La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L'ART ET A L'INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/598
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/598
-
-
-
- LA NATURE
- HSH'TOE ©US
- mr mm miœg
- MIL'TO.TITîm
- ©E3SM(SIE
- O O
- O
- CINQUANTE-HUITIÈME ANNÉE 1930 “ PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C", ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
- Page de titre n.n. - vue 3/598
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/598
-
-
-
- N° 2824.
- LA NATURE
- LA PLANÈTE VÉNUS
- 1er Janvier 1930*
- - v Atf-
- Notre brillante voisine, qui n’apparaît qu’à l’aurore et au crépuscule, commence seulement à nous livrer quelques-uns de ses secrets. Nous savons que cette
- planète est située à 0,72 unités astronomiques du Soleil, et que sa période de révolution sidérale est de 224 jours 30 ; c’est-à-dire qu’elle est près d’une fois et demie plus
- Fig. 1. — Aspects de la Planète Vénus, représentés d’après divers observateurs.
- 1. Cassini, 14 oct. 1666. — 2. Cassini, 28 avril 1667, avant le lever du Soleil. — 3. id., après le lever du Soleil. — 4, 5, 6. Langdon, 1871.— 7. Trouvelot, 18 février 1891. — 8. Schiaparelli, juillet 1895. — 9. Rudaux, 3 août 1897.
- *
- p.1 - vue 5/598
-
-
-
- 2
- rapide que celle de la Terre et s’effectue sur une orbite presque circulaire.
- Nous savons seulement depuis quelques mois, à la suite des observations de M. Tournier à Sétif, que l’inclinaison de son axe de rotation sur le plan de l’orbite est d’environ 45°,5. Jusqu’à présent, on croyait que l’inclinaison de l’axe de rotation de Vénus était au contraire à peine perceptible.
- D’autre part, M. Jarry des Loges nous a appris récemment, que la période de rotation de cette planète autour de son axe, était voisine de celle de la Terre. Ce fait confirme les observations faites par Cassini en 1760, qui avait trouvé une durée de 23 h 20 m pour cette rotation. Schiaparelli en 1890, ainsi que Perrotin, Tacchini, et Percival Lowell avaient au contraire affirmé que Vénus nous présentait toujours le même hémisphère.
- Les dimensions, la densité moyenne et la masse de cette planète, sont comparables à celles de la Terre. Sa densité est de 5 et sa gravité est les 0,83 de celle de la Terre. On sait également qu'elle présente des phases analogues à celles de la Lune, qu’on observe très bien à l’aide de simples jumelles (voir fig. 1).
- Vénus est entourée d’une atmosphère probablement moins dense et moins élevée que la nôtre, ainsi que nous pouvons nous en convaincre par diverses observations. On constate en effet, qu’au moment des passages de la planète devant le Soleil, elle est entourée d’une belle auréole de lumière due à la diffusion des rayons solaires à travers son atmosphère. On reconnaît d’autre part, que sa luminosité due à la réflexion solaire (appelée albédo) est très élevée; elle est de 0,59, correspondant à celle des nuages terrestres. Cette luminosité décroît du reste des bords au centre, comme cela a lieu dans l’atmosphère terrestre.
- On constate également que pendant les conjonctions de Vénus avec le Soleil la surface de la planète reste encore visible grâce à la faible luminosité diffusée à travers son atmosphère. Cette atmosphère qui est plus chaude et plus dilatée que la nôtre est également moins dense.
- Une observation assez simple permet du reste de se rendre compte de l’ordre de grandeur de cette densité. En examinant en effet, la planète un peu avant la phase finale d’une conjonction solaire, on constate que le croissant lumineux de Vénus diminue sans cesse, et qu’à la fin, on n’aperçoit plus que deux cornes acérées. Or si l’atmosphère avait une densité comparable à la nôtre, et si par conséquent la réfringence était suffisamment grande, la corne la plus rapprochée du Soleil serait très lumineuse, ainsi que cela aurait lieu dans une atmosphère aussi dense que celle de la Terre. Mais on constate tout au contraire qüe la corne terminale, ne présente aucune luminosité insolite. Le calcul démontre que si la réfraction atmosphérique était de 12° seulement, au lieu d’être de 36°,6 comme celle de l’atmosphère terrestre, soit environ le 1/3 de celle-ci, on ne pourrait observer aucune luminosité intense. Il est donc très probable que la densité de l’atmosphère de Vénus est au plus le tiers de celle de l’atmosphère terrestre.
- Comme d’autre part, on connaît l’épaisseur de l’anneau brillant qui entoure la planète, on en a conclu que la hauteur de l’atmosphère était assez faible et ne dépassait pas 1200 à 1400 mètres.
- L’étude spectroscopique de la lumière réfléchie par Vénus n’a encore fourni aucun renseignement précis. Il est probable que cet insuccès est dû en partie à la faible épaisseur de la couche atmosphérique surmontant la surface nuageuse, ainsi qu’ à la faible densité de cette couche atmosphérique.
- L’absence de polarisation de la lumière réfléchie par l’épaisse couche nuageuse qui entoure Vénus, ainsi que l’absence d’absorption de l’ultra-violet, à la suite de cette réflexion, confirment toutes deux que la masse gazeuse qui surmonte la surface nuageuse est extrêmement faible. Voyons maintenant ce qui a été constaté au sujet de la température de notre voisine. Celle-ci, 1res proche du Soleil, reçoit environ le double de chaleur de la Terre. Sans la présence de son écran nuageux, la température moyenne de la surface y serait de 65° C, et celle des régions équatoriales de 95° C.
- Comme d’autre part, la pression atmosphérique n’v serait qu’environ le tiers de celle de la Terre, l’eau devrait entrer en ébullition à l’équateur; car à cette pression, l’eau bout à 72 0 C. ,
- En admettant l’existence de mers à la surface de Vénus, celles-ci y seraient en ébullition continuelle à l’équateur; il en résulterait des torrents, de vapeur s’élevant jusqu’aux confins de l’atmosphère, où elles se condenseraient sous forme de nuées épaisses au sein d'une atmosphère froide et raréfiée. Toutefois, il semble fort probable que l’écran formé par l’épais rideau nuageux suffirait pour arrêter une grande partie des radiations lumineuses et calorifiques provenant du Soleil. La température des régions équatoriales doit cependant être encore suffisante pour provoquer l’émission d’abondantes vapeurs provoquant une évaporation rapide des mers.
- Au contraire, dans les régions polaires, où les radiations solaires atteignent la surface du rideau nuageux sous une incidence rasante, la température doit être beaucoup moins élevée et pourrait probablement se comparer à celle de nos régions tropicales.
- Nous est-il possible, dans l’état actuel de nos connaissances, de nous former une idée de ce que pourrait être l’état physique de cette planète, et de la possibilité d’une vie végétale et animale sur notre voisine?
- Examinons les conséquences possibles des faits précédents. La durée de sa rotation est voisine de celle de la Terre, c’est-à-dire que la durée des jours et des nuits est à peu près semblable à la nôtre. Mais l’inclinaison de l’axe des pôles étant beaucoup plus prononcée que la nôtre, puisqu’elle est voisine de 45°, il en résulte qu’en été, le bord des régions polaires atteint le bord des régions tropicales et que les variations considérables de température qui s’y produisent dans le cours d’une année paraissent peu favorables à l’existence d’une flore et d’une faune telles que nous les connaissons.
- Toutefois, ou peut admettre que si la température des tropiques n’excédait pas, par exemple 50° C., ce qui semblerait assez vraisemblable par suite de l’inter-
- p.2 - vue 6/598
-
-
-
- 3
- position d’une couche très épaisse de nuages, l’existence de certaines espèces végétales serait d’autant plus probable que ces végétaux ne subiraient ces températures élevées que pendant une saison; car leur retour vers les régions polaires faciliterait leur existence. L’atmosphère, soumise à des variations continuelles de température provoquées par la grande inclinaison de l’axe polaire, est sans doute le siège de rapides déplacements des pôles vers l’équateur. Ces déplacements conjugués avec ceux de la rotation planétaire, doivent donner lieu à de violents alizés, entraînant les masses nuageuses de l’équateur vers les pôles, où leur condensation devrait provoquer d’abondantes précipitations.
- Il doit donc tomber des pluies violentes dans les régions polaires ; et les eaux de condensation relativement froides qui en résultent doivent donner naissance à de forts courants marins des pôles vers l’équateur, région où la rapide évaporation, abaisse constamment le niveau des mers. D’autre part, il semble problable que les nombreuses manifestations solaires que nous subissons sur Terre, sous formes calorifiques, électromagnétiques, irradiantes, etc., sont beaucoup plus accentuées sur Vénus, où elles doivent contribuer à de puissantes perturbations dans une atmosphère surchargée de vapeur d’eau.
- Il en doit résulter de violents orages et de fortes varia-, tions de température locale, qui contribuent sans doute à entretenir un état continuel d’agitation dans l’atmosphère. Il semble d’autre part, que la surface de Vénus soit beaucoup moins accidentée que celle de la Terre, car la présence de hautes chaînes de montagnes, comparables aux nôtres, serait visible au-dessus de la surface nuageuse, dont l’altitude ne dépasse guère 1200 à 1400 m. Or des sommets de 700 à 800 m seraient déjà perceptibles à travers la masse nuageuse; et il ne semble pas qu’on les ait encore observés; à moins cependant qu’ils ne correspondent à quelques-unes des taches fixes, visibles par intervalles.
- Voilà certes un monde bien différent du nôtre, où les conditions de la vie paraissent a priori assez difficiles !
- Si l’atmosphère renferme réellement des éléments propres à l’entretien de la vie, ce que nous ignorons encore, l’existence d’une flore et d’une faune tropicales
- n’y serait peut-être pas impossible. En effet, la température, tout au moins dans les régions polaires, est sans doute comparable à celle de nos tropiques; l’eau indispensable à l’existence y est très probablement en abondance; la gravitation, la densité de l’air sont comparables à celles que nous connaissons. Il pourrait donc se développer sur les continents polaires une végétation abondante, appropriée à ces conditions d’existence ; et comme conséquence, une faune correspondante pourrait également exister. Mais les animaux seraient alors soumis dans le cours de l’année, à de très grandes variations de température, dont ils chercheraient probablement à se préserver en effectuant des migrations saisonnières vers les régions polaires moins chaudes. Des migrations analogues existent du reste déjà sur notre planète, aussi bien dans l’air que sur terre et dans les mers.
- Si nous admettions que des êtres intelligents et responsables pussent exister sur Vénus, il semble probable que leur existence y serait passablement agitée, sous l’influence des variations rapides de la température, des troubles de l’atmosphère et des pluies abondantes ! On n’y pourrait guère concevoir que des populations nomades, constamment préoccupées de se garantir contre une chaleur trop élevée, et contre des bouleversements atmosphériques et maritimes continuels. Pour nous terriens, qui sommes relativement calmes et sédentaires sur une planète assez paisible, une telle existence pourrait paraître manquer de charmes. Mais en réalité, tout est relatif dans l’Univers, et pour des êtres nés sur un monde bien différent du nôtre, et acclimatés depuis longtemps à de telles conditions d’existence, il est fort possible que ces conditions mêmes leur puissent paraître tout aussi naturelles que celles que nous connaissons !
- En attendant que de nouvelles découvertes nous permettent d’approfondir davantage ces questions troublantes, laissons Alfred de Musset chanter les charmes de notre belle voisine :
- « Etoile, où t’en vas-tu dans cette nuit immense?
- « Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux?
- « Ou t’en vas-tu, si belle à l’heure du silence,
- « Tomber comme une perle au sein profond des eaux?
- Albert Nodon.
- -. INITIATION BIOLOGIQUE1 —........
- L’HÉRÉDITÉ
- Il - LES BASES CYTOLOGIQUES DU PROBLÈME DE L'HÉRÉDITÉ (Suite et fin.)
- LA LOCALISATION DES FACTEURS SUR LES CHROMOSOMES - L’ENJAMBEMENT
- Le lecteur ne laissera pas cl’entrevoir lui-même quelle question supplémentaire se sont, sur la base de pareilles observations, posée les biologistes. Arrivés au point où
- 1. La Nature, nos précédents, et le livre Vie et Reproduction (Mas son et Cie).
- le groupement d’un grand nombre de facteurs sur le même chromosome leur paraît s’imposer, ils se sont demandé si, à chaque facteur, correspond, dans le chromosome, une zone définie, où l’on serait autorisé à voir la place qui lui est constamment dévolue, ou bien s’il s’opère, entre les hypothétiques particules matérielles qui portent les caractères, un brassage défavorable à toute localisation.
- p.3 - vue 7/598
-
-
-
- 4
- Des faits précis sont venus éclairer ce nouveau problème, et montrer que tout se passe comme si chaque facteur avait, le long du chromosome, un siège fixe et constant.
- Quand on établit, dans les croisements entre des races de Drosophiles que de multiples caractères distinguent l’une de l’autre, les prévisions numériques de leur transmission aux descendants, on est obligé de convenir que les règles du linkage, c’est-à-dire de la liaison entre facteurs, sont parfois en défaut. Mais, remarque capitale, ce défaut n’échappe pas lui-même à une constance mathématique, et, pour un croisement déterminé, il se répète toujours dans les mêmes conditions et les mêmes proportions.
- C’est ainsi que l’union entre des Drosophiles grises à ailes longues et des Drosophiles noires à ailes vestigiales n’aboutit pas à une deuxième génération composée exclusivement, comme je l’avais laissé entendre pré-
- Fig. 1. — Diagramme explicatif de V a enjambemenl » de deux chromosomes. (D’après T. I-I. Morgan.)
- En 1, position des chromosomes entre-croisés. En 2 et 3, représentation schématique de l’entre-croisement (chaque chromosome est supposé formé de granules alignés). En 4, résultat de l’enjambement : les chromosomes ont échangé une partie de leur substance.
- cédemment, d’insectes gris à ailes longues et d’insectes noirs à ailes vestigiales. Les calculs fondés sur l’examen de nombres très considérables de sujets indiquent bien que la plupart des Drosophiles répondent à la prévision, mais non toutes. On trouve, en réalité, 41,5 pour 100 d’individus gris à ailes longues, au lieu de 50 pour 100, et 41,5 pour 100 d’individus noirs à ailes courtes ; mais la génération comporte en outre 8,5 pour 100 de sujets gris à ailes courtes et 8,5 pour 100 de sujets noirs à ailes longues.
- Une pareille anomalie serait bien propre à engendrer la perplexité et le renoncement à toute interprétation sérieuse si, une fois de plus, le recours à la cytologie n’en permettait l’explication rationnelle. Il nous faut ici revenir, une fois de plus, aux phénomènes de maturation des cellules sexuelles. Lorsque, au cours de la première mitose, les chromosomes s’accouplent deux à deux, on note, bien des fois, qu’au lieu de s’accoler en
- restant indépendants l’un de l’autre dans chaque couple, ils présentent des figures d’entre-croisement', d’ « enjambement » comme on dit, telles que la figure 1 en donne l’image. Les auteurs de langue anglaise confèrent à cette particularité la dénomination expressive de Crossing over. Par suite de cet entre-croisement, une partie d’un des chromosomes arrive à se continuer avec la partie complémentaire de l’autre et réciproquement, de sorte qu’une fois séparés de nouveau, les chromosomes de la paire considérée ont, en somme, échangé, sur une certaine longueur, leur substance (fig. 2).
- Les exceptions aux règles de la liaison entre facteurs se conçoivent aisément à la lumière de ce phénomène. Il suffit d’examiner la figure 3, plus démonstrative qu’une longue description, pour se représenter que deux caractères — comme corps gris, ailes longues — primitivement réunis sur le même chromosome, peuvent se séparer sous l’influence du crossing-over.
- Ce que l’on saisit moins bien, c’est que, si 1’ « enjambement » des chromosomes appariés intervient constamment, la séparation en cause n’ait pas lieu elle-même à tout coup, et qu’en définitive on ne retombe pas dans le cas de la disjonction.
- S’il en va différemment, c’est que l’enjambement des chromosomes se produit à des niveaux variables, je veux dire que les jambages de l’X composé par les deux chromosomes sont plus ou moins inégaux de part et d’autre du point d’entre-croisement.
- Dès lors, une fois de plus, la cytologie donne la clef de la question, à la condition d’attribuer hypothétiquement, à chaque caractère, une localisation fixe, en un point déterminé du chromosome en cause.
- En effet, deux caractères auront, s’il en est bien ainsi,
- . d’autant plus de chances de rester continuellement associés qu’ils occuperont une situation plus voisine l’un de l’autre sur l’axe chromosomique. En revanche, ils se disjoindront presque fatalement, s’ils se trouvent chacun à une des extrémités du chromosome (fig. 3).
- De telles considérations pourraient être justement critiquées au nom de leur caractère théorique, et ceux qui les émettent accusés de céder aux caprices de leur imagination si, encore un coup, les prévisions qu’on établit sur leur base ne recevaient, avec une régularité troublante, la consécration de l’expérience. C’est ce que je vais m’efforcer de montrer succinctement.
- Quand deux facteurs quelconques, F et F,, restent habituellement liés (et que, par suite, on les suppose avoir pour siège le même chromosome), on arrive à dénombrer, sur une quantité suffisante de cas, le pourcentage des exceptions, c’est-à-dire des disjonctions entre F! et F : nous avons, à cet égard, déjà donné l’exemple du croisement entre Drosophiles grises à ailes longues et noires à ailes courtes, qui aboutit, à la deuxième génération, en dépit du linkage entre les facteurs « gris » et « long » d’une part, « noir » et « court » d’autre part, à une certaine proportion de Mouches grises à ailes courtes et noires à ailes longues. Si l’on reprend le cas de nos deux facteurs F, et F, on arrive aussi à fixer le pourcentage des disjonctions entre Ff et un troisième facteur F_ qui, lui aussi, est lié à F, et Fr Que si l’on considère la pro-
- p.4 - vue 8/598
-
-
-
- 5
- portion numérique des cas de disjonction entre Ff et F2 d’une part, Fj et F. d’autre part, comme une indication de la distance entre Fp F2 et entre F(, F., on arrivera à se représenter la distance F2 F. ; et, à son tour, cette dernière devra permettre de prévoir le pourcentage des disjonctions entre F2 et F . La place me manque pour appuyer ce raisonnement d’exemples concrets. Qu’il me suffise de dire que les faits se produisent justement ainsi que les notions théoriques les préjugent.
- Donc, je ne saurais trop le répéter, non seulement les cas de « liaison » entre facteurs représentent un argument en faveur de l’hypothèse qui tient les propriétés héréditaires pour supportées par les chromosomes, mais encore les exceptions à cette règle de « liaison » ne s’expliquent clairement qu’à la faveur de la même hypothèse, lorsqu’on considère les facteurs comme rangés, dans une situation fixe et suivant une série linéaire, le long de Taxe chromosomique.
- Ce que vaut une telle construction théorique, ce que valent ces inductions qui s’enchaînent, l’avenir le dira. On ne saurait nier qu’elles reposent sur diverses pétitions de principe ni qu’elles font appel à une symbolisation que parfois l’on inclinerait à juger un peu trop ingénieuse. On ne saurait leur refuser en revanche une valeur explicative de premier ordre, ni contester que l’accord qu’elles réalisent entre des prévisions quasi mathématiques et les constatations pratiques doit leur assurer un crédit considérable.
- OBJECTIONS A LA THÉORIE CHROMOSOMIQUE
- Cette concordance n’a pas empêché bien des auteurs d’invoquer, contre la théorie chromosomique de l’hérédité, des arguments variés. Sans entrer ici dans le détail des discussions, il me semble qu’il serait peu objectif de négliger au moins deux critiques importantes auxquelles elle ne laisse pas de prêter.
- La première, c’est que tous les documents cytologiques ont beau paraître indiscutables, et toutes les observations des généticiens se recouper avec eux d’une manière troublante, il n’en demeure pas moins imprudent et prématuré de voir là autre chose qu’une relation de concomitance. Ce qui se passe dans le noyau peut n’être que le témoignage, le simple reflet morphologique de conditions qui nous échappent, qui sont susceptibles de résider dans le protoplasme et, là, représentent les déterminants réels des propriétés héréditaires.
- Une semblable objection se justifie parfaitement en. ce sens qu’on n’a pas le droit de méconnaître l’harmonie instituée entre tous les éléments de la cellule vivante, qu’il est dangereux de s’hypnotiser sur le noyau seul, et qu’assurément le cytoplasme intervient dans la « réalisation », dans la mise en œuvre de potentialités détenues par les cellules germinatives. Mais elle n’interdit nullement, quand on surprend, dans le noyau, des aspects, des mouvements en relation étroite avec le mécanisme de transmission des caractères raciaux, de les mettre en cause, d’y voir de suggestives indications, sans manquer pour cela de réserver la part et le rôle du cytoplasme.
- Toutefois il surgit ici une deuxième critique, dont il
- Fig. 2. — Diagramme explicatif de l’enjambemenl dans le cas où les caractères G et L, d’une part, n et v, d'autre part, sont supportés respectivement par le même chromosome. (D’après E. Guyénot.)
- faut bien reconnaître que le poids est considérable (').
- Tous les caractères qu’ont, jusqu’alors, concernés nos descriptions, nos exemples concrets, et qui ont permis d’échafauder les théories incriminées, représentent exclusivement des particularités raciales qui ne touchent en somme que d’une manière superficielle la composition fondamentale, la structure générale de l’organisme. Qu’il s’agisse de végétaux comme les Mirabilis, d’insectes comme les Drosophiles, de Mammifères comme les Souris, les hybrides et leurs descendants conservent, indéfectibles, les propriétés du Genre d’où ils sont issus : la teinte des pétales, la couleur du corps, tel état spécial des yeux ne font que des retouches légères au plan d’ensemble de l’organisme.
- Certes on ne saurait nier que, dans ces retouches, le
- 1. Il serait peu équitable aussi de taire complètement les objections envers la théorie chromosomique que certains auteurs (Délia Valle, Hovasse) ont cru pouvoir déduire d’observations sur l’inconstance numérique des chromosomes chez une espèce donnée. Mais cette inconstance, si on doit l’accepter- pour authentique, reste bien exceptionnelle.... On s’est également ému du fait que les chromosomes ne s’observent qu’au cours des mitoses, et non dans les noyaux des cellules au repos cinétique. Mais leur individualisation est un pur problème de morphogenèse et, de même que les formes et structures de l’organisme existent en puissance dans l’œuf, de même on a le droij; de regarder les chromosomes comme constitués en puissance au sein du noyau. Ajoutons que le cytologiste belge Martens soutient qu’il existe une continuité réelle entre les formes de la chromatine en mitose et celles qu’elle revêt dans le noyau quiescent.
- Fig. 3. — Diagramme explicatif du fait que deux caractères comme n. et B, a et b, ont toutes les chances d’être disjoints à la suite de l’enjambement s’ils occupent les extrémités des chromosomes (ligne supérieure), tandis que deux caractères très rapprochés sur le chromosome, comme A et D, a et d, ont beaucoup plus de chances d’échapper à la disjonction (ligne inférieure). (D’après E. Guyénot.)
- p.5 - vue 9/598
-
-
-
- 6
- spermatozoïde — cellule presque réduite à son noyau — joue, selon toute évidence, un rôle défini, et que l’apport des qualités paternelles qui lui incombe ne saurait guère être imputé qu’à ses chromosomes.
- Mais c’est dans le protoplasme de l’œuf qu’il faut, selon certains biologistes — au premier rang desquels se tient Brachet — chercher la source des conditions grâce auxquelles se maintiennent et sont transmis les caractères fondamentaux d’une espèce ; c’est en lui que réside, en puissance, le modèle de l’organisme évolué.
- Très justement, Brachet a résumé la position du problème en énonçant qu’il existe une « hérédité générale », dont l’ovocyte seul détient les facteurs, et une « hérédité spéciale » qu’influence le noyau de la gamète mâle, dans son jeu de combinaisons avec le noyau de l’œuf.
- Ce ne sont pas là suppositions gratuites. J’ai eu déjà l’occasion (') d’entretenir le lecteur de l’existence, dans l’œuf, de « localisations germinales » : régions du cytoplasme qui renferment les conditions requises pour la genèse de tissus, d’organes déterminés. Sans doute il serait loisible aux partisans du rôle exclusif du noyau dans l’hérédité d’avancer que c’est ce dernier qui préside à l’organisation de ces zones cytoplasmiques. Elles n’en existent pas moins, et leur destruction, nous l’avons vu, aboutit à l’absence de parties correspondantes de la larve, sans que l’action du noyau arrive jamais à réparer la lacune. Des expériences récentes tendent d’ailleurs à prouver qu’effectivement il n’est pour rien dans l’établissement des « localisations germinales ».
- D’autres observations encore viennent à l’appui de la même conception. Pour tâcher d’éclairer le rôle respectif du cytoplasme ovulaire et du spermatozoïde dans le développement caractéristique de l’espèce, Godlewsld a, en 1906, réussi à féconder un fragment d’œuf d’un Oursin du genre Echinus, excisé de façon que le noyau manquât, par des spermatozoïdes d' Antedon, animal qui, lui, appartient à la famille des Crinoïdes, assez éloignée de la première. La fécondation réussit, et l’évolution est assez complète pour qu’on puisse noter qu’elle s’accomplit suivant le type « Oursin », et non le type « Crinoïde ». Ainsi, c’est le cytoplasme ovulaire qui semble responsable des particularités de l’embryogenèse propres à un groupe zoologique déterminé.
- Que déduire de tant de faits disparates ? Le mécanisme de l’hérédité nous apparaît d’une complexité extrême. Le cytoplasme. recèle certainement, dans le mystère de son organisation, les propriétés grâce auxquelles il se développe, à ses dépens, un sujet de même type que ses ascendants. Le noyau n’en intervient pas moins pour déterminer, poûr modifier certains caractères. Les manifestations de l’hérédité paternelle attestent que la gamète mâle, élément réduit le plus souvent aux substances nucléaires, vient apporter dans l’œuf les facteurs d’importantes particularités. Hérédité générale et hérédité spéciale combinent leur influence pour engendrer des êtres qui, à travers les générations, se transmettent fidèlement le plan de l’espèce, et pourtant se parent d’une individualité dont les conditions, elles non plus, ne se
- 1. Voir La Nature, n° 2760.
- perdent jamais. Dans ce jeu admirable ensemble par sa continuité et par sa diversité, le cytoplasme et le noyau ne vont pas sans collaborer étroitement, et l’on peut, sans grand risque d’erreur, avancer que rien de l’un ne demeure étranger à l’autre.
- L’HÉRÉDITÉ DU SEXE
- Je voudrais justement, avant de conclure cette étude, soulever un dernier jDroblème, qui montrera que l’évolution des chromosomes n’explique pas tout, et qu’on est bien obligé en dernier ressort de sonder, dans ses éléments, la constitution cytoplasmique. C’est la transmission du sexe que je me propose de considérer rapidement, du point de vue du mécanisme héréditaire. Il a déjà été question du rôle qu’on fait jouer à des chromosomes spéciaux, les « hétérochromosomes », en tant qu’agents du déterminisme sexuel ('). Il peut donc sembler parfaitement logique, puisque nous venons d’être amenés à voir dans les chromosomes les supports de certaines qualités héréditaires régies par les lois de Mendel, de se demander si les facteurs du sexe eux-mêmes sont hérités conformément à ces lois.
- Pour qu’une telle assimilation soit concevable, il est nécessaire d’admettre en principe que les facteurs du sexe suivent la règle des facteurs mendéliens, c’est-à-dre que deux facteurs, l’un de « masculinité », que l’on conviendra de désigner par M, l’autre de « féminité » qu’on désignera par /, interviennent dans l’hérédité du sexe. Comme, d’autre part, il n’y a pas normalement d’état intermédiaire entre le mâle et la femelle, il faut en inférer que l’un des deux facteurs est dominant, l’autre récessif. Supposons que c’est M qui est dominant et / récessif. Les sujets porteurs du couple d’allélomorphes M/ seront forcément les mâles ; les femelles ne pourront posséder que les facteurs //. Les mâles produiront, en vertu de la théorie que nous connaissons bien, des gamètes porteuses de M et d’autres porteuses de /, en proportion égale. Les femelles n’auront que des gamètes porteuses de /. Tout croisement entre mâles et femelles ne saurait donc aboutir qu’à engendrer 50 pour 100 d’individus M/, donc mâles, et 50 pour 100 d’individus //, donc femelles. La conception en cause se montre, par conséquent, en accord avec les faits d’expérience. Elle conserverait du reste sa valeur si Ton considérait le facteur de féminité comme dominant, à la condition d’attribuer aux femelles le symbole F m et aux mâles le symbole mm.
- Le raisonnement est en somme impeccable tant qu’on demeure dans le domaine théorique. Mais, essaie-t-on de le superposer aux faits connus à propos des hétérochromosomes, on se heurte aussitôt à des obstacles infranchissables.
- Ceux-ci ne surgiraient point si, dans tous les cas, un des sexes détenait deux hétérochromosomes semblables, X, et l’autre, un X et un hétérochromosome différent Y (*). On verrait alors logiquement, dans les chromosomes X, les supports de /, par exemple, et dans les Y les supports
- 1. Voir Vie et Reproduction, 3° partie, chap. III.
- 2. Voir La Nature, n° 2822, p. 487, flg. 4.
- p.6 - vue 10/598
-
-
-
- de M. Le croisement entre unmâle et une femelle s’écrirait :
- X (/) X (/) x X (/) Y (M),
- et il ne serait capable d’aboutir qu’à des sujets X (/) X (/) donc femelles, et X (/) Y (M), donc mâles, en égale proportion. Les modalités de distribution des allosomes se recouperaient ainsi parfaitement avec l’interprétation factorielle.
- Malheureusement, nous l’avons vu, il est de nombreux cas où la femelle se caractérise par deux hétérochromosomes X et le mâle par un seul. Là, chaque .femelle répondrait au symbole X (/) X (/), et chaque mâle au symbole X (M). La descendance issue de leur croisement devrait alors comporter deux sortes de sujets : X (/) X (M) et X (/), auxquels ne seraient plus impartis les facteurs caractéristiques du sexe. De même, si l’on suppose que les femelles répondent au symbole X (F) X (m), où F est dominant, et les mâles au symbole X (m), leur descendance compterait quatre sortes de « génotypes » :
- X (F) X (m),
- X (m) X (m),
- X (F) et X (m),
- ce qui est absolument incompatible avec les faits d’expérience.
- L’hypothèse de deux facteurs de sexualité identifiables à des facteurs « allélomorphes » ne cadre donc pas, à première vue, avec les observations cytologiques. Quoi qu’il en soit, des biologistes comme Castle, et surtout Goldschmidt, ont tenté de réaliser leur accord, sur la base des observations d’intersexualité que j’ai mentionnées par ailleurs ('). Ce dernier auteur a été amené à considérer un des facteurs de sexualité comme effectivement supporté par l’hétérochromosome, mais l’autre facteur comme situé dans le cytoplasme, et transmis seulement par les ovules.
- Je n’entrerai pas dans le détail de la démonstration fournie par Goldschmidt, qui ne manque certes pas d’une grande valeur explicative. Bonne ou mauvaise, elle prouve en tout cas, comme je l’écrivais un peu plus haut, qu’il serait imprudent de rendre les chromosomes seuls responsables des propriétés héréditaires, et qu’on ne saurait oublier que la cellule vivante est un tout.
- H*.
- * *
- En dépit de tant de réserves, je veux croire qu’à l’issue de cette étude, l’hérédité s’est en partie dépouillée, pour le lecteur, de son voile d’obscurité. Nous savons désormais où chercher ses ressorts et comment les atteindre. Beaucoup d’entre eux nous échappent encore. Du moins apercevons-nous quelle n’est qu’une des manifestations de la vie et que ses instruments résident en la cellule vivante, au même titre que ceux d’autres phénomènes.
- 1. Voir Vie cl Reproduction, page 310.
- — .... ......................... — 7 =-
- Nous savons qu’au sein du cytoplasme ou du noyau, il existe, en certains points, des « conditions » déterminées, propres à influencer, dans ses modalités, le développement de l’organisme.
- Nous savons qu’elles restent constantes et se transmettent fidèlement d’être en être grâce aux cellules germinatives, gardiennes du patrimoine héréditaire tout entier.
- Nous savons enfin que, parmi ces conditions, certaines ne se révèlent qu’à la faveur d’une collusion entre deux facteurs, dont l’un vient de la mère, l’autre du père. Nous avons appris à coup sûr que, dans ces couples d’allé-lomorphes, comme on les nomme, l’un des éléments peut « dominer » l’autre et le masquer. Ainsi, à travers de nombreuses générations, tel ou tel caractère arrive à demeurer latent, ignoré, jusqu’au jour où le hasard d’une rencontre entre gamètes lui confère la faculté de s’extérioriser de nouveau.
- Il en va vraisemblablement ainsi dans la descendance de l’Homme. Nous portons en nous les déterminants de qualités héréditaires que nous tenons d’ancêtres éloignés au point que notre imagination se refuse à concevoir une telle durée. Entre eux et nous se tend une longue chaîne ininterrompue. Et nous comprenons le mécanisme en vertu duquel 1’ « atavisme » réveille en nous des caractères que nous devons, non forcémsnt à nos parents, non pas même à nos grands-parents, mais à des ascendants séculaires. Ces caractères ne se bornent pas à des détails d’aspect physique. Il y a peu de raisons de douter qu’ils consistent également en particular'tés psychiques, en tendances d’ordre moral. L’hérédité morbide, elle aussi, obéit sans doute, tout au moins en ce qui regarde un certain nombre de caractères pa holo-giques, aux règles du mendélisme. Il n’est pas impossible
- — de nombreux chercheurs s’attaquent aujourd’hui à cette énigme — que le cancer ait sa place parmi eux. En tout cas, de nombreuses affections, dont la liste s’étend sans cesse, semblent répondre, tantôt à des facteurs, dominants, tantôt à des facteurs récessifs, et il en est, tels l’hémophilie, le daltonisme, etc..., qui se comportent rigoureusement comme des qualités liées au sexe.
- A la lumière des principes de l’hybridisme, on saisit enfin pourquoi les unions consanguines — plus propres que d’autres à réaliser la rencontre entre des tares «récessives» — offrent, chez l’Homme, un danger auquel échappent les animaux, indemnes de semblables tares.
- Je fais là de trop brèves et trop partielles allusions à de grandes questions. Il sera loisible au lecteur de méditer plus longuement sur la base des indications que j’ai apportées ici : elles concernent un problème apte à susciter l’intérêt, non seulement des biologistes, mais encore des psychologues, des philosophes, des sociologues, de tous ceux, en un mot, dont le destin de l’Homme, les facteurs de sa personnalité et les limites de sa responsabilité éveillent les préoccupations.
- Dr Max Aron,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- p.7 - vue 11/598
-
-
-
- L’ÉVOLUTION ET LES PERFECTIONNEMENTS
- DES LAMPES DE T. S. F.
- I - LES LAMPES A CHAUFFAGE INDIRECT
- T. S. F, ET RADIOTECHNIQUE
- Nous avons déjà montré dans plusieurs articles récents de La Nature consacrés à l’amplification microphonique et phonographique, à l’enregistrement des disques de phonographe, au cinématographe sonore, à la téléphotographie et à la télévision, etc., l’étendue des applications actuelles des procédés radiotechniques.
- Si, an début de l’avènement de la télégraphie sans fil,
- employées pour de nombreuses applications diverses en dehors de la T. S. F.
- TOUTE LA RADIOTECHNIQUE GRAVITE AUTOUR DE LA LAMPE
- Que l’on considère pourtant les postes émetteurs ou récepteurs radiotéléphoniques et radiotélégraphiques ou un dispositif radioélectrique quelconque adopté pour n’importe quelle application de la radiotechnique, on constate à l’heure actuelle que la lampe à vide demeure
- Fig. 1. — Quelques-uns des modèles de lampes françaises de la Télégraphie militaire, réalisés vers 1-1924.
- a) lampe métal; b) lampe SIF ; c) lampe à cornes; d) lampe à électrodes inclinées; e) lampe Radiotechnique.
- l'îV,
- le mot « T. S. F. » était simplement synonyme de télégraphie sans fil, et plus tard signifiait peut-être aussi téléphonie sans fil, il ne convient plus désormais de l’appliquer indistinctement à toutes les catégories d’études et de procédés radioélectriques.
- On peut dire que la radiotélégraphie et la radiotéléphonie ne sont plus que des applications importantes mais non uniques, ni même essentielles, de la radiotechnique.
- Le terme de « T. S. F. » doit donc s’appliquer uniquement à la télégraphie et à la téléphonie sans fil et toutes les autres applications de la radioélectricité sont des applications de la radiotechnique et non pas de la T. S. F.
- Si l’on voulait s’exprimer avec précision, on ne devrait pas appeler les tubes à vide en général « des lampes de T. S. F. », ce qui signifierait seulement « des lampes pour télégraphie ou téléphonie sans fil », mais des « lampes radioélectriques » pour montrer que ces lampes sont
- partout et toujours l’organe essentiel indispensable au fonctionnement des appareils.
- En attendant qu’une autre invention encore hypothétique vienne remplacer « la lampe merveilleuse », on a pu noter avec raison que la solution de tous les problèmes radiotechniques dépend avant tout des caractéristiques des tubes à vide employés, et, pour adopter une expression plus saisissante, mais peut-être incorrecte, on peut affirmer qu’en radiotechnique, tout gravité-autour de la lampe.
- Les modifications et les perfectionnements incessants des divers modèles de lampes ont ainsi une importance capitale pour les progrès de toutes les applications de la radiotechnique; la construction des nouveaux modèles récents de postes récepteurs ou émetteurs radiophoniques et de phonographes à reproduction électrique, par exemple, n’a été rendue possible que par la réalisation antérieure de types convenables de lampes de réception d’émission et de puissance.
- p.8 - vue 12/598
-
-
-
- 9
- Etudier l’évolution de la radiotechnique à l’heure actuelle, c'est donc avant tout étudier les progrès des lampes qui déterminent cette évolution, et il nous a paru intéressant de montrer, dans une série d’articles, les perfectionnements des lampes de T. S. F. et les conséquences immédiates des modifications de ces lampes sur la réalisation des appareils radiotechniques et, plus spécialement, des postes récepteurs radiophoniques.
- IL N’Y A PLUS DE LAMPES « OMNIBUS »
- Les lampes de réception à trois électrodes employées pendant la guerre et jusque vers 1926, et qui étaient, d’ailleurs, adoptées également pour des applications radiotechniques, par exemple pour la télémécanique, comportaient toutes un filament en tungstène généralement horizontal, une grille en nickel ou en molybdène et enfin une plaque cylindrique, le plus souvent en nickel ou en molybdène également (fig. 1).
- Les caractéristiques de toutes les lampes de ce genre
- d’une marque déterminée ne différaient guère suivant les rôles que ces lampes devaient remplir : détection, amplification haute fréquence, amplification basse fréquence ou très basse fréquence, etc.... Le choix était ainsi résolu très facilement, mais le rendement ne pouvait, par contre, être très satisfaisant; on acceptait alors cet inconvénient parce que les
- montages radioélectriques eux-inêmes étaient fort imparfaits.
- Peu à peu, cependant, le filament thorié à
- faible consommation et à âme métallique recouverte d’oxyde de baryum, par exemple, remplaça le filament en tungstène pur à consommation relativement élevée et à émission électronique plus faible, et les progrès généraux de la radiotechnique amenèrent les constructeurs à étudier des types de lampes particuliers pour chaque fonction.
- Les visiteurs du Salon de la T. S. F. de 1929 ont pu se rendre compte qu’il existe maintenant des mo-
- dèles spéciaux pour l’amplification haute fréquence, l’amplification moyenne fréquence, la détection, l’amplification basse fréquence, le changement de fréquence, et aussi que, dans chaque catégorie de modèles, on pouvait déterminer différents types suivant les systèmes de liaison adoptés, l’intensité d’amplification basse
- fréquence désirée, la gamme de longueurs d’onde à recevoir, le mode d’alimontalion choisi, etc....
- On peut donc constater qu’actuellemenl il n’existe pour ainsi dire plus de modèle de lampe « omnibus »,
- Fig. 2. — Remplacement direct de la batterie de chauffage par un transformateur fournissant du courant alternatif à la tension convenable.
- et qu’il faut appliquer rigoureusement la formule : «Une place pour chaque lampe et chaque lampe à sa place ». .
- Sans doute est-il maintenant plus délicat de déterminer exactement le modèle de lampe convenant à un usage déterminé, mais les constructeurs ont généralement pris la précaution de publier des notices fort précises à l’usage des amateurs non techniciens pour leur permettre d’effectuer ce choix sans risque d’erreur ennuyeuse, et d’autant plus ennuyeuse, remarquons-le, que si les qualités des lampes de T. S. F. ont augmenté, il faut bien constater que leux prix de vente a également augmenté constamment.
- Souhaitons à ce propos (et nos lecteurs nous pardonneront cette digression), à la fois pour l’avenir de la radiodiffusion et de l’industrie radioélectrique française, qu’une construction perfectionnée et en grande série permette quelque jour d’abaisser le prix de revient et . par suite le prix de vente des lampes vendues en France.
- LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE LAMPES ACTUELS
- L’étude détaillée théorique et pratique des différents modèles de lampes actuels remplirait clés volumes complets, aussi n’avons-nous pas l’intention de l’effectuer ici. Il y a, d’ailleurs, des types de tubes à vide, par exemple les tubes émetteurs, dont la description ne peut intéresser qu’un nombre relativement restreint de spécialistes.
- Nous voulons simplement montrer à nos lecteurs quels sont les. progrès les plus saillants et les plus originaux réalisés dans la construction des lampes destinées à des usages d’amateurs, c’est-à-dire à la réception radiophonique, à l’amplification phonographique ou microphonique, ou même à la téléphotographie et à la télévision.
- Variations de la tempéra-
- Fig. 3.
- ture du filament en fonction des variations du courant de chauffage.
- I. Courbe représentative théorique du courant alternatif (intensité en fonction des temps).1— II. Variations théoriques de la température du filament. — III. Variations réelles de la température du filament ordinaire.
- Fig. 4. — Principe des lampes à chauffage indirect.
- Cathode émettrice
- Elément de
- chauffagi
- Courant
- alternatif
- de
- chauffage
- Pile de
- polarisation -p
- p.9 - vue 13/598
-
-
-
- = 10
- LES LAMPES POUR POSTES ALIMENTÉS PAR LE COURANT D’UN SECTEUR
- Le problème de la suppression des batteries d’alimentation des postes récepteurs par l’emploi du courant d’un secteur continu et surtout alternatif a attiré l’attention des techniciens depuis plusieurs années, et, dès 1922, on a pu établir des montages récepteurs alimentés par le courant alternatif d’ün secteur et donnant des résultats à peu près satisfaisants, du moins pour l’époque.
- A partir de 1928, seulement, semble-t-il, la fabrication industrielle de condensateurs électrolytiques à très grande capacité réellement stables, de soupapes électroniques ou électroioniques assurant le redressement du courant dans les meilleures conditions de rendement et de régularité, sans nécessiter aucun soin d’entretien, a permis de réaliser des dispositifs d’alimentation vraiment pratiques et fournissant des résultats comparables à ceux obtenus avec des batteries.
- Actuellement, l’alimentation par le courant du secteur est presque la seule adoptée dans certains pays, par exemple aux Etats-Unis; seules, les conditions particulières de la radiodiffusion et. les caractéristiques des
- Fig. !.. — Un des premiers modèles pratiques de lampe à chauffage indirect : Le type anglais KL,, Marconi-Osram, de la General Electric C°. — Tension de chauffage : 3,5 volts; intensité de chauffage : 2 amp.; tension plaque: 150 volts max.; coefficient d’amplification : 7,5;-résistance intérieure : 3750 ohms; pente de la caractéristique : 2 milliampères par volt.
- réseaux de distribution en retardent encore en France la généralisation très étendue.
- Cependant le problème de l’alimentation des lampes en courant de plaque à l’aide du courant d’un secteur a été résolu beaucoup plus facilement, et bien avant celui de l’alimentation des filaments. La tension du courant de plaque est, en effet, plus grande, mais son intensité beaucoup moins élevée, malgré l’emploi des lampes à faible consommation.
- Les procédés pratiques très récents qui ont permis enfin d’obtenir une alimentation satisfaisante des filaments des lampes par le courant du secteur sont au nombre de trois : usage d’une boîte d’alimentation fournissant du courant redressé et convenablement filtré, emploi de lampes spéciales dites à « chauffage indirect », adoption de lampes également de type spécial dites à « filament réseau ».
- Le premier procédé a déjà été décrit dans La Nature, et nous pensons, d’ailleurs, pouvoir l’étudier à nouveau dans un article spécial; les deux autres, au contraire, sont encore assez mal connus des amateurs français, et il nous paraît logique de les mentionner ici puisque leur réalisation dépend essentiellement, et presque uniquement, de l’établissement et de l’emploi de lampes spéciales.
- Etant donné l’intérêt de plus en plus grand du problème de l’alimentation, il nous a ainsi semblé intéressant de commencer cette série d’articles par l’étude des lampes à chauffage indirect et à 'filament réseau, qui constituent, sans doute, les plus répandus dès
- fluence a été le plus sensible sur l’évolution des appareils radioélectriques.
- L’ALIMENTATION DES FILAMENTS PAR LE COURANT DU SECTEUR ET SES DIFFICULTÉS
- Avant de commencer notre étude, il nous semble indispensable de rappeler les difficultés qui s’opposent à l’alimentation directe du filament d’une lampe ordinaire par le courant d’un secteur.
- Quelques sans-ülistes, dépourvus de notions de radioélectricité, ou même simplement d’électricité, s’imaginent encore trop souvent que l’on pourrait chauffer les filaments des lampes d’un poste récepteur à l’aide du courant alternatif d’un secteur, en remplaçant simplement la batterie de chauffage par un transformateur fournissant du courant alternatif d’une tension convenable (fig. 2).
- Les malheureux auditeurs ayant fait cette expérience déplorable se sont vite aperçus qu’on percevait alors dans les écouteurs téléphoniques ou le haut-parleur un
- Efèment
- chaûffbnt'~
- Cathode cylindrique en platine
- — Batterie de chauffage
- Fig. 5. —Dispositif schématique indiqué dans le brevet Marconi de 1914.
- 110 volts
- Fig. 6. — Projet allemand de lampe à chauffage indirect dans laquelle l’é-chauffemenl de la cathode est obtenu par induction.
- les nouveaux modèles spéciaux maintenant, et ceux dont l’in-
- p.10 - vue 14/598
-
-
-
- 11
- ronflement continu et violent de fréquence double de celle du secteur considéré.
- En réalité, ce ronflement, .dont la naissance était facile à prévoir, est dû à trois causes principales.
- Tout d’abord la température du filament n’est plus constante, mais varie en même temps que la tension d’alimentation qui change à chaque instant.
- Si l’on considère la représentation graphique du phénomène pendant une période, on sait qu’en A le courant est nid, puis il croît jusqu’à un maximum positif .en B, décroît et s’annule de nouveau en C. Le courant change alors de sens, croît négativement jusqu’en D, nouveau maximum, décroît encore pour s’annuler enfin en E (fig. 3).
- La durée de ces phénomènes très rapides est généralement de l/42e à l/50e de seconde, la fréquence correspondante étant la plus employée sur les secteurs.
- En ne tenant aucun compte de l’inertie calorifique du filament, les variations de température suivraient une loi identique à celle des variations du courant et seraient évidemment représentées par la courbe II de la figure 3.
- En A, le filament serait parfaitement froid, puis sa température croîtrait jusqu’à un maximum correspondant au maximum du courant de chauffage et décroîtrait pour s’annuler en C. Les tensions négatives feraient croître à nouveau sa température jusqu’à un maximum identique au premier, et suivant une courbe de progression et de décroissance semblable à la première courbe de température.
- On obtiendrait donc finalement une courbe de température variant entre deux valeurs nulles et pendant un temps égal à une demi-période.
- En réalité, l’inertie calorifique du filament atténue toujours en grande partie ces variations, car, entre deux oscillations rapides, ce dernier n’a pas le temps de se refroidir et les changements de température demeurent des ondulations moins marquées représentées en III sur la figure 3.
- Ces ondulations, non perceptibles à l’œil, influent pourtant sur l’émission électronique, et, par voie de conséquence, sur le courant filament-plaque ; elles produisent une modulation à une fréquence double de celle du secteur (donc généralement de fréquence 100) se traduisant par un son grave caractéristique empêchant toute audition.
- Fig. 9. — Un des premiers modèles de lampes américaines à chauffage indirect.
- L’ensemble des électrodes est vertical. Les connexions de l’élément chauffant sont obtenues au moyen de bornes placées au sommet de l’ampoule. La cathode est reliée à deux bornes du culot.
- Fig. 8.
- Courbes caractéristiques de la lampe anglaise KHI de la General Electric C°. Tension de chauffage :
- 3, 5 volts ; courant de chauffage :
- 2 milliampères ; tension plaque : 150 volts maximum ; coefficient
- d’amplification : 40; résistance intérieure : 30.000 ohms ; pente de
- la caractéristique : lu 33 milliampère par volt.
- £0
- j'io
- /
- 4 r 6
- L j i
- f 7 f
- 4 t f
- L r i i
- f 7 f 5
- 4 / r <-
- L 7 r- y
- —i f y 7
- L 7 r
- 1 0'. ru 7 t 4
- 1/ oit 5.5 ril h 7 r 7
- f 7
- r 7 f
- f
- r 1 3
- i 7
- 7 t
- T L f
- l /! r
- / Of Z
- - - // Yxw d jf i
- 1 <*>/ U!
- Uij
- — î
- e 5 4. 3 9 1
- Tension grille en volis
- D’autre part, en raccordant le circuit de grille d’une lampe réceptrice du type ordinaire à l’une des extrémités du filament, par exemple au point A (fig. 2), comme dans le cas de l’alimentation par batteries, on n’obtient pas une tension moyenne de grille constante, mais des variations continuelles dues aux variations alternatives du potentiel du point A. Il en résulte des variations continuelles correspondantes, avec amplification, du courant de plaque.
- Enfin, lorsque par suite des variations de la tension du courant de chauffage, les extrémités du filament sont portées à un potentiel positif par rapport au point de retour de grille, il est possible que naissent alors des courants de grille suffisamment intenses pour créer une modulation de la réception à une fréquence double de celle du courant du secteur.
- Ces phénomènes sont encore compliqués évidemment dans les lampes produisant, non seulement une amplification, mais une transformation des courants incidents, c’est-à-dire dans la lampe détectrice et dans la lampe changeuse de fréquence, par exemple.
- Nous indiquerons, d’ailleurs, ces cas particuliers dans la suite de ces articles.
- LE PRINCIPE
- DES LAMPES A CHAUFFAGE
- INDIRECT
- •Différents procédés, conjugués ou non avec l’emploi de lampes spéciales, ont été utilisés pour atténuer plus ou moins
- Fig. 10. — Lampe à chauffage indirect utilisée simultanément comme valve de redressement.
- p.11 - vue 15/598
-
-
-
- 12
- ces inconvénients dn chauffage par alternatif, mais il y a, avant tout, une solution élégante qui consiste à ne pas chauffer directement le filament par le courant du secteur, et c’est là le principe des lampes à chauffage indirect.
- Le courant continu traversan t normalement le filament joue, en effet, deux rôles; il produit réchauffement nécessaire pour la production de l’émission électronique, et il permet d’obtenir au point de retour de grille un potentiel moyen constant.
- Mais on peut également obtenir réchauffement de la cathode émettrice d’électrons en utilisant un élément chauffant séparé, traversé par le courant alternatif, et qui agit par rayonnement ou conductibilité (fig. 4).
- La tension moyenne, de grille, positive ou négative, est obtenue au moyen d’un dispositif auxiliaire, par exemple à l’aide d’une petite batterie de piles, connectée à la cathode.
- La cathode émettrice étant, de plus, de surface relativement grande et d’inertie calorifique très marquée, les variations cle sa température, et par conséquent de l’émission électronique, ne sont plus sensibles, et le potentiel du point de retour de grille demeure pratiquement constant.
- value de redressement.
- RIEN N’EST NOUVEAU SOUS LE SOLEIL
- Ce principe du chauffage indirect n’a pas été découvert récemmentfil y a, au contraire, de nombreuses années que des techniciens ont eu l’idée de séparer la cathode de l’élément chauffant. On peut, cependant, constater que ces techniciens n’avaient nullement pour but, en imaginant ce dispositif, cl’assurer l’alimentation par le courant alternatif, mais plutôt d’augmenter l’émission électronique et la régularité du fonctionnement de la lampe.
- On peut constater très souvent un phénomène du même ordre dans la genèse des inventions, et l’on remarque, de même, par exemple, que le dispositif du changement -de fréquence n’avait pas été imaginé pour jouer le rôle qui lui est attribué aujourd’hui ; ce ne sont donc pas, très souvent, les principes qui sont nouveaux, mais leurs applications pratiques.
- Quoi qu’il en soit, le premier brevet, ou, en tout cas, un des premiers brevets relatifs au chauffage indirect, est un brevet anglais Marconi (6476-AD-1915 du 29 mai 1914).
- Ce brevet prévoit l’emploi d’une cathode cylindrique en platine re-
- -FHament
- Tube
- Fig. 13. — Construction de la cathode
- de la lampe Métal.
- couverte de chaux et chauffée par un filament de charbon placé à l’intérieur du cylindre (fig. 5).
- Un brevet allemand Siemens-Schückert de 1915 se rapporte à un dispositif du même genre ’(n° 312 044 du 4 octobre 1915). L’auteur du brevet prévoyait l’emploi d’une spirale chauffante alimentée par un circuit spécial et agissant par rayonnement ou par conductibilité sur une cathode incandescente.
- Le corps chauffant pouvait être à l’intérieur de la cathode et séparé d’elle par un tube isolant, en porcelaine, par exemple, et il pouvait être formé de fils en zigzags, ou de spirales placés sous et contre la cathode.
- Enfin, un brevet américain de Nicholson et de la Western Electric Company du 25 janvier 1916, mais déposé le 19 avril 1915 (N° 169 182), fait également
- Fig. 12. •— La lampe Métal à chauffage indirect.
- mention d’une cathode équipotentielle formée cl’un tube en quartz recouvert extérieurement d’une substance à émission thermionique. Cette cathode devait être portée à l’incandescence au moyen d’une résistance électrique intérieure, sans contact électrique avec le revêtement externe.
- Des techniciens allemands ont imaginé, d’autre part, d’employer une cathode de très forte section et de la chauffer, non plus par rayonnement ou par conductibilité, mais par induction.
- Cette cathode C en forme d’anneau devait être placée dans l’entrefer d’un transformateur T parcouru par le courant alternatif du secteur, et aurait été échauffée sous l’action des courants induits développés dans l’anneau (fig. 6).
- Ce principe intéressant, bien qu assez complexe, ne
- p.12 - vue 16/598
-
-
-
- semble, d’ailleurs, pas avoir encore reçu d’application pratique.
- LES PREMIERS MODÈLES PRATIQUES DE LAMPES A CHAUFFAGE INDIRECT
- Depuis le moment où furent énoncés les premiers principes de construction de ces lampes jusqu’au moment où l’on en comprit vraiment l’intérêt, et où l’on put aussi en réaliser les premiers modèles pratiques, près de dix ans s’écoulèrent. Ce long retard est dû sans doute à des causes étrangères à la fabrication des lampes, mais aussi à des raisons techniques.
- Il paraissait difficile, au début de la radiotechnique, d’obtenir des cathodes à forte émission électronique chauffées à température relativement basse et de réaliser dans l’ampoule un vide satisfaisant, malgré la présence des
- masses métalliques assez importantes qui constituaient l’ensemble des électrodes de la lampe et du système d’échauffement.
- Un des premiers modèles de lampe à chauffage indirect présenté en Europe semble avoir été le type anglais K. L. 1 Marconi-Osram réalisé en 1926 (fig. 7).
- Cette lampe comportait une cathode cylindrique recouverte d’un dépôt d’oxydes rares à grande émission électronique.
- L’élément de chauffage était enfermé dans un cylindre de nickel fermé au sommet et s’étendant à sa base le long du fil résistant de chauffage, de façon à éviter tout chauf-Fig. 15. —Lampe à chauffage fage direct de la cathode
- indirect Gécovalve. par la résistance portée
- Détntts des électrodes d’une triode. . au rouge.
- La forme cylindrique de la grille et de la plaque était normale, mais l’ensemble des électrodes était incliné à 45° pour éviter sans doute un chauffage direct de la base fragile de l’ampoule; de plus, deux ailettes métalliques étaient placées de part et d’autre de l’anode pour favoriser son refroidissement par radiation.
- L’élément chauffant, la grille et la plaque étaient reliés aux broches habituelles du culot; seule la cathode était connectée à une borne supplémentaire spéciale placée latéralement sur ce culot.
- La résistance intérieure de cette lampe, dont l’élément de chauffage était traversé par un courant alternatif de 3,5 volts et d’une intensité de 2 ampères, n’était que de 3750 ohms et le coefficient d’amplification de 7,5 ; elle était donc plutôt destinée à servir comme lampe basse fréquence (fig. 7).
- 13
- Fig. 14. — Disposition de la cathode d’une lampe Philips : aa, filament; bb, masse isolante; c cathode; d, couche à forte émission électronique entourant la cathode.
- Mais ce modèle fut bientôt complété par le type K. H. 1 de construction analogue, mais de résistance intérieure plus élevée (30 000 ohms) et d’un coefficient d’amplification de 40, constituant un type de lampe v omnibus» pour détection, amplification haute fréquence et moyenne fréquence. et premier étage basse fréquence(fig.B).
- Avant même l’apparition en Angleterre de ces premiers modèles de lampes à chauffage indirect d’usage pratique, on employait déjà aux Etats-Unis des tubes à vide à chauffage indirect de la forme indiquée sur la figure 9 et portant à leur partie supérieure deux bornes correspondant aux extrémités de la résistance chauffante.
- La cathode de ces tubes était formée d’un cylindre de nickel enduit d’un mélange d’oxydes de baryum et de strontium et l’élément de chauffage était un fil très fin en tungstène en forme de V ou d’U.
- Pour maintenir les positions relatives du tube et du filament, et pour isoler l’un de l’autre les côtés de ce dernier, on employait un tube de matière réfractaire isolante; la grille était formée par un fil de nickel en hélice, la plaque par un cylindre également en nickel, et enfin le courant de chauffage avait une tension de 5,5 volts et une intensité de 0,85 ampère.
- QUELQUES TYPES SPECIAUX DE LAMPES A
- CHAUFFAGE INDIRECT
- Il est bien évident que le principe du chauffage indirect peut être appliqué non seulement aux lampes triodes, mais aux lampes à électrodes multiples et aux valves électroniques de redressement.
- On a tenté ainsi en Allemagne d’utiliser une lampe de réception triode pour redresser également le courant alternatif du secteur et l’utiliser ensuite, après filtrage, pour Fi9- 16- ~ Tue d’ensemble d'une
- ,, ,. . , , lampe Gécovalve à grille-écran à
- 1 alimentation des pla- chauffage indirect
- ques (fig. 10). (Remarquer la plaque en forme de tamis.)
- p.13 - vue 17/598
-
-
-
- Tension grille en volts
- 56 48 40 32
- 24 16
- TYPl W
- 18
- 16
- 14
- 12
- 10
- 8
- 6
- 4
- 2
- 20 .18 12 8 4 0
- Tension grille en volts
- Tension grille en volts
- X
- 0)
- Q.
- 5
- 6
- C
- Q)
- 0)
- 5
- O
- (B
- Q.
- •i-J
- c
- 2
- <3
- 0 50 100 150 200
- Tension plaque en volts
- Fig. 17. — Série complète des caractéristiques des lampes Gêcovalve à chauffage indirect. Remarquer la tension plaque élevée et les caractéristiques intéressantes du type MS4 à grille écran. •
- Type MH 4 (utilisé pour la détection, l’amplification basse et moyenne fréquence.
- Tension filament : 4 volts; courant de chauffage: 1 ampère; tension plaque : 200 volts maximum; coefficient d’amplification : 30;
- résistance intérieure : 23 000 ohms; pente de la caractéristique : 1,5 milliampère par volt.
- Type MLi (lampe de puissance pour le dernier étage basse fréquence). Tension filament : 4 volts; Courant de chauffage : 1 ampère; tension plaque : 200 volts maximum; coefficient d’amplification : 6; résistance intérieure : 3 000 ohms;
- pente de la caractéristique : 2 milliampères par volt.
- Type MHL4 (détection, première lampe basse fréquence), tension filament : 4 volts; courant de chauffage : 1 amp.; tension plaque :
- 200 volts maximum; coefficient d’ampliücation : 16; résistance intérieure : 8 000 ohms; pente de la caractéristique : 2 milliampères par volt. Type MS4 (lampe écran pour amplification haute et moyenne fréquence). Tension filament : 4 volts; courant de chauffage : 1 ampère; Tension plaque : 200 volts maximum; tension grille-écran: 70 volts maximum; coefficient d’amplification : 550; résistance intérieure : 500 000 ohms; pente de la caractéristique : 1,1 milliampère par volt.
- p.14 - vue 18/598
-
-
-
- 15
- Un transformateur T à deux secondaires S) et S2 serait utilisé dans ce but. Le premier enroulement S, serait destiné simplement à chauffer la résistance R de la lampe, et le deuxième S2 fournirait le courant alternatif à haute tension redressé grâce à l’effet de conductibilité unilatérale produit entre le fdament chaud R et la cathode plus froide C placée dans le vide.
- C’est une idée du même genre qui est indiquée dans un brevet Mullard-Philips de 1927. Ce brevet concerne la construction d’une lampe multiple à chauffage indirect (fig. 11) comportant un élément chauffant 10, une cathode 9 enduite d’oxyde de baryum, et plusieurs ensembles de grilles et de plaques 3 et 4 séparés par des disques métalliques 11, 12 formant écrans.
- Les diverses électrodes peuvent être utilisées pour différents étages du poste et le filament chauffant avec la cathode correspondante peut servir au redressement du courant.
- Ces types de lampes un peu complexes n’ont sans doute pas encore reçu d’applications pratiques régulières, mais il nous a paru pourtant utile de les mentionner en raison de leur originalité.
- L’EMPLOI ACTUEL DES LAMPES A CHAUFFAGE INDIRECT EN FRANCE
- ET LES PRINCIPES DES MODÈLES UTILISÉS
- Aux Etats-Unis et en Allemagne, l’alimentation des filaments par le courant alternatif est actuellement beaucoup plus générale qu’en France, et il n’y a même
- plus guère en Amérique de postes alimentés par batteries. Le procédé le plus en faveur semble consister dans l’emploi des lampes à chauffage indirect sur presque tous les étages du poste récepteur; l’étude de ces lampes a donc pris une importance essentielle dans ce pays.
- Il faut avouer qu’en France ces modèles sont encore * relativement peu employés, même ils n’ont guère commencé à
- être réalisés en sé- Lampe Philips à chauffage indirect.
- ne par les constructeurs français
- et présentés au grand public qu’il y a quelques mois.
- Au Salon de la T. S. F. de 1929, on pouvait cependant déjà constater la présence d’assez nombreux appareils
- Caractéristiques des lampes Philips à chauffage indirect
- TYPES E. 435 E. 438 E. 424 E. 415 E. 409
- Usages Amplification haute fréquence . et moyenne fréquence Amplification haute fréquence et moyenne fréquence. Basse fréquence à résistance Détection 1er étage, basse fréquence oscillatrice Amplification basse fréquence oscillatrice Amplification basse fréquence finale oscillatrice
- Tension chauffage. * 4 v 4 v 4 v 4 v 4 v
- Courant chauffage. . 0,9 amp 0,8 amp 0,9 amp 0,9 amp 0,9 amp
- Tension plaque maximum . . 100-200 V. 100-200 Y. 50-150 Y. 50-150 V. 50-150 V.
- Coefficient d’amplification . 35 38 24 15 9
- Pente de la caractéristique. . 0,8 1,5 3 2 3
- Résistance intérieure. . 44 000 co 25 300 w 8 000 co 7 500 co 3 000 co
- p.15 - vue 19/598
-
-
-
- == 16 .....................: 1 ................. " =
- de réception de divers systèmes équipés avec ces lampes.
- Nous indiquerons, dans un prochain article, comment on peut, dès à présent, - déterminer l’étendue des services rendus pratiquement par ces nouveaux types de tubes à vide ; mais il faut noter avant tout, semble-t-il, les caractéristiques des modèles actuellement offerts aux sans-fdistes français.
- Les principaux types de lampes vendues en France sont présentés par la Radiotechnique, la Compagnie des Lampes Métal, la General Electric de France (Gécovalve), la Société Philips, et la Société Fotos (Grammont).
- Le groupe des électrodes des lampes Métal est vertical, la disposition des broches sur le culot est normale, mais généralement deux bornes supplémentaires latérales permettent la connexion de l’élément chauffant.
- Ce dernier est formé d’un filament métallique plus gros, deux fois plus long environ que dans une lampe ordinaire et replié en U. Les branches sont enfilées dans deux trous parallèles percés dans un cylindre de matière isolante réfractaire, recouvert sur une partie ds sa longueur par une couche d’oxydes de métaux rares, suivant le principe déjà énoncé (fig. 12 et 13). La grille, enfin, est en-hélice, et la plaque a la forme d’un cylindre vertical.
- Les lampes Radiotechnique comportent un ensemble d’électrodes horizontales avec plaque et grille de section rectangulaires, le montage de la cathode et de l’élément chauffant étant analogue à celui des lampes Métal. Ces lampes sont munies normalement d’un culot à cinq broches comportant des broches filament reliées à l’élément chauffant et une broche centrale connectée à la cathode.
- Les lampes Philips, d’autre part, ont également un ensemble d’électrodes horizontales avec grille et plaque de section rectangulaire. Une masse isolante b engaine leur filament chauffant a, en forme de V ; cette masse est entourée à son tour d’un tube métallique mince C qui sert de support à la couche active D (fig. 14).
- Enfin, les lampes Gécovalve, fabriquées par la General Electric C°, dont nous avons décrit plus haut les premiers modèles anglais, présentent des particularités fort intéressantes.
- L’ensemble des électrodes est vertical et la cathode est recouverte d’une couche émettrice d’oxyde de baryum par un procédé spécial. L’âme métallique supportant la matière émissive est rendue rugueuse, poreuse
- pourrait-on dire, par un traitement chimique particulier. L’homogénéité et la ténacité de cette couche sont ainsi fortement accrues.
- De plus, la plaque, en forme de tamis, se refroidit plus facilement, de sorte que la grille peut rester froide, ce qui empêche l’émission grille et rend possible une construction plus rigide des électrodes (fig. 15).
- LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE LAMPES
- A CHAUFFAGE INDIRECT ET LEUR CHOIX
- De même qu’il existe maintenant de nombreux modèles de lampes ordinaires, destinés chacun à jouer un rôle particulier, on peut trouver en France des types assez nombreux de lampes à chauffage indirect.
- vLes caractéristiques de ces lampes sont généralement voisines de celles des modèles ordinaires correspondants et leur choix s’effectue donc comme celui de ces modèles. Nous ne pouvons évidemment indiquer ici les caractéristiques de toutes les lampes à chauffage indirect vendues en France, ni même seulement des plus importantes; à titre d’exemples nous avons seulement noté sur la figure 17 et le tableau ci-dessus les caractéristiques de deux séries complètes de lampes dont nous avons signalé plus haut les particularités, les lampes Gécovalve et Philips.
- Les différents types de ces séries correspondent aux besoins courants de la réception : amplification haute fréquence et moyenne fréquence, détection, amplification basse fréquence. On remarquera pourtant qu’il n’existe pas de modèle destiné à l’amplification basse fréquence à grande puissance.
- Cette particularité est due au fait qu’il est inutile d’employer des lampes à chauffage indirect sur leMernier étage basse fréquence, comme nous l’expliquerons dans un prochain article.
- Dans les séries indiquées, il n’existe pas, d’autre part, de lampe bigrille changeuse de fréquence, mais plusieurs fabricants français établissent des modèles de ce type. Nous citerons, par exemple, le modèle 1-4043 Radiotechnique et la lampe B. W. 5 Métal.
- . Nous montrerons dans notre prochain article quelles sont les diverses applications particulières de ces lampes spéciales et nous décrirons un autre modèle de tube à vide pouvant être alimenté par le courant d’un secteur la lampe à filament réseau.
- P. Hémardinquer.
- LES ROUTES RADIO-ÉLECTRIQUES
- SYSTÈME LOTH
- Le procédé de guidage au moyen de câbles parcourus par des courants alternatifs qui impressionnent à distance des récepteurs appropriés a fait l’objet d’expériences déjà anciennes et d’application courante. Le principe en a été Trhaginé par le physicien William Loth qui s’est astreint depuis quinze ans à l’étude du problème du guidage des bateaux et des avions par temps de brume.
- Ces engins de transport qui se déplacent aujourd’hui à des vitesses considérables sont, en effet, fort gênés lorsque la visibilité défectueuse ne leur permet pas de se guider à l’aide de la signalisation lumineuse,' phares ou appareils de balisage, que l’on emploie depuis les temps les plus anciens. La radiogonométrie donne déjà une plus grande facilité pour la navigation maritime ou aérienne par
- p.16 - vue 20/598
-
-
-
- 17
- temps de brouillard, les cadres permettent de situer la direction de phares émetteurs d’ondes.
- Par recoupements, il est possible au pilote de situer la position du bateau ou de l’avion par des manœuvres d’une certaine rapidité. Celles-ci ne sont toutefois pas instantanées, elles exigent quelques recherches, de sorte que le renseignement n’est obtenu que lorsque, par exemple, l’avion, à grande vitesse, a quitté depuis longtemps la position pour laquelle les mesures ont été faites.
- L’idéal consiste évidemment à donner au pilote des moyens tels qu’il n’ait qu’à suivre aveuglément des indications acoustiques, continuellement audibles, sans qu’il doive se soucier en quoi que ce soit de calculs ou de prévisions quelconques. Déjà les câbles résolvent la question et facilitent évidemment l’entrée d’une passe navigable.
- LES CABLES DE GUIDAGE ET LA NAVIGATION
- L’ancie'n système de câbles de guidage est conçu sur le principe suivant (fig. 1).
- Plaçons un câble électrique, qui matérialise exactement, en projection sur le fond, la route à suivre pour éviter les bas-fonds ou les récifs. Ce câble est parcouru par un courant alternatif de fréquence musicale; il en résulte la création d’un champ magnétique également alternatif. Les lignes de force de ce champ peuvent être identifiées au moyen de cadres collecteurs d’ondes placés à bord d’un navire et sur lesquelles elles agissent par influence.
- Fig. 2. — Guidage par câble. Câble-guide avec plaques de retour qui forment des champs de retour fusiformes, jouant le rôle d’écrans protecteurs pour une grande longueur de côtes.
- Fig. 1. — Emploi du câble-guide simple parcouru par des couranls alternatifs musicaux. Les lignes du champ magnétique créé agissent sur des cadres en liaison avec un poste récepteur et des écouteurs.
- Les courants de retour issus du bout dénudé du câble gênent le repérage
- En disposant des cadres à bâbord et à tribord, de la même manière qu’autrefois on plaçait des microphones pour écouter les cloches sous-marines, on peut, suivant l’intensité de la réception venant de l’un ou de l’autre cadre, déterminer de quel côté l’on se trouve par rapport au câble-guide.
- Le câble, à son extrémité dénudée, est en contact avec l’eau, de sorte que les courants de retour rejoignent la station émettrice. Comme ces courants de retour provoquent la création de champs magnétiques parasites, le navire qui ne se trouve pas dans le tunnel invisible formé par les lignes de force provenant du champ magnétique du câble perçoit ces autres lignes latérales parasites et il en reçoit quelquefois des indications erronées.
- C’était là une petite défectuosité du système primitif, à laquelle M. William Loth a remédié en prévoyant de part et d’autre du câble des plaques de cuivre immergées à une certaine distance, constituant des électrodes sous-marines (fig. 2). Vers ces plaques se dirigent les courants de retour qui sont issus de l’extrémité du câble en contact avec l’eau.
- Par suite, ces courants créent des champs magnétiques en forme de fuseaux transversaux, sans dénaturer le champ magnétique principal. Ce dernier prend alors
- * *r m
- p.17 - vue 21/598
-
-
-
- 18
- Navire
- Phare
- lumineux
- “ M
- Fig. 3. -— Les faisceaux lumineux de phares, tournant, à la même vitesse, se rencontrent constamment sur l’axe de symétrie et le bateau suit cette route ainsi tracée, quand il reçoit en même temps les deux éclats des phares. En pratique, toutefois, la vitesse des phares n’est pas constante, car il faut, lorsqu’on s’écarte de la route, qu’à un même écart de distance de la route corresponde le même écart de temps entre les perceptions d’éclats des phares.
- véritablement l’aspect d’un tunnel cylindrique où le navire s’engage en toute sécurité. S’il se trouve en dehors, il ne reçoit pas de fausses indications capables de troubler sa route.
- Les fuseaux qui chevauchaient autrefois le champ principal se traduisent en indications qui délimitent au contraire la côte jusqu’à un certain point. Ils constituent, comme des écrans, le signal préventif d’alarme pour le navire qui s’en approche. Il est alors nécessaire, à la suite de ce perfectionnement important, de fournir au navire le moyen de reconnaître la présence de ces fuseaux latéraux qui sont susceptibles de protéger jusqu’à 100 km de côte, de part et d’autre du câble.
- On y arrive en choisissant des émissions différentes pour chacun des fuseaux, au moyen d’un commutateur qui distribue des contacts à l’une ou l’autre ligne de retour et qui, somme toute, sectionne l’émission totale en deux émissions différentes dont la somme reproduit le signal continu.
- D’un côté nous
- Le point de rencontre des faisceaux décrit une route déterminée par les vitesses instantanées des systèmes de rotation de chacun des phares. La loi qui règle encore ces mouvements est l’obtention d’un rapport constant entre l’écart de temps et l’écart de distance.
- aurons,
- comme
- émission, une succession de traits; de l’autre, une succession de points. Si les points sont intercalés entre les traits, la somme n’a aucune lacune, aucun silence.
- On conçoit que lorsqu’on se trouve près du câble, le cadre fournisse un signal sonore continu comme celui qu’on avait l’habitude de percevoir autrefois avec le premier dispositif. Par contre, si l’on aborde les fuseaux latéraux, suivant que ce sera l’un ou l’autre, les écouteurs placés à bord, branchés sur les cadres explorateurs de champs magnétiques, donneront une audition de traits seuls ou de points seuls, suivant que le navire abordera le fuseau de droite ou le fuseau de gauche.
- Les fuseaux constituent aussi de véritables pare-chocs électriques et protègent efficacement le bord de la côte; le navire peut alors s’orienter pour rallier le câble guide, et dès qu’il l’a identifié par une réception correcte et continue aux écouteurs, il n’a plus qu’à le suivre pour rentrer sans encombre au port.
- Il est possible de protéger de cette manière des côtes difficiles. Si, par exemple, on envisage une île de dimension acceptable, on peut la faire traverser par un câble enterré et immergé aux deux extrémités et l’on entoure alors l’île d’un système de deux champs magnétiques, avec audition de points d’un côté et de traits de l’autre. La protection est efficace, car le tracé des rives se trouve sinon reporté au large, tout au moins signalé à bonne distance, ce qui prévient les navires en temps voulu.
- Au lieu d’employer des cadres explorateurs placés à bâbord et à tribord comme dans l’ancien procédé, on se sert maintenant d’un octaèdre ajouré, qui porte un cadre dans chacun des trois plans médians ; le plan horizontal et les deux plans verticaux. On peut alors percevoir la direction des ondes électro-magnétiques en provenance du câble-guide et les courants qui sont ainsi créés par influence sont amplifiés par des lampes avant d’arriver aux écoutenrs.
- D’autres appareils accessoires sont prévus également pour faciliter les déplacements du navire par temps de brume dans les passes dangereuses. C’est ainsi qu’un cornet acoustique émetteur signale la présence du bateau au moyen d’ondes sonores ou ultra-sonores. Le signal est rythmé de manière à identifier le navire et tous les bâtiments qui évoluent dans la « purée de pois » avertissent ainsi les navigateurs voisins.
- La montre de brume Loth leur permet de traduire sans calculs ce que signifient les signaux rythmés perçus et dans quelle position se trouvent les navires avertisseurs, qui présentent un danger de collision. C’est la suppression des sirènes et des cloches, car ce procédé nouveau n’agit pas à peu près, mais avec une précision mathématique.
- Des appareils perfectionnés effectuent le relevé des alignements sonores, mesurent avec précision les lignes de force du champ magnétique qui enveloppe le câble immergé; mais malgré l’ingéniosité de ces appareils et leur perfection de fonctionnement, ce ne sont là que des accessoires par rapport au nouveau principe qu’a imaginé M. William Loth.
- Nous allons analyser cette méthode nouvelle, car ses avantages sont considérables et ses applications multiples.
- p.18 - vue 22/598
-
-
-
- LE GUIDAGE LUMINEUX
- 19
- Le but de ce nouveau système remarquable est de permettre le tracé d’une route sans faire appel au câble-guide. Celui-ci, en effet, ne saurait être établi que sur des parcours relativement limités. S’il est parfait pour indiquer une route dans un chenal, pour tracer un chemin très sinueux au milieu d’écueils et de récifs, il est évident que, pour des routes longues, son application entraîne à de grosses dépenses.
- C’est pourquoi M. Loth a recherché le moyen de tracer, dans l’espace ou à la surface des eaux, des routes invisibles au moyen d’émissions radio-électriques; routes qu’on doit pouvoir changer suivant les circonstances et qui couvriront des distances considérables, pouvant relier ainsi, au moyen d’un chemin idéal, des continents entre eux. C’est un problème d’actualité pour la navigation aérienne, plus encore que pour la navigation maritime.
- Le problème posé a été fort ardu à résoudre, et, cepen-
- b'stan.ce
- distance 3 traits
- Fig. 6. — A la suite de deux réceptions successives de signaux, l’avion peut connaître approximativement l’angle qu’il fait avec la bonne direction par le calcul ou par un graphique rapide.
- dant, le principe appliqué est très simple, tout au moins en apparence.
- Pour le comprendre plus facilement, voyons comment on peut l’appliquer immédiatement, sur de courtes distances d’ailleurs, au moyen de phares lumineux à éclats
- (fig- 3).
- Supposons qu’il s’agisse de guider un navire dans un estuaire. Sur chaque rive, de part et d’autre de cet estuaire, on installe un phare lumineux à quatre faisceaux. Si chaque phare tourne de manière à exécuter un tour dans le même temps, et si la vitesse de rotation est constante, où se trouvera constamment le point d’intersection de deux faisceaux correspondants issus de chacun des phares ?
- C’est un problème simple de géométrie à résoudre. Le lieu géométrique de l’intersection des faisceaux est, tout au moins en théorie, l’axe de symétrie, dont tous les points sont à égale distance des phares lumineux. On repère ainsi une route en ligne droite. On munit le navire d’appareils lui permettant de contrôler la réception des éclats à bord, par exemple au moyen de miroirs spécialement agencés. Il est évident que le navire suit l’axe de symétrie,
- Faisceau de traits
- raisceau A de points
- Avion
- Fig. 5. — Dans le mouvement des faisceaux tournants, l’avion
- (comme il est placé) est d’abord baigné par le faisceau de droite (points), puis par les deux en même temps et enfin par le faisceau de gauche
- (traits).
- Les points et les traits, quand ils sont reçus ensemble, s’ajoutent en s’intercalant, de sorte que le son perçu est continu. Dans la succession des signaux reçus, l’avion perçoit donc, après un silence (intervalle libre entre deux séries de faisceaux conjugués), d’abord des points, puis un signal continu, finalement des traits, puis à nouveau le silence et ainsi de suite. Ce serait l’inverse : silence, traits, continu, points, silence, etc., si l’avion était de l’autre côté de la route.
- du moment où il perçoit en même temps les éclats lumineux de chacun des phares émetteurs.
- Le problème est donc résolu s’il s’agit d’une petite route en ligne droite placée à égale^distance des phares. Or, ce n’est qu’exceptionnellement que le passage dans un estuaire suit cette ligne idéale. D’ordinaire, la route est plus sinueuse, elle est plus ou moins contournée afin d’éviter les bancs de sable ou d’autres obstacles. Il faut donc que le point de rencontre des faisceaux correspondants issus de chacun des phares se trouve constamment sur la route sinueuse que le navire doit suivre.
- Pour astreindre le point de rencontre des faisceaux à décrire ce lieu géométrique irrégulier, on est obligé de varier les accélérations des organes tournants. On peut parfaitement calculer mathématiquement le rythme des ‘accélérations à prévoir pour chacun des deux phares, et l’on détermine également par le calcul la forme de la came qu’il faut monter dans le système mécanique d’engrenages relié à l’axe de rotation, qui imprimera ainsi à chaque instant l’accélération voulue à l’organe tournant qu’il commande.
- Secteur d’envol
- Secteur datterrissage
- Cadre double
- Emission
- Fig. 7. — Aérodrome circulaire divisé en secteurs d’envol et d’atterrissage et ceinturé par un cadre double, émettant à la fois, comme antenne et comme cadre, des traits pour l’un et des points pour l’autre.
- p.19 - vue 23/598
-
-
-
- Audition de traits
- Signal continu traits + points
- Audition de traits
- Signal continu
- 4 Cadre double
- Cellule garage
- Machines
- Fig. 8. —- Coupe de l'aérodrome avec tous les bâtiments en sous-sol. L’avion qui atterrit entend successivement les signaux qui sont indiqués sur la figure.
- Le problème peut donc être résolu assez facilement. Il est possible également, en changeant la forme de la came, de changer la route tracée par l’intersection des faisceaux. Ce changement peut être utile, même indispensable, par suite de modifications dans l’état de la navigation dans l’estuaire ou le chenal. Les pilotes de bateaux, sans se soucier d’autre chose, n’ont qu’à guider le navire de manière à percevoir simultanément les éclats des deux phares lumineux.
- Cette solution intéressante est applicable aux entrées de port, au guidage le long d’un fleuve plus ou moins navigable, au tracé de la route à suivre dans un golfe ou une rade. Il est évident que ce guidage lumineux est gêné par la brume et qu’enfin il ne saurait être utilisé au delà d’une certaine portée; celle-ci est limitée par l’intensité lumineuse des phares et l’efficacité des systèmes optiques.
- LE GUIDAGE RADIOÉLECTRIQUE
- Pour permettre de grandes portées et tracer des routes maritimes* et mieux encore aériennes sur des distances considérables, il faut avoir des faisceaux d’ondes capables d’atteindre des points très éloignés, susceptibles" d’être parfaitement dirigées par des appareils tournants.
- On fait alors appel aux ondes courtes radioélectriques. Celles-ci, en effet, émises au moyen de cadres tournants, prennent la forme de véritables faisceaux dirigés, analogues aux faisceaux lumineux. On peut aussi les conjuguer au moyen de deux phares émetteurs, comme nous r -
- Fig. 9. — Reproduction à grande distance en mer du profil d’une côte pour guider les navires.
- Des indicatifs appropriés sectionnent ce tracé et renseignent sur les possibilités d’accostage.
- lcatifs^ric!fs___
- Bas' - fonds
- Phare hertzien
- venons de l’indiquer pour les phares à ondes lumineuses.
- On applique exactement les principes posés dans le guidage optique par faisceaux tournants conjugués à des phares hertziens tournants, émettant aussi des faisceaux d’ondes. Le point de jonction de deux faisceaux correspondants est naturellement astreint à décrire une courbe : la route que doit suivre le bateau ou l’avion.
- Les ondes hertziennes ne diffèrent, en effet, des ondes lumineuses que par leur fréquence. Pour les identifier, il faut évidemment des appareils différents, mais ce ne sont, après tout, que des postes récepteurs de T. S. F. un peu spéciaux, avec des collecteurs d’ondes qui sont d’emploi courant (fig. 4).
- Le navire ou l’avion sont donc munis de ces postes qui permettent de reconnaître si l’on se trouve au voisinage de la route à suivre. Mais cette indication n’est pas suffisante, car il faut que le pilote puisse apprécier s’il est à gauche ou à droite de la route, à quelle distance il se trouve par rapport à cette route et, même, si l’on veut être complet, à quelle hauteur il vole (quand il s’agit d’un pilote d’avion) et sur quelle fraction du parcours il évolue.
- Les renseignements doivent être reçus presque instantanément par le pilote, qui, surtout dans un avion, ne peut être astreint à des calculs ou à des recherches quelconques. L’engin va trop vite, l’emplacement est insuffisant. On doit être immédiatement prévenu, sinon le renseignement péniblement élaboré arrivera avec trop de retard.
- Toutes ces conditions difficiles à remplir sont réalisées par le système de signalisation et de tracé de route imaginé par M. Loth.
- Les phares d’émission à ondes courtes envoient : l’un une série de traits, l’autre une série de points. Leurs vitesses de rotation instantanées sont rythmées de manière que l’intersection de deux faisceaux conjugués décrive la route que l’avion doit suivre, ainsi que. nous le savons et comme il a été expliqué pour les phares lumineux.
- L’avion (fig. 5) est équipé avec un appareil de réception qui lui permet de recevoir des signaux passant dans un certain angle de l’espace situé devant lui, et qui empêche les parasites d’avoir une influence quelconque. Ainsi, on ne peut recevoir que les signaux en provenance des deux phares.
- Pour une position donnée de l’avion, comme les deux faisceaux qui décrivent la route sont tantôt en avance, tantôt en retard l’un sur l’autre, l’avion reçoit un faisceau seul, puis les deux ensemble, puis l’autre faisceau seul.
- Comme pour les faisceaux latéraux du câble-guide, un phare émet des points, l’autre des traits. Les points et les traits sont complémentaires, de sorte que si l’appareil récepteur à bord de l’avion perçoit les deux réceptions ensemble il entend un signal continu. Mais suivant qu’il se trouve à droite ou à gauche de la route, à un moment donné, il ne reçoit plus qu’une des émissions, l’autre est pour lui silencieuse.
- Par conséquent, il reçoit une série de traits seuls ou de points seuls à la suite du signal continu et quand le signal reprend à nouveau, après un silence, sur les
- p.20 - vue 24/598
-
-
-
- faisceaux suivants, la réception commence dans un ordre inverse, par une série de points seuls ou de traits seuls, avant d’entendre le signal continu.
- Suivant l’écart par rapport à la route exacte, le nombre de traits et de points est plus ou moins grand; il correspond en pratique au nombre des unités d’éloignement de la route, pour la position où se trouve l’avion.
- Voilà donc le pilote renseigné, non seulement sur sa situation par rapport à la route : à droite ou à gauche, mais sur son éloignement de ce chemin qu’il devrait suivre. Il manœuvre alors ses gouvernes pour changer de direction. Lorsqu’il perçoit à nouveau les signaux, il constate si son écart a augmenté ou diminué, d’après le nouveau nombre de points ou de traits perçus.
- Le lieu de tous les points où l’avion se trouve, par rapport à la route, est un cercle dont le centre est sur la route elle-même (fig. 6).
- Grâce à deux observations successives, le pilote apprécie la route qu’il doit suivre par un calcul simple ou approximativement par la tangente commune aux deux cercles. Il connaît ainsi l’angle de la direction suivie avec la direction à suivre, et peut en conséquence modifier son itinéraire pour rallier la route tracée.
- En réalité, l’écoute des signaux perçus suffit, car le pilote acquiert forcément une certaine éducation et sait presque immédiatement, d’après l’allure de ces dits signaux et les écarts signalés, quelle est la manœuvre correspondante pour suivre correctement la route.
- Comment peut-on maintenant signaler au pilote dans quelle section du parcours il se trouve ?
- Tout simplement, au moyen d’indicatifs codifiés que l’un des phares émet. Chaque section de route est caractérisée par un indicatif déterminé. Par conséquent, le pilote, en recevant cet indicatif, en déduit immédiatement l’endroit du parcours où il est, mais fatalement avec une certaine approximation.
- Pour signaler au pilote la hauteur à laquelle il évolue, on se sert d’indicatifs émis par l’autre phare, indicatifs qui correspondent à des altitudes différentes. Le pilote est ainsi complètement renseigné sur sa position exacte, sans qu’il ait à faire aucune déduction compliquée, ni aucun calcul. Il lui suffit d’avoir sur la tête le casque à deux écouteurs et de n’être pas sourd.
- On peut donc guider un avion d’une façon complète.
- En cas de nécessité, ces envois de signaux codifiés peuvent être secrètement transformés, de sorte que des avions ennemis, par exemple, ne reçoivent que des signaux erronés et suivent au contraire une route dangereuse.
- Il est possible d’adjoindre à ce système des appareils de commande télémécanique, dont les manœuvres seront provoquées par la réception de traits ou de points. On voit immédiatement qu'il est possible de faire partir
- 21 =
- un avion d’un aérodrome, de le diriger sur un point quelconque où il accomplira une mission destructive, par exemple un lâcher de bombes, puis de le ramener à son poste de départ, sans qu’il y ait de pilote à bord.
- Les routes invisibles tracées peuvent avoir des longueurs considérables, à cause des énormes portées des ondes courtes. On doit évidemment tenir compte des effets de fading, mais certainement dans l’avenir ces difficultés seront vaincues.
- tances sont aussi à retenir, bien qu’on puisse rectifier ces causes d’erreurs. On détermine d’ailleurs la loi de variation de ces erreurs en appliquant le principe en réciproque : un avion suivant exactement une route tracée théoriquement enregistrera sur le parcours les écarts de cette route avec celle que réalise la conjonction de faisceaux tournants fonctionnant avec un profil de came correspondant.
- Il serait possible de tracer une route à travers l’Atlantique en utilisant des phares installés, par exemple, l’un
- Les déviations des faisceaux suivant certaines circons-
- Fig. 10. — Phare hertzien tournant à cadres d’émission à Vaux-sur-Seinp.
- p.21 - vue 25/598
-
-
-
- 22
- sur les côtes de l’Espagne, l’autre sur lés côtes de l’Irlande, et ces routes, bien entendu, tiendraient compte constamment des circonstances météorologiques, qu’il s’agisse de grands ou de moyens parcours.
- Dans ces conditions, le directeur du service des phares traceurs de route resterait constamment en rapport avec un Office météorologique (au besoin les deux services pourraient être fusionnés). Au fur et à mesure de la réception des renseignements, par T. S. F. bien entendu, car la liaison est instantanée, on modifierait à l’instant même les routes à suivre, simplement en changeant les cames des mécanismes des appareils tournants.
- On obtient donc le maximum de sécurité pour les déplacements en avion, quel que soit l’état du temps, car le pilote, sans s’inquiéter même si la route est modifiée au cours d’un vol, en se référant aux signaux acoustiques seuls qu’il entend, suivra la route tracée par les phares, évitant les cyclones et les orages et bénéficiant de vents favorables. Même par brume opaque, l’avion pourra ainsi évoluer sans s’égarer et sans être en aucune façon gêné.
- L’ATTERRISSAGE DES AVIONS
- Envisageons maintenant l’atterrissage; point délicat, parce que, si la visibilité est nulle, les balisages lumineux
- Commande de rotation du phare hertzien avec la came de forme rythmant les accélérations.
- des aérodromes sont inefficaces. Nombre de capotages seront évités le jour où, au moyen de signaux acoustiques, le pilote sera guidé presque malgré lui.
- Pour obtenir plus sûrement un résultat parfait, M. Loth imagine de standardiser la forme de tous les aérodromes du monde et de donner au terrain d’aviation la figure d’un grand cercle tracé sur le terrain, ce cercle étant divisé en secteurs qui sont alternativement réservés à l’atterrissage ou à l’envol (fig. 7).
- Comment signaler à l’avion qu’il approche du terrain d’atterrissage, qu’il est en dehors ou qu’il le survole ?
- On se sert encore d’émissions de traits et de points complémentaires, au moyen d’une émission double, puisque l’on ne dispose plus de deux phares tournants comme pour tracer les routes. Cette émission double se fait au moyen d’un cadre formé par deux cercles de fil conducteur, disposés l’un au-dessus de l’autre à une petite distance.
- Les cadres circulaires délimitent le terrain d’atterrissage et ils sont parcourus par des courants à haute fréquence. Ils jouent à la fois le rôle d’un cadre émetteur d’onde et celui d’une antenne émettrice cylindrique verticale.
- La réception à bord est également double; elle se fait par cadre et par antenne et le tout est combiné de manière que, pour une position du cadre récepteur par rapport au cadre émetteur, la réception sur antenne et la réception sur cadre s’ajoutent. Cela a lieu par exemple lorsque l’avion survole le sol en dehors du terrain d’atterrissage et il en résulte la réception dans les écouteurs d’une série de traits.
- Quand l’avion survole à l’aplomb les contours de l’aérodrome (fig. 8), le son reçu est continu, mais si l’avion poursuit sa route et survole le terrain à l’intérieur du cercle, la position relative du cadre récepteur par rapport au cadre émetteur ayant tourné de 180° vis-à-vis de la première position, la réception sur antenne et la réception sur cadre se retranchent. On entend aux écouteurs une série de points. L’avion est donc prévenu qu’il peut descendre pour atterrir.
- Le pilote dispose à bord d’une boussole à secteurs qui lui indique au-dessus de quel secteur il évolue. Il sait qu’il est en position ou non pour se présenter sur un des secteurs destinés à l’atterrissage.
- Dès qu’il se rapproche du sol, il entend un signal continu au niveau du cercle supérieur du cadre double, puis, en continuant la descente, il entend des points. Il peut alors atterrir en toute sécurité même par temps de brouillard, car les aérodromes préconisés par Loth ont tous leurs services en sous-sol. Les cellules destinées au logement des avions sont souterraines et elles sont munies de rampes d’accès. Les bâtiments des machines sont également enterrés. On diminue ainsi la vulnérabilité des bâtiments. Comme on le voit, la navigation aérienne a été étudiée de manière à présenter une sécurité complète pour toutes les manœuvres possibles.
- LA PROTECTION DES COTES
- Revenons maintenant à l’emploi des phares tournants conjugués pour la navigation maritime.
- p.22 - vue 26/598
-
-
-
- Une possibilité extrêmement intéressante est fournie par ce tracé des routes, en vue de la protection de côtes dangereuses. En effet, plaçons à une certaine distance l’un de l’autre, sur une côte (fig. 9), deux phares tournants hertziens, émetteurs de faisceaux.
- Calculons les cames de rotation de façon que le point de rencontre des faisceaux conjugués décrive une route à 50 km en mer, reproduisant sensiblement le profil de la côte et constituant, somme toute, un barrage de protection pour les navires perdus dans le brouillard, qui cherchent à rallier un port.
- De même que pour les avions, envoyons des indicatifs de sectionnement, afin de signaler les diverses parties du parcours. Ainsi pour c°tte ligne protectrice tracée en mer, il est possible de faire connaître, au moyen d’indicatifs spéciaux issus de l’un ou de l’autre phare, quelles sont les caractéristiques des sections correspondantes de la côte : série de récifs, port accessible, bancs de sable, etc...
- C’est donc la sécurité absolue donnée à la navigation maritime, sans exiger aucun calcul plus ou moins compliqué, sans recourir à des visées impossibles par temps de brume, à des appréciations optiques toujours plus ou moins entachées d’erreurs. Tout cela est remplacé par l’audition de signaux acoustiques, à la portée de tous ceux qui ont des oreilles pour entendre.
- Nous avons parlé précédemment de l’élimination des parasites, de manière à rendre l’audition précise. Elle est grandement facilitée grâce à un filtreur sélecteur qui a été imaginé par M. Marrec.
- L’appareil s’adjoint à un poste récepteur. Particulièrement simple et efficace, il n’emploie que des organes courants en T. S. F.
- LA STATION EXPÉRIMENTALE DE VAUX-SUR-SEINE
- Nous espérons que cette explication rapide de la nouvelle invention de guidage, délicate à présenter d’une façon élémentaire, a été néanmoins suffisamment claire. Nous avons été d’ailleurs nous documenter de visu, car le système si merveilleux de Loth n’existe pas seulement sur le papier. Une station d’expériences, unique au monde, est installée à Vaux-sur-Seine sur un champ d’aviation, à proximité d’un port miniature. L’efficacité du principe est vérifiée par un avion, par un bateau qui évolue sur la Seine grâce à l’installation de deux phares hertziens et également de deux phares lumineux, ceux-ci étant placés chacun sur une rive.
- Ces démonstrations récentes ont attiré toutes les personnalités du monde scientifique, tous les représentants de divers gouvernements.
- C’est qu’en effet la question est d’importance. Il s’agit de diminuer dans des proportions considérables le nombre des catastrophes maritimes et aériennes. Sait-on que,
- Fig. 12,
- Phare lumineux sur les rives du terrain de Vaux-sur-Seine.
- chaque année, plus de 5000 bâtiments sont perdus en mer ! Quant aux accidents d’aviation, la presse quotidienne est habituée à les signaler scrupuleusement et l’on a constaté, à l’entrée de cet hiver,, la fréquence de ces catastrophes aériennes, collisions, capotages, atterrissages forcés en mauvais terrain, etc... Tout cela deviendra de l’histoire ancienne par l’emploi généralisé des procédés de guidage Loth.
- Grâce aux travaux persévérants de l’inventeur, aux efforts dépensés par lui et ses collaborateurs, notamment MM. Bourgonnier, Blàncard, Marrec, la théorie qui a exigé une longue préparation mathématique s’est trouvée parfaitement corroborée et du premier coup par l’expérience. Il a fallu, il est vrai, dépenser plus d’un million en brevets pour protéger dans les divers pays les différents points des inventions de M. Loth. Des sommes considérables ont été consacrées à l’aménagement de la station d’essai.
- p.23 - vue 27/598
-
-
-
- = 24 —........... ...................=
- Mais actuellement, grâce à tous ces efforts combinés, la France est considérablement en avance sur tous les pays étrangers pour cette question du guidage dans la brume.
- Par le génie et la persévérance de quelques-uns de ses enfants, notre pays peut mettre à la disposition du monde entier un efficace moyen de protection, magnifique
- sauvegarde de vies humaines pour1 les voyages en mer et en avion.
- On pourrait évidemment songer à des applications du principe pour des buts moins pacifiques, mais ce n’est pas là l’idée fondamentale de l’inventeur, qui n’a en vue que de contribuer à perfectionner l’outillage économique du monde. E. H. Weiss.
- ^EEEEEE L’ŒUVRE DE M. DE BROGLIE
- ET LES FONDEMENTS DE LA MÉCANIQUE ONDULATOIRE
- L’attribution du prix Nobel à M. Louis de Broglie constitue une heureuse occasion pour essayer de résumer les principes de la mécanique ondulatoire dont ses recherches ont posé le fondement et qui constituent aujourd’hui une science en voie d’évolution extrêmement rapide.
- ÉMISSIONS ET ONDULATIONS
- Les recherches de M. Louis de Broglie ont été provoquées par le désir de concilier deux points de vue en apparence opposés dans l’explication des phénomènes lumineux : l’hypothèse des ondulations proposée par Huyghens et celle de l’émission soutenue par Newton.
- Au début du xixe siècle, Fresnel avait, par d’admirables recherches, établi la théorie des ondulations sur des bases solides. Il découvrit et étudia un grand nombre de phénomènes d’interférences, de diffraction, de polarisation, qui s’expliquent tous très simplement en admettant que la lumière est due à quelque chose de périodique se propageant par ondes à travers un milieu hypothétique appelé éther, avec une vitesse qui, dans le vide, est de 300 000 km par seconde.
- Les diverses radiations simples correspondent à des fréquences de vibrations différentes, et leur propagation se fait par ondes de longueurs différentes, allant de 0,4 u pour le violet à 0,8 y. environ pour le rouge. Au delà du rouge, on rencontre des rayons de plus grande longueur d’onde, constituant ce qu’on appelle l’infra-rouge, puis les ondes hertziennes. En deçà du violet se trouvent des rayons de longueurs d’onde de plus en plus courtes : rayons ultra-violets, rayons N, rayons y des substances, radioactives et rayons cosmiques.
- Fresnel inclinait à attribuer la lumière à des vibrations élastiques des molécules d’éther. Maxwell fut peu à peu amené à modifier cette conception et à admettre que les perturbations périodiques propagées par les ondes lumineuses sont de nature électromagnétique. D’après la conception de Maxwell, tous les rayonnements que nous venons d’énumérer se propagent par l’intermédiaire d’ondes qui transportent un vecteur de force électrique et un vecteur de force magnétique, d’où leur nom d’ondes électromagnétiques.—La théorie, électromagnétique de Maxwell a expliqué pendant longtemps tous les faits de l’Optique, et l’on sait comment elle a conduit Hertz à la découverte des ondes hertziennes.
- Vers la fin du xix° siècle, on aurait pu la croire définitivement établie.
- L’HYPOTHÈSE DES QUANTA
- ET LA LOI DE REPARTITION DE L’ÉNERGIE DANS LE SPECTRE DU CORPS NOIR
- Cependant, peu à peu, des phénomènes de plus en plus nombreux furent découverts, dont il devint impossible de rendre compte par la théorie électromagnétique.
- Le premier d’entre eux a été la répartition de l’énergie dans le spectre de la lumière émise par un corps solide porté à haute température. Pour un corps noir, les lois de la thermodynamique indiquent, et l’expérience confirme, que la répartition de l’énergie suivant les diverses longueurs d’onde du spectre continu qu’il émet à une température donnée est rigoureusement la même, quelle que soit la nature du corps noir. Cette distribution a été déterminée expérimentalement à diverses températures et'constitue ce que l’on appelle la «loi de rayonnement du corps noir». Or, toutes les tentatives faites pour retrouver théoriquement cette distribution à partir des lois de l’électromagnétisme et d’hypothèses acceptables sur la structure des corps solides ont échoué. On a même établi que l’application rigoureuse de ces lois conduit à cette conséquence absurde qu’à n’importe quelle température un corps noir devrait émettre en une seconde une quantité infinie d’énergie.
- C’est pour résoudre cette difficulté que le physicien allemand Max Planck a émis en 1900 l’hypothèse des quanta. D’après lui, il faut admettre, dans les corps solides, l’existence d’un nombre très grand d’oscillateurs extrêmement petits, capables chacun d’absorber ou d’émettre un rayonnement d’une fréquence déterminée. Mais au lieu d’émettre et d’absorber ce rayonnement d’une manière continue, Planck suppose qu’ils ne peuvent l’émettre ou l’absorber que par sauts brusques, par unités discrètes, multiples d’une certaine quantité élémentaire ou quantum. Ce quantum représente l’atome ou grain d’énergie. Il diffère d’ailleurs des atomes de matière et d’électricité en ce qu’il n’a pas une grandeur invariable ; il est proportionnel s la fréquence / du rayonnement et a pour valeur : q = hf, h étant une constante universelle indépendante de la nature des centres lumineux, égale, dSprès les déterminations les plus récentes, à : 6,55 X 10f2? ergs par seconde.
- p.24 - vue 28/598
-
-
-
- 25
- A partir de cette hypothèse, Planck a pu établir une formule exprimant très exactement comment varie, avec la température et la longueur d’onde, l’intensité du rayonnement émis par un corps noir.
- L’ATOME DE BOHR
- ET L’ÉMISSION DES RAIES SPECTRALES
- L’application de la théorie des quanta à la mécanique de l’atome a fourni un très bel ensemble de résultats embrassant non seulement le domaine entier de la spectroscopie, mais aussi un grand nombre d’autres phénomènes optiques, magnétiques, électriques, chimiques, etc.
- Depuis Rutherford, on considère l’atome comme formé d'un noyau positif autour duquel gravite un nombre de corpuscules négatifs ou électrons égal au numéro atomique de l’élément, c’est-à-dire au rang qu’il occupe dans la classification périodique de Mendelejefî où comme on sait les éléments sont rangés dans l’ordre de leurs poids atomiques croissants. Ce modèle assimile jusqu’à un certain point l’atome à un système solaire. Toutefois cette analogie n’est que partielle. Il a été nécessaire d’introduire notamment un élément de discontinuité qui n’existe pas dans la mécanique céleste. C’est ce qu’a montré le physicien danois Bohr en des recherches théoriques de la plus haute portée. Tandis que d’après les lois de la mécanique ordinaire, un électron devrait pouvoir décrire une ellipse de forme et de grandeur quelconques, à la seule condition que le noyau soit un des foyers de cette ellipse, Bohr admet qu’il ne peut en réalité se déplacer que sur certaines orbites particulières, dites orbites stables ou quantiques, les autres trajectoires étant rendues impossibles ou tout au moins instables par une cause inconnue.
- Tandis que d’après les lois de l’électromagnétisme, le mouvement de l’électron sur une orbite fermée devrait émettre des ondes électromagnétiques, Bohr admet que cette émission n’a pas lieu lorsque l’électron décrit l’une de ces orbites stables dont nous venons d’envisager l’existence.
- Il y a émission d’un rayonnement électromagnétique lorsque l’électron passe brusquement d’une orbite stable
- Fig. O. — Courbe monirant la sélectivité de la réflexion électronique sur un cristal de nickel.
- L’intensité du faisceau réfléchi (angle d’incidence de 10°) présente des maxima pour certaines valeurs périodiques du potentiel de bombardement. (La courbe représente l’intensité du faisceau réfléchi en fonction de la racine carrée du potentiel de bombardement.)
- Filaments de Tungtem
- Canon — à électrons
- Fig. 1. — Schéma de l'expérience de Germer et Davisson.
- Un faisceau d’électrons sous 83 volts tombant sur la face d un cristal de nickel incliné à 30° sur la direction du faisceau est réfléchi principalement dans une direction à 60° de l’incidence. La courbe de droite montre l’intensité de la réflexion suivant les différents angles.
- à une autre d’énergie moindre. Si l’électron passe d’une orbite sur laquelle son énergie est E(, sur une autre où son énergie est E„ la fréquence / du rayonnement électromagnétique émis répond à la condition :
- ' hf=E- E4.
- Inversement, l’absorption du rayonnement de fréquence / peut faire passer l’électron de l’orbite E, sur l’orbite E(.
- Moyennant ces hypothèses, dont les deux dernières sont tout à fait en contradiction avec les lois de l’électro-magnétisme, la théorie permet de retrouver avec une extraordinaire précision la structure spectrale de l’hydrogène et celle de l’hélium ionisé, d’expliquer les lois des spectres de rayons X, et de classer la plupart des résultats expérimentaux de la spectroscopie.
- L’EFFET PHOTOÉLECTRIQUE ET L’HYPOTHÈSE DES QUANTA
- L’hypothèse des quanta, telle qu’elle a été appliquée par Planck et par Bohr dans les phénomènes que nous venons de rappeler, n’impliquait pas absolument la structure granulaire du rayonnement. Elle n’envisageait que le mode suivant lequel se font les échanges d’énergie entre le rayonnement et la matière, et nullement la nature même du rayonnement au cours de sa propagation. Mais Einstein a été amené à entendre d’une manière encore plus audacieuse le concept de quantum pour interpréter l’effet photoélectrique découvert par Hertz en 1887. On sait que ce phénomène consiste dans l’émission d’électrons par une surface métallique que vient frapper un rayonnement de courte longueur d’onde : rayons ultra-violets, rayons X ou rayons y.
- Considéré qualitativement, ce phénomène n’a rien de surprenant : tous les atomes renfermant des électrons, on conçoit qu’une perturbation électromagnétique tombant sur le corps puisse en arracher des électrons. Mais les difficultés apparaissent dès qu’on envisage le phénomène du point de vue quantitatif. Ainsi, on devrait s’attendre à ce que les électrons fussent émis avec une violence d’autant plus grande que la lumière excitatrice est plus intense. Or, les mesures faites ont établi que la
- p.25 - vue 29/598
-
-
-
- = 26 —-y":................:... ... =
- vitesse avec laquelle les électrons sont émis ne dépend pas de l’intensité du rayonnement, mais seulement de sa fréquence / : plus cette fréquence est élevée et plus est grande la vitesse avec laquelle les électrons sortent du métal. Bien plus, si la fréquence est inférieure à une limite bien déterminée pour chaque métal, l’émission cesse brusquement, quelle que soit l’intensité du rayonnement excitateur, et c’est pourquoi la lumière visible, dont les vibrations ont une fréquence relativement faible par rapport à celle des rayons ultra-violets, est incapable de provoquer l’émission photoélectrique de beaucoup de métaux. L’intensité de la lumière influe uniquement sur le nombre des électrons émis.
- Une autre observation apparaît encore comme plus paradoxale. Connaissant l’énergie que le rayonnement déverse par seconde sur chaque centimètre carré de la surface du métal, on peut calculer approximativement ce qu’en reçoit chaque atome superficiel dans le même temps. En faisant le calcul, on trouve qu’il faudrait un temps très long, s’élevant à quelques années pour les rayons X, avant que l’atome ait pu capter une quantité d’énergie égale à celle que transporte l’électron expulsé. Or, l’émission électronique se produit sans retard appréciable dès que la surface métallique est frappée par le rayonnement.
- Ces difficultés tombent immédiatement si l’on admet que la lumière et, d’une manière générale, tout rayonnement électromagnétique, sont de nature corpusculaire. Dans ce cas, en effet, l’énergie, au lieu d’être distribuée uniformément sur toute la surface irradiée, se localise dans, les seuls points atteints par les corpuscules lumineux. Pour expliquer l’effet photoélectrique, il suffit d’admettre que les atomes frappés par un corpuscule lumineux d’énergie suffisante émettent un électron dans lequel se retrouve tout ou partie de l’énergie cinétique du corpuscule incident.
- Dans cette hypothèse, l’énergie cinétique de l’électron expulsé doit dépendre uniquement de celle que transporte chaque corpuscule lumineux, et comme le quantum d’énergie des corpuscules lumineux est proportionnel à la fréquence, on comprend que la vitesse des électrons émis dépende uniquement de cette fréquence et croisse avec elle. Les corpuscules lumineux étant d’autant plus serrés que la lumière est plus intense, on comprend également que le nombre des électrons émis croisse avec l’intensité de la lumière incidente.
- D’une manière plus précise, admettant que le quantum d’énergie hf que transporte un corpuscule lumineux se ............................... 1
- retrouve dans l’énergie cinétique -- md de l’électron
- expulsé, sous réserve du travail p que doit accomplir l’électron pour quitter le métal, on obtient l’équation :
- hf = i mv' + p.
- Cette relation se vérifie quantitativement et fournit une excellente méthode de mesure de la constante h.
- Aussi, l’effet photoélectrique suggère-t-il l’hypothèse que le rayonnement est constitué par des corpuscules d’énergie hf se propageant dans le vide avec la vitesse de
- la lumière. Pour désigner ces corpuscules, le physicien anglais Lewis a suggéré, ces dernières années, le terme de photon qui a fait fortune et est aujourd’hui universellement adopté.
- EFFET COMPTON
- Un autre phénomène découvert plus récemment par le physicien américain Compton est venu apporter de nouveaux arguments en faveur de l’existence des photons.
- Cet auteur, étudiant la diffusion des rayons X par les atomes légers contenus par exemple dans un fragment de graphite ou de paraffine, a constaté que cette diffusion s’accompagne d’un accroissement de longueur d’onde des rayons X, c’est-à-dire d’une diminution de leur fréquence. Ce phénomène qui serait bien difficile à expliquer dans la théorie électromagnétique s’interprète au contraire simplement dans l’hypothèse des photons. Les photons qui constituent le faisceau de rayons X incidents heurtent les électrons contenus dans la matière et subissent de leur part une déviation, d’où la diffusion. Lorsqu’un photon vient frapper un électron, celui-ci recule en même temps que le photon est dévié de sa position primitive. Le problème est analogue à celui du choc de deux projectiles élastiques, avec conservation de l’énergie et du moment de la quantité de mouvement, comme cela se produit dans tous les phénomènes de percussion qu’étudie la Mécanique. Le photon cède à l’électron une partie de son énergie et possède, après le choc, une énergie moindre :
- ?' = */'
- inférieure à l’énergie :
- (1 = hf,
- qu’il avait avant le choc. La fréquence /' est donc inférieure à / et l’on s’explique ainsi très simplement que la diffusion soit accompagnée d’une diminution de la fréquence, c’est-à-dire d’une augmentation de la longueur d’onde.
- LE DUALISME ENTRE LA THÉORIE DES ONDULATIONS ET LA THÉORIE DES QUANTA
- Ainsi, il y a seulement quelques années, deux théories absolument opposées se partageaient l’explication du domaine entier de l’optique : la théorie électromagnétique et la théorie des quanta. La première rendait compte, jusque dans les moindres détails, des phénomènes de réflexion, de réfraction, d’interférence, de diffraction et de polarisation, mais conduisait à des conséquences tout à fait en désaccord avec l’expérience lorsqu’on l’appliquait à l’interprétation d’autres phénomènes tels que l’émission ou l’absorption de la lumière, la photo-électricité,- la diffusion, etc. Par contre, la théorie des quanta, qui rendait compte de ces derniers phénomènes, restait absolument impuissante à expliquer la réflexion, la réfraction, les interférences, la diffraction, la polarisation. M. Maurice de Broglie, membre de l’Institut et frère aîné de M. Louis de Broglie, pouvait écrire : « La physique des radiations échappe en ce moment à toute tentative de synthèse unique ».
- p.26 - vue 30/598
-
-
-
- 27
- LES CONCEPTIONS DE M. LOUIS DE BROGLIE ET LA MÉCANIQUE ONDULATOIRE
- C’est alors que M. Louis de Broglie, dans un travail présenté en 1924 comme thèse de doctorat à la Faculté des Sciences de Paris, a orienté la physique vers une conception synthétique qui admet que les radiations sont formées à la fois d’ondes et de corpuscules intimement liés.
- A la suite de considérations dans le détail desquelles il me serait impossible d’entrer ici, M. Louis de Broglie a été amené à se faire une conception de l’électron tout à fait différente de celle admise jusqu’alors, et à lavérité fort étrange. L’électron, et probablement un projectile de nature quelconque, se mouvant avec une vitesse v, serait équivalent à un « paquet » d’ondes dont les longueurs d’onde seraient groupées autour d’une valeur définie par la relation :
- me
- T==1i’
- m désignant la masse de l’électron et h la constante de Planck précédemment définie.
- L’électron matériel ne serait, en somme, qu’une apparence. Son énergie serait de nature ondulatoire, et c’est seulement la localisation de cette énergie dans un espace généralement très petit qui a conduit à considérer l’électron comme une particule.
- Yoici d’ailleurs comment s’exprime M. Louis de Broglie sur le principe de sa théorie : « L’existence des corpuscules élémentaires de matière et de rayonnement étant admise comme un fait d’expérience, ces corpuscules sont supposés doués d’une périodicité. Dans cette manière de voir, on ne conçoit plus le point matériel comme une entité statique n’intéressant qu’une région infime de l’espace, mais comme le centre d’un phénomène périodique répandu tout autour de lui ».
- « Certes, écrivait encore M. Louis de Broglie dans la conclusion du travail qu’il a présenté comme thèse de doctorat en 1924, cette idée que le mouvement d’un point matériel dissimule toujours la propagation d’une onde aurait besoin d’être étudiée et complétée, mais, si l’on parvenait à lui donner une forme entièrement satisfaisante, elle représenterait une synthèse d’une grande beauté rationnelle. » Peu de temps après, en 1925, les prévisions théoriques de M. L. de Broglie recevaient le complément que souhaitait leur auteur par les belles expériences de deux physiciens américains, MM. Davis-son et Germer, qui ont établi d’une manière indiscutable les propriétés ondulatoires d’un flux d’électrons.
- EXPÉRIENCES DE DAVISSON ET GERMER
- Davisson et Germer ont étudié le phénomène produit par un flux d’électrons tombant contre un obstacle.
- L’appareil placé dans le vide comportait trois parties essentielles : 1° un filament métallique incandescent émettant des électrons dont on accélérait le mouvement par une différence de potentiel convenable et susceptible d’être mesurée; l’ensemble du filament et du champ constituait un véritable « canon à électrons » ; 2° un cristal unique de nickel bombardé sur une de ses faces par les électrons et servant à la diffusion; 3° un cylindre de Faraday percé d’une ouverture étroite destinée à capter les électrons diffusés suivant une direction bien déterminée; ce cylindre était mobile de manière à permettre d’explorer les divers azimuts et de mesurer le nombre des
- électrons diffusés suivant tous ces azimuts (fig. 1).
- Davisson et Germer ont ainsi constaté qu’un faisceau parallèle d’électrons tombant sur une surface plane du cristal est renvoyé principalement dans une direction formant avec la normale à la face du cristal un angle égal à celui que forme avec cette normale le faisceau incident. Autrement dit, les électrons se réfléchissent sur la surface plane du cristal en obéissant aux lois de la réflexion.
- Si, au contraire, on dirige un flux d’électrons sur une lame de nickel ordinaire, constituée non par un seul cristal, mais par l’agglomération d’un nombre très” grand de tout petits cristaux, on ne constate plus aucune réflexion régulière. C’est d’ailleurs ce qui se produit également, sinon pour la lumière ordinaire, du moins pour un faisceau de rayons X. La différence avec la lumière ordinaire tient à l’écart considérable entre les longueurs d’onde. Les rayons X, dont la longueur d’onde est très petite vis-à-vis des .dimensions des plus petits cristaux constituant la lame, se réfléchissent sur les faces de chacun de ces cristaux dont les orientations sont différentes, et l’ensemble donne lieu à une diffusion sans direction privilégiée. A cet égard, les électrons se comportent comme un faisceau de rayons X.
- Mais il y a plus. Un faisceau de rayons X tombant sur la face d’un cristal unique ne se réfléchit en faisant un angle de réflexion égal à l’angle d’incidence que si la longueur d’onde a une valeur bien déterminée. Si l’on fait tomber sur la face d’un cristal un faisceau complexe de rayons X, seule se réfléchit la radiation ayant cette longueur d’onde. De même, si l’on fait tomber sur un cristal un flux d’électrons dont on augmente progressivement la vitesse et qu’on mesure le nombre des élec-
- Fig. 3. — Diffraction d’électrons à grande vitesse par une plaque très mince de mica.
- Photographies obtenues par M. Kikuchi (reproduites d’après Journal of the Franklin Institute).
- p.27 - vue 31/598
-
-
-
- trons captés suivant la direction qui correspond à la réflexion régulière, on constate que ce nombre passe par un maximiim pour certaines valeurs de la vitesse; il y a donc là encore sélectivité dans la réflexion comme pour les rayons X (fig. 2).
- Enfin, si l’on calcule la longueur d’onde en appliquant la formule de Bragg à partir de la valeur connue de la distance de plans réticulaires d’un cristal de nickel, on trouve que cette longueur d’onde est égale à celle que permet de prévoir la formule déduite de la théorie de M. Louis de Broglie à partir de la différence de potentiel V qui a produit l’accélération des électrons. L’accord est donc quantitatif entre l’expérience et les prévisions déduites de la théorie de M. Louis de Broglie.
- EXPÉRIENCES DE G. P. THOMSON,
- DE PONTE, ETC.
- G. P. Thomson, en Angleterre, a réalisé une autre expérience de diffraction dans laquelle on voit encore un flux d’électrons se comporter comme un faisceau de rayons X. Un flux d’électrons rapides mis en mouvement par une différence de potentiel pouvant aller de 12 000 à 60 000 v tombe normalement sur une très mince lame d’or ou d’aluminium, et après avoir traversé la lame vient impressionner une plaque photographique parallèle à la lame. Dans ces conditions, on obtient un système de halos dus à la structure microcristalline de la lame, tout à fait ideptique à celui que donne un faisceau de rayons X. Si l’on calcule la longueur d’onde des rayons X qui fourniraient les mêmes anneaux, on obtient encore une valeur égale à celle que permet de calculer la formule de M. Louis de Broglie à partir du potentiel déterminant le mouvement des électrons. On s’assure que les anneaux ainsi obtenus sont bien dus à des électrons en approchant un aimant qui agit sur les trajectoires corpusculaires et déforme les anneaux.
- D’autres expérimentateurs, Reid, Ironside, Kikuchi, Rupp, ont obtenu des résultats analogues en utilisant comme écran de minces lames de celluloïd, de mica et d’autres métaux. Un jeune physicien français, M. Ponte, a également observé que les électrons peuvent donner des phénomènes de diffraction avec des poudres cristallines au moyen d’un montage analogue au montage classique utilisé pour l’étude des poudres par les rayons X. En opérant par exemple sur une lame métallique mince recouverte d’une faible couche d’oxyde de zinc ou sur un tissu d’oxyde de zinc formé sans support, il a obtenu de beaux anneaux de diffraction cristalline. Ces expériences montrent la possibilité d’étudier le réseau cristallin d’une substance par les électrons tout comme par les rayons X, et M. Ponte a déjà donné de nombreux exemples des résultats qu’on peut obtenir par cette méthode d’analyse électronique.
- Si l’on fait tomber un faisceau de rayons X sur un réseau de diffraction ordinaire sous une incidence rasante, on obtient un spectre de diffraction tout à fait analogue à celui que donne le faisceau de lumière; on peut ainsi mesurer très simplement la longueur d’onde en fonction de la constante du réseau. Rupp a réussi à réaliser des expériences du même type en faisant tomber uiï faisceau
- fin et parfaitement défini d’électrons lents, d’une incidence presque rasante, sur un réseau de diffraction métallique. Une plaque photographique recevant les électrons réfléchis enregistre un spectre coïncidant exactement avec celui que donnerait un faisceau de rayons X d’une longueur d’onde égale à celle que permet de calculer la formule de M. Louis de Broglie, connaissant la vitesse des électrons incidents.
- Enfin, tout récemment, M. Dacos, chargé de cours à l’Université de Liège, a pu montrer qu’en traversant une fente les électrons éprouvent une véritable diffraction tout à fait analogue à celle que réalisent les expériences classiques de Fresnel sur la diffraction de la lumière à travers une fente. Pour qu’une diffraction se produise dans le cas de la lumière, il faut que l’ouverture de la fente soit du même ordre de grandeur que la longueur d’onde de la lumière incidente. Il en est de même lorsqu’on utilise un flux d’électrons. Et comme la longueur d’onde associée à ce flux d’électrons est toujours très faible, il faut réaliser une fente extrêmement étroite. Pour obtenir une fente de dimension si restreinte, M. Dacos utilise deux lames d’acier rectifiées avec précision sur leur épaisseur et taillées en biseau, de dix cm de longueur, qu’il dispose en forme de Y, l’écart maximum à l’ouverture du V étant de 8 microns. Ces lames se touchent sur une assez grande longueur à partir du sommet du Y, et, peu après, l’intervalle qui les sépare est d’un ordre de grandeur approprié à la diffraction des électrons. La fente est disposée dans une ampoule complètement vidée entre une cathode incandescente productrice d’électrons et une plaque photographique. Sur cette plaque on enregistre des franges de diffraction et en calculant la longueur d’onde de la radiation susceptible de les produire, on trouve bien une valeur de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde que les formules de M. Louis de Broglie permettent d’attribuer au flux d’électrons utilisés.
- CONCLUSION
- L’exposé qui précède suffira, je l’espère, à montrer comment on est parvenu à concilier les résultats de la théorie des ondes avec l’hypothèse d’une structure granulaire des radiations. Le grand fait qui paraît maintenant bien établi, c’est que la lumière.comporte à la fois des ondes et des corpuscules, ces ondes et ces corpuscules étant d’ailleurs intimement liés et formant « deux faces complémentaires de la réalité ».
- Mais le dualisme des ondes et des corpuscules dépasse le cadre de l’optique. On le retrouve pour la matière comme pour la lumière. « C’est donc, écrit M. Louis de Broglie, un des grands principes de la nature, peut-être son principe fondamental. Mais c’est aussi un de ses grands secrets, car la véritable signification de ce dualisme paraît extrêmement difficile à bien comprendre. Pour l’ignorant, un rayon de lumière c’est une chose bien simple et bien banale. Mais le savant, lui, peut se dire, au contraire : « Nous saurions bien des choses si nous savions exactement ce qu’est un rayon de lumière. »
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- p.28 - vue 32/598
-
-
-
- LES VERNIS POUR AUTOMOBILES =
- On a beaucoup parlé, au moment du Salon de l’Automobile, des progrès considérables qu’a faits, ces dernières années, l’industrie des peintures pour carrosserie automobile.
- En réalité, les vernis cellulosiques, seuls employés pour ces travaux, ne constituent pas du tout une nouveauté : l’aviation les utilisait déjà pendant la guerre; mais c’est leur application à l’industrie automobile qui les a révélés au public. En quelques années, leur emploi a pris une énorme extension, des recherches incessantes ont parfait leur mise au point, tant en France qu’à l’étranger.
- Les matières premières de leur fabrication, leur préparation, la technique de leur application sont autant de questions qui intéresseront certainement les lecteurs de La Nature.
- Composition. — Deux facteurs principaux peuvent influer sur la bonne qualité d’un vernis : ce sont, d’une part, la nature des constituants choisis pour sa composition; d’autre part, les proportions dans lesquelles ces constituants sont employés pour la fabrication. Nous ne pouvons, dans le coup d’œil d’ensemble que nous nous proposons de donner ici, fournir sur ces deux points si importants que peu de détails et nous renvoyons ceux des lecteurs que la question intéresse aux articles très documentés des revues spécialisées (Farbe und Lacke, Farben Zeitung, par exemple).
- Le constituant de base du vernis est le nitrate de cellulose. Le nitrate de cellulose s’obtient par action de l’acide nitrique sur la cellulose d’origine végétale (sciure de bois, « linters » ou déchets de coton). Suivant la température de la réaction, sa durée, et les concentrations des corps en présence, le produit obtenu est plus ou moins visqueux.
- L’éther cellulosique ainsi préparé est dissous dans un solvant volatil, qui, par évaporation au moment de l’emploi, laisse déposer le vernis sous forme d’une pelli-
- Fig. 2. — Cabine pour application des vernis pour automobiles.
- Aspirateur
- Tuyau
- d’aspiration
- Réservoir de peinture
- / Carrosserie à
- cule souple et adhérente. La valeur du vernis dépend beaucoup du choix du solvant; les solvants à point d’ébullition peu élevé (en dessous de 100°) ont l’avantage
- Vernis
- Gâchette
- Air comprimé
- Fig. 1. — Pistolet pulvérisateur pour l’application des vernis.
- d’abaisser la viscosité du vernis et de s’évaporer rapidement. Tels sont l’acétone, les alcools inférieurs, les acétates de méthyle et d’éthyle, le benzène. Si le point d’ébullition du solvant dépasse 100°, la fluidité du vernis pendant la dessiccation est assurée; les acétates de butyle (125°), d’amyje, l’alcool amylique sont dans ce cas.
- Un point d’ébullition plus élevé encore du solvant (155°, par exemple, pour le lactate d’éthyle) évite au vernis toute précipitation du nitrate de cellulose pendant le séchage, mais le solvant ne s’élimine que lentement. Le problème du solvant est complexe, et chaque fabricant le résout à sa manière, en choisissant, parmi les solvants précités, l’un d’eux, ou un mélange de deux ou plusieurs de ces solvants. On doit, après expérience, avoir obtenu toute satisfaction au point de vue de la vitesse d’évaporation du solvant, de la conservation du vernis et du prix. Il reste encore à s’assurer que le solvant employé n’est pas susceptible de déterminer d’accidents : risques d’incendie par les corps à point d’inflammation très bas, risques d’intoxication par les vapeurs de solvants.
- Un vernis moderne comprend, outre le nitrate de cellulose et ses solvants, des diluants, des plastifiants, des résines et des pigments.
- Les diluants sont des liquides volatils, d’un prix moins élevé que les solvants, destinés à augmenter la fluidité du vernis : benzène ou alcool butylique, par exemple.
- Pour obtenir une pellicule élastique, résistante et souple, on utilise des plastifiants : ce sont des liquides à point d’ébullition très élevé, non volatils, miscibles aux solvants employés, tels que le phtalate de butyle.
- p.29 - vue 33/598
-
-
-
- = 30 r::-:.":-::—::: .......=
- L’addition de gommes ou résines donne de l’adhérence et de la dureté au vernis, et la coloration s’obtient par broyage direct du vernis avec le pigment.
- Application des vernis cellulosiques. — Avant l’application du vernis, la surface à peindre, parfaitement nettoyée, reçoit d’abord une couche de fond servant à créer une surface lisse et à assurer une adhérence intime entre la peinture et son support, puis un apprêt coloré.
- On peut alors appliquer la peinture laquée.
- La grande rapidité de séchage des vernis ne permettant pas l’emploi du pinceau, on applique les vernis cellulosiques par pulvérisation, c’est-à-dire au pistolet, dans tous les cas où les dimensions de l’objet ne permettent pas l’emploi de la brosse, du trempage ou de la coulée.
- Par le tube du pistolet, on peut faire arriver simultanément le vernis contenu dans le réservoir et de l’air comprimé. Le vernis, pulvérisé en fines gouttelettes, est dirigé sur la surface à recouvrir ; les réglages des quantités
- d’air comprimé et de vernissa admettre ont lieu indépendamment l’un de l’autre.
- Pour l’application pneumatique des enduits cellulosiques sur carrosserie automobile, on a construit des cabines dans lesquelles toutes les conditions d’application ont été remplies. Les vapeurs de solvant sont aspirées; l’air, dont la rentrée est provoquée par l’aspiration des vapeurs, est filtré pour être débarrassé des poussières qu’il contient et chauffé pour obtenir un séchage plus rapide. Le réservoir de peinture et le pistolet sont mobiles et peuvent se déplacer à la suite de l’opérateur.
- Après séchage du vernis, la pellicule déposée est susceptible d’être polie. Elle est imperméable à l’eau, et prête à résister victorieusement à l’usage. N’importe quelle pâte à cuivre la nettoiera et l’entretiendra sans qu’elle perde rien de sa dureté, dé sa parfaite adhérence, ni, surtout, des qualités qui, plus que sa résistance à l’usage, plus que sa rapidité de séchage, ont contribué à son éclatant succès : son brillant, son élégance, l’aspect de propreté, de luxe et de et fini » qu’elle donne aux objets qu’elle recouvre.
- L’AVION AU PÔLE SUD
- Quoique le Pôle Sud ait été atteint par Amundsen en 1911, le raid aérien du Commandant Byrd qui, accompagne de Bernt Balcben, Mackinley et Harold June, vient d’y parvenir à son tour, a une signification plus grande que celle d’un remarquable et heureux exploit sportif.
- Ce nouvel exemple d’énergie, de la part d’hommes d’une telle trempe, se double ici d’une démonstration éclatante des résultats capables d’être obtenus, lorsque cette énergie est servie par la mise en œuvre savante et minutieuse des moyens d’action de notre époque, alliés à une connaissance parfaite des conditions dans lesquelles le but proposé doit être atteint.
- Nous n’avons pas à mentionner ici les détails de l’organisation et les péripéties mêmes du raid de Byrd, se lançant à l’assaut des formidables obstacles qui défendent l’accès du Pôle ; grâce à la T. S. F. les quotidiens ont pu les relater jour par jour.
- Donnons seulement une idée des conditions de l’importance de l’expédition.
- On sait que Byrd avait choisi le même point de départ qu’Amundsen, la baie des Baleines, sur cette immense nappe de glace qu’est la Grande Barrière de Ross; le pittoresque groupement d’habitations, d’ateliers et de magasins, surmontés des pylônes de la T. S. F., a été baptisé du nom de la Petite Amérique.
- Cette baie est à 120 km, environ, du pôle sud. La figure ci-contre fait ressortir le caractère des difficultés à vaincre, au moins à partir de la fin de la Barrière : montée rapide au-dessus de glaciers, à travers des cimes escarpées, pour atteindre le plateau polaire découvert et parcouru par Shackleton, Amundsen et l’infortuné Scott.
- L’altitude de ce plateau est de 3000 m en moyenne ; balayé par des ouragans terribles et d’aveuglantes chutes de neige, il semble que toutes les forces aveugles de la nature soient mises en action pour rendre plus inaccessible encore ce point de la surface terrestre. La ténacité des hommes qui l’ont atteint, leurs luttes et leurs souffrances sont à peine croyables; l’audace qu’il fallait pour s’y risquer en avion ne l’est pas moins, car atterrissage forcé était synonyme de catastrophe fatale. Mais l’heureuse terminaison d’un tel exploit fait ressortir immédiatement l’immense supériorité de l’aviation dans le domaine des découvertes.
- En quelques heures des hommes ont pu faire plus que d’autres en plusieurs mois.
- En effet, la possibilité de survoler une région en fait mieux reconnaître le caractère complet — la clarté du temps s’y prêtant, bien entendu — de même que la plus considérable étendue embrassée permet d’effectuer des découvertes lointaines, hors de la portée visuelle du voyageur qui, sur le sol, suit une piste déterminée. Ceci est encore souligné par les résultats de l’expédition aérienne de Wilkins et Eielson, au début de l’année, qui ont survolé la Terre de Graham, effectuant des découvertes d’un intérêt capital, car elles précisent, en la modifiant singulièrement, l’allure de cette partie du territoire antarctique.
- Les radiogrammes ont appris que de nombreuses cimes nouvelles ont été aperçues par Byrd et ses compagnons; et l’on en peut conclure que la cartographie de ces régions sera considérablement enrichie, lorsque parviendront les documents précis et complets, après le retour de l’expédition.
- p.30 - vue 34/598
-
-
-
- Il en sera de même à propos de la Terre du Roi Edouard VII (explorée au cours d’autres randonnées) où des chaînes inconnues ont été relevées ; sur la carte ci-dessous, elles sont figurées, approximativement, en b et en c.
- Leur existence précise le caractère de ce point du globe, seulement entrevu jusqu’ici dans la partie Est
- de la Grande Barrière, et mentionné par Amundsen comme « apparence de terre ».
- En attendant de plus amples et définitifs renseignements, il importait de faire ressortir une fois de plus quels inappréciables services la navigation aérienne est susceptible de rendre dans le domaine de l’exploration.
- X
- Le raid aérien du commandant Byrd, vers le Pôle Sud.
- En haut : Profil pittoresque (hauteurs très exagêiées) du continent antarctique, depuis la Baie des Baleines jusqu'au pôle Sud,
- avec l’allure approximative du trajet qu’a dû effectuer l'avion de Byrd.
- En bas : Carte générale de la région de la Grande-Barrière et des abords du plateau polaire, avec la route approximative de Byrd.
- p.31 - vue 35/598
-
-
-
- SCULPTURES NATURELLES CURIEUSES
- 3. — Tête de Mort, près Ajaccio. (Ph. Delius.)
- 4. — La Chimère, îles Chausey. (Ph. Rudaux.) 5. — L’Éléphant, îles Chausey. (Ph. Rudaux.)
- 6. — La Tortue, îles Chausey. (Ph. Rudaux.) 7. — Les granits étrangement sculptés de Trébeurden (Bretagne). (Ph. Rudaux.)
- S. — Le Sphinx, près Daluis (Basses-Alpes). (Ph. Delius.)
- p.32 - vue 36/598
-
-
-
- 33
- UNE LOI GÉNÉRALE =:. DES PHÉNOMÈNES DE CROISSANCE
- Dans un article paru dans La Nature du 1er juillet 1929, de M. le professeur Max Aron, sur l’Initiation biologique, nous trouvons la phrase suivante :
- « D’une manière générale, la courbe de croissance embryonnaire des vertébrés supérieurs présente la forme d’un S allongé qui indique l’existence de deux périodes de vive croissance séparées par un intervalle de croissance plus lente. »
- Cette allusion à la forme d’un S de la courbe de croissance a particulièrement retenu notre attention, car cette forme se constate, non pas seulement dans la croissance embryonnaire des vertébrés supérieurs, mais encore dans l’étude de l’évolution particulière d’un grand nombre de phénomènes, aussi bien d’ordre biologique que d’ordre physico-chimique.
- Elle est la traduction d’une loi générale que nous croyons avoir mise en lumière dans une brochure que nous avons publiée à la suite d’une étude poursuivie à propos de la croissance des plantes, puis étendue à d’autres phénomènes et qui a été éditée'() par Le Mouvement sanitaire.
- Cette loi, nous l’avons énoncée sous la forme suivante : B
- « Toutes les fois qu’un fait se traduit par un phénomène qui varie en tendant sous l’action des mêmes causes, vers une limite définie, ce quelque chose qu’on peut appeler l’aptitude à la transformation est, à chaque instant, proportionnel à ce qui manque à ce phénomène pour que la transformation soit achevée. »
- Dans le cas d’un organisme semblable à celui auquel l’article précité fait allusion, la loi de la croissance s’exprime alors sous cette forme simplifiée :
- « A chaque instant de la croissance embryonnaire des vertébrés supérieurs, la capacité de transformation de chacun de ces organismes est proportionnelle à ce qui lui manque pour atteindre son maximum de développement; à chaque instant, son évolution dépend de son épanouissement final. »
- Ces courbes en S (fîg. 1) obtenues en portant les temps en abscisses suivant OX et en ordonnées suivant OY, la grandeur du phénomène observé, ont toujours, du point de vue mathématique, un point d’inflexion C qui est un centre de symétrie "t deux asymptotes A A’ etB B’parallèles àl’axedes abscisses.
- En prenant pour axe des ordonnées, non la droite OY, mais la droite O, Yt passant par le point d’inflexion C, l’équation générale de la courbe de la figure 1 est la suivante :
- chaque instant un élément de l’ordonnée envisagée qui peut être soit un volume, un poids, une longueur, etc....
- Cet indice i représente, ainsi l’intensité de l’évolution du
- phénomène au moment considéré, est défini par l’équation :
- (2)
- Le facteur
- f(H—Y)
- H -j- b
- Après calcul, cet indice
- L. a.
- L .a
- il)
- Y _|_ b = (H + b)
- ax 1 •
- dans laquelle on a désigné par :
- H l’ordonnée de l’asymptote supérieure qui représente la valeur maximum de l’ordonnée Y.
- b la distance de l’asymptote inférieure à l’axe des abscisses. a un coefficient caractéristique de la courbe.
- Considérons maintenant un indice que nous désignerons par i et représentant la quantité variable dont s’accroît à
- 1. Note sur la croissance des plantes. Editeur : Le Mouvement sanitaire, 52, rue Saint-Georges, Paris.
- ^ étant constant pour une courbe donnée,
- il en résulte que l’indice i est à chaque instant proportionnel à H — Y, c’est-à-dire à ce qui manque à Y pour atteindre H.
- C’est-à-dire que l’intensité du phénomène, que nous désignons également par sa capacité de transformation, est, à chaque instant, proportionnelle à ce qui manque à cette transformation pour atteindre son maximum de développement.
- Cette conclusion est en accord avec l’hypothèse suivante que nous pouvons faire, à savoir que l’embryon, ou encore
- d’une façon plus générale le B système à transformer pris à
- l’origine de son développement, porte, en lui-même, une énergie potentielle qui se transforme incessamment en matériaux constituant le développement du phénomène envisagé.
- Appliquons, en effet, en partant de cette hypothèse, au sys-. tème en transformation, le principe de la conservation de l’énergie et écrivons que la somme de l’énergie potentielle et de l’énergie transformée est une constante.
- En désignant par Y la valeur de la transformation déjà opérée, par H la valeur de la transformation maximum, par q le coefficient d’équivalence de la transformation, par e l’énergie potentielle restante, on aura :
- q Y + e = ÇH d’où (3) e = q{ H —Y).
- Comme l’indice i est proportionnel à e, nous voyons que les formules (2) et (3) sont identiques.
- Elles semblent bien nomtrer que la courbe en S n’est que la conséquence d’une application particulière du principe de la conservation de l’énergie à la transformation qui caractérise le phénomène observé.
- Dans tous ces cas, la transformation se déroule en partant d’un minimum de stabilité correspondant à un minimum d’organisation pour aboutir à un maximum de stabilité correspondant à un maximum d’organisation, et le problème particulier de la croissance, maintenu dans les limites où nous l’avons considéré, se ramène à celui de l’évolution d’un simple phénomène physico-chimique. C’est un point sur lequel il était intéressant d’attirer l’attention, car cette constatation est établie en dehors de toute considération d’ordre biologique.
- Cette conclusion, d’une nature en quelque sorte d’ordre énergétique et philosophique, n’exclut pas, bien entendu, l’intérêt capital qu’il y a à procéder à l’étude des éléments biologiques qui concourent à cette croissance.
- L. Demozay.
- p.33 - vue 37/598
-
-
-
- LE VIEILLISSEMENT NATUREL DU COGNAC
- CONSIDÉRATIONS BASÉES SUR DES DONNÉES BIOLOGIQUES
- Beaucoup de personnes apprécient — et elles ont raison — le vieux cognac. Mais beaucoup de personnes aussi ignorent la façon dont cette « reine des liqueurs», connue habituellement sous le nom de « fine Champagne », est obtenue. On entend parler de cette question par bien des gens qui croient que le vieillissement du cognac est synonyme d’évaporation, c’est-à-dire de réduction de volume, quel que soit le temps mis pour le réaliser.
- Un jour j’ai entendu un Monsieur, qui se croyait documenté, prononcer la phrase suivante : « J’ai acheté en Charente un fût de vingt litres de cognac jeune; je l’ai mis au grenier, voilà cinq ans : il n’en reste presque plus dans le fût, c’est un extrait de cognac ! Vous allez me goûter ça. » Or la dégustation montra que ce liquide était loin d’être du cognac : il était amer et de couleur presque noire; on ne retrouvait pas du tout les caractères organoleptiques du cognac. J’ajoute que cela se passait à Lyon.
- *
- % *
- Il y a certaines conditions à remplir pour réaliser le vieillissement du cognac : ce vieillissement ne s’obtient pas aussi facilement qu’on pourrait le croire. Tout d’abord, la capacité du fût où l’on met à vieillir l’eau-de-vie joue un rôle primordial. Ce n’est pas dans un barricot de 20 à 25 litres, ni dans un fût de 100 litres que doit être « logée » l’eau-de-vie que l’on destine au vieillissement. En Charente, dans la région où l’on distille le cognac, c’était dans un fût de 550 litres appelé « tierçon » que l’on plaçait autrefois le produit de la distillation du vin blanc; mais le vieillissement demandait un temps considérable, aussi préfère-t-on maintenant « loger » le cognac dans un fût dont la capacité est à peu près la moitié de celle de l’ancien tierçon, soit 270 litres.
- L’alcool, provenant de la distillation du vin blanc, titre environ 70° centésimaux : autrefois on « pesait » l’eau-de-vie de Cognac au moyen d’un aréomètre, l’alcoomètre de Tessa, qui, plongé dans ce liquide, marquait 4°. Disons que pour obtenir un hectolitre d’eau-de-vie, il faut en moyenne sept hectolitres de vin,
- LA CHAUFFE
- Si tout le monde peut distiller, peu de gens savent distiller, comme me l’a fait remarquer avec raison un de nos distingués négociants d’eau-de-vie de-la Charente, M. Albert Magnier, de Blanzac. En dehors du coup de main du distillateur avisé, il y a un élément qui joue un rôle essentiel pour arriver à un bon résultat : c’est la nature du combustible employé; pour faire de « bonnes chauffes », comme on dit en Charente, et obtenir une bonne rectification des « brouillis », il faut employer du bois — du chêne ou du noyer — et non pas du charbon. C’est avec le bois, en effet, la combustion étant lente et régulière, que le cognac arrive à posséder une qualité optima et est d’une conservation parfaite. .L’emploi du charbon produit des coups de feu inévitables qui amènent un durcissement de l’eau-de-vie par suite du passage à la distillation d’alcools «de queue»; en outre, le cognac ainsi obtenu perd très vite sa finesse.
- LE LOCAL
- Le local où le cognac va vieillir a lui aussi une grande importance pour la qualité du produit obtenu. Les fûts, une fois
- remplis, sont placés, non pas directement sur le sol, mais sur des madriers appelés « tins » qui sont destinés à maintenir les barriques à trente centimètres, ou plus, du sol, afin d’empêcher le refroidissement de la terre de se faire sentir sur les fûts et leur contenu. Mais ce n’est pas dans une cave que ces fûts vont séjourner pendant de nombreuses années : c’est dans un « chai ».
- :Le chai est un local qui est au niveau du sol; il est construit habituellement en pierre blanche d’Angoulême qui est une pierre légèrement poreuse. J’ai remarqué que les murs des chais bâtis avec cette pierre prennent presque toujours une coloration ocre ou chaudron due, très probablement, à la croissance d’une mousse ou d’un lichen spécial. Il est rationnel de penser que les vapeurs d’alcool qui finissent à la longue par imprégner la pierre ne sont pas étrangères à la formation de cette mousse rougeâtre. Les naturalistes auraient peut-être là un sujet de recherches intéressantes.
- Ce ne doit pas être le hasard qui a fait préférer le chai à la cave : c’est bien plutôt à la suite des observations faites par les premiers viticulteurs charentais que le chai a été reconnu préférable pour le séjour de l’eau-de-vie destinée à vieillir. La température à laquelle cette eau-de-vie va être soumise pendant la suite des années est un facteur important : c’est pour obtenir une température plus élevée que celle d’une cave que l’on est arrivé à la conception du chai. U y a aussi à tenir compte, pour expliquer ce choix, d’un autre facteur qui est l'état hygrométrique de l’air ambiant : cet état hygrométrique est en effet bien moins élevé dans un chai que dans une cave; l’humidité qui règne dans cellerci amènerait le développement de moisissures sur les fûts, et ces moisissures modifieraient certainement le régime d’évaporation de l’alcool à la surface des barriques.
- Un chai ne doit pas avoir, autant que possible, d’autre ouverture que celle de la porte, afin que l’air et la lumière n’y pénètrent pas : l’absence.de ventilation dans un chai est une condition qui assure une évaporation lente de l’alcool des fûts.
- LES FUTS
- La nature du bois avec lequel on construit les fûts destinés à loger l’eau-de-vie intervient aussi dans la qualité du produit obtenu : c’est avec du bois de chêne, appelé « chêne limousin », provenant des forêts du Limousin et de l’Ailier, que sont faites les barriques de 270 litres; le chêne charentais ne conviendrait nullement. Ce bois va être en contact pendant des années et des années avec l’eau-de-vie : si l’on employait un bois mou et poreux, la réduction de volume du liquide se ferait rapidement, trop rapidement, et les conditions ne seraient plus les mêmes. En outre, le bois de chêne possède, en plus de sa faible porosité et de sa dureté, d’autres avantages résultant de sa teneur en tanin et en « essences » variées; ces produits interviennent pour communiquer au cognac une coloration brun acajou et un goût spécial qui vont en s’accentuant à mesure que l’âge du cognac augmente.
- LE VIEILLISSEMENT
- Contrairement à ce que l’on fait pour le vin, le cognac, une fois dans le fût où il va vieillir, ne doit pas être « ouillé », c'est-à-dire qu’on ne doit pas faire le plein du fût : il en résulte
- p.34 - vue 38/598
-
-
-
- qu’avec le temps, le niveau du liquide baisse de plus en plus. Au début, quand on l’a remplie, la barrique contenait 270 litres d’eau-de-vie; puis, à mesure du vieillissement, cette quantité diminue progressivement. Demandons-nous à quoi il faut attribuer cette diminution de volume : c’est un point de la plus haute importance à résoudre si l’on veut comprendre pourquoi on a été amené par l’expérience à reconnaître l’utilité d’une si grande capacité de fûts pour faire vieillir le cognac. Tout d’abord, il est clair que si le niveau de l’alcool baisse dans un tierçon ou dans une barrique de 270 litres, c’est parce qu’une certaine quantité s’est évaporée : cette réduction de volume est due à des phénomènes moléculaires et, en particulier à des phénomènes de capillarité. Le bois s’imprégnant d’alcool, laisse transsuder très lentement ce liquide dont les molécules qui ont atteint la surface externe du bois se vaporise dans le milieu extérieur. C’est donc au niveau de cette surface externe que se passent les phénomènes moléculaires qui aboutissent à l’évaporation du liquide et par conséquent à la diminution progressive de l’eau-de-vie. Il est compréhensible que ce sont les molécules des parties les plus riches en alcool qui se vaporisent le plus facilement à la surface : d’où une diminution progressive du degré alcoolique du liquide restant; et en effet, à mesure que l’âge du cognac augmente, son degré va en diminuant. Il convient toutefois de faire remarquer qu’il intervient en outre, dans cette chute du degré alcoolique, un autre facteur qui a été complètement étudié par l’illustre chimiste Berthelot : c’est Y éthérification de l’alcool. Avec le temps une partie de plus en plus grande de l’eau-de-vie se transforme en éthers viniques ou œnanthiques et furfurol, etc... d’où une diminution de la proportion d’alcool éthylique contenu dans le liquide. Cette éthérification qui est une des principales causes de la bonification du cognac avec le temps ne se produit plus quand l’eau-de-vie est soutirée en bouteilles.
- L’INFLUENCE DE LA SURFACE
- Quoi qu’il en soit, la surface latérale du fût joue un rôle dont nous allons tâcher de mettre en lumière l’importance dans des considérations touchant un peu à la biologie : la vaporisation de l’alcool à la surface du bois rappelle en effet un peu ce qui se passe au niveau de la surface du corps humain pour la dissipation de l’énergie calorifique dans le milieu extérieur. Au cours d’expériences sur cette intéressante question, j’ai été amené à définir la «surface spécifique»
- du corps de l’homme : c’est le rapport — de la surface totale
- du corps au poids du sujet; cette surface spécifique correspond par conséquent à un kilogramme de cellules vivantes. C’est, en d’autres termes, la surface qui est allouée à chaque kilogramme de cellules vivantes pour se débarrasser de la chaleur produite dans les tissus par les réactions interstitielles.
- Cette «surface spécifique» est, comme je l’ai montré (*), d’autant plus grande que le sujet a une taille plus petite : ainsi, chez un homme de taille moyenne, elle est de 270 cm2 ; "tandis que chez un tout jeune enfant, elle atteint la valeur énorme de 600 cm2 et plus; ce qui, entre parenthèses, fait comprendre combien l’enfant qui vient de naître, et surtout le prématuré, a besoin d’être couvert ou même couvé pour le soustraire à la grande déperdition de chaleur résultant de la grande surface spécifique du nouveau-né.
- On peut tirer parti de ces considérations et les transporter dans l’étude des phénomènes que nous étudions ici. Un fût renfermant le cognac destiné au vieillissement a lui aussi sa
- 1. Presse Médicale, 8 mai 1929. Évaluation de la surface du corps de l’homme.
- surface spécifique : c’est le rapport de la surface totale du fût au volume du liquide contenu, c’est-à-dire le nombre de centimètres carrés qui correspond à un litre du liquide se vaporisant au niveau de la surface externe du fût. Il est facile de calculer cette surface spécifique pour des fûts de capacités variées.
- Nous devons à la complaisance de M. Albert Magnier la connaissance des dimensions suivantes qui ont été mesurées sur plusieurs fûts journellement construits par les tonneliers charentais. Voici les valeurs numériques qui m’ont été communiquées :
- Capacité Plus grande circonfér. Circonfér. des fonds Longueur d’un fond à l’autre Diamètre des fonds
- 550 litres 2m76 2m25 lm35 0m71
- 270 — 2 31 1 86 1 02 0 58
- 100 — 1 68 1 32 0 75 0 415
- 50 — 1 34 1 05 0 63 0 33
- 25 — 1 09 0 88 0 50 0 275
- En possession de ces nombres, on peut calculer la surface totale de chaque fût et par suite leur surface spécifique. On arrive ainsi au tableau suivant :
- Capacité. Surface totale. Surface spécifique
- 550 litres 417 dm2 73 76 cm2
- 270 — 100 — 50 — 25 —
- 265 dm3 50 115 dm2 20 92 dm2 38 61 dm2 37
- 98 cm2 33 115 cm2 20 184 cm2 76 245 cm2
- On voit que la surface spécifique est d’autant plus grande que le fût est plus petit : on retrouve ici la même loi que celle dont nous avons parlé à propos _de la surface du corps humain. Ainsi, dans un fut de 270 litres, à chaque litre est allouée une surface évaporatoire de 98 cm; pour un fût d’un hectolitre, la surface allouée à chaque litre d’alcool est de 115 cm ; enfin pour un petit fût de 25 litres, la surface spécifique atteint le chiffre énorme de 245 cm.
- Ces chiffres, on le voit, expliquent pourquoi le vieillissement du cognac doit se faire d’une façon toute différente, suivant la contenance du fût. Comparons, par exemple, la surface spécifique d’une barrique de 270 litres avec celle d’un fût de 25 litres : cette dernière étant de 245 cm2 au lieu de 98 cm2, il est facile de comprendre que l’évaporation de l’alcool se fera beaucoup trop vite dans le petit fût qui, pour chaque litre, a une surface évaporatoire de 245 cm2 alors que dans la barrique de 270 litres, à chaque litre n’est allouée qu’une surface de 98 cm . Le vieillissement du cognac ne se fera pas du tout dans les conditions requises et exposées plus haut, si on emploie un petit fût, surtout si par surcroît ce petit fût est conservé dans un grenier !
- On ne peut qu’être frappé en tout cas de la justesse d’observation de nos ancêtres qui, sans connaître les considérations précédentes, avaient su trouver par l’expérience les meilleures conditions à remplir pour le vieillissement optimum de la « fine champagne ». C’est grâce à la perspicacité des premiers viticulteurs charentais que nous possédons la plus naturelle et en même temps la meilleure et la plus française de toutes les liqueurs. Honneur à eux !
- Dr H. Bordier,
- Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon.
- p.35 - vue 39/598
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1930 (’)
- Le mois de février ne le cédera en rien à celui de janvier au point de vue astronomique. Le 15 février, se produira la plus grande élongation de Mercure, le matin. Neptune sera en opposition le 21. La lumière zodiacale deviendra de mieux en mieux visible le soir, à l’Ouest, et la lueur anti-solaire pourra être recherchée dans le Lion. Il y a lieu de joindre à cela un très grand nombre de phénomènes du système des satellites de Jupiter, quelques occultations d’étoiles par la Lune, des minima de l’étoile variable Algol, etc.
- Les observations de la surface du Soleil sont toujours recommandées, ainsi que l’étude du globe de Jupiter. Enfin, pour les amateurs des beaux spectacles du ciel, il ne faudra pas manquer d’admirer la lumière cendrée de la Lune, au début du mois.
- M. Quénisset, à l’Observatoire de Juvisy, a réussi à photographier ce reflet de la Terre non seulement avant le premier quartier, mais encore jusqu’à trois jours avant la pleine Lune.
- I. Soleil. — L’ ascension du Soleil de l’hémisphère céleste austral vers l’hémisphère boréal, se poursuit rapidement en février. En effet, sa déclinaison, qui était de —17° 13' le 1er février, atteindra — 8° 8' le 28.
- La durée du jour augmente beaucoup pendant ce mois.
- Au début elle sera de 9h 22m, pour atteindre 10h 48m à la fin.
- Cette durée sera celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’hoilzon.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges très bien
- 1. Toutes les heures données dans le présent «Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de O1', à 24h, à partir de 0h (minuit).
- réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Février 12h 4m 18s Février 15 12h 4m 56s
- — 3 12 4 34 — 17 12 4 49
- — 5 12 4 46 — 19 12 4 40
- — 7 12 4 54 — 21 12 4 27
- — 9 12 5 0 — 23 12 4 12
- — 11 12 5 2 — 25 12 3 55
- — 13 12 5 1 — 27 12 3 35
- Observations physiques. —- Le Soleil a présenté une très grande activité ces derniers mois. Nous recommandons d’observer sa surface chaque fois que cela est possible et d’en prendre des dessins ou photographies, ce qui est facile. Pour orienter ces documents, on se servira des renseignements ci-dessous :
- Dates. P B0 L0
- Février 1er — 12°,2 — 6°,0 86°,7
- — 6 — 14°, 2 — 6°,4 20°, 9
- — 11 — 16°,1 — 6°,7 315°,0
- — 16 — 17°, 8 — 6°,9 249°,2
- — 21 — 19°,4 — 7o,0 183°,3
- — 26 — 20°,8 — 7°,2 117°,5
- P est l’angle que fait l’axe de rotation du Soleil avec la direction du Nord, compté à partir du point nord du disque, dans le sens : Nord-Est-Sud-Ouest. B0 est la latitude héliographique du centre du disque et L0 sa longitude héliogra-phique.
- Lumière zodiacale. — Cette lueur quelque peu mystérieuse
- ASTRE Dates : Février Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 6 7' 16m 12h 4m 50s 16h 54m 21h 18m — 15°45' Capricorne
- Soleil. . . . 16 7 0 12 4 53 17 10 21 57 — 12 29 Capricorne
- ( 26 6 42 12 3 45 17 27 . 22 34 — 8 53 Verseau
- \ 6 5 57 10 25 14 53 19 44 — 19 22 7,8 Sagittaire
- Mercure. . . 16 5 54 10 20 14 46 20 16 — 19 33 6,5 R Capricorne Le matin, du 5 au 25, plus
- [ 26 5 56 10 31 15 5 21 ' 7 — 17 47 5,8 y Capricorne grande élongation le 15.
- 6 7 26 12 6 16 47 21* 16 — 15 55 10,0 Capricorne
- Vénus. . . . 16 7 T 5 12 16 17 16 22 10 — 12 41 10,0 Verseau Inobservable.
- 26 7 1 12 24 17 46 22 58 — 8 8 10,0 Verseau
- 6 6 38 10 56 15 14 20 10 — 21 1 4,1 Capricorne
- Mars .... 16 6 21 10 49. 15 16 20 42 — 19 15 4,1 Capricorne Inobservable.
- 26 6 2 10 41 15 20 21 14 — 17 9 4,2 Capricorne
- Jupiter . . . 16 10 40 18 27 2 13 4 20 + 20 57 40,6 e Taureau Première partie de la nuit.
- Saturne. . . 16 4 35 8 46 12 57 18 38 — 22 25 15,3 À Sagittaire Le matin avant l’aurore.
- Uranus . . . 16 8 25 14 41 20 57 0 34 + 2 57 3,4 10 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. . . 16 17 33 0 28 7 23 10 18 + 11 16 2,5 p Lion Toute la nnit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- p.36 - vue 40/598
-
-
-
- 37
- devient de mieux en mieux visible le soir, au Sud-Ouest, après la disparition des dernières lueurs du crépuscule. Pour l’observer, il faut se trouver loin des villes, en pleine campagne, à l’abri de toute lumière artificielle et, naturellement, lorsque la Lune n’éclaire pas. En février, la période la plus favorable sera surtout celle du 17 au 28.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire, vers minuit, dans le Lion, à la fin du mois.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de février,- seront les suivantes :
- P. Q. le 6, à 17h 26m D. Q. le 20, à 81' Viin
- P. L. le 13, à 8» 39m N. L. le 28, à 13» 33m
- Age de la Lune, le 1er février = 4-> ,0 ; le 28 février = 11,0.
- Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février : le 9 = + 27°34'; le 23 = —• 27°44\ A ces époques la Lune, au moment du passage au méridien, sera à sa plus grande hauteur ou à sa plus faible élévation au-dessus de l’horizon.
- Périgée de la Lune, le 12 février, à 13l1. Parallaxe = 61' 15". Distance à la Terre = 358 010 km.
- Apogée de la Lune, le 25 février, à 0h. Parallaxe = 54'0//. Distance à la Terre = 406 070 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 10 février, occultation de 47 Gémeaux (gr. 5,6), de 17» 46m à 18» 39m. — Occultation de 134 B. Gémeaux (gr. 6,5), de 20h 14m à 2'lh 24m.
- Le 11 février, occultation de X Cancer (gr. 5,9), de 19h lm à 19h 46m.
- Lumière cendrée de la Lune. —- A observer surtout dans les premiers jours du mois.
- Marées. —- Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 13. Voici, pour Brests les coefficients de quelques-unes de ces plus grandes marées .
- Dates. Marées du matin. Marées du soir.
- Février 12 0,79 0,87
- — 13 0,94 1,00
- — 14 1,04 1,07
- — 15 1,09 1,08
- — 16 1,06 1,03
- — 17 0,98 0,91
- — 18 0,84 0,76
- III. — Planètes. — Le tableau ci-dessus établi en partie à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1930, contient .les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant L mois de février 1930.
- Mercure sera un peu visible le matin, vers le milieu du mois, à l’époque de sa plus grande élongation, qui aura lieu le 15 février, à 1111 à 26° 14' à l’Ouest du Soleil. On pourra rechercher cette planète le matin, dans l’aurore, du 10 au 20.
- Vénus sera en conjonction supérieure avec le Soleil, c’est-à-dire au delà de cet astre, le 6 février, à 18». Elle est donc inobservable en ce moment, mais deviendra bien visible le soir pendant tout le printemps et l’été, où elle illuminera nos soirées.
- Mars, très près du Soleil, est inobservable ce mois-ci.
- Jupiter est encore bien visible dès l’arrivée de jla nuit. Il est très favorablement placé pour les observations dans la brillante constellation du Taureau.
- Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil le 26 février, à 20h.
- L’observation de cette planète est une des plus aisées à faire : les plus petites lunettes permettent de reconnaître les bandes nuageuses qui recouvrent sa surface et de suivre les très curieux phénomènes produits par les satellites daxrs leur marche autour de la planète. A cet effet, nous donnons ici un tableau de tous ces phénomènes. C’est un véritable plaisir de voir ces satellites circuler autour de la planète, passer devant ou derrière, disparaître dans le cône d’ombre que Jupiter projette derrière lui, à la manière de la Lune dans nos éclipses, ou encore de voir la petite ombre ronde des satellites traverser le disque de Jupiter. Les joviens, s’ils sont astronomes et si leur ciel bien nuageux le leur permet, peuvent souvent s’offrir de belles éclipses d’un soleil dont le diamètre est déjà bien réduit par la distance.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- Dates." Févr. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. F évr. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- qer 2» 28m I P. c. 13 19» 20In II Ec.c.
- 1 23 45 I Im. 13 21 50 II E.c f.
- 2 20 56 I P. c. 17 0 41 I P. c.
- 2 22 8 I O. c. 17 17 46 III P. c.
- 2 23 6 I P. f. 17 20 12 III P. f.
- 3 0 18 I O. f. 17 21 59 I Im.
- 3 1 3 II Im. 17. 23 1 III O. c.
- 3 17 29 III O. f. 18 1 30 I Ec. f.
- 3 18 13 I Im. 18 1 32 III O. f.
- 3 21 39 I Ec. f. 18 19 10 I P. c.
- 4 17 34 I P. f. 18 20 27 I O. c.
- 4 18 47- I O. f. 18 21 20 I P. f.
- 4 20 1 II P. c. 18 22 37 I O. f.
- 4 22 26 II P. f. 19 1 7 II P. c.
- 4 22 29 II O. c. 19 19 59 I Ec. f.
- 5 0 57 II O. f. 20 19 21 II Im.
- 6 19 13 II Ec. f. 20 21 48 II Em.
- 6 23 56 III Im. 20 21 57 II Ec. c.
- 7 2 21 III Em. 21 0 26 II Ec. f.
- 9 1 37 I Im. 22 19 33 II O. f.
- 9 22 48 I P. c. 24 21 43 III P. c.
- 10 0 3 I O. c. 24 23 54 I Im.
- 10 0 58 I P. f. 25 0 10 III P. f.
- 10 2 13 I O. f. 25 21 4 I P. c.
- 10 19 0 III O. c. 25 22 22 I O. c.
- 10 20 5 I Im. 25 23 14 I P. f.
- 10 21 31 III O. f. 26 0 33 I O. f.
- 10 23 34 I Ec. f. 26 18 23 I Im.
- 11 18 32 I O. c. 26 21 55 I Ec. f.
- 11 19 26 I P. f. 27 17 43 I P. f.
- 11 20 42 ' I O. f. 27 19 2 I O. f.
- 11 22 33 II P. c. 27 21 56 II Im.
- 12 0 59 II P. f. 28 0 24 II Em.
- 12 1 7 II O. c. 18 0 33 II Ec. c.
- 12 18 3 I Ec. f- 28 19 34 III Ec. f.
- 13 19 15 II Em.
- Saturne va devenir un peu visible le matin, avant l’aurore, d’ailleurs dans de mauvaises conditions. L’anneau de Saturne nous présente actuellement sa face boréale.
- Uranus se couche maintenant de très bonne heure, et il convient de l’observer dès üarrivée de la nuit. On le trouvera
- p.37 - vue 41/598
-
-
-
- à l’aide d’une simple jumelle, près de l’étoile 10 de la constellation des Poissons.
- Voici quelques-unes de ses positions (pour 0b) en février :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Février 1er 0h 32m + 2°42'
- — 16 0 34 + 2°57'
- Neptune sera en opposition avec le Soleil le 21 février, à 14h. Il en résulte qu’il est visible toute la nuit. Dans les instruments de moyenne puissance, Neptune paraît comme une faible étoile de 8e à 8e 1/2 grandeur. Sous un fort grossissement on perçoit'un petit disque bleuâtre de 2" environ de diamètre. Voici deux positions (pour 0h) où l’on pourra trouver Neptune en février :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Février 1er KD 20m , + 11° 7'
- — 16 10 18 + 11016'
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 15h, Le 8, à 4l1, Le 13, à 20h, Le 23, à 12", Le 26, à 6h, Le 26, à 1111, Le 28, à 23h,
- Uranus en conjonction avec la Lune, à i° 54' N.
- Jupiter ;
- Neptune
- Saturne
- Mercure
- Mars
- Vénus
- à 3° 10' S. à .4° 9' S. à 5°19'N. à. 3o 58' N. à 4° 6'N. à 2o 40'N.
- Etoiles variables. —• Minima de l’étoiie variable Algo^ (fj Persée), visibles à l’œil nu) : le 10 février, à K 8m; le 12, à 21h 57m ; le 15, à 18h 46m.
- Etoiles filantes. — D’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, un seul essaim est actif, à l'a date du 16 février. Le radiant est situé par 74° d’ascension droite et -j- 48° de déclinaison, près de l’étoile a Cocher.
- Temps sidéral. — Voici deux valeurs du temps sidéral pour minuit de Greenwich (oh T. U.) : le 10 février = 9h 17m 235; le 20 février = 9h 56m 48s.
- V. Constellations. —— L’aspect de la Voûte céleste le 1er février à 2'lh, ou le 15 février à 20h, est le suivant :
- Au zénith, presque exactement, se trouve a Cocher. Autour du zénith, les constellations des Gémeaux, du Taureau et de Persée.
- A VEst : le Lion; la Vierge (à l’horizon) ; le Bouvier.
- Au Sud : Orion; le Grand Chien; le Petit Chien.
- A l'Ouest : le Bélier, la Baleine, Pégase.
- Au Nord : a du Cygne (Deneb) frôle l’horizon; le Dragon; la Petite Ourse.
- v Entre le zénith et l’horizon sud, le ciel est magnifiquement étoilé : Capella, ci Taureau, Procyon, Betelgeuse, Rigel, Sirius, Régulus, pour ne citer que les astres de lre grandeur.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE FILTRAGE DES LIQUIDES
- Les filtrages par mèche ou par feutre s’arrêtent par suite de l’engorgement des substances filtrantes produit par les impuretés. Voici un procédé très simple qu’un de nos correspondants emploie avec succès.
- Le papier de journal constitue un excellent filtre.
- Prendre un grand entonnoir assez haut pour donner de la pression. Le garnir d’une feuille de journal découpée en cercle et plissée.
- On remplit l’entonnoir d’huile usagée et l’on abandonne.
- Au bout de 2 ou 3 jours, on recueille, dans la bouteille, l’huile filtrée.
- L’auteur s’est assuré, par observation à l’ultra-microscope, qu’après 2 filtrations sur papier de journal l’huile ne contient plus de particules métalliques ou autres.
- Bien entendu, cette huile n’a plus lés qualités de l’huile neuve, mais est encore très bonne pour changements de vitesse, machines agricoles, etc..
- Quand les pores du papier journal sont obstrués par les impuretés arrêtées... on le change. C’est très simple.
- Si l’on tente de filtrer l’huile sur du papier filtre de laboratoire, les impuretés passent. Le papier de journal (Echo de Paris, Petit Journal, La Croix, Journal de l’Ouest, etc.) a juste la texture voulue pour une bonne filtration.)
- NOUVEAUX PROCÉDÉS POUR LA DESTRUCTION DE LA COURTILIÈRE
- Tous ceux qui s’occupent de cultures seront heureux d’apprendre que, à la suite d’essais récents, entrepris par M. B. Malenotti, de l’Observatoire de JPhytopathologie de Vérone (Italie) et que relate le journal El Collivalore du 30 juillet k19SJ9, u s’avère que deux
- substances chimiques sont capables de détruire infailliblement la terrible courtilière : la résine de rebut du pin et le phosphure de zinc.
- La résine concassée aussi finement que possible doit être mélangée à dix fois son poids de sable fin, soit 1 kg pour 10 de sable (pour cent mètres carrés de terrain), afin que l’épandage de cette composition se fasse aussi régulièrement que possible sur toute sa surface.
- Le phosphure de zinc, au contraire, sert à préparer Un appât empoisonné, dont la courtilière est friande; voici comment il faut procéder :
- Au préalable, concasser des grains de maïs, puis les faire tremper., dans de l’eau froide jusqu’à ramollissement complet. Mêler intimement le produit chimique dans les proportions de cinq parties de phosphure'* de zinc pour vingt parties de grains de maïs.
- Ou bien, si l’on en a la possibilité, prendre du sang d’abattoir pulvérulent dans les mêmes proportions que ci-dessus des deux produits.
- Dans les deux cas, ces appâts doivent être répandus à la surface du terrain infesté, sans être enterrés. Leur emploi permet d’obtenir, après deux ou trois jours, un pourcentage de mortalité très élevé, pouvant aller jusqu’à la presque totalité des courtilières.
- Il faut naturellement commencer ce traitement dès le mois d’avril, époque de la sortie des insectes. R. de Noter.
- ENDUIT POUR PLANCHERS OU PARQUETS SANS JOINTS
- Voici une formule d’enduit pour planchers ou parquets sans joints qui donnera très probablement satisfaction.
- Magnésie calcinée............................. 55 kg
- Sciure de bois..................................15 __
- Amiante........................................ 10 __
- Pigment....................................... 10 ._
- Cendres de bois................................. 5 __
- Poudre de liège................................. 5 __
- Mélanger 85 litres de solution de chlorure de magnésium à 22° Baumé du commerce avec 100 kg de la composition précédente, la matière bien homogène est étendue aussi régulièrement que possible sur l’aire, puis lissée à la truelle. Pour plus de détails, se reporter à notre article sur les ciments magnésiens, n° 2710, p. 87.
- p.38 - vue 42/598
-
-
-
- 39
- L’ÉLECTRICITÉ AU THÉÂTRE
- La somptueuse revue qui est actuellement jouée au Casino de Paris présente, parmi ses nombreuses attractions, un fort joli ballet pour lequel on a tiré un très habile parti des tubes électriques lumineux.
- Cette application de l’électricité n’est pas nouvelle.
- Un effet plus saisissant est obtenu encore lorsque le tube sert de chemin au courant de charge d’une capacité voisine fournie par un autre personnage évoluant librement. C’est ainsi que l’on peut voir des danseuses armées de tubes lumineux évoluer gracieusement autour
- Fig. 1. — L'effet produit sur la scène du Casino de Paris.
- Depuis longtemps, on sait qu’un tube rempli d’un gaz convenable et parcouru par un courant électrique s’illumine de magnifiques couleurs; il faut des tensions très élevées pour exciter ces lueurs; de telles tensions seraient extrêmement dangereuses si elles étaient appliquées à des courants de fréquence industrielle. Mais on sait aussi qu’avec les courants de haute fréquence elles sont inof-fènsives pour l’organisme humain. Les courants à haute fréquence ont même des propriétés thérapeutiques qui ont été mises en évidence par M. d’Arsonval.
- On comprend qu’on puisse, dans ces conditions, faire intervenir au théâtre l’électricité à haute tension.
- C’est ce qui a été fait très habilement au Casino de Paris par M. Paul Ferry, ingénieur électricien à Lunéville, qui a proposé lui-même cette attraction scientifique aux dirigeants du théâtre.
- Sous le plateau de la scène sont disposés des résonateurs, fournissant le courant à haute fréquence et à tension élevée (fig. 2).
- Ce sont les secondaires de bobines de Ruhmkorff. Ils sont reliés à des plots métalliques montés sur le plateau.
- Lorsqu’un personnage muni de tubes passe sur un de ces plots, son corps sert de conducteur du courant à haute fréquence et le tube s’illumine (fig. 1).
- d’une de leurs camarades placée sur un des plots.
- Le courant utilisé est de l’ordre de 40 à 50 000 volts et, avec un peu d’attention, on peut distinguer le bruit des étincelles qui crépitent aux pieds des danseuses lorsqu’elles abordent les plots.
- Les tubes utilisés au Casino de Paris sont, des tubes au néon, étudiés par la Société « L’Electroluminescence Abadie » avec poignées métalliques servant de capacité. Ils donnent une belle lumière rouge. Avec des tubes à vapeur de mercure on aurait de même des colorations vertes ou bleues.
- Les revues à grand spectacle savent tirer A un grand parti des jeux de lumière usuels, obtenus avec projecteurs à arc et lampes à incandescence.
- L’exemple du Casino de Paris prouve que, dans d’autres branches de l’art de l’ingénieur et de la physique, l’art du spectacle peut également trouver des ressources variées pour la plus grande joie des yeux.
- Nul doute que ce début des tubes de haute fréquence à la scène soit bientôt suivi d’autres applications plus complexes et que, notamment, on tire des tubes à la lumière verte ou rouge d’autres effets fort curieux, ne serait-ce que pour la présentation de saints nimbés, de monstres lançant des flammes, etc. R. Y.
- Fig. 2. — Coupe à travers le plateau de la scène,
- montrant le dispositif électrique.
- p.39 - vue 43/598
-
-
-
- LA RADIOPHONIE PRATIQUE =
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LES ANTENNES SOUTERRAINES
- Pendant la guerre déjà, on avait fait des essais de réception au moyen d’antennes souterraines ou sous-marines; non seulement ce système d’antenne était employé pour la télégraphie par le sol, mais encore pour les réceptions à bord des sous-marins.
- Les résultats obtenus furent généralement bons et on constata une notable diminution des parasites en radiotélégraphie ordinaire.
- Aux Etats-Unis, un ingénieur assez connu, M. Rogers, a procédé à de nombreux essais avec différents modèles d’antennes souterraines. Il cherchait à obtenir des effets directifs pour les réceptions à longue distance et à diminuer autant que possible les parasites atmosphériques si gênants à certaines époques de l’année et surtout dans certaines contrées méridionales.
- Les antennes utilisées étaient constituées par des câbles,
- Surface du,sol 1
- Vers le poste
- yCâble isolé
- Longueur totale environ 20 mètres
- jkVers Je poste J fm.....»f
- Cavité creusée dans le soi
- Fig. 1. — Antenne souterraine unifilaire ou en spirale (à droite).
- Il faut utiliser en outre les prises de terre séparées, canalisations ou plaques métalliques enterrées et un appareil métallique. Blindage relié à la terre.
- isolés et enterrés, des plaques métalliques enterrées ou des spirales métalliques enfoncées verticalement dans le sol (fig. 1).
- Les résultats obtenus furent généralement bons et montrèrent une diminution sensible des parasites; cependant, il est nécessaire que les câbles employés soient très bien isolés et puissent résister à l’humidité.
- Il est intéressant à la campagne de pouvoir faire des essais de ce genre en employant comme collecteur d’ondes deux, prises de terre d’inégale résistance et assez éloignées l’une de l’autre (fig. 2).
- Il est a remarquer que de nombreux amateurs parisiens ' employant l’eau et le gaz pour leurs réceptions obtiennent bien souvent des résultats relativement extraordinaires comme puissance et portée.
- Nous serions heureux que ceux de nos lecteurs que ces essais intéresseraient nous communiquent les résultats obtenus en employant des collecteurs d’ondes constitués par deux « prises de terre ».
- L’EMPLOI DES LAMPES DE 2 VOLTS
- En France, on emploie exclusivement des lampes chauffées par un courant de 4 volts; aux Etats-Unis, au contraire, on
- trouve des lampes dont les voltages sont de 1, 5, 3 et 6 volts; en Angleterre, on emploie plus souvent des lampes de 2 volts; cependant, pour les amplificateurs de puissance, on se sert de lampes de 6 volts, généralement alimentées par le secteur.
- L’emploi de lampes de 2 volts permet l’utilisation d’un seul élément d’accumulateur qui, sous un poids moitié moindre, possède une capacité égale, ou, à poids égal, une capacité double si l’intensité du courant de chauffage de la lampe reste la même.
- De toute façon, cela permet de se servir de batteries plus robustes et moins facilement sulfatables.
- D’autre part, les types de lampes de la série 2 volts sont généralement équivalents comme caractéristiques et rendement aux types de lampes correspondants de la série 4 volts.
- UN BON MONTAGE A DEUX LAMPES
- Si les appareils comportant un nombre de lampes élevé donnent généralement des. réceptions nettes et intenses exception faite lorsque l’on est gêné par des parasites industriels, ou par le voisinage de postes puissants ou à ondes amorties, il n’en est pas moins vrai qu’un montage simple, à deux ou trois lampes, par exemple, peut, si l’on dispose d’une antenne bien dégagée, donner des résultats qui ne le cèdent en rien à ceux obtenus avec les meilleurs appareils, du moins quant à la pureté d’audition, sinon à la puissance.
- Nous donnons sur la figure 3 le schéma d’un montage facile à réaliser et dont le rendement et la simplicité de réglage en feront le poste de l’amateur, à la campagne.
- Ce montage est du type détectrice à réaction suivie d’un étage basse fréquence, mais ce qui le distingue du montage classique, c’est justement le système de réaction employé qui est électrostatique et électromagnétique à la fois.
- Tandis que, dans la réaction classique, le courant haute fréquence ainsi que le courant haute tension traversent le bobinage de plaque couplé au bobinage d’antenne, dans le schéma de la figure 3, seul le courant haute fréquence provenant de la plaque est renvoyé à la grille en traversant le bobinage de réaction S2 et le condensateur C5.
- L’alimentation haute tension nécessaire à la plaque se fait à travers la bobine de choc S, qui laisse passer le courant continu, tout en bloquant la haute fréquence.
- L’avantage de ce système est de permettre la suppression du condensateur fixe que l’on met habituellement: aux bornes du transformateur basse fréquence et par suite de ne pas favoi’iser l’amplification des notes basses, au détriment des notes aiguës et de déformer l’audition.
- Une autre modification est apportée au système basse fréquence dans la liaison entre la détectrice et la lampe amplificatrice.
- La liaison est assurée par un transformateur T de rapport R, mais qui est. monté comme dans un étage à impédance ou plutôt à auto-transformateur.
- En effet, si le primaire est relié, d’une part, à la sortie de la self S. et, d’autre part, au + 80 volts, le secondaire, parconlre, est relié, d’une part, à la grille de L1 par l’intermédiaire d’un condensateur C4 de 7 à 10/1000 de microfarad. Cette grille étant portée à un potentiel négatif moyen à l’aide d’une
- p.40 - vue 44/598
-
-
-
- résistance R2 de 1 _tl est reliée au pôle négatif de la batterie.
- Ce montage assure une amplification plus pure que le montage ordinaire à transformateur, sans pour cela diminuer sensiblement la puissance.
- ' Pour nos lecteurs que ce montage intéresserait, nous allons donner quelques valeurs pratiques pour les différents éléments.
- Le bobinage S1 comportera 50 spires pour les petites ondes et 175 spires au maximum pour les grandes ondes, suivant l’antenne.
- La bobine S2 comportera 25 spires pour les petites ondes et 50 à 75 spires pour les grandes ondes.
- Les autres caractéristiques des organes de montage sont les suivantes :
- Fig. 2.— Réception radiophonique, avec collecteur d’ondes constitué par deux prises de terre indépendantes, de résistances et d’isolement inégaux et assez éloignées l’une de l’autre.
- Cl
- C2
- C3
- Cl
- C’
- condensateur variable de 0,5/1000 pour l’accord,
- -— fixe de 0,15/1000 pour la détection,
- — — 0,5/1000
- — — 7 à 10/1000
- — 2/1000
- R1 — 3 XL R2 = 1 jfl_
- Pour le condensateur C3, il y aura avantage à en diminuer
- -...:--------- ---.... " ..= 41 =
- la valeur le plus possible, ou même à essayer de le supprimer complètement.
- La self de choc sera constituée par 3000 tours de fil de 1/10 sous soie, bobinés sur un mandrin à gorges, ou à défaut sur une bobine allongée de 12 mm de diamètre et d’environ 7 cm de long.
- On emploiera avec avantage une lampe détectrice A H 15 Philips ou une HL 410 Gecovalve. Comme lampe amplificatrice, une B 406 Philips ou une B 405 qu’il y aura lieu de polariser convenablement, ou encore une P 410 ou P 425 Gecovalve.
- P. Hemardinquer.
- Fig. 3. — Poste à 2 lampes type.
- 1 a r*
- 0,15/1000 f R
- ---TOfiftW-
- S Choc 3QÛG tours _ 1/10 sans soie
- LA MATURITE DU MELON
- Un professeur de Truck Crops, c’est-à-dire de culture maraîchère, M. G. Rosa, vient d’avoir la patience de suivre la maturité d’une série de melons cantaloups. Entre la fécondation (défloraison) et la maturité, il a observé une durée moyenne de 45 jours. Pour d’autres, comme la « Rosée de miel », la durée fut de 55 jours.
- . Au bout de 30 jours, le Cantaloup commence à avoir la chair rose et sucrée.
- Au 1er août, un melon déjà mangeable dose dans sa chair 10 pour 100 de matière solide et 90 pour 100 d’eau.
- Cette matière solide comporte environ 7 pour 100 de sucre dont moitié à peine de saccharose ou sucre cristallisable.
- Une semaine après, le melon est mûr à point. Sa chair renferme alors 12 pour 100 de matière sèche, dont 8 pour 100 de sucres dans lesquels le saccharose compte à lui seul pour 5,5.
- C’est donc dans la dernière semaine que le melon se sucre. S’il n’est pas tout à fait mûr quand on l’ouvre, on peut y suppléer en partie par du sucre en poudre. Mais il manquera encore le « fondant » et le « bouquet » ou parfum, difficile à apprécier numériquement.
- A côté du sucre, les melons renferment des amidons, en particulier de la dextrine à l’état colloïdal et non farineux, ce qui ajoute à la facilité de dissolution dans la boüche qui atteint les neuf dixièmes des matières solides.
- Les pastèques ou melons d’eau sont naturellement plus pauvres en extraits solides : seulement 8,6 pour 100. La teneur totale en sucre est de 8 pour 100, ce qui montre qu’il n’y a guère autre chose que du sucre dont moitié saccharose. Dans les melons Casaba Beauté d’Or, la maturité plus lente conduit la récolte jusqu’en octobre, mais on ne dépasse pas 10 pour 100
- de matière solide dont 8 pour 100 de sucre (moitié saccha rose).
- M. Rosa a fait une étude spéciale de la transformation intime des matières pectiques qui constituent les gelées comme celle de pommes. La chair de melon n’en renferme guère qu’un gramme par kilogramme, mais cette substance qui garnit les parois des cellules édifiant la sphère du melon devient soluble pour moitié à la maturité. Tout ce qui précède s’applique au melon « pendant » par racines comme on dit en droit, c’est-à-dire non détacjié du pied. Une fois détaché, la maturité continue, mais suivant des voies un peu différentes et qui dépendent de la température. Au-dessous de 4 degrés, le melon reste intact au moins dix jours. Vers 20 degrés, dès le troisième jour, if y a perte de substance solide. Le melon perd le dixième de son sucre. Il y a respiration et oxydation, mais surtout des sucres non cristallisables, de sorte que le saccharose domine. Le melon paraît plus sucré, mais ce n’est qu’une illusion si on envisage l’ensemble des sucres. Cette transformation est favorisée en introduisant du gaz éthylène dans la cave de conservation. On l’envisage pour les melons durs qui supportent bien le transport, mais non pour les Cantaloups plus délicats.
- Le Cantaloup renferme de l’acide pectique et des levures qui provoquent entre les composants du melon des réactions constituant le bouquet particulier de cetteVariété « noble ».
- On tâche de sélectionner des variétés de Cantaloup mûrissant moins vite pour que leur récolte soit échelonnée sur plusieurs mois et que leur résistance au voyage soit meilleure. Bientôt' peut-être aurons-nous des melons toute l’année, venant de l’un ou l’autre hémisphère l
- Pierre Larue, Ingénieur-Agronome.
- p.41 - vue 45/598
-
-
-
- 42
- LIVRES NOUVEAUX
- Determinaciones de tiempo y latitud, con cl aitazimut Gautier y el telescopio zenital Wanschaff del observatorio astro-nomico de la Plata, par el ing° civil José Aramburo. 1 vol. 186 p., 19 fig. Faculdad de Ciencias Fisico-matematicas. La Plata (Rep. Argentine), 1929. Prix : 4 dollars.
- Manual of‘ second and third order Triangulation traverse, by C. V. Hodgson. 1 vol., 226 p., 95 fig. Government Printing Office, Washington, 1929. Prix : 60 cents.
- Ce manuel contient les instructions très claires et très pratiques rédigées par l’United States Coast and Geodetic Survey pour former et guider les topographes chargés de travaux de géodésie sur le terrain. Par triangulation du deuxième ordre, on désigne les opérations qui divisent le réseau de triangulation de premier ordre exécuté avec le maximum de précision et à mailles espacées de 166 km environ en mailles plus petites espacées de 40 km environ.
- Formulaire pratique du Bâtiment, par R. Champly. 1 vol., 287 p., 85 fig. et nombreux tableaux. Desforges, Girardot et C10, éditeurs, Paris, 1929. Prix : 30 fr.
- Ce formulaire réunit des formules et des renseignements pratiques utiles aux architectes et entrepreneurs, tels que résistance des matériaux, charges de sécurité des poteaux, solives, pierres, briques, fers, aciers et autres matières d’emploi courant, réglementations diverses, etc.
- Les Ananas. Culture, utilisation, par A. Kopp. 1 vol. in-8, 283 p., 77 fig. Encyclopédie biologique Lechevalier, Paris, 1929. Prix : 65 îr.
- L’auteur, directeur de la station agronomique de la Réunion, après l’avoir été de celle de la Guadeloupe, a réuni tous les documents disponibles sur le plus savoureux des fruits tropicaux (qui n’est d’ailleurs pas un fruit). Il passe en revue les caractères botaniques, les variétés et leur sélection, les conditions de milieu et de culture, les modes d’utilisation (maturation, transport à l’état frais, conserves, sous-produits). Enfin, il énumère les pays producteurs et insiste sur les possibilités de production de nos colonies et de consommation de la métropole quand les taxes douanières seront moins exagérées.
- L’agro romano nel primo quinqennio fascisda. Relazione dell incremento del boniftcamento aqrario e délia colonizzazione nell'agro romano del 1923 à 1927, 1 vol. in-4, 191 p., 196 fig., 5 cartes. Minis-tero dell’economia nazionale, Rome, 1928.
- Compte rendu officiel des transformations opérées en cinq ans, sous le gouvernement fasciste, pour l’assainissement et la mise en valeur de la campagne romaine.
- Pathologie der Pflanzenzelle. Teil I. Pathologie des Protoplasmas, par Ernst Kuster. 1 vol. in-8, 200 p.. 36 fig. Collection : Protoplasma Monographien. Gebrüder Borntraeger, Berlin, 1929. Prix : cartonné toile. 15 R. M.
- Cette collection de monographies a débuté par l’étude de chimie colloïdale cellulaire d’LIeilbrunn. Voici le deuxième volume consacré à la pathologie de la cellule végétale. C’est une étude de morphologie expérimentale exposant les modifications de forme et de structure dues aux agents extérieurs : plasmolyse, fragmentation, vacuolisation, taxies, nécrose, liquéfaction, etc. Les travaux récents, très nombreux, sont bien analysés et une bibliographie abondante rend le volume fort utile pour tous les cytologistes.
- Die Binnengewasser, par A. Thienemann. Vol. vin. Der Hochgebirgssee der Alpen, par Otto Pesta. 1 vol. in-8, 156 p., 41 fig., 9 pi. Schweizerbart’sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1929. Prix : broché, 17,50 M.; relié, 19 M.
- L’auteur, qui connaît bien les lacs de montagnes des'Alpes, les étudie au point de vue de leur population biologique. Il rappelle leur histoire géologique, analyse leur morphologie, leur physique et leur chimie, puis passe en revue les organismes vivants, végétaux et animaux, qui les caractérisent. Ces éléments lui permettent d’aborder les grands problèmes biologiques de la persistance des espèces, de leurs migrations, de leurs modes de vie et de leur distribution géographique^
- Le problème des glandes à sécrétion interne. Les
- propriétés physico-chimiques et pharmaco-dynamiquès des hormones. I. L’hypophyse, par H. Penau, L. Blanchard et H. Simonnet. 1 vol. in-8, 249 p., 20 fig. Collection « Les problèmes biologiques ». Presses universitaires de France. Paris, 1929. Prix : cartonné, 45 fr.
- Voici le 12® volume de cette importante collection. Il commence l’étude des sécrétions internes au point de vue chimique et pharmaco-
- dynamique. On sait tout ce qu'elles ont apporté en ces dernières années à la physiologie et à la thérapeutique. Ce premier tome est consacré à la glande pituitaire ou hypophyse composée de deux lobes aux propriétés toutes différentes. Les auteurs examinent séparément chacun d’eux; ils indiquent les modes de préparation des extraits hypophysaires, les propriétés physiques, chimiques, physiologiques, leur action sur diverses fonctions de l’organisme. Cette mise au point très complète se termine par un copieux index bibliographique qui en fait un instrument de travail précieux pour les recherches futures.
- Le Cancer. Essai d’une théorie cellulaire physico-chimique par
- Paul Woog; 1 vol. in-16, 139 p. Delagrave, Paris, 1929.
- Nos lecteurs se souviennent des belles études sur le graissage du professeur de l’école nationale supérieure du pétrole. Aujourd’hui, il aborde un problème tout différent et il en trace les grandes lignes aboutissant à une théorie physico-chimique qui peut être le point de départ de nouvelles recherches. Reprenant les idées d’Auguste Lumière, il considère la vie comme un phénomène colloïdal, la vieillesse comme une maturation de colloïdes, la mort, comme leur floculation. Mais il peut y avoir des accidents cellulaires, de brusques ruptures de l’harmonie colloïdale, et ces écarts, en se totalisant, expliqueraient l’évolution et les mutations. Ces accidents, floculations cellulaires locales et partielles, doivent être également l’origine des tumeurs et leur thérapeutique devrait donc être recherchée parmi les moyens d’éviter les floculations irrégulières ou d’empêcher la multiplication désordonnée des cellules lésées.
- Le climat des Alpes méridionales, par R. de Rham.
- 1 vol., 204 p., 19 pl. hors texte. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1929.
- La connaissance approfondie des caractéristiques climatologiques de la région desservie est une nécessité pour les entreprises de distribution électrique, surtout pour celles qui exploitent la houille blanche. Cette nécessité a été aperçue clairement par la plus ancienne et la plus importante des sociétés françaises de cette catégorie « L’Énergie Électrique du Littoral Méditerranéen »; de l’extraordinaire et imprévue sécheresse de 1920-1921 qui paralysa partiellement ses usines hydrauliques, elle a tiré une leçon judicieusement mise à profit. Elle a compris en effet qu’il importait de tirer parti des observations des différents postes météorologiques installés dans la région, et en outre d’en compléter le réseau, beaucoup trop lâche. Elle a donc subventionné les organisations locales pour créer des postes là où le besoin s’en faisait sentir, postes pluviométriques dans la vallée de la Durance et du Var, et elle a contribué à créer de toutes pièces un réseau de postes destinés à mesurer les chutes de neige. Un de ses ingénieurs, M. de Rham, nous présente aujourd’hui une première synthèse des observations dues à l’organisation ainsi perfectionnée. L’auteur résume, tout d’abord, d’après le magistral ouvrage de Bénévent sur le climat des Alpes françaises, les caractères les plus saillants du climat des Alpes méridionales au point de vue vents, température et pluviosité, puis il décrit la vallée de la haute et de la moyenne Durance, dont le régime fait plus particulièrement l’objet de son travail. 11 montre comment a été réorganisé le réseau des postes d’observation dans les Hautes-Alpes, les Basses-Alpes et les Alpes -Maritimes pour contrôler l’alimentation des bassins versants de la Durance et du Var. Il analyse, pour le bassin de la Durance, les résultats des observations effectuées depuis 1922. Il montre comment, à l’aide de ces données, compte tenu des conditions géographiques et climatologiques générales, on arrive à estimer à un moment quelconque de l’année les réserves hydrauliques du bassin. L’auteur a réussi à établir ainsi les éléments d’une comptabilité approchée où figurent d’une part les réserves hydrauliques accumulées sous forme solide dans les parties élevées des bassins, d’autre part les prélèvements effectués sur ces réserves. Cette comptabilité permet d’établir des prévisions à quelques semaines d’échéance, qui offrent manifestement le plus vif intérêt pratique pour une entreprise chargée d’un service public de distribution d’énergie. L’intérêt scientifique de ces observations méthodiques n’est pas moindre.
- Les paysages catalans. Leurs aspects, leur structure et leur évolution, par Marcel Chevalier. 1 vol. in-8,
- 172 p., 16 pl. Albert Blanchard, Paris, 1929. Prix : 30 fr.
- Un paysage n’est pas un état d’âme, dit l’auteur, mais un ensemble géographique et géologique qui révèle, à qui peut le voir, toute l’histoire d’une région. Ayant beaucoup circulé en Catalogne, levé des plans, observé les formes, les couleurs, les cultures, analysé les formations géologiques, M. Chevalier a écrit cette monographie qui est un modèle du genre. Successivement, il étudie les paysages des Pyrénées, des Sierras, des vieilles montagnes hercyniennes, des grandes plaines, des rivages maritimes, des rivières, des lacs, des anciens volcans de cette région tourmentée qui va de la frontière française au sud de Barcelone et il y trouve l’explication de la géographie actuelle, des groupements humains, un ensemble de données et d’idées qui éclaire toutes les questions que pose l’observation attentive d’un pays.
- p.42 - vue 46/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- 43
- Record de durée en vol à voile.
- Le record du monde de durée pour appareils sans moteurs a été porté, le 19 octobre dernier, à 14 h 43 m, par le pilote allemand Dinort.
- Cette performance a été exécutée à Rossiten, sur un planeur Schwabe.
- Le précédent record, établi également à Rossiten, appartenait à Schulz; il s’élevait à 14 h 18 m.
- Le nouveau Rigide anglais R. 101.
- Les Anglais, poursuivant l’étude des dirigeables viennent de mettre aux essais un nouvel appareil, le R.101.
- Assez semblable, à première vue, aux rigides de construction . allemande, le R. 101 présente cependant des caractères originaux qui différencient d’une manière sensible les deux types de construction. Il y a lieu, d’ailleurs, de remarquer que les efforts anglais relatifs aux dirigeables n’ont rien d’une copie des travaux des usines Zeppelin. Le R.101 est le résultat d’une étude très poussée de la question, étude commencée vers 1918 et ayant déjà produit des ballons intéressants : le R-33 et R-34 (55.000 nx1).
- Alors que l’allongement de la carène du Comte-Zeppelin est de 7,7, celui de la carène du R-101 n’est que de 5,55 ; ce chiffre a été établi à la suite de nombreux essais au tunnel aérodynamique et d’essais en vol effectués sur le dirigeable R-33 (tubes manométriques fixés sur la carène).
- La structure rigide du ballon est constituée par onze cadres principaux èt huit cadres secondaires ( a 1 avant et a 1 arrière), quinze longerons principaux et. quinze longerons intermédiaires.
- Les cadres sont en forme d’anneaux rigides de section triangulaire; l’intérieur de chaque cadre est entièrement vide et ne contient aucun câble (contrairement à ceux des Zeppelins). Le dirigeable ne possède pas de quille et les charges principales sont directement fixées aux cadres de l’ossature.
- L’aménagement du R-101 se compose, à la partie inférieure, d’une cabine fixée sous le dirigeable et renfermant le poste de pilotage; d’un pont inférieur, portant la chambre du commandant, la cabine radio, la cuisine et les services du bord; d’un pont supérieur portant un salon, un restaurant et les cabines des passagers (cinquante passagers environ).
- L’accès à l’intérieur du dirigeable est assuré par un panneau mobile situé sous la pointe avant de la carène. Les ravitaillements en gaz, eau et combustibles sont effectués également par la pointe; ils peuvent ainsi avoir lieu facilement, le dirigeable étant amarré à un mât.
- La propulsion est assurée par 4 moteurs latéraux et un moteur arrière. Ces moteurs sont des moteurs a huile lourde Reardmore « Tornado » développant 585 ch. Ces moteurs sont refroidis par vaporisation; une partie de la chaleur perdue est utilisée au chauffage des cabines.
- Les caractéristiques générales du R-101 sont les suivantes
- Capacité..................................... 141.500 m'
- Longueur......................................... 224 m
- Diamètre maximum..................•'...... 40 m
- Force ascensionnelle totale ................... .155 tonnes
- La construction du dirigeable a été assurée par les usines Boulton et Paul, spécialisées dans la construction en acier à haute résistance.
- Hydravion commercial Lioré et Olivier.
- Les usines Lioré et Olivier viennent de sortir un nouvel hydravion commercial de gros tonnage, qui semble devoir nous faire rattraper une partie du retard de notre technique de l’hydravion.
- Cet appareil, le Le. O. H. 240, est un hydravion à coque monoplan bimoteur, d’un poids total en charge de plus de 7 tonnes.
- La voilure, entièrement en porte à faux, est de profil très épais (1 m. à l’encastrement) décroissant le long de l’envergure. Elle présente un dièdre important; son contenu, en plan, est trapézoïdal à extrémités arrondies. L’aile se compose de trois parties : une partie centrale supportant à ses extrémités les ballonnets de stabilité latérale et deux parties se raccordant à la première par un jeu de ferrures en acier.
- Construite entièrement en bois, l’aile est formée de deux longerons caissons, de nervures classiques et d’un recouvrement de contreplaqué.
- La coque, construite elle aussi en bois, comporte un seul redan. Le fond, très amorti, semble s’être bien comporté aux essais en réduisant au minimum les chocs au décollage et à l’amerissage. L’aménagement intérieur de la coque comporte
- de l’avant à l’arrière : le poste du navigateur, la cabine du radiotélégraphiste, le poste de pilotage (aménagé en conduite intérieure), la cabine des passagers comportant 12 sièges, un lavabo, enfin la soute à bagages.
- L’empennage horizontal est fixé à mi-hauteur de l’empennage vertical, il est haubané par des mâts en Y. Tous les volets de commande sont encastrés dans les surfaces fixes, dans le dessein de diminuer les pertes marginales.
- Les deux moteurs de l’appareil sont des moteurs de 500 ch Renault à réducteurs. Ils sont placés en tandem au-dessus de la voilure, sur une cheminée en caisson de tôle de duralumin, ce qui les rend accessibles en vol. L’hydravion, chargé à 6200 kg, a pu conserver sa ligne de vol et son altitude, l’un des moteurs étant arrêté (moteur arrière ou moteur avant), chose
- à peu près impossible avec un appareil à moteurs latéraux.
- Les réservoirs d’essence sont placés dans la partie centrale de l’aile, ils peuvent être rapidement vidés au moyen d’un dispositif à gaz carbonique.
- Les caractéristiques de l’hydravion sont les suivantes :
- Envergure..................... 26 m 20
- Longueur...................... 18 m 60
- Surface...................... 105 m2
- Poids vide. ........ 4300 kg
- Poids...................... 7230 kg
- dont 1060 kg de combustible.
- Vitesse maxima.............. 195 ltm-h
- Vitesse d’amerissage .... 90 km-h
- p.43 - vue 47/598
-
-
-
- 44
- NOTES ET INFORMATIONS
- BOTANIQUE
- A propos de la culture de V « Arbre à Huile » aux Etats-Unis.
- En nous inspirant d’une littérature officielle américaine, nous avions cru, de bonne foi, que F a arbre à huile » (Aleu-rites Fordii). dont les Américains ont entrepris, sur une grande échelle, la culture en Floride, était l’a Abrasin ». (N° 2819, 15 octobre 1929.)
- II n’en est rien, nous dit le professeur Emile Perrot, Directeur de l’Office national des Matières premières végétales.
- Il s’agit de deux arbres différents concourant à la production des huiles siccatives d’a Aleurites » connues dans le commerce sous le nom d’« Huile de bois de Chine ». Cette huile est constituée par un mélange en proportion variée d’huile de « Toung » tirée des graines de ïAleurites Fordii cultivé particulièrement en Chine et maintenant en Floride et d’huile d’a Abrasin », tirée des graines de VAleurites Monatana qui croît spontanément en Indo-Chine et qui est également cultivé dans les régions avoisinantes (Yunnan, Haut Yang-Tsé).
- La culture de l’Arbre à « Toung » est largement étendue en Chine, mais ne suffit pas aux besoins mondiaux, surtout depuis l’augmentation considérable des prix de l’huile de lin dont F « huile de hois de Chine » est, sans conteste, le meilleur succédané.
- Or, en France, cette dernière est encore inconnue de la majeure partie des consommateurs. D’ailleurs, comme elle nous parvient par le marché de Londres, son prix, au cours d,u change, n’a rien d’encourageant.
- Nous produisons bien une petite quantité de lin; on se préoccupe de la culture de cette plante au Maroc, mais seulement pour la fibre et nous importons, bon an mal an, 150 000 tonnes de graines de lin, valant approximativement 300 millions de francs en 1925, chiffre auquel s’ajoute l’importation d’huile valant plus de 50 millions.
- Telle est la situation économique en ce qui concerne les huiles siccatives et cela à une époque où tous nos efforts doivent tendre à restreindre les importations, sinon à les supprimer.
- Nous avons aujourd’hui une occasion superbe de diminuer le formidable tribut payé à l’extérieur dans une proportion formidable.
- En effet, l’analyse a reconnu que l’huile d’« Abrasin »
- AGRICULTURE
- Les engrais chimiques en France.
- M. Eugène Roux vient de présenter à l’Académie d’Agri-culture le 9e fascicule de l’Annuaire Lambert, donnant la statistique des engrais chimiques pour l’année 1928. Il en a extrait les renseignements suivants relatifs à la France.
- Engrais azotés divers : Nitrate de soude, sulfate d’ammoniaque, cyanamide, etc., comptés en tonnes d’azote.
- $ * Production Consommation
- 1913............'......... 18.000 t. 70.000 t.
- 1928 €.................... 65.000 t. 137.000 t.
- Augmentation ............. 53.000 t. 67.000 t.
- Engrais phosphatés : Superphosphates.
- Production Consommation
- 1913...................... 1.979.000 t.
- 1928 ..................... 2.350.000 t.
- 1.950.000 t. 2.110.000 t.
- Augmentation
- 1913
- 1928
- ................. 371.000 t,
- Scories de déphosphoration Production
- ................. 617.000 t.
- ............... 1.475.000 t.
- ................. 858.000 t.
- 160.000 t.
- Consommation 417.000 t. 708.000 t.
- 291.000 t.
- Augmentation................
- Engrais potassiques : Svlvinites, chlorure, sulfate, comptés en tonnes de potasse pure (K20).
- Production Consommation
- 1913............................... néant 33.000 t.
- 1928 ............................. 442.000 t. .177.500 t.
- Augmentation...................... 442.000 t. 144.500 t.
- On voit quelles transformations la guerre a apportées dans la production des engrais chimiques et dans leur emploi pour les cultures.
- PÊCHE MARITIME L’industrie sardinière française.
- Au dernier congrès des pêches maritimes de Dieppe? M. Pierre Lemy, président du Syndicat national des fabricants français de conserves de sardines, a présenté un rapport pessimiste sur la situation actuelle de l’industrie sardinière française, basé sur les données statistiques suivantes :
- est d’égale valeur industrielle à celle du « Toung », capable Années Exportations Importations
- de remplacer, à peu près totalement, l’huile de lin dans les •—•
- industries de la peinture, des vernis, du linoléum, des films, etc. 1901 96 917 14 176
- Qu’avons-nous fait jusqu’ici ? Rien ou presque rien. Alors 1905 91 848 ’ 59 166
- que la Chine a exporté, en 1922, 45106 tonnes d’a huile de bois», 1909 59 109 61 748
- l’Indo-Chine a expédié en France, en 1900, 6000 tonnes envi- .1913 43 921 .100 664
- ron; elle en expédie actuellement... 400 tonnes. 1919 29 126 194 731
- Devant une indifférence aussi navrante, on se rend parfai- 1923 34 761 228 172-
- tement compte pourquoi de nombreuses personnalités, en 1927 17 995 107 816
- particulier le professeur Perrot, si compétent en cette question, 1928 ' 50 941 178 422 -
- ne cessent d’insister, avec un zèle inlassable, pour attirer l’attention du Gouvernement et de nos colons sur l’importance primordiale que représenterait la culture méthodique de l’a Abrasin » et l’acclimatation très possible du « Toung », non seulement en Indo-Chine, mais aussi dans diverses régions de Madagascar ou de l’Afrique Occidentale.
- Il est temps d’agir, sinon il en adviendra comme pour le coton, le café, la banane et bien d’autres denrées de grande consommation et nous resterons, cette fois encore, tributaires de l’étranger, au grand préjudice de notre balance commerciale.
- L. IC.
- Comme on le voit, l’exportation qui s’élevait à 96.917 quintaux en 1901 et à 99 627 en 1902 est aujourd’hui réduite de près de moitié, tandis que les importations qui n’étaient que de 14176 quintaux en 1901 ont passé à 178 422 quintaux en 1928, soit plus de 12 fois plus.
- Il est évident que la France ne peut espérer reprendre la place prépondérante qu’elle occupait dans cette industrie qu’en changeant complètement ses moyens de production : pêche plus abondante et abaissement, des prix de revient, mais cela présuppose une transformation- complète des formes traditionnelles de cette industrie.
- p.44 - vue 48/598
-
-
-
- PETITES INVENTIONS
- ECLAIRAGE
- Pour augmenter la puissance lumineuse des projecteurs de Pathé=Baby : Uintensif Vitolia.
- Les amateurs de cinéma demandent depuis longtemps davantage de puissance lumineuse pour leurs projections. Diverses solutions ont été imaginées pour obtenir ce résultat, mais de grosses difficultés viennent entraver le progrès : étant donné la surface infime de la pellicule, on ne pouvait plus augmenter la densité du faisceau lumineux sans risquer d’abîmer le film. Ce dernier est particulièrement vulnérable lors de l’arrêt des titres dont l’opacité du fond noir [absorbe les calories pendant un temps appréciable (3 à 4 secondes). Les meilleurs résultats' avaient été obtenus par la projection d’un faisceau lumineux parallèle à travers la gélatine, avec baisse automatique de la lumière sur les titres.
- L’Intensif Vitolia s’attaque résolument au problème de l’évacuation des calories emmagasinées par la pellicule. A cet effet, une turbine minuscule est montée sur le côté du projecteur : elle alimente deux tuyères, dont l’une souffle sur la gélatine du film (la plus échauffée, à cause de son absorption) et l’autre refroidit la lanterne. Pour avoir un bon rendement, le point lumineux doit être très petit. Il doit être aussi près que possible du condensateur, le rendement décroissant avec le carré de la distance. On emploie donc une lampe à bas voltage, de 3,5 watts, à filament très court et désaxé qui se trouve ainsi placé à 1 centimètre du condensateur. Le refroidissement de la lanterne permet-ce rapprochement : le courant d’air empêche l’ampoule de prendre une température excessive et le condensateur n’a plus à craindre de voir ses lentilles éclater sous la chaleur. Cet ensemble de mesures permet de doubler la puissance lumineuse du projecteur Pathé-Baby qui éclaire alors un écran de 1 m. 50 à 2 mètres avec intensité; d’où possibilité de projeter dans de petites salles de 150 à 200 personnes, les grands films de 120 mètres ; elle ouvre ainsi des horizons nouveaux aux films de petit format, n’importe quelle agglomération rurale pouvant, pour une centaine de francs (tout compris, location de films, courant, salle et amortissement), assurer une séance de 2 heures et demie composée avec d’excellents films.
- Voici un autre très gros avantage de ce dispositif; il est possible d’arrêter le film sans aucun risque et sans diminution
- Fig. 2. — La turbine refroidissant le film et le condensateur.
- Fig. 1. — Schéma de Vintensif Vitolia.
- de la lumière. Un instituteur, un conférencier, peut arrêter telle ’ ou telle image tout le temps nécessaire aux explications : aux essais une image a pu être arrêtée un quart d’heure sans déformation appréciable de la pellicule.
- En ce qui concerne l’alimentation de la lampe eh courant bas voltage, deux solutions se présentent : résistance ou transformateur. La résistance se règle facilement et va sur tous les courants, mais gaspille en chaleur 80 pour cent de l’énergie électrique dépensée au compteur (400 watts). Au contraire, le transformateur ne fonctionne que sur le courant alternatif, mais ne dépense que ce que la lampe utilise (plus un peu de perte, le rendement oscillant autour de 60 pour cent). La dépense au compteur tombe alors à 90 watts, turbine comprise, soit 0 fr. 15 environ par heure.
- Le Pathé-Baby se trouve ainsi doté de perfectionnements qui manquent à bien des projecteurs à film normal. Le prix de revient minime des films éducatifs, à grand nombre d’images li ces, que l’on peut maintenant arrêter le temps voulu, en fait l’appareil idéal pour l’instruction, puisqu’il devient à la fois cinéma et appareil de projection fixe.
- Constructeur : Vitolia, 282, avenue Daumesnil, Paris.
- OBJETS MÉNAGERS Tablette de radiateur.
- Les traînées noires que l’on remarque sur les murs et sur les plafonds au-dessus des radiateurs sont le résultat d’un phénomène physique : différence de densité entre l’air frais et l’air chaud. La chaleur qui se dégage du radiateur provoque une aspiration d’air froid. Dans son mouvement ascensionnel, l’air venant du sol entraîne avec lui toutes les poussières qui s’y trouvent.
- Une tablette avec une bande de feutre qui s’interpose entre
- p.45 - vue 49/598
-
-
-
- == 46 ....... =
- elle et le mur empêche les poussières de monter et de se fixer après ce dernier. Avec son plan incliné et sa goulotte d’évaporation en contact avec le sommet des éléments du radiateur,
- Fig. 3. — La tablette rationnelle.
- elle aspire et canalise les poussières qui, de. ce fait, ne forment plus d’ailes noires de chaque côté de la tablette (comme le cas se produit lorsque l’on pose sur le radiateur une planchette ou une plaque de marbre). De plus, la presque totalité de ces poussières est filtrée par le filtre spécial aménagé à cet effet.
- Une goulotte d’évaporation est reliée au radiateur lui-même au moyen d’un petit tube de cuivre nickelé avec raccords spéciaux, branché sur le robinet purgeur qui existe généralement sur les radiateurs. Lorsque ce robinet n’existe pas, rien n’est plus simple que d’en poser un, puisque tous les radiateurs ont un orifice ad hoc obstrué par une vis. On obtient, de cette manière, la purge d’air automatique et le rétablissement du' degré d’hygrométrie de l’air ambiant.
- Pour assainir les locaux chauffés, il suffira alors de verser dans la goulotte d’évaporation le liquide antiseptique approprié.
- La Tablette rationnelle, 43, rue de Babylone, Paris.
- Nettoyeur de peignes.
- Voici un appareil nouveau présenté au Concours Lépine, qui permet d’aseptiser les peignes chez les coiffeurs. Il est constitué par deux brosses rotatives qui tournent en sens inverse, grâce aune manivelle actionnant des engrenages et qui trempent dans une solution antiseptique versée dans le fond.
- Fig. 4. — Nelloijeur de peignes.
- Le peigne est présenté à la partie supérieure dans une fente qui permet aux dents de venir en contact avec les brosses. L’ensemble de l’appareil est monté sur tampons en caoutchouc et peut aussi être fixé au mur au moyen de ferrures. C’est une amélioration intéressante qui contentera le client et évitera des maladies du cuir chevelu.
- André Roze, 51, rue de Villiers, Neuilly (Seine).
- Appareil cuiseur.
- Bien souvent le repas est manqué, sans que ce soit réellement de la faute de la ménagère. Prise par les multiples soucis de son rôle, il suffit qu’elle ait une minute de distraction pour que les légumes brûlent ou s’attachent à la casserole, pour que les pâtes ou le riz laissent déborder leur eau de cuisson et deviennent de la colle, pour que le lait se sauve.
- Avec ce cuiseur nouveau, tous ces inconvénients disparaissent.
- L’appareil étant placé dans une casserole quelconque, dont
- Fig. 5. '— Appareil cuiseur.
- le liquide ne dépasse pas les deux tiers de la contenance et le feu étant réglé, le tube central éjecte à l’ébullition comme le champignon d’une lessiveuse. Combiné avec les trous du cuiseur, il provoque un mouvement du liquide (eau ou lait) qui brasse continuellement les aliments en cuisson et les empêche de s’attacher aux récipients, de se répandre et de se mettre en bouillie.
- Les nouilles, le macaroni, les légumes secs conservent leur forme entière ; le riz reste en grains.
- Le lait, sans cesse en mouvement, ne se sauve pas et peut bouillir aussi longtemps qu’on le désire.
- Ce cuiseur est, en même temps, une passoire qui sert à retirer les aliments contenus dans la casserole, à les égoutter et, au besoin, à les presser.
- Il est ainsi tout indiqué pour cuire les pommes de terre à l’eau et les œufs à la coque, qu’il est facile ensuite d’extraire de l’eau bouillante sans se brûler.
- Les Produits industriels, 99, rue de Charonne, Paris,
- p.46 - vue 50/598
-
-
-
- 47
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Sachons vernir au tampon.
- Le vernissage au tampon est présenté par les ébénistes comme étant d’une grande difficulté, cependant tout amateur soigneux et surtout patient peut le réaliser sans grandes difficultés s’il a soin de n’opérer que sur un bois bien poli et dont les pores ont été rebouchés au préalable; là est la seule condition essentielle; ceci dit, voici comment on doit procéder :
- Une pelote.de laine ou de coton est enfermée dans un morceau de toile (lin ou chanvre, non de coton) bien propre, puis on l’asperge de vernis au tampon qui est une solution de gomme laque dans l’alcool. On promène alors le tampon à la surface du bois, préalablement bien poncé.
- L’opération du vernissage est assez longue et demande un certain doigté que l’on acquiert.facilement; aussitôt que le tampon commence à être assez dur à mener, par suite de l’évaporation de l’alcool, on dépose à la surface une goutte d’huile de lin (pas plus) pour le faire glisser.
- Petit à petit, le brillant commence à apparaître à mesure du remplissage des fissures microscopiques; on peut obtenir ce dernier plus rapidement en mettant sur le tampon une poudre impalpable telle que sulfate de baryte, blanc d’Espagne, pierre ponce lavée, mais le travail le plus soigné est réalisé par le vernis à la gomme laque employé seul.
- Quand on juge que le brillant est suffisant, on donne le coup de « fini au clair » en remplaçant la toile du tampon par une nouvelle que l’on arrose d’alcool fin et pur; on promène légèrement ce tampon en tous sens jusqu’à ce que le voile ait disparu.
- Le travail n’est bien terminé qu’au moment où la partie vernie est devenue comme une glace.
- Note. — Le vernis au tampon des ébénistes est constitué par :
- Alcool à 84° (3 /6)................. 1.000 cm3
- Gomme laque blonde.................. 85 —
- Laisser la dissolution se faire à froid en agitant fréquemment.
- Ce vernis doit être employé tel quel, sans filtrer de manière à conserver la cire-laque qui reste en suspension et qui coopère au résultat.
- Mmc Couturier, a Troyes.
- P.-S. — 1° Les manipulations nécessaires pour le nettoyage de la laine à matelas ont été indiquées par nous dans le n° 2802, page 143, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Pour teindre en palissandre, dissoudre de l’extrait de bois de campêclie dans de l’alcool dénaturé jusqu’à coloration suffisante, suivant l’intensité désirée.
- Appliquer la mixture sur le bois, laisser bien sécher, puis donner une seconde couche au moyen d’une dissolution d’oxalate de fer qui détermine la coloration noire.
- Quelles qualités doivent présenter les peintures sous=marines ?
- On cherche surtout, dans la préparation des peintures sous-marines, c’est-à-dire celles destinées à protéger les parties immergées du navire, à réaliser une composition toxique qui empêche le développement, sur la carène, de la flore et de la faune si abondantes dans la mer, milieu prolifique par excellence.
- Par la fixation sur les flancs du bateau de ces hôtes indésirables, celui-ci se trouve bientôt chargé d’un poids mort très important et sa marche en est fort retardée.
- La dernière guerre nous fournit un exemple typique d’un développement de cette sorte sur les parties immergées.
- Quarante navires appartenant à l’Allemagne ayant été internés aux Indes néerlandaises en 1914, au bout de trois ans, certaines unités avaient, sur leur coque, une épaisseur de mollusques et d’algues de 0 in. 60 à 0 m. 80; la vitesse était tombée de 20 milles à 5 milles. (La Nature, supplément du 3 novembre 1917.)
- L'une des peintures les plus réputées comme efficacité dans cet ordre d’idée a donné à l’analyse qui a été faite par M. Carbonelli, professeur à l’École Navale de Gênes, la composition suivante :
- Savon de mercure............................. 15
- — de plomb................................. 15
- Colophane. .-.............................. 20
- Huile de lin................................. 20
- Essence de térébenthine. . .................. 15
- Vert de Schweinfurth........................ 15
- 100
- On voit qu il s’agit essentiellement d’une peinture à la colophane dont le pigment vert joint son action toxique à celle des savons de mercure et de plomb.
- M. Pons, a Ajaccio.
- Qu’est=ce que le siccatif des peintres?
- Lorsqu’une peinture sèche, cela ne provient pas, comme on pourrait le croire, d’une évaporation de l’essence de térébenthine ou de 1 huile; il n’y a pas perte de poids, mais au contraire augmentation par suite de la fixation de l’oxygène de l’air qui transforme l’acide linoléique de l’huile en acide linolénique.
- Faire sécher une peinture c’est donc lui permettre de s’oxyder plus rapidement; or on a constaté que certains oxydes, en particulier ceux de plomb, de zinc, de manganèse étaient des intermédiaires précieux pour faciliter ce transport d’oxygène; les produits commerciaux que l’on vend sous le nom de siccatifs sont destinés à obtenir ce résultat le plus rapidement possible, mais comme ils sont trop énergiques on les dilue habituellement pour la vente avec une masse inerte : plâtre ou craie.
- Par exemple le produit en poudre blanche désigné sous le vocable de siccatif ae Paris est établi sur les bases suivantes :
- Résinate de manganèse............ 15 à 20 pour 100
- Sulfate de chaux ou blanc d’Espagne. . 85 à 80 —
- Pour l’emploi on ajoute à la peinture préparée comme d’habitude 5 à 10 gr par kilogramme du siccatif ci-dessus.
- Le siccatif liquide a une composition analogue dans laquelle l’essence de térébenthine est substituée à la masse solide.
- Résinate de manganèse...............30 à 35 pour 100
- Essence de térébenthine.............70 à 65 —
- Comme le produit est assez fortement coloré, on réserve son emploi aux peintures pigmentées.
- M. Famerie, a Rhodes Sainte-Genèse.
- P.-S. — Pour obturer les fissures qui existent entre le châssis en bois de votre fenêtre et la tablette en pierre calcaire, vous pouvez employer comme ciment un mélange de craie et de silicate de potasse. (Avoir soin de mouiller préalablement la pierre et le bois avant d’appliquer le ciment pour qu’il n’y ait pas succion rapide de l’eau de ce dernier.)
- Comment s’obtiennent les semelles crêpes ?
- Le caoutchouc commercial dont le type est la gomme Para était, autrefois, obtenu par coagulation de la sève ou latex, au moyen de la chaleur et par l’enfumage qui se pratiquait au-dessus d’un feu de noix de coco il en résultait une coloration de la gomme variant du jaune clair au brun foncé, elle acquérait en même temps, une odeur caractéristique. -
- Aujourd’hui, pour préparer lès « crêpes », on coagule le latex par addition de 0,5 pour 100 environ d’acide acétique. Le coaguluni humide passe alors dans des laminoirs à cylindres cannelés à vitesses différentes, la masse étant arrosée d’eau pour éliminer les matières solubles.
- On obtient ainsi les blancket-crêpes dans lesquels on découpe les semelles pour chaussures; on augmente parfois la blancheur du produit en traitant le latex par le bisulfite de soude avant coagulation,
- M. Frère, a Paris.
- p.47 - vue 51/598
-
-
-
- De tout un peu.
- IVI. Campolo, à Nancy. — 1° Nous vous remercions de votre aimable communication concernant la remise en état des vieilles limes, mais nous avons indiqué un procédé de ce genre dans les « Recettes de l’Atelier », page 61, en le complétant par une intervention électrolytique qui facilite l’opération.
- 2° Nous ne connaissons pas la composition de la pâte que vous nous avez adressée ; une analyse serait nécessaire pour la déterminer.
- IVI. Muller, à Paris. — L’enduit doré qui recouvre votre cuir est à base de gélatine. Il vous sera'facile, par quelques essais, de déterminer les conditions optima d’emploi en y incorporant de la poudre de bronze que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs avec toute la gamme de tons.
- Quant à la souplesse, l’addition d’une quantité convenable de glycérine vous permettra de la conserver.
- M. Rolland, à Drancy. — Vous trouverez les renseignements les plus complets sur les colles à la caséine dans le Traité de la fabrication des colles, de Maurice de Kéghel, édité par Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. Drouineau, à Marseille. — 1° Au point de vue fabrication du plâtre et de ses dérivés, plâtre à mouler, plâtre aluné, etc., vous trouverez tous renseignements dans l’ouvrage très complet de Fritsch : Le Plâtre, édité par Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- 2° En ce qui concerne la question commerciale, les revues suivantes vous seront de grande utilité : Revue du Plâtre, de la Chaux et des Ciments, 148, boulevard Magenta; Revue générale de chaufournerie, 51, rue de Paradis.
- 3° Enfin, comme installateurs d’usines de ce genre, nous pouvons vous indiquer : Proventier et Cle, à Triel (Seine-et-Oise); Société d’études et installations industrielles, 87, rue Taitbout, Paris.
- MM. Koechlin, à Neuilly et Evin, à Nantes. — Vous pourrez vous procurer du celluloïd transparent en feuilles dans les maisons qui suivent : Acetoïd, 20, boulevard Saint-Denis; Société française du Celluloïd, 6, rue Albouy; Convert, 177, rue de Bagnolet; Faré, 73, rue Turbigo; Greenhill, 69, rue de Chabrol; Lafon, 4, passage Moulin; L’Oyomithe, 32, avenue de-Saint-Mandé.
- 2° Pour le collage, se servir de la préparation suivante :
- Celluloïd en morceaux ...... 30 grammes
- Acétate d’amyle.................... 35 -—
- Acétone............................ 35 —
- Laisser digérer plusieurs jours en agitant fréquemment jusqu’à obtention d’un liquide sirupeux.
- M. Caget, à Charmé. —• 1° Les culots métalliques de lampes électriques sont simplement scellés au plâtre fin dit plâtre à mouler.
- 2° Ge sont encore les sels de cuivre qui constituent les meilleurs aniicnjptogamiques, quels que soient les inconvénients qu’ils peuvent présenter, sous forme de bouillie bordelaise ou bourguignonne, en teintant les murs qui supportent les treilles. Il faut en prendre son parti, du reste avec un peu d’adresse le nuage venant du pulvérisateur peut être utilisé d’une manière artistique ainsi que cela se pratique pour le dessin à l’aérographe; on réalise ainsi un fond estompé et dégradé qui peut être d’un très heureux effet.
- ° Vous trouverez de petites presses d’amateurs pour imprimer soi-même à la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne, 42, rue du Louvre, à Paris.
- La même maison vous fournira également tout le matériel typographique nécessaire.
- M. de Lavigerie, à Soissons. — 1° Tous renseignements sur la bakélite et produits dérivés vous seront donnés à la Société « La Bakélite », 3, rue des Italiens.
- 2° L’emploi d’une solution acide dans un bac en ciment, même goudronné, n’est pas à conseiller; tôt ou tard il se produira une pénétration, sous la couche de goudron, par les solutions de continuité et le ciment sera attaqué.
- M. Paisseau, à Paris. — L’excipient du vernis d’impression dont nous avons parlé dans le numéro du 1er juillet 1929 à propos des peintures cellulosiques, a la même constitution que celui entrant dansl a composition de la laque colorée; vous pouvez prendre comme bases:'
- Acétate de butyle........................ 400 cm3
- — d’éthyle............................. 400 —
- Alcool butylique ........................ 200 —
- on en ajoute aux constituants indiqués la quantité nécessaire pour obtenir la consistance convenable.
- M. Fauré, à Casablanca. — Votre peinture au minium s’est durcie parce qu’il s’est formé un savon de plomb, l’huile se trouve par conséquent fixée dès maintenant et ne peut plus entretenir la fluidité de la peinture; nous ne vous conseillons pas de chercher à utiliser la peinture ainsi durcie, cela ne vous donnerait que des mécomptes.
- M. Régnier, à Oued Beri. — Le sel réfrigérant auquel vous faites allusion doit être tout simplement du nitrate d’ammoniaque cristallisé, lequel en se dissolvant dans l’eau produit un abaissement de température de — 16° C.
- Habituellement, on utilise un mélange de :
- Nitrate d’ammoniaque.............100 grammes
- Eau la plus froide possible .... 100 —
- M. Girard, au Castelet (Oise). — D’après la description que vous nous avez faite de votre machine à glace et après étude du croquis joint, nous pensons, puisque la pompe fonctionne bien, qu’il y a une obstruction probable du robinet à’3 voies et qui la met en communication avec le récipient à acide sulfurique.
- Peut-être aussi les tubes de raccord déjà anciens sont-ils fendillés et laissent-ils rentrer de l’air.
- A notre avis, c’est une recherche systématique qu’il faut faire à partir de la pompe jusqu’à la carafe; un petit manomètre en U à dénivellement serait l’auxiliaire de choix en l’introduisant dans le vase à acide, puis dans la carafe pour vous révéler si le vide de la pompe est propagé successivement dans ces récipients.
- Bibliothèque du XVe. — 1° Au point de vue congélation les huiles
- végétales se présentent dans l’ordre suivant :
- Olives......... + 2° C Faîne.............— 18° C
- Coton..........— 2° Amandes douces — 18°
- Navette. ... — 4° Cameline. ... —- 1S°
- Sésame .... — 5. . Œillette. ... —- 18° 5
- Arachide. . . . — 5° Abricot.. ... — 20°
- Moutarde ... — 5° Chènevis. ... — 25°
- Colza..........—-6° Noix................— 27°
- Ricin..........— 17“ Lin.................— 28°
- Noisettes .... — 18“
- 2° La cellulose et les combinaisons cellulosiques ne sont pas solubles dans les matières grasses.
- 3“ Bien que l’on ait tenté d’employer en médecine la glu retirée du Houx commun (Ilex aquifolium) comme substance- maturative* émolliente et résolutive, les études ont été peu poussées sur sa composition, car on s’est rendu compte qu’elle agissait surtout en maintenant humide le point de la peau sur lequel elle était appliquée.
- C’est donc d’une façon très vague que l’on signale, comme principe de la glu du houx, VIlicine, mais aucun traité ne lui attribue de propriétés définies.
- Une timide tentative a été faite d’autre part pour étudier la glu du gui de chêne; en traitant celle-ci par l’éther on en-sépare deux substances : la viscine 50 pour 100 soluble et la viscaoulchine ou mieux viscosine 20 pour 100 insoluble. Ces produits sont mal caractérisés, leur saveur est astringente, ils agissent comme vomitifs; jadis on les employait contre l’épilepsie.
- 4° Il n’y a pas à proprement parler de point de congélation de la glu, mais un durcissement progressif à mesure que la température s’abaisse; c’est le cas de la plupart des exsudations végétales.
- Neoiight, à Bruxelles. — 1“ Nous sommes surpris que le sulfate de cuivre n’ait pas empêché le développement de cryptogames sur votre solution de gomme adragante, car nous avons toujours observé la bonne conservation de produits analogues, colle de fécule, de gomme arabique, etc. Nous ne pouvons que vous conseiller d’essayer d’autres antiseptiques, sulfate de zinc, essence de girofle, essence de térébenthine, acide phénique, sublimé, etc. Vous trouverez certainement, parmi ceux-ci, le produit qui vous conviendra.
- 2° L’emploi d’un alliage intermédiaire, pour fixer d’une façon permanente une tige de verre à une partie métallique, ne nous paraît pas indiqué, car il nous semble plus logique de fixer directement cette pièce métallique au verre par de la gomme laque fondue. D’ailleurs, nous sommes convaincus que vous ne trouverez aucun alliage se fixant directement au verre sans intervention d’une colle.
- Le Gérant : G. Masson
- 98.484. — Paris, lmp. Lahure. — 1 1-1930
- p.48 - vue 52/598
-
-
-
- p.n.n. - vue 53/598
-
-
-
- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ci#, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (% C Seine : iS.234) Tél Littré 48-42 et 48-93.
- j PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies .12 moisi (24 n0'), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°*), 43 fr.
- j Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 i u....................... 90 fr. ( Un am................... 110 fr.
- . ( Six mois............. 45 fr. j Six mois............... 55 fr.
- ^££ffiériBnr n° * valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal^et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.) San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et Cu, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l“r de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VT.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VT
- La reproduction deé illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- Complet avec plateau . • . • • • . . .
- LE SEUL IVIOU VEI¥IEPÜT
- Moteurs de Phonos Américains
- SINGER
- iniiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiitiiiiMiimiiiiiiiiiiuiiMiiiiiiiii!
- ...................; . ; 690 fr.
- ÉLECTRIQUE PARFAIT
- Moteurs électriques dé 1/50 à 1/3; Dynamos, groupes convertisseurs, commutatrices
- GUERNET
- 44* rue du Chtâtean-d’Eaii* PARIS
- —Envoi du catalogue général contre 1 franc en timbres-poste —;—
- LA RAPIDE-LIME
- Travaille avec précision l’Acier, le Fer, là Fonte le Brome et autres matières PLUS DE LIMES! PLUS DE BURINSl Tout le monde Ajusteur-Mécanicien. Tarif franco.
- TBfEMH, 58-66, r. Begnaud. Parts
- Pair descr. dans « La Nature », b* isïû. ..-
- Pour vos
- BREVETS
- Jldp.VOVS h: WINTHER=HANSEN, Ingénieur-Conseil 35 Rue de la Lune, PARIS (2') J3r0 ch U}'0 gratis I
- p.n.n. - vue 54/598
-
-
-
- LA NATURE JUssus
- LA RÉGÉNÉRATION CHEZ LES VERTÉBRÉS
- RÔLE DU SYSTÈME NERVEUX
- Le problème dont nous allons entretenir nos lecteurs, celui de la participation du système nerveux à la régénération, peut passer à la fois pour classique, si l’on considère depuis combien de temps il préoccupe les biologistes, de quelle façon précise plusieurs de ses points importants sont connus; — et pour très actuel, si l’on parcourt les mémoires récents où sont exposés et discutés divers aspects du rôle joué par les nerfs ou les centres nerveux dans la restitution des membres ou de l’extrémité caudale chez les Poissons ou les Batraciens. La rapide revue d’ensemble que nous entreprenons des faits concernant ces Vertébrés montrera quels points sont désormais acquis, quels autres sont encore P objet de recherches- minutieuses et de controverses passionnées.
- On groupe sous le terme de régénération tous les processus, grâce auxquels un organisme qui a subi la perte spontanée ou provoquée d’une de ses parties est en mesure de reconstituer plus ou moins exactement celle-ci et de retrouver, de ce fait, son état initial. Le pouvoir de restitution varie grandement d’un groupe à l’autre, et selon que l’on considère tel ou tel tissu, tel ou tel oroane, telle ou telle unité morphologique : extrémité antérieure du corps, membre, queue, etc.... Il est souvent très développé chez les êtres inférieurs ; les Hydres vertes, amputées de leur extrémité orale, refor-
- ment facilement la bouche e perdus ; certaines Etoiles de
- Fig. 1.
- Régénération de membres postérieurs d'Axolotls jeunes. (D’après Wintrebert.)
- En haut, régénération normale du pied gauche, C8 jours après l’amputation du tarse.
- A1, face plantaire du pied droit intact.
- B1, face plantaire du pied gauche amputé et régénéré. Au-dessous, régénération du pied droit à la suite d’extirpation de la moelle dorso-lombaire et sacrée, 68 jours après l’amputation du tarse. A2, face plantaire du pied gauche intact.
- B-, face plantaire du pied droit amputé et régénéré.
- t les tentacules qu’ elles ont mer remplacent un ou . plusieurs de leurs bras sectionnés, en même temps que chacun de ceux-ci se développe en un individu entier; la régénération équivaut donc dans ce cas à une véritable multiplication; chez les animaux supérieurs elle ne présente plus jamais ce caractère, mais elle n’en est pas moins, dans certains groupes, assez importante pour assurer le remplacement de formations complexes telles que la queue ou les membres. La question que nous avons à examiner, celle qui a été récemment reprise, est de savoir dans quelle mesure et de quelle manièi'e le système nerveux intervient, chez les Vertébrés, dans ces phénomènes de remplacement.'
- Avant d’aborder le problème qui nous préoccupe, il nous paraît intéressant d’indiquer, à titre d’éléments de comparaison, quelques traits essentiels de la participation du système nerveux à la régénération chez les Invertébrés. En premier lieu, cette participation n’apparaît pas toujours nécessaire, puisque des Vers, par exemple, comme certaines Planaires, sont capables de rétablir un individu complet à partir d’un fragment ne contenant pas trace de la masse ganglionnaire principale; la présence de celle-ci est cependant nettement favorisante, comme le montre l’étude des régénérats
- p.49 - vue 55/598
-
-
-
- = 50 ..............: =
- développés en dehors de son action : ils sont le plus souvent caractérisés par une taille petite, une forme atypique, une croissance ralentie.
- Si l’on s’adresse à des espèces zoologiques où F organisation est plus complexe, où la division du travail physiologique s’accentue, on constate qu’à une différenciation, une spécialisation plus poussée du système nerveux correspond une dépendance plus étroite entre ce dernier et le pouvoir de régénérer. Trois séries d’expériences particulièrement significatives nous serviront à montrer sous quelle forme elle se manifeste; ce sont celles de Morgan sur un Yer deterre, Allolobophorafœtidcr, celles de Mor-
- Fig. 2. — Membre surnuméraire développé chez un Irilon à la suite de la déviation de deux racines du plexus nerveux lombo-sacré (D’après Locatelli.)
- gulis sur certains Echinodermes voisins des Etoiles de mer, les Ophiures ;. enfin celles de ITerbst sur l’œil des Crustacés décapodes.
- On sait depuis longtemps qu’un Yer de terre, tel que Allolobophorafœtida, est capable, si on le prive par une section transversale de sa tête et d’une bonne partie de la moitié antérieure de son corps, de se compléter sans difficulté. On s’est demandé si la réparation s’effectuerait encore après, une intervention combinant l’amputation avec une extirpation de la chaîne nerveuse, à partir de la surface de section, jusqu’à une certaine profondeur. Il résulte des expériences de Morgan que, d’une part, une telle opération empêche tout régénérât
- de se développer au niveau de la plaie, et que, d’autre part, elle détermine parfois l’apparition, au point plus postérieur où se trouve reportée l’extrémité de la chaîne, d’une tête plus ou moins typique, souvent semblable à celle qui a été perdue. Ces deux.faits démontrent donc de la façon la plus nette que la présence du conducteur nerveux au niveau de la surface d’amputation est un facteur déterminant de la régénération.
- Un second groupe de faits, observés sur les Ophiures, permet de préciser les conditions et la nature de l’action du système nerveux sur le développement des formations de remplacement; ils montrent que la régénération d’un bras sectionné se produit tant que le nerf principal, ou nerf radial, affleure au niveau de la surface à vif, mais qu’on peut interrompre celui-ci sur le trajet qu’il parcourt jusqu’à l’anneau central sans empêcher pour cela le développement du régénérât. Il en résulte donc que ce qui intervient dans les processus de restitution, c’est moins l’intégrité des connexions entre la plaie et les centres nerveux que la présence, parmi les tissus qui servent de base aux néoformations, d’éléments de nature nerveuse.
- Un cas particulier très intéressant de l’intervention du système nerveux dans les phénomènes de régénération est représenté par l’action qu’il exerce sur la restitution des organes des sens. Aucun exemple n’est plus significatif à cet égard que celui du remplacement de l’œil chez les Crustacés, étudié dans ses rapports avec la conservation du ganglion optique correspondant. Herbst a choisi pour matériel la Langouste, objet très favorable en ce que le ganglion qu’il s’agit tantôt d’éliminer, tantôt de respecter, est contenu dans la partie basale du pédoncule oculaire. Si donc on pratique l’ablation de l’œil par une section haute du pédoncule laissant en place le ganglion, on provoque la régénération d’un appendice et d’un organe sensoriel à peu près exactement semblables à ceux qui ont été perdus. Si au contraire on pratique une section basse infra-ganglionnaire, c’est une petite antenne, formation aberrante, ou, comme l’on dit, hétérotypique, qui se développe; il s’ensuit que la conservation du ganglion optique est indispensable à la restitution typique de l’ensemble formé par l’organe visuel et par son support.
- Les quelques faits précédents, qui sont ici représentatifs de beaucoup d’autres, montrent qu’à partir d’un certain degré d’organisation, le système nerveux exerce sur les processus de régénération une influence manifeste, mais que celle-ci, mis à part les cas qui concernent les restitutions cl’organes sensoriels, ne dépend pas obligatoirement de l’intégrité des connexions avec les centres nerveux principaux. Les expériences que nous allons avoir à rapporter maintenant nous amèneront à des conclusions de ' même signification ; cependant, la complexité du système nerveux, sa spécialisation sont telles dans les groupes très évolués que nous allons envisager maintenant, que nous y rencontrerons, en ce qui concerne l’influence des conducteurs ou des centres sur la régénération, des problèmes beaucoup plus complexes que ceux que nous avons considérés jusqu’à présent.
- Bien que le pouvoir de réparer les pertes apparaisse,
- p.50 - vue 56/598
-
-
-
- 51
- dans l’ensemble de l’embranchement des Vertébrés, beaucoup plus réduit qu’il ne l’est chez les Invertébrés, il est encore, dans certains groupes et pour certaines parties du corps, considérable; nous citerons, pour en donner une idée concrète, quelques-unes des formations susceptibles de remplacement : ce sont, chez les Batraciens Anoures (Grenouilles et Crapauds), la queue de tous les têtards, les membres postérieurs de ceux de certains Crapauds, l’œil et une partie des doigts des larves et des adultes; — chez les Urodèles (Tritons et Salamandres), la queue, les membres en entier, la pointe du museau, l’organe visuel, aussi bien avant qu’après la métamorphose ; — chez les Reptiles, la queue de certains Lézards;— chez les Poissons, l’œil, tout ou partie des nageoires ; — chez les Oiseaux, le bec des Palmipèdes ; — chez les Mammifères, enfin, le pouvoir de restitution, très peu développé quant aux formations complexes, se réduit pratiquement à la réparation de certains tissus, tels que le tissu osseux, certains tissus glandulaires, le revêtement externe, etc.... De tous ces exemples, nous ne retiendrons que ceux qui concernent la restitution des membres chez les Urodèles; en effet, c’est sur ce matériel éminemment favorable que l’on a entrepris ces derniers temps les expériences qui ont grandement précisé notre connaissance de l’action du système nerveux sur la régénération.
- On savait depuis longtemps, en particulier depuis les recherches de Wintrebert, qu’un membre postérieur régénère normalement, chez l’Axolotl, Triton originaire du Mexique, lors même que, par une ablation complète de la moelle lombo-sacrée, on supprime toute connexion entre le moignon et les centres supérieurs. Wintrebert avait montré aussi qu’un têtard décérébré, ou privé de sa moelle, remplace parfaitement son extrémité caudale amputée. Ces expériences saisissantes, confirmées par divers auteurs, semblaient permettre de refuser à l’influence nerveuse tout rôle direct sur les phénomènes de régénération. Mais ces dernières années plusieurs biologistes, Guyénot et Schotté en Suisse, Mlle P. Locatelli en Italie, P. Weiss en Allemagne, reprirent indépendamment les uns des autres l’étude de cette question : leurs importantes expériences ont complété, en modifiant quelque peu leur signification, les résultats précédents.
- Schotté d’une part, Mlle Locatelli d’autre part établirent d’abord que si l’on ne pratique pas seulement l’ablation de la moelle, mais que l’on supprime l’innervation totale d’un membre, en sectionnant par exemple le plexus brachial ou le plexus crural, dans tous les cas la régénération de ce membre est inhibée ; elle n’a lieu que si les nerfs viennent à être régénérés et à atteindre la surface d’amputation. L’influence du système nerveux étant ainsi démontrée, il convenait de préciser son siège et sa nature. O. Schotté institua diverses expériences de section, de résection, d’extirpation sur les nerfs sensibles ou moteurs et .sur les ganglions spinaux dans le territoire correspondant au membre supérieur; il conclut du résultat de ses interventions que le système sympathique doit être tenu pour responsable de l’influence en cause; c’est à une conclusion identique que, par une voie expérimentale un peu différente, parvient aussi
- Fig. 3. — Autre exemple de membre surnuméraire expérimentalement développé chez un Triton (D’après Locatelli.)
- P. Weiss. Cependant, Mlle P. Locatelli, sur la foi d’observations qui lui montrent une absence totale de* régénération après extirpation des ganglions spinaux, attribue à ceux-ci l’action reconnue par les précédents auteurs aux fibres sympathiques. L’accord ne semble pas prêt de se faire, à l’heure actuelle, entre les partisans des deux théories opposées; il apparaît d’autant moins facile à réaliser que les particularités mêmes du système sympathique, sa répartition diffuse, ses trajets communs avec les fibres spinales, rendent à peu près, illusoire toute certitude de l’éliminer à coup sûr par un procédé opératoire; par ailleurs, la facilité très grande avec laquelle régénèrent les divers constituants du système nerveux des Batraciens oblige à tenir compte, comme d’une cause d’erreur particulièrement difficile à dépister ou à éviter, de la possibilité du rétablissement préalable des trajets nerveux que Ton a cru éliminer par excision ou par section. Mais l’incertitude où l’on est encore de l’origine précise de l’action produite n’empêche nullement de se représenter celle-ci, ses caractères, sa nature avec toute la précision désirable; c’est ce que nous allons montrer maintenant.
- L’absence complète de régénération du bras, entraînée par l’interruption de la totalité du plexus brachial,
- Fig. 4. — A gauche, a) patte hétérotopique obtenue par déviation du plexus brachial.
- A droite, b) queue supplémentaire développée au point d'arrivée du nerf sciatique dévié. (D’après Guyénot.)
- p.51 - vue 57/598
-
-
-
- 52
- Fig. 5. — Trilon crislalus ayant subi l'ablalion totale du territoire queue et n’ayant pas présenté trace de régénération après 8 mois.
- (D’après O. Schotté.)
- autorise à se représenter l’influence nerveuse comme nécessaire; d’autres expériences du plus grand intérêt vont nous apprendre dans quelle mesure cette influence nécessaire est ou non suffisante.
- "' Nous citerons d’abord un fait remarquable, dû à Mlle P. Locatelli; l’auteur, qui a eu l’idée ingénieuse de rechercher sur le Triton quelles conséquences entraînerait une dérivation du nerf sciatique, préalablement sectionné au niveau du genou, dans la masse musculaire de la région dorsale, voit apparaître, au point où elle a lixé le nerf, une protubérance, qui, sur quelques sujets, se différencie en un membre parfait, muni de son squelette, et, sur d’autres, en une ébauche plus ou moins comparable à une patte. Il semble donc, d’après ce résultat, cfue la présence du nerf sciatique suffise à déterminer, ailleurs même que dans sa zone d’influence propre, le développement d’une patte postérieure semblable à celle dont il assure normalement l’innervation.
- C’est le grand mérite de Guyénot et de ses élèves d’avoir montré que dans ces expériences de déviation de nerfs, les facteurs qui agissent sont en réalité complexes, et que, à côté d’une action incontestable du système nerveux, il faut faire intervenir celle de facteurs locaux qu’on peut symboliser, sinon définir, par la notion de « territoire ».
- Reprenons en effet diverses expériences comparables à celles que nous venons de citer ; détournons, par exemple, le même nerf sciatique et amenons-le tantôt dans la région caudale, tantôt dans la région ventrale; nous y observerons respectivement la croissance d’une formation
- comparable à une queue et une absence complète de néoformation. Il s’ensuit en premier lieu que l’influence du sciatique, si elle est importante, n’est pas spécifique, puisqu’elle aboutit au développement de protubérances n’ayant pas obligatoirement le caractère de membre postérieur; en second lieu que la détermination du type des formations développées est dépendante du territoire, le territoire queue ne donnant jamais naissance qu’à des protubérances de type caudal, etc...; certaines régions du corps apparaissent stériles, aucun nerf détourné n’v faisant jamais apparaître de néoformations de quelque type que ce soit. La possibilité de régénérer apparaît donc dépendante de deux facteurs également indispensables, le facteur nerveux et le facteur local; si, par une excision suffisamment étendue, on vient à détruire la totalité de la zone correspondant à une formation, toute possibilité pour celle-ci de régénérer disparaît; la figure 5, empruntée à Schotté, représente un Triton ayant subi l’ablation totale du territoire queue et n’ayant pas présenté trace de régénération caudale au bout de huit mois.
- Les faits qui précèdent nous ont permis d’attribuer aux nerfs présents dans le moignon une influence nécessaire, mais une influence non spécifique sur les processus de régénération observés chez les Batraciens. Nous achèverons de définir cette influence en montrant qu’elle est, en outre, excitante ou tonique, et coordinatrice.
- L’action stimulante que l’on est en droit de reconnaître au système nerveux est bien mise en évidence par la comparaison des processus qui se déroulent au niveau d’un moignon désénervé et au niveau d’un moignon intact; le premier n’est pas caractérisé, comme on pourrait le croire, par une inertie totale de ses éléments, par une absence complète de néoformations à son niveau ; des proliférations déclenchées par l’amputation y fournissent parfois des masses cellulaires cicatricielles fort importantes; mais c’est seulement lorsque les nerfs sont conservés que le pouvoir de multiplication propre aux tissus de la plaie reçoit par leur intermédiaire l’impulsion nécessaire à l’édification d’un véritable régénérât. Des expériences montrent que, pour être efficace, l’action tonique exercée par le système nerveux doit se prolonger pendant toute la durée des processus réparateurs et qu’il ne suffit pas que l’intégrité de l’innervation soit assurée seulement au moment où se déclenchent les phénomènes. Elles montrent, en outre, que l’action toniqùe est, dans une certaine mesure, proportionnelle au nombre des branches nerveuses laissées intactes et que l’excision d’une partie d’entre elles, sans rien modifier des caractères structuraux du régénérât, en ralentit notablement la croissance (P. Weiss).
- A l’action stimulante du système nerveux que nous venons de détailler s’ajoute enfin une action de coordination; seule, en effet, une innervation normale assure la croissance harmonieuse tics différents constituants du régénérât; la désénervation confère aux proliférations, en particulier à celles du tissu osseux, un caractère anarchique; elles aboutissent alors à la formation de masses parfois considérables, sortes de cals morphologiquement monstrueux et fonctionnellement inutilisables
- p.52 - vue 58/598
-
-
-
- cependant que les autres composants du moignon ne subissent que peu ou pas d’accroissement.
- Tous les oaracl.ères que nous venons d'al l.nbuer au rôle des nerfs ou des centres nerveux dans les processus de régénération montrent combien celui-ci est conforme à ce que nous savons des propriétés les plus générales du système nerveux; il intervient en effet dans les phénomènes qui se déroulent après une amputation beaucoup
- =-. 1 1 ..:==== 53 =
- moins comme agent spécifique et déterminant que comme un agent de coordination, comme un régulateur en dehors de l'influence duquel les néoformalions, les remaniements entraînés par la perle de substance cessent de concourir à l’édification d’un régénérât conforme au plan d’organisation de l’individu mutilé et identique à la partie perdue-.
- Dr J.
- LE DELTA DU DANUBE
- Après avoir passé les défdés de Kazan et les Portes de Fer, le Danube semble épuisé par le long et difficile chemin qu’il a parcouru à travers une moitié de l’Europe et il s’étale largement, sur une longueur de 1050 km, dans la plaine roumaine.
- Au-dessous de Isaccea l’énorme volume d’eaux et de boues, qu’avec ses 105 affluents il a drainé à travers neuf pays différents, déborde sur une plaine à peine inclinée et forme le delta du Danube.
- Description du delta du Danube. — Le delta du Danube a la forme d’un triangle limité à l’est par la Mer Noire, au nord par la Bessarabie et au sud par la Dobroudja.
- Le fleuve s’y divise en trois bras principaux.
- Le bras Chilia, au nord, se détache le premier. Il a 111 km de long et il porte à la mer les deux tiers de la masse d’eau. Un seuil de sables barre son entrée et l’interdit à la navigation. Il arrose quelques villes de moyenne importance : Ismaïl, Vâlcov....
- Le bras Sulina, au centre, est long de 88 km et large de 100 à 130 m. De grands travaux effectués à son embouchure l’ouvrent aux bateaux de 6 m de tirant d’eau.
- A Sulina on a construit deux digues convergentes de 1315 m et 915 m de longueur. Ce bras est le seul utilisé par la navigation.
- Enfin, au sud, le bras Saint-Georges a une longueur de 96 km.
- Les régions comprises entre ces bras et au-dessous du dernier s’appellent (‘) Ostrov Letea,
- Ostrov Sfînt Gheorghe et Ostrov Dranov.
- Elles sont sillonnées de milliers de ruisseaux et de canaux dont la profondeur est . en moyenne inférieure à 1 m 80 et qui relient entre eux d’innombrables lacs aux eaux à peu près stagnantes.
- Au-dessous de l’Ostrov Dranov s’étendent de grands lacs reliés à la mer : lac Babadag, lac Razelm, lac Golovita, lac Sinoe.
- Le delta reçoit 35 000 m3 d’eau par seconde dans les périodes de grandes crues et 7000 m'’ pendant la sécheresse. Le débit moyen est de
- 9200 m3.
- La vitesse du courant dans les bras principaux est de 1 m 65 à 2 m à la seconde
- 1. Ostrov signifie île.
- pour les hautes eaux et de 31 cm pour les basses eaux.
- Chaque année le Danube apporte 150 millions de tonnes de boues qui se répandent sur une superficie de près de 500 000 hectares. Aussi, sur certains points, le delta gagne, sur la mer, plus de vingt mètres chaque année.
- La superficie totale du delta pour un niveau moyen de 5 hydrogrades est d’environ 430 000 hectares qui se
- répartissent de la façon suivante :
- I. Canaux, ruisseaux, éclaircies d’eau. . . . 108 000
- IL Superficie recouverte de joncs et de roseaux
- ci) roseaux fixes. ....................... 195 200
- b) Roseaux mobiles........................ 72 000
- III. Terrains secs.............................. 55 000
- comprenant :
- a) terrains de culture et pâturages. ... 32 000
- b) forêts ................................. 6 545
- c) terrains sablonneux..................... 8 296
- d) habitations et routes................... 8 155
- Fig, 1. — Carie du delta du Danube.
- BESSARABIE
- Xhilia Nova
- Isaccéa
- Tulcea
- Mahmudia
- ArbmuLlia
- DELTA DU DANUBE
- Marais,Joncs Roseaux ///////> Laos
- Goluul.il
- DOBROUDJA
- p.53 - vue 59/598
-
-
-
- Végétation. — La végétation aquatique est d’une vitalité prodigieuse. C’est un fouillis indescriptible de joncs, de. roseaux, de nénuphars, de châtaignes d’eau, dont les racines enchevêtrées sur une épaisseur de près d’un mètre forment un tissu serré appelé « plaur ». Les roseaux atteignent des dimensions tropicales. Certains ont une hauteur de 4 m et un diamètre de 5 cm. Cette vaste couche végétale est percée çà et là par des éclaircies d’eau sillonnées de plaurs flottants.
- Sur les parties sèches du delta, la végétation n’offre rien de remarquable, sauf peut-être l’abondance de saules, aulnes, cognassiers et des lianes d’espèces tropicales.
- Faune. — Les eaux sont très peuplées. On trouve dans le delta des carpes pesant jusqu’à 15 kg, des saudres, d’énormes brèmes et d’autres espèces de qualité moyenne ou inférieure (perches, gardons, çarassins...).
- Aux bouches du Danube on pêche aussi des esturgeons et des maquereaux.
- Ces poissons se nourrissent des myriades d’insectes (gyrins, hydrophilidés, hémiptères, névroptères, diptères...) qui passent la plus grande partie cle leur courte vie dans l’eau à l’état de larves. Ils font en particulier une grande destruction de vers rouges (Chironomus plumosus) et de larves de moustiques si dangereux pour l’homme qui habite ces régions.
- Dans les eaux stagnantes des marais vivent aussi des mollusques, dés vers, des protozoaires.
- La faune terrestre est aussi riche.
- L’élément sauvage est représenté par d’énormes sangliers, des loups et surtout des oiseaux : canards, bécasses, cigognes, pélicans, vautours, éperviers, cormorans, hérons et une multitude de petits oiseaux qui se nichent dans le fouillis de la végétation aquatique.
- Les bœufs, chevaux, moutons, à part quelques autochtones dégénérés et rachitiques, ne peuvent vivre dans ces contrées infestées de moustiques et de taons. En été, on voit ces insectes sc précipiter par milliers sur une seide bête et en quelques secondes la mettre. complètement en sang. Un autre insecte le Tabanus œsceslr provoque des tumeurs (Iiypoderma boçis) qui perforent la peau des animaux et la rendent inutilisable.
- Par contre, les palmipèdes et les gallinacés trouvent dans le delta des conditions merveilleuses pour vivre et se multiplier.
- Population. — La population très clairsemée est surtout composée de pêcheurs auxquels un long atavisme permet seul de résister au climat humide, à la chaleur accablante de l’été et aux piqûres des moustiques.
- Quelques industries dérivées des ressources locales commencent à se développer dans les villes et à occuper des ouvriers et des fonctionnaires.
- Les villes principales sont : le port de Sulina, Ismaïl et Tulcea.
- Ressources. — Le gouvernement roumain a entrepris de mettre en valeur les immenses ressources qu’offre le delta du Danube.
- Voici ces ressources par ordre d’importance, avec les industries dérivées :
- I. Pêche. Fabriques de conserves.
- II. Exploitation des joncs et roseaux : Papier.
- Briquettes combustibles. Confection d’objets divers.
- III. Elevage des oiseaux domestiques.
- IV. Chasse. Industrie des plumes et aigrettes.
- V. Légumes et fruits.
- Pêcheries. — 11 convient d’exposer
- d’abord les résultats des savants travaux du Dr Popesco-Daia, Directeur général des Pêcheries de l’Etat, sur les conditions de vie des poissons dans le delta.
- On peut résumer ces études en disant que les eaux stagnantes et recouvertes de plaurs ne leur offrent, pour plusieurs causes, qu’un habitat tout à fait défavorable.
- D’abord l’engorgement des canaux de communication et la putréfaction des plantes aquatiques produisent une variation dans la quantité des gaz dissous dans les eaux. L’oxygène dissous n’atteint pas 4 cm3 par litre alors que l’azote dépasse 18 cm3 et l’acide carbonique 8 cm3. Ces eaux ont une saveur piquante et rongent très vite les filets.
- De plus, l’épaisse couche végétale arrête la lumière et la chaleur et maintient dans l’eau une température à peu près constante et nettement trop froide en été. Ces conditions sont nuisibles aux poissons et aux êtres vivants dont ils se nourrissent. Aussi constate-t-on, dans ces eaux, un appauvrissement dans la quantité et la qualité des espèces.
- En outre, ceux qui persistent à y vivre sont pourchassés par mille ennemis : oiseaux, poissons carnassiers et même
- Fig. 2. — Un bras du fleuve encombré de joncs ci roseaux.
- p.54 - vue 60/598
-
-
-
- grenouilles dont lés marais sont le terrain de chasse favori.
- Les alevins ne pourraient pas vivre dans ces eaux. Aussi au printemps, époque de la reproduction, il se produit une migration générale des poissons. Ils remontent le Danube et s’en vont chercher ailleurs des conditions physiologiques meilleures pour déposer leurs œufs. Les endroits de prédilection sont rares. Ce sont en général les marais saisonniers formés, en amont du delta, en automne et au printemps, par les crues. Ces marais offrent une eau nouvelle, bien aérée et qui, aux premiers rayons de soleil, atteint la température de 18° nécessaire à l’incubation. Peu profonds (25 à 80 cm), ils laissent pénétrer la lumière en abondance jusqu’au fond recouvert d’un 'moelleux tapis végétal. Les alevins y trouvent une nourriture abondante et la sécurité jusqu’à ce qu’ils soient assez forts.
- Ces conditions dictent la nature des travaux à effectuer pour améliorer la production des pêcheries en qualité et en quantité.
- Jusqu’à présent un dixième seulement du delta a été aménagé pour la pêche. Cet aménagement a consisté à creuser dans l’Ostrov Dranov trois grands canaux : Regele Carol, Principele Ferdinand, Regina Elisabeth et à nettoyer quelques ruisseaux et marais. La production annuelle est immédiatement passée de 300 000 kg à 10 millions de kg dont 2 500 000 de qualité supérieure.
- Mais de vastes plans sont prévus, les dispositions de détail sont arrêtées et l’exécution a commencé pour mettre en valeur presque tout le delta.
- Le delta a été divisé en quatre secteurs. Dans chacun d’eux on creusera de grands canaux de communication avec les bras du Danube pour permettre à l’eau de se renouveler plus facilement. Les ruisseaux seront nettoyés, élargis, dragués. Les roseaux seront en partie fauchés. Des pêcheries seront installées. Plusieurs centaines de couveuses artificielles et de réserves seront créées dans des endroits propices. La main-d’œuvre sera fournie par les pêcheurs et chasseurs, soit à titre de prestation, soit contre rétribution.^
- On prévoit en outre la construction d’une voie ferrée de Ceamurlia à Jurilofca permettant l’essor de la région des grands lacs et la création d’un port de pêche sur la Mer Noire, de frigorifiques, de fabriques de conserves et de filets.
- . Enfin, pour diriger et contrôler cette immense activité, on installera à Tulcea un institut hydro-biologique et une école élémentaire de pêcherie.
- Ces dispositions, qui nécessiteront plusieurs centaines de millions de lei, feront mieux que décupler la production des pêcheries.
- Exploitation des joncs et roseaux. — Les joncs et roseaux couvrent une superficie de 267 000 hectàres qui peuvent fournir annuellement environ 30 tonnes par hectare. Ces plantes peuvent être utilisées à la fabrication du papier, de briquettes combustibles ou d’objets domestiques.
- L’exploitation ppse plusieurs problèmes. Il faut d’abord creuser et élargir les canaux, car jusqu à présent les seules régions accessibles sont au voisinage des bras.
- Fig. 3. — Pélicans du delta du Danube.
- Il faut ensuite de bons appareils à faucher les roseaux et c’est là que réside la difficulté principale. Enfin la question du transport des roseaux coupés jusqu’à la fabrique est primordiale pour la prospérité de l’entreprise.
- Fig. 4. — Pêcheurs du Delta danubien.
- p.55 - vue 61/598
-
-
-
- 56 =
- Fig. 5. — Une localité clu delta.
- Avant la guerre on avait fait une expérience désastreuse à Braïla.
- Une usine de papier s’y était installée. Elle utilisait
- Fig. 6.
- Petite navigation dans le delta.
- comme matière première les roseaux du delta auxquels on devait faire remonter le Danube en chalands. Les frais de transport l’obligèrent bientôt à fermer ses portes.
- Les fabriques de papier à créer devront prendre comme modèles les établissements similaires qui existent aux Etats-Unis dans le delta du Mississipi et en Allemagne. La méthode américaine consiste à construire l’usine sur un bras principal le plus près possible de la mer. Les roseaux coupés et mis en tas sont abandonnés au fil de l’eau qui les conduit au lieu de leur emploi. La méthode allemande consiste, après avoir fauché les roseaux, à les hacher, à les malaxer et à les faire macérer dans des bassins dont l’eau contient un microbe qui détruit très rapidement la substance agglutinante des plantes et laisse une pâte de cellulose brute. Cette pâte est ensuite expédiée aux fabricjues de papier.
- Les briquettes de joncs et roseaux comprimés constituent un combustible d’une qualité supérieure qui pourrait être vendu trois fois moins cher que le bois de chauffage. L’exploitation ne nécessite qu’une installation fort simple (une machine à hacher, un bassin d’agglutination, une presse et un four à sécher) et une main-d’œuvre non spécialisée.
- Malheureusement presque tout reste à-faire dans ces deux branches d’utilisation des roseaux. Or il y a là une source d’immédiats et très gros profits.
- p.56 - vue 62/598
-
-
-
- Elevage. — Les divers essais d’acclimatation des bœufs, chevaux et moutons de race ont échoué. Presque toutes les bêtes sont mortes. On s’en tient maintenant à l’élevage de races locales sans grande valeur.
- Au contraire l’élevage intensif des oiseaux de basse-cour (poules, oies, canards, dindons) prend de très grandes proportions. On a calculé qu’on pourrait élevez dans le delta dix millions de ces animaux.
- Chasse. — La, chasse donne un abondant gibier. Les oiseaux sont particulièrement recherchés parce qu’ils fournissent, outre une chair délicieuse, des plumes de grand prix comme l’aigrette blanche.
- On préconise pour la chasse aux canards sauvages un procédé original utilisé en Hollande. On établit au bord de l’eau une clôture en treillis dont on peut fermer les portes à distance. On met au milieu une cage renfermant un chien dressé à tourner en rond. Les canards, curieux, s’approchent peu à peu, et pénètrent dans l’enclos. Lorsqu’ils sont assez nombreux, on ferme les portes et on les prend vivants
- Légumes et fruits. — Les terrains non inondables se prêtent fort bien à la grande culture de tous les légumes.
- Les arbres fruitiers, pommiers, abricotiers et surtout cognassiers sont extrêmement productifs. .
- *
- * *
- Outre une beauté sauvage, le delta du Danube offre
- 57
- Fig. 7.— Un paysage du delta. — Une barque de pêche.
- des ressources immenses à peine exploitées. Le travail est simple et nettement indiqué. On ne risque pas d’aller à l’aventure. Seuls manquent encore les capitaux et les initiatives. Lorsqu’on aura décidé les uns et les autres, la région prendra un essor économique extraordinaire et beaucoup y trouveront la fortune. Pierrè Garnier.
- * *
- p.57 - vue 63/598
-
-
-
- LA MESURE DES VIBRATIONS MÉCANIQUES
- PAR UN APPAREIL RADIOÉLECTRIQUE
- IMPORTANCE DE L’ÉTUDE DES VIBRATIONS MÉCANIQUES
- L’étude des vibrations mécaniques est essentielle dans là construction des machines en général, ët surtout
- à étudier
- Pièce méc 11e
- d , ,---- mnnamperemeire
- redresseur mesure indiquant directement l'amplitude des vibrations.
- Fig. 1. — Disposition schématique de l’appareil pour l’étude des vibrations mécaniques.
- des machines tournant à grande vitesse ou subissant des chocs répétés et fréquents.
- Il faut pouvoir évaluer avec exactitude l’amplitude des vibrations d’une pièce mécanique quelconque soumise à un travail déterminé, déterminer les variations de ces vibrations en fonction de la charge, comparer les vibrations de deux pièces identiques soumises à des efforts semblables, etc.
- Cette étude des vibrations devient d’un intérêt capital dans la construction automobile, parce que la naissance de vibrations, dont les causes sont si complexes, peut concourir rapidement à la détérioration de la voiture, et, en tout cas, ne permet plus d’obtenir le silence qui est, avec la souplesse, une caractéristique essentielle de l’automobile moderne de luxe, ou même de la plupart des voitures de série.
- Les vibrations sonores proviennent sans doute, en majeure partie, du moteur lui-même, de la boîte de vitesses ou du pont arrière, mais un certain nombre de ces vibrations peuvent également prendre naissance en différents points de la carrosserie.
- Pour supprimer ou atténuer partie de ces vibrations, on utilise des moteurs souples à multiples cylindres bien équilibrés, à vitesse de régime relativement lente et munis d’amortisseurs de vibrations ou « dampers », des roulements à billes bien étudiés, des engrenages rectifiés à denture intérieure ou hélicoïdale, des blocs-moteurs montés sur des supports de caoutchouc, etc.
- On est parvenu, d’autre part, à rendre plus silencieuses les carrosseries en rendant plus rigide l’armature, et en utilisant des dispositifs élastiques pour relier la carrosserie au châssis et les divers pièces accessoires aux montants de la « caisse » proprement dite.
- LE CONTRÔLE DES VIBRATIONS DANS LES AUTOMOBILES
- Dans les grandes usines d’automobiles, il existe des « chambres sonores » spéciales, isolées acoustiquement, dans lesquelles on contrôle les vibrations sonores des boîtes de vitesse, des ponts arrière et même des moteurs. Des ouvriers très exercés arrivent à comparer avec assez
- d’exactitude les bruits produits par une boîte de vitesses ou un pont à essayer avec ceux d’une boîte ou d’un pont-type satisfaisant.
- Dans le cas où des bruits anormaux sont constatés, ces ouvriers peuvent même quelquefois localiser les points d’origine de ces bruits pour tenter de supprimer les vibrations correspondantes.
- Un essai prolongé sur route donne de meilleurs résultats pour l’étude des bruits de carrosserie, mais il n’est possible de l’effectuer que pour des voitures de luxe d’un prix élevé.
- 11 existe bien des appareils mécaniques permettant d’infliger artificiellement à la voiture dans une salle d’essais des chocs et des trépidations analogues à ceux auxquels elle est soumise sur route, mais la localisation des bruits est toujours difficile.
- D’ailleurs, quelle que soit l’habileté des ouvriers spécialistes effectuant ces études de vibrations, leurs oreilles sont sans doute des organes très sensibles, mais imparfaits, et moins précis et surtout moins constants que des appareils de mesure électriques ou mécaniques.
- PRINCIPE DE L’APPAREIL RADIOÉLECTRIQUE POUR L’ÉTUDE DES VIBRATIONS MÉCANIQUES
- Le remplacement des indications purement auditives
- Fig. 2.— Vue d’ensemble de l’appareil pour l’élude des vibrations mécaniques.
- En bas, au milieu, on voit le commutateur de mise en marche; au-dessus le bouton de réglage de la sensibilité; en haut, le cadran f de mesure.
- p.58 - vue 64/598
-
-
-
- par des indications précises fournies par un appareil de mesures sensible et constant était donc particulièrement intéressant pour l’étude des vibrations ^ mécaniques, et, avant-tout, des vibrations des différents organes d’une automobile; c’est encore la radioteèbr nique qui a permis la réalisation d’un appareil de ce genre;
- A la demande de la Société Citroen, la Société française radioélectrique vient, en effet, d’établir un dispositif de principe simple répondant parfaitement au but recherché.
- Dans cet appareil, les vibrations mécaniques sonores sont communiquées à un microphone spécial relié à un amplificateur de T. S. F. Les courants anodiques amplifiés = ainsi produits sont redressés et actionnent un milliam-pèremètre de mesurej dont l’aiguille indique directement l’amplitude des vibrations mécaniques (fig. 1).
- Le dispositif est complètement alimenté par le courant du secteur, et réalisé industriellement sous une forme très pratique et très robuste dans un coffré métallique monté sur un support. Sur le panneau antérieur de l’appareil sont seuls visibles le bouton de mise en marche, un bouton de réglage de la sensibilité et le cadran de repère du milliampèremètre de mesure (fig. 2).
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION DE L’APPAREIL
- Le microphone spécial employé pour l’étude et la localisation des bruits provenant de vibrations mécaniques, a une forme rappelant dans son ensemble celle des pick-up phonographiques électromagnétiques. Ce microphone est rendu solidaire de la pièce à examiner par un dispositif de fixation, et les vibrations sonores sont transmises à la membrane sensible par l’intermédiaire de ce même dispositif.
- Ce microphone doit être uniquement sensible aux vibrations provenant de la pièce mécanique à examiner et non aux bruits environnants ; cette caractéristique est d’autant plus nécessaire que l’appareil est généralement utilisé dans un atelier; il doit, de plus, ne pas présenter de résonance marquée pour une gamme de
- fréquences déterminée.
- La membrane ordinaire des microphones a donc été remplacée par un petit disque métallique maintenu sur la capsule de charbon par un disque de mica, et cette pièce métallique porte, à son extrémité libre, un dispositif
- de serrage qui permet de la fixer sur la pièce à étudier.
- Le disque obéit ainsi, fidèlement, aux vibrations de la pièce mécanique à laquelle il est fixé, mais présente pour les bruits extérieurs une très grande inertie. Ainsi la résistance du système métal-charbon varie bien suivant les vibrations Fig. 4. — Courbe caractéristique mécaniques transmises. clu système indiquant la proportionnalité T . ,
- entre la tension plaque L® microphone est
- et le courant plaque de l'appareil. placé dans le primaire
- - ........... "/=== 59 =
- d’un transformateur d’entrée T, dont le secondaire est connecté dans le; circuit, de grille d’une lampe amplificatrice triode A à faible résistance intérieure et à fort courant vde plaque, capable de dissiper 10 watts en régime continu (fig. 3).Lîr.-,% ^ ^
- Une résistance R ,montée en .potentiomètre dans le circuit de grille de la lampe, shunte le secondaire du transformateur d’entrée et permet de faire varier la sensibilité suivant la mesure que l’on effectue.
- Quatre valeurs différentes de résistances sont choisies
- Microphone
- Basse tension Haute tensior.
- | Milliampèremètre de contrôle
- Fig. 3. — Schéma de principe de l’appareil de mesure des vibrations mécaniques.
- de façon que la sensibilité obtenue , avec une valeur de résistance déterminée corresponde au double de celle que l’on obtient avec la valeur de résistance qui la précède immédiatement.
- Dans le circuit de plaque de la triode amplificatrice A est placée une forte impédance S constituée par un bobinage à noyau de fer, et on recueille aux bornes de cet » enroulement la tension à mesurer (fig. 3).
- Cette mesure est effectuée par un voltmètre à lampe pouvant fonctionner avec une énergie très faible et comportant une triode B à grand coefficient d’amplification et forte émission électronique capable de dissiper 10 watts en régime continu, et dont on peut mesurer le courant de plaque à l’aide d’un milliampèremètre à cadre.
- Il faut séparer complètement le circuit de ce milliampèremètre sensible de celui de l’amplificateur parcouru par des courants à haute tension, et c’est pourquoi le couplage entre la première triode et la valve s’effectue au moyen de deux condensateurs C, et C2 et d’une résistance R2, aux bornes de laquelle on retrouve assez exactement la tension alternative constatée aux extrémités de T enroulement à fer.
- On polarise positivement la grille de la valve de façon que la caractéristique courant plaque-tension plaque soit une droite dans la zone des tensions que l’on veut mesurer, c’est-à-dire qu’il y ait proportionnalité absolue entre le courant plaque et la tension plaque.
- Lorsque ce résultat est obtenu, les indications du milliampèremètre sont exactes, püisque la tension plaque de la valve est constituée par la tension alternative recueillie aux bornes de la résistance R.,.
- Pour vérifier cette caractéristique, on remplace la
- p.59 - vue 65/598
-
-
-
- 60
- on détermine la sensibilité convenable et on déplace le microphone, s’il y a lieu, pour déterminer les sources de vibration maxima (fig. 6).
- La comparaison et la détermination de l’amplitude des vibrations sont ainsi très rapides et d’une exactitude beaucoup plus grande qu’avec l’ancien procédé uniquement auditif.
- On a surtout l’avantage d’obtenir des indications quantitatives, et purement objectives.
- Ce qui permet d’établir des comparaisons précises, et de fixer des règles de réception ou de refus des pièces soumises à l’examen. Ici, comme dans tous les domaines de la science ou de l’industrie se manifeste 'cette vérité que la véritable source du progrès est la substitution des mesures numériques aux évaluations et constatations empiriques.
- Fig. 5.
- L'appareil installé dans un atelier sert à mesurer les vibrations de roulements à billes. (On aperçoit le microphone posé sur la pièce à examiner.)
- première lampe amplificatrice par une source de courant alternatif actionnant un voltmètre thermique placé aux bornes de la résistance R,, et on peut alors tracer la caractéristique en fonction des déviations de ce voltmètre indiquant la tension plaque de la valve, et des déviations du milliampèremètre indiquant la valeur du courant plaque.
- La courbe cle la figure 4, établie de cette manière, est pratiquement rectiligne, ce qui montre bien la valeur des indications de l’appareil.
- MONTAGE ET USAGES DU DISPOSITIF
- Ainsi que nous l’avons déjà indiqué plus haut, tout l’ensemble du montage est enfermé dans une boîte métallique à panneaux aisément amovibles et portée par un châssis métallique support (fig. 6).
- La tension de plaque, la polarisation de la valve, l’excitation du microphone et le chauffage des filaments des triodes sont obtenus complètement par le courant continu du secteur 220 volts, et les lampes ont une /durée supérieure à 3000 heures.
- Le câble d’alimentation, ainsi que le câble microphonique sont connectés à deux fiches placées dans des prises de courant correspondantes sur le côté gauche de l’appareil.
- L’emploi de ce dispositif tout à fait industriel est très souple, et les mesures peuvent être effectuées par un personnel ne possédant pas de connaissances spéciales particulières.
- On fixe le microphone sur la pièce à étudier,
- P. Hémardinquer.
- Fig. 6.
- Ensemble de l’appareil vu de côté.
- En bas, les câbles d’alimentation et la prise de courant du microphone* A droite : la lampe amplificatrice et la valve.
- A gauche : le transformateur de liaison microphonique et les autres organes de montage.
- A droite : le panneau antérieur de contrôle.
- p.60 - vue 66/598
-
-
-
- LE CAOUTCHOUC
- LE LATEX
- Le caoutchouc est maintenant une matière première de tout premier plan. Les mondes ouvriers, industriels, épargnants, financiers et consommateurs s’y intéressent, et, après avoir été longtemps mystérieux, ce produit est maintenant connu de tous, tout au moins en sa forme d’article fini. La production et la consommation ont décuplé en vingt ans. Aucune matière première, si l’on excepte les huiles de pétrole dont on tire l’essence pour autos et avions, ne peut s’enorgueillir d’une telle extension, avec des chiffres aussi importants. Si cette extension, en ce qui concerne le caoutchouc, est intimement liée à celle de l’industrie automobile, on peut dire que ce n’est là qu’une des possibilités du caoutchouc. L’automobile ne fait appel en effet qu’à certaines propriétés du caoutchouc, et possédées par lui seul, mais d’autres propriétés peuvent également recevoir des applications étendues et croissantes, et l’on peut prévoir même pour certaines de ces applications des débouchés au moins égaux.
- Nous nous proposons dans une série d’articles d’initier les lecteurs de cette Revue aux choses essentielles de cette industrie sans entrer dans des détails déjà connus, et surtout nous insisterons sur les récents progrès scientifiques et pratiques réalisés dans l’étude et l’industrie du caoutchouc. Ce premier article sera consacré à l’étude du latex et des divers procédés employés pour le coaguler.
- LE LATEX
- Les suspensions colloïdales. — Le caoutchouc est un produit naturel qui ne peut s’employer tel que la nature nous le livre. Certains arbres ou végétaux, croissant surtout dans les régions tropicales, laissent s’écouler, si on incise leur écorce, un liquide d’apparence laiteuse appelé précisément « latex » : ce latex, sur beaucoup de points, ressemble à du lait. C’est en effet, tout comme le lait de vache (ou d’autres animaux), une suspension de fines gouttelettes dans un sérum aqueux. A ce propos rappelons, pour la clarté de nos explications et pour nos
- (Un millimicron — 1 p. p. est le millième du micron ou p. Le micron est le millième du millimètre. L’unité Angstrdm ou U. A. est le dixième du millimicron.) Ensuite vient l’étude des solutions colloïdales (ou sols) où les particules dispersées ont des dimensions comprises entre 0,1 p. et 1 p. p.. Enfin viennent les suspensions où les particules ont des dimensions supérieures à 0,1 p. (dans les suspensions le corps; dispersé qui est à un grand état de division n’a aucune affinité pour le milieu de dispersion). Les solutions colloïdales, où l’eau est le solvant, sont des hydrosols; si le solvant est la benzine, ce sera un benzosol (cas du caoutchouc); si c’est la glycérine on aura un glycérosol (glycérine et gélatine). .
- Un colloïde placé dans un liquide peut absorber ce liquide, il formera alors une gelée ou gel: (cas de la gélatine et de l’eau). Un gel comporte donc deux constituants ou phases, la phase solide colloïdale et la phase liquide, dissoute et cristalloïde. Par refroidissement, on peut arriver, sans provoquer la séparation des deux phases, à solidifier la phase liquide, on aura alors un gel solide, comme, par exemple, le camphre dissous dans le nitro-cellulose. Certains colloïdes absorbant beaucoup de liquide, il arrive un moment où celui-ci étant en excès devient le solvant. On a alors la solution colloïdale où la phase dispersée est le colloïde. Il s’est produit la peptonisation. Cette peptonisation ne peut souvent se maintenir en équilibre que par suite de la présence d’un agent pepto-nisant ou dispersateur. Si l’on fait disparaître cet agent dispersateur, le colloïde aura tendance à se rassembler et à former le gel : il se sera produit une coagulation. Enfin il arrive souvent que cette coagulation constitue une forme stable et que l’on ne pourra pas faire revenir le colloïde à son état antérieur, on aura une coagulation irréversible, le colloïde sera dit pectisé et l’opération ayant rendu la coagulation irréversible sera la pectisation.
- Revenons maintenant à notre latex, le tableau suivant donnera une idée de la comparaison du latex caoutchouc et des laits.
- Laits Albuminoïdes Résines Sucres Sels minéraux Matière en suspension Eau
- Chèvre 40 (Caséine) • 43 (lactose) 6 47 (Graisses)
- Vache 42 — 43 — 5 40 — le complé-
- Femme 15 — 63 — 2,5 38 — ment à 1000
- Caoutchouc 2 à 28 (protéines) 2 à 90 3 à 42 (divers) 2,5 à 40' 270 à 420 (caoutchouc)
- lecteurs qui ne seraient pas entièrement au courant des expressions de la chimie colloïdale, qu’un système dispersé est un système comprenant un corps qui se trouve dispersé, à un état de division extrême dans un autre corps (liquide en général) qui est le dispersoïde. L’étude des systèmes dispersés comprend celle des solutions vraies qui sont les dispersions moléculaires et où les particules dispersées ont des dimensions inférieures à un millimicron.
- On voit que si on défalque les résines (inexistantes dans les laits animaux) et les matières en suspension (dix fois plus considérables pour le caoutchouc, les sérums ou liquides restants sont formés de corps semblables (sucres, albuminoïdes, sels minéraux). Le latex contient, ainsi qu’il ressort du tableau, des matières en suspension sous forme de fines particules et qui constituent le caoutchouc lui-même. Des discussions ont été
- p.61 - vue 67/598
-
-
-
- rrr—: 62 ' ..""v;.....: ................
- entamées au sujet de ces particules : sont-elles liquides, visqueuses ou même solides ? Le caoutchouc s’y trouve-t-il déjà à son état de caoutchouc ? La question n’a pas reçu de solution définitive, car déjà suivant les espèces botaniques, les latex diffèrent entre eux par la forme des particules et parla constitution de celles-ci. Les recherches, surtout en ces dernières années, ont été nombreuses et nombre de savants s’y sont attelés, notamment Victor Henri, Petch, Beadle, Stevens, Hauser, Freundlich, Bary, von Weimarn, Ostwald, Martin, Fisher, Cheneveau, Heirn, Klein, Starnmberger, Pohle, Staudinger, Le Blanc, Kroger, Katz, Mark, etc, que nous citons dans un ordre quelconque d’ailleurs. Mais les travaux récents de Katz, Hauser, Mark, von Weimarn dominent la question. En France, notre grand chimiste colloïdal, Bary, doit également être cité.
- Les arbres à latex. — Les arbres produisant le caoutchouc sont d’espèces nombreuses parmi lesquelles nous rappelons :
- Les moracées ou urticées (castillons et ficus).
- Les. euphorbiacées (hévéas, manihots, sapium, euphorbes).
- Les sapotacées (pallaquium, mimusops, arbres à gutta, à balata, à gomme chicle).
- Les appocynacées (landolphias, hancornias, funtumias, dyeras, etc...).
- Les asclépiadées (callotropis).
- Les composites (Porthenium argentatum ou guayule).
- Parmi toutes ces espèces, la plus importante est celle des hévéas, et plus spécialement des Heoea braziliensis qui sont à la base de presque tout le caoutchouc produit dans le monde, 97 pour 100 environ). Les autres espèces produisent des latex, dont on extrait encore du caoutchouc, appelé parfois caoutchouc sauvage, pour le distinguer du caoutchouc de plantation (comme nous l’expliquerons plus loin). Parmi ce, ou plutôt ces caoutchoucs sauvages, sont les sortes africaines diversement estimées, certaines sortes américaines encore existantes, et les sortes asiatiques ou océaniennes non encore complètement disparues. Sans entrer dans le détail de ces sortes fournissant des latex différents, disons quelques mots de ces latex.
- Les divers latex. — La figure 1 montre les divers latex d’après des photomicrographies d’PIauser ('), Le latex d’hévéa ( braziliensis) est analogue comme apparence au lait : il est blanc, très mobile. Si on l’examine au microscope, on le voit formé de particules approximativement globulaires, mais dont beaucoup sont ovoïdes ou même possèdent une queue leur donnant l’aspect de poires. Cès particules ont des grandeurs diverses : certaines sont très petites. Elles ne sont pas immobiles dans le liquide où elles sont en suspension : elles sont animées du mouvement brownien et semblent vibrer. Le latex d’hévéa contient de 20 à 40 pour 100 en poids de caoutchouc sec, nous y reviendrons.
- Le latex de Céara (ou manihot) donnant le caoutchouc appelé manicoba, est formé de particules plus petites que celles de l’hévéa et de formes diverses dont certaines très allongées (Manihot glazovii) et ont la forme de bâtonnets de longueur ----- 10 :
- 1. Hauser, Latex, Theodor Steinkopf' Leipzig.
- Le latex de ficus présente des particules entièrement sphériques et d’une consistance fluide, comme des gouttes d’huile.
- Le latex de funtumia ressemble au latex de ficus.
- Le latex de castilloa ressemble beaucoup au latex du ficus par la forme des particules, mais elles en diffèrent pourtant parce qu’elles sont souvent accolées et qu’elles ont une pellicule superficielle solide, celles du ficus n’en ayant pas.
- Le latex de jelutong comprend des particules très petites, sans forme déterminée, le liquide qui les constitue est très visqueux.
- Le latex de gutta (palaquium) contient des sphérules de grandeur variable (2 à 4 p.) solides, adhésifs.
- Nous avons cité les latex les plus importants, ceux dont il apparaît sur le marché le caoutchouc qui s’y trouve.
- En passant remarquons que le manihot qui fournit le caoutchouc de Céara fournit aussi par ses racines un aliment bien connu : le manioc.
- Le latex d'hévéa. — De tous ces latex, le plus important est celui d’hévéa; aussi la plupart des recherches scientifiques ont été faites sur ce latex et sur le caoutchouc qu’on en retire. Le Brésil est l’habitat d’origine des arbres hévéas ou arbres à Para, du nom du port d’embarquement (la plupart des caoutchoucs naturels portent en effet soit le nom du port d’embarquement comme Para, Iquitos, Manaos, Rangoon, Carthagène, Conalcry, Assinie, Grand Bassam, Zanzibar, ou encore le nom du pays de la récolte comme Nicaragua, Guatemala, Mexique, Colombie, Equateur, Gambie, Sierra Leone, Liberia, Côte d’Or, Togo, Gabon, Cameroun, Sangha, Congo, Mozambique, Ceylan, Java, Bornéo, Nouvelle-Calédonie, Madagascar, ou encore le nom de rivières où se trouvent les arbres producteurs comme Tapajos, Madeira, Oré-noque, Ogoué, Lepori, Aruwimi, Kassaï, Massaï, etc., etc.). Il y a quelque vingt ans, les caoutchoucs sauvages formaient la majorité du caoutchouc utilisé dans l’industrie; le Brésil en fournissait plus de la moitié (35 à 38 000 tonnes). Mais déjà dans la deuxième moitié du siècle dernier, il était apparu que la production du Brésil et des autres pays n’arriverait plus à satisfaire la demande, si celle-ci croissait à la même cadence que depuis le début. Le gouvernement britannique fut conduit à s’assurer les services d’un colon du district de l’Amazone (Sir Henry Wickham) pour se procurer des graines d’hévéa. En juin 1876, 70 000 de ces graines furent semées, 3000 germèrent et sur celles-ci 2000 environ furent débarquées à Ceylan et Singapour, pays choisis pour la transplantation à cause de leur climat. Ces graines prospérèrent et fournirent des arbres (quelques-uns existent encore) qui sont l’origine de l’énorme production actuelle. Le caoutchouc fourni par ces arbres s’appelle le caoutchouc de plantation; il vient en Europe sous deux aspects principaux différents : les crêpes et les feuilles fumées. La production mondiale actuelle de caoutchouc est de l’ordre de 700 000 tonnes, ce qui, au prix de 14 francs le kilo (') de caoutchouc brut, représente une somme voisine de
- 1. En 1929 la production aura dépassé 720 000 tonnes et le cours actuel du caoutchouc (fin 1929)' oscille autour de 9 ff. 50 le kg pour les feuilles fumées Standard.
- p.62 - vue 68/598
-
-
-
- 63
- dix milliards de francs (la consommation française voisine 45 0Ô0 tonnes).
- Pour plus de détails sur ce rôle de la question du caoutchouc, nous renvoyons à l’article de M. Bongrand paru dans La Nature, n° 2755, 19 février 1927.
- La particule caoutchouc du latex. — Nous avons vu que le latex d’hévéa contenait en suspension des particules de dimensions diverses variant de 0,1 jjl à 4 et même 7 pu ; il y en a aussi de beaucoup plus petites. Le mouvement brownien de ces particules ne ressemble pas à, celui des autres suspensions ou dispersions.
- La caractéristique de ce mouvement en zigzag est que la particule tend à revenir à sa position d’origine (Victor Henri, Hauser), ce qui semble tenir à la forme même des particules. Si nous examinons une de ces particules comme l’ont fait des chercheurs tels que LIauser, von Weimarn, etc., nous nous apercevons qu’elle consiste (fig. 2) en un système à 3 phases : 1° une couche extérieure A ou couche d’adsorption des protéines solubles et de résines solubles formant l’enveloppe albuminoïde de Liidersdorff ; 2° une pellicule intermédiaire B solide, élastique, qui semble être du caoutchouc brut; 3° une partie interne C, fluide comme du miel, qui semble être un sol d’hydrocarbure dans un autre de polymérisation différente. (Nous avons vu que la particule de ficus ne contenait pas de pellicule B et formait une véritable émulsion, de même le manihot; le castilloa, lui, possède une pellicule.) Il n’y a pas accord définitif sur les constitutions de ces particules, von Weimarn croyant à une couche transitoire entre l’intérieur visqueux et
- Fig. 2. — Schéma d'une particule de latex d'Hevea.
- (D’après Hauser.)
- A. . Couche d’adsorption des protéines.
- B. Pellicule solide.
- C. Intérieur visqueux.
- A
- Hevea
- O O O
- Ficus Elastica
- Castilloa Elastica Manihot Glazovii
- Gutta Fhllaquium Gutta neatoh
- Fig. 1. — Particules de divers latex, d’après Hauser.
- le sérum. Quoi qu’il en soit, il est établi en outre que le contenu intérieur des particules n’est pas homogène. La photomicrographie en lumière ultra-violette fait apparaître une structure granulaire (ficus). Pour l’hévéa on peut observer une opalescence distincte mais faible (phénomène de Tyndall)..
- La charge électrique de la particule caoutchouc. —
- Comme la plupart des colloïdes dispersés, les particules de latex possèdent une charge électrique négative, puisque si on les place dans un champ électrique, ces particules se dirigent vers l’anode. (Nous verrons dans un autre article que cette propriété, l’électrophorèse, a été utilisée.) Cette charge serait due aux ions adsorbés sur la surface de la particule, aussi bien qu’aux ions contenus dans le sérum : c’est pourquoi on a été conduit à étudier la concentration des ions hydrogène du latex. En général, la concentration en ions H"1" d’une solution peut être exprimée par le nombre d’ions HH que contient 1 litre de cette solution. On exprime cette concentration par le symbole [ H+] qui représente f l’acidité. La basicité peut être représentée par "la concentration en ions OH : [HO“], inverse de [HH]. Dans une solution neutre, comme l’eau pure, il y a égalité entre ces deux valeurs qui ne sont pas nulles d’ailleurs, leur produit étant égal à la
- p.63 - vue 69/598
-
-
-
- = 64 . .......:::.. ..=:...
- constante de dissociation de l’eau et on a sensiblement : [H4-] X [OHT] = 1CTU
- et comme [H4-] = [OH-] on aura pour l’eau pure [H-] =tOH-] = 10-7
- Les nombres qui représentent la concentration en ions hydrogène sont très petits. Le Danois Soerensen a imaginé de les représenter par le symbole pH qui est le logarithme vulgaire de la concentration, changé de signe (cologarithme (Voir La Nature, n°2773,15 novembre 1927).
- Le pH pour le latex frais se tient entre 7 et 7,2. Le pH varie dans un latex laissé au repos et on constate qu’au moment où celui-ci se coagule (se prend en gelée de lui-même) le pH est passé à 6,9—6,7 (Hauser et Scholz). Cette coagulation s’est faite par formation d’acide dans le sérum, acide n’ayant pu être neutralisé par les ions OH- qui étaient adsorbés sur les pellicules.
- Le latex est donc une solution colloïdale en équilibre, qui se modifie avec le temps et se coagule. Cette modification produit d’ailleurs des changements chimiques. On a été conduit à chercher à la produire plus vite.
- LA COAGULATION DU LATEX
- Lorsqu’on saigne un arbre à caoutchouc, le latex qui exsude d’abord en gouttelettes, s’écoule ensuite en un flux continu, sous l’influence de la pression sous laquelle ce latex circule dans l’arbre. Cet écoulement cesse d’ailleurs au bout d’un certain temps. Nous n’insisterons pas sur îes méthodes de saignées, ni sur la formation du latex dans l’arbre (question non encore élucidée), mais sur les méthodes de coagulation du latex. Celui-ci est récolté dans de petits pots, ceux-ci sont vidés dans un récipient plus grand et ces récipients sont alors portés à la factorerie où s’opérera la coagulation du latex et la transformation en caoutchouc commercial. Nous laissons de côté la préparation, au Brésil, du « Para », maintes fois décrite dans les traités et parlerons uniquement du caoutchouc de plantation. On se sert surtout, pour la coagulation du latex, d’acides faibles et principalement d’acide acétique. On commence à employer sur une assez grande échelle l’acide formique. On ajoute en général une quantité minimum de 0,5 pour 100 (en poids du caoutchouc) d’acide acétique (ce qui fait en somme une consommation voisine de 3000 tonnes d’acidé acétique pur pour toutes les plantations. C’est le Dr de Vriès qui a étudié d’une façon systématique la coagulation. Le latex est d’abord dilué à une teneur standard en caoutchouc sec. Cette teneur est déterminée habituellement au «métrolac» (sorte de densimètre) qui ne sera qu’un à peu près, car les densi-mètres ne conviennent qu’à des systèmes à deux phases, le latex étant à 3 phases : le caoutchouc dispersé, les solubles du sérum, l’eau du sérum (la dilution type est de 15 pour 100 de caoutchouc sec). Avant la dilution on aura tamisé le latex pour le débarrasser des impuretés (écorces, feuilles, etc.) qui peuvent le souiller. L’acide est ajouté sous forme d’une solution à 1 pour 100. Le mouvement brownien cesse à la coagulation et il se forme un caillot. Pendant la coagulation les globules restent intacts, mais sont hydratés : on ne peut d’ailleurs distinguer entre l’eau interposée entre les particules dans le caillot, et l’eau absorbée par les particules. Le coagu-
- lum frais est spongieux, blanc et non transparent, il n’est pas très plastique et pourrait garder sa forme par moulage ; il n’est pas très cohérent, mais après compression il le devient et la fabrication des crêpes est basée sur cette propriété. La coagulation se fait en 2 stades (de Yriès). Il y a d’abord floculation, puis coalescence. On peut séparer les 2 stades et la coalescence d’un latex floculé pourra être provoquée par l’addition de substances variées comme le toluène, l’alcool, etc., ou même des traces de latex frais. Un excès d’acide provoque aussi la coalescence qui se produit au point iso-électrique des protéines. Mais néanmoins le latex dépouillé de ses protéines montre la même propriété de coaguler par collage entre elles des particules (coalescence ou prise en masse). Le corps actif de la coagulation serait une enzyme (la coalase). La coagulation n’est pas réversible. Le coagulum pèse environ 40 pour 100 du poids du latex non dilué. Ce coagulum est le premier stade d’une série de changements par lesquels le caoutchouc va maintenant passer. On distingue dès lors deux sortes d’opérations pour l’amener à l’état commercial sur lesquelles nous dirons quelques mots.
- Préparation des crêpes. —r On coupe le coagulum et les morceaux passent alors aux laveurs à cylindres. Le coagulum est serré entre les cylindres en même temps qu’un filet d’eau le traverse. Les cylindres tournent en sens contraire et à des vitesses différentes. Les grandes factoreries ont des batteries de ces laveurs, ayant chacun un caractère différent et où la gomme passe successivement : les premiers sont à rainures profondes, les seconds à rainures moins accusées et les derniers ont des cylindres lisses; en outre la vitesse différentielle des cylindres va en décroissant et leur serrage va en croissant. Le caoutchouc en sort sous forme d’une feuille plus ou moins lisse, veloutée et d’épaisseur variable. Les feuilles seront alors mises à sécher dans des locaux bien aérés pendant le temps suffisant. Ce séchage peut être accéléré à l’aide d’air chaud, ou par le vide. On obtiendra ainsi les crêpes pâles, first latex, crêpes blankets (épaisses), etc.
- Préparation des feuilles fumées (smoked sheets ou S. S.).— On s’arrange pour avoir des morceaux de coagulum de même dimension (les tanks de coagulation sont compartimentés). On les fait passer aux laminoirs à feuilles qui ont pour but d’exprimer du coagulum le sérum qui s’y trouve en excès. On obtient ainsi des feuilles de 1 m 50 de long sur 40 à 60 cm de large pour 2 à 4 mm d’épaisseur. On les nettoie à la main et on les fait passer au laminoir gaufreu (sheet printer) qui porte des rouleaux gravés. Ensuite les feuilles vont dans les chambres à fumées où on leur fait subir l’enfumage (comme pour les harengs). Par cette opération on tue les bactéries et on sèche les feuilles. On obtient ainsi les feuilles fumées qui seront d’une couleur brune plus ou moins foncée suivant la durée de l’enfumage.
- Il est facile de comprendre que ces deux méthodes de préparation vont donner des caoutchoucs qui seront différents. Les caoutchoutiers sont partagés sur les qualités respectives des crêpes et des feuilles fumées. Du fait que le Para constitue encore à l’heure actuelle le caoutchouc !e meilleur, convenant à tous les usages, et qui a gardé
- p.64 - vue 70/598
-
-
-
- 65
- sa suprématie pour certaines fabrications (notamment le fil élastique, les tissus ballons, la véritable feuille anglaise),. certains pensent que la feuille fumée, dont la préparation rappelle quelque peu celle du Para, vaut le Para, et en tout cas est supérieure aux crêpes. Nous ne sommes pas de cet avis. Les raisons de la supériorité du Para sont à la base même de la préparation : les arbres sont de vieux arbres, parfois centenaires, dans toute la force de leur croissance naturelle : le produit qu’ils livrent est fatalement supérieur à celui d’arbres qui parfois ont à peine 5 ans. On a fait aussi le reproche aux feuilles fumées de n’avoir pas une qualité constante; ce reproche tend à s’atténuer, mais il suffit d’être acheteur de feuilles fumées pour voir la différence d’un lot à un autre, et même d’une caisse à une autre. Cette différence n’existe pas avec les crêpes qui sont bien plus constantes, ni avec le Para fin qui reste à tous points de vue le caoutchouc idéal.
- Autres modes de coagulation. — Sans parler des sortes sauvages pour lesquelles les indigènes récolteurs ont leurs méthodes propres de coagulation (chaleur, sel marin, savon, évaporation naturelle, cuisson et écrémage), il existe d’autres méthodes (surtout récentes) pour tirer le caoutchouc cru du latex.
- Le Kerbosch. — C’est un procédé théorique, donnant un caoutchouc qui n’est pas devenu commercial : on fait usage d’air chaud venant au contact de latex situé dans un cylindre tournant.
- Le procédé Emka (M K ). — Il
- fut révélé au public lors de l’exposition internationale du caoutchouc de Paris (janvier, février 1927). Ce procédé tend à se passer de la lourde et coûteuse machinerie que nécessite la production des crêpes ou des feuilles fumées. On obtient d’abord un coagulum comme dans ces deux procédés.
- On étire ce coagulum à la main de façon à l’amincir, on le lave à l’eau, puis, par pliage sur lui-même, on en forme un sac, dont on colle les bords entre eux par simple pression des doigts. On gonfle les sacs ainsi formés, il se forme un ballot qu’on laissera sécher : il ne faut pour cela que quelques heures. On laisse sortir l’air, on découpe le ballot en morceaux qu’on pourra expédier.
- Ce procédé semble plutôt indiqué pour fabriquer des feuilles minces de caoutchouc vulcanisable à froid, et à employer sur les lieux mêmes de la production.
- Le procédé Hopkinson. — Ce procédé est en somme le seul qui ait vu une application industrielle. Il produit un caoutchouc vendu dans le commerce sous le nom de Sprayed Rubber (caoutchouc pulvérisé). Le principe consiste à faire tombér un filet de latex sur un disque tournant très rapidement et situé au sommet d’une tour. Le latex se pulvérise et est chassé par la force centrifuge vers le pourtour de la tour. Les gouttelettes de latex tombent alors sur le sol par l’effet de la pesanteur, mais en tombant elles rencontrent un courant d’air
- chaud ascendant qui les débarrasse de leur humidité; Le caoutchouc tombe en neige sur le sol. On 1’.enlève périodiquement, il suffit alors de le soumettre à une forte pression pour avoir des pains de caoutchouc comprimé dit Sprayed Rubber ou S. R. Ce caoutchouc contient toutes les substances du sérum. Aussi sa teneur en gomme pure (hydrocarbure) est bien inférieure à celle des autres qualités. Par contre, n’ayant subi aucune manipulation, il est très nerveux. Il semble qu’avec quelques améliorations il soit susceptible de se faire une place sur le marché.
- Le Procédé Revertex (fîg. 3). — C’est également un procédé que l’Exposition internationale du Caoutchouc a vulgarisé : nous avons vu tout au début de cet article que le latex avait une teneur moyenne en caoutchouc sec de 35 à 40 pour 100.
- Le Procédé Revertex est dû à Hauser et consiste à. concentrer le latex pour l’amener à l’état de pâte, contenant jusqu’à 80 et 85 pour 100 de caoutchouc sec. Cette pâte est réversible, c’est-à-dire que par addition d’eau on peut reformer le latex, d’où le nom de Revertex. La fabrication du Revertex n’est possible qu’en empêchant la coagulation de se produire. On y arrive par addition au latex d’un colloïde (caséine) protecteur qui, entourant les particules, les empêche de s’accoler. De plus, il aut une agitation continue. L’appareillage consiste en un cylindre à double paroi, pouvant tourner autour de son axe. De l’eau chaude circule dans la double paroi. Le latex est placé à l’intérieur du cylindre, de plus dans ce cylindre se trouve un rouleau creux, libre sur la surface du cylindre et dont les génératrices sont parallèles à celles du cylindre, formant ainsi deux cylindres tangents suivant une génératrice. Par la rotation du grand cylindre, ce petit rouleau tend toujours à revenir à sa position primitive et remue le latex restant en lui mélangeant la pellicule qui s’est formée dans le grand cylindre, par suite de l’évaporation produite par le chauffage.
- Un courant d’air froid traverse le petit rouleau et par un réglage des 3 variables : courant d’eau chaude dans la double paroi, vitesse de rotation, courant d’air froid dans le rouleau, on arrive à faire une pâte contenant 80 à 85 pour 100 de matières sèches. Mais ces matières contiennent le stabilisateur (colloïde protecteur ajouté). Le Revertex est transportable et on comprend l’économie du procédé qui évite de transporter un poids d’eau considérable et sans valeur, comme dans le cas du transport du latex.
- Le procédé Utermark. — Le crémage du latex est très lent. En outre, pour permettre la conservation du latex, il faut lui ajouter un «conservateur» qui a pour but de neutraliser les produits acides qui tendent à se former. Toute substance alcaline convient, mais c’est l’ammoniaque qui s’est révélé e être le meilleur préser-vateur, car elle ne restera pas dans le produit final par
- 'cKaude
- Rouleau creux
- Fig. 3.
- Schéma de l’appareil Revertex.
- p.65 - vue 71/598
-
-
-
- = 66 ", .................................. —
- suite de son évaporation, alors que les autres substances y reste aient et pourraient nuire à la qualité. Le crémage est le résultat de l’action de la pesanteur, le sérum plus lourd allant au fond et les particules plus légères de caoutchouc venant à surnager. On peut exagérer l’action de la pesanteur. Pour cela on place le latex dans un récipient tournant à grande vitesse, les parties les plus lourdes sont rejetées sur les bords par la force centrifuge et les plus légères restent au centre : principe utilisé dans les séparateurs ordinaires de crème. Utermark a pu réaliser avec succès une telle machine convenant pour le latex. Mais les particules de caoutchouc sont beaucoup plus petites que celles du lait et par suite plus difficiles à séparer; mais on a pu séparer le latex en 2 portions : une riche contenant une proportion de 45 à 60 pour 100 de caoutchouc sec, et une plus pauvre naturellement (5 pour 100 environ). Différents types de centrifugeuses ont été essayées avec succès (Alpha Laval, Sharples) et on a pu ainsi obtenir des crèmes à 60 pour 100 de caoutchouc, très pures, très blanches, ne contenant que peu des substances du sérum et donnant par la suite un caoutchouc très blanc et très pur.
- Procédés par filtrage. — D’autres procédés ont été tentés pour concentrer le latex. On ne peut espérer séparer les particules du sérum par les procédés ordinaires de filtrage (toile ou papier filtre), mais on a pu se servir de porcelaine poreuse non vernissée. Le sérum passe à travers et laisse à la surface des « bougies-filtres » une crème.
- Les procédés par filtrage ne semblent pas avoir reçu une consécration industrielle.
- Transport du latex. — Enfin on a songé à ne pas coaguler du tout le latex et à essayer de s’en servir tel quel. Malheureusement le latex n’est pas stable. Abandonné à lui-même, il tend à crémer, en se putréfiant. Même sur les lieux de production, on est conduit à le préserver de cette putréfaction. Les substances qui se sont révélées les meilleures ont été l’ammoniaque et la formaldéhyde (ou formol) ou un mélange des deux. Pour l’embarquement, il faut ajouter 3,3 pour 100 en poids d’une eau ammoniacale par litre de latex. On pourra alors l’emmagasiner en récipients en tôle (bidons de 4 gallons (18 1, 12), en fûts démontables ou en bateaux citernes. Mais l’addition d’ammoniaque a contribué à former une précipitation de phosphate ammoniaco-magnésien (présence de sels de magnésie et d’acide phosphorique dans le sérum). Il se forme une bouillie au fond des récipients qui retient une certaine quantité de caoutchouc et d’autres constituants. Il en résulte que le latex conservé à l’ammoniaque n’a pas les mêmes propriétés que le latex original. Celui-ci contient généralement environ 35 pour 100 de caoutchouc sec et 5 pour 100 de constituants non caoutchouc, soit 60 pour 100 d’eau. Le transport de 60 pour 100 d’eau constitue un poids mort qui vient empêcher considérablement la vulgarisation de l’emploi du latex. Pourtant cet emploi progresse. Nous le verrons dans un article ultérieur.
- F. Jacobs.
- LE VIGNOBLE DU JURA
- « Approchans au temple de la dive Bouteille, nous convenoit passer par un grand vignoble faict de toutes espèces de vignes comme Phalerne, Malvoisie, Muscadet, Taige, Beaune, Mirevaux, Orléans, Picardent, Arbois, Coussi, Anjou, Grave, Corsicque, Vierron, Nérac et autres. Ledit vignoble fut jadis par le bon Bacchus planté avec telle bénédiction que tous temps il portait feuille, fleur et fruict comme les orangiers de Suraine. »
- Ces lignes ont été écrites par Maître François Rabelais au chapitre XXXIV, du Livre V de Pantagruel. Le nom d’Arbois, cité parmi les vignobles chers à Bacchus, équivaut à un certificat de première classe pour le Jura qui possède cette minuscule cité, récemment illustrée' par notre grand Pasteur.
- Arbois est une jolie petite ville, bien tranquille et bien sage, malgré la réputation faite à ses habitants par un vieux proverbe qui leur attribue ce mot orgueilleux : Nos sins tous tsefs (Nous sommes tous chefs), malgré aussi que les Arboisiens passent pour avoir proclamé la république en 1830, à la chute de Charles X ! Aujourd’hui, c’est tout bonnement la capitale du vignoble jurassien. Capitale qui bénéficie de la réputation que lui fit Henri IV.
- On sait que le père de la poule-au-pot était un gourmet de premier ordre. C’est au retour d’une expédition per-
- sonnelle faite en Franche-Comté, en 1595, en vue de couper les relations de ce pays avec les Flandres, également soumises à la domination espagnole, que le premier des Bourbons fit connaissance avec le fameux vin. Il l’appréciait au-dessus de tout autre. Il n’était d’ailleurs pas le seul. Son grand ministre Sully, le sage Sully lui-même, le prisait fort et se vante quelque part d’avoir, grâce à lui, émoustillé fortement les dames de la Cour. J’imagine qu’il leur avait donné l’exemple. En tout bien tout honneur du reste, puisque jamais le vin d’Arbois ri’a fait de mal à personne. Il existe même un proverbe affirmant qu’il rectifie la marche :
- Le vin <LArbois,
- Plus on en boit Plus on va droit !
- Et un autre, en latin, s’il vous plaît, et qui remonte paraît-il à 1582, d’après lequel il n’aurait pas son pareil pour assurer un sommeil paisible :
- Arbosium répété, si vis dormire quiete !
- (Reprenez de l’Arbois, si vous voulez reposer en paix !)
- Quoi qu’il en soit, Gilbert Cousin, de Nozeroy, qui fut secrétaire du fameux Erasme, signalait déjà en 1555, dans sa Description de la Franche-Comté, Arbois comme « situé dans endroit exquis, riche de toutes choses et
- p.66 - vue 72/598
-
-
-
- 67
- particulièrement d’un vin de la plus haute qualité et qui gagne en vieillissant. (Per amoeno loco situm, atque omnium rerum copia, in primis Optimi et ad vetustatem durantis vini florens) ».
- Mais si Arbois est connu, bien et avantageusement connu, grâce à la faveur du bon roi Henri, il a dans son voisinage des concurrents qui ne lui cèdent en rien et méritent au même titre la sympathie ardente des amis de « Dive bouteille ».
- SITUATION
- GÉOGRAPHIQUE DU VIGNOBLE JURASSIEN
- Le vignoble jurassien occupe sur la carte une situation très nette. Il est exposé à l’Ouest et occupe essentiellement la côte séparant la plaine du premier plateau, entre Saint-Amour au Sud et Salins au Nord. Son altitude oscille entre 290 et 400 m.
- Les coupures nombreuses du premier plateau déterminent souvent des changements d’orientation.
- C’est ainsi que certains quartiers sont exposés directement au midi. Cette bande ne dépasse guère 6 km en largeur. Les terrains occupés par la vigne appartiennent essentiellement au lias moyen et inférieur.
- En dehors de la région délimitée comme il vient d’être dit, il existe encore au nord de Dole, entre la Saône, l’Oignon et le Doubs, un vignoble spécial, mais de moindre qualité que le précédent.
- Il est très difficile de trouver une bonne carte du Jura viticole. Celle qui accompagne cet article est extraite d’un vieil ouvrage du docteur Guyetant, publié en 1822 sous le titre modeste d? Essai sur V Agriculture du département du Jura. Elle est très précise et possède l’avantage d’indiquer tous les noms des pays où se cultive la vigne.
- Si vous la lisez en commençant par le bas, vous dis-
- tinguerez plusieurs centres de production particulièrement remarquables. C’est d’abord, au nord-ouest de Lons-le-Saunier, la région de l’Etoile, avec Quintigny, tangente au Pays-Bas ou Bresse. Au nord-est, adossé au premier plateau, c’est le vignoble hors de pair de
- Château-Chalon avec Me-nétru- et Nevy. Plus, haut encore, et également appuyé au plateau, c’est Arbois, avec Pupillien, Bu-villy et Poligny d’un côté, les Arsures de l’autre/
- Le repérage des produits jurassiens se fait donc essentiellement sur trois noms : L’Etoile, Château-Chalon, Arbois, qu’il ne faut confondre ni géographiquement, ni au point de vue de la nature des produits.
- En 1838, au moment de l’achèvement du cadastre, la superficie du vignoble jurassien était de 18 550 hectares. En 1888, elle avait atteint 19 348 hectares. L’invasion du phylloxéra fut un désastre. En 1900, le vignoble était réduit à 7915 hectares. La reconstitution d’un nombre assez important de vignes l’avait fait remonter en 1913 à 10 400 hectares. La guerre est malheureusement survenue.
- Beaucoup de coins sont demeurés incultivés. De sorte qu’en 1924 on était retombé à 8846 hectares, dont 5556 dans l’arron- * dissement de Lons-le-Saunier, 1852 dans celui de Poligny et 1442 dans celui de Dole.
- « Le vignoble jurassien, écrit M. Guichard, est réparti entre un très grand nombre de propriétaires vignerons. C’est essentiellement une culture de petits exploitants, travaillant avec amour leurs vignes, les soignant malgré leur situation précaire résultant des circonstances économiques. »
- En 1923, on comptait 16 770 propriétaires déclarant leur récolte, pour 6272 hectares. Les 2000 autres hectares appartenaient à plusieurs milliers de tout petits proprié-
- 1 POLIGNY
- S-Lothain
- pü! Frontenajfy.
- 'Élan dans. * , 'm,
- tfent-t _
- ^ Chjt. cju- Chaton
- §|hw m
- ..j| rAt/e La'v‘9-
- \ ® LONSiESAUNîER
- Confiée
- «* Crusse \ wMceftSS
- ,jj®F .
- Beau Fort
- SÏ CLAUDE
- 0
- Fig. 1. — Carie du vignoble jurassien.
- p.67 - vue 73/598
-
-
-
- == 68
- taires ne récoltant que pour eux-mêmes et non sujets à la déclaration.
- Le rendement est naturellement variable d’une année à l’autre. En 1885, le frère Ogérien l’estimait à 640 000 hectolitres représentant une valeur de 12 à 15 millions de francs pour près de 20 000 hectares. En 1902, pour environ 8000 hectares, on récolta seulement 241000 hectolitres.
- LES CÉPAGES
- Les cépages comtois sont au nombre d’une quarantaine. Vingt seulement sont l’objet d’une culture appréciable. Sur quatre ou cinq repose solidement la réputation des grands vinsl jurassiens. Voici comment classe
- Fig. 2.— Les premiers cépages du Jura : feuille et grappe de Poulsard {noir); grappe de Trousseau {noir); feuilles et grappes de Nature {blanc).
- ces cépages aristocratiques, dans une spirituelle conférence faite en 1906 à la Société Philharmonique d’Arbois, M. l’ahbé Guichard, à là fois fin lettré et maître en ampé-lo graphie :
- «• Est-ce le Poulsard, le Trousseau ou le Naturé (ou Savagnin) qui mérite le prix d’honneur? Si les électeurs veulent m’en croire, nous voterons au scrutin de liste pour tous les trois et nous leur décernerons une couronne ex bequo. D’autant, que le mélange du sang de ces trois aristocrates de notre vignoble comptfsé l’ensemble le plus parfait’, l’élixir intégral ! La centralisation, la fusion des (partis est un système qui réussit en viticulture aussi
- bien, peut-être mieux qu’en politique. Trousseau, Poulsard, Naturé, c’est le Bloc de nos rêves.
- « Le second grand prix appartient sans conteste au Melon (ou Pinot Chardonnay), un vieux de la vieille roche jurassienne, un des anciens du pays comtois. Un >finaud, celui-là, à l’air doucereux tant qu’il a ses coudées franches. Mais qu’on l’emprisonne seulement quelques semaines en bouteille, alors il révèle son véritable caractère. Il s’emballe, il pétille, comme le métal en fusion. Un vrai volcan qui envoie promener ficelles, bouchons et la mélancolie par-dessus le marché.
- « Nous décernerons, si vous le voulez, un bon accessit au Pinot (noir), bien qu’il ne soit pas un autochtone, mais une sorte d’oiseau étranger, un trimardeur bourguignon qui s’est arrêté chez nous en faisant son tour de France. Il est vrai qu’il semble avoir pris goût au Jura, et réciproquement. Je crois même qu’il a obtenu ses lettres de naturalisation. Ce qui est indiscutable c’est que son mélange avec nos trois matadors indigènes, Poulsard, Trousseau et Naturé avec un dixième d’Enfa-riné, constitue une quinte majeure hors concours. »
- Les grands plants ou cépages jurassiens sont donc le Poulsard, le Trousseau, spéciaux au pays, le Pinot, le Melon ou Chardonnay et le Savagnin. Les trois premiers sont noirs, les deux derniers blancs.
- Dans une brochurette de propagande publiée il y a une vingtaine d’années par M. Jouvet, professeur départemental d’agriculture, actuellement directeur de l’Ecole de Grignon, on trouve un bon résumé des diverses propriétés des cépages jurassiens. Nous en extrairons les indications suivantes.
- Le Poulsard noir, Peloussard ou Plant d’Arbois, est essentiellement jurassien et ne réussit que dans les marnes du lias et les marnes irisées bien exposées. C’est lui qui fait le fond des meilleurs vins rouges. On le trouve en particulier à Salins, Arbois, Poligny, Saint-Lothain, Nevy-sur-Seille, Lavigny, Conliège, etc. Il donne un vin peu coloré, mais très bouqueté et qui prend, avec le temps, une superbe couleur pelure d’oignon.
- Le Trousseau est cultivé à Salins, les Arsures, Arbois et ses environs. Comme le Poulsard il aime les terrains marneux. Son jus est corsé, alcoolique.
- Le Pinot noir est un émigré de Bourgogne et de la Champagne.
- Le Pinot Chardonnay, qui donne en Bourgogne les grands vins de Meursault, de Montrachet, de Chablis, donne dans le Jura d’excellents vins blancs convenant en particulier très bien à la fabrication des mousseux de l’Etoile, les meilleurs mousseux du Jura.
- Le Savagnin blanc, qu’on appelle à Arbois Naturé, est le roi des cépages blancs comme le Poulsard est celui des cépages noirs. C’est lui qui entre dans la fabrication des vins jaunes ou de garde, spécialement réputés sous le nom de vins de Château-Chalon, mais qu’on produit aussi à Arbois et dans ses environs.
- La qualité des vins du Jura semble bien être fonction de l’ancienneté des ceps qui produisent le raisin. Certaines vignes accusent plusieurs siècles d’existence. C’est ce qui explique en particulier que le fameux plant appelé Poulsard, qui donne un vin rouge merveilleux sur les
- p.68 - vue 74/598
-
-
-
- coteaux jurassiens, ne présente pas du tout les mêmes qualités dans les autres régions où l’on a cherché à le transplanter. Il lui manque la vieillesse qui, si elle n’est pas favorable à la grande quantité, est la mère de la qualité.
- Au xvme siècle, on faisait une chasse rigoureuse aux plants « marrons ». C’est ainsi qu’en 1732 le Parlement de Franche-Comté ordonna le 24 juillet « l’extirpation de toutes les vignes plantées de mauvais plants depuis le 1er janvier 1720 ». Il faut dire que cette mesure draconienne qui fut exécutée dans les trente jours, c’est-à-dire avant la vendange, avait été préparée par d’autres ordonnances spécifiant et condamnant les cépages intrus et de mauvais rendement qualitatif.
- VIN DE GARDE ET VIN DE PAILLE
- Joseph-Marie Le Quinio, ancien terroriste, rallié à l’Empire après le 18 brumaire, a fait dans le Jura un Voyage pittoresque et physico-économique, publié en 1801 et au cours duquel ce Breton rend un juste hommage aux vins d’Arbois, de Château-Chalon et de l’Etoile. Le Quinio avait en agriculture de vastes connaissances et je suis un peu surpris de voir que les auteurs qui ont traité des vins jurassiens ne le citent pas. Il faut dire à leur décharge que ce personnage un peu singulier a oublié de mettre son nom sur les deux in-octavo en lesquels sont réparties les 1000 pages de sa narration.
- Réparons un peu cette omission.
- Voici d’abord pour les vins fins en général : « Exquis, salutaires et dignes d’être servis sur la table des dieux ». Tous ceux qui en ont goûté ratifieront ce jugement.
- Voici maintenant pour les vins de garde ou jaunes, qu’il appelle vins de gelée parce qu’ils sont faits avec des grappes demeurées sur les ceps jusqu’à l’entrée de l’hiver. Ici la précision est parfaite : « C’est dans ces vignobles (de l’ancienne abbaye de Château-Chalon) que le Nectar coulait. Il n’y a point d’exagération. Très peu de vins connus surpassent en bonté les vins de gelée de Château-Chalon, quand ils ont 25 à 30 ans, et quoiqu’on ne les ignore pas à Paris on peut assurer qu’ils n’ont pas la réputation qu’ils méritent. Ces vins se faisaient de la même manière et de la même espèce de raisin que les vins de gelée d’Arbois. Ici, de même que là, les grappes restaient sur le cep jusqu’à l’entrée de l’hiver et le pied du vendangeur se cachait souvent dans la neige en les cueillant. On ne craignait même pas la diminution, suite inévitable du resserrement produit par les premières gelées, puisque le vin gagnait encore en qualité par cette concentration.
- « Le vin de gelée se fait en frimaire — de mi-novembre à mi-décembre — avec la seule espèce dite de Savagnin blanc et de raisins laissés sur le cep jusqu’à ce moment, frappés et dorés sur tous les
- 69
- Fig. 3. — Un vigneron du Jura taillant sa vigne.
- sens par le soleil et l’air dont ne les prive plus le pampre tombé depuis longtemps et devenu le jouet des vents ou caché sous quelques pouces de neige.
- « Ce raisin, toujours bon au temps des vendanges ordinaires et devenu délicieux par la maturité complète de
- Fig. 4. — Château-Chalon et ses vignobles.
- p.69 - vue 75/598
-
-
-
- 70
- Fig. 5. — La région d’Arbois et ses vignobles.
- tous ses grains, est égrappé, mis au pressoir au sortir de la vigne et rend un moût exquis, sirupeux, plein de principes chaleureux qui se font sentir aux plus glacés des estomacs et qui fermente en peu d’heures, même dans le large cuvier plat et tout ouvert qui l’a reçu sous le couloir de la mée.
- « Quand de fortes gelées surprennent ce raisin, il se flétrit et diminue de quantité, mais gagne encore en qualité. Si l’automne est humide ou seulement trop mou, le vin n’est pas si bon : alors on l’expose dans les cours aux glaces de l’hiver dans de petits tonneaux à douelles minces où il gèle, concentre ses parties sacehareuses et spiritueuses, est plusieurs fois dégagé dé son eau extraite et convertie en glace et se rend également exquis; cette
- concentration forcée se fait même aussi dans les années sèches quand on veut avoir un vin fort et capiteux.
- « Les coteaux fort élevés de Pupil-lin près Arbois, Menétrux près Château-Chalon et l’Etoile près Lons-le-Saunier, sont les crus de ce vin de gelée, analogue au goût au très vieux et meilleur vin de Graves, mais bien supérieur en corps, en douceur et en bonté. »
- Et, pour terminer, voici pour le roi des rois, le vin de paille.
- « Il se fait en petite quantité, au mois de pluviôse (vers février), de raisins cueillis, bien mûrs, non pourris et par un beau temps, coupés doucement, transportés sans les meurtrir, conservés sèchement sur de la paille, ou suspendus, réduits des trois quarts par la dessiccation, très complètement mûris et sucrés, égrainés avec précaution et mis aussitôt sous un pressoir fait exprès, grand comme un rouet à filer, qui se transporte et se prête, que les dames manient et qui, souvent, obtient les honneurs du salon.
- « On choisit les espèces les plus sucrées, dites Savagnin, Trousse, Poulsard et ce dernier surtout parce qu’il a de plus le grain très gros.
- « Le moût sort de la presse, épais, gluant comme du sirop. Ce vin se soutire plusieurs fois dans l’année, deux fois dans chacune des deux années qui suivent, n’est bon qu’à douze ans et gagne jusqu’à trente, est sucré* stomachique, médicinal. »
- La fabrication du vin de paille paraît avoir été introduite dans le Jura en 1766. C’est du moins ce que dit Chevalier, l’auteur des Mémoires historiques de Poligny, dans un manuscrit de 1774, intitulé Œnologie, publié en 1873 par la Société d’agriculture, sciences et arts de cette ville. Le mérite en reviendrait au chevalier Dagay, qui, ayant été major à Colmar, fit connaître à Chevalier la méthode pratiquée en Alsace pour obtenir cette somptueuse boisson.
- UN VIGNOBLE-TYPE : CHATEAU-CHALON
- Le vignoble de Château-Chalon peut être considéré comme le vignoble-type du Jura. Château-Chalon, perché sur son rocher, fut, avant la Révolution, le siège d’une abbaye de chanoinesses de laquelle il a été dit plaisamment qu’il fallait « seize quartiers de noblesse pour y faire vœu de pauvreté ! » Ce n’était donc pas une abbaye ordinaire. Le vin était comme les chanoinesses et l’est demeuré. Ses quartiers de noblesse sont innombrables ! On l’y fait rouge ou blanc. Le Poulsard ou Pelossard,
- p.70 - vue 76/598
-
-
-
- pour parler comme Chevalier et les Polinois, le Trousseau et le Savagnin en constituent la base avec le Melon.
- Le vin rouge fin titre de 10 à 12°. Le blanc de même, allant parfois à 13°.
- Le vin jaune ou de garde, celui que Le Qui-nio appelait vin de gelée, atteint une richesse alcoolique de 15°. Après avoir « mangé sa lie » pendant 4 à 10 ans, il se conserve dans des fûts en cœur de chêne où il prend son goût de noix caractéristique. En flacon, il se conserve 60 ans sans risquer la moindre altération dans les bouteilles spéciales, au bois, qui lui sont réservées par la Verrerie de la Vieille Loye (').
- Le vin de paille, un vrai vin de derrière les fagots, qui se fait en très petite quantité et reste généralement dans la famille où on le consomme religieusement dans les grands jours, va jusqu’à 16°. Après une dizaine d’années de tonneau, on le loge dans des demi-champenoises.
- Je viens de signaler le goût de noix. A Châ-teau-Chalon on. dit aussi goût de noisette, le parfum de la noisette étant plus prononcé et délicat encore que celui de la noix.
- Le lettré gourmet que fut l’abbé Guichard attribue ce parfum au Nature ou Savagnin et le qualifie « arome.de vieux bourgeon de sapin ». Il ajoute que, du temps de César, Strabon avait déjà signalé cet arôme, que d’aucuns qualifient un peu vaguement d’empyreumatique.
- On fabrique encore une liqueur familiale connue sous le nom de marc-vin — là-bas on prononce « macvin » — en mélangeant deux tiers de moût de bon vin de l’année avec un tiers d’eau-de-vie de marc. Ce mélange titre de 17° à 20° et se consomme chez soi ou entre amis.
- LE BIOU
- On ne saurait parler des vins du Jura sans signaler une très curieuse cérémonie qui se pratique un peu avant les vendanges, le jour de la fête de saint Just, patron d’Arbois.
- Le Biou est une des plus curieuses traditions de la viticulture jurassienne. Cette fête se célèbre de temps immémorial. On peut lire dans les Annales historiques et chronologiques de la Ville d’Arbois, recueillies par Bous-son de Mairet, la mention suivante relative à l’année 1665-1667, à la date du 9 septembre :
- « Comme il s’est trouvé cette année que, pour faire le Biou ou Chapeau de Saint-Just, les gardes ont cueilli beaucoup plus de raisins qu’il n’en fallait, seront tenus lesdits gardes, à l’avenir, de présenter au magistrat les raisins cueillis par eux, avant de les remettre ès mains du marguillier. »
- Le Biou est une énorme grappe constituée par la
- 1. La Verrerie de la Vieille Loye est située dans la Forêt de Chaux, près de Montbarrey, arrondissement de Dole. Les bouteilles, faites au bois, sont d’un modèle créé il y a fort longtemps et portent le nom de Château-Chalon dans un écusson circulaire. La Verrerie de la Vieille Loye est vraisemblablement la plus ancienne de France. Elle remonte à 1506.
- Fig, 7. —- La fêle du Biou.
- réunion d’un nombre considérable de raisins noirs et blancs, dont l’ensemble ne manque pas d’un certain cachet esthétique. Il est même probable que c’est à cet
- Fig. 8. — Le Biou à l’église d’Arbois.
- p.71 - vue 77/598
-
-
-
- = 72 ...:.................. ==
- effet qu’est dû le nom de Biou. Les assistants à la céré--— monie ne devaient pas manquer de s’écrier en patois, à son apparition : Le biau rasin '! (le beau raisin !) De Biau à Biou il n’y a qu’un tout petit pas, celui d’une voyelle à sa sœur ! Cette étymologie est infiniment plus vraisemblable que celles consistant à tirer ce mot bien provincial du grec bios (vie) ou du français bouc !
- Le Biou est porté en procession à travers la ville, puis introduit à l’église", où il est reçu par le clergé, suspendu comme le montre une de nos gravures et demeure une quinzaine. Le cortège lui-même est représenté très exactement par une autre photographie, qui date, comme la première, d’une vingtaine d’années et a été prise par un excellent journaliste, Emile Deshays, écrivain et dessinateur de grand talent, décédé bien avant la guerre et dont tous ceux qui l’ont connu ont conservé le plus chaleureux souvenir.
- Ces vues sont, je crois, les meilleures qui aient été prises d’une cérémonie à laquelle se rattache le grand nom de notre illustre Pasteur. Pasteur qui, on le sait, passait ses vacances à Arbois, où il fit un grand nombre de ses expériences et de ses travaux vinicoles, présidait avec plaisir la fête locale.
- 1 Le Biou eut les honneurs de l’Exposition de 1900 où l’on peut dire que le clou de la Fête des Vendanges fut
- - le défilé des vignerons d’Arbois en grand costume du bon vieux temps, entourant le char de la belle vendangeuse, traîné par deux superbes bœufs. Cette manifestation originale avait été supérieurement organisée par M. Lascoux, président de la Société de viticulture et conseiller général d’Arbois, qui, depuis de longues années, déploie, toute son activité en vue d’empêcher de mourir une jolie tradition.
- Cette mort serait d’autant plus regrettable que le vignoble qui lui a donné naissance se porte fort bien en ce moment. Le Naturé, le Poulsard et le Trousseau sont florissants. Aux vendanges de 1928 ('), le vin rouge d’Arbois s’est révélé merveilleux. Le jaune s’est montré transcendant, justifiant une fois de plus le mot de Met-ternich qui plaçait le Château-Chalon au-dessus de son Johannisberg. Le vin jaune titre, me dit-on, largement 14°. Et, dans quelque vingt ans, les amateurs pourront l’apprécier dans toute sa splendeur en se rappelant l’axiome inscrit en lettres d’or sur la porte du Temple où la pontife Bacbuc célébrait le culte de la Bouteille : ’Ëv oLvto ’AL/jOeta !
- Le bon vin ne réjouit pas seulement le cœur de l'homme ; il est encore « le père de la Vérité ! ».
- Léopold Révèkchon.
- 1. Celles de 1929 ont été encore meilleures, paraît-il.
- LA MACHINE A COUDRE
- A PROPOS DU CENTENAIRE DE SON INVENTION PAR LE FRANÇAIS THIMONNIER
- Dès la fin du XVIIIe siècle, divers techniciens cherchèrent, mais sans succès, à remplacer le travail manuel de la couture par des moyens plus rapides. En particulier, les américains Thomas Stone et Jones s’attaquèrent, en 1804, au problème de confection mécanique des vêtements; leur appareil se composait d’une aiguille ordinaire que des pinces saisissaient pour la faire passer au travers de l’étoffe. Arrivée là, une seconde paire de pinces s’en emparait et ainsi de suite, de façon à produire un point de surjet. Toutefois le procédé tomba dans l’oubli et il était réservé au Français Barthélemy Thi-monnier de construire, vers 1830, la première machine à coudre.
- BARTHÉLEMY, THIMONNIER
- Ce génial inventeur naquit en 1793 à l’Arbresle (Rhône) où son père possédait une petite teinturerie et, après quelques années d’études au séminaire de Saint-Jean, il s’établit comme tailleur à Amplepuis, que sa famille habitait depuis 1795. Il se maria en 1813. Douze ans plus tard, il vint se fixer à Saint-Etienne (Loire), où, tout en exerçant son métier, il songe pendant ses heures de loisirs aux moyens capables de simplifier sa fastidieuse besogne. Les échecs successifs de plusieurs de ses concep-
- tions mécaniques ne le rebutent pas et il arrive enfin à réaliser son rêve. Le 13 avril 1830, avec so n associé Auguste Ferrand, répétiteur à l’Ecole, des Mines de Saint-Etienne qui fournit les fonds nécessaires, il adresse donc, au Ministre du Commerce une demande de brevet d’invention «pour fabriquer, vendre et débiter exclusivement dans tout le royaume, des métiers propres à la confection des coutures dites à points de chaînette, sur toutes sortes d’étoffes (').
- Sur ces entrefaites, M. Beaunier, inspecteur des mines de la Loire, vit fonctionner l’originale machine, conservée aujourd’hui au Musée des tissus de Lyon et, pressentant l’avenir économique d’un tel engin, il emmena son constructeur à Paris. Là, Thimonnier ne tarda pas à s’aboucher avec la maison d’équipements militaires Germain Petit et Cie, qui le chargea d’installer, dans un local situé, 155, rue de Sèvres, 80 de ses machines à coudre. Notre inventeur se mit courageusement à la besogne. La Fortune semblait lui sourire.. Dans l’atelier parfaitement organisé dès 1831, les commandes affluaient, mais Thimonnier avait compté sans la mentalité des
- 1. Ce sont les termes mêmes du brevet, dont la maison Thimonnier et Cie de Lyon a bien voulu nous communiquer un fac-similé photographique.
- p.72 - vue 78/598
-
-
-
- tailleurs parisiens d’alors. Ceux-ci craignant que les nouvelles machines ne perturbassent l’industrie de la confection, les brisèrent comme de dangereux concurrents, au lieu de les considérer comme d’utiles auxiliaires.
- Forcé de fuir l’émeute, le pauvre Thimonnier emporta une de ses couseuses mécaniques, moins maltraitée que les autres par les énergumènes et, après l’avoir réparée, il regagna tristement Amplepuis en 1832, tandis que son protecteur Beaunier mourait. Deux ans plus tard, le tenace artisan retourna dans la Capitale travailler à façon et cherchant toujours à perfectionner son invention. En 1836, il regagna son village. Mais encore un peu plus pauvre qu’auparavant, il n’eut pas de quoi payer sa place dans une diligence et dut voyager à pied en portant sur son dos son «cher trésor» et un... guignol lyonnais afin de gagner son pain en cours de route. Il s’arrête ainsi, de ville en ville et quand les curieux ont applaudi aux facéties de ses marionnettes, il leur exhibe sa machine à coudre. Mais hélas ! si quelques sols, tombant dans sa bourse à* la fin de chaque séance, lui permettent de payer ses frais d’auberge, ses auditeurs ne s’intéressent guère aux travaux de couture mécanique. Néanmoins Thimonnier ne se décourage pas. De retour à Amplepuis, le sagace précurseur perfectionne son œuvre. En 1845, il s’associe avec M. A. Magnin de Villefranche (Rhône) pour fonder une fabrique qui construit ses machines à coudre, au prix de 50 francs pièce. Il parvient à en vendre quelques exemplaires dans la région, puis, le
- Fig. 2. ;— La première machine à coudre, inventée par Thimonnier, en 1830. (Conservatoire des Arts et Métiers de Paris.)
- 73
- jFig. 1. — Barthélemy Thimonnier, inventeur de la première machine à coudre.
- (D’après le portrait figurant en tête de la brochure Mémoire sur ta découverte de la machine à coudre, par J. Meyssin, Lyon 1866.)
- 5 août 1848, il prend un nouveau brevet pour son « couso-brodeur ». Cet appareil pouvait faire des cordons, broder et coudre tous genres de tissus, depuis la mousseline jusqu’au drap et au cuir, à la vitesse de 300 points à la minute. Un peu auparavant, son commanditaire et lui avaient, d’ailleurs, pris une patente anglaise pour protéger leur invention de l’autre côté du Canal. L’avenir apparaissait moins sombre quand les événements politiques vinrent encore une fois entraver les projets du malheureux tailleur et de son collaborateur. A cette époque cependant, la machine de Thimonnier fabriquée en métal fonctionnait avec une certaine précision, mais son inventeur, désespérant de la voir employée par ses compatriotes, alla l’offrir aux Anglais qui l’accueillirent avec faveur. Une compagnie de Manchester en vulgarisa l’usage dans le Royaume-Uni, tandis que son constructeur rentrait en France.
- LA MACHINE A NAVETTE D’ELIAS HOWE ET SES PERFECTIONNEMENTS
- A la vérité, divers techniciens des Etats-Unis avaient abordé, entre temps, le même problème. Dès 1834, Walter Hunt, de New York, avait imaginé une machine
- p.73 - vue 79/598
-
-
-
- 74
- Fig. 3. — Elias Howe.
- Inventeur de la machine à coudre à navette en 1846.
- à coudre à 2 fils mais sans résultats pratiques. Tombée dans l’oubli, l’idée fut reprise par Elias Howe qui, le. 10 . septembre 1846, fit breveter une machine à coudre possédant les mêmes organes, mais mieux combinée, et
- Fig. 4. — Machine a coudre à support cylindrique construite par Journaux-Leblond en 1855.
- (Conservatoire des Arts et Métiers de Paris.)
- à un fil continu. Ignorant sans doute l’œuvre de son prédécesseur français, cet inventeur américain (né en 1819 à Spencer, Massachusetts) où son père exerçait le métier de meunier) eut aussi bien des déboires; il dut soutenir de longs procès contre ses concurrents américains ou anglais pour faire valoir ses droits. Toutefois si la machine primitive de Thimonnier, construite en bois, était mise en mouvement par une corde à transmission directe et si chacune des oscillations de l’aiguille ne produisait qu’un seul point, elle avait néanmoins servi de « type à toutes les machines modernes », comme le constate le rapport du Jury de l’Exposition Universelle de Paris (1855). Malheureusement trente ans de luttes avaient épuisé le pauvre artisan et Thimonnier mourut presque dans la misère à Amplepuis (Rhône) le 5 août 1857, alors qu’Elias Howe gagnait 200 000 dollars, durant les dernières années de sa vie, en perfectionnant seulement l’invention française ('). A vrai dire, la machine à navette d’Howe constituait un important progrès, car elle substituait, au point de chaînette facile à découdre, un point indécousable formé par le croisement de deux fils. A son tour, en 1854, un de ses compatriotes, Isaac Singer, eut l’idée de remplacer le crochet par une aiguille percée près de la pointe et d’ajouter un organe faisant un nœud tous les 8 points. A la même époque, plusieurs inventeurs, entre autres les Américains Grover et Baker, Otis Avery et le Français Journaux-Leblond, désirant éviter l’inconvénient de la navette ne contenant qu’une minime quantité de fil, employèrent concurremment avec une aiguille, alimentée par le- fil d’une bobine sise au-dessus de la table, un crochet muni lui aussi d’un œil dans lequel passait un second fil venant d’une bobine placée au-dessous du plateau. On obtenait, de la sorte, un double point de chaînette dit point noué, formant d’un côté une piqûre et de l’autre des boucles entrelacées.
- Dans la machine Wheeler et Wilson, qui figurait à l’Exposition de 1855, la navette se trouvait remplacée par un petit disque plat, tournant dans un plan vertical et dont le bord saillant arrondi en forme de croissant accrochait au passage la bouclé de fil présentée par l’aiguille. A l’Exposition de 1867, les visiteurs admiraient les perfectionnements de détails apportés aux organes des machines Wilcox et Gibs, Wheeler et Wilson, Hurtu et Hautin, Journaux-Leblond et Elias Howe dans lesquelles on avait supprimé le plus possible les cames afin de rendre les mouvements plus doux et d’augmenter la vitesse. La première machine à coudre les gants, due à l’horloger danois Henricksen date aussi de la même époque. A navette et cousant en surjet, elle se distinguait par un mode d’entraînement nouveau, constitué par deux petits cylindres striés à axes verticaux entre lesquels les parties de peau à réunir par la couture se trouvaient serrées tandis que l’aiguille se déplaçait horizontalement.
- LES MACHINES MODERNES
- A partir de 1878, les constructeurs continuèrent à modifier leurs modèles dans les détails, car les principes
- 1. Elias Howe mourut à Brooklyn (N. Y.) le 3 octobre 1867 « au zénith de sa gloire et en pleine prospérité » selon les enthousiastes paroles d’un de ses biographes, M. G. André.
- p.74 - vue 80/598
-
-
-
- 75
- du fonctionnement général des différentes catégories de machines à coudre étaient désormais fixés. Ils abandonnèrent à peu près celles à point de surjet dans lesquelles l’aiguille traverse entièrement l’étofïe comme dans la couture à la main pour perfectionner les trois autres groupes de coutures (à point de chaînette à un fil, à point de navette à 2 fils, à double point de chaînette et à deux fils).
- Singer, entre autres, apporta de notables perfectionnements à la machine primitive de Thimonnier qui exécutait le point de chaînette à un fil. Il imagina de passer le fil par l’œil de l’aiguille. Lorsque celle-ci a traversé l’étoffe, un crochet qui se meut en dessous et à peu près à angle droit avec elle pénètre entre le fil et l’aiguille et dans son mouvement de retour forme une
- Fig. 6. — Machine dite « bras brodeur » construite par Hurtu et Hautin en 1867. (Conservatoire des Arts et Métiers.)
- boucle. Puis, quand l’aiguille se retire, cette maille se trouve rejetée en arière par rapport au sens de progression du tissu. A ce moment, l’aiguille et le fil entrent dans le point voisin, le « looper » (crochet) accompagné de la maille précédente progressant en avant pénètre entre le fil et l’aiguille. Dans son mouvement rétrograde, il reprend alors le fil et réalise, lors de la rétraction de l’aiguille, une seconde boucle qui passe au travers delà première. Celle-ci se trouve donc relâchée et forme un point dit « de chaînette » qui a malheureusement l’inconvénient de se défiler en cas de raté en un endroit. Pour remédier à ce défaut, Singer, comme nous l’avons déjà noté plus haut, ajouta un organe à sa machine, qui forme un nœud tous les 8 points; grâce à cette disposition, la couture manque seulement sur une petite
- Fig. 5. — Machine à coudre Journaux-Leblond exécutant à volonté les 3 points de couture (1862).
- longueur et la solidité de l’ouvrage se trouve assurée.
- Dans les nouvelles machines à point de navette à 2 fils, on se sert toujours, comme Howe, d’une aiguille verticale percée près de la pointe d’un œil dans lequel s’engage le fil. Cette aiguille traverse l’étoffe en entraînant le fil, qui, à un certain moment, vient former une boucle au-dessous du tissu. Une navette porteur d’un second fil et revenant en arrière sur elle-même traverse ensuite
- Fig. 7. — Une machine moderne : Machine à coudre Athos à pédale. (Modèle 1929.)
- p.75 - vue 81/598
-
-
-
- 76
- Fig. 8. — Machine portative « Home » avec son moteur électrique e sa lampe d’éclairage. (Modèle 1929.)
- cette maille. Puis l’aiguille, ayant retraversé l’étofîe et ramenant son fil, détermine un serrage de la boucle formée avec le fil de la navette. L’ingéniosité des inventeurs s’exerça surtout sur ce dernier mécanisme. Les uns firent mouvoir la navette dans une coulisse rectiligne horizontale en lui imprimant un mouvement de va-et-vient, d’autres insérèrent cette pièce dans un petit disque animé
- Fig. 9, — Ouvrière cousant avec une machine Howe à moteur électrique. (Modèle 1929.)
- d’un mouvement circulaire continu ou la remplacèrent par un petit disque plat tournant avec une vitesse constante dans un plan vertical. Ce disque porte un bord saillant en forme de croissant, qui occupe la plus grande partie dé la circonférence et ses cornes un peu en saillie pénètrent aisément dans la boucle du fil de l’aiguille. A l’intérieur du disque se trouve une petite bobine garnie de fil qui passe à travers toutes les boucles du fil de l’aiguille.
- Enfin divers techniciens s’attachèrent à perfectionner les machines à double point de chaînette et à deux fils. Ce genre de couture diffère du point de chaînette simple, parce que le crochet inférieur ne forme pas seulement une boucle dans le fil de l’aiguille mais fait passer, autour des éléments de la première chaîne, un second fil formant à son tour une deuxième chaîne. Ce système permet de desservir l’aiguille et le crochet par des bobines continues ; il évite l’emploi des navettes d’entretien délicat et offre beaucoup de solidité, mais en revanche ce « point noué » consomme beaucoup de fil. Les modifications les plus intéressantes des machines de cette catégorie portèrent sur le jeu de la seconde aiguille. Tantôt, par exemple, on adapte à l’aiguille inférieure un crochet circulaire animé sur lui-même d’un mouvement de va-et-vient, tantôt une aiguille rectiligne se déplaçant dans un plan horizontal selon une sorte de trajectoire rectangulaire, tantôt enfin deux. aiguilles semblables travaillant dans un même plan vertical mais avec des directions obliques l’une sur l’autre et d’une manière symétrique. La chaînette se forme alors entre les deux étoffes qui ne montrent qu’un point de piqûre ordinaire sur leurs faces extérieures.
- LES MODÈLES ACTUELS
- Au point de vue de la pratique courante, on partage les machines à coudre actuelles en modèles à main et modèles à pied. Leur fonctionnement se ramène en principe, à réaliser les mouvements verticaux de va-et-vient de l’aiguille traversant les étoffes à joindre (descente, ascension partielle, temps d’arrêt, retour à la position primitive) ainsi que l’avancement de l’étoffe entre deux points consécutifs et la marche corrélative du second organe : aiguille, crochet ou navette. Ces diverses opérations s’obtiennent à l’aide de transmissions de mouvement solidaires d’un arbre tournant d’une façon continue.
- Les machines à main dites à faible rendement se montent, comme toutes les machines à coudre, du reste, sur un socle de bois ou de fonte. Une manivelle s’adapte directement aux engrenages qui actionnent l’arbre. Celui-ci détermine d’un côté le mouvement de l’aiguille et du tendeur portés par le bras de l’appareil et d’autre part la navette disposée sous le plateau. Le modèle à main et à rendement supérieur diffère seulement des précédentes par l’adjonction, entre la manivelle et les engrenages, d’un train d’engrenages supplémentaire. Cette « annexe de vitesse » accélère, comme son nom l’indique, l’allure de la machine. Pour le même travail, l’ouvrière donne moins de tours de manivelle.
- Il existe aussi des machines à main possédant une navette tubulaire vibrante. Celle-ci se .trouve dans un porte-navette, monté sur pivot de marche avant et
- p.76 - vue 82/598
-
-
-
- arrière et exécute plus vite des points de couture très réguliers. Ces couseuses manuelles peu encombrantes peuvent s’emporter facilement en voyage, car elles s’enferment dans un coffret et se transportent comme un bagage peu pesant. Certains modèles récents, par exemple YAthos ou la Howe portatives, marchent avec un petit moteur électrique et une lampe sert à éclairer l’ouvrière au cours de ses travaux. La mise en route, le réglage de la vitesse et l’arrêt de la machine s’effectuent à l’aide d’une pression du pied sur un rhéostat posé à terre et relié à la dynamo par un fil souple.
- Quant aux machines à pied, elles sont maintenant de
- .. ..............:..-.. - 77 =
- Souvent aussi un mécanisme accessoire permet la couture avant et arrière sans nécessiter l’arrêt du piquage. Le changement de marche se fait au moyen d’un petit levier muni d’une vis régulatrice disposée sur la graduation de longueur du point et qu’il suffit de remonter ou de redescendre.
- De leur côté, les machines rotatives oscillantes offrent certains avantages et travaillent plus rapidement que les tubulaires vibrantes. En particulier, dans le type rotatif à navette ronde, ce dernier organe, inséré dans le porte-navette, oscille de haut en bas et vice versa, en fournissant un plus grand débit. Parfois également
- Fig. 10. —Atelier de montage des machines à coudre Athos.
- trois forces différentes : les machines familiales, les machines rotatives oscillantes et les machines à navette centrale. -
- Les premières ressemblent aux machines familiales à main ci-dessus décrites, mais la table en bois, sur laquelle se monte chacune d’elles, repose sur un bâti en fonte. D’ordinaire, celui-ci comprend deux côtés réunis par une entretoise. Une tige de bois ou de métal appelée bielle relie la pédale à son volant d’entraînement. Ladite pédale détermine la rotation du volant qui, à son tour, grâce à une courroie de cuir, fait tourner la roue supérieure et le dé vidage du fil s’effectue automatiquement.
- les machines. de cette catégorie possèdent, indépendamment de la marche avant et arrière, un levier à genou, qui, disposé sous le côté droit de la table/permet à la couturière de lever le pied-de-biche par un simple mouvement de la cuisse sans avoir besoin de quitter son ouvrage. Ce système lui laisse donc toujours sa liberté manuelle. Enfin les tailleurs, les ateliers de couture et de confection se servent beaucoup actuellement des robustes machines à navette centrale, vu la vitesse de leur débit. Indépendamment de l’accroissement de leur volant d’en-traîneinent, elles diffèrent des autres machines à coudre par leur navette ronde. Celle-ci, au lieu d’avoir un
- p.77 - vue 83/598
-
-
-
- = 78 ..
- mouvement de droite à gauche comme dans les modèles à engrenage, d’avant en arrière comme dans les tubulaires vibrantes ou de rotation comme dans les rotatives oscillantes, ne décrit qu’un arc de cercle sur elle-même, d’où sa rapidité. Un jeu d’engrenages, fixé à l’extrémité de l’arbre intérieur, imprime ce mouvement de demi-rotation. En outre, on donne aux canettes rondes une assez grande épaisseur afin qu’elles renferment beaucoup de fil et qu’on n’ait pas besoin de les recharger souvent. Et même dans certains modèles très perfectionnés, on remplace la navette par une boîte à canette immobile contenant une plus grande quantité de fil. Aussi équipées avec un petit moteur électrique de 1/16" de cheval, elles marchent à vive allure et fournissent un excellent rendement journalier. Elles cousent avec la même aisance • les tissus les plus divers, les plus fins comme les plus épais, depuis la batiste et la soie jusqu’aux toiles de coton, depuis le crêpe de Chine ou les draps jusqu’aux gros velours de laine. Enfin l’adjonction de guides spéciaux permet aux machines de la plupart des catégories précédentes d’effectuer les travaux de couture
- les plus variés tels que ourlets à jour, bordage des étoffes, pose des soutaches, broderies à la chenille ou piqûres d’ouatage. Il sufît, pour cela, d’ajouter sur leur table, en avant de la fenêtre sur laquelle se trouve entraînée l’étoffe, de petites pièces accessoires (ourleur, pied à bord, bordeur, cordeur, ouateur, etc.). On réalise ainsi toutes espèces d’ouvrages.
- Comme cette courte esquisse le montre, la primitive couseuse de Thimonnier s’est singulièrement transformée. Au cours des cent dernières années, les techniciens des Deux Mondes, dont nous n’avons pu que citer l’élite dans les lignes ci-dessus, ont su faire de la fruste invention d’un ouvrier de génie, des outils de haute précision, propres à faciliter les divers travaux de couture. Les constructeurs actuels s’attachent surtout à diminuer les prix de revient de leur fabrication -en simplifiant les mécanismes et en perfectionnant les détails, de façon à mettre leurs remarquables machines à coudre à la portée des modestes foyers comme des petits confectionneurs.
- Jacques Boyèr.
- LE PLUS GRAND SOUS-MARIN DU MONDE, “ LE SURCOUF ” VIENT D’ÊTRE LANCÉ
- Suivant l’exemple des autres grandes nations maritimes, la Marine française a été conduite à construire un très grand sous-marin, qui doit servir à étudier les possibilités de manœuvre et les services à tirer d’une pareille unité.
- C’est dans cet ordre d’idées qu’a été conçu le Surcouf, dont le lancement a été effectué à Cherbourg, le 18 novembre, dans l’Arsenal Maritime, sur les cales duquel il a été construit.
- Comme il s’agissait d’un type de sous-marin tout nouveau, l’établissement des plans a exigé des études préparatoires très minutieuses et très poussées, qui ont retardé considérablement son avènement. La construction du Surcouf a duré 3 ans.
- Il est donc fort en retard sur ses similaires anglais et américains, mais ceci ne présente pas grande importance puisqu’il s’agit, pour le moment tout au moins, non d’un nouvel instrument de combat proprement dit, mais d’un navire d’étude.
- D’ailleurs le grand sous-marin anglais X , dont nous allons donner les caractéristiques, reste également un navire d’expériences et n’existe encore qu’à un seul exemplaire. Il a été lancé en 1923. Il déplace 2525 tonneaux en surface, 3600 tonneaux en immersion, avec une longueur de 106 m, 9,10 m de largeur et 5,30 m de tirant d’eau.
- Il porte deux moteurs de 3000 ch. chacun, plus deux moteurs auxiliaires de 1700 ch. pour le chargement des accumulateurs. La vitesse en surface est de 19 nœuds, de 9 nœuds en plongée. On pense que la capacité de ses
- accumulateurs lui permettrait de rester près de 40 heures en plongée.
- Le X, est très fortement armé. Il porté en effet 4 pièces de 130 mm à tir rapide et à grande portée, logées deux par deux dans des demi-tourelles situées à l’avant et l’arrière du kiosque central. Son équipage compte 129 personnes.
- Les Etats-Unis possèdent, en fait de grands sous-marins, la série des V dont la construction a commencé en 1925. Le premier en date, le V déplace 1900 tonnes en surface. Le tonnage des V5 et Vfi, mis en chantier en 1928, s’élèvera à 2822 tonnes en surface et à plus de 4000 tonnes en plongée. Outre leurs 2 moteurs de 2250 chevaux, ces bâtiments portent, comme le X anglais, 2 moteurs de 1000 ch servant à recharger les batteries d’accumulateurs.
- On a jugé que la vitesse de 17 nœuds suffirait pour assurer le genre de service qui leur sera confié. En réalité, le X anglais et les Y américains, dépassant de 1500 à 1800 tonnes le déplacement moyen des plus grandes unités sous-marines de service courant, constituent un type nouveau de bâtiment qu’on peut appeler le croiseur sous-marin ou le sous-marin de grande croisière. Ils sont comparables en effet aux nombreux croiseurs des modèles C et D anglais et aux croiseurs légers type Albany, Birmingham de la marine des Etats-Unis.
- Le Surcouf aura encore plus de droits à cette appellation de croiseur sous-marin. Son tonnage, fixé à 3250 tonnes en surface. 4304 en plongée, dépasse de près de 900 tonnes celui du X. et de 500 tonnes celui des V.
- 1 O
- p.78 - vue 84/598
-
-
-
- = 79
- américains. Sa longueur est de 120 m, sa hauteur totale de 13 m. Sa vitesse attendue sera de 20 noeuds en surface, 11 en plongée.
- Etant destiné comme ses similaires étrangers à de longs séjours à la mer et à des voyages lointains, il portera un approvisionnement de mazout lui permettant de parcourir environ 10 000 milles, soit 18 000 km à la vitesse de croisière de 10 nœuds.
- Son armement comportera 2 canons de calibre moyen et un fort approvisionnement de torpilles. Les tubes seront agencés pour pouvoir lancer les torpilles en salves, suivant la pratique actuelle. La partie émergée de sa coque recevra un cuirassement léger.
- Il est possible qu’il porte un petit hydravion. Dans ce cas, cet appareil aura vraisemblablement son logement dans une caisse étanche placée sur le pont.
- On sait que la Marine des Etats-Unis et probablement aussi la Marine anglaise étudient depuis quelques années l’utilisation de l’hydravion pour sous-marin.
- L’équipage du Surcouf comprendra 120 officiers et marins, lesquels devront trouver à bord, en raison des
- longs séjours prévus à la mer et des parages où ils se produiront, tout le confort dont ce type de navires est susceptible.
- Le sous-marin de grande croisière sera donc un navire destiné à opérer au large et à y faire de longues stations sans avoir à revenir à la côte y reprendre du combustible ou des approvisionnements. Il sera notamment capable de gagner, sans relâcher, les côtes de nos colonies lointaines, pour la défense desquelles il constituera un élément très précieux. Il pourra en effet aller rechercher au large et y attaquer les convois qui éventuellement seraient dirigés vers les côtes de nos possessions pour y débarquer leurs troupes.
- Les problèmes qui se posent pour faire naviguer en toute sécurité, sur l’eau et sous l’eau, un navire de pareilles dimensions, sont tout nouveaux.
- Du point de vue de la construction navale pure et de la science nautique générale, les essais du Surcouf ne manqueront pas de susciter un vif intérêt.
- C1 Sauvaire-Jourdan.
- Fig. 1. — Le sous-marin anglais XL (1923).
- LES LANGUES DEUROPE ET DU MONDE
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France vient d’emprunter à la deuxième édition de l’ouvrage de M. Meillet : Les langues dans VEurope nouvelle une série de données statistiques soigneusement rassemblées par M. Tesnière sur la répartition de la population à la fin de 1926, d’après la langue parlée d’une manière courante. 120 langues différentes sont actuellement parlées en Europe, dont les principales sont
- Presque toutes les langues parlées sont indo-européennes : 25 centièmes de la population de l’Europe parlent des langues du groupe latin; 23 pour 100 parlent des idiomes germaniques et autant des idiomes slaves.
- Pour compléter cette étude, M. Tesnière a di’essé sommairement une statistique comparative des langues du monde : il existe 29 langues dont chacune est parlée par plus de
- les suivantes : 10 millions de personnes; elles se classent ainsi :
- Nombre de Nombre de
- LANGUE personnes LANGUE personnes Millions Millions
- (milliers) (milliers). LANGUE de LANGUE de
- î. Allemand. . . 80 904 21. Danois. . . 3 418
- 2. Russe . . . . 70 254 22. Finnois. . . 3 324 personnes personnes
- 3. Anglais. . . . 47 002 23. Norvégien . 2 755 1. Chinois. . . . 400 16. Hindi oriental ( ) 25
- 4. Italie i. . . . 40 808 24. Slovaque. . 2 268 2. Anglais. . . . 170 17. Télougou (‘) . 24
- 5. Français . . . 39 842 25. Turc osmanli 2 004 3. Russe . . . . 80 18. Polonais . . . 23
- 6. Petit-Russe. . 33 945 26. Lituanien. . 1 936 4. Allemand. . . 80 19. Marathe (’). . 19
- 7. Polonais . . . 23 177 27. Tatar de Kazan 5. Espagnol. . . 65 20. Tamoul (') . . 19
- 8. Espagnol. . . 15 936 et de la Volga. 1 756 6. Japonais. . . 55 21. Coréen. . . . 17
- 9. Roumain. . . 13 739 28. Slovène. . . 1 582 7. Bengali ( ) . . . 50 22. Pendjabi (') . 16
- 10. Hollandais . . 11 570 29. Arménien. . 1 552 8. Français . . . 45 23. Annamite. . . 14
- 11. Hongrois. . . 10 190 30. Albanais . . 1 514 9. Italien. . . . 41 24. Roumain. . . 14
- 12. Serbo-croate 9 327 31. Azerbeïdjani 1 500 10. Turco-tatar. . . 39 25. Radjasthani ( ) 13-
- 13. Portugais. . 8 148 32. Lette. . . . 1 480 11. Hindi occiden al 38 26. Hollandais . . 13
- 14. Judeo-allemand . 7 504 33. Bachkir . . 1 410 12. Arabe . . . . 37 27. Canarais ('). . 10
- 15. Tchèque . . . 7 275 34. Estonien . . 1 093 13. Bihair ('). . . 36 .28. Oriya ('). . . 10
- 16. Grec. . . . . 6 915 35. Morave. . . 1 083 14. Portugais. . . 36 29. Hongrois. . . 10
- 17. Blanc-Russe . 6 621 36. Gallois. . . 1 059 15. Petit-Russe. . 34
- 18. Suédois. . . . 6 432 37. Tchouvache. 1 031
- 19. Catalan. . . . 5 054 38. Breton. . . 1 000
- 20. Bulgare . . . 4 839 1. Langue de l’Inde.
- p.79 - vue 85/598
-
-
-
- ALAYA (TURQUIE D ASIE)
- M. le Professeur Àly Wahby, de Constantinople a bien voulu nous communiquer les photographies ci-jointes relatives à la région d’Alaya où l’ont conduit ses recherches d’histoire naturelle et notamment ses travaux sur des Hyménoptères piqueurs, les Mutillides, fort redoutés des habitants.
- Alaya est un port situé au nord de l’île de Chypre, sur
- caroubiers et de figuiers et les champs de blé, de maïs et de sésame.
- La côte se relève rapidement vers l’intérieur et. l’on trouve en montant une série de paysages successifs : châtaigniers et cornouillers, puis pins et sapins, ensuite prairies de hautes altitudes, et enfin les sommets de plus de 3000 mètres couverts de neiges éternelles.
- Quelques aspects de la région d’Alaya
- 1. Le promonioir, entouré de murailles du moyen âge. 2. Les deux enceintes de murailles. ’ 3. L’arsenal du temps des Seldjoucides.
- 4. Kassab Olougou et le mont Akdagh. 5. Demir Kapou (1400 m). 6. Un cèdre du Liban à Tchakillija (1600 m).
- 7. Un troupeau de chèvres à Senbu Thchimen (2000 m) 8. Un chameau dans un marais à Egri Geul (2100 m); au fond, le Geik Dagh (3200 m).
- le golfe d’Adalia ; il fut fondé en 1220 par le prince seldjoucide Ala-ed-Din, sur l’emplacement de l’ancienne forteresse de Kalanoros. C’est une des forteresses les plus grandioses et les mieux conservées du moyen âge. Le promontoire* .est entouré sur plusieurs kilomètres d’une double enceinte de murailles crénelées, flanquées d’énormes tours. Autour, une ville nouvelle s’éparpille parmi les vergers d’orangers, d’oliviers, de vignes, de
- La faune, comme la flore, se répartit en zones suivant les hauteurs : par exemple, les daims et les perdrix grises à la côte, les bouquetins et les perdrix rouges sur les hauteurs, et il n’est pas douteux qu’une exploration méthodique apprendrait beaucoup sur la répartition géographique des espèces du bassin oriental de la Méditerranée.
- N.
- p.80 - vue 86/598
-
-
-
- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES1
- VI. CEUX QUI FURENT CONSIDÉRÉS COMME DE MAUVAIS ÉCOLIERS
- De ce qu’un enfant est un mauvais écolier, il ne faut pas en conclure, loin de là, qu’il n’est bon à rien, sans cependant aller — bien que je n’en sois pas loin — jusqu’à dire, comme cet humoriste—-je croirais plutôt, un fin psychologue — que « l’avenir est aux mauvais écoliers », sujet que l’on a, il y a quelques années, donné à développer aux candidats de je ne sais quel baccalauréat. Les exemples abondent qui montrent que, bien souvent, si un élève est médiocre, cela tient à ce que la tournure de son esprit est tellement dirigée vers une spécialité intellectuelle qu’il ne réussit pas à s’astreindre à apprendre les matières qu’on cherche à lui enseigner et qui ne répondent pas à ce qui l’intéresse particulièrement. On peut, dans les sciences (2 3), en citer de nombreux cas, entre autres ceux de Linné, Cavendish, Desfontaines, Davy, Eva-riste Gai ois, Dupuy de Lôme, Wurtz, Foucault, Victor Puiseux, Darboux et de bien d’autres; ce qui nous amènera, indirectement, à dire quelques mots d’Henri Poincaré, qui, cependant, fut, lui, un excellent élève.
- *
- Né à Rœshult, petit village de la province de Smoland, dans la Suède méridionale, le grand botaniste Linné (1707-1776) eut des débuts qui n’indiquaient en rien le génie qu’il devait devenir plus tard (’). Son père était pasteur protestant. Quoique peu fortuné, il s’imposa de grands sacrifices pour envoyer son fils au collège. Malheureusement — ou, plutôt, heureusement — Charles Linné s’v montra mauvais élève, préférant les livres de botanique aux classiques grecs ou latins et l’observation des plantes dans les champs aux travaux scolaires. Déclaré incapable, il fut renvoyé à son père, avec ce mot du Recteur : « Les étudiants peuvent être comparés aux arbres d’une pépinière : souvent, parmi les jeunes plants, il
- 1. Voir La Nature, depuis le N° 2808. Erratum : dans le N» 2822, p. 513, ligne 4, il faut, naturellement : à ne pas faire travailler leur intelligence (les deux mots sont tombés à la composition).
- 2. Sans vouloir, systématiquement,£faire l’apologie des cancres, on ne peut s’empêcher de remarquer qu il y en eut aussi de très nombreux parmi les artistes, auteurs dramatiques, poètes, politiciens, littérateurs, etc..., Ces derniers, quand ils sont sincères, n’hésitent pas à le reconnaître et, pour n’en citer qu’un, on peut reproduire ce qu’a dit de lui-même, Thomas Mann, cet écrivain allemand auquel vient d’être attribué le prix Nobel de littérature pour 1929 : « Mon passé est sombre, en sorte qu’il m’est extrêmement pénible d’en parler devant le public. D’abord, je suis un fruit sec du gymnasium... Paresseux, obstiné, d’humeur libertine, j’étais détesté de mes professeurs. Ces hommes distingués se trouvaient d’accord, et à juste titre, pour me prédire le plus pitoyable avenir». (Devant le Miroir, courte biographie parue en tête de la traduction Valère-Gille de Tristan.
- On peut aussi citer — encore un sujet d’actualité — ce que Clemenceau avait déclaré à un journaliste, M. Jean Martet, sur ses souvenirs d’études et sur la question de savoir s’il avait été bon élève : t Pas trop. Je ne crois pas avoir eu des quantités de prix » et sur celle de savoir s’il n’avait pas gardé des relations avec d’anciens camarades du collège de Nantes : « Eh bien, il y en avait quatre qui me flanquaient des piles tant qu'ils voulaient, sur tous les terrains. L’Un est devenu percepteur je ne sais où; l’autre, commis des douanes, le troisième, clerc de notaire, et le quatrième... je ne sais quoi... encore moins que ça... C’est ce qui prouve qu’il ne faut pas attacher une trop grande importance aux succès scolaires ». Ainsi parla le Tigre, qui, entre parenthèses, avait conservé un souvenir amer de ce que son père lui avait promis dix francs s’il était reçu au bachot et qu’il les attendit toujours.., origine, peut-être, de son humeur parfois massacrante.
- 3. Pizetta, Galerie des naturalistes. Paris, 1891.
- s en trouve qui, malgré les soins que l’on prend de leur culture, ressemblent absolument aux sauvageons; mais si, plus tard, on les transplante, ils changent de nature et portent quelquefois de bons fruits. C’est dans cet espoir que je vous renvoie votre fils; peut-être qu’un autre air fàvorisera son développement ». Sans probablement en être bien convaincu, ce Recteur, qui, chose curieuse, avait inconsciemment employé une comparaison botanique, avait vu juste, mais les choses, pour Linné, ne devaient pas aller si vite.
- Le père de Linné, homme juste mais sévère, irrité, de la paresse soupçonnée de son fils, résolut de le punir et, pour le mortifier, le mit en apprentissage chez un cordonnier. Voilà donc le pauvre enfant, bon gré, mai gré — plutôt mal gré — qui raccommodait de vieilles chaussures. Mais comme il s’en dédommageait, le dimanche, en allant courir les hois pour se livrer à son étude favorite ! Un de ces jours heureux où le jeune Linné, ayant fait une ample moisson de plantes, s était assis sur le revers d’un fossé, et, à l’aide d’une loupe, étudiait les détails de leur organisation, un étranger, au maintien grave, mais aux traits bienveillants, s’arrêta devant lui. Il lui adressa la parole, l’interrogea sur les plantes qu’il avait devant lui, et fut charmé, autant que surpris, de la chaleur et de l’intelligence avec lesquelles le jeune botaniste s’exprimait sur l’objet de ses études. Cet étranger était le Dr Rothmann, homme éclairé qui, devinant le mérite de ce jeune homme méconnu, l’accompagna chez son père, à qui il offrit de le prendre avec lui et de le mettre en état d’entrer à l’Université de Lund. Le pasteur accepta avec reconnaissance, et le jeune Linné suivit son protecteur à la ville, enchanté de quitter le service de Saint Crépin, pour lequel il ne se sentait aucune vocation. Après un séjour de quelques années chez le Dr Rothmann, qui guida ses premiers pas dans la carrière des sciences, Linné entra à l’Université de Lund, recommandé par son protecteur au Dr Stobœus, médecin habile et naturaliste instruit, qui mit sa bibliothèque à sa disposition.
- Pour ne pas nuire à ses études universitaires. Linné passait les nuits à lire dans cette bibliothèque; mais il ne tarda pas à tomber malade et retourna chez ses parents. Lorsqu’il fut rétabli, son protecteur lui conseilla d’aller à l’Université d’Upsal, alors célèbre, et ses parents lui donnèrent trois cents écûs en l’avertissant que ce sacrifice était le dernier qu’ils pourraient faire en sa faveur. Linné gagna Upsal et y commença ses études médicales; mais, bientôt, ayant épuisé ses faibles ressources, il se vit livré aux horreurs de la plus profonde misère, et, trop fier pour faire appel à la générosité de ses protecteurs, il serait mort de faim si un heureux hasard ne l’eût mis en rapport avec le savant théologien Olaüs Celsius, qui l’accueillit, le logea dans sa maison, l’encouragea et le fît travailler avec lui à son Hierobotanicon, répertoire des plantes dont il est question dans la Bible. Ce fut à cette époque que Linné conçut la première idée de la classification des plantes basée sur les organes floraux; il en fit l’objet d’un mémoire qu’il soumit à son picfesseur, le savant botaniste Rudbeck qui l’encouragea dans cette voie. La publication de son mémoire attira sur lui l’attention de l’Académie des sciences d’Upsal qui lui confia l’exécution d’un voyage scientifique en Laponie.
- *
- * *
- Cavendish (1733-1810), un des savants qui ont le plus contribué aux progrès de la science moderne, semble s’être fait lui-même, bien qu’il appartînt à une des premières familles d’Angleterre. Mais, n’étant que le second fils du duc de Devonshire, — en Angleterre, l’aîné seul hérite de ses parents,
- p.81 - vue 87/598
-
-
-
- == 82 . :: ==
- — il n’avait que des ressources assez restreintes, et, de plus, ses parents le considérant comme n’étant bon à rien, le traitèrent avec indifférence et s’éloignèrent peu à peu de lui.
- Il prit son sort en résignation et se dédommagea en se livrant aux sciences qu’il aimait passionnément et où il devait trouver une juste célébrité, tout en restant d’une grande simplicité, laquelle n’était pas exempte d’une certaine « originalité ». Son oncle, qui avait réalisé une immense fortune aux Indes, le fit, plus tard, son légataire universel; c’était de l’argent intelligemment placé.
- * %
- ' 1
- Desfontaines (1750-1833) est un bon exemple de ces anciens botanistes — un peu démodés à notre époque — qui, sans nulle ambition, se livraient avec ardeur à l’étude des plantes et témoignaient d’un esprit d’observation très fin et très scrupuleux. Il était né en Bretagne, au bourg de Tremblay, et, jeune, ne témoignait en rien des qualités qui, plus tard, devaient l’amener à être professeur au Muséum et Membre de l'Académie des sciences. «Cet enfant, qui devait un jour marquer sa place dans les Sciences, a écrit Flourens ('), fut jugé d’abord incapable de toute instruction. Le premier maître auquel on le confia, prononça qu'il ne serait bon à rien; et, sur ce beau pronostic, peu s’en fallut que son père ne se décida à en faire un mousse. Envoyé au collège de Rennes, le jeune écolier parvint à s’y dépouiller des timides embarras de son enfance; et, dès la première année, il y remporta plusieurs prix. Chargeant aussitôt son père d’en instruire son ancien maître, il lui recommanda bien de rappeler à celui-ci sa cruelle prédication qu’ii ne serait bon à rien : élan naïf d’une susceptibilité qui, dans le jeune âge, est un heureux indice. Vers 1771, Desfontaines vint à Paris pour se consacrer à la médecine ».
- Mais, bien souvent, au lieu d’aller à l’hôpital, il se rendait dans les « carrés » de Botanique, et, à la bibliothèque il consultait plus volontiers les ouvrages de Tournefort que ceux de médecine. « Cet adepte modeste, timide, qui ne cédait qu’en se le. reprochant à une passion presque défendue, intéressa Lemonnier, alors premier médecin du Roi et professeur au Jardin des Plantes. Il devina, sous cette enveloppe un peu gauche, une sagacité fine, un sentiment sérieux à l’étude profonde, unis au cœur le plus délicat et le plus capable d’une inviolable reconnaissance. Il encouragea Desfontaines et décida ainsi d’un avenir auquel la modestie du jeune homme l’eût, peut-être empêché d’aspirer... Cependant, sa délicate et fine probité se révoltait à l’idée qu’un changement de direction dans sa carrière, qu’un séjour à Paris, deviendraient une charge pour sa famille. Pour tranquilliser sa conscience, il refusa dès lors tout secours et trouva, dans sa pauvreté même, dans les rigoureuses privations qu’elle lui imposait, une sorte d’allègement aux regrets que lui laissait le souvenir du toit paternel. Quelques années plus tard, lorsque la mort de son père le mit, comme fils aîné et selon l’usage de sa vieille Bretagne, en possession de la presque totalité du patrimoine, il ne demanda à ses deux sœurs, entre lesquelles il le partagea, que de lui conserver une place au foyer de la famille ». En 1783, il alla explorer, durant trois ans, les côtes de la Barbarie et en rapporta de nombreux documents botaniques
- *
- * & -,
- Humphry Davy (1778-1829). le chimiste anglais bien connu, auquel on doit, entre autres découvertes, l’isolement du sodium et du potassium, était né à Penzance, petite ville du comté des Cornouailles. Son père avait., d’abord, exercé l’état de
- 1. Eloges historiques, seconde série.
- i ’ ' "
- sculpteur sur bois et de doreur, puis, ne réussissant pas, chercha à faire valoir sans plus de succès une petite ferme qu’il possédait. A sa mort, sa veuve resta, presque sans ressources, avec cinq enfants dont le plus jeune n’avait que 4 ans. « Cette femme respectable, a écrit Cuvier ('), ne perdit cependant point courage; occupée sans relâche de l’éducation de ses enfants, elle ouvrit d’abord, pour les soutenir, une boutique de modes et tint ensuite une pension où logeaient les personnes que leur santé amenait dans ce canton renommé, en Angleterre, pour un climat plus doux que le reste du royaume.
- « Le jeune Humphry, son aîné, déjà en état de connaître sa position et les seuls moyens qui pouvaient l’y soustraire, profita avec ardeur du peu de sources d’instruction qu’offrait ce pays reculé, et quelques-uns de ses maîtres ont prétendu s’enorgueillir depuis d’un disciple si célèbre; mais il a toujours dit que s’il y a eu quelque chose d’original dans ses idées, il l’a dû précisément à ce que les personnes chargées de l’instruire ne s’en occupaient guère et le laissaient, par indifférence, se livrer à toutes fantaisies. »
- Il avoue ainsi, lui-même, avoir été un écolier, sinon mauvais, du moins un peu excentriquement intermittent, ce que les cuistres n’estiment guère, en général.
- « Davy donc, laissé à lui-même, chassait, pêchait, parcourait en tous sens ce pays pittoresque, essayait déjà d’en chanter les beautés; car, dès son enfance, il était orateur et poète. Ses impressions se peignaient vivement dans ses discours; chaque fois qu’il rentrait à l’école, ses petits camarades l’entouraient; ils se pressaient, ils oubliaient tout pour l’entendre raconter ce qu’il venait de voir. Ses lectures ne l’agitaient pas moins que ses observations : à peine une traduction d’Homère lui fut-elle tombée sous les yeux qu’il se mit à composer, lui aussi, une épopée dont Diomède était le sujet. Cependant il fallait prendre un état plus sérieux, et sa mère le mit en apprentissage, à quinze ans, chez un pharmacien, lequel, comme tous ceux d’Angleterre, exerçait aussi la chirurgie et la médecine. Le jeune Davy était souvent obligé de visiter, pour lui, ses malades, ou de leur porter des remèdes, courses très conformes à ses premiers goûts. En parcourant ces riches paysages, il récitait à haute voix des vers d’Horace ou les siens, car il en avait déjà fait beaucoup.... Mais le comté de Cornouailles n’est pas seulement un pays pittoresque; ses roches primitives, leurs divers accidents, les filons métalliques qu’elles renferment; les mines profondes que l’on y a creusées dès avant les temps historiques; les nombreux ateliers où l’on élabore les produits, en font aussi un pays éminemment chimique et géologique. »
- Davy eut ainsi, involontairement, l’attention attirée par l’intérêt que présente la Chimie. « Une circonstance fortuite acheva de diriger vers des études plus positives cette jeune imagination. M. Grégoire Watt, fils de celui qui avait perfectionné la machine à vapeur, fut envoyé à Penzance pour une affection de poitrine, et logea chez Madame Davy. Le jeune garçon apothicaire, touché de la belle figure et des manières distinguées de ce nouvel hôte, conçut le désir de gagner son amitié; mais les Anglais ne se lient pas si vite, surtout quand ils diffèrent par la fortune ou par le rang; il fallait un prétexte. Davy n’en trouva pas de plus simple que d’entretenir M. Watt de chimie; il en avait déjà pris quelque teinture chez son maître, mais légère et purement pratique, qui ne pouvait devenir un sujet de conversation avec un savant. Quelqu’un à qui il parla de son projet, lui prêta la Chimie de Lavoisier, traduite en anglais. En deux jours il l’eut dévorée, et, ce qui est plus remarquable, dès ce moment, ignorant encore toutes les objections que Priestley et d’autres de ses compatriotes faisaient contre la théorie exposée dans ce célèbre ouvrage,
- 1. Mémoires de l’Académie royale des sciences de l’Institut de France, tome XII. Paris, 1833.
- p.82 - vue 88/598
-
-
-
- il déclara qu’il concevait une autre explication des phénomènes et s’occupa sérieusement de la développer. De vives discussions qu’il eut à ce sujet avec M. Watt, ne'firent que l'affermir dans sa résolution : le poète, le métaphysicien se décida à devenir tout à fait chimiste. Dans l’état de sa fortune, ce n’était pas une petite entreprise que de se procurer seulement les instruments nécessaires; mais ici, comme dans ses autres études, son courage et son esprit Subvinrent à tout. De vieux tuyaux de p'ipe, quelques tubes de verre achetés à un marchand de baromètres ambulant, formèrent ses premiers appareils. Le chirurgien d’un navire français, échoué près de Lands End, lui montrant ses instruments, il y remarqua un ustensile fort vulgaire chez nous, et d’un usage peu noble, dont, apparemment, la forme diffère dans les deux pays f1) ; concevant aussitôt la possibilité d’en faire la pièce principale d’une machine pneumatique, il la demanda avec insistance, l’obtint et la consacra en effet à cette destination bien imprévue sans doute du fabricateur. C’est ainsi que pour beaucoup de grands hommes, le malaise a été le meilleur maître... Pendant toute sa vie, M. Davy a continué à faire ressource de tout pour ses recherches; et la simplicité de ses appareils a toujours été aussi remarquable que l’originalité de ses expériences et l’élévation de ses vues, »
- Davy eut alors l’idée d’entreprendre un travail personnel : celui de déterminer la nature des gaz contenus dans les flotteurs des Fucus, ces algues brunes qui pullulent sur nos côtes maritimes, ce qui attira l’attention du Dr Beddoes, auquel il envoya son manuscrit et qui chercha à se l’attacher; l’apothicaire, dont Davy était l’employé, ne fit aucune difficulté à donner la liberté à ce « pauvre sujet » comme il le qualifia. Beddoes, reconnaissant, lui, la valeur scientifique de Davy, lui confia un laboratoire et lui permit de faire toutes les recherches qui l’intéresseraient. Bravo !
- Quoique d’une remarquable précocités le mathématicien Evariste Galois (1811-1832) fut considéré, dans sa jeunesse, comme un mauvais écolier, ce qu’il dut, peut-être, à l’absence d’une bonne direction et à son hérédité, à laquelle il devait un caractère un peu anormal.
- Il était né à Bourg-la-Reine (Seine). Son père était chef d’un établissement d’instruction fondé, avant la Révolution, par le grand-père d’Evariste. Sa mère, fille d’un savant jurisconsulte, avait une instruction solide. Elle avait puisé dans les auteurs classiques, qu’elle étudiait dans leur texte, le respect du stoïcisme et l’amour des vertus antiques. M. Galois père, homme de belles-l.ettres, spirituel et instruit, avait dû, comme maire de Bourg-la-Reine, jurer fidélité à Louis XVIII. Sa conscience le lui reprochait et les royalistes, nombreux dans son village, l’accusaient de n’avoir juré que du bout des lèvres. Leurs calomnies troublaient sa vie; il se délivra par le suicide du délire de la persécution. Evariste, élevé par sa mère, fut un aimable et heureux enfant. Quand, à l’âge de 12 ans, il fut placé comme interne au collège Louis-' le-Grand, il pleura ces beaux jours qu’il ne devait plus revoir. Il était bien préparé pour la classe de quatrième, mais les succès d’écolier ne le tentèrent pas. Ses maîtres, immédiatement, se plaignirent de lui; on le trouvait indigne de la classe (J. Bertrand).
- Son professeur de rhétorique déclara que « Galois paraît affecter de faire autre chose que ce qu’il faudrait. C’est dans cette intention qu’il bavarde si souvent : il proteste contre le silence. » Et un autre professeur écrit : « Sa facilité, à laquelle
- 1. Je pense que Cuvier fait allusion, ici, à un clysopompe (?).
- = 83 =
- il faut croire, quoique je n’en aie encore aucune preuve, ne le conduira à rien; il n’v a trace, dans ses devoirs, que de négligence et de bizarrerie. »
- Tout le monde, cependant, s’accordait à lui reconnaître une véritable passion, — voire une véritable « fureur » — pour les mathématiques, ce qui ne l’empêcha pas d’être refusé a 1 Ecole polytechnique et de n’obtenir, au Concours général, qu un quatrième accessit. Il réussit cependant mieux à l’examen d entrée à l’Ecole Normale. « C’est le seul élève, disait
- I examinateur de physique Peclet, qui m’ait mal répondu. On m a dit qu’il avait de la capacité en mathématiques; cela m étonne beaucoup, car, d’après un examen, je lui crois peu d intelligence, ou, du moins, il l’a tellement cachée qu’il m’a été impossible de la découvrir. Si cet élève est réellement ce qu il a paru être, je doute fort qu’on en lasse un bon professeur. »
- Pour des raisons politiques, il fut expulsé de l’Ecole Normale.
- II ouvrit alors un cours destiné aux jeunes gens qui, sentant combien l’étude de l’Algèbre est incomplète dans les collèges, désirent approfondir cette science. Il continua alors à se jeter avec ardeur dans la mêlée politique et devint un orateur influent du parti républicain avancé. Il fut enfermé à Sainte-Pélagie et, à sa sortie, tué en duel au sujet d’une femme qui, certes, ne méritait pas tant d’honneur; il avait alors 20 ans. Pendant cette trop courte existence, il avait publié des travaux mathématiques qui font aujourd’hui autorité.
- *
- * *
- Henri Dupuy de Lôme (1816-1885), dont le nom est lié à la construction des vaisseaux, était né à Plœmeur (Morbihan). Il descendait d’un Dupuy, fermier général sous Louis XV, dont la fortune fut partagée entre ses vingt-cinq enfants, ce qui fit un faible patrimoine à chacun d’eux. Son père était devenu amiral ; mais, pour des raisons politiques, dut prendre sa retraite prématurément.
- Quant à lui-même, dont la vie a été retracée par J. Bertrand ('), il fit ses études au collège de Lorient, d’abord un peu mollement. Les marins et les navires, qu’il voyait en se rendant au collège, l’intéressaient plus que l’enseignement. On pouvait l’accuser de paresse, non d’oisiveté; aucun livre, pour lui, ne valait un bateau. Pilote audacieux, il réalisait ses rêves et entraînait quelques camarades; voguant à vau-le-.vent, la jeune troupe, doublement joyeuse, fuyait les leçons et bravait la tempête. Vaincu par elle un jour, la bourrasque le jeta sur une grève presque déserte Lorsque, après 36 heures, le jeune naufragé reparut à Lorient, ses parents le pleuraient et le principal du collège, moins prompt à s’alarmer, avait inscrit sur la liste des punitions l’élève Dupuy « absent sans motif ».
- L’écolier indocile était, cependant, un assez bon élève. Agile à l’étude comme à la manœuvre, il se préparait aux compositions comme à un coup de vent et, chaque année, à la distribution des prix, remportait une ample moisson. Il fut reçu, plus tard, à l’Ecole Navale, puis à l’Ecole Polytechnique. Attiré depuis son enfance vers les choses de la mer, Dupuy de Lôme, en sortant de cette dernière, prit parti pour les constructions navales.
- *
- $ %
- Dans un prochain article, nous compléterons cet aperçu de quelques autres « cancres » présumés — à tort.
- (A suivre.)
- Henri Coupin.
- 1. Mémoires de l'Académie des Sciences, T. 44, 2e série, Paris, 1888.
- p.83 - vue 89/598
-
-
-
- : LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1929, A PARIS
- Dans son ensemble, novembre 1929 a été chaud, pluvieux et néanmoins bien ensoleillé. Sa température moyenne, 7°,1 est d’environ 1°,0 supérieure à la normale; ce mois a présenté, en fait, deux périodes bien distinctes; l’une froide du 1er au 19; l’autre anormalement chaude du 20 au 30. C’est au cours de cette dernière qu’a été relevé le maximum absolu, 15°,8, le 25. Les journées du 25 et du 28, les plus chaudes du mois, sont en même temps les plus chaudes que l’on ait observées à pareille date depuis 55 ans à l’Observatoire du Parc Saint-Maur.
- Le minimum absolu s’est produit aux dates des 4 et 18 et a été de —0°,8 au Parc Saint-Maur, mais en grande banlieue on constata — 2°,9 à Vaucluse (le 21) et — 2°,6 à Trappes (le 3) ; le maximum absolu, observé presque partout le 25, a été, au Parc Saint-Maur, de 15°,8.
- Le nombre de jours de gelée sous l’abri n’a été que de 3 et on n’a noté que 10 jours de gelée blanche à T Observatoire du Parc Saint-Maur.
- Les pluies ont été fréquentes et souvent abondantes. Le total mensuel recueilli a été de 71 mm 8 d’eau au Parc Saint-Maur et de 74 mm 3 au Parc Montsouris, soit 49 pour 100 de plus que la normale. Il y a eu 18 jours de pluie, contre 15 nombre moyen. La journée du 8 a fourni à elle seule 19 mm 5, soit 27 pour 100 de la hauteur mensuelle. On n’a noté aucune chute de neige.
- L’humidité relative moyenne a été 86,5 pour 100 et la nébulosité moyenne a été 71 pour 100 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur.
- La hauteur barométrique moyenne, 759 mm 3, au niveau de la mer, offre un déficit de 3 mm 1 à Saint-Maur et de 2 mm 9 à Montsouris.
- Un petit orage s’est produit le 26, vers midi, dans la banlieue Est.
- On a noté des chutes de grêle, par places, 4 jours.
- Brouillards presque quotidiens et épais dans la première décade, et presque inexistants dans la troisième; on en a compté 9 jours au Parc Saint-Maur.
- A Montsouris, on n’a constaté que 5 jours sans soleil, alors qu’on en compte en moyenne 12 en ce mois depuis 36 années d’observations.
- Le 12, une tempête a causé quelques dégâts à Paris et en banlieue.
- MOIS DE NOVEMBRE ANTÉRIEURS
- Novembre, terminant tantôt un été chaud, commençant tantôt un hiver froid, éprouve d’assez grandes variations de température. Sa moyenne normale qui se maintient le plus souvent près de 6° (5°,8) peut s’abaisser à 2°,3 (1782) ou s’élever à 10°,5 (1852). Ce mois présente aussi, vers le 21, un coup de froid assez marqué.
- Les fluctuations de la température de novembre’ retardent en moyenne de 6 ans sur celles de janvier, d’après M. L. Besson, et sont de sens contraire.
- Depuis 1757, voici les mois de novembre les plus froids :
- 1782 ........ 2°,3 O. 1871 .... 3°,1 O.
- 1786 ........ 3°,2 0. 1896. . . . 2°,7 P. S. M.
- 1788 ........ 2o,8 0. 1921 . . . . 2°,7 P. S. M.
- 1858 ...... 3o,l O.
- et ceux les plus chauds :
- 1817 ............. 9°,6 O. 1824 .... 90,6 O.
- 1818 ............. 9o,1 0. 1852. . . . l’0o,5O.
- 1821.............10°,2 O. 1913. . . . 9o,5 P. S. M.
- Les plus basses températures minima observées en ce mois ont été de — 15°,0 en 1890; — 14°, 1 en 1788; — 9°,2 en 1921 et — 9°,1 en 1902 et celles maxirna les plus élevées ont été de 21°,7 en 1899, 20°,4 en 1927, 20°,1 en 1897, 20°,0 en 1774 et 19o,9 en 1852 et en 1881.
- lies mois de novembre les plus secs ont été ceux de : 1820, 9 mm 4 d’eau; 1871, 9 mm 6 (Obs. de Paris, pluv. de la cour) ; 1897, 10 mm 3 et 1904, 11 mm 2 (Obs. du Parc Saint-Maurl. En 1752, la grande sécheresse d’octobre se prolongea aussi en novembre et à l’Observatoire de Paris, au pluviomètre de la terrasse, l’on ne recueillit, en ce mois, que 1 mm 5 seulement en 1 jour de chute. En 1901, à l’Observatoire de Mont-souris, on ne recueillit seulement, en novembre, que 8 mm 6 d’eau.
- Les plus pluvieux ont été ceux de : 1872, 128 mm 1 d’eau; 1882, 115 mm 3; 1825, 115 mm 0 (Obs. de Paris, pluv. de la cour) et 1910, 113 mm 6 (Obs. du Parc Saint-Maur).
- Novembre, en 1758, eut 2 jours de chute de pluie; en 1788, 1846, 1897 et 1901, 4; en 1878 on en compta 25; en 1836 et en 1910, 24.
- En 1875, on releva, à Montsouris, une des plus fortes chutes d’eau en 24 heures, constatées en novembre : 31 mm 3.
- Les mois les plus clairs furent ceux de : 1788 nébulosité moyenne, 32 pour 100; 1828, 1852, 1908, 52 pour 100; 1897, 1920 et 1921, 53 pour 100 et les plus couverts, ceux de : 1888 et 1900. 84 pour 100; mais novembre 1841 tient le record, car le ciel est resté complètement couvert durant 29 jours. La nébulosité normale est 71 pour 100. On eut jusqu’à 18 jours de brouillard en 1922 et 1925 au Parc Saint-Maur. Le 15 novembre 1909, il y eut, à Paris, un obscurcissement très intense du ciel, de 9 heures à midi.
- Le 12 novembre 1894, le vent souffla en rafales des plus violentes et la vitesse du vent au sommet de la tour Eiffel, atteignit 44 à 45 m et alla même jusqu’à dépasser 50 m à la seconde; à l’observatoire Gruby, à Montmartre, on enregistra 45 m également.
- Le 18 novembre 1916, à 22 h 25, au Parc Saint-Maur, le baromètre indiquait une pression anormalement basse, 722 mm 7, au niveau de la mer; aussi, c’était-il la baisse la plus importante après celle constatée à l’Observatoire de Paris, 719 mm 4 (niv. de la mer), le 24 décembre 1821.
- En 1919, le 15, à Paris, il y avait dans la matinée une couche de neige très épaisse qui, en certains endroits, atteignait jusqu’à 20 cm et l’on comptait déjà à cette date, depuis le début du mois, 7 journées de neige, ce qui ne s’était pas vu depuis 75 ans, affirmait alors M. Angot.
- Novembre, en 1926, comme en 1877 et en 1892, ne donna aucun jour de gelée, sous l’abri à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, tandis qu’en 1901 et en 1921, à Montsouris, on en constata 17 et 18.
- Les 26 et 27 novembre 1883, on observa, au moment du coucher du soleil, un crépuscule rouge et extraordinairement lumineux, qu’on ne pouvait confondre avec une aurore.
- Em. Roger.
- Membre de la Société météorologique de France.
- p.84 - vue 90/598
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- «A -
- LES AIGUILLES DE PHONOGRAPHES
- On sait que les aiguilles de phonographes, actuellement employées, doivent être changées après chaque audition, ou, tout au moins, après avoir « joué » les deux faces d’un disque.
- Il existe bien des aiguilles semi-permanentes à extrémité très fine et cylindrique qui permettent de jouer une vingtaine et même une centaine de disques. Ces modèles évitent évidemment la nécessité du changement d’aiguille, mais ils présentent l’inconvénient d’être en métal beaucoup plus dur que les aiguilles ordinaires, et il en résulte naturellement une usure plus rapide du disque.
- Il semble donc préférable d’adopter simplement les aiguilles d’acier du modèle ordinaire et le type courant de ces aiguilles a une extrémité conique dont la pointe vient reposer au fond du sillon sonore [a, fi g. 1).
- L’audition est d’autant plus forte avec ces aiguilles que leur diamètre est plus grand, et il est évident que, plus le 0 diamètre est grand, plus l’usure du disque est également rapide, c’est pourquoi il sera bon de choisir l’aiguille du diamètre exactement conforme à l’intensité de l’audition désirée, mais aussi réduit que possible.
- La pointe de l’aiguille s’use rapidetaent, et, si l’on voulait continuer à employer une aiguille usée, elle agrandirait très vite le sillon sonore en détruisant toutes les courbes fines et resserrées qui correspondent aux notes aiguës et aux timbres caractéristiques de la musique et de la parole.
- Un autre modèle courant d’aiguille très pratique est le modèle dit «1er de lance » (b, flg. 1).
- L’intensité de l’audition fournie par ce modèle est d’autant plus grande que le diamètre de la partie cylindrique est plus grand, et que la surface de la pointe fer de lance est également plus grande.
- Ces aiguilles présentent la particularité intéressante de permettre d’obtenir une audition d’intensité variable en faisant varier la position du plan de l’extrémité de la pointe fer de lance par rapport au plan vertical tangent au sillon sonore au point de contact. L’intensité est maxima lorsque le plan du fer de lance est perpendiculaire au plan vertical du sillon, et minima lorsque les deux plans se confondent, o’est-à-dire lorsque le plan vertical passant par le fer de lance est tangent au sillon au point de contact.
- 11 y .a enfin une troisième catégorie d’aiguilles assez employées, ce sont les aiguilles triangulaires en fibres de bambou; ces aiguilles n’usent pas le disque, peuvent être retaillées plusieurs fois, et donnent des auditions musicales d’une tonalité très douce (d, fig. 1). Elles ont, par contre,
- Fig. 1. — Différents modèles d’aiguilles de phonographes.
- a) Aiguille ordinaire conique.
- b) Aiguille fer de lance.
- c) Aiguille semi-permanente à pointe fixe.
- d) Aiguille en bois.
- l’inconvénient de permettre avec moins de succès la reproduction de la parole et du chant, qui prennent une tonalité généralement trop assourdie.
- En réalité, on voit donc qu’on peut très simplement adopter, le plus souvent, une aiguille conique ou en fer de lance.
- UN PrCK-UP TRÈS SIMPLE
- La construction d’un pick-up électromagnétique est, en réalité, assez délicate lorsqu’on veut obtenir un bon résultat. Il faut que l’armature soit assez mobile pour suivre les sillons resserrés et fins, correspondant aux notes aiguës et assez amortie pour ne pas être cause de vibrations parasites.
- Il faut, en outre, que l’armature soit assez rapprochée des pièces polaires pour produire des variations suffisantes de l’état magnétique du système, et cependant pas trop rapprochée non plus, afin d’éviter tout collage accidentel qui déformerait la reproduction..
- Dans un modèle très simple, de prix très peu élevé, réalisé récemment, et destiné à des appareils d’amateurs, ces principes ont été appliqués de la façon la plus ingénieuse.
- L’armature vibrante B est amortie au moyen d’un dispositif b et articulée par un système élastique a remplaçant les axes et pivots; le jeu entre l’armature et les pièces polaires est très faible (fig. 2).
- L’ensemble du système est enfermé dans un carter en buis évitant toute résonance et très léger, puisque tout le système ne pèse que 90 grammes.
- Ce petit accessoire pourra donc être avantageusement adopté par les amateurs et les usagers qui désirent réaliser un ensemble de reproduction phonographique d’un prix modique.
- Fig. 2. — Pick-up électromagnétique simple perfectionné.
- A gauche, disposition'schématique. — A droite, aspect intérieur DE DÉVELOPPEMENT ACTUEL DU PHONOGRAPHE
- (Type Sirrix-Ferrix). ' RADIO-ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- ET LE CINÉMATOGRAPHE SONORE
- Nous avons indiqué plusieurs fois dans nos chroniques les avantages immenses de la reproduction électrique sur la reproduction mécanique des disques de phonographe.
- Il ne faudrait pas, pour cela, mépriser sans doute les qualités actuelles des systèmes reproducteurs mécaniques, mais on peut constater que la reproduction électrique permet une audition vraiment fidèle, d’une ampleur et d’une perspective saisissantes, avec une .reproduction intégrale des fréquences basses, du moins lorsqu’elles sont enregistrées. Elle permet aussi de faire varier à volonté le volume de son fina-
- p.85 - vue 91/598
-
-
-
- 86
- Fig. 3. — Phonographe radioélectrique Radiola avec haut-parleur électromagnétique.
- lement obtenu, et de diminuer en grande partie les bruits dus aux grattements de l’aiguille reproductrice.
- Nous avons montré, d’autre part, dans les articles récents parus dans La Nature et relatifs à la fabrication des disques, que les fréquences basses au-dessous de 150 étaient mal enregistrées, et que les fréquences, élevées au-dessus de 5000 à
- Fig. 5. —• Phonographe radioélectrique Thomson-Houston alimenté par le secteur et à haut parleur électrodynamique.
- 6000 périodes étaient également difficiles à fixer fidèlement sur le disque, de telle sorte que la courbe caractéristique correspondant à l’intensité des fréquences enregistrées présente un maximum vers la fréquence 1000.
- La reproduction électrique permet d’améliorer encore les résultats obtenus avec les disques par l’utilisation convenable des défauts, en quelque sorte compensateurs, des organes du dispositif de reproduction : pick-up, amplificateur de puissance et haut-parleur.
- Il est donc évident que tous les organes d’un phonographe électrique doivent être étudiés en fonction les uns des autres, et non pas séparément, de façon que le résultat final soit aussi bon que possible. Ce résultat n’est obtenu que si les constantes du haut-parleur, du circuit de sortie de l’amplificateur de puissance, des lampes émployées, des systèmes d’alimentation et de polarisation, etc., sont déterminées d’une manière homogène.
- Le phonographe radioélectrique est un appareil de cons-
- Fig. 4. — Phonographe radioélectrique Radio LL Modèle simple à haut-parleur séparé.
- truction récente, tout au moins en France, et sa réalisation a pu bénéficier des progrès accomplis jusqu’à ce moment en radiotechnique. Comme on a pu le voir au dernier Salon de la T. S. F., le nombre des modèles présentés augmente constamment, et ils sont d’ailleurs souvent combinés avec des appareils récepteurs de T. S. F. ou des appareils de projection cinématographique.
- On peut indiquer que presque tous les modèles de phonographes électriques comportent des caractéristiques à peu près analogues, ce qui ne signifie pas, d’ailleurs, que les détails de montage ne soient pas différents ni que la construction même des différents organes soit réalisée de la même manière.
- Dans presque tous les appareils actuels, l’entraînement du disque est assuré au moyen d’un moteur électrique, le pick-up adopté est électromagnétique, l’amplificateur est alimenté par le courant du secteur et enfin le haut-parleur est du type électro-dynamique à bobine mobile et à cône flottant, les haut-parleurs électromagnétiques étant réservés aux modèles simples (fig. 3, 4, 5).
- p.86 - vue 92/598
-
-
-
- = 87
- Les systèmes à moteur électrique employés diffèrent souvent assez profondément; la régularité de la rotation est assurée au moyen d’un régulateur à force centrifuge à boules, relié à l’arbre du moteur au moyen d’un pignon et d’une vis sans fin, mais le dispositif d’entraînement du plateau supportant le disque peut varier suivant les modèles.
- Cet entraînement peut être réalisé, d’abord, par l’intermédiaire d’une vis sans fin et d’un pignon, mais on emploie aussi souvent une roulette en caoutchouc fixée sur l’arbre du moteur, et qui vient frotter sur le rebord du plateau porte-disques. Dans ce cas, c’est généralement le plateau qui entraîne le régulateur, et ce dernier n’est pas relié directement au moteur.
- Enfin, dans certains modèles très récents, l’arbre du moteur porte directement le plateau porte-disques, le constructeur ayant pu établir un moteur tournant à très faible vitesse, de 75 à 80 tours à la minute.
- Dans la plupart des dispositifs adoptés, d’ailleurs, les techniciens ont réussi maintenant à obtenir une vitesse de rotation uniforme, et des bruits réduits au minimum pendant le fonctionnement.
- Si le principe des pick-up est actuellement toujours le même, d’autre part, pour les différents modèles, puisqu’on utilise, en principe, uniquement des systèmes électromagnétiques, il ne s’ensuit pas que leur construction soit identique, quelle que soit leur marque.
- Le problème de la fixation de l’armature vibrante sur ses pivots, de l’amortissement des mouvements de cette armature, de la réduction au minimum de son poids pour diminuer son inertie, de la détermination du poids total de l’ensemble du pick-up, afin d’éviter à la fois l’usure prématurée du disque et les vibrations, est extrêmement complexe.
- Fig. 7. — Double mouvement phonographique avec pick-up et amplificateur,
- destiné à la reproduction sonore pour accompagnement de projections cinématographiques.
- Fig. 6. — Poste radiophonographique Radio LL avec réception radiophonique à changement de fréquence et réglage unique et phonographe radioélectrique. L’alimentation est effectuée tout entière par un secteur à courant alternatif.
- Notons seulement que l’on préfère souvent dans les appareils à grande puissance des pick-up relativement lourds et à armature assez amortie. Les courants basse fréquence produits par ces pick-up sont sans doute assez faibles, mais il est facile de les amplifier à volonté, et l’on diminue ainsi au minimum le risque de déformation de la reproduction par des bruits parasites provenant des vibrations propres de l’armature.
- On utilise encore aujourd’hui comme bras porte-pick-up, des bras acoustiques analogues à ceux des phonographes ordinaires, mais il est préférable d’adopter un modèle destiné spécialement à cet usage, et comportant un système compensateur à ressort ou à contrepoids, permettant d’équilibrer en partie, et d’une façon réglable, le poids du pick-up.
- Dans certains modèles de bras supports, on a prévu, d’autre part, un dispositif mécanique d’orientation permettant de donner constamment à l’armature vibrante une position correcte par rapport au sillon sonore.
- La plupart des amplificateurs de puissance montés sur les phonographes radioélectriques de modèles courants comportent seulement deux étages : un premier étage avec une lampe à tension plaque relativement faible et un deuxième étage avec une lampe à forte tension plaque ou deux lampes également de grande puissance simple en parallèle ou én push-pull.
- Dans quelques modèles, l’alimentation est encore assurée au moyen de batteries d’accumulateurs conjugués avec .des chargeurs plus ou moins automatiques, mais la solution la plus générale consiste dans l’alimentation totale par le courant alternatif d’un réseau.
- La tension plaque est obtenue facilement, le plus souvent
- p.87 - vue 93/598
-
-
-
- au moyen d’une valve de redressement biplaque à vide, suivie d’un circuit filtre bien étudié dont le bobinage à fer est formé quelquefois par l’enrôulement inducteur du haut-parleur électrodynamique.
- Pour l’alimentation des filaments, on choisit généralement comme première lampe une lampe à chauffage indirect et les autres lampes sont, le plus souvent, à chauffage direct; dans quelques modèles, on emploie encore une boîte d’alimentation par courant redressé et filtré.
- Le haut-parleur le plus employé, d’autre part, est comme nous l’avons noté, le haut parleur électrodynamique et les modèles électromagnétiques ne sont plus employés que sur les modèles simples.
- La plupart de ces phonographes sont présentés sous forme de meubles contenant le mouvement phonographique avec son moteur et son plateau d’entraînement, le pick-up avec son bras support, l’amplificateur avec ses accessoires d’alimentation et enfin le haut-parleur.
- La disposition des différents modèles ne varie guère; la partie supérieure du meuble renferme le mouvement phonographique et le pick-up ; en dessous sont placés l’amplificateur et ses organes d’alimentation, le haut-parleur avec son diffuseur; seule, la forme de l’ébénisterie varie, et, d’ailleurs, les constructeurs français ont réussi à établir des ensembles phonographiques ayant l’apparence de luxueux et élégants meubles de salon.
- Certains de ces meubles renferment les casiers très pratiques destinés au classement des disques; ce qui évite toute recherche ennuyeuse et réduit les risques de détérioration.
- A côté de ces modèles de phonographes-meubles, on voit apparaître quelques types de phonographes radioélectriques portatifs renfermant dans une valise un mouvement phonographique à moteur mécanique avec pick-up, un amplificateur alimenté par des batteries de piles et un accumulateur à liquide immobilisé ou irrenversable et enfin un haut-parleur électromagnétique.
- Les ensembles complets comportant à la fois un phonographe radioélectrique et un récepteur radiophonique peuvent être appelés des radiophonographes ; les Anglais leur donnent le nom de radiogramophones ou plus simplement de radio-grames et ils semblent, d’ailleurs, encore plus répandus en Angleterre qu’en France.
- Dans ces appareils, l’amplificateur basse fréquence de puissance et le haut-parleur, le plus souvent électrodynamique, sont communs au récepteur radiophonique et au phonographe radioélectrique, mais cet amplificateur est généralement alimenté par le courant du secteur, alors que le poste récepteur radiophonique est encore souvent, en France du moins, alimenté par des batteries d’accumulateurs conjugués avec un rechargeur (fig. 6).
- Pour obtenir avec ces appareils une audition puissante et pour des émissions locales, il n’est évidemment nullement
- besoin d’utiliser un poste récepteur très sensible, et une simple détectrice à réaction suffit; il en est de même pour la réception des émissions sur ondes très courtes.
- Ces radiophonographes, qui sont presque toujours présentés en France dans des ébénisteries luxueuses (il existe pourtant quelques modèles portatifs) sont des appareils de prix élevé; mais ils permettent vraiment aux usagers d’apprécier au maximum toute la valeur des applications musicales actuelles de la radiotechnique.
- Enfin, nous avons déjà indiqué dans La Nature que les appareils actuels de cinématographie sonore comportait un dispositif de reproduction sonore synchronisée, à enregistrement sur disque ou sur film sensible.
- Les appareils complets à synchronisme . automatique, français, allemands et surtout américains, sont encore d’un prix très élevé, bien qu’on voie déjà apparaître des modèles simplifiés s’adaptant à un projecteur cinématographique ordinaire. Il est possible, dès à présent, d’autre part, de réaliser des effets fort intéressants d’accompagnement sonore musicaux ou vocaux, à l’aide d’un phonographe radioélectrique qui n’est pas synchronisé avec le film d’une manière absolue.
- Pour obtenir dés résultats satisfaisants, il est évidemment nécessaire, pourtant, de choisir avec soin les disques à reproduire et d’utiliser un phonographe de caractéristiques un peu spéciales et assez puissant si la salle de spectacle est de grandes dimensions.
- L’importance de cette question augmente constamment à l’heure actuelle pour les exploitants de salles cinématographiques; indiquons seulement que les ensembles de reproduction sonore destinés à cet usage comportent un seul amplificateur de puissance alimenté par le courant d’un secteur et deux mouvements phonographiques avec deux pick-up (fig. 7).
- Des interrupteurs permettent de mettre séparément ou simultanément en circuit les moteurs électriques des phonographes, et de relier également simultanément ou séparément les pick-up à l’amplificateur. De cette façon on peut obtenir une audition continue en changeant les disques et reproduire un disque après l’autre sans risque d’entendre un bruit d’aiguille du pick-up au moment du démarrage ou de l’arrêt du plateau.
- On peut aussi obtenir des effets de reproduction sonore combinés, en employant à la fois les deux phonographes avec des disques différents convenablement choisis.
- On voit, par cette étude sommaire de l’évolution actuelle du phonographe à reproduction électrique, l’étendue de plus en plus grande des applications de ce nouvel instrument musical. Ce n’est plus seulement un appareil d’amateur aux sonorités merveilleuses, il tend souvent à remplacer l’orchestre des petites salles de spectacles et commence à s’imposer par la reproduction de films sonores plus ou moins synchronisés.
- P. Hemardinquer.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ENTRETENONS NOS CARRELAGES
- Les enduits que l’on applique sur les sols carrelés sont habituellement désignés sous le nom de siccatifs parce qu’ils sèchent rapidement, ce sont en réalité des vernis, qu’il ne faut pas confondre avec les poudres ou liquides ajoutés aux peintures pour en activer la siccativité.
- Les siccatifs pour carrelages sont de deux sortes : ceux à l’alcool ou siccatifs à l’esprit et ceux aux vernis gras ou siccatifs à l’essence.
- 1° Siccatif à l’esprit:
- Prendre :
- Ocre rouge ou jaune................. 500 grammes
- Vernis blanc à l’alcool . . . . . 1000 cm3
- Le vernis blanc commun dit à parquets peut lui-même se préparer
- facilement en faisant digérer pendant plusieurs jours dans un flacon
- et agitant fréquemment:
- Gomme manille concassée................. 200 grammes
- Colophane concassée..................... 300 —
- Alcool à brûler........................ 1000 cm3
- 2° Siccatif à l’essence.
- Ocre jaune ou rouge.................. 500 grammes
- Vernis gras à la colophane........... 1200 cm3.
- La préparation des vernis gras comportant une cuisson et une siccativation de l’huile, soit par la litharge, soit par les sels de manganèse, ne peut être entreprise par des amateurs, car la connaissance de certains tours de main est nécessaire; il convient donc, dans ce cas, de faire acquisition du vernis gras tout préparé, ce qui évite des mécomptes.
- p.88 - vue 94/598
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Novembre 1929,
- ELECTION
- Au cours du mois de novembre, M. Ernest Esclangon a été élu Membre de la section d’Astronomie en remplacement de M. Pierre Puiseux.
- OPTIQUE
- Sur un phénomène d'optique atmosphérique (M. R.
- Gindre). — Le 23 octobre dernier, le sommet de l’observatoire du Pic du Midi dépassait environ de 500 m une mer de nuages s’étendant uniformément jusqu’à l’horizon nord, et l’ombre d’un observateur, sur la surface de cette mer, semblait entourée de trois auréoles, légèrement elliptiques, colorées en bleu violet à l’intérieur, en rouge à la périphérie. Un tel phénomène a reçu, on le sait, le nom d’anthélie ou spectre du Brocken. De chaque côté de l’anthélie commençaient deux bandes lumineuses rectilignes, larges de 2° environ, s’éloignant de l’observateur jusqu’à l’horizon, leur point de concours étant, en arrière de l’observateur, dans le plan vertical du soleil.
- Les mesures effectuées par M. Gindre ont indiqué qu’en prenant pour repère le centre des cercles anthéliques, les bandes qui doivent avoir une grande analogie avec le phénomène dénommé cercle d’Ulloa ou arc-en-ciel blanc étaient symétriques par rapport à ce plan vertical du soleil, dont la hauteur s’évaluait à 23°. Ce cercle était fait de gouttes d’eau réparties dans l’espace sur un cône ayant pour axe la direction soleil-observateur. Le sommet étant l’observateur lui-même, le diamètre angulaire de l’arc-en-ciel blanc mesurerait son ouverture, la section par un plan horizontal ne passant pas par le sommet étant, suivant la hauteur du soleil, une ellipse, une parabole ou une hyperbole.
- Tout concorde ainsi à faire voir dans les bandes paranthé-liques un cas particulier du grand cercle de Bouguer.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Sur un nouveau produit dérivé du pyramidon (MM. R.
- Ciiaronnat et R. Delaby). •— MM. Pictet, M. et A. Polonovski ayant montré que, sans diminuer leur action pharmacodynamique, on atténue considérablement la toxicité de certains alcaloïdes en fixant de l’oxygène sur l’azote tertiaire, MM. Cha-ronnat et Delaby ont tenté de préparer les aminoxydes du pyramidon. Ils ont réussi ainsi à obtenir un composé plus riche de deux atomes d’oxygène, mais très différent, quant à ses propriétés, des aminoxydes.
- Ce « dioxypyramidon » s’obtient par action du perhydrol sur le pyramidon et les analyses élémentaires lui donnent la formule brute C13Ht7Or,N5. Il cristallise difficilement, en l’absence de germes et, par cristallisation lente, donne des prismes tabulaires, d’apparence orthorhombique, incolores, transparents, fusibles à 105°,5 neutres et à l’hélianthine. Le nouveau dérivé ne fournit pas de composés définis et les propriétés basiques du pyramidon ont disparu. Le chlorhydrate s’obtient en milieu éthéré, mais on n’a pu en retirer un chloro-platinate analogue à celui qui correspond au pyramidon. Réduisant le réactif cupropotassique au bain-marie, mais présentant des réactions négatives avec les acides nitreux, nitrique et sulfurique ou les persulfates et le nitrate d’argent, le dioxypyramidon est, du point de vue pharmaco-dynamique, à peu près aussi analgésique et antitoxique que le pyramidon. Plus soluble que lui, il en a les propriétés hypnotiques, sans en présenter les incompatibilités pharmaceutiques.
- CHIMIE VÉGÉTALE
- Les théostérols du cacao (MM. H. Labbé, Heim de Balsac et R. Lebat). — Les matières grasses extraites par simple pression à chaud de la fève de cacao constituent le beurre de cacao industriel et les auteurs ont cherché d’abord à déterminer les proportions et la nature des principes insaponifiables variant avec l’origine du produit. Le mode opératoire était le suivant. On procédait par saponification en milieu alcoolique, au contact d’un excès de soude; après envoi d’un courant de gaz CO2 pour saturer l’excès d’alcali et maintenir une atmosphère inerte, la masse mélangée avec du sable, et séchée, puis granulée, était reprise par l’éther. Cette solution laissant une masse pâteuse, les stérols bruts, l’addition d’éther de pétrole en précipitait des cristaux d’j.-stérol presque pur. La portion soluble dans cette essence légère était soumise à une nouvelle saponification, sous l’action de la potasse alcoolique, l’épuisement par l’éther éthylique et la distillation de la nouvelle solution donnaient une seconde masse cristalline, désignée sous le nom de [3 -stérol. Pour 100 gr de beurre, les résultats globaux fournis par des beurres d’Accra, de Lomé, de Cameroun, de Bahia, de Caraque et de Trinitad ont indiqué respectivement : 0,34 — 0,26 — 0,40 — 0,40 — 0,70 — 0,345.
- Ensuite, les auteurs ont fait porter leur recherches sur les divers éléments botaniques du fruit : fève, germe, coque, et les deux variétés de stérols a et J3, ont été retrouvées dans les mêmes proportions, aussi bien dans le beurre de fève que dans le beurre de coque.
- GÉOLOGIE
- Le Cénomanien dans la vallée de Qanzevilîe (M. C. P.
- Nicolesco). — Tandis que les travaux de E. Hébert, A. de Lapparent, J. Lambert, A. Bigot, G. F. Dollfus apportent une large contribution à la connaissance de la géologie, pour la Seine-Inférieure et le pays de Caux, les études de M. P. Lemoine montrent l’intérêt que présente l’étage cénomanien pour les recherches d’eau potable. Mais dans la région au sud, sud-ouest et sud-est de Fécamp, l’auteur de la note présentée à l’Académie signale de nouveaux affleurements, dont certains, comme ceux de la vallée de Ganzeville, montrent des couches sur une étendue de 6 km.
- L’exploitation de deux carrières (Val aux Clercs, Bec de Mortagne) et le tracé de la ligne de chemin de fer de Breauté-Beuzeville à Fécamp avaient mis à jour les assises de cet étage et permis de faire le relevé cartographique. En août dernier, sous les couches turoniennes de la première carrière abandonnée, sont nettement apparus des calcaires gris, tantôt compacts et très durs, tantôt vacuolaires et friables, appartenant au Cénomanien. Au nord de la carrière de Ganzeville, ces couches sont masquées par les habitations, mais on peut les suivre sur plus de 800 m en contre-bas de la butte Côte des Canadas; là, à côté des calcaires, on rencontre la glauconie. Au sud de cette même carrière, M. Nicolesco a relevé de nombreux affleurements, le long de la route passant par Bec de Mortagne, mais il n’en apparaît pas dans la région où se trouve la source qui alimente-en eau la commune de Goder-ville, située entre Côté-Côte et le Carreau. De tels résultats limitent les recherches pour l’étude de la faille de Lilleb'onne à Fécamp; elles apportent encore des précisions utiles pour l’approvisionnement de la région en eau potable et l’exploitation en carrière, dans des conditions de technique très favorables, de certains affleurements calcaires crayeux. PaulBaud.
- p.89 - vue 95/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- La nouvelle mécanique des quanta, par G. Birtmistle, traduction augmentée de quatre appendices par les traducteurs, M. Ponte et Y. Rocard. 1 vol., 334 p. Albert Blanchard, éditeur Paris, 1929. Prix : 75 fr.
- Le domaine scientifique auquel est consacré ce livre existe depuis quelque 5 ou 6 ans, au plus; dans ce court espace de temps il a fourni une extraordinaire floraison de travaux neufs, et d’idées originales et hardies. M. Birtwistle s’est attaché à présenter un résumé ordonné et clair de ces idées et de ces travaux, et il a écrit, dans cet esprit, un ouvrage très utile à tous ceux qui s’intéressent à ces questionsMifficiles et cherchent à les suivre; il rappelle d’abord les faits d’expérience qui ont suscité des théories nouvelles destinées à en fournir l’explication : à savoir les multiplets des séries spectrales, et les anomalies du phénomène de Geemann. Puis il passe en revue les travaux de Heisenberg, Dirac, Landi, Schrodinges, de Broglie, Pauli, Bosc, Einstein, Fermi. Ce livre, traduit d’une façon remarquable, n’est pas un livre de vulgarisation. Sa lecture exige déjà une connaissance approfondie de l’état de la science avant l’avènement de ces théories nouvelles; d’autre part, l’auteur résume sans trop se préoccuper de faciliter la compréhension d’idées d’assimilation souvent difficile.
- Espace et temps dans la physique contemporaine, par Schlick, traduction de la quatrième édition allemande par M. Solovine. 1 vol., 94 p. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- L’ouvrage dont M. Solovine nous offre aujourd’hui la traduction a été écrit en 1922. C’est un excellent exposé de vulgarisation destiné à faciliter au grand public la compréhension des théories de la relativité d’Einstein. Il suit en quelque sorte, pas à pas, l’admirable ouvrage de vulgarisation d’Einstein : « la théorie de la relativité restreinte et généralisée », en s’attachant à en faire ressortir les idées directrices et à en éclairer les régions difficiles par des commentaires clairs et judicieux. C’est ainsi qu’il montre avec une grande netteté où, comment et pourquoi Einstein se sépare de Newton. Il analyse très finement, du point de vue physique, les notions d’espace et de temps, réfute un certain nombre d’objections présentées contre la théorie de la relativité généralisée d’Einstein, montre à quelle conception du monde aboutit celle-ci et termine par un intéressant aperçu sur les conséquences philosophiques des théories nouvelles.
- Les étapes de la physique, par m. Volkringer. 1 vol., 218 p., 9 fig. Gauthier-Villars. Paris, 1929. Prix : 20 fr.
- M. Volkringer retrace, à grands traits, à l’usage du public cultivé, l’histoire de la physique depuis l’antiquité : histoire des grandes découvertes, développement des applications, évolution des théories, exposé des idées générales actuellement régnantes. C’est d’abord un aperçu rapide sur la physique dans l’antiquité, au Moyen-Age et à la Renaissance; l’auteur montre ensuite l’éclosion réelle de la science moderne au xviie siècle avec Galilée, Torricelli, Pascal et Descartes; la physique prend ensuite un rapide développement sous l’impulsion de Newton et Iluygens. Dans le courant du xvnie siècle, les études sur l’électricité statique et le magnétisme commencent. Voici enfin l’étonnante floraison de la fin du xvme siècle et du xix0 siècle et qui se poursuit de nos jours ! Lois et applications de l’électrodynamique, théorie de l’optiqüe, découverte des nouvelles radiations, ondes hertziennes, rayons cathodiques, rayons X, radioactivité; théories nouvelles de la matière, etc. C’est un magnifique tableau que l’auteur trace avec beaucoup de compétence, dans un style clair, attrayant et à la portée de tous. Il y aborde non seulement l’examen des faits, mais aussi celui des idées philosophiques et des méthodes qui guident le savant dans ses recherches.
- Les services de l'entreprise, leur aménagement, leur outillage, leur personnel, par un groupe de techniciens, sous la direction de Gaston Ravisse. 1 vol., 396 p., publié par la Chambre syndicale d’organisation commerciale. Ed. Langlois et Cie, 186, fg Saint-Martin. Paris, 1929. Prix : 50 fr.
- Ce volume réunit les conférences de la Semaine d’organisation commerciale de 1928.
- Elles montrent comment dans chacun des services d’une entreprise s’appliquent les méthodes modernes de la technique du travail de bureau.
- Ces analyses, rédigées dans un esprit très scientifique, ont le mérite de fournir au lecteur des méthodes d’organisation logique et rendront de grands services à ceux qui voudront s’en inspirer. L’énumération dé ces conférences montre la variété et l’intérêt des sujets traités :
- Les services de l’entreprise : leurs liaisons, le secrétariat général et le secrétariat particulier, par J. Wilbois. — Le service du classement, par G. Ravisse. — Le service de documentation et de statistiques, par Ch.-B. Thumen. — Le service du personnel, par M. Ponthière. — La rémunération du personnel, par J. Chevalier. — Le service des
- achats, par Th. Leroy. — Le service des cotations, par L.-G. Délogé, — Le service des commandes, par G. Ravisse. — Le service du magasin, par L. Barreau. — Le service d’emballage et d’expédition, par M. Rachinel. — Le service de publicité, par J. Bonherbe. — Le service de vente, par F. Elvinger. — Les services de préparation technique et de contrôle encadrant les ateliers, par le Lt-Colonel Rimailho. — Le service du contentieux, par M° J. Letort. — Le service de la facturation, par M. Renard. — Le service de la comptabilité, par Gabriel Faure.
- Les Essences naturelles, (Extraction, caractères, emplois), par Gi Craveri. Traduit d’après la 2e édition italienne parH.TATU. 1 vol., 602 p., 57 fig. Dunod’ éditeur, Paris, 1929. Prix: broché, 70 fr.
- L’ouvrage de M. Craveri étudie les essences naturelles aux points de vue scientifique, pratique et analytique.
- L’auteur étudie d’abord les propriétés générales des essences, puis les caractères physiques et chimiques des principaux constituants. Il examine ensuite les méthodes générales d’extraction des essences (expression, distillation, extraction par les graisses et par les solvants volatils). Les chapitres suivants sont consacrés aux procédés de purification et de conservation des essences, aux méthodes de séparation des constituants, à la détermination des essences et enfin à leur analyse et à leur classification. La suite de l’ouvrage est consacrée à l’étude particulière des diverses sortes d’essences, classées par famille botanique. On y trouve une foule de renseignements précis.
- L’excellente traduction de M. Tatu rendra de grands services en France où l’industrie des essences naturelles est en plein développement qu’il s’agisse de la parfumerie, de la confiserie ou de la pharmacie.
- La question des tropismes, par Maurice Rose. 1 vol. in-8, 469 p., 90 fig. Collection « Les Problèmes biologiques ». Presses universitaires de France. Paris, 1929. Prix : cartonné, 75 fr.
- La question des tactismes et des tropismes est une de celles qui ont le plus provoqué de recherches, tant en botanique qu’en zoologie. En effet, elle est d’expérimentation facile, d’observation courante, et elle peut conduire aux problèmes les plus métaphysiques de la liberté ou de la mécanique des êtres vivants. Un nombre considérable de publications lui ont été consacrées dont fait foi l’énorme bibliographie de cet ouvrage. On y trouve des faits disparates, des théories variées, des discussions innombrables. Le mérite de cet ouvrage est d’avoir mis de l’ordre dans cet amas et d’én donner un exposé cohérent qui permet de situer la question et de se faire une opinion personnelle. L’auteur part d’exemples classiques : le chimiotactisme des anthérozoïdes de fougères; le géotropisme des tiges et des racines, le phototropisme des larves de balanes qui lui donnent l’occasion de définir exactement les termes, puis il passe en revue tous les tactismes et tropismes des végétaux et des animaux : réactions à la lumière, au courant électrique, à la pesanteur, à la chaleur, à l’humidité, etc. Il expose ensuite les théories proposées : essais et erreurs de Jennings, théorie mécaniste de Jacques Loeb; il en fait l’examen critique et propose, en terminant, des analyses plus fines et plus complètes des phénomènes observables, si l’on veut aboutir à une connaissance plus profonde et plus vraie des phénomènes.
- Traité de vénerie, par M. d’YAuviLLE. 1 vol. in-4, 298 p., 27flg.de Jean-Baptiste Oudry. Librairie cynégétique Nourry. Paris, 1929. Prix : 80 fr.
- D’Yauville, maître de la vénerie de Louis XV, puis de celle de Louis XVI, continua d’exercer cette charge jusqu’à la veille de la Révolution. Nul n’était mieux placé pour connaître tous les moyens de cet art qui s’était perfectionné de règne en règne.
- Le style clair et précis, sobre et net, sent son xvme et donne au livre une allure simple et rapide qui en rend la lecture facile et agréable. Nul mieux que lui n’a peint les mœurs et les habitudes du cerf. Il avait poursuivi cet animal de choix dans toutesles forêts qui formaient... à Paris une longue et large ceinture verte. Il les décrit d’ailleurs avec toute la précision d’un homme qui les connaît à fond; sentes et fourrés, valonnements et reliefs.
- Ce dernier maître de l’Ancien Régime avait porté à son apogée l’art d’organiser un équipage, de diriger une chasse, de soutenir l’élan et le courage des chiens. Il donne sur tous ces points et tout spécialement sur la compositions d’une meute, des conseils expérimentés.
- Les illustrations de premier ordre et de l’époque sont empruntées au célèbre peintre et graveur Jean-Baptiste Oudry. Le volume s’achève par la reproduction musicale de tous les tons et fanfares du marquis de Dampierre.
- Myths and taies of the Southeastern Indians, par
- John R. Swanton. 1 vol. in-8, 275 p. Bureau of american Ethno-logy. Bulletin 88. Smithsonian Institution, Washington, 1929.
- p.90 - vue 96/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Michelson.
- A la dernière séance de 1929 de l’Académie des Sciences, M. Mangin, président, a annoncé la mort de M. Michelson, d’abord correspondant pour la Section de Physique générale depuis 1900 et devenu associé étranger en 1920.
- « Albert Michelson, a-t-il dit, né à Strelno, près de Posen, qui a occupé pendant longtemps la chaire de Physique à l’Université de Chicago, est célèbre par ses recherches de très haute précision sur la lumière.
- « Après avoir mesuré, à l’aide de dispositions nouvelles d’une grande sensibilité, la vitesse de la lumière ainsi que celle de l’entraînement des ondes lumineuses par les corps en mouvement et confirmé sur ce dernier point les résultats de Fizeau, Michelson résout des problèmes nouveaux à l’aide d’un interféromètre de son invention. Grâce à cet appareil, qui permet de faire interférer les deux faisceaux d’une même source lumineuse après qu’ils ont parcouru des directions perpendiculaires, il a pu démontrer que les radiations émanées des corps sont en réalité complexes, sauf la raie rouge du cadmium et deux raies du mercure qui sont simples.
- « Il a résolu le problème capital de la détermination du mètre international en longueurs cl’onde. Ce travail d’une portée considérable rattache le mètre à une mesure regardée comme immuable. D’autre part il a donné pour trois radiations les longueurs d’onde exactes, rapportées au mètre, qui sont les bases fondamentales de- toutes les mesures de longueur d’onde.
- « Ces résultats ont été vérifiés depuis par l’interféromètre Perot et Fabry.
- « Michelson a construit un spectroscope nouveau, dit le réseau à échelons, très lumineux et avec un grand pouvoir séparateur; il a construit d’excellents réseaux plus puissants que ceux de Rowland.
- « Nous devons encore signaler l’expérience célèbre, connue sous le nom d’expérience de Michelson, réalisée en vue d’étudier à nouveau et avec une plus grande précision, l’influence du mouvement de la Terre sur les phénomènes optiques produits à sa surface. A l’aide de son interféromètre, l’un des faisceaux étant placé dans le sens du mouvement de la Terre, Michelson a comparé les vitesses de la lumière dans les deux directions, mais le déplacement des franges, signe d’une inégalité des vitesses, n’a pas eu lieu. Le résultat a donc été négatif. Cette expérience a soulevé de nombreuses discussions et a conduit la plupart des physiciens à renoncer à l’éther de Huygens et de Fresnel.
- « En s’appuyant sur une idée émise par Fizeau, il a pu aussi mesurer le diamètre d’étoiles comme Antarès et Bételgeuse dont on connaît la parallaxe.
- « Titulaire du prix Nobel en 1927, Michelson était un physicien de la plus haute valeur, dont les admirables travaux sont déjà devenus classiques. »
- MAGNÉTISME
- La destruction du yacht non magnétique Carnegie
- Un navire unique au monde, destiné à des fins exclusivement scientifiques, le Carnegie, vient de disparaître tragiquement. Ce bâtiment relâchait à Samoa ; le 30 novembre dernier, au cours d’une opération de rechargement de combustible liquide, une explosion se produisit. Le navire fut entièrement
- détruit : le commandant, M. J.-P. Huit, un savant distingué, trouva la mort dans cette catastrophe.
- Le Carnegie, mis en service en 1909 et construit grâce aux libéralités de M. Carnegie, était un grand yacht dans la construction duquel n’entrait aucune substance magnétique. Il avait pour but principal de permettre d’effectuer en mer, avec toute la précision désirable,.des observations magnétiques, électriques et météorologiques; il servait en même temps à des études océanographiques. C’était un voilier, muni d’un moteur auxiliaire à essence, tout en bronze. Il a permis, au cours de sa carrière, de recueillir une précieuse moisson de renseignements et de données sur la physique du globe.
- MÉCANIQUE
- Le garage automatique des autos.
- La machine récemment construite par les ingénieurs de la Société Westinghouse constitue une solution intéressante du
- Fig, 1. — Garage automatique.
- problème du garage des autos, problème très difficile et pressant dans les grandes villes des Etats-Unis. Elle fonctionne, en effet, avec la simplicité d’un vestiaire à dépôt et à distribution automatiques.
- Arrivé sur la plate-forme de ce garage de conception nouvelle, le chauffeur n’a, en effet, qu’à tirer un levier, après avoir, s’il y a lieu, inséré une monnaie dans la fente. En même temps qu’il reçoit son ticket de contrôle, la voiture disparaît à ses regards et monte, d’un mouvement rapide, à un étage supérieur, tandis qu’au rez-de-chaussée se présente une nouvelle plate-forme, prête à recevoir une nouvelle voiture.
- p.91 - vue 97/598
-
-
-
- = 92 ...=
- Quand il s’agit de retirer la voiture, le garage fonctionne d’une façon tout aussi simple; le chauffeur n’a qu’à presser un bouton correspondant à son Iickol, pour que sa voiture, par un processus tout aussi automatique, redescende immédiatement au rez-de-chaussée. ' La nouvelle « parqueuse » n’occupe que la superficie correspondant à un petit garage prive pour deux voitures; elle peut s’installer même dans les bâtiments existants et reçoit un nombre de voitures qui pourra être assez grand.
- Si, par exemple, tout théâtre, tout grand magasin, étaient pourvus de parqueuses de ce genre, le propriétaire d’une voiture n’aurait qu’à y entrer directement, sans s’exposer, même un moment, lors du garage de son auto, aux intempéries. On prévoit même l’installation de plusieurs machines desservies, à distance, par voie téléphonique. ?
- Dr A. Gradenwitz.
- BIOLOGIE
- L’anguille dans les eaux souterraines.
- L’anguille est certainement un des poissons dont la biologie est la plus extraordinaire. Tout le monde connaît maintenant l’histoire de ses migrations depuis les rivières d’Europe jusqu’aux Antilles et à la mer des Sargasses, au moment de la ponte, et le retour des larves à travers l’Océan Atlantique jusqu’aux fleuves européens.
- Voici une nouvelle révélation que M. le Professeur Sella, de l’Institut de biologie marine pour l’Adriatique, vient de faire au récent Congrès international d’océanographie de Séville.
- Déjà, en 1895, Steindachner, ayant trouvé des anguilles dans le lac de Janina, en Epire, Spandl avait pensé qu’elles y pénètrent par des cours cl’eau souterrains. La preuve de ces voyages est maintenant faite par des expériences décisives.
- M. Sella a choisi pour les faire une région du Karst, au nord de Trieste, dont on sait que les fissures communiquent sous terre, depuis San Canziano, à 400 mètres d’altitude et 43 kilomètres de la mer, jusqu’à la côte, au nord de Duino, où surgit la source de Timavo. Il a pris des anguilles en un point voisin et les a marquées en leur coupant un bout de nageoire dorsale ou pectorale, puis il les a transportées en automobile dans la montagne et les a introduites en divers points du cours d’eau souterrain. 29 ont été reprises à la bouche du Timavo dont certaines un an après leur introduction à San Canziano. La preuve est donc faite que les anguilles peuvent rester un an sous terre et y parcourir près de 50 kilomètres. Et leur voyage montre que la rivière souterraine du Timavo est continue, sans obstacles que les eaux ne pourraient franchir que par filtration, puisque des anguilles adultes y ont pu passer.
- CULTURE
- Les tubercules de pommes de terre.
- Le germe de pomme de terre commence à puiser dans le tubercule du plant-mère. Une fois qu’il a formé des racines et des feuilles, il semble apte à se nourrir seul dans le sol. C’est juste, mais il prend un développement moindre que si on le laisse « vider » peu à peu les réserves de fécule.
- Pour apprécier ce rôle, M. F. Denny a amputé de leur plant des pieds de pomme de terre ayant atteint l’un ou l’autre des quatre stades de végétation suivants :
- Stade I. Germes sortis du sol mais sans avoir encore étalé leurs feuilles.
- Stade IL Pousses ayant atteint environ cinq centimètres hors du sol avec feuilles étalées.
- Stade III. Pousses ayant atteint une hauteur de vingt-cinq centimètres, la formation des nouveaux tubercules étant commencée.
- Stade IV. Touffes ayant atteint leur développement maximum, en pleine floraison.
- Quand le tubercule mère était enlevé au premier stade, la perte de récolte fut en moyenne de 70 pour 100.
- Quand il fut enlevé au second stade, elle fut de 20 pour 100 par rapport aux touffes non amputées.
- L’amputation fut sans effet aux troisième et quatrième stades, du reste le tubercule est alors presque vide de ses substances assimilables. Il ne reste guère que de la cellulose.
- Les germes semblent s’assimiler d’abord la fécule, la richesse en sucre augmentant plutôt, mais on peut estimer que c’est la fécule, variété d’amidon, qui se transforme en glucose soluble qu’absorbe la plantule.
- La perte est d’environ 30 pour 100 au premier stade, 50 pour 100 au second et 80 pour cent au troisième.
- Les substances azotées solubles (amines) ou insolubles (protéines) suivent le mouvement. Malgré l’activité photosynthétique des feuilles, c’est entre les stades 2 et 3 que se trouve activée cette absorption de matière organique du tubercule-mère. Pierre Larue.
- Prairies permanentes pour régions sèches
- Dans les régions particulièrement sèches du Midi de la France et de l’Afrique du Nord—pour ne citer que celles-là — on ne peut obtenir que des fourrages très maigres, par de fortes irrigations, et encore n’a-t-on pas toujours à sa disposition ,1’eau nécessaire. Aussi, à part le mouton, l’élevage y est-il peu pratiqué et l’on doit avoir recours aux importations de viande de boucherie.
- Dans ces dernières années, des botanistes zélés ont fait plusieurs découvertes, dont deux très importantes au point de vue fourrager : celles du Kikuyu, herbe japonaise de près d’un mètre de hauteur et du Paspalum notatum, de l’Uruguay, qui viennent prendre place notable dans l’alimentation du bétail-
- Le Kikuyu est une graminée, solide, peut-être un peu grossière, mais d’une robusticité sans pareille, très nutritive, les animaux en sont très friands, parce que assez sucrée. Cette plante résiste aux fortes sécheresses, dans les terres les plus médiocres, et, pour peu qu’on lui donne des engrais et des arrosages éventuels, elle dépasse largement un mètre de hauteur. En Afrique du Nord on commence à l’utiliser et les éleveurs s’en trouvent bien.
- “ Le Paspalum notatum est encore plus résistant à la sécheresse, car il vient sans aucun arrosage, dans les sols les plus mauvais. Au Congo Belge, où il a été introduit, il sert non seulement de pâturage mais encore on l’utilise pour arrêter les incendies de forêts, en le semant en larges bordures, à l’orée de celles-ci ; le feu, aussi violent soit-il, n’a aucune prise sur cette graminée si résistante à la sécheresse que, peu après, elle repart de plus belle. C’est une merveille à ce point de vue, mais elle a un intérêt capital pour la création de pelouses, dans ces régions où le Rye Grass ne saurait prospérer. Cette herbe n’atteint que 20 à 30 centimètres de haut ; elle se tond comme tous les gazons, formant un tapis tenace, cela, sans aucun arrosage.
- . Je suis heureux de pouvoir, un des premiers, signaler à l’attention des intéressés ces deux précieuses plantes, devant, dans un avenir prochain, suppléer à la pauvreté des prairies et des gazonnements, dans les climats si privés actuellement de ces verdures si recherchées.
- p.92 - vue 98/598
-
-
-
- 93
- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTION Portes de garage.
- Jusqu’ici, pour la fermeture des garages, on avait recours à l’application de l’un des deux types suivants : porte en bois à deux ou plusieurs vantaux; rideaux en lamelles de bois ou métalliques. Si ces deux types ont des avantages, ils ont aussi leurs défauts : encombrement des vantaux en bois, leur gauchissement s’ils sont peu épais, trop lourds si les bois sont épais, effort parfois assez grand pour soulever un rideau en fer plus ou moins bien entretenu, bruit, etc. On a donc cherché à réaliser d’autres dispositifs de fermeture évitant ces inconvénients.
- La fermeture « Poyer » est constituée par une ou deux portes simples, ondulantes, qui, sous l’effet d’une poussée, glissent à l’intérieur et s’alignent face aux murs latéraux du garage et en épousent les angles, même aigus. La porte (fig. 1) proprement dite se compose d’un assemblage de lames verticales en bois de 25 mm d’épaisseur; ces lames bouvetées sont juxtaposées et maintenues jointes par des câbles d’acier dissimulés dans l’épaisseur du bois. Chacun de ces câbles, sous l’effet de la pression d’un ressort à boudin, supporte une tension suffisante pour maintenir une adhérence très intime des lames, non exagérée toutefois, afin de permettre la dilatation provenant d’un excès d’humidité et conserver à l’ensemble sa propriété ondulante; la tension des câbles est d’ailleurs réglable à la main, grâce à un dispositif fort ingénieux.
- Cette porte qui glisse sur un rail fixé au .sol se trouve maintenue à sa partie supérieure dans toute sa longueur par un guide décrivant les mêmes sinuosités que le rail : le glissement sur le rail est assuré par des galets avec guides espacés. Enfin la porte est tenue fermée par une serrure de sûreté.
- La porte « Ailée » (fig. 2) que l’on a pu voir fonctionner à la récente Foire de Paris se compose généralement de quatre panneaux horizontaux dont un vitré; se développant en plafond, elle ne présente donc pas d’encombrement ni intérieur, ni extérieur. Le mécanisme est monté sur roulements à billes, limitant au minimum la résistance au frottement; les galets roulent dans un rail d’acier de forme spéciale qui les empêche
- Fig. 2. — Porte « Ailée ».
- Fig. 1. — Fermeture de garage Poyer.
- de sortir comme il arrive parfois avec certains mécanismes de portes glissantes. Le poids de la porte est équilibré par des ressorts à boudin en acier permettant à une femme, et même à un enfant, de lever ou d’abaisser la porte sans effort. Une serrure de sûreté à gorge est montée sur la porte et verrouille automatiquement celle-ci des deux côtés à la fois en donnant un quart de tour à la crosse; les verrous s’ouvrent également automatiquement en donnant simplement un tour de clef.
- Comportant une partie vitrée, le garage est donc éclairé lorsque la porte est fermée. Enfin, d’une élégance indiscutable, cette porte s’harmonise avec l’ensemble de la construction, ce qui en rend l’utilisation possible pour tous autres locaux.
- La porte « Mathioly » dont on peut voir une application à Paris, aux Autos-Remises Cité, comporte (fig. 3 et 4) une porte coulissante à deux vantaux, suspendue à un rail par des roulements différentiels, et guidée dans le bas. En A et B sont placées deux crémaillères C, C1 qui engrènent avec la roue dentée O, rendant solidaires les deux vantaux, de telle sorte que, si le vantail Y prend le déplacement F, le vantail Y1 prendra le déplacement F1. En A est fixée la tête de bielle du^piston P qui se meut dans le cylindre M recevant l’air comprimé par le tube N ; enfin à ce même point est fixée également l’extrémité d’un câble passant sur la poulie T et portant à son autre extrémité un contrepoids Q.
- Voici comment fonctionne cette porte. Lorsqu’une voiture passe sur une des pédales disposées de part et d’autre de la porte, un courant électrique avec contacteur ferme le circuit de l’électro-aimant E, la soupape S se soulève, l’air comprimé passant va refouler le piston P et la porte s’ouvre. Arrivée en fin de course d’ouverture, la porte coupe le courant à l’électro-aimant. E et met en circuit l’électro E ; alors S1 se refermant, l’air comprimé n’arrive plus, S1 s’ouvre, laissant échapper l’air comprimé du piston, puis le contrepoids Q agit et la porte se referme; celle-ci arrivée en fin de course de fermeture coupe le circuit de E1 et S1 se referme.
- Divers dispositifs permettent à la porte de ne se refermer qu’au bout d’un temps déterminé, par conséquent réglable à volonté; ces dispositifs permettent aussi au cas où pendant la fermeture de la porte une voiture passe sur la pédale, d’arrêter la fermeture et de provoquer l’ouverture du garage. Par des boutons électriques, on peut aussi manœuvrer la porte par simple contact à la main; enfin des robinets à ressorts placés de part et d’autre de la porte rendent possible
- p.93 - vue 99/598
-
-
-
- 94
- Air comprimé
- Fig. 3. — Principe de la porte automatique Malhioltj.
- la manœuvre à la main, en cas de panne de courant.
- En dehors de son intérêt au point de vue technique, le grand avantage de cette porte est l’économie qu’elle permet de réaliser par la suppression de portiers de jour et de nuit, ce qui est important pour les grands garages.
- M. Bousquet.
- ADRESSES DES CONSTRUCTEURS :
- Fermeture « Poijcr ». Etabl. Poyer et Cie, 15, rue des Sapins, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Porte « Ailée ». S. A. A. C., rue du Moulin-de-la-Tour, à Genne-villiers (Seine).
- OBJETS UTILES Epluche=légumes
- Une petite machine ingénieuse a été imaginée pour éplucher les légumes automatiquement.
- L’appareil est une sorte de petit tour à manivelle qui porte une pince qu’on enfonce dans la pomme de terre à éplucher; l’appareil pourra servir aussi, bien entendu, pour les carottes, les navets, etc... Le couteau de travail est distant d’environ un millimètre ou deux du légume, lequel est enfilé dans son axe.
- On tourne la manivelle jusqu’à épluchage du légume. Le
- Fig. 5. — Epluche-légumes
- Fig. 4. — La porte automatique Malhiolg en période d’ouverture.
- couteau travaille en hélice, car la manivelle, en même temps que la rotation, donne un mouvement d’avance. Lorsque le légume est épluché, il suffit de l’enlever et la machine est ramenée à sa position première en appuyant sur la tige que l’on ramène en arrière pour préparer l’épluchage d’une nouvelle pièce.
- Manufacture d’emboutissage de Bagnolet, 11, rue Jules-Ferry, Bagnolet.
- Planche à laver
- Cette planche supprime l’usage de la brosse. Elle est constituée par un cadre avec pieds, qui porte une plaque de métal
- Fig. 6.— Planche à laver.
- strié. En frottant le linge sur celte plaque, les stries font le travail de la brosse d’une façon plus rationnelle, c’est-à-dire avec moins d’usure.
- On prépare dans un baquet d’eau savonneuse le linge mis au préalable à tremper. On prend chaque morceau de linge et on le frotte de haut en bas; cela économise le linge et le savon. On n’a pas besoin de brosser, de battre, de frapper le linge, ce qui le détériore rapidement.
- Établissements Rolland, 41, rue d’Angoulême, Paris.
- p.94 - vue 100/598
-
-
-
- 95
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Au sujet du calendrier.
- Nous recevons de M. René J. Rousseau l’intéressante communication suivante :
- « La Nature a donné dans son numéro du 15 juin une formule permettant de trouver le jour de la semaine correspondant à une date donnée. Mais pour l’appliquer, il est nécessaire de savoir par cœur un chiffre correspondant à chaque mois et un chiffre correspondant à chaque année, ce qui en réduit l’emploi.
- Voici un procédé de calcul qui supprime la nécessité de connaître le chiffre correspondant à chaque année et qui peut par conséquent permettre de trouver le jour de la semaine pour une date quelconque (postérieure, bien entendu, à la réforme grégorienne, c’est-à-dire au 15 octobre 1582).
- Il faut d’abord savoir par cœur, ou rétablir un chiffre qui correspond à chaque mois.
- La série est la suivante :
- Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
- 1 4 4 0250 36 146
- Elle est facile à retrouver si on l’oublie. Il suffit de prendre le calendrier d’une année quelconque non bissextile, de noter le premier jour de chaque mois (1 pour lundi, 2 pour mardi, etc.) et de ramener la liste à commencer par un 1 en retirant à chaque chiffre le même nombre convenablement choisi.
- Par exemple, pour 1930, le calendrier donne :
- Janvier Février Mars Avril, etc....
- Mercredi Samedi Samedi Mardi
- 3 6 6 2
- En retirant 2 à chaque nombre (et remplaçant 1 par 7 + 1 = 8, comme on ajoute 10 pour faire une soustraction si le chiffre à retrancher est supérieur au chiffre dont on doit le retrancher) on retrouve la liste 1 4 4 0, etc....
- Cette liste une fois connue, voici la formule à appliquer :
- Prenons l’exemple du 13 novembre 1875 :
- On écrit :
- 13...................................................13
- Novembre.............................................. 4
- La bissextile précédente est 1872. On ajoute :
- 1° La différence entre cette bissextile et l’année donnée : 75 — 72 .......................................... 3
- 2° puis la moitié de la différence entre la bissextile et la lin du siècle :
- 100 — 72 = 28 dont la moitié est.....................14
- Le total est..........34
- On divise par 7. Il reste 6. Le jour cherché est le 6e jour de la semaine, c’est-à-dire samedi.
- Dans le cas d’une année bissextile, s’il s’agit de janvier ou février, on se reporte à la bissextile précédente. A partir de mars, on se reporte à l’année elle-même.
- Par exemple, prenons le 29 Février et le 1“ Mars de la même année 1856 :
- 29 février
- 29..............................29
- Février..........................4
- Bissextile de base 1852
- 56 — 52 ..................... 4
- 100 — 52 = 48 dont la moitié 24
- Total .... 61
- 61 = 7 X 8 reste 5 . . vendredi
- 1er mars
- 1................. 1
- Mars....................... 4
- Bissextile de base 1856
- 56 —56 . .............. 0
- 100 — 56 dont la- moitié . . 22
- Total .... 27
- 27 = 7 x 3 reste 6 . . samedi
- Observation. — Cette formule est exacte pour le XIXe siècle. A chaque changement de siècle en descendant, il faut retrancher 2 si l’année de franchissement de siècle n’est pas bissextile (c’est le cas pour le XX° siècle) et 1 si elle est bissextile. En remontant, il faut au contraire ajouter 1 ou 2 suivant le cas.
- Exemples :
- 14 mai 1610
- 14..........................14
- Mai......................... 2
- 1610-1608................ 2
- 1700— 1608 = 92 dont
- moitié...................46
- Total..........64
- 2 franchissements de siècle sans année bissextile font ajouter..................... 4
- Total.' .... 68
- 68 = 9 x 7 reste 5 . . vendredi
- 1er janvier 1930
- 1 ...... ................ 1
- Janvier. . .............. 1
- 1930-1928................ 2
- 2000 — 1928 = 72 dont
- moitié................36
- Total. .... 40
- 1 franchissement de siècle sans année bissextile fait retrancher............... 2
- Reste..........38
- 38 = 5 x 7 reste 3. . mercredi
- Le 14 mai 1610, date de l’assassinat d’Henri IV est bien un vendredi comme on peut le vérifier facilement.
- Ce calcul est en somme assez facile (avec un peu d’entraînement on l’exécute aisément de tête en moins de 15 secondes).
- Erratum- — L’adresse de la Société « La Bakélite », donnée dans notre dernier numéro, p. 48, est périmée. « La Bakélite » a ses Services commerciaux 14, rue Roquépine, Paris, 8°.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Montages détecteurs et choix d’une détectrice.
- Le montage détecteur presque exclusivement employé en France, est le montage à condensateur shunté de grille par utilisation de la 'caractéristique de grille. Pour choisir une lampe détectrice devant être utilisée dans un montage de ce type, il faut donc considérer avant fout la courbe carcatéristique de grille de la lampe, qui doit présenter un changement d’orientation assez accentué, mais il faut également que la pente de la courbe caractéristique de plaque soit assez forte pour que la lampe possède de même des qualités amplificatrices.
- Comme exemple de lampes de ce genre, on peut citer la A 415 Philips, la L 410 Gecovalve, la R 75 Radiotechnique, etc...
- Un tel montage détecteur convient exclusivement dans le cas où la lampe détectrice n’est pas précédée d’étages d’amplification haute fréquence, ou, en tout cas, lorsque le poste ne comporte qu’un seul étage haute fréquence ou moyenne fréquence, parce que seül il permet d’obtenir une sensibilité suffisante.
- Au contraire, lorsque la lampe détectrice est précédée de multiples étages d’amplification, ce montage pourrait souvent être avantageusement remplacé par le montage utilisant la courbure de la caractéristique de plaque.
- Ce système ne permet pas, sans doute, de recevoir les signaux faibles avec autant d’efficacité que le dispositif précédent, mais il a, par contre, l’avantage d’éviter les effets de saturation et de produire une déformation beaucoup moindre de l’audition.
- On emploie, dans ce but, des données de fonctionnement correspondant au coùde inférieur de la caractéristique de plaque, et il y a avantage à se servir d’une lampe à fort pouvoir amplificateur, ce qui correspond à une forte inclinaison de la caractéristique de lu partie inclinée à la partie horizontale.
- On réalise très simplement un montage détecteur par la courbure de la caractéristique de plaque, en polarisant négativement la grille de la lampe à une valeur indiquée par le constructeur, et qui varie suivant les modèles.
- p.95 - vue 101/598
-
-
-
- 96
- Ce genre de montage est très peu employé en France, comme nous 'avons indiqué, mais il y aurait intérêt à ce qu’il soit essayé par les amateurs et les constructeurs dans les postes puissants à multiples étages d’amplification; on pourra employer, par exemple, comme lampes : une R 78 Radiotechnique, une Ii 410 Gecovalve ou une D Z 2222 Métal. '
- On parle beaucoup, enfin, » l’étranger des montages détecteurs de puissance qui sont spécialement destinés à la réception des émissions puissantes, et qui sont simplement constitués par des montages détecteurs par courbure de la caractéristique de plaque, munis de ampes de puissance dont la grille est convenablement polarisée.
- Notons, enfin, que les lampes à grille écran qui commencent à être employées très souvent en haute fréquence et en moyenne fréquence peuvent également être utilisées comme détectrices avec montage par la courbure de la caractéristique de plaque, à condition que cette lampe détectrice soit suivie d’une lampe amplificatrice à résistance ou à impédance.
- Dans le cas qui vous intéresse, c’est-à-dire pour la réalisation d’un poste à changement de fréquence, il est intéressant d’essayer de monter la lampe détectrice par utilisation de la caractéristique de plaque, ce qui n’offre aucune difficulté.
- M. Tournaire a Paris.
- Irrégularités de fonctionnement d'un poste à chan= gement de fréquence.
- La « brutalité » de fonctionnement du système de réaction de votre appareil à changement de fréquence, dont vous vous plaignez, ne paraît pas « a priori » provenir d’une détérioration du montage intérieur lui-même, si l’audition est encore possible pour les émissions relativement puissantes lorsqu’on utilise au minimum l’effet de rétroaction, ce que vous n’indiquez pas d’ailleurs nettement.
- Cette irrégularité de fonctionnement serait causée dans ce cas, ~ soit par un mauvais état des batteries, ou une tension trop élevée appliquée sur les plaques de la lampe bigrille et des lampes à moyenne fréquence, soit par un choix malencontreux des lampes moyenne fréquence ou détectrice.
- ;Des lampes à coefficient d’amplification trop élevé et d’une résistance intérieure trop faible peuvent provoquer, en effet, des accrochages très brutaux, ce qui complique beaucoup les réglages.
- En employant un modèle à résistance intérieure plus grande, on augmentera la douceur de fonctionnement du dispositif à réaction, ce qui facilite le réglage et permet beaucoup plus facilement la réception des émissions faibles.
- D’autre part, votre lampe détectrice doit être choisie suivant le genre de liaison basse fréquence qui lui fait suite, et la résistance intérieure de cette lampe doit être d’autant plus grande que l’impédance du bobinage basse fréquence placé dans son circuit est elle-même plus grande.
- Veuillez, d’ailleurs, nous donner des renseignements plus complets sur les caractéristiques de votre poste, le nombre des étages et la nature des troubles constatés, pour que nous puissions vous renseigner utilement, si la vérification des batteries et des lampes moyenne fréquence et détectrice ne produit pas le résultat attendu, ce qui nous paraît d’ailleurs peu probable.
- M. Joly a Paris.
- Disques pour cinématographie sonore.
- Il n’existe pas encore de disques spéciaux de paroles ou de musique vendus dans le commerce pour l’accompagnement des films sonores, mais on peut déjà trouver en France des disques assez nombreux pour la réalisation de bruits de scène au théâtre et au cinématographe. On peut citer, par exemple, les disques de ce genre Polydor et Colombia.
- M. Buisson a Lyon.
- De tout un peu.
- IVI. Sabatié, à Paris. — Pour répondre utilement à la question que vous nous posez, il serait nécessaire de nous faire connaître quels sont les articles de notre journal auxquels vous faites allusion, dates, numéros et pages ; dites-nous, également, la réalisation que vous avez en vue.
- IVI. A. F., à Bulle. — 1“ La réponse à M. Chasseriaux, de Foix, relative aux moisissures et taches sur gravures, a paru dans le n° 2806, page 338.
- 2° Pour redonner aux objets en bois vermoulus une solidité relative et prolonger leur durée, le mieux est de les plonger dans une solution chaude de colle forte à 5 pour 100 environ, de façon à obtenir une pénétration, la plus complète possible ; laisser refroidir, puis immerger dans un bain d’eau formolée à 5 pour 100 environ, cela pendant un temps assez prolongé pour que le formol gagne les parties profondes. Faire ensuite sécher à l’air.
- N. B. — Le même procédé peut, également, être appliqué en badigeonnages successifs gélatine puis formol, pour les pièces non démontables ; mais il va de soi que la pénétration étant beaucoup plus faible, la réussite sera moins assurée.
- M. Chanteau-IVIauchieu, à Paudy. — Le procédé classique pour imperméabiliser les bâches consiste à immerger successivement les tissus dans un bain cuivrique et dans un bain savonneux, de manière qu'il se forme, dans l’épaisseur de la fibre, un savon de cuivre insoluble dans l’eau et non mouillable, ce qui fait que la pluie glisse sur l’étoffe ainsi traitée.
- On commence par préparer les deux solutions suivantes.:
- A. Eau ordinaire......................... . 10 litres
- savon blanc de Marseille............... 250 grammes
- B. Eau ordinaire.......................... 10 litres
- Sulfate de cuivre cristallisé.......... 60 grammes
- La toile ayant été préalablement mouillée à fond puis tordue, on la plonge dans le bain A où elle est maintenue jusqu’à ce qu’elle soit bien imprégnée, après quoi on la laisse égoutter, tord à nouveau et plonge dans la solution B.
- On fait sécher à l’air et répété deux ou trois fois les opérations dans le même ordre.
- P.-S. — Nous avons donné, dans le n° 2810, p. 527, une formule d’enduit pour bâches, ne cassant pas, mais d’exécution plus compliquée ; veuillez également l’étudier.
- M. tVIouin, à Damas. — L’objectif réellement universel, c’est-à-dire pouvant, comme vous le dites, servir à tout, n’existe pas; chaque application spéciale (portrait, paysage, reproduction, etc.), comporte un objectif caractéristique, calculé en conséquence par le constructeur.
- Il ne faut donc pas chercher l’impossible, mais vous rendre compte des emplois que vous aurez à faire le plus fréquemment, pour vous procurer l’objectif convenable ; tout fabricant sérieux vous renseignera à ce sujet, vous pouvez également faire un choix dans les maisons tenant des appareils d’occasion, par exemple, chez Dalmais, 43, boulevard Beaumarchais. Paris.
- Cercle Sura, à Roustchouk. — C’est une erreur typographique qui a fait imprimer dans le n° 2791 du 15 août 1928, p. 191, le mot pomme au lieu de gomme.
- La gomme du Sénégal est voisine, comme composition, de la gomme arabique, ou suc gommeux qui s’écoule par fente, de l’écorce de différentes espèces d’acacias (Acacia vera-arabica-Verck, Seyal, etc.), de la famille des Légumineuses. On appelle plus particulièrement Gomme arabique la gomme blanche, Gomme du Sénégal la gomme rousse et Gomme rouge celle qui vient de l’Inde.
- La Gomme du Sénégal la plus estimée est celle du Bas fleuve, puis vient la gomme dite Galam ou du Haut fleuve, enfin la gomme Salabreda qui est en morceaux vermiculés.
- IVI. A. Chabot, à Paris. — 1° Nous pensons que vous trouverez tous renseignements utiles au point de vue technique dans le Manuel du fabricant de boutons, peignes, articles en celluloïd ou en galalithe, de Schmitt, édité par la librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- 2° Pour fixer solidement des feuilles d’aluminium sur du mica en vue de la fabrication de petits condensateurs, le mieux est d’interposer une mince lamelle de gomme laque blonde ou blanche, puis de chauffer légèrement, soit directement, soit en plaçant dans une étuve portée à 110°-12Q°; aussitôt la fusion produite et l’air expulsé par pression les éléments se trouvent fixés de façon parfaite.
- M. Coderch, à Perpignan. — C’est uniquement à cause de la chaux libre qu'il peut contenir que le fibro-ciment supporte mal les peintures à l’huile, parce qu’il se forme un savon de chaux ; il convient donc de faire disparaître cette chaux libre, soit en la saturant par un acide (acide sulfurique ou acide chlorhydrique étendu), soit, ce qui est préférable, en badigeonnant la surface à peindre avec une solution concentrée de sulfate de zinc. Dans ce cas, il se forme du sulfate de chaux inoffensif et d’autre part, de l’oxyde de zinc est mis en liberté, ce qui rend la peinture plus siccative.
- Le Gérant : G. Masson
- 98.554 — Paris, lmp. Lahure. — 1-i 5-i93o
- p.96 - vue 102/598
-
-
-
- AT 2826, — Ier Février I930~ Prix du Numéro : 3 francs 5(
- Paraît le i" et le i5 de chaque mois. “ : pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 103/598
-
-
-
- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1#, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VJ' (R. C Seine : i5.234) Tel. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois*fl2 n”), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarifa° 1 \ ÜN AN........... 90 fr. \ Uni».............. 110 fr.
- ............... ( Six mois.......................... 45 fr. | *arifn<> i Six mois.............’ 55 f».
- Tarif extérieur n» 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques Albanie, Allemagne., Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne. Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S°S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay,. Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte na 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cu, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Pour tout changement d adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. .les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VP Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, i _____• _____G La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- Complet avec plateau. ....... ............. ^90 fr*
- LE SEUL MOUVEMENT ÉLECTRIQUE PARFAIT
- Moteurs électriques de 1/50 à 1/3. Dynamos, groupes convertisseurs, commutatrices
- GUERNET
- 44» rue du Château-d’Eau, PARIS
- — :— Envoi du catalogue général contre 1 franc en timbres-poste — :—
- liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiihiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiHi
- Ferblanterie :: Cuivrerîe
- Tous Travaux sur Plans E. DUPUY, 42, avenue Parmentier, PARIS
- b
- Avec un petit «Jardin
- et 500' fr. vous gagnerez sans études 15.00b lr. par an. Travail 3 h. p. jour. Petits élevages, méthode américaine F, AMBLABD (Section 524), St-Gaudens (Hte-Gne). Il ne s’agit pas de la vente d'un produit. Notice gratuite.
- p.n.n. - vue 104/598
-
-
-
- N° 2826.
- LA NATURE
- J" Février J930,
- LES MELLIPONES TROPICALES DU BRÉSIL
- OBSERVATIONS INÉDITES
- Nous sommes à 4 degrés de latitude sud, sur la côte nord-est du Brésil (État de Cearà). L’alisé, de son souffle puissant, a desséché la terre pendant 6 mois. Puis sont venues les pluies rafraîchissantes. De grands nuages roulent maintenant leurs volutes immenses et polychromes, dans un ciel indigo et ils envoient des ondées formidables et bienfaisantes.
- L’aspect de l’hinterland, du « Sertaô », a changé, on se dirait en Normandie. Tout est vert tendre, les ruis-selets serpentent entre les collines et murmurent au fond des combes. A travers les ramures chargées de fleurs bourdonnent des légions d’abeilles. Pas du genre « Apis », mais des abeilles inconnues et exotiques.il y en a de grosses jaunes, qui sillonnent l’air comme des flèches d’or. Puis des moyennes, des petites, des brunes des rouges, des noires, noir bleuté, des jaune pâle. Et elles passent toutes, gorgées de miel capiteux, et les pattes ocrées du pollen des floraisons tropicales. Mais, étudions-les à la maison, il y en a une collection. Il faut dire, d’abord, qu’on ne connaît pas beaucoup leur physiologie, rien de leur biologie et que plusieurs sont même inconnues des entomologistes qui classifient tout.
- Fig. 2. — Le magasin à miel et ses curieuses amphores de cire (dessin de l’auteur).
- Fig. 1. — Trigones tropicales (dessin de l’auteur).
- 1 et 2, T. ruficus et T. almalhea. — 3, la même grossie. — 4, tête vue de face. :— 5 et 6, T. canudo et T. lubida. — 7, une patte et sa corbeille.
- Ce sont naturellement des hyménoptères mellifères, cousins au deuxième ou troisième degré de l’abeille d’Italie et de la nôtre, la noire. Les abeilles tropicales brésiliennes, se divisent : 1° en « Mellipones »; 2° en « Trigones ». Les Mellipones (les plus intéressantes) sont riches en couleurs, elles ressemblent par l’aspect et la taille aux abeilles d’Europe. Les Trigones, elles, sont toujours noires, petites : 5 à 7 mm, très prolifiques, belliqueuses et en général inférieures aux mellipones.
- J’ai oublié de parler du plus important : toutes font du miel... miel très doux, parfumé, dont la douceur ne risque pas d’être gâtée par les piqûres de l’aiguillon, car aucune d’elles n’en porte. Chez les Mellipones, l’aiguillon est atrophié.
- Commençons par les plus mauvais sujets de la famille trigone (fig. 1, nos 1 et 2). C’est l’«Arapica » et le « San-harâo » (Trigone Truficus et Trigone almathea). On voit la dernière très grossie (n° 3) et à côté, la tête, vue de face : triple œil cyclopique, yeux composés, etc. Ces abeilles abîment les fleurs et les fruits et ne font pratiquement aucun miel.
- En compensation, les deux petites (nos 5 et 6) sont la T. canudo et la T. tubida. Elles nidifient dans le creux des arbres, font du miel passable et abondant, sont prolifiques comme toutes les Trigones.’ La population monte à 60 000 individus par colonie. On peut remarquer, sur
- p.97 - vue 105/598
-
-
-
- 98
- Fig. 3. — Le nid des Mellipones, avec les rayons de couvain el la cellule royale (dessin de l’auteur).
- la figure 2, le curieux tube ou trompette de cire ajourée qui fait l’office de terrain d’atterrissage et d’envol.
- Les espèces sont très nombreuses, on ne peut les citer toutes. Il y a la « Moça branca » (T. angustata), la «Mombuca » blonde et la brune, qui nidifient sous terre, etc.
- Passons rapidement aux Mellipones, qui sont les plus intéressantes et les plus belles. In limine, je désire présenter un résumé d’observations inédites à ce jour.
- Le principe de la royauté unique (une seule reine) est aussi sévèrement observé chez les Mellipones que chez les abeilles du genre Apis. Jamais on ne trouvera deux reines adultes et fécondes dans une ruche. Chez ces
- Fig. 4. — Nid de Trigone (dessin de l’auteur.)
- abeilles, il y a très peu de mâles, ils sont très difficilement reconnaissables dans la foule des ouvrières. Dans leur société, encore mieux ordonnée peut-être que celle de VApis, il n’y a jamais de massacre de mâles. Au contraire, chez les Trigones, cette Saint-Barthélemy existe, on la remarque constamment. Chez les Mellipones, le poétique vol nuptial n’existe pas, la fécondation de la jeune reine doit s’effectuer obscurément dans la ruche.
- Aucun observateur n’a pu surprendre le départ d’un essaim. Mais j’ai remarqué souvent, à la tombée de la nuit et aux époques de l’essaimage, un groupe d’abeilles qui ne rentraient plus dans la ruche ce soir-là ; avant l’aurore, elles étaient parties vers leur incertaine destinée.
- La reine est, de la part des abeilles, l’objet de la plus tendre sollicitude mêlée d’un sentiment participant, sans doute, du respect religieux. Il est vrai qu’elles lui tirent la langue... mais, c’est pour la gorger des nectars les plus doux. Elle n’est cependant pas suivie, comme chez Y Apis, par une armée de licteurs.
- Le temps d’incubation, de l’œuf à l’éclosion, et les phases larvaires et nym-phales sont à peu près les mêmes que chez les espèces d’Europe.
- Le nid. — Ouvrons une de ces caisses, simple botte, sans cadres, c’est un nid de « Jandayra »
- (Mellipone subnitida).
- Nous voyons dans un coin (fig. 3) un groupe de très curieuses amphores de cire. Chaque amphore
- est un récipient à miel de 25 à 30 cm". Dans ce magasin, où l’on en compte 100, 200, dorment les trésors accumulés des beaux jours. A peu près au milieu de la caisse, nous voyons les rayons de couvain : c’est le nid, l’incubateur (fig. 3 et 5). Les rayons sont à plusieurs étages, séparés par de petits piliers de cire; l’intervalle créé de ce fait permet le passage des ouvrières entre les rayons.
- Les cellules sontàpeu près cylindriques,l’hexagone n’est pas parfait. Le fond est à peu près une calotte sphérique, au lieu des trois rhombes des cellules de Y Apis. Les nymphes ont la tête vers le haut. La matière employée à la fabrication des rayons de couvain n’est pas la cire pure, elle est moins plastique, plus parcheminée.
- Du côté opposé au magasin à miel, on distingue un autre groupe d’amphores plus claires au sommet : c’est le magasin à pollen. Dans un coin quelconque, une réserve de propolis, pour les cas imprévus, les obturations d’urgence.
- L’ordre règne, la propreté la plus méticuleuse est observée. Enfin, pour goûter au doux nectar, point n’est besoin de grandes précautions : on perce les
- Fig. 5.
- Photographie d’un nid de Mellipones.
- p.98 - vue 106/598
-
-
-
- 99
- amphores et on égoutte le miel, pas de fumée, de voile, d’extracteur centrifuge, etc.
- Malheureusement les Mellipones ne sont guère prolifiques, le nombre d’abeilles s’élève à peine à 800 ou 1000 par colonie. Celle-ci récolte malgré tout 5 à 6 kg de miel par saison; les Mellipones sont donc relativement très actives. La nouvelle et géante Mellipone que j’ai trouvée et qui sera décrite plus loin peut récolter 30 kg de miel par saison !
- Malgré tout, il est donc évident qu’au point de vue du rendement et de l’apiculture industrielle rien ne surpasse les Apides d’Europe. Une très belle Mellipone est « l’Uru-çu » (M. scutelaris). Elle est jaune d’or (fîg. 6, n° 4).
- Enfin, j’ai rencontré et observé une nouvelle espèce géante, de 15 à 16 mm, dans l’ouest de l’Etat de Cearà (Brésil). Elle est jaune, la partie supérieure de l’abdomen est grise à reflets verts (fig. 7, n° 5). Les anneaux (tergites) sont bien apparents. Elle nidifie sous terre, dans les fentes et les cavités profondes des roches. On trouve
- des nids inaccessibles, presque inviolables, qui doivent remonter à des millénaires !
- Cette grande abeille (à laquelle il manque encore, croyons-nous, un nom en systématique) est très prolifique, son nid est immense, comparé à celui des autres . Mellipones. J’en ai découvert une colonie qui contenait 45 kg de miel et 15 kg de
- cire ! Une partie de cette cire était excessivement durcie par le temps et devait remonter à d’anciens âges.
- L’Uruçu des roches est donc, et de beaucoup, la plus grande, la plus productive des Mellipones connues. D’ailleurs, j’ai l’impression d’avoir découvert le « champion » des Mellipones, susceptible de rivaliser avec les Apides d’Europe. Les plateaux où elle vit sont à une altitude de 900 à 1000 mètres. La température y varie de 16 à 24° C. Transportée dans la plaine, à basse altitude, où la température est de 27° C. à 35° C., j’ai vu malheureusement son activité et son nid diminuer très sensiblement. J’en ai conclu, prématurément peut-être, .qu’elle ne s’adaptait pas au climat. L’expérience, est à refaire et elle en vaudrait la peine.
- Les Mellipones supérieures sont très intelligentes. Kirby et Spence formulèrent le « Quesito » suivant :
- « Montrez-nous, dirent-ils, un seul cas où, sous le coup d’un besoin pressant, les abeilles aient eu l’idée de substituer, par exemple, à l’argile la cire et le propolis, et nous dirons qu’elles savent raisonner ».
- Or, si Kirby et Spence avaient observé des Mellipones, des Jandayras, des Uruçus, ils n’auraient certainement
- Fig. 7. — 1. La plus petite.
- Quelques Mellipones.
- 2. M. « Jaty ». — 3. Jan-dayra (M. subnitida). —. 4. Uruçu (M. scu-lelaris). — 5. La nouvelle Mellipone géante. — 6. Reine de Jandayra.
- Fig. 6. — Mellipone. à l’entrée de sa ruche.
- pas formulé une question aussi enfantine : faites une ruche nouvelle d’une simple caisse; obturez et lutez les fissures et le couvercle à la cire. La jeune et sympathique république est pauvre et, dans cette phase héroïque de sa vie, la cire lui est très précieuse. Les abeilles retireront donc toute la cire des fissures et du couvercle, pour les luter solidement avec de l’argile, ou quelque autre matière plastique, qu’elles apporteront en boulettes sous leur menton. Plus tard, la ruche est opulente et prospère,
- Fig. 8. — Ruches sylvestres de Mellipones.
- p.99 - vue 107/598
-
-
-
- = 100 =.....................- '• ="...................=
- l’argile se fend et s’effrite, tombe, elles la remplaceront par le propolis plus élastique et adhérent. D’ailleurs, elles savent s’isoler dans un creux d’arbre par des murs d’argile. Une araignée, une blatte sera isolée dans un coin, par un mur d’argile ou un voile parcheminé d’une nature spéciale, qui tient de la cire, du papier ou du parchemin.
- En face des types supérieurs de Mellipones, les Apides n’ont donc que la supériorité de leur géométrie inflexible, ce qui, à notre avis, souligne l’étroitesse de leur « pensée » ou la rigidité de « l’esprit de la ruche 5).
- Les Mellipones ont des travaux et des moyens infiniment plus variés, donc un génie bien plus souple pour l’adaptation aux circonstances, puisqu’-elles manient
- l’argile, la terre mouillée, fabriquent et utilisent très judicieusement quatre ou cinq dérivés de la cire, qui vont de la plasticité de celle-ci à la résistance du papier fin et du parchemin.
- D’autre part, leur magasin à miel, comparé aux rayons « à tout faire » des Apides, est d’une infériorité très discutable. Pour ces raisons et pour bien d’autres encore, n’en déplaise à l’admirable et aimé philosophe Maurice Maeterlinck, la supériorité de l’évolution biologique de l’Apide sur la Mellipone est on ne peut plus discutable..., je n’y crois pas. Malheureusement, pour les étudier et éclairer cette question, il faudrait un livre.
- Léonard Martin,
- Ingénieur.
- LES HAUTS FOURNEAUX MODERNES
- duction et la régularité de la descente des charges.
- Il y a cinquante ans, la production moyenne d’un fourneau était d’environ 70 tonnes par jour. Elle s’est élevée à 300 tonnes en Europe, 500 tonnes en Amérique et l’on a été jusqu’à construire des unités de 900 tonnes par 24 heures.
- Il faut remarquer, du reste, que l’emploi, aux Etats-Unis, de minerais naturellement riches, ou enrichis artificiellement, a seul permis cet énorme accroissement de capacité. Les hauts fourneaux d’Europe, alimentés avec des minerais pauvres (tels que les minettes de Lorraine), qui conduisent à des rendements de lit de fusion souvent inférieurs à 30 pour 100, devraient avoir, pour arriver au même tonnage, des dimensions inadmissibles,
- PROFIL
- Fig. 1. — Changement du profil des hauts fourneaux de 1860 à nos jours.
- Les anciens profils des hauts fourneaux ont été nettement modifiés et les systèmes de manutention remplacés par des moyens presque entièrement mécaniques.
- La théorie suivant laquelle la nature de la fonte à fabriquer déterminait le profil a été abandonnée. On construit maintenant des profils identiques, leurs cotes variant selon la quantité de fonte qu’on désire obtenir. C’est par un choix judicieux de la composition du lit. de fusion, de la mise au mille de coke, de la température du vent, et de quelques autres facteurs, qu’on modifie à son gré la qualité de la fonte produite.
- Il convient aussi de remarquer qu’au bout de quelque temps de marche, la déformation des garnissages et l’usure de la maçonnerie déterminent un nouveau profil, parfois très différent du profil initial.
- Les anciens hauts fourneaux donnaient à peu près satisfaction. On eut d’abord l’idée d’augmenter leur capacité en multipliant toutes leurs dimensions par un même coefficient. En 1900, une usine de la Sarre cons-
- Ventre
- Etalages
- Creuset
- On sait l’importance industrielle et économique du haut fourneau, organe d’élaboration de la fonte et aussi, à titre accessoire, producteur de chaleur et de force motrice par ses gaz d’échappement. Le haut fourneau a beaucoup évolué en ces dernières années. Le but de cet article est de montrer dans quel sens il s’est modifié.
- PRODUCTION
- On a tendance actuellement à concentrer la production dans des installations de grande puissance.
- Les perfectionnements apportés ces dernières années dans la construction des hauts fourneaux ont, par suite, visé l’augmentation de leur capacité de pro-
- p.100 - vue 108/598
-
-
-
- truisit deux fourneaux en observant ce principe : les résultats en furent lamentables.
- C’est surtout par une augmentation des dimensions transversales qu’on est arrivé aux tonnages actuels.
- Le diamètre du creuset est plus important en Amérique qu’en Europe. Il y atteint 5 m à 6 m et l’on cite deux chiffres impressionnants : le haut fourneau de South Chicago a un creuset Jd’un diamètre de 6 m325 et celui de Turnbull Cliffs (Ohio) un diamètre de 6 m 850. Ce ne sont, malgré tout, que des cas isolés, et l’on se tient généralement en dessous de 6 m. En Europe, un diamètre de 5 m 500 est déjà exceptionnel.
- La hauteur du creuset varie de 2 m 50 à
- 3 m. L’avantage d’un creuset de grandes dimensions réside dans la possibilité d’emmagasiner de forts tonnages de fonte et de laitier et de diminuer corrélativement le nombre des arrêts (c’est ainsi qu’un fourneau de 700 tonnes arrive à ne faire que
- 4 coulées par 24 heures). Enfin la fonte séjourne longtemps, chaude, dans le creuset et la désulfuration est plus complète.
- Les étalages sont construits avec une certaine conicité: c’est, en effet, dans cette partie que commence la fusion des charges, qui s’accompagne d’une réduction de leur volume. Mais il ne faut pas non plus exagérer cette conicité pour ne pas provoquer des accrochages faisant marcher le fourneau par chutes. On admettait autrefois qu’une pente de 70° était favorable à la bonne descente.
- Actuellement, on table sur 78 à 80°. Cette augmentation de l’inclinaison est due en partie à l’accroissement considérable du diamètre du creuset, alors que celui du ventre a peu varié, mais, surtout, à la rapidité d’allure des hauts fourneaux modernes : la résistance offerte au passage du vent est réduite; la descente est régulière, la colonne des charges étant maintenue principalement sous l’influence de la pression du vent, facilement réglable et très peu par la résistance des parois inclinées ; on propose même de construire des étalages verticaux.
- La hauteur des étalages est, par contre, plus faible. Elle est passée dé1 8-9 m à 4-5 m. En Amérique, le haut fourneau de South Chicago a des étalages de 3 m 050 de hauteur seulement. Cette réduction agit dans le même sens que l’augmentation de l’inclinaison.
- Ainsi que nous venons de le dire, le diamètre du ventre n’a pas subi un accroissement proportionnel à celui du creuset. Il en résulte que le profil des hauts fourneaux s’est élancé, se rapprochant de la forme cylindrique.
- En Europe, ainsi qu’aux Etats-Unis, on ne dépasse guère la dimension de 7 m. Souvent, dans le but de ménager une transition entre les inclinaisons en sens inverse de la cuve et des étalages et de réduire l’angle mort, on prévoit un tronçon cylindrique, de 1 m 50 à 2 m de hauteur.
- Le Bureau des Mines des Etats-Unis, dans son usine
- 2. — Vue extérieure d'un haut fourneau et de son système de chargement (au second plan, batteries de Cowpers pour le chauffage de l’air insufflé dans le haut fourneau).
- expérimentale de Minneapolis, a poursuivi des recherches sur un modèle réduit de haut fourneau, d’une hauteur de 6 m. Il ressort de ses travaux qu’il existe une zone inactive entre la zone de réduction (près du gueulard) et la zone de combustion (étalages). Il y a donc intérêt à restreindre cette zone le plus possible, en diminuant la hauteur de la cuve. On supprime ainsi une partie des frais de premier établissement et une perte importante de calories par rayonnement. Enfin la pression de vent et, par suite, la force motrice nécessaire, qui est proportionnelle à la résistance qu’offrent les matières dans le fourneau et qui croît évidemment avec la hauteur de la cuve, est elle-même diminuée.
- Il faut toutefois choisir pour cette hauteur une valeur minima telle que les deux zones, de réduction et de combustion, ne puissent venir chevaucher. Et ceci tend à se produire dans le cas de Aarches très chaudes ou lorsqu’on passe des minerais menus.
- La hauteur totale du haut fourneau est donc maintenue aux environs de 25 m en Lorraine, 27 à 28 m en Amérique. L’inclinaison des parois de la cuve varie de 85 à 86°. Elle est parfois terminée, à sa partie supérieure, par un tronçon cylindrique d’une hauteur de 3 à 6 m, dont le but est de ménager aux parois inclinées de la cuve une pente suffisante.
- Le diamètre du gueulard ne dépasse guère 5 m, afin de permettre une bonne répartition des charges.
- 101
- Fig.
- p.101 - vue 109/598
-
-
-
- = 102
- CONSTRUCTION
- Les briques employées à la construction de la chemise doivent répondre, suivant les régions du fourneau, à des conditions particulières : celles du creuset et des étalages doivent être capables de résister aux températures élevées qui régnent dans ces parties. De plus, la maçonnerie des étalages est soumise au frottement de matières non fondues. Elle s’use par action mécanique. Aussi les briques de creuset renferment-elles 40 à 42 pour 100 d’alumine, tandis que les briques d’étalages n’en ont que 36 à 38 pour 100. Les briques de cuve sont bien exposées à la chaleur, régulièrement décroissante en allant vers le gueulard, mais c’est surtout par usure mécanique qu’elles sont corrodées, jusqu’à ne plus avoir, après une campagne d’une certaine durée, que quelques centimètres d’épaisseur. Leur teneur en alumine varie de 28 à 35 pour 100. Elles sont moulées à la machine et l’on s’attache à leur donner une texture fine et une grande compacité.
- La partie supérieure de la cuve, étant particulièrement éprouvée par la chute directe des matières contre les parois, est en général protégée par un cylindre en tôle ou en fonte, ou par des pièces en acier épousant la forme intérieure des briques.
- - Dans les hauts fourneaux modernes à grande production, une percée seraiUdésastreuse. Les dispositifs adoptés pour le blindage de la maçonnerie ont donc eu pour objet de les rendre très rares, et, en cas d’accident, de réduire les dommages.
- Les abords du creuset ont été complètement dégagés.
- On l’entoure d’un blindage en tôle ou en acier, refroidi par aspersion d’eau ou encore d’un système de panneaux en fonte ou en acier, de 80 mm d’épaisseur, à circulation intérieure d’eau. Ces panneaux sont maintenus par des cercles ou des frettes en acier.
- Les étalages sont munis d’une enveloppe en tôle, de 25 mm d’épaisseur, où l’on ménage des ouvertures pour la pose des chapelles et des bacs de refroidissement. Ils peuvent être ‘ aussi simplement cerclés et refroidis par aspersion d’eau.
- Les diverses assises de la cuve peuvent être maintenues au moyen de cercles plats en acier assemblés avec des clavettes ou des boulons, pour suivre la dilatation. Des bacs rafraîchisseurs, en bronze, à circulation d’eau, servent au refroidissement. Ils sont disposés sur tout ou seulement partie de la hauteur de la cuve. Le blindage complet en tôle est surtout employé en Amérique, où il est destiné spécialement à supporter la trémie et les prises de gaz. L’épaisseur de la maçonnerie est alors souvent réduite, mais il faut prévoir une réfrigération énergique par arrosage.
- . La cuve Burgers, entièrement métallique, avec un simple remplissage de briques de 80 mm d’épaisseur, est constituée par des panneaux en fonte de 8 cm, nervurés. La face extérieure est soumise à une aspersion méthodique. Ce type de cuve est appliqué dans maintes installations, en Allemagne et en Amérique, et il a donné satisfaction en réduisant la proportion des accrochages.
- Dans le but de dégager le plus possible les abords du
- creuset, on fait souvent supporter la marâtre par des colonnes inclinées : les étalages sont en même temps rendus facilement accessibles, et lés réparations commodes.
- Quelques constructeurs suppriment même complètement les colonnes de marâtre. C’est ainsi que la Maison Delattre et Frouard constitue la marâtre d’une partie tronconique circulaire. Elle repose sur des consoles fixées à un système de poutrage dépendant de l’ossature métallique du fourneau.
- Pour assurer une bonne répartition du vent soufflé, la Société des Ateliers de Construction d’Awans alimente la tuyauterie circulaire à vent chaud, portée par la poutre marâtre, en deux points du collecteur par un tuyau semi-circulaire. Le vent est fourni au fourneau par l’intermédiaire de porte-vents en acier avec vanne d’isolement pour chacune des tuyères et genouillères sphériques. Les joints sont rendus rigoureusement étanches pour éviter toute perte de vent. Les porte-vents sont calorifugés. Le nombre de tuyaux croît avec les dimensions du fourneau.
- Un grand diamètre de creuset et, par suite, d’ouvrage, permet de loger facilement 12 à 14 tuyères sur un même plan horizontal.
- Par mesure de précaution, on prévoit généralement des embrasures à un niveau légèrement supérieur pour pouvoir y souffler en cas de besoin. Il existe une ou deux tuyères à laitier, type Lürmann. j
- Les prises de gaz présentent encore des dispositions très variées. On peut signaler celle fréquemment adoptée „ en Amérique : les quatre tuyauteries, deux à deux diamétralement opposées, s’élèvent presque verticalement à une hauteur assez considérable au-dessus du gueulard. Ainsi les débris de la charge et les poussières les plus lourdes entraînées par le courant gazeux peuvent-ils retomber directement dans le hautfourneau. Parfois, pour éviter d’exagérer la hauteur de ces conduite's, on dispose à leur intérieur des chicanes qui facilitent la séparation. Chaque fourneau est, bien entendu, isolé de la conduite générale-de gaz brut par des clapets et dispose, au point le plus haut, d’une ou plusieurs cheminées d’évacuation des gaz en cas d’arrêt.
- Des tiges-sondes transmettent à la plate-forme de coulée l’indication du niveau des charges, ce qui permet de contrôler la régularité de la descente et d’agir à temps en cas de dérangement. .
- PRÉPARATION DES MINERAIS
- Les minerais se présentent sous des aspects physiques très divers : depuis le minerai en roches, blocs dq plusieurs dizaines de centimètres, jusqu’au menu. Lorsqu’on emploie ces minerais sans leur faire subir un traitement préalable, le lit de fusion est hétérogène, et dans le fourneau s’opère un classement très net : le gros roule vers les parois, le menu restant accumulé au centre. Il en résulte une marche irrégulière. Le gaz se fraie un passage vers la périphérie. Le menu arrive aux étalages non réduit. Enfin l’usure des parois est rapide.
- D’autre part, les gisements de minerais riches s’épuisent et l’on est de plus en plus amené à consommer
- p.102 - vue 110/598
-
-
-
- des minerais pauvres. Or, les hauts fourneaux modernes à grande production sont spécialement destinés à, traiter des minerais riches; l’économie de mise au mille de coke qui en résulte est intéressante; et, en procédant à la mine même à l’enrichissement du minerai, on réalise, si la distance entre les hauts fourneaux et le lieu d’extraé-tion est importante, une économie notable sur les frais de transport. On a donc été amené à enrichir les minerais pauvres, concasser les minerais trop gros et agglomérer les minerais trop menus.
- Après concassage ou broyage, les minerais non magné-
- ....103 =
- varient entre 70 et 150 mm. Celles du fondant sont moins rigoureuses.
- Pour les minerais, la dimension optima est comprise entre 50 et 120 mm, suivant leur densité et leur facilité de réduction.
- Les minerais menus et les poussières lourdes de hauts fourneaux (teneur en fer, environ 40 pour 100) sont agglomérés,'soit par briquetage, soit par frittage.
- Le briquetage exige ou non un agglomérant. Le procédé Grondai, très répandu en Suède, consiste à comprimer les matières à la presse sans les humidifier, puis
- Fig. 3. — La partie inférieure d’un haut fourneau.
- On aperçoit le collecteur circulaire à vent chaud, les tuyères à vent et leurs vannes d’isolement, le trou de coulée
- (Système des Ateliers d’Awans).
- tiques sont soumis à un grillage magnétisant, puis à un triage à l’aide d’appareils à aimants permanents, ou, mieux, à électro-aimants à champ puissant.
- Il y a intérêt, pour assurer une marche rapide, à multiplier les surfaces de contact des diverses matières contenues, dans le fourneau, donc à disposer de morceaux assez petits.
- Le coke, dont sont soigneusement éliminés . fr'aisil et grésillon, doit se présenter sous forme de fragments résistants et cependant poreux. Les dimensions admises
- à porter les briques obtenues vers 1400° dans un four tunnel.
- La magnétite subit à cette température une fusion partielle.
- Le procédéRonay nécessite une pression de 1000 kg: cm2.
- L’agglomérant du procédé Scoria est un mélange de laitier granulé et de chaux. Le système Schumaker, appliqué aux poussières des fourneaux, utilise leurs propriétés hydrauliques, avec une addition d’un mélange de chlorures de magnésium et de calcium. La
- p.103 - vue 111/598
-
-
-
- 104
- Fig. 4. — Chargement par Skip (Système Brown).
- prise est très rapide. Le frittage consiste à chauffer les minerais à agglomérer à une température telle qu’ils arrivent, sans aller jusqu’à la fusion, à un état pâteux. On -obtient ainsi un produit poreux de réduction facile.
- Le frittage s’effectue dans des fours tournants analogues à ceux utilisés dans les cimenteries, ou dans des convertisseurs Heberlein, ou enfin dans des fours système Dwight-Lloyd ou Greenwald.
- MANUTENTION MÉCANIQUE DES CHARGES
- De tous les progrès réalisés dans la construction des hauts fourneaux, c’est certainement la manutention
- Fig. 5. — Chargement par skip (Système Mac Kee).
- mécanique des charges et des produits qui en a été le plus important et surtout le plus saisissant. Il eût été impossible de manipuler comme autrefois, à bras, même avec un personnel considérable, les tonnages énormes de matières premières et de produits fabriqués qui entrent et sortent chaque jour des fourneaux modernes.
- Et l’on est arrivé au résultat suivant : au lieu de 9 hommes pour une production de 70 tonnes par jour, il n’est plus besoin que de 5 hommes pour 700 tonnes par 24 heures.
- Stockage des minerais.— Les minerais arrivent par bateaux, par fer ou, encore, dans le cas de mines proches de l’usine sidérurgique, par transporteurs aériens parcourant parfois des distances d’une vingtaine de kilomètres.
- Les grues électriques à bennes piocheuses sont toujours très employées pour le déchargement. Mais en Amérique on a réalisé des appareils spéciaux d’une telle puissance qu’il suffit de 4 à 8 heures pour décharger un navire de 6000 à 12 000 tonnes.
- Les wagons qui transportent le minerai ont une-capacité nominale de 75 tonnes, de 50 tonnes seulement s’ils sont affectés au transport du coke. Ils sont souvent pris par des culbuteurs qui les vident complètement d’une seule opération. Il existe même des culbuteurs pour des rames de wagons : la durée totale d’un basculement n’excède pas deux minutes.
- Le minerai pioché par bennes ou basculé est déversé dans une trémie de grande capacité; il y est repris par un portique ou un pont-roulant se déplaçant au-dessus d’un parc en plein air où il est mis en dépôt.
- Au fur et à mesure des besoins, le minerai est versé, par l’intermédiaire du pont, dans un wagon-trémie d’une capacité variant de 50 à 150 tonnes. Ce dernier, mû par une locomotive électrique, circule sur la file des accumulateurs qui sont, en général, capables de contenir deux à quatre jours de consommation. Le wagon-trémie est muni à sa partie inférieure de volets à contrepoids commandés à l’air comprimé ou, en cas d’avarie, à la main.
- Les accumulateurs sont construits en béton ou en tôle : ils sont alors à doubles parois entre lesquelles, l’hiver, on fait circuler des gaz chauds. Un transbordeur électrique portant les bennes à remplir vient les présenter sous les trémies convenables.
- Modes de chargement. — Le système de monte-charges le plus simple est sans contredit celui « à balance d’eau » : deux cages s’équilibrant sont fixées aux extrémités d’un câble passant sur une poulie supérieure. Au-dessous de chacune d’elles se trouve un réservoir en tôle qu’on peut, à volonté, remplir d’eau ou vider. L’eau est admise sous la cage que l’on veut faire descendre, jusqu’au moment où le poids total de la cage, du wagonnet vide et de l’eau introduite devient supérieur au poids de la cage vide et du wagonnet chargé de minerai. L’ensemble se met alors en mouvement avec une accélération positive et l’on doit freiner pendant une partie de la course. Le prix de ces installations est faible, mais le remplissage et la vidange des bâches demandent un temps assez important.
- Les monte-charges à câbles, mus par la vapeur ou
- p.104 - vue 112/598
-
-
-
- 105
- l’électricité, peuvent être verticaux ou inclinés. Le premier genre est d’un emploi assez rare. Le second comprend le transport par câble aérien et celui par plan incliné et, dans ce dernier type, se rangent les monte-charges par skip et par bennes Stlihler.
- Le transport par bennes et câble aérien a été particulièrement appliqué, et cela dès 1880, à la manutention du coke, qui est amené ainsi directement de la cokerie, sans aucune manipulation intermédiaire et, par conséquent, avec un bris minimum.
- La Société Jeumont construit des installations participant à la fois des systèmes de transport par bennes automotrices sur un rail rigide horizontal ou incliné et de transport par simple câble tracteur ou par double
- culbutées successivement sur le pourtour du cône, d’une façon régulière. Par mesure de précaution, l’arrêt accidentel de l’un des chariots provoque de ce fait l’arrêt de tous ceux qui le suivent.
- L’inconvénient de ce procédé de traction par câble aérien est qu’il exige des équipes assez nombreuses pour les divers aiguillages et pour le culbutage des bennes.
- Les deux premiers monte-charges par plan incliné et à déchargement automatique ont été installés en 1888 en Amérique, à Thomas Alabama. Ils sont connus sous l’appellation : chargement par skip (skip signifiant saut, bond). Très répandus en Amérique, ils le sont beaucoup moins en Europe.
- Le chariot transbordeur |à bascule (fig. 4) qui circule
- Benne surlè gueulard^
- Accumulateurs
- , Qontrepoids
- Benne du. ; départ
- Fig. 6. — Monte-charges incliné et bennes Slahkr.
- câble, l’un tracteur, l’autre porteur. Les bennes automotrices sont suspendues à un truck monorail à bogies portant un moteur électrique.
- L’alimentation se fait par trolley. Au niveau des accumulateurs, le déplacement des bennes est assuré par ce moteur. Arrivées à la partie inférieure du plan incliné qui les conduit à hauteur du gueulard, elles sont accrochées à un câble tracteur qui remplace le moteur pour cette portion du parcours. Au sommet du plan incliné, elles sont décrochées automatiquement et sont de nouveau entraînées par le moteur électrique individuel. Les bennes, pesées sur bascules également automatiques, sont réparties suivant leur contenu sur des voies de garage et des voies de lancement. Elles décrivent une courbe autour du gueulard et sont
- sous les accumulateurs vient déverser son contenu dans une trémie sous laquellé se remplit un wagonnet en forme de baquet. Ce*wagonnet, tiré par un câble, est muni de 4 galets qui roulent sur 4 rails parallèles inclinés. Légèrement au-dessus du niveau du gueulard, les deux rails, qui supportent les galets avant s’infléchissent, tandis que les deux autres se relèvent. Le wagonnet bascule donc et se vide automatiquement. Le tonnage transporté est assez réduit en raison de la faible capacité du baquet, 2 à 3 m3. On a été, par suite, obligé de compenser cette infériorité par une grande vitesse de. translation.
- La construction d’un système de chargement par skip est assez économique, mais de graves inconvénients ont empêché le développement de ce procédé en Europe;
- *
- p.105 - vue 113/598
-
-
-
- 106
- Les {Lèches indiquent le sens de déplacement des
- cables dans l'hypothèse de la montée.
- Chariot porte bennes
- Chemin deroulemï du chariot contrepoids \/ Treuil de manoeuvre
- y-Senne Stahler
- Chemin de roulem.\ du chariot porte-bennes
- Poulies de renvoi
- ,t
- /• Chariot contrep.
- Fig. 7.— Schéma de la manœuvre du plan incliné dans le système
- Stahler.
- la grosseur des minerais et la résistance du coke y sont en effet tout autres qu’en Amérique. Or, le « skip » opère un classement du minerai dans la trémie, le gros étant
- projeté du côté opposé au plan incliné. Cette disposition des charges se retrouve dans le haut fourneau. La descente est irrégulière, les gaz se frayant un passage facile à'*- travers les blocs. La réduction est beaucoup plus rapide d’un côté que de l’autre.
- L’usure des parois est très accentuée. L’allure générale du fourneau est mauvaise et la mise au mille de coke s’en ressent fâcheusement. Un autre inconvénient résulte des nombreuses manipulations et chutes que l’on fait subir aux matières; les minerais en souffrent peu, mais le coke se brise facilement et chaque transvasement donne lieu à une production de menu variant de 1 1/2 à 2 pour 100. Pour remédier au premier de ces inconvénients, la Société Brown Hosting C° dispose au-dessus de la trémie du gueulard un distributeur rotatif à goulotte latérale, tournant de 60° à chaque voyage du skip.
- Le système Mac Kee consiste dans l’emploi d’une trémie auxiliaire animée pendant son remplissage d’un mouvement de rotation. Mais, comme le nombre de chutes est augmenté de ce fait, le bris de coke croît. Le coke introduit dans le fourneau étant particulièrement résistant en Amérique, fait dû à plusieurs criblages qui éliminent tous les morceaux inférieurs à 20 mm. et les minerais de grosseur uniforme (certains fourneaux sont alimentés avec 90 pour 100 de menu), le chargement par skip a trouvé des facilités d’extension.
- Le mode de chargement qui se répand de plus en plus en Europe est celui par bennes Stahler à fond mobile. La benne est constituée d’un corps cylindrique terminé par une partie tronconique. Le fond, conique, est maintenu appuyé contre le rebord de la partie tronconique par une tige verticale, à laquelle il est claveté, et qui supporte l’ensemble. La charge est composée directement dans la benne qui est amenée par un chariot à bascule automatique sous chacune des trémies convenables des accumulateurs. Pendant son remplissage, la benne est animée d’un mouvement de rotation qui permet une répartition régulière des minerais. Du reste, pour plus de sûreté, le mouvement de rotation n’est pas constant ; les axes de la benne sont donc déplacés par rapport à un axe fixe du gueulard chaque fois que la benne est déposée sur celui-ci. La charge composée (ce qui exige environ 5 minutes), la benne est amenée à la partie inférieure de l’appareil de chargement qui l’élève jusqu’au gueulard.
- Elle vient reposer sur l’ouverture de chargement par sa partie tronconique. Le fond s’abaisse et le contenu est déversé dans la trémie du fourneau. Pour limiter les pertes de gaz, au moment où l’on
- Fig. 8. — Système de chargements ’à élévation verticale des bennes et ponts roulants de chargement des bennes Stahler en minerai au moyen de chariot transbordeur et leur transport au haut fourneau par pont roulant (Système Ateliers d’Awans).
- p.106 - vue 114/598
-
-
-
- 107
- descend le cône, la benne est munie d’un couvercle. Dans certaines installations récentes, le fond de la benne vient appuyer directement sur le cône, normalement maintenu, par contrepoids, appliqué contre le rebord de la trémie.
- Le poids du fond conique est tel qu’il suffit à provoquer l’ouverture du cône. La perte de gaz est alors réduite au volume de la benne : la charge glisse sans intermédiaire dans le fourneau. C’est également un avantage au point de vue bris du coke.
- L’élévation de la benne peut s’effectuer soit à l’aide d’un plan incliné, soit par un monte-charges vertical et horizontal.
- La charpente du plan incliné (voirfig. 6 et 7) est formée de deux poutres principales reliées par des parties transversales qui supportent le chemin de roulement du chariot porte-bennes. Ce chariot est tiré par des câbles passant sur des poulies de renvoi situées au sommet du plan incliné et s’enroulant à leur extrémité sur un treuil de levage. Dans les installations que construit la Société Jeumont, la benne, du type avec tige à œillet, est saisie automatiquement, au bas du plan incliné, par le crochet du chariot.
- A la partie supérieure, les rails de roulement s’infléchissent. Les deux galets avant s’engagent sur le tronçon A, tandis que les galets arrière suivent la courbe B. Le chariot est ainsi animé d’un mouvement de bascule. La benne vient se poser doucement sur le gueulard et, le mouvement de descente continuant, le cône s’ouvre. La forme spéciale'du chariot et la disposition des rails supérieurs réalisent mécaniquement la diminution progressive de la vitesse à l’arrière au gueulard.
- Sur une autre file de rails circule un chariot contrepoids dont le but est d’équilibrer les poids morts et la moitié de la charge utile : on diminue ainsi la puissance demandée au treuil qui développe le même travail à la montée et à la descente. Par une disposition convenable des poulies de renvoi, la Société Jeumont fait servir le contrepoids, à fin de course supérieure, au relevage de la benne après la vidange.
- Le chargement par plan incliné est sérieusement concurrencé par le monte-charges à élévation verticale des bennes (ce qui supprime le frottement dans les guidages), puis à translation horizontale au-dessus des gueulards.
- Pour rendre plus sensible l’application de ce système, il nous a semblé utile de décrire une installation existante, réalisée par la Société des Ateliers d’Awans.
- L’usine ne comporte pas de cokerie. Les wagons de coke arrivent dans un hall et sont déchargés directement dans les bennes Stahler disposées le long des voies. Les bennes sont manutentionnées par un pont roulant qui les reprend, pleines, et vient les placer sur un chariot transbordeur se rendant à l’accrochage. Les bennes vides descendant du gueulard suivent un parcours inverse. Il suffit donc d’un mécanicien, au pont roulant, pour la manœuvre du coke.
- Les wagons de minerais sont amenés par des voies en rampe au-dessus d’accumulateurs en béton dans lesquels ils sont déchargés, suivant la nature de leur
- contenu. La base des trémies est obturée par des volets commandés mécaniquement, au moyen d’un piston à air comprimé. La manœuvre du distributeur s’effectue à l’aide d’une simple poignée à portée de la main du mécanicien du chariot basculeur. Sous la ligne des trémies circule un chariot transbordeur à bascule automatique muni de deux assises, en forme de champignons, sur lesquelles viennent poser les bennes Stahler. Le chariot amené sous la trémie voulue, le mécanicien fait jouer un mécanisme qui imprime à l’assise portant la benne vide un mouvement de rotation. Il ouvre le volet : le minerai s’écoule dans la benne. Lorsque le poids introduit correspond à celui qui lui est fixé, il referme le volet et va se placer sous une autre
- Fig. 9. — Arrivée d'une benne au-dessus du gueulard (Système Ateliers d'Awans). • , .
- trémie pour constituer la charge. Le mécanicien est renseigné à tout moment sur le poids qu’il a dans sa benne par les indications d’une bascule dont le fléau se trouve à sa proximité. Le pesage', grâce à un dispositif spécial, n’est point gêné par le mouvement de rotation.
- La charge une fois constituée, le chariot transbordeur se rend au centre du hall à minerai.
- Pour éviter toute perte de temps, un pont roulant l’attend avec..une benne vide ..qu’il dépose sur l’assise libre.
- Il saisit la benne pleine et va la placer sur le chariot transbordeur qui la conduit à l’accrochage. •
- Le minerai qui doit subir la calcination est déversé
- p.107 - vue 115/598
-
-
-
- 108
- dans une trémie spéciale, d’où il est également repris par bennes et chariot à bascule.
- Le personnel nécessaire à la manutention des minerais est donc réduit à deux mécaniciens : l’un pour le pont roulant, l’autre pour le chariot.
- Les manœuvres d’accrochage et de décrochage sont automatiques. La benne descendant du niveau des gueulards dans le monte-charges vertical vient se centrer d’elle-même sur le champignon libre du chariot transbordeur. Après un léger déplacement de ce dernier, le treuil enlève la benne chargée.
- L’accrochage proprement dit s’effectue soit à l’aide d’une cloche qui coiffe un champignon terminant l’extrémité supérieure de la tige de la benne et le maintient par deux verrous à déclic, soit à l’aide d’une griffe de forme spéciale.
- Un mécanisme électrique ralentit la descente au moment de l’arrivée sur le chariot et arrête même le treuil automatiquement, si bien que le mécanicien n’a à provoquer que des mouvements simples de levée, de descente et de translation. Un seul treuil assure le service normal de trois et même quatre fourneaux; un second treuil tient lieu de réserve.
- A la descente de la benne vide, on récupère le travail
- dépensé par la levée du poids propre de la benne; le moteur fonctionne alors en génératrice. Il fournit du courant à la Centrale.
- Pour éviter tout accident, plusieurs dispositifs, de contrôle et de sécurité sont installés dans la cabine de manœuvre. C’est ainsi que l’on y trouve un indicateur de hauteur, dû type à curseur index et vis verticale (Jeumont). Le mécanicien, qui peut du reste suivre la montée directement, est ainsi prévenu à chaque instant de la position de la benne.
- Un amplificateur à cadran, prévu au sommet de l’indicateur, permet une grande précision dans la manœuvre des bennes au-dessus du gueulard. L’indicateur est muni de butées qui rendent toute fausse manœuvre impossible ; en cas d’inattention du mécanicien, oubliant de couper le courant, le treuil s’arrêterait automatiquement, arrivé à une certaine hauteur.
- D’autres dispositifs permettent d’empêcher la translation avant que la benne ne soit à fond de course verticale et la descente pendant la translation du chariot. Une installation de signalisation lumineuse pour le travail de nuit comprend un certain nombre de lampes de diverses couleurs, qui s’allument un peu avant l’arrivée, puis à l’arrivée précise aux gueulards et aux trous de chargement. Enfin le mécanicien du treuil est averti du niveau des charges dans le haut fourneau par les indications des tiges sondes.
- Au total, cinq hommes suffisent au chargement de quatre* fourneaux.
- SOUFFLERIE
- Les machines soufflantes à vapeur horizontales ne sont plus employées que comme appareils de réserve. Le choix se répartit entre les soufflantes à piston mues par moteur à gaz (deux cylindres, double effet) et les soufflantes centrifuges, plus légères, moins encombrantes, mais plus délicates. Elles sont actionnées par moteurs électriques ou turbines à vapeur.
- L’air est soufflé à une pression de 25 à 50 cm de mercure. Pour de grands fourneaux, cette pression s’élève notablement et peut atteindre 1 kg 800 à 2 kg.
- CHAUFFAGE DU VENT
- On a tendance à profiter de l’emploi du gaz bien épuré pour réduire les sections des carneaux des appareils Cowper et les multiplier, en augmentant dans une forte proportion le tonnage de briques. Les alvéoles ont 70 à 75 mm de diamètre. Les briques d’empilage octogonales Strack créent deux sortes de carneaux, les uns ronds, de 70 mm, les autres à section carrée, de 50 mm de côté. Par l’emploi de ces briques on double la surface de chauffe d’un appareil.
- p.108 - vue 116/598
-
-
-
- Les Cowpers sont cylindriques, avec revêtement en tôles d’acier. L’entrée du gaz frais et la sortie des gaz brûlés sont assurées à l’aide de vannes rotatives, avec roulement sur galets et crémaillère d’entraînement.
- Des lunettes basculantes permettent l’obturation en période de vent. Les vannes à vent chaud ont un obturateur en bronze à circulation d’eau. Le système de manœuvre automatique des vannes, qui permet de faire les inversions en moins d’une minute, par action de l’air comprimé (brevet Zimmermann et Jansen), se répand de plus en plus.
- On marche généralement avec 3 appareils par fourneau, 2 en chauffage, 1 au vent. Cependant, il existe plusieurs procédés qui procurent des économies, soit sur la consommation de gaz, soit sur le nombre de Cowpers.
- a) Procédé Sépulchre. — On prélève l’air de combustion sur la tuyauterie de vent chaud. La température de combustion obtenue est donc plus élevée que dans le cas d’alimentation à l’air froid.
- b) Système Prégardien. — On marche avec seulement deux appareils et un réchaufîeur parcouru, en sens inverse, par les gaz brûlés et l’air de combustion.
- c) Procédé P. S. S. (Pfoser-Strack-Stumm) (fig. 11). —- Ce système est basé sur l’accélération sensible du passage des gaz de chauffage à travers le ruchage des appareils et sur l’augmentation de capacité par mètre cqrré de surface de chauffe qui en résulte : on sait, en effet, que la transmission de chaleur d’un gaz à une surface donnée croît avec l’augmentation de la vitesse du courant des gaz. Au lieu d’une vitesse de 1 m : sec, le procédé P. S. S., qui envoie dans le Cowper de l’air sous pression (25 à 30 cm d’eau), réalise une vitesse de 2,5 à 3 m : sec. Il suffit alors de deux Cowpers par haut fourneau.
- Les Cowpers « Cockerill » reposent sur un principe analogue : l’air est envoyé dans le puits de combustion par un ventilateur et intimement mélangé au gaz. Les briques d’empilage sont des fourreaux cylindriques s’emboîtant les uns sur les autres.
- L’usage de l’air « sec » et de l’air « suroxygéné » s’est peu répandu, les avantages qu’on en retire n’étant pas d’un ordre intéressant.
- L’épuration des gaz a donné lieu à diverses solutions. Nous les avons examinées dans cette Revue (15 avril 1927). Nous ne reviendrons donc pas sur cette question. Le gaz, dont le pouvoir calorifique,varie de 950 à 1000 calories par mètre cube, est - utilisé au chauffage des Cowpers (30 pour 100) et de fours divers (Martin, fours à coke, chaudières) et à l’alimentation des soufflantes et moteurs.
- FABRICATION
- La coulée de fonte terminée, le haut fourneau étant vide et le vent coupé, on bouchait autrefois le trou de coulée en y bourrant à bras des boules composées d’un mélange de terre argileuse et de poussier de coke. On évite actuellement ce travail, pénible et lent, en se servant d’une machine à boucher, dite « canon », mue par la vapeur ou l’air comprimé : elle est constituée d’un piston se déplaçant dans un cylindre orientable.
- 109
- ruchage
- Vent froid
- flir sous
- \ pression
- Cheminée'
- Fig. 11. — Cowper chauffê'par le procédé P. S. S.
- Les boules sont introduites en avant du piston qui les pilonne avec une grande force. Le trou de coulée est ainsi solidement bouché en quelques secondes.
- La fonte et le laitier sont coulés en grandes poches portées sur trucks à deux bogies et tirés par locomotives.
- Souvent le laitier est granulé en vue de la fabrication de ciment ou d’agglomérés. Les poches de fonte liquide (d’une. capacité atteignant 100 tonnes) sont déversées dans le mélangeur; si la fonte doit être coulée en gueuses pour être livrée au commerce, on amène la poche dans un hall distinct de l’installation du fourneau, tenu entièrement dégagé. On utilise souvent, dans le cas de fortes productions, une machine à couler : ces machines sont constituées par une longue file de godets en acier, barbouillés, placés jointivement, qui se présentent tour à tour sous le jet de fonte. La longueur de la chaîne est telle que le saumon de fonte arrive en bout suffisamment refroidi pour avoir fait prise. Vers son extrémité, la chaîne s’incurve et vient baigner dans une certaine quantité d’eau où s’achève le refroidissement. Les gueusets se détachent d’eux-mêmes en bout de chaîné. Ces machines évitent une main-d’œuvre considérable pour la préparation des chantiers et la coulée et la consommation d’une grande quantité de sable.
- p.109 - vue 117/598
-
-
-
- = 110 : " " —...................—....................=
- Les gueusets froids sont manutentionnés par un pont roulant à électro-aimant qui les charge sur wagons ou les met en stock.
- Il faut enfin signaler l’importance de certaines installations de contrôle : une marche régulière des hauts fourneaux nécessite, en effet, la connaissance, à chaque moment, des températures du vent soufflé et du gaz au gueulard, des débits d’air, de la consommation de gaz aux appareils Cowper, des pressions du vent et du gaz en différents points. Ces indications sont données par des enregistreurs auxquels il faut ajouter les enregistreurs-doseurs de gaz carbonique.
- Pour la disposition de ces appareils, deux solutions interviennent •: grouper autour de chaque ensemble fourneau-Cowper les instruments qui lui sont propres ou rassembler la totalité de l’appareillage dans un bureau central, ce qui présente le sérieux avantage d’un contrôle d’ensemble du service. Connaissant à chaque instant l’état de marche des hauts fourneaux, le débit et la pression du gaz produit, le surveillant du « Central », grâce à des signaux sonores et lumineux, est à même de régler la répartition du gaz entre les divers services consommateurs.
- J. O.
- ^ LE CAOUTCHOUC
- SA STRUCTURE - SES PROPRIÉTÉS
- L’EXAMEN DU CAOUTCHOUC AUX RAYONS X
- Le problème de la structure du caoutchouc et de sa molécule a fait un pas énorme en avant, à la suite de la découverte de Katz et Bing (1925), lors de l’application des rayons X à l’analyse du caoutchouc. Auparavant, - W. Thomson et Joule avaient constaté que le caoutchouc s’échauffe si on l’allonge. Ce phénomène est absolument différent des propriétés élastiques des autres matériaux, qui se refroidissent, notamment les métaux. Cette propriété du caoutchouc a été nommée effet Joule, et n’est pas encore expliquée définitivement. Toutefois
- jFig. 1. — Diagramme de diffraction aux rayons X du caoutchouc montrant un seul anneau amorphe (d’après Hauser, « Colloid Chemistry oE Rubber».
- le caoutchouc étiré montre une diminution de volume, sa densité augmente et d’isotrope, il devient anisotrope. En outre, le caoutchouc étiré donne une double réfraction typique en lumière polarisée.
- Katz observa aux rayons X monochromatiques le caoutchouc étiré et il prit des photographies des spectres produits. Il obtint ainsi des interférences cristallines du type des substances fibreuses, alors que la même matière, mais non allongée, ne produit en même lumière qu’un anneau amorphe semblable à celui des substances non cristallines (comme les liquides).
- Bien qu’il n’ait pas encore été donné d’explication satisfaisante des bandes amorphes des liquides en spec-trographie aux rayons X, il est surprenant qu’un corps comme le caoutchouc puisse, à l’état cru, donner ainsi (méthode Debye Scherrer) un diagramme de corps amorphe et sous l’effet d’une certaine tension montrer des interférences cristallines.
- Hauser, Mark, Hünemorder, Rosband et les physiciens de la Metallbank à Francfort-sur-le-Main ont fait une étude systématique de la question : les interférences conservent une position invariable, mais leur intensité croît proportionnellement au degré d’extension du caoutchouc, tandis que l’anneau amorphe perd de son intensité. Les premiers indices apparaissent à 80 pour 100 d’allongement. (Voir les figures reproduites d’après le livre d’Hauser, Colloid Chemistry of Rubber.)
- Le caoutchouc durci par un long repos ou le caoutchouc gelé présentent des cercles de Debye Scherrer, auxquels viennent se superposer pendant l’allongement des franges d’interférences ; la bande amorphe a disparu complètement dans le caoutchouc gelé. Les cercles présentent les mêmes angles de déviation que les franges normales. Si l’on soumet le caoutchouc brut à une extension rapide jusque près de la rupture (extension adiabatique) et si on le conserve ainsi tendu jusqu’à refroidissement, on peut le faire revenir à sa constitution normale par la chaleur; on peut à nouveau le soumettre à une nouvelle extension adiabatique, puis le laisser au repos, puis lui donner une nouvelle chauffe et recommencer ainsi
- p.110 - vue 118/598
-
-
-
- 111
- l’opération; on aura finalement un caoutchouc qui aura pu s’allonger de 10 000 pour 100 ; c’est le caoutchouc raqué de Feuchter (racked en anglais, gerekt en allemand).
- Un tel traitement renforce beaucoup le caoutchouc et si on relève la courbe charge-allongements sur un appareil Polanyi, on trouve des charges croissant rapidement pour des allongements faibles. Le caoutchouc présente une anisotropie typique, de nouvelles franges d’interférence apparaissent en grand nombre et le benzol ne le dissout pas, même en plusieurs jours. Hunemorder a constaté que le caoutchouc raqué pouvait être chauffé à 100° sans devenir isotrope, les points ou taches d’interférence perdant seulement quelque peu de leur intensité.
- Les taches d’interférence ne varient pas de position avec le degré d’allongement, la maille du réseau cristallin, si réseau il y a, reste donc identique à elle-même. D’un autre côté, l’intensité des taches varie linéairement avec le degré d’allongement, et cette intensité est donc proportionnnelle au nombre de petits cristaux frappés par les rayons. La phase cristalline augmente nécessairement en proportion de l’allongement, car autrement ce serait les cristaux qui devraient grossir et dans ce cas l’intensité ne varierait pas en fonction linéaire, mais comme le carré de l’allongement et en outre, suivant la théorie de Laue, les particules doivent être de faibles dimensions pour ne pas absorber les rayons.
- Hauser et Mark ont comparé le spectre aux rayons X du caoutchouc avec le spectre du chlorure de sodium. Si on trace les courbes : intensité des taches-allongement, on constate qu’elles sont sensiblement rectilignes mais ne convergent pas vers l’origine, alors que le chlorure de sodium donne des droites passant par l’origine.
- Les sinus des demi-angles de déviation sont pour toutes les taches, proportionnels à la longueur d’onde des rayonsX employés. Suivant la théorie de Bravais, les atomes ou les molécules dans un cristal donné sont systématiquement placés dans un réseau bien défini et il en résulte des maxima d’interférence. Dans un liquide ou un corps amorphe, les atomes n’ont aucun arrangement régulier en réseau et on ne peut les considérer comme placés sur des plans parallèles équidistants : la distribution est quelconque. La diffraction obtenue avec ces matières produit donc un noircissement général de la plaque photographique avec toutefois une illumination diffuse dans le voisinage du faisceau primaire incident.
- Cette illumination s’observe dans les liquides, le verre, les gelées. L’allongement, en plus de l’anneau amorphe: (ou des anneaux) a fait apparaître les taches d’interférence.
- Dans un article récent de Y India Rubber World (février 1929), le professeur G. Clark (de l’Université de l’Illinois) donne un résumé de nos connaissances actuelles sur cette question (capitale pour les caoutchoutiers par les horizons qu’elle leur ouvre sur ses applications).
- En 1913, von Laue a découvert que les substances cristallines servaient de grilles de diffraction pour les rayons X, de la même manière que des lignes très fines, tracées très rapprochées sur le verre, difîractent la lumière visible. Dans les cristaux, les atomes et les molécules sont disposés sur des plans parallèles, équidistants dans
- Fig. 2. — Diagramme de diffraction aux rayons X du caoutchouc raqué, ne montrant que des taches d’interférences.
- L’anneau amorphe a disparu complètement (d’après Hauser).
- un ordre déterminé. On obtient ainsi une grille tridimensionnelle : les distances entre les plans sont du même ordre de grandeur que les longueurs d’onde des rayons X, d’où possibilité des interférences. La méthode d’analyse aux rayons X a pénétré intimement la matière et a permis de vérifier les hypothèses sur les longueurs des chaînes des carbures, l’existence du noyau cyclique benzénique. Pour le caoutchouc étiré, il a été constaté que lès taches d’interférence qui se trouvent déjà sur des Cercles bien définis se trouvent aussi sur des'branches d’hyperbole.
- Dès lors, par des mesures sur les diagrammes, on a pu déterminer la structure ultime du caoutchouc étiré, aussi facilement que s’il s’agissait d’un cristallite d’aluminium.
- Clark rappelle les faits expérimentaux essentiels établis par les expérimentateurs (Katz, Hauser, Mark, Meyer, Feuchter, lui-même, etc...). v
- Tout d’abord le caoutchouc naturel quel qu’il soit (et même vulcanisé) produit un diagramme de diffraction de fibre cristalline par allongement (le caoutchouc synthétique ne donne rien). L’intensité des taches croît proportionnellement à l’allongement jusqu’à une valeur limite, pendant que l’intensité lumineuse du large anneau amorphe décroît. Les taches d’interférence apparaissent à 75 pour 100 d’allongement pour le caoutchouc pur, et à 250 pour 100 pour le vulcanisé. Ces taches restent en position quel que soit l’allongement. Les dimensions de ces taches sont constantes, et de cette constance on peut déduire les dimensions des micelles colloïdales. Suivant que l’allongement est lent (isothermique) ou rapide (adiabatique) les taches sont faibles ou fortes en
- p.111 - vue 119/598
-
-
-
- ii2
- intensité, elles' apparaissent brusquement, mais disparaissent si on cesse l’effort d’allongement ou si on chauffe ie caoutchouc à 60° C. Si on refroidit après étirage, les fâches subsistent. Si on place le caoutchouc- étiré dans la vapeur d’un de’ses solvants, les taches "disparaissent. Le caoutchouc raqué de Feuchter donné, un diagramme très net comme celui d’un corps organique pur. Le caoutchouc dont on a extrait les résines et les protéines donne le même diagramme ; celui-ci est donc lié au caoutchouc. Les apparences et positions des taches sont indépendantes des provenances botaniques. Toutefois la gutta et la balata donnent des diagrammes différents du caoutchouc et sensiblement l’un de l’autre. Le caoutchouc gelé, devenu dur et opaque, donne le diagramme d’anneaux concentriques caractéristiques de petits grains cristallins en orientation quelconque et les taches d’interférence se produisent exactement sur ces anneaux. Si on introduit des charges dans le caoutchouc, celles-ci sur le diagramme restent en orientation quelconque (sauf le carbonate de magnésie et le soufre avec leur caractère cristallin en addition du diagramme du caoutchouc). Le calandrage produit une structure fibreuse indiquée aux rayons X, sans allongement et la mastication détruit l’orientation cristalline, même sous de forts allongements.
- Les substances synthétiques polymérisées (isoprène, butadiène, acétate polyvinyle) produisent un diagramme amorphe comme le caoutchouc cru et qui reste ce qu’il est, même aux forts allongements. Le métastyrol allongé produit un diagramme où les anneaux amorphes finissent par se séparer en deux segments dans la direction perpendiculaire à celle de l’extension (comme la gélatine) et
- Fig. 3. — Diagramme de diffraction aux rayons X du caoutchouc gelé montrant les anneaux concentriques de Debye-Scherrer (poudres cristallines non orientées)
- (d’après Hauser.)
- un arrangement a pu ainsi prendre place, mais dans un plan, et non dans un système à 3 dimensions.
- Avec le caoutchouc cru, on a deux anneaux : l’anneau intérieur étant caractéristique des substances polymérisées et l’extérieur correspondant à celui de liquides non polymérisés et purs, comme l’isoprène. Des calculs dans lesquels nous n’entrerons pas, faits par Pummerer et Koch, Ott, Katz, Hauser et Mark, Meyer et Mark, Clark, ont donné pour dimensions de l’unité cellulaire orthorhombique les chiffres de 12,3 — 8,3 — 8,1 en unités Angstrom. Nous verrons plus loin la signification de ces chiffres donnant une explication de la molécule caoutchouc. En tout cas, ces chiffres conduisent à une petite unité structurale qui ne contiendrait que 8 groupements chimiques simples (Cb Hg) pour le cristal caoutchouc unitaire. Il semble que le caoutchouc est formé d’une substance amorphe et d’une substance cristallisée qui n’existe pas dans le caoutchouc cru (ou qui ne s’y manifeste pas). Cette unité structurale ne serait pas en harmonie avec les hauts poids moléculaires indiqués par les chimistes caoutchoutiers.
- Chimiquement, en effet, le caoutchouc est un hydrocarbure de formule (C. Hg)n et il n’y a d’ailleurs pas accord entre les auteurs sur le chiffre n.
- Staudinger estime que n est au plus 100 dans la molécule. Pummerer croit que le poids moléculaire des agrégats colloïdaux est de 30 000 à 50 000. Gladstone et Hibbert par cryoscopie d’une dissolution de caoutchouc dans la benzine avaient trouvé comme poids moléculaire 6504, ce qui correspond à n — 96. Hinrichsen et Kindscher ont trouvé n — 46. Il semble que n soit bien difficile à établir pour un corps colloïdal comme le caoutchouc. Tout à fait récemment, on a trouvé, par une méthode purement chimique, des chiffres situés entre 8 et 9. Dès lors l’interprétation de l’unité élémentaire révélée par les rayons X serait identique à celle de la molécule. Il semble en outre qu’une confusion de termes s’établit. Pour nous qui lisons les auteurs dans leurs textes, nous voyons employés les mots : unités cellulaires, grains cristallins, micelles colloïdales, agrégats moléculaires, particules colloïdales, molécules simples, cellule, granule (à moins que nous ne traduisions mal), il est assez difficile de s’y reconnaître : d’autant plus que d’autres parlent de polymérisation, isomérisation, solutions solides.
- Une exposition claire de la question reste à faire. Bary, un de nos meilleurs chimistes français, a tenté, en collaboration avec Hauser, de représenter simplement les faits connus (en les interprétant). Les expériences de Freundlich et Hauser, avec le micromanipulateur sur les particules de latex, les expériences de Pummerer, Feuchter et autres avaient conduit nécessairement à admettre dans le caoutchouc la présence de deux hydrocarbures caoutchouc, dont l’un (C„ H8) j3 où n serait élevé, appelé phase ,8, ce carbure serait insoluble (dans l’éther), et d’un autre (C„ Hg) a appelé phase a, avec a (3 et soluble (dans l’éther). La phase [3 serait responsable des interférences aux rayons X et par suite la phase a y serait dissoute pour former un système à une seule phase. On a d’ailleurs réussi à fractionner le caoutchouc en ces deux hydrocarbures précisément à l’aide de l’éther
- p.112 - vue 120/598
-
-
-
- (Pummerer). Mais ici un fait étrange apparaît : ces deux constituants, quand ils sont ensemble dans le caoutchouc, sont susceptibles de donner un produit final bien vulcanisé, et s’ils sont pris séparément, ils ne vulcanisent ni l’un ni l’autre. J. Duclaux, en France, avait d’ailleurs réussi en laissant au repos plusieurs années une solution de caoutchouc, à séparer deux constituants distincts : l’un solide, insoluble dans les solvants habituels du caoutchouc, l’autre soluble et liquide ou semi-liquide, eu quantité d’ailleurs beaucoup plus grande que le premier. La solubilité, la volatilité, la fusibilité des composés polymères sont d’autant plus faibles que le degré de polymérisation est plus élevé. La phase a est la plus soluble. Mais ces phases seraient d’ailleurs variables suivant les conditions de température et de pression, la phase (3 pouvant se transformer en a (fusion visqueuse du caoutchouc) et, au refroidissement, l’inverse pouvant se produire. Le travail mécanique produirait la transformation de (3 en a, de même la dissolution entraînerait aussi une dépolymérisation. On ne sait pas comment a et p sont unis ; dans le cas d’une phase unique la substance serait optiquement vide (transparente) et on aurait, dans le cas d’une purification complète, un isocolloïde (gel d’une phase polymère dispersée dans une phase monomère (Oswald et Martin Fisher), autrement dit un isocolloïde est un système où la phase dispersée est de même composition chimique élémentaire que le milieu de dispersion). Oswald regarde [3 comme dispersé dans a, tandis que l’on considère plutôt que a est en solution solide dans ,3. (J3 gonflé par a comme la gélatine par l’eau.)
- Aux rayons X pour l’allongement, ce serait la phase (3 qui serait créatrice des diffractions et Katz admet la formation régulière de cristaux pendant l’allongement, alors que Hauser croit à l’existence du cristal dans la matière sous forme d’agrégats préexistants. Ces cristallites sont gonflés par la phase a. L’allongement produit un dégonflement, d’où apparition des taches d’interférence.
- Si rc, et n± sont les nombres des agrégats des phases
- a et [3, le rapport
- (*))
- n2 (P)
- peut être changé par la tempé-
- rature ou les actions mécaniques, mais il tend vers une limite pour des conditions bien déterminées. Cette limite est assez basse à la température ordinaire et le caoutchouc gelé en est la limite extrême : les phases a et [3 sont encore appelées des macromolécules en grande chaîne formée de C5 Hg. Par l’allongement, a est exprimé de [3 et ces macromolécules se solidifient pour produire les interférences cristallines. Ueda a comparé ce système [3 a à ce qui se passe entre la nitrocellulose et le camphre. La fibre de nitro seule donne un beau diagramme de diffraction, si. on ajoute du camphre (cristallin) un anneau amorphe se forme et le diagramme disparaît. Par extraction de camphre, le diagramme de la nitro se reforme, cette extraction se faisant par simple étirage du celluloïd.
- Il semble que dans le caoutchouc, il existe un réseau de nature solide j3 que l’allongement transforme en un faisceau fibreux. La réalité de ces faisceaux démontrée par des expériences de Pummerer, Koch, ‘Feuchter,
- 113
- Fig. 4. — Diagramme aux rayons X du caoutchouc gelé, étiré montrant les anneaux de Debye-Scherrer avec taches d’interférences sur ces cercles (d’après Hauser).
- de Hock (congélation du caoutchouc tendu) et de Bary (observations microscopiques de solutions de caoutchouc s’évaporant).
- Les expériences de Hengstenberg ont établi (1927) que la formaldéhyde peut former des chaînes indéfinies pouvant se lier par des valences primaires, comme dans la molécule simple. L’isoprène se conduit de même (l’isoprène est le carbure lacunaire Cs HJ. Nous avons vu que les diagrammes de diffraction aux rayons X avaient permis de calculer les dimensions de l’unité cellulaire, et que de celles-ci et de la densité, on pouvait déduire le nombre de groupes C„ H_ associés dans cette unité. Ns= P X 1,008 X Y M X m
- où o est la densité (environ 1), V le volume de l’unité cellulaire, M le poids moléculaire de l’isoprène et m la masse absolue de l’atome d’hydrogène. En associant ces mesures avec celles de la largeur des taches d’interférence, on peut établir la dimension des particules qui sont composées de l’unité précédente. C’est ainsi que Hauser et Mark estimèrent que les particules colloïdales (composées) qui se manifestent pratiquement contiennent environ 4000 groupes C„ Hg, mais leurs calculs ont été corrigés par Meyer et Mark, et il semble que la micelle colloïdale renferme 10 à 20 mille cellules unités et par suite 80 à 160 000 groupes C3 H8. Les chaînes de. valence primaire sont parallèles à l’axe de la fibre. La particule entière ou micelle a une longueur mesurée de 300 à 600 unités Angstrv-m, ce qui conduit, si l’on admet que la chaîne a la même longueur que la particule, à 75 à 150 groupes isoprènes pour la chaîne. Mais pour le caoutchouc, ces groupes sont disposés en hélice. La petite unité cellulaire est une sous-périodicité de la chaîne représentant le pas
- *-*•*•
- p.113 - vue 121/598
-
-
-
- = 114 —- — .................—-..... ...............=
- de l’hélice axe de la.fibre. L’existence des phases a et (3 peut être assimilée à l’existence de micelles de différentes dimensions, formées soit de chaînes de différentes longueurs, soit de différents nombres de chaînes rassemblées ensemble. Nous avons vu que les taches d’interférence n’apparaissaient qu’à 80 pour 100 d’allongement. Pourquoi pas avant ? Il faut noter qu’on a pu, en allant très lentement, étirer du caoutchouc jusqu’à 500 pour 100 sans lui faire perdre sa condition isotrope (sans présenter d’interférences) et dans ce cas l’effet Joule n’apparaît pas. Il semble donc que cette donnée de 80 pour 100 ne dépend que des moyens employés pour l’établir et, s’il n’y a pas d’interférences pour un allongement plus faible, cela tient sans doute à des raisons d’écoulement ou de glissement de la phase a qui jouent un rôle prépondérant à cette faible extension (Hauser). Oswald considère que les cellules du caoutchouc constituent un réseau, dont à l’état ordinaire les mailles sont plus grandes que la longueur d’onde des rayons X. Pour une certaine extension, les cellules peuvent être déformées en cylindres ou bâtonnets qui se rapprochent et leur distance peut devenir inférieure à la longueur d’onde considérée : l’assemblage réticulé devient ainsi rigide et produira les interférences.
- FORMULE CHIMIQUE DU CAOUTCHOUC
- Nous avons vu dans ce qui précède que l’analyse élémentaire du caoutchouc purifié conduisait à la formule (C5 H8)„ et des (considérations déduites de la chimie colloïdale ont amené à penser que n était de l’ordre
- de 75 à 150.
- La chimie du caoutchouc a été longtemps dominée par les travaux de Cari Otto Weber. L’hydrocarbure C3Hg est l’isoprène; c’est un dérivé du butadiène (divinyle) butadiène = CH, = CH — CH = CLI, l’isoprène a pour formule : CH2 = C — CH = CIJ2
- I
- CH.
- où un atome d’hydrogène a été remplacé en position a par un groupe méthyle CH3. Ce corps est facilement poly-mérisable en corps (Cs LIg) n où pour chaque n on pourra avoir plusieurs isomères. Bouchardat avait obtenu, le premier, du caoutchouc au départ de l’isoprène. Le grand chimiste allemand Harries imposa ensuite pendant longtemps ses idées : pour lui le caoutchouc était un composé cyclique (diméthylcyclo-octadiène), lequel comprenait deux doubles liaisons pour expliquer sa transformation en diozonide, par action de l’ozone, ou en tétra-bromure par l’action du brome. Ultérieurement, Harries modifia ses conceptions et remplaça (1914) son noyau octo-carboné par une chaîne fermée à 20 atomes de carbone où le groupe
- _ CIL. — C = CLI — CH,
- I
- CH,
- se répète toujours dans la même position.
- Sur les critiques d’Olivier (1921), Harries modifia encore sa formule et admit une. chaîne à 32 termes à la suite de ses essais d’hydrogénation du caoutchouc, et
- en définitive, Harries indiquait comme possibles les formules C4ü IJ7l) ou C__ Hc...
- Boswell en 1922 proposa la formule polycyclique C_() H48 sans aucune double liaison. Cette formule est inacceptable, car le caoutchouc contient certainement des liaisons éthyléniques, puisque à la température ordinaire il se combine à l’acide chlorhydrique, au chlore, à l’ozone par addition, preuves de non-saturation. Kirchhof a trouvé pour le caoutchouc la formule (C10 Hl7)n au lieu de (C5 Hg)n, la molécule du Para contiendrait une chaîne ouverte de 16 atomes de carbone qui s’étendrait en spirale (hélice) dans l’espace. Mais Pummerer et Burkhard ont analysé un caoutchouc très pur et ont trouvé comme formule (C„ Hg)n. Pour Pickles le caoutchouc est une chaîne de molécules C3 Hg monomères dont les extrémités sont unies ensemble, la nécessité de cette fermeture de la chaîne, résultant du fait que les groupes terminaux ont une valence libre
- ----CHa—CH = C — CH,..,— CH, — CH = C —CH,->
- CH. CH.
- Mais Kirchhof, devant l’intérêt d’une chaîne ouverte, supposa les groupes terminaux saturés et formés de CH. au lieu de CH2, ce qui, pour une très longue chaîne, modifie très peu l’analyse centésimale et le rapport du carbone à l’hydrogène.
- Staudinger et Pummerer réussirent à hydrogéner le caoutchouc par voie directe avec le platine comme catalyseur et même à la température ordinaire avec un caoutchouc très pur (Pummerer), ils ont obtenu l’hydro-caoutchouc (C. H.10)a; solide, amorphe, et qui est un hydrocarbure saturé. Par la méthode cryoscopique, ils ont pu observer l’abaissement du point de congélation et en déduire le poids moléculaire, très grand d’après Staudinger. Pummerer et Koch ont trouvé, par dissolution dans le camphre C3Ü HU1(I (ou Cg0 Hua). En outre, Staudinger, par oxydation du caoutchouc et de l’hydro-caoutchouc, a obtenu des acides à très grand poids moléculaire, d’où Staudinger conclut à un très grand poids moléculaire ; la formule serait une chaîne, avec le chaînon
- “CH, —CH = C — CPI,/
- CH.
- mais les groupes terminaux seraient monovalents ; ils pourraient être empruntés au milieu, et provenir des résines ou des protéines.
- De ce qui précède, il semble donc résulter que la détermination de la formule du caoutchouc par voie chimique laisse place à de grandes incertitudes.
- A cet égard les méthodes physiques, notamment les investigations par les rayons X ont apporté un grand secours à la chimie pure et ont ouvert la voie qui permettra sans doute l’arrivée au résultat définitif.
- Nous en aurons fini avec la constitution et la formule du caoutchouc en relatant une nouvelle théorie très importante du docteur L. Auer, de Budapest, assistanUde la Rubber Research de la B. D. C. (British Dyestuffs Corporation).
- p.114 - vue 122/598
-
-
-
- = 127
- reproduisons du système Fourcault qu’il a subi quelques modifications, mais le principe reste toujours le même.
- La mise en train s’effectue en descendant jusqu’au bourrelet de pâte sortant des lèvres de l’étireuse, une toile métallique ou un cadre d’acier plat sur la base duquel se soude le verre. La remontée de l’amorce détermine la formation de la feuille.
- Le débit dépend, naturellement, de l’épaisseur de cette feuille, mais aussi de la fluidité du verre et de l’enfoncement de la débiteuse que l’on règle à l’aide de tiges d’acier. Pour obtenir du verre de 2 mm d’épaisseur, la vitesse est de 40 mètres à l’heure; elle est de 50 mètres pour le verre destiné aux plaques photographiques, de 12 mètres seulement pour les verres de 5 mm. L’épaisseur minimum que l’on puisse obtenir par ce procédé de fabrication est de 1 mm 4; on fabrique également des feuilles de 6 mm, mais la production est fortement ralentie. Une seule machine fournit de 900 à 1000 mètres carrés de verre ordinaire par jour.
- LE VERRE ÉTIRÉ EST BIEN SUPÉRIEUR AU VERRE SOUFFLÉ
- Il n’est pas possible, dans une fabrique de verre soufflé, d’obtenir un produit aussi parfait que par l’étirage. Nous avons vu, en effet, que les pots d’étirage sont à peu près complètement mis à l’abri • de la poussière. Le soufflage, au contraire, s’effectue à l’air libre, dans une atmosphère plus ou moins chargée de poussières et de particules charbonneuses. Dès la cueillette même, ces poussières se déposent sur la masse et, pendant toutes les opérations suivantes, le dépôt ne fait que s’intensifier. La surface du manchon se patine et reçoit les empreintes de la pierre au cours de l’étendage, car le verre conserve jusqu’à la fin une température de ramollissement qui favorise l’adhérence des poussières.
- Dans les puits d’étirage parfaitement isolés, la température maximum n’étant que de 500 à 600 degrés, le verre prend l’état solide dès la sortie de la débiteuse, grâce aux tuyaux de refroidissement entre lesquels passe la feuille. À partir de ce moment, les poussières ne peuvent plus être retenues. Aussi les feuilles, qui ne sont jamais en contact avec des corps d’une température inférieure à la leur, sortent-elles du puits parfaitement polies et très
- ; y
- Fig. 9. — Le procédé Fourcault. — Coupage de la feuille au sortir du puits (communiqué par la Revue Glaces et Verres).
- brillantes, exemptes de la « moire» que l’on constate assez fréquemment dans le verre soufflé.
- Les deux procédés d’étirage du verre ont en outre permis d’augmenter fortement la production tout en supprimant un grand nombre d’ouvriers spécialistes qui se font, d’ailleurs, de plus en plus rares. Comme l’apprentissage est devenu à peu près inexistant, la verrerie mécanique remplacera rapidement les anciens procédés, même dans les établissements les plus rebelles à l’introduction fde la machine. Lucien Fournier.
- 21 j»
- LES CENTENAIRES SCIENTIFIQUES EN 1930
- N otre confrère anglais Nature a établi le relevé des cente-na ires scientifiques susceptibles d’être célébrés en 1930.
- Au xvne siècle il relève les dates suivantes : 15 novembre \ 630 : mort de l’illustre astronome Kepler. La même année, naissent Kunclcel (1630-1703), chimiste allemand; Isaac Barrow (1630-1677), géomètre anglais, professeur de Newton.
- AuxviiF siècle, l’année 1730 a vu naître les savants français: Bezout (1730-1783), mathématicien distingué; Bochart de Saron (1730-1794), astronome, guillotiné sous la Terreur; Messier (1730-1817), astronome célèbre, surnommé le chasseur de comètes; Bossut (1730-1814), connu par ses travaux d’hydrodynamique; Duhamel (1730-1816), à qui l’on doit d’importantes études sur la fabrication de l’acier; en Angleterre ; Aubert (1730-1805), astronome amateur; Wegdwood (1730-
- 1795), créateur de l’industrie céramique en Angleterre; en Hollande, le physicien Ingenhousz (1730-1799).
- L’année 1830 est marquée par la mort du grand mathématicien et physicien Fourier (1768-1830), auteur de la « théorie analytique de la chaleur ». En 1830, naissent : le géomètre italien Cremona (1830-1903), l’astronome et mathématicien anglais H.-A. Newton (1830-1896); le chimiste français Raoult (1830-1901); le physico-chimiste hollandais Bemmellen (1830-1911); le chimiste allemand Lothar Meyer (1830-1895), le physicien anglais E. Hughes (1830-1900) ; l’architecte naval anglais Reed (1830-1906); le minéralogiste allemand Bal h (1830-1888).
- Cette même année 1830 est marquée par la publication du célèbre ouvrage de Lyell : Les Principes de la géologie.
- p.127 - vue 123/598
-
-
-
- 128
- LES PRAIRIES EN ADOS
- Lorsqu’il y a surpopulation, la main-d’œuvre est abondante et l’homme ne se contente pas de remplacer la terre arable par du jardinage rendant davantage en produit brut, il arrive même à augmenter la production des prairies naturelles par de patients travaux d’irrigation précédés d’importants terrassements.
- En pays accidenté, les rigoles n’ont qu’à suivre les lignes de niveau.
- En pays plat, il faut créer des pentes artificielles, on y arrive au moyen des ados, tel est le cas des « marcites » de Lombardie qui fournissent de l’herbe en toutes saisons comme les prairies des oasis.
- C’est qu’en hiver
- l’eau des sources profondes est relativement chaude puisque sa température reste celle de la moyenne annuelle de l’air.
- Les coupes ont lieu tous les 30 ou 40 jours, d’avril à novembre; en outre on en réalise deux ou trois d’octobre à mars, ce qui permet de disposer en hiver d’une nourriture succulente et riche en vitamines dont profitent surtout les vaches laitières.
- D’après M. Mariani, dans certaines marcites, la production de neuf coupes atteint à l’hectare 100 000 kg de fourrage vert et 10 000 legs de foin sec tandis que dans les prairies voisines non aménagées le rendement maximum atteint 50 000 kg d’herbe verte et 6000 kg de foin sec. C’est dire que le rendement est presque doublé.
- Les superficies totales ainsi traitées atteignent près de 25 000 hectares dans les provinces de Milan, Pavie, Novare, Brescia,
- Crémone et Bergame.
- On utilise en particulier les eaux d’égout des villes, mais aussi les eaux de « fonta-nilles » ascendantes dans des petits puits de 3 à 5 mètres de profondeur garnis de douves et dont la température se maintient à 6 ou 10° en hiver. Elle s’abaisse de un demi-degré à un degré par kilomètre de rigole.
- Les rigoles-mères sont de niveau. Elles envoient l’eau dans les rigoles d’épandage occupant l’arête des ados. L’eau ruisselle de part et d’autre sur ces derniers. Elle est reçue dans des fossés de colature longitudinaux d’où elle rentre dans les rigoles de tête d’un nouveau rayage d’ados. La longueur de ces rayages à reprise de l’eau (à ripiglio) est de 60 à 100 m.
- Fig. 1. — La récolte des prés en ados, à la Noël, en Lombardie.
- La largeur des versants à droite et à gauche de la rigole est de 6 à 10 mètres avec une pente de 3 à 4 pour 100.
- La différence de niveau entre la tête et le bout de l’ados est à peu près du même ordre : 25 à 30 cm, mais comme il est dix fois plus long que la largeur du versant,
- sa pente est dix fois moindre : 3 à 4 pour mille.
- Le ruissellement presque continu d’octobre à mars exige 40 à 60 litres par hectare et par seconde.
- L’arrosage discontinu en été ne demande en moyenne qu’un litre par seconde et par hectare.
- La flore des herbes récoltées en hiver est presque uniquement composée de graminées de fauche ;
- Lolium italicum (Ray grass d’Italie), Alopecurus utri-culatus (Vulpin), Holcus lanatus (Houlque laineuse) et Poa pratensis (Paturin des prés).
- En été les trèfles reprennent le dessus, en particulier : Trifolium pratense (Trèfle des prés) et Trifolium repens (Trèfle blanc).
- L’abondance du fourrage et du foin additionné de tourteaux d’huilerie permet aux laitiers d’obtenir 2500 à 3200 litres par vache malgré la sécheresse estivale.
- Les vaches laitières sont la brune Suisse (race de Schwytz) et la Hollandaise pie noire, races qu’on élève aussi en France.
- Fig. 2. — Schéma d’un des ados de la marcite. A, B, rigole-mère amenant l’eau. — A G,B H, rigole en impasse au sommet de l’ados, longueur 50 à 90 m. — C D, fossé de colature, même longueur. — E F, rigole de colature à faible pente servant à alimenter un rayage d’ados ’ inférieur. — Les flèches indiquent le mouvement de l’eau.
- Au siècle dernier on accusait la marcite d’entretenir l’humidité et la fièvre dans la plaine du Pô.
- Or, toute eau ruisselante est utile (l’eau stagnante seule est nuisible, même au point de vue agricole). Pourvu qu’on s’occupe d’entretenir les rigoles de colature, elle n’a que des avantages. Il est vrai que l’on songe parfois à amener l’eau et non à l’emmener, d’où échec de certains réseaux d’irrigation.
- Avec les engrais chimiques, la marcite a reçu un nouveau progrès. L’échec des engrais provient souvent de la sécheresse, or la marcite ne la connaît pas. L’eau ruisselant, en été surtout, arrive à digérer non seulement les produits salins, mais les composts, les terreaux eux-mêmes qui constituèrent longtemps leur seul amendement. Pierre Larue,
- Docteur de l’Université, Ingénieur agronome.
- p.128 - vue 124/598
-
-
-
- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- ENCORE LE NOMBRE 142 857
- Oui, encore le nombre 142 857. Lorsque M. Braga écrivait clans Le Crapouillot, qui n’est rien moins qu’un journal scientifique, ces quelques lignes pittoresques sur les chiffres du nombre 142 857, qui,. « après s’être ainsi agglomérés, ne veulent plus se séparer », il ne pensait pas qu’il susciterait une semblable curiosité dans le monde des mathématiciens, amis de La Nature. M. Thibaut a repris la question dans La Nature du 15 décembre et a donné quelques nouvelles particularités curieuses. De notre côté, nous avons reçu de M. Guérin, à Lunéville, ancien polytechnicien, et du Docteur Cornet, Directeur du Bureau d’Hygiène, quelques théorèmes que nous allons résumer. Ce sera un nouveau pas de fait, sans pouvoir affirmer qu’on ne découvrira pas encore autre chose.
- M. Guérin énonce le théorème général suivant ; soit un nombre quelconque de m chiffres et les m-1 nombres obtenus par la permutation circulaire de ses chiffres, la somme de ces nom-
- •|0'“_1
- bres est le produit de la somme des m chiffres par ———
- C’est ce principe que le Docteur Cornet applique au nombre 142 857 et à ses multiples par 2 3, et 6.
- Le tableau ci-dessous offre cette particularité que la somme des chiffres de chaque tranche horizontale et la somme des chiffres de chaque colonne verticale sont égales à la constante 27.
- 1 4 2 8 5 7 = 27
- 2 8 5 7 1 4 = 27
- 4 2 8 5 7 1 = 27
- 5 7 1 4 2 8 = 27
- 7 1 4 2 8 5 = 27'
- 8 _5 7 1 _4 2 = 27
- 27 27 27 27 27 27
- Il ne s’agit pas ici d’un carré magique de 6 chiffres : 1° parce qu’on n’obtient pas le total 27 en diagonale, et 2° parce que ce sont les mêmes chiffres qui se répètent.
- Il est facile de voir que la somme des nombres du tableau ci-dessus est 27 X 111 111 = 2 999 997 : ce qui vérifie le théorème de M. Guérin.
- Dernière remarque : on sait que, si on multiplie 142 857 par 7, on obtient 999 999, la somme des 6 chiffres est alors 54, double de la somme des chiffres des 6 produits précédents !
- Puisque ces récréations sont si bien accueillies, nous proposons à la sagacité de nos lecteurs les deux problèmes ci-après :
- Trouver deux nombres dont la somme, le produit et le quotient soient égaux. * '
- Trois frères prénommés Joseph, Georges et Jacques vont à la foire avec leurs femmes, dont les prénoms sont Cécile, Elisabeth et Geneviève.
- Chacune de ces 6 personnes achète un certain nombre d’objets, elle paie chaque objet.un nombre de francs-égal au nombre d’objets qu’elle a achetés : chaque mari dépense 63 francs de plus que sa femme.
- Georges a acheté 23 objets de plus que Cécile.
- Joseph a acheté 11 objets de plus qu’Elisabeth.
- On demande quelle est la femme de Georges, celle de Joseph et celle de Jacques.
- Virgile Brandicourt.
- •-Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- RECHERCHES SUR LES LOIS DE PÉRIODICITÉ
- DES PLUIES ANNUELLES
- À la suite de recherches poursuivies pendant une période de vingt années par M. Louis Benoist, agrégé de l’Université, ce physicien a trouvé des lois sur la périodicité des pluies annuelles dans la région p y r é -néenne, dont les conséquences pratiques semblent devoir être importantes. Les courbes ci - jointes donnent un résumé de cette étude.
- Les hauteurs moyennes des pluies depuis 1909, dans les stations élevées des Basses - Pyrénées, à Pau et en Gironde, figurent en ordonnées, et les années en abscisses. On y ren-
- 270 0-2600 -2500 -2400 -2300 -2200 -
- <0
- Cü 2100 -£ 2000 -Ç 1900 -1800 -Ç 1700 -j
- H 1600 4
- <U /
- 5 15°0 t ^ 1400 -
- -«j
- 'ta 1300 -j
- 5- 1200 * îj 1
- .g 1100 L
- 1000 -^ 900 ÿ 800 700 -600 -500 -
- 1909 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 1920 21 22 23 24 25 26 27 28 29 1930 31 32
- Années
- Fig. 1. — Périodicité des pluies annuelles, d'après Louis Benoît.
- Courbe I. — Moyenne des pluies de 8 stations (Vallées d’Ossau, d’Aspe et de Saison). Courbe IÏ. — Moyenne des pluies de Pau (Hôpital) et Pau (Ponts et Chaussées). Courbe III. — Moyenne des pluies de Floirac (Gironde).
- contre cinq maxima fortement accusés correspondant aux années 1910-1915-1919-1923-1927. Ces maxima sont régulièrement espacés , les trois intervalles qui les séparent sont de quatre ans, un seul est de cinq ans.
- La même loi de périodicité se retrouve dans les stations de Pau et de Gan, c’est-à-dire dans tout le département des Basses-Pyrénées. Elle se retrouve également au Pic du Midi et enfin dans le département de la Gironde. Toutefois , la courbe la plus nette correspond aux hautes vallées monta-
- p.129 - vue 125/598
-
-
-
- == 130 . " -....... ' =
- gneuses où les précipitations sont plus régulières et plus complètes que dans les plaines ou sur les hauts sommets.
- On en peut donc conclure qu’il existe, tout au moins pour le Sud-Ouest de la France,-une loi de périodicité des précipitations annuelles bien nette depuis au moins vingt ans, correspondant à une période très voisine de quatre ans. L’étude de la courbe (fig. 1) présente encore d’autres caractéristiques importantes.
- En premier lieu, on remarque que chaque maximum est le plus souvent suivi d’une diminution rapide de la pluviosité, atteignant souvent plus de 30 pour 100. En second lieu, la suite des maxima décroît régulièrement de 1910 à 1923, puis augmente vers 1927. La réunion de ces maxima par un trait continu fournit une courbe d’allure sinusoïdale dont la demi-période, comprise entre 1909 et 1924, est de 16 ans environ, ce qui donne une période complète voisine de 32 ans. Or, il est intéressant de constater que cette période de 32 années concorde avec une autre période semblable provenant, d’une part, d’observations météorologiques générales et, d’autre part, d’observations solaires.
- Brückner avait déjà noté que le climat de l’Europe occidentale subissait des variations régulières de 30 à 35 ans, chacune de ces périodes se partageant elle-même en deux sous-périodes de 15 à 17 ans, l’une caractérisée par des années froides et humides, et l’autre par des années chaudes et sèches.
- D’autre part, M. Wolfï de Greenwich, a trouvé une autre concordance de cette période avec des phénomènes solaires ayant une durée triple de la période des taches, qui est d’un peu moins de onze ans et demi.
- Ces observations concordent du reste parfaitement avec la période froide et humide commençant vers 1900 et finissant en 1917 et, si nous suivons l’allure générale de cette courbe, la seconde partie croissante se placerait entre 1917 et 1932.
- La période de quatre ans observée depuis vingt années dans le Sud-Ouest, entre deux maxima consécutifs de pluviosité annuelle, semblerait dépendre de cycles d’activité solaire de onze ans et demi, ainsi que du cycle des protubérances solaires d’une durée de trois ans et sept dixièmes. Cette dernière période concorde également avec celle des pressions dans les Indes.
- Les lois précédentes pourront être d’un précieux secours dans les prévisions à longue échéance. Elles nous permettent, en effet, de prévoir pour 1941 un nouveau maximum de pluviosité correspondant à celui de 1909, le cycle d’hum’dité 1925-1941 correspondant au cycle de sécheresse 1909-19'9. Nous pourrions donc nous attendre à une augmentation des pluies pendant les années 1930 et 1931. Les années de sécheresse et de forte activité solaire ayant précisément concordé en 1928-1929 (période de minimum d’humidité), il en est résulté des étés secs et chauds. Les années suivantes seront très probablement plus humides; et comme elles se trouveront situées dans une période de décroissance de l’activité solaire, il est probable que les hivers y seront moins rigoureux et les étés plus tempérés.
- A la suite de cette étude, il semblerait utile d’établir des courbes analogues à celles de M. Louis Benoist, dans diverses autres régions du globe, dont l’ensemble fournirait probablement de précieux renseignements pour la météorologie générale. Albert Nodon.
- PRESTIDIGITATION
- LE DIABLE ÉVADÉ
- Le prestidigitateur commence par expliquer au public que depuis fort longtemps il s’occupe des sciences occultes et qu’ayant toujours désiré pouvoir capturer un diable, il était enfin parvenu avec beaucoup de peine à en prendre un, vivant.
- Il fait alors entrer ce diable, qui porte le costume rouge classique et qui est tenu au moyen de chaînes par deux domestiques.
- Sur la scène se trouve une sorte de guérite à huit pans bâtie sur une plate-forme octogonale. Cette plate-forme est elle-même fixée par un pivot au milieu d’une sorte d’estrade à quatre pieds.
- La plate-forme portant la guérite peut donc tourner sur l’estrade immobile et son évolution est facilitée par des roues fixées tout autour.
- La guérite elle-même s’ouvre largement aux yeux des spectateurs grâce à trois de ses pans (un et demi de chaque côté) qui forment porte. Lorsque les pans sont ouverts, on aperçoit au milieu de la guérite une large planche percée de deux trous, portant en haut un carcan et au milieu deux menottes de fer, ces trois pièces munies de cadenas.
- L’opérateur invite plusieurs spectateurs à vouloir bien venir visiter l’installation, constater la sincérité de l’expérience en vérifiant les ferrures, les cadenas, les simples panneaux de bois mince qui forment la guérite, le peu d’épaisseur de l’estrade et delà plate-forme, le soin qu’on a pris d’élever cette estrade à une hauteur telle que le dessous soit parfaitement visible.
- Donc aucune cachette possible, aucun truquage caché.
- Le diable va être enfermé là-dedans, ficelé, cadenassé et il sera bien adroit s’il arrive à se débarrasser de ses liens.
- Les deux gardiens le font monter sur la plate-forme. Deux spectateurs passent une corde dans les deux trous de la planche et l’attachent solidement. Les deux gardiens enlèvent les chaînes qui le tenaient et les spectateurs remplacent ces chaînes par les menottes dont ils ferment eux-mêmes les cadenas. Puis, pour compléter le système d’attaches, ils fixent le carcan, toujours avec le cadenas.
- Le prestidigitateur se félicite encore de sa prise, et interrogeant les spectateurs témoins les prie de lui dire si les précautions prises sont suffisantes et de nature à empêcher le diable de se sauver. Lorsqu’ils lui ont répondu que oui et qu’il est tranquille sur ce point, il ferme les panneaux formant porte et ordonne aux domestiques de faire tourner la plate-forme avec la guérite afin que chaque spectateur dans la salle puisse se rendre compte.
- La plate-forme tourne deux ou trois fois; la porte est rouverte et l’on constate que le diable est toujours là.
- « Allons, maintenant, je suis bien tranquille », dit le prestidigitateur et il referme la porte : « le diable est pris et bien pris ». Au moment où il dit ces mots, une lueur rouge jaillit de la guérite, suivie d’un gros flocon de fumée.
- « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voyez ce qu’il peut y avoir », dit-il aux domestiques. Ceux-ci écartent les trois panneaux, le diable n’est plus là. On fait tourner la plate-forme, rien
- p.130 - vue 126/598
-
-
-
- derrière, rien nulle part et cependant il n’existe aucune cachette et il n’a pu s’évader sans être aperçu.
- La corde est là, par terre, et les cadenas sont fermés.
- Relevage de l'appareil
- Arrière du piton (c a rcan)
- Couteau
- ^Passage de la corde
- Arrière& du piton 'menotte)
- V/îrnere|] du piton (menotte)]
- Cordon de tirage
- Fig. 1. — L'appareil de libération.
- Voici comment s’opère cette fuite miraculeuse.
- La planche sur laquelle le diable est fixé est creuse et elle contient un appareil (fig. 1) affectant la forme d’une fourche renversée. Cette fourche qui monte et descend dans des glissières libère le prisonnier de ses attaches d’un seul coup. En effet, les menottes et le carcan forment moraillon grâce aux charnières C (fig. 2) dont ils sont munis et viennent s’appliquer sur les pitons P supports des cadenas. Or, ces pitons qui semblent fortement vissés dans le bois sont mobiles et ne tiennent en place que grâce à une tige T soudée derrière qui traverse la planche et dépasse derrière. C’est là que l’appareil en fourche agit : on voit dans la fig. 1, qui le représente au repos, qu’un renflement des tiges appuie sur chaque tige arrière de piton. Si un tirage est exercé sur le cordon qui descend jusque sous la plate-forme et arrive derrière, l’appareil glisse, les renflements cessent d’appuyer sur les tiges arrière des pitons et un couteau très tranchant coupe au passage la corde qui enserre le diable. Ce dernier n’a qu’un léger mouvement à faire en avant pour être libéré. Il repousse vivement les pitons en place et, à l’endroit où était sa tête, il remonte l’appareil au moyen d’un poussoir dissimulé dans les dessins d’ornement de la planche. C’est un des domestiques qui tire
- Piton mobile et sa tige arrière
- Menotte fermée sur te piton mobile
- Fig. 2. — Détail d'une des menottes.
- le cordon au moment voulu en faisant tourner la plate-forme et la guérite.
- La fumée est produite par une sorte de fusée que le diable
- 131 =
- a dans sa ceinture et qu’il enflamme par friction en tirant des deux bouts comme un pétard à bouton ou à coiffure.
- La corde coupée peut être échangée contre une autre intacte, mais c’est inutile, le public ne faisant aucune constatation.
- Quant à la disparition du diable, elle est simple. Il passe derrière la planche. Le panneau du fond est muni d’une trappe à ressort dite trappe anglaise. Le diable passe au travers, la trappe se referme et le voilà sorti de la guérite ; alors, pour disparaître complètement, il s’adosse au panneau qu’il vient de traverser et comme les panneaux.à sa droite et à sa gauche sont doubles il tire les doubles qui se rejoignent
- Fig. 3. — Le diable prisonnier.
- et l’enferment dans un triangle P D D (fig. 2). Lorsque l’on fait de nouveau tourner la plate-forme et la guérite, les spectateurs n’ont pas le temps de s’apercevoir du léger changement de forme de la guérite, ni de compter les panneaux pour voir qu’il n’y en a plus que sept au lieu de huit.
- Si la salle a des galeries, une légère complication est prévue : le haut du panneau d’arrière se replie, afin que les regards qui dominent ne puissent constater l’existence de la cachette. L’arrivée des deux faux panneaux tirés par le diable est inaperçue au milieu du flocon de fumée produit par la fusée à flamme rouge.
- Alber.
- p.131 - vue 127/598
-
-
-
- 132
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 1930 (*)
- L’équinoxe de printemps se produira le 21 mars à 8h 30m. A ce moment précis, le centre du Soleil passera de l’hémisphère austral dans l’hémisphère boréal. Comme le montre notre figure 1, le Soleil se déplace en suivant l’écliptique, qui n’est autre que l’intersection, avec la sphère céleste, du plan que la Terre décrit autour de l’astre central. Le point de rencontre de l’écliptique avec l’équateur est le fameux point vernal ou point gamma. C’est l’origine des ascensions droites (ligne Oh — O'1).
- Lorsque le point vernal passe au méridien d’un lieu donné,
- 11 est 0 heure sidérale et une pendule sidérale bien réglée doit marquer 0h à ce moment.
- La figure montre encore le déplacement du Soleil du 20 mars jusqu’au 23 mars et les centres des disques successifs représentant la position du centre du Soleil de 12 en
- 12 heures.
- L’angle formé par l’écliptique et l’équateur a pour valeur 23027,.
- On l’appelle encore obliquité de l’écliptique.
- I.-Soleil. — Comme on vient de le voir, la déclinaison du Soleil, qui, depuis septembre dernier, était négative, c’est-à-dire australe, deviendra boréale le 21 mars à 8h 30m ce sera le commencement du printemps.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lorsque le Soleil passe au
- des lettres P, B0, Ln p. 36.
- a été donnée le mois dernier, au n° 2824,
- Dates. P Bo L<>
- Æars 1er — 210,6 — 7o,2 78°,0
- — 6 — 22o,8 — 7o,2 12o,l
- — 11 — 23°,8 — 7°,2 306o,3
- — 16 — 24o,6 — 7o,l 240o,4
- — 21 — 25°,3 — 7o,l 174o,4
- — 26 — 25°,9 — 6o,9 108o,5
- — 31 — 26°,2 — 6°,6 42°,5
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — Le mois de
- Fig. 1. — Déplacement du soleil sur la voûte céleste à l’époque de l’équinoxe du printemps.
- Le point de rencontre de la ligne pointillée écliptique avec la ligne O0—0° équateur est le point vernal ou point gamma.
- méridien de Paris.
- Date. Heure du passage. Date. Heure du passage
- Mars 1er 12h 3m 13s Mars 17 lli, 59ra 15s
- — 3 12 2 49 — 19 11 58 40
- — 5 12 2 23 — 21 11 58 4
- — 7 12 1 56 — 23 11 57 28
- —- 9 12 1 26 — 25 11 56 51
- — 11 12 0 55 —- 27 11 56 15
- — 13 12 0 23 — 29 11 55 38
- — 15 11 59 49 — 31, 11 55 2
- mars
- est particulièrement favorable, dans nos climats, pour observer la lumière zodiacale. Celle-ci, en effet, s’élève alors assez haut dans le ciel après le coucher du Soleil et est placée dans les conditions les plus favorables pour l’étude. Celle-ci consistera principalement à noter les limites visibles par rapport aux étoiles, à relever l’intensité et à estimer la coloration. Le ciel doit être très pur pour faire ces observations, et il faut proscrire les lumières artificielles.
- La période la plus favorable sera celle du début du mois (du 1er au 3 ou au 4), aussitôt après la nouvelle Lune et la période du 18 au 31 (fin de la lunaison).
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée au début dn mois, vers minuit, au-dessous du Lion, et, à la fin du mois, vers y de la Vierge. Observation difficile à faire.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, seront les suivantes :
- P. Q. le 8, à 4h 6m P. L. le 14, à 18h 58m
- D. Q. le 22, à 311 13™ N. L. le 30, à 5h 46™
- Observations physiques. — L’activité solaire a été encore considérable ces temps derniers.
- On en trouvera la description complète dans L’Astronomie, qui publie dorénavant, chaque mois, un compte rendu de l’activité solaire pour la rotation solaire qui s’est terminée le mois précédent.
- Les amateurs de beaux spectacles devront suivre chaque jour le Soleil. Il y a eu récemment des groupes de taches très remarquables.
- Voici, comme chaque mois, les données nécessaires pour orienter les dessins et photographies du Soleil. La définition
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0 à 24 heures, à partir de minuit (o h.).
- Age de la Lune, le 1er mars, à 0h = 0J,4; le 30 = 29j,4.
- Si l’on veut avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffira d’ajouter aux valeurs ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 30.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 9 = + 27° 52'; le 22 — — 27° 56\ A ces dates, la Lune sera à sa plus grande élévation ou à sa plus faible hauteur au-dessus de l’horizon, quand elle passera au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance de la Terre), le 12, mars à 20h. Parallaxe = 60'34". Distance = 362050 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 24 mars, à 17h. Parallaxe = 54'9'\ Distance = 404700 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 10 mars, occultation; de o) cancer (gr. 6,1), immersion seule visible à 22h2ni; occultation de 4 Cancer (gr. 6,2) ; immersion seule visible à 22h 34m.
- p.132 - vue 128/598
-
-
-
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 14. Le tableau ci-dessous donne, pour Brest, les valeurs des coefficients de queques-unes de ces plus grandes marées :
- Dates. Marées du matin. Marées du soir.
- Mars 13 0,82 0,90
- — 14 0,98 1,04
- — 15 1,08 1,11
- — 16 1,12 1,10
- — 17 1,08 1,04
- — 18 0,98 0,91
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, renferme les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mars.
- :., . ...........133 =
- plus petits instruments conviennent, même les petites longues-vues.
- Jupiter, offrant un grand diamètre, il suffit d’une lunette grossissant seulement une quarantaine de fois pour le montrer avec un diamètre apparent égal à celui que nous offre la Lune vue à l’œil nu.
- Le monde géant de Jupiter est entouré d’un cortège imposant de neuf satellites dont les quatre plus brillants sont visibles avec les petits instruments.
- Nous avons donné, dans le dernier ce Bulletin Astronomique » et dans les précédents, les renseignements utiles pour observer ces satellites et suivre leurs évolutions aütour de la planète centrale.
- Le tableau placé à la page suivante donne tous les phénomènes produits par les satellites et que l’on pourra observer pendant le mois de mars.
- Saturne redevient visible le matin. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 2 du mois prochain.
- ASTRE Dates : Mars Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris Ascen- 1 sion droite Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 6 6h 26m 12h 2m 10s 17U 40m 23h 5m — 5° 50' 32'16",8 Verseau i -
- Soleil. . . J 16 6 5 11 59 32 17 55 23 42 — 1 55 32 12, 0 Poissons f ))
- 26 5 44 11 56 33 18 10 0 19 + 2 2 32 6, 0 Poissons J
- 6 5 57 10 47 15 37 21 47 , — 15 22 5,4 x Capricorne /
- Mercure. . . 16 5 53 11 10 16 26 22 49 — 9 54 5,2 x-cp Verseau J Inobservable.
- 26 6 46 11 37 17 28 23 56 — 2 25 5,0 Poissons j
- J 6 6 49 12 30 18 10 23 30 — 4 43 10,0 Poissons
- Vénus. . . . 16 6 31 12 36 18 40 0 16 + o 22 10,0 10 Baleine Inobservable.
- ( 26 6 14 12 41 . 19 9 1 1 + 5 27 10,2 e Poissons
- 6 5 45 10 34 15 23 21 36 — 15 30 4,2 v Capricorne
- Mars .... 16 5 23 10 25 15 27 22 6 — 12 54 4,2 Verseau Inobservable.
- 26 5 0 10 15 15 31 22 36 — 10 5 4,2 t Verseau
- Jupiter . . . 16 8 58 16 48 0 37 4 31 + 21 27 35,0 e Taureau Première partie de la nuit
- Saturne. . . 16 2 53 ... 7 5 11 17 18 47 — 22 16 14,6 cp Sagittaire Avant l’arrivée du jour.
- Uranus . . . 16 6 38 12 56 18 15 0 39 + 3 31 3,2 10 Baleine Inobservable.
- Neptune. . . 16 1 15 34 22 31 5 27 10 15 + 11 32 2,4 p Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure en temps universel, du passage au Méridien de Paris.
- Mercure sera inobservable ce mois-ci, en raison de sa faible distance au Soleil. Il sera en conjonction avec le Soleil le 1er du mois prochain.
- Vénus est également invisible en mars. Elle s’est trouvée en conjonction supérieure avec le Soleil, le 6 février dernier. On commencera à l’observer, comme étoile du soir, le mois prochain.
- Mars, lui aussi, est inobservable en ce moment, étant trop près du Soleil. Dans quelques mois, il deviendra visible dans la seconde pai’tie de la nuit, et sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 27 octobre.
- Jupiter, dans la constellation du Taureau, est encore bien placé pour les observations, se couchant, au milieu du mois, une demi-heure après minuit.
- Cette planète est une des plus faciles à observer et les
- Actuellement, nous voyons la face boréale de l’anneau de Saturne.
- Uranus est inobservable en mars. Il sera en conjonction avec le Soleil le 1er avril, à 20h.
- Neptune est visible presque toute la nuit, non loin de l’étoile p du Lion. Voici quelques positions où on pourra le rechei’cher :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison* Diamètre
- Mars 6 10h 16m + 11° 26' 2",4
- — 16 10 15 + 11° 32' '2",4
- — 26 10 15 + 11° 37' 2",4
- Neptune parait dans les instruments comme une étoile de grandeur 8,5 environ.
- p.133 - vue 129/598
-
-
-
- 134
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- Dates, Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- |er 1.9>* 30m II P. f. 14 l9h 49m III Im.
- 1er 19 41 II O. c. 14 20 15 I Ec. f.
- 1er 22 11 II O. f. 14 22 23 III Em.
- 4 23 0 I P. c. 15 22 23 II P. c.
- 5 0 17 I O. c. 17 19 2 II Em.
- 5 20 19 I Im. 17 19 4 II Ec. c.
- 5 23 51 I Ec. f. 17 24 36 II Ec. f.
- 6 18 46 I O. c. 20 21 23 I P. c.
- 6 19 39 I P. f. 20 22 37 I O. c.
- 6 20 58 I O. f. 20 23 34 I P. f.
- 7 0 33 II Im. 21 18 43 I Im.
- 7 18 15 III Em. 21 22 10 I Ec. f.
- 7 18 19 I Ec. f. 22 0 0 III Im.
- 7 20 59 III Ec. c. 22 19 17 I O. f.
- 7 23 36 III Ec. f. 24 19 14 II Im.
- 8 19 42 II P. c. 25 19 4 III O. c.
- 8 22 10 II P. f. 25 21 42 III O. f.
- 8 22 19 II O. c. 26 19 22 II O. f.
- 10 18 59 II Ec. f. 27 23 21 I P. c.
- 12 22 16 I Im. 28 20 42 I Im.
- 13 19 26 I P. c. 29 19 1 I O. c.
- 13 20 42 I O. c. 29 20 2 I P. f.
- 13 21 36 I P. il 29 21 13 I O. f.
- 13 22 53 I O. f. 31 21 58 II Im.
- Avec un fort grossissement Neptune offre un petit disque bleuâtre de 2",4 environ de diamètre.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 21h, Mercure en eonjonc. avec Mars, à 0o31, S.
- Le 3, à O*1, Uranus Le 7, à 14h, Jupiter Le 8, à 12h, Mercure Le 13, à 5h, Neptune Le 21, à 9h, Vénus Le 22, à 23h, Saturne Le 27, à 16h, Mars
- la Lune, à 1° 37' N. la Lune, à 3° 21' S. Verseau, à 0° 1' N. la Lune, à 4° 13' S. Uranus, à 0° 33; S. la Lune, à 5° 40' N. la Lune, à 3° 24r N.
- Le 29, à 23h, Marcure en conjonc, avec la Lune, à 1° 6r N. Le 30, à 91’, Uranus — la Lune, à 1° 27' N.
- Le 31, à 81', Vénus — la Lune, à 0° 5' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (|8 Persée) : le 4 mars, à 23h 43m; le 7, à 20h 31m; le 27, à 22ll16m.
- Etoiles filantes. -— D’après la liste de l’Annuaire du Bureau des Longitudes, peu de radiants sont actifs pendant le mois de mars. En voici deux, à la date du 7 mars :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Mars 7 233° —• 18° |3 Scorpion
- — 7 244° +15° y Hercule
- Temps sidéral. — Voici quelques valeurs du temps sidéral, pour 01* (T. U.). La variation, d’un jour à l’autre, est de 3m 56s.
- Dates. Temps sidéral à 01'
- Mars 1er 1011 32m 17s
- — 11 11 11 43
- — 21 11 51 9
- — 31 12 30 34
- V. Constellations. — L’aspet de la voûte! céleste, le 1er mars à 23h, ou le 15 mars à 22h, est le suivant :
- Au zénith : X et p. Grande Ourse. A peu de distance du Zénith la Grande Ourse (£, v, 23 h 57) ; le Lion (y,54,90, M. 65) ; le Dragon (v, o, ’p, e, p.) est au Nord-Est.
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, r.) ; Céphée et Cassiopée sont près de l’horizon.
- A l’Est : Le Bouvier (Arcturus). La Couronne boréale se lève. Le Serpent, Hercule et ,S de la Balance apparaissent.
- Au Sud-Est : La Vierge (L’Epi).
- Au Sud : Le Corbeau (o, 23675 Lal.) ; l’Hydre (z, 54, M. 68) ; la Licorne et le Petit Chien (Procyon).
- A l’Ouest : Sirius est encore visible, Orion et le Taureau descendent vers l’horizon. Les Gémeaux (a, |3, o, H, x, 38 e).
- Le méridien est marqué par les étoiles a et 7) Lion et p. de l’Hydre. Le ciel d’hiver disparaît à l’Ouest.
- Em, Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMPOSITION DE L’ONGUENT DE PIED
- L’onguent de pied est employé pour graisser le sabot des chevaux, lorsque la corne en est dure, séchée et crevassée; il est très facile d’effectuer cette préparation véritablement efficace et dont la composition mérite d’être vulgarisée.
- Prendre :
- Cire jaune \
- Axonge /
- Térébenthine de .Bordeaux V De chacun quantités égales.
- Huile d’olive l
- Coudron de Norvège J
- Faire fondre, à une douce chaleur,- l’axonge et la cire coupée en petits morceaux, retirer du feu pour éviter l’inflammation, ajouter la térébenthine et l’huile, mélanger intimement, puis incorporer enfin le goudron et remuer jusqu’à refroidissement.
- Le plus souvent, on colore cet onguent en noir par un peu de noir de fumée, afin que, par son application, le sabot prenne un bel aspect.
- P.-S. — Pour clarifier le suif, on commence par le faire fondre, puis on y délaye de 2 à 5 pour 100 de terre de Sommières. On agite de temps à autre pour mettre en contact les molécules grasses et celles de terre; finalement, on laisse reposer et on décante le liquide supérieur,
- qui aura ainsi subi une décoloration marquée, dépendant, bien entendu de la pureté du produit primitif; il se trouvera en outre clarifié et en partie décoloré.
- IMPERMÉABILISATION DES SOIES DE PÊCHE
- Voici’pour les pêcheurs une façon très simple d’imperméabiliser les soies de pêche, tout en leur conservant la souplesse et la teinte qui leur
- sont propres.
- Prendre :
- Bougie stéarique......................... 230 grammes
- Cire d’abeilles, blanche................. 20 —
- Faire fondre à feu doux, rendre homogène et maintenir liquide au bain-marie.
- Placer au-dessus du récipient le fil de soie enroulé sur un moulinet, le plonger dans la masse cireuse et l’y maintenir près du fond par un objet pesant.
- On tire alors le fil d’une main et on l’essuie de l’autre, avec un chiffon de laine, de manière que le liquide retourne au récipient.
- Après refroidissement, on tend le fil, puis on l’assouplit en le frottant avec un morceau de flanelle imbibée de quelques gouttes d’huile de poisson. > ,
- p.134 - vue 130/598
-
-
-
- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LA CONCENTRATION DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE EN FRANCE
- Le nombre des constructeurs d’automobiles est relativement très élevé en France puisqu’il atteint 77, mais il faut remarquer que des groupements de constructeurs commencent à être réalisés afin de mettre en commun les achats, les études techniques et même l’organisation de vente de plusieurs marques.
- Ainsi, dès le mois d’octobre 1928, un groupement de cinq constructeurs : Ariès, Chenard et Walcker, Donnet-Zedel, Delahaye et Rosengart a été formé, et la capacité de construction de ce groupement atteint, semble-t-il, quelque 30 000 voitures.
- La proportion d’automobiles construites par les principaux constructeurs est déjà très grande. Trois constructeurs : Citroën, Renault, Peugeot fabriquent 75 pour 100 du nombre de voitures, et quatre constructeurs : Berliet, Chenard, Donnet, Mathis fabriquent 14 pour 100 du nombre des voitures.
- Au total donc, 7 constructeurs, soit un peu moins de 10 pour 100 du nombre des constructeurs, fabriquent 89 pour 100 du nombre des voitures, et 69 autres constructeurs, soit 90 pour 100 du nombre des constructeurs, fabriquent seulement au total 11 pour 100 du nombre des voitures.
- Etant donné les conditions industrielles actuelles, il est probable que nous verrons s’établir en France une concentration de plus en plus grande, et que seule la constitution de groupements efficaces permettra aux petits constructeurs de diminuer leur prix de revient et de lutter contre la concurrence étrangère menaçante.
- LES VOYAGES DE NUIT ET LA SÉCURITÉ EN AUTOMOBILE
- L’emploi de plus en plus grand de l’automobile pour effectuer des voyages utilitaires, et non plus seulement de simples excursions, rend plus normal et plus fréquent le voyage de nuit en automobile.
- Nous sommes habitués depuis longtemps à voyager de nuit en chemin de fer, et, de même, nous pouvons fort bien prendre l’habitude de voyager la nuit en automobile, lorsqu’il s’agit de gagner du temps. Beaucoup préfèrent supprimer quelques heures de sommeil plutôt que de consacrer à cette randonnée les heures actives de la journée qui pourront être employées au travail ou à une distraction quelconque.
- Il va sans dire, par contre, que le voyage de nuit devrait être banni de tout programme d’excursion, puisqu’il nous empêche généralement d’admirer le paysage, plaisir qui constitue le charme essentiel des voyages en automobile.
- Nos modernes carrosseries nous permettent d’effectuer ces voyages dans les meilleures conditions de confort, et il ne dépend que de nous, le plus souvent, de les effectuer aussi dans de bonnes conditions de sécurité.
- Toute réparation est évidemment encore plus difficile à exécuter la nuit que le jour, et il convient donc de vérifier soigneusement tous les organes de la voiture avant le départ.
- Un de nos confrères demande avec raison que, sur les routes les plus fréquentées, on puisse trouver des stations de réparation et de ravitaillement ouvertes toute la nuit pour constituer des sortes de gares ou de stations relais pour automobiles.
- On peut, en effet, remarquer que, même dans les villes de quelque importance, l’automobiliste éprouve de grandes difficultés pour trouver la nuit le moindre secours mécanique, et même un bidon d’essence ou d’huile nécessaire pour la continuation de son voyage.
- L’automobiliste qui voyage la nuit doit, sans doute, nous
- Fig. 1. — Clé-trousse pour l’entretien des bougies.
- Cette trousse contient : un nettoyeur, un tournevis, une lime, ul clé calibre de magnéto et un contrôleur d’allumage au néon,
- l’avons noté plus haut, prendre plus de précautions que s’il voyageait le jour, vérifier soigneusement tous les organes de sa voiture avant son départ, et conduire très prudemment sur la route ; il n’en est pas moins vrai que le fonctionnement normal de toute automobile peut être entravé par un accident mécanique de peu d’importance, mais tout à fait imprévisible.
- C’est sans doute la crainte qu’éprouvent les conducteurs d’être ainsi privés de tout ravitaillement et de tout secours durant la nuit qui empêche, en grande partie, le développement des voyages nocturnes en automobile.
- On ne saurait sans doute demander qu’en toute saison tous les garages demeurent ouverts la nuit, et qu’on puisse y trouver des mécaniciens qualifiés, mais il serait tout au moins possible, dès maintenant, dans toute ville importante, de maintenir au moins un ou plusieurs garages ouverts toute la nuit, suivant l’étendue de la ville ; les directeurs des différents garages s’entendraient à cet effet pour organiser un service de« roulement » régulier, comme cela existe par exemple pour les pharmacies ; il serait bien entendu, d’ailleurs, que les tarifs des travaux de nuit seraient plus élevés que ceux des travaux de jour.
- ACCESSOIRES
- COMMODES POUR DES BOUGIES
- L’ENTRETIEN
- Quelles que soient la marque et la qualité des bougies employées sur les voitures, il est absolument nécessaire de vérifier et d’entretenir régulièrement ces bougies, si l’on veut que l’allumage soit constamment régulier, d’autant plus qu’avec les systèmes d’allumage modernes et les moteurs à forte compression, les efforts qui leur sont demandés sont de plus en plus importants.
- Il faut donc, tout d’abord, vérifier si l’allumage s’effectue régulièrement, non seulement lorsque la bougie est démontée, mais encore lorsqu’elle est vissée dans le cylindre. Il faut, de plus, vérifier si l’écartement des pointes est normal.
- Pour remettre en état de fonctionnement la bougie, dans le cas évidemment où l’isolant n’est pas détérioré, on emploie simplement un nettoyeur à lames métalli- Fig. 2. ques, [un tournevis et une de rechange se fixant sur le capot petite lime. ^ de la voiture.
- Mais l’automobiliste moderne est pressé par définition, et il est fort heureux de trouver toujours groupés à portée de sa main tous les accessoii’es
- Support pour bougies
- p.135 - vue 131/598
-
-
-
- 136
- Fig. 3. — Cel extincteur, présenté sous la forme d’un « browning, permet de projeter un jet de liquide par simple pression du doigt sur la gâchette,
- nécessaires à l’entretien ou à la réparation de sa voiture, sans qu’il ait à effectuer la moindre recherche.
- Un constructeur ingénieux a donc eu l’excellente idée de réaliser une clé de bougie coudée, de manœuvre pratique, dont le manche cylindrique creux forme trousse et contient un vérificateur d’allumage à ampoule au néon, une clé de magnéto avec calibre, un petit tournevis, une lime, un nettoyeur à lames métalliques (fig. 1).
- Le même constructeur a établi un porte-bougies très pratique pour bougies de rechange se fixant généralement sous le capot de la voiture et qui permet le remplacement immédiat des bougies défectueuses (fig. 2).
- UN PISTOLET DE DÉFENSE PACIFIQUE
- Les incendies d’automobiles causés par le mauvais fonctionnement du carburateur deviennent sans doute de moins en moins fréquents. Il n’en est pas moins vrai que ce danger existe toujours, et que tout automobiliste prudent doit etre muni , d’un petit extincteur à liquide, dont on peut trouver maintenant de nombreux modèles pratiques. : -
- Parmi les types présentés, il n’en est sans doute pas un qui soit aussi original que ce petit modèle ayant exactement l’apparence d’un pistolet browning réalisé récemment par un constructeur connu et exposé au Salon de l’Automobile de 1929 (fig. 3).
- Ce pistolet contient un chargeur rempli de liquide spécial extincteur, et. il suffit d’appuyer sur la gâchette pour produire un jet de liquide pouvant éteindre en quelques instants un^incen-
- die de carburateur.
- Cet appareil curieux peut évidemment être facilement placé dans une poche quelconque de la voiture, et sa manœuvre presque instinctive le rend vraiment très intéressant pour l’automobiliste amateur.
- UNE MONTRE QUI ALLUME LES LANTERNES
- Nombre d’automobilistes ont l’habitude
- Fig. 4. — Montre avec aiguille de repère réglable assurant l’allumage des lanternes à l’heure choisie.
- de laisser leur voiture en stationnement devant leur bureau, au théâtre, ou devant des salles de spectacle, dans la journée; ils oublient souvent d’allumer leurs lanternes à la tombée de la nuit, lorsque la station se prolonge, et sont passibles de ce fait d’une contravention ennuyeuse.
- Pour éviter cet inconvénient fréquent, surtout l’hiver, ils sont obligés d’allumer leurs lanternes à l’avance, ce qui risque, malgré l’emploi des feux de position, de décharger leur batterie d’accumulateurs d’une façon anormale.
- Un petit accessoire, en réalité très simple, permettra de donner à ce problème une solution efficace et économique; il suffit d’avoir une montre d’automobile comportant un contact électrique, comme un réveil à sonnerie électrique (fig. 4).
- L’automobiliste, avant de quitter sa voiture, place l’index de la montre sur la graduation correspondant à l’heure de la journée à laquelle les lanternes doivent être allumées, et la lampe ferme automatiquement à cette heure-là le circuit des lanternes. La pose est évidemment très simple, puisqu’il suffit d’intercaler les bornes de la montre dans le circuit des lanternes, avec interrupteur permettant le fonctionnement normal du commutateur d’éclairage. Cette montre pourrait également servir à d’autres usages et actionner, par exemple, un avertisseur à une heure déterminée à l’avance.
- décharge des batteries au plomb et fer-nickel.
- UNE RÉSERVE D’ÉLECTRICITÉ POUR L’ALLUMAGE
- Les appareils d’allumage à bobines du type Delco sont employés maintenant presque uniquement sur la plupart des voitures, et on connaît leurs qualités de régularité de fonctionnement, et, en réalité, de simplicité. Leur seul "organe fragile est, en somme, la bobine d’induction qui peut être changée très rapidement sans aucune connaissance spéciale.
- Le fonctionnement du système dépend
- pourtant essentiellement du bon état de la batterie d’accumulateurs; lorsque cette batterie est complètement déchargée, et que, par un hasard malheureux, la dynamo ne charge pas, il peut se produire sans doute une panne d’allumage. . .
- Cet accident est très rare parce que l’intensité du courant exigé pour l’allumage est très faible, mais on ne peut pourtant pas nier que ce danger existe. Pour éviter ce risque, il vient très simplement à l’esprit de placer sur la voiture une deuxième batterie auxiliaire de faible capacité, mais très robuste, et maintenue constamment en charge, de façon à pouvoir remplacer au moment opportun la batterie ordinaire défaillante.
- Une batterie fer-nickel à électrolyte alcalin, pouvant supporter des régimes de charge et de décharge considérables et ne demandant pratiquement aucun entretien, convient parfaitement pour jouer le rôle de batterie auxiliaire, bien que la tension de chaque élément soit voisine de 1 ou 2 volts seulement et qu’il faille ainsi employer un nombre plus grand d’éléments fer-nickel que d’éléments au plomb à égalité de tension.
- Il peut donc paraître très facile d’adopter une petite batterie fer-nickel de quelques ampères-heure de capacité, de connecter cette batterie en parallèle pour sa recharge et d’utiliser la batterie auxiliaire au moyen d’un commutateur spécial lorsque son aide devient nécessaire.
- Mais il est indispensable qu’on adopte un mode de bran-
- p.136 - vue 132/598
-
-
-
- 137
- chement tel que la batterie auxiliaire puisse se charger constamment et non se décharger. Or, si l’on étudie les courbes de charge et de décharge d’une batterie fer-nickel et d’une autre au plomb, on constate que la tension de la batterie au plomb resté plus élevée que la batterie fer-niclcel jusqu’à un certain point correspondant à environ les trois quarts de la capacité totale; à ce moment, la batterie fer-nickel se déchargerait dans la batterie au plomb (fig. 5).
- Un constructeur spécialisé dans la réalisation des appareils d’allumage a pu cependant établir un ensemble très simple, mais très bien étudié, de dispositif de ce genre, dans lequel un moyen très ingénieux est employé pour éviter la décharge de la batterie fer-nickel. Ce dispositif a reçu le nom de Reserwatt pour rappeler qu’on obtient ainsi une véritable réserve d’énergie électrique, et, afin d’éviter la décharge de la batterie fer-nickel, on a intercalé dans son circuit-décharge une soupape électroionique du genre Cuproxyde composée de disques de cuivre oxydé sur une de leur face, empilés les uns sur les autres et ne demandant aucun entretien (fig. 6).
- La batterie fer-nickel de 4 éléments et de 3 ampères-heure de capacité a son pôle négatif relié à la masse et son pôle positif connecté à la borne A d’un commutateur spécial.
- La batterie principale de la voiture, dont le pôle négatif est
- o ,------c- .Batneprincipe le Masse
- Résistance ooupape r r
- Bat- neReserwatt
- Masse
- Fig. 7. — Le Reserwatt dans la position de marche normale.
- La batterie principale est couplée à la batterie auxiliaire par l’intermédiaire de la soupape cuproxyde et de la résistance. Mais la bobine d’allumage est alimentée uniquement par la batterie principale.
- également relié à la masse, a son pôle positif connecté à la borne B du même commutateur. Enfin, une borne C est reliée au fil de la bobine d’allumage, et une quatrième borne D est reliée au pôle positif de la batterie auxiliaire par l’intermédiaire de la soupape cuproxyde et d’une résistance qui limite la valeur maximum du courant de charge de la batterie.
- Un secteur métallique, commandé par une clef extérieure, peut occuper trois positions visibles sur les schémas 6, 7 et 8.
- A l’arrêt, le commutateur est placé dans la première position et la bobine d’allumage est isolée des batteries. Ces deux batteries sont connectées en parallèle, mais la batterie principale maintient en charge la batterie auxiliaire, sans que le courant de la batterie fer-nickel puisse passer dans la batterie au plomb par un effet de conductibilité unilatérale de la soupape;
- Dans la deuxième position de marche, la bobine d’induction est alimentée uniquement par la batterie principale; le courant de la dynamo qui charge la batterie principale passe aussi dans la batterie auxiliaire, sans que cette batterie puisse se décharger, toujours grâce à la présence de la soupape. Enfin, en cas de défaillance de la batterie principale, on met le secteur du commutateur dans la position indiquée par le schéma de la figure 8. La batterie principale et la dynamo sont alors hors circuit et la batterie auxiliaire seule alimente la bobine d’induction.
- Bob/ne
- d'allumage
- Masse
- Bat rieRéserwatt
- Commufateur
- Résistance Soupape
- Batr,e principale
- Fig. 6. — Dispositif à batterie auxiliaire de secours, dit Reserwatt, dans la position normale d'arrêt du moteur.
- Les deux batteries sont couplées en parallèle et ne sont pas reliées à la bobine d’allumage.
- Dans tous les cas, on voit donc que cet ingénieux montage permet toujours à la batterie auxiliaire de conserver sa charge intacte quel que soit le cas considéré.
- Il faut, d’ailleurs, remarquer que l’intensité du courant fourni par la batterie principale peut devenir très faible, sans' que cette dernière soit tout à fait hors d’usage.
- Ainsi, on peut oublier de remettre la manette du contacteur d’allumage dans la position d’arrêt ou d’éteindre les lanternes, ce qui amène une décharge plus ou moins partielle de la batterie. Un fonctionnement trop intense ou trop prolongé du démarreur produit aussi une décharge de cette batterie, qui ne peut plus produire l’allumage dans des conditions satisfaisantes. En réalité, on voit que tout le dispositif qui évite complètement ces inconvénients comprend au total une batterie, fer-nickel, le commutateur spécial, une soupape cuproxyde et une résistance.
- Le constructeur de ce dispositif a simplement placé la soupape et la résistance dans le boîtier même du commutateur qui vient s’encastrer très aisément sur n’importe quelle planche de bord à la place du bouton d’allumage ordinaire, dont il a l’apparence extérieure, et sa manœuvre est absolument la même que celle de ce bouton d’allumage. L. Picard
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Clé-trousse pour entretien des bougies. Etablissements R. A. B., 4. rue Denis-Poisson, Paris (17e).
- Pistolet extincteur. Appareils Magondeaux, 83. boulevard Gouvion-Saint-Cyr, Paris (17°)
- Montre allumant les lanternes. Comptoir des Nouveautés Automobiles. 37, rue Servan. Paris (6°).
- Appareil Reserwatt, Etablissements R. B., 2, rue Ernest-Lefèvre. Paris (20e).
- Fig. 8. — Fonctionnement du Reserwatt en cas de panne de la batterie
- principale.
- La bobine d’allumage est alimentée uniquement par la batterie
- auxiliaire.
- Masse
- Bobine
- daüumage
- BattneReserwatt Résistance
- Commutateur
- Bat rl.e principale
- Masse
- p.137 - vue 133/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Exact Colour Matching and Specifying, by L. Blin-Desbleds. 1 vol., 116 p., 32 fig. Technological and Industrial Service, 41, avenue Gambetta, Paris. Prix : 25 fr.
- Comment définir exactement une couleur? La question présente évidemment une grande importance pour la teinture et toutes les industries qui s’y rattachent. La réponse qui lui a été donnée a été longtemps fondée sur des observations subjectives et empiriques. L’auteur montre comment on peut définir objectivement une couleur, et comment on peut aujourd’hui la mesurer exactement à l’aide d’appareils comme le photocolorimètre photoélectrique Toussaint.
- Manuel de droguerie-herboristerie, par s. Petiteau.
- 1 vol. in-18, 437 p., 146 fig. Bibliothèque professionnelle Baillière, Paris, 1929. Prix : cartonné, 25 fr.
- Manuel essentiellement pratique qui commence par rappeler les dispositions légales relatives à l’exercice de ces professions, l’inspection, la vente des substances vénéneuses et des spécialités. Puis viennent pour l’herboristerie des notions de botanique, sur la récolte, la conservation, la préparation, les propriétés des plantes médicinales; pour la droguerie, des notions de chimie et la nomenclature des drogues et des produits courants.
- Discovery Reports. Vol. I, publié par le Discovery Com-mittee, Colonial Office, London, avec le concours du Gouvernement des dépendances des Iles Falkland. Un vol. in-4°, 592 p., nombreuses figures, 56 pl. Cambridge University Press. Prix : 71 sh. 6 d.
- La Nature a donné récemment (n° 2823) deux aspects pittoresques du célèbre navire de l’expédition antarctique de Scott, la « Discovery », modifié pour servir à l’étude des baleines dans les mers antarctiques. Voici les premiers rapports sur les travaux entrepris depuis 1925.
- La « Discovery » alla d’Angleterre à la Géorgie du Sud où elle installa un laboratoire à terre, puis elle parcourut l’Atlantique sud des Falkland au Cap de Bonne-Espérance, revint à la Géorgie par les îles Bouvet et Thompson, visita les Orkneys, les Shetlands, le cap Horn, les Falklands, revint au Cap et rentra en Angleterre par la côte occidentale d’Afrique. Pendant ce temps, un deuxième navire baleinier, le « William Scoresby », parcourait les mêmes régions, tantôt de conserve tantôt seul, et c’est l’ensemble des documents recueillis simultanément par les deux vaisseaux et la station de biologie marine de la Géorgie du Sud qui forment la base de cette publication luxueusement éditée et illustrée.
- Comme pour toutes les campagnes océanographiques, un premier fascicule donne la liste des stations, leurs coordonnées géographiques, les observations qu’on y fit.
- Le 2e fascicule est consacré à une étude de M. Stanley Kemp, chef de l’expédition, sur les buts poursuivis et les principaux résultats obtenus. Le but était essentiellement l’étude de la vie des baleines, en vue de fixer les règles de leur chasse, mais accessoirement on fit aussi des observations sur les éléphants de mer, les oiseaux et sur l’hydrographie, le plancton, la faune, etc. MM. Kemp et Hardy décrivent les bateaux, leur équipement spécial, les méthodes et les appareils employés, puis M. Mackintosh présente l’installation du laboratoire à terre de la Géorgie du Sud.
- Dans le 3° fascicule, M. Harrison Matthews conte l’histoire naturelle des éléphants de mer, et donne sur leurs mœurs nombre de détails nouveaux : naissance des jeunes, soins de la mère, nourriture, respiration, nage, groupements par familles formées d’un mâle et de nombreuses femelles, combats, pariades, rockeries de jeunes, etc.
- Le 4e fascicule est de beaucoup le plus volumineux et le plus important. Il est consacré principalement aux deux espèces de baleines (Balaenoptera musculus et B. physalus) et accessoirement aux autres grands cétacés dont la pêche est la riche ressource de l’Atlantique sud. 1683 animaux ont été examinés; c’est dire toute l’importance de la documentation recueillie. Elle porte sur les caractères morphologiques, la nourriture, les parasites, la reproduction, la croissance, les migrations, la population. On ne saurait résumer ici l’abondance des faits nouveaux. L’essentiel en est que les baleines voyagent de l’Afrique du Sud à l’Amérique du Sud; elles remontent vers le Nord en automne; elles s’y accouplent, les petits y naissent; c’est la période de faible nutrition; elles retournent vers le Sud-Ouest, autour de la Géorgie, au printemps suivant, y trouvent une abondante nourriture, les jeunes y sont sevrés et commencent leur croissance jusqu’à un nouveau départ. La maturité sexuelle apparaît au début de la troisième année. Chez B. musculus, le jeune mesure 7 mètres à la naissance, 16 mètres au sevrage, 23 mètres à la maturité. Un procédé de marquage des cétacés a permis de connaître leurs déplacements.
- Les deux derniers fascicules sont consacrés aux nématodes et acanthocéphales parasites (par M. Baylis) et aux oiseaux de la Géorgie du Sud (par M. Harrison Matthews).
- Ce premier volume montre tout l’intérêt que continuent de présenter les grandes expéditions océanographiques. C’est une raison de répéter les regrets qu’on éprouve que la France n’en organise plus depuis trop longtemps.
- Le monde vivant. Histoire naturelle illustrée, par Henri Cou-tière. Tome IV, 1 vol. in-4, 338 p., nombreuses figures. 46 pl. en couleurs. Les éditions pittoresques, 101, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris, 1929.
- Nous avons dit, lors de l’apparition successive des trois premiers volumes, tout le mérite de cet ouvrage, véritablement encyclopédique, écrit d’une manière charmante, émaillé de citations poétiques, de réflexions personnelles, et documenté de main de maître.
- La quatrième tome, qui vient de paraître, est égal aux précédents. Il traite des animaux inférieurs : échinodermes, spongiaires, cœlentérés, puis des protozoaires qui conduisent, selon le plan adopté par l’auteur, aux bactéries d’où l’on passe aux algues, aux champignons et aux lichens. Allant vers les plantes vasculaires, on trouve les characées, les mousses, les fougères, les prêles, les lycopodes, les cycadées, les conifères, puis les plantes à fleurs dont les monocotylédones terminent ce tome, le prochain et dernier devant être consacré aux dicotylédones.
- L’ouvrage est une très attrayante initiation — comme l’a voulu l’auteur — à l’étude de l’histoire naturelle; sa lecture ne saurait trop être recommandée aux amateurs et aux jeunes gens.
- Le daltonisme, son importance pratique, ses dangers dans les services de sécurité des chemins de fer, ses formes cliniques, son diagnostic, par les docteurs Paul Blum et E. Sciiaaff. 1 vol. in-8, 131 p. .fig. et 3 pl. Masson et Cie. Paris, 1929. Prix : 20 fr.
- Combien d’accidents de chemins de fer et de navigation sont dus à ce défaut de vision des couleurs qu’on nomme le daltonisme? Le danger est tel qu’aujourd’hui l’État et les compagnies de transport sur terre et sur mer font subir un examen spécial de la vision à ceux qui auront à conduire des véhicules ou des bateaux. Les auteurs, médecins des chemins de fer du réseau d’Alsace et de Lorraine, ont longuement étudié cette question, imaginé des appareils pratiques de sélection du personnel et ils donnent dans ce livre la première étude en français du daltonisme. Après avoir rappelé l’histoire de la découverte et les théories qu’on en a données, ils montrent son importance, ses variétés et examinent longuement les diverses méthodes d’examen qu’on a imaginées pour aboutir à celles qu’ils ont choisies au laboratoire et sur le terrain.
- Le royaume d’Arda et son évangélisation au XVIIo siècle, par Henri Labouret et Paul Rivet. 1 vol. in-8, 63 p., 20 pl. Travaux et mémoires de l’Institut d’Ethnologie. VII. Institut d’Ethnologie Paris, 1929. Prix, relié toile : 30 francs.
- Un opuscule de la bibliothèque San Isidro de Madrid, découvert en 1858, avait été considéré comme révélant la langue d’une tribu du haut Amazone. Il est, en fait, un texte bilingue, espagnol et « arda », publié en 1658, à Madrid, sur la « Doctrina christiana » par des Capucins venus évangéliser le royaume d’Arda, sur la côte occidentale d’Afrique, au sud du Dahomey. C’est un document précieux sur la langue parlée en ce point par les nègres au xviic siècle, laquelle n’a guère changé depuis. Les auteurs présentent la reproduction du texte et rappellent les divers renseignements qu’on possède sur l’histoire d’Arda et ses rapports avec les Européens.
- L’école des colonies, par Octave I-Iomberg. 1 vol. in-16, 297 p. Plon. Paris, 1929. Prix : 12 fr.
- On connaît l’ardente et salutaire propagande de l’auteur en faveur de notre empire colonial. Après « la France des cinq parties du Monde », voici « L’école des colonies » qui reprend le même thème, sous un jour différent. Ce n’est plus l’énumération des richesses que nous devons à nos possessions d’outre-France, c’est l’analyse de l’esprit dans lequel il nous faut les considérer et de celui qu’elles développent chez ceux qui les conquièrent ou qui y vivent. Le thème du livre est que le Français est essentiellement colonisateur, qu’il sait aborder les indigènes avec curiosité, générosité, sympathie, clairvoyance, et de cela l’histoire de quelques grands coloniaux : Caillié, le Père de Foucauld, Lamy, Faidherbe, Gallieni, est la meilleure preuve. Et on le quitte convaincu que, par delà les frontières et les petitesses de la politique intérieure, il y a une grande œuvre à continuer, œuvre de civilisation et aussi d’enrichissement. .
- Observations on the thunder dance of thebear gens
- of the Fox Indians, par Trùman Michelson. 1 vol. in-8, 73 p. Bulletin 89, Bureau of american Ethnology, Smithsonian Institution, Washington,. 1929.
- p.138 - vue 134/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- Avion à train escamotable.
- L’Alexander Aircraft Company vient de créer un appareil léger de conception très moderne et de performances remarquables.
- Cet avion, l’Eaglerock Bullet, est muni d’un train d’atterrissage relevable en vol. Cette particularité augmente d’une manière importante la finesse de l’ensemble et fait gagner ainsi de 16 à 20 kilomètres-heure.
- La voilure du Bullet est monoplane, surbaissée et en porte
- Bimoteur Bellanca de raid.
- Le constructeur américain Bellanca met au point actuellement un appareil nouveau destiné à s’attaquer au record du monde de distance. Cet appareil, de forme curieuse, est un sesquiplan; le plan inférieur formant un dièdre ouvert vers le bas porte à ses extrémités les roues du train d’atterrissage (ces roues sont montées avec des pneus ballons, elles ne comportent pas d’amortisseur). Les deux plans sont réunis par deux mâts en N verticaux et par deux mâts obliques de
- Avion à Irain escamotable.
- à faux; elle comporte une partie centrale de profil constant et deux parties latérales de profil décroissant et formant un léger dièdre. La partie centrale est de construction métallique à longerons tubulaires et croisillonnage rigide. Les parties latérales sont à longerons-caissons en bois et nervures en fibres en forme de treillis; le recouvrement est en contreplaqué au bord d’attaque, en toile sur le reste du plan.
- Le fuselage, en tubes d’acier soudés à l’autogène, est en forme de profil d’aile; il concourt donc à la sustentation. La cabine, aménagée en conduite intérieure, comporte quatre sièges fixés directement sur les longerons du plan. Les deux places avant sont aménagées en double commande. La partie avant du plafond de la cabine peut être larguée en vol, ouvrant ainsi une sortie de secours aux deux passagers de l’avant. Deux soutes à bagages sont placées dans la partie centrale de l’aile de part et d’autre du fuselage. Les empennages sont en tubes d’acier soudés à l’autogène ; le plan fixe horizontal est réglable en vol, les volets sont sans compensation.
- L’appareil est monté, soit avec un moteur Kinner de 100 ch, soit avec un Wright de 150 ch, moteurs en étoile à refroidissement par l’air. Le moteur est fixé sur un bâti également en tubes d’acier soudés.
- Le train d’atterrissage, sans essieu, est relevable, latéralement, au moyen de câbles s’enroulant sur un tambour. Il se compose, pour chaque roue, d’une pyramide de tubes, les extrémités de deux des arêtes pouvant coulisser sur la troisième. Un dispositif de blocage assure la fixité soit à la position de vol, soit à la position d’atterrissage.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure. . .............
- Longueur . . . . . . . .
- Surface...................
- Poids vide. .......
- Poids en ordre de vol. . .
- Vitesse maxima (moteur 100 ch)
- Vitesse minima. . ;...........
- Vitesse ascensionnelle'.......
- Rayon d’action. . . . -A. f .
- grande surface, mâts augmentant sensiblement la surface portante de l’avion (ces mâts se retrouvent sur la plupart des créations de Bellanca).
- Deux poutres verticales parallèles portent l’empennage, celui-ci est de formule classique à volets compensés.
- Le fuselage, très court, est fixé entre les deux plans; il porte, à l’avant, deux moteurs Pratt et Whitney à refroidissement par l’air, de 425 ch chacun. Ces moteurs sont placés l’un derrière l’autre, ils sont entièrement capotés (capot du
- VÏÏwililili,ili,ilililllililililililllFilililililiJilîlilil/ir/li'i
- Bimoteur Bellanca de raid.
- National Advisory Committee for Aeronautics). Le moteur avant actionne directement une hélice tractive ; le moteur arrière actionne, par l’intermédiaire d’un arbre qui traverse le fuselage (3 m 20 de long), une hélice propulsive, placée entre les deux poutres de réunion.
- 8550 litres d’essence peuvent être emportés, les réservoirs-sont placés dans le fuselage et dans le plan supérieur. Les caractéristiques de construction du Bellanca sont les suivantes ;
- Envergure. ............25 m 35
- Longueur ......... 13 m 45
- Surface portante.......85 m2
- Poids vide............. 3170 kg
- Poids total............8170 a 9540 kg
- 11m 80 6 m 60 18 m2 6 522 kg
- 1020 kg 209 km-h 67 km-h 3’,25 m-secA 1100 km
- p.139 - vue 135/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS =
- NÉCROLOGIE
- Jules Welsch (1858=1929).
- Nous avons le regret d’annoncer la mort de notre éminent collaborateur, M. Jules Welsch, doyen honoraire de la Faculté des Sciences de Poitiers, décédé subitement le 2 novembre 1929. Jules Welsch a consacré son activité scientifique à la géologie. Après une thèse remarquée sur les Terrains secondaires des environs de Tiaret et Frenda [Département d’Oran), il fut nommé professeur de géologie et minéralogie à la Faculté des Sciences de Poitiers où il poursuivit toute sa carrière. Il s’est attaché surtout à l’étude de la géologie du Poitou et du Centre-Ouest de la France, ainsi qu’à celle de la répartition des nappes aquifères. Il a publié un grand nombre d’études sur ces sujets.
- Auguste Rateau.
- M. Auguste Rateau, un de nos grands ingénieurs, membre de l’Académie des Sciences, est mort le 13 janvier 1930.
- Nous reproduisons ci-dessous l’éloge de ce savant, prononcé par M. Lecornu, à la dernière séance de l’Académie des Sciences :
- « Né à Royan en 1863, sorti premier de l’Ecole Polytechnique en 1883, il avait, au début de sa carrière d’ingénieur au Corps des Mines, enseigné la mécanique et l’électricité industrielle à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, puis à celle de Paris. Mais bientôt, conscient de ses qualités d’inventeur, il voulut reprendre une entière liberté d’action et envoya au Ministre des Travaux publics sa démission de fonctionnaire.
- « Joignant à une forte culture mathématique un sens très net des réalités mécaniques, il savait, après avoir tiré de la théorie tout ce qu’elle pouvait donner pour la solution des problèmes intéressant l’art de l’ingénieur, aller de l’avant en faisant intervenir à titre approximatif des hypothèses judicieusement choisies dont il prenait soin, cela va sans dire, de contrôler expérimentalement la légitimité.
- « Son œuvre capitale concerne les machines appelées par lui turbomoteurs, nom qui est devenu d’un usage courant. Après avoir, de 1897 à 1900, publié dans la Revue de Mécanique une suite d’études, pleines d’aperçus nouveaux, qu’il réunit dans son Traité des Turbomoteurs, il construisit une turbine à vapeur multicellulaire, répandue maintenant dans le monde entier. Il a créé également un type de turbocompresseur, composé de turbines étagées; cet appareil permet de porter à la pression de 12 kg par centimètre carré un volume d’air de 10 m3 par seconde. Signalons encore ses pompes centrifuges à haut rendement ou à grand débit et ses ventilateurs centrifuges, fort employés dans l’exploitation! des mines.
- « Les turbines ont la propriété importante de pouvoir fonctionner avec de très faibles chutes de pression. Partant de là, M. Rateau a imaginé de recevoir dans un accumulateur la vapeur d’échappement provenant de tous les appareils d’une même usine et d’utiliser cette énergie résiduelle pour actionner des turbines à basse pression. On récupère ainsi annuellement des centaines de milliers de chevaux-vapeur qui, jadis, étaient perdus sans retour.
- « Au cours de la guerre, M. Rateau a imaginé et réalisé un turbocompresseur qui, actionné par les gaz d’échappement d’un moteur d’aviation, refoule dans celui-ci de l’air comprimé. De la sorte, le moteur fonctionne à grande altitude sans que sa puissance se trouve affaiblie par la diminution de la pression atmosphérique. L’emploi de cet appareil s’est
- généralisé et permet, suivant l’expression consacrée, d’élever considérablement le plafond d’un avion.
- « M. Rateau avait, dès 1909, en vue de l’aviation, entrepris des expériences sur la résistance de l’air. Depuis plusieurs années, il présidait avec une haute autorité les séances de la Société française de Navigation aérienne.
- « Je ne puis m’étendre sur ses autres travaux, fort variés, qui, tous, portent la marque de sa perspicacité.
- « J ajoute seulement que, par ses propres moyens, il avait réussi à constituer et à développer progressivement la société qui porte son nom et qui emploie des milliers d’ouvriers.
- « Quand I Académie, en 1908, décida la formation d’une Division portant pour titre Applications de la Science à l’Industrie, elle élut d’abord Maurice Leblanc, puis bientôt après M. Rateau qui, depuis la mort, en 1923, de Maurice Leblanc, était devenu le doyen de cette Division. »
- INDUSTRIE
- Vitres en quartz fondu.
- On sait que le quartz a la propriété d’être transparent aux rayons ultra-violets. Ces rayons jouissent aujourd’hui d’une grande vogue thérapeutique; on pratique beaucoup aussi les cures de rayons solaires dont l’efficacité est également attribuée aux rayons ultra-violets que contient la lumière solaire. Un sanatorium récemment construit au lac Saranac, dans l’Etat de New York, aux Etats-Unis, le « National Vaudeville Artist’ Sanatorium » a mis à profit la transparence du quartz aux ultra-violets pour construire un solarium entièrement vitré avec des panneaux de quartz fondu transparent. Cette construction a exigé 1200 carreaux de quartz de 47 cm2 de surface chacun et de 5,5 millimètres d’épaisseur. Les carreaux ont été fabriqués par la General Electric C°, au four électrique, à partir de cristal de roche naturel pulvérisé, suivant un procédé mis au point par Elihu Thomson. Pour obtenir un produit transparent, il faut réduire au minimum de dimension les bulles gazeuses incluses dans la masse. On y parvient en exerçant dans le four, sur la masse en fusion, une pression de 12 kg par cm! au moyen d’un gaz inerte, l’azote en espèce.
- MARINE
- Encore un navire allemand relevé à la Scapa^Flow.
- Le renflouement de la flotte allemande qui fut coulée en juin 1919, par ses équipages, dans la rade de Scapa-Flow, où elle avait été internée, après sa remise aux alliés, se continue avec une ténacité et un succès bien remarquables, étant données les grandes difficultés que présentent ces travaux.
- Nous avons d’ailleurs eu l’occasion d’en parler ici à nos lecteurs.
- Le problème se présente, en effet, sous une forme nouvelle pour chacun des navires qu’il s’agit de relever.
- C’est ainsi que le croiseur Bremse, qui vient d’être remis à flot, a dû tout d’abord être retourné sur le fond, de façon à revenir à la surface la quille la première. Les travaux de renflouement du Bremse avaient commencé en juin 1929. Avec lui est remonté au jour, pour y être, bien entendu, démoli, le 29e navire de la flotte allemande.
- La Société Cox and Danks, qui a accepté et mène à bien cette tâche, si particulièrement difficile, compte entreprendre maintenant le renflouement du cuirassé Prinz Regent Luitpold, et du croiseur de bataille Hindenburg.
- p.140 - vue 136/598
-
-
-
- PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES
- Pince à linge.
- Bracelet « Notex »
- Puisque aussi bien, le poignet, encerclé d’un bracelet-montre, est ce qu’on a trouvé de mieux pour regarder l’heure,
- Fig, 1. — Le bracelet Notex.
- il n’y a pas de raison pour qu’il ne serve à autre chose. Et voici justement une ingénieuse utilisation : le bracelet «Notex». Il est de nombreux cas où l’on voudrait noter un nombre, une adresse, un numéro de téléphone, quelques mots, sans avoir à sortir un calepin de sa poche. Le « Notex » résout ce problème. C’est un bracelet en daim, qui porte, au lieu de la montre habituelle, une bande de papier enroulée sur deux tambours. Quelques traits de crayon et voilà sauvée de l’oubli la note qu’on voulait prendre. Un tour à l’un des boutons moletés et la bande de papier s’enroule sur une tige et se déroule sur l’autre, offrant un nouveau rectangle blanc pour la prochaine occasion, tandis que la note déjà inscrite entre dans la boîte plate où on la retrouvera.
- Au lieu d’un rouleau de papier blanc, imaginez-en un autre imprimé, préparé avec des colonnes, des nombres, etc., et vous voilà pourvu d’un moyen de noter les points tout en jouant au golf, aux cartes, au billard, etc. L’usage du « Notex » pour le jeu de golf est particulièrement commode et aura certainement un grand succès.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Batteur à mayonnaise.
- On connaît différents systèmes de batteurs dont le principe est basé sur le mouvement d’un manche taraudé, qui permet de faire tourner une tige hélicoïdale comportant le battoir destiné à faire la mayonnaise.
- Un petit appareil intéressant améliore ce système en main-
- Fig. 2. — Balleur à mayonnaise.
- tenant solidement le bol sur la table, de sorte que la cuisinière dispose de ses deux mains. Cet appareil est tout simplement une sorte de pince à ressort qui enserre le pied du bol et qui le fixe ainsi solidement sur le bord de la table.
- (L. Kertzmann, 11, cité Popincourt, Paris).
- Cette nouvelle pince à linge d’une seule pièce, tout en fil de fer galvanisé, ne se détruit jamais et ne peut se rouiller. Son ressort fait que tous les linges et effets pincés résistent et
- Corde
- Fig. 3. — Pince à linge.
- ne peuvent être détachés des cordes par les plus gros vents et en aucune façon.
- La pince en bois se détruit promptement, les tiges gonflent, le bois s’imprègne des couleurs du linge et, de ce fait, déteint sur les linges blancs ou autres. Les ressorts sautent à la longue et la pince en bois devient inutilisable et est perdue pour la ménagère soucieuse de ses intérêts.
- Avec la nouvelle pince à linge en fil de fer galvanisé, tous ces déboires lui sont évités.
- Cette pince sert aussi à suspendre tous autres objets papiers photographiques, dossiers, chapeaux, etc., et. pour cela, il suffit de passer la corde dans l’oreille de la pince.
- (Armand Lacambra, 58, rue Huguerie, Bordeaux.)
- Etui à savon et porte-blaireau.
- Ce système permet d’utiliser commodément le savon à barbe. Celui-ci est contenu dans le pied support d’un petit bol, le blaireau étant soutenu par une pince fixée sur le bord.
- Fig. 4. — Étui à savon et porte-blaireau.
- Pour obtenir une mousse onctueuse, le blaireau humide est passé sur le savon et ensuite on se savonne la figure avec la mousse obtenue. Au fur et à mesure que le savon s’use, faites-le monter avec le pouce jusqu’à usure presque complète. Le nouveau savon est placé sans enlever l’ancien qui, poussé par le savon nouveau, permet l’usage intégral du produit.
- Les Créations « Pitch », 2, rue Fromentin, Paris.
- p.141 - vue 137/598
-
-
-
- 142
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Une aurore polaire vue à Nancy.
- M. Jean Bourgogne nous adresse de Nancy la communication suivante :
- « Je fus témoin, jeudi 9 janvier, d’un phénomène qui m’a paru passer inaperçu à Nancy; il s’agit, j’en suis à peu près certain, d’une aurore polaire.
- Le temps était, ce soir-là, découvert, mais un peu brumeux, avec quelques vagues nuages; un superbe halo de grand diamètre apparent entourait le premier quartier de la lune.
- A 17 h 35 je m’aperçus qu’un certain nombre de bandes lumineuses traversaient le ciel, semblables aux faisceaux lumineux qu’auraient donnés autant de projecteurs placés en un point de l’horizon situé à près dans la direction N.-N.-E. Quelques-unes de ces bandes traversaient le halo et lui donnaient le curieux aspect d’un halo interrompu en plusieurs endroits.
- « L’intensité lumineuse du phénomène était relativement faible : très nettement visible d’un endroit sombre, il devenait difficile à distinguer dans une rue bien éclairée.
- « L’une de ces bandes (la plus à gauche pour l’observateur regardant au N.-N.-E., et celle que j’ai pu le mieux observer) commençait à 20° environ au-dessus de l’horizon, parcourait tout le ciel et sem-
- blait (à travers des arbres) ne s’éteindre qu’à la même hauteur de l’autre côté, ou peut-être plus bas encore. Cette bande devint de plus en plus nette jusque vers 1S heures, puis elle s’élargit peu à peu et se dédoubla, pour disparaître finalement vers 18 h. 40.
- « A 18 h. 30 l’intensité de l’ensemble du phénomène avait nettement diminué; à 18 h. 40 j’ai pu compter encore sept rayons; à 19 heures, deux seulement, et à 19 h. 15, je n’ai plus rien distingué.
- « Ce phénomène est tout à fait semblable à deux autres dont je fus témoin à Trêves (Allemagne), les 28 mars et 13 mai 1926; les bandes convergeaient à l’E.-N.-E. pour la première, et approximativement au Nord, pour la deuxième.
- « Je pense qu’il y a lieu de faire les rapprochements suivants :
- « 1° Ce soir-là, en T.S.F., les parasites étaient d’une violence anormale pour la saison; observation faite entre 18 heures et 19 heures, puis dans la soirée, sur les grandes ondes;
- « 2° Le lendemain, 10 janvier, le soleil présentait, un peu au-dessus et à gauche de son diamètre horizontal, un groupe de taches facilement visible à l’œil nu (avec une bonne vue), et facilement dédoublable en quatre taches à l’aide d’une simple jumelle à prismes, grossissant sept fois ;
- « 3° J’ignore s’il est permis d’établir une corrélation avec le tremblement de terre de Bretagne qui a eu lieu le môme jour. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- ~ Ne cassons pas les vitres.
- Eu égard au coût élevé de la vitrerie, il peut être intéressant de faire resservir les vitres encore encastrées dans les feuillures d’anciennes fenêtres ou de portes, mais que le mastic durci par le temps retient avec une énergie telle qu’il est presque impossible de dégager la vitre sans la briser.
- Un tour de main très simple permet cependant de réussir à coup sûr, il suffit pour cela d’arroser le vieux mastic avec de l’acide sulfurique (huile de vitriol) qui décompose la craie dont ce mastic est formé, en donnant un produit crémeux qui s’enlève avec facilité.
- Pour opérer sans danger dé brûlure, se servir d’une bouteille de petites dimensions, afin d’être maniable, que l’on a munie d’un bouchon de caoutchouc, au travers duquel passe-un tube de verre légèrement étiré.
- On peut ainsi ne déposer que quelques gouttes d’acide à l’endroit voulu, en suivant la feuillure; à mesure que le mastic se ramollit on l’enlève avec une spatule de bois et la vitre se trouve bientôt libérée.
- M. Cottin a Paris.
- Les boules presse=papiers à effets de neige.
- Dans notre numéro 2807, page 382, nous avons indiqué quelques procédés pour préparer facilement ces boules originales qui, autrefois, ont eu un grand succès; M. Coupard, de Toulon, nous signale que l'effet de neige avec ses tourbillons peut être également réalisé avec encore plus de vérité, en employant la râpure d’os bien propre.
- On voit que le tour de main est des plus simples; quant à la matière première, elle est peu coûteuse et les manches de nos vieilles brosses à dents trouveront là un emploi auquel ils étaient certainement loin de s’attendre.
- Comment se fabriquent les charbons pour piles ou lampes à arc.
- Au début de l’emploi des charbons pour piles, lampes à arc ou balais de dynamos, on découpait dans les blocs de charbon graphitique des cornues à gaz, des prismes à dimensions appropriées, mais le carbone sous cette forme est fragile et le sciage sans accident en est toujours problématique; c’est pourquoi les charbons utilisés dans l’appareillage électrique sont aujourd’hui obtenus par moulage permettant de réaliser toutes les formes en opérant de la manière suivante imaginée par Carré.
- Prendre :
- Charbon de cornues ou coke pulvérisé. . 1500 grammes
- Noir de fumée......................... 800 —
- Mélasse............................... 700 —
- Mélanger intimement en ajoutant au besoin une quantité d’eau suffisante pour obtenir une masse ferme et bien liée ; on comprime alors fortement cette pâte dans un moule pour lui donner la forme voulue, puis, après séchage, on la soumet à la cuisson dans un moufle bien clos pour éviter l’intervention de l’air; les différentes pièces moulées étant superposées et séparées par des feuilles de papier qui se carboniseront et un lit de coke pulvérisé.
- On élève progressivement la température jusqu’au rouge sombre (700° C.) que l’on maintient pendant une heure et demie à deux heures ; parfois on termine en élevant au rouge cerise soit 900°, puis on laisse refroidir doucement jusqu’au lendemain avant d’ouvrir le moufle.
- Pour la fabrication des charbons destinés à l’éclairage électrique, certains industriels préfèrent recourir aux hydrocarbures tels que goudrons de houille, vieilles graisses, pour l’agglomération du carbone graphitique, ainsi que l’a conseillé Gauduin; dans ce cas, on doit alors chercher une dissociation rapide de l’hydrocarbure, avant qu’il ait eu le tèmps de s’échapper par distillation; l’emploi d’une température élevée s’impose ici nécessairement.
- L’échappement des gaz résultant de la décomposition hydrogénée donne par une première opération un charbon relativement poreux, c’est pourquoi dans l’une et l’autre méthode on procède généralement à une réimbibition dans la mixture préalablement adoptée, mélasse ou hydrocarbure, puis on procède à un nouveau chauffage; opération qui est répétée, s’il est nécessaire, jusqu’à obtention d’un produit de dureté compatible avec l’emploi auquel il est destiné.
- N. B. — Vous trouverez des charbons pour les emplois ci-dessus chez tous les entrepositaires d’appareillage électrique, par exemple au Bazar de l’Électricité, 34, boulevard Henri-IV ou au Comptoir Général d’Électricité, 41, boulevard Beaumarchais, Paris.
- M. A. Bu^s, a Athènes.
- La frênette, boisson économique et hygiénique.
- Un peu avant la guerre, l’usage s’était fort répandu d’une boisson à la fois agréable et peu coûteuse, préparée à la maison sans grandes difficultés au moyen de feuilles de frêne; les prix élevés qu’atteignent actuellement le vin, la bière, le cidre, justifieraient la remise en honneur de la frênette quelque peu délaissée.
- p.142 - vue 138/598
-
-
-
- 143
- La feuille du frêne (Fraxinus exrclsior) est constituée par des folioles opposées imparipennées lancéolées au nombre de 9 à 13 d’un vert clair donnant à l’arbre un couvert léger. Elles donnent un décocté de saveur légèrement amère, agréable et d’action rafraîchissante par suite de la présence de marmite et d’un principe actif, la fraxinine, qui a de tout temps été préconisé contre la goutte et les affections arthritiques; on attribue également à la fraxinine des propriétés fébrifuges.
- Pour préparer 100 litres de frênette dans les meilleures conditions de réalisation, il faut opérer ainsi :
- 1° Faire bouillir 200 grammes de chicorée torréfiée (colorant et rafraîchissant, médicalement parlant) pendant 20 minutes dans 5 litres d’eau sans couvrir.
- 2° Verser cette décoction bouillante sur mélange de :
- 125 grammes feuilles de frêne sèches et broyées,
- 50 — acide tartrique.
- Mettre dans un vase non métallique, couvrir et laisser infuser au moins deux heures.
- 3° Passer à travers un linge, laver le résidu à l’eau chaude et mettre en tonneau.
- 4° Ajouter de 5 à 7 kilogs de sucre suivant qualité à obtenir, compléter 100 litres avec de l’eau froide.
- 5° Introduire en dernier lieu dans le liquide dont la température doit être voisine de 25° C., sans dépasser 30° C., 100 grammes de levure en pâte bien fraîche, que l’on peut facilement se procurer chez le boulanger, cette levure étant émiettée à la main dans un peu d’eau froide de façon à constituer une crème, mélanger dans le tonneau avec un bâton très propre.
- Après deux è trois jours de fermentation, suivant la température de l’air, couvrir la bonde avec une toile pliée en quatre sur laquelle on mettra une poignée de sable, ceci de façon à réaliser une fermeture empêchant la pollution tout en assurant le départ de l’acide carbonique.
- Enfin quatre ou cinq jours après, mettre en bouteilles, ficeler les bouchons et coucher les bouteilles.
- La boisson peut être consommée environ une quinzaine de jours après l’embouteillage.
- N. B. — Avoir grand soin da»nettoyer à fond, le tonneau dans lequel ' s’opère la première fermentation. M. M. Randno a Étampes.
- Qu’est=ce que Veau de Javel ?
- L’eau de Javel dont l’emploi est si considérable dans le blanchissage journalier et que toute ménagère a constamment à portée de la main, est chimiquement un hypochlorite de sodium : Na O Cl mélangé de chlorure de sodium résultant de la réaction qui lui a donné naissance.
- En effet, on obtient l'eau de Javel en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution de soude caustique maintenue froide :
- 2 Na O H + 2 CI = Na O Cl +.Na Cl + H20 hypochlorite de sodium chlorure de sodium
- N. B.—Autrefois l’eau de Javel était un hypochlorite de potassium, mais comme actuellement la soude caustique est meilleur marché que la potasse caustique, industriellement il est plus économique de faire l’hypochlorite de sodium.
- On opère cette fabrication dans des touries par barbotage dans une solution contenant 10 kg de soude caustique pour 80 litres d’eau, ce qui permet au chlorure de sodium de se déposer en partie par cristallisation.
- L’effet décolorant au blanchissage de l’eau de Javel dépend de la quantité de chlore actif qu’elle contient, c’est pourquoi on mesure cette activité par le nombre de litres de chlore gazeux que peut libérer un litre d'eau de Javel, c’est ce que l’on appelle le degré chlorométrique.
- On rencontre dans le commerce les eaux de Javel sous deux formes : les eaux de Javel proprement dites qui marquent de 10° à 15° chlorométriques et les extraits de Javel titrant de 28° à 30° chlorométriques : ce sont ces derniers que l’on trouve le plus souvent.
- Remarque. — Pour l’emploi, il convient, si on ne veut pas abîmer le linge, que le liquide dans lequel il est immergé ne titre pas plus de 0°25 à 0°35 chlorométriques, c’est-à-dire que, par exemple, le linge ayant été préalablement lavé pour enlever les taches grasses ou albuminoïdes, on le trempera dans un mélange de 10 à 12 cuillerées à bouche d’extrait de Javel avec 20 litres d’eau bouillante, on le laissera en contact jusqu’au moment où les taches auront disparu; aussitôt après on rincera abondamment pour éliminer toutes traces de chlore qui pourraient avoir ultérieurement un effet fâcheux sur le tissu en transformant la cellulose en* oxycellulose. m
- M. Rougié a Sofia (Bulgarie).
- Détruisons les cafards.
- Ces désagréables bestioles (Periplaneta orientalis) qui portent également les noms de blattes, cancrelats et bêtes noires, ont environ deux centimètres de long; leur corps est aplati et de couleur plus ou moins brunâtre, elles répandent une odeur nauséabonde rappelant celle de la souris, s’attaquent à tous les aliments, particulièrement à la farine, aux légumes, à la viande et leur communiquent une odeur repoussante qui les met hors d’emploi.
- Les cafards qui pullulent parfois dans les fournils et les cuisines peuvent facilement être détruits en opérant ainsi :
- Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau bouillante jusqu’à saturation de l’acide borique.
- Retirer la casserole du feu et ajouter de la mie de pain à la. solution tiède. Diviser la pâte obtenue et la placer sur des assiettes ou des morceaux de carton que l’on dispose aux endroits fréquentés par les blattes. \
- Dès le lendemain, on aperçoit à terre quelques bestioles qui n’ont, pu regagner leur trou, elles sont sur le dos et éclatent avec un bruit sec lorsqu’on les écrase; quant aux autres, elles sont mortes dans leur demeure et on ne les revoit plus.
- Cercle des Arts et Métiers de Salon.
- Caractéristiques des alliages pour résistances chauffantes.
- Les fils pour résistances chauffantes sont, on le sait, constitués par des alliages de chrome-nickel en proportions variables suivant les températures que l’on veut atteindre et les conditions d’emploi.
- Voici d’après la société «La Résistance Electrique » les caractéristiques des principaux alliages de sa fabrication :
- A C D
- Chrome 21 15 15
- Nickel . 79 85 65
- Acier a » 20
- 100 , i ,100 100
- Résistivité en microhms à 25° (Résistance, spécifique entre les faces 104 ' 110 90
- d’un cube de un centimètre de côté). Densité à 15° C 8,5 8,2 8.3-, :
- Points de fusion 1405° 1405° 1350°
- Limites d’emploi 1150° 1000° 5. à 600,
- Au début de l’emploi, les fils se recouvrent d’une mince, pellicule: d’oxyde qui les protège contre toute oxydation ultérieure, ils prennent leur régime normal de travail dès la troisième chauffe; l'industrie peut’ du reste les livrer tout oxydés avec une teinte verte.
- N. B. Adresse demandée « La Résistance Electrique», 59, rue du Vivier à Auberbilliers (Seine). M. J. K. au Poiré de Velluirê.
- Comment on garnit un presse=étoupe.
- Toutes les fois qu’un piston se déplace dans un cylindre, qu’il s’agisse d’une pompe ou d’une machine à vapeur, il est nécessaire d’assurer le libre déplacement de la tige du piston sans que l’eau ou la vapeur soient susceptibles de s’échapper, ce que l’on réalise en faisant passer la tige dans un presse-étoupe, que l’on garnit de la façon suivante :
- On prend de la filasse de chanvre en quantité proportionnée à la capacité de la boîte à étoupe; on la nettoie des pailles en l’effilant en une mèche ayant autant que possible la même épaisseur dans toute sa longueur; on lubrifie la mèche en la frottant avec un morceau de suif, on la plie en deux, puis, tordant les deux brins l’un sur l’autre, on en fait une sorte de corde dont on arrête les deux extrémités avec un filament de chanvre.
- Cela fait, et la boîte à étoupe ayant été préalablement nettoyée, on y introduit la tresse de filasse, en la contournant autour de la tige du piston et en la poussant dans la boîte pendant qu’on l’enroule; lorsque tout est entré, on rapproche le presse-étoupe en ayant soin de mettre le trou à huile en l’air et de faire entrer les boulons dans les logements correspondants.
- A l’aide des écrous que l’on revisse, on opère doucement un serrage modéré qui refoule la garniture et assure ainsi l’étanchéité.
- Si après quelque temps de marche, une fuite se manifestait autour de la tige, on resserrerait légèrement le presse-étoupe en agissant méthodiquement sur les écrous pour ne pas le faire pénétrer de biais.
- J. K. au Poiré de Velluire.
- p.143 - vue 139/598
-
-
-
- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 2-3. — Le déblaiement du sphinx. En haut :
- La Grande Pyramide et le Sphinx avant les travaux. Au-dessous : l'étal actuel des travaux.
- Ph. Keystone View.
- Fig. 4. — Pour combattre les bruits de la rue, on a mis en service, à New-York, un appareil enregistreur de bruits, circulant sur auto; les témoignages ainsi enregistrés sont irrécusables. A droite : le célèbre acousticien D1 Harvey Fletcher. (Ph. Keystone View.)
- Fig. 6 (au-dessus). — Ce gratte-ciel; de 65 étages, haut de 330 mètres, vient d’être achevé à New York.
- Fig. 5 (à gauche). — Construction d’une écluse géante au port de Brême, pour les nouveaux transatlantiques.
- Ph. Keystone View.
- p.144 - vue 140/598
-
-
-
- LA NATURE
- N° 2827. — 15 Février 1930 ' / ' Prix du Numéro : 3 francs 5C
- Paraît le i" et le i5 de chaque mois. pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 141/598
-
-
-
- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et O®, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VT1 (R. C Seine : jS.234) Tel. Littré 4S-92 et 48-^3.
- PRIX DE L’ABONRSESVEEÎMT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n*'), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tari! spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n”), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°“), 43 fr.
- Tari! pour l'étranger : Tarif n° 1
- l Un an...................... 90 fr.
- ( Six mois................... 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un an. . Six mois.
- 110 fr
- 55 f-.
- Tarif^extérieurjrjL valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques . Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne. Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras Hongrie. Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua. Panama Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n’ 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C‘%- sur une banque de Paris,
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction a T.Y1. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VT.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et CT, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine,
- IIIIIIIIIIIIIIIIHIIIHlIllllllllllllllHHIIIHIIIIIIIlIlUIHIIHlHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIllllllllllIlHIlllllllllllIlllllllîll
- Moteurs de Phonos Américains
- DIE HL-SINGE R
- iiiiMiiitiuiiiiiimmiiHiiiiimmiiuiiiiiuiiMiiiiiiiiimiiiiitiMiiuiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit
- ..................................... 690 fr.
- LE SEUL
- MOUVEMENT ÉL E C TRIQUE
- PARFAIT
- É
- Moteurs électriques de 1/50 à 1/3. Dynamos, groupes convertisseurs, eommutatrices
- GUERNET
- 44» rtie du Château-d’Eau, PARIS
- &:
- Envoi/du catalogue général contre 1 franc en timbres-poste - :—
- iniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiijiitiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiii
- “ CRITERIUM - "OKRO ”
- JUMELLE A PRISMES
- La Meilleure, la moins chère
- ' Catalogue franco.
- X, LOLLÎER, constructeur
- 47. rue Turbigo. PARIS 3* J
- •a...
- Vous pouvez, sans vous uéplacer, relier rapidement et soli tement une collection semestrielle de La Nature, ainsi que tous vos livres et Revues par la SILF-PELIURE extensible et le SiLFIOR. reliures au oma-liques instantanées. Envoi d’un SELFIOR pour La Nature contre 12 1rs. plus 3 1rs. frais de poit pour la France et u 1rs. pour l'Etranger, mandat ou chèque postal n" o-j.LiP. .1 arif et n nseignemenis sur demande. SELF-RELIURE. 14, Villa Eugène Leblanc. Paris.
- p.n.n. - vue 142/598
-
-
-
- N°2827
- 15 Février 1930
- LA NATURE
- LA CITE MODERNE
- III — LA MODERNISATION DU FOYER
- INTRODUCTION
- Nous avons essayé de montrer, dans deux études précédentes, d’une part les caractéristiques probables de la « Cité Moderne », celle qui doit, par la seule force des
- . rue .
- tration, pour arriver au but. Les difficultés de cet ordre seraient-elles d’ailleurs aplanies à l’instant, qu’il resterait, comme nous l’avons montré, que le renouvellement total et immédiat de la Cité, par démolition puis reconstruction, n’est qu’une utopie et une hérésie économique.
- «JE i
- yajnr. JLJt Mi =
- __..._____.J .«jn&JX.
- .CHmBiE.
- A B
- Fig. i, — a. Appariement divisé. (En façade sur rue, trois pièces étroites à usage de salon, salle à manger et cliainbre. Sur cour, seconde
- chambre et cuisine.)
- 13. Appariement ouvert. (Dans la partie sur rue, les cloisons abattues, un vaste living-room a remplacé les trois petites pièces. La disposition du mobilier crée une partie réservée aux repas, une partie réception, un coin bibliothèque. A chaque extrémité, un lit placard et un placard-toilette. La séparation de nuit en deux parties peut être assurée par un rideau ou une cloison pliante. La chambre sur cour reste isolée.)
- contingences nouvelles de la vie, remplacer la ville d’aujourd’hui; et, d’autre part, les réalisations, exemples fragmentaires mais déjà vivants, de la cité de demain. Nous avons dit que les architectes de notre temps sont prêts à contribuer de tous leurs efforts à sa réalisation totale, même et surtout ceux qui sont à tort parfois considérés, parce qu’ils ont une formation classique, comme anti-modernes.
- Mais nous n’avons pas caché tout ce qu’il faudrait vaincre de routine du publie et d’inertie de l’adminis-
- En pratique, la ville ne peut que subir une évolution plus ou moins rapide et cette évolution sera d’ailleurs incessante, mue constamment par des besoins toujours nouveaux.
- Il faudra donc (« hélas », diront les uns, « heureusement », diront les autres) un temps impossible à déterminer, pour que l’ensemble, tout au moins la plus grande partie de la cité actuelle, soit parvenu au stade que nous appelons actuellement « moderne ». Il n’est pas téméraire d’affirmer que beaucoup de nos contemporains, même
- p.145 - vue 143/598
-
-
-
- 146
- parmi les jeunes, sont destinés à vivre et à mourir dans leur cellule d’habitation actuelle, dans le cadre de vie présent, si anti-moderne, si inconfortable qu’il soit.
- Il nous a paru, — et nous demandons pardon au lecteur si nous le faisons descendre au niveau d’une question comparativement bien terre-à-terre après l’avoir conduit sur les sommets des vues d’ensemble et des programmes grandioses, — il nous a paru intéressant de rassembler en un court article quelques solutions partielles du problème suivant :
- « Comment l’occupant d’un appartement actuel, non pourvu des perfectionnements modernes, peut-il, dans la mesure de ses moyens, obtenir de cet .appartement le maximum de ce qu’on peut appeler le rendement moderne; comment peut-il donner à ce cadre de vie le maximum de ressemblance avec l’élément correspondant de la . Cité de demain ? »
- Le titre de notre étude a donc été choisi à bon escient : il ne s’agit pas de la description du « foyer moderne », mais des transformations constituant la « modernisation » du foyer tel qu’il existe dans la plupart des cas.
- Il est bien entendu que. nous laissons de côté la question du style.
- Celui-ci pourrait donner lieu à une étude tout à fait distincte.... et à pas mal de discussions, puisque nous voyons depuis longtemps évoluer ce qu’on nomme toujours « style moderne». Mais la question n’est pas là : un appartement entièrement meublé et décoré à la moderne peut rester pour cela tout aussi anti-moderne qu’auparavant. Nous avons en effet donné de la Cité moderne une triple définition, ou plutôt énuméré trois conditions nécessaires, hors lesquelles, de l’avis unanime, le vrai moderne ne saurait exister : air, lumière, conjort.
- Le style n’est plus qu’un accessoire et il e"t d’ailleurs facile de voir que la recherche dès trois éléments primordiaux commande presque nécessairement la simplicité, la robustesse, la logique, caractéristiques des diverses variétés du style moderne.
- Nous envisageons donc notre vieil appartement sous les trois faces du problème : celle de l’air, celle de la lumière, celle 'du confort. Le style sera l’affaire du goût, goût de l’habitant, goût de son architecte.
- Nous ne pouvons exposer dans un court article les
- détails des solutions. Nous renvoyons le lecteur, pour tous compléments utiles, soit aux études détaillées (comme les articles très remarquables de vulgarisation,' que M. Baudry de Saunier a fait paraître dans Y Illustration sur l’organisation ménagère), soit d’une façon plus générale, aux conseils d’un architecte sérieux.
- Nous bornerons d’ailleurs les solutions envisagées aux modifications et réparations n’intéressant pas le gros œuvre, c’est-à-dire les gros murs, planchers et œuvres vives du bâtiment.
- Nous resterons ainsi dans le cadre de la question telle qu’elle se pose dans l’immense majorité des cas : pour un locataire qui ne peut envisager que les modifications généralement consenties par le propriétaire, ou un propriétaire ne voulant pas s’engager dans les dépenses considérables attachées aux modifications du
- gros œuvre.
- I. — L’AIR
- L’air est pour la plante humaine le fluide vital par excellence. Il paraît être à la disposition de tous et cependant on en peut plus ou moins bien profiter.
- Comment assurer aux habitants la meilleure utilisation de cet- élément ?
- Les perfectionnements possibles sont de deux ordres : augmentation quantitative du cube cl’air dévolu à chacun; amélioration qualitative de cet air.
- 11 tombe sous le sens que plus petit est l’espace dans lequel le fluide respiratoire est enfermé, plus difficilement s’opèrent les fonctions respiratoires. Notre corps a besoin, autour de lui, de l’impression d’un espace libre pour éviter une gêne pénible, celle qu’éprouve le prisonnier dans sa cellule, même si l’aération de celle-ci ne laisse rien à désirer. Quel habitant de la grande ville n’a éprouvé le charme clés immenses pièces des maisons de campagne, et, au retour de vacances, l’impression physique cl’étouf-fement dans les minuscules cellules de l’appartement citadin! C’est pour la même raison que les règlements sanitaires imposent un cube minimum pour les pièces d’habitation et pour les établissements hospitaliers, si parfait que puisse être leur système de ventilation.
- L’idéal serait donc, pour utiliser avec le plus d’agrément possible le cube d’air de notre appartement, que ce cube fût d’un seul tenant. C’est impossible, mais on peut chercher à se rapprocher de cet idéal, en considérant
- Fin. 2. — Perspective du living-room.
- L’habitant éprouve une sensation de bien-être et de coniort provenant du grand cube d’air de ce vaste ensemble.
- p.146 - vue 144/598
-
-
-
- = 147
- le rendement cThabitabilité de chacune des pièces, c’est-à-dire le pourcentage des heures de la journée pendant lesquelles les habitants l’utilisent. Dans un appartement bourgeois moyen, le rendement de la salle à manger ou de la salle commune est en général le plus important. Celui de la chambre à coucher n’est guère plus du tiers de la journée. Celui du salon descend à quelques heures par semaine. Pourquoi donc ne pas supprimer des pièces à faible rendement pour faire profiter de leur cube d’air celles qui en ont un meilleur ?
- Un premier stade est la suppression des salons et leur réunion, par abatage des cloisons, à la salle à manger. L’ensemble constitué sera le living-room, la « pièce où l’on vit », selon l’expression anglaise qui est tout un prog 'anime. L’espace y est suffisant pour que chaque membre de la famille sente ses poumons se dilater librement et trouve, à chaque heure de la journ e, la place qui lui convient : coin où l’on mange, coin où on
- Ce dernier système, très employé en Amérique, où il a fait ses preuves, souffre chez nous de l’inconvénient d’un prix assez élevé, inconvénient qui disparaîtrait si le lit-placard devenait un meuble d’usage courant
- Nous pouvons même concevoir que toutes les pièces de jour puissent devenir, la nuit, des chambres à coucher, des placards recevant les lits et les toilettes-penderies. Cela heurte la routine et constitue une révolution de nos habitudes, mais c’est peut-être une solution de la crise cîe l’habitation, celle qui convient à un jeune ménage ne pouvant fonder une famille faute d’un logement suffisant : un logis de trois pièces pourrait fournir de jour un living-room, un bureau et une chambre; de nuit, trois chambres : le rendement magnifique de l’ensemble serait de cent pour cent.
- Il va de soi que, dans un appartenant « ouvert » par l’abatage des cloisons, on doit toujours réserver au moins une pièce fermée, comme pièce de travail, chambre
- Fig. 3. — Lit pliant.
- I. La literie est solidement maintenue eu place par des sangles. II. Le lit, équilibré par un contrepoids, tourne sans effort autour d’un axe horizontal. III. En position verticale, il disparait sous une tenture. La pièce est prête pour l’usage de jour.
- d’enfant ou de malade, ou pour répondre à tout autre besoin d’isolement. Ne pas prendre cette précaution indispensable serait s’exposer à de graves mécomptes.
- Maintenant que nous savons utiliser au mieux quantitativement le cube d’air de notre logis, que pouvons-nous faire pour améliorer la qualité de cet air ?
- Les vieux appartements sont en général très bien aérés, grâce au tirage continuel, même en l’absence de feu, de l’antique cheminée, appareil de chauffage d’un rendement pitoyable et dont l’usage disparaît de plus en plus, mais appareil parfait d’aération lorsqu’il est en bon état. Il n’est donc en général pas besoin, comme dans les appartements modernes qui ne comportent pas cet élément, d’un dispositif spécial pour activer la sortie de l’air usé sortant des poumons et la rentrée de l’air neuf. La question se poserait-elle pour notre appartement que sa solution serait un cas d’espèce et seul le spécialiste pourrait l’indiquer. Mais, même si nous supposons notre appartement abondamment fourni en air neuf, celui-ci dans nos villes contient toujours en abondance deux sortes d’ennemis à combattre : des poussières et des germes vivants.
- lit, coin de feu, réception, jeux, etc.... L’expérience, faite dans nombre d’immeubles collectifs récents et dans presque toutes les nouvelles maisons individuelles, a montré que notre tempérament français s’adapte sans aucune difficulté à cette distribution de l’appartement. Rien n’empêche d’ailleurs (sauf bien entendu le facteur dépense) de remplacer des cloisons abattues par des cloisons mobiles, sortes de feuilles de paravent se repliant dans des placards de peu de profondeur et de retrouver ainsi à volonté la dis ribution primitive.
- Poussant plus loin la même idée (fig. 1 et 2), nous pouvons ajouter à cet ensemble de la « vie de jour », le volume d’une ou plusieurs chambres à coucher. Quelle est en effet la raison d’être d’une chambre, sinon de contenir un lit ? Si nous trouvons un moyen cl’escamoter pendant le jour cette «machine à dormir», nous pouvons utiliser la pièce pour un autre usage. On peut transformer le lit en divan, solution qui ne supprime pas l’encombrement relativement considérable du meuble dans une petite pièce, — ou employer le lit-placard, le dit replié sur lui-même et convenablement rangé, se relevant verticalement dans une armoire fermée de peu de profondeur (fig. 3).
- p.147 - vue 145/598
-
-
-
- = 148 . "=r ...=
- L’atmosphère citadine est chargée de suie, de poussières de charbon, de débris de divers corps minéraux et organi-ques, particules qui entrent dans nos appartements par la moindre ouverture, se déposent sur les objets lorsque l’air est calme et à la moindre agitation s’élèvent en nuages presque invisibles, mais très préjudiciables à nos poumons. Il importe que les objets puissent être dépoussiérés facilement et que les poussières recueillies soient bien enlevées hors de la pièce. Le balai et le torchon répondent mal à ce programme, car ils produisent surtout un déplacement de la poussière, qui, des meubles, mal recueillie par le chiffon, tombe à terre et, projetée par le balai, garde ses particules les plus légères en suspension dans l’atmosphère, en attendant un nouveau dépôt sur le mobilier : c’est un cercle vicieux. Nous préférerons les aspirateurs dont nous dirons plus loin un mot, appareils qui rassemblent la poussière en un vase clos facile à vider. Et même munis de ces appareils perfectionnés, nous éviterons de créer les « nids à poussière », grands rideaux non lavables, tentures, rainures et fissures des planchers, moulurations compliquées des meubles : c’est ici que le style moderne trouve une des justifications de ses formes nettes, sans moulures, de ses enduits et revêtements durs remplaçant les tissus de jadis.
- Les germes vivants de l’atmosphère sont légions : microbes plus ou moins redoutables, moisissures, etc.... Nous pouvons lutter avec un grand succès contre ces hôtes indésirables par Vozonisateur. C’est un appareil de faible volume marchant en général électriquement. Il produit de l’ozone, gaz rare de l’air naturel, désinfectant et microbicide extrêmement puissant et qui, fabriqué t artificiellement à notre foyer, comme dans son état naturel aux hautes altitudes, est un excitant bienfaisant des phénomènes respiratoires.
- II. — LA LUMIÈRE
- Nous nous sommes interdit de toucher au gros œuvre du bâtiment, c’est-à-dire de modifier la grandeur et la forme des baies. Comment, dans ces conditions, améliorer le rendement de notre appartement en flux lumineux, aussi essentiel au développement normal de la vie humaine que le fluide respiratoire ?
- On peut comparer la lumière à un capital à conserver : nous devons en être les avares gardiens ; toutes les petites économies partielles que nous pourrons réaliser (ici la dépense s’appelle absorption) se totaliseront pour donner une amélioration très sensible, et qui souvent pourra même nous étonner.
- Commençons par gêner le moins possible l’entrée de cette précieuse denrée. Puisque nos baies ne peuvent se passer cl’une clôture, donnons à celle-ci le maximum de transparence et sachons préférer une vue ou un vis-à-vis peu intéressant aux vitraux ou papiers-vitraux, d’ailleurs pour la plupart peu esthétiques et qui ont été si fort à la mode. Ces éléments, même les plus translucides, absorbent une partie importante du flux lumineux, et celui-ci ne sera jamais assez abondant. Un cas d’exception cependant, celui où la baie reçoit une lumière frisaiîte presque verticale (rez-de-chaussée sur rue étroite, fond de cour, etc.). Les rayons ont alors tendance à s'e rassembler au pied de
- la fenêtre ; un verre dépoli, un papier vitrail granité blanc, les diffuseront jusqu’au fond de la pièce. Lorsque leur installation sera possible, des châssis à verres prismatiques soit verticaux dans le plan de la baie, soit inclinés à l’extérieur, réfléchissant horizontalement les rayons, permettront, s’ils sont fréquemment et soigneusement nettoyés, une diffusion intérieure encore plus intense.
- La lumière est donc « chez nous » : faisons-lui bon accueil. Ne l’obligeons pas à un effort pour franchir le labyrinthe des lourds rideaux à fanfreluches et baldaquins, qui assombrissent la pièce et enlèvent toute trace de lumière sur la paroi qui les porte. Préférons-leur les stores légers et transparents, suffisants pour cacher notre intérieur aux regards indiscrets.
- De même, maintenons les peintures, tentures et papiers peints, dans la gamme la plus claire possible. Quel non-sens que les anciennes salles à manger bourgeoises des appartements parisiens, aux tentures rouge sombre, véritables tombeaux de la clarté. Si vraiment nous tenons à la lumière, n’en faisons pas un tel gaspillage : restons dans les tons qui en absorbent peu : gris, rose, crème pour les murs, blanc pur ou ivoire pour les corniches et plafonds. Le prolongement vertical de ce blanc des plafonds sur le haut des murs (jusqu’au niveau du haut des portes par exemple) augmentera encore la diffusion de la lumière. Des glaces judicieusement placées réfléchiront le jour direct vers les parois encore obscures. Il est évident que l’entretien des peintures et tentures claires est délicat, que la nécessité de leur renouvellement est plus fréquent que pour les tons plus soutenus. Quel petit inconvénient à côté des bienfaits d’une lumière accrue ! (fig. 4).
- Si notre existence a besoin, pour son développement normal, d’une grande lumière naturelle de jour, notre vue demande, pour sa conservation, une bonne lumière artificielle la nuit. « L’éclairagisme », une des dernières venues parmi les sciences' pratiques (sa naissance date de quelques années à peine) a conduit ses techniciens à des perfectionnements déjà considérables. Le principe est d’éviter le plus possible le phénomène d'éblouissement, sensation désagréable due aux dimensions trop restreintes de la source lumineuse (c’est ce qui se passe, par exemple, pour l’ampoule électrique à fdament visible). On y remédie en augmentant la dimension apparente de cette source à l’aide d’un diffuseur. Poussant plus loin cette idée, on a eu l’idée de faire du plafond entier un véritable diffuseur : les éclairages indirects basés sur ce principe adoucissent les ombres trop brutales de l’éclairage direct, et par là ménagent notre vue.
- III. — LE CONFORT
- Ce que nous désignons de ce mot n’est plus comme naguère le groupement de quelques commodités précises et limitées : ascenseurs, eau, gaz, électricité. Nous en avons généralisé la portée, et le confort comprend pour nous l’ensemble de toutes les commodités, de toutes les facilités apportées à l’existence matérielle : autant dire que son champ est infini et que l’idéal n’en sera jamais atteint, à chaque perfectionnement succédant des besoins nouveaux. Pour nous borner à quelques préten-
- p.148 - vue 146/598
-
-
-
- tions permises à l’occupant d’un appartement ancien, nous examinerons les suivantes : l’habitant a besoin d’un espace suffisant pour ne pas être gêné dans ses évolutions et accomplir commodément les actes journaliers; son corps demande les soins de l'hygiène corporelle élémentaire ; enfin la vie matérielle rendant certains travaux nécessaires, ceux qu’on appelle les travaux ménagers (tels la cuisine, la production de la chaleur, les nettoyages), le confort consiste à les rendre faciles, à assurer à nos efforts le meilleur rendement et à notre bourse le minimum de dépense. C’est le but de Y organisation ménagère.
- Nous chercherons comment on peut assurer à notre appartement ancien le meilleur confort, considéré à ces trois points de vue.
- LA PLACE
- C’est un élément précieux dans nos appartements si exigus. Il faut une patiente recherche pour trouver la disposition qui lui est la plus favorable.
- Ce que nous avons dit à propos du cube d’air est évi-
- . ::.== 149 =
- des repas, se disperseront dans la pièce, libérant le centre de celle-ci. Une chaise rembourrée, un ou deux poufs, une fois réunis, constitueront la chaise longue du convalescent ou le lit provisoire de l’invité. Des chaises rentrant l’une dans l’autre formeront dans un débarras une réserve peu encombrante. Dans la cuisine, un siège se transformera en escabeau, etc.... Sans multiplier les exemples à l’infini, renvoyons le lecteur aux catalogues des maisons spécialistes, ou laissons sa sagacité trouver la solution de tel ou tel cas d’espèce. Qu’il se base seulement sur le critérium essentiel : celui de la simplicité. Toute combinaison comportant une complication, un mécanisme qui ne serait pas absolument élémentaire, doit être rejetée, car elle risque d’apporter le désordre au lieu du confort.
- Les meubles construits peuvent comporter aussi un sérieux gain de surface. Mais comme leurs avantages découlent d’un plan d’ensemble spécialement étudié, leur application est réservée surtout aux immeubles neufs et, sauf quelques cas particuliers (fig. 5), nous n’aurons pas
- Fig. 4. — Amélioration de l’éclairage de jour, a) Salle à manger assombrie par ses lourds rideaux, ses tentures et peintures foncées. b) La même pièce après transformation. Tentures et peintures très claires; le blanc du plafond se retourne verticalement sur la partie [haute des murs; des stores translucides ont remplacé les rideaux épais. L’amélioration totale est considérable.
- clemment vrai aussi en ce qui concerne la surface utile et le rendement d’habitabilité conduit à la même conclusion ; la réunion entre elles de plusieurs pièces. Mais à côté des solutions d’ensemble, il y a, comme pour la lumière, toute une série de petites économies qu’il ne faut pas mépriser, car leur total est loin d’être négligeable.
- Ainsi ont été imaginés des meubles pliants et à usages multiples. Il ne faut pas exagérer dans ce sens, sous peine de tomber dans les élucubrations de l’humoriste anglais W. H. Robinson, combinaisons les plus cocasses et les plus imprévues de meubles, d’ustensiles et de machines. En gardant une juste mesure on peut obtenir des résultats très appréciables. L’intérieur d’un divan sera formé d’un coffre. Une table de salle à manger comportera à l’une de ses extrémités des tiroirs où l’argenterie et les couverts se trouveront à portée d’utilisation; ou bien, au contraire, cette table sera formée de guéridons accolés qui, en dehors
- à les employer dans la modernisation de notre logis.
- L’HYGIÈNE CORPORELLE
- La pièce qui lui est réservée est la salle- de bains. L’existence de celle-ci suffisait, il y a quelques années, à donner à l’appartement l’étiquette de « confort moderne ». Si d’autres aspects du confort ont pris de l’importance, celui-ci n’en est pas moins resté un des plus essentiels.
- Nous limitant au cadre restreint de notre étude, posons-nous le problème suivant :
- « Comment installer une baignoire dans un appartement qui ne .comporte pas de petite pièce ou débarras que l’on pourrait effecter à cette destination ? » Dans ce dernier cas, en effet, c’est tout bonnement une question d’installation ordinaire à effectuer. Si nous ne pouvons avoir de salle de bain, ne renonçons pas pour cela aux bienfaits de l’hydrothérapie ; en effet il reste deux empla-
- p.149 - vue 147/598
-
-
-
- 150
- cements possibles, et les baignoires de dimensions réduites que l’on trouve dans le commerce pourront souvent occuper l’un ou l’autre.. D’abord dans la cuisine, pièce qui ne craint pas en général un peu d’humidité et dont l’aération est largement amenée par. la hotte, la baignoire pourra trouver place sous une tablette et, montée sur roulettes, sera tirée en avant pour le bain. Il existe des modèles ne nécessitant aucune main-d’œuvre d’installation, le chauffage se faisant rapidement par une rampe à gaz, la vidange par un effet de « trompe » fourni
- par le robinet de l’é-
- .sAue
- À MAHqcæ,.
- l .CHAMBRA.
- —\
- n 1
- LJ U ÜL ih L u
- . eu cote cjmambcæ:.
- Fig.
- Meubles construits.
- vier. La baignoire pourra également trouver place dans la chambre : montée sur un axe, elle se relèvera après usage dans un placard comme nous l’avons vu pour le lit.
- Une forte aération est nécessaire puur éviter les inconvénients de l’hunn-üue. l/ autre part, nous aurons besoin d’une distribution d’eau chaude venant de l’extérieur, de la cuisine par exemple, à moins d’une installation de chaulie-eau électrique, car le chauffe-bain à gaz serait dangereux dans la chambre, et les règlements sanitaires interdisent de l’entériner dans le placard.
- Le groupement lit-
- Des cloisons judicieusement disposées -placard baignoire -
- et décalées permettent, en évitant les , , e ,
- placard, placard-penderie-toile tte,donnent l’ensemble remarquablement condensé d’une chambre, salle de bains et pièce habitable de jour. __
- angles morts et les places perdues, un sérieux gain de surface utile. Ici un buffet de salle à manger (c), un lit-placard (a) et un placard-toilette {b) occupent utilement une profondeur totale de 0 m. 80.
- L’ORGANISATION MENAGERE
- Cette organisation comprend un ensemble d’appareils dont l’origine tient à trois ordres de faits.
- Le premier est la véritable révolution produite par la disparition progressive d’une classe sociale, celle des domestiques, c’est-à-dire des gens qui jusqu’ici se chargeaient pour autrui des différents travaux matériels concernant le foyer. Il faut prendre le parti de cette disparition qui ne tardera pas à être un fait accompli dans les classes moyennes de la société. C’est dès lors
- à la maîtresse de maison qu’incombent directement les corvées plus ou moins agréables, parfois pénibles et fatigantes. On s’est donc appliqué à chercher les dispositions rendant les travaux ménagers plus faciles à accomplir. Comme il était naturel en notre temps de machinisme, on a songé à remplacer le travail humain des domestiques par un travail mécanique. De là est sortie une première catégorie d'appareils ménagers : appareils de cuisine, laveurs de vaisselle, appareils producteurs cl’eau chaude, appareils de nettoyage du linge et de l’appartement.
- D’autre part, notre époque est celle du rendement et de l’économie. De la recherche de ces éléments sont sortis des appareils permettant pour le moindre prix la meilleure utilisation de l’énergie : c’est en particulier la question très importante du chauffage moderne.
- Enfin les perfectionnements récents de certaines branches de la science appliquée ont fait, de commodités jusqu’ici considérées comme appartenant au seul luxe, des manifestations banales du confort. Le plus caractéristique est la production du froid à domicile.
- Les appareils et dispositifs que nous allons énumérer seront, en général, applicables à notre appartement ancien, si celui-ci est pourvu d’eau courante et si la colonne montante de l’immeuble est, en ce qui concerne les applications de l’électricité, suffisante pour le débit demandé. Parfois seront nécessaires l’installation d’un compteur électrique plus fort ou d’une horloge si l’on veut utiliser le courant de nuit.
- Nous allons examiner en quelques mots chacune des branches de l’organisation ménagère.
- LA CUISINE
- La cuisine moderne est un vrai laboratoire : c’est la même netteté, le même ordre, les meubles et murs revêtus des mêmes peintures dures et lavables, la hotte, le sol incliné pour l’écoulement des eaux.
- Avant tout détail d’appareillage ménager, on recherchera une bonne disposition, une taylorisation des trajets et des gestes qui constituera une économie considérable de temps et de force. On a fait à cet égard en Amérique, à l’aide d’appareils enregistreurs, des expériences probantes. Le cycta des opérations culinaires se divise en trois genres successifs : préparation, cuisson, nettoyage de la vaisselle et des ustensiles. A chacune de ces opérations doit correspondre une zone particulière de la cuisine et ces zones doivent se succéder en cycle fermé : la tablette de préparation doit être à proximité des récipients propres d’une part, du dépôt des épluchures et détritus d’autre part; la batterie des ustensiles allant au feu sera près du fourneau, l’évier se retrouvera près de l’armoire à vaisselle propre et ainsi de suite (fig. 6).
- En ce qui concerne les appareils, les plus importants sont évidemment ceux qui concernent la cuisson. Ils diffèrent surtout par le fournisseur de calories : charbon, gaz, courant électrique.
- Le charbon est en apparence le combustible le plus économique. Mais la « cuisinière » est d’un rendement pitoyable (10 à 15 pour 100), en ce qui concerne les calories utilisées. Les autres sont emportées en pure perte
- p.150 - vue 148/598
-
-
-
- 151
- ""W/""' f't- '"(tUH
- ?
- pt •
- bwmwmmm
- Fig. G. —• Distribution d'une cuisine.
- L — Cuisine mal disposée. La répartition au petit bonheur des éléments développe exagérément les trajets entre la table (a), l’évier (b), le récipient à ordures (/), le fourneau [d), le buffet (c), la batterie de cuisine (e). II. Cuisine bien disposée. Groupement rationnel des éléments. Pour le nettoyage, évier (6) et récipient à ordures (/), en plein éclairage de la fenêtre (h). Pour la préparation; glacière (m), buffet (c) avec tablette (i). Pour la cuisson, fourneau (.d), batterie (e). Une petite table roulante (k) à étagères, permet de faire en un seul trajet le service de la salle à manger. Assise sur un siège pivotant (/], la ménagère surveille l’ensemble sans se lever.
- par les gaz de combustion, les fumées, et perdues pendant les périodes relativement importantes de mise en marche et de refroidissement.
- Aussi le gaz fait-il au charbon une redoutable concurrence, grâce à sa d’utilisation, sa propreté et la possibilité d’une combustion intermittente avec extinction et- reprise instantanées. Nous retrouverons dans des appareils à gaz de pétrole ou d’alcool, avec la complication d’un appareil générateur, tous les avantages du gaz de houille, si nous n’avons pas celui-ci dans notre appartement.
- Quant à l’électricité, quoique possédant ces mêmes qualités et un rendement presque égal à l’unité, elle souffre, d’une part, du prix élevé, même avec les appareils à accumulation utilisant le courant de nuit à tarif réduit, d’autre part, de l’adaptation encore insuffisante des appareils à notre cuisine française relativement compliquée. D’autres pays, comme les pays du Nord et la Suisse, ont franchement adopté la cuisine à l’électricité, et nous les suivrons sans doute lorsque le courant sera devenu d’un prix plus abordable et que les fabricants d’appareils auront résolu les problèmes relatifs aux habitudes particulières de notre pays. Lorsque la ménagère doit s’absenter toute la journée, elle pourra mettre en train le repas du soir dès son réveil et le trouver chaud et prêt au retour, grâce à des appareils électriques parfaitement isolés, et munis de thermostats qui arrêtent automatiquement la cuisson.
- Avec les appareils de cuisson et ceux de réfrigération que nous examinerons plus loin, notre cuisine pourra contenir un appareil destiné au lavage de la vaisselle. Il est généralement basé sur un principe de projection violente d’eau chaude sur les ustensiles enfermés dans une enceinte close.
- À la cuisine se rattache d’ailleurs en général la production de l’eau chaude, pour la cuisine elle-même et pour la distribution dans le restant de l’appartement. Si les besoins sont très limités, une petite circulation se comportant en thermo-siphon pourra être alimentée en calories par la cuisinière à charbon. Dans le cas général, un appareil spécial est nécessaire. Celui-ci sera par exemple un chauffe-eau à accumulation (chauffé au charbon, au gaz ou au courant'électrique nocturne) qui offre une réserve d’eau très chaude (près de 100°), utilisée après mélange avec de l’eau froide. Un thermostat règle le chauffage pour une température donnée, et le remplacement de l’eau usée est automatique.
- NETTOYAGE
- Nous pourrons distinguer dans le domaine du nettoyage, outre le lavage de la
- vaisselle, l’enlèvement des poussières et la lessive du linge.
- La ménagère, avons-nous dit, doit, pour la chasse à la poussière, rejeter les instruments simples mais insuffisants, balai, torchon, qui ne font qu’un déplacement de poussières d’une pièce à l’autre, ou d’un étage à l’étage inférieur. Elle les remplacera par l’aspirateur, qui recueille les poussières dans un récipient clos facile à vider. Les appareils de ce genre se multiplient de jour en jour. Nous ne saurions ici prendre parti pour telle ou telle marque, pour les appareils à.seaux, ou, à sacs, pour des appareils fixes ou mobiles. Nous insisterons seulement sur l’importance du degré de dépression, c’est-à-dire d’aspiration : une aspiration trop faible ne permet qu’un nettoyage incomplet des tentures et tapis; si elle est trop forte, elle peut causer une détérioration lente mais sûre des tissus en désagrégeant tous les jours une infime partie des fils qui les composent. La cireuse mécanicpie
- Fig. 7. — Emplacement des radiateurs,
- I. Radiateur mal placé. Disposé à l’opposé de la fenêtre, il produit un appel de l’air frûid, cpii traverse toute la pièce dons la partie basse. II. Radiateur bien placé. L’air, refroidi au contact des vitres, est réchauffé par le radiateur. L’appel d’air produit • est comblé par le fluide tiède provenant du fond de la pièce
- p.151 - vue 149/598
-
-
-
- ===== 152
- sera pour les planchers le complément de l’aspirateur.
- Pour la lessive, on construit aujourd’hui des appareils de faible encombrement et qui permettent facilement dans nos appartements urbains cette opération souvent si désastreuse pour le linge quand elle est faite hors de la maison. La place indiquée est, plutôt que la cuisine, la salle de bains, pièce qui ne craint pas les buées. Après essorage dans une centrifugeuse, le séchage s’achèvera sur un étendoir renvoyé par des poulies près du plafond pour ne pas constituer d’encombrement. On finira par le repassage au fer électrique ou à la repasseuse à rouleaux.
- CHAUFFAGE
- Il y a deux façons de réaliser le chauffage de l’appartement, soit par foyers divisés, répartis dans les différentes pièces, soit par un système d’ensemble, ou chauffage central, comportant un seul foyer producteur de calories, un véhicule de ces calories (air, eau, vapeur) et dans chaque pièce un ou plusieurs appareils, les radiateurs, communiquant à l’air des calories ainsi transportées.
- Nous rejetons, sans appel, comme moyen de chauffage effectif, les foyers divisés constitués par la simple cheminée avec feu de bois ou grille à charbon. C’est une opération désastreuse au point de vue rendement. Cela ne nous empêchera pas d’apprécier le charme d’une bonne flambée visible, dont l’effet, surtout moral, se fera d’autant mieux sentir que la pièce sera déjà chauffée par un moyen plus moderne. Nos foyers divisés seront donc placés à l’intérieur de la pièce, reliés s’il y a lieu à la cheminée pour l’évacuation des fumées et gaz de combustion. En outre, le rendement sera encore augmenté par un système de récupération : une circulation d’air autour de l’échappement de ces produits chauds leur enlèvera une partie de leurs précieuses calories. Comme combustible, le charbon, qui doit être de bonne qualité pour donner des résultats satisfaisants, lutte avec un avantage de prix, qui généralise encore son emploi, contre le gaz. Celui-ci, outre les avantages que nous avons vus pour la cuisine, possède encore celui de donner, grâce aux « bougies » des radiateurs, un rayonnement direct, alors que les poêles à charbon restent obscurs ou semi-obscurs. L’électricité est ici encore le meilleur producteur théorique de calories, puisque son rendement est 100 pour 100, son installation immédiate et qu’elle ne dégage aucun gaz de combustion, aucune fumée; mais son prix, malgré la construction de radiateurs à accumulation nocturne (difficiles à placer à cause de leur poids), nous l’interdit, sauf comme chauffage accessoire supplémentaire, ou de demi-saison.
- Les trois systèmes de chauffage central diffèrent par le fluide qui véhicule les calories : air, eau ou vapeur.
- L’air chaud est abandonné d’une façon générale à cause des dangers d’infdtration de gaz toxiques dans la «cloche» du chauffage, et de la noircissure des parois par la combustion des poussières. Le système ne rentre d’ailleurs pas dans le cadre des travaux particuliers d’appartement, car il comporte des canalisations de gros diamètre placées sous les planchers.
- L’eau chaude et la vapeur restent en présence. C’est la première qui paraît constituer le véhicule idéal pour
- le chauffage central d’appartement. Si elle comporte en effet une mise en marche plus lente que la vapeur, et nécessite une opération de vidange en cas d’arrêt, elle permet un fonctionnement plus régulier, grâce au puissant volant de chaleur qu’elle constitue; sa chaudière a besoin d’un réglage moins minutieux; elle comporte en général moins d’aléas pour une main inexpérimentée. Qu’il marche au charbon ou au gaz, la place du calorigène central est dans le living-room ou la salle à manger, afin d’utiliser pleinement la chaleur qu’il rayonne. Quant aux radiateurs, ils doivent se trouver en principe sous l’allège des fenêtres, de façon à réchauffer l’air refroidi au contact des vitres et à créer par la différence de densité une circulation d’air à température moyenne. Placés à l’opposé des baies, ils produisent un appel d’air dans la partie basse de la pièce, sous la forme de courants d’air froids extrêmement désagréables (fig. 7).
- L’installation du chauffage central en appartement, quoique de plus en plus courante, doit être faite avec soin par une maison spécialisée. La moindre disposition vicieuse des trajets ou des pentes peut entraîner de graves désagréments. Convenablement exécutée, elle donne au chauffage central de gros avantages sur le chauffage à foyers divisés : simplification d’entretien, uniformité de température, économie de combustible.
- LE FROID
- La production du froid à domicile était naguère considérée comme un luxe et le seul appareil courant était la sorbetière de ménage, d’utilité restreinte. La conservation des aliments ne pouvait se faire que dans des glacières d’un encombrement considérable, et munies de glace venue du dehors.
- La production des « frigories » chez soi est devenue une opération courante et les immeubles nouveaux seront souvent munis du «froid central». Notre appartement lui-même pourra recevoir un appareil permettant la fabrication de la glace et des mets glacés, mais constituant aussi un garde-manger où les aliments se conserveront indéfiniment de façon parfaite. Les diverses espèces de frigorigènes sont basées sur l’absorption de chaleur produite par l’évaporation d’un liquide. Le corps vaporisé est ramené à l’état liquide par compression (chlorure de méthyle, ammoniac, anhydride sulfureux) ou absorbé dans un courant d’eau (ammoniac). La faible énergie nécessaire est fournie soit par le courant électrique, soit par un chauffage au gaz ou à l’alcool.
- Nous n’avons pu donner qu’un schéma des services que comporte l’organisation mécanique ménagère du foyer. Il y aurait des volumes à écrire sur chaque aspect de cette question si complexe. Une armée d’ingénieurs étudie chaque jour la création de nouveaux appareils et les perfectionnements à apporter aux anciens.
- Toutes ces «machines à simplifier la vie matérielle» sont précieuses à condition qu’elles soient simples elles-mêmes (car leur réglage constitue une gêne pire que leur absence) et que leur emploi soit justifié par l’importance des services auxquels elles correspondent. Tel appareil précieux pour une famille nombreuse ne sera qu’un embarras pour un nouveau ménage. La jeune maîtresse
- p.152 - vue 150/598
-
-
-
- de maison préférera, si ses crédits sont limités, acquérir un petit nombre d’appareils d’utilité évidente et de qualité supérieure, qu’un plus grand nombre, de fabrication moins soignée, et dont l’expérience pratique peut seule déterminer l’utilité.
- CONCLUSION
- La modernisation du foyer : Quel beau programme ! Si incomplète que soit notre étude, nous serons heureux si elle a pu persuader au lecteur qu’il peut faire œuvre moderne dans son petit coin de la fourmilière citadine. Il a pour l’aider dans cette tâche l’architecte, technicien qualifié pour voir l’ensemble des problèmes à résoudre
- ..-.........— " 1 " . ........= 153 =
- et donner sur chacun d’eux un avis impartial et raisonnable.
- Les trois précieuses caractéristiques de la Cité future : Air, Lumière, Confort, peuvent ne pas rester pour le citadin un idéal dont il attend sans conviction la réalisation plus ou moins problématique, mais devenir sous son effort une réalité, peut-être imparfaite, mais qui cependant rendra plus belle et plus attrayante la vie de son foyer (').
- Roger Lardat,
- Architecte diplômé par le Gouvernement, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- 1. Dessins de l’auteur.
- LES MALADIES ET LES SAISONS
- La Reçue d’Hygiène vient de publier une conférence faite par M. le professeur Th. Madsen, de Copenhague, au cours international d’hygiène organisé, grâce au Comité d’hygiène de la Société des Nations, à l’Institut d’hygiène de la Faculté de Médecine de Paris.
- Elle traite d’un sujet fort intéressant : la fréquence des maladies infectieuses selon les saisons. Hippocrate avait déjà su distinguer des maladies surtout hivernales et printanières, d’autres surtout estivales et automnales. Et depuis qu’on connaît le rôle joué par certains insectes : puces, poux, moustiques, mouches, dans la transmission de diverses épidémies, on avait songé à lier les fluctuations saisonnières de celles-ci avec les rythmes vitaux des insectes vecteurs. Mais il fallait disposer de statistiques médicales bien faites pour analyser l’influence des divers facteurs climatiques et l’on sait que de telles statistiques sont encore très imparfaites en beaucoup de pays, en France notamment.
- Au Danemark, depuis 1890, la morbidité et la mortalité sont l’objet d’enquêtes précises, facilitées par le peu d’étendue du pays qui rend les conditions climatiques uniformes, par le caractère homogène la population, surtout rurale, les agglomérations urbaines étant peu nombreuses, peu étendues et ayant un mode de vie peu différent, et aussi par le fait que les cataclysmes et les guerres ont épargné le pays qui n’a subi qu’une seule épidémie grave, l’influenza.
- Les courbes de fréquence établies par M. le professeur Madsen, basées sur les données recueillies de 1890 à 1927, soit pendant 37 ans, durée d’une génération, ont donc une valeur probante. Elles s’accordent d’ailleurs, pour diverses maladies, avec celles établies en d’autres pays de conditions très différentes.
- Nous croyons intéressant de les reproduire et les analyser ici.
- RYTHME SAISONNIER DE DIVERSES MALADIES INFECTIEUSES
- En représentant par 100 le moyenne du nombre des cas d’une maladie donnée et en calculant le pourcentage des cas observés chaque mois pendant une longue période
- d’années, on obtient une courbe de fréquence qui révèle les variations saisonnières moyennes. Ce sont ces courbes qu’on trouvera ici pour les principales maladies.
- Maladies d'hiver et de printemps. — Scarlatine (ûg. 1). :— Elle augmente de fréquence en automne, atteint son maximum en novembre, décroît en décembre, remonte presque au maximum en janvier, puis décroît progressivement jusqu’en juillet.
- Diphtérie (fig. 1). —• Même allure que la scarlatine, avec principal maximum en janvier.
- Amygdalite (fig. 1). — Même allure avec des fluctuations moindres.
- Rhumatisme articulaire aigu (fig. 1). — Pointe en novembre, maximum en janvier; fréquence assez grande jusqu’en mai, puis diminution brusque jusqu’au minimum, en juillet.
- Parotidite (fig. 2). — Courbe annuelle un peu différente. Elle présente un maximum très marqué en mars et un minimum en août-septembre. La courbe moyenne de 38 ans d’observations au Danemark présente la même allure que celle établie par Dopter et Lavergne ,en 1911, pour l’armée française dans la métropole et en Algérie et Tunisie.
- Broncho-pneumonie (fig. 3). — Maximum prononcé en janvier-février; décroissance régulière jusqu’en août où s’observe le minimum.
- Trachéo-bronchite (fig. 3). — Courbe tout à fait analogue à la précédente.
- Grippe (fig. 3). — Les données de la période 1900-1917 fournissent une courbe semblable aux précédentes, avec maximum en février et minimum en août, mais aux variations de fréquence beaucoup plus grandes. En 1918, l’épidémie a eu une toute autre allure : une première vague
- p.153 - vue 151/598
-
-
-
- 154
- Fb.Rh.
- Fig. 1. — Variations mensuelles des cas de scarlatine, de diphtérie d’amygdalite (Ang. tons.) et de rhumatisme articulaire aigu, au Danemark, de 1897 à 1927.
- saisonnière est analogue à celle des trois maladies précédentes.
- Les courbes de mortalité de la bronchopneumonie et de la pneumonie croupale ont les mêmes variations que celles de morbidité.
- La mortalité par tuberculose présente aussi des variations du même ordre, mais moins étendues.
- Encéphalite (ûg. 4). — Recensée seulement de 1919 à 1927, elle donne une courbe saisonnière moins régulière, à cause du petit nombre des cas aigus observés.
- Cependant un maximum apparaît nettement en février.
- est apparue en juillet-août, une deuxième en octobre-novembre, et depuis la fréquence maxima est revenue aux premiers mois de l’année, mais avec une certaine irrégularité.
- Pneumonie croupale (fig. 3). — Le maximum s’observe en mars-avril, mais le minimum est en août et l’allure
- Méningite cêrébrospinale (fig. 4). — La courbe annuelle, très régulière, présente un maximum en avril-mai et un minimum vers la fin de l’année.
- Maladies d'été et d'automne. — Poliomyélite aiguë (fig. 4). — Encore plus régulière, la courbe a un relèvement très marqué en septembre et reste très basse le reste de l’année. Il est curieux de signaler que cette maladie, rapprochée par beaucoup de médecins de la ménin gite cérébro-spinale, a cependant des variations de fréquence inverses.
- Cholérine. — Elle augmente à partir de juin, présente un maximum très prononcé en août, puis revient vers son minimum en octobre.
- Typhoïde (fig. 5). — Sa courbe est très voisine de celle de la cholérine, mais le maximum est décalé en septembre. L’allure générale est également celle de la poliomyélite aiguë.
- Paratyphoïde (fig. 5). — La courbe est presque identique à celle de la typhoïde.
- Maladies à rythme moins régulier.
- — Rougeole (fig. 6). — La rougeole a bien un rythme saisonnier avec minimum en septembre. Mais elle augmente par vagues qui se reproduisent à 2 ou 3 ans d’intervalle; le maximum est alors le plus souvent en hiver, mais parfois se rapproche de l’été; toutefois l’épi-100 démie diminue toujours en septembre, même si elle doit repartir ensuite.
- Coqueluche (fig. 7). — Comme la rougeole, la coqueluche apparaît par poussées successives se répétant tous les 3 à' 5 ans; le maximum de chaque épidémie est le 0 plus souvent fen été, mais non d’une manière absolue.
- Fig. 2. — Variations mensuelles des cas de parolidites, au Danemark, de 1889 à 1927, et dans l’armée française en 1911.
- Ang. Paroi. Inférieur. (France) Algérie-Tunisie
- p.154 - vue 152/598
-
-
-
- L’INFLUENCE DES SAISONS
- 155
- Bronchopn.
- Trach
- Pn.Cr
- Infl.
- VII VIII nt x XI XII II III IV V VI VII VIII IX X XI XII
- Fig. 3. —• Variations mensuelles, au Danemark, des cas de broncho-pneumonie (1895-1927), trachéo-bronchite (1895-1927), pneumonie croupale (1890-1927), influenza ou
- grippe (1900-1917).
- M. Madsen fait justement observer la valeur de pareilles constatations.
- Bien que l’influence des saisons et, d’une manière plus générale, celle des diverses variations rythmiques du milieu extérieur sur l’état de santé et de maladie soit encore peu étudiée, et même, pour cette raison, mise en doute par beaucoup de médecins, il n’est pas douteux que des statistiques sanitaires bien faites, comme celles du Danemark que le professeur Madsen a utilisées, ne révèlent des rythmes très réguliers de nombreuses maladies infectieuses.
- Leur valeur est prouvée par le fait que, pour une même maladie, les données relatives à diverses périodes quinquennales au Danemark fournissent des courbes de même allure et souvent presque identiques.
- Une autre preuve est qu’on retrouve les mêmes courbes en différents pays. C’est ainsi que les statistiques de la scarlatine en Pologne, en Angleterre, en Allemagne, montrent les mêmes variations qu’au Danemark et le même maximum en novembre; la fréquence de la fièvre typhoïde et de la poliomyélite aux Etats-Unis subit les mêmes variations annuelles qu’au Danemark, etc.
- Dans l’hémisphère sud, où les saisons sont inversées, la courbe des épidémies l’est aussi. Par exemple, en Australie et en Nouvelle-Zélande, la poliomyélite et la typhoïde atteignent leur maximum en février-avril, période correspondant à celle dç septembre-novembre dans l’hémisphère nord.
- Il est d’autres maladies contagieuses dont le rythme est également lié à celui des saisons par des voies plus complexes.
- Ainsi, le charbon présente en Italie, en Russie, en Ukraine, en Pologne, une recrudescence marquée en été et l’époque août-septembre est aussi celle où le charbon est le plus fréquemment observé chez les animaux. Il en est de même pour les maladies transmises par les insectes.
- Quelle peut être la cause de ces variations? Faut-il en chercher l’explication dans des variations de virulence des bactéries pathogènes? ou dans des changements rythmiques de résistance de l’organisme humain?
- On a déjà signalé des fluctuations de virulence du pneumocoque avec maximum au printemps.
- Les changements saisonniers qu’on peut observer dans le corps de l’homme ont été moins étudiés encore.
- Cependant Niels Finsen, puis Isachsen ont noté des variations annuelles de la composition du sang : hémoglobine, nombre et diamètre des globules rouges. Lin-dhard, au Groenland et à Copenhague, a mesuré, mois par mois, la fréquence respiratoire, la profondeur d’inspi-
- Fig. 4. — Variations mensuelles, au Danemark, des cas de méningite cérébro-spinale, de poliomyélite aiguë et d’encéphalite léthargique.
- MeaCer.
- Enceph.
- Pol.
- p.155 - vue 153/598
-
-
-
- 156
- Fig. 5. — Variations mensuelles des cas de typhoïde et de paratyphoïde au Danemark, de 1923 à 1927.
- ration, la ventilation, la tension d’acide carbonique de l’air alvéolaire et a observé une relation de ces phénomènes non avec la température, mais avec l’insolation.
- A l’institut Finsen, on a pu établir une série de courbes (fig. 8) présentant un air de parenté frappant, qui représentent les variations mensuelles des cas de pneumonie, des profondeurs d’inspiration, de la teneur du sang en hémoglobine, de la température moyenne, de la durée d’insolation, de l’accroissement de poids observé chez les malades du sanatorium de Boscrup. Il semble bien y avoir une relation entre toutes ces séries de mesures.
- Comme le dit M. le professeur Madsen, « c’est au cours de l’été, en août, lorsque le soleil a pu exercer son action intégrale pendant quelques mois, que la fonction respiratoire — et probablement aussi la
- Fig. 6. — Les poussées de rougeole au Danemark, de 1900 à 1927,
- Fig. 7. ;— Les poussées de coqueluche au Danemark, de 1900 à 1927,
- p.156 - vue 154/598
-
-
-
- 157
- fonction cardiaque — s’effectue le plus facilement, et en hiver, surtout en février, lorsque l’influence bienfaisante du soleil d’été s’est épuisée, que l’appareil respiratoire (et sans doute aussi le cœur) doit fournir le plus gros effort ».
- D’ailleurs, la mortalité totale, aussi bien que celles par affections respiratoires et par maladies cardiaques, présente à peu près la même courbe : maximum en février-avril, minimum en juillet-septembre.
- Il y a là l’indication d’une action rythmique du milieu extérieur qu’on a vraisemblablement beaucoup trop négligée.
- Le mécanisme de cette action doit être fort complexe. À titre d’exemple, on peut attirer l’attention sur le rôle des vitamines, bien mis en évidence par la courbe de fréquence de la kératomalacie qui présente, au Danemark, un maximum à la fin de l’hiver, sur celui de l’insolation dans les affections rachitiques, etc.
- On voit quel champ immense, et plein d’intérêt, l’analyse de statistiques bien faites et d’observations prolongées peut ouvrir sur les rapports de la médecine, de la physique du globe et de la météorologie. Réné Mèrlé.
- Bronchopnr
- Resp
- Haemoglobr
- Temp.
- — Sol
- VII VIII IX X xi XI I II III IV V VI VII VIII IX X XJ XII
- Fig. 8.
- Variations mensuelles des cas de broncho-pneumonie, de la profondeur d’inspiration, de l’hémoglobine du sang, de la température moyenne, de l’insolation et du poids des malades d’un sanatorium.
- = LE PORT D’ALGER -.... =
- DU REFUGE DES BARBARESQUES AU BASSIN DE MUSTAPHA
- I. - L’ESSOR
- Lorsqu’en 1830 les marins de l’amiral Duperré bombardèrent la forteresse d’Alger, ils ne pouvaient guère se douter de l’immense agglomération qui, du large, surgirait un siècle plus tard aux yeux des touristes étonnés. La ville,tassée sur une hauteur,enfermée dans une muraille de trois kilomètres de tour, descendait en terrasses confuses jusqu’à la mer. La silhouette de quelques minarets s’élevait seule à travers la masse de 7000 maisons grises où l’œil cherchait en vain le palais du Dey, perdu dans un dédale de ruelles tortueuses. Un port minuscule abritait tant bien que mal les bateaux des pirates. Les montagnes toutes proches du Sahel, fermant brusquement l’horizon, semblaient isoler le repaire des Barba-resques de l’intérieur du pays, et le rejeter vers la mer riche en butin. Depuis l’antiquité, aucune cité importante n’avait grandi là. Icosium, bâtie sur cet emplacement au temps de l’Empire romain, n’avaient été qu’une annexe de la grande Julia Cesarea (Cherchsll). Et, plus tard, lorsque les Arabes lui donnèrent son nom d’El-Djezaïr, d’où est venu Alger, elle n’était qu’une bourgade bien modeste par rapport à Tlemcen, l’imposante capitale des dynasties Almoravides. Les Turcs étaient arrivés,
- et sous leur domination, elle devait acquérir une sinistre renommée.
- Aujourd’hui, la Kasba indigène n’est plus qu’un quartier de la jeune métropole. Des faubourgs ont surgi, surtout vers le sud où s’alignent les blanches maisons et les jardins de Mustapha. Une superbe artère, le boulevard de la République, court au-dessus des quais, bordée de bâtiments à l’européenne, et animée par tout le trafic d’une grande ville moderne. Le port s’est agrandi et se prolonge pendant des kilomètres vers l’Agha, où viennent se poser les hydravions silencieux qui unissent désormais Marseille à l’Algérie.
- Quelques chiffres marquent le chemin parcouru jusqu’en 1914. La population de l’ancienne résidence du Dey n’atteignait que 28 211 habitants en 1837. Trente ans après, elle a doublé, et approche de 60 000 habitants. Puis le rythme s’accélère et on passe de 70 700 habitants en 1881 à 162 400 habitants en 1911, Le développement d’Alger s’est fait en quatre étapes principales. De 1830 à 1848, nous nous installons dans la vieille ville. Nombre de maisons et rde boutiques indigènes sont détruites afin de créer la vaste place du Gouvernement. Quelques grandes rues sont percées, de manière à rendre plus facile la répression d’un soulèvement arabe, si le cas
- p.157 - vue 155/598
-
-
-
- 158
- s’était présenté. Des arcades pittoresques courent le long des voies principales. Des habitations européennes se hasardent en dehors des fortifications, mais ce n’est encore qu’une ébauche des faubourgs actuels. Après une époque de ralentissement, de 1848 à 1880 environ, l’accroissement reprend avec vigueur. Alger, qui n’était tout d’abord qu’un chef-lieu administratif, devient un centre commercial de premier ordre, car la mise en valeur commence à porter ses fruits et le trafic de la colonie passe de 400 millions de francs à un milliard, en vingt ans. Mais l’administration militaire hésite à accorder l’autorisation de bâtir, garde jalousement ses terrains réservés et envisage les problèmes urbains sous un jour beaucoup plus stratégique que commercial. Malgré tout, sept nouveaux quartiers s’élèvent. On commence à bâtir en hauteur et, au lendemain de la guerre, on compte 750 maisons de plus qu’en 1891.
- de francs de marchandises, tandis que l’exportation atteignait 15 000 francs. Mais bientôt, les chiffres augmentent; elle concentre une grande partie du mouvement commercial algérien, son rôle de capitale lui assure une prépondérance incontestée. Le développement de ses échanges est l’image même de la mise en valeur progressive de la colonie.
- Alger.
- Importations
- Exportations
- 1838. . . 20 600 000 fr.
- 1865. . . 57 600 000 —
- 1880. . . 101 700 000 —
- 1 100 000 fr.
- 26 400 000 — 45 900 000 —
- Commerce général de l’Algérie.
- Importations
- Exportations
- Le trafic du port suit et explique partiellement un tel 1838. essor. De vieilles statistiques nous apprennent qu’en 1865. 1822 Alger importait de Marseille pour 6 millions et demi 1880.
- 33 500 000 fr. 158 000 000 — 242 000 000 —
- 4 200 000 fr. 93 800 000 — 183 200 000 —
- Fig. 1. — Développement de la valeur en francs du trafic algérien. Les chiffres de 1928 ont été indiqués en francs stabilisés mais réduits à leur valeur d’avant-guerre pour rétablissement de la courbe.
- 1.800 M
- BS6<t-MilIions de francs stabilisés
- 1.70 OM
- 1.600 M
- 1.500M
- 1.292 Millions
- 1.4-0 0M
- 1.300 M
- 1.200 M
- 1.100M
- — 3.896 Millions / de francs stabilisés
- 800M
- ^ 700M
- BOOM
- ,.'562 Millions
- 500 M
- 4-00 M
- 300 M
- 100M
- 1921 1928
- 1831 184-1 1851 1861 1871 1881 1891 1901 1911
- Au début de l’occupation, Alger détient donc près des deux tiers des importations, plus du quart des exportations, encore insignifiantes, et, en 1880, le tiers environ d’un trafic total qui atteint un demi-milliard. De 1885 à 1913, la montée des chiffres est plus rapide. Le tonnage métrique passe de moins de 300 000 tonnes à 3 482 000 t. De 1901 à 1912, il triple. L’avenir paraissait assuré.
- Péniblement, au milieu d’hésitations, d’erreurs et de contretemps, le port essayait de tenir tête au trafic sans cesse accru. Les conditions naturelles, il est vrai, étaient peu favorables. Le littoral algérien semble rebelle au développement du commerce maritime : façade de grande allure, où les découpures sont rares et peu profondes, sans aucun point de concentration désigné par le relief, exposée à des vents terribles, surtout ceux du N.-W. On se rappelle l’épithète que lui jeta Salluste : « littus importuosum... » Alger offre un type excellent des ports qu’il a fallu bâtir de toutes pièces afin de procurer une sécurité suffisante aux navires. Une baie en forme de croissant, ouverte entre les caps Taxim et Matifou. Une série de rochers et d’écueils dangereux (El-Djezaïr: l’Ile), mais pouvant heureusement amorcer une jetée ou un môle, l’Ilot de la Marine, celui d’Al-Djefna. En 1830, on ne trouvait qu’une darse, avec une surface d’eau utilisable de 6 hectares environ. Elle était protégée par la jetée de Keïr-el-Din, en forme de crochet, construite en 1530, et qui, malgré de multiples retouches, tombait en ruines. C’était l’abri des fameux corsaires, que les flottes de Charles-Quint, de Louis XIV et de l’Angleterre avaient vainement tenté de détruire !
- A peine installés, nous subissons, en 1835, un
- p.158 - vue 156/598
-
-
-
- Fig. 2. — Aspect d'Alger au XVIIe siècle. (D’après une gravure anglaise.)
- véritable désastre : 18 navires, réfugiés à Alger, sont détruits au cours d’une violente tempête. Il faut donc aménager, sur l’emplacement le plus ingrat de la côte, un abri plus sûr, plus vaste aussi, car la conquête nécessite des importations multiples, tant en vivres qu’en matériel. Mais, trop longtemps, les efforts s’éparpillent; chaque rade foraine de la colonie demande des améliorations. On aurait pu espérer qu’Alger, où résident ceux qui dirigent les destinées de notre nouvelle possession, souffrirait moins, de ce fait, des lenteurs administratives. Il n’en est rien; au contraire, jusqu’en 1848, on travaille au hasard, sans programme nettement défini, et jusqu’en 1892, on hésite entre la construction d’une base navale pour la flotte de guerre et celle d’un grand organe commercial.
- Le projet de 1848 comporte la création d’un bassin de 90 hectares, aujourd’hui l’Ancien port, protégé par deux jetées : celle du Nord s’enracine sur l’îlot de la Marine et n’est que le prolongement de la jetée de Kheïr-el-Din; celle du Sud prend appui sur le Fort de Coude. Mais des difficultés retardent la marche des travaux : la passe entre les deux jetées, trop large, n’empêche pas un violent ressac de se faire sentir, brisant les chaînes des navires amarrés. Il faut la rétrécir. De 1870 à 1892, l’exécution des agrandissements se ralentit. On installe toutefois de nouveaux quais. On ferme la passe du Sud. Quarante-six millions ont été dépensés sans qu’Alger
- ait un port digne de son trafic. 1892 marque une date importante dans cette histoire compliquée. Enfin, on voit grand ! Le 14 juillet 1897, M. J. Cambon, gouverneur de l’Algérie, préside l’ouverture des travaux de l’Arrière-port : un nouveau bassin, celui de l’Agha, va être créé. Protégé par la jetée du Sud qu’on prolongera à partir du Fort de Coude, pourvu de plusieurs môles qui serviront à la manutention des marchandises encombrantes,
- 11 aura une superficie de 35 hectares. C’était l’amorce de l’extension vers le S.-E., qu’un nouveau programme, en 1912, allait continuer d’une façon gigantesque.
- :i:
- Les années qui précèdent la guerre sont donc pour Alger une période de prospérité. Le recensement de 1911 lui donne, nous l’avons vu, une population de plus de 162 000 habitants; elle n’est devancée que par la métropole musulmane de l’Est, Tunis, étendue « comme un burnous déployé ». Avec ses 124 000 Européens, elle concentre le sixième des nouveaux venus depuis l’occupation. En 1912, son port présente des chiffres records :
- 12 900 navires, jaugeant 18 414 000 tonneaux; 3 millions 645 000 tonnes de marchandises ont été manipulées. Elle se classe au deuxième rang après Marseille parmi les ports français, pour le tonnage de jauge, au troisième rang après Marseille et Rouen pour le poids des marchan-
- p.159 - vue 157/598
-
-
-
- 160
- 1910 1912 1914- 1916 1918 1920 1922 1924- 1926 19 28
- Fig. 3.—- Trafic clu port d’Alger de 1910 à 192S.
- dises. Détrônant Gibraltar et Malte, elle est devenue la grande escale charbonnière de la Méditerranée. Elle a le premier rang en Algérie, pour le trafic des voyageurs. C’est enfin un centre important d’exportation des minerais et des vins. Le projet d’extension de 1912 semblait apporter la promesse d’un développement plus large encore.
- II. — L’ARRÊT
- Ici comme partout, la guerre a jeté un trouble profond dans l’activité économique du port. Le graphique montre que la courbe du tonnage des navires décroît rapidement. Elle tombe à 1 874 000 tonneaux en 1918 et la même année le poids des marchandises importées et exportées atteint péniblement 800 000 tonnes! Les transports ne sont pas sûrs, les échanges se raréfient. Nos colonies doivent vivre repliées sur elles-mêmes. On pouvait croire
- qu’il ne s’agissait que d’un affaissement temporaire. Dès 1919 en effet, les chiffres augmentent avec rapidité et les totaux de 1923 laissaient supposer que ceux de 1913 allaient être atteints de nouveau et même dépassés. Il n’en est rien. Depuis lors, la courbe revient brusquement vers l’horizontale. Les statistiques de 1928, plus favorables toutefois que celles de 1926, demeurent sensiblement inférieures à celles d’avant-guerre.
- 1913 1928
- 13 001 navires 8 591 navires
- 19 436 770 tonn. de jauge 15 466 771 tonn. de jauge 3 482 161 tonnes de march. 3 234 098 tonnes de march.
- Le fait est d’autant plus frappant que les deux autres ports importants de l’Algérie, Oran et Bônc, se développent depuis d’une façon remarquable. A. Oran, le poids des marchandises a doublé depuis 1913, tandis que le tonnage des navires a presque triplé, assurant à cette ville la première place dans le commerce de l’Afrique du Nord-('). Quant à Bône, port des minerais et des phosphates, ses exportations ont bondi de 500 000 à plus d’un million de tonnes.
- Peut-on parler, pour Alger, d’un déclin? Non, car le fléchissement par rapport à -1913 est peu considérable. L’analyse du trafic permettra même de découvrir un certain nombre de facteurs stables de prospérité. Mais cette . hésitation de la courbe à reprendre son élan suscite une "".inquiétude. L’équilibre entre l’accroissement de la ville et celui de son organe commercial est rompu, momentanément du moins. Car Alger n’a cessé de grandir : au recensement de 1921," elle compte 206 000 habitants au lieu de 162 000 ,en 1911; en 1926, 226 000 habitants, dont 159 000 Européens, soit près du cinquième de la population européenne de la colonie. La voici devenue l’agglomération la plus considérable du Maghreb : avec sa banlieue, Sainte-Eugénie, LIussein-Dey, Maison Carrée, c’est un bloc de 277 000 habitants. Elle a distancé Tunis qui à la même date ne totalise, avec ses faubourgs, que 203 000 habitants. Une des métropoles africaines, après Le Caire, Alexandrie et Johannesburg. Mais la jeune reine a perdu sa prééminence commerciale.
- Fig. 4. — Plan du port d’Alger.
- -Légende-Travaux effectués // Programme d'extension
- de 1912 / /
- /
- ' / /~Mô7ë S Formes dé
- Radoub
- ' Mole 3
- Avant - port
- 115 ha.
- Uot de la Marine
- Pont 30 hîr'
- [Motel
- Cbude)\ J
- iv^Arière port f j r--a
- {Terrepleins, L /*/ A7 / de raccordjgfn
- tMôle de.
- iantë.Môle
- Alger
- Mustapha
- On peut distinguer, dans le mouvement du port, quatre branches essentielles d’activité : la pêche, les voyageurs, le trafic des marchandises, la relâche. De ces éléments, le dernier seul a très sérieusement baissé, deux autres demeurent stationnaires, tandis que la pêche est en plein développement.
- Les eaux de la Méditerranée sont poissonneuses, mais la plate-forme continentale est ici très étroite. A quelques kilomètres du rivage, la mer atteint de grandes profondeurs. On ne rencontre pas non plus de population indigène vraiment maritime. Aussi est-ce surtout dans l’Est Tunisien, bordé de vastes plateaux peu
- 1. Voir» Oran, premier port du Maghreb », La Nature du leqdéc. 1929.
- p.160 - vue 158/598
-
-
-
- 161
- Fig. 5. — Alger en 1929. (Fragment du panorama pris du phare.)
- immergés, que s’étaient développées les pêcheries. A la fin du xive siècle, des marins bretons, à Philippeville, tentèrent, sans grand succès, la pêche à la sardine. Mais depuis quelques années des Italiens ont réussi à implanter 'cette industrie. En 1928, le département d’Alger totalisait 6636 tonnes de poissons, dont 3355 tonnes de sardines et d’allaches.
- La capitale elle-même a exporté la même année plus de 3000 tonnes de poissons. On y trouve aujourd’hui une douzaine d’ateliers de salaisons. La flottille compte près de 400 bateaux, jaugeant 2200 tonneaux et montés par 1500 hommes d’équipage. Le développement de la production, l’apparition des chalutiers à vapeur ont nécessité la construction toute récente d’un môle spécial dans le vieux port et déjà on songe à édifier à proximité une halle aux poissons. Il ne s’agit encore que d’une pêche côtière ; mais, étant donné la présence d’un centre de consommation comme Alger, on peut espérer qu’elle élargira son champ d’action.
- Le nombre des passagers demeure sensiblement au niveamd’avant-guerre : 217 500 en 1926 contre 203 000 en 1913. Trois compagnies assurent les relations avec la
- France et permettent d’obtenir au départ un courrier quotidien : la Compagnie générale transatlantique qui, à elle seule, a transporté plus de 140 000 voyageurs en 1928, possède un service trihebdomadaire; la Compagnie mixte et la Société générale des Transports maritimes à vapeur effectuent chacune deux allers par semaine sur Port-Vendres et Marseille. C’est cette dernière ville qui draine l’essentiel de ce trafic (plus de 170 000 en 1926), mais Port-Vendres s’outille et on vient de lancer « l’El-Golea » qui, en 22 heures, relie le Roussillon à l’Afrique. Il faut ajouter les lignes étrangères qui desservent l’Espagne, Malte et l’Italie, mais qui n’ont qu’une faible importance. Alger présente le double avantage d’être en un point où la côte, bombant le torse, se rapproche des rivages de la Métropole et d’être un centre d’excursions. Près de 30 000 touristes, sur une centaine de paquebots américains, italiens, anglais, français, néerlandais, font escale, attirés par la douceur du climat, la beauté sauvage de la Kabylie et les lointaines oasis. Pour tant de passât gers, on vient d’aménager une vaste « Gare maritime ». Sur le môle d’Al-Djefna, deux groupes de bâtiments, pourvus de hangars, de voies ferrées et de galeries cou-
- Fig. G. — Alger en 1929. (Suite du panorama pris du phare.)
- p.161 - vue 159/598
-
-
-
- 162
- Exportations, 1928. . .
- Houille.................
- Minerai..................
- Alfa.....................
- Liège....................
- Pommes de terre......
- Légumes frais............
- Mandarines...............
- Vins ordinaires..........
- Moutons..................
- Fig. ,7. — Le port d’Alger. Vue des quais (au fond, l’Amirauté).
- vertes, sont utilisés par la C. G. T. et la Compagnie Mixte. Le môle, récemment allongé, est muni de puissants canons d’amarrage qui permettent aux navires d’opérer l’accostage bord à quai, supprimant le débarquement en rade.
- Le mouvement des marchandises révèle, comme à Oran, entre les importations et les exportations, un équilibre que pourraient envier beaucoup de nos ports.
- Importations, 1928. . . , . . . 1 563 000 tonnes
- Houille . . . 870 000 tonnes
- Pétrole. . . . 65 000
- Matériel de construction. . . . . . . 99 000
- Bois de construction . . . 60 000
- Pommes de terre . . . 30 000
- Sucre , . . . 21000
- Tissus . . . 10 000 —
- 1 670 000 tonnes
- 607 000 tonnes 388 000 —
- 37 000 —
- 10 000 —
- 36 000 —
- 23 000 —
- 11 000 —
- 3 895 000 hectol» 151 000 têtes
- Faisons, pour l’instant, abstraction de la houille et du pétrole, qui intéressent surtout les relâcheurs. Le reste du trafic est constitué, à l’importation, par les produits qu’on ne trouve pas dans le pays, sucre, bois de construction, tissus, et par ceux qui servent à l’équi-pement économique et urbain, matériaux et bois de construction. L’exportation est plus significative. Alger est le débouché des riches régions du Sahel, de Miliana, et surtout de l’opulente Mitidja, autrefois pestilentielle, aujourd’hui terre bénie grâce au labeur des colons et où le terrain vaut maintenant 50 000 francs l’hectare..., C’est le pays .du vin, mais l’exportation, limitée par le contingentement, est passée de 4 800 000 hectolitres en 1913 à 3 millions 895 000 hectolitres en 1928. C’est aussi le pays des primeurs et des fruits, dont l’exportation a doublé depuis 1913 : les mandarines de Boufarik sont réputées; les légumes de la région de Guyotville et Zéralda, tomates, carottes, haricots verts, artichauts, s’en vont vers la France.
- Au total, 70 000 tonnes. La présence du liège montre qu’on approche de la Kabylie. Enfin, des steppes de l’intérieur viennent l’alfa et les moutons, mais la région ne peut rivaliser à ce point de vue avec l’Oranie plus sèche. Un des plus récents éléments d’exportation est assurément le minerai. De 16 000 tonnes en 1902, ou passe à 100 000 t en 1905, après la mise en exploitation des gisements de fer du Zaccar et du Rouina, En 1913, les sorties montent à 540 000 tonnes, dépassant celles de Boue. Les chiffres sont assez instables depuis la guerre : 599 000 tonnes en 1922, 603 000 tonnes en 1927, 388 000 tonnes en 1926. Un môle est réservé à la manipulation des minerais dans l’arrière-port de l’Agha et possède un titan transbordeur qui permet le chargement rapide des cargos.
- Si le trafic des voyageurs et des marchandises demeure satisfaisant, le. nombre des relâcheurs a, par contre, fortement diminué. C’est à lui qu’Alger devait, en partie, son ascension commerciale si rapide. Bien placée à mi-chemin de l’Europe du N.-W. et du Canal de Suez, pourvue en abondance de vivres frais et d’eau douce, elle devint la principale escale charbonnière sur la route de l’extrême-Orient. De 41 navires en 1885, le nombre des relâcheurs entrés au port passe
- Fig. y. — Le Purl d’Alger. (Embarquement de fûts.)
- p.162 - vue 160/598
-
-
-
- 163
- Fig. 9. — Le port d'Alger. (La gare maritime.)
- à 1800 en 1906, à 2428 en 1913, jaugeant 5 200 000 tonneaux, soit plus de la moitié du mouvement global. En 1928 on n’en compte plus que 1028, jaugeant 2 600000 tonneaux, soit le tiers du total des entrées. Cet élément d’activité s’est révélé instable.
- Avant la guerre, il gonflait d’une façon un peu factice les chiffres de jauge; aujourd’hui, son affaissement les dégonfle. C’est une perte, car les relâcheurs sont une source de bénéfices et « attirent » les marchandises. Les ventes de houille ont diminué de 200 000 t. par rapport à 1913 et le développement du mazoutage ne compense pas cette diminution. Mais il faut bien se rendre compte que la relâche est pour ainsi dire indépendante de l’arrière-pays. Qu’un autre port offre de plus grandes facilités pour un ravitaillement rapide et l’on abandonne l’ancienne escale. La concurrence qu’Alger avait faite à Malte et Gibraltar, Oran l’a renouvelée au détriment de la capitale algérienne, car elle présente sensiblement les mêmes avantages que sa rivale, elle est même mieux placée pour les navires qui vont de la Méditerranée aux xâmériques. Surtout, son outillage est plus moderne.
- On touche là, semble-t-il, à une des raisons principales qui expliquent l’arrêt de l’accroissement. Il y en a d’autres, et en particulier le phénomène de déconcentration du mouvement commercial : la zone d’attraction de chaque, port tend à se confondre avec la région naturelle dont il est le débouché. Oranie et Kabylie ont désormais leur organe propre, sans avoir à passer par l’intermédiaire
- d’une métropole unique. Mais Alger souffre surtout d’un équipement encore défectueux. Les quais ne suffisent pas au moment de l’afflux périodique des exportations. En 1910, 70 000 fûts attendaient sur les terre-pleins un embarquement problématique.^ Des faits analogues se produisent fréquemment.. On s’est aperçu récemment que certaines marchandises ont stationné plus de deux mois avant leur évacuation ! Quant à l’outillage proprement dit, il est encore suranné. Les deux formes de radoub pour la réparation des navires sont anciennes et de
- Fig. 10. — Le port d'Alger.
- L’ancien port : Hangars de la Chambre de Commerce.
- p.163 - vue 161/598
-
-
-
- 164
- Fig. 11. —- Le porl' d’Alger. Le transbordeur à minerais.
- trop faibles dimensions. Les grues sont peu nombreuses et la plus puissante n’est que de 20 tonnes. De nouveaux appareils vont être installés, mais le besoin s’en fait depuis 'longtemps sentir. La manutention du charbon s’est faite, jusqu’ici... à dos d’homme ! Certes, pour les passagers assistant au ravitaillement d’un navire, le spectacle ne manque pas de charme. Dès que le bateau accoste, des chalands (il y en a des centaines dans le port !) viennent, chargés de houille, se placer contre lui. Les Marocains remplissent, à la pelle, les couffins que des Kabyles portent sur leur dos jusqu’aux cales. Main-d’œuvre experte, certes, puisqu’une équipe de 50 hommes parvenait à embarquer 200 tonnes en 3 heures. Mais quel anachronisme !
- III. - LES GRANDS TRAVAUX
- Avant la guerre, la Chambre de Commerce, comprenant la nécessite de moderniser et d’agrandir le port, avait fait
- Fig. 12. — La construction du bassin de Mustapha. Travaux en cours.
- Bassin de
- Mus ta pha
- Hydravion'
- -Lôycndr ~
- Travaux terminèsT%&$$^ Trayaux amorcés..///// Tracé o'uprojct généra/
- adopter le fameux projet d’extension vers le S.-E. en 1912. La guerre en ajourna l’exécution. En 1921’ une loi fixait le programme général qui fut homologué par le Gouverneur d’Algérie en 1923 : construction d’un avant-port et de deux nouveaux bassins à darses multiples. Elle déclarait en même temps d’utilité publique les travaux de la première étape : bassin de Mustapha et avant-port. Cet ensemble dotera Alger de 175 hectares de nouveaux terre-pleins et portera la longueur des quais de 4 km 6 à 16 kilomètres.
- L’avant-port, d’une superficie de 115 hectares s’étendra au large des deux anciens bassins. Vers le Nord, il sera protégé par la vieille jetée qu’on prolongera. Vers l’Est, une seconde digue le rattachera aux bassins de Mustapha et du Hamma. Ceux-ci auront une superficie respective de 80 et 60 hectares. Ils seront couverts au N.-E. par le môle du large, de 100 mètres de largeur sur près de 2 kilomètres de longueur, et au S.-E. par le môle de l’Oued Kniss, qui supprimera l’alluvionnement par les sables voisins. Du rivage aménagé pour le trafic se détacheront 5 môles auxquels il faut ajouter un terre-plein de raccordement avec l’Ancien-port. Leur disposition en oblique, -comme à Hambourg, rendra l’accostage plus facile. A l’extrémité du bassin du Hamma sont prévues trois grandes formes de radoub, dont une de 300 mètres de long, et plusieurs cales de carénage. Les dépenses prévues en ce moment s’élèvent à 135 millions.
- Un travail aussi considérable, même partagé en plusieurs tranches, nécessite une préparation minutieuse. Il a fallu ouvrir une carrière au Cap Matifou, la relier par un tunnel de 400 mètres à un port de service créé spécialement à cet effet. La capacité de production est de 1000 tonnes par jour. Des wagons à bascule amènent la pierre sur les quais où des chalands viennent la prendre pour l’emporter à Alger. On utilise, dans la construction des jetées, des blocs de béton dont le poids peut atteindre 450 tonnes. Il a donc été nécessaire de créer un outillage spécial pour fabriquer et soulever de pareilles masses. Une sous-station électrique de 500 kw a été organisée pour mouvoir les appareils destinés à manipuler les matériaux : pontons, grues, bardeur et transbordeur sont en service.
- C’est par le bassin de Mustapha qu’on a commencé les agrandissements, car on ne pouvait songer à la réalisation en bloc de tout ce que la loi de 1921 déclarait d’utilité publique. L’ouvrage comporte la construction : d’un terre-plein de raccordement avec le bassin de l’Agha ; d’une « digue du large » de 1200 mètres qui assure la protection vers le N.-E. en attendant le futur « môle du large »; d’une seconde digue de 840 mètres fermant provisoirement le nouveau bassin au S.-E. et qu’on a pris soin de prévoir sur l’emplacement d’un des môles du projet général; enfin, du premier môle oblique qui donnera une longueur de quais de 1280 mètres. Les talus inclinés des jetées existantes provoquent des gerbes d’eau très violentes qui occasionnent souvent de sérieux dégâts. On a donc pris soin d’établir, pour les digues nouvelles, un profil tel qu’il supprime cet inconvénient, grâce à une plate-forme de plusieurs mètres de large aménagée à la cote -j- 3. On espère avoir terminé
- p.164 - vue 162/598
-
-
-
- 165
- en 1934. Actuellement, le terre-plein cle raccordement est à peu près terminé et les fondations de la digue du large 1 e seront bientôt. On commencera la construction du premier môle et de la jetée de fermeture dès que les autres travaux assureront une sécurité suffisante.
- Si l’on songe qu’un puissant outillage de manutention est prévu pour le nouveau bassin, on peut escompter que l’effort qui se poursuit aura une répercussion certaine sur le trafic. D’autres facteurs joueront favorablement. L’Algérie n’est plus une île battue par la Méditerranée et le désert. Grâce à la pénétration saharienne, elle regarde maintenant vers le Soudan. Le Comité d’Etudes du Transsaharien créé en 1928 vient, en décembre 1929, de conclure à l’unanimité en faveur du tracé par le Sud-Oranais, qui se révèle le plus rapide, le plus court et le moins coûteux. La ligne, partant d’Alger, emprunterait la voie existante par Oran et Oudjda, puis par Bou-Arfa et Colomb Bechar, aboutirait à In-Tanit, près du Niger. A quelque tracé qu’on s’arrête, Alger bénéficiera, comme tout notre empire africain, de cette grande œuvre nationale ('). Maurice Debesse.
- Fig. 13. — Alger : l’arrière-port de l’Agha.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article nous ont été obligeamment communiquées par l’Office du Gouvernement général de l'Algérie.
- LA PHOTOGRAPHIE A LA LUMIERE ELECTRIQUE
- Dès que vient la fin de l’automne aux journées courtes et embrumées, la plupart des amateurs délaissent la photographie jusqu’au renouveau. Bien des sujets cependant, ceux surtout que l’on peut composer chez soi devraient retenir leur attention : les réunions de famille, très fréquentes en cette saison, les natures mortes, offrent un champ plus étendu qu’on ne pense. La difficulté que présentait, jusqu’à ces derniers temps, la détermination de la durée de la pose, dissuadait d’opérer dans les intérieurs à la lumière du jour; la détestable réputation de l’éclair magnésique ne permettait d’ailleurs pas de considérer comme très pratique l’emploi de la lumière artificielle. Aujourd’hui il n’en est plus de même : grâce au Posophotomètre Filmograph ('), le temps de pose peut, dans tous les cas, être mesuré très facilement et l’amateur a à sa disposition, avec les lampes électriques spéciales à incandescence, une source de lumière artificielle d’une sécurité, d’une souplesse et d’une propreté parfaite qui souvent lui permettra, dans ce genre de photographie, d’atteindre à des résultats supérieurs à ceux qu’il aurait pu obtenir autrement.
- LES PROPRIÉTÉS DE LA LAMPE A INCANDESCENCE
- La lumière émise par la lampe à incandescence est loin d’être aussi vive que celle de l’arc électrique : alors que pour une intensité de 5 ampères l’éclat du cratère de ce dernier est normalement de 163 bougies par millimètre carré (2), la brillance du corps lumineux n’est guère que de 0,5 bougie par millimètre carré dans la
- 1. Voir La Nature du 1er octobre 1929, n° 2818, page 31S.
- 2. D’après MM. Blondel, membre de l’Institut, et Rey, ingénieur civil, lauréat de l’Institut.
- lampe ordinaire à filaments de tungstène en atmosphère gazeuse. L’examen des courbes caractéristiques de cette dernière (fig. 1) nous permettra de comprendre comment elle a pu évoluer de façon à donner une lumière appropriée à l’éclairage des sujets à photographier.
- Avec une telle lampe, des survo.ltages de 10,
- 20, 30 pour 100 accroissent la lumière de 32, 72, 118 pour 100, l’intensité du courant absorbé n’augmentant que de 5, 11, 17 pour 100. Ceci nous montre que Ton peut, même d’une installation de la plus faible puissance,
- 3 hectowatts, obtenir une lumière assez forte.
- En effet, soit une lampe de 300 watts établie pour fonctionner normalement sous 85 volts, que nous alimentons en courant de 110 volts, c’est-à-dire avec une surtension de 29 pour 100; si, sous son régime normal, cette lampe donnait 500 bougies, elle en fournira 1075 sous celui
- Fig. 1. — Courbes caractéristiques de la lampe dite demi-watt.
- p.165 - vue 163/598
-
-
-
- 166
- que nous lui imposons; en outre, la qualité de la lumière aura changé : porté à une température plus élevée, le filament émettra une plus grande proportion de rayons bleus et violets, ce dont il résultera un accroissement de l’actinisme. Très rapide pour les émulsions ordinaires qui, pratiquement, ne sont sensibles qu’à ces dernières radiations, cet accroissement l’est beaucoup moins pour les plaques ortho et panchromatiques, dont la sensibilité s’étend respectivement du violet au jaune et du violet au rouge. Cependant, ces dernières sont, en raison même de leur caractère, plus sensibles dans ces cas à la lumière du filament de tungstène, très riche en radiations jaunes, orangées et rouges ; il y a donc tout intérêt à les préférer ici aux plaques ordinaires, même ultra-rapides.
- Il est à remarquer que, lorsque le voltage augmente, l’ampérage du courant absorbé ne croît que dans une très faible mesure : il n’est donc pas nécessaire de disposer d’une puissance élevée pour photographier à la lumière électrique.
- LAMPES A INCANDESCENCE '
- POUR LA PHOTOGRAPHIE
- On pourrait penser, en examinant les courbes de l’éclat, de l’actinisme et de la consommation, qu’il suffit, pour obtenir une lumière convenable, d’utiliser une lampe « demi-watt » ordinaire, survoltée d’environ 30 pour 100. La courbe de la vie utile du filament en fonction du voltage montre que cette façon de procéder conduirait à une rapide destruction de la lampe. Il est absolument
- Fig. 3. — Réflecteur-diffuseur Pyrallux accroché au mur.
- nécessaire de n’employer que des lampes spécialement établies pour supporter le survoltage.
- Parmi celles-ci, nous citerons la « Super Studio Pyrallux » de P. Abgrall qui, tout en ne consommant cpie 300 watts, produit un flux de 7000 lumens, et dont la vie utile peut néanmoins atteindre une centaine d’heures, ce qui, pratiquement, correspond à quelques milliers d’opérations. Il a fallu, pour atteindre ce résultat, recourir à des matériaux soigneusement choisis et à certains artifices de construction. C’est ainsi, par exemple, que le verre employé est d’une nature telle qu’il peut supporter, sans inconvénients, de brusques variations de température; que le filament hélicoïdal, disposé en sections parallèles, est maintenu par des supports spéciaux prévenant la formation de courts-circuits à l’intérieur de l’ampoule, — à la condition toutefois que les sections incandescentes soient parallèles au plan vertical passant par l’axe de la lampe — ; qu’un écran de mica, enfin, prévient réchauffement exagéré du culot.
- Pour l’emploi, la lampe Super Studio Pyrallux est placée en un réflecteur spécial (fig. 2) dont la courbure a été calculée de façon à concentrer dans une certaine zone les rayons émis. La face interne du réflecteur est recouverte d’un émail blanc; on évite ainsi les reflets nuisibles qui, avec un miroir concave en métal poli, se produiraient inévitablement. Grâce au dépoli de la partie de l’ampoule opposée au culot, la lumière émise par la lampe n’éblouit pas, bien que très intense.
- Le réflecteur est porté par un axe pourvu d’écrous à oreilles, qui prend appui sur un étrier fixé à un plateau. 11 peut, de la sorte, être orienté avec la plus grande facilité, le plateau étant à volonté posé horizontalement sur un meuble (fig.2), ou accroché verticalement sur un mur (fig. 3); un écrou au pas du Congrès permet d’ailleurs de le fixer éventuellement sur un tripode. Enfin on peut, en dehors des périodes d’utilisation, ramener les bords du réflecteur parallèlement au plateau (fig. 4), ce qui assure à la lampe une protection officace contre les chocs directs et réduit au minimum l’encombrement de l’appareil.
- Il n’existe, quant à présent, aucune lumière artificielle ayant une composition spectrale identique à celle du jour; il faudrait, pour pouvoir atteindre un tel résultat, savoir fabriquer un corps capable de supporter une température d’au moins 6000° C. Dans la lampe à incandescence en atmosphère gazeuse, la température du Idament de tungstène varie, selon l’intensité du courant absorbé pour une résistance ohmique donnée, entre 2600 et 2900° C. Le tableau suivant, dans lequel nous avons chiffré les rapports entre les trois groupes de radiations, bleu-violet, vert et rouge-orangé qui, par leur mélange en proportions variables peuvent reconstituer toutes les couleurs du spectre solaire, donne une idée précise des différences qui existent entre la lumière du jour, celles des lampes « demi-watt » et celle de la
- lampe « Super Studio ». Bleu-violet. Vert. Rouge-orangé.
- Lumière naturelle (dif- — — —
- fuse) 100 22 50
- Lampe « demi-watt ». , . 100 130 735
- Lampe « Super Studio Pyrallux ...... . 100 122 660
- p.166 - vue 164/598
-
-
-
- L’émission de cette dernière lampe est celle qui se rapproche le plus de la lumière du jour; néanmoins, elle présente une proportion beaucoup plus forte de rayons verts et rouge-orangé; cette particularité n’est pas un défaut, bien au contraire : la comparaison entre la courbe logarithmique de visibilité relative des diverses couleurs et la courbe sensitométrique (fig. 5) tracée en fonction des longueurs d’onde de la lumière émise par la « Super StudioPyral-lux » va nous en convaincre. Cette dernière courbe a été établie par M. Mauge qui, à cet effet, a photographié sur émulsion panchromatique le spectre de la lumière en cause, et, au moyen du densitomètre Filmograph, a mesuré la densité maximum dans les régions correspondant aux diverses couleurs. La courbe sensitométrique présente, vers 430 m ja et vers 640 m p., c’est-à-dire dans les régions de l’indigo et de l’orangé, des maxima qui encadrent le maximum de la courbe de visibilité des couleurs ; celui-ci se trouve vers 556 m p, dans la région du vert jaunâtre. Un essai sensitométrique exécuté à la lumière du jour donnerait une courbe qui, au-delà de 510 m u, continuerait à s’abaisser graduellement. On comprend, dans ces conditions, que le filtre correcteur, nécessaire avec la lumière du jour ne le soit pas avec celle de la lampe Super Studio Pyrallux. En dépit du minimum que la courbe sensitométrique de cette dernière présente dans la région du bleu-vert, il n’est donc pas exagéré de qualifier d’« orthochromatisante » la lumière ainsi obtenue.
- LES PLAQUES POUR LA PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE DE LA LAMPE A INCANDESCENCE
- Quelles plaques faut-il préférer lorsque l’on éclaire le sujet au moyen de la lampe Super Studio Pyrallux? La composition spectrale de la lumière qu’elle émet ne laisse subsister aucun doute à cet égard : il est évident qu’une plaque ordinaire, sensible seulement aux radiations comprises entre 400 et 510 m p., exigerait dans ces conditions, même si elle était ultra-rapide, une durée d’exposition plus longue que celle dont on pourrait se contenter avec une émulsion moins sensible à la lumière du jour, mais capable d’être impressionnée par le vert, le jaune et le rouge. En pratique, on accordera donc la préférence aux plaques panchromatiques telles que la Chroma VR de la Société Lumière, ou tout au moins orthochromatiques, comme la Chroma V. Les plaques Ortho SE dont beaucoup d’amateurs se servent exclusivement ne sont pas particulièrement indiquées en la circonstance, mais donnent aussi d’excellents résultats.
- On peut également utiliser la lumière de la lampe Super Studio Pyrallux en autochromie. Il est indispensable, dans ce cas, de munir l’appareil photographique d’un filtre spécial éliminant l’excès de radiations bleues et violettes émises par le filament.
- Nous ne décrirons pas ici la façon d’opérer à la lumière électrique : tout le monde sait qu’il faut, avant tout, s’arranger de façon que la lampe ne soit pas dans le champ de l’objectif et prendre les dispositions voulues pour que les parties non éclairées directement le soient par réflexion. Le temps de pose varie en fonction de la distance de la lampe au sujet, de la teinte plus ou moins foncée de ce dernier, de la sensibilité de la plaque à la
- 167
- lumière considérée, de l’ouverture du diaphragme et du rapport de la distance de mise au point à la distance focale de l’objectif. Ce dernier facteur, dont l’influence est relativement minime peut, le plus souvent, être négligé,
- En fait, le problème du temps de pose est plus facile à résoudre dans le cas de la lumière artificielle que dans celui de la lumière naturelle, cette dernière étant susceptible de varier dans d’énormes proportions alors que l’intensité de la première est à peu près constante.
- Pratiquement, on peut, en plaçant à 1 mètre du sujet la lampe pourvue de son réflecteur-diffuseur, obtenir d’excellents portraits en un cinquième de seconde à l’ouverture F/6,3, à la condition, toutefois, d’utiliser une surface sensible panchromatique. Un groupe qui serait assez étendu pour obliger à placer la lampe à environ 3 mètres du sujet pourrait, avec les mêmes plaques et à la même ouverture, être photographié en 2 secondes. Ces temps de pose sont inférieurs à ceux qui, le plus souvent, sont nécessaires lorsque l’on opère dans les intérieurs à la lumière du jour.
- Certains amateurs éprouveront peut-être quelque appréhension à l’idée d’utiliser des plaques panchromatiques, sensibles au rouge; nous montrerons prochainement que, grâce à certains colorants, il est aujourd’hui extrêmement facile de désensibiliser plaques et pellicules avant le développement et de procéder à cette dernière opération en s’éclairant largement, sans risquer de provoquer le moindre voile. André Bourgain.
- Fig. 4. — Réflecteur-diffuseur Pyrallux disposé pour le transport.
- Fig. 5. —- Comparaison entre la courbe sensitomélrique de la lampe Super Studio Pyrallux et la courbe logarithmique de visibilité des diverses couleurs.
- Longueurs d'onde en mp.
- p.167 - vue 165/598
-
-
-
- LES ARAIGNÉES AÉRONAUTES
- Le titre est étrange, le phénomène Test bien plus encore. La première notion que j’ai eue des araignées aéronautes fut le résultat d’une lecture fortuite, d’un
- Fig. 1. — L’envol. L’araignée agrippée à ses fils suspenseurs, émet ses fils- aérobaies qui lui serviront d’aérostat (d’après Mac Cook).
- article fort intéressant de R. de Guimps, dans la Bibliothèque universelle et Revue Suisse de 1866.
- R. de Guimps relatait alors les observations de son oncle Pierre Huber, sur les araignées aéronautes.
- Pierre Huber, citoyen de Genève, était peintre et physicien, autant qu’il était excellent naturaliste.
- Je dois- quelques mots à sa famille. Pierre Huber était le. fils de François Huber, l’aveugle, qui, comme l’on sait, fit, par l’intermédiaire de son domestique, les plus étonnantes observations sur les abeilles :« Nouvelles observations sur les abeilles, 1792 ». Pierre Pluber était le petit-fils de Jean Huber, ce pamphlétaire qui osa s’attaquer, en de spirituels articles publiés dans le Mercure de France, à Voltaire, qu’il n’aimait pas (celui-ci le lui rendit bien, s’entend).
- Toutefois, Jean Huber avait sur Voltaire un avantage redoutable; c’est qu’il maniait le pinceau. Il était peintre, et peintre excellent; aussi caricatures de pleuvoir, où le philosophe de Ferney était représenté dans les postures les plus grotesques. Catherine II en fit une collection. Jean Huber, paraît-il, avait la fantaisie de faire faire à son chien une silhouette de Voltaire, très reconnaissable, en lui faisant mordre, miette à miette, un morceau de pain qu’il tenait entre ses doigts.
- Il fit en outre des études remarquables sur le vol des oiseaux, et des dessins sur les allures du cheval.
- Quant à Pierre Huber, il fut un observateur sagace, minutieux, éton-Pig. 2.__L’envol. nant, et dont les travaux, en avance
- sur son temps, furent controversés, les découvertes mises en doute (comme par exemple, ses Recherches sur les moeurs des fourmis indigènes, qui parurent en 1810, où ce savant annonçait des fourmilières mixtes, — donc des fourmilières habitées par deux espèces de fourmis, l’une, les fourmis domestiques, l’autre, les soldats — fait qui nous paraît banal, aujourd’hui, mais qui, alors fut trouvé inadmissible, invraisemblable, en contradiction avec toutes les idées admises...)
- Si bien que l’Institut délégua deux de ses membres pour le vérifier; 50 ans plus tard, il y avait encore des incrédules.
- Quant à sa découverte des araignées aéronautes, —-je dis découverte, car Pierre Huber n’avait alors aucune notion des autres recherches qui pouvaient avoir été faites dans ce domaine, pour lui, c’était donc une découverte, mais nous verrons plus loin que les araignées aéronautes avaient été découvertes longtemps avant lui — quant donc à sa découverte des araignées volantes, Pierre Huber ne put jamais la faire admettre au monde savant, pour la bonne raison qu’il mourut peu de temps après l’avoir présentée.
- C’est à Yverdon que ce naturaliste observa pour la première fois les araignées aéronautes, en avril 1838, en présence de son neveu, R. de Guimps, devenu son collaborateur. Et c’est en mai 1839 qu’il en fit communication à la Société de Physique et d’Histoire naturelle de Genève.
- On lui répondit : « C’est impossible ».
- Le 22 décembre 1840, il mourut subitement, laissant ses œuvres à cette société savante. Ce ne fut que 20 ans plus tard que son neveu retrouva des feuilles volantes, celles précisément qui traitaient des araignées aéronautes.
- Or, depuis ce temps, en pays latins, tout au moins, la question ne semble pas avoir progressé.
- Ouvrons un traité contemporain de zoologie, celui de Rémy Perrier, par exemple. Nous y trouvons ceci page 547 :
- « On sait enfin, que dans certaines espèces, les jeunes ont la propriété d’émettre des fils terminés par un petit flocon, que le moindre vent emporte avec l’araignée qui les a produits (fils de la vierge) ».
- C’est peu, et ce n’est pas très exact. Nous verrons tout à l’heure ce qu’il faut penser « du vent qui les emporte », comme il le ferait d’une poussière quelconque.
- Je citerai quelques observations de Pierre Huber, d’autres de Mac Cook, l’arachnologue américain, d’autres, enfin, qui me sont personnelles. Après quoi, nous analyserons le vol, ou mieux l’envol des araignées.
- Laissons, en premier lieu, parler Pierre Huber lui-même :
- « Un être qui répugne à l’homme, dit-il, un être qu’on voit ramper sur la terre, tisser des réseaux de soie avec un art admirable, tendre aux insectes des pièges ingénieux et subtils, pleins de stratagèmes, cet être qui semble borné par la nature à stationner aux mêmes parages, à ramper autour de son nid, veut-il quitter sa patrie, changer de localité, il fait flotter au vent une soie
- p.168 - vue 166/598
-
-
-
- merveilleuse qui l’enlève au haut des airs, par-dessus les arbres, et le transporte au loin. Voilà, en effet, qui ressemble à de la féerie, eh bien, c’est la vérité. Ce fut en avril 1838 que j’en fis la première observation.
- - « Au commencement de ce mois, et par un beau soleil et un temps doux, je vis en l’air quelque chose d’extraordinaire, et, qui se mouvait, à ce qu’il me parut, au gré du vent. C’était un corps de la grosseur d’une mouche d’appartement, qui ne faisait point l’effet de voler, mais qui était transporté doucement dans l’atmosphère. Ayant suivi cet objet, qui se mouvait à quelques toises de moi, et à quelques pieds de terre, je le vis porté contre un buisson de plantes sèches, j’y courus et je reconnus cet être pour une araignée.
- « Elle se promena aussitôt avec rapidité sur la branche de passerose où elle s’était arrêtée, et je la vis grimper de branche en branche jusqu’au rameau le plus élevé de cette plante. Après quelques allées et venues de peu de durée, elle s’établit enfin au dernier bout du rameau, puis tournant sa tête du côté d’où venait le vent, et élevant l’extrémité opposée de son corps d’une manière très prononcée, elle fit sortir des filières qui sont situées dans cette partie, une soie très visible qui s’étendait de plus en plus et flottait dans l’air, mais cette soie se rompit et fut un peu plus tard remplacée par une autre, qui, dans un instant, prit une immense longueur, et je remarquai qu’avant de réussir à produire cette soie continue, elle avait, par des éjaculations répétées, lancé dans l’air de la soie légère qui s’était perdue en fils imperceptibles et sans consistance.
- «Enfin, elle avait réussi à produire une soie assez forte, que le zéphir faisait monter dans l’atmosphère, et qu brillait d’un beau lustre au soleil.
- «Tout d’un coup, au moment où je m’y attendais le moins, je vois mon araignée abandonner la branche, se pelotonner, et s’élever dans les airs : non point comme une araignée qui monte le long d’un fil, mais immobile et emportée par le souffle du zéphyr.
- «Je la suivis des yeux; en un instant, elle s’éleva obliquement vers le ciel bleu, et quand elle eut dépassé un mur de plus de vingt pieds de haut,*vers leqùel le vent la portait, elle disparut à mes yeux, me laissant dans un étonnement inexprimable.
- « Comment, me demandai-je à moi-même, un petit animal d’une grosseur sensible peut-il être soutenu en l’air par une simple soie, s’élever de plus en plus, et être ainsi transporté hors de l’enceinte d’un jardin entouré d’un côté par une haute muraille, et de l’autre par une rivière ? On sent combien toutes les notions de physique combattaient la conviction acquise par mes sens. De plus, c’était un acte de volonté persévérante, car c’était évidemment son second voyage, et lorsqu’elle grimpa à l’extrémité du rameau, son intention de recommencer fut clairement prouvée par le fait. »
- Plus loin, nous lisons :
- « L’air qui avait été calme s’agite un peu, aussitôt elle (l’araignée) se lève sur l’extrémité de ses huit pieds, comme si elle voulait ne tenir à rien au moment favorable elle dresse son corps en l’air, il en part un fil, un instant après, elle abandonne l’esplanade du poteau et s’élève
- 169
- Fig. 3.
- Le vol, d'après Mac Cook.
- perpendiculairement dans l’air. »
- Voici maintenant quelques observations tirées du grand et magnifique ouvrage de Henry Mc Cook, paru à Philadelphie en 1890.
- 11 faut remonter à Pline pour voir nos araignées aéronautes.
- Dans le 11e volume de son histoire naturelle, page 27, selon la traduction de Holland, cet auteur dit notamment : « il pleuvait de la laine auprès du château de Carissa, etc. », faisant évidemment allusion à des fils de la vierge.
- Une fois que le Révérend Gilbert White était à cheval chassant et méditant sans doute sous le clair soleil du Créateur, trouvons-nous dans la Natural Iiis-tory de Selborne, c’était, pour préciser, le 21 septembre 1741, au
- point du jour, les champs furent recouverts d’une épaisse toison de toiles d’araignées. Le pays tout entier, à perte de vue, semblait tapissé de deux ou trois couches de filets de pêcheurs, filets géants s’entend.
- Si bien que les chiens du clergyman s’y empêtrèrent et en furent à tel point aveuglés, qu’ils ne purent plus chasser. Que c’était merveille de les voir se coucher sur le dos et tour à tour sur les flancs pour se dépêtrer, les quatre pattes au vent.
- A mesure que le jour avançait, le soleil devenait plus chaud, le jour magnifique. Or, vers les neuf heures, un phénomène étrange attira l’attention du Révérend : des fils d’araignée tombaient du ciel. Aussi haut qu’on pouvait voir, les nues en étaient obscurcies, Cette pluie étrange, ou mieux ces flocons (flakes of rags), était composée de filaments agglutines d’un pouce de large et de cinq à six de long. Ces flocons qui tombaient très rapidement, et qui, léchés par le soleil, brillaient comme une pluie d’étoiles, recouvrirent bientôt un territoire d’au moins huit milles.
- Le Révérend, dont il est permis de penser que ses réminiscences de la Divine Comédie lui faisaient voir en cette pluie un fléau du Ciel insupportable, voulut chercher refuge au sommet d’une colline. Cette colline avait au moins trois cents pieds.
- Quelle ne fut pas sa stupeur, en arrivant au sommet, d’y voir les mêmes fils tomber drus comme en plaine. Jamais auparavant on n’avait vu rien de pareil.
- Or, le dimanche 1er octobre 1826, Fig. 4._______Le vol.
- même pluie étrange aux environs de Les fils aérobaiesp
- p.169 - vue 167/598
-
-
-
- = 170 :........ -----
- Liverpool. (Curious facts in the history of insects, inclu-ding spiders and scorpions », paru, egalement dans le London Times, du 9 octobre 1826). •
- Même phénomène à Newcastle on Tyne, le 1er décembre 1865. La ville entière fut recouverte de ces filaments. Le phénomène sembla s’étendre jusqu’à 20 milles de la ville.
- Mais il ne s’agit là, diront les incrédules, que de simples « cheveux d’ange » et non point d’araignées. Attendons : un autre observateur, plus perspicace, le savant Blackwal se mit à examiner ces cheveux d’ange, et vit que sur un lot de 20 d’entre eux, on rencontrait environ une araignée, fixée à un fil. (Blackwall Spiders of Great Britain and Ireland, 1863). Cette fois, telle fut l’étendue de cette pluie, qu’elle sembla affecter la Grande-Bretagne tout entière, y compris l’Irlande.
- Mais le fait étant admis, pourquoi une telle abondance de fds de la vierge et si peu d’araignées volantes ?
- Mc Cook l’explique, et nos observations concordent avec son explication. Parmi les innombrables fdaments qui, par un beau jour d’automne, étendent et déroulent dans l’atmosphère leurs gracieuses volutes, quand une brise imperceptible les pousse, et que le soleil les dore, les faisant voir de si loin, il n’est, en effet, que bien peu d’araignées.
- La raison que Mc Cook en donne nous paraît rationnelle. C’èst qu’avant de partir, l’araignée fait de nombreux essais. Elle lance ses fils au gré des airs (nous verrons plus loin comment). Et tant qu’elle n’en obtient pas satisfaction, elle rompt son fil et recommence. Mc Cook a vu ce démarrage recommencé par la même araignée jusqu’à douze fois.
- Après cela et après les observations de Pierre Huber, dira-t-on, comme Perrier, que «les araignées sont emportées par le vent » ?
- Or, leur fécondité étant innombrable, en automne, notamment, c’est par myriades que se répandent les jeunes araignées, et que sont .lancés dans l’atmosphère les cheveux d’ange, fruits de leurs essais infructueux dans l’art difficile du vol.
- Voici, me semble-t-il, la meilleure explication de ces pluies de cheveux d’ange ou fils de la vierge.
- L’araignée émet d’ailléurs, comme vous le savez, plusieurs genres de fils, selon ses besoins. Nommons, pour mémoire, les fils à toile, et parmi ceux-ci distinguons les fils qui lui servent à cheminer, non empreints de glu, (ainsi que l’a si bien montré Fabre), et ceux, au contraire, qui servent à capturer ses proies, ces derniers empreints de glu. Notons encore les fils à cocon, les fils suspenseurs, et, parmi ces derniers, les fils que nous nommerons, si vous le voulez bien, les fils aérobates, c’est-à-dire qui servent à sa progression aérienne.
- J’ai essayé, dans l’un de mes schémas, de montrer ces deux catégories de fils, qui, dans la nature, sont très vite reconnaissables : les fils aérobates flottant librement au vent, et étant beaucoup plus fins que les fils suspenseurs proprement dits.
- Or ces fils aérobates auraient, selon l’observation du Dr Gicleon Lincecum, cité par Mc Cook, une longueur de 20 à 30 pieds. Il s’agit là d’une araignée du Texas.
- Pour nous, nous n’en avons jamais observé de plus d’un mètre de long. Mais l’observation est rendue difficile par la vitesse du phénomène, et par l’extrême ténuité des fils. Ceci n’est pas en contradiction avec ce que j’en disais tout à l’heure, en parlant de l’éclairement du soleil, car, pour ce dernier, il faut un certain angle de vision cfue l’on n’obtient que fortuitement. C’est même cette ténuité qui fut cause de notre retard à présenter cette étude cjue nous aurions voulu cinématographier : impossible, les fils étant quasi invisibles pour la photographie.
- Or, donc, cette différenciation des fils, en ce qui concerne les fils aérobates, serait opérée, selon Emmerton, de la manière suivante (*) :
- Emmerton observe que les filières de l’araignée, lorsque celle-ci va prendre son vol, se rapprochent, et tour à tour s’éloignent, ce qui provoque une division de la liqueur à soie — au moment de son contact avec l’air extérieur, où elle se solidifie — en plusieurs fils très fins.
- Etudions maintenant le vol proprement dit de l’araignée, ou plutôt, ce qui en est la partie intéressante, celle où l’araignée déploie véritablement tout son art : l’envol, (car, pendant le vol même, l’animal demeure dans une passivité relative, voguant au gré des airs.)
- L’ENVOL
- Les observations qui suivent ont été puisées dans l’exposé de Pierre ITuber, dans la monographie de Mc Cook, enfin, dans nos propres recherches. Ces trois sources offrent en général, un parallélisme si prononcé, qu’il nous paraît que les faits énoncés doivent être considérés comme acquis.
- Voici de nos observations faites au printemps 1922 :
- Au moment de s’envoler, l’araignée se juche sur un buisson, à l’extrémité d’un rameau, au bout d’un chaume que le vent incline, et soudain, la voici qui se suspend à un fil. Et pendant que le vent la ballotte, en haut, en bas, sans repos ni trêve, lui faisant faire dans l’espace une gymnastique effroyable, (on voit qu’il s’agissait là d’un vent d’une certaine intensité), que fait l’araignée P Elle étend les pattes et les replie, elle émet des fils qu’elle agglutine et consolide, au moyen des peignes de ses pattes de derrière, elle file une trame infiniment ténue, que l’on ne verrait pas, si le soleil, de temps en temps, ne la faisait resplendir comme un filigrane d’argent... et de ses mandibules, elle s’assure, en tendant ses fils, comme un artiste avant le concert, tâte les cordes de son instrument, elle s’assure de la solidité de son œuvre, elle s’enquiert aussi des airs, de la vitesse constamment changeante du vent... sa voile légère est-elle assez longue, ou faut-il qu’elle lui donne encore un peu d’ampleur ? et cent autres questions qu’elle doit résoudre sur le champ.
- Soudain, comme par magie, les amarres sont rompues, les mandibules de l’aviatrice les ont coupées ; elle s’envole, monte, se perd dans l’espace...
- Voici une analyse plus précise, où nos propres observations sont confondues, les unes complétant les autres, avec celles de Mc Cook :
- 1. « Emmerton, Flying Spiders, American Naluralist, 1872, page 168 », cité par Mc Cook.
- p.170 - vue 168/598
-
-
-
- 171 =
- Il s’agit d’un envol un peu différent du premier.
- En un premier temps, l’araignée juchée, comme il a été dit, à l’extrémité d’un rameau, se tourne dans la direction d’où vient le vent.
- 2° Elle élève son abdomen (ainsi que le représente un de mes schémas), faisant avec l’horizon, un angle d’environ 45°.
- 3° Ses pattes se raidissent , soulevant son abdomen à l’extrême, tout comme ferait une danseuse faisant des pointes (figure non sans analogie avec celle de la danse de certaines araignées mâles, dansant devant la femelle, en faisant également des pointes, allure d’une extrême élégance).
- 4° Emission de fils, en nombre variable, allant de 1 à 4 ou 5 fils qui flottent dans la direction de la brise, et que l’œil perd bientôt, pour la cause qui a été dite plus haut.
- 5° Puis, graduellement, ses pattes s’inclinent dans la direction du vent, dénotant l’effort considérable qu’elles font, pour résister à la poussée des airs.
- 6° Que l’araignée prenne alors, pendant le temps relativement long qui précède l’envol, le sens et l’intensité des airs, cela ne fait pour moi l’objet d’aucun doute, car elle émet des fils, en nombres variables, et d’une longueur toujours proportionnée à la force du vent. Nous en avons vues qui, par un vent frais, n’atteignaient pas
- 10 centimètres.
- 7° A un moment donné, simultanément, les 8 griffes sont rentrées : l’envol a lieu.
- Voici un tour de main qui a quelque utilité, et dont je me suis servi, quand l’araignée ne voulait pas se décider à prendre son vol (ce qui lui arrive très souvent).
- Ce tour de main consiste à prendre l’araignée, à la faire grimper sur un petit rameau, ou au sommet de l’index, puis, pour la déterminer à se suspendre, à souffler gentiment dessus : elle émet alors instantanément et invariablement un fil de suspension et y descend de quelques centimètres à un mètre, suivant l’intensité de la douche d’air qu’elle a reçue. Si, maintenant, elle juge les conditions favorables, ce qui est loin d’être toujours le cas, car le plus souvent elle tâche de fuir au plus vite, l’araignée prend son vol.
- On voit donc, ici encore, que l’envol de l’araignée est bien un acte volontaire. On pourrait, par: d’autres exemples, en multiplier les preuves. Dans aucun cas,
- 11 ne s’agit « d’araignées emportées par le vent » comme l’on dirait d’une graine de composée ou d’une poussière quelconque.
- Maintenant, quelle hauteur atteignent les araignées en volant ? Mc Cook en observa à 150 pieds. Un certain Dr Lincecum (cité par le précédent) en observa^ au Texas, à 2000 pieds. Mes propres observations m’en ont fait rencontrer sur les glaciers, disons pour fixer une altitude par 3000 m. Hauteur toute relative d’ailleurs, puisque dans ces derniers cas, l’on ne savait pas d’où les araignées étaient parties. Dans ces hautes régions, elles sont alors avec les « puces des glaciers » les seuls ou à peu près les seuls êtres vivants visibles. ' i i, ;„>s
- Que font si haut ces araignées ? Sont-elles aborigènes ? Ce n’est pas impossible, car la dispersion des aranéides
- et leur habitat est véritablement extraordinaire. 11 en est d’aquatiques, vivant au sein des eaux, dans des cloches à plongeur qu’elles se sont construites, il en est qui vivent au sein des grottes obscures, comme ces curieuses araignées cavernicoles des mines de sel de Bex, Porhomma Thorelli présentées à la Société vaudoise des Sciences naturelles, par M. le Prof. P.-L. Mercanton, en sa séance du 18 juin 1921, et que l’on trouve jusqu’à 1500 m de l’entrée de la longue galerie du Bouillet.
- Les araignées peuvent donc vivre dans des conditions biologiques extraordinaires. Toutefois, il semble plus logique de penser que les araignées des glaciers ont été chassées là-haut par les vents. Or, connaissant maintenant leur mode de cheminement aérien, il est permis d’inférer, de bâtir l’hypothèse, tout au moins, que ces araignées sont de l’espèce aéronautique.
- Et maintenant, quelle distance peuvent parcourir les araignées dans leurs pérégrinations aériennes ? Voici des faits :
- Il était une colline ou, autrefois, j’observai des araignées volantes. Or, grande fut ma stupéfaction, un jour, de voir entrer par ma fenêtre, suspendue à son fil, une araignée que je reconnus être de l’espèce de celles qui hantaient ma colline. La distance franchie était d’environ 400 m.
- Mais, comme l’on va voir, ce parcours n’est qu’une petite promenade,comparé aux suivants.
- Darwin, dans le Voyage of the Beugle, vol. III, p. 187, observa un jour un phénomène qui lui parut étrange : le Beagle naviguait à 60 milles de la côte la plus proche, une légère brise soufflait, quand, soudain, les gréments furent recouverts de petites araignées et de leurs fils épars.
- Autre observation : La capitaine George H. Dodge, commandant le steamer Pennsylvania, traversant l’Atlantique, en mars 1882, vit les gréments recouverts d’un grand nombre d’araignées. Il était à plus de deux cents milles de terre (360 km.), à 400 km. au sud de l’Equateur, le vent soufflait d’W., soit du continent. Il en fut fort surpris. Les araignées avaient comme une espèce d’ombrelle au-dessus d’elle. Celles qui ne furent point happées par le bateau, le longèrent, puis disparurent comme elles étaient venues.
- Mc Cook, qui voit grand, ne doute pas que là n’est point le terme de leur étape, et n’hésite pawS à formuler l’hypothèse hardie de voyages de circumnavigation.
- Il étaye son hypothèse sur le fait qu’une même espèce d’araignées, Y Heterapoda venatorius, de l’ordre des Latérigrades, se rencontre partout à la surface de la terre. Je ne développerai pas cette hypothèse.
- Pour ceux que la chose intéresserait, voici la nomenclature de quelques espèces plus particulièrement aptes au vol, selon Blackwall : Tegenaria civilis, Ciniflo atrox, Thomisus cristatus, Lycosa saçcata. Celles que je vous présente, et que le savant arachnologue genevois4 M. de Lesserre, a bien voulu déterminer, sont : l’une, l’araignée fauve, aux pattes également fauves, et barbelées : Lepthyphantes tenais, l’autre, à l’abdomen rond et rouge, comme un minuscule fromage de Hollande, Nematogmus sanguinolentus.
- p.171 - vue 169/598
-
-
-
- 172
- Reprenons, pour terminer, l’hypothèse de Mac Cook. Pour hardie et grandiose qu’elle soit, elle n’offre cependant pas un caractère d’invraisemblance tel qu’elle en doive être rejetée. Du moment que le vol des araignées est admis, du moment qu’on les rencontre à près de 400 km. en mer, ce n’est plus qu’une question de météorologie, de vitesse et de constance des vents dominants... et de ravitaillement.
- Or, pour ce qui est de la météorologie, l’on est fixé : la chose est possible, et pour le ravitaillement, rien n’est plus simple : côtoyant les continents, l’araignée aéro-naute fait, nolens volens, provision de mouches, emportant ainsi avec elle, dans sa voilure, tout un garde-manger, (selon qu’en fait foi un de mes schémas tiré de l’ouvrage de M. Cook).
- Maintenant, si l’on songe à la multitude innombrable des araignées qui peuvent se perdre en mer sans nuire pour autant à la victoire finale, je veux dire, sans pour cela empêcher quelques araignées, voire au besoin qu’une seule d’entre elles, franchissant les océans, n’atteignent enfin quelqu’île lointaine, peut-être un
- .. LA CORROSION
- L’étude de la corrosion des métaux est tout à fait à l’ordre du jour. A l’étranger, où l’on s’en occupe plus encore peut-être que chez nous, on a fondé des revues uniquement consacrées aux divers aspects de cette ques-' tion (par exemple, Korrosion und Metallschutz). On y organise des congrès où, seuls, des problèmes de corrosion doivent faire l’objet des communications. Toutefois, on est loin, en France, d’être indifférent; ainsi, une série de conférences de mise au point, destinées à attirer l’attention des milieux industriels, ont eu lieu récemment au Conservatoire National des Arts et Métiers ( j). La Section technique de l’Aéronautique se préoccupe tout particulièrement de ces questions. Les constructeurs d’avions emploient en effet de plus en plus les métaux et alliages légers et, pour les usages de ce genre où la moindre faiblesse d’un élément peut avoir des suites fatales, il ne faut pas se contenter de matériaux sans défauts, il faut que ceux-ci résistent le plus longtemps possible à l’usure et surtout aux attaques souvent sour-
- 1. 21 juin 1929 par MM. A. Portevin. G. Chaudron et J. Cournot sur les théories de la corrosion et la protection des métaux.
- Fig. 1 — Fonctionnement du couple zinc-cuivre dans une solution de chlorure de sodium
- Solution - de-chlorure —de—sodium
- FrécipiteZd—hydroxyde—e/e__tinc.
- jjjl;pi/ormafiôn .de .chlorure-de,zinc~
- continent, et n’y fasse souche... si l’on songe à l’immensité des temps pendant lesquels le phénomène s’accomplit, se renouvelant constamment... car les araignées ont terminé leur évolution pendant le carbonifère... une période astronomique nous en sépare. Peut-on dire un chiffre ? (en le disant, je sais que je vais faire sourire les géologues, je ne le donnerai donc qu’à titre d’indication, que comme point de repère, et pour fixer les idées) or donc, selon Osborne, 18 millions d’années nous sépareraient du carbonifère.
- N’est-ce point assez pour que quelques essais au moins, parmi un nombre si fabuleux, aient réussi, pour que quelques-unes parmi ces étonnantes voyageuses aient franchi les mers immenses et se soient implantées sur des terres nouvelles, accomplissant une circumnavigation qu’aucun oiseau, qu’aucun autre animal n’a probablement pu accomplir, et que l’homme même, après tant d’essais infructueux n’a pu réussir qu’aujourd’hui.
- André Virieux.
- Docteur- ès-Sciences,
- DES MÉTAUX ...............................:.
- noises des agents atmosphériques. Le plus grand ennemi des hydravions métalliques est l’eau de mer, les brouillards salins qui les rongent avec d’autant plus de rapidité que la température est plus élevée; aussi cette question, assez importante déjà pour les services de la métropole, devient-elle un grave sujet de préoccupations aux colonies, sous les latitudes où l’eau de la mer est couramment à des températures de 30°
- Du reste, la résistance des métaux à l’eau de mer n’intéresse pas seulement l’aviation. Sur les vaisseaux de guerre dont le tonnage est strictement limité et sur les navires de commerce extra-rapides, on remplace avantageusement, pour certaines pièces, le fer ou le cuivre par des alliages légers, comme le duralumin, ou même ultra-légers, à base de magnésium. Le problème de la corrosion par l’eau de mer se pose encore dans bien d’autres cas, en particulier pour les turbines marines et surtout pour les appareils Claude où des tubes de fer doivent être plongés dans les mers tropicales.
- EXISTE-T-IL UNE THÉORIE DE LA CORROSION?
- Il faut tout d’abord bien se convaincre qu’il ne peut pas exister une théorie générale capable d’expliquer le mécanisme de tous les cas possibles de corrosion; cette erreur grave est souvent commise parce qu’on a donné ce nom à des attaques qui n’ont entre elles aucune analogie — ainsi l’aluminium est dissous par l’acide chlorhydrique et non par l’acide nitrique et il s’oxyde en présence du mercure; tous ces phénomènes ne peuvent s’expliquer de la même façon; l’attauqe de l’aluminium par l’acide chlorhydrique se fait conformément à la théorie électro-chimique dont nous parlerons tout à l’heure ;au contraire,
- p.172 - vue 170/598
-
-
-
- 173 =
- la passivité de ce métal en présence de l’acide nitrique s’explique par l’action oxydante de 1’,acide qui donne naissance à une couche protectrice d’alumine — le mercure, enfin forme avec l’aluminium un amalgame qui s’oxyde spontanément à l’air. Nous pourrions multiplier les exemples et nous verrions ainsi que la diversité des cas nous met dans l’impossibilité de les faire tous rentrer dans une théorie unique. On remarquerait toutefois que l’explication électrochimique revient souvent; elle n’est pas parfaite, mais elle a fréquemment suggéré d’importantes améliorations (par exemple la fabrication d’aciers inoxydables homogènes) et, à la condition de toujours conserver son sens critique, il est bon de la connaître.
- LA THÉORIE ÉLECTROÇHIMIQUE
- Rappelons qu’il existe un classement électrochimique des métaux, sur lequel nous n’insisterons pas au point de vue théorique; on peut dire grosso modo qu’un métal déplace ceux qui le suivent sur la liste.
- Voici quel est la place relative des principaux métaux : Aluminium; Zinc; Cadmium; Fer; Cobalt; Nickel; Etain; Plomb; Hydrogène; Cuivre; Mercure; Argent; Platine; Or.
- Ainsi le cuivre placé dans une solution d’un sel d’argent précipite ce métal; le plomb est déplacé par le zinc.
- Formons maintenant un couple électrochimique en fixant côte à côte deux plaquettes, l’une de cuivre, l’autre de zinc et en immergeant le tout dans un électrolyte (fig. 1) : une solution de chlorure de sodium, par exemple. On sait qu’une telle solution contient le sel à l’état d’ions CH et d’ions Na~. Les ions CH se porteront sur le zinc qui occupe un rang inférieur au cuivre dans la série électrochimique et sera attaqué avec formation de chlorure de zinc; les ions Na- se dégageant sur le cuivre attaqueront l’eau avec mise en liberté de soude et d’hydrogène.
- Les réactions peuvent s’écrire ainsi :
- sur le cuivre : Na -f- IPO Na OFI + H2;
- sur le zinc : Cl2 + Zn Zn Cl2.
- Toutefois le chlorure de zinc et la soude réagissent l’un sur l’autre et il y a précipitation d’un hydroxyde de zinc, suivant la réaction 2 Na OH + Zu Cl2 2 Na Cl + Zn (OH)2
- Comme vérification, on peut constater à la ligne de séparation des deux métaux la présence du dépôt blanc d’hydroxyde de zinc.
- Un phénomène secondaire vient compliquer ce processus; l’hydrogène mis en liberté sur la cathode y reste fixé, formant une couche protectrice; aussi la réaction sc ralentit et finirait même par s’arrêter si l’oxygène de l’air qui diffuse peu à peu dans le liquide ne venait « dépolariser » l’élément, c’est-à-dire se combiner à rhydrogène qui recouvre le cuivre. Ces considérations permettent d’activer la corrosion en augmentant la quantité d’oxygène qui arrive sur la cathode, par exemple en opérant sous une pression d’oxygène (G. Chaudron et E. Herzog) ou en ajoutant de l’eau oxygénée dans la solution (Mylius).
- Solution-de—^cHlorure— de—sodium-
- -Anneau d ' hydroxyde de zinc-
- -Formation - de- Na— OH——
- 77Formation ~de~Na -0H
- surface cathodique Zinc
- surface cathodiqt Zinc
- Fig. 2 — Les cavités du métal sont anodiques.
- DU ROLE PARADOXAL DE L’OXYGÈNE
- Evans explique par la' théorie électrochimique certains faits très importants dont la cause était jusqu’ici demeurée obscure : telle est, par exemple, la corrosion locale. On sait qu’un métal s’attaque beaucoup plus rapidement dans toute ses porosités, si bien qu’au bout d’un certain temps, le métal est percé jusqu’à une certaine profondeur, alors que l’attaque ne paraît pas bien grave si l’on ne considère que la surface. C’est donc un phénomène très dangereux.
- Soit une lame de zinc immergée horizontalement dans une solution étendue de chlorure de sodium. Si la surface de la lame présente une fissure où le liquide pénètre, on verra se produire une attaque qui tendra à l’approfondir (fig. 2).
- Evans explique que les parties du métal où l’oxygène arrive facilement deviennent cathodiques et que l’intérieur des cavités, moins aéré, fonctionne comme anode; il s’y forme donc du chlorure de zinc (fig. 2). Celui-ci, à l’orifice, réagit sur la soude de la cathode en produisant de l’hydroxyde de zinc qui se dépose autour du trou. A son tour la surface recouverte par l’hydroxyde devient ano-dique et la corrosion, à l’abri dé cette pellicule, gagne de proche en proche, en même temps que la cavité continue à se creuser. C’est donc, et voici le paradoxe, les parties les moins aérées qui s’oxyderont.
- M. Herzog, à l’Institut de Chimie de Lille, a vérifié ce principe d’une autre façon. Il plonge verticalement une plaquette de fer dans une éprouvette pleine d’une solution de chlorure de sodium. Celle-ci est placée dans une bombe sous une pression de 25 kg d’oxygène. L’oxydation du métal se fait rapidement à la partie inférieure où pourtant l’oxygène arrive plus difficilement.
- PEUT-ON MESURER LA CORROSION?
- Etant donné le nombre des facteurs qui interviennent dans l’attaque d’un métal, il n’est pas possible d’établir une méthode de mesure ayant les mêmes caractères que la détermination d’une propriété définie (par exemple, densité, résistance électrique). Mais on a pu mettre au point des essais empiriques, qui permettent un classement pour une utilisation pratique donnée et qui peuvent déjà rendre de grands services.
- Un essai de ce genre doit remplir deux conditions principales :
- 1° Le «processus chimique d’attaque doit être aussi
- p.173 - vue 171/598
-
-
-
- = 174 ..—...- ..-••••••.=
- voisin que possible des conditions réelles de corrosion;
- 2° L’essai doit avoir lieu dans un temps aussi court que possible.
- Cette première condition a été bien souvent omise par ceux qui ont voulu trouver des réactifs de corrosion accélérée; ils ont même bien souvent ignoré qu’il pouvait y avoir là une cause d’erreur grave. On a ainsi pu s’imaginer cju’il y avait un rapport entre la vitesse de dissolution de l’aluminium et des alliages légers dans l’acide chlorhydrique et leur corrodabilité à l’eau de mer.
- ESSAIS DE CORROSION A L’EAU DE MER
- La théorie électrochimique semble bien s’appliquer au cas de l’eau de mer, du moins en ce qui concerne l’attaque de l’aluminium et des'alliages légers, ainsi que du fer et des aciers. Certaines parties du métal immergé fonctionnent comme cathode, d’autres comme anodes. La présence d’oxygène dans l’eau de mer active l’attaque par son action dépolarisante.
- D’où les procédés d’accélération proposés, qui peuvent se classer en quatre catégories :
- 1° Immersion et exposition à l’air alternées de l’échantillon;
- 2° Pulvérisation d’eau de mer sur l’échantillon;
- 3° Attaque par l’eau de mer sous pression d’oxygène;
- 4° Attaque par l’eau de mer additionnée d’eau oxygénée.
- Les deux premières méthodes ne donnent des résultats* qu’au bout de plusieurs semaines; au contraire, il suffit de quelques heures avec les deux dernières pour que le métal soit notablement attaqué. C’est donc à celles-ci que nous réserverons le nom d’essais accélérés; les autres pourront s’appeler essais semi-accélérés.
- APPRÉCIATION DU DEGRÉ DE CORROSION
- En général, on pèse l’échantillon propre et sec avant et après l’attaque; la perte de poids ainsi mesurée sert à apprécier le degré de corrosion.
- Ceci, dans la plupart des cas, ne donne pas un renseignement pratique. En effet, le plus souvent, l’attaque n’est pas régulièrement répartie et peut être profonde en certainsp oints, rendant l’objet fragile ou inutilisable
- alors que la perte totale de substance est très minime.
- Nous avons, en effet, montré que l’attaque locale était une cause d’altération rapide des propriétés mécaniques.
- Les essais mécaniques (essais de traction, d’emboutissage) sont à préconiser pour compléter des essais par perte de poids.
- LA PROTECTION CONTRE LA CORROSION
- On peut lutter contre les agents de corrosion de deux façons, soit en augmentant la résistance du métal, soit en le protégeant par des enduits appropriés.
- On diminuera la corz-odabilité d’un alliage en lui faisant, par exemple, subir un recuit, ce qui a pour résultat de l’homogénéiser, car on évitera la formation de couples locaux entre deux grains de compositions différentes. C’est ainsi que les aciers inoxydables sont formés de solutions solides homogènes. On peut aussi faire au métal de faibles additions qui modifient la marche de l’attaque; par exemple, on ajoutera un peu de plomb aux laitons qui doivent subir l’action d’eaux contenant de l’acide sulfurique : il y aura formation d’une couche de sulfate de plomb qui protège le métal. Les métaux riches en silicium résistent aux acides d’une façon analogue, la couche protectrice est formée de silice.
- Ces procédés sont évidemment les meilleurs, mais trop souvent on n’a pas encore trouvé la méthode d’autoprotection du métal, en particulier pour le fer, l’aluminium et les métaux légers.
- Tout le monde connaît les procédés qui consistent à déposer un métal inaltérable sur l’objet à protéger, par exemple le nickelage, le chromage, l’argenture, la dorure.
- Une méthode extrêmement élégante de protection de l’aluminium et de ses alliages consiste à renforcer et à épaissir la couche d’alumine qui se trouve à leur surface (procédé Bengough).
- Enfin on peut utiliser des émaux ou des vernis, surtout les vernis cellulosiques qui ont donné de si bons résultats pour les carrosseries. q Chaudron.
- Directeur technique de l’Institut de chimie appliquée de la Faculté des Sciences de Lille.
- LE NOUVEAU PAQUEBOT ALLEMAND “ BREMEN
- L’entrée en service du grand paquebot allemand Bremen, qui s’est produite en juillet dernier, marque le renouveau de la lutte qui s’était instituée longtemps avant la guerre, entre les grandes compagnies de navigation anglaises, françaises et allemandes pour enlever le record, dénommé gracieusement le « ruban bleu», de la traversée la plus rapide entre l’Europe et New York.
- En 1907, ce record était échu définitivement au paquebot anglais Mauretania, de 35 000 tonnes, de la Cunard Line, qui avait parcouru la distance Cherbourg-New York en 5 jours, 2 heures, 34 minutes, soit à la vitesse moyenne
- de 26 nœuds. Il ne lui avait plus été disputé, parce qu’il était ruineux. Il avait fallu munir le paquebot de machines développant 75000 ch et aucune exploitation commerciale rémunératrice n’était possible en présence de ce gouffre à charbon.
- En Angleterre et ailleurs, on reconnut qu’il était préférable, tout en gardant des vitesses convenables, (autour de 23 nœuds), de reporter les efforts et le progrès sur de meilleures et plus luxueuses installations poulies passagers. .
- C’est dans cet esprit que. furent construits par la Cie Gle Transatlantique : Lct France, de 25 000 tonnes et
- p.174 - vue 172/598
-
-
-
- 175
- Fig. 1. — Le paquebol allemand Bremen. de 50 000 tonnes. (Photo Keystone View.)
- 23,6 n avec 44 000 ch et en Allemagne, les V aterland, Imperator, Bismarck, de 58 à 60 000 tonnes, donc 2 fois et demie plus grands, mais se bornant également à la vitesse de 23 nœuds.
- De ces 3 monstres, le premier fut, après la guerre, donné à une compagnie américaine, les deux autres à des compagnies anglaises.
- Après la guerre, l’état d’esprit se maintint le même, en ce qui concernait la vitesse. En France apparurent, en 1921, le Paris de 36 000 tonnes, puis en 1927, U Ile de France de 41000 tonnes qui fdaient 23 n,6 et 24 nœuds.
- En 1921, l’Allemagne, désireuse de reprendre sur mer,
- au point de vue commercial tout au moins, la place qu’elle estime lui revenir, a consenti de gros sacrificés financiers pour permettre à ses compagnies de navigation de rentrer en ligne.
- Et l’on vit paraître, en 1922, le Colombia, de 34 000 tonnes, 21 nœuds à la Norddeutscher Lloyd; en 1927, le Cap Arcona et le Cap Polonio de 28 000 tonnes, 21,5 n à la Hamburg Sud-America, le Deutschland et le Iiamburg de 20 000 tonnes à la Hamburg-America. Puis en 1928, coup de théâtre ! La Cie Norddeutscher Lloyd mit à l’eau deux géants de 50 000 tonnes : Bremen et Europa, conçus sur des idées nouvelles et destinés à ramener le ruban bleu en Allemagne. Cet espoir n’a pas été déçu.'L’achèvement de VEurojja a été retardé par un incendie. Mais le Bremen a pris sou service et, dès sa première traversée, le 16 juillet dernier, il a battu tous les records, parcourant la distance Cherbourg-New York en 4 jours 18 heures, soit avec une avance de 8 heures sur le Mauretania et réalisant une vitesse moyenne de 27,86 n, en augmentation de 1,83 ri sur 'celle du paquebot anglais.
- Il paraîtrait même que, pendant la dernière journée de son premier voyage, la vitesse atteignit 29,54 n ! ;
- Ce ne sera pas petite affaire que dépasser ces chiffrés impressionnants. Il semble cependant que des compétitions se préparent en Angleterre, où deux monstres de 60 à 70000 tonnes sont en construction et peut-être même en Italie où d’immenses progrès ont été faits les années dernières, en fait de construction navale commerciale, notamment dans l’application des moteurs à combustion interne.
- Le Bremen jauge exactement 49 860 tonnes avec 270 mètres de longueur et 30 m 60 de largeur, 10 mètres de tirant d’eau. Les machines
- p.175 - vue 173/598
-
-
-
- 176
- même au cas où l’eau aurait envahi la presque totalité de la coque (').
- L’énergie électrique nécessaire au fonctionnement de tous les appareils de bord et à l’éclairage est fournie par 4 groupes Diesel qui produisent 2 000 kw.
- Il semble qu’on a appliqué à bord du Bremen un système contre roulis par remplissage et vidage automatique de compartiments à eau placés symétriquement de part et d’autre de la ligne axiale. Par rapport aux grands paquebots des diverses nations, le Bremen se présente comme l’indique le tableau ci-dessous.
- Ses cheminées, dont la section a un profil fu-selé, s’élèvent à 35 m au-dessus de la flottaison. Chacune de ses 4 hélices, coulées en une seule masse de bronze, pèse 17 tonnes.
- L’équipage compte 950 personnes. Les aménagements peuvent recevoir 800 passagers de première classe, 500 de deuxième classe, 500 en troisième classe dite~ touriste et 600 en troi-
- o t ,, , sième classe ordinaire, au total 2400 personnes.
- Fig. 3. —- Le Bremen vu de l’avant. (Ph. Keystone View.) ,, : . 1
- Comme ses pareils des diverses compagnies
- . . étrangères, le Bremen porte sur son pont supé-
- qui lui ont permis d atteindre les énormes vitesses citées rieur une catapulte destinée au lancement d’un avion de plus haut sont des turbines qui meuvent des engre- 3 tonnes et demie. Cet appareil a pour mission de transnages à grande réduction. Ces turbines bénéficient, porter à pavancej au ùout de chaque traversée, la poste
- Paris Campania Kaiser-Wilhelm Kaiser Mauretania . Bremen
- der Grosse Wilhelm II
- Longueur............... . 160 m 182 , 190 206 230 270
- Largeur................ . 19 m 2 19,8 20,8 21,9 26,7 30,6
- Tonnage. . ............ 13 000 18 000 20 000 26 000 • 35 000 50 000
- Vitesse............ 20 n 01 21,8 22,3 23,12 25,4 27,8
- Puissance. ...... . 16 000 ch 27 000 28000 36000 68000 95000
- dit-on, d’importants progrès réalisés par les ingénieurs des firmes fusionnées Vulcan Werft et Weser Werft. Les chaudières sont timbrées à 23 kg pour une puissance de 100 000 ch. En les poussant quelque peu on a atteint 120 000 ch.
- Le combustible employé est le mazout, et, bien entendu, le tirage forcé est installé dans les chaufferies; pour l’ensejn-ble de l’installation thermique on a mis à profit les perfectionnements réalisés dans les grandes centrales terrestres.
- Le Bremen est, on le pense bien, muni des appareils de navigation les plus perfectionnés : compas gyroseo-pique, gyro-pilote, appareils sonores d’émission et de réception de signaux sous-marins, sondeurs par le son, etc. Les appareils de télégraphie et de téléphonie sans fil correspondent à la réception de toutes les ondes de 120. à 25 000 mètres.
- La fermeture des portes des cloisons étanches s’obtient instantanément par la manœuvre de boutons électriques placés sur la passerelle à portée du commandant.
- Toutes les ouvertures percées dans les cloisons, ainsi que dans les ponts des chaufferies et des compartiments des turbines et des machines auxiliaires, peuvent être fermées hermétiquement. Ces compartiments, de grandes dimensions, constituent donc un important ensemble de flotteurs qui maintiendraient le navire à flots
- et les jjetits colis pressés. Les lignes de ce géant des mers sont nettes et belles. Les résultats qu’il a fournis dès sa première sortie sont tout à l’honneur de la construction navale allemande. Ct Sauvairé-Jourdan.
- 1. Journal de la Marine, Le Yacht, août 1929.
- Fig, 4. — L’avion el la catapulte du Bremen.
- (Ph. Keystone View. )
- p.176 - vue 174/598
-
-
-
- LA GELÉE ET LES VÉGÉTAUX
- Les arboriculteurs et les viticulteurs savent combien sont parfois bizarres les effets des gelées sur leui’s plantations.
- Dans un même groupe de sujets, voire dans une seule rangée, on peut en trouver dont la vitalité a été fort compromise, à côté d’autres qui n’ont presque pas souffert, ou même qui sont restés indemnes.
- Ou encore, telle année, les dégâts sont moins graves que telle autre, où, cependant, l’abaissement de la température a été plus marqué.
- C’est qu’il intervient, dans les conséquences que peut avoir le phénomène météorologique sur les tissus des plantes, des facteurs d’ordre divers.
- Dans le milieu extérieur, il faut considérer l’altitude, la situation (coteau, plaine, bas-fond, exposition, abris naturels ou artificiels), la direction des courants d’air, la durée du froid, les alternatives de gel et de dégel, la rapidité du dégel, la composition, la consistance, le degré de siccité ou d’humidité du sol, son état cultural, la présence ou l’absence d’herbes advontives, cto.
- Les espèces végétales, non seulement ne présentent pas le même degré de sensibilité au froid, mais encore, dans un même type, les sujets âgés résistent mieux que les jeunes et aussi ceux qui sont robustes, comparativement aux épuisés, aux déprimés par les maladies, les insectes ou toute autre cause de misère physiologique.
- Les arbres en activité de végétation sont en plus mauvaise posture que ceux qui sont en période de repos.
- Les applications tardives d’engrais à azote facilement assimilable (nitrates, etc.), les arrosages, ou les pluies, un temps doux précédant l’arrivée des grands froids, la présence des fruits sur les branches, entretiennent le courant de sève, et exposent davantage les tissus végétaux aux effets pernicieux de l’insuffisance de calorique dans le milieu ambiant.
- Chez les céréales d’automne, il faut envisager le moment du semis, la profondeur à laquelle les graines ont été enterrées* la disposition de la rosette de feuilles de la jeune plante, étalée, ou plus ou moins érigée, la présence de petites mottes qui la protègent.
- Il y a lieu de distinguer les gelées d’hiver (gelées à glace, ou gelées noires) et les gelées de printemps (gelées blanches) dues surtout au rayonnement nocturne.
- Toutefois, on constate aussi des gelées à glace au printemps. C’est ainsi que dans l’Est, par exemple, on a vu la température descendre à 6 degrés au-dessous de zéro, en avril.
- Les gelées d’hiver atteignent non seulement la ramure, mais encore la tige et les racines. Celles de printemps n’agissent que sur les parties herbacées des plantes relativement de faible hauteur.
- Le froid peut entraîner la mort du végétal, lorsque celui-ci y a été trop longtemps exposé, ou produire seulement des lésions mécanique.s dans les tissus, provenant d’une tension exagérée, ou de l’évaporation de l’eau, alors que l’appareil conducteur ne fonctionnant plus, toute montée de sève est impossible. Ce dernier cas peut entraîner la coulure des fleurs, alors qu’elles ne sont pas profondément lésées.
- Quand, au printemps, ou en automne, les jeunes rameaux ont subi l’action d’une gelée accentuée, leur extrémité périt, en général; c’est à ce phénomène que l’on donne le nom de déeurtication.
- Sous l’influence d’une basse température, le liquide des cellules sort et se réunit dans les méats, où, en se congelant et augmentant de volume, il déchire les tissus. ,
- Plus ce liquide est concentré, c’est-à-dire chargé de matières diverses, moins il se solidifie facilement.
- Les organes aqueux, tendres, tels ceux que la plante pro duit dans sa période de grande acticité saisonnière, sont donc plus exposés, à cause de leur grande teneur en eau.
- « En général, dit Chandler, les jeunes feuilles et les jeunes rejets craignent plus que les feuilles complètement développées, sauf dans la laitue. Si des plantes juteuses, comme le chou frisé, sont capables de devenir plus résistantes avec le temps, ce n’est pas le cas pour les tomates, les petits pois et, en général, les plantes tendres. ».
- D’après E. Sinz, les blés qui résistent le mieux à la gelée sont ceux qui ont une teneur élevée en matière sèche, surtout sous la dépendance des conditions culturales et, en particulier, d’une bonne alimentation.
- Le maïs est beaucoup moins sensible aux basses températures dans les premiers stades de son développement, qu’au moment de la formation des graines, car dans cette dernière période, les tissus, en forte turgescence, sont très riches en eau.
- Winkler a constaté qu’au printemps, pendant la période de croissance, les jeunes pousses et les bourgeons des arbres ont une résistance extrêmement faible. Chez 43 sujets observés, le point léthal du bois a varié entre — 8 et — 10 degrés, et celui des bourgeons et des jeunes pousses (aussi bien que le point léthal des feuilles chez les plantes toujours vertes) entre— 3 et — 5 degrés. Pendant les mois de mai à août, les arbres conservent cette faible résistance; mais elle augmente graduellement à partir de septembre, pour atteindre son degré le plus élevé en janvier.
- D’après West et Edlefsen, les bourgeons floraux des pêchers sont le plus sensibles lorsqu’ils sont pleinement épanouis, alors, ils peuvent être tués à — 3°,87 C. Quand leur pointe commence à s’ouvrir et à se colorer en rose, ils peuvent l’être à — 4°,44.
- En hiver, les sarments de vigne bien aoûtés, bien lignifiés, supportent 8 à 10 degrés sous zéro, tandis qu’au printemps les jeunes bourgeons gorgés d’eau succombent vers 0 degré.
- Il est à remarquer qu’au moment où les boutons débourrent, ils ne sont plus protégés par les écailles externes, mauvaises conductrices de la chaleur. Le même risque est à craindre si, en automne, la végétation se prolonge tardivement, et si les grands froids arrivent avant que la concentration des matériaux soit faite, dans le liquide séveux. .
- Earl S. Johnston a constaté que les bourgeons verts d’une variété de pêcher, très sensible au froid, étaient plus riches en eau que ceux d’une autre variété plus résistante.
- D’autre part, d’après Waite, les bourgeons à fruit des pêchers résistent mieux que les tiges jeunes et tendres.
- Mais, en général, la plupart des bourgeons à fruit des arbres sont endommagés par une congélation rapide.
- Les cellules de la moelle sont également sensibles.
- Chandler a remarqué que le cambium présente la moindre résistance pendant la période active de l’accroissement. Mais pendant l’hiver, il est plus résistant que l’écorce, et souvent il lui survit.
- « Le tissu le plus tendre de l’arbre, dit-il, est, dans toutes les saisons, celui des racines, et le degré de tendreté augmente avec la profondeur dans le sol. Mais les divers arbres varient beaucoup, quant à la résistance de ces organes souterrains. »
- Ainsi, puisque l’eau influe beaucoup survies effets de la gelée, on pourrait augmenter la résistance des végétaux en l’empêchant d’atteindre ces derniers, ce qui d’ailleurs, en pratique, n’est pas toujours possible en ce qui concerne les pluies, par exemple.
- « L’absorption d’une solution saline ne pourrait avoir
- p.177 - vue 175/598
-
-
-
- = 178 :................ =
- quelque efficacité, dit Chandler, que dans le cas de culture dans le sable. Comme les sels, ajoute-t-il, agissent à la façon des composés organiques en solution, le protoplasma souffre plutôt « par la retraite mécanique de l’eau que par la précipitation des protéines provoquées par la congélation. »
- La dilution de la sève et la congélation de l’eau dans les méats intercellulaires ne sont donc pas les seuls facteurs en cause dans les dégâts produits par le froid sur les végétaux.
- Salman et Fleming prétendent bien qu’entre les valeurs cryoscopiques (abaissement du point de congélation) des sucs extraits du seigle d’hiver, du blé, de l’épeautre, de l’orge et de l’avoine, et la faculté de résistance de ces sucs aux basses températures, il n’existe aucun rapport. Mais Earl S. Johnston fait remarquer qu’il n’a pas été tenu compte, ici, d’éléments importants, comme la capillarité, le pouvoir d’imbibition, etc.
- Harris Arthur, expérimentant sur trois types d’avocatier Persea gratissima Gaertn.), arbre fruitier cultivé en Amérique, a constaté des différences considérables dans le point de congélation du suc cellulaire des parties vertes.
- Il en conclut que la connaissance de cette donnée permet de prédire, dans une certaine limite, le degré de résistance au froid d’une plante tropicale déterminée et d’en fixer la possibilité de propagation et de distribution géographique vers le Nord.
- West et Edlefsen ont trouvé que les boutons à fleur des cerisiers à fruits acides sont les plus résistants, et Roberts, que les boutons floraux portés par les éperons, le sont plus, également, que ceux situés sur le côté des longues branches.
- West a constaté que les bourgeons à fruit du pommier, du pêcher, du cerisier et de l’abricotier, présentent divers degrés de « durcissement » aux différentes phases de leur développement. Il attribue le fait à des modifications dans la qualité et la concentration du suc cellulaire.
- Ce mêmè auteur ayant maintenu des choux, pendant cinq jours, à la température de 3° C pour les durcir, constata qu’ils pouvaient ensuite résister à une exposition d’une demi-heure à 3 degrés .sous zéro, alors que les plantes témoins étaient tuées.
- Il pense que cette résistance pourrait être attribuée à une transformation chimique des protéines du protoplasma.
- A l’analyse il constata' dans les choux durcis, une élévation de la teneur en amino-acides; quant aux hydrates de carbone, ils ne se transforment que lentement.
- Pour Chandler, le protoplasma subit sous l’action du froid des changements qui le mettent en état de résister à une forte perte d’humidité.
- Il attribue aussi à la modification et à la plus grande densité de la sève le fait qu’en hiver la portion inférieure du tronc des arbres est moins résistante que la partie supérieure et les branches. En été, c’est le contraire.
- D’après cet auteur, la résistance de l’écorce des bourgeons d’hiver et de l’aubier des arbres à feuilles caduques augmente quatre à six semaines avant la chute des feuilles. Ce phénomène se trouve associé avec un changement dans la composition des protéines, tendant à les maintenir en solution à des températures plus basses. La mort par congélation ne serait donc pas due à la précipitation de ces principes.
- Si le protoplasma est très inégalement résistant à une température inférieure à 0 degré, il n’est pas moins vrai qu’au-dessous d’une limite variable avec chaque plante, cette dernière est toujours tuée.
- « Mais, dit Winckler, les arbres possèdent une grande capacité d’accommodation au froid, et d’autant mieux que la température est plus basse, mais s’exerce progressivement, insensiblement. « Les feuilles et les aiguilles toujours vertes supportent bien — 5 degrés, tandis que le bois peut s’accom-
- moder jusqu’au maximum de résistance hivernale. Les organes fraîchement formés ne possèdent pas d’accommodation. Les rameaux et les feuilles des arbres toujours verts peuvent subir quatre à six fois le froid au-dessous de leur tempérai lire mortelle, en les faisant dégeler. Ils meurent, cependant, si le phénomène est répété trop souvent, et si la température est bien au-dessus du degré fatal ».
- Certains auteurs pensent que la forme et la dimension des cellules, d’où dépendent la forme et la dimension du réseau capillaire, et la quantité de matières colloïdales, ne sont pas étrangères à l’effet du froid sur les tissus, car de ces caractéristiques dérive, pour le végétal, la quantité d’eau retenue par imbibition.
- Ainsi, d’après R. Newton, les variétés de blé riches en pentosanes colloïdales, sont plus résistantes à la gelée, parce que ces principes à propriétés hydrophiles retiennent mieux l’eau dans les cellules, qui, sans cela, irait se congeler dans les espaces intercellulaires.
- « Si les plantes aquatiques paraissent mieux résister que les autres, cela est dû entièrement, disent Lidforss et Fisher, aux changements d’ordre biochimique qui surviennent dans l’intérieur même des tissus. »
- En automne, l’amidon est transformé en sucre; au printemps, quand la température s’élève, ce sucre redevient, à nouveau, amidon.
- Donc, en automne, le sucre dissous augmente la concentration du suc cellulaire, et ainsi sa résistance.
- La saccharification de l’amidon serait due à un microorganisme spécial, et l’on entrevoit là un moyen de provoquer cette saccharification, chez les plantes non aquatiques, en leur fournissant le microbe en question, qui les mettrait ainsi, indirectement, à l’abri des gelées.
- On a invoqué d’autres hypothèses pour expliquer le cas particulier des végétaux qui vivent dans l’eau.
- Ainsi, formation de bulles gazeuses enveloppant les tiges, et les séparant, comme par une sorte de matelas protecteur, de la masse glacée ambiante.
- Absence de transpiration. Action de la lumière diurne, qui, traversant la glace, vient réchauffer la surface corticale de la plante.
- Au sujet de l’influence que peut avoir le sucre, rappelons que Akerman et Johnsson ont trouvé un parallélisme parfait entre la résistance du blé aux basses températures et le taux des matières sucrées dans les sucs cellulaires.
- Gassner et Grimmer ont constaté aussi que l’extrait aqueux des plantules de céréales d’automne contient bien plus de sucres réducteurs que celui des céréales de printemps.
- Dans un milieu donné, il semble que la durée du repos hivernal de telle espèce végétale vivace soit toujours à peu près la même. Si en automne elle entre en sommeil plus tôt, elle se réveille plus tôt aussi à la fin de l’hiver, et inversement.
- Dans la première hypothèse, elle est moins exposée ’aux gelées précoces, mais ce sont alors les gelées tardives qu’elle peut craindre, car les tissus sont d’autant plus sensibles au froid que la circulation de la sève est plus active.
- « Les arbres qui ont une croissance vigoureuse à une époque avancée de l’année, dit Chandler, prolongent leur période de repos plus que ne le font les sujets moins vigoureux. Il faut donc chercher à favoriser cette croissance active par l’application d’engrais azotés appropriés et par la taille des branches. »
- En ce qui concerne cette dernière, on sait qu’une taille tardive, à la fin de l’hiver, retarde la reprise de la végétation, ce qui expose moins le sujet aux gelées de cette époque, surtout s’il a naturellement une floraison précoce.
- On sait en quoi consiste l’aoûtement du bois. Les matériaux
- p.178 - vue 176/598
-
-
-
- élaborés dans les feuilles vont s’accumuler, sous forme de réserves, dans diverses parties de la plante. La sève se concentre de plus en plus, son courant, sans cesser complètement, devient très faible, et les feuilles tombent.
- On dit alors que le bois est mûr; plus dur, c’est dans cet état qu’il peut le mieux supporter les basses températures.
- Au sujet de la consistance des tissus ligneux, rappelons que, d’après Beach et Allen, la résistance différente aux gelées des variétés de pommier serait en corrélation avec la dureté du bois.
- Ces auteurs prétendent qu’en examinant la forme des boutons au moment de la chute des feuilles, on peut avoir une idée à peu près exacte de la résistance de l’arbre au froid.
- L’examen microscopique des tissus au point de vue de leur teneur en grains d’amidon peut guider également.
- Quoi qu’on en dise, tout ce qui tend à prolonger la végétation, c’est-à-dire l’accroissement des tissus, en automne, expose les végétaux aux risques des gelées précoces, à cause de l’insuffisante concentration de la sève.
- Au contraire, plus l’accroissement cesse de bonne heure en automne, plus cette concentration est accentuée, comme plus grande aussi est la quantité des substances de réserve.
- Il est connu que les arbres et arbrisseaux qui ont perdu leurs feuilles, pour une raison quelconque : chute de grêle, maladie, insectes, sécheresse excessive, « repartent » aux premières pluies de septembre, donnent de nouvelles pousses, et sont ainsi plus exposés aux atteintes des gelées.
- Les mêmes phénomènes peuvent se produire chez certains arbres à feuilles persistantes, les orangers, par exemple (oranger doux, bigaradier, mandarinier, citronnier, etc.), sans même qu’il y ait chute des feuilles.
- Il suffit qu’une grande sécheresse ait ralenti la circulation de la sève pour voir, après les pluies d’automne, se former une pousse nouvelle.
- Le prolongement de la végétation peut être dû aussi à une application ou à un effet trop tardifs d’un engrais à azote facilement assimilable qui, on le sait, pousse à la production de la matière verte et retarde, dès lors, l’aoûtement.
- —-------------- ==:=: . == 179 =
- Les cultures intercalaires à végétation rapide peuvent être If-utiles dans les vergers parce qu’elles ralentissent l’accroisse-* ment des arbres, et ainsi hâtent la maturation de leur écorce et de leurs bourgeons et augmentent, par conséquent, leur résistance au froid.
- Il est d’opinion générale que les engrais potassiques et les engrais phosphatés activent la maturation des tissus végétaux, surtout en saison humide. Cependant la potasse peut, dans certaines circonstances, avoir un effet opposé.
- Nous devons aussi signaler que dans des expériences sur les vignes on a constaté qu’aucun engrais n’a influé nettement sur la résistance au froid des ceps.
- L’interprétation de l’aoûtement plus ou moins précoce du bois, et de la reprise de la végétation au printemps ne parvient pas à expliquer certains faits.
- Ainsi, dans une plantation de pêchers où l’accroissement vigoureux des branches se prolongea jusqu’aux premières gelées d’automne, au printemps suivant les fleurs furent gelées en une seule nuit, par un froid de 2 degrés seulement sous zéro. Dans une autre, où le développement s’arrêta bien plus tôt, les feuilles se maintenant, cependant, saines et actives jusqu’aux premières gelées, au printemps les bourgeons résistèrent très bien au froid.
- D’autre part on prétend que lorsque l’aoûtement se produit tôt en automne, les bourgeons peuvent être plus sensibles au froid.
- « Ainsi, dit Reberts, après avoir parlé du cerisier, puisque en général le développement des boutons floraux avant l’hiver est plus accentué chez les arbres à développement plus lent, il n’est pas avantageux d’arrêter de bonne heure la maturation du bois, car si l’on forme, dans ce cas, des branches résistantes, il n’en est pas moins vrai que cet avantage est en grande partie annulé par le fait que ces branches portent alors des boutons floraux peu résistants. »
- Antonin Rolét, Ingénieur agronome, Professeur à l’Ecole d’Agriculture d’Antibes.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1929, A PARIS
- Ce mois a été remarquable par sa température chaude pour la saison, sa grande pluviosité et sa durée d’insolation, l’une des plus fortes que l’on ait enregistrées en décembre depuis 1881.
- Sa température moyenne, 6°,9, est supérieure de 3°,5 à la normale et le classe au cinquième rang parmi les plus chauds observés en décembre depuis .1874, au Parc-Saint-Maur. On ne compte que six journées, toutes groupées du 17 au 22, pendant lesquelles la température a été inférieure à la normale. La plus froide a été celle du 20 (écart —6°,6). Le minimum absolu — 5°,6 a été relevé le 21, et le maximum, 14°,6, a été observé le 11. Le nombre de-jours de gelée, 5, est à peu près égal au tiers de la normale et il n’y a eu qu’un seul jour de gelée totale (le 20).
- Le total pluviométrique mensuel, 90,6 mm, dépasse la normale de 75 pour 100 et fait du mois de décembre 1929, le quatrième parmi les plus pluvieux qui se sont succédé depuis 55 ans au Parc-Saint-Maur. Ce total correspond à 26 jours de chutes de pluie appréciable. Ce nombre est exceptionnel; il n’avait, jusqu’à présent, été atteint qu’une seule fois, en
- décembre 1886, depuis le début de la série d’observations du Parc-Saint-Maur et on le retrouve, antérieurement, en les années 1803, 1854 et 1868.
- Cette fréquence tout à fait anormale des précipitations résulte du passage d’une série de dépressions se succédant à intervalles très rapprochés et accompagnés de vents forts et souvent violents. Les zones de ciel relativement clair comprises entre ces dépressions ont intéressé la région parisienne et il en est ainsi résulté que, malgré la pluviosité élevée, le mois se trouve être l’un des plus ensoleillés notés depuis 1881.
- La durée mensuelle de l’insolation, 86h3m, n’a en effet été dépassée que trois fois en décembre depuis 49 ans.
- La hauteur barométrique moyenne, 760,9 mm au niveau de la mer, présente un déficit de 1,8 mm à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur.
- L’humidité relative moyenne a été de 85,6 pour 100 et la nébulosité moyenne de 66 pour 100.
- On a noté 6 jours de brouillard, 5 de gelée blanche, 1 de verglas et 1 de tonnerre.
- p.179 - vue 177/598
-
-
-
- ------ 180 ... - ............ —:............:........ =
- MOIS DE DÉCEMBRE ANTÉRIEURS
- Le mois de décembre dont la moyenne normale est de 3°,3 présente quelquefois une moyenne inférieure à 0° (16 fois depuis 1757) ; les plus basses, — 7°,9 en 1879 et — 6°,8 en 1788,
- Il peut aussi atteindre une température supérieure à 8°,6. c’est-à-dire égale à la normale du 1er avril comme, par exemple, en 1806 (8°,6) et en 1868 (8°,7).
- Le maximum absolu le plus élevé a été de 17°,8 en 1876 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur.
- Les plus bas minima absolus ont été de — 25°,6 en 1879, le 10, au Parc Saint-Maur, — 23°,9 à Montsouris, le même jour et — 21°,8 à l’Observatoire de Paris.
- En 1871, le 9, on eut —23°,7, à Montsouris, —21°,5 à l’Observatoire de Paris, — 24°,5 à Aubervilliers et jusqu’à — 27°,5 à Montargis (Loiret), c’est le plus grand froid connu et authentiquement observé pour le climat de Paris, en raison des dégâts causés.
- Les variations de la température de décembre ont beaucoup de traits communs avec celles de mai qui semblent se produire environ huit ans plus tard (constatation de M. L. Besson).
- Voici les mois de décembre les plus froids : 1879, —7°,9; 1788, —6°,8; 1829, •—-3°,5; 1890, — 3°,2 et ceux les plus chauds : 1868, 8°,7; 1806, 8°,6; 1833, 7°,9; 1852 et 1915, 7°,7; pendant celui de 1806, il n’y a pas dû avoir de gelées à la campagne, le minimum n’étant descendu qu’à + 2°,7 à Paris. On peut aussi citer, comme minima relativement bas, ceux des années : 1788, —- 21°,8 (le 31); 1783, — 19°,1; 1798, —-17°,6 et 1859, — 16°,2, mais en cette année-là. le 20, dans la plaine au sud de Choisy-le-Roi, M. Renou obtenait avec le thermomètre-fronde une température de —21°,7. Comme maxima élevés, ceux de : 17°,0 (1779), 16°,9 (1868),- 16°,8 (1814) et 16°,7 (1918).
- La plus basse température, mensuelle, ou de 31 jours consécutifs a été de — 8°,5 au Parc Saint-Maur, du 27 novembre au 28 décembre 1879. Il y eut 29 jours de gelée en décembre 1879 et 28 en décembre 1890, au Parc Saint-Maur.
- Les variations barométriques rapides qui atteignent ou surpassent 30 mm sont infiniment rares, on ne connaît, depuis
- 1760, que les exemples suivants : hausse de 31 mm du 2 au 3 décembre 1763 et baisse de 32 mm du 23 au 24 décembre 1821. Ces grands mouvements se produisent dans la saison froide et autour de minima remarquables.
- Le 24 décembre 1821, à 23h15, la colonne de mercure descendit à 713,20 mm, à l’Observatoire de Paris (ait. 67 m), soit 719,4 mm au niveau de la mer.
- La nébulosité normale de décembre est de 73 pour 100 au Parc Saint-Maur; les mois les plus clairs sont ceux de : 1762, 46 pour 100; 1861 et 1862, 47 pour 100 et 1879, 48 pour 100. Le 10 décembre 1926, il y a eu un obscurcissement très intense du ciel, de à 13h, avec maximum (nuit presque complète) vers llh. Le 19, en 1896 et le 10, en 1900, dans la matinée, semblables phénomènes s’étaient produits.
- Dans la soirée du 15 décembre 1875, l’intensité du brouillard était telle qu’à chaque carrefour il y avait des agents munis de torches afin de guider les personnes et leur permettre de reconnaître leur chemin. Le brouillard du 18 décembre 1897 a bien été très opaque, mais moins cependant que celui de 1875.
- Lorsque le brouillard est aussi intense, il ne couvre, généralement, qu’une portion de Paris, de préférence les bas quartiers et le voisinage de la Seine.
- Le 27 décembre 1883, il se produisit, à Paris, une lueur crépusculaire rougeâtre, très lumineuse, aussitôt après le coucher du Soleil.
- Les mois de décembre les plus pluvieux ont été ceux de : 1915, 133,5 mm; 1923, 119,0 mm (Parc Saint-Maur); 1809, 104,3 mm (Obs. de Paris, pluv. terrasse) et ceux les plus secs : 1829, 2,6 mm; 1842, 9,1 mm; 1864, 9,9 mm; 1873, 5,3 mm (Obs. de Paris, pluv. cour).
- La quantité maximum de hauteur d’eau recueillie en vingt-quatre heures, en décembre, a été de 46,4 mm, en 1904, à Montsouris.
- Le 2 décembre 1863, il y eut, à Paris, une très forte bourrasque désastruse.
- Grandes crues de la Seine, en décembre, ayant dépassé 5,60 m au pont de la Tournelle : 7,90 m le 26, en 1740; 6,40 m les 16, 17, en 1836; 6,24 m le 8, en 1801; 5,85 m le 17, en 1872; 5,84m le 7, en 1882; 5,69 m le 28, en 1819. Em. Roger.
- : RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- LE NOMBRE FORCÉ
- Cette petite récréation peut être rendue plus attrayante en la présentant sous la forme suivante :
- Vous remettez à une personne de la société une enveloppe fermée dont elle ne doit pas se dessaisir. Puis vous la priez d’écrire sur un papier quelconque un nombre de trois chiffres, soumis à cette seule condition que le premier et le dernier chiffre ne soient pas les mêmes. Vous lui faites écrire alors ce même nombre à l’envers, c’est-à-dire en commençant par le chiffre des unités et terminant par celui des centaines. Les deux nombres ainsi obtenus ne sont pas égaux puisque les chiffres des extrémités sont différents. Faites maintenant retrancher le plus petit nombre du plus grand et au résultat trouvé priez d’ajouter le résultat lui-même écrit à l’envers comme précédemment. Invitez la personne à énoncer le total à haute voix et, si vous n’avez aucune raison de supposer une erreur de calcul, priez-la d’ouvrir l’enveloppe en sa possession et d’en donner connaissance à la société. A la surprise générale, le nombre inclus dans cette enveloppe sera le même que celui trouvé par le calcul.
- Quel est donc ce nombre forcé? C’est le nombre 1089.
- Supposons que la personne ait choisi le nombre 643, on a, dans ce cas :
- Nombre choisi.............................. 643
- Nombre renversé............................ 346
- Reste...................................... 297
- Reste renversé ... 792
- Total........................1089
- Explication. — Le résultat qui précède est facile à comprendre. En effet, la soustraction qui intervient comme première opération porte sur deux nombres composés des mêmes chiffres significatifs et la preuve par 9 de cette soustraction fait voir que le reste est un multiple de 9. Or le chiffre du milieu est toujours 9; il faut alors que 9 soit la somme de celui des unités et de celui des centaines.
- Il en résulte que les seuls restes possibles sont : 099, 198, 297, 396, 495, 594, 693, 792 et 891.
- En ajoutant à l’un quelconque d’entre eux ce même nombre écrit à l’envers, on obtient toujours 1089 parce que la somme des chiffres extrêmes est toujours 9 aussi bien aux unités qu’aux centaines, tandis que la somme des chiffres des dizaines est égale à 18.
- Léon David.
- p.180 - vue 178/598
-
-
-
- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- LE CHOIX DES LAMPES DE RÉCEPTION
- La lampe de T. S. F. « omnibus » servant indistinctement de détectrice, amplificatrice haute fréquence, moyenne fréquence, basse fréquence ou oscillatrice n’existe plus à l’heure actuelle, et l’on a admis avec raison que la lampe devait avoir des caractéristiques spéciales suivant le rôle qu’elle doit remplir; à chaque étage du poste doit correspondre un type de lampe déterminé.
- Il existe donc maintenant des types de lampes très variés pour chaque marque, et l’amateur peut choisir le type convenable, non seulement en fonction de l’étage déterminé du poste, mais encore suivant les caractéristiques du système de liaison employé sur cet étage.
- Cependant, pour obtenir les meilleurs résultats, il est évidemment nécessaire de choisir exactement le type de lampe convenable parmi les différents modèles présentés, et ce choix est quelquefois relativement délicat pour un usager ou même un amateur peu technicien, étant donné la diversité des modèles actuels.
- Pour supprimer cette difficulté, un constructeur spécialisé depuis longtemps dans la fabrication des lampes de T. S. F., mais qui n’avait pas encore étudié les modèles pour amateurs en France, a eu l’ingénieuse idée d’établir des tableaux permettant de choisir immédiatement, sans l'isque d’erreur, et
- d’une manière pour ainsi dire automatique, les différents types nouveaux pour-réception qu’il vient de présenter en France.
- Ces tableaux sont établis en fonction du rôle que la lampe doit jouer, c’est-à-dire de l’étage sur lequel elle est placée, en fonction des lampes utilisées précédemment sur le poste, ou en fonction de la marque du poste lui-même.
- Quel que soit le cas considéré, que l’usager ait déjà employé ou non des lampes d’autres marques sur son appareil, le choix est rendu ainsi très facile et automatique.
- Nous avons représenté suites tableaux ci-dessous les fac-similés des tableaux de détermination en fonction de l’é-
- Fig. 1. — Un type de lampe Gecovalve.
- Tableau I
- Tableau de détermination des différents types de lampes Gecovalve en fonction de l’étage du poste
- SUR LEQUEL ON VEUT LES EMPLOYER
- Amplification H F à résonance Amplification H F semi-apériod. Amplification M F à résonance Amplification M F semi-apériod. Détec- tion Amplification lie g y à transformateur Amplification 2'BF à transformateur Amplification B F à impédance ou résistance Oscilla- trice Triode Oscilla- trice Bigrille
- HL 410 ou S 410 L 410 ou S 410 HL 410 H 410 ou S 410 L 410 ou S 410 L 410 I-IL 410 H 410 L 410 ou PT 425 (étage final) P 410 P 425 ou PT 425 H 410 . L 410 BG 4
- Tableau II
- Tableau de concordances pratiques entre les différents types de lampes Gecovalve et les modèles
- DE QUELQUES GRANDES MARQUES
- PHILIPS A 442 A 435 A 410 A 415 A 409 A 425 B 406 B 409 B 403 B 405 B 443 A 441
- GECOVALVE. . . . S 410 HL 410 HL 410 L 410 I-IL 410 ou L 410 HL 410 P 410 P 410 P 425 P 425 PT 425 BG 4
- RADIOTECHNIQUE R 36 R 42 R 56 R 63 R 64 R 43 R 75 R 76 R 77 R 78 R 79
- GECOVALVE. . . . HL 410 HL 410 P 410 H 410 P 425 BG 4 L 410 L 410 P 425 HL 410 PT 425
- GRAMMONT-FOTOS A 9 A 25 C 9 C 25 C 150 D 15 D 9 D 5 D 100 M 40 S 4
- GECOVALVE. . . . HL 410 I-IL 410 L 410f HL 410 S 410 L 410 P 410 P 425 PT 425 BG 4 MS 4
- MÉTAL. ...... DZ 813 DZ 908 DZ 1508 DZ 2222 DZ 3529 DY 604 DX 502 DX 804 DZ 1 DZ 2 DX 3
- GECOVALVE. . . . HL 410 L 410 L 410 L 410 ouH410 HL 410 P 410 P 425 P 410 BG 4 S 410 PT 425
- p.181 - vue 179/598
-
-
-
- = 182 -: ' ... .J........... — ...............=
- tage sur lequel on doit placer la lampe, et en fonction des lampes employées primitivement sur le poste si c’est le cas.
- D’autre part, cette nouvelle série de lampes de réception présente des caractéristiques fort intéressantes. La durée de service des filaments et surtout la régularité de leur fonctionnement sont tout à fait remarquables grâce à un nouveau procédé de fabrication assurant une homogénéité et une
- ténacité très accentuées à l’enduit de métaux rares, qui joue le rôle essentiel pour l’émission électronique, et, par suite, a une influence primordiale sur les qualités de la lampe (fig. 1).
- P. Hemardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS.
- Lampes de réception Gecovalve, General Electric de France, 10, rue Rodier, Paris.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- PROCÉDÉ ORIGINAL DE TEINTURE SANS MATIÈRES COLORANTES
- L’art de teindre les textiles et, en particulier, la laine, la soie et le lin, remonte, comme on sait, à la plus haute antiquité. Des substances colorantes végétales comme l’indigo ont été identifiées sur les bandelettes des momies égyptiennes. La pourpre romaine était extraite de mollusques dont les coquillages ont été retrouvés en quantités importantes à Pompéi et à Athènes. Les alchimistes, enfin, nous ont légué des produits chimiques colorés et insolubles dont l’application sur les tissus, à l’aide d’épaississants, est encore à la base de la teinture par impression.
- Plus récemment, le développement de l’industrie des colorants de synthèse, dérivés des carbures aromatiques, a pris un essor considérable, spécialement en Allemagne. L’emploi détourné et imprévu de certaines matières premières de cette industrie (en particulier, du phosgène ou oxychlorure de carbone) nous a valu, en 1915, la guerre chimique. La nocivité des couleurs dérivées de l’aniline se manifeste plus simplement en temps de paix par l’anilisme chronique des ouvriers qui les manipulent et, quelquefois aussi, par les dermites eczémati-formes qui frappent les personnes vêtues des fourrures d’imitation dont elles Sont teintes.
- Parallèlement sans doute, quelques colorations ont toujours été obtenues par simple réaction ou fixation chimique. C’est ainsi que le « bistre de manganèse » ou « tête de maure » est dû, selon Schutzen-berger, à un simple bain de permanganate et que le « vigogne clair » et les teintes brunes plus ou moins foncées se préparent par immersion dans l’acétate de plomb suivie d’un passage en atmosphère sulfhy-drique.
- Dans le procédé français Escaich-Worms, dont le pharmacien-colonel P. Bruère a signalé, récemment, à la Société des Experts-Chimistes le haut intérêt (1), il y a quelque chose de nouveau. Ce n’est plus, comme dans le cas précédent, une simple fixation ou précipitation sur la fibre du tissu. Ici, la fibre elle-même intervient et son contenu cellulaire entre en jeu pour se transformer et donner naissance à des couleurs inattendues parfois, sans cependant rien perdre de sa résistance et de sa souplesse initiale.
- C’est avec les fibres animales (laine, soie naturelle et, par extension, poils et plumes) que le procédé donne les meilleurs résultats. Il consiste très simplement à plonger les tissus ou les peaux dans des bains acides optima avec des sels métalliques solubles et d’ajouter ensuite un peu de nitrite de sodium. A titre d’exemple, nous reproduisons ci-après la formule d’un de ces bains chimiques :
- Eau........................................ 1000 gr
- Sulfate de fer crist.......................- 3 gr
- Acide oxalique................................. 1 gr 50
- Acide sulfurique................................ 1 gr 50
- Nitrite de sodium........................ 2 gr 50
- Le développement des nuances, qui s’effectue pratiquement entre 75° et la température de l’ébullition en une heure environ, est également réalisable, mais en un temps plus long, à la température ordinaire, vers 15 ou 18°. Cette seconde technique concerne particulièrement les fourrures dont la peau serait racornie par la chaleur.
- Les sels de zinc ou d’alumine incolores, les acides sulfurique ou chlorhydrique, également incolores, de même que le nitrite de sodium, participent ainsi à la synthèse de produits colorés.
- L’adjonction de 1,5 pour 1000 de produits phénoliques (résorcine, pyrocatéchine, acide salicylique, etc.), permet d’élargir la gamme des teintes fournies par cet original procédé de teinture dont les applications industrielles sont pleines de promesses.
- Nous avons eu sous les yeux des nuances dégradées rappelant la palette des natures mortes et des sous-bois : vert-olive, obtenu par les sels de fer, accentué à volonté par la résorcine et tirant alors sur le bleu ou sur le noir ; gris-marron par les sels de cobalt, virant au brun par couplage avec le cuivre ; orangé par les sels de cobalt et la résor-
- 1. Annales des Falsifications, mars 1929.
- cine, tournant au rose sous l’influence du nickel ; rose-violacé par les sels de cuivre ; jaunes divers : accentués par les sels d’étains et la pyrocatéchine ou atténués par les sels d’aluminium et de zinc...
- Dans tous les cas, il s’agit bien ici de la formation de complexes organo-métalliques où le métal est intimement associé aux dérivés phénoliques et aux substances azotées de la fibre animale. La dissimulation du métal est telle qu’il devient difficile ensuite de le caractériser par les procédés analytiques habituels.
- Les fibres végétales (coton, lin, etc.) et les soies artificielles ne se teignent dans les mêmes conditions que si on leur fournit par un traitement préalable soit le phénol qui leur manque, soit du tanin, que l’on fixe par l’émétique.
- M. P. Bruère qui n’est pas seulement un chimiste averti, mais qui est également membre de nombreuses commissions de défense nationale, a très justement insisté sur l’intérêt que présenterait, en cas d’hostilités ou de blocus, un procédé aussi économique et rendant disponibles des matières premières telles que les carbures aromatiques, susceptibles de recevoir une destination plus impérieuse (fabrication d’explosifs et de produits pharmaceutiques notamment).
- Les laines teintes par ce procédé, et en particulier par les sels de fer, auraient, en outre, le grand avantage d’être en quelque sorte immunisées contre la larve des mites des vêtements, dont la descendance se trouverait ainsi frappée de stérilité.
- Au point de vue de l’hygiène, les petits inconvénients (troubles cutanés) qui gênent parfois les porteurs de fourrures d’imitation seraient, de cette façon, définitivement supprimés.
- Ajoutons que les nuances obtenues sur laine se sont montrées beaucoup plus stables à la lumière naturelle et artificielle que les nuances correspondantes obtenues avec les colorants de synthèse. Cet avantage est à retenir, dans l’industrie artistique pour la reproduction ou la réparation des tapisseries anciennes.
- Au point de vue biologique, le fait que de telles colorations puissent être simplement réalisées en présence de tanin, d’acides faibies, comme l’acide formique, et des sels minéraux usuels, à de basses températures, ouvre des horizons immenses. Ne touchons-nous pas du doigt la synthèse des couleurs par les plantes, dont nous restons jusqu’ici les pâles imitateurs ?
- LA BARBOTINE ET SON EMPLOI
- La barbotine est une faïence fine que l’on rencontre le plus souvent sous forme de cache-pots, jardinières, couronnes mortuaires, etc... décorés de fleurs diversement coloriées aux dessins les plus variés.
- Le moulage de ces objets se fait en opérant ainsi. On prend une certaine quantité d’argile blanche dite à faïence que l’on met à tremper longuement dans un baquet et que l’on amène ensuite, en la brassant, à l’état de lait clair ou barbotine marquant 40° à 45° à l’aréomètre de Baumé; on y ajoute alors : silicate de soude à 30° Baumé 22 pour 1000, solûtion saturé» de carbonate de soude 84 pour 1000.
- On prend de cette barbotine, constamment remuée, avec une casserole à bec et on la verse dans le moule en plâtre spécial à l’objet à reproduire; on remet de la barbotine une ou deux fois pour remplir le vide provenant de l’absorption de l’eau.
- Au bout d’un laps de temps plus ou moins long, suivant l’état du plâtre, on vide dans le baquet la barbotine qui est restée liquide dans le moule, mais à la surface intérieure duquel il est resté une couche d’épaisseur variable suivant le temps de repos depuis l’emplissage de barbotine.
- Après démoulage, on laisse sécher et cuit en deux temps, c’est-à-dire que l’on biscuité d’abord dans un four à porcelaine, les pièces étant placées dans des sortes de boîtes en faïence appelées cazeiles, qui les protègent de l’arrivée d’air froid susceptible de les faire fendre, la température de cuisson est d’environ 1300 à 1350°.
- ( Ensuite on émaillé, soit en blanc opaque, soif avec des émaux colorés, lesquels étant fusibles ne demandent qu’une température de 1000° à 1050° pour faire corps avec leur support et prendre le glacé qui donnera à la pièce son bel aspect.
- p.182 - vue 180/598
-
-
-
- PRESTIDIGITATION
- LA FEMME
- Ce truc assez sensationnel se présente de la façon suçante : Le prestidigitateur entre en scène avec une jeune femme. Il explique au public que cette personne possède une particularité extraordinaire : Sa chair, absolument spongieuse, se laisse pénétrer par les objets de métal et se referme lorsque l’objet a été retiré et cela sans aucun mal et sans aucune suite fâcheuse. Pour le démontrer, il prend une longue aiguille d’acier de 0,50 m environ de long et la pique dans le plancher de la scène en la jetant violemment. Il enfile dans cette aiguille un cordon de soie, puis s’approchant de la jeune femme, il lui appuie la pointe de l’aiguille sur la poitrine et appuie progressivement. L’aiguille entre, ressort par le dos et le cordon de soie traversant le corps peut alors être tiré d’avant en arrière et d’arrière en avant, puis retiré.
- Le prestidigitateur place alors une plaque de tôle au fond de la scène. Devant cette plaque, il met une tige de fer montée sur pied, surmontée d’une plaque de verre maintenue par deux griffes. Sur le devant de la scène il installe un fusil monté sur un pied mobile et demande un spectateur de bonne volonté au courant des armes à feu. Le spectateur s’étant présenté, il lui présente une boîte de cartouches à balles et le prie d’en choisir deux. Ce choix étant fait il lui demande de pointer le fusil sur le centre de la plaque de verre, puis de tirer. Le spectateur fait le nécessaire et, au coup de feu, la plaque de verre vole en éclat. La constatation est faite alors de l’endroit où la balle a porté sur la plaque de tôle après avoir cassé le verre.
- Tous ces préparatifs étant faits, le spectateur est invité à recharger le fusil avec sa deuxième cartouche. La jeune femme se mettant entre une nouvelle plaque de verre placée dans les griffes et le fusil, le prestidigitateur invite le spectateur à tirer, le fusil n’ayant pas été dérangé, la plaque de verre devra être encore touchée cette fois.
- — Mais la dame qui se trouve entre le fusil et le verre?
- —- Ne vous inquiétez pas de ces détails, je vous ai dit que son corps spongieux laissait passer les objets, et se refermait sans dommage.
- Le coup de feu est alors tiré, le plus souvent par le prestidigitateur, car le spectateur bénévole se refuse à prendre la responsabilité et comme précédemment, la balle brise la glace et va toucher la tôle presque en doublant le premier coup ! Quant à la jeune personne elle marche jusqu’à l’avant-scène ne semblant se ressentir en rien de la perforation.
- Si l’on veut bien se reporter à la description ci-dessus, on pourra suivre la marche du tour qui, pour arriver à produire l’effet qu’il obtient à chaque représentation, nécessite beaucoup de détails. L’aiguille d’acier est piquée dans le plancher
- Fig. 2.
- INSENSIBLE
- pour dérouter les spectateurs pouvant connaître un vieux tour semblable où l’on employait pour faire passer un ruban au travers du corps, une sorte de lamelle très souple. Là, c’est toujours
- Fig. 1. — La cible porte-verre.
- la vieille lamelle que le prestidigitateur emploie et qui passe sur le côté du corps de la patiente, dans un tube dont elle est munie. L’échange de l’aiguille rigide contre la lamelle souple se fait sur la table au moment de l’enfilage du ruban.
- Le spectateur de bonne volonté choisit deux cartouches. Il en tire une qui casse le verre. Il va avec le prestidigitateur constater le point où sa balle a porté. C’est à ce moment que le prestidigitateur, avec un crayon gras de mine de plomb, fait un second point le long du premier pour la seconde constatation .
- Le porte-verre (fig. 1) est un appareil très simple mû par l’électricité; la tige B'CB est peinte en noir. Sur cette tige une seconde tige plate CB, montée à charnière au point C, est tirée fortement dans la situation CB'. Au moment d’opérer cette tige plate est rabattue en CB et B est maintenu en place par un petit déclic électrique. On apporte le porte-verre en scène. Une petite pointe de cuivre entre en un point repéré du plancher et fait contact. Le porte-fusil, également muni d’une pointe de cuivre, touche un second plot. Il y a donc communication entre le déclic du porte-verre et le porte-fusil. Dans ce dernier, un fil conduit jusqu’à la gâchette. Que l’on presse la gâchette le circuit s’établit et au moment du coup de feu la tige rabattue se lève violemment et casse le verre.
- Cela serait trop simple, présenté ainsi et éveillerait la méfiance. Les deux points de cuivre ne forment pas un circuit complet, ce qui permet de tirer la gâchette sans faire fonctionner le déclic. Le spectateur choisit deux cartouches et tire la première qui casse le verre et marque la tôle. A ce moment, un aide, sous la scène, complète le circuit et le prestidigitateur remet au spectateur la deuxième cartouche choisie, qui a été échangée contre une à blanc portant une balle de cire noircie et remplie de sable fin. La gâchette ferme le circuit, le coup part sans danger pour la jeune femme, la plaquette de verre est cassée et nous avons dit comment la deuxième balle a marqué son arrivée sür la plaque ainsi que le spectateur ne manque pas d’aller le constater. Alber.
- p.183 - vue 181/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Locomotives modernes à vapeur et électrique, par
- Em, Meunier et L. Davillon. 1 vol. 352 p., 202 fig. Imprimerie A. Rey, 4, rue Gentil, Lyon, 1929. Prix : 30 fr.
- On trouvera dans cet ouvrage la photographie des différents types de locomotives à vapeur ou électriques en service sur les réseaux français ou étrangers, avec l’indication de leurs principales caractéristiques. On y trouvera en outre des conseils pratiques à l’usage des mécaniciens de locomotive en cas d’avaries de la machine, ou de déraillements, un guide pour la conduite du feu, une note sur la stabilité de la locomotive et des renseignements sur les parcours ferroviaires les plus rapides du monde, ainsi que sur les plus longues étapes sans arrêts.
- Compte rendu du Congrès international de la Tourbe (Laon, 8-12 juillet 1928). 1 vol. 144 p., 11 pl. hors texte. Office national des combustibles liquides, 85, Bd Montparnasse, Paris.
- Le Congrès international de la Tourbe, tenu à Laon en 1928, a donné lieu à d’intéressantes communications sur l’industrie de la tourbe qui sont réunies dans ce recueil. Le pays où la tourbe est e plus utilisée aujourd’hui comme combustible est la Russie; plus de 100 000 ouvriers sont employés à l’extraction de la tourbe. Les communications des délégués russes présentent donc un vif intérêt documentaire ; signalons celles de MM. Petroff et Babkow sur le goudron de tourbe, de M. Gabrilof sur les travaux de l’Institut scientifique de la tourbe, de M. Sorokine sur l’utilisation de la tourbe comme combustible et de M. Radtchenko sur l’industrie de la tourbe en Russie. Mentionnons aussi un intéressant rapport du délégué allemand Dr Ket-teler sur les méthodes modernes d’extraction de la tourbe et l’importante communication du délégué français, M. Simon sur l’état de l’industrie de la tourbe en France: séchage, distillation, traitement au gazogène, fabrication de produits chimiques, grand, etc. Les tourbières peuvent être aménagées pour recevoir des cultures de rapport avantageux : ce sujet fait l’objet des communications de MM. Beccat, Le Mée et de Ville Chabrolle. On trouvera en outre dans ce volume l’intéressante conférence inaugurale du Colonel Sainte-Claire Deville sur la réactivité des combustibles.
- T. A. Edison, par W.-H. Meadowcroft, traduit de l’anglais par A. Tougard de Boismilon. 1 vol. 218 p. avec 16 fig. hors texte. Payot, Paris, 1929. Prix : 18 fr.
- Edison, né en 1847, achève en apothéose sa longue et glorieuse carrière d’inventeur. Celle-ci, chose curieuse, malgré l’éclat de son nom, est assez peu connue en France. Et c’est fort regrettable : car c’est un magnifique exemple de volonté et de méthode mis au service de dons exceptionnels. L’ouvrage de M. Meadowcroft, rédigé d’après les propres notes de M. Edison, vient combler cette lacune. Il nous montre comment Edison, issu d’une bonne famille bourgeoise, fortement instruit par sa mère, se sentit attiré de bonne heure vers les sciences avec le. désir d’expérimenter lui-même ce que les livres lui enseignaient. Pour se procurer l’argent de poche nécessaire à ses expériences de physique et de chimie, il se fait marchand, puis imprimeur de j ournaux ; il devient télégraphiste et après maintes tribulations trouve sa voie en perfectionnant les appareils télescripteurs et en créant la télégraphie quadruplex. Ce sont ensuite les découvertes du microphone, du phonographe qui le rendent illustre, puis vers 1880 son grand œuvre, la création de l’industrie de l’éclairage électrique par incandescence. Nous le voyons plus tard perfectionner le cinématographe, les accumulateurs et aborder bien d’autres inventions où il apporte toujours une contribution originale. Le récit de M. Meadowcroft est d’une lecture bien attrayante, il nous montre l’inventeur aux prises avec les diffcultés soit de l’existence, soit des questions qu’il aborde. Le succès est la récompense d’investigations méthodiques menées jusqu’au bout, suivant un programme tracé à l’avance et exécuté avec une inflexible énergie. On sait que plusieurs inventions d’Edison ont soulevé des réclamations de ' priorité plus ou moins justifiées; bien que l’auteur ait entrepris l’histoire d’Edison et non celle de ses inventions, il ne cache pas ces revendications et les mentionne impartialement.
- Précis de chimie-physique, par Fred Vlès. 1 vol. în-12, 414 p., 170 fig. Vigot frères, Paris, 1929. Prix : cartonné toile, 50 fr.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg, l’auteur y enseigne la chimie physique biologique et a déjà publié plusieurs de ses cours. Il a réuni dans ce précis les notions fondamentales à l’usage des étudiants en médecine. Ayant lui-même fait de très nombreuses recherches dans les diverses branches de la nouvelle science, il a réussi à présenter d une manière très claire et coordonnée les notions fondamentales qui transforment actuellement notre conception des phénomènes de la vie. Une première partie est consacrée aux propriétés des solutions : caractères de l’eau, cryométrie et ébulliométrie, tonométrie, solubilité, pression osmotique, diffusion. Une deuxième
- partie traite des phénomènes électriques : électrolytes, ions, fonction acide, pH, action des ions, adsorption, charges et tension superficielles, viscosité, oxydation-réduction, rli. La troisième partie est consacrée aux colloïdes et à leurs particularités. Deux importants appendices exposent, l’un la charge des interfaces et la stabilité des suspensions; l’autre, la physique bactérienne et la physico-chimie des réactions humorales. Fourni de nombreux exemples d’applications biologiques, ce précis est une excellente initiation, non seulement pour les médecins, mais aussi pour tous ceux qui veulent mettre à jour leurs connaissances sur les propriétés de la matière vivante.
- Les éléphants nains des îles méditerranéennes,
- par Raymond Vaufrey, 1 vol. in-4, 220 p., 45 fig., 9 pl-Mémoire n° 6 des Archives de l’Institut de paléontologie humaine, Masson et Clc, Paris, 1929. Prix : 160 fr.
- On sait que la Sicile se continue vers le sud, en direction de la Tunisie-par deux plateaux sous-marins sur l’un desquels s’élève Malte. Les géologues avaient admis que ces plateaux sont les restes ennoyés d’un pont ou d’un isthme qui aurait relié les deux continents et permis des passages de la faune terrestre, notamment de l’homme. M. Vaufrey, à qui l'on doit déjà une remarquable étude sur le paléolithique italien, a recherché sur place les gisements de mammifères pléistocènes, notamment les éléphants nains; il a vu tous les gisements connus et en a découvert d’autres en Sicile, à Malte, à Chypre, à Délos, en Crète, en Sardaigne; il décrit les restes des diverses espèces; il discute l’âge des couches où ils furent trouvés et il aboutit à une conclusion ferme toute différente de ce qu’on croyait, Finexistence de l’isthme sicilo-tunisien, basée sur l’archéologie et la paléontologie. Les éléphants nains fossiles de Sicile et de Malte diffèrent de l’éléphant d’Afrique et se rapprochent de l’éléphant antique; ces formes naines sont spéciales aux îles et n’existent pas sur le continent.
- Traité de physiologie normale et pathologique,
- publié sous la direction de G.-H. Roger. Tome VIII. Physiologie musculaire. Chaleur animale, par Léon Binet, G. Bourguignon, P. Ciiailley-Bert, J. Gautrelet, L. Lapicque, J. Lefèvre, R. Leriche, A. Poligard, A. Stroiil et G. Weiss. 1 vol. in-8, 742 p., nombreuses figures. Masson et Cie, Paris, 1929. Prix : relié, 110 fr.
- Voici le 5e volume paru du Traité de Physiologie dont la publication sera bientôt terminée. Rédigé par un groupe très important de physiologistes français, il est un remarquable exposé, tout à fait à jour, des connaissances nécessaires aux médecins et aux biologistes.
- Ce volume, le tome VIII du Traité, est consacré à la physiologie musculaire et à la chaleur animale. Peu de questions sont en même temps plus classiques et aussi plus difficiles et riches de nombreux faits nouveaux.
- Dans un magistral exposé de 156 pages, M. Lapicque, professeur à la Sorbonne, reprend la question du muscle, de la contraction et de l’excitabilité musculaire. Il l’expose d’une manière très moderne et par certains points, toute personnelle, examinant la structure de la substance contractile, le mécanisme chimico-colloïdal de la contraction, les phénomènes mécaniques et électriques, les modalités de la contraction chez les diverses espèces, l’excitabilité mesurée par la chronaxie, et même, dans un appendice, les travaux tout récents sur le phosphagène. M. Bourguignon donne ensuite la classification fonctionnelle des muscles par la chronaxie.
- La deuxième partie est consacrée au travail et à la chaleur animale, traités d’un point de vue énergétique. M. Weiss rappelle les principes, généraux de mécanique et de thermodynamique. M. Chailley-Bert analyse la fatigue et la locomotion. M. Jules Lefèvre traite, de la chaleur animale et de la bioénergétique, basées sur les études de calorimétrie auxquelles il a apporté une si large contribution. M. Gautrelet explique le mécanisme physiologique de la lutte contre la chaleur et M. Binet celle contre le froid. M. Gautrelet expose aussi les caractéristiques de la fièvre.
- La troisième partie, tout entière écrite par MM. Leriche et Policard, étudie l’os, le squelette, leviers des mouvements, leur adaptation et leur réparation.
- Enfin, deux chapitres de M. Strohl sont réservés à la production d’électricité et de lumière par les êtres vivants.
- L’ensemble forme un exposé coordonné, didactique, comme on n’en possédait pas jusqu’ici et tel qu’il fait honneur à la science et à l’édition françaises.
- La vie du globe et la science moderne, par L. Houlle-vigue, Paris, A. Colin, 1929, in-12, 244 p., avec 22 fig. Prix : br. 14 fr.
- Excellent petit volume de vulgarisation, d’une lecture agréable, qui met le public au courant des principales questions de la géophysique, avec l’analyse et la critique des théories les plus récentes relatives à l’âge de la terre, au magnétisme et à la radioactivité terrestres, aux tremblements de terre, aux marées et à la houle, ainsi qu’aux divers problèmes d’ordre atmosphérique.
- p.184 - vue 182/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Le général Sebert.
- Le général Sebert vient de s’éteindre à l’âge de 91 ans. Nous reproduisons ci-dessous l’éloge prononcé par M. Lecornu, président de l’Académie des Sciences.
- « Hippolyte Sebert était né le 30 janvier 1839 à Yerberie, entre Senlis et Compiègne, dans une maison dont par la suite il conserva toute sa vie la propriété et non loin de laquelle il a été inhumé. Sorti en 1860 de l’Ecole Polytechnique dans le Corps de l’Artillerie de Marine, il fut envoyé à l’Arsenal de Toulon.
- « Ses aptitudes professionnelles s’y manifestèrent si bien qu’en 1862 ses chefs le choisirent pour exécuter des expériences délicates, relatives à la construction des canons rayés. Il imagina dans ce but des appareils de précision permettant de mesurer les déformations de cylindres de grandes dimensions.
- Bientôt après, le capitaine Sebert était placé à la tête de la Direction d’Artillerie qui venait d’être créée en Nouvelle-Calédonie. Obligé de se procurer dans l’île le bois destiné à l’édification des bâtiments, il explora des régions forestières encore inconnues et les mit en exploitation. A cette occasion, il détermina les propriétés mécaniques des espèces végétales, fort différentes des espèces européennes, auxquelles il avait affaire. Plus tard, en 1874, il publia un compte rendu détaillé de ces essais.
- En 1870, il eut, pendant le siège de Paris, la charge d’assurer l’utilisation du matériel d’artillerie venu des ports de mer. La guerre finie, il coopéra brillamment à la réalisation du nouveau matériel de gros calibre. Il avait à mesurer les efforts subis par ce matériel au moment du tir ; de telles mesures étaient rendues fort malaisées par la violence des forces mises en jeu. Avant lui, ces forces étaient regardées comme instantanées. Il comprit la nécessité de faire entrer en ligne de compte la très brève durée de leur action. Aidé des conseils de Marcel Deprez, il imagina pour résoudre ce problème un ensemble d’appareils remarquables. Signalons encore son vélocimètre destiné à enregistrer simultanément le recul de la pièce et le mouvement du projectile à l’intérieur de l’âme. Cet appareil fut notamment employé par lui pour la mise au point du frein hydraulique servant à limiter le recul.
- Pour observer le mouvement du projectile après sa sortie, . il eut recours à l’emploi d’un projectile enregistreur, fort ingénieusement combiné, grâce auquel il put établir, en particulier, que le maximum de vitesse n’est atteint qu’un peu au delà de la bouche, parce que l’impulsion des gaz d’échappement surmonte un instant la résistance de l’air. Il réussit en outre à enregistrer les phénomènes complexes qui se produisent pendant la pénétration d’un obus dans une plaque de blindage.
- C’est lui aussi qui parvint à régler la combustion de la poudre dans un tube lance-torpille avec assez de précision pour faire fonctionner juste au moment voulu le déclenchement déterminant l’ouverture du tube, qui se trouve ainsi préservé contre l’entrée de l’eau de mer.
- Pour les recherches de pure théorie, il trouva un précieux collaborateur dans la personne du capitaine Hugoniot qui, quelques années plus tard, allait mourir prématurément en laissant des travaux de,premier ordre sur la propagation des mouvements dans les gaz: Les Co'mptes rendus de l’Académie contiennent trois Notes rédigées én commun par Sebert et Hugoniot. Ces Notes concernent; les vibrations longitudinales des barres élastiques, celles d’une figé terminée par une masse additionnelle, enfin la propagation.d’un ébranlement uniforme au sein d’un gaz renfermé dans un tuyau cylindrique. -
- Ayant dû, par suite de sa promotion, en 1890, au grade de général, abandonner la direction, à laquelle il tenait particulièrement, du laboratoire central de l’artillerie de marine installé par ses soins, il se décida à prendre sa retraite. Il devint alors ingénieur-conseil, puis administrateur délégué de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée. C’est en 1897 qu’il fut, en remplacement de Résal, élu dans notre Section de Mécanique, dont il était le doyen depuis le décès, en février dernier, de M. Boussinesq.
- Le général Sebert avait, en 1900, présidé l’Association française pour l’avancement des sciences. Il présida longtemps la Fédération espérantiste de France et la Société française de Photographie. Il était un adepte convaincu de la bibliographie décimale et avait publié diverses Notes à ce sujet.
- « Ses dernières années s’écoulèrent, moralement et physiquement, dans la douleur. Telle est, hélas, trop souvent, la rançon d’une grande longévité. Il eut à subir le cruel déchirement du veuvage, puis il fut atteint d’une pénible maladie en même temps que sa vue s’affaiblissait progressivement. Pourtant il persista, aussi longtemps que ses forces le lui permirent, à fréquenter régulièrement nos séances. »
- Le savant Miche/son n’est pas mort.
- Dans notre numéro du 15 janvier, nous avons annoncé la mort de M. Michelson et reproduit l’éloge de ce savant prononcé à l’Académie des Sciences par M. Mangin. Nous apprenons avec joie que la nouvelle était fînexacte. Le célèbre savant américain a été gravement malade, mais est actuellement en convalescence.
- Notre confrère anglais Nature annonce à ce sujet que M. Michelson a résigné ses fonctions de professeur à l’Université de Chicago, et qu’il a l’intention, après avoir pris quelque temps de repos aux îles Bermudes, de se rendre à Pasadena, en Californie, pour y continuer ses expériences sur la vitesse de la lumière.
- RADIOÉLECTRICITÉ
- Radiophonie, émission et réception de télégrammes dans les trains du réseau de l’Etat français.
- Depuis des essais poursuivis il y a quelques années entre Paris et Bordeaux par la Compagnie d’Orléans et qui n’avaient lias donné des résultats très encourageants, la question de la radiophonie dans les trains en marche semblait abandonnée.
- Or voici que récemment le réseau de l’Etat a repris le problème sur de nouvelles bases. D’excellents résultats ont été enregistrés et très prochainement le premier train français équipé en radiophonie circulera entre Paris et Le Havre. Un accord vient d’intervenir à ce sujet entre les chemins de. fer de l’Etat et M. Bompard, président de la Société « Radio-Fer » qui va équiper de casques individuels les compartiments de nos express et de nos rapides.
- L’inauguration officielle aura lieu dans les premiers jours du mois prochain.-
- Les premiers trains équipés en radiophonie seront mis en service aussitôt après, au fur et à mesure de leur installation.
- D’autre part, d’accord avec le Ministre des P. T. T. et dans le cadre du monopole, il a été procédé à des essais très concluants d’envoi et de réception de télégrammes dans un rapide. La liaison s’est effectuée avec un complet succès, le train restant pendant tout le parcours en rapport constant avec la station fixe. Des télégramme? ont été reçus dans le minimum de temps.
- M. Dautry, Directeur des Chemins de Fer de l’Etat, avait
- p.185 - vue 183/598
-
-
-
- 186
- Fig. 1. — L'appareil deréception.
- Les imajres apparaissent sur l’écran fluorescent constitué par le fond de l’ampoule cathodique qui apparaît dans l’orifice circulaire à la partie supérieure du couvercle.
- obligeamment prêté les voitures de son réseau pour des essais de cette nouvelle application de la radio dont l’intérêt n’cc-hap-pera à personne.
- TÉLÉVISION
- Nouveau système américain de télévision.
- M. V. Zworykin, le physicien bien connu par ses travaux dans le domaine de la télé-photographie, vient, aux laboratoires de recherches de la Société Westinghouse, de mettre au point un nouveau système de télévision.
- L inventeur s’est posé le problème de projeter les images de télévision sur un écran approprié, de façon à les rendre visibles, en même temps, à un assez grand nombre de spectateurs. Il se sert, à cet effet, des rayons cathodiopies. Le récepteur de télévision qui est un tube à rayons cathodiques, 11e comporte aucune pièce tournante; aussi peut-il, sans crainte aucune, être placé entre les mains des profanes. Il est d’un fonctionnement très sûr et 'd’inic synchronisation facile. L’emploi d’un écran fluorescent aide l'inertie naturelle de l’œil; il permet de réduire le nombre d’imagés individuelles; aussi peut-oh, d’autre part, augmenter le nombre d’éléments de la scène à transmettre.
- Les appareils de télévision, système Zworvkin, subissent aetuellemenf des essais méthodiques au laboratoire de recherches, à East-Pittsburg; d’autre part/ on est. en train de construire toute une série de récepteurs 'du même type,
- destinés à être confiés aux amateurs de télévision.
- Le transmetteur de télévision dont on se sert dans ces expériences n’est autre qu’un projecteur de cinéma à mouvement continu. L’objet est exploré par un rayon lumineux horizontal qui, après avoir traversé le film, va tomber sur une cellule photo-électrique, où il forme une tache lumineuse. Le mouvement de va-et-vient necessaire pour balayer l’objet, est assuré par un miroir vibrant, lequel fait dévier la lumière d’un côté à l’autre.
- Les images produites au récepteur sont du format 10 X 12,5 cm.; en augmentant la tension du courant, on augmenterait leurs dimensions et leur luminosité. Le tube cathodique d’un nouveau genre, construit par l’inventeur, émet un faisceau très fin de rayons cathodiques qui va frapper un écran garni de matière fluorescente; il suit fidèlement les déplacements du rayon de lumière qui, à la station de départ, sert à explorer la scène à transmettre; son intensité varie au fur et à mesure de l’intensité des impulsions de courant venant du transmetteur. Il va sans dire que l’exploration a lieu à une vitesse suffisante pour donner à l’œil humain l’impression d’une image continue de cinéma. Grâce à un miroir attaché au récepteur, il serait possible de rendre les images de télévision visibles simultanément à des spectateurs nombreux.
- L’idée d’employer les rayons cathodiques en télévision n’est pas neuve. La projection sur un écran visible à une distance considérable a été, également, réalisée par d’autres inventeurs, notamment Baird et Karolus. Ce n’est qu’après la fin des expériences actuellement en cours, qu’on pourra se rendre compte des résultats que ce procédé permet d’obtenir.
- Dr. A. G.
- Fig. 2. — Le récepteur cathodique de W. Zworykin.
- p.186 - vue 184/598
-
-
-
- ÉLECTRICITÉ
- Pour faire soi-même de la dorure, de l’argenture et du nickelage : Le Galvanic-sol.
- Nous avons déjà signalé à nos lecteurs fn° du 15 novembre 1927, p. 475) l'ingénieux petit appareil imaginé par M. Solère pour faire soi-même des dépôts électrolytiques, nickelage argenterie, dorure, avec un matériel très simple. Il se composait d’un pinceau métallique relié au pôle positif d’une pile de poche. Le pôle négatif de cette pile était connecté à l’objet métallique à Iraiter.
- On imprégnait le pinceau d’une solution convenable, et il suffisait de promener lentement le pinceau sur les parties à recouvrir.
- Le pinceau « Galvanic » a reçu, depuis lors, plusieurs perfectionnements importants qui étendent son domaine d’action.
- Tout d’abord, le pinceau a été amélioré. Dans la disposition
- Fig. 2. — Boîte Galuanic-Sol avec alimentation sur le secteur.
- primitive, au milieu des poils du pinceau, arrivait une petite lame de cuivre, reliée au manche métallique de l’appareil. Le pinceau s’usant, il pouvait arriver que la languette de cuivre vînt au contact de l’objet à traiter; le pinceau était alors hors d’usage. L’inventeur lui a donné une vie plus longue en le transformant en un tampon de tissus entourant l’électrode d’arrivée du courant. Le tissu s’use, il est vrai, mais on est averti du moment où le remplacement est nécessaire par l’apparilion cl’une doublure de couleur voyante. En outre, une lampe témoin est disposée en série dans le circuit et tout en servant à limiter l’intensité du courant avertit de son passage.
- Les tampons ne. sont pas les mêmes pour la dorure ou pour le nickelage; ils sont différenciés par leur couleur qui permet de les reconnaître aisément dans la trousse où ils sont logés.
- Les piles de poche sont une source de courant assez désagréables: les amateurs de T. S. F., qui les emploient comme piles de polarisation, ne l’ignorent pas.
- Elles s’épuisent rapidement même quand elles ne sont
- Fig. 1. — L’équipement d'une boîte Galvanic-Sol.
- pas en service, et le courant qu’elles fournissent est toujours onéreux.
- Il est bien plus séduisant de se servir, quand on le peut, du courant du secteur.
- C’est ce que permettent, pour les appareils Galvanic, les boîtes d’alimentation sur le secteur réalisées par M. Solère.
- Deux cas sont à considérer : le courant du secteur est continu ou alternatif.
- Dans le cas du courant continu, il faut abaisser la tension à la valeur voulue.
- M. Solère a adopté la solution suivante : une lampe réductrice de tension branchée sur le circuit secteur et un accu-tampon de 6 volts, donnant un courant de débit et voltage rigoureusement constants.
- Pour le cas du courant alternatif, il faut, abaisser la tension,
- Fig. 3. — Ulilisalion de l’appareil Galvanic-Sol alimenté par secteur
- à courant continu.
- PETITES INVENTIONS
- 187
- p.187 - vue 185/598
-
-
-
- = 188 ...----- =:......... ............—... . r
- et en outre transformer le courant en courant continu, qui seul convient à l’électrolyse. Ceci est réalisé au moyen d’un transformateur abaisseur de tension débitant dans un redresseur sec, à oxyde de cuivre, redressant les deux alternances du courant.
- On sait que ce type de redresseur est très rustique et d’un rendement très satisfaisant.
- Enfin, comme pour avoir de bons dépôts électrolytiques, il convient, de commencer le traitement avec un courant d’intensité réduite que l’on augmente ensuite, M. Solère a mis au point un rhéostat de réglage dont la manœuvre assure les variations de courant nécessaires.
- Les trousses équipées comme nous venons de l’expliquer et contenant tous les ingrédients et accessoires nécessaires pour pratiquer les dépôts galvaniques permettent, on Je voit, d’effectuer très simplement et en tous lieux, ces opérations;-elles rendront service par exemple aux hôteliers pour réparer
- leurs couverts, aux amateurs pour niclceler ou re-nickeler eux-mêmes les objets qu’il serait incommode de porter chez le fournisseur; elles ne seront pas moins utiles dans les ateliers même outillés pour la galvanoplastie, parce qu’elles permettent de traiter sur place un objet sans le démonter pour le plonger dans un bain.
- C'est en particulier une ressource précieuse pour les ateliers de réparations.
- Constructeur : F. Solère, 7, rue de Nemours, Paris (XIe).
- ART MÉNAGER
- Le froid central.
- Le garde-manger réfrigéré entre peu à peu dans nos mœurs; on sait ses avantages hygiéniques et économiques.
- On peut le réaliser de diverses façons : la plus simple, la plus économique au point de vue prix de premier établissement, est le meuble glacière qu’on garnit de glace renouvelée périodiquement.
- Cette solution a le grave inconvénient d’exiger un approvisionnement régulier de glace, souvent malaisé à assurer.
- L’humidité provenant de la fusion de la glace peut présenter aussi des inconvénients.
- Aussi voit-on se développer, en France comme aux Etats-Unis, la vogue des machines frigorifiques domestiques. Le meuble frigorifique devient alors une petite usine autonome; les progrès apportés surtout par les Américains, dans le détail des organes de ces machines, leur ont donné une grande sécurité et un parfait automatisme.
- Ce sont cependant des machines aux organes complexes ; elles exigent peu de surveillance, sans doute, mais elles demandent évidemment un certain degré d’attention intelligente ; il serait .parfois imprudent de compter l’obtenir du personnel
- domestique à qui l’appareil est confié en général. Une excellente cuisinière n’est pas tenue de posséder quelque compétence mécanique.
- D’autre part, ces petites machines, d’un mécanisme si ingénieux, sont coûteuses et en raison de leur faible puissance sont nécessairement d’un rendement médiocre ?
- Pourquoi dans les grands immeubles modernes, où tous les occupants apprécient les avantages du froid artificiel, ne procéderait-on pas pour le froid comme pour le chauffage ? Pourquoi ne pas concentrer en une seule machine la production du froid, qui serait ensuite distribué dans les divers appartements ?
- Au point de vue technique, le problème ne comporte aucune difficulté de principe.
- On aperçoit immédiatement les avantages qu’offre sa solution.
- La machine, soustraite aux maladresses du personnel, est conduite et surveillée par une seule personne qu’il est aisé de mettre au courant, elle est en outre placée dans un local spécial où elle ne peut gêner d’aucune façon les occupants de l’immeuble; le coût des installations de froid dans chaque appartement se trouve sensiblement réduit et l’utilisation en est plus simple encore que celle du chauffage central, puisqu’ici il n’y a même pas de robinet à tourner.
- Ce problème du froid central a été abordé en France par des constructeurs de machines frigorifiques domestiques. Et il existe déjà à Paris plusieurs installations de ce type dans de nouveaux immeubles de luxe.
- L’installation comporte une machine frigorifique à gaz liquéfié, placée dans la cave de l’immeuble : c’est une machine à compression, mue par moteur électrique, l’agent frigorifique liquéfié est refroidi dans une Colonne montante en cuivre qui dessert les différents étages.
- Chaque cuisine ou office de l’immeuble possède sa glacière, munie d’un élément réfrigérant relié à un branchement sur la colonne montante.
- Le liquide frigorigène se volatilise dans ce réfrigérant en produisant du froid; les vapeurs dégagées reviennent au compresseur par une colonne descendante en cuivre. Les deux colonnes, qui sont des tubes de faible diamètre, sont logées à l’intérieur d’une seule et même gaine de 0 m 035 de diamètre — qui n’est donc pas plus difficile à poser qu’une conduite d’eau ou de gaz.
- La température à l’intérieur de la glacière est, au moyen d’un thermostat, toujours maintenue automatiquement à -f- 5°, température assurant parfaitement la conservation des denrées. L’usager n’a pas à intervenir pour mettre l’appareil en marche ou le régler.
- Le meuble contient, en outre, une petite chambre munie de petits moules à tiroirs où l’on peut faire quelques blocs de glace.
- On dispose ainsi, dans chaque appartement, d’un meuble-glacière, dont la consommation en électricité est modique (de l’ordre de 1 fr. 50 par jour) et dont le fonctionnement n’impose à l’usager aucune attention et aucun soin. C’est un précieux élément de confort.
- Une seule objection vient à l’esprit : ces canalisations remplies de liquide toxique sous pression, ou de gaz, qui parcourent tout un immeuble, ne sont-elles pas dangereuses ? Qu’adviendra-t-il en cas de fuites ?
- Mais n’existe-t-il pas déjà dans tout immeuble une canalisation de gaz d’éclairage, tout aussi dangereuse, et beaucoup moins surveillée que ne le sera celle de l’installation frigorifique ?
- Constructeur : Société Kelvinator, 33, rue de Surène, Paris.
- Fig. 1.—Schéma d’installation du froid central.
- p.188 - vue 186/598
-
-
-
- 189
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Au sujet du calendrier.
- La Nature du 15 janvier dernier a donné — sous la signature de M. René J. Rousseau — un moyen de déterminer le jour de la semaine correspondant à une date donnée.
- Ce procédé, — d’ailleurs très ingénieux — ne concerne que la période grégorienne (depuis 1582). Pour l’appliquer, il faut d’abord, comme le dit l’auteur, « savoir par coeur, ou rétablir un chiffre qui correspond à chaque mois ».
- Voici deux formules générales qui donnent le résultat cherché, au moyen des seuls chiffres fournis par l'énoncé de la date.
- Calendrier julien :
- Jj = R7 ( q + 2 m + + N + [^] j
- Calendrier grégorien :
- J numéro du jour cherché ( 1 lundi, 2 mardi..., 0 dimanche);
- q quantième du mois donné;
- m numéro du mois dans l’année (mars 3, avril 4..., décembre 12); on considère janvier et février comme le 13" et le 14° mois de l’année précédente;
- N millésime de l’année donnée (ou de l’année précédente pour les les dates de janvier ou de février);
- S nombre de siècles du millésime;
- R7 indique que l’on doit prendre le reste de la division de la parenthèse par 7;
- Pour les quantités entre crochets, prendre la partie entière du quotient.
- En appliquant l’une ou l’autre de ces deux formules, on détermine rapidement le jour de la semaine correspondant à une date quelconque passée ou future.
- Exemples. — 27 juillet 1214 (Bataille de Bouvines).
- On a : 27 + 14 + 3 + 1214 + 303 = 1561
- QUESTIONS
- Conservation des raisins.
- Un de nos abonnés nous écrit :
- « J’ai rempli de grains de raisin une boîle à conserves en métal, sans rien ajouter, mais j’ai laissé les pépins, puis j’ai stérilisé. Plusieurs mois après, le contenu était en très bon état, mais j’ai trouvé des cristaux sans saveur, à peu près incolores et transparents, s’écrasant sous la dent, à quatre faces je crois. Le goût n’indique pas du sucre. Pourrait-on me dire ce que sont ces cristaux et me donner un moyen d’empêcher leur production ? »
- Surveillons nos citernes à eaux pluviales.
- Les citernes qui recueillent les eaux pluviales peuvent devenir un lieu d’incubation de moustiques que l’on voit apparaître dans l’habitation sans se rendre compte souvent du lieu où ils ont pris naissance.
- Il convient donc de procéder assez souvent à une vidange complète de la citerne, car c’est sur le fond que reposent les larves et il est tout à fait désavantageux pour les voies digestives, que la crépine de la pompe vienne les y chercher.
- Si on emploie le pétrole dans les mares pour détruire les moustiques, c’est afin que les nymphes, montant à la surface avant de donner l’insecte parfait,, viennent s’en imprégner, mais il ne faut pas songer à employer ce moyen dans une eau destinée à l’alimentation.
- Une fois la citerne vidée, brossée et ainsi bien nettoyée, on passera à la surface, pour la stériliser, un lait de chaux, puis on laissera ainsi quelques jours, pour que la chaux ait le temps de se carbonater.
- On pourra alors faire revenir les eaux pluviales dans la citerne, mais on interposera sur le parcours un tonnelet très propre, dans lequel on aura mis de la braise de boulanger couverte d’une légère couche de sable de rivière, le tout constituant un filtre qui évitera une nouvelle infection de la citerne. M. Alliaume a Paris.
- R7 (1561) = 0 dimanche.
- 21 janvier 1793 (Mort de Louis XVI)
- 21 (13e mois) 1792
- On a : 21 + 26 + 7 + 1792 + 448 + 4 + 2 — 17 = 2283,
- R7 (2283) = 1 lundi. E. Thibout.
- professeur à la Faculté libre des Sciences d’Angers.
- A propos des ardoisières de VAnjou.
- Dans l’article que nous avons publié sur les Ardoisières de l’Anjou dans le numéro de La Nature du 1er novembre 1929, nous disions que l’emploi du schiste pour couverture avait commencé vers le milieu du xive siècle. Or cet usage de l’ardoise aurait débuté quelques siècles auapravant. M. le Dr Marcel Baudoin, préhistorien bien connu, nous a écrit à ce sujet la lettre suivante :
- « Vous dites que l’emploi du schiste ardoisier pour la couverture des bâtiments ne remonte qu’au xiv® siècle. A mon avis, l’emploi de l’ardoise est plus ancien.
- On peut le prouver par :
- 1° La découverte d’ardoises dans des tombes à tumulus, très antérieures : xnic, xne et même xie et xe siècles : Ex. : nécropole des Jacobins à Fontenay-le-Comte (fouilles personnelles).
- 2 La trouvaille dans des souterrains refuges de châteaux en bois des ixe et xc siècles.
- 3 La présence dans les murailles de châteaux du xmc siècle, reconstruites avec les ardoises d’un château antérieur.
- Certaines de ces ardoises sont datées par des inscriptions. Elles ont d’ailleurs des formes spéciales (allongées et très épaisses ; 10 à 12 mm,).
- D’autre part, M. Ed. Bocquier, directeur de l’Ecole Normale d’Angers, a trouvé des plaques de schiste ardoisier, datant certainement du Mérovingien; elles sont percées d’un trou carré et ont été vraisemblablement employées à la couverture des habitations.
- Il y avait là un point d’histoire à préciser et à rectifier.
- M. Paumier.
- ET RÉPONSES
- Peut=on récupérer Vargent des vieilles lampes argentées ?
- La récupération de l’argent déposé extérieurement sur les ampoules électriques ne présente aucune difficulté, il suffit de chauffer dans une capsule en porcelaine un mélange à parties égales d’acide nitrique (eau-forte) et d’eau, puis d’y plonger la lampe à désargenter, ce qui demande tout au plus quelques minutes.
- On précipite ensuite l’argent dissous, au moyen d’une solution de chlorure de sodium (sel de cuisine) à concentration quelconque, le seul point important est d’en mettre assez pour que tout l’argent soit amené à l’état de chlorure; on filtre ce chlorure d’argent, on le lave soigneusement, le sèche puis le fond au creuset avec un mélange de craie et de charbon pulvérisé dans les proportions suivantes :
- Chlorure d’argent sec.......... 100 grammes
- Blanc d’Espagne pulvérisé.......... 70 —
- Charbon de bois en poudre......... 4 —
- L’argent réduit gagne le fond et constitue un culot, que l’on dégage après refroidissement en cassant le fond du creuset.
- M. Gruzelle a Paris.
- Elles ne pâlissent pas, mais noircissent en vieil= lissant.
- Les encres noires courantes sont constituées par des combinaisons tanniques de fer à l’état insoluble maintenues en suspension par de la gomme.
- Ces combinaisons neutres présentent l’inconvénient d’abandonner au bout de quelque temps sous forme de dépôt la matière colorante, celle-ci n’ayant d’autre part qu’une résistance modérée à l’action de la lumière. . c
- p.189 - vue 187/598
-
-
-
- 190
- Une simple modification du milieu permet de réaliser une amélioration notable de la qualité de. l'encre. Il suffit en effet de la rendre légèrement acide par l’acide acétique, pour que le précipité n’ait plus de tendance à se former; mais, car il y a un mais, la solution est très pâle et paraît ne plus être susceptible de servir à tracer des caractères.
- N’en croyons rien; après avoir écrit, les traces d’acide acétique s’évaporent ou sont saturées par les bases, toujours contenues en quantité suffisante dans le papier, de sorte que l’on voit peu à peu, au contact de l’air, l’écriture prendre de l’intensité et acquérir un beau noir, très solide.
- La petite difficulté d’écrire avec une encre peu colorée, se tourne facilement en ajoutant à la masse du carmin d’indigo, qui ne joue ici qu’un rôle intermédiaire : il coopère toutefois au résultat final, en donnant aux traits une teinte bleutée, d’un agréable effet.
- Sur ces données, on peut confectionner une bonne encre, ne pâlissant pas, mais au contraire noircissant en vieillissant, de la façon
- suivante. Prendre :
- Noix de galle concassée................ 500 grammes
- Sulfate de 1er pulvérisé.................. 30 —
- Gomme arabique............................. 5 —
- Vinaigre fort ........................... 500 cm5
- Solution de carmin d’indigo = quantité suffisante.
- On fait infuser quelques jours, en agitant fréquemment la noix de galle dans la moitié du vinaigre; dans l’autre moitié on fait d’abord macérer la gomme, puis dissoudre le sulfate de fer; les deux solutions sont alors mélangées.
- Finalement on ajoute de la solution indigotique en quantité suffisante pour qu’en écrivant l’écriture soit d’un beau vert bleuâtre.
- Après avoir rendu homogène, on laisse reposer et décanter pour séparer le liquide clair des impuretés qui ont gagné le fond, on met enfin en bouteilles bien bouchées pour éviter le départ de l’acide acétique. M. Brun a Craponne.
- Pourquoi certains miels deviennent=ils opaques ?
- Le miel est une substance molle, sucrée, recueillie sur les nectaires des fleurs par l’abeille domestique {Apis mellifica), laquelle après l’avoir élaboré dans son estomac le dégorge dans les alvéoles de gâteaux de cire pour servir ultérieurement à la nourriture des larves d’abeilles.
- Le miel se récolte en septembre, octobre; celui qui s’écoule d’abord par simple exposition à une douce chaleur, après avoir désoperculé les alvéoles, est dit miel vierge; celui que l’on extrait par centri ugation et pression des gâteaux est moins fin et par suite moins estimé.
- Quel que soit le moyen employé pour l’extraction, le miel est constitué par un mélange de glucose et de lévulose avec une proportion variable de saccharose, 5 à 20 pour 100, identique au sucre que l’on retire de la canne à sucre ou de la betterave, on y trouve également du raffmose, du mélézilose, des produits odorants ou colorés, variant avec les plantes sur lesquelles les abeilles ont effectué leur récolte labiées aromatiques, sarrasin, sapin, etc, etc.
- Le glucose et le lévulose sont incristallisables, tout au moins en présence de la quantité d’eau que renferme le miel, mais il n’en est pas de même du saccharose qui, dans les proportions indiquées ci-dessus de 20 pour 100 parfois, ne peut plus se dissoudre dans les 35 pour 100 d’eau du miel, ce saccharose cristallise alors dans la masse, la rend opaque et lui fait perdre sa fluidité, jusqu’à la rendre semi-solide. En réalité aucun inconvénient sérieux ne résulte de cette modification d’aspect; si certains consommateurs préfèrent les miels limpides et fluides, d’autres aiment mieux les miels compacts; la seule chose importante ici est l’aromÿ’résultant de la'matière première florale, et c’est surtout par association d’idées que le consommateur cherche à retrouver dans un miel les qualités gustatives qu'il a trouvées dans un miel ayant des caractères extérieurs déterminés.
- Dans une certaine mesure, on peut retarder et même empêcher la cristallisation du saccharose par addition d’un ou deux grammes par kilogramme d’acide lartrique ou citrique pulvérisé, qui transforme le saccharose en glucose incristallisahle, mais cette intervention ne peut être réalisée qu’au prix d’une modification du goût, qui pourrait ne pas plaire au consommateur. M. Pionian a Tauris.
- Qu’est=ce que les cendres vertes ?
- Les cendres vertes dont nous avons parlé dans notre n° 2818 du 1er octobre 1929 au sujet de la patine en vert antique, sont constituées par un mélange d’arsénite de cuivre et de sulfate de chaux, on les obtient en opérant ainsi : •
- On fait bouillir pendant deux heures dans une chaudière en fonte un kilogramme de chaux éteinte en poudre fine avec deux kilogrammes d’acide arsénieux et 25 à 30 litres d’eau.
- Dans la liqueur reposée mais encore chaude, on verse une solution contenant quatre kilogrammes de sulfate de cuivre (vitriol bleu), la quantité d’eau chaude étant celle suffisante pour le dissoudre.
- Cette addition se fait d’une façon progressive, en remuant constamment, il se forme un précipité ayant la composition indiquée ci-dessus, on le lave par décantation à plusieurs reprises, puis le sèche à l’étuve.
- N. B. — Par suite de la présence d’arsenic, cette couleur est très vénéneuse; au point de vue peinture, elle couvre peu et est médiocrement solide. M. le Dr Lenez a Chalon.
- Qu’est=ce que les tampicos?
- Plusieurs variétés d'Agaves sont cultivées au Mexique, où elles donnent lieu à une importation considérable par le port de Tampico, d’où le nom très répandu de Tampicos qui leur est donné.
- L’espèce la plus importante est l'Agave breleracantha ou lxtle, espèce relativement petite à feuilles garnies de dents brunes rapprochées.
- Une autre variété est l’Agave rigida ou Sisal, du nom du port de Sisal au Mexique dans le Yucatan; ses feuilles sont de couleur vert foncé.
- Enfin sous le nom d'Agave elonguta ou Bc.nnequen, on désigne une variété d’Agave, qui porte aussi le nom de Faux Sisal ou Sisal blanc, lequel est d’une nuance uniformément bleutée, ses feuilles sont plus longues que celles des variétés précédentes, étant d’un blanc pur, brillant, sans qu’il soit nécessaire de recourir aux opérations de blanchiment. Il va de soi que ce produit est particulièrement recherché. M. Claval a Elbeuf.
- Comment protéger les pièces métalliques des pro= jections acides.
- Les pièces métalliques telles que plaques-supports, coffres en tôle en contact ou dans le voisinage des accumulateurs sont exposées à recevoir des gouttelettes d’acide qui les altèrent et les mettent bientôt hors de service; on peut heureusement éviter cet inconvénient en les recouvrant d’un vernis protecteur à base de bitume de Judée ou asphalte, que l’on peut préparer facilement en prenant :
- Bitume de Judée . . ................ 200 grammes
- Huile de lin cuite..................200
- Essence de térébenthine............. 550 •—
- Laisser digérer pendant plusieurs jours en agitant fréquemment jusqu’à dissolution complète du bitume, puis incorporer :
- Noir d’os broyé finement............ 50 grammes
- Rendre bien homogène et appliquer au pinceau.
- Cercle 'Philotechnique de Lorient.
- Les mouches salissent les cuivres dorés.
- Pour débarrasser les cuivres ornementaux ainsi que les bronzes des souillures déposées par les mouches, on commence par faire une eau tiède savonneuse, à laquelle on ajoute quelques gouttes'd’ammoniaque, puis, au moyen d’une brosse douce, on frotte les cuivres à nettoyer, jusqu’à ce que les ponctuations ramollies par l’alcali se détachent complètement.
- Il ne reste plus qu’à rincer à l’eau pure, en trempant cette fois dans de l’eau simple, chaude, que l’on change à plusieurs reprises. Enfin on laisse sécher à l’air libre, après avoir tamponné avec du coton hydrophile, pour enlever l’eau qui pourrait rester dans les parties creuses.
- Après séchage complet, on brosse à nouveau avec une brosse sèche-, puis on brillante les parties en relief avec une peau de gant ou mieux avec la peau de mouton chamoisée.
- M. Assada a Villefranche.
- Faisons à peu de irais une bonne encre à stylos.
- La formule suivante que nous avons expérimentée donne une encre pour stylos facile à préparer et d’excellente conservation.
- Prendre :
- Bleu de méthylène....................... 5 grammes
- Alun pulvérisé......................... 3 —
- Eau distillée......................... 500 —
- Alcool à 95°........................... 20 cm5 .
- Faire dissoudre le bleu pulvérisé dans l’alcool et d’autre part l’alun dans l’eau, mélanger ensuite et ajouter :
- Glycérine. . ........................ 25 grammes
- p.190 - vue 188/598
-
-
-
- Après avoir rendu homogène et s’être assuré de la dissolution complète des éléments constituants, filtrer de façon à obtenir une limpidité parfaite, sans quoi on serait exposé à des obstructions du canal d'alimentation de la plume. M. Villard a Annecy.
- Ignifugeons nos tissus.
- Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, l’ignifugation a seulement pour but d’éviter la production de flammes susceptibles de propager l’incendie, mais, en aucun cas, elle n’empêche la carbonisation des matières organiques, autrement dit la dissociation des éléments constitutifs, carbone, hydrogène,- oxygène et azote.
- Ceci posé, on comprendra facilement que les produits employés comme ignifuges constituent une sorte de cuirasse qui empêche l’intervention de l’air; dans cet ordre d’idées voici une excellente formule donnée par la Pholo Bévue dans son numéro du lor octobre
- 1929 :
- Acide borique....................... 10 grammes
- Phosphate d’ammoniaque............... 100 —
- Gélatine.............................. 15 —
- Eau................................ 1000 —
- Tremper dans la solution chaude les tissus à préserver, essorer légèrement puis laisser sécher à l’air libre.
- M. Baudouin a Paris.
- Montage d’un poste récepteur à changement de fréquence.
- Vous ne nous indiquez pas avec précision quelles sont exactement les caractéristiques de votre poste récepteur à amplification haute fréquence directe comportant deux étages haute fréquence a résonance, une détectrice et deux étages basse fréquence à transformateurs.
- La présence des deux étages haute fréquence à résonance, munis de systèmes de liaison bien étudiés avec des bobinages 'de faible résistance ohmique, devrait permettre d’obtenir une sélectivité suffisante à condition que le système d’accord et le collecteur d’ondes soient également de modèles convenables.
- Nous ne savons pas quel est le modèle de dispositif d’accord que vous avez employé, mais il nous semble qu’un montage d’accord en Oudin ou en Bourne serait suffisant: le manque de sélectivité dont vous vous plaignez doit donc provenir surtout des caractéristiques de votre collecteur d’ondes de fortune constitué simplement par une grille fixée aux chevrons de votre toit.
- En employant une antenne mieux isolée et mieux dégagée, avec une prise de terre correspondante convenable, vous pourriez améliorer sans doute beaucoup les résultats déjà obtenus.
- Vous obtiendrez pourtant des résultats encore meilleurs en adoptant un cadre et un appareil à changement de fréquence.
- Nous pensons que vous désirez utiliser les lampes triodes ordinaires que vous possédez déjà, et, dans ce cas, vous pouvez monter un appareil comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux ou trois lampes à moyenne fréquence à liaison par transformateurs, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence à transformateurs.
- Ce montage est absolument classique, mais il .vous donnera d’excellents résultats s’il est bien établi avec des pièces détachées de cons-struction soignée.
- Vous pouvez, par exemple, vous procurer des pièces Bardon-Brunet, F. A. R., etc..., dont l’utilisation est facile, et qui peuvent, servir à établir rapidement des postes de ce genre d’un réglage simplifié. Vous trouverez, d’ailleurs, dans nos chroniques de La Nature, des schémas qui pourront vous être .utiles et, par exemple, dans le numéro 2812 du lor juillet 1929 le schéma d’un appareil complet, dont la réalisation est très rapide.
- M. Libault, a Menil-sur-l’Estrée (Eure).
- Variations d’audition dans un poste.
- Les variations d’audition dont vous vous plaignez proviennent très probablement du mauvais état de vos accumulateurs, ou tout au moins d’une charge momentanément insuffisante; l’audition peut être bonne au début de la mise en fonctionnement, puis l’intensité baisse progressivement.
- Il faut donc, tout d’abord, s’assurer de la tension des cléments au moyen d’un voltmètre, non seulement, lorsque l’appareil n’est pas en fonctionnement, mais encore lorsque les lampes sont allumées.
- Il arrive aussi quelquefois qu’un court-circuit accidentel à l’intérieur de l’appareil produise une augmentation anormale de l’intensité
- ==....... = 191 =
- du courant de chauffage, et, par là même, la décharge rapide de la batterie.
- On peut s’apercevoir facilement de ce phénomène en intercalant un ampèremètre dans le circuit de charge et en se rappelant que le chauffage d’une lampe actuelle à filament à oxydes exige un courant d’une intensité de 0,06 à 0,1 ampère.
- Enfin, si vous constatez que le débit du courant de chauffage est normal, et si la batterie de plaque est également normale, vous pourrez être sûr que le phénomène provient uniquement du mauvais état des accumulateurs de chauffage.
- Vous trouverez tous les détails utiles pour la remise en état de ccs accumulateurs dans La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Bidault, a Lyon.
- Atténuation de parasites industriels.
- Vous ne nous indiquez pas quel genre d’appareil vous employez mais nous pensons que c’est un appareil sensible à changement de fréquence, puisque vous pouvez recevoir sur cadre des émission provenant de postes émetteurs éloignés.
- Nous serions très heureux de pouvoir vous indiquer un moyen permettant d’éliminer, ou même d’atténuer, les « parasites industriels » dont vous vous plaignez, malheureusement ces derniers agissent surtout « par choc », c’est-à-dire qu’ils n’ont pas une longueur d’onde propre distincte, et, dans ces conditions, tous les filtres employés produiraient peut-être plutôt une déformation de la réception, qu’une diminution des troubles d’audition.
- Le seul procédé vraiment efficace consiste à agir, lorsque -cela est possible, sur la cause même de ces parasites, et cela nous semble bien difficile dans le cas actuel.
- On peut simplement essayer de modifier le montage récepteur, de' façon que l’amplification des^courants parasites soit moins accentuée.
- Il semble qu’il convienne, non seulement d’adopter des étages d’amplification haute fréquence et moyenne fréquence à résonance assez aiguë, mais encore qu’on puisse légèrement modifier le système détecteur employé.
- Au lieu d’utiliser simplement une lampe détectrice à condensateur shunté de grille, il est préférable d’adopter un montage détecteur par utilisation de la caractéristique de plaque, en faisant agir directement les courants haute fréquence sur la grille de la lampe, et en polarisant négativement la grille de cette dernière.
- Il est bon, de plus, d’employer comme lampe détectrice, une petite lainoc de puissance genre B. 406. Philips; P 410 Geoovalve; D 9 Fotos; R 56 Radioteclinique, etc, avec une tension plaque assez élevée.
- On obtiendra ainsi un montage qui sera moins sensible pour la réception des signaux faibles, mais qui produira des effets de détection linéaire, c’est-à-dire que les tensions redressées seront à peu près proportionnelles aux tensions appliquées à la grille, et, de cette manière, les parasites seront beaucoup moins fortement amplifiés.
- En effet, dans un montage détecteur ordinaire à condensateur shunté, la tension redressée est proportionnelle au carré de la tension incidente, ce qui fait qu’en théorie, si le parasite est dix fois plus fort que le signal utile à l’entrée du détecteur, à la sortie de ce détecteur, il deviendrait cent fois plus fort; au contraire, avec la détection linéaire, les proportions sont maintenues.
- Il faut simplement prendre la précaution de faire suivre la lampe détectrice d’une lampe de puissance d’un modèle suffisant pour amplifier sans déformation et sans saturation les courants qui lui sont transmis.
- On aura donc intérêt à adopter une lampe de puissance dont la plaque soit, alimentée sous une assez forte tension de 150 à 400 volts; on peut également, à la rigueur, employer une trigrille de puissance avec une tension plaque de l’ordre de 120 à 150 volts, si i’on sc contente d’une audition moyenne.
- M. Akamery, a Sabinamigo.
- De tout un peu.
- M. Coupard, à Toulon. — Il y a en effectivement erreur typographique lors de la composition de la formule donnée dans le N° 2817 du 15 septembre 1929, page 286, relativement à la destruction des mauvaises herbes par le sel marin, le 6 étant de trop, il faut lire :
- Eau tiède......................... 100 litres
- Sel dénaturé............................10 kg et non 610 kg
- autrement dit il faut employer une solution à 10 pour 100.
- M. P. Cellè, à Hermies (Pas-de-Calais). — Dans les conditions que
- p.191 - vue 189/598
-
-
-
- = 192 .............".....—r =
- vous exposez, si l’oxygène est absorbé par le corps introduit dans le récipient, c’est qu’il y a eu réaction chimique et forcément il y aura comme résidu le corps oxydé.
- A notre avis, le procédé le plus simple serait de'faire le vide dans la boîte avec une pompe ad hoc, vide mécanique ou vide barométrique, puis de faire rentrer de l’azote, préparé par exemple de la façon classique en faisant brûler du phosphore sous une cloche trempant dans l’eau.
- IV1. le Dr Quyon, à Janville. — 1° Le désodorisant le plus pratique comme manipulation, en même temps que le plus efficace est le formol, que l’on trouve couramment dans le commerce en solution à 40 pourlOO d’aldéhyde formique H-CHO ou méthanal; il convient donc particulièrement dans les water-closets, employé en couche mince sur une soucoupe pour faciliter l’évaporation, ou placé dans un flacon dans lequel plonge une mèche de coton, ce qui assure une désodorisation permanente.
- La plupart des essences étant des aldéhydes, elles peuvent être alliées avec succès au formol. (Voir dans le N° 2786, page 526, notre réponse au sujet des appareils dits ozoniseurs.)
- 2° Nous ne connaissons pas là spécialité dont vous parlez et savons seulement que la soude caustique réussit généralement très bien pour déboucher les tuyaux servant à l’écoulement des eaux de toilette, ces tuyaux étant presque toujours obstrués par des tampons de cheveux entraînés par mégarde.
- B. V., à Dijon. — Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, (N°3 2782, p. 335 et 27SS, p. 48), le craquelé a lieu quand on applique sur un vernis primitif, une nouvelle couche très pigmentée, dont le solvant a une grande volatilité, ce qui occasionne le retrait au séchage.
- Comme l’a fait remarquer M. Renestrat, spécialisé dans la question des vernis, la condition essentielle pour réussir est que le solvant du vernis craquelant soit aussi un solvant du vernis support, le retrait, de la pellicule de surface laisse ainsi apparaitre le vernis support tout en maintenant la parfaite adhérence de celle-ci.
- La réalisation des conditions ci-dessus est trop délicate, pour que la préparation de semblables vernis soit à la portée de l’amateur; ie mieux est de s’adresser aux fabricants spécialisés, par exemple Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire à Pantin (Seine).
- IVI. Harel, à Tourville. — Lorsque du pétrole a été par mégarde mis au contact de produits alimentaires, il n’y a malheureusement rien à faire pour enlever goût et odeur; peut-être pourriez-vous essayer d’une filtration de votre vin sur la braise de boulanger nouvellement préparée, c’est-à-dire présentant au maximum la faculté d’adsorption, mais nous ne saurions garantir la réussite.
- IVI. Tremkay, à Lac-Saint-Jean (Canada). — La succession des couches : granit, ciment, plâtre, etc., qui constitué vos murs représente à notre avis un bloc imperméable et ce n’est certainement pas l’eau du dehors qui entre dans la maison par cette voie. Nous croyons plutôt que c’est la vapeur d’eau contenue à l’intérieur des pièces, eau provenant de la respiration et de la transpiration, qui se condense sur les murs, parce que l’air se trouve à saturation quand il pleut et que le mur représente dans certaines conditions une paroi froide, par exemple sous l’action du vent.
- En résumé, nous pensons que votre mur est trop imperméable et que vous vous trouvez comme dans une boîte métallique bien close, quand portes et fenêtres sont fermées à cause de la pluie.
- Le remède serait donc d’assurer d’une façon permanente l’évacuation de l’air contenu dans les pièces, soit par cheminées d’appel, soit par ventilateur électrique ou tout autre moyen que la disposition du local vous suggérera.
- IVI. Sechaud, à Montreux. — La litharge intervient avantageusement dans la fabrication de l’encaustique, ainsi que nous l’avons signalé dans le N° 2809 du 15 mai 1929, en augmentant la siccativité du produit obtenu.
- On sait en effet que, pour obtenir un bon résultat, il ne faut pas chercher à faire briller, aussitôt application, l’essence de térébenthine ayant besoin de se résinifier à l’air, c’est donc dans le but d’accélérer cette modification que nous avons conseillé l’addition d’un peu de litharge; le phénomène étant du même ordre que la siccativation de l’huile de lin, destinée à la peinture par les sels de plomb ou de manga-, nèse, 1
- M. de Montureux, à Paris. — L’odeur de la naphtaline lui est propre et ne pourrait lui être enlevée sans modifier sa composition et ses propriétés insectifuges; le mieux serait de la remplacer par l’une, des solutions à base de pyrèthre,'à odeur plutôt agréable dont nous
- avons été les premiers à conseiller l’emploi (N° 2597, 12 janvier 1924, page 30).
- M. de Coubert, à La Boisnière. — Dans les conditions que vous exposez, le marbre dê votre toilette est évidemment infiltré par les, goudrons qui souillaient la bouillotte; il faut donc ramener ces goudrons à la surface, en utilisant la capillarité agissant sur un solvant de ces goudrons.
- Nous pensons que vous réussirez à détacher votre marbre, en appliquant sur celui-ci bien sec, une bouillie de plâtre fin et de benzine ou de tétrachlorure de carbone.
- Laisser en contact du jour au lendemain, puis répéter l’opération, jusqu’à ce- que la tache ait disparu. (Ne pas compter sur un effet immédiat qui ne pourrait être que superficiel.)
- Comme encaustique, employer une solution légère de cire blanche dans l’essence de térébenthine.
- M. Guillebaud,à Pantin. — D’une façon générale, on peut, comme expérience de physique amusante, réaliser l’illusion de fabrication instantanée de liqueurs, en mettant au fond du verre quelques parcelles d’une matière colorante artificielle, laquelle, à distance, sera parfaitement invisible, mais si on vient à verser de l’eau dans le récipient, la dissolution se produit instantanément surtout si le produit est en poudre, en donnant une solution dont la couleur rappellera celle de la boisson à imiter. Par exemple, une trace de vésuvine donnera l’aspect de la bière, la chrysoïdine, celui de la chartreuse, le ponceau imitera le vin, etc...
- Bien entendu, il ne peut être question de faire goutter ces préparations aux spectateurs, à moins de faire une substitution, en soumettant à leur dégustation une liqueur véritable que l’on aura adroitement prise à la place de la mixture insipide.
- ÏV. B. — Pour la préparation d’un liquide insecticide, veuillez vous reporter à notre N° 2597 du 12 janvier 1924 et pour celle d’un encaustique au N° 2809 du 15 mai 1929.
- M. Houben, à Andrimont (Belgique). — Il est évident que le glycol industriel est souillé par des impuretés et qu’il convient de le soumettre à une rectification si on veut employer ce glycol pour la confection d’articles de parfumerie. Veuillez demander à la Maison que nous avons indiquée (Etablissements Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure, à Àubervilliers (Seine) si elle ne serait pas, comme nous le pensons, en mesure de vous fournir un produit déjà purifié en vue d’un emploi de ce genre.
- M. de la Boulaye, à Martenet. — Nous ne connaissons pas la composition de la mixture imprégnant les gants dont vous parlez. Pour pouvoir vous fixer, il serait nécessaire de nous en envoyer un spécimen.
- M. Servier, à Orléans. — Nous avons donné dans le N° 2810, page 527, la manière d’imperméabiliser les toiles, sans que l’enduit soit cassant. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Gonaze, à Seysses. — 1° Pour faire disparaître l’odeur de rance que présente votre barrique ayant contenu de l’huile, il faut commencer par saturer l’acidité due à ï‘oxydation en fixant les acides gras libres sous une forme stable; vous réussirez très probablement en introduisant dans le tonneau une bouillie obtenue en délayant environ 100 grammes de magnésie calcinée dans un cinquième de litre de soude caustique à 36° B.
- Roulez à plusieurs reprises de façon que toute la surface interne soit enduite de la mixture et laisser en contact plusieurs jours. Finalement, rincer abondamment.
- -2° Le graphite en poudre vendu sous le nom de mine de plomb peut évidemment être employé dans la confection des mélanges lubrifiants, à la condition qu’il né renferme pas de matières dures susceptibles de rayer les parties frottantes des coussinets, boîtes de vitesse, etc., dont on cherche à assurer le glissement.
- Pour cette raison, il est préférable de faire l’acquisition d’un graphile destiné réellement à cet usage et qui a été, dans ce but, soumis par le fabricant à une épuration spéciale.
- Cercle du Val d’Ajol. — Il est inutile d’ajouter quoi que ce soit au nitrate d’ammoniaque pour en faire un sel réfrigérant-, sa simple dissolution dans son poids d’eau donne un abaissement de température de 16°. (Voir, dans un des précédents numéros, la réponse à M. Régnier à Oued-Béri.)
- Très probablement il s’agit dans votre esprit du mélange suivant qui peut également être employé dans le même but :
- . Chlorhydrate d’ammoniaque pulvérisé. 50 grammes Nitrate de potasse pulvérisé . 50 —
- Eau ordinaire................. ; . . . 160 —
- Le Gérant : G. Masson
- 98.759. — Paris, lmp. Lahure. — 15-2-1930
- p.192 - vue 190/598
-
-
-
- N’ 2828. — /" Mars 1930 Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
- Paraît le i” et le i5 de chaque mois.
- p.n.n. - vue 191/598
-
-
-
- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain. PARIS, VI (R C Seine : tS.234) Tel. Littré 48-92 et 48-93
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n1”), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 nas), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0’), 43 fr.
- Tarif pour l'étranger : Tarif n* l | ^ Aw'
- ........... ( bix MOIS
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an. . Six mois.
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif extérisur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Co-ita-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala. Haïti, Honduras Hongrie. Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d'Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cio, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Pour tout changement d adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à M.YL les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Parts-VP.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.________
- Complet avec plateau • . .................. 690 fl*.
- LE SEUL MOUVEMENT ÉLECTRIQUE PARFAIT
- Moteurs électriques de 1/50 à 1/3, Dynamos, groupes convertisseurs, commutatrices
- GUERNET
- 44» rue du Château-d’Eau, PARIS
- — :— Envoi du catalogue général contre 1 franc en timbres-poste — :—
- AMÉLIORATION DES m'otEURS^USAGÉs"" SUPPRESSION DES REMONTÉES D'HUILE ^
- par la pose facile des _ w
- $E6MEMT$ CONJUGUES
- RUELLON-1,R. Pointe d'Ivry
- i F»/A, R | S XIII* '
- JUST
- COMPRESSION
- FORMIDABLE
- Etablissements V. M. M.
- I /, rue Blainoille, Paris (5‘)
- PHYSIQUE — CHIMIE — VERRERIE MICROTOME GENAT — OCCASIONS
- Catalogue Général l fr. 2g
- ”3 (/> H
- p.n.n. - vue 192/598
-
-
-
- N” 2828.
- LA NATURE
- Ier Mars 1930*
- LES COMBUSTIBLES INDOCHINOIS
- Le gisement de charbon maigre de Nong-Song, en Annam, mis à part, les terrains contenant des combustibles fossiles, actuellement repérés ou mis en exploitation en Indochine, sont localisés dans la partie Nord de la péninsule, au Tonkin
- (fig- 4)- , , ,
- Avant d’entamer l’étude économique de cetté richesse naturelle de notre grande colonie d’Extrême-Orient, il est utile de résumer les connaissances géologiques que nous possédons sur le Tonkin : données stratigraphiques complétées par une synthèse des phénomènes tectoniques, des transgressions et régressions ; nous ajouterons quelques mots sur les roches éruptives.
- Dans la même région, se trouvent des calcschistes dévoniens caractérisés par des Rynchonnella procuboides
- Fig. 1 à 3.
- Quelques aspecls des régions houillères du Tonkin.
- En haut, la région de Nguyen-Binli, province de Cao-Bang. Au milieu, la région de Phong-Tho, province de Lao-Kay. En bas, la baie de Fai-Tsi-Long.
- Les terrains suivants ont été reconnus :
- A. Silurien et dévonien. — Par suite de l’action métamorphisante qui s’est exercée d’une façon constante, quoique plus ou moins énergique selon les lieux, à l’Ouest d’une ligne générale Nord-Sud (Caobang-Hanoï) et au Sud d’une ligne grossièrement Est-Ouest (Caobang-Ha-giang), ces terrains sont peu fossilifères.
- Grâce aux rares fossiles qui ont pu cependant être repérés, les genres et espèces suivants ont été distingués :
- Dans la région centrale du ITaut-Tonkin (That-Khé, Phobinh-gia), les schistes argilés recèlent, à l’état d’empreintes ou de moules, des trilobites, brachiopodes, lamellibranches, polypiers, bryozoaires.
- et des Altripa desquaniata. A travers le silurien ou le dévonien, perce, sous forme d’un massif relativement important, le microgranite dont les couches accusent une direction Nord-Nord-Est. ’
- p.193 - vue 193/598
-
-
-
- 194
- CHINE
- TUYEN-WANG'
- PHN-ME
- 10NG-TRIEU
- VJ \ H^HofcW
- H ^ANTHRACITES.^
- \ V, f rOU T0NK1N ^
- ANNANÎ'-K-.^ pRu^ho-çUAN ^
- L v lAs^ ^ V
- LAOS
- Fig. 4. — Les gîtes de combustibles du Torikin.
- Les terrains métamorphisés constituent dans cette partie du Haut-Tonkin une auréole de granités (Rham-Jame et Phiâ Bioc). Ces dernières roches atteignent 1500 m. : les microgranites vont jusqu’à 1200 m.
- Dans la région nord du Haut-Tonkin et dans le bassin de la Rivière Claire (Caobang, Yen Minh, Baolac, Malipo, Hagiang, Luc-An-Chan, Tuyen Quang), les mêmes terrains schisteux et schisto-gréseux se rencontrent, recelant les mêmes fossiles que ceux de la région centrale. Certains schistes y sont quelquefois entremêlés de calcaires, ce qui ne signifie nullement qu’ils sont d’âge carbonifère, car, dans toute cette région, le faciès calcaire tout à fait dominant est partout en relation intime avec les schistes d’âge dévonien.
- Enfin, entre Dong-Du et Bao-Kan, dans les micaschistes qui forment la bordure orientale des terrains cristallins, il convient de noter l’abondance du graphite.
- Dans la région du Fleuve Rouge et de la Rivière Noire (Pak-Ha, Phong-Ho, Lao-Kay, Yen-Baq, Yiè-tri, Van-Hien, Iianoï), nous distinguerons trois zones :
- a) Zone comprise entre le Sonq-Chaq et le Fleuve Rouge. Elle est relativement peu métamorphisée et contient, à sa partie supérieure, des calcaires puissants dont l’altitude maximum est de 1800 à 2000 m.
- Il y existe aussi des schistes cristallins : gneiss micacés amphiboliques et granitifères, micaschistes. Le graphite n’y est pas rare.
- b) Zone comprise entre lë Fleuve Rouge et la Rivière
- Fig, 5. — Coupe géologique de Kêbao à Ilaïphong (colline de l’Eléphant).
- Kébao
- Niveau delà
- Légende
- \Antécarbonifère WÜBàm I avec alluvions, HHSo
- Noire. Elle comporte des bandes alternatives de granités, schistes cristallins et des sédiments ordinaires.
- Les schistes comprennent du gneiss chargé en magné-tite (fer), des micaschistes, et des calcaires à minéraux.
- Un coin de cette région, près de Lao-Kay, a subi une intense action métamorphique : il en est résulté, à Muong-Hin, les célèbres pics aigus de granités, connus sous le nom d’ « Aiguilles », qui dépassent 3000 m et se profilent si étrangement sur le ciel.
- c) Zone du Tam-Dao et du Ba-Vi, près de Hanoï. Tout près de Hanoï, dominant le delta du Fleuve Rouge, deux formidables témoins, qui ont résisté au travail de nivellement des siècles, se dressent à plus de 1000 m : les monts Ba-Vi et Tam-Dao.
- Le premier est constitué par des amphibolites, quartzites, ; schistes satinés et calcschistes micacés ; les roches éruptives y sont abondantes.
- Le second, ou'le . Protectorat français a installé une magnifique station " d’altitude, comporte des schistes cristallins : gneiss, micaschistes, quartz.
- Dans la région du littoral au sud de Hanoï (Hanoï, Nam-Dinh, Phu-Nho-Quan, Thanh-Hoa), les schistes cristallins font place à une formation calcaire, constituée par des calcaires épais, noirs, marbroïdes, avec intercalations de schistes violets ou verts ayant subi l’influence métamorphisante. Quelques gneiss, au contact desquels le calcaire devient granitifère, ont été repérés, ainsi qu’un amas de graphite au Cap Chiao, près de Thanh-Hoa.
- Dans la région du littoral à l’Est de Hanoï, enfin, se rencontrent deux sortes de terrains :
- Les grès, appelés grès de Do-Son, du nom de la coquette plage estivale tonkinoise organisée dans la presqu’île du même nom, sont légèrement quartziteux et rougeâtres, avec de rares bancs intercalés de marnes vertes; ils se présentent sous forme de couches horizontales. Il s’en rencontre également dans les îles des baies d’Along et de Fai-tsi-long.
- Les terrains anciens, dits terrains de Moncay, parce qu’ils recouvrent la plus grande partie du territoire militaire frontière de Moncay, comportent des schistes, avec intercalation de quartzites et poudingues, des poudingues rouges à gros éléments de quartz blancs, des schistes bruns avec bancs de quartz rouges et verts, et enfin des schistes satinés et des micaschistes.
- B. Carbonifère supérieur et Permien inférieur.
- - Ils constituent un ensemble puissant de calcaires massifs qui reposent, en très nette discordance, sur les terrains siluriens et dévoniens.
- La base de cette formation, représentée par un calcaire noir, bien lité, avec des bancs de silex, se rattache à l’âge ouralien. On y trouve des Spirifer mosquensis, des polypiers et des fusulines.
- Au-dessus, se trouve le permien inférieur, représenté par du calcaire blanc, à cassures spathiques contenant des Productus, Spirifer, Spirigerella et Doliolina.
- Stratigraphiquement, ces calcaires paraissent en étroite association avec ceux qui ont été reconnus au Yunnan, en Chine.
- Ils occupent deux aires d’extension :
- p.194 - vue 194/598
-
-
-
- 195
- a) Région comprise entre Hai-phong et Kébao (baies d’Along et Fai-tsi-long), d’âge ouralien.
- b) Région de Pho-binh-Sia, Langson, Caobang, Baolac où se rencontrent à la fois les calcaires gris-noir et blanc, formant autour du terrain silurien-dévonien une auréole comportant deux grandes bandes : le massif de Bac-Son que suit la voie ferrée Hanoï-Langson (N.-E.) et une seconde bande perpendiculaire à la précédente (N.-O.). Ces deux lignes se croisent à Langson.
- C. Trias. — Il repose transgressivement sur le calcaire ouralien permien et les schistes siluriens-dévoniens.
- On l’a repéré dans la région de Langson, où il se présente sous l’aspect schisto-gréseux et calcaire; parmi les fossiles reconnus, citons les Ndrites, Danubites, Hima-layanus, brachiopodes et lamellibranches. On le signale également à Pho-binh-Giâ et Moncay.
- D. Rhétien-houiüer. — Il se présente sous la forme d’une grande bande voisine du littoral, qui s’étend de Sept Pagodes, à l’Ouest, jusqu’à l’île de Ké-bao, à l’Est. Aux deux extrémités de cette branche, il disparaît sous le grès rouge rhétien, mais au Nord, comme au Sud, les terrains qui le limitent sont variés : poudingues à galets de quartz hlanc, calcaires carbonifères.
- Ce terrain est une formation essentiellement détritique, composée de grès et de poudingues, avec intercalations schisteuses de plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur, contenant les couches de charbon. L’allure des strates est la suivante :
- A Doug-Trien, elles forment un grand plan anticlinal, dont le flanc Sud butte aux grès de Do-Son et aux calcaires carbonifères, tandis que le flanc Nord plonge doucement sous le grès rouge.
- A Hongay, les couches, assez ondulées, ont une direction générale N.-N.-O. ou N.-S., qui coupe en biseau la ligne de séparation du carbonifère et du rhétien.
- A Kébao, la direction des couches est N.-N.-E. ou N.-E., formant un plan anticlinal dont le flanc plonge au Nord sous le grès rouge et butte au Sud contre le calcaire carbonifère.
- Un lambeau de rhétien-houiller se retrouve à Ben-Mo, près de Cho-Bo, sur les bords de la Rivière Noire; il est plus schisteux que celui du littoral, et, fait singulier, est entouré et dominé par des escarpements de calcaires paléozoïques.
- Il existe aussi, à Ninh-Binh, une formation réthienne recélant du charbon gras (gisements de Chi-Né, Phu-Nho-Quan).
- Du charbon gras se trouve également dans les environs de Thai-Nguyen, au nord du Fleuve Rouge (bassin de Phan-Mé).
- Une série de petits bassins donnent des lignites ; le principal est celui de Tuyen-Quang, sur la Rivière Claire; puis viennent les gisements de Cao-Bang, dans la région nord-est du Tonkin, celui du Port Courbet, près de Ilongay et celui de Dong-Giao dans la partie sud du Tonkin, province de Ninh-Binh, à la frontière de F Annam.
- E. Rhétien gréseux. — Il s’étend transgressivement au delà du Rhétien sur les terrains anciens de Moncay, ceux de Thai-Nguyen, sur le calcaire permien de Bac-Son
- 20.000.000
- .513.000,00
- 15.000.000
- ^.385.000,00
- 'il .175 non,
- 10.000.000
- Fig. 6. — Valeur comparée en piaslrcs indochinoiscs, de la production minière lolalc, des combuslibles, du zinc cl de l’élain.
- et le trias de Langson. Les fossiles recueillis sont des posidonies et des empreintes de plantes qui paraissent
- Fig. 7. — Production lolale des anthracites et houilles maigres, indique, la proportion des menus el criblés.
- (0
- iu
- 5
- O
- £ 1.000.000
- K
- •lu
- § 900.000
- 10
- ^ 800.000 2:
- K 700.000
- 600.000
- 500.000
- 4-00.000
- 300.000
- / / / / / s sf.00I.433 / / / / s s s / î. 170.570 1.303.571 1A40.297 , / / / / / / / /. • 1346.632
- 893.736
- /
- 816.896 /
- é763 36b-
- /* %2.300
- /' y
- y
- 615.000 sbR.zeu
- A3Z.67i
- *93.268
- *28.200
- 386.000
- Production
- totale
- Menu et tout venant
- Criblé ou calibré
- 1926 1927
- p.195 - vue 195/598
-
-
-
- 196
- Courbe delà production des . anthracites
- 1.530.000
- 1.303.571
- 1.300.000
- 1.246.632
- 1.200.000
- 1.100.1
- 1.000.000
- Société des charbonnages du Ton kin
- 1.029.000
- 910.000
- 900.000
- 659.000
- 355.000
- 800.000
- 793.000
- (/) 700.000
- 500.000
- Les autres
- — sociétés
- ' Uj 400.0Û0
- 300.000
- Sociétés :
- i,Anthracites du Tonkin
- Charbonnages
- Uj 200.000
- ^ 100.000
- de Dong trieu
- Fig. 8. — Production totale des anthracites et part revenant à chaque société.
- appartenir à la flore rhétienne. Il comporte des couches défectueuses de charbon à Tien-Yen, près de Moncay et Thaï-Nguyen.
- F. Tertiaire.—-Il est représenté par les bassins lacustres échelonnés entre le Fleuve Rouge et le Song-Chây, les bassins de Thanh-Nhûan, près de Ninh-Binh, de Hoanh-bo à Hongay et les trois petits bassins de Loc-Binh, That-Khé et Cao-Bang, orientés en direction N.-N.-O. Ils sont formés de dépôts de schistes gréseùx avec couches ou lentilles de lignite.
- G. Quaternaire et actuel. — Il est constitué par des terrasses alluvionnaires élevées de 10 à 40 m au-dessus du fond actuel des rivières. La généralité remarquable de ce phénomène peut être expliquée par une variation assez brusque du niveau de la mer à une époque géologique rapprochée de la nôtre.
- TECTONIQUE DU TONKIN
- Basés sur les données qui précèdent, les phénomènes tectoniques, les transgressions et les régressions peuvent être résumés comme suit, dans l’ordre chronologique :
- D’abord se produisit une période de grands plissements hercyniens, affectant exclusivement les terrains siluriens-dévoniens.
- Puis vint une période calme, pendant laquelle sc déposèrent les calcaires ouralien et permien.
- Une période d’émersion, à l’époque permienne, lui succéda.
- Alors survint une période de transgression, à
- l’époque triasique, suivie d’une régression à l’époque rhétienne, à laquelle nous devons les terrains houillers; puis intervint une nouvelle transgression (grès rouges rhétiens), suivie d’une régression définitive.
- Enfin, comme contre-coup de grands plissements qui se produisaient ailleurs (époque himalayenne ?) survint une période de dislocations.
- Une nouvelle et dernière série de plissements à l’époque pliocène laboura une dernière fois le Tonkin.
- Les roches éruptives peuvent être classées en trois grandes divisions :
- a) Granités et roches en filon s’y rattachant.
- On les rencontre dans toutes les régions métamorphiques.
- Aux « Aiguilles », dont nous avons parlé, se trouvent des granités alcalins, très voisins des syénites, avec association cl’aplites et de microgranites ; ils sont quelquefois laminés.
- On trouve de simples granités à mica noir. Tous ces granités paraissent être d’âge antérhétien.
- b) Microgranites et microgabbros, avec rattachement de roches en filons.
- De Yen-Minh à Moncay (sur plus de 400 km de développement) on rencontre ces roches. Il semble bien qu’il n’y a pas eu pour elles de coulée superficielle, mais pénétration de la roche éruptive par injection à travers les schistes triasiques ou les strates calcaires. Leur épaisseur peut varier de quelques mètres à 1 km, et il est à supposer qu’il y eut là phénomène de laccolite, c’est-à-dire intrusion de la roche éruptive dans les terrains sédimentaires et soulèvement général de la couverture de ces terrains sédimentaires.
- Ces roches éruptives comportent des porphyres avec gros cristaux de feldspath ou de pyroxène.
- c) Enfin, des roches diverses : roches vertes très peu homogènes constituées par des gabbros à olivine, microgabbros et roches ouralisées ; elles se présentent en amas, en filons ou coulées interstratifiées, dans le bassin de la Rivière Noire et aussi, quoique plus rares, dans celui du Fleuve Rouge.
- LES COMBUSTIBLES DU TONKIN
- Ce sont, nous l’avons vu, des anthracites ou charbons maigres, des charbons gras et mi-gras, des lignites, auxquels il faut ajouter, pour avoir une idée complète des combustibles qu’offre l’Indochine, les agglomérés qui sont fabriqués de plus en plus.
- Nous étudierons successivement ces quatres catégories de productions.
- Anthracites ou charbons maigres. — Ce sont des charbons contenant de 3 à 10 pour 100 de matières volatiles. En 1927, la valeur de leur production a représenté plus de 60 pour 100 de la valeur totale de la production minière indochinoise. Elle constitue incontestablement la catégorie de mine la plus importante.
- Toute la production est concentrée dans le bassin houiller continu qui s’étend de Dong-Trieu à Kébao, passant par Hongay. Elle est en progrès constants; un peu fléchissante en 1926, par suite des conditions monétaires (change), défavorables à la colonie; elle s’est,
- p.196 - vue 196/598
-
-
-
- 197
- en 1927, relevée à un taux qu’elle n’avait jamais atteint (Voir fig. 7).
- En 1927, le mouvement général de l’anthracite et des charbons maigres a été le suivant :
- Production. Importation.
- 1.440.297 tonnes métriques néant
- 1.440.297
- Exportation........... 960.967
- Consommation locale. . . 514.917
- Total.
- 1.475.884
- La différence entre le total des exportations et de la consommation locale et le chiffre de la production, soit 35 587 tonnes, provient de l’appel qui fut fait aux stocks de réserve. On voit que, en grossies deux tiers des charbons maigres sont exportés, l’autre tiers étant absorbé par la consommation locale.
- La plus grande partie de cette dernière, les 4/5, a lieu au Tonkin, où l’hiver dure trois à quatre mois, l’autre cinquième est brûlé en Cochinchine.
- La production se décompose en : charbon criblé et calibré, menu et tout-venant; la proportion de criblé ou calibré est peu variable (elle oscille entre 36 et 39 pour 100 de la production totale).
- Une très forte proportion de ce charbon est exportée; cette exportation, pour l’année 1927, a représenté les deux tiers de la production minière totale, soit 960967 tonnes ; depuis deux ans, ce mouvement prend une amplitude très favorable pour la balance commerciale de l’Union. Le client le plus important est la Chine (non compris Hongkong), qui absorbe plus de la moitié de l’exportation; vient ensuite le Japon, pour plus du tiers
- Fig. 9 et 10. — En haut, : transport du charbon par wagonnets aux mines de Dong-Trien.
- En bas : les gradins d’exploitation aux mines de Hongag.
- de. l’exportation totale. Les autres pays sont : la France et ses colonies, les îles Philippines, le Siam et l’Inde anglaise. La France achète de moins en moins de charbon à l’Indochine : 11.553 tonnes en 1927, en diminution de 5 581 tonnes par rapport à l’année 1926, qui avait, elle-même, accusé un fléchissement de 5660 tonnes.
- L’Indochine n’importe pas de charbons maigres.
- Les prix de vente sont assez variables; la valeur des anthracites est assez stable, avec une légère tendance à la hausse pour les produits classés et à la baisse pour les menus.
- Charbons gras ou mi-gras :
- On nomme ainsi, en Indochine, les charbons qui contiennent de 10 à 25 pour 100 de matières volatiles. Cette catégorie représente environ 3 pour 100 de la production totale de combustible de l’Union. L’attention est cependant plus que jamais portée sur elle, en raison de la rareté relative de ses gisements et aussi de l’abondance des anthracites.
- La production a lieu, nous l’avons vu, dans les deux bassins situés de part et d’autre du Fleuve Rouge, à Phan-Mé et à Thaï-Nguyen. Elle avait baissé très notablement de 1924 à 1926, de 60745 à 38089 tonnes; elle est demeurée stationnaire, dans l’ensemble, en 1927, mais tout porte à croire qu’elle augmentera désormais.
- La situation de la colonie à l’égard de ce combustible est, jusqu’à présent, défavorable : exportations nulles, importations qui ne sont pas négligeables. Son principal fournisseur est le Japon (26000 tonnes), les Indes Néerlandaises (17000 tonnes) venant en deuxième position.
- Les prix, assez stables, ont oscillé de 1925 à 1927 entre
- 12 et 15 piastres par tonne métrique.
- Lignite. — La production qui semble devoir s’accroître, en raison du débouché assuré qu’est la colonie pour ce combustible, s’est élevée en 1927 à 7151 tonnes.
- La courbe de l’extraction présente une tendance générale à l’augmentation; tout fait présager qu’elle sera notable.
- Le principal bassin de lignite est situé, nous l’avons dit. à Tuyen-Quang; il s’en
- p.197 - vue 197/598
-
-
-
- 198
- trouve aussi à Cao-Bang (région Nord-Est du Tonkin), au Port Courbet, près de Hongay, et à la frontière du Tonkin et de l’Annam, à Dong-Giao, dans la province de Ninh-Binh. Certains petits bassins sont abandonnés, à Yen-Bay, Thanh-Ba, sur les bords du Fleuve Rouge; leur dernière exploitation remonte à 1923; cet abandon n’est peut-être pas définitif.
- Les produits classés de ce combustible se vendent aux environs de 13 # 00 la tonne; le menu vaut 8 $ 00; il n’en est fait aucune exportation.
- Agglomérés. — Leur fabrication constitue une très importante branche de la production de combustibles tonkinois ; leur valeur a approché le chiffre de 1 900 000$00 pour l’année 1927; elle se place donc entre l’anthracite et le zinc.
- Depuis cinq années, cette fabrication n’a pas cessé de croître. Ces agglomérés comprennent des briquettes (114 170 tonnes en 1927). et des boulets (5585 tonnes la même année).
- Fig. Il et 12. — En haut : ravitaillement en charbon des bateaux aux mines de Hongay.
- En bas : le village indigène et le quai d'embarquement du charbon aux mines de Hongay,
- En 1926, un essai de production de coke (2565 tonnes) fut pratiqué, mais n’a pas été poursuivi.
- L’exportation absorbe presque la moitié de la fabrication; ces ventes se répartissent entre les principaux clients de l’Union; ici, encore, la Chine occupe le premier rang; la France, par les achats faits pour ses navires exploitant les lignes d’Extrême-Orient (3 lignes pour les Messageries Maritimes; une et quelquefois deux pour les Chargeurs Réunis), occupe une place relativement importante parmi les clients de l’Indochine.
- Il n’existe pas d’importations d’agglomérés, et, bien que la consommation locale augmente selon un rythme analogue aux exportations, on peut affirmer que les industries de la colonie verront leur fabrication grandir
- au fur et à mesure de l’accroissement des demandes extérieures ou intérieures.
- Le prix de vente des agglomérés a oscillé entre 16 et 18 piastres.
- Le marché du charbon dans le Pacifique. — Avant de dire quelques mots sur les diverses sociétés minières qui exploitent les gisements des différents combustibles dont nous venons de parler, il est utile de situer la production indochinoise dans le marché d’Extrême-Orient.
- La production totale dans le Pacifique (non compris l’Australie et l’Amérique du Nord) est le double de celle de la France métropolitaine, et de l’ordre de 90 millions de tonnes. L’Indochine entre dans ce total pour un très
- modeste pourcentage : 1,7 pour 100 environ. Le principal producteur est le Japon qui, à lui seul, extrait environ le tiers du total; les Indes anglaises et la Chine représentent chacune environ le cinquième de l’extraction totale.
- En présence de ces chiffres, il ne faut pas oublier que l'industrie charbonnière indo-chinoise entre à peine, sauf pour une seule entreprise déjà bien assise et assurée d’ailleurs d’un brillant développement (Les Charbonnages du Tonkin), dans la période d’exploitation.
- Il est un fait capital, en tous cas, qu’il ne faut pas perdre de vue, lorsqu’on examine les conditions du marché du charbon en Extrême-Orient, c’est que notre belle colonie est le pays le plus franchement exportateur de cette région du globe.
- L’examen pour chaque pays producteur de la différence entre les exportations et les importations de charbon c’est-à-dire des « exportations réelles », montre que notre France d’Asie arrive bonne première exportatrice.
- En résumé, l’Indochine se classe déjà parmi les grands pays producteurs de charbon en Extrême-Orient.
- Sans que Ton puisse comparer en quantité ses gisements ceux de la Chine (pour lesquels on a risqué des évaluations traduites par des chiffres astronomiques), mais qui se débattra longtemps encore dans une anarchie peu favorable à une exploitation rationnelle de ses richesses minières, notre colonie a l’avantage très important de produire des anthracites qui font d’elle une sorte de région de Cardiff sur les bords du Pacifique et complètent opportunément les charbons gras japonais.
- Le marché indochinois du charbon est caractérisé par un développement rapide des besoins locaux, une exportation ascendante et des gîtes aux réserves immenses.
- p.198 - vue 198/598
-
-
-
- On peut dire, avec fierté, que ce n’est pas un des moindres fleurons de la couronne coloniale de la France d’avoir assuré à cette partie de son Empire la paix féconde qui a permis la mise en valeur rapide des gisements de combustibles tonkinois.
- Les exploitants
- Le graphique delafig. 8 mieux que les plus longues notices permettra au lecteur d’établir un classement par ordre d’importance des sociétés qui extraient les combustibles fossiles indochinois.
- La Société des Charbonnages du Tonkin produit, à elle seule, plus des deux tiers de l’extraction totale; elle a extrait 1 029 000 tonnes en 1927, alors que
- =": —- =' = 199 =
- toutes les sociétés secondaires réunies atteignaient seulement le chiffre de 411 297 tonnes.
- Le capital initial des Charbonnages du Tonkin a été largement rémunéré : émises à 500 francs, les actions valent aujourd’hui (26 janvier 1929) : 14 500 francs.
- Ce résultat fait bien augurer de l’avenir de toutes les valeurs indochinoises de charbon, en général.
- J. Rouan,
- Administrateur de l’Indochine. BlBLrOGRAPHIE :
- Bulletin Economique de l’Indochine. — Note sur la Géologie de l’Indochine : H. Lantenois. — Contribution à l’êtudegéologique du Tonkin : Capitaine Zeil. — Etude sur le bassin houiller du Tonkin : Sarraut. — Elude sur VIndochine Française*: G. Dupouy.
- COMMENT SE PEUT CONCEVOIR L’UNIVERS?
- Notre grand Pascal l’avait admirablement exprimé. Nous sommes suspendus entre deux infinis : l’infiniment grand et l’infiniment petit. Mais ce qu’au xviL siècle Pascal ne pouvait pas savoir, c’était à quel point le génie humain étendrait ce domaine de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.
- I. — MICROCOSME
- Démocrite, Epicure et Lucrèce avaient déjà, par une géniale intuition, compris que la matière est composée de molécules prodigieusement petites, indivisibles, élémentaires. Puis, avec Lavoisier, avec Dalton, la science a pu établir que ces atomes, éléments de la matière, sont différents et qu’ils ont un poids variable suivant l’espèce de l’atome. On a vu qu’ils avaient une valence variable : de 1, 2, 3, 4, 5. On a même constaté qu’ils s’organisent dans l’espace pour former des arrangements stéréochimiques. Et, certes, toute cette œuvre de la chimie, fdle de Lavoisier, est très belle.
- Mais récemment on a été beaucoup plus loin. Grâce à Boltzmann, Planck, Rutherford, Perrin, Bohr, Lodge, grâce à bien d’autres savants encore qui ont tous apporté leur pierre à l’édifice, nous savons maintenant quel microcosme extraordinaire est l’atome. L’atome, si petit qu’il soit, est un véritable univers, mais un univers d’une petitesse invraisemblable, puisqu’il est en grammes de l’ordre de 10- 3. C’est donc très peu de chose.
- Mais ce peu de chose est terriblement compliqué. C’est, comme un monde solaire en miniature : un proton central autour duquel gravitent des électrons en nombre variable, en vitesse variable, séparés du proton par une distance trois mille fois plus grande que le diamètre de ce minuscule proton. Ainst chaque atome est un monde complexe avec des mouve-rnenis, des masses, des énergies qui ont pu être déterminés.
- Et dans ce monde en miniature, qui contient des milliards de milliards d’éléments par millième de milligramme, il y a encore des magnétons et des photons, forces énigmatiques que les physiciens étudient avec ardeur.
- Que d’ici à une cinquantaine d’années nos théories sur les électrons, les protons, les magnétons, les photons, les ions restent encore debout, inchangées, j’en doute véhémentement, mais ce qui est certain, c’est qu’on ne donnera pas à
- l’atome une étendue et un poids plus considérables. Peut-être trouvera-t-on que le proton lui-même est composé de granulations plus petites ; peut-être trouvera-t-on d’autres modalités de son énergie ! Mais d’ores et déjà nous pouvons affirmer que la matière est discontinue, constituée par des éléments dont la petitesse et surtout la complexité dépassent nos conceptions les plus audacieuses.
- II. — MÉGACOSME
- Le mégacosme s’étend certainement plus loin dans le grand que le microcosme ne s’étend dans le petit car les recherches merveilleuses des physiciens-chimistes semblent (provisoirement) prouver que le proton est l’unité-limite. Ce n’est donc pas l’infiniment petit : c’est Vextrêmement petit.
- Donc probablement, nous pouvons regarder le proton comme une unité qui n’est pas sécable. De sorte que le microcosme a une limite, très lointaine assurément, mais une limite pourtant, alors què le mégacosme n’en a vraisemblablement pas (').
- Le mégacosme est réellement l’infini. Les belles observations des astronomes américains ont établi que, par delà les étoiles visibles, par delà les astres qu’une ordinaire photographie nous révèle, il existe d’autres mondes prodigieux. Avec son grand télescope du mont Wilson, des plaques ultrasensibles, et des poses prolongées, M. Ritchie a obtenu des photographies de nébuleuses en spirales, en tourbillons. Ces images (est-il permis de le dire?) confirment ainsi l’idée prophétique et géniale de Descartes sur la formation tourbillonnaire de la matière.
- Ces nébuleuses dont « VIllustration » nous a donné récemment les stupéfiantes photographies, sont autant de voies lactées, c’est-à-dire qu’elles sont constituées par des gaz luminescents et des milliers d’étoiles, disposées en groupes spira-loïdes. Elles brillent à des distances invraisemblables de notre infime globe terrestre, distances qu’on peut évaluer à un milliard d’années-lumière (! ! !).
- Il est donc de nombreuses voies lactées dans l’univers. La Terre n’est qu’un point dans le monde solaire. Le monde solaire
- 1. Einstein cependant le considère comme limité.
- p.199 - vue 199/598
-
-
-
- = 200 -:............... ...................—.......=
- n’est qu’un point dans notre voie lactée. Notre voie lactée n’est qu’un point dans l’univers.
- Comment ne pas supposer que, derrière ces voies lactées, invisibles à l’œil nu, innombrables, incommensurables, il y en a d’autres et d’autres encore ?
- Grâce à son merveilleux télescope, M. Ritchie a pu constater aussi un fait extraordinaire, c’est que dans ces nébuleuses lointaines, on voit souvent (à peu près une fois par mois, dit-il) apparaître des Novae, c’est-à-dire des étoiles nouvelles, se mettant soudain à briller d’un vif éclat. L’apparition d’une Nova révèle sans doute un cataclysme fulgurant, immense, inouï, et il faut supposer cette énorme explosion pour que, tout d’un coup, à cette formidable distance, vienne luire un astre qui dégage une lumière soudaine.
- Ainsi le ciel, qui nous paraît si paisible, d’une implacable sérénité, est le théâtre de catastrophes lointaines, fréquentes, qui ne nous atteignent pas, malgré leur immense intensité, parce que les distances sont plus immenses encore. Tout se passe, si nous prenons une comparaison baroque — dont je m’excuse — comme si dans l’immense Océan Pacifique, tous les mois apparaissait quelque part un petit feu follet. Et certes une Nova dans l’univers, c’est cent mille millions de milliards de fois moins qu’un feu follet dans le Pacifique. Pourtant l’Océan Pacifique ne sera pas troublé par ce feu follet. A plus forte raison l’harmonie des mondes ne va pas être dérangée par cette apparition d’une Nova.
- III. — BIOCOSME
- Nous sommes donc suspendus entre le mégacosme et le microcosme. Au point de vue scientifique, comme au point de vue philosophique, c’est extrêmement intéressant. Mais au point de vue pragmatique, dans le sens que l’illustre William James donnait à ce mot, ni les petits mondes des atomes, ni les grands mondes des nébuleuses n’entrent dans notre mentalité ni dans notre existence.
- La force du soleil qui met 8 minutes (300 000 kilomètres par seconde) pour venir jusqu’à nous est évidemment la source de toute vie. Mais quant au monde stellaire, — l’étoile la plus proche, la Proxima Centauri, est à 3 ans 1/2 d’années-ldmière;
- — on peut supposer que vraisemblablement il n’exerce aucune autre action sur nous que la lumière qu’il nous envoie.
- Et quant au microcosme, les balances les plus sensibles révèlent à peine un centième de milligramme — et encore ! Les forces électriques, chimiques, mécaniques, qui impressionnent nos sens, ne dépassent guère cette limite.
- Il y a donc entre le mégacosme et le microcosme un monde intermédiaire, monde qui est le nôtre, celui de notre digestion, de notre embryogénie, de notre pensée et de nos espérances, monde dans lequel nous évoluons, et que j’appellerais volontiers le biocosme,' monde perceptible à nos sens et accessible à nos appareils de physique. La plus petite parcelle de matière qui agit sur nous contient des milliards d’atomes.
- Nous vivons dans le biocosme sans avoir à nous soucier de l’infiniment grand du mégacosme, et de l’infiniment petit du microcosme. Les protons sont trop petits pour nous; les nébuleuses spirales sont trop loin.
- J’avouerai cependant qu’en regardant un seul atome comme inactif sur nous, en admettant que les étoiles et les nébuleuses ne modifient pas notre existence, je fais une double hypothèse. Qui sait ? Mais en attendant, pratiquement, pragmatiquement, nous vivons dans le biocosme.
- IV. — CRYPTOCOSME
- Si je ne craignais les néologismes, je dirais queoutre ces grands et ces petits mondes matériels, plus ou moins abordables
- par le raisonnement, par l’observation, par l’expérience, il faut admettre un autre monde encore, inconnu et mystérieux, multiple, vaste, complexe, dont nous ne pouvons rien savoir, sinon qu’il doit exister. Volontiers je l’appellerais le crypto-cosme, c’est-à-dire le monde inconnu.
- Je dis que ce monde inconnu existe. Car de deux choses l’une : ou nous connaissons toutes les forces de la Nature : ou nous ne les connaissons pas toutes. C’est un dilemme auquel il est impossible de se soustraire.
- Eh bien ! la première hypothèse, à savoir que nous connaissons toutes les forces de la Nature, est tellement inepte qu’il suffit de l’énoncer pour en apercevoir la monstrueuse absurdité. Qu’avec nos cinq misérables sens, notre intelligence imparfaite, nos grossiers appareils défectueux, nous ayons classé, étiqueté, enregistré toutes les forces de l’Univers immense et toutes les modalités de toutes les forces, c’est absolument inadmissible.
- Et même certaines expériences (ce que j’ai appelé le sixième sens) semblent bien établir que des forces inconnues et mystérieuses (oh ! combien !) vibrent autour de nous. Il y a certainement d’autres mondes que le monde de la matière soit microcosmique, soit mégacosmique.
- Et puis, il y a le temps, le temps infini, aussi bien en arrière qu’en avant de nous. Que pouvons-nous savoir des choses de ce monstrueux passé et de ce monstrueux avenir ? N’est-ce pas un abîme de cryptocosmes ? Le mégacosme et le microcosme d’aujourd’hui sont en évolution perpétuelle. Rien ne nous autorise à penser qu’ils ont existé tels qu’ils sont, et qu’ils continueront toujours, dans l’immensité des temps, à exister identiques.
- V. — CONCLUSION
- Mais de fait, que nous importe ? Nous vivons à un certain moment de l’Univers. Son monstrueux passé et son monstrueux avenir ne nous touchent pas. Les nébuleuses spirales n’émeuvent pas notre sensibilité, ne dirigent pas notre morale. Et quant aux protons, il en faut des milliards et des milliards pour produire quelque action appréciable. Il faut donc en revenir au biocosme, c’est-à-dire au monde perceptible, limité dans l’espace et dans le temps, qui nous entoure, et dans lequel nous poursuivons pendant un rapide éclair le cours de notre fragile vie
- Vraiment non ! il s’agit pour nous de respirer de l’oxygène, de guérir une colique, de mettre son patelot quand il fait froid, de cultiver son jardin, sans avoir à se préoccuper du mégacosme, du microcosme et surtout du cryptocosme. Nous évoluons dans le petit monde du biocosme, qui convient à notre modeste intelligence, à notre humble corps et à notre petite planète.
- Mais il est du devoir des savants d’aller plus loin que le vulgaire.
- Notre ignorance est profonde. Pourtant ne désespérons pas. La science est bien jeune encore ! Elle est au hégayement de sa première enfance, puisqu’elle a quatre cents ans à peine. Il faut donc espérer que la Science de l’avenir ira plus loin et dépassera la connaissance des étroites limites entre lesquelles nous nous agitons.
- Mais, si loin qu’elle aille, cette science adorable et adorée, elle ne pourra jamais atteindre la connaissance de tous les cryptocosmes de l’Univers.
- Charles Richet, Membre de l’Institut.
- p.200 - vue 200/598
-
-
-
- .....:::= LE RUBRÈNE = =
- UNE CONQUÊTE RÉCENTE DE LA CHIMIE FRANÇAISE
- La chimie organique s’enrichit chaque jour de composés nouveaux qui viennent soit s’intercaler dans des séries déjà connues, soit, plus rarement, constituer le point de départ de séries nouvelles. A cet égard, la découverte du rubrène par le regretté Charles Moureu et son éminent collaborateur M. Charles Dufraisse mérite de retenir tout particulièrement l’attention. C’est qu’en effet le rubrène constitue non seulement la tête d’une série organique nouvelle, mais encore il présente des propriétés extrêmement curieuses, d’allures souvent paradoxales, susceptibles d’ouvrir des horizons nouveaux à la physico-chimie, et d’éclairer le mécanisme de phénomènes biologiques extrêmement importants, comme celui du rôle de l’hémoglobine dans les échanges respiratoires.
- Ces recherches ont comporté des opérations chimiques extrêmement longues et délicates. Aussi, Charles Moureu, qui occupa avec tant d’éclat pendant plus de dix ans, au Collège de France, la chaire de Chimie organique illustrée par Marcellin Berthelot, et son collaborateur M. Charles Dufraisse, qui le seconda avec tant d’intelligence et de dévouement, ont-ils dû faire appel à la collaboration de nombreux élèves : MM. Badoche, Berchet, Butler, Dean, Drisch, Endcrlin, Girard, Lotte, Robin, Willemart. Il y a là un exemple fort intéressant et très rare, en France, de ce que peut donner, dans la recherche scientifique la collaboration de nombreux élèves sous une direction ferme, sachant diviser le travail, et coordonner les résultats.
- NATURE ET PRÉPARATION DU RUBRÈNE
- Le rubrène est un carbure d’hydrogène à poids moléculaire élevé, de formule Cl2H2S. M. M. Moureu et Dufraissel’ont obtenu par décomposition de l’éther chlorhydrique du diphénylphé-nyléthinylcarbinol de formule :
- (CTF)2 C Cl — C = C — CTF5
- Cet éther perd les éléments de l’acide chlorhydrique en donnant le dimère correspondant, qui n’est autre que le rubrène :
- 2 (C'TF)'2 C Cl — C = C — CTF=Ci2II28 + 2HC1. PROPRIÉTÉS
- Le rubrène se présente sous forme de cristaux d’un beau rouge orangé, d’où le nom de rubrène que lui ont donné Charles Moureu et Charles Dufraisse, dont les solutions sont roses par transparence et présentent par diffusion une fluorescence de teinte jaune verdâtre. Ces solutions se conservent sans altération dans l’obscurité, ou même à la lumière à condition qu’elles soient en contact avec un gaz inerte les mettant complètement à l’abri de l’air.
- Elles se décomposent au contraire rapidement lorsqu’on les expose à l’action de la lumière en présence de l’air. 11 se forme alors un oxyde de rubrène appelé oxyrubrène répondant à la formule RO2, R désignant d’une manière très abrégée la molécule de rubrène.
- D’ailleurs, l’oxyrubrène possède à son tour la propriété de se dissocier en rubrène et en oxygène lorsqu’on le soumet à l’action de la chaleur ou de la lumière.
- Comme l’écrit M. Charles Dufraisse : « Cette propriété qu’a le rubrène de fournir avec l’oxygène un produit d’addition, l’oxyrubrène, dissociable avec régénération de l’oxygène absorbée est des plus remarquables, nous l’avons appelée « oxydabilité réversible ». Elle serait unique chez les corps organiques, s’il n’en existait pas un autre exemple, mais
- qui se trouve être justement d’importance capitale, celui des pigments respiratoires des animaux, dont l’hémoglobine est le type. »
- ANALOGIES ENTRE LE RUBRÈNE ET L’HÉMOGLOBINE
- On sait que l’hémoglobine contenue dans les globules rouges du sang possède, elle aussi, la curieuse propriété de fixer l’oxygène de l’air en donnant un composé d’addition appelé oxyhémoglobine, qui, ensuite, est susceptible de se décomposer en régénérant l’hémoglobine et donnant de l’oxygène; cet oxygène parvient ainsi en tous les points de l’organisme où il brûle les produits de d’échet en donnant du gaz carbonique et de la vapeur d’eau qui sont éliminés dans la respiration.
- Et l’on peut dire que l’un des caractères les jdus curieux du rubrène est précisément l’analogie que fait apparaître, avec l’hémoglobine, la propriété qu’il a de fixer l’oxygène et de l’abandonner ensuite, c’est-à-dire de former avec lui une combinaison réversible. Il y a quelques années, il eût paru tout à fait chimérique de songer à rapprocher des corps aussi différents que des hydrocarbures comme le rubrène et des protéides comme l’hémoglobine, qui appartiennent, les premiers aux composés organiques habituellement regardés comme les plus simples, et les seconds à des corps extrêmement compliqués, voisins des substances colloïdales dont tant de propriétés restent encore mystérieuses, malgré les innombrables travaux dont elles sont l’objet.
- Cependant, le rapprochement entre le rubrène et l’hémoglobine, du moins en ce qui concerne les phénomènes d’oxydation, peut être poussé assez loin. Ainsi : 1° rubrène et hémoglobine fournissent avec l’oxygène libre un oxyde dissociable; 2° l’oxyrubrène,. comme l’oxy-hémoglobine, est un corps cristallisé dont le spectre d’absorption est, comme celui de l’oxyhémoglobine, fort différent du spectre fourni par le corps initial; 3° l’oxyrubrène, comme l’oxyhémoglobine, possède une tension de dissociation notable (5 millimètres de mercure), dès la température ordinaire; 4° il existe entre le rubrène et l’oxyrubrène un composé d’oxydation intermédiaire, analogue à celui que forme la méthémoglobine entre l’hémoglobine et l’oxyhémoglobine, et appelé pour cette raison méta-rubrène.
- Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait aucune différence entre les propriétés du rubrène et celles de l’hémoglobine, ce qui paraîtrait bien extraordinaire pour des corps de structure chimique aussi dissemblable, mais ces différences peuvent paraître accessoires lorsqu’on les compare au caractère essentiel commun de l’oxydabilité réversible. Ce caractère est particulièrement intéressant pour les chimistes et les biologistes, puisqu’il leur permet, pour essayer de comprendre le mécanisme de l'oxydation réversible, de s’adresser à un corps dont la molécule est relativement simple comme celle du rubrène de poids moléculaire 532, alors que l’hémoglobine, substance d’allure colloïdale extrêmement complexe, possède un poids moléculaire de plusieurs dizaines de mille.
- Ainsi la mystérieuse propriété qu’ont les pigments respiratoires d’enchaîner passagèrement l’oxygène libre ne peut plus être regardée comme liée à la complexité de leur molécule, et on est conduit à rejeter toute théorie tendant à considérer l’oxydabilité réversible de l’hémoglobine comme un phénomène d’adsorption, lié à l’état colloïdal.
- p.201 - vue 201/598
-
-
-
- == 202 : ...............—.......... =
- De plus, alors-que jusqu’ici la plupart des auteurs attribuaient l’oxydabilité réversible de l’hémoglobine à la présence d’un atome de fer dans sa molécule, car on n’avait rencontré cette 'propriété qu’en chimie minérale, la découverte du rubrène, én révélant que les molécules organiques sont susceptibles de s’oxyder réversiblement, permet d’envisager une autre interprétation. « La fonction essentielle de l’hémoglobine, écrit M. Charles Dufraisse, ne peut plus être considérée comnw* nécessairement localisée sur l’atome de fer; elle peut, S4HS doute, appartenir à cet atome, mais elle peut tout aussi bien appartenir à un groupement atomique dont fait partie le fer, comme aussi à un groupement sans fer. Il n’est même pas exclu qu’elle puisse se trouver dans la partie protéinique du pigment, plutôt que dans le groupement prosthétique. »
- LE PSEUDORUBRÈNE
- Sous l’influence des acides forts, le rubrène se transforme instantanément en un isomère appelé le pseudorubrène, qui n’a plus aucune des propriétés caractéristiques du rubrène et d’où il n’a pas été possible jusqu’ici de revenir au rubrène. La production de ce corps, qui apparaît spontanément dans un grand nombre de réactions, complique beaucoup les recherches.
- LES QUESTIONS A RÉSOUDRE
- Malgré les nombreuses données expérimentales rassemblées
- par Charles Moureu et Charles Dufraisse, on ne saurait dire que la question soit épuisée. C’est d’ailleurs le propre des découvertes fécondes de voir s’élargir au fur et à mesure qu’elles progressent le champ ouvert à l’investigation. Dans le cas du rubrène, ce champ est encore bien vaste, mais son exploration est rendue difficile par les propriétés mêmes du rubrène qui tantôt reste complètement rebelle aux agents chimiques les plus actifs, et tantôt se transforme avec une déplorable facilité en son isomère inactif, le pseudo-rubrène, dont l’apparition met un terme à toute nouvelle modification.
- Mais ces difficultés seront certainement passagères et M. Charles Dufraisse, à qui revient la tâche de poursuivre les recherches, pourra résoudre définitivement les problèmes qu’il compte aborder maintenant, parmi lesquels il convient tout particulièrement de citer : la confirmation, par l’analyse et par la synthèse, de la formule de constitution proposée pour le rubrène; la localisation précise des atomes de la molécule sur lesquels porte l’oxydation réversible; la découverte de corps de formule plus simple encore que celle du rubrène qui en posséderaient le groupement caractéristique et en présenteraient les propriétés essentielles; enfin, et surtout l’obtention de dérivés solubles dans l’eau qui ouvriraient la voie à l’expérimentation physiologique.
- A. Boutaric.
- = UN APPAREIL POUR LA PHOTOGRAPHIE =
- DES ÉCLAIRS
- Les photographies des éclairs sont du plus haut intérêt pour l’étude des phénomènes accompagnant les orages, étude aujourd’hui plus que jamais à l’ordre du jour. Le développement des réseaux de transmissions électriques pose, en effet, le problème de la protection des lignes contre les redoutables effets-de la foudre, d’autant plus à craindre que le mécanisme en est encore mal connu. 11 existe de nombreuses photographies
- / \\
- \ i 7
- \
- /////
- d’éclairs; mais le problème que se sont posé les ingénieurs étudiant la foudre n’est pas d’obtenir, par intermittences, une belle photographie. Ils veulent pouvoir enregistrer les images de tout éclair apparaissant, en un point quelconque du ciel. Il faut pour cela un appareil capable d’embrasser tout le ciel ou pour le moins tout l’horizon.
- Depuis quelque temps, les Ingénieurs Electriciens du Gouvernement américain et ceux de plusieurs importantes Sociétés d’Electricité photographient des nuages
- Fig. 1 (à gauche). — Ce que voit l’œil de poisson.
- Fig. 2 (à droite). — Le système de lentilles de Vappareiljrlitl.
- p.202 - vue 202/598
-
-
-
- pour déterminer leur hauteur, leur forme et leur dimension. Ils utilisent à cet effet différents types d’appareils. Nous donnons ci-dessous la description de l’un de ces appareils particulièrement intéressant et dont l’idée première est due à M. R. W. Wood de la «Westinghouse Co ».
- Cette idée lui vint un jour qu’il étudiait la vue particulière que pouvait avoir un poisson regardant de l’eau en l’air.
- On sait qu’un faisceau lumineux tombant sur l’eau presque parallèlement à la surface est réfléchi à un angle de 48,5 degrés de la verticale et qu’un rayon venant sous un angle quelconque entre l’horizon et la verticale se réfracte suivant des angles inférieurs à 48,5 degrés.
- Ainsi le poisson voit à la fois tout le ciel sous un angle d’environ 97 degrés. Comme il regarde plutôt de côté, il se produit une réflexion totale et il peut voir le fond de l’eau, (fig. 1).
- Pour déterminer exactement la manière dont le poisson voit, M. Wood plongea dans un lac et, en regardant au-dessus de lui, il vit nettement à la fois le rivage, un bateau placé sur le côté du lac et le fond du lac du côté du rivage.
- Remplissant d’eau un appareil photographique"^ trou d’épingle, il mit une plaque de verre devant la pellicule pour la protéger contre l’eau et de cette façon il put
- Fig. 4. — Les diverses parties de l'appareil.
- 203
- Fig. 3. — L'appareil photographique à très grand champ, dénommé œil de poisson.
- (Dirigé vers le zénith, cet appareil photographie la demi-sphère céleste. )
- ron 90°. C est un système de lentilles de grande surface donnant une projection sur le film D.
- B est l’emplacement réservé à un filtre à coloré, car il est difficile de rendre achromatique un système de lentilles devant embraser tout le ciel.
- Avec ce genre de projection, la photographie d’un cercle apparaît sous la forme d’une ellipse vers l’extrémité du film, l’un des diamètres restant toujours constant, tandis que l’autre s’allonge. On obtient donc sur le négatif une image anamorphosée.
- prendre des photographies « ,à l’œil de poisson », comme il les dénomma.
- Son appareil «à œil de poisson » était ingénieux, mais il présentait deux inconvénients : il produisait une gra nde déformation et il était difficile à manier. C’est alors que MM. Bord et Hill eurent l’idée de fabriquer des lentilles sphériques pour faire ce genre de photographies. Après de nombreuses expériences sur les différents genres de projections réalisables avec un appareil photographique, M. Hill trouva que la projection équidistante donnait les meilleurs résultats. Il créa donc un système de lentilles donnant une projection équidistante.
- Notre figure 2 montre le schéma de ce système de lentilles :
- A est la lentille sphérique qui réfracte les rayons lumineux en un cône d’envi-
- Fig. 5. — Eclair photographié avec l’appareil Hill.
- p.203 - vue 203/598
-
-
-
- = 204 ......-----......................=
- Mais, lors du tirage du positif,* on les retransforme, par l’opération inverse, en images normales, identiques à ce que seraient des vues prises avec un appareil ordinaire.
- A cet effet, on monte le négatif dans l’appareil en l’éclairant par derrière avec une lumière, puis on installe la plaque sur le devant au point voulu pour obtenir l’impression de la section du négatif que l’on désire traiter. Ainsi, pour réaliser une vue normale d’une section près de l’horizon, on met la plaque à la distance voulue et •« parallèle à l’axe de la lentille ».
- Pour photographier un éclair avec cet appareil, on installe celui-ci avec l’obturateur ouvert. Il enregistre alors sur le négatif l’éclair qui se produit en un point quelconque du ciel. Après le développement de la plaque, on peut aisément agrandir et corriger la partie où l’éclair se trouve enregistré pour en faire une image ordinaire.
- La nuit est, naturellement, plus favorable à la prise des photographies d’éclairs, parce qu’on peut laisser l’appareil ouvert en attendant la production du phénomène. Cependant, grâce aux nuages encombrant le ciel, cette prise est également possible le jour.
- On .peut utiliser deux appareils à la fois pour prendre des vues stéréoscopiques. On les installe à environ 400 mètres l’un de l’autre en faisant les deux expositions en même temps.
- En regardant les vues dans un stéréoscope, on éprouve d’abord une certaine difficulté à les combiner, mais on y arrive avec un peu de pratique. Ces vues ont toujours l’air bombées; on dirait que l’on a photographié une sphère au lieu du fond du ciel. Il est néanmoins facile d’apprécier la relativité des proportions et des distances.
- L. Kuentz.
- LES POISSONS-EPÉES
- Deux trouvailles rarissimes, faites récemment par les laboratoires maritimes de Plymouth et de Concarneau, nous amènent à parler d’un groupe de poissons curieux et assez mal connus : les Xiphidés ou poissons-épées.
- Le 17 août 1928, on capturait près de la côte du Devon
- Fig. 1. — L’Istiophorus americanus trouvé sur ta côte anglaise en 1928.
- un poisson mourant, de grande taille (2 m 26) et de forme remarquable (fig. 1), qui fut conservé et confié pour étude à M. J. R. Norman, du British Muséum ('). C’était un Istiophorus americanus, nouveau pour la faune britannique.
- Le 21 septembre suivant, un thonnier pêchant à l’ouest de l’entrée de la Manche vit brusquement les germons s’enfuir et un grand poisson au dos bleu et au ventre argenté vint s’enferrer sur une de ses lignes. Amené à bord et tué, non sans peine, il fut apporté au Laboratoire de Concarneau où M. Legendre le détermina (2). C’était ( un Tetrapturus belone de 2 m 01, d’une espèce connue I en Méditerranée, mais non encore signalée sur les côtes atlantiques. C '
- ; 1. J. R. Norman. — Note on a Sailfisli (Istiophorus americanus i'Cuvier et Valenciennes) new to the british fauna. Journ. tnar. biot-Ass., vol. XVI, 1929, p. 67.
- - 2. R. Legendre. -— Présence du Tetrapturus belone au large de la Bretagne. Bull. Soc. Zoo/., t. LUI, 1928, p. 391.
- Ces deux rencontres introduisent, dans la faune de nos régions, deux nouvelles espèces voisines du poisson-épée (Xiphias gladius) qu’on y rencontre de temps à autre.
- LES XIPHIIDÉS
- Toutes font partie de la famille des Xiphiidés et en représentent les trois seuls genres décrits.
- Depuis longtemps, les naturalistes ont distingué les Xiphias sans ventrales et les Istiophorinés qui en ont. Les premiers sont les mieux connus, parce qu’ils abondent en Méditerranée où l’on en fait une pêche spéciale très active; les autres sont moins bien définis et l’on en a décrit plusieurs espèces de différentes mers du globe. Tous se reconnaissent à leur long bec et se classent auprès des Maquereaux.
- Le Xiphias avait déjà été décrit par Pline et divers auteurs du moyen âge; on l’a rencontré, en dehors de la Méditerranée, depuis la Norvège jusqu’au cap de Bonne-Espérance, dans .l’Atlantique, sur les côtes américaines du Pacifique, en Nouvelle-Zélande et dans l’Océan Indien.
- Les Istiophorus vivent dans la Mer Rouge, l’Océan Indien, la Malaisie, le Pacifique et aussi dans l’Atlantique, des côtes du Brésil à celles de la Nouvelle Angleterre.
- Les Tetrapturus ont été pris près des côtes d’Amérique au sud des Antilles et de celles d’Afrique, dans l’Océan Indien et le Pacifique. L’espèce T. belone n’avait été signalée jusqu’ici qu’en Méditerranée. Les trois genres ont donc une très large distribution géographique et peuvent être rencontrés dans les mêmes eaux.
- LES MŒURS DES POISSONS-ÉPÉES
- Tous les poissons de la famille des Xiphiidés sont aisément reconnaissables par leur taille d’abord, et plus encore par le prolongement de leur mâchoire supérieure en un long appendice pointu, triangulaire qui leur a valu leur
- p.204 - vue 204/598
-
-
-
- 205
- nom de poissons-épées, de Xiphiidés, d’Espa-dons. Cette épée peut atteindre 3 mètres, tandis que le poisson entier peut peser jusqu’à 150 ou 200 kg. Ils font partie du groupe des Scombridés qui comprend, comme on sait, les maquereaux et les thons. Comme ceux-ci, ils ont le dos bleu et le ventre blanc.
- A quoi sert cette épée qui prolonge le nez, d’une manière assez encombrante ? On a supposé qu’elle peut faire lever sur le fond les poissons qui s’y reposent et qui vont être des proies dès qu’ils s’agiteront, mais les Espadons sont surtout des nageurs de surface.
- On a trouvé dans leur estomac des Céphalopodes, des
- Fig. 3. — Poisson épée (Xiphias gladius) pêché dans le détroit de Messine.
- maquereaux, des harengs, d’autres poissons qui vivent en bandes.
- En Méditerranée, les Espadons disparaissent dans les eaux profondes pendant la saison froide; vers le mois d’avril, ils reparaissent en nombre, en surface, dans le détroit de Messine; ils forment alors des groupes qui se dirigent vers la côte de Calabre, puis retournent en juin vers la Sicile et disparaissent à nouveau, après s’être séparés par couples. Cette migration est certainement liée à la reproduction et elle conditionne la pêche.
- En tous temps, et particulièrement pendant la période où on le pêche, l’Espadon a une rare combativité dont on a cité de très nombreux exemples.
- Déjà, dans l’antiquité, Pline, Aelian citaient qu’il peut attaquer une barque, la transpercer de son bec et la faire couler,
- Brown Goode (') a rassemblé de nombreuses observations de ce genre dans lesquelles un Xiphiidé, poursuivant un bateau, a traversé la coque de bois de son « épée » et l’y a laissée brisée. En 1869, une pièce de pin a été ainsi présentée à la Boston Society of Natural Elistory, traversée par le bec d’un Istiophorus qui y était resté planté
- 1. BROWN GOODE. —Materials for a history of the sword-flsh. Report of the U. S. Commission of Fish and Fisheries for 1880.
- Fig. 2. — Le Tetrapturus belone apporté à Concarneau en 1928.
- et le British Muséum possède une autre pièce de bois, de deux pouces d’épaisseur, provenant d’un baleinier qui avait été percé par le bec d’un Espadon, resté dans l’orifice. &
- Bien entendu, les Espadons n’attaquent pas systématiquement les canots et vaisseaux en bois, mais ils les confondent peut-être avec les Cétcés qu’ils semblent poursuivre avec acharnement dans certains cas. Parmi toutes les histoires de mer, il en est une, en effet, qui se retrouve dans maints livres de voyage : le combat d’une baleine contre un poisson-épée aidé de plusieurs requins.
- Le poisson-épée transpercerait le ventre de la baleine comme il le fait de la coque d’un bateau. Mais, comme le fait remarquer Goode, il est bien difficile d’observer de tels combats du pont (d’un bateau et il est possible qu’on ait assisté dans certains cas aux jeux d’une baleine et de son baleineau, au combat d’une baleine et de requins ou d’orques, mais les récits sont si nombreux que le fait doit être exact dans certains cas.
- Fig. 4. — Le bateau d’observation et le bateau de chasse pour la pêche de l’espadon, dans le détroit de Messine.
- p.205 - vue 205/598
-
-
-
- 206
- LA PÊCHE DE L’ESPADON
- La chair de l’espadon est ferme et fine comme celle des thons. Comme le poisson est de grande taille, sa pêche s’est organisée en plusieurs points du globe.
- Aux Etats-Unis, on prend au harpon, du bord d’un bateau, YIstiophorus et quelques embarcations font systématiquement cette pêche sur les côtes de la Nouvelle Angleterre. En Floride, la pêche ou la chasse au harpon est devenue un sport favori, en raison des émotions qu’elle donne, le poisson se débattant et plongeant avant de pouvoir être amené le long du bord par la corde attachée au harpon, puis tué et embarqué.
- Une pêche plus abondante et plus originale a lieu tous les ans dans le détroit de Messine, en ce qui concerne l’Espadon (Xiphias glaclius).
- Nous avons dit que les Espadons se rassemblent, au début d’avril, dans ce détroit, entre les îles Lipari et la Calabre, et particulièrement autour de Charyhde et Scilla.
- Fig. 5. — Le moment de harponner.
- Ils se déplacent ensuite vers la Calabre et descendent vers la Sicile en juillet.
- En cette saison, on les capture, soit à terre, soit en mer, au moyen de filets ou de harpons. Les filets appelés palamitare sont tendus à partir du rivage à la façon des thonnaires et les poissons qui s’y prennent s’entortillent dans les mailles en se débattant.
- La pêche au harpon est bien plus pittoresque. Les tartanes qui s’y livrent, montées par une demi-douzaine d’hommes, se reconnaissent à leur mât, haut d’une vingtaine de mètres, garni d’échelons, au haut duquel monte le guetteur. Elles se rendent à la voile sur les lieux de pêche, remorquant une barque plus petite, également munie d’un mât à échelons. Arrivé en bonne place, le grand bateau qui servira d’observatoire abat sa voile et mouille dans le courant, le guetteur grimpe au haut du mât et surveille la mer. Quand il aperçoit un Espadon en surface, il le signale sans bruit, par gestes, et aussitôt la barque de chasse se détache, part à l’aviron, tandis que son observateur grimpe à son petit mât. A l’avant, le harponneur se tient debout, ayant en main une longue perche terminée à un bout par un crochet barbelé et à l’autre par une longue corde lovée dans la barque. Arrivé près du poisson-épée, le harponneur le transperce et laisse fder la corde, longue de 200 mètres. Le poisson plonge, s’enfuit, se débat; on le laisse s’épuiser, puis on le ramène le long du bord et le conduit ainsi au grand bateau observatoire qui le hisse et l’assomme avant de le déposer sur le pont.
- Un grand nombre de barques sont occupées d’avril à juillet à cette pêche dans le détroit de Messine, puis sur la côte de Sicile; Le rendement, bien qu’important, ne risque guère de dépeupler la mer.
- Les poissons, ramenés à terre, sont vidés, lavés, séchés et parfois mis en conserve à l’huile. Leur chair, comme celle des thons, ne s’altère que très lentement; elle est blanche et d’un goût plus fin que celle des thons rouges de la Méditerranée. René Merle.
- = LA SOIE ARTIFICIELLE =
- LE FILAGE DE LA CHARDONNE
- A peine vieille d’un demi-siècle, car, son premier brevet pris le 17 novembre 1884, le comte Hilaire de Chardonnet ne réussit à mettre au point le « bec de filature » qu’en 1889, la fabrication de la chardonne constitue aujourd’hui l’une des plus fortes industries que l’on puisse rattacher au domaine de la science chimique. Suivant le vœu émis, en août dernier, par la Chambre de Commerce de Lyon, nous substituons volontiers le mot « chardonne » à l’appellation « soie artificielle », fort répandue, mais qui p*rête à lourde confusion. Qu’il s’agisse d’une « soie Chardonnet», d’une « soie au cuivre», d’une « soie Viscose », d’une « Rhodiaseta » ou d’une « Célanèse », il n’y a là, en effet, qu’un textile de remplacement, remplissant au mieux l’emploi auquel on le
- destine certes, mais d’une constitution qui ne rappelle en rien, pour.le chimiste, celle de la soie naturelle. Les savants et les ingénieurs n’ont pas réussi encore à réaliser, de toutes pièces, cette sécrétion filamenteuse du Bombyx mori qui, chargée de cire, de graisses, et riche en matières azotées, se boursoufle au contact d’une flamme et paraît éprouver ainsi une sorte de fusion qu’accompagne l’odeur très nette de corne brûlée. Les succédanés qu’ils lancent sur le marché sont formés de cellulose ou d’un éther-sel et, de ce fait, leur fibre brûle comme un brin de coton.
- LES PROCÉDÉS DE FABRICATION
- Les procédés industriels aujourd’hui mis en œuvre se ramènent à quatre types, de productions très inégales :
- p.206 - vue 206/598
-
-
-
- 207
- viscose 86 à 88 pour 100, nitro-cellulose 7 à 8, acétate de cellulose (Rhodiaceta, Célanèse) 2,5 à 3, soie au cuivre 2. "Nous n’en indiquerons ici que les lignes essentielles, pour insister sur le « filage », le problème, d’ordre physicomécanique, le plus délicat à résoudre que pose une fabrication dont nous montrerons, en terminant, l’importance économique.
- La méthode « à la viscose » dérive des premiers travaux de Cross et Bevan (1892) sur la formation d’un xanthate alcalin quand on traite la cellulose par le sulfure de carbone. En pratique, on soumet d’abord, dans une cuve trempeuse, la pâte de bois titrant 5n/0 d’eau après séchage à 20° à l’action de soude caustique — 1000 1. d’une lessive à 17,5n/„ Na OH suffisent à 100 k de cellulose Cette première opération donne un dérivé sodique qui, broyé finement et laissé au repos, par masses séparées de 10 à 12 k, à une température maximum de 28°, subit une sorte de maturation, opération encore mal connue, du moins dans son mécanisme chimique, et pour laquelle, le « tour de main » semble remplacer le plus souvent le contrôle scientifique. Dans une baratte, cylindrique ou hexagonale, l’alcali-cellulose « mûri » est mis au contact du sulfure de carbone ; le xanthogénate formé, repris ensuite par l’eau et la soude, dans un malaxeur, fournit un composé d’addition, de formule CS = (OC0H9O'') SNa 4- NaOH, ou, selon Stearn, S = C — (O C18 H2i' O4) S Na, viscose proprement dite, produit de consistance épaisse qu’on envoie au filtre presse et qu’on laisse de nouveau mûrir, après l’avoir soumis à l’action du vide qui doit éliminer les bulles d’air restées dans la masse.
- Pour la soie « à F acétate » qui procède des expériences de Schutzenberger, Franchimont, Cross, Bevan, Lederer..., on tend à obtenir un dérivé triacétylé, de formule |CG Ii7 O2 (O^CO CH3)3)'2, en traitant une cellulose assez pure — linters ou déchets de coton — par un mélange d’anhydride (CH3 CO)2 O et d’acide CH5 COOH cristal-lisable, en présence d’une faible quantité cl’acide S04H2, dont on estime qu’elle joue le rôle d’un catalyseur. Un malaxage qui peut durer une trentaine d’heures, au voisinage de 55°, suffit à donner une masse homogène qu’on fait «mûrir» pendant une journée, après une nouvelle addition d’acide acétique. Ce produit doit être insoluble dans le chloroforme, mais soluble dans l’acétone. On précipite enfin le triacétate dans une liqueur alcaline où il se rassemble en gros flocons. Lavé, essoré, séché vers 20°, le « sel blanc » se dissout, pour être filé, dans l’acétone, l’acide acétique, l’aniline....et le procédé est ainsi susceptible de mille variantes qui peuvent porter sur le catalyseur, employé au début de la fabrication, ou sur le solvant de l’acétate (Rhodiaseta, Célanèse, Lustron).
- Dans la méthode « à la nitrocellulose » — la plus ancienne puisque de Chardonnet exposa ses premiers échantillons en 1889 — la cellulose, dégraissée par le débouillissage ou lavage à l’autoclave, puis blanchi eet séchée, est nitrée dans un mélange de 3 parties d’acide azotique (d = 1,37) et de 5 parties d’acide sulfurique à 95-96 pour 100 de S04H2 . Le « pyroxyle » ainsi formé contient surtout le dérivé hexa : C24 N3i (NO2)6. O20:, lavé et essoré, de
- façon à ne retenir que de 20 à 25 pour 100 d’eau et, chargé parfois d’un peu de chlorure de soufre, ce !« ful-micoton » donne, avec le mélange alcool -f- éther, un « collodion» qui, après filage, doit être dénitré — et rendu par suite ininflammable — par simple passage dans un bain de sulfhydrate alcalin ou alcalino-terreux.
- Pour obtenir la « soie au cuivre » enfin, on met à profit la remarque faite, en 1857, par Schweitzer, sur la solubilité (8 à 12 pour 100) de la cellulose blanchie dans une liqueur ammoniacale, chargée d’oxyde de cuivre et la mise au point de la méthode, entrée dans la pratique, est due à Henri Despaissis (1890). On peut employer à une telle fabrication la pâte de bois, comme les celluloses des déchets de coton, et l’on a substitué à la liqueur de Schweitzer proprement dite et relativement étendue (addition d’alcali au sulfate SO'Cu, dissolution du carbonate CO’ Cu dans l’alcali refroidi, passages répétés d’ammoniaque à 20 pour 100 NIL sur du cuivre léché par un courant d’air...) l’oxyde ammoniaco-cuivrique qui se produit quand on verse de l’ammoniac anhydre sur un mélange intime de cellulose et d’oxyde CuO. La liqueur obtenue, de couleur bleue, laissée aussi au « mûrissement » pendant un certain temps, est reçue, au sortir de la filière, dans une solution acide ou alcaline, où la cellulose se « régénère » ou se « précipite » sous l’aspect d’un fil continu. On voit ici la différence essentielle qui sépare la « soie au cuivre » des produits viscose ou acétate : il s’agit avec elle d’une cellulose pure qui se distingue seulement par sa contexture de la cellulose initiale. Dans le procédé de Chardonnet, on arrive à un résultat du même ordre, mais en faisant subir au fil une dénitrification qui sépare les deux éléments du fulmicoton.
- Quel que soit donc le procédé adopté, le problème physico-chimique, résolu pour la première fois voici bientôt un demi-siècle, consiste à faire passer la cellulose
- Nœud
- ! • '
- Fig. 1. — Une veine liquide se résout bientôt en une série de « sphéroïdes » formant une sorte de chapelet.
- Fig. 2. — Les temps successifs de la coagulation entraînent la formation d'une série de gaines eglindriques qui se soudent les unes aux autres pour donner un fil continu. Le glissement de ces gaines les unes sur les autres est assuré par une légère traction.
- Au sortir de Formation
- fa filière d'uneVFgair.e —..> -
- HH WtM. mzt: wzï
- p.207 - vue 207/598
-
-
-
- ===== 208 —..........:....r"..........................=
- du coton ou de la pâte de bois, ou l’un de ses éthers-sels, sous l’aspect d’un sirop plus ou moins visqueux, car nous ne possédons encore aucun liquide qui, pénétrant suffisamment ces particules élémentaires dé nature cristalline qui constituent la fibre, détruirait leur agencement pour les tenir soit en solution parfaite, soit seulement en suspension, sous la forme d’une solution -colloïdale. Et toutes choses restant égales, pour parler à la façon des physiciens, on conçoit l’intérêt cpie trouve l’industriel à employer un « liquide de dispersion », de manutention commode : eau, soude, acide acétique, de préférence à un mélange alcool-éther, inflammable, coûteux
- Alimentation des ^ filières
- Entramem!- du 'solvant par l'air chaud
- Filières
- Chambre à air chaud
- Gaine a eau
- chaude
- Fi! durci
- Fig. 3. — Production d’un fil de nitro ou d’ctcélo-cellulose, le solvant (alcool, éther ou acétone) étant entraîné par un courant d’air chaud.
- et de récupération difficile, de préférence encore à l’acétone aux vapeurs toxiques.
- LE FILAGE
- Le premier stade de la fabrication étant atteint, pour obtenir un filament comparable au fil de soie il faut éjecter, à l’aide d’une filière, soit un collodion, soit une liqueur alcaline de xanthogénate, soit une solution ammoniacale de cellulose, soit de l’acétone chargée d’acétate, et provoquer ou l’évaporation d’un solvant, ou sa décomposition. La chimie reprend ses’ droits dans la seconde partie de ce problème : la première est d’ordre mécanique et ce n’est pas la plus commode à résoudre (').
- 1. Le filage a fait l’objet d’une- fort intéressante conférence de M. Martin Battegay, devant la Société industrielle de Mulhouse et nous renvoyons volontiers Le lecteur à ce travail plein d’enseignements. (Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, tome XCV, n° 2, février 1929, p. 171 à 202).
- Sans remonter aux expériences classiques qui, de Torri-celli à Geslain, intéressèrent les plysiciens — Plateau, Prony, Dupuy, Bazin, Flamant... —- nous rappellerons les essais de O. N. Witt, vieux d’une vingtaine d’années et qui établirent qu’une veine liquide, à l’origine continue, prend bientôt l’allure d’une sorte de chapelet, composé de boules alternées, les unes sensiblement sphériques, les autres de section elliptique, plus ou moins aplaties ; la section droite du filet présente ainsi une série de gonflements et d’étranglements. On se rend assez nettement compte de ce fait, en regardant avec un peu d’attention le jet d’un simple robinet de cuisine : l’impression est rapide qu’il devient le siège de mouvements vibratoires produisant une suite de nœuds et de ventres. Soumise, en effet, à la force initiale qui lui imprime sa trajectoire, cylindrique ou conique suivant la nature de la filière, la veine liquide tend à une sorte de reserrement sous l’action de la tension superficielle et les particules qui la composent ne roulent pas les unes sur les autres sans frottement. La résultante de toutes ces forces dépend notamment de la nature du liquide : s’il s’agit d’éther ou d’alcool liquide relativement fluide, la veine se résout bientôt en une série de gouttes; s’il s’agit d’un lourd sirop de gomme, liquide épais, le jet reste plus longtemps continu; il finira cependant par se fragmenter au bout d’un temps d’autant moins long que son diamètre est plus faible. Notons, au passage, que, dans une usine de chardonne, le diamètre des ajutages est le plus souvent de l’ordre du cinquième, voire du dixième de millimètre. On doit encore faire entrer en ligne de compte, pour toute veine liquide, la nature du milieu qui l’entoure : dans l’air (cas des fils de nitro ou d’acéto-cellulose), elle se désagrège plus vite que dans un liquide. Mais, quand celui-ci exerce une action, ne fût-ce même que pour provoquer une sorte de précipitation, le problème n’en reste que plus compliqué (cas de la viscose ou de la soie au cuivre).
- La première qualité d’un produit à transformer en un filament homogène et continu est donc de présenter une grande viscosité et de pouvoir, au sortir d’une filière extrêmement fine, se coaguler, se figer en somme rapidement — tout au moins avant que la veine, issue de l’ajutage, ait perdu son allure de cylindre allongé —• en donnant enfin un textile, auquel le fabricant de tissus demande d’être blanc, soyeux, solide et, tout en prenant bien la teinture, de résister si possible à l’eau. Mais qu’on opère dans l’air chaud, pour entraîner le solvant, ou dans un liquide approprié (acide sulfurique étendu, lessive de soude à 2 pour 100 NaOH), la coagulation se produit de la surface latérale vers l’axe : «l’intérieur» garde encore l’état pâteux que la paroi a déjà acquis une certaine résistance, séparant ainsi deux liquides de nature et de densité différentes. La pression osmotique agissant sur la légère membrane intervient à son tour, dans un sens défavorable, pour gêner les opérations et tendre à la déformation du fil. On y remédie par le « tirage » et l’ensemble des opérations, au banc des filièi'es, comprend ainsi un « filage ou traction ». Dès la formation d’une gaine résistante, on provoque son glissement sur le cylindre central encore pâteux et qui bénéficie ainsi d’un
- p.208 - vue 208/598
-
-
-
- 209
- léger retard pour se solidifier. Suivant une expression heureuse de M. Battegay, l’étirage « allonge la gaine figée et la fait glisser sur lame intérieure, à la manière des cylindres concentriques d’un télescope ». La soudure de toutes les gaines entre elles est faite par une mince partie de la pâte sous-jacente. Le ver à soie d’ailleurs emploie une « technique opératoire » comparable par une série de légers mouvements de va-et-vient, il éjecte des,cylindres fragmentaires qui se solidifient à l’air et qui, mis bout à bout, sans que nous puissions déceler les solutions de continuité de la « filière », donnent ce fil incomparable qui peut atteindre une longueur de 3 km.
- Dans la technique de l’atelier, on réalise souvent la traction par enroulement du fd sur une bobine ou sur un moulinet. On obtient aussi d’excellents résultats en utilisant la force centrifuge qui provoque, en même temps, la distribution en écheveaux réguliers. Pour cela, on substitue à la bobine ou au dévidoir, entraîné par un moteur toujours un peu brutal, le pot Topham, boîte cylindrique en aluminium, tournant à 6 ou 8000 tours par minute : lancé contre la paroi, le fil est légèrement tendu et le mouvement de va-et-vient, imprimé en même temps à la boîte, aide à la répartition des spires en couches homogènes Quelquefois aussi, le tirage est dû, en partie, à l’entraînement du fil en voie de formation par une fraction du bain générateur lui-même, fraction maintenue en circulation continue. Cette méthode de « filage sous tension » où la force agissante est la force vive d’un liquide en mouvement conduit à des fils très réguliers : au moment de la coagulation des cylindres fragmentaires, en effet, la première gaine solide forme membrane entre deux éléments identiques et, pour un jet initial de 0,8 mm le diamètre du fil terminé ne dépasse pas 0,15 mm.
- Pour le détail des opérations qui constituent les dernières phases de la fabrication proprement dite : lavage, blanchiment, parage, parfois même traitement au formol..., nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spéciaux (') et aux nombreux brevets publiés au cours de ces quinze dernières années. Nous avons limité notre sujet à ce point particulier de la technique opératoire qu’est le filage, problème extrêmement délicat que pose une industrie qui a pris rang parmi les plus importantes de la chimie moderne.
- LES PROPRIÉTÉS DES DIVERSES CHARDONNES
- Chacun des produits lancés sur le marché présente, avec quelques défauts qui laissent toute sa supériorité à la soie naturelle, des qualités spéciales qui expliquent la diversité des emplois auxquels, on destine la ehardonne. Les fils de « cellulose précipitée » résistent mieux à la traction et gardent le gros avantage de « couvrir » davantage au moment du tissage. Les partisans de la « nitro-cellulose, soumise à un sulfhydrate » font valoir la souplesse et la finesse des fils qui ont caractérisé, dès leur apparition, les produits sortis de l’usine de Besançon, montée par de Chardonnet. Les fabricants d’acétate soulignent cet
- I. Nous citerons en particulier : J. Foltzer. La soie artificielle et sa fabrication. Paris, 1919; — Clément et Rivière. Les matières plastiques et soies artificielles. Paris, 1926.
- Bobine ou moulinet
- Moteur
- Liquide
- générateur
- Bain
- coagulant
- Filière
- Fig. 4. — Production d’un fil de viscose ou de soie au cuivre, avec bain coagulant. La traction de la bobine ou du moulinet aide à la formation d’un fil homogène.
- Fig. 5. -—• Pot Topham.
- La forge centrifuge provoquée par la rotation de la boîte d’aluminiunl « plaque » le fil contre la paroi, et, tout en exerçant une traction utile , le distribue en couches régulières.
- p.209 - vue 209/598
-
-
-
- = 210 :............................................... —
- avantage de donner un éther-sel, de composition à peu près définie, et de pouvoir faire revenir, en cours d’opérations, tous les déchets qu’il suffit de dissoudre dans l’acétone : ils insistent aussi sur la solidité du fil qui garde, après mouillage, les trois quarts de sa valeur initiale, sans rappeler que les teinturiers se plaignent parfois de cette a imperméabilité ». Et les défenseurs de la viscose présentent aux détracteurs du xanthogénate les statistiques de production qui témoignent de l’intérêt que présente l’emploi de la pâte de bois — et non de la cellulose — et de produits chimiques, d’un prix notablement inférieur à ceux d’un mélange sulfonitrique ou de l’anhydride et de l’acide acétiques. Le « revient » relativement peu élevé de cette chardonne explique le développement si rapide de sa consommation. Devenue d’emploi courant pour une foule de tissus et donnant à l’œil l’illusion parfaite de la soie naturelle, elle jouit déjà d’un «passé commercial» qui rend la concurrence difficile aux textiles de même genre.
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA CHARDONNE
- La production mondiale des succédanés de la soie du Bombyx s’est élevée en 1928 à 350 millions de livres, et la France n’arrive qu’au cinquième rang, avec 30 millions contre 93, 52, 47, 47 aux comptes respectifs des Etats-Unis, de la.Grande-Bretagne, de l’Italie et de l’Allemagne. Les usines qui s’élèvent sur son sol appartiennent, pour moitié sensiblement, à deux groupes financiers, le groupe « Gillet-Bernheim », d’une part, le groupe « Carnot» de l’autre; mais la fusion est réalisée, pour le profane, depuis que la vente est assurée par un seul organisme, le Comptoir des Textiles artificiels, fondé en 1910. Il s’agit d’ailleurs de Sociétés anonymes et leur « interpénétration » rend un peu illusoire le départ' qu’on tenterait d’établir entre les différentes fabriques pour en donner la « distribution » financière.
- La Viscose française et ses filiales, constituées en 1905, disposent spécialement des usines d’Arques-la-Bataille (3 tonnes par jour), de Vals-les-Bains (2 t), d’Albi (2 t), de Besancon (ancienne usine de Chardonnet, 2 t), et de Colmar (5 t). Joignons à cela le contrôle des fabriques de Bezons, de Mantes (‘), deSaint-Aubin-les-Elbeufet deSaint-Just-les-Marais('*) et la prise de gros intérêts dans le groupe Izieux-Givet. Ce dernier — groupe Gillet-Bernheim —a pris, en somme, la suite de la Compagnie française de la soie artificielle, achetée en 1902 par « La Soie Artificielle ». Il possède les anciennes usines de Givet et d’Izicux, auxquelles se sont ajoutés les ateliers de Gauchi) (Aisne), de Vaulx-en-Velin (Rhône), de La Voulte (Ardèche) et de Saint-Chamond (Loire). Uni aux Usines Chimiques du Rhône (aujourd’hui Rhône-Poulenc), ce groupe, souvent dénommé Soie d’Izieux, a monté les Usines de la Rlio-diaseta (Le Péage de Boussillon et Lyon-Vaise) : avec la Bemberg A. S., il a installé la fabrique dolioanne', ces trois dernières exploitent: la Rhodiaseta, le procédé àl’acétate la Cuprotextile (Roanne), la méthode de soie précipitée, avec bain de coagulation sodique (Thièle). Quelques
- 1. Ces deux usines fabriquent la cellophane.
- 2. Usine spécialisée dans la production du « crin artificiel s.
- sociétés indépendantes des deux principaux groupes sont des filiales de firmes étrangères. C’est ainsi que la Société lyonnaise de Soie artificielle (usines à Décines et à Irigny, près Lyon) se rattache à la Nederlandsche Kunstzyde fabrik (Enka), la Soie de Valenciennes à la Hollandsche Kunstz. Ind. et la Tubize française (usines du Grand Quevilly, vers Bouen, et de Vénissieux, près de Lyon, capacité de production quotidienne 6000 kg), à la Tubize belge dont l’usine mère a mis au point la fabrication de la Célanèse en 1924. La Courtauld’s Ltd a équipé la soie de Calais (usines de Pont-du-Leu, près Calais) et aidé à l’installation de la soie de Strasbourg, alors que la société qui exploite les brevets Borzykowslcy s’unissait aux Etablissements Kühlmann pour reprendre l’usine de Nevers. Restent à citer enfin, parmi les « Indépendants » : la Soie de Compiègne (usines de Clairoix et d’Aubenton), la Soie de Feyzin (Isère), la Soie de Saint-Etienne (usines à Neuville-sur-Saône Rhône), la soie V Argenteuil, la Soyeuse (usine à Bantigny Oise), la Soie Vauban (usines à Beauvais et à Conclé-sur-Escaut), la Soie de Valence (usines à Valence et à Avignon), la Soie d,Amiens (p. à la nitro-cellulose), la Société des Textiles artificiels du Nord et de l’Est (usines d’Odomez-Argentières), la Soie artificielle de Mulhouse, la Soie Crumière (usine de Flaviac)... Nous n’indiquons, on le comprend, que les usines en activité régulière, sans rappeler les ateliers, de faible importance d’ailleurs, qui paraissent ne pas avoir dépassé encore la période d’essais. Mais si puissantes, si intelligemment conduites que soient les fabriques françaises, la lutte sur le marché mondial leur est rendue particulièrement âpre par l’industrie américaine (Viscose Co, Du Pont Rayon Co, Duplan Co, Industrial Fiber Co, Tubize artificial Silk Co...), dont le chiffre de vente a dépassé, en 1927, 125 millions de dollars et, sur le seul marché européen, elles trouvent devant elles des rivaux italiens (Snia Viscosa, Seta Bemberg, Société générale italienne de la Viscose, la Soie de Châtillon...), anglais (British Celanèse, British Enka, Courtauld Ltd...), suisses (Viscose de Rheinfelden Borvisk de Steckborn...), allemands (Glangstofî Fabriken (A.G.F.A), hollandais (Enka, Hollandsche Kunstz. Ind...). Ce n’est pas à dire que sa situation soit peu brillante. La consommation progresse de jour en jour, devant les emplois les plus inattendus que la chardonne trouve, en dehors même du vêtement ou de l’ornementation. Et à l’appui de ce dire, on peut rappeler que son apparition sur le marché des textiles n’a gêné en rien la sériciculture et l’industrie de la soie naturelle. Par une sorte de paradoxe, troublant en apparence, Lyon, métropole de la soie indigène depuis le XVIIe siècle, Lyon, ville des « canuts », compte, dans ses environs immédiats, cinq fabriques de chardonne dont la production quotidienne dépasse aujourd’hui quinze tonnes. Et dans la belle vallée du Rhône, où tout coin de paysage présente une magnanerie, s’élèvent les usines de Feyzin, de Vénissieux, de Valence, de la Voulte, du Péage de Roussillon.... On pourrait modifier le mot cher aux partisans du transformisme : les efforts industriels créent le produit bon marché et le produit bon marché crée le besoin.
- Xavier Lafargue.
- i
- p.210 - vue 210/598
-
-
-
- miens-
- Rou en ' mi vâj s
- O CiairoiX *Rantyny {
- )Mantes'<* >
- '"v. érg/h\euii j® kàzons'J
- Roanne
- iVeuiviüe - s-Sffone j
- /frrissiepx'-$<**'0‘ëCï-o,és '—M \ Mgny FFsyziih ^dui'êt/x Pesgdde-fiô ussiHoù
- Va! èii ce ^-Qi^n obra--—
- FlaviÀCa^ : J
- t T E R R
- A N EE
- o Nos principales usines de "soie artificielle ou chardon neven activé, régulière.
- 1,'ig. 6, — Les principales usines françaises de soie artificielle, en activité régulière.
- L’AVION POSTAL AU CANADA
- En élalanl devant soi une earte du Canada, un est tenté de considérer cet immense pays (presque aussi vaste que l’Europe) comme un empire colonial cTun seul tenant. La géographie et la politique tombent ici d’accord avec l’imagination. La « métropole » de cet empire est un rectangle long de 500 kilomètres, où la densité de la population est très élevée, et qui encadre, avec la capitale
- Ottawa entre elles, les deux plus grandes villes du Canada : Montréal et Toronto. A plusieurs points de vue (dont ceux de la politique et de la finance), tout le restant du pays est sous la dépendance de ce petit quadrilatère, vers lequel convergent les réseaux de voies ferrées et de routes carossables.
- Il saute aux yeux que l’organisation d’un service postal
- p.211 - vue 211/598
-
-
-
- 212
- reliant cette « métropole » aux différentes parties d’une aussi vaste contrée, où d’immenses territoires réservent encore des lauriers aux explorateurs, est une entreprise formidable. On touchera mieux du doigt les difficultés, quand nous aurons rappelé les faits que voici.
- Les réseaux ferroviaires et routiers du Canada sont tous inclus dans un ruban qui, bordé au Sud par la frontière des Etats-Unis, s’allonge de l’Atlantique au Pacifique sur une largeur variant de 700 à 300 kilomètres, ruban formé par les territoires mis en valeur ou colonisés. Au Nord de cette étroite ceinture, les moyens naturels de communication sont rares et précaires : ils sont constitués par des chapelets de rivières et de lacs qui ne sont navigables que pendant quatre ou cinq mois de l’année, et qui ne le sont que pour de .légères pirogues, que les mariniers doivent transporter fréquemment sur leur dos, pour passer d’un chapelet dans un autre.
- L’unique exception est offerte par le Mackenzie, puissant fleuve que des vapeurs peuvent parcourir, en été,
- Fig. 2. — La poste par pirogue en été.
- jusqu’à son embouchure, soit jusqu’à l’Océan Arctique, en partant de Fort-Mac-Murray (à 400 kilomètres au Nord d’Edmonton, la capitale de l’Alberta), d’où ils atteignent le Mackenzie en empruntant la rivière et le lac d’Athab.aska, la rivière et le lac de l’Esclave.
- Cette belle route fluviale et lacustre, longue de près de 3.000 kilomètres, peut nous servir à illustrer notre sujet : la difficulté de relier la « métropole » canadienne à ses « colonies » par le transport régulier de la matière postale. Longtemps, cette route n’eut qu’une importance économique et politique des plus médiocres. Mais les comptoirs où les Indiens viennent troquer leurs pelleteries se sont multipliés sur ses rives, et la fameuse Police royale montée, cette vigilante gardienne de l’ordre et de la paix dans les immenses et mystérieux Territoires du Norcl-Ouest, s’est établie, d’une façon sédentaire, dans U Ile Ilerschel, au large du delta du Mackenzie, près de la frontière commune à l’Alaska et au Yukon.
- Qu’on se représente les distances qu’avait à parcourir, par exemple, un pli expédié d’Ottawa par le Ministère de la Justice à ce poste de l’Océan Arctique ! La voie ferrée (celle du Canadian National Railway) lui faisait franchir rapidement les 3.000 kilomètres qui séparent la capitale fédérale de celle de l’Alberta. D’Edmonton, un autre train le portait à Fort-Mac-Murray (400 kilomètres), où le courrier passait dans la cale d’un steamer qui s’arrêtait à tous les postes échelonnés sur sa longue route de près-de 3.000 kilomètres avant d’atteindre Aklavik, à la tête du delta du Mackenzie. De ce point, il lui restait encore à franchir par pirogue près de 400 kilomètres pour atteindre enfin T Ile Ilerschel.
- Voilà pour la saison d’été. Durant les sept ou huit mois d’hiver, les trains continuaient bien à rouler jusqu’à Fort-Mac-Murray; mais, à partir de ce point, c’étaient des traîneaux à chiens qui transportaient la matière postale et avec la lenteur et l’irrégularité que l’on conçoit. Ces voyages postaux équivalaient presque à autant d’expéditions polaires. Quand les localités les plus rapprochées d’Edmonton recevaient une dizaine de courriers durant la saison hivernale, elles s’estimaient très favorisées. Pendant cette même période, Aklavik et l’Ile Herschel devaient se contenter de deux courriers.
- J’ai pris là, peut-être, le cas le plus spectacu-lar, comme dirait un Américain; mais il en est d’autres presque aussi impressionnants. Daw-son, la capitale du Territoire du Yukon, était pratiquement isolée du monde extérieur pendant de longs mois de l’année. L’été, la correspondance apportée de Vancouver (Colombie Britannique) par les vapeurs côtiers, puis par le train de la petite ligne White-IJorse-and-Yukon-Road, enfin par les steamers qui remontent le Yukon, lui parvenaient régulièrement. Mais, là encore, il fallait recourir aux traîneaux à chiens, concurrencés depuis quelques
- Fig. 1. — La diligence pour le Klondgke, il g a vingt ans.
- p.212 - vue 212/598
-
-
-
- années par les auto-chenilles, dès cpie l’hiver avait congelé les cours d’eau. La distance de 585 kilomètres qui sépare White-IIorse de Dawson se prêtait alors si mal aux transports (surtout aux approches du printemps, quand la glace perd de sa solidité) que la poste ne se chargeait plus que des lettres, à l’exclusion des colis et autres matières.
- Je viens de mélanger le .temps présent et le temps passé d’une façon qui aura choqué maints lecteurs et je ne m’en excuse pas. La plupart des réformes radicales dont je vais parler ne datent guère que d’une année, et il en est qui n’auront été réalisées que durant cet hiver 1929-1930. L’ancien état de choses n’a donc pas encore été détrôné par le nouveau, basé sur l’emploi de l’aviation, comme le lecteur l’aura soupçonné dès le début de cet article.
- Ainsi que l’expose le lumineux rapport dont M. L. J. Gaboury, Sous-Ministre des Postes canadiennes, a bien voulu m’envoyer une copie, l’historique de la poste aérienne au Canada peut se diviser en deux périodes. De 1918 à 1927, elle fut organisée et exploitée par des compagnies privées, auxquelles le Ministère des Postes accordait son patronage. Elles jouissaient du privilège de vendre aux expéditeurs des figurines qui se collaient sur les lettres et paquets, près des timbres de la Poste, et qui certifiaient que les droits supplémentaires perçus par la compagnie avaient été acquittés. Mais ces entreprises n’avaient aucun caractère officiel ; il était formellement stipulé que les expéditeurs confiaient leurs plis et colis à ces compagnies à leurs propres risques, sans être admis à aucune réclamation en cas de perte ou de retard.
- Bien que livrées à leurs seules ressources, et malgré les difficultés formidables qu’elles devaient souvent affronter, ces compagnies fournirent un service remarquable par son efficacité et sa régularité. « Les pionniers de l’aviation commerciale au Canada, écrit M. L. J. Gaboury, sont dignes de louange pour la façon dont ils ont démontré qu’il, était possible de transporter la matière postale par des routes aériennes présentant entre elles des différences parfois considérables.... »
- Cette période essentiellement expérimentale prit fin durant l’hiver 1927-1928. Maintenant que l’aviation canadienne était suffisamment développée, le Gouvernement pouvait entrer dans la lice. Sous l’impulsion du Ministre des !Postes, M. Pierre J. Yeniot (qui venait de doter le Canada de ce timbre bilingue vainement réclamé depuis un demi-siècle par les Canadiens-Français), la poste aérienne officielle prenait naissance.
- Sa première manifestation fut d’abréger notablement la durée du trajet postal entre l’Europe et l’intérieur du pays. Auparavant, les paquebots postaux (navires du Canadian Pacific Railway) débarquaient le courrier à Montréal après la longue remontée du Saint-Laurent. Depuis le 5 mai 1928, le déchargement se fait à Rimouski, à l’émbouchure du fleuve, cl’où les avions transportent les sacs à Montréal en trois heures et demie environ (la distance étant de 530 kilomètres). D’autres appareils assurent le service entre Montréal, Ottawa et Toronto. Le système fonctionne dans les deux sens : la matière postale expédiée en Europe est apportée par les avions à.
- 213
- Fig. 3. — La poste par pirogue aux approches de l’hiver.
- Rimouski, où les transatlantiques du Canadian Pacific en prennent charge. Cette méthode assure aux lettres un gain de 24 à 96 heures, selon l’éloignement des trois villes mentionnées.
- Ce courrier aérien a fonctionné deux fois par semaine dans les deux sens. Au second voyage de l’Est à l’Ouest, un train express apporte de Halifax à Rimouski la correspondance des Provinces Maritimes (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Prince-Edouard) que la poste aérienne transporte à Montréal avec un gain de 18 heures.
- Il va de soi que ces services ne fonctionnent que pendant la saison ouverte à la navigation sur le Saint-Laurent, que la glace obstrue vers la fin de novembre. En 1928, ils ont cessé le 29 de _ ce mois et pour être repris le 26 avril 1929. Précisons qu’ils sont organises par deux compagnies, la Canadian Transcontinental Airways de Québec et la Canadian Airways de Montréal.
- Depuis le 1' ' octobre 1928, la branche Montréal-•-Toronto de cette voie était parcourue dans les deux sens par un courrier quotidien (les dimanches exceptés). Mais la distance n’était pas assez grande pour que l’aviation obtînt des gains substantiels sur le transport ferroviaire, ces deux villes étant reliées par plusieurs lignes que parcourent chaque jour des trains rapides.
- M. Pierre J. Yeniot pressa les études entreprises pour
- Fig. 4. — La poste par traîneaux à chiens.
- p.213 - vue 213/598
-
-
-
- 214
- Fig. 5. — L’auto-chenille postale dans les Rocheuses canadiennes.
- le prolongement éventuel de cette route. Le 15 juillet 1929, l’actif Ministre des Postes pouvait inaugurer un service quotidien entre Montréal et Detroit (Michigan),
- avec arrêts intermédiaires à Toronto, Idamilton, London et Windsor. Ce service met Montréal à 6 heures de Detroit et à 10 heures de Chicago. Comme le départ des avions aux deux terminus coïncide avec l’arrivée à Montréal du train postal des Provinces Maritimes, d’une part, et, de l’autre, avec l’arrivée à Detroit du train venant des provinces occidentales, les relations postales entre l’Est et l’Ouest du Canada s’en trouvent considérablement améliorées; et l’on comprend que la presse canadienne ait couvert de louanges le Ministre des Postes. Devant les brillants résultats obtenus, on peut prédire que cette route Montréal-Detroit subira bientôt d’autres prolongements, et qu’elle deviendra avant peu la grande route postale qui reliera Halifax à Vancouver, l’Atlantique au Pacifique.
- Ce fut également le 1er octobre 1928 que fut inauguré le premier service postal aérien entre le Canada et les Etats-Unis, soit entre Montréal et Albany, la capitale de l’Etat de New-York. Ce service est quotidien (dimanches exceptés). Les frais incombent au Canada pour les voyages Nord-Sud, aux Etats-Unis pour les voyages Sud-Nord. D’Albany à New-York, le courrier est achc-
- Fig. 6. — L’Empress of Auslralia.
- Paquebot de la Canadian Pacific Railway, attendant sur le Saint-Laurent, devant Rimouski, le courrier postal aérien à destination de l’Europe.
- p.214 - vue 214/598
-
-
-
- 215
- Fig. 7. —. Un fourgon postal apporte le courrier à un avion pri’t à partir pour le Grand Nord.
- miné par train. Un autre service international fonctionne entre Toronto et Buffalo depuis le 15 juillet 1929. Ces multiples liaisons entre le jeune réseau aérien du Canada et ceux des Etats-Unis mettent désormais Montréal à 5 jours du Chili, alors que les communications par pacpiebots demandent un minimum de 3 semaines.
- Mais l’organisation d’un service postal rapide et régulier entre les grandes villes du pays ne représente qu’une des faces du problème dont le Gouvernement poursuivait la solution. J’ai signalé l’isolement dont souffraient les deux immenses districts du Mackenzie et du Yukon. Il est d’autres cas similaires que nous allons exposer successivement.
- Dans le Mackenzie, qui s’étend du 60° latitude-Nord jusqu’aux abords du pôle (et c’est rappeler là qu’une bonne partie de son territoire dépasse le Cercle arctique), de grandes choses ont été déjà accomplies. Au cours de l’hiver 1928-1929, une société aérienne commerciale, patronnée par le Ministère des Postes, entreprit avec succès un premier voyage le long du Mackenzie. Elle se servit d’un aéroplane monté sur skis qui recueillit en route une quantité de matière postale restée en souffrance, en raison de l’insuffisance des traîneaux à chiens, et poussa jusqu’à Fort Simpson, soit à la hauteur du Grand Lac de l’Esclave. Au voyage suivant, l’avion atteignit Aldavik, terminus de la route. Le Ministère des Postes avait pris des arrangements pour que, d’Edmonton, les divers postes que l’appareil devait toucher en fussent avertis par radio, afin qu’ils eussent le temps de préparer leur courrier. Le succès de ces tentatives a décidé la signature d’un
- Fig. 8. — Avion postal canadien.
- contrat passé entre le Ministère et cette Compagnie aérienne pour le transport de la matière postale entre Fort-Mac-Murray et Aklavik. Ce service, dont la périodicité n’a pas encore été fixée, a débuté en novembre 1929.
- Pour le District du Yukon, séparé du Mackenzie par les Montagnes Rocheuses et qui s’étend comme lui jusqu’à l’Océan Arctique, je crois comprendre que l’on en est encore à la période expérimentale. Plusieurs vols ont eu lieu durant les deux derniers hivers entre White-Horse et Dawson. Les appareils, appartenant à une compagnie privée, ont transporté de la matière postale, mais aux risques des expéditeurs. Aucun contrat n’a été signé jusqu’ici entre le Ministère et cette Compagnie.
- Un des cas d’isolement hivernal qui s’imposaient à l’attention du Ministère des Postes concernait la rive gauche du Saint-Laurent, en aval de Québec. L’été, les villages de pêcheurs de cette région sont envahis par de nombreux Canadiens et Américains qui viennent y passer la saison chaude. Le service postal est alors assuré par des vapeurs côtiers. Mais, dès que le fleuve est pris par les glaces (fin novembre), ces villages sont privés de communications. La voie ferrée s’arrête à La Malbaie, à 150 kilomètres au Nord-Est de Québec. Au delà, il n’y a plus que des pistes à peine praticables pour les traîneaux à chiens.
- Cette pénible situation a cessé depuis le 25 décembre 1927. Et ce fut un joli cadeau de Noël que M. Pierre J. Yeniot offrit à ces populations en inaugurant ce jour-là un service postal aérien. Partant de La Malbaie, l’avion dessert huit villages sur sa route de 418 kilomètres avant d’atteindre les Sept Iles.
- Depuis le 8 février 1929, cette route a été prolongée jusqu’à Port Menier, la minuscule capitale de la grande île d’Anticosti. Cette terre, située devant l’entrée du Saint-Laurent, souffrait précédemment d’un isolement complet pendant les longs mois d’hiver, sauf lorsqu’un brise-glace pouvait s’approcher de ses rivages. Les habitants des Iles de la Madeleine (au centre du Golfe de Saint-Laurent) étaient dans le même cas ; ils ne restaient en relations avec le monde extérieur que par la « lettre-radio » que le poste de Moncton (Nouveau-Brunswick) leur lançait une fois par semaine. Ils jouissent maintenant d’un courrier postal aérien qui les relie à Moncton, service inauguré le 11 jan-
- p.215 - vue 215/598
-
-
-
- ===== 216 ......................=-.........==
- vier 1929. Enfin, l’Ile Pelée, que l’hiver isolait clans le grand Lac Erié, voit maintenant atterrir six fois par semaine l’avion postal parti de London (Ontario).
- Signalons trois autres innovations, intéressantes. De nombreux gisements aurifères ont été découverts, depuis quatre ou cinq ans, dans les régions inhabitées du Québec, de l’Ontario et du Manitoba. Il s’y est formé des camps de mineurs qui se développent rapidement. L’absence totale de routes, de voies ferrées et de cours d’eau navigables condamnait ces villes embryonnaires à un isolement qui ne pouvait que retarder leurs progrès.
- Depuis le 4 octobre 1927, une compagnie aérienne, liée par contrat avec le Ministère des Postes, relie à la gare de Lac-du-Bonnet (Manitoba) les camps miniers de Bissett et de Wadhope (près de la partie méridionale du Lac Winnipeg), à raison de deux voyages aller et retour par semaine, la distance étant de 132 kilomètres.
- Depuis le 25 janvier 1928, un service aérien hebdomadaire fonctionne entre la gare de Sioux-Lookout (Ontario) et quatre camps du richissime district aurifère de Red Lake, découvert en 1926. Le circuit est de 514 kilomètres. Quelques semaines plus tard, on inaugurait, dans le Nord-Ouest du Manitoba, un service analogue .entre Le
- Pas (sur la route ferroviaire de la Baie d’Hudson) et le district minier de Kississing, la distance mesurant environ 160 kilomètres.
- Tant d’heureux résultats obtenus en deux ou trois années, grâce à l’esprit d’initiative et à l’opiniâtreté de M. Pierre Yeniot (le Ministre des Postes est un Acadien, et c’est dire qu’il est de race française), nous prouvent que l’aviation canadienne s’est rapidement développée. En 1928, elle a transporté 316 631 livres de matière postale, les vols formant l’imposant total de 295 000 kilomètres. Si les services ont été parfois interrompus par le mauvais temps (brouillards, tempêtes de neige) qui imposèrent des atterrissages forcés, aucun accident de personnel ou de matériel n’est survenu.
- La tâche de M. Veniot n’est pas terminée : il veut doter son pays d’une ligne aérienne transcontinentale, œuvre grandiose qui nécessitera de laborieuses études et des dépenses considérables pour l’établissement d’une chaîne d’aérodromes entre les deux océans. Mais tout nous porte à croire qu’il triomphera des difficultés et que la route Halifax-Vancouver entrera en service avant longtemps.
- Victor Foubin.
- L’EVOLUTION ET LES PERFECTIONNEMENTS
- DES LAMPES DE T. S. F.
- Il - LES LAMPES A FILAMENT-RÉSEAU ET LEURS
- APPLICATIONS
- LAMPES A CHAUFFAGE INDIRECT ET LAMPES A FILAMENT-RÉSEAU
- Nous avons indiqué, dans notre dernier article (n° du 1er janvier 1930), les difficultés du chauffage des filaments des lampes de T. S. F. à l’aide de courant alternatif non redressé, et nous avons montré comment on pouvait presque complètement les supprimer, en adoptant la solution très élégante du chauffage indirect de la cathode à l’aide d’une résistance séparée, parcourue par le courant du secteur, dont la tension est simplement abaissée à la valeur convenable.
- 11 existe cependant, comme nous l’avons noté déjà, une autre solution du problème, consistant à utiliser des lampes munies d’un filament spécial chauffé directement par le courant du secteur, et à observer certaines précautions de montage, d’ailleurs peu nombreuses et très simples.
- Cette solution paraît plus récente que la première, et il semble qu’elle ait été appliquée surtout en France, en particulier par M. Barthélémy, qui s’est consacré, depuis de longues années, à l’étude de l’alimentation des postes radiophoniques par le courant alternatif du secteur.
- Nous pouvons noter, d’ailleurs, dès maintenant, que ces modèles de lampes paraissent moins employés que les types à chauffage indirect dont l’emploi se généralise de plus en plus pour des applications très diverses, et le nombre des constructeurs qui les fabriquent est aussi moins élevé.
- LES PRINCIPES DES LAMPES A FILAMENT-RÉSEAU
- Nous avons noté, dans notre dernier article, que trois difficultés essentielles s’opposaient à l’alimentation directe des filaments des lampes par le courant alternatif : les variations de la température de ce filament, les variations alternatives du potentiel du point de retour du circuit de grille sur le filament, et enfin la modulation du courant de grille, s’il existe, provenant des effets des variations alternatives de la différence du potentiel entre le filament d’une part, la grille et la. plaque, d’autre part.
- Au lieu d’utiliser un élément de chauffage séparé de la cathode, on peut remédier à ces inconvénients en employant un filament ou plusieurs filaments en parallèle, chauffés à basse température, très courts et traversés par un courant alternatif d’une tension très faible; de
- p.216 - vue 216/598
-
-
-
- plus, le retour de grille est effectué en un point équipo-tentiel du filament, et on s’efforce généralement d’éviter la naissance d’un courant de grille en polarisant négativement cette dernière (fig. 1).
- En fait, on emploie des filaments recouverts d’oxydes de métaux rares alcalino-terreux (baryum, strontium, etc.) dont la température de fonctionnement est comprise entre six cents et huit cents degrés seulement, et dont l’inertie calorifique est très grande. Cette inertie est même tellement grande que le fonctionnement normal de ces lampes est obtenu quekpies secondes seulement après la fermeture du circuit de chauffage, de même que l’arrêt n’a pas lieu aussitôt après l’ouverture du circuit.
- La tension de chauffage n’est généralement que de 0,6 à 0,8 volt, et l’intensité de l’ordre de l’ampère; les variations de potentiel sont donc extrêmement faibles, rle même que les variations calorifiques.
- De plus, le retour de grille est effectué sur une prise
- Filaments multiples
- Potentiomètre, r en V.
- Point milieu du —potentiomètre
- Fig. 2. —- La lampe Dario-Réseau, à chauffage direct par, le courant alternatif.
- a) Détail des électrodes.
- b) Disposition de la cathode et du potentiomètre intérieur.
- médiane ménagée sur le filament, ou, ce qui revient au même, sur une prise médiane d’un potentiomètre intérieur à la lampe, ou connecté sur le secondaire du transformateur d’alimentation; enfin, on polarise convenablement les grilles.
- LES DIFFÉRENTS MODÈLES FRANÇAIS DE LAMPES A FILAMENT-RÉSEAU
- Nous avons indiqué plus haut que le nombre de modèles divers de lampes à filament-réseau était beaucoup moins élevé que celui des lampes à chauffage indirect ; en fait, on utilise presque uniquement en France actuellement des lampes Bario-Rêseau de la Radiotechnique, et des tubes de la série dite « Point 8 » Gécomlve, fabriqués en Angleterre, comme nous l’avons noté dé/jà dans notre dernier article.
- Les modèles Dario-Réseau comportent un ensemble d’électrodes horizontales, la cathode .est formée par de nombreux filaments élémentaires de diamètre assez gros et montés en parallèle.
- Ces filaments très courts, pour éviter également
- 217
- l’action refroidissante des supports, sont à oxydes, et traversés par, un courant d’une tension de 0,6 et d’une intensité de 1 ampère à 1 ampère et demi, suivant les modèles (fig. 2).
- Le retour de grille est effectué au point milieu équipotentiel d’un potentiomètre intérieur représenté sur la figure 2. Cette prise sur le. potentiomètre est reliée aux broches filaments du cidot de la lampe (fig. 3).
- Ce culot peut être muni des quatre broches habituelles disposées suivant le quadrilatère normal aves des bornes latérales pour le chauffage du filament, mais on emploie plutôt le culo.t à six broches, avec deux broches supplémentaires pour le chauffage du filament.
- Le tableau ci-contre indique, d’ailleurs, les différentes caractéristiques des modèles actuels, et l’on voit que ces caractéristiques sont analogues à celles des lampes ordinaires correspondantes. Il faut seulement remarquer que l’on a intérêt à augmenter la tension de plaque, du moins pour l’amplification basse fréquence.
- Il est, d’ailleurs, facile d’obtenir ce résultat, puisque l’alimentation plaque est assurée au moyen du cnurant alternatif redressé par une valve électronique, et filtré ensuite.
- Il suffit d’observer pour l’amplification basse fréquence les polarisations négatives indiquées sur le tableau.
- Les lampes Gécovalve comportent un filament de gros diamètre et très court, recouvert d’un enduit émissif d’oxydes de métaux rares, suivant une méthode spéciale qui assure une grande régularité et une grande homogénéité.
- L’ensemble des électrodes est généralement horizontal et la plaque de section aplatie dans les modèles
- Secteur*
- Fig. 1. —-Principe des lampes à chauffage ' direct par le courant alternatif du secteur.
- ordinaires ; il est vertical dans les lampes à grille-écran, comme le montre la figure 5.
- Cés lampes, ne comportant pas de potentiomètre intérieur, sont munies d’un culot à quatre broches du modèle ordinaire, dans lequel les broches « filament» correspondent simplement au filament chauffé di-
- Fig. 3. — La lampe Dario-Réseau avec culot [à bornes latérales. Montage du potentiomètre par rapport aux bornes de connexion et aux broches.
- p.217 - vue 217/598
-
-
-
- rectement par le courant alternatif, le retour de grille se faisant sur la prise médiane d’un potentiomètre en dérivation sur le secondaire du transformateur de chauffage (fig. 5).
- L’alimentation du filament est assurée à l’aide d’un courant d’une tension de 0,8 volt et d’une intensité de 0,1 ampère environ.
- Il existe des modèles de ces lampes pouvant être utilisées dans tous les cas, amplification haute fréquence, amplification moyenne fréquence, détection, amplification basse fréquence de petite puissance, et leurs caractéristiques correspondent à peu près à celles des lampes ordinaires, avec la remarque faite déjà plus haut à propos de la tension plaque. Le choix de ces lampes est donc très facile, de même que leur utilisation sur les postes récepteurs, au moins dans certains cas.
- à chauffage indirect est bien inférieur à celui des lampes à chauffage direct, puisque nous avons vu que l’alimën-tation d’une lampe à chauffage direct exige une puissance d’environ 0,6 watt, alors que cette puissance atteint 4 watts au minimum pour une lampe à chauffage indirect.
- Ce désavantage est, d’ailleurs, d’une importance très minime au point de vue pratique, puisque la dépense totale pour un récepteur puissant ne dépasse guère une trentaine de watts au secondaire.
- La durée de ces lampes est évidemment fonction de la qualité de leur fabrication, mais il semble malheureusement que certains modèles de lampes à chauffage direct soient plus fragiles que les modèles correspondants au chauffage indirect.
- D’autre part, il est certes quelquefois ennuyeux
- Tableau indiquant les caractéristiques des différents modèles de lampes « Dario-Réseau »
- A CHAUFFAGE DIRECT PAR LE SECTÉUR ALTERNATIF
- DÉSIGNATION R. 636 R. 655 R. 656 R. 662 R. 663 Bigrille R 643
- Tension de chauffage .... 0,6 V. 0,6 V.. 0,6 V. 0,6 V. 0,6 V. 0,6 V.
- Courant de chauffage 1 A. 1 A. 1,5 A. 1 A. 1 A. 1 A.
- Tension plaque. 20 à 160 V. 40 à 160 V. 20 à 200 V. 40 à 160 V. 200 à 500 V. 40 à 80 44
- Courant permanent pour ten- 4 mA. 2 mA. 18 mA. , 1,6 mA. 1 mA.
- sion grille — 0 V pour 80 V. pour 80 V. pour 120 V. pour 120 V. pour 300 V.
- Courant de saturation. . . . Sup. à 15 mA. Sup. à 15 mA. Sup. à 25 mA. Sup. à 15 mA. Sup. à 15 mA. Sup. à 15 mA.
- Coefficient d’amplification. . 10 15 7 30 80
- Pente de la caractéristique. . 0,55 mA/V. 0,6 mA/V. 1,2 mA/V. 0,6 mA/V. 0,4 mA/V.
- Résistance filament-plaque. . Polarisation grille en basse fréquence 18.000 ohms. - 3 V. pour tens. plaque 80 V. - 4,5 à - 6 V. pour tens. plaq. — 120 V. 25.000 ohms. 1,5 à - 3 pour tens. plaque = 80 V. - 4,5 à - 6 V. pour tens. plaq. = 160 V. 6.000 ohms. - 6 à - 9 V. pour tens. plaque = 120 V. - 12 à - 15 V. pour tens. plaq. = 200 V. 50.000 ohms. - 3 V. pour tens. plaque = 160 V. 200.000 ohms.
- UTILISATION H.F., M.F ., D., B. F. H. F., M. F., D., B. F. B. F. Finale D., B. F. R. B. F. R. Changeurs de fréquence.
- II. F. = Haute fréquence. D. = Détectrice. B. F. finale = Dernier étage B. F.
- M. F. == Moyenne fréquence. B. F. — Basse fréq. intermédiaire à transformateur..- B. F. R. = Etage basse fréq. à résistance.
- AVANTAGES COMPARÉS DES LAMPES A CHAUFFAGE DIRECT ET A CHAUFFAGE INDIRECT
- En théorie, la solution du chauffage indirect est beaucoup plus élégante et beaucoup plus complète que celle de l’adoption des filaments-réseau, et, en particulier, il semble beaucoup plus difficile d’utiliser d’une façon satisfaisante des lampes à chauffage direct comme détectrices et comme changeuses de fréquence. Certains constructeurs ont cependant réussi à établir des appareils récepteurs entièrement munis de lampes à filament-réseau, en prenant certaines précautions dans l’établissement des transformateurs d’alimentation, et des connexions de chauffage.
- D’un autre côté, le rendement électrique des modèles
- d’employer des conducteurs de section suffisante pour assurer l’alimentation des éléments chauffants des lampes à chauffage indirect, mais il peut paraître non moins désagréable de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter toute chute de tension dans les circuits de chauffage des lampes à filaments-réseau.
- A l’étranger, et surtout aux Etats-Unis, on emploie presque exclusivement des lampes à chauffage indirect, mais il est encore trop tôt pour se prononcer sur les mérites respectifs de ces deux modèles en France.
- Il est possible qu’on continue à les employer simultanément dans des buts différents, mais il est également possible qu’un des deux modèles soit peu à peu supprimé pratiquement au profit de l’autre.
- p.218 - vue 218/598
-
-
-
- 219
- QUELQUES REMARQUES SUR L’EMPLOI DES LAMPES A CHAUFFAGE INDIRECT ET A FILAMENT-RÉSEAU
- Nos lecteurs ont, sans doute, remarqué qu’il n’existait pas, dans les lampes des séries précédentes à chauffage indirect ou à fdament-réseau, des modèles à grande puissance pour l’amplification basse fréquence. En effet, les variations du courant de plaque n’étant plus amplifiées par aucun étage suivant, on peut fort bien ' employerjsur le dernier étage basse fréquence d’un amplificateur 'des
- Fig. 5. — Lampes Gécoualve, série P-8, à chauffage direct.
- a) Lampe Ss à grille-écran.
- b) Lampe Ps, basse fréquence de puissance moyenne.
- c) Dispositions d’une grille à mailles serrées et à mailles lâches, dans les modèles Gécovalve à filament ordinaire.
- lampes à filament ordinaire, en prenant simplement la précaution d’effectuer le retour de grille au point médian du secondaire du transformateur d’alimentation.
- Ceci posé, l’adaptation des lampes type secteur sur un poste récepteur n’est pas très difficile en théorie, et les organes de montage de ces appareils peuvent être du type
- 32 23 24 20 10 12
- Tension grille
- Fig. 4. — Courbes caractéristiques de lampes Gécovalve à chauffage direct.
- Lampe D8 déteclrice (tension de chauffage 0,8 volt, courant de chauffage : 1,6 amp; tension plaque maxima : 150 volts; polarisation négative de grille : 2 à 6 volts; coefficient d’amplification : 14; pente de la caractéristique : 0,67 mill. par volt; résistance filament plaque :
- 21 000 ohms.
- Lampe Ps. (basse fréquence finale de petite puissance). Chauffage : 0,8 volt, 0,8 amp; tension plaque maxima : 150 volts; polarisation négative de grille : 7,5 à 12 volts; coefficient d’amplification : 6; pente de la caractéristique : 1 ; résistance filament plaque : 6000 ohms.
- ordinaire, puisque les caractéristiques des modèles à chauffage indirect et à filament-réseau sont analogues à celles des lampes ordinaires.
- Nous ne voulons pas insister dans cet article sur les difficultés de l’alimentation complète des appareils radioélectriques par le courant d’un secteur, parce que nous pensons pouvoir consacrer une étude spéciale à ce sujet d’actualité.
- Nous ferons seulement remarquer qu’en France, le problème de l’alimentation des appareils récepteurs radiophoniques est beaucoup plus difficile qu’à l’étranger, l’auditeur français désirant recevoir des émissions faibles, même sur cadre.
- Il importe, dans ce cas, non seulement de supprimer les troubles produits par l’alimentation par le courant alternatif, mais encore d’éviter la propagation de courants parasites à haute fréquence par les lignes du secteur jusqu’aux circuits de réception, et aussi la diminution de sélectivité constatée souvent lorsque le secteur joue le rôle d’une antenne sans longueur d’onde propre définie.
- Il convient donc, à notre avis, de ranger les applica-
- Fig. 6. — Amplificateur phonographique de petite puissance muni de lampes à chauffage direct par courant alternatif, type Gécovalve.
- + 120 à 150 Volts
- p Secteur.
- Haut parleur êlectromagné
- p.219 - vue 219/598
-
-
-
- 220
- jo Valve de
- Saff de choc
- ,Circuiïfïïtre
- Valve de redressement
- Fig. 7. — Amplificateur de puissance moyenne avec lampes Philips à chauffage indirect.
- tions actuelles des lampes type secteur en trois catégories bien distinctes : emplois sur les amplificateurs phonogra-phiques, sur les postes de réception locaux et sur les appareils à grande sensibilité.
- EMPLOI DES LAMPES TYPE SECTEUR SUR LES AMPLIFICATEURS DE PUISSANCE
- On sait l’importance actuelle des applications des amplificateurs basse fréquence de puissance pour la reproduction et l’enregistrement phonographiques, l’amplification microphonique, la cinématographie sonore, etc.
- Or, en utilisant sur les premiers étages d’amplification des lampes à chauffage indirect ou à filament-réseau, et des lampes à filament ordinaire sur le dernier étage,
- Cadran de repère
- Bouton de réglage du condensateur
- d'antenne \
- Réglage de fa J sonorité de la • sélectivité ^
- Commutateur Cadran de repère à levier
- Réglage de la réaction
- Réglage du 'condensateur de résonance
- Fig. 9. — Poste Philips à 3 lampes à chauffage indirect.
- (Une lampe haute fréquence, 1 détectrice, 1 basse fréquence de puissance.)
- on alimente facilement ces appareils par le courant d’un secteur alternatif sans aucun inconvénient.
- L’emploi de lampes type secteur sur les amplificateurs de puissance s’impose donc actuellement, et, en fait, on n’emploie presque plus de batteries d’accumulateurs pour l’alimentation de ces amplificateurs.
- Les amplificateurs de puissance étant de plus en plus utilisés pour toutes les applications de la radiothecnique, en dehors de la radiophonie, on voit que l’avenir de ces
- modèles de lampes serait déjà assuré par cette seule catégorie d’applications.
- En particulier, tous les amplificateurs phonographiques pour amateurs ou professionnels, montés séparément ou dans un phonographe à reproduction électrique, sont munis de lampes à chauffage indirect ou à filament-réseau sur les premiers étages.
- Nous donnons, à titre d’exemple, le schéma d’un amplificateur phonographique de petite puissance pour amateurs, comportant deux étages basse fréquence, dont le deuxième en push-pull, et comportant des lampes à chauffage direct (fig. 6).
- Le schéma de la figure 7 représente, de même, un amplificateur phonographique de puissance moyenne comportant un premier étage basse fréquence à transformateur à lampes à chauffage indirect et un deuxième
- Masse
- L.S.6.A
- 1000 v.
- 4-MF 5001
- Self
- Fig. 8. — Amplificateur phonographique à grande puissance comportant une lampe à chauffage direct et une lampe de puissance Gécovalve.
- étage avec deux lampes à filament ordinaire en parallèle. Un tel amplificateur peut, d’ailleurs, actionner un haut-parleur électrodynamique.
- 'Enfin, le schéma de la figure 8 indique le montage
- Fig. 10. — Schéma de principe d’un poste simple à 3 lampes à chauffage
- indirect.
- Les connexions de chauffage sont établies en câbles à deux conducteurs torsadés de forte section. Les tensions de polarisation sont obtenues à l’aide de piles ou de résistances placées sur la boîte d’alimentation
- plaque.
- Secteur
- Haute tension
- 80àl50V.
- ’80àl50 V
- p.220 - vue 220/598
-
-
-
- 221
- d’un amplificateur phonographique du même genre comportant une deuxième lampe de puissance à filament ordinaire, alimentée sous une tension plaque de 300 à 400 volts, et permettant une audition puissante avec un haut-parleur électrodynamique.
- LES LAMPES TYPE-SECTEUR ET LES POSTES RÉCEPTEURS LOCAUX
- Les auditeurs français n’emploient pas encore beaucoup de postes récepteurs destinés spécialement à la réception des émissions locales; ce type d’appareil commence cependant à être introduit en France, et la pureté des auditions qu’il permet d’obtenir le fera de plus en plus apprécier des auditeurs difficiles, à mesure qu’augmentera la qualité des émissions radiophoniques.
- Dans le cas particulier de l’alimentation d’un poste de ce genre par le courant du secteur, la question du brouillage par les parasites industriels intervient peu, puisqu’il s’agit de recevoir uniquement des émissions puissantes.
- L’avantage de la suppression complète des batteries
- Fig. 12. — Poste simple à 3 lampes, type S. F. R., muni de lampes filament-réseau (1 détectrice, 2 basse fréquence).
- d’alimentation, et aussi la possibilité d’obtenir des auditions puissantes et pures en utilisant des lampes à grand rendement, à forte tension plaque, devrait donc inciter les auditeurs à adopter des lampes du type secteur, et,l; d’ailleurs, il existe déjà dans le commerce, depuis quelque temps, des postes récepteurs munis de tubes à vide de ce modèle
- Les postes de ce genre destinés à être utilisés sur une petite antenne ou sur cadre comportent, au maximum, un étage haute fréquence, une détectrice, et un ou deux étages basse fréquence, et l’adoption de lampes à filament-réseau ne complique guère le montage (fig. 10).
- Il est même théoriquement possible d’adopter des modèles de lampes-secteur munies de culots à bornes sur un poste récepteur quelconque, en employant des câbles de connexions extérieurs et une boîte cl’alimen-tation séparée (fig. 11). Il est plus sûr pourtant d’utiliser un poste spécialement construit dans ce but, dans lequel es connexions d’alimentation sont réduites au minimum,
- ( -) tension plaque et+ 4-'+W)o -hS0à-bi?0 o
- PolarisationQ
- Prise de courant
- Fig. 11. — Montage de lampes à chauffage direct sur un poste de réception quelconque.
- et les organes traversés par le courant alternatif soigneusement séparés des circuits haute fréquence au moyen de blindages convenables (fig. 9 et 12).
- L’EMPLOI DES LAMPES-SECTEUR SUR LES POSTES RÉCEPTEURS RADIOPHONIQUES SENSIBLES
- Aux Etats-Unis, presque tous les appareils récepteurs, et, en particulier, les postes radiophoniques à multiples étages d’amplification qui constituent la majorité, sont munis de lampes à chauffage indirect sur les étages haute fréquence, l’étage détecteur et le premier étage basse fréquence; mais, en raison des conditions particulièrement heureuses de la radiodiffusion américaine, le problème de la réception est tout à fait différent du problème analogue posé en France (fig. 13).
- Le poste américain n’est donc pas un appareil « poussé »
- Fig. 13. — Poste récepteur américain à alimentation totale par le secteur. Une lampe à grille-écran à résonance V,, 1 détectrice Va; 1 liasse fréquence V5; 2 lampes finales en push-pull V4 et VK. Les 3 premières lampes sont à chauffage indirect; la tension plaque est fournie par une valve biplaque V6.
- condensateur multiple de mis
- àterre
- Secteur
- p.221 - vue 221/598
-
-
-
- = 222 ........................
- puisqu’il comporte de’ànultiples^etages et sert pourtant à la réception d’émissions relativement puissantes, alors que le poste français, comportant le moins d’étages possible pour des raisons économiques, doit permettre l’audition des émissions étrangères.
- Quoi qu’il en soit, les montages des appareils français à changement de fréquence utilisés en majorité, et qui sont munis de lampes à chauffage indirect ou à chauffage direct, ne diffèrent guère de ceux des postes correspondants à lampes ordinaires.
- Plusieurs constructeurs ont présenté très récemment des postes, à changement de fréquence, ou même à multiples étages à résonance, munis de lampes à chauffage indirect ou même à filament-réseau (fig. 14 et 15).
- L’ingéniosité de nos fabricants a pu être démontrée encore une fois par la construction de ces appareils, et on peut remarquer dans ces postes des dispositifs spéciaux fort intéressants, en particulier des systèmes prévus dans les circuits d’alimentation pour s’opposer à la transmission par capacité des courants parasites haute fréquence du secteur.
- Les premiers résultats obtenus semblent fort satis-
- Fig. 14. — Poste S. F. B.-30 à changement de fréquence, complètement alimenté par le secteur.
- Comporte une trigrille changeuse de fréquence, 2 lampes à grille-écran, 1 détectrice et 1 basse fréquence de puissance à chauffage indirect.
- faisants, et il faut espérer que la généralisation des essais entrepris dans les différentes régions, et sur les courants des différents secteurs, confirmera ces premiers résultats, malgré toute la difficulté particulière de ce problème en France.
- Nous pensons ainsi avoir montré à nos lecteurs le rôle essentiel joué actuellement en radiotechnique par les lampes type secteur, et, en particulier, par les lampes à chauffage indirect. Nous étudierons dans un prochain article une catégorie nouvelle de lampes non moins importante, les lampes à écran. P. Hémardinquèr.
- Fig. 15.
- Poste Pericaud à lampes à chauffage direct et à boîte d’alimentation.
- Une lampe trigrille changeuse de fréquence, 1 lampe moyenne fréquence, 1 détectrice, 1 lampe basse fréquence trigrille de puissance.
- „ , Z= LA RADIO DANS LES TRAINS =
- INAUGURATION DU TRAIN RADIOÉLECTRIQUE DU RÉSEAU DE L’ÉTAT FRANÇAIS
- Voici un certain temps déjà que l’on s’efforce de recevoir dans les trains en marche les émissions des postes de radio-diffusion. Les nombreux essais auxquels on a procédé en vue d’atteindre ce but n’avaient, jusqu’à ces derniers mois, donné que des résultats peu encourageants, la réception étant, en raison même des conditions dans
- lesquelles elle doit se faire, soumise à diverses perturbations dues notamment aux trépidations du véhicule portant le récepteur, à l’influence des importantes masses métalliques que l’on rencontre si fréquemment aux abords des voies ferrées, des lignes télégraphiques et téléphoniques installées sur les accotements. La dynamo d’éclairage
- p.222 - vue 222/598
-
-
-
- 223
- Antenne d'émission
- Cabine T.S.F.
- O ry
- Appareils de neutralisation ,. sur dynamos
- Voyageurs à lecoute
- Fig. 1. — Schéma du train radioélectrique.
- que comporte aujourd’hui toute voiture de grande ligne est également une cause de troubles et non des moindres.
- Les chemins de fer de l’Etat qui, sous l’énergique impulsion de M. Dautry, leur actif Directeur général, font actuellement un effort considérable en vue de donner à leur clientèle toutes les satisfactions désirables, ne pouvaient se désintéresser de la question. Dès que la Société Radio-Fer fondée par M. Jacques Bompard en vue de l’équipement radio-électrique des trains fut, après l’acquisition de certains brevets étrangers et surtout après les patientes recherches de M. Robert Toussaint, à même d’obtenir des résultats satisfaisants, ils traitèrent avec elle. Line première rame fut aussitôt pourvue des installations nécessaires et affectée à l’une des principales lignes du réseau, celle de Paris au Havre; elle circule régulièrement depuis le 10 février.
- D’après les renseignements que M. Robert Toussaint a bien voulu nous donner, l’étouffement des parasites a été obtenu au moyen de bobinages spéciaux placés dans chacune des voitures du train; ces bobinages, dont le poids unitaire atteint 200 kg, auraient une capacité nulle et une self-induction extrêmement faible.
- L’ÉQUIPEMENT RADIOPHONIQUE
- L’équipement radiophonique de la première rame mise eu service comporte un récepteur spécial Radio-Sigma à changement de fréquence qui, par deux lampes de puissance, alimente 400 prises réparties dans le train à chacune desquelles on peut adapter un casque à deux écouteurs de 2000 ohms. La tension anodique, qui atteint 150 volts, est fournie par une batterie d’accumulateurs qui, grâce à un très ingénieux dispositif dû à M. Toussaint et comportant essentiellement des soupapes électrolytiques au tantale et un coupleur, est maintenue en charge par la dynamo d’éclairage de la voiture, dont la tension ne dépasse pas 26 volts.
- La réception radiophonique se fait exclusivement sur cadre.
- L’installation est complétée par un amplificateur phonographique permettant de transmettre de la musique enregistrée pendant les heures où il n’y a pas d’émission,
- pendant la recherche d’un émetteur ou encore pendant la traversée des tunnels.
- R n’a pas encore été possible d’obtenir le maintien de la réception pendant que le train franchit un souterrain, mais la question est à l’étude et on espère arriver à une solution satisfaisante. En outre, grâce au microphone, l’opérateur peut parler aux voyageurs, leur donner des renseignements sur les régions traversées, faire des annonces de publicité.
- Petit détail, mais qui a son importance et qui montre avec quel soin le problème posé a été étudié : il n’est pas possible à un voyageur mal intentionné de troubler, par court-circuit la réception de personnes autres que celles se trouvant à côté de lui sur la même banquette.
- L’expérience a, d’ores et déjà, démontré que la réception des radio-diffusions se fait dans des conditions très acceptables ; si l’on considère que les tentatives antérieures ont abouti à des échecs, on est obligé
- Fig. 2. — L’équipement de la cabine T. S. F.
- - Récepteur
- Récepteur
- radiophonique
- ondes
- courtes
- Emetteur
- ondes
- courtes
- C o u 1 o i r
- p.223 - vue 223/598
-
-
-
- 224
- Fig. 3. — Un compartiment du train radioélectrique.
- Deux Voyageurs, munis de casques, écoutent les auditions. Le cordon souple du casque est terminé par deux fiches qui se placent dans une prise de courant spéciale. Chaque place de voyageur est munie d’une de ces prises de courant.
- (Ph. Manuel).
- d’admettre que c’est là un intéressant résultat; ce n’est cependant pas le plus important, car la Société Radio-Fer a également réalisé la liaison radio-télégraphique entre un train en marche et un poste fixe.
- L’ÉQUIPEMENT RADIOTÉLÉGRAPHIQUE
- Le poste fixe, situé à Bois-Colombes, n’est autre que le poste d’amateur 8 WSM; il est alimenté sur l’alternatif du secteur par l’intermédiaire de redresseurs au tantale et d’une batterie tampon de 1675 volts, dont la capacité est de 800 milliampères seulement. Sa puissance atteint 75 watts et sa longueur cl’onde est voisine de 45 m.
- [I Le poste radiotélégraphique du train est alimenté, comme le récepteur de radio-dilfu-sion, par la dynamo d’éclairage; celle-ci parvient, grâce à une combinaison de soupapes au tantale et de coupleurs, à maintenir en charge l’accumulateur de 1500 volts nécessaire à l’émission; les éléments de cette batterie sont groupés en blocs de 18 volts. Ce poste est pourvu d’une antenne à contrepoids, du type Zeppelin, et travaille sur une longueur cl’onde de 45 m.
- La Société Raclio-Fer a trouvé, pour la mise au point définitive de ses appareils de radiotélégraphie, un précieux concours dans les connaissances spéciales acquises dans cet ordre d’idées par un jeune amateur, M. Bon-nal, déjà connu comme ayant réalisé la liaison France-Siam.
- Il convient de remarquer que l’on] n’avait jamais encore réussi à établir des relations radiotélégraphiques avec un train en marche :
- les essais précédemment effectués en certains pays, notamment au Canada et en Allemagne, au moyen de courants porteurs, ne sauraient en effet être considérés comme de la radio. Il y a donc bien là une innovation.
- Les essais faits ces jours derniers ont démontré que la liaison entre le poste de Bois-Colombes et le train pouvait être aisément maintenue sur tout le parcours.
- La réception des émissions de radio-diffusion sera, sans aucun doute, bien accueillie des voyageurs ; par contre, on peut se demander si, pour des parcours aussi brefs que celui de Paris au Havre, la possibilité de recevoir et d’émettre des télégrammes présente un réel intérêt. Sans préjuger de l’importance du trafic que pourra recueillir la Société Radio-Fer dans cette première application, nous croyons que c’est seulement lorsque ce service radiotélégraphique sera étendu à de longs parcours, tels que ceux de Paris à Brest, de Paris à Idendaye et surtout de Paris à Marseille, qu’il sera apprécié à sa juste valeur.
- L’établissement de liaisons radioélectriques bilatérales entre un train et un poste fixe ouvre de très intéressantes perspectives d’avenir : on peut très bien concevoir que, cl’ici quelques années, les bureaux régulateurs puissent, au moyen de clés de sélection semblables à celles qui servent à appeler les gares, signaler à tel ou tel convoi qu’ils désirent lui parler. Nous souhaitons que le Réseau de l’Etat, qui a été le premier à mettre en service des voitures pourvues de la radio, soit aussi le premier à réaliser cette innovation encore inédite
- André Bourgain.
- Fig. 4. — L’opérateur radioélectrique dans son compartiment.
- Au-dessus de lui, le poste récepteur et le cadre ; au-dessous l’amplificateur phonographique. L’opérateur tient de la main gauche le manipulateur télégraphique. (Ph. Manuel.)
- p.224 - vue 224/598
-
-
-
- L’EMPLOI DU MAZOUT DANS LA MARINE
- SES INCONVÉNIENTS ET SES DANGERS
- On sait que depuis une douzaine d’années, la chauffe au charbon est souvent supplantée à bord des bateaux par la chauffe au mazout et autres huiles lourdes. Moins chères que la houille, les huiles lourdes présentent des avantages incontestables, notamment pour le chargement, l’emmagasinage et la manutention à bord.
- Quand les navires rentrés au port procèdent au nettoyage des citernes à combustible, les résidus d’huile sont le plus souvent jetés à la mer. Ils s’étalent en surface, salissant le rivage, polluant les plages, s’étendant souvent en couche mince jusqu’à une très grande distance au large.
- Cette couche d’huile isole l’eau de l’air, elle enrobe et détruit les êtres vivants de surface : les œufs, les larves, tout le plancton.
- En outre, l’huile tue les oiseaux marins. De grandes quantités d’oiseaux morts sont maintenant rejetés sur nos côtes : leur plumage est le plus souvent complètement collé par l’huile. Littéralement englués, les malheureux oiseaux ont perdu l’usage de leurs ailes et n’ont pu chercher leur nourriture ou échapper à leurs ennemis.
- En 1922 et 1923, on a signalé que des centaines d’oiseaux tués par l’huile ont été ramassés sur les côtes d’Angleterre et que des colonies de nidification se dépeuplaient.
- En 1922, également, le Docteur F. Dietrich, de Hambourg, visitant au cours de l’hiver les îles Hooge et Norderoog, près du Danemark, remarqua, sur leurs côtes Sud, des taches d’huile nombreuses et dont certaines mesuraient de 1 m 50 à 2 mètres de diamètre. Dans ces taches et autour d’elles flottaient des cadavres de Palmipèdes englués.
- Le Docteur F. Dietrich retourna aux mêmes lieux, les années suivantes; il n’y vit plus ni taches d’huile, ni oiseaux morts; ce qui lui fit croire que l’huile meurtrière ne provenait pas de navires chauffés au mazout, mais plutôt de sous-marins coulés pendant la guerre dans la mer du Nord et qui se seraient brisés peu à peu.
- Quoi qu’il en soit, le Gouvernement anglais se préoccupa de la question et donna l’exemple de l’action contre les méfaits de l’huile, tant pour protéger les plages que pour sauver les oiseaux de mer; il envisagea la nécessité d’obliger les compagnies de navigation à construire des bâtiments spécialement aménagés pour recueillir l’huile dans les ports d’attache.
- Bientôt après, en Angleterre, furent créés des « séparateurs » d’huile, que l’on installa sur les navires. Ces séparateurs sont des filtres, de divers types et fort ingénieusement compris, puisqu’ils joignent l’économie à l’utilité. Toujours animés d’un esprit j>ratique, les ingénieurs anglais ont trouvé le moyen de supprimer les inconvénients du mazout et de faire réaliser un gain aux armateurs,.
- Grâce au « Separator », il n’y a plus d’huile perdue : l’appareil récupère la matière combustible contenue dans les résidus de l’huile lourde. Il semblerait donc que l’emploi de tels filtres dût être adopté d’enthousiasme, puisqu’il, donne satisfaction aux compagnies maritimes et aux amis de la Nature, sans parler des pêcheurs, des touristes et des baigneurs. En réalité, et pour des raisons qui nous échappent, l’usage du « séparateur » ne se généralisa pas.
- La « Royal Society for the Protection of Birds » qui, dès 1920, avait réussi à attirer l’attention des pouvoirs publics anglais sur les pertes d’Oiseaux causées par l’huile, —'.'mit la « Ligue française pour la Protection des Oiseaux » au courant de la
- situation et l’invita à agir auprès des compagnies maritimes françaises. La L. P. O. commença une campagne de propagande ; mais il faut reconnaître qu’à cette époque l’huile lourde n’avait pas encore causé de dégâts appréciables sur les côtes de France.
- Depuis lors, le mal s’est accusé; la presse a publié des notes relatives à la pollution de nos côtes, en particulier de la côte provençale, — et elle s’est fait l’écho des doléances des pêcheurs, des marchands de coquillages, des tenanciers d’établissements de bains, des touristes, etc....
- Comme elle l’a annoncé dans son Bulletin d’octobre 1929, la Fédération des Groupements français pour la Protection des Oiseaux se propose de continuer la campagne entreprise par la L. P. O., il y a quelques années. Elle veut espérer que les armateurs français voudront bien adopter les séparateurs, et d’autant plus que lesdits appareils présentent un intérêt économique réel.
- La « R. S. P. Birds », de Londres, a édité, en faveur des victimes emplumées, un timbre de propagande, en cinq langues. Elle a offert 2500 de ces timbres, traduits en français, à la Fédération P. O. qui en a donné et en donnera aux amis des Oiseaux disposés à contribuer à l’œuvre de défense des victimes du mazout.
- L’Angleterre et l’Amérique ont pris le parti d’interdire aux navires de déverser les résidus d’huile, jusqu’à 5550 mètres de leurs côtes (trois milles marins).
- Les navires de ces puissances ont adopté l’emploi du séparateur. Mais elles voudraient être imitées par les autres Etats. Dans ce but, l’Angleterre eut l’idée de réunir une conférence internationale en vue d’intéresser toutes les puissances à la question.
- Ce projet fut réalisé en 1926, à Washington, où fut tenue une réunion chargée d’étudier un règlement international, afin de rendre obligatoire l’usage du séparateur.
- A l’appel des Etats-Unis d’Amérique, plusieurs puissances maritimes, et non des moindres, restèrent sourdes.
- Froissés par l’attitude indifférente desdits Etats, les Américains résolurent de dissoudre le Conférencè de Washington. Par lettre du 26 juin 1929, l’Association Audubon a été informée que le Gouvernement renonçait à entreprendre une nouvelle démarche auprès des puissances intéressées.
- Assurément, seule une entente internationale permettrait d’obtenir un bon résultat. La collaboration de tous les Etats côtiers est nécessaire pour élaborer une convention. Il serait déplorable que l’œuvre de la conférence de Washington fût annulée par la faute de quelques Etats dominés par un esprit d’égoïsme, de cupidité, — ou simplement de négligence....
- Voilà où en sont les choses. Mais peut-être tout n’est-il pas perdu, surtout si un courant se crée dans l’opinion publique avertie et favorable à un accord international.
- Sans insister sur les dangers d’incendie causés par l’huile rejetée à la mer, ni sur l’atteinte portée à la beauté des sites côtiers, ni sur le tort fait à la pêche et au commerce des coquillages, etc..., nous dirons seulement quelques mots des Oiseaux tués par l’huile lourde.
- Les victimes ailées du mazout sont des oiseaux nageurs et plongeurs. Ce sont des Palmipèdes appartenant aux espèces les plus intéressantes. Les flots ont ramené sur les côtes des cadavres de Macreuses, de Bernaches, de Guillemots, de Harles, de Grèbes, de Plongeons, de Pingouins, etc....
- Et qu’il nous soit permis de mentionner particulièrement
- p.225 - vue 225/598
-
-
-
- —r-- 226 . - ! =
- le Macareux (Fratercula arctica Linné), vulgairement appelé (Calculot) ou Perroquet de mer, que la Ligue française pour la Protection des Oiseaux a pris sous sa sauvegarde. Nous avons consacré à ce curieux Oiseau l’un de nos articles, intitulé :
- « Les Oiseaux qui changent de masque » (Voir La Nature du 5 juillet 1924, n° 2622). C’est spécialement pour sauver le Macareux, menacé de disparition, que la L. P. O. a créé, en 1912, une réserve dans les Sept-Iles, au large de Perros-Guirec, et qui fut la première réserve ornithologique française. La L. P. O. vient d’obtenir du Gouvernement la location des Sept-Iles, ce qui lui permettra d’intensifier son action protectrice au bénéfice des Oiseaux de mer qui fréquentent le refuge. On comprendra que la L. P. O. se préoccupe du danger que présente l’huile lourde pour des Oiseaux peu prolifiques comme le sont les Alcidés et dont elle s’efforce de favoriser la multiplication !
- Comment meurent les Oiseaux victimes de l’huile ? On les a dit intoxiqués. On les a ramassés englués et hors d’état de se mouvoir. D’autre part, le Docteur L. Pittet, président de la Société suisse pour l’Etude des Oiseaux et leur Protection,
- pense que le mazout dissout la matière grasse qui préserve le plumage des Oiseaux aquatiques : « Lé plumage des palmipèdes n’est pas imperméable; par conséquent, il ne peut protéger le corps de l’Oiseau que lorsqu’il est enduit de graisse; or, le pétrole dissout cette substance et la plume dégraissée, pompe l’eau comme le fait l’ouate de pansement, dite coton hydrophile, tandis que l’ouate brute, c’cst-à-dire non dégraissée nage à la surface de l’eau et est imperméable. »
- Enfin, le Docteur Eijkman, de Hollande, a autopsié des Oiseaux de mer tués par l’huile et a reconnu de la pneumonie. L’inflammation pulmonaire aurait entraîné la mort.
- En tout cas, paralysés, intoxiqués ou autrement atteints, ce qui est certain c’est que les Oiseaux marins meurent par centaines.
- Quelques-uns de nos collègues nous ont même signalé que des Oiseaux de rivière, — tels que les Grèbes, — sont victimes du mazout employé par la navigation fluviale.
- Nous avons pensé que le grand public devait être informé de ce regrettable état de choses.
- A. Feuillée-Billot.
- L’OIGNON THERAPEUTIQUE
- Dans différents ouvrages (’), j’ai exposé ma théorie ,de l’oscillation cellulaire et montré comment la maladie résulte du déséquilibre oscillatoire des cellules. En effet, j’ai expliqué longuement.. et développé que chacune des innombrables cellules dont notre corps est formé est constituée essentiellement par un noyau baigné dans le protoplasma. J’ai assimilé le filament de la cellule (noyau) à un circuit oscillant possédant self-inductance et capacité. L’énergie infinitésimale nécessaire à l’oscillation de ce circuit est fournie par les ondes cosmiques qui baignent tout l’univers. Or, ces ondes cosmiques sont extrêmement variables : leur intensité est maximum vers 23 heures et minimum vers 12 heures par suite de la rotation de la Terre sur elle-même, la lumière absorbant ces ondes en raison directe de son intensité. Sa révolution autour du Soleil provoque également des variations annuelles. Enfin, d’autres facteurs agissent également pour modifier l’intensité de ces ondes, notamment l’influence des mouvements périodiques des astres, taches solaires, phases lunaires, ainsi que la nature géologique du sol, car ces ondes pénètrent facilement dans les terrains isolants (sable, grès, etc...) et sont arrêtés par les terrains conducteurs (argiles plastiques, marnes, minerais de fer, terrains carbonifères, etc...).
- Pour remédier à toutes ces causes extérieures de déséquilibre oscillatoire, j’ai songé à la création d’un champ magnétique auxiliaire qui, par interférence, filtre les ondes cosmiques et en absorbe l’excès. Dans une certaine mesure, j’ai obtenu de bons résultats au moyen de circuits oscillants isolés.
- Un autre facteur de déséquilibre est la modification des constantes chimiques du noyau cellulaire, qui entraîne l’altération des propriétés physiques en changeant la longueur d’onde de la cellule, d’où la maladie. Nous allons voir dans la suite de cet article à quel procédé nouveau on peut avoir recours pour rétablir l’équilibre interne des cellules, comme on rétablit l’équilibre externe par l’emploi des circuits oscillants.
- Pour maintenir cet équilibre lorsqu’il vient à être ébranlé, par suite d’une cause intérieure (microbes) ou extérieure (variation du champ cosmique) j’ai indiqué divers procédés
- 1. G. Lakhovsky.— Le Secret de la Vie. — Contribution à l’étiologie du Cancer. — L’Universion. Gauthier-Villars, éditeurs, 1927.
- de nature physique ou chimique. C’est ainsi que j’ai proposé l’absorption ou l’injection de substances minérales, susceptibles de rendre à la cellule altérée les constantes chimiques et, par suite, électriques qui lui manquent.
- J’ai songé tout récemment à mettre en pratique une méthode biologique nouvelle, reposant sur l’introduction directe dans l’organisme d’éléments vivants, dont la radiation des molécules peut rétablir l’oscillation cellulaire des tissus.
- Depuis Pasteur, en effet, on procède surtout à des injections de substances stérilisées, excepté, par exemple, pour la vaccination antivariolique, antirabique, etc... dont l’action est particulièrement afficace parce qu’il s’agit de matières vivantes. Or, les atomes biologiques, c’est-à-dire les atomes de la matière vivante, sont en quelque sorte détruits par la stérilisation au point de vue électromagnétique et vibratoire.
- Les substances mortes, injectées après stérilisation, ne s’assimilent pas aisément avec la matière cellulaire des organismes vivants, parce qu’elles n’oscillent plus. Au contraire, en injectant des substances vivantes, on introduit dans l’organisme des éléments oscillatoires que j’ai dénommés bioma-gnomobiles. Ce sont, gn quelque sorte, les atomes vivants de la biologie qui établissent des liaisons constantes entre les divers tissus comme je l’ai expliqué dans « Le Secret de la Vie ».
- La reconstitution d’une cellule vivante dont l’équilibre oscillatoire est altéré s’opère très simplement par le jeu de ces biomagnomobiles qui apportent à la cellule des éléments vivants chimiques, physiques et électromagnétiques (ions et électrons naissants) qui lui manquent. Parmi les substances vivantes j’ai recherché quelles seraient les mieux adaptées à cette fonction de biomagnomobiles. Or, les récents travaux de plusieurs savants, Gurtvvitsch et Franck (J) en Russie, Reiter et Gabor en Allemagne et Albert Nodon en France. ont mis en évidence les remarquables propriétés de l’oignon. Toute la plante, et particulièrement la collerette de la racine de ce végétal, émet un rayonnement facilement mesurable par des méthodes interférentielles et qui a pu être indentifié spectroscopiquement aux rayons ultra-violets. Cette propriété
- 1. Gurtwitscii et F. Franck. — Sur les rayons mitogénétiques et leur identité avec les rayons ultra-violets. Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 4 avril 1927, p. 983.
- p.226 - vue 226/598
-
-
-
- de l’oignon est évidemment partagée par un certain nombre de végétaux.
- Enfin, au point de vue expérimental, j’ai adopté pour le moment l’oignon, tant en raison de ses propriétés oscillatoires que de la facilité avec laquelle on peut s’en procurer en toute saison. L’ail pourrait être également essayé.
- Il existe au Tliibet et en Mongolie une plante très rare, appelée « ginseng », qui croît dans des terrains où l’on trouve des gisements de substances radioactives très riches en radium. Cette plante possède des propriétés curatives extrêmement remarquables provenant du fait que les cellules qui la composent, se développant dans un milieu si radioactif, irradient elles-mêmes cette radioactivité sur leur propre gamme de longueurs d’onde.
- En Sibérie, pousse également dans certaines forêts une espèce d’ail sauvage, le tchéremissa, dont les propriétés curatives sont utilisées avec grand succès par les indigènes.
- D’autre part, je me suis rappelé que les populations de quelques contrées en Russie et en Pologne ignorent le cancer, notamment certaines sectes israélites qui ne travaillent pas et ne vivent que pour la piété et la prière. N’ayant pas les moyens de se nourrir convenablement, ils ne prennent pour toute nourriture que du pain et de l’oignon cru trempé dans le sel. Malgré leur misère intense et leur hygiène déplorable, on trouve parmi ces populations des vieillards d’un grand âge. D’ailleurs, ces populations sont rarement malades et ignorent totalement le cancer. On a prétendu que cette immunité était due à la race. Mais c’est à tort, car les israélites français, américains, anglais, etc... sont sujets au cancer, autant que leurs compatriotes chrétiens.
- J’ai poursuivi également mon enquête auprès de professeurs d’universités et de savants de nombreux pays dont les populations mangent journellement de l’oignon cru. J’ai pu constater à l’aide des renseignements qui m’ont été fournis que le cancer est à peu près ignoré dans tous les pays dont la population fait quotidiennement une grande consommation d’oignon cru, même dans les pays où la nature géologique du sol est favorable au développement du cancer.
- A titre d’exemple, je citerai parmi les lettres que j’ai reçues celle de l’éminent chirurgien Professeur P. Stoïanofï, de l’Université de Sofia, dont je donne ci-dessous un extrait :
- « Je me suis adressé à notre direction de la Santé publique et je vous envoie sa statistique, quoique pour 2 ans seulement. Je me réjouis de voir que vous avez raison : chez nous aussi, les paysans (80 pour 100 de la population) sont moins sujets au cancer. Vous devez savoir que chez nous on mange beaucoup d’oignon,, sauf les Roumains et les Serbes, peut-être. Je ne crois pas qu’il y ait d’autre peuple qui mange autant d’oignon que nous. Et, d’ailleurs, nos jardiniers sont connus dans le monde entier, comme les meilleurs jardiniers-légumiers, et ils vont partout, en Europe, en Amérique et même en Australie, cultiver et vendre les légumes. On mange les oignons crus avec du. sel, du poivre et du pain, et on mange chez nous aussi beaucoup de piments et d’ail, surtout des oignons.... »
- La lettre du Professeur Stoïanofï contenait une statistique officielle, d’après laquelle on constate que chez les paysans bulgares qui consomment tous ,de l’oignon cru, la mortalité par cancer est presque douze fois moindre que chez nous : 12, 5 pour 100 000 habitants (0,125 pour 1000), tandis qu’en France elle est en moyenne de 143 pour 100 000 (1,43 pour 1000).
- La longévité des Bulgares est légendaire. Il n’est pas rare de trouver dans ce pays des gens âgés de 120 à 140 ans. C’est la nation qui compte le plus de centenaires.
- On prétendait que cette longévité exceptionnelle est due à la grande consommation du yogourth et du lait caillé. Mais
- ::: 227 =
- je ne puis admettre cette thèse, puisque les populations du Caucase et de la Russie méridionale qui mangent tout autant de yogourth ne vivent pas aussi vieilles, et de très loin, car l’oignon ne constitue pas, comme en Bulgarie, la base principale de la nourriture.
- J’ai reçu des réponses analogues de Turquie, de Syrie, d’Egypte et même d’Algérie où les fellahs et les Arabes consomment beaucoup d’oignon cru et ignorent à peu près le cancer. Ainsi il paraît qu’en Turquie vit encore un vieillard de 153 ans, et en Egypte un autre de 154 ans qui se rappelle ses fonctions de consul sous Napoléon Ier..
- Si extraordinaire que cela puisse sembler, cela est biologiquement possible. Parmi les nombreux cas que cite Jean Finot dans son livre « La philosophie de la longévité » on relève ceux de vieillards ayant vécu jusqu’à 200 ans; ces cas ont été contrôlés.
- Depuis que j’ai eu ces renseignements, j’ai entrepris moi-même une cure d’oignon cru, mais, afin de ne pas « empoisonner » mes semblables par l’odeur de l’oignon, j’ai pris l’habitude de faire, avant de me coucher, un souper composé d’un petit pain, de beurre et d’un oignon cru gros comme une figue, avec du sel. Depuis, je m’en trouve fort bien. J’ai d’ailleurs de nombreux adeptes de cette méthode qui se portent à merveille. Il est vrai que nous sommes tous munis, en même temps, du collier oscillant qui favorise encore davantage cette action.
- Malheureusement, dans nos pays « civilisés », bien des personnes ont l’oigon cru en horreur et on ne saurait les forcer à suivre ce traitement, cependant bien facile.
- J’ai donc imaginé, pour ces personnes, de faire avec l’oignon cru un sérum qu’on pourrait injecter. Cette préparation présente une difficulté de principe, car on ne peut stériliser à chaud l’oignon dont on détruirait les propriétés vivantes et, d’autre part, on ne peut injecter dans le sang une substance sortie du sol et qui pourrait contenir des microbes, tels que le tétanos, des germes aérobies de toutes sortes.
- Mais j’ai tourné cette difficulté en procédant de la façon suivante : après avoir flambé plusieurs oignons, je les ai épluchés et les ai ensuite écrasés dans une presse à canard. Le jus ainsi extrait a été mélangé avec 80 pour 100 de sérum physiologique; ce mélange a été filtré par le vide au moyen d’un filtre Chamberland et immédiatement introduit dans des ampoules en verre qui ont été de suite soudées à la flamme. Tous les instruments employés avaient été préalablement stérilisés.
- Ce sérum injecté à des cobayes et à des souris n’a déterminé chez ces animaux aucun trouble ni aucun malaise. Pour être encore plus sûr qu’il ne contient aucun germe morbide nous avons recherché par des cultures appropriées toutes les espèces de microbes et nous n’avons rien trouvé.
- Je me suis décidé alors, d’accord avec un professeur agrégé dans un grand hôpital de Paris, à essayer ce sérum sur un cancéreux mourant, considéré comme perdu. Or, cinq jours après une injection unique de 1 demi-centimètre cube de sérum à 10 pour 100, le malade n’était pas mort. Encouragé par ce succès, nous avons continué les piqûres à ce malade en doublant la dose, et fait des piqûres à trois autres cancéreux. Les résultats obtenus sont tout à fait encourageants.
- Depuis, enthousiasmé par ces résultats, ce professeur a appliqué le sérum non seulement aux cancéreux, mais aux autres malades. Tous présentent des symptômes d’amélioration. Ayant eu connaissance de ces résultats, un autre hôpital n’a pas hésité à appliquer également cette méthode dont le succès s’affirme tous les jours davantage. Un malade dans un de ces hôpitaux, qui était à la dernière extrémité avant le traitement, a même, après six jours de la première piqûre, demandé à lire les journaux.
- p.227 - vue 227/598
-
-
-
- = 228 ........... ~ .............................. —
- Le traitement par piqûre de sérum à base d’oignon a~été essayé concurremment sur des malades avec ou sans circuit oscillant. Nous avons constaté qu’avec le circuit oscillant, l’action est beaucoup plus rapide. Les malades qui aiment l’oignon cru et qui en mangent à chaque repas trouvent la même amélioration qu’avec les piqûres.
- Nous avons fait également des applications externes avec le jus d’oignon pur sur des tumeurs cancéreuses et nous avons constaté que celles-ci se nettoyaient et que l’ulcération commençait à se cicatriser.
- De tout cet ensemble de faits et de recherches, on peut espérer vaincre ce fléau qu’est le cancer et la plupart des maladies en intensifiant la consommation des oignons crus ou de certaines plantes appropriées, remède très simple et très peu coûteux. Pour les personnes qui ne peuvent s’habituer à consommer de l’oignon cru, en pourrait faire des piqûres avec du sérum de substances vivantes ou des injections rectales de jus d’oignon.
- Des recherches antérieures confirment cette nouvelle méthode. On connaît les expériences faites à l’Institut Pasteur avec les souris : la moitié d’une colonie de souris a été nourrie exclusivement avec des aliments cuits et de l’eau bouillie. L’autre moitié a été nourrie avec des betteraves, de la salade crue et de l’eau non bouillie. Au bout d’un mois environ, les souris qui ont consommé les aliments cuits sont toutes mortes, tandis que les témoins continuaient à vivre normalement. On a d’ailleurs créé la théorie des vitamines pour expliquer ces résultats.
- TRANSPORT DU LAIT
- Nos lecteurs savent qu’aux Etats-Unis le transport du lait vers les grands centres de consommation s’effectue fréquemment par wagons-citernes réfrigérés. Ce mode de transport a de °Tands avantages sur le procédé usuel qui consiste à emmao-asiner le lait dans des bidons de faible capacité, de 90 à 25 litres en France. Il réduit les manutentions, diminue Tes pertes, évite le transport d’un poids mort considérable, facilite le maintien du lait à la basse température qui convient à sa conservation.
- L’Autriche et l’Angleterre ont déjà suivi l’exemple américain. La France à son tour entre dans cette voie.
- M Poher dans une récente communication à l’Acaclémie d’Agriculture de France, nous apprend que dans quelques semaines la compagnie d’Orléans mettra en service des wagons-citernes pour le transport du lait.
- Ces véhicules comporteront une plate-forme portant une citerne métallique isotherme, d’une capacité de 14 000 litres. Elles sont en acier au nickel-chrome, qui paraît inattaquable par les acides lactiques, propriété qui dispense d’émailler l’intérieur de la citerne.
- Les transports de lait par wagons-citernes sur le réseau de l’Orléans seront effectués par une société possesseur d un parc de wagons et d’une « gare laitière » établie dans l’enceinte de la gare de Paris-Austerlitz.
- Elle agira pour ses débuts comme « Société auxiliaire de transport » chargeant et transportant dans ses wagons le lait qui lui sera remis au départ par des dépôts reliés à la voie ferrée, de coopératives et de sociétés laitières.
- A Paris, dans sa gare laitière, elle livrera soit aux sociétés laitières, soit aux détaillants, pour le compte de ses mandants,
- L’asèpsie est évidemment une grande conquête de la chirurgie et de la médecine. Mais l’hygiène alimentaire en abuse. Nous mangeons depuis une cinquantaine d’années trop de substances cuites. La recrudescence constante du cancer qui en résulte est la contre-partie des bienfaits de l’asepsie.
- Le philosophe Jean Finot cite dans son livre le cas de gens ayant, dans l’antiquité, vécu 300 ans et plus. Assurément, il est difficile de contrôler ces exemples, mais étant donné le point de vue auquel je me place, ce fait est vraisemblable, car dans ce temps reculé où les allumettes, le gaz, l’électricité n’existaient pas, on ne consommait guère que des crudités : oignon, ail, salades, racines de toutes sortes et même poissons et viandes crus.
- J’espère qu’en développant la consommation quotidienne des crudités : salades, légumes fruits et surtout de l’oignon, concurremment avec les aliments cuits: viandes,poissons,etc... le cancer deviendra une maladie négligeable.
- Pour déduire des faits signalés plus haut une thérapeutique définitive, il faudrait attendre des mois encore et peut-être des années si les expériences ne portent que sur un petit nombre de cas.
- J’estime que si ces recherches sont poursuivies dans de nombreux hôpitaux et laboratoires, l’élaboration de cette technique peut être considérablement hâtée. C’est pourquoi j’ai cru de mon devoir de la signaler aux praticiens et au grand public.
- Georges Lakiiovsky.
- PAR WAGONS-CITERNES
- d’abord en pots de 20 litres, et plus tard par auto-citernes de faible capacité.
- La gare comporte un certain nombre de bassins de garde d’une capacité de 12 000 litres répartis dans des compartiments différents d’une très grande propreté pouvant être loués aux sociétés désirant recevoir elles-mêmes leur lait par wagons-citernes.
- Dans les deux cas, le lait est destiné à être transvasé par pression d’air de wagon à bassin en quelques minutes. Il y sera maintenu à basse température jusqu’à son enlèvement, soit par bidons, soit, à l’aide des petites citernes automobiles.
- Les diverses manutentions seront faites automatiquement, notamment le lavage, la stérilisation, le remplissage et le transport des pots.
- Les auto-citernes de 6000 litres, avec ou sans remorque, seront ' utilisées dans les campagnes comme auxiliaires du wagon. Elles serviront d’une part à relier par route à la voie ferrée les dépôts qui ne disposent pas d’un embranchement particulier avec le chemin de fer; d’autre part, à permettre dans un avenir qu’on peut espérer prochain le regroupement des dépôts par la suppression de ceux mal placés, mal outillés e t se faisant une concurrence dommageable aux intérêts de tous.
- « Avec l’auto-citerne, dit M. Poher, la centralisation des laits recueillis dans une région déterminée devient possible dans les dépôts pourvus d’un outillage moderne, en liaison directe avec la voie ferrée. Le froid et l’isothermie aidant, les transports peuvent être assurés dans les conditions de sécurité les plus parfaites avec des horaires moins tendus et la possibilité d’augmenter facilement le rayon d’approvisionnement de la capitale. »
- p.228 - vue 228/598
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL 1930 (1)
- Deux éclipses se produiront ce mois-ci : une éclipse partielle de Lune, le 13, et une éclipse annulaire totale de Soleil, le 28. Toutes deux sont invisibles à Paris.
- Mercure sera bien situé à la fin du mois et nous recommandons d’observer sa conjonction avec Vénus le 22.
- Jupiter et Neptune sont encore bien placés pour l’observation et l’on pourra rechercher la seconde de ces planètes à l’aide de notre petite carte ci-après.
- Signalons encore à l’attention des observateurs la lumière cendrée de la Lune la lumière zodiacale, l’essaim de Lyrides du 19 au 22, diverses conjonctions et occultations et, avant sa disparition prochaine dans le rayonnement solaire, un certain nombre de phénomènes du système des sateilitesjxie Jupiter.
- Tel est, le programme astronomique de ce mois d’avril.
- 1. Soleil. — En avril, le soleil s’élève rapidement dans l’hémi'sphère nord et, de 4- 4°22' le lur avril; sa déclinaison atteindra +14°
- 38' le 30. La durée du jour augmente très vil e pendant ce mois : de 12»48m le lei, elle sera de 14»27m le 30.
- Le tableau suivant donne, de deux en deux jours, le temps moyen à midi vrai, c’es t-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. L’ombre du fil à plomb à ces moments indique alors très exactement la direction du méridien.
- Dates, Heure du passage.
- Avril U1-
- — 3
- — 5
- ____ n
- — 9
- — 11
- — 13
- — 15
- Observations physiques. — Le tableau suivant donne les éléments nécessaires pour orienter les dessins et photographies du soleil.
- Dates. P B0 L0
- Avril 1U1 — 26°,26 — 6°,53 35°,94
- — 6 — 26 40 -- 6 23 329 96
- -- 11 — 26 3.6 — 5 89 263 97
- — 16 — 26 14 — 5 51 127 95
- — 21 — 25 73 — 5 09 131 92
- — 26 — 25 14 — 4 63 65 86
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) qui n’est autre que le temps légal en France. Pendant la période d’application de l'heure d'été, ajouter une heure à toutes les heures données ici, pour qu’il y ait accord entre les moments des phénomènes et nos horloges.
- P désigne l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est à partir du point nord du disque; B0 et Lo sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque ou, si l’on veut, du centre de la Terre, Am du centre du Soleil.
- Lumière zodiacale. — Le mois d’avril est, par excellence, le mois favorable j>our observer la lumière zodiacale. En avril, la Lune gênera à partir du 3 jusqu’au 15. Nous a\Tons donné, le mois dernier, divers renseignements concernant les observations à faire de ce curieux phénomène.
- Eclipse annulaire totale de Soleil. — Une éclipse annulaire et totale de Soleil se produira le 28 avril. Elle sera invisible à Paris. La ligne de centi'alité de cette éclipse — qui correspond à la zone balayée sur Terre parla droite qui joint les centres du Soleil et de la Lune — s’étend sur la partie Est de l’Océan Pacifique, l’Amérique du Nord et la moitié Ouest de l’Océan
- Atlantique.
- La grandeur de cette éclipse sera de 1,0001, c’est-à-dire que les diamètres apparents de la Lune et du Soleil seront autant dire égaux. Toutefois, par suite de la courbure de la surface terrestre, l’éclipse sera seulement annulaire aux extrémités de la ligne centrale. Au contraire, vers le milieu de cette ligne centrale, et sur 1500 kilomètres, la surface de la Terre é tant plus rapprochée, par suite de la convexité du sol, de notre satellite, celui-ci présentera un diamètre apparent un peu plus grand que celui du Soleil, et l’éclipse y sera totale. Cependant il est probable que dans le fond des vallées lunaires, on verra encore paraître l’extrême bord du disque solaire : la Lune semblera entourée d’un chapelet de points brillants, désignés sous le nom de grains de Daily et l’on assistera, selon la pittoresque exjjression de Camille Flammarion, à une éclipse perlée. C’est là un très beau phénomène céleste réservé à nos amis américains de la côte ouest du Pacifique.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’avril, seront les suUantes :
- P. Q. le 6, à 11'1 25m 1 D. Q. le 20, à 22» 9m
- P. L. le 13, à 5» 49® I N. L. le 28, à 19» 8“
- Age de la Lune, le 1er avril à minuit (24») = 1 j’ 8; le 29, à 24» = 0 j’ 2.
- Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, on sait qu’il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 29.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 5 avril = + 28°07; le 18 avril = — 28°2\
- Si le temps est clair on remarquera la très haute élévation de la Lune dans le ciel le 5 avril, vers 17», lors de son passage au méridien. Par contre, elle sera très basse sur l’horizon le 18 avril, vers 4» du matin.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 40m 35 . 30 25 20 15 10 5m XH
- o 1 1 i ___1 1____1 t_____\ | 13°
- -1 SL
- lu L10
- -,____,____,__.—| ________,_____,____,____|_+9°
- 40m 35 30 25 20 15 10 5m XH
- Fig. 1. — Déplacement de la planète Neptune dans la constellation du Lion pendant Vannée 1930.
- Dates. Heure du passage.
- 11» 54m 44s Avril 17 111 Ü* O B 19s
- 11 54 8 — 19 11 49 51
- 11 53 33 — 21 11 49 25
- 11 52 58 — 23 11 49 1
- 11 52 24 — 25 11 48 39
- 11 51 51 — 27 11 48 18
- 11 51 19 — 29 11 48 0
- 11 50 58
- p.229 - vue 229/598
-
-
-
- ==. 230 —.......... • ..................... -
- 9 avril, à 11'1. Parallaxe — 59'40". Distance = 367 510 km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 21 avril, à 13h. Parallaxe = 54,15,/. Distance = 404 200 1cm.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le' 4 avril, occultation de 112 B. Cocher (gr. 5,7). Immersion seule visible à 22’1 24m.
- Le 6, occultation de c Gémeaux (gr. 5,5). Immersion seule visible à 22h 43m.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le soir du 2 au 5 avril et le matin du 21 au 24.
- Eclipse de Lune. — Une éclipse partielle de Lune se produira
- On pourra observer le curieux phénomène du mascaret aux dates ci-après :
- Coefficient
- Dates de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Avril 13 1,05 7h 24m 8h llm 811 20m
- — 13 1,06 . 19 50 20 27 20 36
- — 14 1,05 8 8 8 45 8 54
- — 14 1,03 20 25 21 2 21 11
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1930
- ASTRE Dates : Avril Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ! 5 5h 23m llh 53^ 33 18h 25m 0h 55m + 5° 54' 32' 1" 9 X Poissons
- Soleil. . . . 15 5 3 11 àO 58 18 40 1 32 + 9 36 31 55 ,2 Poissons ))
- ' 25 4 44 11 48 39 18 55 2 9 + 13 2 31 50,4 Bélier
- S 5 5 37 12 10 18 43 1 8 6 39 5,0 Poissons
- Mercure. . . 15 5 28 12 45 20 2 2 22 + 15 32 5,8 Bélier >Le soir. Plus grande élon-
- ' 25 5 17 13 6 20 55 3 24 + 21 19 7,2 Pléiades 1 gation le 27.
- 5 5 57 12 48 19 39 1 47 + 10 20 10,2 0 Poissons
- Vénus. . . .' 15 5 43 12 56 20 9 2 34 + 14 50 10,4 Bélier Le soir, à la fin du mois.
- 25 5 31 13 5 20 39 3 23 + 18 42 10,6 Taureau
- 5 4 36 10 5 15 35 23 5 — 7 8 4,4 O Verseau
- Mars 15 4 11 9 55 15 38 23 34 + 4 5 4,4 Poissons Le matin, à la fin du mois.
- 25 3 46 9 44 15 42 0 3 — 0 59 4,4 Poissons
- Jupiter . . . 15 7 16 15 10 23 4 4 51 + 22 10 32,4 a T aureau Première partie de la nuit.
- .Saturne. . . 15 0 59 5 11 9 24 18 51 — 22 11- 15,2 ri Sagittaire Seconde partie de la nuit.
- Uranus . . . 15 4 43 11 5 17 26 0 45 4 11 3,2 189 P.Poissons Inobservable.
- Neptune. . . 15 13 33 20 31 3 28 10 13 + 11 45 2,4 a Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- le 13 avril. Elle sera pratiquement invisible à Paris. Ce sera une petite éclipse puisque seulement 112 millièmes de la Lune pénétreront dans le cône d’ombre de la Terre. Voici les heures des phases de cette éclipse.
- Entrée de la Lune dans la pénombre. 3h 42m, 8
- Entrée dans l’ombre................. 5 20, 7
- Milieu de l’éclipse................. 5 58, 4
- Sortie de l’ombre................... 6 35, 9
- Sortie de la pénombre................8 13, 9
- La Lune se couchant, à Paris, à 5l1 13m, on voit que, si le temps est très pur, on pourra tout juste constater un léger assombrissement du disque lunaire au moment de son coucher.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se prodùiront à l’époque de la pleine Lune du 13 avril.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées pour Brest:
- Dates Marées Heure du matin Coefficient * Marées du soir Heure Coefficient
- — —. — — —
- Avril 11 2U 34m 0,85 14U 57m 0,91
- — 12 3 19 0,97 15 39 1,02
- — 13 3 58 1,05 16 16 1,06
- — 14 4 35 1,05 16 53 1,03
- — 15 5 10 1,00 17 29 0,25
- — 16 5 46 0,90 18 3 0,84
- contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’avril.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le lur avril, à 13h.
- Il sera visible comme étoile du soir du 20 au 30 avril. Il arrivera à sa plus grande élongation le 27 avril, à 20n, à 20° 23' à l’est du Soleil.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure pendant le mois d’avril :
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- — — — —
- Avril 1er 0,99 5"0 -1,6
- — 6 0,98 5 2 -1,6
- — 11 0,91 5 4 -1,3
- — 16 0,77 5 8 — 0,9
- — 21 0,60 6 6 — 0,3
- — 26 0,43 7 4 + 0,2
- Vénus se dégage peu à peu des rayons solaires et devient visible le soir, notamment à la fin du mois.
- Voici, comme pour Mercure, les valeurs du disque et de la grandeur stellaire.
- p.230 - vue 230/598
-
-
-
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- — — — —-
- Avril V 0,97 10”2 — 3,4
- — 6 0,97 10, 2 — 3,4
- — 11 0,96 10, 4 — 3,4
- — 16 0,96 10, 4 — 3,3
- — 21 0,95 10, 6 — 3,3
- — 26 0,94 10, 6 — 3,3
- Mars pourra être recherché le matin, surtout à la fin du mois. Son diamètre es t encore bien petit et il convient d’attendre plusieurs mois pour faire des observations utiles.
- Jupiter se couche de plus en plus tôt et l’on ne peut plus l’observer longtemps. Voici quelques-uns des phénomènes produits par les satellites dans leur évolution autour de la planète géante. Ces phénomènes peuvent être observés avec les plus petites lunettes. Nous renvoyons aux précédents « Bulletins astronomiques » pour l’explication des divers aspects présentés.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter
- Dates. Heures Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Heures Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 21h 1 m III P. î. 14 19h 33m I O. f.
- 2 19 28 II O. c. 18 21 24 II E. f.
- 2 19 41 II P. î. 19 19 52 III Em.
- 2 22 0 II O. î. 19 21 2 III E. c.
- 5 19 50 I P. c. 20 21 11 I Im.
- 5 20 57 I O. c. 21 19 16 I O. c.
- 5 22 2 I P. f. 21 20 33 I P. f.
- 6 20 30 I E. f. 21 21 28 I O. f.
- 9 19 57 II P. c. 25 19 41 II Im.
- 9 22 5 II O. c. 26 21 32 III Im.
- 12 19 45 III P. f. 28 20 21 I P. c.
- 12 ’ 21 50 I P. c. 28 21 11 I O. c.
- 13 19 11 I Im. 29 20 44 I E. f.
- Saturne devient de mieux en mieux visible dans la seconde partie de la nuit. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 2 avril à lh.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 12 avril :
- Grand axe extérieur................. 38", 19
- Petit axe extérieur. ...................+ 16",08
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau.....................+ 24°54'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau......................-f- 25°57/
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est visible lors de ses plus grandes élongations. En voici la liste :
- Dates. Elongation. Heure
- Avril 8 Orientale 3’1 3
- — 16 Occidentale 9 5
- — 24 Orientale 2,1
- iUranus sera en conjonction avec le Soleil le 1er avril à 20’1. Il sera donc inobservable.
- Neptune, qui s’est trouvé en opposition avec le Soleil à la fin de février est encore très facilement observable presque toute la nuit, et pour le trouver on s’aidera de la petite carte
- 231
- de la figure 1. Actuellement Neptune se dirige vers la brillante étoile Régulus (a du Lion), mais il va bientôt être stationnaire, et, jusqu’à la fin de l’année, se rapprochera de l’étoile p Lion.
- «s.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 14h, Mercure en conjonct. avec Uranus, à 0°26/ 5 S
- Le 4, à 2U, Jupiter — la Lime, à 3° 46' S
- Le 9, à 12h, Neptune — — à 4° 19' S-
- Le 19, à 9h, Saturne — — à 5° 41'N-
- Le 22, à 10h, Mercure — Vénus, à 2° 27' N.
- Le 25, à 21u, Mars — la Lune, à 1° 51' N.
- Le 26, à 20h, Uranus — — à 1° 19' N.
- Le 27, à 7h, Mercure — Vénus, à 2° 34' N.
- Le 30, à 9h, Mercure — la Lune, à 0° 22' N1
- Le 30, à llh, Vénus — — à 2° 8' S.
- On s’efforcera d’observer le rapprochement de Mercure et de Vénus dans la matinée du 22. Ce sera là une excellente occasion pour trouver Mercure.
- Etoiles variables. — Les minima de l’étoile variable Algol (fi de Persée) sont très faciles à suivre à l’œil nu. Un seul minimum pourra être observé en avril, en raison de la position assez défavorable de la constellation de Persée, au Nord-Ouest. Il aura lieu le 19 avril, à 20h 49m.
- Etoiles filantes. — Parmi les essaims d’étoiles filantes actifs en avril, celui des Lyrides, qui donne des météores rapides du 19 au 22, est l’un des plus connus. Son radiant est situé près de l’étoile 104 Hercule.
- Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, les
- chutes que l’on peut observer ce mois-ci : «
- Dates. Ascension droite. Déclinaison Etoile voisine.
- .— e e e —
- Avril 9 255° + 36° Ti Hercule
- — 16 au 30 206° + 13° 7j Bouvier
- — 19 au 22 271° + 33° 104 Hercule
- — 29 et 30 326° — 2° a Verseau
- Étoile Polaire. — Voici les de Paris de l’Étoile Polaire. heures de passage au méridien Temps sidéral
- Dates. Passage. Heures. à 0h (T. U.)
- Avril 1 Inférieur 0l1 51m 23s 12h 24m 315
- — 11 — 0 12 3 13 13 56
- — 14 — 0 0 15 —
- — 14 — 23 56 19 —
- — 21 •— 23 28 49 13 53 22
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er avril à 21h, ou le 15 avril, à 201*, est le suivant :
- Au Zénith : Les étoiles X et p. de la Grande Ourse. Autour du zénith, la Grande Ourse, le Lion.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse. Céphée et Cassiopée, près de l’horizon.
- A l’Est : Arcturus et le Bouvier; la Couronne Boréale. Le Serpent, Hercule et la Balance apparaissent à l’horizon.
- Au Sud-Est : la Vierge et l’Epi.
- Au Sud : Le Corbeau; l’Hydre; la Licorne; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Sirius est encore visible. Orion et le Taureau vont se coucher. Les Gémeaux sont bien placés pour l’observation. Une ligne passant par a et r, Lion et pâr p. de l’Hydre marque le méridien.
- Em. Touchbt.
- p.231 - vue 231/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Polare Molekeln, par P. Debye. Un vol. in-8 — 200 pages.
- Editeur'S. Hirzel. Leipzig 1929.
- L’ouvrage du professeur Debye donne l’exposé de l’état actuel d’une théorie récente due à ce distingué savant, autour de laquelle s’est groupée toute une école qui a produit des travaux extrêmement intéressants. Il s’agit d’expliquer les propriétés diélectriques de la matière, lesquelles sont en relation intime avec des propriétés optiques telles que la dispersion et l’absorption. Une théorie élémentaire admet que les charges électriques d’une molécule, charges égales et de sens contraire, sont, en l’absence de tout champ électrique, concentrées au même point. Le champ électrique produit un déplacement relatif de ces charges. Cette théorie est insuffisante pour de nombreuses substances. L’hypothèse fondamentale de Debye suppose que, pour certaines molécules, même en l’absence d’un champ, les charges positives et négatives sont réparties dissymétriquement dans la molécule celle-ci possède un moment électrique permanent. Ces molécules sont dites polaires. De cette hypothèse on déduit par des calculs simples, analogues à ceux de Langevin pour la théorie du magnétisme, un certain nombre de conséquences qui se sont vérifiées d’une façon satisfaisante d’abord pour les vapeurs, puis plus récemment pour les solutions diluées. L’auteur décrit en détail les méthodes qui permettent de mesurer le moment électrique des molécules polaires et donne les valeurs numériques de cette constante pour plus de 200 substances. Les propriétés attachées à la polarité électrique des molécules fournissent dans de nombreux cas un moyen pour déterminer l’architecture interne de la molécule et il est remarquable que l’on arrive à des conclusions analogues à celles ou conduit, par des voies toutes différentes, la chimie ordinaire, par exemple pour les substances organiques.
- Dans la dernière partie de l’ou vrage, le Professeur Debye montre que les formules qu’il a déduites, en s’appuyant sur la mécanique usuelle, de son hypothèse fondamentale, restent d’accord avec les théories récentes des quanta et de la mécanique ondulatoire qui régissent la mécanique des atomes. L’autèur donne également une discussion théorique de la dispersion et de l’absorption de la lumière dans les gaz à-molécules polaires et montre que la dispersion anomale doit se produire dans la région des ondes longues.
- L’ouvrage du Professeur Debye, d’une remarquable clarté, offre non seulement un parfait exposé du côté théorique de la question, mais aussi un résumé très complet des travaux expérimentaux qu’elle a provoqués, et dès résultats numériques auxquels ceux-ci ont conduit. C’est un livre nécessaire à tous ceux qui veulent aborder cet intéressant domaine de la science ou en tirer parti. Signalons qu’il en existe une édition anglaise, rédigée par l’auteur lui-même.
- Leçons sur l'hydrodynamique, par Henri Villat. 1 vol.
- 296 p. Gauthier-Vilïars. Éditeur, Paris, 1929. Prix : 50 fr.
- L’hydrodynamique théorique a suscité; en ces dernières années, de grands efforts justifiés par l’immense intérêt pratique qui s’attacherait à une théorie complète donnant des résultats concordants avec l’expérience. On ne peut pas dire que les efforts des mathématiciens aient été entièrement couronnés de succès; mais de sérieux progrès ont été réalisés. La théorie classique du mouvement d’un solide dans un fluide parfait et continu, aboutit au célèbre paradoxe de Dalembert et ne s’en évade qu’en admettant l’existence de discontinuités; même avec cette hypothèse, on n’est pas encore parvenu à une théorie entièrement satisfaisante, mais d’importants résultats ont été obtenus en ces dernières années par MM. Cisotti, Villat et Thiry, perfectionnant la théorie des sillages créée par Kirchoff, Helmholtz, Levi-Civita et Brillouin. La première partie des leçons de M. Villat est consacrée à cette théorie; l’auteur montre les difficultés auxquelles elle se heurte et la manière de les lever.
- Dans la réalité, le fluide parfait n’existe pas et la viscosité exerce toujours son influence qui se manifeste par la création de tourbillons. Le problème du fluide visqueux est encore plus difficile à aborder que celui du fluide parfait. En ces dernières années, M. Oseen d’Upsala a trouvé une méthode qui permet de résoudre dans certains cas les équations du mouvement du fluide visqueux. La seconde partie du livre de M. Villat est consacrée à l’exposé des travaux très importants de M. Oseen et de ses élèves. Là la théorie n’aboutit pas à des résultats offrant une concordance satisfaisante avec l’expérience. Mais dans son état actuel, elle représente une étape importante vers la solution définitive. Le livre de M. Villat rendra donc grands services à tous ceux qui s’intéressent à la théorie des fluides. Ajoutons que sa -lecture exige un solide bagage mathématique, du niveau de la licence. Pour le lecteur ainsi armé, l’ouvrage est d’une parfaite clarté.
- L’électricité à la portée de tout le monde, par
- P. Maurer, d’après l’ouvrage de M. G. Claude. 1 vol. t. XVI,
- 450 p.,233 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1928. Prix : 25 fr.
- L’ouvrage si attrayant et d’un style si original de M. G. Claude a
- eu de nombreuses éditions. L’auteur,'absorbé par ses recherches, n’a pas eu le loisir de mettre son texte au courant des récents progrès de l’électricité. Il en a confié le soin à M. Maurer qui s’est acquitté consciencieusement de cette tâche délicate en maintenant la rédaction primitive de M. Claude et en lui apportant de place en place quelques compléments indispensables.
- L'industrie minière, ses principes fondamentaux, ses bases économiques, par G. Moreau, 1 vol. 167 pages, Gauthier-Villars, Paris, 1929. Prix : 25 fr.
- L’industrie extractive est, sans doute, la plus aléatoire des industries humaines; le hasard.préside au succès des prospections et joue encore un grand rôle au cours de l’exploitation d’une mine. Mais quand un gisement reconnu a été bien étudié, le hasard disparaît, pour laisser place, comme dans toute autre entreprise, à l’examen logique et aux règles de sagesse dictées par le bon sens. M. Moreauindi que, dans cet esprit, les préceptes qui doivent présider à l’examen, à l’organisation et à la gestion économique d’une affaire minière. Ces sages conseils, dictés par l’expérience d’un ingénieur, guideront utilement les capitalistes et les mettront en garde contre certains mirages et certains pièges tendus à leur crédulité.
- Annales de l'Institut de Physique du Globe de l'Université de Paris, publiée par les soins de Ch. Mau-rain (tome VII), 1 vol. 216 p. Les Presses universitaires de France, Paris, 1929.
- Ce volume contient un grand nombre de travaux importants, tout d’abord le nouveau réseau magnétique de France, résultat des mesures effectuées en 1328 stations, de 1921 à 1927 et toutes ramenées au 1er janvier 1924. Les tableaux indiquent pour ces différentes stations les valeurs de la déclinaison, de l’inclinaison, des composantes horizontale, verticale, Sud-Nord, Est-Ouest et de la force totale. En outre, 7 cartes représentent la distribution de ces éléments. M. Eblé présente les observations magnétiques faites au Val Joyeux en 1927, M. Tabesse celles faites à Nantes. MM. Baldit, Labrouste, Gibault et Rougerie résument leurs campagnes d’observations magnétiques exécutées en vue de la réfection du réseau français, dont il a été question plus haut. M. Maurain résume les observations de 5 années sur les variations du champ électrique de l’atmosphère du Val Joyeux (près Paris). M. Salles étudie, pour le même observatoire, les variations de la conductibilité atmosphérique. M. M- Roy donne les résultats de ses recherches sur la radioactivité de l’atmosphère. MM. Brazier, Eblé, Maurain, donnent les résultats des observations actinométriques, météorologiques, séismologiques et magnétiques faites au Parc Saint-Maur en 1927. M. Labrouste présente un procédé d’analyse des graphiques résultant de la superposition de sinusoïdes. On trouve également dans ce volume les diagrammes des principales perturbations magnétiques observées au Val Joyeux en 1927. Signalons aussi une communication du C"c Bidan sur la variation diurne de la déclinaison, à Rabat et une étude de M. Debacq sur la variation des moments magnétiques des faisceaux aimantés avec la température.
- Instruments à vent (tome I) par IJ. Bouasse avec la collaboration expérimentale de M. Fouché. 1 vol. in-S 412 p., 156 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1929. Prix : 45 fr.
- Dans ce nouveau volume, l’auteur commence par étudier le mécanisme acoustique de l’anche : il examine d’abord l’anche métallique seule, puis associée à un tuyau. Il étudie ensuite l’anche membraneuse, les tuyaux à bouche, l’orgue, les instruments à embouchure de cor. M. Bouasse ne se contente pas ici de présenter, en les résumant ou les critiquant suivant son habitude, les résultats obtenus par les savants qui ont étudié ces questions. Il a lui-même expérimenté en cherchant à produire systématiquement les phénomènes qui interviennent dans les instruments de musique, et ce sont surtout les résultats de ses propres observations faites avec le concours d’un musicien exécutant, M. Fouché, qui constituent la matière de l’ouvrage; ces résultats précisent souvent, contredisent parfois les idées admises sur la foi de théories trop exclusivement mathématiques. Cet intéressant ouvrage d’acoustique écrit par un physicien pour des physiciens sera lu également avec fruit par les musiciens et les constructeurs d’instruments de musique.
- Introduction to the oceanographical reports, par
- Johs Schmidt. Oceanographical report n° 1 of the danish « Dana ». Expéditions 1920-1922, 1 vol. in-4, 87 p., 18 fig., 6 pl. Gylden-daske Boghandel, ' Copenhague, Wheldon et Wesley, Londres. Prix : 15 s h. .
- Rappel des expéditions du « Thor », du « Margrethe », du a Dana I; description du «Dana» qui leur succéda; courte indication de ses 3 voyages de 1920-22, suivie d’une liste des stations et des observations hydrographiques.
- p.232 - vue 232/598
-
-
-
- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LE « SERVICE » DE LA CLIENTÈLE DANS LE COMMERCE AUTOMOBILE
- L’augmentation énorme du nombre des automobiles, la généralisation de leur usage dans toutes les classes de la société, et aussi, il faut bien le dire, l’intensité de plus en plus grande de la concurrence, imposent de nouveaux devoirs aux fabricants d’automobiles et à leurs agents.
- Il ne s’agit plus seulement de construire différents modèles de voitures de qualité satisfaisante, bien adaptés aux désirs de la clientèle, et de prix le plus réduit possible, il ne faut plus, en outre, considérer l’acheteur cl’une automobile comme s’il s’agissait de lui vendre une marchandise quelconque.
- En effet, tout acheteur d’une voiture n’ayant pas choisi exactement le modèle qui lui convient, ou n’avant pas été satisfait de la qualité mécanique de la construction, ou même de la complaisance de l’agent ou du service de réparation de l’usine, devient pour le constructeur de là voiture un ennemi redoutable qui parviendra à détruire l’influence des efforts les plus intenses d’une publicité coûteuse.
- U cherchera, en effet, à dissuader ses amis et ses relations d’acquérir une voiture de cette marque, et les bruits fâcheux ainsi mis en circulation ne tardent guère à s’amplifier, même lorsqu’ils ne sont pas répandus encore à dessein par des concurrents ambitieux.
- Pour acquérir et conserver sa place sur le marché automobile, un constructeur doit donc avant tout réaliser de bonnes voitures, mais il doit aussi organiser tout un réseau d’agences dirigées par des techniciens, ayant à la fois de solides connaissances mécaniques et commerciales.
- En dehors de l’organisation financière proprement dite de la vente, toujours délicate dans la vente à crédit.par exemple, et lorsqu’il s’agit d’échanger une voiture d’occasion contre une neuve, le vendeur doit pouvoir guider le choix du client. Tel modèle de voiture convient parfaitement pour le service de ville et donnerait de fort mauvais résultats à la campagne pour le transport d’assez nombreux voyageurs.’
- On éprouve souvent de nombreux ennuis en utilisant un modèle dont les qualités mécaniques sont indéniables, mais dans des conditions différentes des conditions normales prévues par le constructeur.
- De plus, il ne faut pas considérer qu’un acheteur ayant pris livraison de sa voiture doit être complètement abandonné par le vendeur; il faut, au contraire, que l’agent continue à le guider pour l'entretien de sa voiture, et même, au besoin, gratuitement effectue les premières réparations de mise au point pendant un certain délai.
- La plupart des constructeurs français ont maintenant prévu la possibilité d’une révision générale gratuite du châssis et de la carrosserie après un service de 500 et de 1000 kilomètres, par exemple, et cette révision est presque toujours nécessaire sur les voitures de série, dont la mise au point ne peut être complètement terminée à l’usine.
- Enfin, pendant tout le délai de garantie, et même pendant toute la durée de service de la voiture, l’agent doit faire preuve envers son client de complaisance et même d’amabilité.
- Le prix des pièces de rechange nécessaires aux réparations ne doit pas être trop élevé, et le coût de la main-d’œuvre réduit au minimum. Certains constructeurs ont même établi des barèmes pour toutes les réparations courantes, de façon à éviter tout risque de contestation entre le mécanicien et son client.
- Enfin, les agents doivent être pourvus d’un nombre suffisant de pièces de rechange et d’un outillage mécanique assez
- perfectionné pour assurer la rapidité et la bonne exécution des réparations.
- Ces principes étaient généralement appliqués depuis longtemps aux Etats-Unis, en raison de la concurrence intense et de la nécessité absolue d’une vente régulière correspondant à la construction, mais nos constructeurs les avaient trop souvent méprisés; ils seront désormais contraints de les appliquer de gré ou de force, en raison de la concurrence intérieure et étrangère, et de l’augmentation constante de la production.
- UN DISPOSITIF DE GRAISSAGE AUXILIAIRE POUR LES PISTONS
- Nous avons déjà noté dans nos chroniques que le problème de la lubrification des pistons était très difficile à résoudre. En particulier, le graissage des parois supérieures des cylindres, de même que celui des soupapes et de leurs sièges, est tout
- Fig. 1, —Dispositif auxiliaire de graissage comportant un réservoir d’huile à dépression permettant la lubrification correcte des pistons et des soupapes, même lorsque le moteur est froid.
- A droite, montage du système de graissage sur la tuyauterie d’admission du moteur et en son centre, de façon à assurer une distribution uniforme aux cylindres.
- à fait insuffisant lorsque l’huile du carter est froide, ou du moins d’une fluidité insuffisante. Même si la qualité de l’huile est satisfaisante, ce fait se produit très souvent en hiver, pendant le service de ville, et même de route.
- La suppression de l’arrivée d’air au moment du départ, et aussi quelquefois l’injection d’essence, produisent un lavage des parois des cylindres par les vapeurs d’essence supplémentaires, ce qui augmente encore l’insuffisance de la lubrification.
- L’emploi d’un dispositif de graissage auxiliaire permettant d’obtenir un graissage efficace des soupapes et des cylindres même au départ a donc un intérêt certain, il prolonge la vie du moteur, augmente la compression et diminue la nécessité du rodage périodique des soupapes.
- Un constructeur connu a établi dans ce but un appareil extrêmement simple composé d’un réservoir d’huile et d’un système de vaporisation d’huile à froid (fig. 1).
- Cet appareil est placé sous le capot et fixé verticalement . sur le tablier, de façon à rendre son remplissage aisé (fig. 1). Le tube d’arrivée d’huile de l’appareil est simplement raccordé
- p.233 - vue 233/598
-
-
-
- = 234 ..................... ..........=- .......... .=
- à la tuyauterie d’admission, et le fonctionnement du système
- s’effectue automatiquement sous l’influence. de la dépression du moteur, avec faculté de réglage au moyen d’un écrou spécial.
- Il est indispensable d’employer une huile spéciale ne se décomposant pas ’ 'aux températures élevées, et assez fluide pour être vaporisée facilement.
- La consommation d’huile supplémentaire est d’ailleurs infime, et atteint à peine un litre'pour 3000 à
- 4000
- ÉCRAN ANTI-ÉBLOUISSANT POUR CONDUITE INTÉRIEURE
- Tous les conducteurs de voitures à conduite intérieure, c’est-à-dire actuellement la majorité des automobilistes, connaissent le danger provenant de la mauvaise visibilité produite la nuit par la fermeture des vitres latérales.
- Les conducteurs prudents prennent souvent l’habitude d’ouvrir une glace de portière à la tombée de la nuit ; mais, s’ils s’évitent ainsi les risques d’accident, ils courent le danger particulièrement grave en hiver de contracter ainsi une fâcheuse maladie des voies respiratoires. Il est, d’ailleurs, bien désagréable d’utiliser ce genre de carrosserie, si l’on est obligé d’ouvrir les fenêtres au moment où l’on désirerait au contraire les fermer !
- Cet effet, d’éblouissement n’est d’ailleurs vraiment fréquent que dans les villes, parce que toutes les lumières placées à droite et à gauche de la voiture viennent se refléter sur les glaces et, aveuglent le conducteur quand il veut regarder au dehors.
- C’est justement dans un carrefour, lorsqu’on doit regarder avec plus 'attention à droite et à gauche, que ces effets de réflexion sont les plus désagréables, parce que les sources lumineuses des routes transversales s’ajoutent à celles de la route suivie par la voiture.
- Dans une voiture normale à conduite intérieure, le conducteur est placé à droite en A, il a devant lui le pare-brise P et à droite et à gauche les glaces de portières G. Pour voir
- les obstacles qui surgissent à sa droite, et qui sont les plus importants, d’après la réglementation du « Code de la Route », le conducteur regarde dans la direction indiquée par la flèche, mais il reçoit alors dans l’œil les reflets lumineux provenant de toute source lumineuse B placée à sa gauche (fîg. 2).
- En général, les rayons lumineux gênants pro -viennent de sources lumineuses placées en avant et à gauche du conducteur, et ces rayons doivent passer entre la tête du conducteur et le montant avant droit de
- £y,r// S'/'* v?r'!f A
- 1 Ü
- Fig. 3. — Position d’un écran antiéblouissant dans une conduite intérieure.
- Fig. 2. — Effet d’éblouissement pro-
- duit dans une conduite intérieure par les réflexions lumineuses sur la glace de la portière de droite.
- la carrosserie avant de se refléter dans la glace de portière G.
- En plaçant un simple écran d’assez petites dimensions contre ce montant, et en l’orientant vers la tête du conducteur, comme le montre la figure 3, on obtiendra une atténuation notable des effets d’éblouissement.
- Cet écran, qui mesure seulement 25 à 30 centimètres de longueur pour une hauteur de 20 centimètres, ne gêne en rien le conducteur en temps normal, car il se projette dans l’angle mort du montant; il intercepte les rayons parasites, et tout se passe comme si l’on pratiquait dans la glace une ouverture de dimensions un peu plus grandes que les siennes.
- Enfin, son action s’étend à la glace de gauche et tout se passe aussi comme si l’on découpait dans cette glace une ouverture ayant un peu plus de la moitié des dimensions de l’écran (fig. 3).
- Le prix de cet accessoire est d’ailleurs très modique. Sa pose et son réglage sont très rapides, quelle que soit la position du volant de direction.
- UN PETIT ACCESSOIRE TRÈS PRATIQUE i POUR LA CONDUITE DANS LES VILLES
- . Les carrosseries modernes et les sièges d’automobiles sont de plus en plus bas, alors qu’au contraire les capots deviennent de plus en plus hauts.
- Il est ainsi presque impossible dans certaines voitures, sans se lever du siège et sans allonger le cou, d’apercevoir l’extrémité des ailes.
- Cet in convénient est évidemment plus grave pour la conduite en ville que pour la marche sur . route ; aussi un petit accessoire nouveau, très simple et de prix modique, permettant d’atténuer cet inconvénient,
- Fig. 4. — Une petite boule coloriée placée à l’extrémité d’une tige verticale fixée sur l’aile avant donne un point de repère précieux pour la conduite en ville.
- des
- sera-t-il bien accueilli conducteurs effectuant surtout un service de ville.
- Cet accessoire se compose d’une petite boule coloriée fixée à l’extrémité d’une tige métallique nickelée ou chromée, ou oxydée.
- La base de cette tige comporte un rebord avec vis s’adaptant à l’extrémité de l’aile, de telle sorte que la tige soit verticale (fig. 4).
- En tournant la tête, et sans se lever de son siège, le conducteur aperçoit facilement la boule coloriée, ce qui lui fournit un point de repère exact pour les manœuvres délicates.
- UN INTERRUPTEUR DE SÉCURITÉ POUR UN RÉSEAU D’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE
- Les réseaux d’éclairage et de démarrage des automobiles ne comportent presque jamais d’interrupteur sur le câble d’arrivée de la batterie d’accumulateurs.
- L’emploi d’un tel système évidemment très simple aurait pourtant de multiples avantages.
- Tout d’abord, il éviterait tout risque de décharge de la batterie, soit par défaut d’isolement de l’installation, soit par suite de la connexion accidentelle de la bobine d’allumage à l’arrêt, à la suite d’un oubli ou d’un court-circuit.
- De plus, un interrupteur permet de diminuer le risque de
- p.234 - vue 234/598
-
-
-
- court-circuit et peut même servir de système antivol puisque les dispositifs d’allumages actuels fonctionnent à l’aide de la batterie.
- Il ne faut pourtant pas oublier qu’au moment du démarrage les câbles d’arrivée de la batterie sont parcourus par un courant d’une intensité très grande. Il est donc indispensable de n’adopter qu’un modèle d’interrupteur bien isolé à contacts très robustes n’introduisant pas de résistance supplémentaire dans le circuit.
- Un modèle spécialement destiné à cet usage a été établi par une société spécialiste de l’équipement électrique. Cet interrupteur, de petites dimensions, de prix peu élevé et de pose immédiate, est monté sur un "socle massif en bakélite, assurant un bon isolement. Une vis à écrou papillon permet la rupture et l’ouverture immédiate du circuit (fig. 5).
- REMPLIS SEUR AUTOMATIQUE DE BACS D’ACCUMULATEURS
- La batterie d’accumulateurs d’éclairage, d’allumage et de démarrage constitue désormais un organe essentiel de l’automobile, les batteries destinées à ces usages sont généralement robustes d’ailleurs, et leur entretien est réduit au minimum.
- Il y a pourtant une précaution absolument indispensable qu’il convient d’observer avant tout: elle consiste à maintenir
- Entrée d'eau^
- Entrée
- d'air
- Niveau
- correct
- Fig. 6. — Appareil de remplissage à arrêt automatique pour bacs d’accumulateurs.
- toujours constant le niveau de l’électrolyte, de façon que celui-ci dépasse légèrement la surface supérieure des plaques. . II n’est sans doute pas difficile de verser de l’eau distillée
- =-...... -... ... ......—.......= 235 =
- dans les bacs, de façon à maintenir toujours le niveau convenable, mais cette opération est pourtant rendue quelquefois délicate par suite de la disposition de la batterie et du diamètre plus ou moins grand des trous de remplissage, ce qui empêche tout contrôle direct du niveau.
- On peut cependant effectuer cette opération d’une manière presque automatique à l’aide d’un tube courbé à deux parois cylindriques de même axe et coudées s’adaptant directement à la bouteille d’eau distillée.
- Le tube intérieur sert à la sortie de l’eau, tandis que le tube extérieur est utilisé pour la rentrée de l’air dans la bouteille. L eau s écoule par le bas du tube, tandis que le tube d’arrivée d air débouche latéralement à quelques millimètres au-dessus de 1 embouchure du tube réservé à l’eau (fig. 6).
- Pour se servir de l’appareil, on introduit la partie coudée dans le bac,, de façon que la base inférieure du tube repose verticalement sur les plaques. Au moment où le niveau correct est atteint, l’arrivée d’air est obstruée par l’électrolyte et l’écoulement de l’eau s’arrête automatiquement.
- Fig. 7. — Un morceau de caoutchouc provenant d’une vieille chambre à air, placé en dessous, des pédales empêchera les talons du conducteur de glisser accidentellement.
- EMPLOIS D’UNE VIEILLE CHAMBRE A AIR
- Les vieilles chambres à air inutilisables pour leur usage normal ne sont pas cependant inutilisables complètement pour l’automobiliste et on peut en indiquer quelques usages intéressants divers.
- Tout d’abord, les morceaux de chambres à air cloués sur les jointures des portières du capot, placés dans les articulations des bavolets, des marchepieds, etc., éviteront les bruits produits par les vibrations.
- De même, en clouant sur le plancher, au-dessous des pédales de commande, un morceau de vieille chambre à air, les talons du conducteur ne pourront plus glisser (fig. 7).
- Enfin, sur les marchepieds en avant des portières, il est facile de clouer des morceaux de caoutchouc entourés d’une cornière métallique facilement démontable qui préserveront de l’usure le caoutchouc recouvrant les marchepieds eux-mêmes (fig. 8).
- L. Picard.
- ADRESSES RELATIVES AUX
- APPAREILS DÉCRITS
- Appareil de graissage auxiliaire : Société Klaxon 31, rue Daru, Paris (8e).
- Ecran anti-éblouissant:
- Preserwett, 60, rue Victor-Hugo, à Levallois -Perret.
- Petite boule de repère « Visaille » : Etablissements Mertens, 75, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, Paris.
- Interrupteur : Paris-Rhône, 23, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Remplisseur : Disto, 56, rue de l’Université, Paris.
- Fig. 8. — Des plaques de caoutchouc placées sur les marchepieds des portières et entourées de cornières métalliques protègent le revêtement ordinaire des marchepieds.
- p.235 - vue 235/598
-
-
-
- 236
- PETITES INVENTIONS
- LES CALCULATEURS “ LOGZ
- Fig. 1. — Première table Fig. 2. — Deuxième table
- d’addition. d’addition.
- La science des nombres était jusqu’ici abstraite et les opérations n’avaient aucune représentation visuelle facilitant leur compréhension. Les calculateurs Logz inventés par M. Appoulot à qui l’on doit encore d’autres inventions comme l’auto-signal, décrit dans notre numéro du 20 janvier 1912, remédient à ce défaut par des échelles pouvant représenter exactement la numération et un dispositif d’aiguilles dont les manœuvres reproduisent très bien les opérations arithmétiques mêmes.
- Ces appareils ne sont pas seulement des appareils d’initiation arithmétique, mais bien des appareils à calcul qui permettent d’effectuer très rapidement toutes les opérations usuelles. Nous présenterons tout d’abord les appareils élémentaires, imaginés par l’inventeur pour faciliter l’enseignement du calcul.
- PREMIERS ÉLÉMENTS DE CALCUL
- 1° Première table d’addition. — Cette table (fig. \ j présente les nombres de 0 à 20 à l’usage des tout petits. Examinons la manœuvre des aiguilles :
- L’aiguille supérieure, appelée a, est montée à friction sur l’aiguille inférieure appelée A, de telle manière que si l’on tourne a, l’autre aiguille A ne tourne pas, mais si l’on tourne A celle-ci entraîne a dans sa course en conservant rigoureusement le même angle qui fut disposé entre les aiguilles pour le calcul. Ce.montage est très précis et ne peut avoir aucun jeu même après un très long temps d’usage; il permet, par sa simplicité même, une très grande variété de manœuvres qui s’appliqueront à tous les calculs de l’arithmétique. Voici queljues exemples :
- Additions successives. — Soit 4 + 3 + 5 + 2.
- On place A sur 4 et a sur le 0, contre la butée spéciale.
- On tourne A jusqu’à ce que a soit arrivée sur 3. A ce moment A, ayant accompli la même course que a, sera sur 7.
- On replace a sur 0 (pendant cette manœuvre A n’a pas bougé de place).
- On tourne A pour amener a sur 5. On replace a sur 0. On tourne A pour amener a sur 2 et le résultat total sera indiqué par A : 14.
- En fait, a sert d’instrument de manœuvre pour ajouter les longueurs et A a totalisé ces longueurs.
- Pour soustraire, on ferait les opérations inverses.
- Additions de progression. — On dispose une fois pour toutes les aiguilles pour que leur angle corresponde à 3 divisions de la graduation; si la progression a pour raison 3, l’angle ainsi formé appelé « logus » sera appliqué à tous les nombres de la progression 3, 6, 9, etc... comme exercice de numération.
- Additions et soustractions de série. — Conservons ce même logus + et nous l’appliquerons « en plus » et « en moins » sur tous les nombres pour connaître ces nombres + et — 3.
- Additions sur un même nombre. — On choisit un nombre et on additionne sur celui-ci tous les nombres jusqu’à obtenir 20, puis on effectue toutes les soustractions jusqu’à 0.
- Soustractions et additions successives. — Exemple 12 — 5 -j- 3.
- On place A sur 12 et a sur 5 (préparant ainsi la soustraction). Mais sans avoir à revenir à 0 pour connaître le résultat, on tourne simplement A pour amener a sur 3, et ainsi on obtient une manœuvre ressemblant à l’opération arithmétique même L’aiguille A indique la différence des deux nombres.
- Par ces premières opérations on comprend que le jeune élève obtient, par la manœuvre réelle des nombres qu’il effectue avec l’appareil la compréhension parfaite des opérations qu’il exécute. Il s’accoutume donc ainsi rapidement au mécanisme de l’arithmétique et prend goût aux opérations.
- Deuxième table d’addition. — Cette table présente (fig. 2) les nombres de 0 à 100 et permet d’effectuer des opérations beaucoup plus nombreuses et graduées selon les progrès de l’enfant dans la connaissance des nombres. Les règles d’emploi sont les mêmes que précédemment.
- L’extrême vitesse (2 secondes par calcul avec l’habitude) permet de faire une progression de tous les nombres jusqu’à 100 en un espace de temps très court qui ne produit pas de lassitude pour le jeune cerveau.
- Première table de multiplication. — Sur cette table (fig. 3) sont inscrits les nombres de 1 à 24 avec cette particularité que leur espacement est calculé de telle sorte que la manœuvre des aiguilles effectuée de la même façon que sur la table d’addition, produise une multiplication.
- Par exemple, pour multiplier 3 par 2, on opère comme si l’on additionnait 3 + 2, mais au lieu de trouver 5, on trouve 6 aii résultat.
- La graduation est, en effet, tracée suivant une échelle « logarithmique » qui à pour conséquence que les chiffres se resserrent de plus en plus, quand leur valeur augmente.
- Fig. 3. — Première table Fig. 4.— Deuxième table
- de multiplication. de multiplication.
- p.236 - vue 236/598
-
-
-
- Les divisions s’effectueront comme des soustractions. Deuxième table de multiplication. — Cette table (fig. 4) présente les nombres de 1 à 100. Elle permet à l’élève de trouver dans sa dizaine même chaque nombre et d’effectuer, avec une rapidité extrême, toutes les multiplications par un chiffre des nombres jusqu’à 100 et ensuite par 2 chiffres. Il exécute toutes ces opérations entièrement et on peut recommencer très souvent sans se rebuter, car la manœuvre n’est ni longue ni ennuyeuse.
- Tandis que la table de Pythagore ne présente qu’un simple barème ne facilitant aucun exercice d’intelligence, le Logz présente la propre image des opérations mêmes que l’on effectue et toutes les opérations sans exception y sont fidèlement représentées.
- ARITHMÉTIQUE ÉLÉMENTAIRE
- Le Logz commercial. — Le Logz commercial perm'et tous les calculs courants de la vie, c’est l’appareil de choix pour l’étude de la règle de trois simple et composée, de tous les calculs commerciaux, etc....
- Nous allons au préalable rappeler le principe de la règle à calculs ordinaire. La règle est formée d’une échelle logarithmique gravée en même temps sur la règle et sur la réglette coulissante.
- Cette échelle (ainsi que celle des Logz) qui permet d’effectuer les multiplications par de simples additions de longueurs présente les nombres successifs avec des espaces de plus en plus serrés.
- Cependant, comme ces divisions finissent par être dix fois plus serrées à la fin qu’au commencement de l’échelle, et ne pourraient pas contenir toujours toutes les mêmes subdivisions, on remarque trois changements de systèmes d’un bout à l’autre de l’échelle.
- Depuis 1 jusqu’à 2 on peut lire avec exactitude un nombre
- Fig. 6. — Le Logz technique.
- .. = 237 =
- de 3 chiffres, mais ensuite on n’a plus que les chiffres pairs du 3e chiffre, et, de 4 à 10, on ne lit plus que les 5 du 3e chiffre.
- Cette graduation indique toujours la partie caractéristique
- Fig. 5. — Logz commercial permettant d’effectuer multiplications, divisions, majorations, escomptes.
- des nombres; ainsi on lira de la même façon 34 000, ou 340, ou 3,4, ou 0,34.
- Cette façon de lire, qui paraît bizarre pour commencer, est au contraire un des grands avantages de la règle, car on n’a pas besoin de s’occuper des rangs de chiffres et au résultat il n’y a aucune erreur possible, que l’on connaisse ou non d’avance les nombres de chiffres entiers du résultat (pour tous les calculs commerciaux, aucune erreur n’est possible, car on ne peut pas confondre, par exemple, 90 francs avec 900 francs).
- Pour faire une multiplication (soit par 34), on tire la réglette jusqu’à ce que le 1 de cette réglette soit en face de 34, et tous les nombres qui se juxtaposent depuis le 1 de la réglette sur la règle donnent sur l’échelle de la règle le nombre multiplié par 34, soit toutes les multiplications jusqu’à 29,4. Car ensuite, la réglette sort de l’échelle de la règle, et, pour avoir les multiplications des nombres compris entre 29,4 et 100, on doit au contraire placer l’autre extrémité de la réglette sur 34.
- Pour exécuter un deuxième calcul, on place sur le nombre trouvé un « curseur » qui garde par un trait le résultat, et l’on part de ce résultat pour additionner une nouvelle longueur sur la règle.
- Pour diviser on soustrait une longueur.
- Cette lecture sur la règle est assez difficile, car les échelles en regard ne présentent pas à l’endroit de lecture des divisions ayant les mêmes espacements, et les traits eux-mêmes n’ont pas les mêmes valeurs, suivant que l’emplacement se trouve situé dans un quelconque système de division.
- Il s’ensuit une obligation de très grande attention pour la lecture et la manœuvre est elle-même assez longue et compliquée encore par le fait que l’on ne possède que certains nombres calculables pouvant être lus, les autres étant en dehors de la règle.
- p.237 - vue 237/598
-
-
-
- 238
- Tous ces inconvénients sont supprimés dans le calculateur Logz que nous présentons fig. 5, et qui offre à la lecture un mode de division toujours semblable et sans aucune difficulté. Les nombres à lire sans précision, tels que le lar et le 2e chiffre, sont représentés par des chiffres très gros et espacés, de telle sorte qu’ils ne peuvent être confondus ni l’un avec l’autre, ni avec les divisions du 3e chiffre qui présente une disposition toute particulière :
- Les traits quittent le niveau rectiligne de l’échelle pour monter jusqu’à 5 et redescendre jusqu’à 9, en distinguant les chiffres pairs par des traits longs, et cette disposition est la plus rationnelle et la plus lisible ; dès que l’on y est habitué, on ne peut plus commettre d’erreur et la lecture devient extrêmement rapide : 1 seconde pour une lecture de 3 chiffres et 2 secondes pour une lecture appréciant le 5e chiffre (car il existe des Logz donnant les divisions du 4e chiffre). De plus, le Logz est tenu de la main gauche par un bouton moleté et offre aux doigts de la main droite, en tournant rapidement le disque, les aiguilles que celle-ci n’a plus qu’à rectifier de
- I ou 2 millimètres pour les placer sur la division choisie. La manoeuvre du Logz est si rapide que la mise en place des aiguilles, pour un calcul, est d’une seconde environ, et un deuxième calcul donnant 3 chiffres nouveaux exacts n’est pratiquement pas plus long qu’une lecture de grande précision par appréciation entre les traits. On compte donc au total 2 secondes par calcul en moyenne avec 3 chiffres exacts et 3 secondes si l’on veut pousser la précision plus loin.
- Cependant une très grande supériorité sur la règle existe en ce sens que l’aiguille A restant automatiquement sur le résultat intermédiaire, on n’a aucune lecture intermédiaire à effectuer et aucun curseur à placer.
- Or la manœuvre des aiguilles représente très fidèlement l’opération arithmétique même, ainsi qu’on l’a vu précédemment et permet une souplesse beaucoup plus grande que la juxtaposition de deux règles qui ont nécessairement un sens-positif ou négatif ne permettant que les proportions directes ou indirectes, tandis que l’angle formé par les deux aiguilles, appelé « Logus » s’applique sur tout nombre pour donner toute proportion directe ou inverse, ou bien permet de trouver immédiatement sa réciproque ou ses pourcentages.
- Et comme l’on ne perd pas de précision appréciable par une suite de 12 ou même 15 calculs successifs, on voit que cet appareil de calcul est réellement fort pratique.
- Voici quelques exemples de calculs qu’un élève de 10 ans peut facilement exécuter.
- Proportion inverse : une automobile met 37 secondes pour faire un kilomètre. A quelle vitesse horaire marchait-elle ?
- II faut, pour obtenir le résultat, diviser 60 par 37 et multiplier par 60.
- On place A sur 6 et a sur 37 ; on tourne A pour amener a sur 6 et A indique le résultat : 97 kilomètres à l’heure.
- Problème des trains qui se rencontrent : Un train ou une auto marche à 87 kilomètres à l’heure et un autre à 52. Ils partent aux deux extrémités d’une distance de 338 kilomètres. A quel endroit se rencontreront-ils ? Il s’agit de trouver deux nombres dont la somme soit 338 et qui soient dans le rapport de 87 à 52.
- On place A sur 87 et a sur 52. On tourne le Logus jusqu’à ce que les aiguilles indiquent deux nombres qui, additionnés, reproduisent le nombre 338.
- On trouve les nombres 212 et 126.
- Le train qui marche à 52 avait donc fait 126 kilomètres.
- LE LOGZ SPÉCIAL DES MATHÉMATIQUES
- Le Logz technique (fig. 6) présente les échelles suivantes : à l’extérieur, l’échelle des nombres, au-dessous les mantisses
- logarithmiques de ces nombres, puis sur deux tours, l’échelle des racines carrées, sur trois tours, celle des racines cubiques, enfin, des échelles permettant de calculer le sinus et la tangente des angles.
- Ce modèle de calculateur permet donc une grande variété de calculs mathématiques.
- Comme tous les appareils à calcul, les Logz exigent un apprentissage, mais qui s’acquiert très aisément et permet d’arriver à une grande rapidité de calcul.
- Il y a tout intérêt à initier de bonne heure les élèves au maniement de ces appareils, grâce auxquels le calcul cesse de leur apparaître comme un rébarbatif épouvantail et qui leur donnent le goût des applications numériques, si utiles à l’exacte compréhension des théories.
- Constructeur des calculateurs Logz : M. Glatz, 41, rue de Porton, Paris.
- OBJETS UTILES
- I
- Applique mobile réglable
- Cette lampe-applique est moulée sur une planchette et fixée au mur au moyen de deux crochets.
- La planchette porte une tige verticale, de manière à per-
- Fig. 7. — Applique mobile réglable.
- mettre à un bras articulé en losange de se déplier ou de se replier.
- L’extrémité de cette articulation est une tige qui en supporte une deuxième, à l’extrémité de laquelle est fixée la lampe.
- La lampe peut alors être placée dans la meilleure position voulue pour l’éclairage, aussi bien à distance du mur qùe dans la hauteur, grâce à toutes les articulations prévues pour les tiges reliées au losange. . . !
- Le courant est amené à la lampe par un fil qui suit la branche principale de l’articulation et qui passe dans les tiges. Il se termine par une prise de courant, de sorte que l’applique peut se placer dans chaque point où se trouve un socle de prise de courant.
- La lumière du jour peut être obtenue à l’aide d’un diffuseur coloré.
- Un projecteur parabolique Cachant complètement la lampe donne un éclairage parfait, supprimant l’éblouissement par réverbération, tout en utilisant l’éclairage dans les meilleures conditions possibles.
- G. Trlbot-Laspière, 11, rue Adèle, Villemomble (Seine).
- p.238 - vue 238/598
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Au sujet de l’huile de bois.
- M. de Vivier, ingénieur-chimiste, à Peyriac, nous écrit à ce sujet :
- « Au sujet de l’huile de bois, l’huile « de bois de Chine » ou de « Lo-Kao » était bien connue des fabricants de vernis déjà avant la guerre, son emploi s’est accru soit à cause du prix de l’huile de lin, soit à cause de sa facilité d’emploi avec les solvants nouveaux et les copals synthétiques. Cette huile valait en 1928, 11 francs le litre, par 100 litres, prise à Paris. Son principal centre de provenance est Ilankow jm Chine; on la trouve chez tous les revendeurs de copals et produits pour fabrication des vernis.
- L’origine botanique exacte de l’huile de « Lo-Kao » a été discutée après la guerre dans la Revue des Produits chimiques.
- Une autre huile siccative, l’huile de Pérille (Perilla oleifera du Japon) est très estimée des Américains, mais elle est peu connue en France.
- Solution du problème de récréations mathématiques posé dans notre numéro du /er février 1930 /p. 129).
- Rappelons l’énoncé :
- Trois frères, Joseph, Georges, Jacques vont à la foire avec leurs femmes dont les prénoms sont Cécile, Elisabeth, Geneviève. Chacune de ces 6 personnes achète un certain nombre d’objets, elle paie chaque objet un nombre de francs égal au nombre d’objets qu’elle a achetés : chaque mari dépense 63 francs de plus que sa femme. Georges a acheté 23 objets de plus que Cécile, Joseph 11 objets de plus qu’Eli-sabeth.
- On demande quelle est la femme de Georges, celle de Joseph et celle de Jacques.
- M. Hoffmann nous communique la solution exacte du problème sous la forme suivante :
- Appelons x le nombre d’objets achetés par Cécile.
- — y — — Elisabeth.
- •—-z — — Geneviève.
- Cécile a acheté x objets à x francs, elle a dépensé ar francs, son mari a dépensé x- + 63 ;
- Élisabeth a acheté y objets à y francs, elle a dépensé y2 francs, son mari a dépensé y2 + 63 francs;
- QUESTIONS
- Erratum.
- N° 2826, page 120. La Cinématographie d’amateur. Le cliché de la figure 1 a été mis à la place de celui de la figure 2.
- Difficultés de réception des émissions sur ondes très courtes.
- Le meilleur moyen d’adapter votre poste à changement de fréquence pour la réception des émissions sur ondes très courtes était bien de monter en avant de ce poste un adaptateur spécial à une lampe comprenant, soit une lampe triode montée en détectrice, ou oscil-latrice du type Schnell, soit une lampe oscillatrice bigrille séparée.
- Nous pensons que vous avez employé des condensateurs variables d’accord et de réaction, ou d’accord et de modulation, de capacité résiduelle suffisamment petite et à faibles pertes.
- D’autre part, si vous' avez adopté une lampe bigrille, il était nécessaire de choisir convenablement le type de cette lampe, pour qu’elle oscille encore sur des longueurs d’ondes courtes au-dessous de 40 m environ.
- Enfin, les bobinages d’accord et de modulation doivent être d’un type convenable à spires assez écartées et d’assez gros diamètre, sans vernis évidemment, etc... de façon à éviter tout effet de capacité répartie.
- Ceci posé, il est parfaitement possible que le fonctionnement de l’appareil soit parfait, et que cependant vous ne puissiez entendre des émissions européennes sur ondes très courtes, tel que celles du poste anglais de Chelmsford ou des stations parisiennes.
- Geneviève a acheté z objets à z francs, elle a dépensé z- francs, son mari a dépensé z- + 63 francs.
- Comme chaque mari a acheté un nombre d’objets égal à la racine carrée du nombre de francs dépensés, il faut que : æ- + 63; y2 + 63; z' + 63 soient des carrés parfaits:
- Il faut donc chercher les solutions entières d’une équation ; n2 + 63 = m2; m2 — n2 = 63;
- (m — n) {m + n) = 63.
- Or 63 se décompose en : 1 X 63; 3 X 21 ou 7 x 9
- On a donc les. trois solutions suivantes :
- 1 °m—n= 1 m — 64:2 = 32 n = 62:2 = 31.
- m + n = 63
- 2° m — n = 3 m = 24:2 = 12 u = 18:2 = 9
- m + n — 21
- 3° m — n = 7 m = 16:2 = 8 n = 2:2 = 1
- m + n = 9
- Par conséquent, comme les maris ont acheté chacun plus que leur femme, nous pouvons dire que :
- une femme a acheté 1 objet, son mari en a acheté 8 ;
- — — 9 — — — 12;
- — — 31 — — — 32.
- Georges ayant acheté 23 objets de plus que Cécile;
- Georges a acheté 32 objets et Cécile 32 — 23 = 9;
- Joseph a acheté 11 objets de plus qu’Elisabeth;
- , Joseph a acheté 12 objets et Elisabeth 12—11 = 1.
- Jacques et Geneviève se placent ensemble d’eux-mèmes, on a donc Elisabeth a acheté 1 objet et a pour mari Jacques qui a acheté 8 objets;
- Cécile a acheté 9 objets et a pour mari Joseph qui a acheté 12 objets; Geneviève a acheté 31 objets et a pour mari Georges qui a acheté 32 objets.
- On peut même ajouter, bien que cela ne soit pas demandé, que Georges est le plus cossu des 3 frères puisqu’avec sa femme il a dépensé le plus.
- Nous avons également reçu des solutions exactes de M. L., Alençon; de M. Kosman, à Paris.
- ET RÉPONSES
- Il ne faut pas oublier, en effet, que les émissions sur ondes courtes sur la gamme 15-100 mètres sont destinées presque exclusivement à la diffusion à grande distance, et non dans un rayon rapproché.
- Il se produit, en effet, tout autour de la station et au delà d’un rayon restreint de quelques kilomètres seulement des « zones de silence » dont l’étendue en profondeur peut atteindre quelques centaines de kilomètres, et dans lesquelles la réception est presque impossible, ou du moins très atténuée. C’est ce qui explique pourquoi l’audition des postes anglais est souvent mauvaise en France, alors qu’elle peut être excellente beaucoup plus loin, en Amérique et même en Australie.
- Les effets de « fading » que vous nous indiquez sont tout à fait différents, puisqu’ils semblent varier assez peu avec la distance, vous pourrez trouver quelques détails à ce sujet dans la Pratique radioélectrique. m. Lafon, à Nancy.
- Construction d’un amplificateur phonographique.
- Il est maintenant facile, même lorsqu’on ne veut obtenir qu’une audition d’intensité moyenne, d’utiliser un amplificateur phonographique alimenté entièrement par le courant du secteur, et comportant : une première lampe à chauffage indirect ou à filament-réseau et une deuxième lampe de puissance à filament ordinaire; vous pouvez trouver quelques détails à ce sujet ainsi que des exemples de schémas de montage dans l’article de La Nature consacré aux appli-' cations des lampes à chauffage indirect, et à filament-réseau.
- M. Roger Levy, à Bayonne.
- p.239 - vue 239/598
-
-
-
- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- M. Marcel Delépine.
- Fig. 1. — M. Marcel Delépine, Professeur de chimie ù la Faculté de Pharmacie, élu membre de l’Académie des Sciences le 20 janvier 1930 (Ph. Boyer.)
- Fig. 2. — Le microphone royal.
- Cet appareil en or et argent, réservé à l’usage du roi d’Angleterre, a servi à radio-diffuser le discours d’ouverture de la Conférence Navale de Londres. (Ph. Forbin.)
- Fig. 3. — La protection des piétons contre les automobiles en Angleterre. Ceinture de sûreté munie d’une lentille réflectrice. (Ph. Forbin.)
- Fig. 4. — Un nouveau navire porte-avion britannique.
- L’ancien croiseur cuirassé Glorious transformé. (Ph. Forbin.)
- Fig. 5. — Avion à propulsion par fusée faisant un vol d’essai à Dusseldorf.
- (Ph. Keystone View.)
- Fig. 7. — L’aéroport de Los Angeles possède un hangar d’avions hexagonal,
- (Ph. Keystone View.)
- Fig. 6. — La cheminée de l'usine électrique de Leipzig, haute de 156 m., est la plus haute d’Europe. (Ph. Keystone View.)
- Le Gérant : G. Masson
- 98.832
- Paris, lmp. Lahure. — i-3-i^3o
- p.240 - vue 240/598
-
-
-
- LA NATURE
- Paraît le ier et le i5 de chaque mois,
- Prix du Numéro : 3 francs 5
- pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 241/598
-
-
-
- Paraît le 1er et ie 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, lao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe CR. C Seine : tS.zSé) Tel. Littré 48-92 et 48-9$
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n®*), 70 fr. ; — 6 mois (12 n®*), 35 fr.
- Pris du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n®'), 85 fr. ; — 6 mois (12 a®5), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1
- Un an...............
- Six mois............
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n® 2
- Un an..................
- Six mois. . ...........
- 110 fr.
- 55 fr.
- Tarif extérieur n° 1 mlable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n® 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cl“, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI®.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI®
- La reproduction des illustrations de «s La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.____________
- Complet avec plateau................ ...... 690 fr.
- LE SEUL IVSOU VESVSENT ÉLECTRIQUE PARFAIT
- Moteurs électriques de 1/50 à 1/3. Dynamos, groupes convertisseurs, commutatrices
- GUERNET
- 44» rue du Château-d’Eau, PARIS
- :— Envoi du catalogue général contre 1 franc en timbres-poste —:—
- ffitlHISI!ltlltiiiilllHlllllSll!l!illllllllllilliIIIIII!ll!llSlltllllllilSifi!tlllll!llltllIlllllllitllllllllllllliillllllllll]lllIllll|||||||lllll||||||||itiiiiuii|||||||||||||||||||||||||||||||||||||f|||||||||||||||||||||||||ii|||||||||
- “ CRITERIUM -POKRQ ”
- JUMELLE A PRISMES
- La Meilleure, la moins chère
- Catalogue franco.
- JC. I/OLLIER, constructeur 47, rue Turbigo, PARIS 3‘
- ...»
- Pour vos
- -BREVETS
- JJ dr. VOUS à: WINTHER-HANSEN, Ingénieur-Conseil 35 Rue de la Lune, PARIS (2Q JdTQch.Ul’egratis]
- p.n.n. - vue 242/598
-
-
-
- N°2829
- LA NATURE
- 15 Mars 1930
- LA CIRCULATION DES EAUX OCÉANIQUES
- ET LES MIGRATIONS DES POISSONS
- Quelle que soit la région où l’on pêche, qu’il s’agisse On constate, en effet, que les eaux de la mer different
- d’espèces dites « migratrices » ou « sédentaires », leurs essentiellement les unes des autres, suivant l’endroit où conditions de vie, leur « habitat » sont liés à un ensemble l’on se trouve, par suite de la variation de leurs éléments
- Fig. — 1 ù 3. — Bateaux de pêche à la morue :
- A gauche, en haut, le Bassilour, quatre mâts à moleur de la « Morue française ». Au-dessous, goélettes canadiennes à Lunenbo.urg.
- A droite, mise à l’eau de doris de pêche.
- de causes parmi lesquelles on distingue en premier lieu deux facteurs principaux, le « facteur continental », c’est-à-dire la nature des fonds, et le « facteur hydrologique », c’est-à-dire la nature de l’eau qui convient à une espèce déterminée.
- constituants : la « salinité », autrement dit la quantité de sel contenue dans un litre d’eau et la « température ». C’est ainsi que les températures varient de — 2° à -f- 34° (mer Rouge) et les salinités de 38 gr. à 30. On ne trouve guère de salinités inférieures, sauf dans le voisinage des
- p.241 - vue 243/598
-
-
-
- 242
- estuaires de fleuves abondants ou dans certaines mers très l’on appelle son « habitat hydrologique ». C’est ainsi que fermées comme la Baltique. la morue se rencontre dans les eaux de 30 à 35 de sali-
- D’autre part, on constate que chaque espèce marine nité et de — 1° à + 10°, tandis que son maximum de
- Fig, 4 à 7. — L’Atlantique nord S
- A, isothermes annuelles; B, isohalynes annuelles; C, isanothermes annuelles; D, isopycnes annuelles.
- peuple des eaux possédant des caractères bien définis, aux limites très étroites, et possède son maximum de densité dans la zone moyenne de cette tranche particulière que
- fréquence s’observe dans la tranche de —)— 3° à —f- 5°. de salinité 33 à 34, que nous avons appelée pour cette raison « l’eau de morue ».
- p.242 - vue 244/598
-
-
-
- 24o
- Qu’il s’agisse de Terre-Neuve, du Groenland, de l’Islande, de l’Océan Glacial arctique, des côtes norvégiennes, de la côte Mourmane, à l’entrée de la mer Blanche, toujours nous retrouverons la morue dans les eaux de même caractère, toujours, nous retrouverons, en moyenne, son
- I. - LA THÉORIE DES COURANTS.
- LE GULF-STREAM : SES LIMITES
- Il est classique d’exposer les mouvements de la mer comme résultant de certains déplacements, dont on croit
- Fig. 8 à 13. — La pêche moderne à la morue.
- a) Un grand chalutier de 2400 tonnes ; (b) à bord du chalutier par coup de vent; (c) arrivée à flot de la poche de chalut contenant plus de 20 tonnes de poisson; (d)un coup de chalut de 30 tonnes; (e) le tri du poisson: ceux de moins de 70 centimètres sont rejetés à la mer; (f) la
- moitié du coup de chalut de 30 tonnes vidée sur le pont.
- maximum de fréquence dans « l’eau de morue ». Une étude quelconque sur les migrations d’une espèce, en particulier de la morue, doit donc commencer par la recherche des conditions physico-chimiques des eaux océaniques, de leurs variations et de leurs mouvements. Ce sera le but de l’aperçu qui va suivre.
- pouvoir déterminer la direction, l’intensité et la constance et que l’on nomme courants océaniques. Nous bornerons notre exposé à l’Atlantique Nord. La géographie y situe deux courants principaux :
- Le Gulf-Stream, fleuve d’eau chaude, né dans le Golfe du Mexique, charriant à sa sortie du Golfe 457 trillions
- p.243 - vue 245/598
-
-
-
- .44 —.... ... .............:... =
- alories-seconde, et développant 500 trillions de che-,ux-vapeur, s’étendant le long des côtes de la Floride sur 400 mètres de profondeur, 80 km de largeur, avec une vitesse de 8 km à l’heure et un débit de 90 milliards de tonnes.
- On peut suivre parfaitement le cours de cet immense courant jusque par 40° de latitude et 51° de longitude ouest. On constate qu’il perd peu à peu de sa profondeur et s’étale en largeur jusqu’à dépasser 100 milles. Sa vitesse tombe alors au-dessous de 1 nœud. Au delà de cette région, les cartes portent encore des branches d’importance et d’intensité variées que l’on appelle courant de Rennell, courant du Golfe de Gascogne, courants delà Manche et de la mer d’Irlande, courants d’Ecosse et de Norvège, courant d’Irminger. En réalité, ces courants n’existent plus d’une manière permanente. Ce sont des mouvements saisonniers qui s’exercent alternativement dans un sens ou dans l’autre et dont l’intensité varie d’une année à l’autre. Pratiquement, au delà du 40e méridien, le Gulf-Stream s’est, perdu, comme un fleuve dans un marécage, et l’on distingue, seulement aux époques de crue, une certaine persistance de la source d’émission.
- Le deuxième courant est d’origine polaire; il est froid; ses limites sont aussi bien déterminées que celles du Gulf-Stream. C’est le courant du Détroit de Danemark, entre l’Islande et le Groenland qui contourne le cap Farewell et semble se souder dans la baie de Melville avec le courant labradorien qui descend ensuite le long des côtes américaines et disparaît en surface à la hauteur du Cap Flatteras pour plonger sous le Gulf-Stream.
- Plus on descend en profondeur et plus on remarque que ces masses d’eau en mouvement rapide, et, partant, plus facilement observable, surmontent d’autres masses, entraînées, elles aussi, dans un mouvement analogue, mais moins rapide et dont il est difficile d’expliquer le mouvement par une simple action de frottement des molécules les unes sur les autres. D’autre part, il est difficile d’expliquer toutes les anomalies que l’on constate dans le débit, l’intensité, et même la direction des masses en mouvement par la simple définition des courants marins que nous venons d’exposer. En dehors des limites bien nettes des masses entraînées par des mouvements rapides, il y a des masses beaucoup plus considérables qui se meuvent lentement, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, et dont la théorie précédente ne peut expliquer le mécanisme. Pour nous rendre compte de ce qui se passe, il est nécessaire de recourir à une autre explication.
- II. - LES DIFFÉRENTES NATURES D’EAU OCÉANIQUE
- Nous avons vu que les deux éléments constituants de la nature de l’eau sont la température et la salinité.
- Les valeurs différentes de ces éléments, suivant les régions, permettent de distinguer dans l’Océan deux masses principales qui se comportent pratiquement, lorsqu’elles sont au contact l’une de l’autre, comme des liquides non miscibles.
- 1° Les eaux polaires sont les eaux froides de salure inférieure à 35/1000, qui comprennent les eaux propre-
- ment arctiques résultant de la fonte des glaces et les eaux continentales dues aux apports fluviaux. Ces dernières peuvent être subdivisées en eaux littorales de moins de 33 et en eaux de pente de 33 à 35, selon qu’elles baignent la côte ou le talus du plateau continental.
- 2° Les eaux tropicales comprennent les eaux atlantiques de 35 à 36 et les eaux équatoriales de plus de 36.
- L’observation .de la mer permet de constater que la grande généralité des eaux, celles qui, en particulier, baignent les côtes d’Europe, sont comprises entre 35 et 36, c’est-à-dire appartiennent à la catégorie des eaux atlantiques. En un point donné des Océans, les éléments constituants sont loin d’être constants. Tous deux varient avec les saisons d’une manière parfois considérable.
- L’observation de la température seule ne suffirait pas à déterminer si la variation que l’on constate est due à réchauffement provoqué par le rayonnement solaire ou à un déplacement des molécules, mais la variation de la salinité permet, au contraire, d’affirmer qu’il y a réellement mouvement des masses.
- La combinaison des deux éléments, température et salinité, permet de calculer ce qu’on appelle la densité in situ, c’est-à-dire dans le lieu, élément d’une importance capitale, car l’expéxûence prouve que les eaux se déplacent des densités les plus faibles vers les densités les plus fortes. C’est ce qu’on nomme les transgressions. Nous allons en exposer le mécanisme.
- III. - LES MOUVEMENTS DE TRANSGRESSIONS
- Considérons les quatre cartes de la page 242.
- Les courbes A et B sont classiques, on les trouve dans tous les ma.nuels d’Océanographie.
- A. Isothermes moyennes annuelles de 2° en 2°, c’est-à-dire lieu des points de même température. On voit qu’au nord du 40e degré parallèle, les températures sont sensiblement plus élevées sur les côtes d’Europe que sur les côtes d’Amérique. Au sud du 40e, au contraire, elles sont plus basses sur les côtes d’Afrique que sur les côtes d’Amérique de même latitude.
- B. Isohalynes moyennes annuelles, ou lieu des points de même salinité. Ces courbes se disposent parallèlement aux rivages, de sorte que les salinités vont en croissant de là terre vers le large.
- C. Isanotherm.es moyennes annuelles, ou lieu des points d égale différence thermique.
- Pour les obtenir, on commence par calculer la valeur moyenne de la température de chaque parallèle. Aux points d intersection de ces parallèles avec les courbes isothermiques, on note l’excès ou la différence constatées et on joint ensuite les points d’égale cote.
- D. Isopycnes ou courbes d’égale densité moyenne. Elles sont établies à l’aide des tables de Ivnuddsen qui donnent la densité d’un échantillon d’eau de mer connaissant sa température et sa salinité.
- Cette dernière carte est intéressante parce qu’elle montre que les densités d’eau océaniques vont en croissant du Golfe du Mexique vers le Spitzberg, en valeur moyenne. Il y a là une tendance générale, que les saisons se chargeront de modifier dans'une certaine mesure, des eaux du Sud-Ouest à monter vers le Nord-Est, puisque,
- p.244 - vue 246/598
-
-
-
- comme nous l'avons dit, il y a mouvement des densités faibles vers les densités fortes. On voit très bien la pointe dessinée par les eaux du Gulf-Stream jusqu’au moment où elles cessent de se faire sentir (le 40e méridien, qui est figuré sur nos cartes). Les pointes 1,0225; 1,0230 voisines de l’Equateur, sont des indices du courant équatorial. Par contre la grande plaine de 1,0225 à 1,0260, au sud des Açores, à l’ouest des Canaries et des Iles du Cap Vert définit l’immense étendue, dans laquelle, les eaux ayant peu de différences de salinité, les mouvements océaniques seront très faibles, c’est la zone variable des Sargasses. Reprenons la carte C.
- Les deux isanothermes nulles (courbes O) nous indiquent les points de l’Océan dont les températures sont exactement la moyenne du parallèle correspondant. On peut qualifier ces températures de normales. Ce sont celles que l’on obtiendrait sous toute la latitude correspondante s’il n’y avait pas de mouvements océaniques. S’il n’y avait pas de saisons, la température de l’eau ne dépendrait que de la distance à l’équateur. Un même soleil raserait éternellement les pôles et frapperait normalement l’équateur, car l’axe de la terre serait perpendiculaire à l’écliptique.
- Masses d’air et masses d’eau seraient perpétuellement soumises au même rayonnement. Les mouvements des fluides qui sont dus au passage alternatif du soleil de l’hémisphère nord à l’hémisphère sud n’existeraient pas. Ces isanothermes nulles divisent l’Océan en trois régions.
- A l’ouest de la courbe O de l’Ouest, les eaux. sont plus froides que la normale.
- La différence augmente près de terre et atteint 8° à Terre-Neuve. Il en est de même au Sud-Est, où les eaux sont froides, tandis qu’entre ces deux courbes se place une région plus chaude que la normale.
- Il est facile d’expliquer ces anomalies.
- Sur les côtes du Groenland et de Terre-Neuve, la basse température est due à la fonte des glaces. En Mauritanie, la rareté des pluies ne «ompense pas l’évaporation. L’eau de surface plus dense, coule et est remplacée par l’eau plus froide des étages inférieurs. Par contre, au Golfe du Mexique, le rayonnement solaire et la pluie causent une diminution de densité, et une élévation de température que le Gulf-Stream entraîne à grande distance de son point d’émission. Cette influence est insensible avant les Açores. Les différences remarquées dans le Nord sont dues au mécanisme des transgressions.
- Nous avons fait remarquer qu’en tout point de l’Océan on découvre des variations de salinité importantes au cours des saisons.
- •".........-...- =-" — 245 =
- La salinité 35, en hiver, occupe la position (le la courbe 35,5 de no tre carte B, tandis qu’en été, au moment de son extension maximum, elle atteint le domaine de la courbe 34 c’est-à-dire monte au Spitzberg, pénètre en Mer du Nord et en Manche, envahit le Golfe de Gascogne.
- IV. ~ CAUSE DES TRANSGRESSIONS LEUR CARACTÈRE DE PÉRIODICITÉ
- Un tas de sel exposé au soleil s’échauffe plus vite qu’une masse d’eau voisine. Un kilogramme d’eau distillée exige 1000 calories pour que sa température s’élève de 1°, tandis que l’eau de salinité 35 n’en demande que 391.
- La conséquence de cet état de choses est que le même rayonnement solaire n’échauffe pas avec la même rapidité les eaux contiguës ou voisines de salinité différente. Il en résultera que les densités vont varier différemment. Comme nous l’avons déjà dit, toute différence de densité est l’origine d’une tendance au déplacement et le mouvement s’effectue dans le sens des quantités croissantes.
- Si les eaux sont primitivement en repos, les eaux légères envahiront le champ des eaux lourdes ; si le mouvement est déjà commencé, il s’amplifiera ou au contraire sera paralysé.
- Considérons maintenant deux eaux de salinité différente, mais de même densité, que nous supposerons en contact dans le même plan d’affleurement superficiel.. Tout accroissement de température dû à la chaleur solaire fait couler les molécules de salinité inférieure sous les molécules de salinité supérieure et au contraire, toute diminution de température provoque une avance des eaux polaires.
- • En effet, prenons deux éléments de même densité 1,02571 mais de salinité différente 35 et 34 par exemple. Leurs températures respectives sont 16°3 et 12°6. Echauf-fons-les et refroidissons-les successivement. Nous constaterons les variations suivantes :
- Sal..Temp..Dens. Temp..Dens. Temp..Dens.
- 35 15°3.1.02596 16°3.1.02571 17E3..1.02547.
- 34 11.06 .1.02590 12ofi .1.02571 13"fi .1.02550..
- On voit que si l’eau s’échauffe, l’élément 35 devient plus léger que l’élément 34 et le surmonte. C’est le contraire qui se produit si la température baisse.
- Donc, une élévation de température provoque une trangression chaude; un abaissement de température détermine une régression et un envahissement des eaux continentales ou polaires.
- Dans ce momvement alternatif et saisonnier vers le Nord et vers le Sud, qui est l’intégration des mouvements élémentaires dont nous venons de voir le mécanisme, les masses en mouvement obéissent à la grande loi de
- Fig. 14. — Le travail du poisson sur un voilier.
- p.245 - vue 247/598
-
-
-
- = 246 =. ... . —
- déviation vers la droite qui est^due à la rotation de la terre et à l’inégalité de vitesse circonférentielle des parallèles successifs. Cette loi fut découverte par Hadley en 1737 lorsqu’il cherchait à expliquer la formation des alizés. L’influence de cette rotation depuis les origines aura pour effet de faire prendre à chaque masse la droite de son mouvement, ce qui explique la présence des eaux chaudes de l’hémisphère nord à l’est et, au contraire, des eaux froides à l’ouest de l’Océan.
- Si nous reprenons les cartes B et D, nous voyons que la tendance au mouvement provoquée par les différences de densité amènerait les eaux froides à descendre vers la cuvette océanique centrale. Mais, en réalité, à ce mouvement s’ajoute l’entraînement dû à la rotation de la terre et le déplacement résultant est un glissement vers le Sud, dans lequel les eaux continentales ne cessent d’adhérer au talus américain. Parvenues au Cap Hatteras, elles plongent sous les eaux tropicales par suite de leur densité supérieure et on les retrouve aux profondeurs de 1000 mètres et au-dessous comme vient de la constater M. Idrac, en étudiant dans le détroit de la Floride, les variations d’amplitude des eaux du Gulf-Stream.
- En définitive, c’est dans le rayonnement variable de la chaleur solaire qu’il faut chercher l’origine des grands mouvements océaniques, et ce que nous nommons courants n’est qu’un cas particulier d’un déplacement général. L’existence de ces grands mouvements de masses dont nous venons d’exposer le mécanisme est généralement peu connue. Volontiers on se représente l’Océan comme immuable et les campagnes océanographiques, très espacées, ne peuvent qu’effleurer la question, saisir au passage la situation de la mer à un instant donné, mais ces observations ne font que confirmer l’esprit dans la conception statique, c’est-à-dire l’ancrer dans l’idée qu’il a pénétré Vétat des choses, tandis que la réalité, comme nous venons de le voir est le mouvement, et c’est la conception dynamique qui, seule, peut rendre compte du phénomène exact. La multiplication des observations en un même lieu permet de constater en effet que les mouvements d’eau profonde n’ont pas seulement un rythme saisonnier, ramenant automatiquement, à tel mois de l’année une situation hydrologique donnée en un point donné, mais ils comportent également un rythme périodique englobant un certaip. nombre d’années. Les différences sont alors considérables entre les conditions extrêmes de l’habitat hydrologique d’une région quelconque. Leur retour périodique semble lié à celui des taches solaires et à d’autres rythmes astronomiques trop complexes pour qu’on puisse avant longtemps les prévoir avec une approximation égale à celle des marées; mais on peut cependant les constater et en suivre dans une certaine mesure l’amplitude et le mouvement alternatif.
- V. - HABITAT BIOLOGIQUE DES ESPÈCES MARINES
- Nous avons dit en commençant que toute espèce marine possède un habitat d’élection. Il importe de connaître au moins celui de l’espèce que l’on recherche. Or chacun d’eux comporte deux éléments : le facteur continental, c’est-à-dire la nature des fonds, et le facteur
- hydrologique, c’est-à-dire la nature de l’eau. Le premier est bien connu des bons pêcheurs. Cette connaissance même est un des éléments de partage de leurs capacités techniques. Mais cet élément est loin de suffire. Et l’on s’aperçoit bien vite que nos pêcheurs font de l’océanographie sans s’en douter, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. En années moyennes, en effet, les usages traditionnels, qui font choisir à un moment de l’année telle région de préférence à telle autre, sont des conséquences d’observations. On a constaté que le poisson, normalement, est ici ou là selon l’époque. Mais on ignore que s’il est ici ou là, c’est parce que les conditions hydrologiques y sont momentanément bonnes et que ce sont elles qui motivent son apparition ou son départ.
- Tout va donc bien dans les années moyennes; personne ne songera à partir pour Terre-Neuve chercher la sardine ni à armer pour le Golfe afin de pêcher la morue, et la fameuse « morue barbue » signalée par des observateurs légers sur les côtes de Mauritanie, est en réalité le Poly-nemus quadrifilis, un percidé qui n’a aucun rapport de cousinage même éloigné avec les poissons de la famille des gadidés.
- Mais il y a des années où rien ne va plus. Le poisson est absent toute une saison des lieux où le moment est venu, normalement, de le voir paraître. Et l’étonnement qui saisit alors nos pêcheurs est analogue à celui qu’aurait un touriste arrivant au Congo de n’y point voir de nègres ou inversement de l’absence d’Esquimaux au Groenland. Le poisson a disparu parce que les conditions ont changé.
- L’ânon suit de près la morue. Il peuple les eaux de 0 à 10° avec une prédilection pour celles de 4 à 6° où il pond lorsque les salinités sont comprises entre 33,5 et 35. Son habitat est donc un peu plus chaud et plus salé que celui de la morue.
- Par contre le flétan affectionne les eaux de moins de 4° et de préférence froides ; les salinités de son habitat préféré semblent peu élevées et ne dépassent pas 34,5 à 35.
- Toutes les espèces sont également conditionnées par les mêmes éléments. Voici quelques observations sur l’habitat des principales cl’entre elles (voir le tableau page suivante).
- VI. - L’HABITAT MORUTIER.
- PIAULES ET TACHES. MORUE EN PLAINE
- Nous avons 'dit que la morue se rencontre dans les eaux de 30 à 35 de salinité et de température comprise entre — 1° et H- 10°, mais que son maximum de densité s’observe dans T « eau de morue » de salinité 33 à 34 et de température comprise entre *3° et 5°, lorsque cette tranche favorable vient à baigner les pentes ou la surface du plateau continental. On sait que l’on désigne sous ce nom le socle de moins de 1000 mètres d’eau qui supporte les continents.
- C’est en particulier dans cette eau que l’on observe les piaules,autrement dit les grands bancs de morue en déplacement, et les taches, c’est-à-dire les bancs en stationnement de ponte. Toutes les fois que l’on analyse l’eau et que l’on prend sa température en pareil cas, on retrouve les mêmes résultats. A ce moment, la morue ne se nourrit pas, ou plutôt, sans dédaigner les proies qui viennent à
- p.246 - vue 248/598
-
-
-
- ESPÈCES TEMPERATURE SALINITE 247 observations
- Hareng, 5 à 14° 33 à 34,5 Se rassemble pour pondre sur les bancs
- optima 12° à 15° côtiers ; est gêné par les fortes transgressions chaudes (19211.
- Sardine, 34,5 à 36 Automne et hiver au fond du Golfe de Gas-
- ponte à 10° cogne, été remonte à l’entrée de la Manche; pond au sud en hiver et en Manche d’avril à novembre au large, pour gagner les bancs côtiers ensuite. Abonde en Bretagne les années de fortes transgressions.
- M aquereau, ponte de 35,5 à 37
- Germon, eaux de surface de plus de 14° à 50 m plus de 35,5 Remonte de Madère en mai, avec les trans-
- 12° à 16,5 optima gressions, juin en Gascogne, août à la Sole, favorisé par les transgressions.
- Thon rouge, 34,5 à 35 Se rassemble pour pondre, monte au nord avec transgressions.
- Dorade, 11 à 14o plus de 35,5 Pond en janvier au sud du Golfe et d’août à novembre à l’entrée de la Manche.
- T acaud,, 10° 34 à 35 Fonds de moins de 150 m, ponte côtière janvier-avril, entrée Manche et juillet à l’Est.
- M erlu, plus de 10° plus de 35,3 .Fonds de 25 à 1000 m, se rencontre du Cap Blanc à Trondhjem, et abonde au large de
- l’Irlande.
- sa portée, elle ne se dérange pas et les cordiers doivent tendre exactement dans la tache pour pêcher. Cependant ce poisson s’alimente et l’on constate fréquemment la présence dans les estomacs d’une bouillie gélatineuse formée de petits crustacés de 1 à 5 mm de long que l’on nomme copépodes ou amphipodes. Ces animalcules peuvent aisément se pêcher en fdant à l’arrière d’un navire en marche un petit fdet de cellular monté sur un cercle de cuivre et lesté pour son immersion à différentes profondeurs. On découvre qu’ils sont particulièrement abondants dans l’eau que nous avons nommée eau de morue. Or ce qu’ils y viennent chercher c’est leur nourriture, de petites algues microscopiques appelées diatomées. Si elles manquent, c’est la famine et rapidement le désert. L’instinct de la conservation de l’espèce amène les morues à pondre dans cette eau favorable où elles trouvent aussi à s’alimenter momentanément, mais qui servira surtout de nourriture à leurs larves, qui monteront entre deux eaux lorsque les œufs fécondés seront éclos, c’est-à-dire au bout d’une dizaine de jours. Au laboratoire on a constaté que la meilleure température pour la prolifération de ces espèces dans l’eau polaire où elles vivent est de 7° à 9°. Or, on pourra observer que la morue ne pond jamais au-dessous d’une couche d’eau très froide qui nuirait au développement des alevins et à leur alimentation. On voit donc comme tout se tient et combien le. développement d’une espèce comme la morue est étroitement conditionné. La morue pond vers l’âge de 7 ans à 60 cm environ de longueur, elle pond pendant des années et la morue adulte arrive à produire annuellement jusqu’à 9 millions d’œufs, parmi lesquels les conditions hydrologiques feront des hécatombes qui dépassent singulièrement l’œuvre de destruction humaine et des engins les plus perfectionnés.
- Mais on peut aussi trouver de la morue en dehors des taches et piaules. A la vérité, c’est même alors que la
- pêche des voiliers sera la plus favorable. Où est la morue à ce moment et que fait-elle? Elle est dispersée « en plaine » ou éparse « en batterie » dans la tranche d’eau qui baigne le fond et elle cherche sa nourriture. Cette nécessité de l’alimentation a été un peu oubliée pendant le frai, mais elle devient ensuite impérative, car la morue est très vorace. Au moment des passages d’espèces migratrices (encornet, capelan, hareng), la morue se lève du fond et cherche sa vie dans la tranche d’eau où passent les migrateurs attirés eux aussi par le même besoin pressant. Et l’on se retrouve dans les eaux de températures communes aux deux habitats de ces espèces différentes, en même temps que les animalcules du plancton qui montent et descendent suivant les conditions physiques extérieures : calmes, tempêtes, lumière ou obscurité.
- S’il n’y a pas de passages d’espèces migratrices, la morue se rabat sur la faune des fonds dits « vivants » parce qu’en effet une vie spéciale y grouille; c’est là^ que sont les « charognards », crabes et araignées, mangeurs de boues comme les melons, les cornichons, les actinies, les bolténias, etc. Cette nourriture est sédentaire et il est nécessaire de pouvoir situer ses emplacements, car à certaines époques le poisson ne se trouvera qu’au milieu d’eux, à moins qu’un autre migrateur, le lançon, ne vienne peupler certains fonds de sable et y attirer la morue. L’art de la pêche est donc une science d’observation continuelle; c’est par l’observation fréquente des estomacs que les capitaines sauront prévoir leurs déplacements ultérieurs. En pareil cas, en effet, il importe de se déplacer fréquemment, car la morue ne « recouvrira » pas les fonds pêchés et l’on devra se contenter d’un « écrémage » rapide.
- Dans tous les cas on constatera le fait suivant : la morue est très rare dans les fonds de température supérieure à 5°, on peut même dire que, sauf dans les très petits fonds au voisinage des côtes, elle ne s’y trouve-1
- p.247 - vue 249/598
-
-
-
- == 248 :.....:.., ----------------- =
- qu’exceptionnellement. Par contre, lorsqu’elle court après sa nourriture, elle est attirée, comme les espèces intermédiaires, par l’abondance du plancton et peut alors peupler abondamment des eaux de 4- 1° à H- 3°. Mais si les eaux de 3° existent dans le voisinage, c’est toujours dans leurs parages qu’on fera les meilleures pêches. De même, elle recherchera les eaux moyennement salées, et si la salinité avoisine 35 elle fuira, pour la raison fort simple que le plancton qui l’attire est du plancton polaire qui ne vit pas dans les eaux atlantiques.
- (l’est pourquoi nous sommes particulièrement intéressés au point de vue océanographique, par deux courbes fondamentales, l’isotherme de 4° et la salinité de 33. C’est dans leur voisinage que se forme « l’eau de morue ». Or on constate qu’en décembre, janvier, années moyennes, on trouve ces températures au Banc George, près du Cap Cod, au Sud des Westmann, en Islande, aux Feroé, aux îles Lofoden sur la côte de Norvège. Nous ne nous étonnerons plus maintenant d’y trouver le poisson. Et cette morue est roguée. Normalement, nous devons nous attendre à voir cette température changer au cours de l’année en se réchauffant. Or l’isotherme de 4° suit approximativement avec quelques flèches dardées au milieu du Banc de Saint-Pierre et du Grand Banc, le contour SSW, NNE des isobathes de 100 m. S’il y a mouvement de transgression vers le nord, pendant l’été, quoi détonnant de voir le poisson monter peu à peu vers le nord dans les années normales et pénétrer sur les Bancs? Mais d’une façon générale, c’est pendant l’automne et le printemps que la plus grande surface possible des Bancs sera couverte et c’est pourquoi la pêche de Terre-Neuve sera toujours plutôt une pêche d'hiver quune pêche d'été.
- Si nous considérons en surface les isohalynes 33 et 34, c’est dans leurs parages, sur le plateau continental, que nous devrons nous attendre à trouver la morue lorsqu’elle vient à déserter les parages que nous fréquentons traditionnellement. Les deux régions isothermique et isoha-lyne sont sensiblement confondues et c’est ce qui fait que la morue possède un habitat très étendu et par suite est une espèce très abondante.
- VII. - MAUVAISES ANNÉES DE TERRE-NEUVE PÉRIODICITÉ
- Mais il y a des mauvaises années et nous sommes précisément en train de subir une très forte crise. Elles se produisent lorsque pour une cause ou une autre l’eau cle morue vient à faire défaut sur les Bancs. C’est le cas des années où l'eau polaire est insuffisamment abondante. On peut en effet différencier son régime d'après l'épaisseur de la tranche d'eaux peu salées surmontant les eaux atlantiques plus lourdes par suite de leur salinité élevée. On distingue alors les eaux polaires ayant à la latitude des Bancs (48° à 43°) une épaisseur de plus ou de moins de 100 m. Si la tranche est épaisse (200 à 400 m), elle ne peut, par suite de la densité de ses couches profondes, qui sont en même temps les plus froides, passer par-dessus les Bancs qui constituent pour elles un véritable barrage. Et dans ce cas, elles contournent les Bancs par la « Coursive » située entre le Grand Banc et le Bonnet
- Flamand. Le résultat est de laisser le centre du Banc libre à la poussée des eaux atlantiques. Des masses de salinité intermédiaires entre 33 et 35 et de température supérieure à 0° l’envahissent et parmi elles s’introduit l’eau de morue. Si, au contraire, la tranche d’eau polaire est mince, inférieure à 100 m, elle envahit le Banc, car la rotation de la terre l’applique contre la côte américaine et il se produit ce fait paradoxal que c’est lorsque l’année est plus chaude et forte en transgressions salines que la surface des Bancs est baignée d’eau très froide on la morue se déplaît.
- Comme nous l’avons , fait remarquer, ces marées de saiinités suhissent un rythme saisonnier qui semble lié au rythme des taches solaires. A leur maxima correspondent insuffisance polaire et maigre pêche à Terre-Neuve. Et l’on constate la correspondance dans les statistiques:
- 1881 17683tx 1904 19599 tx 1920 30446tx
- 1887 38613 1910 63890 1926 68055
- 1891 11957 1912 27662
- 1899 36130 1917 12295
- Mais ce que l’on constate également sur les statistiques, c’est que lorsque la production française baisse à Terre-Neuve, le pourcentage des pêcheurs de l’Ile de Terre-Neuve augmente.
- TN FR TN FR
- 1881 56 0 10 10 0/0 1910 35 0/0 29 0/0
- 1887 43 23 1912 53 16
- 1891 67 10 1917 62 7
- 1899 42 17 1920 52 18
- 1904 49 12 1926 39 29
- Une même cause devant produire les mêmes effets.
- puisque le pourcentage ne se maintient pas dans les mauvaises années, c’est que la production ne tombe pas parallèlement dans toutes les flottilles et par conséquent que la cause ne les atteint pas simultanément. Or la morue disparaît des Bancs du Sud pendant les années de fortes transgressions chaudes. Donc, ces années-là, les eaux situées plus au nord, les côtes du Labrador, par exemple, peuplées de gens de l’Ile de Terre-Neuve, sont particulièrement favorables, ce qui ne nous étonne plus, mais doit maintenant nous dicter notre ligne de conduite. Toutes les courbes de salinités sont remontées vers le Nord, et plaquées contre la côte labradorienne ; elles nous enseignent ce qu’il faut faire pour retrouver l’eau de morue.
- VIII. - CONCLUSION
- Ce qu’il faut faire est évident. Il faut suivre l’eau de morue dans sa régression vers le Nord. Le phénomène est. absolument général; il existe pour les Norvégiens, à l’extrémité Nord-Est des eaux atlantiques d’été, comme pour les Terre-Neuvas; pendant les années d’insuffisance polaire, remonter au nord sera le remède à la crise. Et c’est ainsi que les Norvégiens ont quitté leurs côtes pour chercher le poisson vers le Spitzberg et l’ont trouvé autour de T Ile aux Ours par 75° de latitude et autour de Jan Mayen au Nord de l’Islande.
- C’est ainsi que sur nos conseils, les pêcheurs de Terre-Neuve, au lieu de continuer à subir la crise novennale qui,
- p.248 - vue 250/598
-
-
-
- périodiquement, ruina leurs devanciers, tentèrent de s’élever vers le Groenland, où depuis 1926 pénétraient en été quelques pêcheurs d’Islande chassés de leurs eaux pour la même cause unique, insuffisance polaire ou forte transgression chaude.
- Les résultats obtenus furent conformes à ce que la théorie que nous venons d’exposer permettait de prévoir.
- Il peut paraître extraordinaire que depuis cinq cents ans que nous pêchons à Terre-Neuve on se soit contenté de subir ,sans réagir, les années de mauvaise pêche, et que périodiquement les mêmes doléances, les mêmes récriminations contre le matériel neuf et plus puissant se soient fait entendre, sans qu’on ait paru se douter que la date
- ----................ , . ..— 249 =
- de la campagne était faite à contretemps et que Terre-Neuve est une pêche d’hiver, comme les Lofoden, et non une pêche d’été. Il peut paraître surprenant que depuis le milieu du siècle dernier, des pêcheurs américains avisés aient passé au cours de l’été des côtes labradoriennes aux bancs occidentaux du Groenland sans que les résultats obtenus aient été suivis par leurs rivaux européens. Mais le fait est là. Et c’est à l’introduction des recherches océanographiques à Terre-Neuve que l’on doit d’en avoir enfin l’explication. En même temps s’ouvre pour les armateurs toute une ère nouvelle d’amélioration du rendement de leur pêche pendant les années prochaines.
- Commandant Beaugé.
- L’ELECTRIFICATION DES CANAUX
- Aucun progrès ne s’impose sans laisser de victimes, sans entraîner des conséquences désastreuses pour les institutions qu’il remplace ou même simplement qu’il améliore. Nous avons as-
- Canaldela,
- Sensée
- I Etrun
- S/Station de RamiMes
- CAMBRAI
- | S/S fat/on de Ta!ma , iSiSiaiion de Banteux
- n«q»*
- biefdepertege
- ’S/Stef/og de rnouiin Bruit
- sisté, dès l’avènement des chemins de fer, à un phénomène de ce genre qui a groupé, contre la traction à vapeur, tout ce qui vivait du trafic des grandes routes : charretiers, marchands de chevaux, aubergistes, marchands d’avoine, etc.
- Un même cortège de mécontents s’est formé dès les premiers essais de traction mécanique sur les canaux, tentés dès 1907, mais largement développés après la guerre et suivis de la traction électrique qui va désormais s’étendre sans interruption. L’exploitation des voies navigables en était restée, jusque-là, à la traction animale qui perpétuait dans les régions traversées par les « chemins qui marchent » l’existence de^ situations que le chemin de fer avait anéanties partout ailleurs. Deux chevaux sous la conduite d’un charretier sont attelés à une péniche qu’ils prennent au départ et conduisent à destination.
- Ce mode, dit « aux longs jours », n’est d’ailleurs praticable que sur les voies navigables peu fréquentées. Il entraîne des désordres dans l’exploita lion parce qu’il oblige le marinier à traiter avec un charretier toujours occasionnel, suivant la saison et surtout sui-
- srdntion
- Canal,delà, oambre a Lütse
- Fig. 1.
- arlc des canaux du Nord actuellement électrifiés.
- vant le prix offert à ses services, qui passe du canal à la route, de la route au canal, sans se soucier des intérêts de celui qui l’emploie momentanément.
- Sur les voies navigables importantes, ce système a été remplacé par celui dit du « relais ». Dans ce cas, les services du charretier se limitent à la distance comprise entre deux relais successifs. A chaque relais, le batelier est assuré de trouver un équipage de traction. La rapidité du transport peut en être accrue, mais alors le marinier ne connaît plus guère de repos : ses journées de travail sont de 16 à 18 heures pendant la belle saison. La traction électrique a apporté une solution d’un caractère à la fois économique et social à l’exploitation des canaux en permettant au marinier de travailler seulement 12 heures par jour en raison de la régularité réalisée dans la marche des bateaux par T électricité. Aux systèmes antérieurs a été substitué le troquage, sur une seule voie, en attendant qu’il soit possible de constituer une voie montante et une voie descendante j ustifiées par l’augmentation du trafic.
- Le troquage résulte de la voie unique. Deux tracteurs, l’un montant, l’autre descendant, vont à la rencontre l’un de l’autre. Arrivés en présence, ils échangent leurs, remorques et repartent en sens inverse. Le système est surtout avantageux pour
- S/Station deSfHubertc
- fj
- S/Station deSemprgny.
- o\S/Staiion de BeHerive~
- ©/Janvifle
- *
- p.249 - vue 251/598
-
-
-
- = 250 . — -1;111 .....—........=
- les conducteurs de tracteurs qui ne s’éloignent que très peu de leur point d’attache, de leur domicile.
- Quant au système à « sens unique » dont on se préoccupe dans certains pays et même en France, il est coûteux à établir parce qu’il impose, en dehors de la construction d’une deuxième voie, celle de passerelles à chaque fin de section pour permettre aux tracteurs de passer d’une rive à l’autre.
- L’électrification des voies navigables a été réalisée sur les canaux du Nord par l’Office national de la navigation et par la Cie générale de traction sur les voies navigables, chargée de l’exploitation. Les résultats obtenus ont été tels que l’on envisage dès maintenant l’électrification des canaux de l’Est, tout en poursui-
- Fig. 2. — Tracteur de la Soctélê Alslhom.
- vant l’exécution du programme sur la totalité canaux du Nord de la France.
- Les sections suivantes sont déjà électrifiées :
- Etrun-Janville.............;............... 123
- Etrun-B éthune ............................. 83
- Béthune-Fontinettes........................... 36
- Fontinettes-Saint-Omer....................... 6
- Don-Lille ................................. 16
- Ë trun-Valenciennes .‘..................... 23
- des
- km.
- km.
- km.
- km.
- km.
- km.
- Nous allons étudier plus particulièrement da section du canal latéral à l’Oise qui se termine à l’écluse de Janville à l’origine de l’Oise navigable, l’équipement électrique des autres sections étant tout à fait semblable.
- L’écluse de Janville, nouvellement électrifiée, nous fournira l’occasion de mettre en relief l’automaticité des commandes pour toutes les manœuvres d’éclusage.
- L’ÉLECTRIFICATION DU CANAL DE L’OISE
- Sur l’un des côtés du canal court la voie ferrée, à écartement de 1 m, constituée par des rails en acier, à patin, de . 12 m de longueur et pesant 20 kg au mètre courant. Comme l’effort de traction est oblique par rapport à l’axe de la voie, le rail du côté du canal a été surélevé de 25 mm par rapport à l’autre.
- Onze sous-stations ont été aménagées sur l’étendue de la section, à 12 km en moyenne l’une de l’autre, Elles reçoivent du courant triphasé à 15 000 volts et 50 périodes par une ligne aérienne supportée par des poteaux en béton armé. Les sous-stations peuvent ne pas recevoir le courant à 15 000 volts et être simplement reliées à une distribution générale d’électricité.
- Le courant à 15 000 volts est converti en courant continu de traction à 600 volts par l’intermédiaire de transformateurs statiques qui ramènent les 15000 volts à 370 volts pour alimenter une commutatrice à 600 volts. Dans certains cas, les commutatrices sont remplacées par des redresseurs à mercure.
- La ligne du trolley, faite d’un fil de 67 mm carrés de section, est supportée partiellement par des poteaux en, bois et par d’autres en ciment armé, particulièrement dans les angles de plus de 3° 20’. Des consoles en acier le maintiennent par l’intermédiaire d’isolateurs en verre à double cloche et chapeau en métal. Les rails, convenablement équipés, servent de conducteurs de retour au courant.
- Un chariot à deux galets parcourt le trolley; il est relié au tracteur par un câble souple rappelé par un enrouleur à ressorts ou à contrepoids.
- LES TRACTEURS
- Tous les tracteurs sont affectés en principe au service d’un bief unique, le passage des écluses s’effectuant à l’aide de tracteurs spécialisés que nous étudions plus loin.
- Les tracteurs sur rails pèsent 8 tonnes et sont équipés avec un moteur électrique série de 16 ch mis en marche à l’aide d’un contrôleur à 9 plots. Huit de ces plots sont sur résistances d’au moins 60 ohms chacune pour permettre un démarrage sans à-coup. Les vitesses varient suivant les efforts : 3 km 300 pour un effort de 1200 kg; 3 km 600 pour un effort de 600 kg ; 5 km pour un effort de 400 kg et 10 km dans la marche à vide. Le moteur attaque l’un des essieux par un double train d’engrenages droits et les deux essieux sont couplés soit par chaînes, soit par engrenages, soit par bielles. La cabine du conducteur est désaxée du côté opposé au canal pour laisser un passage libre à la remorque fixée à un crochet. Tous les tracteurs répondent à ces caractéristiques. Cependant on met à l’essai actuellement un tracteur monté sur bandages de caoutchouc dont les quatre roues sont motrices et les organes de direction doublés pour, faciliter la marche dans les deux sens (fig.3).
- p.250 - vue 252/598
-
-
-
- L’ÉCLUSE DE JANVILLE
- 251
- Cette écluse représente, actuellement, le dernier cri de l’électrification des écluses. Elle établit la liaison entre le canal latéral à l’Oise et la partie navigable de la rivière et constitue, sur le canal, le dernier ouvrage d’art que traversent les péniches venant de la Belgique et de nos départements du Nord avant d’arriver à Paris.
- Comme toutes les écluses de la ligne Paris-Houillères, l’écluse de Janville a été construite avec un double sas pour éviter ce que les mariniers appellent la fausse bassinée, en faisant succéder, autant que possible, le sassement d’un bateau allant vers l’aval à celui d’un bateau venant de l’amont. Il est facile de comprendre, en effet, que si toutes les péniches montantes empruntaient le même sas, la dépense en eau serait beaucoup plus importante, puisque chaque passage exigerait le remplissage et la vidange du sas. Si, au contraire, le sas étant plein à la suite d’un éclusage, on peut y diriger une péniche venant de l’amont, ce deuxième sassement s’effectuera sans perte de liquide. Les ingénieurs des Ponts et Chaussés sont trop avertis de l’importance de telles économies pour les négliger chaque fois que l’occasion se présente.
- A Janville, la longueur utile de chacun des sas est de 38 m. 50 et leurs largeurs respectives de 6 m et 6 m. 50. Ils sont séparés par un terre-plein que prolongent à chaque extrémité une patte d’oie et une estacade utilisée comme poste d’attente pour deux péniches (fig. 9).
- Jusqu’en 1928, l’éclusage était assuré par deux éclusiers aidés des conducteurs des tracteurs. La durée d’un cycle complet comprenant le sassement d’un bateau montant et d’un autre descendant, ou inversement, était alors d’une demi-heure. Le rendement maximum pour les deux sas était donc de quatre péniches à l’heure.
- Actuellement, l’écluse est entièrement électrifiée. Sur le terre-plein central a été aménagée une cabine de manœuvre dont le plancher, élevé de deux mètres au-dessus du sol, est complètement vitré pour permettre aux deux éclusiers chargés du service de suivre des yeux la péniche avant, pendant et après l’éclusage.
- Un pupitre, placé devant chacun d’eux, permet d’effectuer automatiquement l’ouverture et la fermeture des ventelles et celles des portes. Nous verrons, par l’étude détaillée de cette électrification, que toutes les fonctions s’exécutent successivement, avec une régularité absolue, sans que l’éclusier ait à intervenir lorsqu’il a appuyé sur le bouton de commande automatique; cependant, en cas de besoin, il lui est toujours possible d’intervenir après chaque manœuvre pour commander la suivante par simple pression sur les boutons qui lui désignent l’ouverture des ventelles, la fermeture des portes, etc.
- Près de ce.pupitre, un combinateur est utilisé pour l’envoi à la péniche qui se présente pour le sassement d’un tracteur aérien dont il sera parlé plus loin et pour son retour après le départ de la péniche. Un microphone se trouve également à la disposition des éclusiers pour leur permettre de donner, par haut-parleur, des avis utiles aux mariniers. Il existe un haut-parleur à l’amont du terre-plein et un autre à l’aval. Enfin, dans le but
- Fig. 3. — Tracteur sur pneumatiques.
- d’éviter aux mariniers de quitter leur bord pour faire viser leurs papiers au poste de l’écluse, un appareil de manutention mécanique sera prochainement installé. Il prendra les papiers qui lui seront remis par le marinier, les portera à l’éclusier qui les renverra par la même voie après les avoir visés.
- On voit que cet ensemble réalise une organisation très méthodique, permettant de réduire le temps du sassement, d’éviter les manœuvres manuelles qui sont très
- Fig. 4. — L'écluse de Janville équipée avec un tracteur Chéneau.
- p.251 - vue 253/598
-
-
-
- 252
- pénibles et de supprimer les déplacements des mariniers. Grâce à toutes,ces améliorations, la durée d’un cycle complet est actuellement de 24 minutes. Or, il passe environ 80 péniches de 300 tonnes par jour par cette écluse, soit 24000 tonnes de marchandises, plus de 8 millions de l tonnes par an. Un gain de 20 pour 100 dans le temps ! d’éclusage représente un tonnage supplémentaire de près de un million ..et demi de tonnes qui pourront chaque année contribuer au ravitaillement de Paris.
- K LES TRACTEURS AÉRIENS
- î * Ces tracteurs, qui circulent seulement le long des •estaeades >et des sas, avaient été étudiés primitivement J/Ghéneau, ingénieur des Arts et Manufactures, jffplir constituer des trains aériens monorails de 10 tonnes ^capables de remorquer de très fortes rampes, ou encore (pour remorquer, des wagons dans les gares de chemins de Ter. Ils ont trouvé une application très intéressante dans
- l’électrification des écluses et nous pouvons ajouter que, aussi bien à Varangeville qu’à Janville, ils fonctionnent avec une régularité absolue (fig. 4 et 5).
- En principe, un tracteur est constitué par un moteur électrique série pour courant continu à 600 volts com-i mandant les quatre roues motrices d’un chariot suspendu sous un rail aérien par quatre galets obliques, deux à .l’ayant, deux à l’arrière du chariot. Un étrier d’attelage i encadre le moteur et tout le mécanisme est renfermé dans un carter étanche ; cet étrier est mobile par ses deux attaches latérales; il se termine à la partie basse par un ,,crochet auquel est fixée la remorque.
- Au crochet, l’effort maximum est de 1000 kg. Or, les quatre roues motrices ne font qu’appuyer — énergiquement., est-il besoin de le dire? — sur le rail. Cet effort doit .être maintenu, quelle que soit la température, par temps sec aussi-bien que par la pluie, la neige ou le verglas. Dans les plus mauvaises conditions, le coefficient
- de frottement d’une roue motrice sur le rail tombe à 0,07; il faut donc que, dans ce cas, la pression totale sur le rail, l’adhérence d’une roue étant inversement proportionnelle au coefficient de frottement, soit de 1 : 0,07, soit 14 fois l’effort de traction. Chaque roue exercera donc une pression de 14000 : 4, soit 3500 kg. Nous verrons plus loin comment cette condition a été réalisée.
- Le moteur comporte deux enroulements inducteurs en sens inverse et un enroulement d’induit. Il est commandé, de la cabine, par un contrôleur dont la manette estpoussée du côté vers lequel le tracteur doit être dirigé. Toute fausse manœuvre de la part de l’éclusier est donc rendue impossible.
- Le contrôleur envoie ainsi du courant dans l’un ou l’autre des deux enroulements de l’induit par l’intermédiaire de l’un ou de l’autre des deux fils du trolley placés de part et d’autre du rail.
- [ Ce courant fait retour par la masse.
- Au moment du démarrage, une grosse résistance est à vaincre par le moteur par suite de l’inertie de la péniche. Pour que l’intensité du courant ne soit pas trop élevée, le circuit électrique d’alimentation comporte une série de résistances qui la limitent. Lorsque le bateau démarre et que le tracteur prend de la vitesse, les résistances s’éliminent d’elles-mêmes successivement.
- Quant le bateau rentre dans le sas et demande un effort supplémentaire par suite de l’effet de « pistonnage» (]),l’intensité du courant tend de nouveau à augmenter; si elle dépasse la limite maxima prévue, un certain nombre de résistances se réintroduisent automatiquement dans le circuit pour maintenir l’intensité du courant au-dessous de cette limite.
- LE MÉCANISME DU TRACTEUR
- Nous avons schématisé (fig. 6) les organes.du chariot afin d’en expliquer le fonctionnement. C’est un ensemble assez compliqué, résultat de dix années d’études de l’inventeur, M. Chéneau, tenté, avons-nous dit,parla traction sur monorail aérien.
- La vitesse du moteur étant de 2400 tours par minute, il a d’abord fallu interposer, entre son arbre et les roues motrices, un train d’engrenages démultiplicateurs ramenant’cette vitesse à 150 tours. L’arbre moteur, déjà fortement démultiplié, attaque directement la roue A, laquelle, par le pignon d’entraînement entraîne les deux roues motrices M qui appuient toutes deux sur un même côté du rail (fig. 6).
- Cette même roue dentée A actionne encore une autre roue dentée H, en sens contraire, qui agit dans les mêmes conditions que A, par l’intermédiaire d’un pignon, sur les deux autres roues motrices Mj M15 appuyant sur l’autre face du rail.
- La grosse difficulté à résoudre résidait dans la réalisa-
- 1. On sait qu’un bateau pénétrant dans le sas d’une écluse se comporte comme un véritable piston agissant sur une masse liquide qui s’oppose à sa progression et qu’il parvient à vaincre en chassant l’eau entre sa coque et les parois de l’écluse.
- p.252 - vue 254/598
-
-
-
- = 253
- Axe du levier de l’étrier X Levier. de ) \yde letnier
- Levier portant la roue motrice \
- 1 lYTïYrrrrrirYyv-nnnrT^^
- Crochet
- UJUOJUJUXmjUUJJUUUUJUUUULuL
- Chaîne
- Levier oscillant
- Galets de suspension
- .Roue motrice
- Cylindre rupteur à 2pistons
- Crochet^
- d’attelage
- Huile / Piston ' / Galet de ressort/ Roue motrice
- Arbre moteur
- Pignon d’entraînement
- Fig. G. — Détail du mécanisme du tracteur Chêneau.
- tion de la proportionnalité entre l’appui des quatre roues motrices sur le rail et l’effort au crochet. Elle a été résolue en confiant à ce dernier la commande de la pression.
- L’effort est transmis par l’étrier dont les deux branches se terminent chacune par un levier articulé qui agit sur le piston d’une pompe à huile. Plus l’effort de traction est élevé, plus le piston pénètre profondément dans le cylindre de la pompe.
- Cette pénétration a pour effet de chasser l’huile dans une canalisation B qui aboutit à un autre corps de pompe P, à deux pistons, dont le diamètre a été calculé d’après celui du premier cylindre pour augmenter l’effort de l’huile sur les pistons d’une quantité convenable.
- Les deux pistons s’écartent. Ils se terminent l’un et l’autre par une chape à laquelle est fixée l’extrémité d’une chaîne renvoyée par un galet à un crochet fixé sur un levier portant l’axe de la roue motrice. Ce levier, extrêmement robuste, pivote autour de l’axe O de la roue H (ou de la roue A puisque le dispositif de commande de chaque roue motrice est le même).
- On voit immédiatement que plus les pistons de la pompe P s’écarteront l’un de l’autre, plus la traction sur les chaînes qu’ils commandent sera énergique et plus le levier L rapprochera les roues M et M (ou M( MJ de l’axe du rail. Par conséquent la pression sur ce rail sera proportionnelle à l’effort de traction.
- Les mêmes effets sont reproduits par des mécanismes semblables sur les roues motrices opposées. Mais il y aurait lieu . de craindre, en raison de l’obliquité de la remorque par rapport à la ligne de traction, que les pres-
- sions fussent différentes entre les deux groupes extrêmes des roues motrices.. Pour éviter un tel inconvénient, les deux pompes P qui commandent les groupes ont été reliées par une canalisation supplémentaire C qui établit l’équilibre des pressions sur les quatre pistons et oblige ainsi les quatre roues motrices à s’appliquer sur le rail avec une force égale pour chacune d’elles.
- Nous n’insisterons pas davantage sur ces mécanismes.
- Fig. 7. — Le tracteur Chêneau sur son rai!, et la cabine de manœuvre de Januille.
- p.253 - vue 255/598
-
-
-
- 254
- Ajoutons seulement que tous les organes sont constamment lubrifiés par une circulation d’huile régularisée par une pompe située à la base du carter du tracteur, au-dessus du moteur. L’huile est projetée en jet sur tous les organes et fait retour au réservoir après avoir été filtrée.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le tracteur est relié à deux fils de trolley qui envoient du courant dans l’un ou l’autre enroulement de l’inducteur du moteur. Il pourrait arriver que, parvenu à l’extrémité du rail, le tracteur ne soit pas arrêté immédiatement par l’éclusier. Dans ce cas intervient un arrêt automatique, commandé par le tracteur lui-même, qui provoque l’écartement de l’antenne de prise de courant du fil de trolley.
- Une question se pose encore : si l’adhérence dépend de l’effort de traction, comment progresse le tracteur à vide, quand l’effort de traction manque, pour aller, par exemple, vers le bateau qu’il doit prendre en remorque ? Un autre artifice non moins ingénieux que les précédents
- Fig. 9. — Schéma de l'écluse de Janville.
- intervient dans ce cas. Il est représenté par un ressort inséré à l’intérieur de chacun des deux montants verticaux de l’étrier. La tension de ces ressorts est calculée pour transmettre une pression suffisante, par l’intermédiaire de la circulation d’huile, aux roues motrices dont l’adhérence suffit à faire progresser le tracteur à vide. On voit que tous les problèmes que pose une exploitation compliquée ont été résolus par l’inventeur.
- Nous devons ajouter que le tracteur fonctionne sans la moindre défaillance, malgré l’irrégularité des efforts qui lui sont imposés, malgré les conditions atmosphériques plus ou moins favorables. La preuve est faite que ses applications peuvent être étendues bien au delà de la traction électrique sur les écluses.
- Il nous reste à dire quelques mots de l’éclusage proprement dit des péniches par le tracteur.
- Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, la remorque est attachée non à l’avant du bateau, mais à un boulard de l’arrière (voir fig. 8).
- Quand le tracteur tire une péniche ainsi remorquée, l’avant vient appuyer sur la glissière de la patte d’oie qui le redresse. En même temps l’arrière est sollicité par la composante latérale de l’effort de traction, de sorte que le bateau se déplace parallèlement à lui-même pour se présenter au sassement dans l’axe même du sas. Si la remorque était attachée à l’avant, celui-ci serait entraîné obliquement vers le sas et courrait le risque de heurter le mur d’entrée, si le marinier n’intervenait avec la gaffe pour ramener le bateau dans l’axe du sas.
- L’ÉLECTRIFICATION DE L’ÉCLUSE DE JANVILLE
- Il existe déjà, à l’étranger et en France, un certain nombre d’écluses dans lesquelles les manœuvres de sassement sont effectuées à l’aide de moteurs électriques. Mais, jusqu’ici, la commande entièrement automatique de ces manœuvres n’avait été réalisée que dans l’écluse de Moulin-Brûlé à titre d’essai. Les installations de Moulin-Brûlé, celles de Janville équipée l’an dernier ainsi que celles de Venette sur l’Oise canalisée serviront de modèles pour l’équipement de toutes les autres écluses de la voie navigable entre Etrun et Conflans fin d’Oise. Cet équipement sera réalisé au cours de l’année 1930.
- On peut dire que l’automaticité est résolue d’une manière complète puisqu’il suffit à l’éclusier d’appuyer sur un bouton unique pour que les opérations d’ouverture et de fermeture des ventelles et des portes s’effectuent avec une régularité parfaite. On pourrait même envisager la possibilité de supprimer l’éclusier en mettant le bouton de commande à la disposition du marinier sé présentant devant une écluse. Une installation électrique d’écluse est une grosse nouveauté; aussi allons-nous nous permettre d’entrer dans quelques détails, notamment pour ce qui concerne les commandes. Rappelons d”abord que le passage des bateaux s’effectue suivant un cycle rigoureux comportant quatre manœuvres successives.
- Appareillage de manœuvre automatique des portes et des ventelles
- igmiufL 'uiiuu.
- Transporteur aérien '"des papiers de bord
- Tracteur aérien
- TERRE-PLEIN
- Estacade.
- 2postes d'attente
- *'**" * —q ^é>^2postesdattente
- ..i-T'J Ripostes dattente
- . H'ibmeur Jr
- Estacade
- 2 postes dattente
- feH* Parleur'
- tracteur aérien
- Transporteur aérien "des papier* de bord
- Appareillage'dé manœuvre automatique dès portes etdes ventelles
- Estacade '
- Composante latérale de /effort de traction
- eur
- Gl/ssiéi
- Terre -
- Lignes de traction
- Fig. 8. — La iraclion des péniches dans les écluses.
- A gauche, traction par l’avant.
- A droite traction par l’arrière.
- p.254 - vue 256/598
-
-
-
- Pour le bateau descendant : fermeture des portes amont; ouverture des vannes aval pour permettre, par la vidange du sas, de ramener le plan d’eau de l’écluse à la même hauteur que celui du bief aval; ouverture des portes aval ; enfin fermeture des vannes aval pendant le passage du bateau.
- Pour le bateau montant : fermeture des portes aval; ouverture des vannes amont pour remplir le sas; ouverture des portes amont-, fermeture des vannes amont pendant le passage du bateau.
- Il est facile de concevoir que la fin d’une manœuvre doit provoquer automatiquement la mise en route du mécanisme chargé de la manœuvre suivante, jusqu’à ce que le cycle soit épuisé. Mais il importe d’observer que certaines manœuvres doivent obligatoirement avoir lieu
- 1 255 =
- 1500 tours par minute et d’une puissance de 1 ch. Les moteurs à courant alternatif ont été préférés, ici, aux moteurs à courant continu parce qu’ils possèdent sur ces derniers l’avantage de pouvoir être lancés sans rhéostat de démarrage (fig. 10).
- Les quatre moteurs sont enfermés dans des logements maçonnés dans les bajoyers au droit de chaque porte. Chacun d’eux commande, par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse, une crémaillère agissant sur un amortisseur intercalé entre elle et la porte, ces amortisseurs sont des organes à ressorts qui permettent le démarrage pour ainsi dire à vide des moteurs afin d’éviter les courants d’appel excessifs; de plus ils assurent le bus-cage parfait des portes.
- Les ventelles, ou vannes, au nombre de deux par porte,
- Commande du cric
- Commande du cric Moteur d'une ventelle
- Axe de notation du vantai/
- Réducteur de vitesse
- Moteur dbne ventelie
- Sens du courant
- Coffret de fin de course du vendait
- Moteur de commande du vantail
- _ Réducteur de vitesse
- Manchon,
- élastique
- Fig. 10. — Equipement électrique d’un vantail de l’écluse de Janville.
- avec quelque retard sur la manœuvre précédente. Ainsi pour ce qui concerne l’ouverture des vannes aval et de leurs portes, le niveau de l’eau dans le sas n’est pas le même que celui du bief aval dès la fin de l’ouverture des vannes. La commande des portes à ce moment précis serait dangereuse par suite de la résistance de l’eau dans le sas et pourrait entraîner la rupture d’organes de commande. Il a donc fallu faire intervenir un appareil de retardement qui assujettit l’ouverture des portes à une différence de niveau nulle entre le sas et le bief, cela quelle que soit la hauteur de chute très variable d’une écluse à l’autre et même pour une écluse en rivière selon les époques de l’année (périodes de crue ou de sécheresse).
- Ensemble de V installation électron mécanique. — Chaque porte est actionnée par un moteur électrique à courant triphasé de 200 volts, 50 périodes, tournant à
- obéissent, chacune à l’action d’un moteur de 0,6 ch, accompagné également d’un' réducteur de vitesse et agissant sur le cric dans les mêmes'’conditions que les organes similaires des portes;.Ces moteurs sont blindés et pourvus de boîtes à bornes étanches qui assurent leur fonctionnement régulier sous la * pluie. <
- Enfin chaque installation se complète par un coffret de fin de course dont nous expliquerons plus loin le rôle.
- Ces ensembles mécaniques sont rendus solidaires les uns des autres par un équipement-électrique fort compliqué dont les commandes sont rassemblées sur le pupitre situé dans la cabine de l’éclusier. A JanVille un double pupitre a été installé pour assumer les manœuvres des deux sas (fig. 11 et 12). - ^
- Dès qu’une péniche se présente pour le sassement,, l’éclusier, après lui avoir envoyé le tracteur, appuie sur
- p.255 - vue 257/598
-
-
-
- „ „ Commande Commande n n ,
- Ouverture Ouverture individuelle automatique Ouverture Ouverture ‘
- Volants de correction
- Fermeture
- Montant Fermeture
- Descendant
- Fermeture
- 'Fig. 11. — Détail du pupitre de commande du poste de manœuvre des écluses de Janville.
- le bouton « commande automatique » qui agit sur un contacteur hexapolaire pour le placer, dans la position permettant la combinaison des circuits électriques nécessaire à la marche, automatique complète de l’éclusage. Si le bateau se dirige vers l’amont, l’éclusier appuiera ensuite sur le bouton « montant », sur le bouton « descendant » dans le cas contraire. A partir de ce moment il se contente de surveiller le bateau pour arrêter, par l’appui sur le bouton « arrêt », le fonctionnement de l’ensemble si un incident se produit.
- Mais il est toujours possible d’actionner séparément les portes et les ventelles amont et aval d’un même sas. Il suffit, pour cela, au lieu d’actionner la « commande automatique », d’appuyer sur le bouton « commande individuelle », ensuite, et dans l’ordre normal des manœuvres à exécuter, sur les boutons de fermeture ou d’ouverture des portes amont ou aval et sur ceux d’ouverture et de fermeture des ventelles de ces portes. On remarque sur notre dessin (fîg. 11), que le pupitre schématise le sas et que l’éclusier ne peut commettre d’erreur de manœuvre.
- Fig. 12. — Le pupitre de commande du poste de manœuvre des écluses de Janville.
- Deux petits volants complètent l’installation; ils permettent le réglage à distance d’un potentiomètre à l’aide duquel on peut, tenir compte, au cours des manœuvres, de la hauteur de chute des écluses. Enfin deux autres boutons permettent d’éliminer, au cours des manœuvres, le fonctionnement des appareils à retardement.
- Fonctionnement des organes. — Admettons qu’il s’agisse d’écluser un bateau descendant. Les portes amont étant ouvertes, les niveaux dans le sas et le bief amont sont les mêmes; le bateau pénètre donc directement dans le sas, tiré par le tracteur.
- A ce moment, l’éclusier appuie sur le bouton de « commande automatique », puis sur celui « descendant ». Immédiatement les portes amont se ferment pour isoler le sas du bief amont, puis, par le jeu d’un interrupteur appartenant aux coffrets de fin de course, les moteurs commandant les deux vantaux amont s’arrêteront et, automatiquement, ceux des ventelles aval se mettront en marche pour les ouvrir.
- Pendant l’ouverture, un appareil à retardement, actionné par la tige de manœuvre de l’interrupteur installé dans le coffret de fin de course, empêchera l’alimentation des moteurs des portes aval. Cette alimentation s’effectuera, dès que les ventelles seront entièrement ouvertes, par le rappel de la tige du coffret de fin de course; mais nous savons que ces portes ne doivent pas fonctionner tant que les niveaux .entre le sas et le bief aval ne seront pas les mêmes. C’est alors qu’intervient un mécanisme fort ingénieux qui constitue l’appareil à retardement basé sur les oscillations d’une masse pendulaire. Cette masse est soumise à l’action d’un électro-aimant et les oscillations sont réglées par le potentiomètre qui obéit lui-même à la commande des volants du pupitre par l’éclu-sier. La durée du retardement est réglée pour chaque écluse. Mais ce réglage doit évidemment être modifié si les hauteurs de chute le sont elles-mêmes.
- A la fin de la période de retardement, c’est-à-dire lorsque les plans d’eau sont à la même hauteur, le pendule ferme deux contacts — le courant est envoyé aux moteurs des portes pour les ouvrir.
- Lorsque les portes auront pénétré dans leurs logements ménagés dans les bajoyers, les moteurs seront arrêtés par la commande des tiges des coffrets de fin de course et, automatiquement également, le courant déclenchera les interrupteurs des moteurs des ventelles qui se fermeront pendant la sortie du bateau. Cette fermeture obtenue, tous les appareils seront mis hors circuit en attendant une nouvelle commande.
- L’appareillage électrique d’une telle écluse, réalisé par les établissements Desaulty, est forcément très compliqué. Il fait intervenir de nombreux interrupteurs et des bobines dont les circuits doivent être coupés si un obstacle s’oppose à l’ouverture ou à la fermeture des portes et des ventelles, si l’éclusier appuie sur le bouton d’arrêt, puis rétablit ensuite.
- De plus, nous l’avons signalé déjà, chaque porte ou ventelle peut être actionnée individuellement par l’éclu-sier, soit en appuyant sur le bouton de commande individuelle et ensuite sur chacun des autres en respectant l’ordre du cycle, soit encore, dans le cas où la commande
- p.256 - vue 258/598
-
-
-
- automatique a reçu un commencement d’exécution, en arrêtant l’exécution de la commande par l’appui sur le bouton d’arrêt qui peut être suivi de la commande individuelle des fonctions non encore accomplies.
- Lorsque l’organe obéissant à la commande individuelle est arrivé à fin de course, son circuit est interrompu. Mais il est encore possible d’obtenir l’arrêt pendant l’exécution de la manœuvre en appuyant sur le bouton arrêt, de réaliser ensuite la marche qn sens contraire et de reprendre la marche normale à un moment quelconque, cela autant de fois qu’il est nécessaire.
- Si l’électrification des écluses entraîne un progrès économique extrêmement important, la technique qui a permis d’obtenir un tel résultat a été très longue à mettre au point.
- 11 semble bien qu’actuellement, après l’expérience de la double écluse de Janville, le problème soit parfaitement résolu et que l’on puisse étendre le procédé sur tous les canaux pour le plus grand bien de notre navigation intérieure.
- —: :::: ...:....—. = 257 =
- Les inventeurs qui ont collaboré à cette œuvre ont été guidés par M. Durringer, ingénieur des Ponts et Chaussées à Saint-Quentin, aux efforts de qui la réussite est due pour une large part. Ils ont trouvé un précieux encouragement chez M. Watier, directeur de la Navigation et des Ports maritimes au Ministère des Travaux Publics qui a pris l’initiative de cette réorganisation, et chez MM. Parmentier et Soleil, ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées, sous la direction desquels les travaux ont été exécutés.
- L’expérience de l’écluse de Moulin-Brûlé avait été tout à fait satisfaisante et les améliorations apportées à Janville ont permis de se rendre compte, définitivement, de l’intérêt que présente le problème de l’électrification des écluses. Il intéresse d’ailleurs les écluses maritimes autant que celles des canaux et plusieurs de nos grands ports, qui font actuellement l’objet d’importants travaux d’agrandissement, bénéficieront également de l’expérience qui vient d’être faite.
- Lucien Fourniek.
- LES RAYONS INFRA-ROUGES
- LEURS APPLICATIONS
- La plus importante, des applications des rayons infrarouges est sans contredit celle qu’en font tous les appareils de chauffage. C’est par les rayons infra-rouges qu’émettent les poêles et les radiateurs les plus divers que nous maintenons la température de nos appartements à une valeur convenable et que nous nous chauffons nous-mêmes grâce à la chaleur que dégagent les rayons infra-rouges dans les corps qui les absorbent. C’est là une application très importante, mais tellement banale qu’on aurait pu être tenté delà passer sous silence.
- PHOTOGRAPHIE PAR RAYONS INFRA-ROUGES
- En substituant à la plaque sensible d’un appareil photographique un écran phosphorescent au sulfure de zinc préalablement insolé sur lequel on projette l’image au travers d’un écran ne laissant passer que les rayons infra-rouges, la phosphorescence est atténuée ou supprimée aux points frappés par ces rayons. En appliquant ensuite l’écran phosphorescent contre la couche sensible d’une plaque photographique, on impressionne celle-ci et on obtient une photographie très différente de celle que donnent les rayons lumineux ordinaires.
- L’aspect du monde extérieur serait bien changé pour nous, si notre œil, au lieu d’être sensible aux rayons de longueur d’onde comprise entre 0,4 p. et 0,8 p., n’était impressionné que par les rayons de plus grande longueur d’onde !
- SIGNALISATION
- On sait que de nombreux dispositifs ont été imaginés, en vue surtout des besoins militaires, pour transmettre des messages au moyen d’éclairs lumineux rythmés suivant l’alphabet Morse. On peut utiliser par exemple une lampe à incandescence qu’on place au foyer d’une lunette. En visant
- ce filament avec une lunette au poste récepteur, on peut suivre le rythme des éclairs de la lampe et recevoir ainsi des messages.
- Le physicien américain Wood a proposé de n’utiliser pour cette transmission que les rayons extrêmes de la partie rouge du spectre d’une longueur d’onde comprise entre 0,69 u et 0,75 pu Il a donné assez improprement d’ailleurs le nom de signalisation par rayons infra-rouges à son procédé. En réalité, les rayons utilisés sont simplement des rayons rouges extrêmes. Cependant, comme leur visibilité est très faible, ils peuvent se propager de jour et de nuit sans attirer l’attention de l’ennemi, tout comme s’ils étaient absolument invisibles, ce qui peut justifier jusqu’à un certain point la dénomination proposée par l’auteur. Le procédé consiste à disposer devant la lampe à incandescence un filtre qui arrête la plus grande partie des rayons lumineux et transmet les rayons rouges extrêmes ; le verre rouge ordinaire ne conviendrait pas, car il laisse passer une partie trop étendue du spectre. M. Wood a obtenu des filtres convenables au moyen de gélatine teinte avec de la cyanine et avec un autre colorant orangé foncé. Dans ces conditions, la lampe est tout à fait invisible à l’œil nu; elle ne peut être perçue que par un observateur qui la vise à travers un écran identique arrêtant tous les rayons, sauf précisément ceux qu’elle émet. Cet écran réduit presque à zéro l’intensité de la lumière du jour sans diminuer notablement celle des rayons rouges foncés projetés par la lampe qui apparaît comme une étoile brillante sur un fond noir. On peut ainsi recevoir les signaux à une distance quatre à cinq fois supérieure à celle qui serait atteinte sans le filtre. L’emploi du filtre permet également d’envoyer sans danger dès messages de l’arrière au front, les signaux étant invisibles pour l’ennemi, même s’il est pourvu de puissantes lunettes et s’il se trouve seulement quelques centaines de mètres plus loin. > - y . . ...
- En adoptant un écran absolument opaque aux rayons visibles, mais transparent aux rayons infra-rouges, par exemple un verre à l’oxyde de manganèse, on réalise une véritable
- p.257 - vue 259/598
-
-
-
- = 258 .................: ----
- signalisation par rayons infra-rouges. Ces rayons étant absolument invisibles, il faut les déceler en mettant en œuvr; une de leurs propriétés physiques, par exemple.leur action sur un écran phosphores ent, une pile thermo-électrique, ou une cellule photo-électrique appropriée.
- Le poste transmetteur comprend un miroir parabolique au foyer duquel on dispose une source riche en rayons infrarouges, par exemple un arc électrique à électrodes de charbon métallisé, pour les grandes portées, et une lampe à filament de tungstène et atmosphère gazeuse, pour les portées plus faibles. Un verre àl’oxyde de manganèse placé à l’avant du projecteur laisse seulement passer les rayons infra-rouges. Ces rayons sont reçus au poste récepteur par un miroir parabolique également muni d’un écran absorbant qui les concentre en son foyer.
- Une bande sans fin de papier recouvert d’une substance phosphorescente, par exemple de sulfure de zinc préalablement activé par une source de lumière auxiliaire, est montée sur des rouleaux qu’entraîne un mouvement d’horlogerie, de manière qu’une partie de cette bande soit constamment au foyer du miroir. Les rayons infra-rouges captés par le miroir récepteur éteignent la phosphorescence aux points de l’écran où ils se concentrent, et, si l’on a envoyé du poste transmetteur, en masquant et démasquant la lampe, des signaux brefs et des signaux longs, ces signaux s’inscrivent par des points et des lignes sombres sur l’écran phosphorescent. On a pu ainsi réaliser des portées atteignant 14 kilomètres. Outre leur invisibilité, condition indispensable pour les besoins militaires, les rayons infra-rouges ont sur les rayons lumineux l’avantage de se propager à travers la brume. On peut enregistrer les signaux en disposant, entre le foyer du miroir récepteur et le filtre, un film recouvert d’une couche sensible et appliqué contre la bande phosphorescente.
- On a proposé d’utiliser un dispositif analogue pour surveiller l’entrée des rades. Un faisceau de rayons infra-rouges est envoyé de façon permanente entre deux postes situés de part et d’autre du chenal de façon à en balayer l’entrée, un trait noir permanent se produit sur l’écran phosphorescent mobile que vient frapper au poste récepteur le faisceau de rayons infra-rouges. Tout passage d’un navire à travers le chenal est révélé par une interruption du trait noir dont la longueur fournit des indications sur l’importance du bâtimènt et sur sa vitesse.
- On peut également recevoir les rayons infra-rouges sur une
- cellule photo-électrique sensible seulement aux rayons infrarouges (dans ces cellules la partie photosensible est formée d’une couche d’un sulfure de métaux lourds déposée sur une enveloppe de quartz). Les variations de résistance électrique qu’éprouve cette cellule lorsque le faisceau de rayons infrarouges est interrompu permet de déclencher un relais quelconque actionnant un signal avertisseur.
- On a également utilisé les propriétés des rayons infra-rouges dans des dispositifs destinés à faciliter l’atterrissage des aéroplanes par brouillard ou dans l’obscurité. On installe sur l’aérodrome un projecteur électrique pourvu d’un filtre ne laissant passer que les rayons infra-rouges. Le faisceau étant envoyé dans la direction que doit suivre l’aéroplane, et celui-ci étant muni d’un appareil qui concentre les rayons sur une bande enduite de substance phosphorescente, le pilote peut ainsi s’assurer s’il se trouve dans la bonne direction.
- ANTAGONISME ENTRE LES RAYONS INFRAROUGES ET LES RAYONS ULTRA-VIOLETS OU LES RAYONS X
- Nous avons mentionné à diverses reprises que les rayons infra-rouges ont la propriété d’éteindre la luminescence provoquée sur une substance phosphorescente par l’action de rayons lumineux ou ultra-violets. Ce phénomène met en évidence l’antagonisme entre l’action des rayons infra-rouges et celle des rayons ultra-violets. Cet antagonisme se retrouve dans d’autres phénomènes. Ainsi l’action prolongée des rayons ultra-violets détermine sur la peau un érythème ou « coup de soleil» pouvant donner naissance à une escarre. La dose de rayons ultra-violets nécessaires à la production de cet érythème est beaucoup plus considérable lorsqu’on fait agir des rayons infra-rouges qui protègent ainsi la peau contre l’action des rayons ultra-violets.
- De même, les rayons infra-rouges atténuent l’action que les rayons X exercent sur la peau et augmentent la dose de ces rayons nécessaires à la production d’une radiodermite. D’ailleurs l’action des rayons infra-rouges sur la peau d’un Sujet qui a subi une irradiation par rayons ultra-violets ou rayons X peut atténuer les accidents consécutifs à cette irradiation et favoriser la guérison. Cette propriété des rayons infra-rouges a été utilisée avec succès pour le traitement des radiodermites.
- A. Boutaric.
- L’INDUSTRIE DU CINEMA SONORE
- SES PROGRÈS EN FRANCE
- LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS ACTUELS DE CINÉMATOGRAPHIE SONORE
- Nous avons déjà étudié sommairement dans La Nature les différents principes sur lesquels reposent les procédés de cinématographie sonore.
- Rappelons qu’on peut effectuer l’enregistrement sonore suit au moyen de disques phonographiques spéciaux, soit à l’aide de films photographiques sensibles sur lesquels les sons sont enregistrés d’une manière optique sous forme de traits de longueur constante et de teinte variable, ou
- sous forme de traits de longueur variable et de teinte constante.
- Actuellement, dans le procédé à films, la bande sonore est presque toujours accolée à la bande d’images, non pas parce cju’ainsi le procédé de reproduction est beaucoup plus simple, mais surtout pour des raisons économiques.
- Il y a déjà un très grand nombre de films sonores réalisés ; dans les uns les images sont simplement accompagnées de musique, dé chant et de bruits; dans les autres, les titres et sous-titres sont complètement supprimés, et les
- p.258 - vue 260/598
-
-
-
- 259
- acteurs parlent constamment. On donne à ces derniers lilms, suivant l’exemple américain, le nom assez bizarre de film « cent pour cent parlant ».
- Les principaux réalisateurs de ces films sont la Société Tobis, la R. C. A. Photophone (British International Picture), la Fox Movietone, la Warner Bros, la Société Gaumont, etc....
- Il y a déjà aussi quelques studios montés en France pour l’enregistrement des films sonores suivant les procédés Gaumont-Petersen-Poulsen, Tobis-Klang Film, L. N.A et Ciné-Yox, et, dans ces studios, on exécute maintenant constamment des films parlants entièrement français.
- Cependant la construction des appareils adoptés pour la réalisation des films étrangers et même français est toujours basée sur l’un des trois principes fondamentaux indiqués plus haut, et il ne semble pas encore que le développement d’un de ces trois genres différents de dispositifs puisse amener l’exclusion des autres.
- Nous pouvons donc en déduire qu’à l’heure actuelle un appareil reproducteur de cinématographie sonore devra
- Fig. 2. — L’appareil vu du côté du reproducteur sonore à disques.
- A, moteur d’entraînement; B, transmission à la cardan actionnant le mouvement phonographique; C, trépied phonographique avec plateau porte-disques et pick-up.
- Fig. 1. — L’appareil de cimémalographie sonore Gaumont dil l’Idéal Sonore vu du côté du sgslème de reproduction sonore des films ou Iccleur phonique.
- A, boîte de l’ampoule d’éclairement, avec système optique; B, boîtier de la cellule au sélénium; C, volant et levier d’embrayage des différents systèmes de reproduction sonore.
- pouvoir utiliser indifféremment des films sonores à disques ou à enregistrement optique, de l’une ou l’autre catégorie.
- L’enregistrement optique sur film, malgré ses difficultés, a été tellement perfectionné qu’il permet d’obtenir des résultats d’une qualité et d’un intérêt indiscutables et même des effets de « perspective sonore » que l’on aurait cru impossibles à réaliser, il y a quelques mois.
- Le système à disques garde pourtant quelques avantages, et, à notre avis, il nous paraîtrait surtout recommandable pour les petites salles ou les salles de province.
- A la rigueur, en effet, il serait possible d’employer pour la reproduction de ces films à disques un appareil simplifié moins coûteux.
- D’autre part, il est indéniable que dans un film sonore à enregistrement optique la bande sonore s’use en même temps que la bande d’images; cette usure se manifeste par des bruits parasites ou par une sorte de soufflement constant qui trouble plus ou moins l’audition et il est impossible de changer la bande sonore puisque celle-ci
- p.259 - vue 261/598
-
-
-
- = 260 ~ ' ........... =
- est accolée à la bande d’images. Au contraire, dans le système à disques, on peut changer le disque, relativement peu coûteux et indépendant du film ordinaire d’images.
- Nous avons déjà décrit précédemment les premiers modèles d’appareils reproducteurs Gaumont, et donné quelques indications sur les appareils américains de là Western Electric Company et de la Société allemande Tobis, modèles reproducteurs généralement mixtes.
- Il existe maintenant en France, en dehors des Établissements Gaumont, plusieurs constructeurs d’appareils de cinématographie sonore, parmi lesquels il faut citer la Thomson Tona, la Société Radio-Cinéma, la Société L.N.A., etc....
- Ces sociétés fabriquent des appareils destinés uniquement à la reproduction des disques, mais la majorité réalise des types standard pouvant servir indifféremment à reproduire des films à disques ou à enregistrement optique, de l’une ou de l’autre catégorie. Ce sont évidemment là les appareils les plus intéressants, bien que les plus coûteux, mais il faut noter que les appareils français sont d’un prix très inférieur, en général, à celui des modèles étrangers similaires, américains, allemand, ou anglais, tout en permettant d’obtenir, semble-t-ils des résultats équivalents.
- Pour permettre à nos lecteurs de se rendre compte des caractéristiques générales et des possibilités techniques des appareils français actuels, il nous semble intéressant de décrire une des plus complètes de ces réalisations le poste Idéal-Sonore des Établissements Gaumont.
- Afin de démontrer pratiquement les avantages de ce poste, la Société Gaumont a d’ailleurs organisé récemment à la fin de janvier une séance de démonstration dans un grand théâtre de Paris. Au cours de cette séance différents films très connus, enregistrés suivant les trois différents procédés, ont été présentés et les spectateurs ont pu constater « de visu et auditu » les résultats obtenus, quel que soit le système employé. ,
- L’APPAREIL STANDARD IDÉAL SONORE GAUMONT
- Cet appareil comprend un projecteur cinématographique avec lecteur phonique, pour bandes de type standard, un dispositif reproducteur pour disques, en liaison mécanique avec le projecteur, un amplificateur et un groupe de haut-parleurs.
- L’ensemble du projecteur avec son dispositif acoustique est représenté par les photographies 1 et 2. Le projecteur proprement dit est du type ordinaire avec carters enveloppant les bandes de films et le lecteur phonique, c’est-à-dire le dispositif servant à la reproduction des films sonores à enregistrement optique est intercalé entre la table et la lanterne elle-même.
- Ce lecteur phonique comprend une lampe spéciale de 220 watts destinée à éclairer la cellule, un bloc optique et un bloc cellule.
- La lampe d! éclairage est sous-voltée et par conséquent très résistante; elle peut être remplacée instantanément. La cellule est au sélénium et non au potassium, mais les
- circuits d’utilisation permettent de remédier aux inconvénients qui ont été reconnus dans l’application du sélénium et surtout à son inertie. Cette cellule de sélénium débite une énergie photoélectrique beaucoup plus considérable qu’une cellule au potassium à égalité d’éclairement, ce qui permet de faire l’économie d’un étage d’amplification et c’est, d’ailleurs, dans le même but, qu’a été adoptée pour l’éclairement de la cellule une ampoule à incandescence de 220 watts relativement puissante.
- L’entraînement du projecteur et du lecteur phonique est effectué par un moteur électrique placé transversalement sur la table. Ce moteur, d’une puissance de 1/4 de chv fonctionne sur courant alternatif et s’accroche automatiquement sur la fréquence du secteur, de manière à conférer au projecteur une vitesse absolument constante, correspondant au défilement exact de 24 images par seconde.
- Le dispositif reproducteur pour disques est supporté par un trépied en fonte de hauteur réglable-, de manière que le disque soit situé à la hauteur la plus commode, et cette hauteur est en moyenne de 0 m. 80 au-dessus du sol.
- L’entraînement du disque est effectué au moyen d’une transmission rigide à la cardan, par le même moteur que le projecteur.
- Un dispositif d’embrayage, placé à côté du moteur sur la table du projecteur, permet, soit de faire fonctionner le projecteur avec le lecteur .phonique, soit le projecteur avec le disque, soit le disque seul.
- L’amplificateur de puissance, d’une puissance téléphonique de 150 watts, est alimenté sous une tension de 600 volts et actionne en général deux haut-parleurs Decaux à membranes et à pavillons et deux haut-parleurs électrodynamiques Rice-Kellog à diffuseurs. Beaucoup de haut-parleurs de ce dernier type présentent une résonance dans les notes graves, alors que les haut-parleurs à pavillon peuvent avoir un faible rayonnement dans ces mêmes notes. En combinant ainsi ces deux genres de haut-parleurs on peut plus facilement obtenir une reproduction sonore correcte.
- L’agencement de la cabine de projection comporte, en outre une boîte de contrôle du volume de son, permettant à chaque instant à l’opérateur de régler la puissance sonore des haut-parleurs.
- Il ne nous est pas possible ici de donner des détails plus techniques et plus complets sur la construction de cet appareil, mais on voit qu’il constitue un modèle vraiment standard et que toutes les conditions d’exploitation régulière d’une salle de cinématographie sonore paraissent ainsi prévues dans les meilleures conditions.
- Il y a sans doute déjà en France d’autres modèles excellents d’appareils de ce genre; comme nous l’avons noté plus haut, mais ce projecteur, construit d’ailleurs en grande série fait honneur à l’industrie française et à son réalisateur, qui gardera toujours le mérite indiscutable d’avoir le premier, dans le monde, exécuté dès 1902 un appareil pratique de cinématographie sonore.
- P. Hemardinquer.
- p.260 - vue 262/598
-
-
-
- = LA MACHINE A VOTER DE M. LANGLOIS 261
- Depuis longtemps, les techniciens s’ingénient à trouver des systèmes de votation mécanique, mais aucun des appareils inventés jusqu’ici n’a réussi à détrôner l’urne traditionnelle dans les assemblées délibérantes. Le comptage des bulletins ou des boules nécessite encore de longues et fastidieuses opérations qui retardent beaucoup les scrutins. La machine à voter de l’ingénieur Martin, dont l’organe principal rappelle les tableaux d’appel électrique des hôtels ou des grandes administrations, pas plus que le compteur automatique de vote breveté en 1908 par MM. Andrieu et Laroche, l’urne mécano-électorale Bazin imaginée peu après, la voteuse automatique de l’italien Boggiano ou l’installation plus compliquée de l’ingénieur Stelian Russo de Bucarest construite en 1913, ne résolvaient le problème. Cette dernière invention cependant assurait le secret et la rapidité du vote, supprimait les bulletins et le dépouillement des scrutins par les procédés ordinaires et réglant auto-
- Fig.2.— Tubes dépositaires des plaquettes métalliques servant de bulletins de vote.
- matiquement les opérations électorales, rendait toute fraude impossible. Malgré ces incontestables avantages, la machine de l’ingénieur roumain ne fut adoptée par aucun parlement.
- Le nouveau système de notre compatriote Raymond Langlois que nous nous proposons de décrire aura-t-il plus de succès? Espérons-le. En tout cas, ses récents essais au Sénat, au Palais Bourbon ainsi qu’à l’Hôtel de Ville de Paris semblent permettre de bien augurer de son avenir. Dans cette originale machine, grâce au courant électrique, le votant sans quitter sa place appuie sur un bouton électrique, faisant tomber son bulletin dans l’urne placée sur une balance automatique. De la sorte, le résultat se trouve connu instantanément et sans pointage.
- Transportons-nous donc au Palais-Bourbon pour voir fonctionner la machine à voter inventée par M. Langlois et qu’actionne une batterie d’accumulateurs électriques.
- Fig. 1. — Installation de la machine à voler, système Langlois, expérimentée récemment dans un bureau de la Chambre des Députés de Paris.
- Dans un des bureaux de Commissions, on a mis une installation d’essais pour 16 votants avec son double appareillage d’urnes. Quand le modèle définitif sera réalisé, à côté du Président se dressera un meuble renfermant des tubes verticaux juxtaposés côte à côte et répartis en deux groupes correspondant aux votes pour et contre. Chaque groupe a autant de tubes que l’assemblée comporte de membres. De chacun de ces tubes part un fil relié à la boîte personnelle d’un parlementaire, laquelle est placée dans son pupitre. Naturellement à chaque boîte aboutissent deux fils, l’un allant au groupe pour, l’autre au
- Fig. 3. — Boîte individuelle:
- A côté de la plaque portant le nom du votant se trouvent 2 boutons; blanc (vote pour) et noir (vote contre) ainsi que les 2 lampes correspondantes (blanche et bleue) qui s’allument, une fois le vote effectué.
- p.261 - vue 263/598
-
-
-
- 262
- Fig. 4. —Placement du porte-bulletins de vote sur le meuble renfermant l’urne réceptrice.
- main la tirette du tube correspondant pour que le bulletin descende dans la case voulue. Si on constate que le jeton est tombé, il s’agissait simplement d’une panne de la lampe.
- D’autre part, chaque urne s’insère sur une balance automatique de haute précision, qui indique instantanément le nombre des jetons tombés au fur et à mesure des votes. Dans l’installation définitive, un tableau lumineux, relié aux balances, permettra à tous les assistants de suivre les péripéties du scrutin. Dans le modèle d’essai qui a été récemment expérimenté au Sénat et au Palais Bourbon, l’aiguille, se déplaçant sur le cadran blanc de la balance automatique, donne le nombre des voix au fur et à mesure de la succession des votes. Pour la publication officielle des noms des votants, le dépouillement du scrutin s’effectuera hors séance, mais la proclamation du résultat se fait immédiatement sans nécessiter aucun pointage.
- L’inventeur a prévu, en outre, un certain nombre de dispositifs accessoires pour assurer la sincérité des opérations. A la Chambre des députés, l’installation fonctionna sous le contrôle personnel du président Bouisson. Sur son bureau fictif se trouvaient différentes manettes. En pressant sur des boutons électriques, il ouvrit ou ferma des scrutins. Il mit les boîtes de ses collègues en état de fonctionner, supprima à volonté les lignes allant aux pupitres des députés « en congé ». Quelques:uns des assistants apprirent à voter sans bruit, se donnant le malin plaisir de renverser « pour rire » un ministère.
- Le « Langloivote » s’adapte également bien aux usages du parlementarisme français qui admet le vote par procuration. Quand un représentant voudra s’absenter, il n’aura qu’à porter sa boîte individuelle amovible à la place du collègue délégué pour voter en son nom et un système de fiches permettra de la relier instantanément aux urnes. Enfin, à l’aide d’une ou deux batteries de
- groupe contre, et qu’on met en circuit à l’aide de deux boutons correspondant aux votes oui et non. Lesdits boutons provoquent, électriquement à distance la chute d’un jeton plat en métal, marqué au nom de l’intéressé et qui tombe alors dans une urne correspondant au vote choisi. Ces bulletins métalliques sont rangés dans des coffrets fermés à clef, qui surmontent les tubes et dont le fond est mobile. En conséquence, quand un député agit sur une des deux manettes de sa boîte, il envoie le courant dans un électro-aimant qui attire un taquet disposé à l’intérieur du tube et maintenant la plaquette de vote.
- Celle-ci tombe ensuite dans une caisse servant d’urne individuelle. En outre, une lampe de contrôle intercalée sur le circuit de chaque manette s’allume automatiquement et indique au votant que son appareil a bien fonctionné. Si, par hasard, la petite ampoule ne brille pas, le député prévient le bureau de l’Assemblée et un secrétaire n’a qu’à manoeuvrer à la
- Fig.' 5. — Installation d’essai de la machine à voler, système Langlois, pour ]6 volants, avec son double appareillage d’urnes, l’une enregistrant les voix pour, l’autre les voix rnnt.rp.
- p.262 - vue 264/598
-
-
-
- secours on remédiera sans peine aux défaillances du mécanisme.
- Actuellement, M. Langlois construit le modèle définitif de sa machine à voter, avec l’aide des établissements Mildé et sous les auspices de l’Office national des Inventions.
- D’ici deux mois, on l’installera au Sénat et un autre
- ........ - 263 =
- exemplaire ne tardera probablement pas à être commandé par la Chambre des Députés. La nouvelle machine à voter paraît, en effet, simple, son entretien n’exige aucun technicien spécialiste; elle abrège beaucoup la durée des votes et fournit les résultats des scrutins avec une scrupuleuse exactitude.
- .Jacques Boyer.
- — LA FABRICATION EN SÉRIE .........
- DES APPAREILS DE T. S. F. EN ALLEMAGNE
- Jour et nuit, en service ininterrompu, courent, dans les usines de Treptow, les tables roulantes où se construit et s’examine le nouveau poste récepteur Telefunken : toutes
- les 90 secondes, il en sort un appareil achevé, et toutes les 90 secondes un appareil quitte la salle des examens, celle d’emballage et d’expédition.
- S’il était relativement facile de faire en série les récepteurs à cristal et ceux, de construction simple, à 2 ou 3 lampes, la tâche était infiniment plus difficile d’organiser, sur une base analogue, la fabrication d’appareils
- hautement sélectifs et assurant, avec leurs dispositifs compliqués, une réception à grande distance. Il s’agissait, en effet, non seulement de subdiviser rationnelle-
- a) Le châssis vu de côté; au premier plan le dispositif d’alimentation sur secteur alternatif, b) Le châssis et ses organes; au centre : tube à grille écran métallisé ; à droite : valve de redressement. c) Vue du châssis après enlèvement des boîtes-écrans. d) L’appareil monté.
- ment les différentes opérations; il fallait, en outre, créer des dispositifs spéciaux pour assurer une qualité uniforme, indépendante de la dextérité individuelle des ouvrières et pour contrôler les appareils terminés.
- Lors d’une récente visite aux usines où se fabrique le « Telefunken 40 » j’ai pu me rendre compte de la façon dont ce programme s’y trouve réalisé. Il est vrai que la
- p.263 - vue 265/598
-
-
-
- = 264 - : —:...... ...... ...............
- préparation de matières premières d’une qualité uniforme et la confection, avec ces matières, de pièces détachées, telles que bobines, transformateurs, résistances élevées, etc., il est vrai que tout ce travail préparatoire se fait dans des salles spéciales où un examen rigoureux en assure la parfaite qualité; mais le montage proprement dit a lieu exclusivement à la chaîne et il en est de même de l’examen des récepteurs achevés. Dans ces deux cas, sauf des exceptions occasionnelles, on ne
- la hase et jusqu’au châssis complet, le récepteur com pliqué se monte petit à petit. Ayant posé, sur une extrémité de la table, une série complète de pièces, on voit apparaître, à l’extrémité opposée, le récepteur tout monté. A certains endroits de la table roulante, on a prévu des postes de contrôle, où les défauts éventuels se constatent et se réparent à temps.
- S’il était difficile de réaliser le montage d’un appareil si délicat et si compliqué sans recourir aux mécaniciens
- Fig, 2. — Vérification des pièces détachées.
- a, Vérification et, mesuré des condensateurs, h) Mesure des résistances, c) Examen des transformateurs., d) Equilibrage des bobines.
- recourt qu’au- travail de femmes, lesquelles, sans fatigue apparente, sans effort excessif, viennent à bout de leur tâche. La bande roulante constituant la partie centrale de la table de travail se déplace d’un mouvement si lent que l’œil est, tout juste capable de le suivre. Toutes les fois que l’ouvrière, sur un récepteur donné, a fait l’opération voulue, elle le replace sur la bande, roulante, laquelle, entre temps, a avancé d’une distance suffisante pour placer devant elle et a portée dé -sa main un nouveau récepteur en construction. C’est ainsi qu’en partant de
- expérimentés ou même aux ouvriers spécialistes, il a fallu vaincre des difficultés plus sérieuses encore pour assurer le contrôle efficace des appareils terminés. Il est très évident que cet examen doit se faire à une cadence analogue à celle de la fabrication, sous peine de voir l’usine s’embouteiller. De même que les différentes pièces, avant d’entrer dans la construction de l’appareil, subissent un examen de qualité, examen qui s’effectue, en général, en peu de minutes, les nombreux essais individuels du récepteur monté — en recourant, le plus
- p.264 - vue 266/598
-
-
-
- 265
- souvent, à des dispositifs spéciaux — ont été organisés de façon à pouvoir être confiés, en toute sécurité, à des femmes n’ayant reçu aucun apprentissage. Ce travail qui, semble-t-il, ne pourrait se faire que dans un laboratoire isolé des bruits du dehors, est ici réalisé dans une salle d’usine ordinaire : toutes les mesures se réduisent à de simples signaux optiques ou acoustiques. Les récepteurs où l’on a constaté quelque défaut sont expédiés vers un poste de révision où ce défaut, sa cause une fois établie, sera réparé.
- On essaie les deux extrémités de chacun des intervalles d’ondes du récepteur, ce qui comporte 8 examens individuels, pour chacun desquels on a prévu un transmetteur de mesure spécial émettant une longueur d’onde donnée. L’appareil essayé de cette façon présente toute garantie de fonctionnement.
- L’emballage et l’expédition/des appareils ont lieu à la même vitesse que leur fabrication et leur examen. Dans toutes les salles, on a prévu des dispositifs de transports spéciaux montés sur des chariots électriques qui, à leur tour, contribuent à accélérer les différentes opérations.
- DT Alfred Gradenwitz.
- Fig. 3 (en haut).
- Cadré tournant pour le montage à la chaîne.
- Fig. 4 (en bas).
- Vue partielle de la salle où s’effectuent les essais des appareils terminés.
- p.265 - vue 267/598
-
-
-
- LE DESSALEMENT DES TERRES DU NORD DE L’ÉGYPTE
- Il est bien difficile d’aborder la question du dessalement des terres du nord de l’Égypte sans dire pourquoi ces terres, jadis fertiles, furent frappées de stérilité. Nous nous trouvons donc contraint de donner un court aperçu
- L.Maréotis
- BASSE ÉGYRT
- GrandfarrageSL y:.GAI R E
- Akaba
- MÎSinaï
- « ^M^Assiout Barrage d’Assîoq^^
- Barrage de Nag -Namddrd~^y^\ (Projeté) . '%/
- Ruines 'év.. deThèbes = 1
- Barrage d’Esnehy^h
- Réservoir d’AssodâM Assouan
- pPCataracte
- Fig. 1. — L’Égyple et les barrages du Nil.
- A l’arrivée des Français en Égypte, en 1798, les terres au Nord de
- la ligne A B C D étaient abandonnées.
- des deux grands systèmes d’irrigation qui se sont succédé en Égypte depuis des temps extrêmement reculés jusqu’à nos jours.
- IRRIGATION PAR BASSINS D’INONDATION DE CRUE
- Le fond de la vallée du Nil, entre la première cataracte d’Assouan et la Méditerranée, a été comblé par les sables et les galets descendus des déserts voisins au cours des temps pléistocènes. Le Nil s’est ensuite frayé un chemin vers la mer au travers de cette cataracte. La Méditer-
- ranée, à ce moment, couvrait la Basse Égypte tout entière, et s’étendait jusqu’un peu en amont du Caire.
- Depuis l’aval de la cataracte d’Assouan, jusqu’à la mer, la déclivité du sol est très faible. Le Nil a donc toujours été un fleuve lent sur cette portion de son parcours. Pendant la crue annuelle, ses eaux sont chargées de matières en suspension arrachées aux montagnes de l’Abyssinie. Coulant au milieu des alluvions qu’il déposé, le fleuve a donc exhaussé son lit et ses bords.
- Dans le couloir de près de 900 km de longueur sur 4 à 16 km de largeur que forment la Haute et la Moyenne Égypte, la surface du sol est donc légèrement convexe, le Nil coulant sur l’ados. Les parties basses avoisinent les chaînes Arabique et Libyque. Sur une portion toutefois du couloir, le Bahr-Youssef, canal naturel, divague au milieu de ses méandres au pied des collines libyques. Ce grand canal a, comme le fleuve, exhaussé son lit et ses bords au cours des millénaires écoulés. Dans la Basse Égypte, il existait autrefois plusieurs branches du Nil et divers canaux naturels. Dans le sens transversal de la vallée, est-ouest, la morphologie de surface affecte, en conséquence, plusieurs courbures convexes.
- La pente longitudinale du sol, depuis Assouan jusqu’à la Méditerranée, soit sur quelque 1100 km de longueur, est de 9 à 10 cm par kilomètre. Dans la région lacustre, soit relativement sur une assez faible distance selon la méridienne, cette pente est nulle.
- . Dans le sens transversal de la vallée, la pente du sol, depuis le fleuve jusqu’aux collines désertiques, varie de 7 à 15 cm par kilomètre, entre Assouan et l’apex du Delta. La pente transversale est moins accusée dans la Basse Égypte. Le pays est, on le voit, extrêmement plat.
- De ce qui vient d’être dit, il découle que la vallée tout entière, d’Assouan à la mer, peut être comparée à une immense table de billard.
- La convexité du sol se prête naturellement à l’adduction des eaux sur les terres ainsi qu’à leur évacuation au moment des basses eaux du Nil.
- Cette convexité de la vallée, l’absence de reliefs à la surface, la présence d’un fleuve béni pourvu d’une crue abondante et régulière, le manque d’intempéries climatériques, la nature des limons charriés pendant la crue, ont fait de tout temps de l’Égypte le pays par excellence des irrigations et des récoltes abondantes.
- On ne doit donc pas être étonné que l’irrigation, la plus vieille des sciences appliquées, ait été en pratique dès les temps mythologiques qui précédèrent Mènes, le premier roi humain. Sans irrigation, le pays eût été un désert, les précipitations atmosphériques étant à peu près nulles sur la plus grande partie de l’Égypte.
- Des digues massives en terre couraient du Nil aux chaînes Arabique et Libyque. Quelquefois des digues parallèles au fleuve divisaient les bassins en deux compartiments. Dans'le Delta, seuls les bassins orientaux et
- p.266 - vue 268/598
-
-
-
- occidentaux s’appuyaient aux collines désertiques, du fait de la présence de nombreux bras du fleuve et de canaux naturels, ainsi que de la forme en éventail de ce delta.
- Les bassins étaient submergés pendant 40 à 60 jours, au moment de la crue. L’épaisseur de la lame d’eau, variable suivant les points, l’intensité et la durée des hautes eaux du fleuve, l’état d’entretien des canaux, était de 1 m. à 1 m. 50 dans la Haute et dans la Moyenne Égypte. Elle était moins grande dans le Delta.
- On peut estimer sensiblement à 10 cm, par siècle, l’épaisseur des limons déposés dans les bassins de la Haute et de la Moyenne Égypte. Cette épaisseur n’était pas atteinte dans la Basse Égypte.
- La vidange des bassins dans le Nil ou dans les lacs en bordure de la Méditerranée s’effectuait du 20 octobre aux premiers jours du mois de novembre, alors que le niveau du fleuve avait baissé et se trouvait plus bas que les terres traversées. L’alimentation des bassins se faisait par des canaux possédant une pente plus faible que celle du Nil.
- Les semences étaient jetées à la volée dans la terre encore humide, sans qu’il fût fait usage de labour, dans les terres suffisamment imbibées. Dans la Basse Égypte et dans la province du Fayoum on faisait un labour superficiel.
- L’enlèvement des récoltes était terminé fin mai dans les régions les plus hautes en latitude et quelques semaines auparavant dans la Haute et dans la Moyenne Égypte.
- Le sol restait ensuite nu pendant quelques mois jusqu’à la crue suivante. Sous l’influence d’une température élevée, d’une évaporation active et d’une faible humidité relative, le sol argileux se crevassait énergiquement. Les crevasses atteignaient 10 cm de largeur à la surface et s’enfonçaient à 1 m. 50 pour la région au sud du Caire. Le rapport de la surface de ces crevasses à la surface du sol atteignait 35 0 /0 environ. Ces chiffres n’étaient ' pas obtenus dans la Basse Égypte, bien que le sol en soit plus argileux, à cause de la chaleur moins grande, de l’atmosphère moins sèche et de l’eau souterraine moins profonde.
- M. Victor Mosseri et moi, nous avons étudié le crevassement des terres, et nous avons montré le rôle capital qu’il a joué dans la fertilité toujours admirée de l’Égypte, parce qu’il assurait une aération et un assainissement parfaits du sol, un dessalement permanent par fonctions épipolhydrique et bathydrique.
- Le mode d’irrigation par bassins d’inondation donna à l’Égypte d’abondantes moissons pendant de longs millénaires, sans qu’il fût fait usage de labour ni d’engrais, les excréments des animaux étant alors utilisés, après séchage, comme combustible,
- La grande stabilité de ce système lui permit de résister pendant les époques d’incurie, tandis que l’irrigation par barrages disparut en Chaldée le jour où une administrations vigilante cessa de surveiller les ouvrages érigés en travers de l’Euphrate.
- Cependant, les bassins furent délaissés dans le nord du Delta vers l’an 1000 de notre ère, près des lacs côtiers, à la suite de négligence dans les curages des canaux d’adduc-
- 267
- Drain de i
- Rigole de 3.
- Fossés d'egoutterrtent çy drains de I; recatéqorié
- ^----1-44-
- ____________<ài
- I"----------------------------------1
- —'Si
- —-1
- ________________________I
- DæmJ3¥3t datégonk
- ; 'caîÉSPJ-ifL
- Fig. 2. — Exemple de dessalement d’un terrain (emplacement du lac d’Aboukir).
- Fig. 3. — Profil des drains :
- Fossé d’égouttement ou drain de lre catégorie; drain de 2e catégorie, drain de 3e catégorie.
- Sa! cultivé
- Sol cultivé
- BfffJS moyenne _
- g}50àl°£ia.‘
- [ au terminus i J
- p.267 - vue 269/598
-
-
-
- = 268 ...........................
- tion et de vidange. Ce délaissement s’étendit peu à peu vers le sud jusqu’à 70 km environ de la mer. La superficie ainsi abandonnée atteignait environ un million d’hectares.
- Les terres délaissées se salèrent. La chose est due aux causes ci-après. Les eaux du Nil contiennent, en dissolution, une faible quantité de chlorure de sodium. Si minime soit-elle, elle frappe les terres de stérilité avec le temps, s’il n’existe pas un drainage suffisant. De plus, la Basse Égypte constituait autrefois un golfe méditerranéen. Si, par suite d’incurie des pouvoirs publics, les canaux d’évacuation n’étaient pas entretenus en bon état, ils ne tardaient pas à s’envaser. Leur section était encore réduite par les dépôts des matières pulvérulentes soulevées par les vents étésiens.
- Les eaux ne pouvant plus se vider dans les lacs que partiellement, séjournaient sur les bassins pendant les mois d’hiver, c’est-à-dire à l’époque où l’évaporation est peu intense. Elles s’asséchaient ensuite sous l’effet d’une évaporation très active et d’une température élevée. Les sels, refoulés dans les profondeurs aux époques de prospérité disparues, remontèrent à la surface, sous la forme d’efflorescences, par voie de capillarité.
- La négligence apportée dans les curages des canaux d’adduction contribue aux mêmes effets. Peu à peu, la stérilité s’étendit plus au sud, comme il a été dit.
- A l’arrivée de l’armée française en Égypte, le nord du Delta était un désert absolu, sauf sur les bords des branches de Rosette et de Damiette et de quelques grands canaux profonds (anciennes branches du Nil pour la plupart). Dolomieu nous a laissé un tableau attristé de ces mornes solitudes. Les traces de beaucoup d’anciens canaux avaient complètement disparu. Seules, des buttes de décombres de poteries, des ruines de temples, des stèles, des statues brisées de dieux et de rois, des monnaies ptolémaïques, romaines, byzantines et arabes étaient les témoins d’une prospérité depuis longtemps évanouie. Alexandrie même, métropole intellectuelle du monde à l’époque hellénistique, ne comptait plus que 5 à 6000 habitants lorsque les clairons français se firent entendre sous ses murs le 2 juillet 1798.
- Mais, si on fait abstraction de cette superficie devenue aride et d’une superficie assez réduite au sud du lac Karoun, dans la province du Fayoum, la fertilité des terres du pays s’était maintenue, ainsi que le montrent les rendements élevés des cultures, notés par Girard, dans sa magistrale enquête sur l’agriculture égyptienne (1799).
- IRRIGATION PÉRENNE
- Le mode d’irrigation par bassins, aussi grandiose fût-il, aussi bien adapté aux rendements élevés des récoltes d’hiver se présentât-il, ne permettait qu’une seule culture annuelle. Pendant l’été, aucune récolte sur pied. Ce système devait donc être transformé en vue d’un nouveau stade de civilisation qui réclamait des produits dont la civilisation d’autrefois s’était à peu près passée : cotonniers, canne à sucre, etc.
- A l’arrivée des Français dans la Vallée du Nil, il y avait déjà de l’irrigation continue pendant toute l’année, mais elle était confinée aux abords immédiats du fleuve
- et de quelques grands canaux alimentés constamment. La surface ainsi arrosée pendant l’étiage du Nil était infime, limitée qu’elle était par les appareils élévatoires rudimentaires alors en usage.
- Il appartenait à la prodigieuse épopée scientifique de 1798-1801 de projeter les premières lueurs sur l’extension de l’irrigation continue dans toute l’Égypte, afin d’y faire la culture d’été et d’obtenir en grandes quantités du coton et de la canne à sucre.
- L’ingénieur Girard fut amené à envisager cette transformation du mode d’irrigation d’un si lointain passé. Il projeta la création de retenues dans le fleuve, de canaux profonds destinés à porter l’eau d’étiage au loin sur les terres fécondes et il conclut à une énorme extension de la culture du cotonnier et de la canne à sucre, dont il n’existait que quelques champs épars pendant l’expédition.
- Bonaparte désigna l’emplacement où devait être érigé, quelque quarante ans plus tard, le remarquable barrage de la pointe du Delta, la plus grande œuvre hydraulique du monde avant la construction du réservoir d’Assouan, au début du xxe siècle.
- Plus tard, à Sainte-Hélène, Napoléon dressait un tableau célèbre de l’Égypte telle qu’il l’entrevoyait après cinquante années de civilisation nouvelle avec une population quadruplée, des pompes à feu échelonnées le long des canaux, les lacs côtiers asséchés, etc.
- L’instauration de l’irrigation pérenne dans la Basse Égypte et dans la province du Fayoum a été réalisée par le grand souverain que fut Mohamed Aly, aidé de ses collaborateurs Linant de Bellefonds Bey et Mougel-Bey. C’est à ce dernier ingénieur que l’on doit le projet du grand barrage de l’apex du Delta.
- Plus tard, sous l’occupation britannique, de nombreux barrages furent construits sur le fleuve ainsi que l’immense réservoir d’Assouan. L’irrigation pérenne fut étendue à la Moyenne Égypte, après l’accroissement du débit d’étiage du fleuve résultant de l’emmagasinement d’Assouan. Elle gagnera la Haute Égypte dès que les emmagasine-ments nouveaux auront été réalisés.
- Il faut ajouter que l’irrigation pérenne exige des labours pour les terres ainsi que du fumier et des engrais chimiques, la terre ne se reposant, pour ainsi dire, plus. Elle nécessite un travail plus intense, de la part de l’homme, que l’irrigation par bassins.
- Pour synthétiser, le Nil majeur a vu se prosterner les générations du passé. Le Nil mineur reçoit maintenant les hommages des contemporains.
- DESSALEMENT DES TERRES
- A la suite de l’établissement de l’irrigation pérenne, au cours du xixe siècle, les terres les plus au sud des anciens bassins abandonnés furent les premières à être remises en culture. Ces terres, à l’altitude de 3 à 4 m., étaient les moins salées et les plus propres à recevoir l’eau suffisante. On fit généralement usage de lavages superficiels, un peu comme pendant l’antiquité. Mais on ne pouvait plus réaliser, pendant la crue, l’épaisseur des lames d’eau du passé, les digues des anciens bassins ayant été détruites et la propriété étant morcelée.
- p.268 - vue 270/598
-
-
-
- Après la construction du réservoir d’Assouan, le volume d’eau d’étiage du Nil fut accru; les opérations de dessalement s’avancèrent naturellement plus au nord. En ces parages, le niveau des terres était plus bas, la déclivité était moins grande. D’autre part, le degré de salure était augmenté. On s’aperçut assez vite que le drainage par gravité, assez efficace tant qu’il s’était agi de terres à la cote 3 ou 4 m, ne pouvait plus suffire et qu’il fallait recourir au drainage mécanique des eaux usées. Le problème était difficile ^ il a soulevé de longues controverses.
- En attendant que le gouvernement établît de grandes usines élévatoires pour drainer les vastes superficies désolées, beaucoup de sociétés foncières et de grands propriétaires construisirent des installations de pompage le long des grands drains desservant par gravité le centre de la Basse Égypte. Ces installations sont, le plus souvent, constituées par des moteurs Diesel ou semi-Diesel actionnant des pompes centrifuges.
- 11 convient de noter que le cotonnier possède une racine pivotante s’enfonçant assez profondément dans le sol, contrairement aux céréales, autrefois en usage, dont les racines fasciculées avoisinent d’assez près la surface des terres. Le cotonnier, qui a fait la fortune de l’Égypte contemporaine, revient tous les trois ans sur le même sol.
- Plus on avance dans le nord, vers la zone lacustre, plus les terrains deviennent argileux. Dans certains sols, la teneur en argile atteint 90 0/0.
- Nous ne pouvons guère parler ici des nappes souterraines : nous serions entraînés trop loin. Nous dirons seulement que le Nil souterrain baignant les dépôts pléistocènes dans les parages lacustres est maintenu en profondeur par des bancs d’argile imperméables. Sans la présence de ces bancs, l’eau, très salée en ces points, monterait à la surface du sol, en vertu de la pression hydrostatique du fleuve visible et frapperait à jamais de stérilité la contrée qui nous occupe. Dans le reste du pays, le niveau de la nappe naturelle est plus bas que celui des terres cultivées, même à la suite de la crue annuelle et l’eau en est douce et bonne pour la consommation.
- Il faut lutter seulement contre la nappe souterraine artificielle due aux arrosages.
- La teneur en chlorure de sodium des terres de la région lacustre atteint jusqu’à 14 0/0 en poids.
- Pour dessaler économiquement un terrain, il faut nécessairement disposer d’assez grands volumes d’eau à bon marché. Ces volumes d’eau sont amenés sur les champs, soit nus, soit cultivés en riz.
- Des fossés recueillent les eaux d’égouttement. Ces fossés sont disposés en lignes parallèles entre elles. Leur écartement est d’autant plus faible que la compacité du sol est plus grande et que la teneur en sels est plus élevée. Il varie entre 10 et 50 m. Leur pente est de l’ordre de 1/500. La largeur au plafond est de 0 m. 25, pour qu’un homme puisse y circuler. L’inclinaison des parois est faible, étant donné la nature argileuse des terres. La largeur en gueule est de 1 m. environ .La longueur de ces égoutteurs est de 95 m pour des tables supposées de 100 m de longueur. La profondeur en plafond est de 0 m. 70 à l’origine et de 1 m. 90 au terminus.
- — — -... - = 269 ^-=
- En comptant un écartement de 15 m. entre fossés, on voit que chacun d’eux égoutte une surface-de 0 Ha 15 et que le volume des déblais par hectare est de 316 m5 environ.
- Pendant la percolation, il se produit un ruissellement plutôt qu’un écoulement de l’eau, au sens propre du mot. Le débit des fossés augmente considérablement au moment du renouvellement des eaux de rizières et on doit apporter la plus grande surveillance à ce moment. Ces drains égoutteurs doivent d’ailleurs toujours être maintenus en parfait état. Leurs digues doivent être lissées pour éviter les passages d’eau.
- Les égoutteurs sont à ciel ouvert. A la surface des parois s’exerce une évaporation très active, d’un effet très heureux à cause de l’effort de succion qui en résulte
- Les fossés d’égouttement aboutissent à des drains de 2e catégorie séparés assez souvént de 200 m. l’un de l’autre et creusés suivant des lignes parallèles entre elles et perpendiculaires à la direction des fossés ou drains de lre catégorie (fig. 2).
- La surface drainée par un drain de 2e catégorie est de 4 hectares, pour une longueur variable entre 190 et 440 m., et que nous admettons de 190 m. dans notre cas.
- La pente de ces drains n’est que de 1/2000 et le volume des déblais par hauteur est de 60 m3.
- La largeur au plafond est de 0 m. 30; celle en gueule de 2 m. La profondeur est de 1 m. 05 à l’origine et de 1 m. 15 au terminus.
- Les drains de 2e catégorie s’écoulent dans des drains de 3e catégorie, tracés perpendiculairement et écartés entre eux généralement de 400 m. Chacun d’eux dessert 40 hectares, leur longueur totale étant de 1 km., mais limitée exactement à 985 ou 990 m., pour tenir compte de la partie non creusée au début.
- La largeur au plafond est de 0 m. 50 à l’origine et de 1 m. au terminus. En gueule, la largeur est de 2 m. 50 à l’origine et de 3 m. 60 au terminus. La pente du plafond est de 1/2500 et le volume des déblais par hectare de 65 m3 5 environ.
- Suivant la forme* et les dimensions de la propriété, on a recours à des drains de 4e catégorie, espacés de 1000 m. entre eux, perpendiculaires aux drains de 3e catégorie et desservant chacun 220 hectares, en supposant une longueur de ces drains égale à 2700 m.
- La largeur au plafond est de 1 m. à l’origine et de 1 m. 75 au terminus. Les talus sont ici à 45°. La profondeur mesure 1 m. 70 à l’origine et 2 m. 37 au terminus. La pente du plafond est de 1/3333 et le volume des déblais par hectare de 92 m3.
- Si la superficie et la forme du domaine le comportent les drains de 4e catégorie se jettent dans un collecteur aboutissant à la machine élévatoire. La pente du collecteur n’est plus que de 1/4000 à 1/6600 suivant les cas.
- La section doit être calculée en raison du nombre des drains de 4e catégorie qui y déversent leurs eaux de cola-ture.
- L’amenée des eaux se fait par une rigole principale, s’il y a lieu, et des rigoles de 4e, 3e et 2B catégorie. On ne creuse pas de rigoles de lre catégorie, la prise d’eau pour chaque planche de 100 X 15 se faisant par une coupure
- p.269 - vue 271/598
-
-
-
- = 270 —................. - :::::....
- jaratiquée dans les rigoles de 2e catégorie, coupure qu’on peut munir d’un tuyau de faible diamètre.
- La pente de toutes ces rigoles est ordinairement de 1/20000. Celles de 2e catégorie mesurent 0 m. 30 de largeur au plafond et une profondeur de 0 m. 40. Le volume des déblais par hectare est de 13 m. 300.
- Les rigoles de 3e catégorie mesurent 1 m. de largeur de plafond à l’origine et de 0 m. 30 au terminus avec une profondeur de 0 m. 50. Le volume des déblais par hectare est de 14 m3 15.
- Les rigoles de 4e catégorie ont une largeur au plafond de 2 m. à l’origine et de 0 m. 75 vers le terminus; leur profondeur est de 0 m. 50 et le volume des déblais par hectare de 22 m3 1 /2.
- Les sections de ces rigoles sont établies pour un niveau de 0 m. 30 environ au-dessus des terres traversées.
- + *
- Les quantités d’eau admises sur les planches cultivées en riz sont sensiblement les suivantes :
- 155 m3 par hectare, en 24 heures, pendant la période d’étiage.
- 175 à 210 mJ par hectare, en 24 heures, pendant la période de crue.
- 24 000 à 28 600 m3 pendant la saison rizicole, selon la nature du riz.
- Si au lieu de rizières, on recourt aux lavages intensifs de crue, le volume de submersion par hectare et en 24 heures peut s’élever de 250 à 285 m3 et dépasser quelquefois 300 m3.
- Voici les volumes d’eau de drainage correspondants :
- Période d’étiage (rizières), 62 à 67 m3 par hectare, en 24 heures.
- Période de crue (rizières), 90 à 114 m3 par hectare, en 24 heures.
- *
- ¥ ¥
- Les machines élévatoires fonctionnent ordinairement pendant 18 heures par jour. Les volumes d’eau à pomper par seconde se répartissent donc comme suit pour les drains qui ont été indiqués précédemment :
- Drains de lre catégorie ou fossés d’égouttement (étiage) ..................................... 01. 150
- Drains de lre catégorie ou fossés d’égouttement (crue)........................................ 01. 264
- Drains de 2e catégorie (étiage)................... 41.
- — (crue)..................... 7 1.
- Drains de 3e catégorie (étiage)................. 40 1.
- — (crue)................ 701.
- Drains de 4e catégorie (étiage) ................110 1.
- ;— (crue)....................313 1.
- Collecteur (d’après le nombre de drains de 4e catégorie qui y aboutissent)................
- Au moment de l’évacuation superficielle des eaux de rizières, le débit des drains de 2e catégorie augmente très sensiblement. Il convient d’apporter la plus grande sur-
- veillance au cours de cette évacuation afin que la vitesse du courant ne désagrège pas les talus de ces drains.
- ¥ ¥
- Il n’est pas posé de tuyau au droit du débouché des fossés égoutteurs. Voici les dimensions des tuyaux placés au terminus des drains d’autres catégories et à la prise des rigoles.
- Drains de 2e catégoriel . . 7 m. X 0 m. 25
- Drains de 3e catégorie... 7 m. 50 X 0 m.60
- Rigoles de 2e catégorie . . 6 m. 00 X 0 m. 20
- Rigoles de 3e catégorie . . 4 m. 50 à 8 m. X 0 m. 60
- Souvent on fait usage de tuyaux de galus faible diamètre par fausse économie. Les pertes de charge augmentent et le plan d’eau se relève à l’amont de ces tuyaux au préjudice de l’exploitant.
- ¥ ¥
- Pour ne pas avoir à craindre de glissement des talus dans les drains profonds (4e catégorie et collecteur), il convient de ne pas créer une rigole de haut niveau parallèlement et de l’autre côté d’une route contiguë, à moins que la ro'ute soit assez large pour obtenir un radient de mouillage de 7/1.
- ¥ ¥
- Il convient de faire usage de 2 ou 3 pompes de diamètres différents, afin d’obtenir des vitesses rationnelles dans les drains de 4e catégorie et dans le collecteur. Une seule pompe donnerait un débit trop grand vers la fin de la journée. La vitesse de l’eau devenant trop rapide, des éboulements de talus seraient à redouter. La puissance motrice varie non seulement aux différentes époques de l’année, mais aussi aux divers moments de la journée.
- *
- ¥ ¥
- Quand les terrains ont été améliorés, on supprime les 2/3 des drains égoutteurs et on en cultive l’emplacement.
- Mais le drainage devra être maintenu d’une façon permanente, afin que la remontée des sels ne puisse pas se produire d’une part, et que la nappe artificielle ne puisse se tenir trop haute, cette nappe ne pouvant s’égoutter dans le sol profond, ainsi que nous l’avons expliqué.
- A ce moment et quand la nature du sol le permet, on peut remplacer les fossés à ciel ouvert par des drains en poterie, avec lesquels la perte de terrain est diminuée. Cette perte de terrain (égoutteurs et leurs digues) varie de 6,17 0/0 à 30,87 0/0 selon qu’on adopte des écartements compris entre 60 et 10 m.
- *
- ¥ ¥
- Le dessalement des terres est en relation étroite avec une grande densité de population.
- La population de l’Égypte dépasse 14 millions d’habi-
- p.270 - vue 272/598
-
-
-
- tants pour une surface cultivée de quelque 24 000 kilomètres carrés.
- La densité au kilomètre carré atteint donc 580 habitants.
- Si on défalque les villes, les pêcheurs des lacs côtiers, cette densité reste de l’ordre de 500.
- Elle s’accroît chaque année. Au cours de l’Expédition française, la population n’était que de 2 500 000 à 3 000 000 d’habitants.
- Après l’amélioration des terres encore incultes dans le nord du Delta, les lacs en bordure de la mer seront asséchés et leur emplacement gagné à la culture par voie de dessalement. Pour ces besoins, de nouveaux réservoirs de milliards de mètres cubes, pour la période d’étiage, seront établis dans le Nil supérieur après l’achèvement de ceux qui vont être commencés (2e surélévation du
- ------------------i i ii..:........: , - 271 =
- réservoir d’Assouan, réservoir de Guébel Aouheh, sur le Nil Blanc, en amont de Khartoum).
- Il est probable que dans une quarantaine d’années, la surface cultivée sera d’une trentaine de mille kilomètres carrés.
- Son agriculture aura besoin annuellement de plus de 50 milliards de mètres cubes d’eau. On voit ainsi la quantité d’eau considérable que nécessite l’irrigation dans les pays chauds.
- L’Egypte sera toujours d’une superficie restreinte. Mais, comme nous le disions à la Société des Ingénieurs civils de France, l’importance d’une contrée ne s’attache pas nécessairement à sa surface. En toutes choses, il faut considérer la quantité et la qualité.
- Ch. Audebeau Bey.
- LA MORUE A L’ILE AUX OURS
- (OCÉAN GLACIAL)
- Dans le n° du 1CI août dernier nous avons signalé l’existence de fonds de pêche étendus autour de l’île aux Ours située, comme on sait, entre la côte nord de Norvège et le Spitsberg, par 74° 20 -74° 32' de latitude boréale et attiré l’attention sur les abondantes captures de morue et de flétan faites par des Norvégiens dans cette région en 1928.
- Egalement l’an passé les résultats obtenus ont été très satisfaisants. Durant les dernières campagnes, les pêcheurs se sont avancés plus au nord qu’auparavant, soit sur les bancs entre l’île aux Ours et le cap Sud du Spitsberg, et y ont fait d’excellentes prises. D’après le Tidens Tegse d’Oslo, plus de cent navires se trouvaient en août dans ces parages. Le rendement de la pêche autour de l’île aux Ours s’est élevé à 1750 tonnes métriques de morue, et à 450 de flétan. A remarquer qu’en 1929 ce dernier poisson a été beaucoup moins abondant qu’en 1928. Notons en outre, d’après les journaux norvégiens, que deux acheteurs français ont acquis à Tromsô des lots de morue provenant de cette région. Il importe enfin de signaler que dans ces parages arctiques, la présence de la morue est intermittente, du moins en quantité payante. Aux environs de 1882, ce poisson se rencontrait sur la côte ouest du Spitsberg par plus de 78° de latitude nord, en bancs suffisamment nom-
- breux pour que des Norvégiens vinssent le pêcher. Cette année-là précisément se rencontrait une trentaine de morutiers dans le Green Harbour, large et longue baie, à l’entrée del’Isfjord. Bientôt après le rendement de ces campagnes lointaines diminua et en 1892, lors de mon second voyage au Spitsberg aucun pêcheur ne se trouvait dans l’Isfjord.
- Cette année, même au seuil de l’Arctique,l’hiver s’est montré extraordinairement doux, si bien qu’en janvier la mer était libre autour de l’île aux Ours. Le 16, pour la première fois en cette saison, quelques glaces isolées ont été aperçues dans le nord-est. En dépit de l’obscurité complète régnant à cette latitude et à cette époque de l’année, des chalutiers ont profité de cette circonstance favorable et sont venus opérer sur le plateau sous-marin de la terre en question. Ils n’ont pas eu à regretter leur initiative; en quelques jours ils ont fait leur plein, ainsi l’Aftenposten d’Oslo rapporte que le 29 janvier, un anglais est rentré à Tromsô, venant de l’île aux Ours avec 170 tonnes de poisson.
- Pour terminer, signalons que le Service des Pêches norvégien prépare une carte bathymétrique de cette région.
- Charles Rabot.
- LA STATION SOLUTREENNE DU ROC (CHARENTE)
- NOUVELLES FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES
- Depuis un an, la station solutréenne du Roc a été rattachée aux Musées Nationaux. Grâce à l’heureuse intervention de M. Henri Verne, directeur des Musées Nationaux, et de M. Lautier, conservateur adjoint du Musée de Saint-Germain, la protection cle cette belle station a été rendue définitive puisqu’elle est maintenant propriété nationale.
- Nous avons déjà entretenu les lecteurs de La Nature (n° 2787, 15 juin 1928) de la découverte d’une frise
- sculptée en 1927 ; les cinq éléments retrouvés représentaient des animaux femelles au ventre gravide. Cette particularité permettait de voir dans l’ornementation de l’atelier solutréen du Roc un lieu où la fécondité était vénérée.
- Les fouilles ont été méthodiquement poursuivies depuis par M. le docteur Henri Martin qui avait découvert la station et qui continue de diriger les travaux. Elles ont mis à jour, en 1929, plusieurs nouveaux blocs;
- p.271 - vue 273/598
-
-
-
- 272
- Fig. 1. — Bloc O.
- Longueur 1 in 05. Deux Bouquetins sont affrontés et luttent. La photographie a été prise aussitôt après la découverte du bloc. La pierre extraite de la couche archéologique fut amenée progressivement au niveau du chemin. (Photo inédite.)
- l’un d’eux représente un Oiseau (fig. 2) juxtaposé à l’arrière-train d’un bovidé. Ici la technique des artistes de l’âge du Renne nous montre un procédé assez fréquent : celui d’un trait commun à deux sujets différents. En effet, la croupe du bovidé incomplet coïncide avec l’aile de l’oiseau.
- L’autre découverte importante est celle d’un bloc d’assez forte taille, où l’on distingue facilement deux bouquetins affrontés et luttant. Cette remarquable sculpture, véritable chef-d’œuvre de l’art quaternaire, est énergiquement incisée dans la pierre et un champ-levé profond donne un relief saisissant à l’avant-train des deux animaux. Le bouquetin sculpté du côté droit est redressé, ses pattes antérieures sont ployées et d’un bond vigoureux, la tête un peu fléchie, il se précipite sur son adversaire. Cette lutte de deux mâles n’est-elle pas étonnante d’observation pour une époque si reculée? Cette nouvelle découverte faite en Charente confirme l’importance des précédentes sculptures rencontrées au Roc. Nous devons les attribuer aux représentants de la race de Chancelade, petits esquimaux qui habitaient alors nos vallées du sud-ouest de la France pendant la dernière période glaciaire.
- Si on osait évaluer l’âge de cette période, vraiment surprenante par ses aspirations artistiques, il faudrait compter avec un recul d’environ vingt-cinq mille ans.
- Toutes les sculptures découvertes au Roc sont aujourd’hui en lieu sûr, puisqu’elles ont été déposées dans notre Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain.
- Fig. 1. — Bloc G.
- Longueur 47 cm. Gravure en traits profonds représentant un Galli-nacé. L’aile de l’oiseau correspond aussi à la croupe d’un Bovidé.
- p.272 - vue 274/598
-
-
-
- :1 ::=- L’ÉVAPORATION
- ÉQUILIBRE STATIQUE OU DYNAMIQUE?
- Dans une éprouvette de la capacité d’environ 20 cm3 mettons deux grammes d’eau et bouchons hermétiquement. Supposons qu’au début l’air qui se trouve au-dessus soit parfaitement sec. Puisque l’eau évapore à toute température, après quelque temps l’air sera saturé de vapeur d’eau et le niveau du liquide aura baissé de quelque fraction de millimètre, mais à partir de ce moment le nouveau niveau restera invariable. Le système n’aura que deux phases, l’eau liquide et sa vapeur. Tous les physiciens admettent qu’il y a, à présent, équilibre entre ces deux phases. Mais cet équilibre peut avoir lieu de deux façons; ou la tension de la vapeur d’eau qui se trouve au-dessus du liquide est telle qu’elle s’oppose à la formation et au passage de nouvelles quantités de vapeur et alors nous aurions un équilibre statique; ou bien de la vapeur d’eau s’élève encore du liquide et passe dans l’air, mais pour chaque molécule qui se dégage il y en a une autre qui rentre dans le liquide; par conséquent ni le niveau ne s’abaisse, ni la tension n’augmente; c’est un équilibre dynamique. C’est l’équilibre de cette espèce qui est admis par tous les physiciens.
- Une série d’expériences que nous venons d’entreprendre contredirait cette manière de voir. Tous nos lecteurs peuvent aisément répéter nos expériences de la manière suivante. Que l’on prenne un gros bocal en verre à large ouverture, de la capacité d’environ 2 litres. Après avoir soigneusement desséché l’air par du chlorure de calcium, on introduit une petite éprouvette graduée, contenant 1 cm3 d’eau et l’on bouche hermétiquement le bocal après avoir retiré le chlorure.
- A l’intérieur du bocal, un thermomètre indique 15° de température. D’après les tables de Régnault, 1 m3 d’air saturé à 15° C contient 12 gr, 739 de vapeur d’eau; notre bocal ne pourra en contenir que 0 gr, 025 environ et le niveau s’abaissera de 1140 de sa hauteur, c - qui est bien visible en employant une éprouvette assez étroite. Après un temps plus ou moins long, le niveau reste invariable, l’air est saturé. Admettons pour un instant que l’équilibre obtenu soit dynamique. Cela veut dire qu’à chaque instant, il y a des molécules d’eau qui partent de l’éprouvette sous forme de vapeur et qu’en même temps, le même nombre de molécules font le passage inverse. Mais pour expliquer la constance du niveau dans l’éprouvette, cela ne suffit pas, il faut encore admettre que toutes les molécules qui redeviennent liquides rentrent dans le tube, car si elles n’y rentraient pas, ou du moins si elles n’y rentraient pas toutes, après quelque temps nous devrions voir baisser' le niveau. Or pourquoi devrions-nous admettre que toutes les molécules qui repassent à l’état liquide doivent rentrer dans l’éprouvette? Pourquoi ne pourraient-elles, du moins en partie, précipiter au fond du bocal ? Tout l’air de ce dernier est saturé, une seule molécule de vapeur en plus entraîne la précipitation d’une autre molécule à l’état liquide. Laquelle de ces molécules aura pour ainsi dire la préférence ? Ne se trouvent-elles pas toutes dans le ; mêmes conditions ? Non, pourraiUbn dire, celles qui se trouvent immédiatement au-dessus du liquide ont une position de préférence, car ce sont les premières qui ressentent la présence de la molécule qui vient de se dégager du liquide. Celle-ci rend sursaturé le tout petit espace qu’elle traverse; il n’y a, pour ainsi dire, pas de place pour elle, à moins que l’une de ses voisines ne lui cède la sienne. Examinons ce qui doit se passer. La molécule qui sort du liquide a une certaine vitesse. Sur son passage, elle peut rencontrer une autre molécule extrêmement voisine à la surface du liquide, mais le choc, s’il a lieu, pourra être central ou latéral. Dans le premier cas, elle rebondira et rentrera dans le liquide au
- même point d’où elle était sortie. Dans le second cas, qui sera le plus ordinaire, elle suivra la loi de la réflexion et, d’après l’angle, elle pourra rentrer ou non dans le liquide, mais jamais elle n’atteindra le point de départ. Il se peut aussi qu’elle parcoure un petit trajet sans aucune rencontre, mais alors les autres molécules ressentiront tout de même son passage et, ayant changé leurs distances réciproques, elles auront une tendance à les rétablir. De proche en proche, les mouvements se propageront et une molécule dans le voisinage du liquide pourra y rentrer ou se déposer ailleurs, par exemple, sur le fond ou les parois du bocal. Mais rien ne nous oblige à croire que toutes les molécules devront rentrer dans le tube; au com traire, nos expériences nous engagent à penser qu’elles n’y rentrent pas en totalité et que, par conséquent, puisque le niveau reste invariable, il faut admettre qu’elles n’en sortent même pas et que nous nous trouvons en présence d’un équilibre statique.
- Pour prouver cette assertion, nous avons imaginé une expérience évidente. Au lieu de nous servir de l’eau, nous avons expérimenté sur des substances solides qui passent à l’état de vapeurs sans que nous puissions les observer à l’état intermédiaire, c’est-à-dire liquide. Nous avons employé des substances qui se subliment, telles que la naphtaline, le camphre, etc.
- Dans un tube d’essai, nous avons mis une de ces petites boules de naphtaline connues de tout le monde. Nous avons1 tracé sur elle avec un crayon ordinaire quelques lignes bien visibles. Le tube ainsi que le bocal étaient ouverts. Après trois jours, les lignes avaient complètement disparu. Nous avons répété la même expérience toujours sur la même boule pendant environ trois mois. Après ce laps de temps, la boule, qui avait au début les dimensions d’une grosse noisette, était réduite à celles d’un grain de blé. Cette première expérience prouve à l’évidence que les molécules de naphtaline, qui partaient, transportaient avec elles les molécules de graphite,’ car nous ne pouvons pas admettre la sublimation de cette dernière substance.
- Répétons maintenant la même expérience en vase clos. Une boule de naphtaline^ marquée au même crayon et enfermée dans un tube d’essai soigneusement bouché, après trois mois n’avait pas diminué sensiblement de volume, lés traces de crayon étaient aussi visibles qu’au début. Admettons l'équilibre dynamique, il faudra admettre que les molécules marquées au crayon après leur départ sont revenues non seulement' sur la boule, mais aussi aux mêmes points mathématiques,1 pour ainsi dire, car les dessins tracés se sont conservés inaltérés: Et qu’on ne dise pas qu’alourdies par le graphite elles ne sont même pas parties, l’expérience précédente prouve le contraire. Le surcroît de poids" n’empêche nullement le départ des parcelles de naphtaline. Le calcul des probabilités nous apprend que nous pouvons parier un contre un milliard et bien davantage que les molécules, si elles partent, ne reviendront pas à la même place (').
- Une autre expérience nous le démontre encore mieux,'
- (1). Ce qui rend absolument impossible cette supposition, c’est que non seulement toutes les molécules portant graphite devraient revenir au point de départ, mais encore qu’après l’avoir quitté des millions et des milliards de fois, pendant des mois et des années entières, elles" devraient y revenir' constamment puisque les lignes tracées sont inaltérables. En attendant nous sommes en train de faire une nouvelle série d’expériences pour répondre à un doute. qui pourrait se présenter sur la validité de nos expériences et de nos raisonnements.
- p.273 - vue 275/598
-
-
-
- 274
- Nous avons recouvert de graphite toute la surface de la boule et l’avons placée dans un tube où se trouvait depuis plusieurs jours une autre boule toute blanche. L’air était saturé de naphtaline et les molécules disséminées dans l’air étaient cette fo s dépourvues de graphite. Après plusieurs jours, la boule était aussi noire que le premier jour. Cette fois on ne peut plus invoquer le retour des molécules portant graphite, car dans l’hypothèse de l’équilibre dynamique, pour chaque molécule portant graphite qui partait, il y en avait une dépourvue de graphite qui allait prendre sa place. Dans cette hypothèse, la boule aurait donc dû redevenir blanche, ce qui est contraire à l’expérience.
- P» ur détruire notre raisonnement, il faudrait admettre que les milliards de molécules portant graphite, dans leurs parcours, se sont toutes rencontrées avec les autres molécules et que les chocs ont été tous centraux, de façon que chacune n’a fait que partir et revenir au même point de départ et cela pendant des mois entiers, ce qui est complètement contraire à la théorie cinétique des gaz. Dans cette théorie on n’admet même pas
- de vraies collisions, on préfère assimiler le mouvement des molécules à celui des astres dont les trajectoires rectilignes s’infléchissent dans le voisinage d’un autre astre dont ils ressentent l’attraction.
- Pour conclure, nous ne voyons pas trop comment on puisse répondre à nos expériences et à nos raisonnements, comment on puisse admettre l’hypothèse de l’équilibre dynamique pour les substances qui se subliment et, s’il faut y renoncer dans ces cas, pourquoi devrions-nous l’admettre pour toutes les substances liquides se trouvant en présence de leurs vapeurs saturées.
- Nous ne demandons qu’à être éclairés, car, pour notre compte, nous avons toujours admis l’équilibre dynamique qui nous semble, bien plus que l’équilibre statique, en conformité avec la théorie cinétique des gaz.
- Ch. Schéfftér.
- Professeur de Physique et Chimie, Collegio S. Tomaso, Cuneo.
- LA PSITTACOSE
- La psittacose dont on parle tant ces jours-ci, dans tous les journaux, n’est pas une découverte récente, De temps à autre, on en observe quelques cas dont on parle beaucoup puis qu’on oublie, comme il est de règle pour tous les événements désagréables auxquels on ne songe que quand on y est formellement obligé. Bernard Shaw peut ainsi légitimement remarquer qu’en ces matières, on refait la même découverte tous les trente ans.
- Quoi qu’il en soit, les journaux nous ont appris qû’aux Etats-Unis, en Allemagne et en Angleterre, on signale simultanément des épidémies de psittacose. A la vérité ce terme d’épidémie s’applique ici assez mal, car le nombre total des cas reste excessivement faible par rapport aux populations au milieu desquelles on les observe. Si on connaissait le nombre exact des propriétaires de perroquets, on trouverait peut-être que parmi ceux-ci la psittacose a une fréquence appréciable. Mais, il ne semble qu’on possède de documents sur ce point particulier. Les travaux parus dans ces derniers temps notent simplement que nous sommes probablement loin de connaître tous les cas de psittacose, car cette maladie n’est pas facile à dépister, si on n’y songe pas.
- Lss symptômes de cette maladie sont, en effet, très peu caractéristiques. A. P. Thompson, de Birmingham, qui en a observé 17 cas au cours de ces derniers temps, note que les malades sont plus ou moins somnolents et indifférents et qu’en dehors d’une fièvre souvent assez élevée, il n’y a guère à signaler qu’une toux d’ordinaire peu gênante et plus rarement un peu de diarrhée accompagnée de quelques vomissements. Rien, on le voit, n’est moins typique.
- Un examen médical plus approfondi révèle cependant que les poumons sont assez fortement atteints, comme dans, la pneumonie avec un état général souvent analogue à celui de la fièvre typhoïde.
- Ce qu’il y a de plus remarquable dans cette maladie, c’est la très forte mortalité qu’elle entraîne. Lors de l’épidémie survenue vers 1892, à Paris, le nombre des décès s’est élevé à 33 pour 100 sur un total de 49 cas. A Birmingham, A. P. Thompson vient de constater 5 décès sur 17 cas. Il n’est pas beaucoup de maladies aiguës qui aient des conséquences aussi graves.
- Les perroquets qui en sont atteints en meurent généra-
- lement en 8 à 10 jours avec des signes de diarrhée.
- Mais ils guérissent parfois et semblent alors rester porteurs de germes qui faciliteraient l’extension de la maladie.
- Une caractéristique tout à fait capitale de cette maladie est qu’elle est toujours transmise par des perroquets. Robert Hutchinson croit bien avoir observé, au cours de la récente épidémie anglaise un homme qui aurait été contaminé par une sœur qu’il soignait, sans avoir été lui-même en contact très étroit avec un perroquet, mais des cas de ce genre paraissent rares. Le plus souvent, les personnes qui ont contracté la psittacose ont, par exemple, achevé un morceau de chocolat qu’elles avaient fait d’abord goûter à l’animal (Kaliebe), ou encore, elles ont pris un bain dans la baignoire où le perroquet venait d’être lavé (Grunewald et Mayer). Cependant, Macna-mara aurait observé deux cas survenus chez des personnes ayant simplement touché à un perroquet mort.
- Chose curieuse, tandis qu’il y a vingt ans, après les travaux de Nocard, on croyait connaître le germe de la psittacose auquel avait été donné le nom de Bacillus psitlacosis, et qu’on avait considéré comme plus ou moins parent des para-typhiques, aujourd’hui, tout est remis en question.
- Thompson n’a généralement rien trouvé chez ses malades.... G. T. Western, qui vient de procéder à des recherches très approfondies sur douze cas humains et six cas survenus chez des perroquets, n’a pas non plus réussi à déceler le Bacillus psittacosis ni aucun membre du groupe des para typhiques.
- Aussi, comme il est de mode à l’heure qu’il est, a-t-on songé à des germes fdtrables. C’est ce que S. T. Benson n’a pas manqué de faire. Mais jusqu’ici les preuves apportées ne sont pas très démonstratives.
- Ainsi bien des choses sont encore mystérieuses dans cette maladie. L’important est cependant que, malgré sa sévérité relative, elle ne puisse que difficilement étendre ses ravages, parce qu’on est en mesure de se protéger efficacement contre elle en évitant un commerce trop intime avec les perroquets comme d’ailleurs avec tous les animaux d’appartements qui, plus souvent qu’on ne le croit, transmettent des maladies graves.
- Dr P.-E. Morhardt.
- p.274 - vue 276/598
-
-
-
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JANVIER 1930, A PARIS
- Le caractère météorologique exceptionnel de ce mois a été la douceur de la température qui s’est maintenue supérieure à la normale sans interruption du premier au dernier jour; il fut aussi assez bien ensoleillé, malgré un très léger excès de pluie.
- Sa température moyenne, 6°,6, surpasse la normale d’environ 4° au Parc-Saint-Maur. Le minimum absolu du mois, à cet Observatoire, a été seulement de — 0°1 (le 1er) ; il est tout à fait exceptionnel et correspond au seul jour de gelée noté; dans les environs, à Villepreux, on a noté — 2°,4.
- Fait excessivement rare pour le mois de janvier, il n’a pas gelé à Paris même où le minimum le plus bas a été compris entre 2°,7 (Hôpital Saint-Louis) et 0°,1 (cimetière de Belleville) ; à Montsouris il a été de 0°,4. A l’Observatoire de Paris, depuis le début du xixe siècle, en 1853, il avait été de — 0°,4.
- Le maximum absolu, 14°,3, a été noté le 26 au Parc Saint-Maur, il a été plusieurs fois surpassé; à Montsouris, on a eu 14°,0. La journée la plus chaude a été celle du 14, où la moyenne journalière a atteint 11°,3, en excès de 8°,7 sur la normale.
- La hauteur totale de pluie à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 39,2 mm, est sensiblement égale à la moyenne des 50 années (1874-1923); au Parc Montsouris, 35,7 mm, est supérieure à la normale des 11 pour 100 de celle-ci. 18 jours de pluie à Saint-Maur et 21 à Montsouris. C’est du 11 au 12 qu’on a enregistré les plus fortes hauteurs d’eau en 24 heures : pour Paris, 13,6 mm à l’Hôpital Saint-Louis, et pour la banlieue, 17,8 mm au Mont-Valérien (bassins). Aucune chute de neige n’a été observée. Quelques grêlons ont été notés le 15 et le 30.
- Le vent a soufflé les trois quarts du temps d’entre S. et O. Une tempête, le 12, a causé quelques dégâts.
- La pression barométrique moyenne, au niveau de la mer, a été de 760,3 mm au Parc Saint-Maur, en déficit de 4,7 mm.
- Brouillards, 6 jours, quelquefois épais, mais n’ont jamais persisté tout le jour.
- Nébulosité moyenne du mois, 76 pour 100, au Parc Saint-Maur et humidité relative moyenne, 85 pour 100.
- MOIS DE JANVIER ANTÉRIEURS
- La température moyenne normale de janvier est de 2°,3; ce mois présente plus souvent que décembre une moyenne inférieure à 0°, depuis 1757 cela s’est présenté 38 fois.
- Les plus froids mois de janvier ont été ceux de 1795, 1838, 1776, 1830, 1763, 1799 et 1829 avec moyennes respectives de : — 6°,3, — 4o,6, — 3°, 9, — 2o,5, — 2o,4, — 2°,1 et — 2°,1.
- Quelquefois, la moyenne dépasse 7°,0; en janvier 1796 elle atteignit même 7°,8; en janvier 1834, 7°,1; en janvier 1916 et 1921, 7°,0; en janvier 1764 et 1804, 6°,7 et 6°,6.
- Les plus bas minimums absolus relevés ont été de — 23°,5 en 1795 (le 23), — 23°, 1 en 1709 (les 13 et 14), —- 19°,7 en 1716 (le 22), — 19°,0 en 1838 (le 20), — 17°,2 en 1776 et — 19°,1 à l’hôtel de Cluny (le 29), — 17°,2 en 1830 (le 17), — 17°,0 en 1829 (le 24) et —17°,0 en 1893 (le 16, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur.)
- En janvier 1877, le maximum absolu a atteint 15°,7; en janvier 1906, 15°,6; en janvier 1921, 15°,2 et en janvier 1869, 15o,0.
- Le mois de janvier, depuis 1806, a été généralement froid
- de 1810 à 1842 et de 1878 à 1897, généralement chaud, au contraire, de 1851 à 1877 et de 1898 jusqu’à 1922.
- On constate vers les 10 et 20 du mois un abaissement de la température assez prononcé.
- En 1795, janvier donna 29 jours de gelée et en 1796 aucun, le plus bas minimum absolu de ce mois n’ayant été, à Paris, que + 0°,6; en 1880, il y en a eu 27 et en 1887, 26; en 1765, on en nota un seul et en 1853 et en 1866 deux seulement.
- Les mois de janvier les plus pluvieux ont été ceux de : 1834, 83,3 mm d’eau; 1853, 80,5 mm (Observatoire de Paris, pluviomètre de la cour) ; 1927, 77,7 mm (Observatoire Parc Saint-Maur); 1846, 77,2 mm et 1843, 75,8 mm (Obs. de Paris, pluv. de la cour) et ceux les plus secs : 1810, 0,0 mm (Obs. de Paris, pluv. de la terrasse); 1838, 2,7 mm; 1861, 6,2 mm (Obs. de Paris, pluv. de la cour) ; 1882, 8,8 mm et 1880, 9,8 mm; en 1898, à l’Obs. du Parc Saint-Maur, 5,0 mm.
- Nombre de jours de pluie : 23 en 1890, 22 en 1886 et en 1895; un en 1810, deux en 1761 et en 1779.
- Le 31 janvier 1716, il tomba en un jour à Paris : 70 mm d’eau.
- Une quantité aussi considérable en janvier est absolument extraordinaire, surtout qu’elle n’est pas due à un orage.
- Dans la nuit du 31 décembre 1899 au 1er janvier 1900, un orage a éclaté sur Paris, entre 11 heures et minuit. La date de cet orage est très rare, on en cite un le 4 janvier 1758 et un autre le 1er janvier 1834.
- Dans la plaine de la Beauce, notamment à Châteaudun, à 135 kilomètres Sud-Ouest de Paris, il y a eu des orages assez violents en janvier, aux dates suivantes :.le 9 en 1883; le 23 en 1895; le 2 en 1899 et le 28 en 1902.
- Mois de janvier très couverts, nébulosité 82 pour 100, 1882, 1897, 1922; clairs, 1908, nébulosité 53 pour 100; 1876, 57; 1891, 58.
- 18 jours de brouillard en 1926,16 en 1882,1923 et 1925,15 en 1898 et 1928.
- On observe aussi des nuages bas qui planent au-dessus de Paris sans s’abaisser jusqu’au sol; ceux de janvier 1882 et janvier 1896 ont été des plus remarquables. En janvier 1882, le ciel est resté couvert sans aucune éclaircie du 11 au 26 et pendant cette période le baromètre se maintint exceptionnement haut; le 17, il atteignait jusqu’à 786,9 mm, pression ramenée au niveau de la mer et durant les 31 jours, du 8 janvier au 7 février 1882, la pression moyenne à midi a été de 777,4 mm ramenée au niveau de la mer. (Obs. du Parc Saint-Maur.)
- Verglas remarquables en janvier : celui qui se produisit dans la soirée du 1er janvier 1875 et qui atteignit des proportions telles que la plupart des voitures furent abandonnées sur la voie publique et que nombre d’habitants ne purent regagner à pied leur domicile. Les 22, 23, et 24 janvier 1879, il y en eut un autre mémorable, qui s’étendit à une notable partie de la France (centre et ouest), mais ce fut sur la forêt de Fontainebleau qu’il causa les plus grands dégâts.
- Grandes crues de la Seine en janvier, ayant dépassé 5,60 m au pont de la Tournelle : 8,50 m en 1910, le 28; 7,83 m en 1651, le 25 ; 7,45 m en 1802, le 3 ; 7,18 m en 1924, le 5 ; 6,0 m en 1883, le 4; 5,95 m en 1919, le 10; 5,89 m en 1806, le 15; 5,88 m en 1926, le 9; 5,70 m en 1830, le 26.
- ” Em. Roger.
- p.275 - vue 277/598
-
-
-
- 6 - LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- A PROPOS DES ANTENNES SOUTERRAINES
- Nous avons montré dans la chronique de Radiophonie pratique du numéro 2824 de La Nature comment on pouvait employer un collecteur d’ondes constitué par un câble isolé et enterré d’assez grande longueur, par des plaques métalliques enterrées horizontalement, ou même par des spirales métalliques enfoncées verticalement dans le sol.
- Nous avons noté aussi que des essais de réception souvent assez intéressants avaient pu être tentés en employant uniquement comme collecteurs d’ondes deux prises de terre, autant que possible d’inégales résistances, et éloignées l’une et l’autre, par exemple une conduite de gaz et une conduite d’eau, une plaque de grillage enterrée et une conduite d’eau, un tuyau de distribution de chauffage central à eaü chaude, et une conduite de gaz, etc... (fig. 1).
- Nous avons reçu de nombreuses lettres de nos lecteurs ayant pu vérifier par eux mêmes la qualité des résultats obtenus par ce procédé.
- Parmi les plus intéressantes de ces lettres, nous pouvons citer celle du docteur de Souza d’Altes, un de nos fidèles lec-
- Conduite d'eau Plaqua métallique enterrée Canalisation du gaz
- Fig. 1. — En employant comme collecteurs d’ondes deux « prises de terre » différentes et des résistances inégales, on peut souvent obtenir des réceptions pures et suffisamment intenses d’émissions lointaines.
- teurs du Portugal, qui a essayé ce montage en employant un changeur de fréquence à lampe bigrille.
- A l’aide de deux prises de terre, il a obtenu des auditions bien plus fortes, et bien plus pures, qu’avec un cadre; il semble donc que tous les amateurs et surtout ceux qui habitent la campagne, désirant obtenir des réceptions d’émissions lointaines, devraient essayer tout au moins ce procédé fort simple et d’un intérêt tout particulier.
- UNJ ADAPTATEUR SIMPLE POUR LA RÉCEPTION DES ÉMISSIONS SUR ONDES COURTES
- Les postes' émetteurs de radio-diffusion sur ondes très courtes sur la gamme 15-100 mètres deviennent de plus en plus nombreux dans toutes les parties du monde et l’on sait que ces émissions sont tout spécialement destinées à la transmission à grandes distances. Nous recevons ainsi chaque jour des lettres d’Amérique, d’Afrique et d’Asie dans lesquelles nos correspondants nous font le récit, de leurs essais de réceptions des ondes courtes, et nous indiquent. avecrquelle. merveilleuse facilité ils peuvent entendre les radio-concerts européens de ce genre.émi? par, exemple par les stations hollandaises, alle-
- mandes et anglaises, alors que les émissions françaises sur ondes courtes et moyennes ne sont pas audibles.
- Il faut donc espérer que nous verrons bientôt établir en France les grandes stations nationales à ondes très courtes, dont les émissions seront destinées à nos colonies.
- Si l’intérêt de ces émissions est essentiel pour tous les Français d’outre-mer, il est également très grand pour les Français de la métropole, puisqu’il est désormais possible, grâce à elles, d’entendre facilement et régulièrement les émissions des postes américains, australiens, et même javanais.
- Voici, par exemple, les résultats d’ « écoutes » effectuées dans la région d’Avignon par un amateur, indiqués par notre confrère Radio-Information.
- LONGUEUR d’onde STATIONS RADIOTÉLÉ-PHONIQUES HORAIRE ET OBSERVATIONS D’ÉCOUTE
- 10 m. env. New-York Irrégulier; à partir de 9 h. le matin. Appel : « Allô, London ».
- 15 m. Ste-Assise Chaque jour de 22 li. à 24 h.
- 15 m. 20 Monte Grande Chaque jour de 22 h. à. 24 h. Parfois à 17 h.
- 15 m. 74 Bandœng. Chaque jour : en téléphonie privée avec Kootwick, depuis 9 h. Concert de 12 h. 40 à 15 h. 50. Annonce en 5 langues et en français.
- 16 m. 30 Kootwyck Téléphonie avec Java depuis 9 h. Appel : « Allô, Bandœng ».
- 16 m. 50 Rocky-Point Téléphonie transatlantique : depuis 9 h. Très puissant
- 16 m. 88 Huizen P.II.I Téléphonie avec Java.
- 17 m. 20 Nauen Essais vers 14 h.
- 19 m. 56 SchenectadyW2X.A.F Relais W. G. Y. Dimanche de 19 h. 30 à 24 h.; lundi, mercredi, vendredi de 23 h. à 24 h.
- 23 m. 35 Schenectady W2 X.O. Relais W. G. Y. mardi, jeudi et samedi de de 17 h. à 22 h.
- 25 m.40 Pittsburg W8X. K .. Relais K. D. IC. A. à partir de 23 h. Irrégulier. [
- 25 m. 53 Chelmsford 5 S. W .. Chaque jour de 12 h. 40 à 13 h. 30, de 19 h. à 24 h. (inaudible). Relâche le samedi et le dimanche.
- Plaque métallique enterrée Tuyau de chauffage centra! Conduite de gaz
- p.276 - vue 278/598
-
-
-
- LONGUEUR d’onde STATIONS RADIOTÉLÉ-PHONIQUES HORAIRE ET OBSERVATIONS D’ÉCOUTE
- 31 m. 38 Zeesen Relais Berlin, chaque jour de 13 h. 20 à 14 h.30 (puissant, mais scintillement très marqué) de 17 h. à 18 h. 30, bon, mais va s’affaiblissant.
- 31 m. 40 Eindhoven P. G. J. J. Quelquefois, le matin, essais vers .9 b. Jeudi de 19 h. à
- 21 h. Bon, mais va s’affaiblissant, pour être inaudible.
- 31 m. 48 Schenectady W2 X. AF. Lundi, jeudi et samedi, de 23 à 24 h. Fading houleux très
- marqué.
- Nous espérons pouvoir bientôt publier sur cette question de la réception des émissions sur ondes courtes un article complet dans La Nature, et nous avons déjà montré dans nos chroniques que les postes destinés à cette réception étaient, en réalité, extrêmement simples.
- Nous avons déjà indiqué aussi qu’un poste récepteur quelconque, destiné normalement à la réception des radio-concerts sur la gamme 300-2000.mètres, pouvait être facilement modifié pour la réception des ondes très courtes, en lui adjoignant simplement un adaptateur se plaçant immédiatement en avant de ce poste et alimenté par les mêmes batteries.
- Quand on possède un appareil récepteur à changement de fréquence, cet adaptateur peut être constitué par une lampe bigrille oscillatrice séparée, destinée à changer les émissions sur ondes très courtes en des oscillations de fréquence plus basse qui sont transmises directement aux étages moyenne fréquence de l’appareil; mais on peut aussi employer une simple lampe détectrice montée cependant suivant un schéma un peu spécial, du genre Schnell par exemple (fig. 2).
- Cette lampe détectrice montée dans une boîte en ébénisterie, avec ses bobinages spéciaux pour ondes courtes, ses condensateurs d’accord et de réaction à faibles pertes et à capacité résiduelle réduite, est alimentée par les mêmes batteries que l’appareil récepteur; ce dernier peut d’ailleurs être un poste ordinaire à amplification haute fréquence directe, ou à changement de fréquence (fig. 3).
- Le montage est très facile dans les deux cas, mais le rôle joué par l’adaptateur ést différent.
- Dans le premier cas, c’est-à-dire pour un poste à amplification haute fréquence directe, on n’emploie plus les lampes haute fréquence et la lampe détectrice du poste récepteur ordinaire, on connecte l’adaptateur à la batterie de chauffage et on relie une fiche reliée à la plaque de la lampe de l’adaptateur à la broche plaque de la lampe détectritoe du poste ordinaire ; ainsi les émissions sur ondes courtes détectées par l’adaptateur sont amplifiées par les étages basse fréquence du poste ordinaire. -
- Dans un modèle très pratique représenté par la figure 3, cette opération est, d’ailleurs, immédiatement exécutée à Faide d’un petit bouchon à quatre broches qui se place sur la lampe -détectrice du poste ordinaire. - - ™ ^
- =-—...-.. === - 277 =
- Si l’on possède déjà un poste récepteur à changement do fréquence à lampe bigrille, on enlève cette lampe changeuse de fréquence et on relie, au moyen d’une fiche, la plaque de la
- Vers transfcftnateur-i basse fréquence eu tesfa de liaison movenne
- Fig. 2. — Montage d’une lampe.délectrice Schnell, pour adapter un poste quelconque à la réception des ondes courtes.
- P, bobine primaire. S, bobine secondaire. R, bobine de réaction. Il, bobine de choc haute fréquence. C,, condensateur d’accord. C.>, condensateur de réaction.
- lampe de l’adaptateur à la broche plaque de la bigrille. La lampe de l’adaptateur joue le rôle de changeuse de fréquence pour ondes courtes, et, après transformation, les oscillations sont transmises au Tesla dé liaison.
- Comme collecteur d’ondes, on peut employer l’antenne ordinaire du poste, ou même une antenne intérieure de quelques mètres seulement de long, si l’on reçoit sur cadre, et si l’on n’a donc pas installé d’antenne extérieure.
- L’accord est obtenu à l’aide d’un système Bourne avec bobinages primaire et secondaire en spirale plate et condensateur à grande démultiplication; deux « jeux» de bobinages permettent de couvrir la gamme de 21 à 100 mètres, et un troisième « jeu » pourrait être employé pour la réception des émissions sur ondes encore plus courtes.
- Le troisième bobinage, également en gros fil nu sans isolant et à spires en hélice écartées, est un bobinage de réaction variant suivant la lampe employée, la tension plaque et la longueur d’onde de l’émission à recevoir; on détermine simplement, au
- Fig. 3. — Bloc adaptateur Rigaux pour la réception des ondes courtes
- Se place devant un appareil à changement de fréquence ou un poste quelconque à'étages d’amplification haute fréquence ou même une lampe déteetriee suivie d’étages basse fréquence.
- moyen d’une pince de connexion reliée à un fil souple le nombre de spires de là bobine à mettre en circuit.
- Il ne reste plus, pour recevoir les émissions désirées, qu’à agir sur le condensateur d’accord et sur celui de réaction..
- Çe réglage doit évidemment être effectué avec beaucoup
- p.277 - vue 279/598
-
-
-
- ------ 278 — 1 ..... =
- plus de précision que s’il s’agissait d’émissions sur ondes moyennes courtes, mais la manœuvre s’apprend très vite et peut être exécutée par n’importe quel usager.
- COMMENT MODERNISER UN POSTE RÉCEPTEUR
- La construction des appareils récepteurs radiophoniques est sans cesse perfectionnée, et les progrès accomplis ont permis non seulement d’augmenter la sensibilité et la sélectivité des appareils, mais encore et surtout la qualité des auditions.
- Il est pourtant bon nombre d’amateurs et d’usagers qui possèdent des postes récepteurs d’un type déjà ancien et qui peuvent difficilement se résoudre à abandonner cet appareil pour en acheter un plus moderne, soit parce que le poste actuel leur semble robuste, bien établi et leur a permis d’obtenir des résultats à peu près suffisants, soit parce que le prix d’achat d’un nouvel appareil leur semble trop élevé.
- Il est, dans ce cas, une solution intéressante pour eux,
- -4 Détectrice
- Push—pull
- Fig. 4. — Montage basse fréquence de puissance pouvant être exécuté ’ sur n’importe quel poste récepteur ancien modèle.
- S, bobine de choc haute fréquence. C, condensateur de fuite. T(, transformateur, basse fréquence. Ta et T3, transformateur push-pull. C', condensateur faisant varier la tonalité du haut-parleur.
- et qui consiste simplement à modifier leur appareil le plus simplement possible, mais surtout suivant les données modernes de la radiotechnique.
- On peut sans doute augmenter toujours la sélectivité d’un poste quelconque à étages d’amplification haute fréquence directe à l’aide d’un circuit filtre intercalé dans le circuit d’antenne, et on peut aussi augmenter la sélection dans le cas d’un poste à changement de fréquence recevant sur cadre, simplement en modifiant le couplage entre les enroulements du tesla de liaison.
- On peut également, en général, améliorer la sélectivité d’un poste récepteur quel qu’il soit en choisissant convenablement les types de lampes employées pour le changement de fréquence, l’amplification haute fréquence, ou moyenne fréquence et la détection.
- * Nous ne donnerons, d’ailleurs, pas de détails pour le moment sur ces opérations, et nous voudrions simplement insister sur l’amélioration possible de la qualité d’audition, caractéristique de plus en plus indispensable d’un poste
- moderne, et qui peut, en général, être facilement obtenue avec un appareil d’un type quelconque sans grandes modifications.
- Il est en effet possible, mais assez rare, que la déformation de l’audition provienne surtout de l’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence, et elle est surtout marquée le plus souvent dans la partie basse fréquence du poste.
- Actuellement, on a pris l’habitude, pour obtenir une audition intense et pure, d’employer sur les étages basse fréquence des lampes de puissance, dont la grille est convenablement polarisée et dont la plaque est alimentée sous une tension assez forte, de l’ordre de 120 volts.
- On peut sans doute se contenter de monter sur les étages basse fréquence du poste des lampes de puissance bien choisies, de polariser leur grille négativement à l’aide de petites piles, et d’utiliser un haut-parleur convenable.
- Il peut arriver, pourtant, que les transformateurs montés sur le poste d’ancien modèle ne soient pas d’un type bien étudié, et, dans ce cas, il y a intérêt à changer ces transformateurs en même temps qu’on change les lampes.
- Les transformateurs basse fréquence de bonne qualité sont, sans doute, d’un prix relativement élevé, mais ce prix est encore infime par rapport au prix total d’un bon poste récepteur.
- D’un autre côté, si la transformation complète des étages d’amplification haute fréquence et moyenne fréquence est une opération délicate, que nous ne conseillons d’ailleurs pas à l’usager, et même à l’amateur peu averti, la modification des étages basse fréquence peut, au contraire, être effectuée très facilement et presque sans qu’il soit besoin de connaissances techniques.
- On peut, par exemple, utiliser le montage push-pull indiqué par le schéma de la figure 4.
- Dans le circuit plaque de la lampe détentrice, on place simplement une bobine de choc S et un condensateur de fuite C qui empêcheront les courants haute fréquence de parvenir au circuit basse fréquence.
- Un premier transformateur Tt de liaison reliera la lampe détectrice à la première lampe basse fréquence, qui pourra être par exemple une B 406 Philips, une P. 410 Gecovalve, une R. 56 Radiotechnique, etc....
- Le deuxième transformateur T2 sera du type push-pull avec secondaire à prise médiane, et le troisième transformateur T-sera également du type push-pull.
- Les lampes de cet étage push-pull seront, par exemple, du type B. 403 Philips ou P. 425 Gecovalve.
- On appliquera, autant que possible, une tension assez élevée, de 90 à 120 volts, sur le premier étage basse fréquence, et de 120 à 150 volts sur le deuxième; cette tension pourra être évidemment obtenue, d’ailleurs, au moyen d’une boîte d’alimentation fournissant du courant alternatif redressé et filtré.
- Il faudra prendre grand soin, d’autre part, d’observer correctement la polarisation négative de grille indiquée par le constructeur des lampes.
- Gomme il s’agit seulement d’amplifier des courants basse fréquence, les transformateurs peuvent être relativement serrés dans l’appareil, et leur montage n’offre aucune difficulté; il suffit de choisir de bons modèles, et on en trouve maintenant d’excellents de différentes marques dans le commerce ri-
- De cette façon, si on adopte en même temps un bon haut-parleur à diffuseur, on pourra généralement obtenir des auditions d’une intensité et d’une pureté remarquables, et si le poste d’ancien modèle n’a pas été modifié ainsi au point de vue esthétique, il a du moins été transformé au point de
- p.278 - vue 280/598
-
-
-
- vue de la qualité des résultats obtenus, et c’est évidemment là l’essentiel.
- ——: ..........- .........= 279 =
- lampes plus réduit, mais il semble difficile à l’heure actuelle, dans l’état de la radiotechnique, de réaliser un appareil per-
- UN BON POSTE A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Nous recevons constamment des lettres de nos lecteurs nous demandant des indications pour la réalisation de postes à changement de fréquence classiques. Ce sont en effet des appareils maintenant parfaitement au point et qui permettent d’obtenir les résultats les plus sûrs. Encore faut-il pourtant ne réaliser ces appareils qu’avec des éléments soigneusement choisis et suivant un plan de montage simple, mais étudié d’une façon rationnelle.
- Le choix des transformateurs moyenne fréquence a en effet une importance essentielle, à la fois pour la sensibilité et la sélectivité du poste et pour la qualité de l’audition.
- Si la résonance des transformateurs est trop aiguë, la bande des fréquences acoustiques de modulation est mutilée, et l’audition devient mauvaise; si la résonance n’est pas assez accentuée et si le tesla de liaison est mal réglé, la sélectivité devient nettement insuffisante, surtout dans les villes (fig. 5).
- Ceci posé, on peut trouver maintenant dans le commerce des transformateurs moyenne fréquence bien établis, généralement montés dans un boîtier en matière moulée, et dont les connexions sont très simples.
- Un montage classique de poste actuel à changement de fréquence comporte une lampe bigrille, deux ou trois étages moyenne fréquence à transformateurs à secondaire accordé, une lampe détectrice et un à trois étages d’amplification basse fréquence.
- Ainsi, le montage indiqué par le schéma de la figure 6 comporte une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux lampes moyenne fréquence à transformateurs accordés, une lampe détectrice, une première lampe basse fréquence à transformateur et un étage push-pull.
- Le schéma n’est pas complexe; on remarquera simplement que le dispositif de réaction est obtenu uniquement au moyen d’un potentiomètre de 600 ohms, dont le curseur est relié à l’entrée des transformateurs moyenne fréquence, avec légère polarisation négative de grille.
- Dans le circuit plaque de la détectrice, on a placé, comme nous l’avons indiqué d’ailleurs précédemment à propos d’un montage basse fréquence, une bobine de choc haute fréquence S avec condensateur de fuite C de 2/1000 de microfarad; enfin, le système d’amplification basse fréquence est en réalité analogue au dispositif que nous avons indiqué plus haut, mais le circuit de sortie est constitué par un bobinage à fer à prise médiane, au lieu d’être formé par un transformateur.
- En tout cas, le système complet, d’une réalisation très facile malgré sa complexité apparente, constitue un poste récepteur d’une sensibilité, d’une sélectivité, et d’une intensité d’audition absolument satisfaisantes, lorsqu’il est monté soigneusement et avec des pièces convenables.
- On peut sans doute établir des montages qui semblent moins classiques, du moins en apparence et avec un nombre de
- *10 MF en hibcydes
- Fig. 5. — Courbes d’amplification de 3 transformateurs en fonction de la fréquence.
- Le transformateur I donnera une' bonne audition, mais son amplification sera insuffisante. — Le type II possède une grande acuité de résonance, mais donnera une mauvaise audition en mutilant les notes aiguës. — Le modèle, III (Brunet) donne une sélèctivité, une amplification et une pureté d’audition satisfaisantes.
- mettant d’obtenir des résultats plus sûrs et de qualité supérieure pour la réception sur cadre.
- Notons d’ailleurs que cet appareil, en raison de la qualité exceptionnelle de ses étages d’amplification basse fréquence, convient particulièrement bien pour la reproduction phonographique, il suffit de faire agir le pick-up électromagnétique reproducteur soit directement, soit par l’intermédiaire d’un transformateur à fer sur la première lampe basse fréquence.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Bloc adaptateur pour ondes courtes:
- Omnium-Radio, 110, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Transformateurs basse fréquence push-pull:
- Etablissements Bardon, 61, boulevard Jean-Jaurès, à Clichy.
- Pièces pour montages moyenne fréquence:
- Etablissements Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris (15e).
- Fig. 6. — Poste changement de fréquence comportant :
- 1 bigrille changeuse de fréquence, 2 étages MF, 1 détectrice, 1 étage BF à transformateur, 1 étage BF push-pull (pièces Brunet). On a représenté un blindage avec connexion de masse
- réunie au pôle-4 volts.
- Grammont B FI Métal OX 502 Philips B 405 Radiotechnique H 77 Gecovalve P425
- Grammont B.0.
- Métal R. NI.
- Philips A 441
- Radiotechnique R43M Gecovalve BG4
- Grammont D Métal OZ 813 Philips A 410 Radiotechnique R 42 Gecovalve P410 o u L410
- Bigrille
- changé de fréquence
- Grammont C9 Métal DZ 908 ou813 Philips A409 ou410 Radiotechnique R 75 ou 42 Gecovalve HL 410
- Grammont D Métal 0Z1508 Philips A 415 Radiotechnique R 76 Gecovalve L41Q
- .F push-pull
- p.279 - vue 281/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Ce qu‘il faut savoir en électricité (lM livre), par P. Thirrion. 1 vol. 298 p., 71 fig. R. Poncelet et Ch. Hentz, éditeurs, Metz.
- La littérature pédagogique consacrée à l’électricité %est extrêmement abondante. Le nouvel ouvrage de M. Thirrion se* distingue, dans cette masse, par un caractère original. Destiné à venir en aide à des praticiens désireux de bien asseoir les connaissances sommaires et peut-être mal digérées acquises à l’école, il est extrêmement élémentaire, tout en restant exact et précis; mais, pour bien faire comprendre les sujets exposés, chaque chapitre est accompagné d’un grand nombre d’exemples empruntés à la pratique même du métier d’électricien et traités avec applications numériques. De petits problèmes simples permettent en outre au lecteur de s’exercer lui-même à l’application des formules et au calcul. Le premier volume traite des lois générales du courant électrique : lois d’Ohm et de Joule, mesures simples, emploi des appareils de mesure, notions d’éclairage par incandescence. ,
- The Dînes balloon meteorograph and the method Of USÎng it by L. H. O.Dînes. 1 broch., 47 p., 22 fig. Editeur: His Majesty’s Stationery Office. Adastroï House. London W.C.2, 1929. Prix : 2 sh. -
- Cet opuscule décrit en détail le météorographe imaginé par feu M. W. H. Dines et: employé par le Meteorological Office d’Angleterre. Cet appareil très léger sert aux investigations par ballons sonde dans la haute atmosphère.. Il emporte un barothermographe qui peut être complété par un hygromètre enregistreur; le tout pèse 40 gr et est placé dans une boîte d’aluminium pesant 35 gr. L’auteur décrit cet appareil qui a reçu de nombreux perfectionnements depuis sa création et il donne tous renseignements utiles pour calibrer les instruments et effectuer les sondages.
- Cours de chimie physique, par L. Gay (tome I). l vol. 705 p., 164 fig. Hermann, éditeurs. Paris, 1930. Prix : 85 fr.
- Voici le premier tome d’un cours qui sera complet en 3 volumes; il se présente avec tous les caractères du parfait ouvrage didactique : il se suffit à lui-même, toutes les notions de mécanique et de physique nécessaires à l’intelligence de l’exposé étant rappelées dès le début avec beaucoup de clarté; l’auteur s’applique en particulier à développer avec une grande vigueur logique les principes fondamentaux de la thermodynamique, leur application à l’étude des différents états de la matière (gazeux, dilué et cristallin), de l’osmose et des changements d’état des corps formant l’objet de ce premier volume. L’auteur a toujours le soin de confronter avec l’expérience les résultats déduits des lois théoriques, Le lecteur se rend, compte ainsi aisément des méthodes générales de raisonnement que pratique la chimie physique, il en aperçoit la portée et les avantages et il apprend à les manier correctement. Le livre de M. Gay est à recommander à tous ceux qui désirent acquérir des connaissances solides dans ce passionnant domaine de la science.
- Cours de chimie, à l’usage des candidats à l’Ecoïe des hautes études commerciales et aux Instituts de chimie, par Jean Isabey. 1 vol. in-8, 395 p., 64 fig. Gauthier-Villars et Clc, Paris, 1930. Prix : 70 fr.
- Entre les manuels du baccalauréat et les traités de l’enseignement supérieur, voici un cours spécialement conçu pour les candidats à l’Ecole des hautes études commerciales, mais qui sera pour tous les étudiants une utile initiation à la chimie moderne. Il débute justement par l’énoncé des lois générales rationnellement présentées, puis il donne des notions des principaux corps de la chimie minérale et organique, n’indiquant pour chacun d’eux que les données essentielles, faciles, à apprendre et à retenir.
- Enduits cellulosiques, par W. Main. 1 vol. 216 p., 28 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1929. Prix : 25 fr.
- La fabrication des enduits, vernis et apprêts cellulosiques a pris en ces dernières années un développement remarquable. L’ouvrage de M. Main groupe un très grand nombre de renseignements utiles sur ces produits, les matières premières qui servent à les fabriquer, leur composition, leur préparation, leur mise en œuvre et leurs usages.
- La technique moderne et les formules de la parfumerie, par H. Fouquet. 1 vol., 514 p. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1929. Prix : 75 fr. relié.
- On trouvera dans cet ouvrage, à côté de données précises sur les divers produits qui entrent comme matières premières dans la constitution des parfums, un très grand nombre de formules et recettes, à l’usage des préparateurs en parfumerie et des simples amateurs, pour. la.confection, des nombreux articles de la parfumerie : parfums
- proprement dits, eaux de toilette, dentifrices, crèmes, produits de beauté, lotions, poudres, fards, cosmétiques, etc.
- Le commerce des produits agricoles, par P. de Moni-cault. 1 vol. in-16, 105 p. Première initiation agricole. Edition Spès. Paris, 1929. Prix : 4 fr. 50.
- Conseils expérimentés sur les questions d’échange des produits agricoles, auxquels on veut parfois appliquer les méthodes en usage dans l’industrie. L’auteur indique avec beaucoup de sagesse ce que les agriculteurs peuvent faire et aussi ce qui leur est impossible pour l’achat, la vente, la création de débouchés, la préparation, la conservation, la présentation des produits, leurs transports, les questions douanières, le rôle des coopératives.
- Refoulement du Sahara, par H. Dessoliers. 1 vol., 158 pages, 4 planches hors texte. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1930.
- M. Dessoliers est un ingénieur qui, depuis de très longues années, se consacre en Algérie aux questions d’hydraulique et d’irrigation, d’une importance capitale, on le sait, pour la prospérité de notre colonie ; depuis de nombreuses années également, il lutte pour obtenir l’expérimentation d’un système qu’il a conçu pour favoriser les chutes de pluie dans les régions arides; ce système' crée ce que l’auteur appelle des centres de coordination atmosphériques ou foyers pluvi-gènes, dont il exposé, dans le présent ouvrage la théorie avec beaucoup de vivacité appuyée d’arguments intéressants. Elle peut se résumer ainsi : créer et multiplier au milieu des terres et des eaux des aires de surchauffe solaire suffisamment étendues qui provoqueront des courants d’air ascensionnels, sources.de dépression; vers cette dépression convergeront de différentes directions des masses d’air entraînées dans le mouvement ascensionnel, qui, à une certaine altitude, abandonneront par condensation leur vapeur d’eau. L’auteur indique des moyens nombreux de créer ces zones de surchauffe; l’un d’eux consiste à utiliser les chotts du sud algérien ou tunisien convenablement aménagés et transformés en salines; un autre, à créer sur les côtes des régions chaudes des prairies marines, etc. Enfin, généralisant par l’imagination l’emploi de ces méthodes, il entrevoit le moyen de créer des fleuves aériens qui, progressivement, ramèneront sur la périphérie du Sahara des pluies fertilisantes et ainsi, de proche en proche, feront reculer le désert. M. Dessoliers a amassé en faveur de sa thèse une foule d’observations intéressantes. Il y aurait le plus grand intérêt à ce qu’elles fassent l’objet d’une discussion approfondie de la part de toutes les autorités compétentes. L’auteur demande que son système soit expérimenté : les avantages éventuels en seraient assez considérables pour justifier la dépense d’un premier essai.
- La faune de France en tableaux synoptiques illustrés, par Rémy Perrier. Vol. II. Arachnides et Crustacés, avec la collaboration de L. Berland et L. Berlin, 1 vol. 220 p., 710 dessins. Delagrave, Paris, 1929. Prix : cartonné, 25 fr.
- Voici la quatrième partie des dix volumes de cette œuvre méritoire destinée à renseigner les naturalistes sur la faune de notre pays et à leur permettre d’exactes déterminations, grâce à une classification par tableaux synoptiques. Une très abondante illustration facilite îoeaucoup la reconnaissance des espèces. Le présent volume traite de plusieurs groupes d’Arthropodes aux formes nombreuses : les Arachnides, les Linguatules, les Tardigrades et les Pyconogonides d’une part, tous les Crustacés d’autre part.
- Le conflit transformiste, par le Dr A. Labbé. 1 vol.'in-16,
- . 201 p. Nouvelle collection scientifique. Alcan, Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- D’un style alerte, et cependant avec beaucoup d’érudition, le professeur de l’Ecole de Médecine de Nantes discute la question transformiste. Il en analyse la crise actuelle dont il trouve l’explication dans la mentalité contemporaine. Et après avoir critiqué le finalisme et le vitalisme, le fixisme et le créationnisme, il termine par une profession de foi, assez agnostique pour l’heure présente, mais pleine d’espoir pour le triomphe dans l’avenir des théories d’évolution.
- Newton, Maupertuis et Einstein, réflexions à propos de la relativité, par F. Prunier. 1 brochure 80 p. Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1929. Prix : 12 fr.
- L’auteur, constatant que les formules de la théorie de la relativité sont d’accord avec l’expérience, s’efforce d’établir, sur les bases de la mécanique newtonienne et de la physique classique, une théorie qui aboutisse à ces formules et rende compte de tous les phénomènes dans lesquels on a vu le fondement ou la vérification du principe de relativité.
- p.280 - vue 282/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- Appareil biplace de chasse K-47
- L’A. B. Flygindustri, filiale suédoise de la Junkers-Flugzeugwerke allemande, a créé récemment un appareil biplace de chasse, le K-47, appelé peut-être à révolutionner la technique de l’aviation de chasse.
- En dépit d’un armement en mitrailleuses puissant, permettant le tir dans un champ très étendu, et le mitrailleur étant placé dans les meilleures conditions de confort, cet appareil présente des performances à peu près égales à celles d’un monoplace de chasse moderne.
- Le K-47 est un monoplace haubanné; sa voilure entièrement métallique comporte six longerons principaux et deux longerons secondaires, tubulaires et reliés par un treillis de barres. Des profilés légers portent la tôle ondulée de recouvrement, qui travaille à la résistance de l’ensemble. Les ailes présentent un dièdre léger; vues en plan, elles sont trapézoïdales à angles arrondis. Chaque plan est haubanné, au-dessus et au-dessous, par un hauban fuselé (ce hauban serait remplacé par un mât fixé au train d’atterrissage sur les appareils de série). - --
- Le fuselage est formé de cadres supportant des longerons multiples sur lesquels est fixée une tôle lisse de recouvrement (cette tôle concourt également à la résistance de l’ensemble). Les deux postes sont placés en tandem; le mitrailleur est protégé contre le vent par l’appuie-tête du pilote qui est de grandes dimensions.
- L’empennage horizontal, monoplan, comporte un plan fixe réglable en vol et un gouvernail de profondeur à compensateur mécanique. L’empennage vertical biplan, est fixé aux extrémités de l’empennage horizontal : cette formule permet le tir du mitrailleur vers l’arrière.
- Le train d’atterrissage est formé d’un essieu et d’un faux essieu formant un cadre horizontal. Ce cadre est supporté à l’arrière par deux paires de mâts enVhaubannés latéralement; il s’appuie à l’avant sur deux mâts télescopiques à amortisseurs oléo-pneumatiques.
- Un moteur « Jupiter » VII surcomprimé, de 420 ch équipe normalement l’appareil; le montage d’autres moteurs a d’ailleurs été étudié. L’essence est contenue dans deux réservoirs de 160 litres chacun, placés dans le fuselage et larguables en vol; ces réservoirs assurent à l’avion un rayon d’action de deux heures de vol.
- Les caractéristiques principales de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure..............
- Longueur ..............
- Surface................
- Poids vide.............
- Poids total ...........
- Vitesse maxima à 3000 m. Vitesse d’atterrissage . . .
- Montée à 3000 m........
- Plafond ...............
- 12 m 40 8 m 55 22 mq 8 1.050 kg.
- 1.635 kg :
- 290 1cm : h 105 km : h.
- 6 min. 3 sec. 8.000 m.
- L’armement comporte deux mitrailleuses fixées à l’avant, placées dans le fuselage et commandées par le pilote, et une mitrailleuse arrière, servie par le mitrailleur. Ce mitrailleur est assis faisant face vers l’arrière, sur un siège lié au bâti de son arme. Le mouvement vertical de la mitrailleuse est commandé par les jambes du tireur, et le champ vertical atteint 93 degrés.
- Le champ de tir horizontal vers l’arrière est de 36 degrés. Le mitrailleur peut, paraît-il, tirer également vers le bas
- de chaque côté du fuselage, mais il semble que la précision sera ainsi bien diminuée, aucun saute-vent ne venant protéger le tireur et l’arme dans cette position. La mitrailleuse est, bien entendu, montée sur un bâti à compensateur équilibrant l’effet du vent.
- Les possibilités d’acrobatie d’un tel appareil semblent,
- au combat, devoir être assez réduites; en tout cas, la manœuvre de la mitrailleuse arrière doit exiger du tireur un grand entraînement. Mais l’armement vers l’arrière permet d’imaginer des attaques bien dangereuses pour un avion de guerre actuel, en particulier dans le cas où le chasseur peut se placer en avant et au-dessous de l’avion attaqué.
- Record de distance en circuit fermé.
- Les aviateurs français Costes et Codos ont battu, les 15, 16 et 17 décembre dernier, le record du monde de distance en circuit fermé.
- L’itinéraire choisi était le triangle Istres-Avignon-Narbonne. Le vol du record a duré 52 h 34 et la distance parcourue s’est élevée à 8016 km.
- Le précédent record appartenait aux Italiens Ferrarin et del Prete, avec 7666 km.
- L’avion de Costes et Codos était un Bréguet XIX équipé d’un moteur Hispano-Suiza de 650 ch; il pesait au départ 6200 kg et emportait 5200 litres d’essence.
- Les conditions atmosphériques défavorables empêchèrent les aviateurs de consommer tout leur combustible et les réservoirs contenaient encore 400 litres d’essence au moment, de l’atterrissage.
- Traversée de VAtlantique Sud.
- Le capitaine Challe et le commandant uruguayen Larre Borgès réussirent, les 15, 16 et 17 décembre, la traversée de l’Atlantique sud, de Séville aux environs de San Antonio.
- Le Bréguet Bidon, à moteur Lorraine de 450 ch, fut d’ailleurs entièrement détruit au cours de l’atterrissage qui eut lieu en pleine nuit. Les aviateurs avaient emporté un appareil de T. S. F. émetteur, et ils furent suivis par les postes côtiers et les bateaux, pendant la plus grande partie de la traversée.
- p.281 - vue 283/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- INDUSTRIE
- Les conducteurs isolés au caoutchouc.
- Nous recevons de M. A. Turpain, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, la lettre suivante :
- Messieurs,
- « Je ne prends connaissance qu’aujourd’hui seulement de la lettre que M. H. Cahen vous a adressée, publiée le 1er octobre 1929 par La Nature (n° 2818, p. 317), à propos des articles sur les conducteurs isolés au caoutchouc des 15 mai, 15 juin et 15 juillet 1929.
- Cette lettre m’accuse, assez vivement, de manquer de documentation et de connaissance du sujet.
- L’étude que La Nature a publiée en les 3 numéros rappelés ci-dessus est le résultat de visites, nombreuses et détaillées, de plusieurs usines de fils et câbles, dont certaines des plus importantes, visites au cours desquelles je me suis pénétré du fait que la fabrication au galet est nettement supérieure à celle à la boudineuse.
- M’entretenant, peu après ces publications, avec un de nos plus éminents ingénieurs qui fut longtemps spécialisé dans la construction des câbles je lui indiquais que je ne demandais pas mieux que de revenir sur cette opinion, n’étant sensible à aucun amour-propre mal placé et ne recherchant que la vérité. « Que les industriels qui fabriquent exclusivement à la boudineuse, ajoutai-je, me permettent, en examinant leur fabrication, de me pénétrer de mon erreur prétendue, et j’en ferai immédiatement la déclaration publique dans les revues où j’ai publié mes études sur les fds isolés au caoutchouc ». —; Cette proposition fut retenue de mon interlocuteur qui s’entremit afin de me permettre cette documentation supplémentaire. Sans succès, semble-t-il, puisque j’attends encore l’invitation sollicitée.
- Bien entendu je m’engageais, sur l’honneur, à ne rien publier, sans autorisation précise et formulée, de ce que la visite des boudineuses superperfectionnées m’aurait appris touchant leur réalisation.
- La lettre de M. H. Cahen à La Nature, au nom de l’Union des Syndicats, accuse, par les citations même qu’elle apporte, l’impossibilité où l’on est resté de se mettre d’accord sur la suprématie des boudineuses ou du galet. Je cite :
- « Ces prescriptions autorisent les conducteurs recouverts d’une couche unique de caoutchouc ».
- (Lettre de M. H. Cahen, La Nature, n° 2818, p. 317, col. 2, 1.27.)
- « Ces prescriptions stipulent que l’isolant sera constitué par une ou plusieurs couches de caoutchouc. »
- (Même lettre, ibid., col. 2, 1. 16.)
- De plus cette lettre énonce une contre-vérité certaine. A la col. 2, 1. 22 à 31, on y lit :
- « Le Laboratoire central d’Electricité... est un organe de « contrôle... pour vérifier si les conducteurs répondent aux stipulations officielles. »
- Et un peu plus haut :
- « Que le Ministère des Travaux publics a officiellement approuvé les prescriptions de l’Union. »
- La vérité est que la fabrication des fils et câbles n’est, en France, soumise à aucun contrôle officiel et obligé.
- Or, qu’ai-je publié? (La Nature, n° 2813, 15 juillet, p. 74, col. 2, 6e alinéa) :
- « Il serait éminemment désirable que le Ministère imposât « un cahier des charges.... »
- Impose et non pas seulement approuve.
- Mon desideratum demeure donc bien entier.
- En définitive, je reste convaincu, — jusqu’à preuve du contraire, — que toute cette polémique, à laquelle je coupe court ici, n est que querelle de boutique entre fabricants à la boudineuse et fabricants au galet. *
- Veuillez agréez^ Messieurs les Rédacteurs en Chef, l’expression de mes plus distingués et meilleurs sentiments. »
- A. Turpain.
- ÉLECTRICITÉ Un disjoncteur géant.
- L extension chaque jour plus grande des réseaux, l’impor-’ tance de plus en plus grande des puissances mises en jeu ont entraîné une augmentation parallèle de la puissance unitaire des disjoncteurs.
- Ces gros appareils sont toujours du type à huile, mais"ils ont vu leurs dimensions notablement accrues.
- Disjoncteur géant.
- .Parmi les plus récents, nous devons signaler celui que vient de construire la «Westinghouse Co », dont les dimensions valent la peine d’être signalées.
- Ce mastodonte a une hauteur de 7 m 75. Le diamètre intérieur des cuves qui contiennent 1000 hectolitres d’huile est de 3 m 05 et l’encombrement des bornes isolantes et du mécanisme est de 13 m 70. Le disjoncteur qui pèse 141 tonnes a une puissance nominale annoncée de 8000 ampères sous 220 kilovolts. p. K,
- Un oscillographe à rayons cathodiques.
- Un oscillographe est un instrument qui enregistre les variations d’un courant électrique. Les oscillographes mécaniques permettent d’étudier les phénomènes électriques jusqu’aux fréquences d’environ 1000 périodes par seconde. Or, les sans-
- p.282 - vue 284/598
-
-
-
- Fig. 1.
- L’oscillographe à rayons cathodiques d'Ardenne disposé pour l’observation directe au miroir tournant.
- filistes désireux d’étudier les phénomènes qui interviennent dans les appareils radioélectriques se trouvent en présence de fréquences bien plus rapides, et l’oscillographe mécanique est alors sans emploi. Le tube cathodique permet, on le sait, d’aborder tous les domaines de fréquence, et il existe de nombreux dispositifs qui permettent de l’adapter en particulier aux besoins des recherches de la radioélectricité (oscillographes Dufour, Western, Demontvignier-Touly, etc.).
- Un des pionniers de la radiotéléphonie,M. Manfred d’Ardenne, à Berlin présente à son tour un nouveau modèle s’appliquant aux basses tensions. Il a réalisé la sensibilité indispensable dans un oscillographe à basse tension, en faisant, comme ses prédécesseurs, dévier le flux d’électrons par un champ électrostatique plutôt que magnétique, c’est-à-dire en le faisant passer à travers l’intervalle de deux plaques d’un condensateur. Les électrons, tombant à travers ce champ électrostatique, se trouvent déviés de leur trajectoire initiale d’autant plus que l’intensité du champ est plus élevée et qu’ils sont exposés plus longtemps à son action. Or, comme une augmentation de l’intensité du champ est nécessairement limitée, la distance entre les plaques de condensateur ne pouvant se réduire au delà do 1,5 à 2 millimètres, il ne restait qu’à prolonger le séjour des électrons dans le champ électrostatique. C’est, ce qu’on
- Fig. 2.
- Inscription oscillpgraphique de la vnjelle é.
- —.... ' ............— 283 =
- pouvait faire soit en augmentant la longueur du champ suivant la direction des rayons, c’est-à-dire la longueur des plaques de condensateur, ce qui, à son tour, ne tarde pas à se heurter à des limites (correspondant à environ 15 millimètres), soit en réduisant la vitesse de l’électron, c’est-à-dire la tension de service. Aussi un oscillographe à rayons cathodiques se prêtant aux besoins du sans-filiste devra-t-il fonctionner à une tension intermédiaire entre 500 et 2000 volts; sa sensibilité sera alors d’environ 1 millimètre par volt.
- Afin de réaliser ce programme, M. d’Ardenne se sert d’une cathode incandescente à forte émission, en ayant soin de laisser, dans le tube, un certain résidu gazeux. Le tube cathodique, construit d’après ce principe comporte un cylindre concentrateur entourant la cathode suivant la direction des rayons. La tache lumineuse, entre 800 et 1200 volts, est assez intense pour permettre une observation visuelle directe à la lumière du jour, alors qu’entre 1500 et 2000 volts il est possible de photographier avec une tache lumineuse se déplaçant à la vitesse de 300 mètres par seconde.
- Cet oscillographe se prête avec une facilité égale à toutes les mesures et à tous les essais courants dans la pratique radiophonique, à la station de transmission aussi bien qu’aux postes récepteurs : contrôle de l’émission et de la réception, examen de tubes audions et amplificateurs, de transformateurs, etc.
- Dr Alfred Gradexwitz.
- Inventeur : M. d’Ardenne, 19, Jungfernstieg, à Berlin-Lichterfelde.
- MÉCANIQUE
- Le développement des installations de vapeur à très haute pression.
- Nous avons, à plusieurs reprises, signalé la tendance actuelle, dans les installations modernes de force motrice par la vapeur, à augmenter la pression de la vapeur. Ce mouvement se développe rapidement dans tous les pays; le stade expérimental est nettement dépassé. C’est ce qui ressort en particulier du compte rendu que publie chaque année, dans General Electric Review, la grande société américaine « General Electric Company ».
- Cette société a installé, en 1923, à Boston, un premier groupe turbo-électrique, avec de la vapeur à une pression voisine de 100 kg par cm’. Ce groupe expérimental avait une puissance de 3000 kw. A la fin de l’année 1929, la même Société avait installé une puissarme globale de 1 500 000 kw, en vapeur à haute pression. Dans la seule année 1929, elle a installé deux groupes de 7700 kw, deux groupes de 25 000 kw, deux groupes de 50 000 kw et un groupe de 110 000 kw.
- On voit par ces chiffres avec quelle rapidité se développe dans l’industrie l’emploi de la vapeur à très haute pression. En Europe, on constate un mouvement analogue à celui qui sc manifeste aux Etats-Unis, mais cependant plus timide.
- NAVIGATION
- Un nouveau métal pour blindages.
- Le War-Office Anglais poursuit des expériences sur un nouveau modèle de plaques de cuirasse, décrit comme susceptible de présenter, pour le même poids, une résistance à la pénétration double de celle des meilleurs blindages jusqu’ici connus.
- Cet acier nouveau aurait été créé, paraît-il, par une grande maison d’armement anglaise. -
- p.283 - vue 285/598
-
-
-
- 284
- PETITES INVENTIONS
- automobilisme
- Équipement rapide pour automobilistes
- Cet équipement se présente sous la forme d’un sac-pochette d’encombrement réduit.
- La pochette déroulée devient un tablier. Ses cordons élastiques forment ceinture pour tous les tours de taille. L’accro-
- Fig. 1. — Équipement pour automobilistes.
- chage est instantané. Les poches du tablier contiennent une paire de manches en toile forte imperméabilisée. En moins d’une minute, vous êtes prêt à changer une roue, une bougie, à soigner votre voiture, etc., sans avoir à craindre les taches de cambouis, de boue ou de goudron, si néfastes à l’élégance d’un gentleman .. et à son porte-monnaie.
- Avec un équipement de ce genre dans la poche-portière de votre voiture, vous éviterez les taches. De plus, les manches et les gants sont très agréables à porter pour conduire.
- Equipement minute, 29, rue Vallier, à Levallois-Perret.
- Lavabo mobile pour automobiliste.
- L’automobile moderne, à conduite intérieure, permet à ses occupants de voyager confortablement, à l’abri des intempéries, et d’arriver à l’étape non seulement frais et dispos, mais encore en tenue correcte, voire élégante.
- Mais, que survienne en route un incident fâcheux, ne fût-ce qu’une crevaison, voici le conducteur de la voiture obligé de s’exposer aux insultes de la boue, de l’huile, du cambouis; une cotte de mécanicien pourra protéger les vêtements;
- Fig. 2. — Lavabo mobile pour automobilistes.
- mais les mains seront fatalement souillées, et l’on éprouvera l’impérieux besoin de les laver avant de reprendre la conduite de la voiture.
- Un constructeur ingénieux a eu l’idée de mettre à la disposition des automobilistes un lavabo mobile, peu encombrant, pouvant se dissimuler sous une banquette, dans la malle ou sous le capot, mais suffisant pour être toujours prêt en cas de besoin. Fermé, c’est un coffret métallique émaillé; si on ouvre ce coffret, on y voit, à l’intérieur, fixés sur le couvercle, une glace biseautée, des objets de toilette, et enfin le récipient) à eau formant le lavabo proprement dit.
- Constructeur : Rozé, 38, rue Camille-Pelletan, Levallois-Perret.
- Indicateur de direction pour bicyclettes et motocyclettes.
- Le cycliste (ou le motocycliste), lorsqu’il veut tourner, indique le changement de direction en étendant le bras du côté où se fait le virage.
- Or, au moment d’un virage, la direction doit être maintenue
- Fig. 3. — Indicateur de direction pour bicyclettes ou motocyclettes.
- plus soigneusement encore, si l’on veut éviter les chocs ou les dérapages. C’est pour cela qu’un inventeur a présenté au Concours Lépine une flèche indicatrice arrière commandée par une simple manette posée à l’avant et bien à portée de la main.
- Piivn, 25, rue de Sèvres, Roulogne-sur-Seine.
- AGRICULTURE
- Chasse-corbeaux.
- Un appareil destiné à chasser les corbeaux fonctionne automatiquement en produisant de fortes détonations qui effraient les animaux nuisibles, et protègent efficacement les semailles et les récoltes. ,
- Le porte-mèche est en forme hélicoïdale et le même appa-
- p.284 - vue 286/598
-
-
-
- reil peut, sans subir de modifications, supporter des chargeurs à 15 pétards qui durent 5 heures consécutives, ou des mèches de 25 pétards d’une durée de 9 heures, de 20 minutes en
- Fig. 4.
- Le Chasse-corbeaux.
- 20 minutes par détonations qui se produisent extérieurement. Le pétard est à l’abri des intempéries.
- Cet appareil est étanche, de sorte qu’il peut fonctionner par tous les temps. Il est robuste et ne craint ni le feu* ni l’humidité.
- On met le chargeur en place, on l’allume et automatiquement l’appareil donnera sa première explosion trois secondes après, puis ensuite toutes les 20 minutes.
- Enfin, il est facile à porter, car il pèse 2 kg 1/2 et son encombrement est réduit. Il a 30 centimètres de diamètre et 40 centimètres de hauteur.
- Morcrette frères, 50, boulevard Carnot, Saint-Mandé.
- OBJETS UTILES Recueille=gouttes.
- On sait combien il est difficile de verser un liquide dans un verre sans risquer de laisser choir les dernières gouttes sur la nappe qu’elles tachent et mouillent. Bien des dispositifs ont été imaginés pour éviter ce petit accident, tels les bouchons verseurs de divers modèles. Aucun, à notre connaissance,
- Fig. 5.-—Recueille-gouttes.
- n’avait été prévu poür les siphons d’eau gazeuse qui, cependant, crachent toujours quelques gouttes après qu’on a cessé d’appuyer sur le levier. D’ailleurs, les modèles usuels pour
- 285 =
- bouteilles ne sauraient servir à cet usage. Voici le premier « recueille-gouttes » réalisé pour les siphons. Sa simplicité est telle qu’aucune description n’est nécessaire et qu’il suffit de regarder la figure 5 pour comprendre son utilité.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Une lampe fumivore électrique d’un nouveau genre
- Les lampes fumivores ou brûle-parfums en porcelaine, dont on se sert couramment pour purifier l’air des appartements, sont affectées de graves défauts, susceptibles d’en compromettre le fonctionnement. L’appareil représenté figure 6 et dont nous avons pu étudier le fonctionnement, évite au contraire les inconvénients de ce genre.
- Une petite coupe, logée entre la lampe chauffante et la cheminée surmontant l’appareil, reçoit l’essence à brûler. La lampe établit à l’intérieur une température élevée; l’air chauffé se rend vers la cheminée en passant à proximité de la coupe et en chauffant celle-ci et son contenu. Un dispositif spécial produit des tourbillons d’air, grâce auxquels le par-
- Fig. 6. — Nouvelle lampe fumivore électrique.
- fum de l’essence est transporté rapidement vers la partie supérieure de l’appareil, où il se mélange avec l’air de la salle. C’est ainsi que l’évaporation a lieu à une température très basse et dans un courant d’air fort intense.
- La lampe chauffante se trouve refroidie par le courant d’air continu; elle conserve ainsi une température constante, voisine de 75° C., à laquelle les essences sont très finement sublimées. Elles restent en suspension en l’air jusqu’à 24 heures. Or cette sublimation, comme on sait, augmente leur arôme, en même temps que la température constante s’oppose aux décompositions et aux altérations pouvant sc produire au-dessus du point d’ébullition. Une petite cuillerée suffit pour parfumer ou désodoriser une chambre de grandeur moyenne. La'durée d’évaporation est d’environ 10 minutes.
- Le brûle-parfums est monté sur un socle en porcelaine; toutes les autres parties sont en métal. C’est dire que l’appareil est d’une grande robustesse. Son socle reste à la température de la main; aussi peut-on le poser sans crainte sur une table vernie. La consommation de la lampe est de 40 watts seulement; elle se branche sur toute prise de courant.
- L’appareil est fabriqué par la maison Mayon, à Berlin, NW 6.
- p.285 - vue 287/598
-
-
-
- 286
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des îles Juan Fernandez.
- Nous avons reçu la lettre suivante :
- « C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance de l’article de La Nature du 15 décembre, sur l’archipel de Juan-Fernandez. Aussi bien ne saurait-il en être autrement puisque je suis le frère de M. Alfred de Rodt dont il est fait mention et vous m’excuserez si je tiens à vous soumettre quelques inexactitudes dans les données qui ont paru à son sujet.
- Il y a spécialement le titre de comte qui est attribué à tort à mon frère, notre famille ne le possède pas.
- Il n’a jamais été dans la légion étrangère, mais il s’engagea lors du siège de Paris dans un corps appelé «• Amis de la France » avec lequel il participa à la bataille de Champigny.
- « Si M. Charpentier, que j’ai bien connu est arrivé à Juan-Fernandez en 1891, mon frère y avait été installé comme fermier dès 1877. Il avait alors une jolie fortune et les deux premières années de sa vie de
- Robinson ont été prospères grâce à la chasse des phoques et à l’exploitation des bois. Mais un naufrage ruineux survint et ensuite, malgré les secours financiers importants que lui envoya sa famille suisse, sa position devint précaire.
- « Sa famille lui restait attachée, un frère et une cousine de Berne allèrent le voir, à quelques années de distance, malgré les difficultés du trajet d’alors.
- « Son île lui était devenue une seconde patrie et lui était très chère; le gouvernement chilien, qui l’appréciait à sa valeur, le nomma gouverneur, charge qu’il exerça 9 ans et jusqu'à son décès en 1905.
- « Lors de sa décision d’aller à Juan Fernandez, sa famille et ses amis firent leur possible pour l’en dissuader, pensant qu’une petite île près d’une côte aussi tempétueuse, ne s’exploite qu’à perte.
- « Les résultats atteints dès lors, la grande expansion et les produits de la pêche des langoustes, tels que les mentionne La Nature prouvent qu’il y avait de l’avenir dans cette entreprise. » H. de Rodt.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum.
- Calculateurs Logz (voir n° 2828 du lor mars 1930). — L’adresse du constructeur des calculateurs Logz est : M. Glatz, 41, rue de PoitdU, Paris.
- Les avantages des accumulateurs de deux volts.
- Les lampes de T. S. F. de deux volts exigent un courant de chauffage de tension moindre que les lampes de quatre, volts, mais d’intensité plus grande, de telle sorte que la puissance nécessaire est à peu près équivalente.
- Une batterie d’accumulateurs destinée au chauffage de lampes de deux volts ne comprendra donc qu’un seul élément si l’on choisit, comme c’est l’habitude, un type d’accumulateur au plomb)/ et aura une capacité plus grande que la batterie habituelle, à égalité de poids.
- Né comportant qu’un seul élément, la batterie de deux volts est donc plus compacte et plus robuste, et comme elle a une plus grande capacité, ses plaques peuvent être de plus grande surface, plus épaisses, et plus difficilement sulfatables.
- M. H. Ciarlan a Nice (Alpes-Maritimes).
- Atténuation des parasites industriels.
- Nous avons déjà donné dans un récent numéro la réponse à vos questions, et nous avons indiqué que l’atténuation des parasites industriels, dans votre cas, était une opération fort délicate, qui pouvait surtout être réalisée à l’aide de dispositifs agissant directement sur les appareils industriels producteurs de courants parasites, et non montés sur l’appareil récepteur lui-même.
- M. Damery a Sabinanigo (Espagne).
- Défaut de sélectivité d’un poste récepteur.
- Votre appareil récepteur ne comporte qu’un seul étage haute fréquence à résonance, et, de plus, votre antenne est relativement longue. Comme nous supposons, enfin, que vous utilisez un système d’accord ordinaire en « directe », il n’y a rien d’étonnant à ce que vous ne puissiez éliminer l’émission locale de Radio P. T. T. Alger, sur 364 mètres de longueur d’onde, d’autant plus que la puissance de cette station est assez grande.
- II est probable que vous n’avez pas l’intentioBi de transformer complètement votre peste, en ajoutant un deuxième étage haute
- fréquence à résonance et un système d’accord plus sélectif.
- Nous ne vous conseillons d’ailleurs pas cette transformation, très délicate, presque aussi difficile à bien exécuter que le montage d’un appareil complet.
- Nous ne pouvons donc vous indiquer qu’un seul moyen simple qui
- vous permettra d’éliminer, nous l’espérons, rémission perturbatrice locale, lorsque vous voudrez entendre les radio-concerts provenant de stations plus lointaines.
- Ce moyen, déjà indiqué d’ailleurs dans la Revue, consiste simplement à intercaler entre l’antenne et la borne « antenne » du poste un circuit-filtre composé d’un bobinage d’une cinquantaine de spires environ et d’un condensateur variable de 0,5/1000 de microfarad.
- Pour se servir de ce dispositif, on commence par régler le poste récepteur sur l’émission que l’on veut éliminer sans intercaler le circuit-filtre dans l’antenne; une fois ce premier réglage exécuté, on monte le circuit-filtre et on agit sur le condensateur jusqu’à ce que l’émission à éliminer ne soit plus entendue; à ce moment on peut se servir du poste et rechercher les autres émissions lointaines à entendre sans s’occuper du réglage du circuit-filtre, et sans craindre d’être « brouillé » par l’émission gênante.
- Il est évident que le condensateur ordinaire d’accord devra, dans ce cas, être utilisé en parallèle, et non en série, et la prise d’antenne peut se faire, soit à l’extrémité du bobinage, soit sur une fraction, par exemple au milieu si l’on veut diminuer le déréglage de l’accord primitif. L’effet de sélectivité le plus sensible, et aussi le plus « brutal », d’ailleurs, est pourtant obtenu lorsque la prise d’antenne est effectuée à l’extrémité du bobinage.
- M. Zeraffa, a Alger.
- Détails de montage d’un poste récepteur simple.
- Le montage à deux lampes décrit dans le numéro 2824 de La Nature est évidemment un poste très simple destiné surtout à la réception des stations locales dans les villes, ou à la réception des émissions lointaines à la campagne, si l’on dispose d’une bonne antenne bien dégagée. Le nombre de spires de la bobine de choc haute fréquence S est évidemment approximatif et dépend d’ailleurs du diamètre du mandrin; une bobine de 2400 spires bien établie vous donnera sans doute de bons résultats.
- D’autre part, il est inutile que la résistance de grille de la deuxième lampe basse fréquence soit variable, et le système de liaison étant en réalité un montage à auto-transformateur, on peut fort bien utiliser un transformateur T ordinaire de rapport 1-5.
- Enfin, on peut faire suivre le premier étage basse fréquence d’un deuxième étage à transformateur ou également muni du même système de liaison, mais avec transformateur de rapport 1-3 ou même ï-1 seulement. M. D..., à Paris.
- De tout un peu.
- M. Rayer, à Bruxelles. — Nous ignorons le procédé de fabrication employé par la Société Westinghouse pour fabriquer les rondelles
- p.286 - vue 288/598
-
-
-
- de cuivre oxydé qui servent dans ses redresseurs de courant alternatif.
- Il n’a rien été publié sur ce sujet. Les seuls renseignements publiés sont ceux que l’on trouverait dans les brevets de cette société. Nous savons seulement que cette fabrication comporte des opérations délicates que le fabricant n’a évidemment aucun intérêt à divulguer.
- IVIIVI. Lanfranchi et Marmon. — Vous aurez tous renseignements sur l’acier au carbure de tungstène, dont nous avons parlé dans le N° 2811, page 571, en vous adressant à la Société Thomson-Houston, 179, boulevard Haussmann, Paris, représentant de la General Electric C°.
- IVI. le Dr Jaimont, à Saint-Jean-d’Aulph. — 1° Le temps de pose est fonction de l’éclairement et celui-ci dépend évidemment de la nature de la source lumineuse qui éclaire la préparation microscopique : lumière solaire, arc électrique, lumière Drummond, lampe à incandescence, toutes sources dont la composition en rayons acti-niques est extrêmement variable. Or vous ne nous dites pas comment vous avez l’intention d’illuminer ladite préparation. En réalité, en cette matière de microphotographie, l’expérience est le meilleur des guides et quelques essais systématiques vous donneront des résultats plus sûrs que tous les calculs préliminaires.
- 2° Les seuls écrans possibles sont ceux de même couleur que les microbes teintés; les écrans, étant des fdtres, ne laissent passer que la couleur qui leur est propre. L,’emploi d’un écran de toute autre couleur que celle des microbes correspondrait à la suppression des rayons lumineux qui en émanent.
- M. Vulliety, à Genève. — On peut obtenir du très bon matériel réfractaire à des conditions raisonnables en s’adressant aux établissements de Montchanin; les représentants pour votre pays sont MM. Wunderlich et Hahn, à Vevey (Suisse).
- M. IVlalbos, à Azay-le-Rideau. — Pour la construction des appareils de chauffage électrique que vous avez en vue, veuillez vous adresser à la Maison Iiorstmann, 83, rue Saint-Maur, Paris, qui vous fournira tous renseignements et notices sur l’emploi des fils Chromel (alliages nickel-chrome) dont les différentes variétés peuvent être utilisées pour les applications que vous désirez réaliser.
- M. Solarof, à Boulogne. — Nous avons cherché à obtenir des renseignements complémentaires sur le procédé que nous avons décrit dans le n° 2799, du 15 décembre 1928, page 576; malheureusement aucune donnée nouvelle ne nous a été fournie.
- A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre la mise au point de procédés; tout ce que nous pouvons faire est d’aider les intéressés de nos conseils, en appuyant leurs recherches sur des données toujours sérieuses qui peuvent servir de point de départ aux études qu’ils jugent utiles.
- IVI. le Dr Félati, à Tauris. — Nous avons publié dans La Nalure un article très documenté sur la fabrication des marbres artificiels (N° 2384,6 décembre 1919, p. 366); nous pensons que vous y trouverez tous les renseignements désirés. A titre complémentaire, vous pourrez consulter l’ouvrage spécial de Fritsch, Les Pierres artificielles, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Leurguin, à Avenne (Belgique). — Le dosage de la potasse par l’acide perchlorique ne se fait pas volumétriquement avec un indicateur, mais pondéralement, c’est-à-dire que l’on verse dans la liqueur à analyser une dissolution d’acide perchlorique, ou, ce qui est préférable, une dissolution de perchlorate d’ammoniaque en excès; on évapore doucement à sec au bain-marie et on reprend le résidu par de l’eau froide alcoolisée par un dixième d’alcool qui dissout tous les sels, excepté le perchlorate de potasse, que l’on recueille sur un filtre taré; on lave à l’eau alcoolisée, sèche à 100° et pèse.
- Le perchlorate X 0,2822 = K — X 0,3400 = K?0
- Abonné de Monceau-les-Mines. — Les bacs dont vous parlez sont en êbonite, produit courant dans l’appareillage électrique, constitué par un caoutchouc vulcanisé à haute teneur en soufre et généralement noirci par du noir de fumée ou de carbone. Voici, d’après Jacobs, à titre d’exemple, la composition de deux mélanges suivant la qualité recherchée ;
- = ' — 287
- Ebonite belle qualité pour optique :
- Gomme Para................................. 75
- Soufre..................................... 23
- Noir de carbone............................. 2
- 100
- Cuire 5 heures sous une pression de 4 atmosphères, prendre un tiers de ce mélange, le réduire en poudre et le mélanger avec deux tiers de mélange frais, cuire à nouveau 4 h et demie à 4 atmosphères. Ebonite. bon marché :
- Caoutchouc régénéré. . ..................... 50
- Caoutchouc factice.......................... 38
- Soufre........................................ 7
- Chaux........................................ 5
- 100
- Vulcaniser 50 minutes sous une pression de 4 kg.
- IVI. Wagner, à Souk-Ahras (Algérie). — Il est peu probable qu’une maison sérieuse se charge de réparer la malfaçon de l’opérateur maladroit qui n’a pas réussi la teinture de voire serviette de cuir.
- Comme celui-ci était un bourrelier, il est à présumer qu’il s’est simplement servi de boue d’encre; dans ce cas, il vous sera facile d’en enlever la majeure partie au moyen d’une petite éponge imbibée d’eau tiède, acidulée par 5 grammes d’acide tartrique par litre d’eau.
- Lorsque le cuir ne dégorgera plus, rincer à l’eau pure et laisser sécher doucement à l’ombre, puis le traiter ainsi que nous l’avons indiqué pour le noircissement des vêtements de cuir. (Réponse dans un précédent numéro à M. Jarrin, Les Marches (Savoie).
- IVI. Dubosc, à Madagascar. — 1° Votre employé a raison, il faut un appareil pour chaque distillation, car vous ne pourrez jamais débarrasser complètement un appareil de l’odeur qu’il a acquise en servant à la préparation d’une essence déterminée.
- 2° L’extraction de la vaniline se fait très facilement par l’alcool, en partant des gousses de vanille, on obtient ainsi des extraits dont le parfum est beaucoup plus suave que celui de la vaniline artificielle, mais ces extraits ont l’inconvénient d’être assez fortement colorés, ce qui en limite l’emploi.
- Vous trouverez des appareils d’extraction par solvants chez Ed. Bataille, 11, avenue Malakoff, Paris-XVIe, ainsi que chez les principaux constructeurs d’alambics : Deroy, 71, rue du Théâtre; Deriveau, 10, rue Popincourt, Paris, etc....
- M. de Jouffroy, à Besançon. — Pour réparer les chaussures protectrices, dites caoutchoucs entoilés, dégraisser bien soigneusement à. la benzine les fissures à obstruer, puis appliquer sur celles-ci de la dissolution commerciale de caoutchouc servant à réparer les pneus, à laquelle on aura incorporé un peu de noir de fumée, puis laisser sécher au moins vingt-quatre heures à l’abri de la poussière avant de mettre en service.
- M. Maurio,à Annecy.— 1° Nous ne connaissons pas la composition de la spécialité que vous indiquez, destinée à nettoyer les cuirs, mais il est probable que vous obtiendrez un résultat analogue avec la prépa-.
- ration suivante :
- Prendre :
- Eau non calcaire....................... 900 grammes
- Carbonate de potasse..................... 5
- Cire blanche en copeaux................ 500 —
- Savon blanc en copeaux.................. 10 —
- Faire dissoudre le carbonate de potasse dans les deux tiers environ de l’eau, le dernier tiers étant mis en réserve. Porter à l’ébullition et ajouter la cire blanche peu à peu, ainsi que le savon; maintenir au bouillon, jusqu’à ce que la cire liquéfiée ne soit plus apparente et forme une émulsion homogène.
- (N. B. Pendant l’ébullition, remplacer à mesure l’eau qui s’évapore.) Laisser refroidir en agitant constamment, puis incorporer en versant sous forme de filet :
- Essence de térébenthine.................. 500 grammes
- Finalement, en brassant toujours, ajouter le dernier tiers de l’eau mis en réserve, de manière à obtenir une crème onctueuse d’une homogénéité parfaite.
- p.287 - vue 289/598
-
-
-
- = 288 ........... :: h =
- Appliquer sur le cuir, au moyen d’une flanelle, en frottant douce-' ment, puis passer à la flanellé sèche, pour enlever les matières grasses ainsi dissoutes et les impuretés libérées.
- IVI. Daleux, à Saint-Hilaire. — Les vernis cellulosiques ne s’emploient pas au tampon, mais au pinceau ou mieux encore par pulvérisateur (pistolet); leur caractéristique est un séchage ultra-rapide tout à fait en opposition avec le travail de longue haleine qui est le propre du vernissage au tampon.
- A. H., à Paris. — Les joints au plâtre présentent peu de solidité, c’est pourquoi le brossage des carrelages amène assez rapidement la disjonction des carreaux.
- Dans une certaine mesure, on peut remédier à cet inconvénient en passant au pinceau une couche de fluosilicate de zinc, qui durcit le plâtre; nous vous rappelons que la Maison Teisset-Kesler, de Clermont-Ferrand, est spécialisée depuis de longues années dans la fabrication des fluosilicates pour des emplois de ce genre.
- IVI. Tackels, à Bruxelles. — 1° A notre avis, l’échantillon que vous nous avez soumis est simplement une toile enduite de latex de caoutchouc, tel qu’on le trouve actuellement dans le commerce.
- 2° Vous trouverez tous les ouvrages spéciaux à la photographie, chez I. de Francia, éditeur, 118 bis, rue d’Assas à Paris, qui vous fournira très volontiers tous renseignements sur les applications que vous avez en vue.
- M. Ratier, à Casablanca. — Malheureusement il n’y a rien â faire pour désodoriser d’une façon complète un fût ayant contenu de la créosote, le mieux est d’en prendre son parti et de le vendre pour être affecté à des usages où l’odeur n’a pas d’inconvénient, par exemple pour le transport de goudrons.
- IVI. Guillaume, à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas la composition de la spécialité qui vous intéresse, mais très probablement il s’agit d’une fabrication analogue à celle des charbons pour piles que nous avons décrite dans un précédent numéro (voir réponse à M. Ant. Dumas, à Athènes.) avec incorporation d’une poudre métallique, laiton, cuivre, bronze, etc.
- X., à Paris. — D’après les recherches de MM. Gabriel Bertrand, Brocq-Rousseau et Bassonville, ia destruction des punaises peut être obtenue avec des doses de chloropicrine de 4 à 10 grammes par mètre cube d’air.
- Au cas où les œufs ne seraient pas détruits par cette première fumigation, comme la durée d’éclosion des œufs est de huit jours environ, un nouveau traitement devra être effectué deux semaines après le premier pour assurer la destruction des générations nouvelles.
- On peut se procurer de la chloropicrine par petites quantités chez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince et par quantités importantes en s’adressant au Commandant du Parc d’Artillerie de Paris, à Aubervilliers.
- M. Michaud, à Angoulême. — Le mélange qui suit vous donnera certainement satisfaction pour préparer une composition éclairante à lumière blanche :
- Salpêtre pulvérisé.................... 800 grammes
- Fleur de soufre.......................200
- Sulfure d’antimoine en poudre .... 100 —
- IVI. Boucheras, à Thiers. — 1° Vous pourrez vous procurer de petits appareils pour pyrogravure (dessins sur bois par carbonisation ménagée) dans les maisons suivantes : Bourgeois, 18, rue des Petits-Champs ; Lefranc, 18, rue de Valois ; Rougier, 114, rue du Temple ; Dupré, 141, faubourg Saint-Honoré ; Laffite, 11, rue de Tournon, Paris.
- 2° Nous pensons que vous faites confusion et que les manches de parapluies auxquels vous faites allusion sont en galalithe, non en bois injecté; au besoin, envoyez-nous un échantillon qui nous permettra de nous rendre compte d'une façon exacte du genre d’articles dont vous voulez parler.
- 3° S’il s’agit de chalumeaux proprement dits, vous en trouverez de tous modèles dans les maisons suivantes : établissements Guilbert, 68, avenue de la République ; Ledoux et Cie, 64, même avenue ; Fouilloud, 87, rue de la Roquette ; Air et Feu, 16, rue du Buisson-Saint-Louis ; Charmic, 18, rue de la Justice ; Butin, 35, rue des Martyrs ; Enfer, 10, rue de Rambouillet, 12° ; Durousseaud, 8, passage
- Saint-Pierre-Amelot, 11e ; Ferron, 38 bis, avenue de la République; L’FIermite, 135, boulevard de Ménilmontant ; Meker, 105, boulevard de Verdun, à Courbevoie (Seine) ; Molas, 22, rue des Cendriers, 20e; Renou, 30, rue des Acacias.
- 3° Vous aurez une documentation très complète sur l’injection et la teinture des bois dans l’ouvrage Travail du bois, par Michel, éditeur, Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Chardin. — L’emploi de l’uluminate de baryte Al2 O3, Ba O 4 H® O ne nous paraît pas indiqué, comme désincrustant des chaudières à vapeur, dans le cas de dépôts sulfatés calciques; en effet, la réaction à prévoir est la suivante :
- Ca S O1 + A12 O3 Ba 0 = Ba SOl-(- AP O3 Ca O.
- Or, les deux produits résultants, sulfate de baryte et aluminate de chaux, sont tout à fait insolubles alors que le sulfate de chaux est encore relativement soluble puisqu’un litre d’eau en dissout environ un gramme; le remède serait certainement pire que le mal.
- IVI. Geikman, à Berck. — A notre avis, le meilleur moyen à employer pour assurer l’étanchéité de votre baignoire de campagne est d’interposer entre la toile imperméable et le champ du fond en bois une bande continue de caoutchouc pur dit feuille anglaise, puis d’effectuer sur l’ensemble un serrage extérieur par une bande de laiton avec onglets perforés et écrou ou vis à oreilles pour rappel.
- Cercle de l’Union au Mans. — Ainsi que nous l’avons déjà signalé, le moyen le plus simple pour fixer l’une à l’autre deux lames de verre est de les enduire de la solution commerciale de silicate de potasse qui est parfaitement limpide après repos suffisant et parfaitement incolore.
- Si on veut, en outre, que l’ensemble soit transparent, il suffit de prendre la précaution de ne pas interposer de bulles d’air entre les lames; pour cela on verse au centre de l’une des plaques la solution sirupeuse, puis on applique la seconde plaque légèrement; par son propre poids elle chasse le liquide vers la périphérie et celui-ci en même temps expulse l’air devant lui. Quand un premier essai n’a pas donné le résultat voulu, on en est quitte pour recommencer en faisant glisser les plaques l’une sur l’autre pour les séparer.
- M. de Ranieri, à Paris. — Vous avez omis de nous dire quelle application vous aviez en vue en désirant construire vous-même un générateur de haute fréquence, tous calculs dépendent évidemment de cet objectif. Quel que soit l’intérêt que présente une réalisation personnelle, nous vous conseillons plutôt, au point de vue pratique, de faire acquisition dans le commerce de l’appareil prêt pour l’emploi, vous éviterez ainsi les mécomptes par lesquels a passé le constructeur avant mise au point définitive.
- N-B.— Nous répondrons par ailleurs à la question vernis craquelés.
- IVI. Risler, à Paris. — Nous ne voyons pas l’avantage que vous auriez à dépolir intérieurement vos lampes à incandescence, quand il est si facile de le faire extérieurement au moyen du jet de sab le une fois la lampe terminée.
- Le dépolissage intérieur pratiqué actuellement sur les ampoules vendues par les principaux fabricants s’effectue avec des machines spéciales.
- Mlle G. Horot, à Luxeuil. — Vous pouvez vous adresser, pour la remise en état de vos étoffes anciennes, à Mme Aubry, 54, boulevard Saint-Marcel, Paris, 5e, qui est spécialisée dans ce genre de travail.
- D’une manière générale, pour la restauration de tous objets de valeur, il vous suffira de consulter M. Mongruel, président du groupe des réparateurs, 11, rue de Sévigné, Paris, 4e, qui vous indiquera la personne la plus compétente en vue de la réparation désirée.
- M. S. Brook, à Londres. — Nous avons répondu à votre demande concernant les crayons anti-buées dans le n° 2806 du 1er avril 1929, p. 335, veuillez bien vous y reporter.
- M. Favier, à Ambierle (Loire). — 11 est très probable, si vous n’obtenez aucun courant, la pile étant bien chargée avec la solution de sel ammoniac, que le charbon et le zinc se trouvent en court-circuit par le fond. Peut-être avez-vous omis, comme nous l’avons recommandé, de couler comme isolant sur le fond de la cire â bouteilles, ou ne l’avez-vous fait qu’une fois le charbon mis en place. A notre avis, c’est de ce côté qu’il faut chercher la cause de votre insuccès.
- Le Gérant : G. Masson
- 98 017. — Paris, lmp. Lahure. — 1-3-1930
- p.288 - vue 290/598
-
-
-
- 2?
- LA NATURE
- y 2830. — 1”. Avril 1930
- Parait le ier et le 15 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 291/598
-
-
-
- Parait le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI9 (T(. C. Seine ; >5.234) Tél. Littré 48-92 et 48-93
- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 a"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg ; 12 mois (24 n*‘), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 1 Un a.n.
- .... ...... mmm —. . ( DIX MOIS
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un a.n.. Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- valable pour' les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S,), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur ïT 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n• 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C*", sur une banque de Paris.
- <, Les abonnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de « La Nature * est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.___________
- LE CALCUL EN 2 SECONDES !
- aussi rapide que la pensée par ie
- L O G Z 00
- OO
- Calculateur des temns modernes
- LE LOGZ VOUS OFFRE :
- 2 fois plus de lisibilité;
- 3 fois plus de calculs;
- 4 fois plus de vitesse ;
- 5 fois plus de précision,
- que la' règle à c à 1 eu 1 s
- TOUS, MÊME LES NON-MATHÉMATICIENS, APPRENNENT . LE LOGZ EN UNE HEURE,
- AVEC SA MÉTHODE CLAIRE ET SIMPLE-
- Servez-vous des merveilleuses commodités du Servez-vous de la merveilleuse souplesse du LOGZ COMMERCIAL : Prix pour le poids, LOGZ TEC11SIQUE : Calculs iriqonométri-pour le cubage à la grosse, en monnaies de ques. changement, automatique de la puisions pays, portages inégaux, intérêts, pro- sance d'mi nombre sans report et avec la
- portions directes, 'inverses, etc. nouvelle place de ia virgule, etc.
- Appareils idoines de l'enseignement, les LOGZ permettent les nombreux calculs successifs préconisés par notre grand Henri POINCARÉ-Le LOGZ TECII'ilQUE donne en correspondance parfaite pour chaque nombre : ses racines carrée et cubique (ou son carré et son cube\, son logarithme, ses sinus et tangente ; permet tous changements de puissance des nombres sans report et avec la nouvelle virgule.
- LOGZS PARUS A CE JOUR :
- Numéros BB 1 2 3 4
- Diamètres 6 cm. - 9 cm. 15 cm. 20 cm. 30 cm.
- Longueurs d’échelle 16 cm. 24 i m. 40 cm. 58 oin. ou cm.
- Commercial 80. » 45. » 50. » 70. » 130. »
- Technique .. 58. » 75. » 135. »
- Prix avec gaine et méthode
- Envoi par poste recommandée — Etranger paiement à la commande
- Cr JLl ÆL HP Wà*> 4?#, Mue. «le Meitou — MA.MStS f3‘>
- Plus d’erreurs de pose ! Toujours des clichés parfaits!
- grâce au
- Posomoioitre Fiiippii
- L’unique appareil au monde
- comportant
- tous les organes d’un photomètre scientifique, avec sa source de comparaison.
- Poids : i5o grammes. — Dimension : 5 x 9 X 3,5 cent.
- Prix : 125 frs
- Notice sut* demande
- ÉTABLISSEMENTS FILMOGRAPH
- 47, rue de Bagneux, Montrouge (Spine)
- Tèb'ph. : Vauvirard o3-o5.
- s’adapte instantanément aux ÉTA UX
- LA RAPIDE-LIME
- Travaille avec précision T Acier, le Fer, la Fonte le Bronze et autres matières PLUS DE LIMES t PLUS DE BURINS! Tout le monde Ajusleur-Mécanicien. — Tarif francc
- JACQUOTI TBÏEBBON, 58-60, r. Régnault. Pari
- Voir descr. dans « La Nature », n* 1580. -.
- Etablissements V. M. M.
- Il, rue Blainville, Paris (5e)
- PHYSIQUE — CHIMIE — VERRERIE MICROTOME GENAT — OCCASIONS
- Catalogue Général l fr, 2g
- T.
- S.
- F.
- p.n.n. - vue 292/598
-
-
-
- N° 2830.
- LA NATURE
- Jer Avril 1930.
- LA CROISSANCE DES BALEINES
- La .Nature a déjà parlé des expéditions dans l’Atlantique Sud, entre le Cap de Bonne-Espérance et le Cap Llorn, du navire anglais Discover y fn° 2823, 15 décembre 1929) et
- l’Atlantique sud, en connexion avec le navire baleinier William Scorcsby. En même temps, une station biologique fut montée à la Géorgie du Sud et quand les baleines
- Fig. 1. — La baleine bleue, Balaenoptera musculus. Femelle de 25 m de long observée en Géorgie du Sud (d’après Discovery Reports).
- signalé la récente publication du premier volume des Discovery Reports (’).
- On sait que le principal objet de ses voyages était l’étude des baleines australes, dont la chasse est actuellement très active et prospère, dans le but d’éviter, si possible, par une réglementation utile, la destruction exagérée des grands Cétacés et le déclin consécutif des entreprises de, pêche qu’on a toujours observé jusqu’ici.
- Aussi, parmi les 'instructions données à l’expédition, l'garait avant tout le conseil de réunir toutes les informa-iions possibles sur l’âge des baleines, leur vitesse de croissance: le temps qu’elles mettent à devenir adultes, la durée de la gestation et de l’allaitement, le nombre des petits, etc.
- On sait que, de 1925 à 1929, la Discovery a parcouru
- 1. Discovery Reports. Vol. I, Cambridge University Press, 1929.
- y disparurent, en hiver, l’état-major se transporta à Saldanha Bay, dans l’Afrique du Sud, pour y continuer les recherches. De cette façon, on put, en moins de trois ans, examiner 1683 grands Cétacés, dont 1577 Baleino-ptères (785 B. musculus en 792 B. physalus) (ï). C’est assez dire l’abondance de la documentation recueillie sur ces deux espèces et tous les faits nouveaux qu’elle apporte sur la biologie des grands Cétacés.
- Ce fascicule consacré par MM. N. A. Maekinlosh, et .).-!.-G. Wheeler aux « Southern bine and fin Whales », avec les appendices de M. A. J. Clowes, est de beaucoup le plus étendu et le plus important du volume I des Discovery Reports.
- 2. Outre ces Baleinoptères ou Rorquals qui forment le fond de la population, on captura quelques Baleines franches, quelques Méga-ptères et quelques Cachalots.
- Fig. 2. — Balaenoptera physalus. Femelle de 21 m observée en Géorgie du Sud (d’après Discovery Reports).
- *
- p.289 - vue 293/598
-
-
-
- = 290 .....................:: ..—=
- Nous essaierons ici d’en dégager les données essentielles.
- L’AGE DES BALEINES
- On n’a aucune idée de l’âge que les baleines peuvent atteindre et l’on serait tenté de croire à une longue existence en raison de la taille énorme de ces Cétacés.
- MM. Maclcintosh et Wheeler ont cherché un caractère permettant de préciser l’âge, mais ils ne l’ont trouvé ni dans la taille, ni dans l’état, des épiphyses vertébrales, ni dans le nombre des corps jaunes atrophiés, ni dans l’aspect de la peau.
- Cependant, en groupant et discutant toutes ces données, ils arrivent à la conclusion suivante : les baleinoptères deviennent adultes en deux ans. La plupart des femelles tuées ont de 4 à 6 ans. Très peu d’animaux dépassent la sixième année.
- C’est là une notion intéressante et inattendue.
- B. musculus. B. physalus.
- Femelles
- Grosses.................. 10 0/0 16 0/0
- Nourrices................. 4 0/0 3 0/0
- Au repos................. 15 0/0 13 0/0
- Immatures .... 22 0/0 13 0/0
- Il est remarquable que cette population renferme 30 à 40 pour 100 d’immatures, c’est-à-dire de jeunes âgés de moins de deux ans. C’est une indication de plus de la très courte durée de vie des Baleines.
- LA CROISSANCE
- Toutes les nombreuses données recueillies par la Discovery permettent, pour la première fois, de se faire une idée exacte et complète de la vie et de la croissance des Baleinoptères.
- Ces Baleines sont migratrices. Pendant l’hiver (de l’hémisphère sud), elles disparaissent des eaux de la
- {Sud)
- (Nord )
- Femelles: msturiiê Sexuelle 23.7 M. ^•Dflâ/es: maturité sexuelle 22,6jM.— - 2?sa/son dans lesucfc'21 M -i--------------
- —saison dans le sud: 18 M.-
- Sei/rage 16 Mr -
- —Naissance----
- <Alfeiteme
- -Adolescence
- Oct. Dec
- Mai Juü. Oct. 2? Année
- I -Femelles: maturité sexuelle 20.0M rMâles: maturité sexuelle 19,4-M.--
- -Naissance 6,5 Mr
- Gestation
- -Adolescence
- Juin
- 1^ Année
- Fig. 3 cl 4. — La courbe de croissance de B. musculus el de B. physalus (d’après Discovery Reports). .
- LA POPULATION
- Comme les navires baleiniers poursuivent et capturent tous les grands Cétacés qu’ils rencontrent, on peut, cl’après les arrivages à une station de dépeçage, estimer la composition de la population d’une région.
- A Saldanha Bay, en Afrique du Sud, on observe deux groupes très tranchés : des petits, immatures, qui sont les plus abondants, et de grands animaux adultes relativement rares. Les premiers représentent 80 à 90 pour 100 des prises. Les animaux de taille intermédiaire manquent.
- En Géorgie du Sud, la population est plus variée et semble représenter assez bien le « stock » vivant des Baleinoptères. Les mâles et les femelles y. sont à peu près en proportions égales et se répartissent ainsi :
- B. musculus B. physalus
- Mâles v
- Adultes............ 28 0/0 42 0/0
- Immatures. . . • **- ... 21 0/0 13 0/0
- Géorgie du Sud et traversent vraisemblablement l’Atlan-tique sud, vers l’Afrique, dès la lin de l’automne. Elles retournent vers le sud-ouest au printemps suivant. Un peut admettre qu’elles s’accouplent et que les petits, naissent durant le séjour clans les eaux plus ,chaudes et qu’alors elles se nourrissent peu ou pas. Dans le sud, au contraire, elles trouvent une nourriture abondante et les petits y sont sévrés. Elles feraient donc chaque année deux déplacements : une migration de reproduction vers le nord en automne, une migration de nourriture vers le sud au printemps.
- En groupant toutes les données sur l’état des organes, la présence des embryons, etc., on arrive à se rendre compte du cycle de vie.
- Les Baleinoptères deviennent adultes quand ils atteignent en moyenne les tailles suivantes :
- B, musculus femelles 23,7 m.
- mâles 22,6 m.
- B. physlaus femelles 20,0 m.
- mâles 19,5 m.
- p.290 - vue 294/598
-
-
-
- La période d’accouplement s’étend de mai à août avec maximum de la fin de juin au début de juillet.
- Un seul petit est formé à la fois. Il naît avec une taille moyenne de 7 mètres chez B. musculus et 6 m 50 chez B. physalus. Le maximum des naissances de B. musculus a lieu en avril-mai, celui de B. physalus en juin-juillet. Il semble que, le plus souvent, une femelle a un petit tous les deux ans. Le jeune est allaité par sa mère, comme tous les autres Mammifères, jusqu’au mois de décembre suivant. Il atteint, au moment du sevrage, 16 mètres chez B. musculus, 12 mètres chez B. physalus.
- Le lait a pu être analysé par M. Clowes et a montré la
- composition suivante :
- Eau..................
- Graisses.............
- Albumines............
- Sucres...............
- Cendres..............
- Densité..............
- B. musculus B. physalus
- 54-41 50
- 30-36 34
- 0 0
- 0 0
- 1,43 1,43
- 1,025-1,009 1,016
- ...... =r—— ............= 291 =
- Il est donc très riche en graisses et assez pauvre en eau.
- Les jeunes, après sevrage, passent l’été dans le sud, suivent ensuite les adultes dans le nord quand vient l’hiver, retournent l’été suivant dans le sud et atteignent l’état adulte et la première maturité sexuelle au début de leur troisième année d’existence, quand ils sont a nouveau dans le nord.
- Nous reproduisons ici les graphiques deMM.Mackintosh et Wheeler qui résument tout ce qui vient d’être dit et qu’ils nous ont appris.
- On conçoit l’importance de ces données biologiques pour la réglementation future de la pêche des baleines dans l’Antarctique.
- Elles apportent aussi une contribution vraiment intéressante à la science pure, en nous révélant la courbe de croissance et le rythme vital des plus gros animaux du monde.
- Rene Merle.
- LA SUPRACONDUCTIBILITE
- DÉFINITION DE LA SUPRACONDUCTIBILITÉ
- C’est un fait connu depuis longtemps que, dans les conditions ordinaires, la résistance électrique des métaux diminue avec la température d’environ l/250e de sa valeur pour chaque abaissement d’un degré. En plongeant un métal dans l’air liquide, on en abaisse très notablement fa résistance.
- La diminution considérable qu’éprouve, dans ces conditions, la résistance du cuivre, qui devient cinq fois plus petite, peut être mise en évidence d’une façon saisissante. Constituons un circuit électrique comprenant quelques accumulateurs A (lîg. 3), une lampe à incandescence L et une bobine de fil de cuivre B de résistance assez grande. Réglons le courant de manière que le filament de la lampe soit à peine rouge. Si nous plongeons la bobine dans l’air liquide, la diminution de résistance est telle que le courant prend une valeur suffisante pour porter le filament de la lampe au blanc éblouissant.
- « A première vue, écrit M. G. Claude, on pourrait croire ce fait-dénué de toute importance,pratique. Elihu Thomson, pince-sans-rire de haute envergure, a pourtant proposé de l’utiliser pour réduire, dans une forte mesure, les quantités énormes de cuivre immobilisées dans les grandes canalisations électriques modernes. En s’arrangeant pour faire baigner dans l’air liquide ces canalisations, on pourrait réduire la section, tout en réalisant encore sur la perte en liquide une économie d’énergie suffisante pour reconstituer l’air liquide perdu par évaporation. »
- Dans l’hydrogène et surtout dans l’hélium liquides, la diminution de la résistance est naturellement beaucoup plus forte encore. Pour la plupart des métaux, la résis-
- tance diminue jusqu’à une certaine valeur résiduelle nettement appréciable qui demeure ensuite constante quel que soit l’abaissement de température. Mais apparaît dans quelques cas un phénomène très curieux, découvert par le physicien hollandais Kamerlîngh Onnes, en 1911 (*).
- Ainsi la résistance d’un filament de mercure pur enfermé dans un tube capillaire de verre, après avoir décru régulièrement jusque vers 4°2 absolus, tombe brusquement à une valeur pratiquement nulle (fig. 4). La résistance devient donc infiniment petite et son inverse, la conductibilité, infiniment grande. Suivant l’expression projmsée par Kamerlingh Onnes, on dit que le métal est supraconducteur.
- Cette supra-conductibilité a été constatée chez d’autres métaux; elle apparaît à 6°9 absolus pour le plomb et le radium G; à 3°8 absolus pour l’étain; à 2°3 absolus pour le thallium.
- CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA SUPRACONDUCTIBILITÉ
- L’importance d’un tel phénomène est facile à concevoir. A partir du moment où est réalisée la supraconducti-
- 1. Toutes les recherches sur la supraconductibilité ont été faites au célèbre laboratoire frigorifique de Leyde créé par Kamerlingh Onnes. Depuis la mort de ce grand savant à qui l’on doit de si beaux travaux sur les propriétés des corps à basses températures, le laboratoire a été divisé en deux sections. L’une, dirigée par le professeur Keesom, est - spécialisée dans les recherches thermo-dynamiques, tandis que l’autre, sous la direction du professeur de Haas, s’occupe des recherches électriques, magnétiques et magnéto-optiques. M. de Haas nous a très aimablement communiqué les renseignements les plus complets sur l’état actuel des recherches relatives à la supraconductibilité et nous tenons à lui exprimer toute notre reconnaissance.
- p.291 - vue 295/598
-
-
-
- 292
- bilité, la chaleur dégagée par le passage du courant qui, d’après la loi de Joule, est proportionnelle au produit de la résistance par le carré de l’intensité, est elle-même pratiquement nulle. Des courants très intenses, dont la densité a atteint, dans quelques expériences, la valeur énorme de 1200 ampères par millimètre carré, peuvent alors circuler dans le fil sans y provoquer aucun échauffement sensible. L’énergie électrique pourrait donc se transmettre à distance sans aucune perte dans la ligne, c’est-à-dire sans dégradation.
- Mais il y a plus. Si l’on produit dans un circuit un courant électrique et qu’on supprime la cause qui l’engendre, le courant persiste, en l’absence de toute force électromotrice, pendant un temps très long, atteignant plusieurs heures dans une expérience réalisée par Kamerlingh Onnes (fig. 5 et 6).
- M. de Haas a pu observer des courants qui, après trois jours, avaient encore la demi-, valeur du courant initial.
- Toutefois, lorsqu’on augmente de plus en plus l’intensité du courant, on constate qu’au-des-sus d’une certaine limite le conducteur perd sa supraconductibilité et dévient brusquement le siège d’un dégagement de chaleur.
- Il la perd également quand on le soumet à l’action d’un champ magnétique suffisamment intense; cela se produit pour le plomb dans ' un champ de 600 gauss environ et pour l’étain dans un champ beaucoup plus faible.
- Les deux faits essentiels de la supraconductibilité sont les suivants :
- 1° la résistivité est extrêmement faible;
- 2° c’est brusquement qu’à une certaine température la résistivité tombe d’une valeur finie à une valeur pratiquement nulle.
- Il ne semble pas que la discontinuité qui apparaît à cette température dans les propriétés électriques puisse être attribuée à un changement d’état allotropique : ni les constantes élastiques, ni la chaleur spéci-fmue., ni la conductibilité calorifique n’éprouvent en effet de variations brusques au point de discontinuité.
- Fig. 1. — Cryostat installé pour les mesures à très basses températures. (Photographie de M. de Haas.) (ci) agitateur magnétique; (b) vase contenant de l’hélium liquide; (c) vase contenant de l'hydrogène liquide; (d) vase contenant de l’air liquidé; (e) extrémité des fils qui amènent le courant et qui relient l’échantillon au potentiomètre utilisé pour la mesure de la résistance à basse température; ces échantillons (fils d’étain, de plomb, d’alliages, etc.) sont contenus dans le vase d’hélium.
- MÉTAUX SUSCEPTIBLES DE DEVENIR SUPRACONDUCTEURS
- La supraconductibilité n’a été constatée que sur un petit nombre de métaux : le mercure, le plomb, le radium Cj l’étain, le thallium, tout récemment l’indium, élément qui se rapproche de l’étain par plusieurs de ses propriétés et, ces derniers temps, le gallium. Ni le sodium ni le potassium, ni l’aluminium ne deviennent supraconducteurs.
- Des études systématiques ont été faites pour rechercher si la supraconductibilité n’existerait pas sur d’autres métaux. En réalité, ce phénomène semble jusqu’ici être assez exceptionnel. « Il faut déjà, écrivait Kamerlingh Onnes, une raison spéciale de penser qu’un métal peut devenir supraconducteur pour en entreprendre l’examen. »
- Dans le tableau de Mendelejefî, en remontant dans les colonnes du mercure, du thallium et du plomb, on arrive au cadmium. Il était naturel de rechercher la supraconductibilité sur ces corps. C’est ce qu’a fait Kamerlingh Onnes, avec la collaboration de M. Tuyn. Ayant étudié la résistance électrique de ces éléments aux très basses températures, ces savants n’ont constaté d’une manière indiscutable, sur aucun d’eux, l’existence de la supraconductibilité. Depuis lors, opérant sur du gallium parfaitement pur, MM. de Haas et Woogd ont pu établir qu’il devenait supraconducteur. Mais si le cadmium ne devient pas nettement supracon- Fig. 2. — Cryostat dans lequel les vases de
- ducteur il s’ap- Dewar ont été enlevés, ce qui laisse voir les
- i i , fils sur lesquels portent les mesures.
- proche cependant . ,. , . TT
- T r (Photographie de M. de Haas.;
- beaucoup de cet
- état. Il en est de
- même pour l’or.
- On s’est demandé si les corps s u p r aconducteurs ne formeraient pas une classe à part, tout comme les métaux ferromagnétiques. C’est ce que semble indiquer l’examen des graphiques qui représentent la variation des propriétés physiques clés éléments en fonction du numéro ntomique.
- Ainsi constate-t-on de légères perturbations au voisinage des points qui correspondent aux éléments supraconducteurs, dans les courbes représen -
- p.292 - vue 296/598
-
-
-
- 293
- bobine de grande résistance B, on voit l’éciat de la lampe L augmenter brusquement, ce qui indique que la résistance électrique du circuit a beaucoup diminué.
- tant les volumes atomiques, les inverses des points de fusion et des coefficients de compressibilité. Des particularités apparaissent également dans les schémas atomiques dérivés du modèle Rutherford-Bohr. Il semble, écrivait Kamerlingh On-nes, qu’il faille les 18 électrons et même les 18 supportés par les 32, pour arriver à la supraconductibilité. Le nombre des électrons de valence ne peut pas être élevé : le bismuth ne devient pas supraconducteur. L’atome doit se trouver, quant à sa formation, dans le commencement du développement d’une nouvelle couche; il faut qu’il y ait au moins deux électrons de valence, un seul électron ne suffit pas pour donner l’harmonie nécessaire; l’or ne devient pas supraconducteur. »
- ORDRE DE GRANDEUR DE LA RÉSISTIVITÉ RÉSIDUELLE
- De nombreuses expériences ont été faites en vue de déterminer l’ordre de grandeur de la très faible résistivité que possède un corps dans l’état de supraconductibilité. Des expériences anciennes de Kamerlingh Onnes lui avaient fourni comme valeur de la résistivité résiduelle du plomb su-
- Fig. 4.
- Variation de la résistance électrique d’un fil de mercure avec la température (en abscisses on a porté les températures absolues comptées, à partir de—273° C).
- Quand la température baisse, la résistance diminue d’abord régulièrement, mais vers 4°2 lâ résistance diminue brusquement jusqu’à une valeur pratiquement nulle.
- praconducteur un d e u x - m i 1 liardième de la résistivité à 0° C. Mais des recherches plus récentes l’ont amené à reculer cette limite et à conclure que la résistivité du plomb dans" l’état supraconducteur ne peut être supérieure à un ^millième de milliardième de sa valeur à 0°C.
- La conductibilité des supraconducteurs est telle que le cuivre se comporte, par comparaison, comme un bon isolant. On peut,
- indique M. de Haas, recouvrir un fil de plomb d’une mince couche de cuivre et l’enrouler en une bobine. Plongés dans le bain d’hélium liquide, les fils de plomb de la bobine sont très bien isolés les uns des .autres par le cuivre.
- LA SUPRACONDUCTIBILITÉ
- ET LES AUTRES PHÉNOMÈNES
- Bien des points restent encore à préciser sur la supraconductibilité, et les nombreuses théories proposées pour rendre compte du phénomène sont encore loin d’apparaître comme satisfaisantes.
- Divers physiciens, à la réunion du Conseil de physique Solvay, tenue en 1924, avaient insisté sur ce fait que le phénomène de la supraconductibilité et celui de la conductibilité ordinaire semblent être de nature essentiellement différente.
- « Il est intéressant de noter,indiquait Mme Curie, que les bons conducteurs ordinaires ne deviennent pas supraconducteurs à basse température. Cela semble déjà prouver qu’il y a bien deux mécanismes différents. »
- M. Debye signalait l’intérêt qu’il y aurait à étudier comment se comportent les supraconducteurs vis-à-vis des courants alternatifs. « Il est certain, disait-il, qu’un métal qui est supraconducteur pour des courants continus le sera également pour des courants alternatifs de faible fréquence. Mais le
- M
- Fig. 5. — Cryostat à hélium utilisé dans les expériences de supraconductibilité. (Figuré empruntée à un mémoire de M. Tuyn.)
- Le cryostat était rempli d’hélium liquide* à l’aide du siphon de verre K à doubles parois argentées, l’air étant raréfié -dans l’intervalle de ces doubles parois suivant la Quand le siphon était retiré on transportait le cryostat dans la chambre d’expérience, l’hélium vaporisé s’échappait par le tube latéral M. On voit en A, B un dispositif destiné à l’étude des courants persistants qui est représenté à une plus grande échelle sur la figure 6.
- pratique des tubes de Dewar.
- p.293 - vue 297/598
-
-
-
- 294
- Fig. 6. —Dispositif destiné à étudier les courants persistants.
- Un anneau de plomb A suspendu à une tige C dont la partie inférieure est en verre et la partie supérieure en cuivre peut tourner autour de cette tige à l’intérieur d’un second anneau de plomb fixe B. La tige C est portée par un ressort de bronze phosphoreux (représenté en D sur la fîg. 5). Au moyen d’un aimant on engendre dans A et B des courants dont l’action réciproque fait dévier l’anneau A. L’aimant étant retiré, la déviation persiste plusieurs heures.
- sera-t-il encore pour de Hautes fréquences ? Il est probable que non, et l’on pourrait donc chercher, par exemple, à quelle fréquence le. plomb cesse d’être supraconducteur. L’étude des propriétés optiques des métaux supraconducteurs sera ' sans doute intéressante aussi.»
- M. Picard a fait un curieux rapprochement entre la supraconductibilité et la. foudre globulaire : « Je voudrais faire remarquer, dit-il, que la supraconductibilité existe peut-être à la température ordinaire, dans un phénomène rare, il est vrai, mais dont la réalité ne peut plus être mise en doute : c’est le tonnerre en boule. L’accumulation d’une quantité relativement grande d’énergie dans un volume restreint en l’absence de masse pondérable, qu’il paraît réaliser, ne peut en effet s’expliquer que par l’énergie de la self-induction d’un courant considérable circulant dans une orbite à très faible résistance. Si les occasions d’observer le phénomène n’étaient pas aussi extraordinairement rares, on pourrait mettre cette idée à l’épreuve en jetant un aimant dans la direction d’un tonnerre en boule. Si celui-ci est équivalent à une bobine de self, il doit avoir une tendance à s’embrocher sur l’aimant.»
- SUPRACONDUCTIBILITÉ DES COMBINAISONS ET DES ALLIAGES
- Tout récemment, le professeur de Haas, avec la collaboration de M. VanÀubel, de Gand et de M. Woogd, de Leyde, a effectué de très intéressantes recherches sur la supraconductibilité des alliages. Ces savants ont étudié les combinaisons d’un métal supraconducteur avec un autre non-supraconducteur et constaté dans certains cas l’existence de la supraconductibilité; comme exemple de combinaisons présentant la plus nettement cette propriété, on peut citer Sb Sn et Bi„ Tl . De même les solutions solides de métaux non supraconducteurs et
- de métaux supraconducteurs peuvent présenter la supraconductibilité; les auteurs l’ont constatée notamment dans les alliages eutectiques des systèmes étain-bismuth, étain-cadmium, étain-zinc, thallium-cadmium, thallium-or.
- Mais le fait le plus curieux, tout récemment découvert, est l’existence de la supraconductibilité dans des alliages dont aucun des constituants pris isolément n’est supraconducteur. Ainsi M. de Haas et ses collaborateurs ont-ils observé la supraconductibilité d’un alliage d’or-bismuth. Ils attachent la plus grande importance à cette découverte et ils poursuivent activement la recherche de cas analogues.
- LES THÉORIES DE LA SUPRACONDUCTIBILITÉ
- Pour expliquer les phénomènes magnétiques, on sait qu’Ampère avait depuis longtemps admis l’existence, à l’intérieur des molécules des corps magnétiques, de petits courants se maintenant indéfiniment parce qu’ils ne rencontrent aucune résistance. Ces courants qui, dans les corps non aimantés, se produisent dans tous les sens possibles, prennent une orientation commune sous l’influence d’un champ magnétique. Ainsi, d’après Ampère, la résistance électrique des métaux n’apparaîtrait qu’au travers des espaces intermoléculaires. Au zéro absolu, ces espaces n’existant {dus par suite de la contraction qui amène les molécules au contact, la résistance électrique des métaux purs doit être nulle; nous avons vu comment cette prévision a été confirmée par les expériences de Kamerlingh Onnes qui a très légitimement proposé le nom de courants cV Ampère pour désigner les courants persistants, réalisés au voisinage du zéro absolu..
- On a essayé de rattacher les phénomènes de la supra-
- Fig. 7. — Installation radiographique permettant de photographier un faisceau de rayons X après.son passage à travers l’échantillon dont on veut étudier la résistance électrique à. basse température.
- Il importe que ces échantillons soièrit constitués par un cristal unique'; c'est ce que permet de vérifier l’examen des figures de diffraction produites par le passage des rayons X à travers l’échantillon. (Photographie communiquée par M. de Haas.)
- p.294 - vue 298/598
-
-
-
- 295
- conductibilité à la théorie électronique qui rend si bien compte, du moins dans ses grandes lignes, de la conductibilité ordinaire des métaux. On connaît le principe de cette théorie : les métaux sont des corps dont les atomes peuvent très facilement perdre un ou plusieurs électrons en devenant un ion positif dont la charge est équivalente à celle des électrons perdus. Un équilibre s’établit entre les atomes, les ions et les électrons ; ces électrons, souvent appelés électrons libres, se meuvent en tous sens dans les espaces libres entre les atonies ou leurs ions et prennent sous l’influence cl’une différence de potentiel appliquée au conducteur un mouvement d’ensemble qui constitue le courant électrique.
- Cette théorie rend très bien compte des propriétés ordinaires du courant électrique. Elle permet de retrouver les lois d’Ohm et de Joule et elle fournit une expression de la résistance qui est en bon accord avec les données expérimentales. Mais la supraconductibilité apparaît comme un phénomène qui rentre assez mal dans le cadre de la théorie électronique habituelle et qui impose des hypothèses complémentaires. Elle oblige notamment à modifier les idées admises sur la collision des électrons avec les atomes. Ainsi semble-t-il difficile de continuer à
- Fig. 9. — Dispositif de Kamerlingh Ormes modifié par MM. de Haas et Wiersma pour mesurer les susceptibilités magnétiques aux basses températures. (Photographie communiquée par M. de I-Iaas.)
- Il importe d’étudier ce que deviennent à très basse température les diverses propriétés physiques des corps qui montrent la supraconductibilité; le dispositif ci-dessous permet d’étudier les propriétés magnétiques.
- Fig. 8. — Taches de diffractions fournies par le passage d’un faisceau de rayons X à travers un échantillon de métal constitué par un cristal unique. (Photographie communiquée par M. de
- Haas.)
- Lorsqu’on a affaire à un échantillon qui n’est pas constitué par un cristal unique, les taches, au lieu d’être disposées en ligne droite comme sur la figure, sont tout à fait irrégulières.
- considérer comme rectiligne le chemin que parcourt l’électron entre deux chocs, qu’on appelle son libre parcours. En le calculant à la manière ordinaire, avec les données de la supraconductibilité, on obtient des longueurs invraisemblables qui, dans quelques cas, sont plus de dix mille fois le diamètre des fds minces sur lesquels on a opéré.
- On a essayé d’interpréter la supraconductibilité dans une autre théorie des métaux, proposée par Lindemann. Cette théorie suppose que, dans le métal, les électrons ne sont pas à l’état de gaz parfaits mais à l’état de solide parfait, c’est-à-dire distribués suivant un réseau spatial régulier qui pénètre dans le réseau atomique. La conduction consiste en un mouvement d’ensemble du réseau électronique à travers le réseau atomique sous l’action d’une force extérieure, le réseau électronique fondant à une des électrodes pour se figer à l’autre. Ce glissement est gêné par l’agitation thermique, et la supraconductibilité apparaîtrait à une température suffisamment basse pour que, cette agitation thermique disjiaraissant, le glissement puisse se produire sans rencontrer aucun obstacle.
- Mentionnons pour terminer une théorie toute récente proposée par le physicien anglais Barlow. Comme la précédente, elle revient à admettre qu’il n’éxiste pas d’électrons libres dans les métaux, chaque atome possé-
- p.295 - vue 299/598
-
-
-
- =f== 296 —...... -... —
- dapt toujours le nombre normal d’électrons qui lui coïrespojnd et ne pouvant en abandonner un que s’il ne reçoit un autre d’un atome voisin. Sous l’action d’une différence de potentiel les électrons passeraient ainsi d’un atome à l’atome voisin et c’est ce passage qui: constituerait le courant électrique.Dans les conditions ordinaires, lés atomes ne se touchant pas, ce passage nécessiterait u;ne absorption d’énergie qui se retrouverait sous forme de chaleur Joule. Mais à température suffisqqiment basse les atomes arrivent à se toucher par leur chhîne d’élec-
- trons périphériques ; le passage d’un électron d’un atome à un autre se fait alors sans dépense de travail et il y a supraconductibilité.
- Nous n’insisterons pas davantage sur ces théories qui certainement ne sont pas encore au point. Il n est pas douteux que la supraconductibilité constitue un phénomène aberrant qui nous oblige à modifier bien des conceptions qu’on eût pu croire définitives. Et ce n’est certainement pas là le moindre intérêt d’un tel phénomène.
- A. Boutaric.
- - LES LABORATOIRES ROUTIERS
- X, ï
- Les phénomènes de dislocation et d’usure des routes sous l’influence de la circulation, notamment des automobiles plus ou moins lourds, sont extrêmement complexes et variés, mais suivent — comme tous les autres phénomènes physiques, mécaniques et chimiques — . des lois que des savants et des ingénieurs s’efforcent d’élucider.
- On n’a pas attendu, en France du moins, les ravages causés par les camions lourds et rapides et même par les voitures de tourisme sur les anciennes chaussées, pour introduire l’esprit scientifique dans les questions routières.
- Parmi les ingénieurs routiers, nos ingénieurs des ponts et chaussées sont assurément ceux dont la culture scientifique générale est la plus avancée. Depuis longtemps, l’analyse mathématique a été employée dans les dif-
- Fig. 1. - La machine de Page férentS problèmes , de la pour l’essai route. Le côté expérimen-
- tai choc des matériaux de pavage. tal n’a pas été perdu de
- vue ; notamment le laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées poursuit inlassablement des recherches sur les matériaux et sur les liants susceptibles d’emploi sur les routes. En outre, nos ingénieurs apportent leur esprit de clarté dans ces grandes assises internationales que sont les congrès de la route où les; techniciens du monde - entier étudient les méthodes de construction, d’entretien et d’exploitation ~des chaussées.
- • Si un certain nombre de constatations ont permis de créer, d’ores et déjà, des routes parfaitement résistantes, les intérêts économiques en jeu sont tels qu’il faut bien
- se montrer difficile et tâcher de déterminer scientifiquement les solutions optimci. Nous disons les solutions, parce que les conditions géologiques, minéralogiques, climatériques et celles qui sont dues au trafic, sont trop variées et variables pour qu’une seule solution soit possible.
- La technique des routes est donc complexe et le rôle du laboratoire routier apparaît bien difficile.
- Comment, dans cette confusion, qui résulte de ces conditions infiniment diverses, pourrait-on discerner le petit nombre de faits simples, diversement arrangés, dont il faut partir pour une étude rationnelle. Comment arriver jusqu’à des grandeurs mesurables qui soient des variables indépendantes? Nous allons essayer de montrer par des considérations simples les principes de cette recherche.
- *
- * *
- D’abord, nous trouverons, dans un grand nombre de matériaux, un petit nombre de constituants, ce qui va faciliter l’étude des matériaux naturels et artificiels, mais ce n’est là qu’une partie de l’étude. Ce qui est vraiment difficile, c’est la détermination des modifications et transformations de ces matériaux sur la route, afin d’en tirer la connaissance des règles d’emploi.
- Il est inutile d’insister sxir la nécessité de ne poursuivre les investigations que sur un objet à la fois; de réfléchir longuement avant de dresser un programme de recherches; de préparer soigneusement les expériences et les essais ; enfin de contrôler et de discuter les résultats, notamment les chiffres trouvés. C’est ainsi que les prix de .revient à comparer ne doivent pas être les prix i-éels de l’essai, mais ceux d’opérations''courantes, exécutées en série, à l’échelle industrielle, dont l’essai ne fournira seulement que les éléments. Le prix n’est, {Tas la première chose à considérer; il faut cl’abord connaître les meilleurs matériaux et les meilleurs procédés de construction dont on peut ensuite diminuer les prix de revient à l’aide d’une organisation habile des chantiers et d’un matériel mécanique approprié.
- Nous retrouvons là les méthodes de Vauban, Bëlidor, Perronet, rénovées par Taylor.
- Pelletage, cylindrage, examen d’une machine de préparation ou d’emploi des matériaux, étude d’un liant, etc...,
- p.296 - vue 300/598
-
-
-
- 297
- Fig. 2. — Essai de dureté Brinell. Empreintes sur tarmacadam.
- doivent être étudiés méthodiquement de la manière suivante :
- 1° Recherche systématique de tous les facteurs influents, du point de vue où l’on se place — et l’on ne peut se placer qu’à un seul point de vue à la fois — ce qui constitue une sorte d'analyse qualitative.
- 2° Appréciation de l’importance relative des différentes influences, cela afin de n’exercer ensuite sa perspicacité et ses efforts que sur des faits réellement importants.
- 3° Mesure de ces facteurs, ou constatation précise de leur absence dans certains cas, analyse quantitative où l’excès de zèle n’est pas un défaut : il faut aller, au contraire, aussi loin qu’on le peut.
- Vérifier chaque notion nouvellement acquise avant d’aller plus avant;
- Diviser les difficultés ;
- Commencer par les objets les plus simples pour
- remonter progressivement et sûrement aux plus complexes ;
- Faire, enfin, des dénombrements si complets et des revues si générales, que l’on soit bien assuré de n’avoir rien oublié.
- C’est ainsi que la méthode cartésienne doit être employée aux problèmes routiers.
- Si nous insistons sur ces données, c’est que trop de communications sur les routes restent imprécises et incom-Fig. 3. — Essai de briquettes de mortier plètes, de sorte qu’on à la traction (Vue avant l’essai). ne peut guère leS uti-
- liser sans tout recommencer. L’étude qualitative de' certains matériaux et de certains procédés est d’ailleurs loin d’être achevée.
- Ce sera la première tâche du laboratoire routier.
- LES ESSAIS ET ÉTUDES DES MATÉRIAUX
- On y .effectue, depuis longtemps, des essais sur les matériaux.
- Or, on peut remarquer que les, méthodes d’essais ne s’accordent pas toujours avec les circonstances nouvelles nées de la circulation automobile.
- C’est ainsi que les matériaux de pavage sont essayés à la compression, à l’usure et au choc (•').
- La résistance au choc. — Quel renseignement tirera-t-on des caractéristiques de résistances au choc, déterminées sur cubes de 4 cm cl’arête soumis à l’action d’un
- 1. Cf. Les Matériaux des Constructions Civiles et des Travaux Publics, tome I (Les Pierres), tome II (Les Liants) par Ed. Marcotte, Gauthier-Villars, éditeurs.
- mouton relativement léger, 4 kg 5 tombant d’une hauteur relativement grande, 2 m, tandis que les pavés sont, au contraire, soumis à l’action de très lourdes masses tombant de peu? Et pourtant les laboratoires américains, si souvent cités comme modèles, utilisent la machine de Page (fîg. 1) extrêmement ingénieuse, mais qui ne peut essayer que des éprouvettes encore plus petites.
- Cet effort de standardisation, représenté par les méthodes d’essais, est donc incomplet. Comment donner, dans un cahier des charges, les chiffres demandés pour l’essai au choc. Si l’on est trop large, on risque d’acheter des matériaux impropres; si l’on est trop rigoureux, on écartera des roches convenables que l’on paierait moins cher.
- En outre, un essai d’un ou deux échantillons prélevés dans une fourniture, ne représente qu’une probabilité de bonne qualité. Il vaudrait mieux employer des méthodes simples, facilement applicables à un plus grand nombre d’éléments.
- Le problème revient donc à étudier à fond quelques matériaux types et à ne retenir, ensuite, que les caractéristiques les plus importantes pour en tirer des méthodes d’essais faciles et peu coûteuses.
- Les essais de dureté. — L’essai à la bille de Brinell a permis de multiplier, dans les usines, les essais de réception des aciers;
- Fig. 4. — La même traction que celle de la figure 3 est exercée sur une briquette de mêmes dimensions en caoutchouc.
- La distorsion du quadrillage montre l’inégalité de la répartition de la traction.
- p.297 - vue 301/598
-
-
-
- 298
- Fig. 5. — Essais à la compression de cubes.
- (Les pyramides des extrémités ont été obtenues à la presse de la manière ordinaire; les cubes du centre ont été placés
- contre plateaux graissés).
- cette .mesure rapide de la dureté superficielle peut-elle convenir aux matériaux routiers?
- Les essais que nous avons poursuivis sur les matériaux calcaires montrent que l’on pourrait, très rapidement, vérifier ainsi au moins l’homogénéité d’une fourniture. La mesure du diamètre de l’empreinte, ou de l’enfoncement, d’une bille soumise à une certaine pression qui la fait pénétrer dans la substance considérée peut être faite très vite avec une grande précision.
- Cette méthode du billage pourrait servir aussi à l’essai des matériaux plastiques à base de bitume ou de goudron.
- Il n’y a, malheureusement, aucune liaison mathématique entre la dureté Brinell et la résistance à l’écrasement. Il faudrait déterminer une série de paramètres pour toute la*série des différentes espèces de matériaux utili-
- sables. L’essai de Brinell est d’ailleurs inapplicable aux pierres dures.
- Heureusement, la machine Dorry('), qui donne l’usure sur meule sablée, est un autre moyen de constater la dureté.
- Les seléromètres, notamment les appareils basés sur le rebondissement plus ou moins haut d’une bille élastique, constituent une autre méthode assez séduisante par sa simplicité.
- La machine Deval ('), qui soumet les matériaux d’empierrement à des chocs modérés avec frottements réciproques, est excellente pour l’appréciation des qualités.
- 1. Les Matériaux (Gauti-iier-Villars, éditeurs) où l’on trouvera notamment un tableau très complet des coefficients de qualité des différentes roches.
- Fig. 6. — Un coinjie la salle des presses au Laboratoire d’essais de pierres de l’Ecole des Ponls et Chaussées
- (à gauche au fond : la machine Deval).
- p.298 - vue 302/598
-
-
-
- 299
- Fig. 7. — Effet de la gelée sur les pierres naturelles
- (cubes de 0 ni 07 d’arête après 25 gels et dégels successifs). Cas d’effritement progressif (moulinage). En haut, de gauche à droite ;2 calcaires communs, mollasse, calcaire marneux. Au-dessous : 2 calcaires oolitliiques, calcaire à cntroqucs, travertin.
- Mais les machines de choc doivent être perfectionnées.
- Les essais des liants. — L’essai des liants hydrauliques et des liants à base de goudron ou de bitume a fait l’objet de recherches nombreuses et précises.
- Il est cependant assez malaisé d’interpréter les chiffres des laboratoires.
- Prenons, par exemple, l’essai des ciments, soit en pâte pure, soit en mortier confectionné avec un mélange comprenant, en poids, une partie de ciment pour trois de sable normal et composé de leucate, sable standard utilisé pour avoir des chiffres comparables.
- Parmi les essais réglementaires (que nous avons décrits et commentés dans notre ouvrage sur les matériaux) on trouve d’abord les essais de traction et de compression.
- On confectionne des briquettes ayant la forme indiquée sur la hg. 3, que l’on tire entre des griffes soumises à un effort parfaitement détermine et croissant, jusqu’à l’arrachement, c’est-à-dire la séparation de l’éprouvette en deux parties égales.
- On appelle résistance à la traction (ou à l’arrachement) le quotient de l’effort total de traction ayant amené la rupture par le nombre de centimètres carrés de la section rétrécie de l’éprouvette en 8 employée.
- C’est là une manière d’exprimer la résistance, mais il ne faudrait pas croire que l’on chiffre ainsi la tension qui a produit réellement la rupture.
- Des mesures photoélasticimétriques permettent de vérifier la loi de répartition des tensions dans la section la plus faible de l’éprouvette jusqu’au moment cle la rupture. On trouve que la pression sur les bords est près de deux fois la pression moyenne.
- Cela est dû à l’irrégularité de la répartition des tensions dans l’éprouvette, comme on peut en avoir idée en examinant le quadrillage, régulier avant l’essai, d’une éprouvette en caoutchouc de même forme, soumise à la traction dans le même appareil (fig. 4).
- Voilà donc un essai très simple, dont l’interprétation est loin d’être immédiate.
- Fi y. 8. — Effet de la gelée sur les pierres naturelles.
- Production d’éclats et effritement. De gauche à droite : calcaire oolithiqug, calcaire à entroques, calcaire marneux, travertin.
- p.299 - vue 303/598
-
-
-
- = 300 -....... 1 —1 =
- Los deux moitiés de l’éprouvette rompue sont ensuite placées l’une au-dessus de l’autre et essayées ainsi à la compression jusqu’à rupture. Ici, encore, le chiffre de résistance à la compression est discutable.
- Pour rendre plus précis l’essai de compression, on le lait sur cubes. Lorsqu’il s’agit de bétons, on emploie même des cubes de 20 cm d’arête dont la rupture nécessite l’emploi de presses puissantes (300 et même 400 tonnes). Cet essai paraît indiscutable.
- Cependant, lorsque l’on graisse convenablement les plateaux de la presse pour détruire, autant que possible, les résistances dues au frottement des bases des cubes sur les plateaux, on n’obtient plus que la moitié des résistances trouvées avec les plateaux secs. En essayant, certaines pierres (fig. 5), notamment des marbres, on a trouvé, dans le cas de plateaux graissés, 'des résistances de l’ordre du quart de celles qu’on obtient en comprimant les mêmes pierres entre plateaux secs. La rupture, au lieu de se faire en forme de pyramides opposées par le sommet, s’effectuait en créant une série de prismes dont les arêtes étaient orientées normalement aux plateaux de la presse. Ces exemples n’ont pour but que de
- LES ROUTES-LABORATOIRES
- Mais si seul le laboratoire permet de débrouiller les difficultés en étudiant à fond les éléments, ce n’est que sur la route que l’on juge un matériau.
- Encore faut-il que ces matériaux soient utilisés dans des conditions comparables, notamment sur le même fond et dans la même section soumise aux mêmes circonstances et au même trafic. D’où l’idée de transformer une certaine section routière bien choisie, en laboratoire d’essais. La route-laboratoire a déjà donné à Bry-sur-Marne une série de résultats utiles en ce qui concerne surtout.l’emploi du ciment. La piste de Vincennes va permettre de poursuivre plus aisément les comparaisons qui porteront sur un plus grand nombre de types différents de routes.
- Déjà, au commencement du règne de Louis-Philippe, un manège, établi sur les conseils de Navier, Coriolis et Raucourt, avait fourni des résultats utiles.
- On employait-.
- 1° Un petit manège comprenant dix routes de matériaux différents placés sur un fond uniforme;
- 2° Un grand manège établi sur cinq, sols différents sur
- Fig. 9. — Effet de la gelée sur des pierres naturelles, divisions en plaquettes. De gauche à droite : calcaire commun,- 4 calcaires oolithiques.....................
- montrer toutes les difficultés que l’on doit résoudre, dès que l’on essaye des matériaux.
- Les recherches. — Autrement ardues que les essais sont les recherches proprement dites.
- Les matériaux se transforment sous les conditions diverses et changeantes de température, d’humidité, d’acidité, de compositions variées de l’eau et de l’air avec lesquels ils sont en contact, etc....
- L’état colloïdal est particulièrement sensible à ces influences.
- Il est établi que les" ciments, pendant leur durcissement, des émulsions bitumineuses et d’autres matériaux sont sous l’état colloïdal ou quasi colloïdal.
- Ainsi l’une des branches les plus délicates de la physicochimie doit être utilisée par les laboratoires routiers.
- Depuis longtemps, les matériaux sont étudiés sous des froids pouvant atteindre 20° C. au-dessous de zéro. Les figures 7, 8, 9,10 et 11 montrent les effets de la gelée sur les'pierres naturelles. Il s’agit de cubes 'de 7 cm d’arête ayant été soumis au laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées à 25 gels et dégels consécutifs.
- chacun desquels on avait construit trois chaussées différentes.
- En faisant passer un équipage parfaitement défini et en mesurant toutes les valeurs à considérer, on avait ainsi recueilli des rapports intéressants entre les effets des ressorts, des jantes, des vitesses, des chocs et la tenue des chaussées et des sols de fondation, rapports que l’on aurait vainement cherchés sur les routes ordinaires à cause des différences que l’on n’avait pas sur le même manège.
- Ne faisant varier qu’une variable à la fois, on en apprenait plus, par une étude approfondie de quelques mètres, que par une inspection cîe cent lieues.
- La Commission d’études avait d’ailleurs l’intention, après avoir dégagé des manèges toutes les notions indispensables et utiles, de vérifier sur route les résultats obtenus et d’élucider l’influence des conditions particulières qu’on y peut rencontrer.
- Nous ne pouvons décrire en détail cette méthode et les instruments de mesure imaginés et réalisés par les savants ingénieurs, mais nous signalerons que ceux-ci ne bornèrent pas leurs études à la route, partie passive, mais les éten-
- p.300 - vue 304/598
-
-
-
- 301
- Fig. 10. — Effet de la gelée sur des pierres naturelles.
- Creusement de moies ou parties tendres, enlèvement d’éclats. De gauche à droite ; calcaire commun. 3 travertins.
- dirent à la voiture et à son moteur ordinaire à cette époque : le cheval; tout cela dans l’intérêt du gouvernement qui construit et entretient les routes, dans l’intérêt du roulage, et dans l’intérêt du pays dont la prospérité est liée à la perfection des transports. C’est ainsi que la Commission fut amenée à inventer Yactmomètre, instrument qui recueille les tractions partielles exercées par le cheval, en intensité et en durée.
- L’AUTOMOBILE — LABORATOIRE
- Les principaux résultats des travaux de cette commission sont encore applicables aujourd’hui.
- Les expérimentateurs de 1833-34 avaient étudié particulièrement l’organe de contact entre la route et le véhicule : les roues.
- Ils avaient mis en lumière l’influence des jantes, des suspensions et de la vitesse.
- Les automobiles agissent autrement que les voitures de 1830. La jante est armée d’un bandage pneumatique, les suspensions permettent les grandes vitesses, mais n’empêchent pas les chocs, les rebondissements, les meulages de la chaussée à la retombée des roues. Les constructeurs ne l’ignorent pas et ont perfectionné leurs châssis. Ils ont, bien entendu, négligé l’usure des routes, hors du champ de leurs intérêts commerciaux immédiats.
- Mais les ingénieurs ne peuvent se désintéresser des automobiles.
- Il est fâcheux que l’on ne puisse avoir des chiffres pour interdire tel véhicule et telle vitesse, ou tout au moins
- pour graduer les impôts, d’après le pouvoir destructeur des véhicules.
- Ce n’est d’ailleurs pas uniquement au point de vue des dépenses d’entretien et au point de vue fiscal que cela est regrettable.
- Les expériences sur les conditions de travail des automobiles profiteraient à l’industrie automobile elle-même, notamment aux véhicules lourds pour lesquels la.question d’économie est particulièrement opérante.
- Lorsque l’automobile travaille dans de mauvaises conditions, ce ne sont pas seulement les bandages -et la route qui souffrent, mais les dépenses de combustible et d’huile qui s’exagèrent.
- La masse de matériaux inutilement détruits sur la route est la mesure d’un double travail perdu :ien réfections de chaussée, d’une part; en traction, c’est-à-dire en carburant, d’autre part.
- Ainsi les ingénieurs routiers ne doivent pas considérer l’automobile comme une force de la nature; ils doivent chercher à perfectionner le système complet route-véhicule. Les bandages, les suspensions devraient être standardisés et des encouragements aux meilleurs dispositifs devraient être donnés sous forme de dégrèvements fiscaux.
- Voici, par exemple, les qualités que l’on doit rechercher dans une bonne suspension ;
- 1° Grande flexibilité immédiate;
- 2° Réduction :
- a) du poids des parties non suspendues;
- Fig. 11. — Effet de la gelée sur des calcaires naturels:
- division en gros fragments irréguliers. * De gauche à droite : calcaire oolithique, calcaire suboolithique, calcaire lacustre, travertin.
- p.301 - vue 305/598
-
-
-
- 302
- Fig. 12. — Laboratoire de l'Institut d’essais des matériaux à Montevideo.
- b) de l’inertie de l’organe élastique;
- 3° Reprise de contact avec le sol aussi immédiate que possible (la roue ne devrait jamais abandonner le sol) ;
- 4° Emploi rationnel des ressorts, lesquels ne devraient jamais travailler par torsion;
- 5° Amortissement rapide des oscillations, même aux grandes vitesses; .
- 6° Réduction de la flexibilité avec la chargé;
- 7° Moindre répercussion des chocs, d’une roue sur l’autre. *
- Mais'puisque nous devons faire l’étude de la voiture
- Fig. .13. —- Une autre salle de. laboratoire de V Institut, d’essais des matériaux à Montevideo.
- et surtout de ce que nous pouvons appeler ses organes offensifs, pourquoi ne pas utiliser cette étude à la mesure des efforts destructeurs.
- A toute action sur la chaussée correspond une réaction sur le bandage, sur la jante, sur le système de suspension et sur le châssis. Est-il beaucoup plus difficile de mesurer ces réactions que d’enregistrer, sur avions, les réactions aérodynamiques ? Un avion-laboratoire, engin muni d’appareils de mesure des actions qui s’exercent en vol dans les différentes parties de l’aéronef, est un appareil éminemment utile; /’automobile-laboratoire compléterait le laboratoire routier et la route-laboratoire.
- les résultats
- En attendant cette nouveauté, nous pouvons être fiers des résultats déjà établis.
- Nous n’en donnerons que deux exemples, parmi les travaux récents du laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées. Il s’agit ici : des goudrons et des bitumes, d’une part, des silicates de soude, d’autre part.
- Les produits hydrocarbonés ont pris une importance considérable dans l’entretien des routes. Les analyses et les recherches à leur sujet ont conduit, notamment, à la détermination des conditions dans lesquelles des goudrons préparés ou reconstitués trouvaient remplacer les goudrons bruts, cela afin de ne pas perdre les huiles légères, les benzols, les phénols et une partie des huiles de créosote que contiennent les goudrons bruts. Un appareil, le consistomètre E.P.C., permet maintenant de mesurer facilement la consistance d’un goudron. En outre, le laboratoire a donné à l’administration le moyen de contrôler la qualité et la constitution des asphaltes et des bitumes et, tout dernièrement, des émulsions aqueuses de bitume, qui viennent, d’être introduites dans la technique des chaussées.
- Quant aux silicates de soude, ils peuvent être employés, pour le durcissement des calcaires. Les travaux de MM. Jodot et Des-lanclres permettent maintenant de reconnaître les matériaux susceptibles d’être ainsi améliorés et les précautions à prendre pour le choix et l’emploi des divers silicates industriels.
- Ces recherches ont été basées sur des investigations ^nombreuses et délicates, d’ordre minéralogique, micrographique, cristallographique, physico-mécanique, chimique, etc.... Nous regrettons de ne pouvoir les décrire en détail et les commenter, mais on en trouverait le résumé dans les notes de M. Le Gavrian, Inspecteur Général et de MM. Jodot et Des-landres, collaborateurs du Laboratoire, dans les Annales des Petits et Chaussées, tome III, 1929, cela, en ce qui concerne les silicates de
- p.302 - vue 306/598
-
-
-
- soude. Pour les goudrons et bitumes, on pourrait consulter notre livre sur les liants, tome II de l’ouvrage , Les Matériaux des Constructions civiles et des Travaux Publics, Gauthier-Villars, éditeurs.
- *
- Le laboratoire routier est donc un organe de plus en plus indispensable, qui doit rester en liaison avec les
- ........... . .......— 303 =
- ingénieurs routiers afin de les aider clans leur tâch difficile. Un certain nombre de recherches doivent être poursuivies dans le moindre délai possible; le laboratoire doit être doté de tous les moyens nécessaires en personnel et en matériel, il ne doit pas s’isoler et ses collaborateurs doivent fréquemment parcourir les routes pour bien se rendre compte des difficultés afin de les mieux résoudre, dans un esprit à la fois scientifique et pratique.
- . Edmond Marcotte.
- = LE GRAND AVION DE TRANSPORT -DYLE ET BACALAN DE 1800 CHEVAUX
- L’industrie aéronautique française vient de terminer un remarquable prototype d’avion de transport : le Dyle et Bacalan 70. Cet appareil se classe, par ordre cle grandeur
- Line partie de sa structure ainsi que les ferrures de raccordement de ses différents éléments sont en acier à haute résistance. Quant au recouvrement de ses surfaces
- Fig. 1. — L'avion D. B. 70 vu de face. ~ -
- Los mécaniciens placés de part et d’autre de l’hélice centrale donnent l’échelle de l’appareil.
- et de performances, aussitôt après le « Géant » Junkers, G. 38, lui aussi récemment achevé.
- Le Dyle et Bacalan 70 vient d’effectuer, à Bordeaux-Mérignac, sous la conduite du pilote Charles Descamps, de nombreux vols parfaitement réussis. Avec sa pleine charge, soit au poids total de 13 000 kg, la lourde machine a décollé en quelque 12 secondes après avoir roulé 120 m seulement. Au cours de ce même essai, Descamps put également atteindre l’altitude de 1000 m., en moins de six minutes.
- Le D. B. 70 se présente sous l’aspect d’un grand monoplan construit entièrement en métal.
- et des fuselages il est assuré par des tôles en duralumin.
- Si on examine sa voilure, on remarquera que celle-ci comporte une partie centrale,. très épaisse, dans laquelle se trouve logée toute la charge. Cette partie centrale est complétée par deux ailes latérales assujetties par des mâts obliques. Ces ailés, de forme rectangulaire vues èn plan, sont d’une réalisation aisée et économique.
- C’est là une des particularités les ; plus originales du D. B. 70. Tout l’avion est construit, en effet, autour de là partie centrale de sa voilure. Celle-ci, très robustement établie avec 4 longerons poutres en acier, supporte, à l’avant, les 3 fuseaux moteurs et le poste de pilotage;
- p.303 - vue 307/598
-
-
-
- 304
- Fuseaux moteurs accessibles en vol
- Poste de pilotage
- Passage réservé aux mécaniciens
- Aile
- latérale. \____
- Poste du navigateur
- Promenoir des passagers
- d Vf £§1L,
- Couloir
- Lavabo-
- 2 £.
- 2. E
- Cabines l,2,3, k garnies de d sièges chacune
- zpjpp
- ZS
- Bord de fuite releva b/e permettant l’introduction rapide des gros colis dans la soute
- Bord d’attaque ~ du plan central garni de fenêtre
- IA lie latérale jLSalon 8 fauteuils, 2 tables
- L Cuisine Soute à bagage .Panneau ouvrable avec escalier repliable pour l’entrée des passagers
- Fuselage servant ~exc/usivement à supporter les empennages et les béquilles
- Fig. 2. — Schéma des différents aménagements du D. B. 70 en avion commercial de jour.
- Une partie des fauteuils peuvent être remplacés par des couchettes, ou, dans le cas de son utilisation en sanitaire, par des supports de brancards.
- à l’arrière, les 2 fuselages et leurs empennages; sur les côtés, les demi-plans latéraux et leur haubanage, puis, enfin, le train d’atterrissage.
- Le Dvle et Bacalan 70 emmènera 28 passagers et un équipage de 5 personnes avec une charge de carburant suffisante pour lui assurer un rayon d’action de 1000 km.
- Les détails de son aménagement sont fort curieux : les passagers accèdent à leur place par une coupée ménagée sous le corps central.
- De là, et après avoir traversé successivement la soute
- à bagages et un petit couloir conduisant à la cuisine et au lavabo, ils déboucheront dans un salon central. Ce dernier mesure 5 m de long, près de 3 m de large et 1 m 90 de haut ; il contient deux tables et huit fauteuils. Ce salon est flanqué, à droite et à gauche, de 4 cabines dans lesquelles pourront prendre place 20 voyageurs. 'De plus, un promenoir, éclairé par les fenêtres installées dans le bord d’attaque du plan central, permettra aux voyageurs de se dégourdir les jambes. Parallèlement à ce promenoir se tromre un couloir utilisé par les mécaniciens pour accéder aux groupes moto-propulseurs.
- Ainsi que sur le Do X et le Junkers G 38, la surveillance des moteurs est confiée à un chef mécanicien. Les deux pilotes, installés à l’avant-, dans un poste en conduite intérieure, n’ont donc qu’à s’occuper exclusivement de la marche de l’avion.
- Voici les principales caractéristiques du D. B. 70, elles donnent une plus juste idée de son importance : envergure totale : 37 m ; longueur : 21 m 30 ; hauteur : 7 m 50 ; surface portante : 200 m2 ; puissance : 3 moteurs Idis-pano démultipliés de 600 ch chacun. ; poids à vide : 7700 kg; poids du combustible et de l’équipage : 2200 kg; charge utile
- payante : 3100 kg; poids total en ordre de vol : 13 000 kg; vitesse maximum, au sol: 190 km-heure. D’une formule moderne, le D. B. 70 est une belle pièce qui fait honneur à ses réalisateurs, les ingénieurs Létang, Foucault et Gschwindt, avec ses moteurs accessibles en vol, ses postes de pilotage, de mécanicien, de navigateur et de radio indépendants les uns des autres, grâce aussi à ses vastes cabines se prêtant aux aménagements les plus variés. Par sa construction totalement métallique enfin, cet avion se présente comme une solution viable, susceptible d’être fructueusement extrapolée lorsqu’il s’agira d’étudier les grands transaériens de l’avenir. André Frachet.
- LES GAZOMÈTRES SANS EAU
- Les gazomètres à eau du type courant exigent, pour supporter la pression des masses liquides, des fondations lourdes et des parois fort épaisses; leur fonctionnement, compliqué/ entre autres, par la nécessité, en hiver, de prévoir un chauffage approprié, est assez dispendieux.
- (7est pourquoi la construction de gazomètres sans eau est, depuis assez longtemps, à l’ordre du jour. Or, de tous les systèmes jusqu’ici préconisés, celui que nous décrirons brièvemènt dans cet article a seul donné satisfaction et l’on s’en est, ces années dernières, servi, en Allemagne et ailleurs, surtout aux Etats-Unis,.pourTinstaller les: gazomètres les plus puissants qui existent. La plupart de ceux-ei servent à l’emmagasinàge du gaz d’éclairage, en
- partie aussi, — .dans le district industriel rhénano-westphalien par exemple, — à sa distribution à distance.
- D’autres trouvent un, emploi rémunérateur, dans l’industrie chimique, pour l’emmagasinage de l’hydrogène et de l’anhyclride carbonique.
- Un gazomètre sans eau d’après ce système comporte un réservoir polygonal ayant de 8 à 28 faces et un disque obturateur animé, à l’intérieur de celui-ci, d’un mouvement vertical de va-et-vient et qui délimite, par en haut, l’espace occupé par le gaz. Les parois du réservoir se composent de tôles rectilignes reliées par des soudures étanches aux piliers qui en constituent les arêtes. La près-
- p.304 - vue 308/598
-
-
-
- Fig. 1. —. Le plus grand gazomètre d’Europe. Le gazomètre sec de l’usine à gaz de Hamborn. Il mesure 106 m de haut-., 68 m de diamètre. Sa capacité est de 300 000 m%
- sion du gaz est réglée par des poids en béton placés sur le disque.
- Pour assurer l’étanchéité du disque obturateur le long de son pourtour, on y a prévu une rigole annulaire subdivisée par des parois rayonnantes et reliée, sans en empêcher les déplacements, à l’anneau-garniture proprement dit. Cette rigole est remplie d’une huile de goudron spéciale, laquelle n’altère en aucune façon le contenu gazeux du réservoir, de même que les gaz n’exercent sur elle aucune action chimique. L’excès d’huile s’écoule dans l’intervalle entre le réservoir et le disque ; il constitue, à la face intérieure des parois verticales, une couche liquide permanente et qui les protège contre les corrosions. L’huile suintant le long des parois va s’accumuler dans des vases prévus à cet effet.
- La toiture du gazomètre est, soit en bois
- 305
- ]Sortie 'de l'air
- Entrèe
- 'du gaz
- Fig. 2. —• Coupe d’un gazomètre sec.
- garni d’une double couche de carton, soit en tôle. La pointe du toit constitue une grande calotte ventilatrice ; une paroi en verre, dans la partie supérieure du réservoir, donne accès à la lumière du jour.
- A plusieurs étages, on a établi, à l’extérieur, des
- A
- p.305 - vue 309/598
-
-
-
- == 306 :::-- .=
- couloirs communiquant entre eux par des escaliers rectilignes.
- Les gazomètres sans eau présentent,- en dehors d’une construction plus simple et moins dispendieuse, l’avantage d’un poids incomparablement moindre.' Le sol ne se trouve exposé qu’à un vingtième environ du poids correspondant à un réservoir à eau. L’encombrement est bien moindre ; la hauteur du réservoir étant supérieure au diamètre, on peut mettre à profit le terrain disponible mieux qu’avec un réservoir à eau. D’autre part, un réser-
- voir de ce genre peut, n’importe quand et sans en interrompre le service^ être agrandi en y ajoutant un ou plusieurs étages. Le gaz accumulé, ne venant pas au contact de l’eau, ne saurait absorber aucune humidité: bien au contraire, l’eau dégagée réalise, d’une façon bon marché et simple, le dessèchement du gaz. Puisque le disque obturateur suit parfaitement toute variation de volume, la pression du*’gaz reste presque constante.
- ‘ D1 A. Gradenwitz.
- DÉTERMINATION IMMÉDIATE DE LA COULEUR DES SPORES DES CHAMPIGNONS
- Les spores des champignons sont blanches, roses, ocracées, brun-pourpre ou noires. Ces différentes colorations ont une importance capitale pour la détermination des genres et des espèces-, malheureusement, pour les reconnaître, il faut un temps trop long. Le procédé généralement employé, à moins que l’on ne dispose d’un micro-
- pig, l. — Sur le papier buvard a, une goulle d'eau tenant en suspension une matière pulvérulente forme une auréole b, les corps en suspension [s’accumulent en c. .
- scope, consiste à déposer le champignon, les feuillets tournés en bas, sur une feuille de papier blanc (ou coloré si on suppose les spores blanches), et à laisser en place (pendant douze à vingt-quatre heures : au-dessous, sur le ‘papier, apparaît alors une poussière blanche ou colorée formée par les spores qui sont tombées.
- ; Cette longue attente est un grand inconvénient, au point que plusieurs auteurs, dans des ouvrages destinés, il est \rai, aux simples amateurs mycologues, négligent cet élémenl de classification et de diagnose, uniquement parce qu’il se manifeste trop tard. Du nombre de ces 'auteurs est E. Taupin : «Nous laisserons de côté, écrit-il, 'jeette classification, bien qu elle soit la plus scientifique. Pour faire de la vulgarisation mycologique, il vaut mieux employer, comme moyen d’analyse, des caractères immédiatement visibles. D’ailleurs la couleur des spores ne peut pas se déterminer séance tenante » (*). Le même
- i. E. Taupin : Les champignons comestibles cl vénéneux. Fernand Nathan, éditeur, Paris.
- auteur pourtant reconnaît qu’il est indispensable, dans certains cas, de se rendre compte de la couleur des spores, ne serait-ce que comme moyen de contrôle.
- Il y aurait donc grand intérêt à pouvoir vérifier hâtivement la coloration des spores, et c’est pourquoi nous avons pensé que nous pourrions être utile aux mycologues en leur faisant connaître un procédé qui permet de faire cette vérification immédiatement, séance tenante, sur le terrain même.
- Notre procédé a pour base la propriété que possède le papier buvard d’absorber Veau alors quil retient tous les corps étrangers qui s’y trouvent en suspension. On peut se rendre compte de cette propriété en déposant sur du papier buvard une ou deux gouttes d’eau tenant en suspension une matière très finement pulvérulente (noir de vigne, noir de fumée, couleur d’aniline insoluble dans l’eau, etc.) : l’eau absorbée par le buvard détermine une large auréole alors que les corps étrangers en suspension s’arrêtent et s’accumulent au centre, y formant une tache très nettement apparente (fig. T).
- ' Or les spores des champignons ne sont pas soluble» dans l’eau, lorsqu’on les y mélange : elles s’y trouvent simplement à l’état de suspension, et si nous déposons sur du papier buvard une ou deux gouttes d’eau contenant des spores, nous constatons le même phénomène que nous avons indiqué lorsque nous opérons avec de l’eau contenant des corps pulvérulents insolubles. Par notre procédé, nous réalisons un véritable filtrage qui arrête toutes les spores tenues en suspension, et la preuve que les spores se séparent dè l’eau et ne se répandent pas avec elle à travers les mailles du papier buvard, c’est que la tache qu’elles forment par leur accumulation au centre de l’auréole est toute eM surface et ne traverse pas le papier. On peut, sur cette donnée, procéder de différentes façons à la recherche de la coloration des spores. Nous recommandons plus particulièrement les trois manières suivantes :
- 1° Au bout d’une allumette ou d’une toute autre petite tige, on enroule du coton hydrophile de façon à faire un petit plumasseau (fig. 2); à.l’aide de ce plumasseau que l’on trempe dans de l’eau pure, le champignon étant tenu horizontalement et renverse, on dépose sur les feuillets
- p.306 - vue 310/598
-
-
-
- quelques gouttes d’eau. On promène délicatement le plumasseau toujours imbibé d’eau sur les bords et entre les bords des feuillets de façon à faire pénétrer l’eau entre les feuillets. Avec ce même plumasseau, on reprend l’eau que l’on a répandue sur les feuillets ou tout au moins une partie de cette eau, on dépose le plumasseau verticalement sur du papier buvard blanc, et on l’y laisse durant quelques secondes à une minute. On voit aussitôt l’eau se répandre dans le buvard tout autour de la base du plumasseau, et lorsqu’on retire ce dernier, on constate, à l’endroit même où il était en contact avec le buvard, l’existence d’une tache très nettement apparente : la coloration de cette tache correspond à la coloration des spores du champignon. Pour ne pas être obligé de tenir le plumasseau tandis qu’il repose sur le buvard on n’a qu’à l’appuyer contre un support formé d’un objet quelconque, cl’une pierre par exemple.
- 2° On découpe une partie du chapeau du champignon en menus morceaux; on introduit ces morceaux dans un petit récipient (tube à essai ou petit flacon), dans lequel on verse un peu d’eau, tout juste assez pour que son niveau vienne affleurer le niveau du dépôt que forment
- Fig. 3. — Application directe d'un tronçon de chapeau de champignon sur le papier buvard.
- les morceaux au fond du récipient. On agite pour libérer les spores et les mélanger à l’eau; on coiffe ensuite l’ouverture du récipient avec un bout de linge bien tendu, l’extrémité d’un mouchoir, par exemple, de façon à faire un tamis qui s’oppose au passage des débris abandonnés par les morceaux du chapeau, mais laisse passer les spores en suspension dans l’eau. On laisse couler sur le papier buvard une ou deux gouttes de l’eau contenue dans le récipient, et on voit apparaître la tache formée par les spores, tache qu’entoure l’auréole formée par l’eau débarrassée de tous les corps étrangers qu’elle tenait cri suspension.
- 3° On peut encore appliquer le procédé sans avoir recours au plumasseau de coton hydrophile ni à aucun récipient. On découpe une partie du chapeau, à laquelle on donne une forme rectangulaire mesurant environ un centimètre et demi de haut sur un centimètre de large (fîg. 3). On coupe l’extrémité des feuillets du côté de leur extrémité libre et sur l’autre côté on plante dans la chair une épingle, un petit morceau de bois ou mieux une plume à écrire : cet appendice est destiné à tenir le morceau de chapeau et à l’avoir bien en main. Celui-ci étant tenu horizontalement, à l’aide d’une feuille empruntée à un
- 307
- Fig. 2. — Plumasseau d’ouate hydrophile.
- arbre quelconque, on laisse tomber par-dessus quelques gouttes d’eau que l’on fait pénétrer entre les feuillets en les écartant légèrement ou simplement, en malaxant le morceau de chapeau entre le pouce et l’index. Les mouvements alternatifs de compression et de décompression dont s’accompagne cette manœuvre ont pour résultat, les premiers de chasser l’air qui se trouve emprisonné entre les feuillets, les seconds de faire pénétrer l’eau entre les feuillets par le vide qu’ils déterminent en permettant aux feuillets de s’écarter à nouveau. Ces derniers, ainsi lavés sur leurs bords et sur leur deux faces, cèdent leur spores à l’eau. On dépose ensuite le morceau de chapeau sur du papier buvard. Les feuillets, se trouvant en contact avec le papier buvard par leurs extrémités-libres, abandonnent l’eau qu’ils contiennent, laquelle entraîne avec elle les spores qu’elle tient en suspension. Lorsque, après une minute, nous soulèverons le morceau de chapeau, nous constaterons la présence de la tache formée par le dépôt des spores.
- Il n’est même pas nécessaire de découper un morceau du chapeau, on peut se contenter de faire sauter les bords du chapeau sur une longueur de deux centimètres environ de façon à aviver l’extrémité libre des feuillets (voir fig. 4). Au-dessus de cette partie, sur les feuillets, le Chapeau étant tenu horizontalement, on dépose quelques gouttes d’eau que l’on fait pénétrer entre les feuillets en les écartant ou en les malaxant ainsi que nous venons de l’indiquer. Le chapeau est ensuite placé sur le papier buvard du côté qui a été libéré du rebord : la tache traduisant la couleur des spores se manifestera comme ci-dessus.
- Il est encore d’autres façons de procéder au filt?-age des spores sur papier buvard-, mais nous croyons inutile de les décrire toutes, et nous laissons à l’ingéniosité de l’amateur mycologue le soin de les trouver et d’en faire l’application.
- Le procédé est applicable aux champignons dont les feuillets sont colorés différemment des spores : la couleur des feuillets, en effet, ne déteint pas sur le buvard
- Fig. 4. —Application directe d’un champignon entier sur le papier buvard. — Les spores se rassemblent en c.
- p.307 - vue 311/598
-
-
-
- 308
- et n’altère en rien la coloration de la tache faite par le dépôt des spores. Une exception toutefois doit être faite pour les champignons qui, à la- coupe, donnent du lait; mais ceux-ci appartiennent au genre lactaire, et nous savons que ces champignons ont les spores blanches. Au surplus — et nous indiquons ceci à titre de simple curiosité — on peut encore arriver à mélanger les spores à l’eau contenue dans un tube à essai sans que celle-ci reste colorée par le lait du champignon. Il suffit d’ajouter
- du chloroforme; on agite, et l’eau cède sa coloration au chloroforme, lequel par le repos descend au fond du tube. Les spores, ayant une densité inférieure à celle du chloroforme, restent en suspension dans l’eau, laquelle a repris sa coloration normale. On peut bien se rendre compte de ce résultat en opérant avec le Lactarius deliciosus, lequel colore l’eau en jaune orangé.
- Dr SEVERIN IcARDj Lauréat de l’Institut.
- L’ESTURGEON A SPATULE
- Tout le monde connaît, au moins de nom, le caviar, ce hors-d’œuvre préparé, le plus souvent, avec les œufs pressés et salés du grand esturgeon, particulièrement abondant dans tous les fleuves tributaires de la mer Baltique, de la mer Caspienne et de la mer Noire.
- Il existe, aux Etats-Unis, un poisson,’ le « spatule »
- graphie illustrant notre notice, nous dit que les yeux de ce curieux animal forment deux petites perles noires, qui dans le limon où il vit, ne lui servent absolument à rien. 11 se sert de sa spatule pour labourer la boue déposée au fond du lit et en déloger les menus crustacés dont il se nourrit exclusivement. L’eau bourbeuse entre dans
- Figc 1. — Le Polyodon Spatula.
- (.Polyodon spatula), se rapprochant beaucoup de ce genre.
- Ce « spatule », cantonné dans le Mississipi et dans les rivières qui se jettent dans ce fleuve, présente, en effet, les principales caractéristiques de l’espèce. Mais, tandis que la peau granuleuse de l’espèce européenne est garnie de cinq rangées d’écussons ou plaques osseuses émaillées,, disposées longitudinalement, celle de l’espèce américaine est lisse et dénudée; les plaques n’éxistent plus que sous forme de points rudimentaires.
- Autre différence : chez l’esturgeon d’Europe, la bouche s’ouvre sous un muesaü pointu, tandis que, chez son congénère d’Amérique, le museau se prolonge en un long rostre aplati, élargi à son extrémité.
- Comme les fleuves habités par le Polyodon charrient, en plus ou moins grande quantité, de l’argile délayée, les savants américains n’ont pas encore réussi à se renseigner exactement sur les mœurs de ce poisson.
- Cependant, M. John T. Nichols, l’iehtyologue distingué de T « American Muséum of Natüral History », à l’amabi-ité de qui nous sommes redevable, du reste, de la photo-
- sa bouche qu’il laisse largement ouverte en nageant; elle s’évacue par les ouïes, jouant le rôle de filtres pendant que les crustacés sont retenus et avalés.
- Nous ne possédons pas de détails, non plus sur l’embryologie du Polyodon. Nous savons Uniquement que la ponte a lieu durant le printemps. C’est à cette époque qu’on le pêche dans les rivières limoneuses qui se déversent dans le Mississipi et les lacs formés par ses crues formidables.
- La pêche est pratiquée au moyen d’une grande seine longue de près de 3000 m sur 12 à 15 m de large. Elle est d’une simplicité remarquable, car, malgré sa taille géante — il atteint jusqu’à 2 m de long, — le Polyodon, stupide comme il l’est, se laisse prendre sans offrir la moindre résistance.
- On pêche l’esturgeon à spatule pour sa chair, qui, lorsqu’elle est fumée convenablement, vaut presque celle du grand esturgeon dont nous parlons au début de cette notice; mais, on le capture surtout pour les œufs dont on fabrique un caviar de qualité supérieure, très recherché dans les grandes villes des Etats-Unis. L. Kuentz.
- p.308 - vue 312/598
-
-
-
- 309
- = LE CINÉMA EN RELIEF
- Le cinéma est en ce moment dans une période de transformations. D’une part les « talkies » envahissent peu à peu toutes les salles de projection. D’autre part les producteurs américains de pellicules et d’équipements cinématographiques ont mis en vogue l’écran de grandes dimensions et le film élargi ou « magnafdm ». Alors que l’ancienne pellicule était standardisée à 35 mm de largeur, la nouvelle aura soit 65 mm, soit 70 mm, soit une autre largeur encore. L’accord sur les dimensions à adopter n’est pas conclu entre les différentes firmes, et une certaine hésitation en est résultée dans les milieux cinéastes; il est bon d’être dans le mouvement en produisant des « grandeur films », mais c’est aussi très aléatoire : il est risqué de se lancer dans des productions qui pourraient ne pas être adaptées au nouveau format des appareils de projection. Un moyen de se tirer d’affaire est de faire appel au procédé de la Société Technique d’Optique et de Photographie dont nous avons parlé dans un récent article sur l’anamorphose. En tous cas, il semble que, pour les négatifs, le format actuel n’en a plus pour longtemps à vivre.
- Ces transformations seront-elles bientôt suivies par d’autres? Allons-nous assister, à brève échéance, à des projections en belles couleurs naturelles? Aurons-nous des films « en relief»? C’est à cette dernière question que nous essayerons de répondre aujourd’hui; pour cela, nous chercherons dans quelle mesure le film actuel possède du « relief », les progrès réalisables et au prix de quelles complications. Ainsi pourrons-nous juger si le jeu en vaut la peine.
- LE RELIEF DANS LE CINÉMA ACTUEL
- Le sens du relief est des plus complexes : la vision binoculaire y joue un rôle très important, mais la vision.
- Fig. 2. — Système Terrier pour les prises de vue stéréoscopiques.
- Les deux demi-faisceaux /2 sont ramenés par les systèmes de prismes b c, b'c' chacun sur une moitié de la lentille e.
- monoculaire possède, à elle seule, bien des moyens d’estimer les éloignements respectifs des objets : les myopes voient la troisième dimension.
- L’expérience suivante est bien connue : on prie une personne de fermer un œil; puis, lui présentant un anneau, on l’invite à y passer rapidement un doigt; enfin on rit de ses tentatives maladroites.
- Avec un myope, l’expérience réussit moins bien : privé de la vision binoculaire, il a exercé les fonctions relatives au relief, en vision monoculaire. Peut-être les habitués de cinéma sont-ils des sujets médiocres pour l’expérience. Peut-être aussi, chez eux, le sens des couleurs s’est-il légèrement émoussé au profit de celui des formes. Il serait intéressant de faire des statistiques à ce sujet en Amérique, où ne sont pas rares les gens qui vont plusieurs fois par jour au cinéma.
- Les données monoculaires du relief. — Tout d’abord, il faut tenir compte de la connaissance que nous avons de la forme des objets; la vision monoculaire est une projection en perspective, susceptible d’une foule d’interprétations. Un grand nombre d’entre elles sont éliminées comme « absurdes». Lorsque nous regardons un clavier de piano, nous savons a priori que lés touches en relief sont les noires; De même pour la distance des objets : « lorsque nous voyons un homme très loin, il ne nous paraît pas petit, parce que nous savons quelle grandeur il doit avoir, mais nous concluons qu’il doit se trouver loin, puisque sa grandeur angulaire est petite » (Ts chemin g).
- Revenons à notre clavier. Supposons-le éclairé par une lumière diffuse, et observé, au droit de sa longueur, et d’en haut par un myope mis pour la première fois de sa vie en présence d’un piano; s’il conserve son regard fixé dans la même direction, il jugera en relief soit les notes blanches, soit les noires, soit aucune des notes, soit, au gré de sa fantaisie, des blanches et des noires réparties au hasard. Mais, s’il tourne son regard vers l’une des extrémités du piano, il constatera le phénomène suivant : la position de touche blanche vue entre deux touches noires va en diminuant; les touches noires cachent les touches blanches. Si, non seulement son regard, mais son œil lui-même se déplace, la diversité des points de vue achèvera de le fixer.
- Au cinéma, ce procédé est très important; les films pris avec une caméra animée d’une grande vitesse par rapport au sujet tourné, par exemple en train ou en auto, sont très « profonds ». Les mouvements du sujet, avec l’appareil de prise de vue fixe ou jv;u mobile, pré-
- Fig. 1.
- Principe de la méthode de M. Gauclère pour réaliser le cinéma stéréoscopique.
- p.309 - vue 313/598
-
-
-
- Fig. 3. — Le disque obturateur du système de M. Terrier.
- La rotation du disque démasque alternativement l’une ou l’autre moitié de la lentille e de la fig. 2.
- sentent le même avantage. « C’est pour cette raison que les metteurs en scène de films modernes cherchent à introduire dans leurs productions le plus de mouvement possible, en dehors de celui des artistes, en choisissant pour leurs_ opérations les jours où il fait du vent, par exemple, afin de provoquer le mouvement des feuilles des arbres, des draperies, etc... ». (Lucien Bull).
- Le rôle des ombres portées.
- —, Si le clavier, au lieu d’être éclairé par une lumière diffuse, l’avait été par un faisceau bien défini, et oblique par rapport à la longueur du piano, notre observateur n’aurait eu besoin d’aucun mouvement pour se rendre compte du relief. L’ombre portée, par exemple, par le ré bémol sur le ré naturel, l’aurait, si l’on peut dire, suffisamment éclairé. Ce procédé intervient au cinéma surtout pour les « extérieurs » tournés en plein soleil. En studio, l’éclairage est diffusé par des réflecteurs de façon à « envelopper » le sujet. Cet effet est obtenu aussi, de moins en moins d’ailleurs, par la lumière douce de la lampe à vapeur de mercure. Ce qu’on gagne en « homogénéité du sujet », on le perd en relief.
- Rôle de Vaccommodation de Vœil. — Dans la vision ordinaire, cette fonction ne nous fournit pas des renseignements très intéressants, sauf aux très courtes distances où elle croît très vite avec la proximité des objets. Au cinéma, le rôle de l’accommodation
- est nul, puisque le sujet est tout entier à la même distance de l’œil. Nous verrons tout à l’heure comment certains inventeurs, pour provoquer l’illusion du relief, ont réalisé des écrans doués de profondeur. Même dans ce cas, l’accommodation n’intervient pas. Elle pourrait indiquer que l’écran a du relief, mais cela n’a aucun rapport avec le relief du sujet.
- Rôle du chromatisme de l'œil. — Enfin, les études du docteur Polack ont montré que le chromatisme de l’œil joue un rôle dans la vision de la profondeur. Lorsque nous regardons un objet, notre œil est au point pour une certaine longueur d’onde, et l’image correspondant à cette radiation est entourée de lisérés colorés correspondant aux autres radiations. L’œil peut sans modification de courbure du cristallin ni de la cornée, autrement dit avec une accommodation constante, observer des objets à différentes distances; seulement il choisit une couleur variable avec l’éloignement. Nous n’avons pas conscience de ces lisérés colorés, mais ils interviennent dans le sens du relief. Cette fonction de l’œil est utilisée chaque fois que change la distance et, précédant le mécanisme de l’accommodation, en détermine le sens. Pour illustrer cette théorie, le docteur Polack a réalisé des photographies en couleurs, au moyen, d’une part, d’un objectif corrigé du chromatisme, d’autre part, d’un objectif où subsistait un chromatisme analogue à celui de l’œil, tel qu’on peut le déduire des données de l’ophtalmoscopie et de l’ophtalmométrie. La comparaison des résultats est tout à l’avantage du deuxième objectif dont les autochromes sont beaucoup plus vivants. Voilà une possibilité de relief pour le cinéma en couleurs, lorscpx’il sera suffisamment « au point ». Il nous donnera aussi des indications. par l’effet de la perspective aérienne qui, non seulement rend flous les lointains, mais leur prête, surtout par temps humide, un aspect bleuté.
- LE RELIEF BINCCULAIRE AU CINÉMA
- Toutes les fonctions dont nous avons parlé jusqu’ici ont leur importance dans la notion du relief, mais c’est la vision binoculaire qui joue le rôle prépondérant. C’est pourquoi de nombreux inventeurs ont essayé d’adapter au cinéma la photographie stéréoscopique : deux vues du sujet sont prises avec deux objectifs, que nous appellerons l’objectif droit et l’objectif gauche. Reste ensuite à montrer à l’œil droit l’image provenant de l’objectif droit, sans que l’œil gauche la voie, et vice-versa. Cette opération, réalisée très simplement en photographie, par l’emploi d’un stéréoscope, est beaucoup plus difficile en cinématographie.
- De deux choses l’une : ou bien les images droite et gauche sont projetées successivement sur l’écran, ou bien elles le sont simultanément. Dans le premier cas, il faut, devant chaque spectateur, un système d’obturation qui démasque en phase, avec les projections, tantôt un œil, tantôt l’autre. Les frais d’installation d’un tel appareillage seraient hors de proportion avec le progrès réalisé. En outre il doit être agaçant d’avoir devant les yeux un système obturateur en fonctionnement. Autre inconvénient : pour conserver, aux mouvements du sujet, l’apparence de continuité, force est de doubler la
- Fig. 4. -r- Dans le système de prises de vue stéréoscopiques de M. Terrier.
- Les images de rang impair sont impressionnées par les rayons réfléchis par les prismes 6c, des images le rang pair par les rayons réfléchis par les prismes 6' c' de la fig. 2.
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
- 11
- 12
- p.310 - vue 314/598
-
-
-
- 311
- vitesse de rotation de l’appareil, ce qui nuit aux films.
- Dans le second cas, la sélection dans le temps est remplacée par une sélection spatiale ; pour ce faire, deux conditions sont à remplir :
- 1° Les deux images droite et gauche devront être différenciées par une de leurs propriétés optiques.
- 2° Le spectateur .sera muni d’un système analyseur dissymétrique.
- La première propriété optique utilisée a été la coloration, avec, comme système analyseur, des lorgnons teintés. C’est la méthode des anaglyphes, bien connue.
- Le procédé Toulon consiste à choisir, comme propriété optique, la polarisation. Les images droite et gauche sont projetées en lumière polarisée, dans deux plans rectan-
- Fig. 6. — Écran de projection stéréoscopique Lchnhoff-Wild. en haut vu de face, au-dessous vu en coupe.
- Cet écran est formé de 5 filets, 1, 2, 3, 4, 5, placés les uns derrière les autres, de largeurs de mailles différentes, de façon à constituer les cavités en entonnoirs, e.
- V, treillis épais. E. écran opaque.
- eulaires, deux niçois convenablement orientés consti-tuant,, par exemple, le système analyseur.
- Les deux procédés ont l’inconvénient d’absorber une grande partié de la lumière. Ce n’est pas grave : on augmente la puissance des postes de projection. (D’une manière générale, en cinéma, l’éclairage n’entre que pour une faible fraction dans le total des frais.) Dans le procédé par polarisation, la réflexion de la lumière sur l’écran, ou sa réfraction dans le cas d’écrans transparents, absorbe une fraction de l’intensité variable avec le plan de polarisation et il faut compenser les différences ainsi produites dans la brillance des deux images par un réglage des deux projecteurs. Le procédé des anaglyphes a, de son côté, l’inconvénient de ne pas être applicable aux
- films en couleur.
- M. Robert G'auelère a cherché un remède à cet inconvénient dans la méthode suivante (fig. 1). Soient dans le spectre six couleurs deux à deux complémentaires, a', a2, b\ ô2, c\ c"; on enregistre sur un film, au moyen d’un appareil stéréoscopique de prise de vue, une série d’images, que l’on colore ainsi : les images de rang impair sont alternativement teintées en a1 et b', celles de rang pair en a2 et 6\ Les lorgnons analyseurs sont eux-mêmes teintés en c' et c2. D’une manière plus précise, comme les teintes sont loin d’être monochromatiques, (sans quoi d’ailleurs la luminosité du procédé serait rigoureusement nulle), il faut parler de régions spectrales.
- Le lorgnon droit, par exemple, est transparent pour toute une région du spectre, contenant les zones a1 et b' ; au contraire il laisse passer le moins possible de radiations du domaine a2 V. Et c’est l’inverse pour le lorgnon gauche. Un tel teintage du film est une opération longue et minutieuse; et toute une étude chimique.est nécessaire pour réaliser au mieux les conditions précédentes de transmission et d’absorption. Au point de vue vitesse de ' projection, ce procédé présente le même inconvénient que tout à l’heure. Il faut même, dans ce cas, pour éviter l’apparition sur l’écran de franges colorées, quadrupler la vitesse de déroulement du film.
- Les méthodes de prise de vue stéréoscopiques sont' très diverses. On peut, par exemple, au lieu d’utilisert deux objectifs, diviser le faisceau reçu par un objectif unique en deux demi-faisceaux parallèles, à une distance l’une de l’autre déterminée par le degré de relief désiré. Un jeu d’obturateurs masque, chacun à son tour, les deux demi-faisceaux. Les figures 2, 3 et 4 représentent le‘ système de M. Jean Terrier. Le procédé Brown et Williams comprend un mécanisme permettant de déplacer, pendant son fonctionnement, l’appareil de prise de vue : animé d’un mouvement de va-et-vient normaLà son axe -optique, ce dernier, comme un borgne, remplace la vision binoculaire par des changements de point de vue.
- De nombreux inventeurs ont essayé de produire l’impression du
- Fig. 7. — Écran Lehnhoff-Wild, à cavités sphériques e.
- Fig. 5. — Dispositif de miroirs réalisant la pseudoscopie.
- Après réflexion le faisceau A de geuc e est réfléchi en Ap à droite en B, qui provient du faisceau de droite B.
- p.311 - vue 315/598
-
-
-
- 312
- Appareil deprojectit
- Face dépolit
- Fig. 8. — Écran stéréoscopique plan-convexe Couchcud, travaillant par transparence.
- relief par projection d’images droite et gauche non « différenciées », au sens que nous donnions tout à l’heure à ce mot. 11 est douteux que cette méthode puisse fournir de bons résultats; si l’œil droit voit l’image droite et l’œil gauche l’image gauche, ce qui est la stéréoscopic, l’œil droit voit l’image gauche et l’œil gauche l’image droite, ce qui est la pseudoscopie : en examinant une médaille ou un bas-relief, au moyen du système de miroirs de la fîg. 5, qui intervertit les deux faisceaux, on voit les bosses en creux et les creux en bosse. Le mélange stéréoscopie-pseudoscopie donne lieu à des ipcohérences ; et comme presque tout le monde a un œil directeur, il est vraisemblable que la plupart des spectateurs neutralisent purement et simplement l’une des images.
- CINÉMA AVEC ILLUSION DU RELIEF
- Bien que, dans tous les cas, il ne s’agisse que d’illusions, nous grouperons sous cette rubrique, d’accord en général avec les titres des brevets, un certain nombre de procédés qui jouissent en commun des propriétés suivantes : ils n’ont aucun rapport avec la photographie stéréoscopique; ils apportent des modifications aux écrans ; enfin les projections de ce genre donnent souvent lieu à de vives polémiques. L’illusion semble une fonction, très capricieuse, du spectateur.
- Le procédé Pallemaerts consiste à vernir l’endroit de l’écran et à disposer, par-dessus ce vernis, un certain nombre de pyramides à base carrée ou de lentilles plan-convexes, noyées dans une matière adhésive de transparence convenable. L’illusion tiendrait à cette raison : l’objectif de projection est réglé sur le plan de l’écran;
- Fig. 9. — Dans le système Couchoud, on peut à l’aide d’un miroir diminuer la distance de l’appareil de projection à l’écran.
- Ecran
- Spectateurs
- 'Appareil de projection
- les sommets des pyramides ou les surfaces antérieures des lentilles sont à une distance de ce plan suffisante pour ne pas être « au point » et le flou résultant donne un effet d’« arrondi » aux objets qui apparaissent sur l’écran. Cet effet d’« arrondi » peut accroître, pour certains spectateurs, la sensation de relief. En tous cas, le gain est sûrement très faible, à côté de ce qu’apporterait la vision binoculaire.
- Dans le procédé Lehnhoff-Wild, l’écran est composé d’une série de surfaces « établies de manière à constituer une série de cavités éclairées par la lumière, que les deux yeux des observateurs voient sous des angles différents ». Ces surfaces peuvent être des treillis, comme le. montre la fig 6; ou bien les cavités peuvent être des portions de sphère comme sur la fig. 7.
- Comme la prise de vue ne comporte aucun élément stéréoscopique, le rôle des différences parallactiques entre les deux yeux, pour les diverses cavités, ne peut être que de donner au spectateur la sensation du relief de l’écran, qui n’a aucun rapport avec celui du sujet; de plus, la profondeur de l’écran introduit du flou. Le tout facilite
- Ecran
- Appareil de projectk
- Fig. 10. — Écran Couchoud travaillant par réflexion, les spectateurs étant tous du même côté.
- peut-être, pour certains spectateurs, la perception du relief.
- Le procédé Couchoud (fig. 8, 9, 10) consiste à employer un écran concave d’une courbure étudiée. Il repose sur ce principe : « L’image rétinienne est formée sur une surface courbe. La photographie, au contraire, est formée sur une surface plate. Par rapport à l’image rétinienne toute photographie subit un aplatissement qui altère légèrement la perspective linéaire et plus gravement la perspective aérienne. » Il semble que ce procédé soit aussi une question de « flou ». Dans la vision,-si c’est le point A qui est fixé, le faisceau issu du point B (fig. 11) coupe la rétine suivant une petite calotte quasi-sphérique, assimilable à un cercle de diffusion. De même, en photographie, avec l’objectif au point sur A, le point B produit un cercle de diffusion. Le fait que la plaque est plane et la rétine courbe change les dimensions relatives des cercles ; si la plaque était courbe, l’impression de l’observateur se rapprocherait davantage de la vision directe, surtout dans l’appréciation par leur degré de flou de la distance des lointains. Pour les parties « au point », c’est-à-dire les plus intéressantes, les cercles de diffusion sont très petits, et le « flou » intervient très peu. Evidemment, cet
- p.312 - vue 316/598
-
-
-
- aperçu est tout à fait superficiel. Le mécanisme de la vision, du fait des dimensions restreintes de la tache jaune de l’œil, se complique de mouvements incessants et très rapides, dont il faudrait tenir compte. En gros, on peut dire que les procédés par « illusion du relief » cherchent à développer la plasticité de l’image, en restituant, à chaque objet, par un effet enveloppant, son volume, son individualité; la stéréoscopie a, au contraire, pour rôle de séparer les différents plans de profondeur.
- Conclusion. — Nous avons vu d’abord que le cinéma, tel qu’il est, dispose, pour donner l’impression du relief, de ressources assez variées, qui seraient accrues par la mise au point du cinéma en couleur. Les perfectionnements proposés sont ’de deux sortes. Les uns ne font pas appel à la stéréoscopie, mais à la notion de plasticité : les gains réalisés sont discutés. Les autres accroîtraient beaucoup le relief, mais seraient trop compliqués. De plus, tout le monde ne possède pas — loin de là — une bonne vision binoculaire. Le capitaine Mazuir, chef du Laboratoire d’Optique du Service Géographique de l’Armée, ayant à choisir des observateurs stéréoscopiques parmi les recrues d’un contingent, a dressé une statistique :1a proportion des aptes était 16 pour 100. Il est vrai qu’il s’agissait de sélectionner des vues d’élite. En tout cas, de l’avis d’un grand nombre de spécialistes, presque la moitié des gens ne possèdent qu’à un faible degré le sens stéréoscopique. En général un œil est sensiblement meilleur que l’autre, dont l’image est neutralisée. Tout compte fait, il est probable que le cinéma se contentera pendant assez longtemps de son relief actuel; du moins le cinéma « professionnel »; pour le cinéma.d’amateur, dont le goût se répand de plus en plus (dans certains
- - ...........' UNE ILLUSION
- Vous êtes à la fin d’un repas et avez à votre disposition tout ce qu’il faut pour exécuter ce petit tour de physique amusante. Il suffit,, en effet, d’une fourchette et d’un verre à boire ordinaire.
- Annoncez que vous avez réussi à capter le son et à le transporter à distance, au-dessus d’un verre par exemple, pour le renforcer et le rendre plus perceptible.
- Prenez votre fourchette de la main gauche, tenez-la verticalement entre le pouce et l’index, en évitant de la serrer, les branches dirigées vers le haut et l’autre extrémité restant à une distance de quelques centimètres de la table.
- Mettez alors cette fourchette en vibration, en pinçant fortement l’extrémité de deux dents voisines entre les ongles du pouce et de l’index de la main droite; amenez votre main droite fermée au-dessus de votre verre et, au moment où vous
- —....... '.=. - . ~ = 313 =
- pays il consomme une plus grande longueur de pellicule que le professionnel), les complications nécessaires à la projection stéréoscopique sont moins prohibitives. D’abord les problèmes de synchronisation sont moins complexes. Des invités subiront plus aimablement que des spectateurs le port de lorgnons ou la présence d’obturateurs; et, de son côté, l’amateur sera fier de présenter à
- Différence entre les cercles de diffusion
- Fig. 11.
- Les effets de flou dans la vision.
- ses amis les perfectionnements de ses projections, surtout s’il les a bricolés lui-même (').
- J.-L. Lagrula.
- 1. Une erreur de typographie s’était glissée dans l’article du 1er décembre dernier sur l’anamorphose et avait dénaturé le nom de l’hyper-gonar.
- D’ACOUSTIQUE - —=
- l’ouvrirez,- le son sera nettement perçu et semblera effectivement sortir du verre.
- L’explication de cette expérience repose d’une part sur la difficulté que l’oreille éprouve à localiser l’origine du son et d’autre part sur le renforcement des vibrations produit par le contact d’un corps solide jouant le rôle de table de résonance.
- En effet, au moment où la main droite s’ouvre au-dessus du verre, la main gaiiche s’abaisse discrètement de manière à mettre l’extrémité inférieure de la fourchette en contact avec le dessus de la table.
- Le son, renforcé maintenant par la résonance de la table, est nettement perçu et, s’il semble sortir du verre, c’est que l’attention des personnes présentes a été sollicitée de ce côté par les explications et les manœuvres de l’expérimentateur.
- Léon David.
- LES INONDATIONS DU MIDI
- Aux premiers jours de mars, d’abondantes chutes de neige recouvraient les massifs montagneux des Causses, de la Montagne Noire et de l’Espinous qui appartiennent au Plateau Central et aux Cévennes méridionales. Ravinés par les eaux, ces massifs sont striés de brèches et de cirques. L’Espinous et la Montagne Noire ne possèdent
- que fort peu de forêts sur le versant méridional. La montagne Noire, en particulier, est brûlée par le soleil et ses principaux pics ont perdu le souvenir de toute végétation. Quant aux Causses, ce sont des plateaux de calcaire jurassique coupés de ravins. C’estcla région des gouffres, et le sol, percé comme un crible, absorbe les
- p.313 - vue 317/598
-
-
-
- = 314
- eaux de pluie qui donnent ensuite naissance à des sources très nombreuses. Les vallées de ces massifs sont encaissées et profondes et, enfjjcertains points, les eaux superficielles y ont créé peu jà peu de véritables canyons, comme ceux du Tarn.
- Les neiges ne sont devenues dangereuses que par leur fonte, pour ainsi dire instantanée, sous l’action d’une pluie torrentielle tiède. On ne connaît pas encore actuellement les hauteurs d’eau tombées à partir du 3 mars; les récits des victimes de l’inondation n’en font pas mention, car les chutes se sont produites dans la haute montagne, fatalement peu peuplée.
- Les pluies n’avaient d’ailleurs pas été très abondantes sur le Massif Central et dans toute la région du Midi pendant l’hiver 1929-1930. A Clermont-Ferrand on a relevé seulement 40 mm en janvier et 33 mm en février, la normale étant respectivement pour ces deux mois de 35 mm et 32 mm. Dans la région de . Toulouse, elles ont été, pour cés deiix mêmes mois, de 59 mm et 67 mm, au lieu de 48 mm et 38 mm. Par contre, à Perpignan, les hauteurs d’eau ont atteint 233 mm en janvier et 190 mm en . février, très au-dessus de la normale qui est de 60 mm et 44 mm. Il en a été de même à Nîmes, qui a reçu 167 mm d’eau en janvier et 108 mm en février, la normale étant de 47 mm et 45 mm. Enfin, dans la région de Montpellier il est tombé 80 mm et 166 mm d’éàu, la normale étant de 57 mm et 79 mm.
- On ne peut donc pas dire que le sol était incapable d’absorber de l’eau au début du mois de mars, surtout dans les régions ou l’inondation a pris naissance.
- La vérité est que la chute de pluies diluviennes sur les massifs a provoqué la fonte instantanée des neiges et que les masses d’eau ainsi libérées d’un seul coup se sont précipitées dans les vallées, balayant tout sur leur passage. Aucun sol, si perméable fût-il, ne pouvait absorber cette immense quantité d’eau dont la vitesse augmentait d’instant en instant du fait de l’étroitesse des vallées, de la présence de canyons derrière lesquels elle s’accumulait pour s’échapper ensuite avec une force vive qui explique les transports de rochers volumineux et le déracinement des arbres.
- Peu de rivières, en somme, sont intervenues direct tement dans la formation du cataclysme. Ce sont, à part celles du versant méditerranéen : l’Aveyron et son affluent le Yiaur; le Tarn et ses affluents le Dourdon, la Sorgues, la Rance, le Dadou, l’Agout, le Thoré et toutes celles qui descendent de la Montagne Noire. L’im-
- portance de la crue a été telle qu’au barrage de Lampy, sur le Tarn, qui alimente le canal du Midi, le débit a atteint 9 m° 3600 pour un bassin de 8 km2, soit 1200 litres par seconde et par km2. Quant au barrage Pinet, également sur le Tarn, le débit a atteint 1900 m5 pour 300 km2, soit 633 litres par seconde et par km-.
- Il s’est produit ce qui devait fatalement se produire, par suite de la conjonction de toutes ces inondations partielles : les vallées puis les plaines, jusques et y compris celle de la Garonne, ont été noyées sous des hauteurs d’eau dont seule l’inondation de 1770 peut donner une idée.
- Celle de 1875, en effet, dont les plus vieux habitants de ces régions ont gardé le souvenir, a été moins importante que celle de cette année. La preuve en est dans ce fait que la Compagnie des Chemins de fer du Midi, ayant à construire le pont de Moissac, lui avait donné un
- tirant d’air supérieur à la plus grande hauteur d’eau observée pendant l’inondation de 1875. Or ce pont a été complètement submergé et presque entièrement détruit par le choc des arbres entraînés par le courant.
- On déplore la perte de plusieurs centaines de vies humaines, dont la majorité à Moissac, celle d’un important cheptel et celle de nombreuses habitations, malheureusement construites en terre, avec des briques d’argile crue que les eaux ont délayées en quelques heures. Il est à ^remarquer que les maisons normalement édifiées en maçonnerie ont parfaitement résisté.
- D’autre part, dans la Vallée de l’Agout et de ses affluents, de très nombreuses usines consacrées surtout à l’industrie de la laine, à Maza-met et à Castres, notamment ont été très éprouvées.
- Il convient d’observer que la violence du courant n’est pas-uniforme sur toute la largeur d’une vallée inondée. Les eaux continuent à suivre le lit des cours d’eau qui restent toujours la voie normale de leur écoulement. En dehors de ce lit elles s’étalent et les obstacles qu’elles rencontrent sur leur passage : habitation, forêts, annulent leur vitesse. Ce n’est donc que dans des cas tout à fait exceptionnels que des maisons bien construites peuvent céder sous le choc d’un arbre ou d’une masse rocheuse entraînés par un courant issu, par exemple, de la rupture d’une digue.
- C’est pour la même raison que le sol simplement recouvert par les eaux n’a subi aucun dégât.
- La plupart des champs de blé ont été retrouvés intacts et il est à souhaiter que les vignobles, pour lesquels on
- BORDEAUX
- Cadillac
- Barsac
- VilfbFrancbe de Rouergue j.Jt de Bone~ r~ jLCanmaux
- Tüuméim
- Millau
- StRcXpe
- fonte u ban
- jy ->___
- ihlets-Jbrlo*}
- Adoun
- LTarbes
- Voies ferrees endommagées
- Fig. 1. — Carie des inondations du Midi.
- p.314 - vue 318/598
-
-
-
- a pu craindre un désastre, soient également épargnés.
- La Compagnie des Chemins de fer du Midi a eu à déplorer la destruction du pont de Moissac, sur le Tarn, dont le sablier s’élevait à 9 m au-dessus de l’étiage. C’était un pont métallique à poutre pleine comportant 5 travées, 3 travées médianes de 70 m de longueur et deux
- —^............... ...... = 315 =====
- ment détruites sur 3 à 4 kilomètres de longueur. Près de Montauban les deux voies de Sète et celle de Castres sont disloquées sur 3 à 4 kilomètres. Du côté de Bordeaux, les voies sont également détruites sur 3 1cm avec une brèche de 60 m de large. On a constaté une autre brèche de 40 mètres sur la route nationale de Montauban à
- Fig. 2. — 1. Bassin de réception et épanchement d’une vallée torrentielle. — 2. Origine d’un entonnoir par érosion sur une pente dénudée. — 3. Dans un entonnoir ainsi formé, les eaux ravinent profondément les parois dont les matériaux sont entraînés avec facilité. — k. Exemples de blocs rocheux ayant été entraînés par une crue torrentielle. (Photos L. Rudaux.)
- de rive de 48 m. Deux travées restent en place : celles du côté de Bordeaux (rive droite du Tarn); les deux travées médianes ont disparu et celle de la rive gauche plonge en partie dans la rivière. Ce pont pesait 1800 tonnes.
- Partout ailleurs quelques, ponts et des tronçons de voie ont plùs ou moins souffert. De part et d’autre du pont de Moissac les deux voies ferrées sont complète-
- Castelsarrasin. Dans la région de Narbonne une coupure de la voie existe entre Port Bou et Sète, près de Narbonne. Près de Carcassonne il s’est produit des éboulements dans le tunnel de Trèbes.
- - On en signale d’autres dans la haute montagne entraînant des détériorations de voies situées à flanc de montagne. Il en existe également à Lamagistère, Saint-Nicolas-Saint-Romain, en aval de Moissac, à Calayrac, en aval
- p.315 - vue 319/598
-
-
-
- 316
- d’Agen à Bon-Encontre sur la ligne d’Agen à Auch, à Montpouillan, sur la ligne de Marmande à Mont-de-Marsan, les remblais des talus du pont en maçonnerie ont été enlevés.
- La deuxième phase des inondations, provenant de la chaîne des Pyrénées, a produit un accident grave. Non loin de Bayonne, un train a été pris en écharpe et renversé.
- Sur le réseau de Paris à Orléans la ligne de Paris à Montauban a été emportée sur 4 kilomètres de longueur entre Albias et Réalville. La circulation a été interrompue sur les lignes de Tessonnières à Albi, de Cahors à Câp-denac et de Lexos à Montauban; cette dernière a été coupée en 17 points. Les ouvrages d’art sont restés debout, mais les remblais aux abords ont été enlevés; les rails, qui retiennent leurs traverses, restent suspendus dans le vide. 30 000 m’ de déblais ont été enlevés par les eaux sur cette ligne où le viaduc de Bone a été partiellement détruit. Il convient d’ajouter que plusieurs ruptures de voies sont dues uniquement aux eaux pluviales, ce qui prouve l’importance de la chute dans ces régions.
- LE TRAVAIL
- MECANIQUE
- DES EAUX
- La chaleur solaire élève dans l’atmosphère une certaine quantité de vapeur d’eau qui possède une énergie potentielle. Lorsque cette eau se transforme en pluie, cette éner -gie potentielle effectue, en tombant, un travail mécanique sur les pentes des montagnes, travail représenté par l’usure des roches et par le transport des matériaux arrachés au flanc des montagnes ou au lit des cours d’eau. Ce double phénomène constitue l’érosion dont l’importance dépend de la vitesse de l’eau et de la nature du sol.
- Voici, d’après A. de Lapparent, le tableau des vitesses d’érosion minimum, nécessaires pour que l’eau commence à arracher des matériaux dans le lit du cours d’eau.
- Nature du terrain Vitesses au fond en m
- par seconde
- Terres détrempées . . . . . 0m076
- Argiles............................ 0 m 152
- Sables ............................. 0 m 305
- Graviers............................ 0 m 609
- Cailloux............................ 0 m 614
- Pierres cassées . .................. 1 m 220
- Poudingues et schistes tendres. 1 m 520
- Roches stratifiées ordinaires. . Im830
- Roches dures . ............... 3 m 050
- On voit qu’une vitesse de 4 m par seconde suffit pour
- permettre l’affouillement, même en pleine roche. Cette vitesse est le plus souvent atteinte par les eaux d’averses avant d’arriver aux cours d’eau proprement dits.
- Les eaux courantes approfondissent et élargissent ainsi peu à peu leur lit en vertu du principe de l’équilibre qui tend à établir un nivellement général. C’est là un travail régulier d’autant plus actif que la pente suivie par le cours d’eau est plus accentuée et qui diminue au fur et à mesure que l’on se rapproche de son embouchure, du niveau de la mer où le travail mécanique des eaux est terminé.
- Mais, dans les régions montagneuses, les pluies torrentielles (eaux sauvages) produisent un travail mécanique beaucoup plus impressionnant. Elles creusent de véritables rigoles aux flancs des montagnes et tombent dans les entonnoirs de réception. Des torrents prennent naissance; ce sont des cours d’eau temporaires qui, s’insinuant entre les rochers, se sont creusé un lit profond et étroit à pente très raide, dans lequel les eaux, pour
- ces raisons, acquièrent une force vive considérable en produisant un travail mécanique énorme. (V. fig. 2.)
- Le torrent est toujours caractérisé par une faible longueur : 20 km au
- maximum et une pente qui varie entre 2 et 8 centimètres par mètre. C’est une sorte de boyau, un couloir, dans lequel viennent se déverser, instantanément presque, les eaux orageuses tombant sur une surface assez étendue. Un torrent d’une pente de 0 m 06 et d’une section de 8 m de largeur sur 2 m de hauteur atteint une vitesse de 14 m28 par seconde., Il débiterait 228 m’1 par seconde, débit énorme, puisque la Garonne à Toulouse débite seulement 150 m3 et la Seine à Paris 130 m3. Ainsi, en vertu de la concentration opérée par l’entonnoir, un torrent peut atteindre momentanément l’importance des plus grands fleuves. 'On comprend que dans ces conditions les effets mécaniques de l’eau deviennent très considérables.
- Le lit d’un torrent est très irrégulier dans son profil et dans sa direction. A chaque instant la pente se brise pour produire des cascades qui occasionnent des déplacements d’air si violents que des ponts en maçonnerie ont pu être emportés sans être atteints par les eaux.
- L’entraînement des matériaux du fond, de ceux des rives produits par les eaux ou par les courants d’air provoquent la formation de barrages momentanés derrière lesquels s’accumulent des houes qui finissent par avoir raison de ces barrages; une débâcle se produit dont la violence dépasse celle des eaux les plus impétueuses, et ces boues, auxquelles on a donné le nom de
- Fig. 3. — Les inondations de la Têt. Une avenue de Perpignan inondée à la suite de la rupture des canaux arrosant les jardins environnants. (Ph. Wide World.)
- p.316 - vue 320/598
-
-
-
- 317
- laves froides, sont capables de transporter au loin d’énormes blocs de rochers flottant à leur surface.
- Parvenues dans la vallée, les boues s’accumulent sous la forme d’un dépôt conique, appelé cône de déjection. Le torrent cesse alors d’être destructif pour devenir constructeur; son lit s’allonge sur la surface des matériaux déposés que les boues nouvelles colmatent peu à peu pour en faire un terrain de culture dans lequel se fraie un lit le torrent assagi. Les rives se boisent pour atténuer les effets des inondations futures ; mais si elles se dénudent, les eaux torrentielles animées de leur force vive détruisent tout sur leur passage.
- On pourrait se demander si les blocs erratiques que J’on considère comme traçant la limite des glaciers des périodes glacières n’ont pas été purement et simplement charriés par ces laves froides à une époque où, les montagnes étant plus élevées qu’aujourd’hui et les précipitations atmosphériques infiniment plus abondantes, les
- antérieurement de gorges sinueuses jusqu’à l’entonnoir et s’acheminera par le canal naturel avec une violence qui dépend de celle de l’orage.
- Mais une telle crue, si abondante qu’ait pu être la chute d’eau, ne donnera pas naissance à une inondation dangereuse parce qu’elle n’aura intéressé que le bassin supérieur d’un ou deux cours d’eau. Les eaux se précipitant dans la vallée y trouveront le lit d’une rivière calme qui les absorbera aisément. Un orage ne peut donc causer d’inondations étendues.
- Elles ne se produisent d’ailleurs qu’au moment de la fonte des neiges lorsque leur dépôt a été abondant et leur fonte rapide'.'' *
- Les deux conditions sont nécessaires. Elles se sont rencontrées dans le Midi, les vastes bassins de l’Agout, du Tarn et de l’Aveyron ayant été intéressés simultanément par le double phénomène. Tous leurs affluents ont déversé en même temps leurs masses d’eau qui se
- Fig. 4. — Crue du Lot.
- ! T. Une rue de Cahors, après le retrait des eaux. — 2. Une maison minée par les eaux, à Cahors, au milieu des autres restées intactes.
- (Photos Wide World.)
- inondations prenaient alors l’aspect de véritables déluges?
- Certaines rivières, comme celles qui descendent du Plateau Central et dont la pente est supérieure à 2.5 pour 1000, prennent le nom de rivières torrentielles. Les affouillements s’y effectuent comme dans les torrents et les blocs qui jonchent leur lit sont également transportés par les crues à de très grandes distances.
- On peut combattre la force vive des eaux, en pleine montagne, par la construction d’ouvrages empierrés qui coupent le torrent pour constituer une série de biefs brisant partiellement cette force vive. On retarde ainsi quelque peu l’écoulement tout en modérant sa vitesse.
- LA LUTTE CONTRE LES INONDATIONS
- De ce que nous venons de dire on peut se rendre compte de ce que nous appellerons le régime des inondations.
- Si un violent orage éclate dans une région montagneuse de peu d’étendue, l’eau ruissellera sur les parois creusées
- sont rencontrées dans les vallées et les plaines qu’elles ont ensuite envahies.
- Est-il possible d’empêcher les inondations ? Comme il est impossible de réglementer les chutes de pluie, on ne peut que prendre des mesures en vue d’atténuer leurs effets destructeurs.
- Le déboisement des montagnes est considéré souvent comme favorisant le développement des inondations. Il est bien évident que des montagnes couvertes de forêts épaisses constitueraient un frein excellent, car les feuilles des arbres, d’une part, le sol, d’autre part, empêcheraient les érosions à flanc de montagne et retarderaient la descente des pluies torrentielles. Et, bien que la forêt ne possède qu’une capacité d’absorption déterminée, il n’en est pas moins vrai qu’elle peut régulariser le débit des eaux montagneuses. Nous devons les considérer comme des volants capables d’absorber les premières chutes de pluie et d’empêcher les précipitations suivantes de descendre en trombe dans les vallées.
- p.317 - vue 321/598
-
-
-
- Le fait de constater la présence d’arbres déracinés et entraînés par le courant n’implique nullement l’inefficacité des forêts. Ces arbres étaient certainement des isolés, incapables pour cette raison de résister à la violence du courant. Ce sont eux les responsables de la destruction d’ouvrages importants contre lesquels ils étaient
- Fig. 5. — Crues d.
- 1. Le pont suspendu de Saint-Sulpice-la-Pointe, dont le tablier a ét lats, près Albi. — 3. Le village des Avalats envahi par les eaux. — 5. Un quartier détruit, sous les Châteaux
- précipités et responsables partiellement d’autres méfaits en constituant des barrages entre des rives rapprochées.
- Certains savants préconisent, non le reboisement proprement dit, mais l’embroussaillement, estimant que les arbustes et buissons touffus présenteraient une plus grande résistance à l’écoulement des eaux et que, — ce
- Tarn el de VA goût.
- emporté par les eaux de l’Agout. — 2. Maisons écroulées aux Ava-. Une rue de Montauban derrière la Cathédrale. (Photos Wide World.) d’Eau, à Montauban. (Phot. C‘« d’Orléans.)
- p.318 - vue 322/598
-
-
-
- Fig. 6. — Crue de l’Aveyron.
- 1. Enlèvement du remblai de la voie ferrée, près Bruniquel. — 2. Remblai complètement entraîné, laissant les rails suspendus en l’air, entre Réalvillc et Albios. (Photos Cle d’Orléans.) — 3. Route coupée entre Montauban et Caussade. — 4. Le pont de Reynies, une demi-
- heure avant son évacuation. (Photos Widé World.)
- qui est exact — le remède serait plus rapidement efficace que le reboisement. Cette manière de voir paraît excellente, mais elle n’exclut pas le reboisement à l’abri de l’embroussaillement lorsque la nature du sol le permet.
- Mais l’on ne pourra jamais reboiser les pentes rocheuses des montagnes, et c’est là que réside l’origine des inondations. Les torrents, coupés de barrages et de biefs plus ou moins étendus, atténueront toujours la force vive des eaux dès le début d’une inondation.
- Le reboisement interviendra efficacement au bord des
- rives des cùurs d’eau au fùr et à mesure de leur descente clans la vallée. Les sous-bois touffus n’àbsorberont- pns les eaux; ils constitueront simjplement des obstacles à leur écoulement violent. Celles-ci, gênées dans leur progression, s’étaleront ensuite avec une force .vive extrêmement réduite en anéantissant leur puissance destructive.
- On a pu croire, à un moment donné, qu’if suffirait d’aménager des réservoirs capables . d’absorber toute l’eau des crues. A. de Lapparent a fait justice de cette idée en démontrant que pour absorber les 216 millions
- p.319 - vue 323/598
-
-
-
- 320
- Fig. 7. — Vues des inondations prises par avions dans les vallées du Tarn et de la Garonne.
- A gauche, de haut en bas : Villemur, Villebrumier, Moissac. — A droite, de haut en bas : Montauban et les bords du Tarn après le retrait
- des eaux, Couthures, la vallée de la Garonne à Langon. fPh. C'e Aérienne Française.
- de nË de la crue de la Seine, en 1740, il faudrait construire dix réservoirs comme celui des Settons et admettre qu’ils sont tous vides au moment de la crue.
- Avec infiniment d’à-propos, le savant recommande de protéger le lit majeur par des levées submersibles assez hautes pour maintenir l’eau des crues ordinaires, mais laissant déborder celle des crues exceptionnelles.
- Ce débordement s’effectuant lentement permettrait d’éviter les ravages désastreux produits par les brèches ouvertes dans les digues. Et il ajoute que cet inconvénient d’une inondation forcée serait compensé par l’apport de limon fertilisant sur les terres submergées.
- Lucien Eourniek.
- p.320 - vue 324/598
-
-
-
- LA MÉTÉOROLOGIE DANS LA LITTÉRATURE
- « La météorologie, dit le « Larousse » est l’application des lois générales de la physique à l’étude de différents phénomènes qui se produisent sur notre planète». Elle étudie surtout la; chaleur, le vent, la pluie, les orages et les tempêtes. L’institution du bureau central météorologique à Paris, les divers bureaux établis dans le monde entier ont rendu les plus grands services au commerce, à l’agriculture, à la marine surtout en annonçant à l’avance les typhons et cyclones. G est une science sévère qui s’apparente à l’astronomie, à la physique et qui exige des connaissances mathématiques assez étendues. Et cependant ses applications sont journalières, elle intéresse tout le monde : le bourgeois qui interroge le baromètre pour savoir s’il doit prendre son parapluie pour aller en promenade; le cultivateur qui observe la marche des nuages, la direction des vents, désireux de connaître si la température sera favorable à ses travaux; le marin qui consulte ses appareils spéciaux avant d’appareiller. Les manifestations de ces phénomènes atmosphériques sont de tous les jours. Mêlés à la vie ordinaire, on les trouve mentionnés dans les œuvres de presque tous les littérateurs. Qui n’a décrit un coucher ou un lever de soleil, des nuages, des orages ou des tempêtes, en vers ou en prose ?
- M. Rouch, connu surtout par ses ouvrages de météorologie et par ses relations de voyage sur les côtes torrides de la Guinée ou dans les régions glacées du joôle, a eu l’idée « d’offrir au lecteur une promenade nouvelle dans le beau jardin de notre littérature». D’autres souvent l’ont guidé dans les allées principales, lui en ont fait admirer l’ensemble et les beautés essentielles. Lui nous conduit dans des recoins généralement un peu dédaignés mais qui ont aussi leur charme. N’est-il pas permis à un météorologiste d’être un ami des lettres ou à un lettré de devenir à l’occasion un peu météorologiste?
- Négligeant les Grecs et les Latins, M. Rouch n’accorde à Rabelais que quelques allusions ou rappels à propos d’autres auteurs. Elle était pourtant bien décrite cette terrible tempête où tout «ne semblait être que l’antique chaos, auquel estoient feu, air, mer, terre, tous les éléments en réfractaire confusion ». On voit « le ciel tourner du hault, fouldroyer, esclairer, pleuvoir, gresler, l’air perdre sa transparence, devenir opaque, ténébreux et obscurci, si que aultre lumière ne nous apparaissait que des fouldres, esclairs, et infractions de flambantes nuées». Et pendant cette épouvantable tourmenté Panurge s’écriait : « O que trois fois et quatre fois heureux sont ceux qui plantent choux. Ha, pùur manoir déifique et seigneurial il n’est que le plancher des vaches. Geste vague, Dieu ser-vateur nous emportera!.;..» *
- M. Rouch débute donc par Ronsard, qui aimait la nature avec passion et décrit avec exactitude et poésie les levers et couchers de soleil. Les nuits lui permettront des images originales et saisissantes; il comparera la lune à un rubis et écrira ce beau vers que les poétiques descriptions de Chateaubriand ne feront pas oublier.
- R était déjà nuit et la lune première
- Dorait le haut des bois d’une blonde lumière.
- L’orage chez lui est aussi bien observé et décrit : «Maint gros tonnerre ensoufré s’éclatait ». L’épithète « ensoufré » est très juste et sera répétée par maint romantique.
- La récolte^ météorologique chez La Fontaine sera assez mince : La vieille hirondelle est pourtant fort experte :
- 1. D’après le très intéressant ouvrage de M. Rouch : Orages et tempêtes dans la littérature. Paris, Société d’Éditions Géographiques, 1929.
- Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages Et devant qu’ils fussent éclos Les annonçait aux matelots.
- Le pronostic tiré-du vol de rhirondelle est fort ancien et Pline le citait déjà : il était repris dans l’ancien traité de météorologie de Totte (1774).
- La fable « Phebus et Borée » est la fable météorologique par excellence : « L’écharpe, d’iris » vulgo l’arc-en-ciel, y est fort bien décrite, ainsi que ce qu’on appelle un grain avec le cumulo-nimbus qui envahit tout le ciel et la rafale qui balaie tout.
- Madame de Sévigné fera pendant au Bonhomme fabuliste : elle a, comme lui, bien observé, et beaucoup aimé la Nature.
- Rappelons qu’elle a vécu longtemps à l’Hôtel Carnavalet, sous les signes météorologiques qiie nous pouvons admirer aujourd’hui encore les 4 grands bas-reliefs de Jean Goujon, les Saisons et les Symboles des vents sculptés par Van Opstal.
- Les pluies occasionnant le débordement du Rhône la mettaient au désespoir : une traversée du Rhône par Mme de Grignan prend pour elle les proportions d’une tempête en mer. Le mistral l’inquiète aussi et c’est à son sujet quelle trouve naturellement sous sa plume cette forte expression d’inquiétude maternelle citée comme un modèle rarement égalé de l’art d’écrire «La bise de Grignan me fait mal à la poitrine ». -
- Ce terrible mistral est sa préoccupation constante : elle y revient à chaque instant et l’appelle bise (on ne l’appellera pas mistral avant Chateaubriand).
- « Vous avez toujours votre bise : Ab! ma fille, qu’elle est ennuyeuse. Nous avons chaud nous autres, il n’y a plus qu’en Provence où l’on ait froid. » (Paris; 24 juillet 1670.)
- Les tableaux météorologiques un peu longs sont rares chez la célèbre épistolière : mais d’un mot preste et juste, elle situe l’état de l’atmosphère, comme tout le reste. Certains tableaux sont à personnages et pourraient être facilement."illustres, Y Averse par exemple.
- « Pendant que nous en étions là, voici qu’une pluie traîtresse... qui sans se faire craindre se met à nous noyer et à faire couler l’eau de partout sur nos habits, les feuilles burent percées dans un moment et nos habits percés dans un autre, moment. Nous voilà toutes a courir : on crie, on tombe, on glisse, enfin on arrive, on fait un grand feu, on change de chemise, de jupe. Je fournis à tout : on se fait essuyer ses souliers, on se pâme de rire » (23 août 1671).
- La description de la tempête qui causa la perte du Saint-Géran, dans le fameux Paul et Virginie, de Bernardin de Saint-Pierre est très connue. Il s’agit d’un cyclone et M. Rouch a étudié en détail ce morceau littéraire pour voir si elle correspondait à la réalité scientifique. Les nombreuses et copieuses citations que donne M. Rouch suffisent à montrer que cette description de tempête d’ailleurs fort belle est loin d’être fantaisiste dans ses moindres détails. Si on pense que le roman a été écrit en 1786, avant qu’il existât dans les traités spéciaux une description exacte des cyclones tropiques, on ne sait ce qu’il faut le plus admirer du talent littéraire de l’auteur ou de la précision de sa documentation.
- Puisqu’il s’agit de cyclone nous nous étonnons que M. Rouch n’ait pas placé dans son intéressante galerie de tableaux météorologiques la fameuse tempête de YEneide de Virgile. M. Brc-maud, médecin principal de la marine, a naguère étudié cii
- p.321 - vue 325/598
-
-
-
- détail cette tempête et démontré que c’était un cyclone décrit avec une admirable précision. Nous avons analysé dans La Nature du 21 mai 1892 le travail de M. Bremaüd pahi dans le Bulletin delà Société académique de Brest (tome XVI). Nous y renvoyons le lecteur nous contentant d’en reprendre la conclusion : « Ce n’est pas une médiocre’surprise, que de reconnaître dans un texte de deux mille ans, condensés en quelques vers sus par cœur par des séries de générations, les traits précis, exacts et complets d’un tableau que les savants du xixe siècle croyaient être les premiers à présenter aux navigateurs. » Détail curieux, le poète latin prend parti pour la théorie que devait soutenir, en 1886, M. Faye contre M. Fin-ley et la doctrine du Signal Office des Etats-Unis et il admet d’emblée le mouvement descendant (incubuere mari).
- Nous voici arrivés avec Chateaubriand à l’Ecole romantique, et alors abondent les notations purement météorologiques.
- Sur la fin de sa vie, Delille, le descripteur à outrance, se vantait d’avoir «fait» 50 couchers de soleils et tant d’aurores qu’il se perdait à les compter.
- Us sont nombreux, chez l’auteur d’Atala aussi, les soleils couchants dont on pourrait faire toute une galerie : les aurores non moins belles, les clairs de lune innombrables, aux images toujours renouvelées, les aspects du ciel et de la lumière minutieusement notés. Nous ne le chicanerons pas sur les noms curieux des vents qu’il cite un peu au hasard, comme Rabelais : l’imbat, la tramontane, les zéphyrs et les antans.
- Si on se rappelle qu’on a pu mettre en doute la réalité du voyage de Chateaubriand, on reste confondu devant l’exac-titudeMes descriptions d’orages, de tempêtes de toutes sortes, si nombreuses qu’il faudrait un véritable volume pour le citer en détail. «Je crois, dit M. Rouch en terminant son étude sur Chateaubriand, que les descriptions d’orages et de tempêtes que nous venons d’étudier au point de vue un peu aride de la météorologie, continueront toujours, tant qu’on parlera ou comprendra la langue française, à enchanter les lecteurs. »
- Dans George Sand que notre auteur étudie ensuite il y a fort peu de notations météorologiques : «Vous verrez les paysans dans mon livre, dit George Sand, vous les verrez bien mieux dans la nature. » On peut en dire autant des phénomènes de la météorologie, on ne les voit qu’un peu dans ses livres. Il est vrai qu’il y a tant de livres où on les voit pas du tout, que ce peu est déjà quelque chose.
- Nous voici maintenant chez un auteur qui est en même temps un peintre, habitué à observer la nature et à tirer parti de ses aspects changeants : Fromentin, le lumineux auteur d'Un été au Sahara, était particulièrement sensible aux spectacles de l’atmosphère. « Connais-tu les effets incalculables produits par un baromètre qui monte ou qui descend, et t’es-tu jamais aperçu à quel point il nous gouverne ? » Fromentin est un excellent météorologiste observateur et M. Rouch le prouve par maintes citations : certains de ses tableaux très exacts arrivent à une perfection dans le détail que seul Loti devait atteindre.
- Que dans Loti on relève de fréquents tableaux météorologiques, cela n’a rien d’étonnant; l’auteur de « Mon frère Yves » est lui aussi du bâtiment, si on peut dire. Il a suivi des cours de météorologie et les Instructions nautiques qu’il doit obligatoirement consulter contiennent des renseignements sur les climats et les régimes des vents des différentes mers du globe. Quoi qu’il en soit, Loti ne fera jamais parade de science et ses descriptions seront toujours très littéraires et très pittoresques. M. Rouch donne de nombreux extraits des diverses œuvres classés sous trois titres : les alizés et les calmes tropicaux; le climat breton et les tempêtes. En météorologiste il fait quelques critiques des spectacles décrits qui s’éloignent un peu des règles techniques : mais, nonobstant cet avis terre à terre, on ne peut rester insensible à la beauté de ces phrases rythmées, à celte harmonie imitative qui donnent une idée si exacte de la tempête.
- Nous devrions terminer cette anthologie par l’analyse de la fameuse tempête de Victor Hugo dans les Travailleurs de la mer. L’auteur explique que « n’ayant pu obtenir l’autorisation de reproduire les pages relatives à Victor Flugo, nous regrettons de ne 'pouvoir soumettre au public cette étude qui était composée et prête à être publiée ».
- On ne conçoit pas bien cette interdiction qui nous a privés d’une étude certainement fort intéressante. Victor Hugo est l’homme des tempêtes et de la mer et comme l’a écrit M. Bel-lessort : « C’est là que Hugo demeure incontestablement seigneur et maître : personne ne l’a détrôné du sombre et splendide écueil d’où il contemple, étudie, peint, imagine ou transfigure la vie multiple des flots et des vents. Il est leur grand romancier. Us avaient raison ceux qui lui écrivaient sous cette simple adresse : Victor Hugo, Océan. »
- M. Rouch ne s’est occupé que des orages et des tempêtes. S’il avait compris dans son étude ces grandioses phénomènes que sont les éruptions des volcans, Victor Hugo dans les Orientales aurait pu lui fournir une mine de curieuses observations.
- II nous souvient qu’après avoir assisté à une conférence de M. Lacroix, du Muséum (1902), sur la fameuse catastrophe de la Martinique, nous avons eu occasion de lire le Feu du Ciel, le premier morceau des Orientales, et nous avons été fort surpris de retrouver clans ces vers les caractéristiques de l’éruption: une étude détaillée nous entraînerait trop loin,.nous n’en citerons que deux vers :
- Et le vent inconnu qui souffla cette nuit Changea là forme des montagnes.
- Vers à rapprocher de ces mots empruntés à un récit officiel de la catastrophe : « L’éruption à changé la topographie du sommet de la montagne Pelée».
- On dirait que ce Feu du ciel a été' écrit pour illustrer le récit de cette éruption : « C’est le propre du génie, dit M. Rouch, d’être toujours actuel. » Virgile Beakdicourt,
- Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- PRESTIDIGITATION
- LA SIRÈNE
- Les illusions aquatiques sont assez difficiles à combina et par suite assez rarement présentées. En voici une assez bien inventée et qui a un certain succès.
- La scène représente un coin de forêt. A gauche un rocher
- et au milieu un grand coffre de cristal monté sur angles de cuivre nickelé, couronné d’une assez forte moulure également de métal nickelé. La cuve est remplie d’eau - jusqu’à moitié de sa hauteur. Lorsque les spectateurs ont eu le temps de voir
- p.322 - vue 326/598
-
-
-
- 323
- cette mise en scène, entrent deux Chinois (le costume et la nationalité ne font rien à l’affaire). L’un d’eux s’adressant au public rappelle que, s’il n’y a plus de sirènes à queue de poisson, il en est toujours, privées à la vérité de cet ornement, mais qui n’en sont pas moins dangereuses. Puis il indique la cuve de cristal, à moitié remplie d’eau. Pour prouver que ce n’est pas une illusion, que l’eau est véritable, il l’agite fortement avec la main, puis, comme Moïse, il frappe le rocher, et un jet d’eau s’écoule dans la cuve. Il montre aussi que l’espace sous la table qui supporte la cuve est absolument libre.
- Faisant alors une sorte d’incantation, il prend avec l’autre Chinois une grande pièce d’étoffe d’une surface suffisante pour couvrir la cuve et, chacun prenant l’étoffe par une extrémité, ils la posent sur la cuve qui se trouve entièrement recouverte, alors que l’on voit toujours le dessous de la table parfaitement libre. Presque instantanément, ils retirent l’étoffe et les spectateurs aperçoivent une femme couchée dans l’eau.
- Pour bien montrer qu’elle existe réellement, et que ce n’est pas un effet de glaces, elle se lève debout dans la cuve et, toute ruisselante d’eau, elle descend les marches placées au pied de son humide domaine.
- L’expérience se continue ensuite par la présentation absolument contraire : la sirène remonte dans son réservoir, se couche dans le liquide qu’elle agite fortement. Les deux Chinois recouvrent à nouveau la cuve, puis retirent presque instantanément le voile : la Sirène a disparu, alors que l’eau est encore agitée par son départ.
- Comment cette femme est-elle arrivée et partie d’une façon aussi invisible ? Quand on le sait c’est bien simple. Si l’on veut bien examiner la figure 2 qui représente la cuve vue par derrière, on remarquera que la table supportant la cuve se prolonge d’une façon anormale. C’est sur cette prolongation du plateau de la table que la femme est couchée avant le lever du rideau et le public ne la voit pas parce que la feuille de cristal AC est doublée d’une plaque métallique
- TABLETTE
- Fig. 2. — La cuve de la Sirène.
- Fig. 1. — L'illusion de la Sirène.
- de la hauteur BC peinte couleur vert d’eau et argent, absolument invisible derrière la masse d’eau. Cette eau est du reste agitée constamment, d’abord avant le lever du rideau, ensuite par le présentateur, puis par l’entrée et la sortie de la sirène.
- Voici comment se font cette entrée et cette sortie : lorsque les deux Chinois recouvrent la cuve avec leur étoffe, ils semblent l’envelopper complètement, mais ils ont soin de ne pas placer cette étoffe plus loin que AA. La glace d’arrière doublée de la plaque métallique n’est pas plus haute que BC et c’est une seconde glace coulissante AC complète, que le public aperçoit. Lorsque les deux Chinois étendent leur voile, la femme placée sur la tablette appuie en RR sur la moulure de cuivre, ce qui fait abaisser la moulure avec la glace, laissant une ouverture AB, AB, assez haute pour le passage de la femme; les extrémités de la moulure viennent s’appuyer sur les crochets BB et donnent toute sécurité de solidité. La sirène se glisse alors à plat ventre sur la moulure et sous la toile, s’étend dans l’eau et remonte la moulure avec la glace. Pour sortir, elle fait la manœuvre contraire.
- Comme ces passages, avec brusque arrivée ou départ, font jaillir de l’eau, la pièce d’étoffe, que les deux Chinois étendent au-dessus de la cuve, est doublée d’étoffe imperméable caoutchoutée.
- Au début de l’exjrérience, la hauteur de l’eau est calculée pour que le volume du corps de la femme ne la fasse pas monter au delà de la hauteur de la glace doublée de métal et par suite déborder intempestivement sur le plancher de la scène.
- Alber.
- CURIEUX CAS DE FLOTTAGE
- Le Berlingske Tidende de Copenhague, (n° du 21 décembre 1929, édition du matin) annonce que tout récemment on a recueilli aux Faerôer une bouteille ayant accompli un très long trajet à la mer. D’après le document qu’elle contenait et qui émane du « Deutsche Seewarte » de Hambourg, elle aurait été immergée le 5 mars 1927 par le vapeur allemand
- Padua « au large de la côte de l’Amérique du Sud ». Elle aurait donc dérivé pendant deux ans et neuf mois.
- Pour préciser, la bouteille en question a été trouvée, par un pêcheur de Thorshavn, la principale agglomération des Faer.ier, près du Kirkebonaes, la pointe sud-est de Stromô, la plus grande île de cet archipel. Charles Rabot.
- p.323 - vue 327/598
-
-
-
- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- 324
- LES QUALITÉS ESSENTIELLES DE L’AUTOMOBILE MODERNE
- L’automobile cesse aujourd’hui de plus en plus d’être un objet de luxe et prend un caractère utilitaire. Il n’en est pas moins vrai que la clientèle française et étrangère non seulement apprécie de plus en plus vivement les qualités de solidité, de vitesse et de durée des voitures modernes, mais encore devient de plus en plus exigeante pour le silence et la souplesse, qui ne sont donc plus réservés seulement aux voitures de luxe.
- Fort heureusement, les perfectionnements de l’usinage et les progrès constants de la fabrication en série ont permis d’établir des modèles de série vraiment silencieux et souples, à des prix pouvant être considérés comme relativement modiques.
- Pourtant le problème du silence dans une automobile dépend d’un nombre très élevé de facteurs complexes, puisque toute pièce mécanique' entrant en vibrations peut produire du bruit.
- Par contre, l’emploi des carrosseries modernes avec leur assemblage extrêmement rigide et entièrement métallique a permis de supprimer presque complètement toute une
- Moteur Chang î de vitesse
- Relais de vitesse
- Pont
- barrière
- Fig. 1. -r-Disposition schématique cl’un relais de vitesse permettant d’ob-ienir deux vitesses en prise directe avec deux démultiplications différentes-
- catégorie générale et très vaste de bruits produits directement ou par résonance à l’intérieur de la carrosserie.
- A ce point de vue particulier, on ne saurait trop faire remarquer que la carrosserie doit être entretenue et vérifiée comme les autres parties de la voiture. Il convient, par exemple, ,de graisser soigneusement de temps en temps les serrures, les charnières, etc... Suivant l’expression très amusante d’un vulgarisateur connu : « Le rossignol de carrosserie est un oiseau qui se chasse à la burette ».
- Au jioint de vue plus particulièrement mécanique, on peut constater que les principaux bruits dans une voiture proviennent, en général, d’un usinage ou d’un assemblage défectueux des pièces. On dispose maintenant, dans l’industrie automobile, de procédés perfectionnés permettant d’améliorer l’usinage d’une façon remarquable à ce point de vue. Nos lecteurs ont pu remarquer spécialement l’article paru récemment dans La Nature et concernant un appareil radio électrique pour la mesure des vibrations mécaniques.
- On arrive maintenant à atténuer en grande partie les vibrations du moteur par un équilibrage rigoureux de toutes les pièces et, en particulier, des pistons et du vilebrequin. On monte également sur ce dernier, à l’instar des Américains, des systèmes d’amortissement ou « dampers » qui s’opposent à la naissance des vibrations parasites.
- Souvent même on adopte des segments de pistons amortisseurs, qui agissent comme freins et atténuent les chocs violents du piston contre le cylindre.
- Une autre catégorie de bruits, à la fois plus continus et plus aigus en général, provient des vibrations des engrenages de la boîte de vitesse et du pont arrière. On a réduit ces bruits dans de grandes proportions, sur les modèles récents, par l’emploi d’engrenages à taille hélicoïdale Gleason pour le pont arrière, et à denture intérieure dans les boîtes de vitesses.
- Le silence devient donc, de plus en plus, une qualité essentielle de la voiture moderne bien construite, et les usagers qui savent constater la naissance du moindre bruit ne se rendent pas toujours suffisamment compte de la difficulté et de la complexité des problèmes que les techniciens ont dû résoudre pour arriver à un résultat satisfaisant.
- Une autre qualité de l’automobile moderne non moins importante à l’heure actuelle est la souplesse, c’est-à-dirc la facilité et la rapidité de variation de la vitesse, sans qu’il soit besoin de changer la multiplication de la transmission.
- Cette souplesse est rendue plus nécessaire par les difficultés de la circulation dans les villes et elle concourt, en grande partie, à augmenter l’agrément des voyages, tant, pour le conducteur que pour les voyageurs.
- On peut remarquer que la nécessité de maintenir cette qualité précieuse a empêché la diminution exagérée de la cylindrée des moteurs, avec accroissement de la vitesse de rotation. En effet, les moteurs «poussés» doivent toujours tourner à une grande vitesse pour produire une puissance sui-lisante et il en résulte la nécessité de changements de vitesse fréquents dans les villes ou en côte.
- Le succès de plus en plus marqué des voitures à six cylindres est, sans doute, dû avant tout à leur souplesse, très accentuée, en général; cependant on a l’habitude aux Etats-Unis d’adopter un moteur puissant à transmission démultipliée, ce qui permet de faire changer la vitesse de la voiture sans changer de multiplication.
- On a, par contre, en France, cherché à établir des voitures souples et silencieuses, sans augmenter outre mesure la cylindrée, parce que les impôts, et la prime d’assurance surtout, sont déterminés d’après la puissance fiscale du moteur et que la consommation d’essence et d’huile est évidemment proportionnelle à cette cylindrée.
- On peut déjà voir sur quelques modèles récents des boîtes à quatre vitesses, dans lesquelles la troisième vitesse peut être employée constamment pour le service de ville ou sur foutes accidentées et comporte des engrenages à dentures intérieures silencieux, toujours « en prise ».
- On a pensé également à adjoindre à la boîte de vitesse un .dispositif supplémentaire appelé relais de vitesse, placé entre cette boîte et Je pont arrière, ce qui permet de faire varier la démultiplication de ce dernier (lig. I).
- Pour le service de ville, ou sur une route accidentée, on peut ainsi adopter la grande démultiplication et, en palier, on peut employer la petite, tout en maintenant la même vitesse normale du moteur.
- Ce sont donc les perfectionnements de la boîte de vitesse, tout autant que ceux du moteur qui peuvent déterminer une augmentation très nette des qtialités de silence et de souplesse de la voiture moderne.
- LA RÉPERCUSSION DE LA CRISE BOURSIÈRE AMÉRICAINE SUR L’INDUSTRIE AUTOMOBILE
- Nous ne connaissons pas encore exactement l’influence réelle que peut avoir la crise boursière américaine sur le
- p.324 - vue 328/598
-
-
-
- 325
- commerce intérieur des automobiles aux Etats-Unis.
- il semble pourtant que la production ait légèrement baissé, que la vente de châssis neufs soit moins active et, enfin, que le commerce des voitures d’occasion soit complètement arrêté.
- Cette crise sera peut-êlre de courte durée, mais, si elle se prolongeait, on pourrait craindre que les constructeurs américains, poussés par la nécessité d’écouler leur production à tout prix, ne soient obligés d’abaisser leurs prix de vente, non seulement pour le commerce intérieur du pays, mais même pour l’exportation en Europe.
- Malgré le tarif douanier actuel, la concurrence deviendrait alors intense en Europe et de nature à inquiéter sérieusement les constructeurs français.
- UN APPAREIL PROTECTEUR CONTRE LE FEU ET CONTRE LE VOL
- Nous avons montré dans de récentes chroniques combien la nécessité d’un appareil protecteur contre le vol était de plus en plus marquée à mesure qu’augmentait le nombre des voilures conduites par leurs propriétaires.
- D’aulre part, s’il existe déjà un assez grand nombre d’appareils extincteurs d’incendie très pratiques, il y a assez peu
- Evacuation
- Direction des gaz en retour
- La tige solidaire de l'axe commande par Je câble de < contrôle maintient le volet obturant la canalisation
- Fig. 3. — Fonctionnement de l’appareil protecteur contre le feu et le vol.
- a) 'position en service normal: le volet est relevé et laisse passage aux gaz; b) en cas de retour de flammes : le volet s’abaisse et isole le carburateur ; c) le volet bloqué empêche la mise en marche de la voiture.
- d’accessoires simples destinés à supprimer la cause essentielle des incendies, qui est le « retour de flammes » dans le carburateur.
- Il nous paraît donc intéressant de décrire un nouvel accessoire qui constitue, en même temps, un dispositif anti-vol efficace et un appareil protecteur contre le feu.
- Cet accessoire simple se compose d’un corps d’appareil monté entre le carburateur et le moteur et d’un ensemble métallique à serrure de sûreté placé sur la planche de bord à proximité de la main du conducteur.
- Un câble de commande reliant le corps de l’appareil à la serrure est placé à l’intérieur de deux gaines flexibles montées l’une dans l’autre, et soudées à leurs extrémités sur les embouts des gaines.
- A l’intérieur du corps de l’appareil, un volet est libre sur son axe, qui porte, d’ailleurs, une tige de -blocage. L’axe et sa tige sont commandés par une serrure de sûreté qui permet d’arrêter l’axe dans la position d’ouverture et dans la-position de fermeture (fig. 2).
- Lorsque le moteur est en marche, c’cst-à-dire dans la position d’ouverture, le poids du volet, placé dans le corps de l’appareil, tend toujours à le fermer, mais, comme il est tt'ès léger, il est soulevé sous l’action de la seule aspiration des cylindres et laisse jxasser les gaz (a, fig. 3).
- La position du volet varie automatiquement, quelle que soit la vitesse du moteur, puisqu’elle est déterminée unique-
- Soupape
- _______permettant
- V//////M Vévacuation zq T des gaz en — / retour
- Moteur
- Fig. 2. — Appareil protecteur contre le feu et le vol (vue en coupe).
- ment par le courant gazeux, dont le mouvement n’est nullement freiné, et le rendement du moLeur n’en est pas diminué.
- Lorsqu’il menace de se produire un retour de flammes, l’aspiration du moteur cesse et le volet retombe sous la seule action de son poids, ce qui isole le carburateur et empêche tout incendie. Les gaz s’échappent simplement par une soupape montée sur l’appareil (b, fig. 3).
- D’un autre côté, cet appareil peut aussi protéger contre le vol, en interdisant toute mise en marche. En fermant simplement la serrure montée sur la planche de bord à l’aide d’une clef de sûreté, on immobilise l’axe du volet dans une position telle que la tige métallique solidaire de cet axe maintienne le volet en obturant la canalisation, ce qui empêche toute alimentation du moteur (c, fig. 3).
- La voiture est ainsi rendue complètement inviolable, puisque le corps de l’appareil est verrouillé sur le bloc moteur, que la serrure est difficilement démontable et que même le sectionnement du câble de commande n’empêcherait pas le blocage de l’appareil.
- La figure 4 montre comment est monté l’ensemble du dispositif et, d’ailleurs, toutes les serrures sont combinées avec un interrupteur d’allumage pour l’arrêt du moteur.
- Le conducteur n’a donc aucune manœuvre supplémentaire à faire pour bloquer le système anti-vol, puisque ce dernier est mis en action simplement en coupant l’allumage.
- LES POSTES DE T. S. F. SUR AUTOMOBILES
- L’usage des appareils radiophoniques portatifs se répand de plus en plus en France, mais il faut bien constater, pourtant, qu’il n’existe pas d’appareils portatifs spéciaux pour
- Fig. 4. — Moulage de l’ensemble de l’appareil protecteur contre le feu et le vol.
- Dispositif de commande .avec serrure
- Corps dappareil-sur le bloc mote
- verrouillé
- Câble de commande a deux gaines
- p.325 - vue 329/598
-
-
-
- Haut-
- parleur
- J- O,
- ci <o
- ,A+""A-"45+'",9W'"l35i:"4'4-"fl-"
- Fig. 5. — Schéma cl’un poste radiophonique américain pour réception sur automobile.
- 3 étages HF à transfo accordés. 1 détectrice. 2 étages BF. Les condensateurs d’accord ot de résonance sont accouplés deux à deux. Rj, Rj, R3 : résistances de stabilisation de 500, 3000 et 100 ohms respectivement.
- automobilistes et surtout qu’on ne voit pas encore de voitures de série équipées avec des postes récepteurs radiophoniques.
- On nous avait annoncé que nous pourrions voir des installations de ce genre au Salon de 1929, mais, en réalité, il ne semble pas que des tentatives sérieuses aient été réellement
- Fig. 6. — La planche de bord d’une aulo équipée avec son poste récepteur
- radiophonique.
- (On voit en bas et au milieu les deux cadrans de réglage du poste.)
- exécutées. Au'contraire, aux Etats-Unis, les voitures Stutz, Chrysler et Dodge comportent des installations de ce genre, et les clients de Packard, Graham-Paige, Cadillac et La Salle peuvent, sur leur demande, faire monter sur leurs voitures, par le fabricant, des installations radiophoniques spéciales.
- Le poste récepteur généralement employé comporte six lampes, soit trois lampes haute fréquence à transformateurs accordés, une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence ( fig. 5).
- Il n’y a pas de dispositif spécial de réaction et on atténue les « accrochages » à l’aide de résistances Rj, R2, R3 placées dans les circuits de grille.
- L’appareil est contenu dans une boîte entièrement blindée, et les condensateurs de réglage sont accouplés deux à deux, de telle sorte que le nombre des manœuvres de réglage se réduit à deux.
- L’appareil est placé derrière le tableau de bord et les deux cadrans de réglage sont disposés au milieu de celui-ci à la place des instruments de mesures ordinaires de l’automobile (fig. 6).
- L’antenne est formée de fils de cuivre tressés, placés sous le toit de la voiture, et le contrepoids électrique est constitué par le châssis même de la voiture (fig. 7).
- Il a fallu, d’autre part, prendre des précautions spéciales pour éliminer les perturbations produites par les étincelles
- des bougies, par la dynamo et la bobine d’induction avec son distributeur.
- On a placé des résistances de 25 000 ohms en série dans les câbles de chaque bougie et une résistance analogue est montée dans le câble de haute tension reliant la bobine au distributeur, afin d’amortir les décharges oscillantes.
- D’autre part, on est souvent obligé de blinder la bobine d’allumage et de placer un condensateur de un microfarad entre la connexion de la bobine allant à la batterie et la masse du châssis. Des condensateurs sont, de même, montés sur la dynamo pour étouffer les étincelles du collecteur.
- Enfin, l’appareil est alimenté au moyen de piles sèches de tension plaque et de polarisation contenues dans une boîte soigneusement blindée, et par l’accumulateur de la voiture ou par une batterie de chauffage séparée.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Appareil anti-vol et contre l’incendie. Société Liber, 55, rue de Rivoli, Paris (1er).
- Fig. 7. — Disposition générale et détails de montage du poste radiophonique sur automobile.
- I. — Montage général : 1. collecteur d’ondes; 2. haut-parleur; 3. plancher de la voiture; 4. batteries; 5. filtre; 6. câble d’alimentation; 7. descente d’antenne; S. poste; 9. condensateurs filtres; 10. résistances des bougies; 11. câbles de distribution; 12. câbles de mise au châssis; 13. distributeur; 14. bobines d’induction; 15. dynamo.
- II et III. — Détails du montage des dispositifs antiparasites.
- p.326 - vue 330/598
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 327
- LA VOUTE CELESTE EN MAI 1930 (*)
- Saturne redevient visible, le matin, dans de bonnes conditions, puisque, le 15 mai, il se lèvera à 23h. Le moment est donc venu de recommencer les observations de cette planète, véritablement la plus extraordinaire de tout le système solaire. « Heureusement, écrivait Flammarion dans son « Annuaire astronomique, si connu de tous les amateurs du « ciel, heureusement pour l’étudiant du ciel une toute petite « lunette suffit pour faire admirer une partie des merveilles « de cette planète. En effet, un objectif de 0 ",040 permet « déjà de deviner l’anneau lorsqu’il n’est pas trop fermé. «Avec une lunette de 0'",057, on le distingue bien; avec « celles de 0"\061 et 0m,075, on constate que l’anneau extérieur est plus foncé que l’intérieur, ce qui est le premier « indice de la visibilité de la division de Cassini, que l’on « reconnaît dans une lunette de 0"',095. Une bonne «lunette de 0’",108 montre l’anneau intérieur transpa-« rent projeté sur le fond noir du ciel....
- « Quant aux satellites,tout «bon objectif de 0ITI, 050 fera «voir Titan (gr. 8,5). Une « lunette de 0"',075 montre-« ra aussi Japet (9° à 12°gran-« deur) à ses élongations oc-« cidentales, Rhéa (gran-« deur 9,5) et Tétliys (gran-« deur 10,0) ; une de 0 ',108 « Dioné (grandeur 10,5). »
- Les autres satellites sont inférieurs à la douzième grandeur et personne n’a pu les observer avec des instruments inférieurs à 0'11,135.
- Notre figure 1 représente l’aspect actuel du système des satellites de Saturne, limité aux orbites des satellites Titan, Rhéa, Dioné et Téthys, tel qu’il apparaîtrait dans une bonne lunette, si les orbites des satellites
- étaient dessinées en traits lumineux. Le système est figuré tel qu’il se présenterait dans une lunette renversant les objets. Le Sud est donc en haut de l’image. Les chiffres marqués sur l’orbite de Titan permettent de trouver sa position d’après le nombre de jours écoulés depuis son élongation orientale (Oj.) ou depuis son élongation occidentale (8 j.). Plus loin, nous donnons la liste de ces élongations pour le mois de mai. Ainsi, le 10 mai, à 01,4 (c’est-à-dire environ 10h du matin) Titan se trouvera à son élongation maximum orientale, donc au point marqué 0 j. sur l’orbite. Quatre jours après, c’est-à-dire le 14, il sera au point marqué 4 j. Huit jours après, le 18, il sera au point marqué 8 j. Le 22, il sera au point 12, etc.
- Cètte figure sera ainsi fort utile pour suivre chaque jour Titan dans son mouvement autour de Saturne.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en mai, passera de
- 1. Toutes les heures indiquées dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de O’1 à 24" à partir de 0" (minuit). L’heure d'été devant être appliquée cette année dans la nuit du 12 au 13 avril; à partir de cette dernière date il y aura lieu d’augmenter toutes les heures de ce Bulletin de 1 heure pour qu’elles soient en accord avec nos horloges.
- + 14°56' le 1 r à -j- 2105U le 31 et la durée du jour croîtra de l"17m pendant le mois. Cette durée sera de 14h30" le l01 et de 15h47,u le 31.
- Le tableau ci-dessous, très utile aux personnes désireuses d’établir des cadrans solaires, donne le temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours, à Paris :
- Dates Heures du pas sage Dates Heures du passage
- Mai 1 11" 47m 44s Mai 17 11" 46m 51s
- -- 3 11 48 29 — 19 11 46 55
- r 0 11 47 17 — 21 11 47 1
- ----- 7 11 47 7 — 23 11 47 9
- 9 11 47 0 — 25 11 47 20
- — 11 11 46 34 — 27 11 47 32
- — 13 11 46 51 — 29 11 47 46
- — 15 Tl 46 50 — 31 11 48 3
- Observations physiques. — Voici les données indispensables pour l’orientation des photographies et dessins du Soleil :
- Date
- B0
- L0
- Fig. 1. — Le sgsième des satellites Rhéa, Dioné et Telhgs) ,tel qu’il se
- Les points blancs marqués sur tion, jour par jour, à partir de 0 j. Le Sud est en haut.
- III, IV, V et VI de Saturne (Titan, présente actuellement pour la Terre.
- l’orbite de Titan indiquent sa posi-son élongation orientale, à droite :
- Mail — 24°,3G — 4°,14 359,79
- — 6—23 ,41—3 ,62 293,70
- — 11 —22 ,28 —3 ,08 227,59 —16—20 ,97—2,52 161,46
- — 21—19 ,50—1 ,94 95,32
- — 26—17 ,88—1,35 29,17
- — 31 —16 ,12—0,75 323,01
- Pour la définition des termes P, E0, L0, voir le précédent «Bulletin astronomique » (N« 2828, du 1er mars 1930).
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est encore visible au Nord-Ouest et à l’Ouest, mais en de moins bonnes conditions qu’en avril,
- en raison de la longueur du jour.
- Les phases de la Lune, en mai, seront les
- IL Lune.
- suivantes :
- P. Q. le 5, à 16h53m P. L. le 12, à 17l,29m
- P. Q. le 20, à 16h22m N. L. le 28, à 5"37m
- Age de la Lune le 1er mai, à minuit (24") = 2J,2 ; le 29, à 2 411 = oj ,8.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 3 = -f- 28°1'; le 16 — — 27°59 ; le 30 = + 27°57\ Remarquer la faible élévation cle la Lune sur l’horizon le 17 mai, lors de son passage au méridien, à 3" 29m du matin. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 mai, à 19". Parallaxe — 5919'.
- Distance = 369670 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 mai, à S".
- Parallaxe — 5414”. Distance — 404320 km.
- Périgée de la Lune, le 31 mai, à 6". Parallaxe — 59’59”.
- Distance = 365570 km.
- p.327 - vue 331/598
-
-
-
- = 328 ................................... =
- Occultation d’étoile par la Lune. — Le 9 mai, occultation de 91 G. Vierge (gr. 6,5). Immersion à 191' 43m.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer au début du mois, le 1°!' et le 2 et à la fin, vers le 30 et 31.
- Marées, mascaret. —• Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 12 et de la nouvelle Lune du 28. Elles seront de faible amplitude (coefficient 0,92). Voici quelques-unes de ces plus grandes marées :
- Dates Marées du matin. Heure Coefficient Marées du soir. Heure Coefficient
- — — — — •—
- Mai 11 21.51m 0,89 1511 llm 0,91
- — 12 3 30 0,92 15 50 0,92
- — 13 4 9 0,92 16 28 0,90
- — 14 4 46 0,87 17 4 0,84
- — 28 3 42 0,88 16 2 0,90
- — 29 4 23 0,90 16 45 0,90
- — 30 5 7 0,89 17 31 0,86
- Le phénomène de mascaret n’est pas annoncé pour le mois de mai.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, donne les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de mai.
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 20 mai, à 5h.
- Vénus devient bien visible le soir au crépuscule.
- Observer le curieux rapprochement de Vénus et de Jupiter du 15 au 18 mai. La conjonction des deux planètes aura lieu le 17, à 18h, Vénus se trouvant à 1°21' au Nord de Jupiter.
- Le tableau suivant donne, pour ce mois, la phase et la grandeur stellaire de Vénus :
- Dates Disque Diamètre Grandeur
- illuminé stellaire
- Mai 1 0,93 10,8 — 3,3
- — 6 0,93 10,8 — 3,3
- — 11 0,92 11,0 — 3,3
- — 16 0,91 11,2 •— 3,3
- — 21 0,89 11,4 — 3,3
- — 26 0,88 11,6 • — 3,4
- — 31 0,87 11,8 — 3,4
- Mars peut être recherché le malin, dans la constellation
- des Poissons, avant l’aurore. 1 je diamètre est-toujours très petit,
- en raison de l’éloignement de cette planète, et il est encore
- trop tôt pour entreprendre avec de grands instruments. des observations utiles, même
- Jupiter se couche, à présent, de très bonne heure et l’on
- ASTRE Dates : Mai Lever à Paris Passage au méridien de Paris!') Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- . ! 5 4h 26m 11'1 47m 17f 19 . 9m 2 1 47m : + 16° T 31° 43',6 Bélier
- Soleil. . . . 15 4 12 11 46 50 19 23 3 26 + 18 46 31 40,8 Bélier !>
- 1 25 4 0 11 47 20 19 36 4 6 + 20 52 31 37,2 Taureau
- \ 3 4 59 12 58 20 57 3 57 + 22 55 9,4 Pléiades / Le soir, au début du
- Mercure. . . \ 15 4 30 12 16 20 1 3 56 + 20 47 11,6 Pléiades f
- ' 25 3 49 11 11 18 33 3 36 + 16 53 12,0 Taureau ,
- \ 5 5 25 13 17 21 8 4 14 + 21 46 10,8 a Taureau
- Vénus. . . . 15 5 25 13 29 21 3.4 5 6 + 23 51 11,2 p Taureau 1 Le soir, au crépuscule.
- : 25 5 32 13 43 21 54 5 59 + 24 47 11,6 p. Gémeaux
- 5 3 21 9 33 15 45 0 31 + 2 6 4,6 189 P. Poissons | .
- Mars .... 15 2 55 9 21 15 47 0 59 + 57 4,6 Poissons ( Le matin, à l’aurore.
- 25 2 30 9 10 15 50 1 27 + 8 2 4,6 Poissons j
- Jupiter . . . 15 5 41 13 39 21 37 5 18 1 22 49 30,6 p Cocher Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne. . . 15 23 0 3 12 7 12 18 50 — 22 14 16,0 v Sagittaire Seconde partie de nuit.
- Uranus . . . 15 12 . 48 9 12 15 37 0 51 ! “T 4 48 3,4 189 P. Poissons Inobservable.
- Neptune. . . 15 1 34 18 32 1 30 10 12 + 11 49 2,4 a Lion Première partie de nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le soir tout au début du mois, sa plus grande élongation ayant eu lieu le 27 avril. Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure pendant le mois de mai :
- Dates Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire
- Mai 1 0,29 8,6 + 0,8
- — 6 0,17 9,8 + 1,4
- — 11 0,07 10,8 + 2,1
- — 16 0,02 11,8 + 2,9
- — 21 0,00 12,2 + 3,4
- — 26 0,03 11,8 + 2,6
- — 31 0,09 11,2 + 2,0
- pourra juste observer encore quelques-uns des phénomènes si curieux présentés par les satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates Heure Satel- lite. Phéno- mène. Dates Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 4 20h 14m II P. f. 11 20h 29m II P.c.
- 6 19 43 I Im. 14 20 40 III P. c.
- 7 19 48 I 0. f. 25 19 53 III E.f.
- p.328 - vue 332/598
-
-
-
- Saturne devient bien visible, se levant, le 15, une heure avant minuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 14 mai :
- Grand axe extérieur. . . ..................... 40 ',13
- Petit axe extérieur........................... -f- 16”,94
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................. -j- 24°58'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau............................................. -j- 25°50'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, à l’époque de ses élongations. En voici la liste :
- Dates Elongation Heure
- Mai 2 Occidentale 8h,l
- — 10 Orientale 0,4
- — 18 Occidentale 6,2
- — 25 Orientale 22 ,4
- Pour trouver Titan à une autre date du mois, se reporter
- à' ce que nous avons dit au début de ce présent Bulletin.
- Uranus est inobservable ce mois-ci, étant très près du Soleil.
- Neptune est encore bien visible. Pour le trouver, on utilisera la petite carte que nous avons donnée le mois dernier (page 229).
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le lor, à 17h, Jupiter en conjonc. avec la Lune, à 4° 3' S.
- Le 6, à 18h , Neptune — la Lune, à 4° 20’ S.
- Le 12, à lh, Mars — Uranus, à 0° 30' s.
- Le 16, à 16h, Saturne — la Lune, à 5° 37 N.
- Le 17, à 181’, Vénus Jupiter, à 1° 21' N.
- Le 24, à 8h , Uranus — la Lune, ; à 1 o 7' S.
- Le 25, à 2h , Mars — la Lune, à 0° 12' S.
- Le 27, à 121’, Mercure — la Lune, à 5° 11/ s.
- —............... .............. = 329 =====
- Le 29, à llh, Jupiter en conjonc. avec la Lune, à 4° 18' S. Le 30, à 7h, Vénus ’ — la Lune, à 3° 9; S.
- Ne pas manquer d’observer la curieuse conjonction de' Vénus et de Jupiter le 17 mai : très beau spectacle céleste dans le ciel du couchant.
- Etoiles filantes. — Du Ie" au 6 mai, essaim des Aquarides. Radiant : Y| Verseau. Les météores de cet essaim sont rapides et laissent des traînées lumineuses qui persistent quelques instants.
- Le 29 mai, étoiles filantes émanant de la région de a de la Couronne boréale.
- Etoile Polaire. — Voici les heures du passage de la Polaire au méridien de Paris :
- Dates Passage Heure Temps sidéral
- àO (T. U.)
- Mai 1 Inférieur 22h 49m 33s 14h 32m 475
- — 11 — 22 10 19 15 12 13
- — 21 — 21 31 7 15 51 38
- — 31 — 20 51 57 16 31 4
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le lor mai, à 23h ou le 15 à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; les Chiens de Chasse; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse; la Girafe; Céphée; Cassiopée. Au Nord-Est : Le Cygne.
- A l’Est : Le Sagittaire; le Scorpion; l’Aigle; la Lyre; Hercule; la Couronne.
- Au Sud-Est : Ophiuchus.
- Au Sud : La Vierge; la Balance; le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Ouest : Le Cocher.
- Em. Touciiet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- NETTOYONS FACILEMENT NOS GANTS SALIS
- Les teinturiers dégraisseurs emploient d’une façon courante, pour procéder aux détachages rapides, une mixture désignée sous le nom de savon-benzine dont la préparation ne présente aucune difficulté, car il
- suffit de prendre :
- Savon mou transparent............ .. 100 grammes
- Huile de palme blanche................ 100 —
- Oléine de saponification............... 10 —
- Benzine cristallisable................. 20 —
- Le savon, l’huile et l’oléine sont d’abord incorporés l’un à l’autre après liquéfaction à une douce chaleur; on laisse refroidir, ajoute la benzine et rend bien homogène de façon à obtenir une pâte blanche molle que l’on met en réserve dans un récipient bien fermé.
- Dans le cas du nettoyage de gants, on prendra par exemple :
- Savon-benzine..................... 15 à 20 grammes
- Benzine........................... 1000 cm3
- N. B. —La proportion de 20 grammes par litre ne doit pas être dépassée.
- Les gants salis sont trempés dans le bain, pendant un temps plus ou moins prolongé, suivant le degré de souillure, pouvant varier de quelques minutes à une heure ou deux, en tenant compte qu’un trempage trop long peut faire baisser légèrement la teinte.
- Pendant cette immersion, les gants sont foulés doucement à la main et brossés, après quoi on les rince successivement dans deux bains de benzine neuve employée seule afin de les dégorger des impuretés dissoutes par le savon-benzine.
- Finalement, on presse toujours à la main, essuie les gants avec un linge de toile sec (non de coton qui donnerait des peluches); puis, après
- les avoir étirés et ouverts au moyen des pinces ouvre-gants, on les laisse sécher à l’air.
- Toutes ces opérations doivent se faire de préférence le jour et loin de tout foyer pour éviter l’inflammation des vapeurs de benzine.
- N. B. —- Les benzines de rinçage ne sont pas perdues, elles doivent être mises soigneusement de côté pour servir au délayage du savon-benzine lors d’opérations ultérieures.
- PHOTOGRAPHIE D’UN OBJET,
- SANS OMBRE PORTÉE
- L’ombre portée par un objet que l’on veut photographier peut quelquefois être gênante, aussi bien au point de vue artistique qu’en empêchant certaines parties du sujet de se détacher.
- Pour obvier à cet inconvénient, il suffit, signale la Photo-Bevue, de fixer la pièce dont on veut obtenir une épreuve sur une lame de verre verticale, par exemple au moyen de boules de cire d’abeilles, ramollies entre les doigts, dans lesquelles on pourra à volonté fixer des épingles.
- Le tout est mis à quelque distance d’une feuille de papier ou de carton gris clair, puis on photographie comme d’habitude; l’image obtenue a un aspect aérien du plus heureux effet,.
- CONTRE LES COURTILIÈRES
- Un de nos abonnés de Bordeaux, M. Dameron, nous donne la recette suivante qui lui a donné de bons résultats, mais qui a l’inconvénient de risquer d’empoisonner les volailles qui s’égarent sur les champs traités. Elle consiste à répandre sur le sol infesté de courtilières du maïs concassé que l’on a fait cuire, puis que l’on saupoudre d’acide arsénieux. On répand ce grain environ une semaine avant la plantation du champ.
- p.329 - vue 333/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- La météorologie du relie}- terrestre. Vents et nuages, par A. Baldit, 1 vol., 32S p., 128 fig. Gauthier-Vil-lars, éditeur, Paris, 1929. Prix : 70 lr.
- Les éléments météorologiques varient avec l’altitude et sont influencés par le relief et la nature du terrain sous-jacent. On comprend aisément l’importance que présente pour la navigation aérienne la connaissance de ces rapports entre le relief et les particularités du temps. Il y a là un vaste problème dont l’étude est à peine commencée et exige, pour se poursuivre utilement, des observations méthodiquement accumulées. L’auteur, dont nos lecteurs connaissent les beaux travaux météorologiques, ne se borne pas à tracer un programme d’ensemble, mais il attaque à fond deux questions d’intérêt primordial pour la navigation aérienne : l’action du relief sur le vent, l’action du relief sur les nuages, et il expose leur état actuel d’après les travaux les plus récents effectués en France et à l’étranger. Ce savant ouvrage, dans lequel l’auteur a apporté une riche contribution d’observations personnelles, est d’une lecture aisée et attrayante.
- The acoustics of orchestral instruments and o} the organ, by E. C. Richardson, 1 vol. 158 p., 31 fig. Edw. Arnold and Co, 41, Maddox Street, London, 1929. Prix net :
- 10 sh. 6.
- L’étude acoustique des instruments de musique est extrêmement complexe; mais elle a fait de sérieux progrès dans ces dernières années, en partie grâce à des études expérimentale? poussées assez loin. L’auteur-présente, à l’usage de musiciens n’ayant que des connaissances sommaires en physique, les résultats essentiels de ces investigations. Il passe en revue successivement les instruments à vent, les cuivres, les instruments à percussion et les instruments à cordes. Pour les plus importants de ces instruments l’auteur s’attache à analyser le mécanisme de la naissance des sons, les caractéristiques acoustiques de l’instrument et la façon dont elles sont influencées par ses dimensions. L’ouvrage s’achève par un coup d’œil succinct sur 1-acoustique architecturale, et par un appendice théorique où l’auteur applique la notion nouvelle d’impédance acoustique au calcul des dimensions et de l’emplacement des trous dans les instruments en bois.
- Histoire et influence du tempérament, par Paul Gar-nault. 1 broch. in-8, 40 pp. Chez l’auteur, 10 bis, rue Caffarelli, Nice.
- On appelle tempérament l’altération des intervalles musicaux dans les instruments à sons fixes, destinée à établir 12 quintes égales dans l’étendue de 7 octaves. Discuté déjà par les philosophes grecs, puis par les théoriciens italiens, il triompha avec Bach, Couperin, Rameau, et est devenu universel. L’auteur le justifie par des calculs d’acoustique, conte son histoire et l’explique utilement aux musiciens.
- Electrodynamique du muscle, par G. Laville. 1 vol. in-8, 173 p., 40 fig. Editions Laville, 29 bis, rue Demours, Paris, 1928. Prix : 25 fr.
- L’auteur, ingénieur électricien, a bâti une théorie électrique du travail musculaire. Il considère le muscle comme un condensateur à diélectrique élastique et semi-conducteur, et développe les conséquences de cette théorie qu’il montre en accord avec les données histologiques et physiologiques. C’est une vue très ingénieuse, bien que certainement partielle, d’un phénomène encore très mystérieux.
- Les produits réfractaires, par R. Leduc, i vol. 320 p.,
- 186 fig., 25 tableaux. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1929. Prix : relié, 82 fr.
- Cet ouvrage décrit la fabrication des briques et produits réfractaires, de toutes espèces : briques d’alumine, de corindon, de silice, produits à base de magnésie, de carborundum, de graphite et de chromite. Il indique les règles qui président au choix des réfractaires dans les principaux cas de la pratique industrielle, les méthodes d’essai et les principales caractéristiques de ces produits.
- Outillage des fabrications mécaniques, par c. roure. 1 vol. 420 p., 134 fig. Gaston Doin, Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- Cet ouvrage décrit les différents outils qui arment les machines utilisées dans les ateliers de travail des métaux.
- 11 indique leurs fonctions, les qualités qu’ils doivent posséder, eur mode d’emploi et façon de les fabriquer.
- Le fermier constructeur, par R. Champly. 1 vol. in-16, 224 p., 230 fig. Librairie agricole delà Maison Rustique, Paris, 1930. Prix : 12 fr.
- Pour les agriculteurs qui veulent faire eux-mêmes, économiquement,
- les réparations urgentes et l’entretien des bâtiments ruraux, voici les principaux sujets traités : puits, citernes et récupération des eaux de pluie; outillage de menuiserie; charpente et maçonnerie; assemblage et collage des bois; clôtures, cours et chemins; construction des murs, matériaux et mortiers; maisons en pisé; poteaux, solives, charpentes, toitures, vitrages, planchers, cloisons, échelles et escaliers; chéneaux et gouttières; portes, volets, enduits, peintures, collage du papier ;-chauffage et éclairage. Toutes ces questions sont exposées d’une façon simple et pratique, mises à la portée de tous.
- L'impérialisme américain, par Octave Homberg. 1 vol.
- in-16, 85 p. Plon, Paris, 1929. Prix : 5 fr.
- Enrichis par la guerre européenne, soumis à une civilisation massive et non d’élite, les Etats-Unis d’Amérique font actuellement peser sur nous une emprise inquiétante : ils ont imposé le traité de Versailles, réglé la liquidation de la guerre par les plans Dawes et Young; malgré leur doctrine de Monroe, ils ont pénétré partout, dans les banques, les industries et même les mœurs européennes. C’est ce danger, cette ambition de conduire le monde qu’analyse le grand financier dont on connaît le souci de voir la France grande, riche et libre, et qui a déjà fait une si utile propagande dans ce but.
- Du Groenland au Pacifique. Deux ans d’intimité avec des tribus d’Esquimaux inconnus, par Knud Rasmusson. Traduit du danois par Cécile Lund et Jules Bernard, 1 vol. in-8, 354 p., fig., 86 photos hors texte, 1 carte. Plon, Paris, 1929.
- Né au Groenland, élevé comme un jeune Esquimau, l’auteur connaît la langue et les mœurs des indigènes dont il étudie depuis longtemps l’ethnologie. Accompagné de quelques compatriotes danois, il a exploré les étendues glacées de l’Amérique du Nord, du Groenland au Pacifique, en passant par la terre de Baffin, la baie d’Hudson, les îles de l’Arctique, visitant les clans épars, recueillant leurs légendes et leurs traditions; c’est le récit très vivant de ce long voyage qui forme le sujet de ce livre.
- La puériculture pratique, par le Dr G. Variot. 5e édition revue et corrigée. 1 vol. in-8, 426 p., 44 fig. Gaston Doin et Cie, Paris, 1930. Prix : broché, 28 fr.; relié, 30 fr.
- Cet ouvrage, devenu classique, est le guide sûr des jeunes mères, le fruit de la longue expérience de. l’auteur. Des chapitres nouveaux sur le développement de l’hygiène infantilô’ en France, la première dentition, la prélocomotion, l’allaitement des jumeaux, les nouveaux produits laitiers et les vitamines dans l’allaitement artificiel, etc., ont été ajoutés aux précédentes éditions.
- 44th Annual Repport of the Bureau of American Ethnology. 1 vol. in-4, 555 p., 15 fig., 98 pl. Smithsonian Institution, Washington, 1928.
- Ce rapport contient quatre études d’ethnologie américaine : exploration de Burton Mound à Santa Barbara (Californie), par John P. Harrington; croyances et usages sociaux et religieux des Indiens Chickasaw, par John R. Swanton; emplois de plantes par les Indiens Chippewa, par Frances Densmore; recherches archéologiques, par Gérard Fowke.
- Shabik’ eshchee Village. A late basket maker site in the Chaco canyon, New Mexico, par Frank H. H. Roberts. 1 vol. in-8, 164 p., 31 pl., Bulletin 92, Bureau of ame-rican Ethnology, Smithsonian Institution, Washington, 1929.
- , Chipewa Customs, par Frances Densmore. 1 vol. in-8, 204 p., 27 fig., 90 pl. Bulletin S6, Bureau of american Ethnology, Smithsonian Institution, Washington, 1929.
- La médecine populaire, par Paul Hermant et Denis Boomans. 1 vol. in-8, 240 p., 36 fig. Bulletin du Service de Recherches historiques et folkloriques du Hainaut, Bruxelles 1930. Prix : 25 francs.
- A côté de la médecine actuelle, scientifique et rationnelle, il y a encore partout, même en Europe, maints remèdes et maintes pratiques thérapeutiques qu’on retrouve dans les milieux les plus divers. Les auteurs en ont recueilli un très grand nombre, principalement dans le Brabant; ils les ont classés, rapprochés des pratiques analogues déjà signalées en différents temps et pays et ils apportent ainsi au folklore une moisson abondante de documents inédits. Ceux-ci sont groupés par catégories : remèdes basés sur un raisonnement analogique, conceptions matérialistes et animistes des maladies, caractères du guérisseur, talisman. Et, ce qui ne gâte rien, le livre est abondamment illustré de reproductions de gravures, de bandeaux, de culs-de-lampe, de lettrines agréables.
- p.330 - vue 334/598
-
-
-
- 331
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cle Janvier 1930.
- ÉLECTION
- Le 20 janvier dernier, l’académie a élu membre de la section de chimie le professeur Marcel Delépine de la Faculté de Pharmacie de Paris, en remplacement de Charles Moureu,
- PHYSIOLOGIE
- L’inscription graphique de la pression du liquide céphalo-rachidien (MM. Loeper, André Lemaire et J. Patel). — Sur le chien endormi et couché, les auteurs pratiquent une ponction occipito-atloïdienne et mesurent la tension rachidienne avec le manomètre de Claude. Ensuite, un tambour de Marey et son tuyau adducteur étant remplis d’eau salée à 7 pour 1000, sous une pression égale à la pression rachidienne de l’animal, l’extrémité libre du tuyau est adaptée au pavillon de l’aiguille restée en place. Tambour et aiguille se trouvant sur le même plan horizontal, on apprécie en valeur absolue les dénivellations du tracé, de la pression rachidienne initiale et de la courbe d’étalonnage de l’appareil. Les premières mesures effectuées confirmèrent, pour les auteurs, l’influence de la compression dès jugulaires et des injections intraveineuses de solutions hypo ou hypertoniques. On a pu constater aussi que l’injection intraveineuse (5 pour 100 mg) d’adrénaline provoque, en même temps qu’une hypertension artérielle, une hypertension rachidienne, simultanée et d’égale durée, qui peut atteindre 4 ou 5 cm d’eau et que l’acétylcholine provoque d’abord une chute légère et très temporaire de la pression rachidienne, que suit une hypertension importante (7 à 8 cm d’eau), alors que la tension sanguine — qui a d’abord subi une forte baisse — n’est pas remontée à son chiffre normal. Dans ce dernier cas, comme l’a indiqué Justin Besançon, la drogue produit un effet cardiaque très court, mais un effet vasculaire considérable et prolongé.
- ZOOLOGIE
- Quelques observations sur les Ctenoplana des mers de
- Chine (C. N. Dawydoff). — Dans un précédent mémoire, l’auteur a signalé la découverte, à Nhatrang (Annam), de trois espèces nouvelles de Ctenoplana, à son dire, organisme pélagique.
- Placés en aquarium, ces animaux tombent sur le fond, et ce n’est que rarement qu’on les voit ramper sur leur face ventrale, grâce aux mouvements de leurs cils. Le plus souvent, ils se fixent au substratum par leur face orale et restent immobiles durant des heures, puis ils s’allongent, parfois considérablement suivant leur axe vertical (oroaboral), et la région amincie du disque se transformant en une sorte de pédiment, ils présentent l’aspect des Anthozoaires. Quand on ne l’inquiète pas. Ctenoplana remonte de lui-même à la surface, se plie ventralement, suivant le plan tentaculaire, et nage, le pôle aboral en avant, en battant l’eau de ses deux lobes improvisés.
- Comme chez tous les Cténoplanides, l’organe aboral comprend le statocyste et le complexe des palpes sensitifs, mais chez C. Dubloscqui il est relié aux palettes natatoires pal’ huit sillons, très étroits, peu profonds et nettement reconnaissables grâce à leur pigmentation jaune. Malgré leur ciliation rudimentaire, ces formations peuvent être homologuées aux bandelettes des Cténophores typiques. Pour l’appareil génital, M. Dawydoff est en plein accord avec Willey, et pour l’appareil gastrovasculaire il signale une particularité externe, remarquable, notamment chez C. Aguae et C. Duboscqui, les diverticules gastriques étant capables de refouler la paroi dorsale du disque,
- en donnant deux paires de protubérances coniques, dans la région aborale. Peut-être s’agit-il d’organes respiratoires et ces formations peuvent être homologuées aux papilles des Cœloplanides.
- GÉOLOGIE
- Quelques points nouveaux de la géologie du Soudan français (M. Raymond Furon).—Les études géologiques de l’auteur portent sur les années 1927, 1928 et 1929 et l’examen stratigraphique des grès et des schistes dans le Fouladougou, le Kaarta, le Diawara et le Hodh l’a conduit à cette conclusion qu’il existe au Soudan occidental deux séries de grès : l’une inféi’ieure, l’autre supérieure aux schistes, quartzites, calcaires et pélites. Bien qu’aucun fossile ne vienne actuellement permettre de fixer une date à ces formations horizontales, on peut admettre, comme points de comparaison : au nord, les grès tassiliens et les schistes à graphtolithes du Sahara, et, plus près, au Sud-Ouest, en continuité topographique, les grès gothlandiens de la Guinée. Les couches inférieures des grès de Guinée sont fossilifères à Télimèlé et les couches supérieures se rattachent au dévonien, en Mauritanie et au Sahara.
- En janvier 1929, au cours d’une mission dans le cercle de Nioro, M. Raymond Furon a découvert du cuivre dans la région de Sirakoro, à l’est de Nioro (pays Diowara), où l’on rencontre les terrains les plus variés : monzonite quartzifère, gabbro-diabase, schistes et pélites, grès violets tendres et calcaires marmorisés. Toute la zone de Tourougoumbé à Yéréré est fortement minéralisée et de grands amas de magnétite se montrent au contact des calcaires et des diabases. A l’ouest de Sirakoro, ces calcaires marmorisés font place à des grès blancs et c’est dans un ravin de cette région, entre Sirakoro et Séï, que l’auteur a rencontré des bancs de grès fortement imprégnés de sel de cuivre : malachite et chrysocolle. Disloqués par de petites failles, ces grès constituent des collines recouvertes de blocs de magnétite et de diahase, et présentent trois bancs au moins de roches cuprifères dont un échantillon a indiqué à l’analyse une teneur en cuivre métal de 12 pour 100.
- PÉDOLOGIE
- Le rôle du soufre dans la formation de la terre végétale (M. L. Rigotard). — Du point de vue physique et du point de vue chimique, ce rôle peut être important, parce que le soufre existe le plus souvent à l’état de sulfures métalliques dans les roches cristallines : exposées à l’air dans les roches désagrégées, les pyrites sont rapidement transformées en sulfates. L’analyse d’un certain nombre de terre de montagne a donné à l’auteur des teneurs en anhydride SO5 atteignant parfois 2,90 pour 100, le taux en sulfate croissant en général avec celui de l’azote ; la dose de sulfate se montre, en fait, la plus élevée dans la série la plus riche en azote, c’est-à-dire en matière humique et en végétation. Le rôle du soufre se résume ainsi : libéré, lors de la désagrégation physique de la roche, il s’oxyde et figure dans le cycle de transformation chimique des différents éléments, sous l’action de l’oxygène de l’air, et probablement aussi sous l’action de divers microorganismes.
- On peut rapprocher de cette étude les résultats obtenus par MM. Gabriel Bertrand et L. Silberstein, résultats qui établissent de façon indiscutable l’importance des besoins en soufre des plantes cultivées — avoine, laitue, pois, tabac, riz, trèfle, froment, pomme de terre, colza, etc. — et viennent donner une idée des quantités d’engrais qui doivent être mises en œuvre pour les satisfaire. Paul Baud.
- p.331 - vue 335/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- Record de France d’altitude.
- Le pilote français Lémoigne a enlevé, le 19 décembre dernier, le record de France d’altitude.
- Le précédent record appartenait à Sadi-Lecointe et s’élevait à 11 149 mètres; ce chiffre a été élevé par Lemoigne à 11 797 mètres.
- L’appareil utilisé au cours du vol était un monoplan Gour-don-Leseurre équipé d’un moteur Jupiter de 420 ch, suralimenté au moyen d’un compresseur à commande mécanique.
- Rappelons que le record du monde d’altitude appartient depuis le 26 mai 1929 au pilote allemand Nenenhofen; ce record s’élève à 12.739 mètres et a été établi sur monoplan Junkers à moteur Jupiter.
- Record de distance en circuit fermé pour les avions légers.
- Le pilote italien Donati a battu, le 19 janvier dernier, le record du monde de distance en circuit fermé, pour avions biplaces de moins de 400 kg.
- La distance parcourue s’est élevée à 2800 km; l’appareil utilisé par Donati était un Fiat A. S. 1 équipé d’un moteur de 80 ch.
- Le précédent record appartenait au pilote allemand Cornilius qui a'vait parcouru 1601 km sur un Focke-Wulf S-24 à moteur de 72 X 80 ch.
- Records du monde avec 500 kg de charge.
- Les aviateurs français Costes et Codos se sont approprié, le 17 janvier dernier, trois records du monde pour appareils chargés de 500 kg de charge.
- 1° Le record de vitesse sur 2000 1cm avec 214,553 1cm : h. (record précédent Steindorff, 205,407 km : h.).
- 2° Le record de distance en circuit fermé, avec plus de 4300 km. (record précédent Schnaebeli et Loose, 2735 km, 600).
- 3° Le record de durée en circuit fermé, avec 23 h. 22 min. 49 sec (record précédent Schnaebelti et Loose 22 h. 11 min.)
- L’appareil utilisé par Costes et Codos était un Breguet « Bidon » muni d’un moteur Iiispano-Suiza. B était chargé, au départ, de 4000 litres d’essence et de 500 kg de lest.
- Premiers essais du dirigeable anglais R 100.
- Le dirigeable anglais R. 100, construit en même temps que le R 101 (qui fît ses premiers essais en novembre 1929), vient d’effectuer ses premières sorties.
- Ces deux appareils, qui doivent avant tout être considérés comme des dirigeables d’essais, ont des dimensions assez impressionnantes : le R 100 déplace en effet 155 000 mètres cubes environ; sa longueur est de 260 m et sa puissance totale atteint 4200 ch.
- La vitesse maximum réalisée par le R 100 dépasse 130 km-h; sa vitesse de croisière, si l’on en juge par un essai d’endurance de 53 heures, varie de 80 à 90 km-h, chiffres qui semblent assez faibles.
- Au cours de l’essai d’endurance de 53 heures, 14,5 tonnes de combustibles ont été consommées. La navigation au cours du voyage et la couverture météorologique ont été assurées continuellement par T. S. F. : le point du dirigeable était effectué
- par les stations radiogoniométriques de Croydon et de Pulham.
- Hélice déformable Poncelet.
- Le problème de l’hélice à pas variable a provoqué de nombreuses recherches. La plupart des chercheurs ont abouti à des solutions mécaniques compliquées et d’un fonctionnement délicat. Il est pourtant souhaitable d’aboutir dans cette voie, puisqu’un dispositif de variation du pas de l’hélice est aussi indispensable à l’avion qu’une boîte de vitesse l’est à l’automobile.
- . L’ingénieur belge Poncelet a imaginé récemment une hélice nouvelle ayant sur les anciennes hélices à pas variable le double avantage d’être automatique et de ne présenter aucun organe mécanique fragile.
- L’hélice Poncelet est une hélice en bois, déformable sous l’action de la poussée de l’air sur les pales. Vue parallèlement à son axe, elle se présente sous la forme d’un S ( sa surface est un hélicoïde à génératrice courbe). L’hélice étant en rotation, une augmentation de la poussée de l’air sur les pales provoque une flexion de la pale, réduisant le pas; le pas est ainsi adapté automatiquement au régime du moteur, à la vitesse de l’avion (vol en montée par exemple), à la densité de l’air (vol à des altitudes différentes).
- Pour obtenir la souplesse désirée, l’hélice a dû être construite en planches collées parallèles à l’axe de rotation (et non perpendiculaires comme dans les hélices normales), et parallèles également au bord de fuite des pales.
- Le moteur d’avion Clerget=Diesel.
- Nos lecteurs savent que l’adaptation du moteur Diesel à l’avion est une des questions à l’ordre du jour en aviation. Ils ont été mis au courant des solutions proposées en Allemagne par Junkers; en Angleterre par Beardmore; aux Etats-Unis par Packard. En France le même problème a été abordé, sous les auspices de la Section technique de l’Aéronautique, par M. Clerget. Cet éminent ingénieur, à qui l’on doit déjà le moteur rotatif bien connu qui équipa nos premiers avions de guerre et est encore employé sur maint avion de tourisme, s’est consacré depuis près de 8 ans à la mise au point d’un Diesel léger. Ses efforts ont été couronnés de succès. M. Lamé nous apprend, dans VAérophile, qu’un premier moteur, après essais satisfaisants au banc, a effectué en vol des essais très encourageants.
- C’est un moteur à 9 cylindres en étoile, à refroidissement par air, d’une puissance de 100 chevaux. L’alésage est de 120 mm; la course de 130 mm.; le cycle est à 4 .temps. Le carter, en deux pièces symétriques, est en acier forgé, les soupapes en acier spécial. Le vilebrequin est en deux pièces avec système de blocage énergique par vis à filets différentiels. Les paliers et manchons sont à rouleaux. Les pompes à combustibles simples .et robustes sont équilibrées pour n’exercer qu’un effort faible sur le mécanisme de commande à la disposition du pilote.
- Elles sont disposées radialement dans l’axe des cylindres et à l’arrière, à raison d’une par cylindre. Une avance à l’injection commandée par le pilote est prévue ainsi qu’un dispositif d’arrêt immédiat qui permet au pilote de provoquer la levée simultanée de toutes les soupapes d’échappement. Le graissage se fait par circulation d’huile sous pression.
- Le poids de ce moteur est de 200 kg environ. :
- F. Gruson.
- p.332 - vue 336/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉTÉOROLOGIE
- Taches solaires et inondations.
- Le 1er mars, un gros foyer solaire accompagné d’immenses plages faculaires apparaissait au Nord-Est du soleil et provoquait une élévation brusque de la température. En France, en particulier, la saison devint tout à coup printanière. On observa en même temps des troubles électromagnétiques concordant avec l’apparition des foyers solaires. Il en résulta aussitôt de fortes précipitations et des vents du Sud dans les régions méridionales de la France, qui provoquèrent la fusion extrêmement rapide de grandes masses neigeuses, dans les régions montagneuses de moyenne altitude, telles que les Cévennes et le Plateau central. Ces régions étaient recouvertes par des neiges tombées abondamment pendant la semaine précédente. L’épaisse couche neigeuse, ne présentant que peu de résistance, fondit rapidement sous l’action des premières pluies tièdes et des vents du Sud. Ces faits furent donc la conséquence de l’apparition des gros foyers solaires. D’autre part, les flancs déboisés de ces montagnes n’opposant aucun obstacle sérieux aux trombes d’eau provenant d’une fusion extrêmement rapide des énormes masses neigeuses, il en résulta des torrents d’eau qui envahirent les affluents du Tarn, occasionnant les immenses désastres que l’on sait dans les bassins du Tarn et de la Garonne.
- Toutefois, il semble qu’il eût été possible de prévoir la catastrophe, tout au moins dans une certaine mesure, car on aurait pu tenir compte de l’amoncellement des neiges à la fin de février, dans les Cevennes et le Massif Central, ainsi que de l’élévation subite de la température qui résultait de l’apparition d’immenses plages faculaires. On aurait pu de la sorte prévenir en temps utile les populations menacées afin de leur permettre de se garer contre toute éventualité. Souhaitons vivement qu’un sérieux service de renseignements, organisé à la fois par les services des Eaux et Forêts et par des Observatoires au courant des nouvelles méthodes scientifiques, puisse désormais atténuer les déplorables conséquences de pareilles catastrophes ! A. N-odon.
- PRÉHISTOIRE
- Des patins de plus de 20 000 ans.
- Dans La Nature du 1er février 1930, il est question d’un patin de trois mille ans en os de cheval.
- Les patins en os sont bien plus vieux que l’âge du Fer. Non seulement les hommes de la Pierre polie les ont utilisés, comme cela a été démontré jadis à la Société préhistorique française, mais les hommes du début du Néolithique inférieur, époque à laquelle on ne faisait que'tailler e t non polir le silex, ont employé les patins en os.
- Ils se servaient alors non d’os de cheval, mais de Métal ar-siens et surtout Métacarpiens de bœuf [Bos Taurus). J’en possède deux dans mes collections, trouvées par moi-même dans la station sous-marine de Saint-Fillos-sur-Vie (Y.) et très bien conservés.
- Je les date d’au moins 25 000 ans avant J.-G. Toute idée de fraude doit être écartée, puisque la station ne découvre jamais et est située, sous l’Océan, en un point connu seulement des deux préhistoriens qui l’ont découverte et explorée. Ces canons de bœuf sont fossilises.
- Dr Mahcel Baudoin.
- 1. Musée de plein air (Croix de Vie) : n°s 124 et 124 bis. Deux métacarpiens, à orifices naturels agrandis pour liens.
- ARCHÉOLOGIE Préhistoire égyptienne.
- M. le R. F. Irénée Prosper, du Collège des Frères Khoron-fish, du Caire, a bien voulu nous communiquer deux dessins
- Fig. 1. — Le Sphinx, état actuel.
- d’un de ses confrères, le R. F. Michel, que nous sommes heureux de reproduire ici.
- Le premier représente, le Sphinx, tel qu’il apparaît depuis que le Service des Antiquités d’Egypte l’a dégagé et mis à l’abri de l’ensablement qui l’enlisait de plus en plus. Nos lecteurs compareront ce dessin aux photographies parues dans notre numéro du 1er février. Ils y remarqueront l’importance du soubassement formé par les pattes de devant et 'l’autel placé entre ces pattes. Ils pourront utilement relire à ce propos l’étude de M. H. Boussac parue dans notre numéro du 15 novembre dernier.
- Fig. 2. Coup de poing achmléen en grès, trouvé clans les alhivionè du Nil, près du Caire.
- Le deuxième dessin est celui d’un coup de poing en grès, haut de 30 centimètres, magnifique spécimen de l’époque acheuléenne, qui fut découvert par un des Frères dans les alluvions de l’Àbbassieh, déposées autrefois par le Nil, tout près du Caire.
- p.333 - vue 337/598
-
-
-
- PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES
- Pour cirer ses chaussures.
- La Ane moderne exige la simplification de toutes les besognes domestiques. On ne peut les supprimer; mais un matériel
- Fig. 1. — Meuble à cirer les chaussures.
- bien choisi permet souvent de les rendre plus aisées. Tel est le cas du meuble à cirer les chaussures que représentent notre figure; fermé, c’est un tabouret ou une table qui trouve sa place dans n’importe quelle pièce; si on l’ouvre, on aperçoit un coffret qui peut serAÛr à ranger n’importe quels objets. Mais on voit aussi un volet mobile fixé sur le couvercle; si on abaisse ce volet, on découvre une trousse contenant, rangés d’une façon commode, à proximité de la main, brosses outils et ingrédients nécessaires au cirage des chaussures; le volet rabattu porte en outre un petit socle sur lequel le pied prendra appui, à bonne hauteur.
- En vente chez Iché, 147, rue Broca, Paris.
- Table universelle
- Cette table a une inclinaison et une hauteur variables.
- Elle peut se régler dans tous les sens; ejle est constituée par un support robuste dont le pied est en forme d’U. Elle porte
- Fig, 2. -— Table universelle.
- faciles à exécuter par le poignée à chaque réglage, d’usages.
- un tube vertical dans lequel peut coulisser une tige coudée supportant la table; ceci permet de régler la hauteur et également l’orientation de la table. Cette dernière porte deux pattes à douilles de sorte qu’elle peut coulisser sur la tige horizontale supérieure, et peut aussi tourner autour de cette tige. Elle prend alors toutes les directions.
- La tige comporte également un petit support de tablette, qui peut aussi s’orienter et se régler en hauteur. On comprend qu’aArec tous ces réglages, blocage d’une vis portant une l’appareil peut servir à nombre
- Par exemple, dans le lit on peut écrire, prendre ses repas. Elle peut être employée également comme table de travail, à hauteur voulue, pour éviter les mauvaises positions. Elle peut aussi servir de pupitre à musique. Enfin, au repos, l’encombrement est minime, la planche se mettant dans le plan vertical.
- G. Tribot-Laspière, 11, rue Adèle, Villemomble (Seine).
- Cendrier inversable.
- 11 est commode d’avoir à sa disposition et à sa hauteur un cendrier lorsqu’on fume un excellent cigare, assis dans un fauteuil confortable. Si l’on se trouve dans une pièce d’appartement, on est tenu de poser le cendrier ordinaire sur un meuble ou sur la cheminée, le plus à proximité de l’endroit où l’on est assis, et l’on est obligé de se déranger pour détacher la cendre; si l’on n’y pense pas, on laisse tomber la cendre sur le plancher.
- On a imaginé depuis quelque temps des figurines portant une tablette susceptible d’être déplacée facilement, mais
- Cuvette
- 'Réservoir a cendres
- 'Pied lesté
- Fig. 3. — Cendrier inversable.
- leur inconvénient est de se renverser lorsqu’on bute contre elles en passant à leur côté.
- Voici un cendrier qui n’a pas ce désavantage, grâce à la base lestée et profilée qui lui permet de revenir automatiquement à sa position d’équilibre quand on fait basculer l’appareil.
- La construction est entièrement métallique et robuste, et dans la cavité de base s’accumulent les cendres. Il est d’ailleurs extrêmement simple de les enlever du cendrier, car la base se dévisse par une monture à baïonnette suivant le joint de la base et du pied de la colonne.
- Ce système, particulièrement intéressant, s’applique dans tous les endroits où se réunissent un grand nombre de fumeurs, dans les cercles, dans les hôtels. Il est parfaitement bien adapté, par exemple, pour les paquebots, car il résiste aux coups de roulis ou de tangage et ne se remrerse jamais.
- Bien entendu, les modèles peuvent être réalisés de différentes manières, plus ou moins décorés, en fer forgé, en cuivre chromé, en métal laqué.
- La grande variété des décors ne change aucunement le principe simple de cet appareil ingénieux.
- Etablissements Invidex, 2, rue Brongniart, Paris.
- p.334 - vue 338/598
-
-
-
- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- Dans La Nature du l‘,r février nous proposions deux problèmes au sujet desquels nous ont envoyé les solutions exactes, outre les lecteurs déjà signalés. (Voir n° 2828, p. 239.)
- Mlle Denise Hubert, élève à l’Ecole Paul Bert, à Paris; M. Boyeldieu, M. Jean Lequime, à Paris; M. Grenier de Rué, à Clermont-Ferrand; le Dr Cornet à Amiens; M. Feltin, à Pelusin; M. Hoffmann, M. Huyghebaert. à Anvers; M.G.R. Bloch à Paris (Cl Tab. Toulon).
- Dans le N° 2828 a été publiée la solution du problème des trois frères et de leurs épouses, voici celle du premier problème dont nous rappelons l’énoncé.
- Trouver deux nombres tels que leur produit égale leur somme et leur quotient.
- x
- De l’équation x X y— x + y — - on tire très facilement la
- y
- seule solution possible
- 1
- y== i
- quelqu’un fait remarquer que la solution s’exprime en chiffres, l’énoncé du problème n’en comportant pas.
- Nous ne reviendrons pas sur la solution du second problème qui s’énonçait comme suit :
- Trois frères prénommés Joseph, Georges et Jacques- vont à la foire avec leurs femmes dont les prénoms sont Cécile, Elisabeth et Geneviève.
- Chacune de ces 6 personnes achète un certain nombre d’objets; elle paie chaque objet un nombre de francs égal au nombre d’objets qu’elle a achetés. Chaque mari dépense 63 fr. de plus que sa femme.
- Georges a acheté 23 objets de plus que Cécile.
- Joseph a acheté 11 objets de plus qu’Elisabeth.
- On demande quelle est la femme de Georges, celle de Joseph et celle de Jacques?
- On nous permettra toutefois de rappeler que ce problème n’est
- pas précisément nouveau. On le trouve, dit M. Niewenglo-wski, dans Miscellany of Mathematical problems (1743). Il a été posé de nouveau à l’Université de Cambridge le 8 juin 1877. M. Catalan, un mathématicien grincheux qui ne goûtait pas beaucoup sans doute les problèmes plaisants et délectables de Baschet, écrit à ce sujet :
- «Voici un exemple assez grossier de l’art d’ensevelir le fonds sous les accessoires. Si l’arithméticien qui en 1743 inventait cette question ridicule, si l’Université de Cambridge qui a cru devoir la tirei*d’une juste oubli, n’ont pas dit tout simplement :
- Résoudre en nombres entiers les équations :
- æ2 — a;'2 = 63 if — ij% = 63 zl — s'2 = 63
- x' — y = 23 y — z = 11
- c’est sans doute pour la maxime : plus on est obscur, plus on est savant. Comme s’il y avait quelque chose de préférable à la clarté et à la simplicité ». On trouvera M. Catalan bien sévère.
- M. Jean Lequime nous a indiqué un problème vraiment très curieux comme énoncé et qui ne présente pas de grandes difficultés. Nous le croyons inédit.
- Un américain a convenu avec son banquier d’un code télégraphique à lui adresser pour lui demander de l’argent. Chaque chiffre, 0, 1, 2, ...9, est représenté par une lettre de l’alphabet. D’autre part le télégramme comporte 3 groupes de lettres qui, traduits, représentent 3 nombres dont le dernier est la somme des deux premiers. Si on télégraphie 125, 375, 500 cela veut dire qu’il désire 500 fr. L’américain télégraphie : SEND MORE MONEY; en français (envoyez plus d’argent). Le banquier étonné demande des explications. L’Américain'répond qu’il n’a fait qu’appliquer strictement le code convenu. Quelle somme avait-il réclamée?
- Virgile Brandicourt.
- Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- = BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Récréations mathématiques.
- Trois nombres forcés 90, 990, 1.089.
- Un de nos lecteurs, M. Guérin, nous communique un nouvel exemple de nombres forcés (V. n° du 15 février 1930).
- « Prenez un nombre quelconque de trois chiffres, le troisième différent du premier, et appliquez à ses différences avec ses trois permutations non circulaires les calculs faits ci-contre pour le nombre 643, vous retomberez toujours sur les trois nombres forcés 99, 990, 1 089. »
- 643 643 643
- 634 463 346
- 09 180 297
- 90 810 792
- 99 990 1 089
- A propos des araignées aéronautes.
- Un de nos abonnés, M. G. Scelle, nous écrit :
- « L’article paru dans La Nature du 15 février 1930 sur les araignées aéronautes m’a remis en mémoire quelques observations que j’avais faites il y a assez longtemps sur le môme sujet.
- Les araignées champêtres de ma région tissent leur toile entre de petits arbustes, plus souvent de simples grands joncs plus ou moins éloignés les uns des autres et, souvent môme, baignant dans l’eau d’un marais. Comment opèrent-elles pour tendre le premier fil entre ces deux joncs?
- Ne cherchez pas; voilà ce que j’ai pu nombre de fois observer.
- Une légère brise souffle: l’araignée monte au sommet du jonc sur lequel elle se trouve, et, se retournant l’adbomen en haut, elle emet un fil que la brise entraîne. Au bout d’un temps plus ou moins long, elle se retourne, saisit le fil avec ses pattes et le tire à elle en le dévidant en pelote. Mais voilà qu’à un moment le fil résiste; il s’est accroché à un jonc voisin.
- C est ce qu elle désirait. Elle tire encore un peu pour s’assurer qu’il est bien accroché, après quoi elle fixe un jonc sur lequel se trouve la partie du fil qu’elle a entre ses pattes et voilà le pont assuré pour la construction de la toile.
- Mais les choses ne se passent pas toujours aussi bien, soit qu’il n’y ait pas de jonc sur le trajet suivi par le fil, soit que la brise l’ait fait passer au-dessus, le fil ne s’accroche nulle part, ce dont l’araignée s’aperçoit en formant sa pelote. Dans ce cas, après avoir pelotonné le fil pendant un certain temps, perdant patience, elle lâche fil et pelote qu
- p.335 - vue 339/598
-
-
-
- == 336 ...
- s’envolait pour constituer ce qu’on appelle un lil de la vierge. C’est à reommencer.
- Mais il y a pire dans le cas de non-accrochage du fil. Au moment où l’araignée tirant sur le fil le met en pelote entre ses pattes, la brise s’est un peu renforcée; un petit tourbillon survient; le jonc est secoué et fil, peloton et araignée sont enlevés. La voilà devenue aéronaute.
- A remarquer que les jours où l’on voit le plus de fils de la Vierge sont les jours de beau temps avec légère brise succédant à un mauvais temps, pluie ou vent et ceci tout simplement parce que ledit mauvais temps a détruit les toiles existantes qu'il faut rétablir.
- G. Scelle.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment on procède à ïa dorure des cadres.
- Bien que la dorure soit réservée à des spécialistes, cette opération peut parfaitement être effectuée par l’amateur, avec des résultats très satisfaisants, s’il veut bien s’astreindre à un travail un peu minutieux, qui consiste d’abord à préparer le bois par un ponçage qui enlève toutes les aspérités.
- Cela fait on blanchit le bois et on en bouche les pores en appliquant au pinceau une couche de colle de peaux dans laquelle on a délayé un peu de blanc d’Espagne.
- La couche étant bien sèche, on ponce à nouveau, puis donne successivement trois couches d’une préparation désignée sous le nom d’assiellc dont nous donnerons la composition plus loin.
- jV. B. — Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant d’appliquer la suivante.
- Ceci fait, on donne une couche de mixiou ou vernis gras; c’est sur ce mordant à peu près .sec (le doigt appliqué légèrement puis retiré doit claquer sans adhérer) que l’on dépose la feuille d’or battu et qui est ainsi retenue.
- Eu égard au prix élevé de la matière, qu'il ne faut pas gaspiller, on a soin de'découper la feuille d’or sur un coussinet, à une dimension juste un peu supérieure à la partie du cadre (deux à trois centimètres carrés environ) que l’on veut recouvrir à chaque fois.
- Le transport se fait avec un pinceau plat à polis longs et doux, que l’on passe légèrement sur le dos de la main ou la joue, frottée d’un peu de graissé. Ensuite on tamponne avec du coton pour faire adhérer la feuille et on continue jusqu’à ce que toute la surface à dorer soit ainsi revêtue.
- Les éléments de la dorure dont nous avons parlé sont ainsi constitués ;
- 1° L'assiette est un mélange de Bol d’Arménie (argile rouge, d’un peu de sanguine (oxyde de fer) et d’une trace de mine de plomb (graphite) additionné de quelques gouttes d’huile d’olive que l’on a broyé très finement.
- Ce mélange dont les proportions relatives n’ont qu’une importance secondaire est vendu tout préparé par les marchands de couleurs et il suffit pour l’emploi de le délayer dans de la colle de peau légère.
- 2° La mixtion à dorer, dite de 20 heures, se compose de :
- Huile de lin ordinaire................. 30 grammes
- — cuite.......................... 10 —
- Essence de térébenthine................ 60 —
- Si on veut avoir un séchage plus rapide, on prépare la mixtion dite 2 heures en prenant les mêmes quantités d’huiles ordinaire et cuite, mais on remplace 10 grammes de l’essence par 10 grammes de siccatif liquide.
- JSf. B. — Afin de suivre plus facilement le travail et pour se rendre mieux compte des parties préparées, on ajoute habituellement à la mixtion une matière colorante ocré jaune ou jaune de chrome.
- G. B., a Toulouse.
- Qu’est^ce que le « Bouche=pores ».
- Pour donner au bois une surface bien polie avant vernissage, il est utile d’en obstruer les minuscules fissures en se servant d’un produit désigné sous le nom de bouche-pores ou wood-filler parce que les premières préparations de ce genre nous sont venues d’Angleterre.
- On peut prendre comme type d’une préparation de' ce genre la formule qui suit :
- Blanc d’Espagne................... 350 grammes
- Amidon.......................... 350 —
- Huile de lin cuite................ 175 •—
- Siccatif pâle.................... 150 —
- On délaye suivant fluidité désirée au moyen de l’essence de térébenthine et applique avec une brosse dure. On laisse sécher et ponce
- ensuite la surface, avec de la pierre ponce fine et un morceau de drap; on peut alors vernir au tampon.
- IV. B. — Le vernissage au tampon le plus parfait est celui que l’on réalise uniquement avec le vernis à la gomme laque pure, sans intervention de bouche-pores, la présence de l’huile, dans l’épaisseur du bois, pouvant plus tard déterminer un «piquage », c’est-à-dire l’apparition de taches plus ou moins étendues qui gâtent le bel aspect, du vernis. M. Manchou, a Rouen.
- Peut=on décaper les vieilles peintures sans employer l’eau seconde des peintres.
- L’eau seconde des peintres est une dissolution de soude caustique aux environs de 5° Baume, qui, si elle a l’avantage de ronger les vieilles peintures, a par . contre le grave inconvénient d’agir d’une façon fâcheuse sur l’épiderme des mains.
- Fort heureusement on peut agir d’une façon moins brutale sur la peinture à enlever en utilisant les propriétés amollissantes de la paraffine en solution dans la plupart des solvants organiques courants, acétone, benzine, alcool méthylique, acétate d’amyle. Voici dans cet ordre d’idées quelques formules de préparations aujourd’hui dans le commerce :
- Acétone 40 120 150
- Benzine 48 20. 40
- Alcool ihéthylique ....... )) » »
- Acétate d’amyle 10 10
- Paraffine ....... 3 3 10
- N. B. — Ces décapants n’attaquent en aucune façon les brosses, ils conviennent très bien pour nettoyer les moulures.
- P. B., a Paris.
- Utilisation du courant continu pour Valimentation d’un poste récepteur.
- Il est évident que le courant continu 110 volts de votre secteur de distribution peut vous permettre très facilement d’alimenter votre poste récepteur à quatre lampes sans employer de lampe de type spécial.
- Il vous suffira, pour obtenir le courant de chauffage nécessaire, d’adopter une petite batterie d’accumulateurs « tampon » d’une dizaine d’ampères-heure de capacité et de la charger pendant les intervalles d’écoute ou même pendant le fonctionnement du poste, à l’aide de votre courant, abaissé simplement à la tension convenable par une ampoule à incandescence de 32 bougies à filament de charbon montée en série dans le circuit.
- Ce courant continu du secteur peut être également utilisé pour fournir la tension plaque, mais il faut employer, dans ce cas, un circuit-filtre éliminant tous les courants parasites, transmis par la ligne de distribution.
- On peut simplement utiliser un circuit-filtre à double cellule, comportant deux bobines de choc à noyau de fer, et trois condensateurs de deux microfarads.
- 11 est inutile d’abaisser la tension du courant, et la valeur obtenue à la sortie du filtre convient fort bien.
- Vous pouvez trouver, d’ailleurs, des détails à ce sujet dans la Pratique Radioélectrique.
- Les bobinages à fer comportent quelque 20 000 spires de fil de 10/100 à 15/100 de millimètre de diamètre, sous double couche de soie enroulée autour d’un noyau de fer doux de 15 centimètres de long et 10 centimètres de diamètre.
- On trouve, d’ailleurs, dans le commerce des bobinages à fer de ce genre de 50 henrys environ, M. Coudray, à Paris.
- Adresses relatives aux appareils décrits:
- Les gazomètres sans eau. — (M. N. A. — Marchinenfabrik Augsburg-Nürnberg).
- Le Gérant : G. Masson
- 99.021, — Paris, lmp. Lahurf..—1-4-1930
- p.336 - vue 340/598
-
-
-
- LA NATURE
- /
- : N' 2831. — 15-Aoril 1930 \/
- Paraît le i* et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs t
- pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 341/598
-
-
-
- Paraît le lar et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1*, Editeurs, i ao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VJ8 (7(. C. Seine ; i5.&34) Tel. Littré 48-92 et 48-93
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tari! intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg ; 12 mois (24 n**), 85 fr. ; — 6 mois (12 a*®), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* i \ Aw.......................................
- •m..........'in............. ( SlX MOIS......................................
- 90 fr. 45 fr,
- Tarif n* 2
- Un au.................
- Six mois..............
- 410 fr.
- 55 fr.
- ïarüf£xterieiM_nVi valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 400 sur les affranchissements des périodiques : ""''Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d‘Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et G1’, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. lés Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Ci8, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI* La reproduction des illustrations de « La Nature * est interdite.
- La reproduction des articles sans leur* figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- Redresseurs à oxyde de cuivre
- Appareils d’alimentation directe
- (munis de dispositifs spéciaux brevetés)
- RECTOX
- La Société Hewittîc alimente les postes d’émission les plus puissants du monde :
- Prague (450 kw) —Tour Eiffel (220 kw) — P.T.T. (320 kw) St-Pierre-des-Corps (100 kw) — Postes coloniaux (48 kw) Edouard B8Ün(200 kw) —Laboratoires Standard (140 kw) Strasbourg(80 kw)-Tananarive(40 kw)-Casablanca(40kw) ...elle saura alimenter votre poste de réception.
- HEWITTIC
- Suresnes-Seine
- Bureau commercial, à Paris (8e)
- 44, Rüë dè Lisbonne — Tél. Laborde 04-00
- LA RAPlDE-LilE ment aux ÉTAUX
- Travaille ûvec précision l’Acier, le Fer, la Fonte le Bronze et autres matières PLUS DE LIMES ! PLUS DE BUPINS! Tout le monde Ajusleur-Mécanicien. — Tarif franco
- JACQUOT î THÏERDON, 58-60, r. KpnUt. Pari!
- Voir deicr. dans « La Nature », a* isbo. -.
- LA MAISON DU SOURD
- LAFONT, Directeur
- TOUT CE QUI SE FAIT
- TOUT CE QUI S’ÉCRIT
- POUR LES SOURDS
- TUBES et CORNETS ACOUSTIQUES
- MICROPHONES et PILES
- RÉPARATIONS D’APPAREILS DE TOUTES MARQUES
- NOUVELLE CRÉATION :
- Appareils décaphones
- d’une très grande perfection
- il, RUE VIGNON, PARIS-8*. Téléphone : Gutenberg 78-62.
- AMÉLIORATION DES MOTEU SUPPRESSION DES REMONTi
- par la pose facile des
- SEGMENT! CONJUGUES
- J RUELLON'I.R.Pointed'Ivry ,
- S USAGES ES D'HUILE |
- I 1
- wa Hi H! H8 COMPRESSION g
- p.n.n. - vue 342/598
-
-
-
- N°2831
- A NATURE
- LES APPÊgÊLS AVERTISSEURS ET LA PROTECTION CONTRE
- 15 Avril 1930
- D’INCENDIE LE FEU
- I - LES CAUSES D’INCENDIE ET LA PROPAGATION DU FEU
- Les combustibles et les matériaux divers qui sont détruits dans les incendies sont des corps complexes qui contiennent presque tous du carbone sous une forme quelconque. Quand ils brûlent, ils ne se combinent pas directement avec l’oxygène, mais se transforment d’abord en vapeur ou en gaz, sous l’influence de la chaleur, et c’est la combustion de ces produits gazeux qui provoque la flamme.
- La chaleur est la cause première du feu. Les sources naturelles de chaleur sont les rayons du soleil, le frottement, les réactions chimiques, l’électricité atmosphérique.
- Les sources artificielles sont très nombreuses.
- Toutes les installations de chaleur, lumière, force motrice peuvent, si elles ne sont pas bien surveillées, devenir des causes d’incendie. Les dangers dus à ces sources sont appelés risques communs, parce qu’ils sont communs à presque tous les bâtiments habités. Les dangers particuliers à certaines industries sont appelés risques spéciaux, bien qu’ils ne soient pour la plupart que des risques communs placés dans certaines conditions.
- Les causes d’incendie : risques communs et risques spéciaux, peuvent être groupées en quatre classes principales :
- 1° Flammes nues : foyers, forges, fours, lampes, bougies, becs de gaz, allumettes, etc.
- 2° Frottement : paliers, courroies, etc.
- 3° Electricité : étincelles, courts-circuits.
- 4° Réactions chimiques : réactifs, acides.
- La propagation du feu dépend de la température à laquelle brûlent les différents corps et de la vitesse avec laquelle se produit la combustion. Cette vitesse dépend elle-même de la facilité avec laquelle l’air peut venir au contact des corps qui brûlent. Par exemple, une grosse bille de bois est difficile à enflammer parce que la surface exposée à l’action de la flamme- et à l’accès de
- l’air est faible par rapport à son volume. La même bille débitée en copeaux brûlera rapidement parce que la surface exposée à la flamme et à l’accès de l’air est très considérable par rapport au volume.
- Ainsi les matières combustibles seront d’autant plus dangereuses qu’elles s’enflammeront plus facilement et que l’accès de l’air sera plus facile.
- Les matériaux qu’on trouve dans le commerce ou
- l’industrie peuvent, en ce qui concerne les dangers d’incendie, être classés dans les catégories suivantes :
- 1° Matériaux légers, tels que copeaux.
- 2° Poussières.
- 3° Liquides inflammables, graisses.
- 4° Liquides inflammables et volatils.
- : 5° Gaz.
- 6° Matériaux sujets à la combustion spontanée.
- 7° Explosifs.
- II. - LES MOYENS
- de Lutter contre le feu
- Un principe absolu en matière de lutte contre le feu, principe très connu des pompiers, est qu’un incendie pris à son débüt est toujours facile à éteindre. Si au contraire il est signalé tardivement, les pompiers devront se borner à protéger les immeubles voisins et à limiter les dégâts.
- La méthode scientifique à employer pour lutter contre l’incendie consistera donc :
- 1° A prévoir.
- 2° A avertir.
- 3° A éteindre, le cas échéant.
- 1° Prévoir. — Toutes les précautions doivent être prises contre les causes d’incendie dont nous avons énuméré les principales. Par exemple, par une étude et une exécution, faites avec soin, des installations électriques, il est possible d’éviter les courts-circuits, qui sont une cause si fréquente d’incendie, et, en tout cas, d’en limiter les conséquences.
- Il convient de même de prendre les plus grandes précautions dans la manipulation et le stockage des matières facilement inflammables.
- Fig. 1 et 2. — Le détecteur automatique d’incendie « Sipro ». En haut, détecteur ordinaire. En bas, détecteur type marine.
- p.337 - vue 343/598
-
-
-
- = 338
- tët.r-—
- pH
- S StTTSSg :r:rf ffiy
- Fig. 3. — Schéma de fonctionnement du « Sipro ».
- Mais, en supposant que toutes les précautions aient été prises pour prévoir les causes d’incendie, il faut cependant admettre qu’un incendie peut éclater, ce qui nous amène à examiner le second point : avertir de la naissance du feu.
- 2° Avertir. — Le problème de la détection du feu à son début a été étudié depuis longtemps et diverses solutions ont été proposées.
- On a d’abord placé dans les pièces à protéger des fusibles qui, par la rupture d’un courant électrique, signalaient la présence du feu. On a ensuite utilisé des appareils tbermométriques à contact électrique qui signalaient en même temps l’existence d’une température dangereuse dans les locaux à protéger.
- Ces appareils que nous pouvons désigner par le terme général d’appareils thermostats préviennent bien qu’une température dangereuse a été atteinte, mais ils n’agissent généralement que très tard. Il est évident en effet, que pour que la température du local soit assez élevée pour fondre le fusible, — environ 70° — il faut que le feu ait déjà pris une extension importante.
- Les techniciens ont donc cherché d’autres solutions permettant de signaler en quelques secondes la naissance du feu. Ils ont remarqué que les appareils susceptibles de fonctionner dans le minimum de temps devaient signaler non pas que la température avait atteint une certaine valeur, mais qu’elle s’élevait avec une certaine vitesse. Les appareils détecteurs cpie nous allons décrire sont basés sur cette remarque.
- 3° Eteindre. — Si, malgré les précautions prises et malgré la signalisation rapide de l’incendie, celui-ci se
- développe, par exemple par suite de la combustibilité des matériaux, il faudra, dans le minimum de temps, employer des moyens puissants pour l’éteindre. Trop souvent les seuls moyens actuellement utilisés consistent dans quelques extincteurs portatifs dont l’adaptation aux risques n’est pas toujours bien faite et dont le fonctionnement au moment du besoin n’est pas assuré d’une façon certaine.
- Il existe aussi dans certains établissements ayant des risques graves des installations du type Sprinhlers à fusibles, dont le fonctionnement est excellent, mais un peu tardif puisqu’ils entrent en action par fusion d’un fusible à 65°; ils ont, d’autre part, l’inconvénient de causer des dégâts par la grande quantité cl’eau qu’ils répandent.
- Il faut d’ailleurs remarquer que l’eau ne convient pas toujours comme agent d’extinction; ce serait par exemple une erreur très grave de l’utiliser pour des feux d’hydrocarbures ou de vernis. Il faut donc que les installations d’extinction soient adaptées à la nature des corps susceptibles d’entrer en combustion.
- Pour arrêter une réaction de combustion, il importe d’utiliser dans chaque cas ce qu’on peut appeler l’anti-réactif ; ce n’est évidemment pas au moment où l’incendie se déclare que l’on peut se préoccuper de chercher l’anti-réactif convenable. Cette étude doit être faite à l’avance en examinant les causes probables d’incendie, lesquelles varieront avec la nature et la quantité des produits en présence.
- III. - LES APPAREILS DÉTECTEURS OU AVERTISSEURS
- Nous allons décrire aujourd’hui un certain nombre d’appareils permettant de signaler les flammes quelques secondes après leur naissance et de préciser leur emplacement.
- A. Détecteur Sipro (flg. 1 et 2). — Cet appareil comprend essentiellement un tube en laiton perforé et nickelé (fig. 3), contenant un double fil chargent dont l’une des extrémités est fixée à une vis V, qui permet d’en régler la tension et dont l’autre extrémité est soudée sur un petit ressort plat R. Une vis P isolée électriquement du tube est en contact avec le ressort R tendu par le fil d’argent. Un courant électrique de faible tension (24 volts) circule en permanence de la vis V à la vis P en suivant le fil d’argent.
- Comme il est d’usage daîis toute signalisation moderne, c’est la rupture du courant permanent passant dans l’appareil qui provoque le signal d’alarme. Ce système offre plus de sécurité que ceux dans lesquels le signal d’alarme est provoqué par la fermeture d’un courant électrique; dans ce cas, en effet, il suffit d’un mauvais contact à la fermeture du circuit — par suite de poussières ou d’oxydations — pour empêcher le passage du courant.
- Les coefficients de dilatation du laiton et de l’argent étant sensiblement égaux, le fil
- Fig, 4. — Schéma de montage d'une série de délecteurs « Sipro »
- Détecté automatiques ci thermostats j
- Refais
- Jncendie ) fCourt-CirQuit
- Cloches supplêmei -*j i/en nés magnèiiqu
- \Lampe court-circuit
- Lampe incendie (verre rouge)
- (verre blanc)
- 'Annonciateur fermant ' le ci rouit de fa cloche
- Cloche du tableau
- 24- I/oits+
- p.338 - vue 344/598
-
-
-
- et le tube se dilatent dans les mêmes conditions quand la température s’élève lentement. Il n’y a par conséquent pas de rupture de contact ni de fonctionnement intempestif dus aux variations saisonnières de température, donc pas de fausse alerte.
- Mais il n’en est pas de même quand un foyer d’incendie se déclare et qu’une bouffée d’air chaud vient en contact avec l’appareil : le fd d’argent dont la masse est très faible se dilate immédiatement, longtemps avant le tube; il y a rupture de contact entre le fil et la vis P et le signal d’alarme fonctionne.
- La sensibilité de l’appareil se règle au moyen de la vis P. Il est réglé pratiquement pour détecter toute élévation de température supérieure à 12° par minute. Dans ces conditions, un petit foyer allumé à 4 mètres de distance horizontale d’un détecteur placé à 3 m 75 de hauteur dans une salle de 270 m3 fonctionne au bout de 13 secondes. Si le même petit foyer est allumé à 12 mètres de distance horizontale du détecteur dans une salle de 6000 m3 et 10 mètres de hauteur, l’appareil fonctionne au bout de 36 secondes. Les appareils peuvent d’ailleurs être réglés pour une sensibilité plus grande si les circonstances l’exigent.
- L’appareil est robuste et offre une grande résistance aux trépidations ; suspendu à une planche sur laquelle un dispositif spécial permet de faire tomber de 0 m 10 de hauteur un poids de 1 kg, à raison de 80 chocs par minute, il reste insensible à ces chocs et son fonctionnement n’en est pas altéré.
- Montage de plusieurs appareils. Tableau de signalisation. — Les installations à terre sont alimentées par un courant de 24 volts au moyen d’un redresseur statique et d’une batterie tampon branchés sur le réseau d’éclairage, ou par deux batteries d’accumulateurs dont l’une fonctionne sur l’installation incendie pendant que l’autre est en charge sur le réseau.
- Les détecteurs sont répartis par série de 15 et 20 suivant les dispositions locales. Au dernier détecteur de la série, le plus éloigné du tableau, on adjoint une résistance de quelques centaines d’ohms qui limite le courant normal à une faible fraction d’ampère.
- Le circuit de chaque série d’appareil passe par deux bobines montées en série sur le tableau de signalisation et formant relais. L’une des bobines fonctionne par rupture de courant en allumant une lampe rouge spéciale à la série et actionnant une cloche d’alarme; elle décèle donc un commencement d’incendie ou une rupture de circuit. L’autre bobine fonctionne à maxima en allumant une lampe blanche spéciale à la série et actionnant la même sonnerie ; elle décèle un court-circuit sur la série. Un bouton rouge sur chaque série permet de provoquer une alarme artificielle et par suite de vérifier aussi souvent qu’on le désire le bon fonctionnement du réseau de détection. Une lampe bleue, commune à toutes les séries, décèle une mise à la terre du circuit détecteur. La figure 4 indique le montage schématique d’une série.
- On peut disposer sur le tableau des barrettes amovibles en ne laissant successivement à la terre qu’une série après l’autre afin de déceler facilement celle qui pourrait être en défaut.
- 339
- Enfin, un relais à minimum fonctionne en cas d’insuffisance de tension et actionne par pile sèche une sonnerie spéciale.
- On peut mettre en série avec chaque détecteur un petit thermostat à mercure qui avertit quand la température atteint une valeur déterminée, qui ne doit pas être dépassée. Ce dispositif peut être nécessaire dans certains cas, par exemple dans une cale de navire contenant des produits fermentescibles qui peuvent s’enflammer après une élévation très lente de la température qui ne serait pas décelée par le détecteur. Enfin le tableau de signalisation (fig. 5) peut, non seulement déceler un commencement d’incendie, et actionner une ou plusieurs cloches d’alarme, mais peut aussi faire fonctionner une vanne magnétique actionnant un moyen d’extinction approprié au risque : eau, mousse, gaz inerte.
- B. Détecteur Monito (fig. 6). — Le détecteur Monito comporte essentiellement deux capacités métalliques de forme cylindrique, concentriques l’une à l’autre
- (fig- 7). _
- Le cylindre intérieur et l’espace annulaire contiennent des volumes d’air sensiblement égaux et n’ont aucune communication avec l’air extérieur.
- Le cylindre extérieur est en cuivre très mince, il est donc très conducteur de la chaleur; la paroi du cylindre intérieur est plus épaisse, de sorte que la capacité centrale se trouve mieux isolée que l’espace annulaire.
- La capacité centrale est fermée à une extrémité par un diaphragme élastique conducteur de l’électricité, qui la sépare d’une chambre dépréssion. Cette chambre
- Fiy. G. — Le détecteur « Monito ».
- p.339 - vue 345/598
-
-
-
- 340
- Fig. 7. — Schéma de fonctionnement du «.Monito ».
- communique par plusieurs trous avec l’espace annulaire.
- Une fermeture étanche isole complètement de l’atmosphère l’air contenu dans l’espace annulaire ; de même, la chambre de pression est hermétiquement fermée par un bouchon en matière isolante traversée par une vis servant de borne électrique et dont la pointe est en contact avec le diaphragme. Une autre borne est fixée à l’autre extrémité de l’appareil qui est constamment parcouru par un courant électrique de faible tension, fourni par une batterie d’accumulateurs ou de piles.
- Le circuit électrique comprend en outre un élément fusible, jouant le rôle de limiteur de température et destiné à déclencher le fonctionnement de l’appareil pour une température déterminée.
- L’appareil fonctionne de la façon suivante :
- Si la température autour de l’avertisseur s’élève brusquement, l’air, contenu dans l’espace annulaire à enveloppe mince s’échauffe presque en même temps, tandis que l’air contenu dans le cylindre intérieur 11e commence que bien plus tard à ressentir cette élévation de température. Il y a donc dans l’espace annulaire une augmentation de pression qui se transmet librement à la chambre de pression. Le diaphragme élastique, sous cette pression que rien n’équilibre sur son autre face, cède et s’écarte de la vis, ce qui provoque une rupture du circuit électrique.
- Cette rupture entraîne le fonctionnement d’un relais au tableau annonciateur, la chute d’un volet découvrant un voyant lumineux numéroté, et la mise en action d’une sonnerie d’alarme.
- Si la température s’élève lentement, réchauffement de l’air dans l’espace annulaire a le temps de gagner le cylindre intérieur et l’air qu’il renferme; il ne peut alors s’établir entre les deux faces du diaphragme qu’une différence de pression très faible, insuffisante pour rompre le contact avec la vis.
- Fig. 8. — Tableau de signalisation pour 12 détecteurs « Monito ».
- Mais si la température continue à s’élever lentement et atteint une valeur dangereuse (65 à 70° par exemple), le fusible intercalé sur le circuit fond et interrompt le courant, ce qui provoque le fonctionnement des signaux d’alarme.
- L’appareil est robuste et sensible ; il n’est pas influencé par les chocs et les trépidations.
- Montage de plusieurs appareils. Tableau annon= dateur. — Chaque détecteur, ou groupe de détecteurs, monté sur un même circuit, correspond à un élément de tableau annonciateur comprenant essentiellement un électro-mirant faisant partie du circuit et constituant un relais magnétique. Tant que le courant passe dans l’électroaimant, celui-ci maintient en place un volet mobile qui masque un voyant en verre dépoli portant un numéro. Ce numéro correspond, à une partie définie des locaux protégés. Quand le courant est interrompu, le volet mobile n’étant plus retenu se rabat et découvre le voyant derrière lequel s’allume en même temps une petite lampe. Les éléments de tableau sont réunis de manière à former un tableau d’ensemble (fig. 8).
- Les détecteurs se fixent aux parties hautes des pièces à protéger et, d’une façon générale, à tout endroit où pourrait se produire un afflux de gaz chauds au début d’un incendie.
- L’expérience a montré que l’on ne doit pas prévoir le nombre d’appareils à installer uniquement d’après la surface des locaux à protéger; il faut également tenir compte de la hauteur des locaux, les avertisseurs devant être d’autant plus rapprochés que la hauteur est plus grande.
- L’avertisseur Monito peut protéger efficacement un espace d’environ 600 mètres cubes; mais quand il s’agit de protéger des pièces distinctes, il faut évidemment un appareil par pièce.
- Le branchement et le groupement des avertisseurs par rapport aux volets du tableau annonciateur dépendent des conditions locales. Il faut employer un nombre d’éléments de tableau suffisant pour que chaque volet corresponde à une zone bien déterminée des locaux à protéger, de manière que le service de garde puisse se porter sans hésitation sur le point menacé, dès qu’il a été alerté.
- Les canalisations sont en fil sous plomb. La source de courant est généralement une batterie d’accumulateurs donnant 12 volts et maintenue à sa tension normale par le courant du secteur. Si celui-ci fournit du courant alternatif, il faut avoir recours à un redresseur de courant.
- Un tableau de charge (fig. 9) comprenant tous les appareils nécessaires (voltmètre, milliampèremètre, interrupteur, coupe-circuit, lampe-témoin) permet de surveiller la tension et de régler la charge des accumulateurs.
- Pour les installations de faible importance, on peut utiliser une simple batterie de piles de grande capacité, à dépolarisation par l’air.
- Détecteur Monito nouveau modèle. — La figure 10 représente un nouveau modèle de détecteur qui convient spécialement au cas où l’on désire ne pas déparer l’aspect général des locaux.
- Ce modèle se présente sous l’aspect d’un demi-globe en cuivre monté sur un socle circulaire qui s’applique sur
- p.340 - vue 346/598
-
-
-
- 341
- les plafonds. Les connexions électriques ne sont pas apparentes ; on peut donc, en installant les canalisations sous le plafond, ne laisser aucun fil apparent.
- Ce nouveau modèle possède intérieurement le même mécanisme que le modèle précédemment décrit et son fonctionnement est le même.
- C. Détecteur Thermosonus (fig. 11). — Le détecteur Thermosonus comprend trois parties essentielles :
- 1° Un cylindre en cuivre à paroi mince (0 mm 05) en communication avec une chambre à paroi extensible (fig. 12);
- 2° Un système amplificateur qui s’appuie sur la paroi de la chambre extensible et qui commande, au moyen d’un levier, un contact électrique;
- 3° Un dispositif de sécurité représenté par un fusible spécial, fondant à 68° et pouvant également établir un contact électrique.
- Fonctionnement de l’appareil (fig. 12). — Grâce à la faible épaisseur des parois du cylindre en cuivre, l’air intérieur à ce cylindre se met très rapidement en équilibre de température avec l’air extérieur. D’autre part, les parois de la chambre extensible se déforment sous l’influence de variations de pression, donc de température extérieure, puisque le contact entre l’air extérieur et l’air intérieur est assuré par les parois très minces du cylindre.
- Si ce dernier était complètement étanche, le système fonctionnerait comme un thermomètre et il faudrait faire d fférents réglages d’été et d’hiver afin de prévenir les fausses alertes.
- Pour éviter cet inconvénient, l’air contenu dans le cylindre communique avec l’air extérieur au moyen d’un orifice capillaire qui permet à la pression de l’air intérieur de s’équilibrer constamment avec la pression de l’air extérieur quand la température varie lentement. Mais dans le cas d’une augmentation brusque de la température, quand un incendie se déclare, la pression monte à l’intérieur du cylindre, fait gonfler la chambre extensible dont les parois agissent sur le levier de l’amplificateur. Ce levier actionne l’aiguille portant le contact, ce qui peut déclancher une sonnerie ou tout autre signal d’alarme. La vis Y, qui ferme plus ou moins l’orifice, règle la sensibilité de l’appareil.
- Montage de plusieurs appareils. Tableau indi= cateur. — Chaque avertisseur est branché en dérivation sur une ligne constituée par deux conducteurs sous plomb, partant du tableau indicateur et aboutissant au dernier appareil du circuit. Un courant de faible intensité et de faible tension parcourt constamment le circuit. Si pour une cause ou pour une autre, un fil du circuit est coupé, le courant est interrompu, ce qui déclanche un signal. Il en est de même s’il se produit un court-circuit ou une mise à la terre.
- Le tableau de signalisation comporte un voyant pour chaque circuit d’avertisseurs. Un circuit est lui-même la réunion d’un certain nombre d’avertisseurs correspondant à des locaux bien déterminés. Le nombre de détecteurs ne doit pas excéder 20, de manière à limiter les recherches en cas d’alerte.
- Les voyants sont constitués par des cellules autonomes
- Fig. 9. — Tableau de contrôle du fonctionnement du « Monito »,
- pouvant fonctionner seules et pouvant également être juxtaposées les unes aux autres de manière à former un tableau d’ensemble (voir fig. 13).
- Un élément de tableau comprend essentiellement :
- 1° Un cadran devant lequel se déplace une aiguille et qui porte les indications suivantes (voir fig. 14) :
- Manque de courant ou rupture de ligne;
- Marche normale;
- Incendie ;
- Court-circuit.
- 2° Un voyant commandé par un électro-aimant.
- 3° Un bouton d’essai pour permettre de faire périodiquement le contrôle du fonctionnement de l’élément de tableau.
- 4° Une clé de coupure permettant d’isoler un circuit du reste de l’installation s’il y a plusieurs voyants.
- A l’intérieur de cet élément sont disposées les bornes de branchement destinées à faire les raccordements au circuit d’avertisseurs de l’élément et les diverses connexions qui le relient à la batterie de piles et de signalisation.
- L’aiguille se place automatiquement dans le secteur correspondant à l’état de l’installation.
- En marche normale, l’aiguille est dans le secteur « marche normale » et les sonneries sont au repos. En cas d’incendie décelé par un détecteur d’un circuit, le
- Fig. 10. — Détecteur « Monito », nouveau modèle.
- p.341 - vue 347/598
-
-
-
- 342
- Fig. 11. — Le détecteur « Thermosonus »
- volet de T électro-aiman t du voyant correspondant à ce circuit, tombe ; l’aiguille se déplace et reste dans le secteur « incendie » tandis que la sonnerie cl’alarme retentit.
- Dans le cas d’une rupture de ligne, l’aiguille passe dans le secteur « rupture de ligne » et une autre sonnerie, différente de la précédente, retentit. Pour un court-circuit, une sonnerie retentit et l’aiguille se fixe sur le secteur «court-circuit». Enfin si le courant vient à manquer, une autre sonnerie ; retentit et les aiguilles de tous, les éléments passent dans le secteur « manque de courant », tandis qu’en cas de rupture d’une ligne, le circuit intéressé présente seul cette particularité.
- Le courant est fourni par une batterie de piles de forte capacité dont la tension est de 4 volts 5. Pour les installations importantes, il ëst fourni par le secteur, par l'intermédiaire d’un redresseur et d’une batterie tampon.
- IV. - LES APPAREILS EXTINCTEURS
- A. Extincteurs ordinaires. -— Les techniciens de l'incendie distinguent différentes sortes de feux, d’après la causc"qui leur a donné naissance et d’après les moyens qui conviennent pour les éteindre.
- 1° Les jeux secs qui peuvent être éteints par l’eau.
- 2° Les feux d’origine électrique, contre lesquels l’eau est non seulement impuissante, mais dangereuse, et qu’il faut combattre par un produit extincteur et isolant.
- 3° Les feux gras contre lesquels l’eau est souvent impuissante et quelquefois dangereuse : feux d’essence, de pétrole, d’alcool, de vernis, de caoutchouc, de corps gras, et en général de tous les produits chimiques de la série des carbures ou hydrocarbures.
- En ce qui concerne ces derniers, deux cas peuvent se présenter :
- a) Ces feux se propagent lentement et l’alerte est donnée avant qu’ils aient pris une grande extension. Dans ce cas, uri extincteur portatif ou monté sur roues suffit à enrayer;l’incendié (').
- 1. On utilise parfois des extincteurs à neige carbonique.
- Ce produit offre plusieurs avantages :
- Il n’est pas conducteur de l’électricité;
- Il ne détériore pas les objets qu’il touche;
- Il peut s’appliquer à l’extinction des feux d’hydrocarbures.
- On a construit, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, des batteries centrales de bouteilles d’anhydride carbonique liquide pour la protection des centrales électriques et des locaux où l’eau est nuisible soif par sa conductibilité, soit par les dégâts qu’elle peut causer.
- b) Ces feux se propagent très rapidement et même si l’alerte est donnée par un détecteur avec le maximum de rapidité, il est impossible à un homme muni d’un extincteur portatif de pénétrer dans les locaux où l’incendie s’est déclaré.
- Pour parer à ce danger, on peut utiliser le dispositif Sipro qui permet de répandre sur le foyer, le plus rapidement possible après sa naissance, les liquides extincteurs les mieux appropriés à la nature des flammes. L’eau pourra suffire dans certains cas très particuliers, mais, en général, elle sera dangereuse et il sera nécessaire de recourir soit à des produits chimiques, soit à des mélanges de produits chimiques se déversant sur le foyer sous la forme de mousse. Il est évident que dans le cas où il s’agirait, non plus de feux gras, mais de feux à propagation rapide, ce même dispositif pourrait être utilisé.
- Dispositif fixe Sipro pour une installation de protection dfensemble. — Une telle installation comprendra, en dehors des détecteurs destinés à signaler sans délai la naissance des flammes et leur emplacement :
- 1° Des dispositifs anti-propagateurs, permettant de localiser l’incendie.
- 2° Des dispositifs fixes Sipro correspondant aux divers secteurs.
- Ces dispositifs comprennent eux-mêmes :
- a) Des réservoirs et mélangeurs, placés à l’extérieur du secteur intéressé, qui contiendront des produits chimiques appropriés et assureront leur mélange au moment où le sinistre se déclare.
- b) Un réseau de canalisations fixes, qui permettra de déverser à l’intérieùr du secteur le mélange extincteur sans que l’on soit obligé dè pénétrer dans ce secteur.
- Dès que les flammes prennent naissance dans le local protégé, le détecteur automatique donne l’alarme générale en indiquant sur le tableau de signalisation l’emplacement de ces flammes. En même temps, il actionne les dispositifs anti-propagateurs constitués par des portes incombustibles et des rideaux liquides automatiques.
- Pendant que s’effectue cette manœuvre de cloisonnement, le gardien responsable, prévenu par le signal d’alarme et le tableau de signalisation, court vers l’emplacement indiqué.
- Deux cas peuvent alors se produire :
- Ou bien sa venue a été assez rapide pour que les flammés n’aient pas eu le temps de se propager dans le secteur et il peut alors lés éteindre au moyen d’extincteurs portatifs;
- Ou bien la propagation a été très rapide et l’en- Fig' 12‘
- trée dans le secteur étant Schéma de fonctionnement
- impossible,
- d’autre ressource que de mettre en marche le dispositif fixe Sipro. Pour cela, il lui suffit de manœuvrer une vanne à ouverture rapide, placée à l’extérieur du secteur dangereux, qui déverse immé-
- fbroi en clinquant vernissé
- Orifice déquflibrage
- Cellule déformable ,
- fbinteau de réglage micromètrique
- le gardien n’a
- du « Thermosonus
- p.342 - vue 348/598
-
-
-
- 343
- diatement dans ce secteur les liquides convenables.
- Ce dispositif fixe peut fonctionner automatiquement ; il suffit pour cela de le relier électriquement à un thermostat ou à un détecteur placé dans le secteur intéressé et qui déclanche le dispositif quand la température dans ce secteur atteint une valeur déterminée.
- Mais avec des détecteurs rapides comme ceux que nous avons décrits, if est rare que l’automaticité absolue de l’extinction soit nécessaire; le déclenchement à la main des appareils extincteurs permet de n’utiliser ceux-ci qu’en cas de nécessité absolue et d’éviter les dommages pouvant provenir de l’eau ou des liquides extincteurs eux-mêmes (').
- Nous allons néanmoins décrire les systèmes d’extinction automatique les plus intéressants.
- B. Extincteurs automatiques. — 1° Sprinklers ci fusibles. — L’extinction automatique des incendies est réalisée depuis longtemps par l’emploi de dispositifs connus sous le nom de « sprinklers à fusibles ».
- Des canalisations pleines d’eau sous pression sont réparties, sur toute la surface des plafonds des locaux à protéger et portent des têtes d’extincteurs ou sprinklers.
- Ceux-ci sont constitués par un diffuseur placé en face
- (1). Ces dommages sont limités au strict minimum quand les ap-reils extincteurs sont réversibles.
- Fig. 13. — Tableau avertisseur à 3 séries.
- Fig. 14. — Elément de tableau du « Thermosomts », .
- d’un ajutage fermé par un obturateur (bille de cristal) maintenu sur son siège , par un jeu de leviers réunis et fixés par une soudure fusible à basse température.
- Quand un .incendie se déclare et que la température des leviers atteint 68° la soudure entre en fusion, les leviers tombent et libèrent l’obturateur. L’eau sous pression est alors projetée sur le diffuseur et retombe en pluie sur le feu. Il est nécessaire que les extincteurs soient toujours alimentés en eau sous pression, d’une manière certaine et continue. Pour avoir une sécurité plus grande, on établit souvent deux sources d’eau absolument distinctes. L’une au moins de ces sources doit être inépuisable et pouvoir être mise en jeu dès l’alarme donnée. Ce sera, par exemple, l’eau fournie par les canalisations d’une ville ou par une rivière au moyen d’une pompe ou par un réservoir de très grandes dimensions.
- L’installation est reliée aux sources cl’eau par uii ensemble d’appareils constituant un poste d’alarme.
- On évalue à 9 mètres carrés la surface couverte en
- p.343 - vue 349/598
-
-
-
- = 344 ...... ..................=
- toute sécurité par une tête d’extincteur. Cette indication sert de base pour la détermination du nombre dé sprink-lers nécessaires.
- Dans les locaux où la gelée est à craindre, l’installation sera pleine d’air sous pression, et une soupape automatique placée à l’abri de la gelée séparera l’air de l’installation, de l’eau des sources d’alimentation.
- L’expérience a montré que les sprinlders à fusibles fonctionnent d’une manière satisfaisante, mais qu’ils présentent deux inconvénients principaux.
- a) Ils entrent en action avec un certain retard qui peut atteindre de 2 à 5 minutes après la naissance de l’incendie, parce qu’ils fonctionnent à température fixe et non par vitesse d’élévation de température.
- b) Ils ne sont pas réversibles, c’est-à-dire qu’ils continuent à déverser de l’eau lorsque le feu est éteint.
- Les appareils automatiques que nous allons décrire ne présentent pas ces inconvénients.
- 2° Sprinlders Sipro. — L’installation est divisée en secteurs établis suivant la nature des risques et comprend :
- 1° Un réseau de détecteurs Sipro répartis dans les locaux à protéger.
- 2° Un réseau de canalisations d’eau sous pression, alimenté par deux sources d’eau et amenant l’eau aux électro-vannes.
- 3° Les électro-vannes dont l’ouverture et la fermeture sont commandées électriquement à distance par les détecteurs; elles sont donc à fonctionnement réversible.
- 4° Un réseau de distribution d’eau ouvert avec diffuseurs spéciaux répartis suivant la surface à protéger et suivant la nature des riscfues.
- Chaque secteur est ainsi protégé par un ou plusieurs détecteurs qui actionnent électriquement l’électro-vanne convenable, commandant le nombre de diffuseurs prévu pour assurer l’extinction d’un incendie en un point quelconque du secteur et empêcher la propagation du feu dans les secteurs voisins.
- Si un incendie éclate dans un secteur, les détecteurs correspondants signalent au tableau, en 15 secondes environ, la naissance et l’emplacement de l’incendie et actionnent l’électro-vanne correspondante qui répand sur le foyer la quantité d’eau nécessaire à une rapide extinction.
- Quand le feu est éteint, le détecteur coupe le courant de l’électro-vanne et l’eau est arrêtée.
- L’électro-vanne (fig. 15) est à fonctionnement instantané par servo-moteur hydraulique à pression différentielle.
- Les temps d’ouverture et de fermeture sont ré-
- glables à volonté et le fonctionnement est indépendant de la pression d’alimentation. Le temps de fonctionnement de l’électro-vanne dépendra de l’importance probable de l’incendie, de sa vitesse de propagation, de la nature des corps pouvant entrer en combustion.
- La commande électro-magnétique par un détecteur qui décèle un commencement d’incendie permet aussi de mettre en état de défense contre le feu toute une usine dans un délai très court.
- Elle permet en effet :
- D’actionner des fermetures coupe-feu;
- De déclencher des rideaux anti-propagateurs;
- De mettre des installations électriques hors-circuit;
- De fermer des canalisations de gaz, de vapeur ou de tout fluide risquant de provoquer des explosions ou d’aider à la propagation de l’incendie;
- De fermer les portes et les fenêtres et de sectionner les locaux en espaces clos permettant l’emploi de gaz extincteurs ne détériorant pas les marchandises entreposées ;
- D’alerter le personnel de garde et d’actionner, s’il y a lieu, les sprinlders Sipro.
- L’exposé qui précède montre que l’application de la méthode scientifique " à l’étude du problème de la protection contre le feu a permis d’explorer rationnellement un domaine où régnait auparavant l’empirisme le plus complet et de mettre à la disposition de ceux qui craignent les effets désastreux d’un incendie, un outillage et des procédés de combat réellement efficaces.
- Diverses branches de la science, et particulièrement l’électricité et la chimie, ont été mises à contribution pour résoudre ce problème qui comporte une triple solution :
- a) La détection au moyen d’appareils qui jouent en quelque sorte le rôle de sentinelles automatiques.
- b) La mise en œuvre de dispositifs permettant de circonscrire l’incendie et d’en limiter les dégâts, au moyen d’appareils jouant le rôle d’officiers de pompiers automatiques.
- c) Enfin l’extinction du feu au moyen d’appareils réversibles jouant le rôle de pompiers automatiques.
- Les appareils Sip’rô, Monito et Thermosonus donnent la première partie de cette solution; les appareils Sipro donnent la solution complète du problème.
- H. Fougèret.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Sipro : Société Industrielle de protection, 132, boulevard Péreire, Paris-17e.
- Monito : Société Industrielle de protection, 132, boulevard Péreire Paris (17°).
- Thermosonus : 11, boulevard Saint-Martin, Paris (3e).
- Fig. 15. — Electro-vanne « Sipro » à fonctionnement réversible.
- p.344 - vue 350/598
-
-
-
- 345
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE DE L’HYDROGÈNE
- Depuis que Yhydrogène a trouvé d’importantes applications dans les grandes synthèses industrielles récentes (ammoniac, alcool méthylique, pétrole et autres carburants), dans le durcissement des huiles par la méthode Sabatier, dans le gonflement des dirigeables et surtout depuis l’emploi courant du chalumeau oxhydrique sur les chantiers et dans les ateliers, on a abandonné l’ancien procédé de fabrication de ce gaz, qui consistait à attaquer le fer ou le zinc par l’acide sulfurique. Actuellement on l’obtient soit en traitant les gaz de fours à coke, soit en transformant certains sous-produits riches en carbures, soit en décomposant l’eau par un métal ou mieux par Y électrolyse.
- La réaction exothermique H2 + O — II2 O dégageant 69 grandes calories, il suffit en effet, comme l’indiquent les lois de Faraday, d’une différence de potentiel de 1 volt* 49 pour séparer les éléments de l’eau rendue conductrice.
- S’appuyant sur ces principes, le colonel Renard installa vers 1898 les premiers électrolyseurs de dimensions industrielles et aujourd’hui on préfère souvent Yhydrogène électrolytique à celui préparé par d’autres moyens, vu sa pureté absolue. Seul son prix de revient élevé, qui atteint 4,5 kilowatts par mètre cube, avait empêché jusqu’ici la généralisation de son emploi. Toutefois, dans certaines régions montagneuses d’Europe où la houille blanche a abaissé le coût du kilowatt aux environs de 2 centimes or, on a construit de colossales usines pour produire de l’hydrogène par électrolyse. Citons, en particulier, les importantes installations de la « Norsk Hydro-elektrisk-Kvaelstofaktieselkrapet » en Norvège, filiale de la I-G Farbenindustrie A-G; celles non moins considérables de Montecatini, dans le Tyrol; de Terni ou de Nora Montoro dans les Apennins, par exemple.
- Aussi le procédé de fabrication électrolytique de l’hydrogène récemment proposé par M. Georges F. Jaubert mérite de fixer l’attention des techniciens. Ce chimiste n’est pas, d’ailleurs, à son coup d’essai en l’occurrence puisqu’il a déjà inventé deux méthodes différentes de préparation du même gaz : l’attaque de l’eau par un hydrure et la décomposition d’un alcali par le silicium et ses dérivés.
- Le savant spécialiste s’appuie sur les conceptions les plus modernes -de la chimie physique, dont il nous faut
- rappeler les grandes lignes avant d’exposer sa nouvelle méthode,
- D’après Arrhénius et son école, les électrolytes ou substances conductrices se trouvent dissociés par le passage du courant dans les solutions aqueuses et leurs constituants sont mis en liberté sous forme d'ions, chargés électriquement dès leur naissance. Ces ions, une fois placés dans un champ électrique, s’orientent grâce à leur polarité caractéristique et se dirigent vers les électrodes de polarité contraire. Là, ils se déchargent et les ions, se recombinant entre eux, reprennent la forme moléculaire. De leur côté, Hittorfî et ses élèves ont étudié la vitesse de transport des ions au travers du champ électrique, c’est-à-dire dans le bain électrolytique. Ces physiciens, au
- cours de délicates et laborieuses expériences, ont déterminé toute une série de nombres de transport toujours identiques pour un même ion. Par la suite, on a découvert Y électrophorèse, phénomène analogue s’appliquant aux substances insolubles ou en pseudo-solution, autrement dit à l'état colloïdal. Dans cet état physique particulier, le transport des ions s’opère « au ralenti ». La matière n’obéit plus que d’une façon insensible aux lois de la pesanteur; les attractions et les répulsions de ses granules constitutifs la régissent. On a reconnu, d’autre part, que les substances colloïdales en contact avec la solution d’un électrolyte, sont toujours des corps hydratés et on a déduit de cette constatation qu’ils se. dissocient dans le bain comme des électrolytes ordinaires.
- La formule de l’hydrate ferrique colloïdal, par exemple, pourra donc s’écrire :
- FI Fe (O H3) OH
- lequel en suspension dans l’eau, contenant un électrolyte en dissolution, se dissocie en agrégats ioniques de nature complexe
- H Fe (OH3) O H = HO (Fe OH3) + H Dans ce cas, les ions H + OH ne jouent que le rôle d’ions porteurs et, selon le professeur Perrin, suivant que l’expérience a lieu en solution alcaline ou acide, l’un ou l’autre des ions porte le fardeau du colloïde insoluble et va le déposer à l’électrode où sa polarité lui commande de se décharger électriquement pour reprendre sa forme primitive de simple assemblage colloïdal. Mais, d’après les calculs effectués par divers physiciens, l’ion « handicapé »
- Fig. 1. — Bacs d'électrolyseurs à diaphragme colloïdal armé, construits par Georges F, Jaubert pour préparer industriellement de l’hydrogène pur.
- **
- p.345 - vue 351/598
-
-
-
- 346
- dans cettç pseudo-électrolyse, chemine plus lentement dans le bain que l’ion libre de l’électrolyse classique. En conséquence, si l’on électrolyse dans un bain alcalin (soude ou potasse caustique) un gel d’amiante, autrement dit une solution colloïdale de sulfate de magnésie, cette substance émigrera peu à peu vers l’anode où elle finira par se fixer complètement; en solution acide, le contraire se produira et le colloïde ira recouvrir la cathode.
- Se basant sur les théories précédentes et les constatations expérimentales de ses devanciers, M. George F. Jaubert a réalisé une méthode très économique de préparation des gaz hydrogène et oxygène par électrolyse. Il met à profit les phénomènes d’électrophorèse rappelés plus haut. Utilisant les propriétés migratoires des colloïdes dans le champ électrique, il dépose ceux-ci sur une armature en treillis métallique de manière à former des gels colloïdaux armés qui constituent d’excellents diaphragmes pour séparer les électrodes positive et négative dans les bacs de son installation; Cette éponge gluante perforée de milliards de petits canaux invisibles, même aux plus forts grossissements microscopiques, forme la cloison théoriquement idéale en l’espèce, c’est-à-dire un dia-
- LES PISCINES
- Depuis quelque temps, la question des piscines est à Vordre du jour. Sur ce sujet qui intéresse Vhygiène autant que le sport, nos lecteurs de La Nature ne peuvent être mieux renseignés que par le sportij enthousiaste qui jut Vanimateur des plages de Cannes et de Saint-Jean-de-Luz, et qui a contribué plus que tout autre à assurer la vogue de la natation sportive sur les grandes plages de France. M. de Ville-pion est Vauteur de « Nageons », traité de natation moderne dont nous avons déjà publié des extraits.
- A notre époque, où se manifeste un tel engouement pour les sports et pour l’hygiène, il est regrettable que l’on n’ait point accordé à la question des piscines, en France, toute l’attention qu’elle mérite : il est vrai qu’il en est de la natation comme de la natalité ; on reconnaît ses avantages et on les prône éloquemment; on prépare, même, sur le papier, de magnifiques projets pour aider à son développement, mais, hélas, les réalisations sont rares et généralement bien imparfaites.
- Aussi, si la natation française fait relativement peu de progrès malgré les efforts de quelques apôtres enthousiastes, c’est pour cette raison principale que les piscines et bassins d’entraînement sont trop rares et souvent mal entretenus. Paris, la Ville-Lumière, qui est la mieux favorisée sous ce rapport, ne possède qu’une dizaine de piscines dont trois ou quatre seulement peuvent soutenir la comparaison avec les modernes bassins de natation d’outre-Rhin ; or, pour bien faire, l’énorme agglomération parisienne de quatre millions d’habitants devrait disposer d’une piscine par arrondissement, et chacune devrait être aussi vaste que le bassin des Tourelles.
- Croirait-on qu’il n’existe pas la moindre piscine dans
- phragme n’offrant aucune résistance au passage du courant électrique, mais totalement imperméable aux gaz hydrogène et oxygène qu’il s’agit de séparer l’un de l’autre. L’expérience démontre qu’avec des hydrogels très ténus, le fardeau des ions OH se trouve réduit et par suite leur vitesse de transport augmentée. Aussi, dans la pratique industrielle, avec une chute de potentiel de 2 volts seulement sous plusieurs milliers d’ampères, on arrive en quelques heures à la pureté absolue des gaz.
- Les électrolyseurs à diaphragme colloïdal armé, que M. Jaubert a installés dans son usine, se composent chacun d’un bac en fonte jouant le rôle de cathode. Leur anode d’acier, fortement nickelée pour résister à l’action de l’oxygène naissant, est entourée d’une toile métallique servant d’armature au diaphragme colloïdal armé. Comme électrolyte, il utilise une solution à 25 pour 100 de potasse caustique, que le passage du courant maintient à une température de 70 à 80 degrés et qui contient en suspension de l’amiante colloïdale. Il obtient par cet original procédé, appelé sans doute à un brillant avenir, de l’hydrogène électrolytique pur et à un prix de revient très minime, Jacques Boyer.
- EN* FRANCE ................................—
- deux grandes capitales de province, comme Lyon et Bordeaux, pas plus qu’à Marseille, métropole de la Méditerranée, alors qu’en Allemagne, en Angleterre, il n’est petite ville de l’importance d’une de nos sous-préfectures qui ne possède la sienne, et dans ce qui fut la seule province d’Alsace on en compte cinq.
- Les Romains, jadis, construisaient des piscines jusque dans les marches les plus reculées de leur immense empire ; en Moravie, en Lybie, en Anatolie on retrouve les restes grandioses de leurs « natatoria » et la magnifique piscine de Bath, en Angleterre, est encore aujourd’hui utilisée, telle que jadis elle fut.
- Et que dire de ces splendides piscines, toutes de marbre et de mosaïques, que l’on trouve partout aux Etats-Unis : dans les universités, dans les grands hôtels, les demeures privées ! au bord de l’Océan même, la plupart des plages sont pourvues de piscines, afin de permettre aux baigneurs de nager en eau calme, malgré les intempéries.
- PUBLICITÉ ET HYGIÈNE
- On m’objectera que les Américains disposent de moyens financiers bien supérieurs aux nôtres, mais cependant on trouve bien l’argent en France pour construire casinos, hôtels, somptueux golfs et autres lieux de plaisirs dont l’utilité est moindre que celle d’une piscine. Ne pourrait-on édicter une loi imposant à chaque nouveau casino la création d’une piscine? Je suis persuadé qu’une piscine coquette et bien tenue constitue pour une station climatique ou touristique la meilleure des publicités, car aujourd’hui le sport aquatique est roi; on vit de plus en jjlus dans l’eau et sur l’eau; la natation sportive est en vogue pendant les vacances d’été, éclipsant même le golf
- p.346 - vue 352/598
-
-
-
- 347
- et le tennis, et l’hiver venu ses adeptes innombrables recherchent toutes les occasions de pratiquer cet exercice que tout le monde s’accorde à reconnaître si merveilleusement salutaire.
- Si, en France, on s’est résigné à considérer jusqu’à présent la natation comme un sport d’été, les visiteurs étrangers, dont le passage ou le séjour chez nous constituent, il faut savoir le reconnaître, une des plus importantes ressources de notre budget national, s’étonnent de la rareté des piscines en France, et ils donnent souvent leur préférence aux stations qui savent utiliser habilement pour leur publicité les originales et intéressantes manifestations que l’on peut organiser dans le cadre d’une piscine moderne. L’installation d’une piscine dans une station de sports d’hiver assurerait immédiatement la prééminence de cette station sur toutes les autres.
- Toute considération de publicité mise à part, la question qui doit nous intéresser particulièrement est celle de la piscine, facteur d’hygiène et centre de saine récréation. Toute municipalité avisée se doit d’en envisager la construction au titre des oeuvres de première nécessité. La petite cité industrielle de Jeumont, dans le Nord, a sous ce rapport indiqué la voie à suivre à toutes les municipalités de France : avec des moyens restreints, elle a su réaliser une œuvre qui donne satisfaction à tous les points de vue; son exploitation lucrative démontre aussi qu’une piscine peut être une entreprise qui « paie », à condition qu’elle soit construite selon des données pratiques par des spécialistes compétents, et aussi qu’un véritable « business-man » soit chargé de son administration.
- Point n’est besoin de construire de très vastes bassins, dans lesquels il est difficile et onéreux de chauffer et de renouveler le grand volume d’eau; à mon avis, les dimensions les plus * pratiques sont 25 m de long sur 10 ou 12 m de large ; une profondeur uniforme de 1 m permet toutes les évolutions aquatiques, sauf les plongeons; mais n’est-ce point surtout pour nager que l’on
- Fig. 1. — La piscine Sextius, à Aix-en-Provence.
- (Ph. Détaillé, Marseille.)
- vient à la piscine; d’ailleurs la pratique des plongeons en piscine présente toujours quelque danger, et il est préférable d’attendre la belle saison pour se livrer à cet exercice, en pleine eau.
- COMMENT ASSURER L’HYGIÈNE D’UNE PISCINE
- Il ne faudrait point croire, d’après les attaques dont les piscines parisiennes ont été l’objet ces temps derniers, que l’on ne puisse se tremper dans une piscine de grande ville sans risquer quelque affection relevant de la clinique ophtalmo - oto - rhino - laryngologique, mais il est absolument impératif que le service d’hygiène s’emploie à surveiller de la façon la plus stricte et la plus consciencieuse l’installation et le fonctionnement des piscines; on ne saurait souffrir aucune négligence dans l’observance des prescriptions d’hygiène, car elles constituent la sauvegarde des baigneurs.
- Tout d’abord, la piscine doit être pourvue d’un système d’aération parfait, qui assure la libre et constante circulation de l’air tout en évitant les « courants d’air ».
- La lumière doit entrer à flots par de larges
- Fig. 2. — Le bassin olympique de la plage de « la Chambre d’Amour ”, à Biarritz.
- p.347 - vue 353/598
-
-
-
- 348
- Fig. 3. — Le projet de piscine moderne de la ville de Marseille.
- baies vitrées, et la condensation de la vapeur d’eau doit être empêchée par l’établissement d’une verrière formant double plafond et par l’usage de ventilateurs. Des radiateurs maintiendront une température constante dans la salle.
- Le volume d’eau doit être renouvelé et le bassin nettoyé à fond aussi fréquemment que l’exige l’utilisation plus ou moins intensive de la piscine. Pour l’aération et le filtrage de beau, il existe actuellement divers systèmes qui donnent de parfaits résultats.
- Le fonds et les parois du bassin doivent être absolument étanches, et revêtus de briques de verre ou de carreaux de faïence.
- Le revêtement des murs doit être fait de carreaux vitrifiés, car on n’a pas encore trouvé une peinture murale parfaitement adhésive, et la vapeur d’eau détériore le bois, le plâtre et le ciment.
- Un caniveau, destiné à recevoir les expectorations des baigneurs et les impuretés diverses, sera améiiagé dans les
- Fig. 5. — Une piscine, de paquebot : la piscine du Vulcanio.
- parois du bassin à quelques centimètres au-dessus de la surface de l’eau.
- Un tapis de caoutchouc ou défibré de coco fera le tour de la piscine pour empêcher les glissades dangereuses sur le ciment mouillé; on ne devra jamais marcher sur ce chemin avec des souliers aux pieds afin d’éviter l’apport des souillures de l’extérieur.
- Tout baigneur devra obligatoirement prendre une douche chaude avant d’être admis dans la piscine, et nul ne devra sous aucun prétexte se soustraire à cette obligation.
- UN COUP D’ŒIL SUR LES PISCINES DE FRANCE
- En dehors des piscines parisiennes, c’est dans le Nord et l’Est de la France que l’on trouve le plus grand nombre de piscines : celles de Lille, Roubaix, Valenciennes, Jeu-mont, Epinal, Colmar, Mulhouse, Strasbourg, Thann, Sainte-Marie-aux-Mines, fonctionnent parfaitement bien.
- Dans le Centre, Limoges et Clermont-Ferrand sont dotées de piscines modernes, et dans l’Ouest Dinard, Rennes et Biarritz.
- Dans le Midi, nous ne trouvons que Valence et Aix-en
- Fig. 4. — Le projet de piscine d’Alger.
- Provence. Enfin, sur toute la côte de l’opulente Riviera, seule Nice possède une petite piscine, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne répond pas aux exigences modernes(‘).
- Il existe encore un certain nombre de bassins ouverts, utilisables l’été : sur la Riviera, à Cannes, Monte-Carlo et Villefranche, dimensions 50 m X 20; sur la Côte basque, Biarritz (Plage de la Chambre d’Amour 50 m X 20) Hossegor (25 m X 12) et Hendaye qui possédera à IJaiçabia le plus vaste bassin ouvert d’Europe (100 m de long sur 50 m de large) ; le renouvellement de l’eau sera assuré par le mouvement des marées.
- Notons encore des bassins de moindres dimensions, à Toulouse, Armentières et Amiens.
- Quelques grandes écoles, comme celles des Roches et le Collège de Normandie, pépinières d’excellents nageurs sportifs, possèdent des bassins privés.
- On trouve même une piscine de 20 m X 10 à l’Ecole militaire de Saint-Cyr, mais par une anomalie étrange, l’Ecole Navale ne possède point encore la sienne.
- 1. A Cannes une piscine d’hiver est en construction au Palais des Sports.
- p.348 - vue 354/598
-
-
-
- Il est intéressant de mentionner que les grandes compagnies de navigation, telles que les Messageries et la Transatlantique, installent sur leurs nouveaux paquebots des piscines très confortables (*).
- A cette liste bien courte des piscines françaises, il faut ajouter les quelques piscines thermales, qui par leurs dimensions et leur température modérée permettent l’exercice de la natation : Nancy, Yernet-les-Bains, Amélie les-Bains, Neris, Bagnères-de-Bigorre, Aix-en-Provence.
- 1. Jadis à bord des longs-courriers, la piscine était constituée par une baille en toile à voile, supportée par des ^espars et installée sur le pont.
- —.......... ....................: ...= 349 =
- Je considère cette dernière comme la plus agréable et la plus salubre de France, car, pendant la journée, elle est inondée de soleil par de larges verrières et c’est un vrai délice que de nager dans ces eaux tièdes et cristallines, aux reflets bleutés, comme celles d’une calanque provençale et constamment renouvelées par un courant d’eau thermale à 28° (').
- Je termine cet article en souhaitant d’avoir à le compléter, dans un avenir prochain, par de nombreuses additions. G. de Villepion.
- Le bassin est vidé et nettoyé a fond toutes les 24 heures.
- LE MOYEU D’HELICE “ ROUE LIBRE SENSAUD DE LAVAUD- PILLARD
- La sécurité du vol en avion se trouverait grandement améliorée si on réussissait à éliminer totalement les atterrissages de fortune, en campagne, toujours délicats avec de grands appareils.
- Pour l’assurer plus complètement, les constructeurs se sont tout naturellement orientés vers la solution, simple et logique, des multi-moteurs. Toutefois, pour permettre le vol avec la charge normale, cette solution impose un tel gaspillage de puissance — avec toutes les conséquences qui en découlent — qu’il n’existe, en définitive, que peu de mul-timoteurs capables de tenir l’air convenablement avec un de leurs groupes moto-propulseurs arrêté. En effet, lorsqu’un moteur est arrêté, il ne se produit pas seulement une perte importante de puissance, mais, aussi, une augmentation notable de résistance.
- Cette dernière résulte de l’hélice qui, de génératrice, travaille alors en réceptrice, puis actionne à vide le moteur.
- Jusqu’à ces derniers temps, la question s’était trouvée à peu près complètement délaissée. On savait seulement que, pour qu’une hélice ne donne ni poussée, ni traînée dans un courant d’air donné, il était nécessaire qu’elle tourne à un certain régime. Lorsque cette condition était obtenue, on disait même que l’hélice était devenue «transparente».... Les travaux de l’ingénieur Pillard sont venus heureusement jeter un nouveau jour sur cet important problème.
- Grâce à la méthode analytique de calcul des hélices de Drzewiecki qu’il a appliquée à deux familles d’hélices, M. Pillard a déterminé tout d’abord que, pour un même couple résistant, l’hélice à profil dissymétrique présente un freinage plus énergique que l’hélice à profil symétrique. L’écart varie de 40 à 22 pour 100 pour des rapports de pas au diamètre de 0,6 à 1. Avec un profil dissymétrique, le propulseur doit se caler pour un rapport du couple résistant au couple maximum du moteur d’environ 0,15.
- Etant donné que, sur la plupart des avions actuels, l’hélice ne s’arrête pas d’elle-même et continue à tourner en entraî-
- nant le moteur, on voit le travail mécanique que l’on économiserait si l’on réussissait à désaccoupler l’hélice du moteur.
- Le dispositif convenable paraissait difficilement réalisable, car il devait être adapté, pour que son emploi soit réellement intéressant, à des moteurs d’une puissance de l’ordre de 300 à 600 ch. C’est alors que M. Pillard songea à utiliser la roue libre étudiée par M. Sensaud de Lavaud, un des pionniers de la construction automobile. Cette roue libre avait été primitivement établie pour un changement de vitesse automatique. Elle consiste essentiellement en un roulement à-rouleaux dont les galets se coincent, dans un sens, entre le disque d’entraînement et la couronne,
- Fig. 1. — L’avion Farman F ISO, à groupes moto-propulseurs en tandem/ utilisé pour l’essai en vol du moyeu d’hélice « roue libre ».
- p.349 - vue 355/598
-
-
-
- 350
- rig. 2. — Le moyeu d'hélice «roue libre » Sensaud de Lavaud-Pillard vu de l'arrière.
- mais tournent librement dans l’autre sens. L’entraînement par coincement est obtenu sans choc, le jeu à rattraper n’étant que de quelques centièmes de millimètre.
- Le remarquable dispositif de M. Sensaud de Lavaud fut ainëi adapté au moyeu d’hélice «roue libre » de l’ingénieur Pillard. Celui-ci est constitué d’une fusée intérieure, montée rigidement sur l’arbre du vilebrequin du moteur. Il porte deux roulements et la roue libre. Une pièce extérieure remplace l’ancien moyeu et une troisième pièce assure la liaison entre ce nouveau moyeu et la roue libre. L’ensemble, établi pour une puissance de 500 ch à 1000 tours-minute, ne pèse que 10 kg de plus que le moyeu ordinaire. C’était déjà un premier résultat, le poids restant encore le grand ennemi des constructions aéronautiques. Le dispositif fut alors expérimenté au point fixe, pendant 30 heures environ, au cours desquelles on lui fit subir des reprises brutales et des variations fréquentes du couple.
- Ces essais ayant donné toute satisfaction, le nouveau moyeu fut monté sur le moteur arrière du grand avion Farman 180 pour 20 passagers. L’appareil était chargé au
- poids total de 6000 kg. A l’altitude de 1250 m, le pilote arrêta son groupe moto-propulseur arrière et, néanmoins, réussit à tenir correctement sa ligne de vol. La même tentative, effectuée dans des conditions identiques, mais avec une hélice montée sur un moyeu ordinaire, aboutit à une descente franche que le pilote arrêta après sept minutes. Pendant ces deux expériences le moteur avant fut rigoureusement maintenu à 2100 tours-minute. Quant à l’hélice arrière, dans le premier vol, avec « roue libre », son régime fut estimé à 600 tours-minutes et, dans le second, à 450 tours-minute.
- Il résulte de ces expériences qu’un avion bi-moteur de 1000 ch, équipé avec des hélices à moyeu « roue libre » Sensaud de Lavaud-Pillard, gagnerait 76 kg de résistance sur une hélice en autorotation avec le moteur et 42 kg sur une hélice calée. Ces chiffres représentent un bénéfice de 510 kg de charge utile ou une augmentation du rayon d’action de 660 km. par rapport aux conditions ordinaires permettant à un appareil de tenir sa ligne de vol avec un moteur arrêté.
- A. F.
- I<ig. 3. — Coupe longitudinale du moyeu montrant l’attelage des pièces.
- : L’ÉTUDE DE LA RADIATION SOLAIRE =
- A L’OBSERVATOIRE PHOTO-CLIMATÉRIQUE D’AROSA
- Tout le monde connaît l’effet bienfaisant qu’exerce sur la santé un séjour dans la montagne, surtout à grande altitude; on sait, par exemple, que le bien-être et la capacité de travail s’y trouvent augmentés et que des maladies même fort graves y guérissent.
- L’effet stimulant et tonifiant du soleil tient, comme on sait, non pas à la lumière visible, ordinaire, mais aux rayons ultra-violets, invisibles, situés dans le spectre solaire, au delà du bleu et du violet. D’autre part, la
- sensation confortable de chaleur que l’on éprouve, même en hiver, sur les pentes de montagnes, est due aux rayons infra-rouges, également invisibles, qui, dans la région des ondes longues, y précèdent le rouge. Seule l’analyse approfondie de ces phénomènes a permis de créer des bains de soleil artificiels et de s’en servir à des fins thérapeutiques.
- Il y a, certes, peu d’endroits où l’on jouisse des bienfaits d’un climat d’altitude sous une forme aussi idéale
- p.350 - vue 356/598
-
-
-
- 351
- que sur les Alpes, surtout dans les hautes vallées de l’Engadine, où l’air est si pur et le total des heures de soleil, dans sa moyenne annuelle, supérieur à celui de toute autre région de la zone tempérée. Aussi, est-ce là que les effets de l’altitude sur l’organisme humain peuvent le mieux s’étudier.
- Arosa est de ces endroits privilégiés. C’est pour cette raison qu’on y a installé, il y a plusieurs années, un observatoire destiné exclusivement à l’investigation scientifique des effets de la lumière solaire sur la santé. Son fondateur et directeur, le Dr F. W. Goetz, s’y est livré à de précieuses recherches sur les effets salutaires des cures d’altitude.
- Il existait, du reste, depuis 1889, au même endroit, à 1860 mètres, c’est-à-dire à l’altitude la plus efficace pour les cures de montagne, une station météorologique dont les dossiers ont fourni une base sûre aux observations ultérieures.
- Pour bien remplir la tâche qui leur était proposée, les savants attachés à l’Observatoire ont d’abord dû établir les facteurs fondamentaux déterminant l’intensité et la composition du rayonnement solaire, sa filtration par l’atmosphère et, tout récemment, la structure des couches atmosphériques les plus élevées, inaccessibles aux observations directes.
- En premier lieu, il fallait évidemment déterminer l’intensité globale du rayonnement parvenant au sol. Les effets calorifiques se retrouvant, à des degrés différents, dans toutes les régions du spectre, on a mesuré la quantité de chaleur tombant par minute sur une surface de 1 centimètre carré; cette mesure s’effectue au moyen d’un actinomètre bimétallique, comportant une membrane noircie, constituée par deux métaux et qui, suivant la quantité de chaleur qu’elle reçoit, se courbe,
- Fig. 1. — L’observaloire pholoclimatérique. d’Arosa.
- comme on le constate au microscope, plus ou moins fortement. Dans un autre instrument affecté au même emploi et qu’on désigne sous le nom de « pyrhéliomètre », on apprécie, au moyen d’un thermomètre, l’accroissement de température d’un disque d’argent noirci.
- Ce qui caractérise un climat d’altitude, c’est moins la somme totale des heures de soleil que leur répartition uniforme, et le rayonnement calorifique relativement intense même en hiver. Le jour le plüs court de l’année jouit, en effet, à Arosa, d’un rayonnement de 1,42 calorie par minute et par centimètre carré, c’est-à-dire supérieur à celui qu’on observe dans la plaine et même en ' montagne, aux altitudes moyennes, en plein été. C’est toutefois au début du printemps qu’on constate des valeurs particulièrement élevées, à l’époque où les rayons du soleil ont à traverser, dans l’atmosphère, un chemin plus long qu’en été, où le soleil est plus haut dans le ciel.
- La transparence variable de l’atmosphère s’évalue, de préférence, par le
- Fig. 2. — L’Observaloire d’Arosa. Le loil sur lequel se font les principales observations.
- p.351 - vue 357/598
-
-
-
- 352
- Fig. 3. — L’Observatoire d’Arosa. 3 specirographes en quartz servant à étudier la couche d’ozone de la haute atmosphère, qui règle la transmission des rayons ultra-violets.
- A gauche : spectrographe Arne (Berlin); au milieu, spectrographe de la Sorbonne (Paris) ;
- - à droite, spectrographe du Dr Dobson (Oxford).
- « facteur cle turbidité », c’est-à-dire par le nombre d’atmosphères parfaitement pures, donnant, passage à un rayonnement aussi intense que l’atmosphère réelle, laquelle, toujours, est plus ou moins trouble. Au sommet du Feldberg (Taunus), par exemple, ce facteur de turbidité est de 2,10, à Francfort-sur-Mein de 3,48, tandis qu’à Davos (1600 mètres) il tombe à 1.85 et à Arosa (1860 mètres), à 1,57. Or, les moyennes de certains jours sont encore plus édifiantes à ce sujet que les moyennes annuelles, car, à Arosa, on observe quelquefois des valeurs de 1,1, c’est-à-dire à peine supérieures à 1,0.
- Il est intéressant aussi de connaître la quantité totale de chaleur reçue par des pentes d’inclinaison variable : l’intensité du soleil frappant, à Arosa, une pente tournée vers le midi atteint son maximum pour un angle de 45 degrés, tandis qu’aux latitudes septentrionales, il faut des pentes encore plus rapides (en Finlande de 50-55 degrés) pour recevoir le rayonnement maximum. Ce sont là des faits d’une grande importance pour la diffusion de la végétation.
- En ce qui concerne les rayons ultraviolets, c’est-à-dire chimiquement (et thérapeutiquement) efficaces, de petites longueurs d’ondes, ils ne possèdent évidemment qu’une énergie calorifique
- fort limitée. Aussi les mesure-t-on, de préférence, par leurs effets électriques, c’est-à-dire au moyen de cellules photoélectriques, lesquelles, suivant l’intensité de la lumière qui les frappe, émettent un courant d’intensité plus ou moins grande.
- La lumière totale qui nous vient du ciel renferme, chose étonnante, même aux altitudes élevées, bien plus de rayons ultra-violets que le rayonnement solaire direct. Les cellules au cadmium dont on se sert à Arosa sont presque insensibles à la lumière visible, tandis qu’elles réagissent d’autant plus fortement aux rayons ultraviolets, dont l’effet extérieur sur la peau humaine se manifeste, comme on sait, par un basanage plus ou moins intense. Des filtres appropriés permettent d’isoler les rayons de longueur d’onde donnée. On peut, du reste, apprécier l’intensité d’un rayonnement ultra-violet aussi par le noircissement plus ou moins rapide d’une plaque photographique.
- C’est au moyen de mesures de rayonnement de ce genre qu’on put apprécier la quantité totale d’ozone renfermée dans l’atmosphère et qu’on a pu établir que le maximum d’ozone se trouve à environ 40 kilomètres au-dessus du sol.
- Cette couche d’ozone exerce un effet double : si, pour une raison quelconque, elle venait à manquer, du soleil nous recevrions une lumière d’intensité into-
- Fig. 4. — Le grand spectrographe double Schmidt et Haensch, employé à Arosa pour étudier les radiations ultra-violettes les plus courtes transmises par l’atmosphère.
- p.352 - vue 358/598
-
-
-
- lérable, analogue à celle qu’émet une lampe en quartz; nous devrions, dans ce cas, porter toujours des lunettes protectrices. Si, au contraire, l’épaisseur de cette couche venait à augmenter, la lumière qui nous frappe per^ drait ses effets curatifs, son efficacité, par exemple, contre le rachitisme.
- ..........r .............. ' .....— 353 =
- Les recherches faites à Arosa et ailleurs ont permis de constater une relation particulière entre l’épaisseur de la couche d’ozone et les effets volcaniques.
- Alfred Gradenwitz.
- Docteur ès sciences. ;
- APPAREILS CHASSE-NEIGE
- Dans les pays où l’hiver dure plusieurs mois, il faut entamer contre la neige une lutte sévère, si l’on veut assurer un trafic plus ou moins régulier sur les voies de communication.
- En Europe, ce sont évidemment les voies des chemins de fer norvégiens et les routes de ce pays qui sont le plus exposées et qui exigent des précautions particulières. Elles doivent compter, en effet, non seulement avec les chutes de neige abondantes et brusques, mais aussi avec les bourrasques, les tempêtes et même les avalanches. Il y a déjà longtemps qu’on s’est préoccupé de la protection des voies ferrées établies dans ces conditions. Elles empruntent des tracés étudiés et la voie est protégée par des barrières, des murs, des auvents; parfois même
- Fig. 2. — Tunnel de protection enseveli sous une avalanche de neige-
- Fig. 1. -— Chasse-neige rotatif sur locomotive, en action sur une ligne norvégienne.
- on construit de véritables tunnels placés et orientés après une étude sérieuse de la région.
- La neige se trouve alors arrêtée avant qu’elle puisse toucher le rail et encombrer la voie. Parfois, on ménage au-dessus de la ligne ou de la route un passage qui laisse la neige s’écouler et qui l’empêche de séjourner aux points où le trafic doit continuer. Des haies compactes, épaisses, des arbres rangés parallèlement et taillés en éventail constituent des écrans pour ainsi dire continus. Des tunnels factices en bois ou en pierres sont munis d’une toiture très solide constituée par des traverses et de vieux rails, de sorte que, s’il se produit une avalanche de neige, elle passe au-dessus du tunnel; cas fréquent lorsque des hauteurs très escarpées bordent la route et ne permettent pas d’y monter des échelonnements de murs ou de barrières.
- ; Mais on né saurait protéger la route en tous les points; aussi, a-t-ori utilisé depuis longtemps des chasse-neige. . Pour la voie ferrée, dont on s’est occupé tout d’abord, et cela dans tous les pays, on se sert de charrues qui écartent la neige de chaque côté, ce sont des châssis trian-
- * * *
- p.353 - vue 359/598
-
-
-
- gulaires recouverts d’une tôle qui est placée à l’avant de la locomotive. Le chasse-neige ainsi conçu rejette de chaque côté la masse. Il a donc l’inconvénient de former des murettes qui se durcissent et qui rétrécissent peu à peu la largeur praticable.
- Les chasse-neige fixes montés de cette façon sont d’ailleurs inefficaces si la couche atteint une certaine épaisseur. Or les chutes de neige surviennent avec une rapidité déconcertante. Il faut alors se servir d’appareils puissants, par exemple des wagons chasse-neige qui entament la masse et préparent la voie aux locomotives ordinaires gréées en chasse-neige, travaillant la couche seulement dans le bas et sur une faible épaisseur.
- La préférence est donnée aux appareils rotatifs qui sont mus par un moteur de 5 à 600 ch. Ces appareils sont souvent autonomes, poussés par une locomotive. Des couteaux montés comme les ailes d’un ventilateur attaquent la masse, la désagrègent, même si elle est comprimée, et la rejettent de chaque côté en dehors de la voie.
- Fig. 3. — Chasse-neige Latil.
- Ces chasse-neige sont en service dans tous les pays dii monde où sévissent de fortes chutes de neige..
- LE PROBLÈME DES ROUTES
- 1er sur les routes, remorqués par des chevaux. Aujourd’hui l’automobile a remplacé partout la traction animale. Il faut donc trouver une solution pour rendre les routes praticables autrement qu’aux simples traîneaux.
- Si la couche de neige atteint 50 centimètres, les roues de la voiture s’enfoncent, et l’automobile ne peut plus avancer. Tous les systèmes qu’on a préconisé de voitures spéciales pour se déplacer sur la neige sont inapplicables, au moins en France, car il ne s’agit que de périodes relativement courtes. Il est d’ailleurs beaucoup plus utile d’enlever la neige de la route.
- Lorsqu’il y a peu de neige, on emploie généralement un bâti en forme de Y ou de fer de lance traîné par des chevaux. Il prépare, somme toute, une sorte de tranchée bordée par des bourrelets, qui délimitent la voie et qui la grignotent peu à peu au fur et à mesure de nouvelles chutes. Bien entendu, le rendement est minime et ce système ne saurait être appliqué qu’à de petits tracés.
- En 1923, en France, on a essayé des tracteurs à chenilles, des tanks, notamment au col de la Porte entre la Chartreuse et Grenoble. A l’avant du tracteur, un socle triangulaire en tôle d’acier pénètre dans la masse de neige. Les expériences ont été poursuivies pendant trois hivers, et cela permit de faire des constatations instructives. Des pannes de mécanisme se sont produites, notamment en présence d’une neige tassée très dure.
- Le tracteur a tendance à s’élever, à ne pas s’enfoncer suffisamment dans la neige, quand elle est durcie par la gelée, de sorte que la chaussée reste couverte d’une couche d’une vingtaine de centimètres, sur laquelle les automobiles patinent. Il faut alors que le chasse-neige passe une seconde fois, mais on doit éviter aussi, par temps de dégel, que la charrue ne détériore la surface de la route.
- Si la couche est épaisse, il se produit des efforts tels que les fers d’assemblage se tordent. Tout cela montre qu’il est indispensable d’avoir des appareils étudiés spécialement, tenant compte de tous les facteurs qui interviennent pour ce dur travail, qui consiste à déneiger les routes en montagne.
- LE CONCOURS DE CHASSE-NEIGE DU TOURING-CLUB
- Pour les routes, par contre, on n’a pas fait le même effort, de sorte que les régions où les voies de communication restent obstruées pendant de longs mois semblent complètement désertes. Les habitants sont cloîtrés avec leur bétail, ayant des approvisionnements pour cette période de vie au ralenti. Des cercueils sont même prêts d’avance dans le cas de décès. Le facteur passe irrégulièrement, il se déplace en voiture, en traîneau ou à skis. Le docteur fait de même, quand il peut ; le prêtre également.
- Ce sont des régions momentanément étrangères au reste du monde, reliées peut-être aujourd’hui par un poste récepteur de T. S. F., qui leur apporte les nouvelles des contrées cependant très voisines, mais dont elles sont complètement isolées.
- Autrefois, il était fréquent de voir des traîneaux circu-
- C’est ce qu’a compris le Touring-Club dont les initiatives heureuses ne se comptent plus. Il a organisé cette année un concours d’appareils chasse-neige dans les régions de Briançon et de Grenoble. Cette première compétition a fait connaître des appareils intéressants, elle a suscité des études qui seront fructueuses. L’expérience faite une première fois permettra, l’année prochaine, dans les Pyrénées, d’organiser un concours plus probant encore, tenant compte de toutes les conditions pratiques auxquelles les appareils doivent normalement satisfaire.
- Sous l’impulsion énergique de M. Chaix, président du Touring-Club, et de son vice-président, M. Auscher, l’organisation fut parfaite. Des subventions contribuèrent à la réussite, de la part des Ministères de la Guerre et des Travaux Publics, des Grands Réseaux, des Chambres de
- p.354 - vue 360/598
-
-
-
- 355
- Fig. 4. — Le chasse-neige Roui.
- commerce, etc.... Tous les ingénieurs des Ponts et Chaussées des départements intéressés ont suivi les épreuves ainsi qu’un choix de techniciens, pour qui le Touring-Club fit bien les choses.
- Le concours était divisé en deux parties : la première concernait les véhicules lourds destinés à enlever de fortes épaisseurs de neige et les épreuves eurent lieu entre Briançon et le Lautaret, près de Monétier-les-Bains. La deuxième partie du concours se passa sur la route forestière du col de la Croix Perrin près de Villars-de-Lans. Malheureusement la neige n’était pas en abondance suffisante, mais il faut bien reconnaître que ce n’était pas de la faute des organisateurs.
- Sans nous attarder aux résultats du classement, nous nous contenterons de décrire succinctement les appareils les plus intéressants :
- Çhasse=neige Viking. — Le chasse-neige Viking, du type à étrave, a pour principe de travailler à des vitesses pouvant atteindre 50 km [à l’heure. Ces appareils sont utilisés en Norvège au nombre d’environ 620. On en compte 50 en Suède, 40 au Danemark et une vingtaine en Finlande.
- En Norvège, en particulier, le concessionnaire de la route se charge du premier déneigement. Il monte un chasse-neige devant le premier autocar qui part le matin après une chute de neige. La piste est élargie de temps en temps par le service des Ponts et Chaussées.
- La forme de ce chasse-neige est incurvée de manière à soulever la neige et à la projeter en dehors de la piste; pour cela, il faut naturellement que le véhicule atteigne une certaine vitesse, entre 25 et 35 km à l’heure.
- Plusieurs modèles s’adaptent aux différents cas : le chasse-neige en V, placé à l’avant du véhicule, fixé sur l’essieu avant ou sur le cadre; le chasse-neige latéral qu’on emploie sur le cadre du véhicule d’un côté ou de l’autre; enfin, le chasse-neige arrière monté sur un châssis spécial et remorqué.
- Lorsque l’appareil est à l’avant, il s’emploie pour toutes les chutes de neige, grandes ou petites, tandis que les chasse-neige latéraux et arrière servent à élargir la piste, quand il y a suffisamment de neige sur les bords de la route.
- Les chasse-neige en Y glissent sur des plaques de presse en acier qui évitent l’usure, et ces plaques sont faciles à changer. Parfois des lames verticales polies tranchent la paroi, découpent la neige et tracent une ligne qui marque l’extrémité des ailes du chasse-neige en V. On prévoit des appareils de surélévation et d’orientation du V de manière à rejeter la neige du côté convenable de la route. L’immense éperon entre donc dans la masse à l’avant de la voiture.
- Au concours, du côté de Briançon, malheu-
- reusement les ressorts qui réglaient la distance de l’éperon au sol avaient été cassés pendant le transport, et il fallut les réparer sommairement. L’appareil fut placé tout d’abord sur un camion Berliet. En raison de l’insuffisance des chaînes pour produire une bonne adhérence, les roues arrière patinèrent. Après 30 mètres parcourus avec de nombreux à-coups, l’arbre céda en raison du travail formidable qui lui était imposé. Il faut évidemment des chaînes spéciales pour avoir une adhérence très énergique. L’appareil termina la course avec un autre tracteur.
- Un modèle du même genre pour véhicules de la série lourde fut monté sur un tracteur à chenilles Kégresse-Citroën, ce qui donna les meilleurs résultats. Ceux-ci eussent été d’ailleurs très supérieurs encore dans une
- Fig. 5. — L’appareil Roui en aclton.
- WÊÊÊÊÉËÊIÈÊÈêËÊSÊÈÊ'.
- Vv
- v*"‘fe* -
- p.355 - vue 361/598
-
-
-
- 356
- Fig. G. — L'appareil Juste.
- route à pente moins importante et avec une plus grande épaisseur de neige.
- Appareil Latil. — Le tracteur Latil, équipé pour le déblaiement des neiges, fait déjà ses preuves depuis 1926 dans le Jura. Une vingtaine de ces appareils ont été mis en service par les Ponts et Chaussées, par certaines communes; même des particuliers les ont adoptés pour ce travail spécial. Cette année, en particulier, sur la route nationale de Paris à Genève, au col de la Faucille, ils assurèrent le déblaiement d’une façon régulière, et les automobiles y passèrent sans même utiliser des chaînes d’adhérence.
- Ce tracteur léger, monté sur pneus, comporte des chaînes à neige, et, s’il le faut, les palettes d’adhérence des roues du système Latil bien connu.
- Les quatre roues sont directrices et le châssis porte une étrave. Il remorque également au besoin un Y à l’arrière, et le déneigement s’opère sur le principe suivant :
- Le tracteur est au point culminant du col. Aussitôt que la neige fraîchement tombée atteint une épaisseur de 25 cm, le tracteur travaille sur la moitié de la route. Il remonte en élargissant le passage fait, descend sur l’autre versant et revient ensuite au point de départ.
- Le déblaiement se poursuit facilement à 15 km à l’heure dans une neige de 40 cm. On attaque celle-ci aussitôt après la chute, d’abord pour ne pas avoir d’épaisseur trop forte, ensuite pour éviter la neige gelée, qui exige des appareils mécaniques puissants et onéreux.
- Le chasse-neige Roui. — .Un système ingénieux qui rappelle les chasse-neige rotatifs montés sur locomotives est celui des appareils Roui à turbine.
- Une turbine unique, à aubes coniques, est' placée à l’avant du propulseur, actionnée par un moteur indépendant. La turbine est suspendue aux longerons du chasse-neige; elle peut se soulever à volonté par rapport au sol grâce à deux vérins de 800 kg. Elle comporte 12 aubes coniques ouvertes dans le sens de la marche sur 40° sui-
- vant deux génératrices, l’une située à l’avant, l’autre suivant le sens de la marche.
- Les aubes sont rivées et solidaires l’une de l’autre, fixées à un moyeu en fonte claveté sur l’arbre. L’ensemble tourne dans un carter en tôle ouvert dans le haut, de manière à laisser échapper la neige que la turbine projette. La rotation de la turbine se fait à une vitesse qui peut varier, grâce à une boîte de vitesse, de 100 à 420 tours. A l’avant, un carter évasé recueille la neige, la dirige dans la turbine où elle est hachée, puis projetée à des distances variables, suivant la vitesse de rotation et la qualité de la neige.
- Le chasse-neige est indépendant du propulseur et comporte son moteur. La turbine poussée par le propulseur hache la neige qui s’engouffre à l’avant et qui s’échappe par la sortie à la partie supérieure. Une gou-lotte la canalise en dehors de la voie. Un volet réglable permet de diriger le jet à une plus ou moins grande hauteur, suivant que l’on opère à l’intérieur des agglomérations ou en rase campagne.
- Dans le cas d’une couche faible, la turbine peut être relevée et le déblaiement est assuré par un triangle attelé à l’arrière.
- Ce chasse-neige était monté sur un châssis Citroën. Les essais faits au concours d’appareils lourds s’exécutèrent par moitié dans la largeur de route, le chasse-neige revenant à son point de départ.
- Le chasse-neige Juste. — L’appareil Juste est tout à fait particulier. Il se monte sur un tracteur à chenilles Clétrac. Les chenilles sont composées de 24 patins en acier, articulés par des axes montés sur rouleaux en acier spéciaux et munis de crampons amovibles. Ce tracteur est couramment utilisé pour les travaux de culture; très robuste, simple, ses organes mécaniques sont parfaitement protégés.
- Le chasse-neige monté sur le tracteur est un appareil racleur qui avance dans la neige, celle-ci remontant sur un plan incliné et aboutissant à un système élévateur à palettes qui rejette la neige sur le côté. L’appareil est très souple et très mobile, et il dégage complètement la route de la neige qu’il enlève.
- Des essais ultérieurs au concours ont montré d’ailleurs son efficacité, aussi bien pour les couches faibles de neige que pour les fortes épaisseurs. Dans de la neige fraîche, sur une épaisseur de 1 m 50, la vitesse est de 4 km à l’heure. Si la couche est constituée par de la neige trop dure, l’appareil décape la route par tranches successives de 30 cm et se déplace à une vitesse qui atteint 6 km à l’heure.
- Appareils divers. — Il faut mentionner également d’autres engins comme l’appareil Testât, l’appareil Alouis, l’appareil Buron à étrave, pour lesquels aucun renseignement ne m’a été fourni.
- Un appareil qui n’est pas spécialement conçu pour déneiger les routes, mais qui néanmoins, a montré à Briançon son efficacité dans le cas où il s’agit d’enlever de gros blocs de neige, est la pelle Buron. C’est en réalité un appareil analogue à ceux qu’on emploie pour le déblaiement et les travaux de terrassement. Il est monté sur. chenilles réglables; les commandes sont grou.
- p.356 - vue 362/598
-
-
-
- pées, de sorte que l’ouvrier placé à côté de la flèche guide la benne piocheuse.
- Dans certains cas, cet engin peut rendre des services pour enlever des amas considérables de neige glacée et durcie.
- Gommé je l’ai dit au début, le concours a été très instructif, faisant ressortir les avantages et les inconvénients des divers systèmes concurrents, montrant la nécessité d’avoir avant tout une certaine adhérence pour les véhicules déneigeurs.
- Il faudra tenir compte, pour les prochains concours, d’autres facteurs qui ne sont pas à dédaigner. Tout d’abord, la question du prix, celle de la dépense en combustible pour un même travail effectué; celle aussi de la
- ="". ..... = 357 =
- rapidité des opérations. En tout cas, dès maintenant) on peut estimer qu’on n’improvise pas un chasse-neige efficace, qu’il faut étudier des engins spéciaux, et les constructeurs le mieux outillés , se doivent de chercher aussi une bonne solution.
- Le grand mérite du Touring-Club est d’abord d’avoir posé le problème et cela d’une manière désintéressée. Il a fait ainsi œuvre utile, car, en dehors de la question tourisme proprement dit, il en est d’autres importantes : la mise en valeur des régions complètement isolées pendant l’hiver, l’accroissement du bien-être de ces populations déshéritées pendant une grande partie de l’année.
- E. Weiss.
- L’ÉLEVAGE DU RAT MUSQUÉ AU CANADA
- Il n’y a pas encore bien longtemps que le rat musqué était considéré au Canada comme un membre inférieur dans la somptueuse famille des animaux à fourrures. Les trappeurs s’en occupaient quand ils pouvaient en capturer un grand nombre à la fois, sans se donner trop de peine; les garçons de ferme chassaient ces bêtes dont ils vendaient les peaux en ville pour augmenter ainsi leur argent de poche.
- Les temps ont changé. Aujourd’hui ce petit rongeur, au pelage épais, souple, brillant, variant du brun rougeâtre au brun foncé allant jusqu’au noir clair, a pris une place prépondérante dans la pelleterie qui sait en tirer de chaudes et superbes fourrures pompeusement baptisées loutre d’Hudson, et son élevage constitue aujourd’hui une industrie des plus rémunératrices du Dominion Canadien.
- On trouve le rat musqué (il doit son nom à la forte odeur de civette qu’il dégage) au Canada et dans presque toute l’Amérique du Nord. Il fréquente les prairies au bord des Grands Lacs, des grands fleuves, des ruisseaux, des marais, mais surtout les étangs recouverts de roseaux, et de plantes aquatiques. C’est là qu’on le voit en colonies très nombreuses, car il est éminemment sociable. Son genre de vie a beaucoup d’analogie avec celui du castor et c’est précisément à cause de cette analogie qu’on l’appelle parfois le petit cousin du castor.
- De fait, comme celui-ci, il construit des habitations qui tout en étant plus petites et moins solides ressemblent, sur bien des points, à celle du rongeur-arrtphibie qu’il cherche à imiter.
- L’installation d’une « ferme » de rats musqués est la chose la plus aisée. On entoure le terrain d’un grillage solide enfoncé à 20 cm dans la terre, ceci moins pour empêcher les rongeurs de s’en aller trop loin que pour leur éviter la visite des coyotes, leurs ennemis acharnés. On installe également des pièges à poteau pour défendre les rongeurs contre certains rapaces qui, sans cette précaution, en détruisent un grand nombre.
- Ce sont là tous les frais occasionnés par cette installation, car, à l’encontre de ce qui se passe, par exemple, aux
- Etats-Unis, où l’élevage se fait surtout en captivité dans de petits parquets que l’on pourrait comparer aux châssis dans lesquels nos jardiniers forcent fleurs et légumes, pour en faire des primeurs, au Canada on pratique l’élevage au grand air dans les grands et vastes, terrains marécageux qui abondent un peu partout et qui constituent l’habitat naturel où le rat musqué prospère tout particulièrement et où sa fourrure est d’une finesse tout à fait remarquable, qui n’est égalée dans aucune autre contrée.
- Les musqués sont végétariens et se nourrissent de préférence de plantes de marais. Dans les « garennes » aquatiques on ne s’occupe presque pas d’eux, durant l’été; en hiver, on leur donne, par petites quantités, du trèfle, de la luzerne, des céréales, des légumes et des fruits de qualité inférieure, ainsi que d’autres produits agricoles qui autrement devraient être mis au rebut.
- La multiplication de ces rongeurs est encore plus rapide que celle du lapin de garenne : 3 à 5 portées, à raison de 5 à 15 petits chacune, du printemps à l’automne, et les petits nés au printemps peuvent se reproduire trois mois après, de sorte que l’on peut facilement compter sur une
- Fig. 1. — Le rat musqué.
- p.357 - vue 363/598
-
-
-
- 358
- Fig. 2. — Le ral musqué se construit une cabane rappelant celle du castor.
- augmentation annuelle de 500 pour 100 de la population du ranch. Aucune maladie ou épidémie connue n’affecte les rats musqués qui sont très résistants. Seules, les puces semblent les incommoder en toute saison. On verse, pour les en débarrasser, un peu de pétrole sur leur eau ; par leurs plongeons successifs, ils s’en imprègnent légèrement et les indésirables hôtes sont ainsi détruits.
- Etant données l’étonnante aptitude de la peau du rat musqué à l’imitation des.fourrures rares et précieuses, la surprenante fécondité de ce rongeur j ointe à la simplicité de son élevage, nous n’étonnerons sans doute personne en disant que cette industrie se développe au Canada dans des proportions absolument extraordinaires.
- Ce. furent d’abord les fermiers qui s’amusèrent à capturer en hiver, dans certaines parties marécageuses de leurs
- propriétés, des rats musqués dont ils vendaient les peaux marécages à rats
- Fig. 4. — Un couple de rats musqués prenant ses ébats au bord d’un marais d’une « ferme » en Colombie Britannique.
- à des prix très intéressants. Puis, des Sociétés se constituèrent et créèrent de vastes fermes pour l’exploitation du rat musqué.
- Les premières de ces fermes — on en comptait 107 en 1927 — furent installées dans la région de la Paix, au nord de l’Alberta, où une société fit l’acquisition d’un terrain de 960 hectares qu’elle transforma, au moyen d’un grillage, en une énorme réserve de rats musqués. Une autre Société acheta un terrain de 400 hectares, à Oak Lake (Manitoba), dont la clôture seule coûta la jolie somme de 20 000 dollars.
- Mais c’est surtout en Colombie britannique que l’industrie a pris des proportions considérables dans les vallées du Columbia et de la Kootenay, où s’étendent à perte de vue des marécages habités par des rats musqués et qui sont occupés et enclos avec une rapidité fantastique.
- La même activité se manifeste dans d’autres sections de l’intérieur de la même province offrant également des
- vCSCî
- * ' T. -LU* wMWfa.ÿJNri
- Fig. 3. — Les étangs recouverts de roseaux sont les lieux préférés du rat musqué.
- musqués. C’est dans cette contrée — à Swan Lake — que se trouve la plus grande ferme du genre. Elle englobe une étendue de marais, de lacs et de bois d’une superficie globale de plus de 3200 hectares et, lorsqu’elle sera en plein rapport, elle pourra produire environ 50 000 peaux par an.
- De plus, comme les terres du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta sont administrées par le gouvernement fédéral, la question de mettre en disponibilité les marécages non requis pour d’autres fins a été mise à l’étude par le Ministère de l’Intérieur. Se rendant compte de la relation intime existant entre l’élevage du rat musqué et la conservation de la faune sauvage qui est du ressort des autorités provinciales, le Ministère a conclu avec ces dernières ;une entente, en vertu
- p.358 - vue 364/598
-
-
-
- de laquelle les terres demandées sont, après investigation, louées aux provinces en question pour l’usage spécifié et les autorités provinciales, à leur tour, les louent aux demandeurs.
- Ces terrains, d’une étendue uniforme de 640 acres (256 hectares), sont loués à raison de 25 cents par acre (40 ares), pendant les trois premières années, puis un dollar par acre, les années suivantes. Défense de capturer les rats pendant la première année sans une permission spéciale. Les autorités provinciales ont déjà reçu plus de mille demandes de terrains en l’espace d’un an.
- Mais, dira-t-on, la multiplication incessante des fermes de rats musqués finira, à la longue, par une surproduction désastreuse.
- Jusqu’ici et sans doute longtemps encore cette éventualité ne sera pas à craindre; nous en avons la preuve dans les prix des peaux qui n’ont cessé d’augmenter au fur et à mesure du développement de l’élevage.
- En 1850, les peaux canadiennes valaient, à Londres, 8 cents, pièce; 19 cents en 1860. En 1903, ces peaux cotaient 22 cents et en 1910, époque à laquelle on com-
- —................ .................... = 359 =
- mençait à entrevoir tout le parti que l’on pouvait tirer de la fourrure de l’humble rongeur, celle-ci valait 87 cents en moyenne.
- A partir de ce moment, le rat musqué augmentait de prix pour atteindre son maximum au début de la saison 1920. A la foire des fourrures de Montréal furent vendues .243 000 peaux, pour la somme de 1 067 104 dollars. Les prix revinrent à un taux plus normal à la pleine saison : 2 377 424 peaux donnèrent 6 030 303 dollars, soit une moyenne de 2 dollars 54 la peau. Une nouvelle diminution se produisit en 1921; les 1 074 368 peaux de la recette furent vendues à raison de 2 dollars 38 et les 3 060 526 peaux de la saison de 1922 à une moyenne de 1 dollar 54. Depuis les prix se sont stabilisés : en 1926 et 1927, ils oscillaient entre 1 dollar 1/2 et 2 dollars la peau.
- L’élevage du rat musqué est une nouvelle phase de l’industrie de l’élevage des animaux à fourrure si prospère au Canada. Il s’est développé avec une telle rapidité qu’au point de vue de la production annuelle il tient aujourd’hui la première place à la fois par le nombre et par la valeur. L. Kuentz.
- LES PROGRÈS DU CHROMAGE ÉLECTROLYTIQUE
- ALLIAGES CHROMÉS OU CHROMAGE
- La protection des métaux vulgaires contre la corrosion par le moyen d’un alliage aux métaux plus nobles s’est aujourd’hui perfectionnée à tel point qu’elle aurait pu jeter quelque défaveur sur le traditionnel procédé d’isolation externe par un revêtement résistant, tel que peinture, placage, métallisation par trempage à chaud, ou par projection au pistolet Schoop, ou par électrolyse.
- Cependant, sans parler même des traitements chimiques en surface (qui ont obtenu, avec la « parherisation )>, des succès assez remarquables), ni de l’emploi des pigments et huiles, désormais mieux étudiés, mais d’application assez limitée par les conditions d’emploi du métal, il faut reconnaître que des procédés nouveaux, comme la « shérardisation » cimentant le zinc au fer, ou l’électroplastie avec des métaux jadis peu usuels, le chrome ou le cadmium entre autres, démontrent, à l’essai sur échelle industrielle, que l’ancienne tactique défensive n’était qu’à perfectionner elle aussi, et non à répudier totalement.
- Dans un alliage, où la proportion du métal faible reste largement prédominante, le risque de corrosion n’est qu’atténué plus ou moins, l’usure des pièces ou appareils par effet chimique n’est que retardée, dans une mesure d’autant moins satisfaisante que l’alliage reste moins coûteux. En théorie, il n’est pas impossible d’obtenir, par une métallurgie très étudiée et attentivement contrôlée, une dispersion préférentielle des constituants les plus nobles vers les régions de la pièce métallique qui seront les plus exposées aux attaques des agents corrosifs. Mais, dans la pratique de la fonderie (ou de la forge même), rien de plus délicat, de plus onéreux, à instituer, régler et conduire, que ces opérations sélectives sur les alliages. Les résultats sont toujours aléatoires; l’anoblissement chimique des surfaces, obtenu en créant une certaine hétérogénéité de la structure interne de l’alliage, peut fort bien avoir pour rançon un abaissement assez marqué des propriétés mécaniques. Enfin et surtout les propriétés physiques des métaux chimique-
- ment résistants ne permettent pas toujours d’en introduire des proportions élevées dans des alliages qui devront satisfaire, par la suite, aux exigences de l’usinage.
- Tel est bien le cas pour le chrome, métal d’un bel aspect, insensible aux effets atmosphériques, aux alcalins non bouillants, et même à la morsure des acides, sauf le chlorhydrique. La dureté excessive du chrome est gênante dans les alliages à haute teneur : au delà de 15 0/0, il réduit trop ductilité et malléabilité, sans d’ailleurs accroître la résistance chimique en proportion des pourcentages coûteux de métal noble.
- Mais le chrome peut aussi servir à protéger extérieurement un métal oxydable. En raison de son point de fusion (1500° G.), presque aussi élevé que celui du platine, il n’est pas question de-le substituer au zinc ou à l’étain fondu pour trempage, ni même, d’en tirer parti pour la métallisation au pistolet Schoop. Mais le chrome est si bien au nombre des métaux déposables par effet électrolytique, qu’en principe on pourrait ainsi l’extraire, après sulfatation, des sidéro-chro-mites ou des minerais apparentés, s’il n’était plus pratique de procéder par aluminothermie ou par réduction des oxydes naturels au four électrique. C’est pour la protection des surfaces métalliques par un revêtement de métal pur que l’électrolyse s’exerce souvent, aujourd’hui, sur les dérivés du chrome. Cette intéressante métallisation a fait, récemment, en Russie, au Japon ou aux Etats-Unis comme en France ou en Allemagne, l’objet d’études très poussées : il en résulte dès maintenant des perfectionnements considérables à l’emploi du chrome en électroplastie.
- FACTEURS INFLUENTS DANS LE CHROMAGE ÉLECTROLYTIQUE
- Le chromage consiste essentiellement à électrolyser des sels de chrome avec utilisation d’anodes insolubles, les cathodes sur lesquelles s’effectue le dépôt étant, naturellement, consti-r tuées par les pièces métalliques à protéger de l’oxydation.
- - Gomme pour toute opération d’électrolyse visant à T obtention d’un dépôt de métal, la technique industrielle n’a pu
- p.359 - vue 365/598
-
-
-
- = 360 . . -........ =
- progresser qu’en étudiant de très près, par des expérimentations très variées, les facteurs qui conditionnent en général l’électrolyse elle-même, ou l’électroplastie qui en doit être le résultat. Nombreuses sont, en effet, les variables à considérer dans une telle opération.
- D’abord il faut surveiller la composition de Vélectrolyte, d’autant plus importante qu’on emploie des anodes insolubles, en général, et que, par conséquent, le dépôt provient uniquement de la décomposition des dérivés chromiques introduits dans le bain. Aussi les formules ne varient-elles que dans d’assez étroites limites. Les plus courantes se ramènent à une solution d’acide chromique Cr (OH), à concentration d’environ 250 gr par litre, à quoi s’ajoutent toujours des sels de chrome, en particulier le sulfate. Un bain électrolytique à 70 gr d’alun de chrome SO'K2, (SO )sCr2 (produit bien connu des teinturiers et tanneurs), avec 25 gr de sulfate pour 1 litre d’eau acidulée à l’acide sulfurique, ne représente pas une formule suffisante pour le chromage industriel, bien qu’elle soit utilisable, par exemple avec anodes de plomb, pour chromer le cuivre rouge. Schwartz a indiqué des liqueurs contenant, au litre, 230 gr d’anhydride CrOr> et 30 gr. de sulfate (SO ):Cr2. En Amérique, R. E. Search, avec une solution de sulfate à 12 0/0, additionnée de 12 0 0 d’anhydride et de 11 0/0 de sesquioxyde Cr’O"’, obtient sur les cathodes un beau revêtement, mais avec anodes de bioxyde de plomb difficiles à préparer; tandis que E. H. Hamy, recommandant le maintien en suspension colloïdale, dans le bain électrolytique, de composés tri ou hexavalents (« chromâtes de chrome »), préconise en définitive cette formule : 250 gr d’anhydride, 3 gr de sulfate, 7 .gr de carbonate (COr’):OCr , pour 1 litre d’eau.
- Plus récemment encore, Chichkine et Gernet ont conseillé le mélange de sulfate de chrome, d’acide chromique et d’acide borique. Des chlorures, fluorures, nitrates ou autres sels ont également leurs partisans. Quant à l’addition de colloïdes favorisant le maintien des sels en suspension, c’est encore question controversée. En somme, pour parler le langage du jour, la concentration en ions chromiques étant, avec celle en ions hydrogène (fonction du degré de réduction) et la densité du courant, l’un des facteurs prépondérants du chromage électrolytique, il convient de ne faire varier cette concentration que selon la quantité de l’autre constituant acide du bain.
- Ce sur quoi les spécialistes s’accordent au mieux, c’est la nécessité de maintenir, et donc de contrôler attentivement, l’acidité du bain, seul moyen d’éviter la « passivation » qui isolerait électriquement la cathode à l’égard du métal libéré et gênerait ainsi la formation du dépôt. La libération trop abondante d’hydrogène, si souvent perturbatrice dans l’élec-troplastie et responsable des occlusions gazeuses qui affaiblissent les couches protectrices, peut être évitée par 1 ’addition d’oxydants. Enfin, pour ce qui est de la température du bain, on s’accorde aussi à admettre qu’il faut chauffer un peu, de préférence vers 32° à 35° C. Au delà de 60°, l’ampérage serait à doubler par rapport au chiffre convenant pour température normale. N’empêche qu’on opère assez souvent aux environs de 50° C. C’est surtout d’un rapport bien choisi entre intensité de courant et température d’opération que dépend le brillant du dépôt du chrome : à égale densité de couram, ce dépôt, à mesure que la température monte, passe du mat grisâtre au brillant argentin, puis au blanc bleuté. S’exécutant à température modérée, le chromage électrolytique offre en particulier l’avantage de laisser sa trempe à l’acier.
- Le métal des anodes, qu’on préfère insolubles pour un traitement si complexe, est aussi une question d’importance pour le rendement industriel du procédé. Assez fortement corrodées par le bain, des anodes de nickel font vite baisser le : rendement cathodique et finissent par donner un dépôt noirâtre : aussi inutilisables sont celles de silico-nickel ou de ferro-
- chrome avec ou sans silicium. Très usuelle, l’anode de fer est passive, surtout sous revêtement de bioxyde de manganèse, et le pourcentage de corrosion peut tomber à 0,3 : or, c’est seulement quand il y a beaucoup de fer en solution que le rendement s’abaisse, avec noircissement et arborescences marginales dans le dépôt de chrome. Les anodes de plomb, très employées aussi, soulèvent l’objection qu’il faut d’abord les peroxvder (par électrolyse d’acide sulfurique) pour éviter la formation d’un chromate de plomb; mais, ainsi protégées, elles procurent un rendement cathodique régulièrement croissant; et, si elles supposent le contrôle sévère de l’acidité du bain, c’est là une précaution toujours désirable. Parfois expérimentées, les anodes de platine sont trop coûteuses; mais celles de chrome, bien que très discutées, ne sont pas dépourvues d’avantages. On emploie du chrome aluminothermique : ces anodes ne risquent pas de devenir passives après électrolyse prolongée; en revanche, elles se dissolvent trop aisément, le bain d’électrolyse s’enrichit trop en acide chromique et oppose alors une résistance excessive au courant. Ces anodes ne seraient donc admissibles que pour opérations de faible durée.
- Plus essentiel encore est le rôle des densités de courant, dans la technique du chromage : on a vu plus haut l’influence de leur relation avec les températures sur l’aspect du dépôt obtenu. En fait, le dépôt mat, qui n’est, pas souvent recherché, s’obtient du moins dans des conditions d’électrolyse telles que le rendement, du courant est alors meilleur et le dépôt plus épais à dépense égale. Si, théoriquement, une densité de 2 ampères par décimètre carré peut suffire, en pratique il faut 5 à 10 ampères à température normale, 13 à 15 à la température optimum de 35° C; et souvent, en particulier quand on travaille à plus haute température, on dépasse 25 ou 30 ampères. Le chromage, la cristallisation du métal protecteur à la surface de la cathode, semble bien résulter des décharges des cations métalliques de l’acide chromique en partie réduits préalablement. Or l’ionisation du bain est rapide; les compositions d’électrolyte et fournitures de courant les mieux étudiées pour assurer un rendement continu dans des fabrications en grande série n’ont pas donné ce qu’on en attendait : le chromage électrolytique ne peut s’effectuer sans repos périodique (ou sans renouvellement) du bain.
- Enfin, comme dans la plupart des métallisations, la préparation des surfaces à préserver réclame des soins assez particuliers.
- HYGIÈNE INDUSTRIELLE ET CHROMAGE
- Une question préalable se posait aussi, que nulle innovation manufacturière ne saurait négliger : la question sanitaire. Aux Etats-Unis, dès que se répandit ce procédé de lutte contre la corrosion, le « Public Health Service » consulta le Bureau des Standards au sujet des risques à prévoir. C’est qu’en effet les dérivés du chrome sont toxiques ou irritants : la fabrication du jaune de chrome, par exemple, ou l’emploi des bichromates alcalins imposent des précautions assez rigoureuses; et l'acide chromique, oxydant très énergique, dangereux à manipuler et à respirer, se dégage toujours en quelque proportion, au cours do chromage électrolytique, dans l’atmosphère de travail. A concentration de plus d’un milligramme par 10 mètres cubes d’air, et si les ouvriers y sont exposés quotidiennement de façon continue, cet acide peut irriter et léser sérieusement les muqueuses nasales, tandis que les éclaboussures ou autres atteintes à la peau sont pareillement à évi ter.
- Selon les prescriptions établies par res spécialistes américains et publiées en août 1924, il faut donc maintenir à un taux très bas la teneur de l’atmosphère en acide chromique. On doit recourir aux ventilateurs mécaniques, la ventilation natu-
- p.360 - vue 366/598
-
-
-
- relie étant généralement insuffisante, et l’aspiration verticale par simple hotte ne convenant pas à ces opérations d’électrolyse, puisque la buée d’acide passerait encore devant le visage de l’ouvrier penché sur la cuve. D’autre part, une ventilation transversale réclamerait une vitesse d’air gênante à d'autres points de vue, et parfois aussi un plan auquel certains locaux se prêteraient mal.
- La méthode la plus efficace pour assurer la salubrité du milieu de travail dans l’atelier de chromage consiste à souffler l’air latéralement par des tuyaux perforés larges de 2 à 5 cm et s’allongeant sur Les côtés ou au milieu de l’orifice même des bacs d’électrolyse. L’insufflation n’étant efficace qu’à distance latérale de 50 cm au maximum, on adoptera pour les larges bacs le tuyau bilatéral ou doublé au centre. Le niveau du bain d’électrolyse sera maintenu à tout au plus 20 cm de l’orifice des cuves. Quant à la vitesse de l’air soufflé, elle sera d’environ 600 mètres-seconde. Enfin, prenant soin d’éviter l’interposition d’obstacles au courant d’air ainsi provoqué, on pourra éliminer les perturbations provenant d’autres courants fortuits par le moyen d’une hotte recouvrant les appareils. Même avec une ventilation très soignée, le personnel trouvera avantage à oindre plusieurs fois par jour ses muqueuses nasales avec de la vaseline mentholée.
- Pour se préserver des affections dermiques, il devra porter gants et chaussures en caoutchouc; il faut du moins des lavages fréquents, avec protection des écorchures par un mélange de vaseline (3 parties) et de lanoline (1 partie). A l’entour des bacs, on lavera très souvent aussi les planchers ou autres sols. A la visite médicale périodique, qui est de rigueur dans une telle profession, les atteintes éventuellement constatées seront soignées par lavage avec une solution au bisulfite ou poly-sulfure d’ammoniaque, ou au thiosulfate, puio par application d’un onguent et pansement imperméable.
- Ain*: organisée, avec surveillance de l’état de l’air par titration de l’acide chromique avec iodure et thiosulfate, ou, pour de minimes proportions, par essai colorimétrique à l’hématoxyline, la police sanitaire du chromage électrolytique offrira de suffisantes garanties contre la menace de maladie professionnelle.
- CHROMAGE ET CORROSION
- Quand l’électrolyse est, elle aussi, bien organisée et menée avec un soin constant, on obtient un dépôt très dur et de résistance au frottement comparable à celle du nickel : avantage
- ....." :. 1-------:----== 361 =
- important, car on se préoccupe beaucoup aujourd’hui des « corrosions par fatigue ». Evans a bien établi que l’abrasion superficielle par friction ou l’érosion par simple effet capillaire sont souvent l’origine de « piles locales », et par suite de corrosion électrolytique, même sur métaux ou alliages sans revêtement. Une théorie purement chimique suffit à expliquer combien l’efficacité d’un dépôt protecteur est liée à sa dureté, et aussi à son adhérence.
- Celle du chrome déposé directement par électrolyse est généralement satisfaisante sur métaux cuivreux. Pourtant le chromage, même sur cuivre ou laiton, gagne toujours à être pratiqué sur « sous-couche » de nickel ou surtout de cadmium; avec les métaux ferreux ou les alliages légers, c’est indispensable pour obtenir un dépôt de chrome d’imperméabilité absolue et d’adhérence parfaite.
- Mais ces difficultés diverses sont compensées, en somme, par le très bel aspect du dépôt (surtout si le métal ou le dépôt primaire fut avivé avant chromage) et par les remarquables propriétés physico-chimiques de ce revêtement. On sait* d’ailleurs, qu’on peut protéger le fer contre la rouille atmosphérique par simple application de monochromate de potasse en solution aqueuse à 5 0,0 environ, soit incorporée à des graisses (qu’elle rend très consistantes), soit introduite dans une détrempe, ce chromage sommaire étant finalement recouvert d’une couche de peinture à l’huile de lin. Mais le chrome métal assure encore d’autres résistances qu’aux effets de l’air et de l’humidité. Il supporte bien les vapeurs d’hydrogène sulfuré, celles d’acide nitrique, les émanations ammoniacales; enfin (n’étant pas alliable avec ces méta jx) il tolère le contact avec le laiton, le zinc ou l’étain en fusion. Seuls l’acide chlorhydrique ou les alcalins à haute température lui sont funestes. Mais ces restrictions laissent encore d’assez larges perspectives ouvertes au chromage électrolytique.
- Les conditions de l’électrolyse paraissant désormais élucidées et le problème sanitaire assez facile à résoudre, ce procédé devient intéressant, à côté de la méthode de l’alliage qui vise d’autres débouchés. Sans doute, en revêtement comme en alliage, le prix du chrome est gênant; mais il n’est prohibitif ni pour industries de luxe, ni pour fabrications métalliques requérant une résistance chimique très prononcée. Enfin, n’oublions pas que le chrome, dont la Nouvelle-Calédonie fournit en minerai 180 000 tonnes sur une production mondiale de 200 000, est du moins un métal français.
- A. Matagrin.
- = L’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQUE =
- SUR BANDES OU DISQUES INCASSABLES
- LES DISQUES PHONOGRAPHIQUES ACTUELS
- Nous avons décrit récemment, dans La Nature, les procédés actuels de fabrication des disques de phonographe, et signalé que presque tous les disques étaient formés maintenant d’une composition à base de gomme laque.
- Nous avons également indiqué que le corps du disque pouvait être composé d’une matière première différente de la surface, et que, dans certains modèles, le corps était recouvert sur ses deux faces par un disque en papier spécial imprégné d’une couche de gomme laque très fine.
- Grâce aux procédés d’enregistrement électro-mécanique, dont la technique s’améliore constamment, et aux perfectionnements continuels des diverses phases de la fabrication, les disques contiennent vraiment, gravée sur leurs deux faces brillantes, de « la musique enregistrée », et il est inutile de rappeler les avantages artistiques des procédés phonographiques modernes.
- Cependant, en dehors des défauts acoustiques qu’un physicien exigeant, plutôt d’ailleurs qu’un musicographe (car il est peu de musiciens adversaires de la musique mécanique) pourrait encore reprocher aux disques actuels, il y a deux qualités pratiques qui leur manquent encore.
- p.361 - vue 367/598
-
-
-
- 362
- Rampe à vis d'entraînemen t
- Microphone suspendu
- Pick-up à pointe graveuse
- Amplificateur de puissance
- Disque sou pie placé sur plateau recouvert de caoutchouc
- Fig„ 1. — Disposition schématique des appareils d'enregistrement d'un disque souple (type Melographe) utilisés dans les studios photographiques pour des enregistrements d'amateur.
- Tout d’abord, le disque est fragile, assez encombrant et difficile à transporter, et, de plus, il s’use relativement vite, quelles que soient les précautions observées pour sa reproduction.
- D’un autre côté, la durée d’audition obtenue avec un disque courant du commerce n’excède jamais quatre minutes pour une seule face, ce qui oblige à effectuer des changements continuels de disques, en même temps, d’ailleurs, que des changements d’aiguilles.
- On a bien tenté de réaliser des disques de diamètre courant comportant des sillons sonores très fins et très resserrés; de cette façon on pouvait obtenir une audition beaucoup plus longue, de l’ordre d’une demi-heure, par exemple, mais il ne semble pas que les résultats obtenus dans ce sens aient donné des résultats satisfaisants, ni au point de vue acoustique, ni même au point de vue pratique.
- Les disques spéciaux pour cinématographie sonore, par contre, ont un diamètre de 40 cm et tournent seulement à 33,5 tours par minute ; une seule de leurs faces permet d’obtenir une audition de 11 minutes.
- Il est possible que l’on puisse bientôt obtenir dans le commerce des disques de ce modèle, mais leur adoption ne semble pas présenter un grand intérêt pour l’amateur, malgré l’augmentation de la durée de reproduction, par suite de leur grand diamètre, qui rend leur manipulation et leur transport très peu pratiques.
- Fig. 3. — Le nouveau disque souple peut être envoyé par la poste, comme une lettre ordinaire.
- Il ne semble donc pas qu’il soit vraiment désirable de se contenter de perfectionner seulement la fabrication des disques si l’on veut réaliser des machines parlantes permettant d’obtenir une audition continue assez longue, et les recherches entreprises dans ce but portent plutôt maintenant sur les procédés d’enregistrement et de reproduction sonore à l’aide de bandes ou de fils se déroulant d’un mouvement continu.
- En France et à l’étranger, de nombreux techniciens s’efforcent ainsi, d’une part, de perfectionner sans cesse le disque de façon à améliorer son enregistrement, à le rendre moins fragile et plus durable, et, d’autre part, de tenter l’enregistrement et la reproduction sonore sur bandes ou sur fils. Il nous semble donc intéressant de donner quelques indications sur deux procédés intéressants qui ne sont pas encore entrés dans la pratique courante, mais qui sont susceptibles d’être appliqués très rapidement, tout au moins pour des usages spéciaux.
- Diaphragme ou pick-up a vec aiguille en bois ou à pointe de saphir
- Uisque
- phonographique souple x
- Disque en carton ou en caoutchouc
- Plateau
- Fig. 2. — Précautions à observer pour la reproduction d’un disque phonographique souple.
- LES DISQUES PHONOGRAPHIQUES SOUPLES
- Les compositions à base de cire qui forment les disques vierges destinés à l’enregistrement, et d’après lesquels sont reproduits les disques épreuves du commerce en gomme laque, ne sont évidemment pas les seules matières pouvant être utilisées pour l’enregistrement phonographique.
- On a proposé récemment d’employer des disques souples, en matière élastique, mince, sur laquelle le fabricant ne donne, d’ailleurs, pas de détails, mais qui semble être à base de cellophane.
- On peut maintenant, dans plusieurs studios photographiques parisiens, non seulement faire photographier son visage, mais encore sa voix sur des ‘disques souples, très minces, d’une dizaine de centimètres seulement de diamètre.
- Pour effectuer cet enregistrement, on parle dans un microphone relié à un amplificateur qui actionne un pick-up pourvu d’une pointe graveuse traçant ses spirales sur le disque souple, placé sur un plateau phonographique muni d’un disque de caoutchouc amortisseur (fig. 1).
- p.362 - vue 368/598
-
-
-
- Ces disques sont d’un prix très modique, et l’enregistrement s’effectue rapidement et très facilement; il ne s’agit d’ailleurs pas d’obtenir un résultat vraiment artistique, mais seulement une netteté suffisante de la parole.
- Pour la reproduction, on place le disque ainsi enregistré sur le plateau d’un phonographe ordinaire, et on peut utiliser un diaphragme quelconque, ou même un pick-up pour la reproduction électrique.
- Il faut prendre soin seulement de placer entre le plateau ordinaire du phonographe et le disque souple un disque intermédiaire en caoutchouc ou même en carton, et d’adopter une aiguille en fibre de bambou, dite « en bois » de section triangulaire, ou une aiguille à pointe mousse de saphir, car une aiguille ordinaire d’acier pourrait déchirer la feuille très mince constituant le disque (fig. 2).
- Très légers et incassables, ces nouveaux petits disques peuvent être évidemment facilement envoyés par la poste comme s’il s’agissait de lettres ordinaires; aussi est-il permis de prévoir que leur usage pourra s’étendre peu à
- Système moteur diaphragme ou pick-up
- Outil enregistreur et reproducteur vibrant
- FilmJ*
- Sillon sonore
- Fig. 5. — Schéma du système enregistreur et reproducteur dans le procédé Huguenard.
- peu, même s’il devait être réduit à ce rôle particulier pour l’enregistrement d’amateur (fig. 3).
- La durée de reproduction pour les deux faces du disque atteint maintenant environ trois minutes, mais il ne semble pas qu’il soit difficile d’augmenter leur diamètre, et, par suite, la durée d’enregistrement.
- D’un autre côté, il existe aussi d’autres disques souples,x non pas enregistrés directement, mais reproduits comme les disques ordinaires d’après un premier disque de cire initial.
- Les disques présentés jusqu’à présent n’ont pas encore le même caractère artistique que les disques en gomme laque, et les morceaux enregistrés comportent seulement de la musique de danse.
- Il est évident que ces nouveaux modèles conviennent parfaitement pour les appareils portatifs, mais il est possible que leur usage s’étende si leur fabrication est suffisamment perfectionnée pour leur conférer une qualité musicale suffisante.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ D’ENREGISTREMENT
- ET DE REPRODUCTION SONORES SUR FILMS
- Nous avons déjà décrit dans La Nature les différents
- 363
- Fig. 4. — Schéma du dispositif d’enregistrement sur film de celluloïd à surface ramollie; sillon sonore à variations latérales.
- A, film à enregistrer. D, diaphragme enregistreur. M, mèche imbibée de liquide solvant. T, T2, tambours enrouleur et dérouleur.
- essais entrepris récemment par le Dr Stille pour enregistrer et reproduire les sons à l’aide d’un fil ou d’une bande en acier aimanté suivant le principe Poulsen déjà ancien.
- Nous avons également donné quelques détails sur les systèmes d’enregistrement et de reproduction optiques sur films sensibles, pour cinématographie sonore; enfin La Nature a publié aussi il y a quelque temps une étude sur les essais entrepris par M. et Mme Johnson pour réaliser le même problème d’une façon mécanique ou électromécanique, en faisant agir verticalement une pointe vibrante graveuse sur un film en celluloïd, dont la surface était préalablement ramollie à l’aide d’une mèche imbibée d’acétate d’amyle ou d’acétone (fig. 4).
- Ce système, qui permettait, en théorie, d’obtenir des auditions continues très longues, est évidemment le plus simple, mais il ne semble malheureusement pas devoir donner encore des résultats pratiques satisfaisants.
- Un technicien connu, le professeur Huguenard, après avoir étudié pendant plusieurs années ce problème, vient de réaliser un dispositif fort intéressant, qui est peut-être appelé à un grand avenir, non seulement pour la phonographie en général, mais encore pour l’accompagnement synchrone sonore de la projection lumineuse dans la cinématographie sonore.
- Dans le procédé Huguenard, f enregistrement ne s’effectue plus sous forme de sillon à variations latérales, exécuté par la pointe fine de l’instrument enregistreur, mais le sillon sonore est une véritable bande de plusieurs millimètres de large, à variations verticales en profondeur, tracée par un outil graveur qui a la forme d’un large burin ou d’un ciseau (fig. 5),
- On conçoit facilement les avantages du procédé. Tout' d’abord, le sillon sonore étant très large, il n’est pas besoin d’obtenir de grandes variations de profondeur pour que l’intensité d’en-
- Fig. 6. — Le procédé Huguenard d’enregistrement sonore permet d’accoler facilement une bande sonore à la bande d’images.
- Bande sonore
- Bande d'images
- p.363 - vue 369/598
-
-
-
- = 364 ——
- registrement, et par suite l’intensité de reproduction, soient suffisantes.
- D’un autre côté, l’enregistrement peut être effectué sur un film de celluloïd à surface non ramollie, et l’outil reproducteur s’appuyant sur une large surface use très peu le film, d’où possibilité d’effectuer, d’après l’inventeur, plus d’un millier de reproductions satisfaisantes sans usure appréciable du film.
- La largeur de la bande sonore atteint à peine 2 mm, il est donc possible théoriquement de placer côte à côte une quinzaine de bandes sonores dans la largeur d’un film « standard » cinématographique; le prix de revient d’un film phonographique ainsi réalisé serait donc relativement modique. La vitesse de déroulement du film atteint, en effet, environ 25 m à la minute; si l’on suppose seulement que dix bandes sonores aient pu être placées dans la largeur du film, une minute d’audition correspond seulement à une longueur de 2 m 50 de film.
- La reproduction peut être évidemment effectuée d’une manière purement acoustique ou électromécanique, en utilisant simplement un diaphragme ou un pick-up électromagnétique portant un « outil » reproducteur au lieu d’une aiguille ordinaire ou d’un saphir, et cet outil s’use très peu, donc ne doit pas être remplacé fréquemment.
- Il deviendrait ainsi possible de construire des machines parlantes permettant d’obtenir une audition continue de durée presque aussi grande qu’on le voudrait.
- Cependant, le système serait surtout intéressant pour la cinématographie sonore, puisqu’on pourrait accoler facilement à la bande d’images sur le film cinématographique une bande sonore exécutée suivant ce nouveau procédé (fig. 5).
- La reproduction sonore, dans ce cas, s’effectuerait comme s’il s’agissait d’un disque, et l’on pourrait pourtant utiliser les avantages de l’enregistrement sonore directement exécuté sur la bande d’images, en particulier la réalisation du synchronisme automatique entre les images et les sons.
- Il resterait cependant à étudier de quelle façon on peut exécuter facilement des bandes sonores en nombre important, d’après une première bande sonore initiale enregistrée. L’inventeur affirme avoir résolu ce problème, mais n’indique aucun détail sur les procédés utilisés. Un prochain avenir nous renseignera, sans doute, sur l’importance pratique des applications de ce nouveau dispositif phonographique fort intéressant.
- P. Hémardinquer.
- L’ARBRE QUI DONNE LE CHOCOLAT
- LE CACAOYER
- L’arbre qui produit le cacao a été baptisé par les botanistes d’un nom grec, Theobroma, nourriture dés dieux ou ambroisie. C’est le cacaoyer, appartenant à la famille des « Sterculiacées », proche parente des
- « Malvacées ». Il existe de nombreuses variétés de cacaoyers que l’on s’accorde à classer dans les deux groupes suivants le « Criollo » (créole) ou « Cacao Caraque », comme on le nomme en Europe, aux grains blancs et gros; le « Forastero » dont le grain est petit et de couleur pourpre*
- Par son aspect et par son port, le cacaoyer a beaucoup de ressemblance avec nos cerisiers (fig. 3), mais il atteint souvent des dimensions bien supérieures, — 10 à 12 m. Par contre, certaines espèces ne dépassent pas 1 à 2 m. Son bois blanc, poreux, cassant, est recouvert d’une écorce couleur cannelle. Ses feuilles sont grandes, simples, acuminées, à surface lisse, de couleur rougeâtre lorsqu’elles sont jeunes, d un beau vert foncé lorsqu’elles ont atteint tout leur développement et marquées de nervures jaunes et régulièrement disposées.
- Les fleurs sont petites, jaunâtres ou de couleur chair, ordinairement fasciculées et n’ont aucune odeur. Les fruits, vulgairement appelés « cabosses », mûrissent en toute saison; ils ont la forme de baies ou capsules et ressemblent à des concombres.
- Longs de 12 à 20 centimètres et revêtus d’un péricarpe ligneux, jaune ou rouge, selon l’espèce, ils sont divisés en cinq loges, contenant ensemble 25 à 40 graines amygda-loïdes, pressées à plat les unes contre les autres, enveloppées d’une pulpe gélatineuse
- Fig. 1 et 2. — A gauche, Coupe à travers une « cabosse », montrant les graines. A droite, Les fruits sur l'arbre.
- p.364 - vue 370/598
-
-
-
- 365
- d’un blanc rosé, à saveur aigrelette et réunies par un « placenta » commun situé au centre de la capsule (fig. 1).
- Ce sont ces graines qui constituent le cacao du commerce.
- La frondaison, la floraison et la fructification du cacaoyer sont permanentes et rien n’est plus pittoresque que cet arbre portant en même temps feuilles, fleurs et fruits où le vert, le rouge et^le jaune se mélangent et s’harmonisent en une gamme ravissante.
- Une autre caractéristique bizarre du cacaoyer est que la fleur et le fruit poussent directement' sur le tronc ou sur les branches principales (fig. 2).
- C’est un frileux et un altéré; il lui faut un climat de 22° au moins et un sol recevant de 1 m 70 à 1 m 80 d’eau par an.
- LES PLANTATIONS
- Depuis des siècles, on le cultive dans toute l’Amérique équatoriale, au Mexique, aux Antilles. Les essais tentés dans notre colonie de la Côte d’ivoire ont admirablement réussi.
- Les plantations (cacaoyères) sont établies, de préférence, en sol vierge, sur un défrichement, par exemple. Sur le terrain choisi et préparé, il faut d’abord assurer aux jeunes cacaoyers la présence de plantes d’ombrage qui tamisent la lumière, les abritent contre les vents violents et contribuent à maintenir l’atmosphère dans un état hygrométrique favorable.
- Les plantes d’ombrage sont de deux sortes; les temporaires et les permanentes. Comme temporaires, on prend le bananier, le manioc et, comme permanentes, des arbres d’ombrage, tels que l’acajou, l’arbre à pain, le manguier. Les premiers protègent les jeunes cacaoyers durant les premières années de leur développement; ils sont supprimés lorsque les seconds ont atteint des dimensions suffisantes.
- On multiplie le cacaoyer à l’aide de graines qu’il faut récolter bien mûres 'et semer immédiatement, car elles perdent rapidement leurs facultés germinatives. On sème ces graines en pépinières, à une distance de 25 cm les unes des autres. Lorsque les plants ont 0 m 30 de hauteur, on procède à la mise en place définitive, en les arrachant avec soin, pour les planter sous les arbres d’ombrage. . q
- La première floraison se produit ordinairement dès la troisième année, mais on enlève les fleurs pour éviter l’épuisement des arbres. C’est seulement après cinq ou six ans que l’on peut commencer à récolter. Une cacaoyère n’est vraiment en plein rapport qu’au bout de dix à douze ans; elle donne alors son maximum de production pendant une vingtaine d’années et se trouve épuisée à trente ans.
- Le cacaoyer demande beaucoup de soins : sarclages, binages du sol, apports d’engrais, arrosages en cas
- de besoin, taille, traitement contre les maladies parasitaires.
- LA RÉCOLTE
- Ainsi que nous le disons plus haut, l’arbre porte constamment et en même temps fleurs et fruits et la récolte peut se faire toute l’année, mais on la restreint à deux époques, dont la plus productive est la fin de la saison des pluies. A la Martinique, la grande récolte a lieu d’octobre à janvier; la petite récolte s’effectue de mars à juin.
- Le fruit arrive à maturité après quatre mois de développement; on doit le récolter très mûr en se servant, à cet effet, du « croc à cacao », instrument tranchant qui permet de le détacher de l’arbre sans endommager les parties voisines.
- Un cacaoyer en .plein rapport peut donner de 30 à 50 « cabosses », mais la moyenne de production, comptée en fèves ou amandes sèches, ne dépasse guère 1 kg par arbre avec un maximum de 4 kg, dans les conditions les plus favorables.
- p.365 - vue 371/598
-
-
-
- == 366 ......................rr.;....:
- Aussitôt cueillies, les cabosses sont transportées à l’usine où des femmes et des enfants les brisent à l’aide de maillets pour en extraire les fèves.
- Celles-ci subissent ensuite une préparation dont le mode varie suivant le pays, mais qui a toujours pour but d’y développer, par un commencement de fermentation, le principe aromatique, aux dépens des principes âcres qu’elles renferment au moment où elles viennent d’être cueillies.
- A cet effet, on déverse les graines sur des planchers de séchoirs ou chambres chaudes ou dans des paniers doublés de feuilles de bananiers. Trois jours sont généralement suffisants pour la fermentation qui facilite l’enlèvement de la pulpe.
- En fermentant, les fèves changent de couleur, elles deviennent rouge ocracé ou couleur cannelle et elles perdent une partie de leurs principes âcres : le cacao qui était amer avant l’opération devient relativement doux et acquiert un arôme agréable.
- Les fèves sont ensuite séchées sur des aires fixes ou mobiles au soleil ou bien dans des étuves. Elles sont à point lorsqu’elles ont acquis la couleur spéciale « chocolat » et qu’elles se brisent facilement sous la dent. Il ne reste plus qu’à trier, à emballer et à expédier le stock, le plus rapidement possible, sans quoi nulle précaution ne le préserverait des atteintes des insectes et principalement d’une espèce de teigne dite « friand à chocolat », très commune dans les pays chauds.
- LE CACAO
- Une fois séché et parfois coloré, le cacao est prêt à être envoyé aux usines pour la fabrication du chocolat et du cacao en poudre.
- Sans vouloir entrer dans les détails de cette fabrication, notons-en rapidement les principales étapes. On nettoie d’abord le cacao. Ce travail est accompli par des machines qui font passer les grains à travers des tamis et les soumettent à un jet d’air puissant qui élimine les corps étrangers. En sortant de ces machines les grains sont assortis automatiquement en gros, moyens et petits, de telle sorte qu’au moment du rôtissage ils reçoivent à peu près la même quantité de chaleur.
- Les grains sont rôtis pendant environ une heure dans des torréfacteurs. Ceci a comme résultat d’augmenter encore leur arôme et de rendre l’amande cassante. L’écorçage se fait dans une grande cuve au moyen d’agitateurs à palettes. Les pellicules et les écorces sont enlevées automatiquement par un courant d’air, tandis que les fèves sont évacuées aux concasseurs qui les brisent en petits morceaux.
- Au cours de la torréfaction et de l’écorçage, les différentes variétés de cacao sont travaillées séparément. Avant d’être moulues, on mélange ces variétés afin d’obtenir une certaine saveur. Les cassons sont moulus ensemble; ils forment alors une sorte de pâte ressemblant à de la mélasse.
- Lorsqu’on veut faire du cacao préparé avec cette masse, on retire la moitié de l’huile (beurre de cacao) qu’elle contient au moyen de presses hydrauliques. Le bloc qui sort des presses est ensuite concassé et la
- poudre de cacao est tamisée à travers de la gaze de soie et empaquetée pour être expédiée.
- Quant au chocolat, il est obtenu en ajoutant du sucre et du beurre de cacao aux cassons avant de les broyer. Les trois ingrédients sont bien mélangés, on y ajoute, quand on le désire, un certain arôme, puis le tout est fondu dans des moules.
- On tire également deux sous-produits du cacao : le beurre de cacao que nous avons déjà nommé et la cosse.
- Le premier est employé non seulement dans la fabrication du chocolat, mais aussi dans la préparation des parfums et des cosmétiques. On en fait un excellent savon de toilette en le mélangeant à certains alcalis. Vendu sous forme de bâton, à l’état naturel, il constitue un remède parfait contre les coups de soleil.
- L’autre produit est plus difficile à employer : on en fait une sorte de boisson appelée « thé de cacao » et l’on s’en sert comme combustible, parfois même on le donne aux bestiaux comme aliment et on l’emploie comme engrais.
- Outre leur utilisation comme boisson, les fruits du cacaoyer entrent dans la confection d’une grande quantité de produits alimentaires et de pâtisseries.
- LA PRODUCTION
- Ajoutons, en terminant, que la production mondiale du cacao a été, en 1926, de 481 411 tonnes dont 51 403 ont été importées en France.
- Les principaux pays consommateurs se classent ainsi :
- États-Unis. . . . 1.752.000 quintaux.
- Allemagne. . . . 798.000 —
- Grande-Bretagne . 506.000 —
- Hollande .... 445.000 —
- France 436.000 —
- Suisse 86.000 —
- La consommation de cacao par tête d’habitant
- établit donc, en kilogrammes absorbés chaque année,
- les chiffres suivants :
- Pays-Bas. . . . 4,89 kg par tête et par an.
- Suisse 2,25- — —
- Etats-Unis. . . 1,43 - _ — —
- Allemagne . . . 1,18 — — —
- France 1,04- —. —
- Grande-Bretagne. 0,93 - — —
- Nos principaux fournisseurs sont la Gold Coast, le Brésil, les Antilles anglaises, le Vénézuéla et diverses de nos colonies : la Côte d’ivoire, le Cameroun, le Togo, la Guadeloupe et la Martinique.
- Ces colonies ont exporté, en 1926, à destination de la France et différents autres pays, près de 25 000 tonnes, soit à peu près la moitié de nos besoins métropolitains. Ce n’est pas assez; nos colonies équatoriales devraient nous fournir tout le cacao que nous consommons.
- Du reste, plusieurs d’entre elles permettent toutes espérances, principalement le Cameroun avec ses 8706 tonnes et la Côte d’ivoire, qui a contribué en 1925, dans la proportion de 12 pour 100, à notre ravitaillement en cette précieuse denrée.
- K. L.
- p.366 - vue 372/598
-
-
-
- DÉCOUVERTE DE LA PLANÈTE
- TRANSNE PTUNIENNE CHERCHÉE DEPUIS LE VERRIER
- Le système solaire vient de s’enrichir d’un nouveau membre d’importance, nous apprend l’Observatoire Lowell, puisqu’il s’agirait, tout simplement, de la découverte de la planète située au delà de l’orbite de. Neptune. Nombre d’astronomes et de calculateurs pressentaient l’existence de cet astre lointain mais, jusqu’ici, il avait échappé à toutes les recherches.
- LES CONCEPTIONS DE LE VERRIER
- Dès la découverte de Neptune, en 1846, l’idée que cette planète ne marquait pas la limite du système solaire est venue à beaucoup d’esprits. Le Verrier, lui-même, le découvreur de Neptune, croyait à l’existence d’astres gravitant au delà de son orbite : « Ce succès, écrivait-il, doit nous laisser espérer qu’après trente ou quarante années d’observation de la nouvelle planète, on pourra l’employer à son tour à la découverte de celle qui la suit dans l’ordre des distances au Soleil. »
- L’illustre mathématicien pensait que la méthode qui lui avait permis de découvrir Neptune, grâce aux perturbations relevées dans la marche d’Uranus, conduirait également à trouver la nouvelle planète extérieure, grâce à son action troublante sur les positions de Neptune.
- Il convient de dire que la méthode qui avait fourni un si magnifique résultat à Le Verrier pouvait, pendant de longues années, rester inefficace. En effet, entre 1781, époque de la découverte d’Uranus par William Herschel, et 1846, dans cet intervalle de 65 ans, Uratrus avait parcouru la plus grande partie de son orbite — trajet qu’il accomplit en 84 ans — et pendant ce temps il s’était très vraisemblablement approché de la position alors inconnue de Neptune.
- Mais cette dernière planète se déplace avec une sage lenteur et emploie 165 ans à faire le tour du ciel. Il convenait donc, très probablement, d’attendre un temps suffisamment long pour que, l’orbite étant parfaitement calculée, des perturbations par une planète extérieure y devinssent sensibles.
- L’OPINION DE FLAMMARION
- « Cette recherche, a écrit Camille Flammarion dans son Astronomie populaire (1879), pourra être entreprise au siècle prochain, à moins que les observateurs qui passent leurs nuits à la recherche des petites planètes ne la trouvent par hasard, par le déplacement d’une petite étoile de leurs cartes célestes; mais, d’une part, elle ne doit être qu’une étoile inférieure à la 12e grandeur et, d’autre part, elle ne peut marcher qu’avec une extrême lenteur. »
- A l’époque où Camille Flammarion a écrit ces lignes, la photographie astronomique était dans l’enfance, incapable de fournir le moindre document utilisable, surtout pour des recherches de planètes. On peut supposer que, sans les progrès actuels de la photographie stellaire, la découverte de la planète transneptunienne serait encore à faire.
- Mais d’autres raisons, les unes de sentiment, si l’on peut dire, les autres basées sur la considération des aphélies comé-taires, militaient fortement en faveur de la croyance à une et même plusieurs planètes transneptuniennes.
- LA LOI DE BODE
- Tout d’abord la loi de Titius ou de Bode. On sait que si on écrit les nombres : 0, 3, 6, 12, 24, 48, 96, 192, 384, 768, etc.,
- dont chacun, à partir du troisième, est le double du précédent et qu’on les augmente de 4 unités, on obtient, en les divisant par 10, la série : 0,4 0,7 1,0 1,6 2,8 5,2 10,0 19,6 38,8 77,2, etc., qui représente approximativement les distances des planètes à partir du Soleil: Mercure : 0,4; Vénus : 0,7; la Terre : 1,0; Mars . 1,6, etc., celle de la Terre au Soleil étant prise comme unité...
- Les lacunes qui existaient autrefois dans le système solaire avaient été comblées en 1781 par la découverte d’Uranus se plaçant à la distance 19,6 indiquée par la loi de Bode, et le 1er janvier 1901 par la découverte par Piazzi de la première des petites planètes à la lacune 2,8 de la loi.
- Ce fut une déception quand on constata que Neptune, faisant exception à la règle, occupe la distance 30,05, au lieu de 38,8.
- Quoi qu’il en soit, les partisans de cette loi célèbre, qui est surtout un moyen mnémotechnique commode pour trouver les distances des planètes au Soleil, étaient convaincus qu’une planète gravite à la distance 77,2, une autre à la distance 154.
- LES APHÉLIES DES COMÈTES PÉRIODIQUES
- L’argument des aphélies des orbites des comètes périodiques est plus solide. On a remarqué que ces aphélies sont déterminées par les planètes qui ont capté les comètes. C’est ainsi, pour ne citer que quelques cas, que les comètes d’Encke, de Tempel (1889), de Brôrsen, de Tempel-Swift, de Winnecke, de Biela, etc., ont leurs aphélies entre les distances 4 à 6 (celle de la Terre étant prise pour unité).
- Vraisemblablement, elles ont été captées par la masse énorme de Jupiter.
- La comète Tuttle a son aphélie à la distance 10,33, à l’orbite de Saturne.
- La comète Tempel IV atteint la distance 19,67 qui est justement celle de l’orbite d’Uranus.
- Les comètes Westphal, Brôrsen II-Metc3lf, Pons-Broolcs, Olbers et Halley ont été captées par Neptune.
- Plusieurs comètes : Swift-Tuttle (1862 III) et Barnard (1889 III) atteignent la distance 48 environ, où l’on a placé une planète transneptunienne captatrice.
- A la distance 75 environ — en bon accord avec la loi de Bode — on trouve les aphélies des comètes 1857 IV et 1845 III, etc.
- En résumé, concluait M. A. Benoit dans une étude parue en 1899, dans le Bulletin de la Société astronomique de France, la loi de Bode, d’une part, l’examen des aphélies des orbites cométaires, d’autre part, conduisent à l’existence possible de planètes vers les distances 48, 75, 110, 120 et 160. D’après l’éclat d’Uranus (6e grandeur) et de Neptune (8e grandeur), M. Benoit concluait qu’à la distance 100 et pour un diamètre analogue à celui de Neptune, l’éclat d’une planète transnep-tünienne serait de la 15e grandeur environ.
- M. Benoit, dans l’étude précitée, décrivait une méthode systématique de recherche, utilisant un appareil photographique spécial. .
- Il en eût coûté, à l’époque, une trentaine de mille francs et quelques années de travail.
- Il est vraisemblable que, si la méthode décrite avait été
- p.367 - vue 373/598
-
-
-
- - 368
- appliquée, la planète transneptunienne serait connue depuis un quart de siècle environ.
- Nous ne dirons rien, ici, des -multiples tentatives faites par de très nombreux auteurs pour assigner une position à la planète située au delà de Neptune.
- L’énumération seule de ces tentatives constituerait une liste d’une belle étendue.
- Plusieurs astronomes, et entre autres W.-H. Piclcering, ont même recherché la planète transneptunienne au moyen de la photographie, et à certaines positions calculées à l’avance, mais, sans succès. La plupart de ces travaux et recherches se placent entre 1899 et 1905.
- LA DÉCOUVERTE DE L’OBSERVATOIRE LOWELL
- De nos jours, la question était un peu délaissée lorsque, brusquement, un télégramme du Bureau central de Copenhague est venu annoncer la découverte de la planète si recherchée. Voici le texte de ce télégramme, daté de Copenhague, 14 mars 1930 :
- « Planète découverte à l’Observatoire Lowell, en accord avec la planète transneptunienne de Lowell.
- « Position le 12 mars 1930, à 3"0'"
- 7 secondes « de temps à l’Ouest de delta Geminorum.
- 15e grandeur. »
- L’éclat très faible de la nouvelle planète en réserve l’observation aux plus grands instruments du monde.
- Plusieurs circulaires successives du service des informations rapides de la Société astronomique de France, reproduisant les dépêches de l’Union astronomique internationale, sont venues peu après compléter les premières indications précédentes. Notamment, le professeur Max Wolf, de l’Observatoire Konigstuhl, à Heidelberg, a obtenu un très bon cliché le 19 mars. La planète, à 22!l 5,n, 6 (T. U.), y figure à la position suivante :
- Ascension droite = 7ll15'u39y 86; déclinaison — H— 22°7 38 .
- Elle présente, sur ce cliché, un éclat de la 15e grandeur et se trouve tout à côté de l’étoile ô des Gémeaux, qui est une belle étoile double. La composante la plus brillante de cette étoile, le 19 mars, avait pour coordonnées :
- Ascension droite — 71115'" 57s,20 ; déclinaison = -f— 22°6 52 .
- On voit ainsi combien ces deux astres étaient voisins î un de l’autre. Ce jour-là, la planète se trouvait à 17s,3 à l’Ouest et à 46' au Nord de l’étoile. Par rapport à la position donnée le 12 mars, elle s’était donc déplacée vers l’Ouest à la vitesse moyenne de ls,4 par jour.
- Ajoutons que la planète, découverte le 21 janvier, a été observée pendant sept semaines à l’Observatoire Lowell avant que l’annonce en soit faite.
- Elle a été suivie photographiquement et visuellement à cet Observatoire par M. C.-O. Lamplaud. Elle a été photographiée, comme on l’a vu, à l’Observatoire de Heidelberg par M. Max Wolf; à l’Observatoire Yerlces par M. Yan Biesbroek et à l’Observatoire de Juvisy le 20 mars, par M. F. Quénisset. Ce
- dernier en a obtenu d’excellentes images avec des temp d’exposition de 3 heures. Ses clichés montrent, à la limite, des étoiles de la 17e magnitude, ce qui prouve que l’on peut faire encore du bon travail, quand on le veut, dans la région parisienne. Ajoutons que M. Quénisset a pris des clichés à plusieurs jours d’intervalle sur lesquels on constate un déplacement très sensible de l’objet trouvé à l’Observatoire Lowell. Regardés dans un stéréoscope, ses clichés, montrent, avec un relief saisissant la nouvelle planète en avant des étoiles, ainsi d’ailleurs que onze petites planètes de la zone comprise entre Mars et Jupiter et d’un éclat variant de la 13e à la 14e grandeur.
- La nouvelle planète, d’après l’Observatoire Lowell, graviterait à la distance de 45 unités astronomiques du Soleil (c’est-à-dire à 45 fois la distance moyenne de la Terre au Soleil). La période de révolution correspondante serait d’environ 300 ans. D’après les premières estimations, le diamètre de cette planète serait compris entre celui de la Terre et celui d’Uranus, il serait de l’ordre de 30 000 kilomètres environ (20 000 milles).
- Il y a lieu cependant de penser que ce diamètre est trop
- grand. En effet, M. F. Baldet, le savant astronome de l’Observatoire de Meudon, vient de communiquer à la Société astronomique de France, le 29 mars, une Note concernant les observations de la nouvelle planète qu’il vient d’effectuer au moyen de la grande lunette de 0 m 83 d’ouverture les 20, 27 et 28 mars. Ces observations, à aucun moment, ne lui ont permis de soupçonner un disque à cette planète.
- Elle a toujours présenté une apparence stellaire, bien piquée, dans les instants de plüs grand calme, comme cela a été le cas le 27 mars. M. Baldet a estimé la planète de la 15e grandeur et le diamètre apparent ne dépasse pas 0"2. Cette valeur est en désaccord avec la valeur de 1”,0 que l’on déduit d’après les valeurs précédemment annoncées (diamètre réel 20000 milles et distance 45).
- Le calcul du diamètre par la grandeur stellaire (en supposant exacte la distance 45, dit M. Baldet, donnerait, en admettant un albedo analogue à celui de Neptune — soit 0,6 — un diamètre vrai de 770 kilomètres, et, pour le diamètre apparent, 0",024. Ces nombres seraient doublés si l’albedo était de 0,15 comparable à celui de la Lune ou de Mercure, le diamètre vrai serait alors de 1500 kilomètres et le diamètre apparent de 0 ,05. On aura quelque indulgence pour la divergence de ces résultats concernant un as tre qui circule à près de 7 milliards de kilomètres d’ici.
- Le laconisme des informations reçues jusqu’ici oblige à les enregistrer avec une certaine réserve et la planète elle-même est encore désignée sous le vocable : « Objet observatoire Lowell ».
- Bientôt on saura, d’une manière plus exac te, à quelle distance du Soleil gravite ce monde lointain. Et l’on verra ainsi s’il apporte une vérification à la loi empirique de Bode ou bien s’il a retenu dans notre système solaire quelques-unes de ces comètes périodiques qui ne nous reviennent que lorsque des générations entières ont disparu. Em. Touchet.
- Fig. 1. — M. C. N. Tombaugh, photographe de Vobservatoire Lowell, de Flagstaff (Arizona) qui a découvert la nouvelle planète. A côté de lui, un télescope d’amateur de sa fabrication avec réflecteur de 75 mm.
- (Ph. Wide World.)
- p.368 - vue 374/598
-
-
-
- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES1 2’
- VI. - CEUX QUI FURENT CONSIDÉRÉS COMME DE MAUVAIS ÉCOLIERS (suite) (*)
- Continuons à citer quelques exemples de futurs savants qui ne se firent pas toujours remarquer — loin de là — comme de brillants écoliers.
- *
- * *
- Adolphe Wurtz (1817-1884), qui a laissé un si grand nom en chimie, comme apôtre français de la théorie atomique, était né à Strasbourg. Sa noble et brillante carrière a été exposée par Ch. Friedel (’) :
- Son père était pasteur protestant; il était d’une nature sérieuse, silencieuse, quelque peu sévère. Sa mère était, au contraire, vive et joyeuse, tout en étant persévérante, ponctuelle, bienveillante, d’un jugement droit. Son fils et elle furent extrêmement unis.
- Les premières années d’Adolphe Wurtz s’écoulèrent dans le riant presbytère de Wolfisheim. Elevé au milieu des cultivateurs, il prenait part avec bonheur, quand l’occasion s’en présentait, aux travaux des champs et y gagnait aussi, avec une robuste santé, cette habitude des exercices physiques qu’il a conservée toute sa vie. Le samedi soir amenait souvent la visite des deux frères de Mme Wurtz, Théodore Kreiss, professeur de grec, et le pasteur Adolphe Kreiss, ainsi que d’autres amis, tous intellectuels. Les conversations animées auxquelles se livraient ces hommes distingués, toujours préoccupés de quelque question littéraire, artistique, philosophique ou religieuse, ont certainement contribué au développement intellectuel de Wurtz, lequel, d’ailleurs, poursuivait ses études d’une façon si parfaite qu’il ne fut jamais puni. C’était alors un charmant enfant, aimable et toujours gai, au regard franc, aux yeux brillants, la tête ornée de boucles brunes, vif et alerte. La vie ainsi commencée continua sans grand changement dans la petite maison curiale lorsque M. Wurtz père fut appelé à Strasbourg. C’est à ce moment qu’Adolphe Wurtz commença à suivre les classes du Gymnase protestant, établissement d’enseignement secondaire. Les études qu’il y poursuivait n’eurent rien de particulièrement brillant, à part quelques prix d’application, de mémoire et d’élocution, avec quelques vagues accessits d’histoire et géographie, de version latine, de version grecque, de mathématiques et de versification française. C’était, comme on le voit, des récompenses d’un simple « bon élève » travaillant avec zèle — c’est tout —. et son père lui prédit plus d’une fois « qu’il ne deviendrait jamais rien d’extraordinaire ». Cependant, le jeune Wurtz suivait avec passion, en 1828, les excursions d’un professeur chargé d’un cours libre de botanique et il conserva, toute sa vie, une grande affection pour cette science qui fut, peut-être, celle qui l’entraîna vers les études scientifiques. Ses vacances se passaient habituellement au Ban de la Roche, à Rothau, dans l’habitation qu’y possédait une grand’tante. On trouvait là, une nombreuse société, une vie à la fois joyeuse et patriarcale. Les excursions dans les montagnes et dans les bois environnants, si verts et si pittoresques, fournissaient une récréation attrayante et solitaire; les usines, filatures, tissage et teinturerie, alors dans l’enfance, les mines et les forges, peu éloignées de Framont, offraient l’occasion d’observations intéressantes, qui montrèrent, peut-être, à Wurtz l’intérêt pratique de la science.
- 1. Voir La Nature, depuis le n° 2808.
- 2. Bull, de la Société chimique de, Paris, 1885, 1er semestre. Pages supplémentaires en tête du volume.
- Reçu bachelier ès lettres en 1834, Wurtz quitta le Gymnase. Ses parents eussent souhaité qu’il s’inscrivît au séminaire protestant, mais il était déjà mordu par le démon de la science. Il fut, sans doute, encouragé dans sa vocation par un goût identique qui s’était développé chez son ami et condisciple Emile Kopp, autre fils de pasteur, devenu depuis un chimiste distingué. Wurtz se livrait, depuis quelque temps, dans la buanderie dont était pourvue la cure paternelle, à des expériences de physique et de chimie, répétition de celles qu’il avait vu faire à ses professeurs. Ces expériences, la mère les tolérait de la part de son fils préféré, mais le père les voyait d’un mauvais œil, car elles coûtaient beaucoup de temps et d’argent. Il faisait même démolir, parfois, par son secrétaire, les petits fourneaux de brique que le futur chimiste s’était ingénié à construire. Aussi, lorsque sa passion grandissant de plus en plus et devenant consciente d’elle-même, Wurtz déclara qu’il voulait se vouer à la chimie, le secrétaire de l’église Saint-Pierre-le-Jeune, familier de la maison et ne voyant rien au-dessus de la vocation pastorale, s’exclama-t-il : « Le père et moi, nous avons dit, depuis longtemps, que, de toute cette cuisine, il ne sortirait rien de bon ! » M. Wurtz père partageait la répulsion de son subordonné pour la chimie; on comprend, jusqu’à un certain point, qu’un père de famille craignît de voir son fds s’engager dans une carrière alors si nouvelle et si peu dessinée; il s’opposa aux projets du sien et exigea qu’à défaut de théologie il étudiât la médecine, profession régulière et cataloguée.
- Wurtz entra dans les vues de son père, non par goût pour la médecine, mais parce que cette science comportait des cours de chimie. Il ne tarda pas, d’ailleurs, de devenir préparateur, puis chef des travaux chimiques à la Faculté de Strasbourg. C’est là qu’il poursuivit ses travaux de chimie, tout en poursuivant régulièrement ses études médicales. Il passait ses examens avec tant de discrétion que, dans sa famille, on n’était jamais prévenu que du résultat. Pour éviter à sa mère l’émotion de l’attente, il s’en allait à la Faculté, portant sous le bras, en un paquet, l’habit noir alors de rigueur et ne s’en revêtait que loin des yeux maternels.
- Le physicien Léon Foucault (1819-1868) se montra, toute sa vie, un indépendant et ce trait de caractère s’est manifesté dès sa jeunesse qui fut, un peu, de ce fait, celle d’un élève assez médiocre. Le père, après avoir acquis quelque aisance comme éditeur de Mémoires sur l’Histoire de France, s’était retiré à Nantes. Son fils y suivit, sans se faire remarquer spécialement, les classes d’une petite école. Sa mère, devenue veuve, le ramena à Paris à l’âge de 10 ans. Externe au collège Stanislas, il s’y montra peu docile et peu studieux. Mme Foucault, sans se décourager — les femmes sont d’un naturel tenace — et d’accord avec le. directeur du collège, remplaça les leçons en commun par la règle plus flexible d’un répétiteur intelligent. Affranchi de la contrainte continue imposée par des exercices pour lui trop nombreux et trop longs, il promit de ne remettre à son maître que des devoirs excellents, tint parole et, sans beaucoup d’ardeur, fit de bonnes études. Désireuse, comme toutes les mères, d’assurer une carrière à son fils, Mme Foucault le décida à prendre parti pour la médecine. La dextérité innée du jeune Léon à manier des outils de- tous genres, son application obstinée à combiner d’ingénieux mécanismes, le prédestinaient, suivant elle, à s’exalter dans la chirurgie. Foucault commença ses études de médecine, mais il ne les continua pas parce que la vue du sang lui inspirait
- p.369 - vue 375/598
-
-
-
- = 370 —.... —
- une répugnance qu’il ne pouvait pas surmonter. Cédant à la pente naturelle de son esprit vers la physique, il offrit ses services comme préparateur d’un cours libre de microscopie, apprit rapidement ce que son maître savait de pratique, et ne s’y arrêta pas. La lumière électrique servait aux expériences. Foucault trouva l’appareil imparfait, en étudia les inconvénients, et, pour première contribution aux applications de la science, réussit à corriger ce qu’il avait de défectueux (').
- Par un hasard qui, en l’espèce, fut heureux, le « patron » de Foucault était chargé de rendre compte, dans le Journal des Débats, des séances de l’Académie des Sciences. Ayant résolu de se démettre de ses fonctions, il fit agréer Foucault comme son successeur, bien que celui-ci fût encore assez jeune. Foucault, malgré la maturité d’esprit qu’elle exigeait, s’acquitta de sa tâche à la satisfaction de tous. Cette besogne contribua beaucoup, par sa variété, à augmenter les connaissances scientifiques de Foucault. Elle eut aussi pour conséquence de le rapprocher de Fizeau et de les amener, tous deux, à faire ces remarquables recherches sur la propagation de la lumière qui font que les noms réunis de Fizeau et Foucault sont cités dans tous les Traités de physique.
- îfc
- % *
- Le mathématicien Victor Puiseux (1820-1883), qui fut toujours d’une extrême modestie, était né à Argenteuil. Il fit ses premières études à Pont-à-Mousson, où son père, receveur des contributions, avait été appelé après un séjour à Longwy. Ce dernier avait la réputation d’un homme d’esprit; il aimait le théâtre et, à l’occasion, jouait la tragédie. Quant à Victor Puiseux, il se signala surtout par un grand entêtement, prélude du caractère indépendant qu’il devait manifester toute sa vie. Joseph Bertrand (1 2) en a cité un exemple bien net :
- Agé à peine de 5 ans, il refusait d’apprendre à lire et, par une impassible inertie, décourageait la douce sévérité de sa mère. On eut recours à la ruse. Mme Puiseux commençait d’amusants récits; mais, lorsque l’intérêt était au comble, quand les yeux de l’enfant brillaient de joie, au moment où l’imagination de Victor le portait avec le petit Poucet dans les profondeurs de la forêt, évoquait Cendrillon magnifiquement parée, le faisait trembler pour le marquis de Carabas, contraint par les ruses du Chat botté de se montrer sans habits, on lui disait : Devine la fin. Ce furent ses premiers problèmes. L’enfant inventait des solutions, le livre de Perrault cachait la véritable; pour l’y trouver, il fallait savoir lire; Victor ne fut pas long à l’apprendre.
- En classe, cependant, il se montra toujours supérieur à ses condisciples. Son frère, brillant élève à l’Ecole Normale, décida ses parents à envoyer Victor achever ses études à Paris,, bien que les dépenses dussent être assez élevées pour le budget de la famille. Ici encore se manifesta son indépendance de caractère, ce qu’a noté aussi Joseph Bertrand.
- Approuvé par son frère qui le connaissait bien et ne craignait rien, il désira, tout en suivant les classes du collège, étudier seul et libre dans une chambre à lui. Sage et sérieux, esclave de sa parole, attentif à tous les devoirs, Victor, se formant lui-même, se ménageait du temps pour la méditation, la lecture et, d’une manière générale, toutes les satisfactions de l’esprit. A la fin de sa quinzième année, il fut admis à l’Ecole navale, mais, dépourvu d’ambition, à l’Ecole de
- 1. D’après l’Eloge historique de Léon Foucault, par Joseph Bertrand. Mémoires de l’Académie des Sciences, Tome 42. Paris, 1883.
- 2. Eloge de M. Victor Puiseux. Mémoires de l’Académie des Sciences. Tome 44, 2e série. Paris, 1888.
- Brest il préféra les leçons de Sturm au collège Rollin. Le maître était digne de l’élève; il devina, sans se tromper en rien, sur les bancs de la classe, un maître futur de la science. Cependant, Puiseux n’obtint, au Concours général des lycées de Paris, que le second prix de mathématiques, auquel, d’ailleurs se joignait le premier prix de physique.
- * *
- Gaston Darboux (1842-1917), l’éminent mathématicien, eut des origines fort modestes, comme l’a rappelé M. Emile Picard dans la belle notice historique (') qu’il lui a consacrée à l’Académie des Sciènces ét de laquelle nous allons extraire quelques renseignements :
- Il était né à Nîmes. Ses parents tenaient un magasin de mercerie. Son père était un homme instruit, aimant la lecture, mais ayant, semble-t-il, peu de goût pour le commerce; il le perdit de bonne heure. Sa mère était l’âme de la maison; intelligente et autoritaire, elle sut bien conduire ses affaires et, chose à noter ici, avait une facilité prodigieuse pour le calcul (2) ; elle n’avait pas de livres de commerce, mais possédait, dans la tête, tous les chiffres nécessaires à ses affaires et elle conserva, jusqu’à plus de 80 ans, une mémoire remarquable pour lès nombres. Gaston Darboux et son frère Louis furent mis, d’abord, dans une institution protestante de la ville, puis au lycée. Tous deux, demi-pensionnaires, arrivaient, le mâtin, à 6 heures et ne sortaient qu’à 8 heures du soir; l’enseignement, alors, était singulier et leur permettait d’étudier ce qui leur plaisait. Un fonctionnaire du lycée conseilla à Mme Darboux de les retirer de cet établissement et de les mettre dans le commerce, car, disait-il « ils ne réussiraient pas dans leurs études et n’ arriveraient à rien ». Heureusement , Mme Darboux ne suivit pas la suggestion de cet empêcheur de travailler en rond ; elle réprimanda ses fils et leur fit continuer leurs études, cette fois un peu plus sérieusement. Gaston et Louis, d’ailleurs, avaient beaucoup d’amitié et d’estime pour le jugement de leur mère; ils travaillèrent, dès lors, assidûment, ce qui, d’ailleurs, à leur retour du lycée, ne les empêchait pas d’aider, le soir, leur mère dans son commerce, ce qui, après tout, leur tenait lieu de délassement.
- Gaston Darboux passa bientôt le baccalauréat ès sciences, puis, ses aptitudes mathématiques s’étant manifestées, alla au lycée de Montpellier suivre la. classe de Mathématiques spéciales, où, dès la seconde année, sa supériorité apparut d’une manière éclatante. C’était alors un jeune homme pâle — il ressemblait à Bonaparte jeune —, travailleur acharné, dont l’ardeur utilisait souvent, pour ses études, jusqu’aux récréations et faisait même craindre pour sa santé. En 1861, il fut reçu, premier, à la fois, à l’Ecole Normale et à l’Ecole Polytechnique. Malgré l’attrait du beau costume de cette dernière et l’avenir brillant qu’elle aurait pu lui donner, il opta pour la première parce qu’il se sentait un goût très vif pour l’enseignement de la science pure, ce en quoi il se connaissait bien. Ce choix fit grand bruit et on en retrouve l’écho dans le journalisme de l’époque. C’est ainsi que le spirituel J.-J. Weiss lança, dans le Journal des Débats, quelques flèches à l’administration universitaire : « M. Nisard (c’était alors le Directeur de l’Ecole Normale) tire grand orgueil d’un jeune homme qu’il dit d’un rare savoir et de la plus haute espérance, et qui, reçu à l’Ecole Normale et à l’Ecole polytechnique, a opté
- 1. Mémoires de l’Académie des Sciences, Tome 55. Paris, 1917.
- 2. Comme le remarque M. Emile Picard, « peut-être la facilité de sa mère pour les opérations arithmétiques eut-elle quelque influence sur le talent mathématique de Darboux, exemple, entre bien d’autres} d’une certaine ressemblance intellectuelle entre une mère et son fils ». De sa mère, d’ailleurs, il avait hérité un caractère un peu autoritaire.
- p.370 - vue 376/598
-
-
-
- pour l’Ecole normale. Cet accident singulier a surpris tout le monde et M. Nisard plus que personne. L’homme de goût et d’esprit qui dirige l’Ecole Normale n’en est pas à ignorer ce que deviennent, depuis dix ans, dans l’Université, les gens d’un rare savoir et de la plus haute espérance. Pour ce qui est de nous, faut-il l’avouer, nous ne partageons pas l’étonnement général. Le jeune homme dont parle M. Nisard est, sans doute, un mathématicien exact, qui ne se paye pas de vaines apparences. Nous supposons qu’il a ouvert un dictionnaire de la langue française au mot Polytechnie ; il y a lu « Polytech-nie, qui embrasse tous les arts » et, en regardant autour de lui, il a découvert qu’il n’y a rien de plus polytechnique que l’Ecole Normale. Celle-ci est, en effet, un établissement situé rue d’Ulm qui prépare à toutes les carrières, sans en excepter le professorat. Parmi ceux qui, en 1847, y lisaient Voltaire et Cicéron, on compte, aujourd’hui, deux médecins, un fabricant de conserves alimentaires, un chef de service des Messageries maritimes, deux membres du corps de la Marine, un vérificateur de la Ville de Paris, deux colons, un vaudevilliste, un père jésuite, un Oratorien, des journalistes, etc. » Malgré ce persiflage, Darboux s’attacha à l’établissement qu’il avait choisi et, plus tard, devint professeur à la Sorbonne, Doyen de la Faculté des Sciences, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences. Pour un écolier qui « ne devait arriver à rien... »
- Dans les lignes qui précèdent, on a pu se rendre compte que, dans nombre de cas—j’aurais pu en citer de plus nombreux exemples — il ne faut jamais, pour estimer la véritable valeur scientifique des écoliers, se fier ni à leur proches ni à certains de leurs professeurs, la plupart, pour des raisons multiples et variées, étant de mauvais juges en la matière. On pourrait en dire autant des résultats des examens ou concours qui, bien souvent, sont loin d’être proportionnels à la véritable valeur des candidats. N’importe, qui a été mêlé à la « cuisine » des examens sait que ce ne sont pas toujours les meilleurs qui sont reçus et que certains élèves médiocres réussissent alors que de mieux doués qu’eux « restent dans les choux » pour avoir obtenu une mauvaise note dans une matière qui, parfois, est, cependant, celle qu’ils connaissent le mieux (la cause est difficile à expliquer, mais le fait est si fréquent qu’il ne semble pas faire de doute). Et que dire de la suite des examens ! Tel qui les a brillamment passés « moisit » béatement dans la sinécure qu’ils lui ont procurée et tel autre, à l’esprit trop original pour se plier à la discipline des « forts en thèmes » 'et qui ont lamentablement échoué, devient parfois un des savants universellement reconnus comme tels.
- J’ai déjà signalé, précédemment, la note « médiocre » obtenue par Pasteur au baccalauréat. Dans le même ordre d’idées, on peut citer le très illustre mathématicien Henri Poincaré (1854-1912) qui faillit être refusé au baccalauréat ès sciences... pour les sciences mathématiques et physiques; à l’écrit, en effet (il était dispensé de la partie littéraire parce qu’il possédait déjà le baccalauréat ès lettres), il eut un beau zéro (sur une question du programme relative aux progressions géométriques) pour les mathématiques et un 2 (sur 5 maximum) en physique; nul doute qu’il n’aurait pas été déclaré admissible si les examinateurs n’eussent su qui il était et n’eussent connu ses succès au lycée. A cette époque, les candidats étaient peu nombreux et les examens, on le voit, se passaient plus « en famille » que de nos jours ! A l’oral, d’ailleurs, Poincaré se releva par un 3 et un 4 en mathématiques et un 2 et un 4 en physique, de sorte que, finalement, il fut reçu avec la mention Assez bien. Un pauvre « assez bien » pour ce futur génie !
- " = = : : 371 =====
- Puisque nous avons été amené à citer ici le nom d’Henri Poincaré, indiquons qu’il naquit à Nancy et que son père était professeur à la Faculté de médecine de cette ville et qu’il n’était nullement doué pour les mathématiques, — il s’occupa, surtout, du système nerveux —. Son grand-père paternel. avait été pharmacien et semble avoir eu une intelligence fine et vive. A noter aussi, dans sa famille, son oncle, Antoine Poincaré, inspecteur général des ponts et chaussées, qui eut deux fils, Lucien Poincaré, décédé, il y a peu d’années, alors qu’il était Recteur de l’Académie de Paris, et Raymond Poincaré, ancien Président de la République.
- Henri Poincaré commença à parler à 9 mois. A 5 ans, il eut une grave diphtérie, mais s’en guérit, bien qu’elle lui laissât, pendant 9 mois, une paralysie du larynx, et, durant plusieurs années, une grande timidité. Après avoir reçu les premières notions d’un professeur particulier, il entra, à 8 ans et demi au lycée de Nancy, où il fut placé en neuvième, ce qui montre qu’on ne le jugeait guère précoce. « Au lycée, a noté le Dr Toulouse ('), il suivit régulièrement la filière. Il eut, tout le temps, des succès scolaires, en mathématiques et dans toutes les matières littéraires et scientifiques, sauf, toutefois, en dessin et en récitation classique. Il apprenait, cependant, facilement ses leçons; mais il les oubliait, peut-être, assez vite... Entre la huitième et la quatrième, il se sentit attiré vers les sciences physiques et les sciences naturelles. Mais son don de mathématicien se révéla de bonne heure et en quatrième il se mit à lire des ouvrages de mathématiques spéciales. » Au lycée, Henri Poincaré se montra, toujours, discipliné et d’un caractère doux, fuyant les jeux turbulents (il aimait, cependant, jouer aux barres), mais terriblement distrait, comme il le fut d’ailleurs, toute sa vie. C’est ainsi qu’au cours d’un voyage en Hongrie, au moment du départ, il mit, dans sa malle, un drap de lit au lieu de sa chemise de nuit. Une autre fois, a raconté depuis Frédéric Masson, il s’aperçut tout à coup qu’il avait à la main une cage en osier; très surpris et ne pouvant s’expliquer comment il détenait cet objet, il revint sur ses pas et retrouva l’étalage du vannier, où, machinalement, il avait pris et emporté cette cage. Sa mère connaissait si bien sa distraction qu’elle cousait des grelots à son portefeuille pour que le bruit de la chute éveillât son attention.
- Dans l’Eloge que Gaston Darboux (2) a consacré à Henri Poincaré, on trouve d’autres exemples, tout aussi amusants, de cette distraction. Une de ses distractions habituelles consistait à ne pas savoir si, oui ou non, il avait déjeuné. Un jour, à l’âge de 7 à 8 ans, en marchant dans une rue qui longeait un ruisseau à découvert, coupé, çà et là, de petits ponts, il oublia de traverser en même temps que sa mère et sa sœur; il continua le chemin sur l’autre rive; mais, dès qu’il s’en aperçut, il les rejoignit en ligne droite, en plongeant dans l’eau jusqu’à la ceinture.
- H. Poincaré, par ailleurs, donna des exemples de sa bonne nature. Au moment des vacances, il allait chez ses grands-parents, à Arrancy, où on lui laissait une entière liberté dans un grand jardin. Il aimait les bêtes; la seule fois qu’il eut un fusil, il tira au hasard dans un arbre et il en tomba un oiseau blessé. Depuis ce temps, il ne voulut jamais plus tirer un coup de fusil. La tendresse qu’il avait pour les animaux ne l’empêchait pas d’aimer ses semblables. Il n’y eut pas de fils ni de frère plus affectueux que lui. Il était, de même, doux et gentil avec ses camarades, toujours modeste et conciliant, sans chercher à faire valoir sa supériorité. Mais, quand il s’agissait de choses auxquelles il tenait pour de bonnes raisons, il opposait
- I. Enquête médico-psychologique sur la supériorité intellectuelle (Henri Poincaré). — Flammarion, édit., Paris, 1910 environ.
- 2. Mémoires de l’Académie des Sciences, Tome 52. Paris, 1914.
- p.371 - vue 377/598
-
-
-
- = 372 :............................., =
- aux autres une résistance passive qui était inébranlable.
- Dans l’ouvrage si attachant que M. Paul Àppell a consacré à Henri Poincaré ('), on trouve d’autres intéressants détails sur le savant trop tôt disparu, par exemple le suivant :
- Dès son plus jeune âge, il eut la passion de la lecture et sa mémoire était telle qu’il pouvait toujours dire à quelle page, 1. Plon, édit., Paris, 1925.
- à quelle ligne d’un livre il avait lu telle ou telle chose. Il a, du reste, conservé cette précieuse faculté toute sa vie. On raconte qu’au retour d’un voyage, quelque long qu’il fût, il pouvait dire les noms de toutes les stations traversées, pourvu qu’il les eût entendu crier par l’employé du train.
- Henri Coupin.
- (A suivre.)
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1930, A PARIS
- Mois sec, bien ensoleillé, avec un froid soutenu mais peu intense et pression barométrique déficitaire.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 762 mm, 6 au niveau de la mer, présente par rapport à la normale un écart négatif égal à 0 mm, 8 au Parc Saint-Maur. Celle de la température, 3°,0 à ce même observatoire, est aussi en déficit de 0°,8 à la moyenne normale et inférieure de 3°,6 à celle du mois de janvier précédent.
- Le début et la fin du mois ont été cependant assez doux, mais une période de froid, qui a duré du 6 au 25, a amené 16 jours de gelée et, sauf le 14, la température a été inférieure à la normale dont elle s’est écartée de 5°,7 le 24, jour où s’est produit le minimum absolu, — 4°,1 à Montsouris, — 4°,5 au Parc Saint-Maur,— 6°,5 à Ville-Evrard; le maximum absolu, observé le 28, a été del3°,l (Parc Saint-Maur et Montsouris) et de 14°,2 (Vaucluse) ; l’un et l’autre n’ont rien d’exceptionnel.
- Dix journées pluvieuses (nombre moyen, 13) ont fourni 20 mm, 8 d’eau au Parc Saint-Maur, soit 59 pour 100 de la normale. La journée du 3 en a fourni 10 mm, 2. On a noté 4 jours de neige, mais en quantité très faible; seules les chutes du 7 et du 18 ont blanchi le sol.
- On a signalé un peu de grêle le 1er et le 15.
- La nébulosité moyenne du mois a été 54 pour 100. L’atmosphère a été presque toujours brumeuse, mais les brouillards proprement dits (9 jours) ont été plutôt rares et peu durables.
- L’humidité relative moyenne de l’air a été 77,6 pour 100.
- Les vents ont soufflé surtout d’entre le N. et Î’E., sans jamais être très forts.
- MOIS DE FÉVRIER ANTÉRIEURS (')
- La température moyenne normale de février est de 3°,6; ce mois est rarement bien froid, il présente quelquefois à son début une période de froids vifs, mais elle est, généralement, de courte durée. Depuis un peu plus d’un siècle et demi, seuls les mois de février 1827, 1888, 1895, 1901, 1917 et 1929 ont fourni des moyennes inférieures à 0°; 1895, notamment, est la plus basse connue, — 4°,5. Les coups de froid se présentent presque toujours vers le 11.
- Comme élévation de température, ce mois a surpassé quelquefois le plus chaud mois de janvier, comme en 1809 et en 1869, moyenne 7°,9, mais il n’a jamais dépassé la moyenne normale d’avril, bien qu’en 1926 il donnât une moyenne de 8°,6 et, en 1767, une moyenne de 9°,5, même. -
- Depuis 1806, le mois de février n’a offert qu’une anomalie importante et de longue durée, il a été trop chaud de 1°,1 pendant 20 années s’étendant de 1865 à 1885.
- 1. Voir aussi La Nature. n° 2722 du 5 juin 1926 : « Les particularités delà saison froide 1925-1926 » (Variétés); n° 2809 du 15 mai 1929 : « Le mois froid de février 1929 », page 475.
- Voici les mois de février les plus froids :
- 1895 — 4°,5 1929 — lo,6 1917 — 0o,9
- et ceux les plus chauds :
- 1767 9°,5
- 1926 8°,6
- 1809 7°,9
- 1827 — 0o,9 1901 — 0°,3 1888 — 0°,1
- 1869 7°,9
- 1775 7°,8
- 1867 7°,8
- Les plus bas minima absolus de la température en février ont été de :
- — 15°,6 en 1830; — 15°,5 en 1803; — 15°4 en 1895 et en 1917; — 15°,0 en 1776 et en 1888 et — 14°,8 en 1929 et les plus hauts maximà absolus de : 20°,7 en 1899; 18°,2 en 1900; 17°,9 en 1831; 17°,7 en 1885 et 17°,6 en 1846; celui de 1899, observé le 10, est exceptionnel et sans exemple depuis plus d’un siècle et demi.
- En février 1895, il y eut 27 jours de gelée dont 13 de gel continu, en 1891, 24 et en 1929, 23. En février 1926, pas une seule fois pendant le mois, la température sous l’abri, au Parc Saint-Maur, n’est descendue à 0°, c’est un fait qui ne se produit que très rarement en février, cinq fois seulement depuis 1757 on l’a constaté.
- En l’année 1740, d’après M. E. Renou, la température moyenne de février aurait été très approchante de celle de février 1895.
- Les mois de février les plus pluvieux ont été ceux de : 1833, 97 mm, 0 ; 1919, 89 mm, 2 ; 1837, 83 mm,3 ; 1916, 81 mm, 9 ; 1843, 79 mm, 6; 1904, 74 mm, 2, et ceux les plus secs : 1895, 2 mm, 3; 1830, 2 mm, 4; 1890, 2 mm, 9; 1887, 3 mm, 1 ; 1821 et 1921, 4 mm, 8; 1896,4 mm, 9; 1891,5 mm, 0; 1816, 6 mm, 0; 1868, 6 mm, 8; 1869, 7 mm, 5; 1875, 7 mm, 8.
- Nombre de jours de pluie : 24 en 1866; 23 en 1923; 22 en 1769, en 1833 et en 1889; et 2 en 1797, 1800 et 1890; 3 en 1798, 1821, 1891 et 1895.
- Février 1879 fut un mois très couvert, nébulosité moyenne, 86 pour 100; les mois les plus clairs ont été : 1863, nébulosité moyenne, 34 pour 100, le plus clair connu depuis l’année 1753 d’après M. Renou; 1895, 38 pour 100; 1887, 43 pour 100; 1913 et 1920,44 pour 100 ; 1899, 45 pour 100 ; 1929, 50 pour 100.
- Le -6 février 1821, à 9 h. du matin, la colonne de mercure s’éleva jusqu’à 780 mm, 9, à l’Observatoire de Paris (altitude, 67 m), soit 787 mm, 5 au niveau de la mer, c’est le plus haut maximum barométrique absolu connu jusqu’alors pour le climat de Paris.
- Grandes crues de la Seine ayant dépassé 5 m, 60 au Pont de la Tournelle en février : 8 m’ 87 en 1658, le 27; 7 m, 66 en 1649; 7 m,33 en 1764, le 7; 6m, 97 en!799,le 7; 6 m, 07 en 1850, le 8; 5 m, 85 en 1760, le 5; 5 m, 65 en 1769, le 17; 5 m, 64 en 1889, le 24. Em. Roger.
- p.372 - vue 378/598
-
-
-
- .LA RADIOPHONIE PRATIQUE 3
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- L’ÉVOLUTION DES POSTES RÉCEPTEURS EN FRANCE ET EN ANGLETERRE
- Nous avons déjà fait remarquer plusieurs fois que les principes de construction des postes récepteurs français diffèrent profondément de ceux des appareils étrangers, non seulement américains, mais même européens.
- L’industrie américaine radioélectrique vient sans doute en tête, tant par l’importance de sa production que par les qualités techniques et pratiques de ses appareils, aussi a-t-elle exercé une influence considérable en Europe. Elle a, en particulier, dirigé complètement l’évolution de la construction allemande, et, en partie, celle de la construction anglaise, tandis que les appareils récepteurs français ont conservé des caractères absolument originaux.
- Cette originalité de la construction radioélectrique en France n’est pas, sans doute, due en majeure partie aux conceptions théoriques de nos techniciens, et elle tient surtout à des raisons pratiques, et à des conditions locales purement matérielles que nous avons eu, d’ailleurs, l’occasion d’indiquer à plusieurs reprises.
- L’organisation actuelle de la radiodiffusion en France est, sans doute, déplorable et peu digne d’une grande nation, c’est pourquoi les auditeurs français qui ne peuvent entendre avec plaisir les radio-concerts émis par les postes locaux sont amenés à chercher à l’étranger les émissions artistiques qu’ils ne peuvent trouver en France. Il devient ainsi nécessaire d’employer des postes récepteurs sensibles permettant l’écoute des émissions provenant de stations éloignées, et sur une gamme étendue de 250 à 1800 mètres environ.
- De plus, les émissions locales étant généralement mal syntonisées, il devient indispensable, pour éviter tout brouillage, d’utiliser un appareil très sélectif, et c’est pourquoi le cadre est adopté si souvent comme collecteur d’ondes.
- Enfin il était nécessaire, par suite des conditions économiques existant en France, d’étudier un montage facilement réalisable en grande série, et donnant des résultats suffisants dans tous les cas, avec un minimum de mise au point et de réglage.
- Une expérience déjà longue a montré que c’est le montage à changement de fréquence par lampe bigrille qui répond le mieux actuellement à ces diverses conditions, et c’est donc lui qui est employé à peu près exclusivement.
- Les formes sous lesquelles sont établis les postes récepteurs sont, sans doute, fort diverses, mais presque tous ces appareils, quel que soit leur aspect extérieur, et la disposition de leurs organes de montage, comportent un assez grand nombre de lampes, de 5 au minimum, à 8 ou 10 au maximum.
- Les modifications de principe apportées depuis quelque temps à la construction de ces appareils ont été, en réalité, assez peu importantes. Sans doute la lampe à grille-écran, à laquelle nous consacrerons un article dans La Nature, commence à être utilisée pour l’amplification moyenne fréquence, et, sur la plupart des modèles récents, on a prévu un dispositif pour adaptation d’un pick-up électromagnétique avec « jack » immédiat de branchement.
- Les étages d’amplification basse fréquence, surtout, sont mieux étudiés, et l’emploi de lampes de puissance conjugué avec celui d’un haut-parleur électromagnétique ou électro-
- dynamique à cône flottant, permet d’obtenir des auditions vraiment pures et musicales.
- Il est inutile, enfin, de revenir sur la question de l’alimentation des postes par le courant d’un secteur, puisqu’elle a déjà été étudiée récemment en détail dans La Nature.
- Il existe déjà un assez grand nombre de modèles divers d’appareils équipés avec des lampes à chauffage indirect, des lampes à filament réseau, ou alimentés par des dispositifs séparés fournissant des courants redressés et filtrés pour l’alimentation des plaques et celle des filaments.
- Le nombre des postes alimentés entièrement par le secteur augmente sans doute constamment, mais la proportion demeure encore relativement infime par rapport au nombre total des postes en service.
- Dans une récente chronique, nous avons comparé avec assez de détails les appareils français et les appareils américains et montré comment leur conception différait totalement.
- Fig. 1. -— Les types d’appareils les plus employés en Angleterre el leur évolution (d’après le Wireless World).
- Les dimensions des dessins en haut de la figure indiquent les nombres relatifs des postes récents de différents modèles en service, les courbes indiquent les variations du nombre de ces appareils au cours des trois dernières années.
- Il serait relativement peu intéressant de comparer de même les postes français aux postes allemands, parce que les caractères de ces derniers se rapprochent beaucoup actuellement de ceux des appareils américains. Nous pensons, au contraire, qu’il peut être utile à nos lecteurs de connaître les caractères actuels des appareils anglais, dont quelques-uns sont assez originaux; d’autant plus que quelques solutions adoptées en Angleterre peuvent fort bien convenir en France.
- Le réseau de radiodiffusion. anglais est organisé de la façon la plus rationnelle, de nombreuses stations d’émission fonctionnant d’une manière autonome ou comme relais et, le plus souvent, bien syntonisées, ont des longueurs d’onde qui s’échelonnent entre 250 et 1600 mètres; aussi la grande majorité des auditeurs se contente-t-elle d’entendre les émissions nationales, bien que de nombreux amateurs s’exercent aussi à l’écoute des émissions étrangères.
- A l’encontre de ce qui se passe en France, il existe donc en Angleterre d’assez nombreux modèles d’appareils du type local, destinés uniquement à recevoir les émissions anglaises. On peut constater, pourtant, d’après une enquête effectuée par notre confrère le Wireless World, que le poste à galène n’a conquis qu’un public assez restreint, les postes à une ou deux lampes sont en diminution, et les appareils
- p.373 - vue 379/598
-
-
-
- 374
- Haute fréquence à triode neutrodynée
- Haute fréquence à triode non neutrodynée
- Haute fréquence réalisée avec lampes à grille écran.
- 1927 . 1928
- 1927 1928
- 90 80 70
- 50 40 30 20 10
- 1927 1928 1929
- Fig. 2. — L’amplification haute fréquence est presque uniquement adoptée ; les nombres montrent qu’en Angleterre on n’emploie plus guère que des étages haute fréquence avec lampes à grille-écran.
- à trois, quatre et cinq lampes sont les plus employés, il existe de moins en moins d’appareils au-dessus de cinq lampes (fig. 1).
- Une autre caractéristique essentielle de la situation actuelle • de l’industrie radioélectrique anglaise, c’est la faveur dont jouissent les appareils portatifs, et c’est sans doute dans les habitudes anglaises, l’amour des voyages, la fréquence des excursions de. « Week end » qu’il faut rechercher l’origine du goût du public sans-fdiste pour le poste portatif, dont l’usage augmente l’agrément d’une promenade ou d’une villégiature. La forme transportable avec montage dans une boîte en ébénisterie et position verticale de transport est la plus couramment adoptée.
- A côté de ces appareils, les auditeurs semblent s’intéresser surtout aux postes-meubles, très souvent munis d’une combinaison phonographique et qu’on désigne sous le nom de radiogramophones ou simplement de radiograms.
- Une grande partie de la production radioélectrique anglaise a donc été étudiée surtout en vue de la réalisation d’appareils portatifs, et c’est sans doute pourquoi la grande majorité des postes, soit 83 pour 100, est encore alimentée par piles et accumulateurs.
- Il n’existe que fort peu d’appareils à changement de fré-
- Fig. 3. — Deux tgpes caractéristiques d’appareils anglais : un radiogramophone- et un poste portatif.
- quence, et, non seulement l’amplification haute fréquence directe est à peu près seule employée, mais encore un système de liaison apériodique est très fréquemment adopté (44 pour 100 des appareils) ; la liaison à résonance à transformateur est presque toujours adoptée dans les autres cas et le système à circuit-bouchon genre « G 119 » n’est utilisé que sur quelques postes (16 pour 100 des appareils).
- Cet usage presque unique de l’amplification haute fréquence a rendu plus sensibles les avantages de la lampe à grille-écran, et, alors qu’en France elle commence seulement à être utilisée peu à peu d’une manière pratique, elle équipe en Angleterre 92 pour 100 dès appareils récents. Cette adoption a permis d’abandonner à peu près complètement les systèmes de neutrodynage (fig. 2).
- La plus grande partie des appareils anglais modernes, soit 85 pour 100, est munie, comme en France, de lampes détectrices à condensateur shunté de grille; mais, alors que ce procédé est uniquement utilisé en France, 15 pour 100 des appareils anglais comportent un montage détecteur par utilisation de la courbure de plaque.
- On sait que ce montage n’est pas recommandé pour la détection des émissions faibles, mais s’applique parfaitement à la réception des émissions locales ou puissantes en permettant d’obtenir le maximum d’intensité et de pureté; son adoption est donc logique en Angleterre, et l’on conçoit fort bien que le nombre des appareils équipés de cette manière soit plutôt en augmentation.
- On conçoit, de même, qu’un assez grand nombre de postes ne comporte aucun système de réaction réglable (25 pour 100 des appareils), et que la réaction capacitaire soit la plus employée (70 pour 100 des appareils). De très nombreux postes sont, de même, munis d’un système de réglage de l’intensité d’audition séparé du dispositif de réaction (96 pour 100 des appareils).
- Sur les étages basse fréquence, les transformateurs sont presque uniquement employés (77 pour 100 des appareils), mais on note encore des postes avec liaison basse fréquence par résistance ou par impédance; la trigrille de puissance est, d’ailleurs, de plus en plus adoptée comme seule amplificatrice basse fréquence.
- D’un autre côté, d’assez nombreux postes sont munis comme en France, d’un dispositif destiné à permettre la reproduction phonographique (fîg. 3).
- L’adoption d’étages d’amplification haute fréquence à lampes à grille écran et souvent sans dispositif de réaction séparé a rendu beaucoup plus facile le réglage des différents condensateurs par un bouton de réglage unique, et 55 pour 100 des appareils sont munis de ce dispositif (fîg. 4).
- Sans doute, est-il difficile d’actionner avec des postes portatifs des haut-parleurs électrodynamiques, et c’est pourquoi les haut-parleurs électromagnétiques constituent encore la majorité. On ne voit guère de haut-parleurs électrodynamiques que sur des radiogramophones, mais il est inutile d’ajouter que, même les électromagnétiques, sont très souvent munis de diffuseurs à cône flottant. La fig. 4 résume, d’ailleurs, les caractéristiques essentielles des appareils anglais actuels.
- Il y a, en général, une légère diminution des appareils recevant uniquement sur cadre, et, de même, de l’emploi des antennes extérieures, de grande longueur et très dégagées.
- Par contre, on peut voir en Angleterre, comme en France d’assez nombreux modèles de boîtes d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré.
- La technique de la construction anglaise est donc très différente de la construction française, tout en différant également de la construction américaine. Il est cependant relativement intéressant d’en connaître les caractéristiques
- p.374 - vue 380/598
-
-
-
- 375
- {Liaison H.F. apériodique.—44 !o Appareils à réglage unique....AS °io
- .4 nic^nnanrJTrànslvrmat'? L0% Appareils sans réglage unique.. JfS% üaisonaresonnanœhirw;fébouchün!g% w gai
- 1.Appareil à haute fréquence sans blindage ou avec
- blindage, partiel-----ÿ5%
- Blindage complet.....JS %
- üf Fhrleur
- Connexion directe. Jû0!o
- Filtre de sortie..!9 %
- Transformateur... J! %
- Condensateur d’antenne en série—....12°/o
- Appareils alimentés pisecteur Lampesàchauffage indirect-..£8% Lampes à filament réseau.J2 %
- Lampes h écran.....32%
- H .fréquence à triodes. J3 %
- Deux gammes de longueur d’onde...:....97 %
- Uneseufe gamme______id.....id...........3%
- 1 Réglage de !‘intensité défèrent de ta réaction
- Avant détection......-Jîj»
- Après détection........23%
- Réaction pi capacité.-----10%
- Electromagnétique ......5 %
- Sans réaction....-.....25°!o
- (Dispositif pipick-up—38 °Jp pSaras dispositif.---------62%
- Boites en ébènisterie..J2% Boites métalliques....28%
- j Transformateur
- I basse fréquence.......-77%
- ,1 Résistances......... I9°/o
- UBobinesde choc..........4%
- Alimentation parcourant
- alternatif—........JS %
- Alimentation p?
- secteur continu_____4 %
- Batteries_____________33%
- Redresseurs métalliques—58 %
- Redresseurs à lampes....._42 %
- Triode.........52 °/o
- Pentode BF..... A8 %
- Détection
- Condensateur Shunté’.....J25°/o Courbure de plaque------15°/o
- Fig. 4. — Caractéristiques des appareils anglais actuels (d’après le Wireless World).
- parce que nous verrons sans doute apparaître peu à peu en France des types de postes récepteurs du même genre, lorsque l’établissement désiré depuis si longtemps du statut de la radiodiffusion permettra enfin l’organisation d’un réseau de postes d’émission puissants, bien syntonisés, et dont les programmes offriront quelque intérêt.
- UN DIFFUSEUR FORMANT LAMPE DE BUREAU
- Sans doute les formes sous lesquelles on a pu réaliser des haut-parleurs sont d’une incroyable diversité, mais il nous paraît pourtant encore intéressant d’indiquer un petit modèle de haut-parleur électromagnétique à diffuseur, dont le diffuseur conique lui-même forme l’abat-jour orientable d’une lampe de bureau élégante.
- Une ampoule d’éclairage est simplement montée à l’intérieur du diffuseur lorsqu’on veut l’employer comme lampe, et cette adjonction ne semble, d’ailleurs, nuire en rien à l’audition lorsque l’appareil fonctionne comme un haut-parleur ordinaire (fig. 5).
- Fig. 5. — Haut-parleur électromagnétique à diffuseur orientable et lumineux.
- UN BLOC OSCILLATEUR POUR MONTAGE A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Le montage à changement de fréquence par lampe bigrille est le plus simple à réaliser pour un amateur, et, quelle que soit la longueur d’onde des émissions à recevoir, on sait qu’il est inutile de modifier en quoi que ce soit les étages moyenne fréquence et basse fréquence ; il suffit de changer les bobinages d’oscillation.
- Il existe d’assez nombreux systèmes permettant les changements faciles et rapides de ces bobinages, et le procédé le plus simple consiste, sans doute, à adopter des bobinages interchangables montés dans un boîtier isolant à broches.
- On simplifie poiirtant encore la manœuvre, comme on le sait, en utilisant un bloc oscillateur comportant deux ou trois jeux de bobinages mis en circuit par la simple rotation d’un inverseur à bouton molleté (fig. 6).
- Un tel système, qui s’adapte facilement dans n’im -porte quel appareil , peut égale -ment permettre la réception des émissions sur ondes très courtes, de 30 à 100 m de longueur; à condition d’employer comme collecteur d’ondes une antenne extérieure ou intérieure, même de petite longueur, de choisir une lampe à faible capacité interne, et enfin d’utiliser un très bon condensateur de modulation soit d ’un type ordinaire , en limitant la course du « rotor » à la moitié de la course totale, soit, ce qui est mieux, en adoptant un modèle spécial à faible capacité résiduelle, de 0,25/1000 environ de capacité et à faibles pertes (fig. 7).
- UN APPAREIL A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE A QUATRE LAMPES
- Nous é tudierons prochainement en détail dans La Nature les avantages des lampes à grille-écran; ces modèles très récents de tubes à vide.permettent de diminuer le nombre des étages moyenne fréquence sur un poste à changement de fréquence, à égalité d’amplification. Ils permettent aussi d’atténuer le bruit du « souffle » si gênant sur certains postes, et d’augmenter la facilité de réglage, et la stabilité de fonctionnement du système. .
- D’un autre côté, l’emploi d’une trigrille de puissance pour l’amplification basse fréquence permet, eh adoptant une tension plaque et une polarisation de grille convenables, d’obtenir une audition aussi intense et tout au moins aussi pure qu’avec deux lampes triodes ordinaires.
- Un appareil à changement de fréquence comportant donc une lampe bigrille changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille écran, une détectrice et une trigrille de puissance permettra, malgré ce nombre de lampes peu élevé,
- Fig. 6.— Bloc oscillateur s’adaptant sur un poste à changement de fréquence par bigrille.
- p.375 - vue 381/598
-
-
-
- 376
- d’obtenir, même sur cadre, une audition pure et suffisamment intense des principales émissions européennes, et il est bien évident que l’adoption d’une petite antenne intérieure comme collecteur d’ondes augmentera encore la facilité de réception (fîg. 8).
- Comme on n’emploie qu’une seule lampe à grille-écran, il est inutile d’adopter une plaque de blindage à travers laquelle s’engage l’ampoule de la lampe, et qui sépare les circuits de grille et de plaque; on monte la lampe à grille-écran à peu près comme une lampe ordinaire, en prenant bien garde toutefois de relier la broche du culot correspondant à la grille-écran à une prise de 60 volts environ sur la batterie d’alimentation, et en appliquant à la borne plaque située sur le sommet de l’ampoule une tension aussi élevée que possible, de 80 à 150 volts. Comme seul dispositif de réaction, on relie la grille de contrôle de la lampe à écran, et la grille de la lampe détectrice au curseur d’un potentiomètre de 400 ohms en shunt sur les filaments. Le schéma de la fig. 7 montre bien toute la simplicité du système.
- Si l’on peut trouver facilement un bloc oscillateur de modèle pratique et interchangeable, ou fonctionnant par la simple manoeuvre d’un inverseur, il est, par contre, absolument essentiel d’adopter un Tesla de liaison et un transformateur moyenne fréquence d’un type un peu particulier.
- Les avantages de la lampe à grille-écran ne peuvent être, en effet, réels que si l’impédance des enroulements intercalés dans son circuit plaque est assez grande pour correspondre à sa très grande résistance interne.
- Il ne saurait être question d’employer une lampe à grille-écran avec un transformateur moyenne fréquence du type classique, car on risquerait de n’obtenir ainsi que des résultats inférieurs à ceux qu’on réalise avec des lampes triodes ordi-
- naires. Fort heureusement il existe maintenant dans le commerce des systèmes de liaison, soit à impédance, soit à transformateur moyenne fréquence donnant d’excellents résultats, et d’un montage très facile, absolument identique à celui d’éléments correspondants pour lampes ordinaires.
- Nous donnons, par exemple, le plan de montage détaillé d’un poste à 4 lampes établi suivant le schéma précédent à l’aide d’un tesla de liaison, et d’un transformateur moyenne fréquence spéciaux pour lampe à grille-écran. On pourra se rendre compte, par la vue de ce plan, que la disposition des organes est très simple, et que leur montage n’offre aucune difficulté spéciale (fig. 8).
- On emploiera pour ce poste un panneau en ébonite ou bakélite de 40 centimètres de longueur, et 20 de hauteur, et une planche de bois de la même longueur et d’environ 23 cm de large.
- Comme nous l’avons indiqué, cet appareil fonctionne sur cadre ou sur antenne ; mais, pour obtenir une sélectivité suffisante sur antenne (et d’ailleurs la longueur de celle-ci ne doit pas dépasser une quinzaine de mètres) on emploiera un système d’accord en Bourne ou en Tesla avec un bobinage
- Bigrille Lampe à écran
- Détectrice
- puissance
- Fig. 8. — Montage d’un poste à changement de fréquence à 4 lampes
- comportant 1 bigrille, 1 lampe à grille-écran, 1 détectrice, 1 trigrille de puissance.
- Ct == 0,5/1000 p.F. C3 = 0,5/1000 u.F. H, bobinages de modulation. T15 tesla de liaison. T£, transformateur moyenne fréquence. T3, transfo basse fréquence, rapport 1/3. R/i, = 50ohms; Rh_, — Rh5 = 30 ohms; R/i4 = 15 ohms. P, potentiomètre de 400 ohms.
- primaire de 100 à 200 spires pour les ondes moyennes, et de 25 à 50 spires pour les ondes courtes.
- Le bobinage secondaire correspondant aura environ 200 spires pour les ondes moyennes et 50 spires pour les ondes courtes.
- Cet appareil simple comportant peu de lampes, d’un montage et d’un réglage faciles est donc muni de tous les perfectionnements les plus récents de la radiotechnique, et sa réalisation pourra tenter nombre d’amateurs et même de simples usagers.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Postes portatifs anglais, Rees-Radio, 4C, [rue Pierre-Charron, Paris.
- Haut-parleur à diffuseur lumineux. Etablissements John Brown, 45, rue du Paroy, Gentilly (Seine).
- Bloc oscillateur. Etablissements Delval, 119, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Poste à changement de fréquence à quatre lampes avec étage moyenne fréquence à lampe à écran. Etablissements Ribet Desjardins, 10, rue Violet, Paris.
- Fig. 9. — Disposition des organes du poste de la fig, 8.
- Lampes à employer
- Bigrille Philips A 4-4- !
- M,F ________L_ A 442
- D ___________ A 415
- B F __________B 443
- Gecovatve B G 4 --------- L 410 y Trigrille
- PT 4.25 ^6 puissance
- Bigrii
- ri/nTTnnr, Potentiomètre Rhéostat 5 w «2^»
- GV0,5/1000 4Q0 .J CV0,5/1000
- Vers le cadre
- Testa de liaison
- Fig. 7. — Schéma de Vadaptation d’un bloc
- oscillateur pour ondes courtes sur une lampe bigrille.
- A, condensateur d’accord. B, condensateur de modulation.
- p.376 - vue 382/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- Hydravion d’escorte à aile à fente.
- Le problème technique posé par l’avion d’escorte était jusqu’ici resté sans solution : il est, en effet, difficile de concevoir un navire et un avion marchant de conserve, leurs vitesses étant en général très différentes.
- Les profils d’ailes à fente, utilisés déjà sur bon nombre d’appareils dans un but de sécurité (sécurité contre la perte de vitesse et sécurité d’atterrissage), et qui assurent un grand écart de vitesse, viennent de permettre la création par les ateliers Villiers d’un hydravion bien adapté au travail d’appareil d’escorte.
- Cet hydravion, le F. V. 26, est un monoplan à aile surbaissée haubanée. Chaque demi-plan, rectangulaire, est composé de deux longerons-caissons et de nervures de spruce en treillis, le tout recouvert de toile.
- Le bord d’attaque porte, par demi-plan, deux volets en tôle de duralumin; le bord de fuite, deux ailerons. Le volet et l’aileron les plus rapprochés du fuselage sont conjugués, l’aileron s’abaissant (aileron de courbure) quand le volet s’écarte du profil; leur mouvement est commandé par le pilote au moyen d’un volant. Les volets de bouts d’ailes sont
- Fig. 1. — Hydravion d'escorte F. Y. 26.
- automatiques et s’écartent dès que i’incidence dépasse 8°; les ailerons de bouts d’ailes sont les ailerons classiques de stabilité latérale (ils sont compensés).
- Deux paires de mâts obliques, fixés aux longerons, assurent le haubanage du plan; ils viennent s’attacher au train de flotteurs (ces mâts sont des tubes profilés de duralumin).
- Le fuselage, construit entièrement en bois, est formé de couples principaux en caissons, de couples secondaires, de quatre longerons et de lisses supportant un recouvrement de contreplaqué. Les volets de l’empennage sont compensés, le plan fixe horizontal peut être réglé en vol, au moyen d’un volant.
- L’aménagement du fuselage comprend le poste de pilotage à deux places, côte à côte en conduite intérieure, les postes de navigation et de T. S. F., et le poste de mitrailleur.
- Le train est formé de deux systèmes de tubes en N (tubes de duralumin profilés), reliés par deux traverses et haubanés rigidement. Ce train porte deux flotteurs d’un volume unitaire de 2,5 m3.
- Un moteur Jupiter de 420 ch équipe l’appareil. La cloison pare-feu placée derrière le moteur est percée de portes à glissières; ces portes permettent l’accès du carburateur et des magnétos.
- Les caractéristiques du F. Y. 26 sont les suivantes :
- Envergure.....................21,92 m
- Longueur......................12,70 m
- Surface portante..............66 m2
- Poids vide.................... 1820 kg
- Poids total .................. 2800 kg
- Vitesse maxima...................175 kms-h
- » de croisière................ 60 —
- » d’amerrissage................ 55 •—
- Rayon d’action en croisière... 9 heures
- L’aviation et l’hygiène.
- Notre confrère anglais Nature fait observer que la multiplication des voyages aériens pose de nouveaux problèmes de police sanitaire. Par exemple, les liaisons aériennes très rapides avec des pays qui sont des foyers permanents de grandes épidémies risquent de transmettre ces fléaux sur toute la surface du globe. Il ne serait pas surprenant que la fièvre jaune passât en Asie, un de ces jours, par ce moyen. De même, un individu embarqué en état d’incubation, sans signes suspects extérieurs, pourra à son arrivée essaimer le choléra sur un autre continent. Ces questions commencent à préoccuper les autorités sanitaires en tous pays, et elles sont d’autant plus difficiles à résoudre que les voyages sont plus rapides; l’antique quarantaine est inapplicable aux frontières aériennes,
- Le service de santé publique des Etats-Unis vient de créer des officiers de quarantaine spécialement chargés, sur les aérodromes, d’examiner, au point de vue sanitaire, les passagers à leur débarquement des avions et des dirigeables.
- Dirigeable métallique.
- La marine américaine possède à Lakehurst, pour l’entraînement de ses pilotes, un petit dirigeable de construction entièrement métallique, le ZMC2.
- Ce dirigeable, construit par la Aircraft Development Corp., a nécessité de longues recherches (6 ans) ; il a conduit à la mise au point d’une riveteuse coupant et emboutissant elle-même ses rivets à partir de fils métalliques, machine susceptible de poser 135 rivets par minute sur trois rangs (le prix de revient de ce joint est du même ordre de grandeur que celui d’une couture d’enveloppe normale en étoffe).
- L’enveloppe métallique, entièrement réalisée en « Alclad » est formée de cinq cerces principaux et sept cerces secondaires portant 24 lisses sur lesquelles est rivée la tôle de recouvrement (épaisseur 0,24 mm).
- L’empennage est composé de 8 plans disposés radialement et portant chacun un volet compensé. Collée sous le ballon, la nacelle porte deux moteurs latéraux, des Wright Whirlwind de 220 ch, actionnant directement des hélices propulsives de 2 m 80 de diamètre. .
- Les ballonnets à air seuls sont en étoffe caoutchoutée double.
- Les caractéristiques du dirigeable sont les suivantes :
- Longueur ................... 45 m 50
- Diamètre maximum . . .....................16 m 05
- Volume de l'enveloppe . . . . . . . . 5725 mr>
- — dés ballonnets à air . . . . . 1433 m3
- Surface des empennages.................... 40 m2 •
- Charge utile . . . . . . . .... . . 1425 kg
- Vitesse maxima . . . . '. . . . . . . 110 km-h
- — de croisière. ....................... 85 —
- p.377 - vue 383/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Unités et mesures photométriques, i brochure, 52 p., éditée par la Société pour le Perfectionnement de l’Eclairage, 131, boulevard Haussmann, Paris.
- L’art de l’éclairage, qui se développe aujourd’hui d’une façon si rapide, a son langage technique spécial, langage tout de précision, car il repose sur l’emploi d’unités scientifiques se rapportant aux grandeurs lumineuses dont le spécialiste a mission d’assurer l’utile et agréable répartition. La connaissance des définitions photométriques est donc aujourd’hui indispensable à quiconque, même non spécialiste,-se trouve en présence d’un problème d’éclairage à résoudre. La petite brochure ci-dessus, très élégamment éditée, expose et explique très clairement ces définitions, et y joint quelques notions sur la mesure des grandeurs photométriques; elle rendra donc service à une foule de personnes qui éprouveraient quelque difficulté à chercher dans un traité de physique l’explication des termes employés par leurs fournisseurs, par exemple. Ajoutons que la société qui l’édite n’a d’autre but que d’éduquer le public, et qu’elle envoie gracieusement, à qui en fait la demande, cette brochure et plusieurs autres également consacrées à des problèmes d’éclairage qui toutes sont des modèles de vulgarisation scientifique et dé présentation élégante.
- Les solutions modernes du problème de l’alimentation par le courant d’un secteur, par P. Hemak-dinquer. 1 vol., 160 p., 14211g. Chiron, éditeur. Paris, 1929. Prix : 15 fr.
- L’alimentation des récepteurs radiophoniques par le courant du secteur est un problème de haute actualité. La presque totalité des postes étrangers emprunte, aujourd’hui, au courant de lumière, l’énergie nécessaire pour chauffer les filaments, mettre sous tension les plaques et grilles des lampes thermioniques, ou pour recharger automatiquement les accumulateurs quand on en utilise encore, ce qui devient de plus en plus rare. Les amateurs français, à leur tour, entrent dans la même voie et exigent d’être libérés de la sujétion des accumulateurs; M. Hemardinquer expose, avec sa clarté et sa documentation habituelles, les diverses solutions qui s’offrent à l’usager, et les différentes réalisations qui existaient sur le marché français, vers le milieu de l’an dernier. Ce livre donnera à tout amateur éclairé un guide sûr pour le choix d’une alimentation adaptée à son poste.
- Dipolmoment und chemische Struktur. Herausge-geben von Pr Dr P. Debye, 1 vol. 134 p., 35 fig. S. Hirzel, éditeur, Leipzig, 1929. Prix : 9 Reiclismark.
- L’hvpothèse que les molécules de certaines substances possèdent, même en l’absence d’un champ électrique, une polarité électrique, a permis en ces dernières années au prof. Debye et à ses élèves de construire une théorie cohérente reliant les uns aux autres un grand nombre de faits appartenant aux domaines de l’électricité, de l’optique et de la chimie. La connaissance de la valeur du moment électrique en parti-cilier offre un moyen de distinguer l’architecture de la molécule. Le présent volume réunit les communications faites sur ces sujets en 1929, par un certain nombre de savants réunis à Leipzig, sur l’initiative du Prof. Debye. M. R. Sanger de Zurich y publie les résultats de ses mesures de précision sur la variation de la constante diélectrique d’un certain nombre de gaz avec la température, phénomène qui révèle la polarité de la molécule. M. Estermann, de Hambourg, expose le principe et les avantages de la méthode des jets moléculaires pour déterminer le moment électrique d’une molécule polaire; une autre communication de même savant offre des exemples de rapport entre la polarité et la constitution de la molécule. Le même sujet est traité à divers points de vue par J. Errera et Mlle Stervill, de Bruxelles, par M. Hund, de Leipzig, par Ebert, de Wurzburg qui discute de façon approfondie l’influence de la mobilité de l’atome sur l’architecture moléculaire.
- Muckel, de Fribourg étudie les rapports entre les vitesses de réaction et le moment polaire des molécules. M. Errera étudie la variation de ce moment avec la concentration et la température; puis dans une autre communication les associations moléculaires, et enfin la mobilité des atomes dans les cristaux sous l’effet des champs électriques. Ce dernier sujet fait également l’objet d’une communication de K. Hojendahl de Copenhague; Signalons enfin deux communications de K. L. Wolf de Karlsruhe, l’une sur les spectres d’absorption des benzols bisubstitués, l’autre sur les rapports, entre l’effet Kerr et la structure moléculaire.
- Hudrogeh-ion concentration in plant cells and tissues, par James Small. l.vol. in-8, 421 p., 28 fig. Proto-plasma-monographien, Bd II, Gebruder Borntràcgér, Berlin, 1929; cartonné toile.
- La. concentration en ions hydrogène, -oü son expression, le pH, joue un rôle considérable dans la vie des plantes, comme dans tous les phénomènes qui se passent au contact de l’eau. Un grand nombre
- d études ont déjà été faites sur ce sujet.. Celte monographie les rassemble, les classe, les discute et en donne la bibliographie complète; elle y ajoute nombre de mesures inédites faites par l’auteur, professeur de botanique à l’Université de Belfast. L’ouvrage débute par un rappel des diverses méthodes de mesure : électrodes d’hydrogène et de quinhydrone, micro-électrodes, indicateurs colorés, tech-nlques capillaires, et par une discussion précise de leurs causes d’erreurs et de leur valeur qui ont conduit l’auteur à préférer ia colo-Umétrie. Il donne ensuite les valeurs de pH trouvées pour les tissus, le suc cellulaire, le protoplasma, les membranes de nombreuses plantes, leurs variations diurnes et saisonnières, et montre leur intérêt pour l’étude des protéines, des enzymes, des tampons, des échanges, qui conditionnent la vie de la plante.
- Traité de biocolloïdologie, par W. Kopaczewski, 2° édition. Tome I. Pratique des Colloïdes. Fascicule 1. Propriétés mécaniques des colloïdes. 1 vol. in-8, 166 p., 71 fig. Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1930.
- Depuis quelques années, l’auteur a publié toute une série de volumes sur les colloïdes et leurs applications, tant à l’industrie qu’à la biologie. L’un d’eux était consacré à la théorie et la pratique des colloïdes en biologie et. en médecine. Le voici, dans une 2° édition, complètement transformé, revu et mis à jour. Le 1er fascicule qui vient de paraître est consacré aux propriétés mécaniques des colloïdes. L’auteur indique d’abord les modes de préparation de l’eau pure et ses propriétés physiques, puis les modes de préparation des suspensions, émulsions, sols et gels. Il décrit ensuite les techniques des mesures des diverses propriétés : densité, dimensions micellaires, diffusion, ultrafiltration, dialyse, gonflement des gels. Chaque appareil est figuré et décrit. On a ainsi à sa disposition un choix de techniques dont le degré de précision est indiqué et dont les principales applications sont signalées.
- Histoire naturelle des coléoptères de France, par
- G. Portevin. Vol. I, 649 p., 571 fig., 5 pl. en couleurs. Encyclopédie entomologique. Paul Lechevalier, Paris, 1929, Prix : 125 fr.
- Parmi les insectes, l’ordre des Coléoptères est certainement l’un des plus étudiés. L’abondance des espèces, la facilité de leur récolte et de leur conservation, la possibilité d’en capturer en toute saison, orientent vers eux le goût de beaucoup de naturalistes; leur forme, leurs couleurs ou leurs dessins les font rechercher des collectionneurs. Le travail de M. G. Portevin comprendra 4 volumes construits suivant la forme dichotomique, les tableaux donnant les caractères de toutes les espèces françaises actuellement connues. M. Portevin, en face de chaque tableau de détermination, a figuré succinctement le plus possible d’espèces, le plus grand nombre de caractères, surtout ceux difficiles à saisir. Plusieurs planches en couleurs, montrant les différents types de chaque famille étudiée complètent l’illustration. Le tome I qui vient de paraître est consacré aux Aclephciga et au début des Poly-phaga. Sa valeur fait regretter qu’il n’ait pas trouvé place dans l’œuvre collective qu’est la Faune de France.
- La Madeleine, son gisement, son industrie, ses œuvres d’art, par L. Capitan et D. Peyrony. Publications de l’Institut International d'Anthropologie. n° 2. Librairie Nourry, 1928 in-8, 125 p., 15 pi., 70 fig. dans le texte.
- Le livre de MM. Capitan et Peyrony, abondamment illustré, est une excellente mise au point de nos connaissances sur l’un des gisements les plus classiques de l’ensemble des stations préhistoriques françaises. Depuis la publication de ce volume, la Science de l’homme a eu la douleur de perdre l’un de ses champions les plus ardents, dans notre pays. Le si dévoué conservateur du magnifique Musée des Eyzies tiendra certainement à continuer seul la publication d’une série de monographies régionales delà Vézère, qui seront tout particulièrement précieuses pour les travailleurs de tous pays.
- Le gisement de la Madeleine renferme, à côté de formes d’outils classiques, des pièces plus rares, pointes à soie ou à cran armant des sagaies, ainsi terminées par un outil de pierre rappelant ceux d’époques précédentes; des formes moustériennes renaissent même timidement à l’extrême fin de l’Age du Renne; en même temps apparaissent de petites pointes, instruments précurseurs de l’Azilien. Côte à côte se trouvent ici des récipients à peinture et des lampes, des molettes destinées à briser des fragments d’ocre et des pointes à tatouer. L’homme au Magdalénien se peignait, se tatouait, portait des masques d’animaux et des masques dont le dessin avait été complètement imaginé par les Magdaléniens. Nos ancêtres possédaient dès cette époque une écriture; ils ont figuré, sur.os ou sur pierre, des chevaux, rennes, bouquetins, izards, biches, saïgus, bisons, bœufs, sangliers, chiens, ours, lynx, mammouths, brochets, carpes. Ils pratiquaient enfin l’envoûtement au cours de cérémonies d’ordre magique.
- p.378 - vue 384/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- NAVIGATION
- Le paquebot à moteur Lafayette.
- La flotte française ne possède encore que peu de paquebots à moteurs Diesel, tandis que la marine italienne par exemple, possède déjà plusieurs unités superbes de cette catégorie. Mais nos constructeurs navals entrent, à leur tour, d’une façon délibérée, dans .cette voie. La Compagnie„TransatIantique va d’ici peu lancer le Lafayette, destiné au service France-Etats-Unis. Ce superbe paquebot, mû par un moteur de 18 500 ch, jauge 26 000 tonnes.
- Il est légèrement plus petit que Y Ile-de-France, mais plus rapide. On espère même qu’il battra le record de la traversée de l’Atlantique actuellement détenu par le Bremen. Notre figure reproduit la maquette de ce bâtiment.
- MÉTÉOROLOGIE Un Typhon au large de VAnnam
- Il est rare qu’un photographe puisse fixer sur la plaque sensible les colères de la nature aussi dramatiquement que l’a fait un de nos lecteurs, qui nous adresse ces deux instantanés du passage foudroyant d’un
- Fig. 2. — La première photographie du typhon.
- typhon. Nous les reproduisons te^s quels, sans les détériorer de la moindre retouche. Il nous paraît indispensable d’insister sur ce point : les deux photographies furent prises en plein four, soit à 13 h 15 pour la première et à 13 h 24 pour la seconde, l’intervalle entre les deux poses étant donc d’une vingtaine de minutes.
- La lettre de notre correspondant nous fournit quelques précisions. Il s’était embarqué à Sydney (Australie) sur le cargo anglais Falsterbo à destination de Hong-Kong. Le navire avait franchi le Détroit de Malacca depuis deux jours; il traversait la Mer de Chine par un temps idéal et un calme plat : la véritable « mer d’huile » des marins,
- Soudain, alors que le vapeur se trouvait approximativement à la hauteur de Hué, une colonne noirâtre surgit à l’horizon : un typhon accourait. Le capitaine manœuvra pour s’écarter de la route du phénomène, mais ne réussit qu’à éviter le centre du foyer giratoire. On voyait très nettement la mer bouillonner à l’avant de la trombe, tandis que le ciel
- prenait la couleur de la suie. Toul à coup, la montagne d’eau heurta violemment le navire, dont les membrures craquèrent sinistrement.
- Quand le typhon se fut éloigné, on constata que le pont était couvert de milliers de poissons volants. Les passagers et l’équipage se régalèrent le soir de leur chair savoureuse. La mer ne reprit son calme que vers la tombée du jour, qu’accompagna un coucher de soleil de toute beauté.
- Observations et photographies furent prises le 2 janvier. Dans l’Océan Indien et dans les mers de Chine, la période des cyclones s’étend de décembre à avril. — Et ce n’est pas la saison que choisissent les colons et fonctionnaires de l’Indochine pour leur traversée périodique ! Y. F.
- HISTOIRE NATURELLE
- Les anguilles d’eau douce du bassin de l’Océan Indien.
- Dans le N° de La Nature du 1er octobre 1929 nous avons annoncé que le professeur Johs. Schmidt, de Copenhague, a entrepris à bord du Dana une croisière autour du monde à
- Fig. 3. — L’aspect 9 minutes plus tard.
- p.379 - vue 385/598
-
-
-
- 380
- l’effet de poursuivre l’étude biologique des anguilles d’eau douce dans les bassins du Pacifique et de l’Océan Indien. En même temps nous avons exposé quelques-uns des résultats importants obtenus par cette expédition jusqu’au début de septembre dernier. Depuis, les savants danois ont continué leurs recherches entre Sumatra et le Cap de Bonne-Espérance, en passant par Ceylan, les Seychelles, Monbaza, Diégo-Suarez, Durban.
- Une interview du professeur Johs. Schmidt publiée par le Cape Times du 1er février dernier apporte les premiers renseignements sur ses travaux dans cette dernière région. D’après les observations de l’éminent biologiste, six espèces d’anguilles vivent dans les rivières du nord de l’Australie, de l’Insulinde, des Indes anglaises, de l’Afrique orientale et delà côte est de l’Afrique du Sud, et vontse reproduire dansl’Océan Indien. Trois espèces se rencontrent en Afrique : deux tropicales, et une spéciale à la partie sud de ce continent : Y Anguilla mos-sambica qui se rapproche de l’anguille de la Nouvelle-Zélande [A. Auchlandi), tout au moins au point de vue des dimensions. Ces deux dernières espèces atteignent une grosseur énorme. En Nouvelle-Zélande on a pêché des anguilles pesant 21,7 kg; au Natal on prétend en avoir capturé du poids de 36 kg et demi. Si cette dernière indication est exacte, ce dont doutent les savants danois, VA. mcssambica serait le plus gros de ces malacoptérygiens.
- Une fois la classification des anguilles du bassin de l’Océan Indien établie, le professeur Johs. Schmidt a abordé l’étude de leur biologie. Dans ce domaine, son succès n’a pas été moins important que dans le premier. Il a réussi à identifier les larves de cinq espèces indiennes; une seule indigène de la zone tropicale a échappé à ses investigations. Tandis que dans l’Atlantique l’anguille d’Amérique et celle d’Europe fraient dans des régions de la mer des Sargasses très rapprochées, les anguilles d’eau douce de l’Océan Indien se reproduisent au contraire dans deux centres séparés par d’énormes distances; l’un est représenté par la fosse de Mentavei, à l’ouest de Sumatra, l’autre par les grandes profondeurs à l’est de Madagascar. « Toutes les anguilles d’Afrique, écrit le professeur Schmidt, vont pondre dans cette dernière région. Après l’éclosion de leurs œufs, poussés par les courants qui portent vers le nord-ouest, l’ouest et le sud-ouest, les alevins, les lep-tocéphales, pour employer le terme technique, reviennent vers la côte orientale d’Afrique où ils se transforment en civelles ou petites anguilles longues d’environ 0 m 062, avant de remonter les cours d’eau.
- Très abondante dans la partie est de l’Afrique australe, l’anguille dévient rare, à mesure que la côte tourne vers l’oues t, pour disparaître aux environs du cap des Aiguilles. On sait que ce poisson fait complètement défaut sur la côte ouest du continent noir. Le professeur Schmidt explique cette cir-constance par le fait qu’arrivés à hauteur du cap des Aiguilles, les leptocéphales sont déjà transformés en civelles, par suite que ces petits poissons ont besoin désormais d’eau douce; or, n’en rencontrant pas, ils meurent. Les anguilles de l’Océan Indien ne possèdent donc pas la force d’accomplir d’aussi longues migrations que leur congénères de l’Atlantique.
- Dans l’Océan Indien comme dans le Pacifique, les naturalistes du Dana n’ont pas été complètement absorbés par l’étude de ces poissons. En cours de route ils ont recueilli de nombreuses observations concernant l’océanographie et la distribution géographique des animaux; ils ont notamment récolté de fort abondantes collections particulièrement intéressantes à ce dernier point de vue, dans la région de passage entre les eaux chaudes et les eaux froides, à l’ouest du banc de. Aiguilles, au sud de la pointe extrême de l’Afrique australe.
- Depuis son départ de Copenhague, le 14 juin 1928, jusqu’à son arrivée au Cap en janvier dernier, le-Dana a parcouru
- 40 000 milles marins. Après une aussi longue navigation, le navire avait besoin d’un nettoyage complet, aussi bien l’expédition a-t-elle fait une longue relâche en Afrique australe. Seulement le 10 février elle a appareillé pour rentrer en Europe par l’Ouest avec le projet d’exécuter une coupe océanographique nord-sud de l’Atlantique. Ch. R.
- SISMOLOGIE^
- Tremblement de terre à Pile Déception.
- Les observations sismologiques relatives à l’Aritarctique sont extrêmement rares et pour cause. Chaque fois que l’on a connaissance d’un tremblement de terre survenu dans cette partie du monde, on ne saurait donc négliger de le mentionner. Pour cette raison signalons celui ressenti récemment à l’île Déception.
- Cette terre, qui appartient à l’archipel des Shetlands australes situé dans le sud de l’Amérique, et qui se rencontre par 62° 55' de latitude, par conséquent à peu de distance du cercle polaire antarctique, est un ancien cratère inondé. La base du tronc de cône qu’il forme est occupée par une baie étendue, parfaitement protégée, renfermant plusieurs mouillages utilisés depuis longtemps par des baleiniers norvégiens. Sur les bords de l’un de ces abris sont installés des chantiers pour le dépeçage des cétacés et une huilerie.
- Disons, en outre, que l’activité volcanique se manifeste encore à Déception par des émissions de fumerolles.
- Dans un télégramme adressé au Times, le célèbre aviateur britannique, Sir Hubert Wilkins, qui, cette année comme l’an dernier, a établi sur cette île sa base d’opérations pour explôrer par la voie de l’air les terres antarctiques situées dans le sud, annonce que, le 3 janvier, un tremblement.de terre a secoué Déception. Le séisme, d’après sa description, a été très violent. De larges excavations se sont ouvertes à la surface du sol, deux ponts voisins de la factorerie norvégienne ont été rompus et quatre ouvriers en train de travailler au sommet d’un réservoir d’huile de baleine précipités à terre. Dans cette chute l’un d’eux a été tué et les trois autres grièvement blessés. Ce séisme paraît donc appartenir à la classe des tvemblements de terre destructeurs. Charles Rabot.
- AGRICULTURE Greffage des Solanées.
- Au Congrès international d’Agriculture de Bucarest, M. Constantin Popesco a présenté une note sur le greffage des solanées ligneuses ou herbacées : tomate, morelle douce-amère, morelle tubéreuse (pomme de terre), belladone, aubergine et trouvé les lois suivantes :
- I. Si deux ou plusieurs plantes herbacées se greffent sur une plante ligneuse, les deux ou jdusieurs plantes herbacées peuvent être greffées entre elles.
- IL Si deux plantes ligneuses se greffent sur une troisième plante herbacée, les deux plantes ligneuses peuvent être greffées entre elles.
- III. Le nombre possible de greffes entre deux ou plusieurs plantes est égal au carré du nombre des plantes employées dans le greffage moins ce nombre lui-même. On suppose qu’on effectue la greffe seulement entre deux plantes.
- Par exemple, entre 3 plantes : tomate, belladone et douce-amère, le nombre possible de greffes est 3 au carré, c’est-à-dire 3x3 = 9 diminué de 3, restent 6 combinaisons qui sont :
- 1. Belladone sur tomate; 2. Belladone sur douce-amère; 3, Tomate sur belladone; 4. Douce-amère sur tomate; 5. Tomate sur douce-amère; 6. Douce-amère sur belladone.
- On obtient des variations de port ou de nature des plantes par ces greffages. . Pierre Larue.
- p.380 - vue 386/598
-
-
-
- 381
- PETITES INVENTIONS
- MATHÉMATIQUES
- Calendrier perpétuel donnant instantanément le calendrier d'une année quelconque, julienne ou grégorienne.
- Cet ingénieux calendrier, imaginé par M. Maurice Michel, a été présenté à l’Académie des Sciences par M. Ch. Lallemand, le 24 février dernier dans la note suivante.
- Le calendrier perpétuel en question permet de mettre instantanément en vue les quantièmes et jours des 12 mois de n’importe quelle année julienne ou grégorienne. Il donne immédiatement sans calcul et sans correction le jour de la semaine correspondant à une date quelconque, les années ayant le même calendrier, etc., et résout avec la plus grande simplicité divers autres problèmes de dates.
- Il peut ainsi rendre certains services, car la recherche du jour correspondant à une date déterminée est généralement longue et parfois compliquée, surtout pour les dates lointaines, à cause de l’intercalation des années bissextiles et de la réforme grégorienne de 1582 (suppression de 10 jours et maintien d’une seule année séculaire sur quatre).
- L’année de 365 jours donne 52 semaines de 7 jours -f I jour d’excédent, l’année bissextile donne 2 jours d’excédent. Le siècle julien ou le siècle grégorien à année séculaire bissextile donne 100 + 25 jours, soit 17 semaines + 6 jours d’excédent ou 18 semaines —-1 jour. Le siècle grégorien à année séculaire non bissextile donne 18 semaines — 2 jours.
- Ainsi entre deux dates distantes de 1 an ou 100 ans, il y a 1 ou 2 jours d’avance ou de recul, et ces écarts sont différemment variables selon la suite des années considérées. Le
- tableau suivant montre i qu’ils sont, à 100 ans d’intervalle,
- tantôt — 1, —2, — 2, — 2, tantôt -2,- 2, — 2, — 1, et
- pour une même date d’années voisines tantôt +1, +2,
- tantôt +1, + 1, tantôt -f- 2, + 1.
- 1er Janv. 1599 1600 1601 1699 1700 1701
- 1999 2000 2001 2099 2100 2101
- )> Y — 1 J — 2
- )> S — 1 V —2
- L — 2 S —2
- 1C!> Mars L — 1 D — 2
- Me 2 L —2
- J •— 2 Ma —2
- 1799 1800 1801 1899 1900 1901
- 2199 2200 2201 2299 2300 2301
- Ma — 2 D — 2
- Me — 2 L —2
- J — 2 Ma —1
- V — 2 Me — 2
- S — 2 J —1
- D — 2 Y — 1
- Ces sautes différemment variables de 1 ou 2 jours et la réforme grégorienne compliquent la confection d’un calendrier simple et pratique. Ces difficultés sont résolues ici simplement, d’une façon générale et pour toutes les années juliennes et grégoriennes : les parties séculaires des années sont inscrites sur un support mobile portant également les noms des jours; celui-ci se déplace devant un support fixe portant les parties annuelles de 00 à 99, ainsi que les quantièmes et les mois; tous ces éléments de dates sont inscrits dans leur ordre logique, avec le décalage voulu des parties séculaires et annuelles pour tenir compte des siècles ou années bissextiles. En plaçant
- simplement en concordance les deux parties du millésime d’une année, on obtient le calendrier entier de cette année . (19 en face de 30 donne le calendrier de 1930, 12 en face de 82 donne celui de 1282).
- Le jour correspondant à une date donnée se trouve au croisement des rangées du mois et du quantième. On a également immédiatement par exemple les 10 de chaque mois, les vendredis 13, la date du 3e jeudi d’un mois, les mois de 5 dimanches, les années de même calendrier, etc. On trouve aussi instantanément que deux événements qui ont eu lieu les deux premiers vendredis 13 janvier du xix<! siècle se sont passés en 1804 et 1809 (en amenant V en face de 13 dans les colonnes Janv. et Janv. a. biss.) ; qu’un enfant, son père et son grand-père nés en des années de dimanche 29 février sont de 1920, 1880, 1852.
- Le renouvellement des mêmes jours aux mêmes dates tous les 700 ans (cal. Julien), ou 400 ans (cal. grégorien) permet de prolonger le calendrier avant l’ère chrétienne ou au delà des limites du modèle, en ajoutant ou retranchant un multiple de 700 ou 400. Ex. : l’origine de l’ère égypto-chaldéenne le 26 février julien 747 avant J.-C. est un Mercredi, comme le 26 février 654 (car —746 + 1400 = 654).
- Alors que dans les barèmes ou calendriers existant les recherches donnent lieu à calculs, corrections, manipulations diverses, ou que ceux-ci sont limités à une période plus ou moins longue, ou ne donnent qu’un jour ou un mois, ou présentent les éléments de dates en désordre, ici le problème est traité dans sa généralité et résolu très simplement.
- On peut varier les modèles, les faire circulaires ou cylindriques, disposer autrement les éléments des dates, ou utiliser la répétition du cycle de 28 ans, le principe reste le même et la simple mise en regard des deux parties du millésime donne par ce seul mouvement, instantanément, sans calcul et sans correction, le calendrier de Vannée entière, avec une rapidité facilitée par le fait que tous les éléments des dates, partie séculaire, partie annuelle, mois, quantième, jour, se trouvent dans leur ordre normal et logique.
- Le calendrier perpétuel est en vente chez l’inventeur M. Michel, 115, boulevard Sébastopol,
- Paris.
- OBJETS UTILES Cravates en caoutchouc.
- La crise de surproduction du caoutchouc, qui se traduit par une baisse continuelle du prix de cette matière, provoque de toutes parts la recherche de débouchés ou d’emplois nouveaux.
- En voici un, quelque peu imprévu. Un fabricant d’Epinal a eu l’idée de se servir du caoutchouc pour confectionner des cravates indéformables et lavables.
- Ces cravates sont présentées sous forme de régates, montées sur système. Elles sont faites en feuille de gomme, de diverses couleurs : gris, bleu, mauve, marbré, leur aspect est celui d’un beau tissu velouté. Elles ont l'avantage de ne pas se chiffonner, ni se froisser; les taches s’y enlèvent immédiatement au moyen d’un chiffon humide, elles peuvent donc être de longue durée. Enfin, le'prix en est modique.
- Fig. 1. — Cravate en caoutchouc.
- Fabricant : M. St-Munsch, 12, rue Lonnont, Epinal. (Prix : 12 francs).
- p.381 - vue 387/598
-
-
-
- 382
- Désinfectant hygiénique.
- Cet appareil est destiné à assurer la désinfection et la désodorisation au moyen d’une pulvérisation antiseptique et parfumée. Ce système est prévu notamment pour les salles de bain et les W.-C. Son fonctionnement est automatique, car il est monté sur l’appareil à la place de la poignée qui termine la chaîne de l’appareil chasse-d’eau.
- Le système est composé d’un piston relié à la chaîne qui se déplace dans un cylindre, de manière à produire au retour un envoi d’air comprimé dans un organe vaporisateur; le liquide étant contenu dans un réservoir qui est placé à la partie inférieure de l’appareil.
- Ainsi, automatiquement, en actionnant la chasse-d’eau, on provoque la pulvérisation du liquide désinfectant, et cela sans qu’on ait besoin d’y songer.
- Le Puller, 12, Rue Daubigny, Paris.
- Règle pour encadrer les sous=verres
- Cette règle sc compose de deux planchettes, l’une inférieure sert de guide à la bande gommée B, l’autre supérieure C sert
- de guide au verre D. La planchette supérieure, pouvant se déplacer le long de la butée en biais S, se trouve déportée parallèlement à l’é-paulement E et recouvre plus ou moins la bande gommée, ce qui laisse libre une bordure plus ou moins large pour l’encadrement. L’index I placé devant le chiffre choisi N indique en millimètres la largeur de la bordure. Voici le mode d’emploi :
- On étend sur la planchette inférieure la bande gommée en dessus en s’assurant qu elle bute bien contre l’épaulement
- E dans toute sa lon-Fig. 3. — Règle pour encadrer les sous-verres. gueur> Qn place deg_
- sus la planchette supérieure C en faisant pénétrer lepetitgoujondans le trouclioisi, ce qui donnera la largeur de bordure désirée. On humecte la bande gommée en tenant celle-ci bien serrée entre les plan-
- chettes afin qu’elle ne se déplace pas. On applique sur cette bande le verre en le butant contre la règle C; on a ainsi un côté de verre qui est bordé.
- On fait la même opération pour les autres côtés. On pose sur le verre ainsi encadré la gravure, ensuite le carton, et on rabat ensuite les quatre côtés de la bande gommée après les avoir humectés.
- On obtient ainsi un encadrement absolument régulier, dont les quatre côtés sont de la même largeur et parfaitement parallèles aux bords du verre.
- L’opération se termine par la pose, au dos du cadre, d’une attache pour le suspendre : attache en toile gommée avec anneau métallique.
- (L. Chappellier et A. Grand, 78, rue de Wattignies, Paris).
- Blaireau serti inusable.
- On connaît l’inconvénient des blaireaux à barbe, qui ne tardent pas à perdre leur soies, en raison du système de fixation généralem'ent fort précaire dans la monture, au moyen d’un mastic approprié. Le montage de soies se fait généralement avec un lien en corde qui n’assure pas une fixation suffisante, et qui se détériore d’autant plus que la partie du blaireau intéressée est à l’humidité.
- On vient d’imaginer un système de montage, pour lequel d’ailleurs un brevet allemand a été accordé, qui évite tous ces inconvénients, et qui simplifie les procédés de montage avec virole ou capsule métallique spéciale ou ferrure fixée par la poignée.
- Le blaireau en question comporte une bague métallique dans laquelle la touffe de poils est saisie. La bague métallique porte des pointes ou crampons qui sont assemblés avec la poignée par ____
- des dispositifs spéciaux. Par _ . ,,
- f x . . Lig.ü.— Blaireau serh inusable.
- exemple, on prendra deux
- pointes qui sont pressées
- dans la bague où entre la touffe de poils; elles seront logées dans la poignée quand on placera la bague métallique. La rotation de celle-ci est rendue impossible et l’espace libre est rempli par un liant insoluble dans l’eau.
- Un autre système meilleur encore est celui de pointes prises dans la bague métallique par le bout recourbé en forme de crochet.
- Elles viennent se placer dans le logement de la poignée où elles sont fixées au moyen d’un composé liant spécial.
- La position impeccable est assurée au moyen de rainures.
- On obtient ainsi des dispositions très simples à réaliser en fabrication et la solidité de la virole garantit complètement les soies lorsqu’on les introduit dans le manche. Les soies ainsi fixées ne peuvent se détacher par l’usage et l’on ne risque pas en se savonnant de laisser sur la peau quelques brins qui peuvent occasionner des coupures graves lorsque le rasoir arrivant à leur contact glisse et ne produit pas son action normale.
- Société La Brosse, 25, rue du Renard, Paris.
- Le Puller.
- Fig. 2
- Virole
- sertie
- Pointes a crampons
- ^ Liant | insoluble
- p.382 - vue 388/598
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les inondations du Tarn.
- M. de Beaumont nous adresse d’Albi l’intéressante communication qui suit, où il précise certaines des conditions météorologiques qui ont marqué la crue catastrophique du Tarn au début du mois de mars.
- « Des chutes tardives de neige avaient laissé sur les hauteurs d’épaisses couches qui n’avaient pas eu le temps de se tasser en névé et glace.
- « Neige dans la montagne, pluie dans la plaine », nous apprend un dicton.
- La pluie avait duré si longtemps que la terre regorgeait d’eau, n’en voulait plus, n’en pouvait plus absorber. Les ruisseaux et rivières, également gonflés, ne demandaient qu’à sortir de leur lit et par endroits l’avaient fait. Du reste, encore aucune menace de danger prochain : la pluie tombait, mais elle tombait glacée, si vous préférez très froide. C’était, donc, toujours de la neige dans la montagne et, au surplus, la chute de la pluie à basse température n’aurait eu guère d’influence sur la fonte de cette neige.
- Brusquement, avec mars, la température s’adoucit et la pluie qui tombe est moins froide. La neige, non tassée, commence à fondre rapidement. Le samedi Ie1' mars, le Tarn se met à grossir sensiblement. Le dimanche, 2 mars, on annonce à Albi qu’il y a forte crue à Millau et que la rivière Rance (qui contribue le plus à donner au Tarn sa couleur rouge, lorsqu’il grossit) a largement débordé. A Albi, le Tarn ne cesse de monter et le dimanche soir, 2 mars, à la tombée de la nuit, la cote était 6 mètres 90. La crue devait du reste continuer de grandir jusque vers 4 heures du matin, où commença la décrue.
- Mais, passé minuit, dans cette même nuit du dimanche 2 au lundi 3, la température s’adoucit encore, un fort vent chaud s’éleva et une trombe d’eau s’abattit sur le pays.
- - Je me levai pour vérifier la fermeture de certaines portes et fenêtres. Les nuages couraient furieusement, comme des escadrons lancés en charge, déversant leurs cataractes qui durent balayer toute la région, au loin. Je me crus revenu en Indo-Chine. La température, le vent, la pluie, tout était tiède, chaud, et les averses étaient en rideau, on pourrait presque dire en rideau opaque, comme au plus fort des cyclones de l’Annam.
- Le lendemain, lundi 3 mars, vers midi, le Tarn qui avait eu une décrue de près de 3 mètres recommença à monter rapidement, et, en repérant les épaves qu’il charriait, on pouvait constater que la rapidité de son courant s’exagérait à chaque minute.
- Certains quartiers d’Albi furent inondés par les ruisseaux descendus des coteaux et si rapidement grossis qu’ils ne pouvaient s’écouler assez vite dans le Tarn, lui-même gonflé en barrière.
- Des nouvelles imprécises se colportaient et si graves qu’on les mettait sur le compte de l’exagération des nouvellistes. Plusieurs mètres de.sur crue à Millau. Sept mètres à la Rance, le pont de la Pointe emporté, de graves dégâts à Castres; mais, au fond, aucune idée exacte de la réalité.
- Le lundi soir, à la tombée de la nuit, on cotait environ neuf mètres. La crue devait encore continuer jusques assez avant dans la nuit. La vitesse du courant était sans commune mesure.
- R y a donc eu deux crues successives, séparées par une décrue sensible, la seconde crue survenant avant que se fût écoulée la première, plus forte, plus furieuse, plus rapide que la première, et qui a dû rattraper, en masse, la première vers Moissac, peut-être même à Mon-tauban. Ajouté à cela la crue dévastatrice de l’Agout et autres affluents, en aval d’Albi, on voit quel mascaret s’est jeté sur Moissac.
- En résumé : chutes tardives de neige, pluies persistantes, d’abord froides, mais qui avaient surimbibé la terre, ruisseaux et rivières déjà gonflés; là-dessus : adoucissement subit de la température, vent tiède, trombe d’eau presque chaude, fonte immédiate de neige non tassée, tout s’est réuni pour exagérer le fléau.
- Le déboisement a sa part de responsabilité, mais, cette fois, elle est moins grande que celle des autres facteurs, surtout la trombe d’eau tiède. Je ne puis mieux la définir qu’en la comparant aux chutes d’eau, en rideau, des cataractes les plus furieuses de l’Indo-Chine, à la saison des pluies. Et elle dura plusieurs heures, avec de très courts répits, dans la nuit du 2 au 3.
- Et maintenant, la campagne est menacée de voir, cet été, les sources à sec et de manquer d’euu ».
- Encore un nombre bizarre!
- M. P. Grésillon, de Cambrai, nous adresse la communication suivante :
- Trouver un nombre n de 5 chiffres différents et autres que 0 , tel que les 6 multiples
- 2n 5n 6n 7n Sn lin
- soient des nombres de 6 chiffres différents, se déduisant les uns . des autres par permutation circulaire de leurs chiffres.
- On trouve n = 76923. En effet, on a 2n = 153846 5n = 384615 6n = 461538 7n — 53S461 Sn. = 615384 lin == 846153 Les autres multiples logue.
- n = 76923 3n = 230769 4n = 307692 9n = 692307 lOn = 769230 12 n = 923076
- A propos des ennemis des Vipères.
- A la suite de nos articles sur les ennemis des "Vipères (voir entre autres les nos 2S15 et 2821 de La Nature), nous avons reçu une intéressante lettre du Dr E. L., de Bevaix (canton de Neuchâtel (Suisse), lettre que nous allons résumer ici.
- M. E. L. dit que, dans le Jura suisse, la Vipère aspic se trouve dans toutes les parties basses du pays et jusqu’à l’altitude de 1000 mètres environ, alors que la Vipère Bérus domine sur les hauts plateaux. Dans les Alpes romandes, le Valais, la Savoie, c’est l’Aspic que l’on rencontre le plus souvent et jusqu’à la hauteur de 2000 mètres. Dans les Alpes centrales et orientales, la Vipère Bérus prédomine et elle ne craint pas d’habiter très haut dans les pierriers de la montagne, à 2500 mètres.
- Les Vipères sont donc communes en Suisse. Du moins, elles y ont ôté très nombreuses autrefois. Le D1’ L. rapporte que, dans une propriété appartenant à sa famille, le parc était infesté de Vipères. Prenant le café sur la terrasse, les hôtes de la maison recevaient la visite d’un de ces petits Reptiles, sans doute déterminé à s’apprivoiser....
- Vers 1860, la maîtresse de maison fit l’acquisition de Paons 'et de Pintades qu’on lâcha dans le parc avec mission de détruire les Vipères. La guerre étant ainsi déclarée, « le résultat fut rapide et complet ».
- Mais voyez l’ingratitude des humains : on trouva que les Pintades causaient des dégâts dans les jardins et, condamnées sans jugement, elles furent exécutées immédiatement. Quelqu’un se dit agacé par le cri des Paons et ceux-ci, à leur tour, subirent la peine de mort... en récompense des services rendus !
- Une si vilaine action devait être punie. Deux ou trois ans après, alors que la famille se trouvait réunie sur la terrasse, cette fois encore pour savourer le moka, une fort jolie Vipère en robe cuivrée apparut et s’approcha de la table. Tout le monde s’enfuit, sauf le Dr L. qui tua le Serpent.
- Quinze jours plus tard, deux paires de Paons arrivèrent du Jardin d’Acelimatation de Paris. On eut la surprise de les voir prendre tout de suite les habitudes des anciens Paons, choisir les mêmes perchoirs, se comporter de la même façon.
- Au bout de peu de temps, les Vipères avaient disparu.
- Voilà des exemples qui prouvent que les Pintades et les Paons comptent parmi les meilleurs destructeurs de Vipères.
- Les Oiseaux ont été observés dans leurs combats contre les Reptiles qu’ils recherchaient pour les dévorer : un Paon voyait-il une Vipère? il courait droit sur elle, lui posait le pied sur le corps et, d’un seul coup de bec, lui tranchait la tête; puis, aidé d’autres Paons accourus, le vainqueur mangeait sa victime.
- Quant aux Pintades, lorsqu’elles avaient tué une Vipère, elles poussaient des cris joyeux et se mettaient à la curée. Aux cris des
- de n 3
- n ont une propriété ana-
- p.383 - vue 389/598
-
-
-
- = 384 =" .... ....... ............'=
- Pintades, la famille se hâtait d’aller assister à leur repas, car le dépeçage ne durait que peu de minutes.
- Aujourd’hui, il n’y a plus que deux vieilles Paonnes dans la propriété. Blais le nombre des Vipères a énormément diminué dans la région. Les cherchant dans leurs repaires jadis préférés, on n’arrive plus que rarement à en découvrir une. Aussi les primes de destruction sont-elles attribuées en petit nombre, et encore les prétendues Vipères remises par les chasseurs de Reptiles sont-elles fréquemment des Couleuvres vipérines !
- Parlant des ennemis des Serpents venimeux, nous avons dit, en ces colonnes, que les Oiseaux ne sont pas immunisés contre le venin, mais qu’ils sont simplement protégés des morsures par l’épaisseur de leurs plumes et par l’épiderme résistant des pattes. Le'D'' L. relate, à ce sujet, que l’un de ses parents a trouvé, sur le Haut-Jura, à 1400 m d’altitude, un jeune Autour tenant une Vipère dans ses serres; les deux animaux étaient morts; la tête du Serpent était intacte. Le D1' L. pense que, le Rapace ayant saisi la Vipère, celle-ci l’aura mordu au-dessus de la partie cornée et invulnérable de la patte. Une seule morsure sur un point du corps déplumé amène la mort d’une Poule. On
- sait que ce vulgaire Gallinacé dévore volontiers les jeunes Vipères.
- En ce qui concerne le Hérisson, et bien qu’il jouisse d’une immunité certaine au regard du venin, l’Insectivore sait très habilement parer les morsures de la Vipère; il manœuvre pour 11e la laisser frapper que sur ses piquants dressés, il baisse la tête et se tient en garde. Comme Mme le Dr M. Phisalix, le D1 L. est convaincu de l’intelligence du Hérisson et a remarqué l’expression de « son petit œil noir brillant et malin ».
- Enfin, un autre ennemi triomphant des Vipères, c’est le Rat. Notre correspondant assure que, en général, dans un combat entre un Rat et une Vipère, c’est lé Rat qui l’emporte : « Vif comme la Mangouste, il sait éviter la tête du Reptile, la saisit au passage de ses terribles dents et la broie ». Dans le procès du Rat, voilà donc enfin un témoin à décharge ! Le Dr L. nous révèle le rôle du Rat destructeur de Vipères-
- Notre aimable lecteur est persuadé, d’autre part, que la disparition des Vipères est due, en grande partie, à l’emploi de la faucheuse mécanique.... Il est évident que le développement de la culture fait disparaître les animaux sauvages, — bons et mauvais.
- A. Feuillée-Billot.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un poste simple à deux lampes.
- Le poste à deux lampes décrit dans notre numéro du 1er janvier peut évidemment être réalisé avec des pièces détachées de n’importe quelle marque, et nous avons, d’ailleurs, donné des détails supplémentaires sur sa construction dans une récente chronique.
- Dans le montage à autotransformateur indiqué à ce moment, la lampe basse fréquence comportait évidemment une résistance de .grille permettant d’appliquer à cette dernière le potentiel moyen convenable.
- Si l’on veut donc appliquer à la grille de la lampe une tension négative plus accentuée on adoptera une petite batterie de pile de polarisation de quelque 9 volts, dont le pôle positif sera réuni au pôle négatif de la batterie de chauffage et dont le pôle négatif sera connecté à une extrémité de la résistance, l’autre étant relié à la grille.
- La valeur de la polarisation varie suivant le type de la lampe, et vous n’indiquez pas le type de lampe de puissance que vous voulez employer.
- La valeur optimum de polarisation est, d’ailleurs, facile à trouver, en déplaçant la prise de la résistance sur la batterie de piles.
- On peut également améliorer encore l’audition en utilisant une résistance de grille variable.
- La marque de transformateur que vous nous indiquez semble pouvoir être adoptée avec succès.
- La bobine d’accord primaire, et la bobine de réaction du montage peuvent enfin être formées par le « rotor » et le « stator » d’un vario-coupleur bien établi, et dont les constantes correspondent aux indications que nous avons données sur les bobinages à employer.
- M. Morin, a Besançon (Doubs).
- Le truc de la blanchisseuse.
- On se demande souvent par quel artifice les blanchisseuses de profession peuvent donner au linge qu’elles repassent un glacé incomparable que les non-initiés cherchent en vain à égaler.
- Pour réussir, deux points importants doivent attirer l’attention, l’apprêt et l’empois, dans cet ordre d’idées. Voici comment il faut s’y prendre :
- On commence par préparer la mixture suivante :
- Savon blanc en copeaux............. 10 grammes
- Blanc de baleine.................... 5 —
- Gomme adragante...................... 1 —
- Eau non calcaire.................... 100 —
- Après avoir pulvérisé la gomme adragante, on la fait gonfler pendant 24 heures dans la moitié de l’eau, on chauffe ensuite pour la dissoudre.
- D’autre part, on amène à dissolution le savon, en le chauffant avec le reste de l’eau, puis on y incorpore le blanc de baleine, on mélange enfin les deux solutions et on agite jusqu’à refroidissement, ce qui donne une pâte fluide.
- Le produit ainsi obtenu est employé à la dose d'une à deux cuillerées à café par litre d’empois à l’amidon cuit préparé ainsi :
- Dans une casserole on porte à Vébullition :
- Eau non calcaire................... 500 grammes
- Borax.............................. 10 —
- Dans un autre récipient on introduit :
- Eau froide. ....................... 500 grammes
- Amidon de riz...................... 50 —
- Lorsque l’amidon est bien délayé dans l’eau froide (nous insistons sur ce point) on verse sous forme de filet le produit laiteux obtenu dans l’eau bouillante boratée, cela en remuant constamment avec une spatule en bois; il se forme immédiatement un empois opaque, on reporte la casserole sur le feu et on continue à chauffer jusqu’à ce que la masse devienne transparente. Ce résultat obtenu on peut alors ajouter plus ou moins d’eau pour donner à l’empois la fluidité convenable; c’est à ce moment que l’on mélange la première mixture indiquée ci-dessus.
- On peut se servir de l’empois comme à l’ordinaire, mais on obtiendra un résultat encore plus complet en amidonnant le linge comme d’habitude et le repassant; puis on délaye dans un peu d’eau tiède une ou deux cuillerées de la préparation glaçante et, avec une éponge ou un morceau de flanelle, on humecte la surface du linge repassé. Un second coup de fer bien chaud donne alors le glaçage parfait.
- M. de La Boulaye, a Martenet.
- De tout un peu.
- M. Aubry, à Verdun. — Dans le cas de gauchissement de vos châssis de couches, ce qui a pour effet de produire l’éclatement des vitres, il ne faut pas, à notre avis, chercher à employer des mastics souples qui ne vous donneraient que des mécomptes. Nous pensons que le mieux serait de remplacer le mastic par un petit tube de caoutchouc, de dimension convenable pour se loger dans la feuillure; ce caoutchouc maintiendra ensuite la vitre par une légère pression, qui lui sera donnée au moyen d’une bande de zinc vissée sur le petit bois.
- Ce procédé, que nous avons eu l’occasion d’appliquer dans des circonstances analogues, nous a donné personnellement toute satisfaction.
- N. B. — Les bords de la bande de zinc doivent être un peu rabattus
- à la façon des couvre-joints de toitures en zinc, ici les calotins sont remplacés par les vis pour faciliter le démontage en cas de besoin.
- Wl. Bridou, à St-Dié. —• 1° L’alliage suivant vous donnera très probablement satisfaction pour soudure de l’aluminium.
- Etain..................................... SCO
- Zinc....................................... 90
- Aluminium................................. 50
- Comme décapant, employer la résine.
- 2° Nous avons donné dans le N° 2818, p. 335, une bonne formule de colle-bloc pour le bureau, veuillez bien vous y reporter.
- J.e Gérant î G. Masson
- 99093. — Pa is. Imp. Lahüre.-15-4-1930
- p.384 - vue 390/598
-
-
-
- f
- k
- AT 2832, — Ier Mai (1930 \j Prix du Numéro : 3 francs 5C
- Paraît le i" et le 15 de chaque mois. pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 391/598
-
-
-
- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C'e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T{. C Seine : 15.234,) Téi. Littré 48-92 et 48-93.
- : î : j
- PRIX DE L’ABOSMMEIVSEMT Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n°‘), 70 fr. ; — 6 mois (12 n°"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*”), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0’), 43 fr.
- Tarif pottr l’étranger : Tarif n° 1
- Un an. Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an. Six mois
- 110 fr.
- 55 fr.
- 1 Tarif extérieur n° i valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour fOO sur les affranchissements des périodiques :
- Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, ! Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.j, San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- ; Règlement par mandat, chèques postaux (compte na 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G10, sur une banque de Paris.
- \ Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VR Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI"
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.
- mot
- V#
- ®^&eoucoup plusfa^®
- &E ViRASCOPE
- RICHARD
- donne 1 illusion de la réalité et du relief.
- V C'est un a&T&areU
- W ---
- :eKtnouxrcUnaireF
- FORMATS 45*107 6*13 7-13
- L’HOMÉOS LE GLYPHOSCOPE LE TAXIPHOTE
- catalogue G sur demande
- ST.‘ A” dk& ÉTABLISSE! JULES RICHARD
- 25 Ru« MÉUNGUE - PARIS-MAGASIN DE VENTE 7 Rue LAFAYETTE • PARIS »
- ir
- %
- Ferblanterie : :. Cuivrerie
- Tous Travaux sur Plans
- E. DUPUY, 42, avenue Parmentier, PARTS
- LE CALCUL EN 2 SECONDES !
- ;i rapide que la pensée par le
- 00 L O G Z 00
- Calculateur des temps modernes
- LE LOGZ VOUS OFFRE :
- 2 fois plus de lisibilité j
- 3 fois plus de calculs ;
- 4 fois plus de vitesse;
- 5 fois plus de précision, que la régie à calculs
- TOUS, MÊME LES NON-MATHÉMATICIENS. APPRENNENT LE LOGZ EN UNE HEURE. AVEC SA MÉTHODE CLAIRE ET SIMPLE-
- Servez-vous des merveilleuses commodilés du LOGZ COMMERCIAL : Prix pour le poids, pour le cubage à la grosse, en monnaies de tous pays, partages inégaux, intérêts, pro-jmlions directes, inverses, etc.
- Appareils idoines de l’enséignèment, les LOGZ permettent les nombreux calculs successifs préconisés par notre grand ‘Henri POINCARÉ-
- Le LOGZ TEC1IYIQÜE donne en correspondance parfaite pour chaque nombre : ses racines carrée et cubique (ou son carré et son cube), son logarithme, ses sinus et tangente ; permet tous changements de puissance des nombres sans report et avec la nouvelle virgule.
- Servez-vous de la merveilleuse souplesse du ’ LOGZ TECHNIQUE : Calculs irigonomélri-i -que», tous calculs industriels, recherches ; scientifiques, obtention immédiate de deux - inconnues des 1°', 2°, 5* degrés, etc.
- LOGZS PARUS A CE JOUR :
- Numéros. BB 1 2 3 4
- Diamètres 6 cm. 9 cm. 13 cm. 20 cm. 30 cm.
- Longueurs d’échelle 16 cm. 24 cm. 40 cm. 58 cm. 90 cm.
- Commercial 90. » 45. » 50. n 70. » 130. »
- Technique 58. » 75. u 135. »
- Prix avec gaine et méthode
- Envoi par poste recommandée — Etranger paiement à la commande
- Cl* Ia /%. T Wa<s 4f, Kwe «Se Poitou — PALStMtS
- <S°>
- Etablissements V. M. M.
- Il, me BlainOille, Paris (5°)
- PHYSIQUE — CHIMIE MICROTOME GENAT -
- - VERRERIE OCCASIONS
- Catalogue Général l fr.
- T.
- S.
- F.
- p.n.n. - vue 392/598
-
-
-
- N° 2832.
- LA NATURE "Mji 1,30
- LA RENAISSANCE DE LA NAVIGATION A VOILES
- ' Les augures qui avaient prédit la disparition de la voile comme instrument de navigation se sont trompés.
- La voile n’est point morte, et si son rôle ne peut évidemment redevenir ce qu’il fut aux siècles passés, il n’en est pas moins certain qu’elle tend à reprendre sur les mers, une place importante et justifiée.
- Certes, le grand voilier qui s’en allait, à travers les Océans, porter un fret qui pouvait supporter de longs délais, celui-là a disparu ou disparaît rapidement. Nous n’en avons plus en France, et c’est en Allemagne ou en Finlande qu’on trouve les derniers représentants de cette belle marine.
- Néanmoins, un renouveau de la voile se constate sur les côtes de presque toutes les mers, où circulent en foule de vrais navires ou de gracieuses embarcations de toutes tailles et de toutes formes, aux mâtures élancées, et dont les grandes voiles blanches sont le principal, sinon toujours le seul instrument de propulsion.
- LE YACHTING
- Le yachting, en effet, a pris depuis quelques années, dans le monde entier, un essor considérable. Dans la saison propice, c’est un spectacle charmant que présente notre littoral, si bien approprié du reste à ce magnifique sport, avec ses découpures, ses îles nombreuses, les
- citer comme exemple, à ce sujet, le petit Fig. 2. — Le yacht Ailée, goélette à 3 mâts, à moteur auxiliaire, à Mme V. Hériot. port de Porquerolles (IleS d Idyères), qui
- (Photo obligeamment communiquée par Le Yacht.) ^°yait de ,rares caboteurs relâcher à l’abri
- de sa jetée, lorsque le mistral soufflait trop fort pour leur permettre de faire route, et se trouve maintenant chaque été trop étroit pour loger les nombreux bâtiments de jdaisance attirés jiar la beauté et les agréments de toutes natures de ces îles fortunées.
- Ce goût de la navigation trouve à se satisfaire sur des bâtiments, de toutes tailles et de tous prix. Certains types de petits voiliers, très manœuvrants, tenant bien la mer, n’exigeant d’autre équipage que le propriétaire et un de ses parents ou amis, connaissent sur nos côtes et sur d’autres une grande faveur très justifiée.
- Parmi les grands navires qui donnent le ton au yachting français, il faut citer les unités à vapeur ou à moteur : YAtr mah, de 1550 tonneaux, au Baron Edm. de Rothschild ; YArianeàe, 630 tonneaux, à M. Gaston Menier; Lady Blanche, de 455 tonneaux, à M. Bemberg, etc., et
- Fig. 1.
- tmâts allemand Pamir, de 3020 tonnes brut.
- (Reprôdi^Wl'après le journal Le Yacht.)
- estuâj^g de sêf^euijil-i, ses ports pittoresques. Beaucoup de ceffilNd ont, à cette renaissance du goût nau-
- tique, t*q^éÿg|^^imation et une vie qui leur étaient jusqu’alors"tlTConnues, pour le plus grand agrément et aussi le plus grand profit de leurs habitants. On peut
- p.385 - vue 393/598
-
-
-
- 386
- ÏV" 'T -, 1. — jri t —
- s'/A,-- -s»iî-^r'
- ments , petits, moyens ou grands, sont uniquement des bateaux faits pour le beau temps et les mers calmes.
- Le grand et merveilaux lexploit d’Alain Gerbault témoigne du contraire.
- Mais après lui, bien des exemples de ténacité, d’en -durance et de belles qualités nautiques pourraien t encore être cités. En voici un seul. C’est celui du ket ch de 55 tonnes, Guerveur, au baron de Neufville qui, apr ès avoir accompli la croisière ci-dessous : Cannes-Màrseille-Palma de Majorque-Barcelone, a continué sur Cowes (Ile de Wight) où il a pris part à la course-croisière de la Côte anglaise, phare du Fastnet; Canal de Bristol, Ply-mouth, et de là est reparti pour Santander et Antibes, où il était de retour fin septembre.
- Le nombre des yachts battant pavillon du Yacht-Club de France s’élève à 482, mais certainement ce chiffre peut être augmenté de 50 pour 100 pour le total des bateaux de plaisance français.
- Inutile d’insister sur les grands avantages qu’offre ce genre d’occupation pour la jeunesse qui s’y livre avec fougue. Outre un passe-temps des plus agréables, elle y trouve la force, la santé physique et morale.
- Fig. 3. — Le yacht Incomprise, à M. Baudrier, dans la course-croisière Cannes-Barcelone, en juillet 1929.
- Fig. 4. — La Résolue, frégate-école des gabiers, (Marine de guerre française en 1890J. (Photo obligeamment communiquée parle Capitaine de vaisseau Rondeleux.)
- parmi les voiliers, avec ou sans moteur auxiliaire, la Résolue, trois-mâts goélette de 840 tonnes, à M. Pierre Lebaudy; la Verona, ketch de 280 tonnes, à M. Pringle, mais surtout et avant tous les autres, le beau trois-mâts goélette Ailée, à Mme Virginie Hériot.
- Le nom de cette ardente et intrépide française vient naturellement au bout de toute plume, quand il s’agit de la navigation de plaisance et de sa renaissance en notre pays à laquelle elle a si puissamment contribué. Jusqu’à ces temps-ci, Mme V. Hériot a fait construire huit bateaux de course, avec lesquels elle a couru en Angleterre, en Norvège, en Suède, en Danemark, en Espagne, en Italie, en Hollande aussi, où elle a gagné le prix des Jeux Olympiques. Avec son beau trois-mâts Ailée, de 350 tonneaux, qui est actuellement son seul domicile, elle a toujours accompagné ses bateaux de course. Dans tous ces pays, par ses conférences, par la grâce de son accueil, par l’ardeur de son prosélytisme naval, elle a fait pour la France la meilleure des propagandes et c’est un devoir de lui en être profondément reconnaissant.
- Derrière cet état-major suivent un grand nombre de bateaux à voiles, de tonnage variant de 30 à 100 tonneaux, et qui forment une flotte assez imposante puisque 21 yachts français ont pris le départ dans la croisière courue l’été dernier en Méditerranée, et qui comportait un trajet de 600 milles. Et ce serait une erreur de croire que tous ces bâti-
- p.386 - vue 394/598
-
-
-
- LES NAVIRES-ÉCOLES
- Ce point de vue n’a pas manqué, d’ailleurs, d’attirer l’attention d’un certain nombre de gouvernements.
- Ils ont reconnu l’erreur qui consiste à croire que des navires modernes, où la mécanique règne en maîtresse dans toutes les parties du bâtiment, pouvaient se passer de marins proprement dits et être confiés seulement aux mains de spécialistes dressés à accomplir l’ouvrage limité dont chacun a la charge.
- Mais il y a la mer qui exige, elle, des qualités d’ordre général qu’aucune école de spécialité ne peut donner,
- ............. = 387 =
- gens, dans la saine atmosphère du large, les forces physiques, génératrices de la santé, le développement d’une intelligence sans cesse appliquée à résoudre des problèmes intéressants d’ordre théorique et pratique, et, par là, tant d’autres qualités, le courage, la rapidité de décision, la rectitude du jugement.
- En second lieu, le navire à voiles est économique, puisqu’il ne consomme que du vent, fluide gratuitement fourni par la nature, en quantité indéfinie. Ce voilier sera d’ailleurs muni d’un moteur aussi moderne que possible, qui fournira aux jeunes marins l’occasion d’étudier la propulsion mécanique et de se familiariser avec elle.
- Fig. 5. — L’Arés, navire-école de la marine hellénique. (Pilot, communiquée par les Forges et Chantiers de la Méditerranée.)
- et dont la possession est indispensable à qui veut ou doit participer à la vie d’un navire en action, dans les multiples et si diverses péripéties qu’elle présente.
- L’éducation navale ne peut se donner dans les ports. Elle exige la vie et le séjour au large, dans toutes les conditions de temps et au milieu de toutes les circonstances.
- Le navire à voiles est l’instrument tout désigné pour la fournir. En effet, les manœuvres nombreuses et variées qu’il exige sont, pour ceux qui les exécutent ou les commandent, le meilleur moyen d’atteindre au sens marin. Elles ont, en outre, l’avantage de procurer aux jeunes
- Ces considérations ont donc conduit beaucoup de nations à envoyer au large leurs futurs officiers de marine, et le plus grand nombre possible de matelots, pour une période plus ou moins longue, à bord de navires à voiles, spécialement installés pour atteindre les buts ci-dessus décrits. La petite Finlande tient la tête de ces nations, avec ses deux voiliers-écoles, Herzogin-Ceci-llie et Béatrice, qui en mai 1929, avec chacun 26 élèves à bord, ont effectué en régates le voyage d’Australie en Angleterre, en 96 jours. Voilà du bel et bon amarinage !
- Actuellement, avec la Finlande, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, la Norvège, la Suède, le Danemark, la ÏBel-
- p.387 - vue 395/598
-
-
-
- 388
- o V c' "o ô " ô " c ” ô " ô" ô c " b" b" o~ b"o 'ô“c 'g'
- Fig. 6. — Le Cristoforo-Colombo, navire-école des élèves officiers de la marine royale italienne.
- gique, la République Argentine, voire la Russie soviétique, arment des navires à voiles avec moteur auxiliaire, qui reçoivent et conduisent à la mer leurs élèves-officiers et leurs jeunes marins. Les types de navires varient, mais, sur tous, on trouve un ou plusieurs mâts à voiles carrées, dont la manœuvre constitue le principal et le meilleur moyen d’éducation et d’entraînement nautiques..
- Parmi ces bâtiments, celui que l’Italie a construit en 1928 se fait remarquer par son importance. Il a été baptisé Cristoforo-Colombo et affecte les formes et l’allure d’un ancien vaisseau à deux ponts. Il en porte même les sabords alignés et peints en blanc. Il a 78 m. 20 de long, avec 14 m 80 de largeur et un tirant d’eau de 6 m 20. Son déplacement est de 3000 tonnes. g|jj
- Il est mâté en 3 mâts carrés. Son grand mât porte son sommet à 48 m 30 de hauteur et la voilure développe une surface de 2079 mètres carrés.
- L’appareil propulseur se compose de deux , moteurs symétriques à combustion interne, développant chacun 1150 ch et actionnant 2 hélices (‘).
- Le trois-mâts Arès, de la marine hellénique, construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, en juin 1928, succède à un autre voilier mixte, le Miaoulis, construit en 1890. C’est dire que depuis longtemps la Grèce a reconnu les avantages de l’éducation nautique par la voile. En Belgique, le mouvement en faveur de cette même éducation est dirigé, avec une compétence et une ardeur indiscutables, par le Commandant de Gerlache de Gomery, l’explorateur polaire universellement connu qui, depuis un an, occupe les fonctions de Directeur général de la Marine.
- 1. Un navire école, 1 ’Americo Vespucci, va être adjoint au premier, devenu insuffisant pour le nombre des élèves.
- Son premier soin, en entrant en fonctions, a été de réformer le programme d’enseignement maritime et d’étudier un projet, actuellement en voie de réalisation, comportant la construction de quatre voiliers de tonnage moyen, à bord desquels tous les futurs officiers et aussi les matelots devront obligatoirement passer.
- La Belgique ne possède pas de marine de guerre, mais sa marine commerciale prend actuellement un développement qui rend nécessaire une excellente formation des cadres. Il est donc très intéressant de voir que le grand navigateur que fut et reste le Commandant de Gerlache juge indispensable d’obtenir cette formation par la voilure.
- L'équipage, féminin du voilier-école Alcyon, au' lieutenant Hébert. (Phot. Keystone-View.)
- 4 ‘y k
- p.388 - vue 396/598
-
-
-
- Pour mettre en valeur l’activité qui se déploie sur les voiliers-écoles, nous citerons qu’à bord du Georg Stage, navire-école danois, dans sa campagne de 1926, on exécuta, en quatre mois, 1186 manœuvres importantes, sans compter un grand nombre d’exercices de matelotage proprement dit (').
- Les nations qui n’ont pas encore suivi ce mouvement y viendront sans doute un jour ou l’autre. En Angleterre, à la suite d’une récente visite qu’il a faite à bord du croiseur-école à voiles Présidente-Sarmento de la République Argentine, le premier lord de l’Amirauté a été conduit à proclamer cc la haute valeur de la navigation à voiles pour le développement chez la jeunesse des qualités physiques et aussi de celles qui engendrent l’initiative et le courage ».
- Les grandes firmes de navigation en Angleterre, et aussi en France, ont reconnu depuis longtemps cette vérité. La White Star Line, dès avant la guerre, possédait sur la ligne d’Australie, quelques navires à voiles pour l’instruction de ses officiers.
- Chez nous, la Compagnie Générale Transatlantique,
- 1. Extrait de la Revue de la Ligue maritime belge.
- ....... ...:.. = 389 =
- la Compagnie des Messageries Maritimes, et d’autres, avaient obtenu la cession d’un grand quatre-mâts livré par l’Allemagne, en exécution du traité de Versailles. Baptisé Richelieu, il était destiné à compléter, à la mer et par la voile, l’éducation des candidats capitaines au long cours sortant des écoles d’hydrographie. Le Richelieu prit la mer au début de 1925. Malheureusement il a été détruit par l’incendie, peu de temps après, dans le port de Baltimore.
- Le lieutenant Hébert, qui fut en France un des jire-miers apôtres de l’amélioration de la race par les exercices physiques pratiqués au grand air, a pensé qu’il n’y avait aucune raison de tenir les femmes à l’écart d’un système d’éducation qui était reconnu si bon pour les hommes.
- En vertu de quoi on a pu voir l’été dernier, à Deau-ville, et on vu cet hiver, à Cannes, une robuste goélette, Y Alcyon, à bord de laquelle un équipage de jeunes hiles et jeunes femmes sont initiées, sous sa direction, aux plaisirs et aussi aux peines du métier de la mer, et s’astreignent, dans un costume ad hoc, à tous les travaux imposés par la navigation d’un voilier.
- C* Sauvaire-Jourdan.
- LE BISTOURI ELECTRIQUE OU RADIOBISTOURI
- DILACÉRATION DES TISSUS VIVANTS AU MOYEN DES COURANTS DE HAUTE FRÉQUENCE
- Lorsqu’on fait traverser un tissu vivant par un courant électrique, les phénomènes observés varient suivant les caractéristiques du courant.
- Un courant continu passe sous une très faible intensité et produit la destruction du tissu par électrolyse (décomposition chimique). Les tissus paraissent présenter une résistance électrique très élevée en raison des phénomènes intra-tissulaires d’électrolyse et de polarisation. C’est là un procédé classique de destruction de certains tissus normaux ou pathologiques (bulbes pileux, cicatrices indurées et épaissies, petites tumeurs bénignes, angiomes, etc.).
- Sous voltage égal, un courant alternatif passe sous une intensité pi us forte qu’un courant continu et T électrolyse est pratiquement négligeable. Les tissus paraissent présenter une résistance électrique moins élevée qu’avec le courant continu en raison de la diminution des effets d’électrolyse et de polarisation intra-tissulaires. Avec des voltages élevés (500 volts au moins), on peut obtenir réchauffement des tissus par le passage du courant, échauffement pouvant provoquer la coagulation des albumines et la mort (nécrose ou décomposition cadavérique) des tissus. Cette technique est inutilisable pratiquement pour la destruction des tissus vivants, car si le nombre des inversions de courant (fréquence) n’atteint pas 200 000 périodes à la seconde, le courant alternatif
- provoque une contraction permanente (tétanisation) des muscles du sujet dont tout le corps entre en mouvement.
- Un courant de haute fréquence (aux environs de deux millions de périodes à la seconde) passe à travers les tissus sous très forte intensité, car il ne produit ni électrolyse ni polarisation et de plus il n’y a plus de phénomènes de tétanisation. Un tel courant se borne à échauffer les tissus proportionnellement à la densité sous laquelle il les traverse et avec 110 v de tension on obtient aisément la coagulation et la carbonisation des albumines (fulguration de Keating-Hart, électrocoagulation de Doyen et Beer, étincelage d’Heitz-Boyer et Cottenot). Dans cette expérience, si le courant utilisé est assez intense et surtout si les diverses périodes du courant tendent à être égales (ondes entretenues) on peut constater un phénomène qui surprend au premier abord : les tissus semblent éclater et s’écarter devant l’électrode amenant le courant, ils sont dilacérés. Il faut, pour obtenir ce résultat, utiliser pour amener le courant dans les tissus deux électrodes très différentes : l’une de grande surface (électrode indifférente) constituée en général par une plaque d’étain ou de zinc, l’autre (électrode active) constituée de préférence par une aiguille aussi fine que possible, généralement en acier inoxydable. Grâce-à ce dispositif expérimental, la densité
- p.389 - vue 397/598
-
-
-
- 390
- Les deux temps de la dilacération des tissus par les courants de haute fréquence.
- Fig. 1.
- I. Premier temps presque sans durée et invisible. — L’électrode active A entre en contact avec les tissus; le courant s’écoulant entre A et l’électrode indifférente E est très dense en A, comme le montrent les hachures.
- IL Deuxième temps seul visible. — Les tissus ont été dilacérés par la vapeur d’eau V résultant du brusque échauffement des tissus au contact de l’électrode active. Les lèvres de la plaie sont écartées. Des étincelles se voient à travers la vapeur, entre les tissus et l’électrode A, mais la densité du courant dans les tissus est très diminuée* limitant coagulation et dilacération.
- du courant est faible dans les tissus en contact avec l’électrode indifférente et leur échauffement est pratiquement négligeable. Au contraire, au contact de l’électrode active les tissus sont portés à une haute température, en raison de la forte densité du courant.
- Si la température des tissus atteint plus de 70° en certains points, on y constate la coagulation des albumines devant entraîner leur mort (nécrose ou décomposition cadavérique). Dans ce cas la tension de la vapeur d’eau contenue dans les tissus échauffés (l’eau entre pour plus de moitié dans la composition de nos tissus, excepté le tissu osseux) n’atteint pas une atmosphère (76 cm de mercure) et les tissus ne sont pas dilacérés. Si au contraire la température des tissus au contact immédiat de l’électrode atteint, par exemple, 150°, la tension de vapeur de l’eau qu’ils renferment s’élève aux environs de quatre atmosphères et demie (356 cm 87 de mercure), les cellules éclatent et les téguments sont dilacérés par la vapeur d’eau qui les écarte de l’électrode active limitant ainsi l’intensité du courant sitôt la dilacération obtenue. C’est là le principe fondamental de l’instrument que les chirurgiens utilisent depuis plusieurs mois pour dilacérer certains tissus, instrument que l’on désigne sous le nom de bistouri électrique ou encore de radiobistouri.
- Fig. 2. — Radiobistouri disposé pour l’utilisation.
- A gauche, le générateur de courants de haute fréquence montrant son pupitre de commande. Deux fils le relient : l’un à l’électrode indifférente que 1 on aperçoit sous le sujet, isolée de la table d opération par des toiles caoutchoutées, l’autre à l’électrode active que tient le chirurgien en position correcte d’emploi (perpendiculairement au tissu à dilacérer). Le manipulateur s’est placé à droite pour démasquer le pupitre de réglage.
- p.390 - vue 398/598
-
-
-
- 391
- LE BISTOURI ÉLECTRIQUE
- Le bistouri électrique ou radiobistouri est donc un ensemble instrumental assez compliqué, composé :
- 1° D’un générateur de courants de haute fréquence. L’expérience a démontré que le constructeur doit réaliser un dispositif débitant un courant de haute fréquence dont la tension soit de cent à deux cents volts, dont la fréquence atteigne deux millions de périodes à la seconde, environ, dont la puissance soit de l’ordre de 500 watts. Ce courant doit être aussi constant que possible, quelles que soient les conditions d’utilisation. Les ondes entretenues paraissent préférables aux ondes amorties fournissant des effets quelque peu irréguliers. L’emploi d’appareils analogues aux postes émetteurs utilisés en T. S. F. et comprenant, y combinées, de puissantes lampes à trois électrodes a permis de réaliser de façon très satisfaisante cette partie de l’instrumentation. Bien entendu un dispositif de réglage permet de faire varier l’intensité du courant lancé dans les électrodes d’utilisation.
- 2° D’une électrode indifférente de mille centimètres carrés de surface environ, constituée de préférence par une feuille d’étain d’un demi-millimètre d’épaisseur. Cette électrode sera placée entre le corps du patient et la table d’opération en bon contact électrique avec le patient et autant que possible isolée de la table.
- 3° D’un jeu d’électrodes actives en acier inoxydable (aiguilles de dimensions diverses, lames analogues à celles des bistouris, petites tiges terminées par des boules ou des plateaux).
- Fig. 4. — Schéma électrique d’un poste générateur de courants de haute fréquence pour dilacération des tissus vivants. L’alimentation de l’appareil s’effectue par le transformateur T suivi de selfs de choc et d’un condensateur filtre.
- Le circuit oscillant a, b, c, d, e, L est entretenu par son couplage à la self et alimente en autotransformateur l’utilisation.
- L’ensemble X (condensateur et self de résistance) a simplement pour but de limiter la puissance dans la lampe AF à trois électrodes et d’éviter sa détérioration.
- Les selfs de choc et le condensateur filtre permettent à la haute fréquence passant par le filtre d’arriver à l’utilisation, tandis qu’ils l’empêchent de se dissiper dans le réseau par le transformateur T-Un couplage mécanique indiqué par la flèche permet en rapprochant ou éloignant 1 et L de régler l’intensité à l’utilisation.
- Enfin, un circuit de chauffage ABCDRF alimente le filament f grâce au transformateur t. Le réglage obtenu par le rhéostat R est contrôlé par le voltmètre V.
- Self de chot
- Self de choc-
- Utilisation
- Fig. 3. — Le jeu des électrodes.
- Sur l’électrode indifférente (feuille d’étain rectangulaire) sont déposées
- les électrodes actives :
- 6,. &.>, lames de bistouri.
- O, Oâ 03, aiguilles.
- d, anse à biopsie.
- G,, tige filetée sur laquelle se vissent à l’extrémité les boules et plateaux fixés sur le fer à cheval C3.
- e, f., pinces et clef pour relier l’électrode indifférente à son fil.
- 4° De fils conducteurs soigneusement isolés et sté-rilisables servant à relier les électrodes ci-dessus au générateur de courant. Il est désirable que la connexion entre l’un de ces fils et les électrodes actives soit assurée par un procédé permettant de changer rapidement ces dernières sans avoir de vis à manœuvrer.
- Cet ensemble étant correctement connecté, le chirurgien pour se servir du radiobistouri doit s’assurer le concours d’un aide qui selon ses désirs lancera dans le circuit d’utilisation (corps du patient) la quantité d’énergie convenable.
- Quand chirurgien et manipulateur ont acquis une éducation pratique suffisante, la dilacération des tissus vivants par les courants de haute fréquence rend de grands services en raison des faits ci-après.
- Les tissus sont dilacérés par la vapeur d’eau sous haute pression qui'les écarte de l’électrode active et limite instantanément l’intensité du courant, de sorte que les
- p.391 - vue 399/598
-
-
-
- = 392
- bords de la plaie ont été échauffés et coagulés assez pour éviter l’hémorragie des vaisseaux de petites dimensions, mais non assez profondément pour empêcher la réunion rapide par première intention. Cette hémostase automatique des tissus sectionnés est précieuse pour intervenir dans des organes où la vascularisation est dense : rein, foie, rate, poumons, tumeurs vasculaires, etc. Si
- Fig. 5. — Microphotographies de coupes anatomo-pathologiques d'un frdgment de rein de cobaye vivant dilacéré au moyen des courants de haute fréquence (fig. A), sectionné avec un bistouri tranchant (fig. B).
- a) Ligne de section. Au radiobistouri (fig. A) la ligne de section est nette en raison de la coagulation des tissus. Au bistouri tranchant (fig. B) la ligne de section est déchiquetée parce que les vaisseaux et les tubes rénaux non obturés par coagulation restent ouverts.
- b) Zone de coagulation et de nécrose n’existant que sur la figure A. Les cellules sont déshydratées et coagulées, les tubes rénaux sont dilatés par la vapeur d’eau et visibles sous forme de bulles claires.
- c) Zones de tissus normaux comparables dans les deux figures. Sur la figure B on voit de grandes lignes claires qui sont de grands tubes collecteurs du rein inexistants sur la figure A.
- (Préparations du laboratoire d’Anatomie pathologique de la Faculté de Médecine de Montpellier; microphotographies de A. Herbaut sous la direction de M. le professeur E. Grynfeltt.)
- un vaisseau (veine ou artère) de moyenne ou grosse dimension vient à être sectionné, le chirurgien l’obture avec une pince hémostatique en métal (du type usuel), puis il fait passer à travers la pince un courant d’intensité convenable pour produire à la fois la coagulation en masse du sang contenu dans le vaisseau, des parois du vaisseau et des tissus attenants. L’hémostase est ainsi obtenue rapidement et efficacement sans pose de ligatures au moyen d’un fil. Cependant ce temps opératoire demande un certain apprentissage : une coagulation sous trop forte intensité peut provoquer des productions de bulles de vapeur dans la masse coagulée. Le caillot obtenu n’est pas homogène. Il risque de se disloquer durant les jours qui suivent l’opération en provoquant une hémorragie secondaire. Il en est de même si l’on tiraille un peu trop sur les tissus coagulés, soit pendant la coagulation, soit en retirant la pince hémostatique, ou si par manque d’intensité du courant la masse de tissus coagulés est insuffisante. Seule une pratique raisonnée permet d’opérer avec sécurité.
- En somme, lorsque le chirurgien et son aide sont bien en possession de la technique convenable, il est possible avec la dilacération par les courants de haute fréquence de pratiquer n’importe quelle intervention chirurgicale sans poser de ligatures et pratiquement sans hémorragie.
- La dilacération par les courants de haute fréquence ne paraît pas être appelée à remplacer dans toutes les interventions chirurgicales la section des tissus au moyen d’instruments coupants ou tranchants, mais à l’heure actuelle tout grand service chirurgical doit être à même d’utiliser cette technique en cas d’interventions sans grosse hémorragie, soit sur des parenchymes (rein, foie, rate, poumon, etc.), soit sur des tumeurs vasculaires.
- Il est regrettable que cette méthode n’assure pas l’asepsie de la plaie. Il est nécessaire de stériliser les fils et les électrodes actives comme tout instrument de chirurgie. Ce mode de dilacération des tissus, quoique, ai-je entendu affirmer, moins douloureux que la section par instruments usuels, exige néanmoins la narcose du sujet, ou l’anesthésie des tissus à sectionner.
- Nous ne pouvons prévoir l’avenir de cette technique née depuis trop peu de temps, mais le fait de pouvoir dilacérer électriquement tous les tissus humains (sauf le tissu osseux) en coagulant les lèvres de la plaie et sans retardér la cicatrisation par première intention constitue certainement un progrès notable dans la technique chirurgicale.
- Dr J.-L. Pech.
- Professeur de physique médicale, à l’Université de Montpellier.
- L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE EN ALGÉRIE
- Notre magnifique domaine de l’Afrique du Nord occupe une surface de 1 150 641 kilomètres carrés, peuplés par plus de 13 millions d’habitants. L’Algérie y occupe une place de choix. Comme superficie elle représente, à elle seule; autant que le Maroc et la Tunisie réunis; comme occupants elle dépasse sensiblement le
- Maroc. Les plus vastes perspectives lui sont ouvertes au point de vue agricole. Mais il ne faut pas s’emballer. Quand on rappelle que l’Afrique du Nord fut, autrefois, le grenier de Rome, en ajoutant qu’elle doit devenir le nôtre, on oublie un peu trop de comparer avec ceux d’aujourd’hui le chiffre des populations
- p.392 - vue 400/598
-
-
-
- 393
- Fig. 1. — Le laboratoire d’entomologie Maison-CarréeJ: Fig. 2. — Le laboratoire de chimie.
- qu’il y avait à; ravitailler à cette époque lointaine.
- Sans tomber dans ce travers, nous pouvons, et nous devons tirer beaucoup de notre domaine algérien sous ce rapport.
- De toutes les cultures, celle qui, sans contredit, tient la tête, c’est celle de la vigne. Citons ensuite, sans ordre de préférence, le dattier, l’olivier, le chêne-liège, l’oranger et le mandarinier, parmi les arbustes. Le tabac et l’alfa donnent d’excellents résultats. Du coton on peut espérer beaucoup, mais ce ne sont encore que des promesses. Les céréales, et surtout les primeurs, sont en plein rendement.
- A titre d’échantillons, les chiffres suivants sont à citer. Un dattier adulte de Biskra peut rapporter jusqu’à 700 francs par an. A Boufarik, c’est par cent cinquante millions de fruits que se comptent les expéditions annuelles des confitureries aux confiseurs français. Les envois de l’Ora-nais dépassent 400 millions ; et dans le fort de la saison des primeurs, 40 wagons partent chaque jour, pour Alger, à destination de la Métropole,
- Deux questions limitent, pour le moment, le développement des cultures, à la disposition desquelles se'trouvent encore de vastes espaces
- non défrichés. Ce sont les facilités d’irrigation et la main-d’œuvre. C’est pourquoi il importe, plus que partout ailleurs, de dispenser les efforts le plus intelligemment possible.
- Comment espérer y parvenir mieux que par un enseignement agricole judicieusement réparti aux différents degrés? C’est ce que pensait déjà, en 1842, le maréchal Soult, alors Ministre de la Guerre, quand il recomman-
- dait d’utiliser, pour préparer des spécialistes en arboriculture, la pépinière gouvernementale du Hamma.
- Notre vieux Bugeaud lui-même, le populaire maréchal à la casquette qui n’était qu’un couvre-nuque — n’a-t-il pas commencé par remettre en honneur la formule romaine du soldat-laboureur ?
- L’INSTITUT AGRICOLE
- Pour inculquer aux jeunes gens les connaissances nécessaires à la culture, soit en Algérie, soit dans
- L'Institut agricole, Maison-Carrée.
- Fig. 3 (en haut). — La façade.
- Fig. 4 (au milieu).
- Le bâtiment des amphithéâtres de cours.
- Fig. 5 (en bas). — Le pavillon du Génie Rural.
- **
- p.393 - vue 401/598
-
-
-
- 394
- d’autres colonies ou pays de protectorat, on a fondé l’Institut agricole d’Algérie, école modèle, dont la renommée est aujourd’hui mondiale. .
- A 11 km d’Alger, est située la petite ville de Maison-Carrée, qui doit son nom à un ancien fort. Sur le plateau qui la domine on découvre la mer, dont on n’est séparé que par une demi-lieue. C’est là qu’on trouve, à gauche de la route, le nouvel Institut industriel, à droite l’Institut agricole.
- Nous y entrons par une superbe allée de palmiers, dont la frondaison se découpe dans l’azur éclatant du ciel. A angle droit, cette avenue est traversée par une seconde, dont le disparate surprend l’œil. Ce résultat est dû à l’idée d’un savant botaniste, qui a tenu à y réunir des échantillons de différentes espèces.
- Les bâtiments, d’une immaculée blancheur, conservent un aspect arabe. Derrière eux sont rassemblés 2000 spécimens de cépages de vignes de tous les pays du monde. A ce terrain fait suite un champ destiné à la création des diverses variétés de céréales.
- Un pavillon spécial est consacré au génie rural. Il
- contient une salle d’exposition des machines, remarquable par son caractère pratique. Chacune des machines exposées est découpée en profil, de façon à instruire les élèves par sa seule vue. On y rencontre, également, des ateliers pour le travail du fer et celui du bois, attendu que tout est fait dans l’école, sans aucune aide de l’extérieur. Ainsi les jeunes gens apprennent à se tirer d’affaire eux-mêmes, en vue du cas où leur future exploitation agricole les laisserait isolés.
- De là, nous passons à la magnanerie modèle, où sont étudiés tous les problèmes concernant le développement de la sériciculture, qu’il ne faut pas négliger. Puis viennent la laiterie et la fromagerie, dotées d’un frigorifique. Le but de leur fonctionnement est toujours l’enseignement, en vue du meilleur rendement.
- Dans la cave-modèle, munie de cuves de fermentation, et de l’outillage perfectionné nécessaire, on apprend la fabrication mécanique du vin.
- Nous ne saurions oublier de signaler les divers laboratoires, d’enseignement et d’expériences, conçus suivant les données les plus modernes. Les maîtres ont les
- leurs, et les élèves également. Dans celui de micrographie chacun dispose d’un microscope.
- Le bien-être des pensionnaires, qui peuvent être au nombre d’une centaine, n’a pas été négligé non plus.
- Les élèves possèdent leur cercle, dans un pavillon à part. Trois salles de lecture permettent d’utiliser les ressources d’une bibliothèque bien fournie, et de nombreux périodiques. Dans les salles de travail, deux élèves se font face à la même table-bureau. Au dortoir l’isolement est obtenu par des cloisons transversales, avec un rideau en guise de porte. Chaque cellule a sa lampe.
- Au réfectoire, d’une propreté méticuleuse, le couvert est mis. Je m’approche d’une carafe, attiré par les reflets dqrés d’un petit vin blanc. C’est un produit de l’école. Il se laisse boire avec agrément.
- Mais l’heure est venue de se rendre au grand amphithéâtre, qui peut contenir 300 auditeurs. Toute l’école s’y trouve réunie, ainsi que Ulnstitut industriel. Et ce m’est une véritable joie d’avoir à parler de la question coloniale et maritime devant cet auditoire attentif.
- L’enseignement de l’école ne comporte pas moins de trente et une chaires, parmi lesquelles une large part a été faite au génie rural, qui englobé les applications mécaniques, hydrauliques et électriques. Mais on ne se contente pas d’y enseigner.
- La station météorologique de l’Institut comprend un service d’avertissements agricoles.
- La station botanique a une superficie propre de 12 ha et possède des collections végétales très intéressantes. C’est là que sont expérimentées, sélectionnées et adaptées les plantes susceptibles d’utilisation dans l’Afrique du Nord.
- A la station botanique est annexé un autre service, qui a pour objet la concentration des graines de coton importées. Il les répartit, ensuite, dans les trois stations expérimentales de la Ferme-Blanche, d’Orléansville et de Barrai, qui en étudient l’acclimatement par variétés et la sélection. De cette façon les colons, auxquels ces graines sont délivrées, ne reçoivent que des semences d’espèces pures et déjà adaptées à la région.
- L’entrée à l’école a lieu au concours, parmi les jeunes gens âgés de 17 ans au moins. Les internes ne paient que 15001 francs par an et les externes 700. La première année d’études se divise en deux parties. Du 1er octobre au 15 juin, travail à l’Institut. Du 15 juin au 15 novembre, tout en réservant les vacances, les étudiants effectuent des stages pratiques, agricoles [et vinicoles à Berteaux.
- Pour la rentrée en seconde année, qui a lieu le 15 novembre, ils doivent remettre, au directeur, un travail original sur une question d’agriculture. Le 13 juillet, après avoir subi l’examen de sortie, ils reçoivent, suivant leur classement, un diplôme de l’Institut agricole d’Algérie, ou un diplôme d’ingénieur de cet Institut.
- S’ils en manifestent le désir, les meilleurs sujets peuvent être autorisés à effectuer une troisième année d’études, soit dans les laboratoires de l’école, soit à l’Institut industriel situé en face. Des facilités diverses
- Fig. 6. — La ferme de Berteaux.
- p.394 - vue 402/598
-
-
-
- 395
- leur sont, en outre, accordées pour se perfectionner en dehors de l’école. Non seulement ils sont admis, de préférence, aux stages pratiques organisés par l’Administration dans ses établissements d’expériences, mais aussi ils sont autorisés à suivre les cours spéciaux des Facultés d’Alger.
- A proximité de cette métropole, dans le voisinage de grands domaines et d’importantes usines, à l’entrée de la plaine aujourd’hui fertilisée de la Mitidja, l’Institut est placé dans des conditions on ne peut plus favorables. Mais cela ne lui suffit pas. Aussi faut-il compter avec ses annexes.
- LES ANNEXES
- Dans les établissements que nous classons sous cette rubrique, il faut distinguer des autres ceux qui sont proprement des annexes appartenant à l’Institut. Parmi les 600 ha de son domaine, 135 seulement l’entourent.
- Sur les hauts plateaux du département de Constan-tine, il possède les 430 ha du domaine de Berteaux, consacrés à la culture des céréales et des fourrages, ainsi qu’à l’élevage. Un centre de motoculture pratique et de culture mécanique y est adjoint. Il rend les plus grands services.
- A Rouiba, il se contente de 15 ha affectés : d’une part à la culture de la vigne, de l’autre à celle des diverses variétés d’arbres fruitiers, plus un verger d’aurantiacées.
- Une autre organisation est à comprendre dans le domaine propre de l’Institut, dont elle n’est que le prolongement. Ce n’est pas le tout que de former de bons agriculteurs coloniaux, encore faut-il leur assurer, à la sortie de l’école, l’emploi des connaissances qu’ils viennent d’acquérir. Tel n’est pas toujours le cas. Pour combler cette lacune, l’association des anciens élèves a fondé Côlonia avec l’appui du gouvernement général.
- En 1925, cette société a acheté un domaine d’une valeur de 1 500 000 francs, qu’elle s’est mise à exploiter. Bientôt, le trouvant trop petit, elle Ta revendu, pour en acheter un plus grand qui puisse être morcelé en vue de l’établissement des anciens élèves dans l’attente d’une situation.
- Qu’il nous soit permis de regretter que, dans la liste des appelés à bénéficier de lots de colonisation, les diplômés de l’Institut, qui devraient être mis au premier rang, ne soient classés qu’après les mutilés, les anciens combattants, les officiers ou fonctionnaires, et bien d’autres.
- Ceci dit, passons à l’énumération des stations où peuvent être admis des stagiaires appartenant à l’Institut, ou des stagiaires libres à leur défaut, création qui remonte au mois d’octobre 1919.
- L’Ecole d’Agriculture de Philippeville, de 180 hectares, est consacrée aux cultures du littoral méditerranéen. L’Ecole d’Agriculture de Sidi-bel-Abbès affecte ses 195 hectares aux espèces cultivées sur les plateaux oranais. Les 100 hectares de la Ferme-Ecole expérimentale d’Aïn-Têmouchent sont affectés à la grande culture. Celle de Guelma, d’une égale étendue, travaille l’olivier, les céréales et l’élevage. >
- Ainsi que nous l’avons indiqué, dans les trois stations
- Fig. 7. — L’école d’horticulture dans le jardin d’essai du Hdmma : les bâtiments d’internat vus de l’allée des platanes.
- de la Ferme-Blanche (département d’Oran), d'Orléans-ville (département d’Alger) et de Barrai (département de Constantine), on étudie la culture du coton. De plus, la première fait de l’arboriculture fruitière, et la troisième du tabac.
- La Station d’élevage de Tadmit, dans les territoires du Sud du département d’Alger, est consacrée au mouton. Celles d’Aïn-ben-Noui et d’El-Afrianese distinguent par la culture des palmiers et autres plantes des oasis.
- Logés gratuitement, les stagiaires doivent rembourser leur nourriture et les autres frais les concernant. Us sont tenus de participer effectivement aux travaux d’exploitation, ce qui leur vaut, dès que leur rendement la justifie, une rémunération de nature à couvrir leurs frais. Ceux qui sont admis à Maison-Carrée peuvent,: en cas de places disponibles, y prendre pension pour 150 francs par mois.
- L’ÉCOLE D’HORTICULTURE
- Presque depuis le lendemain de la conquête existait., aux portes d’Alger, le jardin d’essai du Hamma, qui n’a
- Fig. S. — L’enlrée de l’école ménagère dans le jardin d’essai.
- p.395 - vue 403/598
-
-
-
- == 396 ...................t=tt:.t-..................=
- fait que croître en beauté, et dont la réputation est universelle. A différentes époques la Société d’Horticulture d’Algérie avait demandé qu’on y installât une école de jardinage. C’est pour donner satisfaction à ces vœux qu’un décret du 5 juin 1914 vint décider qu’un centre d’apprentissage horticole et de formation de jardiniers y serait créé. Mais c’est seulement en 1918 que fut fondée l’Ecole d’Horticulture du Jardin d’Essai du Hamma.
- Cette institution ne comprend que des internes. Son but est de former : d’abord des jardiniers aptes à la culture maraîchère arboricole ou florale, ensuite des chefs ou sous-chefs pour les parcs, les pépinières ou les jardins d’agrément.
- Au nombre d’une quinzaine chaque année, les élèves y sont admis entre 12 et 18 ans. Leurs travaux pratiques compensent les frais de leur entretien. Afin de stimuler leur zèle, des primes leur sont attribuées, dont l’accumulation, entre les mains de l’économe, leur constitue un pécule à la sortie de l’école.
- L’instruction qui leur est donnée, est à la fois théorique et pratique. Pendant 6 h. 30 par jour, ils travaillent sous la direction des chefs de carré du jardin. C’est ainsi qu’on leur enseigne : la taille des arbres fruitiers et celle de la vigne, la multiplication et la culture des végétaux, celle des plantes potagères aussi bien que des plantes d’ornement, les soins à donner aux animaux domestiques, la création et l’entretien des parcs et jardins.
- A l’atelier ils apprennent le maniement des outils et des machines dont ils auront à faire usage, ainsi que les moyens de les réparer en cas d’avaries.
- Outre les collections végétales, de jour en jour plus riches, du Jardin, ils ont à leur disposition : les pépinières, les serres, les salles d’emballage, le parc d’aviculture et l’insectarium qui constituent un ensemble unique.
- L’enseignement spécial porte sur : la zoologie, l’hygiène de l’homme et des animaux domestiques, l’entomologie, la chimie, la physique, la météorologie, dans leurs applications à l’horticulture. A cet effet, un vétérinaire et un conseiller agricole sont adjoints au personnel jardinier. Les deux premières années se passent à l’école. La troisième est utilisée en stages de spécialisation à l’extérieur, tant dans les stations officielles que chez les horticulteurs, les pépiniéristes, ou les producteurs de primeurs.
- En fin d’études, les élèves qui ont obtenu un nombre de points satisfaisant se voient délivrer un certificat d’instruction horticole, qui facilitera leur placement. Ils peuvent, également, solliciter leur admission aux Ecoles d’Agriculture de Philippeville ou de Sidi-bel-Abbés.
- L’agréable se joint, ici, à l’utile, avec d’autant plus de raison que les jardins sont nécessaires au plaisir des yeux comme à la santé du corps, qu’ils soient mis à la disposition du public ou qu’ils appartiennent à des particuliers.
- L’ÉCOLE MÉNAGÈRE AGRICOLE
- Le cycle de l’enseignement agricole n’eût pas été complet si on y avait oublié la femme, cheville ouvrière de toute bonne exploitation fermière. Si l’on veut qu’elle remplisse utilement un rôle de première importance, il
- est bon de l’y avoir préparée par un enseignement méthodique.
- C’est ce à quoi pourvoit l’Ecole ménagère agricole, créée, en 1918, dans ce même Jardin d’essai du Hamma, qui lui constitue un cadre véritablement idéal.
- Les études y sont théoriques et pratiques, avec un nombre d’heures double pour ces dernières. On y trouve des internes qui paient 200 francs par mois, des boursières et des externes. Toutes doivent être âgées de 15 ans au moins.
- L’enseignement s’adresse à diverses catégories d’élèves. Les élèves-maîtresses des écoles normales de deuxième année y font un stage de deux mois dans la période qui va du début de l’année scolaire aux vacances de Pâques. C’est là une pratique dont on ferait bien de s’inspirer dans la métropole où l’enseignement primaire, dans les campagnes, demeure beaucoup trop omnibus et livresque.
- De Pâques aux grandes vacances c’est au tour des futures ménagères rurales de venir s’instruire pour mieux remplir, plus tard, leurs multiples devoirs.
- Enfin des dames et demoiselles d’Alger sont admises à participer à des journées ménagères organisées à leur usage. On y traite de la cuisine, des conserves alimentaires, de l’entretien de la maison, du mobilier, du linge et des vêtements.
- Les élèves ont à leur disposition des locaux d’enseignement pourvus de tout ce qui concerne le ménage. Dans la ferme-annexe elles trouvent une laiterie avec l’outillage nécessaire à la fabrication du beurre et du fromage. Sur 3000 mètres carrés s’élève un parc d’aviculture avec salles d’incubation, d’élevage et d’engraissage des volailles de diverses races.
- Ces installations en miniature sont complétées par l’adjonction d’un clapier, d’une porcherie et d’une bergerie.
- Ainsi éduquées, les futures femmes de colons seront, dans toutes les circonstances, à même de remplir leur tâche, à la satisfaction de tous, pour le plus grand bien de l’exploitation rurale. S’y intéressant avec intelligence elles n’en éprouveront que plus d’attachement à cette terre, source de prospérité pour toute la famille, ainsi que pour le pays.
- CONCLUSION
- Comme on a pu le voir, l’instruction agricole, conçue d’après un plan raisonné, se développe, en Algérie, à mesure des besoins. Avec l’extension dès cultures, d’où la colonie tire sa principale richesse, les stations se multiplient. Dans l’enseignement, ainsi distribué, on a fait fort judicieusement deux parts : celle des colons et immigrants et celle des indigènes, dont il faut améliorer les procédés.
- La période des tâtonnements, après un siècle de colonisation, est terminée. Désormais on procède à coup sûr, sans tolérer de vaines expériences individuelles qui n’amènent, trop souvent, que des déboires.
- Toutes les cultures doivent être rationnelles. Pour y parvenir on a déjà pas mal fait; mais il reste encore beaucoup à faire. C’est pourquoi il est nécessaire d’étendre et d’encourager l’enseignement agricole sous toutes ses formes. G. de Raulin.
- p.396 - vue 404/598
-
-
-
- LES CABLES TÉLÉPHONIQUES SOUTERRAINS
- Les Etats-Unis, en raison de leurs besoins commerciaux et de l’immense étendue de leur territoire, ont senti la nécessité de réaliser la téléphonie sur les longues distances, bien avant les Etats européens.
- La pupinisation des lignes d’une part, la découverte de la lampe à trois électrodes par de Forest d’autre part, ont permis cet énorme progrès en agissant sur la qualité de l’audition et sur l’amplification des courants téléphoniques. Peu à peu l’Europe entière s’est couverte d’un réseau de câbles souterrains comportant un si grand nombre de conducteurs que les relations téléphoniques s’en trouvent fortement améliorées.
- L’étude du réseau français, dont l’exécution se poursuit sans arrêt depuis 1925, va nous permettre d’exposer sommairement la technique téléphonique actuelle, si différente de ce qu’elle était encore, il y a à peine quelques années. La carte que nous reproduisons montre l’état d’avancement de ce réseau; il nous est donc inu-
- Fig. 2. — Coupe du câble de Paris-Lyon.
- Les 37 quartes 00 à 36 servent aux communications à 2 fils. Les 37 quartes 1-37 à 73 forment les circuits à 4 fils Paris-Lyon. Les 37 quartes 74 à 110 forment les circuits à 4 fils Lyon-Paris.
- Diam. extérieur 7Ô%5 D. sur feuillard 73 %5 .D. sous feuillard 69%) 5
- -D. sous plomb 58 m/n
- Fig. 1.
- Photographies du câble Paris-Strasbourg.
- tile de présenter une nomenclature des câbles qui le constituent (fig. 4).
- L’un des premiers câbles posés fut celui de Paris à Strasbourg. Sa construction et son équipement ont servi de pierre de touche à l’Administration des P. T. T. pour déterminer les conditions d’exploitation d’après la tenue de ce câble. Il fut mis en service au mois d’août 1925.
- Il est constitué par quatre cents conducteurs de 9 dixièmes de mm de diamètre ou de 1 mm suivant leur destination. Chacun d’eux est entouré d’un ruban de papier sec qui l’isole de son voisin et les deux fils formant un circuit sont tordus en hélice. On a évité l’induction entre deux paires de fils en les enroulant également les unes sur les autres suivant un pas déterminé. C’est d’ailleurs le principe admis depuis longtemps pour les circuits aériens dont les croisements sont effectués à des distances convenables. Quatre circuits constituent ce que l’on nomme une quarte. Ce groupement ne présente aucun caractère fantaisiste; il répond aux besoins de la technique moderne en permettant d'approprier les deux circuits ainsi assemblés à la constitution de circuits fantômes, ainsi que nous le verrons plus loin.
- En général, l’isolement sous papier laisse un vide entre chaque fil. Ce vide est utilisé pour envoyer dans le câble un courant d’air sec destiné à enlever l’humidité qui aurait pu s’y accumuler.
- Ainsi constitué, le câble est recouvert d’une couche de coton, puis d’une enveloppe de plomb de 3 mm d’épaisseur. Tel quel, un câble peut être simplement suspendu sur des supports aériens; mais s’il doit être enfoui dans le sol, à 60 ou 80 cm de profondeur, comme celui de Paris à Strasbourg, on le protège par une armure faite de deux feuillards d’acier de 1 mm d’épaisseur, enroulés en spirale. Enfin des couches de jute sont encore appliquées sur l’enveloppe de plomb et sur l’armure extérieure.
- On remarque, sur notre photographie (fig. 1), que les fils du câble sont groupés en deux parties séparées par un. écran d’aluminium, d’ailleurs déformé pendant les opérations d’usinage. La partie centrale comporte 48 fils de 1 mm, 3 de diamètre, réservés initialement aux échanges
- p.397 - vue 405/598
-
-
-
- 398
- télégraphiques. Il serait également bien difficile de reconnaître les trois couches concentriques qui constituent l’ensemble des autres conducteurs. La première de ces couronnes de fils, celle qui enveloppe immédiatement la partie centrale, comprend 64 fils de 1 mm, 3 ; la seconde 120 fils de 0 mm, 9 et la troisième 144 fils de 0 mm, 9. Le câble est donc à 376 conducteurs.
- Si l’on rapproche les coupes des câbles de Paris à Lyon, de Lyon à Marseille, de Paris à Bordeaux, de celui de Paris à Strasbourg, on remarque que dans les premiers les fils sont groupés d’une manière différente. C’est que le câble de Paris à Strasbourg a servi, en quelque sorte, de câble d’expérience, expérience dont a largement bénéficié celui de Paris à Marseille.
- La distinction entre les fils télégraphiques et les fils téléphoniques a été abolie et, à la suite de travaux extrêmement importants, l’exploitation des deux modes de correspondance a pu être unifiée. C’est là un très grand progrès dont vient également de bénéficier le câble de Paris à Strasbourg d’ailleurs, son équipement en bobines de charge (nous en parlerons plus loin), ayant été complété sur les fils jusqu’alors réservés à l’exploitation télégraphique par l’ancien système.
- De Paris à Lyon, le câble comporte 111 quartes, soit 444 fils, distribués par couronnes concentriques très régulières autour de la quarte centrale. Celle-ci est entourée d’une couronne de six quartes, puis de
- Fig. 4. — L’état actuel du réseau français des câbles téléphoniques souterrains.
- En trait plein : les câbles en service. En trait interrompu : les câbles en construction. En trait double : les câbles projetés. Les. petits cercles indiquent les stations munies d’amplilicateurs ou répéteurs.
- Diam. extérieur Ô2m/m D. sur feuillard 77 m/m D. sous feu il lard 73 m/m
- ,,D. sous plomb 61,5 r%?
- Fig. 3. — Coupe du câble Lyon-Marseille.
- Ce câble comporte 31 quartes à 2 fils (00 à 30), 30 quartes à 4 fils. Lyon-Marseille (31 à 60), 30 quartes à 4 fils, Marseille -Lyon (61 à 90).
- deux autres couronnes dont les fils sont tous de 1 mm, 3 de diamètre ainsi que ceux des couronnes enveloppées. Les deux couronnes extérieures sont faites de fils de 0. mm, 9 seulement. Toutes les quartes sont numérotées. Celles de 00 à 36, destinées aux communications à deux fils, sont entourées d’un filin de coton blanc. Les quartes de 37 à 73, entourées de filins bleus sont réservées aux communications à quatre fils, dans le sens Paris-Lyon. Les 37 suivantes, de 74 à 110, entourées de filins rouges, assurent les communications à quatre fils dans le sens Lyon-Paris. Les colorations sont destinées à permettre de différencier les groupes, sans erreur possible, pendant la confection des épissures. Enfin, chaque groupe est numéroté à partir de la quarte entourée d’un filin noir, indiqué sur notre dessin (fig. 3). La section de Lyon à Marseille diffère quelque peu de la précédente parce que les stations de relais amplificateurs ont été placées à des distances plus grandes que dans la première section. Le câble est à 91 quartes, toutes constituées par des fils de 1 mm, 2 de diamètre. La distinction entre les circuits à deux fils et ceux à quatre fils est maintenue, mais les premiers sont équipés avec des amplificateurs tous les
- p.398 - vue 406/598
-
-
-
- 399
- 100 km, tandis que les seconds ne le sont que tous les 200 km. Les 7 quartes du centre et les 24 quartes de la troisième couronne sont attribuées aux circuits à deux fils et les autres aux circuits à quatre fils. Le câble contient 364 conducteurs. Ici encore des filins de couleur différencient les quartes dans les mêmes conditions que précédemment. Les deux câbles sont également protégés par une enveloppe de plomb, qui est, en réalité, un alliage de plomb et d’étain d’une épaisseur de 3 mm, plus résistant au point de vue mécanique et moins sujet que le plomb pur à la corrosion cristalline dans les endroits où le câble peut être soumis à des vibrations sous l’action du passage des voitures, sur les ponts notamment. Pour éviter les corrosions chimiques ou électrolytiques, le câble a été protégé par places, notamment dans la traversée de Marseille, d’une gaine de compound sous fers zorès.
- Normalement, les câbles doivent être enfouis à 80 cm de profondeur; mais, en terrain rocheux, on tolère 50 cm. Si, pour une raison quelconque, on doit le rapprocher encore de la surface du sol, on le protège par des fers zorès, par des tuyaux de fonte de 125 mm de diamètre, ou par des dalles de béton. Pour les opérations de pose on utilise des tambours (tourets) portant 230 m de câble et pesant 5 tonnes, installés sur une remorque dérouleuse à plaque tournante. Le câble passe sur un bras à galets et descend directement dans la tranchée sans subir de torsion (fig. 5). Quant à la traversée de Paris, jusqu’au central téléphonique de la rue des Archives (interurbain), elle s’effectue dans une galerie.
- Fig. 6. — Excavalrice Siemens et Halske, creusant la tranchée, posant le câble et le recouvrant de terre.
- Le câble de Paris à Bordeaux, fourni à la France par l’Allemagne, au titre des réparations, a une longueur de 562 km. Il est à 202 paires de conducteurs. Comme dans les câbles précédents, les paires sont tordues deux à deux pour former des quartes. 43 quartes sont réservées au service à deux fils pour les communications à moyenne distance et 58 au trafic à quatre fils réservé aux communications à grandes 'distances entre le sud de la France, l’Espagne et l’Europe du Nord (Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne, etc.).
- jFig. o. — Déroulement du câble dans la tranchée.
- Les 61 quartes centrales sont faites de fils de l:mm, 2 de diamètre. Les quarante quartes qui appartiennent à la couche enveloppante comportent des fils de 0 mm; 9 de diamètre seulement. L’ensemble est protégé contre l’humidité par une enveloppe de plomb de 2 mm, 8 d’épaisseur, entourée d’une armure composée de 34 fils d’acier de section trapézoïdale, enveloppée encore d’une couche de jute. Signalons cette particularité qu’une partie de la tranchée du câble a été creusée à l’aide d’un excavateur spécial, équipé pour poser le câble et le recouvrir de terre d’une manière discontinue (fig. 6). Mais dans les terrains résistants il a été nécessaire de recourir à la pelle des terrassiers.
- LES CIRCUITS FANTOMES
- L’exploitation d’un câble téléphonique moderne est le fruit d’une technique excessivement ardue qui a permis de multiplier les circuits et de supprimer, ou tout au moins d’atténuer fortement tous les effets dus à la longueur du câble et aux phénomènes extérieurs qui rédui-
- Fig. 7. — Circuits combinés donnant 3 communications téléphoniques (principe des circuits^fantômes).
- !
- XIS— Circuit réel -gi 6
- T Postes téléphoniques ) c ^Postes ' téléphoniques
- Vid T «=î Circuit réel usri Y
- p.399 - vue 407/598
-
-
-
- 400
- Fig. 8. — Le câblage de 2 circuits réels et appropriés.
- saient le champ d’action de la téléphonie et enfin de renforcer les courants de travail. Il nous paraît intéressant de donner quelques indications générales sur tous ces phénomènes et les procédés mis en œuvre pour éviter les inconvénients dont ils sont la source.
- En premier lieu, nous parlerons des circuits fantômes, dits aussi circuits appropriés, qui permettent d’augmenter de 50 pour 100 le rendement, d’un câble^téléphonique.
- On a donné à ces circuits ce nom bizarre parce qu’ils permettent d’établir des communications supplémentaires en reliant simplement deux circuits réels, à chaque extrémité par une bobine spéciale. Deux circuits réels, ainsi équipés, donnent un circuit fantôme (fig. 7).
- Pour que la troisième communication, ainsi réalisée, ne constitue pas une gêne pour celles qui la supportent, les transformateurs de combinaison qui terminent ces circuits ont leurs primaires reliés deux à deux, exactement au milieu de l’enroulement. C’est-à-dire que l’équilibre électrique de ces enroulements doit être assuré rigoureusement, ainsi d’ailleurs que celui des quatre fils qui constituent les circuits appropriés.
- Comme il est à peu près impossible d’associer quatre circuits avec des conducteurs dont l’équilibre électrique soit rigoureux, on remédie à cet inconvénient par le
- Fig. 10. — Bobine Pupin à 2 enroulements pour circuits à 2 fils.
- câblage des fils qui s’effectue comme le montre notre figure 8. Les fils de chaque circuit sont d’abord câblés séparément, puis les circuits câblés à leur tour l’un sur l’autre.
- LA PUPINISATION
- L’invention du professeur Pupin date de 1900. Il imagina d’introduire de distance en distance, sur les lignes, des bobines dites de charge, bobines d’induction, qui améliorent la qualité du circuit en combattant les effets fâcheux de la capacité de la ligne.
- Sur les circuits simples constitués par deux conducteurs, ces bobines sont à deux enroulements. Pour pupi-niser les circuits fantômes, plusieurs systèmes ont été employés. Celui de M. Campbell est le plus fréquemment utilisé aux Etats-Unis.
- Considérons d’abord les bobines des circuits réels. On voit, sur la figure 9, que chaque noyau comporte deux enroulements intérieurs et deux enroulements extérieurs en série, de telle manière que l’enroulement exté-
- : Bobines né.el les
- Bobine fantôme
- Circuit née/ N0/
- Enroulements intérieurs Enroujèments extérieurs
- fui
- Circuit, réel
- Fig. 9. — Equipement de 2 circuits appropriés avec les bobines de charge Pupin.
- rieur du fil 1, par exemple, devienne l’enroulement intérieur du fil 2, c’est-à-dire qu’il passe de la première moitié du noyau à la seconde moitié pour devenir ensuite fil de ligne. On obtient ainsi une action concordante du courant du circuit réel sur tout le noyau. Chaque bobine réelle charge le circuit de la même façon qu’une bobine pour circuit ordinaire, mais quand le courant du circuit fantôme traverse la bobine réelle, il passe en parallèle dans les deux lignes d’une paire et les enroulements n’ont pas d’effet inductif.
- Quant à la pupinisation du circuit fantôme, elle est réalisée à l’aide d’une bobine spéciale comportant huit enroulements répartis uniformément sur le noyau par quadrant. Il y a également pour chaque quadrant un enroulement intérieur et un enroulement extérieur. Ces enroulements sont disposés de telle sorte que celui extérieur du quadrant A devient l’enroulement intérieur du quadrant opposé B pour constituer ensuite le fil de ligne. Mais pour le courant fantôme, les enroulements des deux lignes, constituant un circuit réel, sont connectés en parallèle et les deux paires de lignes sont réunies en série.
- On voit donc que, en principe, une bobine Pupin est
- p.400 - vue 408/598
-
-
-
- constituée par un noyau annulaire comportant deux enroulements différents affectés chacun à une moitié de l’anne au. Cet anneau était primitivement constitué par des di sques de 3 centièmes de millimètre d’épaisseur, posés 1 es uns sur les autres. On utilisa ensuite des noyaux en fil de fer de un dixième de millimètre de diamètre ; mais ils ne purent pas résister à l’action perturbatrice des co urants à haute tension. Ils furent alors remplacés partout par des noyaux constitués par une poudre de fer doux comprimée, chaque grain de cette poudre étant enveloppé d’une matière isolante. La compression est de l’ordre de 10 000 kg par centimètre carré.
- En raison du grand nombre de fils co.ntenus dans le
- Fig. 12. — Pot de charge contenant les bobines Pupin.
- câble, l’équipement de ces fils én bobines Pupin exige des emplacements très importants. Aussi, de distance en distance, la fouille normale destinée à l’enfouissement du câble est-elle complétée par l’aménagement de véritables chambres souterraines dans lesquelles prennent place les pots de charge contenant les bobines.
- Dans la technique allemande, chaque bobine est placée dans un capot métallique individuel qui absorbe les courants de Foucault créés par les faibles champs magnétiques provenant d’influences externes. Ces capots sont remplis par une matière isolante qui éloigne l’humidité des bobines tant qu’elles n’ont pas pris place dans la caisse étanche qui constitue le pot de charge.
- Le système américain consiste à assembler les bobines les unes au-dessus des autres, sur des cales en bois dans des pots en acier moulé remplis d’un protecteur contre l’humidité. Les pots sont
- disposés les uns à côté des autres dans les chambres souterraines et raccordés au câble (fig. 12, 13,14 et 15).
- L’AMPLIFICATION DES COURANTS TÉLÉPHONIQUES
- Si, à l’origine d’un long tuyau pneumatique, on imprime à un piston un mouvement de va-et-vient qui détermine l’envoi, dans le tuyau, d’ondes de pression et de dépression successives, ces mouvements peuvent être répétés automatiquement par un second piston s’il n’est pas trop éloigné du premier. Dans le cas contraire, le frottement de l’air sur la paroi du tuyau ne permet pas la transmission. Mais si on remplace le second piston
- 401
- par une légère soupape, celle-ci peut encore obéir aux aller et retour du piston. Elle peut donc être utilisée pour commander une pompe aspirante et foulante, installée près d’elle, qui sera alors susceptible de répéter, dans la seconde section du tuyau, les pressions et dépressions d’air de la première section. Cette soupape et la pompe constituent un relais amplificateur. Si le tuyau est très long on peut installer sur tout son parcours un certain nombre de ces relais afin de permettre au piston extrême de répéter tous les mouvements du piston transmetteur. Un tel système peut permettre de comprendre le principe de l’amplification téléphonique.
- Le relais Brown avait tenté cette amplification. Mais l’avènement des lampes à trois électrodes apporta au problème de l’amplification des courants téléphoniques la solution définitive. Notre figure 16 est un schéma de la lampe amplificatrice habituellement employée.
- Le filament en forme de V est. au centre; il est encadré par deux grilles et, vers l’extérieur, par les plaques métalliques. Rappelons que si le filament est porté à une haute température par le courant de la batterie de chauffage, il produit une grande quantité d’électrons nécessaires au transport du courant dans l’espace
- vide. Les plaques étant Fig- 13’ - Chambre souterraine contenant
- L x , ae.R noix rip. r.nnrnp.
- portées à une certaine tension par leur batterie, les particules émises par le filament tendent à traverser la grille pour se précipiter sur la plaque ; il se produit alors un courant dans le circuit filament-plaque. Si l’on applique de faibles tensions entre la grille et le filament, le flux d’électrons est influencé et l’intensité du courant de plaque varie.
- Tout se passe donc exactement comme en T. S. F.
- Tant que la grille est négative par rapport au filament, aucun courant ne passe dans le circuit grille-filament et les varia- : tions de potentiel de la grille produisent un courant et des varia.
- ___> Indique le courent.
- > Indique le flux.
- Fig. 11. —• Schéma d’une bobine de charge Pupin à 2 enroulements pour circuits à 2 fils.
- +
- p.401 - vue 409/598
-
-
-
- 402
- tions d’énergie dans le circuit plaque sans dépense
- Fig. 15. — Vue extérieure d’une chambre souterraine pour bobines Pupin avant remblai.
- d’énergie. C’est cette propriété de l’appareil combiné avec le fait que de petites variations de potentiel de grille produisent des variations de courant dans le circuit plaque correspondant à de fortes variations de potentiel dans ce circuit qui en ont fait un si merveilleux amplificateur quand il est bien construit et réglé.
- Dans la figure 17 on remarque que, à chaque station amplificatrice chacun des circuits à deux fils « Est » est relié au circuit correspondant à 2 fils « Ouest » par deux circuits à deux fils dans chacun desquels on a introduit un amplificateur à un sens. Le fait d’employer des amplificateurs à un seul sens permet une sensible simplification dans l’équipement des stations amplificatrices intermédiaires et une bien plus forte amplification à chaque lampe.
- Nous avons vu plus haut qu’un certain nombre de circuits sont à quatre fils. Notre figure 18 montre l’équipement de l’un de ces circuits qui permet une bien meilleure audition que si la quantité de cuivre absorbée par les quatre fils était affectée à la constitution d’un circuit à deux fils. Il est même possible de constituer des circuits mixtes avec des sections extrêmes à quatre fils et des sections intermédiaires à deux fils (fig. 19).
- LES AMÉLIORATIONS EN TÉLÉPHONIE
- La qualité d’une conversation téléphonique dépend de la suppression ou tout au moins, de la forte atténuation de phénomènes perturbateurs comme la distorsion, les effets d’écho, la diaphonie, etc.
- Avant l’application des bobines Pupin et des lampes amplificatrices à la téléphonie, les conversations sur des distances de quelques centaines de kilomètres ne pouvaient être assurées qu’en utilisant des fils de cuivre de 5 mm de diamètre.
- Or, dans les câbles, le diamètre des fils est beaucoup plus faible. Ils présentent donc une plus grande résistance au passage des courants; de plus, comme ils sont très rapprochés les uns des autres, ils offrent une grande capacité mutuelle.
- Les courants de conversation qui, au départ de l’appareil, sont en général de l’ordre de 1 à 2 milliampères, s’affaiblissent . alors très vite ; ils seraient incapables d’assurer une communication sur plus de 25 à 30 km si les bobines Pupin n’intervenaient
- Fig. 16.
- La lampe amplificatrice.
- Batterie d£chauffe
- h|i|i|i|i|i1—MM
- Batterie
- Batterie plaques
- p.402 - vue 410/598
-
-
-
- 403
- Ligne Ouest
- Entrée
- Amplificateur
- N°1
- Sortie y
- Equilibreur
- Transformateur de sortie
- Transformateur de sortie
- Fig. 17. — Installation d’amplificateurs sur une ligne à 2 fils.
- pour réduire l’affaiblissement de la ligne dans une proportion que l’on estime à un tiers environ. Les relais amplificateurs assurent alors une transmission beaucoup plus efficace, sur de très longues distances.
- D’autre part, l’affaiblissement d’une ligne téléphonique n’est pas le même pour toutes les fréquences. Or les
- c) \ ?
- «CaaX.. Q :
- Fig. 20.
- Au cours de la pose d’un câble : confection d’une #e«#arEr~-^
- Abonné
- \Equiiibreur
- •Répète vers Sué
- Répète vers Nord
- Répète vers Sud
- Répète vers Nord
- \ ) \ \
- Fig. 18. — Constitution d'un circuit à 4 fils.
- Fig, 21.
- Fig. 19. -- Constitution d'un circuit mixte à 4 fils et à 2 fils.
- Au cours de la pose d'un câble : soudure d’un manchon d'épissure.
- p.403 - vue 411/598
-
-
-
- = 404 ' ....=
- modulations de la parole donnent naissance à des courants de fréquences très différentes. C’est pourquoi l’on assiste, à la réception, à des. déformations auxquelles on donne le nom de distorsion linéaire. Comme les lignes sont également affectées par des influences extérieures qui introduisent des fréquences parasites, la parole se trouve encore déformée par cette autre cause de trouble, dite distorsion non linéaire. La pupinisation réduit encore la distorsion, surtout depuis que les noyaux des bobines ont été établis avec des grains de fer agglomérés. Elle est d’ailleurs à peu près complètement éliminée par l’emploi'de dispositifs correcteurs à l’entrée des relais amplificateurs qui agissent sur les fréquences.
- Un autre phénomène qu’il a fallu combattre également est celui de l’écho. Les ondes se propagent à la vitesse moyenne de 16 000 km par seconde, sur un circuit pupinisé; par conséquent une onde arrive en un seizième de seconde à l’extrémité d’un circuit de 1000 km. Mais si l’équilibre des circuits n’est pas assuré d’une manière absolue, une petite partie du courant transmis
- revient au poste de départ et provoque la naissance de bruits désagréables pour celui qui parle, une sorte de résonance de la parole qui, ' par surcroît, diminue l’intelligibilité de la conversation. On supprime la production du phénomène par des étouffeurs d’écho à lampes détectrices constitués de telle sorte que le courant de transmission coupe la transmission dans le sens opposé par arrêt d’un amplificateur.
- Quant à la diaphonie, due aux inductions électromagnétiques ou électrostatiques, elle a pu être supprimée pendant la construction du câble par le câblage des circuits.
- On voit que la téléphonie n’est plus ce qu’elle était autrefois : deux appareils réunis par un circuit à deux fils. Pour se développer, elle a dû s’enrichir d’appareils nouveaux, empruntés pour la plupart à la T. S. F. Les deux techniques se sont ainsi donné la main pour le plus grand bien de l’une et de l’autre, et à notre profit.
- Lucien Fournier.
- = UNE LOCOMOTIVE A HAUTE PRESSION =
- D’UN NOUVEAU TYPE :
- ON PORTE A 100 ATMOSPHÈRES LA PRESSION DE SERVICE
- DES LOCOMOTIVES
- L’administration des chemins de fer allemands s’attache, depuis quelque temps, à réduire par tous les moyens possibles la consommation de combustible de ses locomotives. Sans rien changer à la construction tradi-
- tionnelle, rien qu’en employant une surchauffe considérable, en réduisant au minimum les espaces nuisibles et en soignant les surfaces de chauffe de la chaudière et du surchaufîeur, elle a réalisé une première économie de 10 pour 100. Grâce à l’emploi de la condensation il lui a été possible d’étendre vers le bas l’échelle des pressions; dans le même ordre d’idées, on a construit des locomotives à turbines, dont deux types, de Ivrupp et de Maffei respectivement, viennent de commencer leur service régulier. Or, étant données les grandes difficultés de construction que soulèvent les essais de ce genre, on a cru pouvoir aller plus loin encore en étendant l’échelle des pressions vers le haut, c’est-à-dire, en choisissant des pressions de service aussi élevées que possible.
- Après une première tentative assez intéressante avec le système Schmidt à haute pression, l’Administration des Chemins de Fer s’est orientée vers le système préconisé par le regretté Dr Loffler, professeur à l’Ecole polytechnique de Charlottenbourg, qui, dans le cas des locomotives d’express, promettait des résultats particulièrement concluants. La locomotive à 100 atmosphères que viennent de construire les ate-
- PÎQ' i, — Schéma des organes de la locomotive à 100 atmosphères.
- Réchauffeur d'eau h.p.
- Surchauffeur haute pression
- 18at. Y .
- r-----Q [droite
- Cylindre b.p.
- fbrtie haute pression t Cycle fermé )
- Fbrtie basse pression (échapp tef alimentât °feneau fraîche ) Air de combustion et fumée
- p.404 - vue 412/598
-
-
-
- 405
- Fig. 2. — La locomotive à 100 atmosphères système Loffler.
- liers mécaniques Schwartzkopff, à Berlin, réalisera certainement, en service régulier, une économie de 40 à 45 pour 100, ce qui lui permettra d’effectuer avec une charge donnée de charbon et d’eau des parcours accrus en proportion.
- Le mode de fonctionnement de cette locomotive est le suivant : La boîte à feu comporte des tubes étroits reliés à deux tubes collecteurs et qui, d’autre part, communiquent avec un autre système de serpentins disposés à l’avant. Une pompe de circulation à fonctionnement automatique force de la vapeur à 100-120 atmosphères à travers ces serpentins, en la surchauffant à 450 degrés C. Ces serpentins, on le voit, constituent un surchaufîeur à haute pression. Tandis qu’une partie de cette vapeur s’écoule vers les cylindres à haute pression, une autre partie — bien plus grande celle-là — se rend à l’évapo-rateur haute pression, tambour partiellement rempli d’eau, laquelle se trouve ainsi vaporisée. La pompe de circulation évacue la vapeur saturée ainsi produite et le même cycle recommence.
- Au sortir des cylindres à haute pression, la vapeur va traverser l’échangeur de chaleur, chaudière à basse pression, conçue comme la chaudière longitudinale d’une locomotive ordinaire, sauf que les tubes à fumée sont
- parcourus par la vapeur d’échappement et non par les gaz de la boîte à fumée. La vapeur basse pression engendrée par cet échangeur est portée — dans un surchauffeur basse pression — à la température de 350 degrés C., après quoi elle se rend vers un cylindre basse pression. Après y avoir fourni son travail, elle est enfin, jDar une conduite ordinaire d’échappement, évacuée par la cheminée où elle produit une aspiration des gaz brûlés du foyer comme dans les locomotives ordinaires. L’eau d’alimentation est forcée, à - travers un réchaufïeur, vers l’échangeur de chaleur.
- On établit, de cette manière, un cycle fermé de vapeur haute pression, où une quantité donnée d’eau pure circule de façon continue. Seul l’échangeur de chaleur reçoit de l’eau fraîche, c’est donc le seul organe où peuvent se produire des dépôts et incrustations. L’échangeur de chaleur n’étant point en contact avec le feu, ces incrustations sont parfaitement anodines.
- On met la locomotive en fonctionnement en amenant, de l’extérieur, de la vapeur à l’évaporateur haute pression et au tuyau de la pompe de circulation. Lorsqu’on a ainsi produit une pression de vapeur suffisante, on allume le feu et l’on coupe l’admission de la vapeur extérieure.
- D A. Gradenwitz.
- p.405 - vue 413/598
-
-
-
- MATÉRIEL CINÉMATOGRAPHIQUE D’AMATEUR1
- Il - LES APPAREILS DE PROJECTION
- Fig. 1. — Le “ Kodascope C ” vu du côté mécanisme.
- ' De même que le matériel de prise de vues, celui établi pour la projection animée au moyen du film de 16 mm se distingue par une grande facilité d’emploi. Dans tous les cinéscopes de ce format, la source de lumière consiste en une lampe électrique à filament, ce qui élimine toute difficulté de réglage en même temps que tout 1. Voir La Nature du 15 septembre 1929.
- Fig. 2. — Le “ Kodascope C ” vu du côté lampe et moteur.
- risque d’incendie; dans tous, le mécanisme d’entraînement est actionné électriquement. La consommation de courant reste toujours assez faible pour être empruntée à une canalisation d’appartement.
- KODASCOPE C
- La Société Kodak a été l’une des premières à construire des projecteurs de ce genre.
- Le «Kodascope C» (fig. 1), qui est le modèle le plus courant, se présente sous une forme extrêmement simple. Le bâti est constitué par deux plaques métalliques, dressées verticalement sur un socle d’aluminium fondu et maintenues à l’écartement voulu par des entretoises: l’une de ces plaques est pourvue d’un retour à angle droit, sur lequel est vissé l’objectif. Au bâti sont accolés, à gauche en regardant vers l’écran, le moteur électrique et la lanterne (fig. 2) ; à droite, le mécanisme de guidage et d’entraînement. Certains organes, tels que l’obturateur et la transmission reliant le système à griffes au tambour débiteur, sont d’ailleurs logés entre les deux plaques du bâti.
- La lampe (fig. 3)fonctionne sous 110 volts et consomme 100 watts ; aussi concentré que le permet la tension pour laquelle il est établi, le corps lumineux, qui est formé par un fil de tungstène enroulé en sections hélicoïdales disposées côte à côte, émet une lumière assez vive pour éclairer-convenablement un écran de 75 X 100. La lampe est enfermée en une lanterne dont les parois sont protégées extérieurement par une cage métallique empêchant l’opérateur même maladroit, de s’ybrûler les doigts.
- Le moteur peut être alimenté indifféremment avec du continu ou de l’alternatif; il est muni, tantôt d’un frein à vis, tantôt d’un rhéostat pour régler sa vitesse et par suite celle de déroulement du film. La transmission du mouvement à l’arbre qui commande le mécanisme d’entraînement est assurée par une courroie.
- Une roue dentée (fig. 4), calée sur cet arbre, actionne, par l’intermédiaire de pignons, d’une part le tambour débiteur, d’autre part les griffes; celles-ci sont d’ailleurs reliées par une bielle à un maneton fixé à la roue dentée, de sorte qu’elles sont portées en avant pendant le mouvement de descente et ramenées en arrière pendant la montée. Ainsi est assuré le déplacement par saccades de la portion de film se trouvant dans le voisinage de la fenêtre de projection et le déplacement à vitesse uniforme des sections situées en deçà de la première boucle et au delà de la seconde.
- Les bobines débitrice et réceptrice sont placées sur des arbres portés par des bras articulés sur l’arrière du bâti, vers le haut; ces bras se rabattent pour le transport et sont, en position de travail, immobilisés par des goujons à ressort. L’arbre destiné à recevoir la bobine réceptrice est pourvu d’une poulie reliée par une courroie à l’arbre du tambour débiteur. Cette poulie est pourvue d’un embrayage à rouleaux monté d’une façon telle, que la courroie entraîne la bobine lorsque l’on fait tourner
- p.406 - vue 414/598
-
-
-
- 407
- le moteur, ce qui assure l’enroulement régulier clu film au fur et à mesure qu’il est projeté, mais n’oppose aucune résistance lorsque l’on procède au rebobinage. Cette opération, qui consiste à restituer le film à la bobine débitrice en vue d’une projection ultérieure, se fait simplement en tournant à la main une petite manivelle fixée à l’arbre sur lequel prend place la bobine supérieure.
- Nous avons vu que la lampe est disposée, non pas dans l’axe de projection, mais à gauche du bâti; la lumière que transmet le condensateur est recueillie par un miroir qui la réfléchit à angle droit, vers la fenêtre et l’objectif.
- L’obturateur, dont le rôle est d’intercepter la lumière pendant les changements d’image, est relié par un train d’engrenages au mécanisme d’entraînement. Un dispositif de sûreté, constitué par des secteurs ajourés de nombreuses et fines fentes radiales, est monté librement sur le même arbre, mais attaché à l’obturateur par un
- Fig. 4. — Mécanisme d’entrainement du “ Kodascope C ”.
- ressort spiral très souple. Lorsque l’ensemble est immobile, ce ressort oblige les secteurs ajourés à stationner en regard des secteurs évidés de l’obturateur, ce qui empêche les rayons émis par la lampe d’échauffer le film d’une façon exagérée. Dès que le mécanisme entre en action, l’inertie du dispositif de sûreté oblige le ressort à étendre ses spires et les secteurs ajourés démasquent complètement les secteurs évidés; la résistance opposée par l’air et la force centrifuge concourent ensuite à maintenir effacés les secteurs ajourés. Des butées limitent, dans les deux sens, l’amplitude du déplacement de ce dispositif par rapport à l’obturateur.
- Au cours d’une projection, on peut, à un instant quelconque, arrêter le déroulement du film afin d’examiner tout à loisir une image donnée; pour ce faire, il suffit de saisir le bouton du plateau de débrayage et de l’amener en arrière : un doigt vient s’interposer entre la poulie motrice et la courroie de transmission et la freine énergiquement, ce qui provoque l’arrêt du mécanisme. Si celui-ci se produit à un moment où l’obturateur
- Fig. 3. — Le “ Kodascope C ” lampe dégagée de la lanterne.
- coupe les rayons, la projection s’éteint; il faut alors, pour faire reparaître l’image sur l’écran, tourner légèrement le bouton d’entraînement. Bien que, par suite de la présence du dispositif de sécurité sur le trajet des rayons lumineux, la projection fixe soit moins brillante que la projection animée, l’écran est encore très suffisamment éclairé.
- Le « Kodascope C » peut, éventuellement, être mû à
- Fig. 5. — Le “ Kodascope B ” vu du côté mécanisme.
- bouton d mirai nement manuel
- levier de débrayage
- ^ { levier
- interrupteur décalage
- inverseur levier des
- guides débouclés
- p.407 - vue 415/598
-
-
-
- 408
- Fig. 6. — Le “ Kodascope B ” vu du côlé lampe el moteur.
- la main ; on fait alors sauter la courroie reliant le moteur au mécanisme et on fixe, sur l'extrémité droite de l’arbre 'du tambour débiteur, une manivelle qu’il suffit de tourner à la cadence de deux tours par seconde pour passer le film à la vitesse habituelle.
- Le « Kodascope C » est, somme toute, un excellent projecteur, très bien étudié, d’emploi extrêmement, simple et très léger; on est parvenu, cependant, à faire v mieux encore.
- KODASCOPE B
- C’est ainsi que le « Kodascope B » (fig. 5) est ppyrvu d’un dispositif de chargement automatique et '"peut entraîner le film dans le sens inverse aussi bien que dans le sens direct, ce qui permet, en certains cas, d’obtenir des effets comiques. On remarque, dans cet appareil, des dispositions analogues à celles du projecteur précédent pour la lampe, le moteur, le mécanisme d’entraînement. La lampe a une puissance de 200 watts et fonctionne sous 50 volts; l’emploi de basses tensions est très avantageux en projection, car il permet, par la réduction des dimensions du corps lumineux, d’augmenter notablement le rendement. Un rhéostat (fig. 6) intercalé dans le circuit d’alimentation permet l’utilisation directe du courant de 110 volts et donne la possibilité de régler à volonté l’éclat de la lampe en faisant varier la résistance opposée au passage du courant; grâce à cet artifice on peut, dans une certaine mesure, adapter la puissance de la lampe à la grandeur de l’écran, à la plus ou moins grande opacité du film. Avant d’atteindre ce dernier, la lumière subit une double réflexion totale au cours de laquelle elle abandonne une notable partie de la chaleur rayonnante transmise par le condensateur.
- Le moteur est muni d’un rhéostat et d’un inverseur; on peut ainsi non seulement en faire varier la vitesse
- dans toute la mesure désirable, mais aussi le faire tourner en sens inverse.
- Le dispositif de chargement automatique consiste essentiellement en deux guides de boucles disposés l’un au-dessus, l’autre au-dessous de la boîte renfermant le mécanisme de commande des griffes, et en deux bras-guides qui embrassent le moyeu de la bobine réceptrice, des canaux spéciaux assurant le guidage aux abords du tambour débiteur. Pour procéder au chargement,_ il suffit, les guides de boucles étant fermés, d’introduire l’extrémité libre du film dans le canal conduisant au tambour débiteur, de l’y repousser jusqu’à refus et de mettre le moteur en marche, à allure réduite; dès que le film apparaît dans le regard du canal de guidage, à la sortie de l’entraînement, on arrête le moteur, puis on ouvre les guides de boucles; enfin, on remet le moteur en marche, à vitesse normale cette fois : guidé par les bras qui le conduisent à la bobine réceptrice, le film atteint le moyeu de cette dernière, dans la fente duquel son extrémité vient s’insérer d’elle-même. La projection animée peut alors commencer. Les bras guides s’ouvrent automatiquement dès qu’une longueur suffisante de film s’est enroulée sur la bobine réceptrice.
- L’intérêt de ce dispositif de chargement est très discutable : l’emploi en devient beaucoup plus délicat qu’il ne convient à un appareil destiné aux amateurs, dès que le film est déformé ou a des collures. En pratique, lorsque le film n’est pas impeccable, on ne peut le mettre en place qu’à la main, après avoir écarté les divers organes du dispositif de chargement automatique, ce qui est loin de simplifier l’opération.
- Le « Kodascope B » est assez puissant pour éclairer convenablement un écran de 2 m'2 ; un ampèremètre permet de contrôler l’intensité du courant absorbé par la lampe.
- Il est possible, en agissant sur un bouton de débrayage, de rompre la liaison mécanique entre le moteur et l’entraî-
- Fig. 7. — Mécanisme d'entraînement du “Kodascope B".
- p.408 - vue 416/598
-
-
-
- 409
- nement et de faire de la projection fixe; un dispositif de sûreté, analogue à celui du « Kodascope C » arrête à ce moment une partie de la lumière et prévient réchauffement exagéré du film.
- APPAREIL FILMO
- Avec les projecteurs « Filmo », nous revenons à des appareils plus simples qui, cependant, ne sont en rien inférieurs aux précédents.
- Ici, le bâti est formé par une carcasse d’aluminium fondu qui renferme le moteur, la lampe et le mécanisme; articulé sur un socle, il peut être amené très rapidement de la position de transport (fig. 8) à celle de travail (fig. 9) ou réciproquement; une vis de calage permet, par déplacement de l’axe optique dans le plan vertical, de centrer avec la plus grande facilité l’image projetée.
- Le moteur (fig. 10) entraîne le mécanisme par un train d’engrenages et les bobines à l’aide de courroies; un bouton inverseur, placé à l’arrière du moteur, permet d’obtenir, sans même qu’il soit nécessaire de couper le courant, le renversement du sens de rotation; une petite turbine, calée sur l’arbre, assure, par refoulement, une énergique ventilation de la lampe et du rhéostat, du condensateur et du couloir par lequel passe le film. Le réglage de la vitesse est assuré par un frein à vis.
- Fig. 9. -— Le cinéscope “ Filmo ” en position de marche.
- -=sr
- / tambour débiteur supérieur
- ïÿectif
- support: bwane « recept/ice
- Fig. 8. — Le'cinéseope “Filmo” en position de transport.
- iÆ»ê 'moteur ' e$k calculé pour fonctionner normalement /«sous .^>5 volts^la fréquence de 50 périodes; un bouton,
- ’l on peut intercaler une petite résistance boîte de connection du moteur, permet la diminution ou l’annulation de l’impé-enroulements qui se produit lorsque l’on alimente au moyen d’alternatif à 25 périodes ou de continu, et de réduire la vitesse à la valeur convenable.
- L’entraînement du film est assuré par deux tambours débiteurs placés, l’un à l’entrée, l’autre à la sortie du couloir, et par une griffe unique qui attaque la perforation avec une grande douceur; le mouvement de ce mécanisme peut être instantanément renversé par la manœuvre de l’inverseur dont est pourvu le moteur, ou arrêté. Ce dernier effet est obtenu en poussant vers l’arrière le levier de débrayage (fig. 11).
- Le secteur évidé de l’obturateur s’étend sur 240
- grades; l’écran est donc éclairé pendant des — du
- 6 10
- temps total. Le disque faisant 4 tours par image, la
- 1
- durée de l’escamotage n’est que le — de celle du station-
- nement du film devant la fenêtre de projection, soit, à
- 1
- la vitesse norme le de 16 images par seconde de-
- seconde. Cette disposition procure à la fois une grande luminosité et une parfaite fixité de l’image projetée.
- La protection du film contre la chaleur est assurée, lors
- p.409 - vue 417/598
-
-
-
- 410
- Fig. 10. — Le cinéscope “ Filmo ” vu de l'arrière.
- <le l’arrêt du mécanisme d’entraînement, par un volet de sûreté en toile métallique; fixé à une plaquette horizontale que la pression d’air régnant dans la boîte
- Fig. 11. — Le cinéscope “ Filmo ” vu du côté embrayage.
- de lumière maintient soulevée en une cavité dont la partie supérieure communique avec l’atmosphère par un canal ad hoc, ce volet retombe dès que l’on arrête le mécanisme d’entraînement, le levier de débrayage étant, à cet effet, pourvu d’un appendice qui, à ce moment, vient masquer le canal. La perte de luminosité qui résulte de la présence du volet de sûreté sur le trajet des rayons, pendant la projection fixe, est compensée, en partie, par la suppression des occultations de l’obturateur. Lorsque l’on embraye à nouveau, on rétablit én même temps la communication entre la cavité dans laquelle est logée la plaquette et l’extérieur : le volet remonte; s’il tardait à s’éclipser, on pourrait hâter son ascension en ouvrant, par simple pression du doigt, une petite soupape à ressort qui ferait communiquer la partie supérieure de la cavité directement avec l’atmosphère.
- L’éclairage est assuré par une lampe de 200 ou de 250 watts, fonctionnant sous 50 volts; la tension d’alimentation, qui est normalement de 110 volts, est abaissée à la valeur voulue par une résistance logée dans la lanterne, au-dessus de la lampe, et refroidie par le courant d’air provenant du ventilateur. Lorsque le projecteur est équipé avec une lampe de 250 watts, la résistance est variable, de sorte que l’on peut à volonté augmenter la lumière en tournant une manette; un voltmètre, placé à côté de la lanterne, permet de connaître la tension appliquée au filament. Avec le « Filmo », l’opérateur n’a pas à se préoccuper du cadrage : celui-ci est purement automatique; il n’a donc, après avoir centré la projection, réglé la mise au point et l’intensité de la lumière, qu’à laisser fonctionner l’appareil jusqu’à déroulement complet, à moins, naturellement, qu’il ne veuille arrêter le film en certains endroits, ou renverser de temps à autre le sens du mouvement.
- Le rebobinage après projection est obtenu en passant le film directement d’une bobine à l’autre et en faisant tourner la bobine supérieure dans le sens convenable, après avoir enlevé la courroie qui relie au mécanisme d’entraînement l’arbre sur laquelle elle est calée. On peut opérer à la main, en tournant la manivelle dont cet arbre est pourvu, ou au moteur, en reliant, au moyen d’une courroie spéciale, l’arbre de l’obturateur à la poulie attenant à la manivelle. La puissance de la lampe, l’étendue du secteur évidé de l’obturateur, le grand diamètre et le court foyer du condensateur, la transmission directe de la lumière recueillie par ce dernier, confèrent au « Filmo » une remarquable luminosité.
- Les amateurs disposent donc aujourd’hui d’appareils excellents : est-ce à dire que l’on ne pourra désormais faire beaucoup mieux ? Loin de nous cette pensée : bien des progrès sont encore possibles en la matière. Si les constructeurs américains, qui ont été les initiateurs du film de 16 mm, ont quant à présent une incontestable supériorité, il est douteux qu’ils réussissent à la conserver longtemps. Les très intéressants modèles, tant de ciné-graphes que de cinéscopes que des firmes allemandes, anglaises, suisses ont sortis ces temps derniers, montrent que les usines européennes ne se tiennent nullement pour battues et se préparent à faire l’effort nécessaire.
- * André Bôurgain.
- p.410 - vue 418/598
-
-
-
- UN NOUVEAU PYROMËTRE OPTIQUE = 411
- A EXTINCTION TOTALE
- Les pyromètres électro-optiques sont couramment employés aujourd’hui pour repérer les hautes températures industrielles, celles manifestées, par exemple, lors de la coulée des métaux fondus, de la clinkérisation des liants hydrauliques, des traitements thermiques, de l’élaboration des produits de grand feu : matériaux réfractaires, verres, glaces, émaux, etc.
- Il existe, sur le marché, des modèles de ces appareils qui, mis entre les mains d’un personnel exercé, donnent entière satisfaction. Toutefois, les types à disparition de filament et à polarisation, pour ne citer que les plus connus, coûtent relativement cher.
- On vient de mettre au point un pyromètre purement optique dont le bas prix de vente, la grande commodité et la robustesse en permettront l’emploi dans la plupart des ateliers de forges et les fonderies.
- Cet appareil portatif, ne pesant que deux cents grammes et dont la plus grande dimension n’excède guère dix centimètres, se manipule comme une simple règle à calcul.
- Ainsi que le montre la figure 1, il comprend la règle pourvue d’un oculaire, ou de plusieurs oculaires suivant l’échelle des températures exigées, et le curseur, formant berceau des écrans prismatiques, que l’on fait défiler devant l’oculaire approprié jusqu’à amener l’extinction complète, par absorption totale, des radiations lumineuses émises par l’objet visé. La température de cet objet se déduit de la position prise par le berceau qui porte un index se déplaçant devant la graduation portée par la règle.
- L’oculaire et l’objectif sont formés par des systèmes optiques (lentilles, verres translucides et colorés) permettant d’établir, à volonté, toutes les gammes de sensibilités nécessaires, en augmentant, ou en restreignant, l’étendue des mesures et l’approximation en résultant.
- On peut ainsi faire varier toutes les sensibilités requises entre deux valeurs de températures préalablement définies et repérer toutes températures au delà du rouge naissant sans aucune limite pour les températures supérieures.
- De plus, ces systèmes conjugués rendent possible dans les parages de n’importe quelle température l’étalement de la graduation, ce qui augmente notablement la précision et l’approximation des lectures.
- Toute personne, même sans aucune pratique préalable, peut utiliser cet appareil sans commettre de grossières erreurs de repérage, car l’œil de l’opérateur n’a pas besoin ici d’être éduqué ; il n’a pas à comparer ou à apprécier l’égalité ou l’inégalité de deux éclairements fournis par deux sources (l’objet visé et la lampe électrique de comparaison logée dans le carter des pyromètres électro-optiques), dont les teintes ou nuances sont généralement très différentes.
- Principe et explications. — Ce pyromètre optique est basé sur la loi de Wien précisant l’intensité lumineuse émise, pour une longueur d’onde choisie, par un corps porté à une température T, exprimée en degrés absolus Kelvin et sur la loi de Lambert relative à la décroissance de l’intensité d’une radiation en fonction exponentielle de l’épaisseur de l’écran et à s on extinction totale, l’absorption de la lumière pouvant être réalisée par un corps isotrope ou par tout autre corps convenable.
- Qu and un faisceau lumineux incident frappe un corps récepteur, il se produit une rupture de ce faisceau qui se divise en ra yons réfléchis, transmis, diffusés extérieurement et diffusés intérieurement (absorbés). Cette absorption caractérise une dégra dation de l’énergie : la lumière se transforme en chaleur.
- Fig. 1. — Élévation, plan, profil du nouveau pyromètre.
- 1. Graduation. 2. Règle. 3. Oculaires. 4. Écrans absorbants.
- A l’heure actuelle, à part le vide, on ne connaît aucune substance complètement transparente pour toutes les radiations. En conséquence, tout faiscèau peut être plus ou moins affaibli par absorption; plusieurs radiations risquent de s’éliminer totalement.
- Le verre le plus parfaitement incolore laisse passer les radiations visibles, mais arrête, d’une manière plus ou moins intense, les radiations infra-rouges et ultra-violettes.
- Le verre bleu à oxyde de cobalt, utilisé en colorimétrie, en spectroscopie et en minéralogie (coloration des flammes par les composés métalliques), absorbe davantage l’orangé, le jaune et le vert que le rouge, le bleu et le violet; ainsi une lampe électrique, à filament métallique, montre nettement une radiation rouge spécifique quand elle est regardée à travers un de ces verres assez épais.
- Les verres de n’importe quelle couleur, rouge, verte, bleue, etc. (utilisés, du reste, pour protéger les yeux dans les
- Fig. 2. — Courbe indiquant la correspondance entre les graduations de V appareil et les températures.
- 1? 49 iT £5- 2,5 i/
- p.411 - vue 419/598
-
-
-
- 412
- opérations de soudure autogène) éliminent, totalement ou partiellement, certaines radiations, affaiblissent toujours la lumière et sont, en définitive, des réducteurs d’intensité lumineuse. '
- Etalonnage. — Puisque l’intensité lumineuse décroît en progression géométrique lorsque l’épaisseur des écrans croît en progression arithmétique, il suffit, pour graduer l’appareil,
- dé faire, au spectrophotomètre, la mesure du rapport —-
- lo
- (Id, intensité ayant traversé une épaisseur d et I0, intensité émise ou rayonnée) afférent à la substance employée pour constituer les écrans; mais il est plus simple, plus facile, de tarer, d’étalonner ou de contrôler l’instrument à l’aide des repères habituels :
- a) au-dessus de 1000° C, par les points de fusion, sous pression constante, des métaux : or, nickel, palladium, platine;
- et b) au-dessous de 1130° C, grâce aux montres métalliques de Ni-Cr et Ni-Co, à points de Curie rigoureusement déterminés.
- Nous allons indiquer, ci-après, un mode d’étalonnage à l’aide de deux points de températures obtenus par la visée de corps incandescents, au-dessus de 500° C, au moment précis de leur changement de phase, ces corps pouvant être des métaux ou des sels.
- Soient les deux points de fusion arbitraires, exprimés en degrés centésimaux : 740° et 920°, convenant très bien pour un pyromètre destiné à une fonderie de bronze. Ces points correspondent, à la visée, aux divisions 13 et 23 de l’échelle. Les nombres 13 et 23 signifient, suivant les appareils, à rotation, ou à déplacement, 13 et 23 fractions de 90 degrés ou fractions de décimètre, à partir du zéro, référence de la graduation.
- Si nous appelons :
- I0, l’intensité lumineuse émise ou radiée par le corps visé, porté à la température absolue T°, exprimée en degrés Kelvin ;
- I,/ ou i, l’intensité transmise, sensible à l’œil, à travers une épaisseur d de l’écran;
- K, C , et m, des constantes;
- C2, une autre constante égale à 14320;
- e, la base des logarithmes népériens;
- o, le nombre de divisions de l’échelle tel que d = ml;
- ), la longueur d’onde choisie, par exemple : X = 0,65 micron; les lois de Lambert et de Wien permettent d’écrire :
- <V
- i — I0 e~'i6 et I0 = CjX-3 e ^
- De ces deux relations on tire aisément
- log e
- < C,
- •à + Km:
- l0« ( rO.
- c. , iosGï-
- + Kmo =-------------, avec C. = 14320 et X = 0,65
- a T log e
- Pour B = 13, t = 740° soit T
- 1432000
- 1013° absolus; log f -^4 i
- + Km 13
- Pour
- 65 X 1013 log e
- — 23, t — 920° soit T = 1193 absolus :
- log ( L
- 1432000 + Km23 — ^ .
- 65 X 1193 log e
- Ces deux relations permettent de calculer les constantes Km,
- l C' log
- et
- log e
- On trouve tous calculs faits
- Km ^ 0,328,
- (C.
- l0g
- n:' log e
- , C, 1432000
- 26. De plus, —‘1 =-------
- a 65
- „ ’ 22031
- En conséquence :--------h 0,32b o — 26..
- 22031,
- 22031 26 — 0,328 - . On peut dresser 6 le tableau suivant
- o en mm. T, en degrés Kelvin t°. C.
- 12 998 725
- 13 1013 740
- 15 1045 772
- 17 1079 806
- 19 • 1114 841
- 21 1153 880
- 23 1193 920
- 26 1261 988
- 27 1285 1012
- La fig. 2 donne l’allure de la courbe des températures t en fonction de la graduation d.
- Victorin Charles.
- Professeur de Physique à l’Ecole Nationale d’Arts et Métiers d’Aix.
- Constructeurs : Etablissements Morin, 11, rue Dulong, Paris (17e)
- LE HOUBLON DE CALIFORNIE
- Le houblon pousse un peu partout aux Etats-Unis, mais, jusqu’à ce jour, sa culture est pratiquement limitée aux quatre Etats de New-York, de Washington, d’Orégon et de Californie. Parmi ces quatre Etats, c’est la Californie qui tient le premier rang et par la qualité et par la quantité.
- Le houblon destiné à l’usage commercial demande un climat moyen, où des pluies printanières tombent en abondance et sont suivies d’une saison chaude et sèche au moment où les plantes approchent de la maturité. De plus, le sol doit être riche et le drainage bien fait.
- On trouve toutes ces conditions en Californie, de sorte que le houblon qùe l’on y récolte atteint une grandeur et possède un parfum qui atteignent ceux des houblons
- provenant des régions les plus réputées de l’Europe Centrale.
- Ainsi qu’a bien voulu nous le dire l’aimable directeur de la « E. Clemens Horst Co » de San Francisco, la plus importante maison de houblon, la culture, la récolte, le séchage et l’emballage sont pratiqués selon les méthodes les plus scientifiques et avec les instruments les plus modernes.
- Avant d’exposer ces différents travaux, constatons tout d’abord que le houblon appartient à la famille des « Urticées » qui renferme, entre autres, le chanvre, le figuier et le mûrier. Sa racine est vivace; elle émet plusieurs tiges rugueuses, herbacées et grimpantes.
- On propage le houblon au moyen de pousses herbacées
- p.412 - vue 420/598
-
-
-
- Fig. 1. — Le treillis d’une houblonnière.
- prélevées sur les pieds femelles à l’époque de la taille, Ces boutures sont choisies dans les houblonnières jeunes, productives et sur les pieds les plus sains et les plus vigoureux. On multiplie également le houblon par plants : ceux-ci doivent avoir 15 à 18 cm de haut et être pourvus de radicelles nombreuses.
- La plantation se fait en mars; elle est généralement disposée en quinconce, la distance d’un pied à l’autre variant de 1 m 70 à 2 m.
- On place trois ou quatre plants dans une « fosse »; après avoir enfoncé les boutures au plantoir, on tasse la terre, puis on comble la fosse avec un mélange de terre et de terreau que l’on dispose de manière à former un auget pour diriger l’eau de pluie vers les racines.
- Dès que les plants ont 20 à 30 cm, on procède à un premier binage qui se fait à la pioche ou à la charrue.
- En grandissant la tige développe des rameaux latéraux qu’il faut supprimer au fur et à mesure, car ils épuiseraient la plante. A cette époque, on procède à un second labourage. On débarrasse les racines de la terre au moyen d’une houe, on coupe à la serpette les racines et les jets superflus, on « pince » le collet principal sur une longueur de 3 à 5 cm, puis on butte les souches.
- En taillant la souche, on veille à ne pas supprimer tout le nouveau bois qui s’est formé, car les bourgeons formés sur la vieille souche donnent des pousses moins vigoureuses que celles du nouveau bois.
- La taille et le pincement sont deux opérations très
- Fig. 3. — Une chambre de séchage.
- Fig. 2. — La cueillette du houblon.
- importantes : les tiges deviennent plus longues et plus fortes, les rameaux se développent mieux et les cônes sont plus abondants.
- Comme toutes les plantes grimpantes, le houblon demande un tuteur. On emploie à cet effet les perches ou le fil de fer.
- En Californie, on ne se sert guère de perches que dans les endroits riches en bois. La première fois, ces perches sont de 4 à 5 m de hauteur; la deuxième, elles sont d’environ 10 m. Le placement se fait aussitôt après la plantation, chaque pied de houblon recevant sa perche. On retire les perches en hiver pour les mettre à l’abri.
- Dans les houblonnières californiennes, on utilise surtout le système des treillis. Cette préférence est motivée non seulement par l’économie de main-d’œuvre et de frais, mais aussi par les avantages culturaux qui en résultent. Les plantes installées sur fds de fer sont, en effet, plus saines, on peut les traiter plus facilement en cas de maladie, elles mûrissent plus vite, s’étalent moins et produisent moins de feuilles, partant plus de fruits.
- L’installation des treillis est faite de la manière suivante : on plante aux deux extrémités de chaque ligne de solides perches de 7 à 8 m inclinées vers l’intérieur pour renforcer leur solidité. On fait courir horizontalement, de l’une à l’autre, un gros fil de fer galvanisé soutenu tous les 10 m par un fort poteau de bois. On enfonce un piquet de bois au pied de chaque souche et l’on y attache un fil de fer qui va rejoindre le fil horizontal dont nous venons de parler et se fixer à lui. Ces fils de conduite sont généralement disposés obliquement, sous un angle de 45° ou de 60° avec le sol.
- Dans les houblonnières sur perches, on attache, au moyen d’un lien en jonc ou d’un cordonnet, les pousses, lorsqu’elles ont assez de longueur, pour entourer les perches. Dans les houblonnières sur fils de fer, on fixe
- les pousses au moyen de cordonnets ou de crochets en
- fil de fer.
- Chaque année, avant l’hiver, après avoir coupé le houblon à 40 ou 50 cm du sol, on réunit les tiges en
- paquets et on les butte pour les préserver du froid. Au
- printemps, on écarte la terre et on fume les touffes.
- Enfin, pour faciliter l’action du soleil, on pratique l’effeuillage qui est fait jusqu’à une hauteur de 2 m.
- En donnant ces soins à la houblonnière et surtout en renouvelant à propos les pieds qui souffrent, on arrive à en prolonger la durée pendant 20 à 25 ans.
- C’est pour les cônes que l’on cultive le houblon. Leurs
- p.413 - vue 421/598
-
-
-
- 414
- Fig. 4. — Le transport du houblon à la chambre de refroidissement.
- écailles sont couvertes d’une fine poussière dorée, la « lupuline », substance amère et aromatique servant principalement à la fabrication de la bière.
- Ces cônes doivent être récoltés à leur maturité précise, quand ils ont pris une couleur jaunâtre, qu’ils dégagent une forte odeur aromatique, qu’ils adhèrent facilement les uns aux autres et reprennent tout de suite leur état normal quand on les presse dans la main, enfin, quand ils font entendre un bruit sec lorsqu’on les manipule.
- Rien n’est plus charmant, plus reposant que la vue d’une houblonnière parée de ses cônes vert jaunâtre, entourés de leurs grandes feuilles d’un beau vert, à nervures bien saillantes, garnissant à profusion les grêles tiges appendues aux perches et aux treillis.
- Pour recueillir le houblon cultivé à la perche, on commence par couper les tiges à 30 cm du sol, on enlève ensuite les perches d’où l’on fait glisser les plantes. Quant au houblon cultivé en treillis, on détache d’abord les cordonnets ou bien les crochets, pour descendre ensuite les rameaux minutieusement à terre. Dans les deux cas, des équipes d’ouvriers s’emparent immédiatement de ces rameaux sur lesquels ils cueillent les cônes en laissant à chacun d’eux 1 cm de pédoncule et en évitant d’y mêler des feuilles et des débris de tiges. Dans certaines grandes plantations, on charge les plantes sur des chariots plats qui les transportent à la « cueilleuse », appareil servant à détacher les cônes. Grâce à cet appareil, on peut ramasser 29 tonnes de houblon dans une journée de dix heures. L’économie de main-d’œuvre est de plus de 10 pour 100 et le travail est bien supérieur à celui fait à la main.
- Au moment de sa maturité, les produits essentiels, fondamentaux du houblon, la résine et autres constituants de valeur, sont développés à leur plus haut point.
- Pour conserver ces qualités au houblon, il faut le sécher aussitôt qu’il est cueilli, autrement il se produit une espèce de fermentation qui en détruit la belle apparence et en affecte l’arome et,la valeur.
- On emploie pour sécher le houblon diverses méthodes dans lesquelles la chaleur est utilisée sous une forme quelconque.
- Une de ces méthodes consiste à placer le houblon dans des sortes d’étuves analogues aux tourailles de brasseries, constituées, au rez-de-chaussée, par un foyer à
- coke, au premier étage, par une série de claies en bois ou en toile métallique.
- Les cônes sont étalés en couche de 0 m 25 à 0 m 30 sur la toile métallique, puis le feu est allumé. Une fois le feu allumé, on procède au soufrage des cônes. A cet effet, on brûle, sous la toile métallique, du soufre, à raison de 1 à 3 kg par quintal de houblon, dans le but de détruire les micro-organismes qui s’y trouvent, retarder la détérioration de certains des constituants chimiques qu’il faut y maintenir et, ce faisant, le houblon sèche plus vite et se conserve mieux.
- Dès que le soufre est consumé, on active le feu, de telle sorte que la température du début, 20°, passe successivement à 25°, 30°, 35° et 40°, à mesure que les cônes sèchent lentement et régulièrement. Pour régulariser la température, on a recours à des prises d’air froid venant de dessous les plateaux.
- Dans les grandes exploitations, on se sert de tourailles à air chaud ou tourailles calorifères dans lesquelles l’air est chauffé au contact du foyer; les gaz de ce foyer sont ensuite entraînés à l’extérieur. Les tourailles les plus perfectionnées ont des plateaux multiples superposés, permettant une dessiccation graduelle et régulière des cônes.
- De la chambre de séchage le houblon est transporté dans le bâtiment de refroidissement. Le bâtiment utilisé pour cette opération est généralement situé à une distance de 30 à 40 m des étuves à cause, des risques d’incendie. Ce bâtiment qui comprend deux étages d’emmagasinage et en bas un parquet pour la mise en balles est bien abrité contre l’humidité, pour empêcher le houblon d’absorber trop l’humidité de l’air.
- Les étuves sont reliées au bâtiment de refroidissement par des rails surélevés sur lesquels on transporte dans un grand wagon le houblon qui vient d’être séché. Les deux côtés du wagon sont à charnières, ce qui facilite et accélère le déchargement.
- On étale le houblon sur le plancher où il perd toute sa chaleur, tout en absorbant un peu d’humidité prove-
- Fig. 5. — La mise en balle à la presse.
- p.414 - vue 422/598
-
-
-
- nant de l’extérieur. L’humidité qui reste dans les tiges suffit à maintenir le houblon souple et élastique.
- D’autres changements importants se produisent dans le houblon durant son refroidissement : il s’y développe un arôme plus agréable et plus fin, il prend une plus belle apparence, surtout si l’on a soin de le surveiller et de le retourner à différentes reprises.
- Au bout de 8 à 10 jours, le houblon est prêt à être mis en balles. Ce travail se fait au moyen de presses à main, dans les petites fermes, de presses mécaniques à chevaux et, depuis quelques années, de presses électriques dans les grandes fermes.
- Ces dernières, de beaucoup les plus pratiques, consistent essentiellement en une caisse dont la partie inférieure, comprend deux portes à charnières s’ouvrant vers le haut. On couvre le fond de cette caisse d’une toile en jute longue de 2 m et large de 1 m 05 à 1 m 15; on rabat les portes et on remplit la caisse de houblon. On étale une
- toile semblable sur le dessus du houblon et on descend le plateau du piston faisant partie de l’appareil. On ouvre ensuite les portes, on coud ensemble les bords des deux toiles avec de la ficelle de chanvre et l’on enlève les balles ainsi formées.
- Les balles destinées à l’exportation et qui pèsent environ 80 à 90 kg sont enveloppées de papier imperméable, puis liées avec des bandes métalliques. On place les tourteaux comprimés, d’une grandeur uniforme, dans des caisses en bois garnies d’étain et de papier, cerclées de fer.
- La superficie consacrée en Californie à la culture du houblon est de 10 000 hectares environ, qui, l’année dernière, ont donné 89 375 balles — le tiers de la récolte totale des quatre Etats producteurs réunis — vendus 7 150 000 dollars (une bien jolie somme au taux actuel du dollar) à la France, à l’Angleterre, à la Chine et au Japon.
- L. Kuèntz.
- = UNE CURIEUSE PIÈCE D’ART ORIENTAL =
- Cette pièce qui a environ 18 cm de hauteur sur un socle carré de 10 cm de côté représente une tête d’apparence bouddhique, ou du moins religieuse. La pierre dans laquelle elle est taillée est blanche, à gros grains cristallins, polie et fortement patinée à la surface, avec quelques épau-frures ; elle a un aspect légèrement huileux. Cette pierre, qu’on rencontre aussi à Sumatra, ne se trouve en Indo-Chine qu’au Pêgou, région de la Basse Birmanie.
- La tête est d’un ovale très allongé ; les yeux sont horizontaux; les pommettes et les joues sont saillantes; le nez est plutôt petit, il est bien dessiné ainsi que la bouche. Le front est ceint d’un turban à deux torons et sur la tête sont des trous disposés en demi-cercle, qui paraissent avoir servi au scellement d’une tiare.
- La face inférieure du socle est simplement dégrossie et elle présente une cavité en son milieu; la surface de la pierre y est fraîche et contraste avec le ton patiné de la sculpture, ce qui donne à penser que l’objet a été détaché à une époque récente d’un support ou d’un piédestal.
- Vue de profil, la tête a un front bombé; le nez est fortement camard et déprimé, le menton est épais.
- Sur le devant du socle, dans un cadre de moins de 2 cm de hauteur est une inscription de sept lettres sculptées en relief comme le filet du cadre :
- Ce sont des caractères grecs dont deux, P et E, ont été retournés, ce qui paraît montrer que l’inscription a été gravée par un artiste appartenant à un pays et à une époque où l’écriture se traçait de droite à gauche. On observe fréquemment, par exemple chez les jeunes musulmans qui apprennent notre langue, le retournement fortuit de nos lettres ou de nos chiffres. Quant à l’emploi de C pout S, il est fréquent à l’époque byzantine et se trouve dans l’antiquité depuis le ive siècle avant J.-C., notamment sur les tablettes imprécatoires qui sont presque toujours sur plomb, et aussi sur des médailles. On observera que la barre médiane de l’E retourné est très longue, et que les lettres I et C sont munies d’embases très développées, de même que A et P retourné sont affu-
- blés de chapeaux. Ces dernières particularités sont, en matière d’épigraphie grecque, l’indice d’une très basse époque.
- Les inscriptions en caractères des écritures de l’Inde ne sont pas rares dans l’épigrapbie indo-chinoise ; mais, à ma connaissance, ce serait la première fois qu’on y trouverait une inscription ancienne en caractères occidentaux. Que peut signifier celle-ci qui se lit ^posaiç, khroeais?
- Le type de la tête est nettement dolichocéphale. Les yeux horizontaux, l’ovale du visage feraient penser au type indo-européen si ce n’était le profil qui en est aussi éloigné que possible. Il faut rattacher ces traits au type indonésien qui est celui des populations d’une partie des îles de la Sonde, plus spécialement dans l’intérieur de celles-ci. On admet que les Indonésiens — tête allongée, traits réguliers, légèrement prognathes, pommettes accentuées, yeux horizontaux largement ouverts — ont été les premiers habitants de la péninsule indo-chinoise et furent refoulés en Malaisie par l’arrivée des populations actuelles, Thaïs, Annamites et Cambodgiens. Mais ils se sont maintenus à l’état sauvage dans certaines régions montagneuses de F Indo-Chine : les Khas du plateau de Boloven en Annam, les Nagas de l’Assam, les Karens de la Birmanie, peut-être les Muongs de la Rivière Noire, les Nongs, les Thos et une partie des Mans du Tonkin (Larousse).
- Parmi ces populations autochtones de F Indo-Chine figurent les Chréais, tribus pillardes et très arriérées qui occupent les régions montagneuses situées entre l’Annam et le Cambodge. Faut-il voir dans la lecture Khroeais le nom de ce peuple? A ce compte la tête dont il s’agit aurait vraisemblablement appartenu à une collection ethnographique des types indo-chinois, mais il resterait à savoir dans quelles circonstances cette collection a pu être constituée, et, problème plus difficile encore, comment les rubriques ont pu,être libellées en grec...
- Il ne semble pas que cette hypothèse doive être retenue. La pièce se rattache peut-être au cycle d’art gréco-hindou qui se développa après l’expédition d’Alexandre au delà
- p.415 - vue 423/598
-
-
-
- = 416 :...... , . - ’ ' =
- de l’Indus jusque dans le Dekkan et dont le centre de rayonnement fut la Bactriane, du ive au ier siècle avant J.-C. Cet art gréco-bouddhique dit du Kandbâra (Kan-dahar) a laissé de nombreux monuments qui ont été bien étudiés et dont de beaux échantillons ont été recueillis au musée de Lahore, mais on n’y trouve pas, paraît-il, d’inscriptions analogues à celle qui nous occupe('). On sait d’autre part que le bouddhisme fondé un ou deux siècles plus tôt, par Cakya-Mouni dans l’Inde centrale près du Népaul donna lieu du uie au Xe siècle de notre ère àuu
- courant important de pèlerins entre la Chine et l’Indo-Chiné d’une part, l’Inde de l’autre. Il n’est pas impossible qu’à la faveur de ces circonstances quelque influence grecque ait pu se manifester jusqu’en Extrême-Orient avant les temps modernes.
- On saisit l’importance que peut avoir la question posée par l’existence de cette pièce de sculpture avec inscription grecque. On ne possède malheureusement pas de renseignements concernant son histoire. Elle est entre les
- 1. On a toutefois de nombreuses monnaies de la Bactriane avec inscriptions grecques.
- mains d’un éminent médecin des Hôpitaux de Lyon, qui l’a reçue en témoignage de reconnaissance d’un de ses malades. Il faut se contenter pour le moment de vagues hypothèses au sujet de l’inscription. On sait que Bouddha signifiait : le sage, Y éclairé, celui qui sait. Cakya a reçu de nombreux surnoms, le béni, par exemple.
- Dans cet ordre d’idées on est conduit à rapprocher khroeais de diverses racines grecques : khreia, sentence; khrês, oracle; khrêstos, bon; khristos, oint. L’une de ces racinès a donné le nom du Christ. Faut-il plutôt lire
- yopsau? Mais serait-ce un datif féminin pluriel? La vraie forme alors devrait être, semble-t-il, yopHaic....
- Faut-il plutôt admettre, ainsi que certains savants me l’ont suggéré, que le buste est originaire du proche Orient. Mais rien en'Asie antérieure ne paraît s’y rapporter. Alors il faudrait songer à la Haute-Egypte, et la tête rappellerait les traits nubiens.
- Peut-être quelque lecteur pourra-t-il apporter un renseignement utile concernant ce buste qui reste comme une énigme par là forme et le sens de son inscription.
- F. Butavand.
- p.416 - vue 424/598
-
-
-
- LA CIGALE DANS L ANTIQUITÉ i
- Le centenaire de Mistral met en grand et doux émoi, aux quatre coins de la France, tous ceux qu’attachent au pays natal la beauté des sites, l’attrait des vieilles coutumes et le charme des traditions ancestrales.
- Dans cet élan de foi patriotique et poétique, qui n’entend la cigale, aux grandes ailes argentées, sonnant la trompette du ralliement, dins l'eterno lus dis Aliscamp sanl-estellen, autour de celui qui fut l’Empereur du Midi, le génial et immortel chantre de Mireille, lou subre-capoulié dàu felibrige, qui restera à jamais lou Maianen mèstre soubeiran de la Renaissance provençale?
- La cigale, muse de l’été des pays du soleil, est l’emblème des Félibres et de ces lettrés et artistes méridionaux, les Cigaliers, transplantés dans la capitale, qui l’ont chantée en vers comme en prose.
- N’incarne-t-elle pas toute la Provence; ne rappelle-t-elle pas les horizons tant aimés, baignés d’éblouissante lumière et couronnés d’azur, les oliviers argentés et les amandiers charbonneux des campagnes tranquilles et des restanques pierreuses; les coteaux parfumés d’aspic, de thym et de romarin; les collines parées de tousco, de kermès et d’ar gelas doré; les falaises aux blancs ou rouges roueas, où les bastides et les cabanons, à l’abri des pinèdes, se mirent dans les bains de saphir de*, calanques, et où l’on déguste avec délices l’aioli roux et la bouillabaisse safranée?
- La cigale n’appelle-t-elle pas à l’esprit des amoureux de la terro meirenalo la suave ambiance et la fouligaudo agitation de ses attrayantes fêtes provençales (voto, Irin, roumavage), avec leurs courso de biôu, jo di gardian, felibre jado, cour d’amour, farandoulo de chato e jouvênt, que se desviroulon e s’esperloungon au son di flahutet, fifre e tambourin ?
- Et à propos de ces insectes aimés, qui nous ont amené à ces quelques lignes de lyrisme, au moment où les yeux du monde entier sont tournés vers la Provence, nous voudrions montrer que les félibres ne sont pas seuls à les avoir associés à la divine harmonie et au charme de la nature de leur petite patrie.
- De tout temps, les peuples des pays du soleil ont chanté la cigale.
- Elle fut glorifiée par les Egyptiens, qui la représentaient en figures hiéroglyphiques.
- Dans la Grèce ancienne, on l’adorait presque, on lui dédiait des poèmes et des compositions musicales. Ecoutons Anacréon.
- « Heureuse cigale, qui sur les plus hautes branches des arbres, abreuvée d’un peu de rosée, chantes comme une reine ! Ton royaume, c’est tout ce que tu vois dans les champs, tout ce qui naît dans les forêts. Tu es aimée du laboureur; personne ne te fait de mal, les mortels te respectent comme le doux prophète de l’été. Tu es chérie des Muses, chérie de Phébus même, qui t’a donné ton chant harmonieux.
- « La vieillesse ne t’accable point.
- a O sage petit animal, sorti du sein de la terre, amoureuse des chants, libre de souffrances, qui n’as ni sang, ni chair, que te manque-t-il pour être un dieu ! »
- Les Locriens avaient adopté la cigale comme arme parlante de leurs cités; ils la dessinaient sur leurs monnaies.
- Les Athéniennes piquaient dans leur chignon de longues aiguilles, dont .la tête figurait une cigale d’or, — fille sacrée de la terre, et symbole de la noblesse autochtone, — tout comme les Brésiliennes d’aujourd’hui parent leurs torsades de fulgores vivants.
- Les cigales mâles seules chantent, les femelles n’ayant que des organes rudimentaires pour produire la stridulation. Cela faisait dire à Xénarchos, poète de Rhodes : « Heureuses, les cigales, leurs femelles sont privées de la voix ! »
- On sait que ce chant, — qui n’est d’ailleurs qu’un bruit produit par les miroirs et les cymbales (li mirau e li cimbalelo) que l’insecte porte à la base de l’abdomen, — n’a rien d’harmonieux. On l’a ainsi caractérisé : « Chant nasillard, étourdissant, monotone, continu, exacerbé, obsédant et plutôt triste, sempiternel cicirici à la note invariable, stridente, aiguë comme une pointe d’acier, aussi brûlante que le rayon de soleil qui la fait éclore ».
- Mais ce cascareloun ne plaît pas moins aux Méridionaux, qui l’associent aux circonstances et au milieu dans lesquels il résonne : c’est un hymne au soleil, un hommage à la poésie de la terre provençale.
- On a vu qu’Anacréon le trouvait mélodieux.
- Les Grecs avaient fait de l’insecte le symbole de la musique; ils le représentaient sur les figures emblématiques de l’art musical.
- La légende rapporte qu’une des cordes de la cithare d’Eu-none s’étant brisée, une cigale vint se poser sur l’instrument, et chanta si bien que l’artiste, qui luttait avec Ariston, remporta la victoire.
- La légende raconte encore que des hommes, qui s’étaient laissés mourir de faim pour-entendre la voix.des. Muses, furent transformés en cigales par celles-ci, qui voulaient ainsi reconnaître un si touchant hommage.
- Homère, pour donner une idée de la suavité de leur éloquence, compare les sages vieillards troyens, assis près des portes Scées, aux cigales harmonieuses.
- Platon a écrit, dans Phédon : « Par Junon, quel charmant lieu de repos... quel charme et quelle douceur ! On entend comme un bruit d’été, un murmure harmonieux qui accompagne le chant des cigales ! »
- Les Grecs, pour mieux jouir de leur chant, renfermaient les cigales dans des cages d’osier à claire-voie, comme font des grillons les enfants d’aujourd’hui. Nous doutons qu’elles pussent trouver là l’énergie solaire qui leur est indispensable (lou soulèu me fai canta).
- Mais le chant des cigales ne plaisait pas à Hercule, à i e que dit la fable.
- « La rive du fleuve au bord duquel Locres était bâtie était couverte de légions de cigales, tandis qu’on ne les entendait jamais sur la rive opposée, où s’élevait la ville de Rhège.
- « Hercule, voulant un jour dormir sur cette rive, fut si tourmenté par la suave éloquence des cigales que, furieux de leur concert, il demanda aux dieux, et obtint sur l’heure qu’elles n’y chantassent plus désormais. »
- Virgile, non plus, n’en était point charmé, Il dit, dans ses Bucoliques et ses Géorgiques, que ce n’est qu’un bruit rauque et désagréable.
- Les Grecs de l’antiquité n’appréciaient pas seulement le chant des cigales, ils allaient jusqu’à manger la musicienne elle-même.
- On rapporte, en effet, que les habitants de l’Attique mettaient l’insecte en brochette et le servaient à leurs convives les jours de gala.
- D’après Aristote, pour avoir un plat acceptable, il faut savoir choisir le gibier. Les jeunes sont bien préférables aux adultes, non seulement par leur goût, mais encore par leur tendreté. Les mâles ne valent rien. Les femelles, surtout lorsque leur abdomen est distendu par leurs œufs, sont un mets supérieur.
- Les Athéniens mangeaient principalement les nymphes, les tettigomètres, anlequam rumpatur, c’est-à-dire avant qu’elles aient mué, qu’elles soient sorties de leur test larvaire. On sait que ces nymphes vivent dans la terre.
- p.417 - vue 425/598
-
-
-
- == 418 ---- ----------- ........, -----
- Notre savant entomologiste J. H. Fabre a voulu vérifier ce que peut bien valoir un plat si peu alléchant. Nous résumons ici ce qu’il dit dan? ses « Souvenirs entomologiques ».
- « Ce détail de l’écorce non rompue nous apprend en quel temps doit se faire la récolte de la délicieuse bouchée. Ce ne peut être en hiver, pendant les profondes fouilles culturales, car alors l’éclosion de la larve n’est nullement à craindre...
- « C’est donc en été, à l’époque de la sortie de la terre, lorsque les larves peuvent se rencontrer une par une, en cherchant bien à la surface du sol, au bord des allées surtout.
- « Voilà le vrai et l’unique moment de prendre garde à ce que l’écorce ne soit pas rompue. C’est le moment, aussi, de se hâter dans la récolte et dans les apprêts culinaires : en quelques minutes, l’écorce éclatera.
- « Pour éviter cette rupture, à mesure qu’une larve est trouvée, je la plonge dans un verre d’eau : l’asphyxie arrêtera le travail de la transformation.
- « Au bout de deux heures, on peut être muni de quatre larves, pas plus.
- « La préparation est des plus simples, afin d’altérer le moins possible cette saveur que l’on dit exquise : quelques gouttes d’huile, une pincée de sel, un peu d’oignon, et voilà tout.
- « La friture est reconnue mangeable ; elle possède même un petit goût de crevette, mais c’est coriace en diable, pauvre de suc, un vrai morceau de parchemin à mâcher !
- « Je ne recommanderai à personne le mets glorifié par Aristote.
- « Ce dernier avait la crédulité naïve, comme, plus tard, Pline. Le paysan grec, malin, dit au citadin : la tettigomètre est un mets des dieux, de saveur incomparable, suavissima gustu. Mais en alléchant le naïf par une hyperbolique louange, il le mettait dans l’impossibilité de satisfaire sa convoitise, puisque, condition essentielle, il fallait récolter le délicieux morceau avant la rupture de la coque.
- «Allez donc, en vue d’un plat suffisamment copieux, faire cueillette de quelques poignées de tettigomètres sortant de terre, lorsqu’une escouade de cinq personnes, sur un terrain riche en cigales, a mis deux heures pour trouver quatre larves !
- « Prenez bien garde, surtout, à ce que l’écorce ne soit pas rompue pendant vos recherches, qui dureront des jours et des jours, lorsque cette rupture se fait en quelques minutes.
- « Aristote, à mon avis, n’a jamais goûté de friture de tettigomètres. Il répète de bonne foi quelque plaisanterie rurale. Son mets divin est une horreur ! »
- Ajoutons que Dioscoride conseillait de manger les cigales rôties, en guise de diurétique, remède qui, d’ailleurs, est encore connu dans les campagnes provençales, mais là l’insecte est mis en tisane. Antonin Rolet,
- Ingénieur Agronome Professeur à l’Ecole d’Agriculture d’Antibes.
- = RECREATIONS MATHÉMATIQUES =
- SUR LES PARTICULARITÉS DE CERTAINS NOMBRES
- L’auteur d’un récent article de Récréations mathématiques (V. La Nature du 1!r février dernier) annonçait — à propos du fameux nombre 142857 dont on s’occupe beaucoup depuis quelque temps (') — que l’on trouverait peut-être encore « quelque chose de nouveau ».
- En effet, 142857 est fertile en curiosités..
- On sait que, si l’on multiplie 142857 par chacun des facteurs 2, 3, ... 6, on obtient autant de permutations circulaires de ce nombre.
- Si l’on multiplie 142 857 par 7, les chiffres, « fatigués de leur cohésion », suivant l’expression de M. Braga, se séparent, et l’on a comme produit 999999.
- Il convient d’ajouter que cette fatigue n’est que passagère. En effet, les chiffres en question ne « demandent » qu’à se réunir de nouveau, à condition qu’on les aide un peu.
- Multiplions 142 857 par un nombre aussi élevé que nous voudrons, par exemple de l’ordre des milliards; soit 32 284 662 474. — Le produit est
- 4 612 090 027 048 218
- Dans ce produit, il n’y a plus trace du groupement 142 857; mais partageons ce nombre en tranches de six chiffres, à partir de la droite, et additionnons ces tranches; nous trouvons :
- 048 218 090 027 4 612
- 142 857
- Parfois les chiffres sont un peu plus lents à recouvrer leur « cohésion », et l’on doit répéter l’addition une seconde fois.
- 1. On en parle jusque dans la grande Presse. (V. Figaro du 8 janvier 1930.)
- Exemple :
- 142 857 X 45 013 648 = 6 430 514 712 336
- 430 514
- 6
- 1 142 856
- 1
- 142.857
- Suivant que le facteur de 142 857 n’est pas ou bien est exactement divisible par 7, en procédant qomme il vient d’être indiqué on obtient : soit le nombre 142 857 lui-même, soit une de ses permutations circulaires, soit enfin 999 999.
- Cette règle est générale, quel que soit le nombre des chiffres du produit.
- Ces curieux résultats s’expliquent aisément.
- Nous avons ici une combinaison des particularités propres à 142 857 avec une propriété spéciale aux nombres de forme 999...
- En effet, étant donné, par exemple, le nombre 9 999; si on le multiplie par un facteur quelconque et que l’on partage le produit en tranches de quatre chiffres, la somme de ces tranches est toujours 9 999. Exemple :
- 9 999 X 34 265 = 34261.5735 4261 3
- 9999
- Ceci posé, considérons, par exemple, le produit : 142 857 X 3 769
- p.418 - vue 426/598
-
-
-
- 3 769 == 539 X 7 + 6
- En observant
- que
- on peut écrire
- 142 857 X 3 769 = 142 857 X 7 X 539 + 142 857 X 6 Or 142 857 X 7 = 999 999.
- Donc 142 857 X 7 X 539 = 999 999 X 539 = 538 999 461. L’opération revient donc à faire la somme d’un multiple de 999 999 et d’une permutation de 142 857, ce qui donne:
- 538 999 461 538
- 999 999 857 142
- 1 857 141 1
- 857 142
- Nous venons de rappeler une propriété des multiples des nombres de forme 999...; la proposition réciproque est également vraie : Si l’on partage un nombre donné en tranches de six chiffres, par exemple, et que la somme des tranches soit 999 999, on peut en conclure que ce nombre est divisible par 999 999.
- De là un moyen simple de réaliser des combinaisons de chiffres intéressantes, toujours en opérant sur 142 857. Il suffit de choisir des nombres qui répondent à la condition qui vient d’être énoncée. Exemples :
- 142 857 X 800 961 == 114 422 885 577
- — X 5 429 123 = 775 588 224 411
- — X 995 001 = 142 142 857 857
- — x 1 291 696 = 18 4 517 815472
- — x 1 001 = 142 999 857
- On peut également obtenir des produits qui ne contiennent aucun des chiffres de 142 857 :
- 142 857 X 4 669 = 666 999 333
- — x 23 338 = 3 333 996 666
- — X 4 475 527 = 639 360 360 639-etc.
- Le « cas » de 142 857 s’explique par le fait que ce nombre est
- 1
- la période de la fraction décimale correspondant à — (*). On obtient des résultats analogues avec toute fraction de forme
- 1. V. La Nature du 15 décembre 1929.
- 419
- donnant naissance à une fraction décimale périodique simp’e.
- Convertissons, par exemple, — en fraction décimale; nous
- 13
- trouvons :
- 100 | 13
- 90 0,76 923 .
- 120 30 40 1...
- En multipliant la période par chacun des restes on trouve 076 923 X 9 = 692307
- — X 12 =- 923076
- — X 3 — 230769
- — x 4 = 307692
- — X 13 = 999999
- On obtient également, en multipliant 76 923 par un multiple de 13, augmenté d’une unité :
- 76 923 X 628 876 = 48 375 028 548
- 48 375 076 923
- Pour terminer, nous signalerons un cas assez curieux de division, où se trouvent réunies, dans la même opération, toutes les permutations circulaires dont un nombre donné est susceptible. Il s’agit encore d’une particularité des nombres composés de 9.
- Prenons un nombre quelconque, de cinq chiffres par exemple, soit 37 664, et divisons-le par un nombre formé de cinq 9. Nous trouvons :
- 376640 | 99 999
- 766430 0,376 64...
- 664370
- 643760
- 437660
- 37664...
- La forme spéciale des restes — ainsi d’ailleurs que toutes les particularités des nombres 999... — s’explique parla place que le chiffre 9 occupe dans la numération décimale. Dans tout autre système de numération, de base B, les combinaisons du chiffre (B — 1) donneraient des résultats analogues... et 142 857 lui-même perdrait les propriétés qui l’ont rendu célèbre. Sic transit... E. Thibout,
- Professeur à la Faculté libre des Sciences d’Angers.
- MESURE DU pH
- UN INDICATEUR UNIVERSEL POUR LA DÉTERMINATION DE LA CONCENTRATION
- EN IONS HYDROGÈNE
- Dans son numéro 92 de 1928 1’Apotheker Zeiiung a signalé une intéressante formule d’indicateur, permettant de déterminer la concentration en ions hydrogène pour une étendue de l’échelle beaucoup plus considérable qu’avec les indicateurs habituels et sans qu’il soit nécessaire de procéder à des essais successifs.
- Voici comment il convient d’opérer.
- Dans 500 cc. d’alcool absolu, on dissout :
- 0 gr. 10 de phtaléine du phénol.
- 0 gr. 20 de rouge de méthyle.
- 0 gr. 30 de diméthylamido azobenzol (para).
- 0 gr. 40 de bleu de bromothymol.
- 0 gr. 50 de bleu de thymol.
- On ajoute alors peu à peu de la solution décinormale de soude
- caustique jusqu'à ce que la coloration passe au jaune (pH == 6).
- Pour déterminer la concentration en ions hydrogène d’un liquide, on ajoute une goutte de réactif à un centimètre cube de liquide étudié, les colorations qui se manifestent indiquent :
- Rouge pH 2
- Orangé : pH 4 Jaune pH 6
- Vert p H 8
- Bleu p H 10
- Très fortement acide, Fortement acide. Faiblement acide. Faiblement alcalin. Fortement alcalin.
- D’avance, on peut faire agir le réactif cur des solutions types dont le pH a été déterminé par les moyens habituels, ce qui permettra de constituer une échelle colorimétrique étalon, à laquelle on rapportera les colorations expérimentales des liquides étudiés.
- p.419 - vue 427/598
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1930 (r)
- La longueur des jours, au mois de juin, apporte une entrave sérieuse aux observations astronomiques, et la liste en est quelque peu écourtée.
- Ce mois-ci, il y a lieu d’attirer l’attention sur la plus grande élongation de Mercure, qui aura lieu le 15, sur quelques occultations d’étoiles par la Lune et sur quelques conjonctions de planètes avec notre satellite. Vénus, et surtout Saturne, sont les planètes le mieux placées pour être observées. Signalons,
- enfin, le crépuscule de minuit (voir ci-après). , au moment du solstice d’été
- I. Soleil. — Voici déjà le Soleil qui atteint sa plus grande
- déclinaison boréale, -f- 23°27', le 22 de ce mois, à 4h. Ce sera le commencement de l’été. La durée du jour, qui était de ÎS'AO01
- le 1er juin, arrive à son maximum le 17 avec 16h7m pour redes-
- cendre à 16h4m le 30.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai,
- c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lors-
- que le Soleil passe au méridien de Paris.
- Date. Heure du passage Date. Heure du Passage
- Juin 1er llh48mlls Juin 17 llh51m128
- — 3 11 48 30 — 19 11 51 38
- — 5 11 48 50 — 21 11 52 4
- — 7 11 49 11 — 23 11 52 30
- — 9 11 49 33 — 25 11 52 36
- — 11 11 49 57 — 27 11 53 22
- — 13 11 50 21 — 29 11 53 47
- — 15 11 50 46
- Observations physiques. — Pour orienter les dessins et photo-
- graphies, on utilisera les données ci-après (voir le n° 2824,
- p. 36) :
- Dates. P B0 L0
- Juin 5 —14°, 23 —0°,15 256°,84
- — 10 —12, 23 + 0, 45 190, 66
- — 15 —10, 13 + 1, 05 124, 48
- — 20 — 7, 96 ' +1, 65 58, 30
- — 25 — 5, 73 + 2, 23 352, 11
- — 30 — 3, 46 + 2, 79 285, 93
- Lumière zodiacale et lueur anti-solaire. — En raison de la longueur des jours, elles sont inobservables ce mois-ci.
- Crépuscule de minuit. — En France, notamment dans la région parisienne et le nord, au moment du solstice d’été, le Soleil ne descend pas à 18° sous l’horizon à minuit, et la nuit n’est pas complète. Dans les lieux bien découverts, loin des lumières artificielles et en l’absence du clair de Lune, le crépuscule, à minuit, est encore bien sensible et il est suivi, sans interruption, de l’aurore. Ce « crépuscule de minuit » est bien visible un peu loin de Paris. En 1897, avec mon ami F. Quénisset, le très habile astronome de l’observatoire Flammarion, de Juvi-sy, nous avons réussi à le photographier du sommet de la Tour Eiffel. Cette expérience serait plus difficile à réaliser au-
- 1. Nous rappelons que toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de O1' à 24h à partir de O1' (minuit). L'heure d'été étant en vigueur, ajouter lh à toutes les heures mentionnées ici pour qu’il y ait concordance entre les phénomènes et l’heure marquée par les pendules.
- jourd’hui, malgré les perfectionnements des plaques et des objectifs en raison du perfectionnement, aussi, de l’éclairage public !
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de juin, seront les suivantes :
- P. Q. le 3 , à 21h56m P. Q. le 19, à 9b0m
- P. L. le 11, à 6ll12m N. L. le 26, à 13h47m
- Age de la Lune, en juin : le 1er, à 24h = 31,8; le 27, à 24h = (fi ,4.
- Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 27.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 12 = — 27°55' ; le 26 = + 27°54’.
- On sera frappé de la faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon le lendemain de la pleine Lune (le 12 juin, après minuit).
- Le 26 juin, la déclinaison de la Lune étant de + 27°54' et celle du Soleil de +23°23on pourra essayer, si le temps est très pur à midi, de chercher à voir la Lune qui sera à 4°31/ au Nord du Soleil, lors du passage de celui-ci au méridien.
- La Lune devrait être visible comme un croissant excessivement délié. Cette observation est très difficile à faire, mais de petits instruments sont suffisants. Il faut surtout un ciel très pur.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 juin, à lh. Parallaxe = 54'7". Distance = 405 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 28 juin à 3h. Parallaxe — 60'47". Distance = 360 760 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 juin, occultation de h Vierge (gr. 5,4). Immersion à 23h9m.
- Le 9 juin, occultation de 24 G. Scorpion (gr. 6,2). Immersion à 23hllm.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées de mois se produiront surtout à l’époque de la nouvelle Lune du 26 juin. Leur amplitude sera assez faible, atteignant seulement 90 centièmes. Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, etami à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juin.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du matin le 15 juin, à 22°1' à l’Ouest du Soleil. Il sera visible dans des conditions assez bonnes du. 10 au 20 juin.
- Le tableau suivant donne la phase et la grandeur stellaire de Mercure dans le présent mois.
- Dates. Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire
- Juin 5 0,17 10',2 + 1,5
- — 10 0,26 9,2 + 1,1
- — 15 0,37 8,2 + 0,7
- — 20 0,48 7,2 + 0,3
- — 25 0,60 6,6 —0,1
- — 30 0,74 6,0 —0,6
- Vénus est bien visible, le soir, dans le crépuscule, se couchant plus de deux heures après le Soleil.
- p.420 - vue 428/598
-
-
-
- 421
- ASTRE Dates : Juin Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 3b51m lli, 49m0a 19h48m 41' 55m + 22° 37' 31' 33",6 Taureau
- Soleil 16 3 48 11 50 59 19 54 5 36 + 23 2 31 32 ,4 Taureau | ))
- 26 3 50 11 53 9 19 56 6 18 + 23 23 31 31 ,2 Gémeaux
- 6 3 13 10 27 17 41 3 32 + 15 1 10,0 Taureau
- Mercure . . . 16 2 51 10 15 17 40 3 59 + 17 2 8,0 Taureau j Le matin, du 10 au 20.
- 26 2 44 10 30 18 15 4 51 + 20 43 6,4 Taureau
- 6 5 51 13 59 22 7 7 3 + 24 21 12,0 0 Gémeaux Bien visible le soir dans
- Vénus .... J 16 6 14 14 11 22 9 7 54 + 22 43 12,6 Gémeaux .
- f 26 6 40 14 22 22 3 8 44 + 20 3 13,2 0 Cancer
- 6 2 1 8 57 15 52 2 1 + 11 20 4,8 ç 1 Baleine 1
- Mars ) 16 1 38 8 46 15 54 2 30 + 13 51 4,8 [j. Baleine Un peu visible le matin.
- 26 4 15 8 35 15 55 2 58 + 16 8 5,0 Bélier '
- Jupiter 16 1 4 12 4 20 4 5 49 + 23 12 30,0 Ç Taureau Inobservable.
- Saturne .... 16 20 47 0 58 5 9 18 42 — 22 23 16,6 % Sagittaire Seconde partie de la nuit.
- Uranus .... 16 0 45 7 11 13 38 0 56 + 5 15 3,4 189 P. Poissons Le matin, à l’aurore.
- Neptune.... 16 9 30 16 27 23 25 10 14 + 11 42 2,4 a Lion Dès le crépuscule.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Voici, comme pour Mercure, la phase et la grandeur stel-
- laire : Disque Grandeur
- Date illuminé Diamètre stellaire
- Juin 5 0,86 12,0 —3,4
- — 10 0,85 12,2 —3,4
- — 15 0,83 12,6 —3,4
- — 20 0,82 12,8 —3,4
- — 25 0,80 13,2 —3,4
- — 30 0,79 13,6 -3,4
- Mars devient un peu visible le matin. Son diamètre est encore inférieur à 5” et il convient d’attendre quelques mois pour commencer les observations vraiment utiles. Actuellement, même avec les plus grands instruments, et en raison de la position défavorable de la planète, il est à peu près impossible d’observer des détails sur le disque.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 20 juin, à 16b. Il est donc inobservable ce mois-ci.
- Saturne est maintenant bien visible puisqu’il va se trouver en opposition avec le Soleil le 1er juillet.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 juin :
- Grand axe extérieur....................... 41",41
- Petit axe extérieur...................... -f- 17",70
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau............................. -f- 25°20'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau............................... -f- 25°42'
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est visible lors de ses élongations maxima de la planète. En voici la liste pour le mois de juin :
- Dates. Elongation. Heure
- Juin 10 Orientale 10\1
- — 19 Occidentale 1,4
- — 26 Orientale 17, 5
- Nous avons donné dernièrement (n° 2830, du 1er avril 1930) une figure représentant l’orbite du Titan, vue de la Terre, divisée en parties correspondant au déplacement de ce satellite jour par jour, à partir de l’élongation orientale.
- On est prié de s’y reporter.
- Uranus devient visible le matin, avant l’aurore. On le trouvera aux positions ci-après (non loin de l’étoile 189 P. de? Poissons) :
- Dates. Ascenric a Déclinaison Diamètre
- droite apparent
- Juin 6 0h55m + 5° 8' 3",4
- — 26 0 56 + 5 15 3, 4
- — 26 0 57 + 5 20 3, 4
- Uranus peut être recherché avec une simple jumelle. Dans
- s instruments un peu puissants, il présente un petit disque
- bleuâtre.
- Neptune devient difficilement observable, le soir, dès l’arrivée de la nuit. Pour le trouver, utiliser la petite carte que nous avons reproduite au n° 2828 du 1er mars 1930
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 0h, Neptune en conjonct. avec la Lune, à 4°13'S.
- Le 12, Le 20, Le 21, Le 22, Le 23, Le 25, Le 26, Le 29, Le 30
- à 21h, Saturne à 19h, Uranus à 12h, Mercure à 21h, Vénus à 3h, Mars à 4h, Mercure à 7h, Jupiter à 0h, Vénus à 7h, Neptune
- la Lune, à 5°27' N.
- — à 0°51' N.
- s Taureau, à 0°2' S. 7j Cancer, à 0'18' N. la Lune, à 2°9' S.
- — à 5°25' S.
- — à 4033' S.
- — à 3°16' S.
- — à 4°0' S.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol, jte 19 juin, à lh56m. Ce minimum est facile à suivre à l’œil nu.
- Etoiles filantes. — En raison de la longueur des jours, les observations d’étoiles filantes se trouvent quelque peu
- p.421 - vue 429/598
-
-
-
- == 422 ..: . .:...... —
- délaissées pendant ce mois et aucun radiant actif n’est signalé par l’Annuaire du Bureau des Longitudes. II y a intérêt cependant à enregistrer tous les météores isolés que l’on observera.
- Etoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- Temps sidéral à 01'
- Dates. Passage Heure (T U.)
- Juin 10 Inférieur 20h12m478 17h10m30s
- — 20 — 19 33 38 17 49 55
- — 30 — 18 54 31 18 29 21
- — 30 Supérieur 6 56 29 —
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er juin à 23h ou le 15 juin, à 22h, .est le suivant;
- Au Zénith : Le Dragon; Hercule; le Bouvier.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée. Capella est à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin; la Flèche; la Lyre; l’Aigle; Le Cygne; le Capricorne. Le Sagittaire est au Sud-Est.
- Au Sud : La Couronne; Le Serpent; Ophiuchus; la Balance; le Scorpion.
- A l’Ouest : La Grande Ourse; les Chiens de chasse; la Chevelure; le Lion; la Vierge.
- Les étoiles apparaissent très tard, à l’œil nu, à l’époque du solstice d’été. On a remarqué — dit Flammarion — que les étoiles jaunes percent plus tôt la lueur du crépuscule que les étoiles blanches de même éclat. C’est pourquoi Àrcturus, qui a sensiblement le même éclat que Véga, apparaît d’abord, vers 8h50m, tandis que Véga n’est visible que quelques minutes plus tard. Deneb et l’Epi sont visibles à partir de 9h ; Altaïr vers 9h5m ainsi que r, s, puis Ç Grande Ourse; vers 9ll15m apparaissent x Grande Ourse, la Polaire, [i Petite Ourse, x Couronne, x Ophiuchius, e Bouvier, y du Cygne, puis vers 9h20m fi du Lion et Régulus.
- L’heure d’été étant en vigueur, il faut, bien entendu, augmenter toutes ces heures d’apparition de une heure.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- CONTROLE DES TEMPÉRATURES PEU ÉLEVÉES
- La Revue d’Hygiène publie une étude de M. L. Musso et Mlle M. Perrin sur les « témoins » ou « mouchards » qu’on peut employer pour contrôler des températures peu élevées.
- On sait qu’en fait de stérilisation des objets de pansement, on vérifie la pénétration de la chaleur jusqu’au centre des boîtes, la
- tube àe verre
- (fa/Av/Z'/Z. ////'Z//Z/y//t2ü&:< '77/Æjj)
- bille d'acier' mélarige de
- corps gras
- stérilisation « à cœur », en plaçant parmi les ouates ou les gazes des petits tubes de verre scellés contenant un peu d’antipyrine et des traces de bleu de méthylène. A 114°, l’antipyrine fond et se colore
- tube de verre
- corps gras
- bille d aci
- en bleu par dissolution de la couleur. Le changement de teinte du tube prouve donc que les pansements ont bien subi jusqu’au centre une température suffisante.
- Récemment, un autre'problème s’est posé que M. Musso et Mlle Perrin ont résolu d’une manière élégante, susceptible d’autres applications.
- En Algérie, on a constaté que les vaccins s’altèrent parfois, en été, par suite de la température à laquelle ils sont soumis pendant leur transport par voie postale. Pour connaître la température maxima qu’ils ont subie, lés auteurs ont imaginé une série de « mouchards » pour les températures de 30 à 50°.
- Ils préparent des tubes de verre de 10 à 15 dixièmes de mm de diamètre intérieur dans lesquels ils introduisent un mélange de corps gras et une bille d’acier de roulement à billes un peu plus petite que le diamètre du tube, puis ils scellent les deux extrémités à la lampe.
- Le mélange de corps gras est constitué par de l’huile de paraffine et de la vaseline (marque Salvo P) dans les proportions suivantes :
- Température de fusion Vaseline Huile de paraffine
- 30° 40 60
- 35 50 50
- 40 60 40
- 45 80 20
- 50 100 0
- Au bain-marie, on liquéfie le contenu des tubes et on les laisse ensuite refroidir après avoir amené la bille au milieu, soit par gravité, soit au moyen d’un aimant.
- Tant que la température n’atteint pas le point de fusion, la bille reste en place, mais si elle le dépasse, la bille tombe dans le mélange liquéfié jusqu’à une des extrémités scellées.
- Il suffit donc de placer une série de « mouchards » en position verticale ou inclinée dans l’emballage des tubes de vaccin pour connaître, au moment où on l’ouvre, la température maxima qu’ils ont subie et par suite les probabilités d’altération.
- POUR CACHETER VOS LETTRES
- Pour humecter le bord gommé des enveloppes, et pour coller les timbres-poste, un de nos lecteurs se sert d’un petit ustensile qui est aussi simple que pratique, et, sans doute, accessible à toutes les bourses; de plus son emploi est plus hygiénique que le procédé habituel.
- Prenez un petit flacon d’environ dix centimètres cubes de contenance, et remplissez-le d’eau. Fermez-le avec un bouchon ordinaire, préalablement percé, suivant son axe, d’un trou de 2 millimètres de diamètre; le bouchon dépassera de quelques millimètres l’entrée du flacon. C’est tout.
- Pour se servir du flacon, on le prend en main, le renverse et frappe avec le bouchon un petit coup sur le bord gommé de l’enveloppe. Le choc fait sortir une goutte d’eau que l’on étale sur toute la bande à l’aide du bouchon. Une fois le couvercle de l’enveloppe rabattu, on se sert de la base du flacon pour bien faire adhérer.
- Pour coller des timbres, il est plus pratique d’humecter l’enveloppe que les timbres.
- p.422 - vue 430/598
-
-
-
- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- L’INFLUENCE DE LA VITESSE DE ROTATION DU DISQUE SUR LA QUALITÉ D’UNE AUDITION PHONOGRAPHIQUE
- On ne se rend pas toujours un compte assez exact de l’influence très marquée que peut avoir la vitesse de rotation du disque sur la qualité de l’audition phonographique. Cette vitesse ne doit pas seulement être absolument stable, elle doit aussi être réglée à une valeur déterminée avec précision, de manière à être égale à la vitesse d’enregistrement, qui est pour les disques du commerce de 78 à 80 tours par minute.
- Lorsque la vitesse de reproduction est supérieure à la vitesse d’enreg istrement, la tonalité générale devient plus aiguë, et lorsqu’elle est inférieure, la tonalité générale devient plus grave. Il y a, de plus, une déformation complète de l’audition, les sons purs ont simplement une tonalité modifiée, mais les sons complexes, qui constituent la presque totalité des sons musicaux, sont complètement déformés, et ainsi la reproduction perd son caractère artistique et musical parce que les notes qui ne sont pas entre elles dans un intervalle harmonique subissent l’une par rapport à l’autre un décalage plus ou moins grand.
- Lorsque la reproduction ne paraît pas satisfaisante dans un appareil phonographique à reproduction mécanique, ou même à reproduction électrique, avant d’accuser le disque ou l’appareil reproducteur, il est utile de vérifier la vitesse du plateau porte-disque.
- Tous les phonographes à reproduction mécanique ou à
- reproduction électrique avec moteur à ressort ou électrique sont toujours munis d’un système régulateur de vitesse.
- Ce système comporte un secteur gradué devant lequel se déplace un index relié à un levier agissant sur le patin qui vient frotter sur le plateau du régulateur à boules, à force centrifuge (fig. 1).
- Il suffit d’une légère usure du patin ou d’une déformation du levier de commande, pour modifier la pression du patin sur le régulateur, et, par suite, la vitesse de rotation du plateau.
- On conçoit donc qu’il soit fort difficile pour le constructeur de graduer exactement le secteur de repère en indiquant exactement les vitesses de rotation; il est donc utile, si l’on veut obtenir une audition satisfaisante, de ne pas tenir compte uniquement de ces indications, et de vérifier directement si la vitesse de rotation est correcte.
- Un amateur de disques très musicien et ayant « l’oreille juste» peut, sans doute, effectuer cette vérification, et un réglage direct uniquement au son, mais bien peu parmi la grande masse des « discophiles » sont capables d’effectuer ce réglage de cette manière, et il vaut mieux adopter un procédé visuel, plus précis et plus sûr.
- Tout d’abord, en plaçant sur le plateau porte-disque une simple bande de papier blanc, on peut vérifier directement la vitesse avec une montre ou un chronographe ; bien entendu on ne commence la mesure que lorsque la rotation du plateau a atteint sa vitesse normale, et, au commencement de la mesure, on compte bien « zéro » et non « un ».
- Ce procédé est simple et sûr, mais un peu long, et il existe un autre système relativement peu connu, mais assez curieux et même amusant, c’est le dispositif stroboscopique.
- On place sur le plateau porte-disque un petit disque en papier ou en carton blanc, portant généralement 75 ou 77 barres marginales et radiales noires identiques, suivant que l’on veut régler la vitesse de rotation à 80 ou 78 tours. Ce disque porte simplement une ouverture circulaire de même diamètre que l’axe du plateau. Puis on fait l’obscurité dans la pièce et on éclaire par-dessus le plateau porte-disque uniquement à l’aide d’une ampoule à incandescence demi-watt, ou mieux d’une petite ampoule âu néon alimentée par du courant alternatif 110 ou 220 volts, 50 périodes (fig. 2).
- Par suite d’un phénomène stroboscopique bien connu, on constate alors que le disque en papier ne semble plus tourner à la vitesse du plateau, mais avancer lentement dans le même sens ou même en sens contraire, mais, pour une certaine vitesse, déterminée à l’aide du régulateur, le plateau paraît complètement immobile. On peut être sûr qu’à cet instant il tourne bien à 80 tours ou à 78 tours par minute. Ce système de réglage est très simple,
- Fig. 2. — Un disque en papier fort ou en carton blanc 'portant 75 ou 77 traits radiaux noirs identiques, d’environ 100 mm de diamètre, et muni d’une ouverture circulaire centrale de 8 mm de diamètre permet de vérifier la vitesse de rotation d’un plateau de phonographe.
- Plateau du régu dateur
- Fig. 1. — Disposition schématique du régulateur de vitesse du moteur de phonographe.
- p.423 - vue 431/598
-
-
-
- 424
- Fig. 3. — Deux dispositifs d'arrêt automatique sur des moteurs phonographiques à ressort.
- A. Bras d’arrêt automatique réglable. B. Bouton de mise en marche et d’arrêt. C. Sillon final du disque. D. Ergot du bas de l’appareil.
- très rapide et évidemment peu coûteux. Si la fréquence du courant alternatif employé n’était pas de 50 périodes, il faudrait modifier le nombre des barres portées par le disque et ce nombre et facile à déterminer par un raisonnement très simple.
- ARRÊT AUTOMATIQUE POUR PHONOGRAPHE
- La plupart des disques actuels portent à la fin de l’enregistrement un sillon en spirale non enregistré, qui dirige l’aiguille du diaphragme, ou du pick-up, vers un sillon circulaire central, dans lequel elle peut tourner longtemps sans dommage pour le disque. Il peut être pourtant intéressant de posséder sur un appareil reproducteur un arrêt automatique, qui commande un frein agissant sur un plateau porte-disque pour un moteur à ressort, ou bien un interrupteur si le mouvement est entraîné par un moteur électrique.
- Le dispositif est généralement très simple et comporte soit un levier coudé, sur lequel agit directement à fin de course le bras acoustique, ou porte-pick up, ou un levier de forme plus plate sur lequel vient également buter un ergot fixé sur le bras de l’appareil (fig. 3). De toute façon, le système est très simple, et le réglage de la position d’arrêt, qui doit évidemment être modifiée si le diamètre du disque varie, s’effectue très rapidement.
- UN PHONOGRAPHE MIXTE, PORTATIF ET DE SALON
- Le modèle de phonographe le plus en vogue actuellement semble être le phonographe portatif, et il existe un très grand
- Fig. A.— Phonographe portatif à chambre d’amplification acoustique
- séparée.
- A gauche, vue d’ensemble. A droite, coupe montrant le système d’adaptation du phonographe P au pavillon diffuseur A.
- nombre de modèles différents de ces appareils, dont la plupart sont bien étudiés, et permettent d’obtenir une audition d’excellente qualité.
- Le diaphragme et le bras acoustique de ces appareils sont généralement de modèle analogue à ceux des phonographes-coffrets ou des phonographes meubles, seul le moteur est moins puissant et le système d’amplification acoustique possède évidemment un développement plus restreint.
- Un amateur « discophile » très musicien et désirant obtenir une audition assez intense et d’une haute qualité musicale doit donc utiliser un appareil portatif de grandes dimensions, ce qui n’est guère pratique, ou deux appareils distincts, un appareil portatif et un appareil de salon.
- Il paraît donc intéressant de signaler un nouveau modèle de phonographe portatif comportant un dispositif spécial permettant de l’adapter facilement sur un amplificateur acoustique d’assez grandes dimensions augmentant la puissance, et surtout la qualité musicale de l’audition.
- Le dispositif est, d’ailleurs, fort simple. L’appareil portatif comporte à la suite du bras acoustique un raccord à deux directions qui dirige les sons, soit dans la chambre de réso-
- nance de celui-ci, lorsqu’on veut l’employer seul, soit dans celle de l’amplificateur acoustique, lorsqu’on y a adapté l’appareil portatif pour réaliser un appareil de salon (fig. 4).
- Dans le premier cas, c’est-à-dire lorsqu’on veut employer le portatif seul, il suffit d’obturer avec un bouchon spécial le raccord à deux directions que comporte le portatif.
- Dans le second cas, on retire ce bouchon et on pose simplement le portatif sur le cône d’entrée de la chambre de résonance de l’amplificateur acoustique A; ce cône ferme alors la communication avec la chambre de résonance de l’appareil portatif P, et assure en même temps la liaison avec celle de l’amplificateur acoustique. Cet amplificateur est réalisé sous diverses formes, de telle sorte que le phonographe portatif peut être transformé en un grand appareil de voyage, en un coffret, ou en un meuble de salon (fig. 5).
- UN POSTE RADIOPHONIQUE A RÉGLAGE AUTOMATIQUE ET A GRANDE PUISSANCE
- Les appareils à réglage essentiel unique, dans lesquels la manœuvre d’un seul bouton permet de régler à la fois le circuit d’accord ou de résonance, pour l’amplification directe,
- p.424 - vue 432/598
-
-
-
- 425
- ou les circuits d’accord et de modulation pour le changement de fréquence, sont, sans doute, les appareils les plus parfaits pour l’usager, mais certains auditeurs très difficiles désirent posséder, non seulement un poste à réglage très simple, mais ancore d’une sélectivité très poussée et d’une sensibilité assez grande pour recevoir toutes les émissions européennes avec la plus parfaite régularité et en haut-parleur très intense, même sur petit cadre.
- Un tel appareil ne peut être évidemment qu’un poste complexe difficile à réaliser d’une façon parfaite et d’un prix relativement élevé. Malgré les difficultés de toutes sortes soulevées par leur construction, il existe pourtant déjà en France d’excellents appareils de ce genre, et l’on voit, par exemple, sur la figure 6 un appareil de ce type fort intéressant.
- Ce poste à changement de fréquence comporte un étage haute fréquence à résonance avant le changement de fréquence, et cet étage est muni d’une lampe à grille-écran, ce qui assure une stabilité et une intensité d’amplification très grande. L’appareil comporte trois étages d’amplification moyenne fréquence, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence à lampes de puissance, dont les plaques
- Fig. 7: — Appareil supersynclirodyne Radio LL. à 9 lampes.
- Vue d’ensemble du bloc récepteur démonté. On remarquera le système d’accouplement des condensateurs d’accord, de résonance et de modulation, et à droite la lampe amplificatrice haute fréquence à grille-écran.
- sont alimentées avec un courant d’assez forte tension.
- On voit sur la figure 7 comment sont disposés les condensateurs d’accord, de résonance et de modulation. Le réglage du poste, malgré sa complexité, n’est guère plus difficile que celui d’un poste à changement de fréquence ordinaire et à réglage essentiel unique.
- On conçoit que les résultats obtenus soient d’une qualité tout à fait remarquable grâce aux soins rigoureux pris pour la fabrication électrique et mécanique du système.
- PETIT AMPLIFICATEUR
- POUR LA TRANSFORMATION D’UN PHONOGRAPHE ORDINAIRE EN PHONOGRAPHE ÉLECTRIQUE
- Beaucoup d’amateurs possédant un phonographe mécanique, mais ne possédant pas de poste de T. S. F., voudraient utiliser leur appareil pour effectuer la reproduction électrique des disques.
- Pour obtenir ce résultat, il suffit de monter un pick-up électromagnétique à la place du diaphragme mécanique et de le relier à un petit amplificateur à lampes de T. S. F. agissant sur un haut-parleur de petit modèle.
- On peut, sans doute, facilement construire cet amplificateur
- Fig. 6. — Vue d’ensemble du supersynchrodyne.
- et nous avons, par exemple, indiqué dans cette chronique un schéma d’appareil simple, mais les usagers qui ne veulent pas monter eux-mêmes leurs appareils peuvent maintenant trouver dans le commerce de petits amplificateurs phonographiques de ce genre, d’un prix relativement modique.
- On voit ainsi sur la figure 8 un amplificateur à trois lampes pour reproduction phonographique, établi récemment par un constructeur, et qui possède parfaitement les avantages désirés pour jouer ce rôle.
- Cet appareil comporte simplement un jack d’entrée pour pick-up, un jack de connexion du haut-parleur, un interrupteur général de mise en marche et deux rhéostats de réglage du chauffage des lampes.
- L’adaptation de l’appareil est donc absolument immédiate et peut être effectuée par n’importe quel usager du phonographe, même ignorant toute notion de racîiotechnique.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Arrêts automatiques de phonographes des Petites-Ecuries, Paris.
- Appareils Polydor, 24, rue
- Appareil transformable. Cliophone, 160, rue de Paris, à Meudon (Seine-et-Oise).
- Fig. 8. — Petit amplificateur à 5 lampes type Gody, permettant de transformer un phonographe ordinaire en phonographe électrique d’amateur.
- Poste à grande puissance à réglage unique. Radio L. L., 5, rue du Cirque, Paris.
- Appareil d'amplification phonographique d’amateur. Etablissements Gody, à Amboise (Indre-et-Loire).
- Récepteur téléphotographique. Radiola, 79, boul. Haussmann, Paris.
- p.425 - vue 433/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Leçons sur la théorie des tourbillons, par H. Villat. 1 vol. 300 p. Gauthier-Villars, Paris, 1930. Prix : 65 fr.
- Cet ouvrage réunit les leçons professées par l’auteur à la Sorbonne en 1929, dans la chaire de l’Institut de mécanique des fluides. Il faut se féliciter de voir publier l’enseignement de ce jeune institut où l’on a réuni des professeurs et savants éminents; il contribuera à remettre en honneur dans notre pays la science trop négligée de l’aérodynamique, dont les progrès théoriques sont cependant liés intimement aux progrès pratiques de la navigation et de la construction aériennes.
- Les leçons de M. Villat, consacrées à l’important problème de la mécanique des tourbillons, sont d’un caractère mathématique assez élevé. Sous cette réserve, elles exposent d’une façon très lucide et parfaitement ordonnée l’ensemble de cette question, compte tenu des travaux les plus modernes. Cet ouvrage, actuellement unique en son genre en France, rendra de signalés services à tous ceux qui veulent aborder d’une façon approfondie la mécanique des fluides.
- Traité de polarimétrie, par Georges Bruhat, 1 vol. in-8, xvi + 447 p. 250 fig. Editions de la Revue d’Optique, 165, rue de Sèvres, Paris, 1930. Prix : cartonné toile, 65 fr.
- Venant après le cours d’électricité et le Cours de thermo-dynamique du professeur de la Sorbonne, ce traité rendra également de grands services tant aux étudiants qu’aux industriels. La polarisation de la lumière est un moyen d’étude de la constitution de nombreux corps transparents ou en solution, qui trouve de nombreuses applications en physique et en chimie et sert de base à de nombreux dosages pratiques tels que ceux du sucre. L’auteur rappelle les notions générales d’optique fondamentales, il décrit les appareils de mesure : polarimètres et saccharimètres, dispositifs de mesure de la dispersion rotatoire et du dichroïsme circulaire. Puis il montre les applications des phénomènes de polarisation à l’étude de l’activité optique et de la dissymétrie moléculaire, aux dosages de sucres, à l’analyse de la structure cristalline et de l’état mésomorphe, pour terminer par les lois de la polarisation rotatoire magnétique. Son exposé, remarquablement clair, situe fort bien le problème et montre ce qu’il reste à en résoudre et ce qu’en peut attendre encore la physique théorique.
- Das Wetter, par Dr Cari Hanns Pollog. .1 vol. xn-178 p., 29 fig. et 4 planches en couleurs. Herder, éditeur, Freiburg-in-Briesgau, 1929. Prix : 4,20 Mark.
- L’auteur s’est proposé d’exposer d’une façon élémentaire, à l’usage du grand public, le jeu des facteurs qui interviennent dans ce que nous appelons le temps, et il montre comment ils sont étudiés par le météorologue de métier qui cherche à établir une prévision du temps. Il a été ainsi amené à exposer sous une forme simplifiée les idées directrices des théories météorologiques modernes. L’ouvrage forme un excellent travail de vulgarisation.
- Die natürlichen Pflanzenfamilien, par A. Engler et K. Prantl. 2° édition, revue et augmentée, par A. Engler, Bd 15 a. Angiospermae. 1 vol. in-8, 707 p., 314 fig. Wilhelm Engel-mann, Leipzig, 1930. Prix : broché, 89 M.; relié, 95 M.
- L’inventaire dé toutes les plantes du monde, que constitue l’œuvre d’Engler, revu, transformé, mis à jour au cours de la 2° édition, vient de s’enrichir d’un nouveau volume, le tome 15 a, consacré à toute une série d’Angiospermes intéressantes parmi lesquelles les Broméliacées épiphytes, les Joncs, les. Lis, les Iris. Selon le plan établi pour tout l’ouvrage, chaque famille est décrite successivement et sa classification est précédée d’une bibliographie et d’une étude des formes, des organes, de l’anatomie, de la reproduction. Aucun autre ouvrage n’est aussi complet ni aussi détaillé; aucun n’accumule autant de renseignements; c’est dire que « les familles naturelles végétales » forment l’encyclopédie fondamentale de tous les botanistes.
- Die Tierwelt der Nord und Ostsee, par Grimpe et Wagler. Lieferung XVI : Rotatoria, par A. Remane; Ostracoda, par W. Klie; halophile und halobionte Coleoptera, par H. v. Len-gerken, 1 vol. in-8, 244 p., 258 fig. Akademische Verlagsgesells-chaft, Leipzig, 1929. Prix : 21 Marks.
- Nous avons déjà dit plusieurs fois, lors de l’apparition des précédents fascicules, tout le bien que nous pensons de cet inventaire méthodique de la faune de la Mer du Nord et de la Baltique. Voici la 16e livraison consacrée aux Rotifères, aux Ostracodes et aux Coléoptères qu’on peut trouver sur les côtes. Les Rotifères, très nomÉreux, occupent la plus large place et sont admirablement traités par M. Remane, de Kiel; leurs formes extérieures, les modes de conservation, l’anatomie, l’écologie, le mode de vie, les réactions, la nourriture, les caractères, sexuels, la reproduction, le développement, les affinités phylétiques sont examinées complètement avant l’étude de leur classification par espèces,
- presque toutes représentées par des figures fort claires. Les Ostracodes, crustacés inférieurs enfermés entre deux valves, sont décrits par M. Klie, de Bremerhaven; leur monographie débute par leurs systématiques et se continue par toutes les données anatomiques et physiologiques actuellement connues; M. von Lengerken, de Berlin, dresse la liste des Coléoptères dont on a rencontré les adultes ou les larves au bord de la mer.
- Les Grands animaux sauvages de l’Annam, leurs
- mœurs, leur chasse, leur tir, par F. Millet, l vol.
- in-8, 374 p., 18 fig., 53 pl. hors texte, 1 carte. Plon, Paris, 1930.
- Prix : 36 fr.
- L’auteur a passé trente années en Indo-Chine et est familier des grands fauves de la forêt annamite. Il en fait dans son livre une description exacte, tout en narrant de nombreuses aventures cynégétiques. Il indique quand sont à craindre les tigres, qui fuient généralement l’homme, et comment il convient de les chasser à l’affût ou en battue. Il fait des récits très vivants de ses rencontres avec eux. Il dit aussi combien sont terribles les passages en troupeau des éléphants, brisant et dévastant tout. Il montre ces animaux à l’état de nature, très forts et très intelligents, mais assez souvent agressifs. Un chapitre de son livre est consacré aux grands bovidés, gaurs, bantengs et buffles, que ravagent les épizooties; un autre a trait aux cervidés, aux sangliers et aux ours. Après cette partie descriptive, riche en anecdotes de chasse, l’auteur donne des conseils précis sur la façon dont il faut rechercher et approcher les animaux dans la jungle, tirer le gros gibier, organiser les expéditions de chasse. Enfin il consacre plusieurs pages à la balistique cynégétique, ainsi qu’à la pratique de la taxidermie.
- La France ignorée, par E. A. Martel, tome II, 1 vol., petit
- in-4°, 306 p. et 450 fig. Delagrave, Paris, 1930. Prix : 80 fr.
- Suite et fin du tome 1er (paru en janvier 1928), ce volume achève le résumé et la mise au point des travaux et explorations exécutés, depuis 1883, sur et sous le sol de la France par l’ancien directeur de La Nature, actuellement président de la Société de Géographie. Dès 1885, l’auteur commença de confier spécialement et fidèlement à notre revue les notices sommaires relatives à chacune de ses trouvailles. Le présent ouvrage, maintenant terminé, donne les résultats d’ensemble et complets de ces 47 années de recherches : il constitue un supplément indispensable à toutes les géographies et géologies de notre pays, tout au moins pour ce qui touche les eaux souterraines, cavernes et abîmes, les cluses et canohs des rivières torrentielles alpestres, jurassiennes, cévenoles, pyrénéennes, les lapiaz, les rocs ruiniformes, etc. Tandis que le tome Ie était consacré au Sud-Est (grand canon du Verdon, gouffres et lapiaz des Alpes calcaires, canon du Rhône, Jura souterrain, etc.), le tome II passe la revue des faits géographiques (hydrogéologiques surtout) nouveaux, relevés en France, depuis 47 ans, des Ardennes aux Pyrénées; Nord et Bassin de Paris, Ouest, Causses et Massif Central, Languedoc, Pyrénées souterraines principalement (300 gouffres application de la houille blanche, canons admirables et mal connus du pays basque). Les pages qui traitent de l’origine des dolmens et qui passent au crible d’une juste critique ce qui concerne les dessins, peintures et sculptures préhistoriques des grottes, sont parmi les plus curieuses. De même le dernier chapitre sur les observations relatives au « recul des côtes de France », question sur laquelle on ne peut pas conclure entre les partisans de l'eustatisme et ceux de l’épei-rogénisme. Mine particulièrement riche en innombrables documents nouveaux, l’ouvrage entier prêche la prudence aux théoriciens trop audacieux, il est basé avant tout sur la constatation des faits matériels et inspiré d'un bout à l’autre par ces sages maximes de nos vieux grands maîtres : « guidés par une logique méfiante et réservée » (Cuvier) ; « Rassemblons des faits pour avoir des idées » (Buffon); a Ce que nous savons est peu de chose; .ce que nous ignorons est immense » (Laplace).
- NOS amis les bêtes, par Victor Forbin. Edited by Benjamin
- W. Mitchell. Editeur Silver Burdett et C° New-York.
- Si les livres scolaires manquent trop souvent d’attrait pour la jeunesse, on ne saurait formuler pareille critique à l’égard de Nos amis les Bêtes, que publie une maison new-yorkaise et dont l’auteur est notre collaborateur Victor Forbin. Ce charmant ouvrage, présenté d’une façon qui nous révèle la perfection atteinte aux Etats-Unis par l’industrie du livre, comporte vingt monographies d’animaux sauvages, écrites d’une plume qui sait rendre la science aimable et attrayante. Un double but est poursuivi par l’auteur et l’éditeur : enseigner le français aux collégiens américains et leur inculquer le goût de l’histoire naturelle. Le texte français est accompagné de notes en anglais et d’un vocabulaire qui nous paraît fort bien compris. L’ensembie constitue une œuvre des plus remarquables. Et l’on se demande pourquoi une maison française n’en tirerait pas un joli recueil de récits à l’intention de nos écoliers de France.
- p.426 - vue 434/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- 427
- Avion de transport Toupolief.
- L’industrie aéronautique soviétique a créé en 1929 un appareil commercial des plus intéressants, tant par ses caractéristiques de construction que par ses performances.
- Cet avion, le monoplan trimoteur Toupolief A. N. T. 9, est de construction entièrement métallique; sa voilure, en porte-à-faux, comporte une partie centrale fixée sur le dos du fuselage par quatre boulons, et deux parties latérales formant un léger dièdre. La partie centrale du plan porte les deux moteurs latéraux et les réservoirs; elle sert de point d’appui aux barres télescopiques du train d’atterrissage. Les parties latérales du plan, de forme trapézoïdale à extrémités arrondies, sont de 'profil décroissant.
- La structure résistante de l’aide est formée par quatre longerons en treillis portant des nervures très écartées (1 m.) Sur ses nervures sont fixées des lisses, parallèles au bord d’attaque; le recouvrement est en tôle ondulée (3 à 5-10 mm d’épaisseur), il travaille à la résistance de l’ensemble.
- Le fuselage est formé de quatre longerons tubulaires réunis, par des cadres; le plancher de la cabine est renforcé par des éléments transversaux en caissons, entretoisés par un treillis longitudinal. Le recouvrement est également en tôle ondulée.
- Le poste de pilotage, en double commande côte à côte, est aménagé en conduite intérieure; il est placé très en avant du bord d’attaque de l’aile. La cabine comporte soit 9 fauteuils, soit 5 fauteuils et 4 couchettes.
- I^es empennages sont de construction analogue à celle de i’aile : les volets de direction et de profondeur, comme les ailerons, sont compensés.
- L’avion Toupolief est équipé de trois moteurs Gnome et Rhône de 230 ch, moteurs à cinq cylindres en étoile à refroidissement par l’air. Ces moteurs sont montés sur des bâtis on tubes d’acier. L’atterrisseur, à large voie (5 m), est composé, pour chaque roue, d’un V articulé à la base du fuselage, et d’une barre télescopique s’appuyant sur la partie centrale du plan. (Amortisseurs à disques de caoutchouc.)
- Les caractéristiques principales de l’appareil sont les sui-
- vantes :
- Envergure............... 23,75 m.
- Longueur................ 16,80 m.
- Surface portante....... 84 m2.
- Poids vide ............. 3,360 kg.
- Poids en ordre de vol .. 5,050 kg.
- Vitesse maxima ........ 210 km-h.
- Vitesse de croisière .... 170 km-h.
- Rayon d’action avec (charge normale) 10 heures.
- Sauf quelques pièces d’acier spécial (ferrures, bâtis moteurs, -atterrisseur), l’avion est entièrement construit én alliage léger « Kolchong-Aluminium », alliage de caractéristiques semblables à celles du duralumin, mais de densité 2,65.seulement.
- L’A.N.T.-9 a effectué l’été dernier un voyage de propagande en Russie et en Europe; chargé de neuf passagers, il a réalisé sur plus de 13 000 km la vitesse moyenne de 171 km-h.
- Système de protection des ballons contre la foudre.
- Des essais ont été effectués dernièrement aux Etats-Unis au sujet de la protection des ballons contre la foudre, par M. Ward Van Orman de la Goodyear Tire and Rubber C°.
- Les nombreux accidents causés par la foudre depuis une dizaine d’années suffisent à montrer l’intérêt de ces essais (en particulier la destruction de trois ballons de la Coupe Gordon-Bennet de 1923).
- Ces essais portèrent d’abord sur la protection de la nacelle et des aéronautes, ensuite sur la protection du ballon lui-même ; les résultats de ces dernières expériences ne sont pas encore connus.
- La protection de la nacelle a été réalisée de la manière suivante : Le cercle de suspension de la nacelle, généralement en bois, a été remplacé par un cercle en tube d’acier de 0 m 75 de diamètre; un cadre horizontal en fil de cuivre, débordant de la nacelle de 0 m 30, est fixé à ce cercle par ses diagonales (tubes de duralumin). Douze fris de cuivre de 2 m 75 de long sont suspendus au cadre et forment cage autour de la nacelle.
- Cette cage de protection a été essayée dans les laboratoires de l’Ohio Insulator Company, et soumise à des décharges atteignant une tension de 3 000 000 de volts. Des instruments enregistreurs, placés à l’intérieur de la nacelle, ont montré l’efficacité du dispositif.
- Record de vitesse avec charge.
- Le pilote français Prévost a battu les 5 et 6 mars derniers, les records du monde de vitesse sur 100 km et 500 km, avec 2000 kg de charge, pour hydravions.
- Les vitesses moyennes réalisées ont été respectivement 220,026 km-h et 202 km-h.
- L’appareil utilisé au cours de ces vols est l’hydravion Latécoère 28 à flotteurs, équipé d’un moteur Hispano-Suiza de 650 ch.
- Les deux précédents records appartenaient au pilote allemand Wagner, qui avait réalisé sur hydravion Dornier « Super-wal », les moyennes horaires de 209,546 km-h et 179,416 km-h.
- Indicateur de vent au sol.
- L’une des difficultés de l’atterrissage en campagne, vient de l’absence de renseignements sur la direction et la force du vent au sol : les fumées d’habitation sont peu visibles, souvent absentes, en particulier dans le cas d’atterrissage forcé à la suite d’une panne. Aussi un pilote anglais, M. Armour, a-t-il eu l’idée d’utiliser des tubes de verre renfermant un mélange fumigène. Le tube, brisé au contact du sol, dégage une épaisse fumée qui renseigne le pilote sur la nature du vent; le mélange n’étant ni incendiaire, ni nocif, le dispositif peut être utilisé sans danger sur les terrains de culture.
- Un petit lance-bombes a d’ailleurs été mis au point pour rendre facile le lancement des tubes fumigènes. Il se compose d’une boîte plate (0 m 20 X 0 m 13 X 0 m 04), dans laquelle sont rangés les tubes comportant à la partie inférieure un distributeur (gouttière pivotante) commandé par bowden.
- p.427 - vue 435/598
-
-
-
- Fig. 1, 2, 3. — En haut : l’Atlantique sur sa cale de construction.— En bas : le pont de l’Atlantique pendant la construction (ph. Wide World). — Fig. 4. — Le lancement du navire (ph. Wide World).
- Le lancement du paquebot Atlantique.
- Le 16 avril, les Ateliers et Chantiers de Penhoet ont lancé avec succès un nouveau paquebot, Y Atlantique, destiné à la Cie Sud-Atlantique qui l’emploiera à assurer les relations entre Bordeaux et Buenos-Ayres avec escales aux ports de la péninsule Ibérique et de l’Amérique latine. Ce paquebot sera luxueusement aménagé et comptera parmi les plus beaux et les plus rapides bâtiments assurant la liaison Europe — Amérique du Sud. Sa longueur hors tout est de 225 m; sa largeur 28 m. Il déplace 39 000 tonnes et pourra transporter 1217 passagers en sus d’un équipage de 670 personnes. Il sera mû par 4 hélices actionnées au moyen d’engrenages à simple réduction par quatre groupes de turbines à vapeur. Les chaudières seront chauffées au mazout.
- l'I
- p.428 - vue 436/598
-
-
-
- 429
- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ
- La protection des installations électriques
- domestiques contre la foudre et les surtensions.
- U Blec tropro tec tor.
- Les réseaux de distribution électrique se développent rapidement en France; nos campagnes se couvrent de fds conducteurs et d’ici peu la plupart de nos communes seront électrifiées.
- Mais ce progrès, si précieux aux points de vue économique et social, a un revers; ce sont les accidents.
- Quelques accidents très graves survenus dans les villages ont même ému assez vivement l’opinion publique. La plupart sont provoqués par la foudre; soit que celle-ci frappe un transformateur et mette en contact les circuits haute et basse tension, soit qu’elle provoque directement des surtensions sur les lignes des abonnés. Les orages, les tempêtes, des chutes de poteaux, de branches d’arbres faisant contact peuvent également provoquer des circuits accidentels entre des lignes haute et basse tension placées sur mêmes supports. Le résultat est toujours le même : si le réseau ne possède pas d’appareils
- brise le tube qui libère les ba tanément le courant électrique se trouve ainsi coupé.
- De plus, si la surtension se prolonge après le déclenchement de l’appareil, le courant à haute tension est éliminé à la terre par un parafoudre à peigne.
- Il suffira ensuite de remplacer la cartouche pour remettre l’installation en état.
- L’appareil est réglé pour fonctionner à partir de 1 000 volts.
- Il est actuellement adopté par plusieurs secteurs de la région alpestre.
- Constructeur : Exploitation des appareils électriques F, G. 10,
- du disjoncteur, et instan-
- Fig. 1. — L’Eleclroprotector.
- rue Gorge-de-Loup, à Lyon.
- Fig. 2. — Eleclroprolector Fig. 3. — Electroproledor
- enclenché. déclenché.
- AGRICULTURE!
- Machine à botteler.
- Une machine peu encombrante et qui permet d’obtenir un serrage d’au moins 7 à 800 kg par une combinaison de mouflettes s’applique à la confection des bottes de charbon-nettes de chutes de scieries au lieu d’utiliser des moitiés à fagots qui ne donnent pas un serrage suffisant et qui nécessitent un grand effort.
- Les morceaux de . bois d’écorce ou autres sont disposés dans des guides montés sur un bâti. On les entoure de liens dont le serrage est obtenu au moyen d’un treuil qui agit par l’intermédiaire de moufles.
- L’appareil est très maniable, il ne pèse que 35 kg. et il demande moins de temps pour botteler que pour empiler le bois dans les guides.
- Le treuil et les mouflettes peuvent être démontés rapide-
- de protection automatiques fonctionnant instantanément, les installations de certains abonnés sont exposées à recevoir du courant à tension élevée, contre lequel les fusibles ne le protègent pas, et à ce moment l’usager est exposé à un péril mortel.
- Un moyen de se garantir contre de tels dangers est de munir l’installation exposée d’un appareil protecteur qui, en cas de surtensions, écoule automatiquement à la terre le courant à tension élevée, puis de lui-même remet l’installation en ordre de marche quand le danger est passé.
- Tel est le but que se sont proposé les constructeurs de VElectroproledor, appareil de protection individuel, qui se branche aisément sur-toute installation existante, immédiatement après le compteur, et qui en cas de surtension dangereuse sépare instantanément l’installation de l’abonné de celle du secteur.
- L’Electroprotector est un disjoncteur maintenu enclenché par un tube isolant, à l’intérieur duquel se trouvent deux pointes de métal situées de part et d’autre d’une-petite capsule explosive.
- En cas de surtension dangereuse, la capsule explose,
- Machine à botteler.
- Fig. 4.
- ment de sorte que l’on garantit l’appareil contre le vol ou les détériorations. ;
- Cet outil est indispensable aux bûcherons, car il diminue leur fatigue tout en leur assurant un rendement bien supérieur.
- Constructeur : Felter, à Favières (Meurthe-et-Moselle).
- p.429 - vue 437/598
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Rectification.
- L’emplacement du barrage de Lampy. — M. le Colonel Lauth nous signale une erreur d’impression qui s’est glissée dans l’article de M. Fournier, • sur les inondations du Midi (n° du 1er avril) et qui se traduit par une sérieuse erreur géographique.
- Il est parlé dans l’article du barrage de Lampy sur le Tarn; ce barrage est dans le département du Tarn, mais non sur le Tarn.
- Il est au moins, à 60 kilomètres, à vol d’oiseau, de cette rivière.
- « Le barrage de Lampy, nous écrit le Colonel Lauth, forme le bassin du même nom qui est alimenté par de nombreuses sources de la Montagne Noire. Il est situé à 23 kilomètres à vol d’oiseau, au S.-S.-O. de Castres, et à 9 kilomètres au S.-E.-E. de Sorèze.
- « Ses eaux sont dirigées par une rigole au Bassin de Saint-Ferréol entre Revel et Sorèze.
- « Le Bassin de Saint-Ferréol alimente le canal du Midi par une rigole qui va déboucher près du Col de Naurouze. »
- U évaporation, équilibre statique ou dynamique ?
- (N° du 15 mars 1930.)
- Nous recevons la communication suivante de M. Viel, ingénieur à Campina (Roumanie) :
- « Je me permettrai quelques remarques qui auront, je l’espère, le don d’éclairer la controverse soulevée par M. Schiffter.
- « Pour expliquer la disparition des traits au crayon, tracés sur ses boules de naphtaline, M. Schiffter fait une hypothèse très osée et, par-dessus le marché, parfaitement mutile.
- « M. Schiffter croit prouver que les molécules de naphtaline transportent des molécules de graphite, du seul fait que les traits au crayon disparaissent lorsque la naphtaline peut se volatiliser librement. Ce serait là un phénomène tellement singulier, que par sa singularité même il devrait nous mettre en garde contre des conclusions trop simplistes. Ce serait un exemple unique d’un corps pouvant en démolir un autre simplement en passant à côté (j’insiste sur ce mot, on verra pourquoi).
- « Or, nul besoin d’aller si loin. La naphtaline se volatilise simplement autour et au-dessous des traits, qui, privés de leur support, tombent en poussière, d’une masse évidemment négligeable à un examen superficiel. Je dis au-dessous, car un simple trait au crayon est un obstacle bien faible pour empêcher des échanges moléculaires. Il n’est même pas besoin d’un microscope, une simple loupe nous montre qu’un trait au crayon est criblé de trous, qui vis-à-vis de molécules, fussent-elles de naphtaline, représentent autant de portes cochères vis-à-vis de moucherons. Les molécules passent comme si
- le graphite n’existait même pas, à côté, par les interstices du réseau.
- 5 Nul besoin non plus de supposer que les molécules reviennent exactement au point qu’elles ont quitté, puisque de toutes parts elles peuvent passer par les gouffres ouverts dans la couche de graphite, à moins que les échanges, à l’état d’équilibre, ne se fassent dans ces gouffres mêmes, ce qui est très probable.
- Finalement je ferai encore remarquer que l’équilibre entre une vapeur et le corps qui lui donne naissance n’est ni statique, ni purement dynamique, mais bien statistique : c’est un équilibre de moyenne, formé par une infinité de déséquilibres successifs, que nos moyens d’investigation ne nous permettent pas de déceler.
- « Du moins, pour parler avec Henri Poincaré, est-il plus commode de supposer qu’il en est ainsi, que de supposer que les molécules de naphtaline sont capables d’emporter des molécules de graphite ».
- Comment on garnit un presse-étoupe (C. N° 2826, 1er février 1930, p. 143).
- M. le R. P. Pierre Marc, de Quarr Abbey (Ile de Wight), nous adresse l’intéressante lettre qui suit :
- « Le procédé indiqué est excellent, si toutefois on tient à faire soi-même sa garniture, et à partir du chanvre comme matière première. Mais cela est-il toujours nécessaire?
- » La garniture de chanvre, il est vrai, paraît supérieure à celle en cordon d’amiante, mais elle me semble avoir sur l’usure de la tige du piston une influence qui n’est pas négligeable. Si, en outre, après un usage prolongé, cette tige n’a plus un calibre régulier, la garniture de chanvre est inefficace, et, dans le cas d’une pompe, la fuite qui se produit alors, même à l’arrêt, pourrait provoquer le désamorçage rapide de la pompe.
- « Aussi je vous soumets un procédé différent qui m’a donné autrefois d’excellents résultats avec une vieille pompe dont le fonctionnement était, à tout le moins, laborieux.
- « J’employais du « cordon tressé de coton suiffé » fourni par la Société des Anciens Etablissements Audemar et Guyon, à Dole (Jura). Le cordon, de calibre variable selon les dimensions de la boîte à. étoupe et de la tige du piston, est constitué par une tresse de plusieurs mèches de coton, et est suiffé très fortement. Il s’enroule en hélice autour de la tige, sans se recouvrir lui-même, si le calibre a bien été choisi; on le coupe en biseau pour finir.
- « Détressé à volonté pour obtenir un calibre plus faible, ce cordon donne aussi des résultats supérieurs pour des robinets de tout calibre.
- « La qualité exceptionnelle du résultat tient, selon moi, d’abord à la matière employée, le coton ; puis à la dose du suifïage, bien plus considérable que celui qui pourrait être obtenu à la main. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Les appareils avertisseurs d’incendie (N° 2831). — Erratum: Par suite d’une erreur typographique, l’adresse de la Société Monico a été indiquée d’une façon erronée. Cette société siège 35, rue Saint-Georges, Paris.
- L’enregistrement phonographique sur disques incassables (N® 2831), appareils Melograph : A. N. Shapiro, 36, rue Taitbout, Paris.
- Errata au n° 2830, 1er avril 1930.
- M. le professeur Fauvel, de l’Université catholique d’Angers, a bien voulu nous signaler dans ce numéro un certain nombre d’erreurs que nous tenons à corriger.
- Les clichés des figures représentant des baleines (p. 289) et le Polyo-don (p. 308) ont été inversés; ces animaux sont représentés le dos en bas.
- Dans l’analyse du lait de baleine, les sucres et les albumines n’ont pas été dosés; ils doivent donc être représentés par des traits et non
- par des zéros dans les tableaux de chiffres. On sait, par d’autres analyses de lait de cétacés, qu'ils contiennent du sucre et des matières azotées en proportions assez grandes.
- A quoi peuvent servir les déchets d’ardoises ?
- Les déchets de schistes ardoisiers sont utilisés pour la fabrication de tuiles ou de pierres d’ardoise de la façon suivante :
- Après pulvérisation, on pratique un criblage, puis la poudre humectée d’eau est malaxée par passage entre des cylindres. La pâte bien homogène ainsi obtenue est moulée, séchée puis cuite au four comme les tuiles ordinaires.
- D’après un brevet pris par M. Jarnouen de Villartay, on peut également, après pulvérisation, mélanger la poudre à du ciment dans la proportion de 25 de ciment et 75 d’ardoise, ce mélange doit être fait à sec et d’une façon parfaite. On ajoute alors peu à peu une quantité égale d’eau, ce qui donne une pâte que l’on moule sous forte pression. Après démoulage le produit est mis à sécher à l’air pendant une quinzaine de jours, puis plongé dans l’eau durant vingt-quatre
- p.430 - vue 438/598
-
-
-
- 431
- heures. Finalement on laisse sécher à nouveau, ce qui demande, suivant la saison, de quatre à six semaines.
- Enfin un dernier procédé d’utilisation des déchets d’ardoise consiste à ajouter au produit du broyage environ 20 % d’argile grasse, puis à humecter d’eau, en quantité suffisante pour donner une masse plastique que l’on moule, sèche et cuit comme dans le premier procédé.
- En outre on peut employer les schistes à l’état calciné, sous forme de déchets d’ardoises, que l’on passe au four avant broyage, la cuisson peut être effectuée dans un four quelconque au bas duquel on recueille les produits calcinés (procédé Bayard). Les matériaux ainsi obtenus entrent dans la fabrication des tuiles et briques courantes, surtout comme matière de dégraissage destinée à éviter le retrait et le fissurage.
- Réponse à M. Le Dr Dantrelle, a Charleville.
- Qu* appelle=t=on essences déterpénées?
- Les essences naturelles odorantes obtenues par distillation de fleurs ou de fruits, contiennent fréquemment, outre les produits utiles qui leur donnent des qualités aromatiques, des hydrocarbures non oxygénés - appelés terpènes d’odeur peu agréable, susceptibles de rancir et qui nuisent à la pureté du parfum d’une manière non négligeable, car leur proportion peut être considérable et atteindre par exemple 75 à 80 % de l’essence brute de citron ou d’orange.
- Les terpènes que l’on rencontre le plus souvent sont les sesqui-terpènes Clu H10 et C15 H24, leur solubilité, presque nulle dans l’alcool dilué permet de les éliminer facilement des essences proprement dites
- Pour cela on agite mécaniquement pendant plusieurs heures l’essence brute avec de l’alcool à 45° G, L, puis on laisse reposer et sépare le liquide alcoolique qui contient l’essence épurée des terpènes insolubles.
- La solution alcoolique peut servir directement à la préparation des parfums commerciaux en y ajoutant de l’alcool fort; si on veut revenir à l’essence elle-même il suffira de chasser l’alcool par distillation de sorte que cet alcool récupéré pourra servir à une autre opération.
- Quant aux résidus terpéniques, ils sont utilisés pour agrémenter les produits alimentaires tels que limonades ou pour parfumer les savons.
- Réponse à M. Léo Bessette, a Orizaba (Mexique).
- Qu’est=ce que la créoline?
- La Créoline n’est pas un produit de composition définie, mais un mélange en proportions variables, suivant les fabricants, de goudrons de houilles riches en crésols et xylols avec des savons d’acides gras et de résine, le tout rendu fortement alcalin par de la soude caustique.
- Pour réaliser un mélange miscible à l’eau, il convient de mettre un excès de soude caustique de façon que le goudron ne forme plus de gouttelettes huileuses.
- Comme ce mélange dégage de la chaleur, on doit le faire dans une terrine, plongeant elle-même dans l’eau froide de manière que l’élévation de température ne soit pas trop grande; une fois l’incorporation terminée on verse le tout dans l’eau savonneuse laquelle, par les savons, assurera la constance de l’émulsion.
- D’après les essais de Vallée, il faut pour l’emploi qu’après dilution de la mixture ci-dessus, avec de l’eau ordinaire, le produit contienne 1 % de crésol, dose qui suffit pour détruire les spores de la bactéridie charbonneuse, l’une des plus résistantes aux antiseptiques, comme chacun le sait.
- Réponse à M. Marquès, a Lisbonne.
- Comment nettoyer les micas des appareils de chauffage?
- Dans les appareils de chauffage à feu visible, si répandus aujourd’hui par l’agrément qu’ils donnent de suivre la combustion dans le foyer, il arrive que les feuilles de mica constituant des sortes de vitres s’obscurcissent assez rapidement par des dépôts de goudrons sur lesquels sé fixent des parcelles de charbons.
- Pour remédier à cet inconvénient, il faut commencer par démonter la feuille de mica, ce qui est facile puisqu’elle est maintenue dans une feuillure par un petit cadre en fonte et des boulons que l’on dévissera.
- Cela fait, on mettra à tremper la plaque dans un solvant des goudrons tel que benzine, essence minérale, pétrole, essence de térébenthine, cela pendant au moins 24 heures. On se servira avec avantage pour cette macération d’une cuvette photographique recouverte d’une feuille de verre.
- Ensuite, après avoir bien essuyé le mica avec un linge propre, il ne restera plus qu’à porter à température élevée en présence d’un grand excès d’air.
- Si on dispose d’un moufle de laboratoire, son emploi est tout indiqué pour brûler les dernières parcelles de charbon; au cas contraire on se servira de la lampe à souder d’usage courant dont la flamme promenée successivement sur chacune des faces, rendra en quelques instants à la plaque de mica ses caractères primitifs.
- N. B. — Bien entendu ce traitement n’a sa raison d'être que pour des micas encore sains, non fendillés ou feuilletés par un service trop prolongé et qui tomberaient en poussière pendant les manipulations.
- Réponse à M. Séguin, a Angers.
- De tout un peu.
- M. de la Molterouge, à Compïègne. — Les couleurs à l’aquarelle dites moites sont obtenues par broyage du pigment approprié avec un mélange d’eau gommeuse et de glycérine préparé en faisant d’abord dissoudre à saturation de la gomme arabique dans de l’eau froide, puis en ajoutant à cette dissolution son volume de glycérine officinale.
- Le même mélange peut également servir à remettre en état les couleurs déjà anciennes soit en tubes, soit en godets, qui se sont desséchées, mais il faut procéder à un nouveau broyage sur plaque de verre, avec une molette, pour obtenir un résultat satisfaisant après avoir laissé * infuser » au moins vingt-quatre heures pour bonne imbibition.
- ML Richelmi, à Puget-Théniers. — La formule suivante d’encre noire pour stylos, vous donnera certainement satisfaction :
- Nigrosine IV soluble à l’alcool ... 5 grammes
- Alcool à 95°........................... 25 cm5
- Glycérine blanche...................... 10 —
- Acide acétique......................... 2 —
- Eau distillée........................ 100 —
- Broyer finement la nigrosine, laisser digérer, plusieurs jours, dans le mélange alcool-glycérine-eau, en agitant fréquemment, ajouter alors l'acide acétique, rendre homogène et filtrer pour séparer les impuretés solides qui pourraient obstruer le tube d’amenée de l’encre à la plume.
- Ml. Dode, à Nîmes. — Vous éviterez très probablement l’adhérence de votre composition de moulage en amalgamant le fer-blanc de vos moules.
- Pour cela, il vous suffira de les enduire au pinceau d’une dissolution de nitrate acide de mercure à 10 pour 100, ce qui aura pour résultat d’introduire dans l’étamage du mercure libre, sur lequel en général, il n’y a pas de prise.
- Ces moules peuvent servir très longtemps sans qu’il soit utile de renouveler l’amalgame, éviter de couler la composition dans des moules chauds de façon qu’elle rencontre toujours des parois froides.
- N. B. — Dans la fabrication industrielle des cires à cacheter et cires à bouteilles, on emploie simplement des moules en fonte sans autre artifice.
- M. Claude, à Valdivia. —- Les encres sont rendues copiantes par addition de substances hygroscopiques telles que saccharose, glucose, dextrine, glycérine; il en résulte forcément un épaississement de l’encre qui perd ainsi sa propriété de couler facilement par le canal très fin qui alimente la plume du stylo, c’est donc en déduire sans peine que dans ce cas l’emploi des encres à copier est tout à fait contre-indiqué.
- Ml. Leconte, à Lille. — La suite de la Maison Noël et Gail a été reprise pour l’exploitation de ses brevets sur l’épuration des eaux par la Maison Egrot, 23, rue Mathis à Paris, 196, qui se met à votre disposition pour l’étude et la mise au point de toutes questions de ce genre.
- M. Zadock, à Salonique. — 1° La condition essentielle pour la bonne conservation des négatifs sur plaques ou pellicules est de les tenir dans un lieu parfaitement sec, ils seront enveloppés pour les préserver de la poussière, dans du papier noir dit papier aiguilles, jamais dans du papier journal dont l’impression pourrait se transférer sur la gélatine.
- 2° Vous trouverez une collection très complète d’ouvrages sur la photographie à la librairie spécialisée, J. de Francia, 118 bis, rue d’Assas, Paris.
- F
- p.431 - vue 439/598
-
-
-
- LES PLUS GRANDES ÉGLISES DU MONDE
- Les plus grandes églises du monde se trouvent en Europe. L’église Saint-Pierre de Rome vient en tète. Elle occupe une superficie de 15 160 m2 et peut contenir 54 000 personnes. Vient ensuite le Dôme de Milan, tout entier construit en marbre blanc; cet édifice a une superficie de 8 406 m'2 et peut contenir 18000 personnes.
- La troisième place appartient à la cathédrale Saint-Paul à Londres. Le quatrième rang est occupé par la célèbre église byzantine de Sainte-Sophie à Constantinople, transformée en mosquée depuis la conquête ottomane. Elle a une superficie de 6 890 m- Enfin au 5e rang se place Notre-Dame de Paris qui a une superficie de 5 955 m2.
- Fig. 1 (en haut à gauche). Façade
- de Saint-Pierre de Rome.
- Fig. 2 (en haut à droite).
- Le Dôme de Milan.
- Fig. 3 (au milieu).
- La cathédrale Saint-Paul à Londres.
- Fig. 4 (en bas à gauche). Vue extérieure de Sainte-Sophie de Constantinople.
- Fig. 5 (en bas à droite). Façade
- de Notre-Dame de Paris. (Photos Delius).
- Le Gérant : G. Masson.
- (J >220.
- Paris, lmp. Laihri:. — i-5-iq3o.
- p.432 - vue 440/598
-
-
-
- p.n.n. - vue 441/598
-
-
-
- Paraît le Ier et ie Î5 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ci#, Editeurs, uo, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI’ (J{. C. Seine : i5.234) Tél. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNÉMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n°‘), 70 fr. ; — 6 mois (12 n*‘), 35 fr.
- Pris du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois (12 n“), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* î j ^ w.....................
- .......... ( Six MOIS...................................
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an. . Six mois.
- 110 fr.
- 55 fr.
- Tarif extérieur H* 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 400 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haiti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique au Sud Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n® 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G1*, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VK Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
- La reproduction des illustrations de a La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- PRAGNA-DIASGOPE
- Adopté par les Ministères de l’Agriculture, Instruction publique et Enseignement technique,
- /' est
- IDÉAL
- pour tous les enseignements
- HISTOIRE
- GEOGRAPHIE
- SCIENCES NATURELLES
- tiemantMex lot Notice ë&
- G. MASSIOT
- Successeur de RADIGUET et MASSIOT
- Salles d’expériences : 13 et 13, ÆSouletv» «tes F'illes-tiii-Calvair,e, JPA.J3l^
- USINE A COURBEVOIE (SEINE)
- f M^ÉUOf^TION*MS^S^URS™ SAGÉsT^
- SUPPRESSION DES REMONTEES D’HUILE I
- par la pose facile des _ -
- IEGMEHTI CONJUGUE*
- J RUELLON'I.R.Poînte d'Ivry .
- JUST.
- I
- COMPRESSION m FORMIDABLE 1
- LA RAPIDE-LIME
- Travaille avec précision l’Acier, le Fer, la. tonte le Bronze et autres matières PLUS DE LIMES t PLUS DE BURINS! Tout le monde Ajusteur-Mécanicien. — Tarif franco.
- JACQUOT i THYEHDOH, 58-60, r. Régnault, paris
- Voir itter. duu « 1* Nature », n* «5B0. *...
- p.n.n. - vue 442/598
-
-
-
- N» 2833
- LA NATURE
- 15 Mai 1930
- L’EXAMEN scientifique des tableaux
- AU MUSÉE DU LOUVRE
- (1)
- Les critiques d’art et les antiquaires les plus habiles se trouvent souvent fort embarrassés pour se prononcer sur l’authenticité d’un tableau portant la signature d’un peintre réputé. Afin de satisfaire aux demandes des amateurs de peintures, combien, en effet, d’habiles faussaires n’ont-ils pas pastiché de « chefs-d’œuvre » des virtuoses du pinceau! Mais aujourd’hui les directeurs de
- investigations sur la technique des peintures, l’identification des tableaux et des œuvres d’art. En attendant que l’Etat français puisse mettre à la disposition des savants experts le matériel nécessaire et le personnel compétent pour mener à bien ce long travail de documentation esthétique sur les maîtres réputés de toutes les Ecoles, M. Cellerier a procédé à une installation
- Fig. 1 (à gauche). — Fragment de la fresque de Chasseriau, de l’ancienne Cour des Comptes, montrant une tête d'homme après sa restauration Fig. 2 (au milieu). — Photographie, sous le rayonnement ultra-violet, de la tête d’homme de Chasseriau.
- Fig. 3 (à droite). — Radiographie agrandie d’une partie de la joue du personnage précédent.
- Musées comme les « nouveaux riches » sont méfiants et, avant d’acquérir une toile, ils demandent aux chimistes d’en analyser les couleurs, aux artistes d’en examiner la facture, aux physiciens d’en découvrir les retouches ou les restaurations et, le cas échéant, les truquages. Aussi, au cours de l’année 1928, M. H. Verne, Directeur des Musées nationaux, a-t-il chargé J.-F. Cellerier, directeur du Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, de créer au Musée du Louvre un laboratoire de recherches scientifiques dans lequel on poursuit actuellement des
- 1. Voir pour les travaux antérieurs sur le même sujet nos articles : Curieuses révélations de l’expertise radiographique des tableaux, La Nature, n° 2444 (5-2-1927) et Nouvelles méthodes d’expertise optique des tableaux, La Nature, n° 2605 (8-2-1924), p. 150.
- réduite lui permettant d’appliquer toutes les ressources de la chimie physique à déceler, d’un côté, la constitution intime des couleurs et des substances employées dans un tableau et, d’autre part, la facture spéciale de chaque artiste. L’éminent technicien et ses aides procèdent tour à tour aux essais les plus divers pour éclairer leur religion. Ils utilisent les rayons X préconisés déjà depuis plusieurs années pour de telles expériences, entre autres par Faber, Heilbron et le Dr Chéron. Comme Bayle, ils se servent des radiations ultra-violettes à cause des phénomènes de luminosité spéciale qu’elles déterminent sur certains pigments colorés. Ils ne négligent pas non plus, à l’occasion, la spectrographie, la lumière polarisée, les analyses de la constitution chimique de la peinture
- p.433 - vue 443/598
-
-
-
- = 434
- Fig. 4. — Le « Bénédicité » ii '^Chardin (Musée du Louvre).
- et du support, qui leur fournissent de très précieuses indications pour constituer le « dossier » du tableau soumis à l’expertise. Ainsi ces méthodes d’investigation
- scientifique se complètent l’une l’autre. Cependant, si elles font souvent apparaître des retouches, si elles démasquent parfois les pastiches des fraudeurs, un expert ne saurait authentifier un tableau avec certitude que si, grâce à des observations méthodiquement faites au préalable sur des œuvres différentes du même peintre, il possède des documents comparatifs indiscutables.
- M. Cellerier et ses collaborateurs dressent donc actuellement ce « catalogue des références artistiques » en s’efforçant de fixer les « factures » et les « traits caractéristiques » des principales toiles de maîtres du Louvre. Cette tâche colossale s’effectue au moyen d’installations optique, photographique et radiographique ingénieusement combinées.
- COMMENT ON EXAMINE UN TABLEAU
- Après avoir posé le tableau sur un chevalet. M. Cellerier ou un de ses aides s’assied devant le pupitre où se trouvent les boutons de commande des divers appareils. L’opérateur procède alors à toutes les expériences nécessaires à l’établissement méthodique des documents susceptibles de former son opinion.
- Il précise, en particulier, comme nous le notions plus haut, les caractéristiques de la constitution intime des matières du tableau ainsi que celles beaucoup plus délicates de la facture propre à chaque peintre. Celle-ci varie, d’ailleurs, parfois pour un même artiste suivant les époques de sa vie.
- On conçoit donc, d’après les considérations précédentes, que l’expertise scientifique pratiquée de la sorte permette de réunir une documentation très précise. Elle ne saurait cependant répondre à elle seule à tous les cas de recherches d’authenticité ou de technique picturales : la science et la critique doivent s’unir pour établir de tels dossiers sur des bases indiscutables.
- Illustrons maintenant notre sujet au moyen de quelques exemples typiques, afin de montrer l’importance de la besogne ardue entreprise actuellément par M. Cellerier.
- Voici, par exemple, une fresque de Chas-seriau, qui décorait jadis l’une des salles de l’Ancienne Cour des Comptes à Paris et qui fut endommagée, en 1871, pendant les tragiques journées de la Commune. Désirant conserver cette œuvre de valeur, la Direction des Beaux-Arts la fit restaurer de la manière suivante. Après avoir étendu une toile sur la . surface même du panneau, on gratta la pierre jusqu’à la peinture murale, puis on fixa cette dernière sur une seconde toile destinée à lui servir de support. On enleva ensuite la première toile. On obtint, de la
- sorte, ce qu’on nomme en langage technique
- un marouflage, ou tableau plus ou moins endommagé par cette double opération et sur lequel un peintre de talent put alors procéder aux retouches nécessaires. En photographiant, à la manière ordinaire, la tête du principal personnage de la fresque ainsi restaurée, on n’y aperçoit aucune trace du tra-
- Fig. 5. — Radiographie d’une portion du « Bénédicité » révélant, la composition des pigments colorés employés par l’artiste.
- p.434 - vue 444/598
-
-
-
- Fig. 6 (en haut): — Laboratoire des recherches scientifiques du Musée dti Louvr*> de Paris. . Fig. 7 (à gauche). — M Cellerier et ses collaborateurs prenant la radiophotographie d’un tableau. Fig. 8 (à droite). — Examen d’un tableau en lumière blanche au travers d'un écran jaune•
- p.435 - vue 445/598
-
-
-
- = 436 :t:.:.....
- vail effectué, tandis que les déchirures pelliculaires apparaissent très nettes sous le rayonnement ultra-violet. On apprécie encore mieux sur une partie de la joue gauche radiographiée avec un certain grossissement l’étendue des dégradations, car ces dernières furent masquées à l’aide de couleurs végétales à l’eau laissant passer les rayons X au lieu que les anciens pigments colorés à base minérale parsèment l’épreuve de taches plus foncées (fig. 1, 2 et 3).
- Regardons encore la reproduction monochrome du célèbre « Bénédicité » de Chardin, un des joyaux de la collection La Caze au Musée du Louvre. Cette photographie prise à l’aide d’un filtre approprié met en pleine lumière la mère et ses deux enfants, laissant dans l’ombre les autres détails de la scène. Le document montre la
- optiques. Il soumit donc ce portrait au rayonnement ultra-violet et, au bout d’une pose de 45 minutes, il observa la disparition des joues, de la bouche et du menton de la noble Brugeoise. A la place de ces régions faciales se détacha un vague barbouillage, irrécusable témoin d’une importante retouche. Si on se reporte à l’original afin de repérer ces coups de pinceau ultérieurs, on distingue aisément les traces de l’inexpérience du retoucheur. Enfin la radiophotographie de la même œuvre décèle de légères retouches vers le bas du col, sur la joue gauche et vers le lobe de l’œil droit.
- Sur d’autres tableaux anciens, les fonctionnaires du Laboratoire de recherches scientifiques du Musée du Louvre ont fait diverses observations non moins intéressantes. Dans le portrait d’Isabeau de Bavière datant
- Fig. 9 (à gauche). — Portrait de femme de l’Ecoie de Bruges, seconde moitié du xvie siècle. Photographie en lumière blanche
- à travers un écran jaune (Musée du Louvre).
- Fig. 10 (au milieu). — Radiographie du tableau précédent. Celte épreuve décèle quelques retouches vers l'œil droit, sur la joue gauche et vers le bas du col. Fig. 11 (à droite). — Photographie du tableau précédent sous le rayonnement ultra-violet. Celle épreuve décèle l’importance
- des retouches opérées, principalement au bas du visage.
- délicatesse de pinceau du merveilleux artiste et le radiogramme de la portion du même tableau où se trouvent les deux bambins indique la composition des mixtures colorées qu’il employait. On retrouve ces caractéristiques dans les autres œuvres de l’inimitable peintre des bourgeois du XVIIIe siècle.
- Passons maintenant à l’examen d’un portrait de femme de VEcole de Bruges paraissant remonter à la seconde moitié du XVIe siècle. En le photographiant à la lumière blanche au travers d’un écran jaune, M. Cellerier ne remarqua rien d’anormal. Puis, en prenant un second cliché sous la lampe à arc électrique dont la lumière blanche renferme une certaine proportion de radiations violettes, il constata vers la joue gauche et dans la région de la bouche une dissonance de tons. Cette constatation engagea le savant physicien à varier les essais
- de 1435, on a pu, grâce au rayonnement ultra-violet, distinguer nettement la délicatesse de touche du visage. Au contraire, la coiffe ou hennin y est traitée plus gos-sièrement et cependant la radiophotographie du tableau ne montre aucune trace de retouche. L’application des couleurs du couvre-chef de la reine de France semble d’une facture fort différente de celle de la figure et du buste. M. Cellerier en conclut que, selon les pratiques courantes des peintres du XVe siècle, le maître a brossé la figure, le buste et le collier, laissant à un de ses élèves moins habile le soin de coiffer la trop fameuse épouse de Charles VI !
- De son côté, l’examen aux filtres colorés d’une vierge de l’Ecole Ombrienne peinte vers la fin du XVe siècle a fait apparaître des additions récentes de couleurs rosées sur les joues de la Madone, de l’Enfant Jésus et des Anges.
- p.436 - vue 446/598
-
-
-
- Vraisemblablement on exécuta cette réparation pour raviver les couleurs des personnages ternies par le temps. En outre, l’exposition de ce chef-d’œuvre des primitifs italiens révéla un remplacement partiel de l’ancien support en bois ainsi que la réfection des ors et de la peinture de cette région du tableau, restauré ainsi à la suite d’un accident.
- Au laboratoire des recherches scientifiques du Musée du Louvre, de nombreuses toiles des principaux maîtres ont déjà été examinées par l’un ou l’autre des procédés auxquels nous avons fait allusion ci-dessus et nous croyons savoir que le Ministère des Beaux-Arts va nommer une commission chargée de développer la produc-
- '1 .....="...... .......... ... = 437 =
- tion du nouvel organisme. Une fois en possession du matériel suffisant et de collaborateurs expérimentés, M. Cellerier sera à même de réunir une documentation de références digne de nos richesses artistiques nationales. La collection de ces « fiches » techniques rendra de grands services aux galeries publiques, aux collectionneurs et aux experts en permettant, grâce à des examens comparatifs, d’authentifier les tableaux des principaux peintres, de découvrir les retouches ou les restaurations subies par les œuvres picturales et de démasquer les truquages, parfois si parfaits à première vue, des trop habiles pasticheurs d’hier et d’aujourd’hui.
- Jacques Boyer.
- LES RELATIONS TÉLÉPHONIQUES
- ENTRE UN NAVIRE ET LA TERRE
- La technique de la radiotéléphonie se perfectionne continuellement et des applications nouvelles entrent chaque jour dans le domaine de la pratique.
- C’est ainsi qu’après de longs essais, la radiotéléphonie entre un navire voguant sur l’Atlantique et la terre est devenue d’un usage courant.
- A titre d’exemple, nous voulons décrire, aujourd’hui, la réalisation technique des radio-communications entre les réseaux téléphoniques de France, de Grande-Bretagne, de Belgique, de Hollande et les passagers des navires Majestic et Olympic de la White Star Line pendant qu’ils traversent l’Atlantique. On peut dire, d’ailleurs, que le service public de radiotéléphonie entre Londres et l’Océan fut inauguré par le Majestic, au cours d’une
- Fig. 2. — La slaiion génératrice alimenlanl les appareils d’émissions radiotêléphoniques de Z’Olympic.
- Fig. 1. — L’équipement de la cabine d’émission radioiéléphonique de Z’Olympic.
- de ses dernières traversées, alors que, faisant route vers New York, il se trouvait à environ deux mille kilomètres de la côte britannique.
- Du point de vue technique, les équipements du Majestic et de Y Olympic sont identiques; seuls diffèrent quelques détails de réalisation. Ils ont été construits par la « Standard Téléphoné and Cables Ltd » pour le compte de la « International Marine Radio Co. Ltd » et de l’Àdmi-nistion britannique des P. T. T.
- Comme on pouvait s’y attendre, ce sont les ondes courtes qui sont utilisées. La longueur d’onde est d’ailleurs variable suivant la distance à franchir et l’heure de la communication, les plus petites ondes étant réservées pour les distances les plus longues et pendant le jour. Les longueurs d’onde employées actuellement sur le
- p.437 - vue 447/598
-
-
-
- 438
- PPtS
- Fig. 3. — Vue de la cabine d’émission radiotélêphonique de f Olympic _
- Majestic, par exemple, sont de 33,26 et 17 mètres, celle! de 17 mètres étant celle qui donne le plus de satisfac-l tion pour le service de jour et sur les longues distances.®
- L’équipement du bord est tout à fait différent des ins-| tallatiom de T. S. F. dont les navires sont habituelle-*] ment munis.
- Dans le poste d’émission l’onde porteuse est stabi-' lisée par un oscillateur à quartz qui ne travaille que sur le quart de la fréquence totale pour que le cristal utilisé puisse être d’une épaisseur relativement grande. A la suite de ce « maître oscillateur » se trouve un étage d’amplification compensé qui avec l’aide du quartz assure la stabilité de la fréquence. Celle-ci est alors quadruplée par deux générateurs montés en cascade et l’onde porteuse amplifiée à sa puissance définitive par deux étages de haute fréquence, dont chacun comporte deux lampes montées en « push-pull ». La modulation commence dès le premier étage. Les lampes de puissance sont du type à refroidissement par l’eau et ont une puissance unitaire de deux kilowatts. Elles sont contenues dans un coffre spécial avec leurs circuits d’accord et les tuyaux de caoutchouc destinés à faire circuler l’eau de refroidissement autour de leurs anodes. Les autres appareils du poste d’émission sont renfermés dans un second coffre. L’ensemble repose sur un plancher spécialement suspendu pour l’isoler des vibrations propres du navire.
- Le poste récepteur est du type superhétérodyne. Il comprend deux étages d’amplification de haute fréquence, avec lampes à écran, suivis d’une première détectrice, d’une changeuse de fréquence, de cinq étages
- d’amplification de moyenne fréquence, d’une seconde détectrice et d’un étage d’amplification de basse fréquence. L’amplificateur de moyenne fréquence possède une grande sélectivité, indispensable pour écarter toute chance de brouillage entre l’onde d’aller et l’onde de retour pendant la conversation.
- Pour éviter le « fading », le récepteur comporte un contrôleur autorfiatique de volume qui consiste en une lampe détectrice spéciale montée en parallèle avec la seconde détectrice et disposée de telle façon que le potentiel de grille de la première détectrice varie avec la force des signaux reçus. Ainsi, un signal fort augmente le potentiel de la première détectrice et réduit l’amplification du récepteur.
- En ce qui concerne la disposition de l’équipement sur le navire, le poste de transmission est placé à côté de la seconde cheminée et les antennes d’émission sont tendues entre cette cheminée et le mât principal. Puisque la longueur des antennes dépend de la longueur d’onde utilisée, on dispose de plusieurs antennes séparées qui peuvent être mises en œuvre à volonté.
- Le poste récepteur est situé juste au-dessus du pont. Les antennes de réception sont tendues entre la première cheminée et le mât d’avant. C. B.
- Fig. 4. — La cabine de réception radiotélêphonique de i’Olympic.
- = ÉPURATION DES EAUX D’ALIMENTATION =
- DES CHAUDIÈRES
- a Les machines à vapeur, disait Arago en 1830, seront les chefs-d’œuvre de l’industrie, lorsqu’on sera parvenu à éviter leur explosion. »
- Nombre d’accidents sont aujourd’hui évités, tels ceux que l’on devait à la mauvaise qualité du métal, aux calculs insuffi-
- sants, à la négligence ou l’inattention du machiniste, défaut auquel on a obvié par l’automatisme pour ainsi dire absolu. Les incrustations, cependant, qui comptent parmi les plus sérieuses causes de dégâts, subsistent encore dans bien des installations où elles constituent un danger premanent.
- p.438 - vue 448/598
-
-
-
- INCRUSTATIONS
- Les incrustations sont les sédiments boueux ou salins, qui se déposent dans les chaudières sur les surfaces en contact' avec l’eau. Elles constituent une croûte très résistante de sels calcaires ou magnésiens (bicarbonate, chlorure ou sulfate) d’une épaisseur parfois de plusieurs centimètres. Très mauvais conducteur de la chaleur, ce dépôt empêche l’échange calorique entre le foyer et l’eau, ce qui accroît dans de grandes proportions (jusqu’à 8 et 10 pour 100) la consommation de combustible. D’autre part, la tôle non refroidie rougit, s’oxyde et se brûle, mettant rapidement la machine hors d’usage. Avec les incrustations, l’explosion est un danger latent. Que la couche isolante de dépôt se fendille et s’écaille sous l’action de la chaleur, et l’eau entrant brusquement en contact avec les parois surchauffées se vaporise instantanément ; il se produit à ce moment une pression exagérée qui risque de provoquer l’accident.
- NETTOYAGE DES CHAUDIÈRES
- Une foule d’appareils et de procédés ont été proposés dans le but de réduire à néant l’effet nuisible des incrustations; mais la grande imperfection de ces moyens préventifs fît chercher en outre de faciliter le nettoyage des chaudières, travail primitivement fort pénible : un ouvrier devait s’introduire dans le bouilleur par le trou d’homme, et enlever la croûte, selon son épaisseur et son adhérence, au burin ou à l’aide d’une brosse articulée. De nombreux perfectionnements furent apportés qui rendirent le travail plus aisé. C’est ainsi qu’après les tubes recourbés et dudgeonnés dans les collecteurs ou les plaques tubulaires, on en vint par étapes aux tubes droits ou légèrement cintrés, plus accessibles au ringard, indépendants les uns des autres. Cette indépendance des tubes évite, en cas d’avarie, l’immobilisation prolongée de la machine, en permettant l’emploi de tubes de rechange. Dans le même but de simplification et d’économie furent créés les emmanchements à cône qui présentent le double avantage d’être d’un montage très rapide et d’éviter les coûteux joints de vapeur.
- Le nettoyage des tubes se fait aujourd’hui au moyen de marteaux pneumatiques spéciaux dont le détartreur « Dean » peut être considéré comme le prototype. Celui-ci se compose dans les grandes lignes d’une masselote vibrant à 1500 coups, à la minute environ, à l’extrémité d’un cylindre contenant le système distributeur. Le diamètre du cylindre est tel qu’il puisse rentrer aisément dans le tube à nettoyer. Les chocs répétés du marteau contre les parois fragmentent la croûte qui s’écaille et se détache. Si le dépôt est intérieur (tube à eau), on le chassé de temps à autre d’un jet d’air comprimé; s’il est extérieur (tubeà feu), il tombe, puis est éliminé par les purgeurs.
- ÉPURATION PRÉALABLE DES EAUX
- Tels sont actuellement les moyens curatifs employés. Toutefois, le problème est plus intéressant de prévenir les incrustations, et c’est à quoi se sont attachés les ingénieurs de tous les temps.
- Un des premiers pas faits dans ce sens a été marqué par l’emploi de tubes verticaux; mais il a été reconnu que ce mode de montage, s’il empêche les dépôts boueux, est inopérant contre la formation du revêtement calcaire. D’ailleurs, la difficulté qu’apporte au nettoyage cette disposition l’a fait abandonner de plus en plus.
- Épuration chimique. — Longtemps on se contenta de laisser décanter l’eau d’alimentation dans de vastes citernes avant l’emploi; mais une meilleure pratique fut d’addi-
- = — - 439 ==
- tionner cette eau de substances dites « ‘ désincrustantes », agissant les unes mécaniquement, les autres chimiquement.
- De la première catégorie sont les corps gras (glycérine, argile délayée, pétrole lampant) ou amylacés (dextrine, pulpe de pomme de terre) qui enlèvent toute adhérence aux sels incrustants.
- De la seconde catégorie, la chaux qui précipite le bicarbonate calcique en carbonate, le carbbonate de soude qui précipite les sels de magnésie, etc....
- Ces produits désincrustants, dosés pour la quantité d’eau à épurer, étaient primitivement mélangés à l’eau directement dans le bouilleur. Plus tard, des appareils effectuèrent automatiquement et le dosage et le mélange, tel l’épurateur Desrumaux qui, breveté en 1888, et depuis étudié et perfectionné sans cesse, donne actuellement de très bons résultats.
- Filtres à zêolithe. — Dans ces filtres aujourd’hui très répandus les eaux sont adoucies par simple passage au travers d’un lit de zêolithe. Pratiquement, on emploie des zéo-lithes artificiels (permutite, zéohydrine) à base de silicate d’alumine et de soude. L’eau brute traversant l’appareil, les sels calcaires et magnésiens prennent dans le produit épurateur la place de la soude qui, libérée sous forme de sulfate soluble, ne trouble en rien la marche des chaudières. Après un certain temps, variable suivant le filtre et le débit qui lui est demandé (15 à 20 heures), le zêolithe doit être régénéré. A cet effet, on noie le lit filtrant dans une solution de sel dénaturé. L’opération dure de 8 à 10 heures; elle est suivie d’un rinçage abondant jusqu’à disparition des dernières traces de chlorure de sodium.
- Pour l’alimentation d’une chaudière, deux filtres sont nécessaires, alternativement mis en service par un jeu de vannes approprié, l’un débitant alors que l’autre se régénère.
- Réchauffeurs. — D’autres appareils sont basés sur ce principe que l’élévation de température favorise la précipitation des sels calcaires. Ce sont généralement des réchauffeurs utilisant des combustibles de qualité inférieure, ou disposés de telle sorte qu’ils profitent de la chaleur restante du foyer :
- De ce type, l’épurateur Chevalier (1855) se présente sous la forme d’une chaudière tubulaire de dimensions réduites. L’eau brute d’alimentation arrive dans Je cylindre où elle est portée à 80° environ au contact des tubes chauffés par la vapeur d’échappement des machines. A cette température, elle se sature et dépose les sédiments qu’elle tient en suspension.
- Vers la même époque, MM. Cail et Cle munissent leur loco-mobile d’un dispositif ne différant du précédent qu’en ce que l’eau arrive dans les tubes, et la vapeur dans le cylindre. Le nettoyage de l’appareil en est grandement facilité.
- Le détartreur « Bowl et Tranter » est une heureuse application du même principe. L’eau arrive dans un tube de vapeur sur une série de plateaux chauffants disposés en gradins. Le dernier, en forme de cuvette et muni d’un purgeur, permet le dépôt et l’évacuation des sédiments précipités.
- Citons encore « l’hydramot-purificateur » de Wagner et le réchauffeur Wilkinson qui agissent par mélange d’eau brute et de vapeur d’échappement des appareils d’utilisation, mélange favorisé par la division de l’eau qui tombe en pluie sur des disques horizontaux disposés en chicane.
- Evacuation des impuretés. — L’ingénieux « déjecteur anticalcaire » de M. Dumery (1864) repose sur la concentration des matières en suspension dans l’eau. En principe, celles-ci, précipitées par la chaleur sont constamment remontées et maintenues à la surface par l’ascension des bulles de vapeur. Si l’on relie par une canalisation extérieure le niveau de l’eau maintenu constant à l’extrémité inférieure de la chaudière, un courant s’établit par thermo-siphon, qui
- p.439 - vue 449/598
-
-
-
- = 440 ......-.................... =
- entraîne avec lui les impuretés. Un filtre intercalé sur le circuit empêche leur retour dans les houilleurs; mais, parfait en théorie, cet appareil n’a pas donné à beaucoup près les résultats attendus.
- D’une façon presque générale, l’évacuation des impuretés se fait par l’application (variée à l’infini quant à la réalisation mécanique) de ce fait que les brusques variations dans la vitesse et la direction des eaux favorisent le dépôt des matières en suspension.
- Epuration par distillation. — L’épuration des eaux par distillation est généralement fort décriée. La pierre d’achoppement de ce procédé est, d’après ses détracteurs, le prix de revient trop élevé qu’entraînent :
- 1° Les frais d’entretien et l’usure rapide des appareils distillatoires sur lesquels se reportent les inconvénients évités à la chaudière.
- 2° Le supplément de combustible nécessaire au chauffage préalable de l’eau.
- Mais si l’on considère qu’en raison de la basse température, l’effet des incrustations dans l’épurateur se trouve très atténué; que celui-ci peut être chauffé par la simple récupération des chaleurs inutilisées; si l’on envisage l’économie
- d’entretien et de combustible qu’apporte à la chaudière l’adoucissement absolu de l’eau, on comprend que ce procédé possède assez d’avantages pour faire oublier quelques imperfections somme toute assez minimes.
- Certaines industries pour lesquelles l’élimination des sels calcaires et magnésiens est une absolue nécessité (citons les industries textiles, notamment dans les travaux de lavage, d’apprêt ou de teinture) appliquent les plus modernes solutions du problème de l’adoucissement des eaux.
- Il en est de même pour toutes les grosses installations thermiques; mais nombreuses surtout dans les endroits non touchés par l’électrification, combien de petites usines, utilisant la force motrice d’une machine à vapeur, ne sont pas munies du plus archaïque appareil de sécurité, n’emploient pas le plus élémentaire procédé de désincrustation !
- Des visites faites dans ce sens sont édifiantes. Négligence ou ignorance ? Economie le plus souvent. Et c’est pourquoi, de temps à autre, les faits divers de nos journaux relatent une nouvelle explosion de chaudière : dégâts matériels, blessures ou perte de vies humaines, dus à la non-application d’un principe élémentaire de sécurité.
- Daniel Mounier.
- LES RÉPARATIONS DES PIÈGES D ARAIGNÉES
- Les araignées consacrent trop de soie, de temps, de labeur à l’édification de leurs pièges, pour ne pas ménager ces instruments de travail. D’ordinaire, presque toutes
- Æ, /w\/ 4
- /<lnXxx l//\\ /f/\Toi/e perforée
- Gibier et
- ZjO// Araignée
- Panache sup
- Gibier
- Fig. 1 et 2. — Le mécanisme de capture des proies de Linypliia triangularis.
- a) avant la capture. b) après.
- ne se décident à des déchirures qu’en des circonstances graves : incidents de chasse, nécessité de se débarrasser cl’un ennemi dangereux. Presque toutes, pas toutes. Plusieurs traumatisent, à chaque capture, la toile si précieuse. C’est le cas de Linyphia triangularis dont les grands feutres horizontaux encombrent les broussailles, de mai à octobre.
- L. triangularis se sert d’un engin composé d’une nappe plate à son origine, surmontée d’un haut panache de fils croisés et appuyée, à sa partie inférieure, sur un autre panache plus modeste.
- Elle se maintient à l’affût, ventre en l’air, sous la nappe, dans le panache inférieur son domicile, et ne prête attention qu’aux événements du panache supérieur, son véritable filet. Survient-il une proie en ce lieu plein d’embûches, elle bondit, traverse la nappe, s’empare de
- la bête, la paralyse et l’emporte à son poste d’observation où elle la mange. Il y a donc autant de trous que de prises et l’étendue de ces trous varie évidemment selon le volume des victimes. A la fin d’une chaude journée d’août, petites et larges perforations font de la jolie toile une pauvre guenille.
- Que va tenter la fougueuse déchireuse? Va-t-elle reconstruire en totalité, va-t-elle réparer? Réédifier sera, pour elle, une dépense sensible. La nappe est si spacieuse, le panache supérieur s’élève si touffu! Il faudra tant de douzaines de mètres de soie! Quel que soit le menu, les glandes séricigènes s’épuiseront. L. triangularis le sait, aussi se détermine-t-elle, sagement, à réparer. Partisans de l’instinct tyrannique imposant une série de mouvements automatiques, toujours les mêmes, et naturalistes convaincus de l’acte raisonné acceptent le raccommodage. Mais les deux camps entrent en conflit, dès qu’il s’agit d’expliquer cette opération.
- Les premiers veulent une besogne inconsciente. Leur illustre représentant Fabre propose une ingénieuse solution du problème. D’après lui, les lacérations se comblent, au hasard des promenades de la fileuse, sur la toile. Pendant que L. triangularis court à l’attaque, surveille sa propriété, elle laisse, partout où elle passe, le fil que sécrètent ses filières, aussitôt qu’elle se met en marche. Qu’elle saute d’un bord à l’autre d’un des trous, voilà un pont jeté. Qu’elle recommence 500, 1000 fois, elle établira 500, 1000 ponts. Après quelques semaines de voyages, la cavité n’existera plus.
- Il y a là une hypothèse et non des faits observés. Les tisseuses de toiles réparent infiniment plus vite que le croit Fabre. Ce n’est pas en quelques semaines, c’est en quelques heures et moins encore, qu’elles ravaudent. Un besoin urgent exige cette rapidité. A quoi servirait, le lendemain, une toile criblée de trous, la veille? Les insectes
- p.440 - vue 450/598
-
-
-
- s’échapperaient, l’araignée serait gênée à chaque pas et chasserait mal ou pas du tout. L. triangularis doit donc restaurer promptement, si elle veut éviter la faim. Comme elle a bon appétit, elle se met au travail pendant la nuit qui suit les dégâts.
- Rien de plus facile que de s’en rendre compte. Je repère, . dans une haie, trois pièges de L. triangularis. A 2 heures du soir (juillet), je pratique un trou au premier, deux au deuxième, trois au troisième. A 6 heures, aucun changement. A 11 heures, même abstention des intéressées. Le lendemain matin, à 5 heures, tout est réparé avec art. Les trous des trois appareils sont aveuglés, au moyen d’une toile merveilleusement fine qui s’adapte, assez bien, aux lèvres des « plaies opératoires ». Pas de stoppage. Les fils semblent simplement collés à ces lèvres. Par leur légèreté, leur transparence exquise, les fragments de récent tissage, s’opposent à la vieille toile, dense, poussiéreuse. Lentement, en 1 mois environ, le tissu neuf s’épaissira, grâce aux fils que les bestioles abandonneront, dans leurs vagabondages : la consolidation sera longue, parce que L. triangularis n’aime guère se déplacer.
- De ces constatations, maintes fois répétées, aisément contrôlables, il résulte : 1° que L. triangularis comprend que ses faibles ressources de soie lui prescrivent, en certains cas, de ravauder, et non de réédifier; 2° qu’elle répare les trous, l’un après l’autre, puiscpie chaque parcelle de tissu neuf constitue une pièce rapportée. En tout cela, l’instinct, jamais novateur, n’a pu la conseiller. Elle a raisonné, guidée par une lueur d’intelligence.
- Nombre d’autres lileuses de toiles feutrées raccommodent. Obligé d’écourter mon enquête sur les réparations, je ne mentionnerai que T egenaria domestica, l’agent de police de nos maisons qui nous débarrasse des moustiques et des mouches. Celle-là ne déchire pas son ouvrage. Il est nécessaire de le traumatiser, lorsqu’on désire apprécier son habileté. Trouons donc, avec un doigt, vers minuit, une quinzaine des abondants filets d’un grenier. A l’aurore, nous croyons, d’abord, les cavités béantes. Puis, des incidences de lumière aidant, nous distinguons des voiles, très légers, apposés aux bords effilochés de la vieille toile. La technique rappelle, exactement, le ravaudage de Linyphia triangularis.
- La surprise que nous causent les réparations s’intensifie, lorsqu’on étudie des lileuses de toiles géométriques. Epeira, umbratica en fournit une preuve.
- Grosse comme une lentille, d’un brun presque noir, aussi industrieuse que peu jolie, E. umbratica. fuit le soleil et les bruits du monde; cachée sous une écorce, dans un coin obscur, elle sort au crépuscule pour occuper son centre ou tisser un. piège d’architecture capricieuse. Le plus faible choc l’effarouche et lui fait gagner le fil avertisseur qui mène à sa cachette. La toile oblique mesure de 0 m 15 à 0 m 30 de diamètre et comporte deux spirales
- 441
- Fig. 3. — Toile réparée de Tegenaria domestica. A, vieille toile. B, toile neuve.
- séparées par une importante zone intermédiaire. Les supports du filet comprennent en moyenne 19 rayons, inégalement distants, les uns des autres. Les espaces limités par deux rayons diffèrent donc de superficie; leurs échelons ou fils gluants, capteurs, sont au nombre de 11 à 31. L’ensemble d’aspect débraillé résiste au vent, beaucoup moins à la pluie.
- Par une matinée orageuse, je passe en revue plusieurs pièges de ce type. Aucune anomalie. Après un quart d’heure de pluie torrentielle, je les inspecte à nouveau. Il n’en subsiste qu’un dépenaillé, n’offrant que six rayons et privé de la plupart de ses échelons. La sjnrale interne a disparu, mais le centre est là. J’estime le désastre irréparable .
- Deux heures et demie s’écoulent. Le hasard me conduit près de la ruine que je considère avec indifférence.. Or, que vois-je? E. umbratica revenue réfléchit, à son centre. Tout à coup, elle se dirige sans hésitation vers la périphérie de l’appareil, ramassant à brassées les bouts bxâsés de rayons et des échelons, tout en s’agrippant aux rayons intacts. Une minute plus tard, elle retourne au centre et y enroule sa récolte, en une énorme boule qu’elle suspend. Les ramassages se poursuivent de secteurs en secteurs. Les débris enlevés, l’araignée se campe au centre, raidit les six rayons, semblable à un matelot halant un câble. Elle renouvelle ensuite la spirale interne. Sans désemparer, elle se rend à la spirale externe pour y rem-
- Fig. 5. — Hcparaliort d'un piège c/’Epeira umbratica endommagé. A, spirale interne. B, espace intermédiaire. C, spirale externe neuve. D, spirale externe.
- - A A' A"
- Fig. 4. — Disposition des fils de la loile d’Epeira umbratica. A, A', A", rayons (fils secs ou supports). B, B', deux secteurs voisins. C, C', échelons ou flls gluants.
- **
- p.441 - vue 451/598
-
-
-
- 442
- Fig. 6. — Réparation du pi'ege d’une jeune Epeira diademata.
- A, centre. B, spirale interne. C, spirale externe. •
- D, espace intermédiaire. E, partie réparée.
- placer les fils gluants qui manquent. Opération ardue! Dépourvue des fils secs provisoires, habituels et des deux tiers des rayons, il lui faut, à chaque instant, descendre vers le centre et passer, en'ce point, d’un rayon à un autre — ce qu’elle ne saurait faire1 à la périphérie, à cause des distances trop accusées. Les difficultés de reconstruction se multiplient si bien, le sens de sa route, ordinairement invariable, se modifie si souvent qu’elle aboutit à des malfaçons rares. C’est ainsi, jmr exemple, que les échelons de deux secteurs voisins sont presque toujours en discordance.
- La spirale externe terminée, vaille que vaille, E. umbratica atteint son poste central, absorbe en six secondes la boule de soie et s’immobilise, tête en bas. Un chien aboie. Elle déguerpit et me permet, par son absence, un minutieux examen de ses extraordinaires travaux.
- Les vieux fils de la spirale externe apparaissent blanchâtres, criblés de poussières atmosphériques, tandis que les nouveaux brillent d’un éclat très vif. Cette différence de tons attire moins l’attention que l’irrégularité générale de l’édifice. Se moquant des règles absolues de l’instinct, E. umbratica s’est contentée de l’indispensable. Que lui importe que les fils gluants de ses spirales ne soient ni en nombre voulu, ni disposés, de façon normale, pourvu qu’ils captent des proies! Ses congénères agissent de même, je m’en suis assuré. Mais ce petit monde répare-t-il, quels que soient les dommages?
- Afin de résoudre le problème, je détache d’un filet, jusqu’au centre respecté, un spacieux lambeau intéressant la moitié des rayons et des échelons. Le lendemain, je constate une reconstruction to-
- tale et non une réparation. J’exagère les dégâts, je supprime le centre, territoire sacré d’une toile : la propriétaire, ainsi lésée, fuit son logis et ne reparaît plus.
- Ces insuccès m’apprennent que les individus de l’espèce E. umbratica ne réparent point les accrocs en toute occurrence. Préciser les seules destructions auxquelles remédie leur ingéniosité serait imprudent. Je suppose — simple hypothèse — qu’ils estiment perdus les pièges dont un accident anéantit :
- a) La totalité des rayons et des échelons de plusieurs secteurs contigus.
- b) Le centre.
- c) L’extrémité inférieure de tous les rayons.
- En ces diverses circonstances, les toiles sont réédifiées ou délaissées.
- Jusque-là, il n’a été question que de raccommodage affectant, plus ou moins, la forme des pièges normaux. Il se rencontre des restaurations inattendues étrangères à la technique rituelle. On découvre parfois ces anomalies chez les jeunes Epeires diadémées. Voici, par exemple, la toile minuscule de l’une d’elles; large de 0 m 11, elle est d’une finesse extrême et s’étend, verticale; une tache nacrée en diminue un peu la beauté : j’y reconnais, à la loupe, une réparation fantaisiste, réduite à quatre fils épais, allant du centre à la périphérie et comblant de la sorte une déchirure médiocre.
- Un exemple de raccommodage plus savant et plus démonstratif m’est fourni par une E. diademata, adulte, dont je n’espérais guère le témoignage. Voici l’affaire:
- En mai, une E. diademata, récemment essaimée, élit domicile près de l’encadrement extérieur d’une porte. Je m’habitue à regarder son gracieux piège trembloter au milieu des fleurs et la laisse en paix. Grandelette, en juillet, elle tisse un appareil de 0 m 35 de diamètre dont un tiers s’abrite derrière une ramifie, aimée des abeilles.
- Cette branche de rien fait sa fortune.
- Quittant les étamines, riches en pollen, les visiteuses s’envolent étourdiment, butent contre les échelons, s’y engluent et servent de mets succulents. La suralimentation de ma protégée est si continue qu’à la maigreur succède vite un notable embonpoint. Août venu, l’abdo-ment acquiert la grosseur d’une noisette. A partir de ce moment, je note les événements. Il y a, d’abord, gêne de la marche, puis difficulté d’exécuter les actes variés du tissage, simplification de la capture. L’obésité amène maints troubles locomoteurs, sans toutefois altérer l’appétit. La bête chasse avec activité.
- Délabré chaque jour, le piège est reconstruit chaque soir, mais de plus en plus mal. La région contiguë à la ramifie ne présente aucun échelon, les deux spirales se déroulent, sans régularité. On a l’impression que l’araignée abrège, sabote.
- Une nuit (26 août), à 10 heures, je surprends E. diademata, sur sa toile endommagée par l’énergique défense d’un papillon. Le câble, les fils de soutien, une dizaine de rayons, le centre, plusieurs échelons par secteurs, sont les seuls organes utilisables. Le reste a disparu ou a été en partie détruit dans la tourmente. Au milieu de ces vestiges, la bedonnante diadémée se traîne, pas à pas; elle complète, pour l’instant, des fragments de rayons. Etrange
- Fig. 7. — Stoppage d’Epeira diademata.
- p.442 - vue 452/598
-
-
-
- spectacle ! La bête s’éloigne du centre A, en sécrétant un brin de soie. Elle descend par le rayon AC avec lourdeur et cherche à se saisir de l’échelon ED, d’accès facile. Après la pénible conquête de ce fil, elle s’évertue à s’emparer de l’extrémité flottante D, débris du rayon rompu AF. Sa patte postérieure explore, s’avance trop, pas assez, se dirige trop haut, trop bas, et enfin accroche, par une griffe, ce bout tant désiré. Les tentatives ont duré deux minutes. Elle colle, alors en D, le fil qu’elle a préparé et remonte en A, par EA, accablée, s’arrêtant plusieurs fois. Elle se repose, au centre, gagne un autre secteur et répète la manœuvre précédente.
- .........................443 =
- Les rayons brisés remis à neuf, E. diademata tisse la spirale interne, la spirale externe et s’immobilise, au centre, prête à chasser.
- 27 août. Soit lassitude, soit absence de gibier, l’araignée n’a rien capté. Le piège, intact, ressemble à un piège neuf. Rayons anciens et rayons de la nuit ne se différencient pas. Les échelons sont identiques : je ne peux distinguer le point où le fil récent a été collé au fil primitif. Diadémée, en vérité, a exécuté, sous mes yeux, un stoppage, c’est-à-dire un ouvrage qui a exigé de la réflexion, du discernement; elle s’est soustraite, un instant, à l’instinct — comme les autres raccommodeuses. D1' Vincent.
- LE PHONOGRAPHE AUTOMATIQUE
- Fig. 1.— L’ensemble des organesdu phonographe automatique, o. Conlinuous », vu de côté.
- Le phonographe a fait en ces dernières années d’immenses progrès; les principaux efforts et les plus fructueux ont porté sur l’amélioration de l’enregistrement et de la reproduction. Mais on s’est préoccupé aussi de réduire les manœuvres qu’exige le fonctionnement de l’appareil; nous voyons se répandre la commande par moteur électrique, qui réduit les manipulations à une grande simplicité.
- Depuis longtemps on a songé aussi à éviter de changer manuellement les disques, à faire cette opération automatiquement, surtout dans le but de mettre à la disposition du public des meubles à jetons, d’un fonctionnement automatique, susceptibles de remplacer les orchestres mécaniques dans les salles de danse et les cafés.
- LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES AUTOMATIQUES
- L’un des premiers du genre fut construit en France par de Vère, et des modèles perfectionnés basés sur ce principe sont actuellement encore en usage et très répandus.
- Dans cet appareil un magasin comporte un certain nombre de disques superposés, qui sont posés sur des chariots dont les bords reposent dans des rainures. Ces chariots peuvent donc glisser et amener le disque à l’aplomb du plateau rotatif dont l’axe est accouplé avec un mouvement d’horlogerie.
- Au moyen d’un index qu’on manœuvre de l’extérieur, on commande un mécanisme de sélection qui fait tourner un arbre pourvu de bras horizontaux rayonnants dont le nombre est égal à celui des chariots. En manœuvrant l’index on met en action le bras qui correspond au disque choisi. Un bras agit pour s’agripper dans un crochet fixé au chariot voulu.
- Un autre mouvement d’horlogerie abaisse le disque et le met en contact avec l’aiguille du diaphragme. Dès
- que l’audition est terminée, le système automatique de commande assure le départ du disque pour le remettre en magasin, il laisse ainsi le plateau libre pour l’audition suivante.
- L’automaticité s’est introduite aujourd’hui dans un certain nombre de modèles domestiques, mais surtout dans ceux qui visent à remplacer les orchestres et à permettre l’exécution de pièces musicales d’assez grande longueur. On utilise parfois l’appareil à deux disques, le second entrant automatiquement en service lorsque le premier est terminé grâce à des contacts électriques. Dans les appareils de la société Secem un organe de réglage permet cl’effectuer le raccord d’un disque à l’autre par étouffement, et de rendre ainsi insensible pour le publU le passage du premier au second disque.
- p.443 - vue 453/598
-
-
-
- 444
- Certains systèmes différents assurent le changement de disque, toujours au moyen de chariots mobiles qui prennent alors un disque à la partie supérieure de la pile, le transportent, et reviennent à leur position de départ prêts à saisir le disque suivant. Le moteur électrique fait tourner le plateau; il s’arrête quand le disque est terminé. Ce dernier bascule à ce moment et se rend sur là pile des disques auditionnés et ainsi de suite. Le disque .ainsi remis en magasin est d’ailleurs.basculé, pour présenter la prochaine fois l’autre face lorsqu’il repassera à l’audition à son tour dans la pile magasin.
- Un système récent est celui qui assure indéfiniment la répétition du même disque. Pour cela, on met sur le disque une sorte de cache comportant une rigole guide qui ramène automatiquement.le saphir ou l’aiguille à la
- Fig. 2. — Le mécanisme vu de Vautre côté.
- position de départ, sans que pour cela le plateau tournant ait à s’arrêter.
- Les appareils automatiques ainsi conçus qui fonctionnent pour ainsi dire presque sans arrêt, doivent utiliser les disques à saphir, ou tout au moins des aiguilles de composition particulière. Actuellement on préfère le disque à aiguille.' Celle-ci a l’inconvénient de s’user cl’une façon extraordinaire; lorsqu’elle a servi quelques fois, au lieu d’être parfaitement pointue, elle présente l’aspect d’un outil tranchant de raboteuse, qui naturellement tend à détériorer l’intériëur du sillon.
- Comment faire pour assurer l’automaticité complète de l’appareil, et par suite changer d’aiguilles après chaque face de disque ? Ce problème dans sa complexité paraît insoluble. Il a cependant été réalisé dans le « Conti-nuous» qui permet : le jeu automatique des disques du phonographe, le changement automatique des aiguilles
- après chaque face de disque, et qui peut donc jouer sans aucune intervention humaine trente-six disques sur une face dans n’importe quel ordre fixé à l’avance par le possesseur de l’appareil. Il peut aussi jouer dix disques sur double face, chaque disque étant retourné immédiatement après le jeu de la première face.
- Cela permet alors la reproduction ininterrompue des suites musicales qui sont inscrites fatalement en plusieurs disques. Comme il faut respecter la règle du changement d’aiguille après chaque face de disque pour que ceux-ci aient une durée convenable et un fonctionnement toujours impeccable, l’appareil assure lui-même automatiquement ce changement d’aiguille.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL « CONTINUOUS »
- Une des caractéristiques principales de ce phonographe perfectionné est la disposition . des' disques qui sont joués
- - non plus dans un plan horizontal, mais dans la position verticale. On a constaté que. cela contribuait beaucoup à
- . diminuer l’usure normale des disques.
- ; Chaque disque, une fois qu’il est joué • par l’appareil, est brossé automatiquement, car la brosse suit toujours l’aiguille à quelques millimètres de dis-. tance, de sorte que les disques sont constamment maintenus dans un état
- - de propreté parfaite.
- Les disques sont donc placés verticalement dans le magasin. De là, ils sont guidés vers la table tournante par un bras qui est muni à chacune de
- - ses extrémités de petites poulies à i gorge. Quel que soit le diamètre du
- disque, le bras le stabilise à une hauteur telle, qu’un pointeau s’introduit dans son centre pour le fixer sur la table tournante. Dans cette opération le bras du pick-up ou du diaphragme se déplace radialement, du fait même de l’influence du poids du disque, et l’aiguille neuve se pose ainsi délicatement sur le premier sillon de départ.
- Pendant que le disque joue, le mécanisme reproducteur est rappelé par un ressort très léger; il se déplace radialement par rapport au disque en raison de la très grande longueur du bras, de sorte que les sillons sont presque tous explorés d’une manière uniforme.
- Lorsque le disque est terminé, la brosse qui suit l’aiguille à quelques millimètres de distance continue à voyager dans les sillons, tandis que T aiguille est arrêtée dans son avance par un sillon de stoppage. Ainsi les mouvements de l’aiguille et ceux de la brosse ne sont plus parallèles.
- Cette rupture de parallélisme actionne un petit interrupteur qui ouvre le circuit du moteur ; celui-ci s’arrête, donc aussi la table tournante. Du fait de l’arrêt de cette dernière, un manchon régulateur à houles entre en jeu
- p.444 - vue 454/598
-
-
-
- et détermine la levée d’une came qui libère un secteur circulaire à engrenage, lequel peut alors entrer en rotation au moyen d’un système de levier, La rotation du secteur autour de son centre repousse immédiatement le pick-up ou le diaphragme dans un plan vertical, ce qui décoince l’aiguille et permet son expulsion.
- Ce même mouvement de rotation du secteur provoque celui d’un levier qui agit sur un magasin à aiguilles contenant 350 pièces placées sans aucune précaution. L’une d’entre elles est poussée dans un culbuteur où la pointe se trouve ramenée la première, pour pénétrer dans un tube en caoutchouc qui communique avec le canal de calage de l’aiguille dans le pick-up ou le diaphragme. Pour que l’aiguille ne puisse pas passer au dehors, une butée l’arrête au moment voulu.
- Enfin le secteur à engrenage dans sa rotation commande aussi le retour du bras qui reprend en sens inverse le disque joué, et le replace dans le magasin. Une butée se dégage alors automatiquement de sorte que le magasin roulant peut avancer de un à plusieurs disques suivant le programme qu’on a choisi parmi les trente-six disques en magasin. En effet, le rappel en arrière clu magasin est constamment sollicité par un ressort.
- Au lieu d’un magasin pour trente-six disques sur une seule face, on peut avoir un magasin tournant pour jouer dix disques double face. Un ressort spiral, dans l’écartement d’une butée, permet à tout l’ensemble des dix disques de pivoter de sorte que la deuxième face se présente pour le jeu immédiatement après la première.
- Du fait que le pick-up et le diaphragme sont reportés dans un plan vertical, le parallélisme entre le porte-aiguille et la brosse se trouve rétabli. Le circuit moteur se ferme et le plateau tournant se remet en route. A ce moment une vis sans fin, calée en bout d’axe de la table, engrène avec ce secteur, de sorte qu’il complète son mouvement de rotation en faisant faire à l’ensemble des leviers la manœuvre inverse.
- Le pick-up ou le diaphragme s’incline vers le plateau suivant un angle d’attaque de 60°. La butée de 1 aiguille est libérée par un ressort, et l’aiguille, coincée contre le canal d’amenée par une pièce spéciale, se pose sur le disque que le bras automatique vient de mettre en place. Ainsi le mécanisme fonctionne continuellement depuis le premier disque jusqu’au dernier, et à ce moment la machine s’arrête d’elle-même.
- L’intervalle entre la dernière note d’un disque et la première du disque suivant est d’environ 12 secondes. La simple manœuvre d’un levier permet d’ailleurs de répéter à volonté un même disque.
- Ainsi le mécanisme est composé d’organes qui accomplissent des fonctions et qui répètent des mouvements très divers. Tout le service du phonographe est automatique, et le rendement de l’appareil s’en trouve accru dans des proportions considérables.
- Le fait de remplacer automatiquement l’aiguille fait que les auditions sont toujours pures et que la vie des disques est très longuU car le mécanisme n’oublie jamais sa besogne, contraireUent à ce que fait trop souvent l’amateur. La manipulation mécanique des disques, qui est très délicate à la main, empêche également par sa cor-
- 445
- Fig. 3. — Le magasin à disques et le dispositif de doigts pour passer d’un disque au suivant.
- rection toute cassure et toute rayure. Les sillons ne sont pas endommagés, car dans le transport des disques sur l’appareil, on utilise la faculté que le disque a de rouler sur sa tranche.
- Fig. 4. — Mécanisme pour faire jouer les disques sur les deux faces.
- p.445 - vue 455/598
-
-
-
- = 446 zi:::::::-.:;::.::::;:::::,::...,.:--::-:.............................................. -
- Ce mécanisme peut évidemment s’accoupler avec tout système amplificateur quelconque; amplificateur acoustique ou amplificateur électrique. Dans ce dernier, le pick-up employé est réglable en intensité comme dans tout appareil bien conçu, et l’on peut passer du simple murmure musical à un volume suffisant pour donner satisfaction au public d’une grande salle.
- Dans l’amplification acoustique l’appareil est combiné avec deux cornes exponentielles.
- Ce phonographe complètement automatique, changeur de disques, changeur d’aiguilles, est actuellement l’un des modèles les plus parfaits qui existent parmi les nombreux systèmes que l’amateur peut désirer.
- E. Weiss.
- L’OUTILLAGE POUR LES BOIS COLONIAUX
- AU PORT DU HAVRE
- L’existence très ancienne, à Paris et dans la région parisienne, d’une industrie importante et prospère de l’ameublement nécessitait l’importation en grandes quantités de bois précieux exotiques : acajou, palissandre, ébène, etc. Il était naturel que cette importation se fît par le port le plus rapproché des lieux d’utilisation; et, de fait, Le Havre voit arriver dans son port, depuis de longues années,
- d’importants chargements de bois exotiques, destinés en majeure partie à d’intérieur du pays.
- D’autre part, l’amoindrissement des forêts françaises, conséquence des coupes qui y ont été faites pendant la guerre pour les besoins de la défense nationale, aussi bien que de leur destruction par les bombardements et les incendies, a conduit à restreindre l’exploitation de celles restées intactes, pendant que se repeupleront peu à peu celles que les hostilités ont dévastées.
- Il fallait donc suppléer à cette diminution de la production nationale de bois communs par des apports extérieurs d’essences susceptibles de les remplacer, tout en continuant à approvisionner le marché en bois précieux d’ébénisterie et de marqueterie.
- De là l’augmentation considérable des importations de bois exotiques en France, et tout spécialement par Le Havre par où entrent 75 pour 100 des bois coloniaux importés dans le pays. Le graphique ci-contre indique de façon très nette la progression de ce trafic, surtout depuis la fin de la guerre. Les renseignements déjà connus en ce qui concerne l’année 1929 montrent que cette progression ne se ralentit pas, et que la place prépondérante prise par Le Havre s’affirme de plus en plus.
- Le port du Havre n’a pas, à proprement parler, de quais spécialisés ; aussi n’existait-il, jusqu’en 1928, ni emplacement réservé aux bois, ni outillage spécialement conçu pour leur manutention. Le stockage ne pouvait se faire en hauteur, et des espaces considérables étaient par conséquent nécessaires pour déposer, au moment du débarquement, les énormes quantités de bois de toute nature et de toutes provenances qu’apportaient les navires.
- Pendant la période des gros arrivages, il fallait utiliser souvent presque toutes les surfaces de terre-pleins disponibles.
- En outre, si le débarquement était facile
- Fig. 1. — Le développement de Vimportation des bois exotiques au Havre, de 1890 à 1928.
- 160.000
- 150.000
- 14-0.000
- 130.000
- 110.000
- 100.000
- 90.000
- 80.000
- 70.000
- 60.000
- 50.000
- 30.000
- zo.ooo:
- 10.000
- 0
- p.446 - vue 456/598
-
-
-
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du terre-plein de Gironde. Deux navires à quai en cours de déchargement. Arrimage des billes de bois en hauteur. Voies ïerrées de desserte du quai et du terre-plein. (Ph. Port autonome du Havre.)
- en tout endroit du port, grâce à l’outillage puissant qu’il possède, il n’en était pas de même pour la manutention sur les terre-pleins où les engins spéciaux faisaient défaut. L’enlèvement était, par suite, plus lent et plus difficile.
- Devant l’augmentation continuelle des importations, il devenait indispensable de créer un outillage spécial et de l’installer à l’endroit le plus favorable à la réception des bois.
- Depuis longtemps, un vaste terre-plein de plusieurs hectares situé à l’ouest du quai de la Gironde, en bordure du bassin Vétillart, était utilisé de préférence à tout autre pour le déchargement des bois, en raison de sa superficie et de sa proximité des magasins où sont entreposés ceux qui doivent séjourner au Havre.
- C’est cet emplacement que l’on choisit.
- Bien situé, bordé par un quai de 240 mètres, permettant l’accostage simultané de deux navires du type ordinaire de ceux qui importent les bois, avec un tirant d’eau suffisant, il fut doté d’un outillage puissant et très moderne, que nous allons étudier.
- AMÉNAGEMENT DU TERRE-PLEIN
- Le terre-plein cle Gironde, dont les plus grandes dimensions sont 240 m environ d’Ouest en Est, et 130 environ du Nord au Sud, est compris entre la rue du Général Chanzy à l’Ouest, le bassin Vétillart au Sud, et l’annexe H des Docks-Entrepôts au Nord et à l’Est.
- Il comprend, en partant du bassin, un quai pavé de 12 m de largeur, desservi par deux voies ferrées de circulation, une chaussée bétonnée de 8 m 75 de largeur longeant tout le quai, et quatre groupes de places de stockage séparées deux par deux, par une voie ferrée, une chaussée bétonnée de 9 m de large et une seconde voie
- Fig. 3. — Le débarquement. Les billes de bois à expédier immédiate ment sont chargées directement sur wagons par les grues du quai. (Ph. Port autonome du Havre.)
- p.447 - vue 457/598
-
-
-
- 448
- Pi g. 4, .— Le débarquement. Les billes de bois peuvent être chargées en même temps sur wagons, du côté du quai, sur péniches et au moyen de grues flottantes.
- (Ph. Port autonome du Havre.)
- ferrée, toutes parallèles au quai. Dans le sens Ouest-Est les places de stockage sont desservies par quatre chaussées bétonnées, dont 3 perpendiculaires au quai, de 6 m, 8 m et 6 m de largeur respectivement, et une dernière, oblique, longeant le mur Ouest de l’annexe II.
- : On dispose ainsi de 13 places de stockage, les unes rectangulaires au centre, de 57 m sur 21, soit 1100 m2, les
- autres en bordure, de formes et de dimensions variables. L’ensemble donne une superficie utile de dépôt pour les bois de 14 000 m2 environ.
- Les chaussées bétonnées sont bordées par un pavage en granit et des joints de dilatation coulés au bitume y sont ménagés de distance en distance.
- Des lignes de partage des eaux ont été constituées pour assurer l’écoulement des eaux pluviales dans un réseau spécial d’égouts.
- OUTILLAGE
- Sur le quai sont installées 4 grues électriques, roulantes, de 5 tonnes de puissance, à demi-portique, dont la portée est de 11 m à partir de l’arête du quai. La distance d’axe en axe des voies de roulement est de 13 m 58 et la hauteur libre sous le bâti des grues de 6 mètres. La hauteur sous crochet est de 18 m au-dessus du niveau du quai.
- La prise de courant se fait par trolleys sur fils aéxûens disposés à la partie supérieure du portique de roulement.
- Les places de stockage sont desservies par 6 portiques électriques, de 5-10 tonnes de puissance, à avant-becs fixes, roulant sur quatre voies parallèles au cjuai, constituées chacune par 2 files de deux rails Vignole accolés, formant ornière, espacées de 21 m, et laissant entre les jambages des portiques une largeur disponible, pour les bois, de 20 m.
- Chaque portique dessert, à l’une de ses extrémités, une Amie charretière, et à l’autre une voie ferrée.
- Des vérins permettent de les souleAmr pour l’entretien et la AÛsite des roulements, et de les caler fortement en cas de Agents violents.
- La poutre supérieure de chacun d’eux supporte une voie de roulement, constituée par deux rails Vignole, sur laquelle peut se déplacer une grue électrique, pivotante, de forme spéciale, destinée au leAmge des billes de bois.
- Le déplacement des portiques peut être obtenu, soit par le moteur, au moyen d’arbres de transmission et de pignons, soit, si besoin est, à bras. Leur vitesse normale de déplacement au moteur est de 50 m par minute avec une charge de 5 tonnes.
- Un frein puissant permet de les arrêter immédiatement, même par les yents les plus violents.
- Toutes les commandes sont faites de la cabine de la grue.
- La prise de courant se fait par trolleys sur des fils aériens rattachés à des pylônes et portant à l’une de leurs
- Pig. 5. — Le parc à bois. Un portique au traA'ail. (Ph. Port autonome du Havre.)
- p.448 - vue 458/598
-
-
-
- 449
- extrémités des contrepoids qui en assurent la tension.
- Le courant utilisé est celui fourni par l’usine électrique de la ville transformé à 550 volts par des transformateurs fixés aux pylônes de support des fils.
- Les grues des portiques travaillent normalement à la charge de 5 tonnes, mais un dispositif spécial permet le inouflage du câble pour le travail aux charges comprises entre 5 et 10 tonnes. Pour cela une poulie à gorge, normalement maintenue entre deux flasques au-dessus du câble de levage, peut être abaissée sur ce dernier, dont l’extrémité est alors relevée et retenue par la poulie de tête de flèche.
- La vitesse de levage est de 10 mètres par minute pour les charges n’excédant pas 5000 kg, et de 5 m pour 10 000 kg. La résistance du câble à la rupture est de 50 000 kg, ce qui réserve une marge de sécurité considérable.
- Fig. 7. — Un portique.
- Vue montrant les détails de construction. (Ph. Gallois.)
- Fig. G. — Manutention des billes sur le parc.
- Le câble du portique porte un système d’équilibrage par chaînes. Remarquer l’empilage en hauteur qui économise de la place. Les taches blanches sur la tranche des billes représentent un enduit de peinture spéciale sur laquelle on frappe au marteau les marques d’identification des billes. (Ph. Port autonome du I-Iavre.)
- Le crochet terminant le câble est monté sur un émeril-lon à billes qui rend la charge facilement orientable pendant le travail et empêche la torsion. Un frein permet de régler la vitesse du câble à volonté sous toutes les charges ; de plus, un limiteur de charge empêche le soulèvement de pièces d’un poids supérieur à 6500 kilos lorsque l’appa eil est disposé pour travailler à 5 tonnes.
- La translation du chariot de la grue, dont la vitesse est d’environ 1 m à la seconde, sous charge de 5 tonnes, peut s’effectuer en même temps que. celle du portique, que l’orientation de la flèche, et que le levage. La course du chariot sur son chemin de roulement est limitée à chaque extrémité par des butoirs.
- Un système de cloche avertisseuse, actionnée par une came disposée sur l’un des arbres de transmission, fonctionne pendant le déplacement du portique, et éveille l’attention du personnel, en vue d’éviter les accidents.
- Sur le quai, à l’entrée de chacune des quatre chaussées bétonnées qui y aboutissent, est construit un pont bascule à enregistrement automatique des poids.
- Un septième portique, identique aux précédents, fonctionne sur le quai de la Saône, en bordure du bassin fluvial, et sert au chargement des bois sur péniches.
- Enfin, cet outillage sera complété, sur le terre-plein, par un huitième portique, de même modèle que les six qui y existent déjà, ainsi que par 10 cabestans électriques et un chariot transbordeur, électrique également, pour la manœuvre des wagons.
- FONCTIONNEMENT DE L’INSTALLATION
- La majorité des billes de bois pèse moins de 5 tonnes.
- * * *
- p.449 - vue 459/598
-
-
-
- 450
- Elles peuvent donc être débarquées par les grues de quai. Pour celles dont le poids excède 5 tonnes, on emploie soit les mâts de charge des navires, soit des grues flottantes de puissance suffisante.
- Les billes, prises dans les cales, sont déposées sur des chariots bas, tarés, à avant-train orientable, remorqués soit par des tracteurs, soit par des chevaux, et sont pesées sur les ponts-bascules.
- Elles reçoivent différentes empreintes au marteau : une lettre correspondant au navire, un numéro de lot et un numéro d’ordre dans le lot, et enfin l’indication de leur poids net.
- Les chariots les transportent ensuite, par les voies bétonnées, sous l’avant-bec du portique desservant la place de stockage où elles doivent être déposées et empilées les unes sur les autres, de telle sorte que les indications portées sur leur tranche au débarquement soient
- facilement lisibles. De là, elles sont reprises, le moment venu, par les portiques, pour être chargées sur wagons, en vue de leur expédition par fer, ou sur camions qui les transportent, soit en magasin, soit au quai de la Saône pour les expéditions par eau.
- Le rendement de cet outillage est considérable, il permet la manutention et l’évacuation régulière de la totalité des bois qui arrivent dans le port, dans des conditions de rapidité et de sécurité parfaites. Quelle que puisse être dans l’avenir l’augmentation du trafic des bois au Havre, et son importance ne cesse de se développer, l’outillage nécessaire, continuellement en voie de perfectionnement, sera toujours à même de répondre à tous les besoins. Georges Gallois,
- Diplômé de l’École des Hautes Études commerciales.
- UN NOUVEAU CHEVALET
- POUR INSTRUMENTS A CORDES : LE CHEVALET ROUSSEL
- Rappelons d’abord que les instruments à cordes : violons, altos, cellos, contrebasses, sont constitués essentiellement (fig. 1) par une table T qui a une certaine élasticité, sur laquelle est posé un chevalet en bois E qui supporte les quatre cordes et qui transmet les vibrations des cordes à la table.
- D’un côté de l’axe longitudinal, une barre de bois F est fixée sous la table et de l’autre côté se trouve une pièce de bois cylindrique G appelée âme qui relie la table au fond de l’instrument. Les chevalets couramment employés ont les formes représentées par la figure 2 pour les violons et altos et par la figure 3 pour les violoncelles et contrebasses. La sourdine est une petite pièce de bois représentée sur la figure 4 qui vient se fixer sur la partie supérieure du chevalet et qui a pour effet de diminuer considérablement la sonorité de l’instrument.
- LE PRINCIPE DU CHEVALET ALLÉGÉ
- Fig. 2. — Chevalet de violon et d’alto.
- Au début de 1927, mon attention a été attirée par la façon dont agit la sourdine.
- M’étant rendu compte que la sourdine diminue le son, du fait qu’elle alourdit le chevalet, je me suis demandé si, inversement, en allégeant le chevalet on ne parviendrait pas à augmenter la sonorité. J’ai donc examiné les chevalets des modèles courants et ai acquis la certitude qu’il était possible d’établir des chevalets considérablement plus légers et qui néanmoins
- lA
- Coupe CD
- Coupe AB
- Fig. 1. — Sections transversale et longitudinale d’un instrument à cordes. T, table; E, chevalet; F, barre de bois; G, âme.
- résistent convenablement à la pression des cordes. J’ai allégé la partie supérieure en y ménageant un grand orifice, le haut du chevalet prenant une forme de voûte V. (Voir la figure 5 qui représente un chevalet d’étude, ultra-léger, pour violoncelle.)
- La partie A travaillant faiblement à la traction a pu être considérablement allégée par des évidements. Les efforts suivant BB’ et CC’ étant importants, j’ai laissé ces sections sensiblement égales à ce qu’elles sont dans les chevalets ordinaires.
- J’ai allégé les parties verticales des pieds qui travaillent à la compression et enfin si on regarde le chevalet de profil, on voit que je me suis rapproché de la forme théorique des solides qui travaillent à la compression, c’est-à-dire de la forme fine aux deux extrémités et renflée au milieu.
- J’ai ainsi réalisé un chevalet d’étude pour violoncelle ne pesant que 7 grammes alors que le poids d’un chevalet normal est d’environ 15 grammes.
- Ce chevalet a bien résisté et l’instrument sur lequel on l’a monté a donné beaucoup plus de sonorité qu’avèc le chevalet ordinaire. Passant du chevalet ordinaire au
- p.450 - vue 460/598
-
-
-
- " =" --------- 451
- chevalet ultra-léger, on avait nettement l’impression-que l’on enlevait une sourdine.
- Cependant après avoir essayé et fait essayer ce chevalet ultra-léger à plusieurs artistes, nous nous sommes rendu compte que si la puissance était grandement accrue, ainsi que la facilité d’émission, la nature du son, par contre, était modifiée. Avec le chevalet ultra-léger la sonorité était très éclaircie, avait tendance dans certains cas à devenir claironnante et manquait de ce léger voile musical qui enveloppe le son pur et donne à la sonorité ce qu’on appelle du corps et de la qualité.
- Des expériences faites avec des chevalets de même forme générale et de poids différents ont montré que plus on allège le chevalet, plus le son s’éclaircit, mais, par contre, moins la sonorité a de qualité. Elles ont montré, d’autre part, qu’avec le chevalet ordinaire la puissance est vraiment trop faible et que l’on devait avoir intérêt à employer des chevalets un peu plus légers, de façon à avoir un gain de puissance et de facilité d’émission, tout en conservant une très bonne qualité de son. J’avais bien pensé aussi à utiliser, avec mon chevalet ultraléger, des cordes plus fines, donc plus flexibles et par con-
- Fig. 3. — Chevalet de violoncelle.
- plus grande que l’on s’éloigne davantage du pied du chevalet placé au-dessus de la barre.
- Par exemple (figure 6) en A, l’action de la masse additionnelle est presque nulle; en B et C, deux points situés à une même distance d du pied P, l’action est très sensible et est la même pour les deux points. La même masse placée en D a une action plus importante et c’est en E qu’elle a le maximum d’effet.
- D’autre part, si l’on place une masse additionnelle en
- Fig. 5. — Chevalet d'étude ultra-léger pour violoncelle.
- Fig. 4. — La sourdine.
- séquent plus favorables à l’émission d’harmoniques propres et j’espérais ainsi pouvoir disposer d’une sonorité convenable en bénéficiant du maximum de puissance, mais, en utilisant des cordes plus fines, l’énergie sonore était moindre et finalement on n’avait pas d’avantage sensible sur l’emploi de cordes plus grosses avec le chevalet du type normal.
- ÉTUDE DE L’EFFET DE MASSES ADDITIONNELLES PLACÉES SUR LE CHEVALET
- Afin de compléter ma documentation théorique j’ai fait une étude de l’influence des masses élémentaires du chevalet sur la sonorité. Pour cela, j’ai pris un chevalet ultra-léger et ai déplacé, sur ses différentes parties, une masse additionnelle sous forme d’une petite pince en bois.
- J’ai constaté que cette masse détermine une diminution de puissance et une augmentation de qualité proportionnelle et que l’action de cette masse est d’autant
- p.451 - vue 461/598
-
-
-
- 452
- lri(j. 6. — La sonorité d’un violon est influencée par Vadjonction d’une niasse additionnelle au chevalet. Celte influence dépend de l'emplacement de cette masse.
- En A, effet nul. En B et G, effet sensible. En D, effet plus fort.
- En E, effet maximum.
- Fig. 7. — Explication de la façon dont lé chevalet transmet l'énergie sonore.
- un endroit donné, quelconque, les actions sont les mêmes sur les quatre cordes.
- En résumé, toutes ces expériences mettent donc en évidence la loi suivante :
- Si l’on considère la masse d’une partie d’un chevalet, elle détermine également sur toutes les cordes une diminution de la puissance sonore, une diminution de la facilité d’émission et une augmentation de la qualité de la sonorité. Cette masse a d’autant plus d’action qu’elle est plus grande et qu’elle .est située plus loin du pied du chevalet, placé sur la barre.
- Cette loi s’explique assez facilement. Soit une corde C (figure 7). L’archet fait vibrer cette corde dans un plan qui est sensiblement perpendiculaire à l’axe XY du chevalet. Soient C4 et C2 les flèches extrêmes de la corde en vibration. Quand la corde vibre de Cf en C2 elle tend à entraîner le haut du chevalet suivant la flèche F2, puis de C2 en C,, suivant la flèche F(. Il en résulte donc que le haut du chevalet est tiré alternativement vers la droite et vers la gauche. La table, sous le pied, du côté de la barre étant sensiblement fixe et, par contre, la table étant flexible sous le pied du côté de l’âme, le chevalet sous l’influence des forces F, et IQ oscillera donc autour du pied qui est sur la barre, comme point fixe. Le chevalet prendra donc successivement les positions P4 et P2 et il en résulte un mouvement vertical alternatif du pied placé du côté de l’âme qui détermine la vibration de la table.
- Si le chevalet est léger, il est aisément entraîné par la corde; le déplacement du pied Pt P2 est important et de ce fait l’instrument est puissant. Aù contraire, si le chevalet est lourd, le déplacement P4 P2 est moindre, la table vibre moins et l’instrument est moins puissant.
- D’autre part, si le chevalet est léger, la corde, à chaque mouvement C4 C2, C2 C(, entraîne facilement la partie supérieure du chevalet et, quand la corde change de sens, elle ne tarde pas à faire changer le sens du chevalet; par contre, si le chevalet est lourd, du fait de son inertie plus grande, il met plus de temps a être entraîné et à chaque changement de sens de la corde, le changement de sens du chevalet n’a lieu qu’avec un retard appréciable. De ce fait tout se passe comme si la corde se trouvait tirée par le chevalet par des petites forces /2 (figure 8) qui doivent déterminer des mouvements ondulatoires des cordes, du genre de ceux indiqués sur la figure, lesquels se traduisent par la création de sons secondaires qui enveloppent le son principal et qui donnent la qualité de la sonorité.
- LE CHEVALET LÉGER ET RÉGLABLE
- Ayant terminé ces études théoriques, j’ai entrepris de déterminer pour les différents instruments des formes pratiques de chevalets qui soient plus rationnelles au point de vue scientifique que les formes courantes à 1’établissement desquelles ont présidé, en particulier, des considérations d’ordre esthétique.
- J’ai eu pour but d’établir pour chaque type d’instrument un modèle type de chevalet, allégé dans l’ensemble de façon à permettre de grandes puissances, mais comportant en une certaine partie des épaisseurs réglables,
- p.452 - vue 462/598
-
-
-
- = 453
- à déterminer pour chaque instrument particulier, de façon à lui donner un réglage convenable des deux éléments qui, comme nous le savons, varient en sens inverse : la puissance et la qualité de son.
- Cette étude de la forme pratique à donner aux chevalets fut extrêmement longue et laborieuse. Il me fallut faire un très grand nombre de modèles, sculptés à la main, l’un ne différant du suivant que par un seul élément, de façon à déterminer expérimentalement les dimensions à donner aux différentes parties du chevalet.
- On se rendra compte de la complication de cette détermination si l’on réfléchit aux considérations qui entrent en ligne de compte dans l’étude d’un chevalet, dont les principales sont les suivantes :
- Le chevalet doit résister avec un coefficient de sécurité suffisant à la pression des cordes. Il doit être suffisamment rigide pour bien transmettre les vibrations, cependant il doit avoir une certaine flexibilité des pieds puisque, comme on peut s’en rendre compte par l’examen de
- Fig. 9. — Chevalet allégé et réglable pour violon et alto.
- la figure 7, un pied doit se déplacer pendant que l’autre reste fixe. Il doit pouvoir résister à des manipulations parfois un peu brutales, lorsque, par exemple, les cordes demeurant tendues, on déplace un peu les pieds du chevalet par rapport à la table ou la tête du chevalet par rapport aux cordes. Il doit résister, d’autre part, à l’effort de torsion qui résulte de ce que beaucoup d’instrumentistes tournent les chevilles au fur et à mesure de l’allongement des cordes, sans se donner la peine de redresser la partie supérieure du chevalet.
- Enfin le bord supérieur du chevalet doit être étudié avec grand soin, car l’expérience prouve que, si ce bord est trop mince, autrement dit si la pression de la corde par millimètre carré du bord du chevalet est trop grande, certains bruits parasites tels que : craquements à l’émission, bruit de frottement des crins de l’archet sur la corde, etc., deviennent perceptibles, tandis qu’un bord un peu plus épais filtre ces impuretés. Après de longs mois d’efforts je suis parvenu à établir les modèles types représentés par la figure 9 pour les violons et altos et 10 pour les violoncelles et contrebasses. Les parties hachurées sont celles dont l’épaisseur est à déterminer pour chaque instrument, de façon à régler le rapport entre la puissance et la qualité de son.
- Ces chevalets dont les principes nouveaux sont brevetés et dont les formes sont déposées sont établis dans le même bois que les chevalets ordinaires.
- Les nombreux luthiers qui ont des licences pour l’exécution de ces chevalets copient exactement les diffé-
- rentes parties du, modèle type à l’exception des parties hachurées qu’ils tiennent très épaisses ; puis ils diminuent progressivement l’épaisseur des parties hachurées, après essais successifs de l’instrument, jusqu’à ce qu’ils obtiennent une puissance suffisante, alliée à une sonorité encore très agréable.
- Dans la pratique, le réglage peut être très différent suivant l’instrument et suivant ce que l’on désire obtenir et on se rend compte nettement que dans presque tous les cas l’instrument était littéralement étouffé par le chevalet ordinaire tandis qu’avec ces nouveaux chevalets réglables on obtient plus de puissance, une plus grande facilité d’émission, la diminution des principaux défauts tels que roulements des notes, etc., tout en conservant une très bonne qualité de son.
- En y réfléchissant, on se demande comment il se fait que depuis des siècles le chevalet ait toujours été considéré comme un accessoire alors qu’en réalité c’est un des éléments les plus importants des instruments à cordes.
- L’introduction de ces nouveaux chevalets a des conséquences multiples.
- Au point de vue lutherie, jusqu’ici, on se donnait, sans doute, beaucoup de peine pour faire de beaux instruments, mais une fois l’instrument fini on plaçait rapidement un chevalet normal et on estimait l’instrument ainsi terminé, tandis qu’on se rend compte maintenant que pour être réellement terminé l’instrument doit subir une dernière opération qui est peut-être la plus importante
- Fig. 10. — Chevalet allégé et réglable pour violoncelle.
- Fig. 8. — Le chevalet exerce sur les cordes de petites tractions f, f., et leur imprime en conséquence des mouvements ondulatoires.
- p.453 - vue 463/598
-
-
-
- 454
- et probablement la plus délicate et qui consiste à régler le chevalet, réglage qui nécessite que le luthier soit lui-même instrumentiste.
- Ces nouveaux chevalets donnent la possibilité d’obtenir des sonorités plus puissantes permettant aux solistes de mieux lutter contre les orchestres et dans l’orchestre,
- au groupe des cordes de mieux lutter contre les autres groupes.
- Ils donnent aussi la possibilité pour l’instrumentiste de disposer, pour un même instrument, de plusieurs chevalets réglés différemment que l’on peut changer suivant les besoins. André Roussel.
- LES OISEAUX DE FRANCE
- LES GRÈBES
- Il n’est, sans doute, pas d’Oiseaux plus aquatiques que les Grèbes. Au repos ou actifs, ils passent leur vie sur l’eau. De mœurs intéressantes et parfaitement inofïen-sives, les Grèbes sont de jolis Oiseaux, dignes d’être considérés comme un ornement de nos cours d’eau.
- Les amis de la nature qui pratiquent le canotage — sans emporter d’arme et pour le seul plaisir d’observer la vie de la rivière — ont souvent la bonne surprise de rencontrer des Grèbes et d’assister à leurs ébats.
- Les pêcheurs ne les aiment pas et ne leur font pas grâce s’ils en prennent dans leur filet, parce que ces Oiseaux mangent des Poissons. Mais, en réalité, les Grèbes qui, outre les petits Poissons, font leur nourriture d’autres menus animaux aquatiques, ne sont pas de grands destructeurs et on ne saurait leur attribuer le qualificatif de nuisibles : celui à’indifférents leur convient mieux.
- Les Grèbes sont des Palmipèdes qui appartiennent, selon la nouvelle classification, à l’Ordre des Colymbi-formes (Colymbidae) et au genre Colymbus Brisson (de Colymbus nom d’un plongeur grec) ou Podiceps Latham (pour podicipes, à pieds :(pes) à l’arrière (podex). Le mot Grèbé viéndrait du patois savoyard, selon Rémy Perrier.
- Dans l’ouvrage de P. Paris, intitulé : « Faune de France. Oiseaux », les caractères du genre Colymbus sont ainsi énumérés : « Bec assez long ou moyen, subconique, profondément fendu, à bords rentrants. Tarse assez court, denticulé en arrière. Aile étroite. Gou assez allongé. Œil moyen,, assez avancé ».
- Chez les Grèbes les doigts ont chacun une bordure membraneuse* indépendante,' entière, non festonnée et ne formant pas palmure. Cette disposition donne au pied l’aspect d’une feuille de Marronnier. Les ongles sont plats, larges et écailleux.
- Essentiellement organisés pour vivre sur l’eau, les Grèbes nagent et plongent admirablement. Ils volent assez bien puisqu’ils entreprennent des voyages saisonniers; mais ils marchent très mal sur la terre ferme ; on peut même dire qu’ils se traînent sur le sol plutôt qu’ils ne marchent. Aussi les Grèbes ne s’éloignent-ils jamais de l’eau; ils y dorment et ils y nichent.
- Nos Colymbus ont le corps large et aplati, une queue excessivement courte. La tête, petite, est allongée; k lorum nu ( le lorum est l’espace compris entre l’œil et la base du bec).
- Au reste, les Grèbes ont une physionomie si particulière qu’ils ne peuvent être confondus avec les Oiseaux de genres voisins et qu’il serait superflu d’insister sur leur description.
- La nidification des Grèbes est très curieuse; ils font un nid en coupe peu profonde, au moyen de Roseaux, d’herbes, de brindilles grossièrement arrangés ; mais il semble que l’apparence négligée de ce nid soit un artifice de la nature : le nid peut être pris pour un amas d’herbes quelconques. En tout cas, il est plus savamment aménagé qu’on ne croirait, car il est flottant. Non attaché, il est pourtant stable parce que les Joncs secs qui le supportent sont entremêlés aux roseaux verts de la rive. Quelquefois, les Grèbes établissent leur nid sur une motte ou sur une racine d’arbre au milieu de l’eau.
- Un peu de boue entre dans la composition du nid.
- Lorsque le Grèbe couvant quitte le nid, il a soin de recouvrir celui-ci d’herbe et de jonc afin de cacher totalement la couvée : on dirait alors un tas de fragments végétaux.
- Il paraîtrait que les Grèbes seraient des époux modèles, unis pour la vie entière, ne se quittant pas et revenant chaque année nicher sur les mêmes eaux. Toujours est-il que ces Oiseaux sont très attachés à leur famille et qu’ils prennent grand soin de leurs petits. Quand les poussins sont sortis du nid, les parents les transportent en les prenant dans leurs plumes ; ils les entraînent en plongée, en cas de péril.
- Doués de sens fins, les Grèbes sont défiants et habiles à se dissimuler.
- La livrée des deux sexes est semblable; pendant l’été le mâle et la femelle ont une parure de noce, qui comprend parfois des plumes ornementales sur la tête, plus développées chez le mâle.
- Le plumage ventral de plusieurs espèces est utilisé à titre de fourrure à cause de sa beauté : il est épais et d’un blanc nacré. Les exigences de la mode féminine ont provoqué des hécatombes de Grèbes. Sous le Second Empire cette mode fit fureur ét une destruction sans mesure décima les infortunés Palmipèdes : en 1857, par exemple, 40 000 dépouilles de Grèbes ont été exportées d’Algérie en France, puis de France en Russie.
- Les Grèbes préfèrent résider sur les eaux calmes et bordées de Roseaux. Ils habitent les régions tempérées du globe.
- p.454 - vue 464/598
-
-
-
- En France, le plus souvent rencontré est le Grèbe cas-t.agneux (Colymbus ruficolis Pallas, Colymbus fluviatilis Br., Colymbus minor Gmel.) Grèbe fluviatile, Petit Grèbe, Petit Plongeon, Poussin d’eau.
- Le G. castagneux mesure, au maximum, 25 centimètres. L’aile a moins de 12 cm. Il n’a pas de miroir blanc à l’aile. En plumage nuptial, il n’a pas de plumes ornementales développées. La tenue d’été se différencie cependant de celle d’hiver par des nuances plus brillantes et plus accentuées : la gorge, le sommet de la tête et la nuque sont d’un noir profond, les côtés et le devant du cou, marron vif, les parties supérieures sont foncées, à reflets verts, le
- .... ......... . ------455 =====
- et s’éloigne de plus en plus si vous persistez à l’importuner de votre présence inquiétante.
- Le cri du Castagneux est une sorte de sifflement clair et tremblé, qu’il fait surtout entendre à l’époque de la nidification.
- Le Castagneux se déplace sur le sol avec beaucoup plus d’agilité que les autres Grèbes. M. Louis Ternier a plaisamment raconté (dans le Bulletin de la Société romande pour l'Etude et la Protection des Oiseaux, 1915) comment il essaya de capturer un petit Grèbe et comment l’oiseau lui échappa à la course, courant, glissant, sautillant, comme l’aurait fait un Rat d’eau !
- Fig. 1. Nid de Grèbe huppé.
- Fig. 2. — Grèbe huppé couvant.
- Fig. 3.
- Grèbe huppé découvrant ses œufs avant de les couver.
- Fig. 4.
- Grèbe huppé femelle
- portant un de ses petits
- sur son dos.
- Fig. 5.
- Jeune Grèbe huppé
- de 2 à 3 fours.
- dessous cendré luisant. En hiver, les belles couleurs s’éteignent pour faire place en dessus au brun cendré, en dessous au blanc. Les côtés du cou restent roussâtres, d’où le nom de ruficollis donné à l’espèce.
- Le Grèbe castagneux est sédentaire, estival ou de passage sur les eaux douces françaises. On le trouve, d’ailleurs, dans toute l’Europe, sauf à l’extrême Nord; dans l’Afrique septentrionale, en Asie moyenne, jusqu’au Japon.
- Qui n’a vu ce gentil Oiseau s’ébattre sur nos rivières ? Dès qu’il s’aperçoit qu’il est observé, il s’empresse de plonger; il reparaît un peu plus loin et, constatant que vous être encore là, il plonge de nouveau, reparaît au delà
- Le Castagneux pond de 3 à 5 œufs, rarement six, de forme elliptique, de couleur blanchâtre, puis devenant, au cours de l’incubation, jaunes, roux, bruns; la coquille est à l’intérieur d’une belle teinte verte.
- Le Castagneux vit de petits Poissons, mais aussi de larves de Batraciens et d’insectes aquatiques, ces derniers entrant pour une large part dans son régime.
- La plus belle espèce de Grèbes, le Grèbe huppé, se rencontre en- France, quoique moins fréquemmènt. Autrefois, il était commun sur nos eaux; mais une chasse abusive l’a raréfié.
- Le Colymbus cristatus Linné (ou Podiceps cristatus L.) mesure de 50 à 56 centimètres de longueur. L’aile a au
- p.455 - vue 465/598
-
-
-
- === 456 '. . .......r=
- moins 18 cm. Le bec depuis la commissure est plus long que le doigt interne. Deux taches blanches sur l’aile.
- Les joues sont blanches. En été, deux huppes occipitales sont réunies par une collerette rousse et noire. Le dessus du corps est brun foncé, le dessous d’un très beau blanc argenté.
- Le Grèbe huppé est appelé, par les paysans, Chat de mer ou Chèvre d’eau; le dernier surnom rappelle le cri tremblé de l’Oiseau.
- La ponte est de trois ou quatre œufs, d’abord clairs, puis prenant une teinte plus sombre pendant l’incubation.
- Le Grèbe huppé est estival, de passage ou hivernal sur les grands cours d’eau ou les lacs de France. Il habite toute l’Europe moyenne, l’Asie du Sud, l’Afrique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande.
- Les cinq photographies que nous présentons sont dues au talent de M. Adolphe Burdet, l’ornithologiste suisse bien connu.
- Les deux premières montrent un nid de Grèbe huppé et l’Oiseau couvant.
- La troisième a été prise au moment ou l’Oiseau a découvert ses œufs avant de les couver.
- La quatrième représente un Grèbe femelle portant l’un de Ses petits sur son dos.
- Enfin, la cinquième nous permet de voir un jeune poussin de 2 ou 3 jours. On remarquera sa livrée bariolée.
- Ces photos ont été prises au printemps de 1929, en Hollande. Ce sont des vues agrandies extraites de films et nous remercions vivement M. Ad. Burdet de nous avoir autorisés à les publier.
- D’autres espèces que les deux citées plus haut se rencontrent en France, mais accidentellement : ce sont le Grèbe oreillard, le Grèbe à cou noir, le G. Jougris.
- Le Colymbus auritus Br. porte, en plumage de noce, une huppe noire sur la tête et deux touffes, d’un roux doré, dressées en arrière des yeux. Le Colymbus nigricollis Br., espèce très voisine, — sinon la même, plus méridionale, — a les touffes retombantes sur les côtés de la tête.
- Le Colymbus griseigena Bodaërt ou Colymbus rubricol-lis Latham a les joues et la gorge grises, deux petites
- huppes occipitales et une collerette peu développée.
- Ces espèces se voient chez nous de passage l’hiver, rarement en été, et, de toutes façons, ne sont pas communes.
- La beauté des Grèbes, la grâce et l’agilité de leurs mouvements sur et dans les eaux, la gentillesse de leur mine éveillée les désignent à l’attention des ornithologistes ou des simples amateurs d’Oiseaux. Des essais d’élevage ont été tentés. La chose offre de grands difficultés, car il est indispensable de posséder une pièce d’eau, et l’Oiseau ne peut pas supporter les grands froids.
- On donne aux Grèbes de petits Poissons, et aussi des Vers de farine, des œufs de Fourmis, etc....
- Chose curieuse : ces Oiseaux, si craintifs à l’état sauvage, s’habituent rapidement à la captivité et deviennent familiers dès qu’ils ont compris qu’ils n’ont rien à redouter de leur maître.
- M. Alfred Richard, président de la Société romande pour l’Etude et la Protection des Oiseaux, a rendu compte des observations qu’il fit sur un Grèbe huppé conservé quelques semaines en captivité, puis remis en liberté. Installé dans un tub rempli d’eau, il en sortait pour faire de petits tours dans la chambre, en se traînant. L’Oiseau qui pesait 740 grammes consomma 157 grammes de Poissons par 24 heures, et jamais plus de 60 grammes en un repas.
- Porté à proximité des eaux, le Grèbe parut vouloir se rendre à pied jusqu’à la rive; mais, prenant soudain son essor, il s’envola, ayant à la patte, en souvenir de sa captivité, une bague d’aluminium.
- Le Grèbe peut donc fort bien prendre son élan en courant sur le sol, et il est prouvé qu’il a le vol assez puissant et rapide.
- En résumé, les Grèbes sont de charmants Oiseaux que le chasseur devrait épargner, car ils donnent de la vie et de l’agrément à nos paysages aquatiques, et cela d’autant mieux que les Grèbes ne sont pas un gibier présentable. La plupart du temps, on tue le Grèbe pour le plaisir de tuer. Et il serait vraiment regrettable de voir disparaître des espèces qui sont déjà en diminution sensible.
- A. FK'uii.i.ée-Bi'lt.ot.
- UTILISATION DES PHÉNOMÈNES THERMIQUES
- EN T. S. F.
- UNE LAMPE HAUT-PARLEUR
- LES PHÉNOMÈNES THERMIQUES DANS LES APPAREILS DE T. S. F.
- Dans tous les organes d’un appareil de T. S. F. on peut constater l’existence de phénomènes thermiques qui, d’ailleurs, accompagnent la généralité des phénomènes physiques ou chimiques.
- Tout conducteur parcouru par un courant électrique
- s’échauffe, en effet, et l’élévation de température produit divers effets, dilatation du conducteur, augmentation de sa résistance, émission électronique, dilatation de l’air environnant, naissance d’une force électromotrice aux bornes d’une pile thermoélectrique, etc....
- C’est ainsi que le filament de la lampe à vide, ou l’élément chauffant de la cathode, est chauffé par le passage d’un courant électrique, que le bombardement électro-
- p.456 - vue 466/598
-
-
-
- 457
- nique de la plaque provoque un échauffement plus ou moins grand, que, dans les postes émetteurs, on utilise des ampèremètres thermiques dont le fil moteur métallique se tend et se détend sous l’influence de la chaleur produite par le passage des courants de haute fréquence, etc.
- Ce sont là, sans doute, des faits bien connus, mais on sait moins, en général, que le passage des courants alternatifs à travers des organes métalliques, convenablement disposés, permet de réaliser la détection des courants basse fréquence, la production de courant continu, et même la transformation directe des courants basse fréquence en vibrations sonores. .
- Nous allons donc étudier sommairement des applications caractéristiques de ces trois phénomènes.
- LES DÉTECTEURS THERMIQUES
- Au moment des premières applications pratiques de la T. S. F., avant l’emploi des détecteurs à contact imparfait, on utilisa pendant quelque temps des détecteurs thermiques, dont le fonctionnement était basé sur les variations de résistance provoquées par les variations d’échauffe-ment produites par un courant traversant un fil de platine très fin.
- Le détecteur thermique de Fessenden, le plus connu, était réalisé à l’aide d’un fil bi-mé-tallique comportant une âme en platine de 0 mm 008 de diamètre recouverte d’argent.
- Après passage à la filière, on plongeait le sommet d’une boucle en forme de Y de ce fil dans l’acide azotique qui dissolvait l’argent, et laissait seul sur une faible longueur, un fil de platine extrêmement fin a.
- La boucle était alors enfermée dans une ampoule de verre A, où l’on faisait le vide, et cette première ampoule était entourée d’une deuxième B, en argent, pour éviter les influences calorifiques extérieures (fig. 1).
- Fig. 3. — Thermogalvanomètre de Duddell.
- La boucle B du couple thermoélectrique P est suspendue par le fil de quartz Q dans le champ d’un aimant en fer à cheval. Les courants à étudier traversent le filament F et sont décelés par la déviation du miroir M.
- Fig. 1. — Le détecteur thermique de Fessenden.
- a. Fil de platine très fin.
- A. Ampoule de verre vidée;
- B. Ampoule en argent.
- On montait ensuite le système suivant le schéma de la figure 2, le fil s’échauffait sous l’influence des courants haute fréquence, sa résistance augmentait, l’intensité du courant diminuait dans le circuit téléphonique, et l’on entendait des sons dans le récepteur.
- Ce dispositif était stable, mais assez peu sensible, aussi employa-t-on également, surtout pour effectuer des mesures de courants haute fréquence des montages avec élément thermique intercalé dans une des branches d’un pont de Wheatstone, ce qui constitue le bolomètre de Tissot.
- D’autres modèles de détecteurs thermiques sont basés sur les variations de température produites par le passage d’oscillations haute fréquence dans des couples thermoélectriques.
- Ces variations de courant donnent naissance à une force électromotrice, et à un courant qui peuvent être décelés par> un galvanomètre, et les couples employés en fer-constantan, par exemple, sont formés de fils fins placés dans des tubes vides d’air.
- Le thermo-galvanomètre de Duddell, sensible à 0,2 X 10-i ampères, est un appareil de ce genre, comportant un couple thermo-électrique suspendu à un fil de quartz dans le champ d’un aimant en fer à cheval.
- Les variations de température des soudures donnent naissance à un courant traversant la boucle placée dans le champ et réagissant sur celui-ci. Il se produit alors une rotation de cette boucle pouvant être mesurée à l’aide d’un petit miroir fixé au fil de quartz. L’échaufîe-ment du couple est, d’ailleurs, produit par un petit fil placé immédiatement en dessous, et traversé par les courants à étudier (fig. 3).
- 7T g
- Fig. 2. — Montage du récepteur thermique de Fessenden.
- D, détecteur; T, récepteur téléphonique; R, résistance de réglage; P, source de courant continu.
- LES PILES THERMOÉLECTRIQUES EN T. S. F.
- Le principe des piles thermo-électriques a été découvert par Seebeck dès 1823, en étudiant les effets de la chaleur sur un circuit métallique formé par des métaux de différentes natures. Ce physicien chauffait une des soudures seulement d’un circuit formé par un bloc de bismuth et un fil de cuivre recourbé, dont les extrémités étaient soudées au
- Fig. 4. — Pile lhermoêlecirique employée pour le chauffage des filaments de lampes de T. S. F.
- P. chaîne thermoélectrique ;
- R. résistance de chauffage.
- Fers le poste T.S.F
- I t
- AAAAAA
- fTOTdDUDUTâti]
- R
- Secteur
- p.457 - vue 467/598
-
-
-
- 458
- Fig. 5. — Résistance auiorêgulatrice.
- F, filament de fer; A, ampoule remplie d’hydrogène.
- bismuth ; un courant passait alors du bismuth au cuivre à travers la soudure chauffée.
- La tension d’un couple therm o électrique formé, par exemple, dans les modèles les plus récents, d’une part d’un alliage d’antimoine, d’autre part d’une pièce en constantan, n’est que de l’ordre du microvolt; aussi faut-il toujours, pour obtenir une tension de l’ordre du volt, employer un grand nombre de couples en série, et le rendement d’un tel système est extrêmement faible, de l’ordre de 0,50 pour 100 seulement.
- Lorsque les lampes thermioniques à chauffage direct et à chauffage indirect par le courant alternatif du secteur n’étaient pas encore réalisées, on s’est servi pendant quelque temps de ces piles pour transformer le courant alternatif du secteur en courant continu servant au chauffage des filaments. Ces appareils d’alimentation comportaient simplement une chaîne de couples thermoélectriques P, dont les soudures paires par exemple étaient chauffées par une résistance R, parcourue par le courant du secteur et le degré de chauffage était de l’ordre de 300° (fxg. 4).
- Cette idée consistant à utiliser le courant alternatif pour produire réchauffement d’une résistance séparée du circuit de chauffage devait, d’ailleurs, être reprise, mais en vue d’obtenir un résultat tout différent, dans les lampes à chauffage indirect déjà décrites daris La Nature (n° 2824).
- LES RÉSISTANCES AUTORÉGULATRICES
- Pour obtenir dans les postes récepteurs de T. S. F. une intensité constante du courant d’alimentation, soit pour le
- chauffage des filaments des lampes, soit pour le fonctionnement d’une boîte d’alimentation, on emploie depuis longtemps des résistances autorégulatrices qui s’opposent aux variations de courant en augmentant la valeur de la résistance lorsque l’intensité du courant qui les traverse tend à augmenter.
- Ces résistances sont formées, en général, par un fil de fer en spirale contenu dans une ampoule remplie d’hydrogène, et leur fonctionnement est également basé sur les variations d’éehauffement produites par le passage du courant (fig. 5).
- Fig. 7. — La lampe haut-parleur.
- F, filament; G, grille; P, plaque vibrante; D, disque perforé isolé; R, rebords intérieurs formant boîte de résonance.
- LES RÉCEPTEURS TÉLÉPHONIQUES
- THERMIQUES
- Les récepteurs téléphoniques et haut-parleurs électromagnétiques et électrodynamiques, qui sont les plus connus, ne sont pas les seuls qui puissent être employés.
- Il est également possible de faire passer les courants microphoniques ou télé-phoniques a travers y ^
- un fil métallique très F> fllament traversé par le courant P , .. micrbphonique modulé au moyen du
- fin, en platine, par microphone M; D, diaphragme sonore; exemple, et d utiliser V, vis de réglage du fil vibrant, les variations de longueur de ce fil produites sous l’influence des échauffements plus ou moins grands causés par les variations d intensité du courant, pour actionner un diaphragme de récepteur téléphonique ou de haut-parleur.
- Le thermo-téléphone de M. Preece est basé sur ce principe. Cet appareil curieux comporte un fil très fin en platine attaché, d’une part au centre d un diaphragme métallique, et, d’autre part, à une vis de tension (fig. 6).
- Lorsqu’on fait traverser le fil par des courants téléphoniques, les variations de longueur du fil sont proportionnelles théoriquement aux variations d intensité du courant, le diaphragme vibre et émet des sons correspondant aux courants téléphoniques.
- Il paraît, d’ailleurs, douteux que l’on puisse obtenir actuellement avec un système de ce genre des résultats comparables à ceux obtenus avec nos modèles modernes de haut-parleurs, car il faut toujours craindre l’effet nuisible de l’inertie mécanique et calorifique du fil.
- En employant un principe du même genre, un inventeur anglais, le Dr Eccles, avait imaginé un appareil encore plus curieux, baptisé le « thermophone ».
- Ce récepteur téléphonique original comportait des filaments très fins, en alliage de platine, montés dans une boîte de petites dimensions pou-
- Fig. 8.— Autre forme de la lampe haut-parleur
- F, filament; G, grille; P, réseau de fils métalliques ou plaque très mince; D, diaphragme sonore; S, saillie de fixation delà plaque ou des fils vibrants.
- *77777777777777/
- p.458 - vue 468/598
-
-
-
- 459 ==
- vant être placée à l’intérieur de T oreille même de l’auditeur. Les filaments étaient traversés par le courant téléphonique comme dans l’appareil précédent, mais les vibrations sonores étaient produites directement sans diaphragme, par la contraction ou la dilatation des couches d’air en contact avec les fils chauds, la cavité de l’oreille étant très petite et en même temps assez bonne conductrice de la chaleur; mais on peut craindre que l’auditeur n’éprouve pas toujours ainsi des sensations très agréables, si la température des fils s’élève soudain pour une cause accidentelle quelconque !
- LA LAMPE HAUT-PARLEUR
- Un principe analogue a rendu possible, encore plus récemment, la réalisation d’un appareil de T. S. F. fort curieux, une lampe à vide haut-parleur.
- On sait que les lampes de T. S. F. permettent d’amplifier les courants haute fréquence et basse fréquence, mais ne permettaient pas, jusqu’à présent, de transformer directement les courants basse fréquence en vibrations sonores; notre confrère, le Modem Wireless, nous apprend qu’un inventeur anglais, M. Cohen, a imaginé la construction de lampes pour amplification basse fréquence finale produisant directement des sons.
- Dans ces lampes, dont il existe deux modèles différents, c’est l’anode qui vibre directement, ou transmet ses vibrations à un diaphragme séparé, monté sur l’ampoule elle-même, mais on n’emploie plus, en réalité, les contractions et dilatations produites par un effet thermique, mais plutôt par les variations du flux électronique émis par le filament.
- On sait que le bombardement électronique peut produire des effets mécaniques très marqués et, par exemple, amener réchauffement et même la fusion de la plaque dans les lampes d’émission, on ne doit donc pas s’étonner qu’il puisse déterminer les vibrations sonores d’une plaque spécialement disposée.
- Dans le premier modèle de ces lampes haut-parleurs,
- le filament et la grille sont disposés horizontalement de la manière ordinaire, mais la plaque très mince A constitue la partie supérieure de l’ampoule de verre de la lampe dans laquelle elle est scellée (fig. 7).
- Cette plaque est recouverte d’un disque isolant D, et des rebords extérieurs R forment une sorte de petite boîte de résonance. Sous l’influence du flux électronique de la lampe, qui joue le rôle, d’autre part, d’une amplificatrice de puissance, la plaque vibre, et ses vibrations correspondent aux variations du courant basse fréquence.
- Les déformations de cette plaque aspirent ou refoulent l’air de la boîte de résonance RD, et ainsi des ondes sonores peuvent prendre naissance directement, comme dans un haut-parleur, ou un récepteur téléphonique.
- On peut, s’il est nécessaire, élever la température de la plaque pour augmenter l’intensité des effets obtenus au moyen d’une batterie anodique de chauffage.
- Dans une autre forme de lampe, un peu différente, les vibrations sonores ne sont plus produites directement par l’anode. Celle-ci est formée d’un réseau de fils très fins ou d’une mince feuille métallique horizontale fixée d’une part au centre d’un diaphragme métallique très mince et déformable D, serti verticalement dans un côté de l’ampoule, et de l’autre à une saillie fixe S intérieure à l’ampoule (fig. 8).
- Sous l’influence de l’émission électronique, le réseau de fils ou la plaque horizontale P se déforme et fait vibrer le diaphragme D qui produit des sons comme la plaque vibrante d’un haut-parleur.
- Ces petits appareils originaux auraient permis, semble-t-il, d’obtenir déjà des résultats pratiques, mais ils doivent sans doute être considérés plutôt à l’heure actuelle comme des modèles d’essais. Leur invention démontre, en tout cas, que les recherches des techniciens se poursuivent sans trêve, et que les progrès de la radio-technique nous réservent chaque jour des surprises nouvelles.
- P. Hémardinquer.
- LE PLUS INTÉRESSANT MUSÉE D’ARTILLERIE
- DU MONDE
- LA SALLE GRIBEAUVAL AUX INVALIDES
- On vient d’inaugurer, à l’Hôtel des Invalides, la salle Gribeauval qui contient plus de 2000 modèles de pièces d’artillerie exécutés tous à une échelle déterminée : 1/5, 1/6, 1/10 avec un soin si méticuleux que chaque modèle constitue une véritable œuvre d’art. Malheureusement toutes n’y sont pas représentées, notamment « notre 75 »; on a dû reculer devant les frais d’établissement de quelques modèles modernes qui dépassent les ressources disponibles pour cet objet. Ajoutons que le mécanisme de tous les modèles se chargeant par la culasse est exécuté avec tant de perfection qu’ils pourraient tirer des obus appropriés.
- L’histoire de l’artillerie, représentée à la salle Gribeauval d’une manière concrète, a été écrite par le colonel Favé en cinq volumes devenus introuvables et par le général Suzane. C’est une histoire très captivante parce qu’elle nous permet d’assister au développement, à travers trente siècles, de l’art de faire la guerre, principale préoccupation des hommes, peut-on ajouter, depuis qu’ils existent.
- Que de génie dépensé par les inventeurs ! Que de recherches, que d’idées originales avant d’aboutir à l’artillerie moderne ! Pourquoi faut-il que la civilisation poursuive sa route ascendante sans parvenir à se libérer de la barbarie qui bénéficie si largement de toutes les
- p.459 - vue 469/598
-
-
-
- 460
- conquêtes de la science ? On peut même ajouter qu’aucune découverte n’est demeurée exclusivement dans le domaine humanitaire ; toutes ont bifurqué vers l’art de la guerre pour le faire progresser, pour le rendre plus meurtrier. Mais il faut dire aussi que les efforts prodigués pour faire progresser l’art des armes à feu ont servi, par contrecoup, toutes les branches de l’industrie. En particulier, les progrès de la métallurgie nés de l’artillerie ont permis la création des moteurs à explosion de l’automobile et de l’aviation.
- Nous ne ferons que rappeler l’époque romaine représentée à la salle Gribeauval par quelques balistes et catapultes, lançant des pierres, des traits, des carreaux, des fusées sur l’adversaire et utilisant comme moteur des faisceaux de cordages tordus.
- C’est de la fusée qu’est venu tout le mal. Les peuples orientaux avaient observé qu’en comprimant une composition de salpêtre, de soufre et de charbon dans un roseau on réalise un projectile capable d’atteindre un but déterminé par ses propres moyens. C’est là l’origine de la découverte de la propulsion par réaction qui n’a cependant pas encore beaucoup progressé jusqu’ici. Ainsi, on
- de Bar et du roi de Hongrie. Lille, Cambrai avaient également acquis des canons à cette époque. A Crécy, le canon était donc connu, mais les troupes françaises n’en possédaient pas. Les premières pièces étaient faites d’un tube métallique entouré de douves en bois et frettées de métal.
- Le moine allemand Barthold Schwartz, que l’on a considéré à tort comme l’inventeur de la poudre, réalisa cependant un énorme progrès par la découverte qu’il fit d’un alliage de bronze qui lui permit de couler des pièces de faible calibre. Ce progrès fut connu en France en 1355. Ce fut là la première manifestation de la métallurgie en faveur de l’artillerie.
- D’abord fermés à l’une de leurs extrémités, les canons furent ensuite ouverts aux deux bouts, l’un de ceux-ci comportant une chambre à poudre qui recevait la charge avant d’être réunie au tube par un étrier. Puis on construisit le tube en douves de fer forgé, soudées à chaud sur un mandrin et serties par des frettes. Deux tourillons soudés sur les côtés permirent de placer le canon sur un affût de charpente.
- Quant aux projectiles, ils étaient encore des carreaux,
- Fig. 1 (à gauche). — Ribaudequin du Moyen Age Fig. 2 (au milieu). — Bombardes du xiv6 siècle à affût fixe. Fig. 3 (à droite). — Fauconneau de l'artillerie de Charles le Téméraire.
- incendiait des villes, on jetait l’effroi sur un navire, avant l’abordage. Le feu, grégeois, lancé par des catapultes, constitué par un même mélange auquel on ajoutait de la poix et de l’huile de naphte, complétait l’artillerie de ces époques lointaines.
- On avait également observé que le tube lance-feu projetait aussi des fragments de poudre non brûlée pour une cause indépendante de la volonté des artilleurs de l’époque parce que le mélange était imparfaitement réalisé. De là à confier un projectile à ces tubes incendiaires il ri’y avait qu’un pas, qui fut franchi en dix ou douze siècles, et donna naissance aux canons. Les Arabes les imaginèrent ; mais ils ne furent connus en Europe qu’au xiiie siècle et n’attirèrent d’ailleurs que médiocrement l’attention parce que les balles et les flèches ainsi propulsées portaient moins loin que celles confiées aux catapultes ou aux arcs à main.
- Q .Cependant les Italiens et les Vénitiens étudièrent sérieusement lë problème et les progrès qu’ils réalisèrent passèrent en Allemagne et en Francèi C’est ainsi qu’en 1324 la ville de Metz utilisa la première bouche à feu contre les troupes coalisées de l’archevêque de Trêves, du comté
- lourdes flèches empennées centrées par des rondelles de cuir permettant leur lancement, des boulets en pierre auxquels succédèrent vite les boulets en plomb pesant 3 livres. La fabrication de la poudre s’était également perfectionnée, sinon dans sa composition, du moins dans l’étude des proportions de ses constituants.
- C’est alors que l’artillerie s’enrichit de pièces de toutes formes, de tous calibres pour répondre aux besoins de l’époque où la guerre régnait à l’état endémique dans toute l’Europe. Les plus grosses étaient portées par des pièces de bois creusées en forme d’augets, maintenues par des cordes ou des bandes de fer. La boîte à poudre était pressée entre la pièce et l’auget formant heurtoir, par un coin. Des obstacles fixes ou des crochets labourant le sol limitaient le recul. On imagina de réunir plusieurs bouches à feu de petit calibre sur un même plateau : c’était un ribaudequin. Les bombardés, canons de fortes dimensions, apparurent à la fin du xive siècle; les veuglaires, de moindre calibre, se chargeaient par la culasse; puis le calibre se réduit encore avec les couleu-vrines et surtout les serpentines aux longueurs démesurées.
- p.460 - vue 470/598
-
-
-
- Aux xive et même au xve siècle, les grosses bombardes lançaient encore des boulets en pierre dont quelques-uns atteignaient jusqu’à 0 m 60 de diamètre. En 1413, au siège de Constantinople, Mahomet II lançait des boulets de pierre pesant 1 400 livres.
- Louis XI, que certains de nos contemporains considèrent comme le plus grand roi que la France ait jamais eu, réforma l’artillerie en adoptant les bouches à feu coulées en bronze dont la fonte était parfaitement homogène* les boulets en fonte et les tourillons liant la pièce à l’affût d’une façon intime. L’affût peut céder au recul et éviter la destruction rapide des pièces. On augmente en même temps la charge de poudre. Dès lors les châteaux forts sont incapables de résister à l’artillerie nouvelle qui sonne le glas de l’époque féodale. 12 pièces de fonte verte avaient été coulées par ordre du roi, c’étaient les « 12 pairs de France ».
- Ses successeurs, en particulier François Ier, augmentèrent encore leur artillerie dont les pièces de campagne sont de 8 pouces, décorées de fleurs de lys.
- L’arquebuse à croc du xvie siècle fit place à la cou-leuvrine à main à laquelle se substitua le mousquet dont lit usage, pour la première fois, le duc d’Albe dans son expédition de Flandre (1567). Le mousquet était capable de tuer un cheval à 500 pas. Mais la part la plus importante de l’artillerie était la guerre de siège à laquelle l’infanterie répugnait de plus en plus à cause des risques. Henri IV eut l’idée géniale de faire exécuter des ouvrages de défense qui constituaient des abris pour l’infanterie et contribuèrent fortement à rétablir la confiance que l’artillerie lui avait fait perdre.
- L’ordonnance de 1552 avait donné à l’artillerie un caractère d’unité en régularisant et en réduisant le nombre des calibres, en réalisant les « six calibres de France ». A cette époque, l’artillerie française occupait le premier rang; mais à partir de la fin du règne de Louis XIII c’est surtout aux Allemands que l’on doit les progrès représentés par les mortiers, les avant-trains pour toutes les pièces à la place des limonières et le transport des munitions par des coffres à portée de la pièce, le remplacement des rivets par des écrous pour faciliter les démontages et la position rationnelle des corps d’essieu permettant des angles de tir suffisants.
- Sous le règne de Louis XIV la France avait augmenté ses calibres au hasard :
- 1.00 livres (poids du boulet) 64, 48,
- 36, 30, 24, 12, 8, 4, obusier de 10 pouces et mortiers de 12 et 8 pouces. Le lieutenant général de Vallière réduisit à 5 le nombre de pièces : canons de 24,
- 16, 12, 8, 4 livres : pierriers de 15 pouces; mortiers de 12 pouces (0 m 32) et de 8 pouces 3 lignes (0 m 22) dont la chambre contenait 5 livres 1/2 de poudre; obusier de 8 pouces; mortier
- 461
- Fig. 4. — Couleuurine bâtarde: artillerie de Henri II. Pièce polygonale.
- à éprouvette dont le boulet pesait 60 livres et portait à 50 toises.
- Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, Gribeau-val, inspecteur général de l’artillerie, introduisit une réforme radicale dans l’artillerie de l’époque en instituant une distinction entre les différentes parties du matériel et fit de l’artillerie française la meilleure de l’Europe. C’est avec le matériel de Gribeauval que les armées de la Révolution et de l’Empire accomplirent leurs mémorables campagnes, et l’on peut dire que c’est lui qui a rendu possible la rénovation de la tactique par Carnot et Napoléon. Gribeauval allégea et raccourcit les pièces de canon, les débarrassa, de tout ornement inutile, les rendit plus maniables pour faciliter les mises en batterie et le pointage ; il simplifia les calibres et réorganisa les troupes chargées du service de l’artillerie.
- Fig. 5. — Panoplie de canons anciens.
- Aux extrémités, à droite et à gauche : canons légers de Gustave-Adolphe, tube en cuivre recouvert de douves en bois, entouré de cuir bouilli, puis de cordes, avec 4 frettes métalliques. Ces canons pouvaient être portés par un homme. Au centre : canons et mortier espagnols ciselés et dorés, encadrés par deux canons piémontais de 1746. A gauche : deux fauconneaux en acier du xvii0 siècle. A droite : deux fauconneaux se chargeant par la culasse.
- p.461 - vue 471/598
-
-
-
- 462
- Fig. 6. — Canon de siège Louis XI V (pièce de 24 sur affût). Ces pièces étaient armoriées.
- C’est à Gribeauval que l’on doit la classification en artillerie de campagne, artillerie de siège, artillerie de place et artillerie de côte.
- L’artillerie de campagne eut à son service des canons (') de 12, 8 et 4, des obusiers de 6 pouces et des mortiers-éprouvettes de 7 pouces;
- L’artillerie de siège était pourvue de calibres de 24, 16, 8, de mortiers de 12 et 10 pouces à grande portée et à faible portée, de mortiers de 8 pouces et de pierriers de 15 pouces.
- L’artillerie de place comportait des pièces de 24, 16, 12, 8 et les mêmes mortiers que l’artillerie de siège, enfin l’artillerie de côte était servie par des canons- de 36, 24, 16, 12 en fonte de fer et des mortiers en bronze de 12 et 10 pouces. .
- Jusqu’à sa mort, en 1789, Gribeauval n’a cessé d’améliorer le service de l’artillerie. Son système a été respecté
- 1. Les calibres des bouches à feu tirant des projectiles pleins indiquaient alors le poids en livres des projectiles; pour les mortiers ou obusiers tirant des projectiles creux, le calibre s’indiquait par le diamètre de l’âme en pouces. A partir de la Restauration les calibres s’indiquent en kg pour les canons, en centimètres de diamètre d’âme pour les obusiers. De nos jours tous les calibres désignent le diamètre de l’âme en millimètres.
- Fig. 7. — Fours à boulets rouges (2° moitié du xvia° siècle).
- A gauche, forge chauffée par en dessous ; au centre, forge chauffée par le soufflet de droite.
- presque intégralement jusqu’en 1825; on pourrait même ajouter que son influence s’est fait sentir dans l’organisation de l’artillerie jusqu’à nos jours. C’est pourquoi, d’ailleurs, son nom a été donné à la salle du musée d’artillerie qui vient d’être ouverte au public.
- Au cours des toutes premières années du xixe siècle, les succès des armées françaises avaient mis entre nos mains une grande quantité de pièces et de boulets de 6 pris aux Autrichiens, aux Bavarois, aux Hollandais, aux Prussiens, aux Russes et aux Suédois. Le Premier Consul eut l’idée d’utiliser ce matériel et décida (système de l’an XI — 2 mai 1803) de remplacer les calibres de 8 et de 4 de l’artillerie de campagne par les calibres de 12 et de 6 auxquels on joignit l’obusier de 24 pouces. C’est avec ces pièces de 12 et de 6 que se terminèrent les guerres de l’Empire.
- On a reproché à ces pièces d’être trop lourdes à traîner, mais les chevaux de toute l’Europe étaient à la disposition de l’Empereur.
- Quant aux voitures de transport, très lourdes, elles étaient composées de deux trains, dépendant l’un de l’autre, reliés par des dispositifs assez compliqués qui incitèrent les artilleurs à manœuvrer à laprolonge, surtout dans les mouvements de retraite. L’avant-train et l’affût étant reliés par un long câble, la pièce se trouvait en batterie dès que les chevaux s’arrêtaient; mais dans les mouvements en avant il fallait retourner la pièce. Enfin l’affût ne pouvait être accompagné que d’un petit coffre à munitions. Quant au caisson, lui aussi très lourd, il présentait l’inconvénient d’exposer un trop grand nombre de munitions aux accidents de la bataille.
- Pour parer à ces divers inconvénients, on commença, en 1825, l’étude d’un nouveau matériel d’artillerie basée sur ce fait que l’expérience avait fait ressortir les avantages des gros calibres. Les pièces de réserve du système Gribeauval et de l’an XI, pièces de 8 et de 12 dont il existait une grande quantité dans les arsenaux, furent remises en service, et l’on y ajouta les obusiers longs de 15 centimètres et de 16 centimètres et, en plus, un obu-sier de montagne de 12.
- De nouvelles voitures de campagne furent ensuite conçues par les capitaines Piobert et Marcoux caractérisées par une flèche prolongeant des flasques courts, l’aptitude à tourner dans une circonférence de faible rayon et la mise en service de coffres utilisés comme sièges pour les canonniers. L’une de nos photographies représente un modèle de coffre, un peu antérieur, qui peut en être considéré comme le prototype. Les servants montaient à califourchon sur le coffre en se tenant par la taille, les pieds reposant sur des marchepieds. Ce véhicule fut également adopté par le service de santé (fig. 15).
- Puis en 1853 le matériel de campagne ne comprend plus qu’un seul calibre : le canon obusier de 12 centimètres tirant à volonté des boulets ou obus de ce calibre. Toutes les pièces r canon de réserve, obusier, canon léger, obusier de montagne, utilisent les mêmes projectiles : boulet plein, obus, obus à balles et boîtes à mitraille. Ce matériel servit à la guerre de Crimée et à la guerre d’Italie.
- C’est alors que se produisit l’immense révolution accomplie par les canons rayés. L’idée est assurément très
- p.462 - vue 472/598
-
-
-
- ancienne et dérive de l’observation de ce fait, assure le général Susane, que, avec une balle libre, une partie seulement de la charge de poudre a le temps de brûler et de produire un effet utile dans le canon. De là est née l’idée d’allonger le canon, idée réalisée dans les couleuvrines et les canardières. Puis une autre idée se fit jour : celle du forcement du projectile pour assurer l’étanchéité de la chambre d’explosion, idée à laquelle Léonard de Vinci aurait donné corps en construisant un canon à rayures hélicoïdales. Peu après, d’habiles armuriers de Milan construisirent des canons à rayure droite.
- Après les guerres de l’Empire l’idée fut reprise par les capitaines Treuille de Beaulieu et Tamisier. Le premier est le véritable créateur du canon rayé pour les armes portatives. Avant 1840, la portée efficace d’un fusil était de 300 m, elle dépasse aujourd’hui 2000 m. Quant à celle du canon de bataille qui était limitée à
- . ....." — 463 =
- de 1870, la France modifia à plusieurs reprises son matériel d’artillerie : le canon rayé en acier à chargement par la culasse fut universellement adopté.
- Tous ces canons ne possédaient d’abord en fait de frein que des sabots d’enrayage et des freins à patins et à corde appliqués aux affûts des canons de 80 et 90. Ces derniers étaient des freins sur moyeu et sur roue que la Compagnie des Omnibus adopta aussitôt sur les voitures publiques. Les premiers canons à frein hydropneumatique Bacquet furent le 120 court et le 155 court de campagne (1890). Ce frein a été l’origine d’un procès célèbre.
- Pour les pièces de siège comme le 138, le freinage était réalisé par les sabots d’enrayage.
- Vers 1880 le frein hydraulique fut appliqué aux 120 et 155 longs. Ce frein établissait une liaison entre l’affût et la plate-forme à laquelle il était fixé par une de
- Le matériel Gribeauval. — De gauche à droite.
- Fig. 8. — Pièce de 4 de Gribeauval sur affût de campagne. Fig. 9. — Pièce de 8 de Gribeauval sur affût de campagne. Fig. 10. — Obusier de 8 pouces de Gribeauval sur affût de sièges Fig. 11. — Pièce de 16 de Gribeauval sur affût de place monté sur un grand châssis.
- Fig. 12. — Obusier de 6 pouces sur affût de campagne avec coffre à munitions entre les flasques. (Modèle de Van XI, modifié en 1813.)
- Fig. 13. — Caisson pour canon de 4 de campagne Gribeauval.
- 1800 m, on sait aujourd’hui, alors que le souvenir de la Bertha n’est pas encore éteint, à quelles portées on peut parvenir. Une autre révolution intimement liée à l’emploi des armes rayées et des projectiles à forcement, munis de ceintures, fut la substitution de l’acier au bronze pour la construction des canons, et le recours au chargement par la culasse au lieu du chargement parla bouche. C’est avec des canons de campagne de ce type réalisés par Krupp que la Prusse fit la guerre de 1870.
- Au moment de la déclaration de guerre en 1870 l’artillerie française de campagne était pourvue de pièces de 4 en bronze, rayées modèle 1858, de pièces de 12 en bronze rayées à chargement par la bouche et de mitrailleuses à culasse mobile de 25 balles. Pendant la guerre on mit en service un canon de 8 rayé de campagne, puis, à Paris, quelques canons de 7 de Reffye. Après la guerre
- ses extrémités. Il existe encore, d’ailleurs sur les mêmes pièces.
- Il fut ensuite appliqué au 155 de siège et de place avec cette différence que la partie fixée à la plate-forme pouvait se relever et s’accrocher à l’avant de l’affût pour le transport. Cet affût a conservé le sabot d’enrayage ainsi d’ailleurs que les 120 et 155.
- Nous ne parlerons pas du célèbre matériel de 75, dû au colonel Déport, puisqu’il ne figure pas au Musée des Invalides. Tout le monde sait les services rendus par ce canon de campagne qui, jusqu’ici, n’a pas encore été surpassé.
- Au moment de la guerre de 1914 nous possédions, en fait de pièces de campagne, les 75, 80, 90, 95 et le 120 court Bacquet; comme pièces de siège, le 95, le 120 et le 155 long et court de 1881, les mortiers de 220 et de 270,
- p.463 - vue 473/598
-
-
-
- = 464
- Fig. 14. — Pièce de 24 de l'an XI sur affût « chameau » pour le service des places. Système Gribeauval.
- enfin le mortier de campagne et de siège 155 court Ri-maiLho à tir rapide.
- Pendant la guerre notre artillerie s’enrichit des modèles Saint-Chamond, Creusot, du 155 Filloux qui différaient dans leurs affûts et leurs systèmes de pointage. On sait que les pièces de marine servirent également comme pièces de positions auxquelles vinrent s’ajouter des pièces de 320, 270, 305, ?26^et, même une pièce de~j529-non utilisée. j r 0 o - Lj oO.
- Cette brève histoire de l’artillerie ne peut donner qu’un aperçu très sommaire de ce que représente la salle Gribeauval, annexée au musée d’artillerie de l’Hôtel des Invalides. Les premiers modèles de cette salle furent établis vers' 1686 sur l’ordre du maréchal d’Humières. Ils ont été construits par les ouvriers, spécialistes de l’ancien magasin royal. Les modèles établis par Gribeauval lui avaient servi à l’étude et à la construction de ses pièces; la plupart furent sauvés, pendant la période révolutionnaire parce qu’ils étaient à Versailles et dans la résidence du duc d’Eu.
- Napoléon III, qui faisait de fréquentes visites au Musée de Saint-Thomas-d’Aquin, eut l’idée de compléter la
- Fig. 16 (à gauche). — Canon de 95 mm, modèle 1875 sur affût de campagne. Fig. 17 (à droite). — Canon de 120 long., modèle 1878 ........................Sur son affût.
- Fig. 15. — Caisson Winsl pour l'artillerie légère. Ce caisson fut utilisé par le Service de Santé.
- collection de modèles en faisant exécuter des modèles de l’artillerie du Moyen-Age (Henri II, Charles le Téméraire) et des anciennes bombardes par les ouvriers spécialisés cle la section technique de l’artillerie.
- Puis, en 1911, le général Abot, inspecteur des fabrications de l’artillerie, reprit l’idée et enrichit la collection de modèles de pièces appartenant à l’artillerie de l’époque. Malheureusement rien, en ce sens, n’a été fait depuis la guerre, de sorte que quelques-unes des plus intéressantes de ces pièces sont absentes du musée.
- L’artillerie de marine est également représentée par un certain nombre de pièces de côte, des tourelles cuirassées qüi sont des reconstitutions de tout premier ordre et complètent admirablement cet ensemble.
- Peut-être un jour si les circonstances redeviennent favorables, sera-t-il possible de faire figurer dans ce musée toutes les pièces modernes. Il y a lieu de souhaiter y voir figurer le canon de 75 dont on a pu dire qu’il a été l’artisan de la victoire. Et puis, une telle collection rie peut rester indéfiniment incomplète : il lui manque une tête représentée par nos merveilleuses pièces de l’artillerie actuelle. La place d’honneur leur appartient dans cette salle qui condense, par des modèles merveilleusement établis, toute l’histoire des guerres humaines. L. Fournier.
- p.464 - vue 474/598
-
-
-
- CALCUL DES HEURES DE SUPERPOSITION 465
- DES AIGUILLES D'UNE MONTRE
- Ce petit problème d’apparence puérile ne laisse pas, cependant, d’interloquer la plupart des personnes auxquelles on le soumet.
- Voici une méthode qui permet de le résoudre :
- L’aiguille des heures effectue un tour complet du cadran (360°) en 12 heures, elle parcourt donc 30° à l’heure.
- L’aiguille des minutes parcourt les 360° en une heure.
- L’excès de vitesse de la grande aiguille sur la petite est donc, mesuré en degrés, de 330°; en d’autres termes, on peut dire que la grande aiguille gagne 330° à l’heure sur la petite ou bien encore que lorsque la petite fait un tour de cadran la grande en fait onze de plus.
- La grande aiguille rattrape donc la petite à chaque 1/11 de cadran.
- Les deux aiguilles étant superposées à 0 heure (XII), il y aura 11 superpositions à partir de XII pendant les 12 heures que la petite aiguille met à parcourir le cadran, c’est-à-dire
- I 2 3 11
- à 12 X—, 12 X —, 12 X —............. 12 X — heures. Le calcul
- II 11 11 11
- donne :
- 1 h. 5'" 275 3/11
- 2 h 10’r' 54s 6/11
- 3 h. 16m 21s 9/11
- 4 h. 21'“ 49® 1/11
- 5 h. 27m 16* 4/11
- 6h.32»43s 7,11'
- 7 h. 38" 10S 10/11
- 8 h. 43 38s 2/11
- 9 h. 49” 5S 5/11
- 10 h. 54m 32s 8/11
- 11 h. 59m 593 11/11 ou 12 heures
- Si l’on manœuvre les aiguilles d’une montre que l’on a placées sur 0 heure (XII) et que l’on compte le nombre des superpositions qui se produisent pour les ramener à leur point de départ, on constate facilement qu’il y a bien seulement 11 superpositions.
- E. Cordonnier.
- LES VERTUS THERAPEUTIQUES
- ATTRIBUÉES A L’ANGUILLE
- Dans la pharmacopée ancienne entraient un grand nombre de produits extraits des animaux les plus divers et auxquels on attribuait des vertus curatives variées et souvent assez inattendues.
- Un des Poissons les plus communs dans nos rivières, l’Anguille, jouissait d’une assez grande faveur dans le traitement de plusieurs affections et cela peut-être à cause de son aspect serpentiforme, assez exceptionnel chez nos espèces aquatiques.
- Dans une petite note parue tout récemment ('), notre collègue, le D1' Gandolfi-Hornyold, appelle l’attention sur ces faits en signalant l’usage médicinal de l’Anguille, d’après la traduction en espagnol de Pline II par Jéronimo de Huerta (Salamanque, 1603, ch. XXI, p. 73).
- « La graisse, écrit Jéronimo de Huerta, médecin de Philippe IIL roi d’Espagne, peut servir pour les douleurs d’oreille et les maladies nerveuses. Le fiel est utilisable pour les collyres pour les yeux. En faisant pourrir la chair dans du vin et en le faisant boire, cela produit un dégoût pour la boisson. » Que la graisse puisse être employée dans les otites externes et pour quelques frictions passe encore, mais l’action du fiel en collyre paraît déjà beaucoup plus contestable. Quant à la chair pourrie dans le vin, on comprend sans peine que la boisson ainsi obtenue soit, sur le moment, plus que répugnante, mais reste à savoir si les ivrognes de jadis n’étaient pas assez fins pour se régaler ensuite d’autre manière. C’est là assurément l’hypothèse la plus vraisemblable.
- Pendant tout le xvne siècle (c’était alors aussi l’époque du fameux bouillon de vipères), l’anguille continua à être utilisée en médecine et ses applications devinrent de plus en plus nombreuses. C’est ainsi qu’en France, au temps des médecins de Molière, elle figurait en bonne place dans l’arsenal thérapeutique.
- On pourra en juger par l’extrait, reproduit plus bas, d’un curieux manuel, résumant la science de l’époque, paru vers
- 1. Actes de la Société helvétique, des Sciences naturelles, Davos, 1929) 2e partie, p. 221.
- les débuts du xvmc siècle et que je possède dans ma bibliothèque.
- L’ouvrage, sans nom d’auteur, édité à Paris chez Laurent Le Conte, quay des Augustins, à la ville de Montpellier, porte la date de 1716. Il a pour titre : « Dictionnaire botanique et pharmaceutique contenant les principales propriétés des Minéraux, des Végétaux et des Animaux d’usage, avec les préparations de pharmacie internes et externes les plus usitées en médecine et en chirurgie : le tout tiré des meilleurs auteurs, surtout des modernes ».
- Il est destiné aux jeunes pharmaciens et chirurgiens, aux hôpitaux, aux communautés et aux personnes charitables qui pansent les pauvres. L’auteur anonyme qui a eu surtout en vue de donner au public un guide simple et pratique a classé ces divers produits minéraux, végétaux, animaux, par ordre alphabétique.
- Voici ce qu’on lit à l’article Anguille, dont je respecte l'orthographe ancienne et la saveur de quelques expressions un peu surannées :
- « Anguille (Anguilla) est un poisson d’eau douce/qui est fait comme un serpent. Sa graisse est vulnéraire; elle engendre des cheveux dans la chauveté, elle rétablie l’oüye distillée dans l’oreille, et soulage les hémorroïdes en onction. La tête coupée et appliquée toute sanglante sur les verrues, puis ensuite enterrée pour la laisser pourrir, les guérit. Le sang encore tiède bu avec du vin apaise la colique. Le foye avec le fiel séché à la cheminée ou au four pulvérisé se donne avec un heureux succès dans l’accouchement difficile avec du vin de la grosseur d’une aveline (‘) ; s’il ne fait pas son effet, on peut réitérer et augmenter cette dose. La peau sert de ligature aux membres luxés; on la porte sur la chair nuë en façon de jarretière pour se préserver des crampes. Salée et desséchée elle sert en forme de parfum contre la chute du fondement et de la matrice, pourvu que les ligamens ne soient point rompus, ce qu’on a éprouvé plusieurs fois. Il n’importe, suivant le
- 1. Grosse noisette'.
- p.465 - vue 475/598
-
-
-
- = 466 —.......................-.. ........ -
- Dr Michaël, que cette peau soit fraîche ou salée ou sèche. Sennert et Ferdinand confirment l’usage de ce parfum aussi bien qu’Arnault de Villeneuye. Vous remarquerez en passant, dit Ettmuller, qu’il n’est rien de meilleur contre la chute de la matrice, qu’un œuf pourri et corrompu; on le met dans un réchaud sur les charbons, et lorsqu’il pette en se crevant, la malade a peur; et cette surprise jointe à la mauvaise odeur fait remonter la matrice. »
- Laissant de côté la dernière partie, simplement burlesque, et faisant toutes réserves sur les usages internes de l’Anguille, on doit néanmoins reconnaître que l’utilisation de la graisse, comme de tout autre corps gras, d’ailleurs, paraît indiquée dans les affections désignées; l’emploi de la peau pour les
- appareils de contention dans les luxations semble aussi justifié; enfin il y aurait peut-être lieu de rechercher si le sang, dont l’extrême, toxicité a été bien mise en relief par les physiologistes contemporains, n’a pas tout de même quelque action sur la régression des verrues. Quoi qu’il en soit, les citations précédentes donnent une idée de l’importance de l’Anguille en thérapeutique depuis l’antiquité jusqu’à une époque relativement récente. Il est toutefois peu probable que ce Poisson retrouve, à ce point de vue, dans l’avenir la même faveur que celle dont il a joui dans le passé.
- Dr Jacques Pellegrin, Sous-Directeur de Laboratoire au Muséum national.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MARS 1930, A PARIS
- Le mois de mars 1930 a été pluvieux et relativement chaud, avec pression barométrique déficitaire de 1 mm, 7 par rapport à la normale et il a eu une durée d’insolation normale.
- La moyenne mensuelle de la température a été de 7°,3 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur et dépasse la normale de 1°,1. Sept journées seulement ont eu des températures moyennes inférieures à la normale. Le minimum absolu, — 1°,5 a été noté le 21 et le maximum absolu, 18°,5, le 28. A Fresnes l’on a eu jusqu’à —3°,8 et à Ivry l’on observa jusqu’à 20°,0.
- Dix-sept journées de chutes de pluie appréciables ont fourni 57 mm, 9 d’eau, quantité dépassant la moyenne de 40 pour 100. Deux chutes de neige ont été notées, l’une le 11, l’autre le 20; cette dernière a été assez importante pour recouvrir le sol. Les journées les plus pluvieuses ont été celles du 17 et du 23 où l’on a mesuré 10 mm, 1 d’eau tombés au cours des 24 heures. Il est tombé de la grêle par places à six dates différentes. Les brouillards ont été fréquents mais matinaux, car aucun n’a persisté tout le jour.
- Les vents de S. à O. ont soufflé plus fréquemment que d’ordinaire, au détriment de ceux d’entre N. et E.
- L’humidité relative moyenne du mois a été 78 pour 100 et la nébulosité moyenne du ciel de 70 pour 100.
- Il y a eu : 3 jours de gelée, 7 de gelée blanche, 12 de brouillard et 1 d’orage (le 23).
- MOIS DE MARS ANTÉRIEURS
- La température moyenne normale de mars est de 6°,1. Ce mois peut être assez froid et donner une moyenne de 1° seulement (1°,1, 1845, 1°,2, 1785), et comme maximum 10°,3 (1880), c’est-à-dire la moyenne du milieu d’avril. La plus basse température s’observe généralement vers le 11 ou le 12.
- La courbe des variations de la température de mars, dont l’amplitude est faible, ne donne matière à aucune remarque intéressante d’après M. L. Besson.
- Les plus froids mois de mars ont été ceux de 1845,1785, 1789, 1786 et 1837, 1865,1840 et 1883 avec moyennes respectives de : 1°,1, 1°,2, 1°,8, 2°,6, 2°,7 et 3°,4; et ceux les plus chauds: 1880, 1822, 1774, 1815,1862,1780,1776,1831, avec moyennes respectives : 10°,3, 9°,9, 9°,7, 9°,6, 9°,5, 9°,3, 9°,2 et 9°,1.
- Plus bas minimums absolus : —12°,5 en 1785; 11°,0
- en 1890; — 9°,9 en 1786; — 8°,8 en 1888; —8°,6 en 1895; — 8°,5 en 1789; —8°,4 en 1845. En 1847, le 12 mars, l’on eut à Paris, un froid de — 7°,4 à l’Observatoire, mais à Vendôme, M. Renou observait le même jour —18°,0.
- Plus hauts maximums absolus : 26°,2 en 1903; 23°,9 en 1890; 23°,0 en 1897; 22°,7 en 1880; 22°,6 en 1896, 1907 et 1929; 22°,5 en 1815 et 1830. A l’Observatoire du Parc Saint-
- Maur, mars donna 22 jours de gelée en 1887 et 20 en 1883.
- Les mois de mars les plus pluvieux ont été ceux de : 1888, 80 mm, 5 d’eau; 1836, 89 mm, 3 (Observ. de Paris, pluv. de la cour) ; 1897, 85 mm, 7 et ceux les plus secs : 1929, 0 mm, 2 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur; 1854, 2 mm, 1; 1843, 4 mm, 1 à l’Observ. de Paris (pluv. de la cour) ; 1880, 5 mm, 7; 1875, 7 mm, 1 (Obs. du Parc Saint-Maur); 1811, 8 mm, 0; 1840, 8 mm, 2 (Observ. de Paris, pluv. de la terrasse et pluv. de la cour).
- Nombre de jours de pluie : 25 en 1861, 24 en 1888 et 1909; 23 en 1914, 1919 et 1927, 22 en 1765, 1812, 1876 et 1877; un en 1929; deux en 1781; quatre en 1783, 1791, 1843 et 1899; cinq en 1849, 1850, 1875 et 1893.
- Mois de mars très couverts, nébulosité 81 pour 100, 1909; 80 pour 100, 1888 et 1919; clairs, nébulosité 36 pour 100, 1880, 1893; 37 pour 100, 1921, 1929, et 42 pour 100, 1899. La clarté exceptionnelle du ciel en mars 1929 a entraîné comme conséquences la durée de l’insolation la plus élevée que l’on ait enregistrée en mars depuis 56 ans au Parc Saint-Maur, un refroidissement nocturne très accentué accompagné d’un nombre de gelées blanches sensiblement triple de celui que l’on observe généralement et d’une amplitude de la variation diurne de la température anormalement élevée (12°5 au lieu de 9°,4). Ce mois a été aussi remarquable par sa pression barométrique exceptionnellement élevée, 769 mm, 7 au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, la plus haute depuis 1874, dépassant la normale de 8 mm, 4; le minimum absolu, 762 mm, 6 noté le 5, nombre qui ne s’était jamais vu à pareille époque de l’année; le maximum a été de 778 mm, 6, observé le 1er. Dans ce même mois, une petite pluie insignifiante 0 mm, 2, la seule du mois, est tombée l’après-midi du 22. On ne trouve pas d’exemple, depuis au moins 125 ans, d’un mois de mars aussi sec; mars 1854, avec 2 mm, 1 est celui qui s’en rapproche le plus.
- En mars 1899, il y a eu, le 27, un mouvement thermométrique remarquable, la température s’est élevée de —1°,9, le matin, à 20°,8 dans le jour, soit ainsi de 22°,7; ce mouvement considérable a eu pour conséquence une sécheresse extraordinaire, le degré hygrométrique s’est abaissé à 8, chiffre sans exemple jusqu’ici au Parc Saint-Maur; déjà en 1893, au même Observatoire, le 30 mars, l’on , avait observé 10, chiffre aussi très bas.
- Crues de la Seine en mars, ayant dépassé 5 m, 60 au pont de la Tournelle : 6 m, 70 en 1807, le 3; 6 m, 50 en 1876, le 17; 6 m, 30 en 1817, le 13; 5 m, 80, en 1844, le 5.
- Em'. Roger,
- Membre de la Société météorologique.
- p.466 - vue 476/598
-
-
-
- PRESTIDIGITATION
- LES CAISSES DE SATAN
- Au lever du rideau, le public aperçoit sur la scène deux montures en cuivre entièrement à jour formant les angles et côtés de deux caisses rectangulaires, hautes chacune de deux mètres, larges de soixante centimètres et profondes également de soixante centimètres.
- L’opérateur explique qu’il a voulu bien prouver l’absence de tout truquage ou mécanisme dans son expérience absolument sensationnelle. Il invite alors plusieurs spectateurs à monter sur la scène pour contrôler les opérations et pouvoir en constater la sincérité.
- Devant ces spectateurs, les côtés des caisses, sauf la face qui regarde le public, sont bouchés par des panneaux de toile soigneusement examinés et ne pouvant par conséquent
- Fig. 1.
- Présentation des caisses de Satan.
- avoir aucune solution de continuité. Pour que ces toiles soient vivement mises en place, elles sont bordées de cuir et sur ces cuirs sont ménagées des ouvertures qui se présentent juste en face de taquets tournants fixés dans la monture de cuivre.
- L’opérateur fait remarquer que les petits côtés qui dans les caisses forment pour ainsi dire le toit et le sol sont obturés comme les autres grands côtés.
- Il fait alors entrer un homme et une femme tous deux costumés en diables de fantaisie, l’un rouge et noir, l’autre vert et jaune. Les tailles et corpulences bien différentes des deux personnages empêcheront de les prendre l’un pour l’autre, même
- si l’on supposait qu’ils puissent opérer un échange rapide de costume.
- Le diable entre dans l’une des caisses, indiquée par un spectateur et la femme se place dans l’autre.
- Les façades des caisses sont alors bouchées par des panneaux de toile semblables aux autres , mais ayant une ouverture ovale par laquelle le diable et la diablesse sont visibles jusqu’au dernier moment.
- Chacune des caisses est cordée longitudinalement et transversalement, puis une dernière précaution est prise : elle consiste à fixer un cordon au bas de chacune des caisses et de prier deux des spectateurs montés sur la scène comme témoins de tenir les deux extrémités de ces cordons afin que tout le monde soit bien certain que les caisses ne changent pas de place. A ce moment le prestidigitateur fait un signe et du haut de la scène descend lentement un baldaquin d’étoffe flottante légère qui couvre entièrement les deux caisses, le mouvement de descente est à peine terminé que l’opérateur donne l’ordre de remonter le baldaquin et, sitôt qu’il est remonté, on aperçoit, par les ouvertures ovales, les figures du diable et de la diablesse, mais ils ont changé de caisse, celui qui était à droite est passé à gauche tandis que celui de gauche est maintenant à droite.
- Les caisses sont déficelées, les panneaux de toile enlevés et les personnages sortent des caisses.
- Cette opération qu’on ne s’explique pas lorsqu’on la voit exécuter est simple.
- Chaque carcasse de cuivre des caisses est renforcée au milieu de sa hauteur par une bande AA.
- Or la bande du panneau arrière est coupée en deux formant charnière; tout le pnneau AABB joue avec cette charnière; il se raccorde à angle vif avec AC et les raccords sont si bien faits que l’examen le plus minutieux ne peut déceler la supercherie.
- La toile fixée sur AABB suit le mouvement, se pliant sans difficulté en AA et la corde qui passe également en AA et en RR n’empêche nullement l’ouverture (fig. 2).
- Au moment précis où les deux diables regardant par les ouvertures voient le bas du baldaquin toucher terre, ils se retournent; au moyen d’un taquet glissière, ils ouvrent le panneau AABB chacun en même temps et changent de caisse.
- Une fois à l’intérieur, ils referment le taquet glissière, se relèvent et mettent la tête à l’ouverture.
- Le mouvement bien combiné et bien répété pour qu’ils ne se gênent pas mutuellement en se croisant, ne dure pas vingt secondes.
- Alber.
- Fig. 2.
- La sortie de la caisse.
- Fig. 3.
- Les taquets glissières.
- p.467 - vue 477/598
-
-
-
- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- Pile de
- Fig. 1. — Schéma d’un amplificateur phonographique électrique simple.
- T, T.j : transformateurs basse fréquence blindés; S, bobine de choc à fer; Rh, rhéostat de 15 ohms; R, résistances de 250 000 ohms pièces Bardon).
- UN MONTAGE TRÈS SIMPLE D’AMPLIFICATEUR PHONOGRAPHIQUE
- Il n’y a rien de plus simple que de monter un amplificateur phonographique pour amplifier la reproduction des disques obtenue à l’aide d’un pick-up électromagnétique, du moins si l’on veut se contenter d’une audition d’intensité moyenne pour usage d’amateur.
- Nous avons indiqué, à propos des applications des lampes à chauffage indirect ou à filaments réseau, qu’on employait désormais presque uniquement des lampes de ce genre sur le premier étage cl’un amplificateur phonographique de puissance moyenne, ou à grande puissance, et nous aurons l’occasion d’étudier des schémas d’amplificateurs comportant ce dispositif.
- Mais, pour une audition d’intensité relativement faible, on peut fort bien se contenter d’utiliser des lampes ordinaires alimentées par des batteries d’accumulateurs.
- Un schéma extrêmement simple d’amplificateur de ce genre à deux lampes est représenté par la figure 1. Le transformateur Tt de rapport 1/3 sert de liaison entre le pick-up et la première lampe qui peut être une A. 415 Philips, une L. 410 Gecovalve, une C. 9 Grammont, etc.
- Ce transformateur n’est pas indispensable lorsque l’impédance des enroulements du pick-up est assez grande, mais il est néanmoins fort utile pour assurer une bonne qualité de reproduction.
- Sur le secondaire du transformateur sont montées des résistances de 250000 ohms en série, qui permettent de faire varier l’intensité d’audition.
- La deuxième lampe pourra être une B. 405 Philips, une P. 425 Gecovalve, une R. 56 Radiotechnique, une D. 100 Fotos, etc... et on lui appliquera une tension plaque d’environ 120 volts avec une polarisation négative de grille convenable.
- Enfin, le système de liaison du haut-parleur comporte une bobine de choc à fer, de préférence d’impédance variable, et un condensateur C de 2 microfarads.
- UN APPAREIL TÉLEPHOTOGRAPHIQUE POUR AMATEUR
- Nous avons décrit dans une récente chronique les appareils téléphotographiques du type Belin, et nous reviendrons, d’ailleurs, prochainement sur cette question en indiquant divers détails sur les nouveaux types pour amateurs.
- Auparavant, il nous semble intéressant de donner quelques renseignements sur le deuxième type d’appareil existant en France, l’appareil Sférographe construit par la Société française radioélectrique.
- Le principe initial de cet appareil est, d’ailleurs, analogue à celui du Belinographe, mais les détails de construction varient.
- En principe, l’appareil émetteur se compose d’un tambour conducteur tournant à une vitesse constante, et, sur ce tambour, est placée une feuille de cuivre sur laquelle on a reporté photographiquement l’image à transmettre à l’aide d’une matière isolante.
- Une pointe conductrice se déplace lentement suivant la génératrice du tambour pendant la rotation de celui-ci. Suivant le dessin porté par la feuille de cuivre, la pointe rencontre donc successivement des parties conductrices et des parties isolantes, et l’on conçoit aisément qu’un tel système puisse être employé, soit pour commander l’émission d’une station radiophonique, soit pour contrôler une émission télégraphique par fil.
- L’appareil récepteur comprend un tambour analogue à celui de l’émetteur, mais portant une feuille de papier imbibée d’une solution à l’iodure de potassium, susceptible d’être décomposée par le courant électrique.
- Une pointe conductrice, réunie soit à la ligne pour une transmission par fil, soit à un dispositif spécial placé après le récepteur radiophonique, s’il s’agit d’une émission de T. S. F., explore également le papier, de la même manière que la pointe de l’émetteur.
- Les impulsions de courant produites par les signaux de l’émetteur décomposent la solution portée par le papier du récepteur, et reproduisent ainsi l’image transmise (fig. 2).
- Pour qu’un tel ensemble puisse assurer une reproduction correcte des images, il est indispensable que le synchronisme soit maintenu entre les mouvements du cylindre émetteur et ceux du cylindre récepteur.
- Le procédé employé est du type dit « du synchronisme à l’arrêt », déjà décrit à propos de l’appareil Belin. Le cylindre récepteur tourne un peu plus vite que le cylindre émetteur, et il est arrêté à chaque tour par un loquet, celui-ci peut être soulevé par un électro-aimant obéissant à un signal un peu plus fort que le signal d’image, et ce signal est lancé à la fin de chaque tour par l’émetteur lui-même.
- Cependant, un appareil émetteur aussi simple que celui décrit précédemment ne permettrait de transmettre que des dessins d’une même tonalité, sans aucune demi-teinte, puisque les signaux transmis seraient tous de même force. Il a donc fallu avoir recours à un artifice permettant de graduer à
- Fig. 2. — Le Sférographe, appareil récepteur de, lélêphotographie.
- A gauche sa boîte de redressement et d’amplification se plaçant à la suite d’un poste radiophonique ordinaire.
- p.468 - vue 478/598
-
-
-
- chaque instant la force des signaux transmis proportionnellement à la teinte du point exploré par l’aiguille de l’émetteur.
- L’image à transmettre n’est donc plus reportée directement sur la substance sensible de la plaque de cuivre du transmetteur, et une grille constituée par un réseau très fin de lignes parallèles équidistantes est placée entre l’image et la plaque de cuivre au moment du report.
- L’image à transmettre est ainsi divisée sur le cuivre en une infinité de bandes d’égale largeur placées suivant les génératrices du cylindre de transmission et limitées par des lignes isolantes.
- L’aiguille de transmission, en parcourant un chemin hélicoïdal sur l’image, coupe à chaque instant une des bandes, et l’image se trouve ainsi transmise par points; la longueur de chacun des points explorés est constante, puisqu’elle est fixée, d’une part par la largeur de bandes sur le cuivre transmetteur, et, d’autre part, par le pas de déplacement de l’aiguille.
- Suivant la nature de l’image à transmettre, chacun des points sera plus ou moins conducteur ou isolant, mais la durée du point le plus long sera toujours limitée à la largeur d’une bande.
- Si, au lieu de commander l’émission radiotélégraphique par un tel dispositif, on intercale dans le circuit un système électrique présentant une constante de temps égale au temps nécessaire à l’aiguille pour parcourir une des bandes à chaque tour de cylindre, l’émission n’atteindra son maximum d’énergie que si la partie de bande explorée est complètement remplie par l’image. Dans le cas contraire, la puissance de l’émission sera, en quelque sorte, réglée automatiquement proportionnellement à l’intensité de l’image en un point considéré, et il devient ainsi possible de transmettre les demi-teintes.
- L’appareil émetteur comporte donc une boîte de modulation commandant l’émission, reliée à l’appareil transmetteur avec cylindre entraîné par mouvement d’horlogerie. La boîte de modulation renferme une hétérodyne musicale
- . = —........... = 469 =====
- réglable agissant sur une lampe de modulation; dans le circuit grille de cette lampe, est intercalé le système électrique, dont on peut régler à volonté la constante de temps pour obtenir les demi-teintes.
- L’appareil récepteur comprend simplement une boîte auxiliaire renfermant une seule lampe triode montée en redresseur basse fréquence, et l’enregistreur à cylindre actionné par un mouvement d’horlogerie.
- Il suffit de brancher la boîte auxiliaire, soit en série, soit en parallèle sur le casque téléphonique ou le haut-parleur d’un poste radiophonique ordinaire, après avoir réglé celui-ci sur l’émission du poste désiré.
- La boîte auxiliaire est alors réunie à l’enregistreur, et on place sur le cylindre de ce dernier une feuille de papier préalablement trempée dans la solution et légèrement essorée entre deux feuilles de buvard.
- L’appareil est prêt ainsi à recevoir l’image transmise et, pour que cette dernière soit suffisamment nette, il faut simplement que les signaux aient une force égale à celle d’une réception radiophonique ordinaire moyenne en haut-parleur.
- On voit ainsi que cet appareil, de même que le Belinographe, est extrêmement simple; il peut être employé par tout amateur, et même par tout usager de la T.'S. F.
- Lorsque les émissions téléphotographiques françaises seront suffisamment nombreuses et variées, il n’est pas douteux que l’emploi de ces appareils augmentera dans de grandes proportions, et que leur usage devienne général, en dehors évidemment de leurs applications particulières pour la presse, les administrations, les services publics, etc., dont l’intérêt croît constamment. P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Amplificateur phonographique simple. Pièces de montage, Bardou, Cl, boulevard Jean-Jaurès, à CJicliy (Seine).
- Récepteur lélèpholographique. Radiola, 79, boulevard Haussinann, Paris.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de Janvier 1930.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Sur les bronzes d’aluminium spéciaux, au zinc, au silicium et à Vantimoine (M. Armel Sévault). — Une telle étude tend à montrer l’influence des additions d’un nouveau métal sur la position des points de transformation, les propriétés physiques et la structure micrographique en fonction des traitements thermiques.
- Pour les bronzes au zinc, M. Sévault se montre d’une autre opinion que Robin et ne croit pas à la structure en aiguilles. Il estime que l’apport de zinc reste sans influence sur la position des points de transformation, le nouvel élément se dissolvant dans la solution solide a. Il se comporte de façon analogue quand l’alliage comprend deux éléments y. et y ; il doit rester en solution dans l’un d’eux lorsque la* teneur varie de 1 à 10,02 pour 100, celle de l’aluminium allant de 10,08 à 12,8. Quand le taux du zinc devient égal ou supérieur à 14,5 et celui de l’aluminium inférieur à 8 pour 100, on voit apparaître un nouveau constituant qui. existe même après des trempes successives; il présente l’aspect d’un constituant maclé et le revenu vers 650° le fait disparaître, la cristallisation devenant normale.
- Pour les bronzes d’aluminium au silicium, quand la teneur
- en élément Si est inférieure à 1,85 pour 100 et que le rapport Al
- — estsupérieur à 4,6, aucun élément spécial ne prend naissance, contrairement à ce qui se produit quand le taux du silicium est
- supérieur à 1,85 pour 100 et le rapport — égaloiï inférieur à 4,G.
- Dans ce dernier cas, le constituant spécial entre en solution par des trempes à températures élevées et l’on obtient alors une structure aciculaire.
- Quant au bronze d’aluminium à l’antimoine, on ne voit apparaître un constituant particulier qu’avec une teneur en antimoine égale ou supérieure à 4,5 pour 100, le rapport Al
- —r restant inférieur à 3,8; il prend la forme, à l’état brut de
- coulée, d’aiguilles entre-croisées, rappelant l’aspect de la martensite, avec présence abondante d’antimoine libre. Les alliages formés de deux constituants y. et y présentent un maximum de dureté par trempe à 650°: cette température s’abaisse à 500° pour les alliages à structure en aiguilles. Tous prennent, par trempe et revenu, la structure aciculaire, sauf l’alliage : Gu 88,7 ; Al 10, Sb 1,4 qui donne lieu à la formation de maclcs.
- Paul Baud.
- p.469 - vue 479/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Electron Physics, by J; Barton FIoag. 1 vol. illustré, 212 p. Chapman et Hall, éditeurs. 11, I-Ienrietta Street, Covent-Garden, London, WC. 2. Prix : 15 sh.
- Cet ouvrage dû à un savant professeur américain a un caractère original qui le distingue nettement des nombreuses publications qui ont déjà vu le jour sur la physique de l’électron. Il est écrit à l’usage des étudiants; il est donc présenté sous une forme élémentaire, insistant surtout sur les données fondamentales; mais ce qui est particulièrement nouveau, c’est qu’il est surtout un guide expérimental, permettant au lecteur d’effectuer lui-même, à peu de frais, des expériences de laboratoire qui le mettront en contact direct avec les phénomènes décrits et seront beaucoup plus profondément instructives que les meilleurs exposés didactiques. Citons quelques-unes de ces expériences, dans l’ordre où elles sont présentées : mesure des courants d’ionisation, mesure de la charge de l’électron, étude d’une valve
- g
- redresseuse thermionique, mesure du rapport — et de la vitesse des
- particules cathodiques, mesure des constantes d’un tube à 3 électrodes; mesure des potentiels d’ionisation, étude de la décharge dans un gaz en fonction de la pression; mesure de la portée des rayons a par la méthode de scintillation; absorption des rayons X, expériences sur les corps radioactifs. Un appendice est consacré aux appareils de mesure et à la technique du vide. Une série de problèmes sont également posés aux étudiants. Ajoutons que toutes les expériences proposées ont été effectivement réalisées avec le concours des élèves de l’auteur et du Professeur Dempster à l’Université de Chicago. Ce livre est donc le fruit d’une expérience didactique approfondie et à ce titre rendra service aux maîtres aussi bien qu’aux élèves.
- Manuel of Meteorology. (Vol. III.)The Physical Processcs of Weather, by Sir Napier Shaw, 1 vol. 446 pages, 149 flg. Cambridge University Press. Fetter Lane, London E. C. 4, 1930. Prix ; 36 sh.
- Voici le troisième volume du grand traité de météorologie de l’éminent ancien directeur de l’Office météorologique de Londres. Il est difficile de résumer un ouvrage si étendu et en même temps si curieusement original. La météorologie est avant tout une science d’observation et de déduction. L’expérimentation n’y joue qu’un rôle réduit. Dans ses applications, elle est un art autant qu’une technique' etserapproche ainsi de la médecine. L’auteur avoue qu’il a été tenté d’intituler ce volume : physiologie du temps, indiquant ainsi qu’il a voulu y exposer les diverses lois physiques susceptibles de commander cet ensemble de phénomènes complexes qui constituent le temps. Cet exposé synthétique est fait avec un remarquable talent qui rend accessibles à tous des théories souvent ardues : celles-ci, l’auteur ne cherche pas à les présenter dans leur développement rigoureux et mathématique; il laisse de côté les démonstrations trop savantes, s’attachant surtout à montrer les idées profondes qui sont à la base des théories, ainsi que les conséquences qui s’en déduisent, et à confronter celles-ci avec l’observation. Il le fait dans un style clair et attachant, orné tantôt d’une pointe d’humour, tantôt d’une pointe de poésie. L’ouvrage de Sir Napier Shaw appartient à cette classe si attrayante de littérature scientifique, à l’usage de tous les esprits cultivés, qui semble une spécialité de l’Angleterre et y a reçu le nom de « Philosophie naturelle ».
- L’auteur passe en revue tout d’abord les phénomènes ondulatoires dont notre globe est le siège et il en expose les lois essentielles : il commence par les ondulations dues à la pesanteur : vagues hydrauliques, vagues atmosphériques; puis les ondes sonores et leur transmission dans l’atmosphère; enfin les ondes lumineuses qui font l’objet de trois importants chapitres : les phénomènes optiques de l’atmosphère (nuages, arcs-en-ciel, halos, bleu du ciel, aurores boréales, etc.), le rayonnement solaire, sa composition, son absorption par l’atmosphère; l’influence du rayonnement solaire sur les facteurs météorologiques. Les chapitres suivants sont consacrés à la thermodynamique de l’atmosphère : l’auteur y préconise l’emploi des diagrammes entropie-température (téphigrammes) et la représentation de l’état de l’atmosphère par report des isobares et des isothermes sur des surfaces isentropiques au lieu de surfaces horizontales ou géodynamiques; il examine également les conditions physiques qui président à la formation et à la précipitation des nuages. Il passe ensuite aux phénomènes électriques de l’atmosphère pour terminer par une vue d’ensemble, très personnelle, sur la circulation générale de l’atmosphère.
- Ajoutons que la présentation de l’ouvrage est remarquable et fait honneur à la Cambridge University Press.
- Conférences d’actualités scientifiques et industrielles du Conservatoire national des Arts et Métiers. Année 1929, 1 vol. illustré, 272 p. Hermann et Cie éditeurs, Paris, 1930. Prix : 35 fr.
- Chaque année, le Conservatoire des Arts et Métiers demande à des
- personnalités éminentes des conférence.* sur des sujets scientifiques ou industriels à l’ordre du jour.
- On a eu l’heureuse idée de réunir en un volume les conférences de l’année 1929 qui toutes représentent de véritables chefs-d’œuvre d'exposition et de vulgarisation. La liste des questions traitées donnera une idée précise de leur variété et de leur heureux choix : Louis de Broglie : la crise récente de l’optique ondulatoire; G. Foëx : les substances mésomorphes, leurs propriétés magnétiques; Eugène Bloch : les atomes de lumière et les quanta; L. Dunoyer : la cellule photoélectrique et ses applications; P. Ribaud : le rayonnement des corps incandescents, températures apparentes de brillance, de radiation et de couleur, mesure optique des températures; L1 Colonel Jullien : les instruments de musique électriques; Léon Bloch : structure des spectres et structure des atomes; V. Kammerer : les hautes pressions de vapeur;
- R. Mesny : les ondes dirigées et leurs applications.
- Le Froid, par Lucien Fournier 1 vol., 190 p., 95 fig. Hachette, éditeur, Paris. Prix broché : 12 fr.
- La science et l’industrie du froid ont pris à notre époque un grand développement dont M. Fournier fait ici un tableau clair, précis, parfaitement documenté. Après avoir rappelé les notions et les lois de physique indispensables à la compréhension des travaux sur le froid, après avoir dit dans un chapitre fort attrayant.ee qu’est le froid dans la Nature, il expose l’histoire de la liquéfaction des gaz, nous dit les curieuses propriétés de l’air liquide, ainsi que ses applications industrielles ; il résume ensuite les travaux de Kammerlingb Onnes et de ses élèves de Leyde sur les très basses températures. Puis il passe au froid industriel, donne le principe des machines frigorifiques et en signale les plus récents perfectionnements, il passe en revue les diverses applications du froid : fabrication de la glace, installations domestiques, conservation des denrées ; il montre son intervention dans nombre d’industries : boucherie, charcuterie, industrie vinicole, laiterie, brasserie, récupération de liquides volatils, etc. Tout l’ouvrage fort bien composé est d’une lecture aussi agréable qu’instructive.
- Le soufflage du verre dans les laboratoires scientifiques et industriels, par IL Vigreux, 3e édition. 1 vol. xviii-272 p., 255 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1930. Prix : 35 fr.
- La pratique du travail du verre est rigoureusement indispensable à tous les chercheurs de laboratoire, quelle que soit leur spécialité : science pure ou recherche industrielle, chimie, physique, ou biologie. M.Vigreux, à la Faculté des Sciences de Paris et à l’Ecole de Physique et Chimie de la Ville de Paris, a dressé à cette technique de nombreuses générations d’étudiants. Ceux qui n’ont pas bénéficié de ses leçons trouveront dans le présent traité toutes indications pour acquérir les tours de mains et l’habileté nécessaires dans ce genre de travaux. Nous avons rendu compte, il y a peu d’année, sde la première édition de cet excellent ouvrage. La 3e édition comporte un certain nombre d’additions sur la fabrication des thermomètres médicaux, des yeux artificiels, des perles de verre,'des ampoules à rayons X, le travail des verres durs comme le Pyrex.
- Leçons de physico-chimie à l’usage des médecins et des biologistes, publiées sous la direction de A. Strohl, par Blanchetière, Dognon, Fabre, Lescœur, Sannié, Stroiil, Wurmser. 1 vol., in-8, 283 p., fig. Masson et Cie, Paris, 1930. Prix : 40 francs.
- Le rôle des données de la physico-chimie en biologie et en médecine se montre de plus en plus important pour la compréhension des échanges et des équilibres chez les êtres vivants. Aussi, le professeur de physique de la Faculté de Médecine de Paris a-t-il organisé un cours complémentaire de physico-chimie, confié à un groupe de spécialistes parisiens, dont les leçons sont ici groupées. M. Blanchetière expose les conceptions modernes de l’atome, de la molécule et des affinités chimiques. M. Strohl rappelle les propriétés les plus souvent mesurées dans les solutions : osmose, cryoscopie, conductivité. M. Dognon consacre 3 chapitres à la loi d’action de masses, à l’équilibre des ions et aux piles de concentration, aux colloïdes; la concentration en ions hydrogène et ses mesures sont traitées par M. Sannié, ses applications biologiques, les questions d’équilibre acide-base et de réserve alcaline par M. Lescœur; M. Wurmser explique le potentiel d’oxydo-réduction des cellules; M. Fabre considère les propriétés physiques (tension superficielle et viscosité) et optiques des liquides et leurs utilisations dans la recherche physiologique; enfin, M. Sannié dit ce que nous savons de la catalyse et des actions fermentaires. L’ouvrage forme un ensemble très clair des acquisitions récentes dans ce domaine de péné-' tration de deux sciences; on sait qu’elles renouvellent les conceptions de la biologie et de la médecine; elles sont donc indispensables à apprendre pour les praticiens comme pour les théoriciens des sciences de la vie.
- p.470 - vue 480/598
-
-
-
- CHRONIQUE D’AVIATION
- Monoplace de chasse Bernard 20.
- Un appareil de chasse, dérivé assez directement de l’avion du record du monde de vitesse pour avions terrestres (Adjudant Bonnet, 448 km. h.), le Bernard 20-C-l, a afïectué l’été dernier à Orly ses premiers essais.
- Cet appareil, un monoplan à voilure en porte à faux, semble devoir se classer dans les appareils de chasse les plus rapides; il n’est pourtant muni que d’un moteur de 400 ch.
- La voilure, d’une seule pièce, et venue de construction avec la partie centrale du fuselag’e. Construite entièrement en bois elle est formée de caissons multiples, parallèles au bord d attaque et juxtaposés ( âmes en contreplaqué, semelles en spruce). Les semelles de ces caissons forment le profil de l’aile; des becs et des queues de nervures, portant des lisses et recouvertes de contreplaqué, complètent ce profil.
- Vue en plan, l’aile est trapézoïdale à extrémités-arrondies ; le profil est d’épaisseur décroissante, du fuselage aux bouts d’ailes.
- Le fuselage comporte trois parties : la partie avant portant le groupe motopropulseur, la partie médiane, solidaire de la voilure; la partie arrière, portant les empennages. Ces trois parties sont liées rigidement par des ferrures d’acier. La partie arrière du fuselage est formée de deux poutres longitudinales, en caissons, reliées par des caissons transversaux; des lisses et un double recouvrement de contreplaqué contribuent encore à la résistance.
- L aménagement du poste de pilotage a été particulièrement étudié.
- Un pare-brise très résistant en acier, et un appui-tête (formant nervure sur le dos du fuselage) doivent protéger le pilote en cas de capotage de l’appareil. Le siège est réglable en hauteur, ce qui permet de l’adapter à la taille du pilote; ce détail est de première importance : il intéresse à la fois la sécurité (étendue du champ de vision vers le bas) et la précision du tir (la hauteur de l’œil pouvant être adaptée à la position du viseur).
- Les empennages, parfaitement bien raccordés au fuselage, sont de construction en bois semblable à la construction du plan.
- Toutes les commandes sont rigides, par tubes et guignols; les volets ne sont pas compensés.
- Un moteur Hispano-Suiza de 400 ch (à 2000 tours/min.) équipe l’appareil; il est monté sur un bâti de duralumin. De part
- Fig. 1. — Monoplace de chasse Bernard 20.
- et d autre du fuselage, et fixes dans 1 aile se trouvent les réservoirs d’essence (réservoirs larguables).
- Le train d atterrisage comprend un bâti rigide, composé de deux caissons profiles, fixés a la base du fuselage, de deux faux essieux tubulaires, également profilés et d’un essieu brisé portant les roues. Des amortisseurs Béchereau assurent l’élasticité du train.
- Les caractéristiques principales du Bernard 20 sont les suivantes :
- Envergure................................10 m. 80
- Longueur.............................. 7 m. 45
- Surface portante. . ....................16 mq 70
- Poids vide.............................. 1023 kg.
- Poids total en charge.................. 1370 kg.
- Vitesse à 4000 m................... 320 km./h.
- Plafond................................ 9250 m.
- Les performances ne permettent pas de juger de la valeur de l’avion, en tant qu’appareil de chasse : ses qualités d’acrobatie ne sont pas encore connues; sa vitesse d’atterrissage doit être très grande. Mais les caractéristiques de construction : caissons, longerons multiples, semblent devoir donner à la cellule des qualités de résistance et d’indéformabilité intéressantes pour un avion d’acrobatie (résistance du plan à la torsion en particulier) ; sa grande vitesse doit lui permettre de rejoindre facilement les biplaces les plus modernes.
- Le transport sur route de l’avion peut être effectué en remplaçant par un bâti la partie centrale du fuselage, partie solidaire de l’aile : le fuselage est alors remorqué, tandis que le plan est porté par le tracteur.
- Avion Curtiss « Tanager ».
- Les usines Curtiss ont sorti, en octobre dernier, un appareil spécialement étudié pour assurer le maximum de sécurité, le Tanager, biplan tripla ce de 170 ch.
- Le plan supérieur, en trois parties, est formé de deux longerons caissons (spruce et contreplaqué), de six nervures caissons, et de nervures en treillis; le bord d’attaque est en contreplaqué, l’ensemble de l’aile est entoilé.
- Les ailes comportent, tout le long de l’envergure : au bord d’attaque, une fente s’ouvrant automatiquement et progressivement à partir d’une incidence de 12 degrés environ; au bord de fuite, des ailerons de courbure, commandés par
- p.471 - vue 481/598
-
-
-
- = 472 . :::: .
- volant. Ces ailerons sont compensés, les pertes marginales en sont réduites au moyen de petites surfaces verticales (boucliers).
- Le plan inférieur, de même construction, comporte également fente et ailerons de courbure; il porte, de plus, à ses extrémités, les ailerons de stabilité transversale, ailerons de profil biconvexe symétrique, très efficaces même aux faibles vitesses de l’avion (1 longeron et 11 nervures en « Alclad »).
- Les plans sont réunis par une paire de mâts en N et croi-sillonnés; chaque aileron est de plus soutenu en son milieu par deux mâts- en V fixés au plan supérieur.
- Le fuselage, construit en bois, est formé de quatre longerons, de couples transversaux à l’avant, de cadres triangulés à l’arrière.
- L’habitacle de l’équipage est aménagé .en conduite intérieure; les trois sièges sont placés l’un derrière l’autre, les deux sièges avant étant installés en doubles commandes. Le plan fixe de l’empennage est réglable en vol; le gouver- -nail de direction seul est compensé.
- Le moteur utilisé sur le Curtiss « Tanager » est un moteur Curtiss « challenger »; il actionne directement une hélice en
- Fig. 3. — Avion géant Caproni.
- bois. La puissance développée par ce moteur est de 176 ch à 1830 t-m.
- Le train d’atterrissage, à essieu brisé, a été étudié pour les atterrissages sous de grands angles : il est donc très résistant et bien amorti; les roues comportent des freins permettant de réduire au maximum la longueur d’atterrissage.
- Les caractéristiques générales de l’avion sont les suivantes :
- Envergure..................... 13,37 m.
- Longueur....................... 8,13 m.
- Surface portante.............. 30,63 m2.
- Poids vide............... 887 kg.
- Poids total chargé . . . . 1287 kg.
- Vitesse maxima........... 180 km-h.
- — minima............... 49 km-h.
- Longueur d’atterrissage . . 30 m.
- Ces belles caractéristiques, et aussi le contrôle facile de l’appareil aux faibles vitesses, ont permis au « Tanager » d’emporter le Prix Guggenlieiin pour la sécurité : ce prix donne un caractère officiel aux qualités de l’avion.
- Avion géant Caproni.
- Alors que les Allemands terminent la dernière mise au point du DOX, hydravion de 50 tonnes, les Italiens procèdent aux essais du Caproni « 90 PB », avion terrestre de 35 t. De techniques opposées, les deux appareils géants se présentent l’un et l’autre comme des machines de grande valeur; ils sont les aboutissants d’études techniques et pratiques très poussées, études dirigées dans des voies différentes.
- Le Caproni « 90 PB » est un biplan à ailes inégales; l’aile supéri'soire, comme dans la plupart des avions du constructeur italien, est d’envergure plus faible que l’aile inférieure (35 m et 47 m). Les deux plans sont rectangulaires et de profil épais, d’épaisseur décroissante aux extrémités. Le plan inférieur a un léger dièdre, il est en trois parties et repose directement sur le dos du fuselage. Les plans sont réunis par quatre paires de mâts (tube d’acier caréné en tôle de duralumin), croisillonnés par haubans fuselés de la manière classique.
- La partie centrale du plan inférieur est, de jdusJ soutenue par deux paires de mâts obliques, fixés à la base du fuselage.
- La structure résistante de la voilure est entièrement métallique : les longerons sont formés de deux tubes d’acier et de montants tubulaires, le tout croisillonné.
- Les nervures sont également en tube d’acier soudé ou rivé.
- Le recouvrement est en toile, sauf autour des moteurs (tôle de duralumin).
- Le fuselage, construit lui aussi en tube d’acier soudé à l’autogène, est entoilé à l’arrière, recouvert de tôle de duralumin à l’avant. Les empennages sont classiques, tous les volets sont compensés par un petit plan articulé à leur bord de fuite.
- Six moteurs Isotta-Erasehini de 1000 ch équipent l’avion (18 cylindres en W, 1100 ch à 1750 t-min., 810 kg). Ces moteurs sont placés deux à deux en tandem dans des fuseaux; les fuseaux moteurs latéraux reposent sur le plan inférieur, au droit des mâts de la travée centrale; le dernier fuseau est fixé au-dessus du fuselage, entre les plans.
- Le train d’atterrissage comprend, par demi-train : deux mâts en V articulés à la base du fuselage et deux mâts télescopiques en V, situés dans un plan vertical. Les roues ont 2 mètres de diamètre et sont jumelées deux à deux.
- Le Caproni 90 P.B. a été aménagé en avion de bombardement, il peut être également utilisé comme appareil de transport à longue distance.
- Les caractéristiques principales sont :
- Envergure totale Longueur . . . Hauteur . . . Surface portante Poids vide . . Poids en charge Vitesse maxima — minima Rayon d’action
- 47 m.
- 28 m.
- 10 m 70 500 m2.
- 15 000 kg.
- 35 000 kg. 210 km-h. 90 km-h. 2 000 km.
- Le 22 février dernier, piloté par l’Italien Domenico Anto-nini, le Caproni 90 s’est adjugé six records du monde, au cours d’un vol de 1 h. 31 m. 39 sec.; la hauteur atteinte a été de 3230 mètres. Ces records sont les suivants : charge enlevée à 2000 mètres; durée avec 5000 kg de charge; durée avec 7500 kg de charge; durée avec 10'000 kg de charge; hauteur avec 7500 kg de charge; hauteur avec 10 000 kg de charge. •
- p.472 - vue 482/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE DU GLOBE L’Observatoire de Zi=Ka=Wéi.
- En 1873, les Jésuites de retour en Chine reprenaient l’œuvre scientifique de leurs devanciers du xvie et du xvne siècles les Ricci, les Schall, les Yerbiest, et commençaient par fonder une modeste station météorologique dans le petit village de Zi-Ka-Wei à 6 kilomètres de Chang-Haï. Depuis lors l’institution s’est développée, elle a rendu et continue à rendre d’écla-tants services à la navigation par son service de prévision du temps, et à la science pure par ses laborieuses investigations; elle forme aujourd’hui l’Institut de Physique du globe le plus important de l’Asie; les savants religieux qui, malgré les obstacles de tout genre, le manque de ressources matérielles, et souvent au prix de mille dangers, ont su faire vivre et prospérer cette œuvre bienfaisante sont tous Français, et leur activité contribue puissamment au prestige du nom français en Extrême-Orient.
- Une brochure, artistement illustrée que vient de publier l’Observatoire de Zi-Ka-Weï, sous le titre « Cinquante ans de travail scientifique », retrace les grandes étapes du développement de l’Observatoire de Zi-Ka-Weï.
- L’observatoire météorologique qui constitue le noyau de l’organisation a subsisté et s’est développé, apportant une aide précieuse au port de Chang-Haï, le plus grand port de Chine, le 5° port du monde, dont la population atteint 5 millions d’habitants.
- Une cinquantaine de stations permanentes sont reliées à l’observatoire maritime de Zi-Ka-Weï, grâce au concours de l’organisation des Douanes chinoises et à celui des compagnies de télégraphe qui transmettent gratuitement les informations météorologiques. L’observatoire est en outre en liaison par T. S. F. avec nombre de navires au large qui lui envoient régulièrement leurs observations. 200 messages parviennent quotidiennement à l’Observatoire et lui donnent les éléments nécessaires pour établir la carte du temps deux fois par jour et pour suivre en particulier avec la sûreté nécessaire les typhons des mers de Chine. Tous les marins qui ont navigué dans ces mers savent les inappréciables services rendus à la navigation par les prévisions des R. P. de Zi-Ka-Weï, qui leur ont mérité la reconnaissance de toutes les marines du monde.
- Mais Zi-Ka-Weï ne possède pas seulement un excellent service de prévision du temps; c’est en même temps un centre d’études météorologiques générales dont la valeur s’affirme par les publications remarquables qui en émanent, comme en témoignent les noms estimés des R.R.P. Gauthier, Froc, Chevalier, Gherzy, Lejay, Burgaud qui forment actuellement le personnel de Zi-Ka-Weï.
- Les savants, quand ils en ont le loisir, effectuent également des voyages d’exploration avec levés de cartes, voyages d’inspection, visites des phares, des stations côtières pour la vérification des instruments, et ne manquent pas au cours de ces déplacements de fonder et d’organiser nombre de stations météorologiques qui, par les données lentement accumulées, apportent une précieuse contribution à l’étude du climat de la Chine. Les publications climatologiques de Zi-Ka-Weï sont actuellement les ouvrages fondamentaux de la climatologie chinoise.
- Zi-Ka-Weï possède également aujourd’hui un service de l’heure. Rappelons que cet observatoire a été choisi par l’Union internationale astronomique comme une des 3 stations fondamentales des longitudes du globe dont les positions devaient être déterminées exactement et auxquelles tous les autres
- observatoires du monde devaient être rattachés. Ce travail a été effectué en 1926. A cette occasion, Zi-Ka-Weï a été doté d’instruments astronomiques excellents et de puissants récepteurs de T. S. F. qui lui ont permis de donner une grande perfection à son service de l’heure.
- A 25 kilomètres de Zi-Ka-Weï, sur la colline de Zo-Si, a été organisé en 1900 un observatoire astronomique consacré principalement à la photographie solaire et stellaire. Il est actuellement dirigé par le R. P. Gauchet.
- Enfin l’observatoire Zi-Ka-Weï possède à Loh-Ka-Pang, à 40 km de la ville, un observatoire magnétique annexe que l’on dut installer lors de la création des tramways électriques à Chang-Haï. On y adjoignit plus tard une station sismologique équipée notamment avec un pendule Wiechert de 1200 kg et un pendule horizontal photographique Galitzine.
- La station de Loh-Ka-Pang, actuellement dirigée par le R. P. de Moidrey, est aujourd’hui une des meilleures stations de sismologie, publiant régulièrement toutes ses observations que le voisinage des grands centres séismiques du Pacifique et de Chine rend particulièrement intéressantes.
- La brochure que nous venons de résumer indique en outre que l’observatoire de Zi-Ka-Weï songe à étendre le domaine de ses investigations en créant, quand ses ressources le lui permettront, une section nouvelle consacrée à l’électricité atmosphérique. Il est à souhaiter que l’œuvre éminemment utile des savants religieux de Zi-Ka-Weï, œuvre si précieuse au bon renom de la France, trouve les concours nécessaires non seulement pour se maintenir, mais pour mener à bien les développements projetés.
- VObservatoire de Belgrade.
- La ville de Belgrade va être dotée d’un observatoire astronomique moderne qui sera édifié à la cote 251, au sud-est de la ville, dans un lieu suffisamment écarté de l’agglomération urbaine pour être à l’abri des trépidations et des troubles causés par la proximité d’une grande cité. L’Observatoire comprendra un pavillon isolé pour chaque grand appareil astronomique.
- Il sera dirigé par M. Michkovitch, professeur à l’Université de Belgrade, ancien astronome à l’Observatoire de Nice.
- GÉOGRAPHIE
- L’épaisseur de la calotte de glace du Groenland.
- Le Dr Wegener, l’auteur de la fameuse théorie de la dérive des continents, se propose de mesurer l’épaisseur de la calotte de glace qui recouvre la presque totalité du Groenland, deV inlandsis de ce pays, pour employer l’expression Scandinave désignant cette forme glaciaire, passée aujourd’hui dans le vocabulaire scientifique. Dans ce dessein, l’été dernier, en compagnie de ses collègues, le savant allemand a entrepris une reconnaissance de la côte ouest de cette terre arctique afin de rechercher les parties du glacier le plus facilement accessible et où par suite il pourrait procéder à ses expériences dans de bonnes conditions.
- Rappelons d’abord que l'inlandsis du Groenland est le glacier le plus étendu de l’hémisphère boréal. D’après les sources officielles danoises, sa surface n’est pas inférieure à 1 869 000 kilomètres carrés, soit un peu plus de trois fois la superficie de la France; son altitude s’élève à 2500-3000 mètres.
- Quelle épaisseur atteint cette énorme nappe de glace?
- Les théories émises sur les actions dynamiques exercées par les glaciers sur le sol donnent à la question un intérêt particulier. Nul n’ignore que, d’après une école de géologues, ces
- p.473 - vue 483/598
-
-
-
- = 474 ===::== 1 ' : ' " .. . =
- appareils posséderaient une puissance d’érosion considérable, et auraient creusé fjords, lacs, et vallées lors de leur paroxysme aux âges géologiques, tandis que, suivant d’autres, ils auraient, au contraire, préservé le sol contre les effets de l’érosion subaérienne. De là Futilité de connaître approximativement l’épaisseur que les glaciers pleistocènes ont pu atteindre. Pour cela point d’autre moyen que d’acquérir des lumières sur la puissance des inlandsis polaires actuels qui donnent l’image réduite de la période glaciaire.
- Le premier, Nansen, a abordé ce sujet. Dans l’exposé des résultats de sa mémorable traversée du Groenland en 1888, il évalue l’épaisseur de F inlandsis de ce pays au-dessus des vallées qu’il recouvre à 1700-2000 mètres; en d’autres points elle serait encore plus grande, mais ce ne sont là que de pures hypothèses ne reposant sur aucune donnée expérimentale, remarque lui-même l’illustre Norvégien. Au début de ce siècle, les professeurs allemands, Hans Hess et Blümcke, ont réalisé un progrès important dans les recherches de cet ordre en soumettant ces spéculations à l’expérience. En 1902 et 1904 ces deux naturalistes réussirent à sonder le glacier d’Hintereis dans le Tyrol en y pratiquant des forages au moyen d’une tarière. Ils constatèrent ainsi qu’à 2 kilomètres en amont de son front cet appareil, large de 660 mètres environ, était épais de 152 m. 6, et un peu plus loin de 214 mètres.
- Lourd, encombrant, exigeant pour sa manœuvre un nombreux personnel, l’appareil de Hess et de Blümcke a été aujourd’hui abandonné par ses inventeurs eux-mêmes au profit des appareils à sondages par le son. En quelques mots, voici le principe de la nouvelle méthode. On détermine l’explosion d’une cartouche de dynamite à la surface du glacier, laquelle engendre dans la masse de glace sous-jacente des ondes sismiques qu’enregistrent des sismographes très sensibles. De la notation instrumentale de l’arrivée des ondes réfléchies sur le lit rocheux on déduit l’épaisseur du glacier. Une vérification de cette méthode a été faite sur la partie inférieure du glacier de Hin-tereis, dont on connaît la profondeur depuis les expériences de Hess et de Blümcke. Elle a donné des résultats excellents. Le profil en long du lit de l’Hintereis obtenu par le procédé sismographique concorde d’une manière très satisfaisante avec celui fourni par les sondages directs, écrit le professeur P. L. Mercanton, de l’université de Lausanne, bon juge en la matière. Après cette expérience, le Dr Wegener a donc adopté cette méthode.
- Grâce à son expérience de l’Arctique acquise au cours d’une remarquable traversée de Y inlandsis d’est en ouest avec le colonel J. P. Koch de l’armée danoise en 1912-1913, ce savant a réussi à examiner l’été dernier une étendue de terrain considérable au Groenland. D’après Y Y mer, l’excellent bulletin de la Société suédoise de Géographie, il a parcouru pas moins de 3800 km en bateau à moteur sur des fjords, dont une grande partie était encore inconnue, et de plus a effectué trois reconnaissances sur Yinlandsis couvrant une longueur totale de 850 km. L’une, partant des bords de la baie de Discon, a conduit les explorateurs à l’altitude de 2000 m à 150 km, des bords du glacier. Une seconde, entreprise plus au nord, dans la région d’Umanak, a atteint une cote encore plus élevée, soit 2500 m, 200 km de terre.
- Les sondages exécutés au cours de cette dernière excursion ont donné des résultats tout à fait remarquables. A 40 km de la rive, le Dr Wegener a constaté que l’épaisseur de l’m-landsis atteint 1200 m. Si on soustrait ce nombre de celui exprimant l’altitude du glacier, en ce point, soit 1500 m, on trouve que le relief du sous-sol rocheux ne dépasse pas 300 m, fait d’autant plus curieux qu’à une faible distance à l’ouest, les îles du golfe d’Umanak renferment des pics de 1500 à2000 m.
- Ajoutons que les altitudes recueillies au cours de cette ex-
- pédition modifient sensiblement les essais de carte hypsomé-trique du Grœnland tentés jusqu’à présent et montrent que le gros boursouflement de Yinlandsis, découvert en 1913 par Koch et Wegener sous le 75° de latitude nord, s’étend notablement plus au sud.
- L’été prochain, le Dr Wegener poursuivra son exploration au Groenland. Comme point de départ de sa nouvelle expédition, il a choisi Ritenbenk, dans la baie Discon. Son intention est de pousser de là très loin vers l’est, sur l'inlandsis, en employant des poneys islandais pour le transport des vivres et du matériel sur le glacier. Ces petits chevaux ont déjà été employés avec succès sur ce même terrain.
- Au début d’avril le premier échelon de l’expédition allemande a fait voile de Copenhague vers sa destination arctique.
- Charles Rabot.
- GÉOLOGIE
- La houillère de Kenadza (Algérie).
- L’Afrique du Nord s’est révélée jusqu’ici très pauvre en combustibles et c’est une des raisons qui empêchent son développement de s’orienter dans la voie industrielle.
- Toutefois, depuis quelques années, l’Algérie possède un emine de charbon, qui est maintenant en pleine exploitation et dont la production, quoique bien modeste, apporte une aide précieuse à l’exploitation de la voie ferrée d’Oran à Colomb-Bééhar. Cette mine est la houillère de Kenadza concédée aux chemins de fer algériens de l’Etat.
- Le gisement a été découvert en mai 1917 par le capitaine Lao Van de la Légion Etrangère. Il est situé à 22 km à l’ouest de l’oasis de Colomb-Béchar, à 776 km d’Oran. Au moment de sa découverte, en pleine guerre, le charbon manquait partout. On s’empressa de prolonger la voie ferrée de Colomb-Béchar jusqu’à Kenadza et de commencer l’exploitation à ciel ouvert. Puis en 1919 on entreprit des travaux plus méthodiques, en vue de doter la houillère d’une installation moderne que M. Ausseterre décrit en détail dans un récent numéro de la Revue Arts et Métiers. Le charbon est de qualité demi-grasse, à 8000 calories et convient bien au chauffage des locomotives. Le gisement, d’après les reconnaissances encore assez sommaires effectuées jusqu’ici, paraît s’étendre très loin et recéler d’importantes réserves. Certains indices donnent à penser qu’il doit réapparaître en territoire marocain et se prolonger jusqu’au Tafilalet. L’exploitation se fait par galeries souterraines au moyen de trois sièges. La force motrice électrique est fournie par une centrale à vapeur dont la puissance sera incessamment portée à 800 ch. L’extraction atteindra sous peu 40 000 tonnes de charbon par an. Elle ira en augmentant quand auront pu être créés de nouveaux sièges pour exploiter les couches nouvellement découvertes.
- INDUSTRIE
- La distinction des saphirs naturels et artificiels au moyen des rayons cathodiques.
- Les rayons cathodiques permettent de distinguer aisément les saphirs naturels des saphirs de synthèse. Les premiers, soumis à Faction des rayons cathodiques, ne manifestent aucune phosphorescence, tandis que les seconds, au contraire, deviennent phosphorescents. Si donc l’on soumet dans l’obscurité à un bombardement de rayons cathodiques un lot de saphirs, puis que l’on interrompe le flux de rayons cathodiques, les pierres qui restent lumineuses peuvent être classées avec certitude comme artificielles. C’est la première application commerciale des rayons cathodiques. Elle a été réalisée par la General Electric C° des Etats*-Unis.
- p.474 - vue 484/598
-
-
-
- 475
- PETITES INVENTIONS
- AUTOMOBILISME L’élévateur Mérou.
- Il existe plusieurs systèmes pour éviter, dans la réparation d’un châssis automobile, que l’ouvrier soit obligé de rester couché sur le dos et de travailler dans une position tout à fait incommode.
- La fosse, qui est d’un emploi courant, présente des avantages, mais elle a aussi beaucoup d’inconvénients. Si elle suffit pour une visite du châssis, pour un entretien habituel, elle est surtout indiquée aujourd’hui dans un garage particulier, pour une seule voiture, car l’emplacement de la fosse est complètement interdit à tout autre véhicule, si l’un d’entre eux se trouve à l’aplomb de cette fosse même. :
- La visibilité est tout à fait défectueuse; il faut s’aider de lampes baladeuses; enfin l’ouvrier est obligé de travailler encore avec les bras en l’air, ce qui est une position fatigante, et le fond de la fosse est toujours plus ou moins souillé.
- Il est préférable évidemment d’avoir le véhicule à la lumière,
- Fig. 2. — Mise en place sur ['élévateur.
- à hauteur réglable, suivant l’opération que l’on veut effectuer. Il existe pour cela des appareils basculeurs qui sont en général compliqués, si l’on veut qu’ils soient robustes. Enfin les appareils hydrauliques, constitués par un plateau fixé sur la tête d’un piston, exigent un certain emplacement et en tout cas sont à poste fixe, de sorte qu’il n’est pas possible, lorsqu’un véhicule est en réparation, d’utiliser l’appareil, L’élévateur, par son emplacement, reste en outre interdit en vue de réparations ultérieures.
- Le système évidemment le plus simple est le cric accompagné de chevalets que l’on glisse sous les essieux; mais, aussi robustes que soient ces pièces, on est toujours exposé à des accidents, car le moindre déplacement du support, un glissement quelconque de l’essieu font retomber malheureusement la voiture sur les ouvriers travaillant à la réparation. Il y a des exemples nombreux d’accidents de ce genre.
- Se basant sur toutes ces remarques, un ingénieur, M. Méron, a conçu un appareil robuste, combinaison simple, mais appliquée judicieusement pour le but à atteindre. C’est un chariot constitué par des fers de charpente et des poutres en treillis, qui porte *m montant à chaque angle. Chaque montant est muni d’une vis sans fin sur laquelle se déplace un écrou placé
- Fig. 1. — L’élévateur Méron.
- au coin d’un bâti formant plateau. Sur ce plateau sont deux rigoles pour servir de chemin de roulement au véhicule à réparer ou à visiter.
- Normalement le plateau est donc à la partie basse, et, au moyen de deux plans inclinés que l’on déploie, le véhicule peut monter pour arriver sur le plateau. Pour aider cette manœuvre, on prévoit un treuil à la partie avant du chariot et, au moyen d’un câble d’acier qu’on fixe au véhicule, on amène ainsi ce dernier peu à peu jusqu’à la position définitive.
- Cela fait, on relève les plans inclinés et on fait agir un moteur électrique qui commande en même temps, par renvoi d’angles, les 4 vis des montants. Par suite, les 4 écrous montent ensemble et le plateau s’élève progressivement. On peut naturellement l’arrêter à la hauteur qu’on veut et qui semble la mieux appropriée pour le travail que l’on a en vue.
- Ce chariot d’ailleurs ainsi garni de la voiture peut être déplacé n’importe où dans un grand garage, amené à la place la meilleure pour la visibilité et aussi à l’endroit où la gêne qu’il occasionne sera la moins grande pour la circulation. La robustesse de cet appareil, sa facilité de manœuvre et la sécurité
- Fig. 3. — Le véhicule soulevé pour faciliter les réparations.
- p.475 - vue 485/598
-
-
-
- 476
- Fig. 4. —• « Adjuslo-Liie s au secours de l’automobiliste.
- qu’il présente pour le travail, en même temps que son grand rendement, sont des plus intéressants à signaler. Pour les garages un peu importants, pour les ateliers de réparation et d’installation d’équipement, c’est un outil indispensable pour la conduite des travaux. E. Weiss.
- ÉCLAIRAGE
- La lampe électrique «Adjusto=Lite ».
- L’éclairage électrique a aujourd’hui supplanté tous ses concurrents, partout où il se trouve en leur présence. Il a en effet pour lui les avantages de la propreté, dé la commodité et de l’économie. Mieux que tout autre i! se prête aux multiples combinaisons que suggère la recherche du confort.
- C’est ainsi que l’on a imaginé divers types de lampes mo-
- Fig. 5. •— « Adjusio-Lite » adapté à une chaise.
- biles ou transportables, susceptibles de donner exactement l’éclairage désiré au point où il est utile.
- A cette catégorie d’appareils se rattache la lampe « Adjusto-Lite », appareil fort bien compris et très élégant.
- La lampe est montée à l’extrémité d’un bras, lui-même fixé par une articulation sur une pince. Grâce à cette pince, on peut fixer la lampe en un endroit quelconque : sur le bord d’une table, le dos d’une chaise, partout où l’on peut trouver prise pour la pince. Le bras de l’appareil étant articulé, on peut l’incliner de n’importe quel angle. En outre, la douille de la lampe est reliée elle-même au bras par une articulation; enfin, autour de la lampe est disposé un réflecteur qui, lui aussi, peut tourner à volonté autour de la lampe, si bien que l’on peut concentrer la lumière dans n’importe quelle direction.
- Il existe deux modèles de cette lampe : un modèle de grande taille pour appartements, un petit modèle spécialement étudié pour les automobiles à qui il fournit, pour les réparations de nuit un moyen d’éclairage particulièrement commode.
- En vente chez M. Sidi Léon, 86, rue de Grenelle, Paris.
- OBJETS UTILES Piace réversible
- Le petit installateur amateur qui veut monter chez lui quelques conducteurs électriques est obligé d’avoir plusieurs
- Fig. 6.
- Pince réversible.
- sortes de pinces. Pince coupante, pince plate, pince ronde ou pince universelle.
- Un inventeur a imaginé de limiter le nombre des outils en combinant une pince réversible.
- Les branches sont articulées et- peuvent se retourner bout pour bout, de manière à faire fonctionner tantôt les becs sur une extrémité, tantôt sur l’autre bout. Les figures montrent clairement comment l’appareil est imaginé. Il est d’une conception très simple et pratique.
- On peut avoir différentes combinaisons de becs suivant l’usage de la pince.
- Un seul outil a donc deux pinces différentes immédiatement changées suivant les besoins.
- L. Pijuan, constructeur, 30, chemin des Alouettes, Lyon-Mont-plaisir.
- p.476 - vue 486/598
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de Vhélice déformable Poncelet»
- Nous recevons de M. L. Guéret, ingénieur des Arts et Manufactures, conseiller du Commerce extérieur, à Paris, la lettre suivante au sujet de l’hélice Poncelet.
- « Il est de mon devoir de vous signaler que ce système d’hélice est loin de constituer une nouveauté. Dès l’année 1917, en pleine guerre, M. de la Grandville, constructeur d’hélices, brevetait |un système d’hélices en bois, déformable, constitué par une série de fines lames de bois collées ensemble perpendiculairement à l’axe à l’endroit du moyeu, puis tordues sur elles-mêmes par un matriçage sur un moule spécial. Ces hélices étaient disposées de telle sorte que la fibre neutre des différentes sections de la palè avait dans l’espace une forme parabolique, gauchie. A mesure que la vitesse de rotation augmentait, l’hélice fléchissait dans le bout de la pale et se tordait dans la région médiane de celle-ci, produisant une adaptation presque parfaite du pas aux différentes circonstances du vol. Cette hélice lamellaire se nommait hélice SMAM; elle était construite avec certains bois spécialement étudiés, et protégée par un laquage à base de laque d’Indo-Chine fait par des indigènes amenés spécialement en France.
- Les résultats que donnait cette hélice n’étaient pas si mauvais, puisque plus de douze mille d’entre elles furent construites durant la guerre pour les armées alliées. J’eus l’occasion à cette époque de les
- éprouver sérieusement en vol, et puis me permettre d’en causer.
- La fin de la guerre fit sans doute abandonner cette construction trop compliquée et trop coûteuse.
- Enfin nousTappellerons qu’en elle-même l’hélice déformable en vol n’était pas une nouveauté puisque ce principe existait déjà sur les hélices métalliques de Blériot et de REP vers 1910 .*
- Laboratoire de Gustave Le Bon.
- Le Docteur Gustave Le Bon désire offrir gratuitement à un laboratoire ou à un musée (à la seule condition de les réunir dans une armoire spéciale) la collection d’instruments qui lui ont autrefois servi aux expériences consignées dans les 18 mémoires de physique résumés dans ses livres : « VEvolution de la matière » et « VEvolution des forces ».
- Ces recherches ont prouvé que la matière n’est qu’une forme d’énergie condensée — l’énergie intra-alomique.
- Ces instruments comprennent : appareils enregistreurs, bancs d’optique, galvanomètres, spectroscopes, électroscopes de précision, héliostat, bobines d’induction, balances, cuves de quartz, etc...
- Avec ces appareils se trouvent les registres d’expériences où, pendant 10 ans, l’auteur a consigné, chaque jour, les résultats de ses expériences.
- Ecrire par lettre au Docteur Gustave Le Bon, 29, rue Vignon, Paris.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum.
- Les champignons comestibles et vénéneux (voir n° 2830,1er avril 1930). — L’auteur de cet ouvrage, cité dans l’article du D' Icard sur la détermination de la couleur des spores de champignons, est M. Faupin (et non Taupin). — Éditeur : Fernand Nathan, Paris. Prix : br. 7 fr.
- A propos des antennes enterrées.
- Dans une chronique récente de Radiophonie pratique, nous avons donné de nouveaux détails sur cette question des antennes enterrées. Ainsi que vous l’indiquez, on peut fort bien constituer un collecteur d’ondes de ce genre avec du câble très bien isolé, enterré horizontalement à 0 m 40 ou 0 m 50 de profondeur.
- La longueur de cette antenne doit être, en général, au minimum, d’une vingtaine de mètres.
- Réponse à M. de B. Poitiers (Vienne).
- Installation d’un appareil radiophonique sur un yacht.
- Du moment que vous disposez d’une batterie d’accumulateurs à grande capacité de 32 volts, avec dispositif de recharge correspondant, vous pouvez adopter deux solutions pour l’alimentation de votre appareil radiophonique et phonographique.
- Il est évidemment facile, tout d’abord, d’obtenir le courant de chauffage nécessaire en employant seulement deux éléments de votre batterie, ou en adoptant une petite batterie séparée, rechargée en la montant en parallèle sur deux éléments de la batterie principale.
- Pour l’alimentation plaque, vous pouvez adopter une commuta-trice fournissant du courant continu a une tension de 120 à 150 volts, avec filtre convenable, mais ce procédé est coûteux et délicat, parce que les commutatrices sont souvent des machines assez fragiles, et que leurs réparations, en cas de détérioration, sont très difficiles.
- Il nous semble beaucoup plus simple et plus économique d’adopter une batterie d’accumulateurs d’une capacité de quelques ampères-heure et d’une tension de 120 volts.
- En groupant les éléments de cette batterie en quatre blocs de 30 volts, ces blocs peuvent être placés en parallèle sur la batterie principale pour la recharge, et on les monte à nouveau en série lorsqu’on veut faire fonctionner le poste radiophonique.
- Au moyen d’un commutateur série parallèle très simple, on obtient immédiatement le montage nécessaire dans les deux cas, sans avoir besoin d’établir aucune connexion nouvelle, et en laissant les deux batteries absolument fixes.
- Réponse à M. de C. à Brest (Finistère).
- Charge d’un accumulateur sur le courant continu.
- Il est très facile de charger votre batterie sur le courant continu du secteur. Il suffit de mettre en série dans le circuit deux lampes de 32 bougies à filament de charbon montées elles-mêmes en parallèle ; dans ces conditions, l’intensité du courant de charge sera d’environ deux ampères.
- Pour reconnaître la polarité, il suffit de faire plonger dans un verre rempli d’eau distillée les deux extrémités dénudées des fils d’arrivée du courant; les bulles de gaz les plus abondantes se forment du côté du fil négatif, ce qui permet de le distinguer.
- Pour l’entretien de vos accumulateurs, et pour trouver une méthode de désulfatation des plaques, vous pouvez consulter la Pratique radioélectrique (Masson éditeur).
- Réponse à M. J., a Rouen (Seine-Inférieure).
- Vibrations dans un diaphragme de phonographe.
- Il est possible, en effet, que lés bruits parasites dont vous vous plaignez, et qui troublent l’audition obtenue avec votre phonographe à reproduction mécanique, proviennent de votre diaphragme; il faut d’abord vérifier si l’âiguille est bien serrée dans son mandrin, et si les vis maintenant la coquille sur la capsule sonore sont également bien serrées. Si cette vérification a été effectuée sans résultat, et si vous employez des aiguilles cylindro-coniques ou en fer de lance, de force moyenne, dites médium, changées après chaque audition, les vibrations ne peuvent provenir que du bras porte-aiguilles ou de la membrane vibrante.
- Le pivot du bras porte-aiguilles peut avoir du jeu, et ce cas est rare; on constate plus souvent que la membrane, sous l’action d’un choc quelconque ou d’un défaut d’entretien, n’a pas conservé sa tension primitive, d’où il résulte des vibrations plus ou moins perceptibles. Dans ce dernier cas, nous vous conseillons de faire réparer le diaphragme par le constructeur lui-même.
- Réponse à M. Collin, a Paris.
- Établissement d’un poste radio=phonographique.
- Il nous paraît évidemment possible de monter dans un même meuble un bon phonographe radioélectrique et un appareil de réception radiophonique. L’alimentation par le courant continu d’un secteur n’offre sans doute pas de grandes difficultés, il faut seulement remarquer que l’audition obtenue ne pourra pas avoir une grande intensité, attendu qu’on ne pourra pas appliquer sur les plaques des lampes basse fréquence finales une tension supérieure à une centaine de volts
- p.477 - vue 487/598
-
-
-
- = 478 ..... .................. =
- D’autre part, l’alimentation par le secteur rend plus difficile la réception des ondes courtes, et ce fait semble provenir de ce qu’on ne peut éviter, dans ce cas, un effet de « mise à la terre alors que la réception sur antenne courte avec simple contrepoids est généralement plus favorable.
- Il serait, d’ailleurs, possible d’employer très simplement de petites batteries d’accumulateurs très bien isolées, et à bain d’huile alimentant le récepteur radiophonique et facilement rechargeables par le courant de distribution.
- D’autre part, le phonographe mécanique peut évidemment être utilisé pour la reproduction électrique en remplaçant son diaphragme par un pick-up électromagnétique, et les étages basse fréquence du poste-récepteur peuvent servir pour l’amplification phonographique.
- Si vous voulez obtenir une bonne reproduction phonographique par le procédé uniquement acoustique, le pavillon correspondant aura des dimensions relativement importantes, mais votre meuble ne comportera ainsi que votre phonographe transformable d’une part, et, d’autre part, votre récepteur radiophonique pour ondes très courtes.
- Ce récepteur , radiophonique pourra être constitué par une lampe détectrice, genre Schnell, suivie d’étages basse fréquence, ou même précédée d’un étage d’amplification haute fréquence spécial, à lampe à grille écran.
- Le dispositif à changement de fréquence est également très intéres sant, mais il doit être étudié en vue du cas spécial considéré ici, et, en général, la construction mécanique du poste doit être adaptée au climat colonial.
- Nous vous faisons remarquer, enfin, qu’à notre avis, il n’y a pas grand intérêt, dans un tel ensemble, à prévoir à la fois un dispositif de reproduction phonographique acoustique, et un autre électrique.
- L’audition fournie par le dispositif électrique est de qualité au moins égale, et son intensité est facilement réglable.
- Réponse à M. Huyot, a Saint-Esprit (Martinique).
- Étude d’ensemble sur les lampes de T. S. E.
- Nous avons publié dans La Nature quelques tableaux dans lesquels vous avez pu sans doute trouver les indications utiles sur les différents modèles de lampes actuelles.et sur leurs caractéristiques.
- Il nous est évidemment difficile de publier souvent des tableaux de ce genre qui seraient de plus en plus étendus et d’ailleurs modifiables constamment; vous trouverez pourtant dans une suite d’articles sur. les lampes qui paraîtront dans la revue de nouvelles indications utiles à ce sujet. Réponse à M. B. a Rouen (Seine-Inférieure).
- Outillage nécessaire pour le montage des postes de T.S.E.
- Parmi les amateurs voulant construire eux-mêmes leur poste récepteur, on peut considérer sans doute plusieurs catégories.
- Les uns assemblent les organes de montage et établissent, de plus, un grand nombre de ces organes, mais la majorité, à l’heure actuelle, se contente d’acheter dans le commerce des pièces détachées de type correspondant au montage choisi et de les monter ensuite suivant les indications d’un livre, d’une revue, ou du constructeur de ces pièces.
- Etant donné que vous n’avez pas une grande habitude des travaux manuels, il nous semble préférable que vous commenciez d’abord par effectuer un travail de ce genre, il vous sera possible ensuite d’établir vous-même des pièces de montage.
- Pour réaliser simplement l’assemblage de pièces détachées, l’outillage nécessaire est très réduit! il vous suffira d’adopter une trousse d’outils d’un modèle maintenant très répandu, et qu’on peut acquérir chez la plupart des marchands d’accessoires de T. S. F. Cette trousse comprend des tournevis, des clés à tube, un équarrissoir, une petite fraise, etc...
- En outre, une scie à.métaux fine, égohïne, ou à monture extensible sera adoptée pour le sciage de l’ébonite ainsi qu’une scie à main pour le bois.
- Enfin, une perceuse à engrenages avec des forets hélicoïdaux de 1 millimètre à 5 millimètres de diamètre servira à percer des trous dans l’ébonite et le bois. On pourra, d’ailleurs, adapter dans son mandrin une fraise ou un tournevis.
- Pour, avoir des indications sur le travail de l’ébonite ou du bois, ainsi que sur les différents genres de montages réalisables, et sur la construction des pièces détachée, svous pouvez consulter La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur).
- * , Réponse à M. Dumoulin, a Versailles.
- Comment on nourrit les peaux.
- La graisse ou « nourriture » que l’on emploie pour imprégner les peaux auxquelles on veut conserver une grande souplesse (peaux hongroyées ou chamoisées), est habituellement un mélange de suif et d’huile de baleine, fondus ensemble et agités pendant le refroidissement de façon à éviter la séparation des constituants.
- Ce mélange est appliqué à la brosse du côté fleur de la peau, que l’on replie ensuite sur elle-même et abandonne quelques jours au repos, jusqu’à pénétration parfaite.
- On pratique alors la même opération du côté chair, mais en se servant dans ce but d’un mélange de deux produits résultant du chamoisage: le moellon et le dégras.
- Le moellon est l’émulsion qui s’écoule par pression des peaux chamoisées lorsqu’on les débarrasse à la presse hydraulique de l’excès d’huile de poissons qu’elles renferment; quant au dégras, c’est la matière grasse que l'on retire du bain alcalin, qui a servi au lavage des peaux chamoisées, aussitôt après qu’elles ont été exprimées, opération qui enlève le reste de l’huile non fixée par la peau.
- Pour récupérer cette matière grasse, on acidulé le bain par l’acide chlorhydrique, l’huile monte à la surface, on la recueille, la sèche en la cuisant dans une chaudière pour la débarrasser de l’eau entraînée, c’est alors le dégras dont nous venons de parler.
- Réponse à M. Benson, a Paris.
- De quelle façon se fait le silhouettage des diapositives.
- Parfois il est utile de dégager sur un cliché le sujet principal, de façon à éliminer les parties accessoires, qu’il s’agisse d’un portrait, d’une machine, d’un objet qui seul doit attirer l’attention.
- Le silhouettage, terme consacré pour désigner cet artifice photographique, se fait très simplement en appliquant avec un pinceau fin sur le côté gélatine de la gouache courante légèrement colorée par de l’ocre jaune ou rouge et délayée par un peu d’eau suivant l’opacité que l’on veut réaliser.
- On commence par suivre minutieusement les bords extérieurs du sujet à détacher, cela sur quelques millimètres, puis on abloque le reste des parties à opacifier soit avec la même mixture, soit avec une cache en papier noir ajourée sommairement.
- Le vernis suivant peut également être employé, mais son maniement est moins commode, car il s’enlève moins facilement que la gouache.
- Prendre :
- Bitume de Judée.................... 20 grammes
- Benzine........................... 100 crn3
- Vernis copal........................ 3 —
- Faire digérer pendant plusieurs jours en agitant fréquemment,
- laisser reposer, décanter, mettre en flacon.
- Réponse à Le Theil (Ardèche).
- Une bonne préparation pour entretenir les objets laqués.
- La préparation suivante permet de redonner un beau poli aux objets laqués :
- Prendre :
- Oléine du commerce............. 22.0 grammes
- Ammoniaque liquide à 22°......... 55
- Essence minérale................ 525
- Kaolin pulvérisé................ 200
- Verser peu à peu l’ammoniaque dans l’oléine, incorporer le kaolin puis finalement amener à consistance voulue par l’essence, dont la quantité peut varier à volonté sans modifier sensiblement l’aptitude au polissage. .
- N. B. —• La condition essentielle pour ne pas rayer est d’avdir du kaolin en poudre impalpable, il est donc indispensable de le bluter dans un tamis dont le numéro ne doit pas être inférieur à 100.
- Réponse à M. Liioste, a Montbéliard.
- Études sur la luminescence des animaux.
- Les premières études sur la photogenèse animale sont dues à Raphaël Dubois, professeur à l’Université de Lyon; elles datent de 1885. Récemment, un exposé de la question, basé sur de nouvelles recherches étendues, a été fait par Newton Harvey, professeur à l’Université de Princeton : Harvey, The nature of animal light. Lippincott, éditeur, Philadelphie et Londres, 1920.
- Réponse à Un abonné.
- p.478 - vue 488/598
-
-
-
- Soignons nos mains.
- Les pâtes vendues très cher, pour l’entretien des mains, sous des noms plus ou moins engageants, sont le plus souvent à base de produits végétaux riches en saponine, tels que le Marron d’Inde ou le Sapindus dont les propriétés détersives sont bien connues; on peut donc à peu de frais préparer une excellente pâte de ce genre, à la seule condition d’amener les poudres à l’état impalpable, en opérant ainsi :
- Prendre :
- Poudre de Marrons d’Inde décortiqués .... 225 grammes
- —( d’amandes douces mondées........... 200
- — de racine d’iris................. 50 —
- — de savon neutre sec.............. 20 —
- Carbonate de soude sec..................\ 5
- Broyer l’ensemble longuement pour réaliser l’extrême division, t amiser à la toile n° 190.
- Incorporer alors cinq jaunes d’œufs en procédant de la même manière qu’en pâtisserie, c’est à-dire en disposant la farine sous forme de couronne et en plaçant les jaunes au centre. Ensuite peu à peu on fait absorber la farine par les jaunes en ramenant celle-ci au milieu et pétrissant.
- Finalement, quand la pâte est bien homogène, y ajouter :
- Miel liquide froid...................... 1000 grammes
- Parfumer le produit avec l’essence de son choix, citron, violette, etc.
- Réponse à M. Lacourt (Belgique).
- Pourquoi les toiles huilées deviennent visqueuses.
- Les toiles dites cirées sont essentiellement constituées par un enduit à base d’huile de lin siccativée par un sel de plomb ou de manganèse.
- Or on sait que l’huile de lin ou linoléine est pour sa majeure partie un glycéride d’acide gras liquide, l'acide linoléique.
- Lorsque l’huile de lin siccativée est exposée à l’air, la linoléine ou éther de l’acide linoléique et de la glycérine fixe assez rapidement l’oxygène et donne de la linoxyne, substance sèche et élastique qui représente l’enduit souple recherché pour la toile.
- Si l’huile de lin contient de l’acide linoléique libre, les choses ne se passent plus de même, car cet acide ne s’oxyde que très lentement; la transformation industrielle en linoxyne est déjà faite, que l’acide linoléique est encore à l’état primitif; ce n’est qu'après un temps très long qu’il fixe de l’oxygène à son tour en donnant de l’acide linoxylique qui est visqueux et cause alors le désagrément bien connu des cires qui poissent, au grand ennui de leurs possesseurs.
- De ce qui précède résulte que le remède simple à cet état fâcheux est de saturer l’acidité libre soit de l’acide linoléique, soit de l’acide linoxylique, en procédant ainsi :
- Quand un vêtement ou une toile cirée commence à coller, on peut lui rendre ses qualités primitives en le mettant à tremper pendant quelques heures dans une solution froide de carbonate de soude à , 1 gr par litre environ (cristaux du commerce), additionnée d’un peu de savon mou. Après quoi on met à plat sur une table et brosse soigneusement; pour terminer on rince à l’eau pure et fait sécher à l’air.
- Si par suite de l’usage le brillant avait disparu, on pourrait passer sur la toile parfaitement sèche un tampon de flanelle à peine imbibé d’huile de lin cuite (huile de lin véritable et non un ersatz), puis on exposerait à nouveau quelques jours au grand air pour laisser l’huile s’oxyder à fond. Réponse à Ecole Diderot, Paris.
- De tout un peu.
- IV), Chardin, à Pantin. — Il nous a été signalé que l’aluminate de baryte, ajouté à l’eau d’alimentation des chaudières à vapeur, agissait d’abord comme épurateur de l’eau, en précipitant les éléments du sulfate de chaux en dissolution, sous les formes insolubles de sulfate de baryte et d’aluminate de chaux prévues par la réaction indiquée dans notre réponse (n° 2829, page 288). Il est évident que dans ces conditions les précipités engendrés, étant à l’état pulvérulent, il ne peut y avoir formation de tartre cristallisé sur les parois de la chaudière et qu’il suffit de « purger » pour éliminer les dépôts.
- M. Zadock, à Salonique. — 1° La séparation de la gélatine de son support pendant l’opération du développement peut avoir pour cause l’une des suivantes :
- a) Emploi d’un révélateur dans lequel l’alcali est à l’état caustique.
- b) Une température trop élevée du bain, celle-ci ne devant pas normalement dépasser 18° c.
- c) L’utilisation d’un bain de fixage trop concentré. Les deux premières circonstances déterminent surtout un plissement de la géla*
- . r-..........-... — 479 =
- tine, quant au dernier il provoque particulièrement des ampoules.
- S’il y a décollement complet, cela provient de l’emploi pour l’émulsion d’une gélatine trop tendre ainsi que d’une digestion trop longue de l’émulsion qui a motivé une altération de la gélatine.
- Cet accident ne se produit guère que pendant l’été, ou dans les pays chauds; on pourra l’éviter en faisant préalablement tremper la plaque dans l’eau la plus froide dont on pourra disposer, puis à rincer aussitôt développement, également à l’eau très froide.
- Si ce moyen était insuffisant, il faudrait aluner avant développement par immersion de la plaque pendant quelques minutes dans une solution d’alun à 5 % environ.
- 2° La latitude n’intervient dans la détermination du temps de pose que par la luminosité du ciel propre au lieu considéré; nous avons signalé dans l’emploi des tables auxquelles vous faites allusion comment on fait intervenir ce facteur.
- 3° Nous avons publié dans le n° 2646, page 198, une table de correspondance entre les unités habituellement employées pour apprécier la sensibilité des plaques photographiques, ainsi que la sensibilité relative, veuillez bien vous y reporter.
- B. M., à Paris. — 1° Il ne faut guère compter faire disparaître entièrement les empreintes de tampon à l’encre grasse noire, attendu que cette coloration est donnée par du carbone (noir de fumée) qui est tout à fait inattaquable par les réactifs. — Ce que l’on peut tenter est d’enlever la matière grasse par macération du papier dans un solvant approprié, gazoline, tétrachlorure de carbone, puis de gommer ensuite avec une gomme très douce.
- 2° Quant aux cachets à l’encre violette, ils sont plus faciles à traiter, car une digestion dans l’alcool enlèvera la plus grande partie de la matière, colorante, le reste disparaîtra ensuite en passant un tampon d’ouate imbibé d’une solution aqueuse contenant environ 5 pour 100 d’acide chlorhydrique. Terminer par un bon rinçage à l’eau pure pour enlever les dernières traces d’acide qui, si elles restaient, compromettraient la solidité de ce papier.
- IVI. IVlansat, à St-Eloy-les-IVlines. — La fixation des carreaux de faïence sur table de laboratoire ne présente aucune difficulté, car on se sert simplement de plâtre; la seule condition pour obtenir une surface bien plane est d’acheter des carreaux de premier choix dont la surface ne soit pas gondolée.
- La table devant ainsi être recouverte est d’abord entourée d’une réglette de bois ayant environ 5 mm. d’épaisseur et comme largeur celle qui correspond à l’épaisseur dubois de la table, plus celle de carreaux et du plâtre. Cette réglette est clouée de façon à constituer une sorte de cadre dans lequel se logera le carrelage.
- Il ne reste plus qu’à gâcher le plâtre de scellement par petites portions permettant d’appliquer cinq à six carreaux au plus, avec une règle bien droite dont les extrémités reposent sur le cadre; on s’assure que la planéité est satisfaisante et on continue ainsi jusqu’à ce que toute la table soit recouverte.
- N. B. — 1° Autant que possible on déterminera les dimensions de la table de telle façon que l’on puisse loger un nombre entier de carreaux, sans avoir à sectionner ceux-ci, ce qui demande une certaine habileté professionnelle.
- 2° Ne pas gâcher trop de plâtre d’avance, c’est-à-dire plus que n’en comporte le nombre de carreaux que l’on se sent capable de poser dans le temps de la prise.
- IVI. Audéoud, à Bois-Colombes. — Pour conserver à votre plancher de sapin toute sa souplesse et l’empêcher de donner des éclats, le mieux est de le traiter comme nous l’avons indiqué avec détails dans le n° 2816, page 240. Si l’opération est bien conduite, vous devez obtenir un bon résultat. j
- Mme Bouilly, à Vire. — On fabrique aujourd’hui d’une façon courante de très bonnes couleurs pour peinture sur étoffes, couleurs qui sont insolubles dans l’eau et par suite lavables dans l’eau tiède légèrement savonneuse. Le lavage des tissus fins peints avec ces couleurs peut donc être envisagé sans crainte, il a même l’avantage de faire disparaître complètement la raideur que ces couleurs peuvent donner aux étoffes très légères. i
- Les couleurs lavables sont présentées sous deux formes : les couleurs transparentes et les couleurs opaques; ce sont ces dernières qui sont les plus solides. ( . . .... ^
- De même que pour.les vernis, il est préférable d’acheter ces couleurs toutes préparées, plutôt qiie de s’exposer à des insuccès en les faisant soi-même. A titre d’indication, vous en trouverez une gamme complète chez Galtier, 84, boulevard des Batignolles, à Paris, 17°.
- p.479 - vue 489/598
-
-
-
- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Le nouvel Institut Heinrich Hertz créé a Berlin pour l’élude des phénomènes vibratoires d’ordre acoustique, mécanique et électrique.
- Les appareils radio-récepteurs sur le toit (ph. Kystone).
- Fig. 2. — Le barrage Coolidge dans l’Arizona, haut de 66 m, relient les eaux des rivières Gils el Caries el permettra d’irriguer 50 000 hectares (ph. Keystone).
- Fig. 6.
- Les travaux du plus grand pont suspendu du monde, le pont de l’Hudson (ph. Keystone),
- Fig. 4. — L’Institut H. Hertz. La salle d'étude des appareils radio (ph. Keystone).
- Fig. 5. — Le plus grand tunnel du monde, le tunnel de Vernio, long de 18 510 m, dans les Apennins, sur la ligne Florence-Bologne, vient d’être achevé (ph. Delius).
- Le Gérant G. Masson.
- 99.3io. — Paris, lmp. Laiiure. — i5-5 ip3o.
- p.480 - vue 490/598
-
-
-
- LA NATURE
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 491/598
-
-
-
- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et O*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VP (R. C Seine ; >5.234) Tél. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n“), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*‘), 85 fr. ; — 6 mois (12 n”), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* î \ Aw*
- 111 .un.mu ....... mi.. ( Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un à.n. Six mois,
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif^xtémurjaM. valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras. Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n• 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G1*, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à' MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VT.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
- La reproduction des illustrations dé « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVEAU COMPARATEUR OPTIQUE G. MASSIOT
- VÉRIFICATION RAPIDE et RATIONNELLE
- de
- TOUTES PIÈCES FILETÉES
- Démonstrations à domicile dans Paris et la JBanliene
- G. MASSIOT
- CONSTRUCTEUR
- MAGASINS et SALLES de DÉMONSTRATION : 13 et 15, Boulevard des Filles-du-Calvaire, PARIS
- ITSINE A COURBEVOIE C Seine >
- PHOTOMÈTRE3 NORMAL
- h PRISMES Breveté S. G R 6. De E. DEGEN, 01. lngénim Civil (E P.C.) -,»» TEMPS DE POSE POUR LA PHOTOGRAPHIE EN NOIR ET EN COULEURS U;® Optique pour Longues-vues. Géodésie, etc
- “ JUMELLES A PRISMES DE PRÉCISION
- L. PETIT, Constructeur. 4Î. Rue Barbette. PARIS (3*). Téî. Archiver 01-30
- p.n.n. - vue 492/598
-
-
-
- N' 2834,
- LA NATURE
- I6t Juin 1930,
- = LES GRANDES ŒUVRES DE SALUBRITÉ =
- AUX COLONIES
- La politique de salubrité publique dans nos colonies et protectorats ne doit pas avoir seulement pour but de guérir les malades, mais aussi et surtout de protéger les individus bien portants contre les causes d’insalubrité
- compléter les e| la typhoïde enî est jusqu’à un l’atteint, car nul'
- rts'^&s autoï$£és. Celui qui contracte t des^laoules ou des huîtres rtain poî^,re^6nsable du malheur qui tenil^p'manger des coquillages
- Fig, 1 à 3.
- Pour l’élevage de poissons destructeurs de larves
- de moustiques : La rizière.
- Fig. 1. Repiquage du plant de riz dans
- la rizière.
- —rrr
- «Sfl
- Fig. 2. Cochinchine. Pépinière de riz. Arrachage de plant pour le repiquage. Fig. 3. — Élevage de canards dans une rizière récemment plantée.
- En Indo-Chine et à Madagascar, le riz est d’abord semé dans des pépinières, puis repiqué comme chez nous les plants d’oignon ou de salade.
- du sol et des eaux, contre la microflore bactérienne et contre la faunule qui entretiennent des maladies évitables.
- La fièvre paludéenne inoculée par les moustiques du genre anophèle, la maladie du sommeil transmise par les mouches sanguicoles, dites glossines ou tsé-tsés, les affections intestinales (dysenteries amibienne et bacillaire, typhoïdes, choléra) véhiculées par l’eau, le lait et autres aliments liquides ou solides sont parmi les maux évitables. Contre elles une bonne organisation sanitaire est toute-puissante.
- Les mesures de prévention à mettre en œuvre sont d’ordre public ou privé; même dans le premier cas, l’intelligence et le bon vouloir du public doivent seconder ou
- dont on sait qu’ils sont parfois typhogènes. Mais le citoyen qui ingère du bacille typhique avec l’eau de la canalisation urbaine a le droit de se plaindre, car on ne peut s’abstenir d’eau ni être condamné à la stériliser chaque jour pendant toute la vie puisqu’il est facile aujourd’hui d’organiser la distribution d’eau saine à domicile.
- Les pouvoirs publics ne peuvent être mis en cause quand la variole frappe des individus qui se sont soustraits à la vaccination, mais ils sont blâmables s’ils pratiquent ou laissent pratiquer la vaccination avec un produit « qui ne prend pas » parce qu’il est trop vieux, mais donne aux personnes revaccinées l’illusion qu’elles
- p.481 - vue 493/598
-
-
-
- 482
- jouissent encore de l’immunité, alors qu’elies Font perdue et sont exposées à contracter le redoutable mal qui « grêle » la peau, défigure ët parfois éborgné quand il ne tue pas.
- En temps de paix sanitaire, les autorités ont le devoir d’instruire les indigènes que le typhus exanthématique et la fièvre récurrente se transmettent par les poux, elles
- Fig. 4 à 6. — Types d’animaux domestiques indo-chinois à utiliser comme producteurs de fumier pour les cultures et comme dêviateurs de moustiques.
- 1° Buffles rentrant du travail : labour de la rizière.
- 2° Un beau spécimen de bœuf de la haute région du Tonkin.
- 3° Porcelets de race indo-chinoise.
- n’ont pas le pouvoir de s’opposer au droit qu’ont les individus de conserver leur vermine, elles ne peuvent user que de la persuasion. En période d’épidémie dans une province coloniale, leur rôle est de dépister, d’isoler et de désinsecter les malades.
- La prévention de ces deux fléaux est dans les attributions de la ménagère; le changement de linge hebdomadaire et son lavage au savon éliminent les lentes et les poux aussi vite et aussi bien que la stérilisation dans une étuve à la vapeur sous pression.
- Typhus et récurrente atteignent presque uniquement les indigènes, arabes, noirs ou indo-chinois, qui vivent malproprement; les seuls Européens qui y sont exposés sont ceux, médecins, infirmiers, infirmières, officiers, chefs de chantiers que leur profession appelle à vivre au contact des indigènes. Les poux de corps sont des insectes aptères qui propagent leur virus de proche en proche par l’intermédiaire de l’individu qui les héberge et voyagent avec lui.
- La fièvre paludéenne se propage par les ailes des moustiques du genre anophèle qui vont de la rizière ou du marais où ils naissent au village pour y faire leur repas de sang ; s’ils le prennent sur un paludéen, ils deviennent aptes à inoculer, 12 à 15 jours après, le parasite sangui-cole du paludisme à l’individu sain sur lequel ils feront leur second repas. Le rayon de vol du moustique est en moyenne d’un kilomètre; le plus souvent la distance à franchir par lui pour trouver sa proie est moindre. Le contact avec le malade n’est donc pas nécessaire pour contracter la malaria; l’Européen est infecté par des anophèles qui ont d’abord piqué un paludéen au village indigène ou bien un serviteur indigène paludéen logeant près de sa maison.
- On a fait du paludisme la maladie exotique par excellence; tout Européen qui a résidé aux colonies est réputé paludéen à vue. C’est exagéré. S’il est des districts à malaria, il en est aussi, ce sont les plus nombreux, qui en sont exempts. La plupart des coloniaux, qui habitent surtout les villes, n’ont jamais subi les atteintes.de la fièvre paludéenne.
- Il fallut longtemps pour faire admettre le pouvoir curateur réel de la quinine contre la fièvre paludéenne déclarée; il en fallut moins pour faire accepter l’erreur de la quinine préventive, c’est-à-dire prise à petite dose par les personnes saines pour éviter le paludisme ; l’erreur est épidémique; la vérité est sporadique. Après un règne de plus de trente ans et des échecs retentissants, le dogme de la quinisation préventive a été condamné; il reste à exécuter l’arrêt. La quinine a joui pendant quarante ans dans nos colonies et protectorats du monopole de la prophylaxie et fait négliger les mesures dites antilarvaires (dirigées contre les larves de moustiques) par lesquelles on peut lutter avec succès contre l’endémie qui atteint surtout les indigènes dépourvus de tout moyen de protection individuelle. On commence à revenir à des idées plus saines, à parler d’assainissement et de destruction des moustiques.
- Il est paradoxal, mais vrai, que la découverte du rôle vecteur des anophèles, au lieu de provoquer dans toutes les régions paludéennes de nos possessions la chasse à
- p.482 - vue 494/598
-
-
-
- ces insectes, eut pour effet de renforcer la quinoprophy-laxie et de conserver l’endémie en retardant les travaux d’assèchement ou de drainage. Quant aux millions d’hectares de rizières qu’on ne peut supprimer, car elles fournissent à des millions d’indigènes leur aliment fondamental, comme elles sont « le paradis des larves d’anophèles », il faut empoissonner ces rizières, petits étangs fumés et plantés, avec certaines espèces de poissons qui dévorent les larves de moustiques. On donnera la préférence aux espèces prolifiques, de transport .facile, comestibles, pondant à la saison du riz, abondamment représentées et faciles à se procurer à peu de frais. J’ai déjà traité ici {La Nature, n° 2780) la question de la rizipisciculture, je n’y reviens pas. Pour les grands marais et les étangs on agira comme pour les rizières.
- On mettra également des poissons dans les autres pièces d’eau, grandes ou petites, mares, abreuvoirs, puits, etc., qu’il est opportun de conserver pour les cultures, pour l’homme, pour les animaux domestiques ou sauvages. Dans chaque pays paludéen on recherchera les poissons larvivores parmi les espèces locales, cyprinidés, percidés ou autres ; au besoin on importera des espèces adaptées à ce rôle et au milieu où on les placera. C’est là ce que j’ai appelé l’ichtyoprophylaxie.
- Quant à la zooprophylaxie elle consiste à attirer les moustiques, anophèles ou culex, vers des animaux domestiques : lapins, porcs, chevaux, boeufs, volailles sur lesquels ils se nourrissent parfois de façon exclusive. En Sain-tonge, en Vendée, en Provence, les occupants des fermes ou d’autres habitations rurales sont ainsi complètement épargnés par les anophèles. Il en est de même en bien d’autres régions de la France, sans qu’on s’en doute parce qu’on ne l’a jamais recherché. En Saintonge et en Provence, la prédilection d’anophèles maculipennis pour le lapin domestique est exclusive ainsi que je l’ai noté (‘). Dès 1908 en Chine, dès 1910 en Indo-Chine, j’avais signalé cette protection de l’homme contre les moustiques par des chevaux et des buffles. Zooprophylaxie et ichtyoprophylaxie sont aujourd’hui devenues classiques et comptent parmi les mesures antipaludéennes les plus puissantes. Souhaitons qu’on les adopte, comme il convient, dans nos colonies et en Afrique du Nord.
- Contre la maladie du sommeil qui décime l’Afrique équatoriale, la chimioprophylaxie, c’est-à-dire la recherche et le traitement des individus atteints, n’a pas donné depuis vingt ans et ne donnera pas de meilleurs résultats que la quinoprophylaxie contre le paludisme, malgré le dévouement du personnel qu’on y emploie. C’est la guerre aux glossines qu’il faut organiser ou bien abandonner les zones à tsé-tsés. C’est la méthode employée avant l’occupation européenne par les nègres qui savent depuis des siècles que les trypanosomiases humaines et animales sont dues aux mouches. Dans la relation de son voyage au Zambèze et à l’Angola, le fameux explorateur Livingstone mentionne à plusieurs reprises que ses guides noirs lui conseillaient de ne pas traverser telle région infestée de tsé-tsés, pour ne pas y perdre tous ses animaux. On ne viendra pas à bout des trypanosomiases avec
- 1. Rôle des animaux domestiques dans la défense contre les moustiques. La Nature, décembre 1921.
- Fig. 7 à 9. — Les animaux d’élevage du Tonkin.
- 1° Juments au pâturage.
- 2° Moutons au pâturage.
- 3° Chèvres au pâturage.
- (Photos de l’Agence économique de l’Indochine.)
- des villages de ségrégation ou autres postes de secours, fixes ou mobiles. Dans la lutte contre elles l’action médicale n’est qu’aeeessoire, le rôle capital est d’ordre administratif et surtout agricole et sylvicole ; il faut en détruire les mouches ou leur rendre le pays inhabitable en débroussaillant par le fer ou le feü les galeries forestières et autres gîtes où elles se multiplient, il faut maintenir une zone exempte de glossines (fly-free) autour des villages ou provoquer leur transfert dans des emplacements inhabités par les mouches.
- Sur le rôle du gros gibier, on n’est pas encore très fixé : les uns le considèrent comme un danger pour l’homme et le bétail parce qu’il est le « réservoir de virus », d’autres soutiennent qu’en attirant sur lui les glossines il a un
- p.483 - vue 495/598
-
-
-
- = 484 ..;.-...:.................
- rôle de protection vis-à-vis de l’homme et des animaux domestiques.
- L’épandage n’a pas bonne réputation en France, on l’accuse avec raison d’engendrer la typhoïde ou les paratyphoïdes. Quand on pratique la culture maraîchère sur les terres qui reçoivent les eaux d’égouts, les radis, salades et fraises qui en proviennent procurent de la clientèle aux médecins qui le déplorent. La grande presse et l’Académie de Médecine enregistrent les méfaits de cette pratique; Paris a ainsi, comme Pékin, une ceinture de champs d’épandage consacrés à la culture maraîchère. Si les eaux usées d’une ville, après décantation dans des fosses septiques et épuration sur un lit bactérien, sont un danger pour la santé publique, il n’est pas difficile d’imaginer que l’usage de matières fécales fraîches, parfois du jour, plus ou moins diluées, pour l’arrosage des légume,s et des fruits consommés crus, soit un moyen certain de conserver en abondance toutes les variétés de parasites intestinaux de l’homme : oxyures, ascaris, tri-chocéphales, ankylostomes, etc., toutes les amibes, bactéries et vibrions, agents des dysenteries amibienne et bacillaire, des typhoïdes et paratyphoïdes et du choléra.
- C’est ce qui se passe en Indo-Chine où les réservoirs d’eau des jardins maraîchers contiennent les produits frais de la digestion humaine. Les légumes et les fruits de ces jardins s’écoulent chaque jour sur le marché des villes. Rencontrant un jour dans une rue d’une grande ville un de mes anciens domestiques portant aux extrémités d’un bambou deux seaux suspects, je lui demandai « Que portes-tu là ? — Excréments, Monsieur », me répondit-il; il venait de recueillir et portait à pied d’œuvre la production de la semaine de quelque client.
- Dans toutes les villes et les villages indo-chinois les mêmes pratiques sont en honneur, le parasitisme intestinal et les maladies intestinales sont monnaie courante chez les Européens comme chez les indigènes et donnent sa physionomie spéciale à la pathologie indo-chinoise. L’usage presque exclusif de l’engrais humain en agriculture y sévit depuis des siècles, en Indo-Chine comme en Chine et dans les autres pays d’Extrême-Orient où règne le « tout à la tinette » au lieu du « tout à l’égout » d’Europe. Cette pratique dangereuse pour la santé publique a eu pour origine l’absencg ou l’insuffisance de fumier de ferme et l’ignorance des engrais chimiques. L’insuffisance du premier tient à une erreur de l’économie agricole dans les pays d’Extrême-Orient. Pour alimenter leur population surabondante on y a réduit au minimum les animaux domestiques considérés comme concurrents de l’homme ; les plantes vivrières ont pris la place des plantes fourragères; on a ainsi quasi supprimé le fumier des animaux et réduit à peu de chose la viande de boucherie; le porc a été épargné, à cause de ses goûts coprophages, c’est pour cela qu’il est l’animal le plus commun en Chine et en Indo-Chine.
- L’homme est tributaire des animaux autant que des végétaux, cette erreur de doctrine a porté préjudice à son alimentation et à sa santé, il est temps de la réparer en Indo-Chine. Outre l’énorme buffle, bête de trait pour le labour de la rizière, F Indo-Chine possède le bœuf, le porc, le mouton, la chèvre. Les services zootechniques ont fait
- réaliser des progrès notables à l’élevage européen, on a fait du cheval de selle et de trait que l’automobile tend à remplacer aujourd’hui, on a introduit ou développé la culture de plantes industrielles pour l’expoitation, on a amélioré les transports par terre et par eau, pourquoi ne chercherait-on pas à améliorer la santé publique par des méthodes nouvelles et puissantes ?
- L’interdiction de l’engrais humain dans les villes, dans leurs banlieues et dans les villages supprimerait d’un coup la principale source des affections intestinales, elle aurait un retentissement considérable et heureux sur la santé publique, à condition évidemment d’être rigoureusement exécutée. Les îles du littoral indo-chinois possèdent des dépôts de guano et le Tonkin a des phosphates.
- Pour les surfaces peu étendues que couvrent ces cultures il ne serait pas difficile de trouver le fumier de ferme ou les engrais chimiques nécessaires. S’il est une culture qui doive être faite proprement, c’est celle des légumes et des fruits poussant au ras du sol et qu’on consomme crus. On n’y pense même pas en Indo-Chine où l’emploi pour cet usage des produits de la digestion humaine semble inhérent au pays comme le climat.
- Ce n’est point en multipliant les dispensaires et les hôpitaux qu’on y réduira le lourd tribut payé aux maladies intestinales, mais en supprimant l’engrais humain pour la culture maraîchère d’abord, et plus tard pour la grande culture et en procurant aux populations de l’eau pure. Les puits creusés dans les sols périodiquement recouverts de cet engrais sont tous pollués et propagent de façon indirecte, souvent sous forme épidémique, le choléra et autres maladies meurtrières.
- Ce n’est pas non plus par l’usage à peu près exclusif de la quinine qu’on résoudra en Indo-Chine le problème paludéen là où il se pose, mais par la destruction des anophèles ou leur déviation vers les animaux de ferme et de basse-cour dont la multiplication sera aussi bienfaisante contre les maladies à moustiques que contre les maladies hydriques. L’Annamite y trouvera en outre l’occasion d’augmenter sa ration carnée, ce qu’il désire par-dessus tout.
- Bien qu’elle soit de moindre importance, qu’elle ne dure qu’une petite semaine, et ne soit qu’exceptionnelle-ment mortelle, la dengue, qui a sévi l’été dernier en Grèce, est endémique en Indo-Chine et y provoque souvent des flambées épidémiques. Aujourd’hui qu’on sait que le moustique appelé Stegomya fasciata en est l’agent de transmission, opinion maintenant généralement admise, que j’ai soutenue le premier en 1911 après avoir observé l’épidémie qui mit sur le flanc presque toute la population d’Hanoï en 1910, aujourd’hui, dis-je, il n’y a plus de raison de laisser la vie sauve au Stegomya et de livrer les populations blanche et jaune aux atteintes répétées de cette maladie qui vous brise pour quinze jours. On ne peut plus différer l’organisation en Indo-Chine, comme il existe en Afrique Occidentale, d’un service pour la destruction des Stégomyas et autres moustiques urbains dont elle est richement pourvue.
- Par ce qui précède on peut juger de l’ampleur du mouvement sanitaire à créer ou à développer dans nos colonies et en Afrique du Nord. Cela dépasse considérable-
- p.484 - vue 496/598
-
-
-
- ment les moyens et les techniques de la thérapeutique. « Mieux vaut prévenir que guérir. » Cela indique bien que les médecins ne peuvent pas être les seuls ouvriers de l’œuvre de salubrité à accomplir.
- C’est au service des Eaux et Forêts ou, s’il existe, au service spécial de pisciculture et de pêche en eau douce que le propriétaire demandera quelles espèces de poissons il devra déposer dans ses rizières, en quel nombre, comment les transporter, etc.
- C’est l’agronome qui indiquera les moyens d’augmenter la production fourragère sans nuire aux cultures vivrières, en vue d’accroître l’effectif du cheptel qui jouera le rôle de déviateur des moustiques et de producteur de fumier. Quelles espèces animales devra-t-on employer à cet effet ?
- Les zootechniciens le feront savoir après observation et au besoin après expériences.
- Un géologue, je pense, est plus qualifié que le hasard pour apprécier le pouvoir filtrant du sol et indiquer le terrain où forer un puits destiné à donner de l’eau potable. Le bactériologiste, après avoir établi la teneur quantitative et qualitative en microbes ; le chimiste, après avoir dosé les éléments chimiques de l’eau, feront connaître
- si le géologue avait raison. Le médecin praticien a un rôle qui exige assez de sciences et de vertus pour qu’on ne lui demande pas d’assumer de nouvelles charges. Nos colonies ont acquis un développement qui requiert aujourd’hui l’emploi de tous les techniciens ; l’un ne saurait plus remplacer l’autre, le vétérinaire faire l’agronome ou l’agronome faire le vétérinaire. De même, le médecin ne peut plus tenir lieu d’hygiéniste s’il n’a reçu l’enseignement spécial nécessaire. Il vaudrait mieux aussi peut-être confier à des spécialistes la construction des routes et des ponts qu’on impose encore en beaucoup de colonies aux administrateurs. Mais médecins et administrateurs, dans des sphères différentes, ont été si longtemps les hommes à tout faire de notre système colonial qu’on conserve l’habitude de leur confier les tâches les plus diverses.
- L’heure est venue d’inaugurer dans nos colonies par les techniques les plus modernes les grandes œuvres de salubrité qui leur assureront la paix sanitaire et permettront aux blancs et aux indigènes d’y résider et de s’y multiplier dans la santé et le bien-être.
- Dr J. Legendre.
- = LA MICROCHIRURGIE =
- SA TECHNIQUE ET SES APPLICATIONS
- Une des acquisitions récentes les plus importantes de la biologie consiste dans la mise au point de méthodes et d’appareils permettant de soumettre des objets de dimensions microscopiques, tels que les cellules vivantes ou même les Bactéries, à des traitements expérimentaux très divers dont l’ensemble constitue la m i c r omanipulation ou microchirurgie.
- L’idée en revient à un Français, Cha-bry, qui l’appliqua dès 1887, au Laboratoire maritime de Concarneau, à l’étude des œufs d’Ascidies.
- C’est aux Etats-Unis et en Allemagne que s’est précisée cette nouvelle
- technique, à laquelle les noms de Cham-bers (New York) et de Peterfi (Berlin-Dahlem) sont particulièrement attachés. Si les biologistes français n’y ont jusqu’à présent guère eu recours, c’est qu’il y a quelques mois encore bien peu de laboratoires de notre pays possédaient l’instrumentation, de prix élevé, nécessaire à ce mode d’expérimentation. Mais tout récemment un certain nombre d’appareils ont été in-troduits d’Allemagne en France, au titre des prestations en nature, et sans doute la pratique de la mi-, crodissection va-t-elle connaître enfin chez nous la faveur
- p.485 - vue 497/598
-
-
-
- 486
- Fig. 2.
- Vue latérale du stalif de micromanipulation de Peter fl. (Phot. Zeiss.)
- dont depuis quelques années elle jouit dans d’autres pays.
- Comme leur nom l’indique, les opérations microchirurgicales sont de très petite envergure et ne sauraient être suivies autrement qu’à l’aide du microscope. Elles ne peuvent être réalisées ni directement, ni à main levée,
- Fig. 3.— Microinslruments. .' '
- En haut et à gauche, le microcautère dans son étüî; en bas', Ta chambre humide; à droite, le microbrûleur. (Phot. Zeiss.)
- quels que soient l’habileté manuelle et l’entraînement du biologiste qui les entreprend : il s’agit, en effet, d’effectuer des mouvements d’une amplitude très faible, de l’ordre du centième ou même du millième de millimètre : or, la main humaine, si experte qu’elle soit, ne réussit pas à diriger avec précision et à coup sûr des déplacements supérieurs au demi-millimètre. En outre, le fait que la marche des opérations est contrôlée au microscope, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’images inversées, rend plus délicate encore, ainsi que le fait remarquer Peterfi, la réussite des manoeuvres. On est donc amené à confier la mobilisation des aiguilles et autres instruments à un système mécanique, principalement composé de vis, et nommé statif de micromanipulation. Celui-ci peut être soit fixé au microscope même (micromanipulateur de Chambers), soit indépendant de lui (micromanipulateur de Peterfi). Nous décrirons ici l’appareil de Peterfi, comme le seul qui soit en usage en France. S’il exige un peu plus d’espace que le précédent, par contre la facilité des déplacements y est nettement supérieure. La figure 1 en donne une vue d’ensemble. 11 se compose essentiellement d’une plaque basale, au milieu de laquelle on fixe un microscope, tandis que de chaque côté, droit et gauche, de cette même plaque on dispose un statif de micromanipulation. Les statifs sont constitués par un pied, porteur de micro-instruments, que six vis permettent de mouvoir en tous sens avec la plus grande précision : deux vis commandent les déplacements étendus, correspondant en quelque sorte aux premiers travaux d’approche; trois autres assurent des mouvements de plus faible amplitude, dans les trois directions de l’espace; une dernière vis détermine une rotation de haut en bas. L’habitude de manier ces vis s’acquiert très rapidement.
- Les instruments que l’on adapte à ces statifs sont principalement des micro-aiguilles, des micropipettes, des microcautères.
- Les micro-aiguilles sont utilisées soit pour fixer et maintenir les objets, soit pour les piquer ou même pour les sectionner. Leurs dimensions varient suivant la nature et l’étendue des interventions que l’on désire effectuer.
- Ces aiguilles ne sont pas, comme on pourrait le croire, en métal, et en particulier en acier, mais le plus souvent en verre : lorsqu’une pointe métallique n’a plus qu’un ou deux y. de diamètre, elle se montre en effet aussi cassante qu’une pointe de verre de même calibre, et cette dernière a l’avantage de pouvoir être modelée plus facilement par l’expérimentateur. C’est celui-ci qui réalise, et souvent au moment même d’en faire usage, les instruments dont il a besoin. Les aiguilles se fabriquent en étirant des baguettes de verre de quelques millimètres de diamètre, que l’on fait fondre en leur milieu à l’aide d’un m'crobrûleur : on appelle de ce nom un petit brûleur à gaz
- p.486 - vue 498/598
-
-
-
- ou à acétylène dont la flamme ne dépasse pas un à deux millimètres. Diverses qualités de verre peuvent être utilisées (verre à thermomètre d’Iéna, Pyrex, quartz même, etc...); les aiguilles les plus fines s’obtiennent à partir des verres les plus durs. Un certain tour de main est nécessaire pour réaliser des pointes très effilées, mais possédant encore une rigidité suffisante; les bonnes pointes sont en général assez courtes ; l’examen au microscope permet d’apprécier la forme et même la rigidité des aiguilles avant usage; en effet, celles dont l’extrémité ondule sous le souffle de l’opérateur doivent être rejetées à cause de leur trop grande souplesse.
- On peut obtenir des pointes très fines par un procédé un peu plus compliqué que le simple étirement, et nécessitant l’emploi du microcautère.
- Pour être propres à l’usage, et de façon que leur extrémité seule touche l’objet, les micro-aiguilles doivent subir une coudure telle que leur pointe fasse un angle de 45° à 70° avec l’axe principal. Cette coudure s’obtient sous le contrôle du microscope et à l’aide d’un fil métallique incandescent.
- Les microaiguilles peuvent être transformées en microspatules et en microscalpels. On en obtient de tels, à la fois rigides et d’une grande finesse, en utilisant des écailles de Papillons, les poils de certains Végétaux, des fragments de squelette de Diatomées, que l’on fixe à l’extrémité d’une aiguille de verre au moyen d’une goutte de baume du Canada.
- Les micropipettes, vectrices de liquides, servent soit à pratiquer des injections à l’intérieur des cellules, soit à régler la quantité de liquide dans laquelle baignent les organismes à opérer. On peut facilement les transformer en micro-électrodes en remplissant leur lumière d’un corps conducteur. On les fabrique en étirant des tubes de verre à l’aide du microbrûleur. On distingue deux catégories de ces pipettes suivant leur calibre; les plus grosses, ou pipettes à bouche, ont un diamètre terminal égal ou supérieur à 25 p. : elles fonctionnent par aspiration buccale. Les autres, ou pipettes à cellules, ont de 8 à 25 p de diamètre à la pointe; l’exiguïté de ce calibre rend considérables les forces capillaires qui se développent lors du passage des liquides, de sorte que la bouche humaine est impuissante à vaincre leur résistance et que l’on est obligé d’utiliser un dispositif aspirateur spécial. La pipette est donc mise en rapport tantôt avec une puissante seringue, tantôt avec un appareil à mercure dans lequel la dilatation et la contraction du métal, lorsqu’il est chauffé ou refroidi, déterminent des variations de pression à l’intérieur de la pipette, et la sortie du liquide dont elle est remplie ou l’entrée du liquide extérieur. La difficulté principale que l’on rencontre lors de l’emploi de ces pipettes à cellules est de doser exactement les forces aspirantes ou foulantes qu’elles mettent en œuvre.
- Le microcautère est constitué par un tube de verre où plongent deux fils de platine, conducteurs, reliés à la pointe du tube et en dehors de celui-ci par un pont de 1/10 de mm de diamètre, prolongé lui-même par une pointe de même matière et de même calibre. Lorsqu’on fait passer le courant électrique dans l’appareil, le pont
- Fig. 4. — Dimensions comparées au microscope, des pointes d’une fine aiguille d’acier ordinaire, (en bas) et d'une aiguille de verre utilisée en micromanipulation (en haut).
- (Phot. du Pr Peterfl.)
- devient incandescent et fonctionne comme une source de chaleur par rapport à la pointe, au moyen de laquelle on peut effectuer alors des cautérisations extrêmement précises et localisées.
- Maintenant que les principaux instruments de microdissection nous sont connus, indiquons brièvement comment on les dispose en vue des interventions. Lorsque l’opération projetée se prête à un contrôle à faible grossissement, avec des objectifs dont la distance focale est
- Fig. 5. — Œuf d’Echinoderme immobilisé entre deux microspatules fabriquées à l’aide d’êcailles de papillons.
- (Phot. du Pr Peterfl.)
- p.487 - vue 499/598
-
-
-
- 488
- Fig. 6. — Dissection d’un œuf d’Echinoderme. (Phot. du Pr Peterfl.)
- supérieure à 2 mm, l’espace ménagé entre le dispositif s optique et l’objet est suffisant pour que l’on puisse aborder ce dernier par sa face supérieure. Mais il n’en est plus de même dans les cas, nombreux, où l’emploi de forts grossissements et de lentilles à immersion est nécessaire; la seule voie d’accès est alors la face inférieure de l’objet, et celui-ci doit être placé au-dessous d’une lamelle de verre assez mince pour que toutes les observations nécessaires puissent se faire à travers elle. Cette lamelle forme la paroi supérieure de la chambre humide, véritable chambre d’opérations, que nous allons décrire maintenant. Elle se compose essentiellement d’un cadre métallique rectangulaire, haut de 1 à 3 cm, large de 6 cm, long de 9 cm, percé d’orifices latéraux pour le passage des instruments, et fixé sur une lame de verre qui en forme le fond transparent. Il est recouvert à sa face supérieure par la lamelle porte-objet précédemment décrite. Cette lamelle, ainsi d’ailleurs que la plaque basale, peut être scellée sur le cadre au moyen de paraffine, de mastic ou de vaseline. La chambre humide, qui peut être obturée hermétiquement grâce à des membranes de caoutchouc venant coiffer la base des instruments après leur introduction, est maintenue constamment saturée en humidité grâce à la présence de tampons d’ouate imbibée d’eau que l’on dispose le long de ses parois. Une manipulation un peu prolongée aurait pour conséquence obligatoire et désastreuse la dessiccation des éléments étudiés, si l’évaporation du milieu liquide dans lequel ils baignent n’était rendue impossible par les précautions que nous venons de dire. Dans certains cas où non seulement les conditions d’humidité, mais les conditions de température interviennent, on se sert d’une chambre humide chauffante qui ne diffère" de la précédente que par l’adjonction d’un dispositif électrique et d’une circulation d’eau chaude. Cet appareil doit être, bien entendu, réglé avant emploi.
- Exposons dans ses grandes lignes la technique des opérations microchirurgicales. Les statifs micromanipulateurs nécessaires ayant été disposés sur la plaque basale, de part et d’autre du microscope, on fixe la chambre humide sur la platine de celui-ci. On introduit ensuite les micro-instruments dans la chatnbre, en réglant leur position de telle sorte que leurs extrémités se trouvent dans l’axe optique, et on les repère au faible grossissement. On ferme alors la chambre et on la recouvre de la lamelle au centre de laquelle l’objet se trouve suspendu dans une petite masse de liquide, ou, comme l’on dit,
- « en goutte pendante ». Il reste alors à rapprocher progressivement les aiguilles des micro-organismes au moyen de la vis verticale ; d’abord invisibles dans le champ que l’on observe cette fois au fort grossissement, elles y apparaissent bientôt sous forme d’ombres plus ou moins distinctes; on peut alors rectifier une dernière fois leur position et passer ensuite à l’opération proprement dite. Celle-ci, on le conçoit, représente habituellement le temps le plus court et le plus facile par rapport aux minutieuses étapes préparatoires nécessaires.
- Les interventions microchirurgicales ne peuvent se faire dans de bonnes conditions que si l’objet sur lequel on veut opérer est suffisamment immobilisé : une cellule nageant librement dans un liquide échapperait sans cesse aux aiguilles qui cherchent à la pénétrer. Si dans certains cas, ceux par exemple où les éléments étudiés appartiennent à des frottis ou à des cultures sur lamelles, le problème de la fixation ne se pose pas, dans la plupart des autres il a au contraire une grande importance. On cherche le plus souvent à assurer l’immobilité d’une cellule en déterminant son adhérence à la surface de la lamelle; l’adhésion se produit si, à l’aide d’une pipette, on aspire la majeure partie de la goutte pendante; c’est la fixation par aspiration. On peut aussi — c’est une méthode brutale, qui n’est jamais sans inconvénients et doit être réservée à de gros objets — maintenir l’organisme à l’aide de pinces, d’aiguilles simples ou croisées (fig. 5).
- La microchirurgie a été principalement appliquée à l’étude de la mécanique du développement embryonnaire d’une part, à des- problèmes de cytologie générale d’autre part. Mais les résultats qu’elle a permis d’obtenir dans ces deux domaines sont d’importance fort inégale. En effet, les opérations fondamentales sur l’œuf (œuf de Grenouille, œuf d’Oursin, par exemple) ont été pratiquées bien avant que soient connus les appareils et les techniques que nous décrivons. C’est sous le seul contrôle de la loupe, et à l’aide d’une instrumentation banale que des expérimentateurs de la valeur de W. Roux' ou de Spemann pratiquant des excisions, des hémisections, des cautérisations, à divers stades, nous ont fait connaître certaines lois fondamentales du développement embryonnaire. La microchirurgie n’a été dans ce domaine qu’un adjuvant, il est vrai fort utile. Au contraire, elle s’est révélée comme indispensable à un certain ordre de recherches cytologiques et on doit la considérer comme le moyen le plus précieux d’entreprendre l’analyse, encore si peu avancée, de la structure des cellules vivantes. Grâce à elle, un certain nombre de biologistes ont fait des observations importantes touchant les pro-
- p.488 - vue 500/598
-
-
-
- priétés physiques des constituants cellulaires, leur élasticité, leur viscosité : celle des chromosomes, sous leurs différents états, a été particulièrement recherchée. L’existence de la membrane cellulaire, qui avait dans certains cas été discutée, a pu être révélée de la façon la plus nette. En pratiquant des injections de diverses solutions salines à l’intérieur d’une Amibe, on a pu faire d’intéressantes constatations touchant le déterminisme de la formation de ses pseudopodes. On a pu aussi étudier la concentration en ions hydrogène des cellules, leur potentiel d’oxydo-réduction et ses variations sous différentes conditions. Dans un ordre d’idées un peu different, la microchirurgie a permis d’isoler d’une cultnre une seule Bactérie, et de montrer qu’un ensemencement,
- ‘ 489 =
- ou même une infection expérimentale mortelle étaient possibles à partir de cet organisme unique. Enfin les micromanipulations, appliquées par les industriels, dans leurs laboratoires, à l’étude de certaines matières premières, ont pu fournir des documents intéressants. Nous n’en retiendrons qu’un exemple, concernant le caoutchouc : des épreuves d’étirement, d’écrasement, de compression, etc... infligées aux divers constituants de cette émulsion que constitue le latex des Hévéas, ont prouvé que l’élasticité de la gomme était uniquement due à.la structure et aux propriétés particulières des particules sphériques contenues dans l’émulsion.
- Dr J. Millot.
- = LA MUSIQUE ET LES ONDES MUSICALES =
- L’APPAREIL MARTENOT
- Chacun sait que la radiophonie assure maintenant une telle diffusion à la musique qu’il n’y aura bientôt plus personne qui ne soit familiarisé avec la plupart des chefs-d’œuvre.
- Il existe malheureusement d’autres productions musicales, d’une valeur artistique infiniment plus douteuse, qu’il eût peut-être été préférable de ne pas livrer bénévolement aux ondes, telles que certaines danses modernes, aux rhythmes syncopés, dont les modulations très spéciales, d’un goût fort douteux, ne sauraient se rattacher que de très loin au grand art musical.
- Le développement de la musique, assis sur une saine compréhension de l’art, exercera probablement la plus heureuse influence sur les tendances des générations futures.
- Sous cette persévérante action, le nombre des exécutants s’accroîtra, leur sens artistique s’affinera, et il est probable que les compositeurs se révéleront également plus nombreux, surtout si la technique musicale s’améliore et se simplifie ainsi que ses modes de réalisation pratique.
- Les ondes, dans leur envol continuel à travers l’espace, auront vite fait d’atteindre le cœur des peuples où la musique n’est encore qu’à l’état embryonnaire. Orientant progressivement leur âme vers les subtilités de cet art nouveau pour elles, on verra peut-être éclore des chefs-d’œuvre imprévus, teintés des reflets miroitants de la mystique Asie, ou colorés par l’ardeur embrasée de l’Afrique! La musique, en élargissant son cadre et ses moyens d’action, entraînera dans une même évolution : sa technique, ses modes d’exécution et son orientation artistique.
- L’art musical tel que nous le concevons actuellement n’est encore accessible qu’à une faible minorité, tant il présente de complications et de difficultés, aussi bien dans la technique que dans l’exécution, tandis qu’un art si spontané, si populaire, devrait au contraire être à la portée de tous !
- En y regardant de près, on y trouve mille choses susceptibles d’être modifiées et simplifiées, telles que les gammes, l’harmonie, la rhythmique, l’écriture musicale et l’instrumentation.
- Mais si l’on veut faire œuvre utile et durable, il faut savoir s’affranchir de conventions ancestrales et d’habitudes profondément ancrées.
- Une telle évolution — pour ne pas dire révolution — ne semble pas cependant avoir tellement effrayé nos plus grands Maîtres ! L’idée fait insidieusement son chemin à travers le monde des compositeurs, des exécutants et même du grand public.
- Les multiples exigences nouvelles d’un art trop à l’étroit dans ses cadres anciens l’entraîneront fatalement vers une telle évolution, dès que les nouvelles assises en seront suffisamment solides. Ce sera vers cette nouvelle émancipation que nous chercherons à orienter le lecteur.
- Fi(j. 1. —• Schéma de l'appareil à. ondes musicales de M. Marlenot.
- p.489 - vue 501/598
-
-
-
- = 490
- LA MUSIQUE DES ONDES
- L’électricité, sur l’aile des ondes électromagnétiques, s’est déjà chargée de distribuer le grand art aux quatre coins du monde; elle va maintenant se plier à une autre besogne, qui consistera à simplifier et à modifier profondément l’instrumentation musicale. Ce résultat est du reste déjà acquis, grâce à l’un de nos compatriotes, M. Maurice Martenot.
- Essayons de faire comprendre le principe du nouvel instrument.
- Tous nos lecteurs connaissent la radio; la plupart de ceux qui utilisent des postes récepteurs à lampes ont entendu les sifflements, les hurlements bizarres qui s’échappent parfois de leurs postes, à la suite d’un réglage défectueux. Ils ont pu observer que ces mélopées, plus ou moins plaintives, se produisaient souvent à l’approche de la main. ' Ces effets acoustiques prennent naissance à l’intérieur même dés lampes, à la suite de variations de capacité électrostatique provoquées par l’approche du corps, agissant de la même façon qu’une armature de condensateur variable. Le poste est déréglé et il s’en plaint aussitôt à son haut-parleur.
- Partant de ce fait,, il suffisait d’imaginer un dispositif capable de faire varier à volonté la capacité des condensateurs d’accord, pour transformer les sonorités discor-
- Fig. 2. — L’appareil de M. Marlenol . (Ph. Rep.)
- dantes, que nous connaissons, en sons musicaux agréables, dont on ferait varier à volonté la hauteur et la puissance.
- C’est précisément le résultat auquel est parvenu d’une façon particulièrement élégante M. Martenot après de patientes recherches, où il fut du reste guidé par ses connaissances parfaites en musique, en électricité, en radiophonie et en mécanique.
- Les résultats qu’il obtient avec son instrument sont réellement surprenants et laissent bien loin derrière eux ceux de ses prédécesseurs.
- Il convient, en effet, de rappeler que l’idée de principe des ondes musicales fut brevetée en 1922 par un ingénieur français, M. ITugoniot, et que la première réalisation de cette idée est attribuable à M. Givelet. Vint ensuite un ingénieur russe, M. Theremin, qui apporta d’intéressants perfectionnements à cette méthode. Mais en réalité tous les résultats précédents furent absolument insuffisants au point de vue artistique ; et l’idée allait même tomber dans l’oubli quand un ingénieux enfant de Paris s’en empara, la perfectionna, la mit définitivement au point; et l’on assista, étonné, aux superbes résultats de M. Martenot ! La musique des ondes était créée et l’Europe entière en fut émerveillée.
- L’INSTRUMENT DE M. MARTENOT
- Cet instrument permet d’interpréter avec la plus grande aisance les . compositions musicales les plus compliquées. Les nuances les plus délicates, les modulations les plus rapides, les trilles les plus ardus, les effets de staccato, etc., sont rendus avec autant de perfection que sur le violon ou sur la flûte.
- Les pianissimo les plus légers, les fortissimo les plus puissants sont également exprimés sans effort par le simple jeu de touches minuscules.
- La richesse et la variété des timbres paraît illimitée; on croit entendre tantôt le violon, tantôt le violoncelle, la clarinette, le hautbois, la trompette ou le cor de chasse suivant les harmoniques accompagnant le son fondamental.
- On obtient sans plus de difficultés cent timbres inconnus et parfois étranges, dont la suavité, le prenant ou l’âpreté permettront bientôt d’enrichir la palette orchestrale.
- M. Martenot interprète, avec l’aide de son instrument, des pièces musicales se prêtant plus particulièrement à des effets de timbres variés, dont la succession colore d’une façon imprévue la pensée de l’auteur.
- Un autre avantage de l’instrument consiste dans son étonnante souplesse dans l’aigu comme dans le grave. Dans le registre grave, en particulier, les instruments actuels de l’orchestre, tels que la contrebasse, le contre-basson, l’orgue, etc., opposent à l’exécution une certaine inertie, provenant de la masse des organes en mouvement ainsi que des grands volumes d’air mis en jeu. Aussi ces instruments ne permettent-ils pas d’obtenir des effets suffisamment rapides et nuancés. Tout au contraire, l’absence de toute inertie mécanique, jointe à la vitesse quasi instantanée de l’électricité, animatrice du Martenot, permet d’obtenir, sans effort, mille effets nouveaux dans les registres les plus graves.
- p.490 - vue 502/598
-
-
-
- 491
- Fig. 3. — Deux modes d'emploi des appareils de M. Marlenot. (Ph. G. L. Manuel Frères).
- Ajoutons que la vitesse quasi infinie de l’agent moteur permet de faire entendre un même concert, à la fois dans plusieurs salles différentes, très éloignées les unes des autres.
- L’instrument actuel n’est encore destiné qu’à interpréter la partie mélodique; il est donc le plus souvent doublé d’un instrument d’accompagnement, tel que le piano ou l’orgue.
- Ces premiers résultats, aussi remarquables qu’ils soient, sont cependant encore insuffisants, car on sera amené à compléter le simple dessin mélodique qu’il fournit par des effets de polyphonie et d’harmonie, qui nécessiteront l’emploi d’un nombre variablé d’instruments semblables qui feront entendre des sons aux timbres variés, contribuant dans leur ensemble aux effets orchestraux.
- L’orchestration pourra bientôt trouver, dans cette nouvelle réalisation des ressources imprévues qui contribueront à l’essor des génies créateurs.
- Ajoutons enfin que la grande facilité d’exécution, sur cet instrument, permet à l’artiste d’y acquérir en quelques mois une maîtrise complète, tandis qu’il lui faudrait consacrer des années d’études pour obtenir des résultats analogues, principalement sur les instruments à cordes, tels que le violon ou le violoncelle.
- La possibilité de faire varier à volonté l’intensité, le timbre et même le caractère rhythmique, permet d’écarter de l’exécution la plupart des efforts mécaniques que nécessitent les instruments actuels. Il en résulte, pour l’artiste, la possibilité de concentrer toute son attention sur le « rendu » de l’exécution. Ajoutons que l’étendue chro-
- matique des instruments de l’orchestre atteint à peine six octaves, tandis que le nouvel instrument de M. Marte-not embrasse facilement six à sept octaves; ce qui permet d’élargir encore le champ d’interprétation musicale.
- LA TECHNIQUE DE L’INSTRUMENT
- La partie essentielle de l’instrument est constituée par un jeu de lampes triodes : réceptrices, détectrices et amplificatrices, analogues à celles des postes de T. S. F. Le dispositif a pour but de faire « chanter » les lampes, c’est-à-dire de faire naître dans celles-ci des vibrations électriques qu’on transforme ensuite en ondes musicales à l’aide d’un haut-parleur.
- Dans ce but on utilise (fig. 1) deux lampes triodes L et LJ} montées en oscillatrices. Les circuits oscillants comportent comme d’habitude des selfs. AJ? Ag, B, B,, B2, reliées respectivement en parallèle à des condensateurs N et Nr Les deux lampes sont susceptibles de produire des courants oscillants de haute fréquence, non audibles; qui diffèrent d’un nombre tfils petit de périodes, de façon à produire des battements espacés, à des intervalles musicaux. A ce t effet, une dé tec trice» L2 est commandée par trois circuits induits B, Bj; B,,. Les deux premiers sont alimentés par les lampes L et L , le troisième, sur lequel agissent les deux précédents, produit les interférences à intervalles musicaux sous une forme alternative- que l’on redresse à l’aide de la détectrice Lr
- Les ondes musicales sont alors reprises et amplifiées par deux lampes basse fréquence L. et L4. La dernière lampe de puissance L4 est reliée au diffuseur D1S chargé
- p.491 - vue 503/598
-
-
-
- = 492 —-------------------
- de transformer en ondes sonores les ondes électriques redressées provenant du dispositif précédent.
- 11 s’agit maintenant de modifier à volonté la rapidité des battements, de façon à produire des notes musicales déterminées.
- La partie principale de l’invention de M. Martenot consiste précisément dans les organes qui permettent d’obtenir ce résultat.
- Cette partie de l’instrument comporte un rectangle mobile I, P, P', H, P", P"', permettant de modifier à volonté le réglage des capacités des lampes L et Lr La capacité reliée à la lampe L reste fixe; c’est celle qui est reliée à la lampe LJ? que l’on modifie en déplaçant la pièce H sur un clavier E.
- Cette piice H entraîne avec elle l’ensemble des fds souples P", P'", P, P', constituant un cadre fermé. Le cadre mobile se compose de trois brins souples distincts, solidaires les uns des autres.
- Le premier brin I, P", D est formé par un câble métallique ; le second I, P, P' H. par un fil isolant, et le troisième H, P", D., par un fil en caoutchouc. Le fil métallique et le lil en caoutchouc s’enroulent en sens contraire sui-les deux gorges d’une poulie double D.
- D’autre part, une barre métallique S, S', disposée à faible distance du câble métallique I, P"', est munie d’une série de fiches métalliques à larges têtes, h, constituant dans leur ensemble l’armature discontinue d’un condensateur, dont l’autre armature est formée par le câble métallique I, P'"; dans son déplacement horizontal, ce câble fait varier la capacité du condensateur, réagissant de la sorte sur le réglage de la lampe L,, et produisant finalement les effets acoustiques que nous avons signalés précédemment.
- On obtient de la sorte la succession des notes de la gamme, en déplaçant la pièce mobile H, à l’aide du doigt, et en arrêtant celui-ci sur les diverses touches d’un clavier E, analogue à celui d’un piano.
- Pendant que la main droite produit le chant, la main gauche agit sur un autre petit clavier, muni de touches analogues à celles d’un accordéon. On peut de la sorte produire des variations d’intensité et de timbre. Ce sont de petites résistances électriques spirales qui servent à produire ces effets.
- L’instrument comporte, en outre, un second mode de réglage, consistant dans une lame conductrice S, mobile entre les deux selfs B,, B2. Cette lame forme écran électromagnétique et modifie le champ d’induction suivant sa position.
- M. Martenot réalise un autre mode d’exécution en se servant du fil conducteur IP'", séparé du cadre mobile.
- Ce fil se termine alors par une poignée munie d’un clavier minuscule permettant d’exécuter facilement les trilles. Le fil glissant sur le clavier de réglage permet de régler son extrémité libre dans l’espace, de façon à émettre les diverses notes de la gamme.
- On fait varier le timbre avec la main gauche en agissant sur divers facteurs électriques, tels que la polarisation grille de la dernière lampe amplificatrice, la tension plaque et le chauffage du filament.
- On pourra probablement apporter divers autres perfectionnements au dispositif précédent en modifiant, par exemple, la construction intérieure des lampes, celle des transformateurs, et peut-être encore divers autres organes secondaires.
- NÉCESSITÉ D’UNE TECHNIQUE SIMPLIFIÉE
- La musique des ondes deviendra vraisemblablement le point de départ de modifications profondes dans l’art qui nous intéresse, car en dehors des ressources nouvelles que les nouveaux instruments apporteront dans l’exécution et dans l’interprétation musicales, ils permettront aussi d’y introduire des rectifications et des simplifications utiles.
- Cet instrument permet en effet d’émettre des notes musicales absolument justes, formant des gammes d’une pureté irréprochable, remplaçant avantageusement les gammes tempérées actuelles, dont l’architecture grossière est loin de donner satisfaction aux oreilles douées d’un sens musical affiné. Nous pourrions de la sorte revenir aux saines traditions de la musique antique, et suivre les indications de la musique naturelle. En possession d’une pure et suave mélodie, nous pourrions aborder la féerie de l’harmonie avec un équipement nouveau, en centuplant l’éclat, l’expression, la puissance et le nombre des accords. La résolution de ces accords n’exigerait plus l’intervention des cruelles dissonances actuelles.
- Nous étudierons prochainement de quelle façon il pourrait être possible, grâce à la musique des ondes, de revenir à l’usage des gammes parfaitement justes, tout en apportant une grande simplification à la grammaire musicale, aux règles de l’harmonie, à la rhythmique et à l’écriture musicale.
- Les recherches commencées depuis plus de vingt-cinq ans ont reçu les plus vifs encouragements de sommités musicales. La remarquable découverte de M. Martenot, complétant ces résultats d’une façon inattendue, donne maintenant la possibilité de tenter avec plus de chances de succès l’essai de remaniement de la technique musicale qui fera l’objet d’une prochaine étude.
- Dr Albert Nodon.
- UN NOUVEL AVION DE TOURISME
- Dans tout avion de tourisme et de transport public il est désirable de donner aux passagers la sécurité et le confort qu’ils peuvent désirer. C’est en vue. de satisfaire à ces deux nécessités qu’a été construit le nouvel avion Blériot III.
- C’est un monoplan de très grande finesse permettant un rendement économique. L’aile a été disposée à la partie inférieure du fuselage. Cette solution est avantageuse dans ce .sens qu’elle permet une très grande luminosité dans la cabine et des atterrissages et des décollages à
- p.492 - vue 504/598
-
-
-
- 493
- vitesse beaucoup plus réduite que la solution monoplane parasol.
- Le profil de l’aile, semi-épais, a également autorisé une construction plus fine que l’aile franchement épaisse; il comporte un haubanage qui permet de gagner considérablement sur le poids du planeur et qui est utilisé pour le réglage très facile de la voilure. Ce haubanage est constitué par deux paires de mâts réglables soutenant l’aile au tiers de son envergure à partir de l’épaule; étant placés au-dessus de l’aile, ils travaillent par conséquent à la compression. On éloigne ainsi du sol toutes les parties du haubanage intervenant dans la solidité de l’avion; la sécurité se trouve, de ce fait, considérablement augmentée et la résistance de la voilure ne peut être compromise par un choc au départ ou à l’atterrissage.
- Le train d’atterrissage appartient au type à roues indépendantes sans essieu horizontal.
- Chaque roue est montée sur un demi-essieu coudé disposé à 45° et s’articulant sous le ventre du fuselage, dans l’axe de l’avion. Une contre-fiche, disposée à 45° en arrière de l’essieu, s’articule également sous le ventre du fuselage et em-
- lorsque les mâts interviennent pour modifier le réglage de l’incidence.
- Par contre, dans tout le reste de l’aile, c’est-à-dire dans la partie comprise entre l’attache des haubans et l’extrémité, le haubanage métallique est renforcé par un revêtement partiel en contreplaqué donnant à cette partie de l’aile une rigidité absolue en torsion et évitant ainsi toute déformation qui pourrait résulter de l’action des ailerons. Enfin, les ailes sont entièrement revêtues d’un entoilage classique.
- Le fuselage supporte à son avant le bâti-moteur auquel il est relié par 4 axes seulement. On peut donc monter sans difficülté, sur le Blériot III, le moteur 250 ch His-pano-Suiza, 6 cylindres à eau à démultiplicateur, ou bien le moteur à air Lorraine 230 ch, le Salmson 250 ch ou bien
- encore le moteur Titan Gnome et Rhône 250 ch ou enfin, et indifféremment, tous moteurs à eau ou à air présentant des caractéristiques à peu près analogues; mais la résistance du planeur, au point de vue des essais statiques, permet le montage de moteurs plus puissants.
- Fig. 1. — Le nouvel avion de tourisme Blériot équipé avec moteur Jupiter.
- pêche tout mouvement d’avant en arrière de l’ensemble roue et essieu.
- Au-dessus de chaque roue est disposé un amortisseur vertical à très longue course constitué par un système à ressort à boudin métallique avec piston amortisseur. IJn tel train est d’une très grande souplesse en raison de sa longue course; de plus, par suite de l’absence d’essieux, les risques de capotage en cas d’atterrissage accidentel dans les hautes herbes sont diminués fortement.
- L’aile est constituée par deux longerons en caisson en duralumin et des nervures en bois ; le croisillonnement dans le plan de l’aile est réalisé par des haubans métalliques réglables. Il n’existe qu’un seul hauban dans la partie comprise entre l’attache des mâts et l’épaule; ce dispositif permet une légère torsion de l’aile dans cette partie
- Le poste de pilotage placé immédiatement derrière le moteur comporte deux places côte à côte : à gauche, la place du pilote qui commande son avion à l’aide d’un volant classique sur tige oscillante. La commande de direction est assurée par deux pédales articulées à leur partie ÀR et réduisant au minimum la fatigue du pilote. La place de passager située à droite du poste de pilotage est reliée par un couloir à la cabine elle-même et permet à tous les passagers de venir, pendant le vol, l’occuper ou la quitter à volonté.
- Enfin, une conduite intérieure amovible couvre le poste de pilotage et permet un dégagement extrêmement facile en parachute. Le pilote peut d’ailleurs voler, suivant son désir, en conduite intérieure ou à l’air libre.
- Derrière le pilote, et entre les longerons d’aile, est dis-
- p.493 - vue 505/598
-
-
-
- = 494 — -.......... : -
- posé le réservoir d’essence permettant un vol de 10 h ; ce réservoir se remplit par l’extérieur et aucun contact entre l’essence et les passagers n’est possible. Ce réservoir est placé rigoureusement au centre de gravité de l’avion. II peut être détaché en vol par le pilote en cas de danger.
- La cabine des voyageurs située derrière le réservoir d’essence comporte 4 fauteuils très confortables faisant face à la marche et pouvant être transformés en couchettes. Des hublots latéraux et des hublots plafonniers, des lampes électriques, donnent à la cabine une très grande luminosité pendant le jour et pendant la nuit. Elle mesure 1 m 90 de long, 1 m 40 de large au maître couple et 1 m 90 de hauteur au maître couple. Le passage libre entre les fauteuils a 0 m 36 de largeur. Enfin la cale à bagages, sur le côté de laquelle se trouvent les lavabos, mesure, y compris l’emplacement du lavabo, 1 m 50 de longueur, 1 m 20 de largeur et 1 m 60 de hauteur au maître couple. Il en existe une deuxième sous le poste de pilotage.
- L’empennage est réglable au sol et articulé autour de sa partie avant par un dispositif spécial qui augmente son assise sur le fuselage. Le gouvernail de direction est muni d’un petit volet compensateur réglable au sol et permettant d’éviter au pilote toute poussée fatigante dans les pédales de manœuvre.
- Enfin la béquille est constituée par des lames d’acier très souples et robustes. Son amortisseur est à sandow.
- Voici les caractéristiques de ce nouvel appareil :
- Poids à vide 1300 kg, charge totale 1000 kg y compris 640 1 d’essence et 50 1 d’huile. Il mesure 16 m d’envergure, 10 m 90 de longueur totale, 3 m 20 de hauteur. La surface portante est de 34 nP, ce qui correspond à une charge de 67 kg 500 par nr. Avec un moteur de 250 ch la vitesse maximum atteinte est de 195 km à l’heure, tandis que celle de croisière est de 170 km permettant un vol d’une durée de 10 h, ce qui représente un rayon d’action de 1700 km.
- Lucien Fournier.
- L’USINE HYDRO-ELECTRIQUE DE CONOWINGO
- Le nouveau réseau de transmission d’énergie électrique sous la tension de 220 000 volts entre Conowingo et Phila-
- Fig. 1. — Coupe transversale de l'usine de Conowingo
- delphie (E.-U.), mis en service l’année dernière, mérite une mention toute spéciale, d’abord à cause de ses proportions gigantesques et puis à cause de certaines caractéristiques particulièrement intéressantes.
- C’est l’une des plus puissantes installations hydroélectriques du monde et qui représente, en outre, dans ce domaine, les derniers progrès de la technique.
- Nous allons signaler rapidement ses dispositions en nous inspirant des documents communiqués par l’aimahle directeur de la « Philadelphia Electric Co », propriétaire du réseau et de l’attrayante conférence faite par M. Ch. Duval, directeur des Services électriques de la Société générale d’Entreprises et publiée par le Bulletin de la Société française des Électriciens (janvier 1930).
- L’usine génératrice de Conowingo est une usine hydro-électrique de basse chute, située dans le Maryland sur la rive Ouest du Sas-quehanna à 105 km de Philadelphie et à 93 km de la sous-station de Plymouth Muting à laquelle elle est reliée par une ligne à 220 000 volts.
- LES CONSTRUCTIONS EN RIVIÈRE
- Cable de terre
- Barres 220.000 V
- Æten52?75_i
- Cable de terre /
- Bobine de & Self rW
- \Parafoudres 220 KV.
- Route , nationale
- Murde
- Salle des machines
- Kifatrice‘
- Grue de 20 T.
- Dréi rilleur
- lie maximuml
- l/annepapillon
- f 5M)00.Hî \Chuteneik V26TO0^
- L’étude du régime du fleuve et celle des demandes d’énergie ont conduit à prévoir l’installation pour une production maximum d’environ 400 000 kw correspondant à un déhit de 1700 m5 sec.
- On pense réaliser une économie annuelle de 750 000 t de charbon, une fois que cette puissance totale sera installée.
- On a prévu les possibilités d’interconnexion
- p.494 - vue 506/598
-
-
-
- Fig. 2. — Vue prise en avion du sile de Vusine hydroélectrique el du barrage de Conowingo sur la rivière Susquehannah.
- de l’usine de Conowingo avec les réseaux voisins de la « Pennsylvania Power and Light Co » et la « Public Service Electric and Gas Co », alimentés par des centrales thermiques, afin de réduire au minimum les frais d’exploitation de chacune de ces compagnies, en leur permettant de fonctionner à charge aussi constante que possible, et de réduire les pointes, ruineuses aussi bien au point de vue des dépenses de premier établissement que des frais d’entretien.
- Le réservoir. — Le réservoir constitué par le barrage a un peu plus de 22 km de long, sa largeur variant de 800 à 2000 m. Il peut emmagasiner une quantité d’eau correspondant à la production de 5 000 000 kw-h. La hauteur de chute disponible est de 27 m environ.
- Barrage et ouvrages de prise d*eau. — Le barrage d’une longueur de 1410 m est actuellement le plus grand ouvrage de ce genre en béton; son cube total est de 332 000 m5. La coulée commencée le 3 août 1926 fut terminée le 16 janvier 1928. Au début d’août 1927, 3275 ouvriers travaillaient à l’usine et au barrage.
- La vue en plan de l’installation présente successivement, à partir de la rive Ouest, une culée d’environ 36 m de long; l’usine de 290 m et les ouvrages de prises d’eau, les 3 vannes de régulation, le déversoir de 685 m, la culée Est d’environ 365 m de long.
- Le déversoir présente la caractéristique assez spéciale de posséder une crête surplombant le parement amont et supportant 50 vannes mobiles du type Stoney de 6 m 90
- de haut sur 12 m 50 de large coulissant dans des glissières pratiquées dans les piliers de béton du bai'rage. Pour parfaire la régulation, on a prévu trois vannes près de l’usine sur une crête secondaire à 30 m d’altitude.
- Batiments de Vusine. — L’usine fait partie intégrante du barrage. Sa largeur totale est de 53 m 5 et sa longueur actuelle de 200 mètres atteindra 290 m quand tous les groupes seront installés.
- Elle comprend : la salle des machines qui a environ 21 m 5 de large, 23 m de haut et 200 m de long; un bâtiment à deux étages situé entre cette salle et les ouvrages de prise d’eau, qui contient les barres omnibus à 13 800 w et les cellules de couplage. Sur le toit de ce bâtiment sont placées les cellules des transformateurs élévateurs et les salles des tableaux d’où l’on voit directement la salle des machines. Le toit de cette dernière salle est en béton armé supporté par des armatures d’acier; il est surmonté d’une charpente métallique de 27 m 5 de haut, constituant le poste de coupure. Cette superposition, au-dessus des turbines et du fleuve, de tous les organes de génération, de transformation et de distribution du courant est une des originalités de Conowingo (fig. 1).
- LES TURBINES
- Turbines. — L’installation actuelle comprend sept turbines à axe vertical de 54 000 ch, 27 m de chute et 81,8 tours par minute.
- p.495 - vue 507/598
-
-
-
- 496
- Fig. 3. — Coupe à travers une turbine hydraulique.
- On a choisi des bâches en acier soudé et non en béton à cause de la grande économie ainsi réalisée dans les travaux de génie civil.
- Le diamètre maximum du rotor est de 5 m 45 et son poids total de 100 t environ. Chaque arbre est en acier forgé'de 91 cm de diamètre (fîg. 3).
- En plus des 7 turbines principales, il existe 2 turbines de 19 000 ch pour les services auxiliaires de l’usine.
- Vannes^papillon. — La section d’entrée des canaux d’amenée est-d’environ 177 m2 par unité.
- En plaçant une va il ne-papillon à l’entrée dé la bâche-
- Fig. 4.
- L’une des vannes papillon réglant l'arrivée de l’eau à une turbine.
- spirale, la surface à fermer n’est que de 53 m2 et le périmètre à maintenir étanche de 26 m. On a choisi des vannes-papillon de 8 m 25 de diamètre du type circulaire à axe vertical (fîg. 4).
- L’ouverture totale est obtenue en 5 minutes ainsi que la fermeture, même pour le débit maximum.
- L’étanchéité de chaque valve est obtenue par admission d’air sous pression dans un tube élastique de 7,5 cm de diamètre posé dans la section de fermeture de la valve. De cette façon on réalise un joint qui rend les fuites négligeables.
- Fig. 5. — Vue générale de l’usine.
- p.496 - vue 508/598
-
-
-
- La commande de chaque vanne est obtenue par pression d’huile dans un cylindre de 1 m de diamètre.
- Ces vannes sont les plus grosses de ce genre.
- Vannes du déversoir. — Les cinquante vannes permettent un débit total de 22 600 m3-sec., soit 452 par vanne et les trois vannes secondaires un débit égal à 151 m3 : sec.
- Elles sont toutes manœuvrées par trois ponts roulants qui servent également aux vannes d’entrée et de sortie et aux grilles de retenue des corps flottants.
- L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE
- Les sept alternateurs principaux de 40 000 kvA installés actuellement produisent l’énergie sous la tension de 13800 volts, élevée à 220 000 volts par des groupes de transformateurs de 80 000 kvA. x La mise en parallèle s’effectue sur les barres omnibus 220 000 volts entre des groupes de 80 000 kvA constitués chacun par 2 généra- Fi9- 6- — teurs et un transformateur; on réalise ainsi une grosse économie sur le prix des transformateurs. L’installation définitive comprendra six groupes semblables à deux alternateurs, plus un groupe de 40 000 kvA seulement, constitué par l’alternateur n° 11 et le transformateur n° 6.
- Alternateurs principaux. — Ils ont les caractéristiques suivantes :
- 40 000 kvA, 13 800 v, triphasé 60 périodes par seconde.
- Il en existe de plus puissants, mais ceux-ci sont, à cause de leur vitesse réduite, les plus gros qui aient jamais été construits. Ils ont environ 11 m 60 de diamètre, 9 m 75 de haut et pèsent avec le pivot, l’alternateur auxiliaire et son excitatrice, plus de 500 t.
- Transformateurs principaux. — Chaque groupe d’une puissance de 80 000 kvA est constitué par 3 unités de 26 666 Icva. Quatre de ces groupes sont installés actuellement de même qu’une unité de secours, soit treize transformateurs en tout.
- Ils sont refroidis par circulation d’eau provenant normalement du fleuve et s’écoulant par gravité dans les serpentins de réfrigération.
- Disjoncteurs à huile. — Ceux qui sont employés sur les circuits 220 000 volts présentent les caractéristiques suivantes : 187 Icva, 1000 A ; puissance de coupure : 2 500 000 kvA, 1 pôle par bac. Les disjoncteurs employés sur les circuits 13 800 volts sont du type 15 000 volts mais isolés en réalité pour 25000 volts. Les disjoncteurs des services auxiliaires sont de 2000 A, ceux des barres omnibus de 4000 A.
- Ils sont commandés par moteur et ont une puissance de coupure de 1 500 000 Icva.
- Vue intérieure de la salle des machines surmontée par les disjoncteurs, les parafoudres et les barres de départ.
- Divers. — Le poste 220000 volts est le premier poste de cette tension équipé de parafoudres; ceux-ci sont du type à pellicule d’oxyde. La salle des tableaux est située au
- Fig. 7. — La salle des alternateurs.
- ♦ *
- p.497 - vue 509/598
-
-
-
- 498
- Fig. 8. — Vue générale du poste de départ à 220 000 volts installé sur le loit : à droite les parafoudres, à gauche les disjoncteurs,
- au-dessus les barres de départ.
- milieu de l’installation; elle comprend 3 tableaux demi-circulaires disposés l’un derrière l’autre.
- Fig. 9.
- Les parafoudres à pellicule d’oxyde, 220_000 volts.
- L’EXPLOITATION
- La répartition de la charge du réseau de la « Philadelphia Electric Co » et des réseaux connexes se fait par « load dispatching » au moyen d’un certain nombre de « dispatchers » dépendant des compagnies intéressées.
- Ceux du réseau de Philadelphie sont installés dans un bureau central au milieu de la ville. Un tableau du schéma du réseau indique l’appareillage principal et toutes les connexions.
- Des enregistreurs et indicateurs donnent constamment tous renseignements utiles sur la charge des divers secteurs. Le personnel est en liaison permanente avec les électriciens, de service dans chaque usine ou poste, et avec les abonnés au moyen de lignes téléphoniques directes et de postes de T. S. F.
- On réserve une certaine fraction de l’énergie thermique disponible pour fournir l’appoint en cas de panne d’une centrale hydraulique ou d’une ligne. Dans ce but, une turbine à vapeur assez puissante est toujours en service.
- Quand le débit du Susquehanna est élevé, l’usine de Conowingo fournit l’énergie de base, les usines thermiques fournissent seulement l’appoint de la consommation; quand lé débit est faible, les usines thermiques fournis-
- p.498 - vue 510/598
-
-
-
- 499
- sent l’énergie de base, Conowingo donnant les pointes et l’excédent de la consommation ; cela permet de réaliser la meilleure marche économique.
- On a tracé des graphiques de répartition des énergies thermiques et hydrauliques en fonction de la consommation et pour des débits variables.
- De ces courbes, le dispatcher général déduit la répartition de la charge totale la meilleure après consultation des dispatchers voisins; l’ensemble peut ainsi fonctionner dans les meilleures conditions d’économie.
- L’usine de Conowingo pourra donner en année moyenne 1250 millions de kw-h avec sept machines; on a déjà fait 2 à 2,5 millions de kw-h par jour.
- L’installation a coûté 51 millions de dollars : c’est évidemment un travail d’art très coûteux, mais sa construction est justifiée du fait que la région de Philadelphie qui comprend 3 millions d’habitants et 520 000 abonnés absorbe actuellement 2 milliards de kilowatts-heure.
- On développera, d’ailleurs, peu à peu, très largement le réseau à 220 000 volts qui sera relié, dès 1931, à New-York, puis à Washington et Baltimore, de sorte que la quantité d’énergie débitée sur ce réseau s’élèverait à plus de 20 milliards de kw-h. Une fois que l’usine débitera sur un aussi vaste réseau, son utilisation sera parfaite.
- Du reste, elle donne dès à présent toute satisfaction. Comme les deux autres installations californiennes de même tension desservant Los Angeles et San Francisco, elle ne présente pas d’irrégularités, ce qui prouve suffisamment la bonne tenue des grands transports à 220 000 volts et leur complète mise au point.
- Cette constatation doit nous donner tout apaisement au sujet du fonctionnement prochain du réseau français à 220 000 v entre le Massif Central et la région parisienne, première réalisation du réseau général qui reliera
- Fig. 10. — Portion de ligne à 220 000 voltsi
- un jour nos régions de production hydraulique aux centres de consommation. L. Kuentz.
- Fig. 11. — L’usine de Conowingo la nuit.
- p.499 - vue 511/598
-
-
-
- LE CRAWL 1
- l.&M/LUEAJR
- Fig. 1. —Analogie entre la « ligne » du phoque et celle du nageur de crawl.
- Nous lisons dans les récits des premiers voyageurs que les habitants des îles du Pacifique ont de tous temps été des nageurs merveilleux. Les indigènes de Hawaï et de Samoa se distinguaient particulièrement par leur habileté à jouer dans les longues vagues ondulantes qui, produites par la houle du grand Océan, déferlent avec un rythme monotone sur les plages de sable, au pied des cocotiers.
- S’étendant sur une planche ou un tronc d’arbre, ils se laissaient emporter à toute vitesse sur la crête du rouleau liquide qui vient, à intervalles réguliers, se briser sur le rivage en une blanche nappe d’écume.
- Pour se maintenir en équilibre et rester « accrochés » à la vague, ils devaient battre des pieds et ramer avec les bras, mais il leur arrivait parfois de perdre leur flotteur, et c’est en continuant les mêmes mouvements des bras et des jambes pour se maintenir à flot qu’ils découvrirent la nage rampante, forme primitive du crawl.
- Un fait qui viendrait corroborer cette théorie, c’est que dans les îles du Sud-Pacifique, qui sont entourées d’une ceinture de récifs çorallifères et où par conséquent le sport primitif des glissades sur la vague ne peut être pratiqué, les indigènes n’usent pas du battement de jambes, caractéristique de la nage rampante.
- L’ADAPTATION DU CRAWL
- Ce fut un Australien qui eut le premier l’idée d’utiliser cette façon particulière de nager, et il l’essaya vers la fin du siècle dernier dans un meeting de natation, où il remporta des succès faciles sur les autres nageurs de son pays.
- Le crawl australien, ainsi qu’on le nomma immédiatement, fit école et il rendit célèbres les frères Cavill qui lui donnèrent sa première technique; il était caractérisé par
- 1. Du mot anglais « to crawl », ramper. Prononcer crôl.
- un battement de jambe correspondant à chaque attaque du bras opposé; la jambe, pliée au genou, s’élevait au-dessus de la surface et le mouvement des bras était court et rapide: la tête était en partie immergée et on ne respirait qu’à de rares intervalles.
- Une telle nage ne pouvait convenir que pour de courtes distances. Les entraîneurs américains ne tardèrent pas à l’adopter et à la perfectionner, et ils en firent le « stroke » scientifique qui permet, aujourd’hui, à l’homme de gagner de vitesse, dans l’eau, tout animal terrestre.
- Ce fut un Hawaien entraîné à l’école américaine, Duke Kahanamoku, qui, aux Jeux Olympiques de 1912, révéla au monde sportif émerveillé les possibilités de la nouvelle nage en surclassant tous ses rivaux.
- Le style qu’il employait alors a peu varié, et il est devenu, avec de légères améliorations, le crawl-standard dont voici les caractéristiques principales :
- — Respiration régulière à chaque cycle ou à chaque double cycle des bras. (Le cycle est un mouvement complet et simultané des deux bras.)
- •— Cadence moyenne de six battements de pieds par cycle de bras.
- — Attaque du bras plutôt courte et traction sous l’eau avec le bras mi-plié.
- LE CRAWL EST UNE NAGE A LA FOIS NATURELLE ET TECHNIQUE
- Le crawl est assurément une nage naturelle : les craw-leurs du Pacifique n’eurent d’autre guide que leur instinct, et il n’est que d’observer les mouvements de cette nage pour constater combien ils sont similaires à ceux de la locomotion terrestre : le crawl n’est-il point, en effet, une sorte de marche dans le plan horizontal ? les jambes se croisent l’une devant l’autre comme si elles faisaient des pas courts et rapides et les bras, comme dans la marche sportive, se meuvent énergiquement de chaque côté du corps dans un but d’équilibre et de propulsion.
- Dans aucune autre façon de nager, le corps humain ne présente mieux la « ligne » de l’être marin. L’analogie n’est-elle pas frappante entre le nageur moderne et un cétacé comme le phoque vus de profil ? L’avant du corps est relevé afin de permettre la respiration à fleur d’eau; les jambes allongées forment un double appendice, à la fois stabilisateur et propulseur; les bras pliés agissent à la façon de nageoires.
- Nous remarquerons encore que, sans être aussi parfaitement modelé pour la nage que l’amphibie, le corps du crawleur peut être inscrit dans une figure géométrique qui représente le fuselage des divers engins mécaniques de vitesse : torpille, avion, dirigeable, auto de course; or, il a été démontré que cette forme est celle qui offre la moindre résistance à la progression dans l’air ou dans l’eau.
- Ceci nous permet de déclarer, sans contradiction, que le crawl est une nage technique autant qu’elle est naturelle, car son objet est d’obtenir le maximum de vitesse par les moyen's les plus économiques. i
- --—Nous nous trouvons ainsi en présence d’un problème
- p.500 - vue 512/598
-
-
-
- d’hydrodynamique, dont les trois données sont : la densité du corps, la résistance de l’eau, l’action motrice fournie par les membres antérieurs et postérieurs.
- Etudions d’abord comment fonctionne notre moteur.
- TRAVAIL DES JAMBES
- L’avantage du crawl est la propulsion continue : cette propulsion est obtenue par l’action conjuguée des bras et des jambes, mais ces dernières fournissent la plus grosse somme de travail, car elles soutiennent la partie du corps qui a le plus de tendance à s’enfoncer : elles doivent donc entrer en action, en premier lieu, produisant le « démarrage » comme le tour de manivelle dans une voiture, automobile. Lorsque leur battement est devenu régulier, ce qui demande une assez longue pratique, la synchronisation avec le mouvement des bras se produit automatiquement.
- Les jambes se croisent alternativement dans le plan vertical, appuyant sur l’eau dans toute leur longueur, de l’articulation de la hanche à la pointe des pieds tendus : elles accusent une légère flexion au genou et à la cheville ; les pieds tournés vers l’intérieur restent souples comme des nageoires; le mouvement général fait songer à l’ondulation de la queue d’un poisson.
- Dans leur mouvement de va-et-vient, de haut en bas et de bas en haut, les jambes se frôlent en se dépassant; l’amplitude de leur angle d’ouverture dépend de leur longueur et de la distance à parcourir, l’écart pouvant varier* de 25 à 40 centimètres.
- L’action utile du mouvement est obtenue principalement par le pied remontant, dont la plante prend appui contre l’eau, mais le pied descendant coopère également, dans une certaine mesure, au malaxage de la masse liquide.
- Si les jambes servent à équilibrer la partie inférieure du corps, elles aident aussi puissamment à la propulsion : c’est ainsi que certains nageurs arrivent à se déplacer à travers une piscine aussi rapidement par le simple
- — z::.::::. :z : ........ = 501 =
- battement de jambes que d’autres utilisant leurs quatre membres.
- La pratique du battement de jambes est aussi nécessaire au nageur sportif que l’exercice des gammes l’est au pianiste, et il ne faut pas craindre de franchir ainsi plusieurs longueurs de 25 à 50 m au cours de chaque séance d’entraînement. Le meilleur procédé est de pousser devant soi une petite planche de chêne, ou de tout autre bois lourd, que l’on tient à bout de bras.
- ACTION DES BRAS
- Le mouvement des bras demande une étude très attentive, car la moindre incorrection gâche le style du nageur et l’empêche d’obtenir les résultats qu’il est en droit d’espérer après un long travail. C’est ainsi que la position de la main à l’entrée dans l’eau et à la sortie, l’angle formé par l’avant-bras sous l’eau, la coopération opportune de l’épaule, l’alternance exacte du mouvement positif et du mouvement négatif sont autant de détails d’une importance capitale.
- Les bras attaquent l’eau alternativement de chaque côté du corps, décrivant chacun une ellipse, dont le plan serait perpendiculaire à la surface de l’eau, et dont les deux sommets seraient l’un quelque peu en avant de la figure, l’autre à la hauteur de la hanche ou de la cuisse.
- Ce double mouvement de circumduction des bras exige une très grande souplesse des épaules ; ce sont celles-ci qui, effectivement, dirigent et régularisent, par leur jeu alterné, l’action des bras : de leur position correcte dépend cette avance « glissée » qui caractérise le bon nageur de crawl. Il faut donc s’appliquer à pratiquer longuement « à sec » ce mouvement des bras en ailes de moulin avant de l’essayer dans l’eau : on se place devant une glace et, en s’observant de face et de profd, on s’exerce à obtenir un mouvement régulier et continu des bras par l’élévation et l’abaissement successif de chaque épaule dans un plan
- Fig. % et 3. — Forme générale du nageur de crawl, sur le ventre et sur le dos.
- p.501 - vue 513/598
-
-
-
- = 502 " ..
- parallèle à l’axe vertical du corps. Il faut surtout éviter tout déhanchement.
- L’idée du mouvement une fois acquise, avancez-vous dans l’eau jusqu’à la ceinture, et inclinez-vous vers la surface jusqu’à ce que le menton soit à fleur d’eau : l’un des bras est alors allongé sur l’eau en avant de la figure, l’autre derrière l’épaule à la hauteur de la cuisse.
- Quand le premier bras pénètre sous l’eau, le bras d’arrière s’élève dans l’air; ce double mouvement est simultané, et les deux bras, pendant leur cycle, restent solidaires et équidistants l’un de l’autre; agissant à la même cadence, le bras inférieur ne doit s’échapper de l’eau que lorsque le bras supérieur a pris appui en dessous de la surface.
- Le mouvement sous l’eau est un mouvement positif ou de travail, celui dans l’air est un mouvement négatif
- Fig. 4 et 5. — A gauche. Bonne position du bras sous l’eau : la main rame vers l’intérieur du corps. A droite. Mauvaise position : la paume de la main est dirigée vers l'extérieur du corps.
- ou de détente. Ce sont des muscles différents qui agissent sur le bras pendant la première et la deuxième partie du mouvement. Seul ce détail suffirait à nous démontrer quelle nage rationnelle est le crawl et combien il donne l’idée d’une mécanique bien réglée.
- La main, lorsqu’elle prend appui sur l’eau, s’infléchit légèrement vers l’intérieur, mais sans dépasser la ligne imaginaire qui représente l’axe du corps ; sous la poitrine le bras se plie, formant un angle d’environ 45° et le coude tirant “en arrière guide l’avant-bras sous l’abdomen, puis vers la cuisse; en aucun point de son trajet, la main ne doit franchir la ligne axiale; lorsqu’elle arrive à fin de course, la paume de la main est tournée vers la cuisse; le coude sort alors de l’eau le premier, en s’écartant du corps et entraînant l’avant-bras’au bout duquel la main semble pendre inerte. '
- Au sortir de l’eau, la paume de la main se trouve quelque peu tournée vers l’arrière, mais l’avant-bras, décrivant un arc de cercle autour du coude, la ramène à la hauteur de l’épaule, la pointe des doigts en avant et la paume parallèle à la surface de l’eau; le bras s’étend alors en avant, le coude légèrement plus haut que la main, et il pénètre dans l’eau avant d’avoir atteint son extension complète.
- Le travail du bras, ainsi décrit, est celui du crawl-standard ; certains nageurs peuvent y apporter quelque petite modification selon leurs aptitudes particulières, mais l’expérience a prouvé que cette méthode est celle qui donne les meilleurs résultats, car elle s’appuie sur des principes mécaniquement corrects. C’est ainsi qu’on a reconnu que si le bras n’est pas plié au coude dans son passage sous l’eau ou dans l’air, il se trouve en porte-à-faux dès qu’il a dépassé l’axe vertical de l’épaule; ce défaut, très général, nuit autant à l’efficacité du mouvement qu’à l’équilibre de la ligne des épaules.
- LA RESPIRATION
- Nous abordons ici la partie essentielle du problème : l’air étant le carburant qui alimente le moteur humain, il s’agit de savoir l’absorber par doses régubères et aussi de savoir l’éliminer après usage.
- Nous avons appris, lorsque nous avons fait nos premiers pas dans l’eau, comment aspirer l’air rapidement par la bouche largement ouverte et l’expirer sous d’eau par les narines, en ayant soin de souffler le dernier résidu d’air vicié, au-dessus de la surface, avant de prendre l’inspiration suivante.
- Il nous reste maintenant à faire coïncider le cycle respiratoire avec le mouvement des bras, l’inspiration se produisant avec le mouvement en avant du bras supérieur, l’expiration avec le passage sous l’eau du même bras. (Je rappelle que nous avons convenu d’appeler bras supérieur le bras du côté duquel on prend la respiration.)
- La tête doit rester constamment au même niveau, les yeux au-dessus de la ligne d’eau; ce niveau peut légèrement varier selon la densité de chaque sujet, mais la tête ne doit ni se soulever ni s’abaisser : elle tourne sur le cou comme sur un pivot, la bouche aspirant l’air dans le creux du remous formé par l’avance du corps.
- Si le nageur respire vers la droite, il prendra, avant de tourner la tête, appui sur le bras gauche lorsque celui-ci s’infléchit sous la poitrine. Pour expirer, il attendra, avant de remettre la tête face à l’avant, que le bras droit ait, à son tour, pris appui dans l’eau. Chaque épaule se trouvera ainsi soutenue successivement par le bras correspondant, ce qui permettra au corps de conserver sa position de « glisseur » à la surface de l’eau.
- Les deux épaules doivent rester d’aplomb, émergeant suffisamment pour donner au corps l’inclinaison convenable. L’épaule supérieure reste légèrement en retrait de l’épaule inférieure pendant l’inspiration, mais il faut éviter qu’elle ne bascule en avant et qu’elle n’accompagne le mouvement du bras.
- Ce principe est le plus important dans la technique du crawl, car il assure l’équilibre horizontal et facilite la respiration.
- p.502 - vue 514/598
-
-
-
- RESPIRATION ALTERNÉE
- Dans le système ci-dessus décrit, la respiration est prise à chaque cycle de bras, toujours du même côté. Dans la respiration alternée, qui a été adoptée par de nombreux champions, l’inspiration se fait à chaque deuxième cycle de bras, alternativement de chaque côté.
- Ainsi, si l’on prend la première inspiration à droite, avec le passage en surface du bras droit, on attendra que le bras droit, puis le bras gauche soient successivement passés sous l’eau avant de prendre la deuxième inspira-ration à gauche, avec le passage en surface du bras gauche.
- Cette manière de respirer donne, à mon avis, une nage plus régulière et plus « coulée »; elle donne aussi plus de symétrie au mouvement des bras et permet une plus parfaite aération des poumons.
- COORDINATION ET RYTHME
- Pour obtenir la coordination des bras et des jambes, il suffit de concentrer sa pensée sur le battement des pieds ; les bras viendront d’eux-mêmes prendre successivement appui sous le corps après l’impulsion initiale que procure une poussée des deux pieds contre la paroi de la piscine ou un plongeon en surface.
- Dès que le corps est lancé, il est essentiel que le mouvement de propulsion soit continué sans le moindre heurt, sans le moindre arrêt. Comme on dit en langage de mécanique, il faut que le moteur « tourne rond », et pour cela l’activité des membres antérieurs doit venir renforcer celle des membres postérieurs au lieu de la contrarier comme cela se produit lorsque des mouvements désordonnés détruisent le rythme de la nage.
- Le corps du crawleur peut être comparé au bateau à aubes de jadis auquel on aurait ajouté une hélice : celle-ci met le bateau en marche tandis que, de chaque côté les pales des aubes agissent sur l’eau, accélérant la progression.
- Mettez donc vos jambes en action de façon très régulière, puis, souplement soulevez les épaules l’une après l’autre dans le plan vertical pour amorcer le travail des bras. Imaginez-vous que vous vous halez sur une corde tout en battant, des pieds.
- La cadence la plus généralement adoptée est celle à six temps ou six battements de pieds. La façon la plus simple de l’acquérir est d’accentuer légèrement le battement « Un » et « Quatre », ce qui donne deux séries de trois battements, dont chacune correspond au passage d’un bras dans l’air.
- Si nous représentons les battements par des notes de musique, par exemple Fa - sol - sol (FA étant le battement initial), il sera facile d’étudier le rythme à sec, soit en marchant, soit en piétinant sur place, les bras tournant en ailes de moulin. Voici un exemple de coordination (respiration simple, à droite) :
- FA sol sol FA sol sol
- Fig. 6 et 7. — A gauche. Position de la main avant la sortie de l’eau.
- A droite. Dégagement de l’avant-bras à la sortie de l’eau.
- mais, ainsi que je l’ai déjà dit, chaque nageur acquiert automatiquement par la pratique la cadence qui lui convient le mieux. Les débutants doivent se garder de gaspiller leur énergie par des battements trop rapides : la multiplication des battements n’est pas toujours facteur de vitesse.
- La cadence à huit, temps est assez couramment employée, et on ly^^^a^i^ilisée avec succès sur des parcours de longuésâpdstaqge. ^ly&'battement à dix et même douze temps aj1upnné résu||kts satisfaisants à certains nageurs de vitesse dlSla jeun»? école, et il est particulièrement en fp^eur cgjhez les Championnes américaines.
- Cette cadenc^^^^§EÊJ^^pmettra-t-elle à la prochaine génération d’ameîft^âS^rfsiblement le record des cent mètres et de courir cette distance en cinquante secondes ?
- Il est difficile de prévoir les possibilités humaines : qui vivra verra. En attendant la réalisation de cette mirifique performance, appliquez-vous, amis nageurs, à nager le crawl aisément et correctement, ce qui est la seule façon d’y prendre plaisir, et ne soyez pas trop impatients d’arriver à un résultat : ce qu’il y a de plus intéressant dans le crawl, c’est l’apprentissage.
- G. de Villepion.
- Fig. 8. — Le battement des pieds en surface : la tête fend l’eau comme une proue\ les pieds agitent l’eau comme une hélice.
- passage du bras droit dans l’air (Inspiration).
- passage du bras gauche dans l’air (Expiration).
- p.503 - vue 515/598
-
-
-
- L’ORIENTATION DES PIGEONS VOYAGEURS
- AU VOISINAGE DES POSTES ÉMETTEURS D'ONDES DE T. S. F.
- EXPÉRIENCES FAITES A TOURS SUR DES PIGEONS MILITAIRES
- Dans une étude sur l’orientation lointaine, j’avais été conduit, entre autres essais, à expérimenter sur des Pigeons voyageurs coiffés d’une très légère armature d’aluminium supportant un aimant recourbé en fer à cheval et dont les deux pointes se retournaient au droit des oreilles. Plusieurs de ces volatiles avaient paru complètement désorientés, mais seulement alors que le baromètre marquait une forte dépression. En tout autre état de l’atmosphère et pourvus de la même armature non aimantée, ils prenaient la direction de leur colombier sans paraître se soucier de cet encombrement.
- Par ailleurs, l’influence électromagnétique sur le retour au nid de ces volatiles aurait été montrée par des expériences faites en Espagne, le 2 juillet 1924, sur des pigeons lâchés devant la station radiotélégraphique militaire de Paterna, située à 10 km de Valence, et plus tard en Allemagne où des barrages radiotélégraphiques auraient été dressés sur la ligne de vol de ces oiseaux, entre le point de lâcher et le colombier.
- On sait aussi que les colombophiles enregistrent de fréquentes débâcles de leurs pigeons au moment où, toutes choses sensiblement égales, les perturbations électromagnétiques de l’atmosphère se font plus intenses.
- En sorte que la vérification de ce phénomène biologique s’imposait en France, au double point de vue de la science et de la défense nationale.
- Elles ont été arrêtées officiellement le 4 juillet, avec le concours, par autorisation du Ministère de la Guerre, des services colombophiles et de la Radio du 8e Génie, à Tours. M’assistaient à la conduite de ces essais : l’éminent biologiste Etienne Rabaud, professeur à la Sorbonne ; le commandant Bêle, délégué par le commandement supérieur des troupes et services de transmission; une Commission composée de tous les officiers colombophiles du 8e Génie; un certain nombre d’officiers radiotélégraphistes et de colombophiles civils de la 9e Région.
- NATURE DES ÉPREUVES
- Les épreuves devaient porter sur des vieux, ainsi que sur des jeunes pigeons, adduits à la caserne Beaumont de Tours et au camp dé Larçay situé, à 9 km au sud-est de Tours et de manière à assurer la liaison entre ces deux points : de jour et de nuit (entraînement normal), aller et retour (dressage spécial au service de l’armée).
- Les volatiles éprouvés, logés dans des arabas, étaient soignés et dressés par les services colombophiles du 8e Génie, sous la direction diligente du capitaine Derôme, chargé des services colombophiles de la zone C ; ceux du camp de Larçay pouvaient être regardés comme de « vieux pigeons » ayant accompli un certain service. Les pigeons d’aller et retour, ainsi que ceux lâchés à Tours
- formaient un contingent de jeunes oiseaux, spécialement dressés pour les expériences du 4 juillet, conformément au programme arrêté d’accord avec le Ministère de la Guerre en date du 16 mars 1928.
- CONFIGURATION DU SOL SUR LES LIEUX DE L’ÉPREUVE
- Le terrain de l’expérience, accidenté et boisé, au sud, sur environ la moitié du secteur, se trouvait sillonné par la vallée du Cher sous deux angles d’environ 22 degrés par rapport à la ligne de vol, correspondants à partir de deux kilomètres de la caserne Beaumont.
- RÉSEAU D’ÉBRANLEMENT ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- Un réseau de quatre postes de campagne E 13 disposés au voisinage immédiat des arabas de Tours et de Larçay, savoir un poste E 13 à 100 m en avant de l’araba de Tours sur la ligne de vol, les trois autres postes disposés en triangle équilatéral de 150 m de hauteur de manière à inscrire les arabas de Larçay, constituait deux centres d’ébranlement électromagnétiques réglementés à notre commandement, le P. C. T. et le 1 formant réseau sur 1200 m pour assurer la correspondance entre Tours et Larçay.
- Le poste de T. S. F. de la station de Saint-Pierre-des-Corps situé à 3 km 700, un peu au nord-est du poste de Tours et à 6 km 800 de ceux de Larçay, constituait un autre centre de puissant ébranlement sous le régime continu (').
- Pour permettre d’expérimenter sur des ondes courtes, deux des postes E 13 de Larçay pouvaient être remplacés par deux P P4 susceptibles de transmettre l’un sur 210 m, l’autre sur 270 m.
- En résumé : trois centres électromagnétiques disposés en triangle, ayant respectivement pour côté 3700 m, 6800 m et 9000 m, présentaient des régimes réglementés et continus, aux caractéristiques suivantes :
- ( Tours E 13; == 1200
- lre phase Larçay 3 E 13; = 1200, 1600, 2000.
- ( Saint-Pierre des Corps S. T. = 5900 m.
- / Tours E 13 = 1200 ) = 210 m.
- i Larçay E 13; = 1200, t
- 2e phase 2PP4 ) = 270 m.
- I Saint-Pierre-des-Corps \ ST— 5900.
- 1. Le 4 juillet, la Station de Saint-Pierre-des-Corps a émis sans arrêt, de 9 heures à 22 heures, sur 5900 m de longueur d’onde et avec 25 kw de puissance dans l’antenne. (Renseignements transmis par le directeur de la télégraphie sans fil en date du 3 août 1928.)
- p.504 - vue 516/598
-
-
-
- 505
- CARACTÉRISTIQUES DES POSTES ÉMETTEURS PP4 ET E13
- P. P. 4 : Poste émetteur d’ondes amorties.
- Composé d’une bobine d’induction absorbant 5 ampères sous 10 v au primaire et donnant environ 10 000 v au secondaire. Le système de rupture est à languette mobile en fer doux mettant et interrompant le contact.
- Longueurs d’ondes obtenues avec cet appareil : 210, 270, 350 m.
- Fréquence des trains d’ondes : 200 à 300 par seconde. Son bas et ronflé.
- Puissance d’alimentation : 50 w.
- Puissance rayonnée dans l’antenne : quelques watts (').
- Portée : 7 km,, au maximum.
- E 13 : Poste émetteur d’ondes entretenues.
- 4 lampes en parallèles, montage ci-dessus, alimentation filaments, 6 v.
- 2 ampères 8, courant continu fourni par accumulateurs, plaques de 320 v, 0,12 ampères courant continu fourni par convertisseur tournant.
- Puissance d’alimentation : 40 w.
- Puissance rayonnée : quelques watts (').
- Portée maxima : 250 km.
- Longueurs d’ondes obtenue avec cet appareil : 1200 à 3000 m.
- Les 3 postes de campagne placés au camp de Larçay, ainsi que celui de la caserne Beaumont à Tours, émettaient avec des antennes en V et W (2 et 3 brins de 30 et 80 m) placées sur perches de 4 m couplées et donnant une flèche mathématiquement définie par la courbe dite « chaînette »: soit une hauteur libre au-dessus du sol d’environ
- 3 m 50 à 3 m 75.
- Le rayonnement maximum se trouvait ainsi situé : à Larçay dans l’intérieur du triangle formé par les 3 postes, à Tours dans le prolongement du brin central en W, c’est-à-dire sur la droite dirigée des arabas de la caserne Beaumont vers celles du camp de Larçay.
- Fig. 2.
- RESULTATS
- Le 4 juillet, de 10 h 33 à 17 h 55, deux cent cinquante-quatre pigeons voyageurs furent lâchés en deux séances, 29 exercices, tant à Tours qu’à Larçay, individuellement et en groupes et de divers points TA, T2, T.;
- 1. La puissance rayonnée par les postes militaires est difficile à déterminer, étant donné les différences sensibles qui affectent la prise de terre, la hauteur des brins d’antennes, etc....
- Fig. 1. — Caractéristiques du parcours.
- Lt, L2, L_, figurés sur le croquis ci-contre, tandis que la station radiotélégraphique de Saint-Pierre des-Corps émettait sans arrêt et que les postes de campagne émettaient au départ, puis à l’arrivée des pigeons; au départ et à l’arrivée simultanément.
- Les mêmes expériences furent répétées de nuit, avec 82 pigeons parmi lesquels un certain nombre de « vieux » entraînés aux voyages de cette nature, et alors que la station de Saint-Pierre-des-Corps était sous silence.
- Aucun de ces oiseaux ne parut incommodé d’une manière appréciable pendant son vol d’orientation au départ et à l’arrivée; de jour et de nuit, et d’aussi loin qu’il fut possible de les observer à l’œil nu (').
- OBSERVATIONS DES PIGEONS
- Les pigeons subissent-ils une influence électromagnétique ? — Les pigeons voyageurs des services de l’armée se trouvaient adduits dans une zone soumise au régime de branle électromagnétique continuel, par la station de Saint-Pierre-des-Corps, située à 3700 m et à 6800 m des lieux de lâcher.
- Dans l’hypothèse d’une influence électromagnétique sur le retour au nid de cet oiseau, telle qu’elle aurait été rapportée d’Espagne et d’Allemagne, on voit, par ce qui précède, que le départ et l’arrivée des pigeons voyageurs ne sont pas troublés à 3700 m d’un centre d’ébranlement électromagnétique causé par le fonctionnement journalier d’un poste émetteur puissant, tel que celui de la station de Saint-Pierre-des-Corps. De plus les expé-riencès du 4 juillet nous montrent que les ondes émises par les postes radio de campagne ne peuvent en rien gêner le retour au nid des pigeons accoutumés à un branle électromagnétique journalier, même puissant, et que, dans ce cas, l’utilisation des pigeons voyageurs de l’armée
- 1. D’après les renseignements météorologiques fournis par M. Gi-beault de l’observatoire du Val-Joyeux, l’état de l’atmosphère et l’éclairement furent normaux pendant la durée des expériences.
- p.505 - vue 517/598
-
-
-
- === 506 ...... : .............
- est encore compatible avec, les opérations effectuées par les services radiotélégraphiqües de campagne.
- Au reste, des faits sans autres causes apparentes que celles de perturbations électromagnétiques de l’atmosphère continuent de troubler le retour de ces oiseaux.
- Avant de conclure définitivement, il importerait de renouveler les essais avec des oiseaux appartenant à des centres d’adduction éloignés de toute perturbation électromagnétique appréciable, de manière à éliminer toute cause d’accoutumance, et de lâcher à des distances très rapprochées de puissants postes émetteurs.
- Vinfluence des vallées. — Pendant les essais du 4 juillet, les pigeons subirent tous, plus ou moins, l’influence des vallées sur laquelle j’ai déjà attiré plusieurs fois l’attention des savants et colombophiles.
- « En général au départ de Tours, les P. Y. prennent la direction sud et se redressent sur leur direction lorsqu’ils arrivent à hauteur de la vallée du Cher. » (Commission de Tours.)
- « En général au départ du camp de Laiçay, les P. V. prennent la direction nord et se redressent sur leur direction lorsqu’ils arrivent à hauteur de la vallée du Cher. » (Commission de Larçay.)
- Si l’on se rapporte à mes observations déjà citées :
- Kreuzwack, vallée de la Nahe, de la Moselle et du Rhin {Rev. scientifique, 24 septembre 1927 et France colombophile) ;
- Contrefort au sud du plateau d’Angoulême (Rev. scientifique, 24 septembre 1927, page 556) ;
- Influence de la configuration du sol sur le retour au nid de Formica pratensis {Revue Scientifique, 14 septembre 1928), les remarques faites par les Commissions de Contrôle de Tours et de Larçay prennent un réel intérêt, en ce qu’elles confirment l’influence des vallées sur le retour au nid des pigeons voyageurs.
- C’est un élément précieux pour la continuation de nos recherches, puisqu’il nous montre, une fois de plus, que le pigeon voyageur a des routes et que ces routes lui sont dictées autrement que par des réflexes visuels et indépendamment du souci de favoriser son vol, car l’influence des vallées sur ce volatile, tout comme celle des rigoles sur la Fourmi des prés, paraît échapper, de par notre observation, à toute appréciation d’origine dynamique. Bien plus, une considération dynamique dans ce phénomène serait un illogisme, comme je l’ai expliqué pour certains cas.
- Il semble qu’on puisse dès lors éviter des anomalies de retour en se gardant de placer des colombiers, ou de lâcher des pigeons, à la jonction de deux fleuves ou au croisement d’importantes vallées, orientées de certaine façon qu’il serait encore prématuré de définir.
- Vinfluence de la nuit. — Enfin les voyages nocturnes furent défectueux dans la première partie des essais et un grand nombre de ces oiseaux firent la pose à l’arrivée au toit de l’araba.
- Les retours ne s’effectuèrent normalement qu’à partir de la seconde opération, c’est-à-dire avec des vieux pigeons bien dressés aux voyages nocturnes, mais aussi
- à partir du moment où apparut la pleine lune, voisine de son maximum d’éclairement.
- Cette coïncidence nous amènerait à penser à établir une liaison entre l’intensité de l’éclairement lunaire et la faculté de retour pendant la nuit, s’il ne venait s’incorporer une autre variable, celle des pigeons utilisés dans la première partie de l’épreuve, que le capitaine Derôme présente comme des « jeunes » insuffisamment exercés aux voyages de nuit.
- Sur ce point, donc, un seul fait est à retenir : c’est que les jeunes volatiles de la première partie de l’expérience nocturne s’enfoncèrent dans le sombre du crépuscule, à quelques pas de nous et que les premiers ne furent signalés au toit de l’araba que longtemps après le lever de la lune.
- Durant ces deux séries d’expériences les postes de campagne émettaient de la même manière que pour les épreuves diurnes, mais la station radiotélégraphique de Saint-Pierre-des-Corps sé trouvait sous silence depuis le commencement des lâchers de pigeons.
- Les causes d’hésitation de cet oiseau à pénétrer sous le toit de l’araba trouveraient une explication dans le phénomène inverse du phototropisme.
- On sait, en effet, qu’un grand nombre d’animaux sont attirés vers la lumière.
- Il suffit de rappeler ici les nombreux insectes qui se précipitent la nuit sur la lumière des appareils d’éclairage.
- Le pigeon voyageur, lui-même, n’échappe pas à cette loi du tropisme.
- Par opposition, les animaux diurnes, en général, appréhendent l’obscurité.
- Or le maximum d’éclairement lunaire existait au moment de la seconde partie de l’épreuve nocturne, c’est-à-dire à partir du moment où arrivèrent les premiers pigeons.
- Comme l’éclairement s’atténuait en pénétrant dans l’intérieur de l’araba, le phénomène inverse du tropisme se trouvait accentué de ce fait.
- La pénétration du pigeon dans l’araba semblerait être grandement facilitée en faisant dans le milieu la de le (intensité d’éclairement dans l’intérieur de l’araba voisine de celle de l’extérieur). Comme le est lié à l’intensité de l’éclairement lunaire, on voit que la devrait être réglable sur le, mais sans pour cela dépasser cette limite sous peine de créer un foyer brillant susceptible d’éblôuir l’oiseau.
- On éviterait de tomber dans l’excès d’éclairement en fixant une source lumineuse tamisée au plafond de l’araba, réglable sur l’intensité de l’éclairement lunaire et projetant sa lueur sur le. plancher de manière que la soit très voisin de le.
- *
- * *
- Une mise au point des rentrées nocturnes des pigeons voyageurs de l’armée s’imposerait pour le temps de guerre, alors que les services colombophiles ont intérêt à transmettre les messages dans le plus court délai possible.
- Jean Casamajor.
- p.506 - vue 518/598
-
-
-
- = STATISTIQUES COMPARÉES =
- DES PRIX ANNUELS MOYENS DU FROMENT
- DES COURS DES VALEURS A REVENU FIXE A PARIS ET DU TONNAGE EXTRAIT ANNUELLEMENT DES MINES D’OR
- L’allure des statistiques : 1° du tonnage de la production annuelle de l’or; 2° des prix de gros moyens annuels à l’importation du quintal de froment; 3° des cours moyens à la Bourse de Paris des valeurs à revenu fixe, de 1879 à 1909, est caractéristique. Si l’on construit les lignes droites A" B", A' B', AB : A" correspond au cours moyen des
- période envisagée, un même poids de froment à, d’une année à l’autre, pu être échangé contre à peu près la même quantité de marchandises de consommation diverses, mais que, quand l’extraction de l’or était faible, en 1888 par exemple, on a donné moins d’or qu’en 1898, année de forte extraction, pour un quintal de froment.
- t—i—r
- Afrique
- du Sud
- froment
- i i i
- Années
- Fig. 1.
- valeurs à revenu fixe en 1879, B" au même cours en 1909; A' correspond à une extraction totale, pour le monde entier, de 163,7 t d’or en 1879; B' à une extraction totale, aussi, de 683,2 t en 1909; A correspond au prix de 31 fr le quintal de froment et B à 22 fr 63.
- * pSi l’extraction d’or avait progressé suivant la ligne droite A' B' au lieu de suivre la ligne sinueuse K' nqs B', le prix du quintal de froment ne se serait guère écarté de la ligne droite AB, comme le montre la comparaison des segments mn et m n, pq et p' ç', rs et r s , etc.
- Bien mieux, si la ligne droite A' B' s’était relevée en A' C', c’est-à-dire si l’extraction de l’or eût suivi la ligne A' C' au lieu de suivre A' B' comme nous le supposions, AB se serait relevée en AC et aurait représenté l’allure des cours de blé : ce cours eût été à peu près constant.
- On peut dire que, dans une certaine mesure, pour la
- Comme l’or est l’unité monétaire, le froment a été moins cher en 1888 qu’en 1898.
- La loi se vérifie jusqu’en 1914. A partir de 1915, la guerre cause un déséquilibre, qui ne paraît pas encore terminé, et la comparaison entre le tonnage d’or extrait, que nous connaissons, et les prix du blé (où le change intervient (et dans quelles conditions !) la comparaison disons-nous, n’est plus possible.
- Mais il ressort de la statistique des années 1879 à 1909 que, si la production de l’or reste stationnaire dans les dix ou vingt années à venir, les prix du froment baisseront de façon considérable et il en résultera une baisse correspondante de tous les objets de consommation, et du taux d’intérêt des valeurs à revenu fixe.
- Sauf la découverte de très importants gisements d’or nouveaux, la production d’or ne s’accroîtra pas dans l’ave-
- p.507 - vue 519/598
-
-
-
- 508
- nir. En effet, c’est l’Afrique du Sud qui est de beaucoup le principal producteur : 314, 8 t en 1928, sur un total mondial de 598 t, les autres pays producteurs venant bien loin derrière : Russie 27,8 t; Rhodesia 18,1 t; Indes britanniques 12,0 t; Canada 57,4 t; Etats-Unis 68,3 t; Mexique 22,5 t; Australie 16,1 t; autres pays 61,0 t, dont 1,41 pour la France, 0,5 t pour les colonies françaises d’Afrique, un peu plus d’une tonne pour la Guyane.
- Or la production en Afrique du Sud, 300 t en 1924 et 320 t en 1927, qui s’augmentera un peu, il est vrai, par le traitement des minerais pauvres actuellement envisagé,
- ne se maintient que grâce aux salaires inférieurs acceptés par les noirs : ceux-ci n’atteignent que 30 pour 100 des salaires des blancs.
- Enfin la courbe supérieure du graphique indique que le revenu des valeurs à revenu fixe, inverse de leurs cours, varie à peu près comme le prix du froment, donc est aussi en relation étroite avec le tonnage d’or extrait chaque année des diverses mines.
- R. DE MoNTESSUS DE BaLLORE, Docteur ès Sciences.
- LA LIAISON TÉLÉPHONIQUE MADRID-BUENOS AYRES
- Voici déjà quelques mois que fut inauguré le service radiotéléphonique Madrid-Buenos Ayres, réalisé par la Compania telefonica de Espana, la Compania interna-cional de Radio Argentina et la United River Plate Téléphoné Company Ltd., sociétés associées à l’International Téléphoné and Telegraph Corporation. Pour la première fois, les réseaux téléphoniques d’Europe et d’Amérique du Sud étaient reliés entre eux.
- Ce nouveau service réalise la jonction des deux réseaux dans le sens le plus large du mot, puisqu’il n’offre pas seulement la possibilité de communiquer entre des postes spéciaux situés dans les capitales des deux pays, mais qu il permet la connexion avec les réseaux téléphoniques locaux à ses deux extrémités. C’est bien le service « fauteuil à fauteuil » qu’il constitue, puisqu’il donne le moyen à un homme d’affaires espagnol de causer avec son correspondant d’Argentine et vice versa sans qu’aucun d’eux ait besoin de quitter son bureau. Les appels lancés sont traités comme des appels ordinaires à longue distance et
- Fig. 1. — Les trois émetteurs à ondes courtes des postes radioiélépho-niques de Madrid et de Buenos Ayres.
- rien n’indique à l’abonné appelant, non plus qu’à l’abonné appelé, qu’une liaison radiotéléphonique est introduite dans le circuit.
- Ce n’est d’ailleurs pas seulement avec la République Argentine que le nouveau service permet de communiquer. A l’extrémité sud-américaine, elle permet la jonction des 210 000 abonnés argentins, des 17 000 abonnés de l’Uruguay et des 30 000 abonnés du Chili. Du côté européen, il y a 155 000 téléphones en Espagne susceptibles d’être raccordés et la technique ne s’opposerait nullement à l’extension aux autres réseaux d’Europe.
- La distance couverte par le circuit est environ de
- 10 300. km.
- La question de rendre impossible l’écoute par des tiers indiscrets a été résolue ici en utilisant des appareils qui modifient la fréquence de la parole avant la transmission et la rendent complètement inintelligible pour des auditeurs non avisés.
- Les extrémités du circuit sont donc situées à Madrid et à Buenos Ayres. Elles consistent à chaque bout en une station de transmission et une station de réception, situées à quelque distance l’une de l’autre et connectées par des lignes métalliques à l’équipement terminal installé au bureau central téléphonique.
- La station de transmission de Madrid est située à Pozuelo del Rey, à une distance d’environ 35 km à l’est de la capitale espagnole et la station de réception est à Grinon, soit à 24 km au nord de Madrid.
- Du côté argentin, les stations de transmission et de réception sont situées respectivement à Hurlingham et à Platanos, localités qui se trouvent toutes deux à 20 km environ de Buenos Ayres.
- Pour assurer un service satisfaisant pendant les 24 h, trois longueurs d’onde sont utilisées pour chaque transmetteur. La plus courte est destinée au travail de jour et la plus longue est employée pendant la nuit. Quant à la longueur d’onde intermédiaire, elle est utilisée au cours de la période transitoire durant laquelle le trajet qui sépare les postes extrêmes se trouve être partiellement dans la lumière et dans l’obscurité.
- p.508 - vue 520/598
-
-
-
- 509
- Trois antennes sont employées à chaque station de transmission, soit une par longueur d’onde.
- Ces antennes sont à orientation variable, chacune d’elles consistant en deux rangées parallèles de fils verticaux, l’axe de l’ensemble faisant un angle droit avec la direction de l’émission.
- L’énergie est appliquée à la section la plus rapprochée de la station extrême du circuit. Cette section constitue le résonateur et la section parallèle qui se trouve derrière le résonateur s’appelle le réflecteur; comme son nom l’indique, elle a pour but de réfléchir dans la direction voulue l’énergie émise et aussi d’empêcher toute radiation dans la direction opposée.
- Les antennes de réception sont du même type que les antennes de transmission, mais elles diffèrent de celles-ci par la longueur et l’arrangement des fils qui les composent.
- Chacun des deux postes de transmission comprend essentiellement un oscillateur qui produit l’onde porteuse, un modulateur qui reçoit les courants à fréquence téléphonique venant du bureau central et les superpose au courant porteur et un amplificateur de puissance qui reçoit le courant modulé à haute fréquence et amplifie l’énergie à un niveau qui convient au type d’antenne utilisé. La fréquence de l’onde porteuse est maintenue aussi stable que possible par les dispositifs de contrôle à cristaux de quartz.
- Le poste transmetteur est disposé sous la forme d’unités fermées et séparées, ainsi que .le montre la photographie ci-jointe.
- Le poste récepteur est du type superhétérodyne, d’une grande sensibilité et d’un haut degré de sélectivité.
- Le phénomène d’évanouissement bien connu sous le nom de « fading » est écarté de la manière suivante : le poste récepteur comprend un contrôleur automatique de volume qui consiste en une lampe détectrice spéciale montée en parallèle avec la seconde détectrice du poste
- Fig. 3. — Le poste récepteur.
- et disposée de telle façon que le potentiel de grille de la première détectrice varie selon la force des signaux reçus. Ainsi, un signal fort augmente le potentiel de la première détectrice et diminue l’amplification du récepteur.
- L’équipement terminal à chacun des bureaux centraux permet de connecter le circuit radiotéléphonique aux meubles interurbains, de la même manière qu’un circuit téléphonique ordinaire à deux fils.
- Les amplificateurs à basse fréquence, destinés à régler l’intensité des signaux, sont installés au bureau central téléphonique qui abrite également l’équipement destiné à assurer le secret des communications et un système de relais qui se met en action sous l’influence du courant téléphonique pour couper la réception et mettre le transmetteur en circuit lorsque l’un des correspondants cesse d’écouter et se met à parler. Des dispositifs spéciaux sont, en outre, utilisés pour retarder le courant téléphonique jusqu’à ce que ces relais aient opéré afin d’éviter la mutilation de la parole et la tendance à l’écho.
- C. B.
- ESPAQN
- Madrigj,
- Fig. 2.
- La liaison Madrid-Buenos Aures.
- LES LECTURES BAROMÉTRIQUES
- ET LEURS APPLICATIONS
- En accumulant de longues séries d’observations, homogènes et bien faites, on peut espérer, pour chaque élément météorologique, des renseignements moyens, normaux, qui serviront à établir les bases solides de la climatologie : et c’est dans ce cadre général qu’il faudra chercher le déplacement des anomalies et perturbations qui font les caprices du temps. Puis,
- par la discussion de statistiques continues, on peut rechercher les fluctuations séculaires où périodiques des éléments, leurs relations deux à deux, leurs dépendances avec les spasmes de l’activité solaire, peut-être avec les positions dès autres corps célestes : c’est là un domaine inépuisable ouvert à la sagacité du géophysicien.
- p.509 - vue 521/598
-
-
-
- = 510 ----r:-:,., =
- Pour la pression barométrique, le problème présente encore une face nouvelle, car cet élément apparaît comme essentiel dans tous les essais de prévision du temps : la distribution des pressions permet de tirer des conclusions sur les vents, en direction et force, sur les échanges thermiques et, en fin de compte, sur les caractères du temps.
- Depuis longtemps, les savants avaient remarqué l’intérêt qui s’attachait aux études dé la pression : Borda et Lavoisier avaient conçu le projet d’un réseau complet de postes météorologiques qui eût permis l’établissement et la discussion de cartes synoptiques, et il est très fâcheux que les événements politiques aient entravé la réalisation d’une pareille entreprise, car notre documentation générale eh serait aujourd’hui bien meilleure. Cet examen des variations barométriques comme élément essentiel de la prévision du temps fut admis comme un axiome depuis le milieu du xixe siècle et reste la base des recherches des Babinet, Maury, Coulvier-Gravier, Montigny, Crahay, Dove, ...et de leurs successeurs. Teisserenc de Bort demandait bien l’étude complémentaire des types d’isobares, avec l’examen du temps local correspondant, mais on a fort peu travaillé dans cette voie, qui promettait cependant d’être féconde.
- Sans doute, en se plaçant sur un terrain strictement scientifique, on doit admettre que la prévision du temps n’est qu’ime des applications possibles des études météorologiques, quelques-uns disent même une petite application, si l’on considère l’importance des problèmes qui se rapportent à la construction du squelette de la climatologie et aux lois relatives à tous les échanges physiques sur la surface du globe. Mais il faut bien vivre, aussi, en tenant compte du milieu extérieur et de ses nécessités : la réalisation des entreprises humaines et le souci de protéger des existences précieuses firent évoluer rapidement la météorologie vers l’application à la prévision du temps, pour l’annonce possible des tempêtes et la sécurité de la navigation; puis, plus récemment encore, les besoins de la navigation aérienne entraînaient encore automatiquement à augmenter le réseau des observations, à multiplier les cartes synoptiques propres à assurer une sécurité relative aux aviateurs.
- C’est ainsi que, au lieu d’encourager des études particulières, de poursuivre longuement des enquêtes spéciales, on s’est appliqué à réaliser un service d’informations fortement centralisé : en un mot, comme nous l’avons montré ailleurs (*), et malgré l’opinion de divers savants éminents, on s’est laissé entraîner, d’tme façon prématurée, vers la prévision du temps.
- *
- * *
- Or ce développement très rapide, et nécessaire, du nombre des postes d’observation allait entraîner de graves conséquences au point de vue scientifique, car, sur ce terrain précis, c’est le poids seul des documents, leur exactitude, qui présente quelque valeur et non leur nombre : une seule observation bien faite constitue un document précieux, tandis que mille mesures inexactes, incomplètes ou sans jugement, ne feront qu’encombrer la science pour en retarder le progrès. Et, à supposer que l’on pût avoir toute confiance dans le personnel chargé des observations, tous les détails de copies, corrections, transcription des observations, traductions et transmissions des dépêches, nécessité de tracer rapidement des cartes synoptiques, allaient entraîner une multiplicité de petites causes d’erreurs, auxquelles il ne pourrait être remédié que par une discussion sévère et à tête reposée.
- Nous ne voulons pas discuter ici toutes les causes d’erreurs qui interviennent dans la lecture des pressions barométriques, soit du fait de l’installation des instruments, .soit des instru-
- 1. Scientia, 1er juin 1928.
- ments eux-mêmes, soit des procédés de lecture du ménisque avec des verniers, soit à cause de l’équation décimale ou des calculs de réduction nécessaire : nous avons fourni ailleurs (') tous ces détails de technique et nous voulons nous borner à mentionner que l’on trouve constamment des écarts de plus de 2 millimètres du fait seul de l’influence des variations de température, soit dans la salle d’observation, soit à l’extérieur. Mais toutes ces erreurs sont loin de se compenser et, si l’on y ajoute les fautes inévitables de toutes les opérations auxiliaires et de transmission, on peut rester sceptique sur le tracé des isobares au dixième de millimètre (ou de millibar) qui sont utilisées pour la prévision.
- Aussi bien, les professionnels eux-mêmes savent la confiance qu’il faut accorder à de tels graphiques : dès qu’il s’agit d’une recherche scientifique, on est obligé de remonter soi-même aux observations d’origine et de recommencer toutes les réductions avant de tracer une carte ; et, à la réunion internationale de Madrid (1924), Jaumotte, pour la Belgique, insistait sur la nécessité d’un « tracé correct des isobares ».
- Ainsi, déjà, le tracé au dixième de millimètre près de courbes représentatives pour un élément qui n’est guère connu qu’à 1 millimètre près laisse planer des doutes sérieux sur la légitimité des déductions pour la prévision du temps. Et, pourtant, le baromètre reste l’instrument fondamental : chacun vous dira que la prévision du temps ne serait presque qu’un jeu si l’on pouvait indiquer la position des dépressions pour le lendemain, avec un tracé grossier des isobares correspondantes. Pour y parvenir, on s’est encore aidé du principe de la continuité des phénomènes météorologiques alors que la science de l’atmosphère est, par excellence, l’appréciation des discontinuités; sans doute, des travaux récents commencent à introduire l’étude de certaines discontinuités, de fronts, mais ce n’est encore qu’une bien timide introduction devant la complexité des phénomènes.
- La dépression barométrique est un phénomène très complexe, dans lequel interviennent toutes les propriétés de l’atmosphère : pour simplifier, on s’est tout d’abord efforcé d’en réduire les propriétés, de la schématiser et de régulariser son mouvement sur un type uniforme et simple, mais il n’est pas exagéré de dire que, sous cette forme, elle conduit la prévision du temps dans une impasse; si l’on y ajoute quelques observations sur les nuages, on perfectionne un peu le procédé sans atteindre cependant assez haut le mécanisme lui-même dans l’atmosphère. On peut alors penser que les règles de prévision instituées à ce jour resteront presque stationnaires et médiocres tant que l’on ne voudra pas perfectionner les études de climatologie locale et, aussi, tant que l’on prendra la pression seule comme élément fondamental.
- &
- * *
- Nous devons donc déjà jeter un coup d’œil sur la valeur des éléments barométriques dans les études de climatologie, en ne perdant pas de vue que tout travail sérieux exige essentiellement que l’on ait peu de stations sûres, plutôt qu’un grand nombre d’observations aléatoires.
- Ici, quelques postes sérieux, comme ceux qui avaient été organisés à l’origine dans les observatoires astronomiques, ont pu discuter de bonnes séries d’observations de 30, 40, 50 années continues et homogènes : on peut ainsi établir des éléments normaux et mettre en évidence les amplitudes des marées diurnes de l’atmosphère. Il faudrait pouvoir poursuivre dans cette voie, tracer un réseau plus serré d’observations normales et comparer avec d’intéressantes suggestions comme celles que l’on trouve dans les travaux de A.-N.
- 1. B. O., Lyon, juillet 1928.
- p.510 - vue 522/598
-
-
-
- P oincaré..., mais les éléments en lesquels on puisse avoir confiance font totalement défaut : dans les postes secondaires, outre les fautes d’installation, les inspections périodiques révélaient des instruments qui fournissaient la pression à 1 millimètre près (parfois à 4 cm près) et la température à 1° près. Il n’est pas besoin d’insister pour démontrer que, sur le; observations correspondantes, on ne pourra jamais baser un travail scientifique sérieux.
- Mais, à un autre point de vue également, la climatologie pensait tirer parti des observations barométriques : en dépouillant après coup tous les journaux de bord on espérait, à tête reposée, pouvoir tracer les isobares sur les étendues immenses des océans ; et, sans en rester à la conception simple des dépressions qui nous arrivent d’Amérique, du moins ces cartes auraient permis d’étudier les trajectoires favorites, les zones de prédilection pour le creusement ou le comblement des dépressions, toute une série de données précieuses qui eussent joué un rôle de premier plan dans les progrès de la prévision du temps.
- Hélas ! les incorrections constatées dans les postes à terre nous assurent à l’avance de la médiocrité des documents maritimes; car, sur l’immense majorité des bateaux, on avait bien d’autres soucis que de contrôler l’installation et l’exactitude des instruments ; ceux-ci, même, étaient pour la plupart des baromètres métalliques à corrections fort capricieuses, et dont les indications suffisaient au marin que préoccupent les variations de la pression plus que sa valeur absolue. Un de nos correspondants de l’Ile Maurice, M. Kœnig, qui fut mêlé à ces questions maritimes, nous dit qu’il a vu des navires à 5 kilomètres l’un de l’autre indiquer des pressions qui différaient de 10 millimètres et dont les indications étaient encore plus fantaisistes en matière de direction du vent.
- C’est dire que tous les efforts dans cette direction avaient été jusqu’alors stériles; il est permis d’attendre de meilleurs résultats depuis que les Américains ont repris plus largement
- .. = 511 =
- ce problème, pour arriver à tracer les trajectoires des dépres” sions sur l’Océan Atlantique.
- *
- * *
- Les résultats sont plus encourageants quand on a voulu chercher une relation entre l’activité solaire et les indications du baromètre. On sait par Humboldt que le baromètre, dans les régions équatoriales, présente en certains cas une régularité d’horloge dans son régime et, par suite, c’est en discutant les indications de stations équatoriales, à régimes permanents, que l’on a le plus de chances de mettre en évidence de telles relations : on connaît les importants travaux de Lockyer mettant en évidence une oscillation qui correspond à la période solaire undécennale, et mieux encore à un groupe de trois périodes; puis A. Angot a bien montré qu’il y avait plus de bénéfice à discuter soigneusement les observations d’une seule station équatoriale, plutôt qu’à mêler les nombres provenant de stations différentes. Mais nous ne devons pas nous attarder sur ce sujet particulier, si intéressant qu’il soit.
- Pour conclure, on. peut dire que les observations de pression sont insuffisantes pour établir les règles solides de la prévision du temps. Pour ce qui concerne la climatologie et la géophysique, on n’a pas encore discuté d’une façon détaillée les longues séries des bons postes d’observation, pour tirer tous les fruits possibles des lectures barométriques; il faut s’efforcer de généraliser les conclusions des régions équatoriales, car l’extension aux zones tempérées montrera des singularités très instructives. Et, surtout, il faut éviter de mélanger des nombres d’origines diverses, discuter des séries homogènes en lesquelles on puisse avoir confiance et en assurer la continuation, plutôt que d’encombrer un problème déjà fort malaisé avec des déterminations de valeur médiocre ou douteuse.
- Jean Mascart,
- Directeur de l’Observatoire de Lyon.
- UN REMARQUABLE PHENOMENE OPTIQUE
- OBSERVÉ EN AVION AU MONT-BLANC
- Volant depuis quelques années dans la région du Mont-Blanc, j’avais observé bien des décompositions de la lumière. Par exemple, l’auréole de l’aéronaute, bien connue et sa variante, plus rare, l’arc-en-ciel circulaire qui entoure l’ombre de l’avion dans l’herbe couverte de rosée; j’avais vu aussi, même depuis le sol, les belles irisations irrégulières qui se produisent à contre-jour au-dessus des aiguilles de Chamonix lorsque le soleil traverse des cirrus légers qui les couronnent.
- Mais, plus récemment, un phénomène m’a semblé plus étrange, et il est certainement rare ou localisé, car je ne l’avais jamais observé depuis bientôt vingt ans que je circule par les chemins du ciel.
- Un jour de cet automne, vers 16 heures, par temps neigeux, je volais non loin de l’aérodrome du Mont-Blanc, sur le Mont d’Arbois, entre Saint-Gervais-les-Bains et Mégève lorsque j’observai une sorte de halo vertical assez curieux. J’avais à bord de mon petit Potez 36 le capitaine aviateur Le Petit, de l’Office national météo-
- rologique. Je lui demandai de photographier ce phénomène; c’est à son amabilité que nous devons les images, jointes.
- Mais nous ne comprîmes pas très bien ce dont il s’agissait.
- Cet hiver je lis plusieurs observations semblables et, maintenant, je suis tout à fait certain : des pellicules de neige, tellement fines qu’on les distingue seulement lorsqu’elles sont très proches, scintillent au soleil de façon diverse selon leur balancement dans l’air,; on les distingue spécialement sur un fond sombre; elles forment comme une petite nébuleuse. Ceci se passe en direction du soleil, symétriquement à lui par rapport à l’horizontale. Lorsque ces pellicules de neige sont trop éloignées de l’avion, on ne distingue plus qu’un halo rectiligne vertical, légèrement divergent vers ses extrémités, que les photos rendent assez bien.
- Pendant ma saison touristique d’été j’essaierai de voir par temps de pluie s’il se produit dans les gouttes d’eau
- p.511 - vue 523/598
-
-
-
- ===== 512
- Fig. 1. Schéma représentant la position du halo observé en avion. A, direction du Soleil. B, horizontale. C, direction du halo H.
- en suspension le même halo que dans les ipellicules de neige. J. Thoret.
- Note de la Rédaction.
- L’intéressante observation du lieutenant Thoret et les belles photographies du capitaine Le Petit semblent se rapporter au phénomène dit des « colonnes lumineuses », halos solaires verticaux déjà observés, mais assez rares. Louis Besson, dans sa thèse sur la théorie des halos, note que, au cours de dix années d’observation des halos poursuivies à l’observatoire de Montsouris, par Dutheil et lui, les colonnes verticales n’ont été observées que 18 fois. C’est sans doute la première fois que ce phénomène est photographié en avion.
- Fig. 3. — Autre photographie prise par le capitaine Le Petit.
- Dans la revue anglaise Nature du 5 avril 1930, M. B. W. Currie, de l’Université de Saskatchewan à Saskatoon (Canada), signale qu’il a observé fréquemment pendant les mois d’hiver des colonnes verticales, qui n’apparaissent que lorsque l’air est rempli de cristaux de neige ou de glace. Ces cristaux agissent comme réflecteurs de la lumière, car des réclames lumineuses au néon produisent des colonnes de même couleur rouge que la source qui les produit. Cette lumière examinée au nicol n’est pas polarisée. M. Currie a également photographié le phéno mène.
- M. F. J. Whipple, de l’observatoire de Kew, qui dans le même numéro commente cette observation, fait remarquer que, pour produire des colonnes verticales, les surfaces réfléchissantes doivent être à peu près horizontales.
- Fig. 2. — Le halo vertical photographié par le 'capitaine Le Petit.
- Les cristaux agissants sont, dit-il, probablement laminaires. Ajoutons que M. Currie a observé, un jour, dans des conditions analogues, un remarquable halo produit par une puissante lumière électrique : outre une colonne verticale, il présentait 2 branches horizontales et 2 branches à 45°.
- Dans le n° du 3 mai 1930 de la même Revue, M. Hugh Nicol, de Rothamsted experimental Station, indique qu’il n’est pas nécessaire de supposer que les cristaux de glace soient laminaires pour expliquer que leurs faces sont horizontales comme l’exige l’apparition de la colonne verticale. En effet, en 1913, le Dr John S. Owens a fait d’intéressantes expériences sur la chute dans l’eau de particules solides de formes variées et il a constaté que tous ces corps (disques, plaques rectangulaires, tiges) se placent toujours, au cours de cette chute, dans la position qui offre le maximum de résistance au mouvement.
- Besson, dans sa thèse de 1909, avait du reste déjà démontré directement que les prismes plats et les étoiles de glace s’orientent horizontalement.
- p.512 - vue 524/598
-
-
-
- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- SOLUTION DU TÉLÉGRAMME DE L‘AMÉRICAIN(I1
- Pour plus de clarté, rappelons-en l’énoncé :
- « Un Américain a convenu avec son banquier d’un code télégraphique à lui adresser pour lui demander de l’argent. Chaque chiffre 0, 1, 2,... 9, est représenté par une lettre quelconque différente de l’alphabet. D’autre part, le télégramme comporte 3 groupes de lettres qui, traduits, représentent trois nombres dont le dernier correspond à la somme demandée et est égal à la somme des deux premiers. Si, par exemple, l’Américain télégraphie : 125, 375, 500, cela veut dire qu’il désire 500 fr. Un jour, l’Américain télégraphie à son banquier, à la grande surprise de ce dernier : « SEND MORE MONEY »; le banquier demande des explications, l’Américain lui répond qu’il n’a fait qu’appliquer strictement le code convenu.
- « Quelle est la somme réclamée par le client? »
- Ce problème est simplement un rébus arithmétique qui ne nécessite même pas la connaissance des 4 règles, mais seulement celle de... l’addition.
- Nous donnons une solution abrégée. Quelques lecteurs nous ont envoyé des solutions fort longues. Il s’agit donc de déchiffrer cette addition en lettres.
- SEND
- MORE
- MONEY
- En arithmétique on commence les opérations par. la droite : cette fois nous ferons l’opération en commençant par la gauche
- Evidemment M de MONEY est une retenue et elle n’est que de 1 puisque 2 chiffres additionnés ne peuvent donner plus d’une unité de retenue.
- La lettre O obtenue en ajoutant S à M ne peut être que zéro ou 1 (1, si on admet une retenue antérieure), mais nous avons déjà : M = 1 donc 0 = 0.
- En admettant E = 9 et une retenue venant du chiffre des unités on aurait N = 0 ce qui est impossible puisque 0 est représenté par la lettre O, donc S = 9.
- On a donc :
- 9 END 1 0RE 10 NE Y
- On tire de ce tableau N = E + 1.
- En supposant qu’il n’y ait pas eu de retenue, on aurait en ajoutant D à E :
- 1. La Nature, n° 2830 du 1er avril 1930.
- N + R = 10 + E E + 1 + R = 10 + E ou R = 9.
- Mais S = déjà 9, donc il y a eu retenue en ajoutant D et E et R = 8.
- Nous arrivons à ceci : 9 END
- 1 0 8E
- 10NEY
- Nous avons employé les chiffres :
- 9, 8, 1 et 0; il reste encore 2, 3, 4, 5, 6 et 7.
- On ne peut admettre que E + 0 — N, ce qui entraînerait E = N, ce qui est contraire à l’hypothèse; il y a donc eu une retenue des dizaines et N = E + 1.
- On voit que E et N sont des nombres consécutifs choisis parmi 2, 3, 4, 5, 6 et 7. On découvre facilement que :
- N = 6 et E = 5 et on en tire aussi facilement Y = 2 et D = 7. Ce qui donne finalement :
- SEND 9567 .
- MORE 1085
- MONEY 10652
- Nous ont envoyé des solutions exactes : MM. Auriault, élève du cours complémentaire de Mirbeau (Vienne) ; Cornet et Pauchet, à Amiens; Léon David; Laubépin, instituteur dans le Doubs; Ch. Gros, étudiant à Montpellier; Bachmeyer, à Saverne; Thibout; Jean Claus à Reims; Etrebeste Mikel, à Bilbao (Ecole des Ingénieurs) ; Kerneïs, Saint-Etienne, Mlle Angèle Tapernaux, à Lyon; M. Vatry, élève de mathématiques au Collège Saint-Clément à Metz; Lieutenant Delorte, à Bordeaux, M. J. Weber, à Mutzig; Gendrault, à Saint-Plantaire; Aucher à Paris.
- On nous communique le curieux problème suivant, curieux par son énoncé, et parce qu’il a été proposé au Brevet simple. Il est emprunté au Précis d’algèbre de Plomion, Hatier éditeur.
- « On donne un nombre de 6 chiffres dont le premier à gauche est un 1.
- « Si on transporte ce chiffre 1 à l’extrémité droite, le nombre nouveau est juste le triple du nombre primitif. Quel était ce nombre? »
- Que les nombreux lecteurs de La Nature intéressés par ces Récréations résolvent ce problème facile, ils retrouveront avec étonnement une vieille connaissance qui possède vraiment bien des propriétés.
- LE NOMBRE 76.923
- M. Dominique Braga qui a signalé il y a deux ans dans le Crapouillot le fameux nombre 142 857 sera heureux de con-naî re celui-ci, 76 923, de M. Grésillon, de Cambrai, qui présente des propriétés du même genre.
- Rappelons que, si 142 857 est la fraction décimale périodique
- 1
- qui traduit la fraction ordinaire -, 76 923 est la fraction
- décimale qui traduit . De sorte que, si on multiplie
- lo
- 142 857 par 7, on obtient 99 999.
- On obtient aussi 999 999 en multipliant 76 923 par 13.
- Virgile Brandicourt.
- - .....-LA FORET ELECTRO-SANITAIRE ==
- Il n’est pas trop tard, il ne sera pas trop tard, de longtemps arbres poussent lentement, même les essences les plus rapides, encore, de parler des inondations causées par le déboisement, Bien des articles ont été écrits ces temps-ci. A côté de la
- car, en admettant que, de suite, on le veuille combattre, les forêt, on a vanté des barrages canalisant les eaux en excès, les
- p.513 - vue 525/598
-
-
-
- 514
- maintenant en place, et ajoutant leur action coercitive.
- Les nouvelles et terribles inondations du Midi remettent cependant, et, surtout, la question dù reboisement à l’ordre du jour. On se rappelle celles de 1875, déjà désastreuses et, cependant, minimes auprès de celles de 1930.
- On se rappelle aussi, à Paris, les débordements de la Seine de 1910, ceux de l’Isère, et les désastres de l’Algérie, il y a trois ou quatre ans.
- Depuis longtemps, on parle de reboisement, en vain! Les coupes désordonnées des arbres continuent, augmentant peu à peu les dangers, les ruines, les morts....
- Attendra-t-on que la maladie soit incurable, que le lucre, ce cancer psychologique qui crée l’autre souvent, soit devenu incurable, en ses conséquences surtout ?
- La forêt a un effet hygiénique sanitaire considérable par ses arbres mêmes, au rôle puissant de végétation, de richesse. Elle produit un état électrique déterminé, préservateur d’épidémies, créateur hydrologique, accumulateur d’eau ainsi tenue en réserve et rendue peu à peu à la plaine voisine et fertile....
- Banalités que tout cela, dira-t-on ! Mais non, le rôle électrique nous paraît avoir été peu étudié. On a bien parlé parfois de cet air électrisé appelé ozone, se produisant au contact des forêts de pins, non loin de la mer, et l?on sait le rôle épidémiologique, sanitaire, tonique, de cet oxygène si souvent forestier et électrique. On connaît les cures climatiques sylvestres, et le déboisement est en train d’en réduire les ressources calmantes, sédatives, toniques, où la lumière, intégrée ou tamisée, joue son rôle important.
- Au point de vue de l’électricité, domaine habituel de mes études, nous voyons les arbres doser, atténuer, détruire même le fluide atmosphérique, parfois nocif, quand la foudre détruit, paralyse. Les paratonnerres ont ce rôle sur et pour nos édifices, mais ceux-ci ne sont pas les seuls menacés, ni à ménager. Les champs reçoivent souvent la foudre, même les vignes, et l’on connaît des crus fameux,- ou plutôt les ceps qui les produisent, ainsi frappés et ne pouvant plus ensuite produire quoi que ce soit, ni même le terrain ainsi visité par le fluide atmosphérique.
- On sait aussi qu’un seul paratonnerre, même puissant, ne suffit pas toujours à protéger un monument.
- Le pouvoir des pointes, des tiges élancées et attirantes, autour d’un espace à sauvegardait souvent nécessaire. Vers le milieu du XIXe siècle, Je-ri^S^Ileux hôtel de ville de Bruxelles, malgré un fjaratonnerçj^înlpprtant, était assez souvent, quoique faiblement, atteint pqïr;Vélectricité atmosphérique. Le physicien Me}sens.eï4tTidée d’entourer les toits d’une ceinture de pointes métalliques et, depuis, l’on ne constata plus aucune manifestatiùfi'ide la foudre",
- La forêt, bien que pàTfjai§Vfï’aPpéê sur les arbres les plus élevés, préserve les terrains dif voisinage, par ses pointes végétales mouillées en temps de pluie, formant ainsi pointes conductrices, protectrices, enlevant le potentiel ambiant.
- La forêt élevée n’agit-elle pas encore, comme les canons paragrêles du Dr Vidal (d’IIyères), détruisant, détournant les orages? Les cimes se relient en quelque sorte entre elles pour former, comme le canon lançant son projectile dans les nuages menaçants, un circuit fermé, étendu et inoffensif. Je sais bien que l’on discute encore les effets des canons paragrêles !...
- Quant au rôle sanitaire, il est multiple.
- Brémontier plantant des arbres dans les dunes et marais des Landes a enrichi et assaini ce pays, dans lequel un petit pâtre du XVIIe siècle, qui devait devenir célèbre dans les annales de la charité, gardait ses troupeaux, monté, lui, sur des échasses : j’ai nommé saint Vincent de Paul. Ces forêts de pins, ozonisant l’atmosphère, ont fait constituer, de place en place, des stations climatiques, et même hydrologiques.
- Les inondations ne sont possibles qu’avec de l’eau ruisselant
- sur les pentes désertes, où aucune racine d’arbres vivants, ou trop peu, ne la retiennent.
- Que de médecins, avant, et. au temps de Balzac et de son Médecin de Campagne, même, l’ont dit et répété. Le D1' Félix Garrigou, créateur de l’hydrologie, me montrait en 1904, dans l’Ariège, le reboisement tenté et gâché par les bergers dont les troupeaux mangeaient les jeunes plants; le sénateur Dr Chauveau a parlé des origines des catastrophes de l’Isère, dans La Nature notamment.
- Mais l’inondation charrie tout, remue les terres, en ramène les miasmes à la surface, les corps en putréfaction, les sortant, c’est le cas de le dire, de leurs tombes, pour empester les vivants comme si les torrents ne suffisaient pas, trop souvent, à les tuer, ces mêmes vivants !
- Passons sur ces tristesses si grandes de l’heure présente qui serviront peut-être de leçons !
- Parlons des richesses hydrologiques formées par les eaux venant des verdoyantes forêts où la lumière se tamise, se transforme, s’absorbe..., agissant sur cet élément liquide arrivant goutte à goutte, à travers un sol qui le modifie et qu’il modifie.
- La lumière, ai-je démontré souvent, s’intègre, s’incorpore aux substances minérales, végétales et animales, qu’elle frappe. Elle s’y transforme. Nos toitures (plomb, zinc, ardoise), révélait M. Lepape, à l’Institut, le 17 mars 1930, sont souvent radioactives. L’air humide des caves l’est aussi. Dans les profondeurs des forêts, il se passe vraisemblablement pareils phénomènes. L’eau qui séjourne dans les racines se charge sans doute d’émanations radioactives d’hélium venu du soleil et porté ensuite quand, lentement, le trop-plein s’écoule, en des ruisselets devenant, par dissolution lente de certaines substances du sol et par radioactivité, sources hydro-minérales, sources de santé et de richesses.
- Viennent les inondations, tout s’enfuit, se disperse, s’évapore ensuite, sur les larges surfaces inondées, marécageuses. Les accidents matériels immédiats sont visibles, mais les autres, à longue échéance, dont on n’a encore que peu ou point parlé, n’en ont pas moins une importance considérable : fusion, volatilisation de richesses....
- Ajouterai-je la santé, « le plus grand des biens » ! Le végétal, l’arbre représentent ce qu’il y a de mieux pour désinfecter l’atmosphère que souillent nos respirations animales, nos putréfactions et décompositions : « L’homme est un poison pour l’homme », a dit Jean-Jacques Rousseau. Notre acide carbonique exhalé sert à nourrir l’arbre.
- Les transformations putrides, à ses pieds, sont utilisées par lui. Les fleurs même s’y épanouissent. Il faut donc l’arbre dans la forêt, dans les champs (sans parler de ses fruits, souvent), dans les villes pour nous permettre de vivre en santé, sans préjudice des inondations évitées, calamités vengeresses, destructions dues aux déboisements, et trop vite oubliées !
- On connaît le cycle de l’eau, libre, pourrait-on dire. Elle doit s’évaporer et s’absorber, se dissoudre, se volatiliser plutôt et sans se perdre, dans l’atmosphère, ou s’infiltrer dans le sol. Les inondations, la rendant trop abondante dans un sol qu’elle rend spongieux, créent des marécages, de l’eau stagnante et des moustiques porteurs de germes... toutes causes d’insalubrité. L’évaporation atmosphérique trop copieuse provoquera des nuages se chargeant d’électricité et de pluie? qui devront se déverser sur le sol, sur un sol dénudé de par la volonté de l’homme, pas de barrages naturels formés par les arbres (sans préjudice d’encaissements artificiels) pour la garder, l’absorber. Et plus les déboit ements s’accentueront, plu-; les inondations seront fréquentes.
- Donc, reboisons, reboisons vite. Ce qu’il fallait démontrer !
- • Dr Foveau de Courmelles.
- p.514 - vue 526/598
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1930 (1)
- De dix heures du soir à minuit, dirigeons une bonne lunette (ou même une jumelle) vers le ciel, depuis le zénith jusqu’au Sud, dans ces régions lumineuses et vaporeuses de la Voie lactée. Flammarion recommande de faire cette observation à l’aide d’une lunette munie de son plus faible oculaire : « Mettez « bien la lunette au point, dit-il, afin de distinguer chaque « étoile comme une piqûre d’aiguille, et laissez-la au repos. « Quand votre œil sera fait à l’obscurité, vous verrez le champ « de la lunette rempli d’une poussière de diamants scintillant « de mille feux !
- « Les belles nuits d’été, ajoute-t-il, sont les plus agréables « pour cette contemplation, lorsque Cassiopée, le Cygne, « l’Aigle, le Serpentaire, le Scorpion lancent dans l’espace « cette courbe immense et vaporeuse. »
- En laissant la lunette immobile, on voit successivement défiler des milliers et des dizaines de milliers d’étoiles dans le champ de l’oculaire.
- La photographie a fixé l’image de ces agglomérations sidérales et les étoiles y sont plaquées les unes sur les autres en innombrables nuages lumineux. L’observation de la Voie lactée s’impose par les belles nuits sans clair de Lune du mois de Juillet.
- I. Soleil.— La déclinaison du Soleil diminue assez fortement en juillet : de + 23° 9' le 1er, elle tombe à +18°24' le 31. La durée du jour diminue également et de 16h4m le 1er, elle ne sera plus que de 15h7m le 31.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Date
- Heure du passage
- Date
- Heure du passage
- l’observation de la lumière zodiacale. La lueur anti-solaire, très basse sur l’horizon, est inobservable.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en juillet, seront les suivantes :
- P. Q. le 3, à 4"3m D. Q. le 18, à 23'>29m
- P. L. le 10, à 20hlm N. L. le 25, à 20H2™
- Age de la Lune, le 1er juillet, à minuit (24h) = 4* 4; le 26 juillet, à minuit = 0i 1. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre époque du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 26.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet, le 9 —
- 27°54'; le 24 — -f- 27°58'. Remarquer la faible altitude de la Lune au-dessus de l’horizon du 9 au 11, lors de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 13 juillet, à 14h. Parallaxe = 54'1". Distance = 405 940 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 26 juillet, à 10h. Parallaxe = 61'16 '. Distance = 363 850 km.
- Occultation d etoile par la Lune. — Le 13 juillet, occultation de 161 B. Capricorne (gr. 6,4). Emersion à 23h49m.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 10 juillet et surtout à celle de la Nouvelle Lune du 25 juillet.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées pour Brest :
- Date.
- Marée du matin Heure Coefficient
- Marée du soir Heure Coefficient
- Juillet 1er llh54mlls Juillet 17 llb56m338
- — 3 11 54 34 — 19 11 56 43 —
- — 5 11 54 55 — 21 11 56 51
- — 7 11 55 16 — 23 11 56 56
- — 9 11 55 35 — 25 11 57 0
- — 11 11 55 52 — 27 11 57 1
- — 13 11 56 8 — 29 11 56 59
- — 15 11 56 21 — 31 11 56 55 Le
- Observations physiques. — Voici les renseignements permettant d’orienter convenablement les dessins et photographies du Soleil. Pour la signification des lettres P, B0, L0, voir le « Bulletin astronomique » du n° 2828, du 1er mars 1930.
- Date.
- B0
- L0
- Juillet 5 —-1«,18 + 3o,34 2190,75
- — 10 + 1 ,09 + 3 ,86 153 ,58
- — 15 + 3 ,34 + 4,35 87 ,41
- — 20 + 5 ,55 -f- 4 ,82 21 ,25
- — 25 + 7 ,71 + 5 ,25 315 ,10
- — 30 + 9 ,79 + 5 ,65 248 ,97
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La longueur des jours empêche encore, ce mois-ci, à la latitude de la France,
- 1. Toutes les heures données dans lè présent « Bulletin astronomique » sont indiquées en temps universel (T. U.), compté de O'1 à 24\ à partir de 01’ (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour établir la concordance entre les phénomènes et l’heure marquée par nos pendules.
- Juillet 25 26
- 27
- 28
- 29
- 30
- 31
- en raison de la faible
- 15h36m
- 16 27
- 17 16
- 0,85
- 0,94
- 0,99
- 1,00
- 0,95
- 0,86
- 0,74
- annonce ce mois-ci, ées.
- III. Planètes. — Le ta0^0SJk|S^e$rès, établi à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Camille Flammarion pour 1930, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juillet.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 15 juillet à 10h. Il sera inobservable pendant tout ce mois.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure pendant le mois de juillet :
- Dates Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,87- 5",4 — 1,1
- — 10 0,96 5,2 — 1,6
- — 15 0,99 5,0 — 1,8
- — 20 0,98 5,0 — 1,4
- — 25 0,93 5,0 — 0,9 -
- — 30 0,87 5,2 — 0,5
- Vénus est toujours visible le soir, au crépuscule, se couchant deux heures environ après le Soleil.
- p.515 - vue 527/598
-
-
-
- 516
- ASTRE Dates : Juillet Lever. à Paris Passage au Méridien de Paris (' ) Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 6 3h56m Hh 55m 6s 19h54m 6h59m + 22° 45' 31'31",2 Gémeaux
- Soleil. . 16 4 5 11 56 28 19 48 7 40 + 21 27 3131 ,2 Gémeaux »
- / 26 4 17 11 57 0 19 37 8 20 + 19 3 31 33,6 Cancer
- [ 6 3 6 11 9 19 12 6 9 + 23 37 5,4 ix Gémeaux ) ,
- Mercure 16 4 4 12 3 20 2 7 42 + 22 57 5,0 ^ , ( x Gémeaux Inobservable, en conjonc-
- ) 26 5 16 12 48 20 20 9 7 + 18 22 5,2 X Lion tion avec le Soleil, le 15.
- ' 6 7 8 14 29 21 51 9 31 + 16 31 14,0 Lion
- Vénus . ) 16 7 34 14 35 21 35 10 56 + 12 19 14,8 a Lion Le soir, dans le crépuscule.
- ) 16 8 0 14 38 21 16 10 59 + 7 38 15,8 Lion
- 6 0 54 8 24 15 55 3 27 + 18 8 5,0 Pléiades ^
- Mars 16 0 34 8 14 15 54 3 56 + 19 50 5,2 Pléiades . Avant l’arrivée du jour.
- ' 26 0 15 8 3 15 52 4 25 + 21 14 5,2 a Taureau
- Jupiter. 16 2 35 10 36 18 36 6 19 + 23 12 30,2 [x Gémeaux Inobservable.
- Saturne. 16 18 37 22 47 2 57 18 33 —-22 34 16,4 Sagittaire Toute la nuit.
- Uranus 16 22 48 5 15 11 42 0 58 + 5 25 3,4 189 F. Poissons A partir de minuit.
- Neptune 16 7 36 14 32 21 28 10 16 + 11 26 2,4 a Lion Inobservable.
- (') Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Voici, comme pour Mercure, le tableau de la phase et de la
- grandeur stellaire Disque Grandeur
- Date illuminé Diamètre stellaire
- Juillet 5 0,77 13", 8 — 3,5
- — 10 0,76 14 ,4 — 3,5
- — 15 0,74 14 ,8 — 3,5
- — 20 0,72 15 ,2 — 3,5
- — 25 0,70 15 ,8 — 3,6
- — 30 0,69 16 ,4 — 3,6
- Les observations de Vénus, comme celles de Mercure, peuvent être faites en plein jour. Vénus est si brillante qu’on peut l’observer parfois en plein midi, à l’œil nu, lorsque le ciel est bien pur. C’est là une constatation fort intéressante à faire et que nous recommandons aux lecteurs de ce « Bulletin astronomique ».
- Mars revient; lentement il se dégage de la région du Soleil et on pourra bientôt commencer des observations utiles. Le diamètre apparent de la planète est toujours bien petit (environ 5 secondes), et les plus grands instruments sont encore nécessaires pour reconnaître les configurations de la planète.
- Jupiter s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 20 juin. Il est pratiquement inobservable ce mois-ci. Cependant, comme à la fin de juillet il se lève vers 2h du matin, on pourra l’apercevoir quelques instants avant le lever du Soleil. Voici déjà quelques phénomènes produits par les satellites.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date Heure Satellite Phénomène
- 28 juillet 3h36m I O. c.
- 29 juillet 3 20 II . P. c.
- 29 juillet 3 41 I E. m.
- Saturne sera en opposition avec le Soleil le 1er juillet, à 4h. Il est donc visible à peu près toute la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 9 juillet :
- Grand axe extérieur........................... 41 ',54
- Petit axe extérieur................................ + 18",00
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau........................................ + 25°41'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .............................................. + 25°36'
- Pour trouver Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, nous avons donné il y a peu de temps (n° 2830, du 1er avril 1930) une figure représentant son orbite, vue de la Terre, divisée en tronçons correspondant au déplacement de ce satellite d’un jour à l’autre, à partir du moment de l’élongation orientale. Voici les plus grandes élongations de Titan pendant le mois de juillet.
- Date Elongation Heure
- Juillet 4 . Occidentale 22h,7
- — 12 Orientale 14 ,9
- — 20 Occidentale 20 ,1
- — 28 Orientale 12 ,4
- Pour voir Titan, une petite lunette de 0m,05 d’ouverture est suffisante. La magnitude ' stellaire de ce satellite est de 8,5.
- Uranus se trouvera en quadrature occidentale avec le Soleil le 8 juillet, à 5h. On peut le voir avec une simple jumelle lorsqu’on connaît sa position et que l’on possède une bonne carte céleste. Voici quelques positions d’Uranus en juillet :
- Date Ascension droite Déclinaison Diamètre
- Juillet 6 0h55m + 5° 8' 3"4
- — 16 0 56 + 5 15 3,4
- — 26 0 57 + 5 20 3,4
- p.516 - vue 528/598
-
-
-
- Neptune va se trouver en conjonction avec le Soleil le mois prochain. Il est inobservable ce mois-ci.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 12h, Vénus en conjonct. avec 83 Cancer, à 0°10' S.
- Le 5, à 23h, Mercure Le 10, à 0h, Saturne Le 16, à 0h, Vénus Le 18, à 3h, Uranus Le 21, à 6h, Mercure Le 22, à lh, Mars Le 24, à 3h, Jupiter Le 26, à 151*, Mercure Le 27, à l*1, Mercure Le 27, à 18h, Neptune Le 28, à 17h, Vénus
- Jupiter, à 0°22‘ N. la lune, à 5°20' N. Neptune, à 0°53' N. la Lune, à 0°31' N. r, Cancer, à 0°14' N. la Lune, à 3035'S. la Lune, à 4°48' S. la Lune, à 3°15' S. 83 Cancer, à 0°17' S la Lune, à 3°48' N. la Lune, à 2°42 S.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (fi Persée) : le 12 juillet, à 0h26m. Ce minimum est facilement observable à l’œil nu.
- Etoiles filantes. — De nombreux essaims d’étoiles filantes sont actifs en juillet. En voici la liste d’après ïAnnuaire du Bureau des Longitudes :
- Date Ascension Déclinaison Étoile
- droite
- J uillef 23 au 25 48°
- - 25 au 28 335o
- — 25 au 30 34lo
- -- 26 au 29 3420
- — 27 7°
- — 27 au 31 29°
- — 31 310°
- voisine
- + O CO [1 Persée
- + 26° Pégase
- — 34° 0 Poisson Austral
- + 32° 6 Andromède
- — 13° g Verseau
- + 36° (i Triangle
- + 44o a Cygne
- ..................: .... " 1 . = 517 =
- La chute des Perséides — météores qui, au mois d’août, émanent de la constellation de Persée — commence vers le 7 juillet. Le radiant se déplace peu à peu, suivant la composition du mouvement des météores avec la vitesse de la Terre sur son orbite et,- le 7 juillet, il se trouve vers o Cassiopée.
- Les Aquarides, dont le radiant se trouve vers l’étoile S Verseau, donnent, du 25 au 30 juillet, des météores à trajectoires longues. Leur mouvement est assez long.
- Etoile Polaire. — L’Etoile Polaire passera au méridien de Paris, aux heures ci-dessous, en juillet.
- Date Passage Heure Temps sidéral à 0h.
- —• —• —• (T. U.)
- J uillet 10 Supérieur 6h'17m228 1911 8m46s
- — 20 — 5 38 14 19 48 12
- — 30 — 4 59 6 20 27 37
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le
- 1er juillet, à 21h, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; Hercule; le Bouvier.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée. Capella est à l’horizon nord.
- A l’Est : Le Dauphin; la Flèche; la Lyre; l’Aigle; le Cygne; le Capricorne.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus; la Balance; le Scorpion.
- A VOuest : La Grande Ourse; les Chiens de Chasse; la Chevelure; le Lion; la Vierge.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- UM MOYEN DE VÉRIFIER LA SENSIBILITÉ DES CASQUES RADIOTÉLÉPHONIQUES
- Il existe dans le commerce de très nombreux modèles de casques, ù des prix très différents. Il va de soi que les qualités de ces casques sont très différentes et, pour les amateurs, il est souvent impossible de juger si le casque est bon ou non.
- A l’achat, c’est généralement le conseil du commerçant et le prix qui entrent en considération. Il existe cependant un moyen très simple pour savoir, immédiatement, si le casque est, ou n’est pas sensible.
- On met le casque sur la tête et on place une pièce de monnaie (de préférence en argent ou en nickel) dans la paume de la main gauche que l’on aura, au préalable, un peu mouillée. On prend ensuite, entre le pouce et l’index de la main gauche, l’extrémité du fil du casque que l’on tiendra solidement. Ensuite, on prend de la main droite l’extrémité du deuxième fil du casque avec lequel on gratte la pièce de monnaie. Si le casque est sensible, on percevra alors clairement le grattement. La pièce de monnaie qui est sur la main forme, en combinaison avec le tissu organique et le métal du fil tenu entre le pouce et l’index, un élément galvanique de très basse tension et de très haute résistance intérieure. Pour cette raison, seul un casque sensible transmettra le son.
- COMMENT PRÉPARER L’EAU OXYGÉNÉE
- La préparation de l’eau oxygénée se fait industriellement au moyen du bioxyde de baryum et de l’acide fluorhydrique, ce qui donne une eau oxygénée plus pure qu’en se servant d’acide sulfurique; on opère de la manière suivante :
- Après avoir finement pulvérisé le bioxyde de baryum, on le mélange avec de l’eau et laisse en contact trois ou quatre heures en agitant fréquemment. Celte bouillie épaisse est ensuite attaquée par l’acide lluorhydrique placé dans un récipient doublé de plomb et maintenu vers 10° C. On agite le mélange pendant plusieurs heures et après avoir laissé déposer le fluorure de baryum, on décante le liquide clair qui doit être acide et qui tient en dissolution la plupart des impuretés apportées par les matières premières. On le sature alors au moyen de bioxyde de baryum, il se décolore par suite de la précipitation des bases; on filtre rapidement, puis on additionne le liquide filtré d’une
- petite quantité d’acide sufurique pour éliminer la baryte; il ne reste plus qu’à laisser déposer le précipité et à décanter la solution limpide d’eau oxygénée.
- Pratiquement on compte que 30 kg de bioxyde de baryum ainsi traités par 12 kg, 500 d’acide fluorhydrique à 33 pour. 100 en présence de 200 litres d’eau peuvent fournir environ 200 litres d’eau oxygénée commerciale.
- L’eau oxygénée concentrée s’obtient par distillation dans le vide, la plus grande partie de l’eau s’évapore et il reste dans la cucurbite de l’appareil une eau oxygénée plus riche pouvant dégager 200 à 250 volumes d’oxygène.
- L’observation ayant montré qu’une légère acidité est favorable à la conservation de l’eau oxygénée, on laisse habituellement dans celle-ci un peu d’acide sulfurique ou bien on l’additionne d’acide phos-phorique.
- Ont également été employés comme stabilisants : l’acide borique à la dose de 30 grammes par litre, le chlorure de sodium (10 gr par litre), l’acétanilide (1 à 2 gr par litre); parfois on se contente d’ajouter 2 à 3 pour 100 d’alcool.
- MOYEN PRATIQUE DE FIXATION DU CELLULOÏD
- SUR MÉTAL
- Le moyen le plus pratique de fixer le celluloïd sur métal est d’employer une colle concentrée, elle-même au celluloïd, concentration que l’on peut réaliser par adjonction d’un acide organique, ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises. On prendra par exemple : Celluloïd non chargé........ 300 grammes
- Acide oxalique...................... 15 —
- Acétone........................... 1000 cm'
- Faire digérer pendant plusieurs jours dans un flacon bien bouché en agitant fréquemment. Lorsque la dissolution est complète, laisser reposer pour sédimenter les impuretés, puis décanter dans un - autre flacon le liquide limpide qui est alors prêt pour l’usage.
- N. B. — La présence de matières grasses étant nuisible à l’adhérence des enduits cellulosiques, avoir soin de dégraisser parfaitement la surface du métal à la benzine, avant toute application.
- p.517 - vue 529/598
-
-
-
- 8 . LA RADIOPHONIE PRATIQUE.......
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- DÉTECTION PAR COURBURE DE PLAQUE ET DÉTECTION DE PUISSANCE
- Nous avons déjà noté l’intérêt qu’il pouvait y avoir, dans certains cas, à substituer au montage détecteur ordinaire à
- condensateur shunté de grille celui d’une lampe détectrice par utilisation de la courbure inférieure de la caractéristique de plaque.
- Plusieurs lecteurs nous ayant écrit pour nous demander des renseignements à ce sujet, il nous semble intéressant de donner quelques nouveaux détails sur ce dispositif. Indiquons, tout d’abord, que le montage ordinaire à condensateur shunté par utilisation de la caractéristique de grille donne des résultats fort satisfaisants, lorsque les signaux reçus sont faibles, et que la tension appliquée à la grille ne dépasse guère un volt. Ce montage détecteur présente, en outre, on le sait, l’avantage d’être très sensible. Les tensions redressées ne sont pas proportionnelles aux tensions appliquées; de sorte qu’on peut démontrer, en théorie, que la tension des courants à la sortie de la lampe varie comme le carré de la tension de la grille.
- C’est pourquoi on a donné à ce montage, aux Etats-Unis,
- Région
- utilisée
- -n volts
- Potentiels de grille
- Fig. 3.— Il est facile de déterminer sur la courbure inférieure des courbes caractéristiques d’une lampe la région utilisée pour la détection par la caractéristique de plaque. On en déduit la tension négative moyenne à appliquer à la grille. -
- le nom de détectrice square law, ce qui signifie détentrice suivant la loi du carré. D’autre part, le redressement n’est efficace que si l’intensité des signaux appliqués à la grille
- atteint une valeur minima. Le changement de direction de la courbe n’étant jamais très brusque, deux tensions de grille très faibles et égales en valeur absolue ne correspondent pas, en effet, à des variations de courant-plaque très inégales (%• 1)-
- Le montage à condensateur shunté convient donc parfaitement lorsqu’on veut recevoir une émission faible avec une amplification haute fréquence ou moyenne fréquence suffisante, ou bien lorsqu’on veut recevoir une émission assez puissante, mais en se contentant d’une audition d’intensité moyenne et en utilisant des étages d’amplification moyenne fréquence relativement peu nombreux.
- Cependant, l’habitude d’utiliser en France des appareils à changement de fréquence à multiples étages moyenne fréquence, et aussi le désir d’obtenir une audition très intense et de qualité comparable à celle que peut fournir un phonographe électrique ont changé les conditions du problème.
- Dans ces conditions, la tension appliquée sur la grille varie, le plus souvent, entre 1 et 2 volts et peut même dépasser cette valeur. Une distorsion notable peut alors apparaître; elle se manifeste surtout par l’accentuation des notes aiguës, puisqu’on peut démontrer que ce genre de détection introduit dans le courant redressé les deuxièmes harmoniques des fréquences musicales reçues.
- Il est alors nécessaire, pour conserver une qualité suffisante d’audition, de diminuer l’intensité des signaux qui agissent sur la grille, et la plupart des auditeurs effectuent plus ou moins sciemment cette opération en agissant sur le potentiomètre ou le dispositif séparé de réaction et en déréglant légèrement, s’il y a lieu, les condensateurs d’accord et de modulation.
- Il serait pourtant assez facile d’obtenir sans distorsion une audition de grande intensité et sans avoir recours à ces procédés de fortune; il suffirait pour cela d’employer la deuxième méthode de détection par utilisation de la caractéristique de'plaque.
- Cette méthode ne permet pas d’obtenir une sensibilité aussi grande que la première, et c’est pourquoi elle est surtout employée à l’étranger dans les appareils destinés à recevoir des émissions locales, ou dans les postes comportant une amplification haute fréquence et moyenne fréquence très puissante.
- Elle n’est pas du tout utilisée en France, parce que l’amateur français veut presque toujours entendre les émissions étrangères, mais ce montage se rapproche plutôt du détecteur linéaire idéal, dans lequel les tensions redressées sont exactement proportionnelles aux tensions appliquées. La courbe correspondante, établie en fonction des tensions appliquées et des tensions redressées, est alors une droite, au lieu d’être une parabole comme dans le premier cas, ce qui supprime toute distorsion en amplitude (fig. 2).
- On peut ainsi appliquer à la grille une tension de plusieurs volts sans risque de distorsion, et la tension maxima appliquée est d’ailleurs variable avec le type de lampe choisi et la tension de plaque utilisée.
- Ce genre de montage n’est pas encore employé, pour les
- P y] P’
- 1 Tensions grille
- Fig. 1. — La détection « square law ».
- Lorsqu’on fait agir sur la grille de la lampe détectrice des signaux très faibles, U redressement n’est pas complet. Les points figuratifs AB sont trop rapprochés sur la courbe et les variations des courants-plaque correspondants PB' et AP' ne sont pas assez différentes.
- Tensions appliquées
- Fig. 2.
- Si on établissait un dé-
- tecteur idéal linéaire, la courbe des courants redressés établie en fonction des tensions de grille serait une droite.
- p.518 - vue 530/598
-
-
-
- raisons indiquées, sur les appareils réalisés industriellement en France, mais il n’est rien de plus facile, pour un amateur, que de l’établir lui-même sur un appareil quelconque et en employant généralement une lampe adaptée pour la détection par condensateur shunté, par exemple une A 4 15 Philips, une L4 10 Gecovalve, une R. 36 D Radiotechnique, etc.
- Pour monter une telle lampe en détectrice par utilisation de la courbure de plaque, il suffit de faire agir les signaux amplifiés sur la grille de la lampe et de donner à celle-ci une polarisation négative convenable, de telle sorte que le point figuratif du fonctionnement se trouve sur la courbure inférieure de la caractéristique.
- La plupart des constructeurs indiquent dans leurs notices la valeur de cette polarisation, et on peut la déterminer immédiatement par la seule vue des courbes caractéristiques de la lampe (fig. 3).
- Cette tension de polarisation est fournie par une pile de quelques éléments dont la tension totale maxima est généralement d’environ 9 volts. Le pôle positif de cette batterie est réuni au pôle négatif de la batterie de chauffage, et les courant détectés agissent entre la grille et une prise néga-
- Pofentiometre
- H.F-M.F de réglage Dét.
- =r= 0,1 MFd
- +80 à 100 volts
- Fig. 4. — Montage d’une lampe en déleclrice par ulilisation de la courbure de plaque.
- tivo effectuée sur cette pile, qui peut, d’ailleurs, être sliuntée par un condensateur de 0,1 microfarad.
- 11 semble encore préférable de rendre cette tension variable autour d’une valeur moyenne en reliant le pôle positif de la batterie de polarisation, non plus directement à l’extrémité négative du filament, mais au curseur d’un potentiomètre monté en shunt sur la batterie (fig. 4).
- On peut noter, en outre, qu’il y a intérêt à augmenter la tension-plaque dans ce cas, au contraire de ce qui a lieu pour la détection par condensateur shunté; cette tension peut atteindre 90, 100 ou même 120 volts, lorsque le type de lampe employé le permet.
- Il est évident aussi que les variations de tension transmises par la plaque de la lampe détectrice à la première lampe basse fréquence étant assez importantes, il devient nécessaire d’employer en basse fréquence une lampe de puissance, dont la grille peut supporter ces variations de tension sans risque de saturation.
- Enfin, il y a des cas où il ne suffit même plus d’employer ci' montage avec îles lampes quelconques. Lorsque la tension appliquée à la grille dépasse la tension de polarisation, il faut adopter une variante de ce montage : le dispositif détecteur de puissance.
- =•" -.. = 519 =
- Nous donnerons quelques indications à ce sujet dans une prochaine chronique, mais il faut remarquer qu’on devrait, dans ce problème, considérer aussi un autre facteur, la profondeur de modulation de l’émission considérée, c’est-à-dire le rapport des minima aux maxima de l’enveloppe de la courbe radiophonique.
- Le phénomène de détection, qui paraît, d’ailleurs, à première vue extrêmement simple, est, en réalité, fort délicat à étudier d’une façon exacte.
- Bien peu d’amateui’s en connaissent sans doute exactement le rôle. Certes, dans les oscillations transmises au détecteur, à peu près seules les impulsions dans un sens déterminé sont conservées. Mais il s’agit pourtant d’obtenir à la sortie de ce détecteur des courants musicaux alternatifs à basse fréquence, qui constituent en réalité la modulation du courant porteur de l’émission. C’est ce qu’on exprime en indiquant que la détection a pour rôle de faire apparaître la modulation.
- UN POSTE DE RÉCEPTION ENTIÈREMENT ALIMENTÉ PAR LE SECTEUR
- Les principes des lampes de réception à chauffage indirect ont été récemment indiqués dans La Nature, et l’on sait que ces lampes peuvent être alimentées par le courant alternatif du secteur non redressé, et servir comme amplificatrices haute fréquence et moyenne fréquence, détectrices, changeuses de fréquence, etc.
- On peut donc constituer, en les adoptant, des postes récepteurs de modèles divers, alimentés par le courant alternatif, la tension-plaque étant fournie, d’autre part, à l’aide d’un dispositif d’alimentation produisant du courant redressé à l’aide d’une valve à vide, ou du type électronique cuivre-oxyde.
- Les étages basse fréquence, ou du moins le dernier étage basse fréquence, peuvent être réalisés à l’aide d’une lampe de puissance à filament ordinaire, ainsi qu’il a été déjà indiqué aussi dans La Nature, puisque cet étage de sortie n’est pas suivi d’autres étages d’amplification, et, par suite, les légers bruits produits par le courant d’alimentation ne sont pas amplifiés.
- Un tel poste alimenté entièrement par le courant alternatif comporte pour l’usager des avantages pratiques évidents, puisqu’il supprime entièrement tout souci d’entretien des batteries d’alimentation.
- Un dispositif de réception très simple et paraissant un des plus intéressants à l’heure actuelle, du moins en France et construit sur ce principe, permet de recevoir facilement les émissions locales avec une intensité suffisante, et aussi d’obtenir la réception des émissions européennes puissantes avec une antenne extérieure bien dégagée.
- Ce dispositif comporte seulement trois lampes, une lampe haute fréquence à z'ésonance, une lampe détectrice et une lampe basse fréquence de puissance. En utilisant comme lampe haute fréquence une lampe à grille écran, et comme amplificatrice basse fréquence une lampe de puissance d’un modèle convenable avec tension-plaque assez élevée, la sensibilité obtenue est suffisante, ainsi que l’intensité d’audition.
- Sans doute, la sélectivité n’est pas aussi accentuée que celle d’un appareil à changement de fréquence; elle est suffisante cependant pour l’auditeur des campagnes, mais il faudra, le plus souvent, que l’auditeur urbain, utilisant un tel appareil, se résigne à ne pas entendre les émissions étrangères lorsque les postes locaux de longueurs d’onde voisines sont en fonctionnement.
- Il faut considérer aussi qu’un appareil de ce genre a, dans certains cas, un caractère local, et il faut espérer qu’une
- p.519 - vue 531/598
-
-
-
- 520
- Ftg.,5. — Poste à 3 lampes, type S. 403. Bouchai cl Aubigriat, entièrement alimenté par le secteur alternatif.
- clientèle de plus en plus nombreuse d’auditeurs cherchera à installer un radiorécepteur dans le but essentiel d’entendre dans les meilleures conditions un nombre d’émissions relativement restreint, et non de recher&hi^j^^uement le plus grand nombre d’émissions possib^^: •sSnsl'.^ko^pucier de la qualité de l’audition. _ / v
- Un appareil de réception rentrant dàns céjt'^q. catégorie de postes, d’un genre encore relaiiyemenjC nouveau?en France, vient d’être établi par un constructeur spécialisé depuis longtemps dans l’industrie radioélectrique.!. Ce-, poste comporte une lampe haute fréquence à écran :à"'e'liàuff&ge indirect, une lampe détectrice également à chauffage indirect et une lampe basse fréquence à filament ordinaire, triode ou trigrille de puissance (fig. 5).
- La valve redresseuse biplaque électronique assurant l’alimentation plaque est montée dans la même ébénisterie que le poste lui-même, ainsi que les bobinages et condensateurs de filtrage.
- Pour obtenir la mise en fonctionnement de l’appareil, il suffit donc de le relier au réseau au moyen d’une prise de courant ordinaire.
- Deux bornes sont disposées à l’arrière pour permettre la connexion à l’antenne et à la terre, mais, la plupart du temps, c’est le réseau de distribution lui-même qui peut être utilisé comme antenne.
- Le réglage s’effectue par un bouton unique avec tambour de repère gradué en longueurs d’onde.
- Un deuxième bouton additionnel permet de parfaire le renforcement et la pureté d’audition; un seul commutateur petites ondes, grandes ondes, assure le fractionnement des bobinages, suivant la gamme des longueurs d’ondes des émissions à recevoir.
- Tel qu’il se présente, ce nouvel appareil paraît bien constituer un type intéressant de récepteur local, convenant pai’-faitement à l’usager désireux de supprimer piles et accumulateurs.
- Il peut sans doute se présenter encore des cas particuliers dans lesquèls l’emploi du courant du secteur, même dans ces conditions, est rendu difficile par suite de la transmission de courants parasites à haute fréquence le long des lignes, mais ces cas sont heureusement fort rares et, bien souvent, des dispositifs fort simples composés de bobines de choc et de condensateurs de fuite permettent d’atténuer ces inconvénients.
- UN CHARGEUR D’ACCUMULATEURS A DOUBLE USAGE ET A FONCTIONNEMENT AUTOMATIQUE
- Malgré les progrès des dispositifs d’alimentation par le courant d’un secteur alternatif, nous venons de rappeler que leur réalisation est encore délicate en France dans nombre de cas, et spécialement lorsqu’il s’agit de recevoir dans les villes, avec le maximum de sensibilité et de sélectivité possible, des signaux faibles provenant de stations peu puissantes ou éloignées.
- Il ne faut pas oublier, de plus, qu’il y a en France, en service, plusieurs centaines de milliers de postes récepteurs, el, qu’il faut assurer leur alimentation dans les meilleures conditions, mais sans modifier, toutefois, leur montage intérieur. L’emploi de batteries de chauffage et de plaque suffisamment robustes et surtout rechargées régulièrement constitue donc encore le procédé le plus employé en France à l’heure actuelle, et on sait, d’autre part, qu’au point de vue théorique ses qualités sont absolument indéniables, et qu’il est capable d’assurer l’audition la plus pure et de la meilleure qualité compatible avec le type d’appareil employé.
- Nombre d’auditeurs conservent cependant, et avec quelque raison, l’horreur des accumulateurs. Ils leur reprochent, en effet, au point de vue pratique, leur fragilité, leur manipulation délicate et même dangereuse, sinon pour les mains de l’opérateur, du moins pour les objets environnants, et enfin la nécessité d’un entretien constant.
- Pour atténuer ces divers inconvénients, on peut employer maintenant des modèles d’accumulateurs d’un type à la fois réduit et robuste à plaques épaisses, et pour lesquels la sulfatation est beaucoup moins à craindre. On peut signaler surtout à ce propos les progrès des batteries de tension-plaque beaucoup plus robustes et faciles à entretenir que les modèles anciens. On trouve désormais dans le commerce d’excellentes batteries de 80 à 120 volts, de dimensions relativement réduites, et parfaitement protégées, et dont l’entretien se réduit au versement peu fréquent et facile de quelques gouttes d’eau distillée dans les bacs. Ces batteries peuvent, d’ailleurs, être utilisées plusieurs années lorsqu’elles sont rechargées à intervalles réguliers.
- Tout le problème de la suppression, ou du moins de l’atténuation des inconvénients dus, dans ce cas, à l’emploi des accumulateurs, se réduit donc surtout à l'adoption d’un chargeur simple, et qui permette d’effectuer les recharges régulières en laissant toujours à leur place les connexions des batteries et sans avoir besoin de déplacer celles-ci.
- Nous avons déjà décrit différents modèles de ces petits appareils, don t la diffusion est, d’ailleurs, de plus en plus grande et il nous semble intéressant d’en signaler encore un autre de construction récente présentant des avantages très marqués.
- Ce chargeur est muni d’une valve redresseuse à deux tensions, avec lampe régulatrice à filament de fer dans l’hydrogène.
- Il peut débiter Fig. 6. — Chargeur automatique M. S. V 1,3 ampère sur une pour batteries 4-6 volts et 40-120 volts. batterie de 4 volts,
- 80 milliampères pour une batterie de 80 volts, et 70 milliampères pour une batterie de 120 volts
- Le transformateur alimentant le filament de la lampe redresseuse et fournissant le
- p.520 - vue 532/598
-
-
-
- 521
- courant redressé a été l’objet d’une étude très détaillée. Il comporte un circuit magnétique particulièrement bien étudié, réalisé avec des tôles de toute première qualité, ce qui réduit les pertes au minimum.
- Ce transformateur, ainsi que le bloc support de la lampe sont protégés par un capot métallique ajouré et émaillé, d’un aspect très esthétique.
- Le commutateur de charge et les bornes de connexion sont réalisés d’une façon particulièrement heureuse. Le premier est disposé sur la plaquette en matière moulée, sur laquelle est placé l’ensemble de l’appareil, mais en dehors du capot de protection et au-dessus d’une plaquette horizontale de repère (fig. 6).
- Ce commutateur est commandé par un gros bouton moleté noir, portant à sa base un point de repère blanc. Lorsque le repère blanc se trouve devant un point noir marqué « écoute » sur la plaquette, le courant ne passe pas dans le primaire du transformateur et les batteries ne se chargent pas. Pour charger les batteries de chauffage, on amène le point blanc devant un repère noir marqué « charge » du côté 4-6 volts de la plaquette. Pour charger la batterie plaque, on amène de même le repère blanc du bouton devant un repère noir marqué « charge » du côté 40-80-120 volts de la plaquette. Enfin, pour interrompre la charge, on ramène évidemment le repère blanc devant le point noir marqué « écoute ».
- La disposition du commutateur est particulièrement étudiée, de façon à assurer des connexions parfaites et sans aucun risque de fausse manœuvre.
- En particulier, chacune des positions de manœuvre est très nettement déterminée, l’organe mobile du commutateur comportant une bille qui prend place devant le logement correspondant avec un bruit sec parfaitement perceptible.
- Grâce à la construction de l’appareil, ce dernier peut rester constamment connecté à la prise du courant du secteur,
- et les batteries sont ainsi reliées constamment aux bornes du chargeur. Celles-ci sont analogues à des bornes ordinaires à bouton moleté, mais comportent un tube central métallique dans lequel vient s’engager une fiche de connexion (fig. 7).
- On peut donc obtenir à la fois des prises de connexion fixes pour l’alimentation du poste et des prises avec fiches mobiles pour les batteries, ce qui permet leur montage et leur démontage immédiat lorsqu’il s’agit d’assurer leur entretien.
- POSTE PORTATIF A
- DOUBLE SYSTÈME D’ALIMENTATION
- Le poste portatif, ou du moins le poste transportable, semble déplus en plus en faveur en
- France, et la plupart des appareils de ce genre présentent, d’ailleurs , des qualités électriques analogues à celles des postes ordinaires correspondants. Un appareil transportable bien construit peut également être utilisé comme poste d’appartement; or, s’il est préférable, en général, qu’un poste portatif ordinaire soit muni d’une batterie d’accumulateurs de chauffage et d’une batterie de piles de tension-plaque, ce qui permet de le faire fonctionner à n’importe quel moment, et n’importe où, sans qu’il soit
- besoin d’utiliser le cou-
- . j, . Fia. 7. — Poste portatif Radio-Sigma.
- rant d un secteur, par a
- contre beaucoup d’auditeurs désirentm«gaaÉeQant, en achetant un nouvel appareil, ou du moir^^^^ep^^^^destiné spécialement à l’audition des émissiarff/locSj|<gs ouypuâssantes, éliminer complètement les batterjfea%n ujgiisant des lampes spéciales, soit un appareil d®.ment^on fqtnlaissant le courant redressé et fdtré de chauffage e^de t^||ion-plaque.
- Pour procurer ^ain^JJîAJiKaditeur le maximum d’avantages, un constructeh<,^^fii|i!fe^u l’idée assez pratique d’établir un poste transportable" bien étudié du type classique à changement de fréquence, comportant une lampe bigrille, deux étages moyenne fréquence, une détectrice et une lampe de puissance.
- Ce poste est monté dans une ébénisterie contenant dans son couvercle un cadre à charnières et dans la partie inférieure un haut-parleur électromagnétique à large diffuseur (fig. 7).
- Mais la particularité la plus intéressante de cet appareil consiste sans doute dans l’alimentation mixte réalisée à volonté par une batterie de chauffage et une batterie de plaque que l’on peut placer dans la partie inférieure, ou par un dispositif d’alimentation sur courant alternatif venant simplement remplacer les batteries dans la partie inférieure de l’ébénis-terie.
- Dans ce dispositif d’alimentation très robuste, le courant redressé est fourni par des soupapes électroniques cuivre-oxyde, et des condensateurs électrolytiques sont adaptés dans le circuit filtre du courant de chauffage (fig. 8).
- Ainsi, dans son appartement, et spécialement lorsqu’il s’agit en général de réceptions locales ou puissantes, l’auditeur emploiera le dispositif d’alimentation par le secteur et il pourra le remplacer immédiatement, pendant le voyage ou pour la réception des émissions faibles, par les batteries d’accumulateurs et de piles.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareil alimenté par le secteur alternatif : Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, Paris (15e).
- Chargeur automatique à plusieurs tensions : Le Matériel Radioélectrique M. S. V., Voilant, constructeur, 31, avenue Trudaine, Paris.
- Poste transportable à alimentation mixte : Radio-Sigma, 19, rue du Midi, Neuilly-sur-Seine.
- Fig. 8. — Vue arrière du poste transportable montrant la disposition des batteries et de la boîte d’alimentation par le secteur.
- p.521 - vue 533/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- The Kinematical Design of Couplings in Instrument Mechanisms, par A. F. C. Pollard, professeur de dessin instrumental au Collège impérial de Science et Technologie. Publié par Adam Hilger, 24, Rochester Place, Camden Road, Londres, N.W. 1, 1929.
- L’auteur montre l’intérêt, pour le dessin industriel, de l’étude cinématique des liaisons; le dessin doit comprendre cette étude comme première étape. Ainsi est laissée au constructeur la liberté d’adapter la deuxième étape, « le dessin de manufacture», à son matériel de fabrication.
- L’auteur étudie en détail quelques exemples de liaisons de chaque degré de liberté.
- Le Pétrole (maître du monde), par M. Martschenko. 1 vol., 256 p. Editeur : La Revue Pétrolifère, 19, rue de Marignan, Paris, 1929. Prix : 20 fr.
- L’auteur examine, dans le monde entier, les conditions dans lesquelles s’effectuent la production, la répartition et la consommation du pétrole. Il montre les rivalités qui s’exercent dans ce domaine, surtout entre les Etats-Unis et l’Angleterre, et leurs répercussions politiques. Cet ouvrage abonde en renseignements économiques, statistiques, législatifs et diplomatiques. Pour la France notamment on y trouvera un intéressant exposé de la question peu connue de la participation de la France aux pétroles de l’Irak.
- Orages et tempêtes dans la littérature, par J. Rouen. 1 vol. 254 p. Société d’éditions géographiques et coloniales, Paris, 1929. Prix : 12 fr.
- Comment les grands écrivains ont-ils vu, avec quelle exactitude et précision ont-ils décrit les grands phénomènes météorologiques, orages ou tempêtes, qu’ils font intervenir dans leur récit, telle est l’amusante question que s’est posée un savant météorologiste, le lieutenant de vaisseau Rouch. Le présent volume nous apporte le résultat des investigations qu’il a faites à ce point de vue dans les œuvres de Ronsard, La Fontaine, Mme de Sévigné, Bernardin de Saint-Pierre, Chateaubriand, Vigny, George Sand, Fromentin, Flaubert, Loti. L’auteur nous fait apprécier en connaisseur les brèves, mais toujours si justes notations des classiques, les belles descriptions romantiques, mais très observées de Chateaubriand; il montre la minutieuse exactitude de Bernardin de Saint-Pierre dans le célèbre épisode du cyclone qui cause la perte de Saint-Jean. Il fait quelques réserves sur la météorologie de Flaubert oc celle de Loti. En résumé, excellent livre d’analyse littéraire où la science et les lettres s’unissent sous une forme des plus agréables.
- Traité de biocoiloïdologie, par W. Kopaczewski. Tome 1 : pratique des colloïdes. Fascicule II : mesure des concentrations moléculaires et ioniques. 1 volume in-8, 361 p., 161 fig., 3 pl. en couleurs. Gauthier-Villars, Paris, 1930. Prix : 40 francs.
- Paraissant très peu de temps après le premier fascicule consacré à la préparation et aux propriétés mécaniques des colloïdes, celui-ci le complète en donnant un ensemble de renseignements sur les mesures de l’osmose, de la cryométrie, de la conductibilité et de la concentration en ions hydrogène. Ces quatre sortes de mesures servent à caractériser nombre de propriétés des solutions électrolytiques et colloïdales. Pour chacune, l’auteur explique les méthodes et leurs principes, décrit les appareils, indique leur mode d’emploi, groupe les principales données acquises. Son livre est ainsi à la fois un traité et un guide de manipulations dont l’usage s’impose au théoricien et au praticien des colloïdes.
- Antivirusthérapie, par A. Besredka. 1 vol., in-8, 431 p., Masson et Cie, Paris, 1930. Prix : 40 francs.
- L’auteur, professeur à l’Institut Pasteur, s’occupe particulièrement depuis plusieurs années de la vaccinothérapie locale des infections les plus diverses. A la notion d’infection sanguine et de vaccination sanguine ou sous-cutanée s’ajoute progressivement, grâce à de multiples recherches, l’affirmation de maladies locales et d’immunisation limitée à un groupe cellulaire. S’inspirant de ces recherches, les cliniciens se sont mis à pratiquer la vaccinothérapie locale dans nombre d’infections : des yeux, des oreilles, du nez, de la bouche, de l’intestin, des reins, des organes génitaux, de la peau. Les observations cliniques, dont le nombre s’accroît tous les jours, montrent qu’en renforçant les cellules réceptives par des vaccins appliqués localement, on se rend plus aisément maître des infections qu’en mettant en œuvre la vaccinothérapie générale ou la thérapeutique antiseptique.
- L’année psychologique, par Henri Piéron, 29e année, 1928. 2 vol. in-8, 946 p., fig. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, Paris, 1929. Prix : 120 fr.
- Comme chaque année, ce livre représente un labeur considérable; il fournit une contribution originale et une documentation très complète sur les multiples questions de psychologie. Parmi les mémoires
- originaux, la plupart consacrés à la psycho-physiologie, 3 traitent des sensations visuelles, 1 du tact, 1 de l’audition. L’étude expérimentale des fonctions est représentée par l’étude de Foucault sur les inhibitions internes de fixation, la psychotechnique par le travail de Mme Piéron, donnant pour la France les résultats des tests internationaux de Barcelone actuellement appliqués dans de nombreux pays. M. Bertrand Barraud traite d’un sujet plus théorique : le langage et les articulations de la pensée. Des notes de technique, des descriptions de nouveaux appareils, séparent les mémoires de la partie bibliographique, contenant 1400 analyses de travaux parus en 1928, méthodiquement classés. L’Année Psychologique est donc un moyen de travail unique et sa collection est la base de toute documentation sérieuse en psychologie, physiologie nerveuses, pédagogie, orientation professionnelle, etc.
- Mes aventures sous les tropiques, par Victor Forbin.
- I vol., 244 p. Société française d’Editions littéraires et techniques, 12, rue Hautefeuille, Paris. Prix : 12 fr.
- Parti dans sa jeunesse dans l’Amérique Equatoriale comme ingénieur d’une mine d’or qui ne réussit point, notre collaborateur passa quelques années aventureuses dans les régions sauvages du Darien, puis en Haïti, où la nécessité de vivre lui fit faire maints métiers; tour à tour peintre, menuisier, professeur, artiste dramatique et auteur subventionné. M. Forbin conte avec infiniment de verve et de pittoresque quelques-unes de ses aventures : au charme du récit, toujours amusant, s’ajoute l’intérêt d’observations très précises et de notations très justes sur les mœurs indigènes, ainsi que les caractères géographiques et physiques des régions où se déroulent les événements dont l’auteur fut le héros. C’est une lecture à tous égards recommandable.
- Les Terre-Neuvas, par Pierre Demartres. - Collection d'Etudes, de documents, et de témoignages pour servir à l’histoire de notre temps. Payot, Paris, 1930.
- Cette collection vient de s’enrichir d’un ouvrage vraiment impressionnant.
- II s’agit du volume que M. Pierre Demartres consacre à la dure existence de nos pêcheurs sur les bancs de Terre-Neuve.
- Bien des fois, déjà, ce sujet a été traité, mais jamais encore par un homme décidé à se documenter sur place, en prenant part, jusque dans les plus périlleux travaux, aux plus rebutantes, aux plus répugnantes besognes, on peut le dire, à l’âpre métier des pêcheurs de morue.
- M. Pierre Demartres a donc partagé la vie des pêcheurs pendant onze jours, à bord d’un voilier où on ne pêche qu’avec la ligne de fond, pendant trente jours sur un vapeur où on n’emploie que l’immense chalut.
- Et il y a travaillé de ses mains, avec tous. Il a accroché aux hameçons le bulot plus que faisandé, il est allé en doris, sous les embruns glacés ou dans la brume, mettre à l’eau, puis relever les 3000 mètres de lignes; il a, à bord, dans l’humidité visqueuse, dans la terrible odeur du charnier, détripaillé la morue, sous la pluie, les lames déferlantes, aux secousses du tangage et du roulis.
- M. Demartres raconte simplement, gaiement, à la française, sans aucune recherche d’effet littéraire, ce qu’il a vu, les impressions que lui a laissées cette vie de chien, menée au contact d’hommes rudes et bons, soumis pendant six ou huit mois à un travail, et quel travail! qui prend dix-huit heures sur vingt-quatre, sans autre clarté sur le monde que quelques visites de la Sainte-Jeanne-d’Arc, le navire béni, qui apporte les lettres de la maison, quelques nouvelles, un peu de réconfort moral et matériel.
- La lecture de ce livre est passionnante, angoissante, réconfortante aussi. Il n’en a pas été écrit de meilleur sur ce sujet si intéressant.
- Mon voyage au Soudan tchadien, par Abou Digu’en. 1 vol. in-8, 295 p., 8 pl., hors texte et 1 carte. Collection Voyages de jadis et d’aujourd’hui, Pierre Roger, Paris. Prix : 15 fr.
- Le Tchad, encore légendaire, malgré l’assaut des touristes transsahariens et les voyages d’études, est un réservoir de gros bétail et une immense terre à coton; il marque l’une des étapes du chemin de fer transafricain qui doit, un jour prochain, relier la Méditerranée au Cap, en passant par le Congo belge.
- L’auteur y a vécu de longs mois, pour y tenter une expérience de mise en valeur; il a pu connaître les différents milieux,, et les tableaux qu’il trace, pris sur le vif, font réellement toucher le fond des choses et des âmes, les administrés et les administrateurs.
- Les auberges de France 1930. 1 vol. 512 p. Editions C. S. C., 42, rue de Trévise, Paris. Prix : 20 fr.
- Cinq mille auberges ou hôtels, etc., de prix abordables, répartis sur toute la France sont signalés dans.ee recueil et jugés comme à un concours. Les touristes se trouveront bien de le consulter pour choisir leurs étapes ou leurs points de stationnement.
- p.522 - vue 534/598
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Mars et d’Avril 1930.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Le verre bleu et la décomposition du sulfate de soude par la silice (M. B. Bogitch). L’auteur a déjà indiqué que le silicate de fer correspondant à l’oxyde 4FeOFe "CP, qui colore les verts alcalins en bleu, a pour limites de stabilité la teneur de 2 pour 100 en oxyde de carbone des mélanges gazeux CO2 + CO à 1300°, la concentration en fer restant voisine de 1 pour 100. Or, si la préparation du verre bleu est courante dans l’industrie, au départ du carbonate CO"' Na2, on n’obtient pas un produit coloré avec le mélange SO‘ Na2 -f- charbon. M. Bogitch pour résoudre la question a été ainsi conduit à étudier la réaction fondamentale de la fabrication du verre : action de la silice sur le sulfate alcalin, le silicate formé au début de l’opération dissolvant le sulfate encore intact.
- Fondus ensemble, sulfate et silicate donnent deux couches liquides superposées : la couche supérieure — sulfate — dissout une petite quantité de silice et la couche inférieure — silicate— détient toujours , le radical SO7’, la solubilité réciproque des deux phases en présence restant une fonction de la température et de la teneur en silice du silicate. En maintenant les deux phases liquides quelque temps dans un tube en quartz, on aperçoit, dès 1250°, une décomposition appréciable du sulfate. La couche supérieure étant détruite et la décomposition accélérée par l’envoi d’air, d’azote, ou de gaz carbonique, la proportion d’anhydride SCF, dans le silicate diminue à son tour. En faisant intervenir des gaz réducteurs — mélange CO2 rf- CO — on augmente tout d’abord la décomposition du sulfate dissous, la teneur en soufre du silicate s’abaissant au voisinage de 0,20 pour 100 quand le mélange contient 10 pour 100 de CO; ensuite, le taux du silicate en soufre restant sensiblement constant, le sulfate se transforme progressivement en sulfure, d’où apparition des colorations jaune, orange et rouge et réduction totale, d’ailleurs, avec des mélanges gazeux contenant plus de 50 pour 100 d’oxyde de carbone. En ajoutant au mélange à fondre du silicate de fer, on s’aperçoit que la coloration bleue prise par la masse, d’abord vert bouteille, se produit au début de la transformation du sulfate en sulfure =—, et l’action retardatrice du sel SCF Na'2 est de l’ordre des phénomènes, fréquents en métallurgie : diminution ou augmentation de la tension de dissociation d’un oxyde — ici 4Fe0Fe203 — par la présence d’un autre corps oxydé dissous dans la scorie, d’où variation de la réduc-tibilité.
- De plus, on n’obtient que fort lentement l’équilibre dans la décomposition du sulfate SO4 Na2 par les gaz réducteurs, et cet équilibre n’est jamais atteint dans une opération aussi brutale que la réduction par le charbon. —C’est la raison pourquoi, sans doute, les mélanges au sulfate ne donnent jamais de verre bleu.
- CHIMIE ANALYTIQUE
- Le dosage des phénols dans les eaux de cokerie (MM. A. Travers et Avenet). Les eaux de condensation et les eaux résiduaires doivent être traitées, avant envoi à la rivière, pour deux raisons : action toxique des phénols et valeur marchande de ces mêmes produits qu’il convient de récupérer.
- La méthode employée en général comprend une distillation, en milieu acide, le distillât étant traité ensuite par le mélange : bromure -f- bromate, phénol et métanisol fixant, on le sait, trois atomes de brome par molécule, para- et cr~ thocrésol, deux atomes. Mais la présence des sulfures, sulfites
- et hyposulfites entraîne la formation de gaz : SH2, SO2, avec dépôt de soufre.
- Les auteurs ont imaginé la méthode qui suit :
- On provoque un entraînement à la vapeur d’eau surchauffée, en milieu sulfurique. On amène ensuite le distillât à un volume connu pour oxyder sur une partie adéquate les composés du soufre par addition d’eau oxygénée. L’excès de ce réactif, étant détruit, après neutralisation, avec quelques gouttes de nitrate cobaltique, on ajoute ensuite de l’acide sulfurique, puis goutte à goutte la liqueur de bromure et de bromate et quand on perçoit l’odeur de brome, on déplace l’iode d’une liqueur d’iodure IK, pour titrer l’iode par l’hyposulfite; le_ chiffres fournis par les eaux de condensation et les eaux de carbonisation à basse température sont du même ordre de grandeur : de 4 à 6 gr de phénols par litre, ces composés étant représentés par les premiers termes de la série.
- GÉOLOGIE
- Les régions littorales de l’Algérie entre Ténès et Phi-lippeville (M. L. Glangeaud). La superposition de plusieurs phases de plissements donne aux parties nord des provinces d’Alger et de Constantine une grande complexité de structure et, reprenant certaines idées de Ficheur, Fauteur tente d’établir les caractéristiques stratigraphiques et tectoniques de ces zones.
- Au début de l’éocène, comme aux temps de l’époque secondaire, le pays, entre Tenès et Bône, présente deux zones est-ouest, comprenant : la première deux massifs amygda-laires, le massif kabyle — depuis le Chénoua jusqu’à Bougie et le massif numidien, de Djidjelli à Bône; la seconde les Atlas de Miliana, de Blida, de Tablat, la Kabylie des Babors, enfin les régions de Constantine et de Guelma.
- La stratigraphie de la zone I est beaucoup moins connue que celle de la zone II et le substratum primaire, affleurant en de nombreux points, est recouvert soit par des calcaires basiques, soit par des couches schisto-gréseuses, généralement attribuées à l’éocène supérieur ou au maestrichtien, et reposant, pour M. Glangeaud, sur le primaire, dans le nord de la province d’Alger. Dans le massif kabyle, comme dans le massif numidien, cette couverture comprend une série éocène qui recouvre en discordance une masse plissée d’âge crétacé. Au temps du crétacé, la zone I était dont émergée ou formait un haut-fond, sauf pendant la durée des temps albiens et une partie du sénonien.
- Les plissements de l’âge éocène ont agi sur-deux matériels différents : formé de roches cristallophylliennes, celui de la zone I offrait, à leur surface, une couverture sédimentaire peu épaisse, tandis que celui de la zone II, reposant sur une masse importante de Trias gypso-salin, présentait, sur une grande épaisseur, des terrains sédimentaires peu plissés et plastiques. A la fin du lutétien ainsi, la zone I se cassa, dans sa partie sud, en donnant une série d’écaille simplantées dans le bord sud du massif ancien et la zone II, recevant les terrains déposés au sud de la chaîne basique, se plissa de telle manière que les couches du crétacé s’y présentent en plis continus souvent déversés vers le sud, mais pouvant tout aussi bien offrir, par places, des déversements plus au nord. Comme l’ont montré, enfin, MM. Blayac, Dalloni, et Savornin, on doit attribuer un rôle particulier au trias qui constitue le substratum de ces diverses couches.
- Paul Baud.
- p.523 - vue 535/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE F. Nansen.
- Le grand explorateur norvégien Fridtjof Nansen est mort Je 13 mai 1930. Né à Christiana en 1861, il fit d’abord des études de zoologie et d’histologie. Puis, en 1887, il entreprit avec Otto Sverdrup une exploration au Groenland qui dura un an. Nommé à son retour conservateur du Musée zoologique de Christiania, il se mit à préparer une exploration polaire sur un principe original. Son idée était de se laisser emprisonner dans les glaces à bord d’un navire spécialement construit à cet effet et d’utiliser pour se rapprocher du pôle le courant de dérive de ces glaces. C'est sur cette donnée que fut construit le célèbre navire, le Fram.
- Le Fram, commandé par O. Sverdrup, quittait Christiania dans l’été 1893, emmenant Nansen et ses compagnons vers l’entreprise qui devait les rendre illustres. Le Fram, abandonné à la dérive des glaces, par 77° 30' de latitude, à proximité de la côte Nord de l’Asie, dériva jusqu’à 85°55' de latitude nord, atteignant ainsi, le 15 novembre 1895, le point le plus rapproché du pôle que jamais navire ait atteint. Nansen, accompagné de Johanssem essaya de gagner le pôle en traîneau, mais il dut battre en retraite, hiverner dans l’île Jackson; il fut recueilli en juin 1896 par un navire envoyé à son secours. Le Fram regagnait la Norvège au même moment. Nansen fit ensuite de belles études océanographiques, puis se consacra à la politique.
- Il y joua un grand rôle dans son propre pays, puis après la guerre dans les conseils internationaux de la Société des Nations. Il reçut en 1923 le prix Nobel pour la paix.
- AVIATION
- La première liaison postale aérienne entre VBurope et VAmérique du Sud.
- Cette liaison a été réalisée du 11 au 13 mai dernier par le pilote Mermoz, accompagné du mécanicien Gimié et d’un radiotélégraphiste, à bord d’un hydravion Latécoère, moteur Hispano de 600 ch.
- Parti de Toulouse le 11 mai à 6 h 10, l’aviateur, emportant le courrier postal, arrivait le 12 mai à 6 h 40 à Saint-Louis du Sénégal.
- Il en repartait le 'même jour à 12 heures pour atterrir à Natal le 13 mai à 8 h 10, couvrant en 50 heures les 6800 1cm qui séparent Toulouse de la côte du Brésil. Une demi-heure après l’atterrissage, les 130 kg de sacs postaux emportés de Toulouse étaient remis au bureau de poste de Natal. Ce n’est pas la première fois que l’Atlantique Sud est franchi en avion. Mais ce qui rend remarquable l’exploit de Mermoz, c’est qu’il a été accompli à bord d’un avion commercial normal et qu’il est le prélude d’un service régulier qui abrégera de près de 4 jours et demi le délai actuellement le plus bref de transport d’une lettre entre l’Europe et l’Amérique du Sud.
- ÉLECTRO-CULTURE Uéclairage électrique et la culture.
- Les pays Scandinaves sont tout spécialement intéressés par tout ce qui peut favoriser et hâter la culture.
- Le professeur Oden, de Stockholm, est en train d’effectuer une série d’expériences sur l’influence de la lumière sur la croissance des plantes.
- Il est très intéressant de noter que les expériences du professeur Oden furent effectuées au moyen de lumière artificielle sur des champs en plein air. Il estime que cela peut être économique pour les pays septentrionaux au printemps, même si cela n’est pas le cas pour les contrées méridionales. Jusqu’ici les expériences ont porté sur du froment, du seigle, du maïs et autres céréales dont la culture en serres chaudes est trop coûteuse et pour lesquelles l’été n’est pas assez long, en Suède. On peut admettre comme établi que les diverses variétés de plantes réagissent d’une manière très différente sous l’action de la lumière, mais il sera nécessaire de reprendre les expériences sur une grande échelle, avant de pouvoir en tirer des conclusions définitives.
- Le professeur Oden a passé en revue les expériences les plus importantes auxquelles on a procédé à l’étranger et. dont les siennes peuvent être considérées comme la continuation. En Autriche (Vienne et Graz), c’est le côté économique de la question qui a été spécialement étudié et l’accroissement que l’on constate chaque année dans l’emploi de la lumière artificielle pour l’horticulture montre qu’on le considère comme avantageux.
- Aux Etats-Unis et à Cuba les expériences ont donné des indications utiles quant aux périodes d’éclairage les plus efficaces.
- Pour l’étude subséquente de ce problème, on s’est servi d’une série de tentes et dans chacune d’elles, des groupes de mêmes plantes recevaient la même quantité totale d’énergie radiée, mais la durée des périodes d’éclairage variait dans chaque section. Dans les périodes de radiation plus courtes, l’intensité de l’éclairage était modifiée de telle façon que le produit de l’énergie radiante par la durée demeurait constant.
- Un problème de grand intérêt économique est la détermination des plantes pour lesquelles les plus courtes périodes d’éclairage donnent les meilleurs résultats.
- La culture des concombres est grandement favorisée par des périodes relativement courtes d’éclairage pratiqué au début. Pour les oignons, au contraire, une certaine quantité de lumière est essentielle pendant les dix derniers jours. Pendant les époques de mauvais temps, la lumière artificielle peut améliorer considérablement toutes les cultures.
- Une des nombreuses possibilités ouvertes, dès maintenant, à l’emploi de la lumière artificielle, c’est le croisement des floraisons de début avec celles de la fin d’une même plante.
- Le développement de ces dernières peut être suffisamment avancé grâce à la lumière artificielle pour rendre ce croisement possible.
- Le problème principal qui intéresse actuellement le professeur Oden est la détermination des plantes pour lesquelles l’éclairage artificiel est le plus profitable, et pour la Suède en particulier, quelles sont les plantes qui peuvent le mieux être traitées de cette manière.
- Un vaste champ d’expériences a été consacré à l’action de la lumière colorée sur des plantes diverses. La lumière rouge, probablement par l’action des radiations calorifiques, favorise le développement des hydro-carbones et, par suite, des fleurs et des fruits.
- Elle n’est pas recommandée pour la laitue.
- D’autre part, les plantes alpestres, dont le développement est favorisé par les ultra-violets, les carottes, les radis, etc..., s’accommoderont mieux de radiations à ondes courtes.
- La plupart de ces expériences furent faites parallèlement avec des essais de chauffage électrique du sol.
- p.524 - vue 536/598
-
-
-
- 525
- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE Un groupe électropompe.
- L’élévation et la distribution de l’eau à la campagne sont toujours au premier rang de l’actualité surtout à cette époque de l’année et la principale préoccupation des techniciens est de faire un choix judicieux parmi les différents types de pompes qui leur sont offerts et que nous pouvons classer en 2 catégories de construction et de conception bien distinctes : d’une part le type centrifuge dans lequel l’impulsion est donnée à l’eau par une roue ou turbine animée d’un régime de rotation élevé; d’autre part le type volumétrique, à variations de volume engendrées par le déplacement d’une pièce en mouvement alternatif (pompes à piston) ou en mouvement de rotation continue (pompes rotatives).
- Pour le genre d’installations qui nous occupe, il semble que la pompe centrifuge s’imposera le plus souvent en raison de ses multiples avantages que nous rappelons ci-après au sujet du nouveau petit groupe Eleçtrobloc à usages domestiques auquel est consacré cet article.
- Ce petit groupe électropompe dont la figure ci-contre représente une coupe par l’axe, est constitué par une pompe centrifuge entièrement en bronze inoxydable; la seule pièce en mouvement est la turbine (2) tournant avec jeu et sans frottement à l’intérieur du corps fixe (1), l’arbre (3) est commun à la pompe et au moteur, ce qui permet da diminuer l’encombrement et le poids et garantit en outre un centrage parfait. Le seul frottement est donc celui de l’arbre dans le coussinet (5) de la pompe, lequel est très largement dimensionné et établi en bronze spécial ne nécessitant aucun graissage.
- Le moteur est établi pour fonctionner sur ligne lumière 110 ou 220 volts, sa puissance nominale est de 0 ch 5 et la consommation de courant ne dépasse pas 5 ampères sous 110 volts et 2 ampères sous 220 volts; également, dans le but de réduire l’entretien au minimum, le moteur est monté avec roulemerits à billes (6).
- La figure ci-jointe permet de se rendre très exactement compte de l’extrême simplicité de construction d’une telle pompe dont le fonctionnement est absolument sûr. L’unique pièce en mouvement est l’arbre portant la turbine et l’absence de frottement intérieur élimine toute cause d’usure et de bruit parfois si désagréable dans d’autres types de pompes; le courant d’eau circule d’une manière continue, sans choc, sans coup de bélier et sans, aucune surpression dangereuse même en cas de fermeture brusque du refoulement.
- Toutes les pièces étant métalliques le rendement est constant, l’entretien pratiquement nul et la consommation de courant très réduite.
- Malgré la faible consommation de courant, ce petit groupe est prévu pour un débit de 1000 litres à l’heure environ à une hauteur d’élévation manométrique totale de 20 mètres. Il se prête particulièrement bien à toutes les petites installations domestiques courantes soit avec réservoir de charge dans le grenier, soit avec réservoir sous pression installé en sous-sol.
- Dans les deux cas, le fonctionnement est absolument automatique et réalisé, soit au moyen d’un flotteur placé sur le réservoir du grenier et commandant à distance la mise en marche et l’arrêt du moteur suivant les variations de niveau, soit au moyen d’un contacteur manométrique branché sur le réservoir sous pression et agissant par différence de pression dans le réservoir.
- L’électrobloc centrifuge tel qu’il se présente en ordre de marche est équipé avec son réservoir sous pression et comprend :
- 1 groupe électrobloc complet, pompe et moteur.
- 1 réservoir cylindrique sous pression en tôle galvanisée d une capacité de 100 litres avec robinet vanne de réglage,
- Fig. 1. — Éleciropompe Daubron.
- clapet de retenue, niveau d’eau, manomètre et robinet de purge.
- 1 contacteur manométrique de démarrage et d’arrêt assurant le fonctionnement automatique de la distribution.
- Constructeur : Daubron, 57, avenue de la République, Paris.
- CONSTRUCTION
- Dispositif d’ancrage des transmissions dans les ateliers en béton armé.
- Chacun sait combien il est difficile de pratiquer des trous dans une construction en béton de ciment, armé ou non, pour y faire des scellements. Les parois en maçonnerie ordinaire, les poutres et poteaux édifiés en fer ou en bois, ne présentent certes pas le même inconvénient : quelques trous facilement percés, des boulons, des vis ou mêm des clous, et tout est dit.
- Avec le béton armé, il n’en est plus de même, et l’ouvrier doit défoncer, à grands coups de marteau et de burin, une matière extrêmement dure sur laquelle les meilleurs outils s’émoussent ou se brisent. Outre que l’on est amené à payer
- Fig. 2. — Vue d’un atelier muni du dispositif d'ancrage Universa.
- Chemin de roulement du- - -pont roulant.
- Ç-Renvoi V suspendu
- r Câbles
- Railde chariot
- -h - - Renvoi sur console
- Consoles.
- Tuyauterie
- r Ma ch in es ’sursocfes en béton
- p.525 - vue 537/598
-
-
-
- == 526 r—............. " .v : '
- ainsi de nombreuses heures pour un travail que jusqu’à présent on ne pouvait éviter, il peut parfaitement arriver que l’on tombe sur une armature, qu’on la cisaille ou la coupe, ce qui est toujours dangereux pour la solidité d’un ouvrage en béton armé.
- Certes, on peut, du moins lorsqu’il s’agit d’un bâtiment industriel, déterminer à l’avance l’emplacement des principaux scellements et y aménager à l’aide de blochets en bois les trous nécessaires; mais il faut convenir qu’il est absolument impossible de tout prévoir dans l’aménagement du matériel d’un atelier. Celui-ci est fait sur place et remanié le plus souvent. Enfin, et surtout, les transformations et agrandissements ultérieurs sont complètement imprévisibles. Or le nombre des scellements nécessaires dans un hall industriel en béton armé est considérable.
- On se trouvait donc, jusqu’ici, en face d’une difficulté qui pouvait se chiffrer parfois par une grosse dépense. Le problème restait entier; il semble qu’il soit résolu.
- La solution (fîg. 2 et 3) consiste à noyer des rails d’ancrage dans le, béton des poutres, des poteaux ou des planches; on dispose ainsi d’une infinité de points d’attache, fort précieux pour la multitude d’objets qu’il faut placer sur toutes les parois d’un atelier de construction mécanique ou autre : transmissions, renvois, chemins de roulement, consoles, câbles,
- tuyaux, socles de machines, etc. Le profil du rail le fait convenir à tous les cas; son recouvrement par le béton lui assure la plus grande protection contre l’humidité de condensation et les gaz nocifs, indépendamment de tout enduit protecteur. La durée est donc quasi illimitée
- La tenue des rails, au moment de la coulée du béton, est parfaite, grâce au clouage sur les coffrages de couvre-joints qui empêchent tout déplacement. Le montage est très simple et se fait avec des boulons ordinaires. Des plaques de serrage spéciales permettent de les immobiliser complètement.
- Constructeur : Société des ancrages « Universa », 131, quai de la Gare, Paris, XIIIe.
- MATÉRIEL DE LABORATOIRE Brûleur de laboratoire à gaz d’essence.
- Les laboratoires installés dans des localités non pourvues du gaz d’éclairage éprouvent de ce fait des difficultés sérieuses pour leurs divers travaux.
- C’est pourquoi l’on a cherché à mettre au point un générateur de gaz carburé utilisant l’essence d’automobile (touriste ou poids lourd) que l’on trouve partout.
- Cet appareil, le Bunsen Pluton, a la flamme transformable et s’adapte à tous les travaux de laboratoire. Construit avec haute précision, ce brûleur à essence règle lui-même le mélange
- air-gaz d’essence en le dosant rigoureusement et," de plus, surchauffe ce mélange avec allumage de façon à obtenir le maxi-
- mum de rendement. La température atteint 1500° en flamme droite, et cela, avec une économie notable sur le prix du gaz.
- Des accessoires appropriés, se posant instantanément sur le brûleur, permettent de donner à la flamme la forme la mieux adaptée à l’appareil à chauffer. Tous travaux d’analyse, calcination, distillation, etc... sont rendus très faciles par ce brûleur qui s’allume en une minute, se règle immédiatement au moyen de la pression régnant dans le réservoir, et se maintient indéfiniment au régime désiré.
- Des appareils de chauffage plus importants pour fours à moufle ou autres, étuves, gros appareils à distiller, sont construits avec une série de brûleurs en rapport avec la quantité de chaleur à obtenir, et alimentés par le même réservoir.
- De par leur construction même, ces appareils ne peuvent présenter aucun danger. Leur fonctionnement très simple les met à la portée des plus inexpérimentés.
- Constructeur : Sté Pluton, 6, rue de la Providence, Paris.
- OBJETS UTILES
- Douche-arrosoir à pomme robinet
- Cet appareil est composé d’une tétine démontable qui sert à le fixer sur un tuyau de caoutchouc. Un écrou moletté permet aussi de bloquer l’appareil sur un réservoir, si la tétine ne doit pas servir et si l’écrou est fixé directement sur l’appareil douche. La pomme d’arrosoir est bombée et percée de 40 trous, elle donne une petite surface de douche lorsque la pomme est rapprochée du corps. Quand elle est éloignée, la surface douchée par le jet est plus grande. Un robinet formant pomme est actionné par cette dernière, de sorte que pour ouvrir, il suffit de dévisser la pomme d’un quart de tour; pour fermer, il suffit de faire l’opération contraire. Cette pomme arrosoir à robinet automatique peut s’appliquer à tous les cas, soit directement, soit par réservoir, soit par tuyau formant siphon, soit même sur un robinet de lavabo
- par 1 intermédiaire d un g.— Douche-arrosoir à pomme-robinet.
- tuyau de caoutchouc.
- La pomme étant tenue
- à la main permet la manœuvre facile, car, si l’on veut arrêter1 le jet, on tourne la pomme d’un quart de tour. *
- Henri Watremez, 6, impasse Daunay, Paris.
- Elévation
- .-Etrier 22x2.5x300 de longueur
- Rivets
- Chapeau
- Trous pour douer aù'v coffrage |_
- Plaque de serrage
- Armature et rail d’ancrage
- '"Introduét/on des boulons
- Longueursdes fers :500,1000,1500,2000mm
- Fig. 3. — Détails de l’ancrage Universa.
- p.526 - vue 538/598
-
-
-
- 527
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- L’épuration des eaux de chaudière par Valuminate de baryum.
- Dans notre numéro du 15 mai 1930 (Boîte aux Lettres, p. 479, réponse à M. Chardin), nous indiquions que les produits résultant de l’action de l’aluminate de baryum sur le sulfate de chaux sont tout à fait insolubles, et que cela semblait devoir rendre impossible l’enlèvement des concrétions calcaires trouvées dans les chaudières.
- Or, les deux produits résultants (S04Ba et Al3 O4 Ca) sont en effet insolubles, et l’expérience pratique montre qu’ils ne sont pas incrustants.
- Effectivement, il nous est signalé que l’aluminate de baryum est un bon produit épurant des eaux brutes.
- Mais, nous entendions parler de l’aluminate de baryum non en tant qu’épurant, mais en tant que détartrant, c’est-à-dire de juger de son aptitude à dissoudre les vieux tartres à la façon dont HCl dissout le carbonate de calcium.
- En fait, nous avions parfaitement raison, l’aluminate de baryum ne les dissout pas, chimiquement parlant, puisque finalement il laisse un résidu boueux, c’est tout ce que nous entendions dire.
- Toutefois, la réaction :
- SO4 Ca + Al3 O4 Ba = SO4 Ba + Al3 O4 Ca s’exerce au contact immédiat du dépôt, notamment dans les fissures du tartre amorcées par les mouvements de dilatation et de contraction de la chaudière.
- Dans la moindre cavité, un lent travail de décomposition se produit.
- La couche de sulfate de chaux, immédiatement en contact avec les tôles, est attaquée, précisément en raison de la légère solubilité de ce sel, qui permet à la réaction de se produire.
- Dès l’instant où la couche assurant la soudure est décomposée en
- sel non adhérent, une plaque de tartre se détache, tombe et laisse la tôle à nu.
- C’est ainsi qu'agit l’aluminate de baryum qui ne dissout pas le tartre, mais le décolle.
- Chimiquement parlant, ce n’est pas la même chose, pratiquement parlant c’est tout ce qui importe.
- Le moyeu d’hélice Sensaud de Lavaud-Pillard
- (n° du 15 avril 1930).
- M. Amsler, 14, boulevard Emile-Augier, Paris, nous écrit :
- « J’ai lu avec intérêt votre article, page 349 du numéro du 15 avril dernier sur le « moyeu d’hélice roue libre Sensaud de Lavaud-Pillard » concernant l’emploi d’une hélice roue libre dans les avions.
- Il vous intéressera certainement et il intéressera sans doute aussi Messieurs Sensaud de Lavaud et Pillard, de savoir que, dès le 19 novembre 1910, il m’a été accordé un brevet français n° 420.29S concernant un dispositif paraissant, autant qu’on peut en juger par l’unique coupe longitudinale de votre article, être le même que celui dont il fait l’objet.
- Mon brevet concernait l’emploi d’une hélice libre dans les aéroplanes et sur son dessin sont figurées des billes ou cylindres analogues à ceux qui sont indiqués sur la droite de votre figure, et assurant le débrayage d’après le système bien connu.
- Je ne vous signale ce brevet, d’ailleurs tombé depuis beaucoup d’années dans le domaine public, qu’à titre purement documentaire, et pour constater combien certaines idées déjà anciennes peuvent s’appliquer à nouveau quand les circonstances redeviennent favorables.
- Ce principe de l’hélice libre est d’ailleurs la seule partie intéressante de mon brevet qui, pour le reste, contient en partie quelques inexactitudes graves ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Formules récentes de teintures pour cheveux.
- Les études les plus récentes en vue de préparations de teintures pour cheveux, ont conduit Schneller à utiliser la formation de laques colorées qui se produisent par réaction entre les polyphénols et les sels métalliques.
- Ces teintures qui sont protégées par un brevet (Br. fr. N» 383.920) sont vendues sous le nom d’Oréal; d’après Durville, elles sont constituées par un mélange d’un réducteur, d’un corps à groupement phénolique et d’un sel métallique, en proportions telles que les constituants essentiels phénol et métal ne puissent réagir qu’après disparition du réducteur par évaporation et oxydation à l’air.
- Dans cet ordre d’idées, on peut avoir recours à certains amido-phénols : phénotriol, hématoxyline, etc., et aux sels de cuivre, de fer, de nickel, de cobalt.
- Les réducteurs les plus pratiques sont : l’acide sulfureux à l’état libre, ou combiné (sulfites), soit l’aldéhyde formique (méthanal).
- On fait d’abord un mélange du phénol et du réducteur en solution aqueuse ou légèrement alcoolique, puis on y ajoute le sel métallique dont on fait varier la nature ou les quantités suivant la teinte dp cheveu à réaliser, teinte qui peut aller du blond au noir. Parfois on ajoute un peu d’un colorant artificiel dérivé de la houille, pour nuancer, ainsi que de la glycérine et un sulforicinate afin de donner du corps à la préparation tout en entretenant la souplesse de la chevelure.
- Réponse à A. N., a Evian.
- IV. b. — Les teintures à l’argent sont toutes différentes de celles dont nous venons de parler : le premier flacon contient une solution de nitrate d’argent ammoniacal, l’autre une solution de sulfure de sodium; toutes deux sont, pour le noir, à une concentration de 10 % environ; on mordance d’abord au sulfure, puis applique la solution argentique.
- Emploi d’une lampe détectrice par courbure de la caractéristique plaque.
- Comme nous l’avons indiqué dans des articles de Radiophonie
- praliqùe, et aussi dans les réponses précédentes de la Boîte aux Lettres de La Nature, on n’emploie guère actuellement en France que le montage détecteur par la courbure de la caractéristique de grille à condensateur shunté. Ce montage est très simple, il permet de détecter les signaux faibles et assure une qualité d’audition suffisante lorsque l’intensité des signaux incidents n’est pas trop grande, c’est-à-dire lorsqu’on reçoit une émission faible, ou que l’amplification précédant la détection n’est pas très considérable.
- Nous avons indiqué que le montage par courbure de la caractéristique de plaque, réalisé soit avec une lampe détectrice normale, soit avec une lampe de puissance, donnait des résultats d’une qualité supérieure lorsqu’on désirait obtenir une audition de grande intensité, parce qu’il permet d’appliquer à la grille de la lampe détectrice une tension de plusieurs volts sans risque de distorsion.
- Rien de plus simple, d’ailleurs, que de monter une lampe en détectrice de ce type, puisqu’il suffit de faire agir les signaux amplifiés sur la grille de la lampe et de donner à celle-ci une polarisation négative convenable. On détermine immédiatement, en étudiant les courbes aractéristiques de la lampe, la région à utiliser pour la détection sur la courbure inférieure, et. par suite la valeur de cette polarisation. D’ailleurs, les principaux constructeurs de lampes, tels que Philips, Métal, Radiotechnique, Gecovalve, etc., indiquent souvent les valeurs moyennes à adopter dans les montages de ce genre. Le choix de la lampe détectrice dépend évidemment de l’étage basse fréquence placé après l’étage détecteur; si cet étage est à liaison par résistance, ou même par impédance, on pourra employer une lampe d’assez grande résistance intérieure; s’il est monté, au contraire, à liaison par transformateur, on emploiera une lampe à résistance interne plus faible de 7000 à 8000 ohms environ.
- D’ailleurs, les lampes utilisées en détectrices par courbure dè la caractéristique grille peuvent généralement servir aussi comme détectrices par courbure de la caractéristique plaque.
- Pour obtenir la tension négative de grille nécessaire, il semble suffisant, en général, d’utiliser une petite pile de polarisation de
- p.527 - vue 539/598
-
-
-
- ===== 528 ===:::::==
- 9 volts environ, et, si cette pile est de bonne qualité, il n’y a pas à craindre qu’elle engendre des bruits parasites; on peut, d’ailleurs, la shunter par un condensateur de 0,1 microfarad. Le pôle positif de cette pile est relié au pôle négatif delà batterie de chauffage, et les courants à détecter agissent entre cette grille et une prise effectuée sur la pile.
- Il est encore préférable de rendre la tension de polarisation variable autour d’une valeur moyenne en reliant le pôle positif de la batterie de polarisation non plus directement à l’extrémité négative du filament, mais au curseur d’un potentiomètre monté en shunt sur la batterie. Nous avons indiqué également qu’il y avait intérêt à augmenter la t ension-plaque de la lampe détectrice dans ce cas, lorsque le type de lampe le permettait, et que, si l’on employait comme détectrice une lampe de puissance, il fallait évidemment choisir comme première lampe basse fréquence une lampe de puissance également, dont la grille peut subir sans aucune saturation des variations de tension assez importantes.
- Nous donnerons, dans une prochaine chronique de La Nature, de nouveaux détails sur cette question fort intéressante. Un nombre assez restreint d’articles a paru en France sur cette question. Vous pourrez pourtant lire à ce sujet des articles techniques assez récents publiés dans les revues La T.S.F. Moderne et Fil et Sans-Fil.
- Réponse à Abonné H. C. 86.
- /
- Montage d’un poste récepteur.
- A l’heure actuelle, le montage des postes d’amateur est simplifié dans de grandes proportions par la facilité avec laquelle on peut se procurer dans le commerce toutes les pièces détachées nécessaires à la réalisation d’un montage récepteur de type courant.
- Pour construire, en général, un poste, il suffit donc de choisir les pièces nécessaires à ce montage, et, après avoir étudié le schéma de principe, de les fixer les unes sur une planchette horizontale, et les autres sur un panneau vertical en ébonite. Ce panneau supporte, d’ailleurs, uniquement le plus souvent, les condensateurs de réglage, les rhéostats et potentiomètres, et les bornes ou jacks de connexion.
- Une fois cette opération effectuée, on relie les différents organes par des fils de connexion généralement en cuivre nu et de section ronde ou carrée, et il ne reste plus qu’à effectuer l’essai et la mise au point définitive.
- Cette construction n’exige donc, en réalité, presque aucune habileté manuelle, et elle ne suscite aucune difficulté mécanique.
- Bien que les schémas des livres ou des revues soient très explicites, et puissent être appliqués presque sans qu’il soit besoin de les comprendre, il n’en est pas moins vrai qu’il est préférable, tant pour arriver plus vite à un meilleur résultat, que pour augmenter l’intérêt intrinsèque du travail, de posséder quelques notions de radioélectricité pratique avant de commencer la construction d’un appareil de T.S.F.
- Vous pouvez, par exemple, trouver des détails préliminaires sur la construction des postes dans La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur). Réponse à M. L. A. à Lisieux (Calvados).
- Choix d’une plaque d’èbonite.
- L’ébonite est un excellent isolant, mais ce pouvoir isolant peut être fortement diminué par la présence d’une légère couche de poussière ou d’humidité sur sa surface ou encore d’impuretés dans sa masse. Il convient donc d’acheter toujours de l’ébonite d’excellente qualité et garantie, d’autant plus que l’action de la lumière peut produire, au bout d’un certain temps, une sorte de décomposition de la matière, en faisant apparaître à la surface le soufre en excès, et les plaques prennent alors une teinte gris jaune caractéristique.
- Il convient également de maintenir toujours la surface de ces plaques parfaitement sèche et propre, et il ne faudrait pas croire, d’autre part, à ce propos, que l’ébonite polie et brillante, bien que d’aspect plus esthétique, soit supérieure à la matière à surface mate et moirée, en ce qui concerne les qualités radioélectriques.
- Les plaques d’èbonite employées couramment en T. S.F. ont une épaisseur de 5 mm et cette épaisseur dépasse rarement 7 ou 8 mm. Ces plaques d’èbonite sont généralement vendues au poids et non au prorata de la surface.
- A côté de l’ébonite noire, brillante, classique, il existe maintenant des plaques à surface mate gaufrées à chaud et des ébonites de couleurs de même composition, mais additionnées de matières colorantes.
- Un débutant peut parfois confondre ces plaques d’èbonite de couleur
- avec des plaques de bakélite, mais, pour reconnaître la véritable ébonite, il suffit de frotter sa surface avec un doigt, on doit alors sentir une légère odeur de caoutchouc. Réponse à M. Ferrand, a Paris.
- De tout un peu.
- M. Letellier, à Tirlemont (Belgique). — D’après les renseignements qui nous ont été donnés, la colle employée pour le collage des pièces en bambou refendu serait une colle à la glu-marine dont la composition serait très voisine de la suivante :
- Caoutchouc pur Para................. 150 grammes
- Gomme laque en écailles............. 150
- Benzine lourde...................... 700 —
- On place les éléments ci-dessus dans un ballon de verre que l’on ferme d’un bon bouchon et on laisse digérer pendant quelques jours en agitant fréquemment.
- Le ballon est alors surmonté d’un réfrigérant à reflux de façon à condenser les vapeurs de benzine et à les faire rétrograder vers le récipient, puis on chauffe au bain-marie jusqu’à homogénéisation complète.
- Après refroidissement il ne reste plus qu’à ajouter une quantité de benzine suffisante pour obtenir la consistance convenable.
- N. B. — Eu égard à la nécessité de prendre certaines précautions dans la manipulation de la benzine dont les vapeurs sont très inflammables, il est préférable, si on ne dispose pas d’un outillage de laboratoire, de faire l’acquisition de colles toutes préparées que l’on trouve facilement dans le commerce, par exemple à la Manufacture de Saint-Etienne, 42, rue du Louvre, rayon cannes à pêche.
- M. G. B., à Toulouse. — 1° Nous avons indiqué d’autre part la façon de procéder pour redorer les cadres.
- 2° Vous trouverez chez Béranger, 15, rue des Saints-Pères, l’explication de la Carte géologique de la France publiée par le Ministère des Travaux publics.
- 3° La formule suivante de colle vous donnera très probablement satisfaction tant au point de vue de l’adhérence que de la conservation :
- Colle de Flandre ................... 20 grammes
- Amidon de riz...................... 65 —
- Eau ordinaire...................... 900 —
- Fluorure de sodium.................. 15 —
- Faire gonfler la gélatine pendant douze heures en la couvrant d’eau (environ les deux tiers de la quantité ci-dessus); liquéfier ensuite au bain-marie.
- D’autre part délayer l’amidon dans le tiers d’eau restant et verser doucement en remuant toujours le lait obtenu dans la solution de gélatine, continuer à chauffer jusqu’à formation d’un empois bien lié, ajouter le fluorure destiné à la conservation et mettre en pot.
- 4° A notre avis la disposition des cheminées à laquelle vous faites allusion a pour but de diminuer dans la mesure du possible, la résistance à l’avancement en même temps que d’activer le tirage.
- M. de IVIarsay, à La Chartreuse du Liget. — Vous obtiendrez un résultat analogue à celui fourni par la plupart des encrivores du commerce en prenant :
- lot Flacon : Solution de permanganate de potasse à 5 pour 100 environ, acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique.
- Le flacon solution de bisulfite de soude du commerce.
- Economat, à Cambrai. — Votre fournisseur a certainement forcé le prix en vendant la cire de carnauba à plus de 40 francs le Idlogr.; actuellement (octobre 1929) cet article vaut 16 francs chez Pelliot, 24, place des Vosges, prise par sac de 80 kilogr.; en admettant une majoration pour la vente par fractions il y aura encore, croyons-nous, un écart considérable entre les deux prix.
- M. Agker, à Vincey. — 1° Nous pensons que vous pourriez rétablr le niveau des manchons en cuir que l’usage a creusé en remplissant la cavité au moyen d’un pinceau avec une solution plus ou moins épaisse de colle forte bichromatée (1 à 2 pour 100) après dessiccation et intervention de la lumière, l’enduit deviendra complètement insoluble. Si une certaine souplesse doit être conservée à l’enduit, ajouter à la solution chaude de colle une quantité suffisante de glycérine.
- N. -B. — Afin que l’adhérence de l’enduit sur le manchon soit convenable, avoir soin de dégraisser le cuir à la benzine ou au tétrachlorure de carbone, avant toute application.
- 2° Les manchons de cuir ne pourraient-ils être remplacés par des cylindres ou des guides en porcelaine ou en verre ?
- Le Gérant G. Masson.
- gg.383. — Paris, lmp. Lahure.
- i-o-ig3o.
- p.528 - vue 540/598
-
-
-
- 15 Juin
- LES ORIGINES DU
- DES ARTS ET MÉTIERS
- En 1626, Louis XIII créa le Jardin des Plantes, au grand dépit de la Faculté de Médecine, qui prétendait avoir le monopole de l’enseignement des sciences naturelles; c’était l’accomplissement d’un vœu de Henri IV.
- Il est fort étonnant que Richelieu ne soit pas revenu à ce projet du grand roi, car, bien différent en cela de Sully, qui n’aurait voulu en France que des gentilshommes et des paysans, il sentait la nécessité d’une grande industrie
- Fig. 1. — Le Conservatoire des Arts et Métiers (vue extérieure
- de l’ancien Prieuré de Si-Martin-des-Champs).
- Il est surprenant que le roi et le grand cardinal n’aient pas songé à réaliser de même un autre vœu du Béarnais, qui voulait réunir au Louvre « toutes sortes de modèles de machines et inventions pour tous arts et métiers. » On sait que Henri IV, pour mettre à l’abri des tracasseries des corporations les artistes et les artisans novateurs, en logea un grand nombre auprès de lui, dans la galerie du Louvre dont on lui doit l’achèvement. C’est peut-rêtre quelqu’un de ces hôtes, dont la présence devait sembler bien singulière aux grands seigneurs,, qui lui avait inspiré cette idée, que sa mort prématurée-, ne lui permit pas de mettre à exécution.
- et surtout d’une grande marine; or, pour atteindre ce double but, il est clair qu’il faut avant tout des ouvriers intelligents et des chefs capables de les diriger. — Si sa vie avaitVété plus longue, et si, ayant sa mort, il avait pu donner la paix à la France, il se serait sans doute efforcé de lui procurer, en outre, les bienfaits d’un enseignement technique, qui n’aurait pas eu, comme l’enseignement classique, l’inconvénient de porter ceux qui le recevraient à sortir de leur sphère au détriment de l’Etat.
- Son véritable successeur, Colbert, pensait comme lui sur les leçons que donnait l’Université, qui n’enseignait ni l’histoire, ni la géographie, ni aucune science préparant
- p.529 - vue 541/598
-
-
-
- 530
- au commerce de la vie; la plupart de ses élèves se destinaient au barreau ou à la magistrature, Le grand ministre ne pouvait pas, quand il fonda l’Académie des Sciences, en 1666, ne pas songer à l’aide qu’elle pouvait donner à l’industrie. Il voulait qu’elle présidât pour ainsi dire à la construction et à l’épreuve des machines nouvelles dont le gouvernement sentait le besoin pour l’industrie, pour la marine, pour les travaux des ports et des voies navigables. Lés académiciens, et spécialement, parmi eux, le Hollandais Huyghens, qui aurait sans doute terminé sa carrière en France si l’Edit de Nantes n’eût pas été révoqué, se conformèrent de leur mieux aux intentions de Colbert. Huyghens, aussi distingué dans la pratique que dans la théorie, perfectionna l’art de l’horlogerie en découvrant les principes qui ont donné une si grande régularité aux pendules astronomiques, et fut le précurseur de ceux auxquels la navigation doit les chronomètres, si perfectionnés de nos jours. On lui doit aussi l’invention de la montre de poche, à peu près telle que nous l’employons aujourd’hui.
- A cette époque, semble-t-il, on tenait beaucoup aux
- Fig. 2. — La Mire (1640-1718).
- œuvres collectives, dont les inconvénients ne sautaient sans doute pas aux yeux des hommes du xvne siècle comme aux nôtres. C’est pourquoi Louis XIV aurait voulu que l’Académie des Sciences, en corps, composât un traité de mécanique où l’on trouverait, exposées avec méthode et clarté, la théorie et la pratique (').
- Cet ouvrage ne fut jamais publié, ni même rédigé, mais, à une époque postérieure, il se trouva deux académiciens, qui, chacun de son côté, publièrent un ouvrage consacré à la mécanique. C’étaient Varignon, dont des théorèmes restés classiques font encore vivre le nom, et La Hire, dont le livre s’adresse peut-être plus spécialement au monde des ateliers. La Hire était d’ailleurs un savant universel, dont les travaux, s’ils ne sont pas de premier ordre, se rapportent du moins aux sujets les plus variés. Peintre au commencement de sa carrière, il fut ensuite à la fois géomètre, astronome et physicien. Cette variété de travaux ne l’empêchait pas d’être en même temps professeur au Collège de France et à l’Académie d’Architecture. Ajoutons qu’il avait une grande connaissance du détail des arts et métiers, détails qui ne sont généralement connus que des professionnels. Si un établissement tel que celui qui occupe les bâtiments de l’ancien prieuré de Saint-Martin des Champs eût existé alors, nul plus que La Hire n’eût été désigné pour le diriger. C’est La Hire, par exemple, pour ne citer qu’un de ses travaux, qui s’est avisé le premier de l’importance qu’a la forme des dents des roues employées dans les engrenages, et trouva quelle doit être cette forme pour que les résultats donnés par la machine soient aussi avantageux que possible.
- Dès le temps de Colbert, l’Académie s’était chargée de composer une description de tous les procédés employés dans les arts et métiers, afin d’introduire dans les ateliers tous les perfectionnements indiqués par la théorie. Cela était parfaitement naturel, puisque Colbert, dans son désir de voir les produits de l’industrie française surpasser tous les autres par la qualité, allait jusqu’à dicter des règles auxquelles les fabricants devaient se conformer (2) s’ils ne voulaient encourir des peines très rigoureuses.
- Seulement, les premiers volumes de cette collection ne parurent que bien des années après la mort de Colbert. En 1720, rien n’était encore imprimé, et c’est en cette même année que mourut un homme très zélé pour le bien public, M. Filleau des Billettes, qui présidait à cette entreprise. Enfin, de 1759 à 1780, on publia la descrip-
- 1. Dès cette époque, l’Académie possédait, nous dit Charles Perrault, un cabinet, confié au sieur Niquet « qui- avait soin de la construction des modèles et des machines qu’on faisoit faire, soit que ces machines fussent anciennes, comme la pompe du Pont-Neuf, les grues, les engins, les moulins à vent, etc...; soit qu’elles fussent de nouvelles inventions, comme des machines à nettoyer des ports de mer, à scier des pierres, à faire des bas de soie, des rubans, etc. ».
- Ailleurs, Perrault exprime une profonde admiration pour la machine à faire des bas de soie, et un siècle après lui, les encyclopédistes ne l’admiraient pas moins.
- 2. « Ne pourra être employé aucunes graisses appelées flambart pour l’ensimage des draps et serges, mais seulement du saindoux de porc le plus blanc. Et ne pourront les tondeurs se servir de cardes pour coucher lesdits draps et serges, ni en tenir en leurs maisons, mais se serviront de chardons, à peine de 12 livres d’amende pour chaque contravention. » (Extrait d’un édit d’août 1669.)
- p.530 - vue 542/598
-
-
-
- 531
- tion de quatre-vingt-six arts différents, et on estimait qu’il en restait encore plus de deux cents à traiter. Des hommes tels que Réaumur, Duhamel du Monceau, son neveu de Fougeroux, Lalande, avaient collaboré à ce grand travail; l’astronome dont nous venons d’écrire le nom, homme dont la curiosité s’intéressait à tout, aussi bien à l’anatomie ou à la navigation intérieure qu’à la science des astres, a écrit pour la collection les arts du . papetier, du parcheminier, du eartonnier, du chamoiseur, [du tanneur, du mégissier, du maroquinier, de l’hon-' groyeur et du corroyeur..
- Mais l’Académie ne trouva pas toujours parmi ses membres des rédacteurs aussi compétents qu’il l’aurait fallu, et, dans ce cas, elle s’adressa, avec raison, à de simples artisans. C’est ainsi que la description de l’art du menuisier est due à un praticien nommé Roubo ('), dont le nom, paraît-il, est encore populaire dans les ateliers; son ouvrage a été réimprimé plusieurs fois. C’est Roubo qui a construit en charpente la toiture de la Halle au blé, aujourd’hui Bourse du travail; par malheur, un incendie détruisit son œuvre en 1802, et on la remplaça par une coupole métallique.
- Cette collection était très coûteuse; en 1780, elle se vendait 640 livres, et son prix avait été réduit de moitié. Ce prix élevé se justifiait par les nombreuses planches qui complétaient le texte imprimé. L’Académie aurait voulu, pour hâter le progrès de l’industrie dans les provinces, que le roi souscrivît à un certain nombre d’exemplaires qui auraient été distribués aux hommes jugés les plus capables de s’y instruire, mais il est à croire que,par suite des événements politiques, ce vœu n’a pas été exaucé.
- La publication de Y Encyclopédie vint en aide aux arts industriels. On sait que l’un des directeurs de cette colossale entreprise, Diderot, se chargea, entre autres tâches, de la description des arts et métiers, et voici ce que dit, à ce propos, d’Alembert:
- « Mais ce travail (le sien propre), tout considérable qu’il est, l’est beaucoup moins que celui de M. Diderot, mon collègue. Il est l’auteur de la partie de cette Encyclopédie la plus étendue, la plus importante, la plus désirée du public, et, j’ose le dire, la plus difficile à remplir; c’est la description des arts. M. Diderot l’a faite sur des mémoires qui lui ont été fournis par des ouvriers ou par des amateurs dont on lira bientôt les noms, ou sur les connaissances qu’il a été puiser lui-même chez les ouvriers, ou enfin sur des métiers qu’il s’est donné la peine de voir et dont quelquefois il a fait construire des modèles pour les étudier plus à son aise. A ce détail qui est immense et dont il s’est acquitté avec beaucoup de soin, il en a joint un autre qui ne l’est pas moins, en suppléant dans les différentes parties de Y Encyclopédie un nombre prodigieux d’articles qui manquaient. »
- Citons encore un passage du fameux Discours préliminaire, qui est, de toutes les œuvres de d’Alembert, la seule qui soit restée populaire.
- 1. Roland, le futur ministre de la Révolution, collabora aussi à cette entreprise de l’Académie dont il n’était pas membre. Il lui donna, en particulier, la description de l’Arf du. tourbier, sa femme lui servit de copiste à cette occasion. ,
- Fig. 3. — Varignort (1654-1722).
- « On a envoyé des dessinateurs dans les ateliers. On a pris l’esquisse des machines et des outils. On n’a rien omis de ce qui pouvait les montrer directement aux yeux. Dans le cas où une machine mérite des détails par l’importance de son usage et par la multitude de ses parties, on passe du simple au composé. On a commencé par assembler dans une première figure autant d’éléments qu’on en pouvait apercevoir sans confusion. Dans une seconde figure, on voit les mêmes éléments avec quelques autres. C’est ainsi qu’on a formé successivement la machine la plus compliquée, sans aucun embarras ni pour l’esprit ni pour les yeux. Il faut quelquefois remonter de la connaissance de l’ouvrage à celle de la machine, et d’autres fois descendre de la connaissance de la machine à celle de l’ouvrage. On trouvera à l’article Art quelques réflexions sur les avantages de ces méthodes, et sur les occasions où il est à propos de préférer l’unè à l’autre. »
- L’homme à qui incomba la loürde tâche de dessiner presque toutes les planches de l’Encyclopédie mérite d’etre nommé. Il s'appelait Goussier et enseignait les mathématiques à Paris, surtout au point de vue de leurs applications. Né en 1722, il mourut en 1799.
- p.531 - vue 543/598
-
-
-
- == 532 = 1 1 .......................
- Un autre événement, qui eut aussi pour conséquence de rendre populaires les travaux manuels, fut la publication de Y Emile, en 1762. On sait que l’auteur tient à ce que son élève imaginaire sache se servir de ses mains et qu’il lui fait apprendre le métier de menuisier. L’immense succès de son livre eut pour résultat que de nombreux jeunes gens « de qualité » apprirent à faire usage de la scie et du rabot, et n’eurent qu’à s’en féliciter quand vinrent les jours de misère de l’émigration. Le futur roi Louis XVI donna l’exemple; et il était devenu un forgeron et un horloger très habile.
- Deux legs faits à l’Académie vinrent prouver que, pour de bons esprits, la nécessité d’un Musée industriel était chose démontrée.
- Quelques vieux habitants de Bercy peuvent avoir gardé le souvenir de l’ancien château des seigneurs de cette localité, car il n’a été détruit qu’en 1861, et, cette même année,-on a moissonné pour la dernière fois dans les terres qui l’environnaient. Parmi ses anciens propriétaires, il faut mentionner le comte d’Ons-en-Bray, qui vécut de 1678 à 1754.
- C’était un haut fonctionnaire de l’administration des postes, très capable et si considéré que Louis XIV mourant le chargea de cacheter, devant lui, son testament avant de l’envoyer au Parlement. Mais M. d’Ons-en-Bray, tout zélé qu’il fût pour ses fonctions, trouvait du temps pour s’occuper de mécanique, science pour laquelle il avait une vraie passion. Tous les moments qu’il pouvait dérober à ses devoirs, il allait les passer à Bercy, et là, protégé par la distance contre les importuns, il s’occupait du magnifique cabinet qu’il avait formé, ainsi que des jardins botaniques et des serres qui environnaient son château. Il va sans dire que, grâce à sa grande fortune, il entretenait tous les auxiliaires dont il pouvait avoir besoin, notamment un secrétaire, un chimiste et un dessinateur. — Avec leur aide, il se livrait à ses travaux personnels, et, en particulier, il a construit un très ingénieux appareil qui inscrit sur une feuille de papier la direction et la force du vent. Cet appareil sé voit au Conservatoire des Arts et Métiers. Voici comment il y est venu :
- Quand il sentit sa fin prochaine, M. d’Ons-en-Bray légua sa collection à l’Académie dés Sciences, dont il faisait partie, en exprimant le voeu qu’elle servît à l’instruction publique. Elle fut déposée au Louvre, dans des salles voisines de celles où l’Académie tenait ses séances, et c’est de là qu’elle fut transportée après la Révolution dans l’édifice où on peut la voir aujourd’hui.
- L’autre donateur qui enrichit l’Académie a un nom plus populaire, c’est Jacques de Vaueanson (1709-1782); il est vrai que sa popularité est due principalement à; ses automates, qui servent surtout à prouver l’habileté de celui qui les a construits. Disons, à propos de ces automates, que quand il voulut s’en occuper, sa famille s’in-: quiéta et peu s’en fallut qu’une lettre de cachet ne vînt l’interrompre dans ses travaux. On se sent presque ténté de regretter que, pour la beauté du fait, il n’ait pas été emprisonné quelque temps. Pour avoir la paix, il s’exila volontairement, et, pendant plusieurs années, il visita nos provinces, examinant tout ce que lé hasard mettait sous ses yeux, et continuant à inventer. ï ,
- Il a bien d’autres titres à la reconnaissance publique que la construction de ses célèbres automates, si ingénieux soient-ils; il travailla beaucoup pour l’industrie de la soie, et on lui doit des inventions qui, si elles eussent été adoptées, eussent pu véritablement révolutionner cette industrie. Il fut le vrai précurseur de Jacquard, et, comme lui, encourut la haine populaire, pour avoir voulu simplifier les machines.
- Ce qui nous importe, c’est qu’il avait, lui aussi, formé un véritable musée industriel, qui se trouvait primitivement à l’hôtel de Mortagne, rue de Charonne, et qui, devenu propriété de l’Académie des Sciences, a été transporté au Conservatoire des Arts et Métiers, dès l’origine de celui-ci.
- On peut donc dire que depuis près de deux siècles, la fondation d’un Musée industriel était demandée par tous ceux qui étaient capables de réfléchir et Diderot comme Voltaire, Rousseau comme d’Alembert (*) auraient applaudi au décret clu 19 vendémiaire an III (10 octobre 1794).
- Ce décret, rendu sur le rapport de Grégoire, prêtre janséniste et républicain qui fut l’évêque constitutionnel de Blois, est ainsi conçu :
- 1° Il sera formé à Paris, sous le nom de Conservatoire des Arts et Métiers, et sous l’inspection de la Commission d’agriculture et des arts, un dépôt public des machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres de tous les genres d’arts et métiers; l’original des instruments et machines inventés et perfectionnés sera déposé au Conservatoire. ’
- 2° On. y expliquera la construction et l’emploi des outils et machines utiles aux arts et aux métiers.
- C’est seulement en avril 1799 que le Conservatoire fut mis en possession des bâtiments qu’il occupe encore aujourd’hui; .certaines parties de ceux-ci étaient de construction récente, d’autres, au contraire, étaient très anciennes, remontant même au xie siècle, par exemple le réfectoire des moines, chef-d’œuvre de Pierre de Monte-reau, qui après une restauration due à l’architecte Léon Vaudoyer est devenu la bibliothèque et renferme une des plus riches collections de livres industriels qui soient au monde.
- C’est là qu’on transporta les collections de machines appartenant déjà à l’Etat, ainsi que les objets de même nature appartenant aux émigrés ou aux congrégations religieuses, qui furent confisqués.-
- Trois démonstrateurs furent attachés à l’établissement, ils s’appelaient Le Roy, Molard et Conté; le nom dé ce dernier, dont Bonaparte disait qu’il avait toutes les sciences dans la tête et tous les arts dans la main, est resté populaire, grâce à l’invention des crayons qui portent
- 1. On pourrait même mettre en tête de cette liste le nom du plus grand des philosophes français. Descartes, en effet, avait conçu, nous dit Ch. Laboulaye, « un plan consistant à faire bâtir de grandes salles pour chaque corps de métier, à annexer à chacune de ces salles un cabinet où se trouveraient rassemblés les instruments mécaniques nécessaires ou utiles aux arts qu’on y devait enseigner, et à attacher à chacun de ces cabinets un professeur habile, capable de répondre à toutes les questions des artisans, et qui pût les mettre à même de se rendre raison des procédés qu’ils étaient appelés à mettre journellement en pratique.
- p.532 - vue 544/598
-
-
-
- encore son nom, mais l’industrie lui a bien d’autres obligations, et, s’il a été possible de graver les planches qui accompagnent le grand ouvrage qui fut le fruit de l’expédition d’Egypte, sans faire une dépense exagérée, c’est grâce à un procédé dont il fut l’inventeur.
- Mais les fonctions confiées à ces trois hommes, consistant à répéter continuellement les mêmes explications à des auditeurs toujours nouveaux, le plus souvent mal préparés et peu attentifs, étaient bien fastidieuses et peu utiles. L’idée de substituer un enseignement régulier et méthodique à ces explications sans cesse renouvelées devait naturellement se présenter, et ce fut M. Decazes qui la conçut, alors qu’il était ministre de l’intérieur, en 1819 ; on sait que cet homme d’Etat aimait l’industrie, si bien qu’il s’y consacra tout entier, quand l’assassinat du duc de Berry lui eut fait quitter le pouvoir pour n’y jamais remonter.
- M. Decazes créa trois chaires^ une de Géométrie et Mécanique, une de Chimie industrielle, une d’Economie industrielle ; les titulaires de ces chaires furent MM. Ch.
- Dupin, Clément ('), et J.-B. Say. Quelques années plus tard, une chaire de Physique industrielle fut confiée au savant physicien Pouillet.
- Ces enseignements eurent un très grand succès, surtout celui de M. Dupin, ou, plutôt, du baron Dupin ; donnons-lui son titre,
- - car il y tenait beaucoup.
- M. Dupin était un ingénieur de la marine que son grand talent de mathématicien n’empêchait pas d’avoir une profonde connaissance des travaux industriels; personne, en outre, ne savait mieux que lui diriger un chantier.
- Il était aussi doué d’une: grande facilité de parole, si bien que ses leçons, qu’il faisait à l’heure de la fermeture des usines, eurent un immense succès. Elles furent imprimées et forment trois volumes in-8°, qui ont encore des lecteurs. Dupin fut d’ailleurs imité dans un certain nombre de villes, à Marseille, Bordeaux, Rouen, Metz, Clermont-Ferrand, etc.... Des professeurs des Collèges royaux ou
- 1. On ajoute souvent au nom de Clément celui de Desormes, qui fut son collaborateur dans ses travaux de physique ; en réalité, il s’agit de deux personnages distincts.
- 533=
- municipaux, des professeurs d’hydrographie, d’anciens élèves de l’Ecole polytechnique furent ses émulés. Parmi ceux qui appartinrent à la dernière catégorie, il faut nommer Poncelet.
- Dupin savait réveiller l’attention de son auditoire par des digressions qui n’étaient pas inutiles, tant s’en faut, et parfois curieuses. Voici quelques lignes tirées d’une de ses leçons, où il parle du sens de l’ouïe considéré comme instrument de mesure :/
- « Vous obtiendrez, du premier mot, qu’un habitant de la Flandre française garde un silence parfait; vous y parviendrez, quoique avec un peu plus de peine, pour un
- Normand ou un Breton; pour l’obtenir d’un Gascon ou d’un Languedocien, il faut un talent extrêmement remarquable; mais on devra citer comme un miracle la réussite d’une telle entreprise avec les Provençaux. C’est une observation que j’ai faite moi-même sur les ouvriers militaires que j’ai commandés dans le nord et dans le midi de la France. »
- « J’avouerai que je ne voudrais point, pour tous les cas, proscrire le chant des ateliers d’où je proscrirais le babil. »
- A une époque postérieure, il donna une autre tournure à ses leçons,-parla, notamment, des caisses d’épargne, et contribua grandement à faire connaître cette utile institution aux ouvriers.
- Une de ces leçons, celle qu’il fit le 22 mars 1837, eut pour résultat de conjurer une crise dont les caisses étaient menacées par suite du grand nombre de demandes de remboursement.
- Depuis cette époque, le nombre des chaires du Conservatoire des Arts et Métiers s’est grandement accru. Il y a quarante ans, il y en avait quinze, et aujourd’hui vingt-quatre.
- Le niveau de l’enseignement s’est, d’ailleurs, beaucoup élevé. M. Dupin, par exemple, devait enseigner les tout premiers éléments de la géométrie et de la mécanique, ses auditeurs n’ayant, pour la plupart, qu’une instruction rudimentaire. Aujourd’hui, les choses ont bien changé; non seulement l’enseignement primaire est bien supérieur à ce qu’il était il y a un siècle, mais, à côté de lui, il y a un enseignement libre donné, entre
- Fig. 4. — L’enirée actuelle du Conservatoire des Arts el Métiers.
- p.533 - vue 545/598
-
-
-
- = 534 —.......... —.................... =
- autres, par l’Association polytechnique et sa rivale, l’Association philotechnique, ce qui fait qu’un jeune ouvrier, s’il le désire, peut trouver facilement l’occasion de s’assimiler les premières connaissances qui lui sont nécessaires pour devenir habile dans sa profession.
- Les collections se sont, de leur côté, grandement enrichies. Parmi les donateurs auxquels est dû leur accroissement, nous; citerons un homme appartenant à la haute noblesse et qui resta fidèle à l’esprit du xvme siècle jusqu’au bout de sa longue vie. C’était le comte Charles de Lasteyrie (1759-1849), auquel on doit, entre autres services, l’introduction en France de l’art lithographique, et qui,, malgré tous ses mérites, ne put devenir membre' de l’Institut.
- M. de Lasteyrie avait beaucoup voyagé, surtout dans le but « d’examiner et de ramasser les matières brutes ou préparées des Trois Règnes de la Nature, qui ont des usages ,et des emplois dans l’Economie rurale ou domestique, dans les Arts et les Fabriques des divers peuples ».
- Il voulait se servir de ces objets pour s’éclairer dans la composition d’une botanique, d’une zoologie et d’une minéralogie économiques. Cette collection, donnée par lui à la Société d’encouragement de l’industrie nationale, a fini par être transportée au Conservatoire.
- Depuis, beaucoup d’autres donations sont venues • enrichir le Musée de cet établissement, ce qui ne l’empêche pas de faire des achats dans la mesure des fonds mis à sa disposition par les pouvoirs publics. Visiter ce Musée un dimanche, c’est, pour un jeune homme, une récréation des plus utiles et des plus intéressantes.
- L’enseignement distribué libéralement dans les amphithéâtres du Conservatoire des Arts et Métiers semble avoir
- eu de bonne heure d’excellents résultats, On peut présumer que, parmi les auditeurs de Dupin et de ses collègues, figuraient les ouvriers dont il va être question dans l’extrait suivant des mémoires de Mme de Boigne, grande dame qui, après avoir vu les dernières années de l’Ancien-Régime, mourut presque centenaire à la fin du Second-Empire.
- « Je ne puis m’empêcher de consigner ici une remarque faite à cette époque (juillet 1830). J’avais arrangé une maison en 1819 et employé les mêmes sortes d’ouvriers qu’en 1830. Mais dans ces dix années il s’était établi une telle différence dans les façons, les habitudes, le langage, le costume de ces hommes qu’ils ne paraissaient plus appartenir à la même classe. »
- « J’étais déjà très frappée de leur intelligence, de leur politesse sans obséquiosité, de leur manière prompte et scientifique de prendre leurs mesures, de leurs connaissances chimiques sur les effets des ingrédients qu’ils employaient. Je le fus encore bien davantage de leurs raisonnements sur le danger de ces fatales ordonnances. Ils en apercevaient toute la portée aussi bien que les résultats probables. »
- « Si ceux qui nous gouvernaient avaient eu la moitié autant de prévoyance et de prudence, le roi Charles X serait encore bien paisiblement aux Tuileries. » On trouvera sans doute que cette citation n’est pas sans intérêt, alors que quelques semaines seulement nous séparent de la célébration du centenaire des Journées de Juillet.
- Nous n’irons pas plus loin; il faudrait un volume pour retracer l’histoire complète du Conservatoire des Arts et Métiers. L’espace et les documents nous manquent pour cela. E. Doublet.
- ÉTUDE DES PROPRIÉTÉS DES CORPS SOLIDES
- D’APRÈS LEUR DILATATION PAR LA CHALEUR
- Une tige d’un corps solide augmente de longueur lorsqu’on la chauffe. C’est là un fait connu depuis bien longtemps et, dans les plus vieux cabinets de physique, on trouve des modèles souvent très ingénieux de pyromètres à cadran destinés à amplifier dans de grandes proportions la dilatation qu’éprouve une tige lorsqu’on la chauffe et à rendre cette dilatation visible à tout un auditoire. Mais si l’on a, depuis Lavoisier et Laplace, mesuré les dilatations linéaires des corps solides afin d’en tirer des connaissances utiles pour les arts, on est resté bien longtemps avant de songer à fonder sur l’étude de la dilatation des corps solides une méthode d’analyse susceptible de nous révéler les transformations de la structure interne de ces corps.
- La voie a été ouverte par les admirables recherches de M. Ch. Ed. Guillaume sür la dilatation des aciers au nickel à teneur croissante en nickel, qui l’ont amené, comme on sait, à la découverte de l’invar, alliage à coefficient de dilatation nul si précieux pour tant d’usages scientifiques ou industriels.
- S’engageant résolument dans cette voie, M. Pierre Chevenard a songé à utiliser d’une manière systématique la méthode dilatométrique pour suivre dans un large intervalle de températures les transformations internes qui se produisent dans un corps solide au fur et à mesure qu’on en élève la température. Il a obtenu ainsi un magnifique ensemble de résultats qui fait honneur tant à son ingéniosité et à son sens aiguisé des réalités physiques qu’au large esprit de compréhension de la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville qui, s’étant rendu compte de l’intérêt de ses recherches, les a encouragées par les moyens puissants dont elle dispose. C’est en effet au laboratoire de recherches de la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville que les études de M. Chevenard ont été poursuivies (fig. 1).
- I. — DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT DES APPAREILS DILATOMÉTRIQUES RÉALISÉS PAR M. CHEVENARD
- Principe des appareils. — On mesure habituellement d’une manière précise les dilatations de tiges
- p.534 - vue 546/598
-
-
-
- 535
- Fig. 1.— Vue générale des Aciéries d’Imphy où ont éié réalisés et étudiés les dilatomètres de M. Cheuenard.
- métalliques par la méthode du comparateur qui fournit avec une grande approximation la variation de longueur qu’éprouve une barre lorsqu’on la porte à des températures différentes. Mais cette méthode est d’une application délicate et surtout elle ne se prête pas à l’enregistrement. Si elle a permis à M. Ch. Ed. Guillaume d’obtenir les beaux résultats que l’on sait, elle ne saurait convenir pour suivre la dilatation dans un large intervalle de températures et de plüs elle serait complètement inapplicable dans un laboratoire industriel où l’on doit obtenir rapidement des indications utilisables.
- Pour cela, il semble naturel de s’adresser à une méthode d’amplification analogue à celle du pyromètre à cadran où une très faible variation de longueur peut, grâce à un système de levier, être amplifiée dans tels rapports qu’on le désire; le bras du levier qui réalise l’amplification peut être constitué par une tige ou par un rayon de
- Fig. 2. — Principe du pyromètre à cadran.
- Une tige métallique est fixée au moyen d’une vis à son extrémité A, l’autre extrémité. B agissant sur le levier coudé B O C mobile autour du point O. Par chauffage, la tige s’allonge et si O C est n fois plus grand que O B, l’extrémité C parcourt un arc CC', n fois plus long que l’arc B B' décrit par l’extrémité B.
- lumière et dans un cas aussi bien que dans l’autre il permet d’inscrire commodément les variations de Ion-, gueur (fig. 2).
- Les divers appareils construits par M. Chevenard comprennent tous : 1° un dispositif de chauffage constitué par un four électrique à résistance permettant de porter l’échantillon jusqu’à des températures très élevées voisines de 1000°; 2° un pyromètre fournissant à tout instant cette température ; 3° un dispositif destiné à amplifier la dilatation de l’échantillon étudié et à enregistrer cette dilatation en fonction de la température.
- M. Chevenard a eu l’idée originale d’évaluer la température en utilisant la dilatation qu’éprouve un « étalon pyrométrique » constitué par un barreau d’un alliage de nickel, de chrome et de tungstène qu’il a découvert et désigné sous le nom de « pyros ». Cet alliage possède en effet la précieuse propriété d’être tout à fait réversible, c’est-à-dire de reprendre toujours la même longueur pour une température donnée, quelles que soient les variations de température qu’il a antérieurement subies, et de pouvoir être chauffé jusqu’à 1000° sans éprouver d’altération appréciable. M. Chevenard a constaté qu’un échantillon de pyros peut subir plus de mille chauffes jusqu’à des températures comprises entre 1000 et 1100° avant d’être mis hors de service. Le pyromètre à dilatation ainsi constitué est plus robuste, plus fidèle et au moins aussi précis que les couples thermoélectriques habituellement utilisés pour la mesure des températures élevées; comme on le verra par la suite, il est particulièrement adapté à l’enregistrement de la température dans les études dilatométriques.
- Analyseurs thermiques. — Sous le nom d'analyseur thermique, M. Chevenard a construit un dispositif dans lequel on enregistre simultanément en fonction du temps la dilatation de l’échantillon à étudier et celle de l’étalon pyrométrique. L’appareil fournit donc deux courbes : à chaque instant T ordonnée de la première donne la dilatation de l’échantillon à étudier tandis que la seconde
- p.535 - vue 547/598
-
-
-
- 536
- relative à l’étalon pyrométrique fait connaître la température. L’échantillon à étudier est pris sous la forme cl’un cylindre foré d’un canal axial dans lequel glisse à frottement doux une aiguille de pyros, qui sert d’étalon pyrométrique. L’échantillon et son aiguille sont disposés dans un tube de silice fondue chauffé électriquement. Leurs changements de longueur amplifiés par des mécanismes identiques s’inscrivent simultanément sur le même tambour (fig. 3).
- Cet appareil robuste et peu coûteux est particulièrement approprié aux essais de contrôle industriel. Il permet de se rendre compte rapidement si l'échantillon d’un métal ou d’un alliage se comporte comme un certain échantillon type. Sa sensibilité est suffisante pour la plupart de ces usages. Cependant il est inférieur à ce point de vue aux autres appareils construits par M. Chevenard et appelés par lui dilatomètres proprement dits qui possèdent en outre l’avantage de fournir directement un tracé représentant la dilatation en fonction de la température.
- Les dilatomètres proprement dits. — M. Chevenard a réussi à obtenir directement des diagrammes dans lesquels les abscisses donnent les températures et les ordonnées les dilatations des échantillons étudiés, 1 ins-
- pig 4. — DUatomètre différentiel à enregistrement mécanique.
- cription pouvant être faite, soit mécaniquement, soit optiquement par la photographie. Ces appareils robustes sont particulièrement adaptés à l’étude des substances très dilatables ou dont les dilatations présentent de fortes anomalies qui se révèlent, sur les courbes dilatométriques, par des perturbations très apparentes.
- Mais lorsqu’on désire suivre la dilatation d’une substance dans un grand intervalle de température, comme les variations de longueur sont alors considérables et que la feuille sur laquelle on les enregistre est forcément de dimensions réduites, on est obligé de se contenter d’un rapport d’agrandissement assez faible. Dans ces conditions les anomalies minimes que peut présenter la dilatation se traduisent par des irrégularités peu apparentes sur les graphiques. Aussi l’appareil ne convient-il parfaitement que pour les substances très dilatables ou dont la dilatation est le siège d’anomalies importantes.
- Dilatomètres différentiels. — Pour réaliser des dispositifs de très grande sensibilité, M. Chevenard a eu l’idée d’inscrire en ordonnée non la dilatation même de l’échantillon, mais la différence entre la dilatation de l’échantillon étudié et celle d’un étalon de l’alliage pyros dont nous avons déjà signalé les propriétés. Comme l’étalon est exempt d’anomalies thermiques et que sa dilatabilité est du même ordre de grandeur que celle de la plupart des échantillons étudiés, on peut, sans être obligé de donner aux feuilles des dimensions prohibitives, adopter un très grand coefficient d’agrandissement suivant l’axe des ordonnées. La courbe enregistrée traduit d’une manière très nette les moindres anomalies de l’échantillon étudié. L’étalon sert à la fois d’étalon pyro-métrique pour évaluer la température qui s’inscrit en abscisse sur la courbe et comme témoin de dilatation, l’ordonnée de la courbe représentant l’écart entre l’allongement de l’échantillon et celui de l’étalon, d’où le nom de dilatomètres différentiels donné par M. Chevenard aux appareils basés sur ce principe. La courbe de dilatation peut être, suivant les modèles, enregistrée photographiquement ou tracée à l’encre sous les yeux de l’opérateur (fig. 4 et 5).
- Dans certains cas, il est commode de choisir comme témoin de dilatation un barreau fait d’une substance autre que l’étalon pyrométrique. Si, par exemple, on désire apprécier l’effet de la trempe ou de l’écrouissage sur la dilatabilité d’un alliage, il est commode d’opposer l’échantillon traité à un témoin du même métal recuit et d’inscrire les différences de leurs variations de longueur.
- Microdilatomètre. — Sous le nom de microdilato-mètre, M. Chevenard a construit un appareil différentiel extrêmement sensible qui pérmet d’étudier les variations de longueur se produisant au cours de certaines réactions spontanées, c’est-à-dire sans aucun chauffage et à température constante. On peut ainsi étudier, par exemple, l’instabilité, des aciers trempés, le durcissement progressif à temperâfürë‘ôrdîhàire del’alliàgë duralumin trempé, etc.
- Les changements spontanés de longueur de l’échantillon, rapportés à un étalon stable de dilatabilité voisine,i sont amplifiés par un levier optique mobile autour d’un axe vertical. Les déplacements de l’index lumineux, au
- p.536 - vue 548/598
-
-
-
- 537
- lieu d’être observés sur une mire translucide, sont appréciés au moyen d’un oculaire micrométrique. La sensibilité est telle qu’un change-1
- ment de — u est décelé avec certitude (fig. 6).
- OU
- IL — QUELQUES APPLICATIONS
- DES MÉTHODES DILATOMÉTRIQUES
- Les appareils que nous venons de décrire permettent d’obtenir des courbes traduisant la variation qu’éprouve la dilatation d’une substance donnée lorsqu’on fait varier la température. L’examen de ces courbes conduit souvent à des résultats extrêmement intéressants sur les phénomènes dont la substance étudiée est le siège au cours du chauffage et du refroidissement. Les singularités que présente une courbe de dilatation traduisent, soit des transformations spécifiques des divers constituants (transformations allotropiques, décompositions des constituants hors d’équilibre, etc.), soit des réactions se produisant entre ces constituants.
- C’est ce que nous allons montrer sur quelques exemples.
- Transformations magnétiques du fer. —
- On sait que les substances ferromagnétiques telles que le fer, le nickel et le cobalt, subissent, à une certaine température appelée point de Curie, une transformation après laquelle la substance n’est plus que très faiblement magnétique, c’est-à-dire qu’elle est devenue paramagnétique. Les courbes dilatométriques révèlent très nettement cette transformation comme le montre le graphique de la figure 8 relative au fer qui présente un coude C bien net à la température de 765°, point de Curie du fer.
- Graphitisation des fontes. — L’examen de la courbe dilatométrique représentée sur la figure 9 qui se rapporte à un échantillon de fonte est particulièrement instructif. Dans une fonte solidifiée rapidement au contact d’une paroi métallique, le carbone existe partie à l’état de graphite, partie à l’état de cémentite. La courbe de chauffe présente d’ahord une anomalie C vers 210°, point de Curie de la cémentite, qui révèle l’existence de ce composant; mais le recuit dissocie la cémentite, constituant instable, en un agrégat de graphite et de ferrite; cette transformation connue sous le nom de graphitisation est révélée par l’expansion G qui s’amorce vers 600° et se poursuit rapidement une fois commencée; au delà de 800°, le graphite et la ferrite réagissent pour donner de l’austénite, d’où la contraction Ac. Au refroidissement le crochet Ar révèle le phénomène inverse, c’est-à-dire le retour à l’agrégat fer-graphite ; comme la courbe de retour est exempte de toute anomalie vers 210°, on peut en conclure que la cémentite a été entièrement détruite par le recuit. Ainsi la graphitisation est révélée à la fois par l’expansion G qui traduit dilatométriquement le phénomène et par l’absence sur la courbe de refroidissement de l’anomalie C, ce qui prouve la disparition complète de la cémentite après le recuit.
- La trempe et le recuit des aciers. — Il est inutile
- Fig. 5. — Installation du dilaiomètre différentiel à enregistrement photographique.
- Le four est porté sur un chariot à glissières permettant de conserver le centrage des tubes du dilatomètre à l’intérieur du four. L’allure de la chauffe est réglée par un rhéostat continu dont le curseur se déplace automatiquement, à vitesse donnée, par le jeu d’un mouvement d’horlogerie.— Au milieu dé la photographie on distingue le contacteur extincteur : cet appareil sert à jalonner les courbes par des tirets tracés à intervalles de temps égaux : 5, 10, 15, 20, 30, 60 minutes. Il assure également l’extinction de la lampe d’enregistrement à une heure fixée d’avance. Grâce à ces précautions, le montage des expériences est rapide et facile. Leur exécution requiert peu de surveillance pendant la chauffe; tout contrôle cesse lors du refroidissement qui s’achève durant la nuit.
- d’insister sur l’importance que présente pour l’industrie l’obtention d’aciers possédant des propriétés parfaitement définies. On sait que l’on peut modifier ces propriétés par des traitements thermiques appropriés fournissant dans les cas extrêmes, soit l’acier recuit obtenu par refroidissement très lent du métal porté à haute température, soit l’acier fortement trempé obtenu, au contraire, par un refroidissement extrêmement rapide.
- Fig. 6.
- Microdilaiomètre pour l’étude des réactions isothermes.
- Sfiglllilliaigpig»SSM,
- —
- * *
- p.537 - vue 549/598
-
-
-
- 538
- Fig. 7. — Galvanomètre mural installé dans le laboratoire de recherches des Aciéries d’Imphy.
- La grande salle de physique comporte trois postes centraux de pyrométrie, qui contrôlent les différents appareils de chauffe : fours pour le traitement des échantillons, fours des enregistreurs. Chaque poste comprend 6 couples thermoélectriques dont chacun peut être relié à un galvanomètre mural par le jeu d’un combinateur : galvanomètre et combinateur ont été étudiés et réalisés à Imphy.
- Le faisceau lumineux réfléchi par le miroir du galvanomètre est renvoyé par un prisme à 45°, de telle sorte qu’il balaie un plan vertical. La mire translucide horizontale est observée au moyen d’un miroir orientable. L’encombrement en plan est donc très réduit. Le galvanomètre étant situé à une distance relativement grande (1 m 75) de la mire, l’index lumineux parcourt l’échelle entière pour une torsion relativement faible de la sùspension du cadre mobile : d’où déplacements de zéro inappréciables. L’aimant en acier spécial d’Imphy a été vieilli par un étuvage prolongé, ainsi que le cadre mobile, en man-ganin. Ainsi, la sensibilité du galvanomètre est pratiquement indépendante des changements de température, et il n’y a pas à redouter de variation progressive de la constante de cet appareil.
- Les courbes dilatométriques enregistrées par M. Che-venard permettent de suivre avec précision les modifications structurales qui correspondent à ces états extrêmes et à tous lés intermédiaires.
- Les courbes des figures 10 et 11 sont relatives à un acier dit à coupe rapide contenant une addition de chrome et de tungstène. A l’état stable à froid cet acier est formé d’un agrégat ferrite-carbure. Il se transforme
- par chauffage en austénite, solution homogène dans laquelle le fer se trouve à l’état désigné par les métallo-graphes sous le nom de fer y.
- Par un refroidissement suffisamment lent (fig. 10) l’agrégat stable à froid prend naissance au cours d’une transformation représentée en Ar' débutant vers 850° et terminée vers 750°, qui fournit l’acier complètement recuit.
- Dans le cas d’un refroidissement rapide, il se produit une transformation toute différente que la courbe de refroidissement montre en A r" (fig. 11). Elle se manifeste à une température beaucoup plus basse (500°) et donne naissance à un constituant très dur appelé mar-tensite, que l’on peut considérer comme caractéristique de l’état trempé.
- Les deux transformations A/ et A r" peuvent d’ailleurs coexister. Mais, pour toute température de chauffe, il y a deux vitesses de refroidissement remarquables : une vitesse limite de recuit Yo au delà de laquelle la transformation A r" apparaît, et une vitesse de trempe complète V correspondant à la disparition de Ar' et à la plus grande dureté de l’acier. Pour un même acier ces vitesses critiques V0 et Ni dépendent de la température à laquelle l’acier a été chauffé. On conçoit tout l’intérêt que présente la connaissance du diagramme représentant comment varient pour l’acier considère les valeurs de ces vitesses avec la trempe; ce diagramme, que les appareils de M. Chevenard permettent d’établir aisément, définit avec précision le pouvoir trempant de l’acier considéré.
- Cuisson des produits céramiques. — Le quartz, qui entre comme constituant dans les briques de silice et dans la plupart des produits céramiques, éprouve vers 573° une transformation accompagnée d’une forte expansion. D’autre part, la cristobalite et la tridymite, variétés de silice qui prennent naissance lorsque le quartz est maintenu longtemps à haute température, présentent au voisinage de 200° des anomalies de dilatation tout a fait caractéristiques. Aussi peut-on contrôler la cuisson
- Fig. 8. — Courbe de dilatation d’un fer puddlé sur laquelle on distingue l’anomalie C corrélative de la transformation magnétique qu’éprouve le fer (fer a) au point de Curie.
- Courbe empruntée à un travail de M. Chevenard.
- 6oo joo 8oo 900
- p.538 - vue 550/598
-
-
-
- 539
- d’une brique de silice par l’examen de sa courbe dilato-métrique.
- L’étude dilatométrique des porcelaines présente également un grand intérêt comme procédé de contrôle permettant d’éviter les tressaillures des couvertes.
- Applications minéralogiques et pétrographiques. —- L’étude dilatométrique des minéraux et des roches fournit des renseignements intéressants. Les courbes dilatométriques de certains minéraux comme le quartz, la magnétite, le mica, la pyrrbotine, etc. présentent, en effet, des anomalies permettant d’identifier ces minéraux dans les roches qui les contiennent. Dans un micaschiste, par exemple, l’examen de la courbe révèle nettement la présence du quartz et celle du mica. La décarbonatation de la pierre à chaux, la déshydratation du gypse, les grillages de la pyrite, de la sidérose, etc., se traduisent également avec netteté sur le diagramme de dilatation. On peut, indique M. Chevenard, noter la température initiale de ces réactions, apprécier leur vitesse et recueillir
- >oo 3°o 4°° 5°° éoo /oo 800 qôô
- Fig. 10. — Refroidissement lent d’un acier à coupe rapide.
- ainsi des renseignements d’ordre pratique, et des données sur l’histoire thermique des minéraux et des roches, capables d’éclairer la théorie de leur formation.
- Il y a là une méthode nouvelle d’étude dont il semble que la pétrographie et la minéralogie puissent tirer d’importants résultats.
- CONCLUSION
- Les quelques exemples qui précèdent suffisent à montrer l’étendue et la variété des renseignements que permet d’obtenir l’étude dilatométrique des produits les plus divers au moyen des méthodes et des appareils mis au point par M. Chevenard('). Ces méthodes et ces appareils sont utilisés d’une manière constante au laboratoire de recherches des Aciéries d’Imphy et ils ne contribuent pas peu à assurer aux produits de ces Aciéries les qualités de
- 1. Nous renverrons les lecteurs qui désireraient faire de ces méthodes une étude approfondie aux diverses publications de M. Chevenard et notamment au bel ouvrage qu’il vient de faire paraître sous le titre Analyse dilatométrique des matériaux. (Dunod, éditeur.)
- ÎOOO
- Fig. 9. — Courbe révélant la graphitisation d’une fonte.
- La graphitisation est mise en évidence par une forte expansion G. (Courbe empruntée à un travail de M, Chevenard.)
- précision et de constance qui font leur renommée dans le monde entier. On sait que la Société des Houillères de Com-mentry-Fourchambault etDecazeville dont dépendent les aciéries d’Imphy a toujours porté le plus grand intérêt aux recherches scientifiques. C’est elle qui a fourni à M. Ch. Ed. Guillaume tous les alliages qui lui ont été nécessaires pour arriver à la découverte de l’invar et de l’élinvar. M. Chevenard a continué fort heureusement cette tradition déjà ancienne. Comme l’écrivait M. Ch. Ed. Guillaume: «Ces admirables réseaux de dilatation des ferro-nickels chromés ou non, représentant le détail de tous les changements de volume de ces alliages depuis — 100° jusqu’à -f- 900°, forment la hase de nos connaissances générales sur ces singulières combinaisons. »
- On ne peut que souhaiter que ces méthodes et ces appareils qui sont déjà utilisés dans un grand nombre de laboratoires se répandent de plus en plus pour le plus grand.profit de la science et des applications industrielles.
- A. Boutaric.
- Fig. 11. — Refroidissement rapide d’un acier à coupe rapide.
- 2oo 3oo 4°° S°° 6oo /oo 8oo
- p.539 - vue 551/598
-
-
-
- LA VISION DROITE
- L.O. JD.
- L.O. G.
- Fig. 1. — Schéma de l’appareil optique.
- Plan horizontal. O. D.; O. G. œil droit, œil gauche.
- L. O. D; L.O. G. Lobe occipital droit, lobe occ. gauche.
- On dit bien justement que ce sont les choses les plus communes qui nous frappent le moins. Qu’v a-t-il de plus commun que l’acte de la vision ? Mais combien de personnes se posent le problème suivant, qui touche à son exercice journalier :
- La physiologie et la physique nous apprennent que l’œil est un véritable appareil photographique, et que, dans un appareil photographique, les objets se peignent renversés sur l’écran. Cependant nous voyons les objets droits. D’où vient ce redressement ?
- On répondra d’emblée, presque invariablement, que ce redressement est dû à une torsion du nerf optique qui produirait un croisement de ses fibres. Cette réponse est sans doute loin d’être négligeable, car on peut lire dans le Grand Larousse du XIXe siècle (article vision) que c’était l’opinion générale des savants il y une cinquantaine d’années : « le redressement est dû, suivant les physiologistes modernes, à une disposition organique des parties qui perçoivent et de l’origine cérébrale du nerf
- optique ».
- Depuis cette époque, la physiologie du système nerveux a fait des progrès considérables, et justement la topographie des centres visuels du cerveau est devenue le domaine privilégié des localisations sensitives.
- Examen de l’hypo-thèse du redressement « physiologique ». — Comme on le sait, il existe un croisement (chiasmà) des nerfs optiques dans le plan horizontal : la moitié droite de chaque rétine (moitié gauche du champ visuel)
- correspond par ses fibres optiques aux centres visuels du lobe occipital de l’hémisphère cérébral droit (fig. 1). Les objets de gauche dans le champ visuel se peignant sur la moitié droite de la rétine, qui est reliée à la région occipitale droite devraient alors être vus à droite.
- Or, on sait assez qu’il n’en est rien. Donc, malgré le chiasma horizontal du nerf optique, il n’y a pas inversion « physiologique » des objets de la droite à la gauche. Dans le sens vertical, la question est plus compliquée, car des croisements à l’intérieur du nerf optique pourraient exister sans qu’on ait de moyens anatomiques de s’en apercevoir. Mais des précisions remarquables ont été fournies sur la topographie des centres visuels par les observations des blessés de la dernière guerre. Le procédé employé a été le suivant : on a repéré, au moyen de clichés radiographiques en deux vues perpendiculaires prises sur le vivant, des projectiles intracérébraux. Des éclats d’obus minuscules, ayant causé des lésions bien déterminées, ont pu être repérés de la sorte, et l’examen des parties intactes et des parties aveugles du champ visuel a permis de savoir exactement quelle
- Fig. 2. — Aire striée de Brodmann [en grisé),
- autour de la scissure calcarine. (Face interne de l’hémisphère droit.)
- portion de la rétine correspond avec telle région de l’aire striée de Brodmann ou des lèvres de la scissure calcarine du lobe occipital.
- Les résultats obtenus ont été les suivants :
- 1° La moitié supérieure de chaque rétine a sa représentation sur la partie supérieure de chaque aire visuelle, la moitié inférieure sur la partie inférieure ;
- 2° Le centre cérébral pour la vision maculaire (ou centrale) de la rétine siège sur les extrémités postérieures des aires visuelles;
- 3° La portion de chaque quadrant supérieur de la rétine au voisinage immédiat de la fovéa (fossette au centre de la macula ou tache jaune), avec la partie adjacente de la fovéa, a sa représentation sur la partie supérieure et postérieure de l’aire visuelle, dans l’hémisphère du même côté, et vice versa (1).
- Une conclusion évidente s’impose : il n’y a aucune disposition organique de redressement. Donc pas de redressement « physiologique ».
- Hypothèse d’un redressement «psychologique».
- — S’il n’y a pas de redressement physiologique, peut-
- 1. H. Pibron. Le Cerveau et la Pensée. Alcan, 1923.
- Fig. 3. — Projection verticale du champ visuel.
- Un cas d’hémianopsie horizontale en double quadrant inférieur (d’après Gordon Holmes). Il y a cécité des deux moitiés supérieures des deux demi-rétines. Or les lésions ont été localisées dans la partie supérieure de area striata.
- p.540 - vue 552/598
-
-
-
- être y a-t-il redressement «psychologique»? C’est-à-dire que, par un processus inconscient, nous redresserions les images que la rétine nous donne renversées, tandis que le toucher nous fait percevoir des objets droits. Telle a été par exemple l’opinion de Bufïon : « Buffon et Lecat prétendent que primitivement nous voyons les objets renversés, et que le toucher et l’habitude nous font rectifier cette erreur ». (Larousse du XIXe siècle. Article cité.)
- Il est évidemment impossible de se faire une idée nette de ce que peut être un tel redressement. Acceptons-le cependant : le grand mot habitude, dont on se sert volontiers en psychologie toutes les fois que des analyses précises font défaut, est d’ailleurs comme la gorgée d’eau qui fait avaler la pilule.
- Ainsi, tel point de la partie supérieure de la rétine, excité par les rayons lumineux provenant du bas des objets, serait, grâce à une longue éducation (dont nous n’avons toutefois pas conscience) reporté à la partie inférieure du champ visuel, où, d’autre part, le toucher le localise également, Le redressement de la vision serait dû à la simple nécessité d’obtenir la coïncidence des renseignements tactiles et des renseignements visuels.
- Si c’est vrai, une expérience des plus simples va nous convaincre immédiatement. Plaçons une bougie A B à un ou deux mètres en face de nous (fig. 5). Elle se peint renversée sur notre rétine en b et a. Mais l’habitude prise nous fait redresser son image, en a' b . — Mettons maintenant notre tête entre nos jambes, c’est-à-dire faisons tourner notre rétine d’un angle de 180°. Le point b de la rétine sera celui des cellules primitivement excitées en a; et inversement. Suivant notre vieille habitude, nous allons encore « redresser » l’image. Nous devens donc croire que la bougie brûle «la mèche en bas ». Or il n’en est absolument rien : nous continuons à voir la bougie brûler dans le bon sens, et d’ailleurs tous les objets qui l’entourent n’ont pas, eux non plus, changé de position. Le «bas» de la chambre, c’est toujours le parquet, et les pieds des chaises et de la table sont toujours sur le parquet, c’est-à-dire en bas.
- Conclusion : il n’y a pas de redressement du tout.
- Hypothèse de Jean Muller. — Cette troisième hypothèse peut s’énoncer ainsi : « Il n’y a pas de redressement, c’est entendu; mais, rien n’est renversé quand rien n’est droit, les deux idées n’existent que par opposition. » Le célèbre physiologiste allemand avait déjà pensé qu’il n’existait pas de torsion du nerf optique, ni de renversement des centres optiques cérébraux, et il en concluait naturellement que nous devions nous contenter des images renversées de notre rétine, sans les redresser d’une façon quelconque.
- «Mon opinion, écrit-il, que j’ai publiée et développée dès 1826, est que, quoique nous voyions les objets renversés, nous ne pouvons jamais en acquérir la conscience que par des recherches d’optique, et que, voyant tout de la même manière, l’ordre des objets ne s’en trouve nullement altéré. Il en est ici comme du renversement quotidien des objets avec la terre entière, dont on ne s’aperçoit qu’en observant la situation des astres, et cependant rien de plus certain que, dans l’espace de 24 heures, une
- Fig. 4. — I. Champ visuel normal, projection verticale.
- II. Lobe occipital droit, face interne; localisation des centres visuels.
- chose qui était en bas par rapport aux astres finit par se trouver en haut. Voilà pourquoi il n’y a point dans l’acte, de la vision défaut d’harmonie entre la vue et le toucher* qui aperçoivent les objets, la première renversés, et l’autre droits; car nous voyons tout à l’envers, même les parties de notre corps, et chaque chose conserve sa position relative. L’image de notre main qui palpe se renverse aussi » (').
- La cachet d’irréalité prononcé de cette théorie suffirait à la rendre inacceptable. Elle n’en est pas moins fort logique. Supposons par exemple que les arbres aient «réellement » la tête en bas et les racines en l’air; nous n’aurons, comme le dit J. Muller, aucun moyen de nous en apercevoir, car, en promenant nos mains de bas en haut sur leur tronc « réel », nous les verrons aller de haut en bas. De même, lorsqu’on dit que nous voyons dans un appareil photographique les objets « renversés », cela veut tout simplement dire, d’après J. Muller, qu’ils sont renversés par rapport à leur position visuelle ordinaire (fig. 6).
- Il est cependant facile de montrer que cette théorie rend compte des faits aussi mal que les précédentes. Que l’on redresse l’image rétinienne par un mécanisme phy-
- 1. Jean Muller. Physiologie du système nerveux. Trad. Jourdan, 1840, tome II, p. 394.
- Fig. 5.
- p.541 - vue 553/598
-
-
-
- == 542 ... — " ' .. =
- siologique ou psychologique, ou qu’on ne la redresse pas, comme le -veut Jean Muller, il n’en reste pas moins qu’en faisant tourner la rétine de 180°, c’est-à-dire en mettant la tête entre les jambes, nous devrions voir les objets renversés par rapport à la position habituelle où nous les voyons. Or nous savons que c’est inexact.
- Critique commune de ces théories. — Elles partent toutes de deux postulats faux. — Le premier peut s’énoncer ainsi : le haut et le bas des objets aperçus seraient des directions déterminées par le sens de V image visuelle.
- Reprenons notre expérience de tout à l’heure. Mais, au lieu de la bougie, plaçons verticalement devant nous une feuille de papier couverte de signes d’écriture, un journal par exemple, avec de gros caractères. Puis renversons encore la tête. Nous ne pouvons plus lire ce qui est écrit sur la feuille ('), ce qui est la preuve d’une inversion de l’image visuelle, et cependant le haut de la feuille est toujours «en haut», et le bas «en bas » (fig. 7).
- Pour se convaincre encore davantage de l’indépendance de l’image visuelle et des déterminations du haut et du bas, il suffit de comparer la perception visuelle de la même feuille vue quand on renverse la tête, et vue quand on renverse la feuille elle-même : au point de vue optique l’image doit être identique; au point de vue psychologique, l’impression est absolument différente. Notre figure 7 essaie de rendre cette différence d’impression.
- Nos images visuelles n’ont donc, par elles-mêmes, aucun sens. Le bas de notre champ visuel, c’est toujours le côté où se trouvent nos pieds, le côté vers où les corps tombent, et le haut, c’est la direction opposée à la pesanteur. C’est notre sens de l’équilibre et de l’orientation (canaux semi-circulaires de l’oreille interne), nos impressions de poids (terminaisons nerveuses des surfaces articulaires) qui lestent nos perceptions visuelles et leur donnent un sens. Le « bas » dans la perception visuelle d’une table, c’est en réalité un «savoir», fondé sur des sensa-
- 1. Quand on fait cette expérience avec d’autres sujets que soi, il faut prendre garde que certaines personnes peuvent fort bien lire l’écriture renversée sans aucune difficulté, et dire ensuite sans réflexion qu’elles ne s’aperçoivent de rien.
- Fig. 6. — Hypothèse de Jean Muller.
- I. Vision ordinaire.
- II. Examen d’un arbre à travers un appareil photographique.
- tions d’un tout autre ordre que les sensations de la vue : c’est la connaissance implicite de la position d’équilibre stable de la table sur ses quatre pieds.
- Comme contre-épreuve, toute perturbation de notre sens de l’équilibre doit produire un déplacement de la direction du haut et du bas dans notre champ visuel. C’est effectivement ce que l’on observe quand, après avoir tourné sur soi-même pendant quelque temps, la verticale du champ visuel semble se déplacer et le plancher se soulever d’un côté. La physiologie nous enseigne que, dans ce cas, l’inertie de l’endolymphe contenue dans les canaux semi-circulaires exerce une pression croissante (due à notre mouvement giratoire) sur une de leurs parois; d’où trouble des impressions d’équilibre.
- Quant aux données tactiles, comme l’avait fort bien remarqué J. Muller, elles ne peuvent nous donner que des impressions de formes, de distances, etc... Pas plus que la vue, le toucher à lui seul ne peut nous permettre de savoir si l’objet est droit ou renversé.
- Le deuxième postulat sur lequel s’appuient les théories est le suivant : V image rétinienne serait condition de Vimage visuelle; celle-ci serait plus ou moins semblable à celle-là.
- En réalité l’image rétinienne ne joue aucun rôle dans la vision. Elle n’existe qu’en vertu des propriétés optiques de l’œil et du fait que la rétine est suffisamment plane. Mais celle-ci, comme chacun sait, consiste en une sorte de mosaïque de cellules sensibles à la lumière, lesquelles emportent séparément le long de leurs fibres leurs excitations au cerveau. Un simple coup d’œil jeté par le lecteur sur nos schémas physiologiques le renseignera suffisamment sur ce transport et lui montrera qu’on ne peut espérer trouver dans l’aire striée de Brodmann rien qui rappelle l’image rétinienne, si ce n’est simplement l’ordre de superposition des éléments nerveux. En particulier il n’y a aucune correspondance entre l’importance et la place de la région maculaire sur la rétine et l’importance et la place de la région homologue en arrière de la scissure calcarine.
- On sait d’ailleurs depuis assez longtemps que nous ne voyons pas « sur notre rétine » puisque nous ne nous apercevons ni de la tache aveugle, ni des lésions de la rétine quand il y en a.
- La psychologie d’aujourd’hui se tire d’affaire en disant simplement que nous voyons l’« objet», où il est; puis elle cède la place à la métaphysique pour tenter d’élucider ce profond mystère.
- On peut cependant rendre la chose plus aisément concevable en cherchant une analogie dans le sens du toucher. On a fait souvent remarquer que la vue est une sorte de toucher à distance. Or, tâter avec un bâton, à la manière des aveugles ou de ceux qui cherchent des seaux au fond des puits, c’est également réaliser un véritable « toucher à distance ». Dans ce cas, on s’aperçoit, de façon frappante, que c’est l’extrémité exploratrice du bâton qui « perçoit » et non la main qui le conduit.
- La perception se produit donc réellement èn un endroit de l’espace où la physiologie ne découvre ni nerfs sensitifs, ni organes sensoriels, ni même matière vivante.
- Raisonnant par analogie, il nous sera facile d’admettre
- p.542 - vue 554/598
-
-
-
- 543
- que le rayon lumineux est pour l’œil comme le bâton pour la main, et que la perception visuelle a lieu vraiment à celle de ses extrémités qui explore l’objet.
- Bien que ces discussions mènent, malgré tout, à une impasse, elles recèlent cependant pour nous de précieux enseignements. Elles nous permettront en particulier de dissiper l’illusion si répandue que le champ visuel est comme un cliché plat (illusion que l’habitude de voir et de manipuler des images peintes et des photographies ne fait d’ailleurs que renforcer).
- Notre champ visuel, à proprement parler, nous entoure. Il est comme la boutique pour l’épicier, ou la pharmacie pour le pharmacien : le lieu, où sur des étagères, on range, dans un ordre que l’on sait, des objets qui portent des étiquettes. Les objets de notre champ visuel portent des « étiquettes » qui sont ce que nous savons d’eux, et leur, position réciproque dépend de ces « savoirs ». —- Avec cette différence toutefois que l’organisation de notre champ visuel n’a absolument rien d’arbitraire, et qu’elle dépend de l’ordre naturel des choses.
- A ceux qu’une telle assertion pourrait choquer, nous ferons remarquer que nous ne voyons réellement à chaque instant qu’une très faible partie de l’étendue (celle qui est projetée sur la macula centrale), tout le reste étant « vu en vision marginale », c’est-à-dire de façon très confuse : mais nous suppléons à cette étroitesse de la vision distincte, d’abord par l’extrême vivacité de nos mouvements oculaires, ensuite et surtout par notre connaissance acquise du monde extérieur.
- S’il en est réellement ainsi, on ne fera sans doute plus aucune difficulté pour admettre que nos images visuelles sont bien « lestées » par nos impressions d’équilibre.
- *
- * %
- Ce curieux problème de la vision droite a pour principal mérite de nous forcer à réfléchir sur lés multiples et très diverses conditions de notre connaissance du monde
- H
- LANATURE
- B
- H
- H
- B
- Fig. 7.
- I. Feuille vue en position normale.
- II. Impression que l’on a quand on fait tourner la tête de 180° dans le plan vertical.
- III. La même feuille retournée de 180°, la tête restant en position droite. « Réellement », c’est-à-dire optiquement, seules les images I et III existent. La figure II n’existe que « psychologiquement », mais, à ce point de vue, elle existe aussi bien que toute autre, puisque l’on en a l’impression ferme.
- extérieur et sur l’activité de l’esprit qui les synthétise.
- Il nous montre en outre le fossé profond, et que la science ne parviendra certainement jamais à combler, qui existe entre les données physiologiques de notre sensibilité et leurs conséquences dans le monde de l’esprit. Nous pourrions même ajouter, comme nous l’avons déjà indiqué, que ce problème constitue un des domaines privilégiés où î’étude physiologique du système nerveux et de ses localisations a été suffisamment poussée pour que l’on puisse bien mesurer la distance qui sépare les excitations nerveuses et les perceptions, le cerveau et la pensée.
- A ce titre, le problème de la vision droite nous paraît être une introduction de valeur à toute étude psychologique de la perception extérieure.
- G. Viaud,
- Professeur de Philosophie.
- LA PÊCHE AUX BÉLUGAS
- Une publication soucieuse de ne pas induire ses lecteurs en erreur est tenue de porter une scrupuleuse attention aux légendes. des photographies qu’elle reçoit. Cette réflexion s’applique d’une façon toute spéciale aux remarquables instantanés que nous reproduisons sur ces pages.
- Ils nous sont parvenus du Canada sous ce titre général : la Chasse aux Marsouins dans le Golfe du Saint-Laurent. Or les créatures qu’ils nous montrent ne répondent nullement à la description des mammifères cétacés connus sous ce nom.
- Notons avant tout que les marsouins (Phocœna) ne remontent pas dans les mers froides : conséquemment, ils ne pourraient se rencontrer en nombre dans le golfe du Saint-Laurent dont les eaux, même au plus fort de l’été,
- accusent rarement une température de plus de 10° au large des côtes et à deux mètres de profondeur.
- La longueur des marsouins ne dépasse guère un mètre et demi, et il est facile de constater, sur plusieurs des photographies prises par un opérateur des Canadian National Railways, que nos sujets, si nous prenons comme échelle de comparaison l’homme qui figure sur ceÿ images, doivent mesurer plus de trois mètres.
- Ils sont uniformément blancs, alors que les marsouins, quelle que soit leur espèce, sont presque entièrement noirs, sauf au ventre qui s’éclaircit en gris rose pâle. Enfin, ces derniers ont une nageoire dorsale triangulaire qui est l’une des caractéristiques de leur signalement; et l’on peut constater que cet organerest absent sur les carcasses photographiées.
- p.543 - vue 555/598
-
-
-
- 544
- La mort du béluga échoué.
- Fig. 1. —
- Serions-nous alors en présence de dauphins, qui sont plus longs que les marsouins, tout en ayant les mêmes mœurs ? Là encore, nous répondrons par la négative, car les Delphininés possèdent, eux aussi, une nageoire dorsale triangulaire, et, en outre, leur coloration est d’un gris très foncé en dessus, d’un blanc plus ou moins sale en dessous J’ajouterai qu’ils ne fréquentent que les eaux tropicales ou tempérées et qu’il leur serait impossible de vivre dans les eaux froides du golfe de Saint-Laurent. Autant demander à un ours blanc d’habiter le désert du Sahara !
- En réalité (n’en déplaise à notre sympathique correspondant canadien), nous sommes bel et bien là en présence de ce trop fameux béluga considéré, depuis un quart de siècle, comme le fléau de nos pêcheurs de sardines, et dont voici la description technique :
- « Bélouga ou béluga, genre de cétacés carnivores den-ticètes, famille des delphinidés, renfermant un grand dauphin des mers polaires, n’ayant pas de nageoire dorsale, et dont les nageoires pectorales sont courtes.
- « Le béluga (Delphinapterus leucas) est blanc. Sa longueur peut atteindre six mètres; son museau est tron-
- Fig 2. — Le remorquage à terre.
- p.544 - vue 556/598
-
-
-
- Fig. 3. — Un troupeau échoué.
- qué presque carrément. Il vit par troupes et descend rarement vers le sud. Il se nourrit surtout de seiches. Les Européens ne le chassent guère. Les Esquimaux se nourrissent de sa chair et de son lard... »
- ||Si l’on relit attentivement cette description, on conclura qu’elle répond exactement aux cétacés de nos photographies : coloration blanche; absence de nageoire dorsale; nageoires pectorales médiocrement développées; museau court; grande taille.
- Il n’est pas inutile de faire remarquer ici que les erreurs de terminologie sont fréquentes dans les pays colonisés par des Européens. S’ils y rencontrent des animaux qui leur rappellent ceux de leur terre natale, ils s’empressent, le plus souvent, de leur donner le nom qui matérialise ce souvenir.
- Un exemple entre tant d’autres : les Américains appellent elk (élan) le grand cerf wapiti et ont baptisé (bouc des Montagnes Rocheuses (Rocky Mountain goal) une
- Fig. 4. — La conduite au moulin.
-
- p.545 - vue 557/598
-
-
-
- 546
- Fig. 5. — L’embarquement des fûts d'huile. Photographies des a Canadians National Railway? ».
- antilope proche parente de notre chamois. Les Canadiens-Français, qui descendent pour la plupart de Normands, de Bretons et de Saintongeois, sont excusables d’avoir pris les bélugas pour de gros marsouins.
- Il est vrai que nos pêcheurs ont baptisé béluga un animal qui n’a rien de commun avec le Cétacé du Saint-Laurent et des mers boréales, et dont on ne sait encore très exactement qui il est.
- Les Canadiens-Anglais emploient le mot de whitefish (poisson blanc), ce qui est l’équivalent de béluga, dérivé du russe biêluga, dont la racine (biélyi) veut dire blanc. Ce cétacé est connu dans le Canada oriental depuis les débuts de la colonisation. Il abonde dans les parages de Terre-Neuve, sur la côte du Labrador et dans la baie d’Hudson, ainsi que dans l’Archipel Arctique. On le trouve aussi sur le littoral de l’Alaska, à l’embouchure du Yukon.
- En ce qui concerne l’Europe, les bélugas sont connus depuis un temps immémorial des pêcheurs Scandinaves et russes qui les rencontrent à l’embouchure de tous les fleuves de l’Océan Arctique, de la Mer Blanche à la Mer d’Okhotsk. Accidentellement, on en a signalé au large des côtes de la Norvège, notamment dans le Yaranger Fjord et, pendant les hivers les plus froids, jusqu’à Christiania^ et dans la Baltique.
- Bien entendu, ce béluga, le vrai, n’a rien à voir avec l’animal dont se plaignent les pêcheurs sardiniers français, puisqu’il ne descend jamais jusqu’à nos latitudes.
- *
- •f *
- Au lieu d’être des ennemis irréductibles, les vrais bélugas jouent plutôt un rôle providentiel dans les eaux canadiennes. J’ai déjà dit que leur chair est très recherchée des Esquimaux, qui les capturent au harpon, en les poursuivant dans leurs kayaks,légères pirogues de cuir.
- Les pêcheurs de l’Acadie n’en exploitent les carcasses que pour en tirer des matières grasses.
- D’après les notes que nous avons reçues avec les photographies que nous reproduisons, voici comment procèdent les Acadiens :
- La partie extérieure du golfe de Saint-Laurent, déversoir du grand fleuve du même nom, voit se produire les plus hautes marées du monde, avec des différences de niveau qui peuvent atteindre dix-huit mètres dans certaines anses étroites.
- Un autre fait à considérer pour l’exposé de notre sujet, c’est que, dès la débâcle des glaces dans le détroit de Davis, ce vaste couloir qui relie l’Océan Glacial Arctique à l’Océan Atlantique, d’énormes bandes de bélugas descendent des mers polaires jusque dans les parages de Terre-Neuve, où les attendent de formidables curees de poissons.
- Aussitôt qu’un troupeau de ces cétacés a été signalé à faible distance de la côte, les pêcheurs manœuvrent pour lui couper la retraite du côté du large et le pousser dans une anse propice à leurs projets. Les bélugas sont contraints de remonter fréquemment à la surface pour aspirer de l’air frais; il est donc relativement facile de les rabattre dans une direction donnée, comme on le ferait à terre d’une bande de cerfs ou de chevreuils.
- Si l’entreprise réussit, les bélugas, fuyant devant les bateaux qui tracent derrière eux un cordon de plus en plus étroit, s’engagent dans l’anse qui n’a pour eux nulle apparence suspecte, car la poursuite a été réglée d’après l’état de la marée montante, et ils pénètrent dans le traquenard au moment où les eaux sont hautes.
- La tactique consiste, maintenant à les empêcher de sortir du piège. Quelques-uns (il faut supposer que ce sont les plus intelligents ou les plus courageux!) bravent le voisinage des bateaux et le vacarme qu’y font les marins, et s’évadent vers le large. Mais le gros de la troupe recule le plus loin possible des esquifs, et c’est dire qu’il se rapproche de la grève. Très rapidement, la mer commence à se retirer, et les malheureux cétacés se trouvent finalement à sec.
- Il ne reste plus à jouer que le dernier acte de cette tragédie marine. Armés d’une sorte de lance au fer plat et au double tranchant, des hommes frappent à quelque partie vitale, généralement sur le dessus de la tête où ils transpercent la cervelle. Et c’est la mort foudroyante; les âmes sensibles auront cette consolation que 1 agonie des victimes est courte.
- Les carcasses sont ensuite attachées les unes aux autres en chapelet.
- Puis, dès le retour de la marée, un petit vapeur les prend en remorque et les conduit au moulin proche (au Canada, toutes les usines sont traitées de moulins ou de mills), où la cuisson transforme en huile leur épaisse couenne.
- Cette huile est réputée pour sa finesse; elle passe pour être supérieure à celle que l’on tire de la baleine; et la récolte annuelle est achetée à l’avance parade grosses fabriques de savon qui envoient de petits navires en prendre livraison aux moulins.
- Victor Forbin.
- p.546 - vue 558/598
-
-
-
- LA FERME MODERNE
- C’est devenu un lieu commun de répéter que l’agriculture manque de bras et que la main-d’œuvre devient de plus en plus introuvable.
- C’est cependant — hélas ! — une réalité : je laisserai à d’autres le soin d’étudier les causes de ce phénomène et de leur trouver des remèdes.
- Nous nous trouvons en présence d’un fait brutal susceptible de gêner considérablement les agriculteurs jusqu’à les obliger — dans certains cas — à abandonner leur exploitation : il importe de trouver rapidement des solutions — au besoin temporaires.
- Or la solution qui s’impose consiste à faire ce que l’industrie fait depuis déjà longtemps : à remplacer, chaque fois que la chose est possible, l’homme par une machine.
- Ceci est d’ailleurs en accord avec l’une des principales formules de Taylor : « Ne faites jamais faire par un homme ce qu’une machine peut faire aussi bien et à aussi bon compte ».
- Cette substitution n’est, en somme, pas une nouveauté puisque depuis des siècles les agriculteurs utilisent des instruments de plus en plus compliqués pour s’aider dans leur travail, soit en économisant leur peine, soit en exécutant ce travail plus vite.
- J’ai parlé ici même — il y a quelque temps (La Nature du 15 octobre 1929) de machines ultra-modernes, les moissonneuses batteuses qui sont le résultat de l’effort des constructeurs vers une transformation de procédés modernes de culture.
- Mais il ne suffit pas de munir la ferme de machines pour les travaux extérieurs : il faut aussi l’outiller puis-
- samment pour tous les traitements qui doivent se faire dans ses bâtiments et surtout simplifier au maximum les diverses manipulations.
- L’agriculteur doit maintenant considérer sa ferme comme une véritable usine — d’une catégorie particu lière — ayant des difficultés propres et très spéciales et il doit s’inspirer de plus en plus de ce qui se fait dans l’industrie.
- Il est certain qu’on ne peut songer à raser tous les bâtiments d’une exploitation pour en reconstruire d’autres sous prétexte de modernisation. Mais on peut s’efforcer de rectifier certains coins peu pratiques, soit en bâtissant, démolissant partiellement; ou encore, d’une façon , plus simple, en modifiant l’affectation de locaux.
- Il est pourtant des cas où, une reconstruction totale s’imposant, il est possible d’établir un plan rationnel.
- J’en ai eu un exemple récemment en visitant la ferme dite « des Anglais », aux portes de Reims, qui fut détruite pendant la guerre et qui est actuellement un modèle d’organisation.
- Il est certain qu’un plan d’organisation d’une ferme dépend essentiellement du but que poursuit l’exploitant : il ne sera pas le même pour une ferme herbagère que pour une ferme à blé ou à betteraves. Il différera également si une industrie agricole est annexée à l’exploitation proprement dite; enfin la configuration du terrain et des champs influera grandement sur lui. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a toujours avantage à s’adresser à un spécialiste de la question — et ils sont très rares.
- Fig. 1. — La cour principale de la Ferme des Anglais, près de Reims«
- p.547 - vue 559/598
-
-
-
- 548
- Fig. 2. — La fosse à fumier avec son bras mobile et la benne portée par un monorail. A gauche, le hangar à fourrages avec un grappin déchargeur.
- Le propriétaire de la ferme des Anglais, M. Charles Lafite, s’est donné pour but la production des semences sélectionnées ainsi que la fabrication de divers produits mélassés.
- Ceci est le but actuel; le but primitif était la production Fig. 3.
- du lait en nature, ce qui explique que la construction des bâtiments affectés à cette exploitation avait été faite en vue de simplifier tout ce qui concerne la préparation du lait, la sortie du fumier et la manutention des aliments.
- Etant donné le changement d’orientation dans la production, on s’est trouvé en présence de quelques difficultés d’adaptation des bâtiments, difficultés qui ont d’ailleurs été surmontées.
- Les bâtiments ayant maintenant le plus d’importance sont par conséquent le hangar à céréales et celui de magasinage des grains ainsi que la petite usine à mélasse.
- Le hangar à céréales n’a rien de très spécial : cependant la matière y est engrangée de façon à permettre le battage par tranches et la mise en tas de la paille traitée de l’autre côté de la machine. Cette batteuse est actionnée par un moteur électrique et peut se déplacer lorsqu’une travée est terminée. Tout le long du hangar et à la hauteur des emplacements de batteuse court en sous-sol une gou-lotte munie d’une vis sans fin pour l’évacuation des grains qui sont amenés dans des silos : ce dispositif évite la mise en sacs, ce qui fait gagner du temps, tout en supprimant au moins 2 hommes.
- L’évacuation des balles et menues pailles se fait par ventilateur; elles sont aussi rassemblées dans un silo pour servir à l’alimentation du bétail.
- Dans l’étable, monorail avec benne pour le transport du fumier.
- Les grains mis en silos sont ensuite repris pour être nettoyés et triés : les vues ci-jointes de l’installation montrent combien elle a été étudiée puisque tout peut se faire automatiquement; une seule personne étant suffisante pour contrôler la marche des différents appareils et assurer le réglage.
- D’un autre côté l’usine à produits mélassés, quoique très simple, est également établie en partant des mêmes principes. Tous les transports s’y font par gravité sauf naturellement l’élévation au point le plus élevé du bâtiment.
- Je n’ai parlé que des deux parties les plus importantes de la ferme des Anglais et il serait beaucoup trop long d’en faire une monographie complète, qui d’ailleurs n’intéresserait qu’une faible partie de nos lecteurs. Mais je dois signaler cependant le hangar à fourrages étroit et haut pour permettre le déchargement et le chargement facile par une seule personne au moyen du grappin commandé au moteur.
- D’un autre côté, l’étable, entièrement en ciment armé, avec ses cornadis demi-circulaires en ciment, ses auges basses permettant le passage d’un wagonnet à bords recourbés qui bascule dans les auges pour la répartition des rations et ceci sans risque de perte, représente un véritable modèle à copier chaque fois que la chose est possible.
- Enfin la ferme possède tout un réseau de monorails aériens permettant l’évacuation facile et rapide des fumiers. Les bennes sont chargées dans les étables et écu-
- p.548 - vue 560/598
-
-
-
- 549
- ries, puis, à l’extérieur, continuent leur chemin sur un bras mobile horizontalement, ce qui permet de décharger le contenu en un point quelconque de la fosse à fumier.
- L’arrosage de ce fumier se fait au moyen d’une goulotte fixée au bras mobile et alimentée par une pompe; on peut ainsi avoir un arrosage régulier et facile de toute la surface.
- Tous ces exemples n’ont d’autre but que de montrer ce qu’il est possible de faire pour améliorer les conditions
- de travail dans la ferme, mais ce ne sont que des exemples. Il est toujours possible, avec de l’ingéniosité, de moderniser même de très vieux bâtiments et de leur adapter des mécanismes de manutention modernes et perfectionnés.
- Ces dispositifs sont extrêmement nombreux et la plupart sont de pose facile et économique, surtout en regard des économies de temps et de personnel qu’ils permettent de réaliser. J. Sers.
- PROTECTION DES LIGNES AÉRIENNES
- CONTRE LES EFFETS DE L’ORAGE
- Le rapide de Dieppe vient de quitter Pontoise, il file en grondant dans la plaine. Le long de la voie ferrée court une ligne électrique aérienne; majestueuse et calme, elle se déroule, toujours semblable à elle-même. Voici sa sœur qui d’un bond hardi franchit le rail pour disparaître à travers champs. En voici une autre, une autre encore, elles se croisent, s’enchevêtrent pour se dénouer ensuite, se quittent pour à nouveau se rejoindre : réseau serré qui, des berges de la Seine, amène la lumière et la force. Grâce à lui cette usine gronde du ronflement de ses moteurs et, bientôt, quand se lèvera l’étoile du soir, s’allumeront dans la campagne ces milles petites lueurs qui animent la nuit.
- Le ciel s’est couvert de nuages noirs; l’orage approche. Je songe à l’usine silencieuse, à la chaude lueur tremblante des lampes à pétrole. Un éclair a suffi pour étouffer la vie dans une vaste zone.
- Les effets en sont d’autant plus néfastes qu’ils sont imprévus et imprévisibles. Contre les coups de foudre directs sur les lignes aériennes le génie de l’homme est
- Fig. 1. — Ligne à haute tension triphasée (Isolaleurs à suspension , pour grandes portées).
- aujourd’hui encore impuissant. Il y a bien les paratonnerres dressant leurs pointes effilées au-dessus des supports que leur situation ou leur hauteur rendent particulièrement vulnérables; mais c’est là une protection illusoire. Un coup de foudre détruit la portion de ligne sur laquelle il s’abat; il reste à la réparer.
- C’est d’ailleurs l’exception; les phénomènes météorologiques manifestent en général leur violence avec plus de modestie; et une bonne exploitation permet d’en atténuer, d’en supprimer même les effets. L’exposé de ces diverses causes de troubles et des moyens de protection employés fait l’objet de cet article.
- I. - COMMENT AGISSENT LES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
- a) Charge par frottement de Vair environnant la ligne. — L’orage : l’air est lourd, chargé d’électricité : cliché très juste dans sa banalité. En se frottant contre eux, les particules de poussière et d’eau abandonnent aux conducteurs une partie de leur charge.
- Puis la brise se lève, pour se changer bientôt en un vent violent; le frottement contre la ligne ne peut que contribuer au développement d’une charge, importante dans les pays sablonneux. La surtension qui en résulte dépend de la longueur et de la surface de la ligne; elle est de nature stationnaire.
- b) Induction électrostatique. — L’orage, c’est aussi les nuages ; blancs cirrus fuyant devant les nimbus noirs.
- Un nuage possède toujours une charge électrique, positive par exemple; passant au voisinage d’une ligne aé-
- Fig. 2. — L'induction électrostatique d’un nuage chargé.
- + +
- p.549 - vue 561/598
-
-
-
- 550
- rienne, il induit sur la partie la plus proche une charge négative, tandis que l’autre extrémité se charge positivement.
- Cette charge positive de la ligne tend à s’équilibrer avec la charge négative de la terre: une différence de potentiel est née qui peut atteindre une valeur très grande. Nouvelle surtension, stationnaire elle aussi: tension continue qui se superpose à la tension d’exploitation.
- c) Charges dues au croisement de la ligne avec les surfaces de niveau. — Nuages et terre forment un ensemble électrique ; des lignes de force les joignent dont les trajectoires orthogonales ou surfaces de niveau ont tous leurs points aumêmepotentiel ; par temps très orageux les fortes variations des surfaces de niveau peuvent accumuler sur les lignes des charges considérables, créant des surtensions, elles aussi, de nature stationnaire.
- d) Effets d’induction par coups de foudre au voi= sinage de la ligne. — Enfin l’apothéose. La foudre éclate épargnant la ligne pour le malheur d’un arbre voisin; d’un nuage trop fortement chargé jusqu’à la terre l’éclair s’est brisé, déchiré en tous sens en de multiples décharges. L’état électrique de la ligne s’est profondément modifié; des oscillations apparaissent entraînant des surtensions oscillatoires.
- En somme, ces diverses perturbations, dues à des causes différentes, sont de même nature; dans chaque cas, surtension, c’est-à-dire élévation de tension entre deux conducteurs de phases différentes ou entre un conducteur et la terre. Danger pour la ligne, danger pour
- Fig. 3. — Amorçage d’un arc dans une chaîne d’isolaleurs à capot.
- les transformateurs qu’elle alimente, car l’équilibre électrique détruit tend à se rétablir, claquage d’un isolateur, d’un isolant quelconque, court-circuit.
- II. - LA PROTECTION CONTRE
- LES SURTENSIONS DUES
- AUX PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
- Fig. 4. — Amorçage d'un arc dans un isolateur Delta.
- La protection doit pour être efficace satisfaire à ces deux conditions : 1° renforcer l’isolement de la ligne aux points faibles dont il faut éviter la détérioration, les isolateurs par exemple.
- 2° créer, en des points bien déterminés de la ligne, un faible isolement qui permettra l’écoulement des charges supplémentaires et leur transformation en chaleur.
- 1. L’écoulement des charges statiques, causes des surtensions stationnaires, est réalisé entre conducteurs et terre à l’aide des limiteurs à jet d’eau, des résistances et des bobines d’écoulement. Dans le limiteur à jet d’eau, la liaison est assurée par une colonne d’eau, l’eau arrivant en a suit le trajet marqué par la flèche pour s’échapper en c. Le conducteur haute tension plonge dans le liquide en b (fig. 5).
- Ce limiteur, d’un entretien coûteux, a à peu près disparu de nos jours. Les résistances d’écoulement, formées d’un fil fin enroulé sur une porcelaine, sont d’un entretien facile, mais ont le grave inconvénient de consommer un courant alternatif de ligne relativement élevé.
- Les bobines d’écoulement, au contraire, fil bobiné sur un noyau de fer placé dans une cuve à huile, si elles opposent une grande résistance au courant alternatif de ligne par suite de leur forte inductance, laissent passer facilement le courant continu dû aux charges statiques par suite de leur faible résistance. C’est pourquoi elles sont en général préférées aux résistances.
- Par exemple, une résistance de 50 000 ohms interposée comme mise à la terre sur un réseau 15 000 volts entraîne
- Fig. 5. — Limiteur de tension à jet d’eau.
- Fig. 6. — Poste d’écoulement par bobines.
- terre
- p.550 - vue 562/598
-
-
-
- ^wnrr-
- 551
- Ligne
- Fig. 7. — Bobine de self de protection.
- une perte de puissance de 4500 w; une bobine d’écoulement d’une résistance de 4200 ohms ne consomme qu’environ 50 w.
- La réactance de la bobine peut être prise assez grande pour que, à la fréquence du réseau, le courant de ligne de mise à la terre soit négligeable; il reste seulement les pertes magnétiques dans le noyau de fer. Sur une ligne triphasée, trois bobines forment un poste d’écoulement; elles sont connectées en étoile et le point neutre est réuni à la terre (fig. 6).
- 2. Les bobines d’écoulement ne protègent pas contre les surtensions oscillatoires qui prennent parfois naissance par suite de coup de foudre au voisinage de la ligne : leur résistance croît fortement avec la fréquence. Les ondes mobiles sont pourtant les plus dangereuses par suite des réflexions qu’elles subissent à chaque changement de direction de la ligne, ou sur les isolateurs; il peut en résulter une amplification énorme de ces ondes. Les bobines de self et les parafoudres à éclateurs assurent la protection contre ce genre de surtensions.
- La bobine de self, ruban de cuivre enroulé en spirale avec interposition d’un isolant, intercalée sur la ligne avant l’enroulement à protéger — transformateurs, machines -— réfléchit l’onde incidente dont elle brise la forme d’onde. Mais comme elle ne peut transformer en chaleur son* énergie, il est indispensable de n’utiliser la bobine de self qu’avec un autre dispositif de protection jouissant de cette propriété.
- Le parafoudre à éclateurs réalise à lui seul la double condition de constituer un point faible de la ligne et de transformer en chaleur l’énergie des surtensions. Le plus employé est le parafoudre à cornes; lors d’une surtension l’arc éclate dans la partie basse des cornes, dont la distance ou intervalle d’éclatement est soigneusement réglée d’après la tension d’exploitation. Après la décharge, l’arc entretenu par la seule tension du réseau s’éteint en s’élevant le long des cornes (fig. 8).
- De nos jours, la protection par câbles de mise à la
- Fig. 9. — Protection par câble de mise à la terre.
- Câble de terre
- -Fil de mise à ta terre
- Résistance
- mmm
- Fig. 8.
- Parafoudre à cornes.
- Fig. 10. — Pylône d’alignement pour 2 lignes triphasées 100 000 volts avec 2 câbles de terre.
- terre, qui a connu des fortunes diverses, tend à s’imposer; elle complète heureusement les mesures préventives précédemment exposées.
- Un ou plusieurs câbles d’acier, tendus de poteau en poteau, tels de nouveaux conducteurs, au-dessus de la ligne, forment avec la terre une sorte de cage de Faraday, à l’intérieur de laquelle les conducteurs sont à l’abri des perturbations voisines. Ce ou ces câbles sont mis à la terre en même temps que les ferrures et supports d’isolateurs. Leur emploi donne entière satisfaction aujourd’hui; il semble vouloir se généraliser pour les installations au-dessus de 30 000 v.
- La protection des lignes aériennes contre les troubles dus aux phénomènes météorologiques, en particulier contre les surtensions, est donc un problème délicat. La solution en est dans l’emploi simultané des divers moyens indiqués, suivant les conditions locales, en des points judicieusement choisis. C’est là un des gros problèmes que doit résoudre l’ingénieur.
- Il est un moyen pourtant d’éviter toutes ces sévères complications. Il existe, surtout en Amérique, des lignes qui se moquent des résistances, selfs et autres câbles de terre; elles bravent sans défense toutes les intempéries, mais, par temps d’orage, de petites lueurs forment une couronne bleue autour des fils. Ce sont les lignes à très haute tension dont les 200 000 v., se suffisant à eux-mêmes,éliminent par effluves à travers l’air toutes les charges accidentelles; elles n’ont besoin d’aucune protection.
- Roger Vialatel.
- p.551 - vue 563/598
-
-
-
- L’HÉLICOPTÈRE OEHMICHEN
- AVEC HÉLICE AUTORÉGULATRICE
- Le problème de l’hélicoptère ne semble pas jusqu’à présent avoir reçu de solutions complètes. L’appareil idéal doit être sustenté dans l’air, sans vitesse. Il doit aussi pouvoir se propulser horizontalement, rester stable en l’air et revenir au sol sans danger en cas d’arrêt du système sustentateur.
- Ce sont des conditions à remplir beaucoup plus difficiles que dans le cas de l’avion, et c’est pourquoi celui-ci a une avance sérieuse. Il ne comporte que des plans fixes et une hélice à axe horizontal. C’est donc un appareil relativement simple à établir. De plus, l’avion s’envole dès que la traction sur l’arbre de l’hélice est égale au l/6e environ du poids total de l’appareil. Avec l’hélicop-
- Centne de poussée N irèel
- Courant d'air transversal
- Hélice horizontale
- I Paie plus active
- Pèle rhpins active\
- Fig. 1. — Déplacement du centre de poussée sur une hélice horizontale.
- tère, pour avoir l’envol vertical, il faut que la traction des organes sustentateurs soit supérieure au poids de l’appareil.
- Le poids du moteur a donc été longtemps un obstacle insurmontable; mais aujourd’hui le poids au cheval des moteurs d’avion ayant beaucoup diminué, on peut espérer plus facilement approcher de la solution.
- On sait qu’en principe la sustentation est réalisée par une ou plusieurs paires d’hélices à axes verticaux, hélices qui tournent deux par deux en sens contraire, pour éviter que la réaction ne fasse tourner l’hélicoptère en sens inverse de celui d’une hélice unique.
- Il est inutile de rappeler aujourd’hui les différents appareils d’essais qui ont été réalisés. Ils ont d’ailleurs été décrits successivement dans cette revue lors de leur présentation : le gyroplane Bréguet, par exemple, et l’hélicoptère des frères Duffaut, l’appareil de Douheret et l’appareil Pescara; enfin, successivement les modèles qu’a imaginés et réalisés Oehmichen.
- LES PREMIERS HÉLICOPTÈRES OEHMICHEN
- Les premières recherches de cet ingénieur, dans le laboratoire de Yalentigney, furent des études sur le vol des oiseaux, puis sur des ailes tournantes à grand rendement. Un premier appareil pesant une centaine de kg s’élève avec moteur de 25 ch. Cet appareil comporte un ballonnet de 71 kg de force ascensionnelle, alors que l’appareil monté pèse 336 kgs. L’envol vertical est donc en partie réalisé, mais il y a encore à préciser la stabilité, la translation, la sécurité en cas d’arrêt du moteur.
- Après quelques mois de recherches, un appareil n° 2 accomplit en 1923 une trentaine de vols, réussissant à stationner au point fixe pendant quelques minutes à une hauteur de 3 m, effectuant aussi des parcours horizontaux, limités d’ailleurs par l’exiguïté du terrain.
- Cet appareil est composé d’un châssis tubulaire en duralumin formant une croix à deux branches inégales. L’axe longitudinal le plus long représente la carène de l’appareil et définit le sens de translation. Aux quatre sommets de la croix, sont disposées des hélices de sustentation et l’hélice tractive. Dans la cage centrale sont placés le moteur et les organes stabilisateurs. Le moteur à 9 cylindres, d’une puissance de 120 ch, est modifié pour fonctionner avec son axe vertical.
- Le train d’atterrissage comporte quatre ballons de foot-ball dans des coupelles de duralumin placées sur les quatre pieds de la cage centrale. Puis trois slds articulés aboutissent à des sabots montés à la cardan et suspendus élastiquement. Enfin, un groupe de deux ballons jumelés est placé à l’avant et disposé sur un sabot fixe.
- Pour la sustentation, on emploie quatre hélices à récupération groupées par paires et dont les diamètres respectifs sont de 7 m, 60 pour la paire latérale, et 6 m, 40 pour la paire longitudinale; ces quatre hélices tournant à la même vitesse, sont montées sur des cônes-moyeux en tourelle sur pied, établis de façon que l’ensemble de l’hélice puisse résister au transport de la totalité de la charge sur une seule des deux pales.
- Pour transmettre le mouvement aux hélices, on emploie des arbres tubulaires placés deux à deux sur les étages différents d’une cage centrale où se trouvent fixés les couples d’ancrage.
- La stabilisation est assurée par un gyroscope calé sur l’arbre du moteur et la vitesse périphérique maximum de cet organe atteint 130 m par seconde. Son action assure la stabilisation en air calme et ralentit les oscillations en atmosphère agitée. On obtient la stabilité de manœuvre au moyen d’un groupe de quatre hélices à pas variable placées aux extrémités du châssis.
- Les commandes aboutissent au poste central de pilotage sur le manche à balai. Le pilote peut ainsi augmenter à son gré l’angle d’attaque des pales de l’hélice dans un sens ou dans l’autre et additionner ou soustraire leurs efforts avec ceux des hélices principales de traction.
- p.552 - vue 564/598
-
-
-
- 553
- Ce système permet de faire naître des couples de redressement afin de parer à une cause de déséquilibre persistant. Il donne aussi la possibilité d’incliner T appareil systématiquement afin d’assurer certains déplacements.
- L’hélice tractive est placée à l’avant de l’appareil avec un système de pales d’incidence variable commandées par une pédale au pied. A l’incidence zéro les pales sont sans action. Obliquées positivement, elles font que l’hélice remorque l’appareil et, obliquées négativement, l’hélice, au contraire, agit en marche arrière et freine l’appareil en marche avant.
- La direction est obtenue par des panneaux situés en arrière de l’hélice tractive et commandés par une poignée fixée sur le manche à balai. Des panneaux horizontaux, agissant comme déviateurs de chasse de l’hélice de tête, orientent l’appareil au point fixe. Le pilote n’a donc qu’à déplacer la main, en tournant plus ou moins la poignée sur le manche à balai, pour changer la direction.
- Le gyroscope et le moteur déterminant un couple d’antirotation, on a prévu pour le combattre une hélice à axe horizontal à grand bras de levier, commandée par une transmission prise sur l’arbre de l’hélice de tête.
- Cet appareil n° 2 exécuta en 1923 un vol de 5 minutes, le premier vol fait correctement par un hélicoptère monté. En mai 1924, il boucla le premier et unique circuit de 1 km avec 200 kg de charge utile en plus du pilote, qui n’était autre que l’inventeur lui-même. Ce dernier exécuta depuis plus de 900 vols.
- En ces dernières années, il a continué des expériences sur lesquelles un silence voulu a régné, mais j’ai eu la bonne fortune d’avoir tout récemment des renseignements inédits et je suis particulièrement heureux d’en donner connaissance aux lecteurs de La Nature.
- Tous les essais faits par Oehmichen, aussi bien à la soufflerie sur des modèles réduits que sur des appareils en gi’andeur, montrèrent que l’hélicoptère était très instable.
- LES CAUSES DE L’INSTABILITÉ DES HÉLICOPTÈRES
- Cette instabilité était due à des causes particulières qu’il fallait trouver.
- Au moyen d’une balance spéciale, Oehmichen détermina les composantes de la résultante générale et du moment résultant, par rapport à un point fixe, des efforts que subit une hélice quand elle est soumise à un courant d’air non parallèle à son axe. Je ne puis relater le détail de ces expériences et indiquer les théories mathématiques mises en jeu, je ne ferai connaître que les résultats :
- Considérons une hélice en rotation dans un courant d’air, dont la direction est perpendiculaire à Taxe O de rotation de l’hélice. On constate que la poussée que développe l’hélice dans cet air mouvant ne coïncide pas avec son axe de rotation. Elle se déplace sur le côté d’une part, et vers l’avant, d’autre part, pour occuper une position M qui dépend de la forme de l’hélice, de sa vitesse et naturellement de l’intensité du courant d’air transversal (fîg. 2).
- \ 900 M
- Fig. 2. — L’hélice étant un gyroscope, le déplacement du centre de poussée en M force l'axe de l’hélice PP M' à s’incliner dans le plan PP', perpendiculaire à O M.
- L’explication du phénomène est fournie par un raisonnement simple (fig. 2) :
- L’hélice étant perpendiculaire au courant d’air, une des pales A avance contre le vent tandis que l’autre B le descend. La première est donc soumise à une réaction plus forte que l’autre. En effet, sa vitesse efficace est égale à sa vitesse propre augmentée de la vitesse du vent. Pour la deuxième pale, au contraire, on doit, pour avoir la vitesse efficace, retrancher de la vitesse propre la vitesse du vent, de sorte que, si cette dernière est égale à la vitesse propre de la pale, le déplacement relatif par rapport à l’air est nul et la pale est complètement inactive, elle ne produit aucun effort de sustentation.
- Il y a donc un déséquilibre et la résultante de la poussée de l’air est reportée du côté de la pale la plus chargée.
- En outre, la pale qui avance contre le vent reste plus ou moins soumise à l’influence de la pale qui Ta précédée et qui traîne derrière elle une onde de suite, créant un courant d’air marchant dans le même sens que la pale. C’est un phénomène du même ordre que celui qui produit le nuage de poussière soulevé et entraîné à la suite d’une voiture automobile qui marche à bonne allure.
- En plus du courant d’air transversal, la pale la plus active rencontre donc encore une sorte de tourbillon, qui court à la poursuite de la pale précédente et qui
- Fig. 3. — Cas de deux hélices horizontales tournant en sens inverse.
- Centre de pression résultant
- p.553 - vue 565/598
-
-
-
- 554
- Fig. 4. — Régulateur réglant l’incidence des pales.
- On accroît, celle de la pale « marchante » et on diminue celle de la pale « descendante », automatiquement. Ce réglage a lieu en solidarisant l’inclinaison du régulateur R sur la verticale XX' et l’inclinaison des deux pales A et B, formant bloc et pouvant tourner ensemble^ autour de yg'.
- diminue l’efficacité de l’hélice. Ajoutons à cela un courant descendant parallèle à l’axe de l’hélice, produit par le refoulement de la pale précédente.
- Le courant d’air transversal balaie en quelque sorte ces colonnes parasites de l’avant vers barrière, dégageant jusqu’à un certain point les régions placées en avant de l’hélice et, au contraire, produisant des tourbillons agissant sur la partie postérieure.
- La partie antérieure porte donc mieux, car elle travaille dans un air moins souillé et le centre de pression est reporté en avant. Des expériences nombreuses ont montré quelles étai nt les lois de ces deux déplacements.
- On pourrait croire que, par suite de ces actions, une
- hélice montée à la cardan sur son axe serait soumise à une traction suivant la direction O M. L’hélice devrait donc, semble-t-il, tourner dans un plan, non plus perpendiculaire à l’axe de rotation, mais oblique par rapport à lui, ayant une ligne de plus grande pente suivant O M.
- Or l’expérience montre que l’hélice se comporte d’une façon toute différente de celle qu’on pouvait logiquement prévoir. Son plan s’incline bien, mais non pas suivant la direction O M, il s’incline, au contraire, dans une direction O P qui lui est perpendiculaire.
- Cette anomalie vient tout simplement du fait que l’hélice fonctionne comme un véritable gyroscope. Elle réagit donc à 90° de la force de déséquilibre qui s’exerce sur elle. Elle n’obéit donc pas dans la direction de l’impulsion, cause du trouble, mais à 90° plus loin, plus en avant dans le sens du mouvement.
- Que se produit-il alors, si l’hélice appartient à un hélicoptère ?
- Lorsque l’appareil n’a qu’une seule hélice, s’il subit
- -Contre poids
- -Sandows
- Fig. 5. — Hélice régulatrice à contrepoids.
- un déséquilibre en raison d’une variation dans l’homogénéité de l’air, il tend à se renverser, non pas dans la direction O M suivant laquelle le déséquilibre est maximum, mais suivant O P à 90° de cette direction, absolument comme si les perturbations agissaient suivant cette direction nouvelle.
- Le pilote, instinctivement, corrige l’incidence de ses pales, afin de la rendre minimum, suivant la direction du déséquilibre, alors qu’au contraire cette correction doit être faite dans une direction perpendiculaire.
- Prenons maintenant un appareil à deux hélices tournant en sens contraire S et S1 (fig. 3). Les effets gyroscopiques se contre-balancent et ne peuvent plus se faire sentir sur l’appareil, si les deux hélices tournent dans des sens opposés. Des déplacements latéraux se produisent pour chacune, ainsi que les déplacements vers l’avant (fig. 3).
- Les déplacements latéraux ont des effets qui s’annulent; au contraire, les déplacements vers l’avant produisent une résultante amenant le centre de pression de O en O', de sorte que l’appareil tend*à se cabrer suivant une di-
- Fig. 6. — Hélicoptère Oehmichen.
- Appareil de vol, moteur Salmson 40 ch, monohélice automatique; 2 hélices à pas variable d’antirotation et de translation.
- p.554 - vue 566/598
-
-
-
- 555
- Fig. 7. — Modèle d’hélicoptère Oehmichen à hélice autoré-gulalrice.
- 1 hélice monosustentatrice. 1 hélice propulsive désaxée (combattant l’antirotation), 1 hélice propulsive centrée. Moteur à acide carbonique (admission 18 kg, 6 cylindres, 0,75 ch.)
- rection XX' déterminée. Le pilote est amené à corriger ses deux hélices dans cette même direction, tandis qu’il doit les corriger, celle de droite, dans une direction O M, celle de gauche, dans une direction O M'. Ces deux directions font avec le sens XX' un angle d’environ 65°.
- Il est indispensable que les commandes de l’hélicoptère soient telles que la correction ne s’effectue pas suivant la direction XX' où la manœuvre du manche à balai est instinctive. Les commandes doivent agir à 90° de cette direction, si l’appareil n’a qu’une hélice, et à 65° à droite et à gauche, s’il a deux hélices.
- Ceci a été vérifié au moyen d’appareils présentant un
- décalage dans les commandes et Oehmichen a pu constater l’exactitude absolue de cette conception. L’idéal est évidemment de rendre les corrections automatiques. On y parvient avec un régulateur calé à 90° de l’hélice à deux pales. Le régulateur est soumis à la même réaction que l’hélice elle-même; il travaille alors dans un plan dont la ligne de plus grande pente est parallèle à la ligne du courant d’air. Il fait subir le maximum de correction à l’incidence de l’hélice, lorsque lui-même se trouve soulevé au maximum. Ainsi on corrige intégralement et auto« matiquement les déséquilibres de l’hélice.
- Un autre moyen consiste à suspendre l’hélice à la cardan et à la munir de deux contrepoids non portants. Ils sont calés à 90° de Lhélice principale. Celle-ci a des réac-
- Fig. 8 (à gauche).
- Le modèle de la fig. 7 vu par en dessous.
- Fig. 9 (à droite).
- Hélicoptère avec moteur 4 ch. à essence, à réglage automatique en vol libre.
- p.555 - vue 567/598
-
-
-
- = 556 =: :.:v "=
- tions gyrosc.opiques ainsi que la ligne des contrepoids et ces réactions agissent de façon que toute tendance au soulèvement de l’hélice amène, de la part des contrepoids, une réaction qui commande l’incidence de l’hélice à 90° de son soulèvement maximum (fig. 4 et 5).
- LES DERNIERS HÉLICOPTÈRES OEHMICHEN
- C’est la solution la plus simple qui, à tout instant, ajuste l’incidence des pales, corrige les déséquilibres avec l’intensité voulue et dans les directions appropriées.
- L’inventeur a réalisé des modèles de ce genre actionnés par des moteurs de petite puissance à 3 et 6 cylindres de 1/4 et 3/4 de ch, alimentés par de l’acide carbonique. Ces moteurs ayant un diamètre d’environ 1 m 50 se sont élevés à des hauteurs comprises entre 50 et 100 mètres, la descente se faisant moteur arrêté et l’équilibre restant parfait, quel que fût l’état de l’atmosphère.
- Le modèle à une seule hélice sustentatrice comporte une hélice ' propulsive désaxée de façon à combattre l’antirotation et une hélice propulsive centrée. Plusieurs de ces modèles ont d’ailleurs été acquis par l’Etat. D’autres ont été construits sur le principe de l’hélice automatique et ils ont donné des efforts réguliers à des vitesses convenables, suffisantes en pratique.
- Enfin, l’année dernière, un appareil a été construit, muni d’une hélice automatique en duralumin de 9,05 m, à contrepoids et actionnée par un moteur de 40 ch. Cet appareil put s’élever avec le pilote; sa stabilité automatique a été satisfaisante et la maniabilité fut parfaite.
- Cependant, de l’aveu même de l’inventeur, le point capital du problème de l’hélicoptère, la descente moteur arrêté, n’est pas encore complètement résolu. L’appareil n° 3, vérifiant les qualités automatiques stabilisatrices,
- n’avait aucun dispositif pour assurer une descente freinée et il fallut donc ne pratiquer que des vols à faible hauteur.
- Les hélices freinent mal la descente, dont la vitesse verticale de régime est encore trop élevée, sous peine d’avoir des diamètres impraticables. S’il faut renverser l’incidence de l’hélice, il intervient une complication mécanique, qui peut cependant être résolue, mais elle diminue évidemment la sécurité de l’appareil, tout en exigeant des dispositifs lourds.
- Malgré tout, le résultat qu’on obtiendra demeurera toujours médiocre, à moins d’avoir recours à des artifices de manœuvre exigeant un pilote habile, ne pouvant être exécutés qu’avec une visibilité suffisante à l’atterrissage. En tout cas, si la manœuvre est manquée, il n’est plus possible de la renouveler. Or l’intérêt réel de l’hélicoptère n’existe que s’il y a sécurité dans le voî et il faut rejeter la nécessité d’avoir un pilote très exercé.
- Ainsi, l’opinion de l’inventeur n’a pas changé depuis 1923. A cette époque, il était persuadé que, pour réaliser la solution de l’hélicoptère avec les moyens techniques dont on dispose, il fallait combiner des systèmes mixtes, des cellules simples ou en tandem, avec des hélices porteuses, en prenant, bien entendu, les précautions voulues pour éviter les interactions nuisibles.
- L’hélicoptère pur ne pourra donner des résultats pratiques que dans un avenir plus lointain, car sa réalisation exige des progrès préalables de l’aérodynamique, en vue de nous renseigner, avec plus de précision, sur les qualités sustentatrices des surfaces tournantes actives ou des mêmes surfaces en autorotation.
- E Weiss.
- TELEVISION ET TELECINEMATOGRAPHIE
- LE PROBLÈME DE LA TÉLÉVISION ET SES DIFFICULTÉS
- La télévision (on devrait plutôt dire la radiovision) consiste dans la vision à distance des objets par un observateur, au moyen de courants électriques transmis par fils ou par une onde de support.
- Cependant, dans la vision directe, l’œil perçoit simultanément tous les points de l’image reçue sur la rétine alors que, dans les procédés de télévision, ou du moins dans les procédés pratiques actuels, on transmet successivement les différentes parties de l’image qui sont reconstituées dans le récepteur en utilisant, d’ailleurs, les propriétés de persistance d’impression rétinienne de l’œil.
- Dans un 1 /1.6e de seconde environ, il faut donc pouvoir transmettre et reconstituer les milliers de signaux correspondant aux milliers de points de l’image à obtenir, et l’on conçoit toute la difficulté du problème. Si l’on songe à la complexité d’une application scientifique moderne relativement simple, comme la cinématographie sonore, on se rend compte que le problème de la télé-
- vision, dont la solution exige la mise en pratique de connaissances de mécanique, d’optique, de radioélectricité, de chimie, d’électricité, est sans doute celui qui exige de la part des techniciens le plus de connaissances générales.
- Sans vouloir aucunement entrer ici dans le détail des difficultés nombreuses de ce problème, indiquons seulement une caractéristique purement radioélectrique et fort intéressante de la question.
- On sait que la bande des fréquences d’un poste émetteur radiophonique s’éténd environ sur 5 à 6 kilocycles de part et d’autre de la fréquence de l’onde de support, et la bande occupe donc au total une largeur de 10 à 12 kilo-cycles. Si l’on veut essayer de transmettre en télévision sans fil une image assez détaillée, il faut pouvoir transmettre des courants correspondant à un grand nombre de points, et cette transmission exige alors l’emploi d’une bande de fréquences beaucoup plus étendue qu’en radiophonie.
- Pour éviter des interférences avec les émissions radiophoniques, et aussi avec les autres émissions de télévision, on conçoit qu’il est absolument nécessaire d’uti-
- p.556 - vue 568/598
-
-
-
- 557
- liser des ondes de support de faible longueur, et d’autant plus faible que l’on veut obtenir des images plus détaillées, et que le nombre des émissions est plus grand.
- En fait, cette difficulté n’est pas encore très critique à l’heure actuelle, parce que le nombre des émetteurs est évidemment restreint et surtout parce que les images transmises sont peu détaillées, mais elle sera plus marquée si des émissions régulières de radiovision sont organisées quelque jour.
- Remarquons, d’autre part, que la transmission par fil à grandes distances ne serait pas possible non plus si l’on voulait augmenter la bande des fréquences transmises.
- LES PREMIERS PROCÉDÉS PRATIQUES DE TÉLÉVISION
- L’étude des problèmes de la télévision, tout au moins au point de vue théorique, a commencé vers 1875, mais on n’a pu obtenir de résultats réels qu’après la découverte des lampes à trois électrodes, des amplificateurs de T. S. F., et des cellules photoélectriques qui ont remplacé presque complètement les premières cellules au sélénium, dont la découverte remonte à 1873.
- Le nombre des dispositifs proposés à l’heure actuelle est très grand, mais, en réalité, les procédés ayant permis d’obtenir des résultats pratiques réels sont en quantité restreinte, et les plus simples ne réalisent que la transmission successive des différents points de l’image, comme nous l’avons noté plus haut.
- En particulier, dans les premiers appareils adoptés aux Etats-Unis et plus récemment encore en Angleterre pour des essais réguliers de radiovision, on a utilisé pour 1’ « analyse » des images à la transmission, et leur « reconstitution » à la réception des disques de Nip-kow plus ou moins modifiés (fig. 1).
- Ces disques, dont le principe a été indiqué dès 1884, comportent des trous également espacés sur une spirale, la distance de deux trous consécutifs étant égale à la largeur de l’image, et le pas de la spirale correspondant â la hauteur de l’image.
- Le sujet ou l’objet à «téléviser » est éclairé par une lampe de forte intensité lumineuse projetant un faisceau lumineux à travers un disque de Nipkow animé d’un mouvement de rotation rapide et uniforme et, à chaque instant, un seul point de l’objet est donc éclairé.
- Si le disque restait immobile, on n’apercevrait que ce point éclairé, sur lequel toute la lumière de la source se concentre ; le mouvement de rotation du disque déplace ce point d’éclairement, de telle sorte que l’objet est complètement « exploré » par bandes horizontales ou verticales qui se recouvrent exactement, comme le montre la fig. 1.
- On dispose alors devant l’objet ou le sujet plusieurs
- cellules photoélectriques de grandes dimensions, ou des cellules de forme ordinaire placées derrière des lentilles ou au foyer d’un miroir concave et connectées en parallèle. Ainsi la lumière réfléchie par le point éclairé par le faisceau mobile, passant à travers les ouvertures du disque, est concentrée sur les cellules, et le courant électrique correspondant produit par ces dernières varie suivant l’intensité de l’éclairage réfléchi par le point considéré de l’objet.
- On a ainsi transformé des variations de lumière en variations de courants électriques, mais les courants minimes produits passant dans la cellule ont une intensité de l’ordre de 1/100 à 1/1000 de microampère seulement; on les dirige .vers une résistance élevée qui produit des variations de tension correspondantes.
- Un amplificateur basse fréquence à résistances permet d’amplifier ces variations de tension, et de les transmettre à un système modulateur de l’onde porteuse d-’un poste émetteur radiophonique.
- Fig. 1. — Schéma d'ensemble du système de télévision Baird.
- (On a représenté une liaison par fl]. La transmission par ondes hertziennes s’effectuerait de façon analogue.)
- A droite : fac-similé schématique de l’image reçue, celle-ci est explorée verticalement.
- p.557 - vue 569/598
-
-
-
- 558
- A la réception, on utilise, en principe, un appareil radiophonique quelconque mais le système d’amplificateur basse fréquence doit être particulièrement étudié et comporter un seul étage de puissance à transformateurs ou des étages à résistances. D’après ce que nous avons indiqué plus haut, d’autre part, il ne faut pas adopter un poste très sélectif, puisque la bande des fréquences à recevoir est normalement plus étendue qu’en radiophonie.
- Il s’agit d’obtenir des variations d’éclairement correspondant inversement aux variations de modulation, et l’on connectera donc à la place du haut-parleur une lampe spéciale au néon montée en série avec une batterie produisant une tension continue, de telle sorte que la lampe puisse “ brûler ” sans l’intervention d’aucun signal provoquant son amorçage. Les signaux transmis par le récepteur font ainsi simplement varier l’intensité d’éclairement.
- Un autre disque de Nipkow absolument semblable au disque émetteur est placé devant la lampe au néon, et il est monté à l’extrémité de l’arbre d’un moteur électrique tournant en synchronisme et en phase av c le premier analyseur du poste émetteur.
- L’observateur voit la lampe à travers ce disque à l’aide d’un dispositif optique grossissant, et l’écran d’observation est ainsi balayé en synchronisme et en 'phase avec le rayon lumineux de l’émetteur, ce qui per-
- 4 Fig. 3. — Le récepteur de télévision Baird.
- Au centre, le bouton de réglage de la mise en phase du disque.
- A gauche, le bouton de réglage du synchronisme.
- A droite, « le tunnel » à l’extrémité duquel on aperçoit l’image.
- met une reconstitution complète de l’image transmise à chaque instant, par bandes sucessives de hauteur égale au pas de la spirale.
- En examinant le phénomène un peu plus en détail, supposons que l’ouverture initiale du disque émetteur passe devant un point très clair de l’image à transmettre ; la cellule photoélectrique est alors atteinte par un faisceau lumineux assez intense, et le courant correspondant circulant dans cette cellule est assez élevé. Presque au même moment, la lumière de la lampe réceptrice au néon est également plus forte et la perforation également correspondante du disque récepteur passe devant le point correspondant de l’image transmise ; on verra donc au même endroit un point également clair, et cette correspondance des teintes est conservée pour tous les autres points de la figure.
- Lorsque le disque tourne à grande vitesse, on ne voit plus les différents points de la figure l’un après l’autre, mais on a l’impression de les voir simultanément, grâce à la persistance de l’impression rétinienne. La finesse de l’image est fonction du nombre d’ouvertures des disques. ce nombre ne pouvant lui-même être très grand que si l’on emploie une bande de fréquences assez large, ce qui exige, nous l’avons indiqué, l’adoption d’une onde porteuse de courte longueur.
- Il est évident que l’on peut transmettre en même temps des images et des sons, mais ces derniers doivent être transmis et reçus à l’aide d’appareils distincts et sur une longueur d’onde également séparée et plus courte.
- On peut donc prévoir, la réalisation d’un poste récepteur de télévision sonore relativement simple comportant un écran de télévision et un haut-parleur radiophonique; des appareils de ce genre ont été réalisés industriellement aux Etats-Unis et en Angleterre (fig. 2).
- Des essais publics de télévision viennent, d’ailleurs, de commencer dans ce pays, depuis le 31 mars dernier ; ces essais sont effectués par la Société Baird avec l’autorisation de la British Broadcasting Corporation, mais sous sa responsabilité personnelle.
- Actuellement les transmissions sont réalisées par la nouvelle station de Londres sur 261 m 30 de longueur d’onde et plusieurs fois par semaine à minuit. En principe, ces émissions doivent être sonores, mais des essais réguliers synchronisés ne semblent pas avoir encore eu lieu, les sons seraient transmis alors sur 479 m 20. La Société Baird a établi un appareil récepteur pour amateurs, dit televisor, pouvant se placer en principe à la suite de n’importe quel poste radiophonique, pourvu que ce dernier comporte un système d’amplification basse fréquence suffisant. Cet appareil très simple comporte simplement deux boutons de réglage de synchronisme et de mise en phase du disque analyseur ; son emploi est donc facile pour n’importe quel amateur.
- L’expérience actuelle tentée en Angleterre est sans doute fort intéressante et permettra, tout au moins, de déterminer quelle est exactement la qualité des résultats que l’on peut obtenir actuellement avec des dispositifs simples, et l’importance de ces résultats pour le grand public des sans-filistes.
- Ce qui fait, d’ailleurs, l’intérêt général de ces dispo-
- p.558 - vue 570/598
-
-
-
- sitifs, c’est surtout leur simplicité. Malgré les progrès déjà obtenus, il ne faudrait pas croire que l’on puisse réaliser facilement la transmission de scènes animées quelconques. L’image reçue, d’une couleur rougeâtre, provenant de l’éclairage par la lampe au néon, est encore assez grossière et assez « floue » et surtout ses dimensions sont très réduites, ce qui rend le champ exploré très restreint. On ne peut espérer transmettre pour le moment que des silhouettes ou bustes d’un seul personnage ou des dessins animés, et il paraît impossible de « téléviser » une pièce de théâtre, par exemple.
- Sans doute, les systèmes proposés, encore bien imparfaits, seront-ils peu à peu perfectionnés, et l’on a pu dire fort justement, par comparaison avec la radiophonie, que la «télévision était encore à l’âge de la galène ».
- LES AVANTAGES DE LA TÉLÉCINÉMATOGRAPHIE
- Les amateurs français et même la plupart des techniciens n’ont encore pu se rendre compte des résultats pratiques obtenus en télévision que par les études publiées dans les revues, et, malgré les promesses déjà faites au moment des dernières expositions de T. S. F., ils-n’avaient pu encore examiner réellement un dispositif émetteur et récepteur de télévision fonctionnant pratiquement et présenté à titre de démonstration.
- Des expériences récentes, organisées à Paris par la Société Philips à l’Ecole de Physique et Chimie, et à l’Ecole des Arts et Métiers, ont pu enfin donner à de nombreux spectateurs des notions précises sur la réalité des résultats obtenus, et il faut espérer que des démonstrations du même genre pourront se multiplier, afin d’encourager les espoirs et les recherches, mais aussi afin d’éviter des illusions exagérées.
- M. Vin, ingénieur belge de la Compagnie Philips, avait établi pour ces expériences un émetteur et un récepteur télécinématographiques, et la transmission, effectuée dans la salle même de démonstration, était réalisée par fils. Ces démonstrations servaient, d’aileurs, d’illustration à une intéressante conférence sur la télévision.
- En réalité, la télévision ne diffère de la télécinématographie que par la nature du sujet transmis puisque, au lieu de tenter la vision des objets à distance, on se contente de tenter la transmission des images d’un film.
- Ce film est éclairé par transparence, et la lumière arrivant finalement sur l’appareil d’analyse de l’image et sur la cellule est encore une fraction importante de celle émise par la lampe d’éclairage, l’absorption lumineuse due au passage de la lumière à travers les parties claires du film étant relativement faible.
- Au contraire, dans le cas de la télévision d’objets ou de personnages réels, nous avons vu qu’il fallait employer la lumière réfléchie sur ces objets ou ces personnages en agissant sur des cellules.
- IL en résulte une diminution importante de l’intensité effective de la lumière transmise aux cellules.
- Par exemple, le visage d’un sujet étant éclairé par une lampe de 1000 w, placée à un mètre, tout se passe comme si l’intensité de lumière, réellement émise par ce
- 559
- Fig. 4. — La transmission d'un film cinématographique.
- Dans ce cas, on peut utiliser un disque analyseur muni de perforations placées sur une même circonférence, en combinant le mouvement de rotation du disque et le mouvement de translation du film.
- a) Disposition schématique d’un disque analyseur de télévision
- avec ses perforations disposées sur une spirale.
- b) Disposition du disque analyseur pour télécinématographie
- (poste émetteur).
- visage, était celle correspondant à une lampe d’un watt.
- D’un autre côté, on constate qu’il est fort difficile d’éclairer trop vivement des personnages et même des objets, et ainsi la télécinématographie est plus facile à réaliser que la télévision, si l’on considère le problème de l’éclairement au poste émetteur.
- On peut également simplifier un peu, dans ce cas, le procédé d’exploration de l’image émise indiqué plus haut.
- Sans doute, on peut également adopter un disque
- Fig. 5. — La télécinématographie d’un film sonore.
- Ou transmet séparément l’image et les sons synchronisés.
- Disque analyseur
- Cellule hoto électrique pour la transmission des images
- Cellule photo électriqu e pour fa transmission des
- Vers le poste _ émetteur d'images
- ’zr-Vers le poste émetteur radiophonique
- sons
- p.559 - vue 571/598
-
-
-
- 560
- Fig. 6. — Le poste émetteur d’essai de télécinématographie réalisé par M. Vin, de la Société Philips.
- A gauche: boîte contenant la cellule photoélectrique. Au centre : le disque analyseur avec son moteur synchrone et le film entraîné par un 2e moteur.
- A droite : le système d’éclairage.
- analyseur avec perforations disposées en spirale comme dans le cas précédent, et animer le film d’un mouvement de translation discontinue, de sorte qu’à chaque tour du disque corresponde le passage d’une image du film.
- Mais un deuxième procédé plus simple consiste à utiliser un disque comportant des perforations placées sur une même circonférence, et le film se déroule alors d’un mouvement continu et non par saccades. Ce déplacement vertical du film, alors combiné avec le déplacement horizontal des perforations du disque, permet de réaliser l’exploration complète de l’image, les rayons lumineux balayant des bandes obliques tracées suivant les diagonales du rectangle constitué par les deux glissements en hauteur et en largeur; cependant, pour la réception, on emploie un disque de Nipkow ordinaire.
- Au lieu de transmettre les images d’un film ordinaire, on pourrait évidemment transmettre les images et les sons d’un film sonore avec deux systèmes d’éclairement destinés, l’un à la transmission des images et agissant sur une cellule photoélectrique à travers le disque analyseur, et l’autre éclairant seulement la bande acoustique enregistrée optiquement, et agissant également sur une cellule photoélectrique reliée à un dispositif modulateur du poste émetteur radiophonique (fig. 5).
- Mais cette diffusion des films sonores est encore à l’état de projet d’avenir, et l’expérience que nous avons citée plus haut consistait seulement dans la transmission d’un film muet.
- Comme le montrent les figures 6 et 7, le dispositif émetteur comportait simplement une boîte contenant la cellule photoélectrique sur laquelle tombaient les rayons lumineux rassemblés par une lentille après avoir traversé le film et le disque analyseur.
- Au poste récepteur, un amplificateur est relié à la lampe au néon placée derrière un disque analyseur ordi-
- naire correspondant, et les rayons sont transmis à un écran de la grandeur d’une carte de visite environ, et placé au fond d’une sorte de « tunnel » en ébé-nisterie afin d’assurer une visibilité suffisante, même dans une demi-obscurité.
- Les deux disques émetteur et ré= cepteur sont, d’ailleurs, montés simple1 ment sur les arbres des moteurs synchrones.
- La transmission s’effectue alors uniquement par fils et à quelques mètres, mais, exception faite des troubles dus aux parasites, les résultats obtenus par sans fil seraient analogues.
- Malgré le nombre de perforations relativement peu élevé des disques (50 trous), la netteté de l’image est assez grande pour permettre une perception très nette d’une silhouette animée; il est pourtant nécessaire, pour arriver à ce résultat, d’utiliser un amplificateur de puissance assez grande et c’est là peut-être une des difficultés du problème.
- Sans doute, les appareils employés étaient uniquement des appareils d’essais, mais, malgré ce caractère, la démonstration avait une importance didactique considérable; il faut espérer qu’elle sera renouvelée fréquemment afin de mettre la masse des sans-filistes français au courant des développements de cette nouvelle catégorie merveilleuse d’applications scientifiques.
- D’ailleurs, la mise en pratique de ces procédés dépend tout autant de l’intérêt réel qui sera témoigné par le public pour ces transmissions de télévision ou de télécinématographie que des progrès techniques des appareils.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 7. — Le poste récepteur télécinématographique d’essais. L’amplificateur de réception muni de sa boîte d’alimentation agit sur une lampe au néon placée derrière un disque analyseur mû par un moteur synchrone. A droite, le « tunnel » avec lentille permettant d’apercevoir l’image reconstituée.
- p.560 - vue 572/598
-
-
-
- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES
- VII. — LA VOCATION SCIENTIFIQUE SPONTANÉE
- On dit, souvent, que l’on ne naît pas astronome, mathématicien, chimiste, botaniste, etc., mais qu’on le devient. Cela est vrai dans un grand nombre de cas, cependant pas dans tous, car chez certains savants on peut se rendre compte que, dès leur plus tendre enfance, ils avaient leur cerveau orienté vers la science qu’ils développèrent plus tard lorsque les circonstances se prêtèrent pour leur permettre de diriger leur esprit dans le sens qui convenait à leur mentalité; c’est, pourrait-on dire, un cas de « génération spontanée ».
- Dans cette catégorie semblent pouvoir prendre place Tycho-Brahé, Tournefort, d’Alembert, Berthollet, Dolomieu, Bosc, Broussonet, Duméril, Ampère, Fresnel, Michel Chasles, Mets-chnikofï.
- *
- * sf:
- Le célèbre astronome danois Tycho-Brahé (1546-1601) (Tycho était son prénom), qui a apporté de notables améliorations à la théorie de la lune, était, par sa famille, destiné au Droit, mais il se rendit si bien compte qu’il était fait pour se livrer à l’astronomie qu’il réussit à convaincre ses parents de ce qu’il avait beaucoup plus de goût pour l’étude des astres que pour celle de la chicane. Arago a recueilli quelques données sur ses débuts (-).
- Tycho-Brahé naquit dans la terre de Knudstorp, en Scanie, province alors soumise au Danemark; sa famille appartenait à la plus ancienne noblesse du royaume. Le père de Brahé, suivant les ridicules idées de cette époque, refusait même de lui faire enseigner le latin. C’est par les soins d’un oncle maternel et à l’insu de sa famille que le jeune homme fut placé dans une école où son intelligence commença à se développer. Une éclipse de Soleil, celle de 1560, dont les principales phases s’accordèrent presque exactement avec les annonces contenues dans les éphémérides, excita au plus haut degré son enthousiasme et contribua à décider de sa vocation. A 14 ans on l’envoya à Leipzig pour y recevoir la très légère instruction qui, dans ces temps reculés, semblait rendre tout membre de la noblesse propre aux emplois publies. Là, à l’insu de son gouverneur, il se livra à l’étude des mathématiques et de l’astronomie. Il consacrait à l’achat de livres et d’instruments tout l’argent qu’on lui donnait pour ses menus plaisirs. De retour à Copenhague, en 1565, Brahé fut regardé par les hommes de sa caste comme un extravagant. Des désagréments provenant de ses relations avec des individus qui ne pouvaient l’apprécier l’engagèrent à retourner en Allemagne où vivaient alors plusieurs astronomes célèbres, entre autres le landgrave de Hesse-Cassel, Guillaume IV, dont il devint l’ami. Il visita alors les principaux observatoires allemands et, durant son passage à Augsbourg, dont les artistes avaient une grande réputation, il commanda plusieurs instruments nouveaux qui devaient lui servir à résoudre d’importantes questions relatives aux mouvements du ciel étoilé. A l’occasion des observations qu’il fit sur l’étoile nouvelle de 1572, le chancelier Oxe se déclara son admirateur et communiqua ce sentiment au roi Frédéric II, qui, peu de temps après, lui fit don de la petite île de Hwen, située dans le détroit du Sund, entre Elseneur et Copenhague. Le roi ajouta à ce cadeau une pension de 500 écus, un fief situé en Norvège, et un bénéfice de chanoine, dont les revenus, évalués à 2000 écus, devaient servir à l’entretien d’un observatoire construit aux frais du roi. Quand le monument de l’observatoire fut achevé, Tycho le meubla
- 1. Voir La Nature, depuis le n° 2808.,
- 2. Œuvres complètes de -François Arago, Tome III. Paris, 1859.
- graduellement d’instruments construits par ses soins et qui ne lui coûtèrent pas moins de 100 000 thalers pris sur sa propre fortune. L énormité de cette somme ne surprendra pas ceux qui liront, dans l’ouvrage de Tycho, intitulé Astronomiæ instauratse Mechanica, la description des machines variées et de dimensions colossales dont il fit successivement usage. A la mort de Frédéric II, et pendant la minorité de Christian IV, les nobles, déjà fortement irrités contre Tycho ('), le firent priver des pensions et des bénéfices sans lesquels un simple particulier ne pouvait évidemment pourvoir aux frais du vaste établissement qu’il avait créé. Les sentiments haineux qui séparèrent, particulièrement, le sénateur Walclcendorp de Tycho tenaient à une cause très futile. Des écrivains danois rapportent qu étant à Uran-ibourg avec le jeune roi Christian IV, Walckendorp supportait impatiemment les aboiements de deux dogues anglais appartenant à Tycho-Brahé. Wallcendorp leur donna des coups de pied. Tycho prit le parti de ses chiens ; une dispute s’ensuivit et, de là, vint l’inimitié qui a eu de si fatales conséquences pour l’astronomie.
- Tycho paraît, d’ailleurs, avoir eu, de tout temps, un assez mauvais caractère. Dans un de ses voyages en Allemagne, il s’était, à propos d’un problème de géométrie, pris de querelle avec un des ses compatriotes. Un duel s’ensuivit. Tycho eut une partie du nez emportée et dut, par la suite, la remplacer par un faux nez de cire ou, selon d’autres, d’un amalgame de divers métaux précieux.
- A
- Tournefort (1656-1708) eut l’immense mérite de devenir botaniste à une époque où la Botanique était encore presque inconnue, du moins au commun des mortels.
- « Joseph Pitton de Tournefort, a écrit Fontenelle (2), naquit à Aix-en-Provence, de Pierre Pitton, écuyer, seigneur de Tournefort, et d’Aimare de Fagoue, d’une famille noble de Paris. On le mit au collège des Jésuites d’Aix : mais, quoiqu’on l’appliquât uniquement, comme tous les autres écoliers, à l’étude du latin, dès qu’il vit des plantes, il se sentit botaniste; il voulait savoir leurs noms; il remarquait soigneusement leurs différences; et quelquefois il manquait à sa classe pour aller herboriser à la campagne et pour étudier la nature au lieu de la langue des anciens Romains. La plupart de ceux qui ont excellé en quelque genre n’y ont point eu de maître. Il apprit de lui-même, en peu de temps, à connaître les plantes de sa ville. Quand il fut en philosophie, il prit peu de goût pour celle qu’on lui enseignait.... Comme il se destinait à l’église, son père le fit étudier en théologie et le mit même dans un séminaire. Mais la destination naturelle prévalut; il fallait qu’il vît des plantes : il allait faire ses études chéries, ou dans un jardin assez curieux qu’avait un apothicaire ou dans les campagnes voisines ou sur les rochers; il pénétrait par adresse ou par présens dans tous les lieux fermés où il pouvait croire qu’il y avait des plantes qui n’étaient pas ailleurs : si ces sortes de moyens ne réussissaient pas, il se résolvait plutôt à y entrer furtivement; et un jour il pensa être accablé de pierres par les paysans qui le prenaient pour un voleur. Il n’avait guère moins de passion pour l’anatomie et pour la chymie que pour la botanique. Enfin la physique et la médecine le revendiquèrent avec tant de force sur la théologie, qui s’en était mise injustement en possession, qu’il fallut qu’elle le leur abandonnât. Il était encouragé par l’exemple d’un oncle paternel qu’il avait, médecin fort habile et fort estimé; et la mort d’un
- 1. En partie à cause de son mariage avec une jolie paysanne.
- 2. Œuvres de Fontenelle, Tome I, p. 116. Paris, 1818.
- p.561 - vue 573/598
-
-
-
- = 562 : --------=:r::- . ; =
- père, arrivée en 1677, le laissa entièrement maître de suivre son inclination. 31 profita aussitôt de sa liberté et parcourut les montagnes du Dauphiné et de-Savoie, d’où il rapporta quantité de belles plantes, qui commencèrent son herbier. La botanique n’est pas une science sédentaire et paresseuse. Tourne-fort était un tempérament vif, laborieux, robuste; un grand fonds de gaieté naturelle le soutenait dans le travail, et son corps, aussi bien que son esprit, avait été fait pour la botanique. En 1679, il partait d’Aix pour Montpellier, où il se perfectionna beaucoup dans l’anatomie et dans la médecine. Un jardin des plantes établi dans cette ville par Henri IV ne pouvait pas, quelque riche qu’il fût, satisfaire sa curiosité; il courut tous les environs de Montpellier à plus de dix lieues, et en rapporta des plantes inconnues aux gens mêmes du pays. Mais ces courses étaient encore trop bornées : il partit de Montpellier pour Barcelone au mois d’avril 1681 ; il poussa jusqu’à la Saint-Jean dans les montagnes de la Catalogne, où il était suivi par les médecins du pays, et par les jeunes étudians, à qui il démontrait les plantes. On eût dit presque qu’il imitait les anciens gymnosophistes, qui menaient leurs disciples dans les déserts où ils tenaient leur école. »
- Il explora ensuite les Pyi'énées, où il eut à lutter contre le manque de confortable... et les voleurs, dont il arriva, cependant, à éviter les rapines en cachant son argent dans un pain jugé trop noir et trop dur pour eux. Sa réputation comme botaniste parvint enfin jusqu’à Fagon, alors premier médecin de la feue reine, qui le fit nommer professeur de botanique au Jardin royal des plantes, établi à Paris par Louis XIII pour l’instruction des jeunes étudiants en médecine.
- *
- * *
- Etre un enfant abandonné sur les marches d’une église et devenir, à la fois, un grand mathématicien et un littérateur célèbre, ce n’est évidemment pas une histoire banale. C’est, cependant, celle de d’Alembert (1717-1783), qui devait faire partie de l’Académie des sciences et de l’Académie française.
- D’Alembert, enfant naturel, avait, pour père, le chevalier Destouches, général d’artillerie, et, pour mère, Madame de Tencin, chanoinesse et sœur du futur cardinal-archevêque de Lyon. Celle-ci, quelques heures après la naissance de son enfant, le fit déposer sur les marches de. l’église Saint-Jean-Lerond (’), qui était le baptistère de Notre-Dame et était accolée à la gauche de la façade (elle fut démolie en 1748). Cette mère dénaturée (quoique se livrant à la charité) demanda que,, s’il vivait, il ne fît pas parler de lui, — ce en quoi elle ne fut, certes, pas exaucée, — mais, cependant, sur les instances de Destouches, lui donna le moyen de la retrouver. Il semble que ce soit là, en partie, une légende ou que, tout au moins, si l’enfant fut véritablement abandonné, comme il est dit ci-dessus, le père ne tarda pas à le faire reprendre. Une contemporaine, Mme Suard, s’exprime, en effet, ainsi dans ses Mémoires . « M. d’Alembert m’a dit que sa nourrice | Mme Rousseau (2)] l’avait reçu avec une tête pas plus grosse qu’une pomme ordinaire, des mains comme des fuseaux, terminés par des doigts aussi menus que des aiguilles. Son père l’emporta, bien enveloppé, dans son carrosse et parcourut tout Paris pour lui donner une nourrice; mais aucune ne voulait se charger d’un enfant qui paraissait au moment de rendre son dernier souffle. Enfin il arriva chez cette bonne Mme Rousseau, qui, touchée de pitié pour ce pauvre petit être, consentit à s’en charger et promit au père qu’elle ferait tout ce qui dépendrait d’elle pour le lui conserver : elle y parvint à force de soins, et ceux qui ont
- 1. Dans plusieurs églises (Sens, Auxerre) les chapelles réservées aux baptêmes portent aussi ce nom de Saint-Jean-Lerond.
- 2. Femme d’un pauvre vitiier.
- connu d’Alembert ont été témoins de la tendresse qu’il a conservée pour cette excellente femme, qui s’est montrée sa véritable mère. Il est resté avec elle jusqu’à l’âge de 50 ans, et, lorsqu’il alla vivre avec Mlle de l’Espinasse, il alla sans cesse chercher sa mère nourrice, la consoler de ses peines, faire des caresses à ses petits enfants.... Son père le voyait souvent et s’amusait beaucoup, m’a dit d’Alembert, de ses gentillesses et bientôt de ses réponses, qui annonçaient, dès l’âge de 5 ans, une intelligence peu commune; il allait en pension et son maître était enchanté de son esprit. Un jour M. Destouches, qui en parlait sans cesse à Mme de Tencin, obtint d’elle qu’elle l’accompagnerait où il l’avait placé, et par les caresses et les questions qu’il adressa à son fils en tira beaucoup de réponses qui le divertirent et l’intéressèrent. « Avouez, Madame, dit M. Destouches à Mme de Tencin, qu’il eût été bien dommage que cet aimable enfant eût été abandonné. » D’Alembert, qui avait alors 7 ans, se souvenait parfaitement de cette visite et de la réponse que Mme de Tencin qui se leva en disant : « Partons, car je vois qu’il ne fait pas bon ici pour moi. »... M. Destouches, en mourant, recommanda d’Alembert à sa famille qui, jamais, ne l’a perdu de vue. Quand j’ai connu d’Alembert, il allait encore dîner chez le neveu et la nièce de son père, une fois par semaine, et il était toujours reçu avec autant d’égards que d’estime et d’amitié. En me mettant si en avant dans sa confidence, d’Alembert m’autorisa à lui demander s’il était vrai que Mme de Tencin lui eût fait dire par un ami, quand il eut acquis une grande célébrité, qu’elle serait charmée de le voir : « Jamais, m’a-t-il dit, elle ne m’a fait rien dire de semblable. »
- — « Cependant, Monsieur, on vous prête dans cette occasion une réponse très fière à une personne qui, jusqu’à votre célébrité, ne vous avait pas donné un signe de vie; et j’ai entendu bien des personnes applaudir à votre refus comme à un juste ressentiment. » — « Ah ! me dit-il, jamais je ne me serais refusé aux embrassements d’une mère qui m’aurait réclamé; il m’eût été trop doux de la recouvrer. » Quand Mme de Tencin mourut, elle laissa tout son bien à Astruc, son médecin. On prétendit que c’était un fidéicommis et que le bien devant passer à d’Alembert, mais il n’en a jamais rien reçu; il disait qu’elle aimait beaucoup Astruc et que, quant à lui, il était bien sûr qu’elle n’avait pas plus pensé à lui à sa mort que pendant sa vie. »
- L’enfant fut baptisé sous le nom de Jean-Baptiste Lerond, mais, on ne sait pourquoi, sa famille paternelle — et, même, des documents officiels — l’appela toujours d’Arembert ou Darembert. Plus tard — on ne sait toujours pas pourquoi — il prit, de lui-même, le nom de d’Alembert. Il fut envoyé en nourrice dans un village, Crémery, près de Montdidier, où il resta six semaines. A la fin de cette période, il fut réclamé par Molin, médecin du roi, qui prit l’engagement de pourvoir à ses besoins, sous, vraisemblablement, l’instigation du chevalier Destouches. Celui-ci ne cessa jamais de veiller sur lui jusqu’à sa propre mort, survenue en 1726, alors que l’enfant avait 9 ans et qu’il était placé dans un pensionnat du faubourg Saint-Antoine. A 10 ans, le directeur de cet établissement déclara que Jean Lerond était un si brillant élève qu’il n’avait plus rien à lui apprendre. Destouches, en mourant, ne laissa son fils ni sans ressources ni sans appui : il lui légua 1200 livres de rentes et le recommanda à l’affectueuse protection de son excellente famille. C’est par l’influence des parents de son père que d’Alembert, à l’âge de 12 ans, toujours sous le nom de Lerond, fut admis au collège des Quatre-Nations. C’était une grande faveur, ce collège étant réservé aux gentilshommes. D’Alembert, dans son enfance, n’apprit pas, cependant, les belles manières et ne les connut jamais. Le jeune Lerond fit de brillantes études. A la fin de l’année 1735,
- p.562 - vue 574/598
-
-
-
- le jeune écolier, alors âgé de 18 ans, fut l’eçu bachelier ès arts (').
- Il sortit du collège, surtout instruit en philosophie et en l’art d’écrire, puis suivit, pendant deux ans, les leçons de l’Ecole de droit. Une fois reçu licencié en droit, il fit des études de médecine, mais, grâce à des livres que lui prêtèrent des amis, s’exerça surtout aux mathématiques, pour lesquelles il se sentait invinciblement attiré, notamment en géométrie. Il fit, dans cette science, des progrès si rapides qu’il put, en 1739, envoyer plusieurs communications à l’Académie des sciences où, en 1742, il fut admis au rang d’adjoint dans la Section d’Astronomie; il n’avait alors que 24 ans.
- Contrairement à ce que pourrait faire croire son nom si français, Berthollet (1748-1822), l’auteur des lois chimiques connues du moindre des lycéens, n’était pas Français de naissance (notre chère Savoie appartenait alors à l’Italie).
- « Il était né, écrit Cuvier (2), à Talloire, près d’Annecy, en Savoie. Ses études, commencées à Chambéry, se continuèrent au Collège des Provinces de Turin, institution des plus recommandables d’où le Piémont a tiré la plupart de ces hommes de talent auxquels il a dû son poids dans la balance de l’Europe et un rang dans la république des lettres, si supérieur à ce que l’on devait naturellement attendre de son étendue et de sa population. A même, comme ses camarades, de choisir parmi les carrières dont quelques-unes pouvaient le conduire aux plus hautes dignités de l’Eglise et de l’Etat, M. Berthollet s’en tint à la plus modeste. Il s’attacha à la médecine, moins encore pour les avantages qu’elle pouvait lui offrir que par l’attrait irrésistible qui l’entraînait déjà vers les sciences sur lesquelles elle repose. Ce même attrait, aussitôt qu’il eut pris ses degrés, le fit accourir à Paris, seule ville où il crut pouvoir satisfaire à son aise la passion qui le dominait. Il n’avait ni connaissances ni recommandations; mais le célèbre médecin genevois Tron-chin y jouissait au plus haut degré de la faveur publique; et le jeune Savoisien pensa que, né si près de Genève, ce voisinage l’autorisait à se réclamer de ce demi-compatriote. Son assurance ne fut pas trompée. Prévenu par son air franc et sa tournure réfléchie, s’attachant à lui à mesure qu’il le connut davantage;-Tronchin en fit en quelque sorte son enfant d’adoption; et pour lui assurer une existence tranquille, il engagea le duc d’Orléans, près duquel il pouvait tout, à le prendre pour l’un de ses médecins ordinaires. Ce n’était point le détourner des sciences que de le placer dans une maison où elles étaient héréditaires. Le régent avait travaillé personnellement aux expériences de chimie avec Homberg; son fils s’était beaucoup occupé de minéralogie; et Guettard, qui l’avait secondé, était demeuré au service de son successeur. Ces exemples encourageaient M. Berthollet. Bien convaincu qu’il n’aurait pas besoin des moyens ordinaires dans les cours pour conserver la faveur que son ami venait de lui procurer, et s’étant fait naturaliser, il se livra aussitôt, et tout entier, aux travaux dont la succession a rempli cinquante années de la vie la plus active. »
- On comprend ainsi comment il passa de la médecine à la chimie, mais on eût été heureux de savoir comment la passion de la science s’était développée en lui. Cuvier, malheureusement, ne le dit pas, sans doute parce qu’il l’ignorait.
- *
- * &
- Déodat Dolomieu (1750-1802), auquel sont attachés le
- 1. Joseph Bertrand, D’Alemberi, Collection des Grands écrivains français, Hachette, édit., Paris, 1889.
- 2. Mémoires de l’Académie des Sciences, Tome VIII, Paris, 1829.
- 563
- nom de la roche appelée dolomie et, par suite, celui de la célèbre région des dolomites, fut un grand minéralogiste et un éminent géologue. Il était né à Dolomieu, près La-Tour-du-Pin, dans le Dauphiné. Ses parents étaient « Messire François de Gratet, chevalier, marquis de Dolomieu, comte de Saint-Paul d’Izean, seigneur de Tuelin, Saint-Didier-les-Champagnes et autres lieux » et la « haute et puissante dame, Marie-Françoise de Bérenger ». A deux ans, son père le fit introduire dans l’Ordre de Malte. Après avoir été admis, en 1762, à présenter ses preuves de noblesse, il s’engagea, volontairement, aux carabiniers.
- Nous n’avons, sur la jeunesse de Dolomieu, que quelques notes manuscrites d’un de ses compagnons de voyages, Jean Picot, qui a écrit : « M. de Dolomieu appartient à une des familles les plus nobles du Dauphiné; il a eu dix frères ou sœurs, dont il ne lui reste qu’un frère et trois sœurs; dès sa tendre jeunesse, il montra un goût et du talent décidé pour les sciences; il apprit seul les trois premières règles de l’arithmétique en comptant sur ses doigts les barreaux du lit où on le couchait; souvent il lui arrivait de passer plusieurs heures de suite auprès d’un marais pour suivre l’événement de la métamorphose des salamandres, et cela dans un âge où les autres enfants ne pensent qu’à jouer. Ces talens prématurés n’engagèrent pas d’abord ses parens à lui faire embrasser la carrière des études ; il vivait dans un tems où l’on regardait comme honteux pour la noblesse de ne pas se vouer aux fonctions militaires ou religieuses; on eût jeté du ridicule sur lui et sur ses parens s’il eût prétendu n’être pas un ignorant. Malheur à la nation où de tels préjugés sont en vigueur !
- M. de Dolomieu eut à lutter contre ces préjugés et sa persévérance les lui fit vaincre en partie; il obtint de faire ses études à Paris et, cependant, dans le même tems il entra dans l’Ordre de Malte. »
- M. Alfred Lacroix (*), qui a exhumé ce curieux document, a, avec sa maîtrise habituelle, donné de copieux renseignements sur les années ultérieures de Dolomieu, qui, sous-lieutenant, en 1766, parfit pour faire son noviciat dans un des navires de l’Ordre :
- « Au cours d’une croisière (1768), gravement offensé par un de ses camarades, il débarque à Gaète avec son adversaire, croise le fer avec lui; il le tue. Les règles de l’Ordre sont formelles; conduit à Malte, le jeune meurtrier passe en jugement; il est condamné à perdre l’habit et à subir la prison perpétuelle, mais, pendant un long emprisonnement de 9 mois, de puissantes influences intercèdent pour lui; sous la pression du duc de Choiseul, agissant sur les instructions du roi de France et sous celle du cardinal Torrigiani, parlant au nom du pape Clément XIII, le grand maître de Malte se laisse - fléchir. Dolomieu est mis en liberté, il est réintégré dans ses droits. »
- Cette aventure semble l’avoir un peu calmé et l’avoir engagé à se livrer aux études scientifiques plutôt que de se consacrer exclusivement à la carrière militaire. C’est alors qu’il se livre à l’étude de la chimie et de la physique chez un apothicaire de Metz, ville de garnison où il fit la connaissance du duc de La Rochefoucauld, esprit distingué qui le dirigea vers la minéralogie. Plus tard il alla en Anjou et en Bretagne, où il s’intéressa aux mines, puis à Malte et à Lisbonne, où il reconnut l’origine volcanique du basalte. Désormais Dolomieu devint nettement minéralogiste et géologue. Il quitta le service actif, puis, à la suite d’une injustice, s’exila lui-même en Italie, où il s’abandonna à son humeur vagabonde de géologue voyageur. Il devait avoir, dès lors, une existence très agitée.
- Henri Coupin.
- {A suivre.)
- 1. Notice lue dans la séance publique annuelle de l’Académie des Sciences du 2 décembre 1918.
- p.563 - vue 575/598
-
-
-
- LA CURE ULTRA-VIOLETTE
- M. Maughan a démontré que l’on pouvait combattre avec succès le rachitisme chez les jeunes poulets par l’action prolongée de radiations ultra-violettes de longueur d’onde comprise entre 0,31 p. et 0,29 p. (p. = un millième de millimètre). Ces radiations ultra-violettes, que l’on peut désigner sous le nom de « rayons vitaux », sont du reste les seules favorables à la santé, car tout au contraire les radiations ultra-violettes de longueur plus courte sont franchement nuisibles. On connaît, en effet, le pouvoir microhicide de ces dernières, ainsi que leur action destructrice sur les cellules vivantes. Il convient donc d’éliminer avec le plus grand soin les radiations les plus courtes, sensiblement inférieures à 0,29 p, dont la présence produirait des effets diamétralement opposés à ceux que l’on recherche.
- La Nature, prévoyante, s’est du reste chargée d’en purger totalement la lumière solaire; il existe en effet, dans les hautes couches de l’atmosphère, de petites quantités d’ozone et d’ammoniaque qui suffisent pour arrêter les radiations mortelles, tout en permettant aux radiations vitales d’atteindre la surface du sol.
- On a reconnu, d’autre part, que l’atmosphère viciée des grandes villes constituait un écran pour les rayons vitaux. Les vitres de nos habitations les arrêtent également, tandis que le quartz les laisse filtrer librement,.
- L’étude des rayons ultra-violets dans la lumière solaire fut faite dernièrement en France par MM. Fabry et Buisson, et en Amérique par M. Abbot. Ces physiciens ont reconnu que la proportion des radiations solaires favorables à la cure ultra-violette était environ d’un million de fois plus petite que celle des autres radiations ultra-violettes plus longues, dont l’action curative est faible. Du reste, la proportion de rayons vitaux varie dans de grandes proportions. suivant la saison, l’heure de la journée et l’état de l’atmosphère. Leur maximum a lieu par un clair soleil, au solstice d’été, vers le milieu du jour. Leur minimum s’observe au solstice d’hiver.
- On ne peut du reste appliquer le traitement solaire que pendant la saison estivale, au grand air et loin des villes. La cure ultra-violette se fait généralement au bord de la mer, ou à la campagne, pendant les heures moyennes de la journée. Les radiations solaires renferment cependant en hiver une quantité encore suffisante de rayons vitaux pouf produire une action salutaire.
- M. Maughan a fait à Boston des essais en cette saison sur de jeunes poulets rachitiques, qui ont été favorables.
- Mais le traitement hivernal ne saurait guère être appliqué sous nos climats par suite de l’inclémence de la température et du temps. Il est donc nécessaire de se placer le plus souvent dans des conditions bien déterminées pour pouvoir tirer tout le profit possible de la cure ultra-violette.
- Il eut été cependant utile de rendre ce mode de traitement accessible au plus grand nombre et en toute saison.
- C’est précisément ce résultat qui va pouvoir être obtenu prochainement grâce à la découverte qui vient d’être faite tout récemment d’une source abondante et économique de rayons vitaux.
- On a reconnu, en effet, que de grosses lampes à incandescence à filaments de tungstène d’une puissance de 900 watts émettaient à travers des ampoules de quartz — et non de verre — des radiations ultra-violettes comprises entre 0,325 et 0,290 p., en proportion plus considérable que le soleil !
- En munissant ces lampes de réflecteurs on accroît encore sensiblement leur efficacité. Il résulte de cette découverte sensationnelle que l’on va pouvoir sans difficulté faire désormais sa cure ultra-violette à domicile, en toute saison et par n’importe quel temps !
- Nul doute que l’emploi des rayons vitaux à domicile ne devienne rapidement un réel bienfait pour la santé publique. Dans nos villes, en particulier, la population trop souvent anémiée, souffrante et rachitique, puisera force et santé dans cette nouvelle Fontaine de Jouvence !
- Albert Nodon.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1930, A PARIS
- Dans son ensemble, le mois d’avril 1930 a été assez chaud malgré une période froide s’étendant du 13 au 22; il fut aussi assez pluvieux avec pression barométrique déficitaire et une insolation en léger excès.
- La moyenne mensuelle de la température à l’observatoire du Parc Saint-Maur a été de 10°,7 et à celui du parc Mont-souris de 11°,2 et est supérieure de 1°,1 à la normale. La température a été relativement élevée au commencement et à la fin du mois. Il a gelé à glace, un seul jour, le 20, — 0°,3 au Parc Saint-Maur et — 2°,1 à Vaucluse; dans Paris, — 0°5, à la Villette; il y a eu, de plus, 7 jours de gelée blanche. Les maxima du 28 et du 29, presque identiques, sont les plus élevés du mois. Les chiffres extrêmes ont été 25°,7 pour Paris (hôpital Saint-Louis) et 26°, 1 pour les environs (Saint-Ouen) ; au Parc Saint-Maur on observa 24°,4 le 28.
- Le nombre de jours de pluie, 14, est à peu près normal et presque tous sont groupés du 12 au 25, période qui a été précédée et suivie de beau temps. La hauteur totale d’eau recueillie dans le mois, 53 mm 3 au Parc Saint-Maur, dépasse la normale d’un peu moins de 23 pour 100 et à l’observatoire du
- parc Montsouris, 57 mm 5, elle la surpasse de 30 pour 100.
- La journée du 14, à elle seule, a fourni 23 mm d’eau.
- Il y a eu des giboulées de neige les 14 et 19 et des flocons ont été mêlés à la pluie les 17 et 18. En outre, on a signalé, par places, de la grêle ou du grésil, 6 jours. On a entendu le tonnerre dans la région à cinq dates différentes, notamment le 25, où-alors l’orage fut général.
- Les vents d’entre N. et E. ont été plus fréquents que d’ordinaire. Quelques brouillards locaux de forte opacité ont été observés en banlieue entre le 12 et le 22.
- L’humidité relative moyenne a été 72,4 et la nébulosité 56, au Parc Saint-Maur. La hauteur barométrique moyenne, 756 mm 1 (niveau de la mer) est en déficit de 4 mm 1 à la moyenne normale à Montsouris.
- Les premières hirondelles ont été aperçues le 26 seulement.
- MOIS D’AVRIL ANTÉRIEURS
- La moyenne de température du mois d’avril, 9°,9, qui se rapproche de la normale annuelle (10°,0), ne descend que bien
- p.564 - vue 576/598
-
-
-
- rarement au-dessous de 6° ; la plus basse moyenne connue a été 5°,7 en 1837. L’élévation thermique peut dépasser la température de la deuxième décade de mai et celle des plus froids mois de juin.
- Les plus chauds mois d’avril depuis 1757 ont été ceux des années : 1865,15°,1 (Ohs. de Paris, ou 14°,6 dans la campagne) ; 1893, 13°,9; 1762,13°,8; viennent ensuite : 1781, 13°,0; 1791, 1800 et 1840, 12°,7; 1869, 12°,6; 1794, 12°5. Ceux les plus froids : 1837, 5°7; 1917, 6°3; 1809, 6°5; 1838, 6°7; 1799, 7°,0 ; 1784, 7°1 ; 1903, 7°,2; 1817, 7°3; 1812, 7°,4.
- Les plus bas minima absolus de température peuvent encore s’abaisser jusqu’à 4° et 5° au-dessous de zéro, comme en 1784, — 4o,6; 1799, — 3°,9; 1785, — 3°,8; 1809, — 3°, 6; en 1807 et 1891, on observa —3°,5; en 1879, 1892,1908 et 1911, —3°,0; le mois d’avril 1837 a été si exceptionnellement froid que le public lui-même s’en est beaucoup occupé et qu’Arago lui a consacré un long article dans VAnnuaire du Bureau des Longitudes.
- En avril 1840, le maximum absolu a atteint 29°,1; en 1841, 28°,2; en 1783, 28°,1 ; en 1874 et en 1893, 28°,0.
- Avril présente des anomalies accentuées : de 1818 à 1832 et surtout de 1862 à 1878 ce mois a été généralement chaud; au contraire, durant les sept années 1833-1839, il a été très froid.
- Depuis le début de la série des observations faites au Parc Saint-Maur, soit depuis 1874, ce mois a offert jusqu’à 9 jours de gelée en 1911 et 8 en 1917; 7 jours d’orage en 1894 et en 1897; 5 jours de neige en 1917 et 5 jours de grêle en 1885 et en 1917.
- .......................565 =
- Avril offre quelquefois des orages violents, tel celui du 26, en 1897, au Parc Saint-Maur, lequel, du reste, traversa une partie de la France, entre 5 h du matin et 4 h du soir, depuis l’île de Ré jusqu’aux confins N.-E. de l’Ile-de-France.
- Les mois d’avril les plus secs ont été ceux de : 1893, 1 mm 2 d’eau (Obs. du Parc Saint-Maur) ; 1817, 2 mm 0; 1701, 2mm3; 1870, 3 mm 6 (Obs. de Paris) ; ceux les plus pluvieux : 1928, 112 mm 0; 1897, 101 mm 1 (Obs. du Parc Saint-Maur); 1848, 100 mm 5 (Obs. de Paris). Jours de pluie appréciable :
- 2 seulement en 1893, en cé mois il y eut 28 jours consécutifs sans une seule goutte d’eau; 3 en 1785, 1790 et 1798; 26 en 1780, 24 en 1920, 22 en 1829, 1853, 1857, 1879 et 1922.
- La nébulosité moyenne du ciel, pour le mois d’avril 1893, n’a été que de 13, au lieu de 58 la moyenne, c’est de beaucoup la moindre depuis 1753; les mois d’avril les plus clairs sont ceux de 1844 et de 1870 avec une nébulosité de 28; des mois aussi clairs ne se présentent guère ordinairement que d’août à octobre; en 1892, nébulosité 39 et en 1909, 41.
- A la fin du mois d’avril 1893, la végétation était extraordinairement avancée, les lilas étaient en avance de 20 jours et les acacias d’un mois entier, des cerises au dernier jour du mois, au Parc Saint-Maur, étaient douces, presque mûres.
- En 1918, le mois d’avril fut très couvert, nébulosité moyenne 82 pour 100 comme un mois d’hiver.
- Em. Roger.
- Errala. — A l’article précédent « Le mois météorologique, Mars 1930 », page 466, 2e colonne, 3e ligne, au lieu de 80 mm 5 d’eau pour 1888, il faut lire 90 mm 5 d’eau. E. R.
- LA RADIOPHONIE PRATIQUE ~
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- UN NOUVEAU TYPE DE LAMPE BIGRILLE POUR CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Les lampes bigrille sont maintenant presque uniquement employées en France pour réaliser les changements de fréquence dans les postes récepteurs, et les constructeurs s’efforcent constamment d’améliorer leur fabrication afin d’obtenir des modèles d’une régularité de plus en plus grande et une modulation très efficace assurant le maximum de sensibilité et de pureté. De plus, les postes récepteurs à changement de fréquence à ondes très courtes étant de plus en plus étudiés, il convient que le modèle de lampe choisie permette d’assurer cette réception jusque vers 15 mètres de longueur d’onde.
- Nous pouvons signaler à ce propos l’apparition d’une nouvelle lampe bigrille à filament à oxyde chauffé sous une tension de 3 v, 8, avec une intensité de 0,07 ampère, et qui convient particulièrement bien comme lampe oscillatrice (fig. 1).
- Cette lampe permet la réception des émissions sur ondes courtes en utilisant des bobinages de modulation et des condensateurs convenables. Il faut, eii outre, adopter, dans ce cas, une tension de plaque comprise entre 60 et 80 volts, au lieu de 30 à 60 volts dans le cas général.
- La plaque est, d’autre part, disposée horizontalement et sa section est rectangulaire.
- Vg/ (volts J
- Fig. 1.
- Les caractéristiques de la nouvelle lampe Badiolechnique bigrille R. 83.
- p.565 - vue 577/598
-
-
-
- = 566 . 1 : :=
- COMMENT INSTALLER UN POSTE RÉCEPTEUR SUR UNE AUTOMOBILE
- Ce problème a déjà été étudié, en général, dans la chronique automobile, parce qu’il intéresse évidemment les automobilistes, mais il nous semble pourtant qu’il convient de donner, dans cette chronique radiophonique, quelques détails nouveaux à ce sujet, en insistant sur les caractéristiques radioélectriques de l’installation.
- Rien de plus facile, évidemment, que d’emporter en automobile un poste portatif, mais ce dernier est plus ou moins
- Cable flexible de commande
- Cadran de contrôle
- Cadre de suspension à ressorts
- Auvent
- Récepteur
- Cadran
- Afrtenne
- | Plaquette de 'f réglage
- VAppareil disposé êfastiquement sous la banquette
- Fig. 2. — Trois façons de disposer un poste récepteur sur automobile:
- a) au-dessous du plancher; b) sous l’auvent; c) sous une banquette.
- adapté à ce but particulier et, d’ailleurs, il n'est guère pratique pour permettre l’audition pendant la route. Il est plus ou moins bien placé dans la carrosserie, et surtout, si l’on n’a pas pris de précautions spéciales, il se produit des bruits parasites plus ou moins violents, causés par les effets des courants haute fréquence produits dans les circuits d’allumage et d’éclairage.
- Il existe aux Etats-Unis des automobiles sur lesquelles des dispositifs de réception sont montés par les constructeurs eux-mêmes, et, s’il n’y a rien encore de comparable en France, il ne semble pas difficile, du moins, que des amateurs tentent d’effectuer des essais de ce genre.
- Le poste récepteur choisi sera, de préférence, de réglage simple; on pourra utiliser, par exemple, un appareil à change-
- Arbre dés condensateurs du poste
- Cadran de réglage à distance
- Vis sans fin
- Câble flexible de commande
- Cadran de réglage
- Poste récepteur
- Fig. 3.— Commande à distance des condensateurs du poste par câblé" flexible et système démultiplicateur à vis sans fin ou à pignon.
- ment de fréquence à réglage unique et bouton de commande central.
- Il ne semble pas indispensable d’utiliser un poste très sensible, et un montage à cinq lampes comportant üne bigrille changeuse de fréquence, deux étages moyenne fréquence, et une lampe basse fréquence tri-grille de puissance convient parfaitement.
- Il est préférable que cet appareil soit monté dans un boîtier métallique disposé élastiquement sous l’auvent, en dessous du plancher de la voiture, ou même en arrière de la banquette suivant la disposition de la carrosserie (%• 2).
- Il vaut mieux aussi que le réglage soit effectué à distance à l’aide d’un bouton moleté avec cadran de repère placé sur le tablier de contrôle ou dans un endroit quelconque de la carrosserie.
- Ce bouton agit, par l’intermédiaire d’un câble flexible, sur une vis sans fin, qui s’engrène avec une
- roue dentée montée sur l’arbre central de commande du réglage (fîg. 3). On pourrait également employer un pignon et une roue dentée de grand diamètre.
- Fig. 4. — Deux dispositifs de collecteurs d’ondes pour automobiles.
- p.566 - vue 578/598
-
-
-
- Le collecteur d’ondes est disposé dans le toit de l’automobile et, de préférence, dissimulé par la garniture en drap.
- Il se compose d’un treillis métallique ou d’un enroulement horizontal de quelques tours de fil isolé supporté aux quatre coins par de petits isolateurs, ou par des plaquettes isolantes portant les traits de scies.
- Il n’y a évidemment pas de prise de terre, et le contrepoids électrique est formé par la masse du châssis et la carrosserie métallique (fig. 4).
- Il est, de plus, nécessaire, comme nous l’avons indiqué, d’éliminer toutes les influences radioélectriques parasites. On les atténue beaucoup déjà en plaçant le poste récepteur dans un boîtier blindé, et les fils d’alimentation dans des tubes métalliques réunis à la masse du châssis; de plus, de petites résistances de 30 à 50 000 ohms sont montées en série sur les bougies, et quelques condensateurs de 2 à 3 microfarads relieront à la masse les boîtiers du distributeur, des conjoncteurs, disjoncteurs, etc. (fig. 5).
- Nous ne savons si quelques amateurs ont déjà eu l’idée en France d’établir sur les automobiles des postes récepteurs
- —....----- . " , : 1 — 567 =====
- fixes de ce genre, et nous serions heureux qu’ils nous fassent part des résultats obtenus par eux, le cas échéant.
- P. Hémardtnquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Nouvelle lampe bigrille, La Radiotechnique, 12, rue La Boétie, Paris.
- Câble sous tresse métal
- Boîtier métallique du poste
- Fig. 5. — Disposition du câble d'alimentation du poste sur automobile, montage d'une résistance en série avec les bougies d’allumage.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1930.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- Les transformations des glucides dans le Bananier
- (M. H. Behal). Jusqu’ici les botanistes se sont préoccupés seulement des phénomènes de maturation des fruits qui comprennent une transformation de l’amidon abondant dans les fruits verts, en sucre G12 H22 Ou. M. Behal a cherché à connaître le processus de la formation de l’amidon dans les fruits jeunes en suivant les glucides depuis la feuille, où ils s’élaborent, jusqu’au régime où ils aboutissent.
- Dans le limbe de la feuille, on trouve toujours un mélange de sucres réducteurs et de saccharose, ce dernier dominant de beaucoup le sucre interverti; dans la nervure centrale, même mélange, mais avec prédominance des sucres réduc-
- teurs ; dans le pétiole enfin, l’hydrolyse du saccharose se poursuit vers la base, de façon que le mélange de glucides qui arrive au stipe, pour être distribué au régime, est surtout riche en glucose et en fructose.
- La base du pétiole et le pédoncule, ayant fourni à l’analyse des résultats analogues, le pédoncule ne serait ainsi qu’un organe de conduction. S’agit-il du fruit ? Même quand la récolte a suivi de près la fructification, on constate une teneur élevée en amidon, pour un taux infime de sucres réducteurs. Au cours du développement, la teneur en matières amylacées s’accroît constamment pour atteindre 32 pour 100 et cette réserve amylacée des fruits verts s’élabore aux dépens des glucides solubles distribués par le pédoncule, surtout aux dépens des sucres réducteurs. Paul Baud.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMMENT OUVRIR FACILEMENT LES NOISETTES
- Lorsque l’on est à table et dispose de toutes les commodités, rien n’est plus aisé que d’ouvrir le fruit ligneux du Corylis avellana,
- vulgairement noisettes, mais si on se trouve en forêt et dépourvu du casse-noisettes classique, il faut se résoudre à casser d’une mâchoire vigoureuse l’enveloppe très dure qui protège l’amande de notre gourmandise, cela avec grands risques pour les dents.
- Il existe cependant un moyen très simple pour ouvrir les noisettes, c’est de couper, à l’aide d’un couteau ou d’un fort canif, la pointe de celles-ci, ce qui demande peu d’effort. Une fois l’ouverture faite, on introduit dans le trou la pointe du couteau et une légère pesée fait écarter les valves de la noisette, libérant l’amande pour la plus grande satisfaction de l’avisé gourmand. 9
- MANIÈRE DE TEINTER LE FOND DES PHOTOGRAPHIES
- La couche sensible des papiers et cartes postales étant consiituée par de la gélatine, cette dernière présente une grande affinité pour les matières colorantes, que l’on peut utiliser, en vue de donner au fond une « couleur locale » adaptée au sujet : coucher de soleil, clair de luné, etc.
- Il suffit pour cela de plonger pendant quelques minutes les épreuves dans une solution très diluée de la couleur dite d’aniline choisie : orangé, bleu, etc., on rince ensuite pour éliminer l’excès de colorant.
- Toutes les couleurs dérivées de la houille peuvent convenir et permettent à l’amateur photographe de réaliser de fort jolis effets.
- p.567 - vue 579/598
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Index generalis, 1929-1930, publié sous la direction de
- R. de Montessus de Ballore, in-12, 2320 p. Editions Spes, 17,
- rue Soufflot, Paris. 1 vol.
- Cet Annuaire, dirigé par une personnalité scientifique connue, M. de Montessus de Ballore, paraît régulièrement tous les ans depuis 1919. Comme les années passées, nous y trouvons une masse considérable de renseignements sur les universités et les grandes écoles, les observatoires, les bibliothèques, les instituts scientifiques, ils académies et les sociétés savantes : 6000 notices où sont désignées 60000 personnes appartenant au monde intellectuel, avec table alphabétique permettant de retrouver chacune d’elles dans le corps du volume.
- Plusieurs particularités, mises en évidence : ce sont les chefs de service eux-mêmes qui mettent les notices à jour, en corrigeant chaque année le texte qui les intéresse : une date, au début de chaque notice, indique l’année de la mise à jour.
- Classement par pays, ce qui assure une juste proportion à chacun d’eux, d’après son activité intellectuelle.
- Tables géographiques étendues.
- Cet ouvrage tient une place d’honneur dans toutes les bibliothèques et les laboratoires, car il est publié en deux éditions, l’une française, l’autre anglaise.
- L’ancienne et la nouvelle théorie des quanta,
- par Eugène Bloch. 1 vol. 418 p. Hermann et ClB, Paris, 1930.
- Prix : 85 fr.
- L’hypothèse révolutionnaire des quanta d’énergie, émise par Planck en 1900 pour mettre d’accord la théorie diTrayonnement avec l’expérience a donné naissance à une théorie qui a pris rapidement une grande extension : une foule de phénomènes venaient se placer pour ainsi dire d’eux-mêmes dans son cadre : effet photoélectrique, chaleur spécifique des solides, spectres’ des rayons X, etc., pour aboutir finalement à la magnifique synthèse de l’atome de Bohr. Mais, malgré ce triomphera théorie restait impuissante à rendre compte des modalités de la propagation des phénomènes ondulatoires; de même, à la vérité, que la théorie ondulatoire se trouvait en contradiction avec les lois des phénomènes où l’énergie s’échange entre matière et radiation. Cette antinomie qui était, vers 1922, le scandale de la physique, a fini par s’évanouir grâce à la nouvelle mécanique ondulatoire née en 1924 des tiavaux de Louis de Broglie, développée ensuite par. Schrodinger, Heisenberg, Pauli, Fermi, Dirac, etc.
- Cette évolution de la théorie est retracée de main de maître dans l’ouvrage de M. Bloch, édition d’un cours récemment professé à la Sorbonne. Il la prend à son point de départ, aux travaux de Planck, puis explore avec une remarquable lucidité les différents domaines qu’elle conquiert progressivement, les perfectionnements et les compléments qu’elle reçoit peu à peu, notamment pour rendre compte des séries de raies spectrales par la géométrie et la mécanique de l’atome. Arrivé à ce point, et afin d’être en mesure d’aborder les mécaniques nouvelles, l’auteur fait l’exposé succinct des résultats fondamentaux de la mécanique analytique classique, exposé qui dispensera le lecteur de recourir à des traités spéciaux de mécanique rationnelle pour comprendre la suite de l’ouvrage; il aborde alors la théorie de Louis de Broglie qui associe à toute onde le mouvement d’un point matériel et montre les confirmations expérimentales qu’elle a reçues; puis il expose les travaux de Schrodinger, les équations fondamentales de la mécanique ondulatoire établies par ce savant, ainsi que certaines de leurs applications, notamment à l’atome d’hydrogène. Une autre mécanique, celle des matrices, est née aussi de la théorie de quanta ; l’auteur en expose les traits fondamentaux et montre qu’elle équivaut à la mécanique de Schrôdinger, et que les deux théories, sans se contredire, se complètent mutuellement. L’exposé du principe d’indétermination d’Heisenberg qui met en jeu jusqu’au principe de causalité l’amène naturellement à donner un rapide aperçu des mécaniques statistiques nouvelles de Bose, Einstein et Fermi.
- La clarté du livre de M. Bloch, la logique de son plan, la sobriété de l’exposé qui s’interdit tout développement et toute digression inutiles en font le guide le plus sûr pour quiconque veut aborder ces théories nouvelles et avoir un aperçu d’ensemble sur le prodigieux mouvement d’idées qui agite la physique depuis 30 ans.
- Les rayons X, par J. Thibaud, 1 vol, 216 p., 77 fig. Armand
- Colin, éditeur, Paris, 1930. Prix : 10 fr. 50.
- Ce remarquable petit livre est consacré à la physique des rayons X, c’est-à-dire à un des plus passionnants chapitres de la science moderne, puisque c’est lui qui est en partie responsable du bouleversement théorique actuel. L’auteur est un savant à qui l’on doit d’importants travaux expérimentaux sur cette question. Il a su mettre sa science et sa compétence à la portée d’un large public, qui trouvera dans son livre un très clair exposé de la question dans ses grandes lignes, en même temps qu’une documentation très sûre et très à jour. Dans une première partie, l'auteur examine les propriétés physiques
- des rayons X, d’abord celles qui relèvent de la théorie électromagnétique, (diffusion, diffraction par les cristaux, longueur d’onde, polarisation), puis celles qui relèvent de la théorie des quanta et se rattachent à la structure des atomes (spectres de rayons X, discontinuités d’absorption, raies caractéristiques, lois de Moseley, effet photoélectrique, effet Compton, ionisation). La suite du livre est consacrée à la technique des rayons X (tubes, appareillage spectrographique) et à leurs applications physiques. Quelques pages enfin donnent des indications sur les rayons X de grande longueur d’onde, les rayons y et les ondes de L. de Broglie.
- Manuel de réception radioélectrique, par Pierre
- David, 1 vol. illustré, 304 p. Editeurs : Masson et Cle, Paris, 1930.
- Prix : 36 fr.
- La T. S.F. est devenue le passe-temps d’une foule d’amateurs, en même temps qu’un métier pour de nombreux techniciens. Aussi a-t-elle donné lieu déjà à une abondante littérature. Mais celle-ci se répartit en publications très savantes accessibles seulement aux techniciens spécialisés, ou en ouvrages de pure vulgarisation, aux explications à dessein simplifiées et purement approximatives. Entre ces deux classes d’ouvrages, il y avait une grave lacune que M. David vient de combler avec beaucoup de talent. Son livre, très clair et en même temps très précis, permet à quiconque s’occupe de T. S. F. et possède déjà de bonnes notions d’électricité de se rendre un compte exact des phénomènes qui président à la réception d’une audition radioélectrique et d’en chiffrer l’intensité. C’est le livre à conseiller aux amateurs instruits qui cherchent à comprendre et, le cas échéant, à réaliser eux-mêmes des organes de T. S. F.; c’est également pour le technicien débutant un guide excellent pour s’initier aux questions théoriques essentielles; d’autant plus que M. David dans plusieurs chapitres a incorporé la substance de recherches personnelles, du plus haut intérêt, ce qui donne à son livre un caractère particulièrement original.
- L’auteur étudie d’abord la propagation des ondes hertziennes, et le mécanisme d’émission des signaux. Puis il étudie les collecteurs d’onde; il rassemble ensuite dans un remarquable chapitre tout ce qui concerne la sélection et ses lois, en haute, moyenne ou basse fréquence. Le chapitre suivant est consacré à l’amplification; la réaction fait également l’objet d’un chapitre spécial; il en est de même de la détection et des changements de fréquence. Enfin le dernier chapitre réunit des considérations d’ensemble sur le choix et la construction des récepteurs, soit télégraphiques, soit téléphoniques, avec de précieuses indications sur la réalisation d’une réception radiophonique de qualité.
- Chimie du sol, par G. André. 3e édition, 2 vol. in-16, 625 p.,
- fig. Encyclopédie agricole. Baillière et fils, Paris, 1930. Prix : 24 fr.
- La constitution et la composition chimique du sol régissent les cultures, puisque les plantes puisent dans la terre les éléments nécessaires à la vie. Le regretté professeur de l’Institut agronomique avait consacré sa vie à cette étude et il a su, dans cet ouvrage classique, fondamental, grouper tout ce qu’on sait actuellement de la structure du sol, des éléments qui le composent, de leur mobilité et de leur assimilabilité, des moyens de corriger ses insuffisances et son épuisement. Successivement, il expose la formation des sols, leurs éléments minéraux et organiques, l’eau et les gaz qui les parcourent, la structure physique, les méthodes d’analyse, les propriétés absorbantes, fixatrices, biologiques, les caractères des diverses terres utilisées par les cultures. Ces notions sont indispensables à la pratique raisonnée tout autant qu’à la connaissance scientifique des échanges entre les plantes et leur substrat.
- Le développement mental et l’intelligence, par
- Henri Piéron. 1 vol. in-16, 97 p., 12 fig. Bibliothèque de philosophie
- contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1929. Prix : 10 fr.
- Suite de 4 conférences faites par l’auteur, professeur au Collège de France, à l’Université de Barcelone. Elles présentent une très intéressante mise au point de nos connaissances sur le développement mental de l’enfant et les divers moyens imaginés pour le mesurer. Après la naissance, le cerveau grossit progressivement, les voies de conduction se myélinisent, les mouvements se coordonnent, la tétée, puis l’agrip-pement des mains, les mouvements des yeux, la préhension des objets, la marche, etc., s’organisent. En même temps des phénomènes psychologiques apparaissent : attention, mémoire, association des idées, etc. On a longuement analysé l’ordre de ces apparitions et de ces coordinations. Pour juger des déficiences et des arriérations, Binet et Simon ont proposé une série de tests et une échelle de notation abondamment employées, plus ou moins modifiées, dont l’usage a abouti à chercher d’autres tests mesurant non seulement les niveaux de développement, mais aussi les caractéristiques mentales. On en est arrivé à essayer d’évaluur l’intelligence sous ses diverses formes et à en tirer des conclusions pratiques pour l'orientation des enfants.
- p.568 - vue 580/598
-
-
-
- ^ CHRONIQUE D’AVIATION
- Le phénomène du Colonel Raimondi.
- Le Colonel Raimondi a présenté au 18e Congrès pour le progrès des sciences, à Florence, la découverte d’un phénomène aérodynamique resté jusqu’ici inconnu.
- Ce phénomène peut s’énoncer de la manière générale suivante : un solide fixe, placé dans un fluide à proximité d’un solide en rotation est attiré par ce dernier; la force d’attraction est fonction de la forme et des dimensions des sofides, de leur distance, de la vitesse de rotation du solide tournant.
- Les essais effectués ont porté sur les systèmes palette mobile-plaque, cylindre mobile-plaque, cylindre mobile excentré dans un cylindre creux.
- Les dimensions des appareils essayés sont les suivantes :
- Palette : 100 X 22,5 X 1,8 à 0,8 cm.
- Cylindre tournant : 100 X 28 cm (diamètre extérieur).
- Plaque fixe : 100 X 60 cm.
- Cylindre fixe : 100 X 30 cm (diamètre intérieur).
- La force d’attraction développée fut, dans le cas du système palette-plaque, 0 kg 500 pour une vitesse de 1 900 t/m et une distance de 15 cm; dans le cas du système cylindre-plaque r 0 kg 400 pour 2500 t/m et 15 cm; dans le cas du système cylindre-cylindre : 1 kg pour 1300 t/m et une excentricité de 0,5 cm.
- L’étude complète du phénomène Raimondi reste à faire; la grandeur des forces mises en jeu doit permettre de l’effectuer facilement; par contre, il semble difficile d’aborder la question mathématiquement, sauf peut-être dans le cas du cylindre tournant.
- Amphibie commercial Fokker.
- Un appareil amphibie n’est pas une nouveauté : il en existe déjà de nombreux types, tant en, France qu’à l’étranger; l’aviation commerciale semble néanmoins ignorer jusqu’ici l’emploi de tels appareils, sous le prétexte de leur faible rendement économique.
- L’Atlantic Aircraft Corporation, filiale américaine de la Société Fokker, a construit récemment un amphibie de transport, le BIV, dont les caractéristiques semblent cependant intéressantes.
- La voilure du Fokker B IV est monoplane, en porte à faux, identique à celle du F VII commercial. Construite entièrement en bois, elle comprend deux longerons en caissons, des nervures en treillis, et un recouvrement de contreplaqué.
- Fig. 2. — L’amphibie Fokker BIV.
- 1900 t/mm-
- Palette mobile 100 x225 k 1,8 à 0,8 cm
- Plaque fixe
- 100 x60 cm.
- Fig. 1. — Le phénomène du Colonel Raimondi,
- La voilure est fixée directement sur le dos de la coque. Le profil est épais, le contour en plan est trapézoïdal à extrémités arrondies.
- La coque, de construction métallique, est formée de couples portant directement le recouvrement de tôle de duralumin (coque « flexible »). Elle est de formes assez peu amorties, et comporte deux redans. L’aménagement comprend le poste de pilotage, à deux places côte à côte (conduite intérieure) ; la cabine, aménagée généralement pour six passagers; une soute à bagages. L’empennage horizontal est fixé au-dessus du plaii fixe vertical, il est ainsi très dégagé. Le plan fixe horizontal est réglable en vol; tous les volets d’empennage sont compensés.
- Le moteur, un Pratt et Whitney de 500 ch (moteur en étoile à refroidissement par l’air), est monté au-dessus de la coque sur un bâti de mâts en N (tube d’acier), il est placé à l’arrière d’une nacelle fuselée.
- Pour l’amérissage, deux ballonnets en tôle de duralumin assurent la stabilité transversale; ils sont fixés aux longerons de l’aile par l’intermédiaire de tubes profilés.
- Le train d’atterrissage se compose, pour chaque roue, d’un Y articulé à la base de la coque et d’un mât télescopique. S’appuyant sur le longeron avant du plan, ce dernier mât est relevé pour l’amérissage de l’appareil.
- Les caractéristiques principales de l’amphibie sont les suivantes :
- Envergure . . .
- Longueur ....
- Surface portante .
- Poids vide . . .
- Charge payante .
- Poids total . . .
- Vitesse maximum — de croisière
- Activité des lignes Farman.
- Au cours du mois de mars dernier, le trafic sur les lignes Farman s’est élevé aux chiffres suivants :
- Ligne Paris-Bruxelles-Amsterdam : passagers 333; marchandises 38 038 kg; poste 74 kg.
- Ligne Paris-Cologne-Berlin : passagers 221; marchandises 13 278 kg.; poste 460 kg.
- 18 m. 13,72 m. 46,50 m". 1810 kg.
- 630 kg. 2900 kg. 200 km-h. 160 km-h.
- Gbuson.
- p.569 - vue 581/598
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS =
- «5
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL Un nouveau type d’antenne d’émission.
- La nouvelle station KDKA à ondes très courtes de la société Westinghouse, actuellement en voie de construction à Saxon-burg, Pa., sera munie d’une antenne perfectionnée, grâce à laquelle ses émissions seront parfaitement reçues à distance, tout en permettant, même à proximité immédiate, l’audition d’autres stations. L’invention en est due au Dr. Franck Conrad, ingénieur en chef de la société, qui, au courant de l’année dernière, s’est livré, à ce sujet, à des recherches théoriques et pratiques approfondies.
- Pour ces expériences, on a, à titre provisoire, installé à Saxonburg, un transmetteur à ondes courtes dont le fonctionnement a permis de vérifier, dans tous leurs détails, les théories de M. Conrad. Huit antennes verticales, comportant chacune un dipôle, s’y trouvent disposées sur la périphérie d’un cercle de petit diamètre ; la position de chacun de ces mâts est exactement déterminée à l’avance. L’effet de cette disposition consiste en une compensation mutuelle presque complète des émissions horizontales, passant à travers le sol, tandis que l’onde se propageant à travers l’espace est rayonnée avec son énergie tout entière. Cette onde, en se diffusant en direction verticale, va frapper la couche d’électrons de Heaviside, dans la haute atmosphère, d’où elle se trouve réfléchie vers les régions situées à quelque distance, alors que la proximité immédiate de la station n’en est point affectée.
- En intervertissant le mode de fonctionnement de cette antenne, on peut, d’autre part, émettre une onde horizontale intense avec émission faible à travers l’espace, en établissant, de cette façon, des conditions propices à une bonne réception locale.
- Si, par exemple, il s’agit de perturbations par une autre station, plus faible, on n’aura qu’à réduire, de cette façon, l’intensité de son émission verticale, pour la rendre inofîensive à quelque distance.
- La station une fois installée, l’antenne définitive se composera d’un grand cercle de mâts portant chacun une antenne en cage d’oiseau. Ce cercle aura 240 mètres de diamètre; chacun des mâts aura 33 mètres de hauteur. Les points d’émission de cette antenne seront disposés de façon à donner lieu au même affaiblissement de l’onde horizontale; aussi on aura par d’autres moyens le même résultat qu’avec le transmetteur à ondes courtes. Dr Alfred Cradenwitz.
- AGRONOMIE
- L’Oca.
- Cette plante (Oxalis crenata) est originaire du Pérou, où elle est très cultivée depuis la plus haute antiquité; elle s’est d’ailleurs répandue dans le monde entier, sous les noms les plus divers : Oca, chez les Péruviens; Péru oca, en Angleterre; Oxalide crénelée, en France, etc. C’est une plante vivace de la famille des Oxalidées — annuelle dans les cultures— à tige charnue, rampant sur le sol, s’enracinant »à toutes les
- articulations et produisant de nombreux petits tubercules, ayant dans certaines variétés l’apparence d’une pomme de terre vitelotte. Il y en a de toutes les teintes, mais d’après ce que me disait Edouard André, qui voyagea longtemps dans ces régions, les oxalis ou Oca, les plus appréciés pour manger frais, sont ceux à tubercules jaunes, roses ou blancs: les autres servent à la confection du Caui, sorte de pruneau excellent, dont ia consommation est très grande au Pérou et en Bolivie.
- Malgré toutes ses qualités, cette plante se répand peu en Europe, où elle doit se cultiver, même dans le Nord, en été, et pourtant bien des amateurs apprécient ce légume lin et délicat, qui gagne en qualité s’il est récolté depuis quelque temps,
- h’Oxalide tubêreux ou Oca fut introduit en Angleterre en 1829 — il y a cent ans — de là, il se répandit sur le continent.
- La culture en est simple : elle consiste à le planter dans un
- Fig. 1. — U antenne Conrad, à Saxonburg.
- sol léger, plutôt sableux, où son rapport est considérable. Après un bon labour, on répand sur toute la surface de la terre 100 à 150 gr, par mètre carré, d’un mélange par parties égales de sulfate d’ammoniaque et de nitrate de soude; on enterre ces matières au râteau, puis en avril, dans le Nord, en février dans le Midi et le Nord de l’Afrique, on plante un tubercule, à 1 mètre en tous sens, à une profondeur de 0 m 08 à 0 m 10; la végétation ne tarde pas à se manifester. Au fur et à mesure que les tiges s’allongent, on procède au buttage, en enfouissant celles-ci sous terre, tous les 0 m 25 ou 0 m 30. C’est une sorte de marcottage qui ajoute à la production, parfois énorme, si le travail est bien fait.
- Ce marcottage se poursuit jusqu’à la fin de la végétation et tant que les tiges grandissent , dans le Nord jusqu’en septembre, dans le Midi jusqu’en novembre-décembre. L’arrachage se fait le plus tard possible: aux premiers froids; on récolte parfois 2 à 3 kg au mètre carré.
- Dans le Midi et l’Afrique du Nord, cette culture diffère
- p.570 - vue 582/598
-
-
-
- par les irrigations qui doivent être abondantes et fréquentes.
- Les variétés à tubercules clairs sont les moins acides, mais une fois bouillis — 5 à 6 minutes — cette saveur s’amoindrit., s’atténue au point qu’ils sont très agréables à manger.
- Les variétés de teintes foncées sont d’une très grande acidité et les plus recherchées pour prunifier, sous le nom de Caui, mais comme elles sont plus rares on prend celles aux coloris clairs qui sont plus communes.
- A la récolte on les expose au soleil, plus ou moins longtemps, leur acidité disparaît, se métamorphosant en fécule, par le même fait physiologique qui se produit dans les fruits : une Oca blanche j^eut avoir la saveur d’une fine pomme de terre; il y a des variétés, tout aussi farineuses, dont la saveur rappelant celle de la châtaigne est des plus agréables.
- « L’exposition au soleil, dit Weddel, se poursuit 8 ou 10 jours et même un peu plus, selon la variété. On les renferme — les tubercules — dans de grands sacs de laine qui en facilitent la dessiccation, de plus, on peut les retourner commodément, mais il ne faut pas en mettre beaucoup à la fois, la couche devant être mince. Si on laisse les Oca expo'sés au soleil pendant 5 à 6 mois, ils se transforment en Caui, comme il est dit plus haut; il va sans dire que dans les deux cas il faut éviter la gelée, qui en fait un autre produit appelé Caia ou Chuno de Oca. Dans ce cas, après congélation, on fait macérer les tubercules dans l’eau tranquille. L’Oca alors se corrompt et acquiert une saveur comparable à celle de certains fromages. »
- Il n’est pas douteux que les deux modes principaux de désacidification ne sauraient se pratiquer qu’en Afrique du Nord et dans le Midi, pas dans le Nord de l’Europe, où il faut se contenter de les garder en cave pendant 2 ou 3 mois avant de les consommer. C’est comme cela qu’il faut opérer.
- C’est un légume essentiellement d’hiver; cuit à l’eau, il est très bon; on en connaît des tubercules ronds ou longs, roses, blancs, violets, jaunes, rouges vineux ou rouges vifs, etc.
- Aux Halles de Paris, il en arrive chaque hiver, quelques paniers enlevés rapidement par ceux qui les connaissent; c’est presque toujours la variété rouge qui est mise en vente.
- Nouveau vieux légume de valeur.
- R. de Noter.
- RADIOTÉLÉPHONIE
- La liaison radiotéléphonique Londres-Sydney.
- Le 30 avril a été inauguré un service régulier de communications radiotéléphoniques entre l’Angleterre et l’Australie et vice versa. La longueur de cette liaison est supérieure à 18 000 km. Ce sont les ondes courtes qui ont permis de réaliser ce record en matière de téléphonie à longue distance. En Angleterre, le poste émetteur est placé à Rugby, le poste récepteur à Baldock (Hertfordshire), tous deux sont reliés par câbles au bureau central téléphonique de Londres. De même, en Australie, deux postes distincts et éloignés l’un de l’autre, l’un récepteur, l’autre émetteur, ont été construits à peu de distance de Sydney et reliés au réseau téléphonique de Sydney.
- La liaison Madrid-Buenos Aires, dont La Nature a récemment entretenu ses lecteurs, ne franchit que 11 000 km environ.
- ÉLECTRICITÉ
- U électrification du réseau du Midi.
- Les chemins de fer du Midi, on le sait, ont été les premiers en France à s’électrifier. Ce travail, commencé dès 1910, est aujourd’hui très avancé et les locomotives électriques circu-
- —.............. • ...........::.571 =
- lent actuellement sur une importante partie du réseau, à l’entière satisfaction des usagers.
- A la dernière Assemblée générale des Chemins de fer du Midi, le président M. Tirard a jeté un coup d’œil d’ensemble sur l’électrification du réseau et ses résultats. Nous en extrayons les renseignements qui suivent.
- L’électrification est aujourd’hui achevée sur 1036 km. Les lignes suivantes sont maintenant exploitées électriquement : Toulouse-Dax ; Toulouse-Tour de Carol; avec les embranchements de Montrejeau à Luchon, de Tarbes à Bagnères-de-Bigorre, de Lourdes à Pierrefitte, de Pau à Canfranc; de Buzy à Laruns; la ligne Bordeaux-Irun avec les embranchements d’Arcaehon et de Biarritz; la ligne Perpignan-Yillefranche de Confient et son prolongement jusqu’à Tour de Carol.
- Sont en cours d’exécution les travaux d’équipement de la ligne Béziers-Neussargues qui entrera en service en octobre 1931, et de la ligne Puyoo-Bayonne avec les embranchements de Puyoo à Mauléon et à Saint-Palais, de Bayonne à Saint Jean-Pied-de-Port, travaux qui seront achevés avant la fin de l’année 1930.
- Bientôt seront entrepris les travaux d’électrification de la ligne de Bordeaux à la Pointe-de-Grave dont l’achèvement doit être assuré avant la mise en service de l’avant-port du Verdon en 1932. La longueur des lignes sera alors de 1582 km. Enfin le projet d’électrification de la ligne Montauban-Sète (270 km) est actuellement à l’instruction et on escompte pour 1934 l’achèvement des travaux qu’il comporte. Il y aura alors 1852 km électrifiés sur les 4246 1cm qui constituent le réseau du Midi.
- L’alimentation des lignes électrifiées est assurée par un double réseau de lignes de transport ainsi établi : le réseau primaire à 150 000 v relie les usines génératrices des Pyrénées aux postes de Dax, de Pessac, de Poste-et-Saint-Simon et prochainement de Saint-Victor, d’où partent les lignes du réseau secondaire à 60 000 v qui transportent le courant jusqu’aux stations de transformation en courant continu, échelonnées le long des iignes.
- Le courant est produit dans 7 grandes usines hydroélectriques des Pyrénées : la plus ancienne, l’usine de la Cassagne, dans la vallée moyenne du Têt, a été édifiée en 1910 pour les besoins de la ligne de Villefranche à la Tour de Carol. L’usine voisine de Fontpedrouse fournit le courant à la ligne Perpi-gnan-Villefranche de Confient. lies autres usines sont celles de Soulom, au confluent des gaves de Pau et de Cauterets, d’Eget qui utilise les eaux des réservoirs de l’Oule et d’Oredon, achevée en 1919, et enfin le groupe puissant de la vallée d’Ossau (Hourat, Miegebal, et Artouste) achevé en 1929 seulement. Deux nouvelles usines sont en construction dans la haute vallée du Louron en amont d’Arreau-Cadeac. L’ensemble des usines en service produit actuellement environ 500 000 000 lcw-h.
- Grâce au jeu des interconnexions, le réseau peut rendre aux industries voisines une partie du courant produit dans ses usines, aux heures où le chemin de fer ne l’utilise pas. Les travaux d’électrification ont coûté jusqu’ici 1 milliard. Les charges supplémentaires qui résultent de cette immobilisation de capital sont exactement compensées par les économies de chai-bon réalisées et la vente des excédents de courant. Ces charges ont été alourdies par les conditions du marché des capitaux après la guerre; malgré leur poids, l’opération de l’électrification, qui en temps normal eût été brillamment bénéficiaire, se balance sans perte. Il serait juste, du reste, de lui tenir compte de grands avantages indirects qu’elle a assurés et qui sont difficilement chiffrables; elle a permis, par exemple, le développement industriel récent de la région pyrénéenne.
- p.571 - vue 583/598
-
-
-
- PETITES INVENTIONS
- >, MÉCANIQUE Inverseur automatique.
- Les dispositifs inverseurs de marche sont nécessaires dans certaines machines industrielles, comme les tonneaux de polissage par exemple, ou dans des appareils domestiques comme les machines à laver. Il faut que ces dispositifs soient d'un fonctionnement sûr, qu’ils ne puissent se coincer ni se rompre, et qu’il n’y ait pas de court-circuit s’il s’agit d’un mécanisme électrique ; enfin que la simplicité préside à leur établissement.
- Un nouvel appareil inverseur automatique a pour principe l’emploi d’un arbre creux, relié à l’arbre de l’appareil qu’on doit faire tourner. Sur cet arbre creux on monte deux organes de transmission fous qui sont mis en rotation par des dispositifs de liaison et qui sont agencés de façon que les deux organes tournent en sens inverse l’un de l’autre. L’entraînement alternatif de l’un ou de l’autre se fait par un doigt qui est fixé sur une broche, coulissant dans l’arbre creux et relié à cet arbre, à son extrémité libre, par un dispositif automatique de renversement de marche. Ainsi lorsque le doigt vient alternativement en prise avec un pied fixé au moyeu de chaque organe de transmission, il le solidarise avec l’arbre creux et fait tourner ce dernier alternativement dans le sens correspondant, par conséquent tantôt dans un sens et tantôt dans l’autre.
- Le principe du dispositif peut être représenté par exemple par deux poulies à gorges parallèles, 1 et 2, montées sur un même arbre 3. Dans les gorges de ces poulies passe un câble sans fin, qui s’applique sur deux galets de renvoi 4 et 5. Ceux-ci sont montés sur un arbre moteur 6 horizontal, placé en équerre avec le premier arbre. Un des galets est claveté et entraîné par l’arbre tandis que l’autre galet tourne fou sur ce même arbre. Par suite, les deux poulies à gorge, qui sont reliées par le câble aux galets, tournent en sens inverse sur le premier arbre. Si l’on solidarise l’une ou l’autre de ces poulies avec cet arbre, il sera entraîné tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre; et en alternant cette solidarisation à des intervalles déterminés, on obtient le renversement de marche de la machine entraînée.
- Dans une des réalisations du système, le dispositif par câblé sans fin est remplacé par un système de renversement de marche par engrenages coniques et pignon satellite. Sur le bâti en forme de chevalet se trouve placé un carter à bain d’huile qui renferme les engrenages constitués par deux roués d’angle. Elles sont folles sur l’arbre creux, et en prise avec un pignon satellite, lequel les fait tourner en sens inverse l’une de l’autre. Le carter est fermé par un couvercle étanche.
- La commande du système se fait au moyen d'un moteur électrique qui entraîne par une courroie la poulie montée sur ün arbre portant une vis sans fin en prise avec une roue hélicoïdale solidaire d’un engrenage conique du système. A l’une de ses extrémités l’arbre creux porte un manchon d’accouplement avec la machine qu’il s’agit de mettre en marche. L’arbre
- Fig. 1. — Principe de l’inverseur.
- .ev/er
- Ecrou mobile
- Engrenage d'angle
- Roue hélicoïdale Poulie
- /\Manchon
- Pointeau
- Pignon
- satellite'
- Détail du système d’inversion
- Fig. 2.
- Fig.
- Un inverseur monté.
- de la 2e roue conique est fileté et il est muni d’un écrou en bronze qui commande le dispositif régulateur, permettant de faire varier la position du doigt en agissant sur un levier à bascule par les deux butées d’une encoche. L’ouverture de cette dernière, dans laquelle joue le levier d’un contrepoids au moyen de deux pointeaux, est réglable. Le levier agit sur le doigt central qu’il entraîne. De ce fait on obtient l’inversion de marche après un nombre de tours déterminé de l’arbre, puisque l’écrou mobile sur la tige filetée fait déplacer le levier grâce aux pointeaux qui le poussent dans un sens ou dans l’autre. Le doigt est alors déplacé par le mouvement de ce levier, et il est robuste pour résister aux chocs provoqués par la chute du contrepoids.
- Les moyeux des roues coniques folles sont munis de butées susceptibles d’entraîner le doigt monté sur l’arbre.
- Ce système peut évidemment recevoir diverses modifications suivant les appareils sur lesquels il est monté.
- Le principe est celui d’un arbre creux avec doigt mobile entraîné alternativement , par l’un ou l’autre des organes.
- Le renversement de marche se fait automatiquement ' après un nombre de tours déterminé et réglable par le. déplacement de l’écrou sur la partie filetée.
- E. Weiss.
- Inventeur : M. RominbUti, constructeur, à Pontarlièr.
- p.572 - vue 584/598
-
-
-
- BOITE aux lettres;
- COMMUNICATIONS
- 573
- Dans le Poitou, lorsqu’on veut str'dëtîarrasser à la foire d’un bœuf très méchant ou d’une vache inabordable pour la traite, on ne vend
- A propos du vol des araignées (N° 2827),
- M. Raphaël Gaudissart, du Musée Hoang Ho Pai Ho, de Tientsin, nous écrit
- « J’ai lu avec un très vif intérêt l’article de M. André Virieux, sur le vol des Araignées, publie dans La Nature du 15 février dernier. Mais j’ai été fort étonné d’y lire que depuis Pierre Huber, c est-à-dire depuis 1840, « en pays latins tout au moins », la question ne semble pas avoir progressé. Vous trouverez dans la Revue Etudes des Pères de la Compagnie de Jésus, novembre 1867, un article fort intéressant intitulé : Le vol des araignées. Mémoire présenté à l’Académie des sciences dans la séance du 18 mars 1867, par le P. Babaz, Jésuite. L’Académie, semble-t-il, ne trouva pas le mémoire digne de son attention, et il fut enterré sans formalité. Vous pourrez constater à la lecture qu’il méritait mieux. L’article de M. André Virieux me fournit l’occasion de l’exhumer. Il est probable qu’un geste bienveillant de l’Académie signalant ce mémoire aux amateurs d’histoire naturelle aurait fait progresser la question, tout comme la lecture des pages laissées par Pierre Huber donnèrent lieu aux observations et aux découvertes de M. André Virieux.
- Le P. Babaz fut très sensible au mépris avec lequel on accueillit son mémoire : c’était le fruit de 15 années d’observations consciencieuses, de recherches patientes, et de découvertes intéressantes tout à fait semblables à celles de Pierre Huber, de Mac Cook et de M. André Virieux, et la première autorité scientifique de France lui refusait le droit d’être écouté du monde savant ! Pour se consoler, il se livrait à une autre passion : les abeilles, et c’est elles qu’il chargea de le venger. Il raconte ainsi la chose en des termes qui ne manquent pas de spirituelle bonhomie :
- Avec Fr. Huber (le père de Pierre Huber), Dumas et Milne Edwards, il se croyait en mesure de prouver que les abeilles nourries au sucre donnent plus de cire qu’avec le nectar ordinaire : « J’ai recueilli avec beaucoup de soin, écrit-il, la, cire qui provenait certainement du nectar au sucre, et je l’ai fait fondre, purifier, couler en brique. lien est résulté un échantillon assez gros, et si beau, d’un grain si fin, d’une couleur jaune orange, avec teinte vermeille, si éclatante, que si je l’eusse cru, ce charmant échantillon, il eût pris sans hésiter le chemin de l’Institut, uniquement pour se faire voir. Mais non; il y avait une rancune à satisfaire; il n’ira pas; et les abeilles, quoique race ennemie, vengeront cette fois l’insulte faite aux araignées. »
- Vos lecteurs vous sauront gré de leur faire connaître au moins l’existence de ce mémoire : il pourra s’ensuivre des observations qui feront progresser la question. Après la mort du P. Babaz, son mémoire fut publié de nouveau, avec ses articles sur les abeilles, le tout précédé d’une notice biographique sur l’auteur, par Mme Claudius Lavergne, chez Victor Palmé, 1884. »
- Les Anguilles Totem et la Thérapeutique.
- M. le Dr Marcel Baudouin nous écrit â propos de l’article de M..l'e Dr Pellegrin (N° 2833) :
- « Il serait bon qu’on déclare, une fois pour toutes, que toute cette opothérapie qui, un moment, a pu mériter d’être digne d’attention, ne signifie absolument rien-, sauf une seule et unique chose, à savoir que l’Anguille a été le totem de nombreuses tribus préhistoriques du Paléolithique à nos jours et que toutes les vertus, sous ses diverses formes (totems partiels), ne lui viennent que de sa prétendue puissance.
- Il serait trop long de le démontrer ici (l). Nous demandons donc qu’on croie sur parole un folkloriste qui a 60 ans d’expérience.
- Mais, scientifiquement, l’anguille rend dans le peuple d’autres services plus faciles à contrôler ! Voici un exemple, entre cent.
- - , f
- .1. Ce n’est pas à l’aventure que je risque cette affirmation....; Je tiens à la disposition de mes confrères mon mémoire sur VAnguille Totem en Préhistoire et en Ethnographie moderne, malheureusement toujours inédit.
- jamais l’animal sans la présence de son panseur ou de la fermière, après lui avoir fait avaler de force, le matin, une anguille vivante, aussi frétillante que possible !
- L’animal à jeun, troublé par les phénomènes insolites qui se passent au niveau de sa panse, reste tranquille et se laisse aborder très aisément sur le champ de foire, si méchant soit-il ! Il ne redevient très dangereux que lorsque l’anguille est morte dans son estomac !
- Ce fait est véritablement stupéfiant. Mais il semble réel. L’expérience est d’ailleurs assez aisée à reproduire, au moins à la campagne et dans les fermes. »
- A propos de Tépuration des eaux de chaudières.
- M. Ch. Rolland, ingénieur des Arts et Manufactures, nous écrit à ce sujet :
- * J’ai lu avec intérêt l’article paru dans votre numéro 2833, en date du 15 courant, sous la signature de M. D. Mourier, sur l’épuration des eaux d’alimentation des chaudières.
- Voulez-vous me permettre de vous présenter quelques remarques au sujet de l’entretien des chaudières, certains points importants étant restés dans l’ombre, dans votre article, ce qui se comprend facilement, étant donné son peu de développement.
- L’augmentation de consommation de 8-10 p. 100 dont vous parlez est des glus modestes : il a été fait par des experts (Piclet, Gültner, etc.), des essais qui ont démontré qu’une épaisseur de tartre de 5 à-6 ,mm était souvent suffisante pour augmenter la consommation de combustible de 35 p. 100 : mais ce point n’est pas celui sur lequel je voudrais spécialement attirer votre attention. Je désirerais surtout vous faire remarquer que la préoccupation (unique chez beaucoup d’industriels) d’empêcher les incrustations procède d’une manière de voir insuffisamment éclairée et qu’il faut, non pas éviter les incrustations tout court, mais les éviter en ne produisant de corrosions ni aux tôles ni aux accessoires : tuyauterie, joints, robinetterie, garnitures de tubes de niveau, etc.... Or, il est pratiquement impossible de réaliser ce programme en utilisant des produits chimiques. Qui dit, en effet, réaction chimique, dit « proportions définies ». Il faudrait donc, pour agir convenablement, connaître exactement les corps dissous dans l’eau d’alimentation et le volume vaporisé. Il n’est pas exagéré d’affirmer que, le plus souvent, dans la pratique, on est .dans l’impossibilité de connaître nettement et exactement ces deux facteurs. Et, alors qu’il faudrait employer, pour chaque cas, un réactif différent et en quantité déterminée, on emploie presque toujours un réactif omnibus, en quantité qui a été calculée, c’est entendu, mais en partant de quelles données et avee quelle approximation?
- Il est donc très difficile d’obtenir autre chose qu’une diminution des incrustations, ce qui est insuffisant.
- Par ailleurs, les produits chimiques substituent aux seuls incrustants d'autres sels solubles qui se concentrent rapidement dans l’eau et amènent fatalement (en attendant une liquidation longtemps attendue... !) des mousses, donc des entraînements et des corrosions des accessoires, notamment des robinets.
- Une analyse tant soit peu sérieuse de la question démontre que l’entretien des chaudières ne peut logiquement trouver de solution satisfaisante par voie chimique. C’est pourquoi j’ai renoncé, dans mon usiné, à l’emploi des désincrustants et j’utilise un produit totalement neutre, ni acide, ni basique, inactif chimiquement parlant, à base de graphite et d’alliages métalliques. Ce produit empêche les incrustations par le fait qu’il donne des boues faciles à évacuer au ; lieu de tartre adhérent aux tôles. De plus, les métaux qu’il renferme Axent l’oxygène et l’acide carbonique, agents de corrosion et évitent toute attaque tant des tôles que des métaux cuivreux.
- ... Plus d’épurateurs, plus de dégazeurs qui demandent à être surveillés de très près, si on veut qu’ils donnent des résultats... acceptables. Une introduction de ce produit, en quantité minime, deux fois par semaine i.est suffisante. » '
- p.573 - vue 585/598
-
-
-
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Modification d’un appareil à changement de fréquence.
- 1° Pour adapter un poste ordinaire à changement de fréquence par lampe bigrille à la réception des émissions sur ondes courtes, on peut utiliser deux procédés, comme nous l’avons déjà noté dans nos chro-niques, et dans la « Boîte aux lettres ».
- Rappelons qu’on peut utiliser le système du double changement de fréquence en reliant une lampe changeuse de fréquence spéciale à la lampe bigrille de l’appareil lui-même, au moyen d’un Tesla de liaison accordé sur une longueur d’onde moyenne, de l’ordre de 1000 à 1200 mètres, par exemple.
- Il semble plus simple, et, d’ailleurs, on obtient des résultats équiva_ lents, en mettant hors circuit la lampe changeuse de fréquence ordinaire du poste pour la réception des ondes très courtes sur la gamme 15-100 mètres.
- On emploie alors une lampe changeuse de fréquence spéciale avec ses bobinages d’accord et de modulation séparés, et on intercale le primaire du Tesla de liaison du poste dans le circuit de plaque de cette lampe.
- Pour adapter votre appareil à changement de fréquence à la réception des ondes très courtes, il vous suffira donc de placer en avant de votre poste un adaptateur spécial à lampe bigrille, ou même à lampe triode ordinaire, que vous pourrez facilement trouver dans le commerce. Nous vous signalons, par exemple, les modèles Omnium-Radio, Radio-L.L. et Ducretet. ---
- Cet appareil adaptateur est alimenté par les mêmes batteries que le poste récepteur ordinaire, et des fiches connectées à l’extrémité de fils souples permettent de le relier rapidement au poste récepteur. Cet appareil fonctionne très simplement à l’aide d’un fil isolé de quelques mètres de longueur servant d’antenne. Il n’est généralement pas nécessaire d'employer de prise de terre; on peut adopter un contrepoids électrique ou même employer l’antenne seule.
- 2° Il est bien difficile d’atténuer le bruit de souffle, dont vous vous plaignez, sans modifier le montage de votre appareil. -
- On pourrait peut-être tenter de remplacer la lampe détectrice à condensateur shunté de ce montage, par une lampe détectrice par courbure de plaque, ainsi qu’il est indiqué dans une réponse précédente. Encore cette modification n’est-elle pas très recommandable, étant donné que le nombre des étages moyenne fréquence est peu élevé.
- Si vous n’avez pas, d’ailleurs, de connaissances suffisantes en radio-téchnique, il est préférable que vous ne tentiez pas de modifier vous-même le montage intérieur de l’appareil.
- 3° Vous ne pouvez songer à modifier le type de lampes utilisées en moyenne fréquence, les caractéristiques de ces lampes correspondant, en effet, aux caractéristiques des bobinages.
- Vous pourriez peut-être, par contre, améliorer l’audition en changeant la lampe détectrice, et en choisissant, par exemple, une A 415 Philips, une L 410 Gecovalve, ou une C 9 D Fotos. De même, la lampe changeuse de fréquence pourrait être du type R 83 Radiotechnique, A 441 Philips, ouBG 4 Gecovalve, etc., c’est-à-dire à filament à oxyde, et non plus en tungstène thorié.
- 4° Les vibrations du haut-parleur dont vous vous plaignez, et qui troublent l’audition, peuvent provenir, soit du poste récepteur, soit du haut-parleur lui-même,
- Il serait bon de vérifier la qualité et la tension de polarisation des lampes basse fréquence, et nous pensons que vous employez une tension de plaque suffisante de l’ordre de 90 à 120 volts, sur ces étages basse fréquence.
- Nous ne savons pas, d’autre part, si votre haut-parleur est monté directement dans le circuit plaque de la dernière lampe, ou si vous employez un transformateur de sortie, ou un circuit de liaison avec bobinage à fer, et condensateur fixe de 1 microfarad.
- Nous vous rappelons que l’emploi d’un de ces systèmes est toujours recommandable, parce qu’il protège le haut-parleur, d’une part, et améliore la qualité d’audition, d’autre part.
- Enfin, si des vibrations se faisaient encore entendre dans les notes aiguës, il conviendrait de shunter les enroulements par des condensateurs de quelques millièmes de microfarad, dont la valeur exacte est à déterminer par expérience.
- Nous supposons évidemment que le haut-parleur lui-même est en
- bon état, que la liaison de l’armature vibrante au diffuseur s’effectue sans aucun jeu, et que ce diffuseur lui-même n’a pas été déréglé.
- Le réglage et la réparation du haut-parleur sont, d’ailleurs, des opérations délicates que nous ne vous conseillons pas d’effectuer vous-même.
- 5° Vous avez dû trouver, dans une récente chronique de Radiophonie pratique, la réponse à vos demandes de renseignements relatives au poste à deux lampes décrit dans La Nature du 1er janvier 1930.
- Les bobinages d’accord et de réaction peuvent être d’un type quelconque, par exemple en nid d’abeille; le transformateur de liaison basse fréquence sera, de préférence, de rapport 1-5, la résistance de détection est fixe; quant à la résistance de grille de la lampe basse fréquence, elle a pour rôle de donner à cette grille une tension négative moyenne.
- M. G. A., à Epinal.
- Montage d’un poste à changement de fréquence.
- 1° Nous avons recommandé dans le numéro 2812 de La Nature d’employer un bobinage de choc haute fréquence dans le circuit plaque de la lampe détectrice, et un condensateur de fuite, de façon à empêcher les courants haute fréquence de parvenir aux circuits basse fréquence, en troublant ainsi la pureté de l’audition.
- Il est suffisant, en général, d’utiliser comme premier transformateur basse fréquence, dans ces postes puissants, un transformateur de rapport 1-3, et nous pensons, d’ailleurs, que, dans votre montage, vous avez shunté le primaire de votre transformateur par un condensateur de 2/1000 à 3/1000 de microfarad.
- Nous supposons que votre montage est exécuté soigneusement, et que les divers éléments sont assez éloignés les uns des autres; nous supposons également que la tension plaque est obtenue à l’aide d’une batterie d’accumulateurs ou d’une boîte d’alimentation et non à l’aide d’une pile. Dans ce dernier cas, il conviendrait de la shunter par une capacité de 2 à 3 microfarads.
- Plus simplement,^, il nous semble que les sifflements musicaux produits dans votre appareil, et qui proviennent d’ « accrochages » parasites sont dus à cé qiieîvous avez érpployé sur les étages moyenne fréquence des lampes à trop grande amplification. Vous pourriez donc essayer très simplement de remplacer vos lampes Dario type R. 75, employées sur les étages moyenne fréquence, par des lampes de la même marque type R. 36 ou R. 42.
- 2° On augmente l’intensité d’audition, et, en même temps, on obtient une audition meilleure et dans laquelle les notes de fréquences basses sont mieux reproduites en appliquant à la dernière lampe basse fréquence une tension d’environ 120 à 150 volts.
- Il est évident que la lampe utilisée sur cet étage doit être choisie en conséquence. Vous pouvez employer, par exemple, une R. 56 ou R. 64 Dario, ou une P. 425 Gecovalve. Il est indispensable pourtant, si l’on veut obtenir un bon résultat, de polariser négativement les grilles de ces lampes au moyen d’une petite pile sèche d’une tension maxima d’environ 9 volts, avec prises intermédiaires à fiches.
- M. Moinet, a Dampierre-en-Bray (Seine-Inférieure).
- Montage d’un. haut-parleur sur un piano.
- Il y a déjà longtemps que l’on a essayé d’adapter des moteurs de haut-parleur sur des instruments de musique, de façon à utiliser les qualités acoustiques de ces derniers. Vous pouvez, par exemple, trouver dans La Pratique radioélectrique la description d’un dispositif simple permettant d’adapter un écouteur téléphonique sur un violon.
- Nous avons, d’autre part, décrit dans une chronique de La Nature la manière très simple de disposer un moteur électromagnétique de haut-parleur sur la table d’harmonie d’un piano. Cette adaptation peut être réalisée très rapidement, et les résultats sont très bons, du moins lorsque le moteur est lui-même bien choisi, mais, évidemment, l’audition est meilleure pour la reproduction des morceaux de musique que pour la parole ou le chant.
- M. B., a Versailles.
- Peut=on empêcher les mouches de souiller les cadres?
- Bientôt le retour de la belle saison va amener l’éclosion des mouches dont la présence toujours désagréable a pour conséquence la souillure des meubles, en particulier des cadres de glaces et des appareils d’éclairage sur lesquels elles viennent se poser.
- p.574 - vue 586/598
-
-
-
- Un moyen très simple en même temps qu’efficace pour e oigner la mouche (Musca clomestica) de ces objets consiste à passer sur ceux-ci au moyen d’un pinceau très doux une légère couche d’huile de laurier.
- L’huile de laurier commune (Laurier sauce, Laurus nobilis) s’extrait des baies qui contiennent une huile grasse, constituée essentiellement de lauroslèarine et d’une substance neutre, volatile, cristallisable en prismes : la laurine.
- L’huile de laurier est un produit courant en pharmacie, elle s’emploie à l’extérieur comme excitant et tonifiant. Les feuilles servent surtout de condiment pour l’obtention des sauces; elles entraient autrefois ainsi que les baies dans un grand nombre de préparations officinales.
- Pour préparer l’huile de laurier, on prend les fruits du laurier, bien secs, autant que possible de l’année; on passe au moulin, puis expose la mouture à la vapeur d’eau qui doit bien la pénétrer, ensuite on presse rapidement entre des plaques chauffées et exprime fortement.
- L’huile qui s’écoule est filtrée encore chaude sur papier et mise de suite en flacons.
- Réponse à M. J. K. au Poiré.
- P.-S. — Pour éviter la moississure de vos cuirs, le mieux serait évidemment de les conserver dans un lieu sec; toutefois, dans une certaine mesure, vous pourriez ralentir le développement cryptogamique en passant sur le cuir une couche d’essence de térébenthine; mais il est préférable d’éviter complètement le mal, plutôt que d’avoir à le guérir, attendu que les cuirs perdront toujours une partie de leurs propriétés par leur séjour en milieu humide.
- Comment se préparent les savons en bâtons pour le rasage.
- Cette préparation ne présente aucune difficulté, seulement un peu de soin et d’habileté pour la confection de la crème de savon que l’on commence par préparer de la manière suivante:
- Prendre’
- Acide stéarique.......................................... 500 grammes
- Eau distillée ........................................... 800 grammes
- Glycérine................................................. 60 grammes
- Lessive de soude caustique à 15 B......................... 30 grammes
- Faire fondre au bain-marie l’acide stéarique, puis ajouter la lessive de soude; laisser quelques minutes en contact, verser ensuite la glycérine et l’eau.
- Abandonner au repos jusqu’à solidification et chauffer à nouveau pour obtenir une nouvelle fluidité, faire refroidir en battant constamment, ajouter pendant cette opération le parfum choisi, par exemple :
- Héliotropine cristallisée porphyrisée..................... 4 grammes
- Musc artificiel .......................................... 2 grammes
- Glycérine pour homogénéité............................... 5 grammes
- N. B. — Le second chauffage est indispensable à une bonne réussite, le battage pendant le refroidissement doit être de préférence effectué mécaniquement, au moyen d’un appareil genre broyeur Savy.
- Une fois en possession de cette crème, on réalisera le savon en bâtons avec
- Savon blanc lre qualité ....................... 1000 grammes
- Crème de savon ................................ 250 grammes
- Réduire le savon blanc en copeaux, le passer à la broyeuse et y ajouter la crème dont on peut légèrement faire varier la proportion suivant la consistance du savon qùe l’on, veut obtenir, mettre à la boudineuse.
- Le savon qui en sort ne doit pas être trop mou; s’il en était ainsi, il suffirait pour le durcir d’ajouter dans la broyeuse un peu de poudre de savon.
- Les bâtons de savons ainsi obtenus sont alors enveloppés dans les feuilles de papier d’étain ou d’aluminium et empaquetés soigneusement de façon qu’ils ne subissent pas de dessiccation.
- Réponse à M. Boudard, à Bois-Colombes.
- De tout un peu.
- M. Hervochon, à Nantes. — Les objets qui vous intéressent sont obtenus dans des moules démontables en plusieurs parties, vous trouverez tous renseignements sur cette question dans le Manuel de Fonderie de la Bibliothèque professionnelle de R. Dhommée, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. Lopez, à San Sébastian. — Veuillez bien vous reporter à l’article récent que nous avons publié dans le n° 2786, p. 526, sous le •titre « Remettons en bon état le cuir de nos chaises », vous y trouverez tous les renseignements nécessaires.
- M. le Dr K., à Paris. — L’immersion d’un buste en plâtre dans l’eau d’une baignoire, en vue de nettoyage, risque fort d’en compro.
- ..........1 . ...............575 =
- mettre la solidité, car le plâtre mouillé en faible épaisseur ne présente que peu de résistance.
- Nous préférons de beaucoup l’enduisage du buste au moyen d’une bouillie d’amidon, cela sans le déplacer beaucoup. D’une part, les parcelles étrangères déposées en surface sont englobées et, d’autre part, après dessication complète, les matières grasses par capillarité passent dans l’amidon.
- Enfin, nous ajouterons que les grains d’amidon retenus par les aspérités du plâtre donnent une teinte blanche générale à l’objet qui prend, de ce fait, le meilleur aspect.
- M. Chambonnière, à IVlontélimar. — 1° La chaleur spécifique atomique ou moléculaire, c’est-à-dire la quantité de chaleur exprimée en petites calories gramme-degré, nécessaire pour élever de 1° la température d’une molécule de saccharose G12 H!2 O11 exprimée en grammes, est de 102,9. — 2° La dépression à la surface d’un] liquide agit en abaissant la température d’ébullition; quant à la rapidité de la concentration des jus sucrés, elle est fonction de la quantité de chaleur apportée au liquide et de la facilité d’évacuation de la vapeur produite.
- 3° L’emploi des trompes à eau pour faire le vide industriel n’est pas à conseiller, il est de beaucoup préférable de se servir de pompes à vide dont il existe de nombreux modèles : Bavox, 23, boulevard Gouvion-Saint-Cyr ; Burton, 68, rue des Marais ; Douane, 23, avenue Parmentier ; Marchant-Chaume, 26, rue de la Briche, à Saint-Denis etc.
- 4° Le moyen le plus efficace pour détruire les Epheslia logés dans les amandes est la stérilisation à l’étuve vers 70°-80° pendant un temps suffisamment prolongé pour que cette température soit acquise à l’intérieur et se maintienne ; les antiseptiques, même gazeux, ne pénètrent que difficilement dans les galeries et ont, en outre, l’inconvénient de donner un goût désagréable à l’aliment.
- 5° On dépolit facilement les vitres en appliquant à leur surface une couche très légère de peinture à l’huile au blanc de zinc, puis en tamponnant avec un chiffon de toile à l’intérieur duquel on a mis une boule d’ouate.
- N. B. — Faire cette application à l’intérieur de la fenêtre et non à l’extérieur, car les intempéries en abrégeraient la durée.
- M. Gilly, à Boufarix. — La sensibilité des plaques photographiques a été augmentée dans des proportions considérables, puisque des dix minutes de pose qui étaient nécessaires au temps de Daguerre, on est passé aujourd’hui au 1/500 de seconde.
- La détermination du seuil de la sensibilité n’est pas chose facile, les sources lumineuses dont nous disposons émettant toujours un ensemble de radiations dont l’effet actinique est variable, c’est pourquoi on préfère généralement évaluer la sensibilité des plaques photographiques d’après l’opacité qui résulte de l’exposition sous des éclairements croissants, l’unité d’éclairement étant la bougie-mètre seconde, c’est-à-dire l’éclairement produit sur la plaque par une bougie placée à un mètre pendant iine seconde. C’est sur cette base que sont établis les degrés sensitométriques de Hurter et Driffield (degrés H et D) habituellement employés pour le classement des plaques, ainsi on considérera comme :
- Plaques lentes..................... 7° à 20° H et D
- Plaques de sensibilité moyenne. . 29° à 60° —
- Plaques rapides.....................60° à 150°
- Plaques extra-rapides au-dessus de 300°.
- A titre de comparaison, voici les sensibilités d’une marque courante (As de trèfle) pour ses principales fabrications :
- Sensibilité Temps
- en degrés Sensibilité de pose
- H et D. relative. relatif.
- Plaques lentes pour reproduction . 50° 1/4 4
- Plaques rapides pour poses courtes . 100° 1/2 2
- Plaques ultra-rapides pour instan-
- tanés 200° 1 1
- Plaques spéciales très grande rapi-
- dité 300° 3/2 2/3
- Plaques sensibilité extrême . . . . 500° 5/2 2/5
- Ces dernières sensibilités sont de l’ordre du 1/500° de seconde dont nous avons parlé.
- Comme ouvrage à consulter, si cette question vous intéresse, nous pouvons vous signaler La Sensitométrie photographique, par Moreau, Paris, 1928.
- p.575 - vue 587/598
-
-
-
- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1, '
- Acrobaties d’avions anglais lançant des jets de fumée pour rendre visibles leurs trajectoires.
- (Ph. Meurisse.i
- Fig. 3.
- Exercice de parachutistes au cours
- d’un meeting d’avions en Angleterre. (Ph. Meurisse.)
- Fig. 2.— Plaque tournante pour avions sur l’aérodrome de Croydon. (Ph. Keysto'ne.
- Fig. A. — Un essai de propulsion par fusée à Londres. M. Adoyan fait fonctionner un modèle réduit qui atteint une vitesse de 130' km à l'heure. (Ph. Wide'World. )
- Fig. 5. —. Un avion géant construit en Italie.
- Le Caprom 90 P. B.^ biplan'â hiles épaisses, inégalésy long dé 28 mf haut de 12 m;
- envergure des grandes ailes.: 48 m; surface portante 5500 m2; 3 groupes de 2 moteurs en tandem Cet avion portera 30 tonnes.
- (Ph. Wide World.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 99.451. — Paris, lmp. Lahure. — i5-6-iq3o.
- p.576 - vue 588/598
-
-
-
- LA NATURE
- CINQUANTE-HUITIÈME ANNÉE - 1930
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des sciences, 89, 331', 469, 523, 567. Accumulateur : charge, 477.
- Acoustique : illusion, 313.
- Aiguilles de phonographe, 85.
- Alaya, 80.
- Alger : port, 157.
- Algérie : enseignement agricole, 392.
- Algérie : littoral, 523.
- Alliages pour résistances chauffantes, 143. Anguille dans les eaux souterraines, 92. Anguilles d’eau douce du bassin de l’Océan Indien, 379.
- Anguille : vertus thérapeutiques, 465, 573. Antenne d’émission, 570.
- Antennes enterrées, 477.
- Applique mobile réglable, 238.
- Araignées aéronautes, 168, 335, 573. Araignées : réparations des pièges, 440.
- Arbre à huile : culture aux États-Unis, 44. Ardoises : utilisation des déchets, 430. Ardoisières d’Anjou, 189.
- Argent : récupération des vieilles lampes, 189. Art oriental : curieuse pièce, 415.
- Artillerie : salle Gribeauval aux Invalides, 459.
- Astronomie : bulletin, 36, 132, 229, 327, 420, 515.
- Aurore polaire à Nancy, 142.
- Automobile pratique, 135, 233, 324. Automobiles : vernis, 29.
- Automobilistes : équipement rapide, 284.
- Avertisseurs d’incendie, 337.
- Aviation : chronique, 43, 139, 281, 332, 377, 427, 471, 569.
- Aviation : Europe-Amérique du Sud, 524. Avion au pôle Sud, 30.
- Avion de tourisme, 492.
- Avion de transport Dylo et Bacalan, 303. Avion postal au Canada, 211.
- B
- Baleines : croissance, 289.
- Barbotine : emploi, 1S2.
- Baromètre : lectures, 509.
- Batteur à mayonnaise, 141.
- Belgrade : observatoire, 473.
- Bélugas : pêche, 543.
- Bicyclettes ; indicateur de direction, 284. Biologie : initiation, 3.
- Bistouri électrique, 389.
- Blaireau serti inusable, 382.
- Blanchiment du linge, 384.
- Blindages : métal nouveau, 283.
- Bois coloniaux : outillage du port du Havre, 446.
- Bouche-pores, 336.
- Boules presse-papiers, à effets de neige, 142. Bracelet Notcx, 141.
- Broglie (de) : œuvre, 24.
- Bronzes d’aluminium spéciaux, 469.
- Brûleur de laboratoire à gaz d’essence, 526.
- c
- Câbles téléphoniques souterrains, 397.
- Cacao : thiostérols, S9.
- Cacaoyer, 364.
- Cachetage des lettres, 422.
- Cafards : destruction, 143.
- Calendrier, 95, 189.
- Calculateurs « Logz », 236.
- Calendrier perpétuel, 381.
- Canaux : électrification, 249.
- Caoutchouc, 61, 110.
- Carrelages : entretien, 88.
- Casques radiotéléphoniques : sensibilité, 517. Celluloïd : fixation sur métal, 517.
- Cendres vertes, 190.
- Cendrier inversable, 334.
- Cénomanien de Ganzeville, 89.
- Centenaires scientifiques en 1930, 127. Champignons : couleur des spores, 306. Charbons pour piles et lampes à arc, 142.-Chasse-corbeaux, 284.
- Chasse-neige, 353.
- Chevalet Roussel pour instruments à cordes, 450.
- Cheveux : teintures, 527.
- Chromage électrolytique, 359.
- Cigale dans l’antiquité, 417.
- Cinéma en relief, 309.
- Cinéma : matériel d’amateur, 406.
- Cinéma sonore, 95.
- Cinéma sonore : développement en France, 85, 258.
- Supplément au n° 2835 de La Nature du 15 Juin IV30.
- p.577 - vue 589/598
-
-
-
- 578
- Cinématographie d’amateur, 120.
- Cirage des chaussures, 334.
- Citernes à eaux pluviales, 189.
- Cognac : vieillissement naturel, 34.
- Colonies : salubrité, 481.
- Combustibles indochinois, 193.
- Conducteurs isolés au caoutchouc, 282 Conowingo : usine hydro-électrique, 494. Conservatoire des Arts et Métiers, origine, 529.
- Corrosion des métaux, 172.
- Courtilière : destruction, 38, 329.
- Cravates en caoutchouc, 381.
- Crawl, 500.
- Créoline, 431.
- Croissance : loi générale, 33.
- Clenoplana des mers de Chine, 331.
- Cuiseur, 46.
- Culture et éclairage électrique, 524.
- F
- Ferme modèle, 547.
- Filtrage de Liquides, 38. Flottage : curieux cas, 323. Forêt électro-sanitaire, 513. Foyer : modernisation, 145. Frênette, 142.
- Froid central, 188. Fumivore électrique, 285.
- G
- D
- Danube : delta, 53.
- Delta du Danube, 53.
- Désinfectant hygiénique, 382.
- Dessalement des terres de l’Égypte, 266. Diaphragme de phonographe : vibrations, 477.
- Diapositives : silhouettage, 478.
- Dilatation des corps solides, 534. Disjoncteur géant, 282.
- Dorure des cadres, 336.
- Douche-arrosoir à pomme robinet, 526.
- Galvanic-sol, 187.
- Gants : nettoyage, 329.
- Garage automatique des autos, 91. Garages : portes, 93.
- Gazomètres sans eau, 304.
- Gelée et végétaux, 177.
- Géologie du Soudan, 331.
- Glace : épaisseur au Groenland. 473. Grèbes, 454.
- H
- T
- J
- Jura : vignoble, 63.
- L
- Laboratoire de Gustave Le Bon, 477. Laboratoires routiers, 296.
- Lait : transport par wagons-citernes, 228. Lampes de réception 181.
- Lampes de T. S. F., 8, 216.
- Lampe électrique « Adjusto-Lite », 476. Lampe haut-parleur thermique, 456.
- Langues du monde, 79.
- Laques : entretien, 478.
- Lavabo mobile pour automobilistes, 284.
- — Lignes aériennes : protection contre l’orage, 549.
- Linge : pince, 141.
- Liquide céphalo-rachidien : inscription graphique de pression, 331.
- Livres nouveaux, 42, 90, 138, 184, 232, 280, 330, 378, 426, 470, 522, 568.
- Locomotive à haute pression, 404.
- Loth : routes radioélectriques, 16. Luminescence des animaux, 478.
- E
- Eaux de chaudière : épuration par l’alumi-nate, 527.
- Eau de Javel, 143.
- Eau oxygénée : préparation, 517,
- Ébonite : choix d’une plaque, 52S.
- Éclairs : photographie, 202.
- Éclairage électrique et culture, 524.
- Églises les plus grandes du monde, 432. Égypte : dessalement des terres, 266.
- Égypte : préhistoire, 333.
- Électricité au théâtre, 39.
- Électrification des canaux, 249.
- — du réseau du Midi, 521.
- Électropompe Daubron, 525. Électroprotector, 429.
- Élévateur Méron, 475.
- Encre à stylo, 190.
- Encres noircissantes, 189.
- Engrais chimiques en France, 44. Enseignement agricole en Algérie, 392. Épluche-légumes, 94.
- Épuration des eaux de chaudières, 438, 573. Essences déterpénées, 431.
- Esturgeon à spatule, 308.
- Étirage mécanique du verre, 122.
- Étui â savon et porte-blaireau, 141. Évaporation, équilibre statique ou dynamique, 273, 430.
- Halo vertical au Mont-Blanc, 511.
- Hauts fourneaux modernes, 100.
- Hélice déformable Poncelet, 477.
- Hélice Sensaud de Lavaud-Pillard, 349, 527. Hélicoptère Oehmichen, 552.
- Hérédité, 3.
- Heures de superposition des aiguilles d’une montre, 465.
- Houblon de Californie, 412.
- Houillère de Kenadza, 474.
- Hydrogène : fabrication électrolytique, 345.
- I
- Ignifugation des tissus, 191.
- Iles Juan Fernandez, 286.
- Illusion d’acoustique, 313.
- Incendie : appareils avertisseurs, 337. Indochine : combustibles, 193. Infra-rouge : applications, 257. Inondations du Midi, 313. Inondations du Tarn, 383. Inondations et taches solaires, 333. Intensif Vitolia pour Pathé-Baby, 45. Inverseur automatique, 572.
- M
- Machine à botteler, 429.
- Machine à coudre : centenaire, 72.
- Machine à voter Langlois, 261.
- Mains : soins, 479.
- Maladies et saisons, 153.
- Martenot : musique et ondes, 489. Mathématiques : récréations, 129, 180, 239, 335, 383, 418, 513.
- Mayonnaise : batteur, 141.
- Mazout dans la marine : inconvénients, 225. Mécanique ondulatoire, 24.
- Mellipones du Brésil, 97.
- Melon : maturité, 41.
- Métal nouveau pour blindages, 283.
- Métaux : protection contre projections acides 190.
- Météorologie dans la littérature, 321. Météorologie : mois à Paris, 84, 179, 275, 372, 466, 564.
- Mica : nettoyage, 431.
- Michelson, 91, 185.
- Microchirurgie, 485.
- Midi : inondations, 313.
- Miels opaques, 190.
- Mont-Blanc : phénomène optique, 511.
- Morue à l’île aux Ours, 271.
- Motocyclettes : indicateur de direction, 2S4.
- p.578 - vue 590/598
-
-
-
- Mouches : salissures, 190, 574.
- Musée d’artillerie des Invalides, 459. Musique et ondes, 489.
- N
- Nansen : nécrologie, 524.
- Navigation à voiles : renaissance, 385. Navire allemand relevé à Scapa-Flow, 140. Nécrologie : Nansen, 524.
- Nécrologie : Rateau, 140.
- Nécrologie : le général Sebert, 185. Nécrologie : Welsch, 140.
- Nettoyeur de peignes, 46.
- Noisettes : ouverture facile, 567.
- O
- Observatoire d’Arosa, 350.
- Observatoire de Belgrade, 473. Observatoire de Zi-Ka-Weï, 473. .
- Oca, 570.
- Océans : circulation des eaux, 241.
- Oignon thérapeutique, 226.
- Onguent de pied, 134.
- Optique atmosphérique, 89.
- Orage : protection des lignes aériennes, 549. Oscillographe à rayons cathodiques, 282.
- P
- Paquebot à moteur Lafayelte, 379.
- Paquebot allemand Bremen, 174.
- Paquebot Atlantique : lancement, 428.
- Patins de plus de 20 000 ans, 333.
- Peaux : nourriture, 478.
- Peintures sous-marines, 47. pH : indicateur universel, 419.
- Phénols : dosage dans les eaux de cokerie, 523.
- Phonographe : aiguilles, 85.
- Phonographe automatique, 443.
- Phonographe : enregistrement sur bandes ou disques incassables, 361.
- Phonographie, radiophonie, radiovision, 85, 423, 468.
- Photographies, 32, 144, 240, 432, 480, 561. Photographie à la lumière électrique, 165. Photographie des éclairs, 202.
- Photographie sans ombre portée, 329. Photographies : teinture du fond, 567. Pick-up très simple, 85.
- Pièges d’araignées : réparations, 440.
- Pigeons voyageurs et T. S. F., 504.
- Pince à linge, 141.
- Pince réversible, 476.
- Piscines en France, 346.
- Planche à laver, 94.
- Planchers sans joints : enduit, 38.
- Planète transneptunienne, 367.
- Pluies : périodicité, 129.
- Poissons-épées, 204.
- Poissons ; migration, 241.
- Pôle Sud : avion, 30.
- Pommes de terre : tubercules, 92.
- Port d’Alger, 157.
- Port du Havre : outillage pour les bois coloniaux, 446.
- Portes de garage, 93.
- Prairies en ados, 128.
- Prairies permanentes pour régions sèches, 92. Préhistoire égyptienne, 333.
- Presse-étoupe, 143, 430.
- Prestidigitation, 130, 183, 322, 467.
- Prix : statistiques, 507.
- Psittacose, 274.
- Pyramidon : dérivé, 89.
- Pyromètre optique à extinction totale, 411.
- R
- Radiation solaire, 350.
- Radiobistouri, 389.
- Radiophonie dans les trains, 185, 222. Radiophonie pratique, 40, 181, 276, 373, 518, 565.
- Radiophonie sur un yacht, 477. Radiophonographie : poste, 477. Radiotéléphonie Londres-Sydney,571.
- Raisins : conservation, 189.
- Rat musqué : élevage au Canada, 357. Rateau : nécrologie, 140.
- Rayons infra-rouges, 257.
- Recettes et procédés utiles, 38, 88, 134, 182, 329, 422, 517.
- Recueille-gouttes, 285.
- Régénération chez les Vertébrés, 49.
- Règle pour encadrer les sous-verres, 382. Résistances chauffantes : alliages, 143.
- Roc : station solutréenne, 271.
- Roches naturelles curieuses, 32.
- Routes : laboratoires, 296.
- Routes radioélectriques Lolh, 16.
- Rubrène, 201.
- S
- Saisons'et'maladies, 153.
- Salubrité aux colonies, 481.
- Saphirs : distinction par les rayons cathodiques, 474.
- Sardine : industrie française, 44.
- Savants quand ils étaient jeunes, 81, 369, 561.
- Savons à barbe : bâtons, 575.
- Sebert : nécrologie, 185.
- Seine : aménagement hydraulique, 116. Semelles crêpes, 47.
- Siccatif des peintres, 47.
- Soie artificielle, 206.
- Soies de pêche : imperméabilisation, 134.
- Solanées : greffage, 380.
- Soudan : géologie, 331.
- Soufre dans la terre végétale, 331.
- Sous-marin le plus grand du monde, 78. Spores de champignons : détermination de la couleur, 306.
- Statistiques des prix, 507. Supraconductibilité, 291.
- T
- Table universelle, 334.
- Tableaux : examen scientifique, 433.
- Tablette de radiateur, 45.
- Taches solaires et inondations, 333.
- Tampicos, 190.
- Tarn : inondations, 383.
- Teintures pour cheveux, 527.
- Teinture sans matières colorantes, 182.
- T. S. F., 95, 191, 239, 286, 336, 384, 574.
- T. S. F., et pigeons voyageurs, 504.
- T. S. F. : évolution des lampes, 8, 216.
- T. S. F. : fabrication en série des appareils, 263.
- Téléphone : câbles souterrains, 397. Téléphone entre un navire et la terre, 437. Téléphone : liaison Madrid-Buenos-Ayres, 508. Télévision et télécinématographie, 556. Températures peu élevées : contrôle, 422. Théâtre : effet d’électricité, 39.
- Toiles huilées visqueuses, 479.
- Typhon au large de l’Annam, 379.
- U
- Ultra-violet : cure, 564. Univers : conception, 199.
- V
- Vapeur à très haute pression, 283.
- Vénus, 1.
- Vernis au tampon, 47.
- Vernis pour automobiles, 29.
- Verre bleu, 523.
- Verre : étirage mécanique, 122.
- Vibrations mécaniques : mesure radio' électrique, 58.
- Vignoble du Jura, 66.
- Vipères : ennemis, 383.
- Vision droite, 540.
- Vitres : dépose, 142.
- Vitres en quartz, 140.
- p.579 - vue 591/598
-
-
-
- 580
- W
- Y
- Z
- Wagons-citernes pour transport du lait, 228. Yacht « Carnegie » : destruction, 91. Welsch : nécrologie, 140.
- Zi-Ka-Wei : observatoire, 473.
- p.580 - vue 592/598
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Le diable évadé, 130. — La femme insensible, 183. — La sirène, 322. — Les caisses de Satan, 467.
- Aron (Dr Max). •— Initiation biologique, 3.
- Audebeau Bey (C.). — Dessalement des terres du nord de l’Égypte, 266.
- B. (C.). •— Relations téléphoniques entre un navire et la terre, 437.
- — La liaison téléphonique Madrid-Buenos-Ayres, 508.
- Baud (Paul). — Résumé des communications à l’Académie des Sciences, 89, 331, 469, 523, 567.
- Baudoin (Dr Marcel). — Patins de plus de 20 000 ans, 333. Beaugé (Comm1). — La circulation des eaux océaniques et les migrations des poissons, 241.
- Bordier (Dr H.). — Vieillissement naturel du cognac, 34. Bourgain (André). — La photographie à la lumière électrique, 165.
- — La radio dans les trains, 222. — Matériel cinématographique d’amateur, 406.
- Bousquet (M.). — Portes de garage, 93.
- Boutaric (A.). — L’œuvre de M. de Broglie, 24. — Le rubrène, 201.
- — Les rayons infra-rouges, 257. — La supraconductibilité, 291. —• Etude des corps solides par leur dilatation, 534.
- Boyer (Jacques). — La machine à coudre, 72. — La machine à voter Langlois, 261. — Nouveau procédé de fabrication électrolytique de l’hydrogène, 345. — L’examen scientifique des tableaux, 433. Brandicourt (Virgile). •— Récréations mathématiques, 129, 239, 335, 513. — La météorologie dans la littérature, 321.
- Butavand (F.). — Curieuse pièce d’art oriental, 415.
- Casamajor (Jean). — L’orientation des pigeons voyageurs au voisinage des postes de T. S. F., 504.
- Charles (Victorin). — Pyromètre optique à extinction totale, 411. Chaudron (G.). — La corrosion des métaux, 172.
- Cordonnier (E.). — Calcul des heures de superposition des aiguilles d’une montre, 465.
- Coupin (Henri). •— Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 81, 369, 561.
- David (Léon). — Récréations mathématiques, 180. — Illusion d’acoustique, 313.
- Debesæ (Maurice). — Le port d’Alger, 157.
- Demoi.ay (L.). — Loi générale des phénomènes de croissance, 33. Doublet (E.). — Les origines du Conservatoire des Arts et Métiers, 529. F. (A.). — Le moyeu d’hélice Sensaud de Lavaud-Pillard, 349.
- F. (V.). — Un typhon au large de l’Annam, 379.
- Feuillée-Billot (A.). — L’emploi du mazout dans la marine : scs
- inconvénients, 222. — Les grèbes, 454.
- Forbin (Victor). — L’avion postal au Canada, 211. — La pèche aux bélugas, 543.
- Fougeret (A.). — Les appareils avertisseurs d’incendie, 337-Fournier (Lucien). — L’étirage mécanique du verre, 122. — L’électrification des canaux, 249. — Les inondations du Midi, 313. •—
- — Les câbles téléphoniques souterrains, 397. •— Le plus intéressant musée d’artillerie, 459. — Nouvel avion de tourisme, 492.
- Foveau de Courmelles (D*'). — La forêt électro-sanitaire, 513. Fraciiet (André). •— Le grand avion de transport Dyle et Bacalan, 303.
- G. (Dr A.). — Nouveau système américain de télévision, 186. Gallois (Georges).— L’outillage pour les bois coloniaux au port du
- Havre, 446.
- Garnier (Pierre). — Le delta du Danube, 53.
- Graderwitz (Dr A.). — Garage automatique des autos, 91. — La fabrication en série des appareils de T. S. F. en Allemagne, 263.
- — Oscillographe à rayons cathodiques, 282. -— Les gazomètres sans eau, 304. — L’étude de la radiation solaire, 350. —- Locomotive à haute pression, 404. — Nouveau type d’antenne d’émission, 570.
- Hémardinouer (P.). — Évolution et perfectionnements des lampes de T. S. F., 8, 216. — Mesure radioélectrique des vibrations mécaniques, 58. — La radiophonie pratique, 40, 181, 276, 373, 518,565. —Phonographie, radiophonie, radiovision, 85, 423, 468.—L’industrie du cinéma sonore, 258. — Enregistrement phonographique sur bandes ou disques incassables, 361. — Une lampe thermique haut-parleur, 456. — Télévision et télécinématographie, 556.
- Icard (Dr Séverin). — Détermination de la couleur des spores de champignons, 306.
- J. (Dr). — Régénération chez les Vertébrés, 49.
- Jacobs (F.). — Le caoutchouc, 61, 110.
- K. (L.). — La culture de l’arbre à huile aux États-Unis, 44. — Un disjoncteur géant, 282.
- Kuentz (L.). —• Un appareil pour la photographie des éclairs, 202.
- — L’esturgeon à spatule, 308. — L’élevage du rat musqué au Canada, 357. — Le houblon de Californie, 412. •— L’usine hydroélectrique de Konowingo, 494.
- L. (K.). — Le cacaoyer, 364.
- Lafargue (Xavier;. — La soie artificielle, 206.
- Lagrula (J.-L.). — Le cinéma en relief, 309.
- Lakhovsky (Georges). — L’oignon thérapeutique, 226.
- Lardat (Roger). — La cité moderne : modernisation du foyer, 145.
- Larue (Pierre). — La maturité du melon, 41. — Les tubercules de pommes de terre, 92. — Les prairies en ados, 128. — Greffage des solanées, 380.
- Legendre (Dt J.). — Les grandes œuvres de salubrité aux colonies, 481.
- Marcotte (Edmond). — Les laboratoires routiers, 296.
- Martin (Léonard). — Les Mellipones tropicales du Brésil, 97.
- Mascart (Jean). — Les lectures barométriques, 509.
- Matagrin (A.). — Les progrès du chromage électrolytique, 359.
- Merle (René). — Les maladies et les saisons, 153. — Les poissons-épées, 204. •—• La croissance des baleines, 289.
- Millot (Dr J.). — La microchirurgie, 485.
- Montessus de Ballore (R. de). — Statistiques comparées des prix, 507.
- Moriiardt (Dr P.-E.). — La psittacose, 274.
- Mounier (Daniel). — Épuration des eaux d’alimentation des chaudières, 433.
- N. — Alaya (Turquie d’Asie), 80.
- Nodon (Albert). — La planète Vénus, 1. — Lois de périodicité des pluies annuelles, 129. •— Taches solaires et inondations, 333.
- — Musique et ondes musicales, 489. — La cure ultra-violette, 564.
- Noter (R. de). — L’Oca, 570.
- O. (J.). — Les hauts fourneaux modernes, 100.
- Pawlowski (Auguste). •— L’aménagement hydraulique de la Seine, 116.
- Pecii (Dr L.-J.). — Le bistouri électrique, 3S9.
- p.581 - vue 593/598
-
-
-
- = 582 .....——............===== =
- Pellegrin (Dr Jacques). — Vertus thérapeutiques attribuées à l’anguille, 465.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 135, 233, 324.
- Pouchon (Gilbert F.). — La cinématographie d’amateur, 120.
- R. (Ch.). — Anguilles d’eau douce du bassin de l’Océan Indien, 379.
- Rabot (Charles). — La morue à l’île aux Ours, 271. — Curieux cas de flottage, 323. — Tremblement de terre à l’île Déception, 380. — Épaisseur de la calotte de glace au Groenland, 473.
- Raulin (G. de). — L’enseignement agricole en Algérie, 392.
- Reverchon (Léopold). •— Le vignoble du Jura, 66.
- Richet (Charles). — Comment se peut concevoir l’univers? 199.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 84, 179, 275, 372, 466, 564.
- Rolet (Antonin). — La gelée et les végétaux, 177. — La cigale dans l’antiquité, 417.
- Rouan (J.). — Les combustibles indochinois, 193.
- Roussel (André). — Un nouveau chevalet pour instruments à cordes, 450.
- Sauvaire-Jourdan (Comm1). — Le plus grand sous-marin du monde, 78. — Le nouveau paquebot allemand Bremen, 174. — La renaissance de la navigation à voiles, 385.
- Scelle (G.), — A propos des araignées aéronautes, 335.
- Scheffer ( Ch.). — L’évaporation, équilibre statique ou dynamique? 273.
- Sers (J.). — La ferme modèle, 547.
- Thibout (E.). — Récréations mathématiques, 41S.
- Tiioret (J.). — Remarquable phénomène optique observé en avion au Mont-Blanc, 511.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 36, 132, 229, 327, 420, 515.— Découverte de la planète transneptunienne, 367.
- Turpain (A.). — Les conducteurs isolés au caoutchouc, 282.
- V. (R.). — L’électricité au théâtre, 39.
- Vialatel (Roger). — Protection des lignes aériennes contre l’orage 549.
- Viaud (G.). — La vision droite, 540.
- Villepion (.G. de). — Les piscines en France, 346. — Le crawl, 500.
- Vincent ( I3r). — Réparations des pièges d’araignées, 440.
- Virieux (André). — Les araignées aéronautes, 168.
- Weiss (E.-H.). — Les routes radioélectriques Loth, 16. —• Appareils chasse-neige, 353. — Le phonographie automatique, 443. — L’hélicoptère Oehmichen, 552. — Inverseur automatique, 572.
- X. — L’avion au Pôle Sud, 30.-— Les langues d’Europe et du monde, 79.
- p.582 - vue 594/598
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La planète Vénus (A. Nodon). ........................... 1
- L’œuvre de M. de Broglie (A. Boutaric).................. 24
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt) . 129,239,335, 513
- Récréations mathématiques (L. David)......................180
- Comment se peut concevoir l’univers? (Charles Richet) . . . 199
- L’étude de la radiation solaire (A. Gradenwitz)............350
- Découverte de la planète transneptunienne (Em. Touciiet). . 367
- Récréations mathématiques (E. Thibout)....................418
- Calcul des heures de superposition des aiguilles d’une montre
- (E. Cordonnia)...........................................465
- Bulletin astronomique (Em. Touciiet). 36., 132, 229, 327, 420, 515
- II. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- Mesure radioélectrique des vibrations mécaniques (P. Hemar-
- dinquer)....................................................... 58
- Michelson..................................................91, 185
- Les rayons infra-rouges (A. Boutaric)..........................257
- L’évaporation, équilibre statique ou dynamique? (C. Scheffter). 273
- La supraconductibilité (A. Boutaric)..............................291
- Illusion d’acoustique (L. David)..................................313
- Pyromètre optique à extinction totale (V. Charles).............411
- Examen scientifique des tableaux (J. Boyer).......................433
- Distinction des saphirs par les rayons cathodiques................474
- Etude des corps solides par leur dilatation (A. Boutaric) .... 534
- 2. Chimie.
- Vernis pour automobiles......................................... 29
- Le caoutchouc (J. Jacobs)................................61, 110
- Thiostérols du cacao............................................ S9
- Dérivé du pyramidon............................................. S9
- La corrosion des métaux (G. Chaudron)...........................172
- Le rubrène (A. Boutaric)........................................201
- La soie artificielle (X. Lafargue)............................. 206
- Huile de bois...................................................239
- Nouveau procédé de fabrication électrolytique de l’hydrogène
- (J. Boyer)...................................................345
- Les progrès du chromage électrolytique (A. Matagrin). . . 359
- Indicateur universel de pH......................................419
- Bronzes d’aluminium spéciaux....................................469
- Verre bleu et sulfate de soude..................................523
- Dosage des phénols dans les eaux de cokerie.....................523
- III. — SCIENCES NATURELLES
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Phénomène d’optique atmosphérique.............7........... 89
- Cénomanien de Ganzeville..................................... 89
- Jules Welsch : nécrologie................................... 140
- Géologie du Soudan français..................................331
- Taches solaires et inondations (A. Nodon)....................333
- Tremblement de terre à l’île Déception (C. Rabot).........380
- Epaisseur de la calotte de glace au Groenland (C. Rabot). . 473
- Houillère de Kenadza.........................................474
- Remarquable phénomène optique observé en avion au Mont
- Blanc (J. Thoret)..........................................511
- Géologie du littoral de l’Algérie............................523
- 2. Météorologie.
- Lois de périodicité des pluies annuelles (A. Nodon).......129
- La météorologie dans la littérature (V. Brandicourt). . . . 321
- Un typhon au large de l’Annam (V. J.).....................379
- Les lectures barométriques (J. Mascart)...................509
- Le mois météorologique (E. Roger). 84, 179, 275, 372, 466, 564
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Initiation biologique (Dr M. Aron)......................... 3
- Régénération chez les Vertébrés (Dr J.).................... 49
- L’anguille dans les eaux souterraines...................... 92
- Les Mellipones du Brésil (L. Martin)....................... 97
- Les araignées aéronautes (A. Virieux).........................168
- Les poissons-épées (R. Merle).................................204
- L’emploi du mazout dans la marine : ses inconvénients (A. Feuil-
- lée-Billot).... .......................................... 225
- La circulation des eaux océaniques et les migrations des poissons
- (Commandant Beaugé)........................................241
- La morue à l’île aux Ours (C. Rabot).......................271
- La croissance des baleines (R. Merle)......................289
- L’esturgeon à spatule (L. Kuentz).............................308
- Ctenoplana des mers de Chine..................................331
- Inscription graphique de la pression du liquide céphalo-rachidien. 331
- La cigale dans l’antiquité (A. Rolet)......................417
- Réparations des pièges d’araignées (Dr Vincent)...............440
- Les grèbes (A. Feuillée-Billot)...............................454
- La microchirurgie (Dr J. Millot)...........................-. 485
- L’orientation des pigeons voyageurs au voisinage des posles de
- T. S. F. (J. Casamajor)....................................504
- La vision droite (G. Viaud)...................................540
- La pêche aux bélugas (V. Forbin)..............................543
- p.583 - vue 595/598
-
-
-
- 584
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Loi générale des phénomènes de croissance (L. Demozay). . . 33
- Vieillissement naturel du cognac (D1' H. Bordier)........... 34
- Maturité du melon (P. Larue)................................ 41
- Les engrais chimiques en France............................. 44
- Culture de l’arbre à huile aux États-Unis (L. K.)........... 44
- Le vignoble du Jura (L. Reverchon).......................... 66
- Les tubercules de pommes de terre (P. Larue)................ 92
- Prairies permanentes pour régions sèches.................... 92
- Les prairies en ados (P. Larue).............................128
- La gelée et les végétaux (A. Rolet).........................177
- Détermination de la couleur des spores de champignons
- (D1 S. Sicard)..............................................306
- Rôle du soufre dans la terre végétale.......................331
- A propos des araignées aéronautes (G. Scelle)...............335
- L’élevage du rat musqué au Canada (L. Kuentz)...............357
- Le cacaoyer (K. L.)............................................364
- Anguilles d’eau douce du bassin de l’Océan Indien (C. R.). . . 379
- Greffage des Solanées (P. Larue). ..........................380
- L’enseignement agricole en Algérie (G. de Raulijs)..........392
- Le houblon de Californie (L. Kuentz)........................412
- La forêt électro-sanitaire (Dr Foveau de Coürmelles). . . . 513
- L’éclairage électrique et la culture........................524
- Transformation des glucides dans le bananier...................567
- L’Oca (R. de Noter)............................................570
- IV. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Le delta du Danube (P. Garnier)........................... . 53
- Les langues d’Europe et du monde (X.)..................... 79
- Alaya (N.).................................................. 80
- Le port d’Alger (M. Debesse)................................157
- Les combustibles indochinois (J. Rouan)..................... 193
- Dessalement des terres du nord de l’Égypte (C. Audeheau 1.5ey ). 266
- La station solutréenne du Roc (Charente)....................271
- Curieux cas de flottage (C. Rabot). . ....................323
- Patins de plus de 20.000 ans (Dr M. Baudoin)..............333
- Préhistoire égyptienne......................................333
- Curieuse pièce d’art oriental (J. Butavand).................415
- Nansen : nécrologie. ...............• . . . ...........524
- VI. — SCIENCES APPLIQUÉES I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- L’industrie sardinière française.............................. 44
- La machine à coudre (J. Boyer). ........................... 72
- Les hauts fourneaux modernes (J. O.).......................100
- L’étirage mécanique du verre (L. Fournier)....................122
- La cité moderne : modernisation du foyer (R. Lardat).......145
- Rateau : nécrologie...........................................]40
- Le général Sebert : nécrologie................................185
- La machine à voter Langlois (J. Boyer)...................... . 261
- Nouveau métal pour blindages..................................283
- Développement des installations de vapeur à très haute pression..........................................................283
- Les gazomètres sans eau (Dr A. Gradenwitz)....................304
- Appareils avertisseurs d’incenclie (H. Fougeret)..............337
- Épuration des eaux d’alimentation des chaudières (D. Mounier). 438 Nouveau chevalet pour instruments à cordes (A. Roussel). . 450
- Les origines du Conservatoire des Arts et Métiers (E. Doublet) 529 La ferme modèle (J. Sers).....................................547
- 2. Photographie. — Phonographie.
- La cinématographie d’amateur (G. F. Pouciion).................120
- La photographie à la lumière électrique (A. Bourgain). . . . 165
- Un appareil pour la photographie des éclairs (L. Kuentz). . . 202
- L’industrie du cinéma sonore (P. Hémardinquer)............258
- Le cinéma en relief (J.-L. Lagrula).......................309
- Enregistrement phonographique sur bandes ou disques incassables (P. Hémardinquer).....................................361
- Matériel cinématographique d’amateur (A. Bourgain). . . . 406
- Le phonographe automatique (E. Weiss).........................443
- Télévision et télécinématographie (P. Hémardinquer) .... 556
- Phonographie, radiophonie, radiovision (P. Hémardinquer) :
- Aiguilles/de phonographe.................................. 85
- Pick-up très simple....................................... S5
- Cinéma sonore............................................. 85
- Vitesse de rotation des disques...........................423
- Arrêt automatique pour phonographes.......................424
- Phonographe mixte.........................................424
- Poste à réglage automatique...............................424
- Petit amplificateur.......................................425
- Montage d’amplificateur...................................46S
- Téléphotographie d’amateur.............................. 468
- . - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Vitres en quartz fondu..........................................140
- Les maladies et les saisons (R. Merle)........................153
- L’oignon thérapeutique (G. Lakiiovsky)..........................226
- Transport du lait par wagons-citernes...........................228
- La psittacose (Dr P.-E. Morhardt).............................274
- Les piscines en France (G. de Villepion). . ....................346
- Le bistouri électrique (Dr J.-L. Pecii).........................389
- Vertus thérapeutiques attribuées à l’anguille (Dr J. Pellegrin) 465 Les grandes œuvres de salubrité aux colonies (Dr J. Legendre). 481
- Le crawl (G. de Villepion)........................._..........500
- La cure ultra-violette (A. Nodon)...............................564
- 3. Électricité. 1
- L’évolution et les perfectionnements des lampes de T, S. F.
- (P. I-Iémardinouer)..................................8,
- Les routes radioélectriques Loth (E. II. Weiss)............
- L’électricité au théâtre (R. V.)...........................
- Radiophonie dans les trains................................
- Télévision : nouveau système américain (D1 A. C.)..........
- La radio dans les trains (A. Bourgain)..............• •
- Fabrication en série des appareils de T. S. F. en Allemagne
- (Dr A. Gradenwitz)......................................
- Les conducteurs isolés au caoutchouc (A. Turpatn)..........
- Un disjoncteur géant (L. K.)...............................
- Oscillographe à rayons cathodiques (Dr A. Gradenwitz). . . .
- Les câbles téléphoniques souterrains (L. Fournier).........
- Relations téléphoniques entre un navire et la terre (C. B.). . .
- Une lampe thermique haut-parleur (P. Hémardinquer). . .
- Musique et ondes musicales (A. Nodon).................... . .
- L’usine hydro-électrique de Conowingo (L. Kuentz)..........
- Liaison téléphonique Madrid-Buenos-Ayres (C. B.)...........
- 216
- 16
- 39
- 185
- 186 222
- 263
- 282
- 282
- 282
- 397
- 437
- 456
- 489
- 494
- 508
- p.584 - vue 596/598
-
-
-
- 585
- ProtectioAdes lignes aériennes'contre l’orage (R. Vialatel). . 549
- Nouvelle antenne d’émissionJ(A. Gradenwitz)................570
- Liaison radiotéléphonique, Londres-Sydney..................571
- Radiophonie pratique (P. IIémardinquer) :
- Antennes souterraines............. .............. 40, 276
- Lampes de 2 volts........................................ 40
- Montage à 2 lampes....................................... 40
- Lampes de réception......................................181
- Réception des émissions sur ondes courtes................276
- Poste récepteur : modernisation..........................278
- Poste à changement de fréquence..........................279
- Évolution des postes récepteurs..........................373
- Diffuseur formant lampe..................................375
- Bloc oscillateur.........................................375
- Appareil à 4 lampes à changement de fréquence............375
- Détection par courbure de plaque.........................518
- Poste alimenté par le secteur............................519
- Chargeur d’accus automatique.............................520
- Poste portatif à double alimentation.....................521
- Lampe bigrille à changement de fréquence.................565
- Poste sur automobile.....................................566
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- L’aménagement hydraulique de la Seine (A. Pawlowski). . . 116
- Les inondations du Midi (L. Fournier)......................313
- Appareils chasse-neige (E. Weiss). . . a...................353
- Outillage pour les bois coloniaux au port du Havre (G. Gaulois) . ......................................)............446
- 5. Transports.
- Garage automatique des autos (Dr A. Gradenwitz). .... 91
- L’électrification des canaux (L. Fournier)......................249
- Les laboratoires routiers (E. Marcotte).........................296
- Locomotive à haute pression (Dr A. Gradenwitz)..................404
- — Electrification du réseau du Midi.............................571
- H*
- Automobile pratique (L. Picard).
- Concentration de l’industrie en France.....................135
- Voyages de nuit et sécurité................................135
- Accessoires de bougies........................................135
- Pistolet extincteur...........................................136
- Montre allumant les lanternes.................................136
- Réserve d’électricité pour l’allumage.........................136 '
- Service de la clientèle.......................................233
- Graissage auxiliaire des pistons..............................233
- Écran anti-éblouissant.. . ...................................234
- Accessoire pratique...........................................234
- Interrupteur de sécurité......................................234
- Remplisseur automatique d’accus. . ......................... 235
- Emploi des vieilles chambres à air........................... 235
- Qualités essentielles de l’automobile.........................324
- Répercussion de la crise boursière............................324
- Appareil protecteur contre le feu et le vol...................325
- Postes de T. S. F. sur automobiles............................352
- 6. Aviation et aéronautique.
- L’avion au pôle sud (X.)................................... 30
- L’avion postal au Canada (V. Forbin).......................211
- Le grand avion de transport Dyle et Bacalan (A. Fraciiet). . 303
- Le moyeu d’hélice Sensaud de Lavaud-Pillard (A. J.)........349
- Nouvel avion de tourisme (L. Fournier).....................402
- Première liaison postale aérienne Europe-Amérique du Sud. . 524
- L’hélicoptère Oelimicheu...................................552
- Chronique d’aviation. . 43, 139, 2S1, 332, 377, 427, 471, 569
- 7. Marine.
- Le plus grand sous-marin du monde (Commandant Sauvaire-
- Jourdan)................................................ 78
- Destruction du yacht non magnétique « Carnegie ».......... 91
- Encore un navire allemand relevé à Scapa-Flow.............140
- Le nouveau paquebot allemand « Bremcn » (Commandant Sau-
- vaire-Jourdan)......................................... 174
- Paquebot à moteur Lafayette...............................379
- Renaissance de la navigation à voiles (Commandant Sauvaire-
- Jourdan)............................................. . 385
- Lancement du paquebot Atlantique..........................428
- VII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (II. Coupin) . 81, 369, 561
- Les centenaires scientifiques en 1930................................. 127
- Le plus intéressant musée d’artillerie (L. Fournier)..................459
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé des communications (P. Baud) . . 89, 331, 469, 523, 565
- IX. - VARIA JsS
- Prestidigitation (Alber)
- Le diable évadé...............................................
- LaHemme insensible............................................
- La sirène.....................................................
- Les caisses de Satan..........................................
- Statistiques comparées des prix (R. de Montessus de Ballore).
- 130
- 113
- 322
- 467
- 507
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- I. Petites inventions.
- Intensif Vitolia pour Pathé-Babv. . .
- Tablette de radiateur.................
- Nettoyeur de peignes..................
- Cuiseur...............................
- Portes de garage......................
- Épluche-légumes.......................
- Planche à laver ......................
- Bracelet Notex........................
- Batteur à mayonnaise..................
- Pince à linge.........................
- Étui à savon et porte-blaireau. . . .
- Galvanic-sol........................ •
- Froid central.........................
- Calculateurs Logz . ..................
- Applique mobile réglable..............
- Équipement rapide pour automobilistes Lavabo mobile pour automobilistes. . Indicateur de direction pour bicyclettes
- Chasse-corbeaux.......................
- Ramasse-gouttes.......................
- Lampe-'îumivore électrique............
- Cirage des chaussures.................
- Table universelle.....................
- 45
- 45
- 46 46
- 93
- 94 94
- 141
- 141
- 141
- 141
- 187
- 188 236 238 284 284 284
- 284 285'
- 285 334 334
- p.585 - vue 597/598
-
-
-
- 586
- Cendrier inversable .......................................334
- Calendrier perpétuel . . . ........................... . . 381
- Cravates en caoutchouc.....................................381
- Désinfectant hygiénique. 382
- Règle pour encadrer les sous-verres................ . . 382
- Blaireau serti inusable.................................. 392
- Électroprotector...........................................429
- Machine à botteler.........................................429
- Élévateur Méron........................................... 475
- Lampe « Adjusto-Lite ».................................... 476
- Pince réversible......................................... 476
- Électropompe Daubron...................................... 525
- Brûleur à gaz d’essence Pluton.............................526
- Douche-arrosoir à pomme robinet............................526
- Inverseur automatique......................................572
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Filtrage de liquides....................................... 38
- Couxtilière : destruction............... 38 329
- Plancher^ sans joints : enduit............................. 38
- Carrelages : entretien..................................... 88
- Onguent de pied............................................134
- Imperméabilisation des soies de pêche......................134
- Teinture sans matières colorantes........................ 182
- Barbotine : emploi...................................... . 182
- Gants : nettoyage..........................................329
- Photographie sans ombre portée:............................329
- Contrôle des températures peu élevées......................422
- Cachetage de lettres.......................................422
- Casques radio : sensibilité............................... 517
- Eau oxygénée : préparation.................................517
- Celluloïd sur métal...................................... 517
- Noisettes : ouverture facile...............................567
- Teinture du fond des photographies. . . . .................567
- 3. Boîte aux Lettres.
- Vernis au tampon........................................... 47
- Peintures sous-marines...................................... 47
- Siccatif des peintres...................................... 47
- Semelles crêpes........................................... 47
- Calendrier. . ..................................... 95, 189
- T. S. F............. 95, 191, 239, 286, 336, 384, 477, 527 ' 574
- Cinéma sonore............................................. 96
- Aurore polaire à Nancy..................................... 142
- Vitres: dépose............................................ 142
- Boules presse-appier........................................142
- Charbons pour piles et lampes...............................142
- Frênette....................................................142
- Eau de Javel................................................143
- Cafards : destruction.................................... 143
- Alliages pour résistances chauffantes......................143
- Presse-étoupe....................................... 143, 430
- Ardoisières d’Anjou....................................... 189
- Raisins : conservation................................... 189
- Citernes à eaux pluviales..................................189
- Argent : récupération......................................189
- Encres noircissantes.......................................189
- Miels opaques..............................................190
- Cendres vertes......................................... 190
- Tampicos...................................................190
- Métaux : protection contre les acides......................190
- Mouches salissantes : nettoyage ................... 190 574
- Encre à stylos.............................................190
- Ignifugation des tissus....................................198
- Huile de bois............................................ 239
- Récréations mathématiques.................... 239, 335, 383
- Iles Juan Fernandez .......................................286
- Araignées aéronautes................................. 335 573
- Dorure des cadres..........................................336
- Bouche-pores.............................................. 336
- Décapage des vieilles peintures.......................... 336
- Inondations du Tarn........................................383
- Vipères : ennemis .........................................383
- Blanchiment du linge.......................................384
- Évaporation ...............................................430
- Ardoises : utilisation des déchets.........................430
- Essences déterpénées.......................................431
- Créoline. . . .............................................431
- Mica : nettoyage.......................................... 431
- Hélice déformable Poncelet.................................477
- Laboratoire de Gustave Le Bon............................. 477
- Phonographie...............................................477
- Peaux : nourriture.........................................478
- Diapositives : silhouettage................................478
- Laques : entretien.........................................478
- Luminescence des animaux...................................478
- Mains : soins......................................... i 479
- Toiles huilées visqueuses..................................479
- Épuration des eaux de chaudière...................... 527 573
- Moyeu d’hélice Sensand de Lavaud-Pillard...................527
- Teintures pour cheveux.....................................527
- Ébonite : choix d’une plaque...............................528
- Anguilles totem et thérapeutique...........................573
- Savons de rasage. . .......................................575
- Livres nouveaux. . 42, 90, 138, 184, 232, 280, 330, 378, 426,
- 470, 522 568
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Documents photographiques . . . 32, 144, 240, 432, 480 576
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1950.
- p.586 - vue 598/598
-
-