Pacifique.
- L’ILE
- DE ROBINSON CRUSOÉ
- L’île de Robinson est située à 362 milles dans l’ouest de Valparaiso, exactement entre 33° et 34° de latitude Sud, et 79° à 80° de longitude Ouest.
- La façon dont elle fut découverte mérite d’être rappelée.
- Jusqu’en 1572, le voyage par mer, du Callao à Valparaiso, durait environ six mois, à cause du courant, et des vents contraires que rencontraient les voiliers, de faible tonnage, qui fréquentaient ces parages. Le pilote andalou Juan Fernandez eut une idée audacieuse. Persuadé qu’il finirait par rencontrer un vent favorable, au lieu de suivre la côte, il piqua droit vers la haute mer.
- Ce qu’il avait prévu arriva. Mais, d’abord, il découvrit deux îles, séparées par un canal d’un mille de large. A la première, à cause de sa situation, il donna le notp significatif de Mas a T terra. La petite reçut celui de Santa-Clara. Quant à la dernière du groupe, située très à l’ouest, il l’appela, comme il convenait, Mas a Puera (plus en dehors). De cet archipel, une brise constante le ramena à sa destination, un mois seulement après son départ.
- Très jaloux de leur domination, les Espagnols mirent tous leurs soins à tenir secrète une pareille découverte. Ils y réussirent, pendant près d’un demi-siècle, jusqu’en 1616, où le Hollandais Shouten, après avoir doublé le
- /? Juan rkrnandez
- PA Cl F/QU£
- Fig. 1. — L’archipel Juan-Fcrnandez, dans le Pacifique.
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- cap ITorn, tomba, par hasard, sur l’archipel de Juan Fernandez.
- Avant de parler de Mas a Tierra, il importe de dire un mot des deux autres.
- Mas a Fuera, à 80 milles plus dans l’Ouest, se signale par un sommet de 1836 mètres, la montagne des Innocents. Sa superficie est de 20 kilomètres carrés. Elle n’a jamais connu d’autres habitants que les pensionnaires du pénitencier, organisé par le gouvernement chilien, pour lesquels elle est loin de représenter un lieu de délices. Son abandon provient de l’absence de tout mouillage sûr pour les navires.
- Santa Clara, qu’on appelle aussi l’île aux Chèvres, se distingue par un sommet de 347 mètres de haut. Elle offre, à l’œil, un aspect désolé qu’elle doit aux roches coniques, découpées d’étrange manière, de son littoral. De forme allongée, elle n’est séparé.p. Je sa vnihnp qu** par un canal dont la largeur ne dépa^-e pa"> un mille marin, ainsi qu’il a été dit.
- Mas a Tierra, bien qu’étant la |)lu> grande de-s irais.
- les navires les fréquentaient : port français, port anglais et port espagnol.
- L’unique village du pays se trouve dans la haie de Cumberland. C’est Juan Bautista, que fondèrent les Espagnols en 1750, et dont la population, uniquement occupée à la pêche, approche de trois cents habitants. On y mouille par fonds de trente, mètres. Il existe un débarcadère, avec ravitaillement en eau douce, à 200 mètres duquel se présentent les ruines de l’ancien fort. Un feu est allumé, pour les navigateurs, sur le plateau. On y rencontre une station de T. S. F.
- Comme ressources, à l’époque de Selldrk, on ne pouvait compter que sur des navets, des choux palmistes et des piments. Quant' au règne animal, il était représenté par :
- a une superficie d’à peine 93 kilomètres carrés. Le-* mesures suivantes donneront une idée de sa forme ; 25 kilomètres de long, sur 9 de large, et 72 de tour. Le pic d’El Yunque la domine. C’est une montagne boisée, de 927 mètres de haut, dont le sommet représente une enclume de verdure. De cette montagne partent de verdoyantes vallées, parmi la végétation luxuriante'desquelles circulent des ruisseaux fertilisateurs.
- Son climat est sain; mais il y pleut beaucoup. La mauvaise saison commence au mois d’avril pour se terminer en octobre. Les pluies, d’une violence tropicale, tombent surtout pendant la nuit. La plus ou moins grande abondance de verdure donne à l’île des aspects différents, suivant l’orientation de la côte par laquelle on l’aborde. C’est ainsi que, par comparaison avec la partie Nord-Est, qui est boisée, celle du Sud paraît plate et basse.
- Les navires ne fréquentent guère que la côte Nord, à cause des trois mouillages — les seuls de l’île — qu’elle leur offre. Elle se présente avec des falaises à pic, d’un brun tirant sur le rouge, que coupent de profonds ravins. Ces trois mouillages ont reçu le nom des nations dont
- Fig. 2 (à gauche).
- Un aspect de Juati Fernandez : la baie de Juan Bautista, à Mas a Tierra. Au mouillage, la goélette Gaviota.
- Fig, 3 (en haut). Quelques baleinières de pêche échouées à Juan Bautista.
- Fig. 4 (en bas). Les viviers flottants d langoustes, près de l’île.
- des chèvres descendant de celles de Juan B’ernandez, des chats sauvages, qu’il lui fallut apprivoiser, et d’énormes rats, qui lui dévoraient ses réserves de provisions. Nous ne parlons pas de l’abondance des écrevisses, sur lesquelles nous aurons à revenir.
- Aujourd’hui, l’île possède des bœufs sauvages, dont la chasse, distraction mouvementée, n’est pas sans danger, des porcs et du gibier. Les légumes y poussent, ainsi que le figuier et le pêcher, sans compter les nombreuses espèces de fougères arborescentes, dont le feuillage dentelé est si agréable à l’œil.
- Que devint l’île de Mas a Tierra après le séjour de Selkirk ?
- Le passage du flibustier anglais Cinque Ports, sur lequel il naviguait, n’avait pas été un fait isolé. C’est ainsi
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- qu’avant lui, en 1680, les écumeurs de mer y étaient venus à la suite de leur victoire de Panama. Au mouillage une scission s’était produite, les uns tenant, comme chef, en faveur de Sharp, les autres pour Wathing, qui finit par l’emporter.
- Vers 1720 Shebroke et Clipperton s’y distinguèrent dans le même genre d’exploits. Puis vint à passer l’amiral hollandais Roggewein. Il fallut l’arrivée d’une escadre anglaise, commandée par l’amiral Auson, en 1740, pour ouvrir les yeux à l’Espagne sur l’importance stratégique de l’archipel. Ayant eu connaissance du rapport fait par Anson à l’Amirauté britannique, elle envoya d’abord une mission d’études, puis une compagnie de cent soldats qui tint garnison à Mas a Tierra. Ce fut le premier noyau de la population. On y édifia, en outre, une forteresse dont il ne subsiste plus que des ruines.
- Quand les Anglais revinrent, — lord Byron en 1765 et l’Amiral Carteret en 1767, — ilsn’osèrentrisquerun débarquement de vive force. Mais, en 1793, l’Angleterre et l’Espagne ayant uni leurs efforts contre la Révolution Française, les navires britanniques y reçurent une amicale hospitalité.
- Puis l’île végéta, dans l’abandon, jusqu’en 1810, époque de la Révolution chilienne. Une centaine de patriotes vaincus, parmi lesquels Cienfuegos, Blanco Encalada, Egana, Rosales, y furent déportés. On les répartit, autour de Juan Bautista, dans 27 grottes, où ils endurèrent de telles souffrances que le nom de « purgatoire des Chiliens » fut donné à leurs abris. Dans ces grottes, dont sept seulement subsistent encore, régnait une telle humidité que les fougères y croissaient comme en pleine terre. Aussi étaient-elles fort malsaines.
- En 1832, un savant français, Claude Gay, vint explorer l’archipel dans un but scientifique. Il y nota vingt-quatre espèces différentes de fougères, dont la Palma Chonta, la Sandalo et la Gunnera pelata, sans oublier la Thyr-soptaris elegans, particulière à Mas a Tierra. A signaler, également, la présence de nombreux oiseaux-mouches, au nom poétique de Picaflores.
- En 1868 le gouvernement anglais envoya dans l’île un navire de guerre, la Topaze, Par les soins de son commandant une plaque de bronze fut apposée à l’endroit qui porte le nom d’observatoire de Robinson. On y lit l’inscription suivante :
- En mémoire de ALEXANDER SELKIRK
- Marin natif de Largo, dans le Comté de Life, Ecosse,
- Qui vécut dans cette île, en complète solitude,
- 4 ans et 4 mois.
- Il était débarqué du Cinque Ports, bateau de 96 tonnes, 16 canons, A. D, 1704 et avait été délivré par le Duke Corsaire le 12 février 1709.
- Il mourut lieutenant du Weymouth A. D. 1723, âgé de 47 ans.
- CETTE TABLETTE
- est érigée près de Vobservatoire de Selhirk, par le commodore Powell et les officiers de H. M. S. Topaze A.D. 1868.
- La frégate française la Flore fit une relâche à Mas a Tierra en 1871. La tradition veut qu’elle y ait perdu un officier, du nom de Paul Crizot-Bruat, enterré en dehors du cimetière. Près des grottes des patriotes chiliens, notre consul à Valparaiso a trouvé, en effet, une plaque de marbre brisée qui portait ce nom.
- Vérification faite, l’escale de la Flore, à la date indiquée est certaine. Mais les annuaires de la Marine, des années avoisinantes, ne mentionnent aucun officier du nom de Crizot-Bruat. Sans doute a-t-on confondu avec un officier-marinier, c’est-à-dire, en langage terrien, un sous-officier ?
- L’année 1891 fut signalée par le naufrage, dans des conditions dramatiques, du voilier français le Télégraphe, auquel survécut, seul, le passager Charpentier.
- Puis vint la guerre de 1914. Qui le croirait ? Elle eut, à Mas a Tierra, une répercussion imprévue. Du 1er au 15 novembre, elle servit de base à l’escadre des croiseurs allemands. Ceux-ci en profitèrent pour s’emparer, dans le voisinage de Mas a Fuera, du voilier dunkerquois Valentine, — chargé de charbon de Cardiff, — qu’ils coulèrent après l’avoir déchargé.
- Le 8 décembre suivant, le Dresden, petit croiseur de 3600 tonnes, échappait au désastre de la bataille des Falkland. Sa vitesse de 25 nœuds était fort réduite, parce que des tubes de ses chaudières étaient brûlés. Signalé par T. S. F., et poursuivi par trois croiseurs anglais supérieurs en force, il vint, au début de 1915, se réfugier dans la baie de Cumberland. Ne s’attendant pas à voir un navire de guerre allemand dans ces parages, et le prenant pour un anglais, le capitaine de la Gaviota, sur sa demande, lui indiqua un bon mouillage.
- Alors, intervient le capitaine du port, Natalis Sanchez, qui veut l’interner pour cause de séjour trop prolongé dans les eaux neutres. Le commandant du Dresden s’y refuse, certain que son interlocuteur ne dispose d’aucune force capable de l’y contraindre. Mais la division anglaise n’avait pas abandonné la piste. Bientôt elle est en vue et signale au croiseur de se rendre. Celui-ci invoque cette situation d’interné, dont il n’avait pas voulu. Le commodore John Luce, refusant d’en tenir compte, engage le combat.
- Ce fut l’affaire de cinq minutes, au bout desquelles le Dresden, ayant des avaries^graves un commencement d’incendie, et quinze grands blessés, était évacué par son équipage. Mais, auparavant, une bombe à retardement avait été amorcée. A peine les embarcations étaient-elles éloignées du bord que l’explosion faisait piquer du nez au croiseur qui coulait par l’avant. La population de Juan Bautista, placée aux premières loges, ne fut pas moins étonnée que les Anglais en s’apercevant que le pavillon impérial allemand avait été subrepticement rehissé à côté du pavillon blanc de capitulation.
- En février 1922, M. G. Le Lorrain, consul de France à Valparaiso, avait l’occasion de visiter l’île en compagnie de notabilités chiliennes. A sa grande surprise, il s’y vit accueilli, de la part de la population, par le chant de la Marseillaise, en excellent français. Gomme il avait jadis séjourné aux îles Philippines, à son retour à Valparaiso il fut sollicité, par] l’Administration chilienne, de lui
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- fournir des renseignements en vue de l’acclimatement, dans l’archipel, de l’Abaca, du tabac et de l’Ylang-Ylang, sources d’importants revenus pour les Philippines.
- Comme les livres, les archipels ont leur destinée. C’est ainsi que cet historique doit se terminer sur une incarcération de prisonniers. Dans le courant du premier trimestre de 1928, un certain nombre de conspirateurs, impliqués dans un mouvement antigouvernemental, furent arrêtés et déportés à Mas a Fuera. Mais, l’année précédente, avait été tentée une expérience beaucoup plus curieuse.
- Au mois de mars, à la suite de menées communistes, les principaux chefs avaient été invités à séjourner dans l’archipel, munis de tout ce qui leur était nécessaire pour vivre, avec l’entière liberté d’y appliquer leur régime d’élection. Six mois plus tard, le 18 septembre, à l’occasion de la fête de l’indépendance, ils étaient rapatriés,
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- mer de la famille des macroures (racine jjcaxpoç, long, et oupa, queue). La variété de Mas a Tierra, la Palinurus frontalis, est la plus grande qui soit connue. Son poids atteint jusqu’à 6 kg, et sa longueur 0 m 80. La femelle ne pond pas moins de 100 000 œufs par an. La durée d’incubation est de six mois.
- Grâce à des organes transitoires de natation, les larves montent à la surface de la mer, où beaucoup sont dévorées par un poisson nommé Furel. En grandissant, elles perdent leurs nageoires, et, sous le poids de leur carapace naissante, tombent au fond, où elles vont vivre. Là, les attendent les traquenards dus à la malice de l’homme.
- Les procédés des deux associés étaient des plus primitifs. En outre, démunis de capitaux, ils ne pouvaient donner aucun développement à leur industrie. C’est alors que le hasard d’un voyage, en compagnie d’une mission scientifique suédoise, les mit en pré-
- Les souvenirs de Robinson Crusoé.
- Fig. 5 (à gauche).— L'entrée de la grotte d’Alexander Selkirk.
- Fig. 6 (à droite), — La plaque commémorative de Selkirk. A côté.: M. Louis P. Recarî.
- sur leur demande, après avoir accepté de se soumettre aux lois en vigueur.
- LES SUCCESSEURS FRANÇAIS
- Ayant atterri dans la baie de Cumberland, le naufragé Charpentier se fixa à Juan Bautista, où il finit par se marier et faire souche. Peu de temps après lui arrivait un Suisse, le comte Alfred de Rodt. Pour avoir combattu dans notre Légion étrangère, pendant la guerre de 1870, celui-ci, bien que de souche allemande, passait pour être français. A la suite de quels incidents de sa vie mouvementée avait-il été. conduit dans cette île? On l’ignore.
- Charpentier eut tôt fait de le convaincre de se livrer, d’accord avec lui, à la pêche et au commerce de ces écrevisses, dont parlait Alexander Selkirk, et qui pullulent aux alentours de l’île.
- En l’espèce, il s’agit, ici, des langoustes, écrevisses de
- sence de Louis P. Recart, un Basque établi au Chili.
- Intéressé par ce qu’il voyait et ce qu’il apprenait, Recart, passionné pour les choses de la mer, mit à leur disposition les premiers fonds nécessaires à l’amélioration de leurs moyens de pêche. De retour sur le continent, il n’eut rien de plus pressé que de se faire concéder, par le gouvernement chilien, le monopole de l’exploitation del’île.
- Mais la petite goélette de 20 tonneaux dont il disposait, mauvaise marcheuse, mettait des semaines pour effectuer le transport des langoustes de l’île à Valparaiso. C’était beaucoup trop. Dans le but de réaliser de meilleures conditions, Recart vint en France, à la recherche du bateau qu’il désirait.
- Son voyage le conduisit à Boulogne, notre grand port de pêche, où il entra en relations avec l’architecte naval G. Soë. A sa demande, celui-ci établit les plans d’une goélette modèle, qui furent acceptés.
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- Il s’agissait d’un bateau-vivier, d’une jauge brute de 60 tonnes. Capable de filer 12 nœuds, à la voile, avec vent arrière, elle devait être munie d’un moteur auxiliaire de 25 chevaux, lui permettant de donner 5,5 nœuds par calme plat. Aussi la traversée'serait réduite à quatre jours.
- Longue de 20 mètres, large de 5 m 90, avec un tirant d’eau de 2 m 66, elle pourrait transporter, d’un coup, 2000 langoustes. Outre la cale-vivier, elle contiendrait une cale à marchandises, destinée au transport des caisses de conserves, et de petits logements pour passagers, dont le propriétaire.
- Deux particularités devaient la distinguer de ses similaires.
- Toutes deux concernaient la cale-vivier. Au lieu d’être percée de trous, la mettant directement en communication avec la mer, celle-ci serait remplie, et vidée, au moyen de deux pompes. De plus, des barres transversales, disposées en perchoirs, permettraient aux crustacés de venir s’y poser, au lieu de s’accumuler, à fond de cale, les uns sur les autres, ce qui est une cause sérieuse d’augmentation de la mortalité en cours de transport.
- Restait à faire construire ce bateau modèle !
- Revenu au Chili, avec les plans, Louis Recart s’adressa à un autre Français, Achille Court, possédant un chantier à Constitucion, proche de Valparaiso, à l’embouchure de la rivière Maule. If fallut faire venir de France jusqu’aux accessoires les plus minimes, dans l’impossibilité où l’on se trouvait de rien se procurer sur place.
- Ce fut au point que l’exécution de l’entreprise faillit être reculée, par un incident banal, tel que la mise hors service d’une lampe destinée à souder la culasse de cylindre du moteur auxiliaire. Ecrire en France, pour en faire venir une neuve, eût demandé plusieurs mois. Le constructeur s'avisa de recourir à un bijoutier, qui exécuta la soudure à l’argent, tout comme celle d’un boîtier de montre.
- Grâce à quoi la goélette put être lancée, au mois de décembre 1910. Baptisée Gaviota (la Mouette), elle entra en service en février 1911. Depuis lors, elle y est demeurée. Bientôt, une sœur, la Piquera, vint la doubler pour assurer la régularité des transports.
- L’affaire prenant de l’extension, Louis Recart, par association avec un ..fils de Français, Martial Doniez, fonda la maison Recart et Doniez, au capital de 700 000 piastres, aujourd’hui 2,1 millions de francs-papier. A la pêche, il avait fallu ajouter dans l’île même une fabrique de conserves pour utiliser ceux des crustacés incapables de supporter le transport.
- La pêche, unique ressource de la population de Mas a Tierra, se fait dans des baleinières de 8 m 50, montées par deux hommes, et pourvues d’un moteur amovible qui leur fait filer 8 nœuds par beau temps. Dans chacune de ces embarcations sont embarquées quinze grandes balances, du genre de celles qui servent à capturer les écrevisses. On les mouille de nuit, par des fonds de 7 à 70 brasses, et on les relève le lendemain matin. Comme amorce, on se sert de la chair de n’importe quel poisson, pourvu qu’elle soit un peu faisandée.
- Les moteurs, de cinq chevaux de puissance, sont vissés
- à l’intérieur de l’embarcation, sur la partie supérieure d’un puits pratiqué, à l’arrière, entre la quille et le côté de tribord. Ils se démontent en deux morceaux de manière à pouvoir les enlever, chaque fois qu’on échoue la baleinière, pour les revisser ensuite. Ce procédé permet de laver le fond, à grande eau, sans crainte de mouiller l’appareil; il évite, également, le danger de casser les ailes des hélices.
- Très robustes, faciles à manier, ces moteurs pèsent
- 83 kg.
- Il ne faudrait pas croire que cette pêche soit de tout repos. Témoin cet exemple.
- En 1923, une tempête de Nord-Ouest surprit les baleinières en plein travail. Ayant rompu ses amarres, l’une d’elles fut emportée au large avec les deux hommes qui la montaient. Lorsque le jour se leva, elle voguait, au milieu de l’Océan, sans aucune terre en vue. Dépourvus de compas, comme de carte, les marins mirent résolument le cap à l’Est, dans la direction présumée du continent américain.
- Tantôt à la voile, tantôt à l’aviron, passant de l’espoir au découragement, pour renaître à l’espérance l’instant d’après, ils subirent mille vicissitudes pendant des jours interminables, suivis de nuits plus longues encore. Pour subsister, ils possédaient quelques vivres, et les langoustes de leur pêche, auxquelles ils joignirent des poissons volants capturés en cours de route. Un baril de galère, rempli de vingt litres d’eau douce, constituait tout leur approvisionnement en boisson.
- Enfin, le septième jour, qui suivit leur départ, épuisés, mais sains et saufs, ils eurent la chance inespérée d’atterrir à Valparaiso même. Sur une coquille de noix non pontée, ils avaient parcouru 365 milles, dont un grand nombre à travers la tempête !
- La réglementation de la pêche de la langouste a varié dans des conditions assez empiriques. Alors que la proportion des femelles, par rapport aux mâles, était de six contre un, un décret défendit de les pêcher jusqu’à nouvel ordre. Le résultat de cette mesure ne se fit pas attendre, ainsi que le ministre en cause en avait été prévenu par avance.
- Au bout di quatre ans de ce légime, les femelles n’étant plus fécondées, en majeure partie, la capture des langoustes était tombée de 150 000 à 40 000 par an. Convaincu de son erreur, le ministre rapporta le funeste décret en octobre 1922. Dès leur première sortie de * vingt-quatre heures, qui suivit, quatorze baleinières revenaient avec 700 crustacés.
- Depuis cette époque, la pêche est demeurée libre, sauf pendant les mois de juin, juillet et août, où les femelles sont grainées.
- Aussitôt pêchées les langoustes sont embarquées à bord de la goélette qui les transporte à Valparaiso. Là, dans de3 viviers flottants, elles attendent le moment d’être expédiées dans toute l’Amérique du Sud. Grâce à un emballage'spécial, après avoir traversé le Cordillère des Andes, elles sont vendues vivantes à Buenos-Aires, où voilà seulement un quart de siècle la consommation en était inconnue.
- Leur prix de vente, au départ, étant de 12 à 15 francs,
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- on voit ce que représente, comme effort industriel, une pêche de 12 000 crustacés, environ, par mois.
- Il faut croire que la population y gagne largement sa vie, car il n’est pas rare de voir cheminer, sur les cailloux de l’île, des jeunes personnes en bas de soie, chaussées de petits souliers en peau de daim ! Ce qu’il y a de certain, c’est que, dans ces dernières années, la population qui compte même un Concarnois a passé de 250 à 300 habitants.
- Charpentier vit toujours; de son mariage, il a eu cinq enfants qui l’ont pourvu de nombreux petits-enfants, tous parlant le français, en plus de l’espagnol.
- Le comte de Rodt est mort. Lui aussi s’était marié
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- puis s’en revint à Neufchâtel-en-Bray retrouver son autre fils chez lequel elle habite toujours.
- Aux plaisirs de la pêche, Louis Recart a ajouté l’agrément de la chasse au gros gibier. Dans une vallée qui porte le nom approprié de la Vaqueria, une centaine de vaches et de taureaux sauvages, qui lui appartiennent, paissent en liberté. Quand on veut se procurer des émotions, on prend son fusil et on tire, à la balle, ces animaux pas toujours commodes. Cette chasse émouvante présente de réels dangers pour le maladroit qui rate son coup et que charge la victime rendue furieuse par sa blessure.
- Comme on le voit, les successeurs de Robinson jouissent
- Fig. 7 (en haut à gauche).—Deux aspects de l'agglomération de Juan Baulista : à gauche, vue près du débarcadère; à droite, marquée
- d’une croix, la maison de de Rodt.
- Fig. 8 (à droite). — La fabrique de conserves de langoustes.
- Fig. 9 (en bas, à gauche). — La station de T. S. F.
- avec une ferirme du pays. Il a eu six enfants, et de non moins nombreux petits-enfants. Ceux-ci lie parlent pas notre langue, mais ils la comprennent.
- Un représentant du gouvernement chilien remplit, à la fois, dans l’île, les fonctions de Gouverneur et celles d’officier de l’état civil. Naguère encore, il s’appelait René Durant. C’était un Normand, natif de Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure), qui avait épousé la fille de son prédécesseur et s’était fait naturaliser Chilien.
- En 1921, sa mère, alors âgée de soixante ans, vint... le voir pour faire connaissance de ses petits-enfants. Seule elle accomplit ce long voyage, de trente jours de paquebot et cinq de goélette. Elle séjourna onze mois dans l’île,
- de plus d’avantages et de plus d’agrément que leur prédécesseur britannique. Surtout, ils accomplissent une œuvre utile dans ce pays jusqu’alors sauvage.
- Quel sera l’avenir de l’île ? On peut se le demander.
- Sa beauté fruste serait-elle sur le point de disparaître ? Déjà un paquebot anglais, à deux hélices, y amène des touristes. Il en vient même des Etats-Unis, où l’un d’eux, à son retour, émerveillé par les dimensions gigantesques du Palinurus frontalis, a raconté, dans un journal, qu’on se servait de lui pour remorquer les baleinières ! De plus, le bruit a couru, dans la presse anglo-saxonne, qu’il était question d’y installer un palace-hôtel, doublé d’un casino.
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- Espérons' qu’il n’en sera rien fait.
- Quoi qu’il advienne, il n’en demeurera pas moins que, sans toucher à la poésie du paysage, un Français a établi, dans cette île quasi abandonnée, une industrie qui rayonne sur tout le continent sud-américain, où il a introduit un nouvel élément d’alimentation.
- Avant lui, d’autres entreprises de pêche avaient été tentées, aussi bien dans l’île que sur les côtes du Chili. Japonais, Allemands, Chiliens, Suédois, tous ont sombré lamentablement, faute d’argent, de moyens d’action ou d’esprit de suite. Seul Louis Recart a réussi à fonder et à faire vivre une exploitation industrielle de ces précieux crustacés que personne n’utilisait au dehors.
- Aujourd’hui l’île possède une usine de fabrication, et un commerce d’exportation, qui roule sur des millions. Une flottille y est attachée, qui comprend deux goélettes de transport, et vingt baleinières de pêche, toutes munies d’un moteur auxiliaire.
- Se représente-t-on ce qu’il a fallu déployer d’énergie, d’ingéniosité, de persévérance, pour en arriver à ce résultat, avec les faibles ressources dont il disposait ? Sans compter les entraves apportées par les nombreuses mesures fiscales dont l’instabilité ministérielle fait un danger permanent.
- Détail à noter : presque tous les auxiliaires de Louis -Recart furent, comme lui, des Français, ou des descendants de Français. Ainsi fournit-il un bel exemple de ce dont est capable l’esprit d’initiative de notre race, lorsqu’il est livré à lui-même. C’est, pour nous, une grande satisfaction d’avoir à enregistrer ce succès qui montre, une fois de plus, les qualités colonisatrices du Français. Lui, que l’on s’obstine à proclamer si frivole, il n’en a pas moins su créer, de toutes pièces, une grande industrie là où les Anglo-Saxons, si pratiques, n’avaient découvert qu’un sujet de littérature.
- G. de Raulin.
- L’ECLIPSE DE SOLEIL DU 1er NOVEMBRE =
- Fig. 1. — L'éclipse partielle de Soleil, le 1er novembre 1929
- En comparaison d’une éclipse totale, dont rien n’égale la splendeur, une éclipse partielle du Soleil semble un phénomène de minime importance : néanmoins il est toujours intéressant d’en suivre les phases, soit du point de vue purement contemplatif, soit en raison de diverses observations particulières que ces circonstances permettent d’effectuer.
- La grandeur de l’éclipse du 1er novembre — annulaire pour les Canaries, l’Afrique occidentale et centrale
- — ne dépassait guère pour la France le quart du diamètre solaire; à Paris, la phase maximum atteignait 0,224 (le diamètre du Soleil étant 1). La figure 1 en donne l’image pour ceux de nos lecteurs que le mauvais temps généralement régnant a pu priver de ce spectacle céleste.
- Au cours des phases d’une éclipse, on a souvent recherché la constatation de faits particuliers, susceptibles de révéler la présence d’une atmosphère sensible autour de la Lune. En effet, des phénomènes d’absorption ou de réfraction à travers une couche gazeuse pourraient se traduire par des modifications, plus ou moins appréciables, de la régularité géométrique du recoupement du contour du disque solaire par celui de notre satellite. Or de telles apparences ont été parfois notées par divers observateurs, ainsi qu’un exemple nous en est fourni par la figure 2, représentant l’éclipse du 29 septembre 1875, d’après le capitaine Noble ;
- l’ampleur de la déformation du contour solaire, rejeté en pointes au contact du bord lunaire, doit être exagérée sur le dessin afin de mettre en évidence le caractère du phénomène.
- Ces faits peuvent-ils être attribués vraiment à la présence d’une atmosphère lunaire?
- D’autres causes peuvent - elles être invoquées pour l’interprétation satis-
- Fig. 2. — L'éclipse partielle de Soleil, le 29 septembre 1875, montrant, d'après Noble, le contour du Soleil déformé en pointes au bord de la Lune.
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- J?lî
- faisante de ces apparences? Relatons à ce sujet une particularité notée au cours de l’éclipse du 1er novembre.
- On sait que la netteté des images télescopiques n’est que trop souvent altérée par les troubles de notre propre atmosphère, à travers laquelle les astres sont nécessairement vus.
- Dans certains cas, au passage de véritables vagues aériennes, se succédant avec rapidité, on voit les images onduler, se brouiller par intermittences, et les bords de disques de grand diamètre, comme celui de la Lune ou du Soleil se découper en dentelures irrégulières et mouvantes. Au voisinage de l’horizon, ces conditions s’exagèrent au point de donner des Fig. 3 images fragmentées, comme on peut le voir sur la figure 3, représentant la disparition du bord supérieur du Soleil à son coucher, sous l’aspect
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- Fig. 4. — Apparences observées pendant l’éclipse du 1er novembre (dessin schématisé, le contour de la Lune figuré se détachant sur le fond plus clair du ciel, en dehors du Soleil, afin de mieux faire ressortir les conditions de recoupement des deux disques). — a. Pendant les instants où l’image télescopique est calme, les deux disques se recoupent avec régularité. — b. Pendant les instants où les troubles agissent sur la netteté de l’image, le bord solaire semble former une petite corne au contact du bord lunaire.
- bord supérieur du Soleil disparaissant derrière l’horizon, et vu fragmenté en flammèches animées de mouvements ondulatoires.
- d’une double série de flammèches. Or, le 1er novembre, quoique le ciel fût très pur, l’image télescopique était le plus souvent affectée de ces agitations ondulatoires, alternant avec moments de calme; pendant ces derniers les bords lunaire et solaire se recoupaient géométriquement avec une régularité parfaite (fig. 4 a), tandis que les périodes d’agitation accentuée donnaient naissance à l’impression, volontiers persistante, que le croissant solaire se terminait en pointes plus ou moins déviées et accusées (fig. 4 b).
- Peut-être pouvons-nous trouver-là une explication des apparences qui parfois ont pu faire croire à l’existence d’une atmosphère notable autour de la Lune, alors que par ailleurs toutes les autres recherches entreprises dans le but d’en constater la présence effective n’ont encore pu donner des résultats nettement positifs ?
- L. Rudaux.
- = LES MOTEURS A VENT ^
- LES ÉOLIENNES ÉLECTRIQUES DARRIEUS
- Parmi les sources naturelles d’énergie, l’eau et le vent ont été depuis longtemps utilisés par l’homme. Mais, tandis que l’ancienne roue hydraulique recevait au cours des âges des perfectionnements continuels aboutissant à la création des turbines modernes (turbines Francis, Pelton et plus récemment Kaplan et Lavaczclc), il semble que la construction des moulins à vent n’ait pas bénéficié des mêmes progrès. Les moulins hollandais à 4 pales de grand diamètre (20 à 30 mètres), encore utilisés pour l’irrigation n’ont pour ainsi dire pas évolué depuis plusieurs siècles, ainsi qu’en font foi les tableaux des maîtres hollandais. Le moulin américain, à pales nombreuses et larges recouvrant presque complètement la surface de la roue et de diamètre dépassant rarement 7 à 8 mètres (15 m au maximum dans de très rares installations), créé surtout pour l’irrigation il y a 80 ans
- environ, n’a subi depuis cette époque que des amélio rations de détail.
- Certes, les anciens moulins à vent, nécessitant un vent assez fort sans être trop violent et, par suite, susceptibles d’utilisation deux à trois jours par semaine au prix d’une surveillance incessante et d’un entretien onéreux, ont eu à subir une dure concurrence de la part de la vapeur et de l’électricité et se sont trouvés peu à peu éliminés au profit de celles-ci, sauf pour de rares installations s’accommodant d’une certaine irrégularité de marche (pompage, irrigation, etc.). Cette concurrence, qui aurait dû stimuler les constructeurs de moulins à vent, a fait ressortir, au contraire, leur impuissance à apporter à la construction de leurs appareils autre chose que des modifications de détail, et l’état rudimentaire de leur connaissance relative à l’action du vent sur les
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- Fig. 1. — Coupe du sillage. L'air étant ralenti par son passage à travers le moulin, la section So correspondant aux filets d’air « utiles » est inférieure à la section S du moulin. Le sillage est séparé de l’air ambiant non ralenti par une surface de discontinuité issue du contour de la roue.
- pales. Le professeur danois La Cour s’est bien livré vers 1890 à d’intéressantes recherches aérodynamiques sur les moulins hollandais, mais les indications fournies,
- Fig. 2 ei 3. — Comparaison d’un moulin américain à grande s de même puissance, mais de vitesse' angulaire différente. La
- applicables à ce seul type de moulin, étaient encore insuffisantes pour former les bases d’une théorie générale. Sous cette réserve, on peut donc dire que, jusqu’à ces dernières années, la construction des moulins à vent reposait en grande partie sur l’observation de règles empiriques auxquelles il est bien difficile de donner le nom de théorie et dont bien, peu de chose est à retenir actuellement. Les bases scientifiques qui firent ainsi défaut aux constructeurs sitôt qu’ils eurent épuisé les ressources de l’expérience leur furent fournies d’une manière indirecte à la suite- des recherches aérodynamiques que suscitèrent la naissance, puis le développement prodigieux de l’aviation. Ce furent tout d’abord en France vers 1910 les essais de. A. Rateau et de G. Eiffel relatifs à Faction du vent sur les surfaces portantes. Ces essais furent repris et étendus de divers côtés, tandis que l’on essayait de relier par une théorie cohérente les
- résultats expérimentaux ainsi découverts. Grâce notamment aux travaux effectués pendant la guerre par Prandtl et ses élèves au laboratoire de Gôttingen, les techniciens de l’aviation ont maintenant à leur disposition une théorie scientifique de l’action du vent.
- Il était à présumer que la construction des moulins à vent ne tarderait pas à bénéficier à son tour de l’avènement de nouvelles théories (l’hélice d’avion pose d’ailleurs des problèmes analogues actuellement résolus), d’autant plus que de nouveaux débouchés pouvaient être entrevus sous la forme dq groupes aéroélectriques.
- Il n’est donc pas étonnant que la question des moulins à vent soit de nouveau à l’ordre du jour depuis quelques années. Deux mémoires danois traitaient déjà de la question de l’utilisation du vent à la Conférence mondiale de l’énergie, tenue à Londres en 1924. Des essais de moulins à vent modernes ont été exécutés en 1925 à la station expérimentale de l’Université d’Oxford. Les revues étrangères ont publié à diverses reprises des articles sur les moulins à vent et notamment des descriptions d’installations déjà réalisées. La France n’est pas restée en arrière à ce sujet et des recherches ont été entreprises de divers côtés pour établir de nouveaux modèles d’aéromoteurs. M. L. Constantin est un des premiers qui se soient engagés dans cette voie. Ses appareils, arrivés aujourd’hui à la période d’exploitation,
- urfate portante et d’un moulin moderne à faible surface portante, densité des filets tourbillons sur le contour du sillage est la même.
- ont été déjà décrits dans cette revue (‘). Un autre ingé-
- 1. M. Constantin. « Une source inépuisable d’énergie à bon marché le vent ». (La NaVure, 21 juin ,1924.)
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- Fig. 4. — Décomposition de l’action du vent relatif Vr sur un élément de pale en deux forces, P (poussée), T (traînée).
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- nieur, M. Darrieus, a construit et étudié en ces derniers temps des moulins à vent caractérisés par une grande simplicité et légèreté de construction, ainsi que par l’absence de tout dispositif d’effacement par grand vent. Ce sont ces intéressantes machines que nous nous propo sons d’étudier ici. Ces aéromoteurs différant notablement, tant par leur aspect que par leur fonctionnement des moulins courants, il nous semble utile, avant d’en entreprendre la description, de rappeler quelques propriétés fondamentales des moulins à vent.
- THÉORIE SOMMAIRE DU MOULIN A VENT
- Le moulin à vent classique est constitué par un certain nombre d’ailes ou pales disposées régulièrement en étoile autour d’un axe oo’ parallèle à la direction du vent et balayant pendant leur rotation un cercle de surface S (fig. 1). Soit V la vitesse du vent en l’absence de tout moulin, c’est-à-dire pratiquement la vitesse du vent à une distance suffisante en avant de la roue. La pression de part et d’autre de la roue, à une distance assez grande, restant égale à la pression atmosphérique, l’énergie fournie par la roue est empruntée à l’énergie cinétique du vent, de sorte que la vitesse du vent v en aval de la roue (vitesse restante) est inférieure à la vitesse V. Dans le plan même de la roue, le vent a une vitesse intermédiaire Vm. La continuité du débit exige que la surface S0 traversée par l’air à la vitesse V avant son passage dans la roue soit inférieure à la surface S du moulin et que la surface s du sillage soit supérieure à cette surface S. On peut admettre que l’utilisation maxima de l’énergie de l’air a lieu lorsque tous les filets d’air cèdent à la roue la même quantité d’énergie et l’application du théorème des quantités de mouvement conduit facilement à l’égalité
- Force
- centrifuge
- Axe
- d orientation
- Direction du- vent
- Fig. 5. — L’Eolienne électrique Darrieus. L’inclinaison vers l'arrière des pales est telle que la résultante de la force centrifuge et de la poussée sur chaque pale soit dirigée constamment suivant la direction générale de la pale, ce qui supprime les efforts de flexion. La résultante F des poussées sur les quatre pales inclinées maintient le moulin face au vent.
- tique d’un vent de vitesse V est fonction de la vitesse restante p. Désignons par k le ralentissement ou rap-
- i
- y,
- V-h p
- port— par p la masse spécifique de l’air ,
- La vitesse moyenne à la traversée de la roue est donc la moyenne entre les vitesses du vent en amont et en aval de la roue.
- La puissance empruntée par la roue à l’énergie ciné-
- Le calcul montre que la puissance empruntée au vent
- 1 8
- passe pour k — - par un maximum Wm = — p SV3. Par o 27 1
- conséquent la puissance fournie par un moulin de diamètre donné est maxima lorsque la vitesse restante est le tiers de la vitesse du vent, ou encore lorsque la vitesse à la traversée de la roue est les deux tiers de cette vitesse. Ce résultat permet de formuler les importantes remarques suivantes :
- La puissance maxima n’est pas, comme on pourrait le croire a priori, celle qui correspond à l’énergie cinétique totale de l’air entrant dans la section S avec la vitesse V. Cette énergie ne correspond à rien de réel puisque le vent « utile » traversant la section S du moulin provient en réalité de la veine de section moindre S„. 'Dans l’expression du rendement (quotient de la puissance utile par la puissance maxima), il faudra donc adopter comme valeur de la puissance maxima non pas celle qui a pour base l’énergie cinétique de la masse d’air entrant dans la section S avec la vitesse V, mais bien la puis-
- jFig. 6. — Ensemble de l’éolienne de 8 m. de diamètre, sans les pales. De gauche à droite ; dynamo, frein automatique, multiplicateur à engrenages et moyeu. Au-dessous : bagues
- colleciriees.
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- sance Wffl qui a été indiquée plus haut. Toute autre définition du rendement ne saurait être qu’arbitraire.
- D’autre part, les sections So, S et s, étant dans le rapport inverse des vitesses, sont entre elles comme 1, 1,5 et 3. Par conséquent, la veine d’air de section So, qui fournit en définitive l’énergie au moulin, commence déjà à s’épanouir en avant du moulin pour arriver à la section S=l,5 So à la traversée de la roue. La vitesse de l’air variant en sens inverse de V à 2/3 Y à la traversée, on voit à quelle erreur on s’expose en mesurant la vitesse du vent trop près de la roue. Il est évidemment bien tentant de profiter de la présence presque générale d’une plate-forme de visite au niveau des pales pour y installer l’appareil de mesure, d’autant qu’on ne dispose guère, au voisinage des moulins, de supports élevés (arbres, maisons, etc.) qui gêneraient l’action du vent. En fait,
- Fig. 7.
- Aèromottur Darrieus de 8 m de diamètre sur poteau en bois.
- beaucoup de mesures de vent ont été faites dans ces conditions défectueuses, ce qui rend très difficile la comparaison des résultats trouvés par les différents auteurs et suffit à expliquer les rendements anormalement élevés, voire supérieurs à l’unité, qui sont parfois annoncés.
- Enfin, dans les conditions atmosphériques normales p=l,25 kg. : m3, de sorte que la puissance maxima peut être mise sous la forme :
- Wm=0,37 S V3 (watts par m’ et par (m : s)3.
- Cette puissance étant proportionnelle au cube de la vitesse du vent entraîne pour le moulin des caractéristiques mécaniques défavorables qui doivent être corrigées autant que possible par l’appareil récepteur. Il peut paraître à première vue intéressant de chercher à utiliser les vents de vitesse élevée (10 m : s par exemple) que l’on observe dans certaines régions, comme en France certains sommets du Puy-de-Dôme, le mont Ventoux et la vallée du Rhône, et certains inventeurs se sont d’ores et déjà engagés dans cette voie. Sans méconnaître l’intérêt que pourront présenter les installations établies dans ces conditions exceptionnelles en ce qui concerne le régime des vents, nous croyons que les moulins à vent modernes ne seront susceptibles de la large diffusion que l’on est en droit d’attendre et qui se traduira en définitive par la possibilité d’une fabrication en série et l’abaissement des prix de vente, que si les constructeurs s’orientent délibérément vers l’utilisation des vents faibles qui sont les plus fréquents dans la plupart des régions. Il ne faut pas perdre de vue que la moyenne annuelle de la vitesse du vent en France n’est que de 5 m : s. environ, bien que cette vitesse soit souvent dépassée dans l’année. Il y aura donc intérêt, au moins pour les installations ne bénéficiant pas d’un emplacement privilégié, à calculer les éléments du moulin sur la base d’une vitesse de 6 ou même 5 m : s. Ce n’est qu’à cette condition que les puissances indiquées par le constructeur pourront être réellement fournies pendant la plus grande partie de l’année.
- La théorie sommaire qui vient d’être exposée est muette sur la manière dont est produite à la traversée du moulin la chute de vitesse V-p, c’est-à-dire en définitive sur l’influence du nombre de pales. Pour déterminer le nombre de pales le plus favorable correspondant à une puissance donnée, il est nécessaire d’étudier de plus près la structure du sillage, et notamment celle de la surface de discontinuité indiquée sur la fig. 1 qui sépare en aval du moulin les filets d’air ralentis ayant traversé le moulin de ceux ayant conservé leur vitesse qui l’ont contourné, et est constituée par des filets tourbillonnaires se détachant de chaque pale pendant la rotation. Le calcul conduit alors à ce résultat remarquable que, pour une puissance donnée, seule intervient la densité de ces filets tourbillons, de sorte que l’on peut obtenir la même puissance avec un moulin à petit nombre de pales étroites tournant rapidement (moulins hollandais et moderne) qu’avec un moulin à grande surface alaire tournant lentement (moulin américain) ; ceci revient à dire que la densité des filets tourbillons sur le contour du sillage est constante (fig. 2 et 3).Nous n’avons pas tenu compte jusqu’ici de la perte de puissance résultant du frottement des pales dans l’air.
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- Si nous considérons un élément de pale situé à la distance r du centre (fig. 4), nous pouvons décomposer l’action R du vent relatif Vr, résultante du vent moyen Vm à la traversée de la roue et de la vitesse de rotation cor en 2 forces, l’une ou poussée P perpendiculaire à la direction du vent relatif Vr, l’autre ou traînée T suivant la direction de Vr Les forces P et T par unité de longueur de pale caractérisent le profil utilisé et peuvent être calculées en fonction de l’angle a d’après les diagrammes ou polaires établis expérimentalement dans les laboratoires aérodynamiques. Dans le langage
- T
- courant un profil est défini par sa finesse, ou rapport p ,
- il est d’autant meilleur que ce rapport est plus faible. La traînée T se déplaçant en sens contraire du mouvement avec une vitesse relative Vr produit une perte de puissance Vr T. Le couple moteur est dû à la composante P sin a — T cos a de la force R dans le plan de la roue agissant à la distance r du centre. Or la perte VrT est d’autant plus élevée que la vitesse de rotation et par conséquent la vitesse relative Vr sont plus grandes, tandis que le couple (P sin a — T cos a) r, est d’autant plus faible que a est plus petit, c’est-à-dire, pour une même vitesse Vm,que la vitesse relative Vr est plus grande.
- A valeur égale de
- T
- P
- le rendement est donc d’autant
- plus faible que la vitesse spécifique est plus grande. Au point de vue du rendement, il y aurait donc intérêt à adopter des vitesses modérées et par suite des pales nombreuses et larges (moulin américain). Cette conclusion paraît en contradiction avec les résultats des mesures comparatives effectuées respectivement au laboratoire Eiffel et au laboratoire de Gottingen sur des moulins modernes à 2 et 3 pales et sur des moulins américains. Il faut remarquer, toutefois, que l’on a comparé dans les deux cas des moulins modernes comportant notamment des profils fuselés fins avec des moulins imités directement de modèles industriels établis le plus souvent d’une manière empirique et affectés de nombreux défauts, aujourd’hui mieux connus (pales à extrémité trop large et non arrondie, profil et angles d’attaque défectueux, présence de haubans ou de contreventements freinant la rotation, etc.). Il est hors de doute que si les expérimentateurs avaient établi leurs modèles de moulins américains avec autant de soin et d’une manière aussi scientifique que leurs moulins à petit nombre de pales, ils auraient trouvé des résultats plutôt supérieurs pour les premiers. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle arrive l’auteur allemand Betz (Wind-Energie und ihre Ausnützung durch Windmühlen) qui, après avoir calculé deux moulins à vent de même puissance, l’un à faible vitesse, l’autre à grande vitesse, indique sensiblement le même rendement pour les deux moulins, bien qu’il ait utilisé volontairement, pour le moulin à marche lente, un profil doué d’une finesse deux fois moindre.
- En pratique, cependant, on ne saurait admettre pour des puissances un peu élevées des roues du type américain qui, bien que présentant l’avantage d’un fort couple de démarrage, sont lourdes, coûteuses et difficiles à mettre à l’abri des coups de vent. Fort heureusement, on sait
- Fig. 8.
- Aéromoieur Darrieus de 8 m de diamèlre sur pylône métallique.
- établir maintenant des profils ayant une finesse très ,02\ de sorte que l’on peut maintenir
- grande ( ~ < 0
- un rendement satisfaisant même à de grandes vitesses spécifiques. Si un moulin à vitesse spécifique faible
- a un rendement de 95 pour 100 pour une
- finesse de 0,02, le moulin de même puissance, mais à
- grande vitesse spécifique f—
- iUio
- aura encore un ren-
- dement de 88 pour 100 pour la même finesse. Il sera toujours facile de compenser cette faible perte de rendement en augmentant de 3 pour 100 le diamètre du moulin. En définitive, il est donc possible de construire des roues à petit nombre de pales, tournant à grande vitesse, légères et de surface alaire faible, donc peu sensibles à l’action des coups de vent, sans cesser d’obtenir un rendement élevé, de l’ordre de 80 pour cent. Les grandes vitesses de rotation ainsi obtenues permettent d’àhaisser le couple moteur correspondant à une puissance ^donnée, donc de diminuer les diamètres des arbrës intermédiaires et les dimensions des trains d’engrenages. Malheureusement, on se trouve limité dans la diminution de la surface totale des pales par la nécessité de conserver un
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- couple de démarrage suffisant, de sorte qu’en pratique on n’aura guère la possibilité de descendre au-dessous de 3 ou 4 pales. Les moulins à 2 pales pourront être utilisés pour certaines applications, mais leur emploi soulève des difficultés d’ordre mécanique résultant des variations du couple gyroscopique pendant la rotation et qui se traduisent par des réactions violentes sur l’arbre et le pylône à chaque changement d’orientation du moulin.
- LES AÉROMOTEURS DARRIEUS
- Description de P installation. — Les types d’aéromoteurs conçus par M. Darrieus ont été construits par la Compagnie Electro-Mécanique et édifiés sur les terrains attenant à ses usines du Bourget. Ils ont été étudiés en tenant compte des indications théoriques qui viennent d’être rappelées brièvement. Ce sont des moulins à grande vitesse spécifique, donc tournant rapidement et ayant des ailes étroites, surtout à ' l’extrémité, condition nécessaire pour obtenir de grandes vitesses. En fait, leur aspect léger et délié ne manque pas de surprendre au premier abord les personnes habituées à la vue des moulins hollandais ou américains qui ont des surfaces alaires beaucoup
- Fig. 9.
- Aèromoleur Darrieus de 20 m. de diamètre sur pylône métallique.
- plus grandes. Cette faible surface de pales permet à ces moulins de rester arrêtés (ou en marche), face aux vents de tempêtes les plus violents sans qu’il soit nécessaire d’effacer la roue. Du reste, étant donné leur grande vitesse de rotation, les pales sont déjà soumises, en marche normale, à un vent relatif du même ordre de grandeur que le vent le plus violent qu’elles auront à redouter à l’arrêt dans nos régions. Pour diminuer la fatigue des pales, on a eu de plus l’idée ingénieuse d’incliner les pales vers l’arrière, de manière à faire intervenir la force centrifuge qui, comme la poussée du vent, est proportionnelle au carré de la vitesse de rotation ou de la vitesse du vent. Dans ces conditions, la résultante de la poussée du vent et de la force centrifuge reste constamment dirigée suivant la direction générale de la pale cjui n’a ainsi à supporter en marche normale aucun effort de flexion
- (fig.5).
- Une autre particularité intéressante consiste dans l’exécution biplane des pales. Chaque pale est constituée par la juxtaposition de deux ailes de longueur inégale, assemblées sous un angle assez aigu, et qui sont reliées par des entretoises et éventuellement par des diagonales. Il est très difficile, en effet, d’établir des pales mono-planes de grande longueur ayant une rigidité suffisante, surtout si on ne les incline pas en arrière. Les deux seules solutions possibles sont l’emploi d’une armature intérieure ou de contreventements extérieurs. L’armature intérieure conduit à donner à la pale une très grande épaisseur à la base, aux dépens des qualités aérodynamiques. Les contreventements extérieurs ou les haubans trop fréquemment employés introduisent des résistances parasites énormes qui abaissent le rendement de la roue. L’exécution biplane ou multiplane des pales permet d’obtenir un encastrement à la base suffisant, tout en conservant aux pales le profil peu épais qui assure un bon rendement. Les entretoises ou diagonales sont également profilées de manière à introduire une résistance aussi faible que possible, en tout cas bien moindre que celle des fils d’acier servant généralement de haubans.
- Le profil utilisé pour la construction des. pales est un profil Joukowski donnant une très grande finesse et dont les propriétés aérodynamiques sont bien connues par les mesures faites au laboratoire de Güttingen.
- Dans tous les cas on a eu en vue la production d’énergie électrique qui s’accommode de faibles couples de démarrage. Le moulin entraîne par l’intermédiaire d’un multiplicateur à engrenages une dynamo de type normal et l’ensemble est placé dans une enveloppe étanche à. la partie supérieure du pylône,- ce qui supprime toute transmission mécanique jusqu’au sol (fig. 6). La dynamo est munie d’un régulateur automatique d’excitation qui assure en même temps la mise en parallèle avec la batterie d’accumulateurs.
- Les moulins ne possèdent aucun dispositif d’orientation. 'La roue est simplement montée derrière le pylône et l’enveloppe par rapport àu vent (cette disposition est facilitée par l’inclinaison en arrière des pales), de sorte que le moulin s’oriente de lui-même automatiquement sous la poussée du vent à la manière d’une girouette. L’arrêt du moulin ne pouvant être obtenu par effacement
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- y Idées.e du ver. I en m:S
- du vem en rh.-s
- Fig. 10 (à gauche). — Caractéristiques mécaniques du moulin Darrieus de S m. de diamètre : Puissance mécanique sur l’arbre en fonction
- de la vitesse du v.ent et de la vitesse de rotation du moulin.
- Fig. 11 (à droite). —• Caractéristiques du moulin de 20 m de diamètre.
- cle la roue s’effectue au moyen d’un frein mécanique à ruban ou à sabots commandé depuis le sol et qui fonctionne aussi automatiquement lorsque la vitesse du moulin atteint une valeur déterminée (emballement).
- L’emploi d’une grande vitesse spécifique confère- au moulin une propriété extrêmement intéressante, qui consiste en la limitation automatique de la puissance lorsque la vitesse du vent augmente. Si, par un moyen quelconque, on empêche la vitesse du moulin de croître aussi vite que celle du vent, il se produit une augmentation de l’angle d’attaque et, lorsque celui-ci atteint la valeur qui correspond à l’incidence critique, les filets d’air décollent au dos des pales tandis que la portance, c’est-à-dire le couple diminue sensiblement. Il suffit donc, pour limiter la puissance, d’empêcher le moulin de tourner proportionnellement à la vitesse du vent dès que.la puissance maxima est atteinte. Ceci est obtenu simplement en donnant .à la dynamo, à partir de ce moment^ une caractéristique compound telle que sa puissance croisse plus vite que le eube de la vitesse de rotation. Dans ces conditions, la vitesse du moulin n’augmente que très lentement lorsque le vent fraîchit et la puissance n’augmente pour ainsi dire plus, le
- couple devenant pratiquement indépendant de la vitesse du vent dans de larges limites.
- Les moulins à vent réalisés jusqu’à présent sont de deux types.
- a) Moulin à 4 pales de 8 m de diamètre. — Ce
- moulin est prévu pour fournir une puissance sur l’arhre de 1800 watts à la vitesse du vent de 5 m : s en tournant à 80 t : ; m (vitesse périphérique égale à 7, 5 fois la vitesse du vent). Il pourrait fournir 10 kw à la vitesse de 9 m : s en tournant à 150 t : m. Comme on n’a pas eu en vue l’utilisation des vents de vitesse aussi élevée, on a admis une puissance maxima de 4 kw et une puissance normale de 1500 à 1800 watts. Les pales ont été construites en bois. Chaque pale, de construction biplane, comporte une grande aile, recevant, la première, l’action du vent, contre-ventée à l’arrière par une aile de moindre longueur;' Les deux ailes sont réuîiiès, à différents niveaux par des entretoises profilées en'bois. Ces pales ont montré une résistance remarquable au cours des. nombreux incidents c[üi se sont produits au cours des essais.
- Le multiplicateur de vitesse à engrenages, la dynamo et le frein automatique sont montés sur une plaque de base en fonte (fig. 5) qui peut tourner autour d’un pivot
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- == 554 .:.:................... =
- porté par le pylône, de manière à permettre l’orientation.
- L’ensemble est recouvert par une enveloppe étanche en tôle arrondie à l’avant et se terminant en pointe à l’arrière. Tous les graissages se font par barbotage et ne nécessitent aucune surveillance autre que le remplacement de l’huile tous les ans.
- Ce moulin a été exécuté en deux variantes, soit sur un poteau en bois haubané par 3 câbles d’acier avec une dynamo de 1500 w à 24 v pour les installations de lumière (fig. 7), soit sur un pylône métallique avec une dynamo de 1500 w à 110 v pour les installations de lumière et de force motrice (fig. 8). Dans les deux cas, la hauteur du support est de 15 m environ. Le poids de la partie mécanique sans enveloppe est de 400 kg environ, suivant le type de la dynamo. Les pales pèsent 45 kg, non compris le moyeu en fonte. La dynamo fonctionne toujours en parallèle avec une batterie d’accumulateurs placée au sol et dont la capacité doit être suffisante pour assurer une marche de trois jours sans vent.
- b) Moulin à 2 pales de 20 m de diamètre
- (fig. 9). — Ce moulin est calculé pour fournir une puissance électrique de 12 kw pour une vitesse du vent de 6 m : s et üne vitesse de rotation d’environ 60 t : m
- — 10^. On n’a pas prévu l’utilisation de vents plus
- forts et le maximum de puissance est fixé à 15 kw. Les pales sont construites en tôle sans armature intérieure. Chacune comprend une grande'aile de 10 m de long haubanée par une petite aile de 8 m de long, les deux ailes étant reliées par des entretoises et des diagonales profilées qui ne travaillent que lorsque le moulin est arrêté par vent de tempête. Le multiplicateur et la dynamo à 110 , v sont également réunis à la partie supérieure du pylône. Le poids total, non compris le pylône de 20 m de hauteur, est de 2400 kg, les pales seules pesant 380 kg (sans moyeu).
- RÉSULTATS DES ESSAIS
- Les essais ont porté sur une durée de plus de deux ans pour le moulin de 8 m et de huit mois seulement pour le moulin de 20 m, dont le montage n’a été terminé qu’en janvier 1929. Les appareils de mesures relatifs aux deux moulins, à la batterie et au groupe convertisseur (ampèremètres et voltmètres enregistreurs et ordinaires,
- compteurs électriques, tachymètres, anémomètre enregistreurs, régulateur automatiques, etc.), sont groupés dans une même cabine. La principale difficulté consiste dans la détermination de la vitesse du vent. L’anémomètre ne doit être placé, ni trop près du moulin pour ne pas être dans la zone perturbée, ni trop loin, car le vent n’est pas homogène et, au delà d’une certaine distance, il n’y a plus aucune relation entre la vitesse instantanée du vent et la puissance du moulin. Il est, pour ainsi dire, impossible de faire des mesures instantanées, et l’on est ainsi conduit à faire des mesures s’étendant sur une certaine durée (quelques minutes par exemple), pendant laquelle on note les valeurs moyennes de la vitesse du vent, de la vitesse de rotation, de la puissance fournie, etc.
- Les mesures effectuées dans ces conditions ont présenté une coïncidence très satisfaisante avec les caractéristiques théoriques, représentées par les diagrammes (fig. 10 et 11). On a observé en particulier la limitation automatique de la puissance, quelle que soit la vitesse du vent dans une zone de 6 à 12 m, les moulins continuant à tourner en fournissant leur puissance normale, même par vent de tempête. D’utiles remarques ont été faites en ce qui concerne le couple de démarrage ainsi que les réactions violentes auxquelles donnent lieu les changements d’orientation du moulin à deux pales.
- Conclusions. —Les essais qui viennent d’être relatés montrent qu’il est possible de construire actuellement des roues légères à grande vitesse spécifique (8, à 10 fois la vitesse du vent), ne nécessitant ni dispositif d’effacement, ni gouvernail d’orientation et douées de propriétés auto-régulatrices remarquables. Il est permis d’espérer que ces recherches se traduiront bientôt par la création d’aéromoteurs industriels adaptés principalement à la production d’énergie électrique et qui constitueront la meilleure solution au problème de l’électrification des campagnes, grâce à de petites installations individuelles, en attendant que la technique de ces nouveaux moteurs soit suffisamment avancée pour permettre d’envisager la création d’unités plus puissantes, de l’ordre de plusieurs centaines de kilowatts, dont le groupement permettra de disposer d’une puissance assez importante pour en justifier le branchement à un réseau général de distribution d’énergie.
- G. Lacroix.
- CHEZ LES SINGES
- UNE CONSTATATION SENSATIONNELLE
- Une étude à faire sur les sauriens et les ophidiens dans la région du Gabon me conduisit sur les nombreux bras de cet indolent mais immense fleuve qu’est l’Ogooué.
- Obligé de me procurer de la viande pour amorcer des trappes dans lesquelles les crocodiles devaient venir se faire prendre ; je chassais la plupart des animaux de la forêt.
- Toutefois, comme les bêtes de petite taille, antilopes et potamochères (sanglier), sont difficiles à atteindre, je devais courir sus aux buffles rouges et aux buffles noirs, animaux très redoutables.
- Aussi, dans l’impossibilité parfois de vaincre ces géants de la forêt, je dus me rabattre sur les singes très faciles
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- à tirer pour la double raison qu’ils ne sont pas farouches et qu’ils vivent en grand nombre dans les forêts de l’équateur et que plus de vingt variétés peuplent les gigantesques forêts gabonaises.
- Par un temps sombre je revenais de pousser une pointe à l’intérieur des terres afin de me procurer de la viande fraîche pour mes hommes et pour mes trappes, et bredouille je regardais la sente, me réfugiant dans mes pensées et harassé de fatigue, lorsque le cri bien connu des moustacs, variété de singes cercopithèques, me fit lever la tête.
- Sur un arbre dont les branches supérieures s’élevaient à plus de trente mètres, une cinquantaine de ces petits
- 1 555 =
- Enfin, décidé à les satisfaire sans mécontenter ma conscience, je pris un fusil chargé avec du petit plomb et j’ajustai un beau mâle qui me parut être adulte. Persuadé que les plombs ne pourraient le blesser à cette hauteur, je lâchai la détente.
- Hélas, mais fort heureusement comme vous allez le voir par la suite, le singe que j’avais visé dégringola de branche en liane; toutefois, seulement blessé assez grièvement, il faisait de grands efforts pour se raccrocher aux branches.
- D’une dernière glissade il tomba dans un fourré, près de l’endroit où j’attendais sa chute'.
- Connaissant la morsure dangereuse de ces bêtes, j’écar-
- Fig. 1 et 2. — La jambe du singe vue par ses faces interne et externe.
- singes au pelage argenté et à la lèvre supérieure d’un blanc bleuté se poursuivaient de branche en branche.
- Je m’arrêtai, saisi devant ce spectacle delà vie intense au sein de la nature vierge, et serais resté là longtemps sans doute, si la main d’un de mes noirs ne s’était appesantie sur mon épaule : « Monsieur, il faut tirer pour faire un peu de viande ».
- « Il sont trop loin », dis-je !
- « Mais non, me fut-il répondu, toi tirer avec balle. »
- « Ils sont si jolis, dis-je, et puis ils ne cherchent pas à fuir», si bien que j’aurais voulu trouver un prétexte pour ne pas tirer sans mécontenter mes hommes, qui, dans leur cervelle, évaluaient déjà le nombre de livres de viande qui allait revenir à chacun.
- tai les branches avec précaution et l’aperçus accroupi sur ses jambes, cependant que de ses mains il s’accrochait à une petite branche.
- Je lui mis la main sur le dos et le prenant par le col je l’attirai à moi aussi doucement que possible avec l’espoir de le soigner et de le ramener à la vie.
- Ainsi je l’emportai aussi délicatement que possible, tout en maintenant la tête dont les dents aiguës cherchaient à me mordre !
- Mais le pauvre petit animal, de deux fois environ la taille d’un chat, était atteint d’un tout petit plomb près du coude de l’aorte, il ne devait survivre que quelques instants. En effet, deux kilomètres plus loin, je sentis le petit corps devenir plus lourd, puis s’allonger. Je n’avais
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- plus dans mes bras qu’un cadavre que je posai sur le sol afin de me reposer de l’ankylosé que je ressentais.
- Quelle ne fut pas ma stupéfaction en apercevant une blessure ancienne mais encore sanguinolente à la jambe droite; blessure encerclée d’un morceau de liane fraîchement coupée et grossièrement dépouillée, de son écorce.
- Devant quel phénomène me trouvais-je ?
- Une exostose très importante signifiait nettement que l’accident traumatique était ancien, comme la liane toute fraîche était un témoin indiscutable d’une forme opératoire récente. '
- Quelle suite devais-je donner à cette constatation ?
- A priori et ce, en raison de l’importance de la découverte que j ’avais..faite,.. je-décidai_de.. m’abstenir .quant à formuler une opinion qui aurait un caractère public, avant d’avoir soumis la pièce anatomique aux professeurs de zoologie au Muséum (PHistoire naturelle de Paris.
- Après l’avoir reçue, M. Bourdelle, l’éminent professeur de mammalogie, en confia l’examen au docteur. Moiiquet qui en ma présence examina la jambe de l’animal conservée intacte à l’aide de bains arsénieux.
- Je vous communique ci-dessous les conclusions de. cet examen, dont, dans le cas qui nous intéresse, il y a lieu de juger toute l’importance.
- Constatations faites par le docteur Mouquet :
- «A une époque qu’il est impossible de fixer, mais certainement ancienne, un trauma grave a existé au quart inférieur de la jambe droite, intéressant à la fois le tibia et le péroné.
- A la suite de cette blessure, ces os se sont enflammés, ont suppuré et ont donné lieu, en remplacement du tissu osseux normal, à un tissu osseux inflammatoire spongieux
- à. grandes lacunes, indiquant une suppuration locale. Le pus formé s’est ensuite donné issue par deux ouvertures que l’on pouvait parfaitement constater au moment de la capture de l’animal comme au moment de l’examen.
- A ces moments, on voyait également que les deux bouts d’une liane d’une douzaine de centimètres de longueur et d’un diamètre de six à sept millimètres avaient été introduits, l’un dans une ouverture, l’autre dans la seconde. '
- Les parties de liane pénétraient environ de chaque côté, dans la cavité purulente, d’une longueur de quinze à dix-huit millimètres et n’avaient pu être ainsi placées que vjpâr l’animai “lui-même qui se serait rapidement débarrassé de ce corps étranger s’il l’avait voulu.
- Dans quel but le singe avait-il fait une manœuvre qui ressemble singulièrement à un drainage ?
- Penser qu’il avait pu avoir recours A ce moyen thérapeutique pour faciliter l’écoulement du pus est peut-être très osé ; il serait mieux de croire que l’introduction des bouts de la liane avait pour but de procurer un soulagement à l’animal et que par conséquent elle avait pour cause première la douleur ressentie dans la région. »
- Il est certain que ce cas, s’il n’est pas unique chez un animal, n’en est pas moins curieux et, peut-on dire, extraordinaire, car il ouvre un champ illimité aux possibilités de reconnaître un principe de raisonnement chez ces animaux, dont, après tout;-çT anatomie se rapproche assez de celle de l’espèce humaine.
- Dans un prochain récit, j’aurai le plaisir de vous dire avec quelle intelligence les éléphants savent fermer et guérir leurs blessures.
- Pierre Magard.
- ~— LA TELEVISION EN ANGLETERRE -
- IMPRESSIONS D’UNE RÉCENTE VISITE A LONDRES
- LE “ NOCTOVISEUR ” SIGNALISEUR - LES FILMS SONORES DE TÉLÉCINÉMA LE SYNCHRONISME AUTOMATIQUE - LES PROCHAINES TRANSMISSIONS DE TÉLÉVISION
- Lors des démonstrations nouvelles qu’on vient de me donner à Londres, j’ai pu constater que la qualité des images de télévision — clarté, richesse en détails et stabilité — a, pendant ces huit mois derniers, fait de nouveaux progrès. Les transmissions faites à la récente Exposition de T.S.F. de Berlin, à cause des conditions expérimentales peu favorables, étaient, par contre, inférieures à ce que j’ai vu à Londres.
- . ; , , . . LE NOCTOVISEUR .
- Une démonstration particulièrement intéressante était, celle d’une application pratique de la télévision, à savoir le « Noctovisor » ou téléviseur de” nuit sous une forme nouvelle, grâce à laquelle on voit désormais dans l’obscurité et à travers le brouillard. Cet appareil, qui naguère n’était qu’une curiosité dé labora-
- toire, est devenu un instrument pratique et facilement maniable; dans les brouillards même les plus denses, il permet de reconnaître directement les signaux optiques.
- On sait que le noctoviseur repose sur l’emploi des rayons de grande longueur d’onde, rayons invisibles à l’œil humain et qu’on ne perçoit que grâce à leurs effets thermiques. Ces rayons, dits infra-rouges, existent dans toute source de lumière, toute lampe;ils n’exigent, pour se prêter a un emploi pratique, qu’un organe sensible. Or, ce dont l’œil humain est incapable, une variété particulière d’ « œil électrique » le fait parfaitement. Il s’agit-, comme on sait, de ces cellules photo-électriques si généralement employées en télévision, mais qui, dans la forme que M. Baird leur donne, sont particulièrement sensibles aux rayons infra-rouges. Une cellule photo-
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- électrique de ce genre réagit,.par conséquent, aux rayons invisibles, présents même dans l’obscurité parfaite et qui pénètrent à .travers le brouillard'. 16 fois plus facilement que la lumière ordinaire visible-à: notre œil; elle les transforme, de la même' manière que les' rayons ordinaires, en fluctuations dé courants éléctriques, transmises directement par une ligné de! conducteurs ou superposées à l’émission d’une station de T. S. F., pour être finalement reçues avec ' des récepteurs de télévision ordinaires. - ' ! ' .,
- Le dispositif : destiné à ,l’orientation pratique (fig. 1) ressemble extérieurement' à' un grand appareil photographique ; on- y a combiné un transmetteur et un récepteur de télévision ; le mêniè disque/.perforé sert, par moitié, aux transmissions, .par/moitié aux réceptions. Cette simplification était parfaitement possible dans ce cas où il s’agissait, non pas de transmissions de télévision proprement dites, mais de signaux à rendre immédiatement visibles.
- Lors des démonstrations récemment faites à.Box-Hill, près Londres, On remplaçait le brouillard, dont on ne disposait pas, par une plaque d’ébonite absolument opaque à l’œil : une automobile s’éloignait sur la grand’-route jusqu’à une distance d’environ 5. kilomètres fie la maison de campagne de l’inventeur. Sur l’ordre donné par ce dernier, on appliqua ensuite au phare de la voiture la plaque d’ébonite. Personne, même avec les lunettes
- Fig. 1 (en haut). — Le nocloviseur Baird.
- Appareil de signalisation dans le brouillard.
- Fig. 2 (en bas). — Le transmetteur Baird de têlêcinêma sonore.
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- Fig. 3. — Le synchroniseur automatique Baircl avec relais.
- les plus fortes, n’était plus capable d’apercevoir directement le phare, tandis que son image, sur le verre dépoli de l’appareil, était invariablement visible.
- Le noctoviseur Baird tourne sur un disque gradué; aussi permet-il de lire directement l’angle sous lequel un signal donné est visible. Les navires munis de cet appareil pourront, non seulement apercevoir les phares et les signaux d’autres navires venant à leur rencontre dans le brouillard, même le plus dense, mais établir directement leur situation; il en sera de même des avions et des dirigeables. Dans le service des chemins de fer, le noctoviseur trouvera, à son tour, des applications extrêmement utiles, en résolvant un problème qui depuis bien longtemps est à l’ordre du jour. Dans les transports de tout genre —par terre, par mer et par air — on pourra, on le voit, combattre le brouillard, l’ennemi le plus atroce de la sécurité; on évitera ainsi la cause de bien des accidents.
- TÉLÉCINÉMA SONORE
- La seconde nouveauté dont on m’a fait la démonstration était le film sonore de télécinéma : on sait que la transmission d’images transparentes (diapositives et films de cinéma), à cause de la plus grande simplicité d’éclairage, constituait une phase préliminaire de la télévision proprement dite, ce dernier mot désignant la transmission directe des scènes animées. M. Baird qui, depuis bien longtemps, avait dépassé ce stade du problème, n’avait d’abord qu’une médiocre envie de reprendre la transmission des pellicules. Des considérations d’un ordre pratique, surtout au sujet des règlements établis pour les démonstrations de l’Exposition berlinoise de T. S. F., l’engagèrent toutefois à sortir de cette réserve. Or,
- comme les films ordinaires sous la forme limitée par les restrictions des bandes d’onde ne permettent, pour le moment, que la reproduction d’une ou deux personnes agissantes (trois à quatre dans les cas extrêmes), il était particulièrement désirable de leur donner plus de variété par l’adjonction de la parole, de créer, en d’autres mots, des films sonores de télécinéma.
- Lors des démonstrations qu’on vient de me faire à Londres, la partie visible, transmise d’après le procédé ordinaire de télévision, était, à la station de réception, reproduite sur une plaque de verre dépoli. La partie acoustique, enregistrée latéralement sur la même pellicule, était, à la station de transmission, éclairée par transparence et, à l’aide d’une cellule photo-électrique, transformée en fluctuations de courants, lesquelles, d’une façon analogue à celles des images de télévision, se superposaient à l’émission de la station de T. S. F. et, à la station de réception, se transformaient en vibrations acoustiques. Lors des démonstrations qu’on m’en a faites à Londres, les reproductions sonores étaient parfaitement synchronisées avec celles de la télévision; aussi, en recevait-on une impression de tous points analogue à celle de la télévision avec réception simultanée par haut-parleur.
- Ces films sonores de télécinéma permettront, surtout dans les premiers temps, d’enrichir et de varier les programmes de télévision.
- LA SYNCHRONISATION AUTOMATIQUE
- Disons encore quelques mots au sujet de la synchronisation automatique imaginée par Baird, mais dont on ignorait jusqu’ici le principe fondamental. On emprunte à l’image de télévision, ou plutôt, aux courants la constituant, une petite fraction employée pour compenser les différences d’allure entre le transmetteur et le récepteur. Dans les récepteurs de grandes dimensions, on prévoit un interrupteur qui, une fois pour chaque ligne de l’image, lance ce courant de correction, pendant un bref moment, dans le circuit d’un relais. Entre deux images consécutives, il se produit ainsi un noircissement correspondant à la séparation entre les deux. Si, entre le transmetteur et le récepteur, il y a synchronisme, le relais établira la communication précisément à l’endroit noirci; aussi, il ne passera, à travers le relais, aucun courant électrique. Si le récepteur, au contraire, marche un peu plus lentement que le transmetteur, l’interrupteur
- Fig. 4. — Schéma de principe du synchroniseur automatique Baird.
- Tube à Néon
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- fonctionnera à un endroit éclairé de l’image. Le courant passant à travers le relais donnera alors une impulsion accélérante. Le récepteur est disposé de façon que, dans les circonstances normales, sa marche soit un peu plus rapide que celle du transmetteur.
- Dans les petits récepteurs qu’on s’apprête à mettre sur le marché, ce dispositif a été bien simplifié. Le signal de correction — sans interrupteur ni relais — s’applique alors directement aux enroulements d’un électro-aimant agissant sur une roue de fer munie de petites dents qui correspondent aux interruptions de l’interrupteur. Si le récepteur marche trop lentement, l’impulsion corrective exercera, sur les dents de fer, une action directement stimulante accélérant le moteur. Si, par contre, elle marchait trop rapidement, l’impulsion corrective exer-
- := 1 -.... .......= 559 =
- cerait une action directement retardatrice, repoussant les dents et ralentissant la marche du moteur.
- Les premières émissions régulières de télévision viennent de commencer en Angleterre. La Société anglaise de Radio-Diffusion (British Broadcasting Corporation) qui, auparavant, ne voulait accorder qu’un quart d’heure trois fois par semaine, a, en effet, fini par céder sous la pression de l’opinion publique, et a consenti à des transmissions quotidiennes d’une demi-heure (excepté le samedi et le dimanche). En Allemagne, l’administration des Postes qui, elle-même, en a pris l’initiative, commencera, à son tour, dès que le transmetteur en .construction sera achevé, des émissions régulières.
- Alfred Gradenwitz, Docteur ès Sciences.
- UNE ŒUVRE INCONNUE DE CLEMENCEAU
- Clemenceau appartient à l’histoire de bien des façons. La Et si je me suis entretenu de son œuvre avec un autre
- médecine le revendique pour sa thèse « De la génération des officier, c’est bien très exceptionnellement et parce qu’il était éléments anatomiques » qu’il signa en 1865 de ses titres:«ex- de mes amis.
- interne des hôpitaux de Nantes, ex-interne provisoire des Je ne causais jamais d’équitation à personne, mes expé-
- hôpitaux de Paris », et aussi parce que l’Académie de Médecine l’élut membre.
- Mais sait-on qu’il écrivit aussi un traité d’équitation ?
- Le fait nous est signalé par M. le Commandant Rampont dans la lettre suivante :
- « Vous dirai-je que M. Clemenceau fut l’auteur — non le signataire — d’un traité d’équitation ?
- Ce livre, signé James F illis, parut en 1889 ou 90. J’en achetai la 2e édition (').
- J’étais lieutenant et un de mes camarades de régiment, qui avait à Paris beaucoup de relations, me dit : C’est le député Clemenceau qui a écrit ce livre.
- Le nom de notre ancien Président du Conseil m’était absolument inconnu alors.
- 1. James Fillis. Principes de dressage et d’équitation, in-8, 62 fig. hors texte. Flammarion, éditeur.
- UN NOUVEAU MOYEN DE
- De tous côtés, on se préoccupe de détruire les rats dont la pullulation croissante est un danger pour la santé, puisqu’ils transmettent la peste, et pour les biens, puisqu’ils dévorent des quantités énormes de nourriture.
- Les divers moyens dont on dispose : pièges, poisons, virus, apparaissent insuffisants, à en juger par les résultats obtenus jusqu’ici. La privation de nourriture, beaucoup plus efficace, est difficile à réaliser dans les greniers, dans les villes, dans les égouts.
- Voici un nouveau moyen que préconise M. W.-M. Rodier, de Melbourne, et qui semble, a priori, basé sur une juste connaissance des lois biologiques.
- Partant de l’idée de Darwin que les mâles luttent entre eux pour la possession des femelles quand celles-ci deviennent rares, et du fait que les rats sont polygames, et qu’il naît plus de femelles que de mâles, M. Rodier recommande de capturer le plus possible de rats, puis de tuer les femelles et de remettre en
- Tiences ou mes observations étant personnelles.
- Or, en 1924,. en relisant ce livre, j’eus la curiosité de savoir si on m’avait dit vrai et, pensant que le député d’alors devait être notre grand homme d’aujourd’hui, je lui écrivis et voici textuellement sa réponse qui est fixée dans l’ouvrage.
- « St-Vincent-du-Jard (Vendée), 15 octobre 1924.
- « Monsieur le Commandant,
- « On vous a dit la vérité. Après avoir fait trois ans de manège avec James Fillis, je fus si frappé des rigoureuses coordinations de son enseignement que je lui demandai de le mettre par écrit. Il était Anglais d’origine et ne pouvait rédiger dans notre langue. Il me proposa d’être son collaborateur et, pendant les deux ans que dura l’entreprise, j’ose dire qu’il n’est pas un point d’expérience ou de doctrine qui n’ait été consciencieusement travaillé. Je garderai toujours le souvenir de cet homme incomparable qui fut un Maître et un ami.
- «Veuillez, etc... »
- LUTTE CONTRE LES RATS
- liberté les mâles. Pour frapper les esprits, il propose d’appeler sa méthode K. O. F. (Kill only females). Les mâles, devenus en excès, se battent entre eux, tuent les jeunes mâles et, de ce fait, leur population ne tarde pas à diminuer.
- M. Rodier a déjà appliqué en 1915 ce moyen à la destruction des lapins qui devenaient un fléau en Australie et il a pu ainsi débarrasser 25.000 hectares de ces ravageurs.
- Depuis, M. Geo Jenniston a essayé le même moyen sur les rats du jardin zoologique de Manchester et a réussi à réduire leur nombre de près de moitié. A Copenhague, M. Zuschlag a également fait diminuer de moitié le nombre des rats par le procédé Rodier.
- Reste à savoir si cette forme de lutte qui nécessite l’organisation de pièges, la manipulation des rongeurs, la reconnaissance des sexes, a des chances de se généraliser. En tous cas, elle mérite d’être connue et expérimentée en France.
- R. M.
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- UNE NOUVELLE EXPÉDITION ANTARCTIQUE
- LE " DISCOVERY ”
- Les explorations continuent dans les régions antarctiques. Les récentes découvertes sensationnelles de sir Wilkins {La Nature, N° 2802, 1er février 1929), faites en avion, avaient fait croire à certains que l’aviation pourrait résoudre plus facilement que les navires tous les mystères qui persistent. Mais l’avion ne peut faire que des raids assez brefs à partir d’une base, tandis que le navire constitue sa propre base et peut rester dans une région tout le temps nécessaire à des observations prolongées.
- C’est pourquoi le gouvernement britannique, en liaison avec les Dominions d’Australie et de Nouvelle-Zélande, a
- Fig. 1. — En haut, le « Discovery » dans l’Atlantique, en route vers Le Cap, au début de son nouveau voyage
- dans l’Antarctique. Photographie prise de l'extrémité du bout-dehors par le
- Capitaine Frank Hurley.
- ment loué le célèbre navire de recherches Discovery pour une nouvelle expédition. Le navire a quitté l’Angleterre pour le Cap où il a complété son état-major scientifique avant de se^rendre dans la Mer de Ross où
- il compte observer le mode de vie des baleines et notamment leur reproduction qu’on suppose avoir lieu dans ces parages.
- Les photographies ci- j ointes ont été prises au cours du voyage dans l’Atlantique.
- . En outre, un nouveau navire, le Royal Research Ship Discovery II, a été lancé le 2 novembre dernier à Glasgow; il partira incessamment dans les mêmes régions.
- X.
- Fig. 2. — En bas, une curieuse vue du « Discovery s, navire de l’expédition de recherches antarctiques, prise en hissant l'appareil photographique au haut du grand mât, au-dessus du nid de pie.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- A PROPOS DU NOMBRE 142 857
- Dans son numéro du l0r octobre dernier, La Nature a donné un intéressant article de Récréations mathématiques, dû à M. Virgile Brandicourt, dans lequel l’auteur signale un certain nombre de produits remarquables. Au cours de cet article, nous relevons un curieux passage qui, certainement, n’a pas manqué d’attirer l’attention des lecteurs de ce journal.
- C’est une citation, empruntée à un article de M. D. Braga, paru dans le Crapouillot de janvier 1928 et reproduit dans la Revue des Deux Mondes du 1er août 1929.
- « Après s’être agglomérés pour former le nombre 142 857 — dit M. Braga, — les chiffres qui le composent semblent ne plus vouloir se séparer. Que vous multipliiez le nombre 142 857 par 2, 3, 4, 5 ou 6, ce sont toujours les mêmes chiffres qui se retrouvent et dans le même ordre, en prenant pour point de départ à 1 intérieur du nombre 142 857, et en suivant successivement les chiffres 2, 4, 5, 7, 8. Mais, comme s’ils étaient soudain fatigués de cette cohésion, multipliez les six chiffres de 142 857 par 7, vous avez 999 999.»
- Et M. Braga finit par conclure :
- « Comment ne pas croire, dès lors, à une vertu incluse dans les chiffres ? Comment ne pas penserjque, si on la découvrait, on connaîtrait quelque chose de la loi des lois, de la fatalité, de la prédestination ? »
- Le nombre 142 857 est-il vraiment^si mystérieux ?
- 142 857 offre une particularité qui semble avoir échappé à l’auteur des lignes ci-dessus. Si l’on partage ce nombre en deux tranches égales, on remarque que la somme des chiffres qui se correspondent d’une tranche à l’autre est constante et égale à 9. Que peut-on en conclure ? — que 142 857 est la période de la
- 142 857.
- fraction décimale correspondant à la fraction ordinaire -------1
- 999 999.
- Or, 142 857 1
- 999 999 7
- Donc 142 857 x 7 = 999 999.
- Voici une moitié de Vénigme résolue.
- Effectuons maintenant l’opération inverse c’est-à-dire conver-1
- tissons - en fraction décimale; nous trouvons :
- 10
- 30
- 20
- 60
- 7
- 0,142857.142857.”
- 40
- 50
- 10
- 30
- 20
- 60
- 40
- 50
- 1
- Remarquons, en passant, que la série des restes comprend tous les nombres inférieurs à 7 : nous avons là l’explication cherchée.
- En effet, multiplions la fraction décimale successivement par
- 2, 3,...6, ou ce qui revient au même, convertissons
- 2 3 7* 7
- en fractions décimales.
- Chacun des dividendes 20, 30, ...60 est égal à l’un des dividendes partiels de la division précédente; donc, dans chaque
- cas, nous devons obtenir au quotient la même série de chiffres que ci-dessus, mais, d un cas a l’au re, la série commencera à un chiffre différent de la période 142 857. *
- On s’explique ainsi qu’en multipliant 142 857 par exemple par.4, on retrouve au produit les mêmes chiffres, disposés dans le même ordre, à partir du 5.
- Ce raisonnement est indépendant de la valeur particulière 1
- de - et s applique à toute fraction remplissant les mêmej conditions. Exemples :
- La période de la fraction décimale correspondante est. : 05882352944117647 052631578947368421
- 0434782608695652173913
- Dans le dernier exemple, on peut multiplier le nombre donné par un facteur quelconque, de 2 à 22, sans changer l’ordre des chiffres. En multipliant le même nombre par 23, on obtient un produit composé de vingt-deux 9.
- En somme, nous n’avons ici qu’un problème d’arithmétique élémentaire,
- « Et tout le reste est littérature. »
- Pour terminer, nous signalerons aux amateurs de Récréations mathématiques quelques curieuses combinaisons de chiffres.
- Par exemple :
- 76 923 077 x 16 042 = 1 234 000 001 234
- 2 133 586 X 578 369 = 1 234 000 001 234
- 7 518 797 X 164 122 = 1 234 000 001 234
- 6 993 007 X 176 462 = 1 234 000 001 234
- 19 822 283 X 217 987 = 4 321 000 004 321 1 526 315 791 x 2 831 = 4 321 000 004 321
- Ces curieux produits en fournissent d’autres non moins singuliers :
- 533 000 533 x 231 = 123 123 123 123
- 119 000 169 X 1 386 = 234 234 234 234
- 481 000 481 X 252 = 121 212 121 212
- Etc., etc.
- Comme on s’en doute, il n’y a ici qu’un artifice de calcul que le lecteur a peut-être déjà deviné.
- Choisissons deux nombres curieux, par exemple : 1 000 000 001 et 1 234 ; il est clair que leur produit est 1 234 000 001 234, et ce résultat, ainsi présenté, n’a rien de mystérieux.
- Mais décomposons chaque nombre en facteurs (premiers ou non) ; nous trouvons :
- 1 000 000 001 = 7 X 11 X 13 x 19 x 52 579 1 234 = 2 x 617
- En combinant ces 7 facteurs 1 à 6, 2 à 5, 3 à 4, nous avons soixante-trois manières d’obtenir le même produit singulier, avec des nombres n apparence quelconques, pour la plupart.
- Supposons qu’une personne non avertie, opérant sur des' nombres pris au hasard, rencontre un, deux, trois... résultats de ce genre, elle ne manquera pas d’en être surprise; elle pourra même être tentée d’entirer des considérations irrationnelles, si elle a l’esprit tourné dans ce sens. C’est le cas des découvreurs de nombres cabalistiques.
- E. TuibouT.
- 1
- Ï7
- 1
- Ï9
- 1
- 23
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- L’ERGOSTÉROL IRRADIÉ
- La plus grande acquisition thérapeutique de ces dernières années, en médecine infantile, est' incontestablement le traitement du rachitisme. Voici qu’après la découverte des propriétés des rayons ultra-violets, des recherches récentes mettent en évidence ks propriétés comparables d’un corps de composition chimique bien définie : l’ergostérol irradié.
- Ne croyez par que l’ergostérol, dont on parle tant depuis un ou deux ans, soit un corps nouveau. Il s’agit là d’une vieille découverte française, puisqu’en 1889, Tanret présentait à l’Académie des Sciences la découverte dans l’ergot de seigle d’un stérol qu’i! nommait ergostérine. Trois ans plus tard, en 1892, Gérard la retrouva dans les champignons et les algues. Mais l’ergostérine n’était pas utilisée par les médecins. Et c’est une histoire bien instructive que celle des échelons successifs qui aboutirent à la résurrection de l’ergostérol.
- Qu’est-ce que l’ergostérol ? Au point de vue chimique, un stérol, isomère ou très voisin de la cholestérine, de formule C?7 Hu OH. Mais tel quel, l’ergostérol n’a pas d’action phy- ' siologique. Il faut, pour lui conférer un actif pouvoir antirachitique,* l’exposer à l’action des rayons ultra-violets. Et voilà ce corps inactif transformé en vitamine D, antirachitique à dose infime.
- Comment a-t-on redécouvert l’ergostérol? C’est une histoire en plusieurs étapes.
- Il y a longtemps qu’on connaît l’action bienfaisante sur le rachitisme du soleil d’une part, de l’huile de foie de morue d’autre part.
- La première étape consista à reconnaître, dans la cure solaire, quelle était la partie active au point de vue antira'chitique. En 1918, Hudlschinski montra le rôle des rayons ultra-violets qui devinrent et restent actuellement un excellent traitement du rachitisme et de ses complications.
- Une grande étape fut encore accomplie lorsqu’en 1925 les Américains montrèrent qu’on peut remplacer les ultra-violets par des aliments soumis préalablement à l’action des rayons ultra-violets. Le lait irradié donne d’excellents résultats. On les compare à ceux que donne une bonne huile de foie de morue, autrefois seul traitement du rachitisme.
- Et les recherches s’orientèrent vers cette nouvelle question : quelle est, dans une bonne huile de foie de morue ou dans un aliment irradié, la partie active ?
- Elles se concentrèrent vite autour du résidu insaponifiable . des graisses, et particulièrement de la cholestérine, qui semble porter les propriétés antirachitiques. Mais la cholestérine, chimiquement pure, une fois irradiée, se montre sans effet.
- Les recherches se localisèrent alors autour des impuretés de la cholestérine et des autres stérols.
- , Et c’est ainsi qu’on découvrit l’identité de la stérine extraite du résidu insaponifiable de l’huile de foie de morue, et de l’ergostérine de Tanret. C’est un corps extrêmement sensible aux rayons ultra-violets. Il semble actuellement que ce soit lui qui porte, dans le lait irradié comme dans l’huile de foie de morue, la vitamine D.
- - *
- * *
- Pour donner une idée de l’action de l’ergostérine, voyons comment sont conduites les recherches physiologiques. Le test employé pour le contrôle physiologique de l’ergostérine commerciale est le rat blanc.
- Il est, en effet, assez facile de rendre un rat blanc rachitique
- II suffit de mettre de jeunes animaux dans l’obscurité complète, avec un régime carencé, d’où sont exclues les vitamines D. On obtient des lésions typiques de rachitisme expérimental, très comparables à celles de l’homme.
- Les lésions obtenues, on ajoute à la ration des rats une dose d’ergostérine irradiée de l’ordre du millième de milligramme. Et l’on obtient avec une régularité mathématique, en laissant les animaux au même régime, dans les mêmes conditions, la guérison du rachitisme.
- Chez l’enfant, l’ergostérine irradiée a uné action presque aussi n.tte et rapide. A la dose de 4 milligrammes par jour environ on obtient la guérison rapide des lésions évolutives de rachitisme, et de la tétanie si souvent associée aux rachitismes graves, guérison que prouvent le disparition des crises tétaniques, l’ossification rapide, la meilleure tonicité musculaire et le relèvement de l’état général. On peut suivre les progrès sur des radiographies. Les déformations osseuses, une fois acquises, sont plus longues à influencer, néanmoins chez le jeune enfant, les courbures des os se redressent progressivement.
- *
- V %
- Actuellement, l’ergostérine commerciale est préparée à partir de la levure de bière. Ce n’est pas un préparation simple. Il faut d’abord que l’ergostérine soit très pure, des stérols voisins souvent associés empêchant ses propriétés de se manifester. Puis il faut qu’elle soit irradiée par une source d’ultraviolets; et là encore, un dosage rigoureux s’impose : ni trop peu, ni trop, car une irradiation trop prolongée possède cette curieuse propriété de faire disparaître les propriétés antirachitiques. On peut en rapprocher le fait, paradoxal en apparence, qu’une bonne huile de foie de morue naturellement active, une fois irradiée, perd ses propriétés.
- A ce propos, signalons une explication amusante — ce n’est qu’une hypothèse — de la teneur en vitamines D de l’huile de foie de morue : Les algues du plankton sont soumises six mois de l’année à une insolation continue par le soleil septentrional. Nous savons depuis 1892, que les algues contiennent de l’ergostérine; donc elles deviennent riches en ergostérine irradiée. Ces algues font la nourriture de multiples petits poissons, lesquels sont à leur tour ingérés par les morues. Et des réserves d’ergostérine irradiée s’accumulent ainsi dans le foie des morues dissoutes dans la graisse, car la vitamine D est une vitamine lipo-soluble.
- *
- * *
- Le problème des vitamines se résout un peu plus chaque année. Ces éléments mystérieux qui semblaient échapper à l’analyse chimique, voici qu’on peut maintenant les doser, les peser ! If est vrai que nous ne pouvons actuellement affirmer que la vitamine D soit limitée à l’ergostérine, et peut-être d’autres corps sont-ils susceptibles d’acquérir par irradiation un pouvoir antirachitique. Mais au point de vue pratique, nous manions actuellement la vitamine D, nous savons la préparer. Et c’est surtout pour un traitement préventif du rachitisme applicable facilement à tous les enfants élevés dans de mauvaises conditions hygiéniques que la découverte de l’ergostérine représente un grand progrès sur les rayons ultra-violets.
- L. Werteeimek.
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- ï LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1929, A PARIS
- Ce mois a été, dans son ensemble, assez chaud et très pluvieux. Sa température moyenne, 11°,5, est d’environ 1°,0 supérieure à la normale et cet excès est attribuable surtout à la faible intensité du refroidissement nocturne.
- Le maximum le plus élevé, noté suivant les points d’observation de la région, le 1er, le 2 ou le 3, a atteint en ville 22°,8 à Auteuil et dans les environs 22°,6 au Parc-Saint-Maur et 23°,1 à Brévannes.
- Le minimum le plus bas s’est produit presque partout le 28-Il est resté au-dessus de zéro à Paris, mais on a eu, en banlieue : -— 0°,1 au Parc-Saint-Maur et jusqu’à — 2°,3 à Villepreux.
- On n’a constaté que deux gelées blanches, les 27 et 28, ce sont les premières de l’automne 1929.
- La première décade du mois a été pluvieuse, la seconde assez sèche et la troisième moyennement pluvieuse. On a recueilli, au total, dans le mois, 99 mm,0 d’eau au Parc Montsouris et 102 mm, 3 d’eau au Parc-Saint-Maur, soit 76 % et 75 % de plus que la normale. Il y a eu 19 jours de pluie, contre 15, nombre moyen, pour octobre. La journée du 3 a fourni à elle seule le tiers (34 mm,0) de la hauteur d’eau recueillie pendant tout le mois.
- L’humidité relative moyenne a été 85,2 % et la nébulosité moyenne a été 73 % à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur.
- La pression barométrique, 760 mm, 1, au niveau de la mer, présente un déficit de 1 mm, 6 à l’Observatoire du Parc Mont-souris.
- Dans l’après-midi du 4, un orage a affecté presque toute la région. On a noté des chutes locales de grêle, 6 jours.
- Les hirondelles ont été aperçues pour la dernière fois le 12 au Parc-Saint-Maur.
- Mois d’octobre antérieurs
- En octobre, la température baisse rapidement. La moyenne normale de ce mois, 10°,2, est la même que la normale annuelle.
- Octobre a des anomalies de température, quelquefois d’assez longue durée; de 1853 à 1863 il a présenté une période froide.
- Huit fois depuis 1757, la moyenne, est descendue au-dessous de 8° :
- 1784 7°,4 1881 7°,2 1888 7°,6 1919 7°,2
- 1817 7°,3 1887 6°,7 1905 6°,8 1922 7°,5
- Et six fois elle a atteint et surpassé 14° :
- 1772 : 14o,4; 1779 : 14°,0; 1795 : 14°,4; 1811 : 14°,6; 1831 14o,7; 1921 : 14°,0.
- Les plus basses températures minima en ce mois ont été de : — 4°,8 en 1887, — 4°,3 en 1880 et —4°,2 en 1890, et celles maxima les plus élevées ont été de : 28°,2 en 1921, 26°,5 en 1917 et 26°, 4 en 1900 et 1908.
- En 1897, la moyenne barométrique, 767 mm, 0 au niveau de la mer, n’avait pas été aussi élevée depuis 1856, aussi ce mois d’octobre est-il le plus clair et le plus sec depuis 1752, il ne donna que 4 mm, 5 d’eau en 5 jours de chute et une nébulosité moyenne de 36 % au Parc-Saint-Maur. '
- Duhamel à Denainvilliers, près Pithiviers, et Maraldi à l’Observatoire de Paris, nous apprennent qu’en ce mois d’octobre 1752, il n’est pas tombé une seule goutte d’eau et qu’il a été presque constamment sans nuages, ce qui laisserait supposer que la nébulosité moyenne de ce mois n’avait été probablement que de 10 ou 12 % seulement. Dans les tableaux assez réguliers de pluie que nous possédons depuis 1769 pour Montmorency et Paris, on ne trouve point de si faible quantité d’eau en octobre. En 1869 seulement, l’Observatoire a noté 1 mm, 8; mais Cotte, à Montmorency, a recueilli 10 mm de pluie, ce qui rend bien douteux le chiffre de Paris.
- En 1899, la nébulosité moyenne 34 %, au Parc-Saint-Maur, diffère peu de celle de 1897 et, en 1908, elle fut plus faible encore 28 %, la sérénité du ciel ayant été remarquable.
- Octobre 1896, très pluvieux, a fourni 158 mm, 7 d’eau en 21 jours de chute et, en 1892,149 mm, 8 en 23 jours.
- Plus fortes chutes d’eau en 24 heures : en 1896, du 15 au 16, 45 mm, 5; en 1892, le 25, 50 mm,6 et, en 1920, du 17 au 18, en un peu plus de 24 h., 64 mm, 6, toutes constatées au Parc-Saint-Maur.
- En 1907, on compta en octobre jusqu’à 27 jours de pluie et, en 1921, 5 seulement comme en 1897; en 1908, 6, ainsi qu’en 1927.
- En 1921, la pression barométrique fut plus élevée encore qu’en 1897, mais de bien peu, 767 mm, 2, soit 0 mm, 2.
- Em. Roger.
- UN NOUVEAU NAVIRE DE SAUVETAGE
- Les moyens de secours aun naufragés ne cessent de se perfectionner et de s’étendre.
- Un navire de sauvetage pouvant porter 400 personnes sera mis prochainement en service à Brixham, sur la côte anglaise de la Manche.
- Cette embarcation aura 17 mètres de longueur, 4 m 50 de largeur. Elle portera deux moteurs à explosion de 60 ch qui lui assureront une vitesse d’environ 9 nœuds dans toutes les circonstances de temps et de mer. La provision d’essence lui
- permettra d’aller au secours des bâtiments en détresse jusqu’à une distance de 75 milles.
- Les installations comprendront une cabine où un nombre important de passagers trouveront abri, un projecteur, un poste de T. S. F. et un canon porte-amarres. 5
- On comprend l’importance des services que pourra rendre un pareil bâtiment en cas de naufrage d’un grand paquebot dans la Manche. Il stationnera dans le port de Brixham.
- Ct Sauvaire-Jourdan.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
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- LE SALON. DE. 1929
- Nous aurons l’occasion de revenir plus en détail dans nos chroniques ultérieures sur les principales caractéristiques des automobiles et de leurs accessoires exposés au Salon de 1929. Il nous suffira d’indiquer pour le moment que, si le Salon de 1928 a pu être appelé « Le Salon de la six cylindres », celui de 1929 pourrait sans doute être appelé « Le Salon de la mise au point de la six cylindres ».
- En effet, si l’on a pu admirer dans cette exposition quelques modèles de grand luxe, de voitures comportant des moteurs à 8 cylindres et même à 12 cylindres, le nombre de ces modèles est encore relativement infime, et. il semble bien difficile, d’ailleurs, qu’il s’accroisse dans de grandes proportions, étant donné les conditions économiques actuelles.
- Par contre, le moteur à six cylindres n’est plus adopté seulement sur les voitures de luxe, mais aussi sur les modèles utilitaires.
- On a sans doute pu voir dans cette exposition des nouveautés originales, par exemple des châssis avec moteur à l’avant et roues avant motrices, mais on a surtout pu constater que les constructeurs s’étaient efforcés d’améliorer, d’après les résultats d’expériences, leurs modèles réalisés en 1928.
- __ Huile
- Mèche
- lubrifiante
- _ Vis de réglage
- Joint en fibre
- Joint en Fibre
- Fig. 1 et 2. — Graisseur automatique d'allumeur Deico type Alcyl.
- A gauche : L'appareil monté sur Vallumeur\ A droite : l'appareil
- en coupe.-
- Le moteur très « poussé » à 4 cylindres à faible cylindrée et à vitesse de rotation élevée a perdu beaucoup de partisans, et on lui préfère, en général, le moteur à 6 cylindres, de cylindrée un peu plus forte et de vitesse de régime plus lente.
- Pourtant, on continue à construire en France de nombreuses voitures à 4 cylindres, mais ce sont presque exclusivement des modèles construits en grande série et non des voitures de luxe ou simplement de tourisme.
- De très gros progrès ont été réalisés dans la construction du changement de vitesse, organe souvent négligé, il faut bien le dire, depuis de longues années.
- On s’est d’abord efforcé, en général, de rendre silencieux le fonctionnement de la vitesse inférieure à la prise directe, c’est-à-dire de la 2e ou de la 3e vitesse, suivant les cas.
- Certains constructeurs ont appliqué un perfectionnement encore plus intéressant, mais malheureusement réservé actuellement aux voitures de luxe,
- Ils utilisent un « relais de vitesse » sur la transmission de) la prise directe, permettant de changer à volonté la multiplication de celle-ci.
- De cette^ façon, on^peut utiliser au mieux les qualités du moteur à 6 cylindres, la prise directe peu multipliée servant au service de ville ou, dans les terrains accidentés, la prise directe à grande multiplication étant adoptée en palier.
- On peut noter, d’autre part, la généralisation de l’emploi du système d allumage genre Delco à bobine d’induction.
- Quant à la carrosserie, il est très net que les modèles entoilés ont à peu près complètement disparu pour laisser place aux caisses tolées recouvertes de peintures cellulosiques, mais l’armature de la carrosserie n’est pas toujours métallique, et nombre de constructeurs français ont conservé une armature en bois moins rigide.
- La carrosserie découverte du type torpédo a complètement disparu sur les modèles utilitaires, et elle est réservée aux châssis de grand luxe destinés aux propriétaires de plusieurs voitures.
- La forme générale des carrosseries « conduite intérieure » est de plus en plus basse et allongée, disposition rendue généralement facile par la forme très allongée du capot lui-même et la longueur utile du châssis surbaissé.
- Enfin, sur un très grand nombre de voitures, on peut remarquer l’adoption d’un système de graissage centralisé qui réduit au minimum les soins d’entretien.
- LES MODIFICATIONS DU CODE DE LA ROUTE
- De récentes modifications au « Code de la route » viennent d’être promulguées par le ministre des Travaux Publics, d’accord avec le ministre de l’Intérieur. Ces modifications doivent d’ailleurs être bien accueillies par les usagers de ^automobile, parce qu’elles doivent accroître la sécurité de la circulation.
- Elles se rapportent à trois questions essentielles : la priorité au croisement des routes, les dispositifs de freinage et les systèmes d’éclairage.
- En ce qui concerne la première question, le texte adopté prévoit le rétablissement du droit de priorité de passage aux croisements, en faveur de véhicules circulant sur les routes nationales. Ce droit existait, on le sait, jusqu’en 1927 et son observation avait donné d’excellents résultats.
- Cependant il est à noter que la règle actuelle reste en vigueur dans les agglomérations ou au croisement de deux routes secondaires, ou de deux routes nationales.
- D’autre part, un arrêté ministériel déterminera désormais les caractéristiques que doivent présenter les deux systèmes de freinage obligatoires sur toutes les automobiles.
- Enfin, les voitures hippomobiles, les bicyclettes et les motocyclettes devront être munies, non seulement d’un ou deux feux blancs à l’avant, mais encore d’un feu rouge à l’arrière.
- On se rappellera sans doute à ce propos la campagne entreprise par un de nos confrères pour déterminer cette réglementation indispensable pour la sécurité même des cyclistes aussi bien que des autres usagers de la route.
- Les automobiles devront, d’autre part, être munies de deux phares permettant d’éclairer la route à 100 mètres, et de supprimer l’éblouissement aux croisements d’autres usagers de la route.
- En conséquence, les constructeurs d’appareils d’éclairage présenteront leurs différents types à une commission spéciale qui jugera s’ils remplissent les conditions indiquées et les automobiles ne pourront être munies que d’appareils portant l’estampille officielle.
- GRAISSEUR AUTOMATIQUE POUR DISTRIBUTEUR ALLUMEUR DELCO
- \ v Sur beaucoup de châssis munis d’un dispositif d’allumage à bobine et allumeur, l’allumeur ou distributeur est actionné par un arbre qui n’est pas graissé automatiquement par la circulation d’huile générale du moteur, mais par un graisseur indépendant Stauffer à graisse consistante.
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- Pour assurer la lubrification de l’arbre, il faut tourner de temps en temps le chapeau du graisseur, et l’oub i de cette opération pourrait entraîner le grippage et même la rupture de l’arbre.
- Un des premiers constructeurs qui ait réalisé un système de graissage automatique pi-atique vient d’établir un petit accessoire de prix très modique évitant cet inconvénient et se vissant simplement à la place du graisseur Staufîer ordinaire.
- Cet accessoire est un graisseur à huile avec vis de réglage et graissage par capillarité au moyen d’une mèche; il se compose de deux parties, la cartouche de graissage proprement dite et l’équerre de fixation (fig. 1 et 2).
- Une cartouche constitue le réservoir d’huile; elle porte à sa partie inférieure une vis de réglage avec mèche lubrifiante, dont le débit est déterminé, et qui sert, en outre, à fixer la cartouche sur le trou graisseur ou sur l’équerre de fixation maintenant la cartouche dans la position verticale et conduisant l’huile au trou à graisser.
- La pose de la cartouche à la place du graisseur est très rapide, et il suffit de prendre la précaution de monter des joints en fibre sur les raccords. La seule opération nécessaire consiste
- alors à remplir la cartouche d’huile fluide environ une fois par mois.
- UN SYSTÈME DE COMMANDE SUR VOLANT ABSOLUMENT COMPLET
- Sur la plupart des modèles d’automobiles très récents, les systèmes de commande des avertisseurs de réglage des gaz et de l’avance à l’ai- , lumage, d’éclairage des phares, de l’antenne, etc. sont disposés sur le volant de direction, ce qui permet au conducteur d’effectuer toutes les manœuvres utiles sans lâcher la direction.
- Il est très souvent intéressant d’adapter sur une voiture d’ancien modèle un dispositif permettant d’obtenir ce résultat, et il existe, d’ailleurs, différents modèles de ce genre d’accessoires.
- L’un des plus complets et des plus récents de ces appareils comporte un petit volant à quatre bras avec, au centre, un boîtier renfermant le mécanisme contacteur et prenant point d’appui sur une embase en acier, vissée au centre de la direction (fig-3).
- Le boîtier porte une grande manette axiale, une petite manette latérale, et un voyant lumineux contrôlant le fonctionnement des signaux de direction et d’arrêt, s’ils existent.
- Le petit volant peut osciller et tourner à volonté; par pression en un point quelconque de la périphérie, on met en action l’avertisseur, ville ou route, suivant la position de la grande manette, tandis que par rotation, à droite ou à gauche, on actionne le signal lumineux de virage à droite ou à gauche, placé à l’arrière de la voiture.
- La grande manette peut prendre trois positions : dans la première, on allume les lanternes et on met en circuit l’avertisseur de ville; dans la deuxième, on met en circuit le phare-code pour les croisements et l’avertisseur de route; enfin, dans la troisième, on allume les phares. On remarquera que cette
- imiiio
- Fig. 4. — Thermomètre à spirale métallique et aiguille indicatrice permettant de mesurer la température intérieure de la carrosserie, celle des conduites de circulation d’eau ou d’huile, etc.
- disposition semi-automatique empêche la mise en action accidentelle de I’avertisseur-route, quand on circule en ville.
- Fig. 3. — Dispositif complet de commande sur le volant des différents appareils d’avertissement, d’éclairage et de signalisation.
- Enfin, la petite manette actionne le signal lumineux de « Stop » qui peut être aussi commandé par la pédale de frein.
- Un premier circuit d’éclairage des lanternes et des phares est contrôlé par un intermédiaire placé sur le tableau de bord de la voiture et on peut le couper pendant le jour. Les dispositifs de signalisation et les appareils avertisseurs sont reliés à un deuxième circuit et peuvent fonctionner jour et nuit.
- THERMOMÈTRES PERFECTIONNÉS
- L’usage d’un thermomètre est souvent très utile en automobile, non seulement pour vérifier la température de la carrosserie, mais encore pour connaître la température de l’huile du carter ou de l’eau du radiateur, et aussi la température du garage, surtout pendant l’hiver.
- Au lieu d’employer des thermomètres en verre à mercure ou à alcool très fragiles et souvent peu pratiques, il est hien préférable d’adopter des types spéciaux très robustes à spirales métalliques indéréglables à dilatation et inoxydable, variable sous l’effet de la température, et actionnant directement une aiguille indicatrice avec cadran de repère (fig . 4).
- Ces appareils seront utilisés en automobile pour des usages assez divers. Encastrés sur la planche de bord, ou fixés à l’aide d’équerres à l’intérieur de la carrosserie, ils servent à indiquer la température à l’intérieur du véhicule ; montés sur le radiateur ou sur un tuyau de circulation d’eau, ils renseignent sur le fonctionnement du système de rofroisissement.
- Enfin, un modèle analogue est muni d’un index à contact électrique commandant une sonnerie. En réglant d’avance la position de l’index, l’automobiliste est ainsi averti au moment
- Fig. 5. — Thermomètre à spirale métallique à maximum ou minimum avec index à contact électrique commandant une sonnerie d'avertissement.
- où il est nécessaire de vider l’eau du radiateur pour éviter les risques de gelée et aussi, dans certains cas, du moment où il y a danger d’incendie (fig. 5).
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- Fig. 6. — Épurateur d’air à’ onctionneme.nl constant. A gauche : vue perspective; A droite : vue en coupe.
- NOUVEL ÉPURATEUR D’AIR
- On a reconnu maintenant, en général, la nécessité de réaliser l’épuration de l’air avant son entrée dans le carburateur, de la même manière qu’on réalise l’épuration de l’essence. Mais il faut que l’épurateur d’air soit bien étudié, ne « freine » aucunement le moteur, et conserve une efficacité constante sans exiger des soins d’entretien fréquents.
- Un modèle récent de ces appareils comporte trois organes distincts : un dispositif absorbant constitué par une mèche, constamment imbibée d’huile quelconque, contenue
- dans un réservoir; un cen-trifugeur destiné à séparer les poussières trop légères qui n’auraient pas été arrêtées antérieurement; ce cen-trifugeur est formé simplement, d’ailleurs, par une vis d’Archimède.
- Enfin, un dispositif constitué par le réservoir d’huile maintient en état de fonctionnement constant la matière épurante et supprime toute surveillance (fig. 6).
- L’air aspiré par le moteur pénètre dans l’épurateur par les orifices de la cloche; en venant frapper la mèché, il abandonne une partie des impuretés en suspens en s’engageant dans le couloir D, et léchant toute la longueur de la mèche (fig. 6).
- L. Picard.
- Fig. 7.— L’épurateur d’air monté en avant du carburateur.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- A
- Graisseur automatique Alcgl, 16, rue du Président-Wilson, Levallois-Perret.
- Volant-contact, 6, rue Soyer, Neuilly-sur-Seine.
- Thermomètres Thermindex, Etablissements Odème, 21, rue du Bouloi, Paris (1er). —
- Epurateur d’air, Etablissements Lemoine, 21, rue de Lappe, Paris (11e).
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- MANIÈRE DE REMETTRE A NEUF LES VÊTEMENTS DE CUIR NOIR
- Au bout de quelque temps d’usage, les vêtements de cuir noir, si employés aujourd’hui par toutes les personnes que leur profession expose aux intempéries, se trouvent plus ou moins fatigués, ils sont parfois éraillés et ont perdu leur lustre; voici comment, avec un peu de soin, on leur redonnera l’éclat du neuf.
- Tout d’abord, il faudra « panser » les éraflures où le cuir est poreux; pour cela on appliquera à ces endroits un encollage léger à la gélatine ou plus simplement de la colle forte chaude et fluide. Après séchage, si la blessure du cuir était un peu étendue, on polira doucement avec un morceau de papier de verre très fin.
- 11 né reste plus, alors, qu’à passer sur tout le vêtement le produit désigné sous le nom de noir pour peaux qui, d’après Gouillon, se pré-
- pare ainsi. Prendre :
- Noir d’aniline soluble à l’alcool........ 75 grammes
- Vésuvine..................................... 20 ' —
- Alcool dénaturé.............................. 100 cm5
- I-Iuile d’aniline........................ 1.000 •—
- Les matières colorantes sont d'abord délayées dans l’alcool contenu dans un ballon muni d’un bouchon traversé par un long tube de verre jouant le rôle de condensateur; on ajoute ensuite l’huile d’aniline,puis on chauffe au bain-marie de façon que les vapeurs d’alcool ne dépassent pas l’extrémité du tube, on en suit l’ascension par l’anneau mobile visible dons le tube. '
- Il ne faut pas compter sur une dissolution totale du noir, il reste toujours une partie insoluble, non colorante du reste, qui constitue une impureté; lorsqu’on juge la dissolution suffisante, on laisse refroidir, puis décante la solution qui est mise en réserve dans des flacons bien bouchés.
- Pour l’emploi, appliquer une couche très légère de la mixture sur la peau au moyen d’un pinceau et laisser bien sécher au grand air, jusqu’à ce que le cuir frotté avec un papier n’abandonne à celui-ci aucune trace d’aniline sous forme de maculature jaune; au besoin on
- mettra, pendant un moment, le vêtement au soleil ou dans le voisinage d’un foyer à chauffage doux.
- On termine enfin par un glaçage au moyen d’une crème réalisée.par un mélange de :
- Savon blanc. ........................ 25 grammes
- Eau chaude. ........................150 —
- Huile d’olives....................... 50 —
- Après dissolution du savon, on incorpore peu à peu l’huile sous forme de filet.
- Si l’on veut se rapprocher davantage du traitement classique en mégisserie, on remplacera le savon par du jaune d’œuf; il faudra, dans ce cas, prendre deux jaunes d’œufs, y incorporer l’huile, puis seulement en dernier lieu l’eau froide.
- L’application se fera comme précédemment avec un pinceau ou plus simplement, comme il n’y a pas à craindre de se tacher les doigts, avec un tampon de mousseline; on laisse sécher à nouveau.
- N. B. — Le même procédé peut être appliqué aux gants noirs pour les reteindre. Le glaçage indiqué ci-dessus, à base de jaune d’œuf, leur redonnera bel aspect et souplesse, mais il faut pouvoir disposer de moules ayant la forme de la main, pour que, pendant les opérations, la peau se trouve tendue et que le gant ne puisse se rétrécir pendant le séchage. C’est à cause de ce manque de précautions et parce que le dernier traitement n’a pas été effectué, que beaucoup de gants reteints sont rétrécis et raidis.
- COMMENT PROTÉGER LE BOIS DE L’ATTAQUE DES TARETS
- On peut protéger très efficacement le bois de l’attaque des tarets en badigeonnant celui-ci au moyen de la solution suivante :
- Chlorure de zinc à 21° B ...... 1.100 cm3
- Lessive de soude caustique à 13° B. . 4.450 —
- Verser la première solution dans la seconde et rendre bien homogène.
- Lorsque l’absorption de la première affusion est complète, répéter à nouveau l’opération.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Fig. 1.— Le Junkers G. 38 vu de trois quarts avant.
- L’Avion géant Junkers .
- L’avion géant Junkers « 9-38 » a effectué le 7 novembre, à Dessau, un premier vol d’un quart d’heure, parfaitement a
- Fig. 2. — L’avion Junkers en vol au-dessus de la région de Dessau.
- Il avait décollé de l’aérodrome Junkers après avoir roulé environ 400 m sur une piste cimentée.
- du plan est de forme elliptique, le bord de fuite est rectiligne ; les ailerons correspondent à la totalité de l’envergure. L’aile est constituée de longerons multiples en caissons (spruce et contreplaqué) et de nervures caissons, le tout recouvert de contreplaqué (travaillant à la résistance).
- Le fuselage est formé de couples, de quatre longerons et de lisses supportant le contreplaqué de recouvrement. Le poste de pilotage, situé derrière le plan, est à doubles commandes côte à côte; la cabine est placée sous le plan; elle peut recevoir deux sièges côte à côte, ou un siège et un brancard; une porte latérale de 2 m 30 est alors percée dans la paroi droite du fuselage.
- L’empennage, de formes très arrondies, est construit, comme la voilure, en bois; aucun des volets n’est compensé. Les commandes sont tubulaires, sauf celles de direction. Le train comporte, pourchaqueroue, unfaux essieux coudé articulé sous le fuselage, lié par sandows à un Y en bois articulé sur le côté du fuselage.
- Un moteur Hispano-Suiza de 100-120 ch (6 cylindres en ligne à refroidissement par l’eau) équipe le prototype; les moteurs en étoile peuvent être également utilisés. L’avion A-10 possède les caractéristiques principales suivantes : envergure 12 m 50 ; longueur 8 m 54; surface portante 21,6 m-; poids vide 700 kg; charge payante; 200 à 300 kg; poids total 1000 à 1100 kg; vitesse maxima 175 km-h; vitesse minima 78 km-h.
- réussi. Le « G-38 » est le plus grand avion du monde. Il mesure 45 m d’envergure et 23 m de longueur; son poids à vide est de 13 tonnes et, en charge, de 20 à 24 tonnes. Actionné par quatre moteurs Junkers démultipliés d’une puissance totale de 2400 ch, cet avion doit emmener une charge payante de 3000 kg avec une provision de carburant suffisante pour lui permettre de franchir une distance de 4 000 1cm. C’est la première réalisation de l’aile habitable selon les conceptions que Junkers avait fait breveter en 1910. Sur le « G-38 », les moteurs sont accessibles en vol par un couloir ménagé dans le bord d’attaque de l’aile; de plus, l’épaisseur de cette dernière permet d’y loger, à l’encastrement, des cuisines, salons et cabines pour les passagers. Frachet.
- Avion de transport Albert A-10
- Un nouvel appareil commercial léger vient d’être créé par la Société des Avions Albert.
- La voilure, est monoplane, d’une seule pièce. De profil épais, elle est entièrement en porte-à-faux et repose sur une cabane formée de quatre mâts verticaux. Le bord d’attaque
- Fig. 3. — Avion de transport Albert A-10.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Introduction à l'étude de la physique théorique,
- par R. Fortrat, (4e fascicule : Électricité et Magnétisme). 1 vol., 180 p., 53 fig. Hermann et Cle. Paris, 1929. Prix : 10 francs.
- Ce fascicule expose d’une façon très claire les principes fondamentaux de l’électricité et du magnétisme : propriétés du champ électrique et des diélectriques, du champ magnétique, des courants électriques; propriétés magnétiques de la matière, lois de l’induction électromagnétique et étude des courants alternatifs, lois de l’électrolyse, étude de l’ionisation des gaz, notions sur la théorie moderne des ions. L’auteur a su très judicieusement dégager et présenter avec le relief nécessaire les notions qu’il est essentiel de posséder parfaitement avant d’aborder l’étude approfondie de la science électrique, et il a réalisé ainsi une excellente œuvre didactique élémentaire.
- Applications de l'électricité aux mines, par Georges Hacault. 1 vol. in-8, 552 p., 260 flg. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1929. Prix : 85 fr.
- Dans les installations minières, comme dans toutes les branches de l’industrie, l’électricité s’est peu à peu substituée à la vapeur pour la commande des appareils mécaniques et a pris, dans ce domaine, une très grande importance.
- L’auteur consacre le présent ouvrage à la commande des principales machines du jour ; il étudie, d’une façon particulièrement détaillée, les machines d’extraction, leurs divers modes de commande, leur calcul, leur appareillage, leurs essais. C’est là une question qui n’avait fait jusqu’ici, en France, l’objet d’aucun ouvrage d’ensemble. Les techniciens trouveront dans le livre de M. Hacault une documentation claire, précise, sûre et bien à jour. L’auteur étudie ensuite la commande des pompes, des ventilateurs et des compresseurs.
- L’électricité à la maison, par E. Marec. 1 vol., 462 p., 451 flg. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1929. Prix : 24 fr.
- L’électricité ayant conquis définitivement droit de cité dans la plupart des maisons, chacun a besoin de posséder un minimum de notions de cette marchandise d’espèce particulière, marchandise néanmoins, qu’il faut connaître pour l’acheter et l’utiliser de la façon la plus rationnelle. L’ouvrage de M. Marec répond à ce besoin; il rappelle succinctement ce qu’est l’énergie électrique et les formes industrielles sous lesquelles on la produit et la distribue; il indique comment on la mesure et comment on la paie; puis il décrit l’installation de l’électricité à la maison : choix et pose des canalisations, appareillage, contrôle d’exécution, enfin il passe en revue les principales applications domestiques : éclairage, chauffage, cuisine, petits moteurs et serviteurs du home, ventilateurs, ozoniseurs, etc. Un chapitre spéeial est consacré à l’électricité à la ferme. Puis l’auteur traite des sonneries et du téléphone, et enfin de l’outillage de l’amateur à qui il donne de sages conseils pour l’ensemble des installations.
- Le climat de l’Indo-Chine et les typhons de la Mer de Chine, par E. Bruzon et P. Carton. 1 vol., 142 p., 76 pl. hors texte. Imprimerie d’Extrême-Orient, Hanoï, 1929.
- Le Service météorologique de l’Indo-Chine a entrepris depuis 1926 l’étude appprofondie du climat des différentes régions de notre colonie d’Extrême-Orient. Il a réussi à multiplier ses diverses stations d’observations, et grâce à ce développement, il est possible aujourd’hui de dégager les caractères généraux du climat. Tel est l’objet de la première partie de l’important ouvrage que viennent de publier M. Bruzon, chef de service météorologique et M. Carton, chef du bureau de Climatologie et de Météorologie agricole. On y trouve en outre une carte pluviométrique de l’Indo-Chine, mise à jour avec les moyennes des années 1907-1924 et des cartes pluviométriques mensuelles établies à l’aide des observations de 1907 à 1926. Ces cartes seront perfectionnées encore dans l’avenir grâce au réseau de plus en plus serré des nouveaux postes pluviométriques créés par le service. La seconde partie de l’ouvrage est consacrée aux typhons de la mer de Chine. Les auteurs résument les travaux antérieurs sur ce sujet, rappellent la structure de ces météores, relatent les observations faites sur un certain nombre de typhons subis en Indo-Chine, et indiquent comment est organisé le service des prévisions de la colonie. Il nous paraît inutile d’insister sur l’intérêt pratique qu’offrent pour les administrateurs, les agriculteurs et industriels de l’Indo-Chine les précieux "renseignements groupés dans cet ouvrage.
- Le tabac, par G. Capus, F. Leuilliot et E. Foex (Tome II).
- Pathologie, dessication, préparation. 1 vol. in-8, 430 p., 141 fig.
- Société d’Éditions Géographiques, Maritimes et Coloniales. Paris,
- 1929. Prix : 54 fr.
- Le tome II de cette monographie du tabac est consacré à la pathologie de la plante, à la dessication et à la préparation de la récolte. '• Les nombreuses maladies du tabac, tératologie et monstruosités,
- traumatismes, affections physiologiques, maladie à virus, bactériennes et mycéliennes sont étudiées dans leur origine, leurs caractères et leur développement avec l’indication des moyens de lutte et des méthodes de traitement. Un sous-chapitre traite des ennemis du tabac appartenant au règne animal. Les chapitres suivants complètent les données technologiques du tome Ier. Les diverses méthodes de dessication de la feuille y sont étudiées avec le détail des opérations et de l’outillage employé dans les différents pays de culture. Non moindre est l’intérêt, pour le planteur et l’industriel, du chapitre traitant de la préparation des tabacs en vue de la vente; préparation provisoire des feuilles non fermentées et préparation définitive dans les pays de grande production. Enfin, l’étude de la fermentation, dans ses principes et les règles de sa conduite, fournit au producteur les données essentielles d’une opération de laquelle dépend la qualité de la marchandise.
- Les épices, plantes condimentaires de la France et des colonies, par le Dr Henri Leclerc. 1 vol. in-8, 135 p. Masson et Cle. Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- On connaît les charmants livres du Dr Leclerc sur les fruits, les légumes, les plantes médicinales, vues par un praticien érudit, féru de phytothérapie. Ce nouvel ouvrage est consacré aux épices, à tous les condiments que les plantes fournissent; il conte leur histoire, leurs usages alimentaires, leurs vertus thérapeutiques et donne sur chacune des renseignements botaniques précis, des anecdotes pleines d’attrait et des conseils actuels fort sages, le tout en un style délicieux.
- °Experimentale-Zoologie, par Hans Przibram. VI. Zoonomie.
- 1 vol. in-8, 431 p., 16 pl. Franz Deuticke, Leipzig und Wien, 1929. Prix : broché, 40 M.; relié, 60 Marks.
- Le professeur de zoologie expérimentale de l’université de Vienne a entrepris la publication d’un volumineux traité en sept volumes, dont le premier a paru en 1907 et dont voici le sixième. C’est un recensement remarquablement complet de tous les faits connus, comme le prouve l’abondance des références bibliographiques qui occupent 140 pages. Ces faits concernent les lois qui régissent les formes des êtres vivants. La première partie expose les recherches expérimentales sur le développement, la régénération, l’hérédité, la vitalité, les fonctions de chaque groupe d’animaux, La deuxième partie est consacrée à la réunion de toutes les données théoriques sur les problèmes de la forme et de la structure qui doivent être abordés surtout par la voie biochimique. On trouve, dans cet ouvrage, une richesse de documentation et une méthode de présentation qui en font un guide précieux pour tous les biologistes.
- Die Kleintierwelt unserer Seen, Teiche und Bâche, par Josef Hauer. 1 vol. in-8, 154 p., 82 fig., 1 pl. Herder et Clc, Fribourg-en-Brisgau, 1929. Prix, cartonné : 4,20 Marks.
- Dans les eaux douces, la traîne d’un simple filet conique permet de capturer toutes sortes de petits animaux qui constituent le plancton.. Ce livre est une bonne initiation à leur étude. L’auteur choisit les types les plus communs, les plus caractéristiques ou les plus curieux par leurs formes et par leurs mœurs et il signale ce qu’on en peut observer. Il passe ainsi successivement en revue les moules, les gastéropodes, l’hydre, les sangsues, les naïdes, les rotifères, les larves d’insectes, les protozoaires, etc.
- Le traitement du diabète, par Marcel Labbé. 3° édition revue et augmentée, 1 vol. in-8, 172 p. Masson et Cie, Paris, 1929. Prix : 12 fr.
- Dans la collection de « Médecine et Chirurgie pratiques », consacrée aux sujets d’actualité, aucun volume n’a eu un succès plus grand et plus rapide que celui-ci du professeur de clinique médicale de la Faculté de Médecine de Paris. La maladie dont il traite est une des plus sévères; son traitement nécessite un régime strict et continu; sa thérapeutique a été récemment bouleversée par la découverte de l’insuline; et aussi le professeur Labbé sait exposer avec simplicité et précision tout ce que doivent savoir et le médecin et le malade: examen et surveillance, analyses chimiques, cuisine et menus, etc.
- Ensayo de cronologia mitologica, par Luis Thayer Ojeda. 1 vol. in-S, 320 p., 3 cartes. Imprenta y encuadernaeion Roma, Yalparaiso, 1928.
- Essai de chronologie mythologique dans lequel l’auteur fait preuve d’une grande érudition. Admettant que la formation de la Méditerranée est un phénomène récent, il cherche dans les faits archéologiques, ethnologiques, linguistiques, philosophiques du monde ancien la trace des mouvements de population. Il y trouve des preuves des rapports entre les peuples de l’ouest et du sud de l’Asie et ceux dn bassin méditerranéen et aboutit à la théorie qu’un idiome espagnol ou ibéro-ligure a dû précéder de beaucoup le latin.
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- = ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Septembre et d'Octobre 1929.
- CHIMIE MINÉRALE
- Sur l’iodure de zirconium (MM. E. Chauvenet et I. Davidowicz). — Déjà préparé par Dennis et Spencer qui faisaient agir sur le métal Zr l’acide III et par Staelher et Denk qui substituaient, au métal, son carbure, ce sel a fait l’objet aussi des essais de Yenable et de Baskerville qui ont cru l’obtenir par évaporation d’une solution de zircone hydraté dans l’acide iodhydrique.
- L’un des auteurs ayant remarqué que l’action de la chaleur sur certains oxyhalogénures les décompose en libérant, avec l’oxyde fixe, du sel haloïde volatil, il devenait intéressant de prendre l’iodure de zirconyle comme point de départ. En chauffant donc au rouge le sel I2 Zn O, 8 H2 O, soit dans le vide, soit dans un courant d’hydrogène sec, il reste de la zircone dans la nacelle et le tétraiodure volatilisé sur les parois froides s’unit à deux molécules cl’acide III. La réaction s’exprime ainsi par la formule :
- 2 I2 Zn O, 8 H2 O Zn O2 + P Zn + 16 IP O,
- Poudre cristalline rouge, l’acide iodozirconique est soluble dans l’eau, où il donne, instantanément, l’iodure de zirconyle; chauffé, il se scinde en ses éléments, en laissant l’iodure Ik Zr qui cristallise en fines aiguilles blanches.
- Pour tenter une préparation directe de ce même sel halogéné, les auteurs ont soumis un mélange : métal à 95 pour 100 Zn et iode en excès, placé dans un tube de quartz, à la température du rouge. La réaction provoque un vif dégagement de chaleur, et le mélange I -f- P Zn, qui se sublime et se condense sur les parties froides du tube, est repris par du sulfure de carbone sec qui ne dissout que le métalloïde.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- La transformation des glucides au cours du mûrissement des bananes (Mlle C. Bourdouil et M. M. Bridel). — Les prélèvements de fruits ont été effectués, environ tous les deux jours, sur un régime de bananes des Canaries, mûrissant lentement au laboratoire. Le rapport du poids de lapidpe au poids de la peau — coefficient de maturation — étant déterminé, les fruits, coupés en tranches minces, ont été mis à bouillir, pendant une vingtaine de minutes dans l’alcool, puis repris par ce même solvant, après hachage en pulpe fine. La liqueur alcoolique, filtrée et refroidie, a servi enfin à déterminer : 1° l’extrait, par dessication, dans le vide à -j- 60°; 2° les sucres réducteurs par la méthode de G. Bertrand (action du sulfate ferrique sur l’oxyde cuivreux, donné par la réduction d’une liqueur de Fehling) ; 3° le saccharose par le procédé de Bourquelot. Sur le résidu, lavé de nouveau à l’alcool et séché, les auteurs ont déterminé l’amidon et la pectine, tandis que la différence entre le poids du fruit frais et la somme : extrait alcoolique résidu insoluble donnait la teneur en eau initiale.
- Au cours de ces expériences, les coefficients de maturation sont passés de 0,96 à 2,48, le poids de la pulpe présentant une stabilité plus grande que le poids de la peau. La teneur en amidon, diminuant graduellement, correspond à une augmentation progressive du titre en saccharose, ce sucre ne pouvant venir que du glucide le plus abondant dans le fruit vert. Par action de l’invertine, l’indice de réduction enzymolytique est toujours voisin de 604, indice théorique du sucre en C1!. Mais la vitesse de transformation de l’hydrate de carbone diminue au fur et à mesure que cet élément se trouve, dans le fruit, en quantité plus faible. Le titre en sucre Cl2H22Ou présente un maximum le treizième jour, puis décroît en
- même temps d’ailleurs que la teneur en amidon, ce qui donne à croire que la maturation ne se traduit pas exactement par la valeur maxima du saccharose. Quant au rendement de transformation de l’amidon en saccharose, il peut atteindre la valeur élevée 0,91.
- MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
- Quelques données sur le virus de la dengue (MM. G. Blanc et J. Caminopetros). — Les auteurs se sont livrés à trois séries d’expériences. Dans le première, conduite en collaboration avec M. Giroud, ils ont constaté qu’un sérum antiamaryllique préparé sur cheval par Pettit et un sérum obtenu par eux-mêmes sur lapin n’avaient aucun pouvoir préventif vis-à-vis du virus de la dengue. En même temps, ils ont constaté que le sérum de convalescent reste sans effets sur ce même virus. Qu’on opère donc in vitro ou in vivo, les conclusions restent les mêmes. Dans la seconde série d’essais, reprenant les résultats de Stolces, Bauer et Hudson, ils ont broyé dans l’eau physiologique desStegomyas infectées du virus de la dengue et réalisé la filtration sur bougies Chamberland L 2 et L3, des microbes intestinaux servant de test. Le virus delà dengue, retenu dans l’organisme du moustique propagateur du mal, traverse facilement les bougies à la pression atmosphérique. Enfin, MM. Blanc et Caminopetros, notant que le virus de la fièvre jaune n’est présent dans le sang des malades que pendant les trois ou quatre premiers jours de la maladie, ont cherché à voir si, au cours de la dengue, le virus persiste dans le sang, durant toute la période fébrile. Or ce virus est actif dans le sang des malades au moins jusqu’au cinquième jour de la maladie et peut infecter le Stegomya.
- HYDROGRAPHIE
- La région volcanique sous-marine des iles Catwick
- (M. P. Marti). — En 1923, un rapport de l’Ingénieur hydrographe principal Pelissier signalait la formation d’une île volcanique nouvelle au sud de Poulo Cecir de Mer. Constituée de matériaux finement fragmentés et lancés par une cheminée sous-marine, cette île, longue de 300 m, disparut peu après sa formation, rongée par les, lames, et ce volcan n’est plus marqué aujourd’hui que par un lumulus sous-marin, sensiblement circulaire et recouvert de scories noires de petites dimensions. La tête du haut-fond se trouve à une profondeur de 25 m et son diamètre atteint 200 m.
- A 2 km environ, à l’est, existe, d’après M. P. Marti, un haut-fond de même nature, de même dimension, de même cote et sans doute de même origine, mais caractérisé d’une part, par une margelle très nette, à 80 m de profondeur, d’autre part, par l’existence, sur son sommet, de végétaux et de coraux.
- Le plissement de la croûte terrestre ainsi étudié constitue sensiblement, avec deux autres hauts-fonds analogues, une ligne orientée aù sud 20° Est, sur une centaine de kilomètres et comprend : l’ensemble qui émerge de l’île Poulo Cecir de Mer ou de ses dépendances, quelques fonds cotés de 30 à 40 m, la roche sous-marine Yusun cotée 7 m, le groupe des volcans sous-marins signalés ci-dessus, les deux rochers émergeant, Poulo Sapate (111 m) et Petite Catwick (18 m), la roche sous-marine Julia (cotée 6 m), enfin quelques hauts-fonds situés plus au sud, et, eux aussi sans doute, d’origine volcanique.
- Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉTALLURGIE
- Des fours espagnols anciens ont été récemment découverts en Côte d’ivoire.
- Vers l’an 450 avant J.-C., une flotte commerciale réunie par ITannon de Carthage, ayant entrepris un voyage de découverte au long des Côtes d’Afrique, pénétra jusque dans le Golfe de Guinée où elle prit contact avec les populations indigènes, ainsi qu’en témoignent des notes d’Hérodote datant sensiblement de la même époque. Les colliers de perles phéniciennes anciennes que l’on trouvait encore récemment chez les indigènes de ces régions au voisinage de la mer, en Gold Coast. notamment, paraissent bien le confirmer.
- Des relations ayant été ainsi établies, ne peut-on supposer que .Carthage vint s’y approvisionner lorsque plus tard elle eut besoin d’or, d’esclaves, d’éléphants et de guerriers «nubiens » dans ses luttes contre Rome ?
- Il n’est pas besoin de faire remarquer qu’en effet, les éléphants et l’or carthaginois ne pouvant venir d’Asie, les régions pouvant les fournir le plus facilement étaient bien la boucle du Niger et l’hinterland du Golfe de Guinée.
- Si cette hypothèse est juste, les caravanes rapportaient donc de l’intérieur, soit par la Tripolitaine, soit par d’autres pistes du Sahara, les produits divers dont Carthage avait besoin : or, éléphants, esclaves, guerriers mercenaires, etc., etc... et peut-être le café (le café que boivent les Arabes et autres musulmans est actuellement encore de cette même origine africaine), de telle manière que des relations courantes étaient établies entre Carthage et ces régions du Sud.
- Or la fabrication des armes et des outils en fer dans la Médi-terrannée était déjà ancienne à cette époque puisque — d’après les inscriptions persanes transmises par les Grecs — Sémiramis avait conquis « toute l’Asie jusqu’à F Indus » vers l’an 2000,
- Fig. 1, — Les tcis de scories des environs d'Oumé.
- lôno d'anciens trovaut (Scories)
- î.v rm
- DùSufa
- pu J centimètre pour /oo.mèirçs
- Coupe A
- (par l'axe d'un ancien four et ta ligne delà plus grande pente)
- So/ actuel
- Sol éboulé , ( actuel)
- Scories
- anciennes
- .Fig. 2.— Coupe d’un four.
- avec des guerriers armés de glaives, de lances, des chars armés de faux, etc., etc., et l’on peut penser que ces mêmes Carthaginois, qui tenaient l’Espagne vers l’an 400, y ont introduit les méthodes sidérurgiques de la Méditerranée orientale, en même temps que dans les régions africaines où fréquentaient leurs caravanes.
- Il n’y a aucun indice qui permette de refuser l’hypothèse que les restes des nombreux fours espagnols existant encore à Oumé en Côte d’ivoire, ne soient de cette époque; avec les creusets et les anciens travaux que l’on y trouve, ils témoignent d’une civilisation, de méthodes et de procédés dont les races habitant actuellement ces régions sont parfaitement ignorantes. La construction de ces fours peut donc être logiquement attribuée à l’époque carthaginoise.
- Ce que l’on comprend moins toutefois, c’est l’intensité de ces exploitations. A Odienné, par exemple, existe un tonnage appréciable déjà de scories très riches en fer. A Oumé également un certain tonnage de scories (plus de 10 000 tonnes) prouve, ainsi que les vestiges de plus de 100 fours espagnols (sortes de hauts fourneaux de 4 à 5 m de hauteur) une véritable intensité d’exploitation.
- On peut donc se demander à qui était destinée toute cette fabrication de fer, car la consommation locale, qui ne comportait que quelques fers de flèches ou de lances, ne paraît pas justifier de tels travaux.
- Examinons donc quelle autre hypothèse pourrait être faite.
- Le procédé employé comportait la fusion directe du minerai dans des fours chauffés au bois et munis d’une soufflerie de peaux de boucs mues à bras. On se rend compte que, dans ces conditions, il fallait un minerai entrant facilement en fusion, puisque les exploitants ne pouvaient disposer comme fondant calcaire sur place que de coquilles de colimaçons et de coquillages d’eau douce des rivières voisines.
- On est donc conduit à penser que le développement de ces exploitations de Odienné et de Oumé pourrait être attribué à la nature, particulière en ces points, des latérites qui constituaient le minerai de fer.
- Or il faut, ici, signaler un fait curieux.
- Par constitution, ces latérites sont elles-mêmes un concentré le toutes les matières insolubles que contenaient les roches anciennes, dont toutes les parties solubles (chaux, soude, potasse), ont été lavées par les pluies, après dissolution par l’humidité chaude de ce climat. Puis, ces matières insolubles, riches en fer, silice, alumine, et éventuellement en or, argent et autres sels métalliques possibles, traitées par fusion, ont donné des scories concentrant à nouveau toutes les impuretés, c’est-à-dire les métaux précieux, qui avaient déjà été l’objet
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- d’une première concentration dans la constitution de la latérite.
- Il en résulte que ces deux concentrations successives ont produit des scories riches en métaux précieux.
- C’est ainsi qu’à Oumé, par exemple, la plus forte teneur qui ait encore été trouvée est de 236 gr d’or à la tonne, sans compter une certaine teneur en métaux du groupe platine, osmium, rhodium, iridium, etc.
- Devant l’incertitude où plongent l’intensité peu compréhensible de l’exploitation ferrifère en ces régions écartées, et la haute teneur en métaux précieux, n’est-on pas conduit à l’hypothèse que peut-être cette exploitation carthaginoise visait l’or plus que le fer ?
- Mais alors, ils auraient eu un procédé séparant l’or de la scorie ?
- — Lequel ?
- •—- Connaissaient-ils déjà les procédés actuels ?
- — Cela expliquerait la présence des creusets trouvés sur place.... A. Riester.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Les nouvelles applications de gel de silice
- Les lecteurs de La Nature ont été mis au courant des propriétés et des applications de la silice colloïdale, connue sous le nom de silica gel. Ce produit se caractérise par ses propriétés adsorbantes vis-à-vis des vapeurs condensables.
- Dans une récente conférence à la Société de l’Industrie minérale, M. Ledoux a passé en revue les diverses applications données au silice gel, et qui ont pris, surtout aux Etats-Unis, une grande extension. Nous ne reviendrons pas sur celles qui ont déjà été étudiées ici : raffinage du pétrole et du benzol; débenzolage du gaz, récupération des solvants volatils, dessiccation de l’air insufflé dans les hauts fourneaux.
- Le silica gel est maintenant employé fréquemment pour maintenir l’air sec dans les ateliers traitant des produits dont la préparation s’accommode mal de l’humidité. M. Ledoux cite l’exemple d’une fabrique d’agglomérés de liège, la Crown Cork and Seal Co qui fabrique les petites rondelles des capuchons métalliques de bouteilles; on maintient l’air sec de façon que le liège ne soit pas humide et se mélange bien à l’agglomérant.
- Plusieurs fabriques de câbles téléphoniques, notamment la Western Electric, sèchent à fond, par le même moyen, les câbles dans un entrepôt spécial avant de les plomber; ce qui permet d’utiliser pour le bobinage des câbles des papiers de qualité ordinaire.
- De même, une imprimerie de papier quadrillé maintient l'air de l’atelier à un degré hygrométrique constant, pour obtenir, lors de l’impression, des quadrillages rigoureusement égaux.
- Le silica gel est quelquefois employé dans les installations dites de conditionnement d’air qui ont pour objet de maintenir à une température et à un degré hygrométrique déterminés l’air de salles de spectacle, d’hôpital, d’appartements, etc.
- A Niagara Falls, on dessèche par le silica gel, l’hydrogène produit par électrolyse d’eau avant de l’admettre dans des canalisations qui conduisent ce gaz à 7 kilomètres de là, à des usines d’ammoniac synthétique. On évite ainsi les obstructions par dépôts de glace en hiver. On dessèche de même dans beaucoup d’usines les gaz destinés à être livrés au commerce sous forme comprimée : oxygène, hydrogène, acétylène pour la soudure autogène, gaz carbonique pour boissons gazeuses, hélium pour dirigeables.
- Le silica gel est employé aussi pour réaliser des machines frigorifiques à absorption à acide sulfureux. L’adsorption du gaz évaporé par la silice solice remplace ici la dissolution usuelle
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- dans l’eau. Des machines de ce principe ont été installées à bord de wagons réfrigérants.
- Enfin, la grande porosité du silica gel en fait un support de catalyseur idéal. De nombreuses usines d’acide sulfurique travaillant par le procédé du contact ont adopté le silica gel comme support du platine; il suffit alors, pour une production journalière d’une tonne, de disposer dans les convertisseurs d’une masse de 100 grammes de platine divisé, au lieu des 500 à 1000 grammes nécessaires quand on emploie l’amiante ou le sulfate de magnésie comme supports. On peut réaliser ainsi une forte économie dans les frais de premier établissement.
- BIOLOGIE
- Un poisson qui pêche des oiseaux : la baudroie.
- En 1926, j’avais signalé à l’Académie des Sciences et ici même (La Nature, n° 2723), l’observation faite à Concarneau d’une Baudroie de près d’un mètre de long, apportée au marché, dans l’estomac de laquelle on avait trouvé deux oiseaux : un jeune macareux moine de 27 centimètres et un guillemot à capuchon de 44 centimètres de long.
- M. E. W. Gudger, de l’American Muséum of Natural History, vient de relater, dans Natural History, une constatation du même genre.
- Le 18 novembre 1928, au petit jour, des chasseurs d’oiseaux, naviguant en canot à quelques milles de la côte de New Jersey, aperçurent un poisson nageant en surface qu’ils prirent à la main. C’était une baudroie d’un peu plus d’un mètre de long dont la gueule distendue tenait un oiseau, la tête repliée sous une aile; l’oiseau ne fut pas déterminé. M. Gudger suppose que la baudroie flottait, ne pouvant plus plonger, parce qu’elle avait avalé de l’air en ingérant sa volumineuse proie.
- Recherchant les observations similaires qu’on peut rencontrer dans la littérature scientifique, M. Gudger en a retrouvé plusieurs autres.
- Dans The Zoologist de 1865, Blake-Knox, de Dublin, avait rapporté le cas d’une baudroie prise en surface, ayant un cormoran encore vivant dans la gueule; l’oiseau délivré ne survécut pas à ses blessures.
- En 1869, Couch, dans son History of the Fishes of the British Islands, avait conté le drame d’une baudroie d’un mètre de long avalant un goéland plus grand qu’elle et montant en surface, les pattes, la queue et le bout des ailes de l’oiseau restant encore hors de la bouche, faute de place.
- En 1880, Day avait signalé la présence d’une sarcelle dans l’estomac d’une baudroie.
- En 1884, Goode affirma la réalité d’une trouvaille de sept canards sauvages dans l’estomac d’un poisson de la même espèce, ce qui est un record.
- Enfin, en 1925, Bigelow et Welsh donnèrent dans leur liste des poissons du golfe du Maine la composition suivante du menu des baudroies, en ce qui concerne les oiseaux : cormorans, mouettes, sarcelles, macreuses, plongeons, guil-lemots, pingouins, grèbes, harles, etc.
- Il ne fait donc aucun doute que la baudroie avale, non seulement toutes sortes de poissons, mais qu’elle pêche aussi les oiseaux aquatiques, lesquels se laissent peut-être attirer par le filament pêcheur que le poisson porte au-dessus dé sa tête et laisse flotter au gré de l’eau.
- J’ajoute qu’on peut encore trouver bien d’autres choses dans l’estomac des baudroies. J’y ai rencontré des langoustines entières, d’autres broyées, des oursins brisés dont les piquants sont cependant fort gros et durs (.Dorocidaris papillota), des étoiles de mer de 10 centimètres de diamètre (Anseropoda membranaeea) ('). R. Legendre.
- I. Bulletin de la Sociéié zoologique de France, t. L. II, 1927, p. 265.
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- PETITES INVENTIONS
- OPTIQUE Les téléloupes
- L’observation à la loupe ne satisfait pas toujours pleinement ceux que. leur profession ou simplemenl leur amusement, conduit,
- Fig. 1. — Une téléloupe monoculaire, grossissant 18 fois, munie d'un manche {lunette 6 fois et lentille additionnelle -f 12 dplr.).
- à utiliser souvent cet instrument d’optique. Nous ne parlons pas ici des aberrations chromatiques et de l’effet de distorsion dont les loupes ordinaires sont entachées, car il existe dans le commerce des loupes de précision, qui sont exemptes de ces défauts. Mais nous faisons allusion aux reproches suivants, généralement adressés aux loupes : impossibilité de réaliser des grossissements élevés; champ peu étendu; distance frontale insuffisante. Quelques chiffres feront mieux comprendre les limites que l’emploi des loupes impose à l’observateur. Les loupes communément employées pour la botanique, la zoologie, la timbrologie, l’examen des pierres précieuses, etc., ne dépassent pas en général 10 diamètres. Il est évident qu’on trouve des loupes de grossissement supérieur, par exemple les loupes
- anastigmatiques Zeiss 16X, 20x,et27,X,mais champ observé
- se rétrécit jusqu’à atteindre seulement 6 mm avec cette dernière. En même temps diminue la distance frontale. On sait qu’on appelle ainsi la distance de la loupe au plan examiné : avec la loupe anastigmatique 27 X> elle n’est que de 5, 5 mm. On conçoit donc que l’observation soit rendue difficile, surtout si l’on tient compte qu’aux grossissements élevés, l’éclairement de l’objet est défectueux en raison du rapprochement de la loupe.
- Il devient impossible de disséquer la plante ou l’insecte, et la fatigue de l’observation est encore accrue par la difficulté de mettre au point.
- Nombreux sont ceux qui, sans recourir au microscope, désirent un instrument d’optique permettant à la fois d’atteindre Mes grossissements assez élevés, de disposer d’un champ d’observation étendu et d’une grande distance frontale. Il semble difficile de pouvoir réaliser à la fois ces exigences : cependant, elles sont satisfaites par les télêloupes Zeiss.
- Les téléloupes sont constituées par une longue-vue monoculaire ou une jumelle qui n’offrent, pour la vision de loin, aucune différence avec les systèmes à prismes courants, mais de dimensions réduites. Suivant le désir, elles donnent un grossissement de 3 diamètres (pour le théâtre) ou de 6 diamètres (pour la campagne, les sports, etc.). La jumelle proprement dite permet la mise au point, par molette centrale, jusqu’à une distance de 2 mètres.
- Si l’on adapte, sur le ou les objectifs de cette longue-vue ou de cette jumelle, une lentille ou une paire de lentilles additionnelles convergentes, la combinaison optique obtenue, appelée
- Fig. 2.— Une téléloupe binoculaire X 7,5 fois (jumelle 6 fois et lentille additionnelle -f 5 dpir.).
- téléloupe, permet l’observation de près. Le grossissement-loupe G et la distance frontale D sont déterminés par le pétit calcul suivant :
- Grossissement G de la téléloupe = Grossissement de, la jnmelle X» grossissement de la lentille additionnelle.
- Distance frontale D (en mètres) de la téléloupe — Distance focale de la lentille (—1) : puissance en dioptries de la lentille.
- En combinant, par exemple, une jumelle 6X avec une paire de lentilles additionnelles -f-lOdptr. (soit2,50x)> on réalise une téléloupe de grossissement-loupe :
- G = 6 X 2,50 = 15 diamètres Et dont la distance frontale atteint :
- D = ^ = 0»10m.
- Fig. 3. — Une loupe binoculaire sur le bandeau frontal.
- Remarquons en passant qu’une loupe ordinaire de même grossissement 15 X possède une distance frontale d’environ 1 cm seulement, soit dix fois moins. A grossissement égal, le champ, de 24 mm avec la téléloupe, n’est que de 10 mm avec la loupe. Ce simple exemple fait ressortir clairement l’intérêt des téléloupes.
- Il est évidemment avantageux, pour mieux distinguer la disposition spatiale des objets ou la nature de leur surface, de recourir aux téléloupes binoculaires, les monoculaires étant plutôt réservées' à l’observation des surfaces planes (gravures, manuscrits, dessins, etc.). Cependant, alors qu’on ne -peut dépasser, avec les premières, le grossissement-loupe 15 X. ^es secondes permettent de porter le grossissement maximum à près de trente diamètres. Pour faciliter aux grossissements élevés l’observation et rendre possible la dissection, on fixe la téléloupe, soit sur un bandeau frontal, soit sur un pied porte-loupe.
- Il serait fastidieux d’énumérer ici toutes les applications des
- Fig. 4. — Une téléloupe montée sur le grand pied porte-loupe muni d'un mouvement lent. .
- téléloupes qu’emploient aussi bien les naturalistes, les savants et les médecins que les ingénieurs et les artisans (mécaniciens de précision, orfèvres, opticiens, graveurs, etc.). Les stations agricoles les utilisent pour l’examen des plantes, des arbustes; les laboratoires de sciences naturelles pour suivre la vie d’ani-
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- Fig. 5. — Le télémicroscope 90 fois. (lunette 3 fois et objectif C) et la chambre planklon sur un pied muni d’un tiroir ou d’un diaphragme à fond noir.
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- malcules, ou observer des arborescences en aquarium ; les industriels, pour les buts les plus variés (contrôle de bonne marche de mécanismes délicats, lecture à courte distance des indications données par les thermomètres, appareils enregistreurs, etc.).
- Il est enfin, une application remarquable des téléloupes, cependant assez peu connue : celle qui permet aux amblyopes, c’est-à-dire aux personnes dont l’acuité visuelle est très réduite (de 1/10 à 1/60) et qui sont presque aussi désemparées dans la vie que les aveugles, de recouvrer une acuité suffisante pour lire, écrire et reprendre leurs occupations normales.
- Disons en terminant deux mots de l’ingénieux dispositif, grâce auquel on transforme la téléloupe monoculaire en télémicroscope utilisant les objectifs de microscopes à pas de vis diamètres le grossissement maxi-
- dérablement accru et l’on obtient une lumière blanche très actinique, qui rend cet appareil précieux pour la photographie
- universel et portant mum réalisable.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur un sujet susceptible de plus amples développements, ayant seulement en vue
- Fig. 6. — Microphotographie d'une algue (Spirogyra) photographiée à l'aide d’un lélémicroscope et d’un objectif photographique (Prolarlinse f— 35 cm). Pour l’épreuve de gauche, on a employé la lunelteXG fois et l’objectif X7 fois (grossissement microscopique total 42 diamètres), pour l’épreuve de droite, la lunette X 6 fois avec l’objectif X 30 fois (grossissement microscopique 180). Regardées à une distance de 25 cm, au lieu de 35 cm (distance photographique), les épreuves représentent des grossissements de 60 et 250 diam.
- Fig. 7. — Lampe intensive Union-Lux.
- sur les émulsions ortho et panchromatiques. Chaque lampe est munie d’un miroir réflecteur à facettes assurant une bonne répartition des rayons lumineux en même temps qu’une élimination presque complète des ombres portées, de sorte que l’ensemble constitue vraiment une source d’ambiance.
- Des volets latéraux permettent de limiter à volonté le champ éclairé et le corps de l’appareil est monté sur un étrier donnant l’inclinaison voulue. Un écrou au pas du congrès permet de fixer l’appareil sur n’importe quel pied d’appareil photographique suffisamment-robuste ou sur un pied spécial à tiges extensibles.
- La faible consommation de cet appareil, 4 amp., 5 sur 110 volts et 2 amp., 5 sur 200 volts, permet son utilisation sur n’importe quel compteur. Son petit volume (55 cmX44 cmXlS cm), et son poids réduit (7 kg. 200) le recommandent tout spécialement pour les travaux industriels.
- La lampe intensive Union-Lux dont le pouvoir éclairant est d’environ 3000 bougies permet les clichés instantanés dans les intérieurs et les prises de vue cinématographiques de portraits bustes avec des •objectifs de grande ouverture de l’ordre de F; 2,7 par exemple.
- L’utilisation d’un groupe de plusieurs lampes est tout indiqué pour la prise de vues cinématographiques en appartement et permet à l’amateur cinégraphiste de continuer d’opérer pendant la mauvaise saison.
- Constructeur : Établissements « Union », 6, rue du Conservatoire, Paris, 9 e.
- ÉCLAIRAGE
- Appareil de signalisation lumineuse
- d’attirer l’attention de nos lecteurs sur un instrument d’optique encore trop peu connu et qui ne peût manquer d’intéresser tout ami de la nature.
- Constructeurs : Optica, 18-20, Faubourg-du-Temple,’ Paris (11e).
- PHOTOGRAPHIE Lampe intensive Union-Lux
- 1 Cet appareil portatif, d’un principe nouveau, se compose de 7 lampes à bas voltage montées en série et survoltées à l’aide d’une résistance.
- Le pouvoir éclairant de chaque lampe se trouve ainsi consi-
- On vient d’imaginer un principe de signalisation lumineuse permettant de communiquer automatiquement à des groupes de lampes des éclats codifiés suivant l’alphabet Morse. Un dispositif à contact est actionné par les bossages d’un disque tournant, les bossages étant disposés en groupe suivant le signal à reproduire. Il est d’ailleurs facile d’imaginer plusieurs appareils de contact et plusieurs circonférences garnies de bossages, de façon à grouper des signaux.
- On allume ainsi les lampes ou des appareils d’éclairement plus ou moins puissants. Ce.dispositif est notamment applicable aux signalisations destinées à la navigation aérienne, par exemple.
- Roux, Saint-Germain-au-Mont-d’Or (Rhône).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Un fleuve de nuages.
- Un de nos lecteurs nous adresse la communication suivante :
- « Tout le monde a entendu parler de la mer de nuages. Pour ma part, sans être alpiniste de profession, j’ai fait bien des voyages en montagne, sans avoir été témoin de ce phénomène. Or, je l’ai vu chez moi, dans un pays de plaines, en Beauce, dans des conditions assez inattendues. J’allais en bicyclette â un village voisin par Un soleil radieux. La route traverse « la Vallée ”, selon l’expression des gens du pays. Cette vallée a, tout au plus (montagnards ne souriez pas !) 10 m de profondeur et 200 m de largeur. Les pentes sont assez rapides. C’est le lit desséché d’une rivière, aujourd’hui cultivé, mais qui devait avoir encore de l’eau au commencement de l’époque historique. Peut-être existe-t-il encore Un cours d’eau souterrain, cette vallée n’étant qu’une des ramifications de celle de la Couie, rivière coulant sous terre par endroits et à certains moments de l’année.’ »
- Quelle ne fut pas ma surprise, en arrivant sur le bord de la vallée, de n’en pas voir le fond ! A sa place, le vide ! Ou, plutôt, un épais brouillard sombre par endroits,- d-’un.blanc étincelant dans d’autres, à surface parfaitement délimitée, ondulant et s’écoulant lentement en suivant la vallée. C’était magnifique, mais j’ai eu un instant d’hésitation avant de descendre la côte, comme si j’allais me précipiter dans un véritable courant d’eau.
- Au fond de la vallée, plus de soleil, une obscurité relative; impossible de voir à quelques mètres devant soi; des gouttelettes d’eau glaciale pénétraient les vêtements de toutes parts. Je me demandais si j’allais retrouver soleil et chaleur de l’autre côté.
- Eh bien! oui, bientôt ma tête émergea du brouillard. Je retrouvai le magnifique soleil, laissant le fleuve de nuages s’écouler derrière moi.
- A mon retour, le phénomène avait disparu. »
- U élevage du Hérisson.
- Lorsqu’on désire tenter l’élevage du Hérisson européen et qu’on ne peut rechercher soi-même cet animal, on peut avoir recours à l’obligeance d’un garde quelconque qui vous le procurera sans peine. A défaut de garde, on peut trouver, à la campagne, un de ces individus sans profession bien définie qui ne demandent pas mieux que de gagner un peu d’argent en capturant de petits animaux sauvages. Ce genre de pourvoyeurs n’est pas toujours très honnête, et peut-être le vôtre essaiera-t-il de vous voler un Hérisson afin de vous le revendre...; mais on est parfois obligé de se contenter des services de tels gens! En effet, en ce qui concerne spécialement le Hérisson, les marchands d’animaux des quais de Paris ne veulent plus en vendre parce qu’ils les jugent de conservation trop difficile.
- Le Hérisson, qui s’est endormi aux premiers froids, se réveille au printemps. Bientôt il pense à s’accoupler et, dès le mois de mai, si la saison est favorable, des petites familles s’abritent sous des tas de feuilles.
- Le Hérisson peut s’apprivoiser; mais pour qu’il reste chez son maître il faut qu’il ait une nourriture suffisante et un abri convenable, sans quoi il sait fort bien s’échapper. L’escalade de petits murs ne l'effraie nullement.
- Extrêmement vorace, et en même temps de goût difficile, le Hérisson
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- captif mange de tous mets bien préparés. Il aime la bonne soupe, surtout la soupe au lait. Il n’aime que trop les œufs et il est nécessaire de lui interdire l’accès du poulailler.
- Le seul défaut du Hérisson consiste à détruire les couvées et à dévorer la mère et les jeunes des petits Oiseaux qui nichent à terre. Il détruit les couvées des oiseaux-gibier : Perdrix, Faisan, etc...
- En liberté, toute proie vivante est bonne à ce gourmand : Vers, Mollusques, gros Insectes, Chenilles, etc... Ce petit animal lourd et lent, mais rusé, parvient à se saisir des Rongeurs : Mulots, Campagnols, Souris.
- De mœurs nocturnes, le Hérisson sort quelquefois pendant le jour; mais il préfère s’abriter dans sa demeure en attendant l’ombre propice à ses chasses. Il accepte volontiers de s’installer sous un buisson épineux, sous un tas de paille ou de feuilles.
- Le Hérisson n’est pas très craintif et il vient familièrement là où il sait qu’il n’a à redouter ni l’homme, ni le chien, ses deux grands ennemis.
- Au mois de mai dernier, à Blois, un de nos voisins a découvert, en remuant un tas de fumier et de vieille paille, dans un coin de son jardin, un nid de Hérisson. La mère et les petits n’ont pas bougé, et après nous les avoir montrés, le voisin les a soigneusement recouverts de paille.
- Nous nous réjouissions de constater que notre propagande en faveur du Hérisson portait des fruits...Mais quand les jeunes trottèrent seuls, deux d’entre eux furent ramassés morts, dans le voisinage, victimes d’un Chien, ou d’un de ces paysans qui croient faire œuvre pie en détruisant tout animal sauvage, même hors de leurs terres...
- Parmi les survivants de la nichée, l’un nous donna la preuve de sa familiarité. Par une très chaude après-midi de septembre, notre frère, s’étant étendu un moment sous un hangar, se sentit tiré par son vêtement. Il se retourna et vit un Hérisson qui tranquillement passa entre ses pieds, se dirigeant vers un tas de bois.
- Auxiliaire de l’agriculture, le Hérisson est surtout intéressant en tant que destructeur de Vipères. A ce titre seul, il mériterait d’être épargné et il serait bon de favoriser sa multiplication dans les régions infestées de reptiles venimeux.
- A l’étranger, le Hérisson bénéficie de mesures protectrices. En Suisse, par exemple, la loi fédérale sur la chasse du 10 juin 1925 place le Hérisson au nombre des animaux utiles, dignes de protection.
- Rappelons pour mémoire qu’un naturaliste allemand créa un refuge pour les Hérissons, refuge composé par une forêt minuscule, longue de deux cents pas, aux buissons très serrés, remplis d’épines, tout à fait inaccessible à l’Homme et au Chien. De petites caisses, de 15 centimètres de longueur, 15 de largeur et 30 de hauteur, étaient placées dans cette forêt pour fournir aux Hérissons des habitations d’hiver. Ces caisses étaient ouvertes en bas et sur un des côtés. Il paraît que le refuge ainsi aménagé plaisait beaucoup au petit Mammifère Insectivore auquel il était destiné. Et, au-dessus des Hérissons, tout un monde d’Oiseaux, protégé par les épines, s’ébattait joyeusement-fil faut croire que les Hérissons et les Oiseaux vivaient en bon voisb nage !) En tous cas, l’idée de la petite forêt épineuse est à retenir chaque fois que l’on se propose de sauvegarder des espèces sauvages utiles. A. Feui’llée-Billot.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses utiles :
- Fabricants ou dépositaires d'appareils formoloteurs : Ozotenseur, 18, rue Duphot; Ozoniseur Dominé, 12, rue Bleue; L’Ozonateur, 177, rue Saint-Honoré, à Paris.
- Chauffage des filaments au moyen d’une boîte d’alimentation.
- En employant des lampes ordinaires à faible consommation, il est possible de chauffer les filaments de ces lampes à l’aide du courant alternatif d’un secteur en adoptant deux montages différents, comme nous l’avons, d’ailleurs, déjà expliqué dans nos chroniques.
- Qn peut, tout d’abord, utiliser un petit redresseur électrolytique
- ou du genre cuivre oxyde, par exemple, débitant un courant de quelques dixièmes d’ampère, et chargeant continuellement une petite batterie d’accumulateurs de faible capacité du type fer-nickel à électrolyte-alcalin.
- On peut également supprimer la batterie tampon, obtenir un courant redressé d’intensité suffisante à l’aide d’un redresseur cuivre-oxyde et filtrer ce courant ainsi redressé dans un circuit comportant des bobinages à noyau de fer et des condensateurs électrolytiques à très grande capacité, dont il existe déjà dans le commerce des modèles pratiques et stables.
- Les schémas de montage de ces dispositifs d’alimentation sont relativement simples, et vous pourrez d’ailleurs, si vous le désirez,
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- en trouver plusieurs dans le livre : Les solutions modernes du problème de l'alimentation. (Chiron, éditeur.)
- M. Vachier a Barcelone (Espagne).
- Questions diverses sur les pick-up et postes portatifs.
- 1° Les disques modernes enregistrés électriquement sont tous des disques à aiguille. Il n’y a donc pas d’intérêt actuellement à adopter un pick-up à saphir ; le seul avantage que l’on pourrait trouver est que le pick-up à saphir use moins rapidement les disques que le pick-up à aiguille.
- Nous n’indiquons pas, en général, de marque commerciale pour les appareils; nous pouvons vous citer simplement quelques modèles qui nous semblent convenir à l’emploi que vous voulez faire de cet accessoire. Les modèles Brunet, Stellor, Thomson, Igranic, Geco, Brown, sont justement réputés, mais il y en a également d’autres qui donnent de bons résultats.
- Nous vous signalons seulement que le prix indiqué par vous pour l’achat du pick-up nous semble vraiment très modique au cas où vous voudriez un accessoire construit avec précision, et permettant d’obtenir une reproduction pure et sans distorsion
- 2° Vous n’indiquez pas quel montage vous voudriez adopter pour la réalisation de votre poste à lampes à deux grilles, à faible tension plaque.
- Nous pensons sans doute que vous désirez établir un montage à une lampe haute fréquence, une détectrice et une basse fréquence. Vous pourriez trouver des schémas de montage de ce genre dans : Les lampes à deux grilles. (Chiron, éditeur.)
- 3° Les redresseurs à contact cuivre-oxyde sont considérés actuellement comme les plus stables et les plus robustes; il semble que leur durée de fonctionnement en service normal puisse atteindre facilement plusieurs milliers d’heures.
- M. Poirier a Montferrant (Puy-de-Dôme).
- Le cinématographe sonore d’amateurs.
- Il n’existe pas encore d’appareils de cinématographie sonore à l’usage des amateurs, ni à films, ni à disques, mais les constructeurs commencent cependant à établir des appareils relativement simples destinés à des salles de spectacle, et il est probable que des modèles encore simplifiés seront prochainement mis à la disposition des amateurs. Il est évident surtout que ces appareils seront encore d’un prix relativement élevé, si l’on veut obtenir de bons résultats, tant au point de vue du synchronisme entre la projection cinématographique et la reproduction sonore, que de la netteté des images et de la pureté des sons.
- Il existe, d’ailleurs, déjà en Amérique et en Allemagne, et on commence à établir en France, des systèmes de reproduction sonore à disques et à films qui peuvent être adaptés facilement à un projecteur cinématographique avec maintien d’un synchronisme très satisfaisant.
- Dès à présent, les amateurs qui possèdent un petit projecteur cinématographique de salon genre Pathé-Baby, par exemple, et un phonographe radioélectrique ou même mécanique, peuvent fort bien combiner ces deux appareils pour obtenir des effets d’accompagnement sonore vraiment intéressants.
- En employant des disques ordinaires du commerce, on conçoit qu’il soit difficile d’obtenir un synchronisme absolu, mais le sujet du disque peut être choisi de façon à s’adapter complètement à la projection correspondante.
- Les disques ordinaires de 25 à 35 cm de diamètre ont, d’ailleurs, une durée de reproduction qui est voisine de la durée de projection des films genre Pathé-Baby et des dispositifs simples de mise en marche et d’arrêt permettent une reproduction sonore continue à l’aide d’un phonographe à double plateau, et à deux pick-ups munis de commutateurs spéciaux de mise en marche, des moteurs et de connexion des pick-ups.
- Le dispositif complet se compose donc du projecteur cinématographique accouplé avec un phonographe électrique simple ou double. Ce phonographe est relié à un amplificateur de puissance actionnant un ou plusieurs haut-parleurs disposés à côté ou derrière l’écran de projection.
- Nous publierons sans doute dans La Nalure un article sur ce sujet intéressant et nous croyons qu’un livre consacré à cette question est en préparation. (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris.)
- M. Bezault a Paris.
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- La technique des retransmissions radiophoniques.
- En dehors de quelques essais de retransmission plus ou moins réguliers, effectués à grandes distances au moyen des ondes hertziennes, comme par exemple les récents radio-concerts transmis par la station Radio-Splendid de Buenos Ayres, et retransmis par Radio-Paris, la plupart des retransmissions radiophoniques sont effectuées par le moyen de lignes téléphoniques ordinaires.
- C’est un procédé de ce genre qui a été employé dans le concert dit « des Nations » que vous nous signalez.
- Les lignes téléphoniques employées sont presque uniquement souterraines, mais il ne faudrait pas croire que la technique de ces retransmissions soit très simple, et elle fait, d’ailleurs, l’objet des travaux d’une commission de l’Union internationale de Radiophonie.
- Les transmissions par fil sont en effet troublées tout autant que les transmissions par sans fil par des parasites, parasites telluriques et parasites industriels. Il faut amplifier les courants microphoniques très faibles transmis par les lignes et éliminer ces parasites.
- Le réseau parcouru est, d’autre part, extrêmement étendu; il a une grande impédance, comporte un très grand nombre d’appareils de connexion divers, et l’on conçoit donc la complexité du problème.
- La qualité des résultats obtenus montre bien que les techniciens ont réussi à vaincre la majorité de ces difficultés.
- Lieut.-Colonel de B., a Poitiers.
- Vérification des étages basse fréquence d’un poste.
- Le mauvais fonctionnement de votre appareil peut fort bien provenir de la détérioration d’une lampe ou du mauvais état des batteries, et non pas d’un défaut intérieur du montage.
- Comme il vous semble que le fonctionnement des premiers étages est normal, et que le dernier étage basse fréquence est spécialement défectueux, il est fort possible que le défaut constaté provienne du mauvais état des enroulements du deuxième transformateur basse fréquence.
- On peut facilement vérifier l’état de ces enroulements sans démonter aucunement l’appareil. Le primaire est, en effet, branché entre la plaque de la deuxième lampe et le pôle positif de la batterie de tension, tandis que le secondaire est branché entre la grille de la deuxième lampe basse fréquence et le pôle négatif de la batterie de chauffage.
- Pour vérifier le bon état des enroulements, il suffit donc de monter en série un voltmètre et une batterie de chauffage ou de plaque entre la douille du poste correspondant à la broche de grille ou de plaque de la lampe, et la borne de l’amplificateur, •— 4 volts ou + 80 volts.
- Si l’aiguille du voltmètre dévie, l’enroulement est encore en bon état, si l’aiguille ne dévie pas on peut en déduire que le bobinage est coupé.
- De la même manière, on peut vérifier l’état d’un bobinage de liaison ou d’un auto-transformateur, et vous pourriez trouver dans Cent problèmes de T. S. F. pratique (Masson, éditeur), les détails nécessaires sur les différentes façons d’opérer ces vérifications simples.
- M. Couturier a Paris.
- L’emploi des haut - parleurs électro-dynamiques.
- Les haut-parleurs électro-dynamiques sont de plus en plus employés en France, non seulement parce qu’ils permettent d’obtenir une intensité d’audition assez grande, mais encore parce qu’ils peuvent fournir une reproduction fidèle des différentes fréquences musicales, même des fréquences basses s’ils sont bien étudiés et convenablement ntilisés.
- Il existe maintenant des modèles de ces haut-parleurs d’un prix relativement modique et guère plus élevé que celui d’un bon modèle électromagnétique, il faut cependant prendre soin d’utiliser ces haut-parleurs d’une manière spéciale en adoptant au minimum une tension plaque de 120 à 150 volts sur le dernier étage basse fréquence.
- M. Girard a Nancy.
- Qu’est=ce que te furfurol?
- Le Furfurol (du latin furfur, son et oleum, huile) est un liquide de consistance huileuse, sa formule est C3H*02, il résulte de l’oxydation des matières amylacées d’après la réaction suivante :
- Cc H‘° O3 + O2 = CO2 -f- C3 H4 O9 +
- amidon furfurol
- + 3FI2 O
- Les premières préparations du furfurol ont été réalisées en chauffant du son de céréales avec un mélange d’acide sulfurique et de bioxyde de manganèse, aujourd’hui on utilise particulièrement dans ce but les déchets de maïs.
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- Comme, d’autre part, la fermentation des jus résultant de la saccharification des matières amylacées donne toujours naissance à du fur-furol, il est en général plus économique de retirer ce dernier des produits de queue lors de la rectification des' flegmes de distilleries de grains ou de pommes de terre, en mettant à part les produits qui passent entre 150° et 180°. . ; ;
- Le furfurol purifié bout â 162°,5; c’est un liquide incolore, qui, souvent, noircit à l’air à cause des impuretés; quand il est insuffisamment rectifié, son odeur rappelle à la fois, celle de l’essence de cannelle et celle de l’essence d’arnandes amères. Sa densité à 15° C. est de 1,68; sa densité de vapeur 3,34.
- Le furfurol additionné de tétra-chloréthane a la propriété remarquable de faire gonfler le caoutchouc vulcanisé, à la température modérée de 60° C.; cette qualité lui assure un débouché intéressant dans l’industrie du caoutchouc. M. Charli a Calvi.
- La peau de crocodile et de lézard est à la mode.
- La grande vogue des objets de maroquinerie confectionnés en peaux de serpents, de lézards ou de caïmans, sacs à main, porte-monnaie et surtout chaussures originales, a attiré l’attention des tanneurs sur la manipulation de ces peaux qui, une fois préparées, atteignent un prix élevé.
- Point n’est'besoin, comme on le croyait autrefois, nécessaire de recourir à des bains de tannage coûteux et compliqués; voici comment il suffit d’opérer :
- Les opérations préparatoires s’effectuent comme à l’ordinaire, ensuite on procède au chaulage, en mettant les peaux dans un pelain Usagé auquel il ne faut ajouter aucun autre produit que la chaux les peaux y séjournent juste le temps nécessaire pour que les écailles se détachent sans difficulté.
- Après écharnage, lavage, déchaulage avec des acides faibles, on procède au tannage proprement dit, dont l’élément essentiel est l’alun, lequel n’apporte aucune modification dans la couleur du cuir et lui conserve son aspect naturel.
- Voici, d’après Le Cuir technique, quelle est la mixture type adoptée pour le mégissage : .
- Alun pulvérisé, .... . ...".. . 5 kilos
- Farine. . . . . . ;. ... . . . .; . . . 4 —.
- Sel marin . . . . . . , . ". . . ... 3 —
- Jaune d’œuf. I .......... . 1 —
- Huile d’olivee .... . . ...... 1 —
- Eau non calcaire............ . . . 86 litres
- Suivant le cas, il peut être utile de faire varier la proportion de jaune d’œuf et d’huile d’olives, car les peaux de reptiles sont de nature très sèche; elles exigent, par suite, une quantité d’huile plus élevée que celle que comporte la mégisserie courante.
- Un résultat encore meilleur est obtenu en combinant, pour le tannage, l’action de l’alun et du chrome de la façon qui suit :
- Après un tannage à l’alun dans un bain sans jaune d’œuf ni huile, c’est-à-dire composé des seuls éléments alun, farine et sel, dans les proportions précédentes, cela pendant deux heures environ, en ayant soin de foulonner, on retire la peau et on introduit dans le bain d’après son volume.
- Bichromate de soude.................. 5 à 6 pour 100
- Acide chlorhydrique . ..............2,5 à 3 —•
- Cette addition se fait d’ordinaire en trois fois, à mesure de l’absorption des éléments par la peau; on laisse macérer une nuit, puis, le lendemain, on immerge dans un bain d’hyposulfite de soude à 20 pour 100. Après agitation de quelques minutes, On acidulé la solution par 10 pour 100 du même acide que précédemment; l’acide chromique qui a imprégné la peau se trouve ainsi réduit et celle-ei prend une teinte bleutée; on la laisse séjourner dans le bain pendant toute la nuit-
- Après rinçage et séchage, la peau est « nourrie » comme d’habitude> au moyen de 5 pour 100 environ d’huile sulfonée. Les peaux sont ensuite étirées et cadrées pour la « sèche .», puis on les pare, ponce et façonne afin de leur donner le'caçhet qui les rendra aptes à orner les gracieux accessoires de ia toilette féminine.
- M. Geay a Grenoble.
- Ce qu’est la pierre ollaire.
- La pierre ollaire du latin olla, marmile est une variété de serpentine, vulgairement talc, qui porte aussi les noms de craie de Briançon et de stéatite.
- Sa couleur est d’un blanc verdâtre, verte ou légèrement brune; elle se présente en masses amorphes, opaques, se laissant facilement
- rayer par l’ongle et tailler au couteau. On peut ainsi, sans grands risques de rupture, en confectionner des vases, d’où le nom de pierre ollaire qui lui a été donné.
- La densité est de 2,5 à 2,S; le toucher en est onctueux, c’est pourquoi on l’utilise pour faciliter le glissement des gants ou des chaussures à l’état de neuf (poudre dite de savon).
- Chiniiquement, c’est un silicate de magnésie hydraté, avec des traces de fer, sa formule est :
- 3 Mg O, 4 Si O®, IL-O.
- Outre les emplois ci-dessus, la pierre ollaire taillée est utilisée pour confectionner les brûleurs de becs à gaz type papillon ou couronne.
- M. Mange a Paris.
- De tout un peu.
- IVI. Claude, à Valdivia. — Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, les produits vendus pour garnir les appareils dits ozo-niseurs ou ozonateurs (qui ne sont en réalité que des producteurs d’aldéhydes et non d’ozone) sont constitués uniquement par de l’alcool à brûler parfumé par une essence au choix soit, par exemple, pour un litre d’alcool à 95° : essence de verveine, 40 cm’ ou terpinéol, 25 cm3 ou encore essence de géranium, 15 cm5; ceci est une question d’appréciation personnelle, la seule efficacité étant réservée aux aldéhydes qui agissent comme antiseptiques et désinfectantes. Voir, sur cette question, notre réponse précédente dans le n° 2786, page 526-
- M. Cottier, à Carouge (Genève). — L’emploi des écrans cinématographiques par transparence n’est pas avantageux à cause de la grande déperdition de lumière; c’est pourquoi les projections se font presque toujours sur écran opaque. Nous vous conseillons d’adopter plutôt cette manière d’opérer en préparant l’écran suivant la formule due à l’un de nos lecteurs qui a paru dans le n° 2798, page 514.
- IVI. Clément, à Paris. — Le lamé argent est effectivement constitué par une bandelette de laiton qui a été argentée électrolytiquement, en couche très mince, dont le poids correspond à environ 50 gr d’argent pur par kilogramme de lamé.
- L’altération ou noircissement, qui bien souvent èst qualifié oxydation, est en réalité une sulfuration due à l’intervention de l’hydrogène sulfuré toujours présent dans l’air des agglomérations.
- Pour remédier à cet accident, il suffit généralement de frotter avec une flanelle imprégnée d’une bouillie aqueuse d’e magnésie calcinée.
- On laisse en contact de façon que le soufre soit absorbé par la magnésie. Après séchage complet, un coup de brosse suffit pour éliminer la magnésie qui a rempli sa mission.
- IVI. Av., à Saint-Etienne. — 1° Nous avons répondu à votre première question, relative au noircissement de l’aluminium dans le n° 2812, page 48 du 1er juillet 1929.
- 2° Vous trouverez une formule de mastic pour boucher les fentes de parquets dans le n° 2813, page 95, du 15 juillet 1929, veuillez bien vous y reporter.
- N. B. — Les ciments magnésiens ne conviendraient pas dans ce cas.
- Dr Pinana Castano, à Alcoy. — 1° Le Solitaire est une crème
- destinée à l’entretien des articles en cuirs, chaussures, sacs de dame, etc Il est fabriqué par la Société Furmoto, 11, rue de la Pépinière, Paris (8 e), nous ne connaissons pas la composition de ce produit.
- 2° Les études très serrées que poursuit en ce moment le Service des Eaux et Forêts du Ministère de l’Agriculture (La Nature, n° 2813, du 15 juillet 1929, p. 92) ont montré la grande valeur du pyrèthre comme insecticide, sans danger pour l’homme et les animaux; nous pensons que, dans le cas qui vous intéresse, le savon pyrèthre préparé suivant la formule de' Dufour vous donnerait satisfaction.
- Prendre :
- Poudre de pyrèthre fraîche......... 1 kg 500
- Savon noir................. 3 kg
- Eau chaude..................10 litres .
- Eau froide. ............ 90 litres
- Faire dissoudre au préalable le savon dans l’eau chaude, puis étendre
- avec l’eau froide) ' "".... '
- Cela fait, délayer peu à peu la poudre de pyrèthre avec de l’eau savOn-neuse de la même manière que l’on délaie progressivement la farine pour obtenir de la pâte à crêpe fluide, autrement dit ne pas faire le contraire, c’est-à-dire introduire la poudre dans l’eau savonneuse.
- Si l’on a bien opéré, on obtient un produit homogène que l’on emploie à la dose de 3 à 4 kg dans un hectolitre d’eau pour constituer la mixture qui doit être projetée au pulvérisateur sur les plantes à protéger des insectes.
- Le Gérant : G. Masson.
- 98.416. — Paris, lmp. Lahdre. — 15-12-1929.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-SEPTIÈME ANNÉE — J929
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abrasin, 363.
- Absorption et adsorption, 150, 204, 340. Académie des Sciences, 89, 279, 377, 473, 569.
- Acadie : Français et leur langue, 222. Accumulateurs : convalescence, 48.
- Affûtage, 142.
- Aile à fente, 508.
- Aimant de magnéto : réaimantation, 48. Albâtre : recollage, 335.
- Alger : poste de radiodiffusion, 366. Allume-cigares, 526.
- Allumoir électrique prise de courant, 46. Amalgame au cuivre des dentistes, 287. Anamorphose et cinéma, 505.
- Anjou : ardoisières, 394.
- Antarctique : nouvelle expédition, 45, 560. Arachide : forme ancestrale, 279.
- Araignées et pompiles, 345.
- Arbre à huile, 363.
- Arbre de Karasaki, 141.
- Archipel Juan Fernandez, 540.
- Archoeindris de Madagascar, 279.
- Ardoisières de l’Anjou, 394.
- Argenture au trempé. 48.
- Astronomie : bulletin, 36, 133, 228, 326, 422. Astronomie stellaire, 3S5.
- Athènes : eau potable, 476.
- Atlas linguistique, 4.
- Attache-fil pratique, 233.
- Australie : rail au cœur du désert, 334. Autogire de La Cierva, 349.
- Automobile : caractéristiques de fabrication, 227.
- Automobiles ; circulation en France en 1928, 231.
- Automobile : industrie française, 460. Automobile : peinture, 47.
- Automobile pratique, 86, 136, 231, 564. Automobilistes et cyclistes, 231.
- Aveugles : éducation intégrale, 153. Aviation : chronique, 43, 139, 235, 333, 474, 523, 567.
- Azote au cours de la germination, 473.
- B
- Bananes : mûrissement, 569.
- Basculeur de phares automatique, 137. Baudroie qui pêche des oiseaux, 571. Biologie : initiation, 14, 58, 439, 484.
- Buée : prévention, 427.
- Bois : carbonisation chez les Tunisiens, 459. Bois fendus par la sécheresse, 189.
- Bois : patinage, 325.
- Bouillies insecticides au fiel de bœuf, 239. Bouteille inépuisable, 142.
- Bretagne : minéraux lourds, 279.
- Broglie (Louis de), prix Nobel, 524.
- c
- Calcium du sang, 473, Calorstats, 86.
- Cambodge : laques, 391.
- Caoutchouc : conservation, 427.
- Caoutchouc : industrie des conducteurs, 73, 317.
- Caoutchouc : protection et régénération, 417. Carbonisation du bois chez les Tunisiens. 459.
- Caroubier : gomme, 45.
- Casseroles de nickel : soins, 96.
- Castors : augmentation au Canada, 379. Cellule photoélectrique, 305.
- Cerveaux : panthéon, 282.
- Champignons comestibles ou vénéneux, 159. Chapeaux de paille vernie, 240.
- Châtaignes dans l’alimentation, 372. Chauffage d’auto, 232.
- Chaux des scories, 377.
- Chicorée, 115.
- Chien électrique, 430.
- Chimie appliquée : institut de Lille, 11. Cinéma et anamorphose, 505.
- Cinéma : précurseurs dans l’antiquité, 125. Cinématographie d’amateur, 179, 252. Clemenceau : œuvre inconnue, 559.
- Climat continental, climat marin, 417. Colle-bloc, 335.
- Colles : moisissures, 427.
- Colle pour marbres, 95.
- Colle pour tous usages, 142.
- Colliers de serrage, 275.
- Condensation électrique des poussières, 24. Corrosion : alliages ferreux résistants, 354. Corsaire à voiles allemand, 389.
- Courants marins, 22, 313.
- Courants marins : mesure, 218.
- Couteau à légumes à rouleau, 478.
- Cric automatique pour automobile, S6.
- Cric hydraulique à manœuvre rapide, 136. Croissance, 14.
- Supplément au n° 2823 de La Nature du 15 décembre 1929.
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- Cuirassés anglais « Nelson » et « Rodney », 249.
- Cyclorama, 118. -
- D
- Décaplione, 526.
- Demoiselles à explosion, 283.
- Dengue : virus, 569.
- Dessins scientifiques animés, 414.
- Disques de phonographes : fabrication, 107.
- E
- Eau d’Évian et néphrites, 473.
- Eau de mer à dose minuscule, 538.
- Eau potable à Athènes, 476.
- Eau : purification en vacances, 129. Éclairage de la scène au théâtre, 118. Éclipse de Soleil du 1er novembre, 546. École navale future, 529.
- Écran pour lampe électrique, 477. Électricité : décharges de 5 millions de volts, 334.
- Électricité : production et distribution d’énergie en France, 45.
- Électrification de la ligne Culoz-Modane, 278. Encaustiques, 285.
- Enduit calorifuge, 514.
- Énergie électrique : production et distribution en France, 45.
- Énergie naturelle utilisable, 267.
- Éoliennes électriques Darrieus, 547.
- Épaves : recherches, 140.
- Éponges, 171.
- Ergostérol irradié, 562.
- Étiquettes, 375.
- Étoiles filantes : essaims dans le passé, 44. Explosions : étude photographique, 18. Extincteur automatique d’incendie pour auto, 136
- F
- Fer : alliages résis tant aux corrosions, 354 Fer devant les attaques chimiques, 212. Fernandez : archipel, 540.
- Feu de camping : allumage à l’humidité, 84. Fiche de prise de courant, 526.
- Fiel de bœuf dans les bouillies insecticides! 239.
- Figue de Smyrne en Californie, 27.
- Filets de tennis : conservation, 287.
- Films : développement des positifs, 286. Film ozaphane, 100.
- Films scientifiques en dessins animés, 414. Firminy : groupe métallurgique, 263. Fleur artificielle désinfectante, 94. Fondations isolantes, 409.
- Fonte : protection, 96.
- Foudre et lignes électriques, 403,
- Y-— observation, 239.
- Fours espagnols anciens en Côte d’ivoire, 570.
- Fourmis : destruction, 287, 480.
- Furfurol, 575.
- G
- Gazalair, 93.
- Gel de silice, 570.
- Germination et azote, 473.
- Glaces polaires en Norvège, 4SI.
- Glaces : réparation du tain, 95.
- Glozel, 175.
- — une expertise, 76.
- Glycol éthylénique, 335. .
- Gomme de caroubier, 45.
- Goudron chez les Tunisiens, 459. Graissage central, 239.
- Graissage des autos : simplification, 231. Grotte marboréenne, 102.
- H
- Hamac repliable, 191.
- Haricot à vermicelle et confitures, 507. Hélium-: production aux États-Unis, 523. Herbe : destruction dans les allées, 286, 527. Hérédité, 439, 484.
- Hérisson : élevage, 574.
- Hirondelles : départ, 527.
- Hoggar : Touareg, 241.
- Huiles de graissage usagées : emploi, 240. Hydravion Dornier, 193.
- Hydrogène para et ortho, 400,
- I
- Iles Cutwick : volcanisme, 569.
- Illusion d’optique, 285.
- Incendies de forêts : protection parlepyrèthre, 92,
- Incombustibilité, 47.
- Incompréhensible, 465.
- Indicateur de niveau d’essence, 239. Indochine : pêche, 195.
- Initiation aquatique, 81.
- — biologique, 14, 58, 439, 484.
- Institut de mécanique des fluides, 525. Institut national agronomique : cinquantenaire, 97.
- Interrupteurs sans huile pour haute tension, 237.
- J
- Jouets animés en bois, 381.
- K
- Kerguelen : agate et spath d’Islande, 377. Ksara : observatoire, 1.
- L
- Lacs glacés des régions boréales, 267. Lampes à incandescence à ampoules dépolies, 378.
- — à incandescence : jubilé 281.
- — électrique incassable, 191.
- — intensive Union, 573.
- Laques du Cambodge, 391.
- Lavoisier et la météorologie, 273.
- Lecène : nécrologie, 524.
- Levures de 4000 ans, 92.
- Lille : institut de chimie appliquée, 11. Limes : avivage, 375.
- Livres nouveaux, 42, 90, 138, 1S2, 234, 28C, 332, 376, 428, 472, 522, 568.
- Louchet : invention 178.
- M
- Magie noire, 274, 323.
- Maisons à bon marché, 475.
- — de Londres et vibrations du sol, 227. Maladie et sol, 470.
- Mammifères curieux du « Zoo » de Londres, 176.
- Manodétendcur : étymologie, 429.
- Marbre : industrie française, 488.
- -— recollage, 95.
- Margarine, 62.
- Marié-Davy, 281.
- Matelas en laine de tonte, 240. Mathématiques : récréations, 33, 324, 561. Mayonnaise : réussite, 96, 375.
- Météorologie : mois, 563.
- Microphotographie : chambre, 477. Microscopie : principaux réactifs, 427.
- Moire, 447.
- Moissonneuses-batteuses, 360.
- Mont Saint-Michel : ensablement, 7.
- Moteurs à vent, 547.’
- Moteurs Diesel d’aviation, 166.
- Moulin à café électrique, 478.
- Moureu : nécrologie, 91.
- Moutafde aux fines herbes, 286.
- Moutons à explosion, 283.
- Musique et radioélectricité, 406.
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-
-
- N
- Natation, 81,
- Naufragés : sauvetage, 256.
- Navigation à moteur Diesel : progrès, 475. Nébalie, 262.
- Nécrologie : Lecène, 524.
- — Moureu, 91.
- — Perkin, 475.
- Néphrites et eau d’Évian, 473.
- Niagara : iilumination, 429.
- Nickel : soins des casseroles, 96. Noctovision, 75.
- Nuages : fleuves, 574.
- O
- Observatoire de Ksara, 1.
- Océan glacial : nouvelles pêcheries, 121. Œuf anormal, 282.
- Oies blanches : peaux, 123.
- Oiseaux ennemis des vipères, 465.
- — : (lutte pour l’aliment), 211.]
- — mouches, 337.
- Ombres colorées, 294.
- Oran, premier port du Maghreb, 501.
- Ozone : stabilité dans la haute atmosphère, 89.
- P
- Papiers marbrés, 427.
- — tue-mouches, 287, 528.
- Paralysie des proies, 345.
- Parasites : ferme aux États-Unis, 271. Pare-brise à commande centrale, 232.
- — perfectionné, 232.
- Parfum du métro, 95.
- Parquets : bouchage des fentes, 95.
- — huilés, 240.
- Passe-thé, 478.
- Patinage du bois, 325.
- Patine en vert antique, 335.
- Peau de crocodile et ïézard, 576.
- Peaux d’oies blanches, 123.
- Pêche à moteur : développement, 378.
- — ,en Indochine, 195.
- Pêcheries nouvelles dans l’Océan glacial, 121. Pédale antitrépidante, 3S1.
- Peinture à la nitrocellulose : entretien, 192. Peinture cellulosique : entretien, 88. Peinture pour bac à benzine, 480. Pelle-évier, 46.
- Pendule électrique à sonnerie, 46.
- Perkin : nécrologie, 475.
- Phares d’autos pour croisements, 231.
- —• de Men-Tensel, 161.
- Phonographes à fils métalliques aimantés, 479.
- — fabrication des disques, 107. Phonographie, 425.
- Phosphates tunisiens, 300.
- Photographie, 288, 336, 432.
- — rapide des textes, 35.
- — sur film, 68.
- Phototoxies, 365.
- Pierre ollaire, 576.
- Pigments sur étoffes, 240.
- Piles à électrolyte fondu, 377.
- — Lalande et Chaperon, 527.
- Pilons à explosion, 283.
- Planchers : nettoyage, 471.
- Plâtre : accélération de la prise, 239. Pocket-siège, 430.
- Pollen : vie latente dans le vide à —271°, 89. Pomme de terre : culture mécanique, 461. Pompiles et araignées, 345.
- Posophotomètre « Filmograph », 318. Poussières : condensation électrique, 24. Presse américaine, 334.
- Prestidigitation, 85, 131, 274, 323, 465. Prix Nobel, 524.
- Pyrénées : grotte marboréenne, 102. Pyrèthre et protection des forêts contre l’incendie, 92.
- Pyrèthre insecticide et vermicide, 431.
- Q
- Quartz piézoélectriques : nouvel emploi, 89.
- R
- Radioactivité : constantes, 525. Radiodiffusion : poste d’Alger, 366. Radioélectricité et musique, 406. Radiophonie, 142, 192.
- Radiophonie pratique, 39, 183, 329, 374, 518, Radiotélégraphie : station du Bremen, 237. Radiotéléphonie : alimentation des postes par courant alternatif, 418.
- Radium : état actuel de l’industrie, 334. Rats : Nouveau moyen de lutte, 559.
- Rayons infrarouges, 531.
- Rayon vert, 294.
- Rayonnement solaire, 340.
- Recettes et procédés utiles, 35, 84, 187, 325> 375, 427, 471, 514.
- Récréations mathématiques, 33, 324, 561. Respiration des végétaux et vagues de froid, 473.
- Réveil en musique, 94.
- Ricin : culture au Maroc, 378.
- Riz : succédané, 282.
- Rouleau pour tennis, 94.
- Rubrène : nouvel oxyde, 279.
- S
- Saisons froides et saisons chaudes, 321, Sauvetage des naufragés, 256.
- — : nouveau navire, 563.
- === 579 =
- Savants quand ils étaient jeunes, 33, 225, 369 Schmidt (Jolis) : expédition océanographique, 289.
- Sels naglais, 286.
- Serpents qui tètent, 479.
- Service de table mécanique, 380.
- Sève : ascension, 307.
- Signalisation lumineuse, 572.
- Silice : gel, 570.
- Singes : constatation sensationnelle, 554. Socle automatique pour fer à repasser, 478.
- Sol et maladie, 470.
- Soleil : activité et température, 56.
- Soja, 476.
- Sphinx, 433.
- Stradivarius : secret, 52S.
- Support pour couverts, 478.
- T
- Taches de tanin, 47.
- — solaires et température de juin 1929, 91.
- Taffetas d'Angleterre, 527.
- Tain des glaces : réparation, 95.
- Tan : décoloration, 95.
- Tanin : taches, 47.
- Tarets : protection du bois, 566.
- T. S. F., 383, 431, 574.
- — aux champs, 379.
- Téléloupes, 572.
- Téléphone dans les trains, 411.
- Télescope à grande puissance, 188.
- Télescope double de 600 mm, 127. Télévision Bell et Geloso, 207.
- Télévision de nuit, 75.
- — en Angleterre, 556.
- — Karolus, 190.
- Température et activité solaire, 56. Température et taches solaires, 91.
- Tennis : nivellement, 35.
- —- rouleau, 94.
- Terre à mouler, 47.
- Théâtre Pigalle, 450.
- Tireurs : trucs, 85, 131.
- Titane dans les cryptogames, 377.
- Toiles imperméables orangées, 480.
- Tomate des anthropophages, 379.
- Touareg du Hoggar, 241.
- Tourbe en Picardie, 17S.
- Trains : vitesse en France, 175.
- Transport des passagers sur mer, 49. Transpyrénéen Toulouse-Barcelone, 145. Tremblements de terre récents, 140,
- Tunisie : phosphates, 300.
- U
- Ultramicroscope nouveau, 156.
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- V
- Vélin : toilette, 96.
- Vents chargés de neige : électrisation, 89. Vernis craquelés cellulosiques, 95.
- Vertébré le plus petit, 476.
- Vêtements de cuir : remise à neuf, 566. Vie latente des grains de pollen dans le vide à -—271°, 89.
- Vins : préparation, 287.
- Vipères : ennemis naturels, 177, 465. Vipères : lutte, 192.
- -— lutte, 192.
- — vont-elles à l’eau, 517.
- Volailles : machine à plumer, 284.
- Volets de radiateur et calorstats, 86.
- Z
- Zirconium : iodure, 559.
- « Zoo » de Londres : mammifères curieux, 176.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Prestidigitation : trucs des tireurs, 85, 131. — La nouvelle magie noire, 274, 323. — Incompréhensible, 465.
- Aron (Dr Max). — Initiation biologique, 14, 58, 439, 484.
- Aubery (Jean). — Les phosphates tunisiens, 300.
- B. (A.). — Les courants marins, 22. — La mesure des courants marins, 218. — Électrification de la ligne Culoz-Modane, 278. — Les courants sous-marins, 313.
- Baud (Paul). — Résumé des communications de l’Académie des Sciences, 89, 279, 377, 473, 569.
- Bedeil (Fred). — Le nouveau poste de radiodiffusion d’Alger, 366.
- Besse (J.). — Phénomènes d’absorption et d’adsorption, 150, 204, 340.
- Bordier (D1 H.). — La moire, imperfection de notre acuité visuelle, 447.
- Bouquers de Volligny. — Fabrication du goudron chez les Tunisiens, 459.
- Bourgain (André). — Photographie sur film, 68. — Matériel cinématographique d’amateur, 252. — Le posophotomètre « Filmo-graph », 318. — Le théâtre Pigalle, 450.
- Bousquet (M.). — Le Mont Saint-Michel et son ensablement, 7.
- Boussac (P.-Hippolyte). — Le grand sphinx, 433.
- Boutaric (A.). — Récents progrès dans la condensation électrique des poussières, 24. — Le rayonnement solaire, 340. — Les rayons infrarouges, 531.
- Boyer (Jacques). — Glozel : une expertise, 76. — Le cinquantenaire de l’Institut national agronomique, 97. — Le téléphone dans les trains en marche, 411. — La culture mécanique de la pomme de terre, 461.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 33, 324. — La tourbe en Picardie, 178.
- Cahen (IL.). — L’industrie des conducteurs isolés, 317.
- Chaudron (Georges). — L’institut de chimie appliquée de la Faculté des Sciences de Lille, 11.
- Coulon (Marcel). — La paralysation des proies, 345.
- Coupin (Henri). — Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 33, 225, 369, 513.
- Darmois (E.). —• Le para et l’orthohydrogène, 400.
- Dauzat (Albert). — Les atlas linguistiques et leurs progrès récents,
- 4.
- Dauzère (C.). — Nouvelle grotte ma'rboréenne, 102.
- Debesse (Maurice). — Le groupe métallurgique de Firminy, 263. — Oran, premier port du Maghreb, 501.
- Demoulin (Lt F.). — Les Touareg du Hoggar, 241.
- Devaux (Joseph). — Nouvelle grotte marboréenne, 102.
- Dodin (Lucien). — Quelques idées sur les maisons à bon marché, 475.
- Doublet (E.). — Astronomie stellaire, 385.
- Ducamp (Roger). — Le très vieil arbre de Karasaki, 141.
- Ferrus (Lt-Colonel). — Les colliers de serrage, 275.
- Feuillée-Billot (Alex). — Les ennemis naturels des vipères, 177, 465. — Les oiseaux-mouches, 337. — L’éternelle légende des serpents qui tètent, 479. — Les vipères vont-elles à l’eau? 517.
- •—• L’élevage du hérisson, 574.
- Forbin (Victor). — Les Français d’Acadie et leur langue, 222.
- Foveau de Courmelles (Dr). — Phototoxies, 365 — Le sol et la maladie, 470.
- Frachet (André). — Les moteurs Diesel d’aviation, 166. — L’auto-gire de La Cierva, 349. — L’aile à fente, 508.
- Fradin (E.). — Glozel, 175.
- Gradenwitz (Dt Alfred). — La noctovision, 75. — Double télescope de 600 mm, 127. — La télévision système Karolus, 190. — Hydravion gigantesque Dornier, 193. — La radioélectricité et l’enseignement de la musique, 406. — La télévision en Angleterre, 556.
- Guillerd (A.). — Purification de l’eau en vacances, 129.
- Hémardinouer (P.). —- Radiophonie pratique, 39, 183, 329, 374, 518. — L’édition phonographique et la fabrication des disques, 107. — Phonographie, radiophonie, radiovision, 425, 467.
- Jaffray (J.). — Lavoisier et la météorologie, 273.
- Josserand (M.). — Champignons comestibles et champignons vénéneux, 159.
- Kuentz (L.). — La figue de Smyrne, 27. — Une ferme de parasites aux États-Unis, 271. — La cellule photoélectrique, 305. — La culture de l’arbre à huile aux États-Unis, 363.
- Lacroix (G.). — Les moteurs à vent, 547.
- Lagrula (Jean-Louis). — L’anamorphose dans la technique du cinéma, 505.
- Lecoq (R.). — L’art de protéger et régénérer le caoutchouc, 417.
- Legendre (R.). — Un poisson qui pêche des oiseaux : la baudroie, 571.
- Leroy (A.). — La chicorée, 115.
- Lutigneaux (Georges). — Les précurseurs, du cinéma dans l’antiquité, 125.
- M. (R.). •— Un nouveau moyen de lutte contre les rats, 559.
- Magard (Pierre). — Chez les singes, 554.
- Marchand (Henri). — La télévision, 207.
- Marcotte (Edmond). —• La construction d’un phare en pleine mer, 161.
- Matagrin (Arn.). — Le fer devant les attaques chimiques, 213. —• Les alliages ferreux résistant aux corrosions, 354.
- Merle (René). — Un curieux animal : la Nébalie, 262.
- Millet (J.-G.). — L’ascension de la sève, 307.
- Moll-Weiss (Augusta). — La lutte pour l’aliment dans le monde ailé, 211.
- Montessus de Ballore (R. de). — Activité solaire et température, 56.
- Moureau (P.). — Le rayon vert, les ombres colorées, 294.
- Noter (R. de). — Un succédané du riz, 282. — La tomate des anthropophages, 379.
- P. (M.). —• Fondations isolantes, 409.
- Paumier (M.). — Les ardoisières de l’Anjou, 394.
- Pawlowski (Auguste). — Le transpyrénéen Toulouse-Barcelone, 145. — Les films scientifiques en dessins animés, 414.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 86, 136, 231, 564.
- Pouciion (Gilbert F.). — La margarine, 62. — Le film ozaphane, 100. — La cinématographie d’amateur, 179.
- Rabot (Charles). — Nouvelle expédition antarctique, 45. — Nouvelles pêcheries dans l’Océan Glacial, 121. — Récents tremblements de terre, 140. — L’expédition océanographique du professeur Johs Schmidt, 289. — Augmentation de l’effectif des castors au Canada, 379. — Glaces polaires sur les côtes de Norvège, 481.
- Raulin (G. de). — L’archipal Juan Fernandez, 540.
- Reverchon’ Léopold). — La vie mouvementée-d’un observatoire : Ksara, 1.
- Richet (Charles). — L’eau de mer à dose minuscule, 538.
- Riester (E.). — Fours espagnols anciens en Côte d’ivoire, 570.
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- 582
- Roger (Em.). — Saisons froides et saisons chaudes à Châteaudun, 321. — Climat continental, climat marin, 417. — Le mois météorologique, 566.
- Rolet (Antonin). — Les châtaignes dans l’alimentation, 372.
- Rouan (J.). — La pèche en Indochine, 195.
- Rudaux (Lucien). — L’éclipse de soleil du l'r novembre, 546.
- Sancholle-LIenraux (B.). — L’industrie marbrière française, 488.
- Sauvaire-Jourdan (Commt). — Transport des passagers sur mer, 49. — Les cuirassés anglais Nelson et Rodney, 249. — L’organisation du sauvetage des naufragés, 256. — Un corsaire à voiles allemand, 389. — La nouvelle école navale, 529. — Nouveau navire de sauvetage, 563.
- Sers (J.). — Les moissonneuses-batteuses, 360.
- Stoeckel (J.). — Les laques du Cambodge, 39L
- T. (Em.). — Essaims d’étoiles filantes dans le passé, 44. — Prochain télescope à grande puissance des États-Unis, 188.
- Thibout (E.). — Récréations mathématiques, 561.
- Touciiet (Ém.). —Bulletin astronomique, 36, 133, 228, 326, 422, 515.
- Tréhard (André). — Les éponges, 171.
- Troller (A.). •— Une énergie naturelle utilisable : les lacs glacés des régions boréales, 267.
- Turpain (Albert). — L’industrie des conducteurs au caoutchouc, 73.
- — Un nouvel ultramicroscope, 156.
- V. (R.). — A la recherche des épaves, 140.
- Villepion (G. de). — L’initiation aquatique, 81.
- Villers (R.). — Étude photographique des explosions, 18. — La foudre et les lignes électriques, 403. -— Alimentation des postes récepteurs radiotéléphoniques par courant alternatif, 418.
- Weiss (E.-H.). — L’éclairage de la scène au théâtre, 118.— Éducation intégrale des aveugles, 153.
- Welscii (Jules). — Les peaux d’oies blanches, 125.
- Wertiieimer (L.). — L’ergostérol irradié, 562.
- X. — L’industrie automobile française, 460. — Haricot à vermicelle et confiture, 507. — Une nouvelle expédition antarctique, 560.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La vie mouvementée d’un observatoire : Ksara (L. Reverciion). 1
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt)........ 33, 324
- Bulletin astronomique (E. Touchet). . 36, 133, 22S, 326, 422
- Essaims d’étoiles filantes dans le passé (Em. T.)..... 44
- Double télescope de 600 mm (A. Gradenwitz)............127
- Prochain télescope à grande puissance des États-Unis (Em. T.}. ISS
- Astronomie stellaire (E! Doublet).....................385
- L’éclipse de soleil du l"1' novembre (L. Rudaux)......546
- Récréations mathématiques (E. Thibout)............• . 561
- II. — SCIENCES PHYSIQUES
- I. Physique.
- Étude photographique des explosions (R. Villers). .... 1S
- Nouvel emploi des quartz piézoélectriques..................... 89
- Phénomènes d’absorption et d’adsorption (J. Besse). 150, 204, 340
- Un nouvel ultramicroscope (A. Turpain)........................ 156
- Louis de Broglie, prix Nobel de physique. . ..................524
- Les constantes radioactives sont-elles invariables?...........525
- Les rayons infrarouges (A. Boutaric)..........................531
- 2. Chimie.
- L’institut de chimie appliquée de la Faculté des Sciences de Lille
- (G. Chaudron)................................................ 11
- Nécrologie : Charles Moureu.................................... 91
- Le fer devant les attaques chimiques (A. Matagrin)..........213
- Rubrène : nouvel oxyde.........................................279
- État actuel de l’industrie du radium. . ....................334
- Les alliages ferreux résistant aux corrosions (A. Matagrin). . . 354
- Chaux des scories de déphosphoration...........................377
- Le para et l’orthohydrogène (E. Darmois)....................400
- L’art de protéger et de régénérer le caoutchouc (R. Lecoq). . 417
- Perkin : nécrologie.............................................475
- lodure de zirconium . ..........................................569
- Applications du gel de silice...................................571
- III. — SCIENCES NATURELLES 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les courants marins (A. B.). . ............................ 22
- Activité solaire et température (R. de Montessus de Ballore). 56
- Électrisation des vents chargés de neige................... 89
- Stabilité de l’ozone dans la haute atmosphère.............. 89
- Récents tremblements de terre (C. Rabot)...................140
- La mesure des courants marins (A. B.)......................21g
- Minéraux lourds des roches de Bretagne.....................279
- Archœindris de Madagascar..................................279
- Les courants sous-marins (A. B.)...........................313
- Le rayonnement solaire (A. Boutaric).......................340
- Volcans sous-marins des îles Catwick.......................569
- 2. Météorologie.
- Taches solaires et température de juin 1929 (II. Mémery). . . 91
- Lavoisier et la météorologie (J. Jaffray)...................273
- Marié-Davy....................................................281
- Le rayon vert, les ombres colorées (P. Moureau).............294
- Saisons froides et saisons chaudes à Châteaudun (E. Roger).' . 321
- Climat continental, climat marin (E. Roger)...................417
- Le mois météorologique (E. Roger)........................... 563
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Initiation biologique (Dr M. Aron).......... 14, 58, 439,
- Nouvelles pêcheries dans l’Océan Glacial (C. Rabot). . . .
- Les peaux d’oies blanches (J. Welsch)................ . . .
- Les éponges (A. Tréiiard)................................
- Quelques mammifères curieux du « Zoo » de Londres........
- Ennemis naturels des vipères (A. Feuillée-Billot)........
- La lutte pour l’aliment dans le monde ailé (A. Moll-Weiss). L’expédition océanographique du professeur Jolis Schmidt
- (C. Rabot)............................................
- Un curieux animal : la nébalie (R. Merle)................
- Ferme de parasites aux États-Unis (L. Kuentz)............
- Œuf anormal..............................................
- Panthéon des cerveaux....................................
- Les oiseaux-mouches (A. Feuillée-Billot).................
- La paralysation des proies (M. Coulon)...................
- Augmentation des castors au Canada (C. Rabot)............
- La moire, imperfection de notre acuité visuelle (Dr I-I. Bordier).
- Oiseaux ennemis des vipères (A. Feuillée-Billot).........
- Calcium du sang des moutons éthyroïdés...................
- Le plus petit vertébré...................................
- Serpents qui tètent (A. Feuillée-Billot).................
- Les vipères vont-elles à l’eau? (A. Feuillée-Billot). . . .
- L’eau de mer à dose minuscule (Charles Richet)...........
- Chez les singes (P. Magard) . .............................
- Nouveau moyen de lutte contre les rats...................
- Un poisson qui pêche des oiseaux : la baudroie (R. Legendre).
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- 4. Botanique. — Agriculture.
- La figue de Smyrne (L. Kuentz)........................... 27
- Gomme de caroubier....................................... 45
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- Vie latente des graines de pollen dans le vide à —271°. ... 89
- Levures de 4000 ans.......................................... 92
- Pyrèthre et protection des forêts contre l’incendie.......... 92
- Cinquantenaire de l’Institut national agronomique (J. P>ovEn). 97
- La chicorée (A. Leroy).........................................115
- Le très vieil arbre de Karasati (R. Ducamp)..................141
- Champignons comestibles ou vénéneux (M. Josserand). . . . 159
- Bois fendus par la sécheresse..................................189
- Forme ancestrale de l’arachide cultivé.........................279
- Succédané du riz (R. de Noter)...............................282
- L’ascension de la sève (J.-G. Millet)........................307
- Les moissonneuses-batteuses (J. Sers)..........................360
- La culture de l’arbre à huile aux États-Unis (L. Kuentz). . . 363
- Les châtaignes dans l’alimentation (À. Rolet)................372
- Titane dans les cryptogames....................................377
- Culture du ricin au Maroc......................................378
- Tomate des anthropophages (R. de Noter)......................379
- Culture mécanique de la pomme de terre (J. Boyer)............461
- Influence des vagues de froid sur la respiration des végétaux. . 473
- Évolution de l’azote au cours de la germination..............473
- Lait végétal japonais.........'..............................476
- Haricot à vermicelle et confiture (X.).........................507
- Mûrissement des bananes........................................569
- IV. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Les atlas linguistiques et leurs progrès récents (A. Dauzat). . 4
- Le Mont Saint-Michel et son ensablement (M. Bousquet). . . 7
- Nouvelle expédition antarctique (Ch. Rabot)................ 45
- Glozel : une expertise (J. Boyer).......................... 76
- Nouvelle grotte marboréenne (C. Dauzère, J. Devaux) .* . . . 102
- Glozel (E. Fradin)......................................... 175
- La pêche en Indo-Chine (J. Rouan)..........................195
- Les Français d’Acadie et leur langue (V. Forbin)...........222
- Les Touareg du Hoggar (Lt F. Demoulin).....................241
- Agate et spath d’Islande à Kerguelen.......................377
- Les laques du Cambodge (S. Stœckel)........................391
- Le grand sphinx (P.-H. Boussac)............................433
- Glaces polaires sur les côtes de Norvège (C. Rabot)........481
- Oran, premier port du Maghreb (M. Debesse)............... 501
- L’archipel Juan Fernandez (G. de Raulin) . . . ............540
- V* - HYGIÈNE. - MÉDECINE
- L’initiation aquatique (G. de Villepion). .................. SI
- Purification de l’eau en vacances (A. Guillerd).............129
- Éducation intégrale des aveugles (E.-I-I. Weiss)............153
- Phototoxies (Dr Foveau de Courmelles). . . .................365
- Sol et maladies (Dr Foveau de Courmelles)...................470
- L’eau d’Évian dens les néphrites provoquées.................473
- Alimentation d’Athènes en eau potable.......................476
- Lecène : nécrologie.........................................524
- L’ergostérol irradié (L. Wertheimer) . .....................562
- Virus de la dengue............. . . ........................569
- VI* — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- La margarine (G.-F. Pouchon).......................... 62
- La tourbe en Picardie (V. Brandicourt)................178
- Le groupe métallurgique de Firminy (M. Debesse).......263
- Les colliers de serrage (Lt-Colonel Ferrus)...............275
- Les phosphates tunisiens (J. Auberi )........................300
- Presse américaine............................................334
- Étymologie du mot manodétendeur..............................429
- Fabrication du goudron chez les Tunisiens (Bououers de Volt-
- gny)......................................................459
- Idées sur les maisons à bon marché (L. Dodin)................475
- L’industrie marbrière française (B. Sancholle-LIenraux). . 48S
- Fours espagnols anciens en Côte d’ivoire (A. Riester) .... 570
- 2. Photographie. — Phouographie.
- Photographie sur film (A. Bourgain)...........................68
- La noctovision (A. Gradenwitz)............................... 75
- Le film ozaphane (G.-F. Pouchon).............................100
- L’édition phonographique et la fabrication des disques
- (P. Hémardinouer).........................................107
- Les précurseurs du cinéma dans l’antiquité (G. Lutigneux). . 125
- La cinématographie d’amateur (G.-P. Pouchon).................179
- Matériel cinématographique d’amateur (A. Bourgain). . . . 252
- Le posophotomètre « Filmograph » (A. Bourgain)...............318
- Films scientifiques animés (A. Pawloski).....................414
- L’anamorphose dans la technique du cinéma (J.-L. Lagrula). . 505
- Phonographie, radiophonie, radiovision (P. Hémardinouer) :
- Pavillons de phonographes portatifs.....................425
- Phonographes à films.................................. 425
- Poste complet...........................................426
- Radiovision.............................................426
- Téléphotographie Bel in.................................467
- 3. Électricité.
- Récents progrès dans la condensation électrique des poussières
- (A. Boutaric)................................................. 24
- Production et distribution de l’énergie électrique en France. . 45
- L’industrie des conducteurs au caoutchouc (A. Turpain). . . 73
- Éclairage de la scène au théâtre (E.-I4. Weiss).............118
- La télévision Bell et Geloso (H. Marchand).................207
- Interrupteurs sans huile pour haute tension......................237
- Station radiotélégraphique du Bremen.............................237
- Jubilé de la lampe à incandescence............................. 281
- La cellule photoélectrique (L. Kuentz)...........................305
- L’industrie des conducteurs isolés (H. Cahen). ..............317
- Décharges électriques de 5 millions de volts.................334
- Nouveau poste de radiodiffusion d’Alger (F. Bedeil). . . . 366
- Piles à électrolyse fondu. . ... ,...................• 377
- Lampes à incandescence à ampoules dépolies.......................378
- T. S. F. aux champs..............................................379
- La foudre et les lignes électriques (R. Villers).............403
- La radioélectricité et l’enseignement de la musique (A. Gradenwitz).........................................................406
- Téléphone dans les trains en marche (J. Boyer)...............411
- Alimentation moderne des postes récepteurs radiotéléphoniques
- par courant alternatif (R. Villers)...........................418
- Illumination des chutes du Niagara................:.......... 429
- Le théâtre Pigalle (A. Bourgain)............................... 450
- La télévision en Angleterre (A. Gradenwitz).................. . 556
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Piano diffuseur de haut-parleur............................. 39
- Valves électroniques à 2 plaques............................ 39
- Lampe bigrille montée en changeur de ' fréquence. ... 40
- Changement de fréquence : montage........................... 40
- Perfectionnement et simplification......................... 183
- Poste récepteur d’avenir. ..................................183
- Montage à changement de fréquence...........................184
- Polarisation de grilles.....................................184
- Postes à alimentation par alternatif........................185
- Poste à 3 lampes moderne....................................187
- Postes portatifs en France..................................329
- Postes valises............................................. 321
- Batteries de tension plaque : accessoires...................331
- Poste transportable.........................................374
- Montage basse fréquence à impédance.........................375
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- Radio française et américaine. Accumulateurs irrenversables . Haut-parleur électromagnétique Boîte d’alimentation pratique. Montage en haut-parleur. . .
- 518 Développement de la pêche à moteur.........................378
- 519 Un corsaire à voiles allemand (Ct Sauvaire-Jourdan). . . . 389
- 520 Progrès de la navigation à moteur Diesel...................475
- 521 La nouvelle école navale (Ct Sauvaire-Jourdan).............529
- 521 Nouvelle expédition antarctique (X.).......................560
- Nouveau navire de sauvetage (Ct Sauvaire-Jourdan) . . . + 563
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Construction d’un phare en pleine mer (E. Marcotte) .... 161
- Les maisons de Londres et les vibrations du sol des rues. . . 227
- Une énergie naturelle utilisable : les lacs glacés des régions
- boréales (A. Troller).......................................267
- Les ardoisières de l’Anjou (M. Paumier)........................394
- Fondations isolantes (M. P.).................................... 409
- Moteurs à vent (G. Lacroix)....................................547
- VIL - HISTOIRE DES SCIENCES
- Vieux savants quand ils étaient jeunes (IL Coupin). 33, 225, 369, 513
- VÜI. — ACADEMIE DES SCIENCES
- S. Transports.
- Le transpyrénéen Toulouse-Barcelone (A. Pawlowski). . . .
- Vitesse des trains en France..................................
- Caractéristiques de fabrication d’une automobile 10 ch. . . .
- Électrification de la ligne Culoz-Modane......................
- Rail au cœur du désert australien. . .........................
- L’industrie automobile française (X.).........................
- Automobile pratique (L.Picard) :
- Cric automatique pour autos..............................
- Moteur emballé...........................................
- Volets de radiateur et calorstats........................
- Peinture cellulosique : entretien........................
- Extincteur automatique d’incendie. ................... . .
- Cric hydraulique à manœuvre rapide.......................
- Basculeur de phares automatique..........................
- Automobilistes et cyclistes..............................
- Circulation en France en 1928. ..........................
- Phares pour croisements..................................
- Graissage : simplification...............................
- Pare-brise perfectionné..................................
- Pare-brise à commande centrale...........................
- Chauffage pour voiture.................................... .
- Attache-fil pratique.....................................
- Salon de 1929 ......................................... . .
- Code de la route.........................................
- Graisseur automatique . . ...............................
- Commande sur volant......................................
- Thermomètres perfectionnés...............................
- Épurateur d’air..........................................
- 145
- 175
- 227
- 278
- 334
- 460
- 86
- 86
- 86
- 88
- 136
- 136
- 137 231 231 231
- 231
- 232 232
- 232
- 233 564 564
- 564
- 565
- 565
- 566
- 6. Aviation et aéronautique.
- Les moteurs Diesel d’aviation (A. Fraciiht)...................166
- Hydravion gigantesque Dornier (A. Gradenwitz).................193
- L’autogire de la Cierva (A. Frachet)..........................349
- L’aile à fente (A. Frachet)...................................50S
- L’institut de mécanique des fluides...........................525
- Chronique d’aviation.......... 43, 139, 235, 333, 474, 523, 567
- 7. Marine.
- Transport des passagers sur mer (Ct Sauvaire-Jourdan). . 49
- A la recherche des épaves (R. V.)......................140
- Les cuirassés anglais Nelson et Rodney (Ct Sauvaire-Jourdan). 249 L’organisation du sauvetage des naufragés (Ct Sauvaire-Jour-dan)......................................................256
- Académie des Sciences : résumé des communications (P. Baud)
- 89, 279, 377, 473, 569
- IX. - VARIA
- Une œuvre inconnue de Clemenceau...............................559
- Prestidigitation (Alber) :
- Trucs des tireurs....................................85, 131
- La nouvelle magie noire.............................. 274, 323
- Incompréhensible..........................................465
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- 1. Petites inventions.
- Pendule électrique à sonnerie.............
- Allumoir électrique prise de courant . . .
- Pelle-évier...............................
- Gazalair..................................
- Rouleau pour tennis.......................
- Fleur artificielle désinfectante..........
- Réveil en musique.........................
- Télévision Karolus........................
- Lampe électrique incassable...............
- Hamac repliable et portatif...............
- Pilons, moutons et demoiselles à explosion
- Machine à plumer les volailles............
- Service de table mécanique................
- Pédale antitrépidante.....................
- Jouets animés en bois.....................
- Chien électrique......................
- Pocket-siège..............................
- Chambre microphotographique...............
- Écran pour lampe électrique...............
- Socle pour fer à repasser...................
- Moulin électrique à café. .........
- Couteau à légumes à rouleau...............
- Support de fourchette et cuiller..........
- Décaphone.................................
- Allume-cigares à charbon..................
- Prise de courant à deux usages............
- Téléloupes................................
- Lampe intensive Union. . .................
- Appareil de signalisation lumineuse ....
- 46
- 46
- 46
- 93
- 94 94 94
- 190
- 191 191
- 283
- 284
- 350
- 351 381 430 430 477
- 477
- 478 478 478 478 526 526 526
- 572
- 573 573
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- 2. Recettes et procédés utiles.
- Reproduction photographique rapide des textes,............... 35
- Nivellement d’un terrain de tennis........................... 35
- Allumage d’un feu de camping à l’humidité.................... 84
- Champignonnière d’appartement................................1S7
- Patinage du bois.............................................325
- Limes : avivage..............................................375
- Mayonnaise : réussite....................................... 375
- Étiquettes...................................................375
- Colles : moisissures.........................................427
- Buée.........................................................427
- Caoutchouc : conservation....................................427
- Papiers marbrés..............................................427
- Microscopie : principaux réactifs............................427
- Planchers : nettoyage hygiénique.............................471
- Enduit calorifuge........................................... 514
- Vêtements de cuir : remise à neuf.......................... 566
- Bois : protection contre les tarets..........................566
- 3. Boîte aux Lettres.
- Terre à mouler................................................ 47
- Incombustibilité............................................... 47
- Taches de tanin................................................ 47
- Auto : peinture................................................ 47
- Accus : entretien.............................................. 48
- Argenture au trempé............................................ 48
- Aimant de magnéto : réaimantation.............................. 48
- Extraits tannants : décoloration............................... 95
- Marbres cassés : recollage..................................... 95
- Tain des glaces : réparation................................... 95
- Fentes dès parquets : bouchage................................. 95
- Vernis craquelés cellulosiques................................. 95
- Parfum du métro.........................................-. 95
- Fonte : protection............................................. 96
- Mayonnaise : réussite......................................... 96
- Casseroles de nickel : soins................................... 96
- Vélins : nettoyage............................................. 96
- Bouteille inépuisable..........................................142
- Affûtage.......................................................142
- Colle pour tous usages.........................................142
- Radiophonie.............................................142, 192
- Vipères : lutte................................................192
- Peinture à la nitrocellulosc : entretien.......................192
- Foudre : observation...........................................239
- Plâtre : accélération de la prise..............................239
- Fiel de bœuf dans les bouillies insecticides..................239
- Graissage central.............................................239
- Indicateur du niveau d’essence................................239
- Chapeaux de paille vernie.....................................240
- Matelas en laine de tonte.....................................240
- Pigments sur étoffes..........................................240
- Huiles de graissage usagées : emplois.........................240
- Parquets huilés...............................................240
- Illusion d’optique........................................... 285
- Encaustiques. . ..............................................285
- Herbe : destruction dans les allées...........................286
- Moutarde aux fines herbes.....................................286
- Sels anglais. . ..............................................286
- Films : développement des positifs............................286
- Amalgame au cuivre des dentistes..............................287
- Fourmis : destruction.........................................287
- Papier tue-mouches............................................287
- Filet de tennis : conservation................................287
- Vins : perfectionnement.......................................287
- Albâtre : recollage...........................................335
- Patine en vert antique........................................335
- Glycol éthylénique.......................................... 335
- Colle bloc....................................................335
- T. S. F...................................... 383, 431, 479, 574
- Pyrèthre vermicide............................................431
- Serpents qui tètent...........................................479
- Fourmis : destruction.........................................480
- Toiles imperméables...........................................480
- Peinture pour bac à benzine. . . .............................480
- Hirondelles : départ..........................................527
- Pile Lalande et Chaperon......................................527
- Taffetas d’Angleterre........................................ 527
- Papier tue-mouches ...........................................528
- Stradivarius : secret.........................................528
- Fleuve de nuages..............................................574
- Hérisson : élevage............................................574
- Furfurol......................................................575
- Peau de crocodile.............................................576
- Pierre ollaire................................................576
- Livres nouveaux . . 42, 90, 138, 182, 234, 280, 332, 376,
- 428, 472, 522, 56S
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Documents photographiques...................... 288, 336, 432
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1929.
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