La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ËT DE LEURS APPLICATIONS A L'ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- ©EUM©!!
- CINQUANTE-HUITIÈME ANNÉE 1930 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C‘, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- N" 2836.
- LA NATURE
- 1“ Juillet 1930,
- LE NOUVEL INSTITUT DU CANCER
- DE VILLEJUIF, PRÈS DE PARIS
- On affirme souvent clans le public que le cancer augmente de fréquence, à l’heure actuelle. Mais certaines statistiques bien comprises semblent prouver le contraire. Ainsi M. Auguste Lumière et le Dr P. Vigne, qui ont examiné 188124 déclarations de décès relatives à la ville de Lyon et échelonnées de 1906 à 1925, ont pu préciser que cette terrible maladie avait causé 16 186 morts, soit une proportion de 1 pour 14.
- Puis en discutant les chiffres précédents, les auteurs de ce mémoire pensent que, si on tient compte de l’abaissement de la mortalité générale et de l’accroissement de durée moyenne de la vie humaine, il paraît difficile de constater une augmentation des maladies cancéreuses.
- En revanche, ils estiment que le cancer est moins fréquent qu’autrefois, vu la propagande faite pour un dépistage précoce, l’efficacité plus grande des traitements curatifs et grâce surtout à l’action des centres anticancéreux, fondés depuis 1922 dans diverses grandes villes françaises sous l’impulsion du regretté professeur Bergonié.
- Maintenant, en effet, d’après l’opinion des spécialistes les plus autorisés, le cancer ne semble ni contagieux, ni héréditaire et très souvent on peut le guérir quand on le soigne dès le début. Néanmoins sa fréquence est encore très grande dans l’univers entier. Le redoutable fléau s’attaque aux Esquimaux du Groenland comme aux nègres de l’Afrique équatoriale, aux Chinois aussi bien qu’aux Australiens, en un mot à tous les groupes ethniques. Il tue par an environ 2 millions d’êtres humains et rien qu’en France plus de 40 000 à 50 000 personnes dans la même période de temps.
- V Institut du Cancer, récemment inauguré à Villejuif, mérite donc de retenir notre attention. Dû à l’initiative du Dr Roussy, professeur d’anatomie pathologique à la Faculté de Médecine de Paris, qui poursuit depuis long-
- temps l’étude biologique et thérapeutique du problème cancéreux, le nouvel établissement est installé dans le parc de l’Hospice Paul Brousse. Seuls les bâtiments des services scientifiques sont aujourd’hui achevés, mais on construit, à côté d’eux, une annexe hospitalière qui comptera 200 lits. L’Etat, le Département de la Seine, la Ville de Paris et quelques dons particuliers ont fourni
- des sommes plus ou moins importantes, qui ont permis de doter cet institut des instruments les plus perfectionnés. A ce propos, toutefois, exprimons un regret que nous a suggéré la visite de ces clairs laboratoires, de cette vaste salle d’autopsie parfaitement outillée ou de ce sous-sol dans lequel se trouvent les cases frigorifiques destinées à conserver les cadavres à disséquer : on n’y rencontre presque pas d’appareils français, le matériel ayant été fourni, en grande partie par des maisons allemandes au titre des prestations en nature. Cette circonstance ne nous a pas empêché cependant d’admirer un tel outillage, que nos constructeurs compléteront sans doute dans un avenir plus ou moins rapproché.
- Au seuil du laboratoire de chimie biologique, une accorte préparatrice nous fait les honneurs du domaine confié à ses soins. Sur des tables aux blancs carreaux de faïence, qui réfléchissent abondamment la lumière d’un soleil printanier, se trouvent disséminés les appareils nécessaires aux recherches expérimentales les plus diverses et aux microanalyses d’une extraordinaire précision.
- Ici des thermostats et des trompes à mercure, là des broyeurs à boulets ou des fours à moufle, un peu plus loin des centrifugeurs et des agitateurs électriques. Dans une hotte, les vapeurs délétères de certaines réactions s’évacueront tandis que sur une terrasse avoisinante les
- Fig. 1. — Le nouvel Institut du Cancer, à Villejuif.
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- Fig. 2. — L’installation de microcinématographie du laboratoire d'anatomie pathologique.
- chimistes pourront poursuivre leurs essais sur des produits encore plus nocifs.
- Une pièce, sise à proximité, sert à loger/ un grand spec-troseope et l’on y fait au besoin l’obscurité nécessaire aux observations. A côté, une salle spéciale est réservée à plusieurs balances de précision abritées chacune dans une cage en verre. L’un de ces délicats appareils comporte des poids en quartz tandis qu’avec une autre balance, par exemple, les pesées s’effectuent en disposant simplement des cavaliers sur l’un des fléaux. Avec cet ingénieux instrument, toutes les manœuvres s’exécutent, grâce à un système de leviers articulés, en appuyant sur divers boutons placés à l’extérieur du petit abri vitré.
- Les laboratoires de chimie physique et d? anatomie pathologique ne le cèdent en rien au précédent sous le rapport de l’outillage technique. De remarquables micrôtomes, de superbes microscopes et un microcinéma d’invention récente permettent de réaliser ou d’observer des coupes d’organes cancéreux, de regarderies microbes et de suivre leur évolution. Là, se poursuivront probablement les plus importantes recherches du Pr Roussy et de ses collaborateurs. Comme on le sait, effectivement, notre corps se compose de minuscules éléments cellulaires renfermant un protoplasma fort complexe. La juxtaposition d’innom-
- brables cellules identiques forme un tissu. Or quand le cancer apparaît en un point de notre organisme, il y provoque la rupture de l’impeccable régularité cellulaire caractéristique de la santé. Alors, au lieu de se reproduire d’une manière normale, les cellules se mettent à proliférer en désordre. Indépendamment de cette pullulation locale et par suite de la circulation, les cellules avariées, se détachant du foyer primitif, vont s’implanter dans un nouvel organe où elles déterminent la formation de noyaux cancéreux secondaires, d’une structure semblable à celle de la tumeur primitive. Aussi cette surabondante prolification, dont on ignore la cause originelle, rend fort difficile la tâche des médecins que complique encore très souvent le diagnostic tardif du terrible mal.
- D’après les théories régnantes les mieux assises par les observations cliniques ou expérimentales, il existe diverses catégories de tumeurs cancéreuses et à évolutions plus ou moins lointaines selon leur localisation. Ainsi le cancer d’une partie profonde du corps se dévelop^ pera pendant plusieurs mois sans que le malade s’en aperçoive tandis que quelques semaines suffiront à révéler la présence du mal dans un tissu situé plus superficiellement. Du reste, assez souvent le cancer agit moins par lui-même que par la gêne locale qu’il apporte au fonctionnement de tel ou tel organe : compression des reins ou du cerveau, obstruction intestinale, rétrécissement de l’œsophage, etc.
- Pour se rendre compte de tous ces désordres physiologiques, pour les dépister dès leurs débuts, pour instituer des traitements rationnels, que de préparations et de
- Fig. 3.
- M. le professeur Roussy, directeur de l’Institut du cancer.
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- coupes microscopiques ne faudra-t-il pas exécuter dans les laboratoires de V Institut du cancer !
- En dépit du labeur de nombreux spécialistes qui dans le monde entier s’acharnent à résoudre cet ardu problème et malgré les réclames de charlatans, les médecins se trouvent certes bien désarmés. Selon les cas, indépendamment de l’intervention chirurgicale, on a essayé tour à tour les caustiques, le froid, la chaleur, les courants électriques à haute fréquence, les rayons X et la radium-thérapie aux résultats plus ou moins heureux selon les variétés de cancer.
- En attendant qu’on connaisse l’origine du mal et qu’un thérapeute de génie délivre l’homme de cette lèpre moderne, on fait de bonne besogne à Villejuif, soit en soignant les cancéreux du service départemental de l’Hospice Paul Brousse, soit en expérimentant sur les cobayes, les lapins, les rats, les souris, les chiens, les volailles et autres animaux qu’on y entretient. Actuellement l’Institut du cancer se procure ces bêtes au dehors et les loge dans une pièce des bâtiments. Mais on est en train d’organiser une « basse-cour » dans un coin du parc afin d’y élever les petits Mammifères Rongeurs et les Gallinacés indispensables aux recherches du personnel scientifique.
- Le professeur Roussy est excellemment qualifié pour diriger avec autorité le nouvel établissement, orienter les travaux de ses élèves ou de ses collaborateurs travaillant dans les divers laboratoires. Le rôle de l’enseignement n’a pas été non plus oublié. Dans un coquet amphithéâtre aux tables en chêne, munies de lampes électriques individuelles destinées à faciliter aux auditeurs l’observation de pièces microscopiques, le directeur, ses chefs de service et des spécialistes du dehors pourront faire des cours ou des conférences. Un poste cinématographique et un appareil de projection très puissant permettront de réaliser sur l’écran des vues fixes ou animées d’une impeccable netteté. Enfin on a même songé aux médecins étrangers qui viendront parfaire leur éducation technique à l’Institut du cancer en vue de mieux soulager toutes ces misères. On a aménagé, à l’intention des visiteurs occasionnels, des chambres, une salle à manger et même un petit appartement avec cuisine particulière pour les loger économiquement durant leur séjour. Puissent ces efforts combinés provoquer la découverte prochaine de la cause du cancer afin d’instituer bientôt la prophylaxie et le traitement spécifique du terrible mal !
- Jacques Boyer.
- LES SPECTRES DE RAIES
- ET LA THÉORIE DES QUANTA
- Chacun sait que, lorsqu’on applique une différence de potentiel suffisante entre deux électrodes plongées dans un gaz raréfié, on obtient une lueur caractéristique de ce gaz. Si l’on analyse cette lueur au spectroscope, on observe un spectre de raies. Une raie se définit par sa fréquence. On sait, en effet, que la lumière est un mouvement vibratoire, et la fréquence est le nombre d’oscillations complètes effectuées par seconde. Nous allons chercher à comprendre le mécanisme d’émission de ce spectre de raies.
- D’après les conceptions modernes de la matière, un atome est à peu près constitué comme notre système solaire. Autour d’un noyau central appelé proton et chargé positivement gravitent un certain nombre d’électrons chargés négativement et de masses beaucoup plus petites. Or, lorsqu’une particule électrisée décrit une trajectoire fermée à raison de v fois par seconde, la théorie électromagnétique classique indique qu’elle devrait émettre une radiation de fréquence y. Mais puisqu’elle perd ainsi de l’énergie, son mouvement devrait se ralentir et l’électron devrait finalement tomber sur le noyau. Un tel atome ne serait donc pas stable. Or l’expérience nous apprend que cette émission de lumière n’a pas lieu, car fin gaz qui n’est pas excité par la décharge électrique ou la chaleur n’émet aucune radiation. Nous sommes donc obligés d’admettre qu’il existe des orbites stables sur lesquelles l’électron circule sans rayonner.
- Il est dès lors naturel de penser qu’il y a émission d’une radiation lorsque l’électron passe d’une orbite stable à une autre. Soient v, et v2 les fréquences de rotation initiales et finales; si l’on s’en tient à la théorie classique, il devrait y avoir émission de toutes les fréquences comprises entre v, et v2. On aurait donc un spectre de bandes et non un spectre de raies fines comme le montre l’expérience.
- Les théories classiques se montrent donc impuissantes dans ce domaine si vaste de la spectroscopie, et, dès les premiers efforts faits pour expliquer les spectres, on a dû faire appel à la théorie des quanta.
- LA THÉORIE DU RAYONNEMENT
- C’est Planck qui le premier, vers 1900, formula l’hypothèse des quanta, à propos de la loi de répartition de l’énergie dans le spectre des corps incandescents.
- Considérons un corps porté à une température assez élevée, c’est-à-dire dont les molécules sont soumises à des mouvements désordonnés. Ce corps émet de la lumière que nous pouvons analyser au moyen d’un spectroscope. La courbe 1 montre comment l’énergie se répartit en fonction de la fréquence. D’abord nulle, elle commence par augmenter lorsque la fréquence croît, passe par un maximum, puis tend vers zéro. Or si l’on cherche à calculer la répartition de l’énergie en adoptant les idées classiques sur la matière
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- et le rayonnement, on obtient la courbe 2. Il n’y a pas de maximum, et l’énergie augmente indéfiniment avec la fréquence. Cette courbe est obtenue en supposant que la matière est constituée par un grand nombre de petits oscillateurs capables de vibrer sur toutes les fréquences. Il suffit d’une toute petite impulsion pour mettre un de ces vibrateurs en mouvement, de même qu’une impulsion, si faible soit-elle, mettra en mouvement une corde de piano. L’amplitude du mouvement dépendra d’ailleurs de la grandeur de l’impulsion. Ces oscillateurs ne sont autres que les molécules qui entrent en vibration dès qu’on les écarte de leurs positions d’équilibre.
- Planck, au contraire, admet que chaque résonateur ne peut absorber d’énergie que par quantum de grandeur hv, v étant la fréquence propre de l’oscillateur, et h une constante appelée depuis constante de Planck. Sa valeur est en unités egs :
- h — 6,55, 1(T27 ergs.
- Lorsque l’énergie disponible n’est pas suffisante, l’oscillateur reste parfaitement immobile. On retrouve ainsi par le calcul la courbe expérimentale avec toute la précision que comportent les expériences.
- Cette hypothèse signifie en somme que les échanges d’énergie entre la matière et le rayonnement se font par grains de grandeur finie et d’ailleurs extraordinairement petits, ce qui explique qu’à notre échelle les échanges d’énergie paraissent se faire d’uné façon continue. On attribue donc désormais à l’énergie une nature corpusculaire comme on avait attribué quelques années plus tôt une nature corpusculaire à l’électricité. Il y a des quanta, comme il y a des électrons. Seulement remarquons que la grosseur du grain d’énergie n’est pas fixe : elle dépend de la fréquence, tandis que la charge de l’électron est absolument invariable.
- L’EFFET PHOTOÉLECTRIQUE
- Un autre succès de la théorie des quanta fut l’explication de l’effet photoélectrique. Lorsqu’on envoie de la lumière sur certains métaux placés dans le vide, en particulier sur le potassium et le sodium, il y a émission d’électrons que l’on peut recueillir sur une électrode portée à un potentiel convenable. C’est là le principe des cellules photoélectriques. En particulier, on peut chercher à quel potentiel il faut porter cette électrode pour qu’elle ne reçoive plus rien, ce dont on s’aperçoit au moyen d’un galvanomètre sensible branché en série avec l’électrode. Ce potentiel, naturellement négatif, est de l’ordre du volt. Il indique la force vive avec laquelle les électrons sont arrachés des atomes.
- Or on constate, ce qui est bien curieux, que ce potentiel est indépendant de l’intensité de la lumière employée et ne dépend que de la fréquence de la radiation utilisée. C’est Einstein qui fit, le premier, la théorie du phénomène, en admettant qu’un quantum d’énergie sert à libérer un électron. Lorsque l’intensité de la radiation varie, il y a plus ou moins d’électrons arrachés, mais la force vive avec laquelle ils sont émis reste la même.
- LES RAIES SPECTRALES
- C.ette théorie des quanta, qui depuis quelques années s’est révélée si féconde, va nous servir à expliquer l’origine des spectres. Voyons d’abord les principaux faits spectroscopiques qui ont depuis longtemps attiré l’attention des physiciens.
- On remarqua d’abord que l’on trouve assez souvent des raies dont les fréquences v, '/ et v" obéissent à la relation suivante :
- >1 f
- V = v -— V
- Lorsque cette relation existe, étant donné l’extraordinaire précision des mesures spectroscopiques, elle se vérifie au 1/100 000 près.
- Une étude systématique des raies montra ensuite que toute fréquence peut s’écrire comme la différence de deux termes :
- v = T — T'
- On comprend dès lors que, si deux raies ont un terme commun, la différence des fréquences sera la fréquence d’une troisième raie :
- Soustrayons les deux équations, membre à membre : v' — v = T" — T',
- >/ —- v étant la différence de deux termes doit être la fréquence d’une troisième raie v".
- On est ainsi ramené de l’étude d’un très grand nombre de raies à l’étude d’un nombre beaucoup plus restreint de termes.
- Une seconde loi est que les termes peuvent se grouper en séries dans lesquelles ils dépendent d’une façon assez simple d’un entier n. Pour l’hydrogène, il n’y a qu’une seule série de termes.
- où R est une constante, dite constante de Rydberg.
- Pour les métaux alcalins, il y a plusieurs séries, toutes de la même forme algébrique.
- n (n -f- a)2
- n est toujours un entier variable, et a une constante pour tous les termes de la même série; a n’est en général pas un entier.
- Pour les autres corps la forme algébrique des termes n’est pas toujours simple, mais lorsqu’on a pu débrouiller le spectre, on a trouvé que les termes se groupent en séries dans lesquelles chaque terme décroît régulièrement en fonction d’un entier n qui caractérise le terme.
- L’ATOME DE J30HR
- Pour expliquer ces résultats, nous allons maintenant exposer la théorie de Bohr. Pour simplifier, nous bornerons notre étude au cas de l’atome d’hydrogène. Ce dernier est constitué par un seul électron gravitant autour d’un proton. La force qui retient l’électron sur son orbite est en raison inverse du carré de la distance. C’est donc
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- la même loi de force que pour les planètes qui gravitent autour du soleil et l’on sait que dans ce cas l’électron doit décrire une ellipse dont le noyau positif occupe l’un des foyers. Si l’on se borne aux conditions imposées par les lois de la mécanique classique, l’électron peut ainsi décrire une infinité d’orbites différant infiniment peu entre elles. La théorie impose simplement une relation entre la fréquence et la longueur du grand axe : le carré de la durée de révolution varie en raison inverse du cube du grand axe de l’orbite (3e loi de Kepler).
- Bohr fit l’hypothèse que, parmi cette infinité d’orbites possibles, un petit nombre seulement sont stables. Ces orbites sont définies par une condition mathématique que nous n’expliciterons pas, et où intervient le produit de la constante de Planck h par un nombre entier n, dit nombre quantique.
- Bohr fit ensuite une seconde hypothèse : tant que l’électron circule sur une des orbites définies çi-dessus il ne rayonne pas; mais il se peut que, sous l’influence de certaines causes extérieures, il saute d’une orbite sur une autre. Dans ce cas, il y a absorption ou émission d’une radiation , sous forme d’un quantum dont l’énergie n’est autre que la différence des énergies des deux états initial et final de l’atome :
- hv = W — W'
- Cette relation définit la fréquence v de la raie émise ou absorbée. En divisant par h, on obtient :
- W W'
- v ~ Tl h
- et l’on retrouve cette loi que la fréquence peut s’écrire comme la différence de deux termes. Nous voyons qu’un terme n’est autre chose que l’énergie d’un état de l’atome divisée par la constante de Planck :
- Le développement mathématique de cette théorie conduit à l’expression trouvée plus haut pour chaque terme :
- où n est le nombre quantique dont nous avons parlé précédemment.
- Lorsque l’atome d’hydrogène est dans l’état normal, l’électron circule sur l’orbite la plus proche du noyau, qui à pour nombre quantique 1. Son énergie est alors la plus petite possible. Excitons l’atome par une décharge électrique : l’électron pourra se trouver arraché et transporté sur une orbite plus éloignée, par exemple sur l’orbite de nombre quantique 5. Puis il pourra spontané-
- ment retomber sur une orbite plus intérieure, celle qui a pour nombre quantique 2, par exemple. Son énergie diminuera et la différence des énergies des orbites 5 et 2 sera émise sous forme d’une radiation dont la fréquence est donnée par la formule :
- L’accord avec l’expérience est complet; mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que la théorie de Bohr permet de calculer la constante de Rydberg en fonction de la charge de l’électron e, de sa masse m, de la constante de Planck h et de la vitesse de la lumière c. On aboutit à la formule; 21c1 me1
- clf
- La valeur théorique ainsi calculée pour R concorde avec la valeur expérimentale à 1/500 près. On ne pouvait espérer mieux, puisque les déterminations de e, h et m ne comportent pas une précision supérieure. Le
- spectre de l’hydrogène se trouve ainsi complètement expliqué.
- Les spectres des autres corps ne se calculent pas aussi aisément. On sait, en effet, qu’en astronomie le problème des trois corps, c’est-à-dire l’étude d’un système tel que le soleil, la terre et la lune, est un problème très difficile dont la solution mathématique rigoureuse n’a été donnée que récemment par Henri Poincaré au moyen des fonctions fucshiennes. Mais la méthode conduit à des calculs si compliqués qu’on préfère dans la pratique se servir de procédés d’approximations.
- On comprend donc que dans le domaine spectroscopique la théorie Me l’atome d’hydrogène qui n’est composé que de deux particules a pu seule être établie complètement. L’accord avec l’expérience est d’ailleurs remarquable. Les autres atomes ont donné lieu à des théories approchées qui sont en général assez bien vérifiées.
- Le gros inconvénient de la théorie quantique, telle qu’elle a été exposée, est qu’elle surajoute à la mécanique classique des conditions de quanta qui semblent la contredire. R serait préférable de faire appel à une mécanique entièrement nouvelle. D’ailleurs, la théorie quantique de Planck et de Bohr laisse subsister un grand nombre de difficultés et se trouve dans certains cas en désaccord avec l’expérience. Toutes ces difficultés ont actuellement été résolues par la nouvelle mécanique quantique dite mécanique ondulatoire, inventée par Louis de Broglie et développée ensuite par Schrodinger.
- J. Bernamont, Agrégé de l’Université.
- Fig. 1.
- Énergie rayonnée par un corps incandescent en fonction de la fréquence. 1. Courbe réelle. 2. Courbe de la théorie classique.
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- UN BEAU SAUVETAGE EN PLEINE MER
- Le récent hiver a vu passer sur l’Atlantique Nord une série de tempêtes dont il semble que la fréquence et la violence n’ont peut-être jamais été dépassées.
- Le nombre de naufrages a été considérable, et aussi celui des pertes de vies humaines, tant à bord des barques de pêche souvent surprises par le brusque déchaînement des ouragans que sur les grands bâtiments balayés par les lames furieuses.
- Mais ces effroyables colères de la mer ont provoqué en contre-partie d’admirables manifestations de la traditionnelle solidarité maritime, et une foule d’héroïques dévouements grâce auxquels beaucoup de naufragés ont
- Fig. 1. — Le navire naufragé Antinoe. (D’après Scientific American.)
- été sauvés, et un certain nombre de désastres évités. Nous voulons, à cette occasion, revenir sur un sauvetage, qui s’est opéré il y a deux ans. Quoique déjà lointain, son souvenir mérite d’être conservé tant en raison de la ténacité et de l’énergie apportées par le sauveteur dans l’accomplissement de sa tâche humanitaire que des circonstances que la rendirent particulièrement difficile.
- Il s’agit d’un petit vapeuÿ anglais de 2080 tonnes Y Antinoe (fig. 1) qui, lourdement chargé, traversait l’Atlantique lorsque fondit sur lui une très violente tempête.
- Par mauvais temps, un navire de ce tonnage peut tenir tête à une assez grosse mer, à condition de pouvoir s’élever sur les lames. Trop chargé, comme c’était le cas, il est à la merci d’un minime incident. Pour Y Antinoe, l’incident fut un blocage de son gouvernail. Ne pouvant plus gouverner et poussé en travers des lames qui défer-
- laient sur son pont, il vit ses panneaux de cale arrachés; bientôt l’eau en torrent envahit la chambre des chaudières et des machines, éteignit les feux, et rendit impossible l’usage des pompes, mettant en outre le navire dans une position très inclinée sur bâbord.
- La situation menaçait de tourner rapidement au désastre. Le capitaine appela au secours par T. S. F. Le message fut reçu par le paquebot américain Roosevelt qui passait à environ 100 milles de distance (180 kilomètres).
- Le Roosevelt est un beau navire de 14 000 tonnes, très marin, haut de franc-bord, de 172 mètres de longueur, équipé à la moderne et portant 236 passagers avec un équipage de 223 marins. Au moyen du radio-compas, le Commandant Fried du Roosevelt put, peu de temps avant la nuit, retrouver Y Antinoe dans la rage de la tempête encore accrue par des rafales de neige.
- Alors commença une lutte épique de 4 jours pendant lesquels le Commandant, les officiers et l’équipage du Roosevelt déployèrent les plus belles qualités d’habileté et d’ingéniosité professionnelles, jointes à un admirable courage et à une énergie farouche, lutte qui se termina enfin par le sauvetage des 28 marins de Y Antinoe.
- Pendant la première nuit, le Roosevelt se plaça au vent du navire en péril, et là, roulant de 30 degrés de chaque bord, il fila de l’huile-pour apaiser la violence des lames qui prenaient d’assaut Y Antinoe. Mais, malgré la veille assidue, celui-ci fut perdu de vue dans les rafales de pluie et de neige. On le retrouva seulement 18 heures plus tard.
- La mer restait énorme. Cependant le commandant Field, voyant la situation désespérée de l’épave inclinée de 40 degrés, son bastingage bâbord noyé, avec 3 mètres d’eau dans ses cales, décida de mettre à l’eau une embarcation, tout en usant à nouveau de l’huile pour apaiser les lames.
- Mais un grain terrible, survenant soudain, chavira le canot, jetant à la mer les 8 héros qui le montaient. Six purent être sauvés à très grand’peine, mais deux périrent victimes de leur dévouement.
- Dans la journée du lendemain, on tenta à 6 reprises de faire passer une corde à Y Antinoe en employant le canon porte-amarre, puis une caisse vide à laquelle l’amarre était fixée et que le vent et les vagues faisaient dériver. Mais aucune de ces tentatives ne réussit (fig. 2).
- Le matin suivant, on essaya de laisser dériver jusqu’au navire naufragé un canot vide au bout d’une amarre. Naturellement, pour ce faire, le Roosevelt se tenait toujours au vent de Y Antinoe, à la plus petite distance possible, en travers à la mer, et roulant bord sur bord.
- Mais le canot manqua le but.
- Dans l’après-midi, on réussit enfin à faire passer une cordelette du porte-amarres sur d’épave où l’équipage s’en saisit. On tenta à nouveau, par tous moyens, de faire arriver jusqu’à lui un canot sans équipage. Cette fois la légère ligne cassa et le canot se perdit. Le capitaine Fried tenta alors une manœuvre hardie et ingénieuse. Ayant amené le Roosevelt sous le vent de Y Antinoe, il mit à
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- la mer un canot sans équipage qu’il laissa aller au bout d’une longue remorque dont l’extrémité fut attachée au sommet d’un des mâts à 20 mètres de hauteur.
- Puis il fit route en remorquant l’embarcation, et vint, en contournant de près l’arrière de YAntinoe (fig-. 3), se placer au vent de sorte que la remorque du canot devait, dans ce mouvement tournant, venir passer sur la poupe du navire en détresse et pourrait ainsi y être saisie avec le canot sauveur. Mais cet espoir fut encore déçu. Les coups de roulis étant très violents, la corde prit du mou au mauvais moment et passa sous l’arrière de Y Antinoe au lieu de reposer dessus. Mais rien ne décourageait les admirables sauveteurs, qui se rendaient bien compte que s’ils renonçaient à
- Fig. 3.
- Manœuvre du Roosevelt pour amener l’amarre sur le pont de /'Antinoe. (D’après Scientific American.)
- qui, inerte, se trouvait lui aussi en travers aux lamesf» put contourner l’épave par l’avant et à force de . rame gagna l’abri relatif qu’offrait sa coque, sous le vent.
- On peut juger de l’émotion avec laquelle l’équipage naufragé, tassé sur le gaillard d’avant où il risquait moins d’être balayé, suivait les évolutions de la coquille de noix qui pouvait lui apporter le salut, mais avec combien de chances contre elle et contre eux !
- Mais cette fois le destin devait se montrer favorable. Arrivé à portée du bastingage à fleur d’eau de Y Antinoe contre lequel le ressac violent menaçait à tout instant de le briser, le canot parvint à s’y cramponner et à prendre la moitié des naufragés. Pendant ce temps le Roosevelt était venu se placer sous le vent de l’épave; le lieutenant Miller employa à nouveau, pour le joindre, le procédé qui l'avait amené contre Y Antinoe et réussit à jeter à bord du navire sauveur son premier chargement d’êtres
- leur entreprise, c’était, pour les 28 hommes accrochés à l’épave, la mort sans rémission.
- Le capitaine Fried et son équipage en revinrent alors à la première conception, qui avait cependant déjà coûté la vie à deux de leurs camarades. Profitant de ce que les rafales et les grains s’espaçaient quelque peu, le Roosevelt vint une fois de plus se mettre en travers au vent de l’épave et à faible distance. Un nouveau canot de sauvetage fut mis à l’eau à tribord, côté relativement abrité, et un équipage de volontaires, à qui il est permis d’appliquer l’épithète d’héroïque, y embarqua sous le commandement du premier lieutenant Miller.
- Poussé par les vagues et le vent, l’embarcation dériva jusqu’à Y Antinoe
- Fig. 4. — La dernière manœuvre du Roosevelt qui réussit enfin à conduire un canot de sauvetage à bord de Z’Antinoe. (D’après Scientific American.)
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- = 8 =
- humains exténués par 4 jours de souffrances morales et physiques indicibles.
- Mais la moitié de la besogne restait encore à faire.
- Le capitaine Field recommença la manoeuvre qui venait de si bien réussir et une fois de plus amena son Roosevelt au vent de VAntinoe. La nuit était venue, mais la tempête se calmait quelque peu, et la lune éclairait suffisamment le théâtre de la tragédie. Le canot remis à la mer avec son intrépide équipage gagna le flanc tribord de l’épave, enleva ce qui restait des naufragés et les conduisit au Roosevelt avec le même succès.
- Ainsi se terminèrent les péripéties de cette extraordinaire aventure. Elles avaient duré 4 nuits et 3 jours pendant lesquels on peut dire que l’équipage et les passagers du Roosevelt ne connurent pas de repos.
- Au cours de ces longues et dures heures, le navire sauveteur ne cessa de tourner autour de la malheureuse épave, renouvelant sans se lasser les tentatives de toutes sortes. (Il en fut fait plus de 15 pour établir une communication) et cela dans des conditions qui comportaient pour lui un grave péril.
- Pendant que l’équipage du pont tout entier du Roosevelt se donnait nuit et jour à sa dure besogne, leurs camarades des machines s’associaient à leurs travaux en assurant l’exécution immédiate des innombrables ordres qui leur venaient à tout instant de la passerelle, exécution dont dépendit, à plusieurs reprises, la vie même
- du Roosevelt. Il aurait suffi en effet d’une avarie empêchant, par exemple, la mise en marche en avant ou en arrière du navire, pour qu’en plusieurs occasions, il fût jeté par la dérive contre l’épave de VAntinoe. C’était alors la perte assurée des deux bâtiments.
- . En fait, pendant ces 3 fois 24 heures, les turbines du Roosevelt eurent à exécuter plus d’ordres qu’il ne lui était arrivé en 2 années de service.
- Jamais, peut-être, un sauvetage en haute mer n’avait mis en lumière un déploiement plus complet des plus nobles sentiments d’humanité et des qualités de courage, de ténacité et de cette haute science professionnelle si bien exprimée en anglais par le mot de « Seamanship ».
- Immenses furent l’émotion et l’admiration que souleva le haut fait du Commandant Fried et de son équipage dans les milieux maritimes du monde entier, et particulièrement en Angleterre et aux Etats-Ünis.
- On y honora, comme elle le méritait, le mémoire des deux marins qui avaient donné leur vie pour la cause de la fraternité navale, et d’éclatantes récompenses furent attribuées à tous ceux qui avaient pris part à ce magnifique sauvetage.
- Il nous a paru que nos lecteurs nous sauraient gré d’avoir relaté, à leur intention, un trait de la vie maritime qui fait si grand honneur à ceux qui l’ont accompli.
- C* Sauvaire-Jourdan.
- LE PIANO PHOTOELECTRIQUE “ SPIELMAN ”
- Un inventeur autrichien, M. Spielman, a réalisé un dispositif de piano basé sur l’éclairement périodique de cellules photo-électriques, capable par conséquent de faire la synthèse de sons musicaux dont la tonalité varie suivant la fréquence des éclairements des cellules photoélectriques considérées.
- Il y a déjà longtemps que le Professeur Mercadier, célèbre par ses études sur la télégraphie multiplex, a donné le principe de ce genre d’instrument. Il s’agit de produire les sons au moyen de rayons lumineux intermittents, qui agissent sur des organes sensibles à la lumière. Mercadier pensait utiliser des cellules de sélénium ou de tellure, qui ont évidemment leurs inconvénients et ne sont pas aussi obéissantes que les cellules photoélectriques actuelles aux métaux alcalins.
- Hugoniot avait étudié en 1921 un dispositif de ce genre. Puis M. Toulon perfectionna les appareils en remplaçant justëment les éléments au sélénium par des cellules au potassium, que les inventeurs précédents n’avaient pas eues à leur disposition. L’inertie électrique de ces nouveaux éléments étant très faible, il est possible alors d’obtenir des sons variables rapides. En les excitant par des rayons lumineux intermittents, on peut produire toutes les notes voulues sur une grande échelle de gammes.
- Il suffit d’avoir des disques écrans percés de trous, que l’on met en rotation. Les ouvertures passent* devant la source lumineuse qu’elles démasquent à une fréquence
- qui correspond à la tonalité du son qu’on veut produite. La cellule éclairée périodiquement provoque l’envoi de courants électriques périodiques à la même fréquence que celle de l’éclairement. Il s’agit, bien entendu, dans les cellules photoélectriques, de courants électriques faibles, mais on sait les amplifier avec des lampes.
- Il suffit alors de combiner une commande au moyen des touches d’un clavier, pour démasquer à volonté les rayons lumineux qui agissent sur les cellules sensibles.
- Dans le système Spielman qui a été breveté en janvier 1927, en Autriche, le principe initial est le même que celui imaginé par Mercadier, mais la réalisation présente des originalités incontestables.
- L’appareil est constitué par une série de disques qui sont solidaires du même axe. Celui-ci est entraîné par un moteur électrique et tourne à une vitesse constante déterminée. Chaque disque comporte une série de circonférences concentriques le long desquelles sont percés des trous.
- Le nombre de ces trous est en progression géométrique, de raison 2, d’une circonférence à l’autre. C’est ainsi que la circonférence intérieure a deux fois moins de trous qu’une circonférence voisine donnée, et qu’au contraire la circonférence voisine extérieure en a deux fois plus.
- En face de chacune de ces circonférences, suivant un rayon, on dispose, derrière le disque, des cellules photoélectriques, à raison de une cellule pour chaque circon-
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- Fig. 1. — Schéma de principe du piano photoélectrique.
- Une série de disques perforés montés sur un même arbre provoquent chacun l’éclairement périodique de cellules photoélectriques.
- férence. De même, de l’autre côté du disque, sont disposées les sources lumineuses à raison d’une source par circonférence. On conçoit que chaque lampe électrique éclaire la cellule correspondante qui lui fait vis-à-vis, lorsque sur le trajet viendra se placer un trou du disque.
- Les éléments sensibles sont donc éclairés périodiquement à une fréquence qui dépend de la vitesse du disque (laquelle est fixée une fois pour toutes) et du nombre de trous percés sur la circonférence correspondante.
- Qu’en résulte-t-il ? On voit immédiatement qu’il suffit d’avoir un seul disque pour donner la même note dans huit gammes successives, puisque le nombre de trous (et par conséquent la fréquence des éclairements) est constamment doublé,
- donnant chaque fois la note à l’octave de la précédente.
- Si par exemple nous prenons un disque qui donne pour une gamme déterminée et pour un cercle déterminé la note Do, les huit circonférences donneront toutes des Do de huit gammes successives. Pour réaliser la gamme des musiciens, il suffira donc alors d’avoir douze disques, en tenant compte de la concordance sur le piano des dièses et des bémols. Le piano Spielman a donc douze, disques montés sur le même axe, chaque disque ayant son équipage de huit éléments photoélectriques et de huit lampes d’éclairement.
- Comment maintenant produire un son déterminé ? Il suffit d’abaisser la touche d’un clavier identique à celui d’un piano. Au lieu d’agir sur un marteau frappeur, la touche, en s’abaissant, ferme le circuit qui correspond à la cellule photoélectrique destinée à donner la note indiquée par la touche. Le courant de cette cellule peut alors passer et se rendre, par des appareils amplificateurs, à un appareil reconstituant le son : haut-parleur ou diffuseur.
- On peut abaisser simultanément autant de touches qu’on le désire, et toutes les notes seront produites absolument comme dans le jeu du piano ordinaire. Ces
- notes se superposeront dans le haut-parleur ou pourront même être envoyées dans des haut-parleurs différents.
- Comment régler maintenant l’intensité de la note produite ? Cette commande se fait au moyen de la touche elle-même. Lorsqu’on appuie cette touche à fond et qu’on la maintient, elle agit sur une lame qui porte un ressort à son extrémité. Le ressort vient s’appliquer sur une sorte de rhéostat à la partie inférieure, rhéostat dont il court-circuite les spires. Il en résulte des variations correspondantes dans la résistance électrique du circuit de la cellule sensible correspondant à la note émise; les courants recueillis sont donc plus ou moins intenses suivant qu’on enfonce la touche plus ou moins.
- Sur ce mécanisme qui règle l’intensité, on combine également un électro-aimant qui permet de tenir la note à volonté aussi longtemps que le courant passe.
- Un mécanisme du même ordre est combiné pour le jeu des pédales de manière à réaliser le jeu du piano ordinaire.
- Cet instrument musical qui est construit par Rudolf Fig. 3. — Le piano photoélectrique, prêt à jouer.
- Fig. 2.
- Schéma des connexions entre le clavier et les lampes impressionnant les cellules photoélectriques à travers les disques tournants.
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- Fig. 4. — Le piano ouvert montrant les disques tournants.
- Stelzhammer donne naturellement des sons très purs avec une grande facilité de manœuvre. Il est possible d’acquérir une véritable virtuosité et de jouer en même temps de ce piano électrique et d’un piano ordinaire, les deux claviers étant juxtaposés. On réalise alors un
- Fig. 5. — M. Rudolf Stelzhammer jouant en même temps sur le piano photoélectrique et sur un piano ordinaire.
- ensemble tout à fait curieux. Les sons fournis par le diffuseur sont analogues à ceux de l’orgue ou de l’harmonium. E. Weiss.
- L’ANANAS
- L’Ananas, ce précieux fruit des Tropiques que tout le monde connaît et apprécie, est considéré, chez nous,
- Fig. 1. — L’ananas, fruit de haute qualité.
- comme un véritable produit de luxe. Il n’en est pas de même aux Etats-Unis, où l’on en consomme d’énormes quantités, le prix de ce fruit étant bien moins élevé qu’en France, parce qu’on le produit en abondance, notamment aux îles Hawaï (Océanie);
- Dans ces îles, la culture et l’industrie de l’ananas se sont, en effet, développées d’une manière tout à fait surprenante, surtout depuis 1912, date de la création de T « Association des fabricants de conserves d’ananas hawaïens », puissant consortium englobant les huit usines principales établies dans les différentes îles de l’Archipel.
- Avant de parler de la culture du fameux fruit tropical, constatons que l’ananas ne pousse pas sur un arbre, comme on le croit généralement, mais sur une plante appartenant à la famille des Broméliacées, haute de 0 m 80, qui donne un ou deux fruits pesant de 4 à 6 livres chacun.
- Ainsi qu’a bien voulu nous le dire M. A. L. Dean, l’aimable secrétaire de l’Association des fabricants de conserves, à qui nous sommes, du reste, redevable de la documentation de notre petite étude, l’ananas n’est pas indigène dans l’archipel hawaïen. Il y fut importé, de l’Amérique Centrale, au commencement du siècle dernier, par un Espagnol, don Marin. Peu à peu, il fut abandonné à lui-même, et ce n’est que vers 1860 que les blancs établis dans la contrée entreprirent de le cultiver d’une façon raisonnée.
- En dehors de la variété primitive indigène, un Anglais émigré aux Etats-Unis, le major Kidwell, introduisit une trentaine d’autres variétés de diverses contrées. Après une série d’expériences, il en choisit une importée de la Jamaïque et connue sous le nom de « Smoth Cayenne »
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- Fig. 2 (en haut). — Un champ d’ananas au moment de la récolte. Fig. 3 (en bas à gauche). — La culture sous papier aux îles Hawaï. Fig. 4 (à droite). — La réception des fruits à l'usine.
- (Cayenne lisse ou sans épines), qui est encore celle que cultivent les planteurs hawaïens, dont elle fait, d’ailleurs, très rapidement la fortune.
- COMMENT ON CRÉE UNE PLANTATION D’ANANAS
- L’ananas donne très rarement des graines; du reste, les plantes qui en résultent ne portent pas de fruits avant
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- une dizaine d’années. La multiplication se fait exclusivement par boutures des drageons ou rejets souterrains, des « suckers » jets où branches adventives, des « chowns » ou couronnes, c’est-à-dire les bouquets de feuilles au sommet du fruit.
- La culture est très simple -. c’est la culture sous papier signalée par La Nature (1er octobre 1928 et 15 janvier 1929).
- Après avoir labouré le terrain très profondément, on y établit des rangées de 90 mètres de long que l’on couvre de bandes de papier asphalté, larges de 0 m 90, séparées par une largeur égale pour faciliter la récolte. On plante les boutures sur les bordures dans des trous ménagés dans le papier.
- Grâce à cette méthode, le prix de revient de la culture est peu élevé; de plus, elle prévient le développement des mauvaises herbes et elle fournit, en même temps, un excellent moyen de défense contre les dégâts occasionnés par les grandes chaleurs. Enfin, sous le papier, le terrain garde, pendant la nuit, une température de 2 à 5 degrés centigrades plus élevée que celle du terrain découvert, ce qui est indispensable.
- Les planteurs réalisent ainsi une surproduction de plus de 88 quintaux à l’hectare.
- La formation du fruit se manifeste quatorze à dix-huit mois après la plantation et il lui faut ensuite près de quatre mois pour arriver à la maturité. Un an après, on obtient une deuxième récolte, la meilleure : elle donne deux fruits, en moyenne, par plant; il n’y en a qu’un la première année.
- La végétation de la plante pourrait continuer presque indéfiniment par ses rejets annuels, mais, le fruit devient, chaque année, plus petit et plus coriace et perd de sa valeur marchande; aussi le remplace-t-on, en général, après la
- qu’il y a rénovation, sans arrêt dans la production.
- Or, comme la culture ininterrompue de l’ananas souffre, au bout d’un certain temps, d’une baisse sensible des rendements, les planteurs commencent à pratiquer la méthode de la jachère, afin de laisser l’équilibre naturel se rétablir.
- Cette méthode est possible, parce qu’il n’existe pas de concurrence entre les deux principales industries du pays, la culture de la canne à sucre et celle de l’ananas. Comme celui-ci s’accommode plutôt des terres assez élevées et exige bien moins d’eau que la canne à sucre, les terrains ne manquent point.
- La cueillette des fruits a lieu deux fois par an.
- La récolte se fait en deux saisons : 1° de juin en septembre (c’est la récolte importante : elle donne une moyenne de 10 000 fruits à l’hectare); 2° à la fin de mars (cette récolte ne donne que le quart de la précédente). Dans l’une ou l’autre saison, on ne cueille les fruits que lorsqu’ils sont bien mûrs, afin de les livrer aux consommateurs avec leur maximum de finesse et de saveur.
- Au moment de la cueillette, les ouvriers, presque tous Philippins, passent entre les rangées et cassent la tige d’un coup sec pour en détacher les fruits, qu’ils placent, au fur et à mesure, dans un sac suspendu à leur épaule. Lorsque les sacs sont remplis, ils vont les déposer dans le sentier le plus proche, où une autre équipe enlève les couronnes, charge les ananas dans des cageots et transporte ceux-ci à un point de concentration fixé le long d’une voie ferrée, qui traverse les terrains cultivés dans tous les sens.
- Deux fois par jour, un train spécial vient ramasser les cageots pour les transporter directement aux usines qui transforment la plus grande partie des fruits en conserves, par des moyens mécaniques appropriés, une faible proportion seulement étant exportée sous forme d’ananas frais.
- LA PRÉPARATION DES CONSERVES
- La transformation des fruits exige un outillage compliqué et un personnel nombreux. Nous pouvons citer telle usine qui n’emploie pas moins de 900 personnes, toute
- Fig. 5 (à gauche). — L'atelier de déeoriicage.
- Fig. 6 (à droite). — Les tables à parer (au premier plan) et la mise en boîtes.
- deuxième année ou la troisième récolte, pair une plantation de boutures dans les interlignes ; lorsque les plants sont prêts à fructifier, on arrache les anciens, de sorte
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- Fig. 7 (à gauche). — L’atelier de sertissage et les autoclaves.
- Fig. 8 (à droite). — Les boîtes sortant de cuisson.
- l’année, et jusqu’à 3000, travaillant, jour et nuit, pendant la saison de maturité. Ce personnel se compose pour un tiers de femmes.
- Les ouvriers et les ouvrières qui ont à manier les ananas portent de longs gants de caoutchouc qui les préservent de Faction corrosive du jus et concourent à garantir la parfaite propreté du produit.
- D’ailleurs, la manipulation des fruits se fait presque entièrement ' d’une manière automatique par diverses machines actionnées électriquement.
- A leur arrivée à l’usine, les cageots sont déchargés sur une plate-forme où des wagonnets viennent les prendre pour les emporter dans l’atelier d’écorçage. On les décharge sur un convoyeur qui les véhicule jusqu’à une première machine, sur laquelle chaque ananas est accroché et soumis à quelques promptes révolutions contre un tranchant qui, instantanément, en enlève d’abord l’écorce jusqu’à la racine des « œils », le réduit au diamètre des boîtes, le débarrasse de son coeur fibreux et coupe les deux extrémités. Cette machine pare 38 fruits à la minute, soit, en dix heures, 22 800.
- Pendant les diverses opérations, les parties les plus mûres du fruit sont retranchées et envoyées à deux machines : une râpe qui convertit les plus grosses en un produit connu sur le marché sous le nom de « Grated pine-apple » (râpure d’ananas) et un écraseur, qui transforme les débris en « crushed pineapple » (marmelade d’ananas), dont la saveur est plus exquise encore que celle des tranches mises en conserve.
- Le fruit, réduit à la dimension des boîtes, présente une forme cylindrique, mais, comme à l’état naturel il est presque conique, il arrive qu’une fois pelé, il reste çà et là des traces de pelures et des v oeils » sur la pulpe. C’est pourquoi, en sortant de la première machine, on fait glisser les fruits sur la table à « parer », qui n’est autre chose qu’une courroie sans fin passant devant une rangée d’ouvrières armées d’un scalpel à lame recourbée, dont
- elles se servent pour faire la toilette des fruits. Ceux-ci, une fois parés, continuent leur chemin à travers une cuve d’eau courante d’où ils passent à la trancheuse, tandis que les déchets sont entraînés vers F « extracteur », qui en retire le jus dont une partie est transformée en sirop, l’autre en alcool ou en vinaigre. Le lourteau est séché et con-
- stitue le « bran » d’ananas riche en vitamines, particulièrement bon pour l’engraissement des animaux.
- La trancheuse se compose d’une série de couteaux fixes contre lesquels chaque ananas est pressé, pour être taillé en tranches dont l’épaisseur est réglable à volonté. Au fur et à mesure, les tranches tombent sur une nouvelle courroie sans fin cheminant devant une rangée d’ouvrières chargées de les placer dans les « tins » (boîtes en fer-blanc de dimensions appropriées) que leur apporte automatiquement un chemin roulant.
- Aussitôt remplies, les boîtes sont reprises par un autre chemin roulant qui les véhicule à la « siropeuse », pendant que les tranches abîmées ou trop petites s’en vont à la râpe et à F écraseur dont nous venons de parler.
- La siropeuse garnit, automatiquement, sous le vide, les boîtes à raison de 70 à 80 à la minute, avec un sirop bouillant amené de l’étage supérieur par une tuyauterie spéciale.
- Ge sirop est fabriqué avec le jus des fruits et la meilleure qualité de canne à sucre.
- En quittant la siropeuse, les boîtes sont prêtes pour la fermeture. Cette opération s’accomplit à l’aide de la sertisseuse automatique qui place un couvercle sur chaque boîte, puis fait tourner le tout pendant que plusieurs molettes viennent agir sur le pourtour à fermer. Les surfaces à joindre se trouvent alors fortement appliquées l’une contre l’autre.
- Après le sertissage, lès ananas passent à la cuisson et à la stérilisation.
- La cuisson se fait par le procédé Appert classique. On chauffe d’abord à la vapeur pendant quatre minutes, puis on cuit dans les appareils maintenus à une température
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- de 100°i En sortant de ces appareils, les boîtes sont laquées automatiquement, puis séchées. Elles passent enfin aux réfrigérateurs sous un filet d’eau, afin qu’elles ne continuent pas à cuire à l’intérieur.
- A leur sortie des réfrigérateurs, les boîtes glissent sur un appareil qui les empile dans de petits chariots sur lesquels on les porte à la salle d’expédition, où elles sont munies d’étiquettes, travail confié à une machine qui s’en acquitte à la cadence de 12 000 à 15 000 à l’heure.
- Généralement, on ne met pas les boîtes aussitôt en caisse; on les laisse quelque temps en observation pour voir si elles ne fuient pas.
- Telle est cette industrie américo-hawaïenne de l’ananas, qui, peu à peu, a su réaliser un produit fin et délicat, d’un arôme exquis, bien à point, sans parties filandreuses ou coriaces, dont la culture devient de plus en plus prospère, comme en témoignent les quelques chiffres ci-dessous :
- En 1910, la production totale hawaïenne de conserves était de 3000 caisses de 24 boîtes de 2 livres; elle est passée, en 1920, à 5 978 064 caisses de 24 boîtes de 2 livres, c’est-à-dire 143 473 536 boîtes ou 286 947 072 livres de
- fruits. En 1928, la production était de 8 663 056 caisses, vendues à raison de 5 dollars, la caisse. Enfin, l’année dernière, la production a dépassé 9 millions de caisses.
- Ajoutons, cependant, que les Iles Hawaï n’ont pas le monopole de la culture de l’ananas. Toutes nos colonies de l’Afrique tropicale, en particulier la Guinée, ont un climat parfaitement favorable à la production de ce genre de fruit. -
- Maheureusement les plantations y sont encore très rares; elles ne nous fournissent qu’une faible partie de notre consommation, moins d’un sixième, alors qu’elles pourraient entreprendre d’approvisionner le marché métropolitain. Cet approvisionnement pourra se faire aux trois conditions principales suivantes : les planteurs devront se rapprocher, le plus possible, des méthodes de Hawaï qui, seules, permettent des prix de revient très bas pour une marchandise de haute qualité ; il faut que les Compagnies de navigation prennent les dispositions voulues pour le transport rapide et convenable de la récolte; enfin, les pouvoirs publics devraient protéger cette récolte, dans la métropole, par un tarif douanier spécial.
- L. Kdentz.
- = LA DESENSIBILISATION =
- DES ÉMULSIONS PHOTOGRAPHIQUES
- Le développement est, avec le temps de pose, le facteur qui détermine le contraste du cliché; il suffit, pour s’en convaincre, d’examiner les variations subies par la courbe sensitométrique d’une émulsion sous l’influence de la durée de l’action du révélateur. Impressionnons, derrière un coin de Goldberg, filtre gris jieutre dégradé dont la densité croît selon une constante, cinq bapdes d’environ 2 cm de largeur, découpées dans une même plaque et disposées côte à côte, dans le sens du dégradé; plaçons-les dans le même bain réducteur et fixons-les après des durées de développement atteignant respectivement 2 m, 3 m 1/2, 8 et 10 m, par exemple. Si nous traduisons par des courbes (fig. 1) les résultats numériques des mesures de densités effectuées sur ces essais, nous constatons que la pente de la partie rectiligne des courbes est, jusqu’à ce qu’elle ait'atteint un maximum, d’autant plus forte que le développement a duré plus longtemps. Cette pente concrétise le facteur de contraste, — -désigné en sen-sitométrie par la lettre y — et nous montre que, pour un temps de pose donné, l’image est d’autant plus dure que l’action du révélateur aura été prolongée davantage. Lorsque la pente a atteint sa valeur maximum, ce qui dans l’exemple donné s’est produit au bout de 8 minutes, le contraste n’augmente plus, mais la densité générale continue à croître.
- Les contrastes sont corrects dès l’instant -que les éclairages ayant impressionné les diverses régions de la plaque sont tous compris dans la partie rectiligne de la courbe; sans doute, mais il n’en est pas moins vrai qu’il y a tou-
- jours un contraste optimum, capable, mieux que tout autre, de mettre le sujet en valeur.
- On a imaginé des méthodes, d’ailleurs très pratiques, permettant de développer automatiquement; mais, dans le cas du bain lent comme dans celui du bain rapide, c’est en arrêtant l’opération à un instant bien déterminé que l’on obtient les meilleurs résultats. Il y a donc toujours intérêt à surveiller le développement, tout au moins à partir du moment où il est possible que le révélateur ait amené la plaque au degré de contraste convenable.
- Lorsqu’il s’agit d’émulsions ordinaires, sensibles seulement aux radiations de longueur d’ondes inférieures à 500 m p, il est aisé d’établir cette surveillance en s’aidant d’une lumière vert cathédrale ou rouge rubis; néanmoins, soit par manque d’habitude, soit par insuffisance d’acuité visuelle, nombre d’amateurs éprouvent quelque difficulté à suivre le développement avec un tel éclairage. L’emploi de plus en plus fréquent de surfaces sensibles orthochromatiques, telles que la plaque Ortho S. E. de la Société Lumière et celui, qui commence à se développer, d’émulsions panchromatiques, tendent d’ailleurs à rendre beaucoup plus sévères les conditions d’examen au cours du développement. La sensibilité chromatique de la première, qui s’étend jusqu’à 610 m p., oblige à filtrer soigneusement les rayons émis par la lanterne. Celle des plaques, qui, comme la Chroma VR, embrassent toute l’étendue du spectre visible, ne permet que de rapides examens, à la lueur d’un éclairage extrêmement faible, et seulement vers la fin de l’opération; autrement dit, il faut, dans ce
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- dernier cas, travailler à l’aveuglette si l’on ne veut pas risquer de voiler la plaque au cours du développement.
- On sait que l’extension de la sensibilité chromatique du gélatino-bromure d’argent est obtenue en incorporant à l’émulsion certains colorants organiques tels que l’éosine, la cyanine, la rhodamine le pinachrome, le pina-verdol, le pantochrome. Le chimiste allemand Lüppo Cramer a découvert en 1920 qu’il était des matières colorantes capables, au contraire, de réduire dans d’énormes proportions la sensibilité du gélatino-bromure et ce, sans léser en quoi que ce soit l’image latente. Après un certain nombre d’essais, ce chimiste préconisa l’emploi, comme désensibilisateur, de la phénosafranine en solution à 1/2000 : il suffit, avec la plupart des émulsions, de laisser la plaque séjourner pendant une minute dans un tel bain pour réduire à 1/800 la sensibilité au bleu et anéantir celle aux autres radiations. Il est ainsi possible de surveiller le développement en s’aidant d’une lumière relativement vive, mais exempte de bleu ; pratiquement, cette lumière peut être rouge clair, verte ou jaune, cette dernière devant d’ailleurs, dans certains cas, n’être employée qu’avec circonspection.
- Fig. 2. — Action de Vaurantia sur une plaque ordinaire (Lumière, Étiquette bleue). Ayant été désensibilisée, la partie droite du cliché n'a pas été voilée,
- bien que le développement ait été effectué en lumière jaune.
- En dépit de la puissance de son action désensibilisatrice, la phénosafranine est aujourd’hui délaissée : la difficulté que l’on éprouve pour l’éliminer de la gélatine lui a fait préférer d’autres substances, notamment Vaurantia et Vécarlate basique N.
- Uaurantia, ou hexanitro-diphénylamine, est une matière colorante rouge qui, employée en solution à 1/1000, réduit à 1/800 la sensibilité au bleu, celle aux autres radiations étant abaissée à 1/400, ce qui, dans la pratique, suffit largement. Ce désensibilisateur est livré par la Société Lumière sous forme de solution hydro-alcoolique très concentrée qu’il suffit de diluer dans un litre d’eau; la durée pendant laquelle il faut immerger la plaque dans ce bain pour la désensibiliser varie entre
- Echelle des logarithmes des éclairages
- Fig. 1. —Influence de la durée du développement sur le contraste du cliché.
- 30 s et 1 m, selon l’épaisseur de l’émulsion, mais peut, sans le moindre inconvénient, être prolongée. L’aurantia abandonne le gélatino-bromure dès que celui-ci est soumis à l’action du fixateur bisulfité aujourd’hui employé par la plupart des opérateurs, les rares traces de teinture qui pourraient subsister disparaissant d’ailleurs complètement au cours du lavage qui, obligatoirement, termine le traitement du négatif. Un autre avantage, particulier à l’aurantia, c’est de ne modifier en rien le temps nécessaire à l’apparition des grandes lumières de l’image latente,
- Fig. 3. — Action de l’aurantia sur une plaque panchromatique (Micro-panchro). La partie gauche désensibilisée n’a pas été voilée, bien que la plaque ait été soumise, pendant toute la durée du développement, à l'influence d'une lumière verte très vive.
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- = 16 —,7 ..................— =
- ni la durée^du développement; cet avantage intéressera tous ceux qui, pour déterminer cette durée, se basent sur l’apparition des premiers contours. Les autochromistes qui, pour la plupart, emploient habituellement cette méthode si pratique, apprécieront tout spécialement cette qualité de l’aurantia.
- L’écarlate basique N serait, semble-t-il, un mélange de safranine et d’auramine, dans lequel la première substance seule exercerait une action désensibilisatrice. Cette matière colorante, qui est livrée par la Société des Usines chimiques Rhône-Poulenc sous la forme solide, étant très peu soluble dans l’eau et la solution d’emploi, qui est à 1/10 000, manquant de stabilité, il convient de préparer d’avance une solution de réserve à 1/1000. La dissolution, qui exige 2 ou 3 jours, est complète lorsque le dépôt restant au fond du récipient ne produit plus, par agitation, de veines liquides analogues à celles que l’on peut observer lorsque l’on dilue un révélateur concentré. Signalons ici qu’il est nécessaire, si l’eau utilisée a été stérilisée à l’eau de Javel, de la faire bouillir au préalable, après avoir ajouté 3 à 5 cm3 d’ammoniaque par litre. Le bain désensibilisateur doit être préparé au moment de l’emploi, en diluant 1 partie de solution de réserve dans 9 parties d’eau.
- L’écarlate basique N réduit à 1/800 la sensibilité générale du gélatino-bromure; son pouvoir désensibilisateur est donc intermédiaire entre celui de la safranine et celui de l’aurantia. Il convient de remarquer que, contrairement à cette dernière substance, l’écarlate basique N agit sur la durée nécessaire à l’apparition des premiers contour» : ceux-ci se montrent tellement vite qu’un opérateur non averti pourrait croire avoir en mains un cliché surexposé alors que le temps de pose aurait été juste.
- Les désensibilisateurs peuvent être employés de deux façons distinctes, soit en bain séparé, soit en mélange avec le révélateur; ce dernier mode est assez avantageux lorsque l’on utilise l’aurantia, car l’énergie désensibilisatrice de cette substance se trouve alors notablement exaltée. L’aurantia en solution d’emploi peut, contrairement à l’écarlate basique, être conservée et servir plusieurs fois. Il n’est pas possible, quant à présent, de préparer d’avance des « révélateurs-désensibilisateurs », la matière colorante entrant dans la composition de tels mélanges précipitant au bout de quelques heures.
- Les désensibilisateurs exercent sur le gélatino-bromure une autre action qui, elle aussi, présente un certain intérêt : la suppression des voiles chimique et d’oxydation. On sait que ceux-ci sont dus, l’un à l’action du révélateur sur l’émulsion, l’autre à l’oxydation du réducteur pendant que le cliché est hors du bain; ce dernier voile se produit avec la plus déplorable facilité lorsque l’on développe, sans désensibilisation préalable, des pellicules en bandes dans une cuvette à rouleau où ne plonge qu’une courte section, la majeure partie du film étant, à un instant quelconque, imprégnée de révélateur, mais exposée à l’air. Cette propriété des désensibilisateurs est particulièrement appréciée des laboratoires qui traitent le film de ciné.
- On reproche parfois aux désensibilisateurs de teindre les doigts; on élude aisément cet inconvénient en ne
- manipulant les plaques ou pellicules plongées dans de tels bains qu’au moyen de crochets ou de pinces en celluloïd. Il est d’ailleurs très facile de faire disparaître les taches; celles d’aurantia en particulier ne résistent pas au frottement d’un tampon d’ouate imbibé d’acétone.
- Nous avons dit que les émulsions désensibilisées pouvaient être développées à une lumière rouge clair, verte ou jaune. Les verres colorés du commerce sont, d’une façon générale, beaucoup plus foncés qu’il n’est nécessaire pour cet usage; ils ont d’ailleurs l’inconvénient d’arrêter une forte proportion de rayons inactiniques, de sorte que leur emploi n’est jamais recommandable. On obtient, à sécurité égale, un éclairage bien plus abondant en utilisant des filtres constitués au moyen de feuilles colorées spéciales telles que les papiers Rübra et Virida de la Société Lumière. Il suffit de superposer quelques-unes de ces feuilles et de les disposer entre deux verres incolores que l’on relie au moyen d’une bordure de papier noir gommé pour obtenir un excellent filtre de lanterne. On admet qu’avec une lampe de 15 w il faut superposer 5 papiers Rubra pour que la lumière transmise ne risque pas de voiler les émulsions non désensibilisées autres que celles orthochromatisées pour le rouge qui, comme nous l’avons vu, doivent être traitées dans une quasi-obscurité, la lanterne n’éclairant qu’après 2 ou 3 minutes de développement et donnant une lumière très faible, o hernie en filtrant à travers 2 papiers vert malachite insérés en're 3 papiers jaunes à la tartrazine les rayons émis par une lampe de 5 w seulement.
- Lorsque l’on opère sur des émulsions désensibilisées, on peut naturellement utiliser des filtres colorés beaucoup plus clairs et des lampes plus puissantes. Il ne faut pas oublier cependant, que la désensibilisation est loin d’être absolue et que certaines émulsions peuvent réserver des surprises.
- Afin de déterminer la façon dont se comportent les émulsions des différents types sous les éclairagës jaune, vert et rouge obtenus au moyen des papiers Rubra et Virida, nous avons fait quelques essais à l’aide d’un coin sensitométrique ; on sait que cet instrument consiste en un prisme de gélatine teinté en gris neutre, dont la densité (logarithme de l’opacité) croît suivant une constante. Nous avons choisi un coin Eder-Hecht (*) pourvu d’une échelle graduée et qui a l’avantage de comporter, outre la zone grise, des bandes colorées rouge, jaune, verte et bleue permettant de déterminer la sensibilité chromatique des émulsions. Les filtres essayés, composés respectivement de 2 papiers jaunes, de 1 papier vert entre 2 papiers jaunes et de 2 papiers rouges, c’est-à-dire aussi translucides. qu’il convient pour surveiller le développement de plaques désensibilisées, étaient disposés sur des fentes ménagées sur un papier noir ayant une largeur égale à celle de la zone grise du coin. Cet ensemble était placé entre la surface sensible et le sensitomètre, en regard de la zone grise.
- Des essais effectués il résulte qu’à source de lumière égale le filtre jaune est, quelle que soit l’émulsion, celui qui procure le moins de sécurité et qu’il est plus avanta-
- 1. Les coins sensitométriques Eder-Hecht sont fabriqués par Her-lango A. G., à Wien (Autriche), Rennweg£52.
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- geux, pour augmenter l’éclairement, de porter la puissance de la lampe de 15 w à 25 w, que de renoncer à utiliser les papiers rouges ou verts.'L’éclairage vert clair qui, pour les plaques ordinaires, telles que YOpta ou Y Etiquette bleue (fig. 4) de la Société Lumière et YOrtho S. E. (fîg. 5), est moins sûr que l’éclairage rouge clair, arrive à égalité avec ce dernier dans le cas de la plaque à grain fin Micro (fig. 6 et prend une supériorité marquée lorsqu’il s’agit de plaques panchromatiques telles que la Micro-panchro (fig. 7), la Chroma VR ou Y Autochrome.
- Il n’est guère utile, pour l’amateur, de chiffrer la sécurité relative procurée par tel ou tel filtre coloré ; cependant nous ferons remarquer qu’il est très facile de la déterminer
- sible de la désensibilisation, il convient de s’éclairer très largement au moyen d’une lumière dont la couleur est précisément celle à laquelle l’émulsion était le moins sensible avant tout traitement. Notons ici qu’il n’est nullement nécessaire, pour développer des plaques désensibilisées, de disposer d’un laboratoire obscur : on peut très bien, le soir, opérer dans une cuisine, sur un évier, la faible lumière diffuse qui provient du voisinage étant généralement incapable de produire le moindre voile.
- En dépit des incontestables avantages qu’elle présente, la désensibilisation n’est, si l’on excepte les établissements traitant le film de ciné, pratiquée que par un petit nombre de photographes, tant amateurs que professionnels. A
- Fig. 4 à 7 (de gauche à droite).
- Fig. 4. — Essai des trois filtres de lanterne (rouge clair 1, vert clair 2, jaune 3) sur la plaque Lumière étiquette bleue. La hauteur de l’impression sous les bandes colorées du coin sensitométrique Eder-Hecht permet de se rendre compte de la sensibilité relative aux radiations rouges (R), jaunes (G), vertes (GR) et bleues (Y). Fig. 5. —!Essai des trois filtres de lanterne sur la plaque Ortho S. E. Fig. 6. — Essai des trois filtres de lanterne sur la plaque Micro. Fig. 7. — Essai des trois filtres de lanterne sur la Plaque Micro-panchro.
- lorsque l’on procède au moyen d’un coin sensitométrique Eder-Hecht à graduation millimétrique. Il suffit de lire les degrés respectivement atteints par le milieu du dégradé de chacune des impressions, de soustraire celui afférent au filtre rouge ou vert de celui se rapportant au filtre jaune, d’ajouter 10 (numéro du degré Eder-LIecht correspondant à l’unité d’opacité) et de se reporter à la table de sensibilité relative qui accompagne le coin : on y voit, en regard du nombre ainsi trouvé, le rapport d’opacité, qui est précisément le coefficient de sécurité cherché.
- Mais ceci nous écarte quelque peu du sujet; contentons-nous de retenir que, pour tirer le meilleur parti pos-
- LA RADIOTECHNIQUE,
- LA SURDITÉ ET SES CAUSES
- La surdité, c’est-à-dire la perte ou la diminution du sens de l’ouïe, infirmité plus ou moins grave, dont les formes sont très diverses, comme nous le verrBns plus
- quoi faut-il attribuer le peu d’empressement mis par les intéressés à profiter des avantages du nouveau procédé ? Ce ne peut être aux aléas de l’opération : la désensibilisation est automatique, le succès toujours certain; ce n’est pas à la dépense : elle est infime, de l’ordre de 0,05 par 50 plaques 6 1/2x9. Seules, une connaissance trop sommaire de la technique photographique, une appréhension irraisonnée causée par la complication apparente que représente le bain supplémentaire et, il faut bien le dire, la routine, ont jusqu’ici entravé la généralisation de cette méthode si intéressante..
- André Bourgain.
- L’OUÏE ET LA SURDITÉ
- loin, est exrêmement répandue, et, sans doute, l’oreille est, la plupart du temps, un organe qui semble beaucoup plus fragile, plus sujet à des déformations pathologiques, que l’œil lui-même.
- D’après des statistiques américaines, les États-Unis
- * * *
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- Fig. 1. — Aux Etats-Unis, on examine l’ouïe des écoliers et étudiants, au mogen d’un audiomélre, sorte de phonographe reproducteur électrique à disques, permettant de faire entendre aux sujets examinés,, à l’aide de casques téléphoniques, des notes pures, de fréquence et d’intensité variables.
- sont le seul pays, semble-t-il, dans lequel cette question ait été scientifiquement étudiée, il y aurait un individu sur six ayant une ouïe défectueuse, à un degré plus ou moins accentué. Le nombre des sourds-muets ne s’élève guère en Amérique, qu’à une cinquantaine de mille, alors que celui des sourds ou demi-sourds pourrait ainsi être évalué à une vingtaine de millions !
- Quelques physiologistes anglais ont même pu soutenir que l’ouïe d’une personne sur trois, ayant dépassé la trentaine, serait défectueuse.
- En réalité, et il est peut-être heureux qu’il en soit ainsi, la plupart des sourds ne se doutent pas qu’ils le sont ! Alors que, pour le moindre défaut visuel, myopie ou presbytisme, par exemple, même peu accentué, on n’hésite pas à consulter un oculiste et à porter des lunettes convenables, il faut vraiment que les défauts de notre ouïe soient très accentués, ou accompagnés de phéno-
- Fig. 2. — Aspect du pavillon et coupe schématique de l’oreille. (D’après A. Pizon.)
- Dune mène
- ~ Canaux demi cinculaines
- 0 / Cellules mastoïdiennes
- ____Vestibule ^
- Nerf auditif
- Limaçon
- r\ O Bochen
- r~}—Fenêtre \f ovale J^Chaïne des * osselets
- Caisse du tympan .
- tympan
- mènes douloureux, pour que nous nous décidions à consulter un spécialiste.
- Les défauts de la vue sont sans doute encore plus gênants que ceux de l’oreille, pourtant nous sommes habitués à voir un nombre de plus en plus grand de nos contemporains porter des lunettes ou des lorgnons, et ces derniers n’éprouvent de ce fait, nulle honte. Bien au contraire, quelques « snobs » arborent des monocles ou des lunettes cerclées d’écaille « genre américain », dont ils n’ont nul besoin, et simplement dans un but d’esthétique plus ou moins rationnelle.
- Au contraire, combien de gens ne se résignent pas à avouer qu’ils sont « durs d’oreille », et nous éprouvons de la pitié trop visible lorsque nous voyons un sourd muni d’un appareil acoustique quelconque 1 Ce sentiment paraît tout à fait paradoxal, si l’on veut bien y réfléchir quelque peu, et dans l’intérêt social il serait désirable qu’il soit peu à peu modifié.
- Sans doute, la surdité en elle-même ne constitue pas un danger pour la vie de l’individu, mais elle peut être une entrave à son développement intellectuel et social, et assombrir constamment son existence. Que l’on songe
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- Fréquences
- Fig. 3. — Courbes d’audibilité d’une oreille normale. (D’après Wegel).
- seulement que trois millions d’écoliers américains ont peine à suivre les cours par suite de défauts divers de l’ouïe, c’est là, du moins, le chiffre indiqué par de récentes statistiques officielles (fig. 1), et combien d adultes sont plus ou moins prives du plaisir d entendre distinctement une pièce de théâtre ou un concert, quand leur infirmité relative ne les gene pas dans leurs affaires, ou meme simplement pour circuler dans les villes !
- L’oreille a un rôle purement mécanique, en quelque sorte, et un rôle physiologique : c’est-à-dire qu’elle sert à transmettre à des centres nerveux particuliers de l’individu les ondes sonores qui viennent frapper son pavillon, et les vibrations sonores ainsi transmises déterminent alors des sensations acoustiques.
- On conçoit donc que la surdité puisse provenir soit d’une lésion de la partie purement mécanique de l’oreille, soit des centres nerveux, et les surdités provenant de cette dernière cause sont les plus graves, mais aussi les plus .rares heureusement.
- La plupart des surdités sont acquises, et elles sont dues
- à des otites contractées pendant l’enfance, à des compli-&
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- Fig. 4. — Comment se manifeste la surdité.
- A gauche : Courbe montrant l’affaiblissement général de la sensibilité de l’ouïe; Au centre : Affaiblissement de la perception des notes aiguës;
- A droite : Affaiblissement de la perception des notes graves.
- cations de la scarlatine, de la rougeole, de la méningite, de la diphtérie, de la grippe, etc., si ce n’est à des maladies chroniques du nez ou de la gorge.
- Un traitement préventif peut donc souvent éviter l’apparition de la surdité, et, quelquefois, un traitement curatif peut la guérir, ou, tout au moins, l’atténuer; c’est pourquoi il serait si désirable que des examens périodiques de l’ouïe soient effectués souvent en France, dans les écoles surtout, par des médecins spécialistes. Il ne nous appartient pas, d’ailleurs, d’étudier dans cette revue ces différents genres de traitements.
- Il y a, malheureusement, de nombreux cas, plus ou moins graves, dans lesquels tous les moyens médicaux ne peuvent amener la guérison ni même une amélioration.
- Les centres nerveux sont intacts, mais les ondes sonores ne leur parviennent plus ou, du moins, ne leur parviennent pas normalement.
- C’est alors que peut intervenir, non plus le médecin, mais le physicien, en appliquant sur l’oreille du malade un dispositif sonore rectificateur et compensateur, en
- quelque sorte, des défauts du système transmetteur naturel. Grâce aux études approfondies d’acoustique entreprises durant ces dernières années pour la réalisation des appareils phonographiques et radiophoniques, grâce aussi à l’emploi des procédés radiotechniques, la construction des appareils de ce genre a pu être rationnellement perfectionnée.
- L’intérêt pratique et scientifique de ces dispositifs est donc très grand à l’heure actuelle, et c’est pourquoi il nous semble intéressant d’étudier les plus récents et les plus originaux. Le technicien du phonographe, de la radiodiffusion, ou du film sonore, ou même l’auditeur de T. S. F. ou le « discophile », devraient, d’ailleurs, semble-t-il, avoir des notions assez précises sur le phénomène de l’ouïe, ses caractéristiques et ses anomalies
- Toutes les recherches effectuées en radiophonie, en phonographie, ou en cinématographie sonore, ont pour hut final, un enregistrement, une transmission, une reproduction, ou une réception sonore fidèles. Mais il faut savoir déterminer cette fidélité d’une manière précise, et, pour qu’elle soit ensuite appréciée des audi-
- Fig. 5.
- Combinaison microphone-écouteur téléphonique pour sourds.
- A gauche : Dispositif dit Phonophone, à réglage de l’intensité de transmission; Au centre : Ecouteur dit Otophone, se plaçant directement dans l’oreille; A droite : Appareil double avec récepteur Otophone.
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- teurs, il faut, tout d’abord, que l’ouïe de ces derniers soit normale !
- Une étude générale du fonctionnement de l’oreille et un examen particulier de son ouïe, enlèveront souvent au technicien, à l’auditeur de la T. S. F., ou au disco-phile, une confiance exagérée dans les indications de ses propres oreilles et l’inciteront à avoir recours à des moyens de contrôle plus scientifiques dans tous les problèmes acoustiques, et surtout lorsqu’il s’agira de déterminer la qualité d’une audition quelconque.
- ÉTUDE ANATOMIQUE SOMMAIRE DE L’OREILLE A L’USAGE DES AUDITEURS DE T. S.F.
- ET DE PHONOGRAPHES
- Il est, sans doute, utile, avant d’indiquer les caractéristiques purement physiques de ce qu’on peut appeler «d’ouïe normale », de rappeler, d’abord, quelques notions sommaires sur l’anatomie de l’oreille et le rôle de ses différentes parties.
- On distingue ordinairement trois parties dans l’organe
- de l’audition : l’oreille externe, l’oreille moyenne, et l’oreille interne (fig. 2). L’oreille externe est l’appareil collecteur des sons, la moyenne l’appareil de transmission, et l’interne est l’organe de réception.
- L’oreille externe comprend seulement le pavillon et le conduit auditif externe. Le pavillon, lame cartilagineuse présentant des creux et des saillies, joue
- non seulement le rôle d’organe collecteur dis sons, mais encore d’organe « sélectif ».
- Sans doute, le cornet acoustique ainsi formé n’est pas mobile comme chez certains animaux, et ne peut s’incliner du côté d’où viennent les sons, mais il permet cependant de nous faire juger de leur direction. D’ailleurs, lorsqu’on rend les pavillons absolument plans en les remplissant de cire molle, tout en laissant le conduit auditif libre, l’audition est beaucoup moins nette.
- Ce fait, conjugué avec le faible diamètre du conduit auditif externe et du tympan, explique aussi pourquoi l’oreille est un appareil acoustique beaucoup moins précis et moins constant qu’un microphone, mais beaucoup plus « intelligent ».
- L’oreille peut, en effet, nous donner, en nous faisant juger ainsi de la direction des sons, une sensation « d’espace sonore » extrêmement difficile à obtenir avec un enregistrement phonographique ou une transmission radiophonique réalisée à l’aide d’un microphone;
- Fig. 6. — Le cornet acoustique, Appareil gênant et souvent peu efficace contre la surdité.
- de plus, parmi les ondes sonores qui viennent frapper le pavillon, elle « choisit », en quelque sorte, celles que nous devons percevoir, à l’exclusion des autres.
- Si le pavillon et le conduit auditif n’existaient pas, et si le diamètre de notre tympan était plus grand, nous ne pourrions plus percevoir que des bruits intenses, continus et complètement confus, absolument comme si nous écoutions, avec un radio-récepteur peu sélectif, plusieurs radio-concerts de longueur d’onde voisine et d’intensités équivalentes !
- Si dans une église, dans laquelle on entend un chœur admirable accompagné par le chant liturgique de l’orgue, dans un grand théâtre, ou une vaste salle de concert, nous plaçons un microphone phonographique ou radiophonique, sans précautions spéciales, nous n’obtenons généralement qu’un enregistrement ou une transmission confuse, alors qu’un auditeur, placé au même endroit, aurait eu une perception acoustique harmonieuse et nette.
- C’est qu’en effet l’oreille a opéré une sélection entre les différentes ondes sonores directes et réfléchies qui sont venues frapper le pavillon, alors que le microphone a tout recueilli mécaniquement, et ici trop fidèlement.
- Uoreille moyenne maintenant, ou caisse du tympan, est située dans l’os temporal et comporte trois parties distinctes, la membrane du tympan, la chaîne des osselets et la trompe d’Eustache.
- Le tympan est placé à l’extrémité du conduit auditif externe, de sorte qu’il se déforme sous l’influence des ondes sonores transmises par le pavillon et le conduit auditif. La chaîne des osselets, dont l’extrémité adhère à une membrane dite de la fenêtre ovale, tendue devant l’oreille interne, vibre à son tour, transmet à l’oreille interne ces vibrations du tympan et, en outre, éteint" les vibrations propres de ce dernier.
- Quant à la trompe d’Eustache, elle a simplement pour but de faire communiquer la caisse du tympan avec l’air extérieur par l’intermédiaire de fosses nasales.
- Le rôle de la chaîne des osselets pour la transmission des vibrations sonores à l’oreille interne est, sans doute, très net, mais sa destruction n’amène pas cependant une surdité complète, parce que les vibrations peuvent encore plus ou moins facilement être transmises par l’air de la caisse du tympan et surtout par les os de la tête. Nous étudierons, d’ailleurs, plus loin, d’intéressants appareils dont la construction est basée sur cette propriété.
- Ce qui devrait surtout intéresser, d’autre part, les auditeurs de T. S. F., c’est le fonctionnement et le rôle de la membrane du tympan. Inclinée à peu près à 45° vers l’intérieur de l’oreille, la face interne un peu convexe, tendue à la façon d’une peau de tambour, dans un cadre osseux circulaire appartenant à l’os temporal, n’a guère que 1 cm2 de surface, mais quel merveilleux récepteur de sons elle constitue, et combien de techniciens ou d’orateurs voudraient posséder une membrane de microphone ou un diffuseur de haut-parleur aussi perfectionnés !
- Tout d’abord, cette membrane n’est pas uniformément tendue, et elle présente, au contraire', des tensions croissantes depuis son pourtour jusqu’au centre;
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- elle peut ainsi vibrer pour des sons de fréquences très variables. Pour un son grave, c’est la périphérie qui entre en vibration; pour un son aigu, c’est, au contraire, la région la plus centrale qui vibre, et des sons divers agissant sur des parties différentes peuvent ainsi être perçus simultanément.
- Les « discophiles » remarqueront à ce propos que les diaphragmes phonographiques reproducteurs modernes, à membrane métallique, sont établis suivant un principe analogue. Leurs membranes vibrantes comportent plusieurs zones annulaires ayant des périodes propres de vibrations très différentes. Dans un modèle bien connu, la zone extérieure est ainsi accordée sur une fréquence de 182 vibrations par seconde, et la zone centrale sur une fréquence de 2730 vibrations par seconde.
- De plus, la tension du tympan est variable automatiquement à chaque instant sous l’action de deux muscles « de réglage » qui accordent la membrane pour les différents sons qui frappent notre oreille.
- Le muscle tenseur (du marteau) joue, en outre, un rôle protecteur, en tendant fortement le tympan au moment où celui-ci va être soumis à des ébranlements sonores violents. On voit donc que rien n’a été oublié par le Créateur, même pas un dispositif de sécurité !
- Uoreille interne, enfin, se subdivise en trois parties : le vestibule, les canaux semi-circulaires et le limaçon-, on donne souvent à cette partie de l’oreille le nom de labyrinthe, à cause de sa forme compliquée. C’est une cavité creusée dans le rocher, et entièrement tapissée par une sorte de sac membraneux, rempli d’un liquide gélatineux, dans lequel baignent les filets du nerf auditif.
- La chaîne de§ osselets, agissant sur la membrane de la fenêtre ovale, transmet au liquide interne des vibrations synchrones de celles du tympan, mais on n’est pas encore définitivement fixé sur la façon dont ces ébranlements sonores peuvent être transformés en impressions auditives.
- Plusieurs hypothèses intéressantes ont été émises pour tenter d’expliquer ce phénomène complexe; il ne nous appartient pas, d’ailleurs, de les discuter ici. Signalons seulement un curieux phénomène décrit récemment dans La Presse Médicale, d’après les observations de deux médecins allemands, MM. Freund et L. Hoffmann, lesquels ont repris une opinion émise par des auteurs anciens et concernant le renforcement de l’ouïe... par la lumière.
- D’après eux, le fait d’illuminer intensément l’un des côtés de la figure d’un sujet à l’aide d’une lampe puissante améliorerait l’ouïe de ce côté, dans la plupart des cas. D’ailleurs, si l’on tient longtemps une note au piano au moyen de la pédale forte et si, en même temps, on allume et on éteint alternativement la lumière, on entendrait le son se renforcer ou s’affaiblir.
- Si ces faits sont confirmés, ils apporteront peut-être un traitement nouveau de la surdité, mais, en tout cas, ils démonteraient l’existence d’une association sensorielle qu’il conviendrait d’expliquer.
- ÉTUDE RATIONNELLE DE L’OUÏE NORMALE
- Ayant d’étudier les appareils servant à corriger les
- défauts de l’ouïe, il est, d’abord, évidemment indispensable d’étudier les caractéristiques de l’ouïe normale. Bien que cela puisse sembler assez curieux, c’est seulement depuis la guerre que des recherches vraiment rationnelles ont été entreprises pour déterminer ces caractéristiques, et les plus intéressantes ont été réalisées dans les laboratoires de la Western Electric Company, en particulier par MM. Martin et Fletcher. Il serait pourtant injuste de ne pas citer les travaux français du regretté Dr Marao-e, mais ils n’ont pas porté sur les mêmes objets.
- Les physiciens américains, qui ont obtenu les résultats actuels absolument complets et, semble-t-il, à peu près définitifs, ont examiné un très grand nombre de sujets, et ils ont, tout d’abord, constaté que les caractéristiques de l’ouïe étaient fort variables suivant les sujets et que, la plupart du temps, les deux oreilles d’un [même individu n’étaient nullement semblables au point de vue acoustique.
- En général, l’oreille est beaucoup plus sensible aux variations de hauteur (fréquence) des sons qu’aux variations d intensité, et un changement de fréquence de' 0,3 pour 100 seulement est perceptible pour une « oreille normale », alors qu’il n’en est pas de même pour des variations d’intensité.
- Ce fait explique pourquoi il est absolument nécessaire, dans les appareils de cinématographie sonore, d’obtenir une vitesse de déroulement du film, rigo ureusement constante, afin d’éviter tout changement de hauteur des sons reproduits.
- La quantité d’énergie nécessaire pour produire des sons audibles varie beaucoup, suivant la fréquence, et elle est minima entre 1000 et 4000 périodes :
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- Fig. 7. — Récepteur téléphonique pour sourds, système Balbo,
- L écouteur téléphonique, très puissant, permet de taire varier à volonté l’intensité d’audition, et d’autre part, d’amplifier, plus ou moins, une certaine bande de fréquences.
- Fig. 8. — Pour permettre aux sourds l'audition des films sonores.
- Certaines salles des États-Unis ont installé, à l’usage des sourds, des places munies de casques téléphoniques reliés directement à l’amplificateur de l’appareil sonore.
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- sec. environ. Il faut une énergie un million de fois plus grande pour produire un son audible d’une fréquence de 32 périodes, qu’un de 1000 périodes, et plus de 10 millions de fois plus grand qu’un de 2000 pér. : sec.
- Ce fait explique les difficultés très grandes éprouvées par les techniciens du phonographe et de la radiophonie, pour transmettre, enregistrer et reproduire les notes graves. Le même problème se poserait pour les notes très aiguës, mais, en fait, la gamme phonographique et a fortiori radiophonique ne s’étend guère au delà de la fréquence 4000-5000 périodes.
- Il y a, au contraire, un fait qui facilite la tâche des constructeurs de haut-parleurs et de radio-récepteurs : l’oreille est capable de suppléer au défaut d’intensité d’une note fondamentale lorsque les harmoniques de
- Fig. 9. — Pour enlendre une émission radiophonique ou pho no graphique sans appareil acoustique.
- L’auditeur est mis en contact avec l’une des bornes de sortie de l’amplificateur. Un assistant tient dans sa main droite l’extrémité de l'autre câble et applique sa main gauche sur l'oreille du sujet en interposant une feuille de carton mince. C’est ce que fait ici le Dr Grâce, des laboratoires Bell.
- cette note sont très intenses. Nous croyons donc «entendre » parfois des sons très graves, alors qu’en réalité, ce sont les harmoniques pair et impair que nous entendons.
- En étudiant ainsi le phénomène de l’ouïe en fonction de l’intensité et de la fréquence des sons, les physiciens .ont pu établir deux courbes limite se coupant dans la zone des fréquences basses et des fréquences élevées, et englobant ce qu’on peut appeler « l’aire d’audibilité »
- (fig. 3).
- Au-dessous de la courbe inférieure, les sons ne sont plus perçus, au-dessus delà courbe supérieure la perception des sons devient désagréable. La gamme des fréquences audibles s’étend ainsi environ entre 20 et 16 000 périodes, mais cette étendue varie suivant les sujets. Des fréquences
- inférieures se traduisent d’ailleurs par des perceptions de « bruits », et des fréquences supérieures quelquefois par des sensations assez désagréables, du moins pour certaines personnes (ultra-sons).
- ÉTUDE ACOUSTIQUE DE LA SURDITÉ
- De même que l’on a pu déterminer expérimentalement les caractéristiques d’une « oreille normale », on peut aussi déceler expérimentalement les anomalies produites par les lésions de l’oreille dans les différents cas de surdité.
- On a trouvé que l’affaiblissement de l’ouïe pouvait être général, c’est-à-dire porter sur toute la gamme des fréquences audibles (fig. 4, à gauche) ou bien affecter seulement les auditions des notes élevées ou des notes basses (fig. 4, au centre et 4, à droite).
- Avant d’essayer un traitement sur un malade, ou avant de lui proposer un appareil contre la surdité, il conviendrait donc avant tout, d’étudier rationnellement son ouïe et de grands- progrès semblent avoir été réalisés dans cet ordre d’idées.
- UN APPAREIL DÉMODÉ CONTRE LA SURDITÉ, LE CORNET ACOUSTIQUE
- Il y a déjà bien longtemps qu’on a proposé aux personnes atteintes de surdité de placer, dans le conduit auditif d’une oreille, l’extrémité d’un cornet acoustique de forme variable, et réalisé de façon à être le moins gênant et le moins visible possible.
- Ce procédé permet de collecter une quantité d’énergie sonore un peu plus grande, mais, en réalité, le résultat est quelquefois bien faible et l’emploi de cet appareil presque inefficace, à moins que l’interlocuteur de la personne sourde ne parle devant le pavillon ! Inutile d’insister, d’ailleurs, sur le caractère gênant et désagréable de ce dispositif, pour le sujet qui l’utilise, malgré toutes les études des constructeurs.
- ÉCOUTEURS TÉLÉPHONIQUES ET MICROPHONES
- On a remarqué, il y a déjà longtemps, que nombre de personnes - « dures d’oreille » pouvaient cependant très bien percevoir les communications téléphoniques. En effet, l’énergie sonore transmise par un écouteur téléphonique est assez grande, et, de plus, la transmission des vibrations sonores à l’oreille interne peut alors s’effectuer directement par les os de la tête, même s’il y a lésion du tympan ou des osselets.
- On a donc eu l’idée de réaliser des systèmes microphone-téléphone pour sourds, et ces systèmes simples et pratiques ont été constamment perfectionnés (fig. 5).
- Ces appareils comportent en général simplement une petite pile sèche, un microphone, un écouteur téléphonique et quelquefois une résistance permettant de faire varier l’intensité de la transmission. Des modèles plus complexes comportent un transmetteur double et un récepteur téléphonique minuscule se plaçant dans l’oreille, et tenant automatiquement dans la cavité du pavillon, sans qu’il soit nécessaire de le soutenir à la main.
- Les personnes sourdes peuvent généralement entendre les réceptions radiophoniques ou les reproductions
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- phonographiques électriques, à l’aide d’un simple casque téléphonique; mais lorsque l’affaiblissement de l’ouïe est élevé, ce moyen est parfois insuffisant.
- Un ingénieur anglais a eu l’idée de réaliser un récepteur électromagnétique spécial à grande puissance, d’un type analogue à ceux utilisés dans les haut-parleurs radiophoniques (fig. 7). Cet écouteur est muni d’un raccord en matière isolante, dont l’extrémité est placée dans la cavité de l’oreille du sujet.
- On peut ainsi faire varier à volonté l’intensité d’audition, et, de plus, on règle l’amplificateur de façon à obtenir une amplification plus intense des notes basses ou des notes aiguës suivant le genre de surdité, comme nous l’avons indiqué précédemment.
- A l’étranger, de nombreux théâtres, salles de cinématographie sonore... et même des églises, sont munis d’un réseau de distribution téléphonique permettant d’alimenter des écouteurs destinés aux spectateurs « durs d’oreille ». Ces écouteurs sont aussi reliés à l’amplificateur reproducteur ou microphonique (fig. 8).
- En France, on a commencé, d’ailleurs, à réaliser aussi plusieurs installations de ce genre, en particulier au théâtre de l’Odéon, au cinématographe « Paramount», etc.
- UN DISPOSITIF NOUVEAU
- On sait, qu’en principe, un écouteur téléphonique est
- un dispositif quelconque capable de transformer les oscillations électriques à basse fréquence en vibrations mécaniques sonores, et qu’il peut donc en exister une variété assez grande.
- Ainsi, en reliant les deux armatures d’un condensateur spécial aux bornes de sortie d’un amplificateur, on constitue un récepteur téléphonique; les variations de tension produiront alors une attraction mutuelle, plus ou moins grande, de ces armatures.
- Nous avons déjà décrit, dans La Nature, une expérience amusante, très curieuse, que tout sans-filiste peut exécuter pour vérifier ce phénomène. Un opérateur serre entre les doigts de la main droite, par exemple, la cosse terminant l’un des fils du câble d’un haut-parleur radiophonique ou phonographique. L’autre cosse est tenue de la même façon par un assistant qui applique • énergiquement la paume de sa main gauche sur l’oreille de l’opérateur (fig. 9).
- La main de l’assistant et le corps de l’opérateur se comportent alors, à la fois comme les armatures d’un condensateur et comme des résistances, et l’opérateur entend le radioconcert. Il est, d’ailleurs, préférable d’interposer entre la main et l’oreille une feuille de papier assez rigide afin d’éviter la sensation désagréable due au passage du courant.
- En général, il faut avouer que l’audition ainsi obtenue est assez faible, et d’autre part, la position de la main
- Transformateur
- fbtentiometre de réglage
- Batterie de !20v.
- Fig. 11. — Montage du Radiophone ».
- Boite acoustique portant un disque en carton mince ou en bois vernis
- FU de connexion souple relié à la plaque métallique i
- Plaque
- conductr-
- Plaque
- métallique
- .Manche
- isolant
- Résistance shunt
- Fig. 10. — Aspect extérieur et coupe du « Radiophone », récepteur téléphonique électrostatique du Dr Eichorn.
- influe considérablement sur son intensité. On peut la placer simplement sur le trajet du nerf auditif, de sorte qu’un sourd dont le tympan est complètement sclérosé peut pourtant entendre des sons.
- Sur ce même principe, le Dr Eichorn, de Zurich, a réalisé un récepteur téléphonique électrostatique qu’il a baptisé Radiophone (fig. 10). Cet appareil original comporté un manche isolant portant une plaque métallique formant contact par la main de l’auditeur, de sorte que son corps est relié à l’extrémité positive du câble de sortie de l’amplificateur, tandis que l’extrémité négative est connectée par un fil souple à une large plaque métallique circulaire, montée dans une boîte acoustique spéciale appliquée contre l’oreille. Cette boîte est fermée par un diaphragme en matière isolante mince, carton ou bois, par exemple.
- Le système est shunté par une résistance de 100 000 ohms qui sert à régulariser l’audition, et il est nécessaire, d’autre part, d’appliquer sur la plaque métallique une tension auxiliaire fournie par une batterie d’environ 150 v (fig. 11).
- Pour se servir au
- Fig. 12. — On peut entendre avec les dents en plaçant un dispositif vibraleur sur la langue.
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- mieux de l’appareil, on adopte le montage indiqué par la figure 11, et un potentiomètre de réglage permet de faire varier la tension constante appliquée à l’armature. L’intensité de l’audition varie suivant cette tension, et la valeur optima est voisine de 120 v, en général.
- On peut ainsi obtenir des auditions non seulement en appliquant l’appareil sur l’oreille, mais aussi en le mettant en contact avec les autres parties de la tête, les joues, les tempes, le front et même le sommet du crâne.
- Ainsi, des personnes sourdes, dont le tympan est détruit, mais dont les nerfs acoustiques sont intacts, peuvent entendre encore les émissions téléphoniques ou radiophoniques.
- ON PEUT ENTENDRE AVEC LES DENTS ET MÊME AVEC LES DOIGTS
- Dans un ordre d’idées analogue, nous pouvons signaler l’appareil américain dit Osophone, de M. Gernsbaek, comportant une armature vibrante que le sujet plaçait entre ses dents ou sur sa langue (fig. 12).
- Il semble bien, de même, que le dispositif du docteur viennois Stephen Jellinek, présenté récemment à la Société médicale autrichienne, soit analogue au procédé Eichorn. Ce dispositif autrichien permettrait de trans-
- mettre directement les vibrations électriques aux nerfs acoustiques sans aucun phénomène mécanique.
- Tous les appareils perfectionnés que nous venons de décrire ne peuvent être adoptés que par les sujets dont les nerfs acoustiques sont intacts, et, s’il n’en est pas ainsi, tous les moyens connus sont inefficaces.
- Lorsque la surdité est totale, tout espoir d’entendre n’est peut-être pas perdu cependant, si l’on en croit le Dr Robert Gault, dont les expériences ont été récemment décrites dans le Journal of the Ft'anklin Institute.
- Ce praticien spécialiste propose, en effet, de remplacer, dans ce cas, le sens de l’ouïe par le sens du toucher. Il a établi un petit appareil d’amplification comportant, d’une part un microphone, et, d’autre part, un récepteur téléphonique légèrement modifié. En appliquant un doigt sur la plaque vibrante de cet appareil, un sourd pourrait très vite apprendre à reconnaître les vibrations correspondant à un assez grand nombre de mots.
- La radiotechnique et l’électrotechnique peuvent donc, dans tous les cas, atténuer ou supprimer complètement la barrière qui sépare les sourds du monde extérieur; lorsqu’elles ne leur rendent pas une vie entièrement normale, du moins elles leur permettent de comprendre les conversations courantes, ce qui semble déjà remarquable dans certains cas graves. P. Hémardinquer.
- LA TRANSHUMANCE VA-T-ELLE REPRENDRE UNE NOUVELLE ACTIVITÉ?
- On sait que, dans certaines régions, l’entretien des ovidés devient difficile pendant les chaleurs de l’été. L’herbe est alors rare dans les pacages, les animaux sont tourmentés, débilités par la chaleur accablante, par les piqûres d’insectes de toutes sortes, et la pénurie d?eau, pour leur abreuvement, se fait souvent sentir. ~
- Aussi, en mai-juin, les troupeaux s’acheminent-ils vers les hautes altitudes pour y chercher, jusqu’en octobre-novembre, des pâturages plus frais, mieux fournis et plus substantiels que les herbes rôties par le soleil de juillet et d’août des plaines méridionales, des eaux plus saines et plus abondantes, un climat moins brûlant, une atmosphère moins suffocante.
- C’est la transhumance normale, l’émigration périodique, l’estivage (la trasmigracioun di moutoun, Yamoun-tagnage des bergers provençaux), indispensable au maintien du cheptel ovin méridional.
- Les moutons de la région d’Arles (Crau et Camargue), vraie patrie des transhumants, vont, par ordre d’importance, dans les Basses-Alpes, l’Isère, les Hautes-Alpes, et en moindres effectifs,, en Italie, dans les Alpes-Maritimes, la Savoie, la Drôme, le Haut-Vivarais.
- Les troupeaux du Vaucluse et du Var prennent à peu près les mêmes directions.
- Ceux des Alpes-Maritimes vont dans le Piémont, dans la Haute-Roya (droit de bandite), ceux du Bas-Languedoc se dirigent vers les hauts sommets du Gard, de la Haute-
- Ardèche, dans la Lozère, l’Aveyron, la Haute-Loire (Aigoual, Cévennes, Margeride, Aubrac), et même dans les Alpes (Vercors).
- Les ovins des vallées du pays basque (Saison, Oloron, Aspé, Ossau), des Landes, de la .Gironde, du sud de la Charente-Inférieure, estivent sur les sommets des Pyrénées occidentales. La dévette (c’est ainsi que l’on désigne l’acheminement des convois, le départ pour la montagne), a lieu dans le Haut-Ossau, vers lé 3 juin, et dans le Bas-Ossau, vers le 18 juillet.
- Depuis la substitution de la monoculture viticole à la polyculture, la transhumance a perdu beaucoup de son importance dans l’arrondissement de Perpignan, dans les plaines de l’Orb (arrondissement de Béziers), dans l’Aude (arrondissement de Narbonne).
- Outre cette transhumance normale, ou estivale, qui s’opère de la plaine vers la montagne, il y a, dans quelques régions, une transhumance inverse, hivernale (hivernage), et encore une transhumance commerciale, mais ces deux formes nous intéressent moins ici.
- Les moutons des plaines littorales de la Corse transhument sur les hauts plateaux du Niolo, de Bastélica, du Coscione, de Bavella.
- Les ovins de l’Algérie transhument vers les plateaux de l’Atlas. En octobre, la neige chasse les moutons berbères du Maroc de la chaîne du Moyen-Atlas vers les plateaux qui la bordent au Nord-Nord-Ouest. Fin mai,
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- juin, c’est la sécheresse qui les oblige à retourner à nouveau dans les vallées et vallons élevés de la montagne.
- En Espagne, les mérinos des plaines de l’Andalousie, de l’Estramadure, de la Nouvelle-Castille errent sur les hauteurs du Léon et de la Vieille-Castille.
- Les pâtres bergamasques (alpadores) du pays lombard (Italie), en particulier des vallées de Seriana et de Bem-brana, qui rayonnent au pied des Alpes, dans la direction de la ville de Bergame, gagnent, avec leurs cara-
- .........: .....—....25 =====
- de nouvelles difficultés pour conduire leurs troupeaux dans les lieux désirés.
- La campagne de dénigrement que l’on menait contre les transhumants, et que, d’ailleurs, on invoque encore aujourd’hui, n’est pas étrangère à certaines entraves qui se dressent devant ce mode spécial d’exploitation des ovidés.
- On sait, en effet, que l’on accuse ces régiments bêlants d’être des dévastateurs des forêts, des pâturages, du sol.
- Fig. 1 à 4. — 1. Une bergerie et son parc dans la Crau. — 2. Un troupeau de métis-mérinos dans la Crau. 3. Le départ du troupeau pour les Alpes. — 4. Le gros du troupeau transhumant. (Photos Rolet.)
- vanes bêlantes, les divers plateaux des Grisons (Suisse); ceux de la Campagne romaine (Latium) vont sur les Abruzzes (Apennins), et ceux des tavaliores de la Pouille sur les Apennins également.
- Les troupeaux de l’ancienne Illvrie émigrent vers les Alpes dinariques.
- Mais revenons à la France, et plus particulièrement à la Provence et au Bas-Languedoc.
- Avant la guerre, les éleveurs rencontraient sans cesse
- Nous ne pouvons même résumer ici toutes les malédictions dont on accable la paisible gent moutonnière. Devant une pareille croisade, il ne faut pas s’étonner que l’Administration forestière, des municipalités, des propriétaires de montagnes pastorales aient pris des mesures restrictives à l’encontre de la transhumance.
- Le service des forêts réglemente, partout où il peut, l’accès aux pacages, limite le nombre des têtes, ou englobe les parcours des montagnes en dépaissance dans
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- les périmètres en défens livrés au reboisement, principalement dans le Dauphiné et la Savoie.
- L’Association centrale pour l’aménagement des montagnes (A. C. P. A. M.), dont-le siège est à Bordeaux, offre des surenchères sur les adjudications des propriétaires de transhumants, et interdit l’entrée des troupeaux étrangers dans les parcours dégradés loués dans les Alpes et les Pyrénées. Elle en améliore la moitié, de façon à nourrir tout le bétail du pays, et reboise l’autre moitié.
- Certaines communes limitent le nombre des bêtes à introduire sur leurs pâturages. Des propriétaires refusent les transhumants au profit des moutons indigènes. On a aussi, sur des fonds améliorés, substitué aux moutons les vaches laitières, et créé des fruitières alpines pour utiliser le lait.
- Les services vétérinaires interviennent à leur tour, invoquant que ces mouvements d’animaux qui transhument favorisent la propagation des maladies contagieuses, clavelée, piétin, mammite gangréneuse, fièvre de Malte, etc. En outre, les ovins peuvent aussi véhiculer, par exemple, les germes de la fièvre aphteuse des bovins. Ces inconvénients sont d’autant plus à redouter que, pour chaque région, les points de passage sont généralement les mêmes, imposés qu’ils sont par la topographie des lieux.
- Les compagnies d’installations hydroélectriques ne voient pas non plus d’un bon œil les transhumants, pas plus que les cultivateurs qui veulent créer des lavande-raies artificielles.
- En résumé, les pacages se restreignant, les usagers doivent payer de plus en plus cher les locations qu’ils se disputent aux enchères, et sont obligés, devant les progrès de la culture, de monter toujours plus avant dans les montagnes.
- Il faut ajouter aussi d’autres difficultés. Ainsi, les élé-veurs ont de la peine à trouver, en cours de route, les pâtures nécessaires pour sustenter leurs bêtes, des lieux pour les abreuver, ou pour stationner, et cela parfois malgré des droits établis sur les communes depuis des siècles.
- Certaines municipalités craignent les dégâts que peuvent occasionner les moutons aux cultures des particuliers, ou les chiens aux bêtes et aux gens. Des procès surgissent d’ailleurs, parfois, devant la quasi-impossibilité de faire contrôler les dommages, et même les dépenses de pacage.
- Mentionnons encore la rareté des bergers (pastre) et aides-bergers (pastrihoun), sans lesquels ne peuvent subsister les grands troupeaux; la baisse du prix de la laine, etc.
- Pour toutes ces raisons, les effectifs des caravanes pastorales diminuaient chaque année. Comme conséquence, les voies de transhumance, c’est-à-dire les carraires, drailles (draio), affectées spécialement à l’exode des tro'u-peaux, et cela depuis la plus haute antiquité, peut-être dans la préhistoire, ont été en grande partie, sinon totalement, abandonnées pour les chemins et routes du domaine public.
- Mais, hélas ! de nouvelles entraves devaient surgir là
- aussi. La conduite des grands troupeaux sur les routes n’est pas sans danger, avec la circulation des automobiles, qui fait courir des risques d’accident à tout instant, qui soulève beaucoup de poussière, rendant plus pénible encore la surveillance des convois et excessif le travail du personnel berger.
- Le code de la route a édicté des prescriptions spéciales, légales et matérielles, que ce dernier trouve souvent d’une observation quasi impossible.
- D’ailleurs, nombre de bergers ne veulent plus conduire à pied des convois qui mettent 10 à 15 jours et plus, pour se rendre à destination, et s’exposer, pendant ce temps, aux intempéries, aux fatigues, aussi bien le jour que la nuit.
- On pouvait espérer qu’après la création de divers canaux et autres entreprises hydrauliques, dans certaines régions méridionales, permettant une meilleure alimentation du bétail avec les fourrages des prairies irriguées, et son facile abreuvement en période estivale, il serait possible, en ces lieux, de supprimer l’inalpage.
- Il n’en est rien, le départ pour la montagne est seulement retardé. Ainsi, dans le pays d’Arles il avait lieu, autrefois, lin mai après la foire du 20 de ce mois, dans cette ville, où, comme l’on disait encore, quand se forme l’épi de blé (quand lou blad nouio) ; il n’a guère lieu, maintenant, que vers le 15 juin.
- Certes il est bien quelques pays où les ressources fourragères permettent de garder une certaine quantité de bétail à la ferme, en été, mais la nécessité de la transhumance réside surtout dans une question d’hygiène et dans une question économique.
- Le séjour des ovins sur les hautes montagnes est moins coûteux que dans les pays bas, et plus avantageux au point de vue de leur santé. Les bêtes montagnèrcs qui rentrent dans leurs quartiers d’hiver, à la fin de la saison alpestre, où elles se sont mieux nourries, tout en faisant une salutaire cure d’air, ont gagné en poids; elles sont plus vigoureuses, plus robustes, elles ont l’œil plus vif, elles laissent une impression de santé, de verdeur, que le séjour au pays d’attache ne leur aurait jamais donné.
- Leur laine est plus belle, plus nette, plus blanche-, plus propre, et aussi plus nerveuse, plus tassée. Sa plus-value paie une bonne part des frais de transhumance. Ajoutons encore que la chair des bêtes de boucherie est plus savoureuse.
- La transhumance, qui est, en somme, une sorte d’exploitation de la montagne par la plaine, ne profite pas seulement à celle-ci, mais aussi à celle-là, qui garde par devers elle un certain nombre de têtes des effectifs, pour les besoins locaux et bénéficie du fumier, qui compense, en partie tout au moins, l’azote de la viande exportée, ainsi que des redevances que paient les éleveurs aux propriétaires, pour des terrains qui ne pourraient porter d’autres cultures.
- Elle constitue aussi un instrument de progrès agricole, car les relations de transhumance contribuent à instruire les montagnards, qui, par exemple, apprennent à connaître Futilité des prairies artificielles de légumineuses le long des vallées, et l’emploi des engrais chimiques.
- Depuis la guerre, les prix élevés de la viande et de la
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- laine ont donné un regain d’activité aux effectifs transhumants. Si l’on ne veut pas assister à la disparition de l’élevage ovin dans le Midi, et supprimer le recrutement déjà difficile des bergers, il faut favoriser le plus possible cette intéressante industrie pastorale qui constitue, on l’a vu, une exigence économique, car elle fournit un contingent important de viande, de peaux, de laine, de lait, sans compter une matière fertilisante de premier ordre, le migon, et on sait que le fumier, quel qu’il soit, n’abonde précisément pas dans le Midi.
- A cette œuvre doivent s’employer les associations professionnelles, les industriels lainiers, les municipalités et autres propriétaires de pâturages, et en général tous ceux qui sont intéressés à l’élevage, voire les consommateurs des villes.
- Il importe de mettre en garde le public contre les accusations portées contre les transhumants : « un des plus anciens fléaux de la Provence et de la région alpine, une inondation vivante, une plaie d’Egypte, un cataclysme pire que la guerre et l’incendie, ne laissant que le désert après lui ! »
- Il y a là, évidemment, beaucoup d’exagération, surtout si l’on considère la diminution des effectifs bêlants.
- Il nous suffirait d’en appeler aux autorités en la matière, car s’il est des forestiers et des agronomes, ou autres, tels que Cardot, Fabre, Descombes, Flahaut, Surell, etc., qui estiment que le phénomène zootechnique qui nous occupe est déplorable, il en est aussi, comme Buffault, Briot, Chabrand, Demonzey, Arbos, etc., qui affirment, preuves à l’appui, combien on est allé loin dans cette aversion, et qui conseillent même ce mode d’exploitation, en y apportant, dans certaines situations, quelque réglementation, pour éviter la surcharge.
- Qu’il nous suffise de rappeler qu’en 1899 et 1902, l’Administration centrale forestière avait pensé entrer dans la voie de la suppression de la transhumance, mais les agents consultés répondirent que « dans les portions de pâturages découverts des communes, qui depuis un temps immémorial reçoivent des transhumants, on ne constate généralement aucun dommage ».
- Il n’est pas impossible de concilier à la fois les intérêts de la montagne et ceux de la plaine. Ainsi, le Syndicat de reboisement du pays basque s’est donné pour tâche de favoriser le reboisement, tout en maintenant le pâturage. Il fournit gratuitement des jeunes arbres, et donne en outre une indemnité de plantation et de clôture qui protégera les premiers contre la dent du mouton et de la chèvre. Pour les troupeaux, des espaces assez vastes, ménagés entre les parties plantées et closes, servent à la fois de pâturage et de pare-feu. Afin de compenser la réduction du parcours, des essais de fertilisation, ou d’amendement, de ces pâturages, sont organisés. Dès que les arbres seront assez avancés les clôtures seront supprimées et le parcours total remis à la disposition des pâtres.
- Une commission spéciale de députés, de forestiers et de dirigeants de l’agriculture a été chargée de trouver dans les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, l’Isère, la Drôme, la Savoie, des montagnes qui pourraient être mises à la disposition des éleveurs.
- ....:...—27 =
- On demande que les municipalités et les propriétaires fassent connaître suffisamment à l’avance, par voie d’affiches dans les centres intéressés, les montagnes pastorales qu’ils peuvent mettre en adjudication.
- On réclame aussi plus de facilité pour le passage des troupeaux aux frontières.
- Que l’on aplanisse les difficultés que les ovins rencontrent sur les routes. Les préfets sont juges des conditions particulières à observer par les usagers. Mais il faut éviter toute réglementation draconienne, ou toute mesure trop en faveur de la circulation des automobiles, qui aboutirait à l’abandon de ces voies de communication.
- Les seules prescriptions que l’on puisse imposer sont relatives aux stationnements du troupeau, à son croisement par un véhicule, à sa circulation la nuit. Car, imposer telles voies plutôt que telles autres, il ne faut guère y songer, devant la variété des directions que prennent les convois, le souci des bergers de trouver en cours de route des aliments et de l’eau pour leurs bêtes.
- Contre le reproche que l’on fait aux transhumants de favoriser la propagation des maladies contagieuses, il n’y a qu’à redoubler de vigilance dans le contrôle sanitaire.
- Devant les difficultés de plus en plus grandes que présente l’acheminement des troupeaux per la route, depuis quelques années, des éleveurs font appel au transport par chemin de fer. Cette solution n’est pas non plus sans présenter des inconvénients.
- Entassées dans des wagons plus ou moins acrés, les bêtes souffrent pendant les longs stationnements dans les gares, en plein soleil (parfois jusqu’à 20 heures et plus). Elles sont malmenées par les chocs inévitables qui se produisent aux moments des démarrages et des arrêts des convois. Il est à remarquer que les compagnies n’assument aucune responsabilité pour le transport des transhumants.
- Le passage, sans transition ménagée de la plaine aux hautes altitudes, ou inversement, peut occasionner des désordres physiologiques chez les animaux.
- Si au départ on trouve assez facilement des wagons, il n’en est pas toujours de même au retour, alors que, dans certaines régions des Alpes tout au moins Jes transactions par voie ferrée avec les grandes villes, Lyon, Paris, etc., reprennent plus d’activité, et les intéressés doivent attendre parfois assez longtemps pour embarquer leurs bêtes.
- La descente se fait généralement par trains mixtes, et on est souvent obligé de scinder les convois, ce qui est délicat, car alors les brebis sont près de mettre bas, et le moindre retard peut leur être préjudiciable.
- Il faut considérer encore que les frais pour le retour sont plus élevés qu’à la montée, car on ne peut mettre autant de têtes dans chaque wagon, à cause des mères pour lesquelles approche le moment de l’agnelage. Aussi, certains ne craignent-ils pas d’aller les chercher, dès septembre, avec des camions automobiles.
- Malgré ces inconvénients, le transport par voie ferrée reste encore intéressant, parce que rapide — il conduit les troupeaux à un ou deux jours de marche de leur séjour d’été —- il abrège les soucis de la route et supprime les dangers que nous avons cités.
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- Le Syndicat des éleveurs du mérinos d’Arles, voulant mettre à contribution la situation du département de Vaucluse qui, par son climat, la nature et l’importance de ses pâturages, a une tendance à devenir un centre important pour l’élevage ovin, avait demandé que les gares du département en question soient ouvertes au trafic des transhumants, tout comme dans les départements des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de la Savoie, de la Drôme, de l’Isère. Il sollicitait également la même mesure pour la Haute-Savoie, l’Ardèche, la Lozère.
- Malheureusement, les tarifs réduits consentis il y a quelques années ont été majorés au point de devenir presque prohibitifs. En 1927, les gares d’Arles et Mira-mas n’ont expédié que 893 wagons, alors que les troupeaux avaient sensiblement augmenté, et, en 1928, 265 contre 2650 en 1914.
- Tel propriétaire de la même région, qui aurait dû payer par chemin de fer 8000 fr, contre 1500 à 2000, l’année précédente, préféra faire cheminer ses troupeaux par la route, ce qui lui coûta moins de 1000 fr.
- Le Syndicat arlésien a donc demandé aussi la réduction des frais de transport, et un tarif dégressif, pour permettre l’exploitation des montagnes lointaines.
- Enfin, des groupements professionnels, ou autre; sociétés qui s’intéressent à l’élevage des ovins, devant les dangers croissants de la route, voudraient voir rouvrir les antiques voies de transhumance (carraires, drailles, relargs).
- Ces pistes classiques (camin dis abeiê, ou beilié), qui en certains endroits atteignaient jusqu’à 60 à 80 m de largeur, et qui, pendant des siècles et des siècles virent passer tant de hordes bêlantes, serpentaient généralement à travers les garrigues, sur les collines, au flanc des montagnes, conduisant la gent moutonnière de la Basse-Provence aux sommets des Alpes, du Bas-Languedoc vers les hauteurs de l’Aubrac, de la Margeride, du Viva-rais, etc.
- Mais peu à peu délaissées, devant la diminution des troupeaux, les propriétaires riverains ont progressivement empiété sur ces chemins, qui se sont ainsi rétrécis, et ont même disparu parfois complètement.
- Les aménager à nouveau, et aussi créer pour les convois des réserves alimentaires et des points d’eau, des abris et des lieux de repos, paraît d’une réalisation difficile.
- Il est fort à craindre, d’ailleurs, comme le fait justement remarquer M. J.-B. Gèze, dans une étude très détaillée sur la matière, que les drailles, ou portions de draille en terrain particulier, qui n’étaient grevées que d’une simple servitude, ne soient prescrites aujourd’hui par la possession trenteriaire.
- Pour celles sur lesquelles les usagers pourraient invoquer des droits acquis, il sera, le plus souvent, difficile de présenter des titres à l’appui.
- On sait, en effet, que les statuts qui régissent la transhumance sont d’origine très lointaine. Le plus ancien document connu sur les carraires, droits de péage et de pasquerage en Provence, remonte à 1232, sous Baymond Béranger, comte de Provence. On cite aussi les réglementations de 1235, 1442, 1458, 1783, 1788, etc.
- Mais on rencontrerait probablement moins de difficultés en ce qui concerne les drailles tracées dans les terrains communaux ou départementaux.
- Malgré tout, il est fort probable que l’on ne verra plus se dérouler à travers la campagne de Provence l’étrange et pittoresque scène bucolique que présentait autrefois cet exode annuel de longues théories de bêtes à laine, quittant les coussous de la Crau, ou les sansouires de la Camargue pour l’Alpe accueillante, ou y retournant prendre leurs quartiers d’hiver; caravanes immenses, comptant jusqu’à 20 000 têtes (un abeiê, composé àd es cabots), savamment organisées pour la marche.
- En tête, l’avant-garde des ânes porteurs, balançant à leur cou la grande cloche (lounguetto, clapo, clapoun), dont le bruit, à la traversée des villages, appelle les habitants, les enfants surtout, cherchant à jeter le désordre parmi les bêtes. Derrière, le groupe des gros béliers conducteurs (li menoun, li flouca), aux cornes à multiples spires et aux gros flots de laine sur le dos, les boucs haut encornés aussi, tous munis, également, de sonnailles (dèstriero, redoun, picoun,. clarino, esquerlo). Enfin, le gros du troupeau.
- Et tout cela avançant dans un nuage de poussière qui poudre à frimas les noirs cyprès échelonnés le long du chemin, au bruit des joyeux carillons variés, auquel se mêlent les bêlements des bêtes, les cris des enfants, les aboiements des chiens de garde [li labri), les claquements des fouets, les coups de sifflets, les appels et les imprécations des pâtres.
- Il ne restera plus alors, pour évoquer une si captivante vision, que les immortelles pages de Mistral dans Mireille (le berger Alari), et de Daudet, dans les Lettres de mon Moulin (l’arrivée du troupeau à Fontvieille), ou la description détaillée du félibre Ch. Martin, dans La trasmi-gracioun di moutoun en Prouvenco. Ou encore les lumineux tableaux si artistement brossés de Vaison, de Loubon. Ou encore, les eaux-fortes dues aux burins délicats de Burnand et de Gautier.
- Antonin Rolet, Ingénieur-Agronome, Piofesseur à l’Ecole d’Agriculture d’Antibes.
- = LES B ALLO NS-JOUETS ET DE RÉCLAME =
- Aussi loin que mes souvenirs remontent en mon enfance, je retrouve la joie toujours égale que me donnaient ces petits ballons-jouets que l’on appelait alors les ballons du Louvre. Ce qui me permet de mesurer aujourd’hui combien dut être grand le ravissement des invités du
- Baron de Beaumanoir lorsque, le 11 septembre 1783, moins de deux mois et demi après les expériences de Montgoifier, ils furent conviés à voir s’envoler dans les jardins faisant.face à l’hôtel de Surgères, rue de la Ville-l’Evêque, le premier petit ballon en baudruche. C’était
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- un divertissement que seuls pouvaient s’offrir les grands seigneurs et beaucoup ne manquèrent de le faire, dans cet enthousiasme échevelé qui accompagnait la découverte des machines aérostatiques. Puis les ballons de baudruche grossirent, on vit le Vendangeur des airs et Pégase et Apollon et des nymphes et aussi toutes sortes d’animaux fantastiques et toutes ces figures tombant dans les campagnes semaient l’effroi parmi les paysans.
- Peut-on faire remonter les ballons-réclame et les ballons-jouets jusqu’à cette origine, sinon glorieuse, du moins lointaine? Peut-être, car jamais le ballon de baudruche ne manqua aux belles fêtes foraines. A notre époque assoiffée d’utilitarisme, la publicité, toujours plus active et plus féconde en moyens, ne devait pas manquer d’adopter le ballon-réclame qui, par-dessus toutes les têtes, sur les couleurs vives de ses panneaux signale le nom d’un magasin ou affirme les mérites d’un produit !
- A voir la profusion de ces ballons, on serait tenté de croire que la fabrication en est simple. Elle nécessite, au contraire, des manipulations, des opérations nombreuses, et pour les non initiés, parfaitement insoupçonnées.
- Les petits ballons actuels ne sont plus confectionnés en baudruche, mais, comme tant d’autres objets : gants, tétines, etc., en feuilles de caoutchouc, minces, très nerveuses, que l’on appelle feuille anglaise. Nous n’envisageons naturellement que les ballons de belle qualité, et non les ballons de second ordre obtenus par trempage.
- Le détail de la fabrication, très délicat, de la feuille anglaise, allongerait outre mesure cet article. Néanmoins, il est nécessaire d’en indiquer les phases principales. Disons, tout d’abord, que cette feuille, si elle nous est venue d’Angleterre, vers 1885, a cessé d’être uniquement anglaise et que des maisons françaises se sont équipées pour la produire.
- Le « Para fin de haut fleuve », qualité supérieure du caoutchouc produit par les hévéas du bassin de l’Amazone, est immergé dans l’eau chaude, puis coupé en morceaux et déchiqueté afin d’arriver à son épuration totale. Le caoutchouc, ainsi propre, puis séché, est réchauffé dans un masticateur, ce qui permet de répartir la chaleur
- Fig. 2. — Emporte-pièces pour le découpage des fuseaux.
- Fig. 1. — Fuseau de ballons en 4 pièces.
- le plus régulièrement possible, condition indispensable à l’uniformité de contexture de la feuille.
- On procède alors à l’opération du blocage. A la sortie du masticateur, la gomme est introduite dans un moule en fonte ou en acier préalablement réchauffé, puis au moyen d’une presse, le bloc est comprimé très violemment pour lui faire épouser aussi exactement que possible la paroi interne du moule. Une barre de fer est alors introduite dans l’axe du bloc : c’est l’épinglage et la pression demeurera sur le bloc pendant au moins 48 heures, c’est-à-dire pendant toute la durée du refroidissement lent et normal de la gomme.
- Pour permettre le sciage en feuilles, les blocs doivent être congelés. Plusieurs procédés, dont deux principaux : congélation lente, 2 à 8 jours, dans une chambre froide; congélation rapide, dans un bain réfrigérant (48 h à —7° par exemple). En général, les blocs congelés ne sont pas immédiatement utilisés, car ils seront d’autant plus beaux et sains qu’ils auront été conservés plus longtemps dans un magasin à basse température.
- Le bloc congelé est enfilé sur un axe carré et placé sur une machine mue d’un mouvement de rotation lent. Une lame semblable à celle des massicots, parfaitement affilée et fixée sur une glissière à laquelle un excentrique imprime un mouvement alternatif, constitue la scie proprement dite. Le bloc de caoutchouc tournant et se présentant à la lame se déroule en feuilles dont l’épaisseur sera déterminée par un jeu d’engrenages appropriés. Bien réglés, ils permettent d’ohtenir des feuilles de deux dixièmes de millimètre d’épaisseur. Le sciage doit s’effectuer sous jets d’eau savonneuse et froide en vue d’éviter le dégel pendant l’opération. Les feuilles sont alors séchées et dégelées complètement, elles sont talquées pour qu’elles ne puissent adhérer les unes aux autres et peuvent être expédiées à l’usine qui les transformera en articles.
- Ces articles, confectionnés en feuille anglaise, nécessitent une main d’œuvre importante — en général féminine — la machine ne pouvant, autant dire, jouer aucun rôle dans ces fabrications.
- Les feuilles, d’épaisseur appropriée aux ballons à obtenir, sont déroulées et légèrement chauffées. Il faut, en effet, soigneusement éviter de manipuler le caoutchouc trop froid — il gèle à + 4° — sous peine de provoquer des fissures dans les feuilles. On les.lave pour les débar-
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- Fig. 3. — La vulcanisation. Les petits ballons sont enfilés sur les dents d’un râteau.
- rasser de leur talc, puis on les sèche et on les dispose en plusieurs épaisseurs —• 7 ou 8 pour les numéros minces —. Ces diverses opérations seront faites au cours d’une première journée de travail. Bien entendu, la rapidité de succession des opérations différentes varie avec les usines.
- Le second jour, le tas de feuilles est découpé. On pourrait croire qu’au moins cette opération, simple en somme, est normalement confiée à une machine. Il n’en est rien. La nécessité d’une coupe absolument franche oblige à l’emploi des ciseaux ou mieux des emporte-pièces dont le jeu devient considérable pour une ugine importante, non seulement en raison des différentes grosseurs de ballons commercialement demandés, mais aussi des formes toujours plus variées que la concurrence amène à créer. Ces emporte-pièces découpent des fuseaux de la forme indiquée ci-contre pour les ballons sphériques
- Fig. 5. — La dilatation totale des ballons.
- composés de quatre fuseaux. Un ouvrier, vigoureux et surtout très adroit, maintient l’emporte-pièces sur le tas des feuilles et l’enfonce d’un coup de maillet. Le choix de cet ouvrier est important, car l’économie de matière première résulte de l’attention qu’il apporte à bien juxtaposer ses gabarits et la netteté de la tranche est primordiale pour l’assemblage des panneaux. Etant donné qu’on part d’une feuille très épaisse, ces gabarits ont des dimensions très restreintes. Ainsi celui du ballon de 1 m de circonférence, soit 0,32 m de diamètre environ, n’a guère plus de 38 mm de largeur et celui du ballon de 1,40 m, soit 0,45 m de diamètre, n’a que 58 mm.
- Par l’effet du découpage, les fuseaux se sont légèrement soudés sur leurs bords. Le troisième jour sera uti-
- Fig. 4. — La vulcanisation. Les ballons ont été « soufflés ».
- lisé pour les décoller, puis à vérifier chaque fuseau individuellement par transparence. Les défauts de la feuille, les parties détériorées accidentellement sont alors enlevés aux ciseaux et les petits fuseaux peuvent être envoyés à l’assemblage. La préparation de la feuille est terminée.
- L’assemblage (4e jour) utilise une curieuse et capitale propriété du caoutchouc : celle de se souder à lui-même par simple pression, lorsqu’il n’est pas encore vulcanisé. C’est véritablement la soudure autogène. Il suffit de soumettre simplement au marteau d’une machine à frapper les deux bords, juxtaposés, des panneaux à assembler pour réaliser un assemblage parfait. Ces marteaux frappant à la vitesse de 2000 coups par minute, mus par des arbres à came, font un bruit assourdissant. On tend à les remplacer actuellement par des machines pneumatiques, qui font moins de bruit.
- L’assemblage, la soudure des fuseaux, doit être vérifié et c’est le travail du cinquième jour. Travail important,
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- puisque la perfection de l’assemblage détermine la solidité et l’étanchéité du ballon. Des ouvrières consciencieuses examinent les soudures, pouce à pouce, et les réparent s’il y a lieu. Il est possible de le faire, le caoutchouc étant encore susceptible, n’étant pas vulcanisé, de se souder à lui-même par simple martelage.
- Les opérations de vulcanisation commencent alors. Tout d’abord, le sixième jour, les ballons — car assemblés, les fuseaux forment de petits ballons bizarres aux quatre côtes très accentuées —- passent par un bain de fixage, dans le but d’empêcher les parois de se coller entre elles pendant le temps de la vulcanisation.
- La vulcanisation proprement dite a lieu le septième jour. C’est la phase la plus délie ate du travail, avec le soudage des fuseaux, et qui nécessite le plus de connaissances théoriques et surtout de pratique du métier.
- La feuille anglaise ne contenant pas de soufre, les
- Fig. 6. —1 Les machines à teindre.
- ballons seront vulcanisés par le procédé Parités, dénommé plus communément « par trempage à froid ». Ce procédé repose sur l’emploi d’une dissolution de chlorure de soufre- dans le sulfure de carbone ou la benzine, ou un hydrocarbure quelconque et la vulcanisation s’opère par trempage dans cette solution. En dehors des considérations de température, d’humidité atmosphérique, la concentration du bain de chlorure de soufre, le temps pendant lequel sera maintenu le contact, varieront avec l’épaisseur de la feuille à vulcaniser, donc avec le diamètre que devront avoir les ballons. Le sulfure de carbone, comme dissolvant du chlorure de soufre, est le corps le plus fréquemment utilisé par suite de son action rapide de gonflement de la gomme. On tend cependant à le
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- remplacer par le benzène, moins délétère et qui donne des résultats aussi réguliers. Les solutions employées varient de 2 à 4 pour 100 en chlorure de soufre et la durée de contact est de quelques secondes. Cette opération se fait à froid dans un local très sec. Il serait même avantageux d’opérer en vase fermé, car l’eau, même à l’état de vapeur, décompose le chlorure de soufre et donne de l’acide chlorhydrique et de l’anhydride sulfureux, ce qui ne manquerait pas de détériorer gravement la gomme.
- Au cours de ces opérations, les ballons sont gonflés d’air comprimé, « soufflés » de plus en plus, afin de dilater progressivement le caoutchouc et d’atteindre le diamètre prévu.
- Généralement, ensuite, les ballons sont teints, le huitième jour, dans des bains chauds de couleurs d’aniline, puis séchés à l’air chaud ou par contact avec un tambour chauffé. Actuellement, on vend de très jolis ballons marbrés de plusieurs couleurs vives, confectionnés en feuille anglaise obtenue en pressant des gommes teintes dans la masse, par incorporation de matières colorantes. Les ballons, secs, seront, le neuvième jour, regonflés pour recevoir les impressions. Celles-ci seront apposées par des marques, en bois généralement, présentant en relief l’inscription demandée, ou la partie du dessin correspondant à une couleur déterminée lorsque ce dessin est multicolore. L’encre sera une dissolution très claire de caoutchouc dans la benzine, portant en suspension une couleur d’aniline. L’inscription sèche presque instantanément. Il ne restera plus qu’à dégonfler les ballons et à les mettre en boîtes après les avoir réunis en paquets.
- La fabrication, on le voit, est loin d’être simple et la part de la main-d’œuvre est considérable. La fabrication est encore moins simple si l’on veut obtenir des ballons importants, en usage en météorologie pour mesurer la vitesse du vent : ballons dont le diamètre après gonflement est de 0,40 m ou 0,75 m, parfois 1 m et qui peut, pour certains sondages, atteindre 3 m au départ du sol.
- Le bébé qui, au Bois de Boulogne, se promène, très fier de tenir la ficelle d’un beau ballon rouge, doit son plaisir au labeur de nombreuses ouvrières qui ont peiné dans un atelier empli du bruit des marteaux(')...
- Max Verneuil, Ingénieur de l’Aéronautique.
- 1. Les clichés ci-contre nous ont été très obligeamment prêtés par la Société Delasson-Dossunet, 51, rue de Vincennes, à Montreuil-sous-Bois.
- PHÉNOMÈNES AÉRIENS
- La curieuse observation d’une colonne lumineuse, effectuée en avion par le lieutenant Thoret et photographiée par le capitaine Le Petit (voir n° du 1er juin 1930) nous rappelle une fois de plus combien la nature est riche en beaux et intéressants phénomènes, dont on ne saurait
- trop recommander l’instructive observation; ces phénomènes, on les contemplera d’autant mieux qu’en cherchant à les reconnaître on y portera une attention plus soutenue.
- Les colonnes lumineuses verticales, au-dessus du
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- = 32 r:......................—-............ =====
- Soleil voisin de l’horizon, ou déjà couché, se présentent parfois comme de magnifiques spectacles. Nous en donnons ici des exemples, reproduits par le dessin, qui, mieux que la photographie,' à certains égards, est susceptible de les représenter dans tout leur développement apparent.
- Bien que le terme halo soit employé surtout pour désigner les cercles qui se montrent autour du Soleil ou de la Lune, les colonnes sont des phénomènes de
- Fig. 1. — Colonnes lumineuses observées à Donville (Manche) avanl (1) et après (2) le coucher du soleil; cette dernière s'élevait jusqu’à 25° au-dessus de l’horizon.
- même ordre, dus à la réflexion des rayons lumineux sur les faces de petits prismes de glace, ou de lamelles, flottant dans la haute atmosphère.
- Les halos, particulièrement ceux de 22° de rayon, sont très fréquents, tandis que les colonnes se voient rarement. D’après M. Besson, l’éminent météorologiste, qui en a fait à l’Observatoire du Parc Montsouris une attentive et prolongée étude, les halos précités sont visibles en moyenne 1 jour sur 3 et les colonnes 1 jour sur
- Fig. 2. — Rayonnements roses dans le crépuscule, observés au-dessus de l’horizon de la mer.
- 203 seulement. G’est une raison de plus d’épier attentivement ces apparences, et d’en recueillir le plus grand nombre d’observations.
- Ces phénomènes ne doivent pas être confondus avec des rayons plus ou moins analogues, à première vue, souvent visibles dans le ciel crépusculaire, et dont quelques exemples sont donnés ici. Très beaux à contempler aussi, ces rayonnements roses, disposés alors en éventail par l’effet de la perspective, sont des jeux d’ombre et de lumière, provoqués par les opacités et les interstices de nuages épais.
- De telles apparences s’observent couramment à toute heure du jour par certains temps, et dans le cas présent, après le coucher du Soleil; les nuages leur donnant naissance sont situés au delà de l’horizon.
- Lucien Rudaux.
- Fig. 3. — Formation des rayons d’ombre el de lumière.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- PROBLÈMES SUR LES AIGUILLES D’UNE MONTRE
- Le petit problème traité par M. Cordonnier sur les heures de superposition des aiguilles d’une montre (n°2833, 15 mai 1930, p. 465), nous a valu deux intéressantes communications, que nous reproduisons ci-dessous.
- I. Positions relatives des aiguilles d’une montre. — Cette communication nous est adressée par M. Rivoire, de Constantine.
- « L’intéressante relation de M. Cordonnier, dit-il, permet, par une variante dans la solution, de résoudre quelques problèmes captieux à première vue.
- Quelle heure est-il quand les deux aiguilles d’une montre forment un angle de 180°, 120°, 90°, 60°, 45°, 30°, 15°?
- Prendre toujours le point XII — 0 pour origine. A 1 heure la petite aiguille a parcouru 5 divisions depuis midi, mais l’autre a parcouru le cadran tout entier, soit 60 divisions, et cela en 60 minutes. La grande aiguille a donc gagné 55 divisions sur la petite en 60 minutes.
- Pour gagner une division il faut à la grande aiguille : 60/55 ou 12/11 de minute.
- Ceci nous conduit au résultat trouvé par M. Cordonnier. En effet, à midi, les deux aiguilles sont sur XII; à 1 h. leur nouvelle position est XII et I, la petite étant en avance de 5 divisions sur la grande. Pour gagner 5 divisions l’aiguille des minutes met 5 X 12/11 ou 5 m 5/11 et il sera par conséquent : 1 + 5 m 5/11, soit 1 h 5 m 27 s 3/11.
- Examinons maintenant le cas où les deux aiguilles font entre elles un angle de 180°. Evidemment 6 h. Mais....
- A) Quelle heure exacte sera-t-il quand cette position aura lieu entre, par exemple, 9 et 10 h?
- A 9 h l’aiguille des minutes est sur 0. Pour réaliser l’angle de 180° il faut qu’elle avance jusque sur le point 3, gagnant ainsi 15 divisions sur l’aiguille des heures. Mais pour gagner une division il lui faut 12/11 de m; le gain de 15 divisions demandera un temps égal à 15 X 12/11 ou 16 m 4/11, soit encore 16 m 21 s 9/11.
- L’heure exacte sera : 9 h. 16 m 21 s 9/11.
- B) Les deux aiguilles forment un angle de 120° ou le 1/3 du cadran à 4 et à 8 h; mais aussi, par exemple, entre 6 et 7 h.
- A 6 h l’aiguille des minutes est sur 0, mais à la distance de 20 divisions de la petite; pour en être seulement à 20 (1/3 du cadran), elle doit en gagner 10, employant à ce parcours 10 X12/11 de m.
- Il sera exactement ; 6 h 10 m 54 s 6/11.
- C) A 9 h et à 3 h les deux aiguilles comprennent entre elles un angle de 90° ou le 1/4 de la circonférence, soit 15 divisions du cadran. Lorsque cet angle est donné, par exemple entre 7 et 8 h, l’heure juste résulte du calcul : 7 + 20 X 12/11, soit 7 h 21 m 49 s. 1/11.
- D) L’angle de 60° ou le 1/6 du cadran est formé par les aiguilles à 10 et à 2 h; mais encore, par exemple, quand il est 3 + 5 X 12/11, ce qui donne 3 h 5 m. 27 s 3/11.
- E) Déterminer l’heure à laquelle les aiguilles font un angle de 45° entre 11 h et midi?
- 45° correspondent à 1/8 du cadran, soit 7,5 divisions.
- A 11 h l’angle est de 55 divisions : les aiguilles ne retournant pas, celle des minutes est en retard de 55 divisions sur l’aiguille des heures. Pour abaisser ce retard à 7,5 divisions la grande aiguille doit en gagner 47,5 employant à cela un temps égal à 47,5.X 12/11 =51m 9/11.
- Il sera, par suite, 11 h 51 m 49 s 1/11.
- F) Un angle de 30° ou 5 divisions est déterminé en un point
- quelconque, soit entre 4 et 5 h, à un moment du temps donné par : 4 + 15 X 12/11: soit 4 h 16 m 21 s 9/11.
- G) Enfin, pour déterminer à quel moment dans le temps les aiguilles forment un angle de 15° entre 1 et 2 h, on trouve :
- 1 + 2,5 X 12/11, ce qui donne : 1 h 1 m 38 s 2/11.
- Ces résultats ne sont point aussi tangibles que ceux donnés par M. Cordonnier; cela tient à l’imperfection de notre organe visuel. Le mécanisme capable de rendre sensible cette démonstration n’est pas difficile à réaliser; il faut convenir cependant qu’il aurait peu d’utilité pratique. »
- IL Les heures équivoques. — M. N... examine dans la communication qui suit un problème différent.
- « Sur le cadran d’une montre dont tous les rouages sont bien ajustés, la position de la petite aiguille détermine celle de l’autre. En effet, l’angle dont la petite a tourné depuis l’instant où s’est écoulée la dernière heure entière est exactement le douzième de l’angle dont la grande a tourné depuis la position 0 h (ou 12 h). Il en résulte que l’heure est lisible, sans ambiguïté, même avec deux aiguilles égales; à moins qu’il n’existe certains instants, se correspondant deux à deux, par permutation des deux aiguilles. Nous allons montrer que ces instants existent réellement.
- Sous une forme plus amusante on peut poser ainsi le problème :
- Une personne regarde sa montre entre 3 h et 4 h, puis entre 6 h et 7 h. Chacune des deux aiguilles ayant pris la place de l’autre, quelle heure était-il exactement à chacune des observations de la montre?
- En prenant 1/12 de la circonférence pour unité et en appelant x et y la fraction d’heure qu’il faut respectivement ajouter à 3 h et 6 h, le problème est résolu par les deux équations du premier degré.
- 3 + x = 12 y.
- 6 -J- y — 12 x.
- D’où l’on tire facilement :
- 9
- x 4- y — -—
- ~r U 11 3
- J 13
- Et enfin :
- x —
- y =
- 75
- 11 X 13 42
- 11 X 13
- 31 m 28 s -f-18 m 20 s +
- 16 s 143 * 74 s 143 ’
- Il était donc d’abord 3 h 31 m 28 s, puis 6 b 18 m 20 s. Une personne regardant une montre à aiguilles égales à un seul des deux instants que nous venons de calculer et n'ayant aucune autre indication ne pourrait savoir s’il est 3 h 31 m ou 6 h 18 m....
- Plus généralement, le problème des heures équivoques admet 144 solutions correspondant aux instants associés deux à deux : , k + 12 7c' ,, k' + 12 /c , „ , ,,
- k + TÏ"x"Ï3 et k + 11~x Î3 » dans lesquelles k et k représentent deux nombres entiers distincts {zéro compris) et inférieurs à 11. Comme cas particuliers :
- 1° Si on fait k = k' on obtient les heures à aiguilles super-k
- posées k -f- — pour lesquelles il n’y a pas d’équivoque. Il ne
- reste donc que 133 solutions effectives du problème posé.
- 2° Si k + k' = 11 on obtient les heures où les aiguilles sont symétriques par rapport à la ligne 6 h 12 h. »
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- PRESTIDIGITATION
- LA CAGE MYSTÉRIEUSE
- Lorsque le rideau se lève, les spectateurs aperçoivent une large plate-forme montée sur quatre pieds et entourée d’un cordon de lampes électriques. Sur cette plate-forme repose une cage "en fer haute de deux mètres environ et large de 0,50 cm. L’opérateur fait remarquer qu’il ne peut y avoir aucune communication entre la cage formée de barres de fer reliées fortement entre elles et le plancher de la plateforme. Pour bien le démontrer, comme la cage est munie de 4 chaînes qui viennent du haut de la scène, il donne l’ordre de soulever un peu la cage afin qu’on puisse bien voir le fond formé comme les côtés de barres de fer. Il frappe la plateforme à différents endroits pour montrer qu'elle est massive. Puis la cage est redescendue sur le plancher de cette plate-v forme. De plus, il fait remarquer qu’il ne peut y avoir aucune communication avec le fond de la scène, trop éloigné de la cage, ni avec le sous-sol, puisque le cordon de lampes per-
- Fig. 1. — L'entrée dans la cage.
- met de voir le dessous de la plate-forme dans tous ses détails.
- Une jeune femme entre alors. Le prestidigitateur ouvre une porte placée à l’avant de la cage. La jeune femme pénètre à l’intérieur de l’appareil et la porte est refermée. Deux domestiques montant alors chacun sur une échelle double, l'un à droite, l’autre à gauche de la plate-forme, décrochent les 4 crochets, puis prenant un grand voile, chacun d’un côté, enveloppent complètement la cage.
- Les deux domestiques retirent les deux échelles. La cage enveloppée reste seule bien isolée sur sa plate-forme fortement éclairée. A ce moment le prestidigitateur tire un coup de feu sur la cage : le voile s’affaisse sur la plate-forme, la cage et la jeune femme ont disparu, mais à ce moment même cette dernière apparaît dans la salle derrière les spectateurs et pendant que l’opérateur s’écrie : Où est-elle? », elle répond : « Me voilà ! ».
- Cette opération, très mystérieuse quant au résultat, s’explique facilement lorsque l’on connaît les moyens d’exécution.
- La cage ne renferme aucun mécanisme, mais il y a dans la plate-forme une trappe de la grandeur exacte de la cage. Au moment où le voile a été étendu, cette trappe est abaissée entraînant la cage et la jeune femme.
- Comme dans beaucoup d’expériences, c’est grâce à l’éclairage violent placé autour de la plate-forme que le public ne s’aperçoit de rien. En effet, au début, le dessous de cette plate-forme est absolument vide ; mais, au moment où les deux domestiques tiennent le voile, chacun par une extrémité, et vont monter à l’échelle, le dessous de la plate-forme n’est plus visible et un écran noir monte du dessous cachant la monture de la trappe qui vient également du dessous.
- Aussitôt que la jeune femme voit la cage enveloppée, elle ouvre un taquet sur le plancher, la trappe est libérée et de son poids tout descend dans le dessous. Mais il est nécessaire que le voile reste en place absolument comme si la cage y était toujours. Pour cela, une armature très légère, en fils d’acier articulés (fig. 2), a été disposée sur la cage et cette armature est maintenue par un fil venant du cintre. Ce fil est à peu près invisible. Lorsque les 4 chaînes enlèvent la cage pour montrer le fond bien barré et solide, on ne pense guère à ce fil et lorsque les 4 chaînes sont décrochées et pendent au-dessus de la cage (fig. 3), le fil est caché.
- Au coup de feu, le fil est lâché d’en haut et toute la monture articulée s’écroule avec le voile, cachant le vide de la trappe.
- La monture est dissimulée par la couleur noire de la cage. Celle-ci étant faite de barres assez larges fortement cloutées les articulations de la monture se perdent pour la vue dans l’enchevêtrement des barreaux et des clous.
- Fig. 3. — Présentation de la cage.
- Quant à la jeune femme, elle passe naturellement par les dessous pour se trouver derrière les spectateurs au coup de feu et crier : « Me voilà ! ». Alber. ~
- Fig. 2. — L’armature qui supporte le voile.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1930 (*)
- Il y a juste un mois, je recommandais ici à tous les observateurs qui suivent ce « Bulletin astronomique » de ne pas négliger l’observation de la Voie lactée. Comme en juillet, cette étude s’impose en août, en raison de la position favorable de ce fleuve céleste. J-’ajoutais que la photographie a fixé l’image de ces agglomérations sidérales et que l’on y voit les étoiles véritablement plaquées les unes sur les autres en innombrables nuages lumineux.
- Précisément la fig. 1, que je dois à l’obligeance de M. Lucien Ru-daux, le fondateur de l’Observatoire de Donville (Manche), vient bien à point pour confirmer ce que j’écrivais le mois dernier. Cette figure représente la partie la plus brillante de la Voie lactée, visible en France, partie située entre les constellations de l’Aigle et de l’Ecu de Sobiesld. Le grand nuage de l’Aigle est au milieu, celui de l’Ecu au bas de la photographie. La partie du ciel embrassée par ce document s’étend depuis l’équateur (en haut) jusqu’à-—20° de déclinaison (enbas).
- Doit-on dire que cette épreuve se compose en réalité de deux photographies raccordées? Tout de suite des critiques ne manqueront pas de faire remarquer qu’un tel raccord est impossible et que sur les bords du raccord des étoiles doivent se trouver en double, etc.
- Il est bien facile de répondre à ces grincheux que M. Rudaux ne présente pas ici une épreuve sur laquelle il convient de faire des mesures de précision. Mais il a pensé, avec juste raison, que les très belles photographies prises avec son petit objectif à portraits de 35mm d’ouverture, dans lesquelles les petites étoiles ne sont pas nettement séparées (leur diamètre photographique étant supérieur à leur distance), mais qui représentent si bien les masses lumineuses, les agglomérations et les condensations sombres, il a pensé, dis-je, que ces photographies pouvaient servir à réaliser une synthèse de la Voie lactée.
- On obtient ainsi une sorte de schéma de cette formation, qui correspond assez bien — mais avec une exagération très instructive de la luminosité — à l’aspect vu à l’œil nu.
- 1. Nous rappelons que toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont indiquées en temps universel (T. U.) compté de (F à 24h à partir de 0" (minuit). Pendant la période d’application de l'heure d’êié, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour établir la concordance entre les phénomènes et l’heure marquée par nos pendules.
- Rappelons ici que le regretté E.-E. Barnard, qui a obtenu de si remarquables photographies de la Voie lactée aux Etats-Unis. a, lui aussi, opéré des reconstitutions de la Voie lactée au moyen de plusieurs clichés.
- J’ajouterai que les assemblages de M. Rudaux sont du plus haut intérêt. Grâce à lui unos aurons bientôt une vue photographique d’ensemble de la Voie lactée visible sous le ciel de France, ce qui est un beau tour de force, tout à l’honneur de l’Observatoire de Donville et de son fondateur.
- I. Soleil. — En août, la diminution rapide de la déclinaison du Soleil, qui, de -f- 18°9' le 1er tombe à -f- le 31,
- entraîne une diminution rapide de la durée du jour. Celle-ci, qui sera de 15h 5m le 1er, ne sera plus que de 13h29m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure exacte du passage du centre du Soleil au méridien de Paris, de deux en deux jours, pendant le mois d’août.
- Dates. Heure du Passage.
- Août ^er Tlh 56m 52s
- — 3 11 56 44
- — 5 11 56 34
- •— 7 11 56 22
- — 9 11 56 7
- — 11 11 55 49
- -— 13 11 55 30
- — 15 11 55 8
- — 17 11 54 44
- — 19 11 54 18
- — 21 11 53 50
- — 23 11 53 21
- — 25 11 52 49
- — 27 11 52 16
- — 29 11 51 42
- — 31 11 51 6
- Fig. 1. — Photographie de la région de la Voie lactée dans les constellations de l’Aigle et de l’Êcu de Sobieski, obtenueà l’aide d’un objectif à portraits de 35 mm d’ouverture et avec des poses de lh 30 m, à l’Observatoire de Donville (Manche), par M. Lucien Rudaux.
- Observations physiques. — Au moyen des renseignements suivants, il sera facile d’orienter convenablement les dessins et photographies. Pour la définition des lettres P, B0, L0, voir le « Bulletin astronomique » du
- Dates. P N« 2828, du 1er B0 mars 1930. L0
- — — — —
- Août 4 + 11°,79 + 6°, 01 182°,84
- — 9 • + 13 70 + 6 33 116-72
- — 14 + 15 50 + 6 60 50 62
- — 19 -f 17 19 + 6 83 344 53
- — 24 + 18 76 + 7 01 278 46
- — 29 + 20 20 + 7 14 212 40
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- ASTRE Dates : Août Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris Ascen- sion droite Décli- naison. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 5 4h 30® llh 56® 348 19h 23® 8h 59® + 17° 7' 31'34”,8 Cancer
- Soleil . . . 15 4 43 11 55 8 19 6 9 37 + 14 13 31 38 ,4 Cancer * »
- 25 4 57 11 52 49 18 47 10 14 + 10 56 31 42 ,0 Lion
- 5 6 18 13 16 20 14 10 15 + 11 51 5,6 a Lion
- Mercure . . 15 7 4 13 30 19 55 11 9 + 5 0 6,2 (j Vierge Le soir du 20 au 31 août.
- f 25 7 34 13 31 19 28 11 51 — 1 10 7,0 Vierge )
- 5 8 25 14 39 20 54 11 40 + 2 40 17,0 P Vierge
- Vénus . . . 15 8 48 14 40 20 31 12 20 — 2 24 18,6 y Vierge Dès le coucher du Soleil.
- / 25 9 11 14 39 20 7 12 58 — 7 24 20,2 a Vierge
- 5 23 58 7 53 15 48 4 54 + 22 18 5,4 Taureau | .
- Mars . . . 15 23 43 7 42 15 41 5 22 + 23 2 5,6 Ç Taureau , Seconde partie de la nuit.
- 25 23 27 7 30 15 32 5 50 + 23 28 5,8 [jl Gémeaux
- Jupiter . . 15 1 7 9 5 17 4 6 46 + 22 54 31,4 Gémeaux Le matin, avant l’aurore.
- Saturne . . 15 16 32 20 41 0 50 18 25 — 22 43 16,0 À Sagittaire Première partie de la nuit.
- Uranus . . 15 20 50 3 16 9 43 0 57 + 5 19 3,6 189 P. Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune 15 5 44 12 38 19 32 10 20 + 11 4 2,4 p Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Lumière zodiacale. — On pourra rechercher la lumière zodiacale le matin, avant l’apparition de l’aurore, par les nuits hien pures et sans clair de Lune. On remarquera que, le matin, la lumière zodiacale h’a pas la même apparence que le soir, son extrémité est plus effilée tandis que le soir elle paraît plus arrondie.
- II. Lltne. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’août, seront les suivantes :
- P. Q. le 1er à 12h 26m N. L. le 24, à 3h 37®
- P. L. le 9, à 10h 58m P. Q. le 30, à 23h 57m
- D. Q. le 17, à 11^ 31m
- Age de la Lune le 1er août, à minuit (24h) = 61,1 ; le 25 août, à minuit — 01,9. Pour trouver l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 25. Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 6 = — 28°1'; le 20 = + 28°7'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 9 août à 19h. Parallaxe — 53’57”. Distance = 406 450 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 23 août à 20h. Parallaxe = 61'22 '. Distance — 357 325 km.
- Occultations d’étoiles par là Lune. — Le 4 août, occultation de 43 Ophiuchus (gr. 5,4). Immersion à 20*’4®.
- Le 11, occultation de ^2 Verseau (gr. 4,6). Émersion à 23h 4m.
- Le 12, occultation de 27 Poissons (gr. 5,1). Émersion à 22h 8m.
- Le 13, occultation de 29 Poissons (gr. 6,1). Émersion à 0h 27m.
- Le 14, occultation de 263 B. Poissons (gr. 6,4). Émersion à à 23 52®,
- Le 17, occultation de 32 Taureau (gr. 5,8). Émersion à 2311 45®.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune du 24 août. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées pour Brest :
- Dates. Marées du matin. Heure. Coefficient. Marées du soir. Heure. Coefficient.
- Août 23 3h 2® 0,82 15h 28® 0,90
- — 24 3 53 0,97 16 17 1,03
- — 25 4 39 1,07 17 1 1,10
- — 26 5 23 1,11 17 44 1,10
- — 27 6 3 1,07 18 23 1,03
- — 28 6 43 0,97 19 3 0,90
- Le mascaret est « une lame brisante formant la tête du flot, barrant tout le lit du fleuve et se propageant avec une vitesse plus ou moins grande vers l’amont ». Il se produira plusieurs fois en août, en raison du coefficient élevé des marées. Voici les heures de production du phénomène :
- Dates. Coefficient Arrivée du mascaret à
- de la marée Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Août 24 1,03 19h 51® 20h 28® 20h 37®
- — 25 1,07 8 12 8 49 8 58
- — 25 1,10 20 33 21 10 21 19
- — 26 1,11 8 55 9 32 9 41-
- — 26 1,10 21 17 21 54 22 3
- — 27 1,07 9 38 10 5 10 24
- — 27 1,03 22 0 22 37 22 46
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide de données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’août.
- Mercure sera à sa plus grande élongation du soir le 25 août à 27°15' à l’Est du Soleil. Il sera assez bien placé, dans le Lion, puis la Vierge, pour être recherché depuis le 20 jusqu’à la fin du mois.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure pendant le
- mois d’août : Disque Grandeur
- Dates. illuminé. Diamètre. stellaire.
- Août 4 0,81 • 5”,4 -0,2
- — 9 0,75 5 8 — 0,0
- — 14 0,69 6 0 + 0,2
- — 19 0,63 6 4 + 0,3
- — 24 0,56 7 0 + 0,4
- — 29 0,48 7 6 + 0,6
- Vénus sera bientôt à sa plus grande élongation du Soleil, au milieu du mois prochain. Elle brille tous les soirs, à l’Ouest dès le coucher du Soleil. Voici les mêmes données que pour Mercure :
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- Dates Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- Août 4 0,67 17",0 — 3,6
- — 9 0,65 19 6 — 3,7
- — 14 0,63 18 4 ' -3,7
- — 19 0,61 19 2 — 3,8
- — 24 0,58 20 0 — 3,8
- — 29 0,56 21 0 — 3,8
- On pourra rechercher Vénus en plein jour, lorsque le ciel est bien pur. Les observations en plein jour correspondent généralement à de meilleures images que celles laites le soir, près de l’horizon.
- Mars devient de mieux en mieux visible et se lève à présent avant minuit. Le diamètre de cette planète va atteindre bientôt 6" et l’on va ainsi pouvoir commencer les observations, avec des instruments de moyenne puissance.
- Jupiter, dans les Gémeaux, devient visible le matin avant l’aurore. Dès à présent, on pourra recommencer l’observation des curieux phénomènes que présentent les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète géante. Une toute petite lunette ou la moindre longue vue suffisent pour faire ces constatations.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 5 2h 43“ I E. c. 23 lh 44“ II O. f.
- 6 2 58 I P. f. 23 3 40 II P. f.
- 7 3 42 II Em. 27 4 7 III Em.
- 13 2 44 I P. c. 28 2 52 I E. c.
- 13 4 8 I O. f. 29 2 25 I O. f.
- 14 2 10 I Em. 29 3 27 I P. f.
- 16 3 4 III O. c. 30 1 39 II O. c.
- 20 3 48 I O. c. 30 3 42 II P. c.
- 21 4 9 I Em. 30 4 18 II O. f.
- La définition des phénomènes de la 4e colonne a été donnée dans les Bulletins précédents.
- Saturne, très bas sur l’horizon, se couche peu après minuit. Une lunette de 0‘",06 d’objectif suffit pour reconnaître l’an-neau.Voici les éléments de cet anneau, à la date du 10 août.
- Grand axe extérieur................. 40",58
- Petit axe extérieur.................-f- 17",83
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau .................+ 26° 4'
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau..................+ 25°28'
- On trouvera Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, à l’aide du tableau suivant et de la figure spéciale donnée au n° 2830 du 1er avril 1930. Une lunette de 0m,05 d’ouverture est suffisante pour voir ce satellite.
- Dates. Élongation. Heure.
- Août 5 Occidentale 17h 6
- — 13 Orientale 10 2
- — 21 Occidentale 15 5
- — 29 Orientale 8 4
- Uranus est visible à présent presque toute la nuit. Une simple jumelle permet de le trouver, mais certaines personnes, douées d’une vue exceptionnelle, arrivent à le suivre à l’œil nu. Voici quelques positions où l’on pourra trouver Uranus :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Août 5 0h 57“ + 5°23' 3",6
- — 15 0 57 + 5 19 3 6
- — 25 0 56 -f- 5 14 3 6
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil, le 27 août, à 8h. II est donc inobservable en ce moment.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à 14h, Mercure en conjonct. avec Neptune, à O0^ N. Le 6, à 2h, Saturne — la Lune, à 5°19' N.
- Le 14, à 9h, Uranus — — à 0o16' N.
- Le 19, à 18h, Mars — — à 4°25' S.
- Le 20, à 22h, Jupiter — — à 5° 6' S.
- Le 24, à 6h, Neptune — — à 3°41' S.
- Le 25, à 23’1, Mercure — — à 4°56' S.
- Le 27, à 9h, Vénus — — à 2° 2' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 1er août, à 2h 6m ; le 3, à 22h 54m ; le 21, à 3h 46m ; le 24, à 0h 34“ ; le 26, à 21h 23“.
- Tous ces minima sont facilement observables à l’œil nu.
- Etoiles filantes. — Le mois d’août est, par excellence, le mois des étoiles filantes. L’essaim le plus actif est, à cette époque, celui des Persêides. Les météores de cet essaim commencent en juillet (le radiant est alors dans Cassiopée) et se produisent jusque vers le 21 août. Au moment du maximum de la chute, du 9 au 11 août, le radiant se trouve près de l’étoile 7j Persée. Les météores issus de l’essaim des Persêides, parfois très nombreux, sont rapides, souvent brillants, avec traînées jaunâtres. Les observations consistent à inscrire les trajectoires sur des cartes spéciales, comme celles de la « Commission des Étoiles Filantes » de la Société astronomique de France, avec toutes leurs particularités. Si l’on peut organiser deux ou plusieurs stations, à quelques kilomètres les unes des autres, les observations conjuguées permettront le calcul de la hauteur des météores et de la longueur des trajectoires.
- Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, et d’après les données de M. W.-F. Denning, la liste des radiants actifs pendant le mois d’août :
- Dates. Ascension Décli- Étoile voisine.
- droite. naison.
- Août 1er au 4 29° + 36° P Triangle
- — 7 au 11 295 + 54 y Cygne
- — 7 au 12 292 + 70 0 Dragon
- — 8 au 9 5 + 55 a Cassiopée
- — 9 au 11 44 + 56 7| Persée
- — 9 au 14 9 — 19 {$ Baleine
- — 12 et 13 345 -f 50 3084 Bradley
- — 12 au 16 61 -J- 48 jju Persée
- — 20 et 25 6 + 11 y Pégase
- •— 21 au 23 291 + 60 0 Dragon
- 23 au 31 282 + 41 a Lyre
- — 25 au 30 237 + 65 c Dragon
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — L’Étoile’ Polaire se trou-
- vera juste au méridien de Paris aux dates et heures ci-après,
- en août :
- Dates. Passage. Heure. Temps sidéral à
- 0h (T. U.)
- Août 9
- — 19
- — 29
- Supérieur
- 4h 19“ 598 3 40 50 3 1 41
- 21 h 7m 3s
- 21 46 29
- 22 25 54
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste, le 1er août, à 21h, ou le 15 août, à 20h est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; le Cocher frôle l’horizon.
- Au Nord-Est : Andromède.
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Grande Ourse.
- Em. Touchet.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LA CIRCULATION DES AUTOM OBILES AUX ÉTATS-UNIS
- L’augmentation de la circulation automobile aux Etats-Unis a été pour l’année 1929 de 1 358 000 véhicules.
- La circulation est passée de 24 493 000 à la fin de 1928, à 25 851 000 à fin 1929, soit une automobile pour 4,5 habitants. Durant l’année 1929, il a été construit 38 594 milles, soit 62 100 km de routes nationales. Pour chaque mille de route oh compte maintenant 7,8 automobiles, soit 4,9 automobiles au km, ce qui dépasse ainsi le record européen de la Belgique.
- L’ALLUMAGE PAR BATTERIE ET L’ALLUMAGE PAR MAGNÉTO
- Presque tous les modèles actuels d’automobiles sont munis d’un système d’allumage par batterie et bobine d’induction, et l’on peut remarquer, d’ailleurs, que l’établissement de ce dispositif est relativement peu coûteux pour le constructeur.
- Quels sont les avantages et les inconvénients de ce système d’allumage dont le principe est fort ancien, mais dont la réalisation est récente ? Voilà sans doute une question que se posent souvent les acheteurs d’automobiles, et tout spéciale-
- Fig. 1. — Cet outil très simple permet un démontage et un remontage faciles des roues métalliques.
- ment les conducteurs avertis habitués auparavant à employer des systèmes à magnétos.
- Sans doute la magnéto avait été peu à peu perfectionnée, et son aspect simple et robuste était capable d’inspirer la plus grande confiance. Malgré la simplicité de cet aspect, il ne faut pas oublier, pourtant, qu’elle était en réalité assez complexe, puisqu’elle renfermait une génératrice de courant primaire, un transformateur, et un distributeur la reliant aux bougies.
- Les pannes de magnéto étaient sans doute peu nombreuses, mais les désaimantations de l’inducteur, les ruptures de l’induit et les détériorations du rupteur et du distributeur n’étaient pas impossibles.
- On avait, dé plus, reproché à la magnéto de fournir des étincelles insuffisamment nourries pour une faible vitesse de rotation du moteur, d’où un ralenti défectueux et la difficulté du démarrage à froid.
- Le dispositif d’allumage par batteries paraît plus complexe à première vue parce que ses différentes parties ne sont pas concentrées dans un même appareil, mais disséminées dans le moteur. On sait que, dans ce système, le courant provenant de la batterie d’allumage et de démarrage traverse l’enroulement primaire d’une bobine d’induction dans le secondaire duquel est monté un distributeur avec rupteur commandé mécaniquement.
- Le courant fourni par la batterie étant constant, quelle que
- soit la vitesse de rotation du moteur, l’étincelle est très chaude au démarrage, ce qui facilite cette opération et permet d’obtenir un excellent ralenti.
- On a cependant reproché aussi à ce système, par contre, de donner des étincelles insuffisantes, quand la vitesse de rotation devient très grande, les contacts du rupteur ne restant l’un sur l’autre que pendant un temps trop court pour que le courant atteigne son intensité maximum, et l’on a même tenté de monter des cames de commande à profil variable dans le but d’atténuer cet inconvénient. Dans les conditions ordinaires présentées par les voitures de tourisme (et d’ailleurs la vitesse de rotation maxima de leur moteur tend à diminuer) il ne semble même pas que ce reproche soit bien fondé.
- Bien que le dispositif d’allumage par batterie soit simple et robuste, il n’en est pas moins nécessaire d’observer quelques précautions, si l’on veut éviter toute détérioration et obtenir un long service.
- Tout d’abord, il faut éviter absolument de laisser à l’arrêt le courant de la batterie passer à travers la bobine primaire; on décharge ainsi cette batterie et l’on risque de détériorer l’enroulement ou, en tout cas, d’affaiblir son isolement, par suite d’un échaufîement exagéré.
- Il faut, de plus, vérifier de temps en temps les connexions, les canalisations et le fonctionnement du rupteur; le démontage de ce dernier est, d’ailleurs, très facile.
- Nous avons déjà noté dans une chronique que l’arbre de commande du distributeur devait, dans certaines voitures, être graissé fréquemment pour éviter un grippage désastreux.
- Sans doute, tout le fonctionnement du système dépend-il du bon état de la batterie, et il y a donc lieu de l’entretenir avec soin. Nous avons signalé, d’autre part, un système à batterie auxiliaire de secours dit Reserwatt, permettant de connecter immédiatement une petite batterie fer-nickel maintenue toujours en charge, en cas de mise hors de service de la batterie ordinaire de la voiture.
- Rappelons, enfin, que la bobine d’induction, organe généralement robuste, mais traversé cependant par des courants haute tension, peut être mise hors d’usage brutalement s’il existe dans l’enroulement le moindre défaut de fabrication, d’ailleurs impossible à vérifier. Le conducteur prudent se munira donc d’une bobine de rechange, et, d’ailleurs, le remplacement de cette bobine est extrêmement facile et peut, être effectué en quelques minutes.
- DÉMONTE-ROUES PERFECTIONNÉ
- lie démontage et le remontage des roues métalliques genre « Michelin » à l’aide d’un vilebrequin de forme classique ne sont, pas des opérations bien difficiles, mais elles exigent cependant un effort plus ou moins grand suivant les dimensions de la roue, et surtout le remontage de la roue sur les goujons du moyeu paraît assez délicat aux automobilistes peu avertis, par suite des difficultés relatives de centrage.
- Une clef très allongée, de forme particulière remplaçant le vilebrequin ordinaire peut faciliter beaucoup ces opérations. Cette clef pèse à peine 400 grammes et ne mesure que 25 centimètres de long, mais, grâce à la longueur de son bras de levier, elle assure une puissance de serrage très grande (fig. 1).
- Pour effectuer l’opération du remontage de la roue avec cet appareil, on introduit la partie cylindrique de l’outil tenu de la main droite dam une des alvéoles de la roue à remonter, en dirigeant l’extrémité du bras de levier vers le goujon inférieur du moyeu, qui doit servir de point d’appui.
- Une fois le levier engagé, on imprime à l’ensemble une légère-
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- traction de bas en haut pour soulever la roue du sol et la faire glisser sur les goujons. On la maintient en place avec la main gauche et la pointe du pied, et l’on dégage l’outil pour visser et bloquer les écrous avec son autre extrémité.
- CLÉS DEMONTE-ROUES PERFECTIONNÉES
- Les roues métalliques à flasques pleins ou à rais métalliques maintenues sur le moyeu par l’intermédiaire de boulons avec écrous sont maintenant en majorité.
- On monte et on démonte ces roues au moyen de clés en forme de vilebrequins ordinaires, dont une extrémité forme clé tubulaire à écrou et s’adapte sur l’écrou à serrer ou à desserrer (a, fig. 2).
- Ces vilebrequins ne sont pas d’un usage difficile sans doute, mais il existe depuis quelque temps des modèles de clés démonte-roues encore plus perfectionnés.
- Un de ces modèles comporte une extrémité tubulaire en
- Fig. 2. — Quelques modèles de clés démonie-roues.
- a) modèle vilebrequin ordinaire; 6)modèle double replié; c) mode d’emploi de modèle double poignée; d) modèle levier extensible avec indication des différentes positions du bras et de la poignée de manœuvre.
- Fig. 3. — Coffret métallique placé sur le tablier de bord et s’ouvrant à l’aide d’une combinaison chiffrée.
- L’ouverture du couvercle démasque un panneau permettant la fermeture à distance du capot et l’interruption du courant d’allumage.
- Un des procédés de protection les plus simples sans doute consiste à interrompre le courant d’allumage, et, en même temps, à fermer le capot au moyen d’un dispositif assurant toute sécurité.
- Il est évident que ce système doit être bien étudié afin de pouvoir être manœuvré et posé facilement et d’assurer réellement cette sécurité.
- Un dispositif de serrure automatique de capot assez original est composé, par exemple, d’un petit coffret métallique, muni de deux disques à chiffres permettant des combinaisons sur 10 000 chiffres, comme pour un coffre-fort. Ce coffret est fixé sur le tablier, et il est relié par un câble double, muni de gaines, et protégé par un solide tube flexible à deux verrous permettant de fermer le capot des deux côtés depuis le siège du conducteur.
- De plus, un interrupteur électrique contenu dans le coffret permet de couper le courant d’allumage (fig. 3).
- Pour fermer le capot, on ouvre le coffret à l’aide du chiffre secret, on tire sur le câble de commande des verrous, à l’aide d’un anneau, et on le cale; on interrompt l’allumage en même temps. Après avoir refermé le coffret, il devient impossible de mettre en marche la voiture et de soulever le capot sans connaître le chiffre secret assurant son ouverture (fig. 4).
- Fig. 4. — Disposition générale du système antivol.
- 1. Coffret de commande de fermeture à secret; 2. Serrure de capot commandée à distance; 3. Interrupteur d’allumage.
- acier nickelé emboîtant complètement l’écrou et l’empêchant de tomber; la forme spéciale de son double levier permet de faire travailler utilement les deux mains et d’exercer ainsi un effort plus grand avec le minimum de fatigue ( b et c, fig. 2).
- Un autre modèle affecte la forme d’une manivelle à bras de levier extensible et coulissant (d, fig. 2).
- Suivant les nécessités de vissage ou de dévissage de l’écrou et suivant l’intensité de l’effort nécessaire, on peut augmenter la longueur du bras de levier, et les dimensions de l’appareil repliés sont tout à fait infimes, ce qui rend très facile son placement dans une boîte d’outillage.
- SERRURE AUTOMATIQUE DE CAPOT
- Il existe de nombreux appareils antivols dont l’urnge se répand de plus en plus, d’ailleurs, à mesure qu’augmente le nombre des propriétaires d’automobiles conduisant eux-mêmes leurs voitures.
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- RÉCHAUFFEUR DE CIRCULATION D’EAU A COMMANDE AUTOMATIQUE
- Il est utile en hiver, ou dans les pays froids, de prévoir l’emploi d’un dispositif permettant le réchauffage de l’eau de cir-
- FH d'arrivée du courant
- ^Résistance
- 'chauffante
- Thermostat^/ffs ne laissent passer te \ coifrant que lorsque l’eau menace de geler.
- Fig. 5. — Thermostat électrique avec résistance électrique chauffante assurant le maintien d’une température convenable de Veau de circulation du moteur pendant le séjour de la voilure au garage.
- culation, soit pour éviter les risques de gelée, soit pour maintenir toujours le moteur à une température suffisante et faciliter le démarrage.
- Les appareils à essence ou à électricité qui chauffent l’intérieur du capot d’une manière continue fonctionnent en pure perte lorsque le moteur est encore chaud, ou lorsque la température ambiante s’élève à nouveau; il est donc préférable d’employer un dispositif de chauffage mis uniquement en action lorsque la température s’abaisse au-dessous d’une certaine limite, et dont le fonctionnement est interrompu, au contraire, lorsqu’elle s’élève.
- Un dispositif assez simple de ce genre se compose d’un rhéostat placé dans un carter en aluminium fondu et fixé contre la partie inférieure du radiateur, au moyen de deux boulons dont les tiges traversent ce dernier. Ce rhéostat porte une fiche reliée par un fil double à une prise de courant quelconque (fig. 5).
- Le carter est absolument étanche, et le mécanisme intérieur est ainsi protégé contre l’eau et la poussière provenant soit de la marche sur route, soit du nettoyage de la voiture au garage.
- L’organe chauffant proprement dit est placé contre la chemise d’eau du moteur et serré contre celle-ci au moyen de deux petits câbles d’acier et de ressorts ; il est relié au thermostat par un fil double protégé par une gaine métallique.
- Cet organe chauffant est constitué par une boîte étanche également, contenant une résistance qui réchauffe l’eau à travers la chemise du moteur.
- Il se produit une circulation d’eau dans la canalisation et un chauffage plus uniforme.
- Les deux appareils constituant le système de chauffage peuvent être fixés une fois pour toutes sur la voiture, mais on peut les retirer et les replacer instantanément avec la plus grande facilité.
- Le thermostat ne fait passer le courant dans la résistance chauffante que lorsque la température du point contre lequel il est placé et qui est, en réalité, la partie la plus froide de la circulation d’eau, atteint généralement la température de 1 degré.
- La résistance échauffe alors l’eau de circulation, dont la température s’élève progressivement, et, lorsqu’elle est voisine de 6 degrés, le thermostat entre alors de nouveau en fonction et coupe le courant.
- Il va sans dire que ces températures limites inférieure et supérieure de chauffage peuvent être modifiées au gré de l’automobiliste.
- Une fois l’eau du radiateur échauffée et le courant coupé, elle peut encore se refroidir, et le dispositif entre en fonction lorsque la température inférieure est de nouveau atteinte. Le chauffage est donc intermittent et s’effectue sans aucune surveillance et sans nécessiter aucune précaution.
- UN ESSUIE-GLACE A FONCTIONNEMENT INTÉGRAL
- L’essuie-glace est devenu peu à peu un organe indispensable de l’automobile, et presque aucune voiture de série n’est désormais livrée sans cet accessoire.
- Cependant, les modèles fonctionnant sous l’action de la dépression du moteur sont de moins en moins employés, parce que leur marche est irrégulière et varie suivant l’intensité de l’admission des gaz, et l’on adopte plutôt maintenant des modèles à moteur électrique ou à commande mécanique.
- Mais le champ du pare-brise balayé par la palette de l’essuie-glace dans son mouvement rotatif est relativement restreint, aussi emploie-t-on souvent deux palettes accouplées et commandées par le même moteur de façon à permettre une meilleure visibilité, non seulement au conducteur, mais encore au voyageur placé à côté de lui.
- Il serait sans doute encore préférable de balayer complètement toute la surface de la glace, et l’on peut obtenir ce résultat à l’aide d’une gaine métallique placée horizontalement à la partie supérieure du pare-brise, et renfermant un mécanisme actionnant le porte-balai et lui donnant un mouvement de va-et-vient sur toute la surface de la glace (fig. 6).
- Le système est actionné au moyen d’un boîtier multiplicateur mis en mouvement exactement comme le compteur kilométrique par un organe de la boîte de vitesse ou du pont arrière.
- Ce boîtier est placé à la’prise même du compteur, et transmet le mouvement à l’essuie-glace par l’intermédiaire d’un câble flexible muni d’une gaine métallique souple.
- Il est également possible suivant les besoins de prendre le mouvement soit sur l’arbre de transmission par poulie, soit sur la poulie même du ventilateur par friction.
- Un bouton moleté placé .sur le tableau de bord de la voiture permet, par un simple mouvement de rotation, d’agir sur l’embrayage du boîtier multiplicateur, et, par suite, de mettre en mouvement ou d’arrêter l’essuie-glace.
- Fig. 6. •— Essuie -glace intégral à mouvement de translation et commande mécanique.
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- SIGNALISATEUR ÉLECTRIQUE A MOUVEMENT ALTERNATIF
- On a proposé déjà un très grand nombre de systèmes signa-lisateurs pour automobiles, mais très peu, en réalité, malgré l’ingéniosité plus ou moins grande de leurs principes, ont pu être utilisés pratiquement. Pour qu’ils puissent rendre des services, il est, en effet, indispensable que leurs mouvements ou leurs effets acoustiques ou lumineux soient immédiatement perceptibles des conducteurs des voitures suivantes, et il faut bien avouer malheureusement qu’il n’en était pas ainsi la plupart du temps, ce qui explique le peu de succès relatif de ces dispositifs.
- Dans un nouvel appareil récent dé signalisation électrique, la flèche ne prend plus une position différente, suivant les indications à transmettre, mais elle est animée, sous l’action d’un électro-aimant, d’un mouvement oscillant alternatif d’environ 20 degrés autour de l’horizontale (fig. 7).
- Au repos, la flèche est verticale et se trouve masquée par son boîtier qui forme, en même temps, le bâti de l’appareil complet.
- En fonctionnement, les indications d’arrêt et de changement de direction sont marquées par un mouvement alternatif et, la nuit, les signaux sont rendus visibles par une lampe qui s’allume à l’intérieur de la flèche, en formant un signal alternatif rnuge
- (%• 7)-
- L’appareil est enfermé dans deux boîtiers symétriques en tôle assemblés par deux entretoises, et sertis par deux douilles en laiton. L’électro-aimant du type à noyau plongeur possède deux pistons : le piston supérieur qui attaque le milieu de la flèche au moyen d’une chaînette, et le piston inférieur qui libère le loquet de verrouillage de la flèche.
- Le moyeu de la flèche possède une rampe en forme de came atteignant un linguet qui coupe le courant de F électro-aimant lorsque la flèche est voisine de l’horizontale.
- A l’intérieur de la flèche, qui est munie de deux « voyants » en celluloïd, rouges et translucides, est fixée une lampe reposant sur une plaquette démontable du corps de la flèche au moyen de deux vis.
- Le fonctionnement du système est facile à comprendre : l’appareil est branché sur la batterie; dès qu’on ferme le cir-
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- cuit, le piston de verrouillage attire le loquet et la flèche est libérée. Elle prend une position horizontale sous l’action du piston supérieur.
- A ce moment, le courant est coupé au moyen du linguet, la flèche continue à monter grâce à son inertie, puis retombe, et le contact se rétablit à la position de la cou -pure précédente.
- La descente continue en vertu de l’inertie, puis les couples s’équilibrent , et la flèche remonte sous l’action du couple moteur, et ainsi de suite, jusqu’au moment où l’on ouvre le circuit. A ce moment, la flèche retombe et vient s’accrocher à la platine par le loquet de verrouillage qui la tient maintenue par un ressort.
- L’appareil se fixe, d’ailleurs, facilement, soit à plat sur le montant, soit sur le champ au moyen d’une patte d’attache.
- L. Picard.
- Adresses relatives
- AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Fig. 7. — Signalisateur mobile et lumineux Magondeaux.
- a) fermé; 6) en fontionnement; c) monté sur la voiture.
- Outil Guidler démonte -
- roues et remonte-roues C. I, P. A., 90, rue Saint-Maur, Paris (XI1’), Clé démonte-roues. Etablissements Paul Bidal, 11, rue' des Vinaigriers, Paris (Xe).
- Serrure automatique de capot. Même adresse que ci-dessus.
- Dispositif de chauffage automatique de Veau de circulation dit « Auto-calor », Preserwett, 60, rue Victor-Hugo, Levallois-Perret. Essuie-glace « Intégral » S. I. C. A. M., 2, rue de Vienne, Paris (VIIIe).
- Appareil signalisateur Magondeaux, 83, boulevard Gouvion-St-Cyr, Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- NE JETEZ PLUS VOS CHEMISES A DOSSIERS
- Après avoir effectué le classement des dossiers et avoir mis de côté la documentation des affaires terminées, qui doit être envoyée au pilon, on regrette souvent de faire suivre le même chemin aux chemises en carton mince, qui renfermaient les pièces.
- Si on considère le prix élevé des fournitures de papeterie, il-serait intéressant de faire resservir ces enveloppes, mais on se heurte à la difficulté de faire disparaître les inscriptions assez étendues et en grosse écriture qu’elles portent, ce qui nécessite un grattage assez long, après lequel on trouve le carton de surface très inégale.
- Rien de plus facile cependant que d’arriver à un très bon résultat; pour cela on prend soit du papier de verre fin, soit de la toile émeri et on frotte toute la surface du carton portant les écritures à enlever, cela d’un mouvement large et en appuyant suffisamment.
- En très peu de temps, la surface redevient nette, on polit un peu avec l’ongle et le carton refait ainsi un nouveau service.
- IMPERMÉABILISATION DES CHAPEAUX DE FEUTRE SOUPLE
- Bien que les chapeaux soient, par temps de pluie, les premiers exposés aux gouttes venant du ciel, il est assez rare qu’ils aient été imperméabilisés, de sorte qu’ils se chargent rapidement d’eau, pèsent plus lour-
- dement sur la tête et y entretiennent une fraîcheur, annonçant le rhume de cerveau prochain. On peut sans connaissances spéciales obtenir l’imperméabilité au moyen de la préparation suivante :
- Vaseline blanche............................... 5 grammes
- Lanoline....................................... 5 grammes
- Gazoline....................................... 500 cent, cubes
- Le chapeau étant séché d’une façon parfaite, on applique la mixture avec une brosse douce de façon à bien faire pénétrer le liquide dans le feutre; il ne reste plus alors qu’à faire sécher au grand air; ainsi préparé, le chapeau pourra affronter la pluie sans qu’aucune goutte y pénètre, celle-ci roulant à la surface, sans parvenir à mouiller la fibre.
- N. B. — En égard à l’inflammabilité de la gazoline (éther de pétrole), n’effectuer les manipulations que le jour et loin de tout foyer.
- COMMENT BLEUIR LES PETITES PIÈCES D’ACIER
- Les petites pièces d’acier telles que ressorts, vis, etc., se bleuissent en opérant ainsi.
- On commence par les polir soigneusement, puis on les pose sur un morceau de fer rougi placé lui-même au-dessus d’un baquet ou d’un seau contenant de l’eau froide. L’objet prend successivement les teintes paille, jaune, puis bleue ; à ce moment on culbute la pièce dans l’eau d’où elle sort avec la teinte parfaitement fixée ; il ne reste plus qu’à la sécher dans la sciure de bois suivant la pratique courante.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les éléments de la physique, par Jean Perrin. 1 vol.
- in-8, 528 pages, 115 fig. Albin Michel, Paris. Prix : 30 francs.
- Les dévouvertes qui ont marqué depuis la fin du xix° siècle le progrès des sciences physiques ont profondément ébranlé les assises théoriques de ces sciences; les nouvelles constructions se succèdent pour emmagasiner les faits nouveaux; mais la plupart n’ont qu’un succès éphémère. En période aussi troublée, il est nécessaire de temps à autre de faire table rase, suivant la méthode de Descartes, et d’en revenir à l’examen attentif des principes mêmes sur lesquels reposent les édifices théoriques, d’en scruter la solidité et d’en déterminer l’exact contenu. C’est à cette tâche utile que vient de se livrer M. Jean Perrin, reprenant, avec le grand talent d’exposition et la lucidité qui caractérisent ses écrits, un de ses premiers ouvrages « les Principes ». L’ouvrage est consacré au domaine du continu, il comporte l’analyse des notions d’espace et de temps, revisées d’après les conceptions einsteiniennes, l’exposé des propriétés fondamentales de la lumière, puis l’examen des notions force et travail, l’étude des charges électriques en mouvement, les lois de l’inertie, autrement dit les fondements de la dynamique, enfin ceux de la thermodynamique.
- L’ouvrage est écrit simplement, sans aucun appareil mathématique, et vise surtout à montrer l’enchaînement des idées. Mais ce serait une erreur de le prendre pour un ouvrage élémentaire ou d’initiation : pour le lire avec fruit, un certain bagage scientifique général est nécessaire. Au lecteur ainsi armé, ce beau livre offrira une perspective générale bien dessinée des grands linéaments de la physique en même temps qu’il lui offrira ample matière à la réflexion et à la méditation.
- Recueil d’exposés sur les ondes et corpuscules,
- par Louis de Broglie. 1 vol. 80 p., avec portrait de l’auteur.
- Hermann. Paris, 1930. Prix broché : 20 fr.
- On a rassemblé dans ce recueil cinq exposés, articles ou conférences, écrits par M- Louis de Broglie depuis 1927. Le premier intitulé « la physique moderne et l’œuvre de Fresnel-» est à la fois un hommage a la mémoire de Fresnel et un examen historique des phases de la lutte entre les deux théories de l’émission et de l’ondulation, avec l’exposé de ses péripéties contemporaines : le renouveau de la théorie émissive, avec les quanta, puis le nouveau triomphe de la théorie ondulatoire qui sous le nom de mécanique ondulatoire, suivant les principes posés par M. L. de Broglie, réussit à concilier les points de vue contradictoires des anciennes théories concurrentes. La conférence suivante intitulée oncles et corpuscules résume les confirmations expérimentales reçues par la théorie de la mécanique ondulatoire, et montre dans quelles directions s’est orienté le développement de cette théorie, d’abord avec Schroedinger, puis avec Bohr et Heisenberg, ce dernier s’appuyant sur le paradoxal principe d’indétermination. Dans la « crise récente de l’optique ondulatoire », l’auteur précise les antinomies entre les deux théories : ondulatoire classique et quanta, chacune expliquant une catégorie de phénomènes devant lesquels sa rivale reste impuissante. L’article suivant expose brièvement les expériences qui ont démontré que l’électron possédait un caractère ondulatoire et ont apporté la première confirmation expérimentale à la théorie de la mécanique ondulatoire de Louis de Broglie.
- Dans le dernier article intitulé Déterminisme et causalité dans la physique contemporaine l’auteur s’étend sur les conséquences du principe d’indétermination de Heisenberg, qui fait disparaître de la physique le déterminisme rigoureux, pour lui substituer des lois de probabilité'.
- Tous les chapitres de cet ouvrage, rédigés dans un esprit de haute vulgarisation, écrits avec lucidité et élégance, sont accessibles à tout esprit cultivé. Le lecteur y puisera, sans effort, des vues d’ensemble sur les idées qui guident les physiciens modernes.
- Les applications des rayons X, par j.-j. Trillat. 1 vol.,
- 298 pages, 108 fig. Les Presses universitaires de France, Paris, 1930.
- Prix : 85 fr.
- Ce sont les applications physiques des rayons X qui sont traitées ici à l’exclusion des applications médicales. C’est du reste un chapitre de la science et de la technique qui a pris en ces dernières années une importance considérable; M. Trillat y a pris lui-même une grande part et nul n’était plus qualifié que lui pour résumer et coordonner les connaissances aujourd’hui acquises dans ce vaste domaine, tâche dont il s’acquitte ici avec plein succès. Après avoir rappelé ce que sont les rayons X et brièvement décrit les appareils avec lesquels on les produit, l’auteur explique très clairement les principes et les méthodes d’emploi de la spectrographie par les rayons X, procédé d’investigation qui intervient dans l’immense majorité des applications des rayons X. Il en expose ensuite avec tous les détails nécessaires les techniques et les résultats dans une série de chapitres successivement consacrés aux substances minérales ; métaux et alliages, dont les rayons X, permettent de scruter la structure, chaux, ciments, argiles, émulsions photographiques, catalyseurs, différenciation des perles de culture; aux substances organiques : étude de la structure des acides
- gras, phénomènes de lubrification et d’onctuosité; aux substances colloïdales : détermination de la structure et des dimensions de leurs particules. Puis des études très poussées sont consacrées à des substances qui ont fait l’objet de nombreuses investigations en ces dernières années : la cellulose et ses dérivés, le caoutchouc, enfin les résines, gélatines et protéines. Ûn autre chapitre résume les connaissances que la diffraction des rayons X nous a procurées sur l’état liquide, et l’état mésomorphe (cristaux liquides). L’ouvrage se termine par l’exposé des procédés d’analyse chimique qui font appel aux rayons X et par un exposé rapide des procédés et applications de la radiographie : recherche des défauts dans les métaux, examen des soudures, etc. Il laisse entrevoir enfin le développement d’une méthode nouvelle de radiocinématographie.
- Comme dans tous les ouvrages de la collection des Conférences-Rapports à laquelle ce livre appartient, chaque chapitre est accompagné d’une consciencieuse bibliographie.
- The basic industries and social historq of Japan, 1914-1918, par Ushisaburo Kobayashi, 1 vol. in-8, 280 p. Collection Economie and social history of the world war, publiée pour le Carnegie Endowment for international Peace, par Yale University Press, New Haven, Conn., 1930. Prix : 3,25 dollars.
- Le Carnegie Endowment for international peace a décidé de publier une collection monumentale d’environ 200 volumes, écrits en une demi-douzaine de langues différentes, édités dans les divers pays, dans le but de faire connaître les effets de la guerre sur la civilisation. Voici une étude très soignée et très complète des changements apportés par la dernière guerre dans l’économie du Japon, des mesures prises pour y pallier et des conséquences sociales qui en résultèrent. L’auteur examine successivement les productions agricoles, le marché des engrais, le travail des fermiers, les secours et crédits accordés, la production de la soie et la réglementation des prix, les industries minières et métallurgiques, les forêts et la pêche, les conséquences économiques et sociales de la crise. C’est un bilan très étudié qui, joint aux autres devant paraître ultérieurement, permettra une vue d’ensemble des effets du grand conflit.
- The conductivity of solutions and the modem dissociation theory, par Cecil W. Dawies. 1 vol. in-18, 204 p., 22 fig. Chapman and Hall, London. Prix : cartonné toile, 15 sh.
- Il y a 40 ans, Arrhenius proposait la théorie de la dissociation pour expliquer les caractères des solutions électrolytiques. Il y a 6 ans, Debye et Hückel la complétaient pour les électrolytes forts par la théorie de l’attraction interionique. Les mesures de conductivité furent à la base des développements et des contrôles de ces théories. L’auteur a rassemblé tous les faits acquis par ces mesures. Après avoir rappelé les théories conductrices et. décrit les méthodes expérimentales, il traite des résultats obtenus : conductivité des solutions diluées et conductivité limite, degré de dissociation des électrolytes faibles, conductivité des solutions plus concentrées, influence de la viscosité, de la température, du solvant, etc. Il passe ensuite aux conséquences et applications : analyse chimique, solvolyse, ions complexes, électrolytes amphotères, mobilité des ions, et termine par des tables de constantes et une bibliographie. C’est une excellente mise au point d’une déjà vieille notion fondamentale modifiée et éclaircie en ces toutes dernières années.
- Bacterial metabolism, par Marjory Stephenson. 1 vol. in-8, 320 p., 34 fig. Collection « Monographs on Biochemistry ». Long-mans, Green and Co, Londres, 1930. Prix : cartonné toile, 18 sh.
- On connaît la valeur des volumes de cette collection dont chacun forme une mise au point bien à jour, riche de bibliographie, d’une des grandes questions de chimie biologique.
- En voici un nouveau dont l’intérêt ne le cède en rien aux précédents. Les bactéries, par leur masse innombrable, leur petitesse, leur pullulation, leurs actions sur les milieux les plus divers, sont les plus actifs agents de transformation de là matière organique du monde; certaines sont les agents des maladies épidémiques qui vieillissent et réduisent l’espèce humaine; d’autres constituent le fondement des grandes industries, de notre alimentation entre autres. Leur mode de vie ne peut donc nous laisser indifférents. Une foule de documents s’est accumulée à leur sujet, et ce n’est pas là la moindre difficulté d’un essai de synthèse. L’auteur a su s’en tirer brillamment et, en une série de chapitres, il situe ce qu’on sait actuellement du métabolisme bactérien : fermentation et ses relations énergétiques, respiration, croissance et nutrition, utilisation des hydrates de carbone, synthèse des polysaccharides, dégradation des protéines, fixation d’azote, utilisation des composés inorganiques par les bactéries antotrophiques qui s’opposent aux hétérotrophiques ne pouvant se nourrir que de matières organiques déjà formées (comme les animaux). C’est un exposé remarquablement construit et complet.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Record féminin de durée.
- Le record mondial féminin de durée a été battu le 2 mai dernier, par l’aviatrice Léna Bernstein, pilotant un avion Farman 190, à moteur Salmson de 230 ch.
- Ce record s’élevait à 26 h 47 m et appartenait à Maryse Bastié; il a été porté par Léna Bernstein à 35 h 46 m 55 sec : cette aviatrice s’attribue donc du même coup le record de durée pour pilote seul à bord, record qui appartenait à Lind-bergh.
- Il est inutile de souligner la valeur d’un tel vol qui met en relief les qualités du matériel et surtout la belle endurance de l’aviatrice.
- Rappelons que Léna Bernstein a déjà à son actif plusieurs vols importants, en particulier le raid France-Egypte sans escale, soit 2270 km, effectué en 1929 sur Caudron C. 109 (moteur Salmson 40 cli), voyage pendant lequel la Méditerranée fut traversée de nuit.
- Moteur B. M. W. pour avions légers.
- La Bayerische Motorenwerke vient d’étudier et de construire deux moteurs légers de formule intéressante : moteurs en étoile à refoidissement par l’air comportant le B. M. W. « X » cinq cylindres, le B. M. W. « XI » neuf cylindres.
- Les problèmes posés par le groupe motopropulseur de l’avion léger sont complexes : le souci de réduire le poids par cheval conduit à des vitesses de rotation élevées amenant des rendements d’hélice médiocres. Ces rendements sont inadmissibles sur un avion de faible puissance, qui doit utiliser au mieux cette puissance; aussi les deux nouveaux moteurs possèdent-ils, comme les moteurs puissants, un réducteur à satellites entraînant l’hélice à demi-vitesse du moteur.
- Les cylindres sont en acier, les culasses en alliage léger, les sièges de soupapes en bronze d’aluminium. Chaque cylindre est fixé par huit goujons à un carter en électron (en cinq pièces).
- La distribution est assurée par deux soupapes par cylindre; ces soupapes sont commandées par bloc de cames, poussoirs, tiges de commande et culbuteurs entièremènt sous carter.
- Le vilebrequin, en deux pièces, est monté sur paliers à billes; les bielles, en une pièce, tourillonnent sur roulement à rouleaux.
- Une pompe de graissage et une pompe de reprise d’huile assurent la lubrification du moteur (pompes à engrenages).
- Un carburateur B. M. W. et un ventilateur d’alimentation équipent le moteur; l’air frais est réchauffé par les pots d’échappement, l’air carburé, par l’huile du moteur.
- L’allumage est réalisé par deux magnétos Bosch commandées par pignons hélicoïdaux, fixés à l’arrière et au-dessous de l’axe du moteur.
- Une manivelle, qui peut être placée dans le poste de pilotage. permet le démarrage du moteur.
- Les caractéristiques du B. M. W. X. sont les suivantes :
- Alésage ........................83 mm.
- Course............................ 80 mm.
- Cylindrée.......................2,170 litres.
- Compression...............5,5
- Puissance maxima ....... 65 ch.
- Vitesse maxima ........ 3000 t/m.
- Vitesse de l’hélice .... 1500 t/m.
- Poids ..........................75 kg.
- Au régime normal d’utilisation, le moteur développe 50 ch, pour une vitesse du vilebrequin de 2750 t/m. La consom-
- mation, à ce régime, est d’environ 240 gr d’essence et 20 gr d’huile par cheval-heure.
- Avion commercial Latécoère 28
- Depuis l’été dernier, la Compagnie générale aéropostale utilise sur la ligne Paris-Madi’id un appareil fort intéressant, le Latécoère 28, l’un des avions commerciaux les plus rapides existant actuellement.
- La voilure de cet appareil est monoplane. Posée directement sur le dos du fuselage, l’aile est soutenue par deux paires de mâts obliques (ces mâts ne sont pas croisillonnés) ; cette aile est rectangulaire à extrémités arrondies. La structure de l’aile comporte deux longerons caissons en tôle de duralumin, des barres de compression en tube de duralumin, des nervures en treillis de bois, enfin un recouvrement de toile.
- Le fuselage est formé de longerons et de cadres en tubes de duralumin, croisillonnés par des cordes à piano; il est recouvert jusqu’à et y compris la cabine, de tôle de duralumin, la partie arrière est entoilée.
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- Avion commercial Latécoère 28.
- Le fuselage comporte, de l’avant à l’arrière : le moteur, un Hispano-Suiza de 500 ch démultiplié, monté sur un bâti en profilés et tubes de duralumin (ce moteur est équipé d’une hélice métallique) ; ie poste de pilotage placé à hauteur du bord d’attaque de l’aile est aménagé en conduite intérieure, à deux places côte à côte; le réservoir d’essence d’un volume de 700 litres; la cabine, pour huit passagers, mesurant 3 m 40 X 1 m 70 X 1 m 30; un cabinet de toiïetle. L’empennage est classique, il est haubanné au moyen de cordes à piano.
- Le train d’atterrissage est formé, peur chaque roue, de deux mâts en V articulés à la base du fuselage, d’un mât téléscopique s’appuyant sur le mât avant de la voiture, enfin d’une contrefiche reportant l’effort sur le fuselage.
- Les caractéristiques principales de l’avion sont les suivantes
- Envergure. ........................................ 19,25 m
- Longueur........................................... 13,65 m
- Surface portante.................................. 48,60 m2
- Charge payante ................................ 1200 kg
- Poids total en vol...................1......... 3850 kg
- Vitesse maxima ................................ 240 km-h
- Vitesse de route .............................. 200 km-h
- Rayon d’action ................................ 1100 km '
- Le Parcours Paris-Madrid a été effectué par le Latécoère,28 à la vitesse moyenne de 230 km-h, ce qui confirme les belles qualités de cette machine.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Un générateur mobile qui produit des décharges électriques sous un million de volts.
- On réalise maintenant assez fréquemment des tensions de l’ordre du million de volts dans les laboratoires industriels
- Fig. 1. —Le générateur mobile est porté par un tracteur.
- Au moment du fonctionnement, on déploie à l’arrière de celui-ci un pont allongé auquel sont suspendus les condensateurs.
- où l’on étudie le matériel électrique : isolateurs, câbles, appareillage destiné aux réseaux modernes à haute tension.
- Le chiffre du million de volts qui constituait une belle performance, il y a quelques années, lors de l’inauguration à Ivry du laboratoire Ampère, est aujourd’hui largement dépassé.
- C’est ainsi que M. Peelc, l’ingénieur américain, bien connu par ses recherches sur les décharges électriques, obtient actuellement des décharges sous 5 millions de volts au laboratoire de la General Electric Co à Pittsfield.
- A côté de ce record extraordinaire, nous devons également signaler les intéressantes expériences faites par les ingénieurs de la Westinghouse Co à Pittsburgh qui réalisent des décharges électriques sous un million de volts, non plus dans un laboratoire, mais avec un générateur mobile.
- Monté sur un tracteur muni de pneus, ce générateur peut être conduit partout où l’on veut éprouver les effets des surtensions sur les lignes de transport d’énergie électrique.
- Au moment du fonctionnement, on tire de son arrière un pont allongé auquel sont suspendus des espèces de bidons : ce sont les condensateurs dans lesquels on envoie un courant à haute tension; la décharge de ces condensateurs produit le courant à haute tension que l’on désire obtenir.
- En présence de plusieurs centaines d’ingénieurs électriciens, les techniciens de la Westinghouse Co firent les expériences suivantes avec le nouvel appareil qui, pour la circonstance, avait été placé entre deux bâtiments de l’usine de Pittsburgh-
- Us produisirent, tout d’abord, une série d’arcs éclatant à travers 1 air sous la tension d’un million de volts ; puis ils montrèrent avec quelle aisance la terrible décharge traverse une énorme chaîne d’isolateurs à suspension.
- Les opérateurs mirent ensuite un parafoudre de récente invention, constitué par une matière céramique poreuse, en parallèle avec la chaîne d’isolateurs. Le parafoudre absorba sans difficulté l’arc pour l’écouler à la terre; la surtension disparue, le parafoudre retrouva ses qualités isolantes et opposa un obstacle infranchissable au courant normal.
- Après cela, les ingénieurs envoyèrent une décharge dans une ligne de transmission miniature pour montrer comment se réalisent les pertes d’énergie du courant dans Pair environnant sous forme d’ « effet corona » caractérisé par la formation, autour du conducteur, d’une effluve en couronne lumineuse dont l’aspect rappelle celui d’une aurore boréale.
- Un fil métallique, long de douze mètres, exposé à la décharge envoyée par le générateur, fut volatilisé en formant un superbe feu d’artifice.
- Enfin, pour montrer la facilité avec laquelle on peut, à volonté, produire la décharge sous un million de volts avec le générateur mobile, les ingénieurs l’envoyèrent dans un fil se terminant par la lettre « W », la marque de fabrique de la Westinghouse Co.
- L. K.
- MÉTÉOROLOGIE
- Les récentes perturbations atmosphériques et solaires.
- Après trois jours printaniers, qui eurent lieu à l’époque du passage d’un gros foyer solaire régulier, au voisinage du méridien central, du 2 au 5 avril, il se produisit une série presque continuelle de troubles atmosphériques et terrestres, sur presque toute la surface du globe. Toutefois, le retour du gros foyer concorda avec une élévation momentanée de la
- Fig. 2. — La décharge à haute tension emplogêe à illuminer, par effet Corona, un fil terminé par la lettre W, initiale de la société qui a construit
- l’appareil.
- température du 21 au 25 avril. On observa du 6 avril au 10 mai la formation et la disparition rapides de nombreux petits foyers éphémères qui semblent avoir été l’origine de troubles des oscil-
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- lateurs électriques et magnétiques d’une durée de 6 secondes, furent enregistré^ d’une façon ininterrompue; or les troubles de cette nature concordent toujours avec des perturbations solaires et terrestres. On signala, en effet, du 6 avril au 10 mai, sur les divers points du globe, des séismes, des cyclones, des typhons, des raz-de-marée, des tempêtes, des orages, etc.; dans l’Ouest de l’Europe, ces troubles généraux amenèrent un abaissement sensible de la température. Cette situation anormale ne cessera vraisemblablement qu’après le retour au calme de la situation solaire et électromagnétique.
- Albert Nodon.
- AGRONOMIE Le Guayavo.
- Bon nombre de végétaux de la famille des Solanées sont admis dans nos potagers de toutes les régions de France : tomates, pommes de terre, aubergines, etc., maisjene crois pas que le Guayavo y soit cultivé; il mériterait de l’être cependant, car la plante, provenant des Andes de l’Equateur, réussirait à merveille dans nos climats méridionaux, nous procurant, en automne, un fruit délicat et parfumé et puis, en été, une floraison abondante, jolie et de longue durée. Ce végétal orne-“ mental et utile fut introduit, pour la première fois en France, vers 1877, de l’Amérique du Sud, sous les noms de Pépino et Guayavo; les Anglais le nomment Melon pear, Melon shrub et les botanistes Solanum muricatum, Guatemalense et Wal-lisii; ce ne sont pas les noms qui lui manquent.
- C’est une plante d’une vigueur extraordinaire, formant un buisson compact, très ramifié, de 1 mètre de hauteur environ, les tiges deviennent ligneuses avec l’âge; le feuillage en est décoratif; fleurs en corymbe scorpioïde, à corolle large de 2 à 3 cm, d’un violet foncé brillant, auxquelles succèdent des baies, de 6 à 9 centimètres de long sur 4 cm et plus de diamètre, à peau lisse, d’un beau violet, marbrée ou largement maculée. Chair douce jaunâtre, épaisse, fondante, très juteuse, d’un parfum rappelant celui du cantaloup; les graines, menues, sont réunies au centre de la pulpe. Ce fruit ne se cueille que lorsqu’il a acquis toutes ses qualités et la consistance voulue, en évitant de le presser avec les doigts, ce qui nuit à sa saveur.
- En voici la culture dans le Midi et en Afrique du Nord : il faut semer les graines en mars, en terrine ou en pot, remplis de terreau léger, en les enterrant à peine. On met le récipient sous châssis ou en serre ou bien même en les recouvrant d’une simple feuille de verre, si l’on ne possède pas d’autre abri.
- Dès que les plants atteignent cinq à six centimètres de hauteur, on les repique en pépinière ou directement en pots : en pépinière, à 0 m 10 en tous sens; en pots, deux plants dans chacun d’eux. Dès leur reprise — qui s’effectue sous châssis — on les livre à la pleine terre, car, à ce moment, on est arrivé à la fin d’avril et la température est favorable à la mise en place en plein air.
- Pour obtenir un succès certain et des fruits en abondance, il y a lieu d’établir la plantation de manière qu’elle soit abritée des vents froids dès l’arrivée de l’hiver. Avec cette jolie plante, on forme des corbeilles dans le jardin d’agrément, ou des planches dans le potager; dans les deux cas, ce végétal utile attirera l’attention par son beau feuillage et sa floraison estivale abondante.
- On irrigue souvent pendant les fortes chaleurs et, tous les mois, on donne à chaque plant 20 grammes de nitrate de soude, non à la,base mais autour de la souche; cette adjonction d’engrais soutient la force de la végétation et les fruits s’en ressentent.
- La maturation, la première année du semis, commence un peu tard peut-être, mais, l’an d’après, ils viennent de juillet à
- — 1 ...... " .... -........= 45 =
- janvier; plus tard, la maturité en plein air reste incomplète et incertaine; c’est pourquoi la plantation faite en lieu abrité est à conseiller.
- Quand on possède de vieux pieds de Guayavo on n’a plus besoin de recourir au semis, il suffit d’en faire des boutures en septembre; on les hiverne sous châssis avec les autres plantes, dites molles.
- Dès que ces beaux fruits seront connus des amateurs, ils obtiendront de bons prix sur les marchés, car, chose qui n’est . pas à dédaigner, ils voyagent admirablement bien.
- Les Américains du Sud les consomment crus, mais ils en confectionnent aussi de délicieuses confitures, qui sont un véritable régal. R. de Noter,
- BOTANIQUE
- Comment distinguer les maïs.
- Nous avons sous les yeux le tableau d’un agrostologis'te canadien publié dans le rapport sur les fermes expérimentales du Canada qui étudie de nombreuses variétés de maïs.
- Pour chacune d’elles il a noté d’abord les caractères des grains : durs, dentés, sucrés, farineux;
- Le nombre de rangées (de 8 à 16);
- La couleur : noire, rouge, jaune, blanche, panachée, calot-tée (bicolore).
- La grosseur de cent grains : longueur .moyenne, largeur moyenne, épaisseur, cube.
- De même pour l’épi : longueur, circonférence, couleur.
- Ensuite la hauteur des plantes (tiges normales) ; la hauteur de l’épi sur la plante, le nombre de nœuds (7 à 18) de la tige principale, la couleur verte ou rouge de cette dernière, le nombre d’épis, le nombre de rejets par pied (un à cinq), le nombre des rejets fertiles.
- Pour les feuilles : le nombre total par plante, le nombre de feuilles au-dessus de l’épi (3 à 8), la longueur de la gaine (4 à 10 pouces), la longueur de la lame (18 à 45 pouces), sa largeur (2 à 5 pouces), la longueur de l’axe principal de la lampe (7 à 23 pouces), la longueur des branches (8 à 26 pouces), la couleur des glumes.
- Pour le pédoncule : la longueur ( 1 à 8 pouces).
- Pour les spathes, la couleur verte ou rouge, la longueur (1 à 15 pouces.)
- Pour les soies, la couleur verte ou rouge à une époque donnée, car les couleurs varient avec la maturité.
- On juge de la patience nécessaire pour suivre ces déterminations. Pierre Larue.
- PHYSIQUE DU GLOBE Distillation sous=glaciaire et soulèvement du sol.
- La congélation de l’eau qui se trouve dans les interstices du sol provoque une dilatation. Et celle-ci ne peut être qu’en hauteur, d’où soulèvement.
- Dans la plupart des cas, le soulèvement dépasse la hauteur calculée avec le coefficient de dilatation.
- MM. Mac Cool et Bouyoucos ont trouvé que cela provenait du fait que l’eau du sous-sol « distille » sous la partie congelée en vertu du principe de la paroi froide et s’y congèle à son tour en augmentant le soulèvement.
- Ce phénomène a des conséquences importantes en agriculture et dans les travaux publics.
- Le soulèvement du sol coupe les jeunes plantes comme les céréales d’hiver. Il sort les pierres du sous-sol à la surface.
- Il boursoufle les trottoirs.
- Son action est maxima sur la chaussée des ponts métalliques, car le métal est au contraire « rétracté » par le froid. D’où éruption des pavés et parfois rupture de pont comme celui de Yaux-sur-Yonne en 1929. Pierre Larue.
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- PETITES INVENTIONS
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- .Fig. 1. — -Le siège rabattu.
- HYGIENE
- Le couvre=siège hygiénique « S. O. M. A. P. ».
- Un problème qui reste encore négligé, dans le confort moderne, c’est celui de la propreté impeccable des sièges de
- water-closets. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la netteté d’une installation sanitaire sert de critérium à l’opinion publique...
- Il y a bien eu quelques tentatives, timides ou imparfaites, dans cet ordre. Elles furent sans lendemain parce qu’elles obligeaient l’usager à des manœuvres compliquées, voire répugnantes. Et puis, hélas! la nature humaine est ainsi faite qu’il ne faut pas compter sur un individu, en général, pour songer à ceux, ni même à celui, qui doivent venir après... « Après moi le Déluge », dit-on, souvent.
- Le couvre-siège « S. O. M. A. P. » paraît bien avoir résolu le problème de la propreté permanente des water-closets, envers et contre tout, et tous ?
- Avec lui un seul geste suffit pour... lever le siège proprement dit, car un siège de cabinets doit, logiquement, être toujours clos pour qu’ainsi soient évitées toutes émanations nauséabondes.
- L’appareil en question comporte essentiellement un couvercle fixé sur un siège ouvert du format habituel.’
- Une poignée permet de lever ce couvercle. Et, en même temps que le siège ouvert, apparaît aussitôt une bande de papier, solide et hygiénique, tandis qu’est disparue, d’elle-même, la partie de bande qui a servi de siège à une précédente
- personne. Et c’est tout !
- 'Ce résultat, ingénieux, simple, automatique , est obtenu sans aucune fragilité au moyen de deux carters contenant le papier. L’un, situé à l’avant et au-dessous du siège, contient un abondant rouleau de papier mince, solide et pur. L’autre, au repos, a rejoint le précédent carter; il se trouve animé, lors de chaque ouverture, d’un mouvement d’avant en arrière ; il étale simplement un nouveau papier, tandis que s’enroule sur son axe le papier sale.
- Enfin, et en résumé, chaque mouvement du couvercle, quand on l’ouvre et quand on le referme, produit l’étalement
- Fig. 2. — Le siège relevé.
- d’un couvre-siège neuf et l’enroulement, sur une tige, dans le deuxième carter, du couvre-siège qui vient de servir.
- Là grosse nouveauté de ce système d’abord est, bien qu’automatique, de ne comporter aucun réglage, de ne présenter aucune fragilité et de ne pas obliger l’usager à des manœuvres désespérées ou sales en cas de mauvais état du papier (qui peut se trouver sali par un prédécesseur peu précautionneux). Et, ainsi, se trouveront diminuées les occasions de contracter d’horribles maladies infectieuses qu’on avait , jusqu’ici , bien peu cherché à éviter.
- Et ce qui ne gâte rien, un tel dispositif évite la consommation formidable des serviettes hygiéniques habi- Fig. 3. — Lesiège en place recouvert d'un couvre-
- tuelles, car, tout siège neuf en papier.
- compris,la dépense
- n’atteint pas 4 centimes par siège. Et ceci ira en s’améliorant, pour peu que le public s’y croie assez intéressé...
- Constructeur : Société mosellane des appareils hygiéniques, Sarre-bourg. Représentant : M. Bertrand, 23, rue de Buzenval, St-Cloud.
- MÉCANIQUE
- Crochet à rupture d'attelage.
- Celui qui laboure dans les terrains rocheux avec plusieurs chevaux a soin de remplacer le boulon ou la clavette d’attache des palonniers par une _che-ville en bois de grosseur calculée afin qu’elle casse avant que se casse ou se fausse la charrue.
- Pareil dispositif est employé Eîg. 4. — Le crochet à rupture par les conducteurs de trac- d'attelage en travail.
- teurs. Mais on a inventé de
- nombreux dispositifs à ressorts. Dans la plupart, la tête du crochet d’attelage est prise dans une sorte de pince coulissant dans une ouverture et solidaire d’un ressort. Quand les mâchoires sont entièrement Sorties, les queues de la pince étant plus étroites, elles ne portent plus sur les bords de la glissière. La traction conduit la tête du crochet à ouvrir les mâchoires et à se libérer.
- Dans le modèle « sanglier » (fig. 4 et 5), c’est le crochet qui pivote sur un axe transversal quand sa queue a quitté la glissière.
- Par les écrous postérieurs, on peut régler la longueur et la tension des ressorts pour que le déclenchement ait lieu par exemple quand la traction atteint 1500 kg ou 2000 kilogrammes.
- Le crochet déclenché.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des changements de lettres.
- M. René Bour, de Paris, nous écrit :
- « Relisant le n° 2817 (15 sepembre, 1929),] de La Nature, page 285, je crois trouver une explication à la demande de renseignements d’un de vos lecteurs.
- « J’ai parfois observé cette tendance à écrire ch pour /, etc., et surtout b pour m, d pour n et inversement; je dois avouer, à ma honte, que c’est sur moi-même. Pour en savoir la cause, cherchons les diverses raisons qui nous font écrire une lettre plutôt qu’une autre :
- « Si je mets un b après l’a d’aboutir, par exemple, c’est parce que :
- « 1° Je sais abstraitement que ce mot s’épelle a, b, o, etc.;
- « 2° J’ai l’habitude visuelle de lui voir un b, soit dans l’imprimé , soit surtout dans ma propre écriture;
- a 3° J’ai l’habitude musculaire de tracer, même sans regarder, aboutir quand je veux écrire ce mot.
- « 4° Mais, et ceci nous occupe particulièrement, en écrivant on ébauche des lèvres la consonne à écrire, on la dicte à sa main; il se forme donc une association musculaire des lèvres et des doigts; mais, puisque le mouvement des lèvres n’est qu’ébauché, et qu’aucun son n’en sort, ce mouvement peut être l’embryon aussi bien d’un p, d’un m que d’un b, et, lorsque cette cause (4°) n’est pas suffisamment balancée par les trois autres, et par quelque disposition ou passagère ou durable les dominant, il y a plusieurs chances de mettre une lettre pour une autre. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Défauts de fonctionnement d’un phonographe électrique.
- 1° Les ronflements constatés dans votre appareil proviennent évidemment de l’alimentation par le courant alternatif du secteur. Ils ne se produisent qu’au bout d’une trentaine de secondes après la mise sous tension parce que c’est à ce moment seulement que la lampe à chauffage indirect montée sur le premier étage basse fréquence fonctionne normalement.
- En général, le courant excitateur des haut-parleurs électro-dynamiques, dans les phonographes électriques construits en série, est ormé par le courant d’alimentation plaque lui-même, qui traverse l’enroulement de ce haut-parleur.
- S’il n’en était pas ainsi, c’est-à-dire si ce courant d’excitation était fourni par un système redresseur à basse tension sans circuit filtre, un ronflement assez violent pourrait être produit par ce système, et il serait possible de l’atténuer dans de grandes proportions en plaçant en shunt un condensateur électrolytique de grande capacité, isolé' pour cette tension.
- Le ronflement entendu peut également être causé par le courant de l’amplificateur lui-même, et il faut remarquer qu’en inversant le sens de la prise du courant de connexion, on obtient déjà souvent une amélioration notable.
- De plus, on peut placer en dérivation sur les fils d’amenée du courant deux capacités téléphoniques en série, dont le point milieu est mis à la terre.
- Enfin, le moyen le plus efficace consiste sans doute à mettre à la terre, à travers une capacité d’un ou deux microfarads essayée sous forte tension, le point milieu du secondaire de transformateur de chauffage.
- 2° Le bruit de grattement de l’aiguille sur le disque dépend, d’abord de la marque de disque considérée, et de la surface plus ou moins homogène des parois des sillons sonores.
- Il dépend aussi évidemment de l’usure des disques, et du modèle d’.aiguille adopté. Il importe, non seulement de changer l’aiguille après chaque reproduction, mais encore de choisir un type d’aiguille convenant particulièrement aux dimensions des sillons sonores.
- On emploiera, en général, une aiguille cylindro-conique en acier » médium », ou en « fer de lance ». Les aiguilles prismatiques en fibre de bambou, le plus souvent paraffinées, sont celles qui usent le moins le disque, et donnent les reproductions les plus douces, mais elles ne peuvent rendre convenablement les notes aiguës, et ne sont à conseiller que pour les solos d’instruments à cordes.
- Sans doute, on peut établir un filtre composé d’impédances et de capacités, qui arrêtent les sons de fréquences correspondant à celles des « grattements », mais il ne faut pas, évidemment, que ce filtre supprime, en même temps, les sons musicaux utiles, et il devra donc être établi très soigneusement. Nous avons, d’ailleurs, donné quelques indications à ce sujet dans un article de La Nature.
- Réponse à M. A. à Cannes (Alpes-Maritimes).
- Alimentation d’un poste sur courant continu.
- Vous n’indiquez pas si vous employez, dans votre installation, du moins pour l’éclairage, une batterie d’accumulateurs; cela nous semble très probable, et, dans ce cas, vous auriez sans doute intérêt à utiliser une batterie de chauffage et une batterie de tension plaque séparée, formées par de petites batteries du commerce d’un modèle courant.
- La batterie de chauffage pourrait avoir une capacité de quelques dizaines d’ampères-heures, et la batterie de tension plaque de quelques ampères-heures seulement.
- La recharge de ces petites batteries pourrait évidemment être effectuée très simplement à l'aide de votre dynamo, et en plaçant la batterie de chauffage en parallèle sur deux éléments de la batterie principale.
- On peut aussi utiliser directement le courant continu pour la tension plaque, mais en montant en série un filtre comppsé de deux bobinages à fer de 50 henrys environ, et de deux condensateurs de plusieurs microfarads.
- Maïs, avant tout, il est nécessaire de supprimer, ou du moins d’atténuer, les troubles causés par la dynamo et le moteur.
- Pour obtenir ce résultat, vous pouvez employer des condensateurs de 0,5 à 5 microfarads. On en monte deux en série, on en relie le milieu au bâti de la machine, et les deux armatures aux balais par des conducteurs aussi courts que possible.
- Il suffit souvent de relier un seul pôle au bâti, en intercalant une capacité. Dans tous les cas, on assurera une bonne mise à la terre du bâti, absolument essentielle pour éviter les perturbations.
- Il est souvent avantageux de mettre entre les deux condensateurs une résistance à curseur de 500 à 1000 ohms montée en potentiomètre, et de relier le curseur au bâti.
- Ces moyens suffisent, en général, mais il est, en outre, quelquefois nécessaire de monter en série des bobines de self empêchant la propagation des courants haute fréquence le long des lignes. Comme ces bobines sont parcourues par le courant total de la machine, il est quelquefois nécessaire de prévoir un enroulement en fil de gros diamètre, ce qui augmente évidemment le prix de revient.
- Nous serions heureux d’être mis au courant de vos essais; il est évident que, selon la disposition de la dynamo et des moteurs par rapport au poste récepteur, l’élimination des parasites sera plus ou moins complète.
- Il est donc parfois fort difficile d’eniployer directement, comme vous le désirez, le courant de distribution pour l’alimentation du récepteur. En tout cas, la réception sur cadre, l’alimentation par des batteries séparées, chargées par le courant de distribution, et l’adaptation d’un système de condensateurs antiparasites sur les moteurs et la dynamo doivent certainement vous permettre d’obtenir de bons résultats.
- Réponse a M. de C. a Gueugnon (Saône-et-Loire).
- Élimination des bruits parasites produits par une dynamo.
- Vous pouvez vous reporter à la réponse précédente indiquant com-
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- ment doit être effectué le montage des condensateurs antiparasites sur une dynamo.
- Il est évident qu’il faut choisir des condensateurs de bonne marque, soigneusement isolés et essayés, mais vous pourrez vous en procurer chez n’importe quel marchand d’accessoires de T. S. F.
- Vous trouverez, d’ailleurs, prochainement dans La Nature une petite étude relative à cette très intéressante question de l’élimination des parasites industriels de ce genre.
- Réponse à M. J. Parot, a Tunis (Tunisie).
- Sous quelles formes rencontre=t^on le laudanum?
- La pharmacopée met à la disposition de la médecine deux sortes de laudanum, celui de Sydenham et celui de l’Abbé Rousseau.
- Le premier s’obtient en prenant :
- Opium ........................................... 200 grammes
- Safran .......................................... 100 grammes
- Cannelle.......................................... 15 grammes
- Girofle .......................................... 15 grammes
- que l’on met à macérer dans
- Vin de Grenache........................... 1 600 cent, cubes
- Le Laudanum de Rousseau résulte de la fermentation d’un mélange de
- Opium ........................................... 200 grammes
- Miel ............................................ 600 grammes
- Eau tiède.................................... 3 000 grammes
- Levure de bière .................................. 40 grammes
- Lorsque la fermentation est terminée, on filtre, évapore, pour amener le volume à 600 cent, cubes, puis on ajoute :
- Alcool à 60°................................. 200 cent, cubes
- On obtient ainsi un produit deux fois plus chargé en opium que le laudanum de Sydenham, ce dont il faut tenir compte lors de la prescription du médicament.
- Dans un cas comme dans l’autre, on voit qu’il s’agit de macérations ' alcooliques d’opium; il suit de là que les taches produites par ces liquides proviennent évidemment de matières colorantes solubles dans l’alcool.
- Le moyen le plus simple pour faire disparaître ces taches est donc de les frotter avec une flanelle imbibée d’alcool, le vulgaire alcool à brûler convenant parfaitement pour cette opération, qui réussit fort bien si on a soin de mettre en même temps sous le tissu un doublet de papier buvard.
- Un simple savonnage en eau alcalinisée par un peu de carbonate de soude permettra ensuite de faire disparaître les auréoles jaunâtres qui auraient pu persister.
- Réponse à M. Delattautière à Valognes.
- Sachons nous protéger de l’ardeur du soleil.
- Au retour de la belle saison, nous devons songer à protéger nos habitations de l’ardeur parfois trop grande avec laquelle le soleil nous dispense ses rayons calorifiques au travers des verrières, marquises ou toitures vitrées; certaines préparations commerciales sont bien vendues dans ce but, mais leur prix toujours élevé doit nous inciter à préparer nous-mêmes des mixtures aussi efficaces, tout en étant plus économiques; voici comment on peut opérer :
- On commence par mélanger intimement
- Blanc de Meudon............................. 1000 grammes
- Rleu d’outremer en poudre ................... 200 grammes
- Verser ensuite sur la poudre, sous forme de filet, une quantité de silicate de soude du commerce suffisante pour former, après imbibition complète, une pâte demi-fluide.
- Délayer alors progressivement la pâte en ajoutant 20 litres d’eau; on obtient ainsi une peinture claire, que l’on tamise pour enlever les débris divers et matières grossières.
- Finalement on incorpore en remuant :
- Huile de lin cuite.......................... 200 cent, cubes
- L’application peut se faire au pinceau sur la vitre, mais celui-ci laisse toujours des traces longitudinales d’un fâcheux effet; le procédé de choix pour cette application est celui du « pistolet » aujourd’hui d’usage courant pour la peinture en bâtiment. A défaut de cet appareil, se servir d’un pulvérisateur agricole genre Vermorel, ou en dernière ressource de la seringue servant à bassiner les plantes de serre; en opérant ainsi, on peut réaliser, en variant les distances de projection, des effets de dégradés fort agréables à l’œil.
- Réponse à M Hervochon, à Nantes.
- De tout un peu.
- M. C., pharmacien, à Toulon. — Dans la formule d’enduit pour stuc du n° 2793 (15 septembre 1928), page 288, il s’agit d’une simple omission typographique, le mot grammes ayant été remplacé par des tirets.
- Comme nous avons pour habitude d’indiquer dans les formules de recettes, les proportions de liquides en volumes centimètres cubes; celles des solides en poids grammes, la grande pratique que vous avez des formules pharmaceutiques vous a certainement déjà fait rétablir la rédaction correcte de sulfate d’alumine 20 grammes, gélatine blanche 10 grammes.
- M. Hainaut, à Paris. — D’après les renseignements qui nous ont été fournis, les paillettes de gélatine sont insolubilisées par le formol ou aldéhyde formique, soit par addition d’environ 1 à 2 pour 100 de formol du commerce (40 pour 100 d’aldéhyde) à la solution tiède de gélatine,' soit tout simplement en plaçant les feuilles de gélatine refroidie dans un espace clos, où on laisse s’évaporer dans des assiettes le même liquide formolé.
- Bien entendu, la durée du séjour dépend de l’épaisseur des feuilles et de la quantité mise en œuvre. Il ne reste plus ensuite qu’à faire le découpage avec estampages, s’il y a lieu.
- IVI. Berthier, à Marseille. — Les maisons suivantes d4 votre ville seront à même de faire acquisition du bois d’ébène dont vous disposez : Costa et Garcin 32, boulevard de la Plancarde. — Hedinger, 75, boulevard de la Corderie. — Robiou, 25 boulevard Baille. — Guiot, 23, boulevard Gazzino. — Stocker, 6, rue Joseph Autran. — Mas, 5, place Sadi-Carnot. Bien entendu la valeur dépend de l’état de la marchandise et du cours actuel réglé par les arrivages exotiques.
- M. E. Falise, à Liège. — 1° La Maison L. Dau, 40, avenue Bosquet, est dépositaire de l’appareil Thermindex, vous pouvez vous y adresser pour vous procurer cet article.
- 2° Le nettoyage des tapis comporte essentiellement au début un dépoussiérage à fond soit par battage, soit — et cela est préférable — par aspirateur.
- Ensuite on procède à l’enlèvement des taches qui seront traitées suivant leur nature, savoir : les taches sucrées ou albumineuses par l’eau simplement tiède, les taches grasses par la benzine ou l’essence minérale en prenant toutes précautions pour éviter l’inflammation.
- 3° Ainsi que nous l’avons indiqué en italiques dans le n° |2801, page 82, l’émulsion est une émulsion spéciale pour film inversible en positif direct, il faut donc s’en tenir à l’emploi du révélateur fourni par le fabricant et dont la formule est intimement liée à la constitution de l’émulsion. Cette observation est presque un axiome en photographie, car il est toujours préférable de s’en tenir comme formule de révélateur, à celle mentionnée par le fabricant dans la notice qui accompagne les plaques.
- Cercle philotechnique de Lorient. — Nous avons répondu dans un précédent numéro à la question que vous nous posiez relativement à la confection d’un enduit protecteur des pièces métalliques placées dans le voisinage des accumulateurs; la préparation asphaltique indiquée vous donnera, pensons-nous, toute satisfaction.
- M. D., à Viilahnblard, Dordogne. — Le principe du fonctionnement de la fosse septique étant la digestion des matières organiques par les colonies microbiennes qu’apportent elles-mêmes les matières fécales, il est de toute évidence que l’on doit éviter l’introduction dans la fosse de tout produit antiseptique, par exemple eaux savonneuses de toilette, sulfate de cuivre, de fer ou phénol, employés pour désinfection de selles de malades, désodorisants formolés, etc. f
- Pour ce qui concerne l’huile de paraffine, nous ne pensons pas qu’elle puisse entraver le travail microbien, les microbes utiles dans ce cas sont anaérobies, ils ne peuvent donc souffrir de la privation d’air, résultant de la présence d’une couche d’hydrocarbure à la surface du liquide.
- M. le Pr Schlumberger, à Mulhouse. — Le catalyseur de votre réchaud est constitué par de l’amiante platinée, obtenue en imprégnant celle-ci d’une solution de chlorure double de platine et d’ammonium, puis en portant au rouge naissant, ce qui met le platine en liberté à l’état de division extrême et lui permet d’amorcer les combustions. Au bout de quelque temps, le platine ainsi libéré perd ses propriétés et il est nécessaire de soumettre l’amiante à un nouveau traitement; nous pensons que pour cette opération le mieux serait de remettre l’appareil entre les mains du fabricant.
- Le Gérant : G. Masson.
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- Paris, lmp. Lahure. — 1-7-1930.
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- Tan* extérieur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
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- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- L’HUITRE
- OSTREICULTURE
- L’huître commune, ou huître française, encore appelée huître plate ou « gravelle », est un mollusque bivalve à coquilles irrégulières et inégales dont la supérieure, ou droite, est plate et relativement mince, tandis que l’inférieure, ou gauche, est beaucoup plus épaisse, et creusée en son milieu de manière à loger l’animal.
- Les deux valves son t réunies l’une à l’autre, à leur partie la plus étroite par une sorte de charnière qui porte, à la partie inférieure, une petite protubérance ou « crochet ».
- C’est à partir de ce « crochet » que l’huître se développe, aussi retrouve-t-on fréquemment à ce point des traces de substances sur lesquelles la larve était primitivement fixée.
- Les deux coquilles sont tapissées par des fibres élastiques jouant le rôle de ressort et tendant naturellement à ouvrir l’huître. Un muscle puissant, dit muscle « abducteur », par ses contractions, sous la dépendance de la volonté de l’animal, maintient, au. contraire, les deux valves énergiquement accolées.
- C’est ce muscle abducteur qui laisse toujours au milieu de la coquille, après absorption de l’huître une empreinte marquée, « le pied ».
- L’animal tout entier est enveloppé d’une membrane fine et transparente, le « manteau », dont les bords jouent librement et sont garnis de franges très fines.
- À la partie supérieure du muscle et sous le manteau sont fixées les branchies, formées de lamelles striées et qui s’étalent vers la périphérie. Les branchies communi-
- Fifj. 2. — Le chaulage des tuiles pour la récolle du naissain. Photo Borde.
- Fig. 1. —- Les parcs à huîlres du Cap Ferret (bassin d’Arcachon).
- Au premier plan, pinasse à moteurUtilisée par les parqueurs.
- Photo Bordei ;
- quent avec le cœur, au moyen d’un système vasculaire simple et très ténu.
- L’appareil digestif se compose de la bouche, qui se trouve placée un peu en dessous de la charnière et qui est figurée par un orifice transversal muni de deux paires de lamelles striées, ce sont les palpes labiaux qui ressemblent à deux branchies accessoires. Vient ensuite un œsophage très court aboutissant à une poche stomacale de forme ovoïde, en communication directe avec une glande digestive, sorte de masse jaunâtre, traversée par l’instestin, lequel aboutit à la partie postérieure du muscle abducteur.
- Autour de la glande digestive se différencient les glandes sexuelles, qui sont partie mâle et femelle. L’un des sexes prédomine d’ailleurs selon la saison.
- Le manteau élabore la substance calcaire constituant la coquille, cette production se fait par « poussées » annuelles, et l’on peut connaître l’âge d’une huître par la trace marquée de ces poussées. L’animal s’accroît plus en épaisseur qu’en largeur.
- On estime qu’une huître peut vivrè dix ans, mais on en a conservé jusqu’à vingt ans.
- L’huître portugaise (Gryphea cmgulata), par opposition à l’huître plate (Ostrea edulis), est de forme plus irrégulière, et comme tourmentée, allongée, plutôt qu’arrondie. L’animal est plus gros et remplit mieux la coquille.
- Cette huître est d’origine indienne et fut apportée sur les bords du Tage, vers le xve siècle, par les navires portugais dont la coque avait servi de collecteur. Beaucoup plus robuste et prolifique que sa voisine, l’huître indigène, l’huître portugaise envahit les parcs de l’océan et repousserait, dit-on, l’huître plate vers le Nord, à tel point que de sérieuses mesures de protection ont été prises dans les parcs bretons pour protéger l’huîtrç indigène,
- L’huître se nourrit, au sein de l’eau dans laquelle elle se
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- Fig. 3. — Pose des collecteurs dans les chenaux, à marée basse.
- Photo Borde.
- trouve, de diatomées, d’autres organismes microscopiques, comme les algues, les infusoires, et de particules organiques en suspension dans l’eau. Une diatomée très spéciale, la Napicula ostrearia, communique même à l’huître qui l’a absorbée une teinte verte très spéciale (huîtres vertes de Marennes). L’animal sait d’ailleurs faire un choix dans l’eau qui pénètre librement dans sa cavité palléale et rejette les substances qui ne lui conviennent pas.
- On a remarqué que l’huître portugaise filtre cinq fois plus d’eau, en un temps égal, que l’huître plate, ce qui explique sa plus grande rapidité de croissance. Il faut d’ailleurs ajouter que cette rapidité de croissance a pour
- Fig. 4. — Tuiles colleclrices ramenées à terre pour le délroquage. Photo Borde.
- contre-partie un goût plus fade et, partant, moins de finesse.
- La reproduction des huîtres est des plus curieuse, elle diffère d’ailleurs suivant qu’il s’agit de portugaises ou de plates.
- L’huître plate est hermaphrodite, c’est-à-dire qu’un seul animal possède des éléments mâles et des éléments femelles ; l’huître portugaise est unisexuée, autrement dit il y a des huîtres mâles et d’autres femelles exclusivement.
- D’ailleurs, l’huître plate ne peut se féconder elle-même parce que les éléments mâles sont toujours à maturité avant les éléments femelles.
- Dans l’un et l’autre cas, les spermatozoïdes, une fois expulsés, nagent librement dans l’eau, au gré des courants jusqu’à ce qu’ils arrivent à pénétrer dans la cavité palléale d’une autre huître et viennent en contact avec la masse blanchâtre des œufs, qui se trouvent ainsi fécondés.
- Les œufs fécondés restent un certain temps accrochés au manteau de l’huître-mère, puis donnent naissance à des larves. L’ensemble de ces larves constitue le « naissain » des ostréiculteurs ; elles sont expulsées et nagent au moyen de cils vibratiles.
- Lors de l’expulsion, l’huître-mère est entourée d’une traînée blanchâtre de ces embryons qui finissent par l’abandonner définitivement et, après un certain temps, sé fixent sur un corps solide et commencent à se développer.
- La portugaise se multiplie de manière plus simple que la plate; les éléments mâles et femelles sont expulsés des huîtres génératrices et tombent au fond de l’eau. La fécondation se produit donc au sein de la masse liquide et les larves n’ont pas de période d’incubation dans le manteau de la mère comme pour l’huître plate.
- Pour que la fécondation, par l’un ou l’autre mode, suivant les espèces, s’effectue dans de bonnes conditions, il est nécessaire que la température de l’eau ne soit pas inférieure à 15 ou 16° C. A 18-20°, la fécondation est réellement abondante. Les pluies et les courants trop violents empêchent la formation du naissain.
- L’huître portugaise donne un naissain plus résistant que l’huître plate; de plus, elle exige de moins grandes profondeurs et supporte plus aisément la chaleur et le froid.
- Les ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon ont d’ailleurs, en raison du caractère envahissant de l’huître portugaise, abandonné presque totalement l’élevage de la gravette pour se consacrer exclusivement à celle-ci. Plusieurs années d’élevage rationnel l’ont beaucoup affinée et aujourd’hui l’huître portugaise a acquis une saveur plus fine en même temps que sa forme devenait plus régulière. Elle concurrence avantageusement sa voisine et trouve de larges débouchés auprès des amateurs.
- ÉLEVAGE DES HUITRES
- Autrefois, les côtes de l’Europe étaient garnies d’un cordon presque continu de bancs d’huîtres naturels qui étaient exploités au moyen de dragues. Ce mode de pêche, abusif, ne tarda pas à les faire disparaître complètement en certains endroits et à les cantonner dans les régions côtières les plus favorables à leur prolifération. Dès 1754,
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- des règlements royaux interdirent formellement la pêche pendant l’époque de la reproduction (les mois sans r), mais ils furent si mal appliqués que vers 1840 l’exploitation huîtrière était complètement abandonnée dans la région d’Arcachon, une des plus riches de France.
- De nos jours, la pêche à la drague sur les bancs naturels n’est plus autorisée que pendant une courte période tous les ans. Dans la baie de Cancale, la pêche se fait au mois de mars, et est connue dans ce pays sous le nom de « caravane ».
- Ce n’est que vers 1848 qu’on chercha à suppléer à la pénurie de bancs naturels par un véritable élevage du mollusque : l’ostréiculture était née.
- Les débuts de cette industrie furent très pénibles, car on éprouvait de nombreuses difficultés pour récolter le « naissain ». Coste, professeur au Collège de France et fondateur du Laboratoire maritime de Concarneau, essaya comme il l’avait vu faire en Italie, à Fusaro, de collecter
- Fig. 6. — Caisse oslrêophile pour l’élevage (photo Borde).
- le naissain au moyen d’un fagot de branches immergé g u moment du frai, à proximité des huîtres-mères.
- Malheureusement les larves, peu adhérentes, étaient entraînées par les courants.
- On utilisa ensuite des madriers immergés, des tessons de pots de terre enduits de résine, mais la véritable solution fut trouvée par un simple maçon nommé Michelet qui eut l’idée d’employer des tuiles faîtières enduites de chaux pour augmenter l’adhérence du naissain.
- La pratique ostréicole comporte trois opérations principales — la récolte du naissain — l’élevage — la pêche et l’expédition.
- h Pour récolter le naissain, les tuiles préalablement chaulées sont généralement disposées, la partie concave en bas, sur des sortes de bâtis de bois qui ressemblent à des ruches. Les ruches sont immergées sur les bas-fonds et sur le trajet des courants de flux et de reflux qui charrient
- Fig. 5. — Le délroquage des jeunes huilres sur la labié à délroquer. Photo Borde.
- le plus de naissains. Pour résister à l’entraînement on les réunit par des piquets solidement enfoncés.
- En Bretagne les fonds vaseux empêchent la fixation par piquets, et les tuiles risqueraient d’être rapidement recouvertes par la vase ; aussi au lieu de ruches de bois, on utilise la disposition dite en « bouquets » ou en « champignons ». Les tuiles sont enfilées les unes au-dessus des autres au moyen d’un fil de fer et maintenues par des nœuds à 15 ou 18 centimètres au-dessus de la vase. Elles sont alors fixées à de grands piquets métalliques s’enfonçant suffisamment pour rencontrer un sol dur et assurer la solidité de l’ensemble.
- Fig. 7. — Magasin d’expédition du bassin d’Arcachon. Photo Borde.
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- L’ensemble des collecteurs d’un même propriétaire constitue un parc; celui-ci est établi vers le mois de juin, époque où débute le frai.
- Les embryons se développent très lentement sur les tuiles, et ce n’est qu’au bout de huit à neuf mois qu’on les enlève pour les engraisser dans des enclos qu’on voit à Arcachon ou à Cancale. Avant ce moment l’ostréiculteur doit surveiller leur croissance et visiter souvent les ruches pour assurer leor solidité parfois ébranlée par les marées ou les tempêtes.
- Au mois de mars de l’année qui suit la pose des ruches, les jeunes huîtres ont atteint deux à trois centimètres; on enlève les ruches, on les démonte et on procède à leur enlèvement, c’est le « détroquage ».
- Le détroquage, ou décollement des jeunes huîtres, se fait au moyen de couteaux maniés par des femmes et des enfants.
- Les jeunes huîtres décollées sont classées par rang de taille, celles qui ont été blessées au cours de l’opération sont jetées; les autres sont portées dans les enclos ou parcs.
- Ceux-ci sont des surfaces plus ou mtrrtrs_vastes situées de long des côtes et alternativement couvertes par le flux et découvertes par le reflux. Danffces parcs sont souvent disposées des caisses ostréophiles qui [sont des cages de bois garnies de grillage pour supporter les huîtres qui y sont déposées. Ces cages sont maintènues immergées au-dessus de la surface du sol grâce à des piquets de soutien.
- Au bout de trois ou quatre mois, les huîtres sont retirées des caisses et mises dans des « claies », ou. «.plaines », vastes bassins de 30 à 40 mètres de long sur quatre à cinq de large et permettant aux huîtres de rester immergées pendant toute la durée de la basse mer. • - "
- Les claies sont limitées par des murs ou petites digues de 30 à 40 centimètres de haut, constitués par des.galets empilés ou des gazons argileux. Au bout de fort peuT de temps, la végétation marine et les huîtres elles-mêmes en bouchent toutes les fissures et empêchent les crabes et les poissons de Avenir dévorer les jeunes élèves.
- Les huîtres sont disposées dans les claies à même le sol et suffisamment espacées les unes des autres pour ne pas gêner mutuellement leur développement.
- Dans la région d’Arcachon, la main-d’œuvre rare et \ aussi la rusticité de l’huître portugaise ont fait abandon- j fier les caisses ostréophiles, les huîtres détroquées étant ! mises directement dans les claies. j
- Les parcs doivent être disposés dans des régions conve- i nables et présenter un sol légèrement sableux. Les courants qui les traversent doivent être d’eau saumâtre, sans cela les huîtres ne grandissent pas et ne grossissent que trop lentement.
- Au bdut de deux ou trois ans, les huîtres ont atteint quatre à cinq centimètres de large, elles sont alors prêtes à être récoltées.
- Durant tout le séjour de l’huître dans la « claie », l’os- . tréiculteur doit lutter contre les crabes, les étoiles de mer et contre l’envahissement des herbes marines qui dévorent l’animal ou l’étouffent.
- • Pour circuler dans les parcs, on utilise des sortes de
- patins de bois qui évitent de s’enfoncer dans la vase et d’endommager les huîtres.
- Lorsque les huîtres ont atteint leur complet développement, elles sont envoyées aux bassins d’expédition, où elles seront triées, puis mises à dégorger et lavées dans de grands bassins d’eau de mer renouvelée sans cesse.
- Autrefois, les huîtres étaient simplement mises à dégorger dans des pannetières immergées dans l’eau du port; cette détestable pratique tend à être abandonnée.
- Au moment de l’emballage, les huîtres sont enlevées des bassins et mises en paniers, elles sont alors prêtes pour la consommation.
- Les principaux centres d’ostréiculture en France sont, sur la Manche : Courseulles, Saint-Vaast, Cancale, et Tréguier. Sur le littoral de l’Océan, on rencontre des parcs importants à Belon, La Trinité, Auray, le Golfe du Morbihan, la baie de Bourgneuf, l’île d’Oléron, les Sables-d’Olonne, la région de.Marennes, LavTremhlade et la baie d’Arcachon.
- Disons enfin pour terminer que les huîtres sont parfois atteintes de maladies qui augmentent les difficultés! d’élevage. Les principales sont la maladie du pain d’épice,1 causée jiar une éponge perforante, la Clione ocellata, qui attaque la coquille des huîtres placées à de grandes pro-; fondeurs. On lutte contre l’invasion de l’éponge en diminuant le plan d’eau dans les parcs.
- Le « typhus» des huîtres est dû à la vase noire et à unej trop grande accumulation de mollusques sur un même, point. Les huîtres malades ont leur nacre écaillée et soulevée, elles deviennent friables et prennent une teinte bleuâtre.
- L’HUITRE DANS L’ALIMENTATION
- L’huître constitue un aliment agréable, riche surtout ' en matières albuminoïdes, d’une digestibilité rapide et parfaite. Des travaux scientifiques récents ont démontré 1 la richesse de l’huître en vitamines ; elles peuvent donc I figurer comme anti-scorbutiques. Beaucoup de médecins ! les font entrer dans leurs prescriptions diététiques, elles -ont en-outre été essayées avec succès dans le régime des phtisiques, des scrofuleux et des anémiques.
- Les Anglais,-les Américains font entrer l’huître dans leur alimentation quotidienne,, mais les préparations culinaires qu’fils leur fpnt subir (cuisson, friture, marinades, etc...) ne. sont gûère goûtées en France. L’huître a rencontré aussi beaucoup de détracteurs qui lui reprochent de multiples accidents digestifs, voire des empoisonnements.
- En réalité l’huître en elle-même est inoffensive et seuls sont à incriminer le mode de récolte ou l’emplacement défectueux des parcs.
- Un préjugé fort répandu recommande de ne pas manger d’huîtres pendant les mois sans r ; en réalité, si la vente en a été autrefois interdite à cette époque, c’est uniquement pour protéger la reproduction du mollusque, et non dans un but prophylactique.
- Le vulgaire croit fréquemment que durant les mois sans r l’huître élabore des substances toxiques; il n’en est heureusement rien, et elle peut être absorbée toute l’année, même au moment du frai. Il faut reconnaître
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- d’ailleurs qu’au moment de la reproduction, l’apparence laiteuse de l’huître-mère la rend moins appétissante.
- Les épidémies de fièvre typhoïde provoquées par les huîtres sont exclusivement causées par l’ahsorption de mollusques engraissés au contact des matières de vidanges évacuées par des égouts et collecteurs.
- Pour pallier au retour de pareils accidents il a été créé en France, à l’Office scientifique des Pêches maritimes un véritable service d’hygiène et de contrôle ostréicole. Les parcs d’élevage ne sont aujourd’hui maintemis et établis
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- qu’après enquête du service et autorisation préalable. En outre, toutes les opérations d’élevage sont sous le contrôle direct d’inspecteurs sanitaires spéciaux qui exercent constamment une surveillance efficace.
- Le contrôle sanitaire délivre des certificats d’origine et de salubrité ou des étiquettes en tenant lieu, que les consommateurs d’huîtres doivent exiger des vendeurs; par ce moyen ils auront la certitude de manger des huîtres saines et de ne courir aucun danger.
- André Tréiiard.
- LA STRUCTURE DES ATOMES1’
- Les corps purs qui font l’objet des études des chimistes, comme l’eau, le fer, l’hydrogène, etc., sont formés de particules très petites, séparées les unes des autres, quoique toutes identiques entre elles, que l’on appelle des molécules. Les molécules sont elles-mêmes des assemblages plus ou moins compliqués d’atomes, c’est-à-dire de particules élémentaires des corps simples. Par exemple, l’eau est un assemblage de particules toutes pareilles entre elles qui sont les molécules d’eau, et chaque molécule est constituée par la juxtaposition de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène; le gaz hydrogène est, lui aussi, un assemblagmde molécules toutes semblables entre elles, dont chacune renferme deux atomes d’hydrogène, et ainsi de suite. La structure interne de tous les corps se ramène donc à celle d’assemblages plus ou moins compliqués de molécules, formées elles-mêmes d’atomes. Ces atomes, qui sont les pierres simples avec lesquelles sont construites toutes les molécules, sont extrêmement petits : leur diamètre est de l’ordre du dix-millionième de millimètre, de sorte que les plus forts microscopes restent impuissants à les séparer. Leur existence a néanmoins été mise en évidence par un si grand nombre de méthodes indirectes que personne ne peut plus songer aujourd’hui à mettre leur existence en doute.
- Cette idée de la structure atomique des corps matériels, c’est-à-dire de leur structure discontinue ou granulaire, est fort ancienne et s’était déjà présentée à certains savants de l’antiquité, bien quelle n’ait reçu qu’assez récemment des confirmations expérimentales vraiment solides. Une idée beaucoup plus moderne, qui ne remonte guère qu’à une cinquantaine d’années, est celle de la structure complexe des atomes eux-mêmes. Le nom d’atome avait été imaginé autrefois pour désigner l’élément ultime de chaque matière, l’élément de chaque corps simple qui n’est pas susceptible de subir une subdivision ultérieure. Les découvertes modernes, faites surtout dans le domaine de l’électricité, ont conduit peu à peu les physiciens à penser que cette,indivisibilité n’existait pas, et nous ont permis de pénétrer plus avant dans la structure assez compliquée de l’intérieur même des atomes.
- LES ÉLECTRONS
- En premier lieu on a constaté que tous les atomes matériels, les plus légers comme ceux d’hydrogène aussi bien que les plus lourds comme ceux de certains métaux, renferment en nombre plus ou moins grand de très petites particules chargées d’électricité négative que l’on appelle électrons. Ces électrons paraissent être les mêmes quel que soit l’atome dont
- 1. Conférence organisée par l’Association française pour l’Avancement des Sciences et radiodiffusée, le 10 juin 1930, par le poste national de la Tour Eiffel.
- ils proviennent. Leur charge électrique et leur masse matérielle ont pu être mesurées et sont toujours identiques. En particulier leur masse n’est que la 1800e partie de celle d’un atome d’hydrogène, qui est pourtant le plus léger de tous les atomes.
- Comment a-t-on pu déceler des éléments si minimes et, en apparence, si insaisissables? C’est presque toujours en utilisant leur charge électrique. Si l’on fait passer une décharge électrique dans un tube qui renferme un gaz quelconque suffisamment x'aréfié, l’électrode de sortie du courant ou cathode émet un rayonnement qui se propage en ligne droite dans le tube et qui constitue les rayons cathodiques. Il n’est pas très difficile de prouver que ce rayonnement est formé de petits corpuscules qui transportent de l’électricité négative : ce sont des électrons qui ont été arrachés par la décharge au métal de la cathode.
- Les corps radioactifs, en particulier le fameux radium découvert en 1895 par Curie et Mme Curie, doivent une partie de leurs remarquables propriétés aux rayons qu’ils émettent spontanément en même temps que leurs atomes se transforment en atomes nouveaux. Parmi ces rayons il y en a un groupe, les rayons bêta, qui sont précisément formés des mêmes électrons que ceux des tubes à vide.
- La lumière frappant un conducteur chargé d’électricité négative en fait sortir les mêmes coiqmscules négatifs : ce phénomène appelé effet photo-électrique est particulièrement net avec les métaux éclairés par les radiations de courte longueur d’onde appelées rayons ultra-violets ; il suggère, comme les précédents, l’idée que les atomes de tous les conducteurs renferment des électrons.
- Indiquons encore que, si l’on chauffe fortement un corps dans le vide, il émet spontanément, à la température du rouge, les électrons contenus dans ses atomes : tel est le cas, par exemple, pour les filaments des lampes à incandescence. C’est Veffet thermionique, si couramment utilisé aujourd’hui dans les lampes de télégraphie et de téléphonie sans fil.
- LE NOYAU POSITIF
- Ces phénomènes et plusieurs autres que nous ne relaterons pas concordent pour suggérer la présence des électrons dans tous les atomes matériels. Or les atomes sont, en temps ordinaire, électriquement neutres; de sorte que la charge négative qu’ils contiennent du fait de la présence des électrons doit être neutralisée par une charge positive. La mise en évidence de ces charges positives intra-atomiques a été plus difficile que celle des électrons négatifs, sans doute parce que la masse matérielle qui leur est attachée est beaucoup plus forte. Elle a pu cependant être faite dans plusieurs cas, par exemple dans les tubes à vide, où il existe des rayons positifs analogues aux rayons cathodiques; par exemple encore en radio-activité,
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- car les rayons alpha du radium sont précisément formés de particules chargées positivement et beaucoup plus lourdes que les électrons.
- Il est donc acquis que les atomes matériels sont formés d’une part de charges positives relativement lourdes, d’autre part d’électrons négatifs extrêmement légers. Est-il possible d’aller plus loin et de dire comment ces diverses particules sont disposées à l’intérieur des divers atomes, quel est leur nombre dans chacun d’eux, quels sont leurs mouvements mutuels, etc. ?
- Les hypothèses qu’il convient de faire sur ces différents points ne sè sont précisées que peu à peu, à mesure que les progrès expérimentaux et théoriques ont permis de le faire. Celles auxquelles tout le monde s’est rallié aujourd’hui ont été proposées pour la première fois par le physicien anglais Rutherford et perfectionnées plus récemment par le physicien danois Bohr.
- On admet avec Rutherford que la charge positive d’un atome est concentrée tout entière dans un espace extrêmement petit, plus petit même que le volume des électrons, espace que l’on appelle le noyau de l’atome. Ce noyau est supposé contenir non seulement la charge positive totale de l’atome, mais aussi la presque totalité de sa masse matérielle, de sorte qu’il constitue en quelque sorte le point fixe de l’atome.
- Autour de ce noyau sont groupés un certain nombre d’électrons négatifs qui, d’après les lois bien connues de l’électrostatique, sont attirés vers le noyau par des forces inversement proportionnelles aux carrés des distances. Ces électrons iraient donc se précipiter sur le noyau s’ils n’en étaient empêchés par les mouvements dont ils sont animés et qui les font graviter perpétuellement autour de lui, à la manière des planètes qui gravitent autour du soleil malgré la force due à l’attraction universelle. Ainsi nous devons nous représenter les atomes matériels, comme des systèmes solaires en miniature, dans lesquels le rôle du soleil est joué par le noyau, celui des planètes par les électrons. La seule différence consiste dans l’identité complète qui existe ici entre les divers électrons et dans la répulsion mutuelle qu’ils exercent les uns sur les autres et qui apporte dans leurs mouvements une légère perturbation.
- LE NOMBRE ATOMIQUE
- Les divers atomes des corps simples de la chimie, hydrogène, oxygène, fer, etc., se distingueront les uns des autres uniquement par le nombre des électrons qui gravitent autour du noyau et par conséquent par la charge positive de celui-ci. Si, par exemple, le nombre d’électrons gravitants est de 7, ce qui est le cas de l’atome d’azote, comme chacun d’eux porte invariablement la même charge négative dite charge élémentaire, le noyau doit contenir une charge positive égale à 7 fois la charge élémentaire. On dira que cet atome possède le nombre atomique 7 : toutes ses propriétés physiques et chimiques doivent pouvoir, en principe, se déduire de cette seule donnée initiale.
- On est donc amené à classer les atomes par ordre de nombre atomique croissant, et cette classification, qui a pu être faite sans ambiguïté en utilisant certaines propriétés des rayons N, se trouve ne différer que très peu de la classification plus ancienne par masses atomiques croissantes. Il arrive, en effet, que, à un petit nombre d’exceptions près, les atomes dont les noyaux portent la charge électrique la plus élevée sont aussi ceux dont les noyaux sont les plus lourds : la masse et la charge électrique du noyau, sans être liées par une loi simple, croissent en général dans le même sens.
- Les atomes dont la masse atomique est la plus petite sont donc aussi ceux dont le noyau porte la charge la plus faible,
- ceux qui contiennent par suite le plus petit nombre d’électrons. Le plus léger et le plus simple de tous est l’atome d’hydrogène, dont le nombre atomique est 1, c’est-à-dire dont le noyau ne porte qu’une seule charge positive élémentaire autour de laquelle gravite un seul électron. Les propriétés théoriques d’un tel atome sont d’un calcul particulièrement simple et elles ont été entièrement confirmées par l’expérience. L’atome de nombre atomique 2, le plus léger après celui d’hydrogène est l’atome du gaz hélium qui existe en petite quantité dans l’air atmosphérique : il est formé d’un noyau portant une charge double de celui d’hydrogène autour duquel gravitent deux électrons. C’est le lithium, métal alcalin de la famille du sodium, qui est l’élément de nombre atomique 3 : son noyau porte donc une charge positive triple de la charge élémentaire et est entouré de 3 électrons mobiles et ainsi de suite.
- LES COUCHES ÉLECTRONIQUES DE L’ATOME
- Pour pouvoir pousser plus loin l’analyse de la structure atomique, pour savoir en particulier, dans les atomes compliqués, quelle est la distribution probable des électrons qu’ils renferment, on a fait appel principalement à deux ordres de faits : les faits chimiques, qui semblent être essentiellement sous la dépendance des électrons superficiels et les faits spectroscopiques, qui, suivant qu’il s’agit des rayons lumineux ordinaires ou des rayons X, sont régis soit par les mêmes électrons superficiels, soit par les électrons placés à un niveau plus profond. Ces divers procédés d’étude se sont apporté des contrôles mutuels et les conclusions auxquelles ils ont conduit peuvent, elles encore, être résumées d’une manière assez simple.
- On a d’abord acquis la certitude que les électrons qui gravitent dans un même atome forment des groupes distincts, que l’on appelle niveaux ou couches, parce que leurs distances moyennes au noyau paraissent croître progressivement depuis un minimum jusqu’à un maximum : chacune de ces couches ne peut pas renfermer plus d’un certain nombre d’électrons déterminé, de sorte que, si l’on parcourt le tableau des éléments en allant vers les nombres atomiques élevés, les nouveaux électrons forment successivement de nouvelles couches de plus en plus extérieures. Ces couches ou niveaux ont reçu les dénominations de couche K, couche L, couche M, etc. La couche K, la plus intérieure de toutes, ne peut pas renfermer plus de deux électrons au maximum. Quand ce nombre est atteint, les électrons suivants forment une nouvelle couche, la couche L, qui elle-même ne peut pas en renfermer plus de 8. La couche M qui vient ensuite ne peut pas en contenir plus de 18, etc.
- Par exemple, l’électron unique de l’atome d’hydrogène ou les deux électrons de l’atome d’hélium appartiennent à la couche K. Pour le lithium, dont l’atome renferme 3 électrons, la couche K étant « saturée » par les deux premiers, le troisième vient se placer sur la couche L : il joue donc un rôle différent des autres; plus extérieur, il se détache plus facilement, c’est l’électron de valence et il communique au lithium son caractère chimique de métal monovalent.
- De même quand la couche L aura complété ses 8 électrons, ce qui arrivera pour l’élément de nombre atomique 10, qui est le néon, l’élément suivant, qui est le sodium de nombre atomique 11, placera son 11e électron à part des autres sur une couche nouvelle, la couche M. Cet électron jouera donc lui aussi un rôle à part, comme le faisait l’électron isolé de l’atome de lithium, et il permet de comprendre que le sodium, comme le lithium, appartienne au groupe des métaux alcalins monovalents.
- Voici encore une autre application des mêmes idées. L’atome de carbone, qui possède le nombre atomique 6, a ses électrons
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- distribués sur deux couches : la couche K qui eu renferme 2 H la couche L qui en renferme 4. Ces 4 électrons extérieurs <uiit les électrons de valence et c’est à eux qu’il convient <1 attribuer la quadrivalence du carbone, si nettement mise ,mi évidence par la structure de tous les composés chimiques de la chimie organique.
- (Irâce à la formation progressive des couches d’électrons, ,>n conçoit qu’en parcourant le tableau des éléments chimiques, on retrouve périodiquement des atomes dont- la couche d'électrons la plus externe soit constituée de la même manière : ocs éléments auront donc des propriétés chimiques analogues et formeront les familles naturelles bien connues, telles que les alcalins à un électron de valence, les alealinoterreux comme 1,. calcium ou le magnésium à deux électrons de valence, les halogènes comme le chlore ou le brome à 7 électrons sur leur couche externe, etc. Ainsi se trouve interprétée par leur si rue-lui-,. électronique la périodicité «les propriétés chimiques «les divers éléments classés par nombre atomique croissant.
- L’INTERPRÉTATION DES PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DE L’ATOME
- hes faits chimiques les plus élémentaires se traduisent facilement au moyen du langage de la structure électronique des atomes. Supposons par exemple que l’on approche l’un de l’autre un atome île sodium, qui contient un élection unique sur sa couche extérieure (couche M) et un atome de chlore qui en contient 7 sur sa couche la plus externe, qui est encore la couche M. Ces éléments comme tous les autres ont une tendance marquée à se transformer chimiquement quand cela leur est possible île manière à présenter une couche externe à 8 électrons, car cet assemblage de 8 électrons sur une même couche paraît, dans bien des circonstances, posséder une stabilité particulière. Or l’atome de sodium peut y parvenir en perdant son électron de valence : car la couche sous-jacente ou couche L renferme précisément 8 électrons. L’atome de chlore peut V parvenir de son côté en fixant au contraire un électron supplémentaire sur sa couche externe M, qui en renferme déjà 7 et qui passe ainsi à 8. On n’est donc pas trop surpris de voir ces deux atomes, parvenus dans le voisinage l’un de l’autre, procéder à cet échange d’un électron qui, quittant l’atome de sodium, va se fixer sur l’atome de chlore. La propriété que possède l’atome de sodium de perdre aisément son électron de valence s’exprime plus brièvement en disant que l’atome de sodium est clcetropositif avec la valence positive 1 et que l’atome de chlore est électronégatif avec la valence négative 1. (les deux atomes voisins qui ont l’un, perdu, l’autre gagné un électron, ne sont plus électriquement neutres. Us sont devenus ce que l’on appelle des ions, c’est-à-dire des particules électriquement chargées. L’ion sodium, qui dérive d’un atome neutre de sodium par perte d’une charge négative, est chargé positivement. L’ion chlore qui a, au contraire, acquis la charge d’un électron, est chargé négativement. Ces deux ions de signes contraires exerceront, l’un sur l’autre une attraction électrostatique qui va les rapprocher et les maintenir au contact. Telle est l’explication de la combinaison chimique du chlore et du sodium et le mécanisme de la formation d’une molécule de chlorure de sodium ou sel marin. Il ressort de cette conception, et des explications analogues que l’on peut donner dans des cas similaires, que l’affinité chimique ne serait, dans un grand nombre de cas, que la traduction d’une simple attraction électrique, et ce résultat a contribué à apporter beaucoup de clarté et d’ordre dans l’innombrable collection des réactions chimiques.
- LES FAITS SPECTROSCOPIQUES
- Les faits spectroscopiques sont également en accord complet avec la théorie précédente. Chaque élément chimique est
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- caractérisé, comme on sait, par l’émission d’un spectre do raies lumineuses que l’on peut obtenir en introduisant cet élément ou un de ses composés dans une flamme ou dans un arc. On a constaté que les éléments chimiques analogues avaient aussi des spectres analogues; par exemple, tous les métaux alcalins de la famille du sodium donnent des spectres «le même structure générale, il en est: de même des métaux alealinoterreux, etc. A la périodicité des propriétés chimiques des éléments correspond une périodicité dans la constitution de leurs spectres de raies lumineuses. Et cette double périodicité ne fait que traduire de deux manières différentes la périodicité de structure de leur couche électronique externe.
- Les éléments chimiques émettent aussi, dans des circonstances convenables, des rayons X caractéristiques dont on peut également étudier le spectre. On sait que les rayons X ne se dilféreneient de la lumière ordinaire que par la petitesse extrême de leurs longueurs d’onde, plus de mille fois inférieure, en moyenne, à celle des radiations lumineuses émises par les mêmes atomes. Or si l’on compare les spectres «le rayons X des éléments successifs du tableau dont nous avons déjà souvent, parlé, on constate que, à la différence des spectres lumineux, ils ne, présentent plus dans leur structure aucune périodicité. La position et, l’écartement des raies qui les composent varient au contraire dans le même sens d’une manière parfaitement régulière quand on passe d’un élément au suivant, sans que le retour périodique des mêmes propriétés chimiques se manifeste ici en aucune manière.
- L’explication est simple. Les électrons qui interviennent, par un mécanisme que nous ne préciserons pas aujourd’hui, dans l’émission des rayons X, in1 sont plus les électrons périphériques de, la couche externe, ceux qui gouvernaient les propriétés chimiques et que l’on appelle pour cette raison électrons de valence. Ce sont au contraire les électrons des couches les plus internes, couche K et, couche L. Ces couches internes sont constituées par les mêmes nombres d’électrons dans tous les atomes tant soit peu compliqués, et les mouvements de ces électrons, qui donnent lieu à l’émission des rayons X, sont, à peu près uniquement sous la dépendance de la charge du noyau central voisin et ne subissent que d’une manière insignifiante, l’influence «les électrons périphériques. On conçoit donc «pie le changement subi par le spectre de rayons X, quand on passe d’un élément du tableau au suivant, soit, d’une régularité, comparable à la variation de la charge nucléaire qui augmente simplement, d’un élément, de charge quand le nombre atomique augmente d’une unité.
- LE NOMBRE DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES
- Les éléments chimiques actuellement connus s’arrêtent au nombre atomique 92 qui est, celui d’un métal appelé uranium : l’atome de ce métal serait donc formé d’un noyau portant 92 fois la charge positive élémentaire, autour duquel graviteraient 92 électrons disposés en 7 couches successives. L’uranium, comme tous les éléments de nombre atomique très élevé, est, radioactif, c’cst-à-dire que son noyau a tendance à se désintégrer spontanément, avec émission simultanée de divers rayonnements, et avec division en noyaux plus simples qui appartiennent à d’autres éléments. La radioactivité consisterait donc simplement en une certaine instabilité du noyau qui se manifeste dans les éléments suffisamment lourds et qui, à partir d’un certain nombre atomique, leur impose une durée de vie tout à fait éphémère. C’est sans doute pour cette raison que nous ne connaissons actuellement aucun élément de nombre atomique supérieur à 92 : ces éléments ont peut-être existé pendant. les premiers âges de la terre, mais, s’il en a été ainsi, on peut admettre que la désintégration radioactive les a fait disparaître depuis longtemps; tel est aussi le sort réservé dans l’avenir aux éléments comme l’uranium ou le radium.
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- LA STRUCTURE DES NOYAUX
- Cette conception ouvre la porte à de nouveaux problèmes et à de nouveaux progrès., La radioactivité étant due à la désintégration des noyaux des éléments lourds, il en résulte que la structure de ces noyaux doit elle-même être regardée comme complexe; et il n’y a aucune raison pour que cette complexité soit limitée aux seuls éléments radioactifs. En d’autres termes il se pose maintenant le problème de la structure des noyaux atomiques, qui est la suite naturelle de celui de la structure des atomes eux-mêmes. La solution du premier problème est actuellement beaucoup moins avancée que celle du second. Nous possédons cependant déjà des indications précieuses qui lui ont permis de faire dans ces dernières années des progrès sensibles.
- Nous savons d’abord que les noyaux des corps radioactifs émettent, en se désintégrant, des rayons bêta et des rayons alpha, c’est-à-dire, d’une part, des électrons négatifs, d’autre part des particules positives beaucoup plus lourdes, que l’on a démontré être identiques aux noyaux de l’atome d’hélium. Ainsi l’on peut penser que les noyaux d’un certain nombre d’atomes sont formés par des agglomérations qui renferment des électrons négatifs et des noyaux positifs d’hélium. Quelle est, par ailleurs, la structure que l’on est conduit à attribuer au noyau d’hélium lui-même? Le poids de ce noyau, peu différent du poids atomique de l’hélium, est de 4 si l’on prend comme unité le poids de l’atome d’hydrogène. En d’autres termes, le noyau d’hélium pèse environ 4 fois plus que le noyau d’hydrogène. Comme, d’autre part, sa charge électrique est seulement le double de celle du noyau d’hydrogène, on admettra que le noyau d’hélium est constitué par l’agglomération de 4 noyaux d’hydrogène cimentés en quelque sorte par deux électrons : la charge électrique de l’ensemble se réduira bien ainsi au double seulement de la charge élémentaire.
- En généralisant cette conception, on admettra que tous les noyaux atomiques sont constitués, en dernière analyse, par des édifices plus ou moins compliqués qui ne renferment que des électrons négatifs et des noyaux d’hydrogène positifs. Ces derniers représenteraient l’élément ultime d’électricité positive, comme les électrons étaient les éléments ultimes de charge négative, et on les désigne aujourd’hui sous le nom de protons. Tous les noyaux atomiques seraient en définitive des assemblages de protons et d’électrons qui constitueraient à eux seuls la matière primordiale.
- Cette conception extrêmement hardie qui tend à ramener
- l’unité dans la diversité en apparence extrême des corps matériels, a déjà reçu une confirmation éclatante par la découverte des isotopes. Je voudrais pour terminer vous donner une idée de cette découverte, que nous devons encore à la radioactivité, mais qui a été précisée depuis dans des directions toutes différentes par le physicien anglais Aston.
- LES ISOTOPES
- Si tous les noyaux atomiques sont formés en dernière analyse de protons et d’électrons, comme la masse des électrons est pratiquement négligeable vis-à-vis de celle des protons (ou noyaux d’hydrogène), il faut nécessairement que tous les atomes matériels aient des masses qui soient pratiquement des multiples exacts de celle de l’atome d’hydrogène. Comme cette dernière est représentée conventionnellement par les chimistes par un nombre très voisin de 1, tous les autres éléments de la chimie doivent avoir des masses atomiques pratiquement entières. L’examen du tableau bien connu des masses atomiques semble montrer au premier abord que cette conséquence n’est que bien imparfaitement vérifiée. Si l’on constate, par exemple, que le carbone ou l’azote ont bien des masses atomiques pratiquement entières (12 pour le premier, 14 pour le second), il n’en est pas de même pour le chlore dont la masse atomique est voisine de 35,5, ni pour bien d’autres éléments. Mais c’est là une simple apparence. Nous savons aujourd’hui que le chlore n’est pas un élément unique : il est formé en réalité de deux isotopes de propriétés physiques et chimiques extrêmement voisines, si voisines que leur séparation restera pour longtemps un problème difficile, mais dont les masses atomiques peuvent néanmoins être déterminées avec une extrême précision et ont été trouvées égales à 35 et à 37 exactement, c’est-à-dire à des nombres entiers. De même, le néon, de masse atomique apparente 20,2 est un mélange de deux isotopes de masses atomiques 20 et 22 exactement,, le mercure, de masse atomique 200, 4 est un mélange de 6 isotopes à masse atomique entière qui s’échelonnent entre 196 et 204, etc. On voit le puissant appui que cette découverte apporte à l’hypothèse d’une matière primordiale formée uniquement de protons et d’électrons.
- Cette hypothèse paraît être actuellement en accord avec l’ensemble de tous les faits connus et n’être contredite par aucun d’eux. L’avenir seul pourra nous enseigner les retouches qui permettront de la compléter ou de la rectifier.
- Eugène Bloch,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
- VOL A VOILE ET VOL ALPIN
- L'aviation à moteur est née du vol à voile, enseigné par Lilienthal, pratiqué ensuite par Chanute, par Ferber et enfin par les frères Wright. Après les premiers succès des machines volantes, on a négligé le vol à voile. Les Allemands y sont revenus, avec succès et profit, dès la fin de la guerre et ils persistent dans cette voie. En France, malgré les efforts tentés de 1922 à 1925, puis repris en 1928, le vol à voile n a pas encore rencontré la même faveur quen Allemagne auprès des jeûnes gens instruits et sportifs, des pilotes et des constructeurs. Dans l’article que nous publions ci-dessous, le capitaine Th.oret, pilote d’élite et en même temps virtuose du vol à voite, montre l’intérêt de la pratique du vol à voile pour la formation de pilotes accomplis. Prochainement nous
- publierons un article de M. Verdurand qui mettra en évidence l’utilité et la commodité du vol à voile pour l’étude et la mise au point des appareils nouveaux.
- Nous remercions ici M. Noël, directeur de la Société cinématographique pour l’Enseignement et la Propagande (S. C. E. P., 13, rue du Faubourg-Montmartre, Paris), qui a bien voulu mettre à notre disposition pour illustrer l’article ci-dessous des schémas et figures extraits du beau film sur les courants aériens, tourné par cette Société, sous la direction de M. Thoret, au Laboratoire Eiffel. Il est à souhaiter que cet utile document soit largement diffusé dans tous les milieux qui s’intéressent aux progrès de l’aviation et de la science de l’air.
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- Le sujet ne peut être traité dans un article; il fera 1 objet d’un manuel; essayons du moins de donner quelques notions essentielles.
- Lorsque Wilbur Wright volait en planeur dans les dunes près de Dayton, il avait remarqué que le vent venant de la mer et escaladant la pente d’où il s’élançait améliorait singulièrement la durée et le parcours des vols ; Wright fit ainsi du vrai vol à voile. Malheureusement il eut la fâcheuse idée de mettre un moteur sur son planeur, et créa ainsi l’aéroplane, trop tôt ; Je vol à voile, à peine né, était oublié.
- Si la guerre n’était pas venue, les moteurs seraient restés dans des limites normales et l’aviation raisonnable n’aurait jamais connu d’éclipse. On aurait alors pu chercher à comprendre quelque chose à l’atmosphère; malheureusement les avions de guerre vinrent, bolides gaspil-
- Fig. 2. — A l’amont d’une montagne, il se forma une région de vents ascendants où le vol se fait dans les meilleures conditions de sécurité et
- d’économie.
- A l’aval de la ligne en pointillé, le vent se rabat : c’est une zone dangereuse. Immédiatement à l'arrière de la montagne, il se forme une région de contre-courants entourant une zone tourbillonnaire. Il y a pour l’avion péril de mort à s’y risquer.
- leurs d’essence, et des gens qui, sans cela, auraient pu apprendre à « voler » devinrent des pilotes d'avion.
- Après la guerre les Allemands donnèrent le bon exemple et remirent le vol à voile en honneur; ils y étaient forcés d’ailleurs, et c’est encore un des services que le Traité de Versailles a rendus à leur aviation; malgré les ricanements de la presse française, les Allemands s’obstinèrent, dans le « jeu de la coquille d’œuf sur le jet d’eau ». Les Américains, gens tout aussi pratiques, firent venir l’année dernière des planeurs et des moniteurs allemands et lancèrent le vol à voile en grand. L’admirable Lindbergh lui-même donne l’exemple et pratique couramment le pilotage des planeurs.
- En France, nous fûmes quelques-uns eh 1922 et 1923 à lancer la mode du vol à voile, mais quelques vexations, quelques décorations et un grand manque d’esprit de suite vinrent tout arrêter. L’invention de l’aviation touristique
- TOURBILLONS ALTERNÉS
- contre-courant!
- Fig. 1. — Dans un courant fluide, il se forme à l’aval d’un obstacle
- baigné par le courant une double pile de tourbillons alternés (tourbillons de Bénard). On peut les observer dans l’eau au voisinage d’une pile de pont. Le phénomène est le même dans l’air.
- du Mont Blanc me consola, car l’utilisation des courants y est nécessaire.
- En France.il y eut des planeurs médiocres nous permettant seulement des performances très inférieures à celles des planeurs allemands. Néanmoins dans le vol à voile français certaines performances ne furent jamais même approchées par les Allemands : le vol à voile en « poids lourds » est en effet depuis 1923 un monopole français :
- Avec un biplan ordinaire, de 80 ch et portant au mètre carré presque 2 fois plus que les planeurs allemands; 7 h 3 m hélice calée à Biskra; puis 9 h 4 m hélice calée aux Alpilles à Saint-Remy de Provence en utilisant le mistral. Puis je formai deux élèves ; Antoine, as de l’Aéropostale qui vola 8 h 54 m et Wernert qui me battit de peu, volant 9 h 17 m. (Tous deux eurent ensuite à mettre en pratique les enseignements du vol à voile dans les montagnes d’Espagne et du Maroc.) La plus longue leçon en double commande fut 3 h 3 m, hélice calée avec Lan-tieri. Mais cela allait trop bien : l’école de vol à voile d’istres fut supprimée aù moment de « lâcher » en vol à voile des pilotes d’avion comme Vaconsin et Réginensi,
- Fig. 3. — Comment un avion doit voler dans une vallée traversée par un vent fort.
- Si LES CIRCONSTANCES CONTRAIGNENT UAVIATEUR A LONGEp UNE VALLÉE TRAVERSÉE PAR UN'VENT ASSEZ FORT iLNE DOIT PAS SUIVRE L'AXE DE LAVALLÉE OÙ iLTROUVERAIT DES VENTS DESCENDANTS, DONC TOURBILLONNAIRES (1)
- AU CONTRAIRE,iL DEVRA FAIRE DU CABOTAGE LE LONG DU VERSANT OÙ LEVENT, STABILISÉ PAR LA TRAVERSÉE DE LA VALLÉE, REMONTE ET CONSTITUE UN POTENTIEL "ASCENDANCE"(2 )
- A *
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- plus tard le coéquipier de Bailly. Bien triste, je vins au laboratoire Eiffel pour réaliser un film de démonstration des courants de montagne qui reçut un prix de l’Académie des Sciences et va enfin sortir après une longue attente. Pour terminer, le record du vol à voile en poids lourd, dans les montagnes avec un hydravion de 130 ch, encombré de 2 énormes flotteurs, pesant entre 900 et 1000 kg et portant 27 kg au mètre carré, soit presque trois fois plus que les planeurs allemands, la « tonne volante » réalisa, hélice calée, un vol de 3 h 33 m, une montée de 5 ou 600 m, un circuit d’environ 35 à 40 km dans les montagnes du cap Corse.
- Si les planeurs français et leurs performances sont
- ____ENVOI________
- L'AViON S'ENVOLANT DU PjED DU HANGAR 1, EST ENFONCÉ ET RiSPUE D'ÊTRE DÉSEMPARÉ PAR LES TOURBiLLONS DU VENT DESCENDANT DU HANGAR 2.
- iL FAUT PARTiR FACE A UNE TROUÉE. ATTERRISSAGE
- L'AViON VENANT ÀTTËRRiR RENCONTRE D'ABORD:
- 1° DE/ COURANT/ DE/CENDANT/ TOURBiLLONNAiRE/ pui L’OBLIGENT A AUGMENTER /AviTE//E 2° DE/ COURANT/ A/CENDANT//U/TENTATEUR/et PROPUL/iÇA IL ATTERRIT DONC "TROP LONG'' ET TROP ViTE,
- PUIJ IL ARRIVE DAN/LE/CONTRE-COURANT/OUI LE POU//ENT VER/ LE HANGAR .
- Fig. 4. — Problèmes d'envol el d'atterrissage à proximité d'un obstacle. L'avion noir atterrit; l’avion blanc cherche à s’envoler.
- médiocres en regard du vol à voile allemand, le vol à voile en v poids lourd » est donc depuis plus de sept ans un monopole français.
- Maintenant, alors que l’école de vol à voile et d’initiation aux courants de montagne du Mont Blanc a déjà fait de bon travail, voici que le Comité français de Propagande Aéronautique et l’Avia sont chargés de lancer à nouveau le vol à voile dans toute la France, de façon définitive cette fois.
- On peut s’en réjouir, car il n’est plus permis de nier l’intérêt du vol à voile :
- 1° Propagande aérienne; démocratisation du pilotage et de la construction aéronautique.
- 2° Etude des courants aériens.
- 3° Amélioration du doigté des pilotes.
- Spécialement, le vol à voile est la clef du vol alpin; il faut considérer d’ailleurs que le vol alpin commence dans la Beauce, toutes les fois qu’un obstacle : hangar, maison, bouquet d’arbres, dénivellation vient transformer un vent horizontal en déviations ascendantes et descendantes et en contre-courants tourbillonnaires.
- Lorsqu’un fluide vient heurter un obstacle il le contourne; puis comme le courant crée derrière l’obstacle un vide relatif, le fluide en aval de l’obstacle se rabat dans des plans verticaux, obliques et horizontaux, selon des contre-courants tourbillonnaires.
- Si l’on considère plus spécialement ce qui se passe dans le plan vertical (fig. 2), les couches d’air sont déviées de proche en proche jusqu’à une grande distance au-dessus de la crête, puis redescendent ensuite. Alors que les couches supérieures continuent leur chemin, les couches inférieures sont ramenées en arrière par des contre-courants irréguliers qui remontent la montagne a contresens du vent, et sont absorbées temporairement par un tourbillon extrêmement irrégulier (à l’intérieur duquel les variations de vitesse et les variations de direction de l’air sont étonnantes).
- Les vents ascendants constituent un potentiel que l’on peut et doit utiliser pour améliorer la vitesse horizontale ou ascensionnelle de l’avion tout en économisant son moteur; les vents descendants constituent un potentiel négatif qui enfonce l’avion pendant que les tourbillons obligatoires tendent à le désemparer. Seule une longue pratique du vol à voile et la connaissance des courants m’ont permis de devenir définitivement l’aviateur du Mont Blanc.
- Thoret.
- SUR LA FORCE DÉVELOPPÉE PAR L ASPERGE
- EXPÉRIENCES SUR SA RÉSISTANCE A LA FLEXION
- PAR ÉCRASEMENT
- Tout le monde a vu un champ d’asperges pendant la croissance de ce délicieux légume qui, dans nos climats, est cueilli du 12 avril au 15 juin environ. Sans pousser la patience jusqu’à regarder sortir de terre une asperge — quoique la croissance soit rapide par temps chaud — beaucoup de personnes ont pu remarquer que dans les
- terres un peu argileuses l’asperge doit fournir un effort énorme, non seulement pour émerger de la terre, mais encore pour soulever au-dessus d’elle les mottes qui s’opposent à sa croissance. J’ai assisté souvent à ce curieux spectacle : quand une asperge va montrer la tête, il peut se trouver au-dessus d’elle un bloc de terre agglomérée
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- qui va gêner la plante dans son évolution. Peu à peu la force développée par l’asperge arrive à vaincre l’obstacle et à soulever la motte sans avoir fléchi.
- J’ai fait une expérience facile à répéter, et qui donne une idée de la force déployée par l’asperge : quand l’asperge sort de terre on dispose au-dessus d’elle une planchette légère de 15 à 20 centimètres (fig. 1) ; une des extrémités correspond à l’asperge pendant qu’à l’autre extrémité on pose une pierre pour caler la planchette et former une sorte de charnière. A mesure que l’asperge pousse, la planchette s’incline, soulevée qu’elle est par la tige. On peut recommencer l’expérience en plaçant des poids croissants sur la planchette; par tâtonnements on
- Fig. 2.
- Asperge dont la croissance a été gênée,
- peut trouver le poids qui empêchera la croissance de l’asperge en en produisant la flexion (fig. 1).
- Dans mes mesures, j’ai trouvé que ce poids —qui représente en quelque sorte la limite d’élasticité de flexion par écrasement de la tige de l’asperge varie, suivant sa grosseur, entre 200 et 450 grammes.
- Lorsque le poids que l’asperge est obligée de soulever dépasse une certaine valeur la tige fléchit tout en repoussant la planchette portant la charge. Voici (fig. 2), la photographie d’une' tige d’asperge sur laquelle la planchette portait vers son milieu un poids de 500 gr : on voit que la.croissance n’a pas pu se faire suivant la verticale, et que l’asperge a subi une flexion par écrasement très, prononcée. Mais à mesure que la taille de l’asperge a augmenté, l’inclinaison de la planchette est devenue plus grande, ce qui a amené une diminution graduelle de la charge, comme il est facile de le démontrer par la considé-
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- ration des forces agissantes. On constate en effet que la flexion de l’asperge, d’abord très forte, est devenue plus petite à mesure que la tige a grandi et que la planchette a été soulevée de plus en plus.
- Une preuve de la force développée par la tige de l’asperge est fournie par le fait suivant que j’ai constaté : dans une terre argilo-calcaire, j’ai découvert une asperge qui avait été capable de soulever et de faire basculer pour sortir de terre, une motte agglomérée que j’ai pu recueillir sans qu’elle se brise (fig. 3). L’asperge avait acquis une longueur de 6 centimètres sous ce fardeau qu’on voit sur la photographie. Le poids de cette motte était de 650 grammes.
- C’est là un joli exemple de la puissance mécanique que la tige de l’asperge est capable de développer.
- Avant de pénétrer plus avant dans la recherche de la cause qui communique une telle force à l’asperge, il est nécessaire de rappeler quelques notions de mécanique élémentaire.
- Fig. 1.
- Planchette surchargée reposant sur une asperge.
- Pour nous rapprocher des conditions de la mise en jeu de l’élasticité de flexion, considérons une tige matérielle à section carrée ou cylindrique encastrée verticalement à une de ses extrémités et dont l’extrémité supérieure vient buter contre un obstacle fixe; si on applique une force vers le milieu de la tige et perpendiculairement à la direction de la tige, celle-ci se courbera, fléchira en un mot et la grandeur de la flexion sera mesurée par la distance entre la position primitive verticale et le point
- Fig. 3. — Molle de terre pesant 650 grammes soulevée et basculée par une asperge. Une règle métrique indique les dimensions.
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- de la tige déformée qui s’en écarte le plus. Cette distance s’appelle la flèche de flexion. On démontre que cette flèche est proportionnelle à la force qui a produit la déformation, et au cube de la longueur de la tige : par contre, cette flèche est inversement proportionnelle à la quatrième puissance de l’épaisseur de la tige, quand celle-ci a une section carrée, et enfin inversement proportionnelle aussi à un coef^cient qui dépend de la nature du corps et qu’on appelle coefficient d’élasticité de flexion (fig. 4).
- La flexion d’une tige rectiligne peut être produite autrement qu’en lui appliquant une force perpendiculaire en un de ses points. Considérons en effet cette tige, toujours encastrée à sa base, coiffée à son extrémité supérieure par une plate-forme en bois assez épaisse portant une cavité suffisamment profonde pour loger la tige, à frottement doux : exerçons maintenant une pression sur cette plateforme, par exemple avec des poids croissants; à mesure que ces poids vont augmenter, la tige se déformera peu à peu, se coui'bera. Comme dans le cas précédent, il se formera une flèche de flexion provenant de Y écrasement de la tige, et la valeur de cette flèche dépendra des mêmes
- Fig. 6. — Asperge ayant mis 5 iours à pousser et dont la croissance a été contrariée : sa périphérie est cannelée.
- facteurs que précédemment, c’est-à-dire que la tige fléchira d’autant plus :
- 1° que la charge sera plus grande;
- 2° que la tige sera plus longue (facteur très important);
- 3° que le diamètre ou l’épaisseur sera plus petit (facteur le plus important) ;
- 4° Enfin, que le coefficient d’élasticité de flexion de la substance constituant la tige sera plus faible (fig. 4).
- Les deux principaux facteurs qui interviennent ici sont donc la longueur de la tige et sa grosseur.
- Nous voilà maintenant en possession de connaissances mécaniques qui vont nous permettre de comprendre les conditions qui font résister l’asperge à la flexion par écrasement et qui lui font soulever l’obstacle qiii la recouvre sans fléchir. Tout d’abord, remarquons que l’asperge triomphera assez aisément, tant qu’elle n’est pas sortie de terre, de la résistance qui la surmonte, car la longueur de la tige sera petite, condition éminemment favorable; mais à mesure que la croissance se fait, ce facteur longueur va en augmentant et la tige sera dans des conditions de moins en moins propices pour lutter sans fléchir contre la charge à soulever. La flexion de l’asperge se produirait
- __Faisceaux libère-
- ligneux
- __Parenchyme
- fondamental (tissu conjonctif >
- Fig. 5.
- Coupe micro graphique de la tige d’asperge : on voit nettement les faisceaux libéro-ligneux.
- inévitablement s’il n’intervenait pas un autre élément sur lequel l’attention n’a jamais été attirée, que je sache : cet élément éminemment favorable se trouve dans la constitution anatomique de la tige d’asperge; cette constitution lui communique une propriété nouvelle qui, au point de vue mécanique, permet de la rapprocher des tubes creux.
- En effet si l’on fait une coupe transversale d’une tige d’asperge et qu’on l’examine au microscope — ainsi qu’a bien voulu le faire pour moi mon collègue et ami le professeur Beille, de la Faculté de médecine de Bordeaux — on trouve : 1° un épiderme faiblement cutinisé; 2° une couche de collenchyme formé de six à sept assises de cellules ; 3° des faisceaux libéro-ligneux placés entre le collenchyme et le tissu fondamental qui occupe tout le reste de la tige (fig. 5).
- Sur une coupe examinée à un grossissement de 150, on constate que l’intervalle qui sépare les faisceaux libéro-ligneux est de 2/10 de millimètre; il y a par conséquent cinq de ces faisceaux par millimètre linéaire, ce qui prouve qu’ils sont fortement serrés les uns contre les autres. Enfin la distance entre les faisceaux libéro-ligneux et l’épiderme est de 1/10 à 1,5/10 de millimètre : la couronne de fibres ligneuses qui entourent le tissu fondamental de l’asperge
- Fig. 4.
- Tige mêlallique fléchissant : i° par traction ; 2° par écrasement.
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- est donc très voisine de l’épiderme et ce cylindre périphérique libéro-ligneux communique à la tige de l’asperge les propriétés mécaniques qu’on retrouve dans les tubes creux.
- Rappelons ici qu’un tube creux résiste beaucoup mieux à la flexion qu’une tige pleine, à égalité de poids : c’est en particulier ce qui explique l’emploi des tubes creux pour la construction de beaucoup de machines telles que les bicyclettes, les motocyclettes, etc...; c’est pour bénéficier des avantages des corps creux que les piliers et colonnes en ciment ou en béton sont armés avec des tiges de fer verticales, qu’on dispose à la périphérie — habituellement dans les angles pour les piliers carrés — et non pas en plein centre : ces tiges sont reliées entre elles par des étriers en fer de loin en loin de façon à constituer une carcasse métallique voisine de la surface extérieure des piliers.
- La résistance à la flexion des os creux chez les oiseaux grands voiliers est due également à la même cause; c’est aussi ce qui explique la rigidité des tiges creuses du blé, du seigle, etc...
- C’est donc à la constitution ligneuse de sa périphérie que l’asperge doit de ne pas fléchir par écrasement et de vaincre les résistances qu’elle rencontre quelquefois dans certains terrains : rien que pour sortir de terre, quelle que soit la nature du terrain de l’aspergerie, l’asperge doit développer un effort qui est loin d’être négligeable.
- Un fait que j’ai observé récemment prouve bien que c’est précisément aux faisceaux libéro-ligneüx qui sont à sa périphérie que l’asperge doit de pouvoir soulever sans fléchir des poids énormes. La photographie de la figure 6 montre en effet les modifications qui se sont produites à cette périphérie, sur une asperge qui avait été recouverte
- dès son émergence d’une planchette surmontée d’un poids d’un kilogramme.
- Cette asperge a mis pour atteindre la taille de 13 centimètres au-dessus du sol beaucoup plus de temps qu’une autre de même grosseur; il fallut attendre cinq jours. En outre, la surface de la tige qui avait une circonférence de 8 centimètres, était cannelée, comme on le voit sur la photographie. Ces cannelures sont dues à des faisceaux fibro-ligneux, qui ont subi une hypertrophie, un renforcement, destiné à donner à l’asperge une force capable de triompher de la résistance opposée sans fléchir. Et en effet, cette asperge n’a pas fléchi, quoique sa tête ait été écrasée au niveau de la partie qui touchait la planchette en la soulevant.
- Mais alors — et c’est la conclusion pratique des considérations précédentes— cette sorte de corset ligneux qui a permis à l’aspejge d’accomplir de véritables prouesses mécaniques, non seulement n’est plus utile pour l’alimentation il est au contraire nuisible. Pour manger de bonnes asperges, on doit en effet supprimer cet élément ligneux, et pour cela on ne doit pas se contenter de racler les asperges, comme le font la plupart des cuisinières, mais on doit les peler : nous avons vu que la couche de faisceaux libéro-ligneux a 2/10 de millimètre d’épaisseur à peine; il suffira donc d’enlever délicatement cette mince pellicule tout autour de l’asperge pour la débarrasser de la partie ligneuse qui rend ce légume dur et difficile à manger. Les asperges privées de leur enveloppe ligneuse sont en effet bien plus tendres que celles qui n’en ont pas été débarrassées : c’est un fait d’observation courante. Dr H. Bordier,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon.
- L’INSCRIPTION AUTOMATIQUE DES ROUTES DES NAVIRES SUR LA CARTE
- . LE DROMOGRAPHE BERTIN
- C’est un problème qui a éveillé depuis quelque temps l’intérêt de nombre d’inventeurs, et auquel de remarquables solutions ont déjà été données.
- Le but recherché est de fournir mécaniquement et à tout instant, aux navigateurs, le « point estimé » (').
- On juge de suite des services que pourra rendre un instrument répondant à ce desideratum. A tout moment, le commandant ou l’officier de quart, par un simple coup d’œil jeté sur la carte, se rendra compte de la position du navire, sans avoir à attendre le résultat de calculs toujours trop longs pour pouvoir être renouvelés
- 1. Faire le point estimé consiste à fixer la position du navire sur la carte en y portant successivement la direction et la longueur des routes qu’il a parcourues, en partant d’un point de départ rigoureusement déterminé par des observations astronomiques ou des relèvements de points à terre. La direction des routes se lit sur le compas. Le loch fournit les vitesses et par conséquent la longueur du trajet effectué entre deux changements de route.
- très fréquemment, ou à effectuer des tracés géométriques facilement sujets à erreur.
- Si l’on est en vue des côtes, il ne sera plus nécessaire d’y rechercher les amers, ou points remarquables permettant de prendre un relèvement, et on échappera à la cruelle incertitude que provoque la brume, principale ennemie du marin, qu’elle laisse désemparé, sans possibilité de savoir où il se trouve exactement, et par conséquent hors d’état de faire une route sûre. Le traceur de routes y pourvoira désormais. Pour le sous-marin un tel instrument sera d’importance capitale pour la navigation en surface et surtout en plongée. Un traceur de route figurait au dernier Salon nautique, au stand de la Marine militaire, dans le kiosque du sous-marin Le Plongeur. La Marine l’y présentait officiellement sous le nom de Dromographe, que lui a très judicieusement imposé son inventeur, le lieutenant de vaisseau Bertin.
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- Nord
- A C
- K / |
- Ouest / ; Est
- U B
- Sud
- Fig. 1. — Décomposition d’un élément de route du navire.
- Cet appareil, absolument automatique, a été conçu sous sa direction, par l’Atelier du Laboratoire du Centre d’études de la Marine.
- Ce Centre d’études a été créé et installé à Toulon en mai 1920, pour organiser et grouper les commissions d’études nautiques d’avant-guerre, ou de la guerre, en créer de nouvelles, et coordonner leurs travaux.
- Il dispose d’un laboratoire très bien outillé, qui est la cheville ouvrière du Centre.
- Les commissions se partagent les études sur tout ce qui concerne le matériel naval, du point de vue pratique. Elles fournissent aux services techniques de la Marine toute la documentation dont ils peuvent avoir besoin.
- Les résultats obtenus par cette organisation sont extrêmement importants. Les travaux de la commission de l’optique, par exemple, et pour ne citer que celle-là, ont permis de réaliser, en cette branche, des progrès considérables, et sont très estimés en France et à l’étranger.
- L’appareil du lieutenant de vaisseau Bertin a été soumis à des essais très complets effectués dans toutes les circonstances de temps et dans les conditions les plus dures, par exemple à proximité de la grosse artillerie en action”. Ils ont démontré son excellence en toutes occasions.
- Nous ne croyons pas devoir entrer au sujet de son fonctionnement dans des détails techniques trop précis qui n’ajouteraient pas grand’chose à l’intérêt que nos lecteurs pourront trouver à connaître un instrument qui vient ajouter une sécurité de plus à celles, nombreuses,
- Fig. 2. — Les déplacements du navire sonl mécaniquement tracés sur la carte.
- dont le progrès moderne a déjà su doter la navigation.
- Le dromographe Bertin est basé sur le principe suivant.
- Chaque fois que le navire vient de parcourir un trajet long ou court, dans une direction donnée, deux intégrateurs électro-mécaniques effectuent la mesure des composantes de ce parcours suivant les directions Nord-Sud et Est-Ouest et actionnent un enregistreur qui recompose l’élément de route parcouru, en longueur et en direction, en le traçant, à l’échelle voulue, sur la carte.
- La figure 1 montre comment un élément de route quelconque OC, parcouru à un cap K, correspond à un déplacement Nord-Sud OA = OC cos K et à un déplacement Est-Ouest OB = OC sin K et précise bien que le problème à résoudre à chaque instant est la mesure de sin K et de cos AT, pour toutes les valeurs de AT qui se présentent.
- Les deux intégrateurs ont donc comme rôle de mesurer respectivement, et chaque fois qu’on le leur demande, la valeur du sinus et du cosinus d’un angle AT qui est le cap suivi par le navire. Une de leurs parties, le cylindre eontacteur, devra donc logiquement être asservi au compas.
- L’appareil est par conséquent en relation, cl’une part avec le compas principal qui, par l’intermédiaire d’un compas répétiteur, lui fournit, à chaque instant, le cap, c’est-à-dire la direction suivie par le navire, et d’autre part avec le loch, qui le préviendra, par exemple, en fermant un contact électrique, chaque fois que le navire
- • • , 5
- aura parcouru un trajet m fixé arbitrairement à
- de mille marin, soit à un peu moins de 100 mètres.
- Le dromographe se compose donc :
- 1° D’un distributeur qui, en liaison avec le loch, commande et surveille la marche de l’appareil;
- 2° De deux intégrateurs identiques comportant chacun :
- a] Un organe asservi au compas, c’est, le cylindre eontacteur.
- Le rôle de ce cylindre consiste à décomposer l’élément de route en coordonnées cartésiennes, et à permettre la mesure de ces mêmes coordonnées ;
- b) Un dispositif électro-mécanique qui effectue la mesure de la composante que lui fournit le cylindre con-tacteur, et la transmet, après totalisation, à un compteur et à un enregistreur;
- 3° D’un enregistreur effectuant le tracé des routes suivies.
- L’ensemble électro-mécanique, dont la technique est inspirée des dispositifs de téléphonie automatique, assure le contrôle du fonctionnement général. Sur ce point très important, le dromographe Bertin apporte une sécurité qui fait défaut à tous les traceurs de route réalisés jusqu’à ce jour, lesquels utilisent, pour effectuer le tracé sur la carte, un mécanisme basé sur l’adhérence et susceptible, par conséquent, d’introduire des erreurs de glissement.
- Or ce genre d’appareils doit pouvoir fonctionner, quels que soient les mouvements de plate-forme du navire,
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- les vibrations ou réactions diverses imputables à l’état, de la mer, aux machines ou à l’artillerie. Si, en effet, par temps calme, les erreurs de glissement peuvent être assez faibles pour qu’on les néglige, elles peuvent devenir très importantes par mauvais temps ou au combat. Quoi que fasse l’utilisateur, à moins d’une surveillance absolument constante, qui enlève à l’appareil sa qualité pri-, inordiale, l’automatisme, des erreurs considérables peuvent se produire, qui seront inopinées et incontrôlables.
- Le dromographe Bertin assure, au contraire, un contrôle absolu de son fonctionnement, dans des conditions telles que le tracé est toujours automatiquement surveillé. A chaque instant l’utilisateur sait de quelle erreur
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- N
- Il a donc sa position à ztz milles
- près. Si, au cours
- du fonctionnement, pour quelque raison que ce soit, l’erreur sur le point fourni dépasse cette valeur, un dispositif prévient l’utilisateur (sonnerie) et arrête l’appareil. Si le dispositif d’alarme lui-même est en avarie, l’utilisateur peut vérifier par un simple coup d’œil jeté sur trois compteurs que le fonctionnement est ou non correct, le décalage des divers compteurs indiquant l’erreur supplémentaire commise par l’appareil.
- Ce contrôle constant et complet constitue la grande originalité de l’appareil Bertin, et accentue sa grande valeur. Il en fait un instrument dont l’utilisation s’impo-
- Fig. 3. — Le dromographe Berlin.
- maximum peut être entachée la position fournie par l’appareil, car une sonnerie le prévient quand l’erreur risque de dépasser ce maximum prévu.
- Je précise, l’erreur de construction est telle qu’en fonctionnement normal, quand, partant d’un point origine O (fig. 2), après avoir parcouru un trajet de N milles à des routes diverses, le point estimé fourni est le point P, l’utilisateur est certain que, si les éléments initiaux, cap et chemin parcouru, ont été fournis exactement, sa position réelle au moment considéré se trouve dans un carré tracé autour du point P, carré ayant comme côtés
- 2 N
- ÏÔÔ *
- serajsur tous les bâtiments de guerre, pour lesquels la détermination de leur position, en navigation courante, et surtout au combat, par temps de brume ou de nuit, après de multiples changements de route et d’allure, devient presque impossible par les moyens ordinaires, au moment précis où ce renseignement prend une importance capitale. De nombreux exemples pris à la bataille du Jutland sont là pour le prouver. Le dromographe Bertin ne s’imposera pas moins sur tous les bâtiments de commerce où le personnel officier est trop restreint pour pouvoir effectuer d’une manière absolument continue le tracé sur la carte de la route estimée. Il y rendra, également, de précieux services, et S au vaire-Jourdan.
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- UN APPAREIL DE MUSIQUE RADIOÉLECTRIQUE
- L'ONDIUM PÉCHADRE
- Sur l’axe du condensateur, on a monté une aiguille de 25 centimètres, extérieure au couvercle de la boîte et protégée par un faux couvercle découpé en arc. La pointe de l’aiguille dépasse de quelques centimètres ; le musicien peut la manœuvrer grâce au bouton qu’elle porte. L’artiste appuie le coude et l’avant-bras comme sur un pupitre et se trouve dans une position très favorable pour amener l’aiguille avec précision sur une division d’un cadran, qui, dans la partie haute, correspond aux notes élevées et inversement pour les notes basses.
- Cette manœuvre se fait normalement de la main droite. Quant à la main gauche, elle agit à tout moment sur un bouton poussoir, qui sert à faire varier le volume des sons, de sorte que, lorsqu’on n’appuie pas sur le bouton, l’appareil reste silencieux. Dès qu’on l’enfonce, un petit filet de son sort et s’accroît d’autant plus qu’on enfonce le bouton davantage.
- Un combinateur, également à la disposition de la main gauche, agit sur un circuit spécial de basse fréquence, qui permet l’imitation des instruments à cordes percutées ou pincées, comme la mandoline, la guitare hawaïenne, la harpe, Fig. 1. — L'inventeur de l’ « Ondium », M. Péchadre, jouant de son instrument. le piano.
- , Parmi les appareils de musique à oscillations pig< 2 _ Vinlénmr du boüier de r0ndium>
- électromagnétiques, 1 un des derniers venus est Le condensateur est au centre et l’appareil est blindé.
- l’Ondium Péchadre, qui présente certaines caractéristiques originales.
- Les conditions que s’imposa l’inventeur ont été les suivantes : obtenir un registre de six octaves au moins, par la manœuvre d’un seul organe à variation progressive pour avoir des sons filés, tout en réalisant un appareil de poids et d’encombrement réduits, avec une manœuvre facilitée par une position commode de l’artiste.
- Le principe appliqué est celui de l’interférence entre ondes de fréquences moyennes. Il est mis en œuvre par le même moyen que dans les montages dits hétérodynes. Un condensateur variable de 3/1000, de modèle courant, donne presque en un quart de tour toutes les fréquences musicales, avec deux lampes électroniques oscillatrices, produisant des ondes aux environs de 30 000 périodes.
- Tous les éléments actifs sont condensés en un seul boîtier très plat et les organes de manipulation sont disposés sur la face supérieure.
- Le musicien tient donc l’appareil devant lui, à la manière d’une planche à dessin; il l’appuie d’une part sur ses genoux et, d’autre part, sur le bord d’une table.
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- ü y a encore deux organes de réglage : un rhéostat qui modifie le chauffage de la première lampe basse fréquence el fait encore varier le timbre; puis un petit condensateur en parallèle avec le condensateur variable principal, qui accorde l’appareil au diapason avant d’exécuter un morceau.
- Il est inutile de donner le schéma qui se conçoit facilement : les courants électriques de fréquence musicale produits par les lampes hétérodynes sont amplifiés et envoyés à un haut-parleur. L’appareil comporte donc quatre lampes, dont un étage final de puissance, qui peut être placé soit à l’intérieur, soit à l’extérieur du boîtier. Le timbre dépend, en grande partie, de l’amplification finale et du haut-parleur, ce qui rend avantageux la position extérieure de l’étage final, afin d’essayer des amplificateurs différents.
- Il est évident que la présence du corps de l’opérateur à quelques centimètres des circuits oscillants devait présenter un grave inconvénient, tout mouvement correspondant à une variation de capacité et par suite à une
- 1 ==— - -...... = 65 =====
- variation de fréquence alors qu’on a affaire à un montage particulièrement sensible.
- Le remède radical apporté par l’inventeur de l’Ondium à ce défaut est le blindage de toute la partie moyenne fréquence du montage. D’autre part, la fréquence relativement basse des lampes hétérodynes les rend peu sensibles aux influences extérieures, de sorte que l’Ondium ignore les parasites industriels ou atmosphériques et qu’il n’est même pas troublé par les orages les plus violents.
- Ce nouvel appareil se fait donc remarquer par son registre étendu et sa manœuvre particulièrement facile n’exigeant qu’une formation élémentaire pour un débutant. Au bout de quelques séances, ce dernier aura la satisfaction de tirer de l’appareil des sons musicaux non seulement justes, mais avec des variations de timbre très curieuses, réalisant ceux de divers instruments, mais créant également, si l’on veut, un timbre très particulier ! et agréable, à condition bien entendu d’avoir un haut-parleur parfait, un électro-dynamique de préférence.
- K. Wi.iss.
- LES NOUVEAUX TRAITEMENTS RADIOACTIFS
- DE LA TUBERCULOSE
- LES PROGRÈS DE L’OPOTHÉRAPIE SPLÉNIQUE
- Dans un précédent article (La Nature, 15 avril 1929), nous avons passé en revue les nouvelles méthodes de lutte contre la tuberculose, et dégagé, parmi les nouveaux traitements actifs, les trois qui nous ont semblé les plus dignes de retenir l’attention : la sanocrysine de M. Holger Mollgaard, Vantigène méthylique de MM. A. Boquet et L. Nègre, et la colloïdogénine du Dr Bayle de Cannes.
- Nous faisions remarquer à ce sujet combien le champ moderne des recherches est vaste et combien les travaux actuels sont éclectiques, chaque savant suivant une voie qui lui est particulière. C’est ainsi que les trois modes de traitements que nous ayons retenus relèvent de trois méthodes tout à fait différentes : la sanocrysine ressort à la chimiothérapie (en l’espèce l’aurothérapie), l’antigène à la bactériothérapie, et la colloïdogénine de Bayle à Yopo-thêrapie splénique.
- Il est intéressant de jeter un coup d’œil d’ensemble sur le chemin parcouru depuis plus d’un an, et de préciser, pour les lecteurs de La Nature, dans quel sens a évolué l’opinion médicale au sujet de ces trois méthodes, en présence de l’ampleur toujours plus grande des statistiques et de l’accroissement continu du nombre des faits observés. Nous y trouvons un double intérêt : scientifique d’abord, puisqu’il s’agit d’un progrès dans nos connaissances physiologiques, médical ensuite — et social pourrait-on dire — puisque les praticiens sont à la. recherche des meilleures méthodes propres à enrayer le fléau tuberculeux.
- LA MÉTHODE DE MOLLGAARD
- Le thiosulfate d’ôr et de sodium, sur lequel Mollgaard a retenu l’attention, a donné quelques résultats favorables, mais au prix d’insuccès nombreux et même d’accidents graves dont quelques-uns ont été mortels. Il s’agit là d’un agent thérapeutique actif, mais toxique, en raison de son action particulièrement nocive sur le filtre rénal.
- Nous faisions remarquer que, si le principe de la méthode n’était pas à abandonner, les doses employées paraissaient beaucoup trop fortes.
- On a été, en effet, amené à diminuer progressivement les doses en débutant par des quantités extrêmement faibles, que l’on a augmentées peu à peu en tâtant la sensibilité des malades. Aujourd’hui, les doses les plus fortes auxquelles on a recours ne sont rien en comparaison de celles que l’on faisait intervenir au début.
- Mais si les accidents sont devenus plus rares et moins graves, les résultats favorables sont devenus moins nets. Meme aux très petites doses, l’aurothérapie ne saurait convenir dans les cas d’affections des reins, du foie et des intestins, qui constituent pour elle des contre-indications formelles.
- Pour le cas où elle n’est pas contre-indiquée, la méthode garde ses partisans, mais la faveur dans laquelle elle est tenue est en décroissance dans une partie de l’opinion médicale, malgré les résultats indéniables enregistrés sur certaines formes de la tuberculose.
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- LA MÉTHODE DE BOQUET ET NÈGRE
- _L’antigène (extrait méthylique de bacilles de Koch dégraissé par l’acétone) est beaucoup plus maniable que la sanocrysine et n’a jamais donné lieu à des accidents sérieux. Les résultats favorables, dans les cas où le produit est indiqué, ont été confirmés.
- i De même, le traitement reste contre-indiqué dans les formes évolutives à grandes oscillations de température et chez les malades à tendance congestive. On l’emploie, à Bligny, comme adjuvant de la cure sanatoriale.
- En somme, rien de saillant n’est intervenu au sujet de ce traitement, de sorte que l’impression des milieux médicaux reste stationnaire et d’ailleurs favorable.
- LA MÉTHODE DU D' BAYLE
- Le produit employé par Bayle est un extrait glycériné de rate de porc préparé d’une manière particulière. Nous
- plus en plus pénétré de son rôle complexe; la rate est devenue le point de mire des physiologistes, et elle fait l’objet dé travaux multiples.
- Bayle avait décrit, en 1908, une fonction nouvelle de la rate, régulatrice de l’état colloïdal du sang, et qu’il avait appelée jonction colloïdogénique.
- . Il avait spécifié que cette fonction intervient dans l’assimilation et dans la défense de l’organisme.
- Stimulée par cette importante découverte, l’école de Toulouse, en particulier, s’est mise à la tâche. Les professeurs Abelous et Soula ont confirmé, dans leurs travaux, l’existence et l’importance de cette fonction par la découverte qu’ils ont faite de la fonction cholestérinogène. Les recherches faites dans le laboratoire du Pr Soula par son élève Bugnard sur l’action des extraits spléniques dans la régulation cholestérolémique, dont il a fait l’objet de sa thèse toute récente, sont encore venues à l’appui de cette manière de voir. Enfin, la communication de Charles
- Fig. 1. — Radiographies de l’observation IV.
- (Méthode du D1 Bayle,}
- A gauche : Elal initiai. Tuberculose ulcéreuse bilatérale : les parties noires représentent les grosses lésions de la moitié supérieure des poumons. A droite : Après 14 mois de traitement, les parties claires montrent que les lésions sont complètement résolues. On remarque sous la clavicule droite une zone fibreuse de cicatrisation.
- avons fait ressortir son innocuité absolue et les résultats remarquables auxquels son emploi a conduit dans les cas de tuberculose même très avancée. En raison de la sérieuse base scientifique sur laquelle elle repose, nous avions, dans nos conclusions précédentes, considéré la méthode de Bayle comme appelée au plus bel avenir.
- Depuis cette époque, les résultats favorables se sont multipliés et généralisés, de sorte que cette méthode est de plus en plus en honneur. En même temps, le rôle de la rate dans l’organisme se précise :
- 1° La rate au point de vue physiologique. Avant les travaux du Dr Bayle, la rate passait pour un organe presque dénué d’importance (Hutchinson avait même déclaré que la rate ne sert à rien). Aujourd’hui, on est de
- Richet à l’Académie de Médecine dans laquelle il inet en lumière le rôle de la rate dans l’assimilation des hydrates de carbone est une nouvelle confirmation des idées de Bayle.
- Ces travaux récents viennent s’ajouter à ceux déjà connus de Simon et Spillmann, Monier et Bayle, sur l’augmentation des globules rouges du sang, de Dani-lewsky, Selensky, Monier, Bayle sur l’augmentation de l’hémoglobine, de Goldschneider et Jacob sur l’augmentation des globules blancs, de Schiff et de bien d’autres, au sujet de la rate. Ils concourent tous à montrer que l’importance de la rate au point de vue physiologique s’accroît et se précise de jour en jour.
- 2° Les extraits spléniques. — L’évolution des connais-
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- sances physiologiques relatives à la rate devait nécessairement conduire à des applications dans l’art de guérir. Bayle, le premier, avait indiqué l’action curative remarquable des extraits de rate dans la tuberculose, les anémies et dans les maladies infectieuses. Tout récemment, Mayr et Moncorps ont signalé l’action bienfaisante de ces extraits dans un grand nombre d’affections de la peau, tandis que d’autres auteurs, en particulier Nipperdey, ont mis en relief leur action dans l’hyperglobulie.
- L’opothérapie splénique, méthode du Dr Bayle, voit donc de jour en jour son champ s’élargir, en même temps que de nouvelles propriétés des extraits de rate sont découvertes.
- Notre article précédent indiquait les bases de la méthode de Bayle et les résultats déjà anciens qui l’ont fait connaître au monde médical. Nous relaterons dans le présent article les résultats nouveaux, scientifiquement contrôlés, qui ont mis l’opothérapie splénique au premier rang des méthodes employées pour lutter contre la tuberculose.
- Les premiers résultats obtenus par M. Armand Delille dans son service à l’Hôpital Hérold ont été publiés par lui dans la Repue de la Tuberculose (avril 1928). « Nous avons vu, écrivait-il alors, aussi bien des jeunes filles au seuil de l’adolescence que des nourrissons, dans des états fébriles accompagnés de signes fonctionnels et physiques et d’images radiologiques, qui semblaient devoir amener à brève échéance une terminaison fatale, survivre et s’améliorer tant cliniquement que radiologiquement, de sorte qu on est en droit de considérer ces sujets comme en voie de guérison certaine ou même comme guéris » (!). Il remarquait que ce traitement n’est pas spécifique et concluait qu’il mérite d’être sérieusement étudié.
- 1. Revue de la Tuberculose (avril 1928). Section d’études scienti tiques. Action favorable d’extraits spléniques sur certaines formes évolutives de la tuberculose pulmonaire chez l’enfant (p. 256-263). Masson, édit.
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- Nov. Déc. Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept Oct. IW. Déc.
- Fig. 2. — Courbe de poids (observation IV). (Méthode du D1' Bayle.)
- Gain de 11 kg en un an.
- Telle était la situation au 11 février 1928, favorable comme l’on voit, mais dans l’attente des résultats définitifs,
- Car, pour juger de la valeur des méthodes nouvelles de traitement — et en particulier de celles qui s’adressent à la tuberculose — l’épreuve du temps est indispensable. 11 importe avant tout de savoir, d’une manière précise, si les résultats se maintiennent, afin de ne pas être entraîné à formuler des conclusions prématurées, et à faire naître chez les malades des espoirs que la suite ne viendrait pas justifier.
- Aussi est-ce avec un très grand intérêt que nous avons lu, dans la Repue de la Tuberculose (juin 1929), les observations publiées par M. Bayle, avec les résultats complets,
- Fig. 3. — Radiographies de l’observation II.
- (Méthode du D' Bayle.)
- A gauche : Etat initial. Lésions massives du poumon droit. Le côté droit est complètement opaque. A droite : Après 8 mois de traitement. La splénopneumonie est résolue : l’éclaircissement est complet.
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- radiographies et courbes d’une série de 26 enfants tuberculeux (1),
- Le mémoire est très riche en renseignements précis. Son importance se double du fait que la méthode a été appliquée chez des malades considérés comme perdus. Nous nous proposons d’en dégager les points essentiels et de faire saisir en même temps l’aide qu’apporte au médecin l’examen des images radiologiques et des graphiques.
- NOUVEAUX RÉSULTATS OBTENUS PAR L’OPOTHÉRAPIE SPLÉNIQUE DANS LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE
- Voyons d’abord l’état des enfants tuberculeux au moment où le traitement a été commencé.
- unes au hasard et que nous plaçons sous les yeux des lecteurs.
- Examinez les deux radios de l’observation IV, fillette de 14 ans (fig. 1). Ce sont celles qui ont paru dans noire précédent article de La Nature, avec cette différence cpie la seconde des deux radios représentait l’état après 10 mois de traitement, alors que maintenant cette seconde radio est celle de l’état après 14 mois de traitement. En comparant nos deux articles, on sera frappé du remarquable éclaircissement des sommets des deux poumons survenu dans les quatre derniers mois avec, sous la clavicule droite, l’apparition d’un point calcifié, c’est-à-dire guéri. La courbe de poids montre que la jeune malade a augmenté de 11 kg en un an (fig. 2).
- L’observation II (fillette de six ans) fournit aussi des
- Fig. 4. — Radiographies de l’observation V.
- (Méthode du D1 Bayle.)
- A gauche : Etal initial. Tuberculose bilatérale généralisée. Lésions disséminées dans toute la hauteur des deux poumons. A droite : Après 16 mois de traitement. Les deux poumons sont devenus entièrement clairs, les lésions sont résolues.
- 11 s’agit d’une série de 26 enfants tuberculeux dans les conditions suivantes :
- « Tous ces cas étaient bacillifères. Chez tous le pneumothorax était contre-indiqué ou impossible, ou bien, établi, n’avait pu enrayer la marche de l’affection. Enfin, aucun de ces cas n’avait été jugé susceptible de guérison et chez la plupart l’état général mauvais, les images radiologiques chargées, les signes stéthoscopiques semblaient annoncer une terminaison fatale à bref délai. »
- Sur ces 26 cas, il y a eu 22 succès dont Bayle publie les observations. L’effet du traitement est magnifiquement illustré par les radiographies, ainsi que par les courbes de poids et de température dont nous avons pris quelques-
- 1. Revue de la Tuberculose (juin 1929). Mémoires originaux. Documents à l’appui du traitement de la tuberculose par l’opothérapie splénique (p. 335-360).
- documents très significatifs (fig. 3). La radio de début montre le côté droit de la malade absolument opaque en raison d’une spléno-pneumonie ; la seconde radio a été prise après 8 mois de traitement et montre l’éclaircissement complet du côté malade.
- L’observation V nous met en présence d’une tuberculose bilatérale généralisée. La radio de gauche (fig. 4) montre que les lésions sont disséminées sur toute la hauteur des deux poumons. La radio de droite, faite après seize mois de traitement, montre que les deux poumons sont devenus entièrement clairs, ce qui indique que les lésions sont résolues.
- Les courbes de poids montrent que l’amélioration se fait sentir dès que le traitement est commencé (fig. 5) et suit une marche régulière.
- La comparaison des courbes de fièvre avant et après le
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- daw.Fw. Mare Ave. Mai Juin Juil. Août Sept. Oet. Nov. Déc. Janv.Fév. MarsAvril Mai Juin Jui!. Août Sept.
- Fig. 5. — Courbe mettant en évidence l'influence du traitement splénique (méthode du Dr Bayle) sur le-poids du malade. L’augmentation régulière du poids suit de près l’application du traitement.
- traitement, est également fort instructive.
- La figure 6 montre (en haut) que la température, qui était de 39 et 40°, est devenue normale (en bas) à la suite du traitement et n’oscille plus qu’autour de 37°.
- Toutes les radios et tous les graphiques sont impressionnants; ils illustrent d’une façon très nette ceux des effets du traitement qui se ramènent à ces trois points : éclaircissement des radios, chute de la fièvre, augmentation du poids.
- Mais ce qu’ils ne peuvent nous montrer, c’est l’amélioration parallèle, saisissante de l’état général. L’anémie a disparu (augmentation du nombre des globules rouges et du taux de l’hémoglobine), les bacilles ont disparu (ou sont en voie de dégénérescence et de disparition). Sur les 25 cas publiés par Bayle, tous enfants, c’est-à-dire individus chez qui la tuberculose est plus grave et présente une marche plus rapide que chez l’adulte, tous dans un état désespéré, il y a eu 21 malades améliorés très notablement dont 10 peuvent être considérés comme guéris.
- Ce qu’il y a d’important dans ces observations, c’est qu’il ne s’agit pas d’impressions, mais de précisions avec images radiographiques, courbes et examens de laboratoire. Nous y lisons que l’hémoglobine a augmenté dans des proportions de 24 à 115 pour 100, que les .globules rouges ont augmenté d’une façon persistante de plus d’un million d’hématies par millimètre cube de sang, que sur 22 malades 21 ont augmenté de poids dont quatre de 5 kg, trois de plus de 8 kg, trois de plus de 10 kg.
- D’autre part, Fliegel à Vienne et Loeffler ont confirmé la remarquable action de ce traitement dans les tuberculoses chirurgicales, ganglionnaires et ostéo-articulaires où ils ont eu des guérisons rapides dans des cas qu’ils avaient considérés comme incurables, confirmant les résultats analogues publiés antérieurement par Bayle. (Concours, médical, 1926.)
- CONCLUSIONS
- U ressort de cet exposé que le traitement splénique ne s’applique pas seulement à la tuberculose pulmonaire, mais à toutes les formes de la tuberculose, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant.
- Nous ajoutons que le traitement est absolument inoffensif et ne donne lieu à aucune complication, qu’il peut s’employer chez tous les malades et dans toutes les formes de tuberculose et sans jamais entraîner aucune réaction fébrile ou autre.
- La méthode de Bayle mérite donc, d’être classée non plus seulement parmi les nouveautés intéressantes, mais parmi les conquêtes définitives de la science. Elle s’allie parfaitement à la cure sanatoriale et au pneumothorax.
- Elle s’avère comme l’une des armes les plus puissantes que nous possédions contre la tuberculose.
- Mais nous avons le devoir d’être éclectique et de conclure que, quelles que soient les préférences que l’on puisse avoir pour l’une ou l’autre des méthodes dont nous
- avons parlé, il n’en persiste pas moins que toutes les trois, à des degrés divers, ont donné à l’heure actuelle des preuves de leur efficacité.
- C’est au phtisiologue averti qu’il appartient de se servir de l’une ou l’autre de ces armes nouvelles et puissantes suivant les formes qu’il a à traiter.
- Ces traitements généraux peuvent être employés soit isolément, soit simultanément, soit avec le pneumothorax.
- Au moment de terminer cet article, nous lisons dans la séance du 13 mai 1930 à l’Académie de Médecine la communication de Fernand Bezançon et la discussion à laquelle ont pris part Léon Bernard, Emile Sergent et Marcel Labbé. Ils sont unanimes à constater que le développement du pneumothorax et des traitements récemment découverts ont imprimé une nouvelle orientation à la lutte antitubercideuse.
- A moins de 20 ans en arrière « la thérapeutique, dit Bezançon, se bornait presque exclusivement, à l’envoi du tuberculeux loin des villes, en sanatorium ou en cure libre ». Rien ne peut donner une idée plus juste du chemin parcouru depuis lors, que cette remarque de Léon Bernard : k Les maîtres éminents qui nous ont formés,
- Fig. 6. — Graphique mettant en évidence t'influence dd traitement splénique (méthode du Dr Bayle) sur la chute de la température des malades. En haut, courbe avant le traitement (fièvre 39° et 40°) ; en bas, courbe après le traitement (température normale, oscillations autour de 37°).
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- Bezançon et moi, seraient bien surpris d’entendre cette affirmation qu’à l’heure actuelle le rôle de la thérapeutique, dans nos services de tuberculeux, est au premier plan. Et cependant il en est bien ainsi. Si l’on met à part la syphilis, j’estime qu’à présentai n’est pas de maladie chronique où la thérapeutique occupe une telle place ». Cette nouvelle orientation, officielle depuis la séance du
- 13 mai, ne nous a pas surpris : il suffit de jeter un coup d’œil sur notre premier article pour voir que, dès le début de 1929, nous l’avions prévue.
- G. Eisenmengeb,
- Professeur agrégé Docteur ès sciences.
- L’ASTRONAUTIQUE
- Depuis plusieurs années, M. Robert Esnault Pelterie poursuit par la parole et par ses écrits une intéressante propagande, en faveur de 1 ’ Astronautique. Le néologisme, créé par J.-H. Rosny aîné, est favorablement accueilli et si l’auteur n’est pas encore parvenu à détruire le scepticisme qui enrobe les esprits moins hardis que le
- Fig. l. _ Comment varie la pesanteur quand on s’écarte de la Terre.
- Les longueurs AB, CD, EF, GH, IJ, KL, représentent l’intensité de la pesanteur à des distances du centre de la Terre égales a 1, 2, 3, 4, 5, G rayons terrestres. Le parallélogramme OABP représente le travail minimum nécessaire pour projeter le poids AB hors de la zone de l’attraction terrestre (en supposant ciue la Terre n’ait pas d’atmosphère). (D’après Max Valier, Rakclcnfalirl. Oldenbourg, éditeur Berlin.)
- sien, du moins a-t-il le mérite de nous convaincre que le problème n’est pas insoluble.
- Il nous suffit qu’une telle proposition soit admise pour justifier les travaux du sympathique savant et pour leur réserver l’accueil le plus bienveillant. Aussi bien M. Robert Esnault Pelterie n’est ni le premier ni le seul à exploiter ce champ merveilleux de l’astronautique qui embrasse, sinon l’infini, du moins une portion de cet infini qui nous intéresse plus particulièrement : je veux dire l’ensemble du système solaire.
- Pour le moment, le problème qui se pose est celui d’un voyage à la Lune, aller et retour bien entendu, et, pour commencer, sans arrêt sur notre blafard satellite. Les voyageurs partent de la terre dans une fusée qui contourne le globe lunaire à faible distance et revient à son point de départ après une absence de quatre jours.
- LES BASES SCIENTIFIQUES DU PROBLÈME
- Nous sommes fixés au sol par une force mystérieuse que
- l’on pourrait croire consciemment chargée de nous retenir prisonniers sur notre globe : c’est la pesanteur.
- Elle résulte de l’attraction que la terre exerce sur nous, mais on pourrait dire aussi exactement : de l’attraction que notre corps exerce sur la terre, car ces deux forces sont égales et de sens contraire. Une telle propriété d’attraction est du reste absolument générale : la matière attire la matière proportionnellement à la masse attirante et en raison inverse du carré de la distance. C’est la loi que Newton découvrit en regardant tomber une pomme; c’est la loi qui maintient les astres sur leurs orbites immenses, et qui est si précise que l’on peut calculer, des milliers d’années à l’avance, l’instant précis où la Lune passera devant le Soleil, provoquant une éclipse sur tel ou tel point de la Terre; qui permet de retrouver aussi après des millénaires le lieu, la date et l’heure d’un événement (d’une.bataille) qui fut accompagné d’uné éclipse.
- Comment se soustraire à cette force ?
- Il pourrait sembler à première vue que l’avion remplit le but; il n’en est rien, car nul n’ignore qu’il s’appuie sur l’air par le moyen de la vitesse, comme un patineur peut passer très vite sur une couche de glace mince, mais ne saurait s’y arrêter sous peine de l’effondrer. L’avion doit également être constamment tiré en avant par son hélice sous peine de ralentir et de redescendre, mais cette hélice doit elle-même trouver un point d’appui et c’est l’air naturellement qui le lui offre.
- L’épaisseur de l’atmosphère est très faible en comparaison des distances qui nous séparent des astres : 100 km en regard de 380 000 km pour la Lune, 42 000 000 de km pour Vénus et 56 000 000 de km pour Mars et encore, lorsque ces deux astres passent au plus près du nôtre. On voit ainsi les distances énormes qu’il faudra parcourir dans des conditions nouvelles où le faible et fuyant appui de l’air est lui-même refusé aux ailes des hommes.
- Supposons maintenant qu’on lance un caillou en l’air : il montera d’autant plus haut qu’il aura été lancé plus fort. Cela veut dire plus précisément : d’autant plus haut qu on lui aura communiqué une plus grande vitesse initiale. Augmentons encore la vitesse initiale; portons-la par exemple à 8 ou 900 mètres par seconde en utilisant un fusil; le caillou devenu projectile à proprement parler montera a une dizaine de kilomètres en dépit même de la résistance que l’air lui oppose (surtout au départ où il est plus dense). Considérons maintenant la Bertha qui tirait sur Paris en 1918, sa vitesse initiale de 1400 m
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- par seconde lançait le projectile jusqu’à 30 à 35 km de haut. A cette altitude il y a bien encore une atmosphère, mais si raréfiée, que, même à cette vitesse, la résistance opposée devenait presque insensible.
- Il tombe sous le sens que si l’on peut encore augmenter la vitesse initiale, on augmentera du même coup l’altitude atteinte.
- Ici, deux questions se posent :
- 1° La vitesse initiale doit-elle augmenter proportionnellement à l’altitude recherchée ?
- 2° Nos ressources techniques nous permettent-elles de réaliser les vitesses requises ?
- Pour faire comprendre la réponse à la première question, je rappellerai ce qui a été dit plus haut : l’attraction terrestre diminue en raison du carré de la distance : une masse qui pèse 100 kg sur la terre n’en pèse plus que le quart, soit 25 kg si sa distance au centre de la terre est doublée, c’est-à-dire si elle est transportée à un rayon terrestre (6371 km) d’altitude.
- Si la distance au centre est triplée (12 742 km d’altitude) son poids tombe à l/9e de sa valeur à la surface, soit 11,11 kg; si la distance au centre est décuplée, le poids tombe au centième de sa valeur initiale, soit 1 kg. Cette brève explication fait comprendre comment les mécaniciens ont été amenés à rendre distinctes les notions de masse (qui demeure constante) et de poids qui n’est
- Fig. 3. — Le trajet de. la Terre à la Lune (A 345980 km de la Terre, l'attraction de la Lune Vemporte sur celle de la Terre).
- qu’une force d’attraction dépendant de la masse du corps attirant et de sa distance.
- Ceci dit, on comprendra maintenant que la diminution de l’attraction, quand la distance augmente, puisse avoir pour résultat que la vitesse initiale nécessaire à lancer un corps jusqu’à l’infini ne soit pas elle-même infinie; c’est le résultat qu’indique le calcul et, plus précisément, cette vitesse initiale est à- la surface de la terre de 11 180 m par seconde, abstraction faite de la résistance de l’air.
- Il n’y a là aucun doute possible, puisque nous avons tous les jours la vérification de cette loi par le mouvement des astres.
- Le calcul montre en outre que Je mouvement du projectile serait constamment ralenti par l’attraction terrestre qui le tire en arrière, mais la vitesse susdite suffit en quelque sorte à ce qu’il ait déjà pris assez de distance pour que l’attraction réduite ne suffise plus à annuler sa vitesse résiduelle et il continue son chemin indéfiniment. Le calcul montre encore que sa vitesse à chaque instant est justement celle qu’aurait au même point un mobile qui tomberait vers la terre sous la simple attraction de celle-ci, s’il était parti de l’infini sans vitesse initiale.
- Cette vitesse, bien définie en chaque point du champ
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- Fig. 2. — La pesanteur à la surface des planètes intérieures et le travail nécessaire pour lancer un poids hors de la zone d’attraction de la planète, c’est-à-dire pour lui donner la vitesse de libération.
- d’attraction d’un astre, a été nommée par M. Esnault Pelterie « vitesse de chute libre » quand elle est centripète et « vitesse de libération » quand elle est centrifuge, ou plus généralement de direction autre que centripète.
- Que deviendra le mobile si la vitesse qui lui a été communiquée n’est pas dirigée en sens contraire de l’attraction ? Il décrit une parabole autour de la terre, s’échappant ensuite vers l’infini suivant l’une des branches, tandis que, si la vitesse de lancement est supérieure à la vitesse de libération, le mobile décrit une hyperbole. Enfin si la vitesse initiale est plus petite que la vitesse de libération, le mobile, incapable d’échapper à l’attraction terrestre, se transformera en satellite de la terre, en décrivant, suivant les cas, soit une ellipse, soit une circonférence.
- Ces considérations ne doivent pas nous faire oublier cpie la Terre, étant un satellite du Soleil, est soumise à l’attraction de cet astre; tout mobile qui voudrait être libéré de cette influence devrait être animé d’une
- Fig. 4. — La trajectoire d’un véhicule astronautique parlant de la Terre, faisant le tour de la Lune et revenant à la Terre. (D’après R. Esnault Pelterie. L'Astronautique.)
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- .parachute
- chambre___
- à oxygène
- Chambré,__
- à a/coot
- .pulvérisateurs
- _Ctiambre de combustion
- _ tuyère
- diie de direction de /a Fusée inférieure à a/coo/x à
- Fig. 5. -— Coupe schématique de la fusée pour voyage interplanétaire imaginée par le Dr Oberlh, lauréat du prix d’Astronautique. L’appareil comprend deux fusées : la l'usée inférieure à alcool et oxygène est libérée au cours de la propulsion du véhicule; la fusée supérieure à hydrogène et oxygène liquides continuant sa mute.
- (D'après Max Valier, Bakrlrnfnhri.)
- vitesse de 41 km 16 par seconde. Ainsi la Terre, qui parcourt 29 km 52 par seconde sur sa trajectoire devrait parcourir 41 km 16 pour se libérer de l’attraction du Soleil. Mais si un mobile était lancé à la vitesse de 11 km 180 par seconde (vitesse de libération à la surface terrestre) dans la même direction que la Terre sur son orbite et que la vitesse de rotation de la Terre à l’équateur (468 m par seconde) vînt s’y ajouter, le mobile serait libéré à la fois de l’attraction terrestre et de l’attraction solaire; il voguerait alors vers les espaces infinis à moins que sa direction ne fût modifiée par l’attraction d’une autre planète, auquel cas il serait capté soit par cette planète, soit par le Soleil.
- DE LA THÉORIE A LA PRATIQUE ’
- La première idée qui vient à l’esprit, si l’on veut com-
- muniquer une grande vitesse initiale à un projectile, est de le lancer par un canon au moyen d’un puissant explosif. C’est ce que Jules Verne avait imaginé; malheureusement tout être vivant embarqué dans un tel projectile, subissant le choc initial, s’écraserait purement et simplement sur le plancher du véhicule, car, dans le canon de Jules Verne, l’accélération, communiquée à l’obus pendant son parcours dans l’âme de la pièce, aurait donné au corps d’un homme pesant 70 kilogrammes au repos un poids 208 000 fois plus élevé, soit 14 500 tonnes ! Pour réduire ce poids apparent à 10 fois seulement le poids normal, le canon devrait avoir 637 kilomètres de longueur ! Quant à l’explosif, il n’en existe aucun qui soit capable de lancer un projectile à la vitesse de libération. Toutes les autres solutions proposées, comme la propulsion électrique ou l’intervention d’une roue agissant comme une gigantesque fronde, sont aussi irréalisables. Est-ce à dire que le problème soit insoluble ?
- Les savants modernes estiment que la fusée peut le résoudre.
- La fusée fut la première arme des artilleurs antiques. Elle a cependant peu progressé depuis, bien que les récentes expériences effectuées sur une automobile à réaction par les Allemands Fritz von Opel et Max Valier l’aient mise d’actualité.
- M. Robert Esnault Pelterie n’hésit6-q>as à la consi-
- ^ . S.
- Fig. 6. — Le D* Oberlh et son pMjel de fusée astronautique en modèle réduit.
- (Ph. Keystone View.)
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- dérer comme étant, le seul engin capable de s’affranchir des lois de l’attraction universelle. C’est que la fusée use d’un subterfuge. Au lieu de s’élancer brutalement dans l’atmosphère à une vitesse initiale considérable, elle part à une vitesse extrêmement faible qui augmente ensuite progressivement jusqu’à ce qu’elle ait atteint les confins de l’atmosphère où elle ne risque plus de devenir incandescente par suite du frottement sur l’air et où, en même temps, elle ne rencontre plus de résistance au mouvement. C’est le seul engin capable de répartir son accélération sur une longueur considérable.
- Mais ici se place un problème mathématique d’ordre très important. Peut-on obtenir qu’une fusée atteigne, avant consommation totale de son énergie, une vitesse plus grande que celle d’expulsion des ses propres gaz ? Les mathématiques, convenablement malaxées par l’inventeur, lui ont démontré qu’un tel résultat est possible à la condition que la fusée perde d’autant plus en poids qu’elle gagne en vitesse.
- Expliquons-nous.
- Le professeur américain Goddard, lui aussi hanté par le voyage lunaire, a fait des expériences avec une fusée dont la vitesse d’expulsion des gaz atteignait 2440 m par seconde. Or il a reconnu que pour atteindre la vitesse de libération, le rapport du poids initial au poids final devait être de l’ordre de 150, c’est-à-dire qu’une fusée pesant 150 kg au départ ne devrait plus j»eser que 1 kg au moment où elle atteindrait sa vitesse de libération, cela en admettant que la Terre ne fût pas entourée d’une
- Fig. '8. — Photographie de la Pleine Lune.
- Les régions claires sont occupées par les multiples accidents du sol, cirques et montagnes; les parties sombres, dont l’étendue générale est moindre, correspondent à des surfaces pratiquement uniformes, où l’atterrissage serait plus favorable.
- (Pli. Rudaux.)
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- Fig. 7. — La dernière voiture à fusée de Max Valier, un des pionniers de l'Astronautique.
- Sur ce véhicule, Max Valier a trouvé la. mort il y a quelques semaines.
- (Ph. Keystone View.)
- atmosphère, les 149 kg perdus en cours de route étant représentés par l’explosif consommé. Quant à la résistance de l’air, avec laquelle il est obligatoire de compter, elle exigerait, non plus un rapport de 150, mais un rapport de 600 d’après le même auteur. De tout cela il résulte que pour propulser un projectile d’une tonne, il serait nécessaire de lui donner une masse initiale de 600 tonnes.
- Ce serait là, paraît-il, la plus grande difficulté à résoudre; elle constituerait pour ainsi dire à elle seule tout le problème. M. R. Esnault Pelterie a donné à ce rapport de la masse initiale à la masse finale le nom de coefficient d’utilisation.
- Il nous faut dire maintenant ce qu’est une fusée. On s’imagine souvent que la propulsion de cet engin, propulsion dite par réaction, est due à la résistance que rencontrent les gaz expulsés sur l’air ambiant. C’est là une erreur qu’il importe de rectifier.
- effet de fusée se manifeste dans l’âme d’un canon dès que le projectile s’échappe au dehors. Si l’explosion se produisait dans une chambre parfaitement close, dans un cylindre d’automobile par exemple, aucun effet extérieur ne se produirait; mais, dans un canon, le projectile et les gaz étant expulsés dans un sens, le cylindre-canon est projeté dans l’autre sens; c’est le phénomène bien connu du recul. Il en résulte une propulsion du canon vers l’arrière, en sens contraire du projectile. Dans la fusée, l’on peut dire qu’il y a recul du projectile par rap port aux gaz éjectés.
- Diverses compositions explosives ont été proposées, en attendant l’utilisation de l’énergie intra-atomique, notamment, un mélange d’hydrogène et. d’oxygène liquides qui explose à 2900 degrés en dégageant de la vapeur d’eau. La combinaison s’effectuerait à l’intérieur d’une chambre de combustion et la vapeur d’eau s’échapperait à l’arrière de la fusée par un groupe de tuyères ; la vitesse pourrait atteindre 3800 m par seconde. Le professeur allemand Oberth a prouvé ensuite qu’il suffirait d’un excès d’hydrogène pour atteindre une vitesse de plus de 4000 m.
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- Dans ce cas, le coefficient d’utilisation pourrait descendre à 20. Ces données permettraient d’envisager la construction d’une telle fusée avec les moyens dont nous disposons actuellement.
- LE VOYAGE ALLER ET RETOUR
- Ayant admis le départ de l’engin, voyons comment il se comporterait, d’abord dans l’atmosphère, ensuite dans le vide interplanétaire, enfin — il faut penser à tout — eomment s’effectuerait le retour sur la Terre.
- La résistance de l’air sur un projectile animé d’une très grande vitesse entraîne une forte élévation de température, par le fait de la compression en tête du projectile. Dès que la vitesse atteint 2 kilomètres par seconde, réchauffement est de 159 degrés, température déjà inadmissible pour un engin habitable. A 3 kilomètres, la température passerait à 266 degrés; 445 degrés à 5 kilomètres : 754 degrés à 10 kilomètres, peut-être davan-
- Eh bien, ces deux obligations peuvent être respectées La construction de la fusée, permettant l’accélération au départ, donne ipso facto la possibilité d’accélération ou de réduction de vitesse en cours de route en agissant sur un deuxième propulseur, le premier ayant été abandonné dès que sa réserve d’énergie aura été consommée.
- L’orientation paraît plus délicate. Considérons ce qui se passe dans la marche rectiligne. Pour la réaliser, il faut et il suffit que la poussée de l’appareil à réaction soit dirigée dans le sens de la proprdsion et passe constamment par le centre de gravité de la fusée. Si donc, par un moyen quelconque, le pilote peut agir sur les tuyères d’échappement pour changer sa direction, le résultat cherché sera atteint. Un simple « manche à balai » peut se prêter à l’accomplissement de cette fonction. M. Esnault-Pelterie entrevoit même la commande automatique par l’intervention d’un pendule réglé de telle manière que, si la poussée de la tuyère s’écarte de
- Fig. 9. — Un point du sol lunaire va au télescope et rétabli en perspective.
- a) Photographie du Mont Pico et de son ombre sur le sol de la « mer des Pluies ». (Au-dessous le cirque Platon, dont le diamètre est de 100 km.) b) Le profil général du Mont Pico, tel que le verrait un observateur sur la Lune. (Dessin de Rudaux.)
- tage. Heureusement la vitesse d’une fusée croît progressivement de telle sorte que la traversée atmosphérique s’effectuera, à une vitesse modérée la mettant à l’abri des températures excessives. Parvenu dans les espaces vides, elle pourra atteindre la vitesse de libération sans inconvénient.
- La fusée se posera-t-elle sur la Lune pour reprendre son vol ensuite ? Il semble préférable, pour commencer, de contourner notre satellite en utilisant son attraction propre pour incurver la trajectoire. Le calcul donne la solution qui est la suivante (fig. 4). Pour que la trajectoire passe derrière la lune, il faut que l’angle a, soit toujours compris entre 1 et 9 degrés et que la vitesse initiale du.projectile (V0 étant la vitesse de libération), soit comprise entre 0,99 V0 et 1,0001 Y0 sans quoi le véhicule tombe sur la Lune ou part pour l’infini! Ceci donne à réfléchir, car une précision rigoureuse de manœuvre au départ s’impose à moins qu’il ne soit possible de rectifier les données en cours de route.
- l’orientation choisie, des contacts électriques provoquant le déplacement des appareils à réaction tendront à ramener la poussée dans la direction voulue.
- Il pourra également arrivér que le pilote désire changer l’orientation de la fusée pendant que le propulseur est au repos, pour faire des observations astronomiques par exemple. Dans ce cas le problème change et il a été résolu d’une manière élégante par M. Robert Esnault Pelterie qui s’inspire du « tour de reins » accompli par un chat tombant à la renverse pour se retrouver sur ses pattes en arrivant au sol. Un appareil de démonstration a même été imaginé. Il comporte un siège suspendu à une tige mobile dans toutes les directions. L’expérimentateur étant assis tient en mains un moteur électrique pourvu ou non d’un volant. Dès que ce moteur est mis en marche l’ensemble tourne autour de son pivot de suspension en sens inverse du mouvement de rotation du volant. Un mobile fixe dans l’espace peut donc s’orienter sans aucun point d’appui.
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- Il nous reste à examiner les conditions de retour sur la terre, comportant, par conséquent,, l’entrée en con-lact, avec l’atmosphère. La vitesse d’un mobile, venant de la Lune et tombant en chute libre vers la Terre, serait de 11 km à la seconde à 200 km de hauteur et la température de la fusée serait en conséquence de plus de 1000 degrés.
- Le D' Hohmann a proposé à ce nouveau problème une solution ingénieuse. Au lieu de traverser directement toute l’épaisseur de l’atmosphère comme le ferait une masse en chute libre, il envisage de faire décrire à la fusée un certain nombre de circonvolutions elliptiques autour de la Terre. Au cours des premiers « tours de terre » l’engin pénétrerait peu dans l’atmosphère et s’échapperait ensuite dans le vide. Mais pendant ces courts trajets dans l’atmosphère il subirait un freinage qui réduirait suffisamment sa vitesse pour lui permettre d’effectuer les dernières évolutions au sein même de l’atmosphère sans acquérir une température excessive et d’atterrir très doucement.
- M. Robert Esnault Pelterie entrevoit en outre la possibilité de retourner la fusée avant qu’elle aborde la zone dangereuse. Le freinage s’effectuerait alors par les propulseurs eux-mêmes agissant à contre-sens.
- HABITABILITÉ
- La fusée est-elle habitable ? Pour ce qui concerne l’atmosphère intérieure, on se trouve à peu près dans le cas des sous-marins.
- Mais quelle influence exercerait ce que l’on nomme le froid intersidéral ? En réalité le froid intersidéral n’existe pas. Si l’on veut bien se rappeler que la chaleur est un état particulier de la matière il faudra bien admettre que là où il n’y a pas de matière il ne saurait exister de température ni basse ni élevée. Mais si un corps se trouve plongé dans le vide interplanétaire il prendra aussitôt celle du rayonnement solaire.
- Que serait cette température sur la surface de la fusée ? Il est absolument certain qu’en noircissant une moitié de la surface externe et en polissant l’autre moitié, puis en présentant aux radiations solaires une fraction plus ou moins grande de l’une et l’autre surfaces on obtiendrait, à l’intérieur de la fusée, la température désirée. Il reste, enfin, une question à régler.
- En l’absence de tout champ gravitant, les astronautes, qui ne pèseront même plus un millionième de leur poids terrestre, n’auront plus aucune indication sur le sens de la marche, puisque, pour eux, il n’existera plus ni haut, ni bas, ni droite, ni gauche?
- Comment, dans ces conditions, s’effectueront les réactions physiologiques d’équilibre et d’orientation ? Nul ne peut le savoir.
- Fig. 10. — Coucher de Soleil sur tes Apennins lunaires.
- Du côté de l’ouest, cette chaîne dominée par le Mont Huygens (6000 m), figuré ici, présente des versants très raides; au coucher du soleil on la verrait envahie par l’ombre très régulière de l'horizon rectiligne de la merdes Pluies. Les parties du sol plongées dans l’ombre sont assez vivement éclairées par le reflet des majestueux sommets et par celui de la Terre qui, pour cette région de la T,une, trône presque au zénith. (Dessin de Rudaux.)
- COMMENT TROUVERONS-NOUS LA LUNE
- Nous ne connaissons, des paysages lunaires, que ce que nous livre le télescope. Les photographies qu’il nous permet d’obtenir nous montrent un ensemble copieusement « marmité », fait de montagnes, de plaines impropre-
- Fig. 11. — Aspect général des petits cirques lunaires,, nus d'un point élevé.
- Les tout petits cirques de quelques kilomètres de diamètre au plus, seraient les seuls qu’un voyageur débarqué sur la Lune pourrait contempler dans leur ensemble.
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- Fig. 12. •— Vue de l’intérieur d’un cirque de taille moyenne.
- Tout autour de lui, l’œil apercevrait le rempart circulaire comme une barrière montagneuse fermant l’horizon. (Dessin de Rudaux.)
- ment dénommées « mers » et de crevasses fortement accusées par la lumière crue du Soleil. L’absence d’atmosphère, en éloignant la vie, prive en effet notre satellite de la belle lumière diffuse qui nous vaut, sur la Terre, des lointains brumeux, un ciel bleu, des nuages, des tempêtes.
- C’est pourquoi toute comparaison entre les sites terrestres et ceux de la Lune est impossible. Même sur les plus dénudés de nos massifs montagneux, sur les plaines brûlées par le soleil, rien ne peut donner une idée des paysages lunaires ardemment éclairés et chauffés lorsque le soleil les atteint, glacés sous les ombres : tropiques d’un côté de la montagne, pôles de l’autre, sans transition, pans répartition bienfaisante de la lumière et de la chaleur.
- Le plan en relief de la surface lunaire, tel que le donne la vision télescopique, est rigoureusement exact, mais a-t-il toujours été parfaitement interprété? Cirques et montagnes sont accusés par un éclairage. Sous l’éclairage oblique, au cours des phases, cirques ou montagnes, accompagnés d’ombres puissantes, donnent l’impression que des gouffres profonds, des pics prodigieux sont là entassés sous nos yeux. En un mot, une telle impression est susceptible de fausser notre appréciation, quant au caractère véritable de ces sites.
- Notre excellent collaborateur et ami Lucien Rudaux a eu l’heureuse inspiration de matérialiser par l’image l’architecture lunaire. C’est bien un travail d’architecte qu’il a exécuté en s’aidant de la géométrie qui lui a
- Fig. là. — Vue à l'intérieur du grand cirque de Platon sur la J,une.
- Arrivant au centre d’un cirque de cette dimension, le voyageur se croirait seulement h la surface d'une plaine étendue; seuls quelques points élevés du rempart, trop éloigné, surgissent au-dessus de l’horizon, et semblent de lointains sommets isolés. Cette image montre en même temps le caractère uniforme et désolé des s mers », l’arène des grands cirques possédant une nature analogue è celle de ces immenses étendues, par contre plus propices que toute autre région à un atterrissage sur notre satellite. (Dessin de Rudaux.l
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- permis de l'ectitier certaines erreurs de proportions.
- C’est par l’éclairement que les paysages lunaires se différencient le plus dès nôtres. Ainsi, en « plein jour » lunaire, le ciel paraîtrait noir, comparable à celui d’une nuit terrestre avec son fourmillement d’étoiles accompagné d’un soleil radieux entouré de ses protubérances, de ses flammes, ciel idéal pour un astronome !
- L’absence de lumière diffuse détermine-t-elle, comme on l’a cru, des ombres intenses avec une ligne de séparation nette de la lumière? C’est fort peu probable, car la lumière crue du Soleil n’est pas sans se réfléchir fortement sur les surfaces éclairées et atténuer les ombres qui leur font face. D’autre part, la Terre, astre énorme pour notre satellite, lui envoie une lumière dont l’intensité dépend des « phases » de la Terre et qui contribue à adoucir les ombres, qui éclaire même les coins que la lumière réfléchie par les accidents du sol ne peut atteindre. 11 y a donc sur la Lune, aussi bien que sur la Terre, des ombres tantôt crues, tantôt plus ou moins fortement adoucies dont Lucien Rudaux a tenu compte dans ses représentations.
- Quant aux sites eux-mêmes, ils peuvent être représentés dans leurs proportions vraies en se basant sur l’étendue, mesurée directement, des accidents du sol, et sur leur altitude, déterminée d’après la longueur des ombres en fonction de l'obliquité de l’éclairement. Ces ombres, exagérées lorsqu’elles sont provoquées par une illumination rasante, laissent volontiers croire, à première vue, qu’elles sont projetées par des pics aigus; ainsi l’ombre du Mont-Pico (fîg. 9) est telle qu’on pourrait attribuer à ce sommet une hauteur considérable et une forme en pain de sucre. Cependant, tous calculs faits, il résulte que la montagne en question, dont la base s’élargit sur une vingtaine de kilomètres ne dépasse pas 2000 m d’altitude, proportions qui finalement se rapportent au profil peu ardu que montre la figure. En somme, les montagnes lunaires ne sont ni plus élevées ni plus escarpées que les montagnes terrestres. '
- Il existe cependant des versants abrupts, notamment dans la grande chaîne des Apennins qui se soulève très brusquement en bordure de la Mer des Pluies. De telles dispositions, ajoute l’auteur, sont conformes aux explications fournies par les meilleures hypothèses sur la genèse des formations lunaires, notamment celles de MM. Lœwÿ et Puiseux, invoquant les phénomènes cle soulèvement, rupture et basculage de fragments entiers de l’écorce lunaire. .
- C’est encore par l’observation directe que l’on a pu se rendre' compte de la présence d’immenses crevasses, ou rainures, dont la largeur peut atteindre plusieurs kilomètres (fig. 14).
- La plupart possèdent des versants obliques, plus où
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- moins accentués, et quelques-unes des parois à peu près verticales.
- Mais le sol lunaire est caractérisé surtout par les cirques. Bien que cle formation plutonienne, ces cirques ne sauraient être assimilés aux Cratères des volcans terrestres en raison de leurs énormes dimensions qui, dans nombre de cas, atteignent 50, 100, 150 kilomètres de diamètre, même davantage. La plupart sont constitués par une plaine immense, avec, ou non, un massif montagneux au centre. Presque toujours le niveau de ces plaines est très inférieur à celui du sol environnant; on s’en rend compte, surtout, dans les petites excavations où le versant extérieur des remparts qui les bordent est à peine accusé (fig. 11 et 12).
- 11 est plus difficile, par contre, de se faire une idée
- exacte de la topographie des grands cirques dont les remparts seraient cachés par l’horizon pour un observateur placé au centre, cela en raison de Ta courbure de la Lune, beaucoup plus prononcée que celle de la Terre.
- Dans un cirque à fond plat, tel que Platon (fig. 13), un observateur ne verrait qu’une plaine immense, car les bords du cirque disparaîtraient derrière l’horizon.
- A tel point, affirme^Lucien Rudaux, que les cirques sont peut-être les formations que nous aurions le plus de mal à reconnaître en prenant pied sur notre satellite.
- On voit, cependant, que les futurs explorateurs de la Lune disposent déjà de données sérieuses pour préparer leur voyage.
- Lucien Fournier.
- Fig. 14. — Au bord d’une grande crevasse lunaire n'ouvrant à la surface des mers;
- Larges de plus d’un kilomètre, dans certains cas longues de plusieurs centaines de kilomètres, ces immenses cassures du sol, dont nous n’avons aucun équivalent sur la Terre, constitueraient, sans aucun doute, d’infranchissables obstacles pour un voyageur explorant la Lune. (Dessin de Rudaux.)
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- L’ARRACACHA =
- Celte plante alimentaire herbacée est originaire de l’Amérique centrale; elle appartient à la famille des Ombellifères, qui donne chez nous le Céleri, la Carotte, etc. C’est un végétal à racines charnues, très grosses, qui forment la partie comestible de ce légume, se rapprochant beaucoup comme saveur du céleri rave, mais à chair farineuse; le feuillage, très ample, peut remplacer le céleri dit en branches.
- Et maintenant que faut-il dire de ce produit agricole qui n’est, pour nous, à rappeler qu’à titre de curiosité, car jusqu’à présent YArracacha (Arracacha csculenla) s’est montré partout, dans le nord, réfractaire à toute culture. J’en avais reçu des échantillons, lorsque je résidais sur la Côte d’Azur; là, j’eus plus de réussite et si pendant une absence que je fis mon jardinier avait irrigué régulièrement, je serais arrivé, en fin de saison, à un résultat parfait. Quoi qu’il en soit, j’ai pu déguster un Arracha méridional, mais poussé à une altitude de 260 in. Sur le littoral même, il ne faudrait pas espérer un tel produit. Au reste voici, par quel prodigieux hasard, je parvins à manger un légume (.['aussi difficile culture.
- J’avais reçu (je l’ai dit) une caissette de cette excellente oinhellifère, mais l’ayant déjà essayée jadis en Algérie, sachant que d’autres en avaient fait autant, sans réussir,
- comme l’envoi était en parfait état, je m’en débarrassai en le plantant dans un coin de terrain glaiseux, mais un peu mêlé de sable. Le sol fut défoncé et largement fumé avec du sulfate d’ammoniaque, on arrosa, sarcla et bina, enfin on fit pour le mieux et je fus tout surpris de voir les Arracacha croître et développer leur beau feuillage.... J’ai dit plus haut le résultat obtenu.
- Maintenant, faut-il conclure que ce légume est cultivable dans le Midi, sur la hauteur, alors qu’il ne l’est pas dans le Nord? Chi lo sa!
- Quoi qu il en soit, de l’avis de bon nombre d’amateurs, Y Arracacha n’est pas une plante méritant qu’on s’occupe d’elle, parce que personne n’a pu arriver à en récolter une racine même menue. Il y a bien moi, mais cela n’a qu’une importance relative et secondaire, car ce que j’ai pu arriver à faire ne se renouvellera probablement jamais.
- Je ne m’étendrai pas davantage sur le mérite de cette précieuse plante, mais je souhaite qu’un jour quelqu’un puisse dire : « J’ai réussi à la cultiver et pour ce faire, j’ai procédé ainsi ! » Celui qui annoncera cette prouesse aura bien mérité des gourmets.
- R. de Noter.
- NOUVEL APPAREIL POUR LES PROJECTIONS DE CINÉMATOGRAPHE PARLANT
- Le cinéma sonore, dès la création des premiers appareils qui Font rendu possible, a fait la conquête foudroyante des Etats-Unis où il supplante le cinéma muet. Il n’a pas tardé à s’implanter en Europe, mais sa diffusion y est jusqu’ici plus lente ; la raison de ce retard doit être surtout cherchée dans les dépenses élevées qu’entraîne le nouvel équipement. Car il est indiscutable qu’en France en particulier, tout comme aux Etats-Unis, le cinéma sonore a trouvé d’emblée la faveur du grand public.
- On a beaucoup discuté déjà de sa valeur artistique; mais tous ceux qui ont assisté, dans une bonne salle, à une projection de fdm sonore ou parlant faite avec soin ont dû, en dépit de toute prévention, reconnaître la puissance d’expression et la richesse de moyens de cette nouvelle technique. On peut même ajouter que son apparition est une bonne fortune pour notre pays; elle permet la renaissance, dans le domaine cinématographique, d’un art national dont le foyer menaçait de s’éteindre sous le souffle américain. Mais pour que cet art national vive, se développe et rayonne au dehors, une condition essentielle est qu’il trouve dans le pays même un large public ; il faut donc qu’un grand nombre de salles soient mises à sa disposition. Et, de suite, on se heurte à l’obstacle signalé plus haut : la complexité et le prix élevé des installations s’opposent à l’équipement des salles moyennes ou modestes qui sont en France la majorité.
- Aux efforts des auteurs, des metteurs en scène, des acteurs et des musiciens pour perfectionner l’art complexe de l’écran, il faut donc que s’associe un effort parallèle des inventeurs et constructeurs pour simplifier le matériel ainsi que sa mise en œuvre.
- C’est ce qu’a parfaitement compris M. Léon Gaumont dont nous avons récemment décrit le nouvel appareil. C’est ce qu’a compris également un autre français, M. René Nublat, qui, ayant étudié à fond, aux États-Unis les qualités et les défauts des appareils américains, a conçu et réalisé un appareillage ingénieusement simple et pratique; il a réussi non seulement à créer un matériel relativement peu dispendieux, mais par surcroît il a éliminé un certain nombre de défauts inhérents aux systèmes jusqu’ici en usage. Il s’est surtout préoccupé d’éviter les causes d’arrêt et les incidents de fonctionnement qui, souvent insignifiants par eux-mêmes, peuvent avoir un effet désastreux sur le spectateur et désorienter complètement l’opérateur pris au dépourvu.
- FILM ACOUSTIQUE ET DISQUES
- Les lecteurs de La Nature savent qu’il y a deux systèmes de cinéma parlant : dans l’un, le son est inscrit photographiquement sur une bande du film même qui contient les images des scènes à reproduire : à la projection, le son est reconstitué au moyen d’un faisceau de lumière, modulé par la bande acoustique du film; puis reçu par une cellule photoélectrique qui transforme les modulations lumineuses en modulations électriques ; celles-ci, préalablement amplifiées, sont dirigées sur un amplificateur à basse fréquence associé à un haut-parleur, en général électrodynamique, qui reconstitue, en l’amplifiant au besoin, le son initial.
- Dans ce système, le synchronisme et la concordance de phase entre la parole et le mouvement sont toujours rigoureusement assurés sans intervention d’aucun mécanisme. Mais la qualité de la reproduction acoustique
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- laisse souvent à désirer : les irrégularités microscopiques de l’enregistrement photographique donnent naissance à des parasites, à des bruits de bromure, suivant l’expression des techniciens américains, dont on n’a pas encore réussi à se débarrasser avec certitude, et qui s’aggravent avec l’usure du film.
- C’est ce qui explique que le système du film acoustique n’ait pas encore réussi à supplanter le procédé qui consiste à enregistrer les sons sur des disques de phonographe, en synchronisme avec la prise de vue, disques que l’on fera jouer à la projection en les faisant tourner également en synchronisme parfait avec le film qui défile dans la lanterne de projection. Grâce à l’enregistrement électrique et à la reproduction par pick-up, le disque a atteint aujourd’hui la quasi-perfection acoustique; aussi, un très grand nombre de films parlants, parmi les meilleurs, persistent-ils à l’utiliser malgré les complications mécaniques qu’entraîne son emploi, et malgré les difficultés de transport d’un matériel plus lourd et plus fragile que le film. Il est probable que le disque restera longtemps encore le reproducteur acoustique de qualité.
- Tout appareil de projection pour cinéma parlant doit donc être en mesure de passer à volonté le film parlant-proprement dit, ou le film accompagné par disques synchronisés. L’appareil de M. Nublat répond à cette exigence.
- LE REPRODUCTEUR LUMINEUX
- Il s’adapte sur toute lanterne de projection et consiste en deux parties : une table à disques, massive pour être à l’abri de toute vibration, et un socle creux sur lequel on monte la lanterne et la partie optique de l’appa-
- Fig. 2. — L’ensemble de l’appareil cinématographique parlant.
- Fig. 1. — La table à disques et sa liaison mécanique avec l’axe de l’obturateur.
- reil de projection. A l’intérieur de ce socle est placé le moteur électrique qui entraîne le film et qui commande indirectement le disque comme nous le verrons plus loin, c’est un moteur asynchrone alimenté par le courant alternatif du réseau; le couple résistant qu’il doit vaincre étant faible et sensiblement constant, la vitesse de rotation reste pratiquement constante, même pour des variations notables de la tension du courant du réseau. Un embrayage progressif et automatique assure, au démarrage, l’accouplement sans heurts du moteur avec les organes mécaniques qu’il a à mettre en mouvement. A l’intérieur de ce même socle sont placées la cellule photoélectrique et la lampe électrique à incandescence produisant le faisceau lumineux à moduler; elle est alimentée à tension constante par une petite batterie d’accumulateurs. Dans ce socle encore est la bobine enrouleuse sur laquelle vient s’enrouler le film après son passage devant la cellule. Tous ces organes, qui pris individuellement n’offrent rien de spécial, ont l’avantage d’être groupés à l’intérieur d’un seul bâti monobloc, ce qui confère en outre une grande sécurité contre l’incendie. Enfin, grâce à la disposition des organes, le changement d’une cellule ou de sa lampe excitatrice ne demande pas plus de 4 secondes, rapidité qu’apprécieront tous les opérateurs.
- Signalons, en passant, que la cellule photoélectrique employée est une cellule au potassium perfectionnée par M. Dunoyer et qui ne présente pas de saturation.
- LA SYNCHRONISATION DES DISQUES
- Dans les appareils existant jusqu’ici, cette fonction est assurée par des dispositifs électriques complexes. M. Nublat a simplifié le mécanisme, dans des proportions considérables, en commandant directement la
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- Fig. 3.
- Le dispositif automatique d’arrêt en cas de rupture du film.
- rotation de la table porte-disque par l’arbre qui entraîne le déroulement du film dans la lanterne de projection. Notre figure 1 représente ce dispositif très simple; la commande est assurée par une transmission à la cardan, courte et rigide, de façon à éviter les vibrations parasites; elle s’adapte sur l’arbre de l’obturateur de l’appareil cinématographique et assure la rotation de la table à la vitesse exacte prévue, c’est-à-dire 33,3 tours par minute. Un régulateur mécanique maintient du reste la constance de cette vitesse.
- Dans les appareils de reproduction phonographique, le pick-up est généralement entraîné par les sillons mêmes du disque. Celui-ci a donc, outre sa fonction acoustique, à jouer le rôle de came. C’est un défaut qui peut être grave; l’aiguille du pick-up peut, en effet, accidentellement, quitter son sillon, et voici le synchronisme perdu et le succès du spectacle compromis.
- Dans l’appareil Nublat, le mouvement radial du pick-up est également commandé par la transmission. Un engrenage par vis sans fin, convenablement disposé, fait décrire à l’aiguille un chemin radial égal à la largeur occupée par les sillons acoustiques, en un temps exactement égal à la durée de rotation du disque. Les sillons sont ainsi correctement suivis par l’aiguille, sans qu’il soit nécessaire d’exercer sur celle-ci une pression élevée ; on peut donc employer sans inconvénient les pick-ups légers et équilibrés qui n’usent pas les disques.
- Il arrive souvent qu’un film se casse au cours d’une projection : petit incident sans importance pour le cinéma muet : on rétablit la lumière dans la salle, l’opérateur
- recolle le film, et l’on repart. La manœuvre serait la même pour le cinéma à film acoustique; mais dans le cas d’un film accompagné par disques, l’opération est plus complexe ; ce serait une catastrophe de laisser la parole continuer à se faire entendre pendant une fraction même courte de la projection : l’interrupteur automatique de la fig. 3 y pourvoit. Au moment de la rupture du film un levier à molette qui s’appuie sur le film tombe brusquement et ferme, par un contact, un circuit élec trique, qui provoque l’arrêt du moteur et du disque. A la remise en route, il faudra retrouver la coïncidence parfaite entre les paroles et la scène projetée, opération délicate entre toutes, mais indispensable. Un organe simple, « le décaleur » rend cette opération aisée. Outre la vitesse normale de 33,3 tours par seconde, la transmission permet de donner à la table soit la vitesse de 40 tours, soit la vilesse de 25 tours par minute; l’opérateur n’a qu’à déplacer une manette pour passer à volonté sur l’une ou l’autre de ces 3 vitesses; il peut ainsi accélérer ou retarder son disque pendant quelques instants très courts pour le remettre d’accord avec la projection. Le décaleur a un autre emploi : les films, d’habitude, circulent de salle en salle, en vertu de contrats de location : au cours de ces pérégrinations ils peuvent subir des réparations, en général des amputations, qui détruisent la coïncidence de la parole et de la projection. A ce défaut, constaté au cours d’une projection d’essai, le décaleur permettra de remédier aisément.
- LES HAUT-PARLEURS
- Les dispositifs de reproduction du son utilisés par M. Nublat sont aujourd’hui classiques : haut-parleurs électrodynamiques associés à un amplificateur basse fréquence convenablement calculé et entièrement alimenté par le courant de secteur.
- Signalons toutefois que l’inventeur, ayant ’ reconnu la difficulté d’obtenir avec un même haut-parleur la reproduction fidèle de toutes les fréquences sonores, fait appel à plusieurs haut-parleurs ayant chacun une gamme de fréquence limitée, mais à l’intérieur de laquelle toutes les notes sont reproduites avec une intensité proportionnelle à celle de la note originelle.
- Grâce à tous ces perfectionnements de détail, M. Nublat a pu réaliser un ensemble original qui doit marquer un progrès pratique important dans l’évolution du cinéma parlant.
- R. Villers.
- Fig. A. — Le décaleur.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- AMUSEMENT PAR LES JETONS
- Le petit jeu rapporté ici se joue à deux personnes. Il consiste à prendre, chacun à son tour, dans un tas de jetons jusqu’à épuisement complet, en observant la règle suivante : chaque joueur prend un certain nom bre de jetons qui peut varier de 1 ri 3 et. celui qui est obligé de prendre le dernier jeton perd la partie.
- Si vous connaissez la manière d’opérer et que votre adversaire l’ignore, vous gagnerez pendant un temps plus ou moins long, mais non indéfiniment, car il peut arriver que celui-ci finisse par la découvrir et alors les,chances deviendront égales
- Pour gagner à ce jeu, il est indispensable de connaître le nombre total des jetons formant le tas considéré. De ce nombre vous retranchez l’unité, puis vous divisez par 4 et le reste de la division vous indique le nombre de jetons qu’il faut prendre dès le début de la partie. Il n’y a plus ensuite qu’à prendre un nombre de jetons dont e total fasse 4 avec ceux pris par l’autre joueur.
- On peut montrer clairement la raison du petit calcul que vous avez mentalement effectué.
- Supposez en effet que le nombre total des jetons soit 32. Rangez-les comme dans la figure ci-jointe où vous trouvez, en allant de haut en bas, d’abord un jeton isolé, puis sept rangs de 4 jetons et un dernier rang incomplet de 3 jetons; jouez le premier, prenez les .3 jetons du bas; votre adversaire commence le rang situé au-dessus en prenant 1,
- 2 et 3 jetons, vous le terminez en prenant le ou les jetons restants et de même pour les rangs suivants en allant de bas en haut. Il reste forcément le dernier jeton isolé en haut pour votre adversaire (fig. b).
- S’il n’y avait pas de reste à la division, autrement dit s’il n’existait pas de rang incomplet, il serait préférable de jouer le second; sinon il Sera toujours possible de reprendre l’avantage en profitant de ce que l’adversaire ignore encore la marche du jeu.
- Lorsque vous vous apercevrez que ce dernier est sur le
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- Fig. 1
- point de saisir le mécanisme du jeu, vous pouvez encore le dérouter momentanément en enlevant un jeton à son insu ce qui change évidemment le reste de la division et: par suite le nombre des jetons à prendre au début de la partie.
- Généralisation du jeu. -— Nous avons supposé que le nombre des jetons à prendre par chaque joueur variait de 1 à 3, mais on peut fixer tout autre. chiffre comme maximum. Comme le nombre total des jetons peur être également modifié, il en résulte une infinie variété dans la manière de jouer ce jeu.
- Si l’on désigne alors par N le nombre total des jetons, par n ie nombre maximum de jetons à prendre par chaque joueur, il est facile de voir que la formule suivante répond à tous les cas :
- N — 1 = multiple de (n -j- 1 ) -j-
- R désigne le reste de la division de N— 1 par n -j- 1. C’est ce reste qui devra être pris au début pour arriver sûrement à gagner la partie; il suffira en effet de prendre régulièrement ensuite un nombre de jetons tel qu’en l’ajoutant à celui pris par l’autre joueur le total soit égal à n -f- 1.
- Remarque. — Le jeu décrit ci-dessus a beaucoup d’analogie avec un autre jeu dont il a été question dans une récréation antérieure (') : chaque joueur comptait alternativement, en augmentant chaque fois le nombre énoncé d’une quantité au plus égale à un maximum fixé, .avec la convention que le gagnant serait celui qui atteindrait le premier un nombre choisi à l’avance.
- Ce qui fait la différence entre ces jeux, c’est que dans l’un il faut éviter de prendre le dernier jeton, tandis que dans l’autre il faut au contraire parvenir à énoncer le dernier nombre.
- Il en résulte que les formules qui leur sont applicables sont totalement différentes.
- Léon David.
- 1. Voir la Nature du 1er juin 1929.
- LES SERPENTS VIVANTS
- AU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- COLUBRIDÉS ET VIPÉRIDÉS
- Dans le pavillon des Reptiles, au Muséum national d’His-t.oire naturelle, ont été exposés des Serpents de Madagascar» nouvellement apportés et qui venaient d’être déterminés ; j’ai vu poser sur les cages vitrées les tableaux portant les indications relatives à chaque espèce.
- Séparé, par la cage d’un bel Héloderme, des Boas dont j’ai parlé précédemment, voici le, Lioheterodon (Lioheterodon Madagascariensis), don de MM. Petit et Waterlot. Deux individus sont fraternellement enroulés dans un coin, sur le sable de la cage. Autant qu’on peut en juger, leur longueur ne doit pas dépasser un mètre.
- Les deux têtes, dressées, regardent curieusement les visiteurs. Très vifs, très jolis, ils sont habillés de jaune et de noir; le dessus du corps a des reflets marron roux, des mouchetures
- noires font ressortir la couleur jaune des flancs. La tête est courte et pointue, le museau un peu aplati. La queue est fine et déliée, le tronc cylindrique.
- Les écailles sont lisses et brillantes chez l’Hétérodon de Madagascar. Lio doit venir de Leios == lisse. Du reste, le genre Hétérodon est rattaché à la famille des Coronelliens, qui comprend les Couleuvres lisses, à queue relativement courte, vivant de préférence dans les endroits arides; ces Serpents se nourrissent de petits animaux, tels que des Lézards, qu’ils avalent vivants.
- Au contraire, les Boas étouffent leur proie sous la pression de leurs vigoureux anneaux, et ne commencent à l’avaler qu’après s’être assurés qu’elle est bien morte : on a vu un Python mettre trois heures et demie à tuer un Varan de forle
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- taille, ce qui s’explique par la longue résistance des Reptiles à l’asphyxie.
- C’est à la façon des Pythons et des Boas que s’alimentent les Xiphosomes et les Pélophiles, qui sont de grands Serpents.
- Voisin de cage du Liohétérodon, le Xiphosome de Madagascar (Corallus Madagascariensis) vient de muer, sa vieille robe pend à une branche. Paresseusement roulé dans l’arbuste de sa cage, il est très beau, couvert de dessins noirs sur fond vert. Au soleil, ses écailles ont un éclat de turquoise. Le ventre, vert clair, est marqué de fins dessins bruns. '
- Le nom de Xiphosoma vient de Xiphos = épée. Ce genre se caractérise par un corps comprimé, des écailles lisses et plates, la tête déprimée, large en arrière, les narines latérales, la pupille verticale, la queue relativement longue, revêtue de plaques en une seule rangée.
- De ce genre, l’espèce la mieux connue est le Xiphosome canin, qui peut atteindre de 3 à 4 mètres de longueur, et qui habite l’Amérique du Sud. Il doit son nom à la forme de sa tête fortement déprimée, à ses mâchoires armées de dents longues et acérées. Par suite de l’aplatissement latéral de son corps, le Serpent Cynocéphale nage à merveille et s’enroule facilement autour des branches; mais il rampe assez mal sur le sol non accidenté. Aussi, sa position favorite consiste-t-elle à s’enrouler sur les branches à peu de hauteur au-dessus des eaux, de là, il guette les Oiseaux et les petits Mammifères dont il se nourrit; il est redouté des indigènes parce qu’il s’introduit dans les basses-cours pour capturer les Poules. L’individu exposé au Muséum a bien l’attitude décrite comme étant particulière au Xiphosome canin, et probablement à toutes les espèces du genre.
- Le troisième Serpent de Madagascar, donné par M. Petit, est le Pélophile (Pelophila Madagascariensis). Lui aussi vient de muer et apparaît orné de fraîches couleurs jaunes et orangées, marquées de brun. Il est étendu sur le sable de la cage et ne prend pas garde à une pauvre petite Souris qui trottine auprès de lui, en attendant l’heure d’être avalée.
- Le genre Pélophile ne comprend que cette espèce ; le P. de Madagascar. On le classe entre les Boas et les Eunectes, grands Serpents aquatiques. Le corps est plus comprimé que celui des Boas. Les narines s’ouvrent latéralement entre deux plaques. La taille maximum de ce Serpent est de 3 mètres de longueur. Le nom de Pélophile, de Pelos = limon, signifierait que cette espèce recherche les lieux humides, marécageux. Le Pélophile passe pour n’être pas dangereux pour l’homme; il ne serait pas agressif, et chercherait rarement à mordre.
- Plus loin, dans la cage des petites Tortues terrestres, se voient deux ou trois belles Couleuvres non déterminées, originaires du Maroc; je dis deux ou trois, car il peut s’en dissimuler une sous les abris mis à leur disposition : fragments d’arbres, briques creuses. Ce sont de petits Serpents, gracieux, sveltes, à tête ovoïde, à queue longue et mince, curieusement tachetés de brun et de blanc. L’un d’eux a le dessus du corps vert et noir, sur ses flancs les taches sombres se disposent en damier. 11 est vif, très éveillé et regarde autojKf^de lui; dans l’ombre, l’œil à la pupille ronde jette un écl^t bleu clair de pierre précieuse. Une autre Couleuvre, plus paresseuse, est roulée derrière le bassin, des lambeaux de son ancien épiderme demeurent sur le sable; elle est très belle, presque noire avec des reflets bleus, la tête est comme couverte de velours noir, la pupille est jaune orangé. Il s’agit là, sans doute, de Zaménis. Ces jolies Couleuvres doivent être peu éloignées de notre Verte et Jaune; comme elle, elles se plaisent dans les lieux secs.
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- Dans la seconde salle du Pavillon des Reptiles sont les Serpents venimeux.
- Et, d’abord, la belle Bitis Gabonica donnée par Mme le Dr M. Phisalix. La Ménagerie a reçu là un cadeau royal. Mais le public ne paraît pas admirer beaucoup la robe veloutée de la Vipère Rhinocéros, et il se borne à l’invectiver, à l’injurier, voire à frapper du poing la vitre de la cage. A ce propos, on ne 1 saurait trop s’élever contre cette manie du public qui injurie et menace les animaux : d’une part, les animaux constamment énervés par les agaceries des visiteurs passent leur mauvaise humeur sur les employés préposés à leurs soins ; et, d’autre part, n’est-ce pas un peu lâche d’exciter des bêtes captives, hors d’état de réagir à la minute présente? La foule se conduit vis-à-vis des animaux réputés dangereux à l’instar des petits Oiseaux autour du Hibou aveuglé et immobilisé par le grand jour. Cependant, la Vipère du Gabon ne paraît pas s’émouvoir de la gesticulation de ceux qui la contemplent. Elle est couchée tout de son long sur le sable, la tête appliquée au sol, mais elle ne dort pas; elle tourne la tête et s’avance quand on l’appelle doucement. Cette espèce se nourrit de petits Mammifères, surtout de petits Rongeurs. Nous ne nous étendrons pas davantage sur la Vipère du Gabon dont nous avons parlé dans le n° 2764 de La Nature, au cours de l’article intitulé : « Un drame au Muséum : la Mangouste Rilcki et les Vipères » (').
- Plus loin, voici une Vipère du Maroc, rare, paraît-il. Elle habite une cage sans inscription. Le gardien ouvre la cage et me la montre cachée derrière le bassin; elle est d’un gris roux, couleur de terre et de sable. D’assez belle taille, d’ailleurs. Je suis allée la revoir, un dimanche ensoleillé, et je l’ai retrouvée encore endormie, frileusement enroulée. Toujours dans l’ombre, elle est malaisée à examiner. Est-ce la V. latastii ou la V. lebelina ?
- Le Naja Haje, grande et belle Couleuvre dorée, n’a pas bon caractère; en nous apercevant.il souffle et se jette sur la vitre de sa cage du côté où nous approchons. Il vient de muer, comme l’atteste le fourreau frippé accroché aux aspérités du sol. Le Naja Haje est le Serpent à coiffe égyptien, proche parent du Naja des Indes, mais il ne porte pas de lunettes sur la nuque, et son cou est moins dilatable que celui du Cobra d’Asie, à cause de la plus forte courbure des côtes. L’Haje est plus grand que le Cobra, car l’adulte peut mesurer deux mètres de longueur. Sa couleur est variable, il est généralement jaunâtre, plus ou moins rouge ou brun, parfois taché de noir; son habitat s’étend à presque toute l’Afrique. En Egypte, cette espèce se tient dans les champs, auprès des ruines. Dans le Soudan et au Cap, on le trouve aussi dans les endroits ombragés, caché sous les pierres ou sous les broussailles. L’Haje n’attaque pas l’Homme qui passe à quelque distance de lui; mais si le Serpent se croit en péril, il cherche à effrayer et à mordre son ennemi, il serait capable alors de poursuivre l’Homme ou l’animal qui se serait trop approché de lui. Il serait aussi Serpent cracheur, du moins l’espèce qui vit au Cap et sur la côte occidentale d’Afrique, lancerait son venin mêlé à beaucoup de salive. Pourtant ici, il y a peut-être confusion entre le Naja Haje et le Sepedon (Sepedon haemachates) qui est le vrai « Serpent cracheur ». Le Naja Haje gardé en captivité ne crache pas son venin à distance. Le Sepedon est, du reste, un Serpent du genre Naja, au cou dilatable. Tous les Najas possèdent un venin extrêmement dangereux, leur morsure donne une mort rapide.
- Le Naja Haje d’Egypte se nourrit de petits animaux et surtout de Rats : il a donc une certaine utilité et c’est l’une des raisons pour lesquelles les Anciens lui vouèrent un véritable culte. Ce Serpent a souventThspirç le sculpteur, le peintre et le graveur antiques.
- Le Naja était le dieu tutélaire des temples égyptiens, il
- 1. Depuis que le présent article a été rédigé, la Vipère du Gabon est morte, et la Mangouste également.
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- devait en interdire l’entrée aux profanes. D’après Mariette, dans le temple de Dendérah, se trouvent représentés des Serpents génies : la tête a la forme d’un Naja, elle est supportée par un corps d’homme aux mains armées de grands coutelas.
- C’est le Naja ou Urœus qui orne Je pschent des Pharaons et des dieux, il surmonte le disque ailé, symbole du soleil en marche.
- C’est ce Serpent que les Psylles charment au moyen d’une étrange musique... C’est lui encore qui possède la faculté de tomber dans une torpeur cataleptique lorsqu’une région de sa nuque est légèrement comprimée : pendant un court instant il devient raide et comme privé de vie. De là l’explication des Serpents changés en baguettes, sous les doigts des magiciens d’Egypte.
- Les Anciens Grecs et Romains appelaient le Naja Aspis. Et le nom lui est resté, puisqu’il est dit encore « Aspic de Cléopâtre ». Dans la croyance populaire, cette espèce passe pour avoir causé la mort de la célèbre reine d’Egypte. Celle-ci s’est peut-être tout simplement asphyxiée; mais si la légende du Serpent repose sur une base véridique, ce ne doit pas être d'un Naja qu’il s’agit, mais plutôt, d’une Vipère Céraste, Vipère du désert aux yeux surmontés ou non de deux petites cornes érectiles. En'femme intelligente, Cléopâtre devait savoir que la morsure de Céraste donne une mort moins douloureuse que celle causée par l’Haje. En effet, le venin des Najas provoque l’asphyxie et le blessé meurt en gardant la connaissance comme dans l’angoisse terrible de l’angine de poitrine. Au contraire, le venin des Vipéridés, poison du sang et des nerfs, aboutit à l’engourdissement et au coma. Enfin, à moins d’avoir choisi un très jeune sujet, comment aurait-on pu dissimuler un Naja dans une corbeille de,fruits? Par contre, les Cérastes sont de petite taille (0 m. 34 à 0 m. 72 de longueur), et l’une d’elles
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- aurait pu prendre place dans ce fameux panier de figues qui n’a peut-être jamais existé....
- La dernière cage de la collection des Serpents vivants est occupée par des Vipères Aspics de France. Elles permettent au public d’apprendre à connaître leur structure, leur démarche lente, leur ondulement lourd sur le sol. Elles trouvent moyen de passer à travers les réseaux de leur cage métallique et de venir s’étendre contre la vitre de leur double prison, elles montrènt alors les moindres détails de leur habit, en dessus et en dessous. De profil, elles font remarquer leurmuseauretroussé, signe distinctif de l’espèce.
- Il a été dit et redit que les Vipéridés sont toujours méchants et qu’ils ne s’apprivoisent jamais : c’est au moins une grande exagération. Certainement, les Serpents venimeux sont très dangereux et il ne faut pas les manier sans précaution à cause de leur venin; mais les Vipéridés n’attaquent et ne mordent qu’au cas où ils se croient menacés, leur venin est surtout une arme défensive et un moyen de tuer les proies que leur lenteur ne leur permettrait pas d’atteindre par la poursuite. Les Vipères sont moins hargneuses que certaines Couleuvres, et en captivité, au bout de peu de temps, elles connaissent les personnes qui les soignent, elles ne bougent plus à leur approche, et ne manifestent aucune irritation quand on les prend (toujours au moyen de pinces spéciales). De plus, les Vipéridés sont très paresseux pendant le jour.
- C’est une Vipère cornue que le sculpteur L. Marchand a mise aux pieds du charmeur de Serpents qui se dresse à l’entrée du pavillon des Reptiles. Ce bronze gracieux semble engager le public à visiter la ménagerie des Serpents où, réellement, il y a souvent une grande affluence de visiteurs, car, de tous temps, ces animaux ont inspiré autant de curiosité que de crainte.
- A.. Feuillée-Rillot.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- PROCÉDÉ DE CULTURE ÉCONOMIQUE DU CHAMPIGNON.,. SANS COUCHE
- Le moyen d’obtenir des champignons comestibles, sans couche et sans frais, n’est pas trouvé d’aujourd’hui, mais la sainte routine n’en a pas voulu... c’était trop simple ! Or cela date de 1834, alors qu’un certain Vanderlinden préconisait un système de culture en appariement qui lui donnait d’excellents résultats. Aujourd’hui que la vie est chère, il me semble tout naturel de ressusciter ce procédé, que j’ai publié il y a... 50 ans, mais qui est bien oublié aujourd’hui, d’autant plus qu’il s’est encore bonifié.
- Les champignons obtenus avec la méthode Vanderlinden venaient sur de la bouse de vache séchée. Cette bouse était fortement humectée avec de l’eau nitrée à 1 pour 100 (sel de nitre du commerce). Il la tassait avec les pieds, sur une épaisseur de 0,10 m, dans un tiroir quelconque, en y mêlant un peu de terre légère.
- Cette fantaisie d’amateur rapportait beaucoup, grâce aux arrosages nitrés. Les écuries, les caves, les hangars même, sont favorables à la culture du champignon de couche, ainsi que les dessous de bois épais et sombres. Pour les obtenir, pour ainsi dire sans frais et presque tout l’été, voici ce que je fis, voici ce que j’obtins.
- Après bien des tentatives, je me procurai un tombereau de vieux plâtras de démolitions, particulièrement favorables pour ce que je voulais faire. Étant entassés régulièrement dans un hangar fermé, ces plâtras furent arrosés avec de l’eau nitrée à 2 pour 100 et laissés au repos pendant huit jours.
- Après quoi, on les répandit sur une épaisseur de 0,10 m, on les tassa fortement, puis on arrosa cette couche avec une solution d’eau nitrée à 4 pour 100. Des plâtras plus finement concassés étaient mêlés à 5 ou 10 kg de blanc vierge (que j’obtenais moi-même, avec du bon crottin de cheval) et étalé%.sur la première couche, sur une épaisseur de 5 à 6 cm.
- On arrosait de nouveau l’ensemble, et on recouvrait le tout de 3 à 4 cm de terreau de couche sableux : c’est tout. Il suffisait d’entretenir convenablement cette couche, sans fumier, au moyen d’arrosages nitrés à 1 pour 100, pour que, 15 jours après, la récolte se fît; les produits en étaient exquis et même plus propres que ceux des couches habituelles.
- Je fus amené à obtenir le résultat ci-dessus, à la suite d’une communication faite en 1861, à l'Académie des Sciences, par le Dr Labour-dette. J’étudiai le procédé mais dus modifier la formule Labourdette, qui, de ce fait, fut améliorée, et c’est ma recette que je donne ci-dessus. Et mon procédé, simplifié, n’exige que quatre choses :
- Plâtras (vieux), du sable fin, un peu de terreau et une certaine quantité de mycélium : environ un demi-kilo au mètre cube.
- Le mycélium, en le fabriquant soi-même, est d’un prix minime; voici la meilleure manière de l’obtenir :
- Prendre du fumier très riche en crottins, en tas depuis une quinzaine de jours et, après plusieurs remaniages, deux ou trois, au moins. Pratiquer dans le jardin, au nord en été, au midi en hiver, un trou de 0,50 m de profondeur sur 0,80 m de largeur, sur une longueur ad libitum.
- Au fond de cette excavation, on dépose du fumier de vieille couche entremêlé de quelques parcelles de blanc, puis on y jette le fumier, en le divisant bien, sur une épaisseur de 0,25 m; arroser cette masse avec 50 pour 100 de matières fécales, délayées dans de l’eau. Il faut 3 litres environ, par mètre courant et par lit. On répète la première opération deux fois, de façon que la masse dépasse le bord du trou de 0,25 m à peu près, afin de faciliter les exhalaisons et le chancissage dans l’intérieur du tas; le sommet de celui-ci doit être en pente, pour que l’eau des pluies puisse s’écouler facilement sur cet emplacement; on peut, à la rigueur, pour ne rien perdre, semer des petits légumes : radis, cerfeuil, etc.
- Pour parfaire ce mycélium, il faut de 12 à 15 mois, c’est pourquoi on doit en préparer pour longtemps. Quand le blanc est à point, on divise la masse à la bêche, en beaucoup de morceaux que l’on fait sécher à l’ombre, jamais au soleil. Ce blanc se conserve sept à huit ans, et la dernière année il est aussi bon qu’au début, si on le tient au sec. En faisant ce blanc dans un lieu abrité, et couvert, il n’est que meilleur et on peut le fabriquer toute l’année, à partir du mois de mai.
- Un mètre cube de fumier de cheval converti en mycélium donne environ 100 kg de blanc vierge, valant 5 fr le kg, en gros; il faut donc agir sur au moins 10 m3 pour réaliser un bénéfice. Il existe en France et à l’étranger, des cultures très étendues de blanc de champignon ou mycélium qui est expédié dans les cinq parties du monde.
- R. de Noter.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MAI 1930, A PARIS
- Le mois de mai 1930 a été frais, humide, très pluvieux et peu ensoleillé. Sa température moyenne. 12°8 (au Parc St-Maur) présente un déficit de 0°6 à la normale, dû exclusivement aux maxima, dont la moyeune, à Montsouris, est trop basse de '1°5. Le maximum absolu, 24°5, a été noté le 30 au Parc St-Maur et il a été de 25°4, au Parc Montsouris le même jour, où il est le plus faible observé depuis 1898 en mai, alors que normalement il est de 28°1.
- La journée la plus, froide qui correspond à la date du 9 a été accompagnée de gelée blanche, minimum absolu 1°6 sous l’abri et —0°8 sur le sol gazonné au Parc St-Maur. Il a gelé sur certains points (—191, à Villepreux).
- En ville le thermomètre n’est pas descendii au-dessous de 1°5.
- Le total pluviométrique au Parc St-Maur, 86 mm 6, n’a été dépassé que deux fois en mai depuis le début des observations. Il dépasse la normale de 80 pour 100 et classe mai 1930 au 3e rang parmi les plus pluvieux observés depuis 1874. A Montsouris, la hauteur totale d’eau recueillie, 71 mm 2, surpasse la normale des 42 pour 100 de celle-ci.
- Le nombre de jours de pluie appréciable, 17, n’est supérieur que de 1 au nombre moyen, mais il y a eu en outre 7 jours de gouttes.
- Les jours entièrement sans pluie ont donc été peu nombreux.
- La nébulosité moyenne a été de 73 pour 100. L’insolation a été exceptionnellement faible; il n’v a que le mois de mai 1898 qui ait accusé un nombre d’heures d’insolation légèrement inférieur.
- L’humidité relative moyenne de l’air a été de 76,5 pour 100.
- La pression barométrique moyenne, 761 mm 6, au niveau de la mer, a été inférieure de 0 mm 3 à la normale.
- Des orages ont affecté la ville, le 23 et le 30. En outre, il a tonné sur divers points, les 2, 5 et 6.
- Des chutes de grêle ont été signalées à sept dates différentes; seule celle du 23 a fait des dégâts.
- Les vents ont dominé d’entre N. et O.
- Brouillards rares, peu durables et très locaux.
- Les premiers martinets ont été vus le 5 au Parc St-Maur.
- MOIS DE MAI ANTÉRIEURS
- Le mois de mai débute par une ascension assez brusque de la température, suivie, vers le 10 ou le 11, d’un refroidissement sensible ( les Saints de glace).
- Sa température moyenne normale est de 13°,4; quand elle est très basse elle est toujours d’au moins un demi-degré supérieure à la moyenne annuelle.
- Les plus froids mois de mai ont été surtout ceux de : 1845, moyenne 10°,6 (Observ. de Paris); 1902, moyenne 10°4, et 1879, moyenne 10°,0 (Observ. du Parc St-Maur) et les plus chauds atteignent ou dépassent 17° : 1868, moyenne 17°,9; 1833, moyenne 17°,7 (Observ. de Paris).
- En l’année 1740 (la grande année froide), mai aurait donné une moyenne de 8°,8 seulement à la campagne, d’après M. E. Renou, lequel faisait également remarquer, en 1860, que le mois de mai glacial de 1845 occupait à peu près la même position dans la période de retour de 41 ans que ceux des années 975, 1135, 1802, dans la seconde moitié desquels la
- neige ou la gelée avaient détruit la vigne et la plupart des produits du sol et que c’était au commencement de la période à hivers doux, que se présentaient ces mois de mai désastreux. On a aussi vu de la neige à Paris, en mai 1836,1879,1891, 1902, chutes insignifiantes; le 5 mai 1861, il neiga à flocons serrés aü point de blanchir le sol à Versailles.
- Mois de mai froids : 1879, 10°,0; 1902, 10°,4; 1845, 10°,6; 1782, 100,8; 1837 et 1877, 11°,0; 1793 et 1885, 11°,2; les plus chauds : 1868, 17°,9; 1833, 17°,7; 1771 et 1808, 17°,5; 1762, 17°, 3; 1806 et 1811, 17o,l; 1781, 17°,0; en 1758, la moyenne aurait même atteint 18°,5, mais ce chiffre, pour plusieurs raisons, est très incertain et ne peut être donné comme exact.
- Sept fois depuis 1757 le minimum absolu de la température en ce mois est descendu au-dessous de zéro : —1°,4 en 1909; — 1°,3 en 1874, 1892 et 1902; — 0°,3 en 1885 et — 0°,2 en’ 1877 et en 1922.
- En mai 1802, les 15 et 16, lors de la célèbre gelée qui détruisit une grande partie des vignes en France, Bouvard à l’Observatoire notait des minima de 0°,3 et de 0°,4, ce qui laisse supposer qu’il a dû faire, autour de Paris, au moins 6° au-dessous de zéro, car, le 5 mai 1870, au lever du soleil, M. Renou trouvait en rase campagne, au sud de Choisy-lp-Roi, avec le thermomètre fronde, une température de — 4°,9, alors qu’à l’Observatoire de Paris le minimum n’a été, ce jour-là, que de + 2°, présentant une différence de 7° environ avec la campagne.
- Les maxima absolus peuvent atteindre jusqu’à 33 degrés et demi à l’ombre; voici ceux les plus élevés : 33°,4 en 1922; 33°,3 en 1841; 32°,5 en 1912; 32°,2 en 1880; 32°,0 en 1892; 31°,9 en 1870.
- Mai est le mois dont la température normale semble la moins fixée; par périodes, il est tantôt trop chaud (1806 à 1813 et 1911 à 1922) et tantôt trop froid (1850 à 1858 et 1871 à 1879). En dehors de ces périodes où mai est demeuré longtemps froid ou chaud, on en remarque une, entre 1830 et 1850, durant laquelle se sont produites trois fortes oscillations avec périodicité approximative de sept années. M. L. Besson a fait remarquer que, précisément, c’est à cette époque, en 1845, qu’a eu lieu le mois de mai le plus froid de toute la série et que la variation séculaire de la température de mai suit dans ses grandes lignes celle du mois de décembre, avec un retard d’environ sept ans.
- Mois de mai les plus secs : 1880,1 mm 2 d’eau; 1896, 7 mm 1 ; 1892,10 mm 0 (Observ. du Parc St-Maur) 2 jours de pluie seulement en 1880 et 4 en 1784, 1785, 1786 et 1871. Ceux les plus pluvieux : 1856, 134 mm 6 d’eau; 1830, 123 mm 4; 1827, 116 mm 2: 1869, 104 mm 5 (Observ. de Paris, pluviom. de la cour). En 1898, 94 mm 6 (Observ. du Parc St-Maur), 28 jours de chutes en 1856, 25 en 1782, 24 en 1777 et 1898, 23 en 1843, 1891 et 1902. Le 29 mai 1901, l’on recueillit 80 mm d’eau en 1 h 30 environ, aux réservoirs de St-Victor (5e arrond.), par orage; le 15, en 1907, 64 mm à Montsouris.
- Le 8 mai 1836, crue de la Seine, 5 m 62 au Pont de la Tournelle.
- Mois de mai clairs : 1909, nébulosité moyenne, 31 ; 1922, 35; 1880, 1896, 37; 1876, 38; 1901, 39; mois très couverts; 1926, nébulosité moyenne 75; 1887, 1910, 70; 1877, 1898, 69. En 1929, l’on compta encore jusqu’à 10 jours de brouillard en mai, au Parc St-Maur. En 1876 et en 1880, mai se passa sans jour de tonnerre, mais, par contre, en 1890 il y en a eu 12, c’est le mois qui, cette année-là, en donna le plus. Em. Roger.
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- - - LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LA DÉTECTION DE PUISSANCE
- Nous avons rappelé dans une récente chronique les avantages de la détection par utilisation de la courbure inférieure de la caractéristique plaque, et nous avons indiqué que ce montage permettait d’obtenir, sans distorsion une intensité d’audition beaucoup plus grande qu’avec une détectrice ordinaire à condensateur shunté de grille.
- Cependant, lorsque la tension appliquée à la grille de la lampe détectrice devient supérieure à la tension de polarisation, il y a de nouveau distorsion, surtout lorsque l’émission radiophonique à recevoir est fortement modulée, parce que la partie modulée du signal n’agit plus sur la portion rectiligne de la caractéristique.
- Mais, pour que ce phénomène se produise, il faut que la tension appliquée dépasse généralement 4 à 5 volts, ce qui est assez rare, mais cependant possible lorsqu’on reçoit une émission locale et qu’on emploie deux ou trois étages d’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence, surtout si ces derniers sont munis de lampes à grille écran. Dans ce cas, on peut avoir recours à la détection de puissance, qui n'est pas d’ailleurs, un procédé particulier de détection, mais consiste simplement dans l’adoption d’une lampe de puissance comme détectrice par courbure de plaque, ou môme par courbure de grille.
- On peut employer alors, par exemple, comme détectrice, uxre B 406 Philips, une R 56 Radiotechnique, une P. 410 ou P. 425 Gecovalve, etc....
- On applique à la plaque de cette lampe une tension élevée, de l’ordre de 90 à 150 volts, et, dans ces conditions, la polarisation négative de grille atteint facilement 10 à 15 volts. On détermine, d’ailleurs, facilement sa valeur d’après les caractéristiques des lampes, et en fixant le point figuratif du fonctionnement assez près de l’origine de la courbe, comme il a été indiqué dans une chronique précédente.
- Un tel montage est donc très facile à réaliser, puisqu’il est absolument analogue au dispositif ordinaire d’une lampe détentrice par courbure de plaque, et les schémas de montage donnés dans un numéro précédent peuvent encore être adoptés ici.
- Cependant, outre la qualité d’audition obtenue, quelle que soit l’intensité, et cette qualité d’audition n’est d’ailleurs réalisée qu’en adoptant une lampe basse fréquence de puissance de modèle convenable alimentée avec une tension plaque de 200 volts au moins, en général, on obtiendrait ainsi deux avantages particuliers.
- Tout d’abord,Ta sélectivité serait augmentée, en ce sens qu’une émission puissante et reçue avec une grande intensité, par exemple une émission locale, ne pourrait plus être troublée par une émission parasite plus faible de longueur d’onde voisine.
- En effet, ce système détecteur presque linéaire ne pourrait détecter efficacement les signaux parasites trop faibles et ceux-ci demeureraient inaudibles (fig. 1).
- De plus, ce procédé atténue en partie l’influence des parasites, grâce aux effets plus ou moins marqués également de détection linéaire.
- Ce qui importe, en effet, pour qu’une réception soit de bonne
- qualité, c est 1 intensité des signaux utiles par rapport aux parasites, et les effets de détection linéaire constatés dans la détection de puissance sont particulièrement avantageux à ce point de vue.
- Si nous supposons, en effet, qu’un parasite agissant sur un poste récepteur est deux fois plus fort qu’un signal incident, après détection avec un montage à courbure de grille, il serait théoriquement quatre fois plus fort, alors que la détection linéaire conserve seulement la proportion des intensités.
- Ainsi, ce système de détection conviendrait particulièrement toutes les fois que l’on voudra obtenir une grande intensité d’audition à l’aide d’un appareil sensible, avec le maximum de netteté et de pureté.
- SELECTIVITE ET PURETÉ D’AUDITION
- On ne se rend pas toujours un compte assez exact des difficultés de la sélection dans certains cas particuliers, et aussi des inconvénients qui peuvent résulter pour la pureté de l’audition d’une sélectivité trop accentuée. Une émission radiophonique n’est pas effectuée, on le sait, sur la seule longueur d’onde du
- courant porteur. Elle occupe, par suite de la modulation, une bande de fréquences plus ou moins large, comprise entre deux limites situées à 5000 ou 6000 périodes par seconde de part et d’autre de la fréquence porteuse.
- La gamme couverte par l’émission est donc de 10 kilocycles, mais souvent elle peut déborder jusqu’à 14 000 ou même 16 000 périodes-seconde s’il y a des sons ou des harmoniques correspondants (fig. 2).
- Si deux émissions ont des fréquences porteuses trop voisines, les bandes sur lesquelles elles s’étendent se chevauchent, et il devient impossible, par conséquent, de les séparer (fig. 3).
- Ce qui importe, d’ailleurs, dans ce problème, ce n’est pas» seulement la fréquence absolue des émissions que l’on veut séparer, mais encore bien plus leur intensité relative.
- Ainsi, on sait qu’il est beaucoup plus difficile d’obtenir à
- Si l’on fait agir une émission puissante et une émission faible de fréquences voisines sur un détecteur de puissance, seule l’émission puissante est détectée et finalement audible. Les courbes ci-dessus montrent comment ce phénomène se produit.
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- Onde porteuse
- S Kilo cycles S Kilocycles >
- \ minimum m iru'm um
- Fréquences
- Fig. 2 et 3.— Une émission radiophonique occupe une bande de fréquences étagée entre deux limites espacées de 5 à 7 kilocgcles de part et d’autre de la fréquence de l’onde porteuse.
- Lorsque les fréquences porteuses F et F’ de deux émissions diffèrent de moins de 10 à 14 kilocycles, il est théoriquement impossible de les séparer.
- Paris qu’en province, la réception pure des émissions étrangères. Les fréquences relatives des émissions parisiennes et des émissions étrangères sont généralement partout les mêmes, mais à Paris les émissions locales sont tellement puissantes qu’il est difficile de les éliminer.
- Il est évident, par contre, que lorsqu’une émission est beaucoup plus puissante qu’une autre de fréquence voisine en un endroit déterminé, cette émission puissante est reçue facilement, en général, même si les deux bandes de fréquences se recouvrent partiellement. C’est ainsi qu’il est très facile de séparer l’émission de Radio L.L. de celle de Hambourg, bien que les fréquences de ces postes diffèrent de 9 kilocycles seulement.
- Il faut donc se rendre compte qu’on ne peut, sans sacrifier la qualité de l’audition, séparer deux émissions dont les fréquences diffèrent de moins de 10 kilocycles, lorsque ces émissions ont une intensité comparable, ou que l’on veut recevoir l’émission la plus faible à l’exclusion de l’autre.
- Sans doute construit-on des appareils à résonance aiguë et, en particulier, des postes à changement de fréquence, permettant d’obtenir cette sélection, mais ce résultat n’est obtenu, en réalité, qu’en altérant plus ou moins la gamme des fréquences musicales, et en supprimant les notes aiguës.
- Il est facile, d’ailleurs, de se rendre compte si cette déformation est plus ou moins importante. Accordons l’appareil considéré sur l’émission que l’on veut entendre, en réduisant au minimum l’effet produit par le dispositif de réaction. Une fois ce résultat atteint, on obtient une variation de l’intensité d’audition en agissant sur les condensateurs, d’accord, de résonance ou de modulation. Cette modification d’intensité est presque toujours accompagnée d’une modification de la tonalité d’audition, ce qui démontre l’existence d’une déformation produite par l’appareil, et la variation plus ou moins accentuée de cette tonalité indique l’importance de cette déformation.
- Le désir des auditeurs urbains d’entendre les émissions étrangères oblige malheureusement encore les constructeurs à établir les postes ultra-sélectifs de ce genre, et l’auditeur possédant un excellent appareil fournissant une audition très pure ne pourrait supporter encore de ne pouvoir éliminer les émissions locales.
- , Les perfectionnements des postes d’émission, et leur déplacement dans les banlieues des grandes villes, et spécialement dans la banlieue parisienne, simplifieront le problème et permettront, sans doute, d’employer en France, comme dans les
- pays étrangers, des postes sensibles et d’une sélectivité suffisante, mais dans lesquels une sélectivité trop poussée n’est pas nuisible à la pureté de l’audition.
- LES PARASITES ARTIFICIELS
- A côté des parasites atmosphériques, et des parasites industriels produits par les courants haute fréquence transmis par le secteur ou induits directement jaar des appareils électriques voisins du poste récepteur, il peut exister des troubles d’audition provenant d’autres causes et qu’on peut appeler, en quelque sorte, des parasites artificiels.
- Tout d’abord, les sans-filistes connaissent bien, en général, les bruits désagréables produits, dans leur poste récepteur, en employant une pile usagée, dont la résistance des éléments varie continuellement. Les bruits microphoniques ainsi produits peuvent, sans doute, être a tténués en shuntant la batterie endommagée par un condensateur de grande capacité, mais il n’en est pas moins vrai que ces inconvénients ne peuvent exister avec une batterie d’accumulateurs de tension plaque.
- Une lampe défectueuse peut également produire des bruits microphoniques de ce genre, soit parce que des mauvais contacts se produisent dans les connexions des broches, soit parce que le filament émet irrégulièrement des électrons.
- Enfin, tout défaut dans les connexions peut produire des craquements dans le récepteur, et ces craquements sont généralement d’autant plus violents que l’appareil est plus sensible, donc l’amplification plus puissante. Ces défauts de connexion peuvent se présenter dans la descente d’antenne, dans les brins de l’antenne elle-même, ou à l’intérieur du poste. Lorsque l’appareil est alimenté par le courant du secteur, un autre genre de bruit parasite peut être produit par un mauvais contact entre le fil de distribution et le câble particulier de l’installation lorsque le réseau est aérien..
- En général, pour éviter les mauvais contacts, il convient de souder toutes les connexions, mais il faut, autant que possible, employer un décapage à la résine, sans acide. S’il n’en est pas ainsi, sous l’influence des agents atmosphériques, il peut se produire peu à peu une attaque du métal, d’où des variations de contact qui produisent à nouveau des bruits parasites correspondants.
- UN TRANSFORMATEUR BASSE FRÉQUENCE A USAGES MULTIPLES
- Un transformateur basse fréquence d’un type quelconque peut être utilisé de façons extrêmement diverses dans un amplificateur.
- Il est, tout d’abord, nécessaire de faire varier l’impédance primaire et le rapport de l’impédance primaire à l’impédance secondaire, suivant l’étage de l’amplificateur considéré, et suivant le modèle de lampes employées.
- De plus, un transformateur n’est, pas toujours employé pour la liaison entre é tages, mais aussi pour connecter un reproducteur électromagnétique à un amplificateur,comme transformateur de sortie, etc...
- Enfin, moyennant certaines petites modifica tioj is, un élément basse fréquence ordinaire peut être adapté à un montage push-pull,
- Fig. 4. — Aspect du transformateur modifiable, type Alain Bausen.
- 1 2 3 4 5 E Bon.es de connexion
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- * Bobinages /**J
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- ou servir en autotransformateur, comme impédance de plaque, de circuit-filtre, de liaison, etc....
- Les amateurs qui veulent réaliser constamment de nouveaux montages d’essais doivent, en général, se procurer plusieurs modèles de transformateurs différents, et il serait donc, sans doute, intéressant pour eux d’adapter, de préférence, un type spécial modifiable immédiatement, et pouvant être adapté à des usages très multiples.
- Un technicien ingénieux a ainsi eu l’idée d’établir un accessoire très simple, permettant d’obtenir ce résultat. Ce transformateur à circuit magnétique fermé comporte une grosse bobine en matière isolante, avec trois gorges, dont chacune contient plusieurs milliers de tours de fil émaillé. Les trois enroulements sont établis séparément, et leurs entrées et leurs sorties sont reliées individuellement à 6 bornes, montées sur une petite plaquette isolante horizontale, disposée au-dessus du transformateur (fig. 4).
- La borne 1 correspond à l’entrée du premier enroulement, la borne 2 à la sortie de cet enroulement, la borne 3, à l’entrée du deuxième enroulement, la borne 4 à la sortie de celui-ci, etc....
- Un tel système très simple permet d’effectuer un très grand nombre de combinaisons de montage, au maximum une trentaine, semble-t-il, et cinq combinaisons de changement d’impédance primaire. Le rapport primaire secondaire peut également être facilement modifié.
- Indiquons, par exemple, neuf montages basse fréquence choisis parmi les plus intéressants (fig. 5).
- Le montage 1 représente une liaison à autotransformateur de rapport 1/3, le schéma 2 représente de même une liaison à autotransformateur de rapport 2/3, et enfin, le dispositif 3, un montage à impédance capacité.
- On peut remarquer que l’emploi de l’un ou l’autre de ces montages fait varier l’impédance primaire, ce qui permet de la choisir suivant la résistance intérieure de la lampe basse fréquence.
- Le schéma n° 4 montre comment cet accessoire peut être utilisé pour réaliser un circuit de sortie pour haut-parleur; en plaçant la prise de plaque aux bornes 2-3, ou aux bornes 4-5, on fait varier l’impédance primaire suivant la résistance de la lampe, et la tonalité que l’on veut obtenir; en modifiant de même le prise du condensateur, on adopte au mieux le montage à l’impédance des enroulements du haut parleur.
- Le schéma de la figure 5 indique une liaison par transformateur de rapport 1-2 ; la figure 6 le même rapport, mais avec décalage du primaire. La figure 7 montre comment, en utilisant ces transformateurs, on peut établir un étage d’amplification push-pull, utilisable pour la réception radiophonique, l’amplification microphonique, ou la reproduction phonographique. Enfin les schémas 8 et 9 indiquent comment ce transformateur peut être utilisé comme transformateur de liaison de rapport 1/1 ou comme transformateur de sortie de même rapport.
- On voit ainsi que cet accessoire très simple permet de réaliser facilement et sans aucune modification un très grand nombre
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- de constructions différentes; son adoption peut donc paraître intéressante aux sans-fdistes puisqu’elle leur permettra de réaliser rapidement et avec le minimum de frais des combinaisons très nombreuses.
- UNE BOITE D’ALIMENTATION TOTALE PAR LE COURANT ALTERNATIF
- Trois solutions sont adoptées en général, à l’heure actuelle pour l’alimentation des appareils récepteurs.
- On peut, tout d’abord, employer des batteries d’accumula-
- teurs de chauffage et de tension plaque robustes et rechargées continuellement à l’aide d’un appareil plus ou moins automatique constamment connecté.
- On peut aussi, comme nous l’avons montré dans un article récent, utiliser des lampes spéciales à chauffage indirect ou à filament type secteur chauffées directement à l’aide du courant alternatif non redressé, et alimentées en courant plaque par un appareil d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré, au moyen de circuits comportant des bobinages à fer et des condensateurs de forte capacité, généralement électrolytiques.
- Fig. 5. — Quelques moulages réalisés avec le transformateur modifiable.
- 1. Autotransformateur rapport 1/3; 2. Autotransformateur rapport 2/3. 3. Impédance
- basse fréquence C : 8 à 20/1000. 4.Impédance de sortie pour protéger le haut-parleur. 5. Transformateur 1/2 (pour 1™ ou 2e basse fréquence). 6. Transformateur 1/2, à primaire décalé. 7. Montage push-pull. 8. Transformateur 1/1 de sortie. 9. Transformateur 1/1 de grande pureté.
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- Fig. 6. — Boîle d'alimenlalion totale Bouchel-Aubignal sur secteur alternatif.
- On voit, à droite, l’interrupteur de mise en marche, le rhéostat et le voltmètre du courant de chauffage.
- Cette dernière solution est, sans doute, une des plus pratiques et la plus élégante, en tous cas, puisqu’elle permet d’alimenter un poste quelconque muni de lampes à faible consommation ordinaires en supprimant complètement les accumulateurs. Il va sans dire que, pour qu’un tel dispositif puisse donner de bons résultats, il faut qu’il soit très soigneusement établi, c’est-à-dire que le redressement soit effectué par des soupapes efficaces et robustes et que le filtrage soit complet, afin d’éviter toute cause de ronflement.
- Un constructeur vient ainsi de présenter une nouvelle boîte d’alimentation paraissant bien posséder les caractéristiques désirables pour ce genre d’appareil (fig. 6).
- L’alimentation plaque est obtenue au moyen d’une valve biplaque pouvant fournir, au maximum, un courant redressé d’une tension de 150 volts et d’une intensité de 35 à 40 milliampères. Un circuit filtre à deux impédances produit un filtrage efficace, et des prises sont prévues pour l’alimentation des étages haute fréquence et moyenne fréquence en courant de 80 volts, et pour l’alimentation d’une lampe bigrille et d’une détectrice en courant de 40 volts.
- Le courant de chauffage est obtenu à l’aide d’un redresseur
- oxymétal et d’un
- Fig. 7. — Avec un simple réveille-malin bon mar- circuit filtre à chè, on peut constituer un appareil mettant en marche conde n sateurs un poste récepteur, à une heure déterminée. électrol y ti qu e s
- de très grande capacité.
- La boîte est prévue pour l’alimentation intégrale d’un appareil récepteur de 5 à 8 lampes, et on peut, grâce à lui, obtenir une polarisation négative de grille de 12 à 15 volts, au moyen de chutes de tensions dans les résistances.
- Un rhéostat, avec voltmètre correspondant, permet de se régler exactement à 4 volts pour le chauffage des lampes du poste, tandis qu’une lampe régulatrice atténue l’influence nuisible des variations de tension du courant du secteur.
- L’ensemble de l’appareil est enfermé dans un capot métallique (fig. 6). La face arrière porte 7 bornes inférieures pour l’alimentation du poste par son cordon normal (courant de chauffage, différentes tensions plaques, courant de polarisation, etc...).
- Au-dessus est placée une borne permettant la liaison avec la terre, ce qui atténue les ronflements possibles et une prise à relier par un cordon souple au secteur d’alimentation.
- Sur la face avant, en outre du voltmètre et du rhéostat déjà indiqués, un interrupteur Tumbler commande la marche et l’arrêt. L’adaptation de la boîte d’alimentation est donc immédiate pour n’importe quel appareil.
- LA MISE EN MARCHE AUTOMATIQUE DES POSTES RÉCEPTEURS
- Nous avons déjà noté dans cette revue comment on pouvait obtenir le réglage des radiorécepteurs, non seulement d’une façon pour ainsi dire automatique et à l’aide d’un cadran ou d’un bouton unique de réglage, mais même à distance et sans qu’il soit besoin de s’approcher du poste récepteur.
- Sans doute, les dispositifs utilisés pour obtenir ces résultats sont-ils encore relativement complexes et leur adoption en France se heurte à des difficultés assez nombreuses.
- Il est beaucoup plus simple, sans doute, d’obtenir la mise en marche d’un poste récepteur réglé sur une émission déterminée, à une heure choisie à l’avance, au moyen d’une horloge-réveil dont les aiguilles ferment un circuit électrique à l’heure choisie.
- Il sera ainsi possible d’entendre une émission quelconque dont on connaîtra à l’avance l’heure du début, sans avoir à se préoccuper de la mise en fonctionnement du poste à ce moment. Cet avantage sera encore plus sensible s’il s’agit d’une émission téléphotographique ou d’un radio-concert enregistré phonographiquement, puisque la reproduction ou l’enregistrement pourraient ainsi être effectués sans aucun contrôle de la part du sans-filiste.
- Enfin, un tel système peut servir évidemment de réveil original et harmonieux, phonographique ou radiophonique et il est sans doute plus agréable d’être éveillé, à l’instar de Montaigne, par les accents enchanteurs d’un violon plutôt que par l’aigre sonnerie d’un timbre.
- Il n’est nullement nécessaire, d’ailleurs, pour réaliser un tel dispositif, d’employer un réveil particulier, plus ou moins coûteux, et il suffira d’utiliser très simplement un appareil ordinaire bon marché. Ce réveil sera placé, comme le montre la figure 7, dans un petit bâti en ébénisterie.
- Sur le remontoir du mouvement de réveille-matin, on fixe, à l’aide d’une petite pièce de bois, une lame en laiton.
- Au repos, le remontoir du réveil, avec le ressort tendu, est placé dans une position verticale oblique, et la lame de laiton vient s’appliquer contre une petite butée en bois. A l’heure déterminée à l’avance, le mouvement du réveil commence à fonctionner, le remontoir s’abaisse, et la lame de laiton vient connecter deux autres petites lamelles, également en laiton, sur lesquelles elle s’applique.
- Ces lamelles sont reliées directement, ou plutôt par l’intermédiaire d’un relais, au circuit de chauffage d’un poste récepteur radiophonique, ou même d’un phonographe éléctrique.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Boîle d’alimentation. Bouchet et Aubignat, constructeurs, 30 bis, rue Couchy, Paris (xve).
- Transformateur à rapport variable. Radio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Lamelle de laiton fixée sur le némon-
- l/ers le circuit de chauffage ou au refais de mist en marche
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- CHRONIQUE D’AVIATION
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- Record du monde d’altitude.
- Le pilote américain Soncek, au cours d’un vol effectué le 4 juin, a réussi à élever le record du monde d’altitude en avion à 13 156 mètres.
- Le précédent record était de 12 739 mètres; il appartenait au pilote allemand Neuenhofen depuis le 26 mars 1929 (appareil Junkers W.34; moteur Jupiter 420 ch.)
- Records de durée et de distance en circuit fermé.
- Les records du monde de durée et de distance en circuit fermé ont été battus le 1er juin dernier par les pilotes italiens Maddalena et Cecconi sur le parcours de Montecelio, Ostie, Ladispoli, Ànzio.
- Ces records appartenaient respectivement à Costes et Codos, et à Risticz et Zimmermann; ils s’élevaient à 8029 km et 65 h 25 m. Les pilotes italiens ont tenu l’air 67 h 15 m, et parcouru 8200 km.
- L’appareil utilisé au cours de ce record est le monoplan Savoia-Marchetti S.64 bis. Cet avion est dérivé directement du S.64 qui détint les records de durée et de distance avec Ferrarin et del Prete et effectua une belle traversée de l’Atlantique sud. Les caractéristiques principales du S.64 bis seraient :
- Envergure.................21 m 5.
- Surface...................60 m2.
- Poids vide................ 2400 kg
- Poids maximum en vol. . . 7200 lcg
- Vitesse maximum........... 235 ltm-h.
- Le moteur est un Fiat à 12 cylindres; il pèse 450 kg, et donne 550 ch, à 1900 t. min.
- L’hélice entraînée est une hélice en acier à pas variable en vol, construite par l’ingénieur Marchetti. A cette possibilité de faire varier le pas est dû, sans doute en grande partie, le beau rendement économique de l’avion.
- L’équipage et l’appareil semblent devoir s’attaquer prochainement au record de distance en ligne droite; ils sont certainement capables de s’attribuer ce nouveau record.
- Planeurs et avions sans queue.
- Depuis plusieurs années déjà, l’institut de la Rhôn-Rossi-ten-Gesellschaft a entrepris une étude sérieuse des planeurs et avions sans queue. Il est curieux de constater, à ce sujet, combien est devenue routinière la construction des appareils volants : ayant admis comme un principe immuable que tout aéroplane devait comporter une queue supportant un empennage, les avionneurs se refusent à admettre l’intérêt des avions sans queue. Plusieurs de ceux-ci ont pourtant volé dans de bonnes conditions, leur construction et leur entretien sont économiques, ils ne nécessitent qu’une puissance faible, enfin la visibilité qu’ils assurent est parfaite vers l’arrière.
- Les essais effectués par l’Institut de recherches de la Rhôn ont porté d’abord sur des modèles réduits ayant environ 4 m d’envergure, et dont la charge alaire variait de 10 à 15 kg-m2.
- Pour assurer la stabilité en vol de l’aile, il est nécessaire, soit de faire varier sa portance le long de l’envergure (portance moindre aux bouts d’aile), soit d’utiliser une aile à centre de poussée fixe. La première solution avait déjà été essayée, par diminution de l’angle d’attaque aux bouts d’aile, ce qui conduit à des efforts de torsion importants, donc à une construction difficile et lourde; elle a de nouveau été étudiée par l’Institut de recherches de la Rhôn, mais par modification de la courbure du profil : les efforts de torsion sont, dans ce cas, tout à fait réduits. La deuxième solution a été également étudiée
- (profil à centre de poussée fixe), elle fait apparaître de légers mouvements perturbant la stabilité longitudinale, mouvements sans importance d’ailleurs.
- Un planeur de dimensions normales a été ensuite construit, après étude à la soufflerie. Ce planeur, le « Storch », a donné, après quelques modifications de détail, de fort bons résultats. Le « Storch » se compose essentiellement d’une aile en flèche, de profil variable suivant l’envergure (le profil est retourné aux bouts d’aile), et d’une nacelle reliée à cette aile par des mâts. Deux ailerons assurent à la fois le contrôle transversal de l’appareil et la variation de l’angle d’attaque (aiierons de courbure); deux gouvernails de direction, placés aux bouts d’aile (au-dessus de l’aile), permettent, par leur action individuelle, le virage, et, par leur action conjuguée, l’augmentation de la traînée, donc la modification de l’angle de descente, et le freinage à l’atterrissage.
- Il est évident que des gouvernes ainsi placées sont très efficaces, même aux plus faibles vitesses : chaque gouvernail n’agit pas, en effet, uniquement par sa poussée, comme dans un appareil normal, mais aussi .par sa traînée, et ceci avec un bras de levier d’une demi-envergure.
- Les essais en vol, confirmant les études précédentes, sou-
- lignèrent l’efficacité des gouvernes dans tous les cas de vol. et aussi la parfaite stabilité du planeur aux grands angles d’attaque.
- L’appareil, légèrement modifié, reçut alors un moteur D. K. W. de 0,5 litre de cylindrée, développant de 7 à 9 ch, à 3300 t-m (ce moteur n’a tourné d’ailleurs qu’à 2800 t-m à cause d’une adaptation défectueuse de l’hélice). Le décollage était assuré, comme pour le planeur, par sandows, en raison de la faible puissance utilisée.
- Les essais effectués indiquèrent une vitesse horizontale de 125 km-h à une altitude de 1000 m, chiffre qui montre la valeur pratique de ce type d’appareils.
- Les caractéristiques principales de l’avion sont les sui-
- Enverg ure..................................... 12,40 m
- Longueur ..................................... 3,80 m
- Surface....................... ................ 18,50 m2
- Surface d’un aileron . ...................... 0,93 m2
- Surface d’un plan vertical .................... 0,80 m2
- Poids vide..................................... 170 kg
- .Poids en vol ................................. 250 kg
- Cette longue étude a été menée à l’Institut des recherches de la Rhôn par l’ingénieur allemand A. Lipjnsch, secondé par le pilote Groenhoff.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Einfuhrung in die Théorie der Wârme, von Di Max Planck. 1 vol., 252 pages, 7 fig. S. Hirzel, Leipzig, 1930. Prix, broché : 8 marks.
- Voici le cinquième et dernier volume de l’introduction à la physique théorique du célèbre physicien de l’Université de Berlin. Ce volume ne le cède en rien aux précédents pour la solide ordonnance du plan, la clarté et l’élégante sobriété de l’exposé, la profondeur des vues. Il est consacré à la théorie de la chaleur : il débute par l’exposé classique des deux principes fondamentaux de la thermodynamique : principe de l’équivalence, principe de Carnot, et leurs applications aux équilibres physiques et chimiques; changements d’état, solutions, règle des phases, etc. La deuxième partie traite des lois théoriques de la transmission de la chaleur par conductibilité. La troisième partie est consacrée au phénomène du rayonnement, à ses lois générales et aux conséquences qui résultent de l’application des principes de la thermodynamique : loi de Kirchoff, rayonnement noir, lois de Stefan-Boltzmann et de Wien.
- Puis, pour pénétrer plus profondément le mécanisme des phénomènes thermiques, l’auteur montre qu’il faut abandonner le domaine macroscopique pour aborder le domaine microscopique et lui appliquer les hypothèses mécaniques ou électriques sur lesquelles reposent nos conceptions de la matière, le principe de Carnot prend alors un caractère non plus de nécessité absolue, mais seulement statistique. L’auteur établit les principes généraux auxquels doit obéir toute théorie statistique de la chaleur, et montre clairement sur quelles hypothèses essentielles divergent les différentes théories proposées, et il montre immédiatement comment, et à quel moment précis du raisonnement, s’introduit la célèbre hypothèse des quanta, par rapport à la théorie statistique classique. Il développe ensuite, suivant la théorie des quanta, la question de la répartition de l’énergie dans le spectre, en montrant la contradiction à laquelle se heurte ici la théorie classique. Il termine en développant quelques applications thermodynamiques de la théorie des quanta : calcul de la fonction caractéristique d’un gaz parfait, d’un mélange gazeux, d’un solide, chaleurs spécifiques atomiques, théorème de Nernst, etc.
- Manuel pratique de magnétisme terrestre, par
- L. Eblé. 1 vol., 84 pages, 20 fig. Les Presses Universitaires de France. Paris 1930.
- Grâce à la création de l’Institut de Physique du Globe de Paris, l’étude du magnétisme terrestre a repris en France après un abandon d’une trentaine d’années. Le présent manuel, dû à un physicien de cet Institut, a pour objet de donner aux amateurs, désireux de participer à ces mesures, les connaissances pratiques nécessaires. Celles-ci n’exigent aucune préparation spéciale. Ce livre, très clair, permettra sans doute à l’Institut de Physique du Globe de recruter et de former de nombreux collaborateurs pour poursuivre les observations continues nécessaires à l’étude des variations du magnétisme sur notre territoire et celui de nos colonies.
- Ce qu'il faut savoir de l’aviation, par le Général Bou-cabeille, publié par le Comité Français de propagande aéronautique. 1 vol., 146 pages, 115 dessins de M. Jeanjean. Larousse, éditeur Paris, 1930.
- La France se doit d’être une grande puissance aérienne; une condition indispensable est que chaque Français ait des notions claires et nettes de ce qu’est et de ce que pourra être la navigation aérienne. Ceux, trop nombreux encore, qui ignorent l’essentiel des choses de l’air n’ont plus d’excuses aujourd’hui : l’admirable petit livre de vulgarisation rédigé par le général Boucabeille leur permet en effet une initiation agréable, et sans fatigue. Clairement, spirituellement écrit, non moins spirituellement illustré par Jeanjean, évitant avec soin les obscurités du langage technique, il explique de la façon la plus attachante ce qu’est l’avion et comment il se manœuvre, iLmet en relief les qualités propres de ce mode de transport et son intérêt commercial; il montre comment se pose le problème de la sécurité et indique les moyens qui lui assureront une solution : organisation de la route aérienne, déjà en bonne voie, mais à développer largement, perfectionnements du planeur et du moteur, et surtout lutte contre le risque d’incendie par l’emploi de carburants ininflammables. Il insiste aussi sur l’intérêt du vol à voile pour.former de bons navigateurs; il montre l’état actuel de l’organisation des lignes aériennes commerciales françaises et jette un coup d’œil sur ce qui a été fait aux Etats-Unis, en Allemagne, au Congo Belge.
- Il termine en montrant la nécessité, dans l’intérêt de la défense nationale, de combiner dans un même effort de création et d’entretien, aviation civile et aviation militaire, et la première plus encore que la seconde, parce qu’elle seule peut assurer le recrutement du personnel entraîné nécessaire en cos de guerre.
- Le SOUS-SOl de la France. Annuaire des mines et gisements de France, d’Algérie, de Tunisie et du Maroc, 1 vol. in-S,
- 935 p., Editions de l’Office général minier, rue Taitbout, 85, Paris,
- 1930, Prix : 130 fr.
- Voici un véritable Bottin de toutes les mines de France et de l’Afrique du Nord. Le seul répertoire alphabétique des concessions de France occupe 546 pages et il faut y ajouter les concessions d’Algérie, de Tunisie et du Maroc. Nature et date de la concession, communes intéressées, étendue, notice géologique et minéralogique, production, on y trouve tout ce qui peut intéresser l’ingénieur, le prospecteur, l’homme d’affaires. La partie législative comprend toutes les lois régissant les mines, depuis la loi organique de 1810 jusqu’à celles de 1929, — pour la France, — et un résumé des lois tunisiennes et marocaines. La partie administrative donne toutes les formes à observer pour les présentations de demandes de recherches, de concession, de permis d’exploitation, •— de renonciation même, — tant pour les mines métalliques, les combustibles, houilles ou pétroles. Citons encore le personnel des mines de France, les adresses des propriétaires des mines et de toutes les sociétés minières, enfin un index géographique de toutes les communes se trouvant sur une concession existante ou renoncée.
- Quelques illustrations reproduites d’après le De Re Metallica cl'Agricola, édition de 1555, d’autres études encore, complètent cet ouvrage fort bien présenté.
- Oxidation-Reduction Potentials, par l. Michaelis.
- 1 vol. in-8, 199 p., 16 fig. Monographs on experimental Biology.
- J. B. Lippincott Cy, Londres, 1930. Prix : cartonné toile, 12 sh.
- 6 d.
- L’excellente collection de monographies créée par Jacques Loeb vient de s’enrichir d’un livre précieux, la traduction en anglais par Louis B. Flexner de l’ouvrage de Michaelis qui vient de paraître en allemand. L’un des premiers, en 1914, Michaelis avait publié un livre sur la concentration en ions hydrogène des solutions. La 2° édition a été scindée en deux dont la première partie seule est réservée au Pu, tandis que la seconde est consacrée aux potentiels d’oxydo-réduction. Ces nouvelles notions, étroitement liées à celles de p», ouvrent de nouveaux aperçus sur les phénomènes d’oxydation qui ne sont plus seulement une fixation d’oxygène, mais aussi bien une perte d’hydrogène ou une perte d’électrons. La conception du métabolisme des cellules vivantes s’en trouve renouvelée. L’auteur, avec sa clarté habituelle, expose d’abord les considérations physico-chimiques générales, puis présente un certain nombre d’applications physiologiques à des systèmes oxydo-réducteurs tels que les groupes sulfhydriles, hémoglobine, etc.
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- Eléments de pharmacodynamie générale, par Ed.
- Zunz. 1 vol. in-8, 488 p. 76 fig. Masson et Cie, Paris, 1930. Prix :
- 75 fr.
- Cet ouvrage du professeur de l’Université de Bruxelles est un magistral traité qui manquait à la littérature médicale et pharmacologique de langue française. Pour comprendre, pour fixer les lois de la thérapeutique, il faut coordonner nos connaissances physiques, chimiques, physiologiques, sur les médicaments. L’auteur examine d’abord leurs modes d’absorption, par voie médiate (peau, tube digestif, muqueuses, etc.), et par voie immédiate (injections sous-cutanées, intramusculaires, intraveineuses, intracardiaques, intrarachidiennes, etc.); puis il étudie les modifications subies par les médicaments dans l’organisme et celles du sang sous l’influence des médicaments; leur rétention et leur élimination, leurs effets cumulatifs, sont envisagés en d’autres chapitres. Les actions des médicaments sur les sécrétions internes et externes sont également classées et ordonnées; l’influence du milieu extérieur, celle de l’état individuel, sont aussi analysées; et l’auteur est ainsi conduit aux difficiles problèmes des synergies et associations médicamenteuses, de l’antidotisme et de l’antagonisme, des inversions d’actions, des relations entre la constitution chimique et l’action sur l’organisme, pour terminer par l’étude des méthodes d’étalonnage biologique et de détermination pharmacodynamique des médicaments. Cette vaste synthèse, remarquablement conduite, très riche d’érudition et de documentation, est une œuvre qui restera et qui ouvrira la voie à de nombreuses recherches nouvelles. Elle est à lire par tous les médecins, pharmaciens et physiologistes.
- L’Alqérie française, par Victor Piouet, Paris, Armand
- Colin, 1930, in-8, 413 p., 35 fr.
- Cet ouvrage, comme l’indique le sous-titre Un siècle de colonisation, résume toute l’œuvre accomplie par la France de 1830 à 1930, dans les domaines de la colonisation, étudiée en liaison avec la géographie (agriculture, forêts, peuplement, industrie, commerce), de l’administration (y compris la législation) et de l’outillage (travaux publics, finances, crédit). Synthèse objective, claire et bien documentée.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE Statistique des gratte-ciel
- Nous empruntons les renseignements qui suivent à une étude récente publiée dans Engineering, qui résume elle-même un travail publié par une revue spéciale américaine, The Sky-Scraper.
- D’après l’enquête à laquelle s’est livré ce journal, il existe, aux Etats-Unis, 4778 édifices de plus de 10 étages. New York en compte 2479, Chicago 449, Los Angeles 135, Detroit, 121, Philadelphie, 120. Les hautes maisons se localisent dans un assez petit nombre de grandes villes; car sur 173 villes de plus de 50 000 habitants, 42 n’ont pas de maisons de plus de
- 10 étages, et 52 n’en possèdent pas plus de 5.
- Au surplus, 10 étages représentent aujourd’hui une hauteur bien modeste, et peu digne de l’épithète de gratte-ciel. Si l’on décide de ne l’attribuer qu’à partir de 20 étages, la statistique accorde en tout 377 gratte-ciel à l’ensemble des Etats-Unis, dont 188 à New York, 65 à Chicago, 22 à Philadelphie, 19 à Detroit et 15 à Pittsburgh. Los Angeles, malgré son million d’habitants, n’en possède qu’un, tandis qu’Oldahoma City et Tulsa, deux villes de 150 000 habitants de l’Okla-homa en ont chacun deux.
- Le premier des gratte-ciel américains est né à Chicago en 1885; ce n’était qu’une maison de 10 étages. Aujourd’hui,
- 11 existe aux Etats-Unis 10 édifices dont la hauteur dépasse 150 mètres. Le record de la hauteur a été jusqu’à maintenant détenu par le Woohvorth Building, de New York, haut de 240 mètres. Mais il ne va pas tarder à être dépossédé de ce titre; le Chrysler Building, actuellement en construction et très avancé, mesurera depuis le sel jusqu’au haut de sa flèche : 318 mètres, détrônant ainsi la tour Eiffel. Il aura 68 étages. La seconde place reviendra au Bank of Manhattan Building, également en construction, qui mesurera 282 mètres.
- A New York, du reste, ces hautes constructions continuent à se multiplier rapidement; en 1928 seulement il a été établi des plans et devis pour 87 maisons de grande hauteur. La plupart sont, on le sait, destinées à des bureaux.
- Cependant les hôtels et même les maisons d’habitation se mettent à gagner de la hauteur. L’Hôtel Saint-Georges, à Brooklyn, s’élève à 150 mètres et possède 2632 chambres. L’Hôtel New-Yorker, en construction, aura 135 mètres et 2505 chambres. L’Hôtel Saint-Pierre aura 41 étages et 160 mètres de haut. Le nouveau Waldorf Astoria aura 44 étages et s’élèvera à 180 mètres. Les maisons d’habitation de New York dépassaient rarement 10 étages, il y a quelques années, on commence à en construire de 15 et 20 étages.
- A Chicago, où abondent aussi les édifices gigantesques, le record de la hauteur appartient au Morison Hôtel, haut de 190 mètres. Vient ensuite le temple méthodiste, haut de 152 mètres. Detroit possède un building à 47 étages, haut de 203 mètres.
- Les gratte-ciel ne sont plus l’exclusif apanage des Etats-Unis. Ils commencent à envahir le Canada. Toronto a un hôtel de 28-étages, mesurant 114 mètres du niveau de la rue au sommet du toit. Le Royal Bank Building de Montréal a une hauteur totale de 119 mètres.
- La plupart des gratte-ciel sont construits en charpente métallique. Cependant une proportion respectable de hauts édifices est faite en ciment armé : en 1927 on comptait, en effet, aux Etats-Unis, 631 bâtiments de ce genre, de 10 étages ou davantage; la plus haute construction en ciment armé des Etats-Unis se trouve à New York; c’est le Master Printers Building, construit en 1926-27; il a 20 étages et 94 mètres de
- haut. Au Canada, Toronto possède un building en ciment armé de 21 étages, haut de 77 mètres. Mais le record, dans ce domaine, appartient à l’Hôtel Palacio Salvo, de Montevideo (Uruguay), qui a 28 étages au-dessus du sol, et dont la hauteur est de 103 mètres.
- PÉDOLOGIE
- Les degrés d’altération du loess en Roumanie.
- Formation surtout éolienne, le loess a couvert de ses éléments fins la plus grande partie des plateaux de la Roumanie en Oltenie, Valachie, Dobroudja, Moldavie et Bessarabie sans compter la marge frontière de la Hongrie et de la Yougoslavie.
- Dans une étude expressive ('), M. P. Encoulesco a suivi la décomposition du loess pour former des sols arables suivant la hauteur de la chute de pluie.
- Au-dessous de 400 millimètres, le sol brun clair des steppes sèches est pulvérulent, alcalin. Sa profondeur totale est inférieure à 1 m 50. Il est peu différencié en profondeur et renferme seulement en surface 1 ou 2 pour cent d’humus, mais d’un humus saturé, non acide.
- Vers 400 millimètres de pluie, le sol châtain constitue un premier type de tchernoziome, qu’on qualifiait autrefois chez nous de « terre noire de Russie ». Mais le vrai tchernoziome est de couleur chocolat. Il se forme quand la pluie atteint 500 millimètres.
- On y distingue une couche A renfermant 5 à 6,5 pour 100 d’humus (c’est le maximum), une couche rouge B où s’accumulent les oxydes hydratés de fer, alumine, silice et manganèse, une zone C efflorescente à la profondeur de 0 m. 50 à 0 m 60 renfermant des concrétions*calcaires jusqu’au loess inaltéré à la profondeur de 2 m 30.
- Quand la chute de pluie augmente, le tchei'noziome se dégrade. L’humus non saturé est plus noir. C’est une formation d’avant-steppe auréolant la zone des anciennes forêts.
- On entre avec 600 millimètres d’eau dans le sol brun rougeâtre de forêt, sol imperméable où la couche rouge B s’épaissit jusqu’à un mètre, portant à la profondeur de 1 m 50 le niveau où se réfugie le calcaire, mais où la terre ne donne plus qu une faible effervescence avec les acides. Le loess ne se rencontre qu’à 2 m 50.
- Puis le sol de forêt se pod-solise, c’est-à-dire se délave en surface pour prendre la couleur grise de la cendre (« podsol » en polonais). En surface, la silice colloïdale combinée avec 3 pour 100 d’humus incomplètement formé donne une réaction acide. En dessous, la couleur est très claire, puis on arrive à la couche roùge dont l’épaisseur est de l’ordre de 1 m 50, reportant à 2 mètres la profondeur où on retrouve le loess.
- — En passant du climat sec au climat humide, on voit la couleur se foncer puis s’éclaircir, mais tous les autres caractères suivent une progression constante :
- En surface l’alcalinité fait place à l’acidité.
- La profondeur du loess « soliflé » va croissant, de même que le niveau où l’on rencontre du calcaire, de même que l’imperméabilité, de même que le nombre, la variété et les dimensions des concrétions ferrugineuses, puis calcaires.
- Les éléments du loess sont de plus en plus altérés par l’intervention de l’eau.
- Ceci est le résumé d’une de ces études où excellent les pédologues de l’Europe orientale qui envisagent le sol dans son évolution, en dehors de l’intérêt immédiat de l’agriculture.
- Pierre Lartje.
- 1. P. Encoulesco, Annales scientifiques de l’Académie des Hautes Études agronomiques de Bucarest, 1929.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE Le diable-càr.
- D’après Larousse, on appelle diable un « chariot à deux roues basses servant au transport des lourds fardeaux ». Cet engin de manutention est bien connu. Ce n’est pas autre chose qu’un levier dont la ligne d’appui est constituée par l’essieu des petites roues.
- La charge prend place sur le sabot aménagé à la partie inférieure ; le diable étant placé verticalement on glisse le sabot sous le fardeau; puis en exerçant une pesée des bras sur les deux manches qui constituent le bras du levier, on fait basculer la charge sur le diable et celui-ci sert alors de chariot de transport.
- Cette manœuvre ne va pas sans difficultés : dès que sous l’effort de la pesée Fig. 1. exercée par le manœuvre, le diable a
- Un diable ordinaire. quitté la position verticale, il tend à
- tomber et l’opérateur doit faire un vigoureux effort pour le retenir. Au moment de décharger le chariot, il faut d’abord le relever pour le ramener à la position verticale, et pour cela dépenser un effort musculaire équivalent.
- L’ingénieux dispositif du « diable-car » imaginé par M. Carmillet permet d’emmagasiner dans un ressort le travail produit par l’abaissement de la charge au moment du chargement sur le diable; il le restitue, pour la relever automatiquement, au moment du déchargement.
- Par ce moyen, on réduit considérablement la fatigue du manœuvre, on rend son travail plus aisé et plus rapide, ce qui se traduit en définitive, dans les opérations de manutention, par une sérieuse économie de main-d’œuvre et de matériel.
- Le diable-car se compose d’un bâti A en tubes d’acier assemblés par des colliers
- Fig. 3.—Diable-car en position de chargement. ^ormant supports et
- sur lesquels est adapté le plateau ou sabot destiné à recevoir les charges. Le bâti est relié aux roues B, par deux bras pivotant chacun autour d’un point C du bâti (fig. 2).
- Les tubes servant de bâti contiennent un ressort de traction D, fixé à une extrémité en E, et relié, d’autre part,
- au moyen d’une chaîne Galle passant sur le galet F, à l’essieu des roues R.
- Pour effectuer un chargement, on place le diable verticalement contre la charge à transporter, en plaçant sous celle-ci le sabot G.
- Le manœuvre tire à lui le brancard du diable et abaisse la charge. Pendant ce mouvement le bâti pivote autour du point H (fig. 3).
- Sous l’action du poids de la charge, le bras pivotant repousse les roues qui tendent le ressort D, et arc-boutant la charge ralentissent la chute. L’essieu finit par recevoir le bâti en un point correspondant à peu près au centre de gravité de la charge et le crochet I fixe alors le bâti à l’essieu (fig. 4).
- Le diable est dans la position de roulement.
- Pour le déchargement, on bascule le diable en avant, le ressort, restituant l’énergie emmagasinée pendant la descente, provoque le redressement du bâti et diminue ainsi l’effort du manœuvre.
- L’appareil replace dans sa position initiale la pièce transportée.
- Il est alors à nouveau vertical, il se tient parfaitement stable dans cette position et y occupe le minimum d’encombrement.
- Cet ingénieux véhicule se prête au transport de pièces lourdes comme des tubes de gaz comprimé, des obus, des pièces
- Fig. 4. — Diable-car en position de roulement.
- mécaniques, ou encore des piles d’objets. Grâce au grand diamètre des roues, un homme avec le diable-car roule aisément 400 à 500 kg, même en terrain médiocre.
- Constructeur : Société Le Diable-Car, 12, rue Klock, Clichy.
- INCENDIE
- La pompe « Pyrovore » et les feux de cheminées.
- Cette pompe éteint les feux de cheminées, même très violents ainsi qu’il résulte d’essais faits par des commissions techniques, l’Office national des Recherches et Inventions et le colonel commandant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris. En moins de 1 minute, le feu est radicalement éteint, la cheminée étant ramonée, à une haute température, aux environs de 100°.
- La k Pyrovore » agit en pulvérisant à haute pression une solution d’un produit dénommé « pyrovorine », de manière que les fins globules de la solution soient vaporisés par le feu de l’âtre, s’il y en a, et soient de toutes façons entraînés par le tirage dans le conduit de la cheminée vers la partie où le feu sévit. L’ascension des gouttelettes du brouillard de la solution est d’autant plus rapide que le tirage est plus fort, que la température est plus élevée et que la bouffée de vapeur
- Fig. 2,
- Le mécanisme du diable-car.
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- produite par le brouillard sur le foyer est plus abondante. Il en découle donc que le feu de l’âtre ne doit pas être enlevé ou éteint, ni le rideau de la cheminée être abaissé ou encore la cheminée être bouchée, qu’enfin la pulvérisation en gouttelettes aussi fines que possible de la pyrovorine exige une pression d’environ 4 à 5 kg et cela au plus en deux minutes ; si donc l’extinction n’a pas été obtenue, c’est que l’on n’a pas pompé assez énergiquement pour avoir cette pression, et il y a lieu de recharger l’appareil et d’opérer à nouveau avec le maximum de pression.
- Le résultat obtenu par cet appareil s’explique ainsi : la masse de vapeur, peu chaude, et de brouillard arrivant au voisinage de la partie du conduit en feu, s’échauffe en augmentant de volume pour la partie en vapeur, et se vaporise pour celle qui est encore en brouillard. Cette masse de vapeur remplit le conduit en y créant même une certaine pression, 4 à 5 mm d’eau, empêchant par conséquent l’arrivée d’air; cette vapeur de pyrovorine est décomposée par la chaleur en mettant en liberté une quantité considérable dé gaz incomburants qui, mélangés à la vapeur, constituent un milieu où le feu ne peut subsister.
- La vaporisation du brouillard s’opère, en effet, en empruntant une quantité importante de calories à un milieu où il ne s’en produit plus, puisque le feu n’est plus alimenté en air, donc en oxygène. Le résultat est un abaissement presque subit de la température de l’ensemble, et tel qu’il ne pourra plus y avoir de combustion à cette température, même quand on y laissera arriver à nouveau de l’oxygène. Les quantités de calories absorbées ainsi sont de l’ordre de 1000 calories par kg de solution (chaleur latente de vaporisation, chaleur latente de décomposition des sels, chaleur nécessaire pour élever la solution et la vapeur à 250°, température qu’on constate dès le début de l’opération) ; or la température d’un feu de cheminée varie de 600 à 1000°.
- Adresse du constructeur : Société auxiliaire de matériel d’incendie, 12, rue Denis-Papin, Angers.
- CINÉMA
- Régulateur Vitolia pour appareil cinématographique de prises de vues Pathé Bahy.
- La merveilleuse petite motocamera Pathé Baby a fait de nombreux adeptes. Bon nombre de ses amateurs regrettent cependant de ne pouvoir varier leurs films par la prise de vues au ralenti ou accéléré ou même .réaliser les grands truquages au moyen de la prise vue par vue et de la surimpression; bien souvent aussi ils aimeraient pouvoir augmenter le temps de pose pour les sujets très sombres.
- Le régulateur Vitolia répond à ces désirs.
- Son adaptation ne modifie pas sensiblement l’apparence de la motocaméra. Un bouton nickelé vient simplement prendre place en arrière du levier de mise en marche. Ce bouton est muni d’un disque portant 3 traits et 3 chiffres correspondant aux cadences choisies. Il suffit de mettre le trait correspondant à la cadence que l’on veut utiliser en face d’un repère pour que le mécanisme se règle sur cette allure.
- Le mécanisme intérieur est respecté. Le frein fixe qui agit sur le plateau à masselotes est simplement remplacé par un frein réglable qu’actionne le régulateur.
- La cadence lente (10 images ou même 7 images suivant le jeu choisi) augmente sensiblement le temps d’exposition de la pellicule. On peut alors, au prix d’un peu d’accélération des mouvements à la projection, filmer des scènes peu éclairées qui, à cadence normale, ne donneraient rien de bon.
- Avec l’accéléré, au contraire, les gestes gagnent une souplesse et une netteté très agréables, si rapides soient-ils : on
- =" ' --..........= 93 =r-
- voit distinctement un cheval sauter une haie alors qu’avec une prise de vue normale on aperçoit juste un coulé peu agréable.
- manivelle délachahle
- de vëgîaffe
- Fig. 5. — Molocaméra munie du régulateur Vitolia.
- Bien entendu une correction du diaphragme est nécessaire. Les cadences ont été choisies de façon à correspondre chacune à une demi-division du diaphragme. IJ suffit donc, si le posemètre indique par exemple F 1/5, de mettre le curseur entre 1/5 et 1/7 pour opérer à la cadence de 10 images. Si l’on opère à la cadence 7 il faut alors le placer sur 1/7. Au contraire, à la cadence rapide 21 qui diminue le temps d’éclairement, il faut ouvrir le diaphragme dont le curseur sera placé entre 1/5 et 1/3,5.
- Pour compdéler l’asservissement de la motocaméra à la volonté de l’opérateur, une manivelle se monte à la place du bouton moletté. Un canon fixe est rendu par un pointeau minuscule solidaire de l’axe, et la manivelle s’adapte instantanément sur ce canon. IJ suffit donc, après avoir remonté lé ressort de quelques tours et placé la motocaméra sur un pied, de retenir le mécanisme qui donne 5 imagés par tour de manivelle.
- La surimpression se fait en masquant l’objectif et en tournant la manivelle de 2 tours en arrière, ce qui donne 10 images de surimpression. Si le film est très souple il est possible de faire un plus grand nombre d’images surimprimées.
- Enfin pour la prise de titres ou de dessins animés, avec un peu de doigté pour repérer les positions de la manivelle, on filme vue par vue, et on pose même le nombre de secondes nécessaires à la prise d’un dessin ou( d’un tableau éclairé par une ou deux lampes électriques de modèle courant.
- Bien que ces adaptations puissent se faire sur bon nombre de motocaméras actuellement en service, il est préférable de prendre un appareil tout équipé, étant donné la diversité des modèles.
- Pour peu qu’un objectif à grande ouverture soit adjoint à la motocaméra, soit avec mise au point, soit avec jeu de bonnettes, l’amateur se trouve aussi bien équipé qu’avec bien des appareils professionnels... et à meilleur, compte et ceci sans faire appel à l’industrie étrangère.
- Constructeur : Ciné Vitolia, 282, avenue Dau-mesnil, Paris.
- Fig. 6. — Mécanisme du régulateur.
- Plateau à massefottes
- Boulon de commande du frein réglable (régulateur)
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du musée d’artillerie des Invalides.
- M. le Colonel Gay nous adresse, à propos de l’article à ce sujet, publié dans notre numéro du 15 mai une intéressante lettre dont nous reproduisons quelques passages. D’accord avec notre correspondant, nous avons supprimé un passage consacré à l’historique du canon de 75, qui ferait double emploi avec l’étude que nous avons publiée dans notre n°2752 du lor janvier 1927. Notre abonné y signalait notamment le rôle important joué par le général Sainte-Claire Deville et le Colonel Rimailho dans la création de ce matériel.
- « J’ai lu avec le plus vif intérêt l’article que M. Lucien Fournier consacre, dans La Nature du 15 mai, à la salle Gribeauval, récemment inaugurée. Cette étude sera très appréciée de tous les Parisiens — ils sont nombreux depuis la guerre — qui s’intéressent aux choses de l'Artillerie.
- La plupart de vos lecteurs ont été surpris, je pense, de ne pas lire, parmi nos grands techniciens de l’Arme, le nom du colonel de Bangc. Une mention était due, ce me semble, au père des excellents canons de 80, de 90, de 120 L, de 155 L, de 155 C et des mortiers de 220 et de 270, toutes pièces robustes et précises qu’on fut très heureux d’utiliser après la bataille de la Marne.
- M. L. Fournier signale l’emploi de pièces de côte et de marine (p. 464, col. 1). Je crois utile de rappeler que la plupart servirent à constituer les batteries d’artillerie' lourde sur voie ferrée (A.L.V.F.), notamment les canons de 16, de 194, de 240, de 274 (réalésés-en 285), de 305, de 320, de 340 et les obusiers de 370 et de 400, obtenus par tronçonnage et alésage de canons de 305 et de 340.
- Signalons en passant, dans le même article, une erreur matérielle sans grande importance ; page 42, alinéa 2 in fine il faut lire : canon de 75 (et non de 90) sans frein, du commandant Ducros. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresse relative aux appareils décrits.
- Nouvel appareil de projection pour cinéma parlant : Société « La Synchro pour tous », 265, rue Saint-Honoré, Paris.
- Les aiguilles en fibre pour la reproduction des disques de phonographe.
- Nous avons déjà donné quelques indications dans nos chroniques de phonographie sur le choix des aiguilles reproductrices de phonographe. On peut adopter, en général, un modèle d’aiguille cylindro-conique genre « médium » en acier, ou un modèle également en acier mais « en fer de lance ». A condition de changer ces aiguilles après chaque audition, on ne risque pas de provoquer une usure prématurée des sillons sonores, mais cette précaution est absolument indispensable, si l’on ne veut pas, d’une part, provoquer un rabotage rapide des parois internes de ces sillons et, d’autre part, troubler l’audition par des vibrations parasites provenant d’un guidage défectueux de l’aiguille dans le sillon.
- L’aiguille en fibre permet, sans doute, d’obtenir des reproductions très douces, et, d’autre part, n’use pas le disque comme l’aiguille en acier. De plus, sa pointe peut être retaillée plusieurs fois a l’aide d’un sécateur spécial; c’est donc un modèle d’aiguille très intéressant et qui peut être employé avec avantage, en particulier pour les disques de morceaux d’instruments à cordes. Par contre, une étude acoustique rationnelle permet de démontrer que l’aiguille en fibre ne permet pas de reproduire les notes très aiguës; c’est ce qui explique pourquoi elle assourdit, en général, les morceaux de paroles ou de chant, ou même d’instruments à vent. On ne peut donc conseiller, en général, son emploi exclusif, quels que soient les avantages que nous venons d’indiquer. Réponse à M. Maury, à Paris.
- Essai d’un poste à changement de fréquence.
- Le poste dont vous nous indiquez le schéma est d’un modèle à peu près classique, sauf l’utilisation d’un détecteur à galène, qui a simplement pour but d’augmenter la pureté d’audition.
- La détection se faisant à l’aide de la galène, la lampe suivante . est donc une lampe à basse fréquence, et nous ne comprenons pas pourquoi vous avez employé à cet usage un modèle A 415. Vous ne nous indiquez, d’ailleurs, pas le montage exact des étages basse fréquence de votre poste, et, pour vous renseigner sur le type de lampe employée, il faudrait évidemment que nous le connaissions.
- Les fils de connexion destinés à relier les bornes de votre poste aux différentes prises de votre batterie de pile sont évidemment reliés d’une part aux fiches de chauffage et de tension plaque et, d’autre part, aux prises de polarisation de grille des lampes basse fréquence. Les deux batteries de pile de 45 volts doivent être connectées en série et le pôle — 80 v relié au pôle + 4 v de la batterie de chauffage.
- Réponse à M. Wels, à Chaal (Tunisie).
- Transformation d’un poste à 4 lampes.
- 1° L’avantage du procédé à changement de fréquence est, sans doute, de permettre une amplification haute fréquence, dite alors à
- moyenne fréquence, très stable, et pouvant être obtenue facilement sans complication exagérée de montage.
- Un autre avantage du système est de permettre d’obtenir une sélectivité très accentuée, et, enfin, une recherche des émissions à l’aide de manœuvres de réglage très rapides et très simplifiées.
- En principe, un poste à changement de fréquence doit donc comporter un système d’amplification moyenne fréquence assez puissant, et par conséquent, un nombre d’étages moyenne fréquence assez élevé; nous avons pourtant montré dans nos chroniques que l’emploi de lampes à grille écran en moyenne fréquence permettait de diminuer le nombre de ces étages à égalité d’amplification, et nous avons décrit, entre autres, un poste à changement de fréquence à quatre lampes comportant une bigrille changeuse de fréquence, une lampe à grille écran en moyenne fréquence, une détectrice et une lampe trigrille de puissance en basse fréquence.
- Sans doute, et malgré les avantages de la lampe à grille écran, la sensibilité d’un tel poste ne peut-elle être aussi accentuée que s’il comportait plusieurs étages moyenne fréquence, mais la réception sur petite antenne est pourtant excellente et, si le montage est correctement exécuté, on peut entendre sur cadre bien étudié la plupart des émissions européennes;
- 2° Il est théoriquement possible de transformer votre poste à quatre lampes comportant une lampe haute fréquence à résonance, une détectrice et deux basse fréquence à transformateurs en un appareil à changement de fréquence du type indiqué, et sans démonter complètement ses organes de montage.
- Nous croyons cependant qu’il est encore plus simple, en réaliué, de démonter complètement votre poste, même en utilisant à nouveau, par la suite, unegrande partie des pièces, pour effectuerlenouveaumontage.
- Les condensateurs variables, bobinages d’accord, rhéostats, potentiomètre, condensateur shunté de détection, transformateurs basse fréquence, etc., pourront, fie nouveau, être employés, et il faudra simplement vous procurer des bobinages de modulation, un Tesla de liaison, un transformateur moyenne fréquence accordé, sans oublier évidemment un support pour lampe bigrille, si vous n’en avez pas déjà.
- Nous pensons, d’autre part, que les dimensions de votre ébénisterie et du panneau antérieur de votre poste sont assez grandes pour permettre le montage des organes du nouveau dispositif, et la disposition de ces organes est, d’ailleurs, indiquée dans la chronique déjà citée.
- 3° Vous pouvez vous adresser pour connaître le prix des pièces détachées à la maison Ribet et Desjardins, 10, rue Violet, à Paris. Vous pouvez également trouver des pièces du même genre à la maison Brunet, 5, rue Sextius-Michel, à Paris ou chez Bardon, 61, boulevard Jean-Jaurès, à Paris.
- 4° Il serait, sans doute, encore plus simple, si vous pouvez vendre votre poste un prix raisonnable, de monter un poste entièrement neuf avec une ébénisterie et un panneau d’ébonite de dimensions convenablement déterminées;
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- 5° Il n’est pas indispensable d’employer trois rhéostats distincts, mais cela permet d’augmenter la stabilité du fonctionnement, et aussi d’obtenir le meilleur rendement.
- Sur le plan de réalisation il n’est indiqué qu’un seul rhéostat variable général pour simplifier, mais vous pouvez voir en arrière du poste trois rhéostats semi-variables dont le réglage est déterminé en fonction des lampes adoptées et. du système d’alimentation en courant de chauffage.
- A droite du plan de réalisation, on peut voir sur la figure 9 la vue en plan de la prise d’alimentation qui comporte cinq douilles distinctes.
- 6° Si vous voulez réaliser un poste encore plus sensible vous pouvez adopter une première lampe triode ordinaire à transformateur moyenne fréquence et un deuxième étage moyenne fréquence à lampe à grille écran à liaison par impédance-capacité.
- Vous pouvez, d’autre part, au lieu d’utiliser un seul étage basse fréquence à trigrille de puissance, adopter deux étages basse fréquence à lampes triodes, dont la dernière de puissance, ce qui vous permettra d’utiliser vos deux transformateurs basse fréquence.
- Réponse à M. Gaibaud Saint-Maixent (Deux-Sèvres).
- Haut=parleur électro^magnétique ou électro=dyna= mique.
- Vous trouverez sous peu dans La Nature une étude complète des haut-parleurs d’amateurs, et nous vous donnons seulement maintenant quelques notions sommaires à ce sujet. On peut actuellement se procurer en France des modèles de haut-parleurs électro-magnétiques très perfectionnés, soit à large diffuseur, soit à cône flottant, montés, en quelque sorte, comme des haut-parleurs électro-dynamiques. On trouve également des modèles séparés de haut-parleurs électro-dynamiques pour amateurs, et nous en avons décrit plusieurs modèles dans nos chroniques.
- Tout dépend, en somme, du modèle de votre poste récepteur : si vous désirez une très grande intensité d’audition et que vous puissiez employer comme dernier étage basse fréquence un étage à transformateur avec lampe de puissance à forte tension-plaque de l’ordre de 150 à 220 v minimum environ, vous pouvez obtenir de très bons résultats avec un haut-parleur électro-dynamique; mais si, par contre, vous avez un poste du type classique avec dernière lampe de sortie moyenne alimentée sous une tension de 80 à 120 v, il est bien préférable pour vous d’adopter un haut-parleur électro-magnétique perfectionné. La qualité d’audition sera presque équivalente, et la sensibilité du système sera beaucoup plus grande, c’est-à-dire que l’intensité d’audition sera plus élevée pour une même réception, à égalité d’amplification. Réponse à M. Salmon, à Paris.
- Augmentation de la sélectivité d’un radiorécepteur.
- 1° Votre appareil comportant simplement un étage haute fréquence à résonance à liaison par circuit-bouchon capacité, une lampe détectrice, et deux étages basse fréquence avec réaction sur le système d’accord, n’a évidemment pas une sélectivité très accentuée, surtout si vous employez simplement un montage d’accord en dérivation. Vous nous indiquez, d’autre part, que votre antenne a une longueur de 40 mètres, et que l’alimentation, en outre, est réalisée à l’aide du courant 110 v du secteur continu, après filtrage. Ces circonstances accessoires diminuent, sans doute encore, les qualités de sélection de votre dispositif récepteur.
- Nous pensons que vous ne voulez pas diminuer la longueur de votre antenne, ni utiliser l’alimentation par batteries, et, d’ailleurs, vous ne pourriez pas, sur petite antenne ou sur cadre seulement, recevoir les émissions européennes avec un seul étage haute fréquence. Comme, d’autre part, vous ne voulez pas non plus modifier le montage intérieur de votre appareil, et augmenter le nombre des étages, nous ne voyons guère qu’un seul moyen d’augmenter Ja sélectivité du système, c’est de modifier le montage d’accord, et d’utiliser un circuit-filtre.
- Vous pourriez, tout d’abord, adapter soit un système d’accord en Tesla avec primaire et secondaire accordés, que vous pourriez très simplement constituer par des bobinages en nids d’abeilles interchangeables, sans modifier le montage intérieur de votre appareil, soit un montage d’accord en Bourne avec primaire apériodique et simplement secondaire accordé. Dans ce cas, le condensateur variable monté dans votre poste pourrait servir à accorder le secondaire du système d’accord et vous auriez simplement à ajouter les bobinages primaire et secondaire extérieurs. D’ailleurs, étant donné la longueur assez grande de votre antenne, vous pourriez monter en série dans le primaire un condensateur fixe de quelques millièmes de microfarad.
- --------- - ...... = 95 =
- Il est cependant possible d’augmenter dans d’assez grandes proportions la sélectivité de votre appareil, et, en particulier, d’éliminer les émissions gênantes perturbatrices du poste local, en intercalant simplement, entre l’antenne et la borne antenne du poste, un circuit filtre accordé sur l’émission à éliminer.
- Nous avons déjà indiqué plusieurs fois en quoi consistait ce circuit filtre; il peut simplement être composé par un bobinage interchangeable en nid d’abeilles, d’une cinquantaine de spires, par exemple, pour les longueurs d’onde considérées, et accordé par un condensateur variable de 0,5/1000 de microfarad.
- Pour utiliser ce système, on commence pour accorder le poste récepteur sur l’émission à éliminer, sans intercaler le circuit filtre dans le circuit d’accord; puis, on monte le circuit filtre, et on règle le condensateur jusqu’à élimination à peu près complète de l’émission perturbatrice. Une fois ce réglage effectué, et sans modifier la position du bouton de réglage du condensateur, on se sert de l’appareil comme si le circuit filtre n’existait pas pour la réception des autres émissions.
- Un tel système modifie évidemment les repères précédemment établis, mais, généralement, il ne diminue pas beaucoup la sensibilité du récepteur. Au lieu d’effectuer la prise d’antenne à l’extrémité du bobinage, on peut, d’ailleurs, l’effectuer sur une prise disposée sur ce bobinage, de façon à réaliser un auto-transformateur. Dans ce cas, la “ brutalité » de l’élimination est peut-être un peu moins grande, mais le décalage des repères primitifs est aussi moins accentué.
- Vous pourriez, d’ailleurs, trouver des renseignements sur les différents systèmes d’accord plus ou moins sélectifs dans La Pratique radio-électrique (Masson et Cie, Editeurs).
- Réponse à M. Vidry, à Montpellier (Hérault).
- Une utilisation des vieux papiers.
- La mode est actuellement à la représentation stylisée des objets décoratifs : animaux aux formes géométriques, bonshommes d’aspect, caricatural, cendriers, etc. Dans cet ordre d’idées on peut réaliser facilement des pièces très originales qui sont d’abord modelées à la cire ou à la glaise, puis dont on prend ensuite un moulage en plâtre.
- En possession de celui-ci, il est alors facile d’en tirer de nombreux exemplaires en utilisant les vieux papiers; les figurines une fois sèches sont enluminées par exemple au moyen des vernis cellulosiques genre Duco dont l’usage est aujourd’hui familier et on réalise ainsi des objets fort variés et décoratifs.
- On commence par prendre :
- Vieux papiers de journaux..................... 100 grammes
- Blanc d’Espagne............................ 700 grammes
- Plâtre fin ................................... 200 grammes
- Colle forte ................................... 10 grammes
- Couvrir la colle forte avec un peu d’eau froide, laisser gonfler pendant la nuit, liquéfier le lendemain au bain-marie.
- Faire tremper de même les vieux journaux dans une quantité d’eau suffisante pour imbibition complète, délayer pour obtenir une pâte homogène, chauffer celle-ci et y incorporer la colle chaude.
- Enfin, en dernier lieu, introduire le blanc d’Espagne et le plâtre préalablement mélangés, opérer assez rapidement pour pouvoir couler la masse dans des moules graissés, avant que le plâtre ait fait prise.
- Réponse à M. Jungsfleish, à Paris.
- N. B. — Pour le moulage en plâtre se reporter au n° 2775, p. 576.
- Enduit lavable pour parquets ou linoléums.
- Dans notre n° 2825 du 15 janvier 1930, page 88, nous avons indiqué sur quelles données se préparaient les produits dits siccatifs pour carrelages. Voici à titre complémentaire une formule intéressante pour parquets et linoléums, permettant de les recouvrir d’un enduit protecteur, qu’il suffit de nettoyer au linge humide, pour lui redonner tout son brillant et sa fraîcheur, réserve faite bien entendu, de l’usure inévitable résultant du passage plus ou moins fréquent des chaussures. Prendre :
- Gomme laque en écailles......................... 400 grammes
- Térébenthine de Venise.......................... 300 grammes
- Alcool dénaturé à 95° .......................... 1600 cent, cubes
- Mettre dans un flacon avec bon bouchon de liège, agiter fréquemment jusqu’à dissolution complète, ce qui demande deux ou trois jours; appliquer ensuite tel quel, c’est-à-dire sans filtrer en se servant d’un pinceau large, laisser bien sécher avant de pénétrer dans la pièce.
- Réponse à M. Cacouault, à Pondichéry. p.-S. — L’emploi d’une baignoire en ciment armé nous paraît peu indiqué, tout autre récipient en zinc ou en tôle nous paraissant plus
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- pratique; si cependant vous voulez faire un essai, nous croyons que ce serait un vernis au caoutchouc, qui serait susceptible de vous donner le meilleur résultat, par exemple :
- Caoutchouc pur Para...............,.....,....... 300 grammes
- Essence de térébenthine ........................ 700 grammes
- Passer à i’autoclave à 150°, diluer ensuite à l’essence de térébenthine simple pour amener à la consistance voulue.
- Ce vernis étant transparent, vous pourrez le rendre opaque par addition de toute couleur minérale, telle que blanc de zinc, sulfate de baryte, lithopone, etc.
- La Maison Sœhnée, 58, rue de Saint-Mandé, à Montreuil (Seine) serait peut-être en mesure de vous fournir un enduit de ce genre.
- • Comment on obtient le rêsinate de manganèse.
- Dans un précédent article (n° 2824, page 47) nous avons indiqué que les produits désignés sont le nom de « siccatifs » devaient le plus souvent leurs propriétés à l’introduction du rêsinate de manganèse dans la composition.
- Ce rêsinate s’obtient en général par double décomposition entre un savon de résine (abiétate lodique) et un sel de manganèse :
- A la solution de savon de résine on ajoute peu à peu une dissolution de sulfate manganeux, jusqu’au moment où un peu du liquide filtré ne précipite plus par la solution de manganèse. Le.précipité formé est ensuite lavé à plusieuis reprises par décantation.
- On peut également préparer le rêsinate de manganèse en fondant un mélange de résine et de protoxyde de manganèse. La température à atteindre doit être de 240° à 250° C pour qu’il y ait combinaison.
- Cette préparation est plus facile que la précédente, mais ne donne pas un rêsinate parfaitement neutre, la température élevée provoquant presque toujours une altération de la résine.
- Réponse à Dr E. C., à Rouen.
- Adresses de fabricants de résinale de manganèse : Société industrielle de résines, 42, avenue Farvaque, à Bègles près Bordeaux (Gironde); Jacquelin, 18, Passage de la Main-d’Or, rue de Charonne; Nerville et Morgan, 65, rue des Culées, à Aubervilliers (Seine); Levy Finger, 32 rue de Bondy; Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs ; Roussel, 19( rue des Rosiers, à S.aint-Ouen (Seine); Lefranc, 18, rue de Valois (Paris).
- De tout un peu.
- IVI. Simon, à Grasse. — 1° L’emploi de l’acide tartrique pour intervertir le sucre et le transformer en glucose ne présente aucun inconvénient pour la santé et vous pouvez utiliser ce produit sans aucune crainte.
- Industriellement, on se sert dans le môme but de l’acide sulfurique, mais dans ce cas, il faut prendre soin, une fois l’opération terminée, de saturer l’acide par un lait de chaux, il se forme ainsi du sulfate de calcium, sel pratiquement insoluble que l’on élimine par filtration.
- 2° L’acide sulfurique attaquant le fer et le zinc il ne peut être question d’effectuer l’interversion ci-dessus dans des vases en tôle, même galvanisée, ici le cuivre s’impose.
- 3° Le contact direct du bois de chêne avec le vin ne lui est pas nuisible, le tanin ainsi apporté jouant un rôle conservateur, voire même améliorant, l’enduisage intérieur des douelles ne s’impose donc pas.
- Quant à la bière, il est de pratique courante d’enduire l’intérieur des fûts de résine; brasseurs et consommateurs se trouvent bien de cette pratique relativement peu coûteuse qu’il ne paraît pas utile de modifier.
- En aucun cas, il ne faut employer dans un but analogue le silicate de soude ou de potasse qui communiquerait aux boissons un goût de lessive.
- IVI. Grignoux, à Lyon. — La pâte hectographiqüe employée pour tirer un certain nombre d’exemplaires de lettres, circulaires, croquis, etc., peut se préparer très facilement au moyen de colle forte de qualité supérieure dite colle de doreurs et de glycérine ; la formule la plus simple
- est la suivante :
- Colle forte....................... 50 grammes
- Glycérine blonde à 28° B......... 200 —
- Eau non calcaire................. 100 —
- Faire gonfler pendant vingt-quatre heures la colle forte dans l’eau froide, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter la glycérine, rendre homogène et couler dans des formes en fer-blanc ou en zinc au format prévu pour le papier et ayant une profondeur d’environ un centimètre, écumer la surface avec une carte pour enlever les bulles d’air, puis laisser refroidir.
- N. B. — Pour rendre l’écriture plus visible sur la pâte, on peut, mais ce n’est pas indispensable, ajouter à celle-ci un peu d’une poudre blanche inerte, kaolin, sulfate de baryte, etc.
- Quant à l’encre, généralement violette, elle est constituée par :
- Violet de Paris, pulvérisé................ 10 grammes
- Alcool à 95°.............................. 10
- Eau distillée............................. 70 —
- Glycérine officinale...................... 10 —
- Laisser digérer plusieurs jours en flacon bien bouché, agiter fréquemment et filtrer pour séparer les impuretés.
- IVI. Argèmï Sola, à Barcelone. — 1» L’article que vous nous avez soumis, servant à la séparation des plaques d’accumulateurs, est simplement une latte de bois de sapin, tranchée et rainée à la machine, sans qu’il soit nécessaire d’amollir de bois pour cela. Vous pourrez vous procurer des machines permettant d’exécuter ce genre de travail en vous adressant aux maisons suivantes : Guillet et fils, 2, boulevard Magenta. — Salmson 2, avenue des Moulineaux, à Billancourt (Seine).
- — Deshayes frères, 114, quai de Jemmapes.— Nozal, 1, quai de Passy.
- — Allied Machinery, 19, rue de Rocroy.
- 2° La toile à calquer est une toile très fine recouverte d’un enduit amylacé légèrement gélatinée et frictionnée sur une face. Les constructeurs suivants, auxquels vous pouvez vous adresser, sont susceptibles de vous fournir toutes machines pour enduisage et calandrage : Repiquet, 18, rue de la Folie-Regnault. — Dehaître, 6, rue d’Oran. — Flicotteaux, 45, avenue Philippe-Auguste. — Grosselin, 352, rue Saint-Honoré, Paris.
- IVI. Vignat, à Vienne (Isère). — 1° Pour blanchir votre mur exposé à la pluie, de façon que l’enduit soit durable, le mieux est d’employer d’abord un badigeon obtenu de la façon habituelle au moyen d’un lait de chaux aluné, puis, après séchage, d’appliquer deux couches de fluosilicate.
- Le badigeon simple est composé de :
- Pâte de chaux éteinte................ 10 kg.
- Eau ordinaire........................ 100 litres
- La première couche de badigeon étant sèche, on en donne une seconde avec la même composition dans laquelle on remplace 20 litres d’eau, par un même Amlume d’une solution saturée d’alun.
- N. B. — Vous trouverez le fluosilicate à la Maison Teisset-Kesler, à Clermont-Ferrand qui s’est spécialisée dans la fabrication des produits de ce genre.
- 2° Les statues de marbre se nettoient très facilement au moyen d’eau savonneuse tiède légèrement javellisée.
- 3° Nous indiquerons d’autre part (Recettes et procédés utiles) comment on procédait au nettoyage des gants de Suède.
- 4° Le mastic destiné à obturer les fissures des enveloppes de pneumatiques est essentiellement constitué par une dissolution de caoutchouc dans la benzine le plus souvent additionnée d’essence d’eucalyptus pour permettre d’obtenir une plus-grande richesse en gomme. On peut prendre comme type d’une préparation de ce genre la formule
- suivante :
- Benzine lourde.................... 500 grammes
- Caoutchouc pur Para............... 150 —
- Essence d’eucalyptus............... 25 —
- Laisser digérer plusieurs jours, en flacon bien bouché, agiter souvent pour faciliter la dissolution de la gomme, une fois celle-ci réalisée, épaissir à volonté par addition d’une poudre inerte, kieselgubr, kaolin blanc d’Espagne, teinter si on le désire par une trace de plombagine pour réaliser la teinte grise.
- 5° L’emploi du gaz nous semble préférable, au point de vue économie et commodité pour chauffer l’eau dont vous avez besoin. A titre indicatif voici quelques adresses de bons constructeurs d’appareils : Bono, 15, rue Godefroy-Cavaignac. — Croppi et Edant, 11, rue du Chemin-Vert. — Dutar, 21, rue Turbigo.— Buron, S, rue de l’I-Iopital-Saint-Louis, Paris.
- IVI. Jaquet, à Paris. — Nous avons depuis longtemps vulgarisé l’emploi des solutions de pyrèthre pour la destruction par pulvérisation des insectes, mouches, mites, punaises, etc., vous en trouverez une formule très simple dans le n° 2597 du 12 janvier 1924, page 30.
- IVI. Ledesert, à Pombières-St-IVIarcel.— La patine terre cuite de votre moulage est très probablement constituée par une application de blanc gélatineux légèrement teinté par du rouge d’Angleterre.
- Quant à la patine « vieux bois » la désignation est trop vague pour que nous puissions préjuger de sa composition, seul un examen du produit nous permettrait de nous faire une opinion.
- Le Gérant : G. Masson.
- 99-562.
- Paris, lmp. Lahure. — 15-7-1930.
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- Paraît de 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- L ....
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- N° 2838.
- LA NATURE
- J" Août 1930
- L’HIVERNAGE DE L’OURS BRUN111
- Les observations sur es mœurs des ours bruns, communi quées par l'auteur, portent sur quinze années, sur plus de cent ours, qu'il a chassés et sur onze apprivoisés quil a possédés et gardés en liberté, et non enchaînés, ni enfermés. De plus, il a employé deux pisteurs professionnels dont chacun, avant d'entrer à son service, avait déjà eu affaire à plusieurs dizaines d'ours. En outre, la plupart de ses chasses se déroulaient dans des forêts russes domaniales dont les conservateurs, brigadiers et gardes, étaient tous ses amis, et qui ayant pu, eux aussi, observer les ours pendant de longues aimées, lui ont apporté de précieux témoignages. Tout compte fait, il s'agit donc de plusieurs centaines d'ours vus de près et en pleine liberté.
- Si pendant les autres saisons de l’année, aucun ours brun ( Ursus arctos), ni mâle, ni femelle, ne possède un gîte, tous possèdent pour passer l’hiver une tanière.
- L’ours se retire dans sa tanière à l’époque de la première chute de neige, c’est-à-dire en octobre, ou novembre, selon la région et la précocité de l’hiver. Il l’a préparée généralement deux ou trois semaines plus tôt.
- De jeunes ours, peu expérimentés, gagnent somment leurs tanières à la première neige, en laissant des traces.
- Ils payent presque toujours de leur vie cette imprudence. Mais les ours âgés et surtout les plus vieux s’installent toujours avant la première neige. Ils ne laissent jamais de leur propre gré leurs traces sur la neige. Cela prouve une fois de plus leur remarquable intelligence.
- Pendant les deux ou trois premiers jours, l’ours reste toujours couché près de sa tanière, sans y entrer, se tenant
- 1. D’après la conférence faite par l’auteur le 26 Mai 1930 à la séance générale de la Société nationale d’acclimatation de France. L’ouvrage dont ces pages résument un des chapitres paraîtra prochainement sous le patronage de la Société nationale d’acclimatation de France aux Éditions Bossard, Paris.
- aux aguets et prêt à fuir à la moindre alerte. Même entré dans sa tanière, il reste encore très attentif et méfiant, pendant environ un mois. On peut dire sans exagération que rares sont les pisteurs capables de rembûcher (‘) un ours, sans le faire déguerpir, pendant les quinze premiers
- jours de l’hivernage, à plus forte raison d’approcher de cette tanière où il se tient si méfiant à cette époque.
- Par contre, à partir du 20 décembre, l’ours se tient dans sa tanière très ferme. Exception faite des cas où le chasseur commettrait des fautes graves, comme par exemple des cris, toux, sondage du sol avec une perche, l’ours laissera non seulement approcher tout près, mais même parfois littéralement traverser sa tanière, sans aucune réaction qui trahisse sa présence.
- Aucun ours ne sort jamais de sa tanière en hiver de son propre gré. Il arrive cependant qu’exceptionnelle-ment, au cours d’un hiver extrêmement doux et humide, quelques-uns de ces plantigrades quittent des tanières creusées en terre, chassés par une infiltration d’eau. Mais ils s’installeront immédiatement dans le voisinage pour le reste de l’hiver. Ce cas est très rare, car généralement, d’instinct, l’ours a choisi pour sa tanière un endroit peu exposé à cette éventualité. Si l’ours n’est pas dérangé par un homme, il passera dans sa tanière tout l’hiver, jusqu’au dégel général du printemps. Selon l’année, cette époque pour des provinces centrales de la Russie, celles de Tambov, de Simbirsk, et de Kazan, par exemple, se situe environ du 15 au 25 mars et pour celles du nord de la Russie ou pour la Sibérie de la fin de mars au 15 avril au plus tard.
- Couché en rond dans sa tanière et se retournant de temps en temps, d’un côté sur l’autre, l’ours dort plus 1. Délimiter son repaire sur une surface boisée de 5 à 10 hectares.
- Fig. 1. — Cet oms, vieux, d’un poids de plus de 300 kg, avait dans ses intestins des poils de bovidés.
- Il fut tué par l’auteur après 3 jours d’une poursuite fatigante et émouvante dans la conservation Mortchassovskaia de la province de Tambov en Russie Centrale.
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- que pendant d’autres saisons. Son sommeil est. beaucoup plus lourd par un froid vif (— 20° au plus), mais il ne dort, jamais sans arrêt, ne fût-ce que vingt-quatre heures. Tous les chasseurs expérimentés savent que la meilleure heure pour approcher une tanière est vers midi, quand l’animal sommeille. Par contre, il veille depuis le lever du soleil jusqu’à environ onze heures et ensuite de deux heures jusqu’au coucher du soleil.
- Si, ce qui est fort admissible, ses pulsations et sa respiration sont plus lentes dans sa tanière que pendant sa vie errantej il conserve l’usage intégral de tous ses sens.
- En effet, un ours âgé quittera souvent sa tanière au seul bruit de chasseurs approchant sans précaution, ce qui prouve bien, que son ouïe est toujours aux aguets.
- Quand on le débusque et que sa tête sort à peine, il se rend immédiatement compte de la meilleure direction à prendre pour se sauver.
- Parfois, même sans être blessé (c’est le cas notamment d’une ourse mère), il choisit du fond de sa tanière le
- Fig. 2. — La lanière sous un tronc déraciné d’un sapin. Son occupant fut un ours de 130 kg.
- Province d’OIonetz (Nord de la Russie).
- chasseur qu’il attaquera, ce qui prouve autant la lucidité de l’esprit que la clarté de la vue.
- Dès qu’un ours a réussi à se sauver de sa tanière, soit sans blessure, soit légèrement ou même grièvement blessé, seuls de bons chiens lâchés sur ses trousses ou encore une neige d’une profondeur extraordinaire permettront au chasseur le plus infatigable de l’attraper à la course. Ce qui prouve qu’un jeûne très prolongé ne l’a pas sensiblement affaibli.
- Et pourtant il est maintenant induscutable que ces plantigrades sont les seuls mammifères qui passent tout l’hiver sans prendre ni nourriture, ni boisson et sans tomber en même temps dans un état de sommeil léthargique, comme une marmotte ou un hérisson, par exemple.
- Quelles sont les particularités physiologiques qui permettent à l’ours de vivre pendant de longs mois sans aucune nourriture et sans souffrir visiblement du jeûne? Rien de particulier dans la constitution anatomique de ses organes digestifs.
- Wood ('), qui indique assez exactement la durée de l’hivernage de l’ours, d’octobre à avril, prétend que c’est grâce à une alimentation à base de végétaux sucrés que l’ours emmagasine dans son organisme une quantité importante de sucre. Ce dernier, dégageant beaucoup d’acide carbonique, permet à l’ours de passer l’hiver sans aucune nourriture. Cependant notons qu’il existe d’autres animaux, des singes par exemple, qui mangent autant si ce n’est plus de substances riches en sucre et pendant toute leur vie sans aucune interruption. Il est fort probable que le sucre ou plutôt l’acide carbonique joue un rôle important dans l’hivernage de l’ours, mais il y a sûrement d’autres facteurs.
- Une légende prétend que l’ours se nourrit dans sa tanière de sa propre graisse. Je répondrai qu’il m’est arrivé de tuer autant de sujets maigres au commencement de l’hiver que de sujets gras et très gras à la fin de l’hiver.
- Une autre, encore plus grotesque, prétend que l’ours se nourrirait dans sa tanière, en avalant la mousse qu’il produit en suçant sa patte ! Un pareil perpetuum mobile alimentaire est déjà bien invraisemblable par lui-même. Or non seulement je ne tuai jamais aucun ours qui eût une patte mouillée, mais il m’est arrivé de tuer, par exemple en février, des ours dérangés de leurs tanières primitives en décembre et je trouvais sous les griffes de leurs pattes de devant de la poussière provenant du sol de leur tanière précédente.
- Un fait certain est que l’ours se purge toujours avant de gagner définitivement sa tanière. La ou les substances végétales absorbées par lui à cet effet, après avoir rempli leur rôle, en nettoyant absolument son estomac et ses intestins, descendent jusqu’à l’anus et y restent, formant une espèce de bouchon. Celui-ci, selon la taille de l’ours, sera de deux centimètres et demi à quatre de diamètre et de quatre centimètres et demi à huit de longueur. En examinant ces bouchons on y trouve invariablement des matières végétales de couleur verdâtre très pâle, toujours mélangées de sable.
- Bien que l’estomac et les intestins de l’ours soient en hiver absolument vides de toutes matières, ils sont toujours gonflés d’air; une fois ouverts, ces organes ne dégagent jamais aucune odeur. Les seuls résidus qu’il me soit arrivé de trouver en hiver dans l’estomac ou plutôt dans les intestins des quelques rares et vieux ours (chez cinq individus sur plus de cent observés) furent quelques poils de bovidés, leurs victimes (fig. 1).
- Quand il a quitté sa tanière à l’époque normale, c’est-à-dire au printemps, l’ours expulse ce bouchon avec sa première selle, laquelle est parfois douloureuse à en juger par ses matières généralement maculées de sang.
- Forcé de quitter sa tanière en hiver, Fours garde ce bouchon, même s’il marche pendant deux ou trois jours, pourvu que ce soit à une allure normale.
- Par contre, s’il a dû effectuer pendant deux ou trois jours un parcours au trot ou au galop, poursuivi par des chiens dans une neige profonde, il perd son bouchon. Fatigué par les efforts fournis, il avale de la neige tout en courant. Les mouvements péristaltiques qui en résultent chassent le bouchon. Lorsqu’il a réussi à se sauver, un
- 1. J. G. Wood. The illusfrated Natural History.
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- ours démuni de son bouchon doit beaucoup souffrir de la faim. Il maigrit rapidement, à vue d’œil; on dirait qu’il fond, comme une bougie, et il passe le reste de l’hiver à rôder en changeant de gîte presque chaque jour. Il est vraisemblable que ce sont de pareilles aventures qui conduisent un ours à attaquer des animaux domestiques. Complètement affolé par la faim, il se jette sur le premier animal rencontré au printemps, quand les troupeaux sortent de l’étable, et, une fois que son exploit a réussi, il le renouvellera.
- Par contre, un ours, même plusieurs fois dérangé au cours de l’hiver, mais qui aura gardé son bouchon, s’installera dans une nouvelle tanière et continuera son hivernage, comme d’habitude.
- En tout cas la faculté dont jouit ce plantigrade de passer plusieurs mois à jeun semble nettement subordonnée à la vacuité des organes digestifs, ainsi qu’à la présence du bouchon en question.
- Les tanières sont ordinairement de trois sortes. Tel ours s’installera sous un arbre énorme déraciné par la tempête. Tel autre se creusera dans le sol une tanière-terrier. Enfin un troisième couchera sous quelques jeunes pins ou sapins, dont les branches recouvertes de neige lui forment une espèce de hutte.
- La tanière-terrier est toujours peu profonde. Sa voûte n’a qu’une épaisseur de cinq, à vingt centimètres. Ses dimensions correspondent à la taille de son occupant, mais sont comparativement plutôt restreintes. Comme nous avons dit, l’ours passe tout son temps couché en rond et se retourne seulement d’un côté sur l’autre. D’autre part, il est fort probable, que s’il n’agrandit pas son gîte, c’est afin d’y conserver la chaleur qu’il dégage. Aussi les dimensions de la tanière-terrier sont-elles de 50 à 75 cm de hauteur et de 60 cm à 1 m de diamètre et sa forme n’est pas absolument ronde, mais ordinairement un peu allongée. Un homme ne saurait se tenir à genoux dans une tanière-terrier, même appartenant à un très grand ours. Ordinairement la tanière-terrier est creusée dans un taillis. C’est tout à fait compréhensible, car là aucun abri naturel n’existe contre le froid, tel qu’un gros tronc déraciné ou un amas de bois-chablis.
- La tanière aménagée sous un tronc déraciné est toujours plus vaste. S’il s’agit d’un arbre séculaire, l’excavation produite par sa chute est parfois si profonde qu’un homme peut se tenir debout à côté de la motte de racines sous le tronc couché. C’est dans cet espace que l’ours s’installe toujours, s’il choisit une telle tanière. Ce genre de tanières se trouve forcément dans de hautes futaies vierges et notamment dans celles où dominent les essences résineuses (fig. 2). Une ourse mère de deux ou trois loutchaks (') aimera beaucoup ce gîte pour leur hivernage commun (fig. 4).
- Si Tours choisit son repaire dans une jeune sapinière, il s’installera sous les basses branches rapprochées. La neige en tombant recouvrira tout jusqu’aux houppiers et formera une sorte de hutte. Notons cependant que la plupart des ours, qui s’installent sous les jeunes résineux, sont des animaux ayant été dérangés de leur tanière primitive, quand on a essayé de les rembûcher.
- 1. Ourson de 11 à 24 mois.
- Fig. 3. — Tanière-terrier creusée dans un taillis jeune el dense;
- elle a été occupée par un ours de 200 kg.
- Lors de la recherche de cette tanière, l’auteur enfonça un pied dans son orifice qu’on voit sous la patte de l’ours. Conservation Partzinskaia. Province de Tambov (Russie Centrale).
- Quelquefois Tours étale sur le sol de sa tanière quelques rameaux de conifères, mais étant donné leur nombre resr treint (de deux à six) un pareil lit semble peu confortable.
- De quelque tanière qu’il s’agisse, sous un tronc déraciné, sous terre ou bien sous de jeunes résineux, son issue regarde toujours vers le sud : orientation bien naturelle puisque en hiver les rares rayons de soleil arrivent du Sud et que la bise vient du Nord.
- Quand la neige est très abondante, l’orifice de la tanière se trouve presque comblé et parfois ne mesure plus que 5 centimètres à peine. S’il survient alors de très grands froids (— 20° ou plus) la chaleur dégagée par Tours, sottant par cet orifice étroit, fait fondre tout autour la
- Fig. 4. — Celle tanière, sous un tronc déraciné d’un sapin énorme, a abrité une 'famille composée d’une ourse (120 kg) et de ses 3 loutchaks (16 kg chacun).
- Prcmnce de Vologda (Nord de la Russie).
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- neige, que le froid persistant transforme au fur et à mesure en glaçons, parfois jaunâtres. Par contre, si la neige est peu profonde, on peut parfois repérer l’orifice de la tanière-terrier par les remblais de terre rejetée à droite et à gauche par l’animal pendant qu’il a creusé.
- Ce ne sont certainement pas les essences de bois qui guident l’ours dans le choix du lieu où il passera l’hiver; il préfère les parages où, selon ses observations, il aura plus de chances de ne pas être dérangé par l’homme.
- Dans les forêts, souvent vierges, du nord de la Russie, il s’installe généralement à environ 5 km d’une habitation et à 1, 2 ou 3 km d’une route. Là, aucun paysan n’ira abattre du bois et peu de chasseurs s’y aventurent, sauf ceux qui cherchent les écureuils et les martres, car les lièvres, les renards, les coqs de bruyère et les perdrix blanches se tiennent plus près de l’orée de la forêt.
- Dans les provinces centrales de la Russie, les forêts sont aménagées en enceintes relativement petites (') ; de nombreuses routes les traversent pour permettre l’enlèvement du bois mort, les éclaircies nécessaires et une exploitation régulière des coupes : l’ours emploie, alors, une autre tactique. D’abord, plus la forêt est exploitée, plus l’ours préférera les taillis. En effet à chaque printemps, au sortir de sa tanière, il aperçoit çà et là de hautes futaies disparues (1 2 3). Comme il ne lit pas les annonces légales et ne consulte pas à la mairie les avis d’adjudications, il ignore évidemment quel sera l’endroit ravagé par la hache, au prochain tour. Un raisonnement, qui ne manque pas de logique, ni de sagesse, le conduit à fuir les bois suceptibles d’être condamnés et à se retirer dans ceux où il ne reste rien à abattre, c’estrà-dire dans les jeunes taillis. C’est pourquoi dans de telles forêts, tous les grands ours âgés et expérimentés choisissent pour creuser leurs tanières un taillis jeune et de préférence dense (fîg. 3).
- D’autre part ces vieux rusés font presque toujours leurs tanières non seulement près d’une route, mais tout près d’un carrefour. Quand il a été dérangé et que la balle du chasseur l’a manqué, l’animal gagne le croisement des routes, en choisit une, dont la neige est comprimée comme une glace, par le fréquent passage de traîneaux et ne garde aucune empreinte. Pendant que le chasseur devra chercher, souvent à genoux, les légères égratignures, laissées sur cette route par ses griffes, l’ours sera déjà éloigné de deux ou trois kilomètres. Il suffit que la neige à ce moment tombe ou commence à tomber pendant un quart d’heure seulement pour que les égratignures de ses griffes sur la route disparaissent complètement et qu’il soit sauvé.
- ! Quelques cris ou coups de sifflet et notamment un bruit de branches cassées feront lever et sortir un ours âgé. Un ours petit et des femelles, soit avec leurs nouveau-nés (Q, soit avec leurs loutchaks sont très durs à lever. Si l’ours après quelque bruit ne sort pas, on peut essayer de le faire partir en lançant des boules de neige ou des bouts de bois dans l’orifice de la tanière. Si tous ces efforts ne donnent aucun résultat, on le fait sortir avec une perche. On sonde la tanière avec une perche de 3 à 4 mètres de longueur. Il est très rare qu’un ours, même celui qui fait le mort pen-
- 1. De 2 km sur 2 km et même parfois de 1 km2.
- 2. En Russie on n’abat le bois, même résineux, qu’en hiver.
- 3. Une ourse met bas en janvier-mars selon la région.
- dant un bon quart d’heure, laisse s’accomplir cette opération. Aussitôt qu’il entend le frottement de la perche près de sa tanière, il sort précipitamment.
- L’ours mâle annonce sa sortie de la tanière par un grognement et un reniflement sourd; la mère, qui a des petits ou des loutchaks, par une sorte de rugissement et une femelle vide sort toujours en silence. Les oursons nouveau-nés se révèlent ordinairement avant que la mère quitte la tanière : au premier bruit près de celle-ci, l’ourse s’énerve, se retourne et les oursons aussitôt commencent à glapir. Une mère de loutchaks les fait sortir ordinairement l’un après l’autre et avant elle. Mais il faut ajouter que cette sortie se produit très rapidement.
- Aucun ours ne reprend jamais une ancienne tanière, ni celle dont il a été dérangé, ni celle dans laquelle il a déjà passé un précédent hiver. Il ne s’installera pas non plus dans une tanière ayant déjà servi à un autre ours.
- Seul l’ours dérangé plusieurs fois de sa tanière, ayant échappé à plusieurs coups de feu et même souvent portant sous sa peau quelques lingots de plomb provenant des mauvaises « seringues » à piston des paysans, s’installe sans tanière sur un lit formé de quelques branches ou de fagots jetés par lui directement sur le sol et il s’y tient toujours aux aguets. Un pareil ours est très dangereux. Il est toujours très maigre et sa fourrure est pelée. Il ne se laisse jamais approcher, et on ne peut l’avoir autrement qu’en organisant une battue, qui exige de nombreux rabatteurs. Levé par la battue, il s’avance très lentement, s’arrêtant souvent, flairant l’air et dressant ses oreilles. La moindre imprudence d’un chasseur ou d’un rabatteur pourrait avoir des conséquences mortelles. Lors d’une de mes chasses, j’ai été obligé d’abattre un pareil ours sur un rabatteur, qu’il avait attaqué et renversé, sans avoir été blessé préalablement.
- Dans aucune tanière, même dans celle qui abrite des oursons nouveau-nés, on ne trouve jamais ni déchets, ni excréments. La seule chose que j’y trouvai une fois fut le petit cadavre desséché d’un ourson mort-né.
- Sans refuser absolument toute nourriture, comme son frère sauvage, qui hiverne dans la forêt, l’ours apprivoisé mange en hiver incomparablement moins que pendant d’autres saisons. Il dort aussi beaucoup plus. Il ne quitte presque pas sa niche, sauf pour satisfaire rarement un besoin naturel. Au lieu de sortir, il préférera attirer à lui sa gamelle qu’il remettra vide au dehors après l’avoir vidée. Par des froids vifs, il bouche l’ouverture de sa niche avec du foin de l’intérieur et reste parfois plus d’une semaine sans sortir. A mon avis, si l’ours apprivoisé mange quelque peu en hiver, c’est uniquement parce que, faute des substances végétales nécessaires, il n’a pu préparer ses organes digestifs au jeûne prévu par la nature. Des observations faites sur des ours enfermés dans une ménagerie ne peuvent rien apprendre de sérieux à ce sujet, car ces bêtes sont dérangées sans relâche, soit par le public, soit par les gardiens. En outre, elles manquent encore plus de ces aliments végétaux nécessaires au régime préparatoire de l’hivernage puisque ces plantes poussent en forêt et non sur le sol cimenté d’une cage.
- W. Kazeeff.
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- = RÉSONANCE ET IONISATION DES GAZ 101
- ET DES VAPEURS
- I. - STRUCTURE MOLÉCULAIRE DES GAZ
- Les propriétés physiques des gaz et des vapeurs sont moins aisément accessibles à nos sens que celles des liquides et des solides. Cela tient à ce que les gaz et les vapeurs constituent des milieux relativement raréfiés, dont la densité est faible si on la compare à celle des corps solides ou de notre propre corps. Les phénomènes de choc, qui nous révèlent seuls l’existence du monde extérieur, et qui sont d’une brutalité marquée lorsqu’il s’agit du choc entre solides, prennent dans le cas des gaz une douceur déconcertante, qui a longtemps donné le change sur la nature corporelle des éléments gazeux. Que l’air atmosphérique soit un « corps », au même titre que le fer ou le
- plomb, c’est ce qui était encore mis en doute à l’époque de Lucrèce. L’argument décisif apporté par le poète pour chasser ce doute est tiré des eL fets mécaniques que peut produire un gaz en mouvement lorsque sa force vive devient suffisamment grande : la vitesse du vent pendant la tempête peut compenser sa faible densité et en faire l’égal du projectile le plus puissant. Nous devons donc attribuer aux gaz et aux vapeurs la même réalité physique qu’aux substances solides ou liquides. Ils ont eux aussi une masse, un volume, une pression et une température qui caractérisent complètement leur état. Lorsque nous savons combien pèse un litre d’air sous la pression atmosphérique et à la température du moment, nous connaissons tout ce que nos sens peuvent nous révéler directement à son sujet. La façon dont ce volume d’air se comportera en toute autre circonstance peut se prévoir d’après les lois générales de la Physique.
- La masse totale, le volume, la pression et la température ne sont que des propriétés moyennes, des propriétés globales, qui fournissent un renseignement sommaire sur l’état du gaz pris dans son ensemble. Elles ne nous apprennent rien sur la vie intime du gaz, c’est-à-dire sur le détail de ce qui se passe dans ses parties constituantes les plus cachées, les molécules. Or nous savons depuis longtemps que les gaz et les vapeurs, bien qu’ils apparaissent à L’observation grossière comme des fluides continus, sont en réalité des nuages formés de myriades de
- Fig. 1. — Chute d’une masse pesante m dans le champ de gravitation g et d’une charge e dans le champ électrique E.
- particules discontinues, toutes semblables entre elles. Entre le jet de gaz qui alimente une flamme et le jet de fumée qui sort d’une cheminée il n’y a qu’une différence de grandeur dans la dimension des particules qui constituent le jet : les poussières de charbon ont des dimensions de quelques centièmes de millimètre, les molécules gazeuses sont dix mille ou cent mille fois plus petites. Mais l’existence des molécules n’est pas moins certaine que celle des poussières et nous est révélée de la même façon.Un rayon de soleil qui pénètre dans notre chambre y souligne les poussières par la trace dorée qu’il laisse derrière lui; le même rayon, en traversant l’atmosphère, s’y trouve disséminé par les molécules d’air qu’il rencontre, et c’est cette diffraction moléculaire qui donne au ciel la teinte bleue que nous lui connaissons. Nous ne pouvons plus nous contenter désormais de décrire l’état d’un gaz à l’aide de ses propriétés moyennes (volume, pression température). Notre curiosité se porte naturellement vers les éléments ultimes qui constituent le fluide et parmi les questions qui se posent tout de suite à notre esprit se trouvent les suivantes. Toutes les molécules qui constituent un gaz sont-elles identiques entre elles ? Ces molécules sont-elles divisibles ou indivisibles ? Les molécules peuvent-elles se choquer mutuellement et quelles perturbations résultent de ces collisions ?
- Chaque molécule, au cours de son mouvement parmi les autres molécules, ne suit-elle pas une destinée individuelle, ne pouvons-nous pas la reconnaître à deux moments différents ?
- L’état propre d’une molécule est-il toujours le même que celui des mo-
- PHe dechauffage ^
- Fig. 2. — Bombardement électronique d’un gaz à l’intérieur d’un écran P.
- La grille G, chargée au potentiel positif V par rapport au filament chauffé électriquement F, attire les électrons, leur communique une force vive proportionnelle à V et les dirige sur l’écran P.
- Fig. 3. — Cathode équipotentielle pour « canon » à électrons.
- F.F, filament incandescent.
- C, cathode équipotentielle, chauffée indirectement.
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- lécules voisines ? Pouvons-nous agir sur cet état, et créer artificiellement entre les molécules des différences physiques ?
- La multiplicité des problèmes qui se posent à nous à propos de la structure des gaz paraît au premier abord tout à fait déconcertante. Elle est pourtant notablement moindre que dans le cas des liquides et des solides. Dans l’étude des gaz, nous avons le grand avantage d’avoir affaire à des milieux raréfiés, c’est-à-dire à des milieux dont les molécules sont assez distantes les unes des autres pour être pratiquement sans action mutuelle. Bien entendu, il faut exclure le cas où les gaz seraient très fortement comprimés ou assez voisins de leur point de liquéfaction pour avoir des propriétés analogues à celles des liquides. Dans les conditions usuelles, par exemple dans l’atmosphère terrestre au voisinage du sol ou mieux encore à haute altitude, les molécules gazeuses sont en moyenne si éloignées les unes des autres qu’elles ne s’influencent en aucune façon : leur écartement est notablement supérieur à leur diamètre, et la foule qu’elles constituent n’est pas plus compacte qu’une foule humaine où chaque individu serait à dix ou vingt mètres du voisin. Hors les instants très courts et assez rares où deux molécules sont en collision, on peut donc les considérer comme entièrement indépendantes, et abandonnées à leur libre mouvement. Cette circonstance est exceptionnellement favorable pour essayer d’aborder l’étude d’une molécule isolée. Si nous pouvons par un moyen ou par un autre agir sur une molécule isolée, il est probable que la réaction de cette molécule sera l’image fidèle de sa structure interne, les effets perturbateurs dus aux molécules voisines, qui sont si importants dans les solides et les liquides ne jouant qu’un rôle tout à fait subordonné dans l’étude des gaz, et cela d’autant plus que nous opérons sur un gaz plus soigneusement raréfié.
- Fig, 4. — Schéma de l'atome de potassium.
- II. — CHOCS ÉLECTRONIQUES
- Lorsque nous voulons explorer les détails d’un objet, nous sommes tenus d’employer un système explorateur beaucoup plus petit que l’objet à étudier. Il serait ridicule d’explorer la température de l’eau d’un bain en utilisant un thermomètre aussi grand que la baignoire. Il ne le serait pas moins d’explorer la charge électrique portée par un conducteur électrisé en se servant d’un corps d’épreuve aussi grand que le conducteur à étudier. Pour explorer une molécule, qui est généralement formée d’un très petit nombre d’atomes, nous n’avons donc d’autre ressource que de faire appel à un instrument beaucoup plus ténu que l’atome lui-même. Or nous ne connaissons guère qu’un instrument de ce genre, c’est Y électron. L’électron, ou charge électrique négative élémentaire, est une particule 100 000 fois plus petite que l’atome le plus simple que nous connaissions, l’atome d’hydrogène. Malgré sa petitesse, cette particule est capable d’exercer des effets puissants, parce qu’elle possède une charge électrique de 4,80.10~'° unités électrostatiques, charge formidable pour une sphère dont le diamètre n’atteint pas un millionième de millionième de millimètre. Au voisinage de cette sphère chargée, il règne un champ électrique intense qui, mesuré en volts, dépasse de beaucoup celui que créent nos lignes de transport d’énergie à très haute tension. L’influence électrostatique d’un électron, même immobile, sur un atome voisin, sera donc déjà très grande. Mais l’action d’un électron sur un atome sera beaucoup plus redoutable encore s’il arrive que l’électron se mette en mouvement sous l’action d’une force extérieure et vienne heurter l’atome de plein fouet en lui cédant toute sa force vive. L’énergie accumulée par l’électron depuis l’instant où la force extérieure a commencé d’agir va se trouver tout entière disponible au moment du choc, et il est facile de voir qu’elle est suffisante pour produire dans l’atome des bouleversements profonds. Nous pouvons aisément nous faire idée de l’énergie acquise par un électron de charge e partant du repos et se mouvant dans un champ électrique d’intensité E pendant un parcours l. Le cas est semblable de tout point à celui d’une masse pesante m partant du repos et tombant dans le champ de pesanteur g de la hauteur h. La force vive finale de la masse m est l’équivalent du travail accompli par la chute : •
- jmr = mgh
- Celle de l’électron après le parcours l sera
- Le produit El mesure exactement la différence de potentiel V (fig. 1) qui existe entre les deux positions initiale (1) et finale (2) de l’électron, de sorte que la force vive disponible au moment du choc est simplement e F. Comme la charge e et la masse m sont les mêmes pour tous les électrons, l’énergie communiquée à l’électron est proportionnelle à la chute de voltage Y qu’il a subie. On appellera électron de V volts celui qui a parcouru dans le champ électrique la différence de potentiel V. Le calcul
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- montre qu’un électron de quelques volts (5 ou 10 par exemple) a acquis une vitesse largement suffisante pour créer dans un atome ordinaire de graves perturbations. En bombardant des atomes (ou des molécules) par choc électronique nous avons donc des chances de les désagréger en leurs éléments constitutifs et par suite de connaître leur structure intime.
- Comment faut-il s’y prendre pour procéder avec succès à ce bombardement ? Les premiers physiciens qui ont essayé ce mode d’attaque ont dû se contenter d’une artillerie à faible vitesse et de portée réduite. Ils ont eu recours à Y effet photoélectrique, c’est-à-dire qu’ils ont fait jaillir des électrons d’une lame métallique en l’exposant à la lumière ultraviolette. Les électrons émis par ce mécanisme sont malheureusement peu nombreux et ils quittent la lame sous des vitesses faibles comme le montre la faiblesse du courant recueilli par une électrode positive placée en regard de la lame. Un progrès immense dans la technique du bombardement, électronique a été réalisé le jour où on a découvert qu’un filament métallique incandescent émet en abondance et dans tous les sens des électrons dont la vitesse moyenne augmente avec la température. Le courant transporté dans le vide par ces électrons thermioniques peut être mille ou dix mille fois supérieur à celui que transportent les électrons photoélectriques. Dès lors il suffit de disposer à l’intérieur d’une ampoule de verre soigneusement vidée un filament de tungstène porté à l’incandescence pour posséder une source puissante d’électrons rapides. Mais pour diriger ces électrons sur la position à battre, pour avoir un véritable « canon à électrons », il faut encore canaliser les particules dans un sens déterminé en installant en regard du filament une grille métallique chargée positivement qui concentre la gerbe des projectiles. La présence de cette grille, dont le potentiel est -f- Y par rapport au potentiel du filament supposé égal à zéro, a d’ailleurs un autre avantage. Elle accélère les électrons, comme il a été dit plus haut, en leur donnant une force vive proportionnelle à V. Si donc les électrons ont quitté le filament avec une vitesse qui soit la même pour tous (cette vitesse est généralement faible par rapport à celle que crée le voltage V), ils arriveront de l’autre côté des mailles de la grille avec des vitesses sensiblement égales et qui sont fonction seulement de V. On dispose ainsi, par la seule variation du voltage grille V, d’un mécanisme simple, commode et précis permettant de régler le bombardement électronique à la vitesse que l’on désire et d’étudier ses effets destructeurs en fonction de l’énergie communiquée aux projectiles. Pour que cette énergie ne varie plus une fois que les électrons ont franchi la grille, il suffit d’enclore l’espace à l’arrière de la grille dans un écran métallique fermé P (fig. 2) faisant protection électrostatique : ' alors le champ électrique est nul dans cet espace et les électrons, cessant d’y être accélérés, gardent la force vive qu’ils ont acquise dans le parcours filament-grille.
- Bien entendu, le montage simple qui vient d’être indiqué nécessite quelques perfectionnements si l’on veut opérer avec une réelle précision. En particulier, les différents points du filament ne peuvent être simultané-
- i ! i
- Fig. 5. — Schéma des niveaux électroniques d'un atome excité.
- ment au potentiel zéro, puisque ce filament est parcouru par un courant de chauffage de plusieurs ampères et devient par suite le siège d’une chute de potentiel qui n’est pas négligeable. On peut éviter cette cause d’erreur en n’utilisant que la partie centrale du filament comme source d’électrons. Mais il est préférable d’employer comme source, au lieu du filament lui-même, une lame isolée du filament et chauffée indirectement à l’incandescence, sans être traversée par le courant. On réalise ainsi une cathode équipotentielle semblable à celle de la fig. 3, c’est-à-dire une surface incandescente ne présentant aucune différence de potentiel d’un point à l’autre. Divers types de lampes à cathodes équipotentielles sont actuellement dans le commerce et paraissent particulièrement adaptés aux expériences de choc électronique.
- III. — STRUCTURE DE L’ATOME ET RAYONNEMENT
- Cherchons à prévoir quel genre de cataclysme pourra résulter pour un atome de la percussion produite par le bombardement électronique. Rappelons à cet effet que, pour la Physique moderne, l’atome n’est plus la particule insécable, élément ultime de toute matière, qu’avaient imaginée Démocrite et Lucrèce. Les dimensions d’un atome, si faibles soient-elles par rapport à nous, sont encore grandes par rapport à celles de l’électron : elles atteignent communément le dix-millième de millimètre, alors que le diamètre de l’électron est, comme nous l’avons dit, au moins un million de fois plus petit. Toute la partie massive de l’atome est concentrée dans une région centrale, le « noyau », qui n’est pas sensiblement plus grand qu’un électron. Autour de ce noyau chargé positivement gravitent des électrons négatifs, dont
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- le nombre va en croissant de 1 jusqu’à 92 lorsqu’on passe de l’atome d’hydrogène à l’atome d’uranium. Les électrons intra-atomiques, répartis en couches successives, décrivent des orbites semblables à celles de la fig. 4. Dans cette figure, qui représente schématiquement l’atome de potassium, la couche là plus extérieure marquée en traits pleins et numérotée 7 désigne l’orbite la plus éloignée du noyau qui se trouve encore normalement occupée par un électron : c’est Y électron optique ou électron de valence du potassium. Cet électron, le plus superficiel, est évidemment le plus exposé aux méfaits du bombardement électronique. Sa position en première ligne, loin de l’attraction défensive du noyau, en fait la victime désignée des chocs électroniques provenant de l’extérieur. Supposons donc qu’un choc électronique se produise entre notre atome de potassium et l’un des électrons issus d’un filament incandescent. Les conséquences de la collision dépendront essentiellement de l’énergie mise en jeu dans l’attaque. A moins qu’il ne s’agisse d’un électron-projectile de plusieurs milliers de volts, les orbites 1, 2, 3, 4, 5, 6 ne seront pas touchées par la collision, leur stabilité est assez grande pour résister à l’attaque. Mais il n’en est pas de même pour l’orbite 7, dont l’électron est lié au noyau plus faiblement que tous les autres. Cet électron pourra être chassé de son orbite, et si, comme c’est le cas dans l’exemple que nous avons choisi, toutes les orbites intérieures sont pleinement occupées, il ne pourra se transporter que sur une orbite encore plus extérieure, c’est-à-dire sur l’une des orbites 8, 9, 10, etc. (marquées en pointillé sur la figure), qui normalement sont vides d’électrons. On dira que l’électron optique a passé de son niveau normal à un niveau excité, ou encore que l’atome a cessé d’être dans Y état normal pour passer à un état excité. Nous ferons abstraction désormais de toutes les couches électroniques intérieures à celle qu’occupe l’électron optique puisqu’elles ne sont pas modifiées par choc électronique. La figure 5 représente en traits forts l’orbite de stabilité maximum (numérotée 0) qu’occupe l’électron optique dans l’atome normal : les orbites 1, 2, 3,... marquées en traits fins, sont celles où cet électron sera chassé par des chocs électroniques de plus en plus énergiques. Si l’énergie des collisions devient suffisamment grande, l’électron optique sera chassé sur une orbite de rang très éloigné, n’ayant plus qu’un lien très lâche ou nul avec le noyau : on dira que l’atome a été partiellement détruit, qu’il a perdu un électron de valence ou qu’il a subi Y ionisation.
- L’intérêt des considérations qu’on vient d’esquisser réside essentiellement dans le fait suivant. Les orbites que peut occuper l’électron de valence, et qui forment une suite discontinue pouvant être affectée des indices 1, 2, 3... n... sont en liaison étroite avec le rayonnement caractéristique de l’atome. Soit W() l’énergie de l’atome quand l’électron optique est sur l’orbite 0; le nombre (négatif) W0 est un minimum absolu puisque l’orbite 0 est la plus stable de toutes, celle qui correspond à l’état normal de l’atome. Les nombres W,, Wg, W_, Wn... représentent les énergies relatives aux états 1,2, 3... n..., et ces nombres sont tous en valeur absolue inférieurs à W0. D’après Bohr lorsqu’un électron tombe d’un niveau
- W,„ à un niveau plus profond W,„, la différence d’énergie Wm — W„ se retrouve sous forme d’énergie rayonnée, c’est-à-dire de lumière, et la lumière émise a une fréquence v bien déterminée, réglée par la condition du quantum h.y. = W,m - Wn (1)
- (Ici A désigne la constante de Planck, égale à 6,55 x 10 27 — erg. sec.) Inversement on peut élever un électron d’un niveau m au niveau n en lui faisant absorber une radiation monochromatique de fréquence v, pourvu que cette fréquence soit encore liée à la variation corrélative des énergies par la condition (1). Ainsi le passage d’une orbite à une autre (dans un sens ou dans l’autre) correspond à l’émission ou à l’absorption d’une raie bien déterminée du spectre de l’atome, celle dont la longueur d’onde X donne une fréquence v réglée par l’équation (1). Au passage d’un électron entre les divers niveaux d’énergie permis à l’atome correspond l’émission (ou l’absorption) des diverses raies du spectre. En particulier, la chute d’un électron depuis une orbite d’un rang très éloigné (n — ao) jusqu’à l’orbite normale ( n = 0), avec tous les arrêts possibles sur les orbites intermédiaires, entraîne le rayonnement total du spectre d'arc.
- IV. — EXCITATION ET VOLTAGE CRITIQUE
- Nous sommes en mesure de comprendre maintenant les phénomènes qui vont se produire quand un jet d’électrons, tous animés de la même vitesse, est projeté suivant un faisceau faiblement divergent dans un gaz à très faible pression. Supposons d’abord que le gaz soit un gaz inerte, tel que l’hélium, l’argon, le néon. Les gaz de ce type ont leur orbite électronique la plus extérieure entièrement occupée et les divers électrons qui y résident s’y prêtent assistance mutuelle contre les chocs électroniques. La stabilité extérieure de l’atome ne sera donc entamée que très difficilement, et si les électrons de bombardement ne sont pas animés de vitesses excessives, l’atome d’hélium sortira sans dégât de la collision électronique. On verra les électrons thermioniques choquer l’atome de gaz rare, puis rebondir sans perte de vitesse à la façon d’une balle rejetée par une raquette. En d’autres termes, les électrons de vitesse V qui pénètrent dans le gaz seront réfléchis élastiquement par les atomes et repartiront avec simple changement de signe de leur vitesse dans une direction sensiblement opposée à la direction d’incidence. Il sera possible de constater expérimentalement ce fait (fig. 6) en plaçant deux cylindres métalliques R( et R2 (cylindres de Faraday reliés à des électromètres), l’un en regard du filament F, l’autre dans une direction à peu près opposée. Si l’espace H est d’abord vide de gaz, les électrons projetés par F seront tous recueillis par le récepteur R( et l’intensité du courant mesuré nous fera connaître le nombre total des projectiles issus de F. Si l’on introduit en H de l’hélium sous faible pression, on observe que le récepteur R, reçoit un courant moindre, en même temps que le récepteur R2 se charge parce qu’il recueille les électrons réfléchis élastiquement.
- Imaginons maintenant qu’on refasse l’expérience avec la vapeur de mercure, dont les molécules sont comme celles d’hélium formées d’un seul atome, mais dont l’électron optique, isolé sur sa couche extérieure, est
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- hors d’état d’offrir une résistance sérieuse aux chocs électroniques. Tant que le voltage accélérateur des électrons sera très faible, ceux-ci subiront sur les atomes de mercure une réflexion quasi-élastique. Mais dès que le voltage accélérateur atteindra la valeur 4V,9, un phénomène entièrement nouveau se produira. L’énergie acquise par l’électron sous ce voltage est en effet exactement suffisante pour transporter l’électron optique du mercure de l’orbite la plus rapprochée du noyau (qu’il occupe normalement) sur l’orbite excitée la plus voisine. Ces deux orbites ou niveaux énergétiques sont représentés en 1 et 2 sur la figure 7. L’écart de ces niveaux, mesuré dans l’échelle des fréquences, donne exactement la fréquence de la raie ultra-violette fondamentale du mercure, qui a pour longueur d’onde X — 2536,7. L’effet d’un choc électronique sous 4V,9 a donc le même résultat pour l’atome de mercure que l’absorption d’un quantum de la radiation 2537 : il transforme l’atome de mercure normal en un atome de mercure excité, dont l’électron optique, est porté sur l’orbite virtuelle la plus voisine de l’état initial.
- Comment ce phénomène discontinu sera-t-il mis en évidence par les mesures électriques que nous pouvons faire sur le courant traversant le gaz et recueilli par le récepteur Rj ? Il est évident que les électrons thermoioniques, dont la vitesse était accélérée régulièrement tandis que le voltage croissait de 0 à 4V, 9 vont se trouver brusquement arrêtés par les atomes de mercure qu’ils rencontrent et contre lesquels ils effectuent un choc non-élastique : leur force vive est annihilée au moment du choc et ils ne peuvent que regagner progressivement dans le champ électrique une nouvelle vitesse. Si donc, à l’aide du récepteur nous enregistrons la courbe du courant en fonction du voltage accélérateur des électrons, cette courbe présentera une chute brusque pour le voltage 4V,9 : ce voltage est un voltage critique. Au-dessus du voltage critique, la courbe du courant recommence à croître, mais il est clair qu’en approchant d’un voltage double du voltage critique (9V,8), les mêmes phénomènes se reproduiront pour la seconde fois et on observera une nouvelle chute de courant. D’une façon générale, quand on fait croître le voltage accélérateur des électrons, la courbe du courant présentera une série de maxima et de minima très accusés, équidistants, et dont l’écartement mfcsure le voltage critique. Des courbes de ce genre ont été obtenues avec le mercure, avec l’hélium, avec le néon, et avec divers autres gaz (voir fig. 8 et 9). Elles ont permis de mesurer avec précision les voltages critiques caractérisant ces gaz et ces voltages ont toujours été trouvés en parfait accord avec ce que permet de prévoir la relation du quantum.
- Mais l’étude minutieuse de la courbe du courant en fonction du voltage a permis de déceler des particularités plus curieuses encore. Le passage de l’électron optique du niveau 1 (stable) au niveau 2 (excité) n’est pas le seul possible, c’est seulement le plus aisé et le plus probable. Nous savons qu’au-dessus du niveau 2 l’électron optique peut encore occuper une infinité de niveaux de moins en moins stables, d’où il peut retomber avec émission des raies spectrales correspondantes. Chaque fois que le
- voltage accélérateur des électrons sera précisément celui qui permet un saut brusque de l’électron optique sur un niveau d’excitation supérieur, on observera sur la courbe du courant un ressaut brusque dans les intensités en corrélation avec l’apparition de chocs non-élastiques. C’est ainsi que la courbe du courant électronique obtenu dans la vapeur de mercure (fig. 10) a permis de déceler un grand nombre de ressauts, de moins en moins marqués à mesure qu’on s’éloigne de l’origine, mais dont chacun est caractéristique d’une transition électronique déterminée. On peut dire que la structure atomique des couches de Bohr se reflète très exactement dans les discontinuités de nos courbes de courant. La mesure précise des points anguleux a permis de retrouver avec une très-grande exactitude les divers niveaux énergétiques de l’atome de mercure, tels qu’ils nous sont connus par la spectroscopie, de sorte que la méthode du choc électronique apporte avec elle la preuve la plus convaincante des idées modernes sur la structure atomique.
- V. — RÉSONANCE ET IONISATION
- Ce que les récepteurs électrométriques ou galvano-métriques permettent de mettre en évidence sur les courbes de courant, les récepteurs optiques ou spectroscopiques permettent de le reconnaître sur rémission lumineuse du gaz. Chaque fois en effet que la courbe de courant présente un saut brusque, cela signifie que le gaz a absorbé de l’énergie, que ses électrons optiques ont été déplacés de leur position stable pour venir se placer sur des orbites d’excitation plus ou moins élevée. Leur stationnement sur ces orbites est régi par des lois qui ne nous sont pas encore parfaitement connues, mais qui paraissent d’une grande sévérité : un électron optique ne peut séjourner,sauf exception, sur une orbite excitée que pendant un temps extrêmement court, quelques cent - millionièmes de seconde tout au plus. Passé ce temps, il est obligatoirement astreint par les lois du hasard à re-
- o O O
- Fig. 6. — Chocs élastiques des élecirons sur les atomes d’hélium.
- F, filament émetteur d’électrons. G, grille accélératrice des électrons. R, R2, cylindres de Faraday. Dans le vide pariait, les électrons se dirigent sans obstacle vers le cylindre R,; si des atomes d’hélium H sont présents, les électrons qui les heurtent sont réfléchis et sont recueillis par le cylindre R2.
- Fig. 7. — Niveaux d'émission (2) et d’ab-sorplion (1 ) de la raie de résonance du mercure.
- t?)
- h9 (!)
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- ===== 106 =
- tomber sur son niveau normal, ce qu’il ne peut faire qu’en se débarrassant par un rayonnement convenable de l’excès d’énergie reçu au moment du choc électronique. Par exemple l’atome de mercure excité sous 4V,9 retournera infailliblement à l’état normal après 10~8 seconde, avec émission de la raie 2537. Les électrons qui auront été chassés jusqu’à la limite extérieure de l’atome retomberont sur l’orbite normale avec émission du spectre d’are.
- Nous avons donc dans l’observation du rayonnement lumineux créé au sein du gaz un moyen d’investigation précieux pour contrôler les conclusions tirées de l’étude du courant. A chaque discontinuité de la courbe de courant doit correspondre l’apparition d’une raie nouvelle dans le rayonnement du gaz. En particulier, au premier voltage critique, celui qui transporte l’électron de l’orbite normale à l’orbite la plus proche, correspond l’émission d’une raie unique, la plus importante et la plus facile à
- 0 5 10 15 20 25
- Volts
- Fig. S. — Courbes du courant en fonction du voltage accélérateur des électrons dans la vapeur de mercure, mettant en évidence les voilages-critiques.
- exciter de tout le spectre, la raie de résonance. Cette raie qui, dans le cas du mercure, est située dans l’ultraviolet (A = 2536), est reportée dans le visible (L = 5890) lorsqu’on opère sur la vapeur de sodium : la célèbre raie jaune du sodium, que les spectroscopistes appellent la raie D, est la raie de résonance de la vapeur de sodium. Le voltage critique sous lequel elle apparaît est à peine supérieur à 2 volts ; c’est le voltage de résonance de l’atome de sodium. Tous les éléments possèdent ainsi un (ou plusieurs) voltages de résonance correspondant à l’excitation des niveaux spectroscopiques les plus voisins du niveau normal.
- On explique ainsi les observations remarquables qui ont été faites durant ces dernières années sur l’excitation progressive des spectres atomiques. Les anciens spectroscopistes qui attaquaient les gaz par des bombardements à très forte tension portaient toujours les atomes gazeux à l’état d’ionisation complète, et les spectres qu’ils observaient étaient aussi des spectres complets,
- dans lesquels les raies fondamentales se distinguaient seulement par leur plus grande intensité. Au lieu de cela, la méthode du choc électronique permet une attaque plus ménagée et plus progressive des atomes. En réglant minutieusement le potentiel à l’une ou à l’autre de ses valeurs critiques, on arrive à exciter dans un spectre complexe une raie unique, la raie de résonance ou un groupe de raies à l’exclusion des autres. La fig. 12 fait voir le « spectre à une seule raie » du calcium au-dessous du spectre d’arc complet de ce métal. La fig. 11 montre de même deux stades d’excitation différents du spectre du mercure. On devine combien ce genre d’expériences a pu faciliter les progrès de l’analyse spectrale et de la théorie électronique de l’atome.
- VI. — ATOMES MÉTASTABLES
- Le niveau de résonance R de la vapeur de mercure, celui qui correspond à l’émission de la raie de résonance 2537, n’est pas en toute rigueur le niveau le plus voisin de l’état stable normal N. 11 existe un autre niveau, légèrement plus rapproché, dont le voltage d’excitation au lieu d’être égal à 4V,9, serait 4V,7 seulement. Ce niveau, que nous désignerons conventionnellement par la lettre M, est connu par l’étude spectroscopique du rayonnement du mercure, et nous savons qu’il peut être fréquemment occupé par l’électron optique. Mais il se distingue essentiellement du niveau de résonance, en ce sens que les lois de la spectroscopie (règles de sélection) s’opposent absolument à ce qu’un électron transporté sur le niveau M puisse retomber spontanément avec émission de radiation sur le niveau normal. La raie qui serait émise lors de cette transition, et dont la longueur d’onde théorique serait L = 2655, n’existe pas dans le spectre d’arc du mercure, et n’a pu être produite, avec faible intensité, que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. Aussi la transition entre les niveaux M et N n’est-elle indiquée sur la fig. 13 que par une flèche pointillée. Un électron porté sur le niveau excité M ne peut qu’y séjourner plus ou moins longtemps ; s’il en est chassé par absorption de radiation, ce ne pourra être que pour gagner un état d’excitation plus élevé encore. En l’absence de toute radiation absorbable, l’électron demeure pour ainsi dire indéfiniment sur l’orbite excitée M dont il s’agit. Au lieu que la durée de vie d’un électron sur le niveau de résonance proprement dit est extraordinairement courte, de l’ordre de 10~8 sec., la durée de l’état d’excitation anormal dont nous parlons pourra être de l’ordre de 1 ou plusieurs secondes. Un état de ce genre, au lieu d’être essentiellement instable comme l’état de résonance, acquiert donc une réelle stabilité. Sans être comparable à l’état normal de l’atome, dont la stabilité se mesure par années ou par siècles, l’état en question sera quasi-stable, ou, comme on dit plus souvent, métastable. Pour ramener l’électron optique d’un niveau métastable sur le niveau normal, il ne suffit pas d’attendre que la transition se fasse spontanément : la seule méthode efficace consiste à bouleverser complètement l’atome par choc contre une paroi solide ou contre un atome convenablement choisi.
- L’existence d'atomes métastables, c’est-à-dire d’atomes
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- excités dont l’état d’excitation ne disparaît pas spontanément. est un fait de la plus haute importance pour l’interprétation de ce que nous avons appelé la vie intime d’un gaz. Les états métastables n’existent pas seulement pour le mercure, on les a découverts aussi dans le cas de l’hélium, du néon, de l’oxygène et d’un grand nombre d’autres éléments. Lorsqu’un gaz, supposé d’abord à l’état normal, est soumis à un bombardement électronique d’énergie croissante, il pourra arriver que le premier potentiel critique corresponde à l’excitation d’un état métastable. Comme cet état ne donne lieu à aucune radiation, rien ne nous révélera d’abord que le gaz contient maintenant deux espèces d’atomes différents, les atomes stables et les atomes métastables. Il peut d’ailleurs exister un assez grand nombre d’états métastables représentés simultanément dans le gaz, qui devient un mélange de diverses sortes d’atomes. L’hétérogénéité introduite ainsi dans le gaz nous resterait longtemps cachée, si nous ne pouvions la déceler par les phénomènes d’absorption d’une part, par les effets d’affinité chimique d’autre part. C’est que l’atome dans l’état métastable, s'il ne peut à cause des règles de sélection émettre aucun rayonnement, est du moins capable d’absorber des rayonnements qu’il n’absorbait pas à l’état normal; l’apparition de nouvelles raies d’absorption dans le spectre de la vapeur permettra de contrôler la production et la nature des niveaux métastables. D’autre part, un atome métastable peut avoir des affinités chimiques très différentes de celles que possède le même atome à l’état normal : le déplacement de l’électron de l’orbite N à l’orbite M peut le rendre susceptible de combinaisons qui étaient impossibles auparavant. On s’explique ainsi que dans un gaz excité sous l’effet de décharges électriques ou de chocs électroniques il y ait tendance à la formation de composés qui ne peuvent se produire normalement, et que le chimiste, exclusivement féru de combinaisons stables, n’osait pas prévoir : l’hélium moléculaire H,, le mercure moléculaire LIg2, l’hydrogène triatomique LL, les radicaux CH, CH2, etc..., ont été reconnus avec certitude par les spectroscopistes dans les conditions où les atomes composants peuvent être portés à des niveaux d’excitation métastables.
- VII. - FLUORESCENCE INDIRECTE ET CHOCS DE SECONDE ESPÈCE
- La complication des phénomènes qui peuvent se produire à l’intérieur d’un gaz augmente beaucoup si nou* cessons d’opérer sur un gaz extrêmement raréfié, et si, par un léger accroissement de la densité, nous ouvrons la porte à de nombreuses possibilités de chocs intermoléculaires. Alors les atomes normaux ou excités présents dans le gaz commenceront à organiser des échanges d’énergie avec leurs voisins. Le premier résultat de ces échanges sera qu’on n’aura plus le droit de caractériser un atome par sa configuration électronique permanente. Cette configuration change d’une façon discontinue au moment des chocs, l’atome passant sans interruption d’un état d’excitation déterminé à des états plus voisins ou plus éloignés de l’état normal. C’est seulement en moyenne,
- lit 16 18 20 22 10 12 14- 16
- Fig. 9. — Courbes de couranl dans le néon et l’argon.
- et d’une façon statistique, qu’on pourra décrire l’état d’un atome déterminé et par suite celui du gaz tout entier. L’application des méthodes statistiques à des cas de ce genre conduit tout de suite à envisager un gaz comme un milieu particulaire en équilibre avec le rayonnement qui le traverse, et comme l’a montré Einstein, cette conception théorique amène directement à la célèbre loi du rayonnement de Planck.
- Fig. 10. — Voltages critiques dans la vapeur de mercure.
- Pression = 0,0!k
- (Tempe ;
- ai une - 5
- Tension/ de volt
- 4 Courbe I
- 7Courbes II
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- Fig. 11. — Excitation progressive du spectre du mercure.
- Au point de vue expérimental, les échanges d’énergie auxquels il vient d’être fait allusion deviennent immédiatement visibles si l’on a recours à l’artifice suivant. Supposons d’abord que nous opérions sur de la vapeur de mercure pure, et que nous portions un certain nombre des atomes de la vapeur du niveau normal au niveau de résonance soit par des chocs électroniques convenablement gradués, soit par absorption de la radiation ultraviolette X = 2537. Si nous examinons alors au spectro-scope la radiation émise par le gaz (en évitant de recevoir dans l’appareil la lumière excitatrice directe), nous constaterons la présence d’une raie unique, la raie de résonance X = 2537, émise lors du retour des atomes excités à l’état normal. Bien entendu si tout en employant la même lumière excitatrice X = 2537, nous avions remplacé la vapeur de mercure par la vapeur d’un autre métal, le thallium par exemple, nous n’aurions obtenu aucune trace d’absorption ni de résonance ou de fluorescence, puisque la fréquence de la raie 2537 n’est pas adaptée à l’excitation d’atomes autres que ceux du mercure. Mais que se passera-t-il si notre gaz est un mélange contenant à la fois du mercure et du thallium ? L’expérience apprend qu’en excitant ce gaz mixte avec la raie ultraviolette du mercure, nous obtenons en fluorescence la raie verte du thallium. On ne peut manifestement expliquer ce résultat que par un mécanisme indirect. La raie excitatrice n’a pu agir que sur les atomes de mercure en les portant sur leur niveau de résonance, ce qui correspond à l’emmagasinement d’une certaine énergie potentielle. Cette énergie, qui serait rapidement réémise sous forme de radiation de résonance si la vapeur de mercure était seule présente, se trouve transmise au moment des chocs aux atomes de thallium. Ceux-ci se trouvent de la sorte portés à leur tour sur des niveaux d’énergie excités, et
- Fig. 12.
- La raie de résonance au-dessous du spectre d’arc du calcium.
- deviennent capables d’émettre de la lumière. Tout se passe comme si les atomes de thallium avaient été excités indirectement par choc et la fluorescence verte qu’ils émettent s’appelle fluorescence indirecte. L’existence de la fluorescence indirecte est une preuve que l’énergie d’excitation des atomes peut se transmettre d’un atome à l’autre par collision.
- Mais comment concilier cette transmission d’énergie avec la notion aujourd’hui classique des « quanta » de lumière ? Le quantum de la raie ultraviolette X = 2537 est uniquement déterminé par la fréquence v de cette raie et est égal à hy (h constante de Planck). Le quantum réémis par l’atome de thallium sous forme de lumière verte est plus petit et égal à h y' (v' v). Il y a donc
- une perte d’énergie au choc, qui se mesure par la différence hy — hy' ; et cette énergie doit se retrouver sous une forme que nous avons négligée jusqu’ici. L’expérience montre qu’elle se retrouve simplement sous forme de force pipe communiquée aux atomes qui se choquent. Ainsi quand deux atomes se rencontrent, il y a d’une part échange possible de leurs énergies d’excitation, d’autre part accroissement de vitesse des corps qui se rencontrent, et cet accroissement de vitesse compense exactement le déficit énergétique créé par la fluorescence. Des chocs comme celui qui vient d’être décrit s’appellent chocs de seconde espèce. Ils peuvent avoir lieu entre atomes, électrons ou quanta de lumière. A la différence des chocs électroniques ordinaires (chocs de première espèce), où il y a destruction de force vive et création d’énergie d’excitation, les chocs de seconde espèce produisent de la force vive avec destruction de l’énergie' d’excitation. La force vive créée par les chocs de seconde espèce est souvent assez importante pour donner aux atomes qui la reçoivent une vitesse exceptionnellement grande. Ces atomes se comportent alors dans l’ensemble du gaz comme une catégorie spéciale, ils pourront donner lieu à l’émission de raies plus ou moins déplacées de leur position normale par suite de l’effet Doppler, ou encore posséder un pouvoir absorbant différent de celui des atomes normaux. Tous ces effets ont été constatés et n’ont pas peu contribué à élargir nos idées sur l’immense variété des phénomènes qui se produisent à l’intérieur d’un gaz.
- VIII. - RÉSONANCE ET DISSOCIATION MOLÉCULAIRE
- La complexité des phénomènes augmente encore bien davantage si l’on aborde l’étude des gaz dont les molécules ne sont plus formées d’un seul atome, mais sont diatomiques ou polyatomiques. La plupart des gaz usuels (hydrogène, oxygène, azote, oxyde de carbone, chlore, etc...) sont précisément dans ce cas. Il est facile de comprendre que les perturbations créées par choc électronique contre une molécule de ce genre seront infiniment plus complexes que dans le cas des gaz monoatomiques. Nous pourrons ici encore produire, dans l’un ou l’autre des atomes qui constituent la molécule, des états d’excitation stables ou métastables allant jusqu’à la limite de l’ionisation atomique. Mais sous des voltages critiques moindres nous pourrons déjà ébranler la molé-
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- cule, et, sans exciter aucun des atomes constituants, modifier leur liaison mutuelle et agir ainsi sur les vibrations qu’ils effectuent autour de leur centre de gravité commun. De plus, il ne faut pas oublier qu’une molécule contenant plusieurs atomes ne possède plus la symétrie sphérique et devient par suite susceptible de rotations variables autour de ses axes principaux d’inertie. Les rotations moléculaires, jointes aux vibrations moléculaires, viennent compliquer les transitions électroniques pures au point que les niveaux d’énergie de la molécule vont se trouver à la fois beaucoup plus nombreux et beaucoup plus rapprochés que ceux de l’atome. La conséquence de cet état de choses est facile à prévoir. Le spectre caractéristique de la molécule sera infiniment plus riche que celui de l’atome. Il se présentera comme un spectre de bandes et non plus comme un spectre de raies. Les spectres de bandes peuvent, comme les spectres de raies, donner lieu à des phénomènes de résonance remarquables lorsqu’on les excite par des radiations monochromatiques correspondant à l’une des fréquences propres absorbables par la molécule. Les effets sont particulièrement marqués sur l’iode, dont la molécule I2 possède un spectre de bandes d’une richesse inusitée, comportant plus de 50 000 raies connues. Ce spectre apparaît très aisément dans les tubes à vide lorsqu’on excite la vapeur d’iode par des chocs électroniques sous tension élevée. On l’obtient également en fluorescence, quand on illumine la vapeur au moyen de la lumière du soleil, concentrée à l’aide d’une lentille. Si au contraire on éclaire la vapeur d’iode par une radiation de longueur d’onde bien définie, par exemple par la raie verte du mercure, on constate que le spectre de fluorescence se trouva extraordinairement simplifié : il se réduit à une suite unique de doublets régulièrement espacés. Cette simplification rappelle de tous points celle que présentent les spectres atomiques lorsqu’on passe du spectre d’arc complet au spectre de résonance à une seule raie. Il s’agit ici encore d’un phénomène de résonance, dont la découverte est due à Wood, et dont l’étude a permis de comprendre jusque dans ses moindres détails le mécanisme du rayonnement moléculaire.
- Lorsque les chocs sont insuffisants pour exciter l’électron optique de la molécule, ils peuvent encore suffire à exciter les vibrations ou à accroître le moment de rotation de cette molécule. Si les atomes mis en vibration arrivent à prendre une amplitude de mouvement assez grande, la stabilité de la molécule pourra se trouver compromise et elle finira par se scinder en ses atomes constituants.
- = ......... ::::= 109 =
- C’est le phénomène de la dissociation moléculaire, qu’il est possible de réaliser soit par des collisions de seconde espèce, soit par absorption de radiation. Le résultat de la dissociation d’une molécule diatomique n’est pas toujours, comme le présupposent les chimistes, la séparation en deux atomes neutres. Les études spectroscopiques ont montré que très fréquemment la dissociation moléculaire donne comme produits deux atomes dont l’un est neutre, l’autre excité, et parfois même deux atomes portés tous deux à des états d’excitation variables. On conçoit que la libération d’atomes de ce genre (dont quelques-uns peuvent être métastables) crée dans la vapeur une variété de centres de plus en plus grande. Si l’on tient compte du fait que ces centres peuvent s’associer à nouveau de différentes façons pour reformer des molécules stables, instables ou métastables, on commence à comprendre la complication qui règne à l’intérieur d’une masse gazeuse exposée à un rayonnement ou à un bombardement électronique. Au lieu des molécules toutes identiques entre elles qu’admet l’ancienne théorie atomistique, on trouvera maintenant dans le gaz un mélange inextricable d’atomes ou de molécules
- R
- M
- N i I i l 2537 {(2655) i i i 1 1 1 1
- Fig. 13. — Niveau normal N, niveau métastable M, et niveau de résonance R de mercure.
- à l’état normal ou à différents états d’excitation, en voie de réarrangement incessant pour maintenir leur équilibre énergétique en face des électrons qui les choquent et des quanta de lumière qui les traversent. La vie intime d’un gaz devient de la sorte aussi compliquée que celle d’une nébuleuse dont chaque élément est en état d’évolution perpétuelle. Bien que nous connaissions de cette vie du gaz maint détail grâce aux résultats de la spectroscopie, le mystère en demeure pour nous très grand et plein de passionnantes énigmes.
- Léon Bloch, Docteur ès sciences.
- L’AILE HABITABLE ET L’AVION SANS QUEUE
- Dès l’année 1910, le P1' Junkers, de Dessau, déposa, pour prendre date, une demande de brevet pour un avion du type dit « aile volante ». Comme son nom l’indique, un tel avion ne comporte plus de fuselage, mais seulement une aile habitable qui renferme les groupes motopropulseurs, les cabines à passagers, les soutes à bagages et à combus-
- tible et le poste de pilotage et qui supporte, en bouts d’ailes, les gouvernes de l’appareil.
- L’un des principaux avantages de cette formule réside dans l’importante diminution des résistances à l’avancement qui résulte de la suppression du fuselage. On constate en effet, par les essais réalisés au tunnel aérodyna-
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- = 110,.............................. : 1 ..................
- mique, que la résistance que l’air oppose à l’av-aîicement d’un avion se compose de deux parties à peu près d’égale importance : d’une part la résistance de l’aile seule, d’autre part la résistance de tous les autres éléments extérieurs de l’avion : fuselage, gouvernes, mâts, train d’atterrissage, moteurs.
- Si l’on pouvait réaliser un avion dépourvu de fuselage, dont les ailerons puissent servir en même temps de gouvernails de profondeur, dont le train d’atterrissage puisse être escamoté à l’intérieur de l’aile, et dont l’aile soit assez épaisse pour loger les moteurs, les réservoirs, le fret et les passagers, on diminuerait ainsi de moitié la résistance que l’air oppose à la propulsion de l’avion. Par le fait même on réduirait de moitié le poids des moteurs et celui du combustible nécessaire pour un parcours déterminé à une vitesse déterminée. Le gain de poids ainsi réalisé pourrait être utilisé à augmenter la vitesse, le rayon d’action ou la charge marchande. Par exemple si l’on conservait la même
- Disposition générale et équilibre de l’avion sans queue.
- Fig. 1.
- charge marchande et la même vitesse on pourrait porter le rayon d’action de 1000 km à 3000 km.
- En réalité le bénéfice obtenu par la réalisation de 1’ « aile volante » serait encore plus considérable parce que, au lieu de concentrer les efforts principaux au centre de l’aile, on les répartirait à l’intérieur de celle-ci sur la plus grande partie de son envergure. Cette disposition permettrait de réaliser un nouveau gain de poids extrêmement important par l’allégement de la construction résultant de cette meilleure répartition des efforts.
- Si l’on réfléchit que les plus grands services à attendre de la navigation aérienne seront réalisés par les liaisons aériennes qui mettront New York à 24 heures de Paris et l’Australie à 3 jours de l’Angleterre, si l’on observe que le principal obstacle à ces liaisons réside dans la difficulté de construire des avions commerciaux d’un rayon d’action supérieur à 2000 km, on saisit du même coup l’importance énorme du problème posé dès 1910 par le P1' Junkers. Nous allons exposer ci-après à quelle étape en est arrivée la solution de ce problème à laquelle travaille depuis cette date avec une constance admirable l’équipe d’ingénieurs constituée par ses soins.
- Dès à présent les usines Junkers ont réalisé un gros avion de 20 tonnes entièrement métallique dont les moteurs sont entièrement logés à l’intérieur des ailes. Outre les avantages déjà énumérés, cette disposition accroît énormément la sécurité de la navigation, car les moteurs sont ainsi sous la surveillance permanente des mécaniciens. Ils sont donc pratiquement à l’abri des pannes, car celles-ci sont presque toujours dues à des accessoires (fils de bougie, canalisations, radiateurs, commandes diverses) qu’il est facile de réparer rapidement lorsqu’ils sont accessibles. En même temps les ateliers de moteurs Diesel de cette même firme ont établi un moteur à huile lourde pour avions dont les premiers essais en vol ont été réalisés avec succès.
- Cependant si importantes que soient les étapes ainsi atteintes, nous nous contenterons de les signaler, car elles ont déjà fait l’objet de nombreuses études par diverses revues françaises. Nous nous proposons aujourd’hui comme but principal, de montrer que les Allemands ne se sont pas contentés de résoudre les problèmes concernant la charpente et les groupes motopropulseurs de 1’ « aile volante », mais qu’ils ont donné en même temps tous leurs soins à l’étude des problèmes aérodynamiques desquels dépend sa réalisation intégrale.
- Il est très remarquable que la solution de ces problèmes ait été poursuivie non par l’emploi exclusif du laboratoire, mais surtout par les expériences de vol à voile auxquelles les jeunes ingénieurs allemands se consacrent depuis plusieurs années avec tant de ténacité et tant de méthode.
- Ce qui n’est pas moins remarquable, c’est que la France, qui avait ouvert la voie de cette technique nouvelle, grâce à la virtuosité de pilotes tels qu’Auger, Maneyrol, Thoret, a bientôt laissé à l’Allemagne le soin de cultiver seule cette branche si féconde de la technique aéronautique qui lui a apporté les remarquables résultats que nous allons exposer ci-après.
- Il faut rechercher la principale cause de cette activité de l’Allemagne dans sa volonté d’employer tous les moyens laissés à sa disposition pour lui permettre de se relever de sa défaite. Le traité de paix et l’appauvrissement consécutif à la guerre ayant assez étroitement limité son activité aérienne, ses ingénieurs et ses pilotes furent ainsi contraints à demander à des techniques nouvelles les solutions de problèmes pour lesquelles les techniques traditionnelles leur étaient interdites.
- Il y a dans ce fait, une leçon importante qui ne doit pas être perdue pour nous, car nous allons voir que les ingénieurs et les pilotes qui consacrèrent leur activité méthodique à l’étude du vol à voile apportèrent le concours le plus précieux, en particulier à la réalisation de 1’ « aile volante » du IJr Junkers. Ces recherches furent d’autant plus fécondes qu’elles purent être réalisées, après des essais préliminaires au laboratoire aérodynamique, sur des planeurs de vol à voile peu coûteux, faciles à construire, et au besoin à modifier rapidement suivant les exigences de l’expérience. Si l’on songe au temps et à la somme de travail que représentent l’étude et la construction d’un type quelconque d’avion nouveau qu’il faut généralement recommencer entièrement lorsqu’il a été loupé, on se rend compte du gain de temps et de l’économie que peut
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- réaliser un constructeur en dégrossissant l’étude d’un avion nouveau par l’expérimentation d’un planeur de vol à voile.
- Une fois le planeur bien au point, nous allons voir qu’il a suffi aux ingénieurs allemands.de lui adapter un minuscule moteur de 9 ch pour expérimenter en vol l’ensemble planeur — groupe motopropulseur.
- Avant d’aller plus loin notons un élément important du succès de cette méthode si rapide et si économique : le planeur sans moteur étant extrêmement léger peut être réalisé avec des charges très faibles au mètre carré de surface portante tout en restant de dimensions réduites. Cette faible charge alaire, en permettant au planeur de se soutenir en vol jusqu’à de très faibles vitesses, réduit à peu de chose les risques courus par les pilotes expérimentateurs en cas de chute fortuite. Cette qualité des planeurs de vol à voile permet ainsi d’expérimenter avec peu de risques les formes nouvelles les plus audacieuses, comme celle de l’avion sans queue, dont l’essai eût comporté des risques très sérieux s’il avait dû être réalisé du premier coup sur un avion pourvu d’un moteur. De cette façon on évite d’exposer la vie de pilotes spécialistes difficiles à remplacer et les capitaux importants que représente toujours un nouveau type d’avion.
- Notons d’ailleurs que les expériences de laboratoire, si utiles soient-elles pour dégrossir les premières formes des planeurs, sont absolument incapables à l’heure actuelle de remplacer l’expérimentation en vol par un pilote, telle que la pratiquent les Allemands sur les planeurs d’expérience. En effet les conditions d’expérimentation au laboratoire diffèrent notablement des conditions d’expérimentation sur un avion en vol. Elles laissent une incertitude complète sur des points très importants et parfois même elles induisent en erreur les ingénieurs qui leur accordent un trop grand crédit : de là résultent les déceptions qui ont accompagné la réalisation de nombreux prototypes dans lesquels leurs auteurs, et l’Etat qui est leur client, avaient placé de vastes espoirs. Certaines de ces déceptions auraient été évitées et des économies sérieuses auraient été réalisées au profit des contribuables si l’expérimentation sur planeur était intervenue entre l’essai de laboratoire et la réalisation de l’avion prototype toutes les fois que cela fut possible1: En même temps auraient été épargnées bien des vies humaines parmi les plus précieuses pour le développement de l’aéronautique
- Par exemple dans le cas qui nous occupe la suppression de la queue de l’avion oblige à reporter aux extrémités des ailes les gouvernails de profondeur et de direction. Que vont devenir les actions de ces gouvernails ainsi placés? Le laboratoire aérodynamique, en son état actuel, ne peut pas nous le révéler. Au contraire, l’expérimentation du planeur sans queue a permis d’étudier ces actions et d’adapter les proportions et les formes de ces organes à leurs fonctions respectives, au prix de quelques modifications. facilement réalisées (*).
- 1. Il est très remarquable que les Allemands soient revenus ainsi aux méthodes d’expérimentation sur planeur qui, avec les expériences de Lilieiithal, puis de Chanute et des Wright avaient préparé la réalisation de l’avion à moteur. Il est regrettable que, pendant de longues années l’industrie aéronautique, hypnotisée par le tunnel aérodynamique, ait négligé cette voie qui avait cependant prouvé sa fécondité dès les débuts de l’aviation et qui avait été reprise par le capitaine Ferber dont l’exemple ne fut malheureusement pas suivi.
- Fig. 2. —• Réparation des centres de poussée sur l'aile avec profil constant à incidence variable du centre aux extrémités.
- STABILITÉ LONGITUDINALE DE L’AVION SANS QUEUE
- La stabilité longitudinale a pu être assurée, grâce à la disposition en flèche des deux ailes du planeur (fig. 1).
- Cette forme est utilisée de la façon suivante.
- Dans les premiers planeurs sans queue on donna aux extrémités de l’aile une incidence négative, de-telle façon qu’en vol horizontal normal l’air qui frappe la face inférieure des ailes, dans leurs parties centrales, frappe leurs faces supérieures aux extrémités. Il en résultait que la portance tï de la partie centrale du planeur étant appliquée au point O, les deux extrémités des ailes subissaient au contraire des pressions p dirigées vers le bas et appliquées aux points M( et M2 très en arrière de O.
- En plaçant le centre de gravité G un peu en avant de la portance tz, on voit, sur la figure qui représente le planeur de profil, que ce planeur se comporte comme une balance reposant sur un couteau placé en O, les deux branches inégales du fléau supportant respectivement le poids P de l’avion et les pressions p de l’air sur les extrémités des ailes.
- Il est facile de se rendre compte qu’un tel ensemble est en équilibre longitudinal stable.
- Supposons en effet qu’une cause fortuite, un remous par exemple, fasse cabrer l’avion. Les extrémités des ailes vont s'incliner vers l’arrière, c’est-à-dire que l’air cessera de frapper leurs faces supérieures. Les pressions p vont s’annuler et par conséquent l’action du poids P n’étant plus contre-balancée va avoir pour effet de faire piquer l’avion.
- Supposons au con-
- Fig. 3. — Coupes successives de l’aile à profils évolutifs, effectuées en parlant du centre vers les extrémités.
- traire qu un remous fasse piquer l’avion. Les ailes vont s’incliner vers l'avant.
- Leurs extrémités présenteront leurs faces supérieures à Faction du vent sous une incidence plus forte. Les pressions p vont s’accroître et auront ainsi pour effet de faire cabrer l’avion, c’est-à-dire de le ramener à sa position normale.
- En fait on s’est
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- = 112 : . ........................:::...
- aperçu assez rapidement que cette disposition dans laquelle les ailes n’avaient pas la même incidence aux extrémités qu’au centre présentait de graves inconvénients. Tandis que dans la partie centrale des ailes les centres de poussée se trouvaient sur la ligne N O N2 (fig. 2), voisine du bord d’attaque, ce centre de poussée se rapprochait du bord de fuite suivant les lignes N et N2 M9, vers les extrémités des ailes. Il en résultait une torsion de ces parties extrêmes qui, en altérant la forme du planeur, lui faisait perdre les qualités de stabilité escomptées et le rendait dangereux.
- Cet inconvénient a été écarté en demandant l’effet désiré, non plus à une variation des angles d’incidence depuis le centre jusqu’aux extrémités, mais à l’emploi aux extrémités des ailes de profds renversés.
- La figure 3 représente de haut en bas des coupes successives de l’aile en allant du centre vers les extrémités.
- On voit qu’au centre c’est la face inférieure de l’aile qui est creuse, tandis qu’aux extrémités c’est la face supérieure. Pour une incidence de l’aile correspondant au vol normal les profils centraux subissent une poussée dirigée vers le haut, tandis que les profils extrêmes subissent une poussée dirigée vers le bas. Mais comme l’incidence est la même tout le long de l’aile ces poussées sont toutes
- Fig. 4. — Répartition des centres de poussée sur l’aile à profqs évolutifs à incidence constante du centre aux extrémités.
- situées sur une ligne droite O M qui converge au même point que le bord d’attaque et le bord de fuite (fig. 4).
- Ainsi disparaît l’effort de torsion qui, avec la disposition primitive à incidence variable du centre aux extrémités, provoquait une déformation dangereuse du planeur.
- GOUVERNAILS DE PROFONDEUR ET AILERONS
- Dans l’avion sans queue ce sont les ailerons qui servent en même temps de gouvernails de profondeur. A cet effet on leur a donné un axe qui est perpendiculaire au plan de symétrie de l’avion (fig. 5).
- Si l’on élève ou si l’on abaisse simultanément les ailerons, ils remplissent ainsi l’office de gouvernails de profondeur. Si on élève un aileron tandis qu’on abaisse l’autre, ils remplissent l’office d’ailerons pour assurer la stabilité latérale.
- STABILITÉ EN VIRAGE
- Nous allons voir que les formes d’ailes adoptées assurent, surtout aux faibles vitesses, une stabilité en virage meilleure que celle qui est obtenue avec les ailes à profil uniforme sur toute l’envergure.
- Examinons comment agissent les ailerons sur les ailes de
- ce dernier type. Supposons qu’on abaisse l’aileron droit et
- *
- qu’on élève l’aileron gauche. L’aile droite va s’élever et l’aile gauche va s’abaisser. L’avion sera ainsi en position pour amorcer un virage à gauche en appuyant la face inférieure de ses ailes sur la couche d’air qui se trouve à sa droite. Malheureusement nous allons voir que l’action de l’aileron droit tend à s’opposer à ce virage. En effet cet aileron en s’abaissant augmente la courbure de l’aile droite à son extrémité. Ce faisant il augmente le freinage de l’air sur l’extrémité de cette aile, et ce freinage accru tend à retarder le mouvement en avant de cette aile qui est précisément l’aile extérieure au virage. L’inverse se produit à l’extrémité de l’aile gauche où la courbure diminue du fait que l’aileron se relève. Les actions de l’air sur les deux extrémités produisent donc un couple qui tend à s’opposer au virage gauche, lequel est le virage normal lorsque l’avion est incliné à gauche.
- En fait ces actions sont assez faibles et lorsque l’avion effectue son virage à une vitesse normale elles sont insuffisamment puissantes pour troubler le virage correct. Il en va tout autrement si l’avion effectue son virage à faible vitesse. Il se trouve de ce fait très voisin de la rupture d’équilibre et une perturbation même faible, apportée aux conditions de cet équilibre instable, suffit pour le compromettre. Le couple produit par les ailerons peut alors être suffisant pour amorcer un virage à droite tout en inclinant l’avion sur la gauche. Celui-ci présente alors la face supérieure de ses ailes à l’extérieur du virage ainsi amorcé en sorte qu’il cesse de prendre appui sur l’air. N’étant plus soutenu, il glisse sur l’aile.
- Il est facile de voir que la forme des ailes du planeur sans queue combine les deux actions des ailerons de telle façon que le couple résultant contribue à amorcer un virage correct. Rappelons-nous en effet que dans cet avion ce sont les faces supérieures des extrémités des ailes qui sont creuses. Donc lorsque l’aileron gauche s’élève il augmente la courbure de cette extrémité en même temps qu’il tend à l’abaisser. Puisque la courbure augmente, le freinage dû à l’action de l’air s’accroît, tendant ainsi à ralentir cette extrémité.
- L’effet inverse se produit sur l’extrémité droite dont l’aileron s’abaisse. De ce fait, sa courbure diminue ainsi que le freinage dû à l’action de Pair. En résumé les ailerons sur cet avion ont pour effet de freiner l’extrémité qui s’abaisse et de diminuer le freinage de celle qui s’élève. Ils contribuent ainsi à amorcer un virage du côté de l’aile qui s’abaisse, c’est-à-dire un virage correct.
- Cette forme d’aile augmente donc la stabilité de l’avion dans le virage, ce qui est particulièrement précieux aux faibles vitesses où la glissade sur l’aile est à redouter.
- EFFICACITÉ DES GOUVERNAILS DE DIRECTION
- Les gouvernails de direction sont placés aux extrémités des ailes (fig. 5). Les dimensions réduites des planeurs d’étude ont obligé à les placer au-dessus des ailes pour éviter qu’ils ne soient brisés lorsque l’avion roule sur le sol, dans le cas où l’une des extrémités des ailes viendrait frôler le sol. En réalité cette position est plutôt défavorable, car, lorsque l’avion vole à faible vitesse, donc dans une position très cabrée, ces gouvernails sont masqués par les plans des ailes et se trouvent de ce fait
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- Fig. 5. •— Disposition des ailerons.
- dans des régions où l’air ne peut plus exercer d’action sur eux. Pour cette raison on est obligé d’augmenter leur hauteur afin qu’ils gardent une efficacité suffisante à faible vitesse. Dans les grands avions on pourra réduire leurs dimensions en les plaçant sous les ailes, car ils conserveront ainsi toute leur efficacité aux faibles vitesses.
- Leurs dimensions peuvent d’ailleurs être plus réduites sur un avion sans queue que sur un avion avec queue. On sait en effet que sur ce dernier le gouvernail placé à l’extrémité de la queue produit son action maxima quand son braquage atteint environ 15 degrés. Au contraire, le gouvernail de direction d’un avion sans queue, agissant surtout par le freinage qu’il produit sur l’aile placée à l’intérieur du virage, a une action maxima lorsque son braquage atteint 90 degrés, car dans cette position il produit le freinage maximum sur cette extrémité.
- Cette propriété est utilisée pour obtenir un atterrissage court en dépit de la grande finesse du planeur. Il suffit pour cela de braquer simultanément les deux gouvernails à 90 degrés. Ils ne produisent plus alors d’effet de. virage puisque leurs actions se compensent, mais seulement un effet de freinage sur l’air, ce qui diminue la course de l’avion. Bien entendu, les deux gouvernails peuvent être manœuvrés indépendamment l’un de l’autre.
- FINESSE DE L’AVION SANS QUEUE
- Cette finesse est très supérieure à celle des avions ordinaires, du fait de la suppression de la queue et du. gouvernail de profondeur.
- Rappelons que la finesse n’est pas autre chose que le rapport de la portance de l’avion à sa résistance à l’avancement lorsqu’il vole dans les conditions où ce rapport est le plus grand possible. Pour les meilleurs avions avec queue la finesse mesurée au laboratoire sur modèles réduits ne dépasse guère 15. Sur les appareils en vraie grandeur elle dépasse rarement le chiffre 10. Sur l’avion sans queue les mesures au laboratoire ont mis en évidence une finesse de l’ordre de 24. Et cette supériorité a été accentuée par les essais en vol. En effet ce petit avion dont le poids total avec son pilote était de 250 kg aurait atteint une vitesse de 125 km à l’heure avec un moteur dont la puissance maxima était de 9 ch. Ce résultat est extrêmement remarquable et confirme les espoirs qui ont été fondés sur la formule de l’aile volante. Encore faut-il remarquer que les dimensions réduites de l'avion d’expérience ne permettent pas d’enfermer dans l’aile moteur et pilote, en sorte que la présence d’un fuselage crée une résistance supplémentaire qui n’existera pas avec les ailes habitables des avions de 100 tonnes. On peut donc espérer atteindre sur ces grands avions une finesse encore plus élevée.
- Une autre circonstance favorable à l’économie de puissance résulte de la possibilité de placer l’hélice derrière l’aile et le fuselage, ce qui lui assure une importante augmentation de rendement (fig. 6). En effet dans un avion avec queue on est contraint de placer l’hélice en avant du fuselage. Ainsi placée elle souffle sur le fuse-
- lage et sur l’aile, en sorte qu’une partie de son action a pour effet de freiner l’avion qu’elle doit propulser.
- En supprimant la queue on recouvre la possibilité de placer l’hélice derrière l’avion de telle façon qu’elle prend appui par toute la surface qu’elle balaie sur la masse d’air qui se trouve derrière elle. L’effort de propulsion s’en trouve accru dans une proportion importante en même temps que toute action de freinage disparaît.
- RÉSULTATS DES ESSAIS DE L’AVION SANS QUEUE
- Après avoir réalisé toutes les modifications inspirées par les nombreux essais effectués d’abord sur planeur de vol à voile, ensuite sur le même planeur équipé d’un moteur, on est arrivé à"établir un avion à la fois très stable, très fin et très maniable. On a pu constater qu’il volait à faible vitesse sans perte d’équilibre lorsque les gouvernails de profondeur étaient braqués à fond. Si ce braquage était, réalisé. brusquement l’avion faisait une montée-en chandelle à la fin de laquelle il prenait la position de vol à faible vitesse sans avoir tendance à glisser sur l’aile ou à se mettre sur le dos comme pour faire un looping.
- Après un piqué l’avion a pu être ramené sans difficulté
- Fig. 6. — Disposition du moteur et de l'hélice à l'arrière de l'avion.
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- en vol horizontal. On a constaté toutefois que la faible distance de l’axe des gouvernails de profondeur au centre de gravité de l’avion avait pour effet de provoquer des mouvements très brusques de piqué ou de cabré lorsqu’on agissait sur ces gouvernails. Cette constatation amènera à accentuer la forme en flèche sur les modèles ultérieurs, afin de donner plus de douceur à la commande de profondeur.
- Il a été possible de faire des virages corrects à grand rayon en utilisant simplement l’action des ailerons.
- Pour les virages serrés on a dû utiliser simultanément les gouvernails de direction et les ailerons. On a effectué des virages corrects, i’avion volant à faible vitesse complètement cabré sans qu’il ait eu tendance à glisser sur l’aile.
- Fig. 7. — L’avion sans queue Storch sur le champ d’aviation de Tempelhoff près de Berlin. (Ph. Keystone View.)
- On a constaté que, comme sur les avions ordinaires, il était possible d’effectuer des virages très serrés en inclinant les ailes presque à la verticale et en utilisant alors les gouvernails de profondeur comme gouvernails de direction et inversement.
- On a réalisé des glissades sur l’aile en inclinant l’appareil avec les ailerons tandis qu’on braquait le gouvernail de direction de l’aile la plus haute. La glissade s’est produite avec une grande vitesse de chute due à ce que le fuselage très petit freinait très peu la chute. L’avion s’est rétabli facilement en ramenant les gouvernes à leur position correspondant au vol piqué.
- En résumé ces résultats extrêmement favorables montrent que la réalisation de l’aile volante est en bonne voie. Sans doute ils n’ont pas fait l’objet d’un contrôle offi-
- ciel. Mais l’avion sans queue a déjà volé en présence de spécialistes allemands et étrangers qui ont pu ainsi vérifier cle visu ses principales qualités de vol. Il ne peut donc subsister aucun doute, quant à la réalité de la plupart cl’entre elles. Cet avion est l’œuvre de l’ingénieur Lip-piseh de l’Institut de vol à voile de la Rhf.n.
- Nous allons évaluer dans un exemple pratique l’économie qui résulterait de la substitution d’avions sans queue aux avions de transport actuellement en usage.
- ÉCONOMIE D’EXPLOITATION D’UNE LIGNE AÉRIENNE PAR L’EMPLOI D’ * AILES VOLANTES »
- Nous prendrons comme terme de comparaison le prix de •revient de la tonne-kilométrique sur une ligne aérienne exploitée au moyen d’avions modernes pour passagers, bi ou trimoteurs, d’une puissance de 1000 ch et susceptible d’assurer des étapes de 1000 km avec 1000 kg de charge payante. Les éléments du prix de revient par km parcouru sont alors de l’ordre suivant :
- Francs
- Combustible............................. 3,80
- Entretien planeur....................... 1,40
- Entretien moteurs....................... 1,00
- Télégraphie sans fil.................... 0,25
- Frais d’équipage (y compris assurance). 1,50
- Assurance avions........................ 1,40
- Frais généraux d’exploitation........... 0,80
- Amortissement planeurs.................. 2,20
- Amortissement moteurs................ . 2,00
- Total.....................14,35
- Puisque l’avion porte une charge payante d’une tonne, cette somme représente le prix de revient de la tonne kilométrique, en supposant que l’avion navigue toujours à pleine charge.
- Supposons qu’on substitue1 à cet avion une, aile volante ayant même poids total à pleine charge et même vitesse commerciale. Nous allons calculer l’économie résultant de la finesse plus grande de ce nouveau type d’avion. Les essais faits par l’Institut de la Rhon permettent de penser que l’aile volante aura une finesse environ double de celle clés avions de transports actuels. Pour éviter de tomber dans un excès d’optimisme supposons que cette finesse soit supérieure seulement de 50 pour 100 à celle des avions actuels.
- Puisque nous supposons que cette amélioration de finesse ne sera pas employée à augmenter la vitesse commerciale, l’effort de traction sera réduit d’un tiers. Il en sera de même de la puissance des moteurs et du jmids de combustible consommé par km. On réalisera donc des économies sur :
- le combustible ;
- l’amortissement des moteurs puisque ces moteurs -moins puissants coûtent moins cher ;
- l’entretien des moteurs;
- l’assurance des avions qui est proportionnelle à leur valeur.
- Le nouveau prix de revient du km sera le suivant :
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- Fig. S. — Un essai de l’avion sans queue à Tempelhoff.
- L’appareil est monté par le constructeur Lippisch et le pilote Groenhoff. (Ph. Keystone View.)
- Francs
- Combustible............................ 2,55
- Entretien planeur...................... 1,40
- Entretien moteurs...................... 0,75
- T. S. F................................ 0,25
- Frais d’équipage....................... 1,50
- Assurance avions....................... 1,20
- Frais généraux d’exploitation.......... 0,80
- Amortissement planeurs................. 2,20
- Amortissement moteurs.................. 1,50
- Total....................12,15
- La diminution de poids des moteurs et réservoirs sera de l’ordre de 350 kg et la diminution de poids du combustible sera de l’ordre de 380 kg. Ces diminutions de poids serviront à augmenter la charge payante puisque nous avons supposé que le poids total de l’avion resterait le même. La charge payante sera donc sur ces nouveaux avions de 1730 kg.
- Le prix de revient de la tonne kilométrique, avec l’aile volante, sera de :
- 12 fr 15
- au lieu de 14 fr 35.
- Pour un million de tonnes kilométriques la dépense annuelle d’exploitation tomberait de 14 350 000 fr à 7 millions.
- Cependant nous n’avons pas tenu compte dans ce calcul
- de la diminution importante du poids de la charpente de l’avion, résultant d’une part de la simplification de formes due à la suppression du fuselage, d’autre part de la diminution des efforts subis par la charpente du fait de la répartition tout le long de l’aile des charges qui dans les avions actuels sont concentrées en leur centre. Il serait difficile d’évaluer les économies de poids correspondantes tant que n’aura pas été réalisée une aile volante de poids com-
- Fig. 9. — L’avion en plein vol. (Pli. Keystone View.)
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- = 116 : .........111 —.............. :; =
- parable au poids des avions de transport actuellement en service. Mais il est certain que ^augmentation de charge marchande résultant de cette allégement de la charpente permettra également de réaliser une économie d’exploitation très importante.
- Remarquons d’ailleurs que les avantages économiques que nous venons de mettre en relief ne sont pas les plus importants parmi ceux qu’on peut attendre de la réalisation de ce type d-avions. L’augmentation de la finesse et la diminution du poids de la charpente permettront d’augmenter à la fois la vitesse et le rayon d’action des avions. On pourra alors construire des avions capables de franchir d’un seul vol, même par vents contraires, des étapes de plusieurs milliers de km. Ce résultat sera de la plus haute importance, car l’avion pourra alors être utilisé pour des buts commerciaux sur des parcours transcontinentaux et transocéaniques sur lesquels il trouvera, à raison de l’importance des services rendus, un fret beaucoup plus rémunérateur que celui qu’il peut trouver sur les parcours desservis actuellement par les lignes aériennes. En effet les rayons d’action très réduits des avions actuels les obligent à suivre des itinéraii’es sur lesquels ils puissent trouver des escales espacées de 1000 km au maximum, et ces escales doivent être ravitaillées régulièrement en combustible et pièces de rechange. Tant que ces rayons d’action ne seront pas au moins triplés l’avion commercial sera donc assujetti à suivre des itinéraires parcourus par des moyens de transport terrestre réguliers qui assurent le
- ravitaillement des nombreuses escales nécessaires. Et il sera d’autant plus facilement concurrencé par ces moyens de transport terrestre que chaque escale représente pour l’avion à la fois une perte de temps et un risque sérieux dès que le temps est pluvieux ou dès que l’aéroport doit être abordé pendant la nuit. Un grand pas aura donc été réalisé dans la voie de l’avion économique et sûr lorsqu’une capacité de vol de dix à douze heures sans escale permettra aux avions commerciaux de voler toute la nuit pour atterrir seulement au lever du jour.
- Nous venons de montrer que les Allemands placent avec raison de grands espoirs dans l’aile volante pour obtenir ce résultat. La construction par la firme Junkers d’avions métalliques à ailes de plus en plus épaisses, la réalisation par cette même maison d’un moteur d’avion à huile lourde, l’étude aérodynamique, par l’Institut de vol à voile de la Rbhn, de petits modèles d’ailes volantes montrent l’importance des moyens mis en œuvre pour résoudre simultanément les divers problèmes posés par la charpente, l’aménagement intérieur, les groupes moto-propulseurs et les conditions de stabilité et de maniabilité de ce type d’avion si intéressant.
- Nous avons pensé que cet exemple de réalisation industrielle méthodique dans une voie choisie à l’avance et suivie avec persévérance pendant vingt ans méritait d’être signalé tant à cause des moyens mis en œuvre que des remarquables résultats ainsi obtenus.
- A. Verdurand.
- ^ LE TYPHUS EXANTHÉMATIQUE =
- LES RÉCENTES DÉCOUVERTES DU PROFESSEUR WEIGL
- Jadis, compagnon presque inséparable des armées en campagne, le typhus exanthématique devient actuellement de plus en plus rare dans tous les pays civilisés. Cependant les misérables conditions d’existence de certaines populations de la Russie, de la Sibérie, de la Mongolie et de la Chine l’y entretiennent encore à l’état endémique dans ces diverses régions de l’Europe Orientale et de l’Asie. Par les caractères de son évolution et son extrême contagiosité, cette maladie est évidemment due à un microbe, mais il est demeuré inconnu jusqu’ici, malgré les travaux de Moczuthowsld, de Yersin et de Nicolle entre autres. De leur côté, Ricketts et Prowazek découvrirent dès 1912 que le virus exanthématique se transmet à l’homme grâce au pou du corps (Pediculus vestimentï) qui, après avoir puisé dans le sang de son hôte malade les germes pathogènes, les inocule ultérieurement à des personnes saines. Ces savants s’infectèrent eux-mêmes et moururent au cours de leurs expériences.
- Quatre ans plus tard, Weigl, aujourd’hui professeur de biologie à la Faculté de Médecine de Lwow (Pologne) (fig. 1), réussit le premier à cultiver, en grande quantité, le virus typho-exanthématique auquel Rocha-Lima donna le nom de Rickettsia-Prowazeki, en souvenir des deux martyrs de la science, cités plus haut.
- Fig. 1. — Le professeur Rudolf Weigl, dans son laboratoire. Par la suite, Anderson et Goldberger établirent que
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- Fig. 2 (à gauche). — Un pou au bout d’une seringue munie d’une très fine canule pour l’ensemencement du virus du typhus exanthématique.
- Fig. 3 (à droite). — Injection de virus à un pou sous le microscope.
- le pou de tête (Pediculus capitis) peut jouer le même rôle infectant et que le microbe siège à l’état libre dans son sang tandis que Nicolle, de Tunis, le suppose fixé sur les globules blancs du sang de l’Hémiptère.
- Tel était l’état de la question quand le professeur Weigl la reprit récemment. Voici, d’après les délicates expériences de l’éminent médecin polonais, l’étiologie du typhus exanthématique. Contrairement à l’homme et aux animaux, le pou ne possède presque aucune bactérie à l’état normal. En buvant le sang d’un typhique, le parasite contracte lui-même la maladie et le virus Rickettsia se multipliant dans son intestin le tue en quelques semaines.
- Mais avant de périr, le pou contaminé a le temps d’infecter plusieurs humains. La contagion s’opère par les excréments du dangereux Pédiculé qui, formés d’une poudre très line, pénétreront facilement sous la peau des gens ou des animaux; car, par suite des démangeaisons que leur causent les indésirables bestioles, ceux-ci se grattent forcément.
- En outre, un pou peut s’infecter sans Vintermédiaire de Vhomme. Le professeur Weigl parvint à découvrir le fait de la manière suivante. Il commença par étudier sous le microscope un pou typhique, il constata que son intestin est tellement rempli de Rickettsia, qu’on peut le considérer comme une culture virulente à peu près pure. Il broya ensuite l’intestin, puis, au moyen d’une très fine canule en verre, il injecta, dans l’intestin d’un pou normal, l’émulsion ainsi obtenue (fig. 2 et 3).
- Ces manipulations exigent une dextérité peu ordinaire de la part du microbiologiste, qui doit opérer sous un très fort grossissement et prendre, en outre, de grandes précautions, étant donnée la virulence des matériaux servant aux expériences. Depuis quatorze ans, en effet, toutes les personnes qui travaillèrent au laboratoire de Weigl, et le savant médecin lui-même, contractèrent la maladie-, preuve évidente que le Rickettsia, cultivé par lui dans les poux, est bien réellement le microbe du typhus exanthématique. Cet original et difficile élevage exige des milliers d’insectes. Le pou doit prendre son repas quotidien et se nourrit exclusivement de sang humain qu’il suce à travers la peau.
- Depuis plusieurs années, le professeur Weigl élève donc des poux. Il les enferme dans de petites cages ayant la forme de boîtes d’allumettes mais plus plates (fig. 4). Sur une de leurs faces, ces dernières sont garnies d’une gaze de soie épaisse qui empêche les bestioles de sortir de leur geôle, tout en leur permettant de passer au travers leurs organes de succion afin d’ingurgiter leur sanguinaire nourriture. Le brave physiologiste donne lui-même son sang à ses indésirables pensionnaires et sa femme l’aide héroïquement.
- Une fois repus, les Hémiptères sont placés dans des étuves spéciales maintenues à 30°, température la plus favorable à la santé des minuscules typhiques. Le savant
- polonais a essayé également de se servir de ses répugnants élèves pour préparer un sérum immunisant.
- Fig. 4. — Une cage d’élevage de poux, ouverte.
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- = 118 .........................=rr-.......
- Malheureusement, il faut 180 poux « Rickettsianés » pour obtenir une dose vaccinale humaine. Celle-ci, injectée aux personnes atteintes de -typhus exanthématique leur donne une poussée de température à 39° pendant un jour, mais les immunise ultérieurement. Le professeur Weigl a constaté, en outre, chez les gens inoculés de la sorte, des anticorps qui, agglutinant les Rickettsia permettraient de combattre leur pullulation. Enfin, il a pu, tout dernièrement, cultiver ces virus sur un milieu spécial au laboratoire de Lwow. Mais si la première génération microbienne lui fournit un parfait agent immuni-
- sateur, ces qualités disparurent dans les passages successifs. On doit donc préparer le nouveau vaccin, en ensemençant, chaque fois, les Rickettsia vivants de l’intestin du pou malade sur une boîte de Pétri, d’où les difficultés de sa fabrication, puisqu’elle exige l’élevage de ces virus typho-exanthématiques dans les insectes eux-mêmes. Néanmoins, si la préparation du précieux vaccin semble pénible et coûteuse par cette méthode, elle n’apparaît plus maintenant comme impossible, et c’est déjà un énorme progrès.
- Jacques Boyer.
- LA DEFENSE DU GRESIVAUDAN
- Nombreux sont les Français, et les étrangers, qui ont admiré les merveilles naturelles de notre province si pittoresque du Dauphiné. Son pittoresque, et sa richesse, notamment en force hydro-électrique, elle les doit, en grande partie, aux rivières qui descendent de la montagne.
- L’Isère, le Drac, la Romanche, l’Arc, la Bourne, pour ne citer que les principales, offrent, à l’œil, des aspects aussi variés que curieux. Mais elles constituent, en particulier pour le Grésivauclan, un danger, qui pourrait devenir une cause de ruine, par suite des cailloux et des graviers qu’elles véhiculent, attendu que ces graviers finissent par s’accumuler, à de certains endroits, où ils exhaussent le lit de la rivière, au grand dam des plaines environnantes.
- Il faut entendre par Grésivaudan la partie de la vallée de l’Isère qui s’étend en amont et en aval de la ville de Grenoble, avec une largeur de plaine qui va de 2 à 5 km. La partie amont, longue de 50 km, prend le nom de Haut Grésivaudan.
- Elle retient la presque totalité des graviers de l’Arc et de la Haute-Isère qui ne vont pas plus loin.
- La partie aval, de 33 km, où le Drac a opéré sa jonction avec l’Isère, est dénommée Bas Grésivaudan.
- Toutes les rivières torrentielles entraînent de ces graviers, qui deviennent une gêne dès que la pente, cessant d’être régulière, décroît brusquement. Dans ce cas, la puissance d’entraînement de l’eau n’étant plus suffisante, de nombreux graviers s’accumulent de façon à produire un exhaussement du lit de la rivière..
- Cet inconvénient se fait surtout sentir au confluent du Drac et de l’Isère.
- Dans la traversée de Grenoble, l’Isère est encaissée entre les murs des quais; son lit demeure stable. Il n’en est pas de même en amont et en aval où s’opère sa jonction avec le Drac. D’après les calculs de M. l’ingénieur Wilhelm, il entre annuellement 60000 m° de plus qu’il n’en sort. Là-dessus 20000 m3 disparaissent, par suite de l’usure due au frottement. Restent 40000 mJ qui contribuent à l’exhaussement du lit de la rivière. Dans les rivières torrentielles, plus la crue est forte, plus le poids et la quantité des graviers transportés augmentent. Quand vient la décrue, l’eau, ayant perdu une partie de sa force propulsive, laisse derrière elle les matières
- entraînées, en commençant par les plus lourdes. Il se forme, de cette façon, des dépôts dont l’abondance croît en raison de la faiblesse de la pente locale.
- De Pontcharra à Grenoble la pente, par km, de l’Isère passe de 1 m 30 à 0 m 56. Au confluent du Drac elle remonte, brusquement, de 0 m 60 à 1 m 42. Mais à Veurey elle n’est plus que de 1 m 17, ce qui est insuffisant.
- On estime, à l’heure actuelle, que l’accumulation des graviers n’atteint pas moins de 3 500 000 m5 aussi bien en amont qu’en aval de Grenoble. Le danger qu’elle fait courir aux riverains est double.
- D’une part, il y a l’inondation dont on a vu les effets désastreux en 1928.
- De l’autre, il y a la perméabilisation des terrains de plaine, qui commencent par se transformer en prairies. Puis, l’humidité ne cessant d’augmenter, ils sont envahis par les joncs et finissent par se transformer en marécages, qui leur font perdre une grande partie de leur valeur. C’est ce qui est en train de se produire pour la région fertile du Bas Grésivaudan.
- La vigne n’y occupe plus que le cinquième de sa superficie antérieure. Le noyer est en voie de disparition complète, de même que les arbres fruitiers. La pomme de terre et le blé diminuent d’année en année. Sur 8270 hectares qui se trouvent dans cette situation, une enquête, datant de cinq ans, a démontré que : 4100 hectares étaient déjà trop humides, 2070 hectares n’étaient plus que marécages, et 2100 hectares seulement conservaient leur valeur (*).
- Il faut considérer, de plus, que les intérêts de cette région ne sont pas seulement agricoles, mais aussi industriels. Sans parler de l’utilisation de la houille blanche, quiconque a visité la vallée de la Romanche a pu se croire transporté, parmi l’épaisse fumée des usines métallurgiques, dans un nouvel antre des cyclopes. Ajoutons-y la production de ciments réputés, 'et celle d’importantes fabriques de papiers ou de cartonnages, et nous aurons une idée exacte de ce que représentent les intérêts en cause.
- Au lieu de continuer à les considérer comme étant opposés, ainsi qu’on l’a fait pendant un temps, il faut,
- 1. Rapport de M. de Pampelonne. Congrès de Grenoble 1925.
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- au contraire, les lier les uns aux autres et chercher des remèdes en conséquence.
- En résumé, il s’agit de préserver 20000 hectares de terres cultivées, une population de 200 000 habitants, et des centres industriels dont Grenoble et le Bourg-d’Oisans sont les échantillons les plus remarquables. Rien ne saurait donc être ménagé pour arriver à une solution aussi satisfaisante que possible.
- HISTORIQUE
- Les tentatives d’aménagement du lit de F Isère ne datent pas d’hier. Elles remontent au xvie siècle, sous forme
- : 1 ' —...... '11 r= 119 =
- En 1846 seulement, une Commission consultative établissait un projet complet devant le coût duquel le gouvernement recula. Dans un but d’économie on préféra se servir des endiguements qui existaient, en les perfectionnant dans la mesure du possible. A la suite de quoi les multiples petites associations d’intéressés furent groupées en six syndicats, rayonnant sur 6502 hectares du Haut Grésivaudan, et sept autres embrassant 8271 hectares du Bas Grésivaudan.
- Ces institutions alimentaient leur budget au moyen de taxes à l’hectare variant de 7 à 31 francs, augmentées par des subventions de l’Etat. Les travaux d’endigue-
- Fig. 1. — Le Grésivaudan, avec les vallées de l'Isère et de la Romanche.
- cl’endiguements entrepris par l’administration royale. Continués, depuis lors, ils furent développés au xvme siècle. A cette époque, déjà, un arrêt du Conseil du Roi, daté du 6 octobre 1765, reconnaissait « que les ouvrages sont si considérables qu’ils surpassent les forces des propriétaires, lesquels sont hors d’état d’en faire la dépense s’ils ne sont aidés ou secourus ». Quant à la quotité de cette aide elle pouvait atteindre les trois quarts des sommes dépensées.
- Le 16 septembre 1807 intervenait une loi d’extension, dont les effets ne tardèrent pas à montrer la nécessité d’un travail d’ensemble embrassant toute la région.
- ment, qui durèrent de 1852 à 1860, procurèrent, aux riverains, la tranquillité pendant un temps.
- Mais l’Isère, contenue dans un lit resserré à l’époque des hautes eaux, se mit à serpenter, en morte eau, d’une rive à l’autre, créant de petits îlots et des dépôts de graviers. Non seulement ces apports exhaussaient le niveau de son lit, mais, en temps de crue, ils diminuaient les facilités d’écoulement des eaux.
- Au mois de juillet 1914, la pression de celles-ci rompit les digues. Par les brèches ouvertes, l’Isère se précipita. Ainsi furent inondés mille hectares, dont les plus proches de son lit demeurèrent couverts de graviers
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- apportés par elle. La survenance de la guerre empêcha l’immédiate réparation des brèches. L’eau, séjournant plus que de raison, causa des dégâts considérables aux récoltes ainsi qu’aux arbres fruitiers. Par endroits les épaisseurs de limon dépassèrent un mètre.
- Depuis lors, en dépit des réparations, les eaux moyennes arrivaient à submerger certaines parties de digue. Mais, pendant l’automne. de 1928, une crue les détruisit, à nouveau, sur une longueur de plusieurs km. Il s’ensuivit une inondation de plusieurs mois, l’évacuation de plusieurs milliers d’habitants, et des dégâts dont la réparation occasionna une dépense de 40 millions.
- Cependant, en juillet 1925, la Ligue pour l’aménagement et l’utilisation des eaux mettait la question à l’ordre du jour du Congrès qu’elle tint à Grenoble. Deux rapports très étudiés furent produits. Dans le premier, M. l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Wilhelm traitait des modifications de lit de l’Isère en aval de Grenoble. M. de Pampelonne, ingénieur du Génie Rural, étudiait, dans le second, l’assainissement du Bas Gré-sivaudan.
- ÉTUDES PRÉLIMINAIRES
- Le 8 février 1926' un arrêté ministériel constituait une Commission interministérielle avec mission de tracer le programme des études à entreprendre et des travaux de défense à effectuer. Cette Commission commença par ouvrir un concours entre spécialistes, afin de connaître les mesures qu’ils préconiseraient pour enrayer l’exhaussement du lit des rivières. Certaines des idées émises dans les projets présentés ont finalement été retenues.
- Le 12 juillet 1928, la Commission se déclarait en mesure de présenter un programme, divisé en quatre parties.
- 1° Des travaux préliminaires comprenant :
- a) Un lever du plan coté général de la vallée de l’Isère,
- b) Des travaux de renforcement des digues, d’amélioration de l’assainissement, et d’exécution de colmatages.
- 2° Des travaux de première urgence, qui portent sur :
- a) L’assainissement de la plaine en amont de Grenoble ;
- b) La surélévation des digues là où besoin sera.
- 3° Des travaux de seconde urgence, visant la stabilisation et même l’abaissement du lit de l’Isère.
- 4° L’aménagement hydro-électrique de la région à combiner avec les mesures d’assainissement.
- Le 21 novembre suivant, le Ministre des Travaux Publics donnait une approbation générale aux conclusions de la Commission. Il invitait l’ingénieur en chef du département de l’Isère à établir, sur ces données, un avant-projet des travaux d’ensemble à exécuter, avec indication de la dépense. On eut recours, également, à l’entreprise privée (font le mémoire avait obtenu le n° 1 au concours de 1927.
- De l’ensemble de ces travaux est sorti le programme technique suivant :
- 1° Exhaussement des digues de l’Isère, et dragages dans le lit de cette rivière.
- A noter que le dragage d’un million de mètres cubes de graviers représente, en poids, un million et demi de tonnes, c’est-à-dire, à raison de 50 wagons chacun, le remplissage de 3000 trains. L’évacuation ne se fera qu’à quelques kilomètres. Car on s’en servira soit pour renforcer et rehausser les digues, soit pour remblayer certaines parties du lit actuel de la rivière.
- Les calculs ont été établis en envisageant des crues de 2500 m’1 à l’aval de Grenoble, et de 1500 m3 à l’amont, chiffres supérieurs, de près de moitié, à la réalité.
- 2° Assainissement de la plaine en arrière des digues. Quatre grands canaux sont prévus, dans ce but, sur chaque rive, en amont et en aval.
- 3° Création de champs d’inondation capables de recevoir 200 millions de mètres cubes d’eau.
- En amont ils seront au nombre de 6 sur la rive droite et 2 sur la rive'gauche. En aval on en comptera un de plus sur la rive gauche, et 6 également sur la rive droite.
- 4° Coupure des boucles de l’Isère, à établir en amont. Ces coupures, au nombre de trois, doivent permettre de gagner quelques décades qu’on utilisera pour aménager l’aval.
- 5° Aménagement du Drac.
- Des digues seront renforcées, ou exhaussées sur la rive droite, et créées sur la rive gauche.
- 6° Aménagement de la Romanche dans la plaine d’Oisans. Les dispositions seront, en moins étendues, les mêmes que dans celle du Grési-vaudan, avec création de deux champs d’inondation, l’un de 12 millions de mètres cubes en amont du Bourg-d’Oisans, l’autre de 4 millions à l’aval.
- LOI D’AVRIL 1930
- Faisant siennes les conclusions de la Commission, le gouvernement a déposé, le 31 juillet 1929, un projet de loi dans ce sens. La dépense à prévoir était estimée à 220 millions. Mais un amendement de M. Borrel, en faveur de la partie savoyarde de la Haute Isère, l’a fait élever à 160 millions.
- Dans son exposé des motifs le projet gouvernemental soulignait, avec raison, que, si l’Isère est une rivière navigable et le Drac une rivière
- Fig. 2. — L'Isère à Grenoble : le Fort Rabot.
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- Fig. 3. — Les Gorges de la Bourne.
- flottable, la navigation et le flottage sont pratiquement inexistants sur l’une comme sur l’autre.
- Quant à la Romanche, elle n’est ni navigable ni flottable. En conséquence les travaux ne peuvent avoir comme but que la défense des propriétés ou des localités riveraines. Seuls ces riverains en seront donc les bénéficiaires.
- Comme en 1765 il reconnaît, toutefois, que la dépense, dépassant de beaucoup les capacités des intéressés, doit être supportée, en grande partie par l’Etat. Quant à la part qui sera mise à leur charge, tant pour l’exécution des travaux que pour leur entretien ultérieur, l’article 3 s’en remet, du soin de la fixer, à une loi spéciale pour chaque tranche de ces travaux.
- Il importait de grouper, dans une action unique, toutes les bonnes volontés et tous les intérêts. Déjà la Romanche possède une Association de ce genre, tandis que l’Isère et le Drac en sont dépourvus. L’article 4 stipule donc que tous les syndicats existants participeront à une Association générale, dans laquelle entreront : la ville de Grenoble, les communes, et les départements intéressés.
- Cet organisme, dont un règlement d’administration publique fixera le fonctionnement, les attributions, et
- les ressources, aura pour mission de représenter la totalité des intérêts en cause dans les travaux à exécuter. Tel est l’ensemble des dispositions adoptées par le Parlement, à la fin de la dernière session. Il constitue plutôt une loi-programme qu’un instrument d’exécution.
- A mesure que se développera le plan de l’administration des Travaux Publics, interviendront, après avis du Conseil d’Etat, des déclarations d’utilité publique pour chacun des travaux envisagés.
- Il nous faut revenir, pour le préciser, sur un point du programme, celui de l’intervention de l’Etat dans les aménagements hydro-électriques de la région. Quelle doit être la nature de cette intervention au point de vue qui nous occupe ? C’est très simple.
- Tous les aménagements des chutes d’eau, pour leur transformation en puissance électrique nécessitent l’établissement de barrages de retenue. Certains peuvent être nuisibles à l’assainissement de la plaine, et d’autres favorables. Il s’agira de s’opposer à l’établissement des premiers et de pousser à la création des seconds.
- Pour ce qui est de l’Isère, dans la traversée de la Savoie, il semble naturel d’escompter que lee travaux de régularisation, à entreprendre plus bas, dans son cours moyën exerceront une heureuse influence sur la partie supé-
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- rieure. Il pourrait donc en résulter une diminution des dépenses prévues.
- Telles sont, dans les grandes lignes, les dispositions envisagées pour sauver du désastre une de nos régions les plus pittoresques et les plus intéressantes. Les faits montrent qu’on n’a déjà que trop tardé à prendre les mesures qui s’imposent pour dompter les forces naturelles.
- L’exemple de ce qui vient de se passer, dans la région du Sud-Ouest, prouve que nous ne sommes pas en présence d’un cas isolé. Il s’ajoute aux inondations de la Loire et de la Seine, dont les méfaits sont encore dans toutes les mémoires. C’est donc sur la totalité du pays que devraient porter, avec le concours des intéressés, les études et les efforts.
- G. de Raulin.
- JONCS ET ROSEAUX EN PICARDIE
- Sous le nom de jonc ou roseau, on confond généralement des plantes appartenant à des familles différentes Joncées, Cypéracées, Typhacées) habitant « les humides
- Fig. 1. — Trois espèces de roseaux de Picardie.
- bords des royaumes du vent » : scirpes aux longues tiges rondes sortant du fond des tourbières, courbés sous le poids de leurs épillets roux; massettes noires, raides comme des sceptres émergeant de leurs feuilles en ruban ; roseaux à balais balançant aux vents leurs plumeaux panachés; menu peuple des joncs: joncs des tonneliers, des jardiniers, jonc glauque, jonc à fleurs agglomérées, joncs des crapauds, laiches ou carex de toutes espèces, aux feuilles siliceuses ét coupantes ; toutes plantes dures, indigestes, refusées des animaux, la peste en un mot des prairies naturelles.
- . f Que de prairies deviennent improductives, par l’effet des joncs et des carex! On ne salirait trop les étudier pour
- rechercher les moyens de les combattre et d’en arrêter la propagation.
- Ces joncs ont de nombreuses racines fixées solidement au sol ; leur extraction exige la plupart du temps la pioche.
- Si on veut les extirper à la charrue il faut de forts attelages et un instrument solide. Quand le jonc n’appa-rait qu’en touffes isolées, le défrichement n’est pas nécessaire, on peut employer alors-des engrais pour fortifier les bonnes espèces et affaiblir le jonc : soit du phosphate fossile à la dose de 1000 kg à l’hectare et du fumier de ferme à la dose de 30 000 à 40 000 kg.
- Il est indispensable d’assurer le drainage du terrain; il est encore utile de constater*ilpar des essais directs que la potasse n’y fait pas défaut. L’absence de cet élément est une cause de succès pour les joncées et les cypéracées. Alors on se trouve très bien d’appliquer au sol de 400 à 500 kg de chlorure de potassium par hectare.
- Dans d’autres circonstances où l’on peut se procurer de la chaux ou de la marne à bon compte, un défrichement temporaire qui permet d’enrichir le sol d’un élément dont il est pauvre produit de bons résultats et le rend apte à se convertir ultérieurement en une prairie naturelle d’excellente qualité.
- L’UTILISATION DES JONCS
- Dans certains pays, des propriétaires avisés ont cherché à tirer parti des joncs croissant naturellement dans leurs marais, et ont réussi à obtenir un rendement important par la vente des joncs pour le rempaillage des chaises. On se sert, à Chipilly (Somme) de ces carex, de ces cope-relles pour rempailler les chaises; on les préfère à la paille de seigle.
- C’est Toulouse qui est le principal débouché de cette industrie. On y fabrique des chaises communes dont le siège est formé d’un cadre de bois sur lequel passent des torsades de joncs perpendiculaires aux côtes entrelacées à l’intérieur suivant deux diagonales.
- Ces torsades de jonc sont tantôt laissées à nu, tantôt recouvertes de torsades de paille roulées en spirales, quelquefois teintes de diverses couleurs pour les chaises les plus élégantes.
- On se sert aussi, mais en bien moins grande quantité, des feuilles de massettes et de rubanier (Sparganium). Ces produits se vendent à Toulouse, de juin à octobre, ordinairement à la poignée (600 à 700 grammes) rarement au poids.
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- On n’emploie donc que des carex à feuilles longues (1 m 50) et étroites. On les coupe à la faux ou à la faucille en juillet-août, en laissant sur place autant que possible les autres plantes.
- On fait sécher à l’ombre et on trie pour ne garder que les brins fins et de grande longueur.
- La récolte est pénible, on travaille constamment dans l’eau. Le triage demande beaucoup de temps. Tout cela constitue une main-d’œuvre considérable de plus en plus difficile à trouver. On la paie en donnant aux ouvriers la moitié du produit en nature.
- Les rendements sont variables et dépendent de la nature des marais et de l’abondance des eaux, les années sèches sont plus favorables à la quantité et à la qualité des produits.
- LES JONCS ET ROSEAUX DE PICARDIE
- Il existe en Picardie de nombreux marais envahis par les joncs et les roseaux. On n’utilise pas les carex, mais les roseaux à balais (Arundo phragmites) et surtout le Scirpus lacustris.
- Appuyé sur ses racines rampantes, le roseau à balai fournit des chaumes droits hauts d’un mètre ou deux, avec lesquels on fait des couvertures de maisons qui durent un siècle et conservent les habitations chaudes l’hiver, fraîches l’été.
- Avec les sommités non fleuries, on fait des balais, des ramonettes.
- Les bons hortillons de la Somme emploient les roseaux pour élever des haies mortes qui protègent leurs petits champs du vent desséchant du Nord; ils en font des sortes de paillassons pour abriter les semis et les plantes délicates.
- Florissante il y a quelques années encore, l’exploitation du scirpe des marais (« fusailles ») des environs de Péronne pour la fabrication des paillassons est aujourd’hui en déclin grâce aux tapis à bon marché. On utilise encore les tapis de roseaux dans les fromageries sous des lits de fougères et les fromages portent souvent l’empreinte de leurs feuilles.
- C’est aux environs d’Amiens, dans la vallée de l’Avre, au j>etit village de Fouencamps que s’était surtout spécialisée l’industrie des tapis à bon marché essentiellement familiale en retenant les gens chez eux. On va chercher les joncs jusque dans les marais de Boves, de Camon, de Glisy.
- Les joncs coupés sont étendus à terre pendant deux ou trois jours; il est bon qu’ils reçoivent alors un peu d’eau. Ensuite on les dresse pour les faire sécher; ils peuvent être employés au bout de quinze jours. Les tresseuses s’en emparent alors.
- Presque toutes les femmes travaillent; sur 250 habitants, il y a 84 tresseuses.
- Elles s’installent l’été sur le pas de leur porte, leur jonc accroché au mur et alors elles tressent, tressent, comme d’autres tricotent jusqu’à ce qu’elles aient fait leur tâche.
- Les habiles arrivent quand le jonc est bon, qu’il ne casse pas trop souvent, à fabriquer trois et même quatre paquets par jour.
- Fig. 2. — Recolle de joncs dans la Haule-Somme.
- Un paquet de tresse ordinaire de 84 m est payé 2 fr 50; le paquet de tresse moyenne comprend' 100 m et est payé 3 francs. L’hiver on travaille chez soi, il faut alors beaucoup de feu pour faire sécher le jonc; et il est nécessaire ensuite de le mouiller avant de le tresser pour lui rendre sa souplesse.
- Ces tresses sont assemblées ensuite côte à côte, à plat ou à champ, suivant des dispositions variées pour obtenir des paillassons de toutes formes et de toutes dimensions.
- Mauvais conducteurs de la chaleur, supportant bien l’humidité, ils sont précieux dans les corridors, dans les appartements pavés en carreaux ou en briques.
- Il y a quelques années des corvées spéciales de soldats du 72e régiment d’infanterie d’Amiens allaient recueillir des joncs qu’on tressait pour en faire des paillassons.
- Dans la vallée de la Somme, à Frise et à Eclusier-Vaux, cette industrie est aussi pratiquée. Les femmes vont
- Fig. 3. — Tissage de joncs à Fouencamps.
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- récolter les scirpes vêtues de culottes larges et de bottes pour éviter les sangsues. Les joncs sont vendus partie aux tonneliers, qui se servent de la moelle pour calfeutrer les douves des tonneaux, partie aux fabricants de paillassons.
- Les ce massettes », ;c minous » -- Typha angustifolia et Typha latifolia — appelées à Proyart « marteaux » ou plutôt « martieux » sont employées surtout pour la fabrication de «paillasses » pour les tout jeunes enfants. Ces paillasses offrent l’avantage d’être absolument imperméables et de ne répandre aucune mauvaise odeur; c’est pourquoi elles sont préférées aux paillasses de pailles de blé ou d’avoine.
- Toutes les mères en font usage à Chipilly. On récolte ces massettes en août, il suffit de les laisser sécher et d’exercer une faible pression sur les chatons pour les faire tomber sous forme d’une sorte de duvet.
- Quelques personnes en confectionnent des édredons et des oreillers.
- M. le DrCaussin, de Proyart, a signalé une utilisation singulière des joncs (Juncus conglomeratus). Il avait rencontré au marais de Morcourt des fillettes qui récoltaient des joncs. Elles apprirent au docteur que leurs parents, au moyen de deux épingles traversant en croix la tige vers le sommet et qu’ils faisaient glisser le long du jonc, en extirpaient la moelle, sous forme d’une longue colonne très flexible.
- Ils fabriquaient avec cette moelle des croix, des couronnes d’une légèreté remarquable.
- Ces enfants savaient distinguer entre les différentes espèces de joncs celle qui avait la moelle continue, la seule propre à leur industrie.
- On trouve beaucoup de ces couronnes à Morcourt (village voisin de Chipilly), où on les entoure d’une certaine vénération. On les fait figurer — une fois — sur un autel de reposoir, où le prêtre les touche avec l’ostensoir.
- Dès lors elles sont sacrées. Aussi, dès ce moment, on les suspend dans la maison ou dans la chambre à coucher, ou bien on les place sur un meuble. Quand elles ont perdu leur fraîcheur ou plutôt quand elles sont couvertes de poussière et qu’elles ne gardent plus rien de leur blancheur, le moment de s’en séparer est proche. On le recule le plus possible; on attend, on attend encore; enfin on s’exécute. La couronne est jetée au feu. Personne ne s’aviserait de s’en débarrasser par un autre moyen.
- La tradition leur attribue le pouvoir de porter bonheur (*).
- LE TYPHA ET SES EMPLOIS
- Parmi tous ces roseaux, celui dont se sont occupés le plus les savants et les industriels est sans contredit le Typha ou massette, dont nous avons parlé plus haut, et dont on a essayé d’utiliser la bourre, soit pour remplacer le coton, soit pour en faire du papier, soit enfin pour tirer parti de sa cellulose dans la fabrication des explosifs.
- Ces diverses tentatives ne paraissent pas avoir été couronnées d’un brillant succès, car dans les ouvrages modernes traitant des matières textiles, il est à peine 1. Bull. Soc. linéenne du nord de la France. Juillet-août 1911.
- fait mention du Typha. Vétillart et Lecomte n’en parlent pas dans leurs ouvrages. Hohnel qui en Allemagne fait autorité pour tout ce qui touche à l’industrie textile ne s’occupe guère de ce duvet que d’une façon tout à fait sommaire et seulement pour reproduire les particularités de sa structure sur lesquelles il n’insiste pas d’ailleurs.
- En présence de la nécessité d’utiliser tous les produits naturels, l’attention des industriels paraît avoir été rappelée sur ce produit dans ces dernières années. C’est ainsi que dans son rapport sur l’exploitation des .marais publié en 1910, dans les Annales du Ministère de l’Agriculture, M. Gèze dit que la bourre de Typha est utilisée dans les régions danubiennes et commence à prendre depuis 1907 une certaine importance commerciale. Il rapporte qu’un grand industriel de Roubaix n’a pas craint de faire en 1910 un voyage en Hongrie pour étudier sur place l’emploi du Typha et que l’Institut technique roubaisien s’en occupe aussi activement.
- Des essais ont aussi été entrepris en France dans le but de transformer la bourre de Typha en papier.
- D’après M. Gèze, il existe en Roumanie une puissante société qui a obtenu de l’Etat, la concession pour trente années des terres marécageuses du delta du Danube pour en convertir les Typha en fibres textiles et les roseaux en cellulose, mais il est vraisemblable que cette société a surtout en vue d’exploiter les tiges et les feuilles de Typha plutôt que leur inflorescence et que cette exploitation vise surtout l’industrie papyrifère. Cependant Erzberg, dans la troisième édition de son ouvrage si bien documenté sur les papiers, ne fait pas mention du Typha parmi les fibres papyrifères.
- On a aussi utilisé la bourre de Typha pour le pansement des plaies; mais à une époque où l’on peut apprécier si justement les heureux résultats de la méthode antiseptique, on accueillerait fort mal celui qui proposerait d’employer pour le traitement des plaies et brûlures des filaments dont les stigmates constituent un vrai réceptacle des microbes qui pullulent dans les terrains marécageux.
- L’idée de substituer le Typha au coton comme matière textile peut paraître séduisante au premier abord, mais elle ne paraît pas facilement réalisable. L’ouate de Typha offre l’avantage d’exister en abondance dans chaque inflorescence qui, en se dissociant naturellement, livre la matière première sous un état qui évite l’intervention d’appareils coûteux et une manutention spéciale; mais le coton offre sur le Typha des avantages énormes; il est bien plus long (15 à 20 mm) tandis que le Typha n’atteint guère plus de 10 mm. Poil unicellulaire, muni de parois épaisses, le coton offre bien plus de résistance qu’un poil pluricellulaire, pluri-sérié, dont les éléments se disloquent très facilement, et offre de plus l’avantage de présenter dans sa composition une homogénéité parfaite qui se retrouve dans tous les tissus qu’il sert à confectionner, tandis que la bourre ou ouate de Typha a une composition hétérogène qui est due à la présence de la fleur au milieu de l’aigrette; ces deux éléments ne peuvent être séparés complètement à moins d’entraîner des frais énormes qui s’opposeraient à son
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- emploi comme succédané d’une matière textile aussi peu coûteuse que le coton.
- La graine de Typha qui, avant la maturité et à l’état d’ovaire, est très molle, transparente et à peine visible, acquiert en mûrissant une certaine consistance due à l’épaississement de son tégument et à la différenciation des tissus de l’ovule; elle devient grise et très apparente. En cet état elle est assez facilement séparable. Il suffit pour l’éliminer en partie de battre avec une baguette de bois le duvet complet : l’aigrette se sépare sous forme de feutre et la graine se rassemble sous l’apparence d’une poudre grossière. Toutefois, la séparation est loin d’être complète. Si la graine s’est détachée avec son style et son stigmate, la tige longue et épaisse qui portait ces trois éléments de la fleur est restée mélangée avec les poils de 1 aigrette. L’examen microscopiquë de la bourre en grande partie privée de la graine mûre démontre que sous l’influence du battage un grand nombre des poils de l’aigrette se sont brisés en fragments ténus qui les rendent impropres à la filature et au tissage.
- Pour ces divers motifs, le Typha ne nous paraît pas susceptible de remplacer le coton comme matière textile.
- Les usages auxquels il paraît pouvoir se prêter le plus avantageusement, sont la préparation des feutres communs, la confection dès édredons et des coussins.
- Le Typha a failli jouer un rôle important pendant la grande guerre ('). Le 21 octobre 1916, le Matin publiait un article de M. Bedouce, député de Toulouse, inspiré par le plus ardent patriotisme et la nécessité impérieuse pour nous de développer et d’utiliser toute notre production naturelle afin de garder notre or et de nous affranchir du tribut que nous payions chaque année à l’étranger pour notre approvisionnement en matières premières. Cet article était d’autant plus intéressant qu’ils s’agissait d’une substance pouvant entrer dans la composition des explosifs qui ont joué un rôle capital pendant la guerre de 1914.
- 1. Revue scientifique. Année 1917.
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- M. Bedouce s’est préoccupé de rechercher s’il n’était pas possible de récolter sur le sol français une substance cellulosique susceptible de remplacer le coton et il a cru trouver dans le Typha une source de cellulose qui permettrait d’utiliser des terrains peu productifs et de réaliser une économie énorme.
- On apprenait d’ailleurs que les Allemands avaient pu récolter, selon les uns, un million et demi, selon les autres 6 millions de tonnes de Typha pouvant donner
- 10 pour 100 de produit manufacturés.
- Des expériences s’organisèrent un peu partout dans les laboratoires militaires. On fit appel aux bonnes volontés pour récolter des massettes et moi-même j’en envoyai au laboratoire de Meudon quelques kg que j’avais récoltés d’une façon au moins originale. C’était pendant le très rigoureux hiver de 1917 : les étangs autour d’Amiens étaient gelés profondément : on patinait sur presque tous et c’est ainsi que j’ai pu faire provision, à pied sec, de nombreux Typhas.
- Les expériences furent longues et ne donnèrent guère de résultat, au moins pour l’utilisation du duvet soit comme matière textile, soit comme source de cellulose. On reconnut toutefois dans la graine, extrêmement petite, une huile essentielle qui avait le goût et l’odeur du cacao et avec laquelle on aurait pu fabriquer aussi quelques ersatz assez intéressants de tablettes de chocolat.
- Ces expériences que la conclusion de la guerre ont naturellement interrompues seront-elles reprises, et verra-t-on quelque jour nos marais livrés à la culture intensive des massettes ? Nous en doutons un peu, car
- 11 faut observer que la multiplication des massettes est
- peu abondante, si l’on en juge par la rareté des épis au sommet des hampes dont la plupart restent nues. De plus, il ne faut pas songer à multiplier ces plantes en dehors des terrains baignés par l’eau, car on n’en trouve jamais sur les talus qui bordent les rivières ou les ruisseaux. Virgile Brandicourt,
- Président de la Soc. des Antiquaires de Picardie.
- LA LEGENDE DU LAC MŒRIS
- Le DT Roux, Directeur de l’Institut Pasteur, a présenté à l’Académie des Sciences un mémoire de M. Audebeau Bey, paru dans le dernier tome de l’Institut d’Égypte, et relatif au lac Mœris, dont on nous a vanté les bienfaits sur les bancs du collège.
- Ce lac célèbre, situé dans une dépression proche de la vallée du Nil (Fayoum), jouait, selon Hérodote, de passage en Égypte 450 ans avant J.-C., le rôle de régulateur des eaux du Nil dont il emmagasinait le trop-plein de la crue annuelle, et qu’il rendait en partie au fleuve au moment de l’étiage. Au milieu du lac, s’élevaient deux statues colossales représentant le roi Mœris et la reine, sa femme. Ces monuments surpassaient en hauteur la plus grande des pyramides connues, celle de Khéops, au nord de la nécropole memphite.
- Strabon, Diodore de Sicile, Pomponius Mêla visitèrent l’Égypte vers le début de l’Empire romain. Ils reproduisirent le récit d’Hérodote non sans l’embellir de traits fabuleux. S’ils ont réellement vu le nome de Crocodilopolis, également
- appelé Arsinoë, ils ont constaté la présence d’un lac au fond de la dépression, le lac Karoun actuel, mais qui était beaucoup trop bas pour avoir pu remplir, à leur époque, le rôle de lac-régulateur qu’ils lui assignaient après l’historien d’Halicarnasse. Pour pouvoir fonctionner comme régulateur, le lac aurait dû submerger, en effet, à l’époque de leur passage, sous une grande hauteur d’eau, des villes ptolémaïques et peut-être d’origine bien antérieure. Le lac Mœris aurait dû avoir son plan d’eau à la cote 21 m 50 environ au-dessus de la Méditerranée pour avoir pu être utilisé comme régulateur de la crue périodique du Nil, tandis que beaucoup de ces villes grecques sont à la cote 0 et au-dessous.
- Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs écrivains ont magnifié l’œuvre du lac Mœris. Parmi les Français, citons d’Anville et Bossuet.
- Pendant le XIXe siècle, diverses hypothèses ont été émises pour expliquer le fonctionnement du lac d’Hérodote. Au nombre d’elles, il faut citer celles de Linant de Bellefonds Bey,
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- cle sir Flinders Petrie, du Major Brown. Les deux dernières attribuaient la paternité du lac au pharaon Amenemhat III, du Moyen Empire. Les connaissances modernes montraient, en effet, qu’il n’y avait jamais eu de pharaon du nom de Mœris et que ce mot désignait l’inondation.
- Maspéro avait cru au lac Mœris.. Mais, avant même 1895, cette croyance s’était évanouie. Dans son Histoire ancienne des peuples de l}Orient {Paris, 1908), le grand historien remarque que tout l’échafaudage,de théories construit pour expliquer le Mœris classique repose sur un texte unique, celui d’Hérodote. Il ajoute que la « terre du lac » existait de toute antiquité et que sur cette terre était bâtie la ville de Shodit, que les Grecs désignèrent plus tard sous le nom de Crocodilopolis, puis- d’Arsinoë et que les hypothèses de sir Flinders Pétrie et du major Brown attribuaient à Amenemhat III, c’est-à-dire à une époque relativement tardive.
- Dans son mémoire, M. Audebeau Bey, étudiant la question au point de vue de l’art de l’ingénieur, observe que les nivellements exacts étaient inexistants ou fragmentaires au moment où les hypothèses modernes furent émises.
- Il y eut un temps où la dépression du Fayoum fut couverte par les eaux de la vallée du Nil, mais ce temps est antérieur dé bien des milliers d’années aux âges de l’époque historique et il faut le chercher dans les périodes diluviennes de l’époque moustérienne.
- Il y a une quinzaine d’années, l’auteur du mémoire avait déjà signalé à P Institut d’Egypte que le lac Karoun occupait sensiblement le même niveau qu’aujourd’hui pendant la domination gréco-romaine. Ces vues ont été confirmées par la découverte, due à deux géologues anglaises, d’une ville pto-lémaïque dans le voisinage même du lac Karoun actuel, et à 40 mètres environ sous le niveau de la Méditerranée.
- M. Audebeau Bey remarque que les ingénieurs d’un si
- lointain passé n’auraient pas pu donner au lac Mœris les digues présentant la pérennité nécessaire. Ils auraient, certes, pu faire des digues très massives, mais elles n’auraient pu présenter en section la forme à laquelle ont conduit les recherches modernes sur le gradient de saturation des terres alluvionnaires employées pour l’établissement de digues.
- Ces digues, dont la base aurait été énorme, auraient été d’une grande longueur et d’une grande cubature et n’auraient pas pu être construites, même en des temps où le dieu Khronos n’était pas monnayé comme il l’est de nos jours. Il faut se souvenir que les transports étaient faits avec des couffins et que la terre aurait dû être prise loin de la digue pour ne pas en affaiblir la sécurité.
- Au point dé vue agronomique, il semble très difficile que les terres aient pu être ressuyées en temps utile, après le retrait des eaux de crue pour l’ensemencement utile des céréales, alors en usage.
- Enfin de graves infiltrations se seraient produites dans les terres du nome cultivé, au grand détriment des récoltes et de l’hygiène.
- Comme Maspéro, M. Audebeau Bey estime qu’Hérodote a vu les bassins d’inondation du Fayoum au moment de la crue annuelle et qu’il a eu la sensation cl’y trouver un lac aux proportions considérables. Les sacristains de temples qui l’accompagnaient lui ont conté des histoires merveilleuses, comme ils avaient fait pour les rois qui bâtirent Memphis.
- L’auteur rappelle les exagérations de l’historien d’Hali-carnasse au sujet de la seconde guerre médique et il termine en disant que le lac Mœris est sorti tout entier du cerveau d’Hérodote, orné des fictions que l’imagination fertile des Grecs tissait autour des récits. Telle Athéna quitta, tout armée, la tête de Zeus.
- X.
- -----: LE THORYBOMETRE '
- DISPOSITIF POUR ENREGISTRER LES BRUITS
- Combattre les bruits de la rue et ceux qui, dans les usines, réduisent le rendement des ouvriers, voilà un des problèmes les plus intéressants de l’hygiène industrielle moderne. Comme ces bruits sont, en partie, inévitables, « combattre » veut dire, évidemment, les réduire au minimum compatible avec les exigences du transport et du fonctionnement des usines.
- Dans cette lutte, le thorybomètre, imaginé par le professeur H. Dold et le docteur II. Thiele, à l’Institut d’Hygiène de l’Université de Kiel,- est appelé à rendre
- Fig. 1. — Disposition schématique du thorybomètre.
- S, AK A
- des services précieux. C’est, en effet, un instrument additionnant, de façon automatique, les bruits qui se produisent pendant un intervalle de temps donné et cpii, pour la première fois, remplace les appréciations individuelles, comme « peu-de bruit », « bruits très forts », etc., par des évaluations numériques exactes.
- Un microphone à grenaille de charbon ordinaire sert à recevoir les bruits. Etant donnée la faible énergie des ondes acoustiques, on a prévu un amplificateur approprié, du type qu’on emploie en T. S. F.; ainsi amplifiés, les courants microphoniques font fonctionner un relais sensible. Un coulombmètre à gaz explosif (hydrogène-oxygène) s’est trouvé être le meilleur dispositif pour additionner les quantités de courant produites dans un intervalle de temps donné.
- Sur la figure 1, M est un microphone à grenaille de charbon, parcouru par le courant de la batterie B, dès que l’interrupteur S, est fermé. L’amplificateur Y est à 2 ou 3 étages, à coefficient d’amplification élevé; les différents étages sont accouplés par des transformateurs ou par des résistances et des condensateurs. Les courants microphoniques amplifiés font fonctionner le
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- relais R de grande sensibilité. MA est un milli-ampère-mètre permettant de contrôler le fonctionnement de l’amplificateur.
- Le relais communique, d’autre part, à travers l’interrupteur S? et l’accumulateur AK, avec l’ampèremètre A, le coulombmètre K et la résistance réglable E, contrôlant la sensibilité de l’appareil.
- Chaque fois que le microphone est frappé par un son ou un bruit, le circuit microphonique MS,B se trouve traversé par un courant électrique, renforcé dans l’amplificateur V, de façon à pouvoir déclencher le relais R et à fermer ainsi le circuit RS^AKE. Le coulombmètre K développe, de cette façon, une quantité donnée de gaz explosif (oxygène-hydrogène), celle-ci fait monter d’une hauteur donnée le liquide électrolytique, dans le tube de mesure. Le liquide montera évidemment d’aütant plus haut que le bruit à enregistrer est plus fort ou plus prolongé; aussi, la hauteur de la colonne liquide dans le tube permettra-t-elle à tout moment, de déterminer l’énergie totale des bruits qui ont frappé le microphone dans un intervalle de temps donné.
- Outre l’addition automatique des bruits, on pourra, évidemment, faire l’analyse de ceux-ci en insérant, dans le circuit, un galvanomètre ou tout autre dispositif approprié.
- Fig. 2. — Le thorybomètre.
- Des essais approfondis ont montré la sécurité de fonctionnement de cet appareil.
- Dr A. Gradenwitz.
- LES OISEAUX DE L’EMBOUCHURE DU VAR
- Quand on quitte Nice vers l’Ouest, et qu’on suit pendant quelques kilomètres la promenade longeant la mer, on arrive, après avoir traversé les champs de courses, sur un vaste esjDace de sable fin et de galets entouré à l’Est et à l’Ouest par des terrains mi-marécageux où les hauts bambous dressent leurs plumes vers le ciel et les iris jaunes bordent de petits ruisselets.
- C’est l’embouchure du Yar.
- Dans ce coin délicieux de nature sauvage, si proche de la grande ville, tous les ans, au mois d’avril, arrivent les premiers oiseaux migrateurs venant de l’Afrique du Nord où ils ont passé l’hiver.
- Parmi toutes les espèces qu’on peut voir une se fait tout d’abord remarquer, par sa grâce et son élégance, l’Hirondelle de Mer (Sterna Hirundo). Cet oiseau, grand voyageur, qu’on rencontre depuis l’équateur jusqu’au delà du cercle polaire, est un excellent aviateur et un pêcheur tout à fait remarquable. Planant à quelques mètres au-dessus des flots, il plonge, dès que son œil découvre quelque poisson; son adresse et sa rapidité ne sont égalées que par le Cormoran dont chacun connaît la voracité. Certaines de ces Hirondelles de Mer donc, après leur traversée de la Méditerranée, se répandent sur les côtes françaises, s’arrêtant où bon leur semble ou poussent jusqfie vers la Hollande, l’Angleterre ou la. Norvège. Pendant leur route vers le Nord, de petits groupes se détachent successivement pour former des colonies à des endroits qui leur semblent propices. Les premières, les moins fortes, demeurent sur la Côte d’Azur,
- aux embouchures des fleuves, ou s’installent en nombre sur les vastes étendues de la Camargue.
- Or, chaque année, une petite colonie d’une dizaine de couples s’installe à l’embouchure du Var pour y passer l’été après avoir pondu. Dans les premières semaines de mai, sur les petits îlots formés par différents rapides dans le lit même du Yar — à peine à quelques centaines de mètres du grand pont du Var —et accessibles seulement au moment de la décrue, l’œil expérimenté découvre, parmi l’abondance des galets et des débris rejetés par la mer, des nids d’Hirondelles de Mer contenant généralement trois œufs d’un teint allant du vert olive au brun ocre et maculés de taches noirâtres. Ces œufs, couvés alternativement par le mâle et la femelle pendant une période de seize à dix-huit jours, éclosent pour laisser sortir les poussins qui quittent presque aussitôt le nid — après un court séchage — pour se cacher sous les galets ou dans l’ombre des minuscules branches qui poussent çà et là. Seuls, les parents savent les retrouver pour les nourrir de temps en temps avec de petits poissons pêchés non loin de là dans la mer..
- Au bout d’un mois, ces petits savent déjà, voler et c’est vraiment amusant de les voir chercher à imiter leurs parents d’une manière très maladroite.
- , Pendant la couvaison, leur nid est décoré avec de petits cailloux (fig. 3) ou des racines mortes (fig. 4). Vers la fin de l’automne elles nous quittent pour chercher un climat plus doux sur les bords du Nil.
- C’est dans des conditions analogues que vit le petit
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- « Pluvier à collier » (Aegialitus hiaticula) dont plusieurs couples voisinent avec les Hirondelles de Mer. D’une démarche extrêmement rapide comme si c’était quelque mécanisme mû par un ressort, se confondant merveilleu-
- qui ressemblent aux cailloux qui les entourent. Après une couvaison de trois semaines environ, les petits naissent et disparaissent immédiatement. Jamais il ne m’a été permis d’en trouver un. Vers l’automne, quand
- Fig. 1.
- 1. L’embouchure du Var : au premier plan, un îlot de végétation terrestre. 2. L’embouchure du Var, vue vers l'ouest. 3. Un nid d’hirondelle de mer. 4. Une hirondelle de mer couvant des œufs. 5. Un nid de pluvier à collier.
- 6. Un pluvier couvant ses œufs.
- sement avec l’aspect du terrain où il vit, ce petit oiseau est aussi cosmopolite que l’Hirondelle de Mer et parcourt des distances considérables. Il pond quatre œufs, très pointus à un pôle, un peu plus petits que l’œuf du pigeon,
- l’instinct de migration commence à se manifester chez eux, ils nous quittent pour franchir la Méditerranée, première étape de leur grand voyage.
- H. L. VAN ZuRK.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- Solution du problème posé dans « La Nature » n° 2824 du 1er juin. — En voici l’énoncé. On donne un nombre de 6 chiffres dont le 1er à gauche est un 1. Si on transporte ce chiffre 1 à la droite le nombre nouveau est juste le triple du nombre primitif. Quel est ce nombre ?
- Nous avons reçu un grand nombre de solutions justes; les unes par l’algèbre, les autres par l’arithmétique, les unes fort longues, les autres très courtes : nous choisirons comme très élégante celle proposée par M. de la Mahotière, à Paris.
- Le nombre proposé peut être représenté par 100 000 -j- x, x étant un nombre de 5 chiffres. Si je fais passer le 1, à droite x est reculé d’un rang vers la gauche et par conséquent multiplié par 10.
- Le nouveau nombre est donc : 10 x + 1 — et on a l’équation 3 (100 00.0 + x) = 10 x -j- 1 . En résolvant on a : æ — 42 857, et le nombre donné est 142 857, vieille connaissance dont nous avons donné à maintes reprises les étonnantes propriétés.
- Nous ont envoyé des solutions justes : MM. Arnaud André, de Marseille; del Jàvero à Yicenza (Italie); Préguet à Bretteville (Manche) ; Joseph Anhoury ; Desbière de Paris ; Michel Herrgott, Félix Rivoire, à Constantine; Guzon, institution Saint-Etienne, Châlons-sur-Marne; Poursault, à Auch; Barre à Annecy; Paré, étudiant à Paris ; Jourdan, château de Golat (Isère) ; Jean Beaussoleil, à Guéret; Galmin, à Aulnay-sous-Bois; M. David aux Ternes (Cantal) ; Ninane, étudiant à Charleroi (Belgique) ; P. Pommier, Périgueux; M. Huyghebaeert, Anvers (Belgique) ; N. Gerdel, à Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise) ; Pastal à Saint~Brieuc;Wernicke àWashington; abbé Le Léal àHuismes; Nassar, à Addis-Ababa.
- A nos nombreux et fidèles lecteurs qui paraissent prendre tant d’intérêt à nos récréations nous proposons le problème ci-après, très original et d’un genre tout différent de ceux que nous avons proposés jusqu’alors. Nous le devons à M. l’abbé Huelle, aumônier au lycée d’Amiens, ancien professeur de mathématiques.
- Cinq personnes sont numérotées 1, 2, 3, 4 et 5. Un mathématicien original, voulant leur faire un cadeau leur donne un jeton à chacune. La première reçoit un jeton marqué 5, la 2e un jeton marqué 25; la 3e un jeton marqué 125, la 4e un jeton marqué 625 et enfin la 5e, un jeton marqué 3125.
- Il les met alors en présence des cinq objets qu’il veut leur offrir. Les cinq objets sont marqués 1, 2, 3, 4 et 5, le donateur prie les personnes de multiplier le numéro de l’objet qu’elles auront choisi par le nombre inscrit sur leur jeton. Il additionne ensuite tous les produits ainsi obtenus. Il trouve le nombre 9 615 et il prétend que l’on peut, grâce à ce nombre, trouver quel objet chaque personne à choisi. Est-ce vrai?
- Le nombre 76 923 présenté par M. Grésillon de Cambrai et
- qui est la fraction périodique de — présente des singularités
- Ao
- assez curieuses. Ecrivons en effet :
- 76 923 X 1 = 076 923
- 76 923 X 2 = 153 846
- 76 923 X 3 = 230 769
- 76 923 X 4 = 307 692
- 76 923 X 5 384 615
- 76 923 X 6 = 461 538
- 76 923 X 7 = 538 461
- 76 923 X 8 = 615 384
- 76 923 X 9 = 692 307
- 76 923 X 10 = 769 230
- 76 923 X 11 = 846 153
- 76 923 X 12 923 076
- 76 923 X 13 = 999 999
- Ôn voit que pour passer du produit 1, au produit 12, du
- produit 2 au produit 11, du produit 3 au produit 10, etc., il suffit d’intervertir les 2 tranches de trois chiffres.
- A signaler les particularités suivantes :
- 0 7 6 9 2 3 = 27
- 1 5 3 8 4 6 = 27
- 2 3 '0 7 6 9 = 27
- 3 0 7 6 9 2 = 27
- 3 8 4 6 1 5 = 27
- 4 ' 6 1 5 3 8 = 27
- 5 3 8 4 6 1 = 27
- 6 1 5 3 8 4 = 27
- 6 9 2 3 0 7 =* 27
- 7 6 9 2 3 0 = 27
- 8 4 6 1 5 3 == 27
- 9 2 3 0 7 6 = 27
- La somme 54 des 54,54 chiffres 54 54 de chaque 54 tranche horizontale est
- ' ou 9 X 3. La somme des chiffres de chaque colonne verticale est
- 54 = 27 X 2 ou 9 X 6.
- Si je ne craignais de vous fatiguer je vous proposerais, encore
- le nombre 027 027, fraction périodique de — dont les multiples
- 37
- de 1 à 36 donnent les suites :
- X 1 — Total 0 2 de chaque tranche horizontale. 7 0 2 7 18
- X 2 — 0 5 4 0 5 4 18
- X 3 .= 0 8 1 0 . 8 1 18
- X 4 = 1 0 8 1 0 8 18
- X 5 = 1 3 5 1 3 5 18
- X 6 = 1 6 2 1 6 2 18
- X 7 = 1 8 9 1 8 9 36
- X 8 = 2 1 6 2 1 6 18
- X 9 = 2 4 3 2 4 3 18
- X 10 = 2 7 0 2 7 0 18
- X 11 = 2 9 7 2 9 7 36
- X 12 — 3 2 4 3 2 4 18
- X 13 = 3 5 1 3 5 1 18
- X 14 — 3 7 8 3 7 8 36
- X 15 = 4 0 5 4 0 5 18
- X 16 = 4 3 2 4 3 2 18
- X 17 = 4 5 9 4 5 9 36
- X 18 = 4 8 6 4 8 6 36
- X 19 = 5 1 3 5 1 3 18
- X 20 = 5 4 0 5 4 0 18
- X 21 = 5 6 7 5 6 .7 36
- X 22 = 5 9 4 5 9 4 36
- X 23 — 6 2 1 6 2 1 18
- X 24 — 6 4 8 6 4 8 36
- X 25 — 6 7 5 6 7 5 36
- X 26 — 7 0 2 7 0 2 18
- X 27 = 7 2 9 . 7 2 9 36
- X 28 — 7 5 6 7 5 6 36
- X 29 = 7 8 3 7 8 3 36
- X 30 — 8 1 0 8 1 0 18
- X 31 — 8 3 7 8 3 7 36
- X 32 = 8 6 4 8 6 4 36
- X 33 — 8 9 1 8 9 1 36
- X 34 = 9 1 8 9 1 8 36
- X 35 = 9 4 5 9 4 5 36
- X 36 = 9 7 2 9 7 2 36
- X 37 1Ô2 999 Ï62 999. Ï62 162 162 162
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- Les 36 premiers multiples sont formés de 2 tranches de 3 chiffres, la seconde étant la répétition de la première.
- La somme des chiffres de chaque tranche horizontale est : dans 18 cas : 18 ou 9x2 dans 18 cas : 36 ou 18 X 2 ou 9 X 4.
- La somme des chiffres de chaque colonne verticale est 162 ou 9 X 18.
- Virgile Brandicourt,
- Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- LA DÉFENSE DES RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- UN RÉBUS MATHÉMATIQUE “ HUBERT ”
- Dans une récente diatribe, un mathématicien a jugé trop sévèrement, à mon gré, les Récréations Mathématiques.
- Qu’il me soit permis de prendre ici la défense des Sphinx, poseurs d’énigmes mathématiques.
- Sous cette rubrique, j’ai parfois été l’un de ces Sphinx et c’est toujours avec « plaisir et délectation» — comme eût dit feu Baschet •— que je m’efforce d’être l’Œdipe d’autres Sphinx, de l’aimable M. Virgile Brandicourt et de tant d’autres qui agrémentent depuis toujours ce chapitre.
- Naguère, les plus savants des Juifs, des Arabes et des disciples de l’ancienne Académie d’Egypte ne dédaignèrent point les jeux mathématiques, qui formaient la hase de leurs Arts secrets.
- La curieuse scolastique de l’Illuminé Raymond Lulle, au xme siècle, s’inspirait des jeux des nombres et des figures, et le Père Schot la classa parmi les trois sortes de Cabales dont il sous-titrait l’Art secret des Orientaux, avec la Cabale des Rabbins et celle des .Algébristes dont l’inspiration dérivait des mêmes jeux.
- Le prêtre-historien Flavius Josèphe, auteur des Antiquités Judaïques (un siècle avant notre ère) avait été instruit à ces mystères des chiffres, et Baschet fait un juste rapprochement entre ses propos du livre 5, chapitre 14, de son Histoire de la Guerre des Juifs, et le fameux problème des 41 guerriers. On sait que, dans cette aventure, le Lévite Josèphe échappa à la mort beaucoup plus par son art de Mathématicien que par son talent de capitaine.
- Sans doute la Sorcellerie fit-elle quelque abus des énigmes mathématiques puisque Dioclétien et Constantin ensevelirent mathématiciens et sorciers dans le même linceul, marqué aux chiffres du titre 17, du livre 9, des gens du Conseil du Code de Justinien.
- Mais ce fut une exception rarissime et, dans le passé, on trouve les divertissements mathématiques en honneur chez les Chaldéens, chez les Egyptiens, à la cour des rois de Syrie (où florissait, en corollaire, le style parabolique), dans les propos de Nathan, dans l’éducation de Salomon — et il est permis de supposer que la sagesse légendaire et l’élévation d’âme de ce prince puisèrent leur source dans une mathématique aimable qu’il intégra volontiers à l’exercice de ses fonctions et qu’il ne sépara pas des problèmes de la vie courante.
- Aux xvie et xvne siècles, le docte Baschet, le Père Kircher, le Père Schot et le Père Bettin se divertirent mathématiquement...
- Je crois même que saint Thomas d’Aquin et Albert le Grand n’en firent point fi.
- Auguste, le savant jurisconsulte Mutius Scevola, le pape Léon X, le Chevalier d’Harcourt, et bien d’autres célébrités de tous les pays et de tous les siècles, apportèrent dans les jeux plaisants du Nombre la même distinction, la même application que dans la conduite de leurs affaires spirituelles ou temporelles.
- Alors ?
- Alors, pourquoi leurs modestes disciples ès-divertissements, du xxe siècle ne suivraient-ils pas leurs traces illustres?
- Au surplus, le xxe siècle est fertile en encouragements de cette nature. Saint-Saens ne faisait point mystère de sa passion astronomique; le célèbre dramaturge François de Curel savait, à l’occasion, se souvenir de ses études mathématiques à l’École Centrale et, lors du centenaire de cette École, M. Maurice Donnay— un autre Central — prononçait un discours à la gloire du chiffre et de ses applications. Et j’imagine que M. Marcel Prévost— qui fut un brillant Polytechnicien — ne renierait pas nos «récréations». Disciple avoué dePythagore, le poète Auguste Dorchain se plaisait à reconnaître que, dans l’art poétique, tout est fondé sur une inébranlable loi mathématique. Notre spirituel confrère et ami M. Léon Xanrof emploie ses loisirs à la mise en équations du mécanisme de nos concepts.
- On nous accuse d’enterrer grossièrement le fond sous les accessoires. Autant dire que les douze signes charmants du Zodiaque sont indignes de l’écliptique, que l’adorable et naïve poésie des constellations est une injure faite à l’Astronomie; bref, et pour broder dans le vulgaire, que la sauce rend le poisson moins délectable !
- Ne doit-on pas croire qu’un tour aimable rend les mathématiques plus attrayantes, moins rébarbatives ?
- Et qui de nous — gens de lettres, gens d’affaires ou gens-tout-court — n’éprouve parfois le besoin spirituel de se rafraîchir la pensée dans ce bain séculaire du chiffre et de la figure géométrique, où l’exagération de Socrate voyait, dès l’enfance, le critère définitif d’une destinée ?
- De grâce, Messieurs les mathématiciens, ne nous rendez point impossible l’accès de cette Jouvence; rasez vos digues de signes algébriques et laissez-nous parer familièrement ses voies d’accès, s’il nous convient.
- *
- * *
- Et pour ne point manquer à la tradition de ces colonnes, permettez que je laisse choir du haut de la tour d’ivoire ce rébus facile : HUBERT.
- Il est une extension au problème, d’ailleurs connu, qui a été posé ici même :
- SEND + MORE = MONEY '
- Dans l’espèce, il s’agit de trouver les chiffres qu’il faut substituer aux lettres pour que l’addition suivante soit possible, étant convenu qu’à chaque lettre correspond un chiffre différent, et que chaque lettre occupe la place du chiffre correspondant de l’un des nombres de 6 chiffres :
- BERTHU ERTHUB = HUBERT Constant Hubert,
- Secrétaire perpétuel de l’Académie Montaigne.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 131
- LA VOUTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1930 (*)
- Voici le programme astronomique du mois de septembre : la plus grande élongation de Vénus, le soir du 12 ; des occultations d’étoiles par la Lune; plusieurs minima de l’éclat de l’étoile variable Algol; la lumière zodiacale le matin; la lumière cendrée de la Lune le matin; de nombreux phénomènes produits par les satellites de Jupiter dans leur révolution autour de la planète géante; des chutes d’étoiles filantes. Voilà de quoi occuper nos soirées et nos nuits de vacances, pour l’amateur des curiosités du ciel, bien entendu !
- I. Soleil. — Le 23 septembre, à 19h : équinoxe d’automne, La déclinaison du Soleil, de -j-8°27' le 1er septembre, sera seulement de —2°37' le 30. La durée du jour, de dL3,l26m le 1er tombera à llh43m le 30. La diminution sera surtout sensible le soir; en effet, le 30, le Soleil se lèvera à 5h49m et se couchera à 17h32m. Il se lèvera donc 6hllm avant midi et se couchera. 5h32m après.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure exacte
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale se présente, actuellement, dans de très bonnes conditions pour être observée le matin. La période la plus favorable sera celle de la nouvelle Lune du 22 et les jours suivants. Noter avec soin les limites de la lumière zodiacale définies par les étoiles devant lesquelles elle se projette.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de septembre, seront les suivantes :
- P. L. le 8,
- D. Q. le 15
- à 2h48m à 21h13m
- Dates.
- Sept. per llh 150m47s
- — 3 11 50 9
- — 5 11 49 30
- — 7 11 48 50
- — 9 11 48 9
- — 11 11 47 27
- — 13 11 46 45
- — 15 11 46 3
- — 17 11 45 20
- — 19 11 44 38
- — 21 11 43 55
- — 23 11 43 14
- — 25 11 42 32
- — 27 11 41 51
- — 29 11 41 11
- Fig.
- Observations physiques. —
- Nous donnons ci-après les éléments permettant d’orienter convenablement les dessins et photographies. Pour la définition des lettres P, B0, L0, voir le Bulletin astronomique, du n° 2828, du 1er mars 1930.
- L — Curieuses variations de l’aspect et de la dimension apparente de ta planète Vénus à l’époque de sa conjonction inférieure.
- A gauche, aspect de Vénus le 12 septembre 1930, au moment de sa plus grande élongation. La planète, continuant son mouvement autour du Soleil, s’approche de plus en plus de nous, son diamètre grandit.
- Le second dessin montre son joli croissant, le 23 octobre, vu dans une lunette renversant les objets. Vénus s’approche de sa conjonction avec le Soleil et va cesser d’être visible le soir. Le 22 novembre, à 18 heures, elle arrivera à sa conjonction inférieure, son disque obscur sera tourné vers nous. Elle présentera son diamètre maximum : 63" environ. Comme elle ne passera pas juste entre le Soleil et la Terre, on verra encore un mince filet de lumière tourné vers le Soleil (cette observation est extrêmement difficile à faire). Puis la planète deviendra visible le matin, elle s’éloignera et la figure de droite montre son aspect le 27 décembre. Au bas le petit cercle blanc indique la dimension apparente de Vénus à sa conjonction supérieure, à sa plus grande distance de la Terre. Le diamètre est réduit à 9",8 à ce moment.
- N. L. le 22, à llh42m P. Q. le 29, à 14h58m
- Age de la Lune, le 1er septembre, à 241’ (minuit) = 71,9;
- le 23 septembre, à 24h = 01,5. Ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 23, pour avoir l’âge de la Lune à toutes les autres dates du mois.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 5 septembre, à 22h. Parallaxe =54'0". Distance=406 070 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 21 sep-tembreà5h.Parallaxe=60'57". Distance = 359 770 km. Plus grandes déclinaisons de la Lune, en septembre : le 2 = —-28°12' ; le 16 = -f- 28°17' ; le 29 = — 28°20'. On remarquera la faible élévation de la Lune au-dessus de l’horizon le 29 septembre, vers 18h, au mo-
- Dates. P B0 L°
- Sept. 3 + 21°, 51 + 7°,22 146°,36
- — 8 -f 22 67 + 7 25 80 32
- — 13 + 23 69 + .7' 23 14 30
- — .18 + 24 56 + 7 15 308 29
- -- 23 + 25 27 + 7 02 242 29
- — 28 + 25 81 + 6 84 176 30
- ment de son passage au méridien.
- Occultations d’Etoiles par la Lune. — Le 5 septembre, occultation de 37 Capricorne (gr. 5,7). Immersion à 21h53m.
- Le 12, occultation de ti Bélier (gr. 5,2). Emersion à 23h16m. Le 15, occultation de 112 B. Cocher (gr. 5,7). Emersion à 23h20m.
- Lumière cendrée de la Lune.
- -— A observer le matin du 17 au 20 septembre. Admirable.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 8, et surtout au moment de la nouvelle Lune du 22; elles seront très importantes comme le montre le tableau ci-après.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont indiquées en temps universel (T. U.) compté de O'1 à 24h, à partir de 0b (minuit). Pendant la période d’application de Yheure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour établir la concordance entre les phénomènes et l’heure marquée par les pendules.
- Dates Marées du matin Marées du soir
- — Pleure Coefficient Heure Coefficient
- Sept. 21 2h50m 0,90 15b14m 0,98
- — 22 3 35 1,04 15 56 1,10
- — 23 4 16 1,13 15 36 1,15
- — 24 4 56 1,14 17 15 1,11
- — 25 5 34 1,07 17 52 1,01
- — 26 6 11 0,94 18 29 0,86
- Le phénomène connu sous le nom de mascaret se produira plusieurs fois en septembre.
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- ASTRE Dates : Septemb. Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 6 5h15m 11 49m10s 18h23m 10h58m + 6°37' 31'48"0 Lion
- Soleil. . . . 16 5 29m 11 45 11 18 2 11 34 + 2 49 31'52, 8 Lion i »
- 26 5 43 11 42 11 17 41 12 10 — 1 4 31 58, 8 Vierge
- 6 7 34 13 9 18 44 12 18 — 6 1 8,8 Vierge
- Mercure. . . 16 6 40 12 18 17 57 12 8 — 5 14 10,2 Vierge Inobservable.
- 26 5 1 11 7 17 14 11 36 0 51 9,6 p Vierge
- 6 9 36 14 37 19 38 13 44 — 13 5 23,0 À Vierge
- Vénus. . . . 16 9 55 14 34 19 14 14 21 — 17 21 25,6 X Vierge Au crépuscule.
- 26 10 11 14 30 18 49 14 46 — 21 2 29,0 t Balance
- v 6 23 13 7 16 15 19 6 23 + 23 35 6,0 jj. Gémeaux /
- Mars .... 16 23 1 7 3 15 4 6 49 -f 23 23 6,2 6 Gémeaux Seconde partie de la nuit.
- / 26 22 49 6 48 14 47 7 14 + 22 58 6,6 o Gémeaux '
- Jupiter . . . 16 23 28 7 23 15 19 7 11 + 22 23 33,6 o Gémeaux Seconde partie de la nuit.
- Saturne. . . 16 14 25 18 34 22 42 18 23 — 22 48 15,2 X Sagittaire Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus . . . 16 18 42 T 7 7 32 0 53 + 4 58 3,6 189 P Poisson Toute la nuit.
- Neptune. . . 16 3 45 10 37 17 29 10 25 + 10 39. 2,4 p Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris
- Voici les heures d’arrivée de la « barre » dans différentes
- localités. Dates Coefficient de Arrivée du mascaret à
- — la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Sept. 22 1,04 7lT3m 7h50m 7U 59m
- — 22 1,10 19 32 20 9 20 18
- — 23 1,13 7 50 8 27 8 36
- — 23 1,15 20 9 20 46 20 55
- — 24 1,14 8 28 9 5 9 14
- — 24 1,11. 20 47 21 24 21 33
- — 25 1,07 9 7 9 44 9 53
- III. Planètes. —- Le tableau ci-dessus, qui est établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, contient les données nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de septembre.
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 21 septembre, à 20h. Il sera inobservable pendant tout ce mois.
- Vénus, qui, depuis plusieurs mois, illumine de ses rayons le ciel du couchant, atteindra sa plus grande élongation du soir le 12 septembre, à 20h, à 46°18' à l’Est du Soleil.
- En raison de sa déclinaison australe, cette planète se couche maintenant de plus en plus tôt, et il convient de l’observer dès le crépuscule. Le diamètre de la brillante planète augmente rapidement, en même temps que le croissant passe de la phase de la dichotomie à celle de l’octant. Cette variation rapide des phases de Vénus au voisinage de la conjonction inférieure est une des particularités remarquables de Vénus. Malheureusement, l’observation du mince liséré de lumière visible au bord du disque vers la conjonctio n est très difficile à faire et encore on ne peut guère la réaliser qu’en plein jour, avec de bons instruments, et par très beau temps (fig. 1).
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Vénus pendant le mois de septembre:
- Dates Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire
- Sept. 3 0,54 22 ,2 — 3,9
- — 8 0,51 23, 4' — 3,9
- — 13 0,49 24, 8 — 4,0
- — 18 0,46 26, 2 — 4,1
- — 23 0,43 28, 0 — 4,1
- — 28 0,40 29, 8 — 4,2
- Mars devient de mieux en mieux visible, dans les Gémeaux^ son diamètre augmente peu à peu et permet déjà des observations utiles avec de grands instruments.
- A partir du mois prochain, nous donnerons des indications sur la manière dont la planète se présente par rapport à la Terre cette année.
- Jupiter se lève à présent avant minuit.
- La plus petite lunette permet de suivre les phénomènes produits par les satellites dans leur déplacement autour de la planète centrale.
- Nous donnons, à la page suivante, la liste de ces phénomènes pour septembre.
- Saturne, très peu élevé sur l’horizon, se couche de plus en plus tôt. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil le 29, à llh.
- On peut reconnaître l’anneau avec une lunette de 0m06 seulement.
- Voici les éléments de cet anneau à la date du 11 septembre :
- Grand axe extérieur................. 38",75
- Petit axe extérieur.................+ 17",14
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan
- de l’anneau.......................+ 26° 15'
- Hauteur du Soleil au-dessus de plan
- de l’anneau................... + 25° 19'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter
- Dates Heure Satel- lite Phéno- mène Dates Heure Satel- lite Phéno- mène
- 1 lh 30m II Em. 20 3h 0m I E. c.
- 1 2 48 IV P. c. 21 0 21 I O. c.
- 1 4 34 IV P. f. 21 1 35 I P. c.
- 3 3 55 III E. f. 21 2 4 III O. f.
- 4 4 45 I E. c. 21 2 35 I O .f.
- 5 2 5 I O. c. 21 3 49 I P. f.
- 5 3 11 I P. c. 21 ’ 3 57 III P. c.
- 5 4 19 I O. f. 22 0 59 I Em.
- 6 2 36 I Em. 22 4 22 II E. c.
- 6 4 13 II O. c. 24 1 6 II P. c.
- 8 4 14 II Em. 24 1 18 II O. f.
- 10 4 49 III E. c. 24 3 50 II P. f.
- 12 3 59 I O. c. 27 4 54 I E. c.
- 13 1 7 I E. c. .28 2 15 I O. c.
- 13 4 34 I Em. 28 2 58 III O. c.
- 14 0 41 I O. f. 28 3 31 I P. c.
- 14 1 53 I P. f. 28 4 29 I O. f.
- 14 2 59 III P. f. 29 2 54 I Em.
- 15 1 46 II E. c. 30 0 14 I P. f.
- 17 1 10 II E. f.
- de Saturne, à l’aide du tableau suivant et de la figure spéciale publiée au n° 2830 du 1er avril 1930 :
- Dates. Élongation. Heure.
- Sept. 6 Occidentale 13h,9
- — 14 Orientale 7,0
- — 22 Occidentale 12,7
- — 30 Orientale 6,1
- Uranus, dont l’opposition arrivera le 7 du mois prochain, est à présent visible toute la nuit. On sait qu’une jumelle est suffisante pour voir cette planète et suivre son déplacement sur le ciel. Voici quelques positions où l’on pourra trouver Uranus :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison Diamètre
- Sept. 6 0h 55m + 5° 6' 3" ,6
- — 16 0 53 + 4 58 3 6
- — 16 0 52 + 4 49 3 6
- Neptune s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 27 août, et il est inobservable ce mois-ci, noyé dans le rayonnement solaire.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 7h, Saturne en conjonc. avec la Lune, à 5°25' N. Le 10, à 14h, Uranus •— à 0°11' N.
- 133
- Le 17, à 7h, Mars en conjonction avec la Lune, à 4°40' S
- Le 17, à 14h, Jupiter — à 5°17' S.
- Le 20, à 18h, Neptune — à 3°39' S’
- Le 22, à 6h, Mercure — à 5°45' S
- Le 25, à 20h, Vénus — à 2° 3' S‘
- Le 27, à lh, Mars — à 0°43' N-
- Le 29, à 14h, Saturne — à 5°30' N’
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol
- (6 Persée), visibles à l’œil nu : le 13 septemb re, à 2H4m ; le 15,
- à 23h3m; le 18, à 19h51m.
- Etoiles filantes. — Quelques radiants sont encore actifs en
- septembre. En voici la liste, d’après la table dressée par
- M. W.-F. Denning, et publiée par l’Annuaire du Bureau des
- Longitudes.
- Utiliser, pour enregistrer les trajectoires, les cartes spéciales
- éditées par la Commission des étoiles filantes de la Société
- astronomique de France.
- Dates. Ascension Déclinaison Etoile
- droite. voisine.
- Sept. 3 354° + 38° 14 Andromède.
- — 3 au 14 346° + 3° p-y Poissons
- — 6 au 8 62° + 37° s Persée
- — 8 au 10 78° -f 23° Ç Taureau
- — 13 68° -f- 5° P.IV 236
- — 15 au 20 10° + 35° P Andromède
- — 15 et 22 6° + 11° y Pégase
- — 20 et 21 103° + 68° 42 Girafe
- — 21 et 22 74° + 44° a Cocher
- — 21 et 25 30° + 36° p Triangle
- — 21 31° + 18° a Bélier
- — 29 24° + 17° y Bélier
- Etoile polaii e; Temps sidéral. — Voici les heures de passage
- de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, de 10 en 10 jours :
- Dates. Passage Heure. Temps sidéral
- à0h (T. U.).
- Sept. 8 Supéi’ieur 2,122m30s 23h 5m20s
- — 18 — 1 43 19 23 44 45
- — 28 — 14 5 0 24 11
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er septembre, à 21", ou le 15, à 20h, est le suivant :
- Au zénith : Les étoiles a, o et y du Cygne.
- Au nord : la Petite Ourse (La Polaire) ; Céphée; le Cocher; la Grande Ourse.
- A l’Est : Andromède; Pégase;, le Bélier; les Poissons.
- Au Sud : Le Dauphin; l’Aigle; le Verseau; le Capricorne; Le Sagittaire.
- A l’Ouest : Ophiuchus; Hercule; le Serpent; le Bouvier; la Couronne.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CONSERVATION DES FLEURS COUPÉES
- Parmi les analgésiques si employés aujourd’hui contre les petits troubles du système nerveux, amenés par un mal de dent, une migraine, il n’en est pas de plus répandu que l’aspirine, que l’on trouve couramment sous forme de cachets chez le pharmacien.
- Pour conserver aux fleurs coupées toute leur fraîcheur pendant un temps prolongé, il suffit de faire dissoudre dans l’eau qui baigne leur
- tige le contenu d’un de ces cachets; on sera surpris de voir que, pendant plusieurs jours, l’eau conservera sa limpidité et ne présentera aucun signe de putréfaction.
- L’effet conservateur de l’aspirine se justifie parfaitement, si on tient compte de sa constitution qui correspond à celle de l’acide sali-cylacétique, lequel se dédouble facilement en présence de traces d’acides ou d’alcali, en acide salicylique et acide acétique dont les propriétés antiseptiques sont bien connues.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LE RÉGLAGE DES CARBURATEURS ET LA CONSOMMATION EXAGÉRÉE D’ESSENCE
- Les carburateurs montés sur les automobiles actuelles sont, en général, très simples, et, d’ailleurs, les types adoptés sur la majorité des voitures sont peu nombreux. Le démontage et le réglage de ces carburateurs peuvent donc être effectués le plus souvent par tout automobiliste, même s’il est dépourvu absolument de connaissances techniques.
- L’état du carburateur est essentiel pour la bonne marche d’une automobile, et c’est de lui aussi dont dépendent, en partie, les frais d’entretien plus ou moins élevés de la voiture.
- Notons d’ailleurs que si la dépense correspondant à la consommation d’essence est un facteur notable du budget d’un propriétaire d’automobile, elle ne doit pas être considérée pourtant comme un facteur essentiel.
- Si l’on considère, en effet, le prix d’achat de la voiture et son amortissement, les frais de garage et d’entretien, l’usure des pneumatiques, les réparations, le montant des assurances et les impôts de circulation, on s’aperçoit vite qu’une augmentation ou une diminution de la consommation d’essence de quelques litres aux cent kilomètres peut être considérée malheureusement comme relativement négligeable.
- Cette remarque ne doit pas, toutefois, nous inciter à négliger le bon réglage du carburateur de notre voiture; on constate quelquefois, en effet, des consommations d’essence vraiment par trop exagérées surtout sur des voitures neuves ou, au contraire, très usagées, et, d’autre part, une consommation exagérée d’essence dénote soit une détérioration d’un organe du moteur, soit une mauvaise carburation, qui peuvent entraîner peu à peu des désordres très graves dans la marche de ce moteur.
- Une consommation anormale d’essence peut, d’abord, provenir d’une fuite dans les tuyaux d’arrivée d’essence ou dans les raccords. Il convient donc de vérifier de temps en temps les joints du carburateur, et surtout des robinets du réservoir d’essence ou de l’exhausteur. A ce point de vue aussi, le « noyage » du carburateur destiné à faciliter la mise en route par temps froid et si nuisible pour le graissage rationnel des pistons, devrait être également supprimé.
- Sans l’attribuer à ces causes accidentelles, on peut constater en outre qu’une consommation exagérée d’essence n’est pas toujours due au carburateur lui-même. Le manque de compression provenant du mauvais état des soupapes d’échappement ou de l’usure des segments des pistons produit évidemment, par exemple, le même effet. Il serait peut-être bon, d’ailleurs, d’indiquer comment on peut se rendre compte de ces symptômes plus ou moins alarmants.
- Il est sans doute impossible de tenter de formuler un diagnostic exact dans une ville; pour une même voiture et pour
- un même trajet, la consommation varie, en effet, d'un jour à l’autre suivant les difficultés de la circulation. On ne peut obtenir de chiffres à peu près sûrs qu’en effectuant des constatations sur un parcours moyen assez long, non dans une ville, mais sur la route.
- Avant le départ, on versera dans le réservoir une quantité d’essence soigneusement déterminée, et sans trop se fier, d’ailleurs, aux indications du contrôleur d’essence placé sur la voiture. Après avoir'•pai’CQuru quelques centaines de kilomètres, en une ou plusieurs étapes, on déterminera le plus exactement possible la quantité d’essence restant dans le réservoir, et l’on en déduira la consommation moyenne du moteur aux cent kilomètres. Cette mesure ne peut sans doute qu’avoir une valeur approximative, un grand nombre de facteurs complexes pouvant influer sur cette consommation.
- En particulier, les conditions atmosphériques influent dans des proportions assez grandes sur la carburation. Par temps de pluie, ou l’été, les conditions ne sont pas les mêmes que l’hiver et par temps sec.
- Si nous supposons maintenant, en général, que tous les organes de la voiture sont dans leur état normal, il est intéressant de savoir vérifier le réglage d’un carburateur, et de l’améliorer, s’il est besoin.
- Dans des cas assez fréquents, le mauvais réglage d’un carburateur et les causes de ce défaut sont visibles immédiatement. Il peut être, par exemple, très difficile de mettre le moteur en marche à froid ou d’obtenir un rendement satisfaisant au ralenti, le moteur « tousse » dès qu’on accélère ou « cale » dès qu’on lui demande un effort. Si le fonctionnement général du système est normal, la cause du phénomène est nette, c’est la quantité d’air admise qui est trop grande, le gicleur est trop petit, ou la prise d’air du carburateur est mal réglée.
- Il existe, en général, un moyen très simple de vérifier si le réglage d’un carburateur est normal. Il suffit de démonter les bougies et d’examiner la nature et la couleur du dépôt de carbone recouvrant les électrodes. Si la carburation est bien réglée, c’est-à-dire lorsque toutes les vapeurs d’essence sont brûlées, cet enduit est assez adhérent, et de couleur brun clair. Lorsque le mélange explosif devient de moins en moins riche en essence, la couleur est de plus en plus claire, ce qui dénote la présence d’un excès d’air (fig. 1).
- S’il y a excès d’essence, au contraire, le dépôt devient noir mat et gras, et, s’il y a excès d’huile, le dépôt devient brillant. Si l’excès d’essence n’est introduit qu’au ralenti le dépôt est très abondant et très mat.
- On remarque, d’ailleurs, que l’enduit des différentes bougies n’est pas toujours uniforme et ce fait indique alors une anomalie de fonctionnement dans un ou plusieurs cylindres.
- Si l’on constate, par exemple, un dépôt noir brillant très abondant avec quelquefois des gouttelettes d’huile dans un des cylindres, on en déduira qu’il y a « remontée » d’huile dans le cylindre, par suite généralement de la mauvaise étanchéité des segments. Ce procédé très simple constitue ainsi une méthode de diagnostic assez sûr, non seulement pour vérifier le réglage du carburateur, mais encore pour déceler les détériorations plus ou moins graves du moteur.
- LES AUTOSTRADES
- Le problème de la circulation se pose avec une gravité de plus en plus grande non seulement dans les villes, mais même sur les routes les plus fréquentées, et spécialement dans la banlieue des grandes villes, aussi a-t-on songé, et tout spécialement dans les pays où la « densité automobile » est la plus considérable, à créer des auto-roules ou des autostrades cons-
- Brun c/a/n
- Brun foncé
- Noir mat
- Noir brillant avec particules solides ei huile t
- Noir mat gras
- Fig. 1. — Diagnostic des défauts de carburation par l’examen de ta nature et de la couleur du dépôt sur les bougies d’allumage.
- 1.bonne carburation; 2.excès d’air;3. excès d’essence au ralenti; 4. excès d’essence; 5. excès d’huile.
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- truites uniquement en vue du trafic automobile et réservées entièrement à ce dernier. La plupart de ces autostrades ont été réalisées jusqu’à présent par des sociétés industrielles, avec le concours, d’ailleurs, des services publics des différents pays.
- Les automobilistes paient donc un certain droit de péage pour emprunter ces routes; ce droit est relativement modique et, d’ailleurs, l’économie de temps et d’essence, et la diminution d’usure de la voiture ainsi produites compensent largement cette dépense supplémentaire. Si de telles autoroutes sont établies en France, comme il faut l’espérer, on peut donc prévoir que ce système de péage pourrait également être adopté sans soulever trop de réclamations de la part des usagers.
- Ce sont sans doute aux Etats-Unis qu’ont été établies les premières autostrades, car, dès 1904, l’auto-route de Long-Island a été ouverte au trafic automobile; actuellement plusieurs milliers de kilomètres de routes américaines ont été établies en vue d’un trafic presque uniquement automobile. Ces routes ne sont pas uniquement en réalité des autostrades, et leur usage n’est pas payant, mais elles présentent cependant la plupart des avantages que l’on peut exiger déchaussées de ce type.
- L’Angleterre ne possède qu’une seule autostrade établie de 1923 à 1924, et de 4 kilomètres 800 seulement de longueur près de Bournemouth.
- En Allemagne, un circuit fermé de 60 kilomètres de longueur a été construit entre Berlin et Charlottenbourg, et de nombreux projets sont en voie de réalisation.
- Il en est de même en Espagne; la Suisse, de son côté, étudie le projet d’une autostrade d’environ 250 kilomètres de longueur, qui servirait de liaison entre le réseau des routes automobiles allemand et le réseau italien par Bâle, Zurich et Lugano.
- Mais c’est sans doute en Italie que cette question des autoroutes a été étudiée de la façon la plus attentive. L’autostrade du circuit Milan-Lacs mesure -86 kilomètres 800 de longueur, et celle Milan-Bergame a été récemment inaugurée. La construction d’un nouveau réseau de plusieurs centaines de kilomètres de développement est, dès à présent, envisagée.
- Il est à souhaiter que des études du même genre puissent être entreprises en France, et que des auto-routes établies pour faciliter de grands itinéraires tels que Paris-Deauville, Paris-Bruxelles, et même Paris-Nice, par exemple, et doublant simplement évidemment les routes nationales, viennent augmenter encore l’importance de la circulation automobile en diminuant également, d’ailleurs, les risques et la fréquence des accidents.
- UNE BATTERIE D’ACCUMULATEURS TRÈS ROBUSTE ET A GRANDE CAPACITÉ
- La batterie d’accumulateurs est devenue désormais un organe essentiel de la voiture automobile. Elle est utilisée, en
- Fig. 3. — Le relais de vitesse magnétique Voisin, se plaçant entre la boîte de vitesse et le pont arrière.
- effet, non seulement pour l’éclairage et le démarrage, mais encore pour l’allumage du moteur, et pour assurer le fonctionnement d’accessoires assez nombreux tels qu’avertisseurs, essuie-glace, pompe à huile et à essence, allume-cigares et même montres.
- Cependant, dans ces conditions, l’effort demandé à la batterie devient de plus en plus important; en particulier, l’intensité du courant au moment du démarrage est toujours très grande, et dépasse la moyenne théorique déterminée en proportion de la capacité. La batterie est, de plus, soumise constamment à des variations de température et à des chocs, d’où il résulte que, pour obtenir une durée de service suffisante et un démarrage du moteur normal, même à froid et au départ, il est indispensable de choisir un modèle extrêmement robuste, tant au point de vue électrique que mécanique.
- Les fabricants d’accumulateurs ont perfectionné peu à peu leurs modèles, et ont réussi généralement à établir maintenant des batteries remplissant les conditions nécessaires.
- Signalons, à ce propos, un nouveau type de batteries d’automobile à grande capacité, et très robuste. Dans ce modèle de batterie, les plaques positives sont plus longues que les plaques négatives, comme le montre la figure 2, et, de cette manière, s’il y a chute de matière active au fond du bac (et ce fait est rendu plus rare par la construction soignée des cellules) il n’y a à craindre aucun court-circuit.
- De plus, il n’y a pas de plaques de séparation, mais simplement des bandes de caoutchouc qui entourent les plaques positives, et empêchent tout contact avec les plaques négatives.
- UN RELAIS DE VITESSE A COMMANDE MAGNÉTIQUE
- Nous avons noté dans une récente chronique qu’on employait maintenant sur nombre de voitures de luxe ou même utilitaires à six cylindres, des relais de vitesse, placés entre la boîte de vitesse et le pont arrière, et permettant d’obtenir une deuxième démultiplication en prise directe, de façon à obtenir une marche silencieuse et souple, même dans les villes.
- Il y a évidemment intérêt à ce que la commande de ces relais soit réalisée par le conducteur le plus facilement possible. Il nous paraît donc intéressant d’en décrire un modèle très bien étudié dont la manœuvre est effectuée par un procédé électro-magnétique, lorsque le conducteur appuie simplement sur un bouton à poussoir, disposé sur le tablier de bord.
- L’arbre de transmission A de l’appareil relié à la boîte de vitesse ordinaire porte une couronne dentée extérieure B, solidaire d’une armature électromagnétique mobile C dans laquelle le courant arrive par les frotteurs X (fig. 3).
- L’arbre récepteur D relié au pont arrière porte trois satellites E qui engrènent constamment, d’une part sur la couronne extérieure B de l’arbre de transmission, et, d’autre part, sur un planétaire central F solidaire d’un plateau mobile G. A l’arrière, une armature électromagnétique H fixe est solidaire de l’emplanture I fermant le carter J (fig. 3 et 4).
- Un fusible placé dans la boîte ordinaire des fusibles de la voiture protège les canalisations électriques du relais et un
- Plaques positives
- négatives
- Fig. 2. — Disposition des plaques
- d’une batterie d’accumulateurs pour automobiles (type Monoplaque), évitant les risques de court-circuit par dépôt de matières actives au fond du bac.
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- E B C
- Fig. 4. — Coupe du relais de vitesse Voisin.
- verrou mécanique Y peut immobiliser l’appareil sur la petite vitesse en cas d’absence du courant. Pour mettre ce verrou, on tire l’anneau Z, on le tourne d’un quart de tour, on le lâche dans son cran, et l’on manœuvre légèrement la voiture
- ganes de la voiture : manettes de l’admission des gaz et de l’avance à l’allumage, bouton contact d’avertisseur de ville et de route, commande de l’allumage des lanternes; des phares, _ et du système d’éclairage code etc., etc...
- Sur la plupart des voitures de série, ce système de commande central est maintenant réalisé par le constructeur lui-même, mais il y a cependant encore des voitures sur lesquelles ce dispositif n’est pas encore adopté, et il existe évidemment aussi un grand nombre d’automobiles de modèles plus ou moins anciens ne comportant pas d’appareilo de ce genre.
- Nous avons déjà décrit dans nos chroniques plusieurs systèmes de volant-contact à commande multiple, accessoire dont la pose sur un volant quelconque est assez facile, en général.
- II y a cependant des cas où la disposition du volant de direction augmente la difficulté de cette adaptation, et quelquefois
- à la main.
- Le fonctionnement du système est' obtenu de la manière suivante. En envoyant le courant dans la bobine de l’armature électromagnétique mobile solidaire de l’arbre de transmission, le plateau central sur lequel est fixé le planétaire est attiré contre cette armature.
- Ce planétaire central tourne ainsi à la même vitesse angulaire que la couronne dentée extérieure, ce qui réalise la grande vitesse.
- Lorsque le courant, au contraire, est envoyé dans la bobine de l’armature électromagnétique fixe solidaire de l’emplan-ture, le plateau central portant le planétaire est attiré contre cette armature. Ce planétaire devient donc fixe dans l’espace, et le bras des satellites porté par l’arbre récepteur se met à tourner entraîné par la couronne dentée extérieure, et dans un rapport de démultiplication convenablement choisi; on a ainsi réalisé la prise démultipliée.
- Pour passer de la position « grande vitesse » a la position démultipliée, et réciproquement, il est bon de débrayer légèrement, et de diminuer l’admission des gaz.
- Le courant électrique actionnant le système est fourni simplement par la batterie d’accumulateurs de la voiture, et
- la commande est réalisée à l’aide
- Fig. 6. — Gontacteur de volant permettant d ac d’un interrupteur tionner, avec une seule manette, les avertisseurs, ^ deux positions,
- les appareils d’éclairage et de signalisation. dont l’une commande la prise directe, et l’autre la prise démultipliée.
- CONTACTEUR DE VOLANT MULTIPLE
- Il est d’usage maintenant de rassembler de plus en plus su? !e volant la plupart des commandes des différents or-
- Fig. 5. — Les principaux organes du relais de vitesse, démontés. (Les notations sont celles de la fig. 4.)
- aussi le montage sur le volant lui-même gêne plus ou moins sa manœuvre.
- Il est évidemment plus aisé, dans tous les cas, d’employer un appareil qui se pose, non pas sur ce volant, mais simplement sur le tube de direction, et qui est pourvu d’une manette assez longue et disposée de telle manière qu’elle soit toujours à portée de la main du conducteur (fig. 6).
- En faisant tourner cette manette dans le plan horizontal, et sans avoir besoin de lâcher la direction, on actionne un commutateur qui provoque, par exemple, l’allumage des lanternes, des phares ou du système code, et en déplaçant le levier vers le bas ou vers lé haut dans le sens vertical, on actionne l’avertisseur de ville ou de route.
- Par sa facilité de manœuvre, et surtout par son adaptation très aisée, ce nouvel accessoire paraît donc assez original.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Accumulateurs de démarrage Monoplaque, 77, boulevard Marceau, Colombes (Seine).
- Relais électromagnétique Voisin, 36, boulevard Gambetta, Issy-les-Moulineaux.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Appareil pour l’enlèvement des sacs postaux par des avions en vol.
- Le transport du courrier du bureau de poste ou du quai de débarquement d’un port à l’aérodrome diminue notablement la vitesse des lignes postales.
- La majoration du temps de transport est telle que, pour certaines lignes, l’avantage de l’avion sur le chemin de fer est à peu près nul.
- Il serait intéressant de réduire au maximum les temps morts, de façon à ramener la vitesse moyenne commerciale au voisinage de la vitesse moyenne de l’avion. La méthode la plus élégante pour y parvenir serait certainement l’enlèvement des sacs postaux par l’avion en vol : elle permettrait la liaison directe d’un bureau de poste à un autre uniquement par avion; sur les lignes maritimes, elle éviterait l’amérissage de l’hydravion au voisinage du paquebot, manœuvre dangereuse par gros temps.
- Un dispositif nouveau, l’appareil Adams, a été essayé dernièrement dans ce sens, sur le paquebot américain Leviathan et sur l’aérodrome de Lansdowne.
- Le dispositif comporte : sur l’avion, un treuil commandé par moteur susceptible d’enrouler et de dérouler un câble métallique d’une quarantaine de mètres, câble terminé par une balle; au sol, un système de guidage du câble, en forme d’entonnoir (10 m environ d’ouverture). Le pilote manœuvre pour amener le câble dans le système de guidage, la balle est alors conduite dans l’ouverture d’une calotte fendue, liée au sac à enlever; à ce moment le sac est projeté automatiquement vers l’avant, au moyen d’une catapulte à ressorts.
- Le système de guidage est monté sur une plate-forme orientable suivant la direction du vent.
- Le dispositif peut être également utilisé pour déposer un sac postal.
- Une telle manœuvre doit être évidemment délicate, et nécessiter un grand entraînement des pilotes.
- Les essais effectués semblent montrer cependant qu’elle est réalisable.
- Avion amphibie Burnelli.
- L’appareil de tourisme idéal n’existe pas encore; nous avons déjà des avions de faible puissance de vitesse d’atterrissage réduite pour une bonne vitesse de route, des avions susceptibles de pardonner beaucoup à un mauvais pilote et, d’autre part, de consommation et d’entretien minimum; mais l’appareil de tourisme actuel reste tributaire du terrain et cet inconvénient limite ses possibilités d’emploi à quelques régions.
- La solution amphibie permet d’envisager le tourisme aérien sous un jour beaucoup plus séduisant : un fleuve ou un lac sont neuf fois sur dix à préférer à un champ inconnu, pour l’atterrissage; le vol en régions accidentées devient possible sans risques, le vol à basse altitude au-dessus des rivières ou le long des côtes, dangereux sur un avion terrestre, et pourtant passionnant, est permis à l’amphibie.
- Malheureusement, un avion capable de se poser indifféremment sur terre et sur l’eau, nécessairement plus lourd qu’un autre, paraît devoir s’accommoder difficilement des faibles puissances.
- Les usines américaines Burnelli viennent cependant de créer un biplace de tourisme amphibie de 110 ch, le Burnelli « Upperon », semblant répondre au problème posé.
- L’« Upperon » est, en ce qui concerne le planeur, un monoplan Klemm construit sous licence, et légèrement modifié ÿ l’envergure en particulier a été réduite. L’aile, de construction bois, est en porte à faux et surbaissée; elle comporte une-partie centrale rectangulaire et deux parties latérales trapézoïdales arrondies.
- La structure du plan est classique, elle comprend deux longerons caissons, des nervures et un recouvrement entièrement en contreplaqué.
- Chaque demi-plan peut être replié le long du fuselage, en tournant autour de la ferrure du longeron arrière.
- Le fuselage, construit entièrement en bois, est formé de quatre longerons, de cadres, et d’un recouvrement de contreplaqué. Il porte à l’avant un moteur « Cirrus » inversé (moteur à quatre cylindres en ligne, la tête des cylindres dirigée vers le bas).
- Les deux places sont placées en tandem au-dessus de l’aile, et peuvent être aménagées en doubles commandes; l’empennage est normal.
- Le train de l’appareil est formé de deux flotteurs en catamaran de 4 m 40 de longueur. Ces flotteurs sont construits en bois, et recouverts de tôle d’alliage léger (alelad).
- Fig. 1. — L'avion amphibie Burnelli.
- Un cloisonnement intérieur assure la flottabilité en cas de crevaison.
- Chaque flotteur porte à sa partie inférieure deux logements dans lesquels prennent place les roues. La roue principale est fixée au droit du redan; une roue secondaire, placée plus en avant, empêche le flotteur de toucher le sol, en cas d’atterrissage queue haute. Ces roues, munies de pneus à faible pression, sont d’encombrement suffisamment réduit pour pouvoir être relevées à l’intérieur des flotteurs ; ce relevage est assuré par un dispositif à commande hydraulique, il est effectué en 10 secondes environ.
- Les flotteurs sont reliés entre eux et à la partie centrale de la voilure par un système de tubes d’acier profilés.
- Les caractéristiques principales de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure.................................... .. 12,05 m
- Longueur....................................., 7,45 m
- Surface portante............................. . 19,32 m2
- Poids vide................................... 653 kg
- Poids en charge .............................. 880 kg
- Vitesse maxima.................................. 175 km-h
- Vitesse de route ............................... 140 km-h
- Vitesse minima................................. 75 km-h
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- LIVRES NOUVEAUX
- Maupertuis, par Pierre Brunet. Tome I. Etude biographique; Tome II. L’œuvre, sa place dans la pensée scientifique et philosophique du xviii® siècle, 2 vol., in-8, 203 et 496 p. Albert Blanchard, Paris, 1929. Prix : 75 fr.
- Maupertuis est un bon exemple des savants du xviii® siècle, curieux de beaucoup de sciences, mêlés à la vie intellectuelle de toute l’Europe, et son histoire est une occasion de connaître les principales opinions scientifiques et philosophiques de cette époque. Le tome I raconte la vie de Maupertuis, sa naissance à Saint-Malo, sa jeunesse et ses premiers voyages, son expédition en Laponie pour la mesure d’un arc du méridien terrestre, son amitié avec Voltaire, les voyages à Bâle, en Prusse, à Vienne, lse travaux sur la parallaxe de la lune, l’astronomie nautique, la biologie, le départ à Berlin, la présidence de l’Académie de Prusse, les rapports avec Frédéric II, les attaques de Kœnig et de Voltaire, les derniers voyages en France, la mort à Bâle. Le tome II présente le savant, situe son œuvre et ses opinions mathématiques, astronomiques, nautiques, physiques, biologiques, philosophiques, parmi le grand mouvement des idées du siècle. Il fait figure de novateur hardi, original, riche d’idées, d’une curiosité étendue, une image de cet esprit qui anima l’Encyclopédie, et représente le mieux la science du xvme siècle.
- L'architecture de l'univers, par Paul Couderc. I vol., 176 p., 8 pl. hors-texte. Gauthier-Villars. Paris, 1930. Prix : 25 fr.
- Grâce aux progrès des instruments astronomiques, nos connaissances de l’Univers se sont en ces dernières années prodigieusement accrues. Des astres et des mondes nouveaux nous ont été révélés, en même temps que sur notre globe lui-même les progrès de nos connaissances physiques, condensés en théories neuves, amenaient les savants à des conceptions nouvelles sur là constitution de l’Univers et son mécanisme; elles forment aujourd’hui un ensemble aussi grandiose que séduisant; M. Couderc nous en présente un exposé lucide et parfaitement ordonné, dégagé des calculs théoriques pour arriver directement aux conclusions. La lecture s’en impose à tout esprit cultivé, soucieux de suivre le progrès des idées scientifiques. On y voit par quelles méthodes la science a réussi à évaluer les distances des astres à notre terre, à explorer l’Univers dans le présent et le passé et à en dessiner un schéma; puis l’auteur explique comment on doit se représenter aujourd’hui l’évolution des astres et de l’Univers, compte tenu des modifications que les théories relativistes ont apportées à nos conceptions de l’espace et du temps.
- Leçons sur les conduites, par Ch. Camichel, 1 vol. 101 p., 58 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1930. Prix : 30 fr.
- L’auteur a réuni dans ce volume les savantes leçons qu’il a professées en 1926, dans la chasse de mécanique des fluides à Paris. Il y traite de l’écoulement des liquides dans les conduites et donne la théorie scientifique des coups de bélier, telle qu’elle résulte des recherches de Allievi, Joukowski, Rateau, de Sparre, Jouguet, Eydoux et de M. Camichel lui-même.
- Leçons sur la résistance des fluides non visqueux,
- professées par Paul Painlevé, lte partie rédigée par A. Metral. 1 vol., 184 p., Gauthier-Villars. Paris, 1930. Prix : 40 fr.
- Quand la politique lui laisse des loisirs, M. Painlevé revient volontiers aux mathématiques et à l’aviation pour laquelle il se passionna dès l’origine. U est donc tout naturel qu’il ait abordé à son tour l’hydrodynamique théorique, dans l’espoir de mettre fin à une situation que l’on a qualifiée à juste titre de scandale des mathématiques : on • sait que l’hydrodynamique classique forme un corps de doctrine parfaitement cohérent, d’une grande beauté et qui a rendu de grands services pratiques dans une foule de problèmes; malheureusement cette théorie qui s’applique aux fluides parfaits entraîne des conclusions comme celle-ci : une sphère en mouvement uniforme au sein d’un tel fluide n’éprouverait aucune résistance, conclusion manifestement contraire à l’évidence. M. Painlevé a repris la question en s’attachant à mettre en lumière toutes les hypothèses de continuité implicitement contenues dans les raisonnements de l’hydrodynamique, et les paradoxes qu’elles entraînent. Travail critique de haute valeur, et qui aidera, il faut l’espérer, à élucider les raisons profondes qui provoquent la contradiction entre la théorie et l’expérience
- Guide de l'ouvrier en verres d'optique de précision, par le Colonel Ch. Devé. 1 vol., 258 pages, 95 fig. Editeur : Revue d’Optique, 3, bd Pasteur. Paris, 1930. Prix : 36 fr.
- Ce volume de technologie professionnelle résume l’enseignement donné à l’Ecole professionnelle du travail des verres d’optique de l’Institut d’Optique, par le Colonel Devé, un des plus expérimentés .techniciens de notre industrie optique. C’est un travail remarquable à tous égards : clarté et précision des explications, éclairées par des
- dessins schématiques très étudiés; caractère scientifique donné aux justifications des règles du métier. On trouvera dans ce livre des notions sur la constitution des verres d’optique, des détails très précis sur les ingrédients et outils à employer pour leur travail, puis l’étude très complète du surfaçage avec la théorie mécanique du travail des surfaces optiques, les définitions et désignations optiques continuellement employées en lunetterie, enfin l’étude des travaux qui s’effectuent dans l’atelier de l’opticien : vérifications optiques d’atelier, taille des cristaux, centrage et montage des verres, etc. Ce livre destiné aux ouvriers déjà pourvus d’une solide instruction générale et de connaissances techniques ne rendra pas moins service aux maîtres de l’enseignement technique et aux ingénieurs.
- Phonographes et musique mécanique, par Eh. Weiss.
- 1 vol., 192 p., 108 fig. Hachette, Paris. Prix : 12 fr.
- Dans ce livre agréablement présenté et soigneusement documenté l’auteur jette un coup d’œil d’ensemble sur l’état actuel de la technique du phonographe, et montre les progrès accomplis depuis les anticipations de Ch. Cros et la création de la première machine d’Edison; il décrit notamment la fabrication moderne des disques et passe en revue les perfectionnements apportés en ces dernières années: phonographes électriques, appareils automatiques, etc. Il expose ensuite l’état actuel du cinéma sonore et termine son livre par la description des nouveaux appareils de musique mécaniques : instruments radiomusicaux, pianos automatiques, orgues et orchestro-phones mécaniques, etc.
- La Lorraine métallurgique, par Axel Somme. 1 vol.
- illustré, 300 p., 15 pl. hors texte. Berger-Levrault, Paris, 1930.
- Prix : 30 fr.
- Excellente étude Tde géographie économique et sociale visant une région actuellement à cheval sur la France, la Belgique et le Luxembourg; elle est due à un savant norvégien qui non seulement a consciencieusement étudié les documents écrits, mais encore a poursuivi sur les lieux mêmes de remarquables enquêtes. L’auteur montre comment sont nées et se sont développées l’extraction du minerai do fer et l’industrie sidérurgique dans la région Lorraine; il étudie le caractère des entreprises et le compare à celui des régions avoisinantes ; il analyse avec justesse les conditions qui commandent leur évolution, leur situation géographique, leurs débouchés, la nouvelle orientation créée par la guerre, la dépendance des approvisionnements en charbon et en coke, pour les usines sidérurgiques, les problèmes de transport, les problèmes de main-d’œuvre. L’ouvrage examine d’une façon approfondie la situation née d’une part du changement de frontières, d’autre part du fort recrutement d’ouvriers étrangers rendu nécessaire par la faible densité de la population indigène. Il étudie également et c’est une des parties les plus originales du livre, la réaction du développement industriel sur l’évolution agricole du pays. Ce beau livre révélera à beaucoup de Français des aspects insoupçonnés de l’évolution de la Lorraine industrielle. Il jette une vive lumière sur les promesses et les menaces que l’avenir réserve à ce beau bassin.
- Génie rural appliqué aux colonies, par Max Ringel-
- mann. 2® édition revue et augmentée. 1 vol., 727 p., 976 fig. Société
- d’Éditions Géographiques, Maritimes et Coloniales. Paris, 1930.
- Prix broché : 60 fr.
- Ce magistral traité, qui reproduit en partie le cours professé par l’auteur à l’Institut National d’agronomie coloniale est divisé en trois grandes parties, dont voici les chapitres principaux :
- Les constructions : principes d’exécution des constructions rustiques, logements des hommes, des animaux, des récoltes, magasins, clôtures; ouvrages de défense, routes de chemins, ponts, gués et bacs.
- L’Hydraulique : barrages, sources, puits, sondages, élévations des eaux, réservoirs, canalisations, eaux d’alimentation, assainissement et dessalement des terres, défense contre les ensablements, cours d’eau d’installation des moteurs hydrauliques, irrigation, travaux divers.
- La partie consacrée aux Machines comprend trois sections :
- 1° Les Moteurs : Moteurs animés, manèges, moteurs hydrauliques, moulins à vent, moteurs à vapeurs, moteur à explosions, courroies.
- 2° Travaux et machines agricoles : Machines de culture, appareils de culture mécanique, ensemencement et plantations, entretien, récolte, préparation des récoltes, appareils de transports.
- 3° Liste du petit outillage indispensable à toute exploitation.
- Cet ouvrage qui contient tant de renseignements utiles et soigneusement contrôlés sera précieux pour tous les coloniaux à qui il tiendra lieu de toute une bibliothèque; en France même il ne rendra pas moins de services, la plupart des sujets qui y sont traités intéressant également nos agriculteurs, agronomes et ingénieurs du génie rural.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- GÉODÉSIE
- Les obélisques astronomiques et géodésiques du département du Loiret.
- Dans sa Description de la Ville de Paris (édition de 1765, t. III, p. 71), Piganiol de la Force, écrit, au sujet de la colonne de pierre qui se trouve sur la butte Montmartre : « Je remarie querai qu’elle est une des 96 qu’on avait résolu d’élever « d’espace en espace, depuis Dunkerque jusqu’au Canigou, « mais jusqu’ici on s’est contenté d’en avoir fait élever quelle ques-unes. »
- Il convient de rappeler à ce propos que la méridienne de Picard avait été étendue de Dunkerque à Collioure, entre 1683 et 1718, par Jean-Dominique Cassini et son fils Jacques Cas-sini et que l’Académie des Sciences avait décidé de faire construire ces obélisques pour jalonner et matérialiser en quelque sorte la méridienne de France.
- L’obélisque de Montmartre, servant de mire à l’observatoire de Paris, fut construit en 1736. Cassini de Thury (1719-1784), fils de Jacques Cassini. « par ordre du Roy », fut chargé, le 5 mai 1736, « de se transporter dans les différents endroits du « royaume pour y faire lever des cartes géographiques géné-« raies et particulières de la France, dans le dessein d’exécu-« ter dans la suite divers projets avantageux au commerce « et au bien de l’Etat, tels que rendre des rivières navigables, « construire de nouveaux canaux, points, chaussées, grands « chemins, etc. » La carte de France fut terminée par Jacques-Dominique Cassini (1748-1845), le fils de Cassini de Thury.
- C’est sous l’impulsion de ce dernier que furent construits les obélisques de Manchecourt et d’Orveau, dans le Loiret, en 1748. L’obélisque de Manchecourt s’élève sur la route de Fontainebleau à Pithiviers. Celui d’Orveau se trouve sur un chemin reliant Orveau à Gollainville. Ces monuments, d’une hauteur de 7 mètres environ, étaient primitivement surmontés d’une fleur de lis. En 1793. ces emblèmes «séditieux» furent détruits et depuis ils ont été remplacés par une sphère surmontée d’une pointe métallique. Voici les inscriptions qui figurent sur ces obélisques :
- OBÉLISQUE DE MANCHECOURT MÉRIDIENNE DE
- L’OBSERVATOIRE
- CASSINI
- 1748
- OBÉLISQUE D’ORVEAU MÉRIDIENNE DE
- L’OBSERVATOIRE Echelle 541 toises (ou 341) 2 pieds
- MD. CCXLVIII
- En comprenant les mires de Montmartre et de Montsouris, voici donc quatre obélisques sur les 96 prévus. Y en a-t-il eu d’autres ou en existe-t-il d’autres? Ce point serait particulièrement intéressant à élucider.
- Mais un autre obélisque se trouve dans le département du Loiret. Ce monument n’est pas construit sur la méridienne de France, mais il en est distant d’environ 16' à l’Est. Il est situé au hameau de Chevry, à 1 km du bourg de Saint-Maurice-sur-Fessard, non loin de Montargis.
- Cet obélisque est moins grand que les deux précédents. Sur une de ses faces on lit l’inscription suivante :.
- MINISTÈRE DE LA GUERRE MÉRIDIENNE DE FRANCE
- et sur l’autre :
- STATION ASTRONOMIQUE DE CHEVRY 1893
- Cette pyramide géodésique est un sommet de la chaîne de 1er ordre constituant la nouvelle Méridienne de France (de Dunkerque à Perpignan), remplaçant celle de Delamb're et Méchain et qui fut commencée en 1870 sur l’initiative du général François Perrier, membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes, ancien chef du Service géographique de l’Armée. Les observations géodésiques y ont été faites en 1879 par le capitaine (depuis général) Bassot, et ont été publiées dans le Mémorial du Dépôt de la Guerre (t. 12, 1er fascicule, p. 154). Les observations astronomiques ont été effectuées en 1893, mais elles n’ont pas encore été publiées.
- C’est donc un point géodésique moderne très important dont le monument a stabilisé la position. En terminant, nous tenons à remer-ier ici le général G. Perrier, fils du précédent, membre de l’Institut, président de la Société astronomique de France, et Secrétaire général de la Commission géodésique internationale, qui nous a très aimablement communiqué ces derniers renseignements. Ceux-ci, provoqués par une question posée par un de nos abonnés du Loiret, no manqueront pas d’intéresser tous nos lecteurs. E. T.
- ÉLECTRICITÉ
- Les postes d*interprétation polyglotte à la Conférence de Force Motrice Mondiale.
- Il y a plus d’un an, on essayait, à Genève, avec des dispositifs de fortune, des installations destinées à éviter les traduc-
- Fig. 1. — Microphones et écouteurs pour interprètes.
- tions successives des discours, si gênantes et donnant lieu à des pertes de temps si fâcheuses. Sous leur forme définitive ces installations ont fait leurs débuts à la Conférence Mondiale de la Force Motrice, à Berlin.
- Elles substituent à l’interprétation successive une présentation simultanée des différentes versions. Elles permettent à chacun de fermer ses oreilles hermétiquement à toutes celles qui ne l’intéressent pas et de n’écouter qu’une seule, choisie à volonté. Les interprètes appelés à traduire les discours, loin de s’adresser à la salle, parlent donc, à mi-voix, devant des microphones, pourvus d’entonnoirs et, par conséquent, concentrant l’énergie acoustique.
- Les courants microphoniques, dûment renforcés par des amplificateurs, sont amenés, par dès lignes conductrices aux places de chacun des membres de la Conférence; le nombre de lignes passant près de chaque place est égal au nombre de
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- VOYAGES
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- microphone duconferenar
- régulateur d'mttnsui duten
- tableau d'amplification
- Fig. 2. — Schéma du poste polyglotte.
- langues prévues pour l’interprétation. Une ligne spéciale est pourvue pour la langue du conférencier, dont le pupitre porte, à son tour, un microphone, permettant aux personnes désireuses d’entendre la langue originale, d’écouter également le discours par l’intermédiaire d’un amplificateur.
- Tout membre de la Conférence trouve, sur un pupitre devant sa place, une paire d’écouteurs et un petit tableau de distribution, à l’aide duquel il peut, en tournant un bouton, régler à volonté l’intensité acoustique, en même temps qu’un interrupteur lui permet d’intercaler la langue voulue, français, anglais, etc. Les seules langues admises à la Conférence sont l’allemand, le français, l’anglais; la maison Siemens et Halske, constructrice de ces dispositifs, les a toutefois prévus pour six langues.
- Les interprètes sont assis à une table devant la tribune des orateurs, où deux microphones pour chaque langue se trouvent suspendus à un support commun, c’est-à-dire qu’on a prévu, pour chaque langue, deux traducteurs fonctionnant à tour de rôle.
- En soulevant le microphone, on produit un signal visuel : un tableau lumineux visible à grande distance indique la langue employée. Ainsi tout membre de la Conférence, entrant dans la salle, reconnaît immédiatement, sur ce tableau, quelles sont les langues dans lesquelles on est en train de traduire. D’autre part, un écran lumineux, faisant voir les contours d’un orateur, lui apprend qu’un discours se prononce.
- D1' A. Gradenwitz.
- Constructeurs : Siemens et Halske, à Berlin-Siemensstadt.
- Fig. 3. — La salle des conférences.
- Une expédition anglaise au Groenland à la recherche d’une route aérienne.
- Une expédition anglaise dirigée par M. P. H. Watkins vient de s’embarquer à bord du Quest, à destination de la côte orientale du Groenland. Son but est de jalonner un itinéraire convenant aux avions pour traverser le Groenland, afin de réaliser une route aérienne réunissant l’Angleterre à Winnipeg et à la Colombie Britannique dans l’Amérique du Nord. Le trajet par les îles Feroe, l’Islande, le Groenland, la Terre de Bafïin aurait en effet l’avantage d’être le plus court, et de n’avoir jamais à franchir plus de 500 kilomètres environ d’une seule traite au-dessus de la mer. Mais ce trajet traverse une partie presque inconnue du Groenland. L’expédition Watkins se propose donc d’explorer cette région, notamment d’en déterminer le relief et les conditions météorologiques.
- Dans ce but, elle y séjournera au moins un an.
- Elle emmène notamment deux hydravions de Havilland-Moth qui pourront être munis de skis, deux canots à moteurs et 50 chiens.
- Elle se compose de 13 personnes. Son premier centre sera le village Esquimau de Angmagsalilc.
- SYLVICULTURE
- Y a-t-il une relation entre la croissance du chêne et le poids du gland ?
- Evidemment entre le semis du gland et la récolte d’un arbre centenaire, ce dernier peut rattraper, semble-t-il, son infériorité de naissance.
- Aucun expérimentateur n’a poussé l’expérience jusqu’à cent ans.
- C’est déjà un grand mérite de la part de M. G. Eitingen d’avoir suivi des plants durant cinq ou six ans.
- Les glands avaient été classés en trois classes correspondant respectivement aux poids moyens de 2 gr 2, 4 gr 7 et 7 gr 2.
- Au bout de cinq ans les arbuscules correspondants avaient atteint 44, 68 et 82 centimètres. La relation est nette.
- Dans une autre série où les glands pesaient 2 gr 2, 5 gr et 8 grammes, les arbres atteignirent respectivement 109, 136 et 143 centimètres. Les différences sont relativement plus faibles et cela provenait de ce que les arbres avaient trois ans de plus que dans la première série.
- M. Eitingen a mesuré aussi les diamètres et trouvé à 5 ans en moyenne 74 dixièmes de millimètre, 101 dixièmes et 114 dixièmes suivant que les chênes provenaient de glands petits, moyens ou gros.
- A 8 ans les diamètres devinrent respectivement 110, 126 et 141 dixièmes de millimètre.
- Le nombre de feuilles des arbres de 5 ans était de 73, 96 et 99 suivant le cas et leur poids sec de 5 gr, 7 gr et 8 gr.
- La partie aérienne des tiges dépourvues de feuilles manifesta le maximum de différence en poids : 9 gr, 23 gr et 33 gr.
- Bien que les différences doivent s’atténuer avec l’âge quand chaque arbre a de quoi se nourrir amplement, elles sont loin d’être négligeables en pratique puisque, à l’état souvent serré, le jeune chêne pourvu du gros gland peut prendre une avance suffisante pour toujours dominer son voisin.
- Le forestier aura tendance à éliminer ce dernier avant maturité pour permettre au bel arbre d’atteindre toute son ampleur et sa valeur.
- Pierre Larue.
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- PETITES INVENTIONS
- MECANIQUE Cintreuse de tuyaux sans remplissage.
- Dans les installations de tuyauterie, notamment celles destinées au chauffage central, il est intéressant d’avoir une machine simple permettant de cintrer les tuyaux à froid, sans qu’on soit obligé de les remplir de résine ou de sable, et à plus forte raison de plomb fondu.
- Notamment quand on veut travailler des tubes en fer galvanisé, il est absolument indispensable d’opérer à froid. De plus, lorsqu’on fait des installations de chauffage central d’immeuble, on trouvera commode d’opérer dans le.s étages, sans être obligé de descendre chaque fois dans une cour pour le cintrage d’un élément. Il est donc indispensable d’avoir une machine peu encombrante, actionnée sans mécanisme et permettant le cintrage rapide sans aucun remplissage.
- Fig. I. — La machine à cintrer, fonctionnant debout.
- Une machine à levier nouvelle est constituée par deux flasques, entre lesquelles viennent se placer des butées à gorge cintrées, dont les dimensions correspondent au diamètre des tuyaux que l’on veut travailler et à la valeur de" l’angle que l’on veut obtenir par le cintrage.
- * Le tube est placé contre cette pièce butée et elle est pressée à la partie supérieure par un sabot qui termine la tige d’une vis manceuvrée par un tourne-à-gauche. On descend ainsi le sabot et on cintre le tube très rapidement par une action progressive. Les gorges de la butée du sabot épousent la forme circulaire du tube et empêchent de l’aplatir; elles suppriment toute crique et toute gerçure.
- Le travail peut être exécuté avec la machine debout, les deux ouvriers mettent chacun un pied sur une pédale qui maintient la machiné solidement sur le sol.
- Les tubes sont graissés ou huilés sous le sabot presseur, c’est-à-dire à la place du cintre, et il n’est pas indispensable de disposer la soudure du tube sur le côté.
- Fig. 2. — Le compas servant à régter la machine pour cintre, suivant un angle donné.
- On peut aussi utiliser la machine couchée, ce qui est intéressant lorsqu’on doit préparer des coudes en S. Avec la machine ainsi couchée, on produit un mouvement de lavis de la machine
- Fig. 3. — Fonctionnement de la machine couchée.
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- cintreuse par un bras de levier de 1 m 70 environ, de sorte qu’un seul ouvrier ou un aide monteur est capable de cintrer seul des tubes de 50 X 60 avec un effort minime.
- Pour guider le travail et effectuer des cintrages suivant un angle donné, on dispose d’une sorte de compas dont les branches sont articulées, ce qui permet de repérer la position du tube une fois le cintre terminé.
- Sur chaque côté de la machine se trouve placé un rapporteur et Je compas peut être monté sur l’une des flasques ou sur l’autre.
- La pratique de la machine est élémentaire et avec peu d’expérience un ouvrier exécute un coude sur des tubes de fer noir ou galvanisé dix fois plus vite qu’à la forge et en outre dans de meilleures conditions. Il est possible de cintrer à 90° et même à 60°,
- Pour les tuyaux en fer galvanisé, les installateurs sont obligés d’utiliser les coudes de commerce, s’ils n’ont pas de machine à cintrer à froid. Le prix de revient est alors augmenté et l’on n’a pas de souplesse d’installation, c’est-à-dire la possibilité d’avoir des cintres sous un angle quelconque. On trouve donc une économie de prix d’installation d’autant plus qu’on économise la main-d’œuvre, avec la cintreuse à froid.
- L’emploi du compas guide et du rapporteur permet d’exécuter des coudes réguliers. Cela est intéressant dans les installations de chauffage et d’eau chaude où plusieurs coudes
- sont disposés parallèlement.
- Constructeur : César Mingori, 7, rue Jules-Vallès, Paris.
- OUTILLAGE Cisaille
- pour moulures électriques.
- Lorsqu’on doit raccorder des moulures électriques, il est nécessaire de faire des coupes d’onglet, et pour avoir un raccord impeccable, on se sert alors d’une boîte dite à onglet, avec une petite scie.
- On peut opérer rapidement au moyen d’une cisaille puissante. C’est en réalité un sécateur capable de couper de fortes sections de bois. La moulure est placée sur un guide qui permet de couper soit en section droite, soit à 45°, le corps de la moulure d’un coup unique de la cisaille.
- Il n’est pas nécessaire d’exercer une pression très énergique; les bras du levier sont tels que la coupe se fait efficacement et d’une manière très nette, car il s’agit, en général, de bois très tendre.
- Constructeur : Postel, 86, rue de la Folie-Méricourt.
- Tournevis à préhension.
- Il est difficile de placer les vis lorsqu’on ne peut pas maintenir la tête de la vis avec des doigts de la main gauche. Un nouveau système de tournevis permet de fixer la vis, sans armature compliquée et sans emploi de l’aimantation comme cela se fait couramment.
- Pour cela, la lame du tournevis présente dans sa partie centrale une mortaise qui se continue le long de la tige de manière à servir de logement à une petite pièce d’acier articulée en un point.
- Normalement, sous l’effet d’un ressort, cette tige ne dépasse pas la lame du tournevis à l’extrémité, tandis qu’à l’autre extrémité de la pièce supplémentaire, celle-ci est repoussée au dehors.
- Le tournevis ser t alors comme un outil ordinaire.
- S’il s’agit de maintenir une vis sur la lame du tournevis, on FicP 5- ~ Tournevis à préhension.
- pousse un manchon en forme d’olive qui force la saillie de la pièce accès-soire à rentrer à l’intérieur de son logement.
- La pièce bascule et son extrémité près de la lame du tournevis se trouve rejetée sur le côté et vient s’arc-boüter dans l’intérieur de la fente de la vis.
- Celle-ci est donc parfaitement maintenue, et l’on peut la mettre en place sans qu’il soit nécessaire de la soutenir avec les doigts.
- Une fois les premiers fdets amorcés, on peut, naturellement, dégager la prise de la pièce accessoire en retirant la lame du côté de l’extérieur.
- Constructeur : Postel, 86, rue de la Folie-Méricourt.
- OBJETS UTILES Ouvre-boîtes de conserves.
- Cet ouvre-boîte de conserves comporte, comme tous ses pareils, une lame pointue que l’on enfonce près du bord de la boîte par une simple pression sur la monture. Ceci fait, il suffit de tourner la poignée supérieure sans effort et l’on actionne alors un galet qui s’appuie contre le bord extérieur de la boîte. Il force le couteau à avancer sur le pourtour en sectionnant très proprement le métal sans qu’il soit nécessaire d’agir très fortement;
- Le socle comporte à l’extrémité un crochet qui permet de relever ensuite le bord plat détaché complètement, et l’on n’a
- Ouvre-boites de conserves.
- Fig. 6. —
- pas besoin d’y mettre la main. On ne risque, par conséquent, aucune piqûre, ni coupure contre les bords du métal mis à vif.
- Constructeur : Postel,r86, rue de la Folie-Méricourt.
- Fig.4.— Cisaille pour moulures électriques.
- Lame ordinaire
- Pièce accessoire
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du « crawl » (n° 2834).
- L’article de notre collaborateur, M. de Villepion, formera un.chapitre de la nouvelle édition de son livre « Nageons », qui paraîtra bientôt à la librairie Grasset.
- La Bakélite.
- Nous recevons la lettre suivante de la Société la Bakélite, 14, rue Roquépine, Paris :
- » Nous lisons dans le N° 2834 du l01' juin, page 528, un article intitulé « Choix d’une plaque d’ébonite » dans lequel vous dites : a Un
- débutant peut parfois confondre ces plaques d’ébonite de couleur avec des plaques de bakélite, mais, pour reconnaître... etc. »
- a Nous vous rappelons que le mot «Bakélite» n’est pas un terme générique mais bien un nom déposé dans le monde entier et qu’il est notre propriété pour la France, la Belgique et les colonies de ces deux pays. »
- Bois d’ébène.
- Comme suite à la réponse à M. Bertier, à Marseille (N° du 1er juillet 1930), M. Meilhac, ébéniste, 61, boulevard de la Marne, La Varenne-Saint-IIilaire (Seine) nous prie d’informer ce lecteur qu’il serait acheteur de bois d’ébène.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un poste à changement de fréquence.
- L’appareil à changement de fréquence décrit dans le numéro 2829 de La Nature, malgré sa complexité apparente, est, comme nous l’avons indiqué, très facile à réaliser, et tout amateur, en employant des pièces de montage convenables, peut obtenir d’excellents résultats, môme s’il n’est doué d'aucune habileté manuelle.
- Les montages peut-être plus nouveaux comportant des étages moyenne fréquence munis de lampes à grille écran peuvent parfois être doués d’une sensibilité égale avec un nombre d’étages un peu plus réduit, mais le résultat final ne peut être très supérieur, comme sensibilité, et leur réalisation, lorsque le nombre de ces étages dépasse un ou deux, est toujours beaucoup plus délicate.
- Le poste classique que nous avons décrit demeure donc le type que doit adopter de préférence un amateur-constructeur débutant.
- Pour tous les renseignements relatifs à cette construction, vous pouvez vous adresser à des constructeurs de pièces détachées spéciales pour moyenne fréquence, en particulier aux Établissements Bardon, 61, boulevard Jean-Jaurès, à Clichy, ou aux Établissements Brunet, 5, rue Sextius-Michel, à Paris (XVe).
- Réponse à M. Lachal à Mauriac (Cantal).
- Établissement d’un poste récepteur sur ondes courtes.
- Pour recevoir les émissions radiophoniques sur ondes courtes, il n’est pas nécessaire d’employer un dispositif récepteur très complexe. Un collecteur d’ondes très réduit, composé, par exemple, d’un fil isolé d’une longueur de quelques mètres, suffit, généralement, et une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée suivie d’étages basse fréquence, permet la recherche des émissions les plus lointaines, malgré l’absence d’étages amplification haute fréquence. Nous avons, pourtant, noté déjà qu’on pouvait utiliser pour cette réception un appareil à changement de fréquence ordinaire, mais en modifiant le système de modulation, et, en particulier, en utilisant des bobinages d’accord et de,modulation particuliers. On peut aussi faire précéder la lampe détectrice d’un étage à résonance haute fréquence avec lampe à grille écran, mais ce montage est un peu plus délicat.
- En résumé, si vous avez déjà une certaine habitude des réglages des postes sur ondes courtes, vous pourrez obtenir d’excellents résultats, en montant une lampe détectrice du type Schnell suivie de deux étages basse fréquence, sinon vous pouvez adopter un poste à changement de fréquence avec lampe bigrille modulatrice et bobinage d’accord et de modulation spéciaux, qui vous permettra d’obtenir une sensibilité supérieure avec un réglage beaucoup moins délicat, malgré sa complexité apparente.
- Les bobinages employés dans l’un ou l’autre cas ne comporteront que quelques spires de ül d’assez gros diamètre assez écartées, et montées sur des supports sans carcasse isolante massive. Ces bobinages sont faciles à établir, mais quelques constructeurs commencent déjà à les réaliser. Vous pourrez, par exemple, vous les procurer à la maison Dyna, 43, rue Richer, à Paris. Réponse à M. Cahen, à Paris.
- Colle pour objets en caoutchouc vulcanisé.
- La réparation des objets en caoutchouc vulcanisé présente parfois
- quelque difficulté; voici d’après De Keghe une bonne formule permettant de mener à bien cette opération.
- Prendre :
- Caoutchouc gomme pure Para........................... 25 grammes
- Gutta-percha......................................... 12 grammes
- Solution d’ichthyocolle .............................. 6 grammes
- Essence d’eucalyptus............;................. 2 grammes-
- Sulfure de carbone................................... 95 grammes
- On fait macérer le caoutchouc et la gutta dans le mélange sulfure de carbone, essence d’eucalyptus, puis on y ajoute la solution d’ichthyo-colle.
- Pour employer cette colle, on commence par bien nettoyer les surfaces à réunir, puis on étale une couche très mince de colle, en évitant tout excès qui nuirait à la solidité; on réunit rapidement les surfaces, puis on presse, ligature et maintient serré au moins deux jours.
- N. B. — La solution d’ichthyocolle (colle de poisson) s’obtient en faisant gonfler l’ichtyocolle vraie dans l’eau froide pendant 12 heures, après quoi on retire la masse gonflée et la fait dissoudre au bain-marie dans l’eau additionnée de 10 % d’alcool.
- Réponse à M. Sircoulomb à Torrington.
- Préparons à peu de frais une encaustique fluide.
- Sous le nom de cires liquides, le commerce met à notre disposition, des encaustiques très économiques, parce qu’on peut les employer an moyen de pulvérisateurs et que par conséquent la consommation en est. très faible; par contre le prix d’achat de ces mixtures est en général assez élevé.
- Rien de plus facile pour les préparer à peu de frais, car il suffit de-
- prendre :
- Cire d’abeilles pure............................ 10 grammes-
- Cérésine........................................ 2 grammes
- On amène à fusion au bain marie, puis ajoute :
- Ammoniaque liquide ............................. 5 cent, cubes
- Il ne reste plus qu’à diluer avec une quantité d’essence minérale suffisante pour que le produit ait à froid une fluidité convenable pour l’emploi au pulvérisateur.
- Après évaporation du solvant, la couche mince d’encaustique fixée sur le meuble permet par un simple passage à la brosse et au chiffon-de laine, d’obtenir un brillant parfait.
- Réponse à M. Schoen, à Nancy.
- Faisons nous=mêmes le mastic de vitrier.
- Rien de plus facile que de préparer le mastic destiné à immobiliser les vitres; il suffit pour cela de prendre :
- Blanc d’Espagne en poudre ................. 250 grammes
- Huile de lin............................... 100 grammes
- On commence par faire sécher au fournie blanc d’Espagne (opération essentielle), puis, après l’avoir disposé sur une tablette de marbre, on y incorpore peu à peu l’huile de lin, de façon à obtenir une pâte consistante, mais facile à travailler.
- Ce mastic peut être conservé mou pendant un certain temps en prenant soin de le placer dans un vase et en le couvrant d’eau.
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- Quand par suite du manque de précautions ou simplement, parce que Je mastic étant trop vieux, celui-ci a durci, on peut encore lui rendre sa -ductilité en le débarrassant de la croûte qui l’enveloppe et en malaxant l’intérieur granuleux avec un peu d’huile de lin; le concours d’un marteau large est alors nécessaire et un pétrissage dans les mains, en -échauffant la masse, favorise grandement sa remise en bon état.
- Réponse à M. Allovon à Bourg-Saint-Andéol.
- Pour donner aux lithographies coloriées Vaspect des tableaux peints à l'huile.
- On commence par produire sur le papier de petits carreaux très «•approchés donnant l’imitation de la -toile de fond.
- Pour cela après avoir bien imbibé la feuille d’eau pure de façon à la ramollir on placera à la surface une mousseline propre que l’on recouvrira d’une feuille de papier buvard. Le tout sera mis sous presse et 'laissé à sécher, après quoi on enlèvera la mousseline qui aura laissé les empreintes cherchées.
- D’autre part on aura placé dans un flacon fermé par un bon bouchon :
- Essence de térébenthine ......................... 900 grammes
- «Gomme mastic concassée .......................... 250 grammes
- Débris de verre blanc environ .................... 100 grammes
- N. B. — Les débris de verre sont destinés à faciliter la division de la -gomme et sa dissolution.
- On expose au soleil, une quinzaine de jours, en agitant fréquemment, puis on ajoute :
- "Térébenthine de Venise........................... 500 grammes
- On expose encore quelques jours au soleil dans les mêmes conditions -et filtre sur coton pour séparer le verre et les impuretés.
- Le vernis ainsi préparé est appliqué sur la lithographie au moyen -d’un pinceau doux, elle prend alors l’aspect des tableaux anciens dégèrement embués par les ànnées.
- N. B. — Bien entendu, s’il s’agit de travaux industriels, toutes les •opérations que nous venons d’indiquer se font au moyen de gaufroirs <en acier et l’enduisage a lieu mécaniquement.
- Réponse à M. P. B., à Poitiers.
- Sachons enlever les taches de rouille sur le linge.
- On commence par préparer la solution suivante :
- Eau ordinaire .................................. 100 cent, cubes
- Protochlorure d’étain......................... 10 grammes
- Acide chlorhydrique............................ 15 cent, cubes
- Au moyen d’un tampon de coton, on imbibe la tache de cette mixture et on maintient l’imbibition jusqu à ce que la tache ait disparu, •c’est-à-dire jusqu’au moment où tout le fer qui était à l’état de sel de peroxyde coloré a été ramené à l’état de protoxyde incolore. Il ne reste plus qu’à rincer à fond de façon à ne laisser aucune trace d’acide dans de tissu, ce qui en compromettrait la solidité.
- Réponse à M. le Dr Dansac à Asnelles.
- p.-S, — La plupart des spécialités vendues sous forme de liquides à -pulvériser pour la destruction des mites, sont des macérations de fleur • de pyrèthre analogues à celles dont nous avons donné la formule il y a •déjà longtemps (n° 2597, 12 janvier 1924) en supprimant le tétrachlorure de carbone considéré comme trop coûteux.
- On peut prendre comme type des préparations commerciales celle -qui suit :
- Fleurs de pyrèthre .............................. 199 grammes
- Pétrole lampant.................................. 990 grammes
- Pour masquer l’odeur du petrole on peut ajouter, à son choix, essence -de mirbane, salicylate de méthyle, etc.
- Quelles sont les causes du voile jaune des diapo= sitives ?
- Le.voile jaune que l’on observe parfois sur les diapositives peut avoir •des causes très différentes; la plus fréquente est l’exposition prématurée du cliché, à la lumière blanche, au moment du fixage, ce qui donne lieu à la formation d’un hyposulfite double d’argent et de sodium insoluble.
- Les autres causes sont l’alcalinité trop grande du révélateur, l’insuf-rfisance de lavage entre le développement et le fixage, enfin l’emploi d’un bain de fixage épuisé ou non maintenu en mouvement pendant •l’opération; c’est surtout dans ce dernier cas que l’on observe le voile .jaune seulement sur certaines parties du cliché.
- Eu égard à la multiplicité des causes, il n’est guère possible d’indi--quer un remède unique. Toutefois, le plus souvent on réussit à faire
- disparaître le voile jeune en plongeant la diapositive dans un bain composé de :
- Eau distillée .................................. 200 cent, cubes
- Eau bromée ..................................... 6 cent, cubes
- Bromure de sodium .............................. 6 cent, cubes
- On laisse immerger jusqu’à blanchissement complet, on lave, puis noircit à nouveau dans un révélateur neuf de préférence au diami-dophénol comme s’il s’agissait d’un cliché ordinaire.
- Réponse à A. G., P.-L.-M. Surveillance technique.
- De tout un peu.
- ML Lallemant à Bertinoourt. 1° Le chlorure de méthyle est un gaz incolore, d’une odeur éthérée et de saveur sucrée, sa densité est de 1.730, il brûle avec une flamme blanche au centre, verte sur les bords,il se liquéfie à — 36° C sous une pression de 4 kg et distille ensuite à — 22°C.
- L’eau en dissout 2,8 fois son volume à la température de 15° G et sous la pression de 765 mm il se dissout dans 1 /40e de son volume d’acide acétique cristallisable et 1/35° de son volume d’alcool absolu. Une fois liquéfié, son évaporation dans un courant d’air produit un froid suffisant pour congeler le mercure, propriété qui le fait employer comme réfrigérant. Le chlorure de méthyle sert également comme anesthésique, ainsi que pour la préparation des couleurs d’aniline.
- 2° L’Oxyde de méthyle (CH3)'J0, isomère de l’alcool ordinaire, est aussi gazeux, incolore, d’odeur éthérée, il brûle avec une flamme pâle comme celle de l’alcool.
- L’eau en dissout 37 fois son volume à 15°C, il est encore plus soluble dans l'alcool ordinaire et dans l’alcool méthylique; l’acide sulfurique le dissout en grande quantité, mais 'abandonne par addition d’eau; l’acide sulfurique anhydre s’y combine en donnant du sulfate de méthyle.
- L’oxyde de méthyle se liquéfie dans les mêmes conditions de température et de pression que le chlorure de méthyle, l’évaporation du liquide produit également du froid, ce qui l’a fait employer pour la conser vation des substances alimentaires.
- Principales caractéristiques de ces deux gaz :
- D'inpé- rature critique Degrés eenligr. Pression critique Atmosphères Température (T ébullition Degrés ccnliijr. Densité Air : i Poids spéciliquc en kilogr. par mètre cube Tension de vapeur en centimètres de mercure
- Chlorure de méthyle + 141,5 73 — 23»7 1.730 2,070 à 15°C 313
- Oxyde de méthyle + 129,6 y — 23°6 2.98 3.572 308
- Le chlorure de méthyle liquéfié est courant dans le commerce.
- Ml. Abel à Antibes. — Le sel d'argent employé en galvanoplastie est le nitrate que l’on prépare facilement en dissolvant à chaud dans une capsule de porcelaine de l'argent pur dans l’acide nitrique également pur. Après évaporation à sec, pour chasser l’excès d’acide nitrique, on reprend par l’eau et on fait cristalliser le nitrate d’argent.
- Le bain d’argenture se prépare en prenant :
- Nitrate d’argent pur................................ 150 grammes
- Eau distillée ...................................... 10 litres
- Après dissolution on ajoute :
- Cyanure de potassium pur.......................... 250 grammes
- On agite à nouveau et filtre pour séparer les impuretés.
- Le courant employé doit être du continu avec une intensité de 50 ampères par mètre carré.
- On argente en général à froid, mais le fer, l’acier, le zinc, le plomb et l’étain doivent être préalablement cuivrés, puis on argente à chaud.
- Avant d’entrer les objets dans le bain, on doit les décaper soigneusement à la lessive de potasse ou de soude caustique chaude ainsi qu’à l’acide nitrique (dérochage) on les fait ensuite passer dans une solution de nitrate acide de mercure et, une fois dans le bain, on les agite constamment.
- Finalement, lorsque l’épaisseur du dépôt est suffisante on rince soigneusement, sèche dans la sciure et passe au brunissage s’il y a lieu.
- Pour renseignements complémentaires sur cette question, consulter le Manuel de Galvanoplastie de Brunei, ou la Galvanoplastie de Lau rencin, édités par la Librairie Gauthier-Villars, 56, quai des Grands-Augustins.
- Le Gérant : G. Masson.
- 99.023,
- Paris, lmp. Lahure. — 1-8-1930.
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- COUCHERS DE SOLEIL
- N° 2839. - 15 Août 1930 //
- Paraît le Ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro ; 3 francs 5C
- pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 153/610
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI3 CR. C Seine : >5.234) Tel. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0’), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- ;V Prix du numéro vendu en France : 3 fr, 50
- Tarif spécial pour la Belgiqué et le Luxembourg : 12 mois (24 n°‘), 85 fr. ; —6 mois (12 q0‘), 43 fr.
- Tarif pour l’étrancfèr : Tarif rp i i AN-
- ........ ..—.—n.. .n.-in. -vt-..--/ ( Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n• 2
- Us M, , ...............
- Six mois............. .
- 110 fr.
- 55 fr.
- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haiti, Honduras. Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou
- chèque à l'ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l8r de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
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- N° 2839
- LA NATURE
- 15 Août 1930
- UNE NOUVELLE LAMPE ÉLECTRIQUE
- A RADIATIONS SOLAIRES
- are de mercure
- éhtcù'odev de tungstène'
- En plus des rayons lumineux et calorifiques dont nous constatons facilement l’existence, le soleil émet d’autres radiations invisibles pour notre œil, les rayons ultraviolets dont les vertus hygiéniques, voire curatives, sont si bien reconnues que les cures de soleil sont très à la mode aujourd’hui.
- Or, comme l’héliothérapie est une thérapeutique coûteuse et que les stations ne fonctionnent pas en toutes saisons, on a cherché à remplacer artificiellement les rayons ultra-violets de l’astre bienfaisant.
- On y est arrivé en utilisant une lampe électrique dont l’enveloppe, au lieu d’être faite en verre qui arrête les rayons ultraviolets, est, généralement, en quartz, perméable à ces rayons. On l’appelle pour cette raison cc Soleil » artificiel.
- Il existe diverses espèces de soleils artificiels parmi lesquels nous devons une mention spéciale à celui que viennent de créer, sous le nom de « lampe-soleil, type S. 1 », les ingénieurs de la « General Electric Co » de New York, à l’usage des particuliers pour les cures à domicile.
- La lampe est extérieurement analogue à une lampe à incandescence du commerce, en ce sens que sa source lumineuse est contenue dans une ampoule qui se visse sur un culot de la manière habituelle. Mais le mécanisme est bien différent de celui de la lampe à incandescence.
- La source lumineuse, en effet, est constituée non par un filament métallique incandescent, mais par un arc qui se forme à travers de la vapeur de mercure entre deux électrodes de tungstène : les électrodes fournissent la lumière alors que l’arc produit la radiation ultra-violette,
- filament-
- deümgstèfie
- Fig. 1. — La lampe Soleil » S-l ».
- La source lumineuse est constituée par un arc qui se forme à travers la vapeur de mercure entre deux électrodes de tungstène. Un filament porté à l’incandescence au moment de l’allumage sert à amorcer
- cet arc.
- en même temps qu’une certaine quantité de lumière. Un filament de tungstène, porté à l’incandescence au moment de l’allumage, sert seulement à amorcer rapidement ous faible tension, et est mis automatiquement hors circuit quand l’arc éclate.
- On utilise pour l’ampoule un verre spécial éliminant les rayons ultraviolets de courte longueur d’onde qui ne doivent être employés que sous la surveillance du médecin. Ce verre est calculé de manière à ne laisser passer que les rayons bienfaisants correspondant aux rayons solaires d’une belle journée de la mi-été.
- En conséquence, avec ce nouveau soleil artificiel, il n’est pas besoin de lunettes ni d’autres dispositifs de protection, tout comme avec le soleil naturel.
- La lumière produite par le nouvel appareil contient le spectre complet; plus blanche que la lumière ordinaire du tungstène incandescent, elle est plus agréable à la vue ; et puis, elle combine d’une manière à la fois simple et efficace l’éclairage et la radiation ultra-violette.
- L’appareil se présente sous forme de support surmonté d’un réflecteur contenant la lamp^ et terminé dans le bas par un boîtier métallique renfermant le transformateur.
- lise monte uniquement sur des circuits de courant alternatif, à 60 périodes, sous des tensions de secteur, c’est-à-dire de 110 à 125 volts. Grâce à des roulettes isolées, il est facile à déplacer et on peut le brancher sur n’importe quelle prise de courant. La lampe elle-même fonctionne à basse tension, elle doit donc être alimentée par le réseau par l’intermédiaire d’un transformateur
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- Transmission de Jhmpoule (Lampe typeS.l. >
- Efficacité épythématique
- relative j/' '' / U-Visibilité relative
- ~I I U 3 J 3 3 1 11 U 1 1 '= 'o o ==<= Longueur d'ondes
- ..r -g.-3JMÈl^tlZfZZrte-
- L______Transmis par verre ordinaire -
- Fig. 2. — Courbe montrant la composition de la lumière émise par la lampe Soleil « S-l ».
- établi spécialement pour elle, ses caractéristiques opérantes étant précisément déterminées par le transformateur. Lorsque l’interrupteur est fermé, l’appareil consomme approximativement sous 9 ampères 30 volts. Aussitôt que l’arc éclate, ce qui demande normalement une fraction de seconde, la tension tombe à 11 volts environ avec une consommation totale de 30 ampères.
- Dès que le contact est établi, le filament est porté au blanc. La chaleur ainsi dégagée vaporise une petite bulle de mercure placée au fond de l’ampoule, de sorte que, instantanément, l’arc de mercure s’amorce entre les deux électrodes de tungstène fixées aux mêmes supports que le filament. La formation de l’arc provoque la fermeture du circuit entre les électrodes de tungstène qui constituent pour le courant le chemin de la moindre résistance et le filament est mis automatiquement hors circuit.
- Fig. 3. — Le bain de lumière des enfants.
- D’une manière générale, nous ne nous rendons pas compte de l’augmentation du rayonnement calorifique résultant fatalement du rayonnement lumineux émis par le tungstène incandescent des lampes à incandescence ordinaires. Il n’en est plus de même lorsque nous sommes en présence de lampes spéciales d’illumination à haute intensité; le rayonnement calorifique se manifeste à nous sous forme d’accidents souvent très pénibles, aveuglement prolongé, conjonctivite obstinée, etc... comme cela se produit dans les studios modernes de prises de vue cinématographiques.
- En chiffres ronds, 85 pour 100 de l’énergie rayonnée par une lampe de 1500 watts se trouvent dans la région infra-rouge et constituent la chaleur qu’il s’agit de supprimer. On réalise cette suppression au moyen d’un liquide absorbant une grande partie dé la chaleur tout en transmettant la plus grande partie de la lumière. On utilise à cet effet de l’eau ou une solution telle que le chlorure de cuivre, pour absorber la chaleur que l’on élimine par l’intermédiaire d’un serpentin de réfrigération.
- La lampe du nouvel appareil est immergée directement dans le liquide absorbant qui est placé dans un globe de verre extérieur. Un serpentin de réfrigération dans lequel on fait circuler de l’eau brute est également immergé dans le liquide absorbant. Les courants de convection provoqués dans le liquide suffisent à maintenir la circulation, ce qui permet d’éviter l’emploi d’un agitateur mécanique.
- La lampe, le serpentin de refroidissement et le globe extérieur sont tous portés par une plaque de base sur laquelle est monté le culot de la lampe. Deux garnitures, l’une entre la plaque de base et le globe, et l’autre entre la plaque de base et la lampe juste en dessous de la base assurent l’étanchéité de l’appareil.
- Cette disposition présente plusieurs avantages. La couche absorbante liquide entoure effectivement la source lumineuse, de sorte que presque aucune radiation n’émane dans l’atmosphère de la salle sans passer par la matière absorbante. On fait circuler de l’eau de refroidissement maintenue dans le serpentin de sorte que ni eau distillée, ni aucune partie de solution absorbante ne puissent stationner dans le globe. De cette manière le globe et la lampe restent toujours propres; il ne s’y forme pas de dépôt quoique l’agent de refroidissement soit de l’eau brute.
- Un autre avantage est la possibilité d’utiliser des ampoules d’assez petites dimensions, la température de l’ampoule n’étant pas un facteur de limitation en cette occurrence.
- Pendant une série d’essais pratiqués avec un filament de 1500 watts, 115 v monté dans une ampoule tubulaire spéciale dans laquelle on faisait circuler de l’eau brute ordinaire (16° C.) à la vitesse de 90 litres par heure, par l’intermédiaire d’un serpentin de refroidissement, la température de la chambre absorbante fut maintenue à 45° C. Onze cent soixante-quinze watts (75 pour 100) furent dissipés dans l’eau de refroidissement, alors que l’absorption de la lumière provoquée par la chambre absorbante ne fut que de 5 à 7 pour 100.
- Le noircissement de l’ampoule est toujours un indice significatif pour la détermination de la vie utile^des
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- lampes à incandescence; il est d’une importance particulière lorsqu’il s’agit d’un type de lampe à atmosphère gazeuse, à haute intensité et filament épais.
- Le courant des gaz entraîne les particules de tungstène émises par le filament vers le sommet du réfrigérateur et les parois de l’ampoule. Cette « suie » de tungstène absorbe une très forte proportion d’énergie et à la longue le verre d’une certaine catégorie de lampes à haute tension finit par se dévitrifier ; il lui arrive même de se chauffer au point de provoquer la distorsion de l’ampoule qui devient alors hors d’usage.
- Pour obvier à cet inconvénient la lampe « S 1 » est munie d’un dispositif consistant en une cuillerée de grossière poudre de tungstène que l’on dispose à l’intérieur avant le scellement.
- Lorsque au bout d’un certain temps la lampe s’est noircie, il suffit de la dévisser, de la retourner et de faire tomber le dépôt de tungstène formé à la surface du verre intérieur, pour qu’elle fonctionne à nouveau normalement.
- Connaissant le moyen de remédier au noircissement de la lampe, on peut pousser la lampe beaucoup plus près du point de fusion du tungstène, sans mettre l’ampoule en danger et sans abréger la durée prévue de la lampe.
- D’un emploi facile, simple et économique, cette lampe permet de prendre les bains de soleil en se rasant, en lisant dans un fauteuil, au lit aAmnt de s’endormir. Les enfants en costume de bain peuvent jouer à la maison sous les rayons bienfaisants de la lampe, comme ils le font, en été, sur la plage.
- De toute façon, ce traitement artificiel doit, après avis du médecin, être appliqué d’une manière prudente et progressive, comme on doit le faire pour le traitement naturel. Les médecins recommandent une durée de 15 minutes environ pour la cure de soleil naturel; c’est pourquoi 30 minutes seront suffisantes, dans les conditions ordinaires, pour la cure de soleil artificiel dont les résultats sont ceux d’une cure naturelle bien conduite : érythème (coup de soleil), baisse de la tension artérielle, multiplication des globules rouges, augmentation de l’appétit et du ]3oids, etc...
- — .-.. ... ....^...= 147 =
- Ajoutons que le soleil type S. 1 n’est point destiné au traitement des maladies, celui-ci restant du domaine de la Faculté. Il a été créé pour permettre aux gens de faire chez eux une cure de soleil pour se maintenir en bonne santé.
- L. Kuentz.
- Fig. 4. — La lampe Soleil est facile à déplacer grâce à des roulettes isolées électriquement.
- Son socle muni d'une prise de courant à relier au réseau contient le transformateur.
- Un commutateur, placé près du réflecteur, permet d’allumer ou d’éteindre cette lampe comme une lampe à incandescence ordinaire.
- REPRODUCTION DES CHAMPIGNONS EN CIRE
- J’ai publié dans La Nature du 26 novembre 1922 un article sur la reproduction des champignons en plâtre, dans le but de constituer des collections. Les résultats que j’avais obtenus étaient déjà très satisfaisants, mais, j’estime que la cire que j’emploie aujourd’hui est bien supérieure au point cle vue imitation; elle donne l’impression de la chair des cryptogames, et l’on peut ainsi donner l’illusion que l’on a dans ses vitrines de véritables champignons.
- Je vais de suite, indiquer ma manière de procéder.
- Je parlerai en premier lieu du matériel indispensable. Il faut d’abord faire faire chez un fondeur ou'un tourneur des chapes de métal cle différentes tailles et formes cor-
- respondant à peu près à la forme des sujets à reproduire (il en faut 5 ou 6).
- Ces chapes peuvent se faire en cuivre, en zinc, en étain, en aluminium; elles doivent posséder des parois épaisses. Voici la description sommaire d’une forme type de chape à mouler :
- 1° Un cylindre perforé de bout en bout (C) — fig. 1).
- 2° Une pièce en forme d’entonnoir (E) creuse de bout en bout dont la partie inférieure repose sur le cylindre (C). Ces deux parties sont munies chacune sur leurs bords d’un cran de repère (R — R).
- 3° Un anneau (A) correspondant au bord supérieur' de l’entonnoir (E), également repérés l’un à l’autre.
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- Fig. 1. — Les pièces de la chape de moulage.
- L’ensemble de ces trois sections réunies a la forme d’une espèce de vase sans fond représenté par la fig. 2.
- Cette explication nécessaire étant établie, supposons que nous voulions reproduire un Tricholoma nudum.
- Il devra pouvoir être investi dans la chape décrite ci-dessus en laissant beaucoup d’espace autour de lui (fig. 3).
- Saupoudrons ce champignon avec le mélange suivant :
- f Oxyde de zinc 20 Porphyriser < Talc 30
- [ Trioxyméthylène 5
- au besoin, plongeons-le à même dans cette poudre ; puis au bout d’une demi-heure, on prendra un pinceau très doux en martre et on enlèvera soigneusement toute la poudre adhérente. On plongera alors un fil de fer (F — fig. 3) dans l’axe du champignon pour pouvoir le manier plus facilement.
- Cela fait, on prendra de la gélatine pure dite Blanc-manger (première qualité), on la plongera dans de l’eau froide pendant deux minutes ; la retirer ramollie, exprimer l’excès d’eau entre les mains et la mettre à fondre (sans addition d’eau) au bain-marie.
- Une fois fondue, verser cette gélatine dans la chape jusqu’à ce qu’elle arrive en x (fig. 2).
- Prendre le champignon préparé, verser un peu de gélatine sur les feuillets pour ne pas emprisonner d’air; retourner brusquement le tricholome et l’enfoncer (pied en bas) dans la gélatine déjà versée dans la chape jusqu’à affleurement du bord inférieur du chapeau
- (T — T •—-fig. 3).
- Fig. 3. — Le moulage d'un Tricho- On maintiendra
- lome. fixe le champignon
- au moyen du fil de fer qui le traverse jusqu’à commencement de prise de la gélatine.
- A ce moment, une fois le tout refroidi, on badigeonnera le dessus du chapeau du champignon et la surface supérieure de la gélatine solide qui l’entoure avec une solution de formol à
- 40 pour 100. On attendra une demi-heure et on fera refondre de la gélatine; on la versera sur la partie supérieure du chapeau en le recouvrant de 2 cm jusqu’en (Y —Y —fig. 3).
- Après refroidissement complet (deux heures) on démontera la chape et l’on sortira entier ou par morceaux le champignon naturel en ayant bien soin de ne pas détériorer le creux de gélatine.
- Le cylindre A entraînera le bloc supérieur de gélatine et l’on aura ainsi le moulage en creux en deux parties du champignon.
- Il s’agit maintenant d’obtenir le relief en cire.
- La cire se composera du mélange suivant :
- Cire vierge 300
- Stéarine 200
- Gomme damar 25
- On badigeonnera tout l’intérieur du creux de gélatine avec de l’essence d’auto.
- On ouvrira un trou de coulée (A — B — C — D -— fig. 3) dans le plafond supérieur de gélatine.
- On coulera alors la cire assez chaude dans le moule
- Fig. 2. — Le moule monté.
- ouvert jusqu’en (T — T —fig. 3), on remettra vivement le cylindre A en place, et on finira de couler la cire par le trou que nous venons de pratiquer.
- Il ne restera plus, après refroidissement, qu’à démouler avec précaution et peindre le champignon parfaitement reproduit en cire avec des couleurs à l’essence.
- Il est bien entendu que, quelques instants avant, de couler la cire, on devra badigeonner l’intérieur du trou de coulée A, B, C, D avec du formol à 40 pour 100 pour éviter la fusion des parois gélatineuses sous l’action de la chaleur.
- J’espère avoir été aussi clair que possible dans ce rapide exposé; il est certain qu’un certain tour de main est nécessaire pour arriver à un résultat parfait; si néanmoins les lecteurs de La Nature que cela intéresse désirent avoir des renseignements complémentaires, je suis à leur disposition pour éclairer les points obscurs qui pourraient les embarrasser.
- A. Daclin.
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- MÉDICAMENTS ET MÉDICASTRES =
- DU MONDE AILÉ
- Nous avons déjà vu, dans une précédente étude (*), le rossignol adepte de l’héliothérapie s’allonger, plumes et ailes étalées sous les premiers rayons du soleil printanier pendant qu’une voisine de volière l’épouillait avec conscience; là ne s’arrête pas la science de la gente emplumée : en voici deux nouveaux exemples.
- *
- * *
- Le séjour dans une cage trop exiguë a brisé les plumes de notre gaie linotte; de courts tronçons, vestiges d’une beauté passée formant seuls un insuffisant appendice caudal sans doute voué à une définitive déchéance, puisque nul de nous n’aura le courage de les arracher pour permettre une utile repousse.
- Cependant il ne faut préjuger de rien; voici le chardonneret qui s’agite, il s’approche de son amie, l’encourage et d’un bec ferme et sûr lui arrache successivement tous les tronçons de plumes.
- *
- * *
- Dans notre volière, supérieurs au rouge-gorge, à la linotte à tête noire, au chardonneret et aux pinsons vivent deux chanteurs admirables, deux rossignols du Japon! Superbes dans leurs robes rutilantes ils chantent sans arrêt; leurs voix montent fermes et rondes, reviennent, repartent, s’élèvent encore d’une pureté de cristal, si pénétrante et si mélodieuse, qu’on ne peut se lasser de les entendre. De temps à autre ils ponctuent les airs, qu’un de mes fils joue au piano, puis s’arrêtent pour repartir... Ce sont de merveilleux artistes, des chanteurs hors de pair auprès desquels la voix humaine paraît une pâle et fade émission.
- Et voici que l’un des deux est frappé d’une maladie qui a bientôt raison de sa beauté; son crâne se dénude, les plumes rouges de son jabot tombent et sa tête, soutenue par un cou grêle et nu, serait burlesque si, malgré tout, il n’en sortait éperdument un chant d’une noblesse, d’un art merveilleux !
- Pauvre chanteur éprouvé, comment le soigner? Comment rendre à l’instrument magnifique l’enveloppe agréable qui le complétait si heureusement? Il lui faudrait le grand air, un jardin, les gambades dans la terre humide, les vers succulents happés d’un bec avide et dévorés illico. Il lui faudrait l’ombre des feuilles d’arbres, la fraîcheur de l’herbe, l’imprévu des
- 1. La Nature, sept. 1929.
- rencontres multiples que l’oiseau en liberté trouve sur son chemin.
- Tout ceci n’existe pas dans un appartement de Paris ! « Mais cela se trouve, s’écrie l’un de mes fils, dans le beau parc qui est sous nos fenêtres ». Et voici que dans une petite cage de bois, portière ouverte, on embarque le pauvre déplumé. Attachée à une corde la cage franchit les trois étages qui nous séparent du sol, puis s’arrête. Que va-t-il arriver? Doucement Messire rossignol avance la tête, une patte, une patte encore et le voici dans le jardin. II regarde à droite, à gauche, se dirige vers un fourré, plonge le bec dans la terre grasse...
- La cage remonte.
- Nous sommes un peu inquiets de notre petit pensionnaire : voici deux ans qu’il habite sous notre toit ; il n’y a pas seulement perdu ses plumes, mais toute aptitude à la défense. Saura-t-il encore voler? Saura-t-il se soustraire aux attaques de tous les ennemis de l’oiseau? La nuit surtout, ne sera-t-il pas fatalement la proie des chats qui rôdent sur les murs en chantant au ciel leur litanie stridente?
- Et, s’il périt, ne serons-nous pas, nous qui l’avons enlevé à la nature, emprisonné et par contre-coup rendu inhabile à vivre en liberté, ne serons-nous pas responsables de sa triste fin?
- La soirée est superbe, le soleil couchant dore les feuilles des arbres, l’air d’une pureté, d’une légèreté extraordinaire vivifie les organismes déprimés, par la chaleur du jour. Et soudain un chant doux et vibrant s’élève du jardin et de la volière, un chant identique répond et bientôt un duo véritable s’engage entre l’oiseau en liberté et le petit prisonnier de notre demeure. Que se disent-ils? Est-ce la nostalgie de l’espace que clame notre commensal? Est-ce la joie d’être enfin libre que dit le déplumé? Nous nous penchons à la fenêtre et au bas du mur, son bec dressé vers le ciel, il nous apparaît.
- « Il demande à revenir », s’écrie-t-on. Doucement, portière ouverte et sans appât d’aucune sorte, la cage est descendue; doucement, simplement, l’exilé y prend place. La cage remonte, elle rentre dans la salle et lui rentre dans la vobère et, depuis, chaque matin, M. le déplumé descend faire sa cure de verdure et d’espace et chaque soir, lorsque l’or du soleil enlumine le jardin, il remonte vers la volière familière où l’accueille son camarade.
- Les plumes n’ont pas repoussé encore, mais cette observation n’excuserait-elle pas toutes les calvities?
- Maurice et Augusta Moll-Weiss.
- LA FABRICATION DES CANNES A PECHE
- Depuis l’époque lointaine où nos ancêtres des cités lacustres empruntaient aux arbres du voisinage les branches qui leur servaient à soutenir de grossiers hameçons confectionnés avec des épines végétales, des silex taillés ou des os d’animaux, la forme des cannes à pêche n’a guère varié. Mais les matériaux utilisés pour la confection de ces engins se modifièrent au cours des âges, en vue de mieux assurer leur force, leur légèreté et leur souplesse. Si aujourd’hui les campagnards vont encore couper, dans une cépée de coudrier ou de saule, des
- gâules au hout desquelles ils attacheront leurs lignes pour taquiner le goujon, les pêcheurs citadins ne peuvent emporter en voyage un matériel aussi encombrant. Les techniciens ont donc imaginé à leur intention, des cannes démontables en plusieurs morceaux, qu’on réunit entre eux sur les lieux de pêche.
- Maintenant ces cannes dites en paquets se composent, d’ordinaire, de 3, 4 ou 5 brins mesurant chacun 1 in 15, 1 m 20, 1 m 30, 1 m 50 ou 2 m et qui s’ajustent les uns aux autres à l’aide de douilles métalliques. On nomme talon
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- ou pied la partie cle la gaule que le pêcheur tient dans sa main et scion l’autre extrémité terminale la plus fine. On appelle vergeon, « branlette » ou ce seconde » le tronçon dans lequel s’ajuste le scion. Enfin, suivant la longueur de l’engin, un ou plusieurs « corps » peuvent s’adapter entre le vergeon et le scion. Il existe, d’ailleurs, d’innombrables types de cannes à pêche démontables ; les unes se font avec des bouts égaux, les autres appelées tiercêes se montent avec des corps de longueurs inégales. On fabrique également divers modèles télescopiques dont les portions rentrent, à volonté, l’une dans l’autre.
- Fig. 1. — Une touffe de roseau de Provence (Arundo donax).
- Paris ést actuellement le grand centre européen de production des cannes à pêche-.
- Cette industrie très spéciale occupe environ 2500 ouvriers des deux sexes, qui fournissent aux millions de pêcheurs français et à leurs confrères du Vieux Monde l’outillage nécessaire pour se livrer à leur sport favori.
- Les cannes destinées à la pêche du menu fretin se fabriquent avec des Roseaux de Provence, légers mais fragiles, tandis;que les vergeons, les corps et les pieds des lourdes gaules servant à la capture des gros poissons sont confectionnés avec des Bambous .exotiques, au bois solide et résistant.
- LE ROSEAU DE PROVENCE
- Le Roseau de Provence (Arundo donax L.) est une Graminée très commune dans toute la région méditerranéenne, principalement en France dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône et en certains points des côtes de l’Italie. Les variétés les plus estimées par les fabricants de cannes à pêche viennent des environs de Fréjus. Ses longues tiges, de la grosseur du doigt, entrecoupées de nœuds, garnies jusqu’à leur sommet de feuilles engainantes, vert glauque et toutes rangées d’un seul côté, atteignent normalement de 3 à 5 m de hauteur. Cet arbuste aime les sols sablonneux frais ou humides, voisinant avec les peupliers et les saules ; mais il prospère également dans les terrains secs et rocailleux où il pousse pour ainsi dire sans culture. Au cours de sa végétation on procède seulement à quelques binages et sarclages. Dans le Midi de la France, on coupe les Roseaux_ en janvier-février et on les met par paquets, qu’on dresse en plein air contre un mur. On les abandonne ainsi jusqu’au milieu de l’été. Une fois les tiges bien sèches, on les débarrasse des débris de feuilles et des gaines au moyen du racloir, appelé aussi rifloir. Cette sorte de grattoir est formée de lames qui laissent, entre leurs extrémités tranchantes, une ouverture par laquelle l’ouvrier introduit le petit bout de la canne, le long de laquelle il fait glisser l’instrument afin d’elîeuiller cette dernière. 11 tranche ensuite au sécateur la partie terminale des gaules, prêtes alors pour leur envoi aux fabricants.
- FABRICATION DES CANNES EN ROSEAUX
- Quand ces tiges arrivent à l’usine, on les examine sérieusement, et on élimine celles qui. présentent des fentes, des piqûres de vers ou autres défectuosités. On procède ensuite à une nouvelle toilette des roseaux bruts, toujours avec le sécateur qui permet d’enlever leurs aspérités. Après quoi, on les assortit par grosseurs et on les débite à la scie circulaire en tronçons de diverses longueurs, qui formeront ultérieurement des «vergeons» ou des « corps », des « pieds » et des « scions ».
- A ce moment, il faut effectuer le redressage des « brins » de Roseaux qui, comme les Bambous, du reste, sont rarement d’une rectitude absolue. On place donc séparément chacun d’eux dans des .tubes métalliques qu’on porte dans un four spécial chauffé à blanc. Cette opération exige beaucoup de doigté et d’expérience. Si, en effet, l’homme laisse le bout de canne trop longtemps dans le brasier, il le brûle ; si la chauffe est insuffisante, le redressage ne s’effectue pas. Certains spécialistes préfèrent même opérer « à la main »; en ce cas, ils mettent chauffer les tronçons de Roseau au-dessus d’un simple réchaud à charbon de bois à feu vif et les tenant entre de longues pinces de bois finissent par les redresser progressivement.
- D’ordinaire, les cannes en roseau ont 3, 4 ou 5 corps dont la longueur varie entre 1 m et 1 m 75 sauf le scion habituellement plus court que les autres brins. Leurs diverses parties constitutives doivent aller en diminuant d’une manière régulière depuis le pied jusqu’à l’extrême pointe du scion. D’après une étude due à un spécialiste
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- averti, M. Jacques-Louis Benouville, et publiée récemment par notre confrère Le Pêcheur français, la division en 3 bouts est la meilleure à adopter pour une canne démontable dont la longueur n’excède pas 5 m. Au delà, on pourra la partager en 4 corps jusqu’à 6 m 50 et en cinq de 6 m 50 à 7 m 50 : limite extrême qu’il ne faut pas dépasser si l’on veut assurer le bon équilibre de l’engin.
- Au sortir de l’atelier de tronçonnage, tous les brins de roseau passent sur une sorte de tour. Cette machine creuse l’extrémité supérieure de chacun d’eux (sauf celle du scion) pour que le talon du fragment voisin puisse venir s’y' ajuster. On bague ensuite chaque bout avec une douille ou virole en cuivre de 8 à 10 centimètres de long afin d’obtenir un emboîtage plus doux et plus parfait. Quant aux scions on les fabrique généralement en bambou blanc ou noir, léger, solide, d’une épaisseur et d’une longueur proportionnées à la force des lignes auxquelles ils sont destinés.
- Les cannes « à bouts égaux » ne se tenant pas bien
- Fig. 3. —• Redressage des cannes au four.
- droites et tressaillant au moment du « ferrage», on a eu l’idée d’en réaliser avec des tronçons inégaux dont on a calculé les dimensions respectives pour rapprocher leur centre de gravité de la main du pêcheur. Vu leur meilleur équilibrage et leur plus grande rigidité, ces cannes dites tiercées permettent d’enferrer plus vite le poisson.
- D’autre part, il ne faut pas exagérer la flexibilité des cannes, car, avec une gaule courte et très flexible, le scion commence par s’abaisser au moment où l’on relève sa ligne pour ferrer et ce « fouettement » risque de faire manquer le gardon ou la truite qui a mordu à l’hameçon. De même, une extrême légèreté nuit à la solidité et au bon équilibre de la canne. On doit donc se tenir dans un juste milieu, surtout pour les engins destinés aux pêches de fond.
- On augmente souvent la résistance des cannes en roseau en les ligaturant entre chaque nœud avec du fil poissé recouvert d’une couche de vernis sur une largeur de deux centimètres ou mieux en les entourant complètement d’un ruban de soie verdâtre collé, puis verni avec
- Fig. 2. — Passage des liges sèches de roseaux au racloir.
- soin. Cet enrubannage s’opère en mastiquant les parties situées entre les nœuds, de façon à égaliser leur surface. Sur ce mastic, un ouvrier enroule au tour des rouleaux de soie imbibés de colle, puis, sur ce premier revêtement, il en effectue un second en sens contraire. Les extrémités des rubans s’insèrent sous les douilles métalliques et finalement on recouvre rhabillage entier d’une épaisse couche de vernis gras enpêchant l’eau de pénétrer jusqu’à l’étoffe. Ces cannes enrubannées sont un peu plus lourdes que celles simplement ligaturées avec du fil, mais sont beaucoup plus solides que celles-ci quand elles sortent d’une firme consciencieuse. ^Quelquefois cependant les rubans ne servent qu’à masquer les défauts de certaines cannes de pacotille, qui se rompent alors sur un « lancer» un peu brutal ou par suite des secousses imprimées à la ligne par quelque vigoureux habitant des ondes pris à l’hameçon.
- Fig.é. —Creusage des cannes autour.
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- Fig. 5. — Atelier de montage des brins et ajustage des viroles en cuivre-
- LES BAMBOUS
- Les cannes en roseau, sec et sans tare, conviennent parfaitement pour le goujon, les ablettes, les gardons et autres « blanchailles » de nos étangs et de nos rivières. Mais cet outillage devient insuffisant pour la capture des grosses pièces. On s’adresse donc aux Bambous exotiques pour fabriquer des gaules très résistantes ne risquant pas de se briser sous l’énergique défense d’un brochet ou d’une carpe, d’une truite ou d’un barbeau. Pour la confection de ce genre de cannes à pêche, on emploie trois espèces de Bambusées : le Bambou blanc, le Bambou noir et le Bambou des Indes appelé commercialement Bambou de Calcutta. Actuellement, vu leur prix d’achat élevé, on ne trouve guère plus les Bambous de cette dernière provenance dans les ateliers parisiens, bien que leur robustesse l’emporte sur celle des autres représentants de la même famille végétale.
- Le Bambou blanc, solide mais lourd et moins estimé que le noir, sert surtout à confectionner les scions des cannes en roseau. Parfois aussi on le plonge dans des bains d’acides divers pour le teinter ou le parsemer de taches plus ou moins foncées. On le vend alors dans le commerce sous les dénominations de ce Bambou rose», « Bambou flambé », « Bambou moucheté », « Bambou marbré ».
- Les fabricants français utilisent surtout les Bambous noirs plus légers et presque aussi résistants que le Bambou blanc. Ils les travaillent de façon à peu près identique aux Roseaux. Entre les trois principales variétés de ces Graminées gigantesques, ils préfèrent le Bambou noir de Chine. Ses tiges, qui atteignent souvent 20 à 25 m de hauteur, se reconnaissent à leur forme bien cylindrique et à leurs nœuds rapprochés ; ils coûtent très cher mais offrent, en échange, une force à toute épreuve. Aussi les cannes en séries qu’on trouve dans les bazars se fabri-
- Fig. 6. —- Ligaturage des cannes dites « au lancer » et au « moulinet ».
- quent-elles avec des Bambous noirs, originaires du Japon et très inférieurs comme qualités aux précédents. Enfin les Bambous noirs d'Algérie, qu’on désigne commercialement sous le nom de Bambous femelles, sont peu estimés vu leur faible résistance.
- La firme S. Allcock, comme la plupart des maisons françaises, a adopté pour les cannes en Bambou les mêmes fractionnements que pour celles en roseau. Les bons modèles courants se font en Bambou noir de Chine et comprennent 4 à 5 brins démontables, tiercés ou non. Selon l’opinion autorisée de M. Jacques-Louis Benouville, la longueur de 6 m en 4 corps convient parfaitement pour les pêches de bord en étang et en rivière ainsi que pour la pêche maritime dur haut des digues et des
- Fig. 7. — Salle d’expédition des cannes à pêche chez un grand fabricant parisien.
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- rochers. D’autre part, les cannes en bambou ne se ligaturent pas, sauf aux endroits de fixation des anneaux métalliques et contreles viroles d’assemblage ; elles comportent, d’ordinaire, une portée de moulinet sur le gros brin.
- Indépendamment des diverses cannes à pêche ci-dessus décrites, il en existe beaucoup d’autres types plus ou moins originaux dont nous signalerons quelques-uns pour terminer cette rapide étude. On construit des cannes générales à plusieurs scions de forces différentes pour pêcher les gros comme les petits poissons. Les cannes rentrantes ou de promenade se font en 4 ou 5 brins de 0 m 90, évidés afin de rentrer les uns dans les autres ;
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- un bouchon et une pomme à vis obturent leurs deux bouts. Commodes à porter, ces engins ne sont pas plus recommandables que les cannes cyclistes, établies en 6, 7 ou 8 corps de 0 m 60 à 0 m 75 et contre la douteuse solidité desquelles plus d’un novice a murmuré ! Par contre, certaines cannes en bambou possèdent d’intéressants perfectionnements, tels que l’assemblage de leurs sections par des jointures à ressorts ou au moyen de rainures spiralées qui empêchent toute séparation accidentelle et de gros brins creux destinés à y enfermer un scion de rechange, etc.
- Jacques Boyer.
- LES MACHINES A ENSILER
- L’ensilage des fourrages en tours, qui se généralise depuis quelques années, constitue une véritable révolution agricole.
- La certitude qu’il donne d’avoir un aliment sain et
- Fig. 1. — Machine française à ensiler.
- Le fourrage vert est jeté à gauche dans la goulotte, dont le fond est constitué par un tablier sans lin.
- succulent pour le bétail tend même à réduire la culture des plantes racines, en particulier des betteraves, qui est extrêmement fatigante parce qu’il faut avoir les mains au niveau du sol pour démarier (éclaircir) les jeunes plants, biner et arracher; cette dernière opération se pratiquant dans la boue en octobre et novembre.
- L’ensilage consiste à jeter dans une trémie ou goulotte du fourrage vert ou demi-vert fauché à la machine. A l’extrémité se trouve l’élévateur que nous décrirons plus loin. La machine fait presque tout le travail.
- Le silo « digère » tout, en particulier les mauvaises herbes de prairies naturelles et artificielles; il assure leur conservation par une fermentation bien conduite.
- On tend à y ajouter du maïs fourrage qui apporte du sucre aux ferments. Or le maïs fourrage donne des rendements énormes en certains étés. On en offre tant qu’on peut aux vaches laitières et on coupe le reste pour le silo en septembre à la veille des gelées.
- Puisque le silo attendrit les « côtes » ou tiges dures qu’on lui confie, on arrive à cultiver à son usage le tournesol (soleil), qui fournit à l’hectare des poids encore plus élevés.
- On confie au silo les produits de fenaisons manquées, les herbes de marais qui jadis ne faisaient que de la litière, les choux qui se conserveraient mal.
- L’ensilage ressemble à la fabrication de la choucroute.
- Il a existé de tout temps, mais on employait surtout l’ensilage pressé en fosses.
- Avec les tours, la matière se sert de presse à elle-même.
- Mais les tours n’ont pu se répandre que lorsqu’on a possédé des machines facilitant leur remplissage.
- La coupe du fourrage vert n’est pas absolument indispensable, mais préférable tout de même pour réduire la quantité d’air entre les matières, diminuer le volume qu’elles occupent, régulariser leur fermentation.
- On pourrait donc se contenter d’un élévateur, ou même s’en passer si la tour est à flanc de coteau et munie d’une rampe d’accès.
- Il est préférable cependant de faire passer préalablement la marchandise entre les couteaux d’un hache-paille.
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- Fig. 2r — Le mécanisme coupeur et souffleur d'une machine à ensile ; b
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- Mieux encore, on possède maintenant des « souffleurs » ou « blizzars » ou a blowers » que l’on commence à construire en France sous le nom de machines à ensiler ou d’ensileurs-hacheurs.
- Fig.. 3. — Lé hacheur-souffleur au pied d’un silo-tour.
- Elles remplissent à la fois le rôle de coupeurs et celui d’élévateurs par soufflage (fig. 1).
- Leur organe principal est un disque ou volant tournant très vite et portant latéralement des couteaux et des palettes (fig. 2).
- Le fourrage à couper est amené par un tablier mobile et passe sous un rouleau cannelé qui le presse et le tire de façon qu’il présente une masse assez rigide de largeur donnée à l’action des couteaux.
- Après la coupe, des palettes poussent le produit en brins dans un tuyau élévateur où il est soufflé par un courant d’air qui fait monter la marchandise jusqu’au haut du silo, c’est-à-dire à 8 ou 10 m (fig. 3).
- Une des machines françaises récentes a une capacité d’ensilage de 4 à 12 tonnes à l’heure, en tournant de 700 à 1200 tours à la minute.
- Le nombre de couteaux est de 2 ou 4 suivant la longueur admise pour la coupe. Celui des palettes est double. La puissance exigée est de 5 à 12 ch.
- Une pareille installation ne serait évidemment pas économique si le moteur n’avait d’autres usages à la ferme.
- Ce sont donc les progrès de la mécanique et la dépopulation des campagnes qui ont favorisé l’extension des silos en France et dans l’Afrique du Noçd comme en Amérique où un poète technique s’exprime ainsi :
- Pasture costs quite a heap Build a silo
- Winter feeds are never cheap Build a silo
- Build it wide and built it deep
- Gordin ’to the cows y ou keep,
- And for mille you ’ll never weep,
- Build a silo.
- Ce que nous traduisons librement :
- Cher l’entretien du pâturage.
- Construis un silo !
- L’hiver, jamais bon marché le fourrage. Construis un silo !
- Construis le large et bien profond Pour que vache tirée à fond
- Te donne du lait à foison.
- Construis un silo.
- Pierre Larue.
- Ingénieur-Agronome.
- LES ASPECTS DU SOLEIL A SON COUCHER
- Partout où il peut être observé, le coucher du Soleil est l’un des plus beaux spectacles qui se puisse contempler. Il acquiert un intérêt tout'particulier lorsqu’il est possible de suivre la disparition de l’astre du jour derrière un horizon lointain; de curieux phénomènes d’optique aérienne peuvent alors être remarques que mille obstacles, au sein des villes particulièrement, dérobent
- volontiers à nos yeux. Plus aisément à cette époque des vacances, de multiples occasions nous sont offertes de nous livrer à ces observations, surtout au bord de la mer. où les conditions requises sont au maximum favorables en raison de la parfaite netteté de l’horizon.
- N’insistons pas outre mesure sur la facile contemplation du Soleil à cet instant. Chacun a pu le constater,
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- Fig. 1. — Exemples des différences dans la qualité de l’image photographique du coucher du soleil.
- son disque alors très affaibli d’éclat, et dont la teinte varie du rouge cerise au jaune orangé, peut être fixé sans éblouissement; cet affaiblissement, ces teintes admirables sont causés par la couche atmosphérique, que les rayons lumineux traversent de plus en plus obliquement, c’est-à-dire sous une épaisseur progressive à mesure que le Soleil s’abaisse vers l’horizon. Mais notre attention doit être surtout attirée par d’étranges aspects, si essentiellement capricieux et changeants dans certains cas, qu’un œil non prévenu pourrait douter que vraiment il contemple le disque solaire à ce moment.
- De ces apparences variées, les photographies reproduites ici, prises à mon observatoire de Donville, montrent quelques exemples.
- Les déformations du disque solaire à l’horizon ont leur explication dans la déviation subie par les rayons lumineux en traversant la couche aérienne, et qui, tout d’abord, fait paraître'plus élevée qu’elle n’est en réalité la position d’un astre quelconque. La valeur de cette déviation, ou réfraction atmosphérique, croît réguliè-
- rement à mesure que le trajet des rayons est de plus en plus oblique par rapport à la surface terrestre, autrement dit à mesure que pour parvenir jusqu’à nos yeux, ils traversent l’atmosphère sous une épaisseur croissante.
- A l’horizon, la valeur de la réfraction atteint son maximum; elle est exprimée en chiffres (et en moyenne) par 36' 36" d’arc : c’est la quantité, sur la sphère céleste, dont un astre est relevé au-dessus de sa position réelle; cette valeur est telle qu’elle a pour conséquence de nous montrer le Soleil trônant encore au-dessus de l’horizon, alors qu’en réalité il a déjà disparu au-dessous (fig. 2). D’autre part, étant donnée la largeur du disque solaire, les rayons lumineux de ses bords supérieurs et inférieurs subissent une réfraction différente, plus accentuée pour le bord inférieur plus, voisin de l’horizon;, ce dernier, par rapport à l’autre paraît alors occuper une position apparente davantage relevée, ce qui raccourcit le diamètre du disque dans le sens vertical.: finalement, celui-ci prend un aspect elliptique très nettement accentué et plus aplati en bas qu’en haut (fig. 4).
- Fig. 2. —• Lorsque nous voyons ainsi le soleil, il est, en réalité, entièrement au-dessous de l’horizon.
- Fig. S. — Dimensions de l'image de disque solaire, fournies par des objectifs de diverses longueurs focales-, de gauche à droite : appareils photographiques usuels de formats 6 1/2 x 9 et 9 x 12, fortes longues-vues ou lunettes astronomiques de 75 cm, 1 m. 10 et 1 m. 40 de foyer.
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- Si l’atmosphère était parfaitement homogène, ce phénomène se produirait constamment avec la même importance et la même régularité géométrique dans l’apparence. Dans la réalité, il en est tout autrement.
- La valeur de la réfraction est modifiée par les conditions de température et de pression barométrique.
- D’autre part, de nombreuses couches d’air de densité inégale se superposent jusqu’à une certaine hauteur, suivant les circonstances météorologiques, et elles déterminent individuellement des réfractions très variées ; enfin dans les plus basses, au voisinage du sol, s’ajoutent quelquefois des effets complexes de réflexion de même ordre que ceux donnant lieu aux phénomènes de mirage. A travers ces strates aériennes, le Soleil est vu successivement par suite de son mouvement vers l’horizon et le plus souvent, sa déformation générale, aplatie, se complique de capricieuses déformations locales du disque dont le contour est ainsi fortement altéré. Les photographies ci-contre,
- obtenues avec une lunette de 1 m 40 de foyer, et agrandies au tirage, montrent nettement, dans la plupart des cas, la relation existant entre ces particularités et les couches d’air qui leur donnent naissance.
- Ces curieuses apparences peuvent être parfois assez accusées pour se remarquer simplement à l’œil nu.
- Néanmoins, pour les examiner, il est préférable d’utiliser une bonne jumelle, mieux encore une longue-vue, ou une lunette astronomique, car l’emploi d’un instrument, même de faible puissance, permet seul de bien apprécier ces phénomènes dans tous leurs détails. Pas plus qu’à l’œil nu, bien entendu, il n’est nécessaire de munir l’instrument (sauf dans certains cas exceptionnels) de verres sombres, destinés à protéger la vue ; et ceci augmente grandement le charme du spectacle, qui conserve ainsi toute sa beauté, dans laquelle les teintes variées jouent un rôle important.
- De telles observations visuelles peuvent donc être effectuées avec facilité et, elles sont à recommander
- Fig. 4. — Différences dans l’aplatissement général du disque solaire à l’horizon, par suite des variations de la réfraction atmosphérique (a. b.) et d'effets de mirage à la partie inférieure (c. d.).
- Fig. 5. — Déformations symétriques déterminées, dans une atmosphère Fig. 6. — Déformations asymétriques et instables, déterminées par calme, par des couches aériennes variées. l’agitation de nombreuses vagues aériennes.
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- Fig. 7 el 8. —Quelques aspects remarquables du disque solaire à l'horizon. Les deux dernières figures sont des phases successives, enregistrées à une minute d’intervalle environ; la partie inférieure, très sombre photographiquement, en raison de sa couleur rouge cerise, et qui s’est scindée avant sa disparition, se rapporte vraisemblablement à un phénomène de mirage.
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- Fig. 10. — Une lunette astronomique commodément montée pour la photographie du soleil à l’horizon. A, chambre noire au foyer de l'objectif ; B, obturateur à volet indépendant de la lunette; C, lunette guide pour suivre le soleil et opérer au moment opportun. (Lunette de 95 mm d’objectiî et de 1 m 40 de foyer; Observatoire de Donville).
- Fig. 9. — Exemples de déformations successives du contour du disque solaire disparaissant à l’horizon.
- tout d’abord aux fervents admirateurs de la nature. Mais leur étude attentive présente aussi un réel intérêt scientifique. Aussi aux représentations par le dessin, seule ressource, pour de multiples raisons dans nombre de cas, la photographie doit-elle venir apporter son précieux et impartial appui. Il faut cependant reconnaître, en toute sincérité, que ce moyen d’enregistrement est facilement voué à l’insuccès.
- Les belles nuances de l’astre, vu dans ces conditions, n’impressionnent que faiblement la.plaque sensible; et son image, lorsque la coloration rouge s’accentue à la partie inférieure, par suite de l’absorption croissante vers l’horizon, se perd volontiers dans un effet brumeux si exagéré que le disque disparaît sur la majeure partie de son contour (fig. 1.) Enfin, il faut compter aussi avec le voile atmosphérique, riche en rayons bleus diffusés par les couches élevées, et qui contribue à atténuer fortement les contrastes photographiques. Sans doute dans la majeure partie des cas, l’utilisation d’écrans colorés permettrait-il d’obtenir de meilleurs résultats quant aux valeurs. Mais leur emploi détermine une augmentation de la durée de pose et c’est là un obstacle non négligeable. En effet, il ^faut tenir compte du déplacement du Soleil descendant obliquement vers l’horizon; puis les modifications de son contour à travers les diverses^ couches se produisent parfois avec une grande vitesse, aggravée dans certains cas par les rapides ondulations de
- l’image sous l’influence des vagues aériennes. Pour toutes Ces raisons, la pose doit être pratiquement instantanée, à tout le moins ne pas excéder une demi-seconde. De toutes façons l’emploi de plaques orthochromatiques s’impose, mais des résultats vraiment satisfaisants ne peuvent être obtenus qu’en d’assez rares circonstances, lorsque le Soleil conserve un bel éclat total par suite d’une transparence parfaite du ciel jusqu’à l’horizon.
- Si l’observation visuelle ne requiert qu’un très faible instrument d’optique, il en est un peu différemment de la méthode photographique. Quoique une illusion nous fasse paraître le disque solaire énorme dans ces conditions, son diamètre apparent est en réalité très petit; puisque (de même que celui de la Lune) on peut l’occulter avec un objet de 5 mm seulement de largeur, éloigné de l’œil à la
- Fig. 11. — Le disque solaire déformé par un mirage renversé, à sa partie inférieure.
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- distance de 57 cm, c’est-à-dire tenu à l’extrémité du bras tendu; cette dimension apparente est telle que le diamètre de l’image solaire fournie par un objectif quelconque est pratiquement de 1 mm par 10 cm de longueur focale. Les appareils photographiques portatifs, dont le foyer est précisément de cet ordre ne sauraient être utilement employés. La figure 3, montre en grandeur exacte les diamètres comparatifs fournis par des objectifs de longueur focale progressivement croissante ; on y reconnaîtra que c’est à partir des longueurs focales de 50 à 60 cm que l’image de 5 à 6 mm est suffisamment grande pour que l’on puisse en discerner correctement les particularités. Une telle dimension est obtenue seulement par le moyen d’un télé-objectif, ou au foyer de l’objectif d’une petite lunette. Sur ce dernier instrument il est aisé d’installer
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- une chambre légère adaptée au tube oculaire. Le tout devra être disposé sur un pied très stable. Quant à l’obturation, elle peut être effectuée en découvrant l’objectif avec un couvercle facilement maniable. Cependant un obturateur ad hoc est préférable; comme on le voit sur la figure 10 ; un dispositif à recommander consiste en un volet manœuvré par une simple ficelle, et monté sur un pied isolé, devant l’objectif; de cette façon, ni trépidations, ni secousses intempestives ne sont à redouter. Ces diverses précautions sont si élémentaires qu’il est superflu d’insister davantage.
- Répétons seulement, pour terminer., que l’obtention de bons clichés, avec l’habitude naturellement, est surtout subordonnée au bon vouloir de notre capricieuse atmosphère. Lucien Rudaux.
- COMMENT VOLENT LES OISEAUX
- COMMENT FAIEE UN OISEAU MÉCANIQUE?
- Les oiseaux n’ont pas besoin comme les avions d’une hélice pour se propulser, ni d’un gouvernail vertical pour se diriger.
- Nous allons voir en effet qu’ils utilisent leurs ailes à la fois :
- pour se soutenir en l’air, pour se propulser et pour se diriger.
- C’est là une supériorité évidente sur l’avion. L’hélice et le gouvernail vertical sont des organes qui, comme les ailes, frottent sur l’air dans lequel l’avion se déplace. L’énergie perdue par ces frottements s’ajoute ainsi à l’énergie perdue par le frottement de l’air sur les ailes. Ceci explique en partie qu’à égalité de poids et de vitesse l’oiseau dépense beaucoup moins d’énergie que 1 avion pour se propulser dans l’air. Il faut remarquer en effet que, à partir du moment où ils ont atteint l’altitude à laquelle ils veulent voyager, l’oiseau aussi bien que l’avion, ne dépensent plus d’énergie que pour vaincre les frottements de l’air.
- L’oiseau ayant un moins grand nombre d’organes extérieurs subit moins de frottements et par conséquent dépense pour voler beaucoup moins d’énergie que l’avion. Mais en outre nous verrons que l’oiseau sait capter l’énergie emmagasinée dans les rafales du vent et les utiliser pour sa propulsion, opération que l’avion ne sait pas encore faire.
- Il est donc très important de savoir comment vole l’oiseau, car si l’avion réussissait à voler comme lui, il aurait besoin d’un moteur beaucoup moins puissant, il dépenserait beaucoup moins de combustible, sa charpente serait beaucoup moins lourde tout en ayant la même solidité; et à la place du poids ainsi économisé sur le moteur, sur le combustible et sur la charpente, il pourrait emporter un poids de fret supplémentaire double ou triple de son poids de fret actuel. Il en résul-
- terait une diminution énorme du prix des transports aériens qui coûteraient cinq ou six fois moins cher qu’ils ne coûtent actuellement. De plus il deviendrait possible de construire des avions commerciaux à grande vitesse, capables de franchir d’un seul vol les océans les plus larges.
- Nous verrons en outre que les problèmes du départ et de l’atterrissage recevraient des solutions qui assureraient plus de sécurité à ces deux opérations toujours délicates qui deviennent même dangereuses par temps de brouillard.
- En un mot, si l’avion parvenait à voler aussi bien que l’oiseau, le problème des transports aériens économiques, rapides et sûrs serait résolu de façon complète, et ceux-ci seraient alors en mesure de rendre les énormes services qu’on est en droit d’attendre d’eux pour le développement des relations mondiales.
- Nous allons voir que nos avions actuels sont, au point de vue technique, aussi loin de l’oiseau que la brouette peut l’être de l’automobile. C’est pourquoi il est d’autant plus important de connaître exactement les différences qui les caractérisent pour essayer par tous les moyens d’atténuer peu à peu ces différences dans toute la mesure possible.
- L’exposé qu’on va lire ci-après mettra en évidence les plus essentielles de ces différences.
- VOL PLANÉ ET VOL RAMÉ
- Les oiseaux peuvent voler de deux façons :
- 1° En maintenant leurs ailes immobiles et en se laissant porter par l’air; c’est ce qu’on appelle le vol plané et 2° en battant des ailes pour se soutenir dans l’air et pour avancer; c’est ce qu’on appelle le vol ramé pour cette raison que les ailes font alors, comme nous allons le voir, un office qui rappelle celui des rames qui pro-
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- puisent et dirigent une barque mue par un seul rameur.
- Le vol ramé est évidemment un peu plus difficile à comprendre que le vol plané puisqu’il faut imaginer les
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- Fig. 1 à 4.
- 1. Vol plané de l’avion. Position de portance nulle.
- 2. Vol plané de l'avion.
- Incidence faible : apparition de la portance.
- 3. Vol plané de l’avion.
- Incidence croissante : augmentation rapide de la portance, augmentation lente de la traînée.
- 4. Vol plané de l’avion.
- Pour une certaine incidence, la portance passe par un maximum, puis décroît quand l’incidence augmente. Au contraire, la traînée continue à augmenter de plus en plus vite.
- mouvements des ailes, ainsi que les réactions sur ces ailes de l’air qu’elles frappent ou qu’elles fendent.
- Pour cette raison nous commencerons par une étude sommaire du vol plané qui nous aidera à comprendre ensuite le vol ramé.
- Afin de rendre nos figures plus compréhensibles, nous ne représenterons pas un oiseau dont les ailes ont des formes compliquées, mais un avion dont les ailes rectangulaires ont des formes plus simples. Et, lorsque après avoir décrit le vol plané, nous voudrons décrire le vol ramé, nous imaginerons que les ailes de notre avion deviennent souples et battantes et qu’elles peuvent, en se déformant, prendre des formes analogues à celles que prennent les ailes des oiseaux.
- Enfin nous montrerons comment les ailes des oiseaux sont charpentées et musclées en vue de s’adapter aux nécessités du vol ramé. Et nous en déduirons comment, par analogie, on pourrait imaginer les organes d’un avion à ailes battantes et souples.
- L’avion que nous représenterons sur les figures servant à nos explications n’a pas d’hélice ni de gouvernail vertical puisque nous l’imaginons semblable à un oiseau.
- VOL PLANÉ
- Pour étudier son mouvement en vol plané, nous ne nous préoccuperons pas de la façon dont ce mouvement est entretenu, afin de ne pas compliquer notre étude dès son début. Nous imaginerons que notre avion se déplace en ligne droite dans un plan horizontal avec une vitesse constante de 100 kilomètres à l’heure. Nous imaginerons tout d’abord que les ailes et le corps de cet avion forment un ensemble rigide.
- Nous avons représenté cet avion sur la figure 1 et nous avons représenté par une flèche V le sens de son déplacement.
- Son aile AB est légèrement soulevée de façon à offrir sa face inférieure au souffle du courant d’air dans lequel il se trouve plongé du fait de son déplacement en avant. L’air frappe donc la face inférieure de l’aile et soulève l’avion ou plutôt l’empêche de descendre puisque nous supposons qu’il vole horizontalement. Mais en même temps l’air frotte sur l’aile et la freine. Dans un avion bien construit l’effort de soulèvement, que nous appellerons la portance, est beaucoup plus grand que l’effort de freinage que nous appellerons la traînée. Nous avons représenté sur la figure 2 la portance par un vecteur OP qui est perpendiculaire à la vitesse de déplacement de l’avion, puisque cet effort tend à soulever l’avion, et nous avons représenté la traînée par un vecteur OT qui est opposé à la vitesse de déplacement puisque cet effort tend à freiner l’avion. Les longueurs de ces deux vecteurs sont proportionnelles aux intensités respectives des forces qu’ils représentent; c’est pourquoi OP est beaucoup plus long que OT.
- Pour la suite de notre étude il est indispensable d’indiquer sommairement comment varient la portance et la traînée d’un avion lorsque celui-ci fait varier l’angle i dont son aile AB est inclinée sur la direction du déplacement V. On appelle cet angle « i » l’angle d’« incidence » de l’aile AB.
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- Fig. 5. — Positions successives des ailes d'un avion à ailes ballantes se déplaçant en ligne droite.
- Supposons d’abord que l’avion s’incline légèrement vers l’avant de telle façon que l’aile AB viennent se placer dans la direction du déplacement (fig. 1). Elle s’efface ainsi complètement dans le vent. Il en résulte que la traînée T devient très petite. Mais en même temps l’air ne frappe plus la face inférieure de l’aile et ne tend donc plus à la soulever; donc la portance OP est nulle. Si l’avion restait dans cette position il tomberait puisque l’air ne le soutiendrait plus.
- Supposons donc que l’avion s’incline progressivement tout d’une pièce en abaissant légèrement sa queue, et par conséquent en offrant la face-inférieure de son aile au souffle du courant d’air produit par le déplacement (fig. 2). La traînée 02 T2 augmente alors un petit peu. Mais, résultat beaucoup plus important : dès que l’air frappe si peu que ce soit la face inférieure de l’aile, l’effort de soulèvement 02 P2 prend une valeur considérable, très supérieure à la traînée 02 T2.
- Supposons que l’avion continue à s’incliner en abaissant la queue (fig. 3). La traînée 0_ T3 continue à augmenter toujours lentement, tandis que la portance 05 P_ continue à augmenter très rapidement. Lorsque l’angle d’incidence i que l’aile fait avec la direction du déplacement Y atteint la valeur de dix degrés environ, la portance O. P. atteint une valeur égale à environ 10 fois la traînée 05 T5. Pour cet angle d’incidence de dix degrés la portance passe par un maximum, c’est-à-dire que, si
- l’avion continue à augmenter l’incidence ii de son aile, la portance diminuera (fig. 4). Par contre, la traînée 04 T4 continuera à augmenter et même à partir de ce moment elle augmentera très rapidement, car à mesure que l’aile se rapproche de la position verticale elle constitue un obstacle de plus en plus fort au déplacement de l’avion.
- Il résulte de ce qui précède que la position de l’avion qui demande le minimum d’effort pour entretenir le vol est celle qui correspond à un angle d’incidence d’environ 10 degrés (’).
- L’étude que nous venons de faire nous a donc appris deux choses extrêmement importantes, qu’il faudra conserver présentes à l’esprit pour comprendre l’étude du vol ramé.
- La première c’est que l’aile offre le minimum de résistance à l’avancement, autrement dit le minimum de traînée, lorsqu’elle fait un angle nul avec la direction du vent qui la frappe. Mais dans ce cas elle ne peut pas soutenir l’avion, car l’air ne la frappant pas par-dessous
- 1. Pour avoir une idée de l’ordre de grandeur de ces différentes forces, remarquons que la portance d’un avion du poids de cinq tpnnes qui vole horizontalement est évidemment égale à cinq tonnes, car si elle était-plus forte elle obligerait l’avion à monter, et plus faible elle le laisserait descendre. Si nous supposons que l’avion vole à une incidence de dix degrés qui correspond au régime de meilleur rendement, la traînée sera d’environ 500 kg. Par conséquent l’hélice, pour entretenir le mouvement de l'avion, devra produire un effort de traction de 500 kg nécessaire pour vaincre l’effort de freinage de la traînée
- Fig. 6. — Mouvement réel d’un avion pendant le battement de l'aile.
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- ne tend pas à la soulever. Sa portance est alors nulle.
- La seconde, c’est que l’effort de soulèvement que l’air produit sur l’aile, autrement dit la portance de l’aile, est maximum lorsque l’air frappe la face inférieure de l’aile sous un angle d’environ dix degrés. Dans cette position la traînée est environ le dixième de la portance. (Pour les oiseaux la traînée n’est que le vingtième de la portance.)
- VOL RAMÉ
- Imaginons maintenant que les ailes de notre avion deviennent souples et battantes et qu’elles puissent se déformer comme celles d’un oiseau.
- Dans la partie inférieure de la figure 5 nous avons représenté les positions successives d’un tel avion qui vole en allant de la droite vers la gauche. De la position n° 1 à la position n° 5 il donne un coup d’ailes de haut en bas. De la position n° 5 à la position n° 9 il relève son aile pour la ramener à la position initiale, après quoi il recommencera les mêmes mouvements.
- Pour permettre au lecteur de se représenter plus facilement les déformations de l’aile et ses réactions sur l’air
- Fig. 7. — Schéma de la position des ailes de l’oiseau au moment de l’atterrissage.
- dans lequel l’avion se déplace nous avons représenté dans la partie supérieure de la figure 5 l’aile agrandie et vue en perspective.
- On constate que la partie AB de l’aile qui touche le corps de l’oiseau ne se déforme pas. Elle avance dans le plan horizontal en conservant, par rapport à l’air dans lequel elle se déplace, une incidence sinon exactement nulle, du moins très petite.
- Au contraire, l’extrémité CD de l’aile décrit une courbe de forme ondulée qui est représentée en pointillé et sur laquelle le sens du mouvement est indiqué pour chaque position par des flèches a b c di e ...
- Examinons attentivement les positions successives de l’extrémité de l’aile par rapport au sens de son mouvement dans l’air. Nous remarquons une différence capitale entre le battement descendant et le mouvement ascendant.
- Pendant le battement descendant nous voyons que Vextrémité de Vaile fait constamment avec la direction de son mouvement figurée en pointillé un angle d'incidence i de dix degrés.
- position C2 D2 mouvement indiqué par la flèche b{
- position C. D. — d°— c,
- position C4 D4 — d° — d,
- Au contraire, pendant le mouvement ascendant nous voyons que Vextrémité de l'aile CD s'efface de façon à se mouler exactement sur la direction de son mouvement indiquée pour chacune des positions CG Dg, C7 D7 et C8 Dg par les flèches /1 gt et hr Autrement dit pendant la montée Vincidence de l'aile est nulle.
- Si nous nous rappelons ce que nous avons appris en étudiant le vol plané, nous en concluons que, pendant son battement descendant, l’aile, attaquée par l’air qui frappe sa face inférieure sous une incidence i de 10 degrés, subit une réaction très forte et perpendiculaire à la direction du mouvement de l’aile; nous avons appelé cette réaction la « portance » de l’aile.
- Sur la figure 5 nous avons représenté par les flèches 02 P2, O. P., Ot P4 les portances produites par l’action de l’air sur la face inférieure de l’aile pendant son battement descendant.
- Rappelons-nous que, pour une incidence de 10 degrés,' ces portances sont dix fois plus grandes que les traînées représentées par les flèches 02 T2, O. T,, 04 Tt. Nous voyons immédiatement sur la figure 5 que ces « portances » ont pour effet non seulement de soulever l'avion, mais aussi de lui donner une impulsion en avant qui est de beaucoup supérieure au freinage produit par la traînée.
- Au contraire, pendant son mouvement ascendant, l’aile coupant l’air sous une incidence nulle, celui-ci ne produit aucune portance, mais seulement une traînée d’ailleurs très faible.
- Les résultats de l’analyse des mouvements de l’aile peuvent donc se traduire par les images suivantes : pendant le battement descendant, l’extrémité de l’aile inclinée vers l’avant frappe l'air de haut en bas et le refoule vigoureusement à la fois vers le bas et vers l'arrière, ce qui a pour double effet de soulever Vavion et de le projeter en avant. Pendant le mouvement de montée l’aile, au contraire, s’efface complètement de façon à couper l’air avec le minimum d’effort; pendant cette seconde période du mouvement, l’avion continue donc son mouvement en avant en vertu de la vitesse acquise, puis l’aile remontée à sa position supérieure frappe de nouveau l’air de haut en bas en soulevant de nouveau l’avion et en lui donnant une nouvelle impulsion vers l’avant.
- L’analyse que nous venons de faire nous fait pressentir que la figure 5, dans laquelle nous avons représenté un avion qui se déplace en ligne droite dans un plan horizontal, ne représente pas exactement le mouvement réel du corps de l’avion. Ce mouvement réel est représenté sur la figure 6. Pendant le battement de l’aile de haut en bas l’avion est non seulement lancé en avant, mais aussi soulevé.
- De la position n° 1 à la position n° 5 le corps de l’avion s’élève donc légèrement pendant que les ailes s’abaissent.
- De la position n° 5 à la position n° 9 l’avion continue à avancer en vertu de la vitesse acquise, mais comme les ailes ne le soutiennent plus il s’abaisse légèrement pour
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- revenir à la hauteur où il se trouvait à la position n° 1.
- En somme, le corps de l’avion décrit de part et d’autre du plan horizontal dans lequel il se déplace une courbe légèrement ondulée dont les hauts et les bas sont opposés aux hauts et aux bas des courbes décrites par les extrémités des ailes (').
- Virages de l’avion à ailes battantes. — Nous avons dit que l’avion à ailes battantes, pas plus que l’oiseau dont il copie les mouvements, n’avait pas besoin de gouvernail de direction pour virer.
- Il est facile de s’en rendre compte en étendant au mouvement de virage l’explication que nous venons de donner pour le mouvement rectiligne.
- Supposons que l’avion ou l’oiseau veuille virer à droite. Au moment d’abaisser ses deux ailes il donnera avec l’aile gauche un battement plus vigoureux et plus ample qu’avec l’aile droite. La « portance » produite par la réaction de l’air sur cette aile gauche sera beaucoup plus forte que celle produite sur l’aile droite. L’aile gauche avancera donc plus vite que l’aile droite. En outre, par suite de la différence des portances, l’aile extérieure au virage sera soulevée plus haut que l’aile intérieure. Donc l’avion tournera vers la droite, et en même temps s’inclinera de ce côté. Le virage continuera ainsi tant que l’aile gauche battra plus fort que l’aile droite; et pour reprendre ensuite la ligne droite il suffira que l’avion recommence à battre également de ses deux ailes.
- D’après tout ce qui précède on constate que le mode de propulsion et de direction de l’oiseau a beaucoup d’analogies avec celui d’une barque sans gouvernail mue par une paire de rames. Ceci explique pourquoi ce genre de vol a été appelé le « vol ramé ».
- Départ et atterrissage. — Pour quitter le sol, un avion à ailes rigides doit tout d’abord atteindre une vitesse de l’ordre de 50 à 80 kilomètres à l’heure, car l’air ne peut le soulever que lorsqu’il frappe avec une grande force la face inférieure des ailes. Il en résulte que l’avion à ailes rigides a besoin pour quitter le sol d’un vaste terrain sur lequel il puisse rouler assez longtemps pour atteindre la vitesse de 50 à 80 km à l’heure. Après quoi il s’élève assez lentement pendant que sa vitesse s’accroît progressivement.
- Pour nous rendre compte de la façon dont « décolle » un oiseau, rappelons-nous d’après ce que nous avons vu précédemment que chacun des coups d’ailes qu’il donne est suffisant à la fois pour le soulever de quelques centimètres et pour le projeter en avant. Lorsqu’un oiseau posé sur le sol veut s’envoler, son premier coup d’aile suffit donc pour le « décoller » et pour le mettre en vitesse sans qu’il ait besoin de courir d’abord sur le sol. Ce coup d’aile est d’autant plus efficace qu’en se rabattant, vers le sol les ailes compriment sur ce dernier l’air qu’elles refoulent sous leurs faces inférieures. L’appui qu’elles prennent sur l’air ainsi comprimé est beaucoup plus fort que celui qu’elles rencontreront ensuite lorsqu’elles se trouveront éloignées du sol. C’est là un phénomène qui
- 1. Ceci montre que les oiseaux ne craignent pas mal de mer. Il devra en être de même pour les passagers des avions à ailes battantes.
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- Fig. 8. — Schéma de la charpente des ailes de l’oiseau.
- est bien connu de tous ceux qui construisent des avions : les avions eux aussi décollent d’autant plus facilement qu’au moment du décollage leurs ailes sont plus rapprochées du sol sur lequel elles compriment l’air qui leur sert de point d’appui.
- Si un avion à ailes battantes arrivait à « décoller » de cette façon, il n’y aurait donc plus besoin, pour cette opération, des vastes aéroports nécessaires aux avions à ailes rigides. Cependant il faut remarquer que cette façon de décoller devient de plus en plus difficile à employer à mesure que le poids de l’oiseau augmente. En effet, si les petits oiseaux s’élèvent presque verticalement avec la plus grande facilité, par contre les grands rapaces sont dans l’impossibilité de « décoller » d’un terrain parfaitement plat s’ils n’y sont pas aidés par le vent. En l’absence de vent ils sont obligés de chercher un monticule du haut duquel ils puissent prendre leur élan en commençant, suivant l’expression consacrée, par « piquer dans le trou» qui se présente devant eux. On peut donc craindre que le décollage en* terrain plat de grands avions à ailes battantes ne soit pas réalisable sans l’aide d’un appareil de lancement comme celui qui est employé pour les hydravions sur les navires. Cependant cette crainte ne doit pas décourager les chercheurs, car l’homme a résolu
- Fig. 9 et 10. — Schéma des ailes de l’oiseau pendant le battement de haut en bas, puis pendant la remontée des ailes.
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- bien des problèmes mécaniques dont la solution n’existe pas dans la nature.
- L’oiseau possède également une supériorité considérable sur l’avion à ailes rigides en c.e qui, concerne la sécurité à l’atterrissage. En effet tous ceux qui ont regardé atterrir un oiseau ont observé qu’en arrivant près du sol il place ses ailes de telle façon qu’elles présentent leurs faces inférieures orientées face au vent dans la position où elles sont représentées sur la figure 7.
- L’incidence de l’extrémité CD de l’aile étant ainsi très forte, sa portance OP devient faible tandis que sa traînée OT devient si forte que le mouvement de l’oiseau se trouve freiné presque instantanément et qu’il se pose sans courir à l’endroit même où il toucbe le sol.
- Un avion à ailes battantes pourrait donc, par le même procédé, se poser sur le sol presque sans vitesse, ce qui augmenterait dans d’énormes proportions la sécurité de l’atterrissage, surtout pendant la nuit ou par temps de brume. Le départ et l’atterrrissage pourraient ainsi s’effectuer sur n’importe quelle place située au centre d’une ville.
- Fonctionnement des muscles moteurs d’un oi= seau. — Pour savoir comment l’homme pourrait construire un oiseau mécanique, étudions d’abord comment les muscles de l’oiseau réalisent, avec toute la précision nécessaire pour obtenir un bon rendement, les divers mouvements d’ailes que nous avons décrits plus haut.
- Les mouvements fondamentaux sont au nombre de trois :
- 1° Un mouvement de haut en bas suivi ; 2° d’un mouvement de bas en haut et; 3° simultanément avec chacun des deux mouvements ci-dessus un mouvement de torsion de l’extrémité de l’aile qui a pour effet de présenter sa face inférieure d’abord vers l’arrière pendant la descente de l’aile, ensuite vers l’avant pendant son relèvement.
- Il n’est pas difficile de se rendre compte de la façon dont les muscles de l’oiseau produisent ces divers mouvements.
- Toutes les personnes qui ont découpé un poulet se sont rendu compte que l’attache de l’aile est située à la partie supérieure du corps de l’oiseau et tout près de son cou. C’est-à-dire que le gros muscle de la poitrine qui produit les battements de l’aile est situé au-dessous et en arrière de ce point d’attache. Il est facile de découvrir les raisons de cette situation.
- Ce muscle est placé en dessous de l’aile parce qu’il a pour première fonction de tirer celle-ci vigoureusement de haut en bas afin qu’elle soulève l’oiseau; et il est placé derrière elle parce qu’il a pour deuxième fonction de transmettre au corps de l’oiseau l’effort de traction d’arrière en avant qui est produit par le même coup d’aile descendant.
- On remarquera que, si l’oiseau a besoin de muscles puissants pour le coup d’aile descendant, par contre il n’a pas besoin de muscles pour soulever ses ailes pendant leur mouvement ascendant. En effet, lorsque l’extrémité de l’aile est arrivée au bas de sa course, l’oiseau n’a qu’à tordre cette extrémité de façon à présenter sa face inférieure au courant d’air produit par le mouvement en
- avant : immédiatement ce courant d’air saisit l’aile par-dessous et la soulève jusqu’à sa position supérieure (voir fig. 5) ; ainsi le gros muscle qui servait auparavant à tirer l’aile vers le bas se détend et se repose pendant tout le temps durant lequel le vent soulève l’aile jusqu’à sa position supérieure.
- Remarquons que la charpente de l’aile qui supporte les plumes comprend deux parties (voir fig. 8) :
- 1° Celle (AC) qui est attachée à l’épaule de l’oiseau.
- Elle est soumise à la traction du gros muscle de la poitrine de l’oiseau et elle assure ainsi le battement de l’aile de haut en bas.
- 2° Celle (CD) qui constitue l’extrémité de l’aile.
- Cette partie est oblique vers l’arrière. C’est elle qui assure la torsion de l’aile que nous avons décrite au début de l’étude du vol ramé, et qui est représentée sur la figure 5.
- Admirons maintenant la simplicité des moyens employés par la nature pour régler les mouvements de l’oiseau en vue d’obtenir les divers effets que nous avons représentés sur cette figure.
- Comment l’oiseau règle-t-il la torsion de son aile pendant son battement de haut en bas de façon à lui donner l’incidence qui correspond à la portance maxima ? Ce réglage délicat se fait de la façon la plus simple.
- Examinons la figure 9 qui représente schématiquement le corps et les ailes d’un oiseau vu de face pendant le mouvement descendant des ailes.
- La face inférieure des ailes appuie sur l’air aussi fortement que le permet la puissance des muscles de la poitrine. La pression de l’air qui s’exerce de bas en haut tend alors à relever les extrémités CD des ailes, puisque ces extrémités sont articulées en C. Alors interviennent les muscles qui unissent CD à AC. Ces muscles exercent un effort qui empêche CD de s’effacer complètement dans le sillage d’AC sous la pression de l’air. Et ces muscles ont une puissance qui est juste suffisante pour équilibrer Veffort de torsion qu’exercera sur Vaile la portance maxima, laquelle est obtenue pour un angle d'incidence d'environ 10 degrés (voir positions Nos 2, 3 et 4 de la figure 5. Portances O. POJ O. P., O, P,). Par l’effet de ces muscles, l’aile sous la pression du vent se tord donc jusqu’à ce que cette portance atteigne sa valeur maxima. Ainsi se trouve assuré automatiquement le rendement maximum de l’effort de propulsion et de sustentation.
- Lorsque l’aile est arrivée au bas de sa course descendante, les gros muscles de la poitrine se détendent et par suite l’aile cesse de s’appuyer fortement sur l’air. Les muscles qui réunissent l’extrémité CD à la partie AC continuent au contraire leur action de torsion et comme l’air ne presse plus aussi fortement la face inférieure de l’aile, l’extrémité CD s’abaisse au-dessous de AC. (Voir figure 10.)
- Les ailes présentent donc maintenant leurs faces inférieures au souffle du vent produit par le mouvement en avant de l’oiseau et ce souffle suffira pour soulever ces ailes jusqu’à leurs positions supérieures sans que l’oiseau ait pour cela aucun effort à faire.
- [A suivre.) A. Verdurand.
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- = LA photographie des radiations
- D’ORIGINE BIOLOGIQUE
- Parmi les découvertes scientifiques de ces dernières années, on peut, à bon droit, citer celles qui, arrachant de nouveaux secrets à la matière vivante, ont eu pour résultat de faire tomber quelques-unes des cloisons qui semblaient séparer cette matière animée de la matière inerte, en créant ainsi des rapprochements inattendus entre le champ d’investigations des biologistes, d’une part, et celui des physiciens et plus particulièrement des électriciens d ’autre part. Parmi les travaux les plus marquants dans ce domaine, nous avons eu bien des fois l’occasion de citer ceux d’un savant français,
- M. G. Lakhovsky, dont nous avons eu l’honneur de nous faire le porte-parole dans la presse technique à une époque où ses hypothèses hardies sur les radiations de la matière vivante, en raison même de leur nouveauté, ne s’imposaient pas encore au monde savant comme elles ont réussi à le faire quelques années plus tard. Convaincu dès le début des propriétés radiantes de la cellule vivante, nous avons accueilli avec enthousiasme toutes les occasions de propagande en faveur des théories nouvelles et nous nous sommes fait l’écho de toutes les expériences susceptibles de les appuyer.
- Aussi, est-ce avec joie que nous venons aujourd’hui signaler
- les résultats de travaux d’une importance capitale dans ce domaine : la photographie des radiations d’origine biologique, œuvre des recherches du professeur italien Guido Cremonese, de Rome (!).
- Les résultats acquis par le professeur Cremonese viennent donc consacrer les théories de tout un groupe de savants qui à la suite de M.t Lakhovsky, a-vaient dirigé leurs travaux vers l’étude de ces radiations.
- Signalons notamment les recherches de Gurwitsch en 1922 sur les radiations dites « mitogénétiques ». Il s’agissait de radiations émises par la matière vivante, en particulier par des végétaux à l’état de croissance rapide qui déterminaient sur les cellules soumises à leur action un accroissement de propriétés prolifiques.
- Niées par certains savants, ces radiations furent soumises à des travaux de contrôle’1', d’une extrême rigueur par Reiter et Gabor qui en confirmèrent l’existence et en mesurèrent les caractéristiques, affirmant en même temps l’impossibilité de les photographier et attribuant à des erreurs d’expériences les cli- "
- 1. Guido Cremonese. Eadiazioni delta materia vivante e loro fotografia. Memorie délia Pont. Aca-demia delle Scienze Nuo-vi Lincei.,Vol. XIV.
- Guido Cremonese. ï raggi délia vita fotogra-, fati. Roma : Paolo Cre-
- monese, editore, 1930
- ' • !
- VIII.
- Fig. 3 et 4 : v, vert; a, bleu; b, blanc; g, jaune; r, rouge.
- Fig. 6. — a, bleu; r, rouge; m, métal.
- 1° Plaque photographique sur laquelle reposait un morceau de verre d’une surface égale au trait obscur. De la levure de bière en fermentation a été déposée pendant vingt jours dans l’obscurité. La plaque développée a noirci sous le verre mais non pas dans les parties découvertes, sous l’action de la levure de bière. 2° Plaque sur laquelle reposait une pièce de monnaie enfermée dans du papier noir et exposée pendant dix jours aux radiations de la levure, et développée ensuite. La plaque a noirci, sauf sous le métal.
- 3° Enveloppe de papier noir avec des trous masqués par'de la cellophane colorée et contenant une plaque photographique. La levure produisant les radiations est contenue dans un récipient de verre mince. La plaque est impressionnée sous les trous masqués par des écrans bleus, verts et blancs,
- 4° Même plaque. — La levure se trouve dans un récipient de verre épais. Les rayons ne peuvent passer qu’à travers la cellophane rouge et jaune.
- 5° Plaque photographique entourée de petites bandes de cellophane rouge et enfermée dans du papier noir. Exposée aux radiations de la levure, puis développée. 6° Plaque photographique avec deux bandes de cellophane rouge et bleue et une petite feuille de laiton mince. Le tout, enfermé dans une enveloppe de papier noir, est exposé à l’action de la salive entre deux morceaux de verre et renouvelé quotidiennement pendant vingt jours. Les rayons ne traversent pas la cellophane. Comme sur les figures 2, 3, 4, 5, ils traversent le papier noir et subissent une concentration en traversant le métal.
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- chés que l’on semblait avoir obtenu avec ces radiations (Essais de photographie des radiations d’oignon cru préalablement exposé au rayonnement.solaire).
- Selon les mesures effectuées par Gurwitsch, les radiations mitogénétiques auraient une longueur d’onde de 2000 A0; d’après Reiter et Gabor, cette longueur d’onde varierait entre 2000 et 3400 A0. Èn réalité, il nous semble difficile d’assigner une longueur d’onde précise à ces radiations, en raison de la grande variété des circonstances dans lesquelles elles peuvent être produites.
- Dans le but d’obtenir la photographie des radiations d’origine biologique, le Professeur Cremonese a employé les substances les plus variées : levure de bière, germes de plantes vertes, semences de millet, d’avoine, etc... Des expériences ont été effectuées également avec de la dextrine souillée de moisissure, avec du pollen en fleur, des ferments lactiques enfermés dans des flacons soudés à la lampe et du sérum Hémostyl (sérum de cheval). Finalement des recherches furent également entreprises avec des liquides de provenance humaine : de la salive et du sang.
- Les expériences avec les végétaux ont été commencées en février 1929 ; celles avec la salive et le sang ont eu lieu en novembre 1929, de même qu’une tentative destinée à photographier les radiations du corps humain.
- Dispositifs expérimentaux. — Les plaques photographiques employées étaient des plaques Cappelli, étiquette rouge, extra-rapides, format : 6 X 9 cm et 4 1/2 X 6 cm (exceptionnellement la moitié de ce format). Ces plaques étaient enfermées dans une enveloppe de papier noir photographique. Des dispositifs variés furent employés pour faire agir sur ces plaques les radiations des substances. étudiées. Par exemple, dans certaines expériences, la levure de bière fut enfermée dans des éprouvettes en verre serrées contre la plaque par des élastiques en caoutchouc. Les essais étant effectués en chambre noire, la levure de bière était renouvelée chaque soir dans les tubes et cela pendant vingt jours; le renouvellement se faisait à la lumière rouge. Dans d’autres expériences, les plaques convenablement protégées par des enveloppes de papier noir étaient plongées dans une boîte remplie de diverses graines (grains de millet, d’avoine, etc...) Dans une série d’expériences, le Professeur Cremonese étendait la substance active (levure de bière notamment) sur une plaque de verre qui était approchée de la plaque photographique protégée par son enveloppe de papier noir, ou bien encore la levure était écrasée entre deux plaques de verre dont l’une était mise en contact avec la plaque photographique (toujours recouverte de papier noir). Dans la plupart de ces expériences, notamment lorsque la levure de bière était enfermée dans des tubes de verre soudés à la lampe ou écrasée entre deux plaques de verre, on pouvait admettre que le verre protégeait la plaque photographique contre toute action chimique directe et que l’impression était bien produite par. des radiations provenant de la substance organique étudiée. D’autre part, le dispositif expérimental ayant été, dans bien des cas, enfermé avec la plaque photographique dans une boîte métallique couverte de vernis noir, il est à peu près impossible d’attribuer à la
- lumière du jour l’action produite sur les plaques photographiques, d’autant plus qu’il a été facile de constater l’impression seulement sur les parties de la plaque voisines de la substance vivante émettant les radiations.
- Résultats obtenus avec la levure de bière. — Ces résultats varient suivant la méthode adoptée. Ils varient beaucoup suivant la saison et suivant la nature des poses. Les épreuves les plus parfaites s’obtiennent pendant le printemps Ç). La durée de la pose dépend de la fréquence des renouvellements de l’émission ainsi que du dispositif expérimental employé. Cette durée peut varier de quelques jours à plusieurs mois. Si la levure n’est pas renouvelée, elle se dessèche et perd peu à peu ses propriétés actiniques : le temps de pose est alors beaucoup plus long. En moyenne, on peut compter dix à vingt jours pour obtenir une impression photographique bien nette avec de la levure en fermentation.
- Action des écrans. — La cellophane, parfaitement transparente à la lumière du jour, constitue un obstacle pour ces radiations. Des bandes de cellophane ayant été disposées sur les plaques photographiques, aucune impression n’a été constatée aux endroits recouverts par ces bandes, tandis que le reste de la surface sensible avait subi l’action des radiations. De même, des pièces de monnaie d’une certaine épaisseur se comportent comme des écrans, mais des feuilles de laiton de l/10e de mm se laissent facilement traverser. Les métaux en feuilles minces sont donc plus transparents que la cellophane pour ces radiations.
- Une couche d’air de plus d’un centimètre et demi absorbe les radiations susceptibles d’être photographiées. C’est à ce fait qu’il faut attribuer très probablement certaines tentatives infructueuses pour lesquelles l’expérimentateur avait laissé subsister une trop grande distance entre la plaque photographique et les éprouvettes contenant la substance active. Ces radiations sont plus ou moins absorbées par des écrans en verre coloré; les images obtenues sont plus ou moins intenses suivant la couleur du filtre. Des enveloppes de papier d’étain ou d’aluminium se laissent facilement traverser. De très belles épreuves, notamment, ont été obtenues avec des plaques enfermées dans des enveloppes avec des pièces de monnaie. Les plaques n’ayant pas été impressionnées sous ces monnaies, des images circulaires se sont formées avec une netteté parfaite.
- Discussion des résultats obtenus. — Le Professeur Cremonese a tenu à réfuter par avance les objections dont ses expériences pourraient être l’objet :
- 1° Action hypothétique du métal des boîtes dans lesquelles les plaques étaient enfermées. Dans des conditions identiques, certaines plaques n’ont montré aucune impression. Le métal des boîtes ne joue donc aucun rôle, l’impression ne provient donc que des radiations de la substance vivante.
- 2° Il s’agit peut-être de radiations secondaires produites par les radiations vitales. Peut-être, mais ces radiations secondaires ont forcément une cause et cette cause ne
- 1. D’après M. Lakhovsky, ces variations dépendent aussi des phases lunaires.
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- peut être autre que les radiations primaires vitales. Donc ces radiations primaires existent.
- 3° On se trouve peut-être en présence d'une action de phosphorescence ou de fluorescence provenant du verre de la plaque. Mais là encore, il faut invoquer l’existence de radiations primaires pour exciter cette phosphorescence ou cette fluorescence.
- 4° On peut invoquer la présence de sels de baryum dans le papier noir enveloppant les plaques photographiques. Mais le baryum est fluorescent sous l’action des rayons X. Il faudrait admettre que les radiations enregistrées photographiquement se trouvent dans cette région du spectre. Remarque analogue pour la substance colorante de la cellophane.
- 5° Une plaque photographique non exposée aux radiations se conserve-t-elle pendant sept mois? On peut sans doute invoquer l’action du vieillissement, mais la plaque devient alors uniformément grise. On n’observerait pas d’images très nettes là où se trouve un écran constitué par un morceau de cellophane ou une pièce de monnaie.
- 6° La pression de Véprouvette ou d'un morceau de verre, maintenu contre la plaque par un élastique en caoutchouc, peut-elle impressionner cette plaque? C’est possible, mais il est des cas où la pose est trop brève pour qu’une telle action puisse se produire. Dans d’autres cas, la pression fait défaut (cas d’une plaque enveloppée de papier noir et plongée dans des grains d’avoine sèche).
- 7° Est-il possible que l'on se trouve en présence d'actions provenant de radiations lumineuses emmagasinées par la matière vivante avant d'être soumises aux expériences ? Les expériences très nettes obtenues avec la salive et le sang font rejeter cette hypothèse.
- Nous pouvons donc, avec le Professeur Cremonese, tirer de ces expériences les conclusions suivantes :
- 1° Les agents biologiques (ou substances vivantes) employés dans ces expériences émettent des radiations capables d'impressionner les plaques photographiques.
- 2° Ces radiations sont sélectionnées par des filtres, notamment par des filtres en verre mince de différentes couleurs.
- 3° De toutes façons, il s’agit de faisceaux de radiations de diverses longueurs d’ondes; parmi lesquelles se trouvent vraisemblablement les rayons de Gurwitsch, dont Reiter et Gabor ont mesuré la longueur (de 2000 à 3400 Ao).
- 4° En raison du caractère plastique et changeant de l'activité vitale, les résultats photographiques sont variables dans leur intensité et leur nature. Ils semblent, notamment, plus intenses au printemps alors que les substances biologiques subissent une sorte d’effervescence, notamment sous l’action des astres et des phases lunaires.
- Radiations humaines. — Les premiers essais ont été effectués en octobre 1929 avec des substances provenant de l’organisme humain : de la salive et du sang. La salive était étendue entre deux morceaux de verre ordinaire de 1 mm d’épaisseur appuyés sur la face sensible de la plaque enveloppée dans du papier noir; ces morceaux de verre étaient maintenus contre la plaque par un élastique. Une feuille de métal de l/10e de mm d’épaisseur était interposée entre ces morceaux de verre et la
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- plaque. En renouvelant quotidiennement la salive, après dix-huit jours de pose, le professeur Cremonese a constaté Vapparition d'une image très nette sous le métal, le reste de la plaque étant uniformément gris.
- Des essais analogues ont été effectués avec le sang. On avait alors disposé des écrans de métal mince et de cellophane bleue et rouge. La plaque a été fortement impressionnée à travers le métal et à travers la cellophane bleue, mais les radiations n'ont pas traversé la cellophane rouge.
- Dans d’autres expériences, des gouttes de salive ont été déposées directement sur une feuille mince de métal recouvrant partiellement une plaque photographique. Un morceau de verre était ensuite placé par-dessus la salive pour éviter son évaporation trop rapide. Dans ce cas encore, la plaque photographique a été impressionnée.
- Expériences effectuées avec les radiations pro= venant directement du corps humain. — Le Professeur Cremonese a cousu une plaque photographique dans sa chemise de nuit, cette plaque étant protégée par deux morceaux de gaze et par une enveloppe de papier noir. Les premiers essais n’ont donné aucun résultat, soit que la transpiration ait mouillé la plaque, soit que l’écran en cellophane incolore, qui devait filtrer une partie des radiations, les ait arrêtées complètement. D’autres essais ont été effectués avec des plaques ordinaires extrarapides, étiquette rouge Capelli, et des plaques panchromatiques. Ces dernières seules ont donné un résultat. La pose a eu lieu toutes les nuits du 16 décembre 1929 au 20 janvier 1930. L’impression a été d’une clarté et d’une netteté qui, selon l’expérimentateur, ne peuvent laisser de doute.
- Evidemment, ces dernières expériences ne sont pas exemptes de critiques : une action chimique directe a pu contribuer à l’impression de la plaque photographique. Mais il convient de remarquer que ces résultats concordent d’une façon parfaite avec ceux précédemment obtenus avec des précautions qui excluent toute possibilité d’action chimique (expériences avec la salive et le sang). Ce qu’il y a de plus frappant dans ces divers essais, c’est la parfaite concordance des résultats, aussi bien avec les végétaux qu’avec l’homme. Quant à la diversité des actions photographiques dans les deux cas, elle incite à penser à la diversité d’action des phénomènes qui les engendrent.
- En terminant son mémoire sur la photographie des radiations vitales, le Professeur Cremonese signale un fait curieux qui mérite d’être relaté :
- Ayant une azalée malade en 1928, il coupa ses racines exubérantes et les arrosa avec de la levure de bière. Cette plante qui, depuis trois années, languissait et ne fleurissait plus, marqua une reprise très rapide. Elle fleurit même abondamment pendant l’hiver de 1928. En octobre 1929, elle avait sorti les bourgeons de ses fleurs, " quand le Professeur Cremonese voulut essayer de l’arroser une seconde et une troisième fois avec la levure. Au troisième arrosage un rapide changement survint dans l’état de la plante : les feuilles jaunirent et tombèrent presque toutes ; cette plante se trouve maintenant en assez mau-
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- vaise posture. Il s’agirait d’un phénomène d’hyper-radiation, analogue à d’autres phénomènes qui se vérifient en thérapeutique médicale.
- De ce remarquable ensemble d’expériences, le Professeur Cremonese tire les conclusions suivantes.
- Les radiations végétales sont différentes des radiations humaines et moins complexes que ces dernières, ce qui est naturel : un faisceau déterminé de radiations devant être l’expression d’une espèce vivante bien caractérisée. En particulier, les effets photographiques obtenus avec la salive renouvelée pendant vingt jours et dont les radiations traversent, de préférence et spontanément, les plaques métalliques, sont l’antithèse absolue des effets obtenus avec les végétaux. Il est à noter, toutefois, que la salive exposée pendant vingt jours, mais sans être renouvelée, a donné des impressions photographiques comparables à celles de végétaux.
- L’étude de la photographie systématique des radiations humaines présente le plus haut intérêt pour les applications possibles au diagnostic et à la biologie générale. Il en est de même de la photographie des radiations
- des agents pathogènes. Déjà Reiter et Gabor avaient trouvé que les radiations des tumeurs malignes produisaient une action bien caractérisée tandis que celles des tumeurs bénignes restaient sans effets.
- Il est donc probable que les états pathologiques plus ou moins bien définis, les différences de constitution provenant de la famille ou de la race, les périodes diverses de la vie, le sexe, etc... pourront donner des radiations de caractères différents dont l’étude par la photographie sera susceptible de rendre d’immenses services au point de vue du diagnostic médical, le matériel expérimental devant se perfectionner en peu de temps, tandis que les recherches biologiques dans cette voie ne manqueront pas de se développer avec rapidité.
- Il convient, en tout cas, de féliciter très vivement le Professeur Cremonese d’avoir su démontrer expérimentalement, et d’une façon irréfutable, l’existence de ces radiations biologiques dont certains savants avaient pressenti et affirmé l’existence. ^ Givelet
- Ingénieur E. S. E. et ancien élève de l’Institut du Radium.
- LES SEISMES AU CHILI
- Les tremblements de terre qui ont lieu au Chili d’une façon presque continue ont fait l’objet d’une étude suivie, de la part de M. Bustos Navarrete, le distingué Directeur de l’Observatoire de Physique terrestre de Santiago de Chili.
- Depuis le terrible séisme de Talca du 31 novembre 1928, qui jeta la terreur et la consternation dans le monde entier, une commission scientifique s’est constituée dans le but d’étudier d’une façon suivie les causes de ces phénomènes, afin d’essayer d’en prévoir la formation et d’en préserver les populations menacées par ces terribles cataclysmes. Le programme suivant fut établi en vue de ces recherches sous la direction de M. Boustos Navarrete.
- Etude de la structure de la terre, distribution des séismes; les foyers sismiques; les crises sismiques; les procédés d’étude; les sismographes; les magnétographes; distribution de la fréquence sismique au Chili; le séisme de Talca; la propagation sismique; les effets; les phénomènes secondaires ; la prévision sismique. Ce programme a fait l’objet d’un remarquable rapport de M. Bustos Navarrete dont nous indiquerons les grandes lignes.
- La structure terrestre. — L’étude de la propagation sismique à travers le Globe exige, en premier lieu, la connaissance de la structure des principales couches terrestres. Celles-ci comprennent d’abord la Barisphère ou noyau solide central, caractérisé par des températures et des pressions considérables. Sa rigidité est comparable à celle de l’acier et sa densité moyenne est du même ordre.
- En second lieu, la Pyrosphère, extérieure à la Barisphère, est encore soumise à une température élevée et à une pression plus faible, qui lui permettent d’exister
- dans un état de demi-fluidité. Ce sont ces masses incandescentes et semi-pâteuses qui donnent naissance aux laves lors des éruptions volcaniques. Enfin, la couche extérieure constitue la Lithosphère. La propagation des ondes sismiques s’effectue d’une façon différente dans chacune des couches terrestres précédentes.
- Les phénomènes sismiques. — Il existe, sur notre planète, deux directions principales suivant lesquelles s’effectue la distribution des séismes. En premier lieu, le géo-synclinal circumpacifique, partant du nord de l’Australie, se prolongeant jusqu’au sud de l’Amérique, en passant par les îles Philippines, l’Archipel de la Sonde, les côtes de Chine et du Japon, le Kamtchatka, le détroit de Behring, l’Alaska et les côtes occidentales de l’Amérique. Une seconde direction géô-synclinale méditerranéenne part des Antilles et se dirige vers la péninsule ibérique (elle traverse précisément l’Atlantique dans la région où l’on suppose que se trouvait l’ancienne Atlantide); la direction est ensuite celle de l’Italie, des Balkans, de la mer Rouge et de l’Hindoustan. 90 pour 100 des séismes mondiaux suivent les grandes lignes de ces deux profondes cassures terrestres.
- Les foyers sismiques. — Les foyers sismiques sont généralement situés dans les replis de la croûte terrestre, régions caractérisées par de profondes différences de niveau. Cette hypothèse est confirmée par nombre d’exemples. C’est ainsi que le foyer sismique du Japon est situé entre les monts Yama et la grande Fosse de Tuscarora, celui du Copiapo est situé entre le Mercedario et la Fosse de Richard, celui de la Vallée de l’Aeoncagua, entre le Mont Aconcagua et la Fosse de Heckel, etc. Les séismes pa-
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- raissent résulter du fait que, dans ces parties faibles de l’écorce terrestre, l’équilibre est à l’état instable et y est sujet à de profondes variations.
- Les crises sismiques. — Lorsqu’un foyer sismique important se produit, il provoque des déclenchements successifs dans l’équilibre terrestre suivant le géosynclinal circumpacifique ou méditerranéen, et l’on assiste alors à une longue suite de séismes.
- Le tremblement de terre de Talca en fut un exemple frappant.
- Le 10 novembre 1922, l’équilibre géosynclinal circumpacifique commença à être ébranlé dans la région occupée par un foyer sismique à Copiapo. Après une longue préparation, la vallée d’Aconcagua céda lors du séisme du 14 avril 1927 à Santiago et à Mendoza. Les phénomènes se poursuivirent ensuite dans la Vallée del Maule, puis à Talca.
- On peut admettre comme établi que l’activité sismique s’étend graduellement du Nord au Sud. Si ces faits sont exacts, on peut s’attendre dans une époque plus ou moins prochaine à de nouveaux troubles sismiques vers les régions de Conception, de Témueo et de Valdivia.
- Fig. 2. — Carte isosismique du tremblement de terre de Salta (31 novembre 1928). La courbe Xt délimite la région des destructions.
- Validé deJ Maule
- Etude physique. —
- Les principales recherches physiques sur les tremblements de terre furent faites au Japon, situé à l’une des extrémités du géo-synclinal circumpacifique. Ces recherches se poursuivent actuellement avec succès au Chili qui est situé à l’autre extrémité de la même cassure terrestre.
- Les sismographes. —
- Les instruments de mesure actuels présentent une telle sensibilité qu’ils permettent d’enregistrer les plus faibles vibrations microsismiques qui sont souvent les prémices d’un tremblement de terre prochain. Immanura, en étudiant la répartition des fréquences sismiques au Japon, découvrit qu’il existait une relation étroite entre l’accroissement des signes précurseurs d’un séisme dans une région déterminée et la position épicentrale de ce séisme. L’enregistreur photographique Galitzin fournit dans ce cas de précieuses
- indications sur l’apparition de prochains séismes.
- Détermination d’un foyer sismique. — La
- vitesse de propagation des ondes sismiques est variable suivant la nature des ondes et suivant leur direction en surface ou en profondeur.
- Les premières manifestations proviennent des régions terrestres internes, où la propagation est plus rapide, on les désigne par les lettres : (P. T. B.). Les ondes de surface se propagent plus lentement.
- Les tables de Toprits et Geiger permettent de calculer la distance de l’épicentre en partant des deux vitesses précédentes. Le violent tremblement de terre de Talca fut enregistré dans tous les Observatoires du monde. Son épicentre était situé sur une ligne vallée del Maule.
- Fosse marine de Bartholomen
- Fosse marinade Richard
- sm. I Vallée del |H% ) Aconcagua
- Fosse Manne de Haeke/
- ^ Vallée de! Maule Çoncepcion et de Mocha
- Valdivia
- Fig. 1.
- Foyers sismiques du Chili.
- fracture coïncidant avec la.
- Propagation des ondes sismiques. — Les ondes sismiques, dans la catastrophe de Talca, auraient dû s’irradier dans toutes les directions possibles autour de la zone épicentrale. A Talca et à Constitucion, les mouvements verticaux auraient dû prédominer. Mais à partir de la Meseta de Camararico, ils eussent dû se propager vers le Nord, tandis qu’ils auraient dû se diriger vers le Sud depuis San-Javier.
- En réalité , rien de semblable ne se produisit. Les ondes se propagèrent dans une région du Nord au Sud, dans une autre de l’Est à l’Ouest, et dans une troisième du Nord-Est au Sud-Ouest; de telle sorte que l’étude de ces directions devint absolument indéchiffrable. Mais comme il eût été imprudent d’accorder une absolue confiance au témoignage d’observateurs déprimés par le terrible cataclysme, M. Bustos Navarrete jugea prudent de se livrer à de nouvelles investigations personnelles qui lui permirent de reconstituer la plupart des faits, d’après les directions de chute des édifices et des murailles. Il parvint de la sorte à cette conclusion qu’à Santa Cruz, à Curico, à San Fernando, et à San Javier les ondes se propagèrent, puis se réfléchirent suivant des directions parfaitement explicables.
- Etude géologique. — En effet, la constitution géologique des lieux, étudiée par M. Michel Machado permit de se rendre compte des effets produits.
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- Fig. 3. — La situation atmosphérique au Chili au moment du séisme de Talca (30 novembre et' 1er décembre 1928).
- Effectivement, la vitesse de propagation des ondes varie beaucoup suivant la constitution géologique terrestre. Voici quelques indications à ce sujet :
- Vitesse de propagation dans le granit : 4940 m par sec. Vitesse de propagation dans les roches cc archéennes » : 4686 m par seconde.
- Vitesse de propagation dans les roches « paléozoïques » : 4096 m par seconde.
- Vitesse de propagation dans les roches « mésozoïques » : 3420 m par seconde.
- Vitesse de propagation dans les roches « métamorphiques » : 3605 m par seconde.
- Vitesse de propagation dans les roches « sédimentaires » : 3475 m par seconde.
- Vitesse de propagation dans les roches « éruptives » : 4370 m par seconde.
- Vitesse de propagation dans les roches « sénozoïques » : 2855 m par seconde.
- Terrains superficiels : 1670 m par seconde.
- Il résulte de ces données que les ondes sismiques ont une vitesse de propagation et une intensité plus grandes dans les massifs montagneux formés de roches anciennes que dans les vallées provenant de matières moins conductrices. Il en résulte que les ondes se propagent rapidement le long des Cordillières des Andes et de la côte du Pacifique, tandis que les ondes secondaires s’irradient vers les massifs montagneux. La constitution physique du terrain permèt de prévoir la direction des ondes destructives, ainsi que l’intensité probable de ces ondes. On s’explique de la sorte la raison pour laquelle Santa Cruz fut mise en ruines, tandis que San Fernando fut indemne. On explique également pourquoi Faire de destruction prit une forme irrégulière bifurquée vers la Vallée centrale suivant deux directions différentes.
- Les ondes superficielles se pro-
- pagèrent avec une intensité maxima suivant la plus grande largeur du massif montagneux composé de roches anciennes où elles semèrent la désolation et là ruine dans tous les environs immédiats.
- Les chiffres relevés par M. Bustos Navarrete, pendant ces séismes, confirment du reste entièrement les indications précédentes. Les oscillations sismiques les plus considérables se produisirent en effet à l’intérieur même de la Cordillière des Andes et sur la côte, tandis que les effets minima eurent lieu dans la vallée centrale. Tous les séismes du Chili se groupèrent autour de douze foyers principaux qui avaient été déjà signalés par Montessus de Ballore.
- L’activité sismique est généralement faible dans la Vallée del Maule, tandis qu’elle est grande dans la vallée d’Acon-cagua et à Copiapo.
- Santiago et Copiapo se trouvent du reste situées sur les foyers sismiques les plus actifs.
- PHÉNOMÈNES
- PRÉCURSEURS
- Pression atmosphérique. — Le 30 novembre 1928, à la veille du terrible séisme de Talca, il se produisit un changement de temps dans la zone centrale du Chili; un accroissement de la nébulosité, un abaissement de la température et un brusque accroissement de la pression atmosphérique.
- Perturbations électromagnétiques.— Des
- perturbations électromagnétiques caractéris- Fig. 4. — Le magnétographe Nodon tiques se manifestent (uues Schématiques en élévation et en souvent un jour avant plan).
- le séisme. Ces pertur -
- bâtions ont été mises en évidence à l’Observatoire del Salto depuis plusieurs années déjà, grâce au magnéto-graphe Nodon à enregistrement photographique. Cet instrument dont la sensibilité est très grande permet de mesurer les plus faibles variations magnétiques qui sont elles-mêmes en relation étroite avec les variations électriques. Ces phénomènes déjà étudiés par M. Nodon, paraissent également liés étroitement avec les troubles telluriques et avec les perturbations solaires ainsi que M. Nodon l’avait déjà constaté antérieurement. Les relations de cause à effet qui relient entre eux ces divers phénomènes ont été mises en évidence à la suite des nombreuses observations faites par M. Bustos Navarrete,
- Fig. 5. •—• Aspect du diagramme enregistré au magnétographe Nodon pendant une période d’activité sismique dans la matinée du 23 mai 1927 (Observatoire Del Salto).
- Equipage
- aimanté
- \Minom
- Aimant
- Ain ant
- Œquipage
- aimante
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- à Santiago. Ces observations semblent démontrer que la cause déterminante des séismes et des grands troubles atmosphériques qui les accompagnent doit être recherchée dans le soleil lui-même, et que ce sont les répercussions à distance des troubles électriques solaires qui donnent probablement lieu aux troubles électromagnétiques terrestres. Les courants telluriques intenses qui circulent dans les régions frappées de séisme semblent également indiquer d’étroites relations entre ces manifestations électriques terrestres et les phénomènes précédents.
- Les deux électromètres Nodon, de sensibilités différentes, qui ont été installés dans les caves de l’Observatoire ciel Salto, ainsi que les deux autres qui viennent d’être disposés dans le nouvel Observatoire de haute altitude de la Cordillière des Andes ont été décrits à diverses reprises.
- Les éruptions volcaniques. — Quelques jours avant
- Sismogramme du tremblement de terre (composante horizontale N-S
- Jours 23 24
- Novembre 1329
- Décembre
- Fig. 7. — Graphiques comparatifs obtenus à l'Observatoire del Salto pendant les séismes de novembre-décembre 1929.
- le séisme de Talca, le volcan Quizapu présenta une activité anormale. Le Llaima entra en activité un mois auparavant, et une violente éruption du Calbuco eut lieu le 6 janvier 1929. Il n’est pas encore possible d’établir de relations de cause à effet, entre les volcanismes et les séismes ; mais on est certain qu’il existe une étroite parenté entre ces deux ordres de phénomènes.
- CONCLUSIONS
- Les recherches faites au Chili par M. Bustos Navarrete constituent de précieux documents pour l’étude future des séismes.
- Elles démontrent d’ores et déjà :
- Décembre 1928
- fictivité solaire (facu/es) '
- Fig. 6. — Graphiques obtenus à l’Observatoire del Salto pendant la période d’agitation sismique de novembre 1928, et montrant les relations entre l’activité solaire, les perturbations magnétiques, et la fréquence des microséismes.
- 1° Que l’origine des séismes n’est plus un mystère, et que la science est actuellement en mesure de poursuivre ces recherches avec méthode et profit ;
- 2° Qu’il existe maintenant des instruments de mesure d’une extrême sensibilité et d’une grande précision;
- 3° Que les méthodes expérimentales actuelles ne permettent pas encore de préciser l’heure exacte ni le point précis où aura lieu un séisme; mais qu’elles fournissent déjà de précieux renseignements sur l’époque et sur le lieu de la prochaine catastrophe.
- Les importants résultats déjà obtenus par le distingué directeur de l’Observatoire del Salto sont donc susceptibles de rendre de précieux services. Il semble du reste fort probable que de nouveaux perfectionnements dans les nouvelles méthodes permettront de fixer l’heure ainsi que la position d’un séisme prochain, pour le plus grand profit de l’humanité tout entière.
- Albert Nodon.
- Fig. 8. — Graphiques comparés de l’activité solaire et de la fréquence des séismes au Chili de 1910 à 1930.
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- Fig. 1. — Un Pëuhi et son troupeau, en Haute Voila.
- POUR COLONISER L’AFRIQUE OCCIDENTALE
- « Damus petimusque vicissim ». Donnons et demandons, importons et exportons. Inscrite sur des timbres-poste d’outre-mer, cette devise latine rappelle en un vieux et noble langage les relations séculaires de l’Europe avec la Côte d’Afrique, Madagascar et les Indes.
- La « traite » était alors pratiquée par des marins dont les voiliers jetaient l’ancre près des côtes des royaumes de Bouré, de Serreliône, (Sierra Leone), de Mesurado (Liberia), des Iles-San Thomé. Ces navigateurs troquaient des tissus, de la verroterie et des vins, contre de l’ivoire, de l’or et des vivres frais.
- Fig. 2.— Un troupeau de porcs à la foire d’Ouagadougou (Haute Volta). (Photo J. Legendre.)
- Si l’on en croit les chroniqueurs, les plaines littorales des pays précités étaient riches en bétail et animaux de basse-cour. Dans le royaume de Bouré, « les poules ordinaires, les poules pintades, les oies, les canards, les dindons et les pigeons sauvages sont à donner, les prairies sont couvertes de bœufs, de vaches, de cabrites et de moutons ». (R. P. Labat.)
- Cet âge d’or est passé, les blancs qui résident aujourd’hui sur ces côtes y trouvent difficilement leur subsistance, ils doivent faire venir du bétail de l’arrière-pays ou bien se ravitailler à bord des navires d’Europe.
- Une grande partie de ces anciens royaumes noirs est devenue nôtre depuis trente ans. Nos traitants ont des comptoirs dans les ports et à l’intérieur. Comme autrefois les indigènes ont conservé le goût de la « pacotille » européenne, des « boutiques » s’ouvrent un peu partout le long des routes carrossables, mais on ne voit guère de concessions agricoles ni d’établissements industriels européens; l’urbanisme, même dans les chefs-lieux de colonies, est d’un primitif qu’on ne soupçonne pas si on ne l’a vu. Nos buts sont restés les mêmes qu’au temps où nous n’avions pas accès à l’intérieur : trafiquer avec l’indigène. La traite des nègres ayant heureusement disparu, les transactions commerciales ne s’exercent plus que sur les produits du sol : café, cacao, oléagineux, textiles dont la production est presque exclusivement indigène.
- Même stimulée par l’Administration, dont l’effort est réel, la culture ou la cueillette par les indigènes des pro-
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- duits à exporter reste en dessous des besoins de la métropole. L’administrateur est non seulement percepteur et juge de paix, chargé de recenser hommes, animaux, arbres, il est aussi architecte, agent-voyer, agronome; sauf de la médecine on exige tout de ce fonctionnaire qui devrait être omniscient. Il est évident que l’Afrique occidentale manque
- de techniciens européens : agronomes, vétérinaires, forestiers, mineurs, c’est le grave défaut de son organisation administrative. Le colon, j’entends le planteur ou industriel, est rare, il est même des colonies qui n’en ont pas.
- Malgré qu’elle n’ait pas encore assez de techniciens, Madagascar, la Grande Ile noire détachée du continent, en
- Fig. 3 à 7. — Quelques productions végétales de l'Afrique occidentale : a) Un caféier du type canéphore, spontané dans le cercle d’Indénié (Côte d’ivoire); b, un pied d’arachide au Sénégal; c, un manguier au Soudan français ; d, une palmeraie à la Côte d’ivoire; e, cacaoyers à la Côte d’ivoire (photos Agence économique de l’A.O.F.).
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- a bien trouvé ainsi que des planteurs et des industriels, c’est le secret de son développement plus rapide que celui de l’Afrique occidentale, car elle n’a que trois millions d’habitants contre près de treize millions pour l’Afrique occidentale. Cependant le mouvement commercial de Madagascar est près de la moitié de celui de l’Afrique occidentale.
- A peu près livré à lui-même, privé de conseils techniques, de la stimulation et des leçons de choses que lui donnerait le planteur, le noir ne produit pas assez ni pour sa consommation ni pour l’exportation. Sauf en Guinée, où l’Administration fait un effort d’instruction technique agricole, l’indigène conserve son outillage rudimentaire et reste ignorant des éléments de la culture et de l’élevage.
- L’adage « travailler comme un nègre » n’est plus vrai. Si la fortune venait en dormant, les nègres seraient les plus
- Fig. 10. — Marchandes de légumes à Ouagadougou.
- riches des hommes, ils en sont les plus pauvres. Il est pourtant des pays confinant à l’Afrique occidentale française, où le noir travaille, puisqu’il produit beaucoup. En 1924, la Gold Coast a exporté 223 000 tonnes de cacao contre 5000 pour l’Afrique Occidentale, 233 000 tonnes de manganèse, 78S7 tonnes de kola, 26 000 tonnes de beurre de karité. Les 2 300 000 habitants de cette colonie britannique sont des noirs comme ceux de la Côte d’ivoire, du Dahomey et du Soudan. Dans nos colonies, l’indigène ensemence strictement ce qui est nécessaire à une subsistance précaire. En cas de sécheresse et de disette, les Soudanais, mangeurs de mil, ne consomment pas une calebasse de moins de bière de mil. « Primo bibere », pensent-ils.
- Sans être d’une fertilité extrême l’Afrique occidentale a des ressources latentes considérables en produits végétaux qu’il imp orte de développer. Ce sont, dans la zone côtière humide (Guinée, Côte d’ivoire, Dahomey), le
- Fig. 9.— Convoi d'ânes apportant un chargement de coton à Ouagadougou (Haute Volta).
- café, le caca'o, le maïs, le manioc, les fruits, l’huile de palmier, le coprah, le coton. La zone sèche (Sénégal, Mauritanie, Soudan, Volta et Niger) a le mil et le maïs en abondance, du karité et du kapok qu’il n’y a qu’à cueillir. Le coton à fibre courte y est cultivé depuis des siècles, il suffit d’en étendre la culture, en améliorant et standardisant le produit comme on l’a fait en Nigéria (‘). Le troupeau bovin y est assez important, les chevaux ne sont pas rares, les ânes y trottinent sur tous les chemins, chargés comme des mulets, la chèvre est dans toutes les cases, le mouton du Macina fournit aux missionnaires la haute laine dont ils font leurs tapis. Malgré des déboires probables au début, le-mérinos pur doit s’y acclimater et y prospérer.
- Dans les régions où l’eau de surface est rare, on en
- 1. Déjà des sociétés françaises exploitent heureusement le coton irrigué et une autre plante textile, le sisal.
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- trouve dans le sous-sol qui permettrait d’augmenter la densité humaine, végétale et animale.
- La recherche des minerais pourrait procurer d’agréables surprises; il y a du charbon en Nigéria anglaise, du manganèse et du diamant en Gold Coast; pourquoi tout cela manquerait-il chez nous ?
- Qu’on abandonne les vieilles routines, qu’on multiplie les techniciens et les moniteurs, que naissent la colonisation et l’industrie européennes là où elles n’existent pas.
- Sans nier que la condition économique de l’Afrique tropicale tienne aux races primitives qui l’habitent et que si elle était peuplée d’Annamites elle serait exploitée comme l’est l’Indo-Chine, l’exemple de Madagascar prouve qu’on peut faire mieux en Afrique 'occidentale.
- Ce n’est pas assez que de garantir aux indigènes la
- rr.......... .... 175 =====
- sécurité de leurs personnes et de leurs biens, de leur procurer les bienfaits de l’assistance médicale, d’administrer honnêtement et économiquement leur pays, nous devons avoir le souci de trouver dans ces colonies l’aisance pour les blancs qui y résident et un accroissement de ressources pour la métropole. Quant aux indigènes, nous avons le devoir de remplacer leurs pauvres cases par des habitations plus vastes et moins obscures, de vêtir leur nudité, d’augmenter leur bien-être physique et moral, tâches auquelles eux-mêmes doivent nous apporter un concours plus assidu. L’homme fait à son, gré la forêt ou le désert, laisse la brousse ou crée le champ, vit dans la misère par la paresse ou dans l’aisance par le travail. Des progrès lents mais réels de l’Afrique occidentale, les techniciens, les colons et les indigènes doivent être les accélérateurs. Dl J. Legendre.
- LE MORCEAU DE SUCRE
- Sa naissance n’est pas très ancienne. Dès 1700, le sucre livré à la consommation par les raffineries est du sucre candi à facettes brillantes. Longtemps il le sera ainsi, et il y a moins d’un siècle, on trouvait encore chez nos ménagères du Nord le sucre à la ficelle, qui n’était que du sucre candi emprisonnant le fil sur lequel s’était produite la cristallisation. La légende nous le montre suspendu au plafond de la salle, passant de bouche en bouche, et chacun le suçant à son tour, au moment du café.
- Il a fallu aussi la guerre pour remettre en usage, dans la consommation journalière de cette époque, le sucre cristallisé, malgré que sous cette forme il soit peu commode et ne se dissolve que fort lentement. Par contre, en morceaux, il offre le double avantage d’un dosage rapide de la consommation et dune prompte dissolution.
- Les premiers morceaux fabriqués, découpés dans des pains coniques, furent de formes irrégulières et de grosseurs inégales. Cela n’a pas duré trop longtemps. Bientôt apparaissait le sucre cassé et rangé mécaniquement dont les morceaux tous pareils apportaient de ce fait une grande amélioration à la qualité du produit et à sa présentation commerciale. Le sucre se présentait en usine sous forme de plaque de 0 m 30 de long,
- 0 m 20 de large et 0 m 02 d’épaisseur environ que l’on découpait à la scie; on comprend l’énorme poussière qui en résultait et qui était autant de sucre perdu.
- Un procédé plus moderne généralement employé évite cette perte; il repose sur le principe suivant né de la pratique : le sucre blanc en fins cristaux acquiert par pression, quand il est / légèrement humide, une certaine cohésion qui fait adhérer les ' unes aux autres ses parcelles et permet de lui faire prendre la forme d’un moule; si l’on dessèche ensuite la masse, l’eau en s’évaporant laisse à sa place une sorte de ciment formé du sucre qu’elle avait dissous, autrement dit ce ciment consolide la masse entière.
- Au lieu de couler, comme autrefois, la masse cuite chaude dans des moules à plaquettes, on la coule maintenant dans un malaxeur où elle subit un refroidissement rationnel et surveillé.
- Le grain initial est, toutefois, un grain. dit de raffinerie, c’est-à-dire très fin et tendre. L’addition d’eau ou de sirop, en quantité soigneusement mesurée, permet d’avoir {
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- un égout facile à séparer des cristaux par turbinage, attendu qu’il est désaturé et fluide. Le turbinage de cette masse cuite et le clairçage à l’eau froide, légèrement azurée par du bleu d’outremer, donne un sirop d’égout qui est rentré en fabrication à l’appareil à cuire, de raffiné ou de bas produits selon sa pureté.
- Les cristaux extraits de la turbine conservent la légère humidité, laquelle joue le principal rôle dans ce procédé; ils tombent dans un mélangeur qui donne une matière parfaitement homogène; ensuite, ils sont conduits à la mouleuse.
- La machine à mouler donne au sucre, dans une forme spéciale, la pression qui lui permet d’acquérir la cohésion; elle est constituée d’un plateau horizontal circulaire qui peut occuper, par rotation autour d’un axe vertical central, quatre positions successives, chacune correspondant à une phase de la fabrication. Ainsi à chaque quart de tour, la machine donne une série de lingots ou bâtons humides. Le passage àTétuve va donner à ceux-ci la solidité nécessaire, car le sucre dissous dans la petite quantité d’eau qu’il renferme cimentera les cristaux. A la sortie de l’étuve, la matière est donc dure et sèche, et se-présente dans une forme analogue à un bâton de nougat dont la section est de mêmes dimensions que celles du morceau de sucre à obtenir. Enfin, mis sur la table d’un cassoir, le bâton s’avance automatiquement et par saccades entre deux couteaux d’acier qui le débitent par coups secs, au moment de chaque arrêt, en tranches successives; chacune d’elles est un anorceau de sucre.
- < Ces morceaux de sucre, rangés par piles dans des boîtes i de léger carton, sont vendus sous le nom de « sucre 1 cassé, rangé, mécanique »; certaines installations permettent i même une mise en boîte automatique. Pour la clientèle dès ; restaurants et cafés, on faisait beaucoup, avant la guerre,, l’emballage des morceaux par 2 ou 3 dans un petit sachet de papier blanc ou légèrement bleuté ; le client avait ainsi la certitude d’avoir dans sa tasse un sucre qui n’avait été ni souillé ! par les mouches, ni manipulé par qui que ce soit... sauf par ; les ouvrières chargées du cassage et de l’empaquetage, souvent gantées de blanc pour éviter toute tache. Les frais de main-, d’œuvre ont fait abandonner cettç élégante et hygiénique présentation. On ne peut que le regiretter.
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- L’INSTALLATION TÉLÉPHONIQUE
- DU PAQUEBOT “LAFAYETTE ”
- Fig. 1. — L'ensemble des standards téléphoniques du Lafayette.
- Parmi les innovations qui signalent le beau et nouveau paquebot, dont nous donnerons prochainement une description détaillée, il faut signaler son installation téléphonique intérieure; celle-ci, réalisée parla Société Le Matériel téléphonique, a été étudiée à la demande de la Compagnie générale Transatlantique pour permettre d’une part de relier entre elles les cabines de première classe et celles-ci -aux divers services du bord, d’autre part de relier les postes de l’état-major entre eux avec la facilité aux escales de relier ces postes aux réseaux automatiques du Havre et de New-York. De plus, certains postes de commandement sont reliés directement par des lignes séparées et peuvent ainsi communiquer entre eux sans intermédiaire.
- L’installation complète comprend :
- 1° Un standard d’état-major, d’une capacité de 40 lignes supplémentaires et de 6 lignes réseau et équipé -actuellement pour 28 lignes supplémentaires et 2 lignes réseau.
- 2° Deux standards de passagers d’une capacité totale •de 400 lignes, et équipés pour 320 lignes.
- 3° Sept lignes de communication directe entre les postes de commandement.
- 4° Une station d’énergie destinée à l’alimentation du tréseau téléphonique.
- 5° Trois cent quarante-sept postes téléphoniques.
- 6° Le réseau de canalisations.
- Pour tout 1 e matériel de l’installation, les précautions Iles plus minutieuses ont été prises pour éviter l’action de l’air humide et salin sur les boiseries, les serrureries, les organes divers et les canalisations.
- Voyons maintenant quelques détails de réalisation.
- En ce qui concerne le standard d’état-major, pour les -communications entre deux postes, le circuit de conver-
- sation est constitué par un circuit métallique avec deux condensateurs en série et deux relais d’alimentation en dérivation.
- Pour les communications avec le réseau le circuit est purement métallique, l’abonné est alimenté directement par le bureau central.
- Cette disposition assure le minimum de perte de transmission.
- Les cordons du standard de l’état-major sont munis d’une fiche spéciale de façon qu’aucune communication émanant du réseau de l’Etat ne puisse être passée aux passagers, conformément aux règlements de l’administration française, les postes d’état-major étant seuls considérés comme postes supplémentaires.
- Les schémas des standards des passagers sont les schémas ordinaires des standards d’intercommunication entre abonnés.
- Les communications directes entre deux postes sont établies sur des lignes formées par deux fils sur lesquels deux condensateurs sont intercalés en série; les deux postes sont alimentés par la batterie des standards à travers les contacts et les enroulements de deux relais différentiels fonctionnant à l’aide d’un bouton d’appel et assurant à la réponse du poste appelé l’alimentation des deux postes.
- Enfin, le courant nécessaire au fonctionnement des standards et des postes à liaison directe est fourni par deux batteries de 20 éléments d’accumulateurs fer-nickel, à électrolyte alcalin, groupées chacune en quatre châssis de cinq éléments. Ces batteries sont utilisées alterna -
- Fig. 2. — Vue arrière d’un standard.
- tivement l’une en charge, l’autre en décharge. La charge s’effectue au moyen du courant continu à 220 volts du bord.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- VII. — LA VOCATION SCIENTIFIQUE SPONTANÉE
- ( Suite )
- Continuons à citer quelques savants chez lesquels la vocation scientifique a paru se développer spontanément.
- Bosc (1759-1828) n’est guère connu de-nos jours; mais, à l’époque où il vivait, il avait une certaine réputation par ses études d’histoire naturelle appliquée, la Botanique en particulier, études qui le firent entrer à l’Académie des sciences, circonstance à laquelle nous devons de connaître ses débuts, qui ont été relatés par Cuvier dans l’Eloge (2) qu’il lui consacra :
- « Bosc, longtemps connu sous le surnom d’Antic, naquit à Paris. Sa famille paternelle, autrefois florissante dans les Cévennes, était fort déchue par suite des guerres de religion; et l’attachement permanent qu’elle avait montré au protestantisme avait consommé sa ruine. -M. d’Antic, le père, contraint par sa position d’embrasser un état lucratif, choisit la médecine. Mais, comme protestant, il ne put prendre de degrés en France; et c’était en Gueldre, sur les bords du Zuy-derzée, et dans la très petite et très obscure Université d’Har-derwick, qu’il était allé chercher le bonnet de docteur : aussi ne lui fut-il permis d’exercer à Paris que longtemps après. Le jeune Bosc pouvait espérer un appui plus utile de ses parents maternels : sa mère était fille et sœur de deux officiers généraux d’artillerie, distingués dans leur arme, et cette circonstance engagea sa famille à le destiner de bonne heure au service militaire. Rarement le génie d’un enfant se conforme à ces vocations arrangées d’avance. Celui-ci du moins ne s’occupa que de la sienne. A peine sut-il marcher, que l’observation des objets naturels devint son unique passion. Il rassemblait des pierres et prenait des insectes bien avant de savoir écrire; il a dit de lui-même qu’il ne se souvenait pas d’avoir eu d’autres jouets. Le goût de la campagne et d’une vie solitaire, et même un peu sauvage, qui s’alliait si bien avec cette première inclination, se renforça encore par des événements domestiques. M. d’Antic avait fait un second mariage, et s’était transporté à Servin, près de Langres, où on lui avait confié une grande verrerie. Sa nouvelle femme montrait peu de tendresse pour un fils d’un premier lit. On lui laissait passer ses journées au milieu des bois, et l’amour qu’il y prit pour la solitude se conserva si longtemps, qu’à quinze ans, et tout protestant qu’il était, l’idée de s’y livrer tout entier, jointe à celle de cultiver un petit jardin, le décida presque à céder aux suggestions d’un Chartreux qui voulait l’attirer dans son ordre. »
- En vue de le préparer à la carrière militaire, on l’envoya au collège de Dijon. « Aucune idée d’avancement et de fortune ne pouvait le détourner de ses premiers goûts. Les petites ambitions de collège ne le touchèrent pas plus que ne firent dans la suite celles du monde; il ne prenait même qu’une faible part aux jeux de ses camarades, et il ne se montrait guère au milieu de leurs ébats que lorsqu’il y avait des faibles à protéger; car, dès lors, une justice inflexible faisait le fond de son caractère. Le reste de ses récréations se passait, dans sa chambre, à arranger ses plantes, ou ses insectes, et à lire sans choix toutes sortes de livres, et chaque fois qu’il pouvait sortir, il se hâtait de courir à la campagne. Enfin ses maîtres imaginèrent de l’envoyer au cours de botanique de Durande qui avait alors à Dijon quelque célébrité, et il se crut éclairé d’un jour tout nouveau. L’étude méthodique de ces objets que jusqu’alors il n’avait recueillis et observés que dans une sorte de confusion, s’empara de son esprit. »
- 1. Voir La Nature, depuis le N° 2808.
- 2. Mémoires de l’Académie des sciences, tome X. Paris, 1831.
- Ayant eu des revers de fortune, son père ne lui fit pas continuer ses études militaires et le plaça dans les bureaux du contrôle général, où son intelligence et la sympathie d’un de ses chefs éclairé le firent progresser vite. « Dès ce moment, M. Bosc, arrivé à quelque aisance, put disposer d’une partie de son temps en faveur de ses premiers goûts, et il se lia successivement avec les hommes qui les partageaient à Paris. Sa place lui donnant la franchise postale, il en profita pour établir des correspondances étendues, et il ne tarda point à se mettre en relation suivie avec les naturalistes les plus célèbres de France et de l’étranger. »
- Bosc, dès lors, se consacra à l’étude des plantes jusqu’à la fin de sa vie, qui fut singulièrement balottée par la Révolution, à laquelle, non sans peine, il échappa pour aller en Amérique, puis revenir, enfin, à Paris.
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- A peu près oublié aujourd’hui, le zoologiste et botaniste Broussonnet (1761-1807) eut, cependant, jadis, son heure de célébrité. Il était né à Montpellier, où son père était professeur de médecine.
- « Né dans le sein d’une école célèbre, a écrit Cuvier ('), fils d’un homme qui exerçait avec honneur les fonctions de l’enseignement, les sciences entourèrent, pour ainsi dire, son berceau, et ce fut leur langage qu’il apprit le premier à balbutier. Une curiosité insatiable pour les productions de la nature, si riche sous le beau ciel qui l’avait vu naître, l’anima dès sa plus tendre enfance, et son père craignant que des objets si variés et si attrayants ne le détournassent des longues études préliminaires sans lesquelles il n’est point de véritable science, se crut obligé de l’éloigner de sa maison et le plaça sucessive-ment dans différents collèges consacrés aux belles-lettres; mais le jeune Broussonnet, tout en se distinguant parmi ses camarades, dans les objets communs de leurs études, savait encore trouver du temps pour les objets particuliers de son goût. Il en trouva bien davantage quand il fut revenu à Montpellier pour y étudier la médecine : herborisant le jour, disséquant la nuit, il encombrait les appartements de son père, des productions qu’il rassemblait ou qu’il préparait, et malgré ces travaux accessoires, il sut encore faire dans les parties ordinaires et réglées de l’étude médicale, des progrès assez rapides pour être docteur à 18 ans, et pour que l’Université de Montpellier demandât immédiatement pour lui au chancelier de France la survivance de la chaire de son père. »
- Comme on le voit, on «arrivait» vite en ce temps-là... Malgré ses succès en médecine, Broussonnet en revint à ses premières amours et, pour se perfectionner dans les sciences naturelles, vint à Paris, où il s’efforça de répandre la nomenclature de Linné, puis en Angleterre, où il s’attacha à l’intérêt que présente l’anatomie des animaux pour leur classification. De retour de Londres, il s’occupa, en particulier, de l’anatomie et de la respiration ainsi que des mouvements des plantes.
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- Duméril (1774-1860) a laissé un nom important, à la fois comme zoologiste — c’est lui, peut-on dire, qui enseigna l’anatomie à Cuvier — et comme professeur. Ces deux vocations, dont on ne saisit pas, d’ailleurs, très bien l’origine, se sont manifestées, ainsi qu’on va le voir (-’), dès son jeune âge :
- 1. Mémoires de la classe des sciences mathématiques et physiques de l’Institut national de France. Paris, 1807.
- 2. Eloge historique de Duméril, par M. Flourens (Mémoires de l’Académie des sciences, tome XXXV, Paris, 1866).
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- 1 « Son père avait été juge au tribunal civil d’Amiens et avait eu sept enfants. Les premières courses, les premiers ébats du jeune Duméril eurent pour objet de recueillir des insectes; leur possession était le seul trésor qu’il enviât; des pocbes endommagées par l’accumulation, l’excès de cette sorte de richesse, lui valurent les seules réprimandes qu’une mère ait jamais pu lui adresser. Curieux et pétulant, plus pressé du besoin de communiquer que de celui de réfléchir, il enrôlait ses premiers compagnons pour leur faire subir une sorte d’enseignement. Préludant avec bonheur à l’avenir, il leur communiquait de naïves observations. Ces observations suivirent les progrès de l’âge, passèrent de l’entomologie à la botanique, et les choses allèrent ainsi jusqu’à sa dix-septième année. Il fallut alors, contraint par la médiocrité de la fortune, que Duméril s’éloignât du foyer paternel. Envoyé à Rouen pour être admis à une sorte d’apprentissage chez un droguiste, l’excellent jeune homme intéressa, par sa courageuse résignation, le maître auquel il était confié. Des heures lui furent laissées pour qu’il pût continuer à s’instruire, des livres lui furent prêtés, des relations lui furent ouvertes. A quelque temps de là, l’Académie des sciences de Rouen décernait un prix de botanique au jeune apprenti et comblait ainsi de joie l’homme généreux qui a aidé Duméril et dont celui-ci ne parlait jamais qu’avec un profond attendrissement. »
- Duméril s’occupa ensuite de chirurgie et d’anatomie, puis se consacra exclusivement à la zoologie.
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- Ampère (1775-1836), célébré par ses études sur l’électro-magnétisme, était né à Lyon. Son père, négociant, était instruit et fort estimé.
- « Peu de temps après la naissance de leur fils, a écrit Arago ('), ils quittèrent le commerce et se retirèrent dans une petite propriété située à Poleymieux-lez-Mont-d’Or, près de Lyon... La faculté qui, chez Ampère, se développa la première, fut celle du calcul arithmétique. Avant même de connaître les chiffres et de savoir les tracer il faisait de longues opérations, à l’aide d’un nombre très borné de petits cailloux ou de haricots. Peut-être était-il déjà sur la voie des ingénieuses méthodes des Hindoux, peut-être ses cailloux se combinaient-ils entre eux comme les grains enfilés sur plusieurs lignes parallèles, que les Brahmanes mathématiciens de Pondichéry, de Calcutta ou de Bénarès, manient avec tant de rapidité, de précision, de sûreté.... S’il me faut montrer à quel point extraordinaire l’amour du calcul s’était emparé du jeune écolier, je dirai que la tendresse maternelle l’ayant privé, pendant une grave maladie, de ses chers petits cailloux, il y suppléa avec les morceaux d’un biscuit qui lui avait été accordé après trois jours d’une diète absolue.... Le jeune Ampère sut bientôt lire et dévora tous les livres qui lui tombaient sous la main. L’histoire, les voyages, la poésie, les romans, la philosophie, l’intéressaient presque à un égal degré. La principale lecture du jeune écolier de Poleymieux fut Y Encyclopédie, par ordre alphabétique en 20 volumes in-folio. La nature avait doué Ampère, à un degré éminent, de la faculté dont Platon n’a rien dit de trop en l’appelant une grande et puissante déesse. Aussi l’ouvrage colossal se grava-t-il et profondément dans son esprit.... Dès que là modeste bibliothèque d’un négociant retiré ne suffit plus au jeune écolier,.son père le conduisit, de temps en temps, à Lyon où il allait consulter les livres les plus rares, entre autres les œuvres de Bernouilli et d’Euler. »
- En 1793, son père, pour échapper à la tourmente révolu-
- 1. Œuvres complètes de François Arago, tome II, Paris 1854.
- tionnaire, crut devoir së faire nommer juge de paix à Lyon, mais cela ne lui réussit pas et il mourut sur l’échafaud. Ampère en fut tellement frappé que durant des mois, il fut presque privé de sa raison. Il se remit, cependant, peu à peu et les lettres de J.-J. Rousseau sur la botanique l’engagèrent à se livrer à cette aimable science, où il fit de rapides progrès. En 1799, il se maria, mais, dénué de fortune, songea à s’établir négociant en soieries. Mais la carrière des sciences prévalut et il alla à Lyon, pour donner des leçons particulières de mathématiques. Il obtint ensuite la chaire de physique à l’école centrale du département de l’Ain.
- Augustin Fresnel (1788-1827), si connu par ses célèbres recherches en optique, est un bel exemple de « physicien » né, car, dès sa plus tendre enfance, il se montra disciple de la méthode expérimentale, ainsi que le rapporte Arago dans la biographie qu’il lui a consacrée (').
- Il était né à Broglie (2), près de Bernay, en Normandie; son père avait été architecte. Sa mère, Mme Fresnel, dont le nom de famille (Mérimée) devait devenir cher aux arts et aux lettres (*), était douée des plus heureuses qualités du cœur et de l’esprit; l’instruction solide et variée qu’elle avait reçue dans sa jeunesse lui permit de s’associer activement pendant huit années consécutives aux efforts que faisait son mari pour l’éducation de leur quatre enfants (4). Augustin, cependant, n’avançait dans ses études qu’avec une extrême lenteur. A 8 ans, il savait à peine lire. On pourrait attribuer ce manque de succès à la complexion très délicate du jeune écolier et aux ménagements qu’elle prescrivait; mais on le comprendra mieux encore, quand on saura que Fresnel n’eut jamais aucun goût pour l’étude des langues, qu’il fit toujours très peu de cas des exercices qui s’adressent seulement à la mémoire; que la sienne, d’ailleurs assez rebelle en général, se refusait presque absolument à retenir les mots, dès qu’ils ne se rattachaient pas à une argumentation claire et ourdie fortement. Aussi, je dois l’avouer sans détour, ceux dont toutes les prévisions concernant l’avenir d’un enfant, se fondent sur le recensement des premières places qu’il a obtenues au collège, en thème ou en version, n’auraient jamais imaginé qu’Augustin Fresnel deviendrait un des savants des plus distingués de notre époque. Quant à ses jeunes camarades, ils l’avaient au contraire jugé avec cette sagacité qui les trompe rarement : ils l’appelaient F «homme de génie ». Ce titre pompeux lui fut universellement décerné à l’occasion de recherches auxquelles il se livra à l’âge de neuf ans, soit pour fixer les rapports de longueur et de calibre qui donnent la plus forte portée aux petites canonnières de sureau dont les enfants se servent dans leurs jeux, soit pour déterminer quels sont les bois verts et secs qu’il convient d’employer dans la fabrication des arcs, sous le double rapport de l’élasticité et de la durée. Le physicien de neuf ans avait exécuté en effet ce petit travail avec tant de succès, que des hochets, jusque-là fort inofîensifs, étaient devenus des armes dangereuses, qu’il eut l’honneur de voir proscrire par une délibé-
- 1. Œuvres complètes, tome I. Paris 1854.
- 2. Chose curieuse, ce devait être plus tard, tomme on sait, notre nouveau prix Nobel, le prince Louis de Broglie, qui réussit à concilier la brillante théorie des ondulations de Fresnel avec celle de l’émission de la lumière, chose qui, dans ces derniers temps, ne semblait pas croyable.
- 3. Augustin Fresnel était le cousin germain de l’écrivain bien connu Prosper Mérimée.
- 4. Les trois frères d’Augustin furent élèves de l’Ecole Polytechnique. Voir, pour plus de détails, La vie et l’œuvre d’A. Fresnel, par Ch. Fabry (Rev. scient. 28 janvier 1928).
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- ration expresse des parents assemblés de tous les combattants ( ).
- A 16 ans, Fresnel se rendit à l’école centrale de Caen, où il eut d’excellents professeurs de mathématiques, de grammaire et de logique, puis entra à Polytechnique, où son frère aîné l’avait précédé d’une année; malgré sa faible santé il y réussit bien et s’y fit remarquer, entre autres, par son habileté pour les arts graphiques. Il passa, ensuite, à l’Ecole des Ponts et Chaussées. En 1814, Fresnel se lança dans la politique pour le retour de la famille des Bourbons. En 1815, il alla rejoindre l’un des détachements de l’armée royale du Midi. Il rentra, ensuite à Nyons, sa résidence habituelle, presque mourant; la populace ne lui prodigua que des outrages. Peu de jours après, un commissaire impérial vint prononcer sa destitution. Ce repos forcé
- 1. Avec l’aide, de ses frères il découvrit aussi des méthodes pour faire cuire, sans les briser, des médailles en argile.
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- fut très salutaire à la science, car c’est à partir de ce moment qu’il fit ses plus belles découvertes (réfraction, interférences, polarisation (*), émission de la lumière, ondes, phares, etc.).
- (A suivre.) Henri Coupin.
- 1. Chose curieuse à noter, au moment où il commença à réfléchir aux questions de Physique, son ignorance était extrême en cette matière. « La doctrine de la matérialité du « calorique » et de la lumière lui avait été enseignée comme une vérité incontestable; en y réfléchissant, Fresnel aperçoit un monde de difficultés; il s’en ouvre à son frère et à son oncle en leur demandant de lui envoyer quelques livres; ces demandes témoignent à la fois d’un vif désir de s’instruire et d’une complète ignorance des découvertes récentes. C’est ainsi que, dans une lettre à son frère Léonor, il dit : « J’ai vu, dans le Moniteur, il y a quelques mois, que Biot avait lu à l’Institut un mémoire fort intéressant sur la polarisation de la lumière. J’ai beau me casser la tête, je ne devine pas ce que c’est. » Naturellement, les travaux de Young, publiés en anglais, lui étaient complètement inconnus. » (Ch. Fabry.)
- LE PE-TSAI
- Le Pé-Tsaï ou Chou de Chine (Brassica chinensis) est une plante annuelle, à feuilles énormes, portées par de larges côtes, ressemblant à celles des Poirées à Cardes. Depuis plus d’un siècle, ce chou figurait dans les collections des jardins botaniques, mais vers 1840, on en parla enfin comme plante maraîchère, parfaitement comestible; il y a 25 ans, on en fit un éloge, qui se rapprochait de la vérité et c’est alors, que moi-même, en fis une étude très approfondie, car le Pé-Tsaï est un légume de valeur, dont on ne soupçonne pas la réelle qualité.
- De fait, cette crucifère est réputée dans toute l’Asie; on l’y cultive sur une grande échelle et en hiver, elle constitue le légume populaire, que l’on voit sur toutes les tables, soit seul, soit mélangé au riz, avec de l'ail et de Yognon.
- Jusqu’en 1900, on considérait le Pé-Tsaï comme un produit sans valeur, mais cela tenait à ce qu’il était mal cultivé et à contre-saison, de plus il ne pommait pas, qualité qu’on disait constante en Chine, et encore une fois on allait en abandonner la culture, quand je pris en main sa défense, en prouvant par l’exemple, que ce chou valait mieux que sa réputation.
- Je fis voir alors, dans les expositions, des spécimens énormes et de toute beauté; de plus, j’en vendis « moi-même » sur les marchés, avec un tel succès, que, si à ce moment, j’en avais eu quelques hectares en culture, j’aurais tout écoulé rapidement,.
- Le Pé-Tsaï est un légume d’hiver, ayant toute l’apparence d’une romaine géante, dont les feuilles se mangent à l’instar des épinards-, les côtes de diverses manières, le cœur en salade délectable. *
- Ce chou, n’a du chou que le nom; une fois cuit, il forme un mets d’une saveur douce, agréable suivant la préparation, mais toujours exquise. Il existe en Chine un grand nombre de variétés de Pé-Tscü, dont les préférées sont celles qui forment de grosses pommes, ayant l’apparence de la Romaine chicon pomme en terre; elles sont connues sous le nom de Pé-Tsaï géant de Chefoo et, naturellement, très recherchées.
- En Chine, la culture s’en fait en toutes saisons; chez nous, la chose n’est pas possible et nous devons nous contenter de l’avoir en hiver seulement; d’ailleurs, c’est à cette époque de l’année qu’ils sont les meilleurs. Dans son pays d’origine, le
- Pé Tsaï est préféré pendant la période des froids, aussi les Chinois et autres Asiatiques, s’arrangent-ils, malgré la rigueur de leur climat, à en avoir durant, plusieurs mois, c’est-à-dire jusqu’en mars.
- On sème chez nous ce bon légume en juillet, en pépinière dafts du terreau de couche,-en rayons espacés de 0 m 10; lorsque les plants sont assez forts, on les repique en motte en place, à 0 m 35 sur 0 m 60; plus on les espace, plus ils deviennent beaux.
- Au cours d’août, septembre et octobre, on donne des binages, des sarclages et des arrosages.
- En novembre, les Pé-Tsaï sont bons à être récoltés.
- Si on se contente de les manger de suite, il n’y a pas à se préoccuper des procédés chinois pour leur conservation, mais si l’on tient à en avoir jusqu’au printemps, c’est facile, et voici comment il faut agir :
- 1° La récolte faite, on expose les Pé-Tsaï au soleil, pour leur faire perdre une partie de leur eau qui les ferait jaunir, puis on les empile dans une resserre ou dans des fossés creusés exprès, à l’abri du froid.
- 2° On les plante près à près, dans du sable de rivière humide, au fond d’une resserre.
- 3° On les suspend sur des fils de fer, par la racine, la tête en bas, dans des endroits clos et aérables, le plus près possible, comme nous faisons pour les choux cabus.
- 4° On les sale aussi, à l’instar de la choucroute, ils sont alors excellents et de digestion facile.
- 5° Il y en a qui les confisent au vinaigre salé : c’est un .mets Lès bon.
- 6° Quelques-uns les font faner à froid, puis macérer dans de l’eau de moutarde ou de gingembre et c’est une nourriture agréable.
- De quelque manière que ce soit, le Pé-Tsaï demande un assaisonnement gras, relevé, sans exagération pourtant. Je suis persuadé qu’il ferait bonne figure sur les meilleures tables et que servi dans les grands restaurants, il remporterait tous les suffrages.
- D’un autre côté, les végétariens trouveront en cet agréable légume, un produit herbacé, sain, sinon nutritif, dont ils se régaleront, car de l’avis de tous ceux qui Font dégusté, il surpasse bon nombre de nos légumes réputés.
- R. de Noter.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUIN 1930, A PARIS
- Le mois de juin 1930 a été très chaud, assez pluvieux et très orageux surtout avec insolation suffisante et pression barométrique déficitaire.
- Sa température moyenne, 18°,6 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, dépasse la normale de 2°,2 et le classe au quatrième rang parmi les plus chauds observés depuis 1874. Cette moyenne, à Montsouris, a été de 19°,2 et depuis l’origine des observations faites à cet observatoire, deux mois de juin seulement ont été plus chauds (juin 1877 avec 19°,8 et juin 1917 avec 19°,5). Cet excès de température est attribuable, en majeure partie, au peu d’intensité du refroidissement nocturne qui s’est traduit par une moyenne des minima de 13°,6 en excédent de 2°,6. Le minimum absolu, 9°,6, a été enregistré le 6, et le maximum absolu, 30°,0, le 12. Ils n’ont rien d’exceptionnel. Les moyennes journalières sont presque toutes supérieures à leurs normales respectives.
- La hauteur d’eau recueillie au cours du mois, en 14 jours (normale 12), atteint 70 mm 9 au Parc Saint-Maur et dépasse la moyenne de juin de 31 pour 100 et à Montsouris de 40 pour 100 pour une hauteur totale de 76 mm 8. La chute de pluie la plus importante notée en 24 heures, 24 mm 8, le 12, au Parc Saint-Maur, a marqué le début d’une série de six journées orageuses et pluvieuses successives qui n’a pris fin que le 18. Plus fortes hauteurs de pluie relevées en 24 heures, dans la région : le 2, 37 mm 2 à Bagatelle, le 12, 64 mm 0 à Pierrefitte, le 14, 38 mm 3 à Fresnes, le 15, 38 mm 0 à Verrières.
- La moyenne de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, a été de 761 mm 8 ,celle de la nébulosité, de 58 pour 100 et celle de l’humidité relative de l’air, de 76,4 pour 100 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur et le nombre de jours d’orage, de 7. Les orages ont été pour la plupart violents, notamment du 2 au 3, le 12, le 14 et le 16. Chutes de grêle, par places, les 12, 13, 14, 15 et 24. Le 12, à Pierrefitte, on a observé des grêlons de 1 à 2 centimètres; le 13, à Suresnes, ils atteignaient parfois le volume d’un gros haricot.
- Les vents d’entre N. et E. ont prédominé.
- MOIS DE JUIN ANTÉRIEURS
- Le mois de juin, dont la moyenne normale de la température est de 16°,6, peut présenter une température presque égale à la normale de mai, où n’être inférieur que d’un degré à la moyenne des plus chauds mois de juillet.
- D’après M. Besson, juin a passé successivement, dans la première moitié du XIXe siècle, par une période froide et par une période chaude, puis, après des fluctuations irrégulières, a été, avec assez de continuité, relativement chaud de 1885 à 1901 et relativement froid de 1902 à 1906.
- M. Renou, dans ses remarquables études sur le climat de Paris, a fait voir, il y a très longtemps, que le mois de juin éprouve une variation périodique d’une soixantaine d’années.
- En juin, il y a réchauffements de la température au commencement et à la fin du mois (du 2 au 5 et le 28 plus particulièrement) et ces réchauffements se retrouvent sur la courbe de la moyenne de 130 années d’observations de Paris, établie par M. Renou.
- Le 8 juin est, après le 7 décembre, le jour le plus pluvieux de l’année dans la région de Paris, il y tombe de l’eau 21 fois sur 30; la journée du 28, si chaude généralement, est celle au contraire où le nombre de jours de pluie, sur trente ans, est le plus faible de Tannée, 8 fois seulement, d’après M. Mou-reaux pour les observations du Parc Saint-Maur.
- Le nombre de jours d’orages en juin est en moyenne de 6,
- c’est, de toute l’année, le nombre mensuel le plus élevé. Du 6 au 9, se situe la période la plus orageuse et la plus pluvieuse de tout le mois; la journée du 28 est plus orageuse encore quoique étant à la fois plutôt sèche et très chaude.
- Les mois de juin les plus froids ont été ceux de : 1916, moyenne 13°,6; 1797, 13°,8; 1923, 14°, 1 ; 1793, 1800, 1821, 1869,1884,1909,1926,14°,5 et les plus chauds : 1775, moyenne 21°,4; 1822, 21<>,2; 1772, 20°,9; 1846, 1858, 20°,5; 1758, 20°,3; 1760, 20°,0.
- On a noté en juin, jusqu’à présent, trois gelées blanches, le 1er, en 1890 et en 1893, minimum de 2°,7 et de 2°,6 sous abri, et, le 10, en 1881, minimum de 2°,1, également sous l’abri (Parc Saint-Maur) et c’est la plus basse température observée en juin; en 1793, 1882 et 1891, l’on eut 4°,0.
- Les températures maxima les plus élevées dans ce mois ont été de : 35°,6 en 1772 ; 35°,5 en 1842 ; 35°,0 en 1763 ; 34°,6 en 1790; 34°,5 en 1888 et 34°,4 en 1758 et en 1764. D’après les anciennes observations, on aurait relevé 39°,0 le 20 juin 1755, mais cette valeur n’est pas très sûre.
- Les mois de juin les plus pluvieux ont été ceux de : 1854, 195 mm 4 d’eau; 1873, 175 mm 0; 1839, 115 mm 8; 1871, 115 mm 7; 1905,107 mmO; 1817, 104 mmO; 1927,102 mm 4, et ceux les plus secs : 1921, 1 mm 1; 1870, 1 mm 5; 1810-3 mm 0; 1906, 9 mm 1.
- Comme averse de grande intensité en juin, on peut citer celle observée à Montsouris, le 20, en 1899, qui, en 30 minutes, donna 28 mm 0 d’eau. En 24 heures, le 10, en 1905, l’on recueillit 64 mm 0 d’eau à Saint-Ouen et 56 mm 0 à Montmartre; le 16, en 1908, 57 mm 0, à Saint-Cloud; le 15, en 1914, 67 mm 5 au Square Louis XVI et 59 mm 0 au Bureau central météorologique; le 11, en 1917, 61 mm 0 à Joinville-le-Pont; le 9, en 1922, 55 mm 6 au Petit-Bicêtre. Dans la nuit du 7 au 8 juin 1891, à Ablon, M. G. Raymond a recueilli 52 mm 3 d’eau; à l’Observatoire de Paris, le 8 juin 1849, l’on releva en une heure 45 mm 0 d’eau.
- Juin 1830 donna jusqu’à 24 jours de pluie; 1861, 23 ; 1854 et 1882, 21; en 1870, l’on en eut seulement 2; en 1921, 3; en 1810, 1826 et 1865, 4; en 1790, 1850, 1851, 1868, 1887,1918 et 1925, 5.
- Nombre de jours d’orages en juin : aucun en 1919 et en 1923 ; 13 en 1910, dont 6 consécutifs; 10 en 1888, 1897 et 1905.
- On a noté, à Paris, quelques flocons de neige dans la matinée du 24 juin 1853.
- Dans le mois de juin on a observé assez souvent des trombes-dans la région parisienne, notamment en 1764, le 23, à Villeneuve-Saint-Georges; en 1839, le 18, à Châtenay; en 1861, le 16, à Armainvilliers et en 1897, le 18, à Asnières.
- Mois de juin fort clairs, à très faible nébulosité moyenne 1887, 32 pour 100 ; 1877 et 1893, 39 pour 100; 1889, 41 pour 10Ù et 1899, 43 pour 100. En 1846 il y eut en juinvpendant 5 jours-consécutifs (du 1er au 5) un ciel absolument sans trace de-nuages; fait extrêmement rare. Les mois de juin les plus couverts ont été ceux de : 1886 et 1907, nébulosité moyenne-72 pour 100, 1910 et 1916, 71 pour 100* 1923, 70 pour 100. Juin 1910 est l’un des plus couverts, des plus humides (moyenne-de l’humidité relative de l’air, 81,2 pour 100 en excès défi pour 100 sur la normale) et des plus orageux que l’on connaisse jusqu’ici au Parc Saint-Maur.
- En 1901, juin donna comme humidité relative moyenne,. 62,3 pour 100 seulement. Roger,
- Membre de la Société Météorologique* de France.
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- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- LE CLASSEMENT
- DES DISQUES DE PHONOGRAPHE
- Le choix des disques de phonographe est une opération délicate qui doit être effectuée avec soin, tant au point de vue artistique et musical, qu’au point de vue acoustique. Le prix des disques est élevé, et la constitution d’une discothèque comprenant quelquefois plusieurs centaines de disques exige une dépense importante.
- Après le choix des disques, leur classement dans la discothèque constitue une opération non moins délicate. Il faut les conserver à l’abri de toute détérioration et retrouver immédiatement celui qu’on désire reproduire.
- Les disques sont toujours livrés par l’éditeur dans une enveloppe en papier avec ouverture centrale laissant apercevoir l’étiquette sur laquelle sont inscrits la marque du fabricant, le titre du morceau enregistré, et son numéro correspondant, le nom des artistes, etc....
- Beaucoup d’amateurs se contentent de les empiler horizontalement les uns sur les autres ou même de les disposer obliquement en un endroit quelconque de l’appartement.
- Il va sans dire que ces habitudes sont déplorables pour la conservation des disques, et, si ces amateurs négligents en ont un grand nombre, sans doute l’achat d’un meuble discothèque serait moins coûteux pour eux que le remplacement des disques ainsi détériorés.
- En effet, lorsqu’on dispose les disques obliquement les uns contre les autres et sans ordre, il peut se produire, sous l’action de la chaleur des appartements, une déformation complète de la surface _ et même de la masse de ces derniers, ce qui les rend complètement inutilisables.
- Quant aux disques placés horizontalement les uns sur les autres, ils sont exposés à la poussière et aux chocs et peuvent même glisser à terre et se briser.
- Enfin, on ne peut opérer de classement méthodique avec des disques ainsi empilés « en vrac » et la recherche de l’unité désirée devient longue et difficile.
- Dans la plupart des phonographes meubles à reproduction mécanique ou électrique se trouvent des casiers verticaux et horizontaux pour un certain nombre de disques, mais ces casiers ne peuvent renfermer que les morceaux à reproduire immédiatement et ne constituent pas une discothèque réellement suffisante.
- La plupart des éditeurs établissent des mallettes pour le
- transport, et des albums avec couvertures en carton et des feuillets enveloppes en papier fort, dans lesquels on place les disques. Ces enveloppes assurent une protection efficace, et une recherche rapide parce qu’elles sont numérotées et qu’on peut disposer un répertoire de repère à l’intérieur de la couverture.
- Les albums peuvent être placés dans une bibliothèque comme
- des livres ordinaires de grand format, et, grâce à eux, on peut constituer une discothèque semblable en quelque sorte à une bibliothèque.
- On placera dans chaque album des disques de même catégorie, et l’on affectera un numéro à chacun des albums de la discothèque pour constituer un tableau général de classement.
- Si l’on dispose d’un classeur à tiroirs d’assez grand format, ou même d’une petite bibliothèque à rayons horizontaux, mais assez profonde (une trentaine de centimètres par exemple), on peut fort bien les utiliser pour le classement, sans même avoir besoin d’albums.
- Il suffit de disposer les disques horizontalement sur les rayons ou verticalement dans les tiroirs, en séparant les différentes catégories à l’aide de larges plaques de carton découpées.
- Il est indispensable que les disques soient maintenus verticalement sur toute leur surface, de façon à empêcher les déformations, et si leur nombre n’est pas assez grand pour remplir les tiroirs du classeur ou les rayons de la bibliothèque, on remplira, en attendant, l’espace vide au moyen d’objets quelconques, de livres ordinaires, par exemple, de façon à bien maintenir le dernier disque de la rangée correspondante.
- De nombreux fabricants, et, en particulier, presque tous les éditeurs de disques réalisent de petits meubles spécialement destinés au classement. Ces meubles comportent simplement des tablettes horizontales sur lesquelles on empile les unités de la discothèque ou bien l’on prévoit la disposition verticale avec plaques de séparation en carton ou en bois recouvertes de feutre ou de velours. Dans certains modèles, chaque disque est ainsi séparé du suivant par une feuille de carton fort recouvert de feutre, ce qui assure évidemment le maximum de sécurité.
- On a aussi proposé récemment un type assez original formé d’une sorte de plateau en bois sur lequel sont fixés des triangles en fil de fer verticaux recouverts d’une gaine souple. Chaque disque est serré entre deux triangles consécutifs, et ainsi maintenus sur toute sa surface. Des étiquettes numérotées permettent une recherche rapide, et les classeurs ainsi remplis peuvent trouver place sur les rayons d’une bibliothèque. Ce modèle semble donc présenter des avantages assez intéressants (fig. 1).
- 11 existe encore des types plus ou moins complexes et perfectionnés; indiquons, par exemple, un modèle dans lequel les disques sont maintenus par leur centre. Chaque disque comporte un châssis séparé et chacun de ces châssis est placé dans un meuble complet. On peut retirer facilement chaque unité à l’aide d’un bouton portant un numéro de repère très apparent, et une momenclature complète de la discothèque est indiquée sur un tableau de repère placé à l’intérieur des portes. Ainsi tous les disques sont conservés à l’abri de la poussière, maintenus sur toute leur surface, et leur recherche est immédiate
- (fig- 2).
- Fig. 2. — Discothèque où les disques sont soutenus par leur centre dans des châssis séparés verticaux. (Type Etienne.)
- Fig. 1.— Classeur pour disques à triangles en fil de fer gainé. (Type Record.)
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- UN NOUVEAU MODÈLE DE PHONOGRAPHE PORTATIF
- Un phonographe portatif doit, avant tout, être léger, de petites dimensions, et robuste. Si l’on ne veut pas s’en servir uniquement pour jouer des airs de danse à la campagne, ou en voyage, il doit, de plus, être bien étudié au point de vue acoustique.
- La plupart des modèles présentés jusqu’à présent étaient renfermés dans une mallette en ébénisterie, recouverte de cuir ou de simili-cuir, mais un nouveau modèle fort original qui vient d’être réalisé comporte une boîte de la forme d’une petite valise avec poignée et serrure, construite en acier pressé recouvert d’une couche de plomb pour éviter les vibrations parasites.
- Le métal est émaillé de couleurs diverses, ce qui donne à l’ensemble un aspect élégant pouvant permettre de placer l’appareil dans n’importe quelle pièce d’un appartement.
- La valise n’a que 34 centimètres de long, 23 de large et 14 de haut. Ses dimensions sont donc très réduites, et le poids total
- de l’appareil n’est que de 5 kg.
- Le moteur à ressort très soigné jouant les disques de 30 cm de diamètre et muni d’un système d’arrêt automatique commandé par le bras acoustique, entraîne le plateau porte-disque recou -vert de velours avec bords nickelés. Le remontage du ressort est, d’ailleurs, effectué à l’aide d’une manivelle à charnière rentrant dans le corps de l’appareil (fig. 3).
- Il faut surtout remarquer les qualités acoustiques de ce petit Fig. 3. — Phonographe portatif « Scout phonographe, d’un Colombia » entièrement construit en acier, prix très modique.
- avec bras et diaphragme perfectionnés. Le diaphragme à ai-
- guille muni d’une membrane en aluminium profdé est très sensible et fidèle; il est monté sur un bras acoustique à rotules à surfaces de réflexions planes, empêchant les déformations et l’affaiblissement des ondes sonores.
- Enfin, l’amplificateur acoustique, malgré ses dimensions relativement réduites, donne une ampleur de son très suffisante, et surtout permet de reproduire assez fidèlement les notes basses. L’ensemble du dispositif tant mécanique qu’acoustique paraît donc vraiment original.
- UN HAUT-PARLEUR ÉLECTRO-DYNAMIQUE POUR REPRODUCTION PHONOGRAPHIQUE OU AUDITION RADIOPHONIQUE DE PUISSANCE MOYENNE
- Le haut-parleur électro-dynamique se répand de plus en plus en France, et, avec juste raison, puisque ce dispositif permet d’obtenir une audition de grande intensité sans distorsion, et avec le meilleur rendement sur toute la gamme des fréquences acoustiques, et spécialement pour les notes
- Fig. 4.— Disposition.schématique d’un haut-parleur élec-Irodgnamique à cône flollanl. A noter le détail de la bobine mobile.
- basses. On sait que, dans ce système, un so-lénoïde recevant des varia tio n s de courant musicaux provenant du poste récepteur radiophonique ou de l’amplificateur pho n o graphique, est placé dans un champ magnétique
- intense produit par un fort électro-aimant (fig. 4). Cesolénoïde se trouve donc soumis, de part et d’autre de sa position de repos, à des déplacements dont l’amplitude dépend de l’intensité et de la fréquence de ces variations. Si on le relie à un cône de papier on de toile enduite mobile, ce cône se déplacera en même temps que lui, et jouera dans l’air le rôle d’un piston en produisant ainsi des ébranlements sonores correspondants aux courants musicaux reçus. Il est, bien entendu, nécessaire que le mouvement de l’ensemble, solénoïde et cône, soit rigoureusement dirigé dans l’axe de l’électro-aimant, ce qui exige donc une exécution mécanique de très grande précision.
- Malgré l’emploi de plus en plus répandu de ce type de haut-parleur on peut cependant remarquer qu’il n’en existe encore dans le commerce que très peu de modèles vendus séparément. La plupart sont, en effet, adaptés sur des appareils phonographiques ou radiophonographiques et livrés par les constructeurs en même temps que ces appareils.
- Rien ne s’oppose pourtant, et moyennant certaines précautions de montage consistant, en particulier, à utiliser un dernier étage basse fréquence de puissance muni d’un modèle de lampe convenable alimentée sous une tension plaque supérieure à 120 volts, à ce qu’on emploie un haut-parleur électrodynamique avec un poste récepteur ou un amplificateur phonographique quelconques. Il est pourtant nécessaire que le modèle de haut-parleur adopté soit construit de telle sorte que cette adaptation soit facilitée autant que possible.
- Un modèle de haut-parleur français de réalisation récente paraît présenter à ce point de vue de très grands avantages (fig. 5).
- Fig. 5. — Haut-parleur « orlhodgnamique » Brunet avec son dispositif d’alimentation à redresseur oxijmétal.
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- Cet appareil comporte, comme à l’habitude, un électroaimant puissant alimenté, suivant les modèles, par courant continu ou par courant alternatif redressé. Le bobinage de cet électro-aimant varie avec le mode d’alimentation, mais il est déterminé de façon à produire un nombre d’ampère-tours suffisant pour créer un champ magnétique intense dans l’entrefer entourant le noyau.
- La bobine mobile de faible résistance qui reçoit les courants téléphoniques est très soigneusement construite, de façon à empêcher toute déformation, et à assurer la solidité de l’enroulement.
- Le cône vibrant relié à la bobine est insensible aux variations hygrométriques, et il est muni à sa périphérie d’une bande de peau très souple qui le fixe sur son support métallique.
- L’ensemble de l’appareil est monté sur un bâti robuste permettant son transg^rt facile, et son montage dans une ébénisterie ou sur un « baffle » acoustique. Ce « baffle » peut être constitué par un panneau en bois de 18 mm d’épaisseur environ et dont les dimensions seront environ de 1 m sur 1 m, percé au centre d’une ouverture circulaire de 28 cm de diamètre (fig. 6).
- Sur le même bâti peut être placé le redresseur oxy-métal servant à l’alimentation de l’électro-aimant par le courant alternatif du secteur redressé, ce qui rend le système complètement autonome et, en réalité, aussi facile à employer qu’un haut-parleur électromagnétique ordinaire. Mais il faut surtout remarquer le dispositif facilitant l’adaptation de l’appareil sur un amplificateur quelconque, et le système de centrage de la bobine vibrante.
- Nous avons déjà fait remarquer qu’il était essentiel que la bobine et son « diffuseur flottant » se déplacent rigoureusement suivant l’axe de l’appareil. Il est bien évident que, s’il n’en était pas ainsi, les moindres chocs contre les parois de l’inducteur causeraient des vibrations parasites insupportables. Mais, il ne faut pas que le dispositif de centrage adopté ait une période propre de vibration marquée, ce qui produirait une distorsion complète de la reproduction.
- Dans ce modèle de haut-parleur, lè dispositif de centrage est constitué simplement par un disque de soie bakelisé très ajouré assurant le libre déplacement de la bobine parallèlement à l’axe de l’entrefer, et servant, en même temps, de support aux connexions de la bobine.
- Un tel système, très léger et très souple, est presque complètement apériodique et, de plus, est pratiquement indéréglable.
- Afin d’adapter, d’autre part, cet appareil à un amplificateur basse fréquence plus ou moins quelconque, et surtout aux caractéristiques de la lampe de sortie, le transformateur de liaison placé, comme nous l’avons indiqué sur le bâti, est à rapport variable. Au moyen de différentes prises avec fiches, son impédance primaire peut être adaptée au mieux à la résistance intérieure de la lampe-ou des lampes de sortie.
- Il devient alors inutile d’utiliser un transformateur de sortie monté dans l’amplificateur; cependant le courant continu d’alimentation plaque ne doit pas traverser l’enroulement primaire de ce transformateur de liaison, et, à cet effet, on pourra prévoir l’emploi d’un circuit de sortie bobine de choc, capacité qui déviera le courant continu, en transmettant seulement au transformateur les courants musicaux basse fréquence.
- L’impédance de l’étage de sortie varie, d’ailleurs, suivant le type de lampes employé, mais aussi suivant qu’il comporte une seule lampe de puissance, deux lampes montées en parallèle, ou deux lampes montées en push-pull. Suivant l’un ou l’autre de ces cas considérés, on pourra ainsi déterminer immédiatement l’impédance de l’enroulement primaire à mettre en circuit,
- et l’on pourra obtenir très rapidement le meilleur résultat possible avec le minimum de recherches préalables.
- UNE
- LAMPE DE PUISSANCE A TENSION PLAQUE MOYENNE
- Même lorsqu’il s’agit d’établir des amplificateurs phonographiques ou radiophoniques de puissance moyenne pour des usages d’amateurs, on est souvent amené à l’heure actuelle à adopter pour l’étage de sortie des lampes pour lesquelles la puissance appliquée sur la plaque atteint facilement 10 watts. On peut, ainsi, par exemple, constituer un amplificateur d’une puissance suffisante pour actionner un haut-parleur électrodynamique en adoptant simplement une première lampe d’entrée à chauffage indirect et une deuxième lampe de ce genre dont le filament est chauffé- directement par le courant alternatif non redressé, comme il a été indiqué récemment dans un article de La Nature.
- Jusqu’à présent, cependant, la tension plaque moyenne de ces lampes atteignait le plus souvent 200 à 400 volts, et quelquefois leur filament devait être chauffé sous une tension de 5 à 6 volts. Les lampes d’entrée à chauffage indirect étant généralement chauffées sous
- Fig. 6.— Le « baffle » de haut-parleur est un panneau de bois contreplaqué de 1 m sur 1 m avec ouverture centrale de 0 m 28 de diamètre.
- une tension de 4 volts, la nécessité d’utiliser une ten-sion différente pour le chauffage des lampes de sortie complique quelque peu le montage.
- D’autre part, on peut, sans doute, obtenir assez facilement une tension élevée de l’ordre de 200 à 400 volts en utilisant des valves électroniques de redressement à vide, mais les appareils correspondants doivent évidemment être un peu plus complexes et plus coûteux, sans compter que l’emploi des tensions très élevées dans les appareils de ce genre peut même présenter quelques dangers de manipulation pour l’amateur. Enfin, il y a encore dés cas où pour une raison quelconque, réseau de distribution continu et non alternatif, par exemple, on peut avoir à sa disposition uniquement une batterie de tension-plaque, et, dans ces conditions, il est évidemment fort difficile d’employer des lampes à très forte tension plaque. Pour toutes ces raisons, la
- Fig.l.—Lampe de puissance Gecovalve type PX4.
- Dissipation plaque maxima : 10 watts ; tension plaque maxima 200 volts :
- Polarisations
- Tension Courants négatives plaque moyens de grille
- 200 volts 150 —' 100 —
- 40 mA 30 — 17 —
- 30 volts 20 — 12 —
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- Fig. 8.— Le « Belinographe amateur » nouveau modèle, pour réception des dessins, photographies et documents radiodiffusés.
- réalisation d’un modèle de lampe d’assez grande puissance à tension plaque moyenne était fort intéressante et d’ailleurs un des types de lampe des plus employés sur les appareils américains, le type « 245 », est alimenté sous une tension plaque de 150 à 250 volts seulement.
- Un type de lampe comparable à ce modèle américain standard et appelé sans doute comme lui à rendre de grands services vient d’être introduit sur le marché français.
- La tension de chauffage du filament de cette lampe est de 4 volts et l’intensité du courant de 0,6 ampère seulement. La tension plaque peut varier entre 100 et 200 volts avec polarisation de grille correspondante de 12 à 30 volts. Le coefficient d’amplification est de 3,8 et l’inclinaison moyenne de la caractéristique de 2,6 milliampères par volt, la résistance intérieure, pour une tension plaque de 100 volts et une tension grille nulle, est de 450 ohms (fig. 7).
- Il semble donc bien que cette nouvelle lampe sera particulièrement précieuse pour les postes récepteurs et les amplificateurs phonographiques d’amateurs de puissance moyenne.
- RÉCEPTEURS TÉLÉPHOTOGRAPHIQUES POUR AMATEURS
- Nous avons décrit dans de récentes chroniques de radiovision les principes d’appareils de téléphotographie pour amateurs, et spécialement dans le numéro 2821 les caractéristiques du « Belinographe ».
- Cet appareil a été peu à peu simplifié et il est présenté actuellement sous une forme très simple et très compacte, comme le montre la figure 8.
- L’entraînement du cylindre sur lequel est enroulée la feuille de papier sensible et de la pointe exploratrice est assuré par un moteur à ressort du genre de celui des phonographes avec manivelle de remontage, et l'ensemble est robuste et relativement bon marché.
- Fig. 9. — Schéma général de montage d’un récepteur téléphotographique.
- Nous avons déjà indiqué que le courant modulé recueilli par un poste ordinaire de T. S. F. ne peut être utilisé directement pour l’inscription téléphotographique.
- On doit,d’abord, le redresser en pla-
- çant à la suite du récepteur, à la place du haut-parleur, un appareil redresseur amplificateur comprenant deux lampes amplificatrices et deux lampes redresseuses.
- Un haut-parleur témoin peut, d’ailleurs, être monté en parallèle comme le montre la figure 9 et l’inscrip-teur est connecté à la suite du redresseur.
- Cet inscripteur nouveau modèle comporte un cylindre en duralumin monté sur un axe entraîné dans un mouvement de rotation régulier par le moteur mécanique et par l’intermédiaire d’un embrayage électromagnétique, dont le rôle a été indiqué dans la chronique déjà citée.
- La rotation de ce cylindre qui sert à supporter le papier sensible sur lequel vient s’imprimer l’image radio-difïusée commande, par l’intermédiaire de poulies P et P' la rotation i^une vis sans fin Y.
- Cette vis Y contrôle, à son tour, le déplacement latéral d’un chariot C qui supporte le style inscripteur S.
- Ce style est isolé de la masse de l’appareil et décrit sur la surface du cylindre tournant une hélice dont le nombre de spires par millimètre peut être modifié grâce aux différents étages du jeu de poulies P, P'.
- Cette particularité permet de recevoir toutes les transmissions téléphotographiques provenant d’un appareil du type Belin ou d’un autre émetteur quelconque.
- Le synchronisme entre l’émetteur et le récepteur est obtenu, on le sait, par le système de « remise à l’heure » dans lequel un signal de réglage est envoyé à chaque tour du cylindre de l’appareil émetteur. Ce signal est d’ailleurs compris entre deux zones de silence, et il se distingue de l’émission de l’image par son intensité relative beaucoup plus grande.
- Le cylindre de réception tourne un peu plus vite que celui d’émission et il est arrêté à chaque tour grâce à un débrayage qui le bloque sur son bâti. Ce débrayage est commandé automatiquement par la came M. Le signal transmis par le poste émetteur a pour but d’embrayer à nouveau le cylindre en assurant la coïncidence de son départ avec une position déterminée du cylindre d’émisêion (fig. 10).
- Le dispositif d’embrayage est formé par un électro-aimant E du type dit électro-cloche et le courant local de la batterie de chauffage est envoyé dans cet électro-aimant sous l’action de la came M. La liaison entre le moteur et le cylindre est supprimée à ce moment et le cylindre est immobilisé.
- En série dans ce circuit de commande d’électro-aimant se trouve le contact d’un relais R. Le signal de synchronisme envoyé par le poste émetteur agit sur ce relais. Le circuit est alors ouvert, et le cylindre libéré devient de nouveau solidaire du moteur.
- Le relais de synchronisation est shunté par un potentiomètre P; ce potentiomètre a pour but de donner au relais üne sensibilité suffisante pour fonctionner sous l’action des signaux de synchronisme sans obéir aux impulsions de la modulation.
- Nous avons indiqué que le papier employé pour les réceptions devait être préalablement trempé dans une solution chimique décomposable sous l'effet du courant électrique. Pour obtenir des images noires, on peut adopter une solution à base d’acide pyrogallique comportant, à peu près, 10 gr d’acide pour 400 cm3 d’une solution au ferrocyanure composée comme suit :
- e
- Eau 300 cm3
- Nitrate d’ammonium 100 gr Ferrocyanure de potassium 5 gr glycérine 60 gr.
- La feuille de papier doit être trempée 5 à 10 minutes avant
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- i’emploi dans une cuvette contenant le bain, puis elle est placée entre deux feuilles de papier buvard sur lesquelles on promène la paume de la main, en pressant fortement de façon à ne laisser aucune trace du liquide.
- L’emploi de cet appareil est sans doute très simple et de bons résultats peuvent être facilement obtenus sans que l’opérateur ait besoin de connaissance technique spéciale.
- Cependant le fonctionnement du relais de synchronisme doit être absolument régulier et l’image doit apparaître avec des demi-teintes convenables et des contrastes suffisants.
- Pour régler le fonctionnement du relais, on agit comme nous l’avons indiqué sur le potentiomètre shunt, et on augmente ou l’on diminue l’intensité de la réception du poste de T.S.F. Il faut aussi modifier, s’il y a lieu, la vitesse de rotation du cylindre.
- D’autre part, l’opération de sensibilisation du papier doit être effectuée avec soin, et l’on augmente ou l’on diminue la polarisation négative des grilles de l’amplificateur redresseur au moyen du potentiomètre de réglage de cet appareil, suivant que les contrastes de l’image ns sont pas assez ou trop accentués. Enfin, la pointe du stylet l’eproducteur doit avoir une longueur suffisante et être rallongée régulièrement après chaque reproduction.
- Notons, d’autre part, que tous les bruits parasites entendus dans le haut-parleur témoin se traduisent sur le papier sensible par des traits et les images plus ou moins foncés.
- Il résulte de ce fait que les parasites atmosphériques artificiels empêchent la reproduction d’une image nette, et qu’il est absolument indispensable d’utiliser pour la réception des images téléphotographiques un poste récepteur très sélectif.
- Si l’on entend plusieurs émissions à la fois tout le fond de l’image sera en effet brouillé, et aucune netteté ne sera possible.
- Ces petites difficultés peuvent être atténuées, dès maintenant, dans de grandes proportions, de sorte que l’emploi des récepteurs téléphotographiques est dès à présent absolument pratique.
- Pourtant, pour que ces appareils deviennent très répandus dans la masse du public sans-filiste, il est indéniable qu’il faut que les émissions de diffusion des images présentent un intérêt certain pour la majorité des « auditeurs ».
- Il faut donc souhaiter que l’on puisse transmettre dans un avenir très rapproché, non seulement les photographies
- d’une actualité immédiate, mais encore des dessins artistiques ou humoristiques, des documents scientifiques ou historiques, des schémas de montages divers, des cours de bourses, etc...
- Le développement de cette nouvelle application de la radio-technique deviendra très grand lorsque cette condition sera réalisée, mais, jusqu’à ce moment, les appareils téléphotographiques seront sans doute réservés aux services de presse, aux grandes administrations, aux banques et surtout aux services scientifiques des différentes polices du monde.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Classeurs pour disques : Columbia, 94, rue d’Angoulême; Odéon, 11, rue du Faubourg-Poissonnière; Gramophone, 7, boulevard Hauss-mann; Étienne, 47, rue Bérard, à Paris; Légal, 35, rue Delalain, à Maisons-Alfort.
- Phonographe portatif métallique type « Scout » : Columbia, 94, rue d’Angoulême, Paris.
- Haut-parleur « Ortho-dynamique » : Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris (5e). .
- Lampe de puissance Gecovalve : General Electric de France, 10, rue Rodier, Paris.
- Bèlinographe amateur : Voilant, agent général, 31, avenue Tru-daine, Paris (9e).
- Fig. 10. — Disposition générale du montage d’un Belinographe avec sa résistance patentiométrique de la sensibilité du relais.
- Résistance [' .. . “
- aWI Cylindre rece/
- ' —lf“ A la ma. >se de ! appareil
- .Redresseur
- Embrayage
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR FAIRE SOI-MÊME UNE EAU DE TABLE MINÉRALISÉE GAZEUSE
- A très bon marché on peut préparer une eau de table minéralisée ayant les propriétés si vantées à.grand renfort de réclames en prenant :
- Bicarbonate de soude ...........................55 grammes
- Acide tartrique en poudre.......................35 —
- Carbonate de lithine............................10 •—
- On fera dissoudre 3 grammes de ce mélange par bouteille d’eau d’environ un litre, on bouchera aussitôt et conservera au frais.
- Bien entendu, l’eau employée doit être pure et exempte de toute contamination.
- SACHONS NOUS GANTER SANS DOMMAGES
- Lorsqu’une paire de gants de peau doit être mise pour la première fois il faut agir avec précaution et surtout ne pas se presser, autrement dit il ne faut pas attendre au dernier moment pour mettre ses gants, mais les ajuster à la main dans le calme et sans précipitation.
- Après avoir saupoudré l’intérieur de talc (improprement appelé poudre de savon) on retourne la partie large de façon à pouvoir introduire les doigts sauf le pouce. Cette introduction est facilitée en pres-
- sant doucement l’extérieur de la peau du gant de l’extrémité vers la base du doigt.
- A ce moment seulement on introduit le pouce à son tour et on rabat la partie large sur le dos de la main.
- On ne doit jamais tirer le gant du côté des boutons ou des boutonnières, mais uniquement de l’autre côté et quand tous les doigts ont été enfilés.
- En se conformant à ces conseils on évitera de déchirer les gants, ceux-ci mis en service d’une façon convenable feront un long usage.
- N. B. — Sous prétexte de faire « petite main » il ne faut jamais demander une pointure inférieure à celle que l’on gante réellement.
- NETTOYAGE DES AUVENTS EN VERRE OU MARQUISES
- Les poussières qui s’accumuLent sur les auvents en verre désignés sous le nom de « marquises » sont constituées en grande partie par du carbonate de chaux II suit de là que le nettoyage du vitrage peut s’effectuer avec facilité en employant une eau légèrement aiguisée par de l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique ou acide jaune).
- Afin de diminuer la consommation de l’acide, il est bon de commencer le nettoyage à l’éponge avec de l’eau simple qui enlève « le plus gros », ensuite on emploie l’eau acidulée de la même manière, en respectant le mastiquage, bien entend”
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- LIVRES NOUVEAUX
- Introduction à la mécanique ondulatoire, par Louis de Broglie. 1 vol., XVI-292 p. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix broché : 85 fr.
- Dans cet ouvrage, d’un caractère théorique élevé, le jeune et célèbre créateur de la nouvelle mécanique ondulatoire montre comment se fait le passage de l’ancienne à la nouvelle mécanique, et explique les modifications profondes que ce passage a amenées dans nos conceptions générales sur la nature des lois physiques, à la suite du curieux principe d’incertitude de Heisenberg, qui introduit l’indéterminisme en physique, principe que confirme l’étude des possibilités de mesure; enfin l’auteur montre l’insuffisance des anciennes théories quantiques et expose la méthode de quantification de Schrodinger et quelques-unes de ses applications.
- L’entropie, par Ch. Brunold, 1 vol., 222 p., Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1930. Prix : 30 fr.
- La thermodynamique, une des plus belles créations scientifiques du xixe siècle, repose sur deux principes : le premier en date, celui de Carnot, resté longtemps incompris, et celui de la conservation de l’énergie. Le principe de Carnot se traduit par l’étude de la fonction nommée entropie,, concept introduit par Clausius en 1850. En réalité, malgré son titre un peu particulier, l’ouvrage de M. Brunold est consacré à l’histoire du principe de Carnot; il montre comment les notions introduites par Sadi-Carnot dans son ouvrage célèbre sur la puissance motrice du feu ont pu être conciliées avec les observations expérimentales sur la transformation de l’énergie calorifique et résume l’histoire du développement des idées thermodynamiques au cours du xixe siècle.
- National physical Laboratory. Collected Resear-ches, vol. XXI, 1929. 1 vol., 44S p. His Majesty’s Stationery Office. Londres, 1929. Prix : £ 1, 2 sh., 6 d.
- Ce volume, comme tous ceux que publie la grande institution de recherches anglaise, contient un grand nombre de mémoires de grand intérêt. Ils se rapportent tous à des questions de radioélectricité. On y trouve d’abord plusieurs travaux dus à MM. Dye, I-Iartshorn et Wil-motte, se rapportant à la construction d’un étalon d’inductance mutuelle et aux mesures qui peuvent être faites en fréquences téléphoniques avec un tel appareil. Signalons ensuite une remarquable .étude de M. Dye sur le résonateur électrique au quartz, puis du même auteur une méthode pour comparer les fréquences au moyen de l’oscillographe cathodique, des mémoires de MM. Smith Rose et Barfield, relatifs à la propagation des ondes hertziennes à la surface de la terre et à l’étude des ondes arrivant de la haute atmosphère, des mêmes auteurs une note sur l’élimination des erreurs nocturnes en radiogoniométrie, de M. I-Iollingworth deux études sur la propagation et la polarisation des ondes hertziennes.
- Cours de chimie biologique, par Pierre Thomas. Tome II. Partie spéciale. 1 vol. .in-8, 393 p., 12 fig. Presses universitaires de France, 1929. Prix : cartonné, 60 fr.
- Trois ans après le tome I traitant des questions générales de chimie biologique et des constituants cellulaires, voici le tome II plus spécialement consacré à la composition et aux fonctions des tissus et des organes. L’auteur y traite des animaux et des plantes et essaie, autant qu’il est possible, de dégager leurs caractères communs. Chaque chapitre est suivi d’une bibliographie sommaire et des indications nécessaires pour quelques exercices pratiques, faciles à exécuter pour des étudiants. Successivement sont exposés : la respiration, les produits de l’oxydation incomplète, la synthèse chez les plantes, l’assimilation dans l’organisme animal, le métabolisme, l’élimination. C’est un excellent manuel, sans théories historiques, mais très au courant des acquisitions récentes.
- La structure et la biologie des poissons, par
- L. Roule. Bibliothèque générale illustrée. Rieder, Paris, 1930. Prix : broché, 20 fr. ; relié, 25 fr.
- Ce petit ouvrage est destiné à faire connaître, sous une forme aisément accessible, les principales particularités de l’organisation et de l’existence des poissons. Un tel sujet peut intéresser bien des personnes, depuis les curieux des choses naturelles, et les pêcheurs à la ligne, jusqu’aux amateurs de poissons d’ornement. Le lecteur apprendra comment les poissons mangent et ce qu’ils mangent, comment ils respirent, comment ils se reproduisent, comment ils se développent dans leur jeune âge, et ce qu’ils font alors. Puis, dans les soixante planches de l’illustration qui termine l’ouvrage, il verra la figuration des espèces les plus fréquentes ou les plus curieuses. Il aura ainsi un aperçu succinct du vaste groupe auquel appartiennent les représentants les plus notoires de la vie au sein des eaux.
- La formation de l’être. Histoire des idées sur la génération, par Jean Rostand, 1 vol. in-16, 222 p., Hachette. Paris, 1930. Prix : 12 fr.
- « La génération est un de ces secrets que la nature semble s’être réservé. Je crois cependant qu'on le lui arrachera un jour», écrivait au xvme siècle le grand naturaliste Charles Bonnet.
- Ce secret, en 1930, a-t-il été enfin surpris ? C’est là le sujet du livre qui retrace magistralement l’histoire passionnante et pittoresque des idées sur la génération, depuis les naïves hypothèses de l’ancienne physique jusqu’aux stupéfiantes découvertes de la moderne biologie.
- Nouveau traité de psychologie, par G. Dumas, t. I. Notions préliminaires. Introduction. Méthodologie, par R. Perrier, P. Rivet, C. Champy, L. Lapicque, A. Tournav, II. Wallon, G. Dumas, A. Lalande. 1 vol. in-8, 425 p., 75 fig. Félix Alcan, Paris, 1930. Prix : cartonné toile, 75 fr.
- Voici le début d’une œuvre magistrale qui comprendra dix volumes et réunira la collaboration de 45 auteurs; ce sera le bilan de la psychologie normale, pathologique et appliquée, présenté par l’école française, avec une ampleur, une richesse de documentation sans autre exemple, et aussi un souci d’objectivité, de liaison avec les autres sciences qui donnent à ce traité son caractère particulier. Ce premier volume comprend, avant l’introduction à la psychologie de Dumas et la méthodologie de Lalande, un ensemble de notions préliminaires dont l’intention est de rattacher les faits de l’esprit aux faits qui les conditionnent dans l’organisme ou qui les préparent dans l’évolution de l’espèce. C’est la raison des six chapitres, riches en considérations neuves, de Perrier sur la place de l’homme dans la série animale, de Rivet sur l’anthropologie, de Champy sur la physiologie des âges et des sexes, de Lapicque sur la physiologie générale du système nerveux, de Tournay sur la physiologie spéciale du système nerveux, de Wallon sur le problème biologique de la conscience. Il fait bien présager de la suite.
- Pour bien se porter, par le Dr Henri Bouquet. 1 vol in-16, 224 p., Hachette. Paris, 1930. Prix : 12 fr.
- Ce n’est qu’une faible partie de la médecine et de l’hygiène qui est passée en revue dans ces pages. C’est celle, en tout cas, qui est au premier plan de l’actualité. Chaque moment connaît des problèmes qui lui sont propres, les uns nouveaux, les autres seulement renouvelés et qui sont portés par les événements à l’ordre du jour. Ce sont eux, — et les solutions que leur proposent les plus compétents,—dont on lira l’exposé dans ce nouveau volume d’un médecin réputé et d’un maître écrivain.
- Tuberculose, contagion, hérédité, par Auguste Lumière. 1 vol. in-8, 311 p., 42 fig., Léon Sézanne. Lyon, 1930. Prix : 25 fr.
- L’opinion courante aujourd’hui est que la tuberculose est une maladie contagieuse, mais non héréditaire. Le grand savant lyonnais passe en revue les faits sur lesquels on l’appuie : contagion conjugale, transmission par cohabitation, infection des nouveau-nés et des jeunes enfants, inoculation, inhalation et ingestion de bacilles, et il ne les trouve pas probants. Il reprend alors l’hypothèse, bien abandonnée, d’une hérédité, qu’elle soit humorale, ou de «terrain», ou bacillaire, et il lui trouve de nombreux appuis, tant dans les statistiques que dans les observations personnelles. Et ainsi, il remet en question lés notions classiques actuelles, nées des découvertes de Villemin, de Koch, des doctrines pastoriennes, et incite à renouveler la position du problème, l’un des plus importants de la médecine et de l’hygiène sociale.
- T,a vie des fourmis, par Maurice Maeterlinck, 1 vol. in-16, 255 p., Fasquelle. Paris, 1930.
- Cette nouvelle œuvre forme, avec La vie des Abeilles et La Vie des Termites, une admirable Trilogie. De tous temps « la fourmi fut le plus calomnié des insectes », nous dit l’auteur. Et cependant, ajoute-t-il, c’est « l’un des êtres les plus nobles, les plus courageux, les plus charitables, les plus dévoués, les plus généreux, les plus altruistes que porte notre terre». Chaque page de ce beau livre le démontre délicieusement.
- Comme aux deux autres « volets du triptyque », Maeterlinck, dans cette œuvre, aussi attachante que ses devancières, arrive, avec de l’infiniment petit à produire de l’infiniment grand. C’est un livre à lire, à relire, et à mettre dans sa bibliothèque.
- L’Islam, par Henri Massé, collection Armand Colin, in-16, 221p. 10 fr. 50.
- Ce petit volume, qui vient à son heure au moment où le centenaire de l’Algérie appelle l’attention sur les pays musulmans, donne un résumé, très clair et bien à jour, de l’histoire de l’islamisme et de ses doctrines, modifiées par diverses évolutions religieuses et philosophiques. Les réactions berbères en Afrique et turque en Asie sont particulièrement caractéristiques.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Nouveaux records pour hydravions.
- Le lieutenant de vaisseau Paris et le pilote Hébert se sont atiribués, les 22 et 23 juin dernier, sept records du monde pour hydravions.
- Ces records sont ceux de vitesse sur 2000 km, sans charge, et avec charge de 500 kg et 1000 kg; le record de vitesse sur 1000 km avec charge de 1000 kg; ceux de distance avec 500 et 1000 kg de charge, celui de durée avec 1000 kg de charge.
- Le circuit parcouru au cours de ces records avait pour sommets : Saint-Laurent, le phare de la Noualle, Palavas, Canet.
- L’appareil utilisé est le monoplan Latécoère 28 équipé en hydravion à flotteurs. Cet hydravion est identique à celui qui servit à Mermoz au cours de la traversée de l’Atlantique sud. Le Latécoère 28 a d’ailleurs été décrit dans la chronique d’aviation de La Nature (n° 2836).
- Traversée de l’Atlantique Nord, par Kingsford Smith.
- L’Atlantique Nord vient d’être traversé une seconde fois de l’Est à l’Ouest par l’équipage : Kingsford Smith, Van Dyck, Patrick Saul et John Stannage (soit deux pilotes, un navigateur et un radiotélégraphiste). Parti de la plage de Portmarnock (Dublin), le 24 juin à 4 h. 25, l’appareil atterrissait le lendemain à 11 h. 05, à Harbour-Grace (Terre-Neuve).
- L’avion utilisé au cours de ce vol, le « Southern Cross», est l’appareil qui servit à Kingsford Smith au cours de sa traversée du Pacifique en 1928 : c’est un Foklcer trimoteur (moteurs « Wright whirlwind ») d’une surface portante de 67,6 m'2., pesant vide 2850 kg et en charge 6950 kg. Les 4900 litres d’essence emportés assuraient un rayon d’action de 37 heures, soit environ 5200 km.
- Pendant tout le vol, l’équipage resta en liaison avec les postes
- ctiers et les bateâux. Il employait un poste émetteur travaillant sur 600 à 800 m de longueur d’onde et développant 80 watts; un poste travaillant sur 33,10 à 33,5 m de longueur d’onde, et développant 50 watts; un récepteur permettant de couvrir la gamme de longueur d’onde de 20 à 2400 m. Cette installation radiotélégraphique permit à l’avion de situer sa position malgré la brume, et de corriger en particulier une erreur de 300 km, de la navigation à l’estime, alors qu’il approchait de Terre-Neuve.
- Le 26 juin, Kingsford Smith et ses compagnons atteignaient New-York, après un vol de 14 heures.
- Nouvel avion léger Caudron.
- Poursuivant leur étude de l’avion léger, les usines Caudron viennent de créer un nouvel appareil de tourisme, le C.232, susceptible, croyons-nous, de concurrencer heureusement les appareils étrangers.
- La voilure du C.232 est biplane à ailes sensiblement égales. Le plan supérieur, en trois parties, est fixé au fuselage par une cabane de quatre mâts verticaux (spruce) croisillonnés. Le plan inférieur présente un léger dièdre; il est relié au plan supérieur par deux paires de mâts verticaux (spruce) et par des croisillons de haubans fuselés. La structure résistante des ailes comporte deux longerons (spruce toupillé) et des nervures en treillis de contreplaqué. Le bord d’attaque est en contreplaqué, l’ensemble de l’aile est recouvert de toile.
- Chaque demi-cellule peut être rapidement repliée le long du fuselage; les demi-ferrures des longerons avant sont, à cet effet, réunies par une broche : cette broche retirée, la demi-cellule pivote autour des axes des ferrures des longerons arrièi’e.
- Le plan inférieur seul possède des ailerons, ceux-ci ne sont pas compensés, ils sont commandés par câbles souples.
- Le fuselage est formé de quatre longerons de spruce, réunis au moyen de goussets de contreplaqué à des cadres transversaux. Des lisses portent le recouvrement de contreplaqué. Ce mode de construction, très léger, est indéréglable, ce qui simplifie grandement l’entretien de l’appareil.
- Les deux postes sont placés en tandem, le poste du pilote à l’arrière. L’accès de ces postes, bien dégagé, permet l’utilisation éventuelle de parachutes.
- Les empennages, de forme classique, sont construits en bois, recouverts de contreplaqué ; ils sont en porte à faux.
- Un moteur Renault à quatre cylindres en ligne, refroidi par l’air, est monté normalement sur l’appareil, par l’intermédiaire d’un bâti en tubes d’acier. Ce moteur développe une
- Fig. 1. — Nouvel avion léger Caudron.
- puissance de 95 ch, sa consommation est légèrement supérieure à 30 litres d’essence et 2 litres d’huile par heure.
- Le train d’atterrissage comprend, pour chaque roue, un Y articulé à la base du fuselage et une jambe télescopique verticale à amortisseur à sandows (cet amortisseur est caréné). L’effort sur cette jambe est reporté au fuselage, par l’intermédiaire d’une barre horizontale et d’un mât oblique. (Yoie du train 2 m 50.) Les caractéï’istiques de l’appareil sont les suivantes : ‘
- Envergure.............. 11,90 m
- Largeur replié ....... 2,90 m
- Longueur.................. . 7,87 m
- Surface................... 24 m2
- Poids vide................... 420 kg
- Poids en ordre de vol . . . 700 kg
- Vitesse maximum...........165 lcm-h
- Vitesse d’atterrissage .... 72 km-h
- Rayon d’action............. 4 heures
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE A.-T. Schlœsing.
- M. Schlœsing, membre de la section d’Economie rurale de l’Académie des Sciences, vient de mourir. Nous empruntons les lignes qui suivent à l’éloge prononcé par M. Lecornu, le 16 juillet 1930, à l’Académie des Sciences.
- Alphonse-Théophile Schlœsing, né à Paris le 26 mai 1856, était le fds de Jean-Jacques-Théophile Schlœsing, également membre de la section d’Economie rurale, mort en 1919 à l’âge de 95 ans. Depuis 1903, c’est-à-dire pendant 16 ans, ils siégèrent ici côte à côte. Leurs carrières furent remarquablement semblables. Tous les deux, à leur sortie de l’Ecole Polytechnique, étaient entrés dans le corps des ingénieurs des Manufactures de l’Etat; tous les deux, à tour de rôle, avaient dirigé l’École d’application et le laboratoire du quai d’Orsay. Ils s’étaient succédé dans la chaire de Chimie agricole au Conservatoire des Arts et Métiers.
- Le fils, malheureusement, n’a pas hérité de la longévité paternelle, et c’est à 74 ans qu’il est emporté par une cruelle maladie.
- Les travaux d’Alphonse-Théophile Schlœsing, presque entièrement consacrés à de difficiles questions de biologie végétale, ont toujours été dominés par le souci de ne rien affirmer sans preuves décisives.
- Il a débuté par des recherches sur la fixation de l’azote libre par les plantes, recherches effectuées en collaboration avec Émile Laurent, Correspondant de la section d’Écono-mie rurale, mort en 1904.
- Hellriegel etWilfarth avaient annoncé que les légumineuses possèdent la précieuse faculté de puiser dans l’atmosphère des quantités d’azote souvent considérables, et que cette absorption est due à des microbes vivant sur les racines, où leur présence se manifeste par des nodosités particulières. Cette conclusion reposait sur la comparaison des quantités d’azote contenues dans les graines, dans les récoltes et dans le sol, au début et à la fin des expériences; mais on devait se demander s’il s’agissait là d’azote libre ou bien de composés nitreux existant dans l’air ambiant. Pour trancher la question, il fallait, comme le fit notre confrère, opérer en vase clos, en fournissant à la plante de l’oxygène et de l’azote purs, avec la dose convenable d’acide carbonique. L’azote disparu du mélange gazeux fut exactement retrouvé dans la plante. A titre de contrôle, on vérifia qu’un sol témoin, sans culture, ne fixait pas d’azote. Ce beau travail nécessita tout un ensemble de dispositifs et de procédés nouveaux.
- II . a démontré définitivement que les légumineuses sont capables de se procurer dans l’atmosphère de l’azote existant à l’état libre, et, de plus, que certaines algues possèdent la même propriété.
- Par une méthode analogue, Schlœsing, en faisant vivre des plantes en vase clos, a étudié les variations pondérales de l’oxygène et de l’acide carbonique enfermés avec elles. Il a vu, notamment, que la quantité d’oxygène gagnée par la plante dépasse celle qu’elle a pu se procurer par échange gazeux ou par assimilation d’eau, le surplus provenant des sels contenus dans le sol.
- D’autre part, la plante dégage, en volume, plus d’oxygène qu’elle n’absorbe d’acide carbonique.
- On croyait, avant Schlœsing, que les phosphates du sol, fort peu solubles, ne sont d’aucune utilité pour les plantes, et que seul le superphosphate ajouté par les cultivateurs est capable de fournir l’acide phosphorique indispensable. Il a montré qu’en réalité la circulation incessante de 1 eau suffit
- pour amener aux racines, sans addition de superphosphate, des quantités d’acide phosphorique qui ne sont nullement négligeables.
- Par un mécanisme analogue, les plantes utilisent les quantités infimes de potasse qui se trouvent dans le sol.
- Mentionnons, sans pouvoir tout citer, des études sur la combustion lente et la nitrification du fumier; sur le grisou, considéré comme produit de la décomposition lente des matières végétales; sur la présence de l’azote et de l’argon dans le sang; sur la séparation de deux sels ayant un ion commun, etc.
- Signalons aussi divers travaux intéressant spécialement les Manufactures de l’État; entre autres : le dosage du phosphore libre dans le sesquisulfure de phosphore découvert par Georges Lemoine et servant à la fabrication des allumettes; la discussion des conditions dans lesquelles s’opère la fermentation du tabac; le perfectionnement de l’obtention industrielle de produits riches en nicotine destinés à l’horticulture et au traitement de la gale des moutons.
- INDUSTRIE MINIÈRE Le cuivre dans /’Afrique du Sud.
- L’Afrique du Sud : Congo Belge et Rhodésie septentrionale, est en voie de devenir l’une des contrées du monde qui fournit le plus de cuivre. Tout le monde connaît les grandes exploitations du Katanga, au Congo Belge. L’Union minière du Haut Katanga fournit déjà annuellementpius de 125 000 tonnes de cuivre et l’on estime qu’avant dix ans elle sera en mesure d’en produire 250 000 tonnes.
- De très importants gisements de minerais de cuivre ont été découverts en ces dernières années dans la Rhodésie du Nord : de grandes sociétés anglaises ont engagé d’importants capitaux et déploient une grande activité pour les mettre promptement en valeur, et l’on prévoit que dans une dizaine d’années ce centre de production sera capable de mettre lui aussi 250 000 tonnes de cuivre sur le marché.
- L’ensemble du Congo Belge et de la Rhodésie produirait ainsi 500 000 tonnes de cuivre par an', soit le quart de la production mondiale actuelle. Il faut espérer aussi qu’à cette époque les gisements de l’Afrique équatoriale française seront, grâce à la création de voies de communication, entrés en pleine exploitation.
- On voit le rôle que jouera alors le continent africain sur le marché du cuivre.
- Le centre des gisements de la Rhodésie du Nord se trouve à N’Dola, localité située sur la voie ferrée qui réunit Elisabeth-ville à Beira sur la côte orientale africaine. N’Dola, à 240 km au sud-ouest d’Elisabethville et à 160 km au nord de Broken Hill, est.à 2400 km du terminus de Beira; il sera prochainement réuni par voie ferrée à Lobito sur la côte ouest de l’Afrique, futur port d’expédition du.cuivre vers l’Europe, et promet de devenir, à bref délai, le Johannesburg de l’Afrique Centrale.
- Lès concessions dont les travaux sont les plus avancés sont celles de Roan Antelope, Roan Extension et Muliashi, appartenant à la Roan Antelope Copper Mines Ltd, situées à 30 km environ de N’Dola. On évalue leurs réserves à 350 millions de tonnes de minerai contenant au moins 3 pour 100 de cuivre.
- On y construit actuellement une usine de concentration pour traiter 6000 tonnes de minerai par jour, soit 50 000 tonnes de cuivre par an.
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- On pense qu’elle sera achevée en 1931.
- La concession de Mufulira, à 130 km au nord-ouest de N’Dola, appartient à la Rhodesian Sélection Trust C° et contient 45 millions de tonnes de minerai contenant de 4,50 à 5,50 pour 100 de cuivre. On a décidé de construire sur cette concession une usine de 5000 tonnes de minerai par jour, fournissant par an environ 75 000 tonnes de cuivre, à mettre en service fin 1931.
- La même société possède la concession de Chambishi, à 100 km au nord-ouest de N’Dola, non loin de N’Kana; une usine de 50 000 tonnes de cuivre par an est également projetée sur ce domaine, mais sera construite en 1933 seulement..
- Les mines de cuivre de N’Kana possèdent à 70 km au nord-ouest de N’Dola une concession dont les réserves sont évaluées à un minimum de 140 millions de tonnes de minerai à 4 pour 100. On a installé là une usine d’essai de 300 tonnes de minerai par jour à laquelle doit succéder une grande usine de 5000 tonnes par jour, fournissant annuellement 75 000 tonnes de métal.
- Les mines de cuivre de N’Changa dans la même région appartiennent au même groupe financier que celles de N’Kana : la Rhodesian Anglo-American Corporation; leurs réserves sont actuellement évaluées à 59 millions de tonnes de minerais à 3,5 pour 100. On y prévoit l’érection d’une usine de concentration de 5000 tonnes par jour, soit 50 000 tonnes de métal par an.
- Enfin une autre concession importante est celle des mines de Kansanshi appartenant à la Rhodesia-Katanga C° et situées à 330 km du Nord-Ouest de N’Dola.
- Le minerai paraît y être d’excellente qualité; mais les études de mise en valeur et les projets d’usine y semblent moins avancés que sur les autres concessions.
- Les capitaux qui seront engagés, dans les cinq prochaines années, sur les différents domaines que nous venons d’énumérer, sont de l’ordre de 2 milliards et demi de francs.
- Le marché du cuivre sera certainement profondément modifié lorsque ces gigantesques exploitations commenceront • à produire.
- Nous avons emprunté la plupart des renseignements ci-dessus à une récente et substantielle étude de M. J. Bonardi, dans le Colorado School of Mines Magazine.
- GÉOGRAPHIE
- La faille de 1930 à Bassou [Yonne).
- Le dimanche 22 juin 1930, le flanc du coteau de Bassou, dominant la vallée de l’Yonne entre Auxerre et Joigny fut le siège d’une nouvelle faille.
- A 13 heures le sol se mit à se crevasser et à descendre. C’est vers 22 heures que s’arrêta le mouvement. En même temps le terrain « fluait » le long de la côte, déplaçant latéralement d’une douzaine de mètres la route de Bassou à Villemer taillée à flanc de coteau.
- Dans le mouvement dè descente verticale qui atteint une douzaine de mètres, les végétaux sont restés en place, les rangées de vignes continuent à s’aligner en projection avec celles du sommet dont elles sont décrochées.
- Les abeilles butinent vers leurs ruches qui sont seulement rapprochées du centre de la terre.
- Ce coteau était tellement boisé qu’on ne voit pas les crevasses sauf au travers de la route qu’elles transforment en escaliers obliques ayant des marches de 1 à 2 m de largeur sur 0 m 50 à 1 m de hauteur.
- Les arbres sont penches vers la colline au-dessus de l’effon-
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- drement et vers la vallée dans la partie qui a coulé sur la pente.
- Comment expliquer ce phénomène? Le coteau est composé de craie cénomanienne décomposée en bordure sous des débris d’éboulement.
- Cette craie est peu consistante.
- Elle atteint environ l’altitude 140 m à l’arête du plateau et repose sur les marnes de Brienne formant niveau de sources vers 100 ou 110 m, la vallée de l’Yonne étant à la cote 90 m.
- Par suite des pluies abondantes, les eaux infiltrées sur le plateau auront fini par remplir des cavernes souterraines, dissoudre les voûtes et provoquer un effondrement et un glissement.
- La longueur de la faille est de 200 m environ. Elle regarde vers l’est.
- La surface intéressée semble de l’ordre d’un hectare.
- Le dommage le plus grand a été causé à la route qu’on ne pourra rétablir qu’à chers deniers sur un substratum aussi fluent.
- En attendant, on utilise d’anciens chemins pour le déblavage des récoltes. Mais ces chemins ont des pentes inaccessibles aux voitures suspendues.
- De mémoire d’homme on n’a eu pareilles chutes de pluie en
- Plateau
- Route
- Craie marneuse
- cenomamenne
- Argiles cénomaniennes clites Marnes de Brienne
- Fig. 1.— Coupe géologique de la faille de Bassou (Yonne).
- juin. Cette faille n’est qu’une aggravation de l’érosion et des glissements observés en de nombreuses localités.
- Pierre Larue.
- SISMOLOGIE
- Le tremblement de terre d’Italie.
- Un violent tremblement de terre, le 23 juillet dernier à 1 h. 12 a cruellement désolé une portion de l’Italie, non loin de Naples, où le Vésuve donne depuis quelque temps les signes d’agitation. Le séisme dont l’épicentre paraît situé au nord du Volturno sur la ligne Naples-Foggia a éprouvé surtout le district d’Avelline où les morts et blessés sont malheureusement nombreux et les dégâts matériels importants, les districts de Foggia et de Potenza sont également très éprouvés ; les districts de Benevent, de Naples, de Salerne comptent également des dégâts, mais beaucoup moins graves dans l’ensemble et quelques victimes. Le total des victimes de la catastrophe est évalué à 2000 morts et 4500 blessés environ, celui des dégâts à 4000 maisons détruites et 2500 endommagées. Cette région avait déjà été frappée par le séisme de 1910. C’est du reste une zone essentiellement sismique où de nombreux tremblements de terre se sont produits au cours de l’histoire.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La Savoie et VItalie.
- Dans notre N° du 15 juin 1930, dans l’article «les vieux savants quand ils étaient jeunes», notre collaborateur M. Coupin, a écrit la phrase suivante : « Notre chère Savoie appartenait alors à l’Italie » qui nous vaut une vive protestation d’un de nos lecteurs, M. de Beaumont. Celui-ci nous fait remarquer très justement que cette phrase contient une grave erreur historique; la Savoie n’a jamais appartenu à l’Italie; elle s’est, au contraire, librement rattachée à la France par le plébiscite de 1860, précisément au moment où s’est formé le royaume d’Italie; elle s’était, du reste, déjà réunie à la France en 1792, selon le vœu des habitants. Les traités de Vienne la replacèrent sous le sceptre du roi de Sardaigne, titre acquis au xvine siècle par les ducs de Savoie qui avaient progressivement arrondi leur domaine initial de Savoie, en y adjoignant, de l’autre côté des Alpes, le Piémont, le duché de Montferrat, une partie du Milanais, et la Sardaigne. La Savoie a toujours été un pays de langue française.
- Les influences lunaires.
- En vue de résoudre la controverse des influences lunaires, M. R. Dehennin nous demande d’informer nos lecteurs que les personnes s’intéressant à cette question sont priées de correspondre soit avec M. le docteur Leclere, 5, rue du Trésor, à Reims; soit avec M. René Dehennin, 23, rue de Bétheny, à Reims.
- U Avion sans queue.
- M. André Arnoux, ingénieur 26, rue de l’Assomption, Paris, nous adresse à ce sujet la lettre suivante que nous publions bien volontiers:
- « Dans votre numéro 2837 du 15 courant, vous faites paraître un article relatif aux avions sans queue. A ce sujet je me permets de porter à votre connaissance les faits suivants :
- L’avion sans queue est une invention française. Le premier brevet
- a été pris en 1908 par René Arnoux et à cette époque également a été construit le premier avion de ce modèle ayant volé. D’autres brevets complémentaires ont été pris sur ces avions sans queue et une douzaine d’appareils d’expérimentation ont été construits et ont volé en donnant toute satisfaction.
- Il ne s’agit donc pas là d’une invention et d’un brevet n’ayant pas fait leurs preuves, mais d’appareils ayant accompli des performances contrôlées. Je viens donc vous demander qu’un journal français- comme le vôtre n’attribue pas cette initiative à l’Institut allemand Rhün-Rossiten-Gesellschaft.
- D’autre part, ce que vous dites relativement à la routine est parfaitement exact et seule elle a empêché cette invention de porter tous ses fruits. Cet appareil présente sur les appareils à queue le gros avantage technique suivant : c’est que l’appareil ne peut pas être mis en perte de vitesse comme cela a été démontré.
- Par exemple, l’expérience suivante a été effectuée sur un appareil véritable : l’appareil a été retourné volontairement en l’air moteur arrêté; il s’est redressé et a atterri sans remise en marche du moteur dans des conditions de sécurité parfaites.
- Ceci est dû au principe de l’appareil qui est différent de l’appareil à queue, ce que vous ne signalez pas dans votre article. En effet, pour mettre en montée un avion à queue il faut que la queue se mette en descente, ce qui fait basculer le plan avant. Au contraire,dans l’avion sans queue l’ascension est commandée par des volets placés sur le bord arrière de l’aile et qui provoquent une réaction verticale.
- La forme en V signalée sur votre gravure n’est pas nouvelle ; elle a été exécutée vers 1911 par un inventeur anglais, Dunne, qui s’était directement inspiré du principe de l’avion sans queue de René Arnoux.
- Une autre question que je vous signale également c’est que la direction à terre de l’avion sans queue est moins commode que celle de l’avion avec queue, étant donné que la moindre motte de terre tend à faire pivoter l’appareil. Cette question a néanmoins été résolue; les derniers modèles se dirigeaient à terre 'exactement comme les voitures. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Question à nos lecteurs.
- Les automobiles et la foudre. — M. le Dr de Saint-Périer, à Morigny, nous pose la question suivante :
- Existe-t-il des observations d’automobiles en marche foudroyées au cours d’orage ?
- Nous serons reconnaissants à ceux de nos lecteurs qui posséderaient des observations à ce sujet de bien vouloir nous les communiquer.
- L’hélicoptère Œhmichen.
- Comme suite à l’article paru sur l’hélicoptère Œhmichen, où il est dit qu’un avion s’envole quand la traction de l’arbre sur l’hélice est les 6/10 du poids total, voiciles explications que vous avez demandées:
- Les surfaces portantes que l’on utilise en aviation diffèrent assez peu de qualité les unes des autres. On peut considérer qu’en moyenne, la résistance qu’elles offrent à l’avancement est environ le dixième de leur force portante ou sustentatrice.
- L’avion tout entier offrant des résistances passives supplémentaires, on peut fixer grosso modo à 1/7 le rapport entre l’effort que doit développer l’hélice et la réaction verticale de l’air sur l’avion en ordre de marche. Ce rapport est un peu plus fort et voisin de 1/6 ou même de 1/5 au moment du décollement, l’avion ayant, en général, à cet instant, une incidence un peu plus forte que son incidence normale de marche.
- Ce rapport est donc dû exclusivement à la qualité des surfaces sustentatrices et ne dépend en aucune façon du propulseur qui peut être absolument quelconque et dont les dispositions, les dimensions et la vitesse de rotation, plus ou moins heureusement choisies, n’affectent que le rendement mécanique de l’appareil.
- A titre d’exemple, un avion de 700 kg nécessite en moyenne, pour se soutenir en l’air, un effort de traction de l’ordre de 100 kg. Si 'avion fait 80 kilomètres à l'heure, il marchera avec une incidence
- assez forte et la puissance que devra développer le moteur sera, au rendement près, de 2200 kilogrammètres et, en tenant compte dudit rendement, qui est à peu près de 60 %, 3700 kilogrammètres, soit environ 50 ch. S’il marche à 160 kilomètres à l’heure, l’incidence sera plus petite, mais l’effort de traction restera à peu près le même, soit environ 100 kg et la puissance.au rendement près sera de 4400 kilogrammètres, et, en [tenant compte du rendement, 7300 kilogrammètres, soit à peu près 100 ch.
- L’effort de traction varie donc très peu et on peut, dans une première approximation, le considérer comme constant, quelle que soit la vitesse de marche de l’appareil.
- Il n’en va pas de même de la puissance fournie, qui croît sensiblement avec la vitesse d’avancement.
- Il importe de bien différencier le rôle du propulseur de la qualité sustentatrice de l’avion. C’est cette dernière qui fait tout. Le propulseur est un élément quelconque, un mécanisme à fabriquer des kg de traction. On pourrait parfaitement le remplacer par une corde traînée à une allure suffisante par un véhicule quelconque indépendant de l’avion et marchant devant lui.
- Le rapport entre l’effort de traction et l’effort sustentateur serait alors le rapport entre la tension de la corde et le poids de l’appareil volant. Il serait encore de l’ordre du septième.
- Réponse à M. Matabos, à Bayonne.
- Comment préparer des bouillies cuivriques adhé= rentes?
- Les bouillies cuivriques classiques : bouillie bordelaise à la chaux et bouillie bourguignonne au carbonate de soude destinées à lutter contre le mildew (Permospora viticola) ne sont pas toujours fixées sur les feuilles de la vigne d’une façon suffisante pour résister aux pluies persistantes.
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- Dans le but de leur donner une plus grande adhérence, on peut adjoindre au sulfate de cuivre soit la colophane soit la mélasse en opérant ainsi.
- Bouillie à La colophane de J. Perraud.
- Dissoudre 500 grammes de colophane dans une solution bouillante de carbonate de soude Solvay (500 gr de carbonate de soude dans 2 litres d’eau, puis ajouter ensuite 10 litres d’eau. Verser cette solution dans celle de sulfate de cuivre, 2 kg de sulfate de cuivre dans 100 litres d’eau et ajouter la quantité nécessaire d’une solution de carbonate de soude pour que le mélange bien brassé bleuisse le papier de tournesol préalablement rougi dans le sulfate de cuivre.
- Bouillie mélassée de Michel Perret.
- Délayer 2 kg de mélasse dans 10 litres d’eau, agiter vivement et mélanger avec le lait de chaux obtenu en éteignant 1 kg de chaux vive avec 5 litres d’eau. Puis ajouter à la solution de sulfate de cuivre qui a été préparée avec 95 litres d’eau et 2 kg de sulfate.
- Réponse à M. Reval, à Paris.
- Quelle est la composition du vernis d’or pour laiton?
- Le vernis jaune d’or qui recouvre habituellement les appareils de physique s’obtient en prenant:
- Gomme l^que pulvérisée........................ 90 grammes
- Gomme Copal......................................... 30' grammes
- Gomme sang-dragon ................................... 1 gramme
- Gomme santal rouge .................................. 1 gramme
- Alcool à 95°.................................. 600 cent, cubes
- Mettre quelques morceaux de verre dans le flacon pour faciliter la dissociation des gommes, laisser digérer plusieurs jours en agitant îré~ quemment, puis filtrer sur coton et mettre en bouteilles.
- L’application se fait avec un pinceau très doux, on met ensuite à l’étuve chauffée vers 80° ou on passe rapidement dans une flamme de lampe à alcool pour glacer la surface et l’uniformiser par fusion légère des gommes. Réponse à M. Surcy, à Constantinople.
- Un anesthésique léger : le chlorure d’éthyle.
- Le chlorure d’éthyle dont l’emploi est si répandu pour les petites opérations ne dépassant pas un quart d’heure est précieux, car il peut s’administrer sans crainte aux enfants, cinq à six centimètres cubes suffisant en inhalation pour produire au bout d’une minute l’insensibilisation, le réveil est rapide, sans malaise ni vomissements, l’art dentaire en fait une application courante.
- La préparation du chlorure d’éthyle ne présente aucune difficulté, il suffit de chauffer doucement dans un ballon un mélange préalablement fait de parités égales d’alcool et d’acide sulfurique avec deux parties de sel marin.
- Il se produit de l’acide chlorhydrique qui se combine à l’alcool pour former du chlorure d’éthyle C2H3C1. On distille au bain-marie, le chlorure d’éthyle se dégage et passe dans un flacon laveur, contenant un peu d’eau, maintenue tiède qui retient l’acide chlorhydrique et un peu d’alcool entraîné, puis on condense au moyen d’un réfrigérant.
- Le liquide condensé est desséché sur du chlorure de calcium et redistillé à nouveau au bain-marie.
- Bien entendu, à cause de la présence de l’acide chlorhydrique, toute partie métallique doit être évitée, il faut se servir d’appareils en verre, grès ou porcelaine.
- Réponse à M. Rottembourg, à Paris.
- N. B. — La Maison Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, est susceptible de vous fournir sur demande ce qui est nécessaire pour une installation de laboratoire ou industrielle.
- Affaiblissement de la teinte d’une toile bleue.
- En général on se plaint plutôt de la disparition de la teinture des tissus, par suite de l’usage et des lavages successifs, cependant dans certains cas on peut désirer affaiblir une teinte trop vive, par exemple celle d’un morceau neuf devant servir à la réparation d’un vêtement usagé, cotte ou veste d’atelier; voici comment on peut opérer pour ne pas altérer la fibre:
- Étant donné que les extraits de Javel du commerce sont des solutions d’hypochlorite de soude titrant de 20 à 30 degrés chloromé-triques, soit 20 à 30 litres de chlore actif supposé gazeux par litre d’extrait, il faut prendre 50 centimètres cubes de cet extrait pour préparer une eau de Javel ordinaire qui se trouvera avoir de 1° à
- :;I~: - = 191 =
- 1°,5 chlorométrique; elle servira de départ à l’opération proprement dite de démontage qui se fera ainsi :
- Le tissu ayant été préalablement savonné et bien rincé, on le plongera encore humide dans une solution ne devant pas titrer plus de 0°20 à 0°25 chlorométrique. D’après ce que nous venons de dire, on mettra par exemple un verre à boire d’eau de Javel ordinaire et cinq a six verres d’eau bouillante, on laissera en contact en agitant constamment, jusqu’à ce que le ton ait baissé à l’intensité voulue; aussitôt après on rincera à fond de manière à enlever toute trace de chlore, ce qui est la condition essentielle de non altération du tissu.
- N- B. — Afin de ne pas dépasser la mesure, il est prudent de coin mencer par une eau javellisée très faible, quitte à répéter l’opération pour atteindre le résultat cherché.
- Réponse à M. Bouvier, à Paris.
- Comment rosir les ongles?
- La mode veut aujourd’hui qu’une jolie main se complète par des ongles roses. Les fabricants de produits de beauté en profitent pour vendre très cher une préparation fort simple et que chacun peut obtenir sans difficulté en prenant :
- Collodion élastique.......................... 250 cent, cubes.
- Teinture de gomme laque à 20 %.............125 —
- Éther sulfurique..............................125
- Eosinate de potasse............................ 1 gramme.
- Parfum : essence au choix/
- Au moyen d’un pinceau doux, on applique sur les ongles une couche très mince du vernis ainsi préparé, le solvant s’évapore instantanément en laissant à la surface de l’ongle une pellicule rose et brillante.
- Si, dans les applications ultérieures, on laissait sur l’ongle la couche précédente, on formerait des surépaisseurs du plus disgracieux effet; aussi faut-il, avant de revernir, enlever l’ancienne couche au moyen du liquide incolore généralement vendu en même temps et contenu dans un second flacon, sa préparation est non moins facile puisque c’est simplement la Liqueur d’PIoffmann officinale qui est composée de :
- Ether sulfurique D = 0.720............... 100 gr
- Alcool à 90°.............................100 grammes.
- Réponse à M. Naim A. Ki-ialyl, à Beyrouth.
- P.-S. —• Nous avons déjà donné, à maintes reprises, la constitution des liquides insecticides à pulvériser; pour mémoire nous vous rappelons que l’on peut prendre comme type :
- Poudre de pyrèthre fraîche................100 grammes
- Pétrole lampant........................... 900 cent, cubes
- Masquer l’odeur, si on le désire par un parfum au choix.
- 2° A notre connaissance, le Pyrethol n’existe pas dans le commerce, la macération de la poudre dans le solvant indiqué ci-dessus, permettant d’obtenir directement le liquide a pulvériser.
- Qu’appelle=t=on vert de vessie ?
- Le vert de vessie est un vert végétal retiré des baies de Nerprun {Rhamnus catharlicus), de la famille des Rhamnées à laquelle appartiennent d’autres variétés également purgatives, telles que la Bourdaine, 1 ’Evomjmus atro-purpurens, ainsi que le Fusain de nos jardins.
- Pour préparer cette matière colorante, on choisit des baies de nerprun à demi-maturité, car trop vertes elles ne fourniraient qu’une teinte jaune et trop mûres une couleur rouge.
- L’épuisement se fait à l’eau tiède par affusions successives, puis on évapore au bain-marie les solutions réunies, que l’on a soin d’agiter fréquemment au cours de l’évaporation poussée jusqu’à consistance sirupeuse; à ce moment on ajoute environ 5 % du poids de l’extrait d’alun potassique préalablement mis en solution dans l’eau.
- Finalement, on continue à concentrer toujours au bain-marie jusqu’à ce qu’une goutte du produit, placée sur une assiette, se prenne en une masse solide par refroidissement. La masse encore chaude et fluide est introduite dans les vessies de porc et c’est sous cette forme qu’elle est présentée au commerce, d’où le nom de vert de vessie qui lui a été donné.
- Cette matière colorante peu solide à la lumière est d’un vert agréable rappelant son origine végétale, elle n’est guère employée que pour l’enluminure.
- ~N. B. — Deux autres Rhamnées, la graine d’Avignon (Rh. infec-torius) et la graine de Perse {Rh. amygdalinus) étaient autrefois très employées en teinture pour réaliser des couleurs jaunes et vertes très solides. Réponse à M. Dautel, à . Paris.
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- P.-S* — Le Vert de Vessie n’intervient dans la préparation qui vous intéresse que comme matière colorante et sans effet actif. Le dépilatoire en question est certainement constitué d’une façon analogue par un mélange en proportions convenables de poix-résine et de cire d’abeilles.
- Choix d’un poste à antenne ou à cadre.
- A l’heure actuelle, le montage à changement de fréquence est de plus en plus employé en France, et, comme ce montage permet la réception de toutes les émissions européennes sur petit cadre, on utilise presque exclusivement le cadre comme collecteur d’ondes. Ce système offre, en outre, l’avantage de procurer une excellente sélectivité acquise, d’une part, grâce à la résonance aiguë obtenue, et, d’autre part, grâce aux qualités directrices de l’enroulement.
- Enfin, l’accord sur un cadre déterminé pouvant être étudié à l’avance par le constructeur, on peut ainsi établir des postes à réglage simplifié ou à réglage essentiel unique avec la plus grande facilité possible. Cependant, il est évident que l’énergie recueillie par une antenne, même de courte longueur, étant beaucoup plus grande, la réception sur antenne est possible à égalité de sensibilité, avec un nombre d’étages beaucoup plus réduit. C’est pourquoi de nombreux amateurs de province, ou même dans les villes, n’attachant pas à cette question de la sélectivité une importance primordiale, continuent avec raison à utiliser des installations réceptrices montées sur antenne.
- Il y a, d’autre part, une cause nouvelle qui va peut-être développer les montages à haute fréquence sur antenne, c’est la réalisation de l’alimentation des postes récepteurs par le courant du secteur, et, en particulier, l’emploi de la solution du chauffage indirect des lampes.
- Tous les amateurs qui utilisent un poste à cadre ordinaire à changement de fréquence, par exemple, avec alimentation des lampes à l’aide du courant alternatif d’un secteur redressé et filtré, ont pu s’apercevoir que les qualités directrices de l’enroulement étaient fortement atténuées. C’est, qu’en effet, en reliant leur poste à la boîte d’alimentation, et indirectement au secteur, ils ont provoqué une sorte de mise à la terre, et le cadre se comporte alors, en quelque sorte, comme une antenne, ce qui diminue ses qualités directrices.
- D’ailleurs, les nouveaux montages de poste type secteur munis d’étages haute fréquence à résonance à lampe à chauffage indirect sont surtout intéressants pour la réception sur antenne, et non pour la réception sur cadre, et tous les amateurs adoptant ces nouveaux montages ont donc intérêt à utiliser une antenne, même de faible longueur, comme collecteur d’ondes.
- Si donc vous voulez installer un poste récepteur très sélectif, et que vous craigniez d’être gêné par des émissions locales perturbatrices, il est préférable d’employer un poste à changement de fréquence avec cadre, et, si possible, l’alimentation par batteries conjuguées avec un chargeur, ou du moins l’alimentation par courant redressé et filtré.
- Mais, si cette question de la sélectivité n’est pas primordiale pour vous, et que vous ne craigniez pas d’être gêné par des émissions locales, ou que vous vous contentiez justement d’écouter ces émissions locales, vous pourrez fort bien utiliser un poste à lampes à chauffage indirect fonctionnant sur antenne. Vous pourriez, d’ailleurs, trouver dans La Pratique radio-électrique des détails plus complets sur cette question du choix d’un collecteur d’ondes.
- Réponse à M. Rebo, à Marseille.
- De tout un peu.
- H. L. B., à Montbéliard. — A notre avis, la cire à cacheter souple que vous nous avez soumise est une résine synthétique, obtenue par condensation de phénol et d’aldéhyde, sa préparation tout industrielle n’est évidemment pas du domaine de l’amateur.
- Collège Khoronfish, au Caire.— L’inconvénient que vous nous signalez doit être dû au manque de souplesse du caoutchouc, trop ancien ou trop chargé ; nous pensons qu’en le badigeonnant d’essence de girofle, ou en le faisant tremper quelque peu dans ce liquide, vous lui donnerez une plus grande adhérence sur le verre, lequel, condition essentielle, doit être très propre et parfaitement sec.
- M. Pomêon, à Saint-Chamond.— Comme procédé de reproduction sur papiers blancs quelconques non préparés, des dessins industriels, il n’existe que le moyen classique, qui consiste à se servir de la règle, du compas et du double décimètre.
- Dans le même but, envisagé photographiquement, l’ouvrage qui suit vous donnera très probablement satisfaction : Reproduction de documents et objets d’art ; librairie J. de Francia, 118 bis, rue d’Assas, Paris.
- Neolight, à Bruxelles. — Comme complément aux renseignements que nous vous avons donnés dans le n° 2824 du 1er janvier 1930, page 48, sur la conservation des colles, voici d’après M. Schweit.zer (Photo-Revue du 1er novembre 1929) quelles devraient être les conditions de bonne conservation d’une colle à la gomme arabique :
- Faire une solution de bichlorure de mercure (sublimé corrosif) à 1 % et ajouter douze gouttes du produit à 100 centimètres cubes de la solution gommeuse, celle-ci se trouve ainsi, paraît-il, préservée de toute altération ultérieure.
- M. Dellenbach, à Sélestât. — 1° Les débris noirâtres que vous constatez entre les plaques de vos accumulateurs sont constitués par les pastilles de composition (oxydes de plomb) qui se sont détachées des alvéoles.
- Vous pouvez tenter d’enlever ces débris en ouvrant la batterie et procédant à un nettoyage, l’accumulateur étant susceptible de marcher après remontage; mais la chute des pastilles indique que cet appareil est à fin de course, la remise en fonctionnement sera précaire, à notre avis le mieux sera de le réformer.
- 2° Pratiquement la rêaimanlation que vous vous proposez d’effectuer n’est pas réalisable sans un matériel spécial, comme celui dont dispose le constructeur; faites repasser l’appareil par ses ateliers, ce sera certainement plus sûr et plus économique.
- M, Bourgade, à Béziers. — Les savons de plomb et de mercure retrouvés à l’analyse de la peinture sous-marine, par le professeur Carbonelli de l’École Navale de Gênes, n’ont pas été introduits sous cette forme dans ladite peinture, ils résultent simplement de la combinaison de l’acide gras de l’huile de lin (acide linoléique) avec les oxydes de plomb et de mercure qui ont été ajoutés en poudre, de la même manière que le vert de Schweinfurth.
- M. Pauty, à Pessac, Gironde. — Pour que nous puissions utilement répondre à la question que vous nous posez, il est indispensable de nous faire connaître quelles sont les propriétés de la benzine que vous utilisez; autrement dit, faites nous savoir pour quel emploi précis il y aurait lieu de prévoir le remplacement de la benzine.
- M. Routaboule, à Oran. — - Le crésylol officinal ou crésol est un mélange des trois crésylols isomères CFI3-C6H4OH, que l’on retire des goudrons de houille.
- C’est un liquide bouillant entre 185° et 200°C, il se dissout dans environ 50 parties d’eau froide et s’y mélange en toutes proportions lorsqu’il a été alcalinisé.
- On utilise cette propriété pour préparer le crésylol sodique beaucoup plus maniable que le crésylol pur. Il suffit pour l’obtenir de mélanger parties égales de crésylol de houille et de lessive de soude à 36° B.
- Comme la réaction dégage beaucoup de chaleur, il est prudent de plonger le ballon, où se fait la préparation, dans de l’eau froide, que l’on renouvelle quand elle s’est échauffée.
- Le crésylol sodique s’emploie habituellement en solution à 10 % comme désinfectant des locaux et des selles.
- N. B. — Le sulfate de chaux contenu dans les eaux séléniteuses n’amène aucune perturbation dans les propriétés antiseptiques de la dilution.
- M. Terwagne, à Bruxelles. — La fixàtion de facide carbonique à l’état de bicarbonate correspond à une purification, car il est évident que les éléments qui l’accompagnent ne sont pas fixés en même temps.
- Lorsqu’on libérera à nouveau l’acide carbonique, celui-ci ne retrouvera pas les impuretés qui sont restées en arrière; de sorte que les produits qui peuvent être utiles au point de vue thérapeutique (gaz rares, émanations, etc.) ne figureront plus dans l’eau gazéifiée par l’acide carbonique libéré.
- A notre avis, il conviendrait de faire dissoudre. sur place l’acide carbonique dégagé de la source dans l’eau destinée à l’expédition, ainsi on pourra espérer de son emploi le maximum d’effet utile.
- M. Janmoulle, à Watermael. —Vous pourrez vous procurer de la galalithe en tubes, bâtons, plaques, etc., dans les maisons suivantes : Omnilith, 8 bis, rue Martel, Paris (10e); Hillel, 55, rue de Bretagne; Les Plastiques du Nord, 66, rue d’Angoulême.
- Pour les objets œuvrés en galalithe, s’adresser à : L’Oyonnithe, 32, avenue de Saint-Mandé; La Lactolithe, 42, rue Volta; Taisne, 14. rue Falempins, Saintes ;Nobel, 3, Impasse de la Planchette.
- Enfin vous trouverez les produits spéciaux pour le polissage de la galalithe, chez Doyen, 38, quai de Jemmapes ou Forbin,34, rue Sedaine.
- Le Gérant : G. Masson.
- 9}.663. — Paris, lmp. Lahure. — i5-8-i93o.
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- N°2840. — Ier Septembre / 930
- Paraît le Ier et le 15 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 freines 5(
- pour la vente en France. ^
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- . MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI - (T{. C, Seine : j5.z34) Tel Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
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- ............. '1 ( Six mois. . .
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- Tarif n" 2
- Un an. . . Six mois. .
- 110 fr.
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- Tarif extérieur n 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
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- La défense agressive, la contre-attaque déclenchée à distance est une conception que la récente guerre mondiale a rendue familière à tous : les postes de veille, les postes d’écoute étaient destinés à signaler les attaques et à permettre de repousser l’ennemi avant qu’il n’ait abordé « le réduit central de la défense ».
- Il en est de même pour la protection contre le cambriolage qui, pour être absolument complète, doit comprendre, outre la défense passive et rapprochée des valeurs convoitées par le cambrioleur, la défense agressive et déclenchée à distance par le cambrioleur lui-même.
- Les portes, volets, serrures, etc... et particulièrement les coffres-forts assurent la défense passive d’une façon
- Fig. 2. •— Poste de commande et d’alarme de l’Auertex.
- Fig. 1. — Poste de surveillance de l’Avertex
- satisfaisante. En effet, dans l’état actuel des constructions, les coffres-forts modernes fournissent une protection qui peut défier les cambrioleurs les plus capables. Cependant si on permet à l’ennemi de s’approcher de ces places fortes, de les attaquer, sans rencontrer aucune réaction défensive, tout permet de croire que celui-ci finira par venir à bout des défenses les plus robustes, quand elles ne sont que passives.
- Pour assurer la défense agressive à distance, les spécialistes de la sécurité ont pensé qu’il serait intéressant de créer des sentinelles avancées, automatiques, capables de signaler l’approche du cambrioleur, avant même qu’il ait tenté l’effraction des portes et volets, ou le percement des murailles, capables aussi d’annoncer la présence d’indésirables autour de la maison surveillée, etc.
- Il faut avouer que, jusqu’à présent, les dispositifs chargés de cette signalisation étaient assez primitifs (contacts électriques dans les portes, fenêtres ou rideaux de devantures — conducteurs électriques multipliés, fonctionnant par contacts ou par rupture — fils tendus déclenchant mécaniquement des avertisseurs). Tous ces dispositifs n’ont aucune efficacité certaine et sont facilement paralysés.
- Les meilleurs reposent sur un secret de montage, secret qui peut ne pas tarder à être divulgué.
- La réalisation de la défense agressive à distance était
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- Fig. 3. — Microsismophone CEMA.
- donc, jusqu’à ces dernières années, tout à fait décevante, mais cette grave lacune dans la protection contre le cambriolage a été heu-reusement comblée grâce à l’apparition d’appareils de surveillance automatique utilisant les progrès de la technique", dont le rôle est de créer une liaison constante, sans défaillance ni neutralisation possible entre les objets ou locaux surveillés et les personnes chargées d’entendre les éventuelles alertes.
- Il est évident d’ailleurs .que si ces personnes sont complices ou bien ont été mises hors d’état de réagir, les avertisseurs quels qu’ils soient n’auront plus qu’un rôle limité; il en est de même en cas d’émeute.
- Mais dans tous les cas où une personne responsable peut être alertée, ces appareils de surveillance automatique assurent, d’une façon parfaite, la défense agressive dont nous parlions plus haut. Parmi ces appareils de surveillance automatique, il y a lieu de mentionner spécialement « l’Avertex », «le Sismos» et «le barrage invisible », créés par la société Cerna et auxquels, après des études approfondies et complètes, la société Fichet, spécialiste de la sécurité, a donné son patronage absolu.
- Nous en donnons, ci-dessous, une rapide description.
- L’AVERTEX
- Cet appareil ultra-sensible s’adapte à tous les coffres-forts, coffres des bijoutiers, des commerçants, des parti-
- Fig. 5. — Bëcepleur du barrage invisible CEMA.
- culiers ou encore aux coffres-caisses des Banques n’ayant pas de caveau spécialement aménagé en chambre-forte.
- Il comprend un poste de surveillance alimenté par le secteur lumière, alternatif ou continu, et un poste de commande et d’alarme placé dans la pièce où se trouve la personne qui doit être alertée en cas de cambriolage.
- L’Avertex est basé sur l’emploi de circuits équilibrés de haute fréquence et sur un phénomène bien connu des sans-filistes : l’effet de capacité produit par le corps humain s’approchant d’une masse métallique. Comme un coffre-fort, sommairement isolé du sol, représente justement une masse métallique, le cambrioleur, même s’il prend soin de s’isoler par rapport au sol, ne peut approcher ni la main, ni un outil quelconque d’effraction, sans modifier la capacité électrique de ce coffre-fort.
- Cette modification, décelée par l’Avertex, déclenche l’alerte et donne l’éveil au gardien ou au propriétaire
- Fig. 4. — Emetteur du barrage invisible CEMA.
- du meuble. Ceux-ci peuvent alors intervenir ou prévenir la police. D’ailleurs une répétition de l’alarme dans la pièce où se trouve le coffre-fort fera, selon toute vraisemblance, fuir le cambrioleur.
- LE SISMOS
- Les inventeurs ont également cherché les moyens de déceler et d’enregistrer les travaux d’approche des cambrioleurs qui procèdent par cheminements souterrains ou par percements de murailles : à cet effet a été créé « le Sismos ».
- Ce dispositif est constitué par un certain nombre de microphones spéciaux, très sensibles et très précis, placés judicieusement dans la zone à surveiller et reliés à un amplificateur spécial et à un poste de commande et d’alerte.
- Chacun de ces « microsismophones » agissant à la fois comme des microphones et des sismographes très précis,
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- décèle, dans une sphère d’action déterminée les vibrations ou les bruits les plus minimes.
- Placés dans les magasins, dans les caveaux des banques ou dans les pièces contenant les vitrines, livres rares, collections, tapisseries, etc..., ces microsismophones donneront immanquablement l’alerte au moindre déplacement d’un objet dans la zone surveillée. Une conversation, même à voix basse, tenue dans leur sphère d’action, les premiers chocs donnés aux maçonneries par les perceurs de murailles, déclenchent aussitôt l’alarme tandis que « le Sismos ». et c’est là un point capital, restera insensible aux bruits produits hors de sa sphère de surveillance, au passage, par exemple, dans la rue voisine d’un tramway ou d’un lourd camion.
- Au « Sismos » peut être adjoint un enregistreur analogue à ceux des baromètres.
- Sur cet enregistreur s’inscriront les bruits anormaux et l’examen comparatif des courbes journalières permettra de déceler les premiers travaux d’approche des cambrioleurs travaillant en tunnel, d’en suivre la progression et de prendre, en temps voulu, toutes les mesures utiles.
- LE BARRAGE INVISIBLE
- Ce dispositif est basé sur l’emploi de rayons infrarouges, c’est-à-dire de rayons qui présentent toutes les
- Fig. 6. —Poste central d’une installation de barrage invisible comprenant de haut en bas : la boîte d'alimentation, le poste émetteur et le poste récepteur, le coffre de commande et un des miroirs de Vinstallation.
- Remarquer la sonnette de contrôle.
- Fig. 7. — Le barrage invisible par rayons infrarouges installé dans une pièce. Il est impossible de pénétrer ou de circuler dans cette pièce sans rencontrer un rayon et mettre en action la sonnerie.
- Fig. 6, en haut. — Fig. 7, en bas.
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- caractéristiques de la-lumière et en particulier la réflexion et la réfraction, mais offrent l’avantage d’être complète^-ment invisibles.
- Ces rayons, produits par des projecteurs spéciaux, conviennent parfaitement à l’établissement entre plusieurs surfaces réfléchissantes d’un « barrage » invisible, d’un réseau sillonnant les régions à surveiller.
- A l’extrémité de leurs parcours, ces rayons sont reçus sur une cellule photo-résistante, extrêmement sensible et parfaitement stable : la cellule Cerna.
- Aussitôt que le faisceau de rayons invisibles est intercepté, même pendant un temps très bref, en un point quelconque de son trajet, la cellule ne recevant plus les rayons, déclenche instantanément une signalisation d’alarme.
- Cette alarme est donnée dans les mêmes conditions lorsqu’un des éléments de l’installation (émetteur de rayons, miroir, récepteur/dispositif d’alimentation, etc...) est détruit ou subit la moindre tentative de destruction. Toute coupure des fils réunissant le récepteur aux organes d’alarme, provoque également le déclenchement de ceux-ci.
- Ce déclenchement est encore provoqué lorsqu’une source de lumière visible ou infra-rouge est placée dans la région barrée.
- Il n’existe donc aucune méthode permettant de rendre « le barrage invisible » inopérant. De plus, il est constamment prêt à fonctionner. La mise en marche et l’arrêt sont ausshsimples que l’allumage d’une lampe électrique ordinaire, tout en étant entourés de tous les contrôles voulus. Le réseau de rayons infra-rouges qui constituent « le barrage invisible » convient parfaitement à la surveillance de couloirs, de grandes salles et de galeries, de musées. Il surveille également l’intérieur ou l’extérieur des caveaux des banques, les abords d’une propriété, le faîte des murs cl’un parc ou d’une prison, les abords de magasins, d’entrepôts, etc...
- Il est à remarquer qu’en dehors de la surveillance automatique contre le cambriolage, le champ d’applications du barrage invisible est considérable.
- Nous nous bornons à indiquer, ci-dessous, quelques-unes des principales utilisations possibles :
- Signalisation dans les usines des endroits dangereux, de façon à limiter les accidents de travail;
- Organe de parfaite automaticité dans certaines machines-outils ;
- Protection des chantiers de réparations, des voies de chemins de fer;
- Guidage des bateaux aux entrées des ports, alors que du fait du brouillard, les rayons lumineux des phares ne sont pas perceptibles;
- Communication à grandes distances au moyen d’émis sions de rayons modulés, etc...
- D’autre part, la cellule Cerna a trouvé, grâce à sa sensibilité remarquable et à sa parfaite stabilité, un grand nombre d’emplois divers dans la pyrométrie, le colo rimètre, l’industrie du film sonore.
- Par cette brève énumération, on voit quel peut être le domaine d’applications du «barrage invisible» en dehors des problèmes de surveillance automatique.
- Ces problèmes sont innombrables et divers et c’est pour pouvoir les résoudre qu’il- a fallu prévoir les trois types de dispositifs que nous venons de décrire. Mais, ainsi que l’on a pu s’en convaincre, chacun d’eux assure une surveillance efficace, complète et permanente, à l’abri de toute tentative de neutralisation, même par des personnes en connaissant parfaitement la construction et le montage sur place.
- Grâce à ces récentes découvertes de l’industrie française, on peut donc dire, dès à présent, que le problème de la surveillance automatique est résolu dans toute son étendue.
- L. Kuentz.
- LES TREILLIS IMPERMEABLES AU VENT
- On connaît, de temps immémorial, des treillis de tout genre — treillis en osier ou en fil de fer, clôtures en bois, etc. On se sert, beaucoup aujourd’hui, des treillis en fer, comme élément de construction. Mais on ignorait généralement que certains treillis —- ceux à barres plates de largeur égale aux intervalles —, loin de donner libre passage au vent, comme on aurait pu le croire, l’arrêtent au contraire et se comportent, à cet égard comme des parois.-'s.olides.
- Ce curieux phénomène, récemment constaté par M. E. l’alkenthal, ingénieur à Berlin-Dahlem, est dû à la formation^ immédiatement en arrière des treillis, de tourbillons'!^^ ? supposent au . passage des courants d’air les frappant.- Il .faut toutefois, — seule condition nécessaire — que la phrôïKlü treillis soit-mince et qu’elle ait des arêtes vives; autrement, on ne cohstaterait qti’un effet partiel ou . près que n ul. - ._
- L’imperméabilité parfaite des treillis de ce genre se constate avec des barres allant jusqu’à 3 cm de largeur et des intervalles également de 3 cm. Quant aux treillis à barres et à intervalles encore plus larges, il serait particulièrement intéressant de connaître la façon dont ils se comportent, car ce sont ces treillis qui entrent dans la construction des ponts, tours à antennes, etc. Mais les grandes difficultés qui s’opposent à la production d’un vent artificiel d’une section suffisante n’ont pas encore permis de les mettre à l’essai. On peut affirmer cependant, qu’en basant les calculs de la résistance au vent des structures de ce genre sur les essais de modèles en miniature, on risque fort d’arriver à des dimensions exagérées.
- Les treillis à barres demi-rondes donnent lieu à un phénomène particulièrement curieux; il s’agit, en effet, dans leur cas, d’une espèce d’effet de valve, ces treillis étant imperméables au vent du côté plat, mais lui donnant
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- libre passage du côté rond. En passant en revue les diverses applications de ce nouveau principe, il convient de distinguer s’il s’agit de l’action accumulatrice de la pression ou d’une utilisation des tourbillons d’air.
- L’action accumulatrice s’applique, par exemple, aux clôtures, aux parois de protection* etc., aussi bien qu’aux parois de hangars, pour protéger les aéronefs y entrant contre les coups de vents latéraux.
- Le poids réduit de moitié, ainsi que la moindre pression des treillis, facilitent beaucoup les constructions de ce genre.
- D’autre part, le principe Falkenthal se prête à la construction de toutes sortes de séparateurs. L’inventeur, avec un séparateur d’escarbilles pour locomotives et installations fixes, vient de se voir décerner le premier prix d’un concours organisé par les Chemins de Fer allemands et le Syndicat du Lignite, et où ont
- Fig. 2.
- Treillis protecteur contre le vent.
- pris part plus de 130 concurrents. Dans la construction des écluses, des barrages, etc., ce principe semble susceptible d’avantageuses applications.
- L’effet de pression trouvera des emplois d’une grande importance dans l’aviation, pour les plans directeurs et dans certaines limites — pour les plans porteurs. Quant aux ailes battantes préconisées par M. Lilienthal, les treillis à barres demi-rondes offriraient, d’emblée, une excellente solution de ce problème.
- Enfin, on profitera de la formation des tourbillons et l’on en profite (déjà) dans tous les cas où il s’agit de la préparation d’un mélange. Les gaz, vapeurs ou liquides à mélanger s’écoulent séparément contre deux treillis assez voisins l’un de l’autre pour que les zones tourbillonnantes se recouvrent en partie. Pour laver les gaz, etc., on réalisera également, par ce nouveau mode de production de tourbillons, une simplification considérable des installations actuellement en usage.
- Les exemples énumérés ci-dessus ne représentent que
- Fig. 1. — Les tourbillons d’air qui prennent naissance, à l’arrière .d'un treillage.
- quelques-unes parmi les très nombreuses applications que l’on peut entrevoir pour ces treillis imperméables ou semi-imperméables au vent.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Fig. 3. — Séparateur d’escarbilles monté à l’intérieur d’une locomotive el basé sur le principe des treillis imperméables au vcpl. -
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- LA PHOTOGRAPHIE DES ÉCLAIRS11
- APPEL A LA COLLABORATION DES AMATEURS PHOTOGRAPHES
- La présente étude s’adresse particulièrement à tous les amateurs, si nombreux de nos jours, qui possèdent un appareil photographique... et qui savent s’en servir.
- C’est à eux donc que je lance un vibrant appel afin d obtenir leur concours et je les prie de ne rien négliger pour obtenir, dans des conditions qui vont être exposées, d excellents clichés. Ils voudront bien se rappeler que, dans cette question de l’étude des éclairs au moyen de la
- photographie, tous les documents ont leur importance et que plus il y en aura, mieux cela vaudra.
- Dans le travail qui va suivre, j’ai négligé la question des étincelles et des éclairs « noirs », parce que j’ai déjà eu l’occasion, ici même (La Nature, n° 2616, du 24 mai 1924) de la traiter en détail.
- BUT POURSUIVI
- La technique pour photographier les éclairs varie selon le but que l’on se propose. En effet, on
- rp- , „ , . . peut avoir pour pro-
- r ig. 1. — Eclair sinueux, montrant quelques r . r ,
- ramifications. Le cliché original a été pris gramme . 1 de
- avec un appareil stéréoscopique du format . réunir de beaux do-45x107, objectifs rectilignes, par M. Lu- cuments sur les cien Rudaux, 4 Donuille (Manche.) éclajrs. 2o de se procurer d’excellents documents scientifiques; 3° de procéder à l’analyse des décharges atmosphériques. Examinons brièvement comment parvenir à ces résultats.
- 1° Si l’on désire de beaux documents, il sera bon de se préoccuper d’avance de la composition du tableau. On aura donc soin de repérer, sans attendre l’orage, un certain nombre de sites, peu éloignés si possible de la résidence habituelle, orientés dans des azimuts différents, et comportant des premiers plans intéressants à effet. Ce n’est pas toujours facile dans les grandes villes et si les sites choisis sont un peu éloignés, on devra se préoccuper aussi des moyens de communication permettant de s’y rendre très rapidement.
- 1. Conclusions d’une conférence faite devant la Société astronomique de France, le 5 mars 1930.
- A l’approche d’un orage, on gagnera donc aussi vite que possible le site repéré à l’avance, dans l’orientation convenable, et l’on y attendra les événements, l’appareil prêt, bien fixé sur son pied, le châssis ouvert, le tout protégé par un voile en cas de pluie. La pose sera réglée de manière à obtenir de nombreux détails dans le paysage et dans les ombres ; en général il y aura, du fait de cette exposition assez longue, plusieurs éclairs enregistrés en même temps, ce qui donne souvent une très belle expression à ces photographies composites.
- 2° Si l’on n’a en vue que de réunir de bons documents scientifiques — ce qui n’interdit cependant jamais de soigner la composition du tableau — il y aura avantage à changer la plaque après chaque éclair, afin de ne pas emmêler les images, dont l’étude sera ainsi plus facile à faire. Les clichés obtenus de la sorte seront en général moins posés que les précédents, avec moins de détails dans le paysage, puisqu’ils n’auront enregistré que la lueur d’un éclair.
- 3° La photographie des éclairs au moyen d’appareils mobiles a montré que la plupart des décharges atmosphériques sont multiples. Evidemment, la première fois que l’on a fait cette constatation, c’est que l’appareil avait bougé malencontreusement — et heureusement pourrait-on dire — pendant la pose. On a donc reconnu que dans le sillon tracé dans l’atmosphère par le premier éclair, sillon d’air chaud ionisé, d’autres éclairs se précipitent, en nombre variable, 3, 4, ou plus, séparés les uns des autres par des fractions de seconde.
- Ainsi B. Walter, utilisant un petit appareil photographique fixé à frottement dur sur un axe vertical entraîné par un mouvement d’horlogerie à raison d’un tour en 35 secondes, a obtenu des décharges étalées dont on peut mesurer l’intervalle avec une précision suffisante.
- Dans l’une des images enregistrées par cet auteur, il y a trois décharges partielles qui ont suivi rigoureusement le même chemin. Elles sont instantanées, au sens de ce mot, séparées par des intervalles de 0S,04 et de 0 s, 11 l’ensemble ayant duré 0 s, 15. La décharge enregistrée la première, comme cela a lieu très souvent, montre seule des ramifications.
- M. Walter, par le même procédé, a obtenu une autre photographie où l’on voit six éclairs presque identiques, pratiquement instantanés, séparés par cinq intervalles dont la durée a été de :
- 0 s, 131 + 0 s, 068 + 0 b, 075 + 0 *, 119 + 0 s, 103 = 0 b, 496 soit bien près de 1/2 seconde pour le phénomène entier.
- Le lecteur trouvera, dans une étude sur « la forme et la structure de l’éclair » publiée dans cette revue Z1), il y a quelques années déjà, tous les renseignements relatifs à cette question des décharges multiples constituant «un éclair».
- 1. N° 1601, du 30 janvier 1904, p. 138.
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- APPAREIL
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- Format. — Tous les appareils conviennent pour la photographie des éclairs. Cependant — quand il ne s’agirait que d’une question d’économie — la préférence doit aller aux appareils de format moyen.
- Les appareils de très petites dimensions ont une tendance à donner une image d’une largeur exagérée pour les éclairs brillants, par suite de la diffusion de la lumière dans la couche sensible de bromure d’argent. Avec les petites images, cette diffusion prend une importance relative plus grande; cependant, je me hâte de dire que l’on m’a Communiqué d’excellentes photographies obtenues avec un appareil de format 45 X 107.
- Les appareils de grand format (13 X 18 et au-dessus) sont encombrants et lourds, peu faciles à manier, et leur emploi est onéreux dans la photographie des éclairs, où l’on est exposé à voiler parfois de nombreuses plaques en raison de la production des éclairs diffus.
- Le format 9 X 12, peu encombrant, donne des images d’une bonne dimension, d’une grande lisibilité, pouvant être fortement agrandies et pour lesquelles la dépense en plaques n’est pas exagérée. C’est à ce format que vont nos préférences.
- 11 est nécessaire d’utiliser un bon objectif, couvrant très nettement la plaque. Les anciens objectifs, incomplètement corrigés, donnaient aux éclairs, sur le bord des clichés, des images floues, plus ou moins étalées, qui avaient conduit l’astronome Trouvelot à penser que les éclairs avaient la forme d’un ruban aplati, présentant une série de raies transversales semblables à celles du spectre solaire.
- De bons objectifs anastigmats seront donc toujours préférés.
- Signalons que dans sa belle Etude sur la forme et la structure de Véclair par la photographie (1903), M. W. Prinz a signalé que les objectifs à trop court foyer ou bien encore les objectifs insuffisamment lumineux ne permettent pas toujours d’enregistrer les petites ramifications des éclairs. M. Glew, de son côté, a constaté que certains éclairs ne s’inscrivent pas avec un objectif ouvert à f/10 seulement.
- Mais — et nous insistons — ce serait un geste très regrettable que de s’abstenir de photographier les éclairs parce que l’on ne posséderait pas un appareil répondant aux conditions précédentes, comme format ou qualité optique : mieux vaut un document pris avec n’importe quel appareil que pas de document du tout.
- Pied. — Que l’appareil soit fixe ou mobile, il convient de le placer sur un pied très stable. Si l’on opère en plein air — ce qui sera souvent le cas — il sera prudent de fixer le pied au sol ou après un objet, ou encore de le charger d’un poids suspendu après la clef de serrage, car dans les orages il y a parfois de violents coups de vent qui peuvent renverser l’appareil et le détériorer.
- La chambre photographique sera fixée au pied à l’aide d’une rotule lui permettant de prendre toutes les inclinaisons, depuis l’horizon jusqu’au zénith. L’appareil tenu à la main n’est guère à conseiller. Il nous a permis cependant d’obtenir — malgré nous d’ailleurs — deux clichés
- Fig. 2. — Eclairs sinueux et peu ramifiés jaillissant entre le nuage et la terre. La vive lumière émise par ces éclairs a permis de photographier les nuages. Cliché obtenu par M. F. Quénisset, en août 1899, avec ob-
- jectif de 0 m, 11 de longueur focale, monté sur chambre 6 1/2 X 9.
- intéressants (éclair quintuple (’) et éclair avec incandescence de l’air), précisément pour avoir bougé au moment où les éclairs ont jailli.
- Sans le mouvement involontaire fait pendant la pose, les images auraient été nettes, et n’auraient révélé aucune particularité spéciale.
- Cependant, l’appareil tenu à la main ne donne que des documents insuffisants et, notamment, il est impossible d’en déduire la durée des phénomènes ou leur intervalle.
- Appareil mobile ou à plaque mobile. — Si l’on veut décomposer le phénomène de l’éclair, il faut donner à l’appareil photographique un mouvement connu à l’avance, permettant des mesures précises sur les clichés.
- 1. Paru dans La Nature, n° 1601, du 30 janvier 1904.
- Fig. 3. — Eclair sinueux et ramifié éclatant entre deux nuages. L’intensité de la décharge a permis d’obtenir de nombreux détails dans les nuages. Orage d’été photographié par M. Lucien Rudaux, à Donville (Manche), avec une jumelle 9 X 12.
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- On a eu recours à des procédés nombreux et variés pour obtenir ce mouvement, mais pas toujours avec une vitesse connue.
- En voici l’énumération rapide : 1° appareil déplacé à la main; 2° appareil fixé à deux ficelles verticales que l’on enroule sur elles-mêmes et qui donnent, en se « détordant »,un mouvement alternatif de rotation dans un sens, puis dans l’autre; 3° objectif fixé au trembleur d’une sonnerie et ayant un déplacement alternatif; 4° appareil balancé par un mouvement de va-et-vient autour d’un axe vertical ou incliné; 5° appareil monté sur l’axe vertical d’un mouvement d’horlogerie et que l’on ramène périodiquement au point de départ (après avoir décrit le champ où jaillissent les éclairs), etc. Ici, l’ingéniosité des amateurs peut se donner libre cours. Ce qu’il faut, c’est connaître, à tout moment, et avec une exactitude ' suffisante, la vitesse angulaire de l’appareil.
- De nos jours, beaucoup d’amateurs possèdent des appareils cinématographiques de prise de vues. Il y aurait grand intérêt à les diriger sur le ciel par les nuits d’orage.
- Fig. 4. — Eclair sinueux éclatant entre deux nuages. Cliché obtenu en juillet 1896, à Paris, par M. F. Quénisset. (Jumelle 9 X 12, objectif de 0 m, 15 de longueur focale).
- Tourner la manivelle à une vitesse déterminée pour connaître la durée d’exposition et l’intervalle de chaque image. Les vues pourront être prises avec la chambre cinématographique fixée sur son pied ou bien déplacée sur une tète de pied panoramique — pour dissocier les images.
- Signalons, en outre, une application possible des appareils cinématographiques dans lesquels la pellicule est entraînée par un ressort : c’est celle de la photographie des éclairs en boule. Il n’existe actuellement aucun document photographique authentique d’un éclair sphérique f1) quoique le phénomène ait été vu et décrit par des centaines de personnes. Reconnaissons que l’apparition de la « foudre globulaire » est soudaine et qu’il faudrait un concours vraiment extraordinaire de circonstances,
- 1. Je dois ce renseignement au savant professeur E. Mathias, correspondant de l’Institut et Directeur de l’Institut et Observatoire de Physique du Globe du Puy-de-Dôme, qui est certainement l’homme le mieux documenté sur toutes les questions se rapportant aux éclairs, à la foudre, aux orages. Je le remercie vivement des divers renseignements qu’il m’a très aimablement communiqués.
- en même temps qu’un joli sang-froid de la part de l’opérateur, ayant précisément sous la main un appareil photographique prêt à l’emploi, pour obtenir un tel cliché. Et cependant, de tels documents sont très désirables : ils pourraient bien bouleverser quelque peu nos connaissances ou nos croyances sur ce phénomène encore si mystérieux. La petite « caméra » à ressort est certainement l’appareil le mieux approprié à cette étude spéciale. «Certains orages, a écrit Camille Flammarion (‘), sont remarquables par la multiplicité des globes de feu auxquels ils donnent naissance; mais pourtant ces curieux phénomènes sont peu fréquents.» Et il ajoute par ailleurs : « La foudre globulaire n’admet aucune règle ». Les observations parviennent, comme de juste, des lieux fréquentés. On a cependant signalé que certaines régions montagneuses sembleraient favorables à la production du phénomène. Celui-ci est plus fréquent en été qu’aux autres saisons (2). Le hasard seul peut favoriser la prise de photographies de ce bizarre météore.
- Les divers procédés qui viennent d’être décrits ont pour objet l’obtention d’images nettes de l’éclair, ou d’images nettes mais dissociées des multiples décharges qui forment un éclair, Ils donnent, en outre, l’image étalée de la lueur résiduelle qui persiste après les décharges principales, et que j’ai attribuée à l’incandescence des gaz chauds de l’air.
- C’est ici le lieu d’insister pour que soient reprises les expériences tentées autrefois, avant 1900, par M. F.-H. Glew (*). Cet auteur essaya d’obtenir des photographies d’éclairs avec un objectif fixe associé à une plaque sensible rotative. « Il n’obtint pas de résultat probant, écrit M. Prinz, la vitesse étant par trop considérable. »
- La raison en est, selon nous, que cette vitesse de rotation était bien trop grande et dissociait trop les images élémentaires des décharges, qui étaient ainsi embrouillées, mais elle était insuffisante pour donner le renseignement précis concernant la constitution intime de ces décharges élémentaires.
- Nous conseillons donc vivement aux amateurs avisés, si nombreux aujourd’hui, de reprendre ces essais. La plaque, de forme carrée (format 8 X 8 ou 9 X 9) serait fixée sur un plateau perpendiculaire à l’arbre d’un petit moteur électrique (moteur « meccano » ou autre) placé au fond d’une boîte portant, à l’avant, un objectif de cinématographe très lumineux.
- Un obturateur rotatif, percé de trous, serait monté sur le même arbre ou tournerait à la même vitesse que la plaque.
- La vitesse de rotation serait mesurée à l’aide d’un compte-tours.
- 1. Camille Flammarion : Les Phénomènes de la foudre : Chap. IV. — La foudre en boule.
- 2. E. Mathias : La matière fulminante, § 25 : Fréquence des foudres globulaires suivant les saisons. Extrait des Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones, juillet 1928.
- Voir également du même auteur : La Foudre: ses différentes formes; la matière fulminante (ibid., novembre 1927); La matière fulminante {ibid., août 1929, octobre 1929, décembre 1929).
- 3. Note sur « la mesure de la durée des éclairs », par F .-H. Glew : The Photographical Journal, t. XXIII, p. 179.
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- Il conviendrait enfin de faire des essais avec diverses vitesses de rotation. Changer la plaque après chaque éclair, pour ne pas embrouiller les images, dont la lecture peut être difficile.
- Le but de ces essais est d’obtenir des renseignements sur le véritable mode de propagation de l’éclair. On ne sait rien, actuellement, sur la manière dont cette propagation se fait. L’éclair se produit-il simultanément sur toute sa longueur, ce qui est probable ? Ou bien s’élance-t-il d’un point vers un autre comme on en a souvent l’impression à la vue simple ? On encore, est-ce un point ou un globe lumineux qui, en se déplaçant, trace un trait de feu, à la manière de la trajectoire apparente d’une rapide étoile filante ? L’impression de déplacement de l’extrémité de l’éclair d’un point vers un autre ou, si l’on préfère, d’un sens suivi par la décharge est purement subjective. En effet, toute une série de points de la rétine recevant en même temps et instantanément une impression lumineuse — ce qui est le cas pour l’image linéaire d’un éclair -— la sensation est reçue successivement par le cerveau, ce qui peut donner une impression de déplacement. Cependant, on doit signaler que dans certains orages, ou à certains moments d’un orage, on a la sensation que tous les éclairs jaillissent dans un même sens (par exemple de haut en bas) et l’explication précédente est évidemment insuffisante.
- Le procédé photographique utilisant une plaque rota tive à très grande vitesse (ou encore un film entraîné également très rapidement) permettra, très probablement, de révéler la structure intime de l’éclair. Ajoutons que.ce procédé pourrait être mis au point au laboratoire avec des étincelles électriques très lumineuses.
- Voici à présent une autre expérience qui offre un grand intérêt.
- Elle exige un matériel un peu plus complet que les précédentes, mais reste néanmoins du domaine d’un amateur sérieux et adroit.
- Nous avons dit que l’éclair est généralement composé d’une série de décharges empruntant le « canal » d’air ionisé suivi par le premier éclair. Entre les diverses étincelles, sur les clichés obtenus avec une plaque ou avec un appareil mobile, on voit souvent la trace continue, décroissante, laissée par les gaz incandescents qui se refroidissent.
- A chaque étincelle correspond l’émission d’une onde ou d’un train d’ondes amorties produisant, dans nos récepteurs de T. S. F., les parasites si désagréables qui, en temps d’orage, gênent les réceptions et arrivent parfois à les rendre impossibles. De nos jours, on sait enregistrer ces parasites au moyen d’appareils spéciaux (oscillographes, etc.). L’expérience que nous suggérons consisterait à obtenir, au moyen d’appareils extrêmement sensibles, et à déroulement très rapide de la feuille sur laquelle se ferait l’inscription, l’enregistrement radioélectrique des éclairs en même temps que, par ailleurs, on procéderait à leur enregistrement photographique sur plaque rotative à grande vitesse. La comparaison des deux résultats obtenus donnerait probablement de très utiles indications sur la manière dont se fait la décharge électrique.
- Fig. 5. — Eclair sinueux avec faibles ramifications. Remarquer, à droite, l'étalement de l'image de l’éclair sous forme de ruban, l'objectif ne couvrant pas entièrement la plaque. Cet aspect avait conduit autrefois M. E. Trouvelot à penser qu’il peut exister des éclairs ayant l’apparence d’un ruban plat. C’est une illusion provenant .de mauvaises images. A gauche, on [aperçoit la coupole de l’Observatoire de Donville,.-d’où ce cliché ci été .pris avec un appareil stéréoscopique cle format 45 X 107, par .M. Lucien l'iudaux.
- PLAQUES
- Quelles plaques employer pour la photographié dès éclairs ? La réponse est facile : toutes les plaques un peu rapides conviennent. Les étincelles électriques — donc les éclairs — sont extrêmement riches en rayons bleus et violets. Par conséquent les plaques surtout sensibles à ces radiations sont indiquées.. Mais M., Léon Gimpel — dont on connaît les beaux travaux en photographie — a obtenu de très bons clichés sur des plaques orthochromatiques sensibles au jaune et au vert, parce qu’au moment où l’orage a éclaté, il n’en avait pas d’autres en châssis.
- Toutes les plaques devront être protégées contre le halo (soit par sous-couche inactinique, soit au moyen d’un enduit au dos).
- Fig. 6. — Eclairs à méandres et à boucles, avec nodosités. Photographie prise à Donville {Manche), au cours de l’orage du 25 mars 1903, par M. Lucien Rudaux.
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- MISE AU POINT
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- Fig. 7. — Photographie d’un éclair montrant la lueur résiduelle persistant après la décharge, et due aux gaz de l’air portés à très haute température. L’appareil-détective 9 X 12 avec objectif simple achromatique, tenu à la main, a fait un brusque mouvement au moment de la production de l’éclair, ce qui a causé l'étalement du sillon de gaz lumineux. Si l’appareil avait été immobile sur un pied, on aurait enregistré l’éclair seulement, le sillon lumineux se confondant avec lui. Photographie prise à Paris, le 12 avril 1904, par M. Em. Touchet.
- Fig. 8. —Eclair quintuple photographié par Rumker. Le déplacement de la chambre pendant la production des diverses décharges constituant l’éclair a séparé les images. (Si l’appareil avait été fixé sur un pied, on aurait enregistré un éclair simple). (Extrait de Photo-graphische Korrespondenz, novembre 1929.)
- Selon que l’on aura en vue d’obtenir des paysages d’orages, des éclairs individuels ou des décharges partielles d’éclairs avec appareils mobiles, on emploiera des plaques de rapidités différentes.
- Les plus rapides (genre « Opta » de Lumière) seront utilisées pour les essais avec plaque rotative tournant à très grande vitesse.
- Les pellicules ne seront employées que s’il est impossible de faire autrement. Elles donnent une diffusion considérable de la lumière dans l’épaisseur de la couche, elles ne sont pas « anti-halo » et les sillons lumineux des éclairs, avec les très petits appareils, ont parfois une énorme largeur. Les plaques sur verre seront donc généralement employées.
- Pour l’escamotage rapide des plaques — escamotage nécessaire au cours de certains orages dans lesquels les éclairs sont très fréquents -— l’emploi d’un magasin est à conseiller.
- Ce magasin devra toujours être parfaitement,, nettoyé pour éviter les piqûres dans le ciel, attribuées si souvent à des défauts des plaques.
- La mise au point doit être faite sur l’infini. Avec les appareils pliants, si répandus de nos jours, appareils portant une échelle de mise au point, on n’éprouvera aucune difficulté à faire ce réglage.
- Avec les chambres touristes ou d’atelier, on fera bien de tracer un repère sur le chariot mobile, repère correspondant à la mise au point à l’infini, faite en plein mur.
- Si, cependant, on n’a pas pris soin de tracer ce repère à l’avance, il faudra, au cours de l’orage, faire cette mise au point sur le verre dépoli. Ce n’est guère facile avec les éclairs. Utiliser de préférence une lumière éloignée — s’il y en a dans le champ —et regarder l’image avec une loupe. En dernier ressort, si aucune lumière artificielle n’est visible, on se guidera sur l’image des éclairs, mais on peut dans ce cas risquer d’avoir des clichés à mise au point défectueuse.
- OBTURATEUR
- Les obturateurs pouvant rester ouverts pendant un temps assez long sont indiqués, surtout ceux dits « à deux temps» dans lesquels il faut presser un coup pour ouvrir et un autre coup pour fermer. Ceux qui se referment lorsqu’on cesse d’appuyer sur la poire ou sur le déclencheur sont moins pratiques.
- Le vieux bouchon des objectifs de nos pères est un excellent obturateur, trop oublié de nos jours où une foule de jeunes amateurs, toujours pressés, rêvent de couper les secondes en 250 ou en 1000 parties avec des obturateurs de précision, ce qui les conduit généralement à obtenir des clichés sous-exposés ! Donc, pour la photographie des éclairs, le simple bouchon d’objectif rendra les meilleurs services.
- DÉVELOPPEMENT
- Le meilleur révélateur est... celui que l’on a l’habitude d’employer pour les travaux courants. Le développement des clichés devra être poussé — surtout si les plaques ont reçu une bonne exposition — jusqu’à ce que toute la surface de la plaque présente une trace du fond du ciel. Ne pas arrêter le développement lorsque l’on voit un éclair bien dessiné, en trait noir, sur le reste du bromure non récluit : l’image, à ce moment, est encore insuffisamment révélée. Tous les révélateurs n’agissent pas de la même manière : certains affectent rapidement la surface et l’image gagne progressivement en profondeur. La pratique seule, suivant le révélateur employé, peut servir de guide pour indiquer le moment où l’on doit cesser le développement.
- En résumé, il vaudra mieux développer à fond malgré le voile, que de cesser trop tôt. Dans ce dernier cas, on aurait un cliché plus brillant, plus transparent, mais dans lequel on aurait perdu des détails qui étaient cependant enregistrés dans l’image latente.
- RENSEIGNEMENTS ACCESSOIRES
- Les clichés d’éclairs contiennent souvent des détails du paysage qui permettent d’en reconnaître le sens et l’orientation. Cependant, il n'en est pas toujours ainsi, surtout
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- pour les clichés pris à une certaine hauteur au-dessus de l’horizon. Dans ce cas, il est utile de marquer le haut de la surface sensible avant le développement, par exemple par un signe au crayon ou à la pointe. Noter, d’autre part, toutes les indications possibles et utiles : date, heure, temps d’exposition, azimut de l’orage, temps séparant l’éclair du tonnerre, etc.
- HYPERSTÉRÉOSCOPIES D’ECLAIRS
- Les photographies obtenues avec les appareils stéréoscopiques ordinaires, dans lesquels l’écartement des objectifs varie de 05 mm à 90 mm. ne donnent aucune sensation de relief quand on les examine au stéréoscope. En général, les éclairs se produisent — fort heureusement d’ailleurs —à une distance assez grande de l’opérateur et les deux éléments du cliché stéréoscopique sont identiques.
- Si l’on veut donc obtenir des stéréoscopies d’éclairs avec un bon relief, donnant la véritable forme de l’éclair ou des éclairs dans l’espace il faut séparer les objectifs et les placer à une grande distance l’un de l’autre. Walter a obtenu un bon stéréogramme avec une distance de 4 m seulement entre les objectifs, pour un coup de foudre assez rapproché il est vrai. Mais, en général, il conviendra d’employer entre les deux appareils une base bien plus considérable, 100 à 200 m. Avec des bases de cet ordre, M. F. Quénisset a obtenu de magnifiques sté-réogrammes de nuages. Or, nous ne devons pas oublier que les éclairs éclatent précisément au milieu des nuages et sont situés à des distances comparables.
- M. Léon Gimpel se trouvant à Saint-Trojan, dans l’île d’Oléron, pendant l’été de 1928, fut témoin d’un violent orage se produisant sur mer. Avec la collaboration de M. Albert Brissaud, il a obtenu une image stéréoscopique remarquable par la combinaison de deux clichés 9 X 12 pris à l’aide de deux appareils distants de 195 m et déclenchés à un signal déterminé.
- La sensation de relief, on le sait, est le résultat de la convergence plus ou moins grande des rayons visuels et l'on a reconnu que lorsque la distance des objets est supérieure à 3440 fois la distance des yeux, tous les objets paraissent projetés sur le fond, sans qu’il soit possible de les situer à diverses distances les uns des autres.
- Par suite, l’écartement des deux appareils servant à prendre des couples stéréoscopiques est évidemment fonction de la distance des éclairs eux-mêmes.
- Pour estimer cette distance, on comptera le temps, en secondes, qui s’écoule entre la vision de l’éclair et la perception du tonnerre, en se rappelant que la vitesse du son dans l’air, à la température de -j- 10°, est de 337 m par seconde et on utilisera le tableau publié ci-après. Ce tableau a été calculé précisément en vue de mettre entre les mains des amateurs le moyen de trouver immédiatement la grandeur de la base pour obtenir le meilleur relief.
- Fig. 9. — Eclair sinueux, avec nodosités et nombreuses ramifications, se terminant en coup de foudre après un long parcours plus ou moins horizontal. Photographie prise à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), en juin 1913, par M. U. Chanton.
- Mais, au préalable, ce tableau exige quelques explications.
- Lorsque l’on regarde la photographie d’un panorama à l’aide cl’un stéréoscope, on remarque que les premiers plans rapprochés présentent un relief considérable et se détachent aisément les uns des autres. Mais, au fur et à mesure de l’éloignement des objets, ceux-ci semblent se plaquer à la même distance et l’on constate bientôt qu’à partir d’une certaine distance tous les objets sont confondus avec le fond.
- La partie de l’espace dans laquelle on différencie les divers plans des objets a reçu le nom de zone efficace. Celle à partir de laquelle tous les plans sont confondus
- Fig. 10. — Eclair rayonnant ou, plus exactement, épanouissement, dirigé vers l’observateur, d'un éclair ramifié avec nodosités, la partie principale de l’éclair étant invisible, dans le nuage qu’elle, rend lumineux. Photographie prise à Clertnoni-Ferrand (Puy-de-Dôme), en juin 1913, par M. U. Chanton.
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- avec le plan adopté pour fond a reçu le nom de zone neutre.
- il convient encore de distinguer dans une vue stéréoscopique le «relief général» et, si l’on peut dire, le « relief différentiel». Nous nous expliquons : soit une photographie d’un arbre éloigné prise avec une petite base, quelques décimètres, pour fixer les idées. L’arbre paraît bien en relief par rapport au fond devant lequel il se éta-che comme un découpage plan : il y a relief général. Mais, à présent, recommençons la photographie avec une base de quelques mètres : la fusion des images deviendra peut-être impossible pour les premiers plans, mais l’arbre éloigné va paraître non plus comme un découpage, mais avec sa forme solide réelle.
- 11 existe évidemment un rapport entre la distance de l’arbre, la distance des premier et arrière-plans, la longueur focale des objectifs, celle des oculaires du stéréoscope et entre l’écart des stations pour arriver à réaliser un stéréogramme qui ne tire pas les yeux et dans lequel les images fusionnent bien.
- De nombreux auteurs, entre autres L. Cazes, J. Krug, L.-P. Clerc ont donne des méthodes pour calculer l’écart des stations et l’épaisseur des zones neutres sur le plan du fond. Les chiffres obtenus diffèrent considérablement, ce qui n’a rien de surprenant, la sensation stéréoscopique
- étant un phénomène d’ordre psychologique et aussi d’observation. L’expérience acquise par M. L.-P. Clerc, le savant professeur de l’Institut d’optique et de l’Ecole supérieure de photographie, dans son passage au service de la photographie aérienne aux armées, donne un poids tout spécial aux méthodes qu’il décrit dans son ouvrage sur Les applications de la photographie aérienne (1) et nous les avons suivies dans le calcul du tableau en question. Nous ne pouvons les décrire ici, mais nous indiquerons cependant que, dans les formules employées, on a admis comme limite de séparation à l’œil nu de deux points sur un stéréogramme placé à la distance f des yeux, ou bien vu dans un stéréoscope dont les oculaires
- ont une distance focale /, la valeur —777; > qui correspond
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- à un angle de 1 minute cl’arc (au-dessous de cette valeur, l’œil ne sépare plus deux points). D’autre part, M. L.-P. Clerc, d’après une série d’expériences faites en vue de déterminer les limites de variations tolérées par les yeux dans l’écart des points homologues, a reconnu que, avec des stéréoscopes à lentilles de 0 m 12 environ de foyer, presque tous les observateurs supportent une variation de 12 mm (soit 1/10 du foyer) entre l’écart des points
- 1. Octave Doin, 8, place de l’Odéon, Paris, éditeur.
- Tableau donnant la longueur de la base à utiliser pour la photographie hyperstéréoscopique des éclairs.
- Durée en secondes séparant l’éclair du tonnerre Distance approximative de l’orage du 1er Dist plan ance du plan de fond Epaisseur de la zone neutre par rapport au plan de fond Ecart des en ir Objectif de O"1,135 de longueur focale 9 X 12 stations être s Objectif de 0ra,210 de longueur focale 13 X 18
- 1 0 km 3 0 km 2 0 6 3 m 27 m 17 m
- 2 0 ' 7 0 3 1 4 15 34 22
- 3 1 0 0 4 2 0 23 44 29
- 4 1 3 0 5 2 6 31 55 35
- 5 1 7 0 6 3 4 45 65 42
- 6 2 0 0 7 4 0 55 75 48
- 7 2 4 0 8 4 8 69 85 55
- 8 2 7 0 9 5 4 77 96 62
- 9 3 0 1 0 6 0 86 107 69
- 10 3 4 1 1 6 8 100 117 75
- 11 3 7 1 2 7 4 108 127 82
- 12 . 4 0 1 4 8 0 111 ' 150 97
- 13 4 4 1 6 8 8 113 174 112
- 14 4 7 1 8 9 4 114 198 127
- 15 5 0 2 0 10 0 115 222 143
- 18 - 6 0 2 3 11 0 120 258 166
- 21 7 0 2 5 12 0 131 281 180
- 24 8 0 2 7 14 0 168 297 191
- 27 9 0 3 0 16 0 199 328 211
- 30 • 10 0 3 3 18 0 230 359 231
- 35 12 0 3 8 20 0 245 417 268
- 40 13 5 4 ^ • 0 22 0 284 435 279
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- homologues d’arrière-plan et ceux d’avant plan. Le savant professeur a donc proposé de se guider sur cette tolérance de 12 millimètres pour déterminer l’écart des stations en stéréoscopie panoramique et nous avons adopté ce chiffre dans les éléments du tableau.
- Celui-ci a été calculé pour deux longueurs focales d’objectifs usuels (135 mm pour le format 9 X 12 et 210 mm pour le format 13 X 18). Si l’on utilise des objectifs ayant des foyers différents de ceux-ci, on pourra effectuer une interpolation.
- Pour se servir du tableau, on tiendra donc compte du temps séparant la vision de l’éclair de la perception du tonnerre, ce qui donne immédiatement la distance de l’orage. Nous avons supposé que cette distance correspondait au centre de l’orage, ce qui nous a conduit à estimer la distance du premier plan (objets terrestres ou éclairs) et du plan de fond. En temps d’orage, en raison de la pluie, ce plan de fond se trouvera souvent plus rapproché. C’est donc entre la tranche d’espace comprise entre le premier plan et le début de la zone neutre que l’on observera le relief.
- Par exemple, si le tonnerre a mis 10 secondes à parvenir, le relief s’observera dans la tranche d’épaisseur :
- Fig. 12. — Exemple de photographie d’éclair avec paysage choisi à l’avance pour l’harmonie de sa composition. A l’approche -de l’orage, l’auteur de ce cliché, M. Léon Gimpel, s'est rendu très rapidement sur le Pont-Neuf, à Paris, d’ou il a obtenu celte épreuve remarquable, le 27 juillet 1912. (Appareil 9 X 12, objectif anasligmat.)
- Fig. 11. — Une gerbe de coups de foudre. Eclairs à méandres et avec ramifications ayant éclaté à peu d'intervalle. Ce cliché est un exemple des résultats que l’on obtient en laissant l’appareil immobile sur son pied et en prolongeant la pose (une à plusieurs minutes). Photographie prise à Nanterre [Seine), en 1903, par M. F. Quénisset.
- 6 km 8— 1 km 1 = 5 km 7, diminuée de la zone neutre sur le plan de fond, qui est de 100 mètres, donc de 5 km 6. Si des objets terrestres (ou des éclairs) sont photographiés plus près que la distance adoptée pour le premier plan, l’écart de leurs points homologues par rapport à ceux du plan de fond sera supérieur à 12 mm, et la fusion des images ne s’opérera plus qu’avec difficulté ou même pas du tout, et c’est pour cela que nous recommandons plus loin d’opérer dans un lieu bien dégagé, sans premiers plans rapprochés. Sous ces réserves, le tableau donne directement l’écart des stations. On pourrait diminuer cet écart si les premiers plans étaient plus rapprochés que la distance minimum supposée, mais ce serait au détriment du relief des détails des éclairs.
- Enfin rappelons que, par agrandissement de partie des clichés, on peut accroître aisément l’aspect de certains détails un peu trop à la limite du relief.
- Lorsqu’on se préparera à réaliser des photographies stéréoscopiques d’éclairs, on choisira tout d’abord un lieu bien découvert, sans premiers plans : une terrasse, le bord de la mer, etc. conviennent parfaitement.
- De toute nécessité, en raison de la grande distance séparant les appareils, deux opérateurs seront indispensables, et l’un d’eux prendra la direction de la manœuvre.
- Les appareils seront fixés sur des pieds stables com-
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- portant une tète de pied avec une graduation azimu-tale et une graduation de hauteur. Ces graduations pourront être tracées sur carton verni ou sur zinc — car il faut prévoir la pluie— et de 5 en 5 degrés. Les divisions seront marquées en gros traits bien visibles, car on opère la nuit. L’azimut 0° sera le même pour les deux stations.
- Les deux opérateurs devront pouvoir correspondre entre eux pour se transmettre l’azimut et la hauteur de la région à photographier, et aussi les moments du début et de la fin de la pose.
- La meilleure liaison entre les deux postes est évidemment une petite ligne téléphonique. On pourra utiliser de petits téléphones domestiques, alimentés au moyen de piles sèches.
- Mais, en général, on ne pourra pas installer un téléphone. Dans ce cas, les deux opérateurs devront être pourvus de moyens de signalisation (lanternes, lampes de poches à pile sèche, etc.) et convenir d’un système de signaux. Pour les petites distances, on pourra recourir aux signaux sonores (sifflets à roulette, etc.). Mais il faut compter, en temps d’orage, avec le bruit du vent et du tonnerre, qui peuvent masquer certains signaux.
- En résumé, les deux opérateurs devront, ayant mis au point sur l’infini, diriger les axes optiques des appareils dans le même azimut et la même hauteur, puis ouvrir et fermer en même temps les obturateurs. Autant que possible, les objectifs devront être appairés. Cette condition n’est pas indispensable. S’ils n’ont pas la même ouverture relative, on les y ramènera en diaphragmant le plus lumineux des deux : autrement l’objectif le plus lumineux enregistrerait des détails qui ne figureraient pas dans les images données par l’autre. Enfin si les objectifs n’ont pas la même longueur focale — tout en avant la même ouverture relative — on n’aura qu’à amener les images à la même échelle lors du tirage des épreuves, par agrandissement ou réduction de l’une d’elles.
- Enfin, mesurer exactement la distance séparant les deux postes.
- CONCLUSIONS
- Nos connaissances sur les éclairs ont fait d’énormes progrès du jour où on a étudié ces météores au moyen de la photographie : celle-ci est un merveilleux procédé d’enregistrement, que l’appareil soit fixe ou mobile.
- Avec l’appareil mobile, on a reconnu la véritable structure de l’éclair, mais on ne connaît pas encore son mode de propagation.
- La plupart des éclairs sont multiples, composés de plusieurs décharges. Celles-ci empruntent le canal d’air chaud, ionisé, tracé par la première décharge.
- Sur les clichés pris avec plaque mobile, donnant des images séparées, on constate que la première décharge comporte seule, et presque toujours, des ramifications.
- Il y a cependant des exceptions assez nombreuses et c’est parfois l’une des décharges suivant la première qui présente des ramifications. Dans tous les cas, c’est aussi la plus intense.
- Les coups de foudre entre nuages et la terre sont presque toujours composés de décharges multiples, dont
- les effets destructeurs s’ajoutent. Souvent, c’est un véritable arc qui s’amorce pendant quelques instants entre les nuages et le sol et qui produit des effets mécaniques et calorifiques plus ou moins considérables.
- Les photographies avec appareil mobile ont encore révélé, et généralement après la première décharge, un sillon de gaz incandescents — sillon que suivent les autres décharges. Les irrégularités présentées par l’image étalée de ce sillon lumineux proviennent d’un mouvement irrégulier de l’appareil et rarement d’un mouvement de convection de l’air.
- Les éclairs entre nuages sont fréquemment simples, ce sont des étincelles uniques, très longues, atteignant plusieurs kilomètres.
- Les éclairs ont un nombre assez restreint de formes générales, souvent difficiles à préciser, la perspective suffisant à modifier une forme en une autre. On range ces formes en éclairs linéaires, sinueux, ramifiés, à méandres, à boucles, etc.
- Les éclairs rayonnants semblent être des éclairs ramifiés vus par leur extrémité. Les éclairs dits « en chapelet » né sont pas confirmés par la photographie, mais s’expliquent bien par les nodosités des éclairs à méandres.
- L’éclair « en boule » maintes fois observé, n’a jamais été photographié. Les « éclairs noirs », souvent obtenus, résultent d’un phénomène photographique. Mais la cause qui les produit — action très courte de la lumière sur le bromure sensible — reste à trouver.
- Dans les orages, on constate très fréquemment une curieuse incurvation des coups de foudre qui frappent le sol. Cette incurvation se produit, semble-t-il, à 1 altitude où d’autres éclairs s’élancent d’un nuage à un autre. Ce phénomène est surtout sensible sur les clichés à pose assez longue, ayant enregistré à ia fois un grand nombre d’éclairs, éclatant de nuage à nuage, ou de nuage au sol.
- L. Rudaux explique cette incurvation par une stratification de l’atmosphère. Les diverses densités de 1 air donnent au chemin de moindre résistance un parcours détourné. Les décharges entre nuages suivent ainsi souvent l’intervalle des deux zones.
- Signalons — à titre de curiosité — l’analogie d aspect des éclairs linéaires ou sinueux (qui dessinent dans 1 atmosphère la ligne de moindre résistance électrique) avec les fissures ou crevasses produites dans la matière par arrachement (ligne de moindre résistance mécanique).
- Le mode de propagation de l’éclair est encore inconnu. Pour le mettre en évidence, des essais photographiques avec plaques entraînées à très grande vitesse sont nécessaires, et la collaboration des amateurs est vivement sollicitée. Le même appel leur est adressé pour obtenir des photographies stéréoscopiques avec très grande base.
- La Société astronomique de France (*) recevra avec reconnaissance tous les documents qui lui seront communiqués sur les éclairs. Ceux qui présenteront un intérêt scientifique seront publiés dans cette revue.
- Em. Touchet, Vice-Président de la Société Astronomique de France.
- 1. Hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, Paris (6e).
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- = COMMENT VOLENT LES OISEAUX =
- COMMENT FAIRE UN OISEAU MÉCANIQUE (Suite, voir N° 2839.)
- CONSTRUCTION D’UN OISEAU MÉCANIQUE
- Il est assez facile, d’après cette étude, d’imaginer, au moins schématiquement, comment on pourrait construire un oiseau mécanique de la grandeur d’un pigeon.
- Les principaux organes d’un tel oiseau sont représentés sur les figures 1 et 2.
- On voit que la charpente d’une aile se composerait :
- 1° D’un levier EAC qui pénètre jusque vers le milieu du corps de l’oiseau et qui est articulé autour d’un axe horizontal a;
- 2° D’un levier CD occupant par rapport au premier une position oblique vers l’arrière. Le levier CD est articulé sur le levier AC au moyen d’un manchon ni qui embrasse l’extrémité cylindrique C de ce dernier. Le premier peut donc pivoter autour du second, ce qui permettra de réaliser les mouvements de torsion de l’extrémité de l’aile;
- 3° D’un ressort à boudin r enroulé autour de AC. L’extrémité e„ de ce ressort est fixée sur le levier AC. l’autre extrémité e, est fixée sur le levier CD. Ce ressort est placé de telle sorte qu’au repos il fixe le levier CD dans une position inclinée vers le bas et vers l’arrière de l’aile (position 7 de CD dans la fig. 5 du précédent article). Lorsque l’oiseau donnera un coup d’aile de haut en bas, l’extrémité CD sous l’effet de la pression de l’air se relèvera au-dessus de AC et elle bandera le ressort r de façon que l’aile prenne la position n° 2 de la figure 5. Entre les leviers AC et CD seront tendues deux membranes élastiques AC DB qui constitueront les faces supérieure et inférieure de l’aile.
- Le mécanisme moteur de l’oiseau devra avoir pour effets d’abaisser rapidement les ailes chaque fois qu’elles seront revenues à leur position supérieure, puis de les abandonner à l’action du vent dès qu’elles seront arrivées à leur position inférieure. On peut imaginer que ce résultat sera obtenu par exemple au moyen d’une roue à quatre rochets qui tourne d’un quart de tour pour chaque coup d’aile.
- Fig. 3. — Comparaison du vol de l’oiseau et du vol de l’avion en air agité.
- Charpente et mécanisme schématiques d’un oiseau mécanique.
- Fig. 1 et 2.
- Pour donner un coup d’aile vers le bas, l’un des rochets de cette roue saisit par-dessous les extrémités E des leviers CAE des deux ailes et sous l’action d’un puissant ressort qui lui fait faire brusquement un quart de tour, cette roue soulève rapidement les deux extrémités E de ces leviers. Au bout de ce quart de tour, le rochet laisse échapper ces deux extrémités si bien que les ailes soulevées par le vent reviennent ainsi à leur position supérieure. Pendant ce temps un mécanisme analogue à celui qui actionne les jouets d’enfants bande à nouveau le ressort qui donne à la roue à rochets les impulsions successives correspondant aux coups d’ailes.
- On voit donc que la réalisation d’un engin mécanique de la grosseur d’un pigeon et volant comme lui ne présenterait pas de difficultés insurmontables. Mais il en irait tout autrement si l’on tentait de réaliser de la même façon un avion a ailes battantes. L’importançe et la nature des efforts supportés par la charpente et par le mécanisme des ailes rendraient pratiquement très difficile l’établissement d’une charpente suffisamment légère et qui soit cependant en état de supporter les efforts qu’elle aurait à transmettre. Il est donc évident que pour réussir dans cette voie il faut rechercher des dispositifs nouveaux qui permettent d’adapter aux grands avions les solutions si avantageuses que la nature a adoptées pour construire les oiseaux.
- Cependant, sans attendre la réalisation d’un grand avion à ailes battantes, l’étude expérimentale du vol d’un oiseau mécanique serait loin d’être dénuée d’intérêt pratique.
- L’étude qu’on vient de lire ne fait qu’exposer sommairement les grandes lignes de ce problème si complexe. On retirerait certainement de précieux enseignements pra-
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- tiques d’une étude approfondie des problèmes de détail qui se greffent sur ce problème fondamental, et il n’y a pas de doute que ces enseignements contribueraient à l’évolution du problème de l’avion vers des solutions qui, en se rapprochant de celle de l’oiseau, comporteraient à la fois une sécurité plus grande et un meilleur rendement (').
- A ces deux points de vue nos avions, en dépit des étonnants progrès réalisés en quelques années, sont encore si éloignés du degré de perfection atteint par l’oiseau que les chercheurs qui continueront l’étude expérimentale de l’oiseau déjà entreprise par les précurseurs tels que Mouillard sont assurés, s’ils ont suffisamment de patience, d’intuition et d’imagination, de réaliser une ample moisson d’enseignements fertiles en résultats pratiques.
- Pour donner une idée de la nature des résultats que l’on peut ainsi escompter, nous allons, par exemple, comparer la sécurité et le rendement du vol d’un avion à ailes rigides, et du vol d’un oiseau dont les ailes sont souples, lorsque l’un et l’autre volent dans une atmosphère troublée par la tempête.
- COMPARAISON DU VOL D’UN AVION ET DU VOL D'UN OISEAU DANS UN AIR AGITÉ
- En pareil cas, des rafales violentes frappent les avions tantôt par-dessus, en les précipitant vers le sol, tantôt par-dessous en les soulevant brusquement. Nous allons décrire les conséquences de ces embardées.
- Reportons nous à la figure 3.
- Dans la partie supérieure droite de cette figure nous avons représenté un avion à ailes rigides soumis à une rafale qui frappe ses ailes par-dessus. La direction de cette rafale est indiquée par la flèche V.
- D’après ce que nous avons appris en étudiant le vol plané, nous savons qu’une aile soumise à un courant d’air subit deux forces distinctes : une poussée OP perpendiculaire à la direction V du courant d’air, une traînée OT opposée au sens de déplacement de l’aile par rapport à Pair, c’est-à-dire qu’en définitive cette traînée est dirigée dans le même sens que la rafale qui frappe l’aile et qu’elle a pour effet de freiner cette dernière.
- Dans le cas présent, nous voyons que l’air frappant l’aile par-dessus, la poussée OP a pour effet de précipiter l’avion vers le bas. Et comme l’incidence i de la rafale par rapport à l’aile est généralement très supérieure à dix degrés, le freinage dû à la traînée OT est également très fort. Par conséquent, non seulement l’avion perd de la hauteur, mais en outre il subit un violent coup de frein.
- Généralement à une rafale descendante succède une rafale ascendante. Nous avons représenté les effets de celle-ci à la partie inférieure droite de la figure 3.
- Cette rafale a sans doute pour effet de soulever l’avion
- 1. Il ne faut pas oublier d’ailleurs que les dispositifs essentiels des premiers avions, par exemple le gauchissement, ont déjà été inspirés par l’observation du vol des oiseaux. C’est le Français Mouillard qui le premier observa ce gauchissement sur les oiseaux. L’Américain Chahute, puis les frères Wright, s’inspirant des études de Mouillard, réalisèrent pour la première fois le gauchissement sur leurs planeurs. Le problème essentiel de l’équilibre latéral des avions a donc été résolu en principe par Mouillard.
- et de lui faire ainsi regagner, au moins en partie, la hauteur perdue pendant la rafale descendante. Mais comme l’incidence i de l’aile par rapport à la direction de cette rafale est aussi la plupart du temps très supérieure à 10 degrés, le freinage dû à la traînée OT est encore une fois très fort.
- En résumé, chaque rafale agissant sur un avion à ailes rigides a pour effet, qu’elle soit ascendante ou descendante, de le freiner fortement. En outre, les rafales successives font subir à la voilure de violents efforts alternatifs dirigés tantôt vers le haut et tantôt vers le bas. Tous les pilotes ont éprouvé, par gros temps, la brutalité de ces embardées qui les arracheraient à leurs sièges s’ils n’y étaient pas attachés et qui ont eu quelquefois pour effet de briser les ailes d’avions insuffisamment solides ou tout au moins de rompre certaines parties de leurs charpentes.
- En outre, tous les pilotes ont constaté que, par gros temps, ils sont obligés, pour conserver leur altitude de vol, d’augmenter très sensiblement la puissance demandée au moteur afin de compenser, par une augmentation de l’effort de traction, les coups de frein incessants dus aux rafales successives (1).
- Nous allons voir que l’oiseau, du fait de la souplesse de ses ailes, subit moins vivement que l’avion les effets de ces rafales.
- Dans l’angle supérieur gauche de la figure 3 nous avons représenté un oiseau soumis à une rafale descendante. Dès qu’une telle rafale frappe la face supérieure de l’aile, l’extrémité postérieure de celle-ci s’abaisse, et elle reste abaissée tant que subsiste la rafale. De cette façon l’aile s’efface totalement dans le cousant d’air descendant.
- Grâcè à cette position prise spontanément par l’aile sous la pression de la rafale, cette dernière est simplement coupée par le bord antérieur de l’aile. Elle n’exerce donc sur celle-ci aucune poussée, mais simplement une traînée OT et cette traînée est très faible puisque l’incidence de l’aile par rapport au courant d’air descendant est nulle.
- On constate donc déjà que l’oiseau est nettement avantagé par rapport à l’avion à ailes rigides. Nous allons voir que ces avantages sont encore plus accentués dans les rafales ascendantes.
- Nous avons représenté dans l’angle inférieur gauche de la figure 3 un oiseau soumis à une rafale ascendante.
- Dès que cette rafale vient presser la face inférieure de l’aile, l’extrémité postérieure de celle-ci s’efface. Mais au lieu de s’effacer complètement comme dans le cas précédent, elle conserve, grâce à la résistance des muscles qui commandent la torsion de l’extrémité CD de l’aile, une incidence i de l’ordre de quelques degrés par rapport à la direction de la rafale. Nous savons qu’en pareil cas cette dernière produit sur l’aile les deux forces suivantes :
- 1° Une portance OP qui est perpendiculaire à la direction Y de la rafale et qui est très forte ;
- 2° Une traînée OT qui tend à freiner l’oiseau, mais qui
- 1. Pratiquement les rafales n’attaquent jamais l’avion par derrière parce que celui-ci avance toujours à une vitesse très supérieure à celle des rafales qui pourraient l’attaquer de cette façon. Ceci est vrai tout au moins pour les avions qui font plus de 130 km à l’heure.
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- est très faible puisque l’incidence i est très faible.
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur la figure 3 pour constater, d’après les directions et les grandeurs respectives de la portance OP et de la traînée OT, que l’aile de l’oiseau utilise la rafale ascendante ncm seulement pour se faire soulever, mais également pour se faire propulser, car la portance OP étant dirigée vers l’avant produit un effort de traction évidemment très supérieur à l’effort de freinage produit par la traînée OT qui, pour un oiseau, est vingt fois plus petite que OP.
- En résumé, on constate que les rafales agissant sur un avion à ailes rigides ont trois effets qui sont tous les trois défavorables :
- 1° Elles soumettent l’avion à des embardées très brutales ;
- 2° Elles soumettent sa charpente à des efforts considérables qui peuvent être dangereux si l’avion a été mal calculé.- En conséquence elles obligent à alourdir beaucoup cette charpente de l’avion;
- 3° Enfin elles le freinent fortement.
- Au contraire, grâce à ses ailes souples qui peuvent s’effacer totalement ou partiellement sous l’effort des rafales, non seulement l’oiseau subit des embardées beaucoup moins brutales et des efforts beaucoup moins violents que l’avion, mais il trouve même le moyen d’utiliser ces rafales pour sa propulsion et pour sa sustentation, car il annule en grande partie l’effet des rafales descendantes qui sont inutilisables, tandis qu’il utilise les rafales ascendantes pour se faire soulever et pour se faire propulser contre le vent.
- CONCLUSION
- Il semble donc que, sans chercher à construire du premier coup un avion à ailes battantes dont la réalisation serait extrêmement coûteuse et d’un succès très douteux, on pourrait commencer par construire un avion dont les ailes puissent s’effacer sous l’effort des rafales. Un tel avion subissant moins violemment que les avions actuellement en service les effets néfastes des rafales de vent pourrait offrir, avec un poids moindre, plus de sécurité et de confort dans la tempête et, en outre, il n’aurait pas besoin d’une puissance aussi grande pour conserver sa ligne de vol.
- En fait, un inventeur, M. Marcel Leyat, ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, a réalisé un avion qui s’inspire en particulier de ces observations et qui, expérimenté par les services officiels du Ministère de l’Air, a déjà donné des résultats très intéressants. Il faut espérer que les recherches entreprises dans cette voie seront poursuivies avec tous les moyens et toute l’activité nécessaires afin que ces idées, qui ont connu en France leur première réalisation pratique, ne soient pas ensuite exploitées à l’étranger comme cela s’est fait pour l’aile à fente, inventée en France avant la guerre par l’ingénieur Constantin et exploitée actuellement dans le monde entier par l’Anglais Handley Page. Il ne faut d’ailleurs pas contester à celui-ci le mérite d’avoir réalisé l’effort long et onéreux que nécessitait la mise au point de cette invention si précieuse pour la sécurité des transports aériens. Le même fait s’est produit pour le compas d’induction qui, mis au
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- point et construit en série par la maison américaine Sperry, a été révélé aux Français par Lindbergh lors de sa traversée de l’Atlantique, alors qu’il avait été inventé et construit en France avant la guerre par M. Dunoyer, professeur à la Sorbonne.
- Il ne faut cependant pas espérer conférer aux grands avions toutes les qualités de vol des oiseaux, simplement en copiant les formes et les organes de ces derniers. Nous allons nous en rendre compte en utilisant l’exemple que nous venons d’étudier.
- L’air doit à son extrême légèreté une grande mobilité, grâce à laquelle des rafales de directions très différentes peuvent, au cours d’une tempête, se succéder constamment à des intervalles de temps extrêmement brefs. L’oiseau, dont les ailes sont petites et très légères, peut avoir des mouvements suffisamment prompts pour suivre assez exactement les rapides rafales du vent et pour se mouler constamment sur elles.
- Au contraire,, si parfaitement qu’on réalise un grand avion à ailes souples, les dimensions et les poids de celles-ci s’opposeront toujours à ce qu’elles puissent se gauchir avec autant de rapidité que les petites ailes des oiseaux. Elles essaieront bien de suivre les mouvements des rafales successives qui les assiégeront, mais dès que les rafales se succéderont à une cadence trop rapide, l’aile commencera à peine à obéir à la première rafale descendante que surviendra une rafale ascendante qui la surprendra dans une position défavorable, et inversement. En pareil cas l’effet de la souplesse des grandes ailes risque d’être plus nuisible qu’utile.
- Ceci nous montre qu’il ne suffit pas de copier servilement la nature pour se rapprocher de sa perfection. Il faut au contraire interpréter ses enseignements afin de les adapter intelligemment aux dimensions et aux circonstances d’utilisation des engins que l’on veut construire. Et ces circonstances elles-mêmes ne peuvent être bien connues que grâce à de longues et minutieuses études expérimentales portant sur tout ce qui touche au vol des oiseaux et des avions.
- C’est pourquoi on ne saurait trop approuver le Ministre de l’Air, M. Laurent-Eynac et le Directeur des Services techniques de l’Aéronautique M. Caquot, de réserver dans le budget de l’Aéronautique des sommes importantes pour assurer le développement des études expérimentales relatives à la dynamique des fluides et pour organiser l’enseignement de la mécanique des fluides dans nos Universités et nos Grandes Ecoles. Les quelques notions essentielles que nous venons d’exposer, concernant le vol des oiseaux et des avions, montrent que l’imagination de nos inventeurs, si fertile soit-elle, ne saurait produire que des résultats décevants si elle n’était inspirée et guidée par une connaissance expérimentale toujours plus approfondie des phénomènes de toute nature qui accompagnent les évolutions des diverses espèces de volatiles naturels ou artificiels. C’est pourquoi les crédits affectés à ces études constituent le placement d’àvenir le plus sûr, puisque ces études préalables sont indispensables pour éviter le gaspillage,, dans des réalisations utopiques, de sommes qui se chiffrent par des centaines de millions. A. Yerdurand.
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- LA CRISE DE LA PECHE AU CHALUT
- ...jPræceptor, per totam noctem laborantes, nihil cepimus...
- (St Luc. Chap. Y)
- La pêche au chalut sur les fonds naguère si poissonneux du Golfe de Gascogne et de la Grande Sole est sous la menace d’une crise qui va s’accentuant d’année en année.
- A l’accroissement des dépenses d’armement est venu se superposer une Laisse des recettes par suite de la diminution, depuis quelques années, de la quantité de poissons capturés par chaque chalutier.
- Disons tout de suite que cette crise ne nous paraît pas pouvoir être résolue par une mesure unique, telle que le perfectionnement du chalut sur quoi s’est porté particulièrement l’attention de l’armement à la pêche depuis quelques années.
- La crise ne sera surmontée que par un effort prolongé et par l’adoption d’une série de mesures dictées par l’expérience, et qui marqueront le passage de la pêche empirique d’aujourd’hui à la pêche scientifique de demain.
- Parmi ces mesures, citons : une meilleure formation techniqiie des patrons, l’élaboration de cartes de pêche, la recherche méthodique des groupements ou bancs de poissons, l’amélioration du chalut, l’exploration de nouveaux fonds de pêche, une meilleure transmission des renseignements de pêche, la suppression du gaspillage du poisson et l’emploi d’instruments perfectionnés de navigation et d’océanographie.
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- La diminution constatée dans le rendement de la pêche hauturière au chalut porte principalement sur le merlu, mais si l’on examine la question de près, on s’aperçoit que ce fléchissement intéresse aussi, plus ou moins, tous les poissons dits de chalut, c’est-à-dire tous les poissons vivant, en permanence ou périodiquement, sur le fond.
- La question est encore agitée de savoir si le chalut est un engin susceptible de capturer le poisson en surface et entre deux eaux. Tous les essais de cette nature auxquels l’auteur de cet article a assisté, ou qui sont parvenus à sa connaissance, répondent par la négative à cette question.
- Dès que le chalut s’écarte le moindrement du fond, il cesse de prendre du poisson. C’est un fait encore mal expliqué, mais c’est un fait.
- A. défaut de certitude, on peut admettre que l’efficacité du chalut réside dans sa qualité de piège, qualité qui n’existe que lorsqu’il y a camouflage de l’engin par les volutes troubles soulevées à une certaine hauteur au-dessus du fond. La pêche au chalut serait dans ce cas une pêche en eau trouble, donc une pêche de fond, puisque à grande distance des côtes l’eau ne peut être rendue opaque que par l’action mécanique du chalut. Cette remarque est d’une grande importance, pour examiner judicieusement la question du rendement de la pêche en un lieu donné.
- En effet, pour les poissons pêchés généralement au chalut sur le fond, comme la sole, la raie, le merlus, la morue, la baudroie, le grondin, etc..., les caractères physiques et biologiques de ce fond peuvent subir, sous l’action prolongée du labourage du chalut des transformations susceptibles de le rendre à la longue inhabitable pour les espèces précitées.
- Nul doute par exemple que le chalut ne détruise rapidement les végétaux marins, les coraux, les spongiaires et certains animaux sédentaires fixés sur le fond. C’est ainsi que les bancs de moules, signalés autrefois par les patrons de chalutier entre 100 et 150 mètres de profondeur dans le Golfe de Gascogne, n’existent plus aujourd’hui, Contrairement à la glèbe, les fonds marins ne demandent pas à être labourés.
- Une pêche de surface subit certes des vicissitudes, mais a-t-on jamais observé une diminution progressive de la sardine ou du hareng pendant vingt ans ? C’est ce qui se produit actuellement pour certains poissons de fond, notamment, pour le merlus.
- Changement de nature de l’eau ou du fond, voilà les deux principales hypothèses actuellement en cours sur le dépeuplement éventuel d’une région de pêche.
- Ces deux causes entrent-elles en jeu en ce qui concerne la disparition du merlus, ou bien doit-on l’attribuer seulement à l’une des deux ?
- C’est une recherche qu’il faut laisser aux gens de science et à l’Office des Pêches Maritimes. Depuis la création de cet établissement d’Etat, bien des choses intéressantes nous ont été enseignées sur le merlus par les travaux de E. Le Danois et G. Belloc, mais la question de l’émigration du merlus vers le large reste encore pendante.
- Pour le pêcheur, le problème consiste à poursuivre le merlus où il se trouve au lieu de s’acharner à traîner le chalut sur des fonds désertés.
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- Pour bien comprendre ce qui suit, il est nécessaire que le lecteur non initié aux choses de l’océanographie et de la pêche se familiarise avec certaines expressions que les océanographes et les pêcheurs emploient couramment.
- On appelle isobathe une ligne représentative des contours du sol sous-marin, et dont tous les points sont situés à une égale profondeur au-dessous du niveau de la mer. Les isobathes dans la cartographie marine correspondent aux courbes de niveau en usage' dans les plans topographiques.
- Autre définition : sous le nom de Plateau Continental, on désigne la pénéplaine sous-marine qui s’enfonce en pente douce au large des côtes sur une plus ou moins grande étendue suivant la nature de ces côtes.
- Près des rivages montagneux, le Plateau Continental est le plus souvent très étroit, mais au large de la côte atlantique de^ France, il s’étend à une grande distance, sur une largeur variant de 100 à 200 km, jusqu’à la profondeur de 160 m. Tout ce plateau a été naguère une merveilleuse aire de pêche,
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- A partir de l’isobathe de 160 m, il existe une brusque accentuation de la pente jusqu’aux fonds de 4000 m. C’est ce rebord de la cuvette océanique que les océanographes appellent Pente Atlantique ou Talus continental, tandis que les pêcheurs emploient de préférence les expressions « grands accores » ou « bordure des grands fonds ».
- L’étude de la Pente et des eaux qui la baignent est encore presque entièrement à faire. On peut déjà prévoir qu’elle conduira à des découvertes scientifiques et pratiques de la plus haute importance.
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- Ce n’est guère avant 1893 que des armateurs français, alléchés par les pêches fructueuses faites par des chalu-
- Les choses ont bien changé maintenant en ce qui concerne cette pêche.
- Depuis quelques années, chacun sait que le merlus est passé au rang des poissons de luxe ; et le même chalutier, s’il en rapporte maintenant 5000 kg en 15 jours de mer, est considéré comme ayant fait une belle pêche.'
- Les fonds de pêche si renommés du Plateau Continental français se sont dépeuplés, en moins de 30 ans, au point que les petits chalutiers à vapeur et les voiliers dragueurs qui pêchent encore dans ces parages n’y trouveront bientôt plus à gagner leur vie.
- La richesse fabuleuse des fameux fonds de la Petite Sole et de la Grande Sole, plus éloignés de nos bases de pêche et exploités par les Anglais et les Français à la fois, s’est épuisée à son tour et n’est déjà plus qu’un souvenir.
- ♦ Le Plateau Continental au large des côtes d’Espagne du Portugal et du Maroc, n’échappe pas à l’appauvrisse-
- Fig. 1.
- tiers à vapeur anglais à proximité de nos côtes, ont acheté des bateaux similaires et entrepris ce nouveau genre de pêche.
- Le merlu existait alors en abondance sur toute l’étendue du Plateau Continental; on le pêchait en vue des côtes et jusque dans les baies.
- C’était l’époque où ce poisson — improprement appelé colin sur le marché de Paris — était considéré comme un des plus communs, celui qu’on voyait figurer sur tous les menus des restaurants populaires, avec son inévitable sauce blanche aux câpres.
- En cinq jours de pêche en vue de l’Ile d’Yeu, Belle-Isle ou des Glénans, un chalutier remplissait sa cale jusqu’aux panneaux et rentrait au port avec 30.000 kilos de merlu.
- ment général, quoique exploité d’une façon moins intensive. Fleetwood, le grand port d’armement anglais pour la pêche du merlus,est touché aussi par la crise, bien que les fonds d’Irlande et d’Ecosse exploités par ses chalutiers soient encore relativement riches.
- Parmi les ports français, si Boulogne a moins souffert, c’est que la pêche du merlus n’y tient pas une place très importante; mais Lorient et La Rochelle sont dans le marasme, tandis qu’Arcachon s’est vu obligé de délaisser presque entièrement cette pêche.
- Dans le Golfe de Gascogne^l’appauvrissement des fonds s’est produit à partir de la côte vers le large, en corrélation étroite avec l’exploitation intensive des chalutiers clans le même sens.
- Il est naturel que les pêcheurs aient exploité d’abord les fonds les plus voisins de leur port d’attache. 1
- Ce n’est qu’au fur et à mesure du dépeuplement de ces
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- fonds qu’ils se sont éloignés de plus en plus vers le large.
- C’est évidemment cette coïncidence, dans le temps et dans l’espace, entre l’exploitation par le chalut et l’appauvrissement des principaux lieux de pêche, qui a fait songer à une relation de cause à effet. C’est la thèse des pêcheurs, de ceux qui ont été les témoins du recul du merlus vers le large devant le front d’attaque des chalutiers.
- Les gens de science font entendre un autre son de cloche. Il s’agirait d’un changement progressif lent des conditions hydrologiques, suivant un rythme commandé par des causes cosmiques (marées profondes cle Petterson).
- Le merlus, très sensible à la salinité, reviendra peupler les fonds désertés par lui quand l’influx océanique profond ramènera les conditions favorables dans un nombre indéterminé d’années.
- Fort bien, mais cet optimisme à retardement ne saurait satisfaire ceux qui vivent de la pêche et qui ont' besoin de prévoir dans une certaine mesure de quoi demain sera fait.
- Les théories sont jeux de savants; elles ont souvent leur utilité, mais pour les pêcheurs, seuls les faits comptent.
- Voyons donc quelles ont été les réactions du monde de la pêche au chalut en présence de ce fait brutal, incontestable et incontesté : la diminution inquiétante du rendement de cette pêche, principalement en ce qui concerne le merlus.
- Quatre systèmes de chaluts sont actuellement en usage. Il y a le chalut à perche dont l’emploi est limité aux voiliers ; le gangui ou chalut-bœuf remorqué par 2 bateaux, comme une charrue par 2 bœufs; l’otter-trawl ou chalut à panneaux, engin utilisé depuis 1890 par tous les cha-
- lutiers à vapeur ; enfin, le nouveau chalut Vigneron-Dahl.
- Déjà, quelques années avant la grande guerre, on s’était bien aperçu de la diminution du rendement de l’otter-trawl. Quand vint la paix et que les chalutiers, après s’être illustrés dans la lutte sur mer de la façon que l’on sait, reprirent leur ancien métier, ils firent encore quelques belles pêches sur les fonds qui leur étaient familiers.
- Peut-être ces fonds s’étaient-ils reposés et repeuplés pendant que les pêcheurs se battaient contre les sous-marins. C.et état de choses fut de courte durée : en quelques années, on voyait de nouveau les pêches de merlus fléchir de façon si alarmante, non seulement sur nos côtes, mais aussi au Maroc, qu’une réaction de l’armement intéressé devenait indispensable si l’on ne voulait pas voir cette pêche mourir complètement.
- Cette réaction se produisit en 1920, sous forme d’un perfectionnement apporté au dispositif de chalutage par M. Vigneron, armateur à Sète. Mis au point et exploité par la société anonyme Vigneron, Dahl et Cie, ce dispositif est actuellement en usage dans le monde entier sous la dénomination de chalut VD ou de « french gear », fait qui semblerait impliquer la reconnaissance générale de sa supériorité sur les autres systèmes. Cette supériorité n’est toutefois que relative; elle n’est nullement absolue.
- Sur un fond « régulier », et toutes les autres conditions étant égales par ailleurs, les techniciens de la pêche s’accordent à classer les 3 chaluts dans l’ordre suivant cjuant au rendement :
- 1° Le chalut-bœuf; 2° le chalut Vigneron-Dahl; 3° l’otter-trawl. Mais le meilleur chalut sur un fond donné n’est pas forcément le meilleur sur un autre fond très différent. C’est ainsi que sur les bancs rocheux et très accidentés, notamment sur les fonds d’Islande, l’otter-trawl prend le premier rang tandis que le filet-bœuf est complètement inutilisable.
- En réalité, à chaque fond différent conviendrait un chalut différent, et l’on peut dire qu’à l’heure actuelle aucun engin traînant n’est adapté aux besoins de la pêche sur fond varié.
- Le gangui ou filet-bœuf, qui subit un lourd handicap du fait qu’il faut 2 bateaux pour le remorquer, n’est plus employé qu’en Méditerranée et sur les côtes atlantiques d’Espagne, où des pêcheurs spécialisés en tirent un parti tout à fait remarquable. Mais il est maintenant admis par une grande partie des intéressés, même dans ce pays, que deux bateaux faisant la pêche au gangui par paire rapportent moins que les deux mêmes bateaux utilisant séparément un chalut Vigneron-Dahl.
- Fig. 3 (à gauche). — Un coup de chalut : l'arrivée de la poche sur le ponl. Fig. 4 (à droite). — Le tri des poissons à bord.
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- Fig. 5. — Les divers systèmes de chalutage.
- 1. Chalut-bœuf. 2. Otter-trawl ou chalut à plateaux. 3. Chalut Vigneron-Dahl.
- On peut dire, sans crainte d’être taxé d’exagération que le chalut VD a retardé la crise du merlus de quelques années. Il l’a retardée, disons-nous, mais il ne l’a pas conjurée, car cette crise se présente aujourd’hui plus menaçante que jamais, et les pêches de cet hiver battent tous les records du pire en ce domaine.
- Telle est la véritable situation à La Rochelle et à Lorient où le merlus occupe une place très importante dans le commerce de la marée. De nouveaux perfectionnements au dispositif actuel de chalutage ne pourraient y apporter qu’un soulagement passager.
- Comment concevoir en effet qu’un engin plus efficace puisse donner des résultats définitivement meilleurs sur des fonds de plus en plus désertés chaque année par le merlus ?
- Le problème est plus complexe. La vérité, est que les conditions de la pêche hauturière au chalut ont complètement changé depuis 20 ans.
- A des conditions de pêche nouvelles, il faut un matériel, une méthode et un personnel renouvelés.
- C’est ce que nous allons examiner en nous basant uniquement sur des faits et en faisant appel au seul bon sens.
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- Depuis que le merlus s’est raréfié sur le Plateau Continental au point que la pêche au chalut n’y donne plus de résultats rémunérateurs, la flottille de nos chalutiers hauturiers travaille presque toute l’année à la naissance
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- de la Pente Atlantique, dans la partie comprise, géographiquement entre la côte nord d’Espagne et la côte ouest d’Irlande, bathimétriquement entre les isobathes de 150 et 250 mètres.
- Ce n’est qu’au printemps, à l’époque de la ponte, que le merlus fait une apparition en masse sur le plateau, entre la Bretagne et l’Irlande, dans les parages des bancs Melville, Cokburn, Jones et Labadie.
- Quand on commença à pêcher dans la zone de 150 à 250 mètres, « en bordure des grands fonds », comme disent les pêcheurs, on la trouva extraordinairement riche en merlus et en dorades, mais aussi extrêmement difïicultueuse du point de vue de la pêche au chalut.
- Au lieu d’isobathes à faibles sinuosités comme c’était le cas sur le plateau, on trouva là des lignes brisées extrêmement tourmentées, dessinant les accidents les plus divers : terrasses, épaulements, chutes en falaise, chutes à éboulis, arêtes, ravins, cirques, etc...
- Or, il n’existe aucune cartographie,même rudimentaire, de la Pente et l’on sait que la refonte, actuellement en cours, de nos cartes marines ne sera poussée au détail que jusqu’à la profondeur de 100 mètres.
- Ce n’était plus une simple affaire de conduire le chalut sur ces fonds accidentés et les patrons ne tardèrent pas à constater qu’il était nécessaire d’utiliser le terrain d’une façon rationnelle sous peine de pêche nulle et d’avaries.
- Pour cela, il devenait indispensable de connaître la topographie sous-marine de la Pente.
- On vit alors les patrons les plus intelligents et les plus instruits dresser à l’estime des croquis des meilleurs fonds de pêche.
- Une sélection s’établit rapidement non seidement entre les patrons, mais aussi entre les chalutiers.
- Les bateaux dont la machine ne développait pas une puissance d’au moins 400 ch se montrèrent impropres au chalutage sut- la Pente, à cause de la plus grande longueur de câbles qu’il fallait fder et de la plus grande résistance offerte par les fonds accidentés.
- Quant aux patrons, leur rendement se mit à différer grandement de l’un à l’autre, contrairement à ce qui se produisait sur les fonds «faciles» du plateau.
- Avec lés difficultés présentées par la Pente Atlantique, le savoir-faire commença d’être pour beaucoup dans le résultat : l’ère de la pêche au hasard était close.
- C’est à l’école de ces difficultés nouvelles que s’est formée la remarquable équipe des patrons hauturiers d’aujourd’hui, mais déjà l’on peut prévoir que ces difficultés sont peu de chose auprès de celles que leurs successeurs auront à surmonter, quand la régression du merlus vers le large obligera à pêcher encore plus profondément.
- On voit par ce qui précède que, pour les progrès ultérieurs de la pêche au chalut, il devient de plus en plus indispensable que les patrons aient à leur disposition, non pas de grossiers croquis, mais des cartes détaillées de la Pente. Je yeux parler des cartes par isobathes qui sont des documents parlants, et non des cartes marines par côtes isolées, ces puzzles composés d’une infinité de hcifîres, fatigue pour les yeux et pour l’esprit.
- 11 faut que cette cartographie de la Pente soit dressée dans le plus bref délai : c’est le plus grand service que l’Office des Pêches Maritimes puisse rendre actuellement à la pêche hauturière au chalut.
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- Mais pour chaluter méthodiquement les fonds accidentés de la Pente, il ne suffira pas au patron d’en avoir la représentation graphique sous les yeux. Pour faire les manœuvres nécessaires, de telle sorte que le chalut suive les sinuosités du terrain sans s’écarter du fond, il faut encore que le patron dispose d’un instrument permettant de contrôler à chaque instant la profondeur d’eau sous le navire, et dont il se servira comme d'un bâton d’aveugle pour tâter à distance les contours que lui indique la carte.
- Les patrons ont suppléé jusqu’ici à l’absence de documents et d’instruments de sondage continu, par une connaissance traditionnelle quasi merveilleuse de quelques fonds de pêche qui leur sont familiers. Ils se guident aussi, pour la conduite du chalut sur l’angle que font les deux câbles du chalut, avec la surface de la mer, méthode qui exige une éducation spéciale de l’œil et une longue expérience, sans jamais donner de résultats précis.
- La grande affaire de la pêche au chalut est d’éviter les brusques changements de profondeur et l’abandon du fond, cela pour trois raisons principales :
- 1° Parce que chaque espèce de poisson se tient à une profondeur donnée, qui varie suivant le lieu, la saison, les courants, la densité et probablement aussi suivant d’autres facteurs inconnus ;
- 2° Parce que les sauts brusques du chalut sur un terrain très accidenté sont souvent une cause de destruction, partielle ou totale, de l’engin;
- 3° Parce que le chalut ne pêche rien quand il quitte le fond, comme il a déjà été dit plus haut.
- Cette faute, qui est d’une occurrence fréquente quand on chalute sur la Pente, se traduit par des pertes de temps très nuisibles au résultat pécuniaire. Dans la pêche autant que dans toute autre industrie, « time is money ».
- Les meilleures captures sont obtenues en faisant suivre au chalut un isobathe judicieusement choisi.
- Pour employer l’expression des pêcheurs : « il faut tenir un brassiage ».
- Dans les festonnements compliqués de la Pente, c’est chose presque impossible, si l’on ne peut mesurer en marche et à chaque instant la profondeur sous le navire.
- Les nouveaux sondeurs par écho rendent cette manœuvre possible, sinon facile. Ils permettront aux chalutiers de fréquenter certains fonds difficiles, réputés jusqu’ici inabordables au chalut. Tels sont les fonds compris géographiquement entre le 6e et le 9e méridien à l’ouest du méridien international, bathimétriquement entre les isobathes de 140 et de 300 mètres, c’est-à-dire grosso modo entre le banc de la Chapelle et le banc de la Petite Sole.
- Ces fonds, bien que poissonneux, sont complètement négligés par les chalutiers, à cause de leur topographie
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- tourmentée, de leur revêtement coralliaire et des forts courants qui régnent dans cette région.
- Les appareils de sondage continu permettront surtout d’aborder une zone plus profonde de la Pente, zone encore vierge et que des expériences récentes me font considérer comme très riche en merlus, mais d’une exploitation presque impossible avec les bateaux et le matériel actuels. On voit les services que ces instruments sont appelés à rendre à la pêche.
- En France, il en existe actuellement deux modèles
- :........... ......... ..:' = 215 =====
- Pour la pêche, les deux se complètent et, pour employer une comparaison expressive, on pourrait dire qu’un sondeur sans carte, c’est un peu comme un phonographe dépourvu de disques enregistrés. Pour pousser à fond la comparaison, il conviendrait d’ajouter que, comme dans la machine parlante d’Edison, l’action est réversible, c’est-à-dire qu’un sondeur automatique, muni de l’enregistreur Marti, peut reproduire sur le papier les accidents d’un fond inconnu et servir ainsi à la confection des cartes.
- Dans son article sur la pêche paru dans Y Illustration
- Fig. 6. — Les coraux de mer profonde nuisibles aux chalutiers, d’après L. Joubin.
- En haul les coraux jaunes:
- A gauche : Dendrophyllia ramea.
- A droite : Dendrophyllia cornigera.
- En bas les coraux blancs :
- A gauche : Amphihelia oculala.
- A droite : Lophohelia proliféra.
- dans le commerce : le sondeur sonore système Marti, et le sondeur ultra-sonore, systèmes Langevin-Florisson-T ouly.
- Les deux systèmes ont donné d’excellents résultats, mais le sondeur Marti a sur son concurrent, en dehors de ces résultats, des avantages très marqués.
- Ce sont l’infériorité du prix d’achat, une plus grande simplicité du mécanisme, et la facilité de la pose à bord qui ne nécessite pas le percement de la coque et qui peut en conséquence se faire" à flot et à peu de frais.
- Environ 30 chalutiers français sont actuellement munis de ces nouveaux sondeurs, mais il n’apparaît pas encore que les patrons ou les capitaines de ces navires en aient tiré un avantage nettement marqué par de meilleures pêches. Ceci tient à deux choses : la première est qu’ils ont dû faire eux-mêmes, sans aucune directive, leur apprentissage dans l’utilisation de ce nouvel appareil à la pêche : la seconde, c’est l’absence d’une cartographie facilitant l’usage du sondeur.
- du 21 décembre 1929, M. Edgard de Goefîroy m’attribue par erreur l’initiative de la première application du sondeur ultra-sonore à la pêche.
- Je suis heureux de pouvoir dire ici que ce mérite revient à mon camarade Vidal, un des directeurs de la Société nouvelle des Pêcheries à Vapeur, d’Arcachon, et au capitaine Michelet, commandant le chalutier terre-neuvien «Capricorne », qui, dès 1926, a été muni du nouveau sondeur.
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- Sans parler des fonds injustement mis à l’index, sans parler de la zone profonde de 300 à 1000 m que le matériel actuel ne permet pas d’attaquer, on peut dire que la zone de 150 à 250 mètres où se confine la pêche actuelle du merlus n’est que très imparfaitement exploitée.
- En fait, elle ne l’est que partiellement. Les patrons sont obligés de se cantonner sur les épaulements, les éperons et les terrasses qui présentent des surfaces propices au bon fonctionnement du chalut, et sur lesquels il est facile de se maintenir sans l’aide de carte ni de sondeur.
- Ce faisant, ils ignorent ou négligent les vallons, les terrasses étroites et les trous trop difficiles à suivre et à retrouver. Pourtant ces accidents mineurs sont presque toujours des abris ou des chemins d’autant plus fréquentés par le poisson que la faune sédentaire qu’ils abritent n’a pas encore été détruite par le chalut.
- Quant aux endroits rocheux où l’on trouve le merlus et la julienne en toute saison, ils les évitent avec un soin particulier par crainte des avaries de chalut. Or, on arrivera certainement à conduire le chalut à la lisière des plateaux rocheux, sur les terrains de transition, que le poisson affectionne particulièrement.
- Dans 20 ans, les pêcheurs seront les premiers à sourire de la timidité et de l’inefficacité de leur méthode actuelle de chalutage.
- Dans ces conditions, les parties de la Pente chalutées à outrance ont subi le même sort que ceux du Plateau Continental. Pour une raison qui n’a peut-être rien de commun avec l’action du chalut, mais qui a coïncidé avec elle, ces fonds se sont dépeuplés à leur tour.
- Après des années d’un labourage incessant, ils ont été dépouillés de leurs buissons coralliaires, si propices à la protection et au développement de la vie, et qui formaient de véritables oasis à poissons.
- Ces coraux ramifiés qui s’avérèrent, au début, de terribles destructeurs de chalut ont fini par être détruits à leur tour par les chaluts.
- Ils ont été étudiés par M. le Professeur Joubin qui les classe en 4 espèces principales.
- « Les deux plus importantes, écrit cet océanographe, se rattachent à la famille des Oculidæ ; ce sont : Amphi-helia oculata et Lophohelia proliféra, nommés par les pêcheurs « corail blanc ». Les deux autres appartiennent à la famille des Eupsammidæ; ce sont : Dendrophyllia ramea et Dendrophyllia cornigera, nommés par les pêcheurs « corail jaune », par suite de la couleur jaune soufre des polypes vivants qui sont logés dans le calice du bout des branches ».
- On trouva, au début, dans ces champs de coraux une abondance extraordinaire de merlus sédentaires. Maintenant qu’ils ont été fauchés, on n’y trouve plus que du merlus de passage, dont les apparitions courtes et irrégulières sont conditionnées par des arrivées de poissons qui leur servent, de nourriture : maquereaux, chin-chards, etc.
- Telle est, en résumé, la situation : plus de merlus sur le plateau, peu de merlus sur les parties de la Pente actuellement exploitée.
- Ainsi, la naissance de la Pente Atlantique présente déjà des difficultés telles qu’avec le matériel actuel le rendement de la pêche y dépend avant tout de l’habileté du patron. C’est pourquoi on a vu depuis quelques années les armateurs se disputer les meilleurs patrons. C’est là un expédient qui ne peut en définitive amener rien de bon.
- Mais ce n’est pas tout; nous arrivons à un point de la crise où il est très facile de percevoir que l’homme lui-même va se trouver inférieur à la tâche qu’on lui demande.
- Ceci est grave dans une industrie où, pour le moment l’homme compte plus que la machine. Et d’ailleurs n’en sera-t-il pas toujours ainsi sur mer ?
- Déjà les patrons moyens sont d’un rendement commercialement déficitaire ; et si les résultats obtenus par les « as » du chalut laissent encore un bénéfice, on ne peut plus se dissimuler que ces résultats marquent aussi un fléchissement inquiétant.
- Rien n’est plus loin de la pensée de l’auteur que de taxer nos pêcheurs d’infériorité.
- Il les a vus à l’œuvre, -il a partagé leur rude existence aux bancs de Terre-Neuve et sur nos côtes et ils lui sont toujours apparus comme égaux, sinon supérieurs, à leurs meilleurs confrères des autres nations. Alors ?... Alors c’est bien simple : nous assistons à une nouvelle faillite du système D, cette qualité négative trop en honneur chez nous, et qui consiste à toujours miser sur l’homme en négligeant le matériel.
- . En matière de pêche au chalut, les conditions nouvelles sont devenues si exigeantes que le procédé qui consiste à acheter un chalutier fatigué et à y faire quelques réparations ne peut plus rien donner, même en confiant ce bateau à un excellent équipage.
- Dans toutes les industries humaines, les méthodes de pionniers et de bricoleurs n’ont qu’un temps.
- Jusqu’ici, on a puisé au hasard du poisson à foison dans la mer au moyen d’un grossier sac de filet, et l’on s’étonne d’en prendre moins maintenant qu’on a écrémé les bancs les plus productifs dans des conditions faciles ! C’est d’en prendre encore tant qui devrait surprendre.
- Après 40 ans de ce genre de pêche, le système D ne rend plus : il va falloir trouver autre chose. Le mieux serait sans doute de rapprendre à pêcher au chalut en adaptant le matériel aux conditions nouvelles.
- En effet, il ne peut être question de revenir en arrière sur un plateau dépeuplé. C’est sur la Pente et dans ses replis qu’est l’habitat pérennal du merlus. Les groupements disparus du Plateau Continental n’étaient vraisemblablement que des colonies, des postes avancés qui se sont repliés sur leur citadelle naturelle devant l’attaque des chalutiers.
- Le chalutier hauturier moderne devra pouvoir pêcher jusqu’à 1500 m de profondeur.
- C’est depuis dix ans qu’il aurait fallu commencer à renouveler petit à petit la flotille actuelle du merlus.
- C’est ce qu’ont fait avec sagesse, sinon avec bonheur, les armateurs de chalutiers pour la grande pêche à Terre-Neuve qui sont entrés dans la voie du progrès malgré la crise qu’ils subissent aussi. Nul doute qu’ils ne recueillent un jour ou l’autre le fruit de cet effort.
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- Quant à la pêche du merlus, elle se trouve acculée du haut de la Pente à un abîme, au propre et au figuré. Or, contrairement au sens habituel de cette expression, c’est dans cet abîme que se trouve le salut; mais elle ne peut y descendre.
- Toute la crise est là. Prise à temps ce n’eût été qu’une crise de croissance, mais, faute de soins appropriés, la voici passée à l’état de maladie chronique.
- Allons-nous voir la pêche du merlu en mourir ?
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- Que conclure sinon que la pêche hauturière souffre avant tout d’un manque d’organisation, d’un défaut de méthode et d’une insuffisance de matériel qui l’empêchent de s’adapter aux conditions nouvelles ?
- Le remède ne peut être dans des mesures isolées, encore moins dans des expédients.
- Il faut que la création du Ministère de la Marine marchande donne une impulsion nouvelle à l’industrie des pêches maritimes. Il faut que l’Office des Pêches-«v soit enfin doté d’ùn navire de recherches digne de la France, et minutieusement étudié par des compétences choisies dans le milieu des constructions navales, de l’océanographie et de la pêche.
- De dette collaboration seule pourra sortir un type satisfaisant de chalutier, susceptible de servir de modèle aux armateurs désireux de faire construire.
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- Il faut bon gré mal gré que la flottille hétérogène du merlus soit remplacée dans le plus bref délai possible par des chalutiers modernes bien équipés.
- Il faut que les constructeurs se libèrent enfin de la formule empirique du chalutier anglais du ^ début de ce siècle, formule qui n’a pas changé d’un iota, alors qu’elle serait à reprendre en détail depuis alpha jusqu’oméga.
- Sous le prétexte que ces navires passent 250 jours par an à la mer, par tous les temps, on leur attribue de confiance des qualités qu’ils n’ont pas, en oubliant peut-être que ce sont leurs équipages qui sont à admirer de tirer un si bon parti d’un matériel fatigué et qui ne répond plus aux besoins actuels.
- A une époque où tout se transforme dans la navigation,, nos pêcheurs hauturiers et terreneuvas restent les derniers vrais marins, les-derniers « hommes de mer » de notre nouvelle marine.
- Qu’on les embarque sur des bateaux dignes de leur valeur,, qu’on mette à leur disposition un matériel de pêche vraiment moderne, qu’on leur donne l’instruction et la formation technique indispensable pour bien s’en servir, et l’on reverra, à bref délai, de belles pêches de merlus.
- La crise actuelle n’aura été qu’un mal passager vite oublié, si elle marque la disparition définitive d’une pêche de bric-à-brac et le commencement d’une pêche rationnelle et méthodique.
- R. Rallier du Baty.
- LES PAQUEBOTS A MOTEURS = ET LEURS AVANTAGES
- LE NOUVEAU TRANSATLANTIQUE “ LAFAYETTE
- UN SUJET DE ROMAN QUI DISPARAIT
- Depuis le début de la navigation à vapeur, les romanciers, et plus récemment les auteurs de scénarios cinématographiques, avaient à leur disposition un magnifique sujet maritime à développer. Quoi de plus facile que d’émouvoir le lecteur ou le spectateur en lui montrant les malheureux soutiers, ces «damnés de l’Océan»
- (comme on les appelle dans un film américain assez connu), harassés par un labeur pénible, ruisselants de sueur dans une atmosphère irrespirable, tandis qu’au-dessus d’eux les jolies passagères des paquebots, en robe de soirée, dansent gaiement au son d’un orchestre entraînant !
- Il n’y a plus guère de « soutiers » aujourd’hui, il ne reste dans les chambres de « chauffe » que quelques méca-
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- Fig. 1. — Vue générale du paquebot à moteurs « Lafayette »
- niciens surveillant tranquillement le fonctionnement des appareils d’alimentation à charbon pulvérisé, des brûleurs à mazout ou encore les pompes de pulvérisation) des moteurs Diesel.
- Il ne reste guère d’ailleurs sur les navires munis de moteurs de ce type que des chaudières utilisées pour les services domestiques du bord : hôtellerie, toilette, bains, radiateurs, etc.
- Tous les appareils auxiliaires sont désormais actionnés par l’électricité produite par des dynamos, également entraînés par des moteurs Diesel auxiliaires.
- LES AVANTAGES DE L’EMPLOI DES MOTEURS DIESEL SUR LES PAQUEBOTS
- Les grands transatlantiques de luxé, véritables «palaces » ^ flottants comme le Paris, Y Ile-de-France, en attendant le « Super-Ile-de-France » sont munis de chau-dières à vapeur chauffées au mazout et l’appareil moteur
- Fig. 2. — Le pont de la passerelle sur le « Lafayette » a pu être utilisé comme pont promenade large et dégagé.
- est constitué par des turbines à vapeur.
- On obtient ainsi une marche très rapide, une absence de vibrations très agréable pour les passagers, mais la dépense de combustible est considérable et sur les paquebots très rapides, les frais d’exploitation s’élèvent parfois à plusieurs millions par jour de traversée! Il en résulte que le prix du passage, malgré les efforts des compagnies et les subventions de l’Etat, et tout en demeurant relativement modique si on le compare au prix du transport en chemin de fer, est pourtant assez élevé.
- Il est possible maintenant d’équiper avec des moteurs Diesel des navires de 20 000 à 30 000 tonneaux capables de transporter dans les meilleures conditions plus de 1500 passagers, et cette nouvelle solution très récente de la construction maritime présente des avantages économiques indiscutables.
- Les moteurs de 4000 à 6000 ch employés sur ces navires ne consomment, en effet, que 150 à 160 grammes environ de mazout par ch-h, et n’emploient qu’un personnel très réduit pour leur surveillance, d’où une diminution fort importante des frais de revient d’une traversée, ce qui permet d’abaisser d’une manière correspondante le prix de passage.
- Sans doute ne peut-on ainsi, pour le moment, réaliser des navires très rapides ; la vitesse obtenue est de l’ordre de 15 à 18 nœuds, et la traversée le Havre-New-York dure quelque huit jours, mais dans des conditions de confort et de sécurité équivalant à celles dont on jouit sur les paquebots de grand luxe et pour une dépense très inférieure.
- D’autre part, la suppression des cheminées et des chaudières, la multiplication des machines auxiliaires permettent de modifier complètement la construction navale en adoptant une distribution intérieure de la coque spécialement étudiée en vue du confort des passagers ; la suppression des fumées d’une part, la récupération de l’énergie thermique des gaz d’échappement, de l’autre sont également des avantages non négligeables.
- Pour démontrer avec clarté les avantages des « motor-ships », il suffit sans doute de décrire sommairement le plus grand paquebot français à moteur Diesel, le Lafayette, de la Compagnie Générale Transatlantique, qui vient immédiatement dans] le monde par son tonnage de 25000 tonneaux après le paquebot italien Augustus (32 6501.) et le Britarinic de la White Star Line (26 8401.).
- LES CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DU “LAFAYETTE”
- D’une longueur de 184 m, d’une largeur minima de 25,20 m, Le Lafayette muni d’une seule cheminée large et trapue (fausse d’ailleurs !) et d’un seul mât, avec ses neuf ponts dont cinq complets, son château central et sa passerelle d’une hauteur de 28 m 50 au-dessus de la quille, disposés en quatre étages progressifs, présente une silhouette tout à fait originale qui surprend ceux qui avaient l’habitude d’admirer les cheminées élevées,
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- multiples, imposantes, mais vomissant des torrents de fumée noire, des paquebots d’an-tan (fig. 1.)
- La suppression de ces cheminées permet de réaliser des ponts promenade et de passerelle très larges et très étendus (25 m 20 de large et s’arrêtant à 35 m de l’étrave pour le pont promenade), comme l’indique bien la photographie de la figure 2.
- La cheminée contient uniquement les tuyaux d’échappement des moteurs, et elle constitue en réalité une sorte de tour à plusieurs étages renfermant diverses machines auxiliaires, dont un groupe électrogène de secours qui servirait en cas d’avarie des moteurs placés dans la coque à assurer l’éclairage du navire, le fonctionnement des treuils électriques d’embarcations de sauvetage, des postes de T. S. F. etc... (fig. 3). Comme on ne peut évidemment utiliser les sifflets à vapeur habituels, il est à noter que cette cheminée porte deux sirènes électriques type Tyfon.
- L’emplacement relativement restreint qui suffit aux machines, la facilité de placement du combustible ont permis une disposition rationnelle des différents étages disposés de haut en bas dans l’ordre suivant : pont des embarcations, pont promenade, pont supérieur des cabines avec divers salons et bureaux, pont inférieur des cabines, pont des salles à manger, cuisines, etc., pont des magasins, ateliers, cuisine de 3e classe, etc.; pont du garage d’automobiles, salle à manger de 3e classe, magasins, et enfin les cales des machines, des combustibles, etc.
- L’APPAREIL MOTEUR ET LES DISPOSITIFS AUXILIAIRES DU « LAFAYETTE ”
- Le Lafayette est propulsé par quatre hélices entraînées chacune par un moteur Diesel à six cylindres, à deux temps et à double effet, d’une puissance de 4000 ch effectifs à 165 tours-minute. Chaque moteur est relié à l’hélice correspondante par un arbre de 80 m de long placé dans un « tunnel ».
- L’alimentation se fait par pulvérisation à l’air comprimé, et la mise en marche également par l’air comprimé au moyen d’une soupape d’admission. Chaque moteur comporte 6 cylindres de 600 millimètres de diamètre et 900 mm de course.
- Le refroidissement des pistons est effectué par circulation d’eau et celui des enveloppes par circulation d’eau de mer, cette circulation étant assurée par des pompes centrifuges actionnées par des moteurs électriques. Un régulateur à lames élastiques assure une régulation automatique de la vitesse de rotation Les gaz à 300°, sortant des moteurs, sont envoyés dans des silencieux réfrigérés par l’eau de circulation, et l’eau chaude sortant des silencieux des moteurs auxiliaires est utilisée par les services sanitaires du navire.
- Dans le compartiment des moteurs principaux se trouvent aussi quatre séparateurs centrifuges servant à l’épuration de l’huile de graissage, et cinq appareils
- Fig. 3. — La cheminee du « Lafayette » pendant ta construction du navire.
- On voit à la partie supérieure les tubes d’échappement des moteurs. A l'avant et à gauche : les deux sirènes électriques type Tyfon.
- Fig. 4. — La salle des machines du « Lafayette
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- d’épuration de l’huile combustible sont placés dans le compartiment des moteurs auxiliaires.
- Dans ce compartiment sont disposés trois moteurs Diesel à quatre temps et à simple effet de 1050 ch entraînant chacun une dynamo de 700 kw et deux moteurs de 750 ch entraînant une dynamo de 500 kw.
- Ces cinq groupes électrogènes servent à assurer l’entraînement de tous les appareils auxiliaires qui sont extrêmement nombreux et tous électriques : pompes de water-ballast, pompes de réfrigération, pompes de service sanitaire, pompes de transfert de combustible, compresseurs d’air, appareils de réfrigération, ascenseurs, appareils de ventilation, de chauffage, d’éclairage et de cuisine, appareils auxiliaires de pont, etc., etc.
- Le combustible est contenu dans sept soutes à huile renfermant au total 2019 m3 suffisant pour un voyage complet Le Havre-New-York aller et retour, et, dans le double-fond, on peut, en outre, placer 900 m3 de mazout.
- Le tableau de distribution principal de l’énergie électrique est le plus grand construit pour un navire, et il est semblable à celui d’une véritable «centrale» électrique; il a plus de 17 m de long. Chacune des génératrices comporte un panneau spécial et un disjoncteur tripolaire à soufflage magnétique.
- Enfin, la conduite et l’entretien des moteurs de propulsion et des machines auxiliaires ont été simplifiés à l’extrême; en particulier, des appareils de sécurité à avertissement automatique empêchent toute fausse manœuvre au moment de la mise en route des moteurs Diesel.
- LES AMENAGEMENTS
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- Le Lafayette est aménagé pour transporter 566 passagers de cabine, 442 troisièmes touristes et 72 troisièmes ordinaires. La classe dite « de cabine » est intermédiaire entré la première classe de grand luxe et la seconde
- classe; quant aux «touristes» ce sont des passagers de classe moyenne, généralement américains, qui se distinguent pourtant des passagers plus vulgaires des troisièmes.
- N'ous ne pouvons décrire en détail ici les luxueux fumoirs, galeries, halls, salons de thé ou de conversations, salles à manger, etc. du paquebot; d’ailleurs, des installations du même genre placées sur l’Ile de France ont déjà été décrites dans La Nature. Indiquons seulement que les murs des salons sont ornés de feuilles de laque ou de tapisseries représentant des épisodes de la vie de Lafayette (fi g. 5.)
- Chaque cabine comporte une toilette à l’eau courante chaude et froide ou une salle de bain et l’installation de chauffage et de ventilation type Thremotank est une des plus complètes qui soit sur des paquebots. Chaque cabine est munie d’un dispositif de ventilation permettant à chaque instant au passager de régler lui-même la température et la quantité d’air fournie (fig. 6).
- D’autre part, le Lafayette est le premier paquebot français dont les fourneaux de cuisine et les fours à pâtisserie soient entièrement électriques. Le plus grand des fourneaux a une puissance totale de 203 kw. Les fours sont, d’ailleurs, à accumulation de chaleur.
- L’évacuation des eaux s’effectue au-dessous de la ligne de flottaison, procédé hygiénique et esthétique. L’eau provenant des ponts inférieurs est envoyée dans des tubes Horowitz d’où elle est chassée par de l’air comprimé. C’est la première installation de ce genre faite sur un navire français.
- Enfin six ascenseurs sont destinés au service des passagers ou des mécaniciens, à monter les vivres ou les bagages.
- LES INSTRUMENTS DE NAVIGATION. L’INSTALLATION TÉLÉPHONIQUE ET RADIOTÉLÉGRAPHIQUE
- Le paquebot est muni évidemment de tous les instruments de navigation et de tous les appareils à gouverner les plus modernes.
- Ils comprennent, en particulier, un compas gyroscopique, un radiogoniomètre, une installation de transmetteurs d’ordres et de commàndes électriques d’un modèle tout particulier permettant de centraliser entre les mains du commandant tous les moyens d’assurer la conduite du navire, un sondeur ultra-sonore Langevin - Florisson combiné avec un enregistreur Marti, etc....
- L’installation téléphonique, la plus complète qui ait jamais été réalisée sur un paquebot français, a été décrite ici même dans le précédent numéro.
- Enfin, l’installation radioélectrique est aussi une des plus complètes qui existent en matière de télégraphie maritime.
- La multiplicité des postes rendant presque impossible un arrêt du trafic, les précautions prises pour éviter les avaries donnent aux passagers toutes facilités pour
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- la transmission et la réception des radiogrammes privés, et augmentent la sécurité en mer.
- Cette installation comporte, en effet, un poste émetteur à ondes entretenues capable d’émettre sur 10 longueurs d’onde de 1800 à 2580 m et d’une puissance-antenne de 800 w, un poste à ondes modulées, un poste à ondes amorties et un poste à ondes courtes.
- Des appareils récepteurs pour ondes courtes et moyennes et un radiogoniomètre complètent cet ensemble (fig. 7).
- L’installation est répartie dans deux salles distinctes : la salle d’émission proprement dite contenant le meuble d’émission, une table de manipulation, le tableau d’alimentation, et la salle des machines renfermant les groupes convertisseurs à moteurs à courant continu de 220 volts alimentés par le courant général de distribution ou le groupe électrogène de secours.
- LES DISPOSITIFS DE SÉCURITÉ
- Des précautions nombreuses ont été prises pour assurer autant que possible la sécurité des passagers, en cas d’accident dû à une cause quelconque.
- La coque est munie sur toute sa longueur d’un double-fond cellulaire divisé en 11 compartiments, munis de portes étanches à commande hydraulique. Une cloison longitudinale forme, en outre, double coque dans la partie centrale.
- On peut ainsi limiter l’envahissement de l’eau, en cas d’avarie, dans le sens horizontal comme dans le sens vertical.
- La fermeture de chacune des portes est contrôlée à distance par un tableau avertisseur électrique placé sur la passerelle.
- De plus, trois pompes électriques d’une puissance totale de 500 tonnes à l’heure peuvent être employées à l’assèchement des cales.
- Des dispositifs avertisseurs d’incendie au nombre 'de 35 reliés à des appareils récepteurs placés sur la passerelle et dans le compartiment des moteurs permettent de déceler immédiatement les points où s’est produite une élévation suspecte de température.
- Des colonnes montantes reliées à un collecteur d’eau salée où l’eau refoulée par deux pompes de 150 tonnes est toujours sous pression parcourent tout le navire et permettraient l’attaque immédiate d’un foyer d’incendie.
- Enfin, vingt-six embarcations de sauvetage, dont deux bateaux à moteur, munis de postes de T. S. F., et destinés à remorquer les embarcations de sauvetage, pour-' raient être mises à l’eau à l’aide de treuils électriques actionnés, s’il y a lieu, par le .groupe électrogène de secours.
- On sait combien est complexe l’installation mécanique, électrique, radioélectrique,
- et... hôtelière d’un grand paquebot moderne, à la fois palace et usine flottants. Le La-
- fayette peut à juste titre être considéré comme le type le plus parfait et le plus « mécanisé» du transatlantique, il a de plus l’avantage d’être économique, qualité appréciée des compagnies et des passagers.
- Ainsi, à côté des paquebots de très grand luxe et très rapides réservés à une clientèle privilégiée, il se forme une catégorie de navires confortables et sûrs, destinés à la “ classe moyenne ” et dont la. réalisation ne peut manquer d’accroître dans de grandes proportions la facilité et le nombre des voyages transatlantiques.
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- Fig. 7. ^
- Le groupe de postes d’émission radioélectrique. (Construit par la Société française radioélectrique.)
- Fig. 6.
- Cabine extérieure à 2 passagers avec salle de bain.
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- UN CURIEUX ACCIDENT
- Un scaphandrier anglais, Harry Rodgers, âgé de 44 ans, a failli périr dans une aventure comme il ne s’en était sans doute jamais encore produit.
- Etant en plongée de travail dans l’arsenal de Portsmouth, à proximité d’une drague suceuse en action, il fut aspiré et entraîné dans le tuyau de succion de la drague, tuyau de 50 cm de diamètre et de 7 m de longueur.
- Il est resté dans cette prison d’un nouveau genre pendant 6 heures. Heureusement ni son appareil, ni son tuyau d’amenée
- d’air, ni son cordeau de communication n’avaient été coupés. Il put donc recevoir l’air nécessaire et faire connaître son extraordinaire situation.
- Il fallut 6 heures d’un travail acharné pour couper le tuyaü et le ramener à la surface avec son habitant inattendu. Rodgers en sortit sain et sauf, se plaignant seulement de crampes dans les jambes et il lui suffit d’absorber une pinte de bière pour se déclarer tout à fait restauré.
- S. J.
- L’ECOLE BREGUET
- Mécanique et électricité sont deux éléments essentiels de l’industrie moderne : éléments aujourd’hui d’égale importance, bien que le second soit de date relativement récente. Ils sont si intimement associés que, pratiquement, l’électricien pur ne se conçoit guère mieux que le mécanicien dépourvu d’éducation électrique. La logique exige donc qu’on enseigne simultanément ces deux sciences — par la pratique aussi bien que par la théorie — aux futurs ingénieurs ou auxiliaires de nos industries principales.
- Telle est l’idée directrice qui, en 1904, au lendemain de cette Exposition Universelle de 1900 dont les enseignements nous avaient fait toucher du doigt le danger de la concurrence étrangère, a présidé à la création de l’Ecole Breguet. Conçue selon le modèle national des Ecoles d’Arts et Métiers, mais plus spécialement en vue de cette électro-mécanique qui, désormais, forme un tout presque indivisible, fondée par une poignée d’hommes aussi énergiquement réalisateurs que scientifiquement
- et techniquement compétents, patiemment aménagée et organisée, elle a démontré d’année en année son utilité et la valeur de ses méthodes par les services appréciés que ses anciens élèves ont rendus à l’industrie
- Reconnue par l’Etat, en 1922, l’Ecole Breguet, bien qu’entièrement née de l’initiative privée, a reçu en 1926 la consécration suprême. Un arrêté ministériel a conféré le caractère officiel à son diplôme d’ingénieur des Industries Electro-Mécaniques.
- Au moment où le domaine de l’électro-mécanique, déjà si vaste, s’élargit encore avec l’électrification de la vie rurale et celle des chemins de fer, il nous a paru intéressant de visiter cette école qui, sans se substituer ni faire pièce à aucune de nos écoles professionnelles nationales, offre un programme d’enseignement particulièrement bien adapté aux besoins d’une industrie diverse et considérable.
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- Fig. 1. — Les machines-outils dans l’atelier de mécanique de l’Ecole Breguet. Entrons-y par la rue Falguière, dont la
- façade de l’Ecole Breguet commande, en plein XVe arrondissement, une longue portion. Et puisqu’il s’agit de lui confier nos fils dès un âge scolaire encore assez tendre — 15 ou même 14 ans — ne négligeons pas de goûter préliminairement l’aspect engageant de ses bâtiments simples et hygiéniques, coupés par des cours et des arbres. Rien de l’aspect rébarbatif de certaines vieilles écoles. Le terrain jadis acquis dans un quartier quasi rustique, qui aujourd’hui s’embourgeoise sans trop s’industrialiser, était vaste. A cette judicieuse acquisition, l’Ecole Breguet doit une sécurité financière qui lui a permis de se développer sur place, sans risque d’étouffement. Ses quelque 600 élèves, internes, demi-pensionnaires et externes, ont vécu normalement jusqu’ici dans cette petite cité scolaire où même les anciens bâtiments ont été ouverts et aérés, où les « amphis » sont clairs, les dortoirs collectifs et les chambres particulières baignés de lumière. On va faire
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- mieux encore. L’automne prochain, un nouveau et vaste bâtiment à quatre étages, aux amples dégagements, tout en vitrages, abritera salles de cours, dortoirs et chambres, réfectoires et salles d’hydrothérapie et par sa clarté donnera l’illusion de la vie en plein air.
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- Quel est l’enseignement donné ici ? Quels sont ses principes, sa matière, ses moyens?
- Son objet essentiel est de former des ingénieurs-praticiens, immédiatement utilisables dès leur sortie de l’Ecole.
- Ce n’est pas ici le lieu de détailler un programme scientifique qui va des éléments de l’arithmétique aux problèmes les plus subtils de l’électrotechnique, enseigné d’ailleurs par un personnel hautement qualifié. Les programmes ne valent que par les méthodes pédagogiques, et il nous paraît plus intéressant de résumer celles qui sont mises en œuvre à l’Ecole Breguet.
- L’Ecole comprend deux divisions dont la principale est un Cours supérieur de 3 années, auquel accèdent immédiatement, soit en première année les titulaires du baccalauréat première partie ou du brevet d’enseignement primaire supérieur, soit même en seconde année ceux qui peuvent satisfaire à un examen décisif. Breguet accueille donc utilement, entre 16 et 18 ans, un jeune homme qui n’a reçu jusqu’alors qu’une instruction générale et sans but précis.
- Par contre, on peut y entrer à 14 ou 15 ans, par la porte du Cours préparatoire, divisé lui-même en deux années et qui, saisissant un sujet dès l’âge de raison « scientifique », lui imprimera plus tôt et avec plus de fruit encore l’habitude de voir et d’agir, nécessaire dans tous les postes de l’industrie.
- Dans cet enseignement préparatoire, tout comme dans le cours supérieur, on s’est bien gardé de négliger la culture générale au profit de spécialisations trop hâtives. L’Ecole comporte en effet des cours convenablement gradués de français, d’histoire, de géographie et, dans l’ordre pratique, de comptabilité, de législation, etc.
- Bref, à quelque âge que cette école reçoive un jeune homme, elle n’oublie pas de le former et de l’armer intégralement pour les situations les plus hautes.
- Une autre forme importante des méthodes pédagogiques pratiquées ici, c’est le contrôle incessant du travail de l’élève par des compositions écrites et des interrogations hebdomadaires sur les cours (toujours autographes) des professeurs.
- En fin d’année, des projets écrits et des examens généraux permettent de juger les connaissances acquises par l’élève ; les notes qui lui sont accordées combinées à celles des interrogations au cours de l’année décident de son passage en division supérieure. Les moyennes exigées sont sévères, elles obligent l’élève à un travail soutenu et à un effort qui va croissant au fur et à mesure qu’il se rapproche de la sortie de l’école; on a ainsi la
- certitude d’éliminer les insuffisants et de n’admettre au diplôme que des sujets de valeur, pour le plus grand bien du renom de l’école.
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- L’union intime entre la théorie et la pratique, la corrélation étroite entre le dessin et l’atelier, telle est, enfin, la règle capitale de l’enseignement de l’école Breguet, celle qui lui vaut le succès de ses élèves dans l’industrie. Une visite des nombreux ateliers de l’Ecole est fort édifiante à ce sujet.
- Il ne s’agit pas ici, en effet, d’une brève et illusoire parodie d’enseignement professionnel. Dès l’entrée dans le grand atelier central d’ajustage, où chaque élève du Cours supérieur possède sa boîte à outils personnelle, voici la gamme complète des machines-outils classiques: fraiseuses, perceuses, raboteuses, mortaiseuses, étaux-limeurs, tours, etc. Chaque élève, à sa sortie de l’Ecole, non seulement connaîtra à fond le fonctionnement de ces machines, mais saura lui-même s’en servir. Les pièces qui arrivent ici ont été tout d’abord dessinées dans de vastes salles ad hoc, par les élèves, les modèles de fonderie ont été ensuite exécutés par eux, en bois, à l’atelier de modelage. Eux-mêmes font ensuite l’usinage des pièces brutes, tout comme dans un véritable atelier industrieL Les machines elles-mêmes ne doivent pas avoir de secrets pour 1 ’ingénieur électricien : telle fraiseuse en cours de montage, que l’on nous montre, a été exécutée, par étapes et entièrement, par les élèves et exposée, à chacun de ses stades, à la foire de Paris.
- Voici maintenant, répartis en plusieurs ateliers, tous les départements de l’électro-technique. C’est, par exemple le spaéieux laboratoire des applications générales de l’électricité, où se concentre l’étude des emplois des courants «faibles» : lumière, téléphone, mécanismes des enseignes lumineuses, équipement automobile, appareils ménagers, rayons X et T. S. F. Ailleurs, ce sont les laboratoires des mesures électriques et des méthodes de mesure,
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- tapissés de rhéostats, d’ampèremètres et de compteurs de tout genre, où les élèves s’initient à la pratique des mesures photométriques, galvanométriques ou industrielles. Enfin un laboratoire est spécialement consacré aux essais des machines (groupe moteur).
- Dans chaque groupe de salles, l’enseignement pra-. tique est donné par un professeur, secondé par un assistant pour chaque laboratoire. Les élèves sont soumis, pas à pas, à l’apprentissage manuel le plus minutieux. Il n’est pas indifférent qu’un futur ingénieur sache placer et clouer congrument une simple baguette. Il est plus nécessaire encore qu’il sache exécuter scientifiquement et sûrement ce que certains ouvriers électriciens n’arrivent parfois à faire que par tâtonnements, quand ce n’est pas par une sorte de divination.
- Aussi multiplie-t-on pour lui les cas difficiles . d’installation, de troubles ou de pannes de ces appareils, pour le familiariser avec les mille fantaisies et traîtrises de l’installation électrique.
- La théorie, d’ailleurs, reprend ses droits sous la forme de rapports circonstanciés exigés de l’élève après chaque manipulation.
- Ces rapports, véritables critérium de l’ingénieur, jouissent, dans les examens finaux, d’un coefficient important.
- Au terme de cette visite, dans le coin le plus reculé de la cour principale, non loin des petites cases à tableau noir, réservées aux « colles » et qui sont comme les confessionnaux hebdomadaires de cette éducation scien-tifico-pratique, est un dernier laboratoire, celui de la mécanique, muni de machines à essayer les métaux et autres machines d’étude, équipé en partie par le travail et l’ingéniosité des élèves eux-mêmes.
- Nous trouvons là également une très belle
- cabine de transformation électrique pour démonstrations, don fait à l’Ecole Breguet par un de ses anciens élèves, parvenu au sommet de l’échelle industrielle. Bel exemple et encouragement pour les cadets : il suffit du reste à ceux-ci de consulter la liste de leurs anciens pour s’assurer que de nombreuses et souvent brillantes carrières leur sont ouvertes et y puiser pleine confiance dans l’avenir.
- Les élèves mêmes qui n’atteignent pas au diplôme d’ingénieur ne manquent pas de débouchés grâce à leur formation pratique.
- L’éducation physique n’est pas négligée à l’Ecole Breguet : les élèves ont formé une association sportive très active et encouragée par la direction; la préparation militaire supérieure qui offre aux élèves le moyen de devenir officiers de réserve est également un complément utile de leur éducation et de leur formation générale.
- L’Ecole Breguet offre l’exemple remarquable, en ces temps difficiles, d’un établissement qui, parle seul jeu de l’initiative privée, a réussi à donner à de jeunes Français, à des conditions abordables pour les parents de la classe moyenne (les déshérités peuvent, du reste, y être admis, grâce à des bourses municipales et départementales) un enseignement professionnel complet, joint à une bonne formation générale, intellectuelle et physique. Elle contribue d’une façon particulièrement honorable à cette tâche d’une importance sociale aujourd’hui si sérieuse d’assurer un recrutement de valeur aux cadres moyens ou supérieurs d’une industrie qui élargit constamment son domaine.
- X.
- Fig. 4. — La cabine de transformation.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES 1
- VII. — LA VOCATION SCIENTIFIQUE SPONTANÉE
- (Suite)
- Le mathématicien Michel Chasles(1793-1880),néà Epernon, appartenait à une ancienne famille du pays chartrain. Son grand-père s’était occupé du commerce des bois de construction, entreprise à laquelle son père avait ajouté divers travaux publics. Au collège de Chartres, il se montra un brillant élève, sauf que certains de ses maîtres lui reprochaient de trop aimer... la géométrie et d’en donner le goût à ses camarades. Avec ses condisciples, il avait fondé une petite académie d’écoliers, dont les adeptes se plaisaient à apporter des problèmes et à les résoudre. Il entra plus tard à Polytechnique, puis, après diverses péripéties, se spécialisa dans des recherches de géométrie pure.
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- ÉlieMetschnikoff (1845-1916), qui, bien que né russe, fit une grande partie de sa carrière scientifique à Paris, a été un savant très original, — à tous les points de vue —. Les principaux traits de la vie de ce zoologiste et microbiologiste ont été soigneusement collationnés par sa seconde femme (2).
- Il passa sa jeunesse dans la terre de Panassowska, dans la région des steppes de la province de Kharlcoff, en petite Russie, terre qui était le patrimoine d’Elia Metschnikoff, son père. Celui-ci était militaire, assez intelligent, très sceptique, et, tout particulièrement, épicurien. A Saint-Pétersbourg, il avait mené une vie joyeuse et n’avait pas tardé à se ruiner. Il fut alors contraint de se réfugier dans ses terres et d’y occuper un poste d’officier de remonte. C’est là que naquit Elie, cinquième enfant d’une famille comptant déjà deux garçons restés à Saint-Pétersbourg, une fille et un garçon, Nicolas, demeurés à Panassowska. C’était un milieu, certes, aussi peu scientifique que possible, et où l’on s’occupait, surtout, de bien manger, de bien boire et de jouer aux cartes. Des deux garçons élevés dans leur famille même, Nicolas était un gros garçon lent et tranquille, tandis qu’Elie était tout feu et flamme, très impressionnable et nerveux, s’emportant facilement, voulant tout voir et tout savoir, goûtant à tout, essayant même de coudre et de broder, importunant tout le monde au point qu’on finissait par le mettre à la porte. Une seule chose le faisait rester tranquille : la musique, qui le fascinait et que, blotti près du piano, il pouvait écouter des heures entières sans bouger. Il était, cependant très bon, aimant et tendre, mais très nerveux, au point qu’il ne pouvait dormir que lorsqu’une jeune servante veillait sur son sommeil.
- En 1851, eut lieu un fait qui décida, peut-être, de sa carrière scientifique. L’un de ses frères, Léon, qui était demeuré à Pétersbourg fut atteint d’une coxalgie et dut être amené à Panassowska pour y respirer l’air de la campagne. Ce jeune homme de 13 ans était très doué, vif et intelligent; il fut décidé de le faire continuer ses études sur place. A cet effet, en 1853, la famille prit, pour professeur, un jeune étudiant très intelligent, Hodounoff. Celui-ci chercha à instruire Léon, ce qui n’était pas facile parce qu’il éparpillait son activité, et, en même temps, s’attacha au jeune Elie. « Le rapprochement entre eux, écrit Olga Metschnikoff, se fit pendant les promenades communes. Hodounoff faisait faire à Léon des excursions, afin d’étudier la flore locale. Elie les accompagnait d’abord simplement pour se promener; mais bientôt il s’intéressa aux plantes et manifesta un tel goût pour la botanique qu’il
- 1. Voir ha Nature, depuis le n° 2808.
- 2. Olga Metschnikoff, Vie d’Elie Metschnikoff, Hachette, édit. Paris, 1920.
- attira l’attention d’Hoidounoff. Peu à peu, l’intérêt du maître se concentra sur l’enfant et il s’en occupa sérieusement. C’est avec une vraie passion qu’Elie amassait et étudiait les plantes ; bientôt, il connut à fondja flore locale. Il se croyait déjà savant et écrivait des mémoires de botanique. Il avait la passion de l’enseignement. Afin d’avoir un auditoire, il offrait tout l’argent qu’on lui donnait à ses frères et à d’autres enfants pour qu’ils suivissent les cours qu’il leur faisait. Dès cette époque, sa vocation était fixée. Il avait huit ans. Rentré à Kharkoff, il employa tout ce qu’il possédait en achat de livres d’histoire naturelle; cette lecture le passionnait; il y avait beaucoup de choses qu’il ne comprenait pas, mais l’incompris même excitait sa curiosité. A onze ans il faillit payer de sa vie sa passion pour l’histoire naturelle. En pêchant des hydres dans un petit étang, il s’aventura avec un tel entrain qu’il tomba dans l’eau et ce n’est qu’à grand’peine qu’on put le repêcher. »
- De tout ceci résulte qu’évidemment Metschnikoff était né avec un caractère très ardent — quelque peu maladif — et que c’est probablement Hodounoff qui a aiguillé sa curiosité vers les sciences en général et les sciences naturelles en particulier, sciences qui répondaient à ses propres goûts. Metschnikoff ne devait son esprit scientifique, ni certes, au milieu déplorable dans lequel il vivait, ni à ses parents, bien qu’ils fussent d’une certaine intelligence, surtout sa mère, de laquelle, d’ailleurs, il se plaisait à rappeler l’influence sur son développement intellectuel. Il est juste, cependant, de noter que, parmi ses ancêtres, il y avait eu un érudit, Nicolas Spatar, qui s’était fait un nom prestigieux à son époque (vers 1600) par ses connaissances encyclopédiques et sa vie aventureuse (un prince ennemi lui avait coupé le nez !). Spatar s’était occupé de théologie, d’histoire, de géographie, de langues étrangères, mais nullement de science, sauf, à un moment où, en Italie, il avait étudié les mathématiques et les sciences naturelles. Comme antécédent scientifique, c’est un peu maigre et il est plus simple d’admettre que Metschnikoff est devenu, spontanément, un savant, comme d’autres deviennent musiciens ou champions de golf.
- En 1856, Metschnikoff fut mis au Lycée de Kharkoff, où il entra en sixième et où il ne tarda pas à être inscrit au tableau d’honneur. En même temps, il devenait athée et se laissait envahir par des idées plus ou moins révolutionnaires et indépendantes. En quatrième, il obtint de ses parents la permission de s’installer avec son frère dans une chambre meublée, où il vécut, dès lors, comme un étudiant, ce qui lui permit, abandonnant peu à peu le lycée, de donner libre cours à ses aspirations. Ayant vu les planches d’un livre sur les Infusoires et les Rhizopodes, il s’enthousiasma pour les organismes inférieurs. Il suivit divers cours de l’Université, notamment celui d’anatomie comparée et de physiologie. Il obtint le prêt d’un microscope et commença à faire des recherches d’histoire naturelle. Cela ne l’empêcha pas de terminer ses études classiques et, finalement, de passer brillamment ses examens en remportant la médaille d’or.
- Ayant reconnu l’insuffisance de l’enseignement des universités russes, il résolut d’aller travailler dans les laboratoires allemands. Il arriva à Wurtzbourg au moment des vacances, mais, bien vite, pris de nostalgie (!), retourna à Panassowska.
- Revenu à l’Université de Kharkoff, il fit diverses recherches sur certains êtres inférieurs des eaux douces et passa sa licence rapidement. En 1864, il partit pour l’île d’Heligoland dont l’étude de la faune et de la flore le tentait et y fit diverses
- 1. Nous avons signalé un fait analogue dans la vie de Pasteur.
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- découvertes. Ensuite, soutenu par des bourses du gouvernement russe, il alla à Genève et à Naples, où il connut le célèbre Kovalewsky, en collaboration duquel il publia des mémoires remarquables. Après avoir erré, cà et là, d’un laboratoire à un autre, il se fit nommer agrégé à l’Université d’Odessa. Dès
- lors, sa réputation scientifique était établie et ne tardait pas à s’étendre jusqu’à sa découverte de la phagocytose qui l’a surtout fait connaître. Il acheva, enfin, sa vie comme sous-directeur de l’Institut Pasteur de Paris.
- (.A suivre.) Henri Coupin.
- PRESTIDIGITATION
- LE PILORI CHINOIS
- Dans cette expérience, l’opérateur présente d’abord au public une forte croix de bois dressée sur une plate-forme montée sur
- 4 pieds. Il prie un ou deux spectateurs de vouloir bien venir sur la scène pour examiner la croix qui est absolument sans préparation ainsi que la plate-forme. Après cet examen, les spectateurs s’étant retirés, il fait circuler dans la salle une longue corde, priant de la bien vérifier pour constater qu’elle ne contient aucun mécanisme, aucun truquage et qu’elle ne présente aucune solution de continuité. Il fait alors entrer un Chinois condamné, dit-il, au supplice du pilori. Ce Chinois est pris aux poignets par deux autres Chinois de mine rébarbative qui l’entraînent sur la plateforme et s’empressent de le ficeler solidement à la croix, au moyen de la corde. On apporte alors en scène une petite cassolette chauffée à l’alcool et dans laquelle se trouve de la cire à cacheter en fusion.
- De nouveau des spectateurs sont demandés pour apposer des cachets leur appartenant. L’opérateur entoure plusieurs croisements de la corde avec un morceau de toile, verse un peu de cire avec une cuillère et un cachet est apposé par un spectateur.
- Lorsque le Chinois ainsi attaché en tous sens et mis sous scellés semble absolument immobilisé, on éclaire le dessous de la plate-forme avec une lampe électrique et l’on fait avancer, puis reculer cette plate-forme pour bien montrer qu’elle ne communique pas avec le dessous du théâtre.
- Les gardiens fixent des tiges de fer aux quatre coins de la plate-forme et au moyen d’un rideau de soie qu’ils accrochent rapidement à ces tiges entourent la croix et le prisonnier. Mais à peine ont-ils fini qu’ils retirent le rideau : le Chinois a disparu, il est remplacé par une femme mauresque et la corde gît sur la plate-forme. Les spectateurs qui ont apposé les cachets les reconnaissent intacts. Le truc est ainsi combiné. La croix qui semble unie et sans
- préparation contient à l’intérieur qui est creux toute une armature qu’il suffit de pousser en un point connu du côté de la croix pour faire jaillir à l’arrière cinq taquets de 0 m 02 de long. C’est là tout le mystère principal. Les deux gardiens qui semblent attacher solidement le condamné ne tournent jamais la corde autour de la croix; ils l’amènent derrière, l’accrochent à l’un des taquets et la ramènent devant. Quand tout ce ficelage fictif est terminé, les spectateurs qui mettent les cachets sont trop occupés pour penser à visiter l’arrière de la croix et du reste les deux gardiens, sans en avoir l’air, bouchent le chemin.
- Fig. 4. — Le Chinois au pilori.
- La femme est couchée dans la plate-forme qui semble trop mince pour pouvoir cacher quoi que ce soit, mais qui s’épaississant à l’arrière est assez creuse pour dissimuler quelqu’un. Aussitôt que le voile est accroché de trois côtés, la femme sort de la plate-forme, fait jouer en sens inverse la poussette qui actionne les taquets : ceux-ci rentrent dans la croix qui peut au besoin être visitée de nouveau. La corde tombe intacte avec ses cachets, et le Chinois prend dans la plate-forme la place de la femme alors que celle-ci se tient debout devant la croix.
- Alber.
- Fig. 1. — La plate-forme vue de profil.
- Fig. 2. — Un passage de corde derrière la croix.
- Fig. 3.— Emplacement des taquets derrière la croix.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1930 (*)
- Deux éclipses se produiront en octobre, l’une de Soleil, l’autre de Lune. La première sera invisible en France. La seconde est une toute petite éclipse et on pourra l’observer dans la soirée du 7 octobre, dès le lever de la Lune. Au milieu du phénomène, un peu après 19h, trois centièmes seulement de diamètre lunaire seront plongés dans le cône d’ombre de la Terre (fig. 1).
- I. Soleil. — En octobre, le Soleil descend de plus en plus dans l’hémisphère austral. Sa déclinaison, de — 3° 1' le 1er, à 12h (T. U.) sera de —13° 58' le 31. La durée du jour décroît rapidement. Le 1er, elle sera de llh40m, et de 9h54m seulement le 31. A la fin du mois, le Soleil passe au méridien à lli>34m_ C’est le moment du milieu du jour. Donc, quand il est midi, il y a 26 minutes que le milieu du jour est passé. Ainsi la matinée surpasse la soirée de 52 minutes. Le Soleil se lève le 31 à 6!l36m et se couche à 16h32m. Or, de 6h36m à midi, il s’écoule 5ll24nl, tandis que de midi à 16h32m il n’y a que 4h32m. La matinée dure bien 52 minutes de plus que la soirée.
- Cette dyssimétrie est rendue sensible par le fait qu’il fait jour à 61' du matin et nuit à 61' du soir (18h).
- Voici le temps moyen à midi vrai, ou, si l’on préfère, l’heure marquée par les horloges — exactes — quand il est vraiment midi. A ce moment, le centre du Soleil est juste au méridien de Paris.
- Dates. P L0
- Octobre 3 + 26°,18 -f 6°,61 110o,33
- 8 + 26 38 + 6 33 44 36
- — 13 + 26 39 + 6 00 338 40
- — • 18 + 26 22 + 5 62 272 44
- 23 + 25 86 + 5 20 206 50
- — 28 + 25 30 + 4 74 140 56
- Eig. 1. — Aspect de l’éclipse de Lune du 7 octobre 1930, au moment de la phase maximum.
- Dates. Heure du passage. Dates Heure du passa
- Octobre | er llh 40m 32s Octobre 17 llh 36m 108
- — 3 11 39 53 —. 19 11 35 47
- — 5 11 39 16 — 21 11 35 26
- — 7 11 38 41 — 23 11 35 7
- — 9 11 38 7 — 25 11 34 52
- — 11 11 37 35 — 27 11 34 39
- — 13 11 37 4 —. 29 11 34 29
- — 15 11 36 36 — 31 11 34 22
- Observations physiques. — La Revue L’Astronomie donne, chaque mois, la situation de l’activité solaire pendant la rotation solaire précédente, d’après les observations faites à l’Observatoire de Meudon.
- L’observation du Soleil est à la portée de tous les amateurs et pour la faire, une petite lunette suffît, que l’on opère par projection ou par observation directe.
- Pour orienter les dessins et les photographies, on s’aidera du tableau suivant. (La définition des lettres P, B0, L0 a été donnée au Bulletin astronomique du n° 2828, du 1er mars 1930.)
- 1. Toutes lés heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont indiquées en temps uniuersp.l, compté de 0h à 24" à partir de 0h (minuit). Pendant les quelques jours au cours desquels l’heure d’été sera en service ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour qu’il y ait concordance entre la production des phénomènes et l’heure marquée par nos horloges.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible le matin, en octobre, avant l’apparition de l’aurore. La lueur anti-solaire pourra être recherchée, par les nuits extrêmement pures et sans clair de Lune, notamment vers les 19 et 20 octobre, à minuit, dans les Poissons.
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil se produira les 21 et 22 octobre. Elle sera invisible à Paris. Cette éclipse sera visible de l’Océan Pacifique, de l’Australie et de l’extrême Sud de l’Amérique du Sud. La zone de totalité s’étend entièrement sur l’Océan Pacifique et la seule terre ferme que rencontre cette zone centrale est l’île de Ninofou, dans le groupe des îles Tonga. La durée de la totalité y sera de lm30s. La grandeur maxima de l’éclipse sera de 1,011, le diamètre du Soleil étant égal à l’unité. La durée la plus grande de la totalité, qui se produira en plein océan, sera de lm55s. Ce phénomène céleste sera peu observé, malgré les conditions météorologiques qui semblent très favorables, à cette époque de l’année, aux Iles Tonga.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le‘mois d’octobre, seront les suivantes :
- P. L. le 7, à 18h 56m l N. L. le 21, à 21h 48m
- D. Q. le 15, à 5 12 | P. Q. le 29, à 9 22
- Age de la Lune, le 1er octobre, à 24ü (minuit) =81,5; le 22 octobre, à 24h = 0.1,1. Si l’on veut connaître l’âge de la Lune à une autre date du mois, on ajoutera 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 22.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 14 = + 28° 22'; le 26 octobre = — 28° 22’.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 3 octobre, à 9h. Parallaxe = 54,6' . Distance = 405 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre)., le
- 19 octobre, à 8h. Parallaxe = ôO^'h Distance = 364 560 km.
- Apogée de la Lune, le 31 octobre, à 2h. Parallaxe = 54,12". Distance = 404 570 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 4, occultation de 74 Verseau (gr. 5,8). Immersion, à 23ll40m.
- Le 10, occultation de 65 Verseau (gr. 6,0). Émersion à 21117m.
- Le 30, occultation de 154 B. Capricorne (gr. 6,1). Immersion à 21L31m.
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- Eclipse de Lune. — Une éclipse partielle de Lune, visible à Paris, se produira le 7 octobre. Voici les heures des différentes phases :
- Entrée de la Lune dans la pénombre . 16h 41m, 4
- Lever de la Lune, à Paris............17 20
- Entrée dans l’ombre ................... 18 46, 2
- Milieu de l’éclipse.....................19 6, 6
- Sortie de l’ombre...................... 19 27, 3
- Sortie de la pénombre...................21 32, 0
- Grandeur de l’éclipse : 0,029, le diamètre de la Lune étant un (fig. 1 ).
- Le commencement et la fin de cette éclipse seront visibles en Asie, en Australie, dans l’Océan Indien, en Europe et en Afrique.
- Marées, Mascaret. —-Les marées les plus importantes du mois se produiront après la pleine Lune du 7 et surtout après la nouvelle Lune du 21. Voici, pour Brest, quelques-unes de ces marées :
- Dates Marées du matin. Marées du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Octobre 7 3h 43m 0,84 15h 57m 0,87
- — 8 4 12 0,90 16 26 0,91
- 9 4 40 0,92 16 55 0,92
- — 10 5 10 0,91 17 25 0,98
- — 11 5 40 0,85 17 54 0,81
- 20 -2 28 0,92 14 49 0,89
- — 21 3 10 1,04 15 29 1,07
- — 22 3 49 1,08 16 9 1,08
- — 23 4 28 1,07 16 47 1,04
- 24 5 5 0,99 17 24 0,93
- —. 25 5 44 0,87 18 2 0,80
- La grande valeur des marées, en octobre, entraînera la
- production du phénomène du mascaret. Voici l’heure d’arrivée
- de la « barre » dans quelques sites :
- Coefficient Arrivée du mascaret à
- Dates de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Octobre 21 1,04 6h 52m 7h 29m 7h 38m
- — 21 1,07 19 8 19 45 19 54
- 22 1,08 7 26 8 3 8 12
- — 22 1,08 19 44 20 21 20 30
- — 23 1,07 8 1 8 38 8 47
- — 23 1,04 20 19 20 56 21 7
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, renferme les données utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’octobre.
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,37 32",0 — 4,2
- — 8 0,34 34 ,4 — 4,2
- — 13 0,30 37 ,2 — 4,3
- — 18 0,26 40 ,4 — 4,3
- — 23 0,22 43 ,8 — 4,3
- — 28 0,17 47 ,6 — 4,3
- Mars devient observable dans de bonnes conditions,
- levant maintenant bien avant minuit. Le diamètre de cette planète atteindra 8 ' à la fin du mois, c’est-à-dire que les détails de la surface peuvent être observés dès à présent à l’aide d’instruments de moyenne puissance. Voici quelques données sur la présentation du globe de Mars en octobre :
- Angle de Lati- [Angle de
- Dates position tude Diam. Phase position Éclat
- de l’axe du de la s stellaire
- de Mars centre phase
- Octobre 1 er 3450 + 90,5 6",7 0",8 279° + 0,9
- — 11 [ 348° +11,4 7 ,1 0 ,8 281° + 0>8
- — 21 351° + 13,0 7 ,5 0 ,9 282° + 0,7
- Voici enhn les heures de quelques passages du méridien
- de la planète Mars en octobre: Dates. Passages.
- Dates.
- Passages.
- Octobre
- 1er
- 5
- 9
- 13
- 18h 27m 21 5
- 23 43 1 41
- Octobre 17
- — 21
- — 25
- — 29
- 411 19m 6 56 9 33 12 9
- Rappelons que le méridien zéro de Mars correspond à la Baie fourchue du Méridien ou Sinus Sabæus.
- Les observateurs de cette planète trouveront un remarquable planisphère de Mars dans le magnifique volume que vient de publier M. E.-M. Antoniadi, ouvrage qui est un exposé de nos connaissances les plus complètes sur cet astre voisin (').
- Saturne, dans le Sagittaire, est très bas sur l’horizon. Il se couche de bonne heure et on devra l’observer dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 13 octobre :
- Grand axe extérieur...................... 36",75
- Petit axe extérieur...................... + 16",22
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.............................+ 26° 117
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau. . . ........................ + 25° 10'
- On pourra observer Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations, dont voici la liste pour octobre :
- Mercure sera visible le matin au début du mois, sa plus grande élongation se produisant le 7 octobre, à 9h, à 17° 55' à l’Ouest du Soleil.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure en octobre :
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,31 8",0 + 0,4
- — 8 0,55 6 ,8 — 0,3
- — 13 0,74 6 ,0 — 0,7
- — 18 0,87 5 ,4 — 0,9
- — 23 0,94 5 ,0 — 1,9
- — 28 0,98 4 ,8 — 0,9
- Vénus est encore un peu visible le soir, mais elle va bientôt disparaître, perdue dans le rayonnement solaire. Elle atteindra son plus grand éclat le 24 octobre et son croissant aura alors l’aspect de la seconde figure du précédent « Bulletin astronomique ». Voici la phase et la grandeur stellaire de Vénus pendant ce mois :
- Dates. Élongation. Heure.
- Octobre 8 Occidentale 12h,0
- —• 16 Orientale 5 ,7
- — 24 Occidentale 11 ,9
- Uranus arrivera en opposition avec le Soleil le 7 octobre, à 9h. Il est donc observable toute la nuit. Voici quelques positions où l’on pourra le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre. Octobre 6 0h51m + 4° 39' 3",6
- — 16 0 49 + 4 30 3 ,6
- — 26 0 48 + 4 21 3 ,6
- Nous rappelons qu’Uranus est juste à la limite de visibilité à l’œil nu. On le suit aisément avec une jumelle.
- Neptune commence à se dégager du rayonnement solaire. On peut l’observer un peu le matin, avant l’aurore. Nous en reparlerons le mois prochain.
- 1. La Planète Mars (1659-1929), par E.-M. Antoniadi. Harmann et Cie, éditeurs, à Paris.
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- ASTRE Dates : Octobre Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 51 58m 11 h 3Sm58s 17 12 0 ni 121- 46“ — 4° 57 32' 3"6 Vier are
- Soleil . . . 16 6 13 11 36 23 17 0 13 23 — 8 43 32, 9, 6 Vierge , > )>
- 26 6 28 11 34 45 16 40 14 1 — 12 18 32, 14,4 Balance
- 6 4 17 10 35 • 16 53 11 41 .+ 3 25 7,2 8 Vierge
- Mercure . . 16 4 48 10 46 16 44 12 30 — 1 2 5,6 Vierge Le matin, du 1er au 12.
- 26 5 42 11 8 16 34 13 31 — 7 58 5,0 a Vierge
- N 6 10 22 14 23 18 25 15 29 — 23 59 33,4 Balance jun peu visible dans le crc-
- Vénus . . \ 16 10 23 14 10 17 58 15 56 — 26 5 9,0 TT Scorpion
- 26 10 8 13 48 17 28 16 14 — 27 11 46,0 T, Scorpion j pUSCU.1'3.
- \ 6 22 37 6 33 14 28 7 38 + 22 23 7,0 x Gémeaux
- Mars . . .' 16 22 24 6 15 . 14 6 8 0 + 21 40 7,4 Cancer Seconde partie de la nuit.
- 26 • 22 10 5 56 13 42 8 20 + 20 54 7,8 o Cancer
- Jupiter . . 16 21 47 5 40 13 33 7 25 + 21 59 36,6 o Gémeaux Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . 16 12 32 16 40 20 49 18 27 — 22 49 14,6 A Sagittaire Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus . . 16 16 38 23 1 5 24 0 49 + 4 30 3,6 189 P. Poissons Toute la nuit.
- Neptune 16 1 52 8 42 15 33 10 28 + 10 18 2,4 p Lion Le matin, avant l’aurore.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris
- Jupiter se lève de plus en plus tôt et peut être observé avec les plus petits instruments. Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 13 octobre, à 13h. Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates. Heure Satel- lite. Phéno mène. Dates Heure Satel- lite. Phéno- mène
- 1 lhl2“ II O. c. 19 231122“ III P. f.
- 1 3 44 II P. c. 20 5 2 I E. c.
- 1 3 53 II O. f. 20 22 55 IV O. c.
- 2 1 11 III Em. 21 0 40 IV O. f.
- 3 1 38 II Em. 21 2 24 I O. c.
- 4 5 3 IV O. c. 21 3 41 I P. c.
- 5 4 9 I O. c. 21 4 38 I O. f.
- 5 5 26 I P. c. 21 5 55 I P. f.
- 6 1 16 I E. c. 21 23 31 I E. c.
- 6 4 49 I Em. 22 3 4 I Em.
- 6 23 54 I P. c. 22 23 7 I O. f.
- 7 0 51 I O. f. 23 0 23 I P. f.
- 7 2 9 I P. f. 23 4 39 III E. c.
- 8 3 46 II O. c. 24 4 1 II E. c.
- 8 3 51 III E. f. 25 22 12 II O. c.
- 9 1 56 III Im. 26 0 43 II P. c.
- 9 5 15 III Em. 26 0 54 II O. f.
- 10 4 15 II Em. 26 3'29 II P. f.
- 13 1 18 IV Im. 26 23 56 III P. c.
- 13 3 9 I E. c. 27 3 14 III P. f.
- 13 3 53 IV Em. 27 22 37 II Em.
- 14 0 31 I O. c. 28 4 18 I 0. c.
- 14 1 48 I P. c. 28 5 33 I P. c.
- 14 2 45 I O. c. 29 1 24 I E. c.
- 14 4 3 I P. f. 29 4 56 I Em.
- 15 1 11 I Em. 29 22 46 I O. c.
- 16 0 41 . III E. c. 30 0 0 I P. c.
- 16 3 51 III E. f. 30 1 0 I O. f.
- 16 5 55 III Im. 30 2 15 I P. f.
- 17 1 26 II E. c. 30 23 24 I Em.
- 19 0 57 II P. I. !
- IV. Phenomenes divers. — Conjonctions :
- Le 7, à 18h, Uranus en conjonct. avec la Lune, à 0° 16' N.
- Le 15,
- Le 15,
- Le 18,
- Le 21,
- Le 22,
- Le 24,
- Le 27, à lh Le 29, à 9h
- à lh, Jupiter à 15h, Mars à 5h, Neptune à 2h, Mercure à 2h, Mercure à 15h, Vénus Saturne Mars
- à 5° 21' S.
- — à 4° 18' S.
- — à 3° 38' S.
- — à 1° 12' N.
- avec 0 Vierge, à 0° 1' S.
- la Lune, à 2° 23' S.
- — à 5° 31' N. avec Yj Cancer à 0° 7' S.
- Etoiles variables. — Les minima suivants de l’étoile variable Algol sont visibles à l’œil nu : le 3 octobre, à 3h 54m; le 6, à 0h 43“; le 8, à 21h 32“; le 11, à 18h 20“; le 26, à 2h 24“; le 28, à 2311 13“ ; le 31, à 20h 1“
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Nous donnons ci-après quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Heures. à 0h (T. U.)
- Octobre 8 Supérieur 0h 24“ 50s lh 3“ 368
- — 14 — 0 1 17 —
- — 14 — 23 57 21 —
- — 18 — 23 41 38 1 43 2
- — 28 — 23 2 20 2 22 27
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le
- 1er octobre à 21h ou le 15, à 20h, est le suivant :
- Au Nord : La Grande Ourse; la Petite Ourse ; Cephée;
- Cassiopée; le Cocher.
- Au Sud : Pégase; le Verseau; le Capricorne. Fomalhaut a du Poisson Austral, l’étoile de première grandeur la plus australe visible à Paris, est à l’horizon sud.
- A l’Est : Le Bélier ; Andromède. Les Pléiades se lèvent.
- A l’Ouest : La Lyre et l’Aigle; Hercule; le Bouvier; le Serpent, à l’horizon.
- Aucune étoile brillante ne marque le zénith.
- Em. Touchet.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
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- LA QUESTION DES VOITURES D’OCCASION EN FRANCE
- La fabrication des automobiles en grande série en France, en abaissant le prix de vente des voitures neuves, a rendu sans doute aussi beaucoup plus difficile la vente des automobiles d’occasion, et a complètement transformé les données de ce problème, beaucoup d’acheteurs préférant un modèle neuf garanti par le constructeur et du type le plus récent, si la différence de prix est relativement peu importante.
- Cependant, grâce au caractère « conservateur » du public français, on n’en est pas encore réduit chez nous comme aux Etats-Unis à mettre à la ferraille ou à jeter à la mer chaque année un nombre immense de voitures.
- L’automobiliste français garde sa voiture plus longtemps que l’acheteur américain, il la soigne mieux et, quand il veut s’en défaire, elle est souvent encore utilisable et susceptible de tenter des amateurs.
- Aussi y a-t-il chez nous un marché sérieux et important de la voiture d’occasion. Lorsqu’on veut une voiture utilitaire, il est indifférent d’avoir un modèle très récent qui ne diffère souvent du modèle précédent que par des détails de caractère esthétique ou de confort pratique, et qui ne présente pas, en réalité, de particularités mécaniques très distinctes.
- En général, l’acheteur d’un véhicule utilitaire d’occasion veut un véhicule robuste, bien entretenu, et pouvant encore permettre un long usage. La différence de prix est, dans ce cas, un facteur très important, étant donné qu’il s’agit uniquement d’un outil de travail, et non d’un objet de luxe et d’agrément. Les services rendus par une bonne voiture d’occasion peuvent être tout aussi efficaces que ceux d’une voiture neuve.
- Il y a également, pour la voiture de tourisme d’occasion, une clientèle certaine; en France car, malgré le coût relativement modique d’une voiture neuve, celui-ci est encore bien élevé pour toute la catégorie des Français, dits « moyens », dont les revenus n’ont pas été multipliés par le coefficient de dépréciation de la monnaie. Parmi eux nombreux sont les aspirants automobilistes qui se contenteraient d’une voiture d’ancien modèle, mais sûre, et dont l’achat ne grèverait pas trop leur modeste budget.
- Il existait jusqu’à présent, il faut bien le reconnaître, à l’encontre de la voiture d’occasion, une prévention générale, due, sans doute, aux conditions spéciales de leur marché qui était encore,.dans les grandes villes surtout, tout à fait différent de celui des voitures neuves. Autrefois, on était exposé, non seulement à payer un tel véhicule un prix beaucoup trop élevé proportionnellement à son âge et à ses caractéristiques, mais encore à subir mille déboires dus à des défauts ignorés de l’acheteur, et quelquefois du vendeur.
- De plus, lorsque la voiture d’occasion exigeait des réparations un peu importantes, il était souvent difficile d’obtenir des pièces de rechange s’il s’agissait d’un modèle un peu ancien.
- La construction des voitures en série, à cet égard, a transformé fort heureusement les conditions dans lesquelles s’effectuaient les transactions de ce genre.
- Elle a eu aussi pour effet de donner un cours nromal et régulier aux voitures revendues quand il s’agit de modèles de grande vente. Des commerçants sérieux, souvent les agents des grandes marques eux-mêmes, effectuent ces transactions.
- On peut aujourd’hui déterminer un cours pour chaque type de voitures, avec seulement une certaine variation suivant l’usure du châssis, de la carrosserie et des pneumatiques.
- Les risques d’achat d’une voiture d’occasion sont donc fortement diminués, et un particulier, même peu technicien, peut effectuer cet achat dans les meilleures conditions possibles.
- Etant donné une voiture d’un type déterminé, achetée à une date déterminée, ayant effectué un parcours donné, il existe maintenant des barèmes approximatifs permettant de fixer « a priori » entre quelles limites peut varier la valeur actuelle de cette voiture. De cette façon, le vendeur peut se décider à céder ou non son automobile à un moment quelconque, et l’acheteur éventuel connaît à l’avance le prix approximatif qu’il devra débourser pour un modèle connu. Le vendeur sait à l’avance qu’il subira une perte plus ou moins importante en cédant sa voiture usagée, mais il peut chiffrer à peu près cette perte sans risquer d’être induit en erreur par un commerçant peu consciencieux. Et l’acheteur, de son côté, ne doit pas compter obtenir pour un prix dérisoire une voiture récente en bon état capable encore d’un long service utile, mais il peut déterminer à l’avance le prix approximatif qu’il devra payer, et pourra ainsi discuter avec plus d’autorité avec le vendeur lui-même ou son représentant qualifié.
- Nous ne voudrions pas affirmer que le barème des cours des voitures d’occasion fût un guide absolument précis et infaillible. Ce qui importe surtout pour déterminer la valeur actuelle d’une voiture, c’est le type du châssis, le modèle de carrosserie, et la date de sortie de l’usine; mais il est évident que le degré général d’usure est un facteur essentiel et ne correspond malheureusement pas toujours à la durée de service du véhicule; une voiture ayant roulé constamment deux ou trois mois sans être entretenue, conduite-avec brutalité, et ayant effectué 200 à 300 kilomètres par jour, peut être beaucoup plus usée qu’une autre voiture qui a roulé deux ou trois ans, conduite par un propriétaire soigneux, n’effectuant qu’un parcours annuel de 4000 à 5000 kilomètres au maximum. A ce point de vue, il semble qu’on attache une importance beaucoup trop grande à la date de sortie de l’usine d’une voiture, et pas assez à son degré d’usure. C’est là une habitude professionnelle contre laquelle l’acheteur doit réagir.
- L’achat d’une voiture d’occasion a donc été très simplifié dans les conditions actuelles du marché, mais il est pourtant toujours indispensable d’effectuer un examen préalable des divers organes du châssis et de la carrosserie. Cet examen exige sans doute la possession de quelques connaissances théoriques et pratiques, mais on peut, le plus souvent, avoir recours à un parent ou à un ami possédant lui-même quelques connaissances théoriques ou pratiques pour effectuer cet examen.
- La meilleure garantie demeure toujours la bonne foi du vendeur. Il convient en tout cas de ne s’adresser qu’à un particulier connu ou pouvant donner des références, ou à un garagiste établi qu’on connaît déjà directement, ou par l’intermédiaire de personnes dignes de foi.
- Nous ne donnerons pas ici des indications détaillées sur-la manière dont on doit examiner les divers organes du châssis ; on peut, d’ailleurs, trouver des indications nombreuses à ce sujet dans la plupart des manuels d’automobiles. Indiquons seulement qu’il est peu rationnel d’acheter une voiture simplement parce que la carrosserie nous paraît confor-
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- table et élégante, mais, par contre, il ne faudrait pas vérifier uniquement l’état mécanique de la voiture, et négliger d’observer l’usure des pneus, l’état actuel de la caisse et des différentes parties de la carrosserie et de la garniture,*et même celui des accessoires, en particulier, et avant tout, le fonctionnement des accessoires électriques.
- LES PROGRÈS DES AUTOSTRADES
- A la suite de l’exemple donné par l’Italie, un certain nombre de nations étudient maintenant la possibilité de créer à leur tour des auto-routes.
- C’est ainsi qu’en Espagne il y a actuellement à l’étude un projet d’autostrade de Madrid à Carthagène par Murcie. Cette auto-route serait exécutée en même temps qu’une autre allant de Almacète à Alicante, et les deux voies seraient réunies par une route de raccordement.
- Un rapport officiel récent donne, d’autre part, des renseignements sur les routes existant déjà en Italie. Deux voies sont actuellement en plein trafic, ce sont : l’auto-route Milan-les Lacs, longue de 83 kilomètres, et dont l’établissement a coûté 70 millions de lires, et la voie Milan-Bergame, longue de 46 1cm 600, et dont le prix de revient a été de 54 millions. Une troisième auto-strade Naples-Pompéi va être terminée, et doit coûter 36 millions, et l’on étudie le projet d’une route Rome-Gênes-Milan-Venise. Enfin, un projet monstre international est également à l’étude; cette auto-route immense relierait, à travers la Suisse, l’Angleterre à l’Autriche et à l’Europe sud-orientale.
- LES APPAREILS ANTIVOL
- La majorité des automobiles sont, à l’heure actuelle, conduites par leurs propriétaires eux-mêmes, et ces derniers sont donc souvent obligés de les laisser en stationnement sans surveillance directe. L’utilité des systèmes anti-vol peut donc paraître de plus en plus grande, bien que, fort heureusement, le nombre des vols soit encore relativement réduit par rapport au nombre des voitures en circulation. Il faut donc voir peut-être dans cette faible proportion la raison de l’emploi encore peu développé des systèmes anti-vol.
- Sans doute, la plupart des propriétaires d’automobiles prennent la précaution de fermer soigneusement les portières de leur carrosserie à conduite intérieure, mais cette précaution est assez illusoire, puisque la clé servant à ouvrir ces portières est d’un modèle très simple, en général, et bien connu des voleurs d’automobiles; on peut remarquer, d’ailleurs, que ces derniers cherchent généralement à,s’emparer de voitures construites en grande série dont la revente est beaucoup plus facile.
- Il est également assez inutile d’enlever la clé de mise en marche du dispositif d’allumage, puisqu’on peut supprimer généralement l’effet de cette manoeuvre par une manœuvre compensatrice très simple effectuée sur l’appareil lui-même, par exemple l’enlèvement d’un fil de masse.
- Il faut pourtant remarquer que les voitures modernes comportent le plus souvent un dispositif d’allumage par bobine d’induction et batterie, et cette clé assure alors également l’envoi du courant à la bobine d’induction, ce qui rend beaucoup plus utile son emploi pour la mise en marche du moteur. Malheureusement, elle est presque toujours aussi d’un type fort simple, et reste identique pour tous les moteurs de voitures du même type. Le professionnel du vol d’automobiles peut donc se la procurer très facilement, et il y a
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- même certains modèles de voitures récents qui ne comportent pas cette clé d’allumage, mais simplement une manette placée sous le tableau de bord.
- Si l’on veut avoir une sécurité à peu près suffisante, il est donc indispensable d’employer un système anti-vol spécial, et ce système peut, d’ailleurs, être très simple, bien que l’on ait proposé un grand nombre de modèles divers, dont quelques-uns ont été déjà décrits dans nos chroniques.
- Le plus simple de ces dispositifs peut être mécanique, et comporter une chaîne métallique ordinaire garnie de caoutchouc ou une mâchoire robuste en acier, fixée très solidement à la carrosserie, et qui vient saisir et immobiliser le volant de direction. Un tel système ne peut être ouvert, en général, qu’à l’aide d’une clé de sûreté d’un modèle spécial et offrant donc toute sécurité.
- Il existe égalemeirt des attache-capot anti-vol de sûreté dont le blocage s’obtient au moyen d’un cadenas ou d’un système de fermeture à combinaison chiffrée. Nous avons même décrit un modèle dans lequel ce blocage était effectué à distance par un bouton de commande placé sur le tablier de bord. Ces petits accessoires sont également très sûrs, puisqu’ils rendent inviolables les organes essentiels de la voiture, et que l’on peut ainsi couper le circuit d’allumage avec plus de sécurité.
- A côté de ces appareils très simples et très robustes, il existe également d’autres appareils ingénieux dont le fonctionnement est électrique, et nous en avons décrit aussi quelques modèles différents. Sur les voitures à allumage par bobine d’induction et batterie d’accumulateurs, on peut, tout d’abord, prévoir un interrupteur général de sûreté coupant le circuit de la batterie à l’arrêt; cet interrupteur est dissimulé, autant que possible, .et empêche, ou du moins rend très difficile, la mise en marche du moteur. Il est également possible de prévoir un dispositif avertisseur anti-vol électrique actionnant un signal sonore dès que l’on veut mettre la voiture en marche.
- Il faut, d’ailleurs, signaler que l’on remarque beaucoup plus de vols d’accessoires séparés que de voitures complètes elles-mêmes, et les compagnies d’assurance contre le vol refusent, généralement, maintenant, d’assurer leurs clients contre les risques de ce genre. C’est pourquoi il est bon de préserver du vol, non seulement la voiture elle-même, mais encore les accessoires de valeur qui y sont attachés, et, en particulier, la roue de secours et la malle arrière. Nous avons montré également qu’il existait d’assez nombreux modèles de systèmes anti-vol destinés à protéger ces accessoires. Le fonctionnement des uns est basé sur des principes uniquement mécaniques et ils sont bloqués à l’aide d’un dispositif à clé de sûreté et à combinaison chiffrée; les principes des autres sont électriques et un avertisseur sonore est mis en action dès que l’on tente de détacher les accessoires de eur support.
- UN AVERTISSEUR PNEUMATIQUE
- La plupart des avertisseurs sonores employés actuellement sur les voitures automobiles fonctionnent à l’aide d’un système électrique, par exemple à l’aide d’un diaphragme vibrant par une action électromagnétique ou d’un petit moteur faisant vibrer mécaniquement une plaque métallique.
- On n’emploie actuellement presque plus d’appareils mécaniques, tels que les sirènes ou les klaxons à manivelle, mais il semble que les appareils à fonctionnement pneumatique
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- Fig. 1. — Avertisseur pneumatique, a) bouton de commande; b) éjecteur à prise de vide: c) l’appareil sonore.
- aient été négligés à tort. Ce sont en effet, en général, des systèmes d’un fonctionnement sûr, mis en action uniquement par le moteur, c’est-à-dire pouvant fonctionner, même si le réseau électrique est détérioré, et, de plus, produisant généralement un son clair et puissant.
- La fabrication de ces' appareils a heureusement été simplifiée dans de grandes proportions, de sorte que leur pose est aussi facile aujourd’hui que celle d’un essuie-glace à dépression ou d’un exhausteur.
- Un appareil de ce genre, assez récemment établi, semble présenter sur les modèles similaires des avantages pratiques très marqués; il comporte, d’ailleurs, trois organes distincts :
- 1° Un éjecteur à prise de vide;
- 2° Un bouton de commande de l’entrée d’air;
- 3° L’appareil sonore proprement dit.
- L’éjecteur est placé sur la tuyauterie d’échappement du moteur, et aussi près que possible de ce dernier; il agit sur la détente des gaz d’échappement et fournit la succion nécessaire à la bonne marche de la turbine au moyen d’une vis d’étranglement et d’un ajutage réglable; remarquons que ce système, bien que fonctionnant sur le même principe, n’est cependant pas comparable aux dispositifs ordinaires à dépression adaptés, généralement, sur le tuyau d’admission, et dont la succion varie suivant la position du « papillon » d’admission, c’est-à-dire suivant la vitesse de rotation du moteur. Ici la vitesse obtenue est constante quel que soit le régime du moteur, et l’appareil peut même fournir la dépression constante nécessaire à la marche de tout accessoire fonctionnant sur ce principe : tel qu’essuie-glace ou exhausteur (fig. 1).
- D’autre part, un bouton de commande placé sur le tableau de bord où, d’ailleurs, en tout autre endroit de la carrosserie, à portée de la main du conducteur, est relié à la turbine de l’appareil sonore par une tuyauterie appropriée. La manœuvre du bouton ouvre simplement une soupape de rentrée d’air, et le gaz peut ainsi; arriver au propulseur.
- L’appareil sonore proprement.dit est constitué extérieurement par une cloche ou carter dont la pai’tie inferieure vient se fixer sur un cornet métallique formant pavillon acoustique (fig. 1, c). À l’intérieur de la cloche, se trouvent le dispositif sonore comprenant un diaphragme métallique embouti et un disque de résonance, et, d’autre part, le moteur constitué par une turbine à ailettes. C’est ce moteur qui produit les sons à l’aide d’un diaphragme et de la. plaque de résonance mise en vibration par la turbine.
- Lorsque le moteur est en marche, et que les gaz d’échap-
- pement circulent dans la tuyauterie, l’éjecteur fonctionne et la turbine, à laquelle il est relié, se trouve ainsi sous l’influence permanente de la dépression. Si l’on appuie alors sur le bouton de commande, la soupape s’ouvre et l’air arrive à la turbine qui se met en marche. Cette turbine porte simplement à l’une des extrémités de son axe, unrochet de forme étudiée pour attaquer le diaphragme par l’intermédiaire d’une lamelle élastique, qui provoque un martel-lement analogue à celui produit par un vibreur électromagnétique.
- Le son produit par cet appareil est ainsi comparable à celui produit par un appareil électrique, tout en étant plus puissant. Le dispositif peut être monté, évidemment, sur tout véhicule ne comportant même pas d’installation électrique, et, grâce à son éjecteur, peut, en même temps, assurer une marche plus régulière des accessoires à dépression dont on connaît les inconvénients dans le cas ordinaire.
- UN RÉSERVOIR D’ESSEbCE DE SÉCURITÉ
- Nous avons déjà noté dans ces chroniques que les indications des appareils de contrôle d’essence étaient, en général, assez approximatives, et que l’automobiliste prudent devait, toutes les fois qu’il effectue un voyage assez long, se munir d’un bidon d’essence de secours en cas de panne d’essence. Il existe, pourtant, certaines voitures dans lesquelles un dispositif de sécurité est prévu dans le réservoir d’essence lui-même, mais ce système utile n’est pas encore employé d’une façon générale.
- Il nous paraît donc intéressant d’indiquer un modèle de bidon de dimensions réduites offrant toute sécurité, non seulement pour le transport, mais encore contre l’incendie.
- Ce réservoir de secours est de forme cylindrique et spécialement étudié pour que son remplissage s’effectue facilement aux pompes de distribution d’essence. D’autre part, son étanchéité est assurée par un bouchon à créneaux, permettant un serrage énergique au moyen d’un outil quelconque 2). -
- Sous le bouchon est fixé un raccord tubulaire qui se loge, pour le transport, à l’intérieur de la bouteille.- Ce raccord sert à la vidange de l’essence dans le réservoir; lorsque l’on veut utiliser la bouteille, il suffit, pour cela, d’ouvrir le bidon, de dévisser le raccord de son siège et de le fixer sur 1 orifice; la manœuvre est simple et l’écoulement de l’essence très rapide.
- Grâce à son faible encombrement (0 m. 41 de longueur et 0 m. 13 de diamètre), ce réservoir de secours peut être fixé sur le marchepied par deux courroies en cuir se logeant dans deux gouttières ménagées sur le corps de la bouteille ou pouvant même être placé dans un coffre ou sous une banquette.
- Fig. 2. — Réservoir d’essence de sécurité. L’appareil fermé et le raccord démonté.
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- UN GONFLEUR AUTOMATIQUE
- Malgré la faible pression de gonflage nécessaire dans les pneumatiques actuels type confort, il est cependant nécessaire
- Fig. 3. — Gonfleur automatique (à droite^ et son raccord à montage rapide (à gauche).
- de vérifier leur degré de pression à intervalles réguliers, et les fabricants de pneumatiques font observer avec raison que la devise : « Un coup de gonflage tous les quinze jours » doit être adoptée par l’automobiliste économe et soucieux de sa sécurité.
- Sans doute existe-t-il des gonfleurs électriques dans presque tous les garages, et, d’autre part, grâce à l’emploi des pneus à basse pression et des roues de secours, l’opération de gonflage sur la route est de moins en moins fréquente. Il n’en est pas moins certain qu’il est souvent utile d’avoir à sa disposition un système de gonflage sûr, rapide, et d’un fonctionnement automatique évitant cette fatigante manœuvre.
- Il existe un assez grand nombre de systèmes de ce genre, mais encore faut-il qu’ils soient simples, de faible encombrement, d’un prix modique, et surtout assurent le remplissage de la chambre à air par de l’air absolument pur, non vicié par les gaz du moteur. Un type d’accessoire de ce genre, de construction récente, est d’une forme très originale semblable extérieurement à celle d’une bougie. En le vissant simplement sur le cylindre à la place de cette dernière, il le transforme en une pompe à air puissante capable de gonfler en quelques instants un pneumatique de forte section, et l’air, introduit dans la chambre, est absolument sec, sans aucune odeur d’essence, ce qui démontre sa pureté (fig. 3).
- Le fonctionnement du gonfleur est, d’ailleurs, extrêmement simple; le piston du cylindre en descendant aspire de l’air par les orifices A (fig. 4). Ces orifices étant très grands, il n’y a pas de dépression dans le cylindre; c’est ce qui explique que l’essence ne soit pas aspirée, et que l’huile ne remonte pas. S’il n’en était pas ainsi, on risquerait alors d’envoyer des traces d’essence et d’huile mélangées avec l’air de gonflage.
- Quand le piston remonte, la plaquette B vient obstruer les orifices A, la bille C se soulève et laisse passer l’air par le tuyau D comme on le voit sur la coupe de la figure 4. La simplicité de l’appareil est donc très grande, et il n’y a ni ressort fragile, ni filtre pouvant s’encrasser.
- Cet accessoire est muni d’un raccord rapide avec tige centrale destinée à soulever l’obus de la valve, et contient, de plus, une tige en réserve, ce qui permet de l’adapter sur
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- es valves de nouveau ou d’ancien modèle; le dévissage du couvercle permet d’atteindre les tiges et de mettre en place celle qui convient au modèle de valve (fig. 5).
- Pour mettre l’appareil en action, on dévisse simplement la
- iMimimiimiinii
- Fig. 5. •—• L’appareil en action.
- Le gonfleur est vissé à la place d’une bougie.
- bougie du premier ou dernier cylindre, et l’on visse à sa place le gonfleur; on fait tourner le moteur à la plus faible vitesse possible; on adapte la valve sur un pneu, et on vérifie de temps en temps la pression obtenue; il faut simplement avoir soin de laisser la bougie enlevée reliée à la masse, afin de « soulager » la magnéto ou le dispositif d’allumage à bobine.
- UN OUTIL UNIVERSEL
- L’automobiliste amateur, très souvent aussi amateur de « camping », a souvent besoin d’avoir à sa disposition un outil multiple, permettant d’effectuer les petites réparations ou réglages de sa voiture, et, quelquefois aussi, d’ouvrir une boîte de conserve, de dénuder des fils électriques, de couper une branche d’arbre, etc. Il existe, sans doute, des trousses assez complètes, mais d’encombrement plus ou moins réduit; il est donc bon de signaler à ces amateurs un nouveau système d’outil multiple qui comprend dix outils en un seul, réalisé sous une forme particulièrement pratique.
- Cet outil a simplement la forme d’un couteau nickelé, et cette forme lui donne un aspect agréable et une grande solidité; on peut, d’ailleurs, le placer dans une gaine en peau.
- Il comprend une clé à molette, une lame de couteau en acier fondu, un poinçon en acier, un tire-bouchon, un tournevis pouvant ouvrir les boîtes de conserve et arracher les
- Fig. 6. — Le « Kou-To-Klè ».
- capsules des bidons d’huile, dénuder et décaper les fils électriques, remplacer la râpe à caoutchouc, servir de lime, et même tenir lieu de règle graduée pour des mesures jusqu’à 5 centimètres (fig. 6).
- Fig. 4. — Coupe du gonfleur.
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- UN AMORTISSEUR TUBULAIRE A DOUBLE ACTION
- Il y a, sans doute, une très grande variété d’amortisseurs; les uns sont simplement à friction, et les autres sont basés
- Fig. 7. — Amortisseur tubulaire à double action à friction et pression.
- sur un principe hydraulique, mais la plupart n’agissent que dans un sens.
- Il nous paraît donc intéressant de décrire un modèle
- adoucit'
- Fig. 9. — Réglage et étalonnage de l’amortisseur.
- récent se présentant sous l’aspect de tubes télescopiques, reliant l’essieu au châssis, fonctionnant à la fois par friction et par pression hydraulique, et à double effet (fîg. 7.)
- Le freinage dans les deux sens est obtenu par la pression d’une douille de coton serrée fortement sur un piston coulissant P par l’intermédiaire d’un manchon élastique tubulaire M en acier trempé (fig. 8).
- Le système frottant est logé à l’intérieur d’un tube réservoir R rempli d’une graisse graphitée ou talquée, de bonne qualité, les articulations de l’amortisseur sont d’un type à rotule avec ressort de pression extérieure.
- Le fonctionnement de l’appareil est extrêmement simple, comme le montre la figure 8.
- Le manchon élastique M est disposé entre deux butées coniques C1 et C2 , sollicitées constamment l’une vers l’autre par la pression du tube réservoir R vissé dans le tube bouchon B, et lesdites butées sont engagées entre le manchon élastique H et le tube réservoir R, à la manière de coins, pour permettre de régler la pression exercée par le manchon sur la tige.
- Le tube plongeur ou tige creuse P plonge dans le tube réservoir rempli d’une graisse spéciale qui sert à lubrifier les parties flottantes, une bille Y formant valve de retenue se trouve à l’extrémité de la tige creuse pour empêcher le retour du lubrifiant vers le réservoir.
- Le système peut être facilement réglé de façon à augmenter ou à diminuer l’influence de l’amortissement en dévissant une petite vis d’arrêt F placée sur le côté de l’amortisseur, un peu au-dessous du capuchon, et en tournant d’un ou plusieurs crans le bouchon moletté pour durcir ou adoucir le freinage (fig. 9).
- Ces opérations de réglage peuvent, d’ailleurs, être faites, l’amortisseur étant en place, ou après démontage et, dans ce dernier cas, on peut vérifier le tarage de l’amortisseur en appuyant celui-ci sur le plateau d’une bascule.
- Un réglage définitif ne peut 8. Coupe
- être effectué, d’ailleurs, que lors- de 1 amortisseur-
- que l’amortisseur est déjà rodé,
- et ce résultat est obtenu au bout de 1000 kilomètres environ.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Avertisseur pneumatique. Caltem Stentor, 29, rue Vallier, Leval-lois-Perret.
- Réservoir de sécurité. Société Magondeaux, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, Paris (17e).
- Outil universel. Ken-To-Klé, 23, rue Kléber, Levallois-Perret.
- Amortisseur à double action. Béchereau, 24, rue de Sablonville, Neuilly-sur-Seine.
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- CHRONIQUE
- Nouveaux records pour hydravions.
- Le lieutenant de vaisseau Paris s’est attaqué les 16 et 17 juillet dernier aux records de durée et de distance avec 500 kg de charge, pour hydravions.
- Ces records ont été portés au cours du vol à 31 h. 01 min. 31 sec. et 4200 km 836.
- L’appareil utilisé est le monoplan Latécoère 28 équipé en hydravion ; le Latécoère 28 devient ainsi détenteur de 11 records du monde pour hydravions.
- Record du monde de durée avec ravitaillement en vol.
- Le 12 juin dernier, les aviateurs américains John et Kenett Hunter prenaient le départ sur un appareil Stinson-Detroi-ter, le « City of Chicago » équipé d’un moteur Wright Whirl-wind.
- Après 225 ravitaillements en vol, ils atterrissaient le 4 juillet, ayant tenu l’air 553 heures 40 minutes, soit plus de 23 jours.
- Le précédent record appartenait à Jackson et O’Brien, et s’élevait à 420 heures.
- L’équipage ravitailleur était formé de Walter et Albert Hunter, les frères des précédents; leur sœur, Irène, préparait, au vol, les vivres destinés aux aviateurs.
- C’est une panne classique, la rupture d’une canalisation d’essence, qui mit fin au vol. Le moteur ne donnait encore aucun signe de fatigue, aucune avarie de cellule, n’avait inquiété les aviateurs.
- La distance parcourue au cours du vol est voisine de 70 000 km. Il est difficile d’imaginer une automobile couvrant cette distance sans nécessiter la plus minime visite du moteur !
- Belle performance sportive, ce record montre surtout ce que peut attendre l’aviation de la mise au point parfaite d’un matériel.
- Avion de chasse Panstwowe.
- Le problème de l’avion de chasse est encore loin d’avoir trouvé une solution définitive : le compromis nécessaire entre les bonnes vitesses de vol, d’atterrissage et de montée, et les qualités d’acrobatie, a conduit à des appareils de possibilités militaires très discutables, appareils d’ailleurs souvent dangereux.
- Conçu pour attaquer par l’avant, en piquant sur un ennemi volant à plus faible altitude, le monoplace de chasse actuel possède une visibilité à peu près nulle vers l’avant, il atterrit en aveugle.
- Recherchant une amélioration de la visibilité vers l’avant, les usines de l’Etat polonais viennent de créer un appareil de conception ingénieuse et de belle construction, le monoplan métallique Panstwowe P.Z.L.l.
- Les ailes de cet appareil sont trapézoïdales et à extrémités légèrement arrondies.
- Fixées à la partie supérieure du fuselage, elles sont haubanées par deux paires de mâts obliques; entre le fuselage et l’attache des mâts, l’aile se relève rapidement, pour ne garder qu’un dièdre léger au delà de ce point.
- Le profil de l’aile est variable le long de l’envergure, il atteint son maximum d’épaisseur au droit des points d’attache des mâts.
- D’AVIATION
- Cette forme permet à l’aile de ne masquer que le minimum d’espace : le dos du fuselage est dégagé devant le poste de pilotage, la faible épaisseur à l’encastrement dégage les vues latérales vers l’avant, l’ensemble du plan est vu par le pilote sous sa plus faible épaisseur.
- La structure de l’aile comporte deux longerons de duralumin en I ; des nervures en treillis de profilés et des nervures intermédiaires soutiennent la tôle de duralumin ondulée formant revêtement. Le haubanage de traînée est composé par des poutres en treillis qui assurent la rigidité de l’aile dans son plan.
- Le fuselage est de section rectangulaire, profilée au-dessus et au-dessous par des carénages amovibles (ce qui permet la vérification facile de la structure et des commandes) ; il porte un empennage classique, entièrement métallique, à volets de profondeur compensés.
- Le poste du pilote, placé immédiatement derrière l’aile,
- Fig. 1. — Avion de chasse Panstwowe
- dans une large échancrure de celle-ci, est bien aménagé ; il comporte en particulier un siège facilement réglable en hauteur.
- L’appareil est muni d’un moteur Hispano-Suiza de 600 ch (12 cylindres en Y) tournant à 2100 t-m; il emporte normalement deux heures d’essence.
- Le train d’atterrissage, sans essieu, est profilé en tôle d’électron; il est muni d’amortisseurs oléo-pneumatiques, la voie du train est voisine de 2 m 30.
- Les caractéristiques du P.Z.L.l sont les suivantes :
- Envergure..................10,85 m
- "Longueur................... 7 m.
- Surface portante..............19,5 m2
- Poids vide.................... 1065 kg
- Poids normal en vol .... 1560 kg
- Vitesse maximum au sol . . 300 km-h
- Montée à 5000 m ..... . 8 minutes
- Plafond...................... 8000 m
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- : LIVRES NOUVEAUX
- Nageons, par G. DE Villepion, 1 vol. in-16, fig. Bernard Grasset, Paris, 1930. Prix : 15 francs.-
- Nos lecteurs connaissent déjà M. de Villepion; ils savent l’œuvre de propagande et d’enseignement par l’exemple qu’il a réalisée sur nos côtes et notamment à Cannes et à Saint-Jean-de-Luz, en y créant le club des « Canards et Dauphins », après avoir parcouru le monde entier et appris tous les nages. Il est un des professeurs, des entraîneurs les plus réputés d’aujourd’hui et il a su, dans ce livre, comme dans ses articles de La Nature, être enthousiaste et convaincre ses lecteurs qu’il faut nager, bien nager, mieux nager, en leur expliquant clairement ce qu’il faut faire.
- Les veneurs du Nivernais. Autrefois et aujourd’hui, par le Comte de Marcy. 1 vol. in-4° de 165 pages et 65 illustrations photographiques. Emile Nourry, éditeur, 62, rue des Ecoles, Paris. Prix : 125 fr.
- Tous les veneurs de la Nièvre, de 1830 à 1929, défilent dans ces pages emplies d’anecdotes savoureuses. On y trouve en outre 600 noms d’associés, d’invités ou de personnalités ayant suivi ces chasses.
- La chasse à courre, Guide de l’Invité, par le Comte Henry de Vibraye. Bel album in-4°, oblong de 48 pages de texte et de 34 illustrations dont 20 compositions hors texte tirées en sanguine. Emile Nourry, éditeur, 62, rue des Ecoles, Paris. Prix : 150 fr.
- Cette charmante et luxueuse publication fera la joie des bibliophiles et sera épuisée avec une grande rapidité. Les adorables sépias du Baron Karl Reille, dont vingt de pleine page, en font une véritable œuvre d’art.
- Nos chiens, races, dressage, élevage, hygiène, maladies, par P. Mégnin, 5e édition, 1 vol in-16, 424 p., 164 flg. Bibliothèque des connaissances utiles. J.-B. Baillière et Fils, Paris, 1930. Prix : 15 fr.
- Voici un aperçu des matières traitées dans ce volume :
- Les chiens de garde et d’utilité et leur dressage : chiens de berger; chiens de guerre; chiens de trait. Les chiens de chasse : chiens courants français; chiens courants anglais; chiens courants bassets; dressage de chiens courants. Les chiens d’arrêt : chiens d’arrêt français; chiens d’arrêt anglais, chiens d’arrêt bassets; dressage du chien d’arrêt; les ûeld-trials. Les terriers et les fox-terriers; la chasse sous terre; les combats de chiens; les courses de fox-terriers; les concours de chiens ratiers. Les chiens d’agrément : les lévriers; le coursing. Les chiens d’appartement : les loulous; la toilette des chiens. Le dressage du chien de cirque. L’hygiène des chenils et l’hygiène des chiens. Les maladies des chiens. C’est un excellent guide pour les amateurs de chiens.
- Les plus belles fanfares de chasse, transcrites et revues par M. Boursier de la Roche, précédées d’une étude sur les Cornures par Jean des Airelles, et d’une introduction historique et bibliographique par le Commandant G. de Marolles,
- 1 vol., in-4, 90 p., 97 p-. de musique. Emile Nourry, Paris, 1930. Prix : 75 fr.
- Ce choix de fanfares est précédé d’une étude suri es Cornures par Jean des Airelles, et d’une introduction historique sur la trompe et les fanfares par le Commandant G. de Marolles, Président de la Fédération des Trompes de chasse. On y a joint en outre une bibliographie de tous les ouvrages de chasses contenant des fanfares, ainsi que de toutes les méthodes de trompe parues depuis l’origine jusqu’à 1930. C’est une véritable encyclopédie de tout ce qu’il faut connaître de la musique de chasse. Elle est d’ailleurs illustrée d’un beau frontispice de Oudry, de deux portraits de Dampierre, de toute la série des vignettes du Traité des Cornures d’Hardouin de Fontaine-Guérin, et de toute la suite des figures illustrant les Fanfares de Dampierre. On y trouve toutes les fanfares de Dampierre revues sur l’original.
- Zootechnie générale : élevage et exploitation des bovidés et des chevaux, par P. Diffloth, 5° édition,
- 1 vol. in-16, 388 p., 139 fig. Encyclopédie agricole. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1930. Prix : 18 fr.
- Bien qu’une étroite et précieuse corrélation unisse les modes d’exploitation de chacun des groupes domestiques : chevaux, bovidés, moutons, chèvres ou porcs, il n’en existe pas moins des caractères spéciaux propres à l’élevage de chaque groupe.
- On trouvera dans ce volume tout ce qui concerne l’élevage et l’exploitation des bovidés et des chevaux : 1° production des jeunes élèves; méthode de reproduction, sélection des reproducteurs, accouplement, gestation, parturition, sélection des produits, allaitement et sevrage;
- 2 elevage des jeunes; 3° hygiène et maladies; 4° méthodes d’exploitation entre lesquelles le cultivateur aura à choisir; production de la viande et pratique de l’engraissement, production du lait, choix des eme les laitières, traite, influence de l’alimentation sur la sécrétion ac ee, production du travail, dressage, harnachement, etc., en s’appuyant sur les conditions du milieu, la connaissance des débouchés et les aptitudes personnelles.
- OÙ en est l’agronomie, par P. Diffloth. 1 vol., in-8, 209 p., 53 fig. Collection des mises au point », Gauthier-Villars , Paris, 1930. Prix : 25 fr.
- Bien que l’agriculture soit par essence traditionnelle, les nouveautés n y manquent pas, qu’on peut mettre au point : stérilisation des sols, lutte entre les protozoaires et les microbes; engrais nouveaux, catalytiques, radioactifs; tracteurs et machines; lutte contre les maladies cryptogamiques, les insectes; sélection des céréales, des betteraves; influence de l’électricité; moyens de conservation des récoltes; électrification des campagnes; néocultures. L’auteur montre excellemment cette pénétration des données scientifiques dans les pratiques agricoles qui constitue le progrès.
- Le calcul du béton armé à la portée de tous, par
- L. Siméon, 1 vol., 320 pages, illustré, 1 atlas de 45 abaques avec une règle transparente. H. Vial, éditeur, Dourdan. Prix : 125 fr.
- L’auteur résume les notions de résistance des matériaux nécessaires au calcul des pièces solides, rappelle comment se fait la mise en œuvre-du béton armé, puis il explique le mode d’emploi des abaques qu’il a établis pour permettre le calcul rapide des pièces en béton le plus souvent employées dans les constructions, abaques réunis par feuilles détachées dans un atlas. Ces abaques, d’emploi facile, permettent de-calculer les épaisseurs, les sections, l’acier, les charges, les effets, les-moments résistants, le taux de travail de hourdis, de poutres, de poteaux, de semelles, les dimensions de réservoirs, les murs de soutènement. Dans une troisième partie, l’auteur réunit les renseignements nécessaires à l’établissement d’un avant-projet, puis d’un projet de bâtiment industriel. Cet utile ouvrage permettra à ses lecteurs de déterminer rapidement tous les éléments d’un ouvrage sans avoir à recourir à des calculs ardus.
- Décoration fixe de l’architecture, t. III du Rapport général de l’Exposition des Arts décoratifs. 1 vol. in-4, 113 p., 96 p. hors texte, en noir et en couleurs. Larousse, Paris, 1929. Prix : 100 fr.
- Ce volume est l’indispensable complément du Tome II, Architecture, précédemment paru.
- La construction moderne en béton armé donne une importance nouvelle au décor de revêtement qui égaie l’uniformité des surfaces continues; elle a renouvelé les industries du marbre, du stuc, de la céramique, de la mosaïque; elle a fait naître une grande variété de matériaux artificiels séduisants et riches d’aspect; elle a conduit à pilonner le béton en ornements moulés : elle a enfin ouvert de larges espaces aux chatoiements lumineux des vitraux. L’exposition des diverses classes de la décoration fixe de l’architecture a été l’une des plus caractéristiques de la manifestation de 1925. Ce volume analyse les progrès accomplis par la technique et expose les principes sur lesquels l’architecte, l’artisan, l’artiste doivent tomber d’accord. Le commentaire des statistiques met en lumière la prospérité croissante de ces diverses industries dans notre pays. Enfin un grand nombre de magnifiques reproductions en héliogravure çà et là rehaussées d’aquarelle, permettent d’étudier à loisir les modèles les plus admirés à l’Exposition de 1925.
- GloZet, par le Dr A. Morlet. 1 vol. in-8, 299 p., 437 fig. Des— grandchamps, éditeur, 23, rue Boissonade, Paris, 1929. Prix : 60 fr.
- Tout le monde connaît le rôle capital joué par l’auteur dans la découverte et les fouilles du célèbre gisement et les polémiques ardentes-qui s’ensuivirent. Voici une véritable iconographie des découvertes, aux multiples photographies remarquablement reproduites, accompagnées d’un texte explicatif simple et clair, décrivant les objets et les commentant rapidement selon les conceptions de l’auteur. Le livre-présente successivement le terrain de fouilles, la fosse ovalaire, la céramique avec vitrifications, les instruments en pierres éclatées et polies, l’industrie osseuse, le travail de l’argile, les empreintes, les-poteries, les idoles, l’écriture, les tombes, l’art animalier, les sculptures en ronde bosse et découpées, les décorations d’armes et d’outils, les-figurations humaines, les motifs d’ornementation, la forme et les ossements humains, une esquisse de la civilisation que ces découvertes, révèlent. C’est un recueil complet de documents qui servira de base à tous les jugements.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- TRAVAUX PUBLICS
- L’île d’Oléron reliée au continent.
- La partie côtière du département de la Charente-Inférieure entre La Rochelle et Rochefort et les îles qui lui font vis-à-vis : Ré et Oléron, constituent encore en ce moment un coin de France fort mal desservi en routes, bateaux et chemins de fer, bien qu’il soit au point de vue touristique très riche en souvenirs historiques et en glorieux vestiges d’un passé extrêmement brillant et belliqueux. On comprend dès lors que cet état de choses ne soit pas pour donner de la vie à maintes localités. Certaines même s’éteignent lentement, telle Brouage dont le long canal à la mer s’envase de plus en plus et les remparts, depuis longtemps démunis de leurs canons, tombent en ruine ; seule la vieille route construite jadis sur une chaussée au milieu des marais et qui serpentait à loisir pour maintenir les assaillants sous le feu des canons de la place et des frégates embossées dans le port, étale toujours ses replis compliqués.
- Toute la région de Marennes, Le Chapus, La Tremblade est desservie par deux embranchements de chemin de fer de l’Etat se raccordant l’un à Rochefort, l’autre à Saujon aux lignes Bordeaux-Nantes et Bordeaux-Paris. Les rares trains qui s’y aventurent marchent avec une sage lenteur et l’on met environ deux heures pour faire les quelque 40 kilomètres qui séparent Rochefort du Chapus et dans quel matériel ! Quant aux îles, elles représentent vraiment le bout du monde, car il faut moins de temps pour aller bien installé de Paris à Nice que pour se rendre de Paris à Saint-Pierre d’Oléron par un voyage plutôt fatigant, deux changements de train, une traversée d’une demi-heure environ sur un vapeur... usagé et trois quarts d’heure de «cahotage» dans un autobus... assez inconfortable.
- Le Conseil général de la Charente-Inférieure s’est une fois de plus préoccupé de cette pénible situation qui condamne à la stagnation, par conséquent à la mort lente, une région qui possède, comme il a été dit, les ressources nécessaires à un développement touristique intéressant, ainsi qu’un commerce très actif, alimenté par la pêche, la culture des huîtres et les industries laitières. Il vient donc de donner un avis favorable à un ensemble de travaux destinés à relier l’île d’Oléron au continent. Il s’agirait notamment d’un viaduc avec pont continu, long de 2850 m, entre la pointe de Chapus et celle de la jetée d’Ors, franchissant ainsi les trois passes qu’empruntent les bateaux; si la première de ces passes n’est fréquentée que par de modestes embarcations, la seconde est sillonnée par des bateaux dont la mâture peut atteindre 12 m au-dessus de la mer; la troisième passe, la plus proche de l’île, a une profondeur d’eau de 5 à 6 m et porte des navires dont la mâture~îrise jusqu’à 35 m de hauteur.
- Ce viaduc devrait donc s’élever jusqu’à 36 m et présenter 3 grands arcs dont le deniier n’aurait pas moins de 200 à 2 50 m afin de -permettre aux voiliers de passer librement. L’ouvrage enfin imposerait des arcs de grande ouverture afin que les piles en béton soient assez espacées pour ne pas offrir aux courants des obstacles sur lesquels le sable s’accumulerait et obstruerait peu à peu chenaux et parcs à huîtres voisins. Au sommet, la voie nouvelle mesurerait 7 m 50 de large et la longueur totale des ponts ne dépasserait pas le quart de celle de tout l’ouvrage.
- Il y a, en effet, entre les pointes du Chapus et d’Ors une sorte de jetée sous-marine, un banc rocheux particulièrement favorable à l’établissement de ce viaduc. Le vieux fort du Chapus qui élève dans la passe sa silhouette trapue et pitto-
- resque, est même presque accessible à pied sec aux fortes marées basses; la seule difficulté technique réside donc dans le franchissement de la passe d’Ors, où le courant, très violent en direction du pertuis de Maumusson, impose une arche à grande portée, mais le viaduc de Plougastel récemment édifié montre que le béton armé présente des ressources qui permettent largement de résoudre ce problème. On estime la dépense à une centaine de millions de francs dont la moitié pourrait être amortie par les péages.
- Si 1 on considère qu’en dépit des conditions précaires des communications actuelles, le trafic annuel entre l’île d’Oléron et le continent se chiffre pour l’instant à 230 000 voyageurs, 12 000 véhicules de toutes sortes, 4000 têtes de bétail et 74 000 tonnes de marchandises qui, grâce aux péages, laisseraient annuellement dans la caisse d’exploitation quelque trois millions de francs, on devine quel intérêt le viaduc représenterait étant donné qu’aujourd’hui, du Chapus au château d Oléron, il n’y a que quatre services de bateaux dans la journée et que le voyageur perd, au minimum, une heure à la traversée; encore ce minimum n’est-il que rarement atteint puisque les passages dépendent des heures des marées et que les automobiles, par exemple, ne peuvent passer que deux fois par jour sur le plus grand des vapeurs qui n’en peut embarquer que 4 ou 5 à chaque voyage.
- Il n’est pas douteux que la construction de ce viaduc donnerait à^ l’île et à la région de Marennes un notable développement. Evidemment la dépense est forte et peut-être s’en tien-dra-t-on à cette variante moins onéreuse d’un viaduc relativement bas comportant un ou deux transbordeurs, qui franchiraient les passes. Quel que soit le projet qu’adopteront les organismes intéressés, on peut toutefois dire que, dans un temps relativement proche, la plus vaste des îles métropolitaines (la Corse exceptée) sera reliée par la route au rivage français.
- M. Bousquet.
- Un mode de transport en commun.
- Le 29 juin dernier, vers 15 heures, par un temps de beau soleil, j’ai été frappé par la marche lente et mal assurée d’un insecte qui sortait d’une bordure de buis et s’apprêtait à traverser une allée de jardin.
- En l’examinant de plus près, j’ai remarqué qu’il était entouré par un véritable anneau d’acariens, de coloration plus ou moins ochracée, qui se plaçait sur le thorax et débordait un peu sur l’abdomen. Cet anneau, large et épais, gênait les mouvements des pattes et empêchait ceux des ailes. J’ai recueilli l’insecte : c’était le Nécrophore fossoyeur (Necro-phorus vespillo). L’animal étant placé dans l’alcool, en vue d’un examen ultérieur, les acariens ont abandonné immédiatement leur support; j’ai pu ainsi les dénombrer : j’ai trouvé le nombre fantastique de 132 individus (sur des Bousiers, j’avais trouvé jusqu’à quatre acariens, jamais plus). Leur étude a montré que ce sont des nymphes d’acariens désignées sous le nom général de Gamasus coleoptratorum et sans doute les nymphes de l’adulte Gamasus furcatus.
- Il aurait été intéressant de connaître après quelles péripéties ce nécrophore s’était ainsi laissé charger, et aussi de savoir comment il se serait délesté. Nous n’avons pas là, en effet, un cas de parasitisme ou de commensalisme, mais un mode de dissémination d’une espèce d’acariens dont l’habitat normal est dans la mousse et sous les pierres.
- . M. Sire.
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- PETITES INVENTIONS
- INDUSTRIE FRIGORIFIQUE
- Un accumulateur régulateur de froid.
- Dans toutes les industries frigorifiques, en particulier dans celles d’alimentation, où l’entrée et la sortie des denrées détermine une irrégularité de température dans les chambres froides, on maintient difficilement la température et l’état hygrométrique constants. Dans les procédés à détente directe, en particulier, la production du froid étant suspendue dès l’arrêt de là machine, le volant de froid est fourni par les denrées elles-mêmes et à leur détriment, car la condensation de l’humidité en excès a lieu sur leur partie superficielle. On réalise un volant de froid, dans les procédés basés sur la circulation de saumure en faisant intervenir un réservoir de saumure à grande capacité; mais alors le prix en devient prohibitif dans les petites et moyennes industries.
- Les thermostats parviennent à parer à ces inconvénients; ils en ont cependant un autre qui est d’imposer au groupe
- Fig. 1. — Accumulateur régulateur de roicl.
- Chambre dàir permettant la dilatation de la glace \
- Bouchon de remplissage'
- Enveloppe de l'accumulateur
- Liquide
- congelable
- Entrée» de la saumure (ou "détente directe)
- Fig. 2. — Coupe schématique de l’appareil.
- Le liquide congelable est constitué par de l’eau à laquelle on ajoute de la glycérine qui abaisse son point de congélation. Ainsi dans une installation fonctionnant à — 10° à l’évapora-teur et 0° dans la chambre froide, la température de congélation dans les accumulateurs sera de — 5°.
- Si on doit maintenir simplement un état hygrométrique déterminé, on prendra, comme point de congélation la température du point de rosée.
- Dans quelques bateaux de pêche récemment équipés avec ces appareils, le poisson est maintenu à la température de — 15° dans les cales pendant toute la durée de la pêche (3 semaines) en utilisant une circulation de saumure à — 25°, à l’intérieur des tubes à ailettes, le point de congélation du mélange dans l’accumulateur étant de —17°,5.
- Les accumulateurs de froid peuvent d’ailleurs intervenir dans toutes les installations frigorifiques, quelles qu’elles soient. Ils permettent la marche des compresseurs pendant la nuit, alors que le courant électrique est fourni à un prix très modéré et leur arrêt pendant le jour. Ils résolvent également le problème des transports par camions ou par wagons, puisqu’il suffira de « charger » ces accumulateurs avant le départ pour permettre la restitution du froid pendant toute la durée du transport.
- Le progrès, on le voit, est considérable.
- Constructeur : P. Tbibaud, 78, rue de Maistre à Paris.
- frigorifique des arrêts et des reprises souvent rapprochés qui se traduisent par une marche journalière élevée des appareils.
- Une solution nouvelle a été imaginée par deux ingénieurs, MM. Favier et Thibaud qui utilisent des accumulateurs de froid associés à la canalisation dans les chambres froides.
- Cette canalisation est constituée par des tubes à ailettes alternant, dans un groupe réfrigérant, avec les accumulateurs (%• !)•
- Ces derniers comportent une longueur variable de tubes à ailettes dans lesquels circule la saumure, en même temps que dans toute la canalisation, ou bien s’effectue la détente dans les systèmes à détente directe.
- Ils sont entourés d’un manchon cylindrique contenant un liquide congelable.
- Pendant le fonctionnement de la machine, la glace se forme autour des ailettes (fig. 2) dont l’écartement a été calculé en conséquence..
- A l’arrêt, la glace produite fond lentement en restituant à la canalisation le froid qu’elle lui a emprunté pour produire la congélation. Une chambre d’air permet la dilatation pendant la formation de la glace.
- OBJETS UTILES Pince à sucre.
- Cette pince d’une seule pièce est combinée de manière que la pression exercée sur les deux oreilles de la tête a pour effet d’écarter les branches de la pince dans un plan perpendiculaire à celui de l’effort appliqué. Ainsi, on peut donc agir sur une
- pince en appuyant Fi^ 3- “ pince à sucre'
- le pouce sur l’oreille supérieure, et les deux branches s’écarteront dans un plan horizontal, ce qui permettra de saisir très commodément le morceau de sucre. Il se maintient sans qu’on appuie sur la pince.
- Constructeur : Postei, 6, boulevard des Italiens, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la vision droite (n° 2835).
- M. Prins, explorateur, ancien membre de la mission Gentil au Tchad, écrit à l’auteur, M. Viaud :
- « Les objets de notre champ visuel, dites-vous, portent des « étiquettes » qui sont ce que nous savons d’eux, et leur position réciproque dépend de ces « savoirs ».
- « En effet, combien de fois, au milieu des peuplades les plus primitives de l’Afrique centrale, Haut-Oubangui par exemple, n’ai-je pas constaté avec quelles difficultés un noir intelligent, il y en a beaucoup, arrivait à adapter sa vision « ignorante » à la compréhension d'une photographie d’objet ou d’être pourtant très connus de lui !
- “ Rien n’était plus singulier que de le voir retourner dans tous les sens son propre portrait, par exemple, avant d’avoir à peu près saisi ce qu’il représentait, mais jamais dans la position verticale !
- « Un de mes noirs, entre autres, d’une intelligence très vive pourtant, mit plusieurs années à accoutumer sa vision des photographies à la verticale absolue, en ce qui concernait les figures humaines exclusivement; quant aux paysages il fallut complètement y renoncer.
- a Toutes ces peuplades sont friandes de miroirs; ne croyez pas que la contemplation de leur « beau physique » fût le mobile de cette passion, bien peu arrivaient à « apprendre » à se voir, et les miroirs servaient surtout à orner les colliers, les ceintures ou les coiffures, au choix. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Garnotel, à Evreux. — La formule suivante vous permettra de préparer une encre pour stylos Blue-black analogue aux encres courantes :
- lro solution :
- Acide gallique........................'.......... 6 grammes
- Tanin................................................. 20 grammes
- Eau chaude....................................... 750 cent, cubes
- 2° solution :
- Gomme arabique ....................................... 10 grammes
- Acide phénique ..................................... 0,5 grammes
- Sulfate ferreux....................................... 12 grammes
- Chlorure ferrique à 10 pour 100....................... 6 —
- Carmin d’indigo .................................... 10 —
- Eau chaude....................................... 200 cent, cubes
- Après dissolution complète des éléments, mélanger les deux liquides; laisser reposer une quinzaine de jours, filtrer sur coton pour séparer les impuretés, mettre en flacons bien bouchés.
- Bibliothèque des Officiers de Bayonne. — 1° La mixture suivante qui correspond à la plupart des préparations commerciales vous permettra d’entretenir à peu de frais vos carrosseries d'autos :
- Huile de vaseline..................................... 150 grammes
- Essence de pétrole..................................... 850 —
- 2° De même, pour l’imperméabilisation des bâches employer :
- Paraffine ............................................ 70 grammes
- Blanc de baleine........................................ 20 —
- Vaseline ............................................... 50 —
- Benzine ........................................... 300 cent, cubes
- Après dissolution complète ajouter :
- Essence d’automobile .............................. 450 cent, cubes
- Appliquer au moyen d’une brosse un peu dure de façon à bien faire pénétrer, sur l’étoffe par ailemenl sèche. Opérer de préférence le jour, au dehors, en prenant toutes précautions utiles afin d’éviter l’inflammation de l'essence.
- M. Combescot, à Paris. — Les manuels qui suivent vous permettront de vous mettre au courant des questions de maçonnerie : manuel de maçonnerie, par Cabriac; manuel du cimentier, par Marcel Chanson; édités par la Librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- IVl. Bechetoille, à Lyon. —Les gommes exotiques, par suite des conditions peu-scientifiques de leur récolte, sont rarement homogènes et proviennent souvent d’espèces différentes (voir La Nature, n° 2825, page 96). D’autre part, les exsudations sont d’âges divers; il en résulte qu’il n’y a aucune relation entre la viscosité des solutions réalisées et leur richesse en gomme. Dans un même lot, deux morceaux pris côte à côte donnent rarement des mucilages ayant mêmes qualités; l’expé rience seule peut donner au praticien une habilité lui permettant de préjuger des résultats.
- Mêmes observations seraient à faire avec les léïogommes dont la constitution est toujours très variable, suivant que les transformations successives de l’amidon en dextrine et glucose sont plus ou moins avancées.
- IVl. P., à Chartres. — Les bouillottes restant très longtemps chaudes,
- dont vous parlez, sont simplement remplies au moyen d’une solution obtenue en faisant dissoudre 1300 grammes d’acétate de soude cristallisé du commerce dans un litre d’eau bouillante, — on emplit de suite la bouillotte, puis on la ferme, — il suffit lorsque Ton veut s’en servir de plonger le tout dans l’eau à l’ébullition jusqu’à mise en équilibre de température; la bouillotte ayant ainsi fait sa provision de calories mettra plusieurs heures à les restituer en fournissant une douce chaleur.
- (VI. Duflos-Dupuich, à Vitry-en-Artois. — L’immersion des ustensiles d’aluminium dans l’eau contenant du carbonate de soude, dissout de l’aluminium qui se transforme en aluminate dessoude.
- Ce sel reste dans l’eau de lavage et si l’objet^est bien essuyé avec un torchon sec, il ne retient que des quantités infinitésimales du sel, sans qu’il puisse en résulter aucun danger pour les personnes qui feront usage des dits ustensiles.
- IVl. Henri Daletà Toulouse.—'Pour éclaircir la teinte des meubles en chêne qui se sont foncés avec le temps, il faut commencer par les dévernir ou les décirer au moyen de l’eau seconde des peintres (soude caustique à 5° Baumé), après quoi on rince et laisse sécher.
- On applique alors avec une éponge une solution obtenue en faisant dissoudre 15 à 20 grammes d’acide oxalique dans un litre d’eau chaude (ne pas se servir d’un vase métallique, mais d’un récipient en porcelaine, grès ou bois).
- Laisser sécher à nouveau quelques heures afin que l’action réductrice de l’acide oxalique soit plus profonde, puis laver à l’eau tiède, ce qui donnera finalement un bois éclairci et rajeuni.
- Bibliothèque d’Alger. — Vous pouvez prendre comme type de a levure chimique » la composition suivante :
- Amidon de riz.................................. 700 grammes
- Bicarbonate de soude ..........»............... 120 —
- Acide tartrique pulvérisé...................... 90 —
- On laisse sécher à l’air et isolément chacun des éléments constitutifs, puis, après les avoir mélangés, on tamise et enferme dans des boîtes ou flacons bien hermétiques.
- Pour l’emploi, ajouter environ 70 grammes de la préparation par kilogramme de farine à faire lever. Au contact de l’eau ajoutée pour former la pâte, l’acide tartrique se dissout et décompose le bicarbonate, en libérant de l’acide carbonique, lequel produit un effet analogue à celui de l’acide carbonique provenant de la fermentation par la levure vraie (Saccharomyces cerevisæ).
- IVl. de la Boulaye, à Martenet. — Notre article paru dans le n° 2786, page 526, ayant pour titre « De quel liquide se sert-on dans les ozoniseurs », ainsi que l’article qui lui fait suite dans le même numéro b Comment désodoriser l’intérieur d’un buffet » contiennent toutes indications utiles sur la désodorisation par le formol.
- IVl. G. Tardy, à Pleterje. — Le traitement que vous avez fait pour débarrasser votre tissu des moisissures qu’il portait est parfaitement judicieux. Vous pouvez continuer à l’appliquer sans aucune crainte, l’eau oxygénée légèrement ammoniacale étant sans danger pour la fibre, si vous prenez soin de bien rincer à la fin de l’opération.
- Mlle Bernède, à Bordeaux. — 1° Nous n’avons pas encore eu en mains l’article Fairy Damarsk dont vous parlez et ne pouvon
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- par conséquent vous donner d’appréciation sur ses qualités; le mieux serait de demander au journal américain dont vous avez reçu l’exemplaire, où vous pourriez vous procurer un échantillon de cette étofïe; nous nous ferons un plaisir de l’examiner ultérieurement.
- 2° Les produits destinés à fixer les cheveux appartiennent à deux catégories bien distinctes, les brillantines concrètes et les mucilages : Comme type de la première catégorie vous pouvez prendre :
- Huile de vaseline blanche '...................... 90 grammes
- Paraffine ou cérésine............................ 10 —
- Parfum au choix.
- Et comme type de la seconde
- Pépins de coings................................. 200 grammes
- Eau distillée tiède ............................. 200 cent, cubes
- Laisser digérer au bain-marie, en couvrant pour éviter l’évaporation, pendant quatre à cinq heures, passer à travers une mousseline et ajouter l’essence parfumée choisie, dissoute dans quelques centimètres cubes d’alcool à 95°. Bien mélanger après addition d’une dizaine de gouttes de formol du commerce pour assurer la conservation.
- IVllle Horiot, à Luxeuil. — L’étain étant insoluble à froid dans l’acide sulfurique étendu, il vous sera facile de débarrasser votre récipient du calcaire qui le recouvre, en le frottant légèrement avec un tampon imprégné d’une solution^d’acide sulfurique à 10 pour 100 environ.
- N. B. — Avoir soin de verser l’acide dans l’eau et ne pas faire le contraire. Bien rincer l’objet après le traitement.
- M. Bour, à Paris.— C’est évidemment la toile caoutchoutée qui vous donnera les meilleurs résultats pour la confection des sacs protecteurs de votre équipement touristique.
- Les tissus huilés se détériorent facilement et manquent rapidement d’imperméabilité dans les parties pliées; en outre, ils deviennent poisseux, qui est fort désagréable.
- Vous trouverez, du reste, pensons-nous, chez les fournisseurs d’articles de sport, des enveloppes toutes préparées pour l’usage que vous avez en vue.
- IV1. Leurquin, à Avesnes. — Nous avons répondu à votre question dans le n°2829 du 15 mars 1930, page 287; veuillez bien vous y reporter.
- M. Bonnaïrs, à Patras. — 1° Les lames des accumulateurs modernes sont en plomb antimonié plus dur que le plomb seul, elles sont creusées d’alvéoles de formes variées dans lequels on introduit une pâte d’oxyde de plomb et d’eau acidulée.
- Pour obtenir une bonne adhérence, la condition essentielle est de laisser séjourner quelques minutes les plaques dans un mélange com-posé de :
- Acide nitrique.......................................... 50 grammes
- Acide sulfurique...................................... 10 —
- Eau ordinaire ......................................... 850 grammes
- Il suffit ensuite de délayer soit la litharge PbO pour les plaques négatives, soit le minium Pb504 pour les plaques positives dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique de manière à former une pâte épaisse que l’on comprime et laisse bien sécher; puis on procède aux charges et décharges successives qui mettront l’appareil en mesure de remplir au mieux son office.
- 2° Pour multiplier les espèces de champignons recueillis à l’étal sauvage, on en répartit les débris à la surface de meules composées d’un mélange de fumier de cheval et de sable calcaire.
- Cette multiplication doit se faire en cave dont la température sera voisine de 10°C : ainsi on pourra obtenir avec certitude des résultats, que les spores proviennent de simples filaments fructifères ramifiés ou non, toujours indépendants les uns des autres, ou que ces spores naissent d’une couche de cellules organisées en faux tissu désigné sous le nom d'hyménium.
- N. . B. — Généralement les matières nutritives contenues dans les fumiers sus-indiqués sont largement suffisantes sans qu’il soit nécessaire d’envisager l’intervention d’engrais, la fermentation de l’urée, en présence du carbonate de chaux, donnant de l’ammoniaque en abondance; on doit du reste se rappeler que les champignons vivant en saprophytes utilisent une grande partie des matières organiques, soit telles quelles, soit très faiblement dissociées.
- N. B. — Le service du blanc de champignon à l’Institut Pasteur fournit à la fois la semence du Tricholoma nudum, vulgairement Pied-bleu et la manière de le cultiver comme le champignon de couche.
- M. Fayard, à Paris. — A notre avis le meilleur moyen de rebou-
- cher les trous d’aiguilles dans la confection de vos vêtements imper méables serait de vous servir de la dissolution commerciale de caoutchouc pour réparation de pneus, que vous auriez soin d’étendre d’une quantité convenable de benzine.
- IVI. Serre, à Narbonne. — 1° Le réactif classique des nitrates
- se compose de :
- Diphénylamine .................................... 1 gramme
- Eau distillée .................................... 25 grammes
- Acide sulfurique pur à 66° B ..................... 75 —
- Une goutte de ce réactif mise sur une soucoupe en présence d’une goutte d’un liquide contenant un nitrate produit une coloration bleue 2° Le carmin alunê s’obtient en prenant :
- Cochenille pulvérisée............................. 10 grammes
- Alun.............................................. 2,5 •—
- Crème de tartre .................................. 150 —
- On porte l’eau à l’ébullition ; on ajoute la cochenille et au bout de cinq à six minutes l’alun et la crème de tartre; on laisse refroidir doucement et filtre le liquide qui doit être d’un rouge brillant.
- 3° Par acidité volatile d’un vin, on entend la quantité d’acide susceptible de se volatiliser à la température de 100°C (pratiquement température d’un bain-marie). Pour évaluer cette acidité on détermine successivement l’acidité totale d’un volume de vin, 10 cc3 par exemple, puis l’acidité fixe de ce même volume après évaporation au bain-marie la différence représente les acides disparus.
- On exprime généralement cette acidité en acide acétique, elle permet de se rendre compte si un vin est piqué.
- L. B., au Croisic. — 1° Vous trouverez du crêpe pour chaussures aux adresses suivantes : Machair et Bouckley, Rubber Industrie, 44 quai de Jemmapes; Bonnol Him, 52, place Saint-Charles.
- 2° Les bouillottes susceptibles d’emmagasiner de la chaleur sont simplement des récipients métalliques remplis d’une dissolution concentrée obtenue en faisant dissoudre 15 kg d’acétate de soude du commerce dans 11 litres d’eau bouillante; une fois ainsi préparée, la bouillotte peut servir indéfiniment, car, une fois refroidie, il suffit de la plonge? dans l’eau chaude pour "lui faire absorber une nouvelle charge de calories qu’elle restituera peu à peu.
- M. Faucheux, à Versailles. — Le brou de noix qui sert à teinter les bois n’a rien de commun avec les noix; on l’obtient en faisant bouillir pendant une dizaine de minutes un mélange de :
- Terre de Cassel................................ 50 grammes
- Carbonate de potasse........................... 50 —
- Eau de pluie................................... 1000 cent, cubes
- C’est en réalité une solution alcaline de produits liumiques, il résulte de cette constatation que le meilleur moyen pour faire disparaître les taches produites par le brou de noix soit sur les mains, soit sur le linge est un lavage dans l’eau alcalinisée par un peu de soude caustique (potassium des peintres).
- Bien que ce traitement suffise habituellement, s’il restait une teinte jaunâtre on la ferait disparaître au moyen d’une solution d’hydrosulfite de soude à 10 pour 100 additionnée de 5 pour 100 d’acide acétique
- IVI. L., à Bron. — La chloropicrine qui déjà est liquide peut s’employer soit par vaporisation directe en la chauffant légèrement en dessous de 150°C (au-dessus de cette température elle déflagrerait), soit plus commodément par pulvérisation d’une solution à 5 ou 10 pour 100 dans l’alcool à brûler de manière à réaliser la dose de 5 à 10 grammes par mètre cube d’air.
- Bien entendu, toutes ouvertures de la pièce doivent être calfeutrées par des bandes de papier collées.
- La meilleure disposition consiste à placer le pulvérisateur en dehors de la pièce et à faire arriver le nuage dans le local à désinfecter par un trou fait dans la porte.
- Pour tous renseignements complémentaires s’adresser à M. le professeur Gabriel Bertrand, Institut Pasteur, lequel a particulièrement étudié l’emploi de la chloropicrine pour la destruction des punaises (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1er septembre 1929).
- IVI. Breasson, à Montbrison. — Le plus simple pour faire réparer votre appareil photographique serait de le renvoyer au constructeui dont le nom ou la marque doit figurer sur la monture. Sans indications sous cette forme, vous pouvez vous adresser de notre part à la maison R. Crespy, service des réparations, 5, rue Nicolas-Flamel (4e), qui est spécialisée dans ce genre de travail et rend de grands services aux amateurs de photographie.
- 99-/07. —
- Le Gérant : G. Masson.
- Paris, lmp. Lahure. — 1-9-1930.
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- Paraît le Ier et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI’ (T{. C Seine : tS.2^4) Tél. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 iT"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*1), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0’), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n'1 j Un an.....................
- .—.......-..» —..... ( Six mois...........................
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- Un an........... . . .
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.j, San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- N°2841
- LA NATURE
- 15 Septembre 1930
- L’EXPOSITION DE T. S. F.
- Chaque année, Vexposition de T. S. F. offre au public un moyen de constater les progrès accomplis par la radio-technique. U exposition de 1930 qui va s'ouvrir prochainement, et qui réunira des exposants français et étrangers aura une importance particulière. L'industrie radioélectrique qui a débuté par les applications purement militaires ou industrielles a pris un développement que l'on peut, sans exagérer, qualifier de formidable, depuis qu'est née la radiodiffusion.
- Il n'est pas inutile de rappeler que celle-ci a été créée sur
- l initiative des simples ama,teurs <( sans-filistes )), si nombreux parmi les lecteurs de La Na ture.
- A l'occasion dé l'exposition de T. S. F., nous avons cru intéressant de consacrer la majeure partie du présent numéro à la radioréception. Nous nous sommes limités ci présenter ici quelques aspects actuels de la question intéressant surtout les amateurs. L'étude complète de tous les problèmes qu elle soulève aujourd'hui exigerait un gros volume.
- LES HAUT-PARLEURS D’AMATEURS
- DÉFINITION
- Un haut-parleur est un transformateur d’énergie, qui transforme des courants alternatifs à fréquence musicale en ondes sonores d’une intensité assez forte pour être perçues à distance. C’est donc un traducteur de courants électriques comme un écouteur téléphonique, et ce n’est d’ailleurs qu’un écouteur téléphonique puissant, plus ou moins modifié.
- Il y a fort longtemps qu’on utilise des cornets acoustiques pour diriger la voix humaine dans une direction déterminée; le père jésuite Kircher montre par exemple dans un livre paru en 1650 comment on peut faire entendre la parole à grande distance à l’aide d’un pavillon acoustique très long curieusement ondulé et dont l’extrémité... est même munie d’un écran acoustique (le « baffle » moderne sans doute !) ; dès le xvme siècle, les marins utilisaient des porte-voix pour la transmission des ordres.
- Aussi, dès l’invention du téléphone, chercha-t-on à construire des récepteurs puissants et à les adapter à des cornets acoustiques, de façon à obtenir une audition à distance.
- Cependant les sons produits par ces dispositifs étaient généralement assez désagréables, et surtout on ne pouvait alors produire des courants musicaux assez intenses et assez fidèles pour obtenir des résultats intéressants au point de vue acoustique. Les applications pratiques du haut-par-
- Diffuseun de
- Organe vibrant
- Producteur de courants Moteur Amplificateur g Fréquence musicale
- Fig. 1.
- Les différents organes du haut-parleur électrique.
- leur, avant l’apparition de la radiophonie, se réduisaient à l’équipement de quelques transmetteurs d’ordres, microphones à grand débit munis d’une large plaque vibrante associée à un pavillon. Depuis lors, le haut-parleur a évolué ; on ne peut dire que des inventions profondément originales soient intervenues pour le faire progresser : tous les appareils modernes recourent pour les transformations électro-sonores à des dispositifs connus en principe depuis l’invention du téléphone. Mais des perfectionnements de détail et une étude attentive ont abouti à une mise au point presque parfaite.
- L’IMPORTANCE ACTUELLE DES HAUT-PARLEURS ET LEUR CONSTITUTION
- Aujourd’hui le haut-parleur est l’organe essentiel de tout poste destiné à recevoir des émissions radiotélé-phoniques diffusées. Ce qui importe, en effet, avant tout, à l’auditeur, c’est d’entendre une reproduction agréable et fidèle, puissante au besoin.
- A quoi bon posséder un poste électriquement parfait, et naturellement assez coûteux, si pour une raison quelconque le haut-parleur qui lui est accouplé déforme désagréablement l’audition ou est incapable de recevoir les courants issus du poste?
- Le montage électrique du poste n’est plus aujourd’hui
- Fig.2. - Fréquences caractéristiques de la voir, humaine.
- A) Courbe montrant la répartition de l’énergie suivant les fréquences. B) Importance relative des diverses fréquences pour la compréhension de la parole.
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- 242
- Oscillateur à fréquence musicale
- Amplificateur
- Résistance de contro/e
- V x \ mesure
- Thermocouple et appareil de mesure
- Amplificateur
- Fig. «3. — Comment on étudie un haut-parleur au laboratoire.
- que le serviteur du haut-parleur et doit être calculé en fonction de ce dernier.
- Il en est de même pour des applications nouvelles de la radiotechnique, comme le phonographe électrique ou le cinéma parlant, où le haut-parleur, de principe identique à ceux des postes de T. S. F., doit donner des auditions parfaites au point de vue acoustique, sous peine de reqdre la représentation insupportable.
- 'Dans l’un et l’autre cas, le producteur de courants électriques de fréquences musicales (radio-récepteur ou traducteur phonographique par exemple) transmet les oscillations à un amplificateur à lampes à vide, ce dernier, à son tour, fait agir les courants ainsi amplifiés sur le moteur du haut-parleur qui transforme les oscillations électriques en oscillations mécaniques d’un organe vibrant. Puis cet organe vibrant, en transmettant son mouvement à une pièce d’un dispositif acoustique, le diffuseur de sons, provoque la formation d’ondes sonores dans la masse d’air environnante et les sons correspondants aux courants musicaux primitifs peuvent ainsi parvenir aux oreilles d’auditeurs plus ou moins éloignés (fi g. 1).
- En principe, un haut-parleur paraît donc un appareil assez simple ne comportant que deux ou trois éléments : un moteur, un organe vibrant et un diffuseur de sons, mais sa construction est extrêmement délicate et pose desproblèmes acoustiques, électriques et mécaniques multiples lorsqu’on veut obtenirune reproduction fidèle, même d’intensité moyenne.
- L’étude complète des haut - parleurs exigerait sans doute un volume entier, nous nous bornerons donc ici à donner des indications sommaires, mais précises, sur les haut-parleurs d’amateurs, radiophoniques ou phonographiques, en nous limitant aux appareils aujourd’hui classiques qui effectuent la
- transformation des courants électriques en ondes sonores par des combinaisons électromagnétiques ou électrodynamiques.
- QUELQUES IDÉES FAUSSES TROP RÉPANDUES
- Beaucoup d’amateurs attribuent à leur haut-parleur des vertus amplificatrices dont il est complètement dépourvu; un haut-parleur n'est pas un amplificateur, c'est uniquement un transformateur d'énergie.
- C’est même un transformateur dont le rendement est extrêmement faible, et il faut d’ailleurs, en général, qu’il en soit ainsi pour que l’appareil soit fidèle.
- Henri Poincaré a montré dès 1906 que, dans les récepteurs téléphoniques du type ordinaire, le rendement acoustique et la netteté de la restitution devaient varier en sens inverses l’un de l’autre.
- En 1915, Kennelly et Taylor publièrent des résultats de mesures de rendement acoustique, et montrèrent que, pour des récepteurs à membranes ordinaires, le rendement est de l’ordre de un pour mille au maximum. On voit, dans ces conditions, combien il est vain de parler du rendement (?) d’un haut-parleur.
- Il y a pourtant sans doute des haut-parleurs plus ou moins sensibles; le rendement varie en même temps que l’amplitude des vibrations possibles de la membrane, et il est d’autant plus grand que cette dernière est plus légère et moins amortie (mais à condition que l’amortissement soit encore assez grand pour empêcher les vibrations propres de la membrane).
- Ce qu’il faut avant tout, c’est que ce rendement demeure constant sur toute la gamme des fréquences musicales ; si l’on constate pour une fréquence déterminée une augmentation très nette, c’est qu’il y a pour cette fréquence une vibration propre du système, qui provoquera une déformation complète de l’audition.
- Ne croyez pas non plus que le haut-parleur, même de qualité supérieure, mais choisi au hasard, ait le pouvoir de corriger les défauts d’un radiorécepteur ou d’un amplificateur phonographique mal étudié.
- Le haut-parleur, en réalité, doit être regardé comme un miroir qui décéléra aussi bien les défauts que les qualités des appareils de transformation qui le précèdent.
- Pour obtenir de bons résultats acoustiques, il faut un bon appareil radioélectrique, un excellent haut-parleur, et aussi une adaptation judicieuse du haut-parleur à l’appareil; ce dernier point, qui n’est pas le moins important, est trop souvent négligé par les amateurs et même par les constructeurs professionnels.
- Il convient, d’ailleurs, de ne pas considérer seulement le volume sonore de l’audition fournie par un haut-parleur, mais surtout la pureté et le naturel des sons. Une condition essentielle d’une bonne audition est de ne pas exagérer inutilement l’intensité de l’amplification musicale finale.
- On a l’habitude, depuis quelque temps, et avec raison de dire « qu’une bonne audition ne commence qu’au delà de 80 volts », c’est-à-dire qu’on ne peut obtenir des auditions vraiment musicales qu’à condition d’employer des lampes de puissance avec une tension plaque dépassant 80 volts.
- Mais il faudrait, à notre avis, compléter cet adage
- Fig. 4. — Courbes de réponse.
- En haul: Haut-parleur idéal. Au-dessous: Courbe d’un excellent haut-parleur électrodynamique.
- On mesure aujourd’hui en décibels les rapports de deux intensités sonores. Ici on compare pour chaque fréquence l’intensité du son initial à celle du son émis par le haut-parleur. Le nombre de décibels est égal à 20 fois le logarithme vulgaire de cerap-port. Le décibel est la plus petite variation d’intensité sonore perceptible par une oreille moyenne.
- Fréquences
- Fréquences
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- par celui-ci : « Une bonne audition n’est jamais une audition trop intense. »
- NOTIONS ET ILLUSIONS D’ACOUSTIQUE SE RAPPORTANT A L’ÉTUDE DES HAUT-PARLEURS
- Nous ne reviendrons pas ici sur les caractéristiques de la gamme des sons musicaux, en général. On sait que les fréquences musicales fondamentales s’étendent environ entre 80 et 4200 périodes-seconde. Mais, pour conserver aux sons leurs timbres caractéristiques, il faut ajouter au moins les premiers harmoniques. La gamme totale s’étendrait donc jusque vers 10 000 périodes au minimum, en fait, elle peut être réduite du côté des fréquences élevées, parce que l’audition des notes aiguës est, en général, fort désagréable pour l’oreille, mais il ne faut pas descendre au-dessous de la fréquence 6000 environ.
- Malgré les apparences, le problème de la réception et de la reproduction de la parole est beaucoup plus facile
- à résoudre que celui de la reproduction fidèle de la musique.
- S’il paraît plus difficile au premier abord, c’est que «l’auditeur moyen » distingue assez bien les défauts de la reproduction de la voix tandis que son oreille est généralement plus indulgente pour les imperfections de la musique.
- Dans les transmissions téléphoniques commerciales sur fil, on a pu réduire l’intervalle des fréquences transmises à la bande très étroite 500-2500 périodes-seconde sans gêner pratiquement la compréhension et il faut abaisser la limite supérieure des fréquences élevées jusque vers 1500 périodes pour que les défauts deviennent gênants.
- On peut montrer, d’ailleurs, qu’un degré très marqué de déformation peut être toléré dans une conversation ordinaire. Même si certaines syllabes isolées deviennent incompréhensibles, le reste de la phrase permet, par un réflexe inconscient de l’auditeur, une reconstitution suffisante.
- En radiophonie ou en phonographie, il ne suffit pas pourtant d’obtenir une audition intelligible, mais on exige une audition agréable et artistique, conservant le timbre particulier de la voix de chaque acteur.
- La gamme des fréquences à considérer, dans ces conditions, dépend d’une part de la langue employée, d’autre part de l’exécutant lui-même, de son sexe, et évidemment de son timbre de voix particulier. Une audition absolument parfaite dans tous les cas exigerait un intervalle
- Membrane vibrante Bobinage / Encastrement
- . Partie incurvée
- Zone
- bombée
- (Aimant permanent
- frfens amplificateur
- Fig. 5. — Le moteur du haut-parleur électromagnétique primitif.
- (Récepteur téléphonique).
- a) Principe de l’appareil; b) forme irrégulière (exagérée par le
- dessin), présentée par la membrane pendant le fonctionnement.
- 100-10000 périodes-seconde, mais l’abaissement de la limite supérieure jusque vers la fréquence 5000 a seulement une influence assez peu marquée sur le « naturel » de la voix, et surtout sur certaines syllabes « sifflantes ».
- Les courbes de la figure 2, établies d’après les travaux des techniciens américains, montrent pour la voix humaine la répartition de l’énergie sonore entre les différentes fréquences, le maximum est sur les fréquences graves de l’ordre de 130 à 150 périodes par seconde. Sur la même figure on distingue les fréquences les plus importantes pour la compréhension de la parole.
- Les fréquences fondamentales de la voix de l’homme sont de l’ordre de 128 périodes-seconde alors que celles de la voix de la femme sont de l’ordre de 256 périodes-sec. La gamme 3000-6000 périodes-sec. chez l’homme correspond approximativement à la gamme 5000-8000 chez la femme.
- L’oreille est moins sensible à cette dernière gamme, comme on le sait; de plus, l’intensité mise en jeu est plus faible, on conçoit ainsi que le problème soit plus difficile à résoudre, ce qui explique pourquoi, en général, les voix aiguës de femme enregistrées sur disques ou transmises par radiophonie sont assez désagréables à entendre en haut-parleur.
- Le timbre et la caractéristique musicale paraissent associés aux fréquences fonda- Fig. 7. — Haut-parleur électromagnétique mentales de la Saidana.
- voix et à leurs L’armature vibrante comporte deux lamelles métalliques rectangulaires de nature et d’épais-premiers narmo- geur différentes disposées en croix,
- niques; au contraire, si l’on élimine les fréquences aiguës,on constate une autre transformation. L’audition devient sifflante et ce sont d’abord les sons tels que /, the (en anglais), z, s qui sont déformés.
- Les « courbes d’audibilité » pu-
- Fig.6. - Haut-parleur électromagnétique.
- Modification simple du moteur téléphonique primitif. La membrane plate circulaire est remplacée par une anche rectangulaire de faible surface et assez rigide. (Modèle Idéal Point Bleu.)
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- bliées clans notre dernier article (n° du 1er juillet 1930) montrent qu’il faut augmenter l’énergie agissante dans des proportions très grandes, pour obtenir la reproduction des notes basses et des notes aiguës.
- Il résulte donc de tout ceci cjue le domaine compris entre 120 et 6000 périodes-sec. suffit pour obtenir une bonne audition de la parole; mais il est particulièrement difficile de réaliser un haut-parleur sensible aux notes basses et aux notes aiguës. N’importe quel modèle médiocre peut permettre d’obtenir une audition compréhensible, mais pour obtenir une audition artistique, le problème est plus délicat. Il est encore plus agréable sans doute pour notre oreille d’entendre un haut-parleur reproduisant uniquement les notes basses et moyennes,que seulement les notes moyennes et aiguës.
- La plupart des constructeurs ont, d’ailleurs, constaté cette jiarticularité, et c’est pourquoi nous pouvons trouver maintenant des modèles dans lesquels les notes graves sont hypertrophiées, et, au contraire, -les notes aiguës atrophiées, ce qui n’est certes pas une qualité, du moins pour les oreilles un peu musiciennes !
- D’ailleurs, la reproduction de la voix doit être effectuée correctement, non seulement en hauteur, mais encore en intensité. Si l’intensité de l’audition est trop grande, il se produit un phénomène très curieux dû à ce que le tympan trop tendu ne peut plus vibrer pour des fréquences élevées. L’auditeur entend alors fort bien les notes graves très intenses, mais ne peut entendre en même temps les notes aiguës, même si elles sont réellement reproduites, d'où déformation apparente.
- C’est là une nouvelle raison pour ne pas amplifier outre mesure le « volume sonore », et ce phénomène déjà connu empiriquement depuis longtemps augmente encore la difficulté de construction des haut-parleurs puissants, par exemple, du type électrodynamique qui produisent alors des sons de « tonneau » si désagréables.
- D’autre part, un autre phénomène, découvert assez récemment par les ingénieurs américains des laboratoires Bell facilite, au contraire, l’établissement d’un haut-parleur satisfaisant « l’auditeur moyen ». Il y a des cas, en effet, où nous croyons entendre des notes graves d’une fréquence déterminée alors que nous n’entendons nullement ces notes, en réalité, mais bien leurs harmoniques,
- évidemment plus aigus. Cela est dû à certaines particularités de l’oreille et à sa propriété de suppléer à la note fonda-' mentale trop faible lorsque les harmoniques pairs et impairs sont entendus avec une intensité suffisante.
- Si, par exemple, nous entendons des notes de fréquences 300 et 450, nous croyons entendre la note grave fondamentale de fréquence 150.
- Nous pouvons constater, enfin, un autre phénomène très curieux: c’est l’accommodation de l’oreille pour une certaine gamme de fréquences restreinte, et son peu de sensibilité au bout d’un certain temps pour un genre de déformations, en quelque sorte, constant. Certains amateurs, possédant depuis longtemps un poste récepteur, ou un phonographe électrique et un haut-parleur déterminés, s’habituent peu à peu aux défauts de ces appareils. Cette accoutumance est telle que lorsqu’ils entendent un autre haut-parleur, même beaucoup plus perfectionné, plus fidèle et plus harmonieux, il leur semble au contraire que cette audition est bien inférieure à celle qu’ils obtiennent.
- LE HAUT-PARLEUR IDÉAL.
- COMMENT LE DÉTERMINER ?
- Un haut-parleur idéal devrait reproduire toutes les notes musicales avec une intensité proportionnelle à l’énergie reçue, de telle sorte que son rendement acoustique soit uniforme, quelle que soit la fréquence considérée.
- Un défaut d’uniformité du rendement est presque toujours dû à une résonance mécanique ou acoustique du système.
- Un haut-parleur de qualité ne doit pas non plus introduire de notes musicales parasites par suite d’un phénomène de multiplication des fréquences transmises.
- Il doit pouvoir, en outre, reproduire distinctement plusieurs notes de fréquences diverses sans produire aucun étouffement, ni renforcement de ces fréquences.
- Les deux dernières caractéristiques sont relativement les plus importantes, puisqu’on sait que l’oreille est beaucoup plus sensible aux variations de fréquences qu’aux variations d’intensité des sons.
- Ces considérations suffisent à montrer combien est complexe le problème du haut-parleur mais, malgré tout, on est parvenu à se rapprocher peu à peu de la solution idéale.
- Comment étudie-t-on les qualités d’un haut-parleur ? À la fin de cet article, nous montrerons comment un amateur peut vérifier simplement le bon fonctionnement d’un modèle destiné à la radiophonie ou à la phonographie, mais, dans les laboratoires, on emploie évidemment des procédés précis et scientifiques.
- Un oscillateur à fréquence musicale donnant des courants sinusoïdaux d’une fréquence de 50 à 5000
- Anche ou diaphragme vibrant
- Fig. 8. — Haul-parleur électromagnétique à pièces polaires inclinées.
- Fig. 10. — Principe des écouteurs et haut-parleurs Brown à diaphragme métallique.
- Diaphragme - conique en aluminium
- Anche
- vibrante
- fi PU'' s&z.
- Fig. 9. —• Moteur électromagnétique du type Brown « Vee » :
- Les pièces polaires sont inclinées à 90° l’une sur l’autre : l’armature de l’anche vibrante est de section triangulaire.
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- périodes-sec. environ est connecté à un amplificateur bien établi. Les courants amplifiés actionnent le haut-parleur à étudier et, en même temps, un instrument de mesure par l’intermédiaire cl’un thermocouple.
- Les ondes sonores produites par le haut-parleur viennent frapper un microphone spécial connecté à un amplificateur à fréquence musicale qui actionne aussi un appareil de mesure par l’intermédiaire d’un thermocouple
- (% 3).
- On règle la résistance de contrôle de façon que les indications de l’appareil de mesure d’émission soient constantes quelle que soit la fréquence, et on utilise alors les indications de l’appareil de mesure récepteur pour établir une courbe dite « courbe de réponse ».
- La courbe de réponse d’un haut-parleur idéal serait une droite; la figure 4 montre également la courbe obtenue avec un modèle très récent de haut-parleur.
- LES MOTEURS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES.
- LEURS DÉFAUTS
- ET LEURS PERFECTIONNEMENTS.
- Les seuls moteurs de haut-parleurs qui se soient répan-
- Fig. 12. — Moteur électromagnétique.
- Modification de la position de l’armature vibrante par rapport aux pièces polaires; a) disposition dans les modèles ordinaires; indisposition dans le modèle anglais Amplion.
- dus jusqu’ici se classent en deux catégories : les électromagnétiques et les électrodynamiques. En principe, ces deux types de moteurs peuvent être combinés avec des diffuseurs de sons d’un type quelconque ; cependant, du moins pour cet usage particulier, les moteurs électrodynamiques sont exclusivement adaptés à des cônes diffuseurs de sons à bords libres (moving cône).
- Les premiers moteurs électromagnétiques utilisés étaient absolument semblables à ceux des écouteurs téléphoniques ; ils étaient constitués par une membrane circulaire en fer doux, acier, ou autre alliage magnétique, encastrée sur ses bords et placée en face des pièces polaires d’un aimant permanent; autour de ces dernières était enroulé un bobinage parcouru par les courants musicaux (fig. 5-a). Ceux-ci faisaient varier le champ magnétique dans lequel se trouvait placée la membrane qui entrait alors en vibration.
- Les inconvénients de ce dispositif simple sont nombreux, et ce principe même de fonctionnement est une cause de déformations. En effet, l’armature vibrante, dans son mouvement perpendiculaire aux pièces polaires, se rapproche et s’éloigne d’elles ; l’action magnétique étant
- Fig. 11. — Coupe cl’un moteur Brown à diaphragme conique en aluminium.
- inversement proportionnelle au carré de la distance, ne peut donc être uniforme.
- Au repos, la membrane est soumise à une flexion due à l’attraction de l’aimant permanent et il y a dissymétrie de l’attraction et de la répulsion successives durant chaque
- demi-période du courant modulé, l’équilibre de la membrane au repos étant assuré grâce, à sa rigidité relative.
- Il ne peut donc y avoir proportionnalité entre l’oscillation mécanique de la membrane et l’amplitude du courant musical parcourant les bobinages.
- D’autre part, pour augmenter la sensibilité, on diminue au maximum la distance de la membrane aux pièces polaires, ce qui interdit toute vibration de grande amplitude. Ceci . empêche la reproduction des notes graves correspondant justement à des oscillations de ce genre puisque la production dés fréquences basses exige une énergie relativement considérable.
- La membrane vibrante est, elle-même, une source de déformations et de bruits parasites. Chargée en son centre par l’effet de l’attraction de l’aimant et encastrée sur son pourtour, elle présente des zones de flexion réparties irrégulièrement suivant les fréquences et offre une ou plusieurs périodes de résonance avec leurs harmoniques. Le retour à la position d’équilibre ne se fait, d’ailleurs, qu’après une série d’oscillations parasites plus ou moins marquées.
- On observe les vibrations des membranes, en répandant, par exemple, sur leur surface, du sable tamisé ou de la poudre de lycopode. On détermine ainsi des lignes « no-dales », cercles ou diamètres, le long desquelles le métal de la membrane est stationnaire et la disposition de ces lignes varie suivant les fréquences.
- Une disposition assez curieuse, mais fréquente, est indiquée par la figure 5, b; une zone centrale suit la modulation clés courants musicaux tandis qu’une zone annulaire a un retard de phase de 180°, de sorte que la zone centrale a une forme creuse quand l’autre est bombée et inversement.
- Il faut en outre tenir compte de l’inertie de cette plaque métallique épaisse qui l’empêche de suivre
- Fig. 13. — Principe du moteur électromagnétique à quatre pôles.
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- Aimant permanent
- Armature
- Armature Pivot ~. équilibrée
- ® Diaphragme‘
- ondulé
- Diaphragme en mica
- Fig. 14. — a) Principe du récepteur téléphonique Baldwin; b) Principe du moteur du haut-parleur Western.
- les oscillations rapides des notes aiguës. Aussi les premiers haut-parleurs, écouteurs téléphoniques puissants de grand diamètre sur lesquels on avait simplement adapté des pavillons coniques en métal (autre source de distorsions et de bruits parasites) ne pouvaient guère servir qu’à la réception des émissions radiotélégraphiques et présentaient surtout, en général, une résonance aiguë insupportable vers la fréquence 1000 périodes-sec.
- Mais, depuis lors,le dispositif primitif s’est fort amélioré.
- Des lecteurs peu techniciens se demanderont peut-être pourquoi il est indispensable de conserver dans ce moteur un aimant permanent provoquant un fonctionnement dissymétrique du système, et pourquoi on n’utilise pas simplement des enroulements sur du fer doux. Même si l’action des courants musicaux était suffisante, dans ce cas, pour actionner la plaque vibrante, il suffit de songer que le son obtenu aurait alors une fréquence double de celle du courant primitif, la membrane étant attirée deux fois par période et l’effet obtenu serait fort curieux !
- Une première modification simple consiste à remplacer la plaque vibrante circulaire plate par une anche vibrante de faible surface, légère, mais assez rigide, transmettant son mouvement à un diaphragme métallique ou à un diffuseur de grande surface (fig. 6).
- L’effet magnétique et les vibrations correspondantes sont ainsi beaucoup plus réguliers, et l’on peut donner au système une fréquence propre beaucoup plus élevée, ce
- qui permet, en tout cas, une reproduction plus satisfaisante des notes de la gamme moyenne et aiguë jusque vers 3000 à 4000 périodes-sec. au minimum.
- Un constructeur français, M. Saldana, a eu l’idée d’utiliser une armature vibrante formée de deux lamelles métalliques rectangulaires d’épaisseurs différentes, et disposées en croix (fig. 7). On atténue ainsi les résonances et on peut obtenir une fréquence propre du système moins gênante.
- Au lieu de disposer les pièces polaires parallèlement entre elles dans une direction perpendiculaire à la membrane ou l’anche vibrante, on peut les incliner l’une sur l’autre et adopter une armature vibrante en forme de coin de section triangulaire (fig. 8).
- C’est cette solution qui a été adoptée dans les appareils Brown, connus depuis 1910 ; elle permet d’augmenter la sensibilité du système et la régularité du fonctionnement en diminuant l’épaisseur de « l’entrefer » avec un risque moindre de « collage ».
- Elle est surtout intéressante lorsque l’amplitude des vibrations de l’armature est très réduite, et dans la plupart des récepteurs des haut-parleurs Brown, l’anche vibrante était fixée en un point et transmettait un mouvement amplifié au sommet d’un diaphragme conique très léger en aluminium mince. On obtenait ainsi un déplacement relativement grand du diaphragme pour une faible vibration de l’anche (fig. 10 et 11).
- Ce genre d’appareil était extrêmement sensible et l’on pouvait même obtenir des auditions en faible haut-parleur avec un simple détecteur à galène. Cependant, malgré la faible inertie du cône vibrant et son indéformabilité théorique, il était bien difficile d’éviter des résonances plus ou moins accentuées vers 800 et 1600 périodes-sec. et les notes basses au-dessous de 400 périodes étaient fort mal reproduites. Aussi, aujourd’hui, n’utilise-t-on plus guère ces modèles, malgré leurs grandes qualités de sensibilité.
- Quel que soit le système adopté, il est un procédé général permettant d’atténuer les résonances et les bruits parasites : il consiste à amortir le mouvement de l’armature. De nombreux dispositifs ont été imaginés, mais ils sont délicats à établir, car il ne faut pas, en amortissant, « étouffer » les vibrations acoustiques, diminuer la sensibilité de l’appareil et supprimer tout « naturel »
- Fig. 15. — Trois dispositions pratiques de moteurs électromagnétiques équilibrés.
- a) Un seul aimant et 4 bobinages, b) Un seul bobinage et 2 aimants, la bobine créant à l’extrémité de la palette des pôles de nom contraire suivant le sens du courant, c) Une seule bobine et un seul aimant : le courant téléphonique dans la bobine modifie les j2 pôles d’un cadre en fer doux accolé à l’extrémité de l’aimant permanent.
- Cadre en fer doux
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- de 1 audition. Nous pouvons citer tout spécialement à ce sujet le Melovox du général Bonnier, pourvu d’amortisseurs à récupération tendant à ramener rapidement les éléments vibrants à la position d’équilibre, tout en conservant les « nuances » indispensables de l’audition.
- Enfin, on a tenté de modifier la position de la palette par rapport aux pièces polaires et la forme de celle-ci de façon à ne pas augmenter dans de trop grandes proportions la force qui agit sur cette palette lorsqu’elle se rapproche des pièces polaires.
- Dans les moteurs ordinaires à palette (fig. 12), le point d’application A de la force d’attraction F est reporté vers la gauche lorsque celle-ci se rapproche des aimants, ce qui augmente encore la force appliquée en B. En déplaçant convenablement ce point B, le point d’application de la force est reporté plus près du point B et la force appliquée en ce point reste plus constante.
- L’application mécanique de ce principe intéressant est fort délicate et nous ne savons pas exactement les
- résultats obte-
- Levier
- F 4-Piàce polaire
- Mette vibrante
- Levier
- Cordon
- Fig. 17.— Le moieur électromagnétique Saldana équilibré à un seul bobinage.
- nus actuellement. L’ingénieur anglais Wilson a proposé un autre dispositif, également intéressant. qui consiste à adopter des armatures vibrantes «plongeantes » dans l’électro- aimant; à notre connaissance ce système n’a pas encore été utilisé pratiquement sur des appareils construits en grande
- série. Cependant le plus grand progrès dans la construction du moteur électromagnétique a sans doute consisté dans la réalisation des électro-aimants à trois, quatre, ou huit pôles, ce qui permet d’obtenir un fonctionnement équilibré de l’armature vibrante.
- Considérons, en effet, le moteur à quatre pôles le plus employé, la lame vibrante est équilibrée entre deux champs magnétiques montés en opposition (fîg. 13). Au repos, l’attraction magnétique est rigoureusement nulle théoriquement, et les enroulements sont combinés de telle sorte que la palette attirée par un des électro-aimants est relâchée par l’autre et réciproquement.
- L’équilibre de là palette étant instable, et le moindre déplacement pouvant déterminer une attraction produisant le « collage » sur une pièce polaire, il est indispensable d’employer une force élastique antagoniste produite par la palette elle-même ou un ressort séparé. Cette force antagoniste devant être assez considérable, il est fort difficile, dans ces conditions, de réaliser pra-
- big. 16. — Details de cunslrucliun de muleurs équilibrés. a)2 aimants et 4 bobines (fîg. 15a); b) un seul aimant; c) disposition rappelant celle du schéma 15 c.
- (D’après le 1Vireless World).
- tiquement un système ayant une fréquence propre peu marquée, à moins d’augmenter le poids de la palette et l’amortissement, d’où une diminution de la sensibilité.
- L’avantage du dispositif sur les modèles à deux pôles est cependant très grand, aussi l’emploie-t-on de plus en plus, presque toujours combiné avec un diffuseur de grand diamètre à bord encastré ou avec un cône mobile à bord libre.
- Des moteurs de ce genre étaient déjà employés depuis longtemps dans les récepteurs téléphoniques américains Baldwin et les haut-parleurs du type Western-Electric (fig. 14).
- Les dispositifs pratiques les plus adoptés sont indiqués par les schémas de la figure 15. En disposant le point de pivotement au centre de l’armature, on peut utiliser un seul aimant à quatre pièces polaires et quatre bobinages; on peut aussi disposer la bobine autour de la palette vibrante, et le courant, en circulant, fait naître à l’extrémité de la palette des pôles nord ou sud suivant son sens, d’où il résulte des attractions ou répulsions de
- Fig. 18. •— Moteur électromagnétique équilibré Power Tone à amplification des vibrations de Varmature et dans lequel la distance des pièces polaires est réglable.
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- la part des pièces polaires d’aimants de noms contraires (fig. 15 a et c).
- On peut encore n’employer qu’une seule bobine, un seul aimant, et adopter une armature assez longue dont une extrémité est fixe, et dont l’autre oscille entre deux pièces d’un cadre en fer doux accolé à un pôle de l’aimant. Fig. 19. — Principe du moleur de haut- un bobinage en-parleur électrodiinamique. -,
- toure un cote cle
- ce cadre et on obtient ainsi un effet analogue à celui d’un dispositif à quatre pôles, la palette fermant le circuit magnétique de l’aimant (fig. 15 c).
- Malgré les défauts signalés, leur principe théoriquement encore imparfait, la faible course possible de la palette entre les pièces polaires et la rigidité nécessaire de celle-ci, onpeut obtenir avec ces appareils une reproduction satisfaisante de 100 à 4500 périodes-sec. environ. Il est pourtant impossible de faire disparaître la fréquence propre, mais celle-ci varie beaucoup suivant les types considérés. Dans certains modèles, elle est maintenue aux environs de 400 périodes, sur d’autres elle est placée sur la gamme élevée vers 3000 ou 6000 périodes; il faut surtout éviter qu’il y ait plusieurs fréquences d’harmoniques, ce qui est alors une cause de gêne intolérable !
- On amplifie généralement les vibrations de l’armature
- à l’aide d’un
- Fig. 20.— Un haut-parleur électrodiinamique système de le-(Le Stellor, construit pur J?.-À.. Churlin), vicr cictionilcint
- un diffuseur de grand diamètre à bords encastrés ou de petit diamètre à bords libres; dans . certains modèles onpeut faire varier l’écartement des masses polaires au moyen d’un bouton moletté, ce qui fait varier un peu la sensibilité, mais permet d’obtenir un volume sonore assez grand; quelques appareils
- peuvent supporter une énergie modulée allant jusqu’à 4 watts sans distorsion sensible, alors qu’un récepteur téléphonique ordinaire fonctionne avec un centième de watt (fig. 17 et 18).
- Ce type de moteur constitue donc un excellent modèle d’amateur, simple et économique et permet, associé à un diffuseur convenable, une audition satisfaisante des émissions radiophoniques ou même des reproductions phonographiques d’intensité moyenne.
- LE MOTEUR ÉLECTRODYNAMIQUE
- Le haut-parleur électrodynamique s’est introduit depuis peu de tempsenradiophonie, où duresteil triomphe.
- Le principe de son moteur est cependant fort ancien, il a été indiqué par le Dr Siemens, dès 1877, et, en 1899, Sir Oliver Lodge en a donné une description complète.
- Dans ce moteur, une bobine en fil de cuivre isolé très légère est maintenue dans le champ d’un électro-aimant puissant (à la rigueur on pourrait utiliser un aimant permanent) et peut se déplacer perpendiculairement à ce champ (fig. 19).
- Cette bobine est réunie à la sortie du radio-récepteur ou de l’amplificateur phonographique par un transformateur de liaison convenable, de telle sorte qu’elle est parcourue uniquement par les courants modulés et non par le courant continu de plaque.
- Dans ces conditions, la bobine se déplace parallèlement à son axe (qui se confond avec l’axe du noyau magnétique) sous l’action de forces parallèles qui tendent à l’enfoncer ou à la projeter hors du système suivant le sens du courant. Ainsi, les alternances du courant téléphonique sont traduites par des mouvements de va-et-vient de la bobine, et ceux-ci sont transmis à un diffuseur de sons : diaphragme métallique à bords encastrés ou diffuseur-piston à bords libres, auquel d’ailleurs la bobine est toujours directement fixée.
- Lorsque la bobine est au repos, aucune force n’agit sur elle que la pesanteur, il n’est donc pas nécessaire de prévoir un ressort de rappel, et il suffit de résoudre le problème de la suspension et du centrage de cette bobine, afin qu’elle soit guidée durant son déplacement exactement dans l’entrefer annulaire. Cette suspension est très souple de façon à permettre des déplacements relativement considérables de la bobine ; ceux-ci sont de l’ordre de plusieurs millimètres.
- Le principe est donc tout différent de celui du moteur électromagnétique, puisque l’organe moteur lui-même est traversé par les courants téléphoniques. Non seulement cet organe vibrant est en équilibre au repos et ses vibrations sont symétriques, mais, la distance de la bobine aux pièces polaires demeurant constante durant le fonctionnement, il y a proportionnalité à chaque instant entre l’intensité du courant téléphonique et l’effet moteur.
- Enfin, et surtout, les déplacements de la bobine peuvent être relativement grands sans risque de « collage » des armatures. Ainsi, on peut obtenir un grand volume sonore et une excellente reproduction des notes graves.
- Au point de vue théorique, le moteur électrodynamique est presque parfait, mais il ne faut rien exagérer.
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- Ce dispositif doit être fort bien étudié et exige l’emploi d’une source d’excitation à courant continu, il est beaucoup moins sensible que l’électromagnétique. Au point de vue acoustique proprement dit, on peut surtout lui reprocher de présenter souvent une fréquence de résonance propre vers 4000 périodes-sec. lorsqu’il est combiné avec un diffuseur à bord libre et en tous cas, de reproduire les notes aiguës avec moins de fidélité. Par contre, il est bon de ne pas essayer de favoriser encore l’amplification des notes graves sous peine d’avoir une reproduction « creuse » et « caverneuse » fort désagréable pour des auditeurs un peu musiciens.
- Néanmoins, le moteur électrodynamique peut être considéré à l’heure actuelle comme le meilleur existant, quant à la fidélité de la reproduction sur toute la gamme musicale.
- La culasse en fer doux avec noyau central peut être de dimensions assez variables; ce qui importe surtout, ce sont les dimensions de l’entrefer.
- Le diamètre de cette culasse est généralement d’une quinzaine de cm et le tube central a 4 à 5 cm de diamètre, la valeur de l’entre-fer n’est pas supérieure à un ou deux millimètres.
- Pour les haut-parleurs de puissance moyenne, le champ est de 10.000 à 15.000 gauss; il est produit par un bobinage traversé par un courant de 4 à 8 volts et d’une intensité de l’ordre de l’ampère ou par un courant à haute tension de 120 volts environ ou même plus, et d’une intensité de l’ordre de 30 à 180 milliampères.
- Le courant d’excitation est produit par une batterie d’accumulateurs ou plutôt par un redresseur de courants type oxymétal transformant le courant alternatif du secteur en courant continu.
- Dans ce dernier cas, on peut prévoir l’emploi d’un condensateur electrolytique de grande capacité (une centaine de microfarads) ou d’une petite bobine de compensation pour éviter complètement le ronflement dû à l’action directe du bobinage d’excitation sur la bobine mobile.
- D’ailleurs, il est également facile, lorsque la tension plaque de l’amplificateur à fréquence musicale est produite par un redresseur de courant, de faire traverser le bobinage d’excitation par le courant de plaque, et le bobinage joue alors le rôle d’impédance du circuit de filtrage habituel.
- Enfin, la bobine mobile doit avoir une faible résistance ohmique et une faible impédance sur toute la gamme des fréquences musicales, elle doit de plus être très légère.
- En fait, elle est constituée en général par du fil de cuivre ou d’aluminium très fin de 6/100 à 15/100 de mm de diamètre isolé à la soie et bobiné sur un anneau en papier.
- Avec une centaine de spires on obtient une impédance de 6 ohms à 100 périodes-sec.
- La liaison entre l'amplificateut et cette bobine mobile est réalisée par un transformateur abaisseur de tension, évidemment de grand rapport, étant donné la faible impédance du bobinage. Le rapport de transformation normal est de 1/20 à 1/30.
- Entrefer
- Pièces
- polaires
- /aminées
- Aimants
- Pièce
- polaire
- laminée
- Supports
- ffexib/es.
- Armature en fer doux
- Support
- ffexible.
- Armature e/m fer doux \
- Pièce polaire "laminée
- Fig. 21. -— Le moteur magnétodynamique Farrand. a) Schéma de principe : deux petites masses magnétiques A, A2 se déplacent longitudinalement dans, le champ de deux aimants permanents de forme spéciale, b) Disposition d’ensemble des éléments du moteur, c) Disposition des aimants permanents.
- LE MOTEUR MAGNÉTODYNAMIQUE
- Le mot « magné- Fig. 22. — Vue du haut-parleur magrtélo-todynamique « dé- dynamique Farrand.
- signe plutôt une marque de construction qu’un principe distinct, et les appareils de ce type ne sont établis jusqu’à présent que-par un seul constructeur. Il n’en est pas moins certain que ce modèle de moteur fonctionne suivant un principe électromagnétique, et que pourtant ses propriétés sont comparables à celles de
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- l’électrod ynami-que.
- Ce moteur comporte un puissant ensemble de deux aimants permanents dont les pièces polaires nord et sud N et S ont une forme spéciale à quatre « dents » obliques ?! et P2, P'( et P's? de façon à produire deux concentrations de flux magnétiques dans les entrefers (fig. 21).
- Deux bobinages C, et C2 par-Fig. 23. — Principe du pavillon des haut- courus par les parleurs. courants télépho-
- niques et montés
- en série sont disposés autour des pièces polaires P et P'?, et leur sens d’enroulement est tel que les champs créés par un courant continu soient de sens contraire.
- Ainsi, si l’on envoie un courant de l’extrémité b, de l’enroulement vers l’extrémité b2, le champ dans l’entrefer P2 P'2, est diminué, et il est augmenté dans l’entrefer Pj P'j. Le même phénomène se reproduit en sens inverse lorsqu’un courant traverse l’enroulement de b2 vers b,.
- Dans ces conditions, si un courant alternatif traverse l’enroulement, à chaque instant, lorsqu’un des champs d’un entrefer augmente, l’autre diminue et inversement.
- Deux armatures en forme de parallélépipèdes en fer doux Aj et A2, fixées sur un axe rigide, sont maintenues dans les entrefers P^ P't et P2 P'2, mais dans la position de repos elles sont déportées légèrement de part et d’autre des pièces polaires.
- Lorsque le flux augmente dans l’entrefer P,P'„ la masse A2 est attirée, et en même temps le flux diminuant dans l’entrefer Pf P'(, la masse A, est relâchée, l’équipage poussé par les deux masses et la barre d’accouplement se déplace de gauche à droite. Lorsque le flux augmente
- Fig. 24. — Pavillon exponentiel droit.
- dans l’entrefer P P' l’équipage se déplace vers la gauche.
- Les oscillations musicales des courants téléphoniques traversant les bobinages se traduiront donc par des vibrations latérales correspondantes de l’équipage mobile, et ces vibrations peuvent être transmises à un diffuseur de sons quelconque.
- Les avantages du procédé sont évidents. Le moteur est utilisé comme un électromagnétique ordinaire sans qu’il soit besoin d’avoir une source de courant supplémentaire d’excitation, et la sensibilité du système est comparable à celle d’un modèle normal. Il faut seulement prendre soin d’utiliser un transformateur de liaison entre l’amplificateur et les enroulements de façon à éliminer l’influence du courant continu de plaque qui romprait l’équilibre du système.
- Le dispositif est parfaitement en équilibre au repos sans qu’il soit besoin de ressort de rappel et la seule action magnétique des pièces polaires suffit à ramener les armatures à cette position d’équilibre. Il suffit donc d’employer des ressorts très flexibles de suspension (fig. 21).
- L’équipage mobile peut ainsi subir des déplacements latéraux importants de deux à trois millimètres sans que sa course soit limitée comme dans le moteur électromagnétique. Etant très léger (environ 5 grammes au total) il peut reproduire les notes basses et élevées sans déformation appréciable. D’après le constructeur, la fréquence propre de résonance serait très basse et située au-dessous de la fréquence 100.
- Il faut seulement remarquer, semble-t-il, que l’action magnétique ne peut être absolument uniforme lorsque l’équipage se déplace, malgré tout l’avantage de ce mouvement latéral qui ne fait pas varier la largeur de l’entrefer, mais cet inconvénient n’est sans doute marqué que pour les intensités très fortes et ce système est avant tout destiné à réaliser des appareils d’amateurs permettant d’obtenir une audition fidèle, mais d’intensité moyenne
- (fig. 22).
- LES PAVILLONS DE HAUT-PARLEURS
- Lorsque nous appliquons un écouteur téléphonique en fonctionnement sur notre oreille, les vibrations de la plaque produisent des compressions et dépressions successives de la petite masse d’air contenue dans le conduit auditif externe, et ainsi les vibrations sonores sont transmises au tympan.
- Mais, par contre,lorsque nous écartons l’écouteur, nous n’entendons plus rien, ou du moins l’audition devient très faible, parce que la plaque de l’écouteur de petite surface ne peut ébranler efficacement la masse d’air en contact avec elle, le volume à mettre en mouvement étant trop grand et l’énergie disponible trop divisée.
- Une première méthode, pour permettre au moteur téléphonique de travailler utilement, consiste à faire agir le diaphragme vibrant de petite surface sur une petite masse d’air fortement comprimée et déprimée successivement qui va communiquer son ébranlement à la masse d’air plus importante contenue dans un conduit évasé dont l’extrémité élargie est en contact avec l’air extérieur.
- Pavillon
- Chambre de compression
- Plaque
- vibrante
- -Moteur
- Courants
- téléphoniques
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- Le rôle des pavillons des haut-parleurs consiste à produire ce phénomène. Ils ne servent donc nullement à amplifier l’énergie transmise au moteur téléphonique, mais simplement à permettre la transformation, dans les meilleures conditions, des vibrations mécaniques en ondes sonores.
- Le diaphragme vibrant du moteur fait varier le volume d’air contenu dans une chambre de compression très réduite, limitée d’une part par le diaphragme, d’autre part, par le couvercle du moteur et la petite embouchure du pavillon (fig. 23). Etant donné le volume réduit de cette chambre (comparable à la capsule acoustique des diaphragmes phonographiques), ces variations donnent naissance à des variations de pression relativement importantes sur l’embouchure du pavillon et la vitesse de propagation sera assez grande, d’autant plus, d’ailleurs, que le volume de la chambre est plus petit, le diamètre de l’embouchure plus réduit, la surface et l’amplitude des mouvements du diaphragme plus grands.
- La masse d’air sortant de cette embouchure est alors mise en relation avec une masse d’air voisine de surface comparable à la sienne, et ainsi de suite, de sorte que la grande embouchure du pavillon ou « gueule » en contact avec l’air extérieur devra avoir une surface aussi grande que possible.
- Cependant un pavillon bien établi doit pouvoir reproduire fidèlement toutes les fréquences acoustiques et ne pas introduire de sons parasites.
- Les premiers pavillons employés, analogues à ceux des phonographes primitifs, étaient en métal mince et de forme empirique, mais plus ou moins conique. Une section du pavillon dans ces modèles, avait une surface à peu près proportionnelle au carré de sa distance à l’embouchure.
- Les résultats produits étaient très défectueux parce que les sons de fréquences élevées n’étaient pas reproduits et surtout parce que les vibrations propres du pavillon produisaient une distorsion intolérable.
- Pour supprimer ces vibrations, on eut l’idée de rendre la matière du pavillon très apériodique en modifiant sa composition ou en l’enduisant de matières acoustiquement absorbantes: liège, plâtre, carton, etc... Les résultats ne furent pas meilleurs.
- Depuis longtemps, cependant, ces problèmes avaient été abordés théoriquement par un grand physicien, lord Rayleigh. Pour améliorer les pavillons de phonographes, les techniciens, reprenant et développant les travaux de lord Rayleigh établirent, que pour supprimer les vibrations parasites du pavillon, il faut tout d’abord en supprimer la cause, c’est-à-dire les variations de pression contre les parois internes du pavillon en les rendant tan-
- 318 350
- Fig. 26. — Comparaison des résultats obtenus avec un pavillon conique (courbe A Jet un pavillon exponentiel (courbe B).
- 251
- Fig. 25. — Haui-paneur à pavillon exponentiel replié type Dragon combiné avec un moteur électromagnétique Baldwin. (Dimension de l’embouchure : 50 X 43 cm, profondeur : 32 cm. hauteur effective de la colonne d’air: 1 m 85; poids : 5,7 kgl.
- gentes à leur courbe. On obtient ce résultat en donnant à la section du pavillon une forme spéciale qu’on appelle la forme exponentielle.
- Dans ces pavillons, la section en un point quelconque de l’axe situé à une distance d de l’embouchure, a une surface S dont le rapport à là surface S0 de l’embouchure
- est donné par la relation — = eV(l ; k étant un coefïi-
- S°
- cient dépendant de la rapidité d’évasement du pavillon.
- Pour nos lecteurs non mathématiciens, indiquons qu’en pratique, dans ces pavillons, le rapport d’écartement, au moins dans les deux premiers tiers, est de 8 pour 100 à 10 pour 100, de sorte qu’à un allongement de 1 m correspond seulement une croissance du diamètre de 10 cm (fig. 24). Une construction géométrique facile permet d’ailleurs d’obtenir un tracé rigoureux.
- Fig. 27. — Les vibrations d’un diffuseur circulaire à bord fixe. a) Effet de l’attaque d’un diffuseur plat en son centre ; (b déformations d’un diffuseur conique pour des notes basses (1), élevées (2), très aiguës (3); c) spectres acoustiques d’un diffuseur Western pour des notes moyennes ou aiguës.
- [Encastrement
- Diaphragme élastique plat et circulaire
- Moteur
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- = 252
- Mais il ne suffit pas qu’un pavillon ait une forme exponentielle pour donner de bons résultats.
- Il faut qu’il ait une « gueule » de surface assez grande, et que la longueur de la colonne d’air en vibration soit en rapport avec la longueur d’onde correspondant à la fréquence des notes les plus basses à reproduire. Ainsi, théoriquement, pour reproduire les notes d’une fréquence de 50 périodes-sec. il faudrait un pavillon de 8 m de long! Mais il est possible de replier le pavillon sur lui-même pour en diminuer l’encombrement, tout en gardant la même colonne d’air effective et, d’autre part, des modèles d’une longueur efficace de 1 m 50 à 2 m permettent déjà d’obtenir d’excellents résultats à l’usage des amateurs (fig. 25).
- Combinés avec un petit moteur électromagnétique à armature compensée, des pavillons modernes de ce genre constituent à la fois des appareils fidèles et extrêmement sensibles, d’un « rendement » très supérieur à celui des haut-parleurs à diffuseur, aussi serait-il désirable qu’ils, soient plus connus des amateurs français (fig. 26).
- Sans doute, leur aspect peu esthétique empêche leur
- Fig. 29. — Haut-parleur avec diffuseur A bord libre monté dans son baffle ou écran.
- emploi sans précaution dans un appartement, mais les dimensions relativement réduites des modèles à « enroulement » permet de les dissimuler dans un meuble ou une ébénisterie quelconque.
- LES DIFFUSEURS A BORDS ENCASTRÉS
- Au lieu d’utiliser une membrane vibrante de petite surface mettant en mouvement une masse d’air réduite, comme dans les pavillons accoustiques, nous pouvons adopter une membrane de grande surface reliée au moteur et qui agira sur une masse d’air relativement importante de façon à faire travailler ce moteur dans des conditions acceptables.
- Tout .corps susceptible de vibrer et d’assez grande surface peut servir ainsi de diffuseur de sons et l’on connaît les expériences curieuses et amusantes que l’on peut réaliser, en appliquant l’anche vibrante d’un moteur téléphonique sur un objet mobilier quelconque ou même quelquefois sur un mur ou un plancher. Cependant, un bon diffuseur de sons doit avoir un poids aussi réduit que possible, une surface assez grande, une élasticité réduite et enfin une excellente rigidité, de façon à conserver une forme constante quelle que soit la fréquence des vibrations.
- On a ainsi été amené à faire appel à des diffuseurs de forme conique présentant l’avantage d’une très grande rigidité. Dès 1910, on adoptait pour la reproduction phonographique des diffuseurs Lumière en papier, carton ou toile et ce sont encore à l’heure actuelle les diffuseurs de cette forme qui sont le plus employés.
- Ils sont reliés à l’anche du moteur électro-magnétique par leurs sommets, leur angle au sommet varie entre 90° et 130° et ils sont encastrés dans des montures métalliques ou en bois avec interposition de bordures en caoutchouc ou en feutre afin d’empêcher la transmission des vibrations à la monture.
- Les courses de ces diffuseurs sont très réduites et une certaine intensité sonore n’est obtenue que grâce à leur grande surface.
- D’ailleurs, leurs qualités de rigidité sont très relatives et on peut constater durant le fonctionnement des déformations nombreuses et complexes : tout d’abord, l’entraînement du système ne se fait pas par toute la surface, mais uniquement par le centre, c’est pourquoi on constate une déformation centrale plus ou moins accentuée (fig. 27 a).
- Si l’entraînement de tout l’ensemble est bien effectué pour les notes graves, le système pouvant revenir facilement à sa position d’équilibre, il n’en est plus de même pour les notes aiguës, c’est alors surtout la partie centrale qui est en action et pendant que certaines zones du diffuseur produisent une compression, d’autres produisent une dépression de la masse d’air avoisinante, ce qui diminue le rendement du système (fig. 27 b).
- A l’aide des procédés adoptés pour l’étude des membranes vibrantes des récepteurs téléphoniques, on a pu de même obtenir les « spectres acoustiques » de quelques diffuseurs (fig. 27 c). L’examen des lignes nodales a pu donner ainsi des indications sur la manière de construire des diffuseurs et de les renforcer aux endroits convenables
- Ecran
- Anneau
- souple
- Onde de dilatation
- / Bord / souple
- —Onde de compression
- Moteur
- Moteur
- Fig. 28. - Fonctionnement du diffuseur conique A bord libre et rôle de l'écran.
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- par des plis, des brins de rotin, ou même des fils de fer, afin de s’opposer aux déformations. On a d’ailleurs proposé un très grand nombre de formes de diffuseurs réalisés en papier, en carton, en toile, en matières cellulosiques, etc.
- La compression produite par un côté du diffuseur et la dépression opposée s’annulent sur le bord de l’écran si celui-ci n’a pas une surface suffisante, et cet effet est surtout sensible pour les notes graves. Aussi est-il indispensable, si l’on veut obtenir une audition vraiment artistique et assez intense, d’utiliser des diffuseurs de quarante cm environ de diamètre au minimum
- Malgré tout, ces systèmes, généralement de grande inertie et de formes de vibration très complexes, ne peuvent être utilisés que pour des auditions d’intensité moyenne, à
- Instruments de musique
- Voix humaine r
- Fkvillon
- exponentiel
- t ord fixt1
- dynamiqut
- ! v.ncien modèle
- 50 100
- 500
- Fréquencei
- Fig. 31. — Courbes de réponse des différents systèmes de haut-parleurs.
- moins d’augmenter leur surface1/dans de très grandes proportions.
- LES DIFFUSEURS A BORDS LIBRES
- Les déplacements de la bobine du moteur électro-dynamique sont de l’ordre de plusieurs [millimètres et ceux de l’armature du moteur magnéto-dynamique sont également relativement importants. On ne saurait donc faire agir ces moteurs sur un diffuseur à bords encastrés et on les relie directement à des cônes rigides dont la base a un diamètre de l’ordre de 0 m 20 et qui sont réalisés avec du papier ou de la toile imprégnée, de façon à être très légers et à ne pas présenter de fréquence propre de vibrations.
- Ces cônes sont simplement suspendus par leur périphérie à l’aide d’un anneau en peau souple et leur mouvement de déplacement aussi libre que possible est guidé par un système de centrage. S’ils sont adaptés à un moteur électro-dynamique, ils portent directement la bobine mobile. Ce système joue le rôle d’un véritable piston et grâce à son petit diamètre, il demeure assez rigide, du moins pour les notes graves et moyennes. Cependant, si on l’emploie sans précautions spéciales, on constate qu’il
- Support de diffuseur
- Bobine
- mobile
- t/ne a exc/tatwi
- centrage
- Culasse
- Fig. 30. — Coupe d'un haut-parleur éleclrodynamique.
- ne permet pas la reproduction des notes graves. Ce fait est dû à ce que l’onde de compression produite par la face concave est annulée par l’onde de dilatation produite par la face convexe lorsque les mouvements sont lents.
- Pour supprimer ce phénomène, on utilise un écran sonore ou « baffle » séparant la face inférieure de la face postérieure (fig. 29).
- Les dimensions de cet écran sont en rapport avec la fréquence des notes les plus basses que l’on veut reproduire et la longueur effective de l’écran, c’est ainsi que son périmètre, doit être le quart de la longueur d’onde sonore la plus basse considérée.
- Ainsi un écran carré de 1 m de côté permettra la reproduction de toute la gamme acoustique jusqu’à la fréquence 80 pé-riodes-sec.
- les modèles
- ACTUELS
- DE HAUT-' PARLEURS ET LEUR CHOIX
- Le modèle le plus moderne du haut-parleur et aussi le plus parfait comporte donc
- Fig. 32. — Principe du haut-parleur électrosialique.
- -O- -
- Courant d excitation
- vers /amplificateur
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- ------ 254 ...—....... -...... ........ —
- un moteur électro-dynamique avec cône à bord mobile et écran (fig. 30 et 31.)
- Cependant cet appareil est encore coûteux et relativement peu sensible; seuls donc peuvent l’employer les amateurs désirant obtenir une grande intensité de réception radiophonique ou de reproduction phonographique et possédant un amplificateur à fréquences musicales assez puissant avec étage de sortie dont la tension plaque atteint 120 à 150 volts au minimum. L’emploi du haut-parleur électro-dynamique s’impose, par exemple, pour les phonographes à reproduction électriques alimentés entièrement par le secteur.
- Les moteurs électro-magnétiques, de préférence à armature équilibrée, simples, peu coûteux et sensibles, adaptés à un diffuseur de grand diamètre à bords encastrés ou même à un diffuseur à cône mobile avec baffle, comme les moteurs électro-dynamiques, constituent, d’autre part, une autre catégorie d’appareils d’amateurs donnant des résultats assez satisfaisants à condition de se contenter d’une audition d’intensité moyenne.
- Les appareils à cône mobile et à moteur magnéto-dynamique possèdent, on le sait, des avantages analogues à ceux des éiectrodynamiques si l’on se contente d’une audition également d’intensité moyenne, et l’on peut espérer voir employer en France quelque jour des modèles sensibles de haut-parleurs à pavillon exponentiel et simples moteurs électromagnétiques.
- Cependant, si le principe de la construction de ces haut-parleurs doit déterminer le choix de l’amateur suivant le but qu’il veut atteindre, il est évidemment nécessaire d’effectuer une sélection dans chaque catégorie.
- . L’amateur ne peut certes songer à effectuer un examen rationnel en réalisant des courbes de réponse, comme nous l’avons montré, mais il peut du moins juger par comparaison aA^ec un bon modèle déjà connu, et aussi faire subir au modèle étudié un examen acoustique « à l’oreille » suivant un plan bien établi.
- Il y aurait intérêt, pour éprouver un haut-parleur, à le relier à un reproducteur phonographique bien construit et à reproduire un certain nombre de disques divers présentant la plus grande variété de notes musicales possible. Nous signalons, par exemple, les disques d’essais de la Compagnie du Gramophone sur lesquels sont enregistrés les sons de la plupart des instruments de musique.
- L’ADAPTATION ET L’EMPLOI D’UN HAUT-PARLEUR
- Il ne suffit pas d’avoir un haut-parleur, il faut encore avoir un amplificateur à basse fréquence convenable et aussi savoir adapter le haut-parleur aux caractéristiques de l’étage de sortie de l’amplificateur. Certains constructeurs ont prévu avec raison des transformateurs de liaison dont le primaire présente une impédance variable et qui sont placés sur le haut-parleur.
- La longueur déjà si grande de cet article ne nous permet pas, malheureusement, de nous étendre sur ce point essentiel, souvent méconnu des amateurs. Nous espérons pouvoir le faire prochainement.
- Il y aurait aussi à rappeler l’importance acoustique de l’emplacement du haut-parleur dans la pièce où a lieu l’audition.
- LE HAUT-PARLEUR ÉLECTROSTATIQUE
- Ce système n’est pas encore utilisé pratiquement en France. Il comporte une membrane m très mince et montée entre deux plaques métalliques trouées pL et p2 auxquelles est appliquée la tension alternative du courant modulé (fig. 32). Les plaques jouent le rôle d’armatures d’un condensateur et une différence de potentiel constante très élevée est appliquée entre la membrane et les plaques.
- Dans ces conditions, la lame m vibre en correspondance avec les oscillations musicales du courant et théoriquement le système est absolument parfait. En effet, cette membrane vibrante est mue non plus par une force appliquée èn un point mais en tous ses points, ce qui lui assure une rigidité propre automatique. Elle est de plus très légère et ne présente aucune fréquence de résonance accentuée, sa surface plane peut être augmentée sans inconvénient.
- Mais la réalisation mécanique et électrique du système est fort difficile, ce qui ne signifie pas qu’on ne pourra peut-être prochainement construire des modèles pratiques.
- En attendant, une utilisation rationnelle des modèles existants que nous avons décrits permet dans tous les cas à l’auditeur de T. S. F. ou au discophile d’obtenir des résultats artistiques aptes à satisfaire l’oreille la plus délicate. P. Hémakdinqueb.
- = LA RADIOPHONIE AUX COLONIES =
- LES CONDITIONS DE LA RÉCEPTION RADIOPHONIQUE
- Les conditions de la réception radiophonique dans les colonies, que le poste récepteur soit situé en Asie, en Afrique, en Océanie, ou même dans l’Amérique du Sud, sont tout à fait différentes de celles que l’on peut observer en Europe. Le propagation des ondes hertziennes ne s’effectue pas dans les mêmes conditions, et surtout l’influence des parasites atmosphériques est, en général
- beaucoup plus gênante pendant la plus grande partie de la journée. D’autre part, il s’agit de recevoir, le plus souvent, non seulement les émissions des postes locaux existants, mais encore les radio-concerts provenant de la métropole située à plusieurs milliers de km.
- Enfin, par suite des conditions atmosphériques, de la chaleur et surtout de l’humidité, les appareils employés
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- doivent présenter des propriétés radio-électriques, et surtout mécaniques tout à fait spéciales.
- Les organes d’alimentation ne peuvent être les mêmes que dans un poste ordinaire, parce qu’on a assez rarement le courant du secteur à sa disposition, et que les piles ou accumulateurs adoptés doivent être d’un type choisi pour fournir une assez longue durée de service malgré les rigueurs du climat.
- Il est donc, en général, absolument impossible, si on veut obtenir de bons résultats, d’adopter aux colonies un appareil du type ordinaire utilisé en Europe, par exemple un poste à changement de fréquence employé pour la réception des émissions sur ondes courtes ou sur ondes moyennes, sur la gamme 250-2000 m.
- Il y a sans doute des exceptions ; clans nos colonies d’Afrique du Nord ou dans le Proche-Orient, des auditions très suffisantes de nos grands postes français ont pu être obtenues avec des appareils de ce genre sans grand inconvénient, mais, si l’on considère nos colonies d’Extrême-Orient ou d’Afrique Equatoriale, l’expérience a montré que les constructeurs devaient réaliser des postes spécialement étudiés.
- Quelques constructeurs ont, par exemple, envoyé en Indo-Chine des postes à changement de fréquence parfaitement étudiés; ces appareils n’ont pas permis d’obtenir pourtant de bonnes réceptions, leurs organes intérieurs étaient rapidement détériorés par suite de l’humidité constante qui régnait dans ces régions, ils ont été mis ainsi rapidement hors d’usage.
- LA SITUATION ACTUELLE ET L’AVENIR DE LA RADIO-DIFFUSION COLONIALE FRANÇAISE
- Jusqu’à présent, les colons français qui peuplent «la plus grande France » éprouvent une sorte de honte à ne pouvoir recevoir que des radio-concerts émis par les postes anglais, allemands, hollandais ou américains. La question de la radio-diffusion coloniale commence seulement à être examinée en France, malgré l’étendue immense de l’empire- colonial français, et l’intérêt évident qu’il y aurait à maintenir un lien spirituel et artis-
- Fig. 2. — Schéma de principe des dispositifs les plus simples servant à la réception des ondes courtes, a) Bourne. b) Reinartz. c) Schnell.
- +80 v.
- Terne ou contrepoids
- vers B F
- +80 v.
- tique (sans compter politique) entre la métropole et les colonies françaises disséminées dans le monde entier.
- Nous avons maintes fois reçu des lettres de nos abonnés d’In do-Ch ine, de Chine, du Sénégal ou du Congo, dans lesquelles ils nous indiquaient avec quelle facilité remarquable ils pouvaient entendre les émissions étrangères, et, au contraire, leur regret de ne pouvoir écouter aucune parole française.
- Les stations dont les émissions sont le mieux entendues en' général en Afrique et en Asie; sont tout d’abord les stations américaines et particulièrement Schenectady sur 19 m 56 et 21 m 96 et Pittsburg sur 62 m 50, puis la station anglaise de Chelmsford, sur 25 m 55, les stations hollandaises de Hilversum, de IJuizen, la station javanaise de Bandoeng sur 17 m 70, la station allemande de Doberitz sur 41 m 45, etc.
- L’intensité d’audition de ces différentes émissions varie évidemment suivant les conditions atmosphériques et suivant les saisons, mais, en général, l’audition est presque toujours facilement intelligible.
- LES AVANTAGES DES TRANSMISSIONS SUR ONDES COURTES POUR LA RADIODIFFUSION AUX COLONIES
- Toutes les stations étrangères que nous venons d’indiquer émettent sur ondes courtes, sur une gamme comprise entre 15 et 60 m environ; il semble, en effet, qu’à l’heure actuelle et dans les conditions normales de la radio-technique, on ne puisse espérer obtenir de bonnes réceptions aux colonies, soit avec des postes émetteurs locaux, soit avec des postes émetteurs situés dans la métropole, qu’en employant cette gamme de longueurs d’onde, du moins pour les transmissions à longue distance.
- On connaît les merveilleuses facilités de propagation de ces ondes. Sans doute, en général, ne peut-on les recevoir qu’à une distance assez grande du poste émetteur, parce qu’il se produit des zones de silence souvent larges de plusieurs centaines de km, et dans lesquelles on ne peut percevoir ni l’onde directe ni l’onde réfléchie (fig, 1). Cet inconvénient est peu gênant pour la transmission à très grande distance.
- On sait aussi que la plupart des parasites atmosphériques ont, en quelque sorte, une longueur d’onde propre assez élevée, et leur influence diminue ainsi sur cette bande de longueurs d’onde. Les bruits parasites ne sont pas,, complètement supprimés ainsi, mais ils sont atténués dans une proportion telle que l’audition est presque toujours possible, d’autant plus que, grâce à cette facilité de propagation toute particulière, l’énergie recueillie par le cadre ou l’antenne est assez grande, et le rapport anti-parasite est donc assez élevé.
- Pour, la radio-diffusion dans la colonie même, et a l’aide de stations émettrices locales, cette nécessite
- Couche réfléchisse n te hypothétique
- .-'/r Couche
- 'Xréfléchie Onde directe zSnedè'-.^ silence
- Fig. 1. — La propagation des ondes courtes et les zones de silence.
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-
-
- = 256 r-.......—... :....:. . . .........:t-=
- d’atténuer l’influence des parasites atmosphériques exige donc aussi l’emploi des ondes courtes. A vrai dire, cet emploi est peut-être rendu plus difficile justement par la faible distance existant généralement entre les postes récepteurs et l’émetteur par suite des zones de silence qui se forment et il peut devenir inutile pour les diffusions locales.
- Si le poste a pourtant une puissance assez grande, la réception directe est possible dans une région assez vaste; il ne faut pas oublier en outre que l’étendue de nos colonies est généralement très grande, de sorte qu’on doit atteindre des régions assez éloignées de l’émetteur local.
- Enfin, il existe des variations d’intensité de transmission assez importantes suivant l’heure de la journée,
- LE RADIO RÉCEPTEUR COLONIAL
- Le type de radio-récepteur employé aux colonies doit donc être un appareil destiné exclusivement à la réception des émissions sur ondes très courtes. 11 pourra donc être fort simple et comporter seulement une lampe détectrice à réaction, par exemple, du type Schnell, suivie d’un ou deux étages basse fréquence à transformateurs. L’emploi d’une lampe à grille écran en avant de la lampe détectrice permet d’améliorer les résultats obtenus et en tout cas de diminuer la difficulté des réglages (fig. 2). Nous savons aussi qu’il est possible de recevoir des émissions sur ondes courtes avec un poste à changement de fréquence, dont le dispositif changeur
- la longitude, et la saison,-et aussi suivant la longueur d’onde adoptée, l’utilisation de plusieurs longueurs d’ondes pouvant être interchangées à volonté permet d’assurer presque toujours une bonne transmission, quelles que sdient les conditions locales.
- Enfin, les effets de fading (évanouissement) qui font varier à chaque instant l’intensité d’audition avec une fréquence plus ou moins grande, et qui sont si gênants sûr la gamme 200-600 m, sont, en général, beaucoup moins marqués sur la gamme 15-100 mètres. En particulier, pour les longueurs d’onde avoisinant 15 m, ces variations d’intensité sont tellement rapides qu’elles sont presque inaudibles, et ne troublent donc pas l’audition et la possibilité de diriger les ondes émises augmente encore la facilité de transmission à grande distance.. .
- lier
- Fig. 3. — Radiorécepteurs pour réception des ondes courtes de 10 à 100 mètres.
- modèle Comptoir général de T. S. F., séparé et monté en valise.
- En bus: un condensateur à grande démultiplication et un bobinage spécial pour ondes courtes.
- de fréquence est spécialement étudié. Il faut pourtant craindre, dans ce cas, une transmission directe des parasites àu circuit moyenne fréquence, et l’on ne peut concevoir l’emploi de ce poste qu’avec un mode de construction particu-coxnportant, par exemple, un blindage soigné des enroulements moyenne fréquence.
- Un poste colonial doit, être réalisé d’une façon tout à fait particulière au point de vue mécanique également; c’est ainsi que tous les bobinages doivent être noyés dans une matière isolante évitant absolument l’influence de l’humidité ou réalisés en fd bien isolé sur une carcasse légère; les soudures doivent de même être uniquement réalisées par un décapage à la résine sans aucune trace d’acide, qui pourrait provoquer à la longue une oxydation des fils de connexion ou des bobinages (fig. 3).
- Enfin, le système général de construction doit être particulièrement robuste. Une armature métallique est spécialement recommandable, bien que certains métaux et, en particulier, l’aluminium soient très sensibles à l’action :
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- des agents atmosphériques et surtout de l’humidité saline. La question de l’alimentation est également très délicate. Un assez grand nombre de colons à l’heure actuelle ont à leur disposition le courant d’un secteur de distribution, ou le courant produit par une génératrice locale; il peut venir à l’idée d’utiliser ce courant continu ou généralement alternatif pour l’alimentation du poste.
- Il y a là une difficulté due à l’emploi des ondes courtes, car on a pu remarquer qu’il était fort difficile d’ali-menter un poste de ce genre sur le courant d’un secteur. Cette difficulté provient sans doute de ce qu’il se produit une mise à la terre plus ou moins directe par les organes d’alimentation, ce qui rend plus difficile le réglage du système d’accord.
- Cependant aux Etats-Unis, on semble avoir réalisé depuis quelque temps des appareils entièrement alimentés par le courant d’un secteur, et qui permettent la réception de ce genre d’émissions avec de bons résultats. On pourra donc sans doute assez prochainement résoudre ce problème.
- Quoi qu’il en soit, la plupart du temps, les colons n’ont pas le courant d’un secteur à leur disposition, et il faut alors envisager l’alimentation par piles ou par accumulateurs. Il est absolument nécessaire d’utiliser des piles et des batteries d’uü modèle spécial parce que les piles au chlorure d’ammonium dü modèle ordinaire dites « sèches » sont vite mises hors d’usage par suite de l’humidité. On pourra donc employer soit des piles amorçables au moment de l’usage dont il existe déjà des modèles dans le commerce, soit des accumulateurs ferro-nickel.
- A proximité du poste émetteur, il existe bien une solution plus séduisante consistant à employer simplement des postes à galène. Ce genre d’appareil, pourtant. si simple et si pratique, est peu à peu négligé en France,, parce qu’il ne permet pas la réception en haut-parleur, et parce qu’il manque complètement de sélectivité. Mais il semble que, dans ce cas, il présente quelque intérêt, du moins pour être utilisé par les indigènes.
- D’ailleurs des compagnies de radio-diffusion coloniale, et, par exemple, la société franco-indochinoise de radio-diffusion auraient, paraît-il, l’intention d’établir un modèle spécial de poste à galène construit en grande séritf et destiné à être mis à la disposition des indigènes.
- L’AVENIR DE LA RADIOPHONIE COLONIALE
- A l’heure actuelle, à part en Afrique du Nord, il n’existe donc pas encore de- stations françaises exclusivement coloniales, mais, dès à présent, grâce à l’appui des divers gouvernements coloniaux, et avec l’aide de l’industrie privée, des sociétés se sont formées ayant pour but l’établissement de stations locales, et, en particulier en Indo-Chine il semble bien que des projets importants seront prochainement mis en exécution.
- Ces stations locales permettront de relier les capitales des différentes colonies à tous les colons disséminés dans le pays, de leur faire connaître les nouvelles politiques, financières ou agricoles qui les intéressent, et aussi de les distraire dans leur solitude.
- Fig. 4. — Schéma du nouveau poste à ondes courtes S. F. R.
- Il comprend 4 lampes : 1 haute fréquence à grille écran à liaison à résonance; 1 détectrice et 2 basse fréquence. Réaction mixte réglable par capacité variable. Circuit d’antenne semi-apériodique.
- Mais il est peut-être-encore plus indispensable, ou
- du moins tout aussi utile, de faire entendre à tous nos colons la voix de la mère patrie, comme l’ont déjà fait depuis longtemps les grandes puissances coloniales étrangères, et, en particulier, F Angleterre. 4. ...
- Il y a déjà longtemps qu’on a prévu- en France l’établissement d’un grand poste colonial sur ondes courtes; malheureusement, de même que pour le statut de la radio-diffusion française, ce projet a été longtemps retardé. A l’heure actuelle, l’approche de l’inauguration de la
- Fig. 5. — Le nouveau poste S. F. R. Vue extérieure.
- L’appareil tient dans un coffret de 270 mm de hauteur, 300 mm te largeur, 170 mm de profondeur.
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- grande exposition coloniale de 1931 semble bien lui donner enfin un caractère de réalité.
- Il paraît décidé maintenant qu’un grand poste colonial à ondes courtes va être établi à Saint-Germain-en-Laye et que ce poste sera en état de fonctionnement pour mai 1931.
- Cette station sera dirigée par la Fédération Nationale de la Radio-diffusion coloniale qui comprendra des représentants des ministères des Affaires étrangères, des Colonies, et des P. T. T. Cette Fédération est, d’ailleurs, présidée par M. l’ambassadeur Conty.
- La direction des émissions a été confiée au journaliste colonial Lucien Maigret, très qualifié pour établir des radio-programmes spéciaux à l’intention de nos colonies.
- Le futur directeur de notre station coloniale a l’intention de donner chaque jour aux heures convenables, et qui varient suivant la longitude des colonies, des informations et un journal parlé qui tiendra les colons et les indigènes au courant des événements de la métropole.
- Des renseignements commerciaux, et des radio-con-
- certs artistiques et musicaux, des pièces de théâtre spécialement enregistrées seront diffusés régulièrement.
- De plus, ce poste colonial servira à faire connaître aux Français de la Métropole le vrai visage de nos colonies, et à développer dans la masse du public l’intérêt pour nos possessions d’outre-msr.
- On diffusera donc des chants, des cérémonies, ou des récits qui feront comprendre l’âme des indigènes, et on pourra diffuser aussi les manifestations enregistrées dans les pays d’origine mêmes. Pendant l’exposition de Vincennes, d’ailleurs, les attractions coloniales seront radio-difîusées de la même façon.
- En attendant l’établissement du poste de Saint-Germain, il a été entendu que les grands postes français de radio-diffusion pourraient être utilisés par la Fédération nationale de radio-diffusion coloniale pour transmettre des radio-concerts spéciaux consacrés exclusivement aux colonies, et faire connaître au public les détails de la grande Exposition.
- P. FIémardinqueb.
- = NOUVEAUX INSTRUMENTS DE MUSIQUE =
- RADIOÉLECTRIQUES
- I.-PIANO ET ORGUE RADIOÉLECTRIQUES GIVELET-COUPLEUX
- La musique reconstituée au moyen d’oscillations électro-magnétiques s’est développée considérablement dans ces dernières années avec des modes de réalisation très différents, suivant les inventeurs, ceux-ci cherchant à obtenir des instruments de musique capables de se substituer plus ou moins aux instruments connus, ou plutôt d’intervenir avec des timbres et des sonorités propres, pour créer des impressions musicales nouvelles.
- Il y a deux sortes bien caractérisées d’appareils quant au résultat obtenu : les plus simples ne peuvent fournir qu’une seule note à la fois, instruments comparables à ceux qui figurent actuellement dans un orchestre. D’autres plus complexes sont susceptibles d’imiter le piano ou l’orgue, c’est-à-dire d’émettre en même temps plusieurs notes, de manière à réaliser des accords et à reproduire des œuvres musicales écrites pour des instruments à clavier. Nous ne nous occuperons tout d’abord que de cette deuxième catégorie.
- LE PREMIER PIANO RADIO-ÉLECTRIQUE
- Le précurseur de la musique radio-électrique à clavier est l’ingénieur Givelet, qui imagina en 1918 de jouer une gamme, en manœuvrant un condensateur variable, sur le cadran duquel il avait indiqué les notes. En touchant par hasard avec les doigts deux points différents d’un amplificateur, il avait constaté qu’une variation de capacité permettait d’obtenir des sons musicaux à volonté.
- Bien d’autres phénomènes se superposent à cette variation de capacité. Le chauffage du filament a une influence,
- la tension de plaque également, de sorte qu’avec un même circuit oscdlant, il est possible de changer les harmoniques et d’imiter le timbre de divers instruments musicaux. A cetté époque les organes dont on disposait, n’étaient pas aussi parfaits qu’aujourd’hui et pendant plusieurs années, Givelet ne s’occupa plus de cette question.
- A la suite de présentations d’appareils qui eurent un succès plus ou moins mérité, il reprit la question. En 1927, au Trocadéro d’abord, au Grand Palais ensuite, Givelet installa un clavier à lampes qui actionnait des haut-parleurs, en produisant la gamme du piano.
- Dans ce premier dispositif réalisé on utilise une lampe oscillatrice, une bobine d’inductiox fixe, deS condensateurs montés en dérivation avec une self à prise variable. Dans cette self, un noyau mobile permet de régler, par conséquent de transposer la hauteur de toutes les notes, donc de couvrir plusieurs octaves. Les notes diésées ou bémolisées sont obtenues au moyen de prises convenablement réparties sur la bobine de self-induction.
- On envoie ainsi, en excitant les touches, des courants que l’oreille ne peut percevoir. Ils passent à volonté dans un certain nombre d’étages amplificateurs, peuvent être envoyés dans l’espace au moyen d’une antenne ou par une ligne téléphonique ; de toute façon, ils sont transmis à une distance quelconque de l’appareil, pour faire fonctionner un haut-parleur.
- On varie le nombre des harmoniques, on filtre au besoin certains d’entre eux, de sorte qu’avec le même morceau
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- joué sur le piano, on obtient par le haut-parleur, l’impression que l’on entend du violon, ou qu’il s’agit d’un saxophone, etc.
- Différents dispositifs permettent de donner l’impression de la percussion, au moyen d’un potentiel élevé, de façon que la lampe n’oscille pas quand on abaisse la touche Ce sont les condensateurs qui se déchargent et donnent des oscillations amorties, réalisant l’impression du choc d’un marteau sur une corde ou sur une membrane.
- Enfin, l’année dernière, au mois de novembre, fut présenté à la salle Pleyel, un piano radio-électrique, fonctionnant avec des cartons perforés et dû à la collaboration de MM. Givelet et E. Coupleux.
- PIANO AUTOMATIQUE RADIO-ÉLECTRIQUE
- On sait que dans le piano automatique, qui utilise une aspiration d’air et une flûte de Pan, les touches provoquent l’affaissement d’un soufflet qui actionne le marteau frappant sur les cordes. Mais comme il est possible
- de produire des oscillations de fréquence acoustique au moyen, de lampes à trois électrodes et par le réglage de la self et de la capacité, on peut aussi commander automatiquement l’appareil musical à oscillations électriques par une bande perforée et une flûte de Pan. On peut même avoir une flûte de Pan en plusieurs parties, chacune d’elles actionnant des contacts correspondant au timbre d’un instrument déterminé. Par exemple on fera fonctionner, seuls ou simultanément, des circuits réalisant l’un le son du violon, un deuxième celui du violoncelle, un autre celui de la contrebasse, etc.
- On accorde au préalable, à l’aide du diapason normal, au moyen d’une bobine de self dans laquelle on enfonce plus ou moins un noyau de fer doux.
- On prévoit, par exemple, pour chaque lampe une bobine de self fractionnée par une série de contacts groupés deux par deux, ce qui permet de mettre en circuit une longueur déterminée de l’enroulement.
- La hauteur du son au moment de l’attaque peut se modifier au moyen de lames de métal magnétique, qu’on fait coulisser dans une bobine, toujours par la commande de soufflets. De même, l’intensité des sons sera réglée par deux bobines constituant le transformateur de sortie de l’appareil, bobines que l’on écarte ou que l’on rapproche plus ou moins l’unè de l’autre, afin de faire varier l’effet d’induction. La commande peut être obtenue également par des trous de la flû le de Pan et la variation obtenue peut être différente pour chaque instrument.
- Il y a évidemment d’autres moyens de régler l’intensité, par exemple en agissant
- ur le potentiomètre 'Me grille d’une des lampes de l’amplificateur.
- Autant que possible on réalise cette commande de l’intensité par la manœuvre d’un levier, si l’on ne veut pas faire intervenir la flûte de Pan.
- Le trémolo est obtenu de différentes façons. Un soufflet relié à l’un des trous de la flûte de Pan fait vibrer une lame de méta1 magnétique qui s’enfonce plus ou moins dans une bobine placée dans l’un des circuits de l’appareil. C’est là ce qu’on appelle le trémolo pneumatique.
- On réalise le trémolo statique au moyen d’un condensateur shunté par une résistance et placé dans le circuit de grille. On fait ainsi varier la résistance et la capacité de ce circuit et avec plusieurs dispositifs de ce genre, montés sur les lampes oscillatrices, amplificatrices, etc., on obtient des effets variés par le fonctionnement simultané et à des vitesses différentes du trémolo sur chacune des lampes. Un soufflet fermant un interrupteur ou une commande à main, met en circuit chaque dispositif. Si l’on dépasse une certaine vitesse pour le trémolo, on constate qu’il se traduit par un changement de timbre, mais les variations de timbre en nombre quelconque, seules ou simultanées, sont aussi obtenues par les trous
- Fig. 3. — Le piano radioélectrique Givelet.
- Le pianola automatique joue avec papier perforé une partition ordinaire de piano; et en même temps actionne automatiquement le haut-parleur. L’artiste peut à volonté actionner l’un ou l’autre jeu.
- On voit ici Mlle Coupleux accompagnant au piano un solo de haut-parleur.
- Contacts accouplés
- Levier
- Bouchon ébonite ? 'Soufflet
- Fig. 2.— Commande des contacts par le soufflet relié à la flûte de Pan.
- Transformateur
- desortie
- Contacts
- Réglage
- de tonalité J'.Contacts
- Self
- fractionnée
- Fig. 1. — Principe de la lampe oscillalrice avec self fractionnée et contacts couplés, et noyau mobile de réglage de la tonalité.
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- de la flûte de Pan. Ceux-ci commandent des soufflets qui réalisent différentes actions,, par exemple modifient les constantes du filtre de sortie, font varier la polarisation de grille, mettent en action un hétérodyne.
- En utilisant les phénomènes de saturation magnétique sur un noyau de fer, on obtient également le changement de timbre, car lorsqu’il y a saturation du noyau, les harmoniques commencent à apparaître dans les courants qui circulent dans le transformateur.
- Cette action se produit également quand on sature le fer d’un haut-parleur électro-magnétique. On prend alors un transformateur à trois enroulements, primaire,
- Fig. 4.-— Meuble avec haui-parleur, circuits oscillants el lampes.
- Tout ce qui a trait à l’émission électromagnétique (circuits oscillants, lampes, bobines, amplificateur, etc) est groupé avec le haut-parleur dans ce meuble indépendant du piano automatique.
- Secondaire, et enroulement de saturation. S’il s’agit d’un auto-transformateur avec primaire et secondaire Confondus, on n’a bien entendu que deux enroulements en tout. Le transformateur, ainsi agencé, est placé n’importe où dans le montage : entre deux étages amplificateurs, à l’entrée ou à la sortie.
- Si l’on agit ainsi sur le haut-parleur, celui-ci au lieu d’un aimant comportera un électro-aimant, qui sera saturé par du courant continu. Bien entendu, ce courant de satu-
- ration se règle par des rhéostats commandés automatiquement ou non.
- L’attaque des sons peut être progressive ou plus ou moins brutale. Cela dépend des caractéristiques des lampes oscillatrices. On agira alors, pour modifier ce mode d’attaque, sur la polarisation de grille, sur la tension de plaque, sur les constantes du filtre de sortie. Ces actions sont produites à la main ou automatiquement, séparément ou en nombre quelconque.
- On peut, dans l’appareil musical constitué par plusieurs lampes oscillatrices, remplaçant chacune un instrument. n’avoir qu’un haut-parleur unique. Dans ce cas, le transformateur de sortie a autant d’enroulements primaires sur la même armature, qu’il y a de lampes oscillatrices. Evidemment on peut aussi avoir un haut-parleur pour chaque lampe.
- La flûte de Pan qui agit sur tous ces organes de réglage d’oscillation électriques, peut être accompagnée d’une autre flûte de Pan, commandant alors le même piano automatique ordinaire, et l’on a ainsi la possibilité de faire l’accompagnement avec le piano automatique ou l’orgue automatique et d’avoir en même temps le jeu du haut-parleur par les oscillations électriques.
- Tout cela, peut s’appliquer dans le cas où les oscillations électriques sont obtenues par les interférences d’oscillations à haute fréquence. On a alors une lampe oscillatrice fixe, qui donne toujours la même fréquence inaudible et une oscillatrice variable dont les constantes de circuit sont modifiées. Ces modifications sont obtenues par des contacts qui agissent sous l’action des soufflets» Ils règlent la self-induction, ou la capacité, ou les deux ensemble. Ils peuvent agir aussi sur la résistance de chauffage. On réduit d’ailleurs, si l’on veut, les contacts, à raison d’un seul contact par note.
- Le circuit oscillant est alors monté sur la plaque avec bobine fractionnée et une bobine entière sur la grille, ou inversement, avec chaque note on peut prévoir une bobine de correction, cette bobine étant à résistance réglable, ou avec un noyau de fer s’enfonçant plus ou moins.
- L’appareil permet d’imiter des instruments à média» ior, comme la mandoline. Dans ce but, on utilise une lamelle qui bat entre deux contacts et qui ouvre et ferme le circuit, par exemple entre l’oscillateur et l’amplificateur, ou bien entre l’amplificateur et le haut-parleür.
- Le piano à oscillations électriques peut alors jouer le rôle d’un petit orchestre et commander des instruments, chacun ayant son haut-parleur qu’on peut disséminer dans une salle, de manière à obtenir l’impression d’un véritable orchestre où les instrumentistes ne sont pas rassemblés en un seul point.
- On peut donner une intensité différente à chaque haut-parleur, varier les timbres et obtenir ainsi une exécution très souple et des effets curieux. La puissance ne dépend que de celle des haut-parleurs, qui peuvent d’ailleurs être placés à n’importe quelle distance de l’appareil d’exécution. Les courants qui sont issus de ce dernier, transmis par fils, peuvent être également envoyés au moyen d’ondes par une antenne d’émission. Ils actionneront alors à distance quelconque des récepteurs appropriés qui feront jouer des haut-parleurs avec l’intensité
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- que l’on voudra, tandis que l’instrunaent automatique reste dans son coin et demeure complètement silencieux.
- Il y a là des possibilités infinies d’exécution qui s’appliquent merveilleusement à la radio-difiusion et qui permettent de supprimer le disque du phonographe. La production directe d’oscillations électriques supprime l’intermédiaire du disque et donne par conséquent une émission plus pure. Il suffit d’avoir un certain nombre de rouleaux perforés et le dispositif radio-électrique qui s adjoint très facilement à un piano automatique ordinaire.
- L’ORGUE RADIO-ÉLECTRIQUE
- En utilisant les mêmes principes que ceux de leur piano, MM. Coupleux et Givelet ont établi également un orgue radio-électrique, toujours avec des touches qui règlent des circuits oscillants, fournissant des oscillations de fréquence musicale.
- Le problème est alors beaucoup plus complexe, car il s’agit de produire une plus grande variété de sons et d’éviter les inconvénients que donne la superposition de courants musicaux dans un même circuit ou dans des circuits couplés. En effet, ces courants musicaux sont accompagnés d’harmoniques qui interfèrent entre eux et avec les courants musicaux proprement dits. La plus petite différence entre deux harmoniques qui interfèrent donne un battement à basse fréquence, qui se traduit par un bourdonnement désagréable.
- Enfin, il faut aussi remédier à la complexité qui découle d’un trop grand nombre de circuits oscillants et de lampes, tout en permettant d’obtenir une production simultanée d’un grand nombre de sons, d’intensité et de timbre variables.
- Comment supprimer les interférences des harmoniques?
- Pour cela on produit des courants musicaux n’ayant que des harmoniques de faible amplitude, grâce à un rapport convenable entre la self et la capacité de circuits, ou bien en couplant convenablement les circuits de plaque et de grille, ou bien en polarisant convenablement la grille, pour que la lampe travaille dans la partie droite de sa courbe, ou bien encore en choisissant des tensions de chauffage et de plaque appropriées.
- Il faut éviter avec soin que les variations de tension de plaque ou de chauffage produisent un déréglage. On y arrive en prenant des lampes de grande résistance intérieure et en choisissant des filaments émetteurs dont la puissance d’émission varie peu avec les variations de la température de chauffage.
- Dans la relation qui donne la fréquence d’oscillation
- de la lampe et qui est la suivante, F = ___
- c L
- voit qu’en faisant p (résistance intérieure), aussi grand que possible, on arrive au résultat cherché.
- Il peut subsister néanmoins des harmoniques pouvant interférer. Grâce à des filtres laissant passer les courants musicaux de fréquence élevée, mais arrêtant les courants de basse fréquence, on éliminera les interférences entre
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- Fig. 5. — Lampe multiple d’orgue à filament unique elson montage sur les circuits oscillants avec touches.
- harmoniques et le même filtre pourra servir pour un groupe de notes.
- Voyons maintenant les différentes façons d’obtenir les variations de timbre qui sont nécessaires pour l’orgue. •
- On peut changer le rapport de la self à la capacité du circuit oscillant, mais de manière que le produit de ces grandeurs reste constant.
- Dans le cas d’une forte self, le point qui représente les oscillations se déplace aux extrémités de la courbe caractéristique. Il se produit de nombreuses harmoniques et le timbre obtenu se rapproche de celui du violon.
- Une forte capacité, au contraire, donne un timbre avec peu d’harmoniques, rappelant celui de la flûte.
- On obtient ce changement de timbre par un commutateur, de sorte que l’exécutant peut, avec une main, jouer un chant mélodique et s’accompagner de l’autre sur un timbre d’orgue ou de flûte.
- Fig. 6.— Liaison du groupe fondamental de l’orgue avec l’un des groupes secondaires; chaque tgpe de note a un diffuseur.
- Groupe fondamental
- y\ 4
- Groupe secondaire
- Batterie de chauffage
- Lampes
- Piles Je
- J_ plaque
- O Diffuseurs
- Touches
- Circuit
- oscillant
- Réglage
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- Fig. 7. — M. E. Coupleux à l’orgue radioélectrique.
- Cet orgue a 2 claviers et un pédalier. On aperçoit le sommet des lampes et les dominos qui commandent les changements de timbres.
- On peut aussi, pour un groupe de notes, changer la polarisation de la grille par un potentiomètre. En agissant sur le filtre dont on a déjà parlé ou en prenant des filtres spéciaux dans le circuit, on peut aussi doser les harmoniques.
- Enfin on peut désaccorder légèrement quelques notes, sans que l’oreille en soit gênée, et produire systématiquement des battements entre harmoniques qui contribueront à altérer le timbre. De même, on peut produire certaines notes jouant le rôle d’harmoniques, mais restant toutefois assez faibles. Par exemple on peut coupler faiblement la bobine d’une octave avec le noyau du transformateur de sortie.
- Cet orgue peut agir sur un seul haut-parleur ou sur un groupe de haut-parleurs, chacun correspondant à une section de l’instrument.
- La question la plus importante est évidemment le nombre de lampes. Avant de l’examiner, disons qu’on peut réaliser le trémolo de la même façon que pour le piano automatique dont nous avons parlé au début.
- Pour réduire le nombre de lampes de l’orgue, on peut d’abord utiliser une seule lampe pour une note et la note diézée. En effet ces deux notes sont.rarement produites simultanément. On n’a plus, par conséquent, par octave, que sept lampes au lieu de douze.
- Après une octave, si l’on monte un doubleur de fréquence, mis en circuit automatiquement par le jeu des touches, on fait servir les lampes de la première octave pour les notes de l’octave immédiatement supérieure.
- Un autre procédé consiste à se servir de lampes multiples agencées dans un long cylindre de verre, comportant par exemple un long filament sur lequel on centre les grilles et les plaques. Le filament sera replié en Y pour fonctionner sur l’alternatif. On annule ainsi le bourdonne-
- ment. Entre les éléments partiels, on interposera des écrans ou anneaux métalliques que l’on portera, par une pile, à un potentiel convenable de polarisation.
- Bien entendu, au lieu du filament unique, on pourrait avoir, soit une grille unique, soit une plaque unique.
- Cependant, le moyen le plus élégant de réduction du nombre de lampes, est basé sur l’observation suivante :
- On dispose d’autant de. lampes pouvant osciller simultanément que l’on peut actionner de touches simultanément avec une seule main.
- Or, les doigts peuvent être assez écartés pour actionner en même temps des notes intéressant parfois plus d’une octave. Pour les touches comprises entre ces notes extrêmes et pour ces notes extrêmes également, il y aura une lampe par touche, une batterie de plaque, un diffuseur et un circuit oscillant, permettant d’obtenir la note désirée. On a alors le groupe fondamental qui peut se placer n’importe où dans l’ensemble des notes d’un clavier. Pour obtenir toutes les autres notes sur ce clavier, on le décompose en une série de groupes analogues au groupe fondamental, mais décalés.
- Chaque ensemble du groupe fondamental comportant la lampe, la batterie de plaque et le diffuseur, communique avec un certain nombre de circuits oscillants, correspondant individuellement à une autre note placée chacune dans son groupe de la même manière que c-elle du groupe fondamental et le changement de connexion se fait par le jeu des touches du clavier.
- Le moyen le plus pratique consiste évidemment à grouper les notes suivant la gamme et toutes les notes analogues de toutes les autres gammes sont branchées chacune sur la lampe correspondante.
- Ainsi une seule série de lampes sert pour tous les groupes. Le retour se fait sur la partie médiane du bobinage. Il y a donc, on le voit, autant de batteries d’alimentation que de lampes, mais on peut employer une seule batterie de plaques en disposant des bobines de choc et des condensateurs pour éviter les mélanges des courants musicaux dans la batterie.
- Pour éviter également le mélange des courants dans la batterie de chauffage, on emploiera un transformateur qui comportera autant de circuits secondaires que de lampes à alimenter.
- L’orgue électrique ainsi conditionné peut être combiné avec deux claviers, l’un pour la main droite, l’autre pour la main gauche, mais rien n’empêche de prévoir plusieurs exécutants simultanés et d’avoir ainsi un nombre quelconque d’exécutants et de claviers, toujours sur le même instrument.
- Chaque clavier fournit actuellement dans l’orgue réalisé quatre jeux différents, flûte, clarinette, hautbois, voix céleste, mais il est évident que l’on peut y ajouter à volonté quantité d’autres jeux avec d’autres timbres, pour lesquels les inventeurs ont trouvé la solution.
- Le pédalier donne principalement une flûte de seize pieds et un basson de même profondeur, le tout avec intensité variable.
- On obtient des effets d’écho, par le simple déplacement d’un contact.
- Cet instrument musical radio-électrique est pour le
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- moment le plus complet et le plus perfectionné parmi ceux qui existent.
- Les auditions récentes qui ont été données, à Paris notamment, ont montré la souplesse de ce nouvel orgue, qui a la caractéristique, comme le piano automatique, i, d’être par lui-même parfaitement silencieux et d’exciter
- —...... 1 '' = 263 =====
- à distance un nombre quelconque de haut-parleurs, d’une puissance presque sans limite.
- C’est évidemment là l’aurore d’une révolution dans la production de la musique d’église ou de concert, étant données les possibilités immenses de cet instrument scientifique moderne. ' ;
- IL - LE “ RADIOTONE ” BOREAU
- La reproduction électrique des sons au moyen d’un lecteur électro-magnétique a comme principe la transformation des vibrations d’une palette mobile en courants induits que l’on peut amplifier par des étages de lampes, afin d’actionner un haut-parleur aussi puissant qu’on le désire. C’est également le principe de la reproduction électrique des disques de phonographe alors que la palette mobile est liée à un style explorateur de sillons enregistrés sur le disque, qui reproduit des vibrations acoustiques initiales.
- Il est possible d’appliquer le lecteur électro-magnétique à l’équipement d’instruments de musique tout à fait curieux qui permettent d’obtenir un volume considérable de sons, tout en utilisant des vibrations initiales tellement minimes, que l’émission sonore directe est pour ainsi dire nulle.
- Un nouvel instrument a été réalisé suivant ce principe par M. Boreau, l’ingénieur principal de la Société d’études et de construction d’instruments de musique qui s’est déjà signalé par la conception du Yiolonista, violon entièrement automatique qui joue les morceaux les plus difficiles. M. Boreau, aidé de ses collaborateurs MM. Sollima et Gamzon, a imaginé cette fois un instrument qui, en liaison avec des organes de réglage et des filtres, un amplificateur et un haut-parleur, permet d’obtenir à partir de la vibration d’une corde, des résultats tout à fait remarquables.
- Dans les études qui ont été faites pour déterminer l’influence de la vitesse, de la pression et de la position d’un archet sur une corde en vue de l’obtention d’un son pur, il a fallu à M. Boreau utiliser des dispositifs non influencés par les périodes de vibration du support. La solution est de tendre la corde en essai entre une masse métallique fixe et lourde qui ne vibre pas et la palette d’un reproducteur électro-magnétique, ayant un déplacement infinitésimal. C’est là toxt le montage de principe sur lequel est basé le radiotone.
- La corde est fixée directement au reproducteur électromagnétique ; elle est mise en action au moyen d’un archet spécial et ses vibrations sont fatalement reproduites par la palette mobile, déterminant la création de courants induits qui se transforment successivement pour aboutir au haut-parleur et le faire vibrer.
- ' Si l’on étqdie le son fourni par une corde qui vibre en prenant l’aspect d’un fuseau plan régulier et symétrique, il semble que l’on obtienne un son pur ; mais si l’on procède à des relevés oscillographiques au moyen d’une écoute électrique par un reproducteur électromagnétique, on constate que la rigidité de la corde donne des vibrations
- très fournies en harmoniques d’ordre supérieur. Si l’on amplifie avec des lampes les courants fournis par le reproducteur, on obtient un son qui rappelle celui d’un instrument de cuivre.
- Comme il s’agit de courants électriques de fréquence musicale, il est possible de leur appliquer tous les organes voulus de réglage, d’utiliser des filtres afin de supprimer quelques harmoniques et, par conséquent, de varier le timbre, des sons comme cela peut se faire dans tous les instruments radio-électriques basés sur la production du courant électrique de fréquence musicale.
- L’avantage de l’emploi d’une corde vibrante est que facilement on adopte des émetteurs de vibrations plus stables qu’un montage hétérodyne et moins sujets à des variations ou à des dérangements, la liaison étant directe entre la corde et la palette. On obtient ainsi un instrument qui n’est pas doté d’un timbre dû à une table ou à une caisse d’harmonie, mais dont on peut varier, au contraire, le timbre par des montages appropriés.
- Nous avons ici une corde susceptible de vibrer, et chaque fois qu’elle sera attaquée par l’archet, nous obtiendrons un son dans le haut-parleur; l’instrument ne fournit donc qu’un son à la fois.
- Pour changer la tonalité des sons émis, il faut, comme dans un violon, agir sur 1a. longueur de la corde. Cette division est effectuée au moyen d’un clavier en reprenant l’idée de l’instrument monocorde antique. Des touches analogues à celles du piano mettent en jeu des organes qui jouent le rôle des doigts du violoniste.
- L’excitation de la corde est obtenue au moyen d’archets circulaires en reprenant l’idée de la vielle, mais en remplaçant cette fois les roulettes en bois par des archets circulaires en matière moulée, actionnés par des moteurs électriques et ayant une vitesse, une pression et une posi’
- Fig. 1. — Comment la corde se comporte sous l’archet qui Vattaque en C.
- Archet
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- Fig. 2. — Clauicorde. Instrument ancien avec touches pour agir sur la longueur de la corde. (Conservatoire des Arts et Métiers.)
- tion bien déterminées pour chaque note, de manière à obtenir une qualité parfaite de son.
- Cette partie a demandé de longues études pour déterminer les caractéristiques les meilleures en vue d’obtenir un son pur, et il n’est pas superflu d’examiner de quelle façon cette étude a été conduite.
- Si l’on prend une eorde vibrante fixée (fig. 1.), en deux
- Fig. 4. — Vitesses optima et vitesses critiques en fonction de la position '• de l’archet et pour différentes notes.
- (La pression est choisie pour.chaque point par tâtonnement, de Façon à donner le meilleur son possible.)
- 60 mm
- Fig. 3. — Montage de principe du Radiotone.
- Une corde tendue par un lourd levier de fonte est fixée directement à un reproducteur électromagnétique. La roulette archet repose sur la corde et s’oriente d’elle-même suivant l’abaissement vertical de la corde.
- points A et B, et si on l’attaque en C, près d’une extrémité, au moyen d’un archet, celui-ci entraîne la corde par frottement jusqu’à une position 2, et au moment où l’action de la corde dépasse l’adhérence de l’archet, la corde abandonne brusquement celui-ci et vient à une position limite 3 d’où elle retourne ensuite aux positions 1 et 2 et ainsi de suite.
- Si l’on veut que les déplacements soient égaux: de part et d’autre de la position moyenne, c’est-à-dire si l’on
- Fig. 5. — Pressions critiques de l’archet en fonction de la hauteur de la note jouée, la vitesse de l’archet étant pour chaque note, la vitesse optimum choisie grâce aux courbes critiques.
- Ces courbes sont tracées ici pour 2 positions du point de contact
- CB = 20 mm et CB = 10 mm).
- Fréquence
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- désire que la vibration soit symétrique, il faut tenir compte de certaines caractéristiques, de relations bien déterminées, entre la pression de l’archet, sa vitesse et la longueur vibrante de la corde. On conçoit donc que cette relation doive varier avec la note jouée.
- Ainsi, pour une note déterminée et une vitesse fixée d’archet, il y a une valeur de la pression qui donne le son optimum. Si l’on dépasse cette valeur de la pression d’une trop grande quantité, l’archet grince, on a atteint alors la pression critique supérieure. D’aütre part, si l’on diminue cette pression, l’archet siffle, et l’on atteint la pression critique inférieure. Au delà de ces deux pressions critiques, le jeu n’est pas possible.
- ....... y:"............y."'":. 1 — 265 =
- chaque note, il y ait une marge de vitesse suffisante, afin qu’une seule roulette de l’archet assure le jeu parfaitement clair de toute une octave.
- Pour préciser par un exemple, voyons comment on a déterminé les caractéristiques d’un archet permettant de jouer du sol 1 au sol 2.
- On a d’abord tracé les courbes qui donnent les vitesses optima et critiques supérieure et inférieure en fonction de la position de l’archet sur la corde (fig. 4).
- On voit que la zone commune de jeu possible, pour le sol 1 et le sol 2, est une petite bande (hachurée sur la figure) où les marges de jeu se superposent pour les groupes B et A'.
- Fig. 6. — Vue en plan de Radiotone ouvert.
- On aperçoit à droite les roulettes archets; à gauche le levier de tension de la corde, et en avant la manette de commande des sonorités.
- On peut alors représenter chaque ensemble des deux variables au moyen de deux courbes critiques entre lesquelles se place une courbe de jeu optimum, mais ces trois courbes ne sont pas parallèles et la marge du jeu possible change suivant le point de fonctionnement que l’on adopte.
- Il faut donc sc placer, pour l’appareil qui nous occupe, dans des conditions telles que les marges soient suffisamment importantes et se superposent en partie, même pour des notes assez éloignées, comme celles d’une
- octave. . .
- On a ainsi choisi, dans le «radiotone», les positions de l’archet rotatif et ses pressions de manière que, pour
- D’autre part, on trace une série de courbes donnant les pressions critiques en fonction des notes (fig. 5).
- On trace les courbes pour deux positions du point de contact, par exemple à 20 mm et à 10 mm d’une extrémité de la corde. On voit bien alors sur le tracé qu’il existe un couple de courbes de pression tel qu’une même pression peut convenir à une octave considérée. Ces courbes doivent couper une même horizontale entre les points d et /, le point d ayant une abscisse inférieure à celle du sol 1 et le point / ayant une abscisse supérieure à celle du sol 2.
- L’ordonnée de cette horizontale donne la pression convenable de l’archet et la position du point de contact pour
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- Fig. 7. — Vue du Radiotone avec diffuseur dans le meuble.
- laquelle on rentre dans les courbes qui ont été tracées; par conséquent, c’est la position que l’on doit choisir pour l’archet. Cette position étant connue, en se reportant au tableau des courbes critiques, on voit dans quelle marge peut varier la vitesse, et on choisit alors une vitesse moyenne a".
- Dans le’premier modèle du Radiotone, on a ainsi trois archets qui donnent un son pur pour les trois octaves du jeu. Grâce à un système de contacts et d’électroaimants très simples, chaque archet s’abaisse dès que l’on appuie sur une fourche comprise dans l’octave qui lui est réservée.
- Tout récemment d’ailleurs, un nouvel archet roulette, de profil spécial, à génératrice légèrement courbe, a été imaginé pour rouler en quelque sorte sur la corde, et attaquer celle-ci en des points différents, suivant la note jouée. On a alors un archet .unique qui attaque automatiquement la corde à l’endroit strictement exact, quelle que soit la longueur de la corde, .afin que le son soit régulièrement pur.
- Eli tout cas, dans le but d’avoir un son très pur, le reproducteur électro-magnétique est établi sur des priifcipes nouveaux; il ne comporte ni caoutchouc, ni amortisieur. Au moyen d’un groupement de condensateurs formant filtres, et commandés par une manette qui agit sur un commutateur spécial, on change le timbre des sons, qui' peuvent rappeler ceux de des instruments à corde, du saxophone, ou des cuivres.
- • --Au moyen d’utffinterrupteur, on peut supprimer totalement l’action‘de l’électro-aimant qui abaisse les roulettes-archet; Dans ce cas, on n’entend simplement que le choc des pinces qui déterminent la longueur vibrante de la corde, et l’on produit, par une amplification conve-
- nable, un effet de guitare. De même en plaçant des plectres de mandoline sur un disque rotatif, on imite le son de la mandoline.
- Entre les pieds de l’appareil est une pédale, qui agit sur un potentiomètre et fait varier l’amplitude du s"n depuis le pianissimo jusqu’au fortissimo, celui-ci n’étant limité que par la puissance de l’amplificateur.
- On a prévu également un dispositif de vibratos mécaniques, susceptible d’imiter celui des instruments à cordes et de donner aux sons un caractère expressif.
- L’instrument peut être employé seul ou accompagné au piano; il prend aussi sa place dans un ensemble d’orchestre. En lui-même il n’émet, pratiquement aucun son, les notes ne sont fournies que par l’appareil diffuseur et lorsque la touche est légèrement enfoncée, elle établit ainsi un contact électrique.
- Comme on ne peut émettre qu’une seule note à la fois, on ne doit pas tenir deux touches abaissées, mais quitter une touche au moment précis où l’on abaisse à fond la touche suivante. Pour répéter un son, il n’est pas nécessaire de laisser remonter complètement la touche, car le contact est coupé dès que la touche est légèrement relevée. Les sons émis sont obtenus comme ceux de l’orgue et le plus souvent, il y a lieu d’exécuter un jeu lié.
- Il faut, d’après ce que nous avons vu précédemment, obtenir pour l’archet une vitesse constante; aussi on accouple l’appareil non pas avec un moteur universel, mais, suivant le cas, avec un moteur synchrone ou avec un moteur shunt continu.
- L’amplification se fait comme avec un phonographe à reproduction électrique. Si on possède déjà l’amplificateur et le diffuseur, il suffit de substituer le radiotone au reproducteur électrique du phonographe en prenant toutefois certaines précautions.
- Si l’alimentation de l’amplificateur se fait par le réseau, pour faire disparaître le bruit du fond, lorsqu’il existe, on réduit la longueur du cordon de la fiche, on réunit, s’il y a lieu, la borne masse du radiotone à celle du phonographe par un fil court. On peut aussi relier l’ensemble de ces deux bornes à une prise de terre ou à l’un des fils du réseau, celui qui donne le meilleur résultat. Il est bon d’ailleurs dans ce cas, de brancher le phonographe sur la prise de courant que comporte le radiotone, ce dernier étant, bien entendu, branché à son tour sur le réseau.
- Avec un poste de T. S. F. qui comporte un jack pour le service du phonographe électrique, la mise en service du radiotone ne fait aucune difficulté, car il se branche de la même façon.
- Si le poste n’est pas prévu comme amplificateur de phonographe, on installe un adapteur spécial sur la lampe détectrice et celle-ci jouera le rôle de première lampe amplificatrice.
- De toute façon, quel que soit le montage adopté, il faut que les basses fréquences donnent une reproduction fidèle, surtout dans les notes graves; sinon, il se produirait des roulements désagréables aux forte. Le haut-parleur, de préférence, sera un électrodynamique. Avec le haut-parleur électro-magnétique de petit modèle, celui-ci risquerait d’être saturé par la puissance relativement considérable de l’instrument.
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- C’est surtout pour les notes graves que cette question est délicate; il faut donc choisir un modèle à registre moyen et ne pas descendre au-dessous de l’Ut^
- Le radiotone s’équipe quelquefois d’ailleurs avec un plateau porte-disques, de manière à utiliser l’amplificateur et le diffuseur pour un phonographe électrique.
- Bien entendu, le radiotone peut fournir des volumes de sons considérables et donner des auditions dans de grandes salles, même en plein air. Dans ce cas, il faudra une amplification considérable et on utilisera toujours un haut-parleur électro-dynamique.
- Pour les moyennes puissances, on peut se contenter du haut-parleur électro-magnétique grand modèle et l’on obtient encore un jeu de puissance nettement supérieure à celui des instruments ordinaires.
- Enfin, pour de la musique de chambre, on a un ensemble
- —......::. .. ..................— 267 =
- moins coûteux avec un petit haut-parleur électro-magnétique ; il faut alors agir avec prudence pour ne pas saturer le haut-parleur, on obtient une puissance de même ordre que celle du violon.
- Cet instrument nouveau se présente ainsi sous la forme d’un harmonium de petite taille avec clavier. Il a surpris, par ses possibilités, tous les critiques musicaux, qui ne se bornent évidemment qu’à juger l’effet produit et se soucient fort peu des moyens utilisés.
- Cet instrument de musique à diffusion radio-électrique a été adopté récemment par plusieurs théâtres et établissements parisiens. Il fonctionne au Lido, avenue des Champs-Elysées, au Pavillon Henri-IV, à Saint-Germain, etc...
- E. Weiss.
- LA PERCEPTION DES SONS PAR LE TOUCHER
- LE TÉLÉTACTEUR GAULT
- Le toucher nous permet de communiquer avec le monde extérieur par contact immédiat : de tous les sens, c’est le plus élémentaire, le plus universel, celui d’où, par spécialisation et par affinement croissants, les autres peuvent parfaitement avoir pris naissance. Voilà qui explique le fait bien connu que le toucher vient à la rescousse toutes les fois qu’un autre sens spécifique fait défaut, et l’on sait qu’il est d’un secours inappréciable, pour les aveugles. Dans l’enseignement des sourds-muets, on supplée, à l’occasion, à l’instruction visuelle, en faisant sentir aux doigts de l’élève les vibrations sonores de la gorge.
- Le Dr Robert H. Gault, professeur à la Northwestern Uni-versity, à Chicago, vient de faire, du toucher des vibrations sonores, une méthode nouvelle de communication avec les sourds. Elle a déjà été signalée dans cette Revue; nous croyons intéressant de donner sur elles quelques renseignements complémentaires. M. Gault se sert soit de la membrane vibrante d’un téléphone, soit, de préférence, d’un instrument spécial particulièrement sensible, le teletactor (télétacteur), construit, à son intention, par la Société des Téléphones Bell. Cet instrument comporte un microphone très perfectionné devant lequel parle l’interlocuteur et que le sourd porte suspendu à son cou; ce microphone communique, par une ligne de conducteurs, avec une tige vibrante que le sourd touche de ses doigts. Un amplificateur permet de porter la sensibilité de la tige au centuple du toucher immédiat de la gorge.
- Les sujets du Dr Gault, après un court apprentissage, sont capables de distinguer, par le contact de cet instrument, les sons du langage,— d’abord les monosyllabes, puis les mots plus longs, enfin des phrases toutes entières. La méthode de lecture sur les lèvres, dont on se sert couramment dans l’enseignement des sourds-muets et pour se faire comprendre des sourds, ne permet pas de
- distinguer tous les sons. Si, d’autre part, le procédé du toucher préconisé par M. Gault n’est pas non plus in-
- Fig. 1. — Le professeur Gault et son lélélacieur.
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- faillible, il fonctionne parfaitement dans les cas où la méthode visuelle fait défaut et, inversement, cette dernière méthode supplée, de la façon la plus heureuse, à celle du télétacteur dans les cas exceptionnels où le toucher ne permet pas de distinguer deux sons. On aura donc tout avantage à combiner les deux méthodes ; c’est ainsi qu’elles pourront s’assister l’une l’autre et que les sourds seront en mesure de saisir le langage plus rapidement et, à la fois, plus sûrement.
- Cette combinaison présente un autre avantage. Les sourds-muets parlent, comme on sait, d’une voix monotone. C’est que l’œil humain, en lisant sur les lèvres, ne saisit qu’imparfaitement le rythme du discours. Il en est autrement des doigts qui touchent et qui, comme
- sont venus le prouver des essais ad hoc, distinguent aussi sûrement que l’oreille des personnes douées d’une ouïe normale, les fluctuations du langage, surtout l’accent et l’intonation. Aussi les sourds-muets se servant du télétacteur parlent-ils avec une intonation bien plus naturelle ; grâce aux notions rythmiques du langage que donne cette pratique, et qui suppléent aux notions purement visuelles empruntées à la lecture sur les lèvres, ils sont également en mesure de lire à haute voix avec plus de facilité et d’agrément.
- M. Gault, qui s’efforce sans cesse, de perfectionner son procédé, vient de faire, à plusieurs universités européennes, des conférences très remarquées.
- Dr. A. Gradenwitz.
- UNE ŒUVRE SCIENTIFIQUE EN EXTRÊME-ORIENT
- L’OBSERVATOIRE DE ZI-KA-WEI
- Il y a cinquante ans que les Jésuites ont repris à Zi-Ka-Wei, près de Chang-Haï, les traditions scientifiques de leurs devanciers du seizième et du dix-septième siècles. A cette occasion, le Père Lejay vient de résumer dans une brochure très artistique, déjà signalée dans cette Revue ('), les résultats acquis par ce demi-siècle d’efforts (fig. 1 et 2). Il nous a paru intéressant de faire connaître plus en détail aux lecteurs de La Nature tout ce qui a été réalisé à l’Observatoire de météorologie, de physique du globe et d’astronomie de Zi-Ka-Weï, qui est devenu l’un
- des premiers observatoires du Monde et qui se développe chacjue jour davantage.
- LA PRÉVISION DES TYPHONS
- Parmi les plus belles réalisations de cet observatoire, il faut citer la concentration des renseignements météorologiques de 1 Extrême-Orient. Des centaines de stations, formant un réseau tout à fait comparable aux réseaux météorologiques d’Europe, transmettent deux fois par jour leurs observations. Grâce à cette organisation, où les douanes chinoises tiennent la première place, grâce aussi aux nombreux messages transmis régulièrement par les navires du Pacifique, Zi-Ka-Wei publie deux fois par jour la carte du temps permettant de prévoir les variations souvent très rapides des conditions atmosphériques et notamment l’approche des typhons si redoutables des mers de Chine (fig. 4). On ne se fait que difficilement une idée dans nos régions de la soudaineté et de la violence de ces tempêtes auxquelles peu de navires sont susceptibles de résister.
- « Il faut avoir vu, écrit le Père Lejay, une de ces tempêtes s’abattre sur Chang-Haï. Des navires par dizaines, cargos et gros paquebots, sont prêts à quitter le port. Le vent souffle avec violence et tourne rapidement; on sent que le centre du cyclone est proche.
- « Les commandants, inquiets, viennent demander conseil; la carte affichée sur le quai de France n’en dit pas assez; le téléphone surchargé ne suffit plus. Un Père se rend alors au sémaphore et y reste tant qu’il y a du danger, pour donner de vive voix des renseignements plus précis.
- « Heureusement aussi, les messages arrivent
- . 1. L’Observatoire de Zi-Ka-Wei, 48 pages, 55 gravures. Imprimerie d’Aru Boiian, 13, nie des Arquebusiers, Paris.
- Fig. 1. — Observatoire météorologique de Zi-Ka-Weï. (Cliché du Père Lejay.)
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- Fig. 2 (à gauche).
- Les instruments météorologiques. (Cliché du Père Lejay).
- Fig. 3 (à droite).
- Tour des signaux météorologiques du port de Chang-Hai commandée de Zi-Ka-Wei par lignes spéciales. (Cliché du Père Lejay.)
- plus nombreux; les navires encore en mer ont été aler-1 es et se font un devoir d’envoyer des renseignements aussi complets que possible.
- « Minute émouvante pour le Père chargé des prévisions, lorsque, sentant peser sur lui la responsabilité d’une flotte immense, et voyant sur sa carte le typhon toucher la côte, ou s’approcher trop près, il demande au « Maître du Port » le coup de canon traditionnel, le signal d’alarme qui annonce de sa grosse voix lugubre, au milieu des rafales, qu’il y a du danger même sur le fleuve, et que nul navire ne doit sortir.
- « Si l’on songe que, depuis cinquante ans, Zi-Ka-Wei a ainsi prévu, signalé à l’avance et suivi plus de mille typhons, on peut conjecturer combien de navires, partis vers l’Indo-Chine, le long d’une côte inhospitalière, se seraient jetés au devant de la tempête, au milieu des îles rocheuses et auraient infailliblement péri. On peut dire que les avertissements transmis d’abord par les sémaphores et depuis quinze ans par le poste radiotélégraphi-que de la Concession française, ont sauvé des milliers de vies humaines, et c’est sans doute surtout pour avoir rendu les routes de Chang-Haï, si mal famées autrefois, aussi sûres que toute autre, que l’Observatoire s’est acquis la réputation dont il jouit auprès du personnel naviguant du monde entier ».
- LA CLIMATOLOGIE
- Cependant le service de la prévision du temps est loin de constituer la seule et même la principale activité de l’Observatoire de Zi-Ka-Wei. La science pure n’y a jamais
- Fig. 4. — Trajectoires des typhons du Pacifique en 1926. (Cliché du Père Lejay.)
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- LE SERVICE DE L’HEURE
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- Fig. 5. — Caue des pendules à pression constante. (Cliché du Père Lejay.)
- etc perdue de vue et les missionnaires qui y travaillent ont accumulé sur les phénomènes météorologiques d’Extrême-Orient, régime des pluies et des vents, variations de la température, trajectoire des typhons, etc., des données extrêmement nombreuses qui, recueillies dans les publications de l’Observatoire, constituent sur le climat de ces régions une documentation unique.
- Fig. 7. — Lunette méridienne des longitudes. (Cliché du Père Lejay.)
- Au service de la prévision du temps a été adjoint un service de l’heure qui, depuis 1914, transmet aux marins par T. S. F. en même temps que les informations météorologiques, des signaux horaires analogues à ceux de la Tour-Eiffel (üg. 5 et 6).
- Zi-Ka-Wei a été choisi par l’Union Internationale Astronomique comme l’une des trois stations fondamentales des Longitudes du Globe destinées à servir de base à l’étude des variations possibles des Longitudes et par suite des déformations de la surface de la Terre (lig. 7). A cet effet, Zi-Ka-Wei a été doté d’instruments astrono-
- Fig. 6. — Cadre de réception des signaux horaires. (Cliché du Père Lejay.)
- miques et de récepteurs de T. S. F. en tout semblables à ceux de l’Observatoire de Paris (fig. 8). En 1926, par l’observation de plus de deux mille passages d’étoiles, par plus de 150 comparaisons de ses pendules avec celles des observatoires du monde entier, la position de la station a été déterminée avec toute la précision actuellement possible, c’est-à-dire à trois ou quatre mètres près.
- L’ASTRONOMIE
- Au sommet de la colline rocheuse de? Zo-Sé, à 25 kilomètres de Zi-Ka-Wei, l’Observatoire possède depuis 1900 une coupole, qui abrite un équatorial composé de deux lunettes jumelées de sept mètres de longueur focale et de
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- Fig. 8. — Poste récepteur des signaux horaires. (Cliché du Père Lejay.)
- quarante centimètres d’ouverture destinées, l’une aux observations visuelles et l’autre aux inscriptions photographiques (fig. 11). Pour donner une idée de l’activité de cet Observatoire, mentionnons qu’on y a pris douze mille clichés du soleil destinés à l’étude des taches, dessiné sept mille protubérances, déterminé les positions de plus de quatorze mille étoiles, étudié douze cents étoiles doubles et des amas d’étoiles, calculé les perturbations produites par Jupiter sur les trajectoires d’une centaine de petites planètes, etc.
- On y a également effectué depuis sa fondation d’importantes observations sur le magnétisme terrestre, d’abord à Zi-Ka-Wei, puis à Loh-Ka-Pang lorsque l’apparition des tramways électriques dans la banlieue de Chang-Haï eut rendu impossibles les jenregistrements magnétiques à Zi-Ka-Wei (fig. 12).
- LA SISMOLOGIE
- L’Observatoire constitue en outre l’une des stations sismologiques les mieux équipées du monde entier, admirablement située pour l’étude des nombreux séismes qui prennent naissance dans l’Océan Pacifique et l’Extrême-Orient. Il a publié de curieuses observations sur la produc-
- Fig. 10. — Observatoire astronomique de Zo-Sé. (Cliché du Père Lejay.)
- Fig. 9. — Le dépouillement des enregistrements. (Cliché du Père Lejay.)
- tion par les typhons de microséismes de forme particulière et d’intéressantes monographies sur les grands bouleversements qui ont dévasté depuis dix ans la Chine du Nord (fig. 13 et 14).
- LE DÉVELOPPEMENT DE L’OBSERVATOIRE
- Telle est, brièvement résumée, l’œuvre immense qui a été accomplie en cinquante ans à Zi-Ka-Wei. Cette œuvre est d’ailleurs en plein développement et, depuis que le Père Lejay a publié sa brochure, l’Observatoire s’est enrichi de nouveaux instruments lui permettant d’orienter son activité vers des voies nouvelles.
- En 1929,, une nouvelle coupole a été construite à Zo-Sé, section astronomique de Zi-Ka-Wei, destinée notamment à l’observation des étoiles variables du type des Céphéïdes, dont l’étude présente le plus grand intérêt
- Fig. 11. — Le grand équatorial double de sept mètres. (Cliché du Père Lejay.)
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- Fig. 12. — Les instruments de mesures absolues du magnétisme. (Cliché du Père Lejay.)
- pour le progrès de nos connaissances sur l’évolution stellaire. On achève également, à Zo-Sé, la construction d’un observatoire magnétique muni des instruments les plus modernes et d’un laboratoire de météorologie scientifique.
- Le Père Lejay, revenu de Zi-Ka-Wei après les mesures de longitudes internationales, a poursuivi en France ses travaux sur la détermination de l’heure; il a mis au point un procédé permettant d’enregistrer les oscillations'd’un pendule en le faisant agir à distance sur un petit poste émetteur radioélectrique sans qu’il soit besoin, comme on le fait d’ordinaire, de mettre en œuvre aucun contact électrique qui, si léger soit-il, en trouble forcément la marche. Il a établi un nouveau chronographe au moyen duquel on peut obtenir les durées au dix-millième de seconde, et achève avec Hohorg un nouvel instrument
- Fig. 14. — Microséisme à groupes périodiques l . dus au passage d'un typhon à 400 kilomètres de Zi-Ka-Wei. (Cliché du Père Lejay.)
- = LES PANNES DE
- L’auditeur de T. S. F., enthousiaste et confiant, a lu dans son journal l’annonce d’un radio-concert de gala qui doit être diffusé à a: heures par le poste de Radio-Y. Joyeux à l’idée d’entendre les ténors de l’Opéra et les acteurs de la Comédie-Française (sinon les chansonniers de Montparnasse?) il vérifie avec soin son radio-récepteur
- transportable permettant de faire des mesures de gravité en quelques minutes.
- Toutes ces acquisitions vont mettre l’Observatoire de Zi-Ka-Wei au premier rang parmi les laboratoires de recherches astronomiques et géophysiques. Dès son retour en Çhine, le Père Lejay compte poursuivre ses intéressantes études d’électricité atmosphérique et entreprendre des recherches relatives à" l’influence des conditions atmosphériques sur la radiation solaire et la propagation des ondes radioélectriques. Le docteur Dob-son, qui centralise à Oxford les mesures d’ozone dans la
- Fig. 13. —• Sismographe photographique Galitzin (Cliché du Père Lejay.)
- haute atmosphère, lui a également demandé dans ce domaine sa collaboration. La réalisation de ce vaste programme exige des ressources nouvelles. 11 serait vraiment désirable que tous ceux qui aiment la science et ont le souci d’accroître dans le monde entier le renom de la France par le développement des œuvres de paix et d’humanité, s’intéressent à l’Observatoire de Zi-Ka-Wei et l’aident à se procurer les ressources matérielles qui lui sont nécessaires. A. Boutaric.
- RADIODIFFUSION ==
- et son haut-parleur, et, dès x heures moins vingt minutes, il est à l’écoute, ce qui lui permet d’entendre tous les résultats sportifs du match péruvien, d’apprendre qu’il peut se procurer gratuitement de superbes catalogues illustrés de marchands de meubles, et qu’il est désormais possible... de se laver les cheveux sans eau.
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- Microphones
- Tableau de manœuvres
- .... Mmpiincareur a
- Mélangeur fréquence musicale
- Caille de liaison
- O O O O
- ooo
- ^ l
- ooo
- Compensateur
- ligne
- Remise à l’heure \ automatique fickup et disques Envoi de l’heure
- j Batteries |
- Groupe dalîmentation '
- Alimentation-----
- Secteur
- vers secteur
- Auditorium
- Poste émetteur
- Fig. 1. — Représentation schématique des organes essentiels du poste émetteur Radio-Paris. L’auditorium esté Paris, rue François-Ior; le poste émetteur à Clicliy.
- A x heures exactement, la voix ra-diogénique du sympathique « speaker » annonce le début du radio-concert.
- « Vous allez entendre maintenant M. Roger Molteau et Melle Claironne, sociétaires de la Comédie-Française dans la « scène du Balcon » de « Cyrano de Bergerac », d’Edmond Rostand. »
- Et voici que, détaillés avec art par de grands artistes, délicatement modulés par l’excellent haut-parleur, les vers délicieusement précieux chuchotés dans l’ombre du balcon romantique s’élèvent doucement dans la pièce, au milieu du religieux silence de l’opérateur, de sa famille, de ses amis.
- Tout à coup, un silence qui se prolonge : Cyrano et Roxane sont brusquement muets, les regards surpris et ironiques des auditeurs interrogent le malheureux propriétaire du poste, qui, troublé et confus, se précipite vers son poste.
- . Fièvreusement, il tourne les manettes et les boutons des organes d’accord et de modulation, vérifie ses batteries et son haut-parleur, et s’apprête à démonter les lampes ( ce sont des modèles très perfectionnés à filaments à oxydes, aussi n’émettent-elles aucune lueur révélatrice et de contrôle lorsque leur fonctionnement est normal !)
- Une voix grave sort du haut-parleur et annonce une conférence sur les maladies des asperges. Les auditeurs sont ahuris, mais l’opérateur qui n’est plus un novice a compris qu’en touchant les manettes il a accordé son appareil sur l’émission de Radio Z, et que son poste pouvant recevoir une autre émission de longueur d’onde voisine fonctionne parfaitement.
- Tout joyeux, il s’écrie donc : «Mon poste n’est pas coupable, c’est une «panne» du poste émetteur !» Effectivement, quelques secondes après que le réglage
- primitif à été rétabli, on entend de nouveau la voix sympathique du speaker de Radio-Y « Mesdames, Messieurs, nous nous excusons de cette courte interruption, le radio-concert transmis par le poste Radio-Y continue. »
- Et l’audition reprend cette fois sans incident. Mais, parmi les auditeurs, il en est quelques-uns qui s’étonnent de cette fâcheuse panne survenue dans un poste émetteur si perfectionné. L’opérateur, malgré sa pratique déjà longue, ne sait guère quoi leur répondre, et sans doute y a-t-il bon nombre de sans-filistes qui seraient aussi embarrassés que lui.
- C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de rechercher les causes les plus fréquentes de ces « pannes d’émis^-sion » assez rares heureusement, mais toujours désagréables pour les auditeurs.
- Il est permis d’avoir des avis divers sur l’organisation de la radiodiffusion et les rôles respectifs de la radiophonie d’Etat et de la radiophonie privée, mais il est indiscutable qu’à l’heure actuelle Radio-Paris est le poste émetteur français le plus «industriel», le mieux organisé et celui dont les émissions sont les plus constantes. Malgré tout, à des intervalles plus ou moins éloignés, il se produit dans les radio-concerts émis par cette station des interruptions généralement de courte durée.
- Fig. 2. — Entrée de l'Auditorium de Radio-Paris (à gauche) et bâtiment du poste émetteur de Clichy (à droite).
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- Fig. 3. —- Ensemble du poste émetteur Radio-Paris.
- Nous avons donc eu l’idée d’aller « interviewer » un des dirigeants de cette station qui, très aimablement, a bien voulu nous documenter.
- Il faut se rendre compte, tout d’abord, que l’ensemble d’un grand poste émetteur de radiodiffusion est à l’heure actuelle assez complexe.
- Pour éviter des interférences gênantes, faciliter l’établissement de la station avec son antenne, éviter enfin des déplacements trop longs aux artistes, on sait que les studios ou auditoriums dans lesquels sont exécutés les radio-concerts sont, le plus souvent, séparés du poste émetteur proprement dit et reliés à ce dernier par un câble téléphonique souterrain.
- Ainsi, les studios de Radio-Paris sont situés à Paris rue François-lei', et le poste émetteur est établi cà Clichy (fîg. 1 et 2).
- Mais les courants ainsi transmis par fil peuvent recueillir des parasites et subissent en même temps des pertes en ligne très importantes, variables, d’ailleurs, suivant la fréquence.
- On est donc obligé d’employer des lignes spéciales isolées sous gaine de plomb, de prévoir l’adoption à
- Fig. 4.— Les deux puissantes lampes amplificatrices haute fréquence à circulation d’eau.
- l’arrivée d’un dispositif compensateur rétablissant l’équilibre et surtout d’amplifier avant de les transmettre à la ligne téléphonique les courants musicaux produits par les microphones, les pick-ups électromagnétiques des disques de phonographe, les appareils à signaux horaires, etc...
- Le courant microphonique initial de un dixième de watt est ainsi porté à 30 watts, et son énergie est réduite à deux dixièmes de watt à l’extrémité de la ligne lorsqu’il arrive au poste émetteur.
- Un tableau de commande et un « mélangeur » placés à côté de l’auditorium permettent d’ailleurs de mettre en circuit l’un quelconque des microphones ou des appareils musicaux et aussi, s’il y a lieu, d’employer plusieurs microphones à la fois. Des groupes d’alimentation, d’autre part, alimentés par le secteur, chargent les batteries d’alimentation de l’amplificateur et des différents accessoires.
- A l’arrivée à Clichy, les courants téléphoniques sont transmis à un amplificateur basse fréquence, puis, à un amplificateur de modulation agissant enfin sur l’émetteur à haute fréquence dont la fréquence porteuse est maintenue constante par un « maître oscillateur » en quartz afin de maintenir à 1725 m exactement la longueur d’onde correspondant à cette fréquence fondamentale.
- Le modulateur et l’amplificateur haute fréquence' sont munis de lampes de 20 k-w à circulation d’eau cl’une tension plaque de 12000 volts (fig. 3 et 4).
- L’alimentation de ces différentes parties de l’émetteur est obtenue à l’aide du courant du secteur transformé, redressé et filtré.
- Le courant initial de ce secteur est du triphasé d’une tension de 500 volts. Ainsi tout arrêt du courant du secteur entraîne immédiatement l’arrêt de l’émission et voici une première cause de pannes relativement fréquente, dont on ne saurait évidemment, en toute équité, faire grief aux ingénieurs de Radio-Paris.
- D’autre part, le poste actuel est déjà relativement ancien, et, en attendant l’établissement d’une autre station plus puissante, lorsque le « statut de la radiodif1 fusion » sera enfin voté, on sait qu’on ne peut augmenter sa puissance.
- Or, il est construit pour émettre normalement avec une puissance de 12 k-w-antenne, et des disjoncteurs sont prévus afin de couper le courant d’alimentation dès que des courants haute-fréquence d’intensité trop grande passent dans le circuit d’antenne.
- Mais, pour satisfaire les auditeurs et leur permettre une réception plus régulière et plus facile, les ingénieurs « poussent » très souvent la puissance antenne jusqu’à 13 k-w 5.
- A ce moment les disjoncteurs sautent facilement, surtout aux « pointes de modulation » et l’émission s’arrête. Cet arrêt est évidemment de très courte durée, mais c’est là cependant une deuxième cause de panne.
- Nous avons indiqué plus haut que le studio était réuni à la station émettrice par ün câble téléphonique. Toute détérioration de ce câble amène évidemment des troubles ou un arrêt de l’émission, mais cet accident est. heureusement rare, c’est là pourtant une troisième
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- cause de « panne ». On a constaté surtout, il y a déjà longtemps, une inondation de la conduite de ce câble, et une autre fois une détérioration de l’isolant interne. Mais ces accidents n’ont pas amené un arrêt complet du radio-concert.
- Enfin des détériorations des lampes ou des valves de redressement, dues à l’usure inévitable, sont toujours à prévoir, et c’est là encore une cause dernière d’arrêt possible de l’émission, mais généralement fort court.
- Si le filament est brûlé, ledéfautest. vite décelé et la lampe immédiatement remplacée. Dernièrement le filament d’une valve s’était tellement rapproché de la plaque que la résistance interne de la valve était devenue presque nulle, et les disjoncteurs sautaient continuellement. Il fallut alors isoler les valves les unes après les autres pour
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- trouver celle qui était anormale, mais cette recherche fut assez longue, et l’on avait craint un moment un accident plus grave.
- Notons enfin que jamais un arrêt d’émission ne peu être dû à la détérioration d’un des organes de l’audito rium, parce que tous ces derniers sont en double.
- Ainsi les formes les plus fréquentes des pannes d’émission sont dues à des causes relativement peu nombreuses, et leur durée est rarement gênante pour les auditeurs.
- Ces derniers ne sauraient, en tout cas, reprocher aux ingénieurs des stations émettrices une négligence fâcheuse puisque toutes les précautions ont été prises pour éviter ces interruptions et que celles qui surviennent sont dues à des causes tout à fait imprévisibles.
- P. Hémardinquer.
- LA PSYCHOLOGIE DE L’AUDITEUR FRANÇAIS
- DE T. S. F. ET SON ÉVOLUTION
- LA TECHNIQUE DE LA CONSTRUCTION RADIOÉLECTRIQUE ET LA MENTALITÉ DES SANS-FILISTES
- Les caractéristiques des radio-récepteurs établis par les constructeurs professionnels ou par les amateurs eux-mêmes, d’après les indications des revues ou des livres, ne dépendent pas seulement de l’état de perfectionnement de- la radio-technique, elles sont encore déterminées par les conditions de la radio-diffusion dans le pays où est installé le radiorécepteur, et aussi souvent par des facteurs d’établissement locaux.
- Cependant, avant de choisir ou de construire un modèle déterminé de poste, il faut savoir exactement à quel but on le destine, et ce but varie suivant la mentalité de l’auditeur de T. S. F.
- Les caractéristiques des radio-récepteurs varient donc essentiellement suivant la psychologie du sans-filiste lui-même, et l’on pourrait peut-être dire « tel auditeur, tel poste »
- AMATEURS ET USAGERS
- Depuis les débuts de la radio-diffusion, on sait qu’on peut diviser la gi’ande masse des auditeurs de T. S. F. en deux groupes principaux.
- Dans le premier, on peut ranger tous les sans-filistes qui établissent un poste de réception non pas dans le seul but d’entendre les radio-concerts, mais qui prennent leur principal plaisir dans la construction même du poste, dans l’étude des phénomènes dont il est le siège, ou encore dans ce sport qui consiste à capter le plus grand nombre possible d’émissions diverses.
- Dans l’autre groupe, on range les sans-filistes pour qui le poste est un simple instrument d’audition : radio-concerts, nouvelles politiques ou sportives, cours de Bourse, conférences instructives.
- Au début de la radio-diffusion en France, ce deuxième groupe était presque inexistant. Mais, aujourd’hui il a pris un développement considérable. C’est à lui, d’ailleurs, que l’industrie radio-électrique doit son plein épanouissement.
- Le premier groupe existe toujours, intéressant, actif, son importance n’a pas diminué, mais il n’est plus le seul à considérer. Les fabricants de pièces détachées ont toujours intérêt à écouler leur production dans cette clientèle, mais les constructeurs de postes récepteurs doivent maintenant avoir comme principal objectif de satisfaire les simples usagers de la T. S. F.j constituant presque la seule partie du public vraiment utile pour eux au point de vue commercial.
- On peut constater actuellement qu’amateurs, constructeurs et usagers ont des « goûts radiophoniques » communs. Le nombre des auditeurs que l’on pourrait appeler «sportifs» et qui « collectionnent » les émissions, tend à diminuer. Simples auditeurs ou amateurs-constructeurs, tous les sans-filistes veulent maintenant un radio-récepteur qui avant tout leur donne des réceptions pures et d’une intensité sonore suffisante.
- Us veulent aussi, en général, un poste d’aspect très simplifié, comportant peu d’organes de réglage et dont la manœuvre soit presque automatique, ou, en tout cas, extrêmement rapide.
- De même qu’en automobile, l’usager réclame surtout le confort: silence et souplesse, de même en radiophonie, l’usager exige les qualités qui rendent l’usage d’un radio-récepteur plus agréable : douceur, fidélité de l’audition et ^simplicité de réglage.
- L’INFLUENCE DES PROGRÈS PHONOGRAPHIQUES
- On connaît les merveilleux perfectionnements du phonographe réalisés grâce à l’emploi des procédés radiotechniques. La masse des « discophiles » ne cesse de s’accroître, et c’est par millions que l’on peut chiffrer aujourd’hui le nombre des disques vendus chaque jour dans le monde.
- Grâce aux dispositifs de reproduction électrique, rares sont les amateurs de T. S. F. qui n’utilisent pas de disques, et il est bien rare aussi que les possesseurs de phonographes mécaniques ou électriques n’aient pas un. radio-récepteur, ou tout au moins ne désirent pas en installer un.
- Tous les auditeurs de T. S. F. ont donc pu apprécier les qualités de pureté, de fidélité, d’intensité de la reproduction
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- phonographique soit acoustique, soit surtout électrique, et l’on conçoit que, par comparaison, beaucoup d’auditions radiophoniques leur paraissent dès lors fort médiocres.
- Ils veulent donc maintenant obtenir des réceptions dont la qualité puisse tout au moins être comparée à celle des reproductions phonographiques, et les fabricants se sont ainsi.efforcés d’étudier surtout les étages d’amplification basse fréquence et les haut-parleurs, de façon à obtenir une audition à la fois intense et fidèle.
- Le réglage d’un phonographe, même électrique, étant évidemment une opération presque immédiate et d’une simplicité absolue, une comparaison analogue a aussi amené les auditeurs de T. S. F. à demander la réalisation d’un radio-récepteur à réglage automatique constituant Une sorte de « phonographe radiophonique ».
- LA RÉCEPTION DES ÉMISSIONS FAIBLES LES POSTES LOCAUX ET L’ALIMENTATION PAR LE SECTEUR
- Jusqu’à présent les amateurs français désiraient essentiellement recevoir les radio-concerts des grands postes européens, peut-être parce que les radio-programmes français sont parfois d’une composition défectueuse et transmis avec une puissance trop faible; surtout par suite d’un sentiment de curiosité bien naturelle, qui pour certains peut aller jusqu’au « snobisme ».
- Sans doute le statut de la radio-diffusion française n’est pas encore voté, et la puissance de nos postes émetteurs n’a pas varié, mais il serait injuste de ne pas reconnaître les progrès déjà accomplis. D’autre part, il est plus aisé de recevoir les émissions provenant de stations locales, ou en tous cas nationales, avec une pureté satisfaisante et moyennant un réglage facile.
- Dès à présent, on pourrait concevoir l’établissement d’un « phonographe radiophonique » destiné essentiellement à la réception des émissions locales, et il faut espérer que bon nombre d’auditeurs s’habitueront peu à peu à se contenter d’entendre les radio-concerts nationaux, mais avec une intensité et une fidélité d’audition comparables à celles d’une reproduction phonographique.
- D’autre part, nous avons déjà noté que l’alimentation d’un poste-récepteur par le courant alternatif d’un secteur était particulièrement difficile à réaliser lorsqu’il s’agissait de rece-: voir les émissions faibles, il serait donc très intéressant, sous cer apport également, d’adopter des récepteurs du «type local».
- Il faut donc espérer que l’amélioration du réseau de radiodiffusion français permettra peu à peu de construire en grande série, à côté des postes récepteurs classiques, sensibles et sélectifs, des appareils type local très simples, alimentés entièrement par le secteur, et dont la réalisation aura été surtout étudiée au point de vue de la simplicité de réglage et d’entretien, et de la qualité artistique de l’audition.
- P. H.
- OÙ EN EST LA TECHNIQUE DES RADIO-RÉCEPTEURS EN FRANCE?
- LES CONDITIONS PARTICULIÈRES DE LA CONSTRUCTION RADIOÉLECTRIQUE EN FRANCE
- LES POSTES A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Les conditions de la construction radio-électrique en France sont très particulières. Par suite de l’état actuel de la radiodiffusion, et aussi de la mentalité de l’auditeur français, les
- Fig. 1. — Le nouveau modèle de poste à changement de fréquence synchrodyne Radio L.L.
- fabricants de postes récepteurs radiophoniques sont obligés d’établir surtout des appareils sensibles et très sélectifs, permettant de recevoir sur cadre la plupart des grandes émissions européennes.
- Le montage récepteur répondant le mieux à ces conditions, est, sans contredit, le montage à changement de fréquence, aussi voit-on maintenant presque tous les constructeurs
- Fig. 2. — Le Trisodyne Pericaud. (Lampe bigrille changeuse de fréquence. Deux étages moyenne fréquence à lampe écran. Une détectrice et une pentode basse fréquence).
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- Fig. 3. — Schéma du poste Radiosecteur Pericaud établi par M. Barthélémy, avec lampes à filament réseau chauffées par courant alternatif sous tension de 1/2 volt et i'intensité de 1 ampère environ.
- français établir un ou plusieurs modèles différents de ce type.
- La plupart de ces récepteurs sont munis d’une lampe bigrille changeuse de fréquence, leur réglage est simplifié au maximum, soit à l’aide d’un système de commande unique des condensateurs d’accord et de modulation, soit au moyen d’un dispositif d’accouplement plus ou moins ingénieux de ces condensateurs, et, enfin, quelquefois, on a pu réduire le nombre de leurs étages moyenne fréquence par l’adoption de lampes à grille écran, mais il faut reconnaître que ce procédé est encore assez timidement employé (fig. 1).
- D’autres modèles plus spéciaux comportent une lampe trigrille changeuse de fréquence en même temps que des lampes à écran, en moyenne fréquence, et beaucoup de ces appareils, d’autre part, ne possèdent en basse fréquence qu’une seule pentode (fig. 2). Presque tous ces postes sont munis d’un dispositif simple permettant l’emploi immédiat de leurs étages basse fréquence pour la reproduction phonographique à l’aide d’un pick-up électro-magnétique.
- Fig. 4. — Poste Radiola (Sfer 30), à changement de fréquence alimenté sur le secteur alternatif, chauffage par courant alternatif, courant redressé pour l’alimentation plaque.
- 1 auditeur français veut obtenir des auditions radiophoniques de plus en plus intenses et fidèles. De plus, et ce désir est déjà ancien, il veut souvent supprimer piles et batteries d’alimentation et posséder enfin un poste alimenté entièrement par le courant du secteur comme un phonographe électrique.
- Les progrès de l’amplification basse fréquence, l’établissement de lampes de puissance très perfectionnées à filament à oxydes, l’emploi possible des nouvelles méthodes d’alimentation que nous avons, d’ailleurs, indiquées dans La Nature, lui semblent être des arguments assez probants pour exiger du fabricant la réalisation de postes possédant les caractéristiques désirées.
- Sans doute est-il possible de réaliser des appareils à changement de fréquence munis d’un système d’amplification basse fréquence puissant et fidèle et entièrement alimenté par le courant d’un secteur alternatif.
- Quelques constructeurs ont réussi à établir des postes de ce genre munis de lampes à chauffage indirect ou même à filament du type réseau (fig. 3 et 4).
- Il faut pourtant se rendre compte que ces appareils étant très sensibles, et les ondes incidentes étant soumises dans ces montages à des traitements assez complexes, il devient particulièrement difficile d’employer des lampes de ce genre sans une étude très approfondie.
- C’est pourquoi la majorité des constructeurs ont préféré
- Il serait injuste de nier les qualités de sensibilité et de sélectivité de ces postes; quant à la pureté d’audition, on a pu démontrer qu’il était possible d’atténuer le « bruit de fond » si désagréable sur certains appareils par une construction soignée, une amplification moins poussée, un blindage judicieux et un choix rationnel de la longueur d’onde moyenne fréquence.
- Les constructeurs se sont rendu compte, d’autre part, qu’il était nécessaire, en général, de ne pas augmenter outremesure l’acuité de résonance des circuits moyenne fréquence sous peine de mutiler les bandes de fréquences musicales, ce qui enlève à l’audition tout caractère artistique et naturel.
- DEUX FACTEURS D’ÉVOLUTION L’INFLUENCE DU PHONOGRAPHE ET L’ALIMENTATION PAR LE COURANT D’UN SECTEUR
- Cependant séduit par la qualité et l’intensité des reproductions phonographiques (nous expliquons plus longuement ce problème psychologique dans un autre article de ce numéro)
- Fig. 5. — Appareil d’alimentation Hewiilic donnant le courant de chauffage et la tension anodique, comportant des redresseurs à oxyde de cuivre, des cellules de filtrage et un dispositif de compoundage rendant les tensions indépendantes du courant débité.
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- Fig. 6. — Appareil cl’alimentation anodique Hewitlic avec dispositif de stabilisation par lampes à néon rendant la tension indépendante du courant débité par le poste.
- conserver des lampes ordinaires, à filament à oxydes et chauffer ces filaments à l’aide du courant alternatif redressé par des valves à vide ou des soupapes oxymétal et filtré dans un circuit comprenant des condensateurs électrolytiques à grande capacité (fig. 5).
- Il faut pourtant se rendre compte que même, dans ce cas, il est indispensable de prendre des précautions spéciales.
- Tout d’abord, cette connexion indirecte du poste au secteur peut diminuer la sélectivité obtenue par l’effet directif du cadre, et d’autre part, si l’on veut recevoir les signaux faibles, il est essentiel d’empêcher la propagation des courants haute fréquence parasites recueillis par le réseau vers le radiorécepteur.
- On atténuera ces inconvénients par un dispositif antiparasites à condensateurs de fuite et à bobines de choc, et surtout en adoptant un transformateur d’alimentation dont les enroulements présentent une très faible capacité.
- Il sera bon, en outre, de prévoir un système régulateur de tension empêchant l’influence des variations du courant du secteur et permettant d’utiliser à volonté un nombre quel-
- conque de lampes, sans prendre de précautions spéciales pour éviter une surtension dangereuse (fig. 6). Signalons, à ce point de vue, le régulateur Demontvignier-Touly fonctionnant par le jeu de selfs saturées etn on saturées qui maintient pratiquement constant le voltage d’entrée, malgré des variations de tension de secteur de ifc 15 pour 100. Rappelons aussi les dispositifs du stabilisation et de compoundage des mêmes ingénieurs, qui rendent la tension indépendante du débit du poste et sont appliqués dans les alimenteurs Ilewittic.
- Quoi qu’il en soit, dans bien des cas, les batteries d’accumulateurs de chauffage et de tension plaque, conjuguées aA^ec un de ces types doubles de chargeurs, dont il existe maintenant des modèles si pratiques, constituent encore le système d’alimentation le meilleur,au point de vue théorique, pour le possesseur d’un poste à changement de fréquence qui veut recevoir les émissions étrangères avec la plus grande pureté possible sans être aucunement gêné par les émissions locales.
- Tous les auditeurs de T. S. F. n’habitent pourtant pas des villes où se trouvent des postes émetteurs, et il y en a aussi à l’heure actuelle qui se contenteraient d'entendre les émissions locales mais d’une manière entièrement satisfaisante au point de vue musical.
- L’emploi d’un poste ù changement de fréquence par cette catégorie d’auditeurs est parfaitement inutile. Il n’est pas nécessaire aux uns d’avoir un poste très sensible puisqu’ils peuvent utiliser, en général, une antenne extérieure ou même intérieure’Qïicace, et il n’est pas non plus utile aux autres de posséder un appareil sélectif puisqu’ils ne veulent pas éliminer des émissions puissantes, mais au contraire les recevoir presque exclusivement.
- Pour ces deux catégories d’auditeurs, les constructeurs ont réalisé, en utilisant les données des étrangers et particulièrement des Américains, d’ailleurs, une autre classe de radiorécepteurs. Ces postes sont uniquement munis d’étages d’amplification haute fréquence, destinés presque toujours à fonctionner sur antenne, alimentés entièrement par le courant alternatif d’un secteur grâce à l’emploi de lampes à chauffage indirect.
- Leurs étages haute fréquence comportent presque toujours des lampes à grille écran permettant d’obtenir une forte amplification avec une grande stabilité de fonctionnement, et la lampe de sortie basse fréquence est alimentée sur une tension plaque assez élevée de sorte que l’amplification basse fréquence est assez intense et peut être utilisée pour la reproduction phonographique.
- Enfin, le réglage de ces appareils, qu’on pourrait nommer «postes secteurs», est très simplifié et leurs organes de moulage sont généralement blindés et contenus dans un coffret métallique ou en matière moulée.
- Fig. 7. — Poste secteur à 3 lampes type « local » comportant une lampe à grille écran à chauffage indirect, une lampe déteclrice. et une lampe basse fréquence tri-
- grille de puissar ce
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- LES DEUX CATÉGORIES ACTUELLES DE RADIO-RÉCEPTEURS FRANÇAIS
- Ainsi, il y a à l’heure actuelle en France deux catégories de radio-récepteurs, d’un côté les postes-secteurs à amplification haute fréquence directe, de l’autre les appareils à changement de fréquence.
- Les postes de la première catégorie peuvent, d’ailleurs, être du type à peu près exclusivement local, et ne pas comporter d’étage haute fréquence ou un seul au maximum (fig. 7), soit être rendus plus sensibles par l’emploi de deux étages haute fréquence à lampes à grille écran (fig. 8 et 9).
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- Même dans ce dernier cas, ce modèle convient assez mal en général dans les grandes villes, aux amateurs désirant recevoir les émissions étrangères, par suite de la difficulté d’élimination des émissions locales, et il doit être réservé, comme nous l’avons indiqué, aux auditeurs'de province ou de la campagne.
- Quant au poste à changement de fréquence, son principe n’a guère été modifié, mais il a été perfectionné peu à peu et les résultats obtenus ont été améliorés par l’adoption des nouveaux types de lampes en moyenne fréquence et en basse fréquence. Nous avons noté d’autre part que si une grande partie de ces appareils fonctionnaient encore à l’aide de batteries conjuguées avec des chargeurs doubles, on avait pu aussi établir des appareils alimentés par le courant du secteur redressé ou filtré ou même munis de lampes à chauffage direct ou indirect.
- LES SYSTÈMES A RÉGLAGE AUTOMATIQUE ET LES NOUVEAUX TYPES DE LAMPES DE RÉCEPTION
- Les perfectionnements actuels des radio-récepteurs n’ont
- Fig.
- Le poste secteur Philips.
- Fig. 9. —* Schéma du poste secteur Philips à 2 étages haute fréqi muni de lampes à grille écran à chauffage indirect.
- été réalisables que grâce aux perfectionnements mêmes des lampes de réception.
- Les lampes à filament réseau chauffé par courant de faible tension (Radiotechnique) ou les lampes à chauffage indirect (Philips, Gécovalve, Radiotechnique, Métal, etc.), ont permis l’établissement des postes secteurs à amplification haute fréquence ou même des appareils à changement de fréquence à alimentation totale.
- De même les types de pentodes de puissance des mêmes marques ont permis d’obtenir une amplification basse fréquence suffisante, tout en réduisant au minimum le nombre des étages d’amplification basse fréquence, du moins pour les postes portatifs ou de puissance moyenne.
- Grâce à l’emploi des lampes à grille écran, on a pu améliorer, comme nous l’avons indiqué, le rendement des étages d’amplification moyenne fréquence, réaliser l’amplification haute fréquence des ondes courtes, établir des appareils stables à multiples étages d’amplification haute fréquence et à grande amplification.
- Les lampes triodes de puissance, maintenant de plus en plus perfectionnées, et dont les modèles récents permettent d’ailleurs une amplification puissante avec une tension de plaque relativement faible, sont utilisées à l’heure actuelle non seulement sur la plupart des radio-récepteurs, mais pour
- l’amplification phonographique, la cinématographie sonore, etc. Enfin, l’adoption générale des filaments à oxydes constitue un grand piogrès, puisque l’émission électronique est ainsi plus forte, plus régulière et plus durable.
- Nous avons déjà signalé à ce propos le mode de construction de certaines lampes, en particulier des modèles Gécovalve, qui assure à l’enduit émissif une parfaite adhérence et une homogénéité satisfaisante correspondant essentiellement à la régularité des caractéristiques de la lampe.
- D’un autre côté, sur tous les postes récents, les organes de réglage ont été réduits au minimum pour les raisons déjà énoncées* Cependant, on peut constater que le nombre des appareils « à réglage essentiel unique » se maintient à peu près stationnaire en France, par suite des difficultés spéciales mécaniques et électriques de leur construction.
- Au contraire, nce les dispositifs
- de réglage simplifiés dans lesquels les diverses manœuvres de réglage sont pour ainsi dire « dictées » automatiquement à l’opérateur pour chaque émission désirée sont de plus en plus utilisés (fig. 10).
- Nous reviendrons sur cette question dont l’intérêt est de plus en plus grand à mesure qu’augmente le nombre des « usagers de la T. S. F. », il y a, d’ailleurs, déjà longtemps que nous avons préconisé dans cette revue l’emploi de cette catégorie de dispositifs de commande.
- À cette question se rattache, d’ailleurs, celle de la “ commande à distance ” des radiorécepteurs, que nous étudierons également.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 10. — Elgédgne Gaumont à réglage automatique. Alimentation par courant alternatif redressé par soupape oxgmèlal el filtré.
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- L’ÉVOLUTION DES POSTES PORTATIFS = ET LA T. S. F. EN AUTOMOBILE
- Fig. 1. —• Deux postes portatifs anglais de modèle récent, a) Poste valise Amplion. b) Poste portable Colombia.
- LES POSTES PORTATIFS EN ANGLETERRE ET EN FRANCE
- C’est surtout en Angleterre que les postes portatifs ont trouvé la vogue, aussi a-t-on étudié particulièrement dans ce pays, ce genre d’appareils, et peut-on constater .une influence certaine des tendances de la construction anglaise sur celles de la construction française.
- Sans doute les conditions de la réception ne sont pas les mêmes en Angleterre et en France, et les appareils à changement de fréquence sont à peu près inconnus en Grande-Bretagne. Mais, pour cette catégorie de postes particuliers, du moins, nos constructeurs ont pu pourtant adopter poùrle plus grand profit de leur clientèle des solutions anglaises.
- Qu’il soit réalisé sous forme de poste-valise, dans lequel les organes de montage sont disposés sous la forme la plus compacte-possible, soit sous forme d’appareils transportables dans lequel les éléments sont disposés normalement, le poste portatif anglais ne.„ comporte jamais plus de 5 lampes et, le nombre habituel est de 4 ou 5, soit une ou deux
- Fig. 2. — Poste valise Rees-Radio, ' es réduit, dit Gnô me amplification haute réquence par lampe à grille écran.
- a) Poste fermé;
- b) Valise ouverte,
- lampes haute fréquence, une lampe détectrice et une ou deux basse fréquence (fig. 1).
- Lorsqu’il y a 2 lampes haute fréquence, la première lampe est presque toujours à liaison à résonance et la deuxième à liaison semi-apériodique.
- On peut constater l’emploi de plus en plus grand des lampes à grille-écran, en haute fréquence et des trigrilles de puissance en basse fréquence.
- Ainsi, le poste portatif anglais ne peut être considéré ni comme très sensible, ni comme très sélectif, il est destiné avant tout à la réception des excellentes émissions locales. D’autre part, l’alimentation en courant de chauffage est presque toujours réalisée sous une tension de 2 volts, mais on commence à prévoir dans certains appareils l’emploi d’un système d’alimentation par le courant redressé d’un secteur alternatif.
- L’auditeur français veut généralement pouvoir entendre les émissions étrangères, même avec un appareil portatif, aussi est-il nécessaire presque toujours de prévoir l’emploi d’un montage sensible à changement de fréquence.
- Pourtant un nombre de plus en plus grand d’amateurs « raisonnables » savent se contenter de rechercher seulement les grandes émissions françaises ou étrangères, à condition qu’ils puissent les entendre facilement, et d’une façon très intelligible, avec un appareil très réduit.
- Comme la question de la sélectivité ne se pose pas avec acuité dans le cas du poste portatif, puisque ce dernier est généralement éloigné des postes émetteurs locaux,- il suffit donc, à cette catégorie d’auditeurs, d’employer un appareil du genre anglais, à étages d’amplification haute fréquence directe.
- Nous pouvons donc constater maintenant la naissance, à côté des postes portatifs à changement de fréquence, d’une autre catégorie que l’on pourrait appeler « anglaise », puisque sa construction et son montage sont basés sur des principes utilisés en Angleterre.
- Ces appareils comportent donc des étages d’amplification haute fréquence directe, généralement munis de lampes à grille-écran, et ils sont réalisés, le plus souvent, sous la forme de valises.
- Un type très caractéristique de poste de ce genre, présenté dans une mallette de cuir, ne pèse par exemple que 10 kg, et ses dimensions sont de 34 X 28 X 16 centimètres seulement (fig. 2 et 3).
- Il comporte une lampe haute fréquence à grille-écran, une détectrice à réaction et deux lampes basse fréquence dont une de puissance, le diffuseur est contenu dans le couvercle. Il est assez sensible pour recevoir le soir sur tout petit cadre intérieur les principales émissions européennes.
- LES MODÈLES ACTUELS. DE POSTES PORTATIFS FRANÇAIS
- Quel que soit le montage radioélectrique adopté, il est de plus en plus légitime à l’heure actuelle de classer les postes portatifs français en deux catégories assez distinctes.
- D’un côté, les appareils réduits et légers, le plus souvent à amplification haute fréquence directe, dont nous venons de citer un exemple, de l’autre les postes « transportables » plus sensibles, comportant de plus nombreux étages d’amplification, mais plus lourds et moins réduits, destinés, d’ailleurs, aussi bien à la réception en voyage qu’a la maison.
- Presque tous ces postes fonctionnent au moyen d’un cadre
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- intérieur ou contenu dans le couvercle de la valise, mais, alors que les appareils de la première catégorie sont uniquement munis de batteries d’alimentation (accumulateur de chauffage à liquide immobilisé et piles sèches de tension plaque) ceux de la deuxième peuvent recevoir, assez souvent, un dispositif d’alimentation sur courant alternatif du secteur spécialement établi, dans ce but. Nous avons, d’ailleurs, déjà décrit des dispositifs de ce genre dans nos chroniques.
- Un assez grand nombre de constructeurs ont adopté des lampes à grille-écran en moyenne fréquence, et nous pouvons citer, par exemple, un appareil très sensible à 8 lampes comportant deux lampes haute fréquence, une lampe à grille-écran, deux lampes moyenne fréquence, une détectrice, et deux lampes basse fréquence qui représente bien une des combinaisons les plus sensibles réalisables actuellement.
- Une solution assez originale déjà signalée aussi dans nos chroniques, consiste à établir un poste valise comportant
- un montage assez sensible à haute fréquence ou à changement de fréquence, mais sans amplification basse fréquence.
- En voyage, l’appareil permet sur petit cadre intérieur la réception des émissions européennes, mais à l’écouteur seulement. A la maison, on lui adjoint un amplificateur basse fréquence ou même on le connecte à un amplificateur phono-graphique et on peut ainsi obtenir d’excellentes auditions en haut-parleur de grande intensité (fig. 3).
- LA T. S. F.
- EN AUTOMOBILE
- Poste valise Super-rallye de Radio L. L.
- Le poste portatif est, par excellence, le poste de l’automobile, mais, à l’instar des Américains, beaucoup d’automobilistes français voudraient posséder un radio-récepteur, non pas contenu dans une valise, mais placé d’une manière fixe sur leur voiture, au même titre qu’un autre accessoire électrique, et permettant l’audition de radio-concerts, même pendant la route.
- Nous avons déjà étudié dans nos chroniques ce problème pratique de radiotechnique. Il est nécessaire de supprimer la production ou la transmission de courants.haute fréquence pouvant causer des bruits parasites et provenant de la dynamo de la voiture, du dispositif d’allumage, du moteur de démarrage, etc. il faut, en outre, établir un dispositif récepteur spécialement étudié, particulièrement réduit, simple à régler, et assez robuste pour résister aux chocs et aux trépidations.
- Quelques constructeurs français se sont récemment intéressés à cette question et ont réussi à réaliser des récepteurs d’excellente qualité.
- L’un de ces appareils primé par l’Automobile Club de France fonctionne en marche et à l’ai'rêt à l’aide d’une antenne constituée par un treillis métallique isolé de la masse de la voiture, et dissimulé entre la toiture et le revêtement intérieur du plafond (fig. 5).
- L’ensemble du récepteur est logé derrière le tablier de bord de la voiture et les seuls organes apparents sont les boutons
- et cadres de réglage que l’on voit sur le tableau de bord à côt des instruments de contrôle ordinaires.
- Le montage radioélectrique est, d’ailleurs, du type à char gement de fréquence à cinq lampes, soit une bigrille char geuse de fréquence, deux lampes moyenne fréquence à trans formateurs accordés, une lampe détectrice et une lampe bass fréquence (trigrille de puissance alimentée sous 120 volts)
- P. H.
- Fig. 5. •—• Installation d’un radiorécepteur « Supersix Radio L. L. » sur une automobile.
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- ~ LES ACCUMULATEURS EN T. S. F.
- ET LEUR RECHARGE
- ALIMENTATION PAR ACCUMULATEURS ET ALIMENTATION PAR LE SECTEUR
- Aux Etats-Unis, il n existe plus guère que des postes alimentés par le courant d’un secteur alternatif; on sait qu’il
- n’en est pas de même en France, et qu’un très grand nombre d’appareils, et spécialement de radiorécepteurs, à changement de fréquence, fonctionnent à l’aide de batteries d’accumulateurs.
- Cependant, grâce à l’emploi des lampes à faible consommation et de modèles de chargeurs pratiques, il n’est plus nécessaire d’adopter des batteries de chauffage de forte capacité ; les accumulateurs employés sont donc moins encombrants et moins coûteux.
- D’un autre côté, pour obtenir une amplification intense et fidèle, on a pris l’habitude d adopter un courant-plaque d’une tension voisine de 120 volts, et dont l’intensité est souvent relativement élevée. On a pu remarquer pour cette raison que les amateurs employaient de plus en plus de petites batteries d’accumulateurs, à la place des batteries de piles assez coûteuses dans ces conditions d’utilisation.
- Sans doute, ces batteries ainsi employées sont-elles encore assez fragiles et leurs bacs sont généralement remplis d’un liquide acide dont les atteintes sont dangereuses pour les tapis, les vêtements et même les mains de l’opérateur.
- Fig. 2. — Chargeur avec redresseurs à oxyde de cuivre type Hewitlic permettant d’obtenir 500 milliampères sous 4 volts et 50 milliampères sous 160 volts. (Vue intérieure.)
- üm
- Mais la durée de service d’une batterie est fortement augmentée et son entretien réduit au minimum lorsqu’on a pu procéder à des recharges régulières ; aussi l’établissement des modèles actuels de chargeurs, peu coûteux et dont le fonctionnement est presque automatique, a-t-il singulièrement atténué les inconvénients de l’emploi des batteries.
- Il existe, d’ailleurs, deux méthodes différentes de recharges : on peut les charger continuellement sous une tension normale, mais avec une intensité extrêmement faible, ou les charger de temps en temps avec une intensité normale correspondant environ à 1/10 de leur capacité.
- Ce sont les appareils de la deuxième catégorie qui sont le plus employés à l’heure actuelle et les redresseurs utilisés sont de trois genres différents : électrolytiques plus ou moins modifiés, à valves thermoioniques, et enfin du type oxymétal (cuivre, oxyde de cuivre) entièrement métallique (fig. 1 et 2).
- La majorité des chargeurs sont, en réalité, de ces deux derniers types, qui paraissent les plus stables et d’emploi le plus pratique.
- Il existe, d’autre part, des dispositifs permettant la recharge simultanée ou séparée des batteries de chauffage ou de tension-plaque et on peut les connecter à demeure, d’une part aux batteries, d’autre part au secteur (fig. 1 et 2),
- Pour effectuer la recharge, il n’y a donc aucun montage ou démontage à faire, et il suffit d’actionner un inverseur en le plaçant dans la position de charge ou d’écoute.
- UN CHARGEUR D’ACCUMULATEUR MULTIPLE
- Il nous paraît intéressant à ce propos de décrire de nouveaux modèles de chargeurs, modèles nouveaux par leurs détails ingénieux de construction plutôt que par leur principe, puisque nos lecteurs connaissent déjà sans doute les principes de la valve de redressement Tungar à filament de tungstène à électrode en graphite et à atmosphère d’argon, mais, jusqu’à présent, on n’avait établi des redresseurs de ce genre que pour des courants d’assez forte intensité; on a pu récemment simplifier cette fabrication et établir des ampoules d’un volume plus restreint, d’un prix plus modique, convenant plus spécialement à tous les usages d’amateur.
- On sait, en effet, que si l’alimentation des appareils récepteurs et des phonographes électriques par le courant du secteur devient de plus en plus générale, il n’en est pas moins vrai que la majorité des postes est encore alimentée au moyen d’accumulateurs dont l’emploi est conjugué d’ailleurs avec des chargeurs très pratiques dont nous avons décrit déjà de nombreux modèles. Un petit chargeur comportant une valve tungar de ce genre, dont on connaît les qualités de solidité, de constance et de durée, présente la particularité de permettre la recharge simultanée des batteries de filaments de 4 volts, de capacité normale, c’est-à-dire, de 10 à 20 ampères-heure et des batteries de tension-plaque de 80 à 120 volts (fig. 3).
- La consommation pour la charge simultanée des deux batteries de 4 et de 120 volts est très réduite et d’environ 65 watts-heure.
- Cet appareil comporte, monté sur un socle en tôle emboutie, le transformateur d’alimentation ainsi qu’un interrupteur tétrapolaire, dont le support isolant porte, d’ailleurs, les douilles des lampes redresseuse et régulatrice. Le trans-
- Fig. 1. — Chargeur d'accumulateurs avec redresseur à oxyde de cuivre type Hewitlic permettant la recharge simultanée des batteries de chauffage et de plaque.
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- formateur a été l’objet d’une étude très détaillée et on est parvenu, d’autre part, à établir une élégante présentation; l’interrupteur réalise simultanément toutes les connexions nécessaires aussi bien au primaire qu’au secondaire du transformateur pour permettre la recharge simultanée, l’écoute, ou la coupure des divers circuits.
- En particulier, ce dispositif coupe automatiquement le courant du secteur dans les positions écoute et arrêt. Dans la position de charge, les batteries sont déconnectées du poste et reliées directement au redresseur par l’intermédiaire de l’interrupteur.
- Dans la position « écoute » les connexions du poste de T. S. F. réunissent un pôle de la batterie de tension plaque à l’un des pôles de la batterie de chauffage; il est donc nécessaire de supprimer cette dernière connexion lorsque l’on passe dans la position de charge, puisque à ce moment les deux pôles positifs seraient reliés entre eux.
- Cet appareil permet la recharge simultanée avec les
- courants redressés de 4 volts sous 1, 2 ampère, et 80 ou
- 120 volts, sous 0,6 ampère; il est, d’ailleurs, possible, en cas de nécessité, d’effectuer la charge séparée de l’une ou de l’autre batterie en retirant simplement dans la position
- charge la fiche de la batterie d’alimentation qu’on ne désire pas charger.
- Cet appareil, très peu
- encombrant, conçu d’une manière très pratique, et, d’ailleurs, d’un prix mo-
- dique, pourra donc rendre de grands services aux amateurs.
- Il est à noter que la lampe Tungar employée est du type dianodique permets tant le redressement de-deux alternances et que le transformateur cuirassé comporte un circuit magnétique bien étudié, réalisé avec des tôles de première qualité, ce qui réduit les pertes au minimum.
- Le transformateur et le bloc interrupteur support de lampe sont protégés par un capot ajouré, complété par un couvercle facilement démontable, muni de deux orifices pour le passage des lampes.
- Deux écrous molettés se fixant sur les tiges de fixation des tôles du transformateur maintiennent le capot et le couvercle ; il suffit de les enlever pour mettre à nu le transformateur et l’interrupteur.
- L’appareil est muni de prises 110, 130 volts ou 180 volts au primaire, et 80 volts au secondaire; les connexions correspondantes sont effectuées une fois pour toutes à la mise en service selon que l’appareil doit être utilisé pour l’une ou l’autre des tensions primaires, et que l’on emploiera 80 ou 120 volts au secondaire.
- Le raccordement du redresseur aux batteries et au poste est fait également une fois pour toutes; les connexions correspondantes sont réalisées au moyen de fiches bipolaires à écartement standard à raison de deux fiches du côté du poste, de deux fiches du côté des accumulateurs ; la liaison au secteur est réalisée au moyen d’un raccord analogue à celui utilisé pour les appareils de chauffage ou d’éclairage (fig. 4).
- L’interrupteur tétrapolaire est manœuvré au moyen d’un bouton muni d’une flèche indicatrice que l’on amène en face des indications ; charge, écoute, arrêt, notées sur le socle de l’appareil.
- Une lampe régulatrice renfermant une résistance variant
- Fig. 4. — Bloc support de lampes et combinateur lélrapolaire du Tungar Biuolt.
- 283
- Fig. 3. - Tungar Biuolt. Appareil permettant la charge simultanée des batteries de chauffage et de tension plaque sur secteur alternatif.
- a) Vue d’ensemble;
- b) Vue par-dessus.
- , lampe l’êmltitr1
- awiMrudsiir . /fr
- de façon à régler automatiquement le débit de l’appareil et à égaliser les débits moyens respectifs des deux anodes de la lampe permet d’obtenir un fonctionnement absolument régulier.
- Une telle lampe peut d’ailleurs fournir un service d’environ deux mille heures.
- Il existe, d’ailleurs, aussi, des appareils de ce genre des types dits Simplex ou Duplex pennettant de recharger simplement soit une batterie de chauffage, soit une batterie de filaments, ou de recharger, soit l’une, soit l’autre séparément (fig. 5).
- Les chroniques de Radiophonie pratique de La Nature ont souvent contenu la description d’appareils du même genre et il serait intéressant d’étudier au point de vue technique les caractéristiques des différents systèmes proposés, mais nous avons voulu montrer simplement comment le problème de la recharge des batteries de T. S. F. était devenu à l’heure actuelle une tâche facile.
- Sans doute la suppression complète des batteries et leur remplacement par un dispositif complet d’alimentation demeure une solution plus radicale, mais il faut convenir que les appareils de recharge actuels justifient l’empioi persistant des batteries en France.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 5.
- Tungar-Duplex. Appareil de modèle réduit pour charge d'une batterie de chauffage et d'une batterie de tension plaque.
- A droite : son montage sur le poste récepteur.
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- NOUVEAUTÉS RA DIOTECHNIQUES
- ET MONTAGES SIMPLES
- & 1
- mm.
- Fig. 1. — Montage à 4 lampes, comportant une bigrille haute fréquence avec système de liaison Isodyne (Barthélémy), une dé-iectrice et deux étages basse fréquence.
- L : bobinage d’accord à prise médiane. T : transio de liaison avec primaire à prise médiane et secondaire accordé.
- UN MONTAGE HAUTE FRÉQUENCE A LAMPES A DEUX GRILLES
- Les lampes bigrille sont utilisées presque uniquement pour obtenir le changement de fréquence dans les super-hétérodynes, et on les emploie assez rarement pour l’amplification à haute fréquence, et à plus forte raison pour l’amplification à basse fréquence. On adopte bien, dans ce but, des lampes comportant plusieurs grilles, mais ces grilles sont disposées, on le sait, sous forme de grille-écran et ne jouent pas du tout le même rôle que dans les lampes bigrille. Il est pourtant bon de rappeler que l’on peut établir des postes simples et sensibles, dans lesquels des lampes bigrille sont utilisées en haute fréquence. L’avantage du système est, non pas de permettre d’obtenir une intensité de réception beaucoup plus grande qu’avec des lampes triodes ordinaires, mais surtout de réaliser une plus grande sélectivité, une plus grande sensibilité, et un fonctionnement plus stable.
- Il ne convient pourtant pas d’employer des lampes bigrille haute fréquence comme des lampes ordinaires, en appliquant simplement à la grille auxiliaire une tension convenable.
- Fig. 3. — Montage Isodyne perfectionné avec système d’accorcl Bour-ne, lampe haute fréquence bigrille, déteclrice avec système de réaction mixte par inductance et capacité, lampe basse fréquence trigrille de puissance avec circuit de sortie comportant une bobine de choc et un condensateur de fuite.
- 7 130 v.
- Pour obtenir un rendement suffisant, un montage spécial est nécessaire.
- C’est, en quelque sorte, un montage symétrique, et il consiste à utiliser un transformateur de liaison haute fréquence dont le primaire comporte une prise médiane ; aux deux extrémités de ce primaire sont reliées la plaque et la grille intérieure de la lampe bigrille (fig. 1). On détermine ainsi une addition du flux développé dans l’enroulement secondaire du transformateur, et les capacités internes de la lampe sont neutralisées par l’emploi de ce bobinage, ce qui permet de pousser l’appareil à son maximum d’amplification, sans crainte d’accrochage spontané.
- Le schéma de la figure 1 indique ainsi la disposition générale d’un poste à 4 lampes comprenant une lampe bigrille haute fréquence montée suivant ce principe Isodyne, dû à M. Barthé-lemy, une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence. L’accord est simplement réalisé à l’aide d’un auto-transformateur; on emploie un transformateur spécial de liaison avec primaire à prise médiane et secondaire accordé, et la réaction est obtenue par un procédé capacitaire avec un petit conden sateur variable de quelques millièmes de microfarad, et une bobine de choc intercalée dans le circuit plaque de la détectrice.
- Une résistance de quelques milliers d’ohms intercalée dans le circuit plaque de la bigrille haute fréquence permet d’abaisser la valeur de la tension plaque à la grandeur convenable,, et le montage du système,
- comme son réglage, sont extrêmement faciles. Avec une antenne extérieure de 10 à 20 mètres, on peut ainsi recevoir en haut-parleur la plupart des émissions européennes.
- II est essentiel, pour obtenir de bons résultats, d’utiliser un bobinage d accord et un transformateur haute fréquence convenables; on peut d’ailleurs trouver maintenant dans le commerce des pièces détachées de ce genre (fig. 2).
- On peut réaliser des variantes plus ou moins complexes mais intéressantes de ce montage, comme le montre la figure 3,
- Fig. 2. — Bobinage d’accord et transformateur de liaison .dits « Isophase Dyna », employés pour le montage de la fig. 1.
- UN CONDENSATEUR DOUBLE POUR LE RÉGLAGE RAPIDE DES POSTES
- On veut aujourd’hui simplifier au maximum les manœuvres de réglage des postes, et tout spécialement des postes à changement de fréquence, et, dans ce but, on emploie le plus souvent des condensateurs d’accord et de résonance, ou d’accord et de modulation, accouplés d’une façon quelconque, soit d’une façon rigide, soit de façon à obtenir une loi de variation déterminée suivant les constantes du poste. Nous signalerons, à ce propos, un modèle de condensateur multiple pouvant s’appliquer à n’importe quel poste de réception et réalisant d’une manière à peu près automatique la commande simultanée de deux condensateurs.
- Cet appareil se compose de deux condensateurs équilibrés à variation linéaire de capacité à faibles pertes A et B ; ces
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- condensateurs sont commandés par un système de pignons et de crémaillère à taille oblique CC' et DD' (fig. 4).
- Les crémaillères sont reliées entre elles par une pièce annulaire E, sur laquelle elles s’articulent; le centre de cette pièce E porte une alidade en croix servant d’index, et la partie extérieure est molettée pour assurer sa commande facile devant un cadran de repère F. Ce cadran peut, d’ailleurs, facilement être déplacé ou retourné dans un cadre métallique G portant une rainure assurant rigoureusement et facilement sa mise en place.
- Ce mécanisme relativement simple assure la commande simultanée des condensateurs A et B, tout en permettant cependant de les régler chacun avec la capacité correspondant au réglage du récepteur et à ses constantes.
- En effet, si l’index E est manœuvré de bas en haut suivant l’axe vertical du cadran F, la capacité pour un déplacement déterminé croît de quantité égale pour chaque condensateur, mais d’autre part, si l’index est amené sur un point quelconque de l’axe vertical du cadran, mais cette fois déplacé transversalement de droite à gauche, par exemple, la capacité du con-
- Tasseau
- /du moteur
- Croisillon
- Croisillon
- f/œud du câble de connexion
- le câble
- Tasseau ta)
- Fig. 5. — Montage cl’un haut-parleur électromagnétique à diffuseur de grand diamètre dans un caisson en bois, a) Le haut-parleur vu de côté, b) Vu par derrière.
- densateur B croît alors que celle du condensateur À décroît d’une valeur égale.
- Ce dispositif, tout en permettant F exploration de tous les points du cadran de repère, assure donc d’une façon absolue le repérage rigoureux des condensateurs pour un même point de repère du cadran. Le déplacement de l’index central est proportionnel à la variation de longueur d’onde et la courbe obtenue, lors de l’étalonnage du poste récepteur monté avec ce système, présente la même forme que celle qui serait obtenue avec un condensateur à variation linéaire de longueur d’onde ou « square law ».
- Le cadran de repère F peut être étalonné en longueurs d’onde ou porter des repères correspondant au réglage pour les différents postes émetteurs. D’autre part, un dispositif correcteur H assure d’une façon précise le réglage rigoureux de l’appareil récepteur, en corrigeant les légers écarts dus aux variations de longueurs d’onde de certains émetteurs ou aux variations accidentelles des constantes du poste, en particulier de celles des lampes ou des courants d’alimentation.
- Il semble donc que le montage de cet appareil sur un poste quelconque soit, d’une part mécaniquement assez facile, et que, d’autre part, les résultats obtenus puissent être assez intéressants puisqu’il suffit de tracer une fois pour toutes sur le cadran de repère une courbe de réglage facile à déterminer et de faire suivre cette courbe par le centre de l’alidade pour
- obtenir toutes les émissions sur une gamme assez étendue de longueurs d’onde.
- Il est cependant évident qu’il faut, de plus, prévoir en Fi’ance un commutateur assurant le changement des bobinages d’accord et de modulation ou d accord Fig. 4, — Appareil de commande pour et de résonance. le réglage automatique et simultané de
- L’étalonnage est deux condensateurs.
- fait, de préférence,
- à l’aide d’un ondemètre précis, mais, à défaut de celui-ci, on peut l’exécuter en utilisant les résultats de réception d émissions dont la longueur d’onde est connue comme absolument stable.
- Chaque point repéré par l’un ou l’autre des deux procédés sera marqué sur le cadran en passant la mine d’un crayon au travers du trou de l’alidade; ensuite, tous ces points seront tracés à l’encre de Chine, ainsi que la courbe obtenue en les réunissant, et cette courbe pourra alors être divisée en longueurs d’onde.
- Si elle est ainsi divisée de façon précise en longueurs d’onde, le poste récepteur peut constituer une sorte d’ondemètre et permettre l’identification des stations inconnues pouvant être reçues. Lorsque l’on veut entendre un poste émetteur déjà repéré, il suffit donc, comme manœuvre essentielle unique, de placer le centre de l’alidade sur le point de repère, et d’agir, s’il y a lieu, sur le dispositif correcteur.
- CONSTRUCTION D’UN HAUT-PARLEUR A GRAND DIFFUSEUR ET A MOTEUR ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- La construction des haut-parleurs fait de très grands progrès. Si la plupart des amateurs ne peuvent encore employer des modèles électro-dynamiques, par suite de leur faible sensibilité relative, et aussi de leur prix d’achat relativement élevé, du moins ils peuvent adopter des modèles électromagnétiques dont le moteur très perfectionné agit sur de larges diffuseurs permettant de reproduire les notes basses, ou sur des « cônes flottants » de petit diamètre adaptés à des écrans acoustiques, produisant le même effet avec des dimensions beaucoup moindres.
- On trouve actuellement dans le commerce des moteurs électro-magnétiques très perfectionnés, à armatures polaires multiples, d’un prix assez réduit, permettant d’obtenir d’excellents résultats lorsqu’ils sont adaptés à des diffuseurs convenables, l’ensemble étant assez facile à exécuter, et d’un prix de revient beaucoup moins élevé que celui des haut-parleurs ordinaires du commerce.
- Fig. 6. — Ensemble radiophono-graphique avec amplificateur à 2 lampes dans le caisson du haut-parleur.
- Diffuseur
- Moteur du haut parieur
- Lampes et transforma teurs
- Vers te pick up électromagnétique monté sur le phonographe
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- de chauffage
- Secteur
- -tension plaque et terre
- vers Pick-up
- -g- Pi/e de sc. polarisation
- -haut-parleur
- Fig. 7. — Amplificateur phonographique à 2 lampes.
- A : lampe à filament réseau ou à chauffage indirect. B, lampe de puissance à filament ordinaire (triode ou trigrille). Le pick-up est relié à la première lampe par un transfo d’entrée T,. Les 2 lampes sont reliées par un transfo IL. La tension plaque est fournie par une lampe biplaque avec circuit de filtrage.
- Tout amateur ayant quelque habileté manuelle peut très facilement réaliser un appareil de ce genre, et nous allons indiquer par exemple les constantes d’un modèle très simple à large diffuseur (fig. 5).
- Il suffit de construire un caisson solide réalisé avec des planches de bois d’une épaisseur de quelque 10 à 12 mm et d’une hauteur de 500 mm, sur 500 mm de large, et 180 mm de profondeur.
- Sur le devant du caisson on fixe une membrane en carton pressé et verni dont le bord est collé sur un écran en bois contre-plaqué de 500 mm de côté comme nous venons de l’indiquer. La fixation de la membrane peut être exécutée avec des pointes, ou mieux avec une bande de peau souple collée, d’une part sur l’écran, et d’autre part tout autour de cette membrane vibrante.
- A l’arrière du caisson, on fixe au ras du bord une traverse en bois dur de 10 à 12 mm d’épaisseur et de 80 mm de largeur, à l’aide de deux tasseaux solides en haut et en bas, et ces tasseaux doivent être collés ou vissés à l’aide de deux vis pour chacun d’eux. Pour consolider la traverse un croisillon est fixé sur celle-ci au-dessus du moteur et les extrémités sont vissées sur deux tasseaux.
- Le moteur est fixé par les vis de son carter sur le milieu de la traverse. Avant de fixer celle-ci sur ses deux tasseaux, il faut évidemment s’assurer que la tige du moteur passe exactement par le centre de la membrane, dont le trou est légèrement plus : grand que le diamètre de la tige.
- Avant de serrer définitivement de même les deux écrous du cône de la membrane pour le fixer sur la tige vibrante, il faut d’abord essayer le moteur sur une audition forte ou une reproduction phonographique, pour se rendre compte si cette membrane travaille dans les meilleures conditions possibles, et, si l’on perçoit des vibrations, il faut régler la tension exercée par la tige sur la membrane, et par là sur la palette du moteur,
- en reculant ou en avançant les deux écrous du cône de la tige; lorsque l’on a trouvé le meilleur rendement, on resserre alors les écrous fixant la membrane sur la tige.
- Un caisson de montage des dimensions indiquées peut évidemment servir pour l’établissement de haut-parleurs à membranes de diamètre inférieur, mais si l’on veut reproduire les notes basses avec un diffuseur du type ordinaire, il ne semble pas que le diamètre de ce dernier puisse être abaissé au-dessous de 35 centimètres environ.
- UN ENSEMBLE PHONOGRAPHIQUE AMPLIFICATEUR, HAUT-PARLEUR
- Il est assez facile de monter dans l’ébénisterie du haut-parleur précédent un petit amplificateur phonographique à deux lampes permettant la reproduction électrique à l’aide d’un pick-up électromagnétique, ou pouvant amplifier une réception radiophonique (fig. 6).
- Cet amplificateur très simple peut être alimenté par des batteries ou entièrement par le courant d’un secteur alternatif, comme le montre le schéma de principe de la figure 7.
- Dans ce cas, la première lampe A est à filament réseau ou à chauffage indirect et la deuxième lampe B est à filament ordinaire et du type triode ou pentode. On peut choisir, par exemple, des lampes Philips ou Gécovalve type HML4 ou E 415 et G443 , B443 ,
- PX4, P8, etc.
- Le retour des grilles est exécuté sur une pile de polarisation dont le pôle positif est relié à la prise médiane du secondaire du t r a n s f ormateur de chauffage.
- Enfin, la tension plaque est fournie par une v&Ivg biplaque à Fig. 8. Blocs oscillateurs F.* Lamarre.
- vide avec circuit
- de filtrage. La sortie de l’amplificateur est reliée au haut-parleur par un circuit de sortie avec bobine de choc S et capacité C de 2 microfarads.
- ORGANES DÉTACHÉS POUR MONTAGE DE POSTES
- La complexité des postes de T.S.F., dont on exige un service de plus en plus parfait, semble de nature à décourager l’amateur qui tenterait de construire lui-même l’appareil qu’il désire. Il n’en est rien cependant : il s’est créé en ces dernières années toute une industrie, très prospère, de pièces détachées qui fournit des organes d’excellente qualité, parfaitement étudiés en laissant aux amateurs le soin et le plaisir de les monter eux-mêmes, suivant des schémas éprouvés. En voici quelques exemples puisés dans les fabrications de la maison Paul Lamarre. Notre figure 8 représente deux modèles de blocs oscillateurs, qui se montent facilement sur tous les jjanneaux de poste; celui de droite monté sur inverseur bipolaire Wireless couvre la gamme 250 à 2000 m avec un condensateur de 0,5/1000; celui de gauche à 3 positions couvre complètement la gamme 150 à 2000 mètres avec les lampes bigrilleà oxyde. Notre figure 9 représente un panneau moyenne fréquence; les organes de liaison: transformateurs accordés sont groupés sur un panneau isolant : l’accord se fait par des condensateurs ajustables que l’on bloque après réglage. P. H.
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- L’ÉVOLUTION DES PHONOGRAPHES
- ET DES DISQUES
- Fig. 1. — Phonographe Orbiphone. Les sons sont réfléchis par deux sortes d’auges ménagées dans la tablette supérieure d’une caisse de résonance.
- LE PHONOGRAPHE A REPRODUCTION MÉCANIQUE ET SES DIFFÉRENTES FORMES
- Les principes de la construction des phonographes à reproduction mécanique sont, à l’heure actuelle, à peu près stabi lisés; on peut pourtant constater des modifications constantes de détails, et il est bien certain que, malgré leurs qualités remarquables, les machines parlantes sont destinées à être complètement transformées quelque jour (ce qui ne veut pas dire un jour prochain).
- Nous assistons toujours à la lutte entre les diaphragmes à membrane métallique et les diaphragmes à membrane de
- mica. Les premiers sont plus sensibles et usent moins les disques, mais les seconds sont plus robustes et indéréglables, c’est pourquoi plusieurs constructeurs les préfèrent encore, ou même leur donnent à nouveau la préférence.
- Peu de changement pour les moteurs mécaniques, par contre les moteurs électriques du type « universel » à balais sont souvent remplacés par des moteurs à induction sans balais, plus silencieux, dont l’induit entraîne directement le plateau porte-disques. Mais les modifications
- les plus marquées sont relatives surtout, au bras acoustique, au diffuseur de sons, et à la forme générale sous laquelle est présenté l’appareil.
- Quelques constructeurs de phonographes-coffrets, emploient des diffuseurs de sons doubles, à réflexion, en forme d’auges et qui se trouvent logés dans la tablette supérieure d’une caisse de résonance qui travaille comme celle de la plupart des instruments de musique en bois (fig. 1). La forme de phonographe la plus répandue est toujours la forme portative, mais, s’il existe des modèles extrêmement réduits et très légers, destinés uniquement à être utilisés en voyage (fig. 2), tous les
- Fig. 2. — Le Colibri. Phonographe portatif très réduit de la taille d’un appareil photographique.
- constructeurs s’efforcent désormais aussi d’améliorer surtout leurs qualités acoustiques afin de permettre leur utilisation à la maison, comme s’il s’agissait de modèles-coffrets quelconques.
- Nous avons déjà noté dans nos chroniques qu’un constructeur connu avait réussi à établir un modèle entièrement métallique assez réduit et donnant pourtant des résultats remar-
- Fig. 4. — Phonographe portatif Erard. Disposition du cornet acoustique.
- Fig. 3. — Le portatif « Scout « Colombia entièrement métallique.
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- Fig. 5. Appareil utilisant le couvercle pour la réflexion des sons.
- A gauche : dispositif permettant le f o n c t i onnement du phonographe avec le couvercle fermé.
- quables au point de vue acoustique (fig. 3).
- Le cornet acoustique des appareils portatifs demquse presque toujours intérieur, et formé par un pavillon d’u ^ longueur efficace aussi grande que possible, et généralemen en tôle plombée (fig. 4).
- On voit pourtant apparaître des formes originales dans lesquelles le couvercle même du phonographe est utilisé pour la réflexion des sons (fig. 5).
- Dans d’autres modèles assez nombreux, des dispositifs plus ou moins ingénieux permettent de fermer le couvercle pendant le fonctionnement, ce qui évite la transmission directe du bruit de grattement de l’aiguille et l’extrémité du cornet acoustique, la « gueule », est ménagée dans le couvercle lui-même (fig. 5).
- Enfin, dans quelques appareils transformables assez rares, on peut adapter au phonographe portatif un cornet acoustique séparé pour augmenter ses qualités acoustiques.
- LES PHONOGRAPHES ÉLECTRIQUES
- Les principes généraux de construction des phonographes à reproduction électrique n’ont guère varié non plus et on peut seulement noter aussi des modifications de détails.
- Les moteurs électriques d’entraînement sont souvent main-
- tenant du type à induction, ce qui évite tout effet perturbateur sur les radio-récepteurs voisins; les pick-ups reproducteurs sont toujours exclusivement électro-magnétiques, en attendant les modèles électro-statiques, ou même électro-dynamiques. Les amplificateurs phonographiques sont presque toujours alimentés par le secteur avec emploi d’une première lampe à chauffage indirect (fig. 6).
- Le système de liaison très simple adopté dans ces amplificateurs est presque toujours le transformateur soit ordinaire, soit push pull ; nous devons noter pourtant l’apparition d’un montage plus ou moins nouveau qui nous vient d’Amérique, le système Loflin-White, qui a au moins le mérite de la simplicité, puisqu’il permet la liaison directe d’une plaque à la grille suivante. Nous aurons, d’ailleurs, l’occasion d’étudier prochainement les caractéristiques de ce montage dans cette revue.
- Enfin les haut-parleurs utilisés sont presque uniquement électrodynamiques, et tout l’ensemble reproducteur est con-un même meuble en ébénisterie; on voit pourtant e des phonographes électriques sinon « portatifs »,
- ~ prise de eowwnt-• Jborne de mise à (a, terre
- Fig. 6. — Phonographe électrique classique. (Idéal Lyric Gaumont.;
- Fig. 7. — Phonographe électrique portatif Erard.
- du moins « transportables », et dont le prix de vente est relativement réduit (fig. 7).
- D’un autre côté, le phonographe est très souvent associé à un radio-récepteur et l’audition radiophonique est amplifiée par l’amplificateur phonographique.
- LES DISQUES
- Si la nature artistique des. enregistrements varie constamment, on constate peu de changement au point de vue technique dans la composition et la fabrication des disques.
- Seul le disque en composition à base de gomme laque, soit homogène, soit à surface à grain plus fin, bien que relativement lourd et fragile, présente les qualités nécessaires pour une reproduction vraiment artistique.
- On a réalisé d’assez nombreux types de disques en matière cellulosique homogène ou non, soit souples et très minces, soit simplement incassables. Ces nouveaux modèles sont particulièrement intéressants pour les postes portatifs, mais il est encore trop tôt pour se prononcer sur leurs véritables qualités musicales. P. Hémardinquer.
- Le Gérant : G. Masson.
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- Paris, lmp. Lahure. — i5-q-i93o.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*'), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0’), 43 fr.
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- N” 2842,
- LA NATURE
- l" Octobre 1930
- LA TRAVERSÉE DE L’ATLANTIQUE EN AVION
- DE PARIS A NEW-YORK, PAR COSTES ET BELLONTE
- Les 1er et 2 septembre dernier, deux Français, Costes et Bellonte, à bord d’un avion français, ont réussi, les premiers, le difficile exploit de bondir d’un seul vol du Continent Européen au Continent Nord-Américain ; si le voyage en sens inverse a pu être accompli avec succès à plusieurs reprises, d’abord par Lindbergh en 1927, puis par Chamberlin et Levine, par Byrd et ses compagnons, le parcours direct Europe-Etats-Unis n’avait jamais pu être effectué jusqu’ici. On sait qu’il a coûté la vie à plusieurs courageux aviateurs, et nul en France n’a oublié la mort de Nungesser et Coli au cours d’une de ces tentatives. Les conditions météorologiques, en effet, qui régnent en général surj l’Atlantique Nord rendent beaucoup plus difficile le trajet d’Europe aux Etats-Unis que le trajet inverse.
- Aussi le succès de Costes et Bellonte est-il particuliè-
- rement méritoire. Il est dû tout d’abord au mérite exceptionnel des deux aviateurs : Costes, né en 1892, brillant
- aviateur de guerre, est un de nos meilleurs pilotes, recordman du vol sans escale en
- 1927 (Paris-Jask-5396km.), en 1929 (Le Bourget-Mou-lard en Chine, 7905 km avec retour d’Hanoï à Paris en 4 jours, 12 heures); recordman de la distance en circuit fermé la même année avec Codos, il a réussi également en 1927-1928, avec Le Brix, le tour du monde en franchissant par étapes l’Atlantique Sud, parcourantl’ Amérique du sud au nord, puis revenant du Japon à Paris par Hanoï, Calcutta, Alep, Athènes. Bellonte est un remarquable mécanicien d’avion.
- Cette belle équipe avait à sa disposition un remarquable instrument : l’avion le Point cPInterrogation, don de M. François Coty, directeur du Figaro. Nous donnerons
- Fig. 1, en haut.— Costes (à droite) et Bellonte {à gauche), photographiés le 21 novembre 1929 après leur record de distance. (Ph. Roi.)
- Fig. 2, en bas. — L’avion de Costes et Bellonte, le « Point d’Interrogation », vu d’arrière. (Ph. Roi.)
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- Fig. 3, — Le « Point d’Interrogation » vu de l’avant. (Ph. Roi.)
- plus loin ses caractéristiques. Non seulement l’appareil a été minutieusement mis au point; mais toute la préparation du raid a été faite avec une méthode remarquable, rien n’a été négligé. Les conditions météorologiques de l’Atlantique Nord ont été étudiées par Costes d’une façon apjDrofondie, de façon à n’avoir pas à hésiter sur la conduite à tenir dans les diverses éventualités au cours de la traversée. La T. S. F., maniée par Bellonte, permettait aux navigateurs de se tenir en liaison avec les postes météorologiques d’Europe, du Jacques Cartier en mer, de Saint-Pierre-et-Miquelon et des Etats-Unis. Le poste de Saint-Pierre-et-Miquelon notamment put retransmettre aux navigateurs aériens les renseignements et prévisions reçus de Paris et les aviser des conditions difficiles qu’ils allaient rencontrer en abordant les cotes américaines.
- Le départ n’a été pris que lorsque les conditions météorologiques ont paru favorables. A cet égard, la liaison a été intime entre Costes et l’Office National Météorologique; M. Yiaut, qui y a assumé cette tâche spéciale de la prévi-
- Fig. 4. — Le plein d’essence du « Point d’Interrogation». •Ph. Roi.)
- sion du temps et de la liaison météorologique avec l’avion au cours du vol, a été associé par le gouvernement aux récompenses accordées si justement à Costes et Bellonte.
- La Traversée. — Nous en résumerons brièvement les circonstances, les quotidiens et la radiodiffusion ayant mis le public au courant, heure par heure, des péripéties du raid. Départ du Bourget le 1er septembre à 10 h 55 (heure française) après un décollage angoissant en raison de la lourde charge de l’appareil (près de 6,5 tonnes au départ), sortie de l’Irlande à 15 heures. Le 2 septembre à 13 h 55 : arrivée en vue des côtes américaines au Cap Canso (Nouvelle-Ecosse), à 21 h 10 passage au-dessus de Boston, enfin atterrissage à Curtiss Field près dé New-York, à 24 h 12 (heure française), ou 19 h 12 (heure américaine). La traversée s’est effectuée en 37 h 17 m. La nouvelle de ce succès a été accueillie en France avec l’enthousiasme que l’on sait. La réception faite par le public américain et les pouvoirs publics des Etats-Unis n’a pas été moins chaleureuse que celle de Lindbergh en France en 1927.
- D’après le récit de la traversée publié par Costes et Bellonte dans VIntransigeant, le temps fut beau jusqu’à 350 kilomètres des côtes américaines ; le seul incident est l’arrêt du poste émetteur de T. S. F., à peu près à cette même distance du continent, arrêt provoqué par le coincement sur son rail de la génératrice de courant de recharge des batteries. Cette génératrice était, en effet, rendue escamotable et rentrait à l’intérieur du fuselage quand la recharge était terminée. Par contre, à l’approche des côtes, la situation devint difficile et, après 28 heures de vol, les aviateurs durent, pour continuer leur route, foncer dans la tempête et voler plus de 2 heures dans une brume épaisse.
- Vappareil. — Le « Point d’interrogation », est un Breguet, « Superbidon » dérivé du Breguet NIX. Le « Superbidon » est d’ailleurs assez différent du Bré-guet XIX classique : l’envergure a été portée à 18 m 30 pour le plan supérieur, ce plan est en trois parties : une partie centrale et deux ailes de limousine 28 T.
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- L’entreplan a été également augmenté. Une cabane de mâts en Y, relie le plan supérieur au fuselage; deux paires de mâts obliques (tôle d’acier rivé) retiennent les deux plans. Le haubanage est celui du Breguet XIX; il est composé de haubans fuselés fixés au pied des mâts et allant s’attacher au sommet de la cabane et au train d’atterrissage.
- Le fuselage a été allongé de 1 mètre; en arrière du moteur et devant le pilote, est placé le réservoir principal, divisé en deux compartiments et traversé par des longerons du fuselage. Trois réservoirs sont placés dans chaque demi-plan; une nourrice occupe la partie centrale de l’aile. Enfin sous le plan inférieur peuvent être fixés deux réservoirs supplémentaires, qui n’ont d’ailleurs pas été utilisés. 5570 litres d’essence peuvent ainsi être emportés par l’appareil, donnant à celui-ci un rayon d’action de 8600 km environ.
- La construction du « superbidon » est entièrement réalisée en alliage léger rivé ; le recouvrement est en toile.
- L’appareil était équipé pour le raid d’un moteur Hispano-Suiza de 650 ch (12Nb) à 12 cylindres en Y, commandant en prise directe une seule hélice. Chaque cylindre, en acier nitruré, est vissé, par sa partie supérieure, dans la cheminée d’eau (alliage léger). Les paliers du vilebrequin, au nombre de 7, sont refroidis par l’air comprimé, provenant d’un petit compresseur.
- Le moteur est alimenté par 6 carburateurs Solex.
- Les caractéristiques du moteur et de l’avion sont les
- suivantes :
- Moteur Alésage ............................ 150 mm
- Course ............................ 170 mm
- Taux de compression................ 6,2 mm
- Régime ........................ 2000 t/mn
- Poids total vide ................... 470 kg
- Avion Envergure........................... 18,30 m
- Longueur........................... 10,72 m
- Surface portante .................. 59,94 m2
- Poids vide ....................... 2190 kg
- Poids total .................... 6400 kg
- Vitesse à 1000 m............... 247 km/h
- (Pour le poids de 3500 kg).
- Rayon d’action 8600 km maximum.
- Le poste émetteur de T. S. F. construit par la Société française Radioélectrique travaillait sur 600 et 800 m de
- longueur d’onde. Le poste récepteur, à 4 lampes, assurait la réception des ondes de 450 à 1000 m. Ces deux postes étaient alimentés par accumulateurs rechargés au moyen de la génératrice électrique escamotable, dont il a été question plus haut.
- Les appareils de navigation consistaient en 1 contrôleur de vol, 1 indicateur de pente, 1 compas Morel, 1 navi-graphe Le Prieur, 1 alidade de vision, 1 sextant.
- L’avion était muni de 2 parachutes et d’un canot de sauvetage pneumatique. >
- Depuis leur arrivée aux Etats-Unis, les deux aviateurs français ont exécuté plusieurs grandes randonnées : New-York-Dallas (2140 km) et retour à New-York par Louisville, puis New-York-Washington, où ils ont été reçus par le président Hoo'ver, et retour à New-York. Enfin, toujours à bord du même avion, ils ont entrepris une grande tournée d’amitié à travers les Etats-Unis, qui comportera près de 20 000 kilomètres de parcours.
- La traversée directe de l’Altantique reste encore un exploit exceptionnel, qui ne peut être réussi que par des aviateurs d’élite, servis par un matériel de premier ordre et un concours de circonstances météorologiques favorables. Mais elle met en évidence d’une façon éclatante les, progrès constants que réalisent le matériel et les méthodes de navigation aérienne et démontre une fois de plus tout ce que l’on peut attendre de l’avion pour les communications rapides à grande distance. Ceci dit, il est peu probable que la route sans escales suivie par Lindbergh,' ou par Costes offre, d’ici longtemps, aux avions un itinéraire commercial : elle exige, en effet, le transport de bout en bout d’une quantité d’essence excessive, qui exclut la présence de passagers ou de fret payant. La route directe ne sera accessible aux avions commerciaux que lorsque le poids du combustible transporté ne, sera qu’une fraction du poids utile. L’avion transatlantique direct devra donc posséder un moteur à faible consommation et être de très grandes dimensions.
- C’est pourquoi tant d’intérêt reste attaché à la création entre les deux continents d’une route de l’air pourvue d’escales, comme celle que vient de suivre l’aviateur allemand von Gronau, par les Orcades, F Islande, le Groenland et le Labrador, ou au projet peut-être utopique d’îles flottantes réparties entre Terre-Neuve et l’Irlande.
- R. Viixers.
- UNE PLONGÉE SOUS-MARINE DE PLUS DE 400 MÈTRES
- Cet extraordinaire exploit a été réalisé le 11 juin 1930, dans l’Océan Atlantique, dans la région des Bermudes, par le Dr William Beebe, accompagné de M. Otis Barton. A l’aide d’une chambre d’observation de construction spéciale, jouant le rôle _de cloche ..à plongeur, ils sont descendus à 428 mètres au-dessous du niveau de la mer; le but des deux audacieux était d’observer dans leur milieu les animaux marins, des grandes profondeurs.
- Comme le fait remarquer notre confrère anglais Nature, le succès de MM. Beebe et Barton marque une ère nouvelle dans l’exploration des mers.
- La chambre a déjà fait plusieurs descentes, outre la plongée record que nous venons de mentionner, notamment 3 plongées à plus de 240 mètres de profondeur. C’est une sphêgftjd’a^cier de 1 m 43 de diamètre extérieur et de 3, 75 cm d’épaisseur,j
- Elle est munie d’une fenêtre de 15 cm de diamètre, fermée par un bloc de quartz. Un phare électrique puissant permet d’illuminer l’eau environnante.. La sphère est reliée par le téléphone avec le navire au-dessus d’elle; elle a en outre une provision d’oxygène.
- Au cours des descentes qu’ils ont effectuées jusque maintenant, MM. Beebe et Barton ont cléjà pü faire de très intéressantes observations sur la faune marine en général et sur celle des grandes profondeurs en .particulier. Le nouveau mode d’observation promet de fournir à brève : échéance une ample moisson de faits nouveaux. '.'.in flfi
- Le Dr Beebe signale qu’à la profondeur de 240 m, la presque totalité de la lumière du jour est absorbée; il ne subsiste plus que du violet etAdu bleu; mais, dit-il « Un'bleu comme jamais oeil humain n’avait pu’ eh ' contempler ».
- "V- (jva-u \K/yJ~
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- LES DERNIERS BISONS D’EUROPE
- LA SITUATION ACTUELLE
- La dernière guerre (1914-1918) et la révolution russe -déterminèrent l’extinction complète du Bison d’Europe (Bison bonasus Linn). Ce ruminant, le plus remarquable peut-être de la faune européenne, n’existe plus à l’état sauvage et les rares débris de l’espèce végètent dispersés dans quelques parcs privés ou dans les jardins zoologiques.
- : Ce superbe animal habitait jadis une grande partie de l’ancien et probablement du nouveau monde. On croit qu’il habitait les Vosges encore au VIIe siècle, tandis qu’en Prusse orientale le dernier bison n’a été tué qu’en 1755.
- Le nombre de survivants en 1914 a été évalué à environ 1500 têtes et leurs derniers refuges en Europe étaient la forêt de Bialowieza, en Pologne russe, et le Caucase.
- Fig. 1.
- Une femelle de Bison d’Europe pur sang.
- La forêt de Bialowieza, propriété du Tsar, couvrait avant la guerre 128 000 hectares, dont 120 000 de haute futaie et 8000 de marais, de champs cultivés et de chemins. Selon la statistique officielle, l’année 1857 fut le point culminant dans la progression des bisons : on en comptait alors 1898. En 1863, c’est-à-dire au commencement de l’insurrection polonaise, on comptait à Bialowieza 1251 bisons et à la fin de la même année il n’y en avait plus que 874. Leur nombre fut en 1914 de 737 têtes; en 1916 de 200; en 1918 de 170 et enfin les quatre oii six derniers bisons ont été tués par des braconniers en 1919.
- Au Caucase, le dernier refuge des bisons fut l'immense domaine des grands-ducs George et Serge Mikhailowitch, mesurant environ 55 kilomètres de long et 27 de large. Le nombre de bisons y était évalué avant la guerre à 700 environ. Ils ont été tous massacrés pendant la révolution russe (1).
- 1. Gn comptait encore chez le prince Pless en Haute-Silésie, 74 bisons chez le duc de Bedford en Angleterre, 9 bisons; chez le comte J.
- Sous l’ancien régime, la chasse aux hisons était strictement défendue et le braconnage sévèrement puni. La peine infligée pour une infraction à ce règlement correspondait à dix mille francs or. Seul l’Empereur était qualifié pour autoriser une chasse et il faut ajouter qu’ordinairement, il ne l’ordonnait qu’en l’honneur de quelque souverain étranger. La dernière chasse à Bialowieza eut lieu en 1913 en l’honneur du prince régnant Albert de Monaco, qui tua deux bisons.
- Au printemps de 1926, on ne comptait plus dans le monde entier que 69 bisons, pour la plupart dans des jardins zoologiques ou des réserves de moyenne étendue.
- LES CARACTÈRES DU BISON D’EUROPE
- Le Bison d’Europe rappelle par ses formes notre bœuf domestique, mais il s’en distingue par plusieurs traits caractéristiques. La partie antérieure du corps est très forte, tandis que la partie postérieure est plutôt faible. La plus grande hauteur est au garrot, tandis que l’arrière-train est beaucoup plus bas, de sorte que la ligne du dos baisse très sensiblement. La tête est plutôt courte et les oreilles de longueur médiocre;les cornes sont passablement longues, arrondies, recourbées en dehors, dans la moitié de la longueur, ensuite dirigées en dedans, avec les bouts tournés légèrement en arrière. Le front est plus large que haut, bombé; les orbites très débordantes. La face est courte, très amincie vers le bout. Ajoutons que le bison à 14 paires de côtes, tandis que le taureau domestique n’en possède que 13. Son corps est couvert de poils mous, laineux, plus longs sur le dos et surtout au garrot. De même, sur le front, le pelage est plus long, et, au menton il forme une sorte de barbe, longue de 20 à 24 centimètres. Sa queue se termine par un pinceau fourni. En hiver le poil est plus long et plus hérissé et même crépu. La couleur est brun sombre, plus claire en été, plus foncée en hiver, les cornes et les sabots sont noirs.
- La longueur d’un bison adulte, de la base des cornes à la naissance de la queue, est d’environ 2 m 50, et sa hauteur au garrot de 1 m 70. Le poids d’un adulte est de 600 à 800 kg : cependant les vieux taureaux (de 15 à 20 ans) dépassent parfois 900 kg.
- SON MODE DE VIE
- Bien que la plupart des savants affirment, non sans raison, que dans les temps reculés le bison habitait les steppes, ses derniers survivants, ceux de Bialowieza et du Caucase, furent des animaux purement forestiers. Ils se tenaient principalement dans les fourrés, ne visitant les lieux découverts que pour paître. Ils vivent habituel-ement en petits troupeaux de six à huit individus et exceptionnellement de 15 à 40. Les vieux taureaux se séparent du troupeau et errent isolément dans la forêt,
- Potocki en Pologne, 8 bisons. Sauf ceux de chez -le duc de Bedford et trois chez le prince Pless, tous ont été aussi massacrés.
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- de même que les vieux sangliers dits solitaires. D’habitude ces bisons solitaires sont très méchants. Un vieux taureau du parc de Pilawin, qui appartenait au comte Joseph Potocki, avait tué 3 jeunes taureaux, 2 bisons d’Amérique et enfin il attaqua un garde-forestier à cheval; il tua le cheval et blessa grièvement le garde. Ce dernier exploit valut au solitaire sa condamnation à mort.
- Selon certains naturalistes, le bison, a bon vent, évente l’homme à 200 mètres. C’est donc l’odorat qui serait chez lui le sens le plus développé. Sa vue est assez bonne, tandis que son ouïe est faible.
- Malgré son apparence lourde et lente, le bison traqué ou irrité peut faire des mouvements d’une rapidité et d’une légèreté surprenantes : il saute facilement à travers des arbres déracinés mesurant plus de 1 m 20 de diamètre. Par contre il résiste mal à une poursuite, se fatiguant très vite et s’arrêtant au bout d’un kilomètre.
- Le rut du bison a lieu au commencement de septembre et dure de deux à trois semaines. A ce moment les taureaux deviennent très méchants et se battent entre eux avec fureur.
- Ce sont les taureaux de trois ans qui succombent le plus souvent, mais parfois des vaches aussi sont tuées par des taureaux en furie.
- Bien qu’il arrive souvent que les génisses soient saillies à trois ans, une femelle de bison (fig. 1) ne devient féconde qu’à cinq ou six ans. La gestation dure neuf mois et en conséquence la mise bas se place en mai ou au commencement de juin. Les vaches sauvages ne mettent bas que tous les deux, ou plutôt tous les trois ans. Cette faible fécondité dans les conditions naturelles doit être attribuée exclusivement à ce qu’une vache se laisse téter par son veau durant un an et même parfois deux. En effet on a maintes fois observé dans les jardins zoologiques que les vaches dont les veaux étaient sevrés peu après la naissance et nourris artificiellement, ont reproduit chaque année. Il importerait de profiter de cette possibilité pour restaurer l’espèce du Bison d’Europe, avant qu’elle ait entièrement disparu. Il faut conclure qu’une vache-bison produit beaucoup de lait, car l’expérience a démontré que le jeune bison absorbe deux fois plus de lait qu’un veau commun du même âge.
- Selon certains naturalistes, une vache vivrait de 30 à 40 ans et un taureau 50 ans.
- La nourriture des bisons se compose principalement de différentes graminées et autres herbes. Cependant en hiver, faute de mieux, ils mangent des jeunes pousses, ainsi que l’écorce des arbres et même des plantes auxquelles ils ne toucheraient pas en été. Toutefois ils ne mangent pas de conifères. Leur herbe favorite est une espèce de Hierochloa (Iiierochloa borealis Retsch), « zoubrowka » en polonais. C’est cette herbe, ainsi que sa proche parente, la flouve odorante, (Authoxanthum odoratum L.) qui communiquent à la viande du bison et surtout à sa cervelle et au poil du front une odeur particulière très prononcée. Quoique le bison sauvage mange volontiers le blé d’automne en vert, ainsi que l’avoine quand on le tient en captivité, il ne touche jamais aux blés mûrs.
- Fig*.
- Une femelle-métisse, demi-sang du Bison d'Europe.
- LES CAUSES DE LA DISPARITION DU BISON D’EUROPE
- Bien que nous ayons dit que les derniers bisons sauvages d’Europe furent victimes de la dernière guerre et de la révolution russe, les statistiques de la forêt de Bialowieza indiquent que depuis 1857 leur nombre, qui fut pour cette année-là de 1898, va en décroissant. Puisque la restauration de l’espèce est à l’ordre du jour, il faut examiner à la fois les causes de la mortalité et celles qui contrariaient la natalité. Cette étude permettra d’éviter bien des erreurs.
- Disons tout de suite que, sauf pendant les années de guerre et de révolution, les balles de chasseurs n’ont pas été la cause que nous cherchons. On sait que l’Empereur et sa famille chassaient très rarement ce superbe animal. Bien qu’après chaque chasse impériale on trouvât pres-
- Fig. 3.
- Un taureau métis, trois quarts du sang du Bison d’Europe.
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- = 294 ' r;................... ...-, =
- que régulièrement six ou huit bisons, morts d’épuise-! ment, ce nombre avec celui des animaux figurant au tableau était toujours plus que compensé par les naissances annuelles. En effet, la moyenne annuelle des bisons tués ne dépassait pas trente, tandis que la moyenne annuelle des naissances dépassait cinquante.
- Il faut donc avoir le courage d’avouer que la décroissance du nombre de bisons à Bialowieza était due à une mauvaise administration. Celle|ci était aux mains de courtisans peut-être habiles à intriguer, mais profondément ignorants en histoire naturelle. La meilleure preuve en est que chez le prince de Pless, à Pszczyna ou Janko-witz, avec un taureau et trois vaches lâchés en 1865, on réussit à produire un troupeau important. Pendant une période de 45 ans, 57 bisons y ont été tués à la chasse, 4 furent trouvés morts et 6 vendus à Hagenbeck, et jpourtant il y restait à la date de 1916 un effectif de 74 bisons. En faisant une comparaison même très indulgente avec Bialowieza, nous trouverons que si le coefficient dé reproduction a été de 1 pour Bialowieza il a été 83 pour le parc du prince de Pless !
- Les causes principales de la mauvaise reproduction des bisons à Bialowieza ont été les suivantes.
- Trop de bisons d’abord mouraient de maladies et durant plus d’un siècle, quand cette forêt appartenait au Tsar, ofnn’identifiait même pas exactement ces maladies. Certains les'attribuent à la bactérie de la Septicaemia haem-morhaglca boçum., d’autres au ver Distomum hepaticum ou lancèolatum. En effet si le service vétérinaire n’y était pas tout à fait inexistant, il était mal organisé, et pourtant la forêt appartenait au plus riche propriétaire foncier du monde.
- Ensuite, non seulement les méthodes zootechniques faisaient complètement défaut, mais on procédait au rebours du bon sens. - r - .
- Tous nous savons qu’il existe deux méthodes d’élevage du gibier,;.
- - La première consiste à respecter la nature : on ne protège le gibier que contre son ennemi le plus dangereux, l’homme. La sélection, qui devra éliminer les individus faibles, est laissée à la nature elle-même. C’est la méthode appliquée dans certains parcs de l’Amérique du Nord où le nombre des bisons, de 1091 en 1889, s’éleva à plus de 8000 en 1923.
- Dans la seconde méthode, l’action de l’homme se Substitué’aux agents naturels. On nourrit le gibier pendant les hivers rigoureux et l’on détruit les animaux carnassiers les plus destructeurs. Par contre, pour limiter la quantité d’animaux correspondant à l’espace disponible et pour éliminer les individus maladifs, ainsi que les jmâles trop vieux et les femelles stériles qui nuiraient à la ^propagation de l’espèce, on tue chaque année un certain nombre d’individus. De plus on fait venir de temps en temps des reproducteurs du dehors, pour renouveler le sang.
- Or non seulement aucune de ces méthodes n’était appliquée à Bialowieza, mais un ensemble de fautes graves se commettait régulièrement.
- On permit par exemple l’installation d’établissements industriels qui, avec leurs ouvriers, ont formé au centre
- même de la forêt de nombreuses colonies. D’où un remue-ménage continuel, si nuisible au gibier, surtout à l’époque de sa reproduction, sans parler du contingent de braconniers que fournissait cette population. Ces colons possédaient des bestiaux domestiques en nombre dix fois supérieur à celui des bisons !
- En outre, sous prétexte d’assurer aux bisons la tranquillité complète, on suspendit pendant plus de vingt années les coupes de bois. Comme résultat il était tombé au bout de vingt ans 300 000 énormes troncs de pins, sans parler des autres essences ! Ces arbres morts encombrèrent les rivières et les canaux, dont les bords devinrent boueux et marécageux, d’où les maladies épidémiques qui décimèrent les bisons.
- On en référait à l’Empereur pour tuer un vieux taureau-solitaire devenu menaçant pour les hommes, mais on ne procédait jamais à l’élimination rationnelle des vieux taureaux et des vaches stériles, de sorte que le nombre des taureaux fut toujours supérieur à celui des vaches.
- Malgré sa grande superficie (128 000 hectares) la forêt ne renfermait que peu de pâturages proprement dits ('). Or non seulement, comme nous l’avons déjà écrit, on y introduisit de nombreux bestiaux, mais les administrateurs, ne cherchant qu’à éblouir l’Empereur par le nombre (et non par la qualité) du gibier de la forêt, ne trouvaient rien de mieux que d’y introduire quantité de cerfs, daims et chevreuils. Il suffit de dire qu’en 1914 on comptait pour 737 bisons, 6778 cerfs, 1488 daims, 4966 chevreuils et 2225 sangliers. Tous ces animaux non seulement se nourrissaient, aux dépens des bisons, qui déjà auparavant manquaient de pâturages, mais étant trop nombreux et plus agiles, troublaient par leurs mouvements l’existence des bisons.
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- Voilà donc les principales fautes commises, qu’il faut éviter dans les domaines où l’on voudra restaurer l’espèce du Bison d’Europe.
- Cette entreprise de résurrection est poursuivie depuis quelques années à Askania-Nova (2), ancienne réserve de M. Falz-Fein, devenue la Réserve nationale de la République d’Ukraine (U. R. S. S.). Son troupeau de reproducteurs comprend deux taureaux et seize vaches, éléments tout à fait suffisants pour obtenir rapidement des résultats, en se basant sur ceux qu’a obtenus le prince de Pless.
- L’expérience d’Askania-Nova a prouvé aussi que contrairement à ce que prétendent certains naturalistes, le Bison d’Europe s’accouple très bien avec le bétail domestique (fig. 2 et 3).
- En attendant les résultats, formons des vœux pour que l’administration de cette Réserve soit uniquement confiée à des naturalistes compétents et pour que des fautes analogues à celles que nous avons citées ne soient pas commises par quelque politicien ignorant.
- W. Kazeeff.
- 1. Mille hectares environ.
- 2. En Tauride près de la péninsule de Crimée.
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- = LA MANUTENTION MÉCANIQUE '= DES MARCHANDISES DANS LES PORTS
- La richesse d’un port dépend de son outillage. Par là, il ne faut pas seulement entendre le matériel qui intervient dans le déchargement et le chargement des marchandises; il est nécessaire de considérer, avant tout, la situation du port au point de vue ferroviaire, c’est-à-dire le nombre et l’importance des voies ferrées aboutissant au port ainsi que l’aménagement des gares maritimes. La profondeur des bassins, la longueur des quais, l’importance des magasins de stockage, en un mot, chacune des parties constituant le port, y compris les bassins de radoub, intervient pour une part importante dans le trafic général.
- C’est là, d’ailleurs, ce que l’on peut appeler Youtillage
- money, De là une émulation entre les grands ports, en particulier entre ceux de l’Europe occidentale auxquels aboutissent les navires du monde entier.
- De ce que nous venons de dire, on pourrait conclure que de la longueur des quais dépend la rapidité des manutentions, chaque navire trouvant une place dis ponible dès son arrivée, en admettant que le matériel de manutention fût suffisant dans tous les cas. Or, la plupart des grands ports européens : Londres, Anvers, Rotterdam, Hambourg, Bordeaux, sont des ports en rivière désavantagés par conséquent sous le rapport de l’importance des quais — en principe un quai sur chaque rive — si on les compare aux ports côtiers, comme Le
- Fig. 1 à 3. — A gauche : Grue flottante électrique au port du Havre. (Cette machine est à variation de voléè .rapide": puissance : 10 à 16 tonnes; portée : 23 m 50. — Une machine turbo-électrique placée à bord du ponton fournit le courant. (Constructeur Ets Caillard et Cio, Le Havre).
- Au milieu : Grue électrique de cale au port du Havre. (Puissance 3 à 6 tonnes (Constructeur : Ets Caillard et Cie.)
- A droite : Une des 6 grues géantes électriques de 5 tonnes du quai Joannès Couvert au Havre débarquant une automobile du pont d’un paquebot. '• (Phot. Port autonome du Havre.)
- fixe d’un port, dont la mise en valeur dépend de l’ow-tillage mobile, représenté par une énorme quantité de machines plus ou moins puissantes chargées d’établir une liaison rapide entre les navires et les chalands, entre les navires et les wagons de chemins de fer, entre les navires et les parcs de stockage ou les magasins à marchandises.
- L’ensemble de cet outillage doit être conçu de telle sorte que tout navire se présentant dans un port puisse effectuer le déchargement de ses marchandises et le chargement du fret dans le minimum de temps possible afin d’éviter le paiement de surestaries qui constituent une lourde charge pour le commerce, tandis que, en cas d’avance sur les délais, il est octroyé à l’affréteur une prime spéciale à laquelle on a donné le nom de dispatch
- Havre ou Marseille. Mais on a eu soin de pourvoir les ports en rivière, comme les autres, de bassins intérieurs avec quais en endentures ou darses séparées par des môles qui ont permis à ces ports de grouper, sur des superficies relativement peu étendues, des longueurs de quais considérables,
- Autrefois, les darses étaient établies perpendiculairement au mur du quai auquel elles étaient rattachées. Des voies ferrées longeant les quais se détachaient des embranchements, parcourant toute la longueur de la darse. Ce système nécessitait l’emploi de plaques tournantes pour diriger les wagons sur la voie principale à partir des voies de darses et vice versa. Il en résultait une perte de temps assez importante dont l’activité moderne ne pouvait plus s’accommoder. Actuelle-
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- Fig. 4. — Grue électrique à benne automatique de 1400 litres, à portée Variable de 12 à 20 m effectuant des déchargements de charbon au port de Bayonne. (Constructeur : Sté des Appareils de levage, Paris.)
- ment les darses sont toujours construites obliquement par rapport au mur de quai et dirigées vers l’entrée du bassin ou du port pour faciliter l’entrée des navires dans les môles et pour permettre l’entrée des wagons sur les voies ferrées des darses ainsi que leur sortie par l’intermédiaire d’un simple aiguillage.
- En général les marchandises qui doivent être expédiées dans l’intérieur du pays empruntent les voies ferrées. C’est pourquoi un port sera d’autant plus favorisé qu’il sera le terminus d’un nombre important de lignes
- Fig. 6. — Le quai Colbert, au port du Havre, réservé aux navires charbonniers.
- Il est armé d’un grand nombre de grues électriques à benne preneuse pour décharger le charbon soit directement dans des wagons, soit dans les hangars parallèles au quai. (Phot. Port autonome du Havre.)
- de chemin de fer desservies par des gares de triage prolongées par des voies de manutention établies sur les terre-pleins des quais pour permettre le transbordement direct des marchandises du navire aux wagons et vice versa, doublées par des voies de circulation permettant le passage des trains pendant le stationnement des rames en chargement ou en déchargement.
- Quant aux marchandises qui ne peuvent être acheminées directement, soit parce qu’un triage préalable s’impose, soit parce qu’elles sont appelées à faire l’objet de négociations commerciales avant de quitter le port, elles sont stockées dans des magasins, entrepôts ou docks. Les marchandises pondéreuses en vrac, toujours déchargées plus rapidement que les wagons ne peuvent les emporter, sont également stockées dans des parcs spéciaux dotés d’un matériel rapide. En Amérique, les charbons sont souvent stockés sous l’eau; c’est là une initiative très heureuse parce que le charbon est soustrait à l’al-
- Fig. 5. — Grue à volée variable pour colis dans un port maritime. (Constructeur Sté Demag.)
- tération par l’air et à la perte d’une partie de son énergie calorifique. Les céréales sont emmagasinées dans des dépôts spéciaux comportant généralement des installations pour le nettoyage des grains, les pétroles sont logés dans des réservoirs établis sur un emplacement desservi par des quais spéciaux en général éloignés des quais à marchandises.
- Enfin tout port moderne est tenu de permettre aux navires, quel que soit leur tonnage, de passer en cale sèche pour y subir un nettoyage qui les débarrassera des algues et coquillages qui recouvrent leur coque après de longs voyages, et surtout pour permettre les réparations de dégâts matériels : voies d’eau, ruptures d’hélices, etc., qui peuvent se produire à la suite d’accidents de route. Les cales sèches ou bassins de radoub, les docks
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- flottants, font donc partie de l’outillage des ports; leurs dimensions doivent leur permettre de recevoir les plus grands navires.
- LA GRUE, APPAREIL UNIVERSEL DE MANUTENTION
- Actuellement, toutes les opérations de manutention mécanique, aussi bien sur terre que dans les ports, riti-lisent la grue comme engin principal. C’est d’ailleurs le plus vieil appareil de levage utilisé par les architectes des anciennes civilisations et on n’est pas bien sûr que les Egyptiens n’aient pas eu recours à ses services lors de la construction des Pyramides.
- Les progrès de la métallurgie et de la mécanique en ont fait un engin de levage idéal dont la puissance a été fortement augmentée par son installation sur les portiques et les ponts de déchargement pendant qu’elle-même se transformait pour passer de l’état d’appareil à volée fixe à celui de machine à volée variable.
- Les grandes dimensions des paquebots, celles des parcs de stockage ont obligé les constructeurs de ces machines à rechercher des solutions toujours nouvelles, de mieux en mieux adaptées au genre de travail qui leur est confié. Puis, après avoir été rendues mobiles sur des voies ferrées, elles ont pris possession de l’élément liquide et on ne compte plus, dans les ports, le nombre de grues montées sur ponton.
- Une grue à volée fixe limite son champ d’action à une couronne de peu de largeur, de diamètre égal à la longueur de la volée. Pour opérer un chargement ou un déchargement, elle est soumise à des déplacements fréquents qui limitent son rendement. Celles à volée variable
- Fig. 7. — Port de Paris.
- Grue sur ponton à benne automatique de 900 litres pour manutention du sable. (Constructeur : Société des Appareils de levage, Paris.)
- permettent, au contraire, des déplacements longitudinaux de la benne pendant le transport, sans perte de temps par conséquent, et les possibilités de travail ne sont limitées que par la longueur maximum de la volée. Elles ont, de plus, l’avantage de porter des charges plus élevées si on diminue la longueur de la volée. Cette même propriété leur permet, en outre, de puiser la matière en vrac en un point quelconque d’une cale et de la transporter en un point quelconque de celle d’un chaland, par exemple, ou bien de charger plusieurs wagons sur des voies différentes sans les obliger à un déplacement lon-
- Fig. S. — Une grue gigantesque.
- La grue flottante électrique de 200 tonnes de la Cio Industrielle maritime au port du Havre.
- (Ph. Port autonome du Havre.)
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- Fig. 9. — Grue Romanus de 400 tonnes posant des blocs de béton pour la construction d’une digue dans un port. (Constructeur : Société Demag.)
- Fig. 10. — Bigue trépied hydroélectrique de 120 tonnes au port du Havre. (Phot. Port autonome du Havre.)
- gitudinal ou latéral. La « surface couverte » par ces grues est donc représentée par un cercle dont le rayon est égal à la longueur maximum de la flèche, avec, au centre, un espace mort représenté par le support de la grue. Ce sont donc des appareils à très grand rendement, construits différemment, d’ailleurs, suivant les besoins qu’ils ont à assurer.
- Dans certains cas, la longueur de la flèche est modifiée seulement par sa levée; plus elle se rapproche de l’horizontale, pendant le chargement plus elle atteint son développement maximum. Dans d’autres cas la flèche est articulée en deux parties susceptibles de se placer dans le prolongement l’une de l’autre ou de se replier suivant un angle plus ou moins aigu, soit pour charger un chaland qui serait placé entre le cargo et le quai, par exemple, soit pour charger des wagons en attente sous son support (portique). Il existe des grues à courbe, à balancier; mais les plus impressionnantes et les plus puissantes aussi, sont dites à double guide, la flèche étant constituée par trois bras articulés l’un à l’autre de telle façon que la tête de la flèche décrive une trajectoire parfaitement horizontale pendant les variations de la portée, ainsi que la charge. C’est là le système idéal des grues à grande portée et à lourdes charges.
- PONTS DE CHARGEMENT ET PORTIQUES
- Lorsque l’on doit assurer le stockage de marchandises telles que le charbon, les minerais, dans des parcs souvent très importants pour être reprises ensuite en vue de leur réexpédition, on utilise les ponts de chargement.
- Ce sont des poutres métalliques reposant sur des piliers qui peuvent être fixes ou mobiles sur rails. La distance entre les supports est très variable. Certains d’entre
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- Fig. 11. —• Portiques à charbon au port du Havre.
- eux doivent franchir de longs espaces pour assurer le service d’un parc très étendu; souvent même ils se prolongent de part et d’autre par des avant-bras fixes ou mobiles augmentant leurs moyens d’action.
- Dans tous les cas, les ponts de chargement ne constituent que des supports, soit de grues pivotantes à flèches variables toujours très puissantes, soit de chariots de roulement avec bennes preneuses et trémies de déchargement, soit de courroies transporteuses. Dans certaines installations, comme celle du port de Bône que nous décrirons sommairement, les ponts de déchargement constituent l’ossature d’installations extrêmement puissantes et compliquées.
- Les plus récents progrès réalisés dans cette
- Fig. 12.— Schéma d’un mécanisme de levage et de basculage d’un chariot culbuteur système Demag.
- Tambour de levage
- construction sont représentés par des avant-becs, ou flèches, de grande longueur, orientables dans tous les sens et relevables à volonté, qui permettent le déchargement et le chargement simultanés de plusieurs bateaux placés côte à côte, en bordure du quai.
- Lorsque les parcs sont longs et étroits, on aménage sur le quai des rangées de portiques, sortes de ponts de peu de longueur équipés soit avec des chariots, soit avec des grues pivotantes qui offrent, grâce aux mouvements
- Fig. 13. — Portiques de Vile Elie pour déchargement des péniches et chalands de charbon au port de Bouen.
- (Constructeur : Sté des Appareils de levage, Paris.)
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- Trémie bascule roulante
- fbutre du portiqi
- Arbre
- vertical
- Bras mobile coquille
- Pousseurs électriques
- Fig. 14. — Appareil Iiulett pour le déchargement du minerai de fer sur les grands lacs américains.
- d’orientation de la flèche, la possibilité de desservir des surfaces de rayon double de la longueur de la flèche.
- Si les parcs sont irréguliers et très importants, les installations sont étudiées en conséquence. Ainsi à Francfort-sur-le-Mein, la Société Demag a installé, pour le service d’un parc, 11 portiques avec grues pivotantes mobiles se déplaçant le long du quai et 20 ponts fixes espacés de 40 mètres les uns des autres et dont la longueur varie de 22 à 133 mètres en raison des variations de profondeur du parc.
- Les besoins des grands ports sont tels que l’on a même construit des déchargeurs flottants qui aident aux installations établies sur les quais et permettent l’approvisionnement en charbon des navires en un endroit quelconque du port, même pendant le chargement et le déchargement des marchandises.
- A Hambourg-Altona, la société Demag a construit
- une installation pour le transbordement du charbon de cargos en mer dans des péniches ou des allèges, le char bon étant retiré du vapeur par un chariot, à benne preneuse automatique, déchargé dans une trémie, pesé et conduit à destination par un transbordeur à ruban. Le rendement est de 300 à 350 tonnes à l’heure..
- Actuellement la commande des ponts et des appareils qui les accompagnent est presque toujours électrique. Des freins électro-pneumatiques ou à main, des dispositifs de blocage et de verrouillage, empêchent de dépasser les limites de course fixées et permettent de maintenir la charge à n’importe quelle hauteur, même s’il survient une interruption de courant. Enfin des dispositifs de sécurité, tels que ancrages ou pince-rails, empêchent les ponts d’être entraînés par le vent.
- LES CHARIOTS CULBUTEURS
- Certains ponts de transbordement sont équipés avec des chariots culbuteurs amenés sur une plate-forme basculante qui les soulève et les incline jusqu’à ce que le contenu du wagon puisse se déverser d’un seul coup. C’est encore là un des derniers progrès réalisés; il est remarquable par un rendement tel qu’aucun autre moyen de transport ne peut lui être comparé. Les wagons peuvent être pris sur diverses voies pour réaliser les mélanges demandés. En général la benne preneuse automatique accompagne les installations de chariots culbuteurs pour le chargement des bateaux et des wagons.
- Les basculeurs sur plate-forme présentent l’inconvénient de décharger toujours le charbon à la même hauteur et, par conséquent, de le détériorer en provoquant la formation d’énormes nuages de poussière. On a réduit quelque peu ces inconvénients par l’emploi de
- Fig. 15. — La manulenliori de mécanique du minerai de fer de la Slé de l’Ouenza au port de Bône.
- (D’après le Génie civil.)
- stockage
- Portique
- Bras re/e va b!e et orientable
- Trémie
- | , Parc à minerai
- Trémie
- Trémie
- Transporteur
- Transporteur
- élévateur
- Cargo en chargement
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- Cyclone
- Treuils électriques de commande des bras
- Tuyauteries
- flexibles
- Suceuses
- Goutotte
- télescopique
- h'stributeur '
- -Elévateur à godets Balance
- O O 1 O Q O
- O O O
- Schéma d’une installation de transbordement pneumatique des grains. (Système Neu
- Fig. 16,
- trémies ou de plans inclinés, mais sans les supprimer.
- Les établissements Demag ont imaginé de suspendre la plate-forme basculante à des câbles qui peuvent, par conséquent, la descendre à la hauteur voulue. Il existe, d’ailleurs, différents systèmes de plates-formes basculantes à câbles; notre figure 12 permet d’en comprendre aisément le fonctionnement. Lorsque le tambour de levage tourne seul, la plate-forme s’abaisse ou se soulève tout en restant dans la position horizontale. Lorsque le tambour de basculage tourne seul, la plate-forme tourne autour de son axe de gravité tout en se soulevant par l’avant ou par l’arrière. Comme les deux commandes sont indépendantes l’une de l’autre, le basculage peut s’effectuer aussi bien pendant le levage que pendant la descente; dans tous les cas, le mouvement est limité par des interrupteurs de fin de course. Le. verrouillage des wagons sur la plate-forme est commandé automatiquement par le mécanisme de levage. De telles installations, manutentionnent normalement 25 wagons en 2 heures avec 3 ouvriers.
- LA MANUTENTION DU MINERAI DE FER ET DU CHARBON DANS LES PORTS DES LACS AMÉRICAINS
- Ces ports américains ont reçu une organisation très différente de celle de nos ports européens.
- Le minerai de fer extrait des régions orientales du lac Supérieur est amené par cargos de 10 000 à 12 000 tonnes dans un certain nombre de ports du lacErié qui le dirigent dans la région de Pittsbourg. Dans ces ports, les mêmes
- Fig. 17. — Les aspirateurs flottants pour manutention des grains au port du Havre. (Ph. Port autonome du Havre.)
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- Fig. 18. — Les aspirateurs de grains du port de Hambourg.
- cargos se chargent de charbon provenant de cette même région de Pittsbourg et le transportent aux aciéries établies au sud du lac Michigan, dans les environs de Chicago. Le charbon en provenance de Pennsylvanie est embarqué à Baltimore et à Philadelphie et celui de Virginie à Norfolk. Chaque port ne constitue pas un ensemble administratif, il représente autant d’installations particulières qu’il y a de compagnies intéressées, chacune organisant son port au mieux de ses intérêts.
- Pour ce qui concerne l’embarquement du minerai sur les rives du lac Supérieur, il s’effectue par l’intermédiaire d’estacades de 25 à 30 m de hauteur comportant des poches remplies par les wagons et vidant ensuite leur coutenu dans les bateaux par l’intermédiaire de gou-lottes inclinées ou de cheminées verticales.
- Pour le débarquement, on utilise l’appareil Hulett dont
- Fig. 19.
- nous donnerons seulement le principe, relativement ancien (fig. 14). Il est constitué par un portique enjambant des voies ferrées et terminé à l’arrière par un porte à faux s’étendant au-dessus du parc de transbordement. Un châssis mobile à parallélogramme articulé roule sur le portique. Le bras vertical avant se termine par une benne formée de deux coquilles dont l’une appartient à un bras horizontal sur lequel elle peut glisser pour saisir le minerai jusque dans les angles de la cale. Grâce à ce dispositif, l’écartement de ses coquilles peut atteindre 0 m 30 pour donner à la benne une capacité de 17 tonnes.
- Le contenu de la benne est versé dans une trémie fixe d’une capacité de 120 tonnes ; elle verse son minerai dans une autre trémie mobile qui peut parcourir toute la longueur du portique soit pour charger les wagons, soit pour déposer le minerai dans la fosse de transbordement. Etant donné l’énorme puissance de ces appareils, qui équipent en plusieurs unités les grands ports, et travaillent sans interruption, l’organisation des gares de l’arrière est extrêmement importante. Ainsi à Cleveland, 60 wagons de 50 tonnes sont chargés en une heure par quatre appareils Hulett. Au port de Conneault, sur le lac Erié, quatre voies passent sous les portiques et la marche des trains est assurée par des tracteurs électriques circulant entre les voies.
- Pour la manutention du charbon, les mêmes ports américains utilisent le « dumper » constitué par une charpente métallique de grande dimensions comportant une plate-forme à renversement dans laquelle peuvent prendre place deux wagons de 50 tonnes ou un wagon de 110 tonnes. La plate-forme s’élève avec son chargement et, parvenue à la hauteur voulue, bascule le wagon
- Le magasin à potasse du port d’Anvers
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- qui se vide d’un seul coup. Une paroi verticale et des traverses maintiennent le wagon pendant le basculement. L’appareil peut décharger jusqu’à 60 wagons à l’heure, théoriquement deux « dumper » pourraient manipuler
- 10 000 tonnes à l’heure; mais dans la pratique le rendement est moins élevé en raison des manœuvres des trains et des bateaux.
- LA MANUTENTION DU MINERAI DANS LE PORT DE BONE
- Au port de Bône, la Société de l’Ouenza a fait établir une installation spéciale pour le déchargement et l’embarquement du minerai extrait des mines de fer situées à 200 kilomètres environ de la côte. L’installation, extrêmement importante permet la mise à bord directe du minerai amené par la voie ferrée, son stockage et sa reprise pour le chargement des cargos. Toutes les manipulations s’effectuent par des tapis roulants métalliques.
- Un portique mobile est affecté spécialement à l’embarquement et un autre au stockage (fîg. 15).
- A la charpente arrière de l’installation de mise à bord se trouve une trémie d’une capacité de 40 tonnes dans laquelle est versé le contenu des wagons. Le minerai est reçu ensuite sur un tapis métallique qui le transporte en l’élevant jusqu’à une autre trémie circulaire où il est repris par une deuxième courroie maintenue par un bras métallique orientable. Cette courroie verse son contenu dans une goulotte qui laisse tomber le minerai dans le cargo. Comme le bras peut tourner autour de son axe, le minerai peut être déposé en un point quelconque de la cale.
- Le minerai étant extrait par blocs dont le poids peut atteindre jusqu’à 100 kg, il y a intérêt à ne pas laisser tomber ces gros blocs sur le tapis. Dans ce but, la trémie de 40 tonnes a été pourvue d’un cribleur qui laisse d’abord passer les menus fragments, afin d’amortir la chute des gros blocs. Entre les deux trémies la courroie, qui mesure 1 m 50 de largeur, est animée d’une vitesse de 0 m 50 à la seconde. La seconde courroie, de 1 m de largeur, se déplace à la vitesse de 1 m 50 à la seconde. Quant au portique, il roule sur ses rails à raison de 12 m à la minute.
- Le portique de stockage est plus élevé que le précédent; sa portée entre palées est de 45 m 50 et sa poutre se prolonge vers l’avant par une partie en porte à faux de
- 11 m 50 de longueur portant un bras oblique terminé par une trémie.
- La poutre du portique et le bras oblique soutiennent également une courroie qui peut déverser son contenu en un point quelconque du portique afin de répartir convenablement le minerai dans le parc de stockage. Cette courroie est alimentée par l’intermédiaire de l’appareil de mise à bord en levant sa poutre mobile et en la faisant tourner jusqu’à ce que la goulotte vienne se placer au-dessus de la trémie du bras oblique.
- Enfin, c’est encore au moyen d’une courroie porteuse que s’effectue la reprise du minerai du parc. Cette courroie se prolonge sur toute la largeur du parc dans une construction souterraine ; le minerai tombe par des trappes sur la courroie qui le transporte dans la trémie de 40 tonnes
- Fig. 20. — Appareil automatique à décharge des sacs de café au port du Havre. (Ph. Port autonome du Havre.)
- comme s’il venait d’arriver par wagons. Une benne automatique actionnée par un chariot se déplaçant sous le portique intervient également pour extraire le minerai du parc et le verser dans la même trémie.
- Fig. 21. — Port de Hambourg. Nouveau quai muni de grues sur demi-portique. (Ph. Kaiserwaltung. Hambourg.)
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- Les besoins du trafic ayant exigé un stockage de 350000 tonnes au lieu de 100000 tonnes primitivement admises, l’installation dont nous venons de parler, qui comporte deux appareils de mise à bord et un portique de stockage, a été complétée par une' autre reliée à la première par deux voies ferrées. Elle est constituée par un portique roulant à deux bennes et à deux treuils capable de se déplacer sur toute la longueur (280 m) du parc. Les wagons se vident, dès leur arrivée, dans une benne de 40 tonnes qui peut se décharger en un point quelconque du parc grâce aux déplacements perpendiculaires combinés du portique et de la benne sous le portique.
- Fig. 22. — Port de Hambourg. Poste de chargement de charbon sur péniche, par culbuteur. (Ph. Kaiverwaltung. Hambourg.)
- Ce nouveau portique, qui est en réalité un véritable pont., a une portée de 69 m entre piliers; il se prolonge du côté de la voie ferrée par un avant-bec de 27 m ët de l’autre côté par un avant-bec de 5 m. Sa hauteur prise sous la poutre est de 25 m et il peut se déplacer à la vitesse de 15 m à la minute. La benne de 40 tonnes est soulevée à là vitesse de 7 m 50 à la minute et elle se déplace sous le portique à raison de 70 m à la minute. Le débit horaire de la nouvelle installation a pu atteindre 500 tonnes.
- LES TRANSPORTEURS PNEUMATIQUES
- Depuis quelques années, les grands ports qui reçoivent des céréales, des graines oléagineuses, du café, du riz, du
- maïs, se sont équipés avec de puissants appareils pneumatiques pour effectuer le transbordement en vrac de ces marchandises soit du cargo à des chalands, soit, le plus souvent, du navire à un entrepôt. Londres, Hambourg, Rotterdam, Anvers, Le Havre, Marseille sont ainsi équipés et il semble bien que ce genre de manutention puisse s’appliquer à toutes les matières pondéreuses, voire à celles constituées par des blocs dont la grosseur ne dépasse pas celle d’une noix (fig. 16, 17, 18).
- Les transporteurs pneumatiques sont également employés pour le déchargement des péniches arrivées à destination, surtout pour la manutention des céréales. Les débits peuvent atteindre jusqu’à 300 tonnes à l’heure, même dans les bassins de marée, sur des navires soumis au tangage et au roulis, cela en raison de la souplesse des canalisations. Celles-ci peuvent être aériennes ou souterraines pour franchir des obstacles qui s’opposeraient à l’installation de procédés purement mécaniques. Enfin le système supprime toute perte de matière pendant le transport et toute altération des grains malgré le frottement contre les parois des tubes : de petits animaux, rats, souris, aspirés par une installation en marche sont arrivés intacts dans le récepteur.
- Pour ce qui concerne le transport des grains, le système présente encore l’avantage d’une aération et d’un dépoussiérage essentiellement hygiéniques. Toute cargaison ayant subi un échauffement pendant le transport en vrac, ou ayant accumulé de l’humidité, se trouve assainie par le seul fait de son passage dans les tubes transporteurs.
- Dans les ports, on utilise généralement des installations sur pontons mobiles dans le genre de celle que représente notre figure 16. Deux suceuses sont raccordées à la tuyauterie de transport par deux tubes flexibles qui permettent de faibles déplacements dans la cale. Pour réaliser les déplacements importants, on agit sur les supports des tuyauteries de transport — ou sur des bras mobiles — orientables verticalement jusqu’à 12 m de levée et horizontalement suivant un angle de 180 degrés. Le grain tombe dans un récepteur où il se sépare de l’air; il en est ensuite extrait par un distributeur automatique rotatif qui le laisse tomber dans une trémie d’où il est repris par un élévateur à godets qui le relève jusqu’à une hauteur suffisante pour lui permettre de descendre par gravité soit dans des chalands, soit dans des wagons à quai, soit enfin sur des transporteurs à courroie pour le logement en silos.
- LA MANUTENTION DES POTASSES A ANVERS
- C’est au port d’Anvers que se trouvent les très importantes installations de manutention des potasses d’Alsace qui suivent le cours du Rhin sur des péniches spéciales à partir du port de Strasbourg (fig. 19).
- Sur le terre-plein du quai de débarquement, des trémies reçoivent les potasses puisées dans les péniches par des bennes prenantes ou versées directement des wagons pour les sels venus par voie ferrée. Des courroies transporteuses à mouvement continu conduisent la potasse à la base d’élévateurs à godets qui la déversent dans des goulottes d’où elle descend par gravité dans la cale des
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- cargos en chargement, lorsque la réexpédition doit s’effectuer directement. Dans le cas de stockage, le sel est dirigé, par d’autres goulottes et des courroies transporteuses, dans les immenses hangars construits pour le recevoir.
- Pour reprendre la potasse en vue de son embarquement, des appareils « gratteurs » installés dans les magasins, interviennent. Ils comportent un bras horizontal de 11 m de longueur, mobile dans tous les sens, servant de guide à une chaîne sans fin armée de palettes qui « grattent » la potasse et l’amène sur un deuxième système de courroies porteuses. L’ensemble mécanique de cette installation est supporté par un chariot à quatre roues mobile sur deux rails fixés à la toiture et un rail à la base du hangar. Le produit est ensuite relevé par des élévateurs à godets qui le déversent dans les goulottes d’embarquement.
- Dans le cas où le transport doit s’effectuer par voie ferrée, les wagons sont chargés par des vis sans fin alimentées par des trémies.
- Ce système de courroies transporteuses permet de manipuler à l’heure 200 tonnes de potasse entre les péniches et les cargos, 400 tonnes entre les magasins et les cargos, 1000 sacs de 100 kg entre les magasins et les cargos et 200 tonnes entre les péniches ou les wagons et les entrepôts. Ces entrepôts sont des halls de 260 m de longueur et 27 m 50 de largeur; ils sont devenus insuffisants et de nouvelles installations, au port d’Anvers et peut-être à Rotterdam, faciliteront l’écoulement du produit utilisé par l’agriculture dans le monde entier.
- QUELQUES DONNÉES SUR L’OUTILLAGE DES GRANDS PORTS
- Nous avons dit, au début de cet article, que l’importance et l’avenir d’un port dépendent de son outillage économique et mécanique. Le Havre, par exemple, comporte 11 bassins à flot présentant une surface d’eau de 88 hectares, les quais de ces bassins ayant un développement total de 18 km. Un bassin de marée peut également recevoir, sans éclusage, les plus grands paquebots modernes et son allongement mettra prochainement à la disposition de ces paquebots 2700 m de quais. Ajoutons qu’un bassin spécial avec terre-plein étendu est réservé à la réception des hydrocarbures. Les réservoirs reçoivent le pétrole puisé directement dans les tanks des pétroliers par l’intermédiaire de pipe-lines avec le secours de pompes.
- L’administration du port autonome du Havre possède 144 grues électriques, 13 grues à vapeur, 25 grues hydrauliques, 15 grues flottantes, deux aspirateurs flottants pour les céréales et une bigue à trépied de 120 tonnes. Les compagnies de navigation intéressées sont également propriétaires d’environ 60 engins au nombre desquels figure un ponton tourelle flottant de 200 tonnes qui appartient à la Compagnie Industrielle Maritime. Cet engin peut élever 200 tonnes à 45 m de hauteur et les transporter à 20 m de distance en dehors du ponton (fig. 8).
- Quant aux hangars ils couvrent une superficie de 320000 m2, la surface totale des terre-pleins étant de 850000 m2.
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- Fig. 23. — Deux transbordeurs flottants au port de Hambourg, servant à décharger des marchandises d'un navire amarré en rivière à un duc d’Albe pour les recharger sur des bâtiments fluviaux.
- (Ph. Kaiverwaltung. Hambourg.)
- Anvers, qui est un port en rivière, possède sur la rive droite de l’Escaut 5500 m de mur de quai et de terre-plein comportant des voies ferrées et des hangars pour le service des paquebots réguliers. Les installation de combustible liquide, situées à l’extrémité sud de ce quai, couvriront prochainement une superficie de 73 hectares et comportaient, en 1928, 229 tanks d’une capacité totale de 333 286 m\
- Le port est constitué, en outre, par une grande quantité de bassins, situés au nord du quai fluvial constituant l’ancien port, et dont le nombre augmente sans cesse. Actuellement, il en existe 29, dont 16 sont affectés à la navigation maritime et 5 au batelage. Leur superficie totale est de 300 hectares et ils offrent à la naviga-
- Fig. 24. — Un type de grue relativement rare: la grue à câble du port d'Oslende. (Constructeur Ad. Bleichert.)
- Cet engin sert au déchargement du charbon, ainsi qu’à la reprise du charbon du dépôt et au transport jusqu’à un silo de transbordement installé dans le pylône.
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- tion 32 km de quais d’accostage. Ils communiquent avec l’Escaut par 4 écluses qui en font des bassins à flot. Enfin, 10 cales sèches permettent toutes les réparations.
- Les quais du fleuve et des bassins sont desservis par de nombreuses voies ferrées, toutes reliées à 6 gares d’exploitation raccordées au réseau général des chemins de fer belges. Les 500 km de voies qui sillonnent le port sont d’ailleurs devenus insuffisants.
- Nous ne pouvons que donner une nomenclature des appareils de quais destinés au transbordement des marchandises. Actuellement le port d’Anvers est desservi par 298 grues hydrauliques et 230 grues électriques d’une puissance maximum de 5 tonnes, une grue hydraulique de 10 tonnes et une autre de 15 tonnes, 2 grues électriques de 30 tonnes, une de 50 tonnes et une de 120 tonnes; quatre grues flottantes de 3,5 t, 2 de 8 t, 4 de 10 t, une de 40 t et une de 150 t; 22 élévateurs penumatiques d’un rendement unitaire de 200 t à l’heure. Ces chiffres ne sont d’ailleurs que provisoires en raison de l’extension continuelle de ce port.
- Hambourg, situé sur l’Elbe, est également un port en rivière, vaste et puissamment outillé et offrant cette remarquable particularité de ne comporter pour les navires venant de la mer la traversée d’aucune écluse, bien que
- l’effet des marées soit très sensible dans le port. Cette disposition assure une grande facilité à la circulation des navires dans le port. Hambourg possède actuellement
- 23 bassins de superficie et profondeurs diverses, affectés
- aux stationnements des navires et embarcations de commerce; leur superficie totale est de 430 hectares, comportant 58 km de quais et des ducs d’Albe formant une longueur totale de 32 km. Les ducs d’Albe sont des faisceaux de pieux plantés au milieu des bassins, et auxquels on peut amarrer les navires, en vue du transbordement direct de leurs marchandises sur d’autres bâtiments, ce qui supprime les déchargements à quai. Le port de Hambourg possède d’immenses magasins couverts de quai, couvrant 665 000 m2, 10 grues
- électriques de plus de 10 tonnes, dont une de 150 tonnes, auxquelles il convient d’ajouter les deux grues de 200 et 250 tonnes appartenant aux deux chantiers de construction qui ont leurs cales dans le port, on y compte en outre 937 grues mobiles, 181 grues fixes dans les magasins de quai et parcs, 630 engins de levage répartis dans les divers autres bâtiments du port, et 183 engins de levage flottants comprenant 123 cabestans à vapeur,
- 24 grues allant jusqu’à 100 tonnes, 8 transbordeurs à charbon et 22 élévateurs pneumatiques à céréales.
- Lucien Fournier.
- E UN NOUVEL HOMME FOSSILE I
- LE SINANTHROPUS OU HOMME DE PÉKING
- Une découverte de la plus haute importance au point de vue de la paléontologie humaine a été faite en Chine, non loin de Péking, à Chou-Kou-Tien, par M. W.-C. Pei et le Dr Davidson Black. La fouille méthodique d’une fissure comblée par des matériaux de remplissage riches en fossiles bien datés leur a permis de découvrir les restes d’hommes préhistoriques, antérieurs à l’homme du Néanderthal, et se classant parmi les premiers hominiens de l’époque quaternaire, sensiblement contemporains, semble-t-il, de l’Eoanthropus et de Y Homo Heidelbergensis de l’Europe Occidentale. Le Dr Davidson Black a réussi actuellement à reconstituer partiellement les crânes de deux individus. La fouille du gîte qui a livré ces documents d’une si haute antiquité n’est du reste pas terminée; elle se continue et promet de livrer encore une moisson abondante. L’étude morphologique des ossements recueillis, que poursuit le Dr Davidson Black, n’est pas achevée. Mais les résultats acquis dès maintenant font apparaître que zoologiquement l’homme de Péking appartient à un genre nouveau dans les hommes fossiles connus; il a reçu le nom de Sinan-thropus.
- I Le R. P. Teilhard de Chardin qui a participé à l’étude du gisement de Chou-Kou-Tien a adressé, de Péking, le 30 avril 1930 à la Revue des Questions scientifiques un article remarquablement documenté sur ce sujet. Nous lui empruntons les renseignements qui suivent.
- Histoire ides:'recherches.v — Chou-Kou-Tien est situé à une cinquantaine de kilomètres au"'sud-ouest de Péking en bordure de la chaîne de collines qui limite en ce point la grande plaine de Tcheli. Tout autour du village, les derniers contre-forts des montagnes s’abaissent en croupes arrondies, formées
- d’une roche calcaire, bleue et très dure, exploitée pour faire de la chaux. Dans ce calcaire, un réseau de fissures remplies de terres rouges est mis à nu par les fonds de carrière. C’est l’une de ces fissures qui a livré les restes du Sinanthropus. En 1922, le paléontologiste autrichien O. Zdansky (attaché à l’Université d’Upsal) y trouva deux dents isolées de type humain. Il ne publia sa découverte qu’en 1926. Le service géologique de Chine dirigé par le DrWong, en coopération étroite avec la fondation Rockefeller, décida d’entreprendre la fouille méthodique du gîte : le plan conçu par le D1' Wong et le Dr Davidson Black, professeur d’anatomie à l’Union Medical College de Péking, fut mis aussitôt à exécution. Sous la direction successive des Drs Li, Bohlin, Young et Pei, 8.800 m3 de roche et de brèche fossilifère furent extraits de la fissure au cours des années 1927, 1928 et 1929. Environ 1500 caisses de fossiles ont déjà été extraites et cet énorme matériel est en préparation continue dans deux laboratoires affectés à Péking aux recherches de Chou-Kou-Tien.
- Les caractères du gisement. — La fissure de Chou-Kou-Tien, d’après les observations du R. P. Teilhard de Chardin et de C.-C. Young, se présente avec les caractères d’une ancienne caverne remplie, dont le toit aurait été enlevé ultérieurement par érosion et dont les dépôts de remplissages offrent de grandes analogies avec les remplissages classiques des cavernes d’Europe.
- L’intérêt exceptionnel du gisement chinois, c’est que la stratigraphie comme la paléontologie le révèlent plus ancien qu’aucune des cavernes d’Europe ayant fourni jusqu’ici des restes humains.
- En Chine du Nord, on n’a longtemps connu qu’une forma-
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- tion d’âge quaternaire : le loess (ou terre jaune) caractérisé par la présence du Rhinocéros trichorhinus, de Bos primi-genius, du Cerf élaphe et par des quartzites taillés de type moustérien ou aurignacien. Mais des recherches récentes ont révélé sous le loess classique l’existence d’une formation toute différente : sable, argile et loess rougeâtre avec une faune fossile bien distincte : Rhinocéros cf. sinensis, Hyæna sinensis, Machairodus, rongeurs spéciaux.
- Cette formation débute à la fin extrême du Tertiaire et couvre aussi le Quaternaire inférieur. C’est à cette période que se rattache le gisement de Chou-Kou-Tien. La stratigraphie, très nette, est confirmée par l’étude de l’énorme masse de fossiles recueillis; aucun d’entre eux n’appartient aux formes animales caractéristiques du loess, mais on y retrouve les espèces rencontrées déjà dans les formations quaternaires sous-loessiennes : rhinocéros, hyène, Canis sinensis, Machairodus, à côté de nombreuses formes spéciales au gisement : un cerf à bois courts et largement palmés, rappelant de très loin le Megaceros, le Cerf Sika, le Daim musqué, un grand Sanglier, deux espèces d’Ours, un grand Tigre, un Macaque, etc. L’âge du gisement de Chou-Kou-Tien se trouve ainsi déterminé avec une certitude et une précision remarquables.
- Les restes du Sinanthropus. — Ces restes ont été recueillis dans toute l’épaisseur des 35 mètres de dépôt qui remplissent la fissure. « Un crâne écrasé de jeune, et sans doute quelques parties de squelette appartenant au même individu et aussi à un adulte ont été trouvés à 6 mètres de profondeur. Plus bas, vers 17 mètres, une demi-mandibule et un fragment de pariétal d’adulte gisaient sur un niveau durci qui représente peut-être un ancien sol d’habitation. Plus bas encore, dans la moitié inférieure des dépôts, de nombreuses dents isolées (plus de 10 en 1929) ont été rencontrées à différents niveaux.
- Le crâne, enfin, découvert le dernier jour de la campagne de 1929, gisait au plus profond de la fouille, dans un diverticule latéral de la fissure principale, associé à une faune particulièrement riche et bien conservée (crânes d’hyènes et de rhinocéros). Au total une bonne douzaine d’individus sont représentés dans le matériel conservé. »
- A ce crâne, splendide document fossile, dont toute la partie cérébrale est magnifiquement conservée et nullement déformée, est venu s’ajouter, en juin dernier, un second reconstitué par le Dr Davidson Black et qui, d’aprèi une communication de celui-ci, appartiendrait à un jeune adulte mâle, tandis que celui de 1929 proviendrait d’une jeune femelle. La dentition du Sinanthropus est typiquement humaine; mais la mandibule est très différente de celle des Hommes actuels : le menton est absent comme chez l’Homme de Neanderthal; l’os mandibulaire, au point de soudure des deux demi-mâchoires droite et gauche, est distinctement incliné en dedans, moins que chez YEoanlhropus, dont la mandibule a la même forme que celle d’un chimpanzé, mais plus que sur la mâchoire de l’Homme d’Heidelberg. L’examen extérieur du crâne place le Sinanthropus entre l’Homme de Neanderthal et le Pithécanthrope. Le R. P. Teilhard de Chardin le définit comme un Pithécanthrope dont les régions frontale et pariétale auraient pris la courbure d’un Neanderthal. « Contemporain, en gros, dit-il, de YEoanlhropus, de Y Homo heidelbergensis, et de l’encore énigmatique Pithécanthrope, le Sinanthropus se rattache distinctement à tous les trois par la forme exceptionnellement primitive soit de son crâne, soit de sa mâchoire inférieure. »
- Ajoutons que jusqu’ici, aucun outil n’a été trouvé dans le gisement de Chou-Kou-Tien.
- X.
- = LE THERMOMETRE NE PEUT DONNER = JNE IDÉE VRAIE DE L’ÉCHAUFFEMENT DE L’AIE
- Un corps étant placé dans des conditions telles qu’il s’échauffe, c’est-à-dire qu’il nous procure une sensation de chaleur croissante, il est d’usage, pour étudier ce phénomène, de faire une mesure de température.
- Il est convenu en physique de donner le nom de température d’un corps, dans des conditions définies, à une mesure faite en étudiant les indications d’un appareil appelé thermomètre placé dans les mêmes conditions que le corps dont on désire connaître la température.
- La mesure de la température d’un corps ou thermométrie est donc une mesure toute conventionnelle reposant sur les trois conventions suivantes :
- 1° Choix d’un phénomène variable en fonction de l’échauffement d’un corps;
- 2° Choix d’un corps, dit thermométrique, subissant le phénomène ;
- 3Q Choix d’une relation arbitraire entre la grandeur du phénomène et certains phénomènes thermiques bien définis (ébullition, fusion, congélation, etc... de corps chimiquement purs dans des conditions physiques déterminées).
- La convention thermométrique actuellement en usage
- en France est connue de tous et c’est en nous y conformant que nous étudions la température des divers phénomènes pouvant nous intéresser.
- En même temps que la température de certains corps (gaz et liquides surtout), il est possible d’étudier leur échauffement.
- L’échauffement est un phénomène physique mesurable, par exemple, en étudiant soit les variations de volume d’un corps sous pression constante, soit les variations de pression d’un corps sous volume constant. La mesure de l’échauffement ainsi comprise est l’expression numérique d’un phénomène physique et non une mesure conventionnelle comme la thermométrie.
- La thermométrie ne peut accuser exactement les variations d’échauffement d’un corps qu’autant qu’il existe une relation simple entre l’échauffement de ce corps et sa température ou échauffement, toutes conditions égales par ailleurs, du corps thermométrique choisi pour mesurer cette température conformément aux données de la convention thermométrique.
- Afin de voir si le thermomètre ‘accuse exactement les variations d’échauffement de l’-aiï, j’ai fait construire
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- par la Société Gallois et Cie, à Lyon, l’appareil en quartz (') représenté par la figure 1. La lecture de cet instrument, complétée par celle d’un baromètre, permet à tous instants de connaître la pression d’un volume pratiquement constant d’air sec renfermé dans un réservoir en quartz. Cette pression est fonction de réchauffement de l’air contenu dans le réservoir. Il est facile, pour préciser un peu l’ordre de grandeur des observations recueillies, de noter, non une variation de pression mesurant un échaufîement d’air, mais la température d’une eau dans laquelle il faudrait placer le réservoir en quartz plein d’air pour que ce dernier présente une pression égale. C'est ce que j'appelle Véchauffe-rnent en degrés d'eau. Dans les appareils que j’utilise le degré d’eau correspond à une différence de pression de trois millimètres de mercure environ.
- Des recherches poursuivies pendant plusieurs années en collaboration avec MM. Chap-tal et Anduze de Saint-Paul (Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, 10 décembre 1928; Montpellier - Médical, 15 mai 1929, tome II, n° 10, pages 213 à 216) m’ont conduit à conclure qu’il n’existe aucun rapport simple entre réchauffement'd’un volume fixe d’air sec observé avec la méthode exposée ci-dessus et la température de l’air ambiant.
- C’est ainsi qu’à l’Observatoire de Bel Air (près Montpellier), nous avons pu observer qu’au soleil (toutes conditions égales d’ailleurs) suivant les heures, les jours et les années, une température de l’air de 5°,5 au-dessus de zéro peut correspondre à toutes les valeurs d’é-chauffement en degrés d’eau (voir définition ci-dessus) d’un volume d’air sec, comprises entre 5°,3 au-dessous de zéro et 3° au-dessus.
- De même une température de + 20° peut correspondre aux échauffements de l’air sec entre -f- 10 et -j- 18 degrés d’eau.
- Sous abri du type officiel nous avons noté pour une température de -j- 6°,3 un échauffe-ment de l’air de -f- 9°,5 degrés d’eau et pour diverses températures de -f- 9°,5 des échauffements de l’air variant de -f- 6 à -j- 10 degrés d’eau.
- Rien ne permet d’établir les causes de ces discordances. On remarque seulement que, d’une manière générale, à température égale, réchauffement de l’air est d’autant plus élevé que la durée d’insolation en 24 heures est plus longue.
- Des observations faites à la même heure avec la même technique en des lieux différents accusent des discordances encore plus frappantes.
- C’est ainsi que sur un sommet à 1610 mètres d’altitude, nous voyons des températures de l’air de -j- 36° au soleil correspondre à des échauffements variant de + 11 à -j- 14 degrés d’eau suivant les heures et dates
- 1. Un appareil analogue en verre ne peut fournir les mêmes indications, le verre ayant un spectre d’absorption différent de celui du quartz. Le quartz a un spectre d’absorption très voisin de celui de l’air.
- Fig. 1.— Appareil Sri quarlz fondu transparent.
- Le récipient A est rempli d’air sec. La boule B est noyée dans un bloc de liège C (en pointillé). Le tube contourné T est capillaire. Il est, ainsi que la boule B qu’il prolonge, en partie rempli de mercure pur et sec (hachures). La pression atmosphérique augmentée de la différence entre les niveaux du mercure dans le tube T et la boule B donne la pression de l’air contenu dans le réservoir A; réchauffement de cet air est proportionnel à sa pression.
- d’observation, tandis qu’aux mêmes heures et dates, des observations faites au soleil sur un plateau à 80 mètres d’altitude accusent, pour une température de l’air de -j- 31°,5 seulement, des échauffements entre + 24 et -j- 31 degrés d’eau.
- Nous avons vu, toutes conditions égales, au même jour et à la même heure, une température de l’air à 1800 mètres d’altitude de + 18° correspondre à un échauf-fement de -f- 3,6 degrés d’eau alors qu’à 80 mètres d’altitude la même température correspondait à un échauffe-ment de + 17,5 degrés d’eau.
- De même pour l’air, nous avons observé aux mêmes altitudes une température de + 35° correspondant sur un plateau à un échauffc-ment de -f- 13 degrés d’eau et la même température correspondant dans une vallée à un échaufîement de -j- 18 degrés d’eau.
- Nous avons pu constater aussi au bord de la mer que sur la plage, à l'ombre, une température de -J- 25° correspondait à un échauf-fement de l’air de + 23 degrés d’eau, alors qu’à 100 mètres de la côte, sur le pont en bois d’un bateau, au soleil, une température de -f- 28° correspondait à un échaufîement de l’air de -f 18 degrés d’eau seulement.
- Les résultats, quelque peu paradoxaux au premier abord, de ces mesures exactes confirment les faits suivants d’observation courante :
- 1° Par les mêmes températures, le même individu dans le même état d'équilibre biologique, peut éprouver des sensations très inégales de chaleur ou de froid, la même espèce de plantes peut geler ou continuer à vivre normalement;
- 2° A températures égales, on a toujours une sensation de chaleur moins marquée à haute qu’à faible altitude;
- 3° Toutes conditions égales, on a moins chaud sur un plateau que dans une vallée et moins chaud encore sur un sommet que sur un plateau (fig. 2);
- 4° Le même j our, à la même heure, on a moins chaud en mer qu’à terre. Pour traduire ces divers phénomènes en contradiction avec les indications thermo métrique s s’est créée la locution populaire connue de tous : le fond de l’air est frais;
- 5° Un thermomètre à mercure et un thermomètre à alcool, dont les indications sont rigoureusement comparables si on les observe dans un bain d’eau, fournissent des indications discordantes lorsqu’on les observe dans d’autres conditions, dans 1 air par exemple et surtout au soleil.
- A quoi tiennent donc ces inégalités d’échauffement entre le mercure (corps thermométrique) et l’air (corps dans lequel nous vivons)?
- Uniquement à ce fait que (toutes conditions égales) réchauffement d’un corps dépend de la quantité d’énergie qu’il absorbe, dans les cas que nous venons d étudier, sous forme de radiations diverses. Or le mercure et l’air
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- Fig. 2. — A droite, sur un sommet, la place forte de Monllouis (Pyrénées-Orientales), altitude 1610 mètres, disparaît dans les arbres couvrant
- les glacis des fortifications. Les villas construites hors des remparts sont visibles.
- Dans le bas on voit le village de La Cabanasse (altitude 1500 mètres) situé sous la flèche indiquant l'incidence moyenne des rayons solaires. Pour les mêmes températures réchauffement de l’air est à La Cabanasse (sur une prairie) supérieur de 5 à 8 degrés d’eau à celui constaté sur une prairie ù Montlouis. Cette discordance s’explique, malgré la faible différence d’altitude et la même orientation du sol par rapport aux rayons solaires, par le fait que Montlouis est sur un sommet et La Cabanasse au fond d’une vallée.
- n’absorbent point du tout les mêmes radiations, de sorte que des radiations peuvent exister qui échauffent le mercure et le verre d’un thermomètre et n’échauffent pas le quartz et l’air et inversement.
- Il ne faut point oublier que les rayons solaires arrivant
- à la surface de la terre ont traversé de telles épaisseurs d’air qu’ils sont par eux-mêmes incapables de l’échauffer. Ces rayons solaires absorbés par le sol l’échauffent et lui permettent :
- 1° d’échauffer l’air par contact ; 2° d’émettre un rayon-
- Fig. 3. — Haute vallée de la Têt (Pyrénées-Orientales) au-dessous de Montlouis. L'altitude du fond de la vallée est de 1300 mètres environ.
- La flèche indique la direction moyenne des rayons solaires. Les deux versants de la vallée avaient été boisés en pins. Sur le versant de gauche où serpente la route, réchauffement de l’air à températures égales est de 5 à 10 degrés d’eau plus élevé que sur le versant de droite, ce dernier étant presque parallèle aux rayons solaires qui tombent très peu obliquement sur le versant de gauche. Cette discordance entre les échauffements suffit à expliquer le déboisement du versant de gauche par la processionnaire du pin qui trouve au printemps en cet endroit une chaleur suffisante de l’air pour se reproduire. On remarque sur le versant de gauche des vestiges de forêt subsistant dans les vallonnements parallèles aux rayons solaires. Le même phénomène est visible sur la figure 2 où le versant vu à droite (prolongement du versant vu à gauche sur la présente figure) perpendiculaire aux rayons du soleil est déboisé par la processionnaire sauf dans le vallonnement parallèle aux rayons solaires visible en deuxième plan. (Observations laites en collaboration avec M. Oiombel.)
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- nement secondaire très différent du rayonnement solaire capable d’être absorbé par l’air et de l’échauffer. C’est ainsi que réchauffement de l’atmosphère avoisinant le sol est très variable avec la nature (mers, sables, forêts, prairies, rochers, etc...) et la forme (sommets, plaines, plateaux, vallées, etc...) de la surface terrestre. C’est là souvent l’explication de constatations biologiques (fig. 3).
- Ces quelques considérations permettront certainement à nos lecteurs de comprendre pourquoi, malgré les indications peu différentes de leur thermomètre, ils ont frais en altitude et chaud en bas pays.
- De même l’hiver, dans les appartements, ils pourront se rappeler les constatations faites l’été en montagne ou au bord de la mer. Ils comprendront alors pourquoi, puisqu’un radiateur d’eau chaude et un radiateur électrique n’émettent point les mêmes radiations, ils n’éprouvent pas les mêmes sensations thermiques lorsqu’ils utilisent, pour élever au même degré thermométrique, les locaux qu’ils habitent, l’un ou l’autre de ces appareils de chauffage. Dr j. l. Pech.
- [Professeur de physique médicale à la Faculté de Médecine de Montpellier.
- ==EF LE BAMOUN AU CAMEROUN EîFEE
- L’ŒUVRE FRANÇAISE EN TERRITOIRE AFRICAIN
- SOUS MANDAT
- C’est en 1902 seulement que les premiers blancs, 2 officiers, un commerçant allemands, pénétrèrent dans
- Fig. 1. — Le sultan N'joya et une de ses femmes. (Ph. H. Martin.)
- Fumban, capitale du territoire connu sous le nom de Bamoun et formant la partie Nord-Ouest du Cameroun.
- Le Cameroun, placé sous le mandat de la France, occupe au fond du Golfe de Guinée, entre les 13° et 2° de latitude Nord une superficie d’environ 490 000 kilomètres carres, soit à peu près celle de la France.
- Sur la carte la silhouette du Cameroun se dessine
- vaguement comme celle d’un canard. Toute la partie Sud est couverte par la grande forêt vierge qui rejoint celle du Gabon.
- Le plateau du Cameroun s’élève par gradins successifs jusqu’à 2 et 3 000 mètres. Il est constitué par une immense steppe couverte d’herbes ou d’une sorte de roseau appelé sissougo, qui atteint 5 mètres de hauteur. Ces herbes recouvrent les montagnes, il n’existe guère d’arbres en bosquets (palmiers, raphia) que dans les vallées.
- On ne trouve pas au Cameroun d’unités ethniques ni géographiques. Plusieurs races s’y sont superposées, parmi lesquelles on peut distinguer les Bantouns, qui sont peut-être des autochtones refoulés à la côte par les envahisseurs. Ceux-ci ayant été successivement des Peulhs, venus du Sénégal et du Niger, des Soudanais, des Foulbès, avant-garde des Berbères de l’Afrique du Nord et enfin des musulmans Haoussas. Certains types, au nez aquilin, au front droit, se rattachent à l’Ethiopie. Le vrai nègre est rare. Le teint général se rapproche du café au lait.
- Fumban, à 1200 mètres d’altitude, est située sur le plateau herbeux. La population du territoire comprend des Bamouns, des Haoussas, et des Mbororos; ces dernières races nomadisent, les Haoussas se livrent au commerce, les Mbororos poussent devant eux leurs troupeaux de bœufs à bosse.
- Les premiers explorateurs ne s’arrêtèrent pas à Fumban, mais d’autres, également allemands, les suivaient et s’installèrent pour commercer.
- Le Bamoun obéissait alors à un sultan N’joya ('), homme avisé et fin qui d’ailleurs le gouverne encore sous notre surveillance. Quoique guerrier au fond de l’âme et ayant passé une partie de sa vie à combattre pour agrandir son territoire ou affermir son autorité, il comprit vite l’impossibilité pour lui de lutter contre les nouveaux venus. Il se rendit compte aussi des avantages précieux qu’il devait retirer d’une entente lui garantis-
- 1. La majeure partie des renseignements utilisés dans cet article sont dus à l’obligeance du missionnaire Henri Martin, chef de la mission protestante à Fumban.
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- sant une vie exempte de soucis, tout en maintenant le prestige apparent de son commandement.
- N’joya est le 16e sultan du pays Bamoun, où vit une population d’environ 42 000 âmes.
- L’histoire de ces populations, réparties en petits royaumes, d’ailleurs assez bien organisés, ne peut, on le comprend, être établie de façon certaine. Il existe cependant quelques écrits, en caractères Bamouns, qui montrent qu’elle a été une suite presque ininterrompue de guerres et de massacres, chaque roi ou sultan cherchant à supprimer ses voisins pour s’emparer de leurs territoires et réduire leurs sujets à l’esclavage. N’joya possède un gros volume de ce genre.
- La constitution du Bamoun était assez avancée.
- Les chefs de village, nommés par le sultan, exerçaient l’autorité tout en restant dans son étroite dépendance. Tout sujet pouvait faire appel à celui-ci des décisions du chef de village, lequel était quelquefois destitué ou condamné à l’amende. La justice était rendue par le roi et
- Fig. 2. — Le sultan N'joya dans son palais.
- (Ph. H. Martin.)
- N’joya a su tirer de la présence des Européens, et des préceptes de la civilisation qu’ils ont apportés des arguments qui lui ont permis de faire classer la coutume de la statue de sel parmi les premières manifestations de barbarie qu’il importait de faire disparaître. La religion dominante au Bamoun est un fétichisme officiel dont le dieu est la grosse araignée, large comme une assiette, et qui creuse des sortes de terriers. On la consulte, dans les circonstances graves, par le seul intermédiaire du sorcier.
- Celui-ci pose, sur le trou d’entrée du logis de la bête, des feuilles d’arbres portant des incisions se rapportant à la personne ou à la chose qui provoque la consultation.
- En sortant de son logis, l’araignée déplace naturellement les feuilles, et le sorcier rend son oracle en interprétant la disposition qu’elles prennent. Ces consultations se pratiquent dans le plus complet mystère et ce serait risquer gros que vouloir y assister par surprise.
- On trouve encore dans
- la population Bamoun Fig. 4. — Type Bamoun, cicatrice au un assez grand nombre front, dents sciées. (Ph. H. Martin.) de Mahométans, mais qui ne pratiquent que très superficiellement leur religion. Enfin des missionnaires français, protestants et catholiques installés au Cameroun, prennent peu à peu par leur activité et leur dévouement une grande influence sur la population dont ils adoucissent les mœurs et organisent l’existence
- Fig. 3. — Une famille chrétienne à Fumban. (Ph. II. Martin.)
- les chefs. Pour les affaires qui devaient être jugées par le roi, des assesseurs les étudiaient et les lui présentaient. Le vol constituait un très gros délit. Mentir entraînait la mort, ainsi que l’émigration, et l’adultère. Les femmes et les filles du roi avaient le droit de tuer leurs esclaves, un père de tuer son enfant.
- Ce n’était pas un crime de tuer un étranger.
- Couper des arbres entraînait une amende.
- En cas de suicide, le village du suicidé payait une amende et donnait un captif au roi.
- Un des points les plus pittoresques de l’espèce de constitution qui réglait les rapports sociaux au Bamoun a trait à la durée du pouvoir des rois ou sultans.
- Ceux-ci n’avaient pas le droit de vivre trop longtemps. Si leur vie se prolongeait au point de voir leurs petits-enfants, il était admis qu’ils devaient être mis à mort. Pour éviter des discussions sur le moment où il convenait d’appliquer cette sorte de loi, on érigeait, en un point du territoire, une statue de sel représentant le monarque. Lorsque les pluies l’avaient fondue, l’heure du sacrifice sonnait.
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- Fig. 5. — Un type Bamoun.
- (Ph. de l’Agence des Territoires africains sous mandat.)
- sur des bases sociales et hygiéniques excellentes. On peut estimer que, pour tout le Bamoun, l’action civilisatrice des missions s’étend sur 1/3 de la population totale.
- En particulier à Fumban, capitale du Bamoun, la mission protestante française groupe 3000 convertis, et autant de catéchumènes et enfants à qui on apprend la langue indigène écrite et le français. L’expansion de l’œuvre s’opère au moyen de catéchistes indigènes qui passent 3 ans dans une école biblique et sont capables de professer, avec l’enseignement religieux, celui de la
- Fig. 6. — Femme Bamoun. Anneau dans le nez, tampons aux oreilles. (Ph. de l’Agence des Territoires africains sous mandat.)
- langue maternelle et les éléments de la langue française. H Fumban est également le siège d’une préfecture apostolique de la mission des prêtres du Sacré-Cœur. Mais les trois Pères qui y évangélisaient ont dû regagner la France pour refaire leur santé, et en attendant des jours meilleurs, la mission est dirigée par un catéchiste.
- L’action bienfaisante des missions se manifeste de façon éclatante dans le soulagement et la guérison des terribles maladies qui rongent les populations : syphilis, lèpre, éléphantiasis, et, par répercussion, dans le repeuplement du pays. Alors que dans les familles indigènes où régne la polygamie, le nombre des enfants est insignifiant, chez les chrétiens monogames on en voit un grand nombre comme le précise notre figure 3.
- En revanche, il existe un chef Bamoun, qui, possédant un harem de 30 femmes, n’a pas un seul rejeton. Un polygame pouvait, d’ailleurs, vendre ses femmes dès qu’elles cessaient de lui plaire.
- Notre action médicale dans le Cameroun tout entier mérite d’ailleurs et nous vaut les plus magnifiques éloges.
- On sait quels ravages y faisait la maladie du sommeil. Ce qu’on ne sait pas assez, et sur quoi il faut appeler énergiquement l’attention de nos concitoyens, ce sont les résultats atteints par la mission que dirige le Dr Jamot.
- La mission spéciale de la lutte contre la maladie du sommeil a pris comme tâche (') :
- 1° De découvrir le malade, par visite individuelle, dans les villages, de tous les indigènes d’une région. Y travaillent 8 équipes de prospection, chacune sous les ordres d’un médecin européen. Résultats : en 2 ans 706 000 indigènes sur 799000 recensés ont été examinés; 115 000 malades ont été révélés, l’aire de la maladie a été déterminée;
- 2° De soigner le malade à domicile. C’est à quoi s’occupent activement 16 équipes de traitement, chacune sous les ordres d’un agent sanitaire européen, procédant par injections (6 à chaque malade) d’atoxyl ou de trypano-samide. Chacun des 115 000 malades a reçu ce traitement ;
- 3° De protéger, par la création de villages de ségrégation, les régions de faible endémicité;
- 4° De protéger les zones saines par l’établissement de réseaux sanitaires.
- Les résultats déjà obtenus sont concluants. Le dévouement et le zèle des membres de la mission, la confiance absolue des indigènes, les moyens financiers largement dispensés, autorisent l’espoir de voir disparaître bientôt du Cameroun l’horrible fléau (2).
- Une mission américaine, envoyée en 1929 pour étudier sur place les ravages de la maladie du sommeil, a apprécié comme il suit les efforts du Dr Jamot, de sa mission et leurs résultats :
- « Nos entretiens avec le Dr Jamot et ses collaborateurs, l’étude de leur œuvre, le spectacle de leur courage et de leur dévouement à leur tâche humanitaire, nous ont montré leur bravoure dans l’exécution d’un noble service.
- « De tels hommes font honneur à la France. Ils réalisent héroïquement l’idéal que leur proposait le Ministre
- 1. Renseignement de l’Agence des territoires africains sous mandat
- 2. Lire à ce sujet deux excellents articles de VIllustration.
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- des Colonies à l’occasion de l’inauguration de l’Académie des Sciences coloniales ».
- M. Brieux, dans un des articles de l’Illustration, décerne au DT Jamot le beau titre de « Lyautey médical du Cameroun ».
- RÉGIME SOCIAL AU BAMOUN
- Les Bamouns ont le culte de la famille. Tous les parents, jusqu’à un degré très éloigné, les esclaves, les protégés, les serviteurs libres, en font partie et ont droit à l’hospitalité du foyer.
- Le chef de famille a autorité sur tous, et tout lui appartient en propre. Le père avait autrefois le droit de vie ou de mort sur ses enfants.
- Les relations d’amitié ont une grande importance au Bamoun. On est ami après échanges de cérémonies et de réceptions somptueuses.
- Lorsqu’un décès se produit, le corps est lavé et l’eau de ce lavage est gardée reli-
- Fig. 7. — En haut : Un chef Bamoun et son harem. (Ph. de l’Agence des Territoires africains sous mandat.)
- Fig. 8. — En bas : Fumban. Capitale clu Bamoun. (Sur la hauteur le palais du sultan N’jorja.) (Ph. de l’Agence des Territoires africains sous mandat.
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- gieusement pour diverses cérémonies. Elle passe pour avoir la propriété de donner beaucoup d’enfants à qui en est arrosé !
- Les funérailles ont lieu devant tous les parents. Les tombes sont bien entretenues.
- Autrefois quand une femme mourait après avoir accouché, on plaçait l’enfant sur sa tombe et on l’y laissait périr.
- Une femme qui perdait son mari était toujours soupçonnée d’avoir contribué à sa mort. Elle était interrogée à ce sujet et souvent frappée. Pendant le deuil qui durait 2 ans, le corps du défunt était enduit de boue ou de chaux. La veuve ne pouvait se laver. Si elle ne devenait pas la femme du successeur, elle tombait dans le domaine public.
- Les habitations au Bamoun sont des cases carrées en
- nervures de palmier, ou de raphia placées en diagonales et recouvertes de pisé. On y trouve toujours un plafond. Le toit est également fait de nervures de palmiers recouvertes d’herbé très comprimées. Ces maisons se bâtissent avec une très grande rapidité. Un incendie ayant détruit récemment une très grande partie du bâtiment où se donnent les soins médicaux à Fumban, la reconstruction de l’édifice, entreprise sous la direction du chef de la mission protestante M. Martin, s’opéra en moins de 24 heures.
- N’joya, le sultan, s’est fait construire en 1917 un palais en briques cuites, recouvertes d’une couche de résine dans laquelle on a tracé des dessins. Ce palais est une imposante masse que décore une façade à colonnes assez élégante.
- Fumban, la capitale, était protégée des invasions de la cavalerie Foulbé par un mur circulaire, percé de trous pour permettre de lancer des flèches contre les assail-
- lants. Ceux-ci étaient, en outre, tenus à distance par trois larges fossés, dans le fond desquels étaient creusés des trous garnis de pieux pointus. Des souterrains aboutissant à de lointaines issues secrètes permettaient aux chefs de s’échapper en cas d’envahissement de la cité par les ennemis. Il ne reste plus grand’chose de tout ce système de fortifications assez semblable, en somme, à celles des cités du Niger. La ville est divisée en 8 quartiers, chacun sous l’autorité de sous-chefs.
- Le sentiment de la mutualité existe à un haut degré dans la population Bamoun, mais se pratique sous une forme assez particulière. Des sociétés spéciales reçoivent les souscriptions des mutualistes. Un chef est choisi pour administrer le fonds commun. Il recueille l’argent à date fixe et l’emploie comme bon lui semble, principalement pour ses besoins personnels, mais dans ce cas il doit toujours le restituer par la suite. Le rôle de chef de la Mutuelle est, on le comprend, fort recherché, et chacun aspire à le remplir.
- Il existe au Bamoun beaucoup de sociétés secrètes dont le sultan se sert pour affirmer son autorité vis-à-vis de ses sujets.
- L’indigène mâle était autrefois avant tout un guerrier prêt à tout quitter à l’appel de la cloche de guerre. En temps de paix, d’ailleurs bien rare, il visitait ses amis et faisant un peu de commerce.
- Les temps héroïques étant abolis, il s’est mis à exercer divers métiers de tradition dans la contrée et dans lesquels il se montre fort adroit et même doué de l’esprit artistique. On trouve maintenant à Fumban et aux environs des cordonniers, perliers, brodeurs, forgerons, fondeurs, tisserands, et aussi encore des sorciers-médecins.
- La sculpture sur bois, sur ivoire, le dessin sur étoffe sont pratiqués avec succès.
- Les Haoussas ont introduit le travail du cuir, de la broderie. Tous les métiers sont exercés à peu près uniquement dans la famille oùles secrets de fabrication se transmettent de père en fils.
- La femme Bamoun avait pour devoir, considéré comme un honneur, de préparer la nourriture du mari. Elle est seule chargée des plantations et cultures, extrait l’huile de l’arachide, écrase le maïs et le mil, va chercher le bois pour le chauffage et la cuisine. Quelquefois elle confectionne des objets en terre cuite qu’elle vend au marché.
- La nourriture se compose de patates, épis de maïs grillés, manioc, légumes divers. La viande figure quelquefois le soir au repas de famille.
- La coutume veut qu’on ne travaille pas la terre quand il a plu la nuit précédente.
- Les usages de la politesse sont fort répandus. C’est ainsi qu’on se salue,entre égaux,le matin par les mots «Es-tu bien réveillé? » On ne remercie que les inférieurs. S’il s’agit d’un supérieur, on l’acclame en claquant les mains.
- Fig. 9. — Une fêle à Fumban. (Ph. de l’Agence des Territoires africains sous mandat.)
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- LA SITUATION ÉCONOMIQUE DU CAMEROUN
- En ce qui concerne le Bamoun et sa capitale Fumban, le mandat français s’exerce par l’intermédiaire et sous l’autorité d’un administrateur colonial assisté d’un commis aux affaires civiles. Une milice de 1500 indigènes suffit à maintenir un ordre parfait dans une population qui apprécie assurément la sécurité et la paix, avec la prospérité qui en découle, mais qui, si elle était de nouveau livrée à elle même, ne manquerait pas de retomber dans les guerres intestines d’autrefois et la ruine qui en est la conséquence.
- La France suit au Cameroun une politique très large et très prudente. On y trouve deux réseaux ferrés. L’un, le Chemin de fer du Nord, offre 150 km de voie et a pour terminus la ville de Nkonsamba. Une route automobilisable de 210 km environ relie Nkonsamba à Fumban. Le Chemin de fer du Centre (350 km environ) arrive maintenant jusqu’à Yaoundé, capitale administrative du Cameroun; c’est là que réside le gouverneur, M. Marchand.
- La voie ferrée du centre a été fort endommagée pendant la guerre. L’administration française a dû refaire tous les ouvrages d’art, ponts, viaducs, etc., que les Allemands avaient fait sauter en se retirant sous la poussée des armées alliées pendant la grande guerre. Ce travail fut terminé en 1927. Les camions automobiles circulent actuellement sur 4500 km de routes définitives ou saisonnières. Un réseau de 5 postes émetteurs radiotélé-graphiques assure d.es communications rapides entre les centres principaux du territoire.
- Des sommes représentant 20 pour 100 du budget sont consacrées à l’assistance médicale considérée à juste titre comme une des plus utiles manifestations de la civilisation. Sur tous les points du pays et au Bamoun en particulier, l’Administration s’applique à faire revivre l’artisanat reconstitué en véritable corporation. Des apprentis sont appelés, de vieux métiers oubliés sont remis en activité.
- En 1924 on a vu à Fumban un grand nombre d’artisans s’installer le long d’une rue nouvelle. En 1925, une école de broderie et en 1927 une école d’artisanat y ont été créées, un musée indigène installé.
- On s’efforce de laisser à l’art et à l’ingéniosité indigènes toute leur originalité et leur cachet local, en évitant des copies serviles.
- Le goût naturel vers un art assez évolué, se manifeste par des dessins naïfs, mais très expressifs, par les stylisations d’animaux, de plantes, les ornements des batiks, où dominent les motifs strictement géométriques, les reproductions de la tête et du corps humain. La tête humaine notamment est très souvent reproduite par les potiers. La fibre des bananiers est utilisée pour la fabrication des tapis. Les costumes d’hommes sont recouverts de somptueuses broderies.
- Le mouvement commercial du Cameroun se développe très favorablement. Les principales industries qu’on y trouve se comptent par 5 banques, 12 compagnies de navigation dont 5 étrangères, 32 maisons d’importation et d’exportation dont 13 étrangères, 25 maisons principales de commerce local, 41 entreprises d’exploitations et
- Fig. 10. — Atelier et magasin de sculpteurs sur bois à Fumban (Ph. de l’Agence des Territoires africains sous mandat.)
- de cultures forestières, 29 entreprises agricoles, 7 entreprises de travaux publics, 6 hôtels restaurants, 23 entreprises diverses.
- Au point de vue du commerce extérieur, c’est l’exploitation des forêts, donnant des hois recherchés par l’ébénisterie, qui fournit l’aliment principal de l’exportation.
- Du 1er janvier au 31 août 1929 l’exportation des bois atteignit pour l’Europe 35153 tonnes, pour l’Afrique 1658 tonnes, pour l’Amérique 419 tonnes ; au total 37 230 tonnes. Ces bois sont expédiés du port de Duala.
- La France a le droit de dire qu’elle a su remplir à son honneur et dans un sentiment de véritable humanité, à l’égard des indigènes le mandat qui lui a été confié. Sous sa direction, le ‘Cameroun évolue, sans précipitation, mais sûrement et sans heurts; l’activité européenne s’y développe parallèlement au bien-être et au progrès de l’indigène.
- C* Sauvaire-Jourdan.
- Fig. 11. — Reconstruction en 24 heures de la maison de coopération incendiée. (Ph. H. Martin.)
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- 31é = LES PROJECTIONS SUR ÉCRAN DES IMAGES TÉLÉVISUELLES
- Il y a plus de vingt ans, le regretté Ernest Ruhmer, physicien et inventeur de mérite, me faisait, à Berlin, une intéressante expérience : devant moi, il disposait un tableau divisé en 16 petits carrés derrière chacun descpiels se trouvait une lampe incandescente reliée à une cellule à sélénium sensible à la lumière. Ces cellules étaient installées dans une autre salle, à l’arrière d’un
- Fig. 1.
- L’écran de télévision Baird, composé de 2100 petites lampes à filament métallique, dont chacune correspond à un élément d’image télévisuel.
- autre tableau analogue à lampes incandescentes. Chaque fois qu’une de ces lampes était mise en circuit, la cellide à sélénium, frappée par sa lumière, donnait passage au courant électrique et la lampe correspondante s’illuminait instantanément au premier tableau. On pouvait ainsi reproduire, à distance, de simples dessins, combinaisons de carrés éclairés; c’était une sorte de télévision rudimentaire, à 16 éléments. Mais cette première expérience réalisait déjà des projections sur écran, pour un public nombreux.
- Lorsque, ces dernières années, la télévision proprement dite prit naissance, ce ne furent, d’abord, que des trans-
- missions destinées à un spectateur unique ou, tout au plus, à une demi-douzaine de spectateurs simultanés. Il est vrai qu’on faisait, alors aussi, des tentatives pour faire assister un public plus nombreux aux projections de télévision. C’est ainsi que j’eus, en décembre 1928, l’occasion d’assister, à Londres, dans les laboratoires Baird, aux projections agrandies d’images télévisuelles, apparaissant, comme des images de cinéma, sur un écran de grandes dimensions. On me fit voir les visages de personnes qui se tenaient, à ce moment, devant F « œil électrique » du transmetteur télévisuel et qui, en même temps, en grandeur naturelle ou même agrandies, étaient visibles sur l’écran. Ces images étaient forcément plus grossières que celles, plus petites, destinées à l’observation individuelle.
- Neuf mois plus tard, à l’Exposition berlinoise de T. S. F., le Professeur Karolus fit, à son tour, des projections agrandies de scs images télévisuelles, projections nettement inférieures aux petites images des téléviseurs individuels (contemplées à travers une lentille légèrement agrandissante).
- D’autre part, à Schenectady, siège de la General Electric américaine, le Dr E. F. W. Alexanderson a, ces semaines dernières, fait des démonstrations analogues, au cours desquelles le poste récepteur comportait, comme organe photo-électrique, une cellule Kerr, d’après le procédé Karolus, et, pour reconstituer les images, un disque de Nipkow à lentilles de projection (au lieu des trous carrés usuels).
- D’autre part, John L. Baird, l’inventeur anglais, reprenant ses expériences anciennes, vient de réaliser des projections télévisuelles fort intéressantes. Le système tout nouveau dont il se sert rappelle, dans une certaine mesure, l’expérience de Ruhmer ; mais ce qui, alors, n’était que démonstration de possibilités éventuelles, mais lointaines, est, à présent, fait accompli.
- Baird se sert, au lieu de lampes à néon ou de cellules de Kerr, de petites lampes ordinaires à fdament métallique, disposées, ensuite serrées les unes à côté et au-dessus des autres, et dont l’ensemble constitue un écran de projection divisé en petits carreaux. Ces lampes, s’éclairant rapidement les unes après les autres, donnent une image d’une luminosité comparable à celle d’une image de cinéma.
- L’écran de réception se compose de 210 lampes minuscules à filament métallique (correspondant au nombre d’éléments des transmissions télévisuelles anglaises) ; chacune de ces lampes est disposée dans un petit carreau, en sorte que l’écran se présente comme un grand rayon de miel à 2100 alvéoles. Afin d’adoucir les contrastes, on a placé devant cet écran une plaque de verre dépoli.
- Chacune de ces petites lampes est reliée à une barre de contact spéciale; toutes ces barres font partie d’un commutateur géant mettant en circuit, à un moment donné,
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- une lampe seulement, et comme ce commutateur est animé d’un mouvement de rotation rapide, toutes les 2100 lampes sont, tous les 1/12 de seconde, mises en circuit une fois.
- Le signal télévisuel arrivant au poste récepteur, est • amplifié, puis amené au commutateur tournant, lequel l’applique, l’une après l’autre, à chacune des 2100 petites lampes. Aux endroits lumineux de l’image, le courant est intense; aux endroits sombres, il est faible;*aussi les lampes rendent-elles une lumière d’intensité correspondante.
- C’est cette mosaïque de lampes claires et sombres qui constitue l’image télévisuelle et dont la plaque de verre dépoli adoucit les contrastes.
- Cette méthode donne des effets nouveaux : tandis que dans les autres procédés de télévision, c’est un point lumineux qui instantanément apparaît et disparaît, mais dont l’œil, grâce à son inertie, retient, pendant quelque temps, l’image, ici chacune des lampes à incandescence exige, pour s’allumer et pour s’éteindre, un certain temps, assez court à la vérité. Comme, par conséquent, des lampes assez nombreuses brillent toujours en même temps, l’image ainsi produite a une luminosité supérieure, en même temps que ses vacillations se trouvent éliminées.
- Fig. 3. —Au studio de télévision Baird, pendant les démonstrations de la nouvelle méthode de télévision au Coliseum de Londres, devant l'œil électrique : le boxeur anglais Wells.
- Fig. 2. — Le commutateur tournant qui en l/12e de seconde met en circuit, l'une après l’autre, les 2100 lampes à filament métallique dont chacune correspond à un élément d’image télévisuel.
- Ce procédé est destiné aux représentations de cinéma; tandis que, pour les radio-diffusions télévisuelles, le nombre d’éléments est étroitement limité, ce nouveau mode de reproduction ne comporte pas de restrictions : on n’aurait qu’à créer des studios centraux reliés par câble aux différents cinémas et qui, par conséquent, donneraient des images d’une grandeur et d’une richesse de détails quelconques. On pourra également, à partir de ces studios, diffuser les films — muets ou sonores —, car la possibilité des télé-cinémas sonores a, il y a déjà près d’un an, été prouvée par les expériences de Baird.
- Dr Alfreb Gradenwitz.
- L’EXPÉDITION POLAIRE ANDRÉE
- Le 11 juillet 1897, le savant suédois Andrée partait de l’Ile des Danois au Spitzberg, avec deux compagnons Strindberg et Fraenkel, à bord d’un ballon sphérique de 4500 m3, dans l’intention d’atteindre le pôle Nord.
- Andrée envoya des messages par pigeons jusqu’au 13 juillet; sa position se trouvait alors par 82° de latitude Nord, 15° de longitude Est. Depuis lors, on n’eut jamais plus aucune nouvelle des hardis explorateurs.
- Le 6 août dernier, le Dr Horn, chef d’une expédition scientifique norvégienne au Spitzberg, retrouvait dans l’Ile Blanche au Nord-Est du Spitzberg, entre celui-ci et l’archipel François-Joseph, les corps très bien conservés d’Andrée et de Strindberg, les restes de leur camp, près de la côte, de nombreux objets d’équipement, des armes et des instruments.
- Le Dr Horn a recueilli, à bord de son navire, deuxtraî-
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- Pôle Nord
- i. Blanche
- SPITZBERG
- Fig. 1.
- Carie montrant la position de l’Ile des Danois d’où est parti Andrée et de Vite Blanche où on a retrouvé son corps et celui de Strindberg.
- neaux, un canot, un harpon, des ustensiles de cuisine, deux caisses d’instruments, un carnet et un journal tenu par Andrée.
- Les corps d’Andrée et de son compagnon ont été ramenés à bord du Braatvog, le navire de Dr Horn, à Tromsoe, en Norvège. Quelques jours après, on retrouvait le corps de Fraenkel, qui fut également ramené à Tromsoe. De grands honneurs y furent rendus aux dépouilles des explorateurs qui ensuite ont été ramenées solennellement en Suède par la canonnière Svenskund, qui, en 1897 avait transporté au Spitzberg l’expédition et son matériel.
- Le journal de l’expédition a été aisément déchiffré et a permis de reconstituer le drame.
- Le voyage en ballon (rappelons que celui-ci avait été construit en France par La chambre) dura du 11 au 14 juillet : les 12 et 13, la glace à demi fondue et le gel obligèrent l’aéronef à descendre; la nacelle glissait sur la glace : un incendie, rapidement éteint, éclata dans la nacelle le 13, à 19 heures. le 14, il fallut renoncer à voguer dans le ballon : on laissa échapper tout le gaz et l’atterrissage se fit au matin par 84° 32' de latitude Nord et 30° de longitude Est.
- Du 14 au 22 juillet, Andrée organise le voyage en traîneau : le départ eut lieu dans l’après-midi du 22, en direction de la région Nord de la terre François-Joseph, encore inexplorée : voyage lent, rendu très pénible par la surface accidentée de la calotte de glace à parcourir.
- L’expédition ne pouvait couvrir plus de quelques milles par jour au prix de grands efforts. Le 14 août, arrivée à 82° 17 de latitude Nord et 29° 43 de longitude Est, elle renonça à son projet de se frayer un chemin vers l’Est, et se dirigea vers le Sud-Ouest pour atteindre le dépôt préparé sur les Sept-Iles au nord du Spitzberg.
- Les provisions étaient insuffisantes et la principale ressource alimentaire résidait dans les ours que les explorateurs pouvaient abattre.
- La glace était souvent mauvaise, coupée de larges flaques d’eau où les voyageurs tombèrent à plusieurs reprises. Fraenkel et Strindberg souffrirent de diarrhée et de blessures aux pieds. A plusieurs reprises, les trois hommes chargèrent leur campement sur un bateau de toile et naviguèrent quelques heures entre les glaçons flottants.
- Malheureusement, la glace en dérive ayant changé son cours, écartait les naufragés de leur but. Entre le 12 et le 17 septembre, ils dérivaient de 66 milles à l’Est, en direction Sud-Est. Le froid devenait de plus en plus rigoureux; ils durent se préparer à hiverner sur la banquise.
- Le 28 septembre, ils s’installaient dans leur abri de glace; munis, grâce à la chasse, de provisions assez abondantes pour subsister jusqu’en avril.
- Malheureusement, le 2 octobre au matin la banquise se fendait, l’abri s’insulait, le campement et les approvisionnements partant à la dérive sur une fraction de la banquise. Ils entreprirent immédiatement des travaux de sauvetage. Et le journal d’Andrée se termine sur ces mots : « Avec de tels camarades, on pourrait trouver son salut, pour ainsi dire, dans n’importe quelle circonstance ».
- Les trois hommes ont déployé au cours de leur longue épreuve, un magnifique courage et ont lutté jusqu’au bout avec toutes les ressources de leur intelligence et de leur énergie.
- Fig. 2.
- L’expédition Andrée en 1897 à L’Ile des Danois. (Ph. Rap.) En rade la canonnière Svenskund.
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- Fig. A:. — L’expédition Andrée à bord du Svenskund en 1897. (Pli. Rap.) Fig. 5. — Les préparatifs dans Vile des Danois en 1897.
- Andrée est visible sur la passerelle (Ph. Rap.)
- ' :~= POISSONS GÉANTS =
- PÊCHÉS DANS LES EAUX DU NORD
- Grâce à l’obligeance du journal de Copenhague, le les photographies d’exemplaires gigantesques de poissons Berlingske Tidende, et du grand quotidien d’Oslo, Aften- communs, récemment capturés dans les eaux du Nord. posten, nous pouvons placer sous les yeux de nos lecteurs C’est d’abord une morue pêchée aux Faerôer, l’arehi-
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- pel formant pont avçc les Shetlands, entre l’Ecosse et la Norvège d’une part, et l’Islande de l’autre. Sa taille atteint presque celle d’un homme et son poids s’élève à 34 kg.
- Après avoir été préparé au Musée d’Histoire Naturelle de Copenhague, ce gade monstrueux a été envoyé à l’Exposition de Barcelone.
- Les Faeroyens estiment qu’il a constitué une excellente réclame pour leurs morues séchées et salées auprès des Espagnols, grands consommateurs de ces produits.
- dire qu’une pareille pièce n’a pas été prise à la ligne; pour s’en emparer, on a dû employer le harpon.
- Voici maintenant un autre géant provenant des eaux de Norvège, un saumon de 32,5 kg pê-
- Un petit poisson, toutefois, cette énorme morue en compa-
- raison d’un flétan capturé dans la partie nord de l’archipel norvégien de Lofoten.
- Son poids n’est pas inférieur à 164 kg et sa longueur dépasse notablement la taille d’un homme. Il va sans
- Fig. 1.
- En haut, à gauche : Morue géante pêchée aux Færoer. Fig. 2.
- En bas, à gauche : un Ftétan pêché aux Lofoten. Fig. 3.
- En haut, à droite : Thon de 330 kg pêché sur les côtes de l’île de Séeland en septembre 1929.
- Fig. 4.
- En bas, à droite : un Saumon pris près d'Oslo. '
- ché dans une rivière du fjord d’Oslo'.
- Pour terminer cette liste de captures de poissons de taille extraordinaire dans les pays du Nord, mentionnons en Danemark, celle d’un brochet de 25 kg dans un petit lac du Jutland, voisin d’Haderslev et celle de thons pesant 330 kg dans le Cattégat, un poids remarquable, étant donné la latitude à laquelle ccs poissons ont été rencontrés.
- Ch. R.
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- I. - SOLUTION DU PROBLÈME DE M. L’ABBÉ HUELLE11
- Nous en rappelons l’énoncé : cinq personnes sont numérotées
- I, 2, 3, 4, 5. Un mathématicien original voulant leur faire un cadeau leur donne un jeton à chacune. La première reçoit un jeton marqué 5, la 2e un jeton marqué 25, la 3e un marqué 125, etc.
- Il les met en présence de cinq objets qu’il veut leur offrir et qui sont marqués 1, 2, 3, 4, 5. Le donateur prie les personnes de multiplier le numéro de l’objet choisi par celui de leur jeton. Il additionne les produits obtenus qui donnent le nombre 9615; il prétend qu’il peut ainsi trouver quel objet chaque personne a choisi ? Est-ce vrai ?.
- Ont envoyé des solutions justes : MM. Bioch, à Mareuil près Abbeville; Rosch à Sidi-bel-Abbés ; Valaize à Argenteuil; Laffont à Rieumes; Deleuse à Cannes; Thiébaud à Porren-truy; Jourdan à Golat (Isère); Marguet à Besançon; Plubert Gros à Marigny; Louis Richard à Banoire; Pereal à Besançon; Pommier à Périgueux; Le Page à Constantine; Orsini à Cannes; Charles à Sainte-Marie-aux-Mines ; Davidson à Guernesey; Beausoleil à Guéret; de la Mahotière à Paris;
- J. C. Val à Sao-Paulo (Brésil); Cornet à Amiens; Curillon à Channy; Roeltgen à Genlis; René Culmann; Sudra à Tours; P. Cattaneo à Milan; Barolet à Yanves; A. Philippe à Constantine; J. Anhoury, à Sherbin (Egypte); Grésillon; Jean Barriol à Paris, Bleton à Paris, De Broyer à St-Gilles-lez-Bruxelles, Lods à Montrouge.
- Solution. — Ajipelons x, y, z, t, u les numéros des objets : nous pouvons poser l’équation :
- (1) 5x + 25y + 125z + 625t + 3125u = 9615.
- Divisons par 5.
- (2) x + 5y + 25z + 125t + 625u = 1923.
- Les 4 derniers termes de l’équation étant divisibles par 5, x est nécessairement le reste de la division de 1923 par 5, c’est-à-dire : 3, donc x = 3.
- Retranchons 3 de deux membres de l’équation (2), elle devient :
- (3) 5y + 25z + 125t + 625u = 1920.
- Divisons encore par 5 :
- (4) y + 5z + 25t + 125 = 384.
- Donc y = 4. En opérant toujours ainsi on trouve :
- z = 1 t — 5
- u = 2 C. Q. F. D.
- *
- * *
- Cette fois nous irons chercher notre récréation assez loin dans le temps, et dans l’espace. Nous nous transporterons
- 1. La Nature, n° 2838 du 1er août 1930.
- à Pise, au commencement du xme siècle, pendant qu’on construisait la cathédrale d’Amiens.
- Mêlons-nous à la suite brillante qui accompagne Frédéric II, empereur d’Allemagne, aussi roi de Sicile et qui vient à Pise, en 1225, assister à un tournoi. Il ne s’agit pas seulement de joutes guerrières, mais aussi de cours d’amour, d’assemblées littéraires ou scientifiques. L’empereur avait amené avec lui deux géomètres réputés : Jean de Salerno et Théodore qui devaient proposer à Léonard de .Pise de curieux problèmes. Nous retiendrons celui-ci, célèbre dans l’histoire des mathématiques au xme siècle (Q : « Trouver un nombre carré, qui diminué ou augmenté de 5, reste toujours un nombre carré. » Léonard de Pise trouva la réponse à cette question. Il adressa ses réponses à l’empereur et en envoya une copie au cardinal Raniero Capocci sous le titre de Flos super solutionibus quarumdam questionum ad numerum et ad geo-metriam pertinentium. » Je l’ai intitulé flos, dit-il dans sa Préface, parce que plusieurs de ces questions, quoique épineuses, sont exposées d’une manière fleurie et de même que les plantes ayant des racines en terre surgissent et montrent des fleurs, ainsi de ces questions on en déduit une foule d’autres. » Ils étaient poétiques, nos mathématiciens du xme siècle! C’est ce même Léonard qui dédia à Théodore « philosophe de l’empereur » un petit traité de mathématiques sous le titre curieux de « de De modo solvendi questiones avium et similium. Ce titre devait rappeler le désir exprimé par un ami qui voulait connaître le moyen de résoudre les questions sur les ciseaux, et autres semblables. Ces questions étaient dans le genre de celle-ci : « Quelqu’un achète des moineaux, des tourterelles et des colombes, en tout 30 oiseaux, pour 30 deniers; 3 moineaux coûtent un denier, de même 2 tourterelles, et 1 colombe coûte 2 deniers. Combien y avait-il d’oiseaux de chaque espèce ? »
- Ce Léonard de Pise qui s’occupait de questions en apparence puériles, né à Pise en 1180, plus connu sous le nom de Fibo-nacci (contraction de filius Bonacci) était un des mathématiciens les plus célèbres du xme siècle. M. Chasle a démontré que Léonard a pu dépasser de beaucoup Diophante et les Arabes et qu’il n’a été dépassé que par Fermât au xvne siècle. Ses principaux ouvrages Practica geometriae et le livre sur les carrés Liber Quadralorum ont été mis au jour par le prince Buocompagni, en 1857. Ces œuvres ont été splendidement imprimées en grand in-4° sur les meilleurs manuscrits.
- Nos lecteurs pourront se délasser de l’aridité du problème sur les carrés par celui plus facile et plus gracieux des oiseaux.
- Virgile Brandicourt,
- Prés, de la Soc. des Antiq. de Picardie.
- 1. Cf. Hœfer : Histoire des mathématiques, Hachette 1876.
- II. - HUBERT
- Dans La Nature du Ie1' août 1930, nous avons proposé le problème suivant.
- Dans les mots ci-dessous, chaque lettre occupe la place du chiffre d’un nombre. Substituer des chiffres aux lettres pour que l’addition suivante soit possible.
- BERTHU + ERTHUB = HUBERT (a)
- étant convenu qu’à chaque lettre correspond un chiffre différent.
- Voici les trois solutions possibles :
- 428.571 + 285.714 — 714.285 (1)
- 714.285 + 142.857 — 857.142 (2)
- 142.857 + 428.571 = 571.428 (3) .
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- On remarquera aisément que ces solutions dérivent des propriétés du nombre bien connu, 142.857, dont il a déjà été question dans La Nature.
- On sait que, multiplié successivement par .l, 2, 3, 4, 5, 6, ce nombre donne des produits dont les chiffres se suivent dans l’ordre même de ceux du nombre générateur, que nous appellerons N :
- N X 1 = 142.857 N x 2 = 285.714 N x 3 = 428.571 N X 4 — 571.428 N X 5 = 714.285 N X 6 = 857 142
- Par conséquent :
- L’addition (i) est : 3 N + 2 N = 5 N
- » (2) est : 5 N + N = 6 N
- )> (3) est : : N + 3 N = 4 N
- Nous eussions pu proposer :
- THUBER + UBERTH — HUBERT (b)
- Et nous avions alors comme solutions, en partant du même nombre générateur :
- 285.714 + 571.428 = 857.142 c’est-à-dire 2 N -f- 4 N = 6 N
- 571.428 -f- 142.857 — 714.285 -
- c’est-à-dire 4 N -f- N = 5 N
- 142.857 + 285.714 = 428.751 c’est-à-dire N + 2 N = 3 N
- A ces solutions s’ajoutent les suivantes, qui découlent du nombre générateur également connu : 76.923 (que nous appellerons M) :
- 230.769 + 76.923 = 307.692 ou 3 M + M = 4 M
- 76.923 + 692.307 = 769.230 ou M + 9 M = 10 M
- 692.307 + 230.769 = 923.076 ou 9 M + 3 M = 12 M
- Indiquons pour les chercheurs, qu’il existe beaucoup d’autres solutions de cette proposition (b). — Quelles sont-elles? Quel est leur nombre?
- RTHUBE + RTHUBE = HUBERT (c)
- Avec :
- 142.857 + 142.857 = 285.714 ou N + N = 2 N
- 285.714 + 285.714 = 571.428 ou 2 N | 2 N = 4 N
- 428.571 + 428.571 = 857.142 ou 3 N + 3 N = 6 N
- D’autres nombres jouissent également du curieux privilège de permettre des additions analogues.
- En attendant que nous les représentions et que nous mettions en relief leurs propriétés, demandons quelles sont les solutions à cette addition de cinq nombres alternés, chaque lettre occupant la place d’un chiffre (chiffres différents, ainsi qu’on le voit) :
- RTHUBE -f T H UB E R + R T H U B E + T H UB ER +RTHUBE
- = H U B E R T
- N. B. Ont envoyé des solutions exactes : M. J. P. Flad à Grenoble; M. Kerneis Michel à Clermont-Ferrand; M. Roelt-gen à Senlis; M. Huyghebaert à Anvers; M. Filippi à Cons-tantine ; M. Barolet à Yanves ; Mlle Feuilloley, à Yvetot.
- Ont trouvé une des solutions du problème : M. Cattanco à Milan; M. Bodard à Genève; M. Arnaud André à Marseille; M. Infernet à Carmaux; M. Le Guellec à Brest.
- Constant Hubert, de l’Académie Montaigne.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- POUR SE SERVIR DU COMPTEUR ÉLECTRIQUE COMME AMPÈREMÈTRE
- Les compteurs électriques (sur courant continu ou alternatif), étant en réalité des watts-heures-mètres, c’est-à-dire des volts-ampères-heures-mètres, appareils donnant comme lecture un produit des ampères consommés sous un voltage fixe pendant un temps variable, C’est-à-dire un produit de trois facteurs dont deux : volts et temps sont connus il est presque enfantin d’en calcul zr le troisième : les ampères.
- La lecture des cadrans du compteur ne pouvant être faite avec assez de précision il est préférable de totaliser le nombre de watts, heure à l’aide du disque intérieur du compteur; tous ces appareilc possèdent un petit regard vitré permettant à l’aide d’une bougie, ou plutôt d’une lampe de poche, de compter le nombre de tours, un petit repère noir ou rouge est inscrit sur le bord du disque à cet effet.
- Voyons maintenant la manière d’opérer pour mesurer l’intensité du courant qui passe par exemple dans un petit fer à repasser ou une forte lampe.
- Pour faciliter le calcul nous pouvons amener le facteur temps à être égal à l’unité, soit une heure, nous ne nous astreindrons pas à regarder le disque tourner 60 minutes, ce serait trop long, il suffit de compter avec une montre à secondes le temps nécessaire pour que le disque fasse un tour s’il va doucement, ou plusieurs s’il va vite, et d’en déduire le nombre de tours à l’heure, calcul excessivement simple,
- Ce nombre noté, lire sur la plaque du compteur le chiffre poinçonné après les mots : « Un tour du disque vaut ... wh (certains compteurs indiquent aussi « Const’ante » ou s’ils sont étrangers K = ...).
- Ce chiffre lu, multiplier le nombre de tours-heure par ce chiffre, le résultat donne donc le nombre de watts consommés à l’heure, mais comme le courant est fourni à un voltage fixe (ou presque), qui est également poinçonné sur la plaque du compteur, il suffit de diviser
- le nombre trouvé par ce voltage pour obtenir l’intensité du courant en ampères, qui passe dans l’appareil en essai.
- Il faut naturellement prendre soin qu'aucun autre appareil ou lampe ne soit branché ou allumée pendant l’essai, bien vérifier que, rien n’étant en circuit, le disque du compteur reste bien immobile, ce qui, par la même occasion, indiquera que l’installation n’a pas de pertes dues à un mauvais isolement (un petit transfo. de sonnerie tout en ne faisant pas démarrer le disque peut cependant fausser les lectures, il est préférable de le débrancher momentanément).
- Un exemple fera mieux comprendre la simplicité du calcul.
- Après vérification de l’immobilité du disque, rien n’étant en circuit, branchons notre appareil à mesurer sur une prise de courant et laissons tourner le compteur, après un tour « pour rien » nous notons à la montre le passage précis du repère devant la petite fenêtre; comptons les secondes et revoyons passer le repère à nouveau; pour plus de précision comptons les secondes pendant deux ou trois tours complets, nous constatons, par exemple, qu’il faut un peu plus de 7 secondes pour que le disque fasse un tour complet, soit 7 secondes 2 dixièmes. En une heure : 3600 secondes, il ferait donc : 3600 7,2 = 500 tours.
- Lisons la plaque, il est inscrit : « Un tour vaut 0,4 wh », donc multiplions nos 500 tours par 0,4, cela fait 200 w pendant l’unité de temps : une heure; nous avons consommé 200 w-h, sous une tension de 125 v (également inscrite sur la plaquette); divisons donc ces 200 w-h par 125, il reste 1,6 qui est l’intensité ou vulgairement « l’ampérage » du courant passant dans l’appareil à mesurer, chiffre cherché.
- D’autre part, si le courant est vendu 1,25 l’r le kw-h, c’est-à-dire 1000 w-h, le fonctionnement de notre appareil coûtera 1,25 fr multiplié par 200, divisé par 1000, soit le cinquième de 1,25 fr, ou 0,25 fr à l’heure.
- Il est évident que ce procédé ne permet de mesurer que des intensités ne dépassant pas celle indiquée au compteur.
- Communiqué par M. Paul Ferry, à Lunéville.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUILLET 1930, A PARIS
- Le mois de juillet 1930 a été frais, très pluvieux, peu ensoleillé avec pression barométrique déficitaire. La moyenne de la température, au Parc Saint-Maur, 17°,5, est de 0°,6 plus basse que la normale. Le mois a débuté par une période chaude au cours de laquelle a été noté le maximum absolu, 28°.3 ; puis à partir du 10 le temps s’est refroidi et s’est maintenu frais jusqu’au 31 inclus. Le minimum absolu, 8°,7 a été noté le 23. Par suite de la nébulosité élevée, moyenne 73 pour 100, le refroidissement nocturne a été moins accentué qu’il ne l’est d’ordinaire à cette époque de l’année. Aussi la moyenne des minima 13°,2 a été supérieure de 0°,7 à sa normale et par contre, la faible valeur de l’insolation a eu pour résultat de réduire réchauffement diurne d’où un déficit de 2°,0 sur la moyenne habituelle des maxima.
- Les pluies ont été exceptionnellement fréquentes, 22 jours de pluie appréciable, nombre qui n’avait encore été atteint que deux fois, en juillet, depuis 1874, ont donné 99 mm 8 d’eau, au Parc Saint-Maur, soit 79 pour 100 de plus que la moyenne; cette quantité n’avait jusqu’à présent été dépassée à pareille époque, que trois fois, depuis la fondation de cet Observatoire.
- La moyenne de l’humidité relative a été de 76,7 pour 100. On a compté six jours d’orage dans le mois; l’orage du 18 a donné de la grêle par places.
- Quelques brouillards matinaux, très localisés, ont été signalés entre le 2 et le 12.
- Les vents de la moitié Ouest ont soufflé presque tout le temps, avec une force supérieure à la moyenne, mais sans à-coups violents.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 186 heures 10 minutes de soleil, durée inférieure de 18 pour 100 à la moyenne.
- La hauteur barométrique moyenne, 760 mm 3, réduite au niveau de la mer, à l’Observatoire de Montsouris, présente un déficit de 2 mm 2. C’est la plus faible depuis 1910 pour le mois de juillet.
- MOIS DE JUILLET ANTÉRIEURS (»)
- La température moyenne normale de juillet est de 18°,3. Ce mois peut aller jusqu’à atteindre une température moyenne de 22°,0, mais il peut aussi en offrir une voisine de 15°,0.
- Les plus chauds depuis le début du xixe siècle, c’est-à-dire depuis que nous possédons des observations de température certaines, ont été les suivants : 1859, 22°,0; 1921, 21°,7; 1900, 21°,6; 1852, 21°,5; 1904, 21°, 1; 1911, 21°,0; 1868, 20°,6; 1874, 20°5,; 1870, 20°,4, et ceux les plus froids : 1919, 15°,2; 1795, 15°,5; 1816 et 1879, 15°,6; 1888 et 1909,15°,7; 1841 et 1860, 16°, 1; 1913, 16°,2; 1890, 1907 et 1910, 16°,3. En 1758 il fut aussi remarquablement froid et très pluvieux, il a plu tous les jours, sauf le 29.
- Parmi les anciennes observations, les mois de juillet des années 1757, 1759, 1762 et 1794 ont été probablement plus chauds que celui de 1904 et ceux de 1807 et de 1808, ont bien été aussi chauds que ceux de 1904 et 1911.
- En juillet, les séries froides et chaudes se sont succédé assez régulièrement. La courbe des variations de la température de juillet ressemble beaucoup à celle d’avril et les acci-
- 1. Voir aussi La Nature, n° 2791 du 15 août 1928 : « Les mois de juillet froids, les mois de juillet très chauds », p. 177 et 178.
- dents qui y sont constatés s’y reproduisent, mais avec un retard d’environ 7 ans sur avril (constatation de M. L. Besson).
- Les plus hautes températures constatées à l’ombre en juillet, dans la région parisienne, ont été les suivantes : 39°,9 à Fontenay-aux-Roses, en 1904; 39°,5 à Versailles, en 1900; 39°,4 à Achères, en 1904; 38°,6 à Montsouris, en 1900; 38°,4 au Parc Saint-Maur, en 1881 et en 1921 et à Montsouris, en 1874; 37°,7 au Parc Saint-Maur, en 1900 et 37°,6 en 1874; 37°,5 à l’Observatoire de Paris, en 1757; 36°,9 au Parc Saint-Maur, en 1904, puis 36°,8, 36°,3, 36°,2 et 36°,0 à l’Observatoire de Paris en 1803, 1825, 1808 et 1846. C’est en juillet que l’on a observé, jusqu’à présent, les températures les plus élevées que l’on connaisse dans notre région.
- Les plus basses températures notées en juillet ont été : 4°,2 en 1795; 5°,6 en 1907; 5°,9 en 1886; 6°,0 en 1875 et 1929; 6°,2 en 1809, 1877 et 1911; 6°,3 en 1883 et 1919; 6°,5 en 1888 et 1906; 6°,6 en 1913. En 1809 et en 1856, lorsqu’on observa à l’Observatoire de Paris même, 6°,0 et 5°,7, la température à la campagne environnante ne devait certainement pas dépasser 3° à 4° avec gelée blanche.
- Les mois de juillet les plus pluvieux ont été ceux de : 1829, 127 mm 6; 1920, 119 mm 5; 1927, 116 mm 8; 1847, 113 mm 7; 1861, 108 mm 0; 1890, 107 mm 5; 1854, 104 mm 4; 1841, 98 mm 5 ; et les plus secs : 1825, 1 mm 7 ; 1832, 1 mm 8; 1921, 4 mm 4; 1814, 9 mm 6; 1864, 10 mm 3.
- Juillet, en 1883 et en 1888, donna 22 jours de pluie; en 1879, 21 et en 1914, 19; en 1921 et en 1928 il n’en donna que 3 et en 1885, 2 seulement.
- Plus fortes chutes d’eau observées dans la région, en juillet : en 1897, le 1er, à Achères, M. E. Raymond recueillit, en moins de 3 heures, 50 mm 0; en 1901, le 13, à Saint-Denis, 92 mm 0, en moins de 1 h 30 (orage) ; en 1925, le 24, à l’hôpital Laennec, 53 mm 2 et 48 mm 4 à l’0. N. M.; en 1926, le 3, à Montesson, 84 mm 0 en 1 h 15 (orage) et 63 mm 1 à Nanterre; le 4, à Montreuil-sous-Bois, 140 mm entre 17 h et 20 h 30 (2 orages successifs); en 1927, le 11, à la Villette, 83 mm 2 (2 orages dans la soirée) et 65 mm 5 à Aubervilliers. Les 140 mm de pluie tombés en 1926, à Montreuil, dans un intervalle de temps de 3 h 30, représentent la chute la plus forte qui ait jamais été observée dans la région parisienne en 24 heures; M. J. Jaubert avait déjà mentionné précédemment une chute de 103 mm 5 en moins de 24 heures, les 25-26 juillet 1847 à Versailles.
- En 1880 et en 1893, juillet offrit 10 jours d’orage, en 1882, 1894 et 1912, 9 jours; en 1898, il n’y en eut aucun. A signaler le violent orage de grêle, du 26 juillet 1896, dans l’après-midi, à Paris.
- Mois de juillet très clairs : 1911, nébulosité moyenne 21 pour 100; 1885, 31 pour 100; 1904, 34 pour 100; 1900, 36 pour 100; 1876 et 1928, 37 pour 100; 1921, 38 pour 100; mois très couverts : 1910, 75 pour 100; 1888, 74 pour 100; 1879 et 1927, 73 pour 100; 1883, 1909 et 1919, 72 pour 100. En 1919 on constata en juillet, 6 jours de brouillard.
- Les moyennes les plus faibles de l’humidité relative de l’air en juillet, ont été celles de : 59 pour 100 en 1921; 63,5 pour 100 en 1904; 64 pour 100 en 1900 ; 64,5 pour 100 en 1881 ; 65 pour 100 en 1911; celles les plus fortes : 84 pour 100 en 1879; 81,4 pour 100 en 1909; 80,4 pour 100 en 1910; 80 pour 100 en 1888 et 1913.
- Em. Roger,
- Membre de la Société Météorologique.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1930 (')
- A noter surtout ce mois-ci plusieurs occultations d’étoiles par la Lune, dont deux importantes, le 1er et le 6 novembre; de très nombreux phénomènes du système des satellites de Jupiter; les chutes des étoiles filantes Léonides, le 14 novembre et Andromédides le 27 novembre ; un certain nombre de minima de l’étoile variable Algol, etc.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en novembre, devient très fortement australe, puisque, de — 14°18' le lL'r, elle descend à — 21°35' le 30. La durée des jours diminue encore et de 9h52m au début du mois elle tombe à 8h34m le 30. Le Soleil passant au méridien de 20 à 25 minutes avant midi, il en résulte que la matinée est plus longue que l’après-midi. Il fait jour à 7h du matin et nuit à 17h (5h du soir).
- La connaissance du temps moyen à midi vrai est particulièrement utile lorsque l’on veut tracer une méridienne exacte, par exemple pour placer un cadran solaire. Voici ce temps moyen à midi vrai pour novembre :
- Dates Heure du passage
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, vers minuit, du 16 au 22, dans le Taureau, au Sud des Pléiades.
- IL Lune. — Pendant le mois de novembre, les phases de la Lune se produiront comme suit :
- P. L. le 6, à 10h 28 m D. Q. le 13, à 12h 27 m
- N. L. le 20, à 10h 21 m P. Q. le 28, à 6l1 18 m
- Novembre 1er llh 34“ 20s
- — 3 11 34 17
- 5 11 34 18
- — 7 11 34 23
- 9 11 34 30
- —. 11 11 34 41
- — 13 11 34 56
- — 15 11 35 13
- — 17 11 35 35
- — 19 11 36 0
- — 21 11 36 28
- — 23 11 36 59
- — 25 11 37 33
- — 27 11 38 11
- — 29 11 38 51
- Fig. 1. — Occultation de 4, Verseau le 1er Novembre 1930.
- Deux occultations importantes Observations physiques. — pendant le mois
- Si l’on veut orienter les dessins et photographies — ce qui est indispensable pour effectuer des mesures utiles — on s’aidera des données ci-après (voir pour la définition des quantités représentées par les lettres P, B0, L0, le « Bulletin astronomique » du N° 2828, du 1er mars 1930).
- Dates
- P.
- B0
- L0
- Novembre 2 + 24°55 + 4055 74°63
- — 7 + 23°60 .+ 3°72 8°70
- — 12 + 22°45 + 3°16 302°78
- 17 + 21°11 + 2°58 236°87
- — 22 + ç© 0 C CO 4- 1°97 170°96
- — 27 + 17°88 + 1°35 105°06
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible, le matin, avant l’arrivée de l’aurore, s’étendant dans le zodiaque. La période la plus favorable sera celle de la nouvelle Lune, du 17 novembre au 30.
- Age de la Lune le 1er novembre, à 24h (minuit) — 101,1; le 21 novembre, à 24h = 0-i,6. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date de mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 21, Et pour une heure déterminée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 10 = + 28°19'; le 23 = — 28°16'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 15 novembre, à 7h. Parallaxe = 59' 20''. Distance = 369 570 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 27 novembre, à 23h. Parallaxe = 54' 14". Distance = 404 320 km.
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 1er novembre, occultation de <k, Verseau (gr. 4,5), de 17h49m à 19h3 11 (voir fîg. 1).
- La Lune sera à la phase intermédiaire entre le premier quartier et la pleine Lune.
- La disparition se produira derrière le côté obscur et la réapparition aura lieu derrière le limbe éclairé.
- Le2,occuItationde27 Poissons (gr. 5,1) : Immersion à 17h29m. Le 2, occultation de 29 Poissons (gr. 5,1) : Immersion à 19h51m.
- Le 6, occultation de 6 Bélier (gr. 4,5), de 21h48m à 23h3m. Cette occultation aura lieu 11 heures environ après la pleine Lune.
- Il est possible que la sortie ait lieu derrière le limbe déjà très assombri de la Lune (voir fig. 2).
- Le 9, occultation de 415 B. Taureau (gr. 6,1) : Emersion à 20h9m.
- Nous recommandons tout particulièrement l’observation des occultations du 1er et du 6 novembre.
- Marées-, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 6 et de la nouvelle Lune du 20 novembre.
- Elles seront peu importantes, le coefficient maximum ne dépassant pas 94 centièmes. Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci en raison de la faible amplitude des marées.
- Fig. 2. — Occultation de ô Bélier te 6 Novembre 1930.
- d’étoiles par la Lune visibles de Novembre.
- 1. Suivant l’habitude que nous avons prise, toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit). Le temps universel, en France, se confond avec le temps égal, qui n’est autre que celui du méridien de Greenwich.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, qui est établi, comme chaque mois, au moyen des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1930, renferme tous les renseignements utiles pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de novembre.
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- ASTRE Dates : Novembre Lever à Paris Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 6 h 44m llh34m18s 16ll24m 14h40m — 15°33' 32 21 '4 Balance
- Soleil . . . 15 7 0 11 35 13 16 10 15 20 — 18 23 32 24 0 Balance ))
- 25 7 15 11 37 33 15 59 16 2 — 20 40 32 28 8 Scorpion
- 5 6 37 11 31 16 24 14 33 — 14 38 4 6 a Balance
- Mercure. . 15 7 30 11 55 16 19 15 36 — 20 6 46 Balance ^Inobservable, en conjonc-
- 25 8 19 12 20 16 22 16 41 — 23 54 4 8 a Scorpion k tion avec le Soleil le 7
- 5 9 30 13 12 16 53 16 17 — 27 1 54 0 a Scorpion
- Vénus . . . 15 8 25 12 19 16 13 16 3 — 24 54 60 4 a Scorpion inobservable en conjonc-
- 25 7 3 11 17 15 32 15 43 — 21 47 63 0 |3 Scorpion tion avec le Soleil le 22
- V 5 21 53 5 35 13 17 8 39 + 20 8 8 4 0 Cancer
- Mars.... 15 21 33 5 11 12 49 8 54 + 19 27 9 0 Cancer , Seconde partie de la nuit
- f 25 21 9 4 44 12 19 9 7 + 18 56 9 6 Cancer
- Jupiter . . 15 19 53 3 45 11 38 7 28 + 21 56 40 0 x Gémeaux Presque toute la nuit.
- Saturne . . 15 10 43 14 52 19 1 18 37 — 22 45 1 40 X Sagittaire Dès l’arrivée de la nuit
- Uranus. . . 15 14 38 20 59 3 20 0 45 —|— 4 6 3 6 189 P. Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune. . 15 23 57 6 47 13 36 10 31 + 10 5 2 4 o Lion V Seconde partie de la nuit
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 7 novembre, à 3 heures. Il sera inobservable pendant tout le mois.
- Vénus se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 22 novembre, à 18“. Comme Mercure, cette planète sera inobservable ce mois-ci.
- Mars se lève à présent plus de deux heures avant minuit et son diamètre devient important, accessible aux instruments moyens. Il est bien placé pour les observations, fort élevé en déclinaison.
- Voici comment se présente cette planète par rapport à la Terre :
- Dates 1930 Angle de position de l’axe de Mars Latitude du centre Dia- mètre Phase Angle de position de la phase Eclat stellaire.
- Nov. 2 354o + 14°6 8"1 0,9 284° + 0,6
- — 12 357° .15,6 8, 7 0,9 285° + 0,4
- — 22 359° 16,3 9, 4 0,9 286° + 0,2
- Il est important de connaître le point de la surface dirigé vers la Terre. Le Tableau ci-dessous donne, en temps légal, et de deux jours en deux jours, les dates des passages du méridien 0 (zéro) de Mars par le centre du disque. Ce méridien zéro correspond à la Baie Fourchue du Méridien, ou Sinus Sabæus.
- Dates Heure du passage Dates Heure du passage
- Novembre 2 14h46m Novembre 18 0h 29m
- — 4 16 4 — 20 1 46
- — 6 17 22 — 22 3 3
- — 8 18 40 •— 24 4 21
- — 10 19 58 — 26 5 37
- — 12 21 15 — 28 6 54
- 1 1 22 33 23 50 — 30 8 11
- Mars tourne sur son axe en 24“ 37m 22s, 65. En 1 minute, il tourne de 0°,24; en 1 heure de 14°,62 et en 24 heures de 350o,89.
- Il sera facile, au moyen du tableau précédent et d’un excellent planisphère, comme celui donné par M. Antoniadi dans son bel ouvrage La Planète Mars (reproduit dans L’Astronomie, le Bulletin de la Société astronomique de France, du mois de septembre 1930), de calculer à chaque instant la partie de Mars qui se trouve pour nous au centre du disque.
- Les tableaux précédents sont extraits de Y Annuaire astronomique et reproduits d’après le Nautical Almanach.
- Jupiter est visible à présent presque toute la nuit. Il brille dans la constellation des Gémeaux.
- Son diamètre atteignant 40", il est observable avec les plus petits instruments qui montrent les bandes nuageuses traversant son disque.
- Un des spectacles les plus saisissants et les plus passionnants consiste indiscutablement à suivre, même avec un petit instrument, les évolutions des quatre principaux satellites autour de la planète géante.
- Nous donnons à la page suivante, la liste de ces phénomènes visibles pendant le mois de novembre.
- Saturne est encore visible, mais dès l’arrivée de la nuit. Sa déclinaison très australe est un obstacle aux observations.
- Voici les éléments de l’anneau pour le 14 novembre :
- Grand axe extérieur.......................... 35",15
- Petit axe extérieur............................. -j-15',33
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. ............................................+25° 51/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau.. +25° 0'
- Uranus, dont l’opposition s’est produite le 7 du mois dernier, est visible toute la nuit.
- Il se trouve pendant tout ce mois-ci à environ 1 degré au Sud de l’étoile 189 P. des Poissons.
- Voici, en tous cas, quelques positions où l’on pourra trou-
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- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter
- ates. Heure.
- 2 0h47m
- 2 3 13
- 2 3 30
- 2 5 59
- 2 22 50
- 3 2 1
- 3 3 44
- 4 1 6
- 4 6 12
- 5 3 18
- 6 0 40
- 6 1 51
- 6 2 54
- 6 4 5
- 6 21 46
- 7 1 14
- 7 3 33
- 7 6 22
- 7 21 22
- 7 22 33
- 9 3 21
- 9 5 41
- 9 6 5
- 10 2 49
- 10 6 0
- 10 22 28
- 11 3 32
- 12 5 11
- 12 21 40
- 13 2 33
- 13 3 40
- 13 4 47
- 13 5 54
- 13 21 2
- 13 23 40
- 14 0 23
- 14 3 3
- 14 21 2
- 14 22 7
- 14 23 16
- 15 0 21
- 15 1 4
- 15 3 13
- 15 21 30
- Satel- lite Phéno- mène
- II O. c.
- II P. c.
- II O. f.
- II P. f.
- III O. c.
- III O. f.
- III P. c.
- II E. m.
- I O. c.
- I E. c.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- I P. f.
- I E. c.
- I E. m.
- IV P. c.
- IV P. f.
- I O. f.
- I P. f.
- II O. c.
- II P. c.
- II O. f.
- III O. c.
- III O. g.
- II E. c.
- II E. m.
- I E. c.
- II P. f.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- I P. f.
- III I. m.
- I E. c.
- III E. m.
- I E. m.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- I P. f.
- IV E. c.
- IV E. f.
- I E. m.
- Dates. Heure.
- 16 5h56m
- 17 6 47
- 18 1 2
- 18 5 56
- 19 21 17
- 19 21 58
- 20 0 5
- 20 4 26
- 20 5 28
- 20 6 41
- 20 20 32
- 20 23 47
- 21 0 37
- 21 1 34
- 21 3 58
- 21 4 51
- 21 22 55
- 21 23 54
- 22 1 9
- 22 2 9
- 22 23 18
- 23 20 36
- 23 22 28
- 25 3 27
- 26 21 49
- 26 23 39
- 27 0 34
- 27 2 27
- 27 6 20
- 28 0 31
- 28 3 27
- 28 3 47
- 28 4 9
- 28 6 38
- 28 21 27
- 29 21 49
- 29 1 41
- 29 3 3
- 29 3 56
- 29 21 56
- 30 1 5
- 30 20 7
- 30 21 32
- 30 22 22
- >atel- lite Phéno- mène
- II O. C.
- III O. c.
- II E. c.
- II E. m.
- II P. c.
- II O. f.
- II P. f.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- III E. c.
- III E. f.
- III I m.
- I E. c.
- III E. m.
- I E. m.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- I P. f.
- I E. m.
- I P. f.
- IV P. f.
- II E. c.
- II O. c.
- II P. c.
- II O. f.
- II P. f.
- III O. c.
- III E. c.
- I E. c.
- III E. f.
- III I. m.
- I E. m.
- II E. m.
- I O. c.
- I P. c.
- I O. f.
- I P. f.
- I E. c.
- I E. m.
- I P. c.
- I O. f.
- I P. f.
- ver Uranus (la plus petite jumelle est suffisante pour cela) :
- Dates Ascension droite Déclinaison Diamètre
- Novembre 5 0’’46m + 4° 13' 3", 6
- •— 15 0 45 + 4 6 3 6
- —- 25 0 44 + 4 0 3 6
- Neptune sera en quadrature occidentale avec le Soleil,
- le 28 novembre, à 17h.
- Il se lève vers minuit et ainsi est visible dans la seconde moitié de la nuit.
- Il se déplacera extrêmement peu pendant ce mois-ci dans le voisinage (à environ 20' au Nord-Ouest) de l’étoile o du Lion.
- Voici d’ailleurs quelques-unes de ses positions :
- Dates Ascension droite Déclinaison Diamètre
- Novembre 5 10h 30m + 10° 9' 2" 4
- — 15 10 31 + 10 5 2 4
- — 25 10 31 + 10 3 2 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 4h, Mercure en conjonction avec) Vierge, à0°13' N
- Le 3, à 23h, Uranus Le 7, à 6h, Mercure Le 11, à 8h, Jupiter Le 12, à 17h, Mars Le 14, à 12\ Neptune Le 18, à 9", Mercure Le 20, à 17h, Vénus Le 21, à 2\ Mercure Le 23, à 15 h, Saturne Le 30, à 12\ Mercure
- la Lune, à 0° 23 N. a Balance, à 0° 14' S. la Lune, à 5° 15' S.
- — à 3° 19' S.
- — à 3° 31' S. Vénus, à 2° 35' N.
- la Lune, à 0° 5' N. Saturne, à 2° 14' N. la Lune, à 5° 26' N. 0 Ophiuchius, à 0° 14' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Per-sée) (visibles à l’œil nu) : le 15 novembre, à 4h 6m; le 18, à 0h 55 m; le 20, à 21h 44m; le 23, à 18h 32m.
- Etoiles filantes. — Le mois de novembre est bien connu des observateurs par les chutes d’étoiles fdantes qui ont été, autrefois remarquables (Léonides, Andromédides). Voici, d’après l'Annuaire du Bureau des Longitudes, les radiants actifs pendant ce mois-ci :
- Dates Ascension droite Déclinaison Etoile voisine
- Novembre 1er au 4 43° + 22° s Bélier
- 1 au 8 58 4- 20 A Taureau
- — 13 et 14 53 + 32 a Persée
- — 13 et 14 149 + 23 Ç Lion
- 13 et 14 279 + 56 2348 Bradley
- 16 154 + 40 p. Grande Ourse
- 20 62 + 22 (jl>2 Taureau
- — 25 au 28 154 + 40 [jl Grande Ourse
- 27 62 + 22 co2 Taureau
- 27 25 -f 43 y Andromède
- — 28 328 + 62 a Céphée.
- Etoile Polaire-, Temps sidéral. — Voici quelques passages
- de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, de 10 en 10 jours. Temps sidéral
- Dates Passage Heure 5 0» (T. U.)
- Novembre 7 Supérieur 22h22m59s 3h lm53s
- 17 — 21 43 37 3 41 19
- — 27 — 21 4 13 4 20 44
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er novembre, à 21h, ou le 15 novembre, à 20h, est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion, qui se lève.
- Au Sud : Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine; le Poisson Austral, avec Fomalhaut, l’étoile de première grandeur la plus australe visible en France.
- A VOuest : Le Cygne; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne.
- Em. Touchet.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE A.-J. Le Bel.
- Le célèbre chimiste Achille Le Bel, né le 21 janvier 1847 à Pechelbronn (Bas-Rhin), est mort le 6 août 1930.
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique, Le Bel prit d’abord la direction des usines de Pechelbronn qu’il avait héritées de son père. Il y développa ses connaissances de chimie, de physique et de géologie. Pris de passion pour la science pure, il abandonna bientôt l’industrie pour venir à Paris et se consacra entièrement à la chimie.
- Elève de Balard, puis de Würtz, il énonce en 1874, en s’appuyant sur les travaux de Pasteur relatifs au pouvoir rotatoire des solutions, les principes de la stéréochimie du carbone.
- « Dans la notice de ses travaux, dit M. Urbain, dans un éloge lu à l’Académie des Sciences, Le Bel a présenté son système stéréochimique comme une géométrie dont le monde atomique est astreint à suivre les théorèmes; il a donné de ceux-ci le logique enchaînement. Il est admirable qu’il l’ait fait sans omission et sans que l’avenir ait eu à y apporter la moindre retouche....
- « Les conséquences de cette invention sont dès maintenant incalculables. Inextricable la question chimique des sucres — et bien d’autres du domaine de la biochimie et de la chimie pure — sans cette stéréochimie que Le Bel a créée de toutes pièces autant de son esprit que de ses mains. Car il a illustré lui-même ses théorèmes par des faits indiscutables qu’il a su choisir absolument démonstratifs. Il a fait mieux, ayant lui-même généralisé sa doctrine en montrant qu’elle est applicable aussi bien à l’azote qu’au carbone. Or les difficultés expérimentales relatives à l’azote sont considérables et s’accumulent lors de la séparation nécessaire des isomères optiques.
- « Cette généralisation a d’ailleurs fait, depuis, bien du chemin, puisqu’elle s’étend aujourd’hui à la chimie d’une quinzaine d’éléments dont la plupart ne figurent pas dans la constitution des substances élaborées par la vie. Nul ne peut douter aujourd’hui que les principes de Le Bel ne dominent la chimie tout entière. »
- Le Bel était membre de l’Académie des Sciences depuis un an seulement. Aussi original de caractère que d’esprit, il est resté toute sa vie indifférent aux honneurs et aux fonctions officielles.
- PHOTOGRAPHIE Photographie sur cuivre.
- M. C. J. Smithells relate, dans la revue anglaise « Nature » une intéressante observation qui lui a permis d’impressionner photographiquement une plaque de cuivre.
- Au cours de l’étude métallographique d’alliages de cuivre, il avait constaté que certains réactifs employés pour l’attaque des surfaces polies avaient pour effet de rendre ces surfaces sensibles à la lumière; l’échantillon examiné au microscope, en effet, noircissait pendant les quelques secondes de l’observation, dans la région éclairée.
- M. Smithells entreprit d’élucider le mécanisme de ce phénomène; il constata qu’il était dû à la photosensibilité bien connue du chlorure cuivreux,.et il constata que l’on disposait ainsi d’un moyen commode et rapide pour obtenir une image photographique nette sur des plaques de cuivre, ou d’alliages de cuivre.
- Voici la technique : la surface de la plaque de cuivre ou de bronze est polie et nettoyée comme pour la gravure. On la plonge pendant 10 secondes dans une solution à 10 pour 100
- de chlorure de cuivre ou de chlorure cuproammoniacal. Il se forme sur la plaque une pellicule blanche, très mince que 1 examen aux rayons X revèle être du chlorure cuivreux. On lave ensuite la plaque à l’eau courante, on rince à l’alcool méthylique et on la sèche à l’air. L’alcool méthylique accélère le séchage et en outre rend la pellicule plus adhérente ; on peut essuyer la plaque humide avec un chiffon, sans détruire la pellicule. La plaque est alors sensible à la lumière. Exposée quelques secondes à la lumière directe d’une lampe à arc, elle noircit par suite de la transformation du chlorure cuivreux en chlorure cuivrique. Pour obtenir une impression par contact à partir d’un négatif ordinaire, il suffit d’une exposition de 1 minute environ à la lumière d’une lampe à arc. L’image positive ainsi obtenue vaut, pour la finesse et le contraste, celle qu’on obtient par les procédés ordinaires de la photogravure. L’image peut être fixée par lavage dans une solution diluée d’hyposulfite ou de sel; mais comme cette opération diminue l’intensité de l’image, il faut surexposer la plaque pendant l’impression. Si l’on veut faire de la gravure, par exemple, le fixage n’est pas indispensable; car le voile provoqué par la lumière diffuse ne se produit qu’avec lenteur.
- CHIMIE
- Une nouvelle substance réfrigérante.
- Les machines frigorifiques, à compression, ou à absorption, produisent leur froid en provoquant l’évaporation d’un liquide, dont les vapeurs sont ensuite liquéfiées à nouveau. Les corps les plus utilisés à cet effet sont l’ammoniaque, l’acide sulfureux, le chlorure d’éthy.e, le chlorure de méthyle et l’acide carbonique. Ce dernier n’est pas toxique, mais a l’inconvénient d’exiger des pressions très élevées pour se liquéfier et n’est jamais employé dans les machines domestiques aujourd’hui si répandues. Les autres agents sont soit toxiques, soit inflammables. Si parfaits que soient les appareils qui les mettent en œuvre, ils constituent toujours une cause de dangers et d’insécurité. Un chimiste américain, Thomas Midgley, qui au laboratoire de la « General Motors C° » découvrit les propriétés antidétonantes du plomb tétra-éthyl, vient d’annoncer à l’American Chemical Society, la découverte d’un nouvel agent pour machine frigorifique ayant l’avantage de n’être ni inflammable, ni toxique. Cette substance est le dichlorodi-fluorométhane. On s’attend à le voir se substituer aux agents usuels, notamment dans les machines destinées à la réfrigération des salles de théâtre, de cinéma, et en général des lieux où peuvent être réunies un grand nombre de personnes. La réfrigération des salles publiques a pris un certain développement aux Etats-Unis, et a fait son apparition à Paris, ces derniers mois. Au point de vue du confort, c’est un grand progrès. Mais on frémit à l’idée du danger que pourait faire courir au public ainsi rassemblé une fuite d’ammoniac, par exemple. Et qu’adviendrait-il en cas d’incendie ?
- ÉLECTRICITÉ
- Comment on reconnaît des fruits véreux par l’enregistrement ultra-sensible.
- On sait quel rôle important joue dans la vie des Américains ce fruit qu’ils nomment « grape fruit », et que nous appelons « pamplemousse ». Afin de trier rapidement ces fruits et déterminer les bons et les mauvais, les experts du service des recherches aux Bell Téléphoné Laboratories, dont dépend la Western Electric, ont été amenés à conduire des expériences, pour le moins curieuses, à l’aide d’appareils ultra-sensibles.
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- On a, en effet, découvert que lorsqu’une mouche attaquait un fruit, la larve, en grignotant l’intérieur, produisait u\"v bruit que l’on pouvait facilement entendre en l’amplifiant plusieurs millions de fois. C’est ainsi qu’avec ce nouvel appareil on pourra, à l’avenir, ne servir dans les homes américains, pour le traditionnel breakfast, que des pamplemousses de toute première qualité.
- Les «baguettes Telefunken», lampes radiophoniques d’un nouveau genre.
- L’exposition berlinoise de T. S. F., qui s’est tenue vers la fin du mois d’août, offrait parmi ses principales nouveautés une lampe radiophonique d’un nouveau genre, destinée aux récepteurs sans batteries et qui, tant par son extérieur que par sa disposition intérieure, se distingue nettement de toutes celles construites jusqu’à ce jour,
- La grille, qui généralement est située à l’intérieur, dans le vide de l’ampoule, est ici, en effet, à l’extérieur de l’ampoule, sous la forme d’une gaine métallique. Si l’on a antérieurement, dans les laboratoires, mis à l’essai des dispositifs de ce genre, c’est la première fois que, grâce à une conception nouvelle,
- Fig. 1. — Une baguette Telefunken comparée à une lampe T. S. F.
- ordinaire.
- on a réalisé les rendements nécessaires dans la pratique, en même temps qu’une stabilité remarquable. La forme plate et compacte a engagé la Société Telefunken à donner à ces lampes, mises au point dans ses laboratoires, après des années de recherches assidues, le nom de «baguettes Telefunken».
- Ces « baguettes » ne doivent cependant pas se substituer aux lampes jusqu’ici en usage. Elles doivent leur naissance à la recherche méthodique de nouvelles possibilités de construction de récepteurs alimentés directement par le secteur. Ces lampes sont non seulement bien moins dispendieuses que les lampes ordinaires, mais encore, abstraction faite d’autres qualités, d’une insensibilité frappante par rapport aux bourdonnements du secteur.
- En dehors de ce domaine spécial, les « baguettes » ne doivent pas concurrencer les lampes de T. S. F. du type usuel.
- Dr A. Gradenwitz.
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE Les archets à fils d’argent.
- Les constructeurs de violons se sont, ces temps derniers, par des modifications de forme ou d’autres moyens, attachés à parfaire les qualités sonores de leurs instruments, en les
- Fig. 2 et 3. —• En haut : Microphotographie d’un fil d’argent lisse. En bas : Microphotographie d’un fit d’argent à surface rugueuse.
- rapprochant, autant que possible, de l’idéal, le violon de Stradivarius. L’un de ces innovateurs, le Prof. F. J. Koch, à Dresde, s’en prend aujourd’hui à l’archet.
- Son intention n’était, au début, que de réaliser une garniture plus durable que la garniture de crins, dont les archets ordinaires sont munis. En choisissant, à cet effet, des fils d’argent, très minces (de 0,007 mm à 0,012 mm de grosseur), il a constaté non seulement une longévité plus grande, mais une amélioration frappante des qualités sonores : jeu plus facile et plus uniforme, surtout pour les cordes garnies de fils, résonance plus libre et plus forte, etc.
- La plus grande sonorité est, semble-t-il, due au fait que les fils fins sont capables de vibrer longitudinalement, en renforçant les vibrations des cordes, ce qui, pour les crins gommeux et élastiques, serait impossible. Les fils métalliques, malgré leur finesse extrême, sont très résistants; ils ont une durée 10 à 20 fois plus grande que les garnitures usuelles. Ajoutez à cela la parfaite indépendance de la température et de l’humidité atmosphériques; la garniture reste invariable, au lieu de passer par des alternatives de rugosité et de poli, nécessitant un remplacement fréquent.
- De nombreux artistes d’une renommée mondiale, tels que les Prof. Marteau, Flesch, Hevemann, Rose, Prihoda, Busch
- Fig. 4. — Microphotographie d’un crin: à gauche non usé; à droite usé par un jeu prolongé.
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- et Buxbaum, ont adopté le nouvel archet, dont ils reconnaissent sans réserve la grande supériorité.
- En comparant sous le microscope les crins et les fils d’argent, on comprend la façon dont se comportent les garnitures métalliques : c’est que les fils d’argent, auxquels la colophane a donné une surface rugueuse, ressemblent parfaitement, par leur structure superficielle, au crin non usé.
- D1' A. Gradenwitz.
- BIOLOGIE
- A propos des radiations d’origine biologique.
- Dans son intéressant exposé sur la photographie des radiations d’origine biologique (La Nature, n° du 15 août 1930), M. A. Givelet nous a fait connaître les résultats obtenus récemment en Italie par le professeur Guido Cremonese, de Rome, relativement aux radiations émises par la cellule vivante.
- Je me permets de rappeler aux lecteurs de La Nature que des recherches analogues furent faites en France, il y a six ans environ, et que la radioactivité des cellules végétales et animales fit l’objet, de 1924 à 1926, de diverses communications de M. Albert Nodon, à l’Académie des Sciences, où elles furent présentées par M. Marcel Brillouin et par M. Daniel Berthelot. Ces recherches furent faites à l’aide des méthodes électrométriques et photographiques, qui donnèrent des résultats concordants. Elles démontrèrent l’importance que paraissait présenter l’influence des radiations ultrapénétrantes dans les manifestations vitales.
- Une étude résumée de ces recherches fut du reste publiée il y a quelques années, dans la Revue Scientifique.
- Il nous a paru convenable de rappeler, ce que n’a pas cru devoir faire M. Cremonese, que c’est en France qu’eurent heu les premières recherches sur l’important sujet qu’il a étudié d’une façon particulièrement brillante.
- A. Nodon,
- AVIATION
- La stabilisation automatique pour avion « Constantin ».
- Le principe des « girouettes » imaginées par M. Constantin a été exposé en détail dans un article de La Nature (n° 2567, 16 juin 1923). Ces appareils, comme il a été indiqué, sont susceptibles de nombreuses applications. L’une d’elles vient d’être expérimentée avec succès; c’est la stabilisation automatique des avions.
- Rappelons d’abord brièvement en quoi consiste une girouette « Constantin » : deux petites surfaces courbes dont les cordes font entre elles un angle très aigu sont montées aux deux extrémités d’une tige rigide; celle-ci constitue l’un des côtés d’un trapèze articulé, convenablement équilibré. Placé dans un courant d’air, le système tend à s’orienter de façon que les deux surfaces fassent avec la direction du courant d’air le même angle, l’un positif, l’autre négatif. Si la direction du courant d’air vient à changer, la girouette décèle en l’amplifiant cette variation; l’amplification est d’autant plus grande que le trapèze est plus voisin d’un parallélogramme.
- Cet amplificateur d’angle a été déjà utilisé comme indicateur d’angle d’incidence ou de glissade.
- Dans le stabilisateur, il est employé à la fois comme indicateur et servo-moteur.
- Nous empruntons au « Bulletin technique du Bureau Veritas » la description suivante de l’appareil et des expériences faites en juillet dernier sur l’aérodrome Farman à Toussus.
- « Un embrayage à la disposition du pilote permet de bloquer
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- la girouette sur la commande intéressée : profondeur ou ailerons.
- « Le système girouette-gouverne constitue dès lors une sorte de balance aérodynamique très sensible. Si l’équilibre de la balance est réalisé pour certain dispositif de vol, dès qu’une perturbation quelconque altérera ce régime, la girouette tendra à actionner la gouverne jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli.
- « L’avion présenté par M. Constantin était un Farman-école, type 71, piloté par M. Desaleux. Ce type d’appareil avait été choisi pour sa faible stabilité de forme et sa faible vitesse, circonstances qui, en compliquant le problème d’une stabilisation par organes aérodynamiques, devait rendre la solution plus probante.
- « L’équipement comporte une girouette d’incidence et une girouette de glissade pour chaque aileron, avec les systèmes d’embrayage correspondants. La superficie totale de la surface des girouettes est de 0 m2 250 environ. Elles n’apportent donc qu’un supplément insignifiant de poids et de résistances passives.
- «L’avion étant en vol et le pilote ayant adopté un régime de vol, il lui suffit d’embrayer les girouettes pour se fixer indéfiniment à ce régime; il n’a plus, dès lors, qu’à assurer sa direction aux pieds comme il ferait d’un engin terrestre quelconque.
- « Vient-il à virer, l’appareil s’incline de lui-même de façon à réaliser un virage rigoureusement correct, sans dérapage ni glissade, au cours duquel la force centrifuge équilibre à chaque instant la résultante de la pesanteur et d’une poussée aérodynamique très voisine de celle du vol normal.
- « La puissance motrice vient-elle à varier? L’appareil change automatiquement sa pente, de façon à réaliser un vol sous le même angle d’attaque qu’auparavant.
- «L’appareil donne en vol l’impression d’une grande stabilité; mis en virage, il tend à tourner indéfiniment à inclinaison et à, vitesse constante.
- « La seule impression un peu nouvelle est due à l’absence de toute sollicitation vers l’extérieur du virage, les pilotes ayant l’habitude de faire déraper plus ou moins leurs appareils au cours de leurs changements de direction.
- « L’appareil de M. Constantin semble devoir faire entrer dans le domaine de l’automaticité ce qui constituait autrefois l’art du pilotage. Le pilote ne pourra d’ailleurs, quoi qu’on en pense, qu’y gagner en prestige. Abstrait d’une besogne purement matérielle, il pourra conserver toute sa liberté d’esprit pour la lutte contre les éléments : vent, nuit, brume; il tendra en un mot à devenir un véritable commandant de bord.
- « Nous ne voyons guère qu’un cas où l’appareil de M. Constantin peut ns pas rendre complète l’automaticité du pilotage : c’est celui d’un décentrement important, normal ou accidentel, de l’axe de traction par rapport au centre de gravité. En ce cas, le braquage du gouvernail correspondant à un vol sous un angle d’attaque donné, varie avec la puissance motrice : si la gouverne n’est pas parfaitement compensée, la position d’équilibre du système girouette-gouverne ne correspondra pas exactement à la position d’équilibre du système gouverne-avion et le pilote pourra avoir à retoucher le réglage de l’appareil à chaque variation un peu sensible de la puissance motrice, sous peine d’irrégularités de vol plus ou moins importantes.
- « Mais nous pensons qu’il faut s’interdire rigoureusement le travers trop fréquent en France d’écarter des solutions intéressantes parce qu’elles ne constituent pas des panacées universelles. Tel qu’il est, l’appareil de M. Constantin semble constituer la réalisation la plus importante qui ait ete faite depuis longtemps dans le domaine de la stabilité. »
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- LIVRES NOUVEAUX
- OEuvres scientifiques de J. Janssen, recueillies et
- publiées par. H. Deherain (t. Il), 1 vol., 648 p., 3 pl. hors texte.
- Société d’éditions géographiques, Maritimes et Coloniales. Paris,
- 1930.
- Ce volume achève la publication des œuvres complètes de Janssen, pieux monument élevé à la mémoire d’un de nos savants les plus originaux et les plus sympathiques. Il reprend les travaux de Janssen à partir de 1886. L’astronome est maintenant sur ses vieux jours, il a 62 ans, et cependant son activité, sa faculté d’enthousiasme, sa. clairvoyante sympathie pour les idées neuves ne faiblissent pas. C’est l’époque où Janssen, après avoir créé l’observatoire de physique solaire de Meudon, se voue à la création d’un observatoire au sommet du Mont-Blanc. Il entreprend lui-même par deux fois, malgré son âge, en 1890 et 1895, l’ascension du sommet. Il mobilise pour les observations une phalange de jeunes savants dont la plupart se sont fait un grandnom. Ses recherches personnelles continuent à porter de préférence sur la spectroscopie des astres. Mais à cette époque de sa vie Janssen apparaît surtout comme un grand animateur scientifique, toujours prêt à soutenir et à encourager les initiatives utiles au progrès de la science et les travaux de mérite, et à cet égard la justesse de son coup d’œil ne le cède en rien à la générosité de, son caractère. Pasteur en 1887 est attaqué violemment par certaines compétences médicalesde l’époque, Janssen se range à ses côtés; la photographie, découverte merveilleuse, née en France, est considérée avec quelque dédain par le corps scientifique. Janssen accepte pendant plusieurs années, la présidence de la Société Photographique de France, il prophétise que la photographie révolutionnera nos connaissances sidérales, et qu’elle sera un jour l’auxiliaire indispensable de toute investigation scientifique, ce qui s’est réalisé. Janssen encourage Eiffel, le grand ingénieur sur qui se déchaînent, au moment de la construction de la Tour, les attaques'les plus acharnées. De même il prévoit l’essor de la navigation aérienne, encourage Tissandier et à maintes reprises apporte sa collaboration à notre Revue. 11 reconnaît immédiatement et sait louer comme il convient le mérite d’Edison. Ce grand savant se révèle ainsi comme un grand connaisseur d’hommes.
- Les Quanta, par Georges Déjardin. 1 vol in-16, Armand Colin
- Paris, 1930. Prix broché : 10 fr. 50.
- Cet ouvrage est le premier exposé élémentaire en langue française de la théorie des Quanta èt de ses applications dans les divers domaines de la Physique. Il s’adresse à tous ceux qui désirent s’initier, sans un travail préalable considérable, à la genèse et au développement des théories modernes. L’auteur s’est efforcé de faciliter aux débutants la compréhension des principes fondamentaux. Il a volontairement éliminé les calculs difficiles, de manière à réserver une plus large place à la discussion des hypothèses et aux vérifications expérimentales.
- Propriétés générales des Machines, par L. Lecornu
- 1 vol. gr. in-8, 232 p., 91 fig. J.-B. Baillière, Paris, 1930. Prix : 40 fr.
- Quelle que soit la source d’énergie utilisée par une machine pour produire le travail auquel elle est destinée, le fonctionnement de cette machine est régi par certaines lois générales qu’il importe de mettre en lumière. Tel est l’objet du volume que M. Lecornu, président de l’Académie des Sciences, a personnellement rédigé comme introduction à l’Encyclopédie de mécanique appliquée dont il a assumé la direction. Après quelques considérations sur la notion et les propriétés de l’Energie, il recherche les procédés à employer pour que le service d’une machine présente la régularité voulue, il indique les moyens de calculer lès efforts intérieurs qui se produisent pendant la marche et dont il est nécessaire de tenir compte dans la construction; il montre comment on doit s’y prendre pour éviter, ou tout,au moins pour atténuer les, chocs et les trépidations. Un chapitre final est consacré à la question de la similitude mécanique.
- Lés Instruments à vent (tome il), par H. Bouasse. 1 vol.
- 388 p., 137 fig. Delagrave, Paris, 1930. Prix : 45 fr.
- Dans le premier volume, dont nous avons rendu compte, le professeur de Toulouse étudiait les anches, les tuyaux à bouche, l’orgue et les instruments à embouchure de cor. Ici il examine successivement les instruments à embouchure de cor à pistons, les instruments à anche, à embouchure de flûte; il en décrit schématiquement les organes et analyse les propriétés acoustiques de l’instrument, ce qui l’amène à discuter chemin faisant nombre de problèmes de technique musicale qui intéresseront les artistes et les facteurs d’instruments; puis il décrit avec beaucoup de détails les expériences faites pour entretenir les sons dans les tuyaux au moyen de phénomènes calorifiques. Il fait ensuite une étude approfondie de la voix humaine. La fin de l’ouvrage est consacrée aux sons de sillage, d’écoulement, de choc, aux claquements et détonations. L’habituelle préface est. consacrée cette fois à une verte critique de l’enseignement scientifique tel qu’il est pratiqué dans les lycées et collèges.
- Deux heures de physique, par Biquard et Joliot. 1 vol., 268 p., 90 fig. Edition Kra, Paris. 1930. Prix : 15 fr.
- Les auteurs ont choisi comme sujet de ces causeries d’initiation à la physique, l’électrostatique, avec le programme suivant : description des faits expérimentaux, définition des grandeurs nouvelles que ces faits amènent à considérer, lois mathématiques reliant ces grandeurs et dictées par l’expérience, interprétation de ces lois par une théorie générale englobant les phénomènes étudiés. Tel est en effet le processus normal de la recherche en physique ; le sujet choisi permet, par un exemple simple et concret, d’en faire saisir le caractère.
- La variation et révolution. Tome I. La variation, par Emile Guyénot, 1 vol. in-16, 456 p., 46 fig. Encyclopédie scientifique Doin, Paris, 1930. Prix : 32 fr.
- A la variation continue considérée longtemps comme principal facteur d’évolution, on oppose de plus en plus la variation discontinue ou mutation, seule germinale et transmissible par l’hérédité. Ce livre du professeur de l’Université de Genève rassemble les nombreuses observations récentes de mutations factorielles, les moyens qu’on a de les provoquer, puis les mutations chromosomiques. Il aboutit ainsi à considérer les êtres vivants comme discontinus, séparés par des mutations, et cette conception s’oppose aux théories classiques de l’évolution, telles qu’on les admettait encore il y a quelques années.
- Le littoral du nord de la France et son évolution morphologique, par Abel Briquet. Paris, 1930, Armand Colin, in-8°, 442 p. avec cartes et appendice : 60 fr.
- Tandis que la côte boulonnaise est en recul, la côte flamande comme la côte picarde accusent une avance continue. L’auteur expose, avec une documentation très riche, les causes complexes de ces déplacements. Un appendice est consacré au rôle de l’activité humaine qui a plus ou moins modifié l’évolution naturelle du rivage.
- Radio Data charts, by R. T. Beatty, 1 album, 82 p. Edité par '« The Wirèless World », Hife and Sons, Dorset House, Tudor Street, London, EC. 4. Prix : 4-10 d.
- L’auteur s’est proposé de mettre à la disposition des constructeurs de postes de T. S. F., des tables et des abaques leur permettant de résoudre rapidement et sans recours à des formules complexes tous les problèmes de dimensionnement qui se posent lors de l’établissement d’un appareil radioélectrique; c’est ainsi qu’on y trouve des échelles donnaht la réactance d’une bobine en fonction de la self ou d’un condensateur en fonction de la capacité aux fréquences acoustiques et aux fréquences élevées, des tables pour le calcul des résistances des conducteurs en cuivre, une abaque pour le calcul du rendement du couplage d’un étage d’amplificateur au suivant, des abaques pour calcul des bobines de self, et des transformateurs. Ce travail rendra de sérieux services à tous les techniciens de la radioélectricité.
- Dem kemiska denudatipnen Sverige. (La dénudation chimique en Suède), par J. v. Eriksson. 1 vol. in-4, 96 p., 25 fig. Meddelanden Fran Statens Meterorologisk-hydrografiska Anstalt, Bd 5, n° 3, Stockholm, 1929. Prix : 5 fr. Dans les cours d’eau de Suède, un grand nombre d’échantillons d’eau ont été prélevés en diverses saisons, et soumis à de nombreuses analyses (matières dissoutes, inorganiques et organiques; chaux, magnésie; dureté; alcalinité; acide carbonique; acides minéraux; pH). Les matières entraînées par la dénudation chimique due à l’eau varient; de 10 à 70 tonnes par an pour chaque kilomètre carré. C’est un transport gigantesque de matériaux vers la mer, aux dépens du sol.
- The Fishes of the families Stomiatidae and Mala-COSteidae, par C. Tate Regan et Ethelwym Trewavas, 1 vol. in-4, 143 p., 138 fig., 14 pl. Oceahographical Report n° 6, Danish « Dana » Expéditions 1920-22. Gyldendalske Boghandel, Copenhague, 1930. Prix : 25 sh.
- Ce sixième volume des monographies consacrées aux animaux recueillis par le professeur Johs Schmidt en 1920-22, au cours des expéditions du « Dana » dans l’Atlantique nord et le Golfe de Panama traite de deux familles de poissons très curieuses. Les captures, fort nombreuses, ont permis au directeur du British Muséum et à son assistant de procéder à une révision complète des groupes et de décrire 4 genres, 12 sous-genres et 77 espèces jusqu’ici inconnues. En outre, ils ont pu, pour certaines espèces, étudier d’assez nombreux spécimens pour esquisser leur développement et leur distribution géographique. C’est, dire l’importance des expéditions du Dr Schmidt dont tant de preuves ont déjà paru. Cette fois, il s’agit de poissons du large, vivant au-dessous de la surface, très actifs et chasseurs, munis d’organes lumineux, de filaments et de bulbes tactiles, extrêmement voraces, sur lesquels on n’avait jusqu’ici que peu de renseignements, épars et incomplets, et dont on trouvera ici, pour la première fois, une étude étendue et systématique.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Le double voyage transatlantique du R 100.
- Appareil d’essais, le dirigeable anglais R. 100 poursuit ses vols d’expérience. Les 29, 30 et 31 juillet, il traversa l’Atlantique de Cardington à Montreal; le retour fut effectué les 14, 15 et 16 août.
- Le voyage vers l’Amérique dura 76 heures; effectué par mauvais temps, il fut marqué par un incident qu’avait déjà connu le L 7 127 : une déchirure du recouvrement du gouvernail en profondeur : cette avarie put d’ailleurs être réparée en plein vol.
- Le voyage de retour dura 57 heures; il fut marqué lui aussi par un incident assez grave : la rupture des cordes à piano supportant deux réservoirs.
- Une fois de plus, se trouve démontrée la grande sécurité du plus léger que l’air utilisé pour des voyages transocéaniques.
- Quelques points semblent néanmoins devoir être travaillés : lé revêtement; la vitesse nettement trop faible pour un service commercial, l’organisation météorologique du voyage.
- Record de durée avec ravitaillement en vol.
- Le record du monde de durée, avec ravitaillement en vol, établi depuis peu par les frères Hunter, semblait difficilement battable : il atteignait en effet 553 heures, ce qui constitue un chiffre impressionnant.
- Les deux aviateurs Dale Jackson et Forest O’Brien viennent cependant de dépasser ce temps.
- Ayant pris le départ le 22 juillet à 7 h 11 m, ils atterrirent le 17 août à 6 h 39 : ils avaient tenu l’air 647 h 28 m, soit près de 27 jours.
- L’appareil utilisé au cours de ce vol était un Curtiss « Robin », et le moteur un Curtiss « Challenger » de 185 ch à 2000 t/mn, moteur en étoile à refroidissement par l’air.
- La performance fut interrompue à la suite d’une baisse de la pression d’huile.
- L’intérêt d’un tel vol réside surtout dans l’épreuve pratique de résistance de l’équipage et de l’appareil, du moteur en particulier.
- L’avion en vol est en effet le seul banc d’essais véritablement concluant pour le moteur d’aviation.
- Peut-être le ravitaillement en vol trouvera-t-il un jour une application directe, soit sur les lignes commerciales, soit sur les appareils. de bombardement à longue distance ; il semble en tout cas, après cette nouvelle démonstration, qu’il peut être effectué régulièrement et en toute sécurité.
- Triplace de Tourisme B. F. W. Messerschmitt 261
- Parmi les nombreux avions de tourisme apparus au cours de ces derniers mois, il en est quelques-uns qui présentent des caractéristiques de construction nouvelles et intéressantes. Parmi ceux-là doit être rangé le triplace construit par la Bayerische Flugzeug Werke et dû à l’ingénieur Messer-schmitt, le B. F. W. M. 26.
- Cet apareil comporte une aile d’un seul morceau, posée sur la partie supérieure du fuselage. Chaque demi-aile est triangulaire, à pointe arrondie, ce qui donne à la voilure un allongement supérieur à 10 (cet allongement est l’un des facteurs du rendement aérodynamique).
- Le profil utilisé est très épais (20 pour 100) et de grande
- portance : la charge par mètre carré de plan est, en effet, supérieure à 63 kg.
- La structure résistante de l’aile est composée d’un seul longeron en I. Les semelles de ce longeron sont en profilés de duralumin; l’âme est en tôle découpée, raidie par des profilés verticaux et obliques. Tous les assemblages sont assurés par rivets de duralumin. Les nervures sont en tôle de duralumin; elles supportent des lisses sur lesquelles sont fixées, pour le tiers avant du profil, les tôles de duralumin du recouvrement (ce recouvrement travaille à la résistance de l’aile). Le reste de l’aile est entoilé.
- Le fuselage est formé de deux caissons (portant les ferrures de fixation du plan et du train d’atterrissage), de cadres légers, de lisses et d’un revêtement; l’ensemble (revêtement compris), est en profilés et tôle de duralumin rivés.
- Le fuselage comporte, de l’avant à l’arrière : un moteur de 80 à 175 ch (normalement un Siemens S. H. 14, moteur
- Fig. 1.
- Triplace. de tourisme B. F. W. Messerschmitt 26.
- à 7 cylindres, en étoile, à refroidissement par l’air, développant 110 chà!750 t-mn), moteur monté sur un bâti en tubes d’acier soudés; le poste du pilote et des deux passagers aménagé sous le plan, en conduite intérieure; une soute à bagages.
- Les empennages, de construction classique, sont en porte-à-faux; l’empennage vertical porte un recouvrement métallique, l’empennage horizontal est entoilé.
- Le train d’atterrissage, d’une voie de 1 rn 60, comporte, pour chaque roue, un Y articulé sous le fuselage, et une barre télescopique oblique, montée soit avec amortisseur à sandows, soit avec, amortisseurs oléo-pneumatiques. _
- Les caractéristiques générales de l’avion sont les suivantes :
- Envergure ....................12 m 40
- Longueur ...................... 7 m 15
- Surface portante...............14,30 m®
- Poids vide....................... 480 kg
- Poids total chargé............... 890 kg
- Vitesse maximum . ................170 km-h
- —- minimum...................... 85 km-h
- -— ascensionnelle . . ... 2 m-sec
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- L’OUTILLAGE [DE L’AMATEUR DE T. S. F. =
- te)
- Fig. 1. —• a) Trousse d’outils pour amateur-constructeur type Dyna b) Détail des outils de la trousse, c) Manche porte-outil à extrémité tubulaire à ergot.
- Les « bricoleurs », c’est-à-dire les amateurs qui aiment à monter ou à modifier eux-mêmes leurs postes de T. S. F., ne sont plu; aujourd’hui qu’une minorité dans la foule des auditeurs de la radiodiffusion. Ils constituent cependant une troupe nombreuse et diverse, depuis celui qui achète des pièces détachées du commerce pour monter un poste suivant un schéma classique, jusqu’au chercheur qui vise à réaliser des dispositifs nou--veaux plus ou moins personnels et qui est obligé, en conséquence, de fabriquer lui-même tout ou partie de son matériel.
- L’OUTILLAGE DE L’AMATEUR ET SA COMPOSITION
- Le cas le plus fréquent est celui de l’amateur qui se borne à assembler des éléments pris dans le commerce; l’outillage nécessaire pour ces petits travaux de montage est alors très simple : il suffit d’outils d’assemblage et de montage, à l’exclusion des outils de façonnage. On trouve dans le commerce des petites trousses très commodes qui contiennent presque tous les outils nécessaires pour ce genre de travail (fig. 1).
- La plus employée est composée d’un manche en bois à mandrin extensible, ou d’un tube en laiton à extrémité tubulaire hexagonale sur laquelle se montent les différents outils. Ce manche et les divers outils sont d’ailleurs placés sur un socle en bois (fig. l,a). Le mandrin ou le tube serre environ 5 mm, et les outils sont maintenus de façon parfaitement rigide, soit par serrage, soit par un ergot. Sur ce manche se montent des tournevis de 8 mm et 4 mm, par exemple, un alésoir à lame permettant l’alésage rapide des plaques isolantes, une pointe carrée pour « amorcer » les vis à bois, une fraise conique pour le laiton, le bois ou les matières isolantes, un outil à tordre les fils de connexion, des clés à six pans de 8 mm, de 7 mm, de 6 mm, de 5 mm, par exemple, des clés spéciales pour les
- boutons molettés et les ergots de jack.
- Il existe également des petites trousses dites américaines, comportant un manche creux avec mandrin ; ce manche creux en bois contient les tournevis, vrilles, équarrissoirs, clés, etc.
- En outre de ces petites trousses contenant les équarrissoirs, vrilles, clés, tournevis, nécessaires, il faut encore une pince plate ou
- une pince universelle, une pince à mors ronds, une perceuse du type « chignole » avec des forets hélicoïdaux de 5 mm environ au maximum, et qui pourra permettre d’utiliser également une fraise à métaux ou une lame de tournevis (fig. 2).
- Pour le façonnage des plateaux de bois ou des panneaux d’ébonite, on emploiera une scie égoïne ou à monture extensible genre scie à métaux et une scie à main; enfin, il est bon, pour le montage, de disposer, à défaut d’un établi avec plateau épais de 5 à 6 cm, d’une large table solide sur laquelle est disposé un petit étau, de préférence à mâchoires parallèles (fig. 3).
- Quelques appareils de mesure et de traçage sont indispensables : mètre, décimètre, pointes à tracer, règles, crayons, etc.
- Cet ensemble, d’ailleurs peu coûteux, constitue l’outillage minimum de l’amateur qui achète des pièces dans le commerce pour les monter lui-même; mais nous ajouterons qu’il est bon, en outre, d’être muni d’un trépan extensible, c’est-à-dire d’un outil permettant de faire des trous d’un diamètre dépassant celui des mèches usuelles dans les panneaux d’ébonite.
- Cet appareil trop peu connu, mais très utile, sert à l’encastrement des appareils de mesure, supports de lampes, des fiches de cordons d’alimentation, etc. Il permeta ussi de décou-
- Lime plate pointue d'entrée
- Lime plate à main
- Pinces : plate, à bec rond, coupante
- Queue de rat
- Tiers point
- Fig. 2. —' Quelques outils indispensables à l’amateur : limes et pinces.
- per des disques de diamètres différents dans des chutes d’ébonite et, en les empilant successivement, de réaliser d’une façon économique des mandrins de transformateurs de moyenne fréquence, de bobinages d’accord ou de résonance, etc.
- Ce trépan se compose d’un porte-outil en acier nickelé, muni d’un évidement carré dans lequel glisse un outil tranchant immobilisé par une vis; cet outil est en acier trempé, avec angle de coupe spéciale pour l’ébonite, et il se monte simplement sur un mandrin de machine à percer ou même sur un vilebrequin (fig. 4).
- Pour utiliser cet appareil, on fait un avant-trou de 6 mm dans l’ébonite avec la machine à percer, et on dispose la lame coupante à l’écartement voulu, après avoir fait un essai sur une chute de bois ou d’ébonite pour voir si le diamètre est bien exact. On tourne alors lentement en appuyant régulièrement, de façon à exécuter un sillon d’épaisseur de plus en plus grande.
- Lorsque le sillon est arrivé à moitié de l’épaisseur, on tourne la plaque et on découpe à l’envers.
- La composition de cet outillage minimum n’est évidemment indiquée qu’à titre d’exemple, et sans doute les pièces de montage actuelles sont disposées pour que leur connexion puisse être effectuée simplement par serrage de vis ou de têtes de bornes; mais tout sans-filiste doit pourtant prévoir l’exécu-
- «"Vw .(jL.
- Fig. 3. — Etau à mandrins pan lèles pour amateur.
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- tion de soudures, soit de connexions, soit d’enroulements, soit d’organes de montage quelconques. il
- Ces soudures s’effectuent très simplement à l’aide d’un fer chauffé à l’électricité, à l’essence, au gaz, ou même à l’alcool, et avec lequel on peut agir sur de la pâte à souder auto-déca-p ante, sur un ruban d’alliage d’étain ordinaire, ou sur un fil d’étain creux contenant la substance décapante nécessaire.
- Il est, en effet, à remarquer que jamais les pièces métalliques à souder en T. S. F. ne doivent être décapées à l’aide d’acides ou même de chlorure d’ammonium.
- Toutes ces substances chimiques peuvent entraîner, en effet, peu à peu une désintégration des métaux en contact, et diminuer la perfection de ce contact, ou du moins faire varier la résistance de la connexion, ce qui donne naissance à des bruits parasites continuels.
- Il convient donc d’employer uniquement de la résine
- pour protéger de l’oxydation les parties à souder au moment du chauf -fage.
- La soudure des connexions est une opération extrêmement facile, grâce à l’emploi de ces compositions auto-décapantes et la manœuvre d’un fer à souder, et tout
- rT ,, ,. spécialement d’un fer Fig. 5.— Un établi pratique pour amateurs /
- (les cotes sont indiquées en centimètres). a souder électrique,
- dont l’emploi est recommandé toutes les fois que cela est possible , s’apprend en quelques instants.
- COMMENT PLACER SON ÉTABLI ET DISPOSER SES OUTILS
- Il est bon que l’amateur possède un établi, ou, à défaut, une table solide à laquelle sera fixé l’étau à mâchoires parallèles. Il est bon, en outre, de disposer rationnellement cette table ou cet établi dans la chambre plus ou moins réservée aux travaux d’amateur.
- Il faut, en effet, avoir une « liberté de mouvements » suffisante, et surtout « voir clair ». Il est donc recommandé de placer l’établi face à une fenêtre pour que le corps de l’opérateur ne porte pas d’ombre sur le travail à exécuter. Il faut prévoir, de plus, que l’on aura à travailler le soir, et on placera donc au-dessus de l’établi ou de la table une forte lampe électrique assurant un éclairage suffisant.
- Quand on peut disposer d’un établi convenablement installé, il vaut mieux le choisir assez haut, ce qui permet de travailler soit debout pour lès travaux de dégrossissage, soit assis pour le montage proprement dit et la mise au point.
- Le schéma de la figure 5 indique quelles sont les côtés optimum de ce petit meuble.
- Il est bon également de placer dans cet établi un assez grand nombre de petits tiroirs destinés à contenir les vis et
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- les écrous. Pour ne pas perdre de temps en de vaines recherches, on les classera par diamètres et longueurs de pas.
- Ces tiroirs porteront extérieurement des indications sur leur contenu afin d’éviter toute erreur.
- L’établi portera deux grands tiroirs à sa partie supérieurs.
- Celui de droite contiendra le marteau, les limes, le burin, etc., c’est-à-dire l’outillage de production, tandis que le tiroir de gauche recevra les instruments de mesures, de vérification et de traçage : mètre, pied à coulisse,' règle, compas, équerres, pointe à tracer, pointeau, etc...
- Ces grands tiroirs comportent chacun deux compartiments.
- Un compartiment est divisé en casiers et l’autre est laissé libre de façon à contenir des planches d’ébonite, des feuilles de laiton, des tôles et autres matières premières dont on est appelé à se servir souvent.
- Les petits tiroirs seront eux aussi divisés en plusieurs casiers.
- Un tiroir de la partie supérieure pour vis de 3 mm de diamètre, par exemple, contiendra des vis à tête ronde, à tête fraisée, à tête « goutte de suif » de différents pas (fig. 6).
- Les autres tiroirs recevront les écrous, les bornes, les douilles, les plots, les ressorts, les tiges filetées, les vis à bois, les clous, les rondelles, etc.
- Dans les tiroirs inférieurs qui sont les plus grands, seront disposés les différents or -ganes servant à la construction d’un poste : supports de lampes , condensateurs et résistances, contacteurs, rhéostats, potentiomètres, transformateurs, etc.
- On pourra faire clouer une tringle de bois dur sur le côté supérieur de l’établi ou de la table. Cette tringle servira à retenir par le manche les outils les plus employés : tournevis, pinces, limes, etc., ils seront ainsi toujours à portée de la main (fig. 7).
- Enfin, il est recommandé de fixer solidement au plancher l’établi ou la table de travail au moyen de quatre équerres, après avoir vérifié l’équilibre horizontal aussi parfait que possible de la tablette au moyen d’un niveau.
- Il ne reste plus qu’à avoir toujours à portée de la main une petite trousse du modèle que nous avons signalé plus haut pour pouvoir exécuter facilement tous les montages de types courants.
- Ainsi, suivant les travaux exécutés par l’amateur, son outillage peut être plus ou moins réduit; nous avons voulu simplement indiquer combien cet outillage peut être simplifié à l’heure actuelle et combien aussi, au point de vue strictement manuel et mécanique l’exécution d’un montage radioélectrique est devenue une tâche facile et rapide.
- Outillage Dyna: Chabot, 43, Hue Richer, Paris.
- Fig. 7.— Comment placer les outils à manche sur l’établi.
- Fig. 4. — Trépan extensible type Dyna pour percer des trous de grand diamètre dans une 'plaque d’ébonite.
- Fig. 6. — Exemple de divisions d’un petit tiroir à vis.
- H. Picard.
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- PETITES INVENTIONS
- HYGIÈNE DE L’HABITATION Air frais et assaini par le « Fraisainair ».
- Dans les pays chauds, le travail est pour ainsi dire suspendu pendant une période de l’année en raison de la température excessive qui règne dans les locaux. Même dans les régions tempérées la saison d’été est particulièrement pénible et la production générale réduite. .
- Il n’était guère possible, jusqu’ici, de rafraîchir les locaux d’habitation et les bureaux administratifs, sans recourir à des installations coûteuses par conséquent prohibitives dans la plupart des cas.
- Une solution intéressante vient d’être trouvée, susceptible d’être adoptée sinon dans tous les pays, du moins dans toutes les contrées où il est possible de se procurer une eau de puits suffisamment fraîche.
- Ces eaux étant en général à une température d’une quinzaine de degrés inférieure à celle de l’air extérieur peuvent être utilisées dans un appareil auquel on a donné le nom de
- Fig. 1 et 2. — Vues extérieures du Fraisainair, ouvert et fermé.
- « Fraisainair » (air frais et sain) représenté en coupe par notre deuxième figure.
- C’est un meuble de quelque deux mètres de hauteur, renfermant une batterie de tuyaux en acier à ailettes semblables à ceux qui sont utilisés dans le système à accumulation de frigories Favier-Thibaut décrit récemment ici même, mais sans enveloppe extérieure. Au-dessus de cette batterie, un groupe moto-ventilateur aspire l’air extérieur et l’oblige à traverser la batterie rafraîchissante dans laquelle circule l’eau fraîche. Cet air, refroidi par conséquent, s’échappe vers la sortie de l’appareil après avoir traversé un filtre à chicanes multiples qui arrête la poussière et les gouttelettes d’eau de condensation provenant de l’assèchement de l’air sur la paroi froide des tubes. Une série complète d’ozoniseurs peut en outre, être installée sur le passage de l’air, avant sa sortie à la partie supérieure de l’armoire.
- Rien n’est plus simple à installer qu’un tel meuble. Il suffît, en effet d’y raccorder la canalisation d’air froid pour assurer la distribution dans les chambres à rafraîchir, la canalisation d’air chajid venant du dehors ou simplement des pièces rafraîchies, d’effectuer les raccords d’entrée et de sortie
- Entrée Sortie
- d’air chaud d’air frais
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- Ventilateur
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- Fig. 3. — Coupe du Fraisainair.
- de l’eau, enfin les connexions électriques nécessaires au fonctionnement du ventilateur et de l’ozoniseur.
- Si nous prenons pour exemple un pays comme le Maroc où la température à l’ombre serait de 38 degrés avec état hygrométrique de 60 pour 100, l’eau de rafraîchissement étant à la température initiale de 20 degrés, l’air serait distribué dans les pièces à la température de 25 degrés avec une consommation de 700 litres d’eau à l’heure pour un appartement de deux pièces, de 1400 litres pour 4 pièces, de 1750 litres pour 5 pièces. C’est là un réel progrès en matière de conditionnement de l’air,
- Constructeur : M. P. Thibaut, ingénieur A. et M., 78, rue de Maistre Paris.
- OBJETS UTILES
- Collier-douche pour bouteilles.
- Un inventeur a imaginé de monter un collier-douche minuscule sur le goulot d’une bouteille; ce collier est alimenté par le robinet de l’évier au moyen d’un tube en caoutchouc, et l’eau qui coule le long du récipient le refroidit beaucoup mieux que lorsqu’on se contente d’immerger la bouteille dans une bassine.
- L’eau froide, en effet, est constamment renouvelée et son action est très énergique.
- Constructeur : Postel, 6, boulevard des Italiens.
- Fig. 4. — Collier-douche pour bouteilles.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Erratum.
- Dans le n6 2837, du 15 juillet 1930, page 86 de La Radiophonie Pratique, une erreur typographique a déformé la légende de la figure 4. Le transformateur modifiable de T. S. F. est dû à M. Alain Barsin et non M. Alain Bansen.
- Rectification. — A propos du pyréthrol (n° du 15 août 1930).
- M. Gattefossé, de Villeurbanne, nous écrit :
- « Nous lisons dans votre boîte aux lettres du 15 août page 191 réponse à M. Naim A Khalyl, à Beyrouth : « à notre connaissance le Pyréthrol n’existe pas ». Nous vous remettons inclus nos notices relatives à l’oléorésine de pyrèthre qui n’est autre chose que le produit de l’extraction de la fleur de pyrèthre par les solvants de pétrole, à basse température, dans le vide, les produits de pyrèthre ne devant pas être chauffés pour conserver toute leur activité.
- Ces oléorésines permettent de préparer extemporanément les insecticides domestiques et agricoles : 3 gr, 6 remplacent 100 gr de fleurs de pyrèthre. On utilise de 3 gr. à 5 gr par litre de pétrole pour obtenir des produits de différentes puissances. Nous vous serions obligés de transmettre ces indications à votre lecteur. »
- Vn œuf phénomène.
- Un œuf de poule phénomène, de s7 centimètres sur 5,5 cm, pesant 85 gr, pondu par une poule, métis de coq Leghorn et poule Brœckel, tel est le monstre que nous avons vu, mesuré, pesé, chez MmeMontaudon, au château de Cholet, àSaint-Vaury (Creuse).
- Cette race de poules, nourrie rationnellement de pâtée et d’un peu de grain, donne bon an mal an 150 œufs par individu, revenu accessoire très appréciable, car ces œufs sont de belle taille.
- Us atteignent couramment 5,5 cm x 4,5 cm et 60 gr; ils subissent parfois une déformation étrange : leur grand axe s’allonge jusqu’à 7 cm, Mais le petit axe reste fixé à 4,5 cm; le poids atteint alors 70 gr, on y trouve quelquefois deux jaunes. L’œuf couvé donne deux poussins jumeaux bien constitués, dit la basse-courrière.
- Notre œuf phénomène, lui, a causé la mort de la pondeuse. Ses tissus internes ont été déchirés, elle n’a pu survivre à ses blessures. L’œuf ne renfermait d’ailleurs qu’un jaune. On regrette vivement de ne pas l’avoir fait couver. Peut-être eût-il donné un poulet de belle taille, qui eût amélioré la race.
- Pour pi'éciser, ajoutons qu’il a été pondu le 12 août de cette année et qu’il est conservé, vidé, par sa propriétaire. R. M. B.
- Observation visuelle d’une onde sonore provoquée par une explosion.
- M. H. Joliet, ingénieur, à Neuilly-sur-Seine, nous communique l’observation suivante :
- « Je profite de l’occasion pour parler d’un autre phénomène que
- j’avais observé il y a douze ans, pendant la guerre, à Castres. Je venais de quitter le front, où je me trouvais en qualité d’artilleur, et, mobilisé au « Matériel chimique de guerre », chargé de l’installation d’une usine de gaz asphyxiants à Albi, je me trouvais un certain jour de l’été 1918 à Castres pour faire une enquête sur les débouchés possibles d’un sous-produit de cette future usine. Vers midi, je me trouvais à l’un des cafés de la ville où je comptais déjeuner, lorsqu’une première explosion puissante brisa les glaces de la devanture et chassa tout le monde dehors. C’était le dépôt de torpilles de Castres qui sautait. Les explosions se succédèrent pendant plus d’une heure avec des intervalles variant d’une à cinq minutes, toutes aussi puissantes. Devant le danger que présentaient les chutes de devantures et des tuiles des toits, je sortis de la ville avec la foule et me portai sur la route d’Albi. Du point où je me trouvais on apercevait la ligne de chemin de fer d’Albi à Castres et une colline placée plus loin me cachait la vue directe de la plaine où se trouvait le dépôt de torpilles. Celles-ci étaient disposées par petits, paquets contenant au moins 1000 torpilles chacun et séparés les uns des autres par des ados en terre et éloignés d’une centaine de mètres l’un de l’autre. Le soleil était torride. Je regardais du côté où se produisaient les explosions, signalées par d’énormes champignons de fumée jaune grisâtre lorsque je m’aperçus que je « voyais » l’onde sonore avant d’entendre le bruit et que le champignon de fumée n’apparaissait qu’un moment après le bruit. En somme je voyais l’onde de compression dès qu’elle paraissait au-dessus de la crête qui me cachait la vue directe de l.’explosion et je la voyais grandir comme une sphère de cristal jusqu’au moment où elle m’arrivait dessus et où j’entendais l’explosion. J’ai à ce moment, mais en vain, essayé de faire partager cette vision par mes voisins, dont un seul m’était connu. Personne n’a pu rien voir et je me suis amusé à faire à bon compte le prophète en prédisant chaque explosion une dizaine de secondes avant de l’entendre. » H. Joliet.
- Pour fixer les cheveux•
- Nous recevons la lettre suivante du Dr Marcel Baudoin
- « Dans La Nature (1930, n° 2840, p. 240) vous citez les produits destinés à fixer aujourd’hui les cheveux.
- « Je puis vous indiquer le procédé simpliste qu’emploient depuis les temps les plus reculés les maraîchines du pays de Monts (Vendée) pour maintenir bien réunis les bandeaux de cheveux très plats, qu'elles portent sur le front, et qu’on voit en avant de la coiffe. '
- « C’était simplement de Veau sucrée ; mais il faut, bien entendu, une eau très sucrée, pour que le sucre, après évaporation, puisse coller les cheveux les uns aux autres.
- « Ce procédé économique vaut certainement la préparation complexe citée aux pépins de coings. J’ajoute que les maraîchines emploient l’eau des marais... L’eau distillée semble vraiment un peu exagérée
- en l’espèce.. » [Dr Marcel Baudouin,
- Auteur du Maraichinage.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Disques souples et disques incassables.
- Nous avons déjà noté dans nos chroniques de phonographie l’apparition sur le marché français de modèles différents de disques phonographiques incassables, ou même de disques souples.
- Les disques souples sont minces et formés d’une matière homogène cellulosique; les disques incassables ont à peu près la même épaisseur que les disques ordinaires et seule leur surface est cellulosique. Parmi les disques souples les plus connus, on peut citer les disques Mélographe que l’on peut trouver surtout dans les grands magasins et les agences Photomaton et qui servent à des enregistrements d’amateurs, les disques Goodson, et, enfin les Celtosdics Pathé.
- Réponse à M. Théorier, à Melun.
- Pourquoi le verre blanc de fabrication ancienne devient-il violet.
- Le verre de qualité médiocre s’obtient en parlant d’un sable plus
- ou moins ferrugineux, il en résulte après la fusion une coloration jaune verdâtre bien connue (vert bouteille) qui est due à la formation d’un silicate de fer au minimum d’oxydalion.
- Pour remédier à cet inconvénient et masquer la coloration jaune, il est de pratique courante d’ajouter à la masse pendant la fusion, un peu de bioxyde de manganèse (savon des verriers) dont le silicate résultant est violet.
- Cette couleur se superposant physiquement à la première fait paraître le verre incolore puisque le violet est la couleur complémentaire du jaune.
- Plus tard lorsque ce verre est exposé au grand air pendant longtemps, il se produit une oxydation du sel ferreux qui passe à l’état de sel ferrique dont le silicate est incolore, de sorte que le jaune disparaît, le violet dû au manganèse persiste seul, ce qui explique que le verre jadis blanc est devenu violet.
- Réponse à M. Mallet, à Mecheria.
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- Colorons facilement nos vitres.
- L’emploi qui se fait de plus en plus de vitres teintées, soit en jaune orangé, soit en bleu, pour les automobiles, afin de protéger la vue des occupants, peut faire désirer de donner également aux vitres d’habitation une coloration légère qui rende'plus agréable pendant la saison d’été, le séjour dans une pièce trop exposée au soleil.
- Il suffit pour réaliser cette petite amélioration de faire gonfler dans environ vingt fois son poids d’eau froide, de la gélatine blanche, que l’on trouve couramment chez tous les épiciers sous le nom de blanc manger. Après macération du jour au lendemain, on liquéfie au bain-marie et ajoute une trace de la couleur d’aniline choisie. (Eviter surtout d’en mettre trop). Les couleurs solubles dans l’eau mises actuellement à la disposition des ménagères pour la reteinture des étoffes conviennent parfaitement pour cela.
- Pendant que le liquide est encore chaud, on l’applique sur la vitre, à l’intérieur bien entendu, que l’on a eu soin, au préalable, de nettoyer très soigneusement, afin qu’il n’y ait plus à sa surface de maculatures graisseuses. L’application se fera de préférence avec un large pinceau plat appelé queue de morue.
- Une fois la belle saison passée, on pourra rendre à la vitre son état primitif, en lavant à l’eau tiède; au cas où on aurait désiré un enduit définitif, il aurait suffi après séchage de quelques heures, de passer à la surface de la gélatine le même pinceau lavé et reimbibé d’une solution aqueuse de formol à 5 pour 100; la gélatine ainsi insolubilisée ne s’enlèverait alors qu’au couteau.
- N. — Si le formol doit être utrlisé, s’assurer qu’il est sans action sur la couleur d’aniline choisie. Réponse à M. Gleize, à Bayonne.
- P. S. — Les lames transparentes en celluloïd employées dans certains cas comme vitres d’autos, se nettoient au moyen d’alcool camphré, on polit ensuite à la flanelle de laine.
- Comment se fabrique le papier doré.
- Lorsqu’il s’agit seulement de dessins, on fait usage pour l’impression d’un vernis siccatif à l’huile de lin, on saupoudre ensuite soit avec le produit, désigné sous le nom de poudre d’or ou or mussif (bisulfure d’étain), soit, pour les exécutions soignées, avec de l’or véritable provenant de feuilles broyées; il suffit ensuite de blaireauter pour enlever l’excès de poudre.
- Pour les papiers à surface unie, on commence par préparer celle-ci en lui donnant l’assiette qui doit recevoir la dorure définitive.
- Dans ce but on prépare une colle légère au moyen d’une colle de peaux de lapin et de colle de peau blanche à laquelle on incorpore une couleur couvrante minérale jaune telle que ocre, jaune de chrome, pour constituer ce fond.
- On donne ainsi successivement trois couches d’encollage en laissant bien sécher entre chacune d’elles.
- La feuille étant ensuite étendue sur un marbre bien uni, on la mouille des deux côtés avec une brosse douce pour que la feuille se mette bien à plat, puis laissant la face encollée en dessus on applique sur celle-ci encore moite,soit au tampon, soit mécaniquement, la poudre d’or; on laisse bien sécher, puis on enlève par époussetage l’excès de poudre.
- On termine par un brunissage sur une planche épaisse, de préférence en poirier, parfaitement unie.
- L’action du brunissoir est facilitée par passage sur la partie dorée d’un tampon de drap préalablement frotté sur un morceau de cire blanche. Réponse à M. Lippèns, à Gand.
- P. S. — La cuisson de l'huile de lin a pour but de lui donner l’aptitude de fixer rapidement l’oxygène de l’air, afin de donner naissance à l’acide linolénique qui est la partie constitutive de la pellicule solide de la peinture une fois sèche.
- La siccativation de l’huile s’obtient en la faisant bouillir pendant cinq à six heures environ soit avec de l’oxyde de plomb (litharge), soit avec un sel de manganèse (borate, oxalate, résinate,etc.);la proportion à employer varie suivant le cas de 5 à 10 pour 100.
- Revue pour amateurs constructeurs. "
- Les principales revues de T. S. F. destinées plus spécialement aux amateurs-constructeurs sont : La T. S. F. pour tous, La T. S. F. Moderne, et T. S. F. Revue.
- Parmi les journaux hebdomadaires, on peut citer : L’Antenne, le Haut-Parleur, France-Radio, Tous Sans-Filistes, etc...
- Réponse à M. Le B. à L’Isle-sur-Sorgue (Vaucluse).
- De tout un peu.
- IVI. Roeltgen, à Senlis : 1° Le meilleur moyen pour délruire les miles qui se sont logées dans le rembourage de votre fauteuil est d’insuffler dans l’intérieur de celui-ci, de la poudre de pyrèthre » fraiche ”,de même que dans toutes les jointures pouvant exister. Saupoudrer également la surface du fauteuil puis la recouvrir d’une housse que vous laisserez en place quelques jours; après quoi vous brosserez énergiquement pour enlever la poudre et les papillons morts.
- 2° L’humidité de voire placard tient à la disposition du local, très probablement non sur cave; en outre les matériaux de construction sont sans doute poreux et amènent facilement à la surface, par capillarité, l’eau contenue dans le sol. A notre avis le seul remède est d’assurer une circulation d’air sec dans le placard en faisant arriver dans le bas l’air puisé au dehors par un tuyau assez large en zinc, fer-blanc ou autre matière. D’autre part une ventouse, placée en haut du placard, permettra à l’air saturé d’humidité de se répande dans la cuisine.
- Quant à celle-ci, il est évident que son aération doit être assurée d’une façon parfaite, par une hotte ou un ventilateur.
- 3° Vous trouverez des notices très complètes sur le classement des Bibliothèques dans les maisons qui suivent : Borgeaud et Clc, 30, rue des Saints-Pères (7e); Wiener, 3, rue des Concourt (11e).
- 4° Pour le rebouchage des fentes de parquets prendre :
- Cire jaune........................................... 350 grammes
- Résine en poudre......................................200 —
- Suif...................................................50 —•
- Incorporer au mélange fondu :
- Blanc d’Espagne.......................................400 —
- Cette composition s’applique à chaud dans les rainures, on laisse durcir quelques heures, puis racle l’excédent avec une lame quelconque ou un morceau de verre cassé, de forme arrondie.
- On peut approprier la teinte à celle du parquet ou des meubles en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge, du noir de fumée, etc.
- N. B. — On peut également, en augmentant la quantité de suif, réaliser un mastic plus malléable, s’employant à froid, au couteau à mastiquer des peintres.
- Ecole Colbert : 1° Pour rendre apparents les chiffres ou traits gravés sur la verrerie de laboratoire, il suffit de passer un tampon imbibé d’un mélange de céruse broyée à l’huile et de minium. On laisse sécher quelques heures, puis on enlève l’excédent avec un chiffon doux;
- 2° En ce qui concerne votre cuiller nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’un acier inoxydable, car ce dernier est un acier chromé, moins fusible que l’acier courant. A notre avis, votre cuiller est simplement en composition, c’est-à-dire qu’elle est constituée par un alliage d’étain de plomb et d’antimoine.
- M. Viard au Chesnay. — Vous aurez les renseignements les plus sûrs, pour la destruction des rats, en vous adressant à M. le Dr A. Loir du Havre, qui vient de faire une vaste enquête sur cette question en Allemagne et en Belgique auprès des Instituts d’hygiène de Charlotten-bourg, Berlin, Hambourg, etc., il vous fera connaître très volontiers quels sont les moyens efficaces dont on dispose actuellement et la façon de les appliquer.
- M.G. Rozê, à Bayonne: 1° Vous rincerez facilement vos bouteilles à l’huile, en vous servant d’eau tiède alcalinisée non par le carbonate de soude, mais par la soude caustique (potassium des peintres).
- 2° La question torréfaction du café a été traitée par nous dans le n° 2802, page 143 et dans le n° 2804 page 239 : veuillez bien vous y reporter.
- IVI. Le Dr Vignes, à Collioure : 1° L’action de la soude caustique pour le débouchage des tuyaux de lavabos sera d’autant plus efficace que la solution sera plus concentrée. Le meilleur mode d’emploi est d’assécher complètement la cuvette, puis de placer dans le tuyau de descente une cinquantaine de grammes de soude caustique en plaquettes laquelle se dissoudra peu à peu et par densité gagnera le tampon de cheveux qui neuf fois sur dix produit l’obstruction.
- Bien entendu, il faut la patience d’attendre que cela se débouche tout seul... ou pas du tout si la cause en est autre.
- 2° Nous avons publié un article très complet sur le chauffage électrique de l’eau par accumulation dans le n° 2794 du 1er octobre 1928, page 300.
- Voir également un modèle de chauffe-eau électrique construit par Marcou, 38, avenue de Paris à Versailles, décrit dans notre n° 2806 du 1er avril 1929, page 332.
- Le Gérant : G. Masson.
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- N* 2843
- LA NATURE
- 15 Octobre 1930
- LES EXPLOITATIONS FRANÇAISES DE BAUXITE
- L’aluminium, le benjamin des métaux usuels, a été appelé, à juste titre, le métal français : bien français aussi est le minerai employé aujourd’hui d’une façon à peu près exclusive pour le produire : la bauxite. Cette roche d’aspect et de propriétés variables a été découverte, utilisée et exploitée pour la première fois dans notre pays et, à l’heure actuelle, bien que l’on ait reconnu que la bauxite est plus largement répandue sur le globe qu’on ne le croyait à l’origine, c’est encore la France qui possède les plus importantes mines ou carrières en exploitation.
- LES BAUXITES
- La bauxite qui doit son nom, comme on le sait, au village des Baux, près d’Arles où elle fut découverte pour la première fois par le professeur Berthier en 1820, est une roche amorphe contenant de 45 à 80 pour 100 d’hydrate d’alumine mélangé à diverses impuretés telles que l’oxyde de fer, la silice, l’acide tita-nique, etc... On la trouve dans les terrains secondaires et sa position est comprise entre le Jurassique et le Crétacé inférieur où elle remplace toujours au moins un étage absent (le Gault ou Aptien) comme le fait se vérifie au Revest, près de Toulon, mais les lacunes sont souvent plus importantes. A Pierrerue (Hérault,), par exemple, la bauxite repose sur F Infra-lias, tandis qu’à Villeveyrac (Hérault), elle surmonte l’Oxfor-dien.
- Sur les origines de la bauxite, de nombreuses théories ont été échafaudées que nous ne pouvons examiner ici. On peut indiquer cependant qu’on est à peu près d’accord aujourd’hui pour les classer en deux catégories :
- a) Les bauxites du type « latéritique », ainsi nommées en raison de leur ressemblance et de leur communauté d’origine évidente avec les latérites, roches alumineuses
- caractéristiques des pays tropicaux, dérivent vraisemblablement de l’altération d’une roche primaire, gneiss ou basalte.
- b) Les bauxites du type « lilonien », ou « terra rossa » des géologues anglais et allemands, auxquelles on attribue une origine geysérienne, seraient, en définitive, le résultat de la sédimentation dans les anfractuosités du sol des matières apportées par des sources thermales.
- Au premier type, nous pouvons rattacher les bauxites du Massif Central (Lozère, Cantal, Puy-de-Dôme). Le second, le seul intéres--sant au point de vue pratique, groupe les gisements du Languedoc et de la Provence. Dans ces régions, la bauxite se présente en fdons prolongés ou en amas importants qui donnent lieu depuis plus de 50 ans à une exploitation sans cesse plus active.
- LES GISEMENTS FRANÇAIS DE BAUXITES
- Ces gisements sont exploités dans quatre départements qui sont, par ordre d’importance : le Var, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et l’Ariège.
- Le département du Var, à lui seul, assure les trois quarts de la production française. La bauxite y forme des couches continues et bien nettes, sauf dans le nord du département (région de Barjols) et dans le sud (au Revest près de Toulon) où la formation en poches est la règle générale. La principale zone minéralisée qu’on appelle la a grande formation» s’étend sur près de GCfkm de la Sainte-Baume au Cannet. La qualité dominante est la bauxite rouge pour la fabrication de l’aluminium et des ciments fondus. Nous ne pouvons songer à* énumérer toutes les exploitations de cette région, mais nous citerons, en allant de l’est à l’ouest, les plus importantes.
- La mine du Récou qui est la plus importante d’Europe
- Fig. 1. •— Une exploitation de bauxite au Thoronet. La couche est remarquablement épaisse.
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- et une des mieux aménagées, production atteignant 100 000 tonnes par an.
- Les carrières du Thoronet dont certaines sont remarquables par la puissance des couches exploitées (fig. 1.).
- Les mines de Combecave dans la commune de Cabasse et celles de Brau à Carcès.
- Les mines de Saint-Christophe à Vins, dont nous parlerons plus loin.
- Les mines de La Brasque dans la commune du Yal, les carrières et mines des environs de Brignoles : Merlançon, Tombarel, Pélicon; celles d’Engardin, dans la commune de La Celle et enfin les mines de La Baume-Saint-Michel et de La Caire, dans la commune de Mazaugues.
- Les Bouches-du-Rhône n’interviennent que d’une façon modeste dans la production française. Les gisements de cette région n’ont ni la puissance, ni surtout l’homogénéité des bauxites du Var. Les exploitations sont disséminées dans les communes de Paradou, Les Baux et Fontvielle.
- Au contraire, le rôle du département de l’Hérault tend à s’accroître. Bien que la bauxite ait été reconnue en un grand nombre de points, deux zones seulement méritent de retenir notre attention : au nord, la région de Bédarieux qui contient des amas importants s’étend sur les communes de Bédarieux, Carlencas, Pézènes et La Tour-sur-Orb; au sud, la région de Villeveyrac, Lou-pian et Villeneuve-les-Maguelone. C’est à Villeveyrac que la bauxite a été exploitée industriellement pour la première fois au monde en 1873.
- Enfin, dans F Ariège se trouvent quelques exploitations en activité à Péreille, Cadarcet, La Bastide-de-Sérou, d’où sont extraits des minerais de qualité bien spéciale caractérisés en général par une teneur élevée en alumine et en silice ainsi que par une grande dureté.
- L’EXPLOITATION DES GISEMENTS DE BAUXITE
- En France, la bauxite est considérée comme un produit de carrières parce que, à l’origine, c’est-à-dire, dans le dernier quart du siècle dernier, l’exploitation se fai-
- sait à peu près exclusivement à ciel ouvert, mais avec l’épuisement des gîtes de surface, il a fallu se résoudre à chercher le minerai en profondeur et aujourd’hui, bien qu’il y ait encore des carrières très importantes en activité, les exploitations souterraines dominent nettement.
- En général, l’exploitation d’un gisement débute par le creusement d’un plan incliné suivant le pendage de la couche et d’où partent des galeries en direction. Le boisage est plus ou moins serré suivant la résistance du toit et certaines exploitations arrivent à s’en passer. Il n’est procédé à aucun remblayage et l’on se contente de laisser des piliers de protection. L’exploitation en carrière n’offre aucune caractéristique spéciale et, dans certains gisements, les deux modes de travail, souterrain et à ciel ouvert, se trouvent réunis.
- Jusqu’à ces dix dernières années, l’outillage des mines françaises de bauxite était très rudimentaire; mais un effort sérieux a été fait sous la pression de diverses circonstances dont la plus opérante a été la raréfaction de la main-d’œuvre, pour équiper rationnellement les chantiers. Les perforatrices à air comprimé ont remplacé les appareils à main pour le forage des trous de mine. Les explosifs les plus usités sont les dynamites lentes et les poudres chloratées; on commence à adopter la mise à feu électrique.
- L’air comprimé sert aussi pour la conduite de petits appareils, treuils, pompes, etc...
- Le problème de la force motrice est loin d’être résolu. Peu d’exploitations disposent encore de l’énergie électrique en raison de leur éloignement des lignes de transport de force. On peut citer parmi les mines électrifiées celles du Recou, de Saint-Christophe et de Mazaugues, dans le Var, alimentées par la Société de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen; mais on commence à installer dans certaines exploitations des stations comportant des groupes électrogènes mus par des moteurs Diesel.
- Dans les autres cas, le moteur à essence ou à pétrole lampant est venu remplacer peu à peu la machine à vapeur du type locomobile ou demi-fixe employée à l’origine. A l’heure actuelle la tendance est au remplacement du moteur à explosion par le moteur à combustion interne fonctionnant suivant le cycle Diesel ou semi-Diesel. Ces engins actionnent principalement des treuils, des pompes, des compresseurs d’air et des ventilateurs; ils développent une puissance qui va de 8 à 60 ch suivant les circonstances.
- Dans la commune de Vins (Var) ont été foncés plusieurs puits de 100 à 120 mètres de profondeur destinés à recouper une couche puissante de bauxite de bonne qualité. Ces puits sont équipés d’une façon moderne avec chevalement métallique, cages d’extraction, recettes de fond et de surface, etc... Le voisinage de la rivière Caràmy a posé d’une façon particulière le problème de l’exhaure et ces puits ont été munis de pompes centrifuges actionnées par des moteurs électriques de 100 à 125 ch, ce
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- qui ne les a, d’ailleurs, pas empêchés d’être inondés à diverses reprises.
- Le transport des produits du carreau de la mine aux gares s’effectue de différentes manières.
- Quelques exploitations possèdent des câbles automoteurs, comme celui du Récou au Luc (1600 m), de La Brasque à Ma-quan, près de Bri-gnoles (4800 m), de La Baume à Tourves (7 km 500), tous dans le Yar, et celui de l’Arboussas à l’ancienne gare de Béda-rieux (5 km), dans
- l’Hérault. Il existe aussi quelques voies ferrées à écartement réduit comme celles de Mazaugues à Tourves (9 km), du Récou au câble (4 km 500) et dans l’Ariège celle de Péreille à la route (2 km 500) sur lesquelles la traction des wagonnets est assurée par des locomotives électriques ou à essence.
- Cependant, la plus grande partie des produits est transportée par route, au moyen de camions automobiles à bennes basculantes d’une portée utile de 5 à 9 tonnes. On emploie encore dans quelques petites exploitations des Bouches-du-Rhône et de l’Ariège des charrettes traînées par des chevaux ou des bœufs. Le chargement des véhicules se fait presque partout au moyen de trémies en bois ou en maçonnerie (fig. 2).
- LES USAGES DE LA BAUXITE FRANÇAISE
- La bauxite employée au début pour la fabrication du sulfate d’alumine et des aluns a trouvé son principal emploi comme minerai d’aluminium, mais au cours des 30 dernières années de nombreux débouchés ont été découverts. Aujourd’hui, l’industrie l’emploie dans la fabrication des produits réfractaires, des meules artificielles ou autres abrasifs en corindon synthétique, des ciments alumineux, dits ciments « fondus », à prise extra-rapide, résistant aux eaux sulfatées ou marines, des peintures anti-rouille, dites « minium d’aluminium »,
- Fig. 3 (à gauche). — La manutention des bauxites.
- Grue à benne preneuse déchargeant des wagons dans un port.
- Fig. 4 (à droite).
- L’embarquement des bauxites pour l'exportation.
- de certaines porcelaines électriques, pour la purification des lits de fusion, pour le raffinage et la désulfuration des huiles minérales, pour la production de gemmés synthétiques etc...
- La moitié environ de la production française est traitée dans notre pays. Le reste est exporté, par voie de mer principalement, par quelques ports méditerranéens, Saint-Raphaël, Toulon, Caronte, Port-de-Bouc et Sète, Dans tous ces ports sauf dans le premier, la bauxite est manutentionnée à l’aide d’appareils de levage puissants : grues à benne preneuse, montées sur rails ou sur chalands (fig. 3) qui assurent une mise en stock et un chargement rapides des navires. A Saint-Raphaël, l’absence de voies ferrées sur les quais a entraîné l’adoption d’un système spécial; les bauxites déchargées des wagons sont mises dans des bennes cylindriques qu’on transporte au quai où elles sont déversées dans les cales des navires.
- Nos principaux clients sont, par ordre d’importance : l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis, la Norvège et l’Italie.
- Pour terminer, nous indiquerons que la production française qui atteignait 250 000 tonnes environ avant la guerre est passée à 315 000 tonnes en 1923 et paraît s’être stabilisée depuis trois ans dans les environs de 650 000 tonnes d’une valeur moyenne de 50 francs la tonne sur wagon, gare expéditrice.
- A. F. Pellat.
- LES EAUX MINÉRALES A LA SOURCE
- ET EN BOUTEILLE
- MODIFICATIONS DE LEURS PROPRIÉTÉS
- Tous les chercheurs qu’intéresse la question du mode d’action des eaux minérales sont aujourd’hui bien d’accord pour affirmer qu’il est impossible d’obtenir avec bien des eaux les mêmes résultats, suivant qu’elles sont
- source même ou après exporta-
- consommées à la tion.
- Ceci n’est point vrai cependant pour toutes les eaux et certaines d’entre elles, après un embouteillage de longue
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- durée, possèdent les mêmes propriétés que lorsqu’on les a puisées au griffon de la source.
- Comment expliquer ces faits ?
- L’analyse chimique n’indique, en général aucune variation appréciable de la composition de ces diverses eaux.
- L’étude de la radioactivité des eaux n’a pas non plus apporté des explications un moment espérées.
- Devons-nous renoncer à trouver un phénomène objectif en relation avec ces faits universellement reconnus et comme les médecins qui nous ont devancé admettre un quid divinum des eaux utilisées à la source ?
- Au cours de ces dernières années j’ai pu observer les faits suivants qui m’ont obligé à conclure qu’un gros phénomène physico-chimique doit nécessairement dif-
- tissus. Consommée en bouteille, les mêmes phénomènes ne suivent point l’ingestion (constatations faites avec R. Clogne).
- 3° L’eau de la Bourboule (Choussy-Perrière) prélevée au griffon et utilisée en injections intra-veineuses sur le lapin abaisse la quantité de sucre contenue dans un litre de sang de 0 g 85 à- 0 g 50. Utilisée de même après embouteillage, elle élève la quantité de sucre contenue dans un litre de sang de 0 g 85 à 0 g 95 (expériences de Grandpierre, R. Clogne, A. Courtois, R. Pierret).
- 4° L’eau de Vichy (Grande-Grille, Hôpital ou Chomel) bue au griffon a sur l’organisme humain des actions bien définies; elle présente des actions presque contraires, consommée en bouteille.
- Fig. 1. — Microphotographie d'une coupe de la peau d’une anguille ayant vécu dans l’eau de Balaruc (Source romaine) fraîchement puisée. Les cellules pigmentaires de la peau (taches noires) sont rétractées en globules; l’anguille paraît décolorée.
- (Préparation du Pr E. Grynfeltt, cliché Iierbaut).
- férencier certaines eaux étudiées à la source des mêmes eaux étudiées après embouteillage.
- Voici ces faits dans toute leur brutalité :
- 1° Des anguilles plongées dans l’eau de Balaruc (Hérault) source Romaine, fraîchement puisée, se décolorent rapidement par rétraction des cellules pigmentaires de leur peau. Mises dans la même eau, préalablement embouteillée 24 heures, elles se recolorent par retour des cellules pigmentaires à leur forme normale (fig. 1 et 2). Il est donc incontestable que cette eau de Balaruc fraîche et embouteillée a des effets biologiques différents. Cependant l’analyse chimique délicate ne révèle aucun changement appréciable et la radioactivité est aisément mise hors de cause (expériences faites avec le Dr H. Guibert, à Balaruc).
- 2° L’eau de La Bourboule (Choussy-Perrière) bue au griffon amène une rapide fixation d’arsenic dans les
- Il en est de même pour l’eau de la Bourboule (Choussy-Perrière.)
- 5° L’eau de Vichy (Célestins) présente les mêmes actions, consommée en bouteille ou à la source; il en est de même pour les diverses sources de Vais et du Boulou.
- Ces cinq faits suffisent, je crois, à confirmer que certaines eaux paraissent perdre à l’embouteillage certaines propriétés tandis que d’autres demeurent sans modifications.
- Je suis parti de ces faits pour établir le raisonnement ci-après :
- Si certaines eaux ont une action sur les êtres vivants c’est que des échanges s’établissent entre ces eaux et les tissus vivants avec lesquels elles sont en contact. S’il y a des échanges entre une eau et un tissu vivant en contact, il doit s’établir une différence d’état électrique entre cette eau et ce tissu.
- Du signe et de l’intensité de ce phénomène électrique
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- Fig. 2. — Microphotographie d'une coupe de la peau d’une anguille ayant vécu dans l'eau de Balaruc (Source Romaine) préalablement embouteillée. Les cellules pigmentaires de la peau (taches noires) sonl étalées en larges plaques; l’anguille présente sa coloration normale.
- (Préparation du Pr E. Grynfeltt, cliché Herbault).
- doivent dépendre la nature et l’intensité des échanges.
- C’est à ce phénomène électrique mesurable avec un dispositif simple ( fi g. 3) que j’ai donné le nom d’indice de nutrition ('). L’indice de nutrition d’une eau est la différence de potentiel constatée entre cette eau et les tissus vivants d’un sujet mis en contact avec elle. Cet
- 1. J. L. Pech. La notion d’indice de nutrition (Montpellier Médical, t. XLIX, 1” déc. 1928, p. 503-505). — J. L. Pech. Recherches sur des eaux minérales Françaises (Annales de la Société d'hydrologie et de climatologie médicales de Paris, t. XLVIII, n° 5, année 1926-1927, p. 144-163).
- Fig. 3. — A. récipient en verre neutre contenant l’eau minérale à étudier. B. récipient en verre neutre contenant une solution de chlorure de sodium pur à 9 pour mille dans l’eau distillée. PD, pouce droit et PG, pouce gauche d’un même individu.
- Le galvanomètre G relié aux deux liquides, au moyen d’électrodes E en platine pur, permet de lire l’indice de nutiirion de l’eau examinée. 'Le galvanomètre doit présenter une résistance de 3000 ohms au moins et être sensible au millivolt ou au centième de micrcampère).
- indice est affecté du signe + si l’eau est positive par rapport aux tissus du sujet, du signe — dans le cas contraire.
- Il a été facile de constater, en mesurant les indices de
- Fig. 4. — Graphique des recettes d’une grande Cle d’eaux minérales agissant surtout par boisson et dont l’indice de nutrition s’inverse à la
- source.
- En ordonnées : recettes par 50 000 francs; en abcisses les années (en raison des variations de la valeur monétaire après 1913, le graphique est arrêté à cette date).
- En pointillé : produit de la vente des bouteilles.
- En trait plein : recettes à la source.
- On remarque la progression constante des recettes à la source. La vente des bouteilles d’abord développée par publicité (comme la station) diminue malgré les efforts de la Cle pour développer cette branche, financièrement la plus profitable.
- 500000
- «0.000
- woooo
- 350000
- 300000
- t 250000
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- ^ 200.000
- 100.000
- 50.000
- £> <5
- 2 2
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- nutrition, les phénomènes ci-après, en relation avec les faits relatés ci-dessus :
- 1° L’eau de Balaruc (Source Romaine) présente à la source un indice de nutrition positif et après embouteillage un indice de nutrition négatif.
- 2° L’eau de la Bourboule (Choussy-Perrière) présente à la source un indice de nutrition négatif; après embouteillage son indice de nutrition est positif (recherches en collaboration avec le Dr J. Anglada).
- 3° Les eaux de Vichy (Chomel, Grande-Grille, Hôpital) présentent à la source un indice de nutrition négatif qui devient positif après embouteillage.
- 4° Les eaux de Vichy (Célestins), Vais, le Boulou, neutres au griffon et même après plusieurs années d’embouteillage prennent le même indice de nutrition par rapport à la muqueuse stomacale (prises à jeun), qu’elles soient fraîchement puisées ou embouteillées depuis plusieurs années.
- Il semble donc bien qu’un changement physico-chimique important se produit dans certaines eaux et point dans d’autres suivant qu’elles sont étudiées à la source ou après embouteillage. Ce changement ou cette stabilité peuvent être objectivés par l’étude de l’indice de nutrition.
- Avons-nous le droit de conclure que l’efficacité d’une
- eau reconnue thérapeutiquement active est en rapport avec son indice de nutrition ?
- L’expérience seule peut répondre à cette question.
- Il est impossible d’expérimenter avec d’autres eaux que celles agissant par boisson.
- Voici une expérience qui dure depuis près d’un siècle.
- Les eaux qui conservent en bouteille l’indice de nutrition qu’elles possèdent à la source sont très consommées en bouteille et peu de baigneurs fréquentent la station (Vais, le Boulou, Vichy-Célestins). L’inverse se produit (fig. 4) pour les eaux dont l’indice de nutrition à la source ne se conserve pas en bouteille (la Bourboule, et à Vichy, les sources : Grande-Grille, Hôpital, Chomel).
- Cette constatation a selon moi une valeur indiscutable et prouve qu’il y aurait un puissant intérêt à utiliser un procédé d’embouteillage conservant aux eaux minérales fragiles l’indice de nutrition qu’elles possèdent à la source. De telles recherches auraient un beau côté humanitaire en permettant à des malades, actuellement privés par leurs ressources ou leur situation sociale des bienfaits d’une cure hydro-minérale, de bénéficier de médicaments précieux fournis par la nature et dont actuellement la plus
- grosse part reste inutilisée. _ , _ _
- ë F Dr J. L. Pech,
- Professeur de physique médicale à l’Université de Montpellier.
- CURIEUX PHÉNOMÈNES D’ÉLECTRISATION
- DE L’ESSENCE DE PÉTROLE ET DES HYDROCARBURES LIQUIDES
- L’essence de pétrole et d’une manière générale, les hydrocarbures liquides peuvent s’électriser d’une manière intense par simple écoulement à travers des tuyaux métalliques. C’est ce qu’on peut constater très simplement, comme l’a montré M. Brüninghaus (*), au moyen d’un tube de cuivre P de 2 m de longueur et de 2 mm environ de diamètre intérieur, mettant un récipient R contenant 100 à 200 cm5 d’essence en relation avec un cylindre de Faraday C qui communique avec un électromètre E (fig. 1). En chassant l’essence- du récipient, par exemple au moyen d’azote comprimé, de façon à provoquer son passage rapide à travers le tube P mis en communication avec le sol, et à l’amener dans le cylindre, on constate que l’écoulement des 250 cm3 d’essence en une seconde produit un écartement très net des feuilles d’or sous l’influence de la charge électrique apportée du cylindre par l’essence. Cette charge est toujours négative. En mettant au contraire en communication avec le sol le cylindre de Faraday qui reçoit l’essence et reliant le tube à Téléc -troscope, on constate que le tube s’électrise positivement.
- Le phénomène est assez complexe. Si l’on répète l’expérience plusieurs fois de suite, les résultats obtenus ne
- 1. Voir notamment le Journal de Physique et le Radium, Janvier 1930, t. 1.
- demeurent pas constants. Lorsqu’on opère avec de l’essence nouvelle et un appareil n’ayant encore jamais servi, on obtient de fortes charges. Au deuxième passage, les charges produites sont plus faibles. Aux passages suivants elles diminuent encore et ainsi de suite. Il ne suffit d’ailleurs pas de renouveler l’essence pour remettre l’appareil en état de fonctionner. Celui-ci apparaît souvent comme empoisonné et sa remise en état est une opération laborieuse et assez incertaine.
- Le contact de l’essence avec certaines limailles métalliques (par exemple avec une limaille de bronze ou de cuivre) ou mieux son passage à travers une couche de ces limailles suffit souvent à lui faire perdre la propriété de s’électriser par écoulement dans un tube métallique.
- Cependant, toutes les poudres métalliques ne se comportent pas de la même manière. Certaines sont actives tandis que d’autres n’exercent aucune influence, sans qu’on perçoive nettement les raisons de ces différences. Toutefois en mesurant la conductibilité électrique d’une essence rendue inactive par son passage à travers une limaille métallique, M. Brüninghaus a constaté qu’elle était supérieure à celle de l’essence naturelle, d’où l’hypothèse que l’inactivité de l’essence pourrait tenir à la présence de très fines particules métalliques en suspension. Aussi M. Brüninghaus a-t-il eu l’idée d’étudier
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- l’influence exercée sur l’essence par l’addition d’une faible quantité d’un liquide légèrement conducteur comme l’alcool; il a constaté ainsi que l’addition à la benzine d’un trentième de son volume d’alcool ordinaire à 95° la rend inapte à s’électriser.
- En augmentant la surface de contact du liquide et du métal de façon à multiplier les effets de contact pour un volume donné de liquide, et en réduisant l’épaisseur de la couche liquide, M. Brüninghaus est parvenu à obtenir des effets électriques extrêmement intenses. Pour accroître considérablement la surface de contact entre l’essence et le métal, il a eu l’idée de prendre celui-ci sous forme pulvérulente, c’est-à-dire de faire filtrer l’essence à travers une fine limaille métallique choisie, bien entendu, parmi celles qui ne désactivent pas l’essence (une limaille de laiton obtenue à sec convient particulièrement).
- L’appareil très simple construit par M. Brüninghaus est représenté sur la figure 2. Il se compose de deux récipients métalliques isolés R et R' qui communiquent entre eux par un tube isolant dont la partie médiane est en caoutchouc et en verre.
- Le récipient R, auquel on peut donner le nom de producteur, est rempli à moitié d’une fine limaille de laiton. L’essence, mise en mouvement par une pompe, filtre à travers la limaille et se rend, par l’intermédiaire des tubes isolants, dans le récipient R' qui constitue une sorte de collecteur. Par son passage à travers la limaille, l’essence se charge négativement et apporte au collecteur R' ses charges négatives, tandis que sur les parois du producteur R s’accumule une quantité équivalente d’électricité positive acquise par la limaille. Après cette opération la limaille et l’essence sont ramenées à l’état neutre puisque les charges électriques qu’elles portaient
- Fig. 2. — Petile machine électrostatique utilisant Vélectrisation de l’essence par écoulement dans les tubes métalliques.
- Le passage de l’essence du récipient R (producteur) dans le récipient R’ (collecteur) par un tube isolé (caoutchouc et verre) fait naître entre les récipients R et R1 des différences de potentiel susceptibles de produire des étincelles entre les boules de l’éclateur E. Le fonctionnement de la machine est continu grâce au jeu de la pompe P qui permet de ramener l’essence de R' dans R.
- Caoutchouc
- Liquide
- métalliques
- + Limaille
- Caoutchouc rSfEfcv l/erre
- Toile
- métallique
- Caoutchouc
- Caoutchouc
- =0 C=
- Détendeur du tube d'azote
- Fig. 1. — Electrisation de l’essence de pétrole par écoulement à travers un tube métallique.
- L’essence contenue dans le récipient R s’écoule à travers le serpentin métallique P dans un récipient métallique G communiquant avec un électroscope sensible E. L’écoulement de 200 cm3 d’ëssence suffit à charger l’électroscope d’une manière sensible.
- ont été transmises à la paroi extérieure des récipients qui les contiennent. En ramenant l’essence dans le récipient R par le jeu de la pompe P, recommençant l’expérience et ainsi de suite, on arrive à accumuler sur les parois des deux récipients des charges considérables, et à établir entre eux des différences de potentiel très importantes. Aussi en réunissant les parois des récipients R et R' aux deux électrodes de l’éclateur E peut-on obtenir des étincelles très nettes entre les boules de cet éclateur. Pour un volume d’essence de 200 cm3 et une durée de passage d’une seconde, la longueur de l’étincelle à chaque coup de piston varie entre 2 et 9 mm, ce qui correspond à des potentiels compris entre 800 et 3000 volts. Ce dispositif constitue une véritable petite machine électrostatique.
- Les expériences précédentes sont non seulement très curieuses en elles-mêmes, mais encore très importantes par les considérations d’ordre pratique qui s’y rattachent. On à eu souvent en effet à déplorer de redoutables explosions suivies d’incendies dans les raffineries de pétrole et les dépôts d’essence, se produisant d’une manière spontanée sans cause apparente connue. L’électrisation de l’essence par écoulement à travers les tubes métalliques et notamment le fonctionnement de la petite machine électrostatique qui précède font comprendre qu’il puisse se produire dans les installations industrielles des étincelles d’origine électrique susceptibles d’engendrer les explosions les plus redoutables. Au cours des opérations de pompage et de transvasement
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- d’essence, les canalisations, qui sont d’ordinaire métalliques, jouent en effet le rôle du producteur de la machine électrostatique décrite précédemment, le réservoir d’arrivée, qui est toujours métallique, fonctionnant de son côté comme collecteur. Si l’un et l’autre sont isolés du point de vue électrique, l’accumulation des charges qui se produisent au fur et à mesure que l’essence s’écoule augmente de plus en plus la différence de potentiel entre le tuyau et le réservoir. Des étin-
- LA BANANE
- On fait aujourd’hui une telle consommation de bananes que l’on a quelque peine à se figurer une époque où ce fruit constituait un aliment de luxe ou pour le moins d’exception. Et, cependant, il faut remonter à une tren-
- Fig. 1.
- Un régime de bananes.
- Photo de la Société des Bananeraies de Kin-San (Guinée Française).
- taine d’années seulement pour voir les bananes pénétrer avec une abondance de plus en plus grande chez les marchands de fruits exotiques d’abord, puis, chez les fruitiers de toutes catégories, voire chez les épiciers, et s’accumuler dans les petites voitures des marchands de quatre saisons.
- La banane mérite cette faveur. La délicatesse de sa chair, le parfum qui s’en exhale, les principes nutritifs qu’elle renferme sous un faible volume en font un aliment de choix donnant satisfaction à la gourmandise aussi bien qu’aux organismes fragiles.
- Malheureusement,, nous restons en ce qui la concerne, comme pour tant d’autres produits, tributaires de l’étranger, alors qu’un certain nombre de nos colonies : les
- celles peuvent alors éclater entre les bords de l’orifice du réservoir et la paroi externe du tuyau dans une région où coexistent de l’air et de la vapeur d’essence.
- On pourrait éviter toute possibilité d’accident soit en incorporant à l’essence une faible proportion d’alcool qui supprime toute électrisation comme on l’a indiqué plus haut, soit plus simplement encore en assurant une mise au sol rigoureuse de toute la partie métallique de l’installation. A. B.
- FRANÇAISE .........'
- Antilles et surtout la Guinée, sont à même de nous fournir ce fruit dont la consommation va sans cesse grandissant chez nous.
- Comme, en général, l’existence de la banane française semble ignorée, nous croyons intéressant de parler succinctement de sa culture dans notre Guinée dont les produits valent au moins les meilleurs de ceux qui nous parviennent de l’étranger.
- Constatons tout d’abord que le genre bananier renferme de nombreuses variétés dont deux seulement sont connues en France : la banane des Antilles (Musa sapien-tum) et la banane de Chine (Musa sinensis), encore dénommée « banane dés Canaries ».
- La banane des Antilles, vulgairement appelée : « Gros Michel » vient de l’Amérique Centrale, des Antilles et du Brésil. *
- La plante — le bananier n’est pas un arbre — atteint de 5 à 6 mètres de hauteur et porte des régimes mesurant de 0 m 80 à 1 m 20 de long. Son fruit est une grosse banane d’un aspect jaune verdâtre, anguleuse, un peu arquée, à peau épaisse.
- Sa chair est ferme, peu sucrée avant sa complète maturité, d’un blanc crémeux.
- Cette banane est surtout dirigée vers les Etats-Unis, tandis que la « banane des Canaries » trouve son principal débouché en France, en Angleterre et en Espagne, ainsi que dans quelques autres pays européens.
- La plante qui produit la banane des Canaries est très rustique, elle se développe plus vite que la variété des Antilles. Sa taille ne dépasse pas 1 m 50, ce qui facilite la cueillette du régime, car il est à portée de la main.
- Les fruits très jaunes à maturité sont charnus, plus courts, moins anguleux que les bananes du type Gros Michel. Leur pulpe est très parfumée, beaucoup plus fine et plus fondante.
- Cette banané est l’apanage de l’Afrique, elle est cultivée aux lies Canaries, et surtout en Guinée Française, où nous avons un milieu entièrement préparé et des plus favorables à la production de cette variété.
- BOTANIQUE
- Le bananier est une plante à souche vivace qui émet pendant le cours de sa végétation, de nombreux rejetons; ces derniers détachés du pied-mère deviennent autant de plantes nouvelles.
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- Sa tige est recouverte ou même uniquement constituée par les gaines des feuilles qui sont bien vertes, assez larges et peu longues, chez la banane des Canaries, qui partent de la base et s’emboîtent les unes dans les autres, pour constituer une sorte de tronc au centre et à la base duquel se trouve l’axe véritable qui est très court.
- C’est du centre de cet axe que s’élance un épi dont la pointe donne bientôt naissance à un énorme bouquet de fleurs d’un beau rouge violacé qui se transforment en fruits. L’épi devenu tige ploie progressivement sous le poids, et le régime se développe la tête en bas, dans le sens opposé à celui que lui donneront les marchands de primeurs, quand ils le suspendront dans leurs boutiques.
- PLANTATION
- Pour établir une bananeraie, on plante les rejetons sur un terrain nettoyé de ses arbustes et de ses herbes, en conservant entre eux une distance de trois mètres en tous sens, ce qui donne environ mille plants à l’hectare. Il faut avoir soin de butter suffisamment la terre autour de la tige, afin d’éviter l’action desséchante du soleil sur les radicelles.
- La plantation achevée, les travaux d’entretien à exécuter ne sont pas bien importants. Il faut simplement défendre les plantes contre l’envahissement des mauvaises herbes qui doivent être enfouies au pied des bananiers cultivés ou mises en tas pour être utilisées plus tard comme composts.
- Au bout de cinq à six mois de plantation les jeunes bananiers commencent à émettre des rejetons; on en conserve deux pour la fructification prochaine, en ayant soin d’enlever les autres au fur et à mesure du développement et on les garde pour la plantation suivante.
- En général, les régimes apparaissent au bout de la première année ou au commencement de la deuxième.
- Dans la colonie, la banane des Antilles est plus précoce. On compte huit à dix mois de la plantation à la première fructification et les rejetons conservés fructifient au bout de quatre mois. Il est donc possible d’obtenir une moyenne de trois récoltes, lorsque les plantes sont bien traitées. Il va sans dire que l’on n’arrive à ces résultats que par l’irrigation' et par l’emploi des engrais.
- IRRIGATION ET FUMURE
- Le régime des pluies irrégulièrement réparties dans l’année en Guinée rend l’irrigation indispensable en saison sèche. Aussi équipe-t-on les plantations de stations de pompage, de barrages, de dérivations de sources et de rivières, de canalisations, de réservoirs qui permettent de fournir aux bananiers l’importante quantité d’eau qu’ils exigent et qui va, suivant la terre et la région, jusqu’à 60 litres par pied à chaque arrosage.
- Les bananiers sont extrêmement sensibles à la fumure : on peut affirmer que la production est proportionnelle aux doses d’engrais employées. Ils demandent, pour acquérir un bon développement, un sol très riche en matières organiques; cette condition peut être réalisée par l’emploi de très grosses quantités de fumier et à défaut ou partiellement par l’utilisation des engrais verts. Le complé-
- Fig. 2. — La fleur du bananier.
- ment d’éléments nutritifs est fourni par des engrais chimiques (nitrate de soude et sulfate de potasse).
- RÉCOLTE
- De la floraison à la complète maturité il faut soixante à quatre-vingts jours, selon qu’elle a lieu pendant la saison sèche ou pendant la saison des pluies.
- On reconnaît, qu’un régime est mûr, lorsque les bananes prennent une teinte verte plus pâle. C’est alors le mo-
- Fig. 3. —• La préparation du terrairt.
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- Fig. 4. — Une bananeraie de 4 mois.
- ment de le couper et de le suspendre dans un endroit frais, pour que les bananes puissent acquérir toutes leurs qualités.
- Quand les régimes doivent être expédiés en Europe, il faut les couper verts, lorsqu’ils ont acquis tout leur développement, environ trente à quarante jours après la floraison.
- La manipulation des régimes doit se faire avec le plus grand soin, une banane meurtrie se décompose pendant le transport et la conservation du régime se trouve compromise. Les régimes doivent être coupés le soir, placés dans un endroit aéré pour qu’ils se ressuient pendant la nuit et emballés le lendemain.
- La régime récolté, la tige est abattue au niveau du sol, coupée par morceaux et enfouie au pied des bananiers en voie de développement.
- On entasse les feuilles au pied de la touffe en guise de paillis, ce qui empêche une trop rapide évaporation de l’eau et prolonge les effets des arrosages.
- RENDEMENT
- La « banane des Canaries » se développant dans la colonie en quatre mois, on .peut compter, avec 1000
- Fig. 5. — Le moment de la récolte en Guinée Française.
- touffes à l’hectare, sur un rendement annuel de 3000 régimes..
- Les dimensions des régimes sont variables. Dans de mauvaises conditions, le poids moyen d’un régime est de 10 kilogrammes; en culture ordinaire de 15 kg; en culture soignée et bien fumée de 20 kg (c’est le poids moyen des régimes récoltés en Guinée par les planteurs européens) ; dans la culture intensive, le poids peut atteindre 25 kg avec de 150 à 200 fruits et même 30 à 40 kg avec 200 à 250 fruits.
- Il y a lieu de noter que la première fructification ne donne jamais de beaux régimes. Ce n’est qu’à la deuxième qu’on peut obtenir des régimes commerciaux (20 à 25 kg).
- DURÉE DE LA BANANERAIE
- Tous les douze ans environ, on remet de l’ordre dans la plantation dont la divagation des rejets a détruit le bel aligment du début et rendu la circulation difficile. En même temps on retourne et ameublit le sol. On arrache les souches, on les sectionne après avoir coupé les tiges et on les replante dans ce même terrain auquel on a préalablement mélangé une bonne dose de fumier.
- On reconstitue sur place la bananeraie qui repart de nouveau pour donner une première récolte sept ou huit mois après.
- EMBALLAGE
- L’emballage des fruits destinés à l’exportation est une opération des plus importantes, le planteur doit en surveiller lui-même l’exécution.
- Alors que le transport de la banane des Antilles est effectué sans emballage, l’épaisseur de la peau assurant au fruit une protection suffisante, celui de la banane des Canaries nécessite, à cause de sa fragilité, l’emballage en caisse.
- Ces caisses sont formées de deux fonds à claire-voie, rejoints par des planchettes de 0 m 08 à 0 m 10 de large, elles ont de 0 m 50 à 0 m 60 de diamètre et une hauteur de 0 m 70 à 0 m 90, selon les dimensions des régimes.
- On met deux, trois ou quatre régimes par caisse, afin de réduire les frais d’emballage au strict minimum.
- Après les avoir débarrassés de tous les débris de feuilles on les emballe d’abord dans une feuille de coton cardé que l’on recouvre d’une feuille de papier fort en ayant soin de garnir les vides de feuilles sèches de bananier, afin d’éviter les ballottages en cours de route et on cloue les planchettes de fermeture.
- AVENIR DE LA CULTURE BANANIER E
- Le mode de culture intensive que suivent les planteurs guinéens a pour effet de développer une vaste région de production bananifère — elle est approximativement de 410 hectares — dont le rendement n’a cessé de croître : les exportations de la colonie étaient de 586 quintaux en 1909, de 1184 en 1919, de 39 930 en 1928.
- Mais ces chiffres nous paraissent minimes à côté de ceux de la consommation métropolitaine. En effet, d’après une étude de M. E. Prudhomme parue dans « L’Agronomie Coloniale », nous avons mangé :
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- En 1922, 188 064 quintaux de bananes.
- En 1924, 436 864 » »
- En 1927, 630 481 » »
- En 1928, 883 298 » »
- En 1929, 903 000 » »
- environ,
- Le tonnage des importations métropolitaines de l’année
- 1928 converti en régimes de poids moyen de 20 kg représenterait 4 416 490 régimes provenant des Canaries, des Antilles et de l’Amérique du Centre.
- En valeur, les importations de 1928 se sont élevées à la somme impressionnante de 297 551 000 francs et en
- 1929 à 304 348 000 francs.
- On voit par ces chiffres quel débouché la consommation française peut fournir à la production bananière de nos colonies dont l’exportation ne représente, hélas ! que 7,35 pour 100 de cette consommation.
- Et pourtant, nos Antilles et notre Guinée pourraient facilement arriver, dans un certain nombre d’années, à
- Fig. 7.
- Atelier d’emballage à la Guadeloupe (Photo Jissier, Basse-Terre).
- substituer leur production à la plus grande partie des importations étrangères.
- Pour réaliser cette belle perspective nos planteurs demandent tout d’abord une organisation rationnelle des transports maritimes.
- Jusqu’ici, devant le peu d’importance de la production, les compagnies de navigation ne pouvaient pas songer à créer un service spécial en vue de l’enlèvement des fruits. Leurs paquebots prennent ces fruits aux différentes escales, dans la mesure de la place dont ils peuvent disposer.
- De cette manière de procéder résulte la nécessité de contingenter chaque planteur et, comme conséquence, une perte sur une denrée essentiellement périssable.
- Cependant, grâce aux courageux efforts de nos planteurs, grâce aussi à de nombreuses démarches entreprises par eux et par leur Syndicat, la question des transports maritimes paraît devoir se régler prochainement.
- Une compagnie maritime de transports s’est organisée, reprise ‘heureusement en main, après quelques déboires,o par les Chargeurs Réunis et les Compagnies Fabre et Fraissinet. Ayant compris les possibilités de notre colonie,
- Fig. 6. — Le transport et l’emballage en Guinée Française.
- le sérieux effort qui y est fait par les colons et les capitalistes, ces compagnies sont entrées résolument dans la voie de l’organisation des services rapides et réguliers.
- D’autre part, pour les Antilles, la Compagnie Transatlantique va organiser sur quelques navires des cales réfrigérées.
- Tant que cette organisation ne sera pas établie définitivement, l’entrepôt frigorifique de Conakry qui est en voie d’achèvement permettra de stpcker les bananes en attendant leur embarquement.
- Nos planteurs pourraient donc au point de vue du transport envisager l’avenir avec une certaine tranquillité, s’il n’existait pas un autre obstacle s’opposant au développement de leur culture naissante : c’est le défaut de protection suffisante pour compenser les charges anormales pesant actuellement sur cette culture.
- Afin de pouvoir lutter efficacement contre l’importation étrangère formidablement organisée, les producteurs de nos colonies réclament l’augmentation des droits de douane sur les bananes étrangères de 20 à 50 francs les 100 kg brut, au tarif minimum.
- Fig. 8. — Embarquement de caisses de bananes à Conakry. (Photo Agence économique de l’A. O. F.)
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- Cette augmentation n’exercerait pas la moindre répercussion sur la consommation, car devant la concurrence de notre production coloniale, les producteurs étrangers feraient, de leur côté, des sacrifices en abandonnant une partie des énormes bénéfices qu’ils prélèvent sur notre consommation.
- L’augmentation réclamée, sur la base des importations de 1928, procurerait une recette de plus de 35 millions de francs en attendant que la production française atteigne une certaine importance. Cette recette fournie annuellement au Trésor permettrait à celui-ci de faire les dépenses nécessaires à l’organisation de la culture bana-nière.
- Enfin, si les Compagnies de navigation créent des services rapides et réguliers, si le gouvernement veut accorder la protection douanière voulue, il ne reste qu’à souhaiter que nos édiles apportent, à leur tour, leur pierre à l’édifice. Nous nous expliquons.
- Toutes les bananes quelle que soit leur origine doivent acquitter, dans un grand nombre de villes françaises, des droits d’octroi d’un taux singulièrement élevé, en particulier à Paris : approximativement de 0 fr. 075 par banane, sous prétexte que c’est un... fruit de luxe.
- S’il n’est pas possible d’exempter de ce droit d’octroi les bananes provenant des colonies françaises, nos édiles pourraient au moins le diminuer, comme ils l’ont fait pour les oranges et les mandarines.
- En résumé, le jour où seront remplies ces diverses conditions, l’industrie agricole de la banane française prendra rapidement une ampleur suffisante pour libérer le marché national d’un tribut annuel de près de trois cents millions de francs (').
- L. Kuentz.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article nous ont été obligeamment communiquées par la Société des Bananeraies de Kin-San.
- = LE NOUVEAU CINÉ DE SALON “ FILO ” ' =
- Un spécialiste français vient de mettre au point un pro- L’auteur du nouvel instrument, le Colonel Maurice
- jecteur cinescopique de salon, le Filo (fig. 1 et 2) qui, par Couade, s’intéresse depuis longtemps aux problèmes
- Fig. 1. — Le Filo vu du côté moteur.
- l’ingéniosité de sa conception, laisse loin derrière lui tout ce qui s’est fait jusqu’à ce jour dans cet ordre d’idées.
- 1. Le Filo a obtenu la plus haute récompense (1er prix avec diplôme d'honneur) .au concours d’inventions delà Foire de Paris.
- Fig. 2. — Le Filo vu du côlé entraînement.
- cinématographiques et a d’ailleurs créé divers appareils dont quelques-uns ont connu et connaissent encore un succès mérité. De tels antécédents permettaient de bien augurer de la qualité technique du Filo.
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- Ce qui, a priori, distingue le nouveau projecteur de tous ses devanciers, c’est son universalité : le Filo est en effet disposé de façon à pouvoir passer tous les films d’amateur, qu’ils soient de 9,5 mm, ou de 16 mm, et à recevoir n’importe lequel des cinq types de bobines débitrices actuellement en usage. Cet important avantage a pu être acquis sans introduire dans le mécanisme aucune complication fâcheuse.
- On distingue dans le Filo trois parties principales : le socle, la boîte de mécanisme et la lanterne.
- LE SOCLE ET L’ALIMENTATION ÉLECTRIQUE DE L’APPAREIL
- Le socle contient un moteur électrique universel, un commutateur à vis et deux rhéostats à variation continue commandés par des boutons extérieurs, qui permettent de régler, l’un la vitesse du moteur, l’autre l’intensité de la lampe.
- Le socle est pourvu, sur les faces latérales, de trous d’aération; un ventilateur calé sur l’arbre du moteur oblige l’air à circuler autour des bobinages et des rhéostats et en assure le refroidissement.
- La lampe fonctionne sous 16 volts, tension assurant, en projection, le rendement optimum. Pour abaisser à cette valeur le voltage du courant reçu du secteur, on peut recourir, soit à une résistance, soit à un transforma-
- Fig. 4. — Le mécanisme d’entraînement du Filo.
- Moteur
- Commutateur
- ®T ®
- Broches al alimentation
- Fig. ff. — Schéma de l’équipement électrique du Filo. La lampe peut être alimentée sous 16 volts, soit par une résistance intercalée en R (cas du courant continu), la vis du commutateur étant alors placée en r, soit par un autotransformateur branché en T (cas du courant alternatif ); la vis du commutateur étant placée en t.
- teur. Ce dernier moyen, de beaucoup le plus intéressant, n’étant applicable que sur l’alternatif, le Filo a été pourvu d’un commutateur à vis, grâce auquel on peut aisément adapter les circuits électriques (fig. 3) de l’appareil à l’emploi de la résistance ou du transformateur.
- LA BOITE DE MÉCANISME
- Le socle porte, par l’intermédiaire d’une articulation à chape, la boîte de mécanisme; on peut ainsi déplacer l’axe de projection dans le plan vertical; l’amplitude de ce déplacement atteint 50°. L’écrou du boulon d’articulation est pourvu d’un levier permettant d’immobiliser l’appareil à rinclinaison désirée.
- La boîte de mécanisme comporte deux compartiments ; l’arbre principal, qui par une courroie reçoit l’impulsion du moteur, la traverse de part en part.
- Le compartiment de gauche renferme un engrenage à roues hélicoïdales à 45°, qui transmet le mouvement perpendiculairement à l’arbre de l’obturateur; un frein mécanique qui agit sur cet arbre et concourt, avec le rhéostat du moteur, au réglage de la vitesse ; le levier de cadrage et l’excentrique qui le commande. Notons ici que l’obturateur comporte trois pales de 60°, ce qui suffit à éviter tout scintillement pendant la projection.
- Le compartiment de droite contient le mécanisme d’entraînement (fig. 4), lequel comporte essentiellement un plateau calé sur le bout de l’arbre principal et pourvu de deux manetons inégaux, un balancier à came intérieure et une patte à griffes.
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- Axe de balancier
- Ressort à mâchoires
- Gros maneton
- Jr---Ba/anciero came
- f—f—P/ateau tournant Bossage centrai —-Petit maneton
- Butée-
- excentrée
- Fig. 5. — Détail du mécanisme d’entraînement.
- Le gros maneton, qui est le plus excentré, évolue dans la came; le profil de celle-ci (fig. 5) se décompose en quatre arcs de cercle, deux grands séparés par deux petits : le maneton glisse sur les grands arcs pendant les périodes d’arrêt du balancier et attaque les petits arcs pour le faire osciller. Dans la période d’escamotage, le choc du maneton contre l’un des petits arcs lance immédiatement le balancier à la position basse; de la sorte il ne peut y avoir usure de la pointe marquant la jonction du petit arc et du grand arc qui le suit; les petits arcs ayant par ailleurs même rayon que lé gros maneton, le choc de ce dernier intéresse une surface assez grande pour qu’il n’y ait à craindre aucune déformation. Le profil de la came est calculé de façon telle qu’une rotation de 52° de l’arbre principal suffise à produire l’escamotage.
- Fig. 6. — Itinéraire du Film.
- Le petit maneton se trouve sur un bossage qui s’élève du centre du plateau; il se meut dans une coulisse curviligne pratiquée dans une patte à griffes, laquelle comporte en outre une fourche et une coulisse axiale; la première est engagée sous un bouton, près de l’axe d’oscillation du balancier, la seconde emboîte l’extrémité du même organe. La patte à griffes est donc obligée de suivre le balancier dans ses déplacements et la rotation du petit maneton a pour conséquence des mouvements longitudinaux qui se traduisent par des sorties et des rentrées des griffes, précédant respectivement les descentes et les montées du balancier.
- Le mécanisme d’entraînement comporte en outre des organes accessoires destinés à procurer une parfaite fixité du film pendant la projection. Un ressort d’inertie, dans les mâchoires duquel le balancier pénètre vers la fin de chaque mouvement, amortit progressivement chacune des oscillations et empêche toute vibration. Une butée excentrée réglable, sur laquelle la patte à griffes, pièce en contact direct avec le film, vient glisser dès que le balancier a atteint la position basse, limite avec une grande précision l’amplitude du mouvement d’entraînement. Le bossage central du plateau à manetons et l’élasticité du serrage de l’axe d’oscillation du balancier et de la patte à griffes concourent aussi à l’obtention de ce très important résultat.
- Le balancier peut recevoir indifféremment une patte à deux griffes centrales ou une patte à quatre griffes disposées deux par deux, de part et d’autre de l’axe du couloir; la première est utilisée avec les films de 9,5 mm, la seconde avec eeux de 16 mm.
- Le couloir présente, de part et d’autre de son axe, une banquette qui guide latéralement le film de 9,5 mm; celui de 16 mm déborde ces banquettes et se trouve guidé, à gauche, par le bord du couloir, à droite par un bossage ménagé sur la plaquette de bakélite qui ferme la boîte de mécanisme.
- Au lieu d’être rectiligne, le couloir du Filo décrit une double courbe ; cette disposition a permis d’éviter complètement le flottement du film sous l’action des tractions intermittentes, bien que la bande pelliculaire ne soit maintenue que par les bords. Un tel flottement se traduirait, sur l’écran, par un mouvement de « respiration ».
- La fenêtre de projection mesure 7,5 X 10; un dispositif de cadrage commandé par un bouton excentré permet de compenser un écart de 1 mm, tant vers le haut que vers le bas, valeur convenant à la fois aux images 7,5 X 10 du film de 16 mm et aux cinégraphies 6 X 9 du Pathé-Baby et du Nizo. La section de film se trouvant devant cette fenêtre est maintenue tendue d’une façon permanente par un ressort presseur amovible en bronze phosphoreux.
- Le presseur à utiliser avec les films de 9,5 mm présente une fenêtre plus petite que celle percée dans le presseur pour film de 16 mm et comporte un cambrage qui permet au doigt du dispositif d’arrêt automatique sur les titres de se mouvoir librement.
- De ce mécanisme, qui n’est pas essentiel au fonctionnement de l’appareil, nous nous contenterons de dire qu’il fait saillir, chaque fois que le bord du film présente une
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- encoche, un poussoir qui écarte la bande pelliculaire de la zone d’action des griffes.
- La bobine réceptrice, qui est spéciale à l’appareil, est entraînée par son adhérence à un moyeu central commandé par une courroie; la traction qu’elle exerce sur le film est extrêmement douce et régulière.
- En quittant la bobine débitrice, le film entre d’abord en contact avec un ressort extrêmement souple, le trem-bleur supérieur (fig. 6) ; il s’engage ensuite dans le couloir, puis, entre le ressort presseur et la fenêtre de projection, passe devant l’échancrure dans laquelle s’agitent les griffes, contourne le dessous de la boîte de mécanisme, franchit deux poupées, accompagnées chacune d’un trembleur et atteint enfin la bobine réceptrice.
- Pendant la période d’escamotage, le film abaisse le trembleur supérieur; celui-ci tend aussitôt à reprendre sa position initiale et y parvient en exerçant une traction qui a pour effet de faire tourner la bobine débitrice. Ce trembleur, qui ne possède qu’une inertie insignifiante et dont la période de vibration propre est beaucoup plus faible que celle du mouvement intermittent des griffes reste, quelle que soit la vitesse de déroulement, en contact avec le film. De la sorte, les saccades communiquées à la bande pelliculaire sont transmises à la bobine débitrice sous forme de traction continue.
- De la sortie du presseur au trembleur inférieur, le film est freiné par le couloir courbe et par les deux poupées, représentant au total 220° d’enveloppement; dans ces conditions, la traction exercée par la bobine réceptrice est réduite au 1/8 environ entre le trembleur inférieur et les abords du presseur, de sorte qu’une pression de l’ordre de 20 g suffit à immobiliser le film devant la fenêtre de projection, alors que dans certains appareils l’obtention de ce résultat exige une pression 10 fois plus forte. Grâce à la grande inertie de la bobine réceptrice et à la présence du trembleur inférieur, le film s’enroule, non seulement pendant la période où il progresse dans le couloir, mais aussi pendant la presque totalité de celle où il y est immobilisé; vers la fin de cette dernière, il est serré sur les spires précédentes par une force qui, de 90 g au début de l’enroulement, est encore de 30 g vers la fin.
- La résistance opposée par le film à l’avancement étant, par ces ingénieux dispositifs, réduite au minimum, la perforation ne subit que des efforts très faibles ; les trem-bleurs, le presseur et les poupées n’étant, par ailleurs, en contact qu’avec les marges du film, celui-ci ne risque pas d’être rayé. De tous les projecteurs d’amateur, le Filo est incontestablement celui qui use le moins le film.
- LA LANTERNE DE PROJECTION
- De même que le problème mécanique, le problème optique a été traité d’une façon magistrale.
- La lampe, qui est tubulaire, contient un filament hélicoïdal disposé horizontalement et excentré, ce qui permet de le placer très près du condensateur.
- Cette lampe est incluse entre un miroir concave et un condensateur, dans une lanterne très bien aérée, dont la face avant constitue la porte du couloir.
- Le condensateur est établi de façon à transmettre aussi peu de chaleur que possible ; à cet effet, les lentilles ont été
- Ressort porte-lampe
- I Fenêtre du presseur Seconde image
- Fig. 7. — Système optique du Filo.
- fixées dans un tube non de métal mais de carton, et le système optique a été combiné de façon à permettre d’atteindre une grande longueur. Le condensateur (fig. 7) comporte trois groupes de lentilles convergentes serties dans des bagues de laiton.
- Bien que la puissance de la lampe s’élève à 64 watts, la quantité de chaleur reçue par le film est si faible que celui-ci ne court pas le moindre risque lorsque l’on arrête le mécanisme d’entraînement.
- Avec l’intensité normale de 4 ampères, l’éclairement de l’écran atteintj pour une projection de 0 m'75 X 1 m, 40 lux vers la partie centrale et 34 lux dans les angles, valeurs très supérieures à celles de 8 et 5 lux obtenues dans les mêmes conditions avec le ciné projecteur communément employé en France par les amateurs et qui, cependant, présentent entre elles des écarts bien moindres. Ces mesures ont été faites à l’aide d’un lux-mètre Filmograph, la projection étant reçue sur Toiloïd Artista, écran doublé de nansouk, en papier extrêmement
- Fig. 8. — Le Filo plié pour le transport.
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- blanc et à grain très fin, qui, a l’avantage de rendre inutile toute précaution quant à l’angle de visée, la diffusion étant, contrairement à celle obtenue avec les écrans métallisés, sensiblement de même valeur dans toutes les directions.
- L’objectif, un Hermagis extra-lumineux de 36 mm de longueur focale, logé dans la boîte contenant le mécanisme d’entraînement, est pourvu d’une manette de mise au point engagée dans une fente oblique pratiquée à travers la plaque de bakélite; grâce à l’élasticité de cette dernière, l’objectif est suffisamment serré contre son berceau pour que la mise au point ne risque pas de se dérégler en cours de projection.
- Les bras porte-bobine sont articulés sur la boîte de
- mécanisme, ce qui permet, avant de ranger ou de transporter l’appareil, d’en réduire l’encombrement au minimum.
- Le Filo, nouveau venu parmi les projecteurs cinesco-piques d’amateur, se révèle d’emblée comme le plus rationnel qui ait jamais été conçu. De même que son mécanisme, qui a été étudié en vue de permettre une réalisation très précise dans des conditions acceptables pour la plupart des amateurs, son aspect général donnera satisfaction aux plus difficiles. Nous ne formulerons qu’un vœu : que le succès incite le Colonel Couade à établir, en faisant complètement abstraction du prix, un modèle de grand luxe.
- André Bourgain.
- LA PÊCHE A LA BALEINE
- SON INDUSTRIALISATION
- Nul n’ignore (à peine osons-nous le rappeler) que les Basques furent les premiers marins à s’attaquer aux baleines, ce qu’ils firent dès le xne siècle. Ce fut même
- Fig. 1. — La vigie au haut du mât d’un baleinier.
- en poursuivant les grands cétacés à travers l’Atlantique qu’ils découvrirent l’Amérique bien avant Christophe Colomb : ils fondèrent au Labrador et dans le Golfe de Saint-Laurent des stations dont Jacques Cartier retrouva les traces, lorsqu’il explora ces parages. On prétend même que les dialectes de plusieurs tribus indiennes du
- Canada oriental conserveraient un certain nombre de mots que leur aurait légués l’euskarien, la langue des Basques.
- Pendant des siècles, les procédés de poursuite ne subirent pas de changements notables : les baleiniers à voile ne pouvaient s’attaquer avec succès qu’aux espèces à déplacement peu rapide, comme la baleine franche et le cachalot. Les baleiniers à vapeur et, bientôt, l’invention du canon Svend Foyn, qui remplaçait le lancement à la main du harpon par un fer emportant une bombe explosive, redonnèrent quelque activité à cette industrie. Mais, dès la fin du dernier siècle, elle parut condamnée à une mort proche. Remplacés par le métal, les fanons, jadis source de richesse, avaient perdu leur valeur; les espèces poursuivies jusqu’alors se raréfiaient ; les vapeurs n’étaient pas assez bons marcheurs pour s’attaquer aux espèces rapides. Les nombreuses compagnies anglaises, écossaises, américaines, engagées dans cette industrie, périclitèrent; beaucoup firent faillite.
- Seuls, les Norvégiens s’acharnèrent à perfectionner leurs procédés. Sans bruit, sans réclame, ils prirent une telle avance sur leurs concurrents que l’on peut dire qu’ils ont pratiquement monopolisé l’industrie baleinière, puisqu’ils comptent à leur actif de 70 à 75 pour 100 des cétacés capturés dans toutes les mers, les Américains, les Britanniques et les Japonais se partageant le restant.
- LES NAVIRES-USINES
- Les méthodes norvégiennes tendent à supprimer les stations où des usines traitent les carcasses que leur apportent les navires-chasseurs. Désormais, l’usine se déplace : elle est installée à bord d’un puissant navire dont le tonnage est d’au moins 10 000 tonnes. Elle peut suivre le déplacement des troupeaux de baleines et abandonner les parages que le massacre a dépeuplés, tandis que la station terrestre voit diminuer progressivement son rendement sans pouvoir réduire ses frais généraux.
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- Fig. 2. — Préparation du projectile du canon Soend Foyn. Fig. 3. — Le canon prêt à tirer.
- Fig. 4. — La baleine en remorque. Un fanion planté dans la carcasse pour la retrouver en cas de rupture du câble.
- Fig. 5. — Le départ du coup. Fig. 6. — Le bateau-chasseur Edda, dans les eaux de la Géorgie du Sud, remorqué par une baleine qu’il vient de harponner.
- Fig. 7. — L'arrivée du cadavre le long du bord.
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- Les premiers navires-usines, lancés à la veille de la guerre, ne pouvaient utiliser que les parties grasses des cétacés. Les carcasses remorquées par les bateaux-chasseurs étaient rangées le long de leur bord. La couenne, découpée à la main, était hissée sur le pont. Après extraction de l’huile, les déchets étaient rejetés à la mer, à laquelle était abandonné le reste de la carcasse. Il en résultait une déperdition considérable par comparaison avec les stations terrestres, outillées pour transformer en engrais la chair, les os et autres débris.
- Les nouveaux navires méritent mieux le nom de factory ship. Ils sont pourvus d’un plan incliné, situé à l’arrière, au-dessus des hélices, qui permet de hisser d’une seule pièce la plus pesante carcasse sur le pont, d’en traiter toutes les parties utiles et d’emmagasiner les produits obtenus. Le plus récent de ces navires est le Kosmos, dont nous trouvons une sommaire description dans l’excellent Bulletin de la New York Zoological Society.
- Son jaugeage est de plus de 22.000 tonnes. Il comporte deux ponts d’usinage : l’un est réservé à la production de l’huile; le second, à la fabrication des engrais. Il possède, en outre, une installation où la viande de baleine est mise en conserve dans des boîtes de fer-blanc. Il transporte un aéroplane qui lui sert d’éclaireur pour la découverte et le repérage des bandes de baleines et est accompagné de sept navires-chasseurs, avec lesquels il reste en communication par la télégraphie sans fil.
- Ces derniers, dont les chaudières sont chauffées au mazout (comme celles du navire-usine), ont une longueur de 30 à 35 mètres et fournissent une vitesse d’une dizaine de nœuds, rapidité qui leur donne l’avantage sur les cétacés de toutes espèces. Ils sont munis à l’avant d’un canon Svend-Foyn. Le projectile que lance cette arme pèse environ 70 kg, sans parler du poids de la lourde ligne qu’il entraîne; sa portée efficace est d’une cinquantaine de mètres.
- L’auteur de l’étude à laquelle nous empruntons ces détails, M. Charles H. Townsend, le savant directeur de l’Aquarium de New-York, a participé, durant quelques journées d’octobre 1929, aux opérations .d’une usine flottante américaine, le Lansing, dans les parages de la Californie. Sa relation nous fournit des renseignements intéressants s.ur les nouveaux procédés de l’industrie baleinière.
- LE TRAVAIL A BORD
- Ce navire, qui jauge 7000 tonnes, était accompagné de quatre bateaux-chasseurs, longs d’une trentaine de mètres. Généralement, chacun rapportait sa baleine chaque soir. La carcasse était amarrée au Lansing. Le dépeçage commençait le lendemain, à la pointe du jour. L’auteur nous décrit comme suit l’opération, après nous avoir fait remarquer que ce factory ship n’est pas pourvu du plan incliné adopté sur les navires norvégiens de plus fort tonnage :
- « Des hommes installés dans une barque rangée contre la baleine commencent par détacher le blubber (couenne), puis la tête et la queue; le'corps est ensuite sectionné par pièces aussi pesantes que la grue à vapeur puisse en soulever. Toutes les parties de la carcasse sont ainsi
- hissées sur le flensing deck (pont à dépeçage), à l’exception de l’énorme masse que forment les boyaux, qu’un canot remorque au large, où elle est abandonnée aux requins. Ceux-ci rôdent en bandes autour des baleiniers; il n’est pas rare qu’ils viennent la nuit déchirer les carcasses amarrées à l’usine flottante.
- « A mesure que les lourdes pièces atteignent le pont, elles y sont attaquées par une équipe d’une vingtaine d’hommes. Les parties molles (couenne, viande) sont découpées en morceaux d’une superficie d’un pied carré que l’on fait tomber dans des conduits aboutissant à dix-huit grands digesters (sorte de chaudières) installés sous le pont. Le crâne, les mâchoires et autres parties osseuses, préalablement dépouillés de leur graisse et de. leur chair, sont amenés sous des scies à vapeur qui les détaillent dans les dimensions requises. Tous ces fragments vont rejoindre les carrés de couenne et de viande dans les chaudières. Quand celles-ci sont remplies, on ferme leurs couvercles hermétiquement et l’on y fait pénétrer de la vapeur surchauffée. La cuisson demande de dix à douze heures, l’huile s’écoulant dans des réservoirs appropriés. Les résidus sont rejetés à la mer. Les fanons, que l’on avait détachés de la mâchoire supérieure, ont le même sort. Ils ont perdu leur valeur commerciale ; les navires-usines ne s’en encombrent plus; mais les stations terrestres les conservent parfois, car on s’en sert encore dans quelques pays pour la fabrication des brosses.»
- Le Lansing et ses quatre bateaux-chasseurs occupaient un personnel de 114 marins et ouvriers. En moins de sept mois, il captura 244 baleines qui produisirent 11 700 barils d’huile valant 26 dollars le baril. Ces 244 cétacés appartenaient tous à des espèces à marche rapide.
- LA CHASSE
- M. Charles H. Townsend nous décrit la capture d’une grande baleine bleue (Balænoptera musculus) par le navire-chasseur Sâunders, à bord duquel il avait pris place. Le bateau avait suivi longtemps un groupe de trois cétacés avant de pouvoir s’en approcher à la distance requise. Ce ne fut qu’après le coucher du soleil que le canonnier put lancer son projectile, qui atteignit le monstre (une femelle longue de 27 mètres) près de la nageoire. Son agonie ne dura que quelques minutes, et il sombra. La rigidité de la ligne annonçait sa mort; le cabestan à vapeur le fit remonter à la surface. Un tube d’acier fut enfoncé dans la carcasse, qu’une pompe pneumatique gonfla d’air. La gigantesque dépouille fut solidement attachée au flanc du vapeur, qui ne rejoignit l’usine flottante que vers minuit.
- La chasse n’est pas toujours aussi dépourvue d’éléments dramatiques. Un autre des quatre navires du Lansing fut traîné à grande vitesse, pendant plus d’une heure, par une baleine que son projectile n’avait pas frappée à une partie vitale; il faillit chavirer. Un autre encore dut lâcher 900 mètres de filin derrière une baleine blessée qui, finalement, rompit la ligne et s’échappa. Les canonniers refusent de tirer à plus de 40 mètres de distance, car le poids de la ligne attachée au projectile dérange sa trajectoire.
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- Leur tâche est, d’ailleurs, facilit ée par la stupidité de la baleine. Elle ne s’émeut pas de l’approche de l’ennemi,
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- où se tenait M. Townsend, il put voir une bande de cétacés folâtrant à 50 ou 60 mètres de la proue, soufflant en
- ce qui laisserait supposer que son sens auditif serait fort peu développé : le bruit des hélices devrait la mettre sur ses gardes. Mais il n’en est rien : du pont de Y Hercules
- surface pendant quelques minutes pour replonger et ne réapparaître que dix minutes plus tard.
- On comprend que, devant des procédés de chasse
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- aussi perfectionnés, les baleines soient menacées de passer au nombre des espèces éteintes. Une statistique incomplète, dressée par la Norwegian Whaling Gazette, enregistre pour l’année 1926 la capture de' 26 962 baleines de toutes espèces dans le monde entier, chiffre que l’on peut hardiment porter à 30 000, plusieurs régions étant passées sous silence.
- La menace d’extinction ne peut que grandir. Pour la campagne 1929-1930, les Norvégiens à eux seuls ont mis en service 37 factory ships, 190 navires-chasseurs et 7 grands steamers pour le transport du personnel. Cette Armada n’exploitera que les mers antarctiques où l’on tue annuellement, depuis une dizaine d’années, une moyenne de 20.000 baleines.
- STATISTIQUES ET FAITS NOUVEAUX SUR LA BALEINE
- Telle qu’elle est actuellement pratiquée, la pêche à la baleine requiert des capitaux considérables. Le temps n’est plus où de hardis voiliers poursuivaient les cétacés et remorquaient leurs carcasses à des stations côtières. Cette flotte reçut, si l’on peut dire, son « premier » coup de grâce en 1871, quand 34 baleiniers furent écrasés par les glaces au Nord du rivage de l’Alaska. Puis, la raréfaction des espèces lentes diminua le rendement : le baleinier à voile peut être considéré comme disparu.
- Les statistiques publiées par la Norwegian Whaling Gazette montrent que les petites compagnies de pêche dotées de l’outillage moderne tendent à disparaître, soit parce qu’elles sont incapables de rémunérer leurs actionnaires, soit parce qu’elles sont absorbées dans des consortiums. Ainsi, la Norvège comptait 21 compagnies baleinières en 1906; leur nombre s’élevait progressivement à 60 en 1912, pour retomber à 21 en 1928.
- Cependant, durant le même intervalle, le nombre des « usines flottantes » passait de 7 à 18, et celui des « navires-chasseurs », de 52 à 116. Le nombre des baleines capturées présente des écarts remarquables : 1178 en 1906, 18 000 en 1913, 10 000 en 1915, 7450 en 1924. Ces statistiques présentent de nombreuses lacunes; elles nous révèlent toutefois que, de 1906 à 1924, les entreprises norvégiennes capturèrent 142 754 baleines.
- Naturellement, la quantité d’huile produite a suivi les mêmes écarts : 51400 barils en 1906, valant 768 750 dollars; 600 000 barils en 1913, valant 9 000 000 dollars ; 382 300 barils en 1924, valant 16 250 000 dollars. Les totaux nous apprennent que, de 1906 à 1928, les compagnies norvégiennes ont produit 8 320 192 barils valant 211362 500 dollars.
- Les mers antarctiques l’emportent sur toutes les autres mers réunies par le nombre de baleines qu’elles ont fournies, pendant la saison 1925-1926 : 13 997 contre 12 965. Elles l’emportent surtout par le rendement en huile : les baleines antarctiques ont donné une moyenne de 55,7 iarils par unité; les baleines des autres mers, 31,1 barils.
- Les captures européennes sont de plus en plus pauvres. ’Nulles dans nos eaux françaises, elles ont donné (saison 1925-1926) 1275 carcasses dans les eaux espagnoles, 278 dans celles du Portugal, 481 dans celles des Iles Britanniques, 599 dans les eaux Scandinaves. L’Afrique Aus-
- trale reste un des meilleurs producteurs avec 3851 baleines. Le Congo Français prend place dans cette statistique mondiale avec 402 cétacés.
- Les compagnies norvégiennes ont fondé une association qui, bien qu’ayant pour but principal des intérêts mercantiles, est devenue un très utile auxiliaire pour la science. Elle centralise les observations recueillies par les capitaines de navire et les analyse ou les expose dans son organe, la Norwegian Whaling Gazette, dont le directeur est un savant distingué : M. Sigurd Risting. Nous emprunterons à ses travaux de nombreux faits ignorés non seulement des profanes, mais aussi des savants.
- 6925 baleines « bleues » ont été mesurées soit par les « usines flottantes », soit par les stations côtières. Leur longueur moyenne a été de 24 m 16. La plus grande mesurait 33 m 27. Sur ce nombre de 6925 cétacés, cinq seulement dépassaient 30 mètres, et ces cinq étaient des femelles. On peut noter en passant que la baleine bleue (Balænoptera musculus) est le plus grand animal des temps présents comme des temps passés. Un individu de cette espèce, capturé en 1908 au large du Chili, mesurait 34 m 50. Les mesures prises sur 5942 baleines d’une autre espèce (Balænoptera physalus) lui attribuent la moyenne de 20 m 66, la taille maxima étant 27 m 30. Chez ces deux espèces, la longueur moyenne des femelles est supérieure à celle des mâles, et le nombre de ceux-ci est en excédent (120 pour 100) sur celui de l’autre sexe.
- La quantité d’huile produite par un cétacé varie d’une espèce à l’autre. C’est encore la baleine bleue qui offre la plus forte moyenne avec 84,5 barils. Un individu de cette espèce, capturé au large de l’Afrique occidentale en 1924, a donné 305 barils. La moyenne pour les autres espèces tombe à 42 barils, 33 barils, 14 barils. Les cétacés des mers du Sud fournissent une moyenne plus élevée que ceux que l’on capture dans les mers septentrionales et les mers tempérées, quelle que soit l’espèce.
- Cette association des baleiniers norvégiens a rassemblé une énorme quantité d’observations sur les femelles en état de gestation. Chez les baleines bleues, les fœtus mesurent de 0 m 30 à 8 m 20. De l’ensemble de ces observations, on croit pouvoir calculer que la période de gestation des cétacés est d’environ un an, alors qu’on lui prêtait une durée de 20 à 22 mois. La saison d’accouplement varie quelque peu entre les espèces; mais on a des raisons de croire que, d’une façon générale, les naissances se produisent dans les mers chaudes et pendant les mois les plus chauds de l’année. Les jumeaux sont l’exception; plusieurs cas ont été dûment observés. Il semble que les baleines ne mettent bas que tous les deux ans ; mais cette règle doit comporter des exceptions, car on a trouvé une femelle d’une certaine espèce (Megaptera nodosa) qui était en gestation, tout en étant accompagnée d’un nourrisson.
- On admettait jusqu’ici que la croissance de ces grands cétacés devait être très lente. Les observations recueillies prouveraient le contraire. A sa naissance une baleine bleue mesure environ 8 mètres; dès l’année suivante, et alors qu’elle tète encore, sa longueur est de 18 mètres. Il n’a pas été possible, en l’état actuel de ces études, de dé-
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- terminer à quel âge elle commence à s’accoupler; certains faits sembleraient indiquer qu’elle atteint cet âge adulte vers la fin de sa deuxième année (').
- La question des mouvements migratoires des baleines demeure obscure. Méritent-elles la réputation d’infatigables voyageuses qu’on leur a faite ? Se transportent-elles périodiquement des mers arctiques aux antarctiques ? On a maintenant quelques raisons de croire qu’il n’en est pas ainsi. Si elles recherchent les eaux tièdes pour y donner naissance à leurs petits, il est probable qu’elles ne franchissent jamais les tropiques et qu’elles ne passent pas d’un hémisphère à l’autre. Le cachalot ferait peut-être exception à la règle, car il émigre l’été vers les mers froides. Mais on a pu démontrer que les baleines, au cours de leurs déplacements, ne s’éloignent guère des côtes.
- Cette question des migrations annuelles sera vraisemblablement éclaircie tôt ou tard. Depuis trois ans, le gouvernement britannique a établi, dans la Géorgie du Sud, une station de biologie marine qui poursuit des études approfondies sur le problème ('). Par ses soins, une centaine de baleines ont été « marquées » à l’aide de flèches qu’un coup de fusil enfonce pour ainsi dire à fleur de peau. Quand les animaux ainsi « étiquetés » seront capturés (tels les oiseaux sauvages à la patte desquels on fixe une bague), on pourra recueillir des précisions sur leurs mouvements.
- La fable de la Poule aux œufs d’or trouve une réédition avec l’industrie baleinière : ces puissantes compagnies norvégiennes sont-elles sûres du lendemain — d’un lendemain proche ? Les massacres qu’elles organisent avec un si bel esprit de méthode ont provoqué l’an dernier la réunion à Londres d’un congrès international qui n’a pu que donner plus de force au cri d’alarme poussé depuis vingt ans. Déjà, comme je l’ai indiqué, cette industrie a perdu toute activité dans l’hémisphère boréal. Les Etats-Unis, qui furent pendant un siècle la première puissance baleinière du monde, n’opèrent plus que sur les côtes de la Californie et de l’Alaska, et avec des résultats médiocres : moins d’un millier de baleines capturées en 1926.
- Ce congrès n’a pu que formuler quelques vœux, impré-
- 1. Voir la croissance des baleines. La 'Naiure, n° 2830 du 1er Avril 1930.
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- cis. Après avoir constaté que «l’énorme expansion qu’a prise ces dernières années l’industrie baleinière constitue une grave menace pour la survivance des espèces et pour l’existence même de ladite industrie », il a demandé que les divers gouvernements intéressés prennent de toute urgence des mesures de protection. Il a suggéré les suivantes : défense d’attaquer certaines espèces en voie d’extinction, notamment la baleine franche; protection des femelles accompagnées de petits; interdiction plus ou moins absolue de chasser dans certaines régions, notamment dans les eaux tropicales.
- Le gouvernement norvégien vient de prendre position sur ce terrain : une loi votée par le Parlement (21 juin 1929) fait défense à tous les baleiniers norvégiens de tuer la baleine franche ou toute femelle accompagnée d’un petit. Cette même loi interdit aux armateurs de payer leurs équipages au prorata des baleines capturées et leur fait une obligation d’utiliser les moindres parties de la carcasse qui contiennent de l’huile. De lourdes amendes punissent les délinquants. Enfin, le souverain aura le pouvoir d’interdire complètement la chasse dans les mers tropicales.
- L’application de ces mesures ralentira le massacre. Reste à savoir si ces effets ne seront pas désastreux pour les armateurs. M. Charles IL Townsend a pu interroger sur ce point des baleiniers norvégiens et californiens, et il résume ainsi l’opinion unanime : l’exploitation des usines flottantes et de leurs nombreux navires-chasseurs entraîne de si lourdes dépenses qu’il leur faut traiter quotidiennement un nombre déterminé de cétacés pour que leurs opérations soient profitables; dès que ce nombre ne sera plus atteint, les compagnies seront acculées à la faillite.
- Rappelons, en terminant, que l’huile de baleine est surtout employée à la fabrication du savon fin. La récolte d’un baleinier est presque toujours achetée à l’avarice. En avril 1929, deux usines flottantes norvégiennes, jaugeant chacune plus de 13 000 tonnes, débarquèrent à New-York, après une croisière de deux mois dans l’Antarctique, 126 000 barils d’huile provenant de 1306 baleines. Les cargaisons des deux navires furent achetées par une grosse savonnerie de Cincinnati pour une somme de plus de 3 millions de dollars. Victor Forbin.
- LAPLACE ET LA PHYSIQUE
- Il y a trois ans, lors du Centenaire de sa mort, on a exalté, comme il fallait, le grand mathématicien que fut Laplace. Plus encore que la « Mécanique Céleste » et la « Théorie analytique des Probabilités », on a vanté «l’Exposition du Système du Monde », non que ce soif là son œuvre maîtresse, mais parce qu’elle est plus connue et plus accessible au grand public.
- Que Laplace ait été, avant tout, un grand géomètre, c’est la vérité même. L’analyse et la mécanique eurent sur lui un attrait incomparable. Mais il ne cultiva pas ces sciences pour elles-mêmes. A vrai dire* Laplace fut un
- mathématicien essentiellement pratique, et les problèmes qu’il résolut ont, presque tous, la même origine.
- Laplace, en étudiant l’œuvre de Newton, s’était rendu compte qu’elle n’était plus qu’une ébauche, depuis les progrès récents de l’analyse. Le principe de l’attraction universelle permettait-il d’expliquer, dans les moindres détails, les divers phénomènes astronomiques, dont on possédait des observations de plus en plus précises ? Les premiers travaux de Laplace répondirent affirmativement et, de plus en plus, il devint un newtonien intégral.
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- C’est alors qu’il eut l’idée de faire du principe de l’attraction la pierre angulaire, non seulement de l’astronomie, mais encore de la physique. Physicien, il ne le fut jamais; sa collaboration momentanée avec Lavoisier est un accroc dans sa carrière et il n’y a pas lieu de s’en préoccuper trop. Et pourtant, la physique lui doit beaucoup et dans différents domaines.
- D’abord, la physique mathématique. Elle a constamment recours à des systèmes d’équations aux dérivées partielles et à ces fonctions harmoniques que Laplace a rencontrés le premier. Laplace était de ceux qui croient à la nécessité d’une liaison entre le géomètre et le physicien. C’est dans ce but qu’il avait fondé la Société d’Ar-cueil, réunion des savants de l’époque ('), qui discutaient librement des questions scientifiques à l’ordre du jour.
- C’est grâce, en partie,, à cette Société cl’Arcueil, que Laplace fut amené à traiter maints sujets de physique théorique. Il s’ingénia à y voir des applications du principe de l’attraction, et de cette façon, il est aisé de comprendre que la physique lui soit redevable d’un certain nombre de « formules de Laplace. » C’est de celles-ci dont nous voudrions entretenir nos lecteurs.
- Laplace et Lavoisier. — Elle est pour le moins inattendue, cette collaboration de quelques années de Lavoisier et Laplace à des recherches de physique et de chimie. Laplace ne dédaignait certes pas l’expérience, car il s’éloignait des spéculations abstraites et confron-
- 1. Parmi les membres de la Société d’Arcueil, citons : Berthollet, Arago, Gay-Lussac, Malus, Poisson, Dulong, Biot, etc...
- Fig. 1. — Laplace (1749-1827) en costume de Pair de France. D’après une gravure de l’époque (Cl. J. Boyer).
- tait toujours les résultats du calcul et les observations. Mais cela l’éloignait sensiblement de la mécanique ! De l’aveu du savant lui-même, c’est Lavoisier qui le persuada et il acquiesça sans résistance.
- Le résultat le plus connu de cette collaboration est, sans contredit, le Mémoire sur la chaleur, où sont exposés une nouvelle méthode pour mesurer les quantités d.e chaleur (calorimètre à glace), les résultats des mesures d’un certain nombre de chaleurs spécifiques, la théorie des combustions et de la respiration. On connait moins le Mémoire sur VElectricité qu absorbent les corps qui se réduisent en vapeurs (1784), découverte très importante, où est mêlé le nom de Yolta.
- La collaboration ne se borna pas là. Les deux savants imaginèrent une méthode nouvelle pour mesurer les coefficients de dilatation des corps solides : le corps chauffé, par un système de leviers et de barres entraînait une lunètte, qui se déplaçait devant une règle graduée placée à 200 mètres. C’est encore avec l’assistance de Laplace que Lavoisier répéta en 1783 l’expérience de synthèse de l’eau, par combustion de l’hydrogène dans l’oxygène, réalisée peu auparavant par Cavendish.
- Que doit-on à Lavoisier, que doit-on à Laplace dans ces différents travaux ? — Il est malaisé de le dire. La méthode de mesure des dilatations, signalée plus haut, a été appelée « méthode de Laplace » et elle a été longtemps classique en France. La théorie de la chaleur des gaz que Laplace devait adopter plus tard et qui' le conduisit à la formule de la vitesse du son, s’éloigne passablement des théories exposées dans le Mémoire sur la Chaleur. Aussi, convient-il de ne pas exagérer l’importance de cette collaboration dans la carrière de Laplace; ses véritables travaux de physique sont ailleurs.
- La vitesse du son et la théorie des gaz. — C’est à Laplace que nous devons la formule donnant la vitesse du son dans les gaz (1816). Il y avait longtemps que les physiciens constataient entre l’expérience et la valeur donnée par la formule de Newton pour l’air une erreur relative atteignant 1/6.
- Pour établir cette formule, Newton considérait une file de molécules d’air; il supposait la première molécule ébranlée et cherchait la vitesse de propagation de cet ébranlement (2).
- Euler, dans une dissertation sur la chaleur, qui avait concouru pour le prix de l’Académie des Sciences (1738) en même temps que les écrits de la marquise du Châtelet et de Voltaire, avait étendu la formule de Newton à l’espace à 3 dimensions. Mais ce savant-, pas plus que Lagrange, n’avait trouvé en quoi la formule était insuffisante.
- Est-ce grâce à l’ancienne collaboration de Lavoisier et de Laplace, ou à l’issue de quelque discussion sur ce sujet par les membres de la Société d’Arcueil, que Laplace eut l’idée de tenir compte de réchauffement ou du refroidissement du gaz, par compression et dilatation ? Il est bien difficile de le dire; cependant, Poisson, membre
- 2. La formule de Newton est : V =
- pesanteur, p pression, D densité du gaz.
- g accélération de la
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- de la Société, est indiscutablement mêlé à cette découverte (*)..
- Il faut dire qu’à cette époque les travaux sur les gaz étaient remarquables; Dalton et Gay-Lussac venaient d’étudier la dilatation des gaz et montraient que le coefficient de dilatation ést le même pour tous. Delaroche et Bérard avaient mesuré les chaleurs spécifiques des gaz à pression constante (1813). Clément et Desormes, puis Gay-Lussac et Welter mesuraient le rapport des deux chaleurs spécifiques de l’air. Aussi, Laplace avait toutes les données nécessaires pour comparer sa formule et les résultats de l’expérience, refaite, pour la circonstance, par les soins du Bureau des Longitudes. Elle se révéla exacte au 1/100.
- Dans ce livre douzième de la « Mécanique Céleste », intéressant à beaucoup de titres, Laplace fait plus qu’établir la formule de vitesse du son. Il expose une théorie moléculaire, qui lui permet, dans le cas des gaz, de retrouver les lois de Mariotte et de Gay-Lussac. Cette théorie montre bien dans quel sens Laplace concevait le développement de la physique moléculaire.
- Il y a deux choses dans cette théorie : d’abord, ce qui se rapporte à la chaleur. Chaque molécule possède une certaine quantité de calorique, qui dépend seulement de l’état du corps. Malgré les expériences de Rumfort sur le frottement et l’opinion de Davy, Laplace, comme tous ses contemporains, admet l’existence et l’indestructibilité de ce fluide. Chaque molécule retient son calorique par attraction; les caloriques des différentes molécules se repoussent : cela explique la dilatation par accroissement de température. Enfin les molécules agissent entre elles.
- Mais quelle est cette loi d’action ? C’est là ce qu’il y a de neuf et de remarquable dans cette théorie. La loi d’attraction newtonienne n’a plus de sens, puisque, aux petites distances, elle donne des forces attractives infiniment grandes. Newton lui-même avait admis qu’aux très petites distances deux masses se repoussent en raison inverse de leur distance. Mais, d’une part, la décroissance d’une telle force avec la distance est trop lente et, d’autre part, il y a une discontinuité entre les deux lois de force à distance sensible et à distance insensible. Laplace ne cherche pas à résoudre le second problème ; il résout le premier en supposant entre deux masses très rapprochées une répulsion « fonction de la distance », sans expliciter quelle est cette fonction.
- Comment se présente donc un gaz, d’après Laplace ?
- Les molécules sont suffisamment éloignées pour que leurs actions mutuelles soient insensibles; seules restent les répulsions des caloriques entre eux. De ces hypothèses, Laplace tire plusieurs conclusions. Il définit là température d’un espace vide et clos comme étant la densité du calorique que les parois rayonnent dans tous les sens. Si un gaz remplit cet espace, son volume, sous une pression constante, est proportionnel à la température. Il légitime ainsi l’emploi comme étalon du thermomètre à air à
- 1. On sait que la formule de Laplace est : V = y Y’ Y est
- le rapport des chaleurs spécifiques du gaz, à pression constante et à volume constant.
- Fig. 2. — Portrait et signature de Lavoisier (1743-1794). D’après une estampe de la Bibliothèque Nationale de Paris. (Cl. J. Boyer.)
- pression constante. Dulong et Petit devaient l’adopter quand ils mesurèrent la dilatation du mercure.
- Laplace déduit encore de sa théorie « que la densité du calorique de l’espace à 0° est 266° ». Pour bien comprendre ce que cette expression signifie, il faut se rappeler qu’à l’époqüe, chaleur et température étant proportionnelles, l’échelle thermométrique servait à la fois à mesurer des températures et des quantités de chaleur. Que veut'dire Laplace, sinon qu’à — 266° la densité du calorique est nulle ? C’est la première idée du zéro absolu.
- C’est encore une conséquence de la théorie que l’expression de « la chaleur absolue d’une molécule est
- 1
- a -f- b p7ç,
- a et à étant deux constantes. C’est le résultat que notre thermodynamique'-a-retrouvé sous le nom d’équation de Laplace pour les transformations adiabatiques : pç Y = constante.
- Comme on le voit, cette théorie a conduit à beaucoup de résultats définitivement acquis. On peut se demander;: pourquoi Laplace n’en a pas tiré la notion de pression intérieure dans les gaz. C’est qu’il admet expressément que les molécules gazeuses sont trop éloignées pour agir les unes sur les autres. Rappelons-nous qu’à l’époque, la loi de Mafiotte était incontestée. Cagniard-Latour avait
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- bien réduit l’eau, l’alcool, l’éther à l’état de vapeur saturantes, mais Despretz ne devait prouver qu’en 1827 que le gaz sulfureux et le gaz carbonique ne suivent pas exactement la loi de Mariotte. Et encore Dulong et Arago (1830) devaient affirmer que l’air la vérifie exactement jusqu’à 27 atmosphères.
- Quoi qu’il en soit, si la théorie de la chaleur des gaz n’a pas survécu, on considère aujourd’hui que le mérite de la théorie de Laplace est de rendre compte de la pression intérieure des fluides. Cela nous amène à parler de la théorie de la capillarité.
- La théorie de la Capillarité. — Si, d’après Laplace, l’action mutuelle des molécules d’un gaz est insensible parce qu’elles sont trop éloignées, il n’en est plus de même dans les liquides. En supposant que les forces entre molécules sont fonction de la distance et insensibles à distance sensible, Laplace montre l’existence en tous points d’un milieu d’une pression interne. Il ne semble pas qu’il ait mesuré toute l’importance de ce résultat; néanmoins il indique que cette action explique l’expérience des liquides tirés. Nous l’apprécions mieux aujourd’hui : la pression intérieure permet de rendre compte des divergences qui existent entre les propriétés réelles des gaz et ce qu’indiquent les lois de Mariotte et de Gay-Lussac. En effet, à mesure qu’on comprime un gaz, les molécules se rapprochent; leur action mutuelle finit par ne plus être négligeable. Les diverses équations caractéristiques des fluides diffèrent principalement par la pression intérieure. Signalons enfin que c’est en modifiant la théorie de Laplace, pour l’adapter au mouvement, que Navier et Poisson édifièrent les premières théories de la viscosité des liquides.
- Quand la surface libre d’un liquide n’est pas un plan horizontal, Laplace montre qu’il faut ajouter à la pression intérieure un terme correctif qui dépend des rayons de courbure principaux de la surface ('). C’est ce terme correctif qui permet d’expliquer tous les phénomènes capillaires : ascension ou dépression des liquides dans les tuhes capillaires, ascension des liquides entre deux plans verticaux parallèles, équation de la surface libre d’un liquide, équilibre et mouvement des gouttes dans un tube conique, angle de raccordement au contact solide-liquide, large goutte de mercure, etc...
- Les phénomènes capillaires étaient connus depuis longtemps. La loi de Jurin relative à l’ascension des liquides dans les tubes étroits, est de 1718. Newton, dans son Optique, avait tenté une explication de ces phénomènes. Mais les seules mesures acceptables que possédait Laplace pour comparer sa théorie et l’expérience étaient celles, déjà anciennes, d’Haéksbue; elles étaient insuffisantes. Aussi, Laplace en provoqua-t-il de nouvelles qui furent exécutées par Haüy, puis par Gay-Lussac. Ces travaux de Gay-Lussac sont classiques et, on peut dire, les-premiers où l’on parvint à s’affranchir des nombreuses causes d’erreur. Le résultat de ces expériences
- 1. Dans les traités de Physique, on appelle formule de Laplace la
- suivante : p — A ( — p est la variation de pression quand on
- \ Fl j R;»
- traverse la surface libre, A la tension superficielle, R, et R.2 les rayons de courbure principaux.
- et leur discussion tiennent une bonne place dans l’exposé de la théorie, ce qui prouve surabondamment que notre savant voyait dans son travail autre chose qu’une satisfaction de mathématicien.
- On put penser un moment que ce bel édifice était détruit. Laplace avait supposé les' liquides incompressibles, Young le lui reprocha. Poisson, tenant compte de la compressibilité, arriva à des résultats tout différents. Mais il s’était trompé; Quet a repris, depuis, la théorie et l’a rendue absolument inattaquable.
- Devant de tels succès, on conçoit que Laplace, parlant de ces forces insensibles à distance sensible, ait pu écrire : «Tous les phénomènes terrestres dépendent de ce genre de forces, comme les phénomènes célestes dépendent de la gravitation universelle. Leur considération me paraît devoir être le principal objet de la philosophie mathématique. »
- Laplace et l’optique. — Ce n’est pas seulement en mécanique et en physique moléculaire que Laplace trouva des applications de ces forces, fonction de la distance. Suivant, là encore, la voie tracée par Newton, il l’appliqua à certaines questions d’optique.
- Pour établir la formule de réfraction atmosphérique que, plus ou moins modifiée, on applique encore pour corriger les observations astronomiques, Laplace — en dehors des hypothèses simplificatrices sur la nature de l’atmosphère et la densité de l’air, qu’il résume dans la formule de nivellement bien connue — considère que les molécules lumineuses, lorsqu’elles traversent la surface de séparation de deux milieux différents, sont sollicitées par une force qui n’est sensible qu’à très petite distance. Il en résulte, conformément aux lois de la mécanique, que la vitesse de propagation de la lumière s’accroît par réfraction d’un milieu moins réfringent dans un milieu plus réfringent ('). Il en résulte encore que le rayon lumineux, c’est-à-dire la trajectoire des molécules lumineuses, doit être curviligne aux environs de la surface de séparation de deux milieux. Tout cela, Newton l’avait plus ou moins nettement établi.
- C’est encore à ces mêmes forces, fonction de la distance et insensibles à grande distance, que Laplace s’adresse pour expliquer la double réfraction et la loi d’Huygens. « Il serait bien intéressant, écrit-il, de rapporter cette loi à des forces attractives et répulsives, ainsi que Newton l’a fait pour la réfraction ordinaire. » ("). A l’aide de quelques hypothèses simples sur la nature du milieu diaphane, c’est-à-dire cristallin, il arrive à retrouver la loi d’Huygens, qui venait d’être vérifiée avec précision par Wollas-tôn sur le spath d’Islande et par Malus sur le quartz.
- Ces deux mémoires sont peut-être moins intéressants en eux-mêmes que parce qu’ils nous renseignent sur l’état d’esprit de Laplace à une époque particulièrement critique de l’histoire de l’optique.
- 1. Fizeau et Foucault ont au contraire montré (1850) que la vitesse de la lumière dans l’eau est inférieure à la vitesse de la lumière dans l’air. C’était un argument décisif en faveur de la théorie des ondulations et contre la théorie de l’émission adoptée par Laplace.
- 2. Mémoire sur les mouvements de la lumière dans les milieux diaphanes (1808).
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- Au début du xixe siècle, la plupart des phénomènes de l’optique étaient connus : réfraction (loi de Descartes), dispersion (Newton), diffraction (Newton), propriétés des lames minces (Newton), interférences (Young), double réfraction (Huygens)... Pour relier entre eux ces différents phénomènes, deux systèmes : le système de l’émission et le système des ondulations. Incapables, dans l’état de développement où ils étaient, d’expliquer tous les phénomènes optiques, ils se partageaient les esprits. Le système des ondulations, dû à Descartes et à Huygéns, considérablement amélioré par Young, qui introduisit la notion de périodicité, rendait compte des phénomènes de réflexion, de réfraction et d’interférences, mais il était difficile d’en déduire la propagation quasi rectiligne de la lumière, la polarisation de la lumière découverte par Malus et certaines propriétés optiques des cristaux, déjà observées par Huygens. Si le système de l’émission rendait compte de la propagation rectiligne, de la réfraction et de la réflexion, si Newton s’en était accommodé dans l'étude des lames minces, les phénomènes d’interférences et la polarisation y étaient inexplicables. Quant à la diffraction, aucun des deux systèmes ne parvenait à l’expliquer.
- Laplace était naturellement porté vers le système de l’émission, convaincu qu’il était de la possibilité d’une explication corpusculaire de l’optique. Aussi, lorsque vers 1815, Fresnel commença ses travaux d’optique, perfectionnant la théorie des ondulations et introduisant l’hypothèse de vibration transversale de l’éther, Laplace fut-il un de ses adversaires les,plus acharnés. Il ne faut peut-être pas trop lui en vouloir : la théorie des actions à distance de molécule à molécule a rendu tant de services ! S’il avait vécu (Laplace mourut en 1827* l’année d’après Fresnel) il eût rendu justice à Fresnel, comme il sut le faire vis-à-vis de ses contemporains.
- Laplace et P électricité. — Si Laplace assista au bouleversement de l’optique, il connut aussi l’aube de la nouvelle électricité. Le début en est marqué par l’expérience célèbre d’Œrstedt (1819). Ampère devait en tirer la magnifique série de découvertes que l’on connaît; mais il ne fut pas le seul savant qui se livra à des recherches dans ce domaine. Biot et Savart, en particulier, étudièrent le champ magnétique créé par les courants. C’est de là que Laplace tira la formule élémentaire d’électromagnétisme qui est classique.
- Cette formule avait pourtant de quoi faire bondir un newtonien intégral ! On sait, en effet, qu’il ne s’agit plus dans l’action d’une masse magnétique sur un élément de courant, ou inversement, dans l’action d’un élément de courant sur un pôle d’aimant, de forces centrales; le principe d’action et de réaction classique ne s’applique pas. Aussi l’attitude de Laplace étonnera-t-elle sans doute, quand on apprendra que, malgré ces caractères, il accepta les conclusions d’Ampère sur l’action réciproque de deux courants. Il admit en particulier la formule élémentaire (qui n’est plus usitée aujourd’hui) de l’action entre deux éléments de courants.
- Il faut dire d’ailleurs qu’Ampère y mettait le prix : on raconte, en effet, qu’il se dérangeait souvent pour expliquer ses expériences à Laplace soit à son domicile, soit au Bureau des Longitudes. Pourtant, Laplace se refusa à suivre Ampère quand ce savant, voulant ramener le magnétisme à l’électricité, inventa les courants particulaires. Il est peut-être possible d’expliquer sa répugnance, en faisant remarquer que la formule de Laplace suppose l’existence des masses magnétiques, agissant suivant la loi de Coulomb en raison inverse du carré des distances et peut-être Laplace savait-il qu’en appliquant sa formule élémentaire à l’action réciproque de deux éléments de courant A et B, on arrive à ce résultat que la force exercée par A sur B n’est ni égale ni opposée à la force exercée par B sur A.
- C’est le lieu de rappeler que nous devons à Laplace, comme application directe de l’expérience d’Œrstedt, l’idée du télégraphe électrique. C’est Ampère qui réalisa la première expérience de transmissions à distance de signaux.
- Au terme de cette analyse rapide, nous pouvons admirer quelle prodigieuse activité Laplace manifesta dans tous les chapitres de la physique. Sans doute, la tendance actuelle n’est plus conforme aux idées de Laplace. Il voulait faire de la physique une annexe de la mécanique, alors qu’au contraire cette dernière ne doit être qu’un chapitre de la physique. Mais il était bon de mettre en relief une partie de sa personnalité que sa gloire de géomètre masque trop souvent.
- J. Jaffray,
- Agrégé de l’Université.
- Bibliographie sommaire :
- L’Œuvre scientifique de Laplace, par H. Andoyer (Payot).
- Mécanique Céleste. Livres X et XII. Supplément au Livre X.
- Ampère. Revue générale de l’Electricité (novembre 1922).
- = L’ÉNERGIE THERMIQUE DES OCEANS E
- LES EXPÉRIENCES DE M. GEORGES CLAUDE A CUBA
- Dans le n° 2786 de La Nature du 1er juin 1928, M. Trol-ler a exposé le principe du procédé Claude-Boucherot pour l’utilisation de l’énergie thermique des océans.
- Il réside dans l’utilisation de la différence de tempéra- ' ture qui, dans les régions tropicales, notamment dans la mer des Antilles, règne entre les couches profondes et la
- surface de la mer. Ainsi à la profondeur de 500 mètres} la température n’est que de 10 degrés alors que l’eau de surface est à 25°. A 1000 mètres, la température n’est plus que de 5°.
- Si l’on ramène cette eau froide au voisinage de la surface, on pourra l’utiliser pour effectuer la conden-
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- Fig. 1.
- M. Georges Claude photographié à Matanzas, devant son tube.
- (Ph. Wide World.)
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de Vinstallation de Malanzas.
- Au premier plan la voie étroite sur laquelle le tube a été transporté jusqu’à la mer. (Ph. Wide World).
- sation de vapeur motrice, émanant d’un bouilleur dans le vide alimenté simplement par l’eau chaude de surface, vapeur qui avant de se condenser aura travaillé sur une turbine.
- La remontée de l’eau froide s’effectue au moyen d’un tube calorifugé plongeant jusqu’à la couche froide : l’eau de celle-ci remonte naturellement dans le tube jusqu’au voisinage de la surface libre de la mer en vertu du principe des vases communicants. Une telle installation utilise uniquement une énergie naturelle, constamment renouvelée et ne fait appel à aucun combustible.
- MM. Claude et Boucherot ont démontré, d’abord théoriquement que, malgré la faible différence de température disponible entre la source froide et la source chaude de la machine thermique qu’ils projetaient de réaliser, l’ins-
- Fig. 3. — Le chantier de préparation des tubes. (Ph. Wide World.)
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- tallation qu’ils avaient conçue était susceptible de fournir le kilowatt à un prix avantageux.
- Le projet suscita à l’origine bien des critiques sceptiques, surtout quand l’on sut que M. Claude avait l’intention bien arrêtée de passer le plus vite possible à l’exécution.
- Certains prétendirent, au nom de la pratique, que l’on ne pouvait prétendre à obtenir de la force motrice avec de la vapeur travaillant entre des températures aussi basses et rapprochées que celles indiquées ci-dessus. Bien que l’expérience eût déjà été faite avec succès autrefois, M. G. Claude la recommença à Ougrée-Marihaye et n’eut aucune peine à prouver que sur ce point il n’avait commis aucune erreur.
- On lui objecta alors que, en raison des grandes quantités d’air et de gaz dissous dans l’eau de mer, l’extraction hors du condenseur des gaz non condensables exigerait une pompe absorbant plus de puissance que n’en fournirait la turbine.
- Le reproche était fondé, en partie; dans les installations usuelles de turbines à vapeur, on se contente, étant donné les petites quantités d’air à extraire, de pompes à air de rendement très médiocre ; l’emploi de ces appareils sur une installation Claude-Boucherot eût été désastreux. Mais, avec l’aide de M. Rateau, M. Claude fit établir des pompes à air adaptées au problème qu’il avait à résoudre : ce sont des compresseurs centrifuges multicellulaires,
- Fig. 4. — Le tube à terre avant Vimmersion. (Ph. Wide World.)
- d’un rendement suffisant pour n’absorber qu’une fraction acceptable de la puissance de l’installation.
- Mais les sceptiques n’avaient pas désarmé : « et le tube? » disaient-ils; comment immerger en pleine mer, et maintenir ensuite en position un large tube de plusieurs centaines ou même de plusieurs milliers de mètres? Deux
- Fig. 5. — La phase préliminaire de F immersion du tube.
- Celui-ci est muni de réservoirs destinés à former water-ballast. (Ph. Wide World.)
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- Fig. 6. — Le bouilleur et à gauche l'épurateur d’eau chaude.
- (Ph. Wide World.)
- échecs retentissants semblèrent, tout d’abord, leur donner raison.
- Pour divers motifs, M. Claude avait choisi pour le lieu Fig. 8. — Les pompes à vide. (Ph. Wide World.)
- de sa première expérience réelle les environs de la Havane. Il comptait trouver là les grandes profondeurs à proximité immédiate de la côte.
- Une campagne de sondages sous-marins, effectuée avec les moyens les plus perfectionnés, devait lui réserver une première désillusion. La côte, au lieu de descendre à pic sous la mer, présentait presque partout, en cette région, un ressaut à profondeur relativement faible, empêchant l’immersion du tube. M. Claude dut reporter dans la région de Matanzas l’emplacement de son installation.
- L’an dernier, un premier tube était construit; au moment de l’immerger, une tempête le détruisit complètement. Cet échec eût découragé tout autre que M. Claude; celui-ci n’y vit qu’une leçon riche en enseignements pour l’avenir et se remit immédiatement à l’œuvre pour recommencer l’opération cette année à la bonne saison. Ln
- Fig. 7. — Le condenseur et, à droite, l’épurateur d'eau froide. (Ph. Wide World.)
- nouveau tube fut construit, amené et assemblé à Matanzas.
- L’immersion commença le 8 juin dernier, avec succès tout d’abord, puis survint un accident qui semble dû à la malveillance, et qui parut compromettre le succès; mais M. Claude, avec une magnifique ténacité, reprend le travail, effectue les réparations nécessaires et le 23 septembre dernier il put annoncer à l’Académie des Sciences que le tube avait été mis en place, que l’eau froide avait été remontée de 500 mètres de profondeur environ, et enfin qü’il avait procédé avec succès aux essais d’ébullition. La seule déconvenue est que la température de l’eau ramenée des profondeurs sous-marines est de 13°, alors qu’on escomptait 10°. Mais la différence de température qui subsiste entre cette eau et l’eau de surface permet de faire fonctionner la machine motrice.
- Il faut noter au surplus que l’installation de Matanzas n’est encore qu’une installation expérimentale. Mais l’expérience est d’envergure, comme on peut s’en rendre compte sur les photographies ci-contre et son succès met en évidence les éminentes qualités d’ingénieur que M. Georges Claude joint à ses dons d’inventeur. Il n’est
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- peut-être pas inutile de rappeler qu’à maintes reprises, dans des domaines différents, M. Claude a su de même forcer le succès, grâce à la fertilité de son esprit, à son aptitude à tirer une leçon d’un échec et grâce avant tout à une indomptable énergie. C’est ainsi qu’au début de sa carrière, jeune ingénieur électricien, il s’attela au problème de la liquéfaction de l’air; c’est ainsi que plus tard, envers et contre tous, il fit passer dans le domaine de la grande industrie ses procédés de synthèse de l’ammoniaque au moyen de l’hypercompression.
- Pour revenir à l’installation de Matanzas, voici quelques données sur le tube qui vient d’être immergé : il mesure 1 m. 80 de diamètre et 1850 mètres de long. Il n’est pas placé verticalement, mais en position inclinée et vient se raccorder à un bassin creusé sur la côte et qui sert de réservoir. Il débouche à 600 m de pro-
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- fondeur. Il est fait en éléments de tôle ondulée, assemblés et recouverts d’un enduit calorifuge.
- Aussitôt après l’immersion on a mis en marche les pompes élévatoires qui puisent l’eau froide dans le bassin pour l’amener au condenseur. On a ainsi pu se rendre compte qu’aucune avarie n’était survenue pendant la pose et depuis lors l’eau froide monte régulièrement, La station expérimentale comprend actuellement un bouilleur, précédé d’un réservoir épurateur d’eau chaude, un condenseur alimenté par l’eau froide préalablement décantée dans un épurateur, les pompes à vide, et les diverses pompes de circulation. Elle permet de faire tous les essais de vaporisation avant l’installation d’une turbine et d’un générateur de courant électrique.
- R. VlLLEBS.
- LA CATASTROPHE DU DIRIGEABLE ANGLAIS
- R-101
- Le dirigeable anglais R.-101 vient d’inscrire une nouvelle page de deuil dans l’histoire de la conquête de l’air.
- Parti le 4 octobre à 19 h. 36 de Cardington, à destination du Caire, sa première étape entre l’Angleterre et l’Inde but final du voyage, il survolait Beauvais dans la nuit du 4 au 5 octobre à 2 heures du matin. Quelques minutes plus tard, de violentes explosions jetaient l’alarme dans la ville : le dirigeable venait de heurter le sol au voisinage du village d’Allonne, et était anéanti par le feu en quelques instants.
- Il avait à bord 54 personnes, passagers ou équipage : huit seulement ont échappé à la mort immédiate, et l’un des rescapés est mort de ses blessures. Parmi les victimes se trouvent Lord Thomson, ministre de l’air de Grande-Bretagne, sir Sefton Brancher, directeur du service civil de l’aviation, le commodore Colmore, directeur du service des dirigeables au ministère de l’air et ses adjoints le colonel Richmond, l’auteur des plans du bâtiment et le commandant Scott; de nombreuses autres personnalités de l’aéronautique ont trouvé la mort dans cette horrible catastrophe, qui a provoqué en France comme en Angleterre une douloureuse émotion.
- Le R-101, le frère du R-100 qui a récemment réussi le voyage aller et retour d’Angleterre au Canada, avait comme celui-ci été mis en chantier en 1924. Sa construction n’était terminée qu’à l’automne 1929 avec 18 mois de retard sur les prévisions, retard explicable par les nombreuses innovations qui caractérisaient ce bâtiment. Une partie de l’année 1930, au surplus, a été consacrée à lui apporter d’importantes modifications, notamment à augmenter la capacité du ballon en l’allongeant de 15 mètres, ce qui augmentait de 10 pour 100 sa force ascensionnelle. Le voyage qui s’est terminé si tragiquement était sa première navigation au long cours.
- Le R-101 était, dans sa forme définitive, un dirigeable de 150 000 mètres cubes, d’une force ascensionnelle de 150 tonnes environ. Il mesurait 235 mètres de long, et 40 mètres de diamètre. Son profil avait une section pisci-
- forme, beaucoup plus accentuée que celui des zeppelins et une finesse beaucoup plus marquée : cette finesse ou rapport entre le diamètre de la section maxima et la longueur du navire était la plus faible qui ait été réalisée jusqu’ici (5,5 contre 7,74 dans le Graf Zeppelin). L’avantage de cette forme est très grand au point de vue de la diminution de la résistance à l’avancement, comme 1 ont prouvé de minutieux essais sur modèles réduits au bassin et en tunnel exécutés au National Physical Labo-ratory. Par contre, cette forme effilée posait pour la charpente, en raison de la forte courbure du profil, de nombreux et délicats problèmes de construction; et il est possible que le secret de l’accident qui a mis fin à la carrière du R-101 soit à chercher dans une faiblesse de cette structure complexe, et d’une conception neuve à beaucoup d’égards.
- L’idée fondamentale qui a guidé les constructeurs a été
- Fig. 1. — Le dirigeable R-101 à son poste d'amarrage. (Ph. Wide World.)
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- la suivante : réduire au minimum le nombre des pièces constituant la charpente ; la charge individuelle à supporter par ces pièces devient plus élevée; mais on peut alors les dimensionner largement, avec un fort coefficient de sécurité. On a été ainsi amené à substituer sur une grande échelle l’acier au duralumin; l’acier spécial à grande résistance offrant même, à égalité de résistance, un poids plus faible. Le R-101 était le dirigeable qui comportait le plus d’acier; le poids des éléments en acier y était de 24 tonnes, ils entraient dans la charpente proprement dite (compte non tenu des câbles et haubans) pour 62 pour 100 contre 38 pour 100 de duralumin.
- ainsi de ménager à l’intérieur de la quille tous les emplacements nécessaires pour assurer les communications le long du bâtiment et pour loger le combustible et le ballast. Enfin le rivetage a été exclu rigoureusement de tous les assemblages qui ont été exécutés par des boulons; ceci explique qu’il ait été relativement aisé d’allonger le corps du dirigeable, en rajoutant un certain nombre de couples et d’éléments de poutrelles.
- Une autre innovation remarquable du R-10'1 réside dans ses moteurs : ce sont des moteurs Diesel, à 8 cylindres, du modèle Beardmore, développant 600 ch à 900 tours par minute et consommant du mazout. Ces
- Fig. 2.— Le squelette du R-101, après l’accident, à Allonne. (Pb. Wide World.)
- La carcasse comporte en tout 18 sections ; transversales ou couples, réunies au moyen de poutrelles longitudinales, au nombre de 30, dont 15 principales et 15 intermédiaires. Toutes ces poutrelles passent par la périphérie des couples et laissent entièrement libre le volume intérieur du dirigeable. Les couples sont de forme polygonale et constitués comme les poutrelles longitudinales au moyen d’éléments triangulaires, avec des arcs-boutants tubulaires en acier inoxydable à haute résistance. Les couples, à l’exception de ceux des extrémités, ne comportaient pas d’entretoisement radial, permettant
- moteurs, dont la mise au point du reste a été très ardue, ne pesaient pas plus de 4 kg par ch et consommaient moins de 200 gr de combustible par ch-h au frein. Chaque moteur est muni cl’un démarreur, qui est un moteur auxiliaire à essence de 40 ch. Le refroidissement des moteurs s’effectue par évaporation d’eau, condensée ensuite dans des radiateurs. Les réservoirs à combustible contenaient au départ 29 tonnes de mazout. La distribution du combustible dans les diverses nacelles des moteurs s’effectuait par l’air comprimé.
- L’enveloppe, elle aussi, présentait de remarquables
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- nouveautés; c’était une étoffe enduite mécaniquement, avant le montage, d’une couche de nitrate de cellulose pigmenté et chargé d’une quantité d’huile de ricin suffisante pour maintenir la flexibilité et F élasticité.
- Le dirigeable était gonflé à l’hydrogène, réparti dans 16 ballonnets placés entre les couples, munis chacun de deux soupapes automatiques d’un mécanisme ingénieux servant au gonflement et à la manœuvre.
- L’installation des passagers avait fait l’objet d’études
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- très poussées, en vue de réaliser le maximum de confort.
- Le R-101 était le premier dirigeable à hydrogène pourvu d’un fumoir.
- Nous ne pouvons décrire ici en détail toutes les particularités techniques de ce remarquable bâtiment aérien. Ce qui précède suffit pour montrer l’effort déployé par les services de l’« Air Ministry »; il est cruel de penser que tant de science et de talent ont abouti à une si atroce catastrophe. A. T.
- = LA SCIENCE FRANÇAISE =
- A L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE LIÈGE
- LES EXPOSITIONS INTERNATIONALES D’ANVERS ET DE LIÈGE
- A l’occasion du centenaire de son indépendance, et entre autres manifestations grandioses, la Belgique a
- A l’appel de M. Moressée, directeur de l’Exposition et du comité belge dirigé par M. de Géradon député de Liège, de nombreuses nations ont apporté leurs concours : la France, l’Italie, l’Espagne, la Hollande, le Japon,
- Le Palais de la France à l'exposition de Liège.
- Fig. 1.—
- organisé à Anvers et à Liège deux grandes expositions internationales de caractères très distincts, et en rapport avec les caractéristiques mêmes géographiques, historiques, et économiques de ces deux villes.
- Anvers, cité industrielle, mais surtout maritime, un des plus grands ports du monde, en même temps foyer de l’art flamand, devait présenter à ses visiteurs une exposition maritime, coloniale et artistique.
- Liège, métropole industrielle de la Belgique, centre de l’industrie métallurgique, voisine des bassins houillers, est en même temps le siège d’une université wallonne. Elle était naturellement désignée pour recevoir une exposition constituant une exaltation du travail industriel, de la science, et de ses applications.
- l’Egypte, la Suisse, la Tchéco-Slovaquie, le Luxembourg, la Pologne ont fait édifier à Liège un ou plusieurs pavillons nationaux.
- L’Exposition est, d’ailleurs, divisée en deux secteurs séparés par toute l’étendue de la ville et baignés par la Meuse.
- La partie Nord, la plus importante, couvre une superficie de 50 hectares.
- LA SECTION FRANÇAISE DE L’EXPOSITION DE LIÈGE
- La participation de la France à l’Exposition de Liège la classe nettement en tête des nations étrangères, ce
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- Fig. 2. — L’exposition du Ministère français de l’Air.
- qui est naturel, étant donné les liens d’amitié qui nous unissent à la Belgique et l’influence de la science française sur l’enseignement wallon.
- Le président général de la section, M. Le Soufaché, MM. Dupin, commissaire du gouvernement, Charléty, recteur de l’Université de Paris, Charles Hémardinquer, commissaire général adjoint, Labbé, directeur général de l’enseignement technique, ont réussi à créer un ensemble de démonstration industrielle et scientifique d’une importance très grande pour le rayonnement de la France à l’étranger.
- A côté des groupes de la métallurgie et de la construction mécanique, dans lesquels les trains magnifiques exposés par les grandes compagnies françaises sont avant tout à admirer, à côté des groupes de l’électricité, de la photographie, de la cinématographie, des appareils scientifiques, de la librairie, de la mu- , sique etc., l’effort de la France a surtout porté sur la mise en valeur par des documents irréfutables de son œuvre scientifique passée et présente.
- On trouve donc dans le pavillon de la France des statistiques, des ouvrages d’élèves, des photographies, des courbes, des appareils d’études, des livres, montrant comment sont réalisés en France l’enseignement classique, primaire, secondaire et supérieur, et l’enseignement technique. On a pu voir ainsi avec émotion l’exposition rétrospective de nos grandes écoles avec les admirables documents qu’elle contient (fig. 1 et 2);
- Les services du ministère de l’air, de la marine, le service géographique de l’armée, l’Office des Recherches et Inventions ont également réussi à établir des ensembles démonstratifs clairs et « vivants » qui prouvent la grande part prise par la France dans toutes les inventions modernes (fig. 3).
- Enfin, un hommage grandiose et profondé-
- ment émouvant est rendu à nos savants, de Pascal à Pasteur et de Lavoisier à Berthelot, dans des salles de rétrospective scientifique harmonieusement et ingénieusement disposées. Là sont placés les bustes, les portraits, les souvenirs de nos savants et aussi beaucoup d’appareils historiques avec lesquels ont pu être réalisées tant de découvertes fameuses, le pendule de Foucault, les premiers dispositifs de prises de vues de Marey, les cornues de Pasteur et de Lavoisier, etc....
- Et n’oublions pas l’œuvre artistique de la Ville de Paris qui a édifié un pavillon installé avec beaucoup de goût et contenant un choix de tableaux et de meubles relatifs à l’époque 1830, ainsi que des documents d’urbanisme et d’administration municipale.
- Cependant, l’effort delà France s’est aussi traduit d’une autre manière non moins heureuse, sous une forme moins matérielle mais tout aussi importante.
- Toute une série de conférences organisées par la section des sciences et par le cercle de la librairie ont permis à des savants et hommes de lettres français de se faire entendre d’un grand public international.
- Parmi les conférenciers, nous citerons, par exemple, MM. Janet, Lemoine, Gaumont, Langevin, Fabry, Georges Claude.
- Enfin, 41 congrès tenus dans l’Exposition ont amené à Liège un grand nombre de techniciens et intellectuels français.
- Aussi, durant toute la durée de cette manifestation, Liège est-elle devenue en quelque sorte une capitale de la pensée européenne, et dans cette capitale la France a tenu une place prépondérante.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 3. — La section de l’enseignement classique. M. Charles Hémardinquer, commissaire adjoint, MM. Maurellel et Godari, inspecteurs d’Académie.
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- = LE MARTINET NOIR E
- A PROPOS D’UN FAIT DIVERS
- Récemment le journal Excelsior a publié une information sur le « Sauvetage d’une Hirondelle ». Pendant trois jours, un jeune Oiseau demeura captif, la patte prise dans la fissure d’un mur de la rue Saint-Honoré. « Emus par le spectacle de son agonie, les employés d’une maison voisine se cotisèrent pour faire venir un ouvrier couvreur, spécialiste des travaux aériens, qui délivra l’Hirondelle après une heure d’efforts ». La Ligue Française pour la Protection des Oiseaux a félicité les employés de ladite maison et elle leur décernera une récompense pour leur généreuse action.
- Mais certainement, il ne s’agissait pas d’une Hirondelle : le jeune Oiseau devait être un Martinet, et c’est précisément sur la confusion qui existe couramment entre les Hirondelles et le Martinet noir que nous voulons dire quelques mots.
- Nous avons tous les jours la preuve que le grand public ne connaît pas le Martinet. Il y a même des personnes qui reconnaissent très bien le Martinet lorsqu’il évolue dans les airs et qui demeurent étonnées en présence de l’Oiseau vu de près, au repos. Ainsi, une dame, cultivée, est venue me demander à quelle espèce appartenait un jeune Oiseau qu’elle trouva dans son grenier, tombé du nid, mais déjà capable de voler. Sa surprise fut grande quand je lui eus nommé le Martinet et que je lui eus signalé la présence d’un nid sous le toit de sa maison.
- La dame renouvela, sans le savoir, l’expérience faite par M. R. Rollinat : elle prit le Martinet tombé du nid et le porta dans l’allée de son jardin : l’Oiseau prit son essor, sans difficulté.
- J’attire l’attention des zoologistes sur cette observation qui est intéressante, car on se figure généralement que le Martinet posé sur le sol ne peut pas s’envoler. Evidemment, un Oiseau blessé, effaré ou très fatigué, ou en mue, ne pourra pas prendre son élan; mais un Oiseau en parfait état physique peut s’envoler, en partant d’une surface plane. A vrai dire, c’est une éventualité assez rare dans la vie d’un Martinet, habitant des airs, par excellence.
- Cependant il est non moins vrai que les jeunes sujets, ivres d’espace et un peu fous, sont exposés à maintes mésaventures ; ils se brisent les ailes contre les installations aériennes télégraphiques; en s’accrochant aux aspérités des murs, ils se font prendre les pieds dans des fissures ou ils se les embarrassent dans les cordes qui pendent souvent du nid des Moineaux...
- Nous avons un jour coopéré au sauvetage d’un Martinet suspendu dans le vide, un pied attaché par une ficelle qui penr-dait d’un vieux'nid, sous un toit. Après être resté dans une position critique tout un long jour, le Martinet en fut tiré par des mains compatissantes,... dans lesquelles il se blottit avec une visible satisfaction. Caressé, abreuvé, il fut installé dans une cage pour passer la nuit, couché sur un lit de chiffon fin et propre. Le lendemain, encore fatigué, il ne semblait pas vouloir s’envoler, mais comme il n’acceptait aucune nourriture, ses sauveteurs le portèrent sur le bord d’un petit toit. Là, en entendant les cris joyeux de ses pareils qui passaient au-dessus de lui, il se décida à se laisser tomber dans le vide afin de pouvoir déployer ses longues ailes, et il alla se joindre à la ronde des Martinets du quartier, ronde gracieuse, rapide et bruyante qui anime pendant quelques mois d’été nos cieux privés, hélas ! de la délicieuse présence de l’Hirondelle.
- Car il n’y a plus d’Hirondelles, ou en si petit nombre ! Dans ma ville de banlieue, comme dans Paris, comme partout, j’en vois à peine quelques-unes. (Et l’Hirondelle de
- fenêtre est plus rare encore que l’Hirondelle de cheminée). Comment en serait-il autrement? Sans parler des pertes que subissent les bandes d’Hirondelles au cours de leurs migrations, ni des destructions criminelles qui se commettent dans les pays du Midi et dans le Nord de l’Afrique, comment les Hirondelles ne disparaîtraient-elles pas, puisque l’on ne tolère plus leurs nids?
- A notre époque, on pousse la propreté jusqu’à la manie, propreté extérieure et plus apparente que réelle souvent, souci du décor plutôt que véritable hygiène; on ne veut pas supporter le moindre inconvénient et l’on chasse l’Hirondelle, l’on détruit sans pitié le nid construit contre la maison. Après cela, on se plaint de la disparition d’un Oiseau si utile, on déplore la multiplication de plus en plus accentuée des Mouches, des Moustiques... Une dame, docteur en droit et docteur en médecine, m’a dit textuellement:» Je ne veux pas d’Hirondelles chez moi : elles n’ont qu’à bâtir leur nid dans un arbre ». Une telle ignorance de la biologie des Oiseaux est vraiment attristante.
- A tous les amis de la Nature, je demanderais de bien vouloir favoriser la reproduction des Hirondelles et de faire campagne pour obtenir que les nids soient respectés, autour d’eux. Il existe des nichoirs pour Hirondelles qui rendent service lorsqu’on désire augmenter une colonie, ou pour attirer les Hirondelles à venir s’installer dans tel endroit que l’on choisit. L’Hirondelle, confiante, a besoin de la sollicitude de l’Homme pour vivre et pour élever sa famille.
- Planant en quelque sorte au-dessus de l’humanité, le Martinet échappe mieux à nos persécutions. Libre fils de l’espace, ne se posant jamais volontairement à terre, ne se perchant jamais, le Martinet passe inconnu, inaperçu, hors d’atteinte. Il établit sa demeure dans un trou de mur dans des lieux élevés. Il se cache tout en haut des monuments, des églises, et aussi sous les toits des maisons. — Son habitation est précédée par un couloir plus ou moins long. — De là, l’Oiseau s’élance pour ses évolutions aériennes, puis ayant chassé, ayant bu la pluie, l’Oiseau revient comme une flèche à son logis. Pour se nettoyer, il aime à recevoir la pluie, après quoi il rentre en son abri pour lisser ses plumes au beau reflet bronzé.
- Cypselus apus Linné est entièrement brun, sauf une tache claire à la gorge. Le Martinet alpin, Cypselus melba L., qui ne s.e voit que dans les hautes montagnes de l’Est et du Sud de la France, est plus grand que le Martinet noir, et la tache claire du menton est plus marquée, il a le ventre blanc, en grande partie.
- Cypselus, vient d’un mot cité ou créé par Aristote, qui signifie « excavation » (sous-entendu : où niche le Martinet).
- Apus veut dire : sans pieds. Primitivement, on croyait peut-être que l’Oiseau n’avait pas de pattes, parce qu’elles sont très courtes et impropres à la marche. Les quatre doigts sont dirigés en avant; ils sont armés d’ongles assez forts et acérés qui servent au Martinet à s’accrocher aux murailles, verticalement.
- Beaucoup de sottises ont été dites et écrites sur les pieds du Martinet. Un écrivain de talent a parlé des « cruelles morsures » infligées par un Martinet ! A mes protestations, ledit écrivain a répondu qu’il fut non pas mordu (il en convenait !) mais pincé par l’Oiseau. En réalité, le Martinet est très doux, mais quand il est tenu dans la main, il se cramponne fortement aux doigts et s’il s’agit surtout d’un individu très adulte, aux ongles développés, le contact piquant en est un peu désagréable. Le Martinet est des plus inofîensifs ; livré à notre merci par suite
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- d’un accident, il n’esquisse pas un mouvement de défense; il paraît seulement regretter désespérément sa liberté.
- Le Martinet ne peut pas vivre en captivité. De tous les Oiseaux, il est sans doute le plus difficile à élever. Les ornithologistes les plus compétents ont beaucoup de peine à conserver un Martinet blessé, — ou jeune, — pendant quelques jours et jusqu’à ce qu’il soit en état de voler pour reprendre sa libre vie.
- L’Hirondelle, au contraire, peut s’élever et devenir très familière.
- Néanmoins, le Martinet n’est pas aussi farouche qu’on le croit. Lorsqu’il se sent en sécurité, il ose approcher l’Homme de très près. A la campagne, les jeunes Martinets nés sous notre toit viennent nous frôler en chassant. En notre présence, ils entrent dans les chambres, ils s’accrochent dans le haut et à l’intérieur des fenêtres pour saisir les petits Insectes qui s’y réfugient. Les adultes sont plus prudents.
- Eminemment sociables, les Martinets se réunissent pour chasser, de l’aurore au crépuscule. On n’entend jamais de querelle entre eux. Mais ils semblent ignorer les autres Oiseaux, et s’ils ont des rapports avec les Moineaux, ce n’est que pour leur disputer un trou de mur. En effet, le Martinet ne peut pas construire de nid, — il est obligé de s’établir dans une cavité toute faite et au fond de laquelle il apporte quelques brins de paille, agglutinés de salive. La ponte est de 3 ou 4 œufs, un peu allongés, d’un beau blanc mat.
- Les Martinets arrivent dans nos pays après les Hirondelles, c’est-à-dire à la fin d’avril ou au début de mai. Ils repartent plus tôt qu’elles, dans les derniers jours de juillet ou dans la
- —.........— LES CHEVAUX
- Le vétérinaire-colonel Huguisr, dans la Vie Agricole, établit le bilan des pertes en chevaux et mulets subies par les armées au cours de la grande guerre. Il est formidable. Les chevaux n’ont pas souffert moins que les hommes au cours de ces années tragiquement mémorables.
- L’armée française, le 2 août 1914, possédait un effectif de chevaux et mulets de 175 000 unités (France et Afrique du Nord). En quelques jours, par le jeu de la réquisition, il était augmenté de 730 000 animaux. A ce contingent s’ajoutèrent quelques jours plus tard 50 000 chevaux venus d’Algérie, du Maroc, ou d’autres pays. Au début des hostilités, l’armée Française disposait de 955 000 chevaux et mulets.
- Les cinq premiers mois de la guerre de 1914 nous coûtèrent 182 300 chevaux tués, morts de blessures ou d’épuisement. Puis ce fut la fixation du front qui exigea des effectifs énormes; il fallut porter le nombre de nos chevaux et mulets à plus de 1 million pour arriver à 1 163 500 en 1916.
- Lès pertes pour toute la guerre se chiffrent à 1 140 000 animaux tués, abattus, morts de blessures ou de maladies, ou disparus : 268 136 d’entre eux furent atteints par les projectiles ennemis et 113 136 succombèrent. La statistique établit que sur 10 chevaux du front 7 furent atteints par le feu, dont 3 mortellement.
- Mais ce sont les maladies qui ont infligé les pertes les plus graves; elles ont exigé : 1 000 379 hospitalisations. La gale fit son apparition dès 1914; plus de 500 000 équins en furent atteints et 50 897 succombèrent. On la traitait par la balnéation gazeuse sulfureuse de Lepinay et Chollet.
- La gourme a etteint 357 880 chevaux dont 28 734 succombèrent.
- première huitaine d’août. Les dates d’arrivée et de départ dépendent de la température, et du climat. Mais en somme, les Martinets ne passent que trois mois chez nous.
- Avant et après les dates qui leur sont habituelles, on voit passer des Martinets et des Hirondelles : ce sont des Oiseaux en migration qui se rendent dans des contrées plus septentrionales, ou qui en reviennent. Par exemple, les Martinets qui vont en Angleterre, en Suède, passent au-dessus de Paris quelque temps avant l’arrivée des Martinets qui resteront à Paris. Au retour, ils se montreront un peu après le départ des nôtres.
- A la fin de juillet, quand les jeunes sont élevés et se joignent aux adultes pour accomplir dans les airs mille prouesses, c’est un beau spectable de les voir voler, se poursuivre en criant. Les jeunes ont l’air enivrés et se jettent à corps perdu à la conquête du ciel.
- Le grand Shakespeare, ce génie complet, connaissait bien le Martinet. Il a mis dans la bouche de Banquo, au seuil du château de Macbeth, quelques paroles qui en font foi :
- « Cet hôte des étés, le martinet, habitant des temples, nous annonce, en fixant ici son séjour, que l’haleine de l’air est en ces lieux douce et parfumée... J’ai remarqué que partout où cet oiseau fait son nid et ses petits, on y respire un air délicat et pur »,
- Les Anglais appellent les Martinets « les policemens de l’air ». Et c’est bien un rôle d’épuration, une police de l’atmosphère qu’accomplissent ces grands voiliers insectivores.
- Est-il besoin de le dire : la Loi protège les Martinets et les Hirondelles.
- A. Feuillée-Billot.
- ET LA GUERRE
- La morve, particulièrement dangereuse parce que transmissible à l’homme, se manifesta dès 1914 et coûta 58 840 sujels morts ou abattus.
- Heureusement une remarquable méthode de diagnostic : l’intradermomalleination palpébrale, découverte et mise au point en 1914, permet aux vétérinaires de dépister la maladie et de la faire pratiquement disparaître.
- Les lymphangites contagieuses frappèrent 48 670 animaux dont 18 024 périrent.
- En outre 455 580 chevaux et mulets subirent des blessures de harnachement, 4257 succombèrent. Par suite du séjour prolongé des animaux dans des terrains détrempés, 376 300 furent atteints de crevasses, javarts, dermite des membres et 6890 durent être abattus.
- Les autres maladies : surmenage, affections des appareils digestifs, respiratoire, circulatoire, etc., atteignirent 1 542 900 animaux avec 281 120 pertes.
- Les pertes des autres belligérants ne furent pas moindres : les Anglais qui avaient mobilisé 204 600 chevaux en 1914 durent porter cet effectif à 574150. Ils perdirent pendant les hostilités 325 790 animaux. Ils eurent à lutter contre les mêmes maladies que nous.
- Les Allemands n’avaient pas plus que les alliés prévu les fléaux qui allaient s’abattre sur leur cavalerie et furent plus qu’eux encore pris au dépourvu. Leur effectif moyen dut être porté à 1 236 000 chevaux. Ils en perdirent 68 pour 100. Sept millions de cas de maladies furent constatés avec plus de 1 million de pertes ; 405 000 animaux furent atteints par le feu; 558 540 succombèrent à l’épuisement; 445 700 furent blessés par le harnachement.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- PROBLÈME DES 3 AGES
- Voici un petit problème, curieux par son énoncé en apparence paradoxal, qui peut être proposé sous forme de devinette :
- On demande à une personne de poser 3 nombres entiers représentant 3 âges (fils, père et grand-père)-, puis d’effectuer les opérations suivantes :
- Faire la somme et le produit des âges extrêmes-,
- Prendre le quart exact de la somme et le multiplier par
- 10 000;
- Ajouter le produit;
- Ajouter le quart exact de l’âge moyen;
- Indiquer le résultat.
- Il s’agit, avec cette unique donnée, de déterminer les 3 âges.
- Solution. — Soit x l’âge du petit-fils, y l’âge du grand-père et t l’âge du père.
- Il est évident que, si - n’est pas un nombre entier, sa partie 4
- décimale est celle du nombre donné. Appelons u la partie
- , 1
- entière de -.
- 4
- On commence par ajouter 6250000 au nombre donné. Soit A la partie entière de la somme obtenue.
- On extrait ensuite la racine carrée de A, à moins d’une unité près.
- Soit R cette racine et p le reste correspondant.
- Deux cas peuvent se présenter :
- 1° On trouve R +> p.
- On soustrait p de R et l’on prend la racine de R — p. Soit R' cette seconde racine, et o' le reste. On a :
- x = R — R' — 2500 y = R + R' + 1 —2500 u = Rf — p'
- Exemple : Nombre donné : 198313,5.
- On trouve :
- A = 198313 + 6250000 = 6448313 R = 2539 p = 1792 R' = 27
- p' = 18
- u = 27 — 18 = 9 On en tire :
- x = 2539 — 27 — 2500 = 12 y = 2539 + 27 + 1 — 2500 = 67 t = 9,5 x 4 = 38
- Les âges demandés sont 12, 38 et 67 ans.
- p = 4396 R" = 25 + — 43 •
- u = 50 — 43 = 7
- Ce qui donne :
- x = 2532 — 25 — 2500 = 7 y = 2532 + 25 + 2 — 2500 = 59 t = 7,75 x 4 = 31
- Les âges demandés sont 7, 31, et 59 ans.
- Explication. — Remarquons d’abord que les premières opérations reviennent à effectuer le produit :
- (2500 + x) (2500 + y)
- En effet
- (2500 + x) (2500 + y) = 25002 + 2500 (x + y) + xy
- Le nombre donné contient 2500 (a: + y) + xy; on complète le produit en ajoutant : 25002 = 6250000 Posons :
- 2500 + x = X 2500 + y = Y
- Soit Z la différence Y — X — y — x Supposons Z impair et posons :
- Z = 2 z + 1 Nous avons :
- A = X (X + 2 3 + 1) + u = Xî + 2zX + X + !i
- Ajoutant et retranchant z2 dans le second membre, il vient : A = (X + z)2 + X + u — z2
- D’après les conditions du problème, la quantité X + u — z2 est toujours positive et inférieure à X + z; nous pouvons donc écrire :
- R — X + z p = X + u — z2
- Retranchons le reste p de la racine R, nous trouvons :
- R — p = X + z — X — u + z2 — z- + z — u
- La quantité z — u, inférieure à z, est toujours positive; donc :
- R' = z p' = z — u
- Nous en tirons immédiatement :
- 2° On trouve p +> R.
- On double R, on retranche p, et l’on prend la racine de 2R — o.
- Soit R" cette racine et p" le reste correspondant. On a :
- x = R — R" — 2500 y = R + R" + 2 — 2500 u = 2 R" — p"
- Exemple : Nombre donné : 165 420,75.
- On trouve :
- A = 165420 + 6250000 = 6415420 R = 2532
- u = R' — o'
- V
- D’autre part, nous avons :
- R — R' = X + z — z = X R + R' + 1 = X + 2z + 1 = Y
- Et finalement :
- x = R — R' — 2500 y = R + R' + 1 — 2500
- Dans l’hypothèse z pair, on trouve p O R.
- La solution indiquée dans ce cas se justifierait par un raisonnement analogue.
- E. Thibout.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AOUT 1930, A PARIS
- Le mois d’août 1930 a été pluvieux et très frais du 2 jusqu’au 23, puis il s’est terminé par une période exceptionnellement chaude et ensoleillée. A partir du 26 surtout, les moyennes quotidiennes de la température des 26, 27, 28, 29 et 30 sont jusqu’ici les plus hautes que l’on ait observées à Saint-Maur à pareille époque depuis 57 ans, et les maxima des 27, 28, 29 et 30 dépassent de 1° à 2° les plus élevés notés fin août dans la série d’observations du Parc Saint-Maur. Le maximum absolu, 33°9, le 29, est légèrement plus faible que celui de l’année dernière qui avait été enregistré le 31 août (34°6) ; à Montsouris, le 28, il a été de 34°2; le minimum absolu, 8°4, le 17, n’a rien d’exceptionnel.
- La température moyenne du mois a été de 18°34 et est supérieure de 0°65 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 762 mm 4, au niveau de la mer, est sensiblement normale.
- Les pluies ont été fréquentes et abondantes parfois; elles ont fourni 80 mm 7 d’eau en 17 jours au Parc Saint-Maur. Cette quantité est supérieure de 53 pour 100 à la normale, 52 mm 7, que l’on recueille en moyenne, en 12 jours pluvieux. Du 2 au 15 il a plu tous les jours, sauf le 9.
- La pluie qui a accompagné le violent orage du 30 a fourni au Parc Saint-Maur 31 mm 7 d’eau et jusqu’à 55 mm 3 à Rosny et même 66 mm 1 à Saint-Mandé.
- La moyenne de la nébulosité du mois a été de 52 pour 100 et celle de l’humidité relative de l’air de 76 pour 100.
- Plusieurs orages ont éclaté sur la région, notamment les 2, 5, 18 et 30. Ce dernier a été particulièrement violent et s’est étendu sur toute la région; les éclairs, extrêmement vifs étaient accompagnés de coups de tonnerre prolongés. La pluie, abondante partout, sauf cependant dans PO., mais encore plus abondante surtout du sud à l’est de la région, a été mêlée de grêle à Pierrefitte, Rosny et Brévannes.
- Les vents de la moitié sud de la rose ont dominé nettement au cours du mois.
- MOIS D’AOUT ANTÉRIEURS
- La température moyenne normale d’août est de 17°7. Le mois d’août ne se montre pas plus froid que le plus froid mois de juillet et, presque aussi souvent que celui-ci, il atteint une température moyenne de 20 à 22°.
- Les changements de température du mois d’août ont été plus grands et plus durables au cours de la première moitié du XIXe siècle que par la suite.
- Les mois d’août les plus froids ont été ceux de : 1912, 14°9 ; 1844, 15°1; 1924, 15°4; 1816, 1845, 15°5; 1782, 1896, 1920, 15°8 ; 1785, 1891, 16°0.
- Et les plus chauds ceux de : 1842, 22°0; 1802, 21°9; 1807, 1911, 21°4; 1826, 21°2; 1832, 1899, 20°8; antérieurement, ceux des années 1780 et 1765 auraient été encore plus chauds que celui de 1842 et ceux de 1761 et 1763 aussi chauds que celui de 1802.
- Les plus basses températures observées en août ont été les suivantes ; 5°3 en 1885; 5°8 en 1887; 5°9 en 1876 et en 1896; 6°0 en 1920 et en 1923; 6°1 en 1907; c’est le mois où les minima de l’année s’abaissent le moins.
- Comme élévation thermique, les maxima absolus les plus élevés ont atteint : 36°7 en 1842, le 18; 36°5 en 1911, le 9; 36°4 en 1802; 36°2 en 1763, 1826, et 1857. Fait absolument remarquable, en août 1876, le thermomètre a dépassé 30°, pendant dix jours consécutifs. En 1765, le 26 août, l’on aurait eu 40°, mais il est douteux que cette valeur soit exacte.
- Les mois d’août les plus pluvieux ont été ceux de : 1850, 158 mm 3 d’eau; 1875, 125 mm 7; 1924, 119 mm 5; 1848, 112 mm 3; 1922, 97 mm 3 et les plus secs : 1861, 9 mm d’eau;
- 1911. 9 mm 2; 1899, 12 mm 5; 1923, 12 mm 3.
- En 1860 et en 1924, août donna 24 jours de pluie, en 1878, 22 et en 1894, 21 ; en 1861, il n’y en eut qu’un seul, en 1793 et en 1867, 2, en 1778 et en 1803, 3, en 1926, 4, en 1777, 1790 et 1798, 5, en 1874, 1899, 1911 et 1920, 6. En 1903, le 23 août, 1 on recueillit dans les 24 heures, 83 mm 0 d’eau à Pantin et 45 mm 5 à Montsouris.
- En 1880, 1 on a entendu le tonnerre 13 jours en août, et, en 1905, 9; en 1923, il n’y en a pas eu et en 1911 et en 1926, il n’y en eut qu’un.
- Mois d’août clairs : 1893 et 1899, nébulosité moyenne 29 pour 100; 1898, 30 pour 100; 1911, 31 pour 100; 1887 et 1901, 37 pour 100 ; les plus fortement couverts ont été ceux de :
- 1912, nébulosité moyenne 73 pour 100; 1924, 72 pour 100; 1878, 67 pour 109 et 1832, 66 pour 100.
- Les moyennes les plus faibles de l’humidité relative de l’air en août ont été : 63, 9 pour 100 en 1899; 65, 0 pour 100 en 1911; 66, 4 pour 100 en 1923 et 66, 6 pour 100 en 1901, et celles les plus fortes : 83, 1 pour 100 en 1879; 81, 3 pour 100 en 1915; 81, 1 pour 100 en 1925 et 80, 9 pour 100 en 1878.
- Le mois d août 1912 restera parmi les mois absolument anormaux. C’est le plus froid connu, du moins pour la période (1851-1912) pour laquelle les températures du Parc Saint-Maur sont ou ont été rendues comparables par le travail établi par M. A. Angot (Etudes sur le climat de la France, Annales du B. C. M.). Les moyennes diurnes ont été inférieures à leurs normales respectives du 28 juillet au 24 août, soit pendant 28 jours consécutifs, fait sans exemple dans la série des observations du Parc Saint-Maur. II est aussi sans exemple depuis 1851, que le thermomètre n’ait pas atteint une seule fois 25° en août. Le maximum absolu de. l’exceptionnel mois d août 1860, était de 25° 2: or, la température la plus élevée observée en août 1912 a été seulement de 24°7, le 29.
- Ce fut aussi le plus fortement nébuleux de tous les mois d’août connus, et sa pression barométrique moyenne (754 mm5 à l’altitude de 50 m) l’une des plus basses que l’on trouve pour ce mois et son minimum absolu (740 mm 7) Je 26, est le plus faible que l’on ait observé à Paris, à la même altitude, au cours de la période de 62 ans (1851-1912). Août a donné lieu également à l’observation de trombes dans la région parisienne : en 1687, le 15, non loin de Paris, probablement dans la banlieue est; en 1823, le 26, aux environs de Mantes; en 1890, le 18, de Dreux (Eure-et-Loir) jusqu’à Epône près Mantes (Seine-et-Oise) ; en 1897, le 8, à Villemomble. Le mois d’août 1892 restera mémorable par le « coup de chaleur » que l’on a subi en France les 16, 17, 18; accroissement subit de température accompagné d’un air sec et brûlant, véritable sirocco. Les maxima ont atteint pour la région de Paris : dans la journée du 18 : 36°0, au B. C. M., 35°6 à la Tour Saint-Jacques, 35°5 à Montsouris, 35°2 au Parc Saint-Maur, 35°1 à Juvisy et 32°0 à la Tour Eiffel. En France, les maxima enregistrés dans les stations météorologiques ont été de : 42°0 à Biarritz et 41°9 à Bordeaux le 16; 40°2 à Tours, 39°8 à Limoges; 38°0 à Clermont-Ferrand et à Bourges, 37°0 à Chaumont, Montluçon, Nancy, Rochefort et Saint-Etienne, 36°5 à Auxerre, Charleviiie, Dijon, Lyon et Marseille, 34°5 à Châteaudun le 17.
- Em. Roger,
- Membre de la Société Météorologique.
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- = LA RADIOPHONIE PRATIQUE ET=
- L’ÉLIMINATION DES PARASITES ATMOSPHÉRIQUES
- ET INDUSTRIELS
- Les progrès réalisés dans les postes émetteurs et récepteurs ont éliminé les troubles dus aux distorsions. Mais il subsiste toute une catégorie d’ennemis de l’audition radiophonique. Ce sont les parasites.
- Leur atténuation ou même leur suppression est souvent indispensable pour rendre la réception pure, c’est-à-dire artistique et agréable.
- Ces bruits se manifestent soit d’une manière continue, soit d’une façon plus ou moins périodique, et sous forme de craquements, de crépitements, de bruissements, de sifflements, de ronflements, etc.
- PARASITES LOCAUX, PARASITES INDUSTRIELS ET PARASITES ATMOSPHÉRIQUES
- Les causes de ces bruits perturbateurs sont diverses et complexes. Le mauvais état du poste récepteur et des organes d’alimentation peut, tout d’abord, produire des bruits très variés extrêmement gênants, mais qu’il est toujours possible de supprimer, après des recherches plus ou moins longues, entreprises pour déterminer et localiser la source de ces troubles.
- On peut noter, d’ailleurs, à ce propos, que les postes entièrement alimentés par le courant du secteur alternatif, d’usage si pratique, comportent des organes de montage supplémentaires dont l’état défectueux peut produire des bruits fort divers quelquefois assez difficiles à localiser.
- Bien plus complexe est le problème des parasites industriels et atmosphériques.
- L’importance relative des troubles radiophoniques ne dépend pas, d’ailleurs, seulement de l’importance des causes elles-mêmes de ces troubles, mais aussi de l’intensité des émissions que l’on veut recevoir et de leurs longueurs d’onde. En chaque lieu d’établissement d’un radio-récepteur, il faudrait considérer le rapport antiparasite de l’énergie reçue et provenant du poste émetteur à celle provenant du « brouillage », quelle que soit sa nature.
- Pour augmenter la qualité de l’audition, il faut donc séparément, ou mieux simultanément, augmenter l’intensité de ' l’énergie utile recueillie, et diminuer l’intensité de l’énergie des parasites.
- Ce fait explique pourquoi l’audition des émissions puissantes provenant de stations locales ou de super-postes émetteurs est généralement pure, et pourquoi aussi il est plus difficile d’écouter les émissions faibles ou lointaines avec un poste alimenté entièrement par le courant d’un secteur.
- LA LUTTE CONTRE LES PARASITES ATMOSPHÉRIQUES
- Les parasites atmosphériques Avarient suivant la saison, l’heure de la journée, la région considérée, et enfin la longueur d’onde de l’émission à rece\roir.
- En particulier, l’écoute des émissions sur ondes très courtes sur la gamme 15-80 m est moins troublée par les parasites atmosphériques parce que la plupart de ces derniers semblent aA*oir en quelque sorte une longueur d’onde propre plus ou moins nette, mais en tous cas assez éleArée et que, d’autre part, la propagation de ces émissions à grandes distances s’effectue
- avec une merveilleuse facilité (mais plus ou moins régulière), ce qui augmente l’intensité de l’énergie recueillie par le cadre de l’antenne réceptrice.
- Nous indiquerons plus loin que le meilleur moyen d’atténuer les troubles produits par les parasites industriels consiste à en supprimer la source initiale; ce moyen est évidemment impossible à appliquer pour les parasites atmosphériques!
- On en est donc réduit soit à employer des ondes très courtes au-dessous de 40 m environ pour la diffusion à grande distance, soit à augmenter la puissance des grands postes émetteurs européens sur la' gamme 250-2000 mètres, afin d’augmenter la valeur du rapport anti-parasite indiqué plus haut.
- L’adoption d’une grande station nationale reliée par fils téléphoniques à des postes relais locaux transmettant simultanément le même radio-concert constitue également une bonne solution, utilisée, d’ailleurs, souvent à l’heure actuelle.
- On peut tenter également d’augmenter les qualités antiparasites du radio-récepteur, bien qu’il n’existe pas, en réalité, de moyens de protection vraiment efficaces applicables en radiophonie.
- L’adoption d’un cadre, d’une antenne de courte longueur sans prise de terre, ou avec prise de terre indépendante de faible résistance, ou encore l’emploi d’une antenne enterrée d’un modèle déjà décrit dans nos chroniques peut souvent amener une amélioration notable des résultats obtenus.
- Un montage détecteur de puissance par utilisation de la courbure de la caractéristique de plaque, établi suivant un schéma également décrit, pourrait également donner, semble-t-il, de bons résultats.
- Il y a également intérêt, à ce point de vue, à employer des appareils aussi sélectifs que possible et convenablement blindés afin d’éviter une transmission directe des courants parasites par les circuits moyenne fréquence ou haute fréquence.
- Une foule de procédés anti-parasites plus ou moins complexes ont été proposés par les techniciens; mais jusqu’ici aucun ne paraît susceptible, d’être appliqué aux radio-récepteurs d’amateurs et jusqu’à nouA'el ordre les progrès ne peuvent être attendus que de l’augmentation de la puissance des émissions de broadcasting, de l’emploi des ondes courtes et de l’établissement de stations relais.
- LA LUTTE CONTRE LES PARASITES INDUSTRIELS
- Les troubles provenant des parasites atmosphériques sont très souvent beaucoup moins marqués, beaucoup moins violents, et aussi beaucoup moins fréquents que ceux produits par les parasites industriels, c’est-à-dire par des courants à haute fréquence de toutes sortes transmis directement au poste récepteur, ou par induction, et engendrés par les appareils électriques industriels du \roisinage.
- Il n’existe pas encore, en France, de loi donnant recours contre les propriétaires d’appareils électriques gênants, pour la radio-réception, et c’est seulement il y a fort peu de temps qu’une circulaire d’un ministre des P. T. T. enjoignait aux agents de l’administration d’étudier des moyens propres à atténuer les ^troubles engendrés par les appareils Baudot
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- redoutés à juste titre des amateurs habitant dans le voisinage d’un « central » télégraphique.
- Au contraire, en Allemagne, la nouvelle loi sur les installations téléphoniques donne un recours certain contre les perturbations provenant de ces appareils, et permet de prendre des mesures rigoureuses contre les installations perturbatrices, surtout au cas où celles-ci sont mises en service lorsqu’il existe déjà des récepteurs de radio-diffusion.
- Des mesures du même genre sont prévues dans les statuts de l’électricité en Autriche; en Italie, on a pris des mesures très énergiques contre les perturbations.
- Sans doute existe-t-il des montages de récepteurs radiophoniques plus ou moins sensibles que d’autres aux parasites industriels, et, par exemple, nous avons montré comment les montages détecteurs par caractéristique de la courbure de plaque, ou les montages détecteurs de puissance permettent d’atténuer les troubles causés par les parasites. De même, la réception sur cadre sans prise de terre est, en général, beaucoup plus favorable pour l’élimination de ces parasites que la réception sur antenne, il n’en est pas moins vrai que, la plupart du temps, le seul remède vraiment efficace consiste à agir sur les appareils producteurs de parasites eux-mêmes, et non pas à modifier le poste récepteur.
- En Allemagne, on a édicté des prescriptions concernant les appareils et les installations électriques, de façon à les munir de systèmes de protection nécessaire contre les perturbations radioélectriques, et, jusqu’à présent, cette disposition
- a surtout été appliquée aux appareils médicaux à haute fréquence.
- On peut, comme l’a montré une étude très documentée établie par l’Union internationale de Radio-diffusion, distinguer deux catégories générales de parasites, suivant les bruits correspondants produits dans les récepteurs.
- Tout d’abord, des perturbations se traduisant par un son musical à peu près pur, de fréquence plus ou moins élevée, mais audible, sont provoquées par le courant alternatif des usines électriques. On observe, d’ailleurs, plutôt les harmoniques de la fréquence fondamentale du courant du secteur, c’est-à-dire des fréquences de 100, 300, 600 et 1200 périodes. Les courants correspondants parviennent la plupart du temps au poste récepteur par la terre; ils peuvent donc être presque toujours évités par l’emploi du cadre et par un isolement rigoureux. Ce groupe de parasites est assez peu gênant.
- Les perturbations les plus fréquentes et les plus désagréables se traduisent par des craquements et des bruissements plus ou moins continus.
- Ces perturbations sont à haute fréquence, et elles cessent évidemment dès que l’appareil perturbateur est arrêté, ce qui permet de les distinguer assez facilement des parasites atmosphériques produisant aussi des craquements et des bruissements, mais de longue durée et d’intensité beaucoup plus variable.
- La fréquence de ces oscillations est déterminée par l’inductance et la capacité des conducteurs, et il faut prendre en considération, non seulement les inductances et les capacités de l’appareil lui-même, mais encore la capacité de l’installation entière et celle des condensateurs fermés.
- Ces perturbations sont amorties et à haute fréquence et les conducteurs de l’appareil perturbateur se comportent en réalité comme des antennes d’émission, c’est ce qui explique pourquoi elles sont beaucoup plus intenses sur les réseaux de
- courants à haute tension à lignes aériennes que sur ceux à câbles seulement; les conducteurs aériens se comportent, en effet, comme des antennes rayonnantes, tandis que la grande capacité du câble empêche la haute fréquence de se propager. En général, pour supprimer les perturbations à la source même, on peut employer un certain nombre de moyens simples; tout d’abord, les ruptures de courant doivent être réduites autant que possible; de cette façon, aucune surtension ne se produit dans les enroulements de l’appareil et de ses conducteurs, et les circuits oscillants existants ne provoquent pas d’oscillations propres.
- Si la fréquence des ruptures de courant ne peut être réduite, on doit essayer d’empêcher la naissance de surtensions productrices d’oscillations, et, enfin, on assure à l’endroit des ruptures de courant l’extinction des étincelles, et, dans ce but, on munit les points de rupture d’un condensateur conjugué avec une résistance.
- On peut aussi diminuer les oscillations perturbatrices à haute fréquence, en.rendant les circuits résonants incapables d’osciller, en les amortissant au moyen de résistances sans induction. Ce moyen est praticable lorsque l’introduction des résistances ne provoque aucune perte de courant susceptible de nuire à la bonne marche de l’appareil.
- Enfin, il faut diminuer le rayonnement des oscillations à haute fréquence produites par l’appareil électrique, et ce résultat peut être obtenu par le montage symétrique des conducteurs fermés, en montant un court-circuit de haute fréquence entre le conducteur et la terre, ou en montant une bobine de choc de haute fréquence qui empêche le courant de haute fréquence de passer dans le conducteur.
- Le montage symétrique des appareils a pour résultat d’annuler le rayonnement des deux conducteurs d’alimentation, montés, en général, parallèlement, et dans lesquels circulent les ondes de haute fréquence; nous indiquons, par exemple, sur la figure 1 comment on peut monter une sonnerie électrique avec montage symétrique.
- On obtient un court-circuit pour haute fréquence avec des condensateurs de grande capacité à papier ou à mica. Avec le mica, on obtient des capacités de 0,01 à 0,05 de microfarad; avec le papier, de 0,05 à 5 microfarads. Le mica présente l’avantage d’une grande stabilité, mais il donne des capacités réduites et le condensateur ainsi réalisé est beaucoup plus coûteux; il est cependant nécessaire de l’utiliser dans le cas où une forte tension est en jeu.
- Pour réaliser ce court-circuit de haute fréquence, il est nécessaire que le condensateur soit monté en deux points entre lesquels il y a une grande différence de tension à haute fréquence. Dans la majorité des cas, un de ces points est constitué par la masse de l’appareil relié à la terre; le montage de ce condensateur diminue beaucoup les perturbations, si sa résistance en haute fréquence est plus petite que celle des autres éléments en circuit, et, si cette dernière résistance est petite, il est indispensable de donner au condensateur une grande capacité. Enfin, le passage des courants de haute fréquence dans les conducteurs est supprimé ou diminué par le montage des bobines de choc, mais celles-ci doivent avoir évidemment une capacité propre aussi petite que possible, car autrement elles livreraient encore passage aux courants de haute fréquence.
- Tous ces faits expliquent pourquoi, en général, il est beaucoup plus difficile de recevoir les émissions faibles avec des postes récepteurs alimentés entièrement par le courant du secteur alternatif. En effet, même si un poste récepteur fonctionne sur cadre et sans antenne, ni prise de terre, mais s’il est relié au secteur par l’intermédiaire du dispositif d’alimentation, il est beaucoup plus difficile d’empêcher la conduction
- Fig. 1. — Montage symétrique des
- bobinages d’une sonnerie électrique.
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- des courants à haute fréquence parasites par l’intermédiaire de ce dispositif d’alimentation, et il faut prévoir, dans ce cas, un système anti-parasite se plaçant avant le dispositif d’alimentation et consistant en des bobines de choc et des condensateurs « de fuite » reliés à la terre.
- Les bons appareils d’alimentation sur le secteur sont toujours munis de tels dispositifs; leur effet est généralement satisfaisant, du moins lorsqu’il ne s’agit pas de courants à haute fréquence trop violents provenant d’appareils industriels puissants ou rapprochés. Dans ce cas, évidemment, il faut toujours agir à la source même des perturbations et non sur le système récepteur.
- Nous allons donner quelques exemples utiles, en nous basant sur les résultats obtenus par l’enquête de Y Union internationale de Radio-diffusion et publiée d’ailleurs, dans la Revue du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques.
- Les sonneries électriques produisent parfois dans les appartements des bruits parasites gênants. On peut les atténuer en employant le montage symétrique (fig. 1), ou en montant au point de rupture un condensateur à mica de 0,01 à 0,05 de microfarad; on utilisera un système du même genre pour les interrupteurs électriques d’éclairâge.
- Les enseignes lumineuses à éclairage intermittent comportent un tableau de connexion, généralement situé à l’intérieur et dans le bas de la maison, alors que l’enseigne proprement dite est à l’extérieur et même sur le toit de l’habitation, et le conducteur reliant la lampe au tableau de connexion se comporte comme une véritable antenne. On peut éviter ces perturbations en montant un condensateur à mica de 0,02 à 0,10 de microfarad au point de rupture, et des bobinages de choc de 75 à 200 spires sur les conducteurs.
- Les redresseurs à vibreur électromagnétique servant à charger les accumulateurs sont encore utilisés Fig. 3. - Montage se- fréquemment par suite de leur simpli-
- mi-symétrique d un mo- cité jeur j)on rendement. Mais ils e r sene. provoquent des parasites gênants pour
- le voisinage. Ces perturbations peuvent être évitées par le montage d’un condensateur C de 2 à 4 microfarads sur l’enroulement à basse tension du transformateur, ou sur les points de rupture comme le montre la figure 2. Pour atténuer l’intensité des étincelles sur l’interrupteur, on peut monter des résistances de 30 à 50 ohms en série avec le condensateur.
- Les machines électriques, dynamos et moteurs électriques de toutes sortes, comptent parmi les voisins les plus gênants. Les craquements et les bruissements qu’elles produisent sont dus souvent à un mauvais contact entre les balais et le collecteur ou la bague collectrice. La production d’étincelles aux balais n’est, d’ailleurs, pas toujours un signe de perturbation, puisque ces dernières proviennent surtout des grandes étincelles constituant des arcs électriques, et, en général, beaucoup plus rares que les petites.
- En réalité, pour empêcher les perturbations, il faut surtout éviter les défectuosités dans la machine telles que les mauvais contacts dans l’induit, des intervalles trop grands entre les lamelles, etc., et on peut fixer soigneusement les balais, utiliser un montage symétrique dans les moteurs en série, adapter enfin des systèmes éliminateurs à condensateurs et à bobines de choc.
- Il ne suffit pas toujours de monter soigneusement les balais et d’observer la production des étincelles, il faut aussi déterminer par une expérience radiophonique la meilleure position
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- Secteur
- ^zr
- + Rh.
- Fig. 2. — Elimination des perturbations causées par un redresseur vibrant pour charge d’accus, — assurée par les condensateurs C et la résistance E.
- des lunettes de porte-balais en charge normale, et il est même nécessaire d’effectuer de temps en temps de nouveaux réglages. D’autre part, il vaut mieux adopter un montage semi-symétrique des machines série; mais cette modification n’est nécessaire que sur les moteurs série, puisque les moteurs en dérivation comportent déjà des montages symétriques (fig. 4}.
- En général, il est plus simple d’utiliser des condensateurs de fuite de 0,5 à 5 microfarads; on en monte deux en série et on en relie le milieu au bâti de la machine et les deux armatures libres aux balais par des conducteurs aussi courts que possible (fig. 4). Il suffit même quelquefois de relier un seul pôle au bâti en intercalant une capacité.
- Dans tous les cas, il faut assurer une bonne mise à la terre du bâti; il est souvent avantageux en outre de mettre entre les deux condensateurs une résistance à curseur de 50 à 100 ohms montée en potentiomètre et de relier le curseur au bâti.
- Il est évident que lorsque ces condensateurs sont montés sur des machines à courant alternatif, leur capacité doit être la plus petite possible, car autrement le courant qui les traverse est trop élevé, d’où il résulte une perte sans aucune nécessité ; seuls, des essais peuvent déterminer quelle est la plus petite capacité qu’on peut employer.
- L’emploi de bobines de choc convenablement choisies est un moyen très sûr, mais les bobinages nécessaires sont quelquefois trop chers, surtout pour les grandes machine», puisque l’enroulement est alors parcouru par le courant total de cette machine et le fil employé doit avoir une section suffisante. Chaque bobine doit avoir une inductance d’environ 100 millihenrys, mais pour les petits moteurs des bobines de 100 à 200 tours suffisent (fig. 5).
- Fig, 4. —• Emploi de capacités pour atténuer les perturbations provenant des balais de moteurs ou dynamos.
- I) Montage simple à un condensateur. II) Montage à 2 condensateurs. III) Montage à 2 condensateurs et potentiomètre relié au bâti.
- __ Bâti mis à la
- == masse ou ë la terre
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- Les bobinages seront montés, en général, aussi près que possible des bornes de la machine, mais il a été souvent démontré cependant qu’ils ont encore une action à une distance de 1 à 2 m au maximum.
- Ainsi, lorsqu’il s’agit d’appareils électriques domestiques tels qu’aspi-rateurs ou machines à cirer, moteurs de machines à coudre, etc., ventilateurs, on placera des bobines de choc sur les socles des moteurs habituellement employés, ou même sur les fiches de prise de courant. Dans beaucoup de cas, on pourra utiliser J simultanément les condensateurs et
- ~ „ ,, les bobines de choc. Les bobines de
- Fig. 5. — Correction a un ,
- moteur au moyen de bobines choc sont cependant, en general,
- de choc S et de condensa- placees immédiatement après les
- leurs C. machines, et aux bornes des bobines
- on monte deux condensateurs en
- série dont le milieu est relié à la
- masse de la machine soigneusement mise à la terre.
- En général, si les mesures ainsi indiquées sont inefficaces, il doit y avoir une anomalie dans le fonctionnement du moteur et c’est en remédiant à cette anomalie que l’on diminuera les perturbations.
- Par exemple, lorsque l’on peut observer un rythme régulier dans les craquements ou les bruissements donnant l’impression d’un phénomène périodique, ces troubles proviennent d’une irrégularité d’accouplement du moteur avec la machine qu’il actionne et on peut aussi observer des fluctuations de l’intensité des perturbations correspondantes causées par des dynamos entraînées par des machines à gaz, à vapeur ou à essence de fonctionnement irrégulier.
- Une autre cause très fréquente, mais pourtant beaucoup moins générale que les courants à haute fréquence produits par les moteurs et les dynamos de toutes sortes, consiste dans l’émission des signaux perturbateurs par les appareils médicaux à haute fréquence, dont l’usage se répand de plus en plus.
- Pour la production de ces courants, on utilise un dispositif basé sur le système du transformateur de Tesla dont le schéma est indiqué sur la figure 6.
- Ces appareils comportent un interrupteur à marteau branché sur le réseau de lumière, et donnant de 15 à 25 interruptions à la seconde, et les surtensions provenant de ces ruptures ont tendance à faire osciller les circuits constitués par la bobine et les condensateurs.
- Des tensions à très haute fréquence sont ainsi produites par la bobine secondaire de Tesla couplée avec la bobine du circuit oscillant et enfin les courants de très haute fréquence sont dirigés vers le corps du malade par une électrode avec tube en verre.
- Les appareils ainsi composés peuvent produire deux sortes de perturbations. Tout d’abord, l’interrupteur se comporte, à ce point de vue, comme une sonnerie électrique, mais les perturbations sont beaucoup plus fortes que dans ce dernier cas, parce que les tensions alternatives sont beaucoup plus élevées, et que le réseau de lumière qui propage les perturbations est beaucoup plus étendu que le réseau des conducteurs d’un appareil de sonnerie.
- D’un autre côté, des oscillations à haute fréquence amorties sont produites dans l’appareil même, elles parviennent aux conducteurs d’alimentation et sont ainsi propagées par le réseau.
- Les perturbations provenant de la rupture du courant peuvent être atténuées par un montage symétrique de l’interrupteur, ou par l’adoption d’un condensateur de court-circuit et de bobines de choc. Le montage symétrique empêche l’influence des courants haute fréquence produits dans l’appareil sur les conducteurs et un court-circuit empêche évidemment une transmission directe.
- L’émetteur d’étincelles est mis à la terre, en réalité, par le corps du malade, tandis que le conducteur sert d’antenne et augmente l’influence des perturbations. Si l’on garnit alors la poignée de l’appareil d’une gaine en métal touchant le malade, et qui est reliée au conducteur par une petite capacité laissant passer le courant, on obtient une mise en court-circuit efficace. Ainsi, le circuit oscillant formé par l’appareil, le corps du malade et la terre est fermé et rayonne très peu.
- On peut aussi transformer ce circuit oscillant ouvert en un circuit fermé à faible rayonnement en reliant le corps du malade aux deux pôles de la bobine de Tesla, ce qui est souvent le cas pour le traitement médical, mais il faut prendre soin que ce circuit fermé ne soit pas trop grand, car autrement le rayonnement serait au contraire renforcé.
- En Allemagne, des appareils médicaux sont pourvus de dispositifs empêchant la transmission des courants à haute fréquence perturbateurs, et il faut espérer que des systèmes du même genre seront bientôt employés en France.
- Les amateurs à proximité de réseaux de distribution aériens à haute tension déplorent souvent les perturbations causées de ce fait dans leur réception; cependant les installations à haute tension ne devraient troubler que très peu les réceptions lorsque les lignes sont dans un état normal de fonctionnement.
- De fortes perturbations se produisent, au contraire, lorsque les isolateurs se détériorent, car il se produit entre le conducteur et les organes de protection mettant l’isolateur à la terre un passage de courant de longue durée avec production d’étincelles. Ces étincelles produisent dans le conducteur des oscillations électriques à haute fréquence et ces oscillations se transmettent dans les réseaux à basse tension par l’intermédiaire des cabines de transformation; elles jDarviennent ainsi dans les maisons et aux radio-récepteurs.
- Le l’emède est simple; il suffit de changer les isolateurs détériorés en les repérant à l’aide d’un appareil récepteur portatif qu’on déplacera le long du conducteur à haute tension, et
- Fig. 6. —- Schéma d'un appareil médical à haute fréquence muni de dispositifs de protection.
- Montage symétrique de l’interrupteur du primaire; circuit de protection d’alimentation avec condensateurs C et bobines de choc S, circuit à haute fréquence fermé par des condensateurs C/.
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- dont la prise de terre sera constituée par une barre de fer plantée dans le sol.
- Il se produit aussi quelquefois des craquements provoqués dans les distributions de courants à réseaux aériens, lorsque le câble de l’installation particulière rattaché à la ligne générale de distribution est connecté d’une façon défectueuse, et les variations de résistance du point de contact provoquent des bruits correspondants plus ou moins réguliers, quelquefois synchrones aussi des vibrations du câble. Le remède est simple également dans ce cas, puisqu’il suffit de vérifier le point de connexion.
- Quelques amateurs se sont plaints des troubles provoqués par le voisinage des lignes à haute tension, et consistant, non pas dans des craquements ou des bruissements, mais dans des variations d’intensité de la réception, et, en général, en un affaiblissement presque continu de l’audition.
- Il ne semble malheureusement pas jusqu’à présent qu’on ait pu déterminer d’une façon exacte la cause de ce phénomène.
- Pour les enseignes lumineuses au néon, il semble qu’il convienne non seulement d’employer pour les câbles de connexion les moyens déjà indiqués au début de cet article, mais encore d’entourer l’enseigne elle-même d’un réseau métallique, sorte de grillage à larges mailles qui forme en réalité une cage de Faraday, sans pour cela diminuer les qualités lumineuses de l’enseigne.
- Enfin, les tramways à trolley constituent dans nombre de villes des sources extrêmement gênantes de parasites. On a tenté à Paris, au dépôt d’Issy-les-Moulineaux, de déterminer les causes exactes de ces perturbations et on a trouvé qu’on
- ' .........—...........377 =
- pouvait les ranger en deux catégories : tout d’abord, l’action du moteur du compresseur caractérisé par un bruit continu; cette action peut très facilement être éliminée en plaçant en dérivation à ses bornes un condensateur de 2 microfarads; par contre, une action qui se traduit par une série de craquements semble due aux étincelles de rupture se produisant entre la roulette et le fil du trolley, et cette action paraît se produire, même lorsque de fortes intensités de courants circulent dans le contact (*)• Aucun moyen malheureusement n’a été trouvé jusqu’à présent pour éliminer ces perturbations; mais nous pouvons signaler que dans certains travaux étrangers, on a noté qu’elles étaient fortement diminuées par le système de contact à archet, ou par l’emploi de substances spéciales pour les roulettes.
- On voit donc qu’en général un très grand nombre de parasites industriels sont causés par des appareils, en quelque sorte domestiques, ou, dans tous les cas, par des moteurs électriques avoisinant le poste récepteur. Les moyens de protection contre ces parasites sont, le plus souvent, assez simples, et il semble ainsi que, si l’on pouvait établir une collaboration amicale profitable pour tous entre les auditeurs de T. S. F. et les possesseurs des appareils électriques perturbateurs, à défaut de prescriptions légales, on obtiendrait très vit une atténuation générale de ces troubles qui souvent empêchent le développement de la radio-diffusion.
- P. Hémardinquer.
- 1. Ces expériences, comme d'ailleurs celles qui ont été indiquées précédemment ont été effectuées au Laboratoire central d’Electri-cité par la direction de M. Jouaust, en accord avec M. Leduc, rapporteur de la Commission technique du S. P. I. R.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PEINTURE ÉCONOMIQUE
- Tous les marchands de couleur et peintres vous diront qu’il est impossible d’utiliser la vieille huile des moteurs d’autos pour la peinture. Néanmoins, étant donné le bon marché de ce produit qu’on trouve dans tous les garages, provenant de la vidange des moteurs à essence, l’essai est à tenter.
- Nous avons vu des essais qui ont été faits sur du bois de fer où l’on avait à coller du mastic, sur des portes en bois pour servir de première couche de fonds, et enfin sur du plâtre à peindre dans un sous-sol.
- Cette première couche d’huile est un peu plus ;ongue à sécher si l’on n’y mélange aucun siccatif, mais se pose facilement, cette huile étant plus iquide que la peinture.
- Ensuite, avec une couche ou deux de bonne peinture, on obtient un résultat économique car on sait que c’est la première couche qui utilise le plus de couleur.
- Il est nécessaire de choisir une huile qui ne soit pas trop malpropre, de la laisser décanter et si possible de la filtrer.
- UTILISATION DES GONFLEURS DE PNEUS POUR LA PEINTURE
- Certains fabricants de pneus vendent de petits et gros compresseurs d’air servant à gonfler .les pneumatiques et marchant électriquement grâce à leur branchement sur une prise de courant électrique. *
- 11 est possible de se servir de ces gros gonfleurs électriques comme compresseurs d’air et de les utiliser pour la peinture au pistolet avec ou sans réservoir d'air. C’est ainsi qu’on fait des raccords à des garde-boues avec de la peinture cellulosique, Duco ou autre marque.
- Il serait à souhaiter que la peinture au pistolet soit beaucoup plus répandue en France, car elle diminue le prix de revient. Malheureusement dans le bâtiment les ouvriers peintres ne sont pas part sans de cette amélioration et ils préfèrent travailler au pinceau ui du reste, dans certains cas, est prélérable, surtout pour les petites surfaces.
- A propos de ces gonfleurs de pneus signalons qu'ils peuvent être uti isés comme aspirateurs et comme soufleurs pour le nettoyage de l’intérieur des voitures. Il faut pour cela mettre, avant l’aspiration, un
- filtre en tissu pour éviter que des poussières entrent dans le compresseur.
- U est bien entendu que les petits modèles de gonfleurs ne peuvent pas être employés ni pour la peinture au pistolet ni comme aspirateurs, mais seulement les appareils d’une certaine puissance.
- PRÉPARATION DU VIN A L’ANGUSTURA
- L’Anguslure vraie officinale est une écorce qui provient du Gahpea cusparia, grand arbre de la famille des Rutacées. croissant dans l’Amérique du Sud sur les bords de l’Orénoque, elle contient deux alcaloïdes cristallisables : la (üusparine et la galifréine qui jouissent de propriétés toniques et fébrifuges, leur saveur est d’une grande amertume; on utilise principalement cette écorce pour la confection de divers apéritifs et fortifiants suivant deux formules, celle de Norvault et celle de Séguin en prenant :
- Vin fébrifuge de Norvault :
- Quinquina jaune.................135 grammes
- Angusture vraie................. 15 —
- Alcool à 56°................... 250 —
- Laisser macérer vingt-quatre heures et ajouter :
- Vin blanc de Bourgogne .... 1000 cent, cubes
- Dose 60 à 120 grammes comme fébrifuge, 15 à 40 comme tonique.
- Vin fébrifuge de Séguin :
- Teinture de quinquina jaune . . 250 grammes
- Teinture d’opium ........ 9 —
- Quassia amnra..................... 9 —
- Angusture vraie................... 16 —
- Vin de Malaga.................... 1500 —
- Vin blanc de Pouilly............. 1500 —
- Laisser macérer quinze jours, filtrer sur papier.
- Dose : 30 à 50 grammes dans les lièvres intermittentes.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La Planète Mars, par E.-M. Antoniadi, 1 vol. gr. in-4 de 240p.
- avec 150 fig. et 10 pl. h. t. Hermann et Cle, Paris, 1930. Prix :
- 80 fr.
- Cette planète est, après la Lune si voisine de la Terre, la seule dont nous puissions distinguer la surface d’une manière satisfaisante, avec des particularités qui permettent de la considérer comme un monde assez semblable au nôtre. A cette captivante étude, l’auteur, qui est aussi habile dessinateur qu’observateur s’est consacré, depuis de longues années, particulièrement à l’aide de la grande lunette de l’Observatoire de Meudon, la plus puissante de l’Europe. Les pôles de Mars sont occupés par des calottes neigeuses qui varient suivant les saisons; sur le reste du globe des taches ombrées changent d’étendue et présentent des modifications de coloration, également saisonnières, qui s’expliquent au mieux par des phénomènes de végétation; enfin des traces de vicissitudes météorologiques, nuages, courants aériens peuvent être décelés. L’ensemble de ces phénomènes est décrit et analysé minutieusement, de même que les causes optiques dont il faut tenir compte pour interpréter les aspects de l’image télescopique; ainsi se détruit l’illusion des fameux « canaux » qui ne sont en définitive que des formations naturelles de structure irrégulière ou complexe.
- En plus de l’exposé détaillé de ses observations, l’auteur se référant à tous les travaux antérieurs donne l’historique complet de chaque région de la planète, depuis 270 ans. Les recherches de M. Antoniadi nous apportent de précieuses révélations de toutes sortes sur l’histoire et les conditions physiques de Mars, et surtout sur son habitabilité. Les astronomes, aussi bien que tous ceux qui désirent s’instruire des choses du ciel, liront avec le plus grand intérêt ce magnifique ouvrage qui résume l’état actuel des connaissances acquises sur notre voisine céleste.
- tique et, par exemple, la signification physique de la gamme n’est pour ainsi dire jamais professé aux étudiants musiciens. C’est pour combler cette lacune fâcheuse que M. Richard a écrit le présent livre où il expose d’une façon très simple l’histoire et la définition des principales gammes proposées aux musiciens ou employées par eux, leurs rapports avec les propriétés physiques; il indique également les grandes lignes des diverses théories de la musique proposées jusqu’ici.
- Essences naturelles et parfums, par Raymond Delange, 1 vol., 222 p., Armand Colin, Paris, 1930. Prix : broché, 10 fr. 50.
- Longtemps limitée aux produits naturels, l’industrie des parfums a vu son domaine s’accroître et ses méthodes se modifier par le développement de la synthèse chimique. Parallèlement aux essences naturelles, on vit s’édifier une légion de produits synthétiques similaires, succédanés économiques des parfums les plus rares et les plus recherchés. C’est à cette science nouvelle que nous initie le livre de M. Delange L’origine des plantes qui fournissent les essences, les procédés employés pour leur extraction, leur composition chimique, les méthodes d’analyse, la falsification, la grande variété des produits synthétiques odorants, la théorie des rapports de l’odeur à la constitution chimique, les bases de l’art du parfumeur, etc., tous ces chapitres sont résumés dans ce livre, avec une clarté, une simplicité, qui en rendent la lecture instructive et facile.
- Traité de biocolloïdologie, par W. Kopaczewski, 2° édition remaniée et mise à jour, tome I. Pratique des colloïdes. Fascicule III. Mesures capillaires et électriques, 1 vol. in-8, 176 p., 70 fig. Gauthier-Villars et C10, Paris, 1930. Prix : 40 fr.
- Les statistiques quantiques et leurs applications,
- par Léon Brillouin, 2 vol. en tout 404 p. Les Presses universitaires de France, Paris 1930. Prix : 125 fr.
- Les méthodes dites « statistiques » ont été depuis longtemps appliquées à la thermodynamique et la mécanique classiques; la théorie cinétique des gaz en est un brillant exemple. Les théories quantiques étaient tout naturellement orientées vers les procédés de raisonnement statistique, qui se ramènent dans un grand nombre de cas à évaluer les répartitions de grains entre un certain nombre de cases. Suivant que l’on suppose que plusieurs grains d’énergie ou un seul au maximum trouve place dans une case élémentaire de dimensions quantiques, on a la statistique de Bose-Einstein ou celle de Fermi. L’auteur rappelle d’abord les lois générales du rayonnement et le point de départ de la théorie des quanta, l’aspect que celle-ci a pris depuis la naissance de la mécanique ondulatoire, résume les idées actuelles sur la structure des molécules et des atomes, où les-quanta jouent également un rôle important; et il expose rapidement les théorèmes fondamentaux des théories statistiques classiques. Après quoi, il expose le principe des statistiques quantiques et les remarquables développements qu'elles ont pris en ces dernières années. Cet ouvrage de mise au point, qui présente dans son ensemble l’état actuel d’un très important et très neuf chapitre de la physique théorique, répond parfaitement au programme de la Collection des Conférences — Rapports à laquelle il appartient.
- Introduction to Statistical mechariic'ëîzÿiy J. Rice,
- 1 vol., 334 p. Constable et C° London, 1930. Prix neLvlS sh.
- Les considérations de probabilité et la statistique qui avaient déjà donné en physique leurs preuves de fécondité par la théorie cinétique des gaz ont pris en ces dernières années une importance capitale dans les théories physiques modernes. La mécanique statistique offre en effet un moyen puissant pour entreprendre l’étude des systèmes complexes formés d’un très grand nombre d’éléments. M. Rice euenijepris de réunir en un seul traité toutes les connaissances nécessaires?à^êîÉ-diant pour comprendre et mettre en œuvre cette méthode f^corîfie; c’est-à-dire tout d’abord les notions mathématiques indispensables, puis l’expression, par les formules statistiques, des propriétés énergétiques fondamentales des systèmes de particules; ayant ainsi examiné la traduction statistique de la seconde loi de la thermodynamique, le problème de l’équipartition de l’énergie, et sous ses divers aspects l’histoire et la théorie des quanta qui en découle, l’auteur arrive aux applications essentielles : théorie de la chaleur spécifique des solides, détermination de la constante de l’entropie des gaz, étude des ensembles de systèmes. Un appendice donne des notions très claires sur les statistiques quantiques modernes de Bose-Einstein, Fermi-Dirac. Le livre forme un excellent ouvrage pédagogique très utile pour les étudiants.
- La gamme. Introduction à Tétude de la musique,
- par P.-J. Richard, 1 vol., 231 p. Hermann et Cle éditeurs, Paris,
- 1930. Prix : 28 fr.
- L’enseignement de la musique ignore en général la science de l’acous-
- Voici le 3e fascicule du tome I de ce traité, consacré aux mesures capillaires et électriques. Comme précédemment, l’auteur expose d’abord les principes théoriques, puis décrit les techniques expérimentales, réunit les données numériques et indique les principales applications biologiques. Cette fois-ci, il étudie la viscosité, la tension superficielle, l’électrophorèse, la constante diélectrique. Ainsi se développe cette œuvre, unique en français, à la fois théorique et pratique, groupant toutes les données récentes, physiques et physicochimiques, relatives aux colloïdes.
- Couleurs et pigments des êtres vivants, par le
- Dr Jean Verne, 1 vol. in-16, 219 p., 26 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1930. Prix : relié, 12 fr; broché, 10 fr. 50.
- A quels pigments, à quels phénomènes chimiques ou biologiques sont dues les innombrables colorations des êtres vivants? Telles sont les questions auxquelles répond ce petit livre, particulièrement clair et documenté en sa concision, que le Dr Verne fait paraître aujourd’hui dan| la Collection Armand Colin. Spécialisé depuis plus de dix ans dans l’étude des pigments, sur lesquels il a publié des études très remarquées, l’arÿteur était particulièrement qualifié pour mettre au point cette difficile et passionnante question. Une abondante bibliographie permet dé'connaître et d’approfondir tout le problème.
- Principes de psychologie appliquée, par le D1 Wallon,
- / 1 vol. in-16, 224 p. Collection Armand Colin, Paris, 1930. Prix :
- relié, 12 fr.; broché, 10 fr. 50.
- A mesure qu’augmentent les connaissances nécessaires à l’individu dans nos sociétés actuelles, la spécialisation des techniques et la concurrence entre producteurs, la complication des goûts et des besoins chez le consommateur, les causes d’usure, de déséquilibre et de perversion dans les populations surmenées, s’est imposée avec une force croissante la considération du facteur humain, la connaissance psychologique de l’homme. Née de l’action, cette connaissance s’oppose sur bien des points à l’ancienne psychologie idéologique et contemplative.
- ' Ce petit livre présente cette science, dans son évolution doctrinale, dans ses applications concrètes et apprend à analyser son propre effort, diriger et utiliser l’effort d’autrui, obtenir de soi-même ou de ceux qu\on emploie le meilleur rendement, avec le minimum de fatigue et d’usure, à pénétrer la pensée, les raisons d’agir de chacun d’après celles de ses "réactions qu’il ne peut réprimer.
- Les Machines agricoles, description, utilisation par G. Pas-selègue. 1 vol. in-16, 380 p., 199 fig. Encyclopédie des connais- sances agricoles. Hachette, Paris, 1930. Prix : cartonné, 25 fr.
- ' Le machinisme pénètre de plus en plus à la ferme. L’auteur, chef de travaux à la station d’essais de machines, a, pour guider les exploitants, groupé la description de ce matériel en 6 parties : préparation du sol, épandage des engrais et semences, entretien des cultures, récolte, préparation des produits, machines fixes de la ferme et culture mécanique. Essentiellement pratique, il indique les conditions d’utilisation de chaque type d’appareil.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juillet et d’Août 1930.
- GÉOLOGIE
- Le marbre Ltinel, ses variétés. Le Lunel fleuri (M. H.
- Dervillé). A la carrière Hénaux de la Vallée heureuse, on exploite une série de bancs calcaires, d’une puissance voisine de 25 m; la roche à grain très fin, de teinte grise ou rosée, se prête à la construction d’édifices funéraires, certaines portions organiques, dites Lunel fleuri, convenant à la décoration pour intérieurs, lambris ou cheminées.
- Séparée du marbre Napoléon, par des calcaires rubanés, la masse couronne l’assise à Productus cora et repose sur la dolomie à Lithostrotion Martini. Suivant l’auteur, l’un des Lunels fleuris comprend des organismes du genre Mitchel-deania, sous l’aspect de nodules qui, en section et sur marbre poli, montrent une zonation concentrique très nette donnant une succession de lignes alternativement blanchâtres et foncées ; les unes correspondent à un tissu très dense chargé de calcaire granuleux, les autres à un tissu plus ou moins lâche et vacuo-laire. L’ensemble est constitué par des tubes verticaux, dépourvus de cloisons cellulaires transversales et qui se reproduisent par dichotomie en montrant dans leur évolution une périodicité frappante.
- En résumé, pour M. H. Dervillé, deux points sont à mettre en lumière : 1° la variété exubérante que peuvent présenter dans leurs formes extérieures les Siphonées fossiles, variété qui s’étend de formes presque géométriques (Mitheldeania) à des formes extrêmement bizarres et irrégulières; 2° l’importance que paraît prendre, dans le carbonifère du Boulonnais, le développement des algues calcaires, importance que laissait d’ailleurs pressentir l’étude de M. Garwood dans ses recherches sur les Algues du Mountain Limestone anglais.
- RADIOACTIVITÉ
- La présence de l’uranium dans les eaux minérales
- (M. Herculano de Carvalho). Les eaux minérales étudiées en collaboration avec M. Charles Lepierre appartiennent à la région de Caria (Casteleiro, Portugal). Hyposalines, leur résidu fixe ne dépasse pas 90 mg par litre. Ces eaux se rattachent au groupe « radioactif » de Piéry et Milhaud et, dans leur ensemble, elles se montrent particulièrement riches en radon et en radium dissous, l’une d’elles (Marineto) indiquant une teneur de 3,4 X 10~u gr de radium par litre.
- La région de Caria étant abondante en minerais d’uranium, on pouvait attribuer la radioactivité des sources au contact de fdons uranifères et les essais de l’auteur ont porté, pour chaque source, sur une quarantaine de litres privés de radium, par entraînement (SOl Ba). La silice, le fer, l’aluminium, le phosphore et le calcium, ayant été éliminés par les méthodes connues, les solutions ont été concentrées et le dosage colorimétrique de l’uranium a porté sur le ferro-cyanure. Dans ses conclusions, M. Herculano de Carvalho estime que :
- 1° l’uranium accompagne le radium dissous dans les eaux radioactives proprement dites;
- 2° dans le cas des eaux de Caria, aucun rapport constant ne lie les teneurs en uranium et en radium, bien que, pour l’une des eaux étudiées, le rapport trouvé soit sensiblement celui que donnent les minerais portugais;
- 3° le dosage du radium dissous doit toujours être complété par la recherche et le dosage de l’uranium.
- PATHOLOGIE COMPARÉE
- L’adaptation à l’homme des trypanosomes pathogènes de mammifères (P. Mesnil). Jusqu’en 1902, on admettait
- que l’homme ne contractait pas de trypanosomiases et, contrairement aux chevaux et aux bovidés, ne pouvait souffrir, de la « maladie de la mouche ». Les découvertes de Dutton, de Castellani, Bruce et Nabarro, devaient montrer par la suite que non seulement l’homme contractait des infections à trypanosomes, mais qu’une maladie, — la maladie du sommeil — marquait la seconde période d’une telle infection. A la suite d’interprétations diverses, certains savants anglais admettaient que 7V. rhodesiense, convoyé par Glossinia morsitans, est identique à Tr. brucei. M. Mesnil avait pensé que ce trypanosome est d’adaptation relativement récente à l’homme.
- Un aide de laboratoire de l’Institut Pasteur s’étant infecté par la piqûre d’une aiguille, chargée de Tr. brucei, cela permit à l’auteur d’établir des différences entre Tr. brucei et Tr. gam-biense, les recherches de M. Vaucel sur l’action du sérum humain indiquant que ce trypanosome (Tr. brucei), sans danger en 1901, se présentait dans des conditions favorables à l’infection de l’homme. Cependant, trois essais tentés dans le service du professeur Sicard, avec Tr. gambiense, dans un but de pyrétothérapie de la paralysie générale, n’ont pas abouti à la présence de trypanosome, à l’examen direct, après centrifugation du sang. On est ainsi conduit à l’idée, pour M, Mesnil, qu’il faut certaines conditions pour qu’un trypanosome, soit d’origine animale, soit « animalisé » par conservation sur des témoins de laboratoire, « force la barrière humaine ». Ce serait là des conditions d’ordre individuel, l’une d’elles relevant des propriétés trypanocides du sérum de l’individu sensible. Une telle hypothèse explique le caractère sporadique de cette maladie humaine que les savants allemands n’ont pu reproduire expérimentalement.
- Il n’en reste pas moins démontré qu’un trypanosome, d’origine animale, comme Tr. brucei, peut s’adapter à l’homme et cette constatation semble grosse de conséquences.
- CHIMIE ANALYTIQUE
- Le dosage des phénols dans les eaux de cokerie (M. A.
- Travers et Avenet). Les eaux de condensation et les eaux résiduaires doivent être traitées, avant envoi à la rivière, pour deux raisons : action toxique des phénols et valeur marchande de ces mêmes produits qu’il convient de récupérer.
- La méthode employée en général comprend une distillation, en milieu acide, le distillât étant traité ensuite par le mélange : bromure + bromate, phénol et métacrésol fixant, on le sait, trois atomes de brome par molécule, para- et ortho-crésol, deux atomes. Mais la présence des sulfures, sulfites et hyposulfites entraîne la formation de gaz H2S, SOz,avec dépôt de soufre.
- Les auteurs ont imaginé la méthode qui suit.
- On provoque un entraînement à la vapeur d’eau surchauffée, en milieu sulfurique. On amène ensuite le distillât à un volume connu pour oxyder, sur une partie adéquate, les composés du soufre par addition d’eau oxygénée. L’excès de ce réactif étant réduit, après neutralisation, avec quelques gouttes de nitrate cobaltique, on ajoute ensuite de l’acide sulfurique, puis goutte à goutte la liqueur de bromure et de bromate. Quand on perçoit l’odeur de brome, on déplace l’iode d’une liqueur d’iodure IK, pour titrer l’iode par l’hyposulfite. Les chiffres fournis par les eaux de condensation et les eaux de carbonisation à basse température sont du même ordre de grandeur : de 4 à 6 gr de phénols par litre, ces composés étant représentés par les premiers termes de la série.
- Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Un œil téléviseur guide les avions dans l'obscurité.
- Pour qu’un aviateur, même dans la nuit ou par le brouillard, puisse suivre sa route, une fois celle-ci déterminée, il faut, soit lui fournir des dispositifs mécaniques (indicateur de direction, altimètre, direction automatique, etc.) s’opposant à toute modification de la direction et de l’altitude choisies, soit lui permettre de trouver son chemin même dans l’obscurité. C’est évidemment à la T. S. F. que l’on s’est adressé tout d’abord, grâce aux dispositifs de repérage et de relèvement qu’elle permet de réaliser.
- La télévision, dans cet ordre d’idées, peut donner des résultats encore plus précieux; on peut, en effet, attendre d’elle un moyen de vision directe, permettant l’observation du terrain avec ses signaux optiques (invisibles dans l’obscurité). Rappelons, à ce propos, le norlor seur de M. J. L. Baird, à Londres, dispositif viseur basé sur l’emploi des rayons infra-rouges.
- Un inventeur américain, M. John Havs Hammond, vient de mettre au point un dispositif nouveau constituant un véritable œil téléviseur pour vols de nuit et par le brouillard et particulièrement pour l’orientation lors des atterrissages : on dispose, aux abords de l’aérodrome ou du port aérien, trois stations de relèvement radio-télégraphique, dont les boussoles de T. S. F. sont pointées sur le transmetteur automatique de l’avion. Les relèvements de ces trois boussoles, enregistrés automatiquement, se trouvent'transmis, par une ligne électrique, à une station de transmission télévisuelle, disposée à proximité de l'aérodrome.
- Â cette station se trouve un modèle en miniature de l’aérodrome ou port aérien, avec tous ses détails : élévations du terrains, hangars, clôtures, tout, y est parfaitement visible dans sa situation relative. Au-dessus de ce modèle, on a disposé trois bras indicateurs pointant dans les directions relevées par les trois postes de T. S. F. de l’aérodrome, et à leur point d’intersection, on a disposé un « œil » téléviseur, c’est-à-dire une cellule photo-électrique desservant un transmetteur de télévision; cette cellule se trouve, on le voit, par rapport au modèle, dans une situation parfaitement analogue à celle de l’avion par rapport à l’aérodrome lui-même. Ce que voit cet « œil » téléviseur correspond donc parfaitement à ce que l’œil du pilote verrait directement, si l’obscurité n’empêchait la vision directe, et, pendant que l’avion avance, les trois bras indicateurs tournent et l’œil téléviseur parcourt, sur le modèle, un chemin correspondant à celui que l’avion fait sur l’aérodrome lui-même.
- Or c’est ce modèle de l’aérodrome que la station de télévision, au moyen de son « œil » photo-électrique, transmet à l’avion : le pilote voit donc, sur le lableau des instruments, une image fidèle du terrain avec tout ce qui s’y trouve, dans une situation parfaitement identique à celle où l'œil, dans le cas d’une visibilité claire, le verrait par vision directe; tous les détails, y compris les autres avions se trouvant, par hasard, au-dessus de l’aérodrome, y sont visibles en permanence. Lorsque l’avion tourne d’un certain angle le pilote observera la perspective variable, tout aussi bien que s’il la contemplait par vision directe, le panorama sans cesse changeant pourra même lui en donner l’illusion.
- Le brouillard, la fumée et l’obscurité, on le voit, ne gêneront. plus aucunement le pilote de l’avion ainsi équipé.
- D'autre part, l’inventeur, qùi vient d’en faire part à un rédacteur du « New York Times », a fait un pas de plus dans la même direction, en disposant, au centre du modèle de l’aérodrome, une aiguille indiquant la direction du vent et en pla-
- çant, aux deux extrémités de l’aérodrome, deux chiffres indiquant, l’un, la vitesse du vent, l’autre, l’altitude de l’avion.
- D'' Alfred Gradenwitz.
- AGRONOMIE
- Les variations de rendement du blé 1928=1930.
- Les botanistes hésitent avec raison à baser la classification sur les dimensions des plantes ou de leurs organes.
- Il y a seulement des minima et des maxima.
- L’effort de l’agriculteur a généralement pour but d’obtenir les dimensions maxima, ou mieux les plus forts poids sur une surface de terre donnée.
- Fig. 1. — Épis de blé de la récolle de 1928 comparés à d'aulres épis
- de la récolte de 1930.
- Ainsi pour le blé, la culture d’un grain isolé peut conduire à un pied portant plusieurs dizaines d’épis de 50 à 60 grains.
- En cultivant en lignes de 0 m 35 et plaçant les grains à 10 ou 12 cm en jardin, nous avons obtenu en 1930 quatre à cinq épis par pied c’est-à-dire par grain semé; de sorte que le rendement fut de deux cents au moins alors qu’en grande culture il est de ving pour un au plus.
- C’est que le but du cultivateur est de produire le plus grand poids de grain avec Je minimum de frais sur une surface donnée.
- Qu’importe une économie de quelques hectolitres de semence si on économise par ailleurs tous les binages et une partie des frais de semis, moissons et battages.
- Mais les rendements agricoles de 1930 n’ont pas été de 20 pour 1. L'humidité du début de l’été avait provoqué le développement des cryptogames, en particulier de la rouille noire et les orages avaient fait coucher les céréales : c’est la « verse » généralisée.
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- Nous n’avons pu amener à bien notre plate-bande de blé qu’en la tuteurant.
- Et, malgré ces précautions, quels pauvres épis et quel pauvre grain. Le poids de mille grains fut en 1930 de 29 grammes, alors qu’il avait été de 56 grammes pour le même blé en 1928, soit le double.
- Notre photographie d’épis comparés de 1928 et 1930 appartenant à la même famille est fort expressive. Le nombre d’épillets est le même et aussi le nombre de grains : 50 à 60 par épi, mais combien ratatinés en 1930.
- Nous pensons ces photographies fort instructives pour ceux qui ne partagent pas l’angoisse et les travaux sans cesse troublés du cultivateur.
- Non seulement ce blé de 1930 est moitié moins dense, mais sa proportion de farine sera moindre. Et il a coûté deux fois plus de labeur pour sa moisson et son battage. Il faudrait qu’il soit vendu trois ou quatre fois plus cher !
- Et le consommateur veut un pain bon marché et toujours de même qualité !
- Et le salarié n’admet pas une diminution de salaire !
- Ces états d’esprit sont antinaturels. Voyez les variations dans la nature et dans les recettes du cultivateur !
- Pierre Larde.
- BOTANIQUE
- Les bambous comestibles.
- Il semble paradoxal qu’on puisse manger des bambous ? pourtant cela est; il s’agit en l’espèce, non des cannes, mais des jeunes pousses, encore sous terre, qu’on consomme comme l’asperge de nos jardins. En somme c’est un turion comme elle, turion monstrueux, par exemple, qu’il faut débiter pour qu’on puisse le faire cuire.
- Le bambou porte en Chine le nom d’Arbre national, car il sert à toutes sortes d’usages et, ses jeunes pousses, tendres et délicates, constituent un légume de choix. Bouillies, assaisonnées et confites elles forment des conserves de choix, très recherchées et formant une branche importante du commerce chinois. Les prêtres de Boudha, paraît-il, qui font vœu d’abstinence, s’astreignant à un régime alimentaire végétal, peu nutritif, trouvent dans ce mets, une ressource qui égale celle du poisson, chez nos prêtres catholiques. Le grand voyageur R. Fortune après avoir longuement parlé de tous les usages du bambou, termine ainsi :
- « Quelque incrédulité que cette longue énumération puisse trouver chez le lecteur, j’ajouterai que je suis loin d’avoir cité tous les usages du bambou en Chine, et, en vérité, il serait presque aussi difficile de dire à quoi il ne sert pas, que d’indiquer tous les emplois qu’on lui donne. On le demande partout et pour tout; il est utile aux Chinois pendant toute leur vie et ne les abandonne même pas après leur mort, puisqu’il sert à ombrager leur tombe ».
- Les espèces employées comme légume au Japon et en Chine sont : Bambusa miiis ou edulis, Aurea (qui viennent très bien sous le climat de Paris) et le B. macroculmis, qui donne des tiges de 15 à 20 m dans le Nord de l’Afrique et pas ailleurs : ces diverses espèces sont connues en Asie, sous les noms de Mô-sô, Madake, Ofetchicu et Métake.
- Les Japonnais qui consomment d’excellentes choses que nous ne connaissons pas encore toutes, appellent les jeunes pousses du bambou Také-Noko, et les mangent cuites. Ils les conservent aussi dans la saumure — un de leurs grands moyens de préservation des aliments — ou dans le vinaigre, entières ou coupées en deux dans le sens de la longueur; elles ressemblent à de volumineuses asperges. Les Chinois les font sécher et en font des ballots qui s’expédient en grande quantité en
- Mandchourie et en Mongolie. Elles se conservent ainsi fort longtemps et quand on veut les manger, il suffit de les faire tremper dans de l’eau chaude, pour les faire revenir à leur grosseur primitive, sans que leur bonne saveur ait diminué.
- « Aux Indes, on mange les pousses de Bambous, en salade, en purée, en fritures, » dit un auteur.
- Ce mets excellent, demande un assez long temps de culture, car il faut au moins trois ans pour obtenir des pousses qui puissent être consommées. On n’en prend que quelques-unes seulement, en ne choisissant sur les souches que 3 ou 4 pousses; après quoi on fume abondamment, de préférence avec du fumier de cheval. En hiver on couvre la base des touffes avec un bon et épais paillis ou des feuilles mortes.
- Tel est le procédé des Japonais et des Chinois, pour amener à bien le bambou, légume désiré.
- Il y a des turions qui pèsent jusqu’à deux kilogs, d’autres plus petits sont également très bons. On en consomme pendant près de quatre mois et la préparation culinaire pour toutes est identique : on enlève les gaines sp athif ormes , coriaces, qui les entourent, le centre forme le légume qui a le goût et la consistance du fond d’artichaut, ou de la racine du Cardon. On découpe ensuite en tranches minces, on fait blanchir, puis on accommode avec une sauce composée de Cho-you et de Katsouô râpé, qui n’est autre que la chair desséchée d’un poisson assez voisin du Thon.
- R. de Noter.
- Un champignon colossal.
- Un Lycoperdon giganteum.
- A Coex (Vendée), on pouvait voir en Fig. 2 août dernier dans le Jardin de M. Arthur
- Porteau, un champignon colossal, qui commença à se montrer environ 2 mois auparavant.
- Ce spécimen de Lycoperdon giganteum d’une blancheur de neige, ressemble à une boule ovalaire. Il mesure 0 m 40 de longueur, 0 m 36 de largeur, et 0 m 30 de hauteur. Il n’a qu’un pied large très court, à peine visible. La circonférence totale le 15 août était de 1 m 23.
- Je connais un autre cas observé à Tbeuil-Barret (Vendée), le 18 août 1893. Il a été recueilli par le D1 Perotin, qui le moula et envoya une épreuve très réussie au Muséum de Nantes à cette époque (Bull. Soc. Sciences Nat. Ouest, 1893). Dans ce cas, le champignon ne mesurait que 0 m 25 de diamètre avec 0 m 2 de hauteur. Léveillé a observé un exemplaire de 0 m 45 de diamètre !
- Le Lycoperdon horrendum, de la Russie Méridionale, peut, paraît-il, atteindre le double et un mètre de diamètre !
- Il est très exact qu’un champignon de cette nature, dans un jardin ou dans une forêt, ressemble à un fantôme, en robe blanche, accroupi. D1' Marcel Baudoin.
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- PETITES INVENTIONS
- CHEMINS DE FER Les rails sans joints.
- La stabilité de la superstructure — rails, traverses et ballast — est, comme on sait, d’une importance décisive pour
- Fig. 1. — Dispositif montrant l'allongement d'un rail chauffé.
- la securité du service et l’économie d’une ligne de chemin de fer; sa fatigue croissant en raison directe du carré de la vitesse, cette partie de l’installation exige une attention d’autant plus grande qu’on s’attache à augmenter la vitesse de marche.
- On réaliserait évidemment une marche d’une stabilité idéale, en posant les rails sans solution de continuité, au lieu de les poser par tronçons. Mais, s’il est vrai que la soudure autogène des rails a pu être portée à une perfection suffisante pour permettre l’union, par paires, des rails, successifs il n’en faut pas moins, à des intervalles donnés — de 15 mètres en général — prévoir des joints, c’est-à-dire de petites lacunes permettant aux rails de s’allonger par la chaleur et de se contracter par le froid. C’est dire que chaque roue de chacun des véhicules du train, au passage de chaque joint, soit tous les 15 mètres, éprouvera une secousse. Ces secousses successives donnent lieu à des trépidations au rythme caractéristique qui, non seulement accélèrent l’usure de la superstructure, mais, en même temps, exposent les nerfs des voyageurs à une fatigue sérieuse. La soudure, deux à deux, des sections de rails, suivant la récente pratique des chemins de fer allemands, permet, à la vérité, de réduire de moitié la fréquence des secousses; mais elle est impuissante à les supprimer.
- M. Willy Abel, ingénieur à Berlin, vient de fournir à ce problème, une solution d’une simplicité surprenante :
- Les rails établis suivant ce système ne présentent plus de lacunes; aux endroits des joints, on prévoit ce que l’inventeur appelle un « poumon », c’est-à-dire un dispositif permettant au rail de « respirer », de s’allonger et de se contracter au fur et à mesure des variations de température. Ces « poumons » ne sont autre que de doubles séries d’incisions alternantes, entrant les unes dans les autres à la façon des dents de deux peignes, mais sans interrompre nulle part la continuité des rails. Mettons, pour fixer les idées, qu’il y ait, à chacun de ces endroits, 10 incisions; le jeu du rail y équivaudra à environ 10 fois la largeur de chaque incision et il se contractera et s’allongera, en accordéon, en vainquant une tension élastique très considérable, qui n’est cependant qu’une fraction de celle qui correspondrait à un rail continu. Il faudra par suite choisir, pour le rail, au moins pour les séries d’incisions, une matière de haute qualité; pour les lignes de chemins de fer existantes, il suffira d’insérer les « poumons » à chaque
- joint et de les unir par soudure autogène aux bouts de rails.
- Il est bon de disposer les « poumons » des rails d’une même voie en positions alternantes; ils ne seront jamais chargés en même temps par les deux roues d’un même essieu. Les incisions obliques par rapport à l’axe longitudinal du rail présenteront l’avantage de faciliter le passage des roues et les allongements et contractions, grâce à la flexion plus facile des brides. Afin de garantir les rails contre les courbures, on fera bien de supporter chaque série d’incisions par une éclisse à guides latéraux. La section du rail pourra parfaitement différer du profil courant.
- D1' A. Gradenwitz.
- OBJETS UTILES Sablier avertisseur.
- L’emploi d’un sablier est pratique lorsqu’on veut assurer une durée de cuisson bien déterminée ; comme par exemple s’il s’agit d’œufs à la coque. Mais malgré cette commodité d’emploi, le sablier ordinaire a l’inconvénient d’exiger une attention continuelle pour voir le moment où tout le sable s’est écoulé. Enfin, si l’on veut régler pour un nombre de minutes différentes, 3,4 ou 5 à volonté, on est obligé d’employer un sablier triple, avec trois fioles placées dans la même armature de bois.
- Un dispositif nouveau évite tous ces inconvénients, car le sablier est réglable et il avertit automatiquement lorsque le temps pour lequel il est réglé s’est écoulé.
- La fiole ordinaire du sablier est montée sur une armature métallique qui peut pivoter autour d’un axe, et cette armature est munie d’une tige ou marteau sur l’autre face.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on relève l’ampoule autour de l’axe afin de la placer dans sa position supérieure, et au préalable, on a mis en position l’ai -guille de réglage contre les butées, 3,
- 4 ou 5, suivant qu’il s’agit d’une cuisson de 3,4 ou 5 minutes.
- Ainsi, l’ampoule est automatique -ment placée, en butant contre le talon de l’aiguille, dans la position voulue pour la durée de cuisson exigée. Le sable s’écoule, et au bout du temps marqué, la quantité de sable qui a passé dans le réservoir inférieur est telle que le déplacement du centre de gravité de l’ensemble faitbas-culer brusquement 1 ’ ampoule autour de l’axe. Elle est arrêtée dans sa course par une butée pour ne pas choquer le timbre. Celui-ci est frappé par le marteau seul qui, en fin de manœuvre atteint par inertie le timbre qui sonne. On est ainsi averti du moment où l’on doit arrêter la cuisson de l’œuf.
- Poste!, 9, boulevard des Italiens, Paris.
- Marteau
- Armature
- Butées
- Timbre
- — Sablier avertisseur.
- Fig. 2.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Récréations mathématiques : Le problème de l’abbé Hueîle.
- M. Ferruccio D. Fabriani, de Rio de Janeiro, Mme Garicoïx à Addis-
- Abeba (Ethiopie), nous ont envoyé des solutions exactes. M. L. David nous a également fait parvenir une solution exacte de ce problème et une des solutions du problème de M. Hubert.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Montage et alimentation d’un appareil à changement de fréquence.
- 1° On monte à l’habitude les batteries de chauffage et de tension-plaque en série, en reliant le —haute tension au + 4 v, et on détermine dans ce sens, les connexions du schéma, afin de donner à la tension positive de la plaque, par rapport au filament, la valeur la plus grande possible.
- Mais il est évident que, si votre schéma est correctement étudié, et qu’il comporte simplement le —haute tension relié au —4 v, cette modification diminue seulement de quelques volts la tension positive de plaque, elle n’a donc qu’une importance très minime et votre poste fonctionnera malgré tout dans d’excellentes conditions.
- 2° Les variations du courant de distribution d’un secteur alternatif sont évidemment très gênantes, lorsqu’on veut employer ce courant pour l’alimentation d’un poste de T. S. F.
- Pour atténuer ces variations, on emploie généralement des résistances à filament de fer dans une atmosphère d’hydrogène, dont la résistance augmente en même temps que l’intensité des courants qui les traversent.
- Les Établissements Péricaud, par exemple, construisent des dispositifs basés sur ce principe et se placent entre la prise de courant du secteur et l’appareil d’alimentation totale.
- Réponse à M. Gros, à Marigny (Jura).
- Réglage d’un poste à résonance.
- Le réglage d’un poste à résonance à quatre lampes, du type classique, comportant un étage haute fréquence à résonance, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence à transformateurs, est extrêmement simple, et nous sommes surpris que vous éprouviez des difficultés à ce sujet.
- Peut-être ces difficultés proviennent-elles simplement d’accrochages spontanés qui se produisent par suite d’effets de réaction inopportuns et rendent instable le fonctionnement de l’appareil. En diminuant le chauffage et la tension-plaque des deux premières lampes, en prenant une lampe haute fréquence, à résistance interne plus grande et en effectuant le retour de grille de la première lampe sur le curseur d’un potentiomètre, vous arriverez sans doute à stabiliser son fonctionnement. Servez-vous avec précaution, évidemment, en outre, du système de réaction électromagnétique.
- Vous pourrez trouver, si vous le désirez, dans La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur), des détails utiles sur le réglage des appareils à résonance.
- Réponse à M. Rieder, à Paris.
- Emploi d’une lampe à écran comme amplifica= teur H. F.
- L’emploi d’une lampe haute fréquence en avant de la lampe chan-geuse de fréquence dans un appareil à changement de fréquence augmente évidemment la sélectivité et la sensibilité du système, surtout si la liaison adoptée est à résonance.
- Cependant, cette adaptation augmente aussi la difficulté de réglage du poste et diminue la stabilité de son fonctionnement, si l’on ne prend pas de précautions spéciales de montage. Il est encore plus difficile de la réaliser avec une lampe à grille-écran, dont les avantages sont bien connus, mais qui doit être montée, on le sait, avec des précautions spéciales même dans le cas ordinaire.
- Il serait donc nécessaire, tout d’abord, que vous nous indiquiez le nombre et les caractéristiques des étages moyenne fréquence de votre appareil. En tous cas, si vous voulez faire un essai, blindez soigneusement l’étage supplémentaire, maintenez-le suffisamment écarté de la
- lampe moyenne fréquence et utilisez un système de liaison à impédance.
- Vous pourrez trouver un montage de ce genre dans la revue La T. S. F. pour tous (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Réponse à M. Conrad, à Le Pùy (Haute-Loire).
- Propagation des ondes courtes.
- On admet généralement que les ondes hertziennes qui sont reçues à grande distance se propagent par réflexion sur la couche ionisée hypothétique de Heaviside, ce qui expliquerait des phénomènes tels que zone de silence, fading, échos hertziens, etc...
- Ainsi, les conditions géographiques et géologiques locales auraient surtout une influence marquée sur les ondes transmises directement par le poste émetteur, et, par conséquent, à petite distance de ce dernier.
- Pour déterminer l’influence des conditions locales d’installation de votre poste sur les modalités de réception, vous pouvez consulter La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- Réponse à M. Lefèvre, â Alger.
- Montage d'un poste à changement de fréquence à grille écran.
- 1° Nous avons décrit un montage de poste à quatre lampes à changement de fréquence comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille-écran, une lampe détectrice, et une lampe trigrille de puissance dans le numéro de La Nature du 15 avril 1930.
- Ce poste est, en réalité, peu complexe, et sa construction est très aisée. Comme il ne comporte qu’une seule lampe moyenne fréquence à grille écran, il est inutile d’adopter un blindage quelconque. Il peut fonctionner sur antenne ou sur cadre, sa sensibilité est suffisante sur cadre bien établi pour perniettre la réception des principales émissions européennes, mais il est préférable d’adopter une antenne assez courre avec un montage d’accord Bourne, par exemple.
- 2° Ce poste ne comporte qu’une lampe basse fréquence bigrille. En faisant agir les courants musicaux provenant d’un pick-up électromagnétique sur la lampe détectrice qui jouera alors le rôle de première lampe à fréquence musicale, on pourra surtout obtenir une audition phonographique d’intensité suffisante.
- Pour obtenir ce résultat, il vous suffira d’employer, par exemple, un bouchon adaptateur coupe-grille. Si votre pick-up a une impédance suffisante, il agira directement entre la grille de la lampe détectrice (ou première basse fréquence) et l’extrémité négative du filament, ou mieux le pôle négatif d’une pile de polarisation de 2 à 6 v, dont le pôle positif est connecté à l’extrémité négative du filament.
- Réponse à M. Gillard, à Paris.
- Encore et toujours les vrillettes.
- Dans un précédent article, nous avons parlé des méfaits d’un Anno-bium, l’A. Pertinax ou vrillette des meubles; il s’agît aujourd’hui d’un coléoptère voisin, le Lycle canicule qui cause également de grands dégâts dans le bois des parquets, des poutrelles, et des cercles de futailles, ne s’inquiétant nullement du lieu, cave ou grenier.
- Le Lycte est un petit animal de quatre millimètres de longueur dont le corps est allongé, les élytres brunes rayées longitudinalement.
- C’est vers le milieu de mai, que la femelle dépose ses œufs dans les fentes des bois fraîchement abattus, particulièrement dans le chêne, le châtaignier et le noyer. L’éclosion des larves a lieu un mois plus tard en juin, celles-ci pénètrent alors dans le bois et se logent dans les parties tendres de l’aubier; ce n’est qu’au moment où l’insecte a acquis
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- son développement complet qu’il s’attaque au cœur beaucoup plus dur et trop résistant pour les jeunes mandibules.
- De cette observation il résulte que si on veut éviter les ravages du Lycte, il ne faut employer que du bois complètement formé et exempt d’aubier qui contient en puissance les futurs destructeurs. Quand le mal a commencé à se manifeste»-, il ne faut pas hésiter à enlever les lames de parquets déjà atteintes; pour les autres paraissant saines, il faut les saturer d’essence de térébenthine à plusieurs reprises, afin d’atteindre les insectes au fond de leurs galeries, mais ce traitement demande de la persévérance et souvent on intervient trop tard .
- Réponse à Automobiles Saurer, à Suresnes.
- Qu’est=ce que Je citrate de fer ammoniacal vert.
- Le citrate de fer ammoniacal se rencontre dans le commerce sous deux formes : le citrate ferrique brun dans lequel le fer est au maximum d’oxydation et le citrate ferreux vert dans lequel l’acide citrique est combiné au protoxyde de fer.
- Le citrate de fer ammoniacal vert étant parfois assez difficile à trouver, voici comment on peut aisément le préparer.
- On commence par attaquer du fer en limaille, ou en tournure par une solution concentrée d’acide citrique, en chauffant légèrement; la solution citrique est ainsi ajoutée jusqu’à disparition complète du fer. (Ne pas tenir compte d’un peu de carbone libéré par l’attaque.)
- Le liquide vert clair est filtré, puis additionné d’ammoniaque jusqu’à réaction franchement alcaline, il ne reste plus qu’à évaporer, en prenant soin d’empêcher toute oxydation; on obtient ainsi des paillettes vertes très oxydables à l’air très solubles dans l’eau.
- Le citiate de fer ammoniacal vert a été préconisé en médecine, ainsi que le citrate brun, contre l’anomie, mais il s’administre en injections hypodermiques à la dose de 0»’r,05 à 0-r,10 par injection quotidienne dissous dans de l’eau additionnée d’une trace d’aide phénique, ces injections demandent quelques précautions.
- Réponse à H. P., à Lille.
- Pent=on enlever les taches de rouille sur le ciment ?
- Eu égard à la porosité du support, il arrive le plus souvent que la rouille a pénétré très profondément celui-ci et il est assez difficile en général, d’atteindre les couches sous-jacentes dans lesquelles se sont constituées des réserves de sels de fer.
- Ceci dit, voici cependant comment on peut opérer avec quelques chances de réussite.
- La partie du sol souillé par la rouille, ayant déjà été bien lavée à la brosse dure, on applique sur les endroits tachés au moyen d’un chiffon propre, fixé au bout d’un bâtonnet, quelques centimètres cubes de la mixture qui suit :
- Protochlorure d’étain.............................. 50 grammes
- Eau ordinaire .................................. 1.000 —
- Acice chlorhydrique.............................. 150 •—
- On tamponne ainsi à plusieurs reprises en reprenant du liquide jusqu’à ce que la tache ait disparu, après quoi on rince à fond, à petits coups, c’est-à-dire qu’au moyen d’une petite éponge, on imbibe l’emplacement avec de l’eau pure, puis presque aussitôt on réabsorbe cette eau avec l’éponge, que l’on rince et on recommence. Le principe essentiel est de bien enlever tout le fer qui ramène à l’état de sel au minimum soluble alors qu’il était insoluble comme rouille, doit être complètement éliminé, faute de quoi il reviendrait à l’état primitif.
- Réponse à Dr K., à Paris.
- De tout un peu.
- M. IVladelon, à Saint-Ouen. — La soie se teint sans mordant quand elle est bien décreusée, car elle fixe directement presque toutes les couleurs dites d’aniline, vous pouvez donc employer pour dessins sur étoffes des solutions de celles-ci additionnées d’un peu d’eau gommée ou albuminée pour donner du corps et éviter l’empâtement, cette gomme disparaîtra facilement par simple immersion dans l’eau.
- D’une manière générale il est préférable d’acheter ces couleurs toutes préparées, plutôt que de s’exposer à un insuccès en les faisant soi-même. Les maisons Lefranc, Bourgeois, ont d’excellentes préparations de ce genre type couleurs transparentes qui ne raidissent pas les étoffes.
- A titre d’indication, vous pourrez par exemple trouver ces couleurs chez Galtier, 84, boulevard des Batignolles, à Paris.
- M. Farde à Aix-les-Bains : Le Collage du papier parchemin présente parfois quelques difficultés qu’il est possible d’éviter par le tour de main suivant :
- On imbibe au préalable avec de l’alcool la partie de papier que l’on veut fixer, puis on applique la colle sur l’objet qui doit le recevoir bois ou carton, le collage s’effectue alors très bien.
- S’il s’agit de coller du papier parchemin à lui-même on opère dt la même façon en imprégnant également d’alcool les parties à joindre avant d’y mettre de la colle.
- N. B. — Le vulgaire alcool à brûler convient parfaitement.
- 2° Le noircissement des boîtiers de montre s’effectue avec la composition suivante :
- Chlorure de bismuth.................................30 grammes
- Chrorure de cuivre. ....................................30 —
- Bichlorure de mercure...................................60 —•
- Acide chlorhydrique pur................................180 —
- Alcool à 90°...........................................150 —
- Eau distillée......................................... 300 —-
- Après avoir bien dégraissé l’objet par un bain alcalin bouillant, on applique au pinceau deux ou trois couches de la mixture et fait sécher quelques heures. Puis on met dans l’eau bouillante une demi-heure et fait sécher à nouveau.
- Pour terminer, on donne une légère couche d’huile de lin et passe dans la flamme d’une lampe à alcool .
- M. IVlontupet, à Paris. — Pour nettoyer les oases en marbre de votre jardin, opérer de la façon suivante :
- 1° Prendre :
- Savon mou............................................. 200 grammes
- Pierre ponce pulvérisée.................................50 —
- Carbonate de soude.....................................200
- Ajouter une quantité suffisante d’eau tiède, pour faire une pâte semi-fluide et se servir de celle-ci pour frotter énergiquement les pièces à nettoyer, en se servant d’une brosse de chiendent.
- 2° Faire une bouillie claire avec :
- Chlorure de chaux...................................... 60 grammes
- Eau tiède............................................ 1000 —
- Badigeonner le vase de cette mixture, laisser en contact trois ou quatre heures, rincer abondamment à l’eau chaude.
- 3“ Après séchage appliquer une encaustique formée de :
- Cire blanche...........................................120 grammes
- Essence de térébenthine.............................. 1000 —
- Laisser bien sécher à nouveau, polir avec un morceau de flanelle.
- M. De La Boulaye, à Martenet. — Les liquides désodorisants dont on provoque l’évaporation par une forte mèche, sont simplement des solutions de formol. Vous réaliserez facilement des produits analogues en prenant le formol commercial à 40 pour 100 d’aldéhyde
- formique.
- M. Tireau, à La Rochelle : 1° A notre avis, s’inquiéter de la production de phosgène, lors de l’emploi du tétra chlorure de carbone pour éteindre les incendies, est de la superfétation, la formation d’oxyde de carbone surtout dans lés milieux confinés, caves par exemple est suffisante pour rendre l’atmosphère toxique, l’emploi des appareils respiratoires s’impose pour cette seule raison et on aurait tort de ne pas avoir recours au précieux auxiliaire qu’est le tétrachlorure, dans le cas où un feu est alimenté par de la benzine, de l’essence d’autos par crainte de produire du phosgène.
- 2° Le prométal dont il a été question dans le n° 2819 du 15 octobre 1929. (Alliages ferreux résistant aux corrosions) est fabriqué par la Société des Produits. Métallurgiques (S. P. M.), 148, boulevard Haussmann, Paris 18e.
- IV1. Vergniol au Fleix. — Très probablement voici ce qui s’est produit : En traitant la cuvette de fonte émaillée de vos W. C. par un mélange d’acide chlorhydrique et d’eau, non seulement vous avez dissout les concrétions, mais aussi la rouille de sorte que l’émai) se trouve imprégné de perchlorure de fer.
- Pour éliminer celui-ci, vous pourriez essayer d’une solution chaude d’acide oxalique, mais le meilleur résultat serait certainement obtenu avec le protochlorure d’érain, si vous pouvez vous en procurer.
- Au cas contraire, vous pourriez préparer ce produit en faisant dissoudre dans de l’acide chlorhydrique du papier à chocolat ancien type feuille d’étain.
- Bien faire attention que les chocolats actuels sont enveloppés dans des feuilles d’aluminium et non d’étain.
- M. Duchêne, à La Chaux-de-Fonds. — Vous trouverez des vernis imitant les laques dans l’une des maisons suivantes : Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, à Paris. Montreuil. Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs. Lefranc, 15, rue de la Ville-1’Evêque, Paris 8e
- Le Gérant : G. Massoï
- go.H83.. — Paris, lmp. Lahure. — i5-io-iq3o.
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- LA NATURE
- N° 2844. — Ier Novembre 1930 \ j Pnx du Numéro : 3 francs 50
- Paraît le i6T et le 15 de chaque mois. . pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C‘\ Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (R. C. Seine : i5.234) Tét. Littré 48-9i et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT Tari! intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n”‘), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Pris du numéro vendu eu France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et te Luxembourg : 12 mois (24 n®‘), 85 fr. ; — 6 mois (12 n"), 43 fr.
- Tarif pour l'étranger : Tarif n* i \ ..............
- .... .............'... ? ( Six mois, ............
- 90.fr. 45 fr.
- Tarif n• 2
- Un an. . . . Six mois. . .
- iîO fr.
- 55 fr.
- Tarif extérieur n* i valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nica> agua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pars.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et G1*, sur une banque de Paris
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l,r de chaque mois.
- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*, Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VP
- La reproduction des illustrations de « La Nature * est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
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- (Académie de» Sciences, t. CXXllI, page 1006, 18fi.)
- NOTICES ENVOYÉES FRANCO SUR
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- N" 2844.
- LA NATURE
- Ier Novembre 1930.
- LA FABRICATION DE LA PELLICULE PHOTOGRAPHIQUE
- En dépit des qualités incontestables qu’elle présente, de par la nature même de son support et des importants progrès récemment réalisés dans sa fabrication, la plaque photographique est aujourd’hui moins en faveur que la pellicule ou film. Ce dernier triomphe définitivement dans le domaine de la radiographie et dans celui de la photographie aérienne; de plus en plus, l’amateur, lorsqu’il voyage, réserve ses préférences au support léger qui a par ailleurs l’avantage de pouvoir être introduit en plein jour dans l’appareil.
- HISTORIQUE
- L’idée d’utiliser, au lieu de verre, une membrane souple et transparente n’est pas nouvelle : des 1835, on avait songé à recourir au papier, rendu translucide par imprégnation de cire.
- Plus tard, en 1867, Woodbury réussit à préparer des pellicules transparentes en partant du collodion : coulé sur une glace, celui-ci y laissait, par évaporation, une feuille souple que l’on pouvait détacher après dessiccation et sensibiliser. Un procédé analogue fut employé en 1870, par Dagron, pour la confection des dépêches microscopiques qu’emportaient les pigeons voyageurs. En 1884, enfin, on parvint, en France et en Allemagne, à substituer à ces membranes de transparence insuffisante et de solidité médiocre le celluloïd et Jougla monta, en 1887, la première fabrique de
- Fig. 2. — Fabrication de la feuille de celluloïd.
- Fig. 1. — Les frères Lumière dans leur laboratoire.
- films. Deux ans après, Eastman en introduisit la fabrication aux Etats-Unis et obtint un vif succès. L’année suivante, Victor Planchon montait une fabrique de films photographiques à Boulogne-sur-Mer.
- Estimant que le verre était, en raison même de sa transparence et de sa rigidité, le support le mieux approprié, les fabricants français , portèrent longtemps leurs efforts vers l’amélioration des émulsions et négligèrent le film auquel ils reprochaient de manquer de stabilité chimique et de planéité. Ces inconvénients cependant n’arrêtaient pas les amateurs et, peu à peu, le film, dont la qualité d’ailleurs s’améliorait notablement, se substituait à la plaque. L’industrie française a commencé à réagir : la maison Plavic, successeur de Planchon, dont les moyens d’action étaient par trop limités, a fusionné avec la Société Lumière et a repris, avec des procédés nouveaux, la fabrication du film.
- FABRICATION DU SUPPORT
- Cette fabrication comporte en premier lieu la préparation de la feuille de celluloïd incolore et transparent qui constitue le support. Celle-ci est obtenue en faisant couler, sur un cylindre de métal poli animé d’un mouvement de rotation lent et uniforme, une couche mince d’une solution de nitrate de cellulose et de camphre dans un liquide essentiellement composé d’éther et cl’alcool. Sous l’action d’un courant d’air chaud, le solvant s’évapore et le cylindre abandonne, avant qu’elle ait fait un
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- our complet à son contact, nne membrane qui est en-uite reprise par deux trains de rouleaux entre lesquels elle décrit les larges plis nécessaires à l’achèvement du séchage. La feuille de celluloïd est ensuite ébarbée par des molettes coupantes qui en réduisent la largeur à 57 cm, et enroulée sur une bobine. La production du support est continue; l’ouvrier n’a à intervenir, une fois la machine en marche, que pour enlever la bobine pleine et la remplacer par une vide.
- Toutes ces opérations se font en vase clos, de façon à permettre la récupération des produits volatils ; l’air chargé des vapeurs émises par la feuille en voie de formation, puis de séchage, est refoulé à travers des tubes réfrigérants où se condense le solvant; celui-ci, qui contient une forte proportion d’éther, est ensuite envoyé dans un appareil à distillation fractionnée où il est rectifié avant d’être utilisé à nouveau.
- L’ÉMULSION
- L’émulsion est préparée, comme celle des plaques, par réaction d’une solution ammoniacale de nitrate
- certaines substances, que l’on peut d’ailleurs employer conjointement.
- De même que toute particule en suspension dans un colloïde, les grains de gélatino-bromure d’argent disséminés dans une gélatine tant soit peu fluide sont animés de mouvements browniens d’autant plus rapides que la viscosité est moindre et la température plus élevée; parfois, ils se rencontrent, se soudent et forment alors des corpuscules - plus étendus. Des grains qui, avant mûrissement, étaient invisibles au microscope, peuvent, en quelques jours, atteindre un diamètre de 3 à 4 p.. Si on laissait le mûrissement se poursuivre trop longtemps, les grains s’aggloméreraient en floculats de plus en plus volumineux qui se sépareraient de la gélatine et précipiteraient.
- Si nous comparons au microscope l’émulsion du nouveau film Lumière (fig. 4) avec celle qui était employée, il y a quelques années sur la plaque Lumière étiquette bleue (fig. 3) de l’ancien type, dont la finesse a toujours été considérée comme remarquable, et avec celle qui est actuellement utilisée dans la fabrication de la plupart
- Fig. 3.— Micrographie de la plaque Lumière. Fig. 4. — Micrographie du nouveau film Lumière. Fig. 5. — Micrographie du film X... Etiquette bleue. (Grossissement Gr. 1000 dia- (Gr. 1000 diamètres, (Gr. 1000 diamètres,
- mètres, sensibilité voisine de 200° H et D.) sensibilité voisine de 500° H et D). sensibilité voisine de 350° H et D).
- d’argent sur une solution de gélatine et de bromure de potassium ioduré : on laisse digérer pendant 45 minutes environ à une température de 37° et on ajoute ensuite une solution complémentaire de gélatine. Cette opération et toutes celles qui suivent doivent, bien entendu, être effectuées dans l’obscurité, ou tout au moins dans une lumière rigoureusement inactinique. Le bromure de potassium en excès et le nitrate de potassium produit par la réaction compromettraient la conservation de l’émulsion; on les élimine en lavant à l’eau courante, pendant une heure au moins, la gelée obtenue, préalablement réduite en un fin vermicelle par compression dans un cylindre dont le fond est constitué par un tamis en fil d’argent. L’émulsion est ensuite fondue au bain-marie, filtrée, puis conservée à la glace. La sensibilité de l’émulsion ainsi préparée serait aujourd’hui considérée comme tout à fait insuffisante ; il est nécessaire de l’exalter, ce à quoi on parvient par deux procédés différents : le mûrissement et l’addition de quantités infimes de
- des pellicules (fig. 5), nous constatons que son grain est bien plus ténu. De ces trois émulsions, celle du film Lumière est pourtant la plus sensible, puisqu’elle est voisine de 500° Hurter et Drifîield, alors que celles de la plaque considérée et du film ordinaire sont respectivement de 200° et de 350° H et D.
- La finesse de grain est intéressante à plus d’un titre : elle permet de tirer le meilleur parti du pouvoir de définition de l’objectif, d’obtenir, par conséquent, des clichés se prêtant très bien à l’agrandissement et d’éviter, dans une large mesure, le halo de diffusion.
- LES QUALITÉS DE LA COUCHE SENSIBLE
- Le moyen le meilleur et le plus simple de se rendre compte des qualités d’une surface sensible, c’est de l’impressionner dans un châssis-presse, à travers un de ces coins de gélatine gris neutre connus sous le nom de coins sensitométriques. Nous avons utilisé, pour essayer le film Lumière, le coin Eder-Hecht gradué, dont la den-
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- site, qui est de 0 à l’extrémité la plus mince, croît régulièrement de la constante 0,401 par centimètre et atteint 4,30103 au haut de l’échelle; la densité étant, comme l’on sait, le logarithme de l’opacité, ce coin permet de soumettre simultanément les différentes zones de la surface sensible à des éclairements allant de 1 jusqu’à 20 000. Ce coin comporte en outre des bandes colorées grâce auxquelles on peut déterminer la sensibilité chromatique. L’impression se fait en exposant à la lumière d’un fragment de magnésium de 2 milligrammes, brûlant à une distance de 3 mètres.
- Ce que l’on remarque tout d’abord sur le film impressionné dans ces conditions, c’est la hauteur de la plus large des bandes dégradées : le degré atteint, 86, indique la sensibilité générale, dans le système Eder-Hecht, et, d’après le tableau d’équivalence publié par M. L. P. Clerc, correspond à la sensibilité approximative de 500° H. D. annoncée par la Société Lumière. Le léger voile qui s’est produit sur les premiers traits de l’échelle et auréole les cartouches dans lesquels sont inscrits les nombres 10 et 20 montre que ce film n’est pas absolument exempt de halo, mais que celui-ci ne se montre que dans une zone très fortement surexposée, c’est-à-dire dans des conditions que l’on ne rencontre pas dans la pratique courante. Le halo constaté est la conséquence de la diffusion causée par la présence de corpuscules dans l’émulsion; on sait que, par suite du peu d’épaisseur du support, le halo de réflexion ne peut guère se produire dans le film.
- Il n’est pas possible de se rendre compte, par le simple examen de l’essai, de la valeur du noircissement en fonction de l’éclairement; il est nécessaire, pour en acquérir une notion suffisamment précise, de tracer la courbe caractéristique de l’émulsion, les densités étant portées en ordonnées et les logarithmes des éclairages sous lesquels elles ont été obtenues, en abscisses. Les mesures nécessaires, qui consistent à comparer les densités obtenues sur l’émulsion avec celles d’un coin gris neutre, se font au moyen d’un sensitomètre.
- La courbe caractéristique de l’émulsion du film Lumière présente une partie rectiligne assez étendue (fig. 7) pour embrasser l’intervalle de logarithmes d’éclairages compris entre 1,1 et 4, c’est-à-dire pour enregistrer correctement des sujets dont l’intervalle de luminosité est de 1 à 8000, valeur rarement atteinte. Ainsi, le film Lumière présente, en même temps qu’une excellente gradation, une large tolérance de pose.
- La finesse de grain, la rapidité, la résistance au halo et les deux caractères énoncés en dernier lieu sont d’un grand intérêt sans doute, mais une émulsion de qualité ne saurait s’en contenter. Le gélatino-bromure d’argent n’est sensible qu’aux radiations dont la longueur d’onde n’excède par 500 ma: l’image enregistrée peut différer notablement du sujet quant à la valeur relative des tons qui traduisent les couleurs. Un exemple typique du défaut de fidélité du gélatino-bromure d’argent est donné par la photographie du drapeau belge sùr plaque ultra-rapide : les trois couleurs, bien distinctes sur le drapeau, sont traduites par un gris à peu près uniforme. Parfois même il se produit une véritable inversion des valeurs : tel est le cas lorsque l’on opère sur un bouquet de fleurs
- jaunes disposées devant un fond bleu, même foncé.
- Cette imperfection des surfaces sensibles est connue depuis longtemps dès 1873, avant même que l’on fabriquât industriellement des plaques au gélatino-bromure, Yogel s’efforçait d’améliorer la sensibilité chromatique et y parvenait par trempage dans une matière colorante bleue, la cyanine. On connaît a uj ourd’hui un grand nombre de substances ortho-chromatisantes et il est maintenant possible de préparer des émulsions panchromatiques, c’est-à-dire sensibles à toutes les radiations visibles.
- Le film photogra- Fig. 6.
- phique d’amateur Essai sensiiomélrique du film Lumière. est destiné à une
- clientèle éprise de simplification; aussi n’est-il, d’une façon générale, préparé qu’en une seule qualité par
- Fig. 7. — Courbe caractéristique du film Lumière. (Durée du développement A : 6 minutes, B : 3 minutes).
- Logarithmes des éclairages
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- chacune des usines qui se consacrent à sa fabrication; il n’y a, dans ces conditions, aucun intérêt à le panchro-matiser, on se contente de le sensibiliser au jaune et au vert. L’essai sensitométrique derrière les bandes colorées du coin Eder-Hecht (fig. 6) permet de se rendre compte de la valeur d’une émulsion au point de vue de l'orthochromatisme. Sur film Lumière, l’impression atteint respectivement 48, 34 et 68° derrière les filtres jaune (G), vert (GR) et bleu (B) ; compte tenu des coefficients de transparence, la sensibilité à ces couleurs -est réellement de 50, 54 et 80°, valeurs plus faibles sans doute que celles obtenues avec certaines plaques, mais cependant très satisfaisantes et qui concilient au mieux les nécessités imposées par l’orthochromatisme avec celles résultant de l’obligation de donner une très grande rapidité à l’émulsion.
- En résumé, la sensibilité du nouveau film est plus que suffisante pour l’instantané, même en lumière médiocre et sans qu’il soit nécessaire de recourir aux très grandes ouvertures dont le fâcheux corollaire est une faible profondeur de champ, sa finesse d’image autorise une très forte amplification, son orthochromatisme est suffisant pour dispenser de l’emploi de tout filtre coloré. Nous disposons donc, avec le film Lumière, d’une surface sensible de haute qualité qui, pour la photographie instantanée au moyen des appareils à main, permet d’obtenir des résultats au moins aussi satisfaisants que ceux que l’on peut attendre des meilleures plaques de même sensibilité.
- Le film photographique obtenu dans la machine à émulsionner est soumis à l’action d’un courant d’air sec et froid qui coagule le gélatino-bromure, puis le sèche; le film est, à sa sortie de la machine, enroulé sur un large cylindre de bois, puis envoyé dans un atelier de découpe où une machine pourvue de molettes coupantes le partage en bandes ayant la largeur sous laquelle on l’utilisera et on enroule celles-ci sur des bobines.
- LA PRÉSENTATION DES FILMS
- Le film Tut tout d’abord utilisé sous forme de bande souple que l’on enroulait sur un cylindre placé dans un châssis spécial, puis sous celle de feuille tendue par un cadre métallique; plus tard parut la pellicule rigide ou « Vitrose » qui s’emploie dans les châssis des appareils à plaques, par l’intermédiaire d’un porte-film analogue au porte-plaque des magasins à tiroir. Aujourd’hui, les amateurs utilisent surtout la bobine sur laquelle le film est enroulé avec un papier inactinique, et le bloc-film, qui ont l’avantage de permettre le chargement en pleine lumière. La première forme est de beaucoup préférable, tant au point de vue de la planéité que de l’encombrement. La planéité est une condition qu’il est essentiel de remplir pour que les images puissent présenter une égale netteté en tous les points du champ ; elle est habituellement obtenue en utilisant une membrane mince, en équilibrant, par un dépôt de gélatine sur le verso, les efforts déformants que le gélatino-bromure d’argent exerce sur le recto et en agissant mécaniquement sur le film, par serrage contre les bords de la fenêtre d’impression et par tension de la bande. Le dernier de ces moyens,
- qui est particulièrement efficace, ne peut être appliqué que dans le cas de la bobine ou du rouleau.
- Suivant l’appareil auquel elle est destinée, la bobine est établie, soit en bois, avec joues en tôle, soit entièrement en métal. Le papier inactinique utilisé dans la confection de la bobine est débité en rubans par des machines semblables à celles qui coupent le film, puis passe sous des cylindres qui impriment les indications nécessaires au repérage de la position de la pellicule, tant pendant la confection de la bobine que lors de son emploi; il est enfin coupé à la longueur voulue au moyen d’un massicot. Le film, reçu par l’atelier de bobinage, est soigneusement examiné à la lumière rouge rubis, de façon à permettre d’éliminer toute partie qui présenterait un défaut quelconque, puis débité en sections de la longueur voulue pour recevoir 6 ou 8 poses, suivant le format.
- La bobineuse place une bobine vide sur un touret horizontal animé d’un mouvement de rotation par un petit moteur, enroule la bande de papier rouge jusque vers un index qui marque le point à partir duquel il faut introduire le film, ajoute ce dernier, l’enroule en même temps que le papier, en fixe l’extrémité sur ledit papier au moyen d’une bande enduite de caoutchouc adhésif, embobine le restant et fixe le tout au moyen d’un papier gommé. La pellicule se trouve ainsi insérée entre les spires d’une bande de papier assez longue et assez large pour la protéger de la lumière avant l’exposition, lorsqu’elle est sur la bobine d’origine, et après, lorsque l’opérateur a fait passer le tout sur une autre bobine.
- La fabrication du bloc-film est plus complexe que celle de la bobine. La boîte de carton qui constitue le magasin à surfaces sensibles comporte une fenêtre d’impression contre laquelle les films superposés sont pressés par un carton mobile pourvu de ressorts. Au lieu de se présenter sous la forme d’une bande unique, la pellicule est ici découpée en fragments du format considéré, fixés chacun à une feuille de papier inactinique dont une partie, celle qui se trouve derrière le film, empêche la lumière d’aller au delà, alors que l’autre sert de tirette d’escamotage. Après la pose, il suffit de tirer ^extrémité qui se montre à une fente, sur l’un des petits côtés du bloc-film, pour faire virer la pellicule exposée autour d’une baguette de bois et l’amener en arrière du carton à ressorts. La fente est pourvue d’un velours empêchant toute entrée de lumière.
- Le bloc-film, qui est un peu plus volumineux que la bobine du format correspondant, s’emploie dans l’appareil à plaques simplement pourvu d’un châssis adaptateur; en dépit de cet avantage il ne connaît pas, en France tout au moins, un succès aussi grand que la bobine.
- La fabrication des films spéciaux pour la photographie aérienne, la cinématographie et la radiographie est analogue à celle des pellicules destinées aux amateurs; les émulsions employées dans les deux premiers de ces films sont plus ou moins orthochromatisées, celle utilisée pour le dernier est sensibilisée pour les radiations ultraviolettes. Notons en passant que le film radiographique est émulsionné sur les deux faces. Les bandes cinématographiques sont pourvues, au moyen de machines spéciales, des perforations actuellement nécessaires à
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- l’entraînement; elles sont, en raison du fait qu’il importe d’en assurer la parfaite conservation sous les climats les plus chauds et les plus humides, livrées dans des boîtes métalliques fermées par des bandes adhésives caoutchoutées.
- Après les notables progrès accomplis en la matière au cours de ces dernières années, on ne peut plus considérer le film comme spécifiquement inférieur à la plaque : d’une remarquable régularité et suffisamment orthochro-matisé pour convenir dans la plupart des cas, il est, pour l’amateur moyen, la surface sensible idéale. La plaque
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- finesse alliée à une grande sensibilité, soit par un panchromatisme très poussé : c’est là, avec la certitude de ne pas avoir le moindre mécompte quant à la planéité, l’une des raisons pour lesquelles une élite persistera à la préférer.
- L’impossibilité où l’on s’est trouvé, jusqu’à ce jour, de fabriquer couramment sur bande souple un réseau ou une mosaïque trichrome de qualité constante n’a pas encore permis à la pellicule de se mesurer avec la plaque sur le terrain de la photographie directe des couleurs. Ce sera l’œuvre de demain : des recherches sont en cours
- Fig. 8. — Vue générale du groupe principal des usines Lumière, à Lyon.
- cependant ne disparaîtra pas; son prix, moitié moindre que celui du film, la fera toujours apprécier; par ailleurs, le verre, par son incomparable stabilité chimique, se prête bien mieux que le support souple à l’emploi de certaines émulsions caractérisées, soit par une extrême
- et il est permis d’espérer que les très intéressants résuis tats obtenus dans certains laboratoires pourront plu-tard donner lieu à une réalisation industrielle.
- André Bourgain,
- UTILISATION DANS L’INDUSTRIE CÉRAMIQUE
- DES SCHISTES HOUILLERS ET ARGILES SCHISTEUSES
- DU CARBONIFÈRE
- On parle beaucoup, actuellement, à propos de la réfection de notre réseau routier, de briques de pavage et de chaussées modernes en briques grésées. La fabrication de ces briques, peu répandue encore en France, est pratiquée aux Etats-Unis depuis près de soixante-dix ans, où elle a pris un développe-
- ment intense par suite de la création d’un vaste réseau de routes à travers le territoire.
- Pour la fabrication de ces briques,les Américains se sont résolument orientés vers l’utilisation des schistes houillers, dont toutes les mines disposent très largement.
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- Les schistes houillers, qui accompagnent toutes les couches de- charbon sous des épaisseurs très variables, forment les sédiments intercalaires ou les morts-terrains au toit du gîte. C’est dire que cette matière première est si abondante qu’elle est pratiquement inépuisable. Il est toutefois indispensable de remarquer qu’il en existe une infinie variété et qu’elle ne convient pas toute à la fabrication de la brique. Il ne faut pas se lancer dans une utilisation industrielle, sans connaître exactement l’analyse du produit considéré et sans essais préalables.
- Les schistes sont des argiles qui ont subi un commencement de métamorphisme; cette transformation leur a laissé une certaine plasticité qui permettra d’en faire une pâte plus ou moins consistante, selon le plus ou moins d’eau qu’on y ajoutera.
- Les schistes extraits des mines renferment d’une façon générale :
- 41 à 45 pour 100 de silice.
- 24 à 18 pour 100 d’alumine.
- 5 à 6 pour 100 d’oxyde de fer.
- Ils peuvent contenir, et cela fréquemment, des feuillets charbonneux dans leurs strates.
- Il nous a été donné, il y a quelques années, dans une houillère du Sud de la France, de travailler sur quelques-uns de ces schistes, dont l’analyse moyenne est celle ci-après :
- Silice 65.
- Alumine 24,37.
- Oxyde de fer 5,13 sous forme de Fe’CF (Fe = 3,59).
- Chaux 1,00.
- Magnésie 0,37.
- Perte au feu 5,00.
- Cette mine disposait de diverses catégories de schistes, diffé-renciables par leur couleur noire, gris blanc ou rouge; et ces teintes correspondaient à divers étages de la sédimentation.
- C’est grâce à la présence de peroxyde de fer, de chaux et de magnésie que se produisent en cours de cuisson le grésage et la vitrification partielle de la brique.
- 11 y a donc une grande différence, en ce qui concerne les matières premières à employer, entre la brique de pavage et la brique de construction courante.
- La brique de pavage ne peut être fabriquée, comme la brique ordinaire, avec des argiles, car elle doit posséder des qualités très supérieures à celles de la brique de construction, au point de vue résistance à l’usure, dureté, imperméabilité.
- Sauf une ou deux exceptions, on n’avait pas, jusqu’à présent, en France, recherché les schistes pour la fabrication des briques courantes, car le broyage et la cuisson des schistes sont des opérations trop coûteuses qui ne pourraient se justifier pour la fabrication d’un matériau dont le prix de vente est assez réduit. Mais un emploi nouveau et qui demandera des quantités considérables renverse le problème. L’utilisation des schistes houillers est une opération à double résultat : les mines tireront parti de leurs stériles et elles se débarrasseront de ceux-ci, devenus gênants pour beaucoup d’exploitations.
- LA FABRICATION DES BRIQUES DE SCHISTE
- Les procédés de fabrication correspondent à ceux employés ordinairement pour la fabrication des produits en grès. On peut cependant donner à la brique sa forme, de deux façons différentes : par étirage ou pressage. Les céramistes estiment que l’étirage est le moyen qui convient le mieux pour l’obtention des briques de schiste houiller.
- Evidemment, les briques pressées ont une résistance supérieure à la compression, mais les briques étirées sont plus intimement liées, demandent par suite moins de précautions à l’enfournement, cuisent plus facilement que celles passées à la
- presse, qui exigent d’autre part une température de cuisson plus élevée. Enfin les produits étirés donnent au défourne-ment une proportion moindre de rebuts.
- La fabrication à l’étireuse présente cette particularité de donner à la brique une texture fibreuse, presque comparable à celle des pavés de bois et c’est précisément ce qui constitue la supériorité sur l’autre système. De même que pour les pavés de bois, la fibre des briques doit être verticale pour donner le maximum de résistance; c’est pourquoi, pour le pavage des routes, on pose les briques à plat et non sur champ.
- Les schistes sont broyés au broyeur à cylindres ou à mâchoires, puis transportés par une vis sans fin ou par une courroie dans un autre broyeur, mais à sole perforée et à meules. Reprise après passage dans un trommel qui lui donne le grain de finesse nécessaire, la poudre est distribuée dans un mouilleur à vis mélangeuses. Cet appareil doit être de dimension assez grande afin que le schiste ait un long trajet à parcourir et que, de cette façon, la pâte reçoive partout une même proportion d’eau.
- La pâte passe alors au malaxeur à hélice sur lequel est adaptée une filière par où s’échappe le boudin qui est découpé. On peut chauffer l’étireuse et la filière à vapeur pour éviter que la pâte y adhère. Pour obtenir des briques aux arêtes bien saillantes et nettes, les filières sont à arrosage, c’est-à-dire que les côtés sont mouillés pour que le boudin de schiste ne se fendille pas.
- Les briques découpées, disposées sur des wagonnets, sont mises au séchoir où elles restent un ou deux jours. Ce séchage a lieu par récupération des chaleurs perdues des fours et dans une atmosphère humide.
- On procède à la cuisson au moyen de fours ronds discontinus de 10 à 12 mètres de diamètre et 4 mètres de hauteur, le combustible étant introduit à la pelle dans des alandiers disposés autour du four.
- L’emploi de ce type de four n’est pas absolument nécessaire et l’on pourrait aussi bien s’accommoder des autres genres modernes : continus, semi-continus et à flammes renversées; ce qui importe surtout c’est l’observation rigoureuse du processus des températures de cuisson. La période de pré-cuisson doit être particulièrement surveillée entre 400 et 900° pour éviter que la brique ne se vitrifie en périphérie avant l’évacuation complète des produits gazeux prenant naissance avec la température. Si celle-ci ne s’élève pas d’une façon lente et progressive les briques se boursouflent et se déforment, d’où abondance des rebuts.
- La température de cuisson maximum varie de 1000 à 1100°. On la contrôle par pyromètres.
- Lorsque la cuisson est terminée, tous les orifices du four sont obturés (dans l’éventualité de l’utilisation de fours discontinus) afin que le refroidissement se fasse lentement et d’une façon graduelle.
- Au détournement, l’ensemble des briques présente une teinte uniforme, tantôt rouge brun, tantôt brun clair, suivant les schistes employés, l’intensité de la coloration étant fonction de la teneur en oxyde de fer.
- Les briques mal cuites sont mises de côté et servént à la construction, de même que celles trop fissurées, brûlées ou déformées.
- Chaque fournée doit être soigneusement vérifiée au point de vue qualité. Aux Etats-Unis, où l’ancienneté de cette fabrication permet de faire école, on pratiquait diverses épreuves : résistance au choc, analyses chimiques, degré d’absorption, mais celles-ci ont été remplacées pour raisons économiques et pratiques par l’essai à la machine Rattler qui se compose d’un cylindre rotatif dans lequel se trouve placée une charge de boulets d’acier dont le poids et la composition sont nettement déterminés.
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- Quelques briques provenant de l’échantillonnage du lot considéré sont introduites dans le cylindre qui est mis en rotation à une vitesse et pour un temps donnés. Les briques étant pesées avant et après essai, la perte de poids permet leur classement. En principe, on estime normale une réduction de poids par usure, de 20 à 26 pour 100. Après l’essai, les briques ont l’aspect de galets arrondis. Tout défaut d’homogénéité, toute structure défectueuse sont révélés immédiatement par cette épreuve: l’usure régulière ne peut se produire que sur des produits de qualité bien uniforme et constante.
- On répète l’opération pour les divers échantillons prélevés en différents points du lot : on arrive de la sorte à une sélection presque parfaite.
- Nous avons vu précédemment que l’emploi, pour effectuer une cuisson convenable, de fours autres que le four rond discontinu exigeait certaines précautions supplémentaires.
- Le four continu n’a pas beaucoup de succès ; on a tendance à préférer le type précédent, car il est difficile d’obtenir avec lui l’égalité de température qui est nécessaire et surtout une durée assez longue de la température maximum, de même qu’un refroidissement suffisamment lent.
- Aux Etats-Unis où le prix des combustibles est autrement bas qu’en France, le four continu a ses adeptes; il est vrai qu’on a été conduit par la force des choses à le modifier et à ne pas se borner à l’alimenter uniquement par le haut comme dans les usines françaises. On leur a ajouté sur les côtés des alandiers pour l’introduction supplémentaire de combustibles, ce qui fait que l’économie qui est le propre du système continu se trouve réduite à un chiffre négligeable qui lui fait perdre tout intérêt.
- En France, la Compagnie des Mines de Maries a créé chez elle cette industrie et les résultats obtenus ont été des plus satisfaisants.
- LA BRIQUE DE SCHISTE ET LA CONSTRUCTION DES ROUTES
- Les essais effectués au Laboratoire du Conservatoire des Arts et Métiers ont démontré que le nouveau produit possédait une résistance à l’écrasement à peu près six fois supérieure à celle de la brique mécanique normale. Pratiquement sa dureté le classe entre le granit dur de la Manche et le grès dur de Fontainebleau. La brique vitrifiée constitue donc un pavage de premier ordre, ce qui complique encore la controverse qui se poursuit au sujet du revêtement idéal à adopter pour les routes françaises. Tant d’éléments d’appréciation interviennent, tant de facteurs doivent entrer en considération qu’il peut paraître téméraire de prendre pai’ti. Si les frais d’établissement d’une route en briques sont presque les mêmes que ceux d’une route en ciment, les frais d’entretien sont infiniment moindres et la durée est incomparablement plus longue. Il y a du reste, dans notre pays comme ailleurs, place pour tous les procédés. Il ne peut pas en effet être question d’un type unique de chaussées. Le climat, la région, les ressources locales, l’intensité du trafic, le budget alloué, sont quelques-unes des principales sujétions qui interviennent pour déterminer le choix momentané de tel type de revêtement de préférence à tel autre.
- Lorsqu’on fait l’étude d’un revêtement de chaussée, on s’attache d’abord, avec juste raison, au prix de revient de ce revêtement. Combien va coûter le mètre superficiel? Combien de temps le revêtement a-t-il de chance de durer et avec quelles dépenses d’entretien? On fixera son choix sur un de ceux, à la fois peu cher et très solide, capables de résister de longues années au trafic qu’on lui fera supporter, avec une dépense d’entretien minime de façon à ne pas grever trop lourdement le budget. Mais à côté de cela, il y a d’autres qualités qu’on néglige trop souvent et qui ont pourtant leur importance. En dehors des qualités de durée et d’économie, il faut encore
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- que le revêtement soit d’un emploi pratique et aussi agréable que possible aux usagers.
- Il devra pour cela être tout à fait insonore, ne faire ni boue ni poussière, il devra pouvoir être nettoyé facilement et enfin être très roulant sans pour cela devenir glissant, particulièrement par temps de pluie, ce qui le rendrait dangereux.
- Toutes ces qualités se rencontrent bien difficilement ensemble et cependant la brique de schiste répond à ces différentes exigences d’apparence inconciliable.
- Les briques de pavage ne pourront être utilisées, en raison des frais de transport, que dans un certain rayon autour des usines productrices, à proximité de bassins houillers.
- Les dimensions des briques américaines sont supérieures aux dimensions des briques françaises : aux Etats-Unis le format usuel est 89 X 102 X 216 mm, mais il y a eu une tendance marquée à diminuer l’épaisseur et on a ramené le format à 51 X 102 X 216 mm. Les soins les plus minutieux sont apportés pour la pose de la brique. Lorsque le sol a été drainé, un béton est effectué sur une épaisseur de 12 à 15 cm, puis un lit de sable est étendu et roulé. Les briques sont posées sur ce lit de sable et subissent à leur tour un roulage léger. Après quoi les briques sont examinées et toutes celles présentant un défaut sont remplacées. Les joints sont faits en asphalte liquide; cet asphalte est versé sur les briques à la température de 150° environ. Lorsqu’il a pénétré dans toute l’épaissseur du joint une légère couche de sable est répandue à la surface; le rouleau fonctionne à nouveau et quelques heures après, la circulation normale peut être établie.
- Si l’infrastructure de la route a été correctement construite, la durée du revêtement en briques grésées est pour ainsi dire illimitée. Lorsque la route doit être refaite, il suffit de retourner les briques anciennes pour retrouver et reconstituer un pavage de tout premier ordre.
- On a pu obtenir avec certaines catégories de schistes et notamment avec les schistes blancs provenant de la mine du Midi, dont nous causions au début de cette étude, des briques pouvant être utilisées comme réfractaires. Les principaux produits réfractaires sont : la silice, composés silicieux, sili-co-alumineux, alumineux et ultra-alumineux, bauxite, magnésie, graphite et les produits spéciaux : carborundum, zircone, bauxite fondue, corindon, coulis.
- Parmi les produits ci-dessus ceux qui se placent en première ligne sont les produits à base d’argile.
- L’argile a pour principal constituant la kaolins ou silicate d’alumine hydraté. La température de fusion de la lcaoline pure est de 1770°. Les argiles fondent à une température moins élevée, parce qu’elles contiennent différentes impuretés. Des études faites sur la fusibilité du mélange silico-alumine en proportions variables, ont permis de constater que la silice fond à 18009, l’alumine à 2000° et que la courbe de fusibilité du mélange présente un minimum à 1630° correspondant à 85,5 pour 100 d’alumine et 14,5 pour 100 de silice. Il en résulte que pour les produits contenant plus de 85,5 pour 100 de silice, la température de fusion s’élève avec la teneur en silice, l’alumine agissant comme fondant. Pour les produits contenant plus de 14,5 pour 100 d’alumine, et c’est le cas de nos schistes, la température de fusion s’élève avec la teneur en alumine, la silice agissant comme fondant.
- Il est certain que la possibilité d’obtenir avec des schistes choisis des produits de ce genre ouvrira de nouveaux et importants débouchés.
- Enfin avec certaines argiles schisteuses de carbonifère blanches, grises ou bleues, argiles à haute teneur en alumine que l’on rencontre en assises puissantes dans certains gîtes miniers, on a pu fabriquer naturellement de la porcelaine sanitaire et de revêtement. Georges Vie,
- Ingénieur civil des Mines
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- = les ballons et la céramique
- La découverte des Frères Montgolfier devait, en son époque de fièvre politique et d’effervescence populaire, avoir subitement un retentissement considérable. C’est qu’il 'avait pris corps, le rêve qui hantait l’esprit de . l’homme depuis des millénaires, qui avait donné jour à tant de fictions, à tant de légendes, de rêves d’illuminés, de mirages, de hâbleries de charlatans, d’anticipations de savants, le rêve qui l’affranchirait de cette chaîne : la pesanteur et de cette prison : la terre. Si l’homme ne pouvait encore s’enorgueillir des ailes qu’il avait tant enviées aux abeilles et aux passereaux, il venait de créer, tout au moins, la bouée atmosphérique, le ballon mobile dans le sens vertical. Un tournant de l’histoire du monde était franchi et les limites de la puissance humaine s’en trouvaient reportées dans le domaine du divin.
- Quand l’ascension de Charles et Robert eut lieu aux Tuileries, la Maréchale de Villeroi, quoique octogénaire et malade, voulut à tout prix assister à l’expérience. Elle se fit transporter à l’une des fenêtres du Château. Quand elle vit le prodige s’accomplir, la vieille maréchale tomba à genoux, les larmes lui mouillèrent les yeux et d’une voix presque étouffée par l’émotion, elle prononça ces tristes paroles : « Ils finiront par trouver le secret de ne plus mourir, et ce sera lorsque je serai morte ! »
- Dans notre pays de France, enthousiaste et moqueur, rien ne pouvait manquer aux créateurs de l’art aérostatique : ni les applaudissements ni les railleries. Des quatrains louangeurs sont imprimés dans les gazettes, mais des chansons ironiques circulent sous le manteau. Ils sont couronnés de lauriers en des gravures, cependant que la caricature, cette singulière rançon du génie, offre ‘ses ressources aux jaloux et aux envieux, ajoutant ainsi au concert général la note de la parodie. Une coquette physicienne, jupe rose à paniers qui sont des ballons jaunes et dont le chapeau est fait d’une tente surmontée d’un ballon, montre deux seins parfaitement hémisphériques et sourit à son galant :
- « Je suis, je crois, assez aimable.
- « Qui veut me suivre? vite, allons.
- « J’excelle dans l’air inflammable.
- « Point de chute avec mes ballons!
- La mode s’empare des machines aérostatiques et comme on les aime, elle en met partout. On voit des habits au ballon, des coiffures aux ballons, des tabatières, des meubles, des commodes, des chaises, des jeux de cartes au ballon. Les manufactures de toile de Jouy impriment les ascensions réeentès. DansTes salons le beau monde boit de la « Crème Aérienne » efdan.se, en minaudant, la contredanse de Gonnesse, moquant cés vilains qui, à six lieues de Paris, venaient de crever à coups de fourches un des premiers aérostats lâché à « ballon perdu », après l’avoir, comme juste, fait exorciser par leur pasteur.
- Les ouvrages de céramique : plats, assiettes et bidons, uniques objets d’art possédés alors par les humbles, ne pouvaient manquer de traduire les idées à la mode et de, recevoir des décors nés de cette disposition d’esprit.
- Toutes les véritables « assiettes au ballon » sont anté-
- rieures au xixe siècle ; bien mieux, elles sont antérieures à 1789. Elles sont rares. Le musée de l’Aéronautique à Chalais-Meudon en possède de très beaux spécimens, mais une étude complète oblige à consulter les collections particulières.
- De quelles manufactures sortent-elles? Les plus belles sont l’œuvre des ouvriers de Saint-Amand; mais Nevers et Strasbourg eurent également une grande part dans cette fabrication, ainsi qu’à un degré moindre Lille, Sin-ceny et la petite usine de Esmery-ITallon. Si tous les ouvrages n’ont pas été traités avec la délicatesse heureuse qui rappelle l’art des ouvriers marseillais, tous néanmoins dénotent chez les artisans qui les créèrent le goût délicat qui caractérise le style Louis XVI. Chose remarquable, leurs artisans ne furent pas tous, simplement, des décorateurs, quelques-uns furent des observateurs qui traduisirent fidèlement les ascensions auxquelles ils assistèrent ou que frappa la relation parue en quelque « Journal de Paris ». Ceux-là sont les auteurs des remarquables faïences documentaires, véritables monuments destinés à rappeler un fait marquant dans l’histoire aérostatique ou les circonstances d’une expérience particulièrement intéressante. Ces faïences sont en outre, les plus dignes de retenir l’attention par la finesse de leur travail.
- Voici, tout d’abord, la pièce se rapportant à la première ascension accomplie dans les jardins de la Muette, le 21 novembre 1783. La montgolfière qui emportait Pilâtre de Rozier et le Marquis d’Arlandes était décorée avec un grand luxe, dans le goût du xvme siècle. Les bords de l’assiette sont d’une simplicité absolue, sans autre décor qu’un trait de pinceau, mais l’aérostat est peint en vert et rouge; au centre se détache le chiffre royal accompagné à gauche et à droite d’un soleil; le réchaud lance des flammes, et les deux intrépides voyageurs saluent en agitant des drapeaux. Ces détails sont sommaires, mais exacts et conformes au récit de Faujas de Saint-Fond.
- Quelques jours après, le 1er décembre 1783, Robert et Charles, le savant des salons élégants, s’élèvent des Tuileries dans le premier ballon à hydrogène. En montant dans la nacelle ils jetèrent leurs chapeaux à Delavoi-pierre qui écrivit à ce sujet le quatrain suivant :
- a Je garde vos chapeaux et j’en aurai bien soin.
- « Mes amis, je rends grâce au sort qui me les donne.
- « D’un chapeau qu’avez-vous besoin,
- « Lorsque la Gloire vous couronne?
- Cet incident n’a pas été oublié par les céramistes. Les assiettes commémoratives existent, nombreuses, différant seulement par le marli qui varie quant aux couleurs de son modeste ornement, mais toutes montrent un ballon jaune èt blanc mùni de son filet, soutenant une nacelle bleue dans laquelle ont pris place deux aéronau-tes; l’un d’eux est nu-tête et son chapeau se voit en bas, à droite.
- D’autres assiettes sont tout à fait dignes de retenir notre attention. D’une forme , gracieuse, rappelant le
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- Fig. 1. — Neuers : Fig. 2. — Nevers :
- ascension de Charles et Robert. même sujet.
- rocaille Louis XV très modéré, elles sont traitées dans le genre de Marseille, mais il en est sorti assez souvent de la manufacture de Saint-Amand pour que nous n’hésitions pas à les attribuer à cette dernière.
- Cette fois le ballon est à raies verticales blanches ou orange. De la partie supérieure de la soupape jusqu’à l’équateur, un fdet soutient, par de nombreuses cordes, une nacelle en forme de barque. A l’une des extrémités de cette nacelle flotte un drapeau, à l’autre est un globe aux armes de France; l’aéronaute, insoucieux de la marche du ballon, tient un objet d’où jaillissent une flamme et de la fumée. Au-dessous de lui s’étend un charmant paysage. Il s’agit certainement de la dernière partie de l’ascension de Testu-Brissy, le 18 juin 1786, ascension qui ne manqua pas d’incidents tragi-comiques. Au cours de son voyage, pris dans un orage, Testu fit des expériences sur l’électricité atmosjDhérique, qui lui valurent d’ailleurs, dit-il, « la perte d’une partie de la dorure de son drapeau... troué par la force de l’électricité naturelle ».
- Il n’est pas surprenant de voir commémorer cette ascension. Non seulement les polémiques qu’elle engendra, la curiosité qui s’attachait alors aux phénomènes de l’atmosphère pouvaient le justifier, mais, en outre, les voyageurs aériens étaient loin d’être nombreux et si quelque « amateur » se risquait à tenter un voyage aérien, c’était le plus souvent aux côtés de Blanchard, « l’aéro-naute infatigable », le premier qui ait osé traverser la mer.
- Fig. 5. — Neuers : Fig. 6. — Lille :
- une ascension de Blanchard . assiette décorative.
- Fig. 3.— Saint-Amand : Fig. 4. — Fabrique inconnue :
- ascension de Testu-Brissy. une ascension de Blanchard.
- La popularité de Blanchard, entretenue soigneusemer sans doute, était considérable; il est donc normal que de faïences aient enregistré, comme en un album, se principales tentatives. Elles y sont presque toutes une d’elles représente son ballon, d’un aspect peu agréab] à l’œil, muni bizarrement de rames et d’un para chut et qu’il monta le 2 mars 1784 dans cette ascension d Champ de Mars, dont il avait fixé le terme à la Villett et qui se termina à Billancourt.
- Une autre commémore le voyage qu’il fit avec de rames que les aéronautes agitaient comme des canotiers une autre, même, l’ascension qu’il accomplit le 16 oct( bre 1784, au Petit Chelsea, près de Londres. Nul dou1 à ce dernier sujet. Le ballon est représenté sans filet, 1 nacelle ronde est munie cl’un ventilateur attaché p£ quatre cordes à l’appendice. Il n’y a plus de cercle ni d parachute. Or nous savons que l’aéronaute s’éleva dar les airs avec le même ballon qui lui avait servi en Franc « le seul changement qu’on y fit fut d’ôter le cerceau qi servait d’équateur et le parasol dont l’inutilité éta démontrée... Un ventilateur devait servir aux différente manœuvres ». La vérité fut donc observée scrupuleuse ment. Il en est de même pour ce plat de Saint-Amane charmant entre tous, d’une exquise sobriété, tout à fa léger et d’un goût parfait et qui rappelle le passage d Blanchard au-dessus de la manufacture le 28 mars 1781 Mais à côté de ces pièces de service que nous pouvor
- Fig. 7. — Nevers : Fig. 8. •— Strasbourg :
- assiette allégorique. assiette allégorique.
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- rattacher à un fait spécialement déterminé, nous trouvons une collection plus nombreuse de faïences allégoriques dont la décoration semble être inspirée par la généralité des voyages aériens.
- Dans un produit de Desvres- ou Hesdin, une nacelle peinte en noir, ocre et rouge est soutenue par un ballon dont la soupape et l’appendice sont rehaussés de rouge. De la nacelles 'échappent des branches de feuillage, et deux aéronautes l’occupent vêtus d’un habit bleu, portant perruque noire et agitant des drapeaux. Tout est arrangé en vue des décors dans ce plat qui de loin garnit parfaitement. Le caractère purement commercial de cette faïence est confirmé par le nombre des exemplaires, lesquels diffèrent par des variantes dans la bordure. Quadrillés divers, médaillons, bouquets courent sur le marli dans le but toujours poursuivi d’attirer les regards par l’éclat de vives couleurs.
- Un travail très délicat, qui ressemble à celui des ouvriers marseillais, place au centre d’une assiette trois branches d’arbre partant capricieusement dans des directions opposées. De cet ensemble pittoresque se détache
- un ballon qui a été précédé d’un autre plus élevé et qui a presque disparu.
- D’autres assiettes allégoriques visent moins à l’effet décoratif qu’à fixer une phase particulière des ascensions : un aérostat sous un soleil jaune et surmontant un paysage
- rapidement esquissé dans lequel triomphe le manganèse vogue dans l’espace au milieu d’oiseaux qui fuient effarés. Un ballon noir et orange plane au-dessus des champs, contemplé par un spectateur ébahi; un ballon bleu se dirige vers un arbre menaçant et un paysan s’avance pour lui porter secours.
- D’autres artistes transcrivirent par des légendes l’opinion de la foule sur la découverte de Montgolfier. Les légendes louangeuses « A l’immortalité » sont fréquentes ; d’autres « A la folie du siècle » ne pouvaient manquer de reproduire, en céramique, l’ironie légère qui nous valut, sur les premiers voyages aériens, tant de gravures délicieuses. D’autres légendes sont plus simples : « Adieu » ou « Bon voyage » s’adressent à des voyageurs dont l’attitude paisible nous rassure pleinement. Certaines, enfin, reproduisent les devises à la mode, celle de Blanchard en particulier : « Sic itur ad astra ».
- A l’automne dernier, une très belle exposition de porcelaines eut lieu au Pavillon de Marsan. Nul doute qu’elle soit suivie, quelque jour, par une exposition de faïences. Il serait à souhaiter qu’une large place y soit ménagée pour des « assiettes au ballon », non point seulement à cause de leur valeur artistique — souvent très grande — mais aussi en raison de leur qualité de documents d’histoire aéronautique, du témoignage qu’elles sont de l’enthousiasme échevelé suscité par les premiers voyages aériens et aussi pour ce qu’elles représentent la figure de leur époque. Car, à ce moment, se trouvaient, dans de petites manufactures provinciales, des artisans assez au fait de l’histoire de leur temps pour la traduire en ouvrages documentaires exacts et assez habiles en leur art pour le faire dans une manière dépouillée et charmante.
- Max Verneuil,
- Ingénieur de l’aéronautique.
- UNE EXPLORATION FRANÇAISE AU YÉMEN
- Pour ceux qui demeurent fidèles aux notions géographiques élémentaires, simplifiées et schématisées que distribue l’enseignement officiel, chaque pays est étiqueté et classé d’après un barème commode. Tel pays se voit définir « steppes glacées » ; tel autre sera qualifié « forêts vierges »; tel autre arborera l’écriteau « désert de sable ». Décision sans appel, ou presque : quelle peine n’a-t-on pas éprouvée à faire revenir sur cet arrêt que le Sahara n’était fait que de dunes de sables se succédant comme les vagues d’un Océan? Et, sans l’Atlantide, combien peu de gens sauraient le nom du Hoggar?
- L’Arabie, elle, demeure encore sous le coup de malédictions antiques, renouvelées rituellement par les passagers des bateaux qui traversent la Mer Rouge. Les quatre jours auxquels sont condamnés les navires qui vont vers l’Océan Indien passent pour une vision d’enfer... Ce qu’on voit de pays aux rares escales, ne se montre guère, il faut l’avouer, de nature à dissiper cette fâcheuse impression, et concourt à démontrer que Bab el Mandeb (porte des larmes) n’a point usurpé son titre, en tant que donnant accès à l’une des contrées les plus désolées qui soient au monde. Aucune côte, peut-être, ne se montre aussi aride et
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- inhospitalière que celle de l’Arabie, si ce n’est la côte africaine qui lui fait face. Et lorsque quelques misérables palmiers se silhouettent, sur ce fond gris mat, sans ligne d’horizon nette, des steppes désertiques, ils ne servent qu’à mieux faire ressortir la détresse des populations qui s’accrochent à cette terre hostile et luttent sans cesse contre un néant plus redoutable, plus perfide, que ne le sont les éléments en leurs plus tragiques réactions.
- Mais cette côte, le Tchama, n’est point toute l’Arabie : elle ne présente même qu’une largeur si restreinte — 30 à 60 km— que l’on n’y attacherait aucune attention n’était cette première impression dont elle accable. Déchirons ce rideau de sables qui cache la véritable Arabie aux yeux des navigateurs et pénétrons dans l’hinterland. Qu’y découvrirons-nous : tout d’abord, une longue ceinture de montagnes, qui s’étend sur toute la longueur de la Mer Rouge ; ces montagnes forment des gradins conduisant à un haut-plateau dont la pente est tournée vers l’intérieur, de telle façon que les eaux convergent, au moins en théorie, vers le Golfe Persique. C’est là une structure assez particulière, dont il est difficile de donner une idée exacte par comparaison avec le cas de pays bien connus; nulle part, en effet, ne se retrouve une disposition qu’on puisse véritablement rapprocher de celle qui caractérise l’Arabie; ce serait, par exemple, une erreur que de mettre en parallèle le bloc Algérie-Sahara, car l’Atlas est une chaîne plissée d’un tout autre ordre. La Mer Rouge apparaît comme un fossé non sans analogie — mais pas identique — au fossé rhénan, et les montagnes de la bordure de l’Arabie, par rapport à celles de la Nubie et de l’Ethiopie, jouent un rôle qui ne laisse pas de rappeler celui de la Forêt-Noire vis-à-vis des Vosges.
- Quant à l’Arabie intérieure, ce n’est qu’un fragment du vaste plateau désertique de l’Afrique du Nord; elle, et elle seule, peut être légitimement comparée au Sahara : en fait, les deux contrées offrent de nombreux points de ressemblance ; on y trouve des régions couvertes de dunes (erg au Sahara, néfoud en Arabie), des steppes pierreuses, ainsi que des parties montagneuses; on peut
- ++-M- Frontières du protectorat britannique d'Aden Zone côtière basse ( Tchama )
- 1 ('(’(%! Zone montagneuse ( Djebel ) j^üwgil Bord du haut plateau = Itine'raire de M.P.Lamare en 1922-23
- en 1929
- Djizan
- Loheïat
- -----Kamarai
- ;Hodeïdah'
- -ZëhM o
- HADRAMAOUT
- ADEN
- Fin. 1 • — Carie du Yémen. Itinéraire des voyages de M. Lamare.
- même, dans une certaine mesure, mettre en parallèle la falaise du Dj.Toneïq et celle des Tassili, comme le massif ancien du Chammar et celui du Hoggar.
- Toutefois, en Arabie, l’inconnu demeure beaucoup plus étendu qu’au Sahara : l’espace compris entre l’Oman et le Yémen n’a encore été traversé, ni même pénétré, par personne. La légende veut qu’une armée conduite en ces parages par un chef téméraire, s’y soit perdue corps et biens...
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- De même que dans les régions sahariennes, le sol n’offre que des ressources extrêmement limitées, qui suffisent à peine à l’alimentation de quelques maigres troupeaux : ce que Ton appelle, en ces pays, un pâturage, nous le nommerions, nous, désert; un tel domaine n’admet, en fait, comme habitants, que de rares nomades qui se déplacent à mesure que leurs moutons épuisent le sol. On ne trouve de population sédentaire que dans les oasis, où le palmier-dattier constitue la principale ressource.
- Il est cependant un pays qui fait exception à cette règle et connaît un sort plus favorisé : pays de hautes montagnes, où les terres sont meilleures, les pluies plus abondantes, le climat agréable et salubre. Ce pays, qui dans l’antiquité occupait déjà une place à part sous le
- Fig, 2. — Hodeïdah : le port, où sont entassés les voiliers indigènes (boutres ou sambouqs}.
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- nom d’Arabie heureuse,.s’appelle aujourd’hui le Yémen; situé dans l’angle S.W. de la péninsule, il fait face à l’Abyssinie, avec laquelle il offre d’ailleurs de nombreux points de ressemblance. Célèbre autrefois pour ses richesses — on lui attribuait les produits de l’Inde dont il n’était que l’entrepositaire — il ne saurait, à l’heure actuelle, être considéré comme privilégié que par rapport au reste de l’Arabie. Il fournit difficilement de quoi vivre à ses habitants, et la seule denrée qu’il possède en quantité suffisante pour exporter est le café désigné sous le nom de Mokha.
- Quoiqu’il ait été l’objet de nombreuses explorations depuis le xyme siècle, le Yémen demeure encore mal connu. Un pays aussi montagneux, entrecoupé de gorges profondes, morcelé à l’extrême, se prête mal aux études d’ensemble ; seules des recherches minutieuses et patientes
- permettent d’y découvrir ce qui s’y cache de plus typique et de plus intéressant. D’ailleurs, en dehors de quelques pistes de caravane acceptables, il n’existe que des sentiers impraticables, si bien que tous les voyageurs qui se sont succédé là-bas ont suivi à^pèu près toujours les mêmes itinéraires. Maintenant encore, la plupart des personnes qui ont.u visité » le Yémen et écrivent à son sujet n’ont parcouru que l’itinéraire Hodefdah-Sanaa. Elles en savent autant sur le pays que ce que connaît de la France l’Américain qui a débarqué au Havre ét n’a pas dépassé Paris...
- Il faut ajouter, en toute justice, qu’aucun voyageur n’est libre, au Yémen, de se rendre où il veut. Son souverain, l’Iman Yahya Mohammed, qui habite Sanaa, n’ouvre pas son pays à tout le monde et, au surplus, n’autorise guère que le voyage nécessaire pour se rendre à Sanaa; il accueille assez mal les demandes émanant d’Européens
- désirant visiter les territoires inconnus et en général oppose un veto formel à toute curiosité qui lui paraît inexplicable ou suspecte.
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- Tel ne fut pas, heureusement, notre cas. Pour des raisons diverses, nos deux voyages (1922-23 et 1929) se sont effectués dans des conditions privilégiées. Pour le second, en particulier, l’appui d’une haute personnalité du monde musulman, S. A. Abbas Hilmi II, ancien Khédive d’Egypte, nous valut d’être reçus par l’Iman avec confiance et envoyés en certaines parties du pays qui étaient restées à peu près inconnues, et qui, précisément, se trouvaient être parmi les plus belles, les plus intéressantes et les plus fertiles.
- Les résultats scientifiques de cette exploration ont paru ou paraissent actuellement dans des périodiques de sociétés savantes ('). Ailleurs, nous avons publié quelques articles d’ordre politique et économique (2). Ici, nous nous proposons d’envisager un tout autre côté de la question, assez inattendu, le côté pittoresque. Il mérite, lui aussi, qu’on y prête attention. On peut en effet, sans exagération, parler de la très grande, . .très prenante beauté de certains paysages aux horizons grandioses, aux désolations poignantes et dont la seule richesse consiste en une gamme de teintes incomparable.
- Il est des panoramas qui dépassent notre entendement, paralysent nos facultés d’appréciation, ]Darce qu’y font défaut les éléments dont nous nous servons d’instinct pour évaluer : ceux de cës éléments qui, par exemple constituent l’échelle ordinaire de la montagne : la limite des forêts et des hautes prairies, celle des prairies et des neiges. Ici, rien ne guide le regard qui se perd avant d’avoir trouvé un repère, ni l’esprit qui se dérobe, impuissant à assimiler. Mais sui'tout intervient un élément nouveau, exceptionnel, qui ajoute au décor quelque chose de fantasmagorique : partout, sur des murailles rocheuses, qui paraissent inaccessibles, sur des crêtes déchiquetées défiant tout assaut humain, sur des pentes si accentuées qu’il semble incroyable que rien s’y puisse accrocher, bref, en des solitudes où nous sommes habitués à ne voir que le tournoiement des oiseaux de proie aux abords de leur aire, jaillit la vie humaine sous sa manifestation la plus stable : la maison. De haiutes maisons de pierre, véritables donjons, se dressent çà et là, pareils aux burgs (’’) « juchés sur un monceau de laves... », chantés par Victor Hugo
- Il s’agit là d’un renversement du mode de peuplement ordinaire (4), d’un mode dépeuplement s’effectuant parle
- 1. Résultats graphiques in Géographie, 1930, et géologiques in Mém. Soc. Gêol. France, 1930.
- 2. Monde Colonial Illustré. Asie française.
- 3. Fait digne de remarque, ces maisons fortifiées du Yémen portent précisément le nom de « burg » (équivalent du bord} algérien).
- 4. Nous ne parlons pas ici de la côte plate, le Tchama, qui est d’ailleurs habitée par une race toute différente.
- Fig. 3. — Hodeïdah.
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- haut, propre à tout le haut Yémen, et qui a pour point de départ le haut-plateau. Organisation défensive de premier ordre, sans doute, car le haut-plateau n’ayant à redouter aucune offensive venue de l’intérieur, n’a besoin que de parer aux attaques partant de la côte : celle-ci est indéfendable et d’ailleurs peu intéressante à défendre en raison de sa pauvreté; mais l’escalade de la barrière montagneuse qui protège le haut-plateau apparaît comme une opération fort difficile pour l’assaillant, et l’occupant tire grand avantage de sa position : les légions romaines, elles-mêmes, jadis, durent reculer en face des Sabéens...
- Toutefo s la résistance à l’invasion n’est, ici, certainement pas la seule raison qui justifie ce mode de peuplement ùwormal. Des considérations d’ordre climatérique jouerit un rôle aussi important, peut-être même prédominant. Les montagnes, en effet, jouissent d’un climat non seulement beaucoup plus sain et plus agréable, mais encore avantagé par des précipitations atmosphériques plus fré-
- Fig. 4. — Végétation du Tchama, au pied des premières pentes : au milieu, un des arbres les plus caractéristiques de cette zone : /’Adenium obesum, sorte de laurier-rose à tige renflée à la base; les fleurs offrent une magnifique couleur fleur de pêcher.
- diverses modalités que celui-ci présente, elles se trouvent en relation avec la constitution du sous-sol. En mettant à part le cas des plaines désertiques du Tchama et celui des larges vallonnements du Haut-Plâteau, qui ne présentent aucun intérêt particulier, nous pourrons distinguer trois formes typiques de relief, ce qui équivaut à dire trois types de paysages, puisque les autres éléments constitutifs des paysages ne jouent ici qu’un rôle très effacé.
- Fig. 6. — Un défilé, sur la route de Menakha à Sanaa, où au temps de l’occupation turque eurent lieu de sanglants combats.
- Fiq. 5. — Plantations de caféiers en terrasses sur les pentes du Dj. Haraz
- quentes. D’autre part, on y trouve des sols meilleurs, Or, un sol cultivable et pouvant être irrigué est chose si précieuse au Yémen que l’habitant s’emploie à n’en laisser perdre aucune parcelle, et ce, au prix de travaux extraordinaires. Partout où le terrain accuse une pente quelconque, ont été aménagées des terrasses en escalier, qui s’étagent souvent sur une grande hauteur. Ce genre de travaux est, on le sait, fréquent dans les pays arabes. Mais nulle part, croyons-nous, il n’atteint une telle ampleur qu’au Yémen; nulle part aussi, il n’a été poussé à un tel degré : sur certaines pentes, en effet, on voit le mur de soutènement offrir une surface double de celle de la terrasse : c’est dire que la pente aménagée dépasse 60° !
- Maisons en nid d’aigle, et terrasses étagées au flanc des montagnes, tels sont les éléments que l’homme a apportés aux caractéristiques du paysage yéménite. Quant aux
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- Fig. 7 — Corniche du Haut-Plateau et cirque d’un des torrents descendant vers la Mer Rouge, à l’W.-S. W. de Sanaa) la falaise est formée de coulées rhyoliliques aux tons vifs.
- Le premier type, propre aux montagnes de la zone basse, se classe dans la catégorie de ce qu’on appelle chicots rocheux des pays désertiques : hauteurs isolées aux arêtes aiguës, aux formes déchiquetées et crénelées, aiguilles comparables à celles de nos grands massifs alpins par leur silhouette, mais émergeant d’une plaine au lieu de couronner des montagnes, et ce, de façon si brusque, cju’un angle presque droit se dessine à la base.
- Le second type est un paysage de laves : non pas un paysage volcanique, où des groupes ou chaînes de volcans dressent leur cône caractéristique — ce cas existe au Yémen, notamment au N. de Sanaa, mais il demeure trop exceptionnel pour qu’il y ait lieu d’en faire état.
- Les laves du Yémen constituent d’immenses nappes horizontales dont on aperçoit la tranche au flanc des montagnes, où leur empilement forme une série d’escarpements et d’entablements ; la roche, rhyolite ou basalte, offre des couleurs aussi vives que variées, chaque coulée présentant un ton particulier (rose vif, rose saumon, brun rouge, jaune d’or, vert clair, vert de gris, vert bouteille, noir, etc.) que met
- en valeur la lumière- incomparable des hautes cimes. Le dernier type, enfin, est un paysage de causse :
- Fig. 8. — Sanaa : vue de Bir-el-Azeb, le quartier des jardins.
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- celui-là se trouve localisé dans le Yémen septentrional, entre Amran et Haggeh : de hautes falaises calcaires étagées forment les pentes, souvent couronnées par des grès ruiniformes, ce qui complète l’analogie avec nos Causses du Gévaudan. Toutefois, ici, les coupures des torrents ne se limitent point aux 800 m de terrains sédimentaires : elles entament le socle granito-gneissique — équivalent par rapport aux Causses de la série du Mont-Lozère — et le creusent parfois de plus de 1 500 m ! C’est un décor absolument fantastique qui s’offre alors aux yeux de l’explorateur. Des cirques aux proportions grandioses découpent le bord du haut-plateau, cirque dont les assises calcaires forment les gradins, tandis que le fond apparaît
- effet, qu’il leste beaucoup à faire encore; le Yémen sep tentrional, entre autres, demeure inexploré, et, à en juger par les indications qui nous ont été fournies par les gens du pays, réserve quelques surprises, notamment au point de vue de la végétation. Puisse la France attacher son nom à quelques-unes de ces découvertes. Les pays étrangers : Allemagne, Angleterre, Italie, Russie, et même les Etats-Unis font en ce moment de gros efforts, soutenus comme toujours par des moyens financiers puissants. Quant aux Français, auxquels les autorités et le peuple yéménites marquent une préférence certaine, et qui pour cette raison peuvent faire plus et mieux que tous les autres, ils se voient refuser tout appui officiel comme tout secours
- Fig. 9. — Sanaa : une mosquée. Au fond, palais de l'Iman.
- Fig. 10. — Vallée de l’ouadi Chéris.
- comme un labyrinthe de gorges étroites séparées par les dentelures des arêtes granitiques.
- Telles sont les diverses modalités du paysage yéménite, ou tout au moins les principales modalités de la région actuellement, connue. 11 ne faut pas perdre de vue en
- matériel, et en sont réduits à se débrouiller par leurs propres moyens : méthode qui ne peut guère donner de résultats dans une compétition avec des étrangers parfaitement outill
- Pierre Lamare.
- NOTRE AEROPORT COLONIAL : MARIGNANE
- L’existence d’une ville comme Marseille a nécessité la création d’un aéroport capable d’utiliser les avantages d’une situation géographique privilégiée qui a fait déjà la fortune du port maritime. Au débouché du couloir de la Saône et du Rhône, face au Maghreb et d’une manière plus générale au continent africain, tête de ligne vers l’Orient et l’Extrême-Orient, sur la route de Suez, autant de conditions excellentes pour assurer un trafic intense. A regarder les choses de plus près, on s’aperçoit que ces avantages, précieux pour les navires, le sont plus encore pour l’aéronautique. Sans rencontrer aucun écran montagneux, des lignes aériennes venues de
- Londres, de Cherbourg, de Stuttgart parcourent la vallée rhodanienne, l’un des trajets jes plus courts entre l’Europe industrielle et la Méditerranée. Vers l’Afrique du Nord, l’Espagne à l’Ouest, la Corse à l’Est, jetées comme des ponts, facilitent la liaison avec le Maroc et la Tunisie. Les lignes de l’Afrique occidentale, de l’Amérique du Sud, de l’Extrême-Orient offrent, au départ de Marseille, les traversées océaniques les plus-réduites.
- Communiquant aisément avec l’hinterland continental, bien placée au départ de grandes routes océaniques, Marseille apparaît donc comme un excellent
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- Istnes
- 'V^v/aeroport
- GENES
- .MARSEILLE
- Fig. 1. — Croquis de la région de Marignane.
- Lignes aériennes en service.
- point de raccord entre l’aviation terrestre et l’aviation maritime.
- Mais où allait-on installer l’aérodrome, alors que les terrains utilisables sont si rares autour de l’énorme ville ?
- Fig. 3. —
- Dès 1920, la Chambre de Commerce décidait de participer à l’établissement d’un port aérien à Marignane, sur la rive sud de l’étang de Berre, à 27 km de Marseille. À la même époque, les projets d’extension de notre port méditerranéen vers l’Etang de Caronte entraient dans la période de réalisation et la percée du tunnel du Rove à travers le massif de l’Estaque marquait l’emprise marseillaise sur l’Etang de Berre. Marignane entrait dans le jeu. On voyait grand; mais, à l’expérience, 27 km à travers des faubourgs encombrés, par une route à virages brusques, parurent longs. Plusieurs projets furent étudiés, tendant à installer l’aéroport plus près du centre des affaires, à Montfuron ou à Marseille-plage. Partout, la place était insuffisante pour les besoins d’un important organe aérien. On est donc revenu à la première conception : Marignane, aéroport du plus grand Marseille.
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- Là, du moins, les terrains ne manquent pas. Au sor-
- Vue du Port de Marseille. Bassin de La Jolietle. (Ph. Cle Générale Aéropostale).
- es Hangars - Services __ Chemins et Routes
- W- -E
- Fig. 2. — Croquis de l’aéroport de Marignane.
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- Fig. 4. •— L’aéroport de Marignane. Vue vers l’Ouest. (Ph. E. Michaud.)
- Fig. 5. — L’aéroport de Marignane. Vue vers l'Est.
- Au premier plan : la digue abri et la grue Titan, prête à soulever un hydravion. Au fond : les collines calcaires de l’Estaque. (Ph. E. Michaud.)
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- tir des collines abruptes de l’Estaque, coiffées de bastides pittoresques et qu’anime le verdoyant vallon de l’Infernet, des étendues plates s’étalent vers le Nord. Vignes et oliviers croissent à l’abri des haies de roseaux ou à l’ombre diaphane des tamaris.
- L’aéroport s’est installé bien à l’aise en bordure de l’Etang de Vayne, poche orientale de l’Etang de Berre. Sur une superficie totale de 230 ha, 130 ha forment l’aire d’atterrissage des avions. Quant aux hydravions, ils disposent d’un plan d’eau de 2000 ha, peu profond, ne présentant donc pas de grosses houles, mais qui nécessite des dragages, effectués par l’entreprise des Ponts et Chaussées, ainsi que l’enlèvement des algues. Pas de brume à Marignane, mais, de temps à autre, de violents coups de mistral qui secouent les eaux de l’étang, en avant de la digue de protection. Une grue électrique Titan, de 10 tonnes, mobile sur rails, permet de soulever les hydravions et de les amener sur wagonnets depuis la rade jusqu’aux hangars. Matériel insuffisant, auquel va s’ajouter une grue de 30 t, nécessaire pour manipuler les appareils plus lourds, en particulier les hydravions italiens à 4 moteurs qui pèsent jusqu’à 15 tonnes. Atterrissage et amérissage sont facilités par un phare de repérage d’une portée de 30 km, tandis que les feux rouges de balisage marquent les obstacles et les limites du terrain. Deux projecteurs Barbier-Bénard-Turenne, de 20 000 bougies
- chacun, assurent l’atterrissage de nuit et l’avion peut se poser par n’importe quel vent.
- A l’heure actuelle, les hangars couvrent 10 000 m2, mais ce n’est encore là qu’une installation provisoire. Six grands hangars en ciment armé sont en construction. L’aéroport possède un service météorologique installé un peu à l’écart, dans ùn bâtiment spécial, et qui est en relation avec l’O. N. M. Chaque jour, il reçoit 200 à 250 communications des diverses stations. Le service radiotélégraphique fait communiquer Marignane avec les autres aérodromes et avec les hydravions qui, tous, ont la T. S. F. à bord, servie par un spécialiste. Deux postes d’une puissance de 1 kw émettent sur 900 et 1380 m. Dans l’angle S.-W. est installé un radiogonio-mètre relié par câble souterrain aux postes émetteurs et aux services. D’autres récepteurs sont placés à la station météorologique.
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- Deux sociétés étrangères et cinq compagnies françaises utilisent actuellement l’aéroport. La Deutsche-Luft-Hansa assure un service quotidien Stuttgart-Marseille-Barcelone et la Navigazione Aerea fait escale sur ses lignes Rome-Barcelone et Rome-Genève.
- Si l’on met à part la Cie française cVaviation qui a-ici un centre d’entraînement pour les pilotes de réserve et
- Fig. 6. — L’aéroport de Marignane.
- Vue vers le Nord. Au fond les installations d’aviation maritime de Berre. (Pli. E. Michaud.)
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- la Cie aérienne française qui, en dehors d’un important service photographique, assure des départs sur Nice, trois sociétés françaises ont organisé de grandes lignes aériennes. U Air-Union prolonge ses services continentaux du Rapid-Azur vers Barcelone et Gênes. Son Thalassa unit quotidiennement Marseille à Ajaccio et Tunis, et pousse même deux fois par semaine jusqu’à Bône. U Air-Orient exploite la ligne de Syrie qui, par Naples, Corfou, et Beyrouth va jusqu’à Bagdad et doit assurer, dès l’an prochain, une liaison rapide avec l’Indo-Chine. La Cie Aéropostale a établi des relations quotidiennes avec le Maroc par l’Espagne, mettant Casablanca à un jour de Toulouse. Ses hydravions font un trafic commercial journalier entre Marseille et Alger. Chaque semaine un départ a lieu de Toulouse et de Marignane, unissant en huit jours la France à l’Argentine par Dakar, Rio de Janeiro et Montevideo. Cette ligne aérienne, dont les terminus actuels sont Ascension, Comode-Rivaclavia et Santiago du Chili, doit être prolongée sur Lima et La Paz, ainsi que sur nos Antilles et la Colombie. Enfin, la Cie transafricaine d’aviation, constituée d’après le plan de réorganisation de l’aéronautique française de M. Laurent Eynac, étudie un ensemble de lignes qui desserviront nos possessions de l’A. O. F. et de l’A. E. F. et, par le Congo belge, pousseront jusqu’à Madagascar.
- Ainsi, l’aéroport de Marignane est le point de départ de trois grandes lignes mondiales, unissant l’Europe à l’Amérique du Sud, à l’Afrique et l’Asie. Qu’il s’agisse des Antilles, de notre domaine africain, de la Syrie, de l’Union indo-chinoise, Marseille sert ou peut servir de tête de ligne. Marignane apparaît donc bien avant tout comme l’aéroport colonial de la France.
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- Un gros effort a été entrepris pour équiper avec soin un aérodrome aussi bien situé. Des constructions s’élèvent. Une longue jetée remplacera la digue-abri. Une canalisation d’eau potable vient d’être achevée et aboutit à deux châteaux d’eau : elle est alimentée par une dérivation du canal de la Durance à Marseille. On projette d’édifier un hôtel près des hangars. Le -petit bourg somnolent de Marignane s’anime et voit sa population grandir par l’afflux des 400 à 500 ouvriers et employés du jeune organe aérien. Mais le problème le plus délicat demeure à résoudre : établir une liaison solide avec la ville de Marseille. Il faut actuellement 45 à 50 minutes pour se rendre du point d’atterrissage à la Cannebière,
- Fig. 7. —• Un hydravion (A.M.S. 53 de la Cle Air Union).
- alors qu’en 2 heures l’avion franchit la distance Lyon-Marseille... On fera remarquer qu’il faut 45 minutes pour aller de la place de l’Opéra au Bourget, et tout près d’une heure de Bruxelles (boulevard Max) à l’aérodrome de Idaren. Ces exemples prouvent seulement que les relations entre les agglomérations et leurs aérodromes présentent fréquemment les mêmes difficultés. Dans le cas présent, inutile de compter sur le rail : l’omnibus de Saint-Charles au Pas des Lanciers, puis le chemin de fer d’intérêt local qui dessert Marignane sont là pour témoigner d’une lenteur anachronique. Restent la route et la mer. Des bassins maritimes de la Joliette, de petits hydravions-taxis pourraient amener en quelques minutes les gens pressés au terrain d’aviation. Par terre, on étudie depuis deux ans un projet d’auto-strade comme il en existe en Italie. On envisage aussi la rectification de la route actuelle, ce qui mettrait Marignane à 30 minutes du paquebot ou de l’express.
- En ce moment, chaque compagnie aérienne a ses cars qui transportent les passagers à l’arrivée et au départ. Il y a aussi des autobus, de plus en plus nombreux et, à travers la campagne provençale que le couchant empourpre, le voyageur y écoute, surpris, le duo immortel de Mireille dans la langue de Mistral... Mais tout cela n’est qu’une improvisation, dont le pittoresque ne saurait masquer les inconvénients. Si Marignane veut utiliser les avantages que lui procurent sa position géographique, il faut des communications rapides entre l’aéroport, la gare et les quais maritimes. Maurice Debesse.
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- UNE INDUSTRIE AGRICOLE ALPESTRE EN GRAND PROGRÈS
- Avant la guerre, la Lavande, modeste plante sauvage des montagnes, n’attirait guère l’attention que des lamndiaires. qui, en été, parcouraient la lande avec leurs alambics rustiques (lou peirôu), s’installaient dans quelque creux de terrain, près de la moindre source (l’eau est rare, en pays calcaire), pour distiller les épis amassés à grand’-peine dans le bourras passé en bandoulière.
- Aujourd’hui, que de chemin parcouru dans la voie du progrès, par cette petite industrie!
- C’est que les ramasseurs de lavande ont gagné jusqu’à 40 à 50 fr et plus, par jour, au seul travail de la récolte. Celle-ci a été payée jusqu’à 140 fr les 100 kg, par les distillateurs.
- Enfin, l’essence a atteint la cote très alléchante de
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- 320 fr et même 380 fr le kg, qui laisse loin en arrière les 20 à 25 fr de l’avant-guerre.
- Tout cela explique l’agitation qui est faite, depuis quelques années, autour de la modeste Labiée.
- On organise, à son intention, des congrès, des "voyages d’études, des «journées de la lavande», des foires,des essais de laboratoire, etc., où tout un monde de savants, d’industriels-parfumeurs, de distillateurs, d’agronomes, d’agriculteurs, de lavandiaires, de courtiers, fait r’sette à la reine de la flore embaumée des horizons alpestres.
- Et dans ces assises de la science, de l’agriculture, du commerce, on l’interroge, on scrute les secrets les plus intimes de sa vie; on suppute ses chances de vitalité, on dresse le bilan de ses possibilités, de sa capacité de production dans le temps et dans l’espace.
- Car la belle fée à la robe d’émeraude et aux petits yeux bleus d’azur est inconstante au possible, dans ses manifestations physiologiques; son âme éthérée varie au hasard des milieux et au caprice des éléments.
- Le climat, l’altitude, l’exposition, les conditions atmos-
- phériques, la nature du sol, l’époque, et même le moment du jour où on récolte ses fleurs, le mode de distillation auquel on les soumet, ont une grande répercussion sur l’essence qu’elles fournissent, en tant que qualité, finesse, puissance du parfum, composition, constantes physiques et chimiques, etc.
- On sait qu’il existe quatre types de lavande, qui présentent chacun des variations, des formes :
- La Lavande vraie, ou lavande tout court; le Lavandin, la Lavande Aspic, la JLavande Stoechade.
- Le Lavandin, ou Lavande Chatin, grande lavande, lavande grossière, lavande bâtarde (badasso, dans le Dauphiné), n’est pas une espèce, mais un hybride né à la zone de contact de la Lavande vraie et de l’Aspic, aussi bien dans les Alpes que dans les Pyrénées.
- -Son essence est intermédiaire entre celles des deux parents. 4
- La Stoechade (Lavandula Stoechas L.) des îles d’Hyères, est spéciale aux régions granitiques du littoral méditer-
- ranéen : Esterel, Maures, Corse, Pyrénées-Orientales, Espagne, Nord-Africain, etc.
- Si elle a eu son heure de gloire au temps des Romains, elle est à peu près délaissée aujourd’hui.
- L’Aspic (Laçandula latifolia Vill.) croît dans les régions calcaires, et à faible altitude (jusqu’à 400 à 700 m, suivant la latitude et l’exposition).
- On le rencontre surtout dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, la Drôme, le Gard, l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, en Espagne, Algérie, etc.
- Il n’est guère exploité que par les distillateurs ambulants, car son essence est loin de valoir celle de la Lavande vraie.
- C’est cette dernière (Lavandura vera D.C.; Lavandura officinalis Chaix (in Vill.), ou lavande femelle, lavande des Alpes, lavande de montagne), qui est surtout intéressante, et qui a donné lieu à toutes les manifestations dont nous avons parlé au début. Ses fleurs fournissent l’essence employée dans la parfumerie fine.
- Comme l’aspic, elle croît sur les sols calcaires, mais à partir de 250 à 500 m d’altitude (suivant la latitude et l’exposition), et s’élève jusqu’à 1700 à 1800 m (Alpes et Pyrénées ; la forme Laçandula Delphinensis monte généralement à une plus grande hauteur que la forme Laçandula fragrans).
- C’est dans le Sud-Est, que la Lavande vraie est le plus exploitée. On y récolte, en moyenne, 9 à 10 millions de kg de fleurs, et distille 80 000 kg d’essence.
- La Drôme est non seulement le plus grand producteur (3 millions à 4 millions de kg de fleurs et 30 000 kg d’essence), mais fournit aussi l’essence la plus fine.
- Viennent ensuite les Basses-Alpes, le Vaucluse, puis avec une bien moindre importance, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, le Var. ^ ^On rencontre aussi la Lavande vraie dans le Roussillon, l’Ariège, le Lot, l’Aude, l’Hérault, l’Aveyron, la Lozère, la Dordogne, l’Ardèche' etc.
- On la cultive en Angleterre.
- Devant le succès obtenu par l’essence de lavande dans le commerce, certains propriétaires de montagne ont apporté quelques soins aux laçanderaies naturelles (lavan-diero, baïassièro), d’un accès facile, et où la terre a une épaisseur suffisante (quelques raies de charrüe, un peu d’engrais chimiques).
- Mieux encore, on s’est mis à créer des lavande-raies artificielles, à cultiver la lavande sur une grande échelle, et cela même à des altitudes inférieures à celles où croît la plante spontanée, par exemple, dans la plaine de Valence.
- Ces cultures se sont développées principalement dans le Vaucluse, les Basses-Alpes, la Drôme.
- On discute encore sur la qualité de l’essence ainsi produite : la basse altitude, les soins culturaux, les engrais, ont-ils une influence favorable, ou défavorable?
- Certains prétendent que l’essence n’y perd rien, et même y gagne en finesse, qu’en outre, elle est accrue par 100 kg de matière traitée.
- Fig. 1. — Récolle de la lavande cultivée, à Valence. (Cliché Parfumerie moderne.)
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- D’autres, en reconnaissant ce dernier avantage, continuent d’affirmer que l’essence fine, bouquetée, ne peut être élaborée qu’à une altitude élevée, dans le voisinage des neiges (essence dite mont-blanc).
- Mais ce qui est indiscutable, c’est que par la culture on obtient, sur une surface donnée, une quantité bien plus considérable d’épis à distiller, plus faciles à récolter, et en moins de temps, que dans la lande.
- Ainsi, alors que dans cette dernière on n’obtient qu’exceptionnellement 2000 kg (en moyenne, 1200 à 1300 kg) à l’hectare, avec 500 à 600 gr d’essence par 100 kg, en culture on peut arriver, avec une plantation de 5 ans, à 5000 kg (en moyenne, 3000 à 3500 kg), et un rendement en essence de 700 à 800 gr par quintal.
- Depuis quelque temps, une grande vogue se dessine en faveur du Lavandin, ou grosse lavande, dont le développement, en culture, est parfois phénoménal. Ainsi, on cite l’exemple d’une touffe, constituée par un seul pied, qui mesure 5 m 60 de circonférence, 1 m de hauteur, portant 1493 épis totalisant 2 kg 250.
- Pour obtenir le maximum d’essence fine, la récolte doit se faire en observant diverses conditions, qu’il serait trop long de développer ici, mais qui se trouvent à peu près réalisées, en ce qui concerne la plante elle-même, lorsque la moitié ou deux tiers des fleurs des inflorescences sont écloses.
- Il faut tenir compte, aussi, de certaines influences météorologiques (chaleur, brouillards, temps orageux, pression atmosphérique, vents, etc.).
- Dans un milieu donné, on commence la cueillette à la base des montagnes, pour monter ensuite graduellement, en suivant, si possible, les courbes de niveau.
- D’après la latitude, l’altitude, l’exposition, les conditions météorologiques de l’année, la récolte débute plus ou moins tôt et finit plus ou moins tard.
- En année normale, et en altitude moyenne, c’est dans la deuxième quinzaine de juillet, et même vers le milieu de ce mois, que les fleurs atteignent le maximum de puissance odorante, que la concentration de l’essence dans les épis est le plus élevée.
- Si des progrès ont été réalisés dans l’ordre cultural, il en a été de même dans la distillation des fleurs.
- Le modeste alambic, à chauffage à feu nu, du lavandiaire ambulant, ne suffit plus actuellement, pour traiter rapidement les monceaux d’épis qu’accumulent chaque jour les récolteurs, surtout dans les lavanderaies artificielles.
- Il faut aller vite, en effet, en besogne, car les fleurs entassées fermenteraient, leur rendement diminuerait, l’oxydation accroîtrait la proportion de résines et d’éthers non odorants dans l’essence, et celle-ci prendrait une odeur âcre, ou de moisi.
- De plus en plus, les distillateurs, les industriels-parfumeurs, installent de vraies usines, avec des appareils à grand travail, près des centres de récolte.
- On n’a pas oublié celles qu’avait édifiées, avant la guerre, à Barrême (Basses-Alpes) et à Sault (Vaucluse), la maison Schimmèl, de Leipzig (Allemagne).
- Une étude plus approfondie de l’essence de lavande, et des modes de distillation, a conduit les industriels à perfectionner leurs appareils.
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- Fig. 2. — Séchage de la lavande vraie pour la préparation des « calices » au virage de Saint-Estève, au pied du Venteux, (Photo Rolet.)
- La distillation à feu nu, avec de l’eau, est longue, irrégulière, expose aux coups de feu; une certaine quantité d’essence est saponifiée, ou hydrolysée; le rendement est plus faible. Cependant, l’essence est plus soluble que celle obtenue avec la vapeur directe.
- Mais ce dernier procédé est beaucoup plus rapide. La détente de la vapeur permet aussi l’entraînement des éthers supérieurs, qui augmentent la finesse de l’essence.
- Les constituants principaux de Vessence de Lavande vraie, sont des éthers, en particulier l’acétate de linalyle (en moyenne, 40 pour 100 d’éthers, en acétate de linalyle, dans les bonnes essences).
- Certains voudraient que la vente du produit fût basée sur la teneur en ces principes.
- D’autres font remarquer qu’ils ne sont pas seuls à donner les propriétés caractéristiques de l’essence. Ainsi, les
- Fig. 3. — Gros alambic à vapeur à la Sereine (Vaucluse). (Cliché Parfumerie moderne.)
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- lavandes italiennes, classées parmi les plus fines, ne contiennent que 20 à 29 pour 100 d’éthers, et les essences anglaises, qui sont très fines aussi, n’en dosent que 5 à 10 pour 100.
- Les essences les plus fines, à grand bouquet, entrent dans Veau de Cologne, dans quelques eaux de senteur, alcoolats, vinaigres, bouquets, extraits, coquilles, etc.
- Les essences corsées, nerveuses, riches en éther, servent dans la fabrication des savons.
- Les essences de lavandin et d’aspic s’emploient pour la savonnerie commune.
- Des unes et des autres, on en exporte beaucoup, à cette fin, en Angleterre et aux Etats-Unis.
- Actuellement, on cherche à tirer de l’essence de Lavandin un produit qui, espère-t-on, jouera un grand rôle en parfumerie.
- Dans certaines régions, les producteurs d’essence vou lant — à tort ou à raison— s’affranchir des intermédiaires, pour la vente de leurs produits, et maintenir quelque stabilité dans les cours, se sont groupés en associations professionnelles, qui organisent chaque année des foires aux essences (Digne, Apt, Sault, Séderon, etc.).
- Une industrie annexe est celle des fleurs mondées, ou calices, corolles ventilées.
- Les beaux épis aux belles fleurs bleues sont séchés à l’ombre (le soleil décolore les pétales), en couche peu épaisse. Puis on les bat à la fourche, ou avec une machine spéciale (le rouleau à cheval écrase le produit), ventile le tout, crible sur mailles de plus en plus petites, pour classer par grosseur et qualité.
- Malheureusement, on vend parfois en fraude des fleurs déjà distillées, surtout à la vapeur, qui les altère moins.
- La Drôme est le principal producteur de cette marchandise, qui se concentre surtout aux foires des 10 août et 9 septembre, à Buis-les-Baronnies.
- Citons aussi Annot (Basses-Alpes), Bédoin, Villes (Vaucluse), l’Ardèche, le Gard, etc.
- On connaît l’emploi que l’on fait de ces fleurs sèches; elles servent à parfumer le linge et à en éloigner les mites, à aromatiser les bains; en Espagne et en Amérique, on les étend sur les parquets des salles publiques.
- Les résidus de la préparation, broyés et agglomérés avec de la gomme adragante, servent à confectionner des fidibus, pour la production de fumées contre les moustiques.
- Antonin Rolet.
- Ingénieur agronome, Professeur à l’École d’Agriculture d’Antibes (A.-M.).
- CURIEUX PHENOMENES PRESENTES PAR L’ÉVAPORATION DES SOLUTIONS COLLOÏDALES
- Fig. 1.-— Dépôt formé par l’évaporation, dans une capsule, d’une solution colloïdale d’oxyde de fer (filaments circulaires). (Cliché Bary.)
- CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES SOLUTIONS COLLOÏDALES
- Il est à peine besoin de rappeler aux lecteurs de La Nature les propriétés essentielles des solutions colloïdales. Ils savent :
- 1° que les particules des colloïdes, habituellement appelées micelles, diffusent beaucoup plus lentement au sein d’un liquide que les molécules ordinaires des corps susceptibles de cristalliser (ou cristalloïdes) et notamment qu’elles ne peuvent passer au travers des membranes végétales ou animales que franchissent aisément les molécules des cristalloïdes, ce qu’on traduit en disant qu’elles ne dialysent pas ;
- 2° que les solutions colloïdales diffusent une fraction notable d’un faisceau lumineux qui les traverse et que ce faisceau est très nettement visible quand on se place latéralement.
- 3° que les particules colloïdales portent toutes une charge électrique, négative pour les colloïdes dits négatifs, positive pour les colloïdes positifs;
- 4° que les solutions colloïdales peuvent floculer ou coaguler sous un grand nombre d’influences et en particulier par l’addition d’un électrolyte (acide, base ou sel) en quantité suffisante.
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- Fig. 2. — Dépôt formé par l’évaporation dans une capsule d’une solution colloïdale d’oxijde de fer (filaments rayonnants). (Cliché Bary.)
- DEUX CLASSES PRINCIPALES DE COLLOÏDES
- Mais si toutes les solutions colloïdales présentent à des degrés divers les caractères précédents, elles sont cependant loin de se comporter de la même manière en ce qui concerne toutes leurs propriétés. Depuis longtemps on a été amené à distinguer les colloïdes dits hydrophiles, ainsi désignés pour rappeler que leurs micelles semblent avoir pour l’eau une affinité plus ou moins grande, des colloïdes hydrophobes dont les micelles seraient dépourvues de toute affinité pour l’eau. Au premier groupe appartiennent les colloïdes naturels comme les gommes et les mucilages, l’amidon, la dextrine, la gélose, l’albumine, la gélatine et les diverses protéines, etc. Le second serait formé principalement des colloïdes de synthèse, tels que sulfures et oxydes métalliques, métaux colloïdaux, sels
- colloïdaux, etc. Certains colloïdes comme la silice se rapprochent par quelques-uns de leurs caractères des colloïdes hydrophiles tandis que d’autres propriétés rappellent celles des colloïdes hydrophobes.
- D’ailleurs la distinction entre les deux groupes n’est pas toujours aisée à faire expérimentalement. Sans doute les colloïdes hydrophobes floculent-ils plus facilement que les colloïdes hydrophiles, ce
- Fig. 4. — Peclographie obtenue par l’évaporation d’une solution colloïdale de irisulfure d’arsenic. Cliché Bary.)
- qui les fait appeler souvent colloïdes instables tandis que les colloïdes hydrophiles sont des colloïdes stables. Sans doute aussi les colloïdes hydrophobes constituent-ils ce qu’on a appelé souvent des colloïdes irréversibles pour rappeler qu’il est impossible de reconstituer la solution colloïdale par simple addition d’eau après qu’ils ont été floculés ou desséchés, tandis que ce passage est possible avec les colloïdes hydrophiles qu’on peut appeler pour cette raison des colloïdes réversibles.
- L’EVAPORATION DES SOLUTIONS COLLOÏDALES
- Mais tout phénomène révélant une différence nettement visible entre les deux groupes de colloïdes présente un grand intérêt, non seulement du point de vue théorique, mais encore du point de vue pratique. Un tel phénomène a été tout récemment découvert par M. Paul Bary, spécialiste bien connu de la science des colloïdes, en étudiant les aspects que revêtent les solutions colloïdales lorsqu on les soumet à une évaporation lente, soit en les disposant dans le vide en présence d’acide sulfurique, soit en les mettant dans une étuve à température peu élevée (50° à 60°). Cette évaporation donne naissance à des dépôts d’aspects très différents suivant la nature des solutions colloïdales utilisées. Pour les solutions de colloïdes hydrophiles comme la gomme arabique, la gélatine ou 1 albumine, le dépôt est homogène et uniforme. Il n’en est plus ainsi avec les solutions de colloïdes hydrophobes comme
- Fig. 3. — Dispositif utilisé par M. Bartj pour étudier les dépôts formés par l’évaporation des solutions colloïdales sur une lamelle de verre. (Cliché Bary.)
- Fig. 5. — Figure très curieuse présentée par /es pectographies d'un solution colloïdale de sulfure de cadmium. (Cliché Bary.)
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- le sulfure d’arsenic, l’hydrate ferrique, l’or, l’alumine, etc. Le dépôt formé dans un verre de montre ou une capsule a alors l’aspect de cercles concentriques, réguliers, alternativement sombres et clairs-comme le montrent les figures 1 et 2 relatives à l’évaporation d’une solution colloïdale d’oxyde de fer.
- M. Paul Bary a fait une étude systématique des dépôts produits par l’évaporation des solutions colloïdales dans les conditions suivantes. La solution est contenue dans un verre cylindrique où plonge une lamelle de verre (par exemple une lamelle porte-objet de microscope) posée sur le fond du verre de manière à prendre ime position inclinée (fig. 3). L’évaporation ne laisse de dépôt que sur la face supérieure de la lamelle.
- Les dépôts ainsi obtenus pour lesquels M. Paul Bary a proposé le nom de pectographies varient beaucoup avec la nature des solutions colloïdales utilisées et peuvent fournir sur la structure des particules contenues dans ces solutions des renseignements intéressants.
- PECTOGRAP HIES DES SOLUTIONS COLLOÏDALES
- Les solutions de colloïdes stables laissent un dépôt de matière vitreuse qui, dans le cas de colloïdes de grande cohésion comme la gélatine et la gomme arabique, peut se dessécher sans se rompre, mais qui, dans le cas le plus général, produit des écailles de formes très variées et d’autant plus petites que la couche déposée est plus faible.
- Pour les solutions de colloïdes instables comme l’hydrate ferrique, le sulfure d’arsenic, l’or, etc., on obtient un dépôt nettement hétérogène et composé de lignes horizontales parallèles formées alternati-
- Fig. 6. — Dépôt formé par l’évaporation lente d’une solution alcoolique de safranine T. (Cliché Bary.)
- vement de matières de nature différente. C’est ce qu’on voit très nettement sur la figure 4 relative aux solutions colloïdales de trisulfure d’arsenic. Dans certains cas les dépôts peuvent avoir des formes légèrement différentes et très curieuses comme le montre la figure 5 relative au sulfure de cadmium. L’examen de ces pectographies a conduit.M. Bary à des conclusions fort intéressantes relativement à la structure des solutions colloïdales pour le détail desquelles nous renvoyons aux mémoires originaux de cet auteur (') nous contentant de mentionner ici celles qui nous ont paru les plus importantes.
- Dans le cas particulier des solutions colloïdales d’hydrate ferrique, M. Bary a pu établir que la substance dispersée dans le milieu liquide est formée de deux produits distincts différant entre eux par leur composition chimique et par leurs propriétés physiques. L’un, qui se dépose en lignes parallèles à l’affleurement du liquide sur le verre, est insoluble et non gonflable et se trouve dans le liquide à l’état de suspension peu stable; il appartient à la catégorie des colloïdes irréversibles et hydrophobes. L’autre, au contraire, donne sur le verre un dépôt en forme de gelée tout à fait comparable à celui qu’on obtient dans la dessiccation d’une solution de gomme arabique, de tanin, etc., c’est-à-dire de colloïdes hydrophiles.
- Les pectographies analogues à celle de l’hydrate ferrique que donnent un grand nombre de solutions colloïdales de synthèse semblent indiquer pour celles-ci une constitution également complexe.
- 1. On pourra consulter notamment La Revue générale des Colloïdes, octobre 1928, mars 1929, août-septembre 1929, janvier 1930.
- Fig. 7. —• Pectographie relative à l’évaporation d’une solution aqueuse de violet de méthyle. (Cliché Bary.)
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- Fig. g.____ Peclographie relative à l’évaporation d’une solution alcoolique Fig. 9. — Pedographie relative à l’évaporation d’une solution alcoolique
- d’écarlate d’induline. (Cliché Bary.) de rouge congo. (Cliché Bary.)
- PECTOGRAPHIE DES MATIÈRES COLORANTES
- M. Bary a appliqué la même méthode à l’étude des matières colorantes sur lesquelles nos connaissances manquent encore souvent de précision. Dès ses premiers essais, il a constaté que les pectographies variaient très nettement suivant la nature des matières colorantes, le solvant utilisé, etc. L’évaporation dans l’étuve vers 50° fournit des dépôts revêtant trois formes principales distinctes :
- A. Un dépôt cristallin qui, suivant, la concentration de la solution, peut être disposé en bandes horizontales, ou réparti uniformément à la surface du verre, comme le montre la figure 6 relative à une solution aqueuse de safranine T.
- B. Un dépôt continu de matières dont l’épaisseur est variable, les variations se faisant soit par bandes à peu près horizontales, soit d’une manière quelconque, comme le montre la figure 7 relative à l’évaporation d’une solution aqueuse de violet de méthyle.
- C. Un dépôt par points ou par très petits filaments
- formant une sorte de réseau irrégulier, généralement réparti sur des lignes parallèles à la ligne d’affleurement du liquide, ou parfois sans ordre apparent comme le montre la figure 8 relative à une solution alcoolique d’induline. Les apparences peuvent être d’ailleurs beaucoup plus compliquées et se présenter comme un mélange de deux ou même de trois des formes principales, comme le montre la figure 9 relative à l’évaporation d’une solution alcoolique de rouge congo qui peut être considérée comme un mélange des formes A et C.
- Les quelques exemples qui précèdent suffisent à faire comprendre combien la pectographie des matières colorantes pourra être utile pour caractériser ou différencier entre elles ces matières si compliquées et aussi pour nous apporter quelque précision sur leur structure. Sans nul doute la méthode pectographique inaugurée et mise au point par M. Bary est-elle appelée à devenir une technique très importante de l’étude des substances colloïdales et en particulier des matières colorantes.
- A. Boutartc.
- L’ÉLEVAGE DU RAGONDIN
- Parmi les animaux exotiques à fourrure — assez peu nombreux — que l’on peut élever en France (') et dont les dames aiment à se revêtir en hiver ou, même, en été, le Ragondin semble devoir occuper une place d’autant plus importante que son élevage n’offre pas plus de diffi-
- 1. Renard argenté, Vison, Skunks ou Mouffette, Raton laveur ou Racoon, Opossum, Ondatra d’Amérique, Castor, Ragondin, Chinchilla royal, Astrakan.
- cultés que celui du timide lapin et peut être entrepris dans les plus modestes des exploitations.
- Le Ragondin (que l’on écrit aussi, parfois, sous la forme déplaisante de Ratgondin), appelé aussi Nutria, Castor du Chili et Coypou, est un Rongeur (Myopotamus coypus) que, vu ses mœurs, en partie aquatiques, on plaçait autrefois, sous le nom de Castor des marais, dans le groupe des Castors, mais qui en diffère du tout au tout par son
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- Fig. 1. — Ragondin femelle, prix d’honneur de la Société nationale d’Acclimatation.
- anatomie et par sa queue cylindrique. Il vit dans une grande partie de . la zone tempérée de l’Amérique du Sud, depuis le Brésil méridional, à travers le Paraguay, l’Argentine, le Chili, jusqu’à la Patagonie, au 48e degré de latitude australe : c’est dire qu’il manque au Pérou et à la Terre de Feu. Les meilleurs des Ragondins — au point de vue fourrure — viennent de l’Argentine, particulièrement de la Province d’Entre Rio; on les nomme Islas, c’est-à-dire « Ragondins des îles » parce que, dans cette région, il y a en abondance, des ruisselets séparés par
- Fig. 2. — Ragondins peu farouches.
- de petits îlots, conditions favorables pour l’excellence de la fourrure qui est d’autant plus belle que les animaux ont* une existence plus aquatique, alors que, dans les autres contrées de l’Argentine, où il y a peu d’eau, les Ragondins mènent; une vie presque exclusivement terrestre, ce qui a pour effet de ne les pourvoir que d’une fourrure médiocre.
- Le corps est bas et se terriiine par une grosse tête aplatie, au museau obtus et aux oreilles petites et rondes. Les pattes sont courtes et vigoureuses, celles de derrière un peu plus longues que celles de devant et palmées ; les cinq doigts sont armés d’ongles longs et acérés (sauf le doigt interne qui a un ongle plat). La queue, épaisse à sa base, est longue, écailleuse comme celles des Rats, couverte de poils raides, serrés et couchés; elle est cylindrique et diminue graduellement de longueur depuis sa base jusqu’à l’extrémité. Le pelage est ordinairement brun châtain sur le dos, tandis que le ventre est brun noirâtre et que les flancs tirent sur le rouge vif; le duvet est court, mou, floconneux et recouvert complètement par de nombreux jarres (poils épais et raides). Sa fourrure est vendue sous le nom de Loutre <LAmérique. Sa taille est celle de la Loutre; elle atteint un demi-mètre de long, avec une queue de deux tiers #du corps. Les mâles pèsent de 10 à 12 kg et les femelles de 7 à 8 kg.
- Il vit par couples sur les bords des lacs, des marais, des rivières et recherche surtout les eaux tranquilles, où les plantes aquatiques foisonnent et forment un tapis capable de les supporter. Chaque couple se creuse, au bord des eaux, un terrier de 1 m 20 de long et de 0 m 50 de diamètre, où il passe une bonne partie de la journée et dont il ne sort que pour nager, ce qu’il fait à merveille bien qu’il ne soit qu’un médiocre plongeur. Sur le sol, qu’il touche de son ventre, il semble assez peu à l’aise et ne pense qu’à le quitter pour regagner l’eau. Il vit, parfois, en sociétés plus ou moins nombreuses, où il émet des sons plaintifs. Ses habitudes varient avec les conditions du milieu et, lorsque celui-ci l’exige, il se résigne à devenir presque exclusivement terrestre : ainsi en a-t-il été en Argentine, où par suite de l’interdiction de chasser, il était devenu si abondant qu’il dut se réfugier dans les forêts. Il se nourrit d’un peu de tout, particulièrement de végétaux. La femelle met bas dans son terrier cinq à neuf petits, qui, dès leur naissance, sont poilus et ont les yeux ouverts ; ils grandissent rapidement et accompagnent leur mère,, soit en nageant, soit en reposant sur son dos. Par une particularité très rare — peut-être unique —, la femelle a des mamelles, non sur le ventre, mais sur le dos à droite et à gauche de l’épine dorsale, mamelles qui, d’ailleurs, ne sont pas en saillies et se bornent prescpie à une toute petite tétine que l’on ne voit qu’en écartant les poils de la région dorsale du corps.
- Dans l’Amérique du Sud, les Ragondins sont difficiles à approcher et, comme leur fourrure épaisse arrête le plomb, on les chasse avec des chiens vigoureux et bien dressés ou on les capture avec des trappes. Pris jeunes, ils s’habituent très vite à la captivité et bien que d un naturel timide et peu intelligent, deviennent familiers au point de venir chercher les friandises qu’une main leur présente.
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- On les élève facilement dans de petits parcs d’environ 4 mètres sur 2 mètres entourés d’un grillage à mailles de 40 mm et à sommet protégé par une bande de tôle et un bavolet dépassant de 25 cm de chaque côté (pour les empêcher de s’évader). Il est inutile de leur préparer une cabane car ils se chargent eux-mêmes de construire leur terrier. Par contre il est absolument indispensable d’avoir, dans chaque parc, un bassin, si possible alimenté d’eau courante; une mare ou un fossé alimenté par de l’eau courante est l’idéal et. dans ce cas, un bassin devient inutile : les Ragondins passent une grande partie de leur temps dans l’eau, où ils nagent avec leurs pattes de
- Fig. 3.— Une femelle de Ragondin et ses petits.
- derrière tandis que leurs pattes de devant leur servent plutôt de mains pour saisir les aliments, les laver dans l’eau et les porter à leur bouche.
- Dans chaque parc on ne met qu’un couple ou plusieurs femelles et un mâle. Il y a, par an, deux portées de 5 à 9 petits, qui naissent au hout de 4 mois de gestation et qui suivent leur mère au bout de quatre ou cinq jours. On
- = L’OBSERVATOIRE
- Il y a deux espèces d’audace, de cette audace heureuse célébrée par Virgile :
- A udaces fortunci jiwat.
- 11 y a l’audace de l’homme d’affaires et du commerçant, qui est de même sorte que celle du guerrier, et qui sait profiter de la plus petite chance pour triompher des obstacles.
- Il y a l’audace calme et paisible du savant qui peut s’isoler au milieu de l’agitation universelle et y poursuivre la solution du problème qui passionne son âme sous une apparente tranquillité.
- La fortune qui sourit à cette dernière n’est point celle qui récompense la première. Du moins très généralement. C’est la plupart du temps une joie intérieure qu’accompagne rarement la richesse, que le vulgaire, le profanum çulgus, qualifie Fortune.
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- sépare les jeunes au bout de 4 à 5 mois et on les apparie ou on les sacrifie.
- Les Ragondins sont admirablement adaptés à notre climat et ne sont sujets à aucune maladie. Leur peaù que l’on isole en la fendant d’abord par le dos — contrairement à l’usage, à cause de la présence des mamelles dorsales — vaut de 200 à 400 fr. (100 fr. les plus mauvaises) ; on l’emploie après l’avoir simplement éjarrée avec une machine spéciale. La chair est comestible.
- La nourriture d’ün Ragondin ne coûte guère que 50 fr. par an (elle est analogue à celle du lapin et consiste, surtout, en herbes et en grains), ce qui fait que son élevage
- Fig. 4. — Ragondin femelle sur son nid.
- semble pouvoir laisser de sérieux bénéfices (environ 15 000 fr. par an pour 10 couples) (').
- Henri Coupin.
- 1. Les photographies qui accompagnent cet article ont été prises dans les parcs de M. Beaune, à Monbahus, dans le Lot-et-Garonne, le promoteur de l’élevage en question en France.
- DE TANANARIVE =
- Les savants devenus riches sont rares !
- Apparent rari nantes !...
- Parmi ces braves savants, les uns passent leur vie dans le calme du laboratoire, les autres sont ballottés par les vagues de l’existence, perdus en quelque sorte dans l’immensité de la nature, exposés parfois aux plus terribles dangers.
- C’est vraiment à ceux-ci qu’il faut, autour du cœur, la force et le triple airain dont Horace orne l’âme du premier navigateur :
- Illi robur et aes triplex Circa pectus erat qui fragilem truci Commisit pelago ratera Primus......
- Il arrive fréquemment que l’exploration terrestre soit
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- Fig. 1. — L’Observatoire de Tananarive.
- aussi dangereuse que celle de la mer. Ce fut le cas pour le Père Elie Colin, fondateur de l’Observatoire de Tananarive, membre éminent de cette phalange de Jésuites astronomes et météorologistes qui portent le drapeau de l’observation et de la recherche scientifique à travers le monde.
- Elie Colin était né à Graulhet, dans le Tarn, en 1852. II enseignait les mathématiques et la physique dans les collèges de la Compagnie de Jésus, lorsque, subitement, en 1887, à la suite de démarches du résident français de Madagascar, M. Le Myre de Vilers, il fut désigné pour aller fonder un observatoire aux environs de la capitale des Howas.
- Le P. Colin n’eut pas un instant d’hésitation. Il s’en alla faire un stage d’instruction à l’Observatoire de Stonèyhurst auprès de son confrère, le P. Perry, puis vint compléter sa formation à l’Observatoire de Montsouris, où il se mit au courant des méthodes d’observation météorologique et 'magnétique.
- A. d’Abbadie, Bouquet de la Grye, Mouchez, l’aidèrent à
- Fig. 2. — La façade ouest de l’Observatoire de Tananarive en 1930.
- former la petite collection d’instruments avec laquelle il arrivait en janvier 1889 à Tananarive.
- Aux environs de cette capitale, il se trouvait divers emplacements favorables. Le gouvernement malgache, défiant, n’en voulut accorder aucun. Il finit par céder le sommet de la colline d’Ambohidempona, à 2 km et demi de la ville. Pas d’eau, pas d’arbres, pas de chemin d’accès, une réputation déplorable, telles étaient les caractéristiques du site. Malgré tout, Colin se mit à l’œuvre et se construisit en juin une cabane en planches en attendant que fussent dressées les constructions dont il avait apporté les plans.
- Sans tarder, on se met aux observations géodésiques destinées à permettre la triangulation de Madagascar, commencée une vingtaine d’années auparavant, avec des moyens de fortune, par un confrère, le P. Roblet. Météorologie, magnétisme, astronomie, sont menés de front bien que l’établissement ne compte comme personnel en dehors du directeur que le Père Combes, adjoint et un frère, le Frère Soula.
- Mais Colin qui a gagné, presque en arrivant, la fièvre paludéenne est obligé de rentrer en France en 1893 pour y recevoir des soins urgents. Il y restera jusqu’en 1895. Et quand il rentrera à Madagascar il ne trouvera plus que les ruines de son Observatoire dont la plupart des instruments ont été confisqués ou volés, et dont les bâtiments ont été démolis à « la bêche » au cours de la guerre qui aboutit à rétablissement du régime malgache actuel.
- C’est seulement en 1898 que l’on put se remettre à construire et à construire lentement et économiquement, car les fonds disponibles étaient bien minces. On était obligé de considérer comme providentiels les prix accordés par l’Académie des Sciences ou d’autres institutions au Père Colin ! Ah ! quand il s’agit de soutenir les pionniers de la science, l’Etat français ne gaspille pas l’argent !
- Le P. Colin est mort le 10 avril 1923. Il avait quitté l’Observatoire le 5 avril, pour entrer à l’infirmerie de la mission. Il était atteint d’une surdité presque complète. De 1889 à 1923, cela lui faisait trente-quatre ans de services sur la terre malgache. Il avait rempli là toutes sortes de fonctions souvent pénibles, dans des conditions d’inconfort exceptionnel. Tour à tour ou simultanément geodé-sien, astronome, météorologiste, magnétologiste, sismo-logiste, le P. Colin avait été nommé correspondant de l’Académie des Sciences en 1899. C’est seulement le 4 août 1921 que le Gouvernement se décida à lui accorder le ruban rouge, dont il est si libéral dans le voisinage des ministères. C’était la neuvième fois depuis vingt ans que le Père était proposé pour cette distinction ! Il avait 69 ans.
- On comprend qu’avec une vie active et surmenée comme celle qui fut la sienne, le P. Colin n’ait pas eu beaucoup de loisirs pour écrire. Il écrivit pourtant un grand nombre de notes dont son successeur, le P. Charles Poisson, a donné la liste dans un volume récent, intitulé Y Observatoire de Tananarive, et dans lequel l’auteur résume l’existence de l’établissement depuis sa fondation jusqu’à nos jours. Cette liste ne comprend pas moins de 182 numéros.
- La synthèse de l’œuvre de Colin en météorologie et
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- magnétisme, rédigée par lui-même, quelque temps avant son décès, est destinée à former un volume de Géographie physique dans la grande Encyclopédie scientifique de Madagascar, que publie M. Guillaume Grandidier.
- Le P. Colin a trouvé dans le P. Poisson un successeur actif et plein d’ardeur, qui a donné à l’établissement de Tananarive une impulsion nouvelle.
- Cet observatoire a reçu au cours de ces dernières années, une orientation très nette du côté de la séismo-logie. Deux pendules Mainka ont été installés dans la cave préparée à cet effet, et fonctionnent depuis trois ans. Les observations relevées au cours de cette période confirment l’existence d’un foyer séismique, peu connu jusqu’ici, dans l’Océan indien méridional.
- Il est curieux de noter que, de tous côtés, la séismolo-gie tend à prendre dans les instituts d’observation, une place de premier plan. Les Pères Jésuites, dont l’esprit scientifique a toujours été remarquable, s’occupent particulièrement de cette branche dans leurs diverses maisons. Aux Etats-Unis, ils ont constitué le réseau connu sous le nom de Jesuit Seismological Association, destiné à embrasser tout le territoire de la grande République américaine.
- Cette orientation du côté de la géophysique et en particulier de l’étude des mouvements du sol, est due en partie du moins, au fait que les régions où sont installés les missionnaires de la Société de Jésus sont souvent des pays à cyclones et à perturbations violentes, essentiellement dangereuses pour les marins et les populations, et dont la prévision est particulièrement utile. Aux Etats-Unis dont il vient d’être question, il suffit de parcourir la belle revue The Monthly Weather Review, pour comprendre la grande utilité de ce genre d’avertissement.
- Naturellement un service de cette importance nécessite un sérieux outillage des stations météorologiques, le développement intensif des échanges télégraphiques de renseignements, la formation de spécialistes avertis, capables de se livrer à la fois à la recherche et à l’exploitation pratique de la science, au fur et à mesure des observations.
- —......—...........: - -= 413 =
- Il convient de noter d’autre part que les observatoires et stations scientifiques des Jésuites sont essentiellement des organismes vivants. Dans certains grands collèges et universités ce sont en quelque sorte des accessoires de l’instruction, facilitant l’acquisition d’une culture générale plus étendue ou plus approfondie en quelques branches. Ce sont des instruments très souples qui se modifient avec les régions et les besoins de leur enseignement.
- C’est cette souplesse qui a fait passer, pour ainsi dire, au second plan l’enseignement de l’astronomie proprement dite, autrefois si en honneur dans les anciens collèges d’Europe.
- Ce n’est pas à la direction de la Société de Jésus qu’on pourra faire le reproche de mépriser la science ni de s’attarder dans les chemins battus. L’œuvre de Tananarive, comme celles qui ont déjà été signalées dans ces colonnes,
- montre que nul mieux qu’elle ne comprend qu’ici-bas, tout passe et tout change, tout est évolution dans le monde de nos connaissances (').
- Léopold Reverchon.
- 1. Pour se renseigner complètement sur l’œuvre de l’Observatoire de Madagascar, il est utile de lire VObservatoire de Tananarive (Paris, 1924, Éditions Spes), et l'Otseruaioire de Tananarive et ses travaux (Tananarive, 1929, G. Pitot), par le P. Poisson, à qui je dois les indications de cette note. . ’
- SOLS FORESTIERS
- On recommande le mélange des feuillus et des résineux surtout pour redresser les fûts des arbres feuillus et pour éviter la propagation des incendies et des insectes.
- Mais les résineux donnent au bout de peu de temps un revenu que n’accordent pas les plantations de bois durs comme le chêne.
- Dans la Forêt Harvard, M. Fisher a trouvé une autre raison de l’utilité du mélange : c’est l’amélioration de la fertilité du sol qui se répercute en bien sur la forêt.
- Dans les mélanges de feuillus et de résineux (pin), la surface du sol ou plutôt la terre végétale devient limoneuse. Elle
- ressemble à de la terre de jardin. Les vers de terre peuvent y vivre.
- Les feuilles tombées y sont décomposées en quelques mois.
- Dans une pineraie de quatre-vingts ans du même substra-trum, le sol est humifère avec un retard chaque année pour la décomposition des aiguilles, la réaction est acide, ce qui fait du sol forestier un terrain mort pour l’herbe comme pour les petits animaux qui contribuent à rendre solubles les éléments minéraux et l’humus.
- Sous la couché humifère superficielle domine la silice décolorée par les acides entraînant les sels dans le sous-sol où ils
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- forment des concrétions ferrugineuses. C’est le phénomène de podsolisation conduisant à 1’ « alios » ou tuf ferrugineux.
- Toutefois les aiguilles de conifères ont une valeur fertilisante. A la station forestière des Lracs américains, on a trouvé un apport annuel de 17 kg d’azote à l’hectare.
- La chute des aiguilles de pin a lieu surtout dans les quatre mois précédant la mi-octobre, de même que pour les arbres feuillus. La litière de feuilles peut absorber une fois et demie son poids d’eau.
- Le drainage favorise la croissance des arbres, mais on ne saurait l’exécuter par des tuyaux, trop onéreux et qui seraient bouchés.
- Les fossés font sentir leur action jusqu’à une cinquantaine de mètres s’ils sont assez profonds. On a pu doubler le volume du bois en 15 ou 20 ans en abaissant le plan d’eau de 30 cm dans une expérience américaine.
- Pierre Larue.
- DÉSHERBAGE CHIMIQUE DES VOIES FERRÉES
- Ce n’est point seulement pour l’aspect et la propreté des voies ferrées qu’on procède à leur désherbage, mais aussi pour assurer le bon état du ballast et des traverses. Pour cela on utilise des produits chimiques, généralement du chlorate de soude à 25 pour 100 que la pratique a montré comme étant sans effet nocif pour les matériaux constituant la voie et sans danger pour les ouvriers chargés de cette besogne. Longtemps et encore jusqu’en ces dernières années, ce répandage s’opérait avec des pulvérisateurs fixés à dos d’homme, ce qui était très coûteux et fort long; il est aujourd’hui fait mécaniquement, ou plutôt industriellement au moyen d’un dispositif imaginé par un fonctionnaire du réseau du P.-L.-M., mis au point par une firme spécialiste de l’entretien des voies ferrées, la Société « Les fils d’Albert Collet ».
- L’auto-pulvérisatrice Magra, nom sous lequel cette désherbeuse est connue, permet de désherber journellement à la vitesse d’un train en marche, dans les 200 kilomètres de voie simple (1 million de mètres carrés); sa conception est basée sur les principes suivants :
- 1° la projection du liquide herbicide doit être constante par unité de surface, quelle que soit la vitesse, pour une densité donnée de végétation;
- 2° la pulvérisation doit donner un nuage aussi fin cpie possible, de manière à mouiller complètement les plantes sans dépenser plus de solution qu’il n’est strictement nécessaire.
- La première de ces conditions est réalisée par l’automatisme rigoureux du système, lequel ouvre ou ferme, comme nous le verrons plus loin, un nombre de becs pulvérisateurs strictement proportionnel à la longueur de voie franchie par seconde; tout réglage laissé à l’initiative cl’un ouvrier, même sérieux, et très attentif serait précaire et sytéma-tiquement erroné du fait du retard inévitablement apporté entre la variation de vitesse, sa perception sur les appareils de mesure et la correction qu’on doit y apporter. 11 ne faut pas perdre de vue, non plus, que, la dépense de sel représentant les neuf dixièmes du coût de l’opération, une erreur d’appréciation, même minime, peut avoir une grosse répercussion sur la dépense ou entraîner un résultat médiocre, de peu de durée, pour insuffisance des quantités appliquées. Pour satisfaire à la seconde condition, le nombre des becs pulvérisateurs a été choisi très élevé afin qu’une faible variation de vitesse ait pour corollaire une variation de débit; de cette façon, on a des becs à faible orifice transformant le jet en une buée très fine, projetée avec force pour qu’elle adhère bien aux feuilles, qu’elle ne reste pas en suspension au-dessus du ballast et ne risque pas d’être entraînée par le vent ou par les remous du train sur les propriétés voisines.
- Le matériel Magra comprend un ou plusieurs wagons-citernes contenant la solution herbicide, d’où une pompe alternative, dont le débit est exactement proportionné à la vitesse, extrait le liquide pour le projeter sur le sol en passant par la série de becs pulvérisateurs piqués sur des rampes. Aux wagons-citernes est attelé un wagon couvert qui porte les pompes, les commandes, les appareils de mesure, enfin tout ce qui est nécessaire. Le tout est traîné en queue d’un train de marchandises, dont la vitesse peut, sans inconvénient, atteindre 55 à 60 kilomètres-heure.
- La pompe étant actionnée par l’essieu du wagon, sa vitesse de rotation se trouve donc réglée par celle du wagon ; son débit varie également comme la vitesse de translation de la citerne, un variateur de vitesse intervenant à la volonté de l’opérateur quand change l’intensité de la végétation. Les rampes, au nombre de quinze pour la voie normale, placées dans le sens longitudinal, sont disposées très visiblement sous un berceau suspendu entre le wagon couvert et un des wagons-citernes ; elles
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- sont reliées à la pompe par une canalisation, interrompue par un robinet mettant, à la volonté de l’opérateur, la pompe en relation avec les rampes pour effectuer la pulvérisation, ou retourner la totalité du liquide dans la citerne quand on veut interrompre l’opération. Chacune de ces rampes, munie d’un piston mobile intérieur, porte 27 becs pulvérisateurs progressivement découverts par le piston sous l’afflux du liquide attaquant l’une des faces de celui-ci ; l’autre face étant soumise à l’action d’un ressort étalonné, de telle sorte que, pour une pression déterminée, résultant également d’une vitesse déterminée, le piston s’équilibre en un point du tube et découvre exactement le nombre de becs proportionné à la vitesse dont le wagon est animé à ce moment.
- Les rampes sont établies pour couvrir chacune une zone de voie d’environ 0 m 35 de largeur. Comme il y a lieu parfois d’empêcher les rampes extrêmes de droite et de gauche de débiter, par exemple, dans la voie double où il convient de limiter l’arrosage à l’axe de l’entrevoie, au passage d’une gare ou d’une station où il faut éviter d’arroser les trottoirs, etc., voici comment on s’y prend : chacune des rampes d’accotement est munie, à son origine, d’un robinet à deux voies permettant de diriger, comme il a été dit plus haut, la solution liquide, soit dans la rampe, soit dans un clapet qui la renvoie à la citerne en provoquant une perte de charge égale à celle qui résulterait de la pulvérisation effectuée par cette rampe ; de cette manière, se trouve maintenue la constance du débit des becs des autres rampes.
- L’eau nécessaire à la solution est fournie par les grues hydrauliques installées dans toutes les gares où les locomotives ont à se ravitailler; chaque wagon-citerne Magra est pourvu de goulottes spéciales capables d’entonner de 50 à 83,3 litres-seconde (3 à 5 m’-minute). Après que la citerne a été remplie sous la grue hydraulique, en réservant le volume que viendra y occuper l’herbicide, il faut charger ce dernier le plus vite et avec le moins de manutention possibles. Pour cela, une benne disposée à demeure sous la citerne peut se déplacer de part et d’autre de la voie, sur deux chemins de roulement perpendiculaires au grand axe de la citerne ; deux tuyaux branchés chacun, de part et d’autre de la base de cette dernière, permettent d’amener de l’eau dans la benne en quantité réglée à la volonté de l’opérateur par un robinet à sa portée. Au fur et à mesure que l’eau se déverse dans la benne, on y décharge les bidons de sel herbicide et la pâte ainsi formée est immédiatement aspirée par une pompe spéciale et rejetée, dans la citerne, par son dôme, au régime de 233,33 litres-minute (14 m5-heure).
- La pâte extraite de la benne est chassée à grande vitesse dans les canalisations de refoulement qui la brassent énergiquement; elle arrive dans le wagon-citerne transformée en saumure, et elle est projetée sur un cône contre lequel s’achève la trituration et qui la répartit dans toute la masse d’eau. La solution est alors complètement préparée au fur. et à mesure du vidage des tambours d’herbicide. La préparation de 25 m-’ de solution contenant plus de 6 tonnes de sel herbicide, ainsi que le chargement sont effectués en une moyenne de 38 minutes, ce qui ne représente qu’une perte de temps fort réduite et permet,
- Fig. 2. — Vue extérieure du wagon à matériel. A gauche sous le wagon : bac de chargement.
- A droite sous le wagon : berceau de répandage.
- comme il a été dit, de traiter en une seule journée des étendues importantes. La solution préparée renferme évidemment des impuretés apportées, soit par l’eau des grues hydrauliques, soit par l’herbicide même; or, il est indispensable qu’il n’en arrive aucune dans les becs pulvérisateurs. A cet effet, des filtres dégrossisseurs, puis d’épuration définitive, sont interposés aux endroits convenables pour retenir impuretés et corps insolubles; ils sont conçus et réalisés pour ne pas freiner l’aspiration du liquide et pour permettre une facile évacuation des déchets de cette épuration.
- En prenant pour base l’application de 17 grammes de sel par mètre carré de voie et un mélange composé en poids de 914 kg d’eau et de 250 kg de chlorate de soude par mètre cube de solution, il est constaté que toutes les
- fois qu’il y a 17 gr de sel pur, il y a :
- 914 X 17 250
- = 62 gr 152
- d’eau, ce qui fait qu’il est répandu : 17 -f- 61,152 — 79 gr 152 de solution par mètre superficiel, et pour une largeur de plate-forme de 5 m 50, la quantité de solution répandue par mètre linéaire de voie est 435 gr 336, ou encore par kilomètre, 435 kg 336. Comme la citerne est de 40 m3, le poids de la solution (eau et chlorate de soude) est de 46 560 kg; par conséquent, une citerne ainsi remplie 46 560
- peut désherber : 107 kilomètres de voie ins-
- 435 336
- tallée sur plate-forme de 5 m 50 où est constatée une végétation moyenne.
- Pour une voie normale, le débit de la solution de chlorate de soude à 25 pour 100 (densité 1,164) en mètres cubes-heure est, en fonction de la vitesse du wagon, de 373,8 m3, soit de 1869 à 22 428 m’, pour des vitesses de 5 à 60 kilomètres-heure. Cette donnée correspond toutefois à une végétation moyenne; en cas de végétation pauvre, le débit ci-dessus est à multiplier par 0,75, et pour une végétation abondante, il est à multiplier par le coefficient 1,2.
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- Fig. 3. — Vue intérieure du wagon à matériel.
- On aperçoit le variateur de vitesse, le filtre de chargement et la pompe de répandage (au fond).
- La vérification des débits par la différence de pression aux deux points extrêmes du cône, différence variant avec la vitesse des filets liquides, s’opère par l’intermédiaire d’un tube de Yenturi monté en série dans le circuit de répandage : cet indicateur de débit, placé à côté de l’indicateur de vitesse, permet donc de contrôler la constance du répandage par unité de surface. Il a été exposé plus haut que les rampes ont leurs becs pulvérisateurs progressivement ouverts au fur et à mesure que l’afflux du liquide augmente; comme cela entraîne un excédent de pression, il semble en résulter, a priori, que le débit ne croît pas seulement avec le nombre de becs découverts, et proportionnellement à ce nombre, mais aussi également avec la pression. Un examen attentif de la question permet de constater que l’augmentation du débit qui résulterait de l’augmentation de pression est exactement annulée par les pertes de charge, dues à l’augmentation du débit. Les pressions de départ et finales, et l’espacement des becs pulvérisateurs ont d’ailleurs été choisis pour annuler toute variation inadmissible.
- L’auto-pulvérisatrice Magra est agencée et construite de telle sorte qu’une avarie survenant aux organes qui de l’essieu du wagon, commandent la pompe de répandage, soit sans conséquence grave; on comprend, par exemple, que si la courroie se cassait en route, le restant
- du parcours serait entièrement perdu, et qu’il faudrait par la suite revenir au point de départ. Pour parer à un pareil accident, on a disposé la pompe de telle sorte que par le simple jeu d’un embrayage, elle puisse être commandée, soit par l’essieu, soit par l’électromoteur qui sert aux chargements de solution. Le variateur de vitesse que l’on a vu être interposé dans la commande de la pompe permet alors de faire varier le débit en fonction approxi mative de la vitesse, en observant les valeurs données par l’indicateur de vitesse, d’une part, et le nombre de becs débouchés sur chaque rampe pour ces différentes vitesses, d’autre part. Sans doute, cette disposition n’a pas la précision rigoureuse du répandage automatique, du moins elle permet de poursuivre efficacement le désherbage jusqu’au premier poste d’arrêt où, en quelques minutes on remplace la courroie rompue.
- L’époque la plus propice au désherbage chimique est sans conteste celle oùles plantes sont tendres, c’est-à-dire au moment du départ de la végétation. Quelques heures après l’application, certaines plantes commencent déjà à se flétrir ; cinq à six jours après, il ne reste de la végétation que quelques brindilles desséchées et les racines sont mortes comme le feuillage. Résistent seules au dosage ordinaire, quelques plantes vivaces à racines charnues ou ligneuses; mais c’est là une exception et une seconde application achève la destruction. La pratique a montré que le désherbage doit être arrêté en cas de pluie abondante, mais qu’il peut très bien se faire par temps de brouillard ou de pluie fine et légère; il n’est pas non plus à recommander par de trop grandes chaleurs en raison de l’évaporation rapide de la solution.
- Il résulte des constatations faites par la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. qui utilise une auto-pulvérisatrice Magra avec une solution de sels de soude que l’économie réalisée par ce réseau peut être fixée au 4/5 du prix du désherbage à la main. Dans le ballast en sable que possède encore le P.-O., sur ses lignes secondaires, il faut bien souvent plus d’une journée de 5 hommes pour désherber 100 mètres de voie
- simple. Fig. 4. — Vue du wagon citerne.
- D’après M Lau- (La ramPe en fonctionnement.)
- vergnes, sous-ingénieur inspecteur de ce réseau, il peut y avoir avantage, sur certaines lignes, à faire des trains de service spécialement mis en route pour le répandage au lieu de se servir des trains réguliers de marchandises, et il y a aussi un gros avantage à employer deux wa -gons-citernes au lieu d’un.
- M. Bousquet.
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- ENQUÊTE SUR LES RONGEURS DE FRANCE 417
- Les Rongeurs sont, pour la plupart, de jolis et gentils animaux, et l’élevage de certaines espèces a tenté plus d’un mam-malogiste. De nos jours, M. Ch. Mailles, M. Bailly-Maître, entre autres, se sont livrés à d’intéressantes expériences sur les Rongeurs français et exotiques.
- Mais les Rongeurs sont organisés pour manger les fruits de la terre : les dégâts qu’ils commettent les font classer au premier rang des ennemis de l’Homme, et de tous temps leur destruction a préoccupé les agriculteurs.
- Le problème des dommages causés par les Rongeurs est assez sérieux pour s’inscrire au programme des travaux entrepris par le Ministère de l’Agriculture. Et il appartenait au service des Vertébrés de la Station Centrale de Zoologie agricole (Institut des Recherches agronomiques) de prendre en main la question.
- Dans le but d’étudier les moyens de lutter contre les animaux nuisibles, il est indispensable de bien connaître 'esdits animaux, c’est-à-dire de déterminer les espèces, de se rendre compte de leurs mœurs, de leur régime propre, de leur exacte répartition sur notre territoire. C’est pourquoi le Service des Vertébrés, lorsqu’il a procédé à ses recherches sur les Corbeaux, a commencé par ouvrir une enquête sur les Corvidés de France, enquête qui a donné de très bons résultats.
- Dans le même ordre d’idées, le Service des Vertébrés inaugure une enquête sur les Rongeurs de France, leur répartition, leurs mœurs, leur nourriture. A cette enquête tout le monde peut et doit contribuer en faisant part de ses observations personnelles.
- M. A. Chappellier, chef du Service des Vertébrés, a rédigé une brochure intitulée : « Notes préliminaires » qui explique comment on peut participer à l’enquête et qui donne d’utiles renseignements sur la détermination des Rongeurs.
- A la brochure est joint un questionnaire, très clair et précis, comprenant quatorze questions, relatives à la présence et à la fréquence des Rongeurs, à leur provenance à leur domicile et à la variation saisonnière de nombre, à la reproduction, au sommeil hivernal, à la nourriture et aux provisions des animaux, aux dégâts qu’ils commettent (aux végétaux, aux élevages, aux Oiseaux sauvages, au gibier), à la destruction des Rongeurs et à leur capture, à l’utilisation de la peau et de la chair, enfin aux légendes et histoires locales se rapportant aux Rongeurs. Après avoir répondu au questionnaire, il suffit de 'envoyer, en franchise postale, à :
- Monsieur le Ministre de l’Agriculture
- Institut des Recherches Agronomiques
- 42 bis, rue de Bourgogne, Paris, 7e.
- Les renseignements qu’enverront les correspondants permettront au Service des Vertébrés de travailler en vue d’organiser la défense contre les Rongeurs nuisibles et la surveillance de ceux qui peuvent'le devenir. Prendre pan à l’enquête, c’est donc contribuer à l’amélioration des conditions économiques de notre pays.
- Mais si la question des Rongeurs est liée à celle de l’accroissement de la production nationale, et intéresse spécialement l’Agriculture, elle ne peut laisser indifférents le savant zoologiste, ni l’ami des sciences naturelles qui s’entraîne à déterminer les espèces. ,
- En effet, les Rongeurs sont les Mammifères les plus nombreux de France, nombreux en tant qu’individus et en tant qu’es-pèces. Parmi certaines familles de Rongeurs, il en est qui se ressemblent assez pour que les confusions soient fréquentes. Ainsi, dans la famille des Muridés, le genre Mus et le genre Arvicola peuvent être confondus. Et entre elles, les espèces ne sont pas toujours facilement déterminables.
- Les lecteurs de ha Nature sont trop familiarisés avec la Zoologie pour qu’il soit nécessaire de leur rappeler que les Rongeurs ne doivent pas être confondus avec les Insectivores, tels que les Musareignes qui, pour le vulgaire, sont des Souris ! Mais entre les diverses espèces de Campagnols, il n’est point aisé au profane de s’y reconnaître ! Les caractères qu’offre chaque espèce, la taille, la couleur, avec l’influence de localité, enseignés par les manuels sont, en fait, si variables avec l’âge et le sexe de l’animal, que les causes d’erreur sont multiples.
- Pour faciliter la détermination, M. Chappellier a eu l’idée de se baser sur la longueur de la queue comparée à la longueur totale de l’animal.
- De préférence, il faut déterminer des animaux adultes, mais le procédé vaut également pour les animaux jeunes, car la proportion entre la longueur de la queue et la longueur totale de l’animal varie très peu avec l’âge; très peu, aussi, avec le sexe.
- M. Chappellier enseigne comment il faut s’y prendre pour bien relever les mesures et les proportions chez un animal. Celui-ci doit être fraîchement tué et convenablement étendu. On plante trois épingles de repère, l’une touchant le museau, l’autre en face de l’anus et la dernière à l’extrémité de la queue. On mesure la distance entre les épingles.
- La longueur de la queue ne doit pas comprendre les poils qui peuvent la terminer : ceux-ci doivent être coupés avant que l’animal soit étendu pour la mensuration.
- Un tableau montre le classement des espèces obtenu en prenant pour caractéristique la longueur de la queue. (Tableau A). Sur les vingt-quatre espèces de Rongeurs qui habitent laFrance, neuf ont la queue plus petite que le tiers de la longueur totale; chez treize autres espèces, la queue ne dépasse pas la moitié de la longueur totale. Et chez trois autres, elle est plus longue que la moitié de la longueur totale.
- Voici le tableau tel qu’il est inséré dans les « Notes préliminaires » :
- Tableau A
- Détermination des espèces d’après la longueur de la queue comparée à la longueur totale de l’animal.
- ESPÈCES DE LA 1 AILLE ESPÈCES IM.» S crusse.-
- d’un QU’UNE SOURIS ESPÈCES DE LA TAILLE
- LAPIN DH CaRENNK ET MOINS Oü’UN LAPIN d’une SOURIS
- OU PLUS GROSSES DE GARENNE
- La queue est plus petite que le tiers de la longueur totale
- N° 1 Campagnol N° 2 Campagnol des
- N° 10 Lapin de d’eau champs
- garenne N° 6 Campagnol N° 4 Campagnol
- N° 11 Lièvre terres Ire roussâtre
- N° 12 Lièvre N° 9 Hamster N° 3 Campagnol sou-
- changeant terrain
- La queue ne dépasse pas la moitié de la longueur totale
- 1n° 7 Castor N° 8 Ecureuil N° 3 Campagnol des
- N° 13 Lérot neiges
- N° 15 Marmotte N° 14 Loir N° 16 Mulot
- N° 21 Rat musqué N° 17 Muscardin
- N° 24 Surmulot !N °19 Rat des champs N° 20 Rat des moissons N° 23 Souris
- La queue est plus longue que la moitié de la longueur totale
- N° 22 Rat noir N° 18 Rat d’Alexan-
- drie
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- == 418 : '.. ' . ... =
- Le tableau B donne les principales caractéristiques des espèces. En particulier, il souligne les caractères qui permettent de différencier les espèces que l’on peut confondre entre elles.
- Par exemple, on peut confondre les Campagnols avec le Mulot, les Rats et la Souris : Or les Campagnols ont la queue garnie de poils, tandis que le Mulot, les Rats et la Souris ont la queue couverte d’écailles, entremêlées de poils courts et raides.
- On confond souvent le Campagnol des champs avec le Mulot, quelquefois avec la Souris : la remarque ci-dessus sur l’aspect de la queue et les données du tableau A permettent immédiatement de reconnaître les espèces.
- On peut confondre le Loir et le Lérot : le Loir a la queue garnie de longs poils sur toute sa longueur et le Lérot n’a la queue garnie de longs poils que vers son extrémité. Le Loir a le dessus du corps gris cendré: le Lérot l’a brun roussâtre, et il porte une bande noire de chaque côté de la tête, partant du museau et allant jusque derrière l’oreille. C’est le Lérot et non le Loir qui mange les fruits de nos vergers.
- On peut confondre le Rat des moissons avec le Muscardin : ce dernier a la queue poilue, tandis que le Rat des moissons a la queue écailleuse.
- On peut confondre le Rat musqué avec le Surmulot et le Campagnol d’eau. Différences : la queue du Campagnol d’eau et du Surmulot est ronde, la queue du Rat musqué est aplatie latéralement. La queue du Rat musqué et celle du Surmulot sont de longueur égale à la moitié de la longueur totale; la queue du Campagnol d’eau est égale au tiers de la longueur totale.
- Entre le Rat noir et le Surmulot, c’est encore la longueur de la queue qui est le caractère le plus certain, car les colorations du pelage sont très variables chez le Surmulot : le tableau A montre que le Rat noir a la queue plus longue que la moitié de la longueur totale, et que la queue du Surmulot ne dépasse pas la moitié de la longueur totale.
- Ces exemples prouvent que les tableaux composés par M. Chappellier sont des plus utiles.
- Toutes les espèces de Rongeurs ne sont assurément pas nuisibles. Parmi elles, il en est qui méritent d’être protégées, parce qu’elles sont inofîensives ou rares. C’est ainsi que la Marmotte ne doit pas être détruite. Et M. Chappellier, quand il demande qu’on lui signale avec précision les endroits où se trouvent les derniers Castors de France, recommande de ne pas capturer et — encore moins — tuer les Castors.
- La brochure de l’Enquête sur les Rongeurs peut être demandée soit au Ministère de l’Agriculture, soit à l’adresse ci-dessous :
- Monsieur le Directeur de la Station des Vertébrés, Institut des Recherches Agronomiques,
- Etoile de Choisy, Route de Saint-Cyr, Versailles (S.-et-O.).
- Les réponses des correspondants seront examinées avec soin, elles contribueront à développer l’étude des Rongeurs et à organiser la lutte contre les espèces nuisibles, ou la protection des espèces scientifiquement intéressantes.
- A. Feuillée-Billot.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LES MASTICS CELLULOSIQUES
- Depuis quelque temps, on trouve dans le commerce des pâtes semi-fluides, destinées à boucher les fissures du bois, qu’il s’agisse de bois neufs utilisés en menuiserie ou des fentes existant entre les feuillets d’un plancher. L’application en est des plus faciles en se servant du couteau à mastic d’usage courant; après durcissement la masse de raccordement fait corps avec le bois et peut se travailler comme lui.
- Essentiellement ces produits sont constitués par de la sciure de bois dont les particules sont reliées après séchage par de la nitro-cellulose, soit seule, soit associée au camphre (celluloïd); le solvant employé est généralement l’acétone. On peut prendre comme type les proportions
- suivantes :
- Celluloïd.........................150 grammes.
- Acétone du commerce.............. 550 —
- Sciure de bois................... 300 —
- Le seul inconvénient de cette mixture est l’évaporation rapide du solvant, dont le point d’ébullition est voisin de 55° C, de sorte que la préparation devient bientôt inutilisable, si l’on ne prend soindehrmer hermétiquement le récipient. Il est vrai que l’on peut redonner de la fluidité en ajoutant à nouveau de l’acétone, mais alors la dépense se trouve majorée d’une façon sensible.
- N. B. — L’acétone étant très combustible, on devra faire le travail de jour et prendre naturellement toutes précautions d’usage pour éviter une inflammation.
- PENSONS UN PEU AUX FUMEURS
- Les succédanés du tabac, feuilles de cacaoyer, feuilles de maïs, etc., que l’on a tenté d’employer pour donner aux fumeurs l’illusion du tabac, n’ont donné que de médiocres résultats, par suite de l’absence de l’arome qui est la caractéristique de « l’Herbe à Nicot », celui-ci étant dû à la nicotine C-°HHAz2 qui y est contenue, suivant l’origine des tabacs, dans la proportion de 2 à 8 %.
- Si donc on « croit » ne pouvoir se passer de fumer (petite expérience sur la volonté, moins difficile à réaliser qu’on ne le pense), le mieux est de diminuer la teneur en nicotine du tabac, de manière à restreindre son effet toxique, tout en lui conservant un arôme suffisant.
- La nicotine est un alcaloïde liquide très facilement entraîné par la vapeur d’eau et c’est en utilisant cette propriété que l’on procède dans
- les manufactures à la dénicotinisation du tabac qui est vendu soiis le nom de « tabac dénicotinisé ».
- Bien entendu, d’après ce que nous avons dit, on n’enlève pas, en opérant ainsi, la totalité de la nicotine mais on ramène la teneur à 0,30-0,40 %.
- Dans la pratique, avec une perfection moins grande, l’amateur peut réaliser une opération analogue, en se servant de la cafetière en faïence généralement brune à l’extérieur, composée de deux pièces, l’une cylindrique à fond criblé de passoire, qui reçoit d’ordinaire le café moulu, l’autre inférieure, ventrue, dans laquelle l’infusion est recueillie.
- Il suffit de faire fonctionner l’appareil d’une façon inverse : dans le récipient on met de l’eau que l’on porte à l’ébullition, puis on coiffe du cylindre qui cette fois ne contiendra pas du café, mais le tabac à dénicotiniser, sans mettre le couvercle qui accompagne l’ustensile.
- L’ébullition étant entretenue doucement, la vapeur passe au travers du tabac et on peut à l’odeur juger de l’entraînement des produits volatils; un peu d’expérience est ici nécessaire; quand on pense avoir amené le tabac à la teneur voulue en nicotine, on arrête l’opération, il n’y a plus qu’à le laisser sécher à l'air libre, afin qu’il revienne à l’état de siccité nécessaire pour une bonne combustion.
- N. B. •— Avons-nous besoin d’ajouter que le fumeur invétéré devra conserver pour son seul usage le petit appareil et ne pas emprunter celui qui sert à la confection courante du café.
- PERFECTIONNEMENT A L’ARGENTURE ET A LA DORURE DU VERRE
- Lors de la préparation des miroirs, le problème qui se pose est de réaliser la meilleure adhérence possible entre la couche réfléchissante et son support.
- D’après M. Von Wartenburg (Zeitschrift anorg. ail. Chem., 190, 1930, p. 185) cette adhérence est considérablement accrue, si on prend soin avant l’argenture ou la dorure, de passer sur la face à recouvrir une couche d’une solution de chlorure stanneux à 1 gramme par litre, puis en rinçant la lame de verre.
- Cette observation est à rapprocher de la pratique photographique courante, qui consiste à passer une couche de silicate de potasse diluée à 20 % de la solution commerciale sur les plaques de verre devant recevoir l’émulsion de gélatine qui contient en suspension le bromure d’argent, tour de main qui facilite la mise en contact intime des éléments à réunir.
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- ; PRESTIDIGITATION 3
- MILLE FRANCS POUR VOUS!
- En ces derniers mois, dans une toute petite baraque de fête des environs de Paris, le public se pressait pour entrer et l’afïluence ne cessait pas. Le possesseur de la baraque exhibait dix billets de cent francs chacun, puis les déposait dans un petit coffret de métal.
- Il montrait que ce coffret était très léger, puisqu’il le tenait en l’air simplement avec son index passé dans l’anneau du couvercle, puis il annonçait que ce même coffret, avec les mille francs qu’il contenait, allait être déposé à l’intérieur de l’établissement et que tout amateur qui le désirerait pourrait essayer de le soulever.
- S’il réussissait, il pourrait l’emporter avec son contenu, car le tout deviendrait sa propriété sans contestation possible.
- Aussitôt que la baraque était pleine, le coffret était garni des dix billets, fermé, puis posé à terre et les amateurs invités à essayer leur force, mais aucun d’eux n’arrivait au résultat désiré, le coffret ne bougeant pas plus que s’il eût été vissé. Aussitôt que les amateurs avaient renoncé, le montreur s’avançait, mettait un doigt dans l’anneau du couvercle et l’enlevait avec la plus grande facilité. Il le déposait à nouveau dans un autre endroit, mais le résultat était toujours le même : impossibilité pour quiconque de remuer le coffret.
- Ce tour, car la présentation peut se réclamer de la prestidigitation, est un simple emploi de l’électro-aimant. Il n’est pas nouveau comme principe s’il diffère un peu comme mise en scène, car c’est lui qui a fait la renommée des frères Isola qui le présentaient sous le titre du « Poids lourd ». L’un des deux frères prétendait que les spectateurs auxquels il remettait un poids de 20 kg allaient se figurer sur la simple affirmation qu’il leur en donnerait que ce poids pèserait plus ou moins lourd, 50, 80, 100 kg et que par suite il leur serait impossible de soulever le poids. L’expérience était faite et, en effet, aucun spectateur ne pouvait enlever le poids, alors qu’isola lui avait affirmé qu’il devait se figurer que ce poids pesait 100 kg. Quelque compère dans la salle, qui semblait emporté par la lourdeur du poids qu’il soulevait à demi et tombait à
- Courant
- y/ Contact Courant
- Fig. 2. — Installation des Isola.
- terre, rendait un peu burlesque cette expérience intéressante par elle-même.
- Les Isola ne l’avaient pas inventée. Ils l’avaient empruntée au célèbre Robert Houdin qui en fut le véritable créateur. Envoyé en 1857 en Algérie par le Gouvernement français pour
- contre-balancer l’influence funeste des marabouts et prophètes du pays sur l’esprit des indigènes, Robert Houdin donnait à Alger et dans l’intérieur de l’Algérie quelques représentations
- Batterie', don à ie'sous^sojf ;
- Fig. 1. — Installation de Robert Houdin.
- dans lesquelles il prouvait que le sorcier français avait un pouvoir bien supérieur à celui de leurs marabouts. Pour cela, il disait aux chefs qui assistaient à ses représentations que malgré toute leur force, il allait, s’il le voulait, les rendre faibles comme des enfants.
- Prenant, comme dans la baraque dont j’ai parlé, un petit coffret muni d’une poignée, il le plaçait par terre et invitait les chefs arabes à essayer de le soulever. Ceux-ci, en riant, l’enlevaient facilement et semblaient dire : « Tu te moques de nous », mais tout à coup Robert Houdin s’écriait : — Eh bien, maintenant, je vais te retirer ta force; je vais te rendre faible et débile au point de ne pouvoir même faire bouger ce léger coffre. » Les plus forts des assistants essayaient alors de lever le coffret : peine inutile! Le coffret ne bougeait pas; ils s’entêtaient, s’arc-boutant, faisant des efforts inouis, rien ne remuait et ils restaient persuadés de la puissance du roumi qui rien que d’un doigt soulevait l’objet.
- Dans ces trois cas : coffret aux mille francs de la foire, poids lourd des Isola, coffre lourd de Robert Houdin, le mystère est le même et l’électro-aimant, comme je l’ai dit, fait tous les frais de l’expérience. Le premier inventeur, qui n’avait pas alors le courant électrique à sa disposition, avait installé une forte batterie de piles reliée à un électro-aimant et à une plaque de métal simplement vissée dans le plancher. Le courant était donné ou coupé, par Robert Houdin, à sa volonté, au moyen d’un contact fixé sur un des côtés d’une table voisine.
- Dans les deux autres présentations, plus modernes, le courant électrique permet de placer facilement des électroaimants dans différents endroits, dans la salle, sous la scène, sous des tables, sous des chaises, à condition que ces meubles soient solidement fixés au sol. De cette façon le spectateur perspicace est un peu dérouté et n’ose pas incriminer la fée électricité qui cependant est la coupable. Il est bien entendu que les plaques métalliques sont dissimulées sous des placages appropriés et que le contact est donné ou coupé du dehors par un aide qui suit attentivement toutes les phases de la présentation. Alber.
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- 420
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1930 (')
- Mars et Jupiter sont maintenant les deux planètes en évidence pour l’observation. Sur Mars,' avec des instruments moyens, on reconnaîtra les principales configurations. Pour effectuer d’utiles observations, révélant des modifications de la surface, de grands instruments sont nécessaires.
- Sur Jupiter, la plus petite lunette montrera les bandes nuageuses et permettra de suivre les évolutions très curieuses des satellites. C’est là un spectacle que nous recommandons particulièrement.
- 7. Soleil. — Le Soleil, en décembre, continue lentement de descendre dans l’hémisphère austral, jusqu’au 22 décembre, à 13h40m. Ce moment marquera le commencement de l’hiver De — 21° 45 le 1er, la déclinaison du Soleil atteindra — 23° 27' le 22 pour revenir à — 23° 8 le 31. La durée de jour suit une marche analogue : elle sera de 8h 32m le Ie' décembre; atteindra son minimum 8h llm le 22 et remontera à 8h 15m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours, en décembre :
- inclinée sur 1 horizon de la lumière zodiacale en décembre, en rend l’observation à peu près impossible.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, du 20 au 22 décembre, vers minuit, dans la région comprise entre les étoiles ~ Taureau et u. Gémeaux.
- IL Lune. -
- les suivantes
- Les phases de la Lune, en décembre, seront
- Dates
- Heure du passage.
- Décembre 1er llh 39™ 34s
- —. 3 11 40 20
- — 5 11 41 7
- —. 7 11 41 58
- — 9 11 42 50
- — 11 11 43 44
- — 13 11 44 40
- — 15 11 45 37
- —. 17 11 46 35
- — 19 11 47 34
- —. 21 11 48 34
- — 23 11 49 34
- — 25 11 50 34
- — 27 11 51 34
- — 29 11 52 33
- —. 31 11 53 31
- On trouvera
- Observations physiques dans L’Astronomie la situation de l’ac tivité solaire pendant la rotation solaire
- précédente, d’après les observations faites à l’Observatoire de Meudon.
- Le tableau ci-après donne les éléments indispensables pour orienter les dessins et photographies du Soleil. (Voir au n° 2828,
- Fig. 1. — Occultation de l’étoile du Béliei par la Lune, le 31 décembre 1930, de 16 7111 à 17hll".
- L’immersion se produira alors qudl fera encore jour, par le côté obscur de la Lune. L'émersion aura lieu au bord éclairé, un peu au-dessus de la mer ues Crises (image renversée).
- i 1er mars 1930, la signification des lettres P, B0, Lu.)
- Dates P B0 L0
- Décembre 2 + 16°,02 + 0o,72 39P,16
- — 7 + 14°,00 + 0°,08 3330,27
- — 12 + 11°,86 — 0°,56 267°,39
- — 17 + 9°,61 — 1°,20 2010,52
- — 22 + 7°,27 — 1°,83 135°,65
- — 27 '+ 4°,87 — 20,44 69°,79
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La position très
- 1. Toutes les heures données dans le présent. » Bulletin astronomique » sont indiquées en temps universel compté de O11 à 2111 à partir de 0h (minuit'. Le temps universel est le temps du méridien de Greenwich. C’est aussi le temps légal en France.
- P. L. le 6, à 0" 40ra N. L. le 20, à lh 24™
- D. Q. le 12, à 20h 7™ P. Q. le 28, à 3h 59™
- Age de la Lune le 1er décembre, à minuit (24h) = 101,6; le 21 décembre, à 24h = 01,9. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date de mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 21.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 7 = + 28°13 ; le 20 = — 28°12'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 10 décembre, à 21. Parallaxe = 59 33'. Distance
- = 368 235 1cm.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 25 décembre, à 20 h Parallaxe = 54 9". Distance = 404 950 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 1er, occultation de s Poissons (gr. 5,6). Immersion à 16h 43™.
- Le 1er, occultation de 88 Poissons (gr.6,2). Immersion à 21h33™. j Le 2, occultation de 26 B. Bélier (gr. 6,0). "Immersion à 20 20™.
- Le 3, occultation de x Bélier (gr. 5,2). Immersion à 20' 33™.
- Le 4, occultation de 45 Bélier (gr. 6,0). Immersion à 0h47™.
- Le 31, occultation de o Bélier (gr. 4,5), de 16' 7 ’’ à 17"11™. ;
- La phase de la Lune serà intermédiaire entre le premier quartier et la pleine Lune. Cette occultation sera très ! intéressante à observer. (Voir figure 1.) i
- Le début du phénomène se produira dans' le jour.
- Le 31, occultation de 63 Bélier (gr. 5,2). Immërsion à 23ll3™.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marges du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 6 décembre. Elles seront peu importantes, le coefficient maximum étant de 87 centièmes.
- Le phénomène du mascaret, en raison de la faiblesse des marées, n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. — Planètes. — Le tableau placé en tJête de la page ci-contre, qui est établi à l’aide des données de Y Annuaire Astronomique Flammarion pour 1930, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales en décembre.
- Mercure sera visible le soir, dans de mauvaises conditions d’ailleurs en raison de sa forte déclinaison australe, du 15 au 25 décembre. Il atteindra sa plus grande élongation du Soleil le 20 de ce mois, à 8", à 20°7 à l’Est du Soleil.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure en décembre : '
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- ASTRE Dates : Décembre Lever à Paris . Passage au Méridien de Paris J1) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. —j Déclinai- | son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 7 1 29m 11" 41m 7S 15" 54m 16" 45m — 22° 19 32 31 ,2 Scorpion
- Soleil .... 15 7 39 11 45 37 15 52 17 29 — 23 15 32 33 ,8 Scorpion > )>
- 25 7 45 11 50 34 15 57 18 13 — 23 25 32 34 ,8 Sagittaire
- J 5 8 57 12 47 16 38 17 48 — 25 41 5 ,2 Scorpion
- Mercure . . 15 9 16 13 11 17 5 18 51 — 25 6 6 ,0 a Sagittaire +e soir, plus grande élon-
- 25 9 1 13 12 17 22 19 33 — 22 29 7 ,6 Sagittaire gation le 20.
- 5 5 46 10 21 14 56 15 25 — 18 9 58 ,8 t Balance
- Vénus . . . 15 4 52 9 39 14 26 15 21 — 15 54 51 ,0 Balance Le matin, plus grand éclat
- 25 4 22 9 11 14 1 15 33 — 15 22 43 ,4 y Balance . Ig 23.
- L 5 20 40 4 14 11 47 9 16 + 18 40 10 ,4 X Lion
- Mars . . . 15 20 5 3 39 11 13 9 21 + 18 45 11 ,4 X Lion Presque toute la nuit.
- ! 25 19 22 2 59 10 36 9 20 + 19 13 12 ,2 X Lion
- Jupiter . . 15 17 43 1 38 9 33 7 20 + 22 18 43 ,0 3 Gémeaux Toute la nuit.
- Saturne . . 15 8 58 13 8 17 18 18 51 — 22 34 13 ,6 v Sagittaire Inobservable.
- Uranus . . 15 12 39 18 59 1 19 0 43 + 3. 55 3 ,4 189 P. Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune .. 15 22 0 4 49 11 39 10 31 + 10 3 2 ,4 p Lion Seconde partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Disque Grandeur
- Dates. illuminé. Diamètre. stellaire.
- Décembre 2 0,92 5",0 — 0,5
- — 7 0,88 5 ,2 — 0,5—
- — 12 0,81 5 ,6 — 0,4
- 17 0,71 6 ,2 — 0,4
- — 22 0,55 7 ,0 — 0,2
- — 27 0,33 8 ,0 + 0,3
- Vénus s’est trouvée en conjonction inférieure avec le Soleil
- le 22 novembre. Elle s’est assez rapidement dégagée du rayon-
- nement solaire et arrivera à l’époque de son plus grand éclat
- du matin, le 23 décembre. Constatons que la déclinaison aus-
- traie de Vénus, quoique moins grande que celle de Mercure,
- mettra un obstacle sensible aux observations. Voici le tableau
- de la phase de Vénus :
- Disque Grandeur
- Dates. illuminé. Diamètre. stellaire.
- Décembre 2 0,03 60", 6 — 3,6
- — 7 0,07 57 ,4 — 4,0
- — 12 0,11 53 ,6 — 4,2
- — 17 0,16 49 ,4 — 4,3
- — 22 0,20 45 ,6 — 4,4
- — 27 0,25 42 ,0 — 4,4
- La figure 1 du Bulletin astronomique du n° 2838 du 1er août 1930, représente, en haut, à droite, l’aspect de Vénus, vu dans une lunette renversant les objets, le 27 décembre prochain.
- Vénus sera stationnaire le 12 décembre, à 18h.
- Mars sera en opposition à la fin du mois prochain, il va donc se trouver dans les meilleures conditions de visibilité : bonne hauteur au-dessus dé l’horizon, mais diamètre assez faible. On va pouvoir commencer les observations avec des instruments moyens. Nous recommandons l’usage du magnifique planisphère publié récemment par M. Antoniadi (‘) pour comparer les observations.
- 1. La Planète Mars (1659-1929) par E.-M. Antoniadi, Hermann et Cle, éditeurs, 6, rue de la Sorbonne, Paris.
- Voici quelques données, extraites de VAnnuaire astronomique Flammarion, d’après le Nautical Almanac, concernant la présentation du globe de Mars en décembre :
- Date 1930 Angle de position de Taxe de Mars Latitude du centre Dia- mètre. Phase Angle de position de la phase Eclat stel- laire.
- Déc. 2 0° + 16°,7 10",2 0",9 286° 0,0
- — 12 1° + 16°,7 11 ,0 0 ,8 286° — 0,2
- — 22 2° + 16°,3 12 ,0 0 ,6 285° — 0,4
- Le tableau suivant donne, en temps légal, les moments de passage du méridien zéro de Mars (Sinus Sabæus) au méridien central du disque :
- Date Passage Date Passage
- Décembre 2 9" 27m ©écembre 22 22" lm
- •— 6 11 59 — 25 23 52
- •— 10 14 31 • — 27 0 29
- — 14 17 2 — 29 1 42
- — 18 19 32 — 31 2 56
- Mars tournant autour de son .axe en 24h 37m 22s,65 on peut calculer aisément, à tout moment, la partie du disque de cette planète orientée vers la Terre.
- Jupiter sera bientôt en opposition, il est observable toute la nuit, dans les meilleures conditions. Les quatre principaux satellites, dans leur révolution autour de la planète, donnent lieu à de très curieux phénomènes, que l’on peut suivre avec les plus petits instruments. En voir la liste à la page suivante pour ce mois-ci.
- Saturne est inobservable. Il sera prochainement en conjonction avec le Soleil. Voici les éléments de l’anneau à la date du 16 décembre 1930 :
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- ===== 422 ................:
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter
- Dates. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Pleure. Satel- lite. Phéno- mène.
- ^er 211 24m III P. f. 18 5b 36m II O. c.
- 1 21 26 IV E. f. 18 6 34 ÏI P. f.
- 2 2 46 IV Im. 18 20 23 IV Em.
- 2 5 43 IV Em. 20 0 37 II E.e.
- 2 6 12 II E. c. 20 4 17 II Em.
- 4 0 24 II O. c. 20 6 29 I O. c.
- 4 2 0 II P. c. 20 6 55 I P. c.
- 4 3 10 II O. f. 21 3 38 I E. c-
- 4 4 47 II P. f. 21 6 20 I Em.
- 5 4 20 III E. c. 21 18 54 II O. C.
- 5 5 21 I E. c. 21 19 43 II P.c.
- 5 19 29 II E. c. 21 21 42 II O. f.
- 5 23 46 II Em. 21 22 31 II P. f.
- 6 2 42 I O. c. 22 0 58 I O. c.
- 6 3 27 I P. c. 22 1 21 I P. c.
- 6 4 57 I O. f. 22 3 13 I O. f.
- 6 5 42 I P. f. 22 3 37 I P. f.
- 6 23 50 I E. c. 22 22 7 I E. c.
- 7 2 50 I Em. 23 0 46 I Em.
- 7 21 11 I O. c. 23 2 39 III O. c.
- 7 21 53 I P. c. 23 4 8 III P. c.
- 7 23 25 I O. f. 23 5 57 III O. f.
- 8 0 8 I P. f. 23 7 27 III P. f.
- 8 21 17 I Em. 23 19 26 I O. c.
- 8 21 29 III P. c. 23 19 47 I P. c.
- 8 21 58 III O. f. 23 21 41 I O. f.
- 9 0 49 III P. f. 23 22 2 • I P. f.
- 10 4 40 IV O. c. 24 19 12 I Em.
- 10 7 12 IV O. f. 26 20 55 III Em.
- 11 3 0 II O. c. 26 22 37 IV O. c.
- 11 4 18 II P. c. 27 1 3 IV P. c.
- 11 5 46 II O. f. 27 1 22 IV O. f.
- 11 7 6 II P. f. 27 3 11 II E. c.
- 12 7 15 T A E. c. 27 4 0 IV P. f.
- 12 22 3 II E. c. 27 6 31 II Em.
- 13 2 -2 II Em. 28 5 32 I E. c.
- 13 4 36 I O. c. 28 21 31 II O. c.
- 13 5 11 I P. c. 28 21 58 II P. c.
- 13 6 51 I O. f. 29 0 19 II O. f.
- 14 1 44 I E. c. 29 0 46 II P. f.
- 14 4 35 I Em. 29 2 52 I O. c.
- 14 19 5 II O. f. 29 3 5 I P. c.
- 14 20 15 II P. f. 29 5 7 I O. f.
- 14 23 4 I O. c.» 29 5 20 I P. f.
- 14 23 37 I P. c. 30 0 1 I E. c.
- 15 1 19 I O. f. 30 2 29 I Em.
- 15 1 53 I P. f. 30 6 38 III O. c.
- 15 20 12 I E. c. 30 7 24 III P. c.
- 15 22 40 III O. c. 30 19 37 II Em.
- 15 23 1 I Em. 30 21 20 I O. c.
- 16 0 49 III P. c. 30 21 31 I P. c.
- 16 1 57 III O. f. 30 23 35 I O. f.
- 16 4 9 III P. f. 30 23 46 I P. f.
- 16 19 48 I O. f. 31 18 30 I E. c.
- 16 20 19 I P. f. 31 20 55 I Em.
- Grand axe extérieur,
- 34"24
- Petit axe extérieur..............................+14 61
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de Panneau . +25°15/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . s . +24°50'
- Uranus est encore visible le soir avant minuit. Une jumelle
- suffit pour le trouver. Voici quelques positions qu’il occupera en décembre :
- Dates. Décembre 5 Ascension droite. 0b 44ra Déclinaison. + 3°57' Diamètre. 3",4
- — 15 0 43 + 3°55' 3 ,4
- — 25 0 43 + 3°55' 3 ,4
- — 31 0 43 + 3056' 3 ,4
- Uranus sera stationnaire le 21 décembre, à 8h. Pendant tout le mois, il variera très peu de position sur le ciel, à environ 1° au Sud-Sud-Est de l’étoile 189 P. des Poissons.
- Neptune est encore visible dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune sera stationnaire le 6 décembre, à 15h. Pendant tout ce mois, il Se déplacera extrêmement peu sur le ciel à environ un demi-degré au Nord-Ouest de l’étoile p du Lion, qui est un excellent repère pour le trouver. Voir d’ailleurs la petite carte de son mouvement pendant l’année 1930, parue au Bulletin astronomique du n° 2828, du 1er mars 1930.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er à 7h, Uranus en comonct. avec la Lune, à O^L N.
- Le 8, à 12 , Jupiter Le 10, à 10 , Mars Le 11, à 18 , Neptune Le 15, à 0 , Mercure Le 17, à 12 , Vénus Le 21, à 5 , Saturne Le 22, à ,2 , Jupiter Le 28, à 15 , Uranus
- — à 5° 2' S.
- — à 1°53' S.
- — à 3°17' S. Saturne, à 2°33' S. la Lune, à 5°43' N.
- — à 5°21' N. o Gémeaux,à 0°19'N.
- la Lune, à O0, 8' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol Persée) visibles à l’œil nu : le 5, à 5h49m; le 8, à 2h38B1; le 10, à 23h27m; le 13, à 20h16m; le 16, à 17h5m; le 28, à 4h21m; le 31, à lhllm.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Nous donnons ci-dessous quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris : Dates Passage Heure Temps sidéral à 0h (T.U.
- Décembre 7 Supérieur 20h24m47s 5 0 10s
- 17 — 19 45 19 5 39 35
- 27 — 19 5 50 6 19 1
- — 31 — 18 46 6 6 34 47
- Etoiles jilantes. •— Quelques radiants sont actifs en décembre. En voici la liste, d’après l’Annuaire du Bureau des Longitudes :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Décembre 1er 43° + 56° Yj Persée.
- — 1er au 10 II70 + 32° cc-jB Gémeaux.
- — 6 80o 1 1 23° Ç Taureau.
- — 6 au 13 149° 1 41o P. IX. 254.
- — 9 au 12 107° J_ 1 33o a Gémeaux.
- — 10 au 12 130° + 46° 1 Gr.Ourse.
- Le radiant de a-p Gémeaux donne des météores rapides, à trajectoires courtes. Ce sont les Gêminides. On devra l’observer jusqu’au 14 décembre.
- V. — Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er décembre à 21h, ou le 15 décembre à 20h est le suivant :
- Au Zénith : Persée; Andromède; Cassiopée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cépliée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit Chien; le Taureau; Orion.
- Au Sud : le Bélier; les Poissons; la Baleine; l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase; le Cygne.
- Au Nord-Ouest : La Lyre; Véga est près de l’horizon et Hercule disparaît. Em. Touchet.
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- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- LES DISQUES DE PHONOGRAPHE ET L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES VIVANTES
- Le phonographe constitue un admirable professeur de musique, et le disque phonographique servira sans doute à répandre dans la grande masse du public le goût de l’art musical.
- C’est, d’ailleurs, une erreur absolue de reprocher au phonographe de nuire au développement de la musique, en empêchant les exécutants de jouer directement devant le public, et parce que nombre de discophiles peuvent ainsi entendre des concerts chez eux sans quitter leur appartement. On constate, au contraire, que jamais les concerts et les théâtres n’ont été si fréquentés que depuis les progrès du phonographe, et beaucoup d’artistes ont même réussi à se faire connaître tout d’abord en enregistrant des disques. Lorsque le public les a ainsi appréciés « de auditu », il veut bientôt les admirer « de visu » et se presse en foule aux concerts et aux spectacles organisés par eux.
- D’autre part, le disque peut servir à la formation artistique des exécutants eux-mêmes : ainsi, les élèves du Conservatoire peuvent maintenant faire enregistrer leur voix sur des disques. Ils entendent ensuite grâce à eux leurs essais vocaux et peuvent déterminer au mieux leurs qualités, leurs faiblesses, et leurs défaillances.
- En ce qui concerne l’enseignement littéraire ou scientifique, il s’est même constitué, à l’heure actuelle, une société qui a pour but de faire du phonographe un instrument scolaire. Le phonographe pourrait ainsi devenir, non seulement un professeur de solfège ou de chant, en illustrant d’exemples vivants les leçons faites aux élèves, mais encore un professeur d’histoire, en faisant entendre à un jeune auditoire la reconstitution des scènes historiques, ou un professeur de géographie, en montrant aux enfants comment les coutumes des nations et des provinces ont inspiré leur folk-lore respectif.
- Il est évident,. d’autre part, que le disque peut être aussi bien un professeur de morale que de littérature, dont le recueil de morceaux choisis sera étudié sans doute avec plus de plaisir que de peine.
- Le disque servira à réaliser des leçons de phonétique et de diction parfaites; il pourra faire entendre dans les provinces les plus reculées les voix autorisées de nos grands artistes.
- Le disque d’enseignement pourra encore servir à donner aux enfants des leçons de choses scientifiques, et on pourra, dans ce but, l’associer au cinématographe lorsque des appareils de cinématographie sonore suffisamment simples auront été réalisés.
- Il est une application didactique du phonographe, peut-être encore plus immédiate que celles que nous venons d’indiquer, c’est l’enseignement des langues vivantes. On peut sans doute étudier facilement la grammaire et le vocabulaire des différentes langues dans des livres, mais il est absolument impossible d’apprendre à parler correctement, surtout lorsqu’il s’agit d’une langue comme l’anglais dans laquelle la prononciation est essentielle, si l’on n’a pas les leçons d’un professeur, ou si l’on ne vit pas pendant quelque temps dans le pays étranger lui-même.
- Il y a très longtemps déjà qu’on a eu l’idée d’utiliser des disques phonographiques composés spécialement pour l’enseignement des langues vivantes, et on a même réalisé des appareils assez curieux, dans lesquels on employait à la fois l’effet de l’audition et la vue, une bande portant les mots imprimés correspondants se déplaçant à mesure qu’on entendait la reproduction des paroles. Edison lui-même vers 1890 avait déjà eu l’idée d’appliquer le phonographe à l’enseignement de la phonétique et des langues vivantes !
- Cependant, les résultats obtenus jusqu’ici ne pouvaient être parfaits, parce que la reproduction sonore n’était pas elle-même suffisante; pour que les leçons phonographiques soient utiles, il faut que les paroles prononcées par le professeur et reproduites par l’instrument mécanique aient une qualité absolument parfaite. Si la prononciation est mauvaise, l’effet didactique est plutôt défavorable qu’utile.
- Les progrès de l’enregistrement électrique des paroles sur disques permettent maintenant d’obtenir des résultats satisfaisants, puisque la gamme des sons phonographiques s’étend facilement entre 150 et 5000 périodes, ce qui est plus que suffisant pour obtenir un enregistrement correct de toutes les langues y compris l’anglais, qui possède la gamme de tonalités aiguës de beaucoup la plus étendue.
- Les disques spéciaux ainsi enregistrés doivent être établis avec le plus grand soin, et suivant un programme d’enseignement soigneusement élaboré. Les disques seront associés à des leçons imprimées, et, en outre, s’il est possible, on aura recours à la mémoire visuelle, en montrant simultanément à l’élève des vues correspondantes des pays étrangers représentant des scènes familières de la vie courante, de façon qu’il puisse immédiatement appliquer ses connaissances dans le pays dont il étudie la langue.
- Parmi les essais de méthodes phonographiques d’enseignement des langues présentées dernièrement par les éditeurs phonographiques, nous pouvons citer la méthode Columbia concernant jusqu’à présent uniquement l’enseignement de l’anglais.
- Les disques correspondants destinés aux débutants sont au nombre de douze avec impression sur les deux faces. Chacune des faces correspond à une leçon, de telle sorte que l’élève, ayant le livre correspondant en main, peut lire, entendre et prononcer, en anglais, le texte qu’il a sous les yeux,
- Une autre méthode encore plus complète dite Linguaphone, et qui s’applique non plus seulement à l’anglais, mais à 12 langues : l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le français, l’italien, le russe, le hollandais, l’afrikan, l’espéranto, le chinois, l’irlandais, et le persan paraît, jusqu’à présent, constituer l’essai le plus intéressant réalisé dans cet ordre d’idées.
- La collection complète d’un cours de ce genre pour n’importe quelle langue comprend 30 leçons de conversation continue sur 15 disques à deux faces pouvant être adaptés sur n’importe quel phonographe à aiguille. Les leçons portent sur des sujets familiers de la vie quotidienne, le foyer, le restaurant, les voyages, la rue, les magasins, le théâtre, les sports, la T. S. F., l’automobile, etc.
- L’élève reçoit, en outre, un manuel illustré contenant les 30 leçons qui consistent chacune en une causerie descriptive suivie d’un exercice oral; une image couvrant toute une page en face de la leçon dépeint clairement le sujet de chaque leçon, afin que l’étudiant puisse facilement évoquer la scène.
- Ainsi l’étudiant suit, en tenant son livre à la main, les paroles prononcées par le phonographe en les lisant lentement sur la page correspondante du livre; sans avoir besoin d’aucun dictionnaire, en regardant simplement les images spécialement composées, il peut immédiatement discerner le sens des paroles et s’imprégner en même temps de « l’atmosphère » particulière du pays étranger.
- En outre, une grammaire pratique donne les connaissances grammaticales nécessaires au fur et à mesure des progrès, tandis qu’un vocabulaire explicatif rend possible, s’il est besoin, la compréhension de chaque mot. Des instructions spéciales sont données, suivant l’âge de l’élève et ses connaissances antérieures et des feuilles remises avec chaque cours permettent à
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- Fig. 1. — Phonographe portatif “ Canlora
- a) ouvert; b) le couvercle est fermé, mais sa partie supérieure levée permet la diffusion des sons.
- celui-ci de demander des explications, ou même la correction de ses devoirs à l’organisation qui a assumé l’édition de ces cours. Les 15 disques qui constituent l’ensemble de l’étude élémentaire d’une langue sont classés dans un étui portatif avec répertoire, permettant un classement parfait, et, en réalité, le vocabulaire correspondant comprend environ 2500 mots constituant des notions élémentaires suffisantes pour les questions pratiques de la vie courante.
- Des cours supérieurs et des cours de perfectionnement peuvent être fournis, enregistrés également sur d’autres disques, de manière à augmenter les connaissances de l’élève, s’il désire, non seulement s’initier à la vie courante d’un pays, mais encore à sa littérature et à ses arts.
- Les disques employés peuvent être placés sur n’importe quel phonographe, mais il va sans dire qu’il est indispensable d’employer un appareil dont l’acoustique soit bien étudiée, afin d’éviter toute déformation nuisible pour l’enseignement.
- DISQUES RIGIDES ET DISQUES INCASSABLES
- Nous avons déjà décrit dans La Nature des disques souples en matière cellulosique genre cellophane, de petit diamètre, sur lesquels l’amateur pouvait enregistrer lui-même des paroles pendant quelques minutes. Ces disques très légers pouvaient, d’autre part, être envoyés facilement dans une enveloppe par la poste, comme une lettre ordinaire.
- Les éditeurs phonographistes étudient depuis quelque temps des disques de ce genre, c’est-à-dire constitués en matière cellulosique différente de la mixture à base de gomme-laque employée actuellement. Ces disques sont de deux sortes, ou bien ils sont très minces, souples, et très légers, ou bien ils ont l’épaisseur et l’apparence des disques ordinaires, mais ils ont l’avantage d’être incassables.
- Quelles que soient leurs qualités aux points de vue mécanique et pratique, ces nouveaux modèles sont fort intéressants. Il faut simplement discerner si leurs qualités acoustiques sont équivalentes à celles des modèles actuels en gomme-laque; seule, la pratique permettra de le reconnaître. Dès à présent, il semble qu’on puisse les utiliser avec succès pour la reproduction des morceaux de musique de danse dans les phonographes portatifs, et il ont dans ce cas l’avantage manifeste de pouvoir être transportés sans aucun risque de détérioration.
- UN PHONOGRAPHE PORTATIF ORIGINAL
- Tous les modèles d’appareils portatifs employés jusqü’ici ne peuvent être utilisés avec le couvercle fermé, parce que leur
- pavillon acoustique est généralement contenu dans la partie inférieure de la boîte et l’on empêcherait les sons de se propager en refermant la partie supérieure. Il est, d’autre part, des appareils dans lesquels on ne peut refermer le couvercle lorsque le diaphragme et le bras acoustique sont posés’sur le disque.
- D’un autre côté, le nombre des disques qui peuvent être contenus dans les phonographes portatifs est généralement extrêmement restreint ; il nous paraît donc intéressant de signaler un nouveau modèle de phonographe portatif permettant d’une part la reproduction des disques lorsque le couvercle est refermé, d’autre part, renfermant un magasin à disques indépendant pouvant en contenir un assez grand nombre de 30 centimètres ds diamètre.
- Les photographies de la figure 1 montrent la disposition de ce nouveau modèle de phonographe; on voit que le magasin à disques pouvant renfermer 18 disques de 30 centimètres est contenu dans le couvercle, mais peut être détaché de ce couvercle au moment de l’audition; on ouvre à ce moment le pavillon réglable placé à l’arrière, et il est possible de refermer le système tandis que les sons se propagent par ce pavillon.
- De cette façon, on diminue les bruits de grattement d’aiguille, et les bruits de mécanisme moteur pouvant être perçus directement. Le système est, d’ailleurs, muni d’un arrêt automatique, et, à l’encontre de ce qu’on constate dans les appareils ordinaires, tous les organes de commande sont ainsi disposés à la portée de la main en avant de l’instrument. Le plateau porte-disques est, enfin, actionné par un moteur à ressort à double barillet, ou par un moteur mixte à manivelle ou électrique qu’alimente un courant quelconque; l’ensemble du système est enfermé dans une mallette recouverte de simili cuir avec garniture métallique chromée.
- NOUVEAU TYPE
- DE MOTEURS PHONOGRAPHIQUES
- L’avènement des appareils phonographiques à reproduction électrique a amené également le perfectionnement des moteurs d’entraînement des disques, et tout spécialement des moteurs électriques, bien qu’il y ait fort longtemps que ces moteurs fussent employés dans les phonographes ordinaires.
- Dans les moteurs de type courant, on emploie un petit moteur électrique de faible puissance entraînant le plateau porte-disque, soit directement, soit par frottement d’un galet en caoutchouc, soit à l’aide d’une courroie; il est en effet peu recommandé d’utiliser une transmission directe à engrenages, trop brutale et bruyante.
- Cependant, il était jusqu’à présent nécessaire, pour éviter
- Fig. 2. — Moteur électrique de phonographe à graissage intégral “ Era ”.
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- Fig. 3. — Moteur électrique de phonographe, à induction, fonctionnant uniquement sur courant alternatif, système “ Paillard
- tout bruit, de graisser de temps en temps, non seulement l’axe du moteur, mais encore les pivots de transmission et le régulateur à force centrifuge du système, soit avec de l’huile légère pour les parties tournant à grande vitesse telles le régulateur, soit avec de l’huile épaisse ou de la graisse consistante pour les pignons du ressort et les organes tournant lentement, comme la manivelle.
- Un constructeur ingénieux vient d’avoir l’idée, pour supprimer ces soins d’entretien plus ou moins fréquents, de réaliser un moteur à- graissage intégral, dans lequel l’axe du plateau, la roue dentée, et la vis sans fin sont enfermés avec le régulateur dans un carter rigoureusement étanche (fîg. 2).
- Une pièce appropriée montée sur l’arbre de la vis sans fin du régulateur, et tournant à 1400 tours par minute, plonge dans un bain d’huile légère et projette constamment un jet de lubrifiant sur tous les paliers, et sur toutes les pièces en mouvement; on supprime ainsi toute irrégularité et tout soin d’entretien, et on assure au système un fonctionnement absolument silencieux.
- On constatait, cependant, que certains moteurs « universels », à collecteur et à balais, pouvaient produire, lorsqu’ils étaient associés avec des appareils radiophoniques, des courants parasites à haute fréquence se traduisant par des bruits plus ou moins intenses dans l’appareil récepteur, et on a donc eu l’idée de réaliser des moteurs comportant un induit portant directement le plateau porte-disques, et du type sans balais dit à « induction » ou « en cage d’écureuil ».
- Ces moteurs fonctionnent sur le courant exclusivement alternatif de 40 à 60 périodes; leur consommation très réduite n’excède pas une trentaine de watts. Us sont évidemment munis d’un régulateur à force centrifuge, mais la variation de vitesse n’excède pas 0,275 pour 100 pour une variation de 5 pour 100 de tension, et 0,2 pour 100 pour une variation de 10 pour 100 de fréquence.
- Us conviennent donc parfaitement pour tous les usages d’amateur (fig. 3).
- Leur construction extrêmement simple et robuste, l’absence complète de système de transmission à engrenage, et la suppression des balais suppriment, d’une part, les soins d’entretien, d’autre part évitent la formation des bruits parasites audibles dans les récepteurs radiophoniques ; ce sont donc des appareils spécialement établis pour constituer des radiopho-nographes parfaits.
- - - = 425 =
- Nous pouvons donc constater que le moteur électrique de phonographe est désormais parfaitement au point, et l’amateur peut choisir, soit un moteur du type ordinaire universel perfectionné, soit un moteur à induction, avec toutes les chances d’obtenir des résultats parfaits en même temps qu’une simplicité de montage et d’entretien absolue.
- UNE NOUVELLE LAMPE TRIGRILLE DE PUISSANCE
- Les lampes à cinq électrodes avec écran de grille et grille de protection dites pentodes, sont déjà employées depuis assez longtemps en France, et on connaît leurs avantages pour l’amplification basse fréquence dans les appareils radiophoniques d’amateur, et dans les amplificateurs phonographiques.
- Cependant, on sait, d’autre part, que les modèles ordinaires n’ont pas une puissance suffisante pour être utilisés comme deuxième lampe basse fréquence; ils sont surtout intéressants pour être employés seuls et produire une intensité d’audition presque comparable à celle fournie par deux lampes ordinaires, mais ils ne permettent pourtant pas sans détérioration de réaliser une audition d’une puissance très accentuée.
- Aussi, quelques constructeurs établissent-ils maintenant d’autres types de trigrilles basse fréquence pouvant être adoptés pour fournir une amplification finale de grande intensité, et, en particulier, lorsqu’on dispose d’une tension anodique assez élevée, par exemple dans les postes fonctionnant sur le secteur alternatif (fig. 4).
- Nous pouvons citer, entre autres, un modèle ayant une puissance dissipable par la plaque de 5 watts et dont voici les caractéristiques : chauffage : 0,3 ampère sous 3,4 à 4 volts; tension plaque : 100 à 250 volts; tension écran : 80 à 160 volts; courant de saturation : 100 mA.; coefficient d’amplification : 100; résistance interne : 33 000 ohms; Pente : 3 mA par volt; courant permanent : 25 mA; polarisation négative : 6 à 20 volts (suivant les tensions sur la plaque et l’écran).
- Cette lampe peut être facilement utilisée comme lampe d’amplificateur pour phonographe de salon ; il est simplement nécessaire de polariser convenablement la grille.
- On peut obtenir, d’ailleurs, facilement cette polarisation, soit à l’aide d’une petite batterie de pile, soit à l’aide d’une résistance placée dans la boîte d’alimentation plaque.
- U est évident que la tension appliquée à la grille accélératrice reliée à une borne latérale placée sur le culot de la lampe doit varier suivant la tension de la plaque, et cette tension est indiquée à titre d’exemple par le tableau suivant :
- Fig. 4. — Les courbes caractéristiques de la nouvelle lampe bigrille de puissance “ Radiofotos ”.
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- Plaque E cran Polarisation
- 160 volts 80 volts 9 volts
- 160 120 15
- 160 160 ' ' 22
- 200 80 16
- 200 120 20
- 200 160 21
- UNE SOURDINE POUR INSTRUMENTS DE MUSIQUE A VENT ET HAUT-PARLEURS
- Il y a des intruments de musique à vent dont les sons à la fois aigus et intenses sont difficilement transmis par radiophonie, et encore plus difficilement enregistrés sur disques. Parmi ces instruments, on peut citer, par exemple, la trompette d’harmonie ordinaire.
- Lorsqu’il s’agit d’enregistrer ou de transmettre des concerts exécutés avec des instruments de ce genre, il y aurait donc intérêt à établir des dispositifs spéciaux ou des ensembles d’orchestres particuliers permettant d’atténuer cet inconvénient.
- Un artiste spécialiste de ces Instruments a eu l’idée de réaliser dans ce but une sourdine spéciale, à laquelle il a
- donné le nom de transformateur, et qui peut se placer sur le pavillon d’une trompette ou d’un instrument de musique à vent.
- Cette sourdine est formée d’une poire creuse B en bois d’aulne, placée dans le pavillon de la trompette, elle est recouverte d’un matelassage spécial • C (fig. 5).
- Ce transformateur permet de modifier les tonalités des sons obtenus, de telle sorte qu’on obtient en quelque sorte des timbres tout à fait nouveaux pouvant être utilisés pour la radiophonie, mais également pour exécuter directement des morceaux d’orchestre ordinaires.
- C’est ainsi que l’inventeur envisage la formation prochaine d’un quatuor de trompettes munies d’un appareil de ce genre.
- Ce quatuor comportant une basse (un trombone équipé dans les mêmes conditions que les trompettes) exécuterait des pièces modernes écrites spécialement pour lui.
- D’ailleurs, des auditions seraient également produites prochainement dans un grand concert symphonique de Paris.
- Il est possible qu’une sourdine de ce genre puisse être appliquée, d’autre part, avec succès dans les pavillons des haut-parleurs radiophoniques ou phonographiques, à condition, bien entendu, qu’elle ne produise pas un affaiblissement trop marqué du rendement sonore.
- UN RADIO-RÉCEPTEUR PORTATIF MINIMUM
- Le nombre des récepteurs portatifs augmente sans cesse en France, bien que leur vogue ne soit pas encore comparable
- trompette ou pavillon de haut-parleur (type “ Francq ”).
- A, pavillon de la trompette; B, pièce creuse en bois d’aulne; C, matelassage; D, tampons en liège.
- à celle que l’on constate en Angleterre. Il faut, d’ailleurs, remarquer que, jusqu’à présent, tous les modèles présentés ne permettent guère que le transport en automobile ou en chemin de fer, parce que leur volume et leur poids sont encore trop considérables pour permettre un déplacement assez long à la main.
- La première qualité d’un poste portatif est, sans doute, d’être facilement transportable, mais le problème technique à résoudre est très délicat, parce qu’il faut, avant tout, réaliser un appareil sensible et robuste au point de vue mécanique et ces conditions ne sont guère compatibles avec la construction d’ensembles de petites dimensions et très légers.
- Les progrès de la technique permettent de perfectionner également la construction des postes portatifs comme ils ont permis d’améliorer la construction des appareils ordinaires, et nous avons pu remarquer, par exemple, au Salon de la T. S. F., un appareil portatif d’un génre tout à fait nouveau permettant bien, pour la première fois, en réalité, e transport à la main, en même temps qu’il peut être utilisé avec profit à la maison pour obtenir des auditions d’excellente qualité.
- Tout l’ensemble récepteur de cet appareil est renfermé
- Fig. 6. — Poste valise• à changement de fréquence Célestion-Minimax. Cet appareil ne mesure que 11 X 24 x 27 cm et pèse 5 kg.
- dans une valise dont les dimensions sont de 11 X 24 X 27 centimètres, et son poids n’est que de 5 kilog. (fig. 6).
- Pourtant le montage radio-électrique est à changement de fréquence, et un cadre de petites dimensions est contenu dans le couvercle du système, mais il ne comporte qu’une lampe changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence, et une détectrice, de sorte, qu’en réalité, la réception n’est possible qu’avec un casque téléphonique contenu dans le couvercle de l’appareil.
- Si l’on veut obtenir une audition en haut-parleur puissante à la maison, il suffit de relier les bornes de sortie du système à un amplificateur phonographique, que la plupart des amateurs ont maintenant à leur disposition, et qui peut être évidemment alimenté par le courant d’un secteur alternatif.
- Le constructeur a donc adopté là une solution mixte; pour l’automobiliste ou le touriste désirant simplement recevoir en voyage des informations et des cours, il semble que cette petite valise légère et d’un encombrement très réduit constitue le poste idéal, puisqu’il ne s’agit pas d’obtenir là des auditions artistiques et intenses, mais simplement des informations intéressantes.
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- UN ACCESSOIRE RADIOPHONIQUE AMUSANT
- L’audition des émissions radiophoniques ou des reproductions phonographiques n’est évidemment accompagnée d’aucune sensation visuelle, et le plaisir de l’auditeur serait sans doute très accru s’il pouvait voir « quelque chose », en même temps qu’il entend. On a donc proposé, par exemple, de réaliser des projections durant l’audition, projections fixes ou animées, d’ailleurs, et nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet.
- Nous pouvons signaler, en attendant, un petit accessoire amusant, destiné sans doute plutôt aux enfants, mais qui fera peut-être aussi la joie des grandes personnes. Il consiste simplement en un petit plateau circulaire ou rectangulaire horizontal, sur lequel sont disposés des couples de poupées de couleurs variées qui dansent en cadence lorsqu’elles sont animées par les sons d’un récepteur radiophonique ou d’un phonographe électrique (fig. 7).
- Le principe de cet accessoire ingénieux est fort simple. Il comporte, en réalité, un plateau vibrant, au-dessous duquel est disposé un moteur puissant de haut-parleur électromagnétique; les vibrations de l’armature de ce moteur sont transmises au plateau, et elles provoquent, à leur tour, les mouvements des poupées qui sont placées sur des fds métalliques flexibles très fins.
- POSTE A ALIMENTATION COMPLÈTE PAR LE SECTEUR
- Nous avons déjà décrit plusieurs types d’appareils alimentés directement par le courant d’un secteur, et dans lesquels sont utilisées des lampes à chauffage indirect.
- Nous avons aussi montré qu’à l’heure actuelle les postes de ce type pouvant être adoptés en France dans les meilleures conditions possibles et avec le plus de chance de succès étaient des appareils simples, du type local.
- Nous allons décrire sommairement à nouveau un appareil dé construction française, assez récente, et qui peut être rangé dans cette catégorie. Il nous semble qu’il existe une clientèle assez vaste pour ce genre de dispositif, il est donc nécessaire de lui signaler les différents types existants.
- Ce nouveau poste, comme les types similaires, comporte une
- Fig. 8. — Récepteur à 3 lampes alimenté sur secteur, type Hervor A. L.
- On voit sur le panneau antérieur la plaquette de réglage; à droite, la prise de courant, le bouton moleté des condensateurs, etc.
- lampe haute fréquence à écran à chauffage indirect, une lampe détectrice, et une lampe basse fréquence à filament ordinaire.
- Mais cette dernière lampe est une trigrille de puissance alimentée sous une tension plaque qui atteint 300 volts. Il en résulte que l’intensité de l’audition radiophonique est grande, et que l’appareil peut également être employé pour l’amplification phonographique.
- Une prise avec jack et fiche est donc prévue pour le montage d’un piclc up qui agit directement sur la grille de la détectrice jouant alors le rôle de première basse fréquence. D’ailleurs, dans le coffret même de l’appareil est contenue une valve de redressement produisant le courant d’alimentation plaque qui est filtré avant de parvenir aux lampes du poste.
- Tous les éléments de l’appareil, comme le montre la photographie de la figure 8, sont enfermés dans une boîte métallique de forme pratique, avec panneau en bakélite. Sur la face antérieure de l’appareil, on voit seulement une plaquette métallique avec « voyant » de repère sous lequel se déplace un cadran gradué en longueurs d’onde, et qui permet un accord immédiat sur l’émission désirée.
- Une lampe intérieure témoin, s’allumant lors de la mise en marche de l’appareil, éclaire, d’ailleurs, les graduations, et son extinction indique que le courant du secteur est coupé. Sur cette même plaquette se trouve simplement un bouton moleté permettant la mise en marche, et le fractionnement des bobinages sur les grandes ondes et les petites ondes.
- Enfin, sur les faces latérales, sont placés les boutons de réglage, les prises de courant, un bouton de réaction, etc...
- Le poste peut fonctionner en utilisant un fil du secteur comme collecteur d’ondes, mais, pour la réception des émissions étrangères, il est naturellement nécessaire d’adopter une antenne extérieure.
- Différentes prises sur le poste sont prévues suivant la nature et la longueur de l’antenne.
- Le même constructeur a établi des meubles spéciaux dans lesquels on peut placer le poste récepteur, un mouvement phonographique avec pick-up, et le haut-parleur. Ces meubles contiennent également des casiers pour disques et permettent de réaliser un ensemble radiophonographique entièrement alimenté par le secteur. P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Disques d'enseignement des langues, Linguaphone, 12, rue Lincoln, Paris.
- Phonographe portatif, Cantora, 72, avenue de La Bourdonnais, Paris (VIP).
- Moteur de phonographe à graissage intégral, Etablissements Ragonot» 15, rue de Milan, Paris.
- Moteur à induction Paillard. Etablissements Samok, 6, rue Marc-Séguin, Paris (XVIIIe).
- Sourdine-transformateur, Francq, 4, rue Isabey, Paris (XVIe).
- Poste-valise Minimum. Célestion-Minimax, licence Hurm 47, boulevard de Levallois, Neuilly-sur-Seine.
- Les « poupées radiophoniques », Electric-Radio, 84, rue Oberkampf, Paris.
- Poste récepteur alimenté entièrement par le secteur alternatif. Herbelot et Worms, 13, passage des Tourelles, Paris (xxe).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le phonographe et ses merveilleux progrès, par
- P. Hémardinquer. Préface de L. Lumière. 1 vol. 278 pages, 161 fig. Masson et Cie, éditeurs, Paris, 1930. Prix : 24 fr.
- C’est une histoire admirable que celle du phonographe; né il y a un demi-siècle, à peine, il ne fut longtemps qu’un jouet scientifique : aujourd’hui il apporte en musique une révolution peut-être comparable à celle que provoqua l’apparition de l’imprimerie dans le domaine de la littérature et des sciences; il donne naissance à une puissante industrie. C’est cette remarquable évolution qu’étudie M. Hemar-dinquer, avec l’érudition et le talent que connaissent bien nos lecteurs. Il rappelle les origines du phonographe et décrit les perfectionnements successifs grâce auxquels il est devenu l’instrument qui enchante tant de nos contemporains : il étudie d’une façon particulièrement approfondie les problèmes acoustiques et mécaniques liés à l’enregistrement et à la reproduction : il décrit la fabrication si curieuse des disques, et enfin les rapports du phonographe avec la T. S. F. et le cinéma sonore; il montre l’état actuel de la technique de celui-ci. Ce livre, très complet sous sa forme condensée, permettra à tous les discophiles de bien comprendre la nature et l’âme de leur instrument de prédilection.
- Cours d’analyse professé à l’Ecole Polytechnique,
- par J. Hadamard (tome II). 1 vol., 720 p. Hermann, éditeur, Paris, 1930. Prix : 140 fr.
- Ce cours d’analyse mathématique, bien que traitant surtout des problèmes classiques, présente une vive originalité. L’exposé présente ces caractères d’élégance et de rigueur qui distinguent en général les œuvres mathématiques françaises; l’auteur en outre s’attache à montrer les applications dont sont susceptibles les théories qu’il développe : en physique notamment, en hydrodynamique et en électricité. Voici un aperçu des questions traitées dans cet ouvrage qui s’adresse à tous les étudiants désireux d’acquérir une culture mathématique élevée : potentiels newtoniens (avec applications à l’électricité et au magnétisme); calcul des variations, fonctions analytiques, et notions sur les fonctions elliptiques, propriétés des équations aux dérivées partielles (applications à l’équation des télégraphistes, à la théorie de la chaleur, à la théorie de la lumière, etc.); notions de calcul des probabilités.
- L’électroacoustique. Rapports de l’acoustique moderne et de l’électricité, par P. David, 1 brochure, 40 p., Librairie scientifique Hermann. Paris 1930. Prix : 5 fr.
- Cette excellente conférence prononcée au Conservatoire des Arts et Métiers résume avec une grande lucidité les moyens modernes pour l’analyse des sons et les résultats obtenus dans leur reproduction par jes procédés électriques actuels.
- Les ondes électriques de très courtes longueurs d’onde et leurs applications, par C. Gutton, 1 brochure, 20 p. Librairie scientifique Hermann. Paris 1930. Prix : 4 fr.
- Conférence prononcée au Conservatoire des Arts et Métiers, dans laquelle l’auteur, avec sa clarté habituelle, résume les procédés employés pour obtenir avec les oscillateurs à lampe des ondes de très courte longueur et dus à Gutton, Mesny, Barkhausen, Pierret.
- Le problème de l’affinité chimique et l’atomistique; étude du rapprochement actuel de la ohysique et de la chimie, par Charles Brunold, 1 vol. 118 p., Paris, Masson et C“>, 1930. Prix : 20 fr.
- Après les progrès remarquables de l’atomistique qui ont permis de coordonner un grand nombre de phénomènes physiques, il était tout naturel de demander à cette nouvelle théorie une explication de l’affinité chimique. Quelles ont été les tentatives faites dans ce sens et jusqu’à quel point ce but a-t-il été atteint, telles sont les principales questions que se pose l’auteur. Il y répond en exposant les diverses théories récentes qui se corrigent successivement : celles de Kossel, Lewis, Langmuir, J.-J. Thomson et Born. L’auteur ne met pas en lumière seulement les conquêtes ainsi réalisées dans certaines directions, mais aussi les échecs éprouvés dans d’autres et il insiste sur le caractère provisoire des théories physiques, ainsi que sur les incessants remaniements qu’elles doivent subir pour s’adapter aux faits nouveaux.
- Introduction to physical optics, by M.-J. Kellog Robertson, I vol., Chapman et Hall, London, 1930. Prix : 20 sh.
- Excellent ouvrage didactique qui expose sobrement, sans détails inutiles, mais très clairement et dans un ordre logique irréprochable les questions fondamentales de l’optique physique classiqùe : lois et
- représentation de la propagation par ondes, principe d’Huygens, lois de la réflexion et de la réfraction des ondes planes; miroirs et lentilles minces ou épaisses, étude de l’œil, le spectroscope, les raies spectrales, les interférences, la diffraction, la double réfraction, la polarisation, la théorie électromagnétique de la lumière et les rayons X, la théorie des quanta et l’origine des spectres, enfin un aperçu sur les théories récentes de la relativité et de la mécanique ondulatoire.
- Applications de la géométrie à la stabilité des constructions (tome II), par D. Wolkowitsch, 1 vol. 270 p., 80 fig. G. Doin, Paris, 1930. Prix : 35 fr.
- L’auteur développe ici les applications des élégants procédés géométriques dont il a exposé le principe dans le premier volume précédemment paru. Il traite ainsi les questions suivantes : l’arc encastré sur ses appuis ; l’arc à une articulation, l’arc à 2 articulations ; l’arc continu, les systèmes fermés (tubes cylindriques, cuvelages, volants, etc.), et enfin les systèmes constitués de cadres.
- Le Congo et les sciences. 1 vol. illustré, 502 p., l carte hors texte, publié parla Revue de questions scientifiques. 2, rue du Manège. Louvain, et Les Presses Universitaires de France, Paris, 1930. Prix : 25 fr.
- A l’occasion du centenaire de l’indépendance de la Belgique, la Revue des Questions scientifiques consacre ce fascicule spécial à l’étude du vaste domaine que la Belgique possède en Afrique Centrale et qu’elle met aujourd’hui en valeur avec une énergie ardente et méthodique. On trouvera dans ce volume de substantielles études rédigées par des spécialistes de haute compétence et fournissant une documentation générale de haute qualité. M. Dalle décrit les grandes lignes structurales, puis la physiographie du Congo; il a également fourni une excellente étude des industries extractives. M. de Jonghe donne une étude de l’ethnographie congolaise, M. Robyns une description de la flore et de la végétation, M. Schouten un aperçu de la faune, M. Ed. Leplae indique la méthode suivie pour assurer le développement de l’agriculture, M. Siret passe en revue les moyens de transport actuels, MM. Dubois et Van den Branden examinent d’une façon extrêmement instructive les aspects principaux de la pathologie congolaise. Enfin M. I-Ieyse analyse les directives suivies en matière de cessions et de concessions de terres. ®
- Le tabac, par Guillaume Capus, Fernand Leulliot et Etienne Foex. Tome III. Rendement et prix de revient; fabrication; pro duction; action physiologique; régimes fiscaux; usages. 1 vol., in-8, 279 p., 237 fig. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris 1930. Prix : broché, 44 fr.; cartonné, 50 fr.
- Le tome III et dernier de l’importante monographie consacrée au tabac complète la technologie par un chapitre sur la fabrication des tabacs de coupe, des cigares et des cigarettes, des tabacs à mâcher et à priser et la production de la nicotine industrielle. Les possibilités culturales dans les colonies françaises sont étudiées et discutées sur les plus récentes données connues. La production et la consommation mondiales, les formes commerciales dans les principaux pays de culture, les régimes fiscaux des tabacs dans les pays sous le régime libre ou sous le régime du monopole, l’impôt sur le tabac en France et le régime du monopole, sont exposés dans leurs principes, leurs modalités et leurs résultats. On trouvera, dans un de ces chapitres, les textes organiques de la caisse autonome de gestion et celui du règlement général pour la culture du tabac en France. L’étude de l’action physiologique du tabac a permis d’instruire le procès de l’herbe à Nicot, dans l’accusation et dans la défense et de confronter des opinions très diverses. Enfin, un dernier chapitre traite des usages et des modes d’emploi du tabac et de la nicotine. Ainsi se trouvent retracées dans leurs multiples aspects l’histoire, la biologie, la production, la valeur économique, l’action physiologique et sociale d'une drogue singulièrement efficace dans un de ses rôles, celui de matière fiscale, puisqu’elle apporte à l’Etat français un revenu annuel net de trois milliards et demi de francs.
- Les fleurs de jardin, par A. Guillaumin. Tome II. Les fleurs d’été. 1 vol. in-16, LXXX- + 81 p., 91 fig., 64 planches en couleurs. Encyclopédie du naturaliste. Lechevalier, Paris, 1930. Prix : cartonné toile 36 fr.
- Voici le 4e volume de cet important ouvrage qui intéresse autant les botanistes que les horticulteurs. On y trouve d’abord une étude du matériel et des travaux du jardin : sol, eau, équipement, plantes et soins à leur donner, corbeilles et plates-bandes, gazons, travaux du jardin d’ornement mois par mois, lutte contre les ennemis des plantes, etc. Puis vient un atlas des fleurs d’été, orné de nombreuses planches en couleurs, suivi d’un index des noms latins et des noms vulgaires dans les diverses langues européennes.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cl’Août et de Septembre 1930.
- RADIOACTIVITÉ
- La teneur en radium des eaux pétrolifères de Bakou
- (M. B. Nikitin et L. Komleff). —Les auteurs ont étudié, par la méthode de l’émanation, 94 échantillons d’eaux minérales des bassins de Bakou et de Daghestan (Caucase), les mesures s’effectuant à l’électromètre de Schmidt. Les eaux les plus riches de Bakou sont celles du groupe Bibi-Eïbat dont la teneur pour 100 (poids) atteint 3 X 10-11, à une profondeur de 600 mètres au Daghestan, le chiffre moyen est 1,2 x 10_KI, pour 0,03 pour 100 de baryum, sans qu’on puisse établir une •constance entre les titres de ces deux métaux et, comme certains puits débitent 640 mètres cubes par jour, on voit que la quantité de radium qu’ils peuvent ramener à la surface de globe atteint deux décigrammes par an.
- MINÉRALOGIE
- Les caractères du minerai de fer oolithique du Djebel
- el Ank (M. Marcel Solignac) . — Les travaux effectués sous la direction de M. E. Maurin, au cours de ces huit dernières années, ont montré que le gîte épouse la forme du synclinal asymétrique situé entre le Djebel el Ank et le Djebel Bou Redja et que, d’âge mésonummulitique, il comporte une zone minéralisée, visible sur une longueur de cinq kilomètres, le long du flanc nord de ce synclinal. De plus, au sud et à l’ouest, le minerai ferrugineux cède la place à des dépôts d’un sable quartzogypseux très riche en glauconie, avec des débris de squales et de coprolithes, très phosphatés et inclus dans les argiles grises manganésifères.
- L’étude de M. Solignac aboutit aux conclusions suivantes : 1° le minerai comprend des oolithes sans noyau, venant probablement d’une chlorite dont il ne reste pas trace ; 2° la substance ferrugineuse est la stilpnosidérile, phase colloïdale de la limonite; 3° la disposition en pellicules autour des oolithes des minéraux phosphoreux ou arsenicaux implique le jeu de phénomènes d’adsorption liés à la nature colloïdale du minerai ; 4° l’origine première du fer reste inconnue, mais le synchronisme des deux formations indique qu’elle est commune aux oolithes et aux dépôts glauconieux; 5° la transformation des oolithes chloriteuses en oolithes ferrugineuses semble due à une circulation aquifère dans le dépôt initial, le minerai actuel constituant encore un horizon hydrologique de quelque importance. L’auteur indique en outre la composition du sédiment glauconieux, dont le tout venant contient 70,11 pour 100 d’oxyde de fer.
- chimie générale;
- Une nouvelle synthèse du méthane (MM. Paul Pascal et Erling Botolfsen). — En précipitant l’azotate de nickel par le carbonate de magnésium, les auteurs ont obtenu un catalyseur qui, chauffé vers 700° et soumis au passage d’un mélange d’oxyde de carbone et de vapeur d’eau en excès, se prête à la superposition de deux réactions limites.
- La première, débutant vers 250°, s’exprime par l’équation 4CO + 2HaO -4- 3C02 + CH1, et donne un rendement théorique à 275°. Au-dessus de cette température, elle s’efface peu à peu, de 300 à 750°, avant la seconde qui tend à la formation du mélange d’hydrogène et d’anhydride CO2. Pour des températures intermédiaires, on obtient des mélanges gazeux complexes, la teneur en oxyde CO et en hydrogène allant en
- augmentant, quand les pourcentages en anhydride CO'2 et en méthane décroissent.
- Ainsi, aux basses températures, le carbonate de nickel permet la transformation quantitative du quart de l’oxyde CO en méthane, la production de l’hydrogène se réalisant à températures plus élevées avec un moindre succès.
- Sur tes borates de cæsium (MM. R.-P. Rollet et L. An-drès) .—Vieux d’une quarantaine d’années, les travaux d’Anton Reischle avaient abouti à la production d’un sel de formule 3B20:;, Cs20, par actions réciproques de solutions alcooliques d’acide borique et de cæsine. MM. Rollet et Andrès ont repris ces expériences et l’existence du sel signalé par Reischle leur paraît discutable. Mais trois sels, jusqu’ici inconnus, ont été isolés. Le premier se présente en petits cristaux ortho-rhombiques; soluble dans l’eau (à 18°: 3 gr. dans 100 d’eau), il répond à la composition 5B20ÿ Cs’O, 8HaO. Le second donne de gros cristaux du même système et, chauffé à 100°, il commence à perdre un peu d’eau de cristallisation. Il a pour formule 2B20'Cs20, 5H’0. Le troisième enfin, B2Or' Cs'O, 7 H20, perd de l’eau facilement dans le vide dès la température de 40 ou 45° et il apparaît aux auteurs qu’à une température plus haute ou vers les zones très riches en cæsine du diagramme (en abscisses, teneur en oxyde Cs20, en ordonnées, teneur en anhydride B20~) un hydrate plus pauvre en eau doit se déposer.
- CHIMIE PHYSIOLOGIQUE
- Isolement et préparation de la vagotonine (MM. Pènau et Santenoise). — Les recherches poursuivies depuis plus de dix ans par le Dr Santenoise et ses collaborateurs ont montré que le pancréas exerce une action régulatrice importante sur l’activité fonctionnelle des centres pneumogastriques en sécrétant une hormone, différente de l’insuline. La note ici résumée indique la technique de la préparation et de la purification de cette vagotonine. Le pancréas, stabilisé à —15°, est broyé dans un pulpeur et mis à macérer dans une liqueur alcoolique renfermant 9,8 g d’acide SCPH2 au litre. On filtre au bout de quatre heures et on reprend par une colature de même composition. Les deux liqueurs rassemblées sont concentrées dans le vide au quinzième de leur volume initial. Par addition de soude, on amène la valeur du pPI à 4,6 — 4,8, en précipitant une masse sans propriétés vagotonisantes. La liqueur surnageante, distillée dans le vide, est additionnée jusqu’à demi-saturation de sulfate d’ammoniaque, pour éliminer des substances alhumosiques (polypeptides dia-lysables, amino-acides et sels). Par centrifugation et lavage du précipité, on arrive à un culot que l’on fait entrer en solution dans l’eau; la nouvelle liqueur passée à l’ultra-filtre se sépare encore d’albumoses à petites molécules, de nouveaux fractionnements à l’alcool éliminant des substances inactives.
- Enfin l’addition de 15 volumes d’alcool absolu laisse, après essorage et dessiccation, une poudre blanche qui se prête à une série de purifications pour aboutir à une vagotonine, soluble dans l’eau distillée et le sérum à 7 pour 1000, fort active sur le réflexe oculo-cardiaque à dés doses d’un dixième de milligramme par kg d’animal.
- Dépourvue de choline et d’histamine, la vagotonine n’est pas immédiatement hypotensive, même à dose élevée. Elle provoque une hypoglycémie lente, progressive, souvent intense et durable ; elle accroît enfin la tolérance aux hydrates de carbone et excite la fonction glycopexique du foie.
- Paul Baud.
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- NOTÉS ET INFORMATIONS
- MÉTÉOROLOGIE
- La météorologie et Vactivitè solaire dans l’Europe occidentale, de janvier à septembre 1930.
- Le printemps ainsi que les débuts d’un été froid et pluvieux furent, cette année, suivis dans l’Europe occidentale, de l’arrivée brusque d’une fin d’été chaude et sèche.
- - Ces singulières variations atmosphériques trouvent leur explication dans l’étude des phénomènes électromagnétiques et solaires, sans qu’il y ait lieu de les rechercher dans d’autres causes secondaires, telles que les mouvements cycloniques ou anticycloniques; les régimes des vents ou les systèmes nuageux, qui ne sont que des conséquences plus ou moins directes des grands mouvements atmosphériques qui ont lieu de l’Atlantique vers l’Europe, sous l’action des phénomènes solaires et électriques.
- En effet, si nous envisageons dans leurs grandes lignes les variations solaires et électromagnétiques ainsi que leurs effets météorologiques dans l’Europe occidentale, nous sommes amenés aux conclusions suivantes :
- Un gros foyer solaire régulier, accompagné de plages facu-laires étendues fit, de décembre 1929 à mai 4930, cinq révolutions successives, qui provoquèrent à chacun des retours au méridien central de courtes périodes de chaleur et de beau temps.
- Telles furent les dates caractéristiques des : 49 janvier; 44 février, 41 mars et 4 avril.
- Tout au contraire, les autres époques furent, pendant les mêmes mois, caractérisées, en l’absence de ce gros foyer, par les formations et les disparitions rapides de nombreux petits foyers qui provoquèrent des troubles généraux, accompagnés de froids et de pluies.
- En outre, du 10 avril au 46 juin, T électromètre et le magné-tographe enregistrèrent des troubles continuels, qui correspondirent, comme cela a lieu dans toutes les circonstances analogues, à des perturbations atmosphériques.
- Du 4 au 40 juin, la formation d’un gros foyer concorda avec une courte période chaude et orageuse, qui fut suivie du 10 au 20 juin d’une autre période extrêmement orageuse, mais plus froide et pluvieuse, correspondant à l’influence de foyers multiples en état d’agitation continuelle.
- Toutefois les troubles électromagnétiques qui accompa- . gnèrent les perturbations précédentes cessèrent de se manifester du 20 au 22 juin : période éphémère, qui fut gratifiée de chaleur et de beau temps.
- Pendant la longue période troublée précédente, s’étendant de février à juin, la propagation des ondes hertziennes fut également très mauvaise; les réceptions radiophoniques furent alors particulièrement défectueuses dans toute l’Europe occidentale.
- De la fin de juin au 20 août on ne vit qu’un seul foyer solaire important, mais qui fut sujet à des transformations continuelles; pendant que de nombreux petits foyers se formèrent et disparurent rapidement, amenant des troubles électromagnétiques et atmosphériques, accompagnés de températures basses et de pluies presque continuelles.
- Mais à la date du 20 août, changement de décor! Le régime solaire se modifie brusquement et les actions électromagnétiques prennent une stabilité inconnue depuis de longs mois.
- Des foyers calmes, entourés de plages faculaires très étendues, apparaissent, sans l’accompagnement habituel de' petits foyers éphémères. Il résulta aussitôt de ce nouveau régime
- une élévation anormale de la température, de la sécheresse et un état de calme atmosphérique que l’on avait oubliés depuis l’année précédente.
- Toutefois, il y eut le 28 août une formation de nouveaux foyers réguliers entourés de plages faculaires, accompagnée d’une disparition d’un foyer au bord ouest, qui provoquèrent un mouvement orageux particulièrement accentué dans les Pyrénées; mais ce mouvement fut suivi d’un retour rapide au beau temps et à la chaleur.
- En résumé, on voit, d’après les résultats précédents, que la longue période de pluies et de froids, s’étendant sur plus de la première moitié de l’année, correspondit avec des troubles presque ininterrompus dans les manifestations solaires et électromagnétiques ; et que le retour brusque à un régime de températures élevées et de beau temps fut marqué par un changement non moins brusque dans les actions solaires et électromagnétiques. Albert Nodon.
- AVIATION
- Le Congrès international de la sécurité aérienne.
- Les récents accidents qui ont endeuillé notre aviation militaire mettent une fois de plus en lumière la nécessité d’étiulier et de coordonner toutes les mesures destinées à améliorer la sécurité en avion.
- On peut dire, sans crainte d’exagération, qu’aujourd’hui nous sommes en état de déterminer les causes de tout accident.
- Nous ne nous trouvons plus en présence de phénomènes mystérieux, capables de bouleverser les calculs les plus rigoureux.
- Aussi, tous les pays ont-ils entrepris d’actives recherches sur ces questions qui intéressent l’humanité tout entière; mais ces recherches restent dispersées.
- Les études effectuées, les progrès accomplis par une nation sont ignorés des autres.
- Double désavantage :
- 4° Temps et efforts perdus. Plusieurs nations peuvent s’efforcer de résoudre les mêmes problèmes, alors que d’autres pays sont déjà sur la voie de solutions intéressantes;
- 2° Aucune nation ne saurait résoudre simultanément tous les problèmes de la sécurité.
- Donc la collaboration internationale s’impose d’une manière inéluctable en ce domaine.
- C’est à cette nécessité que répond le premier Congrès international de la Sécurité aérienne, qui se tiendra à Paris du 40 au 23 décembre prochain.
- Grâce aux communications demandées aux techniciens de tous les pays, grâce aux démonstrations pratiques qui auront lieu à Orly, les organisateurs espèrent, d’une part, faire le point pour chaque pays, des problèmes concernant la sécurité, et, d’autre part, coordonner les résultats déjà obtenus en vue d’une amélioration dont bénéficieront les Aéronautiques de tous les pays participants.
- Ce Congrès s’annonce sous les meilleurs auspices : 40 nations ont répondu à l’appel des organisateurs et enverront des délégations officielles.
- Plus de 200 communications ont déjà été envoyées qui, réunies, formeront, à l’usage des adhérents, une véritable encyclopédie internationale des problèmes de la sécurité.
- Le Commissariat général du Congrès est situé, 23, avenue de Messine, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la vision droite (n° 2835, 15 juin 1930).
- Quelques lecteurs de La Nature m’ayant envoyé des critiques de mon article sur la vision droite, je désire reprendre certains points ou arguments qui leur ont paru obscurs ou peu convaincants. Cela me permettra de préciser davantage ma pensée.
- 1° L’image II de la figure 7 est une impression, ou si l’on veut, une illusion. Or cette illusion, comme toute illusion sensorielle, s’évanouit dès qu’on en trouve les causes; c’est-à-dire quand on étudie optiquement la figure, pour la dessiner par exemple.
- La condition optima pour que cette illusion persiste, c’est de ne pas réfléchir, de se relever, et de dessiner de mémoire, sur un tableau vertical, ce que l’on a vu. On «traduit » alors cette impression comme j’ai moi-même essayé de le faire dans l’image II.
- 2° Deux processus transforment des sensations visuelles en une image droite de l’objet : un processus d’orientation dans l’espace, un processus de localisation dans le champ visuel. Le premier dépend de la pesanteur et de l’équilibre, le second de notre expérience.
- Il y a un moyen de traiter la question auquel je n’avais pas songé quand j’écrivais l’article précité : c’est l’examen des images consécutives.
- Les images consécutives sont ces images que l’on garde pendant quelque temps d’un objet très lumineux. Elles sont d’abord positives, puis négatives, avec des couleurs complémentaires des couleurs de l’objet. Il faut expérimenter avec des objets facilement orientables, fenêtres, figures géométriques découpées dans du carton opaque et éclairées par une vive lumière diffusée. On s’aperçoit alors que les images consécutives dépendent de la position de la rétine par rapport à l’objet. Si vous penchez la tête en regardant l’objet, elles seront penchées en sens inverse quand vous redresserez la tête. Si vous tenez la tête droite, elles seront droites et suivront ensuite l’orientation de la tête dans toutes ses inclinaisons. Elles ne sont cependant pas d’origine rétinienne. Car, bien qu’elles suivent les mouvements normaux de l’œil, elles ne se déplacent pas quand on déplace l’œil avec le doigt, c’est-à-dire quand on dévie son axe optique (‘). Elles sont donc d’origine cérébrale; mais elles empruntent les voies descendantes, et sont projetées à l’extérieur (en apparence) suivant les axes dits de projection, déterminés par les éléments rétiniens précédemment excités et le centre optique de l’œil.
- Or nos perceptions doivent être projetées de la même manière puisque l’image consécutive tient exactement la place de l’objet. Il faut même aller plus loin et dire : nos images consécutives sont projetées comme nos perceptions doivent l’être normalement et habituellement, au moins à ce qu’il semble.
- Mais alors, s’il en est ainsi, l’existence d’axes de projection qui se croisent au centre optique de l’œil implique un véritable renversement du champ rétinien. Buffon aurait-il raison? Examinons de plus près ces axes de projection.
- Pour comprendre ce qui se passe, il suffit de se reporter à notre remarque : le rayon lumineux est pour l’œil comme le bâton pour la main (p. 543). Or, comment est localisé l’endroit d’où part ce rayon? Il est localisé en haut du champ visuel s’il se trouve du côté de notre tête, en bas s’il se trouve du côté de nos pieds. Par quoi est-il localisé, en général? Par nos mouvements, c’est-à-dire par nos mains. Mais ceci est l’accessoire et n’intervient que pour la précision de la localisation. Car le toucher, comme la vue, ne peut nous fournir que des appréciations de distance'“dans un espace déjà formé.
- Il n’y a donc bien aucun renversement, mais simplement localisation dans un espace dont les données fondamentales sont les impressions de pesanteur et d’équilibre que l’on retrouve à l’origine de tout
- 1. Il est facile de s’en rendre compte en regardant un objet lorsqu’on a une image consécutive très nette. Si l’on déplace l’œil avec le doigt, l’objet paraît bouger, mais l’image ne bouge pas.
- QUESTIONS
- Construction d'un poste à quatre lampes.
- Etant donné que nous ne voulez pas utiliser de dispositif à moyenne fréquence, ni de lampes bigrilles, ni de trigrilles, etc., et uniquement des lampes triodes ordinaires, vous ne pouvez, par conséquent, construire qu’un poste comportant des étages haute fréquence. Le poste
- le processus. Ensuite, que ce rayon incident vienne, après réfraction à travers le cristallin, impressionner les éléments du haut de la rétine, ou ceux du bas, cela n’a aucune importance, car cela n’est aucunement senti. La direction des rayons réfractés ne joue pas de rôle dans la vision droite. Celle-ci ne dépend que de la localisation des rayons incidents.
- Les axes dits « de projection » ne sont donc pas déterminés, dans la perception, par la position des éléments rétiniens excités, mais par la localisation des parties de l’objet. Dans l’image consécutive, au contraire, c’est la position des éléments rétiniens qui les détermine.
- Il faudrait alors renverser le problème que nous nous posions. Au lieu de dire : comment se fait-il que nous voyons les objets droits quand ils se peignent renversés sur la rétine? il faudrait dire : comment se fait-il que des rayons partant du haut des objets viennent exciter le régions opposées de la rétine? Et la réponse est évidemment celle-ci : cela tient aux propriétés optiques de notre œil.
- L’illusion de la figure 7 s’explique de la façon suivante : quand on renverse la tête, les points de l’objet sont vus dans des directions inverses de celles où on les voit d’ordinaire, ce que montrent avec évidence les lettres renversées. Cependant cet objet reste situé et orienté dans le même espace concret et senti, dont les directions du haut et du bas ne changent pas. D’où l’anomalie d’une image renversée dont l’orientation est celle d’une image droite.
- Si la même expérience a lieu dans des conditions où les sens de l’équilibre et de la pesanteur ne s’exercent pas normalement, par exemple dans un looping en avion, l’image renversée peut être orientée dans un espace dont les directions sont changées du tout au tout. On a alors l’impression que la terre est en haut et le ciel en bas. La technique du « pilotage aveugle » montre par ailleursque les sens de l’orientation sont fortement perturbés en avion. G. Viaud.
- La crise de la pêche au chalut (n° 2840, 1er septembre 1930).
- Dans la figure 5 de cet article, page 213, étaient représentés les divers systèmes de chalutage : le chalut-bœuf, l’ottertrawl et le chalut Vigne-ron-Dahl. On nous signale que ces dessins n’ont pas été faits à la même échelle et risquent de donner une idée inexacte des trois procédés. Dans la pêche aux bœufs qui se fait à peu de profondeur, les bateaux sont généralement plus petits que dans le chalutage à un seul bateau. La longueur des funes est au moins de 1000 mètres quand on pêche sur un fond de 25 mètres. Dans les autres modes, on pêche très rarement sur des fonds de 25 mètres, trop proches des côtes et trop dépeuplés et l’on travaille généralement sur des fonds de 100 à 300 mètres. Pratiquement, on admet que le chalut pêche au mieux quand la longueur des funes est trois fois la profondeur. Sur un fond de 25 mètres, la sortie de câble serait donc 75 mètres; avec 1000 mètres de câble, on pêcherait sur un fond de 330 mètres.
- Le filet ottertrawl est représenté, sur la figure 5, ballonnant en hauteur comme le filet-bœuf, ou le filet V.-D., alors que l’ottertrawl est un chalut qui ne ballonne guère, son ouverture en hauteur étant limitée à peu près par celle des panneaux, qui le tendent fortement en largeur. L’intérêt du chalut Vigneron-Dahl réside justement dans l’éloignement des panneaux et du filet. Les funes du V.-D., comme celles de flotter-trawl, ont une longueur triple de la profondeur à laquelle on pêche, mais en outre les bras reliant les panneaux au filet ont une longueur d’une cinquantaine de mètres. Ces bras traînent sur le fond, comme dans le chalut-bœuf, rabattant le poisson vers la poche. Celle-ci étant tirée par les ralingues inférieures, la ralingue supérieure munie de flotteurs ballonne librement, formant un vaste entonnoir, où s’engouffrent les poissons dérangés par les plateaux et les bras, tandis que la ralingue supérieure de l’ottertrawl, tirée par les plateaux, reste basse et ne donne qu’une ouverture beaucoup plus faible.
- ET RÉPONSES
- le plus simple, dans ces conditions, est le poste du schéma ordinaire qu’on a appelé quelquefois C. 119, comportant un étage hautc^fré-quence à résonance, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence. Vous pouvez trouver des schémas de ce genre, soit dans nos chroniques de La Nature, soit dans des livres comme La Pratique radio-
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- électrique (Masson éditeur), ou Les Montages modernes en radiophonie (Chiron éditeur), ou encore dans des revues de montage comme la T. S. F. pour tous (Chiron éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Nous devons pourtant vous prévenir qu’un poste de ce genre qui ne comporte qu’un seul étage haute fréquence, très facile à réaliser et d’un réglage également aisé, ne peut avoir, nécessairement, une sélectivité très accentuée. Vous pouvez sans doute augmenter cette sélectivité en adaptant, entre votre antenne et le circuit d’accord, un circuit-filtre destiné à éliminer les émissions gênantes. Cela complique un peu le réglage, mais les résultats sont meilleurs.
- Nous ne pensons pourtant pas qu’un poste à quatre lampes comportant une bigrille changeuse de fréquence, un étage moyenne fréquence à lampe à écran, une lampe détectrice et une lampe basse fréquence trigrille de puissance soit difficile à réaliser. Un tel poste a l’avantage d’être plus sélectif, et il peut fonctionner sur cadre, d’où un effet directif intéressant. Nous avons décrit la réalisation d’un tel poste dans nos chroniques, et nous sommes à votre disposition, si vous désirez des renseignements à ce sujet.
- Pour établir cet appareil, comme d’ailleurs pour monter un poste genre C. 119, vous pouvez prendre des lampes Philips, Gécovalve, ou équivalentes, puisque tous les constructeurs de lampes ont maintenant des séries de modèles répondant à tous les besoins courants des amateurs. La série de lampes dont vous nous parlez comprend simplement une lampe détectrice, une lampe trigrille de puissance, et une lampe à écran pour haute fréquence ou moyenne fréquence. Ce sont d’excellentes lampes, mais il existe chez d’autres fabricants des modèles équivalents.
- Réponse à M. Wybaillie, à Lille (Nord).
- Utilisation de disques de phonographe usagés.
- Les disques de phonographe usagés ne peuvent malheureusemen pas servir à des usages fort intéressants; les fabricants ne les rachètent qu’à des prix infimes. Nous pensons, pourtant, que vous pourriez utiliser la matière première pour recouvrir des bacs d’accumulateurs par exemple; on a proposé quelquefois de les employer comme panneaux isolants pour la réalisation d’appareils de T. S. F. Le travail en est évidemment facile, mais on ne peut guère réussir à obtenir aes montages précis et nets, et, étant donné le prix relativement modique des panneaux d’ébonite correspondants, nous ne pensons pas qu’il y ait grand intérêt à les adopter dans ce but.
- Réponse à M. Arthur Vella, à Tunis.
- Les tubes à rayons X.
- U y a deux catégories de tubes à rayons X, les tubes à atmosphère ionisable et les tubes Coolidge; ces derniers sont les plus récents. Dans l’un et l’autre système, les rayons X sont produits par le choc d’un faisceau de particules cathodiques ou électrons contre une paroi métallique ou anticathode. La différence réside dans le mode de production du faisceau d’électrons.
- Dans les tubes à atmosphère ionisable, les gaz résiduels laissés à dessein dans le tube lors de sa fabrication s’ionisent par le passage du courant d’alimentation à travers le tube. Les électrons, formés par cette ionisation, sont en vertu du champ électrique établi entre la cathode et l’anticathode projetés violemment sur cette dernière. Au bout d’un certain temps de fonctionnement, les électrodes et les parois ont absorbé une partie du gaz résiduel; le courant éprouve des difficultés de plus en plus grandes à traverser le tube : on dit que celui-ci durcit; il faut des tensions de plus en plus fortes pour le faire fonctionner, et l’on produit des rayons de plus en plus pénétrants. Il importe donc de maintenir le vide au degré voulu. On le fait au moyen d’un régulateur qui par osmose, par exemple, ou par chauffage au moyen d’un courant dérivé, laisse automatiquement rentrer du gaz dans le tube et le ramène à l’état primitif.
- Dans le tube Coolidge, au contraire, les électrons sont produits indépendamment du champ électrique appliqué à l’appareil. Ils sont engendrés par une cathode formée d’un filament porté à l’incandescence par le courant électrique, comme dans les lampes de T. S. F. Le vide à l’intérieur du tube est poussé aussi loin que possible; à filament éteint, le courant ne peut traverser le tube même sous tension de 100 000 v. A l’intérieur de tube, il ne se produit que des courants d’électrons, à l’exclusion de toute circulation d’ions positifs. Le tube Coolidge ne comporte pas de régulateur de vide. On peut faire varier la pénétration des rayons engendrés en agissant simplement sur la tension appliquée entre cathode et anticathode.
- Réponse à M. W. Haché, à Church-Point.
- De tout un peu.
- IVl. Guilhaumat, à Vias : 1° La peinture de votre bâche à eau, n’a pas eu d’adhérence parce qu’elle a dû être faite dans des conditions défavorables sur métal humide; il est en effet essentiel que la tôle soit parfaitement sèche, car autrement, il reste une couche intermédiaire d’eau à l’état vésiculaire qui sépare métal et peinture, empêchant la liaison intime indispensable.
- Une bonne pratique, avant d’effectuer une peinture de ce genre, est de flamber au préalable la tôle à la lampe à souder, aujourd’hui d’usage courant, ce qui fait en même temps détacher les plaques de rouille, autre cause du manque d’adhérence. En conséquence, bien gratter après flambage et veiller à ce que la peinture soit d’excellente qualité a l’huile de lin vraie et à l’essence de térébenthine, non au pétrole.
- 2° Pour peindre vos canalisations de gaz oïl et huile, employez plutôt une peinture cellulosique du type suivant :
- Fibrocellulose ...................................100 grammes
- Gomme élémi...........................................35 —
- Gomme sandaraque......................................45 —
- Pigment........................•..................90 —
- Lactate d’éthyle.....................................120 —
- Acétate d’amyle................................... 120 —
- Essence de térébenthine .................... . .. 40 —
- Alcool à 95°........................................ 80 —
- Essence de pétrole (100°-160°)........................80 —
- Benzol............................................. 390 —
- Les peintres cellulosiques étant aujourd’hui tiès répandues, il est préférable plutôt que de chercher à les confectionner soi-même de les prendre dans le commerce, bien spécifier cependant au vendeur qu’i s’agit de peinture sur métal.
- Bibliothèque Municipale, à Paris : 1° Les crevasses de plafond se rebouchent au plâtre fin à mouler en ayant soin de mouiller l’emplacement avant application.
- Bien entendu, on ne peut empêcher ultérieurement les déplacements relatifs des matériaux de construction,'qui sous l’influence des tassements inégaux donnent naissance à des fissures.
- 2° Les hydrocarbures tels qu’huile de schiste, pétrole, etc., ne peuvent être utilisés pour la destruction des parasites des plantes, qu’en dehors des périodes de végétation; tout traitement effectué pendant celles-ci risque d’être plus nuisible qu’utile.
- M. Barmer, à Pessac (Gironde). — Sous le nom de Mimosa (Black-wattle-Broadleaf), on désigne certaines variétés d’acacias. (A. mollis-sima, A. dealbala, A. penninerirs) dont on utilise l’écorce pour le tannage.
- La richesse de ces écorces en tanin est très variable, de 10 à 30 pour 100; les principaux pays producteurs sont l’Australie, les Indes, l’Afrique du Sud (Cap de Bonne-Espérance).
- Pour l’analyse de ces produits, vous pouvez vous adresser au Laboratoire des cuirs, 54, rue de Bondy, dirigé par MM. Urbain et Thuau.
- M. le Dr Tara à Fort-de-France. — Le mélange réfrigérant auquel vous.faites allusion est le suivant :
- Nitrate de potasse . . 50 grammes
- Chlorhydrate d’ammoniaque..............................50 —:
- Eau froide............................................160 —
- Nous avons, déjà traité cette question dans le n° 2827, page 192.
- Société anonyme G. M., à Jarville. — Nous ne connaissons pas de matière spéciale, mise dans le commerce pour le montage des clichés d’imprimerie en remplacement des plateaux en bois; mais il est évident qu’une agglutination imperméable de sciure de bois ou de liège, au moyen de caoutchouc ou de bakélite, poun ait assez facilement être imaginée dans ce but.
- En tout cas vous pourriez déjà essayer une imperméabilisation préalable du bois, avant mise en service, ce qui éviterait le gondolement. Nous pensons qu’elle pourrait être réalisée par une imbibition dans une solution tiède de gélatine à 5 pour 1.00 suivie d’une macération ' en eau formolée au même titre.
- Laisser ensuite bien sécher sous presse pour assurer la planéité.
- N. B. : Firmes à consulter éventuellement dans cet ordre d’idées Société « Le Bois bakelisé », 15, rue Claudot, à Nancy.
- Société « La Bakélite», 14, rue Roquépine, Paris (8°).
- M. Bacthelet, à Passy, — Vous trouverez la formule d’encrivore demandée dans le n° 2834 du 1er juin 1930, page 528. Veuillez bien vous y reporter.
- Le Gérant : G. Masson.
- pg.8 >5.
- Paris, lmp. Lahure. — i-ii-iç3o.
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- N° 2845. —15 Novembre 1930
- Faraîl le ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C'e, Editeurs, iao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI9 fg. C Seine : i5,234) Tél. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies ; 12 mois (24 n°*), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"|, 35 fiv
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg ; 12 mois (24 n08), 85 fr. ; —-6 mois (12 n°‘), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif l
- Un an. . Six mois.
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un an. . Six mois.
- 110 fr.
- 55 fr.
- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras. Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à Tordre de Masson et G1*, sur une banque de Paris
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser.ee qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs eu chef de La Nature, no, boulevard Saint-Germain, Paris-VP. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VP
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d origine.
- Machine
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- LA NATURE SS
- LE MUSÉE DE L’AÉRONAUTIQUE ==
- UN MUSÉE TECHNOLOGIQUE A VISITER
- grand complet, e t il n’était pas possible d’en laisser perdre les enseignements.
- Car c’est une idée de technicité .qui a présidé à la 'créa-'
- Quelques jours après l’armistice, M. Caquot, directeur de la Section technique de l’Aéronautique, et actuellement directeur général des Services techniques du Ministère
- • Pig. 1.’—Le Musée del:Aéronautique.
- La « Demoiselle » du Sautas' Dumont. Maquettes de ballons et d’avions.
- de l’Air, obtint du Ministre l’autorisation de fonder un Conservatoire de l’Aéronautique. C’est qu’il fallait se hâter et profiter du moment qui était favorable. On était à une période de transition. L’aéronautique sortait de la Grande Guerre comme d’une chrysalide. Elle allait prendre son essor et tout, usines, installations, bureaux d’études, s’en trouverait bouleversé. Il subsistait encore une grande partie des travaux anciens, mais quelques années, quelques mois même, et ces richesses auraient disparu. D’autre part, le matériel de la guerre était au
- tion du, Conservatoire de 'l’Aéronautique., lequel s’est continué par les Collections de l’Aéronautique, puis par le Musée de l’Aéronautique, actuellement installé au Parc de Chalais, à Meudon. Le Musée n’est pas un reliquaire. Certes il abonde en pièces historiques, mais elles n’v sont entrées qu’en raison de l’intérêt technique qu’elles présentaient.
- Les années 1919 et 1920 furent consacrées à la réunion des documents et du matériel. La recherche en fut souvent rendue des plus délicate par la difficulté de retrou-
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- ver nombre de pièces anciennes dispersées par les événements ou qui n’existaient plus qu’en exemplaire unique.
- Mais les recherches furent actives et inspirées du meilleur sens de la découverte. Des greniers oubliés, même murés livrèrent des trésors émouvants. Des constructeurs se dessaisirent généreusement de leurs collections particulières, des pièces furent découvertes enterrées dans d’anciens « cimetières d’avions » sur des aérodromes. Les Ministères de la Guerre et de la Marine fournirent des exemplaires de leurs matériels et les Gouvernements
- public qui le visiterait, sous l’aspect le plus attrayant et au technicien qui l’étudierait sous l’aspect le plus caractéristique. Grosse besogne dont le résultat tangible fut que chaque pièce est accompagnée d’une pancarte appropriée à la classe d’objet exposé.
- Cet effort est poursuivi sans trêve, pour que cette documentation, sinon complète du moins déjà très ample, de l’histoire et de la technique de la navigation aérienne depuis ses débuts puisse être constamment tenue à jour. Il en sera pour l’Air ce qu’il en est pour la Mer, du Musée de la Marine, créé depuis plus de cent ans. Restera à
- Fig. 2. — Avions, moteurs et maquettes d’avions au Musée de l’Aéronautique.
- belge, anglais, italien, américain firent des dons. Plus tard la Commission de . contrôle aéronautique à Berlin expédia des pièces d’un intérêt capital. Parla suite encore et devant le succès des éléments déjà réunis au Salon de l’Aéronautique de 1919, des crédits spéciaux furent alloués au Musée de l’Aéronautique. Il fut possible de constituer ces admirables séries de moteurs ou de maquettes d’avions qui ont tant d’attrait pour le public et d’intérêt pour l’ingénieur.
- Mais ce n’était pas tout de découvrir la pièce ou le document intéressant, il fallait le classer, le présenter au
- compléter le musée de la locomotion terrestre, commencé à Compiègne.
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- Le Musée de l’Aéronautique comprend principalement des moteurs, des avions en vraie grandeur, des modèles réduits, des instruments accessoires, des pièces historiques.
- Les moteurs sont au nombre d’environ deux cents et constituent certainement la plus belle collection de moteurs à explosion qui existe dans un musée technologique. Elle va de l’Antoinette 1904 aux types les plus récents.
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- Cette précieuse série est en grande partie présentée en coupes très rationnellement établies, accompagnées de tableaux de pièces détachées, de coupes et de pièces détachées de carburateurs et de systèmes d’allumage. C’est un instrument de travail inestimable, bien propre à guider les ingénieurs dans leurs créations futures, car tout travail est tributaire de travaux antérieurs, ne serait-ce que pour ce que ceux-ci permettent d’éviter d’erreurs et de tâtonnements.
- Les avions en vraie grandeur sont exposés, une partie en permanence, les autres venant par roulement les remplacer. Ils sont présentés, soit surélevés sur des pylônes en fer, à claire-voie, qui laissent passer la lumière et le regard, soit mieux encore suspendus à la toiture, en position de vol. Alors l’avion conserve sa véritable ligure, son allure légère et comme frémissante de vitesse qui le rend si différent de
- Fig. 3. — Avions et maquettes cl’avions.
- Nieuport de 1910 précurseur de tous les avions de vitesse actuels avec le Deperdussin de 1912-1913, également exposé, et qui fut le premier appareil ayant couvert 200 kilomètres en une heure, vitesse fantastique pour l’époque et propre à faire vagabonder bien des imaginations!
- Puis des appareils de guerre : Nieuport, Caudron, Voisin, Bréguet et des avions étrangers : un Junkers tout métallique, grosse machine sans grâce mais d’aspect redoutable et au demeurant fort intéressante à étudier; un Fokker D VII de guerre, avec son camouflage en mosaïque aux couleurs ternes.
- Fig. 5. — Maquette du dirigeable-vedette SSZ de la Marine (1917).
- la machine anguleuse hostile et froide qui gît à terre, raidie sur son train d’atterrissage comme sur des pattes trop hautes.
- Parmi les principaux appareils exposés, on voit la Demoiselle de Santos-Dumont, de 1908, toute frêle avec ses longerons de bambou, ses ferrures bleu de ciel, son siège étroit, ses roues hautes et fines de bicyclette et ses ailes si minces, si minces! La reconstitution, d’une exactitude absolument rigoureuse, du Voisin avec lequel Henri Farman boucla, le 13 janvier 1908, son premier kilomètre; le Canard de Henri Fabre (1910) à la construction si curieuse, premier hydravion qui ait décollé de l’eau et dont on célébra, sous les ailes mêmes de l’appareil, il y a quelques mois, l’anniversaire des vingt ans de l’envol; puis un Wright de 1910, un Maurice Farman de 1912, le
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- Les modèles d’avion sont au nombre de 200 environ, ils ont tous été établis à la même échelle du 1/10 et en même bois verni de façon à les rendre parfaitement comparables entre eux. L’ensemble de cette collection est unique au monde. En la parcourant il est possible de suivre pas à pas et de manière frappante l’évolution de la technique : conception et dessin de la cellule, position du propulseur, nombre et répartition des moteurs.
- Ces modèles écrivent l’histoire depuis le Santos-Dumont n° 14 bis de 1906 jusqu’aux appareils de Lindbergh et de Byrd, en passant par le Blériot de la traversée de la Manche, les avions de guerre, les gros appareils allemands et les avionnettes, précurseurs de l’aviation de tourisme actuelle.
- A côté des avions on voit des planeurs sans moteur : le Lilienthal de 1895 aux ailes si gracieusement tourmentées, et le Pcyret de 1922 qui détint le record du monde.
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- L’aérostation, cette lille aînée du ciel de France, n’a pas été négligée. La nacelle du dirigeable La France, de Renard et Krebs, allonge, sur toute la largeur du hall, son long fuseau de bambous. Plus loin on trouvera des moteurs et des accessoires et ces pièces sont précieuses entre toutes, le ballon La. France, construit d’ailleurs à Chalais, étant le premier appareil aérien, on le sait, qui effectua, le 9 août 1884, un circuit fermé aérien. D’autres nacelles sont exposées : celle, sans carénage, toute carrée et dérivée immédiatement des nacelles de ballons libres, du Santos-Dumont n° 6 (1901), du Lebaudy (1902), des premiers Zodiac. La nacelle arrière du Zeppelin LZ 113 de 1916 impressionne par son volume, l’importance de ses trois moteurs, l’abondance des accessoires, et surtout par la légèreté des poutrelles qui constituent les éléments de la carcasse.
- Les modèles de dirigeables sont au nombre d’une quinzaine. Ils ont été établis à l’échelle du 1/50. La série s’étend du dirigeable à vapeur de Gifîard (1852) à la vedette semi-rigide Zodiac qui fit ses premières ascensions il y a un an. On y remarque le modèle du Dixmude et une section d’anneau de Zeppelin fait comprendre l’agencement des poutrelles et des tendeurs qui forment la structure interne des rigides.
- Enfin, des modèles au 1/10 représentent les différents types de ballons captifs delà guerre. Des réductions de la première montgolfière : celle de Pilâtre de Rozier, du premier ballon à hydrogène : celui de Charles offrent les ors de leur ornementation dans le gracieux style Louis XVI tandis que tout proche le ballon des aérostiers de Fleurus montre par l’absence de tout décor la simplicité qu’imposaient les idées révolutionnaires.
- En outre des cellules, des moteurs et de l’aérostation, une large place est laissée à la présentation de pièces détachées, d’accessoires, d’instruments de bord et d’appareils photographiques, anciens et modernes. Des photographies aériennes, d’une merveilleuse précision ne manquent jamais de retenir l’attention des visiteurs.
- Sans être, nous l’avons dit, un reliquaire, le Musée de l’Aéronautique groupe un ensemble de pièces historiques
- d’un haut intérêt où la technique conserve la part prépondérante. Voici, tout d’abord, la collection des instruments de mesure, moteurs, et appareils divers du Colonel Renard, un hélicoptère de Pénaud (1872), des oiseaux mécaniques et l’aéroplane de Tatin (1874 et 1879), le célèbre hélicoptère de Ponton d’Amécourt (1863), première pièce mécanique construite en aluminium.
- Puis toute une collection de ces assiettes cc au ballon », toujours si curieuses, d’affiches de programmes prometteurs de réjouissances aérostatiques, de caricatures et de dessins où les espoirs des premiers inventeurs, leurs idées, leurs rêves se sont donné libre cours. Tout cela un peu monstrueux, comme toute conception dans les ordres nouveaux de la mécanique, alors que les règles directrices ne sont pas encore établies. Les appareils sont armés d’un réseau considérable de fils, portent des chaudières d’où fusent des jets de vapeur, alors que les aéronautes, eu redingo Le et haut-de-forme, ne prêtent aucune attention au paysage toujours charmant qui s’étale sous la nacelle.
- Sous l’hydravion de H. Fabre sont disposés, côte à côte, le train d’atterrissage de L’Oiseau Blanc de Nunges-ser et Coli, largué en plein vol et recueilli presque intact et le flotteur et le réservoir, vestiges du Latham 47 que Guilbaud, de Cuverville et Amundsen menaient à la recherche de L’Italia, ballon du général Nobile perdu dans le silence du Pôle. Ainsi se trouvent rassemblés, dans un émouvant voisinage, le premier oiseau des hommes qui vainquit la mer, et les derniers souvenirs de deux grands équipages qui y disparurent.
- Le Musée de l’Aéronautique est trop peu connu et trop peu fréquenté. Il a déjà rendu des services certains aux élèves des écoles techniques et militaires, aux agents des offices de brevets et de propriété industrielle, aux ingénieurs et au personnel des bureaux d’étude et des ateliers. Sans doute, il a contribué à l’éveil de vocations aéronautiques chez ses jeunes visiteurs. On voit aussi, par l’énumération incomplète qui précède, qu’il est certainement intéressant de le faire mieux connaître au public qui s’y familiarisera avec des appareils dont l’utilité lui deviendra, de jour en jour, plus immédiate.
- Par surcroît, tout, dans ce Parc de Chalais, évoque des souvenirs. Restes des jardins du château de Meudon, qui appartint au Dauphin fils de Louis XIV, c’est là que Coutelle et Conté construisirent les ballons des premiers aérostiers militaires, les « aérostatiers » de la bataille de Fleurus. Ce fut le berceau du premier appareil aérien dirigeable.
- Les aviateurs de guerre trouveront au Musée de l’Aéronautique les insignes d’un grand nombre d’escadrilles. Ils forment une fresque au haut des murs : Cigogne et Croix de Lorraine, Louve allaitant Romulus et Rémus, Escargot et Obus ailés, Pierrot dansant, bon bourgeois ébouriffé par le vent, Tête de Sioux, Cheval à bascule, Lune Rousse- qu’agace un chat, insignes inspirés par l’humour, emblèmes emphatiques, panache qu’une jeunesse ardente et glorieuse ajoutait aux cocardes de ses ailes!'
- Max Verneuil, Ingénieur au Corps de l’Aéronautique.
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- LES MOMIES ANGOISSÉES
- DES ANIMAUX MORTS D’INANITION
- De suite après la mort, les muscles deviennent flasques, ils ne prennent la rigidité cadavérique qu’au bout de cinq à six heures. Le cadavre perd donc l’attitude, la physionomie, l’expression qu’avait le mourant. Aussi dit-on que la mort apaise : elle est le grand repos avant la décomposition finale.
- Mais, en physiologie comme dans toutes les sciences, il n’y a point de lois absolues. On sait depuis longtemps que des soldats frappés à la tête par un boulet restent figés dans l’attitude qu’ils avaient au moment du choc. Ce fait avait été constaté dans la guerre de 1870-1871. Je me rappelle un article de La Nature représentant un soldat qui, frappé à la tête, à la bataille de Beaumont, tenait encore le bras levé pour boire dans son gobelet. Pareils cas ont été observés dans la dernière guerre; nous en ignorons le mécanisme.
- On a encore trouvé des momies humaines qui avaient gardé des attitudes contracturées. Une église de Bordeaux, Saint-Sauveur je crois, possède dans sa crypte une série de momies, d’ailleurs assez mal conservées, qui ont des poses crispées. D’après la légende la mort serait due à un empoisonnement!
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- L’attitude angoissée du cadavre momifié peut provenir d’une autre cause, de la mort par inanition com-
- Fig. 2.
- Autre momie du musée de l’abbé Bayol.
- Fig. 1.
- La momie d’un chien retiré d'un aven par M. l’abbé Bayol de Collias (Gard).
- plète avec suppression totale des aliments et des boissons.
- Vers 1902, on me signala un sculpteur de talent, alcoolique et morphinomane, qui se livrait dans les environs de Paris à un singulier métier : il faisait périr de faim et de soif de petits animaux : rats, souris, belettes, cobayes, serpents, et les moulait après leur mort. Il travaillait pour le compte d’un orfèvre qui s’inspirait de ces moulages pour ses créations artistiques!
- En 1914 MM. Lépinay et Thouvenel présentèrent à la Société de pathologie comparée (') deux momies de chats provenant de Saint-Pol-de-Léon en Bretagne. Des maçons les avaient emmurés en 1787 dans une soupente du collège, soit par inadvertance, soit par superstition pour conjurer le mauvais sort, soit par méchanceté. Quand, cent vingt-trois ans après, on détruisit le collège, on trouva les deux chats momifiés dans des poses exprimant la terreur et la souffrance mieux que n’aurait pu le faire le plus habile artiste. Un de ces chats était décharné, l’autre intact. On supposa que le plus vigoureux s’était,
- 1. Voir le numéro de cette revue, séance du 7 juillet 1914, p. 299.
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- Fig. 3.
- Momie de chai du musée de l'abbé Bayol.
- nourri de la chair de son compagnon avant de périr lui-même?
- En 1929, en rendant visite à l’abbé Bayol, de Collias (Gard), dans un but d’études préhistoriques, je fus surpris de trouver, dans son petit musée, des momies de chiens et de chats qu’il avait retirées d’avens; on donne ce nom à des gouffres qui sont nombreux dans les Cévennes.
- Les animaux peuvent y tomber accidentellement ou y être jetés par leurs propriétaires qui veulent s’en débarrasser. Je renvoie pour plus de détails sur ce sujet à un conte de Guy de Maupassant.
- Cës bêtes qui étaient mortes de faim et de soif avaient, elles aussi, gardé l’attitude, les gestes et la physionomie
- Fig. 4.
- Momie de chai angoissé de la collection d’Edouard Mérilc.
- angoissée qui exprimaient les souffrances physiques et morales de leur agonie.
- De tels sujets ne sont pas, comme on pourrait croire, exceptionnels. M. Édouard Mérite, le peintre animalier, bien connu, m’en a montré un échantillon dans ses collections et il a eu l’amabilité d’exécuter le beau dessin que je livre à l’admiration des lecteurs (fig. 4).
- Ces faits sont pleins d’enseignements pour le physiologiste, et lui posent plusieurs problèmes.
- On sait que les êtres qui périssent dans les pays très secs comme le Sahara, l’Égypte, le désert d’Ata-cama en Bolivie, ne se putréfient pas, et se momifient.
- Mais ici, les avens des Cévennes sont en général humides, en tout cas le climat de Bretagne l’est fortement.
- Il faut donc admettre que les tissus de l’animal qui périt de faim et de soif prennent une siccité particulière qui empêche la putréfaction et produit la momification.
- La mort par seule inanition alimentaire ne donne pas ce résultat, il faut la privation de liquides.
- En second lieu l’animal garde l’attitude qu’il avait dans son agonie. Le chat ouvre la gueule, montre ses dents qui veulent saisir la nourriture, arrondit son dos, dresse sa queue et ses oreilles, fléchit en avant ses membres antérieurs comme s’il voulait par un bond suprême échapper à sa destinée.
- Le chien a une attitude condensée, plus résignée : il est assis, les jambes ramenées sous le corps, la queue fléchie, le dos arrondi, les oreilles basses et la gueule ouverte pour implorer un aliment.
- Cette représentation émouvante rappelle certaines de nos gargouilles. Il se pourrait que nos « imaigiers » du moyen âge aient copié de tels modèles. D’ailleurs nous avons cité plus haut le cas de l’artiste qui les créait dans un but professionnel.
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- De telles momies peuvent-elles exister chez des hommes morts de faim et de soif?
- Il y a quelques semaines je lisais dans Y Illustration le récit d’une découverte faite en Espagne dans une église de l’Inquisition. Des travaux de réfection y mirent à jour une basse fosse pleine de momies humaines des deux sexes, raidies en des attitudes d’épouvante. Ne les ayant pas vues, je me borne à en signaler la découverte.
- Mais les physiologistes savent que chez l’homme la mort par inanition complète se produit souvent d’autre façon. Le cas de Yerbi,un Corse qui, en 1821, fut condamné à mort pour crime de vendetta et qui fit jusqu’au bout la grève de la faim et de la soif pour éviter la honte de l’échafaud, est ty-
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- pique (‘). Il écrivit fidèlement ses impressions et tint son journal jusqu’à la fin. Durant quinze jours il fut torturé, mais il constata que, les deux dernières quarante-huit heures, la faim et la soif avaient disparu : il se trouvait dans « le calme universel » et il mourut paisiblement.
- Rapprochez de cette observation le récit qu’on a fait au sujet de gens qui meurent de soif dans le désert : ils délirent, éprouvent des hallucinations agréables, voient des lacs où ils étanchent leur soif, font des repas somptueux, etc.
- Il peut donc exister, dans la mort par inanition, une opposition entre l’agonie de l’homme et celle de l’animal. Elle paraît tenir à une différence dans la mentalité.
- L’homme par vanité s’est décerné le titre d'Homo sapiens. Il est, avant tout et surtout, imaginativus. Les ethnologistes savent à quel point son imagination enfante les superstitions, les préjugés, les erreurs : magie, fasci-
- 1. Pour plus de détails voir dictionnaire de Physiologie de Richet, article inanition.
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- nation, possession, envoûtement, etc. C’est à grand’peine, par une culture intense, que quelques sujets d’élite brident en partie leur imagination et arrivent à acquérir un peu de sagesse.
- Cette imagination crée chez l’homme qui périt de faim et de soif des hallucinations opposées à la réalité.
- L’animal n’a point cette imagination. On m’a objecté qu’il avait des hallucinations dans ses rêves, où il se voyait poursuivant le gibier, etc. Mais il ne s’agit là que de l’éveil d’images emmagasinées dans la mémoire, d’une imagination reproductive et nullement créatrice, comme distinguent les psychologues (').
- Les lecteurs me pardonneront d’avoir insisté sur un sujet aussi macabre. Mais savoir comment nos organes, nos tissus, nos cellules, se comportent vis-à-vis de la mort, peut un jour nous faire comprendre comment ils vivent.
- Dr Félix Régnault.
- 1. Voir sur ce sujet le livre de Th. Ribot sur L’Imagination créatrice.
- LES ÉTOILES FILANTES ET LA TERRE
- LES POUSSIÈRES AÉRIENNES
- D’innombrables poussières flottent constamment dans l’air. D’une manière générale, leur présence s’explique par la quantité de débris organiques et de particules minérales de toutes sortes, soulevées du sol ou déversées dans l’atmosphère par la circulation, les millions de cheminées, les éruptions volcaniques. Susceptibles en raison de leur ténuité de rester un long temps en suspension, ces particules sont aisément charriées en tous sens au gré des vents et finissent par se déposer parfois bien loin de leur lieu d’origine. Cependant, en plus de ces faits si naturels, il en est d’autres qui méritent de retenir l’attention d’une façon toute spéciale, car ils nous posent un problème d’un très grand intérêt.
- Parmi les sédiments aériens, se rencontrent en tous lieux de nombreuses particules ferrugineuses, aux formes très caractéristiques pour la plupart, et qui ont été,disons-le de suite, assimilées à des éléments d’origine extraterrestre. Divers articles sur ce sujet captivant ont été publiés dans les premières années de La Nature; nos lecteurs qui en possèdent la collection les compulseront utilement (!), particulièrement ceux dans lesquels notre éminent fondateur, Gaston Tissandier, a exposé les résultats de ses recherches. Résumons-les brièvement.
- Depuis longtemps on sait que des matériaux tombent sur la Terre, sous forme d'aérolithes, ou météorites, atteignant parfois des dimensions considérables; on sait également que le fer et le nickel dominent dans leur composition. En ce qui concerne le cas présent, Ehrenberg, au milieu du siècle dernier, a examiné une poussière ferrugineuse provenant d’un aérolithe éclaté près du sol. Puis Nordenslcjold, au cours de ses célèbres voyages polaires, recueillit sur les glaces une grande quantité de ces parti-
- 1. Voir notamment années 1873, 1874, 1875, 1876, 1881, 1883, 1884.
- Fig. 1. — Exemples d’apparences des Etoiles filantes et des Bolides, et de leurs traînées. — Les traînées persistent souvent quelques instants après la disparition des brillants météores. (Observ. de Donville, Manche.)
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- Fig. 2. — Collections de sédiments aériens, rassemblées sur les arêlcs d’une couche de neige en voie de disparition.
- cules ferrugineuses auxquelles il attribua une origine nettement cosmique. Les recherches et analyses de Tissandier conduisirent à une conclusion analogue, mais avec quelques restrictions, car il fit remarquer par la suite que certains résidus d’usines se présentent avec des caractères identiques à ceux des fragments envisagés ici. Selon lui, cependant, cette constatation n’était pas suffisante pour expliquer l’abondance des poussières ferrugineuses qui se rencontrent partout, dans les régions les
- plus éloignées de tout centre humain, aussi bien sur les neiges polaires que sur celles des hauts sommets. Signalons néanmoins que la difficulté de faire la part des choses dans le mélange de tous ces éléments de provenance si différente, ne laisse pas de compliquer le problème à élucider, et que sans doute cette difficulté, à l’époque actuelle, n’a fait que s’accroître, en raison du formidable développement de toutes les manifestations de l’activité industrielle.
- Point n’est besoin d’insister pour faire ressortir tout l’intérêt de la question. Du point de vue astronomique elle se rapporte à l’étude des Étoiles filantes et des Bolides, auxquels, logiquement, on est conduit à attribuer ces menus fragments métalliques, si vraiment il s’agit d’une pluie constante qui tombe sur la Terre. Il serait très important, on le conçoit, d’avoir la preuve qu’il en est bien ainsi, et dans quelles proportions.
- LES ÉTOILES FILANTES ET LES BOLIDES
- Les Étoiles filantes et les Bolides, bien que très connus de tous dans leurs apparences, sont des phénomènes encore très énigmatiques, quant à leur cause première surtout. Cependant ils se passent tout près de nous. On les explique au mieux — toujours d’après les apparences— par des corps de dimensions inconnues, qui, sillonnant l’espace, rencontrent la Terre et pénètrent dans l’atmosphère qui l’environne. Leur mouvement rapide, qui est de l’ordre de 42 kilomètres par seconde, détermine un frottement intense et une compression de l’air, échauffant à tel point ces corps qu’ils deviennent incandescents. D’après la moyenne des mesures effectuées, l’apparition lumineuse d’une étoile filante commence vers 120 kilomètres d’altitude et se termine vers 80 kilomètres. Ainsi le phénomène visible se passe dans les hautes régions de la couche atmosphérique, très raréfiées certainement, mais sur lesquelles nos connaissances sont encore pratiquement nulles. Contentons-nous, momentanément, de nous demander ce qui résulte des suites de ce passage, se traduisant à nos yeux de si brillante façon.
- Beaucoup de ces météores semblent projeter des étincelles, et nombreux aussi sont les cas où les trajectoires restent marquées par une traînée phosphorescente, plus ou moins persistante (fig. 1), comme si quelque chose s’éteignait en se dispersant. Ces faits permettent donc de supposer que, quoique visuellement les Étoiles filantes paraissent s’anéantir, leur destruction n’est pas totale, et que les résidus quelconques de cette combustion rapide retombent ensuite très lentement sur le sol. C’est, dans l’ordre minuscule, ce qui semble bien se passer avec les fragments plus gros, capables alors de résister à la désagrégation, et que nous voyons arriver comme des blocs superficiellement fondus : les aérolithes.
- C’est donc à une pluie presque constante d’aérolithes microscopiques qu’on a attribué la présence des nombreux éléments ferrugineux rencontrés dans les sédiments aériens.
- Fig. 3. — Récolle, par filtrage, de neige fondue, dans une station aux Pyrénées.
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- Le fait eût été démontré en même temps que constaté, si les poussières terrestres étaient strictement organiques ou minérales. Mais nous avons souligné plus haut la difficulté qui se présente de la rencontre d’éléments identiques provenant des foyers industriels, principalement. Il faut donc envisager, comme nous le verrons plus loin, des méthodes d’investigation capables de nous renseigner avec quelque sûreté. Enfin, le but supposé• atteint, ces poussières ferrugineuses représentent-elles les résidus des Étoiles filantes et des Bolides? Ou bien de l’un seulement de ces deux phénomènes, entre lesquels divers auteurs admettent une distinction, malgré leurs apparences analogues? Le fait est qu’un Bolide, dans son apparition, peut très bien être assimilé à une énorme Etoile filante, ou inversement, une brillante Étoile filante être qualifiée de petit Bolide. Les premières sont infiniment plus nombreuses; on en observe chaque nuit, sillonnant le ciel dans les directions les plus quelconques, mais elles sont particulièrement abondantes à certaines époques de l’année où elles apparaissent en véritables essaims, ayant donné lieu parfois à des averses tout à fait remarquables. On connaît principalement celles du mois d’août, les Perséides (connues dans les campagnes sous le nom de Larmes de Saint-Laurent), puis les Léonides et les Andro-médides (ou Biélides) du mois de novembre. Alors elles paraissent toutes émaner d’un même point du ciel, ou radiant. Ce qui indique que chaque groupe suit dans l’espace une route déterminée que nous croisons périodiquement. Rappelons à ce sujet les remarquables travaux de Schiaparelli, qui a déterminé que les orbites de ces météores se confondaient sensiblement avec celles de certaines comètes. Par contre, les Bolides semblent tout à fait indépendants, ne présentant aucun caractère de périodicité : on les voit à des époques quelconques, et sans aucune direction prépondérante, ce qui a motivé de supposer la distinction précitée. Dans tous les cas, la première question qui se pose est celle de chercher à déterminer si les particules ferrugineuses qui se déposent autour de nous peuvent être vraiment attribuées aux résidus de ces corps célestes.
- Envisageons tout d’abord les procédés d’examen.
- LA RÉCOLTE DES FRAGMENTS MAGNÉTIQUES
- La pluie et la neige sont par excellence les agents permettant de recueillir au mieux de bonnes provisions de poussières aériennes, par concentration dans un récipient approprié. Sur les sommets pyrénéens j’ai fait aussi d’abondantes récoltes, lorsque, à l’époque de la disparition des neiges, par évaporation surtout, on voit les sédiments qui les salissent se réunir sur divers points (fig. 2) ; il suffit ainsi de gratter une petite quantité de neige pour recueillir des éléments aussi nombreux qu’après fusion d’une provision notable de neige fraîche. Lorsqu’il s’agit de sédiments en suspension dans l’eau recueillie (neige que l’on a fait fondre, ou eau pluviale), leur prélèvement se fait par filtrage ou par évaporation, après décantation du dépôt au fond du récipient collecteur. Le second procédé semble préférable en raison de la finesse des particules qui s’incorporent trop facilement dans la texture du papier filtre. Enfin des récoltes peuvent être
- Fig. 4. — Appareil récepteur des poussières aériennes, installé à l’Observatoire de Donville. — Le plateau supérieur contient un simple plat de porcelaine percé d’un trou au centre; au-dessous récipient de concentration. L’appareil se comporte comme un pluviomètre, mais sa large surface presque horizontale permet de recueillir facilement, par balayage, les poussières qui s’y déposent par temps sec.
- également effectuées sur des monuments, dans des coins abrités où les poussières se déposent et s’accumulent. Les sédiments une fois recueillis et bien asséchés, il est aisé d’en séparer les éléments ferrugineux ou nickellifères. Ces éléments étant magnétiques, leur prélèvement s’ob-
- Fig. 5. — Isolement, par un barreau aimanté enveloppé de papier de soie, des éléments magnétiques mélangés aux poussières aériennes.
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- tient par le moyen d’un barreau aimanté promené à faible distance au-dessus de la récolte (fig. 5); mais comme il est très délicat, après cela, de décoller les particules qui adhèrent à l’aimant, il m’a semblé plus commode d’envelopper celui-ci d’un mince papier de soie lisse que l’on sépare ensuite au-dessus d’une lamelle de verre où tombent les échantillons. Ainsi rassemblés, ces menus fragments, qui ont, pour la plupart, des dimensions de l’ordre d’une infime fraction de millimètre, sont examinés au microscope. Les figures ci-jointes (fig. 6 et 7), qui permettent de l’apprécier, montrent également leurs formes caractéristiques dont la plupart se rapportent, comme Tissandier l’avait remarqué, à des fragments
- montrant des traces manifestes de fusion : gouttelettes, larmes, etc.
- Relevées au hasard des circonstances, de telles récoltes, malgré leur intérêt, ne paraissent pas susceptibles d’aider à répondre à la question qui nous occupe. Seules des observations systématiques peuvent y prétendre, en permettant de rechercher utilement s’il y a corrélation entre le nombre des éléments recueillis et celui des météores en général. Déjà, en 1883, Yung avait constaté une quantité plus grande de ces particules fin novembre et commencement décembre, ce qui est en correspondance avec l’abondance des Étoiles filantes à cette époque de l’année. Cependant, afin d’éliminer toute cause d’erreurs
- Fig. 6. — Identité générale des particules magnétiques recueillies en diverses régions :
- A. Neige des Pyrénées; B. Région parisienne; C. Observatoire de Donville (Manche). D. Sud du Maroc.
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- Fig. 7. — Particules magnétiques recueillies à l'Observatoire de Donville, après le passage d'un Bolide, en septembre 1927. Exemple delà dimension des fragments qui étaient extrêmement nombreux; cette figure est, pour comparaison, à la même échelle
- quêta précédente. {Fig. 6.)
- ou de hasards fortuits, des observations répétées paraissent nécessaires. L’intérêt de la question m’a engagé à poursuivre des recherches dans ce sens depuis 1927, à mon observatoire de Donville.
- Autant que les circonstances le permettent, des récoltes sont effectuées par périodes de 10 jours à l’aide du simple appareil figuré ici (fig. 4). S’agit-il de jours pluvieux, le dépôt des poussières est rassemblé au fond du récipient de ce simple pluviomètre. La période est-elle sèche, les poussières parsèment la surface réceptrice, où elles sont recueillies par balayage à l’aide d’un pinceau.
- CONCLUSIONS
- L’ensemble des résultats, jusqu’à présent, semble bien confirmer qu’en majorité les particules magnétiques sont d’origine extra-terrestre. Quoique les séries présentent de notoires irrégularités, ces fragments sont, en moyenne, plus abondants aux époques riches en météores. Quelques observations effectuées au sud du Maroc, par un obligeant correspondant, pendant l’été 1929 et simultanément avec les miennes, paraissent bien mettre le fait en évidence. Puis, certaines particularités sont très significatives. Ainsi le nombre des particules rencontrées n’est pas proportionnel à la très variable quantité des poussières aériennes déposées suivant les circonstances météorologiques : à Donville, au bord de la mer, pendant des périodes où les vents soufflaient constamment du large, les éléments magnétiques se sont déposés parfois en
- nombre plus grand que pendant des périodes de vent de terre, charriant' une proportion très élevée de multiples éléments d’origine franchement terrestre. Certaines périodes ne fournissent même aucun élément ferrugineux.
- A ces faits assez probants, ajoutons une observation qui en augmente certainement le poids. Deux jours après le passage d’un énorme bolide, en septembre 1927 — rappelons, ce qui peut expliquer bien des irrégularités, que de fines particules flottent longtemps avant de retomber — on recueillit des fragments si nombreux ou si volumineux (fig. 7) que leur présence se constatait à l’œil nu, à la surface de l’appareil récepteur. L’intérêt de cette observation est renforcé par l’examen du caractère des fragments qui paraissent, dimensions à part pour certains, tout à fait analogues à ceux qui se recueillent plus nombreux après les périodes d’Etoiles filantes. Ainsi semble se confirmer l’hypothèse que tous ces corps célestes pourraient bien être de même nature, conformément à leurs apparences.
- Jusqu’à présent on avait surtout observé visuellement les météores, quant à leur nombre et à leurs trajectoires. Il apparaît que des recherches, somme toute assez simples, effectuées simultanément en des régions variées, et aussi nombreuses que possible, fourniraient des données d’un grand intérêt, en précisant et complétant les premiers résultats qui viennent d’être exposés.
- Lucien Rudaux.
- Observatoire de Donville (Manche)
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- DIFFRACTION DES RAYONS X
- PAR LES CRISTAUX
- Êfp/an réticulaire
- !e.np/an réticulaire
- Fig. 1. — Réflexion des rayons X sur les plans réticulaires d’un cristal.
- On avait en 1912 de fortes raisons de penser que les rayons X étaient des radiations analogues à la lumière et de longueur d’onde environ 10 000 fois plus courte; mais on n’avait à ce moment aucun moyen de mesurer de telles longueurs d’onde. Les diverses méthodes utilisées en optique étaient impuissantes avec ces nouvelles radiations. C’est alors que Laüe pensa à utiliser les cristaux comme réseaux de diffraction. Les réseaux utilisés en optique sont des surfaces transparentes ou réfléchissantes sur lesquelles on a tracé un grand nombre de traits fins parallèles et équidistants (par exemple 500 par millimètre). A l’aide de ces instruments, on peut obtenir des spectres d’une très grande perfection.
- Pour appliquer cette méthode aux rayons X, il fallait donc des réseaux comportant cinq millions de traits par millimètre, soit des traits distants de 2 angstrôms (1 angstrom vaut un cent-millième de centimètre). Or la distance des atomes dans un cristal est précisément de cet ordre de g andeur.
- On connaît en effet le nombre de molécules que renferme
- Fig. 3. — Méthode du cristal tournant.
- Rayons X
- /T. Cristal
- une molécule-gramme d’une substance quelconque. On appelle ce nombre : nombre d’Avogadro, et sa valeur est 6,06.102'1. Si donc on connaît l’arrangement des molécules dans le cristal, il est facile d’en déduire leurs distances. En tout cas, en faisant des hypothèses simples sur la structure cristalline, on peut connaître l’ordre de grandeur de ces distances et l’on savait en 1912 que cet ordre de grandeur est précisément celui qui convient pour un réseau capable de difîracter les rayons X.
- THÉORIE DE LA DIFFRACTION PAR LES CRISTAUX
- Cherchons d’abord à comprendre ce qui se passe lorsqu’un cristal reçoit un faisceau de rayons X.
- On peut considérer un cristal comme formé de lames superposées appelées plans réticulaires et renfermant chacune des atomes groupés dans un certain ordre. Cha-
- Ampoule à rayons X
- Ecran eiy plomb
- Cristal
- Cathode
- Tube de plomb
- Fig. 2. — Expérience de Laüe.
- cune de ces lames se comportera comme un miroir et réfléchira les radiations suivant une direction telle que l’angle de réflexion soit égal à l’angle d’incidence. Mais cette lame est très peu réfléchissante et, pour qu’on ait une intensité notable dans cette direction, il est nécessaire que toutes les lames envoient des vibrations concordantes : ce qui impose la relation suivante, généralement appelée relation de Bragg :
- (1) n = 2d sin 9
- où 9 est l’angle du rayon incident ou du rayon réfléchi avec le plan réticulaire, d la distance de deux plans réticulaires successifs, À la longueur d’onde de la radiation et n un nombre entier.
- Soient AR, et BR2 deux ondes réfléchies provenant de la réflexion d’une même onde incidente sur deux plans réticulaires successifs (fig. 1). L’onde BR2 se propage derrière fonde BR: à la distance BG. Les deux trains d’onde sont en accord de phase si BC est un multiple entier de la longueur d’onde. Représentons par i l’angle d’incidence et par d la distance des deux plans réticulaires. Soit D le symétrique de B par rapport au premier plan réticulaire. Dans le
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- triangle BDC, on a BD = 2 d et angle DBC = i; donc BC = 2 d cos i et la condition d’accord des phases entre les ondes réfléchies est donc :
- n a = 2 d cos i — 2 d sin 0
- en appelant n un nombre entier et 0 le complément de l’angle d’incidence, c’est-à-dire l’angle du rayon avec le plan réticulaire. Il est d’ailleurs évident que si cette condition est vérifiée pour deux plans successifs, elle l’est encore pour deux plans réticulaires quelconques.
- Dans un cristal les atomes sont situés aux nœuds d’un réseau, et par suite il y a plusieurs façons de grouper les atomes pour former des plans réticulaires. Nous aurons donc pour une même longeur «l’onde et une même valeur de n plusieurs angles de « réflexion sélective ».
- DIAGRAMMES DE LAÜE
- Les premières expériences de diffraction par les rayons X sont dues à Laüe. Les rayons sont canalisés par un tube de plomb de façon à ne laisser passer qu’un faisceau étroit, puis tombent sur une lame cristalline qui les difîracte. A quelques centimètres se trouve une plaque photographique recouverte de papier noir pour la protéger de la lumière (fig. 2).
- La figure 5 représente deux clichés obtenus par ce procédé. Chaque tache correspond à un plan réticulaire différent.
- Cette figure représente le diagramme de la svlvine cristal naturel de chlorure de potassium. Le cliché révèle à première vue une symétrie d’ordre 4, c’est-à-dire que la figure coïncide avec elle-même lorsqu’on le fait tourner d’un quart de tour. La direction de propagation des rayons X est donc un axe de symétrie d’ordre 4. Le cristal appartient d’ailleurs au système cubique et le faisceau de radiations tombe normalement à une des faces du cube, ce qui est est bien d’accord avec ce qu’on peut déduire de la symétrie des taches.
- MÉTHODE DU CRISTAL
- TOURNANT
- Faisons tomber sur un cristal taillé parallèlement à un plan réticulaire un pinceau de rayons délimité par une fente.
- Il n’y aura réflexion sur ce plan que si le pinceau contient une radiation de longueur d’onde :
- Fig. 4.
- Diagramme de Laüe de la sylvine KCI.
- , n
- On a construit sur ce principe des spectrographes à rayons X. Le faisceau diaphragmé par des fentes F F', perpendiculaires au plan de la figure est reçu par un cristal qui est entraîné d’un mouvement de rotation uniforme très lent au moyen d’un mécanisme d’horlogerie (fig. 3). Les rayons diffractés viennent ensuite frapper la plaque photographique P.
- A chaque position du cristal correspond une direction de rayon réfléchi, c’est-à-dire une raie, si la source est une fente. Mais il n’y aura impression que si la source contient
- la. radiation de longueur d’onde ~k — - sin 0. On obtient
- ainsi plusieurs spectres superposés correspondant aux différentes valeurs de n ('). Mais heureusement il est assez
- 1. Le nombre n s’appelle l’ordre du spectre.
- Fig. 5.-—Deux beaux diagrammes de Laüe. (Cl. de M. Ch. Mauguin.) A gauche : mica muscovite. A droite mica biotite.
- L’étude des micas pai la diffraction des rayons X a permis à M. Mauguin de jeter une vive lumière sur la composition encore énigmatique
- de ces substances très diverses.
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- Fig. 6. — Spectre du tungstène par la méthode du cristal tournant.
- facile de distinguer les spectres des différents ordres.
- On voit sur le cliché 6 qu’une ampoule à rayons X émet :
- 1° Un spectre continu ;
- 2° Un spectre de raies caractéristique du métal de l’anticathode (‘) (tungstène dans le cas du cliché 6).
- Une tache noire intense indique la trace du faisceau non dévié. On peut déterminer avec précision la longueur d’onde des raies d’émission de l’anticathode à condition de connaître d. Or nous avons vu plus haut que les distances réticulaires peuvent être calculées si l’on connaît la structure du cristal. Les diagrammes de Laüe nous renseignent à ce sujet. Le calcul est facile pour les cristaux présentant une grande symétrie, comme le sel gemme, le spath d’Islande, qui sont généralement utilisés dans les spectro-graphes, tant pour cette raison que parce qu’on en trouve de très beaux échantillons dans la nature.
- Une fois connues les longueurs d’onde, il est facile de suivre le chemin inverse et de se servir de la relation de Bragg pour déterminer les distances réticulaires des cristaux plus complexes.
- ANALYSE DES POUDRES CRISTALLINES (METHODE DE DEBYE-SCHERRER)
- Au lieu d’utiliser un cristal tournant, on peut broyer très finement des cristaux, les agglomérer au moyen d’une substance amorphe comme le collodion ou simplement les enfermer dans un sachet en papier qu’on interpose sur le trajet d’un faisceau de rayons X monochromatiques, c’est-à-dire ne comportant que des radiations d’une seule longueur d’onde. On a ainsi d’innombrable; cristaux microscopiques (de l’ordre du centième de millimètre) qui se présentent aux radiations suivant toutes les orientations possibles (fig. 7).
- Considérons tous les plans réticulaires dont l’intervalle a une valeur donnée d. Seuls ceux qui se présentent sous
- un angle, B satisfaisant à la relation de Bragg donneront lieu à une i éflexion. On aura donc sur -la plaque une série d anneaux centrés
- 1. Dans une ampoule à rayons X les électrons émis par | la cathode viennent frapper une électrode en métal réfractaire-appelée anticathode. Les rayons X résultent du choc que subissent les1 électrons (fig. 2).
- sur le rayon incident (fig. 8). Du diamètre de ces anneaux on peut déduire les distances réticu’aires. La méthode pe met donc d’étudier des structures cristallines, comme la méthode de Laüe. Cependant l’interprétation en est p'us délicate, et on ne l’utilise que lorsque le corps étudié ne donne pas de gros cristaux.
- La plaque photographique ne permet d’observer les rayons difïractés que dans une petite portion de l’espace; aussi a-t-on avantage à utiliser un film circulaire, comme l’indique la figure 9 (ce dispositif peut être aussi utilisé avantageusement dans la méthode du miroir tournant). On obtient alors des diagrammes analogues au cliché 9. Ce dernier a été obtenu en plaçant en C une mince feuille de cuivre. Remarquons en effet qu’un métal est constitué par un agrégat de cristaux microscopiques orienté en tous sens et se comporte donc comme une poudre cristalline. Un petit disque de plomb placé au centre de la pellicule empêche le faisceau non diffusé de l’impressionner, afin d’empêcher le voile par irradiation.
- La méthode de Debye-Scherrer a montré qu’il n’existe pour a’nsi dire pas de corps qui se comportent comme rigoureusement amorphes Ainsi les liquides donnent un seul anneau, flou en général, mais quelquefois assez net comme dans le cas du cyclohexane (fig. 11). Ce phénomène révèle un certain ordre dans les arrangements des molécules à l’intérieur du liquide.
- FASER-
- DIAGRAMMES
- Plaçons sur le trajet d un faisceau de rayons X monochromatiques un corps à structure fibreuse, les fibres étant normales au faisceau. Les petits cristaux ou cristallites ont alors en général un axe dirigé suivant la direction des fibres.
- Dès lors l’intensité des anneaux n’est plus uniforme. Les rayons diffusés se concentrent sur des taches réparties le long de ces anneaux. La figure 12 représente le diagramme d’un fil d’aluminium étiré. La filière a eu pour effet d’orienter plus ou moins les cristallites suivant la direction de traction.
- STRUCTURES CRISTALLINES
- Parmi les différentes formes cristallines, celles qui présentent le maximum de symétrie appartiennent au système cubique. Cette dénomination est antérieure à la découverte des rayons X, et indique que les cristaux de ce système possèdent les symétries du cube. Nous nous bornerons à l’étude de ce système, d’abord parce qu’il est le plus simple et ensuite parce que c’est lui qui a fourni les résultats les plus complets et les plus sûrs. Occupons-nous d’abord des corps simples, c’est-à-dire de ceux qui ne renferment qu’une sorte d’atomes.
- Cube simple. — La maille cubique la plus simple est
- Hayons X monochromatiques
- Bâtonnet de poudre cristalline agglomérée
- Plaque
- pnotographiqi
- Fig. 7.
- Expérience de Debye-Scherrer.
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- consti tuée par six atomes disposés aux sommets d’un cube (fîg. 13). Nous distinguerons trois sortes de plans réticulaires principaux :
- 1° Ceux qui sont parallèles aux plans des faces, tels que ÂBCD, nous les appellerons les plans 1.
- 2° Ceux qui passent par deux arêtes du cube non situés dans une même face (tels que AEGC) et qui contiennent par suite les diagonales du cube ; ce seront les plans 2.
- 3° Les plans qui ne contiennent aucune arête, mais passent par trois sommets non adjacents tels que EBD. Ils sont normaux aux diagonales du cube. Ce seront les plans 3.
- Nous désignerons les distances réticulaires de ces plans par d , dïf d.. Ces distances sont entre elles comme :
- 1 L
- 1 ’ s/2 ’ vrô
- Fig. 10. — Spectre du cuivre par la méthode Debye-Scherrer.
- Donc une simple mesure des distances réticulaires principales au moyen de la formule
- n\~2d sin 9
- nous montrera si nous avons affaire à une maille cubique simple. Dans ce cas en effet, les valeurs de sin 9, pour une même valeur de n et de A. sont entre elles comme :
- 1 ,, <JÎ , v/3
- Cube centré. — Ajoutons un atome au centre de la maille et nous avons le cube centré (fig. 14). On voit immédiatement que d est deux fois plus petit. Faisons remarquer qu’il y a autant d’atomes dans le plan parallèle aux faces passant par le centre que dans les autres. Pour s’en rendre compte, il suffit de prolonger par la pensée le réseau cristallin.
- Les plans n° 2 conservent la même distance, mais les plans n° 3 sont aussi deux fois plus serrés.
- Par conséquent les valeur.» de d sont entre elles comme
- \ ^
- et celles de sin 9 comme :
- 1 2
- 2 —
- \2 >/3
- Cette maille est celle des métaux alcalins (potassium, sodium, lithium) et d’un certain nombre d’autres métaux (chrome, vanadium, molybdène, etc...).
- Cube à faces centrées. — Partons toujours du cube simple et ajoutons un atome au centre de
- Fig. 12. — Faserdiagramme. d’un fil d'aluminium étiré.
- Poudre cristalline
- plomb
- Fig. 9. —• Analyse d'une poudre cristalline.
- chaque face. Nous aurons le cube à faces centrées (fig. 15).
- Les plans 1 et 2 sont deux fois plus serrés, tandis que l’équidistance des plans 3 reste la même. Les distances des plans réticulaires principaux sont donc en elles comme :
- 1 v/2
- 2 T
- et les sinus des angles 9 comme :
- 2
- 2
- V/3
- Telle est la maille cristalline d’un grand nombre de métaux : aluminium, calcium, cobalt, nickel, cuivre, argent, platine, or, etc...
- Type diamant. — Les édifices du type diamant comportent :
- 1. une maille cubique à faces centrées.
- 2. à l’intérieur de cette maille, 4 atomes supplémentaires disposés aux sommets d'un
- tétraèdre î égulier comme l’indique la figure 16.
- Type hexagonal compact.
- — Nous citerons enfin un très proche parent du système cubique, le type hexagonal compact. La figure 17 fera très bien comprendre la structu:e de la maille. A ce type appartiennent les cristaux de magnésium, cobalt, zinc, cadmium, etc.
- Fig. 11.
- Diagramme du cyclohexane.
- Corps composés. — Un des faits les plus frappants révélés parles analyses de structures cristallines à l’aide de rayons X est que, dans les corps composés, ce ne sont pas les molécules, mais les atomes qui sont disposés aux nœuds du réseau cristallin.
- Ainsi dans le chlorure de sodium, les atomes de chlore et les a'ornes de odium forment respectivement des mailles cubiques à faces centrées, l’ensemble constituant un réseau cubique simple On s’explique ainsi la différence constatée entre les spect es de rayons X obtenus au moyen du sel gemme (Na Cl) et de la sylvine(KCl) (fig. 18), différence qui a beaucoup troublé les physiciens au début, car on avait alors toutes s.ortes dé raisons d’attribuer à ces deux corps une même structure cristalline.
- La diffraction par les atomes ne dépend, en effet que du
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- Fig. 13.
- Fig. 14.
- Cube simple. Cube centré.
- Fig. 15. — A gauche : Cube à faces centrées. — A droite :
- Autre manière d’envisager le cube à faces centrées, obtenue en déplaçant les atomes dans le sens vertical de la moitié de la longueur de l’arête.
- poids atomique de l’élément (‘). Ainsi les atomes K et Cl sont sensiblement équivalents, puisque le poids atomique du potassium est 39 et celui du chlore 35,5. La sylvine se comporte donc exactement comme un réseau cubique simple, tandis que le sodium et le chlore ayant des poids atomiques très différents (Na = 23), l’ensemble de deux
- 1. Plus exactement la diffiaction dépend du nombre d’électrons qui gravitent autour du noyau. Ce nombre, appelé nombre atomique, est voisin de la moitié du poids atomique. Il est égal à 19 pour le potassium et 17 pour le chlore. Mais il est très probable que les atomes du cristal sont ionisées, c’est-à-dire que le potassium a cédé un électron au chlore. Dans ce cas chacun des atomes comporterait 18 électrons et diffuserait exactement de la même façon les rayons X. Le nombre atomique du sodium n’est, au contraire, que 11 et le sodium ionisé ne comporterait que 10 électrons, diffusant ainsi beaucoup moins que le chlore.
- réseaux cubiques à faces centrées et diffusant inégalement donne des résultats assez complexes.
- L’étude des corp composés, surtout lorsque le nombre d’atomes compris dans la molécule est un peu grand, est beaucoup plus difficile que celle des corps simples. On a pu cependant débrouiller la maille cristalline d’un grand nombre de corps.
- Les phénomènes de diffraction des rayons X n’ont pas seulement un grand intérêt théorique parce qu’ils nous ont permis de mesurer la longueur d’onde de ces radiations et de pénétrer la structure atomique des cristaux, mais encore ils sont susceptibles d’applications pratiques des plus intéressantes, surtout dans le domaine de la métallo-graphie. Nous en dirons un mot dans un prochain article.
- J. Rernamont,
- Agrégé de l’Université.
- O atomes de chlore
- sodium ou potassium
- Fig. 16 (à gauche). — Édifice atomique du diamant. Fig. 17 (au milieu). — Assemblage hexagonal compact [magnésium, cobalt, zinc, etc.).
- Fig. 18 (à droite). — L’édifice atomique du sel gemme (NaCl) et de la sylvine (KCl).
- Les boules blanches représentent les atomes de chlore, les boules noires les atomes de sodium ou de potassium.
- L’ORIENTATION DES FOURMIS -......
- COMMENT UNE FOURMI RETOURNANT SEULE AU GITE RETROUVE-T-ELLE SON ORIENTATION VERS LE NID?
- Cueillons une fourmi à la sortie du gîte, et déposons-la à une distance de quelques mètres pour la soustraire à l’attraction olfactive du nid. Elle se mettra à la recherche d’une provende, et dès qu’elle l’aura trouvée, elle s’apprêtera à retourner au nid; mais c’est en vain quelle cher-
- chera sa route : elle ira, reviendra, tournoiera, et cela pendant de longues heures sans pouvoir arriver à s’orienter. Cette fourmi est égarée, et nous devons renoncer à tout espoir de la voir rentrer au nid. Tout autre est le comportement de la fourmi qui part spontanément en
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- explora trice et se dirige librement, allant au hasard devant soi en quête de la provende qu’elle trouvera à son goût. Dès que celle-ci sera en sa possession, elle reprendra sa course en sens inverse, et, d’une allure dégagée, rapide, sans aucune hésitation, elle atteindra les approches du nid absolument comme si elle avait suivi un chemin tout tracé. Une telle constatation nous oblige d’admettre que cette deuxième fourmi s’est guidée pour le retour sur des points de repère dont elle a jalonné la route durant l’aller ou qu’elle utilise certains documents recueillis et fixés dans sa mémoire tandis qu’elle se rendait à la provende.
- C’est le chemin de l’aller qui lui trace le chemin du retour, et si notre première fourmi n’a pu retrouver aucun chemin de retour c’est uniquement parce qu’elle n’a suivi aucun chemin d’aller, ce qui revient à dire que le retour est fonction de Valler.
- Mais quels sont les documents qui, au retour, indiquent à la fourmi son orientation vers le nid? Ces documents qui paraissent lui indiquer sa route, la fourmi les prend-elle en dehors d’elle ouïes tire-t-elle de son sensorium? On a répondu à ces questions par diverses hypothèses qui ont été émises à la suite cl’une expérience faite en 1904 par Piéron, expérience que Y. Cornetz qualifie à bon droit de capitale et qui a servi dans la suite de point de départ et de base à toutes les recherches sur l’orientation des ourmis.
- Piéron fit engager sur un support une fourmi exploratrice revenant au gîte, et la transporta sur un autre point. Il observa alors que l’insecte, sur . ce nouveau terrain, continuait sa course dans le sens de la direction qu’il possédait lorsqu’il avait été pris, ou dans un sens parallèle à cette direction, et cela sur une longueur qui était sensiblement égale à la longueur du chemin qui lui restait à faire pour atteindre les approches du nid si on ne Vavait pas déplacé. Arrivée à la limite de cette longueur, la fourmi renversait le mouvement ou se mettait à tourner.
- Il semblerait donc qu’en la circonstance tout s’était passé comme si la fourmi avait été capable d’estimer, en un point quelconque de son retour, la distance approximative qui lui restait à parcourir pour retrouver le nid.
- Le résultat de cette expérience amena Piéron à conclure qu’il y avait chez la fourmi un mode d’orientation consistant en « une mémoire musculaire, la mémoire des divers mouvements effectués pour aller d’un point à l’autre, mémoire réversible et permettant ainsi le retour au lieu d’origine ». La fourmi reproduirait lors de son retour une suite de mouvements musculaires, successions d’attitudes « qui serait comme une reproduction cinématographiquement inverse, exacte ou approchée, de tous les mouvements faits lors de son aller ».
- V. Cornetz n’accepte pas cette conclusion, et très judicieusement fait observer « qu’une faculté d’estimation de la distance, faculté grossièrement podométrique ou taximétrique n’a rien à voir avec l’orientation. Un podomètre n’est pas une boussole. On voit bien l’élément musculaire, enregistrant et totalisant plus ou moins grossièrement de par ses contractions une quantité d’efforts moteurs, procurer ainsi une donnée sensorielle de distance
- = 449 =====
- parcourue. On ne le voit pas enregistrant une direction de l’espace (‘) ».
- Et, en réalité, un détail très important de l’expérience avait échappé à Piéron ainsi d’ailleurs qu’à Lubbock qui, avant ce dernier, à son insu, avait réalisé une expérience analogue. L’un et l’autre avaient observé que la fourmi transportée sur un autre terrain continuait sa route dans le sens de sa première direction ou dans un sens parallèle, mais ils n’avaient accordé aucune signification à ce fait et n’en avaient pas cherché l’explication. C’est à V. Cornetz que revient le mérite de l’avoir mise en évidence et d’avoir montré tout l’enseignement qu’il comportait.
- Une grosse fourmi Messor, portant une graine, revenait vers son nid en marchant du Nord au Sud. V. Cornetz la prit délicatement par la pointe de la graine et la posa autre part, mais avec la tête vers l’Est. Or, avant que la
- Fig. 1 (Expérience I).
- (/ 1). — Fourmi isolée relournanl au nid, éclairée à droite par le soleil (S) qui se trouve à l'Est : elle se dirige vers le Nord. Placée en direction Sud-Est (/ 2), ou en direction Sud-Ouest (f 3), elle réagit par un mouvement en sens inverse et reprend sa direction Nord (f 1). Placée en direction Nord-Ouest (/ 4), elle retourne encore à sa direction Nord (f 1), mais directement sans rétrograder.
- fourmi continuât sa route, il la vit replacer tout d'abord la tête vers le sud. Il multiplia les expériences, et toujours la fourmi reprenait sa première direction. Ce détail n’échappa pas au judicieux observateur, il lui apparut comme essentiel : il témoignait, de la part de la fourmi, d’une étonnante faculté de réorientation qu’il lui paraissait impossible d’attribuer au sens musculaire. « L’insecte en effet, notait V. Cornetz, n’a fait aucun effort moteur. La fourmi ne s’est pas mue en tournant d’elle-même du sud vers l’est, mais on Va mue. Elle a donc subi passivement un quart de rotation, mais elle a eu la sensation de l’angle ainsi décrit, la sensation de la différence entre l’attitude sud et l’attitude est, puisque, au dépôt à terre, elle a replacé l’axe de son corps en tournant en sens inverse. L’insecte peut donc enregistrer un angle indépendamment de tout effort moteur de sa part, c’est-à-dire un déplacement angulaire qu’il a subi. »
- 1. Victor Cornetz : Les explorations et les voyages des fourmis, Paris 1914.
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- Piéron n’avait pas su tirer de son expérience tou Les les conclusions quelle comportait, et V. Cornetz compléta son observation en montrant cjue la fourmi, alors qu’on la déplace, non seulement prend une direction parallèle à celle qu’on lui a fait quitter, mais encore qu’elle corrige la déviation angulaire qu’on lui a fait subir lorsqu’on l’a déposée sur le nouveau terrain. Or, d’après les expériences que nous avons entreprises pour vérifier le fait indiqué par Y. Cornetz, il nous a paru que l’expérience de cet observateur était elle-même incomplète : elle n est vraie quà moitié. Poussée plus loin cette expérience nous a amené à une conclusion qui infirme celle de Y. Cornetz puisqu’elle ne nous permet pas d’admettre chez la fourmi l’existence d’un sens des angles.
- Cette expérience et celles dont nous parlerons plus bas ont été faites avec VAphaenogaster structor, fourmi noire à grosse tête, très commune en Provence.
- Expérience I. —• Une fourmi isolée (/ 1, fig. 1) revient au nid avec provende : elle se dirige du Sud au Nord, éclairée à droite par le soleil qui se trouve à l’Est. Délicatement, à l’aide d’une pince, nous la saisissons par la provende, et nous lui faisons subir de gauche à droite un mouvement de rotation qui place l’axe de son corps dans la direction Sud-Est (/ 2). Conformément à ce qu’a observé V. Cornetz, nous voyons la fourmi corriger l’orientation que nous lui avons imposée : elle exécute un mouvement de rotation en sens inverse qui la remet dans sa première orientation (/ 1), et elle reprend sa marche dans la direction Nord. Il en sera de même pour tout autre déplacement plus considérable pourvu que la nouvelle orientation imposée à la fourmi reste au-dessous de la ligne SR menée du lieu d’expérience en direction du soleil, source éclai-
- rante. C’est ainsi, par exemple, que si nous plaçons la fourmi en orientation Sud-Ouest (/ 3) nous la voyons, comme dans le cas précédent, par un mouvement de droite à gauche, revenir spontanément au point de départ (/1) pour continuer sa marche dans la direction Nord. Mais si, par une déviation d’une plus grande amplitude, nous amenons la fourmi à occuper une position telle que (/ 4) en orientation Nord-Ouest située au-dessus de la ligne solaire SR, la réaction de l’insecte change. La fourmi, comme ci-devant, revient à son orientation première (/ 1), mais non plus par un mouvement de droite à gauche, inverse de celui du déplacement imprimé; elle y revient en continuant le mouvement dans le sens même, de gauche à droite, cest-à-dire en tournant directement au Nord-Ouest au Nord.
- Si, faisant subir à la fourmi un tour complet, nous la replaçons dans sa direction Nord, l’insecte, sans aucune hésitation, continue tranquillement sa route et ne manifeste par aucun signe qu’il ait emmagasiné dans son sensorium la perception d’une rotation de 360 degrés. Si, accentuant encore le mouvement de rotation, nous déposons la fourmi à l’Est, après l’avoir fait tourner de 360+90 degrés, c’est-à-dire si nous lui faisons subir un tour complet plus un quart en la faisant passer successivement par l’Est, le Sud, l’Ouest et le Nord pour la déposer à l’Est, nous voyons bien la fourmi revenir en sens inverse ; mais, au lieu de faire un tour et quart, elle se contente de se déplacer d’un quart de cercle, et reprend sa marche vers le Nord dès qu’elle se trouve à nouveau orientée dans cette direction.
- Nous avons répété l’expérience un nombre de fois plus que suffisant pour affirmer que le résultat est constant. Si la fourmi, pour revenir à son point de départ, se laissait guider par le sens des angles, si elle avait la notion des déviations angulaires et en gardait le souvenir, elle devrait, dans tous les cas, par un mouvement de rotation en sens inverse et adéquat à celui qu'on lui a fait subir, corriger les angles de déviation. Or, notre expérience démontre le contraire ét, parsuite,se trouve prise en défaut la preuve, la seule preuve sur laquelle on s’appuie pour affirmer l’existence chez la fourmi d’un sens des angles.
- En la circonstance, il nous a semblé que la fourmi retrouvait son orientation en tournant dans le sens qui apparaissait comme devant lui rendre, par le chemin le plus court, son éclairage primitif.
- Lorsque, au début, la fourmi se dirigeait spontanément vers le Nord, elle se trouvait éclairée par le côté droit, puisque la lumière solaire, avons-nous dit, lui venait de l’Est. En l’orientant de force vers le Sud-Est ou le Sud-Ouest, nous avons changé son éclairage : nous avons mis dans l’ombre le côté droit qui était éclairé, et avons éclairé le côté gauche qui, jusque-là, était dans l’ombre. C’est pourquoi la fourmi a réagi par un mouvement de rotation en sens inverse, mouvement qu’elle a continué jusqu’à ce que, le côté droit recevant le même éclairage, elle fût informée qu’elle se trouvait dans son orientation primitive. Si elle n'a pas continué le mouvement de rotation vers l’Ouest, c’est parce qu’elle a eu la perception que ce mouvement, en s’accentuant, loin de la ramener à son premier éclairage, l’en éloignait davantage. Mais lorsque,
- Fig. 2 (Expérience II). f Fourmi se déplaçant dans un tube de verre AB : elle se dirige vers le Nord, éclairée à droite par le soleil S. Si, durant qu’elle chemine, on retourne le tube bout pour bout en BA, la fourmi se trouve éclairée par sa gauche : elle fait aussitôt un demi-tour sur elle-même pour retrouver son éclairage par la droite et reprendre sa marche vers le Nord.
- (Expérience VI). f Fourmi se déplaçant dans le tube de verre AB dont la paroi gauche est opaque et la paroi droite transparente. Si, durant qu’elle chemine vers N, on retourne le tube bout par bout en BA, la fourmi, se trouvant touj ours éclairée par la droite puisque le côté gauche est opaque, ne corrige pas la fausse orientation qu’on lui a imposée : elle ne• fait aucun demi-tour sur elle-même et retourne en M, son point de départ.
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- déplaçant la fourmi de trois quarts de cercle et plus, nous l’avons déposée au-dessus de la ligne solaire RS, orientée vers le Nord-Ouest, l’éclairage primitif de la fourmi ne s’est pas trouvé changé : côté droit éclairé, côté gauche dans l’ombre. C’est pourquoi, en la circonstance, le comportement de la fourmi a été tout autre que dans le premier cas : au lieu de corriger par un mouvement de rotation en sens inverse la déviation angulaire que nous lui avons fait subir, la fourmi, contrairement à ce qu’elle a fait lorsqu’elle se trouvait orientée vers le Sud-Est, ou le Sud-Ouest, a prolongé le mouvement de déviation, et cela parce qu’elle a eu la perception qu’en continuant ce mouvement elle se rapprochait de son éclairage primitif, tandis qu’elle s’en écartait en rétrogradant.
- C’est pour les mêmes raisons que la fourmi, après un tour complet ou plusieurs tours complets sur elle-même, ne fait aucun mouvement de correction : une rotation ou plusieurs rotations de 360 degrés, en effet, la ramenant à son point de départ, ne changent en rien les conditions de son éclairage. Et ainsi s’explique encore pourquoi la fourmi revient de 90 degrés, mais de 90 degrés seulement lorsque, après un tour complet de 360 degrés, nous prolongeons le mouvement de rotation de 90 degrés, c’est-à-dire jusqu’à l’Est.
- L’opinion que nous émettons ici lorsque nous disons que la fourmi s’oriente sur le soleil, n’est qu’une hypothèse, mais on conviendra que cette hypothèse n’est pas absolument gratuite si on cherche à trouver une explication aux constatations que notre expérience nous a permis de faire. Et nous sommes même convaincu que cette hypothèse apparaîtra pleinement justifiée lorsque, aux arguments que nous venons de donner, nous aurons ajouté ceux qui nous seront fournis par les expériences ci-dessous :
- Nous nous sommes servi dans ces expériences de tubes de verre mesurant approximativement 1 cm 1/2 de diamètre et 50 cm de long : ces tubes, suivant le cas, étaient droits ou recourbés. La fourmi était prise au moment où elle retournait au gîte avec ou sans provende.
- Expérience II (voir fig. 2). —• A l’aide d’une feuille d’olivier nous cueillons une fourmi tandis qu’elle se dirigeait du Sud au Nord, éclairée à sa droite par le soleil qui se trouvait à l’Est. Nous l’introduisons dans un tube de verre que nous tenons horizontalement dans la direction Sud-Nord. Après quelques hésitations, la fourmi s’engage dans le tube (AB) et poursuit sa route vers le Nord. Au moment où elle arrive vers le milieu du tube, nous faisons subir à ce dernier, de gauche à droite, dans le plan horizontal, un mouvement de rotation de 180 degrés. Du fait de ce mouvement, la fourmi, qui se dirigeait du Sud vers le Nord, avec le soleil à droite, aurait dû se trouver orientée Nord-Sud avec le soleil à gauche (/ BA); mais au fur et à mesure que nous faisions tourner le tube, la fourmi, exécutant un mouvement de rotation en sens contraire, rectifiait sa position de façon à avoir toujours le soleil à droite comme lorsqu’elle était sur le terrain, si bien que, lorsque l’extrémité Nord du tube arrivait au Sud, nous voyions la fourmi continuer tranquillement sa route vers le Nord, s’avançant dans le segment A du tube qu’elle avait déjà parcouru en sens inverse avant le mouvement de rotation. •
- Expérience III. —- Au lieu d’introduire la fourmi dans un tube de verre
- droit, faisons-la pénétrer dans un tube de verre recourbé en U. La courbure du tube étant placée au Nord, la fourmi continue sa route dans la branche de droite orientée Sud-Nord, le soleil à droite. Arrivée au point où le tube commence à se courber dans le sens Ouest, elle se trouve arrêtée par la paroi du tube qui se dresse devant elle. Surprise par cet obstacle inattendu, elle hésite et s’immobilise un instant; puis elle tente de forcer la barrière en essayant d’escalader la paroi du tube, mais elle
- Fig. 4.
- (Expérience VIII).
- tombe et retombe sans cesse. Bien que chaque effort pour franchir l’obstacle soit accompagné d’une chute, elle se met à se déplacer latéralement, maintenant toujours l’axe de son corps dans la direction Sud-Nord et toujours faisant des efforts pour passer à travers la barrière. Elle arrive ainsi de chute en chute, en progressant par le côté gauche vers l’Ouest jusqu’au point où le tube se courbe vers le Sud. Là nouvel arrêt et nouvelle hésitation de la fourmi, sa tendance à conserver à l’axe de son corps l’orientation Sud-Nord l’empêchant de s’engager dans la branche descendante orientée Nord-Sud. But-
- î Fourmi se déplaçant dans un tube de verre AB dont la paroi gauche est opaque et la paroi droite transparente. Si, durant qu’elle chemine vers N, on fait tourner le tube de ifc&90 autour de son axe MN de manière à faire passer à droite la paroi opaque qui était à gauche, la fourmi, cessant d’être éclairée par sa droite, fait spontanément un demi-tour pour retrouver son éclairage primitif : elle s’égare vers M et refait en sens inverse le chemin qu’elle a déjà parcouru.
- tant de la tête et du côté gauche contre les parois de sa prison, elle s’irrite contre ce deuxième obstacle qui s’oppose à son déplacement; finalement, elle
- rebrousse chemin vers l’Est et refait la même route en sens inverse en se déplaçant latéralement par le côté droit et essayant toujours, mais en vain, d’avancer dans
- la direction Sud-Nord. Elle retourne ainsi à l’extrémité de la branche droite du tube pour gagner à nouveau l’extrémité de la branche gauche, et ainsi de suite. Jamais nous ne la verrons essayer cle se libérer de sa prison en descendant par une ou par Vautre des deux branches, la direction Sud-Nord qu’elle prendrait alors l’obligeant à abandonner son éclairage solaire par le côté droit.
- Fig. 5 [Expérience IX).
- f Fourmi se déplaçant dans un tube de verre AB dont la moitié inférieure AO est opaque à gauche et transparente à droite, et dont la moitié supérieure BO est transparente à gauche et opaque à droite : arrivée au point O, elle s'arrête. Si, à ce moment, on fait tourner le tube de 180° autour deso'naxe MN, la fourmi trouvant devant elle la deuxième partie du tube OB éclairée à droite comme l'était la première moitié AO, reprend sa: marche et s'engage dans la deuxième partie du tube OB qu’elle parcourt jusqu’au bout.
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- Ces premières expériences faites avec la fourmi se déplaçant dans un tube de verre tendent à démontrer l’exactitude de la loi de constance de Vorientation chez la fourmi, loi établie par V. Cornetz. Mais il ne suffit pas de démontrer que la fourmi garde son orientation une fois prise; nous devons aussi chercher à savoir comment et à l’aide de quel moyen elle se maintient dans son orientation et s’y replace si on l’en écarte. Les expériences cpii suivept nous aideront, croyons-nous, à résoudre le problème.
- Nous répétons les expériences II et III décrites ci-dessus ; mais, au lieu de tubes à parois transparentes, nous allons nous servir de tubes de verre dont les parois ont été rendues complètement opaques ou opaques seulement sur un des côtés. Le comportement de la fourmi, dans ces autres tubes où la lumière solaire ri arrive pas ou ri arrive seulement que (Lun seul côté, est tout différent de celui que nous avons constaté en opérant avec des tubes à parois transparentes.
- Expérience IV. — Introduite dans un tube de verre droit dont nous avons rendu les parois complètement opaques en les recouvrant entièrement d’une épaisse feuille de papier noir, la fourmi ne réagit plus aux mouvements de rotation que nous faisons subir au tube. C’est ainsi, par exemple, que si nous dévions l’axe du tube de 180 degrés alors que la fourmi se dirige du Sud au Nord, nous voyons celle-ci, contrairement à ce que nous avons constaté dans l’expérience II, se diriger du Nord au Sud : l’insecte garde l’orientation que nous lui avons imposée, l’absence de toute lumière solaire ne lui permettant plus de reconnaître son erreur.
- Expérience V. — Introduite dans un tube recourbé dont nous avons rendu les parois opaques, la fourmi, à l’encontre de ce que nous avons constaté dans l’expérience III, sans hésitation franchit les courbures du tube. Entrée par la branche ascendante, elle sort par la branche descendante, ne paraissant nullement s’apercevoir que, dans ce trajet, elle a changé plusieurs fois de direction, allant tout d’abord du Sud au Nord, puis de l’Est à l’Ouest et finalement du Nord au Sud.
- Il est évident que si la fourmi obéissait à un sens des angles, dans ces deux dernières expériences, elle corrigerait comme dans les expériences I, II et III, les déviations que nous imposons à son axe de direction, et elle n’accepterait pas de se dévier spontanément de sa route en poui’-suivant sa course dans un tube recourbé qui l’oblige à changer son orientation. Si au cours de ces deux expériences (IV et Y) la fourmi garde toujours la même direction, c’est parce que l’obscurité où elle se trouve ne lui permet plus de s’orienter sur le soleil. Le sens des angles étant une perception intime qui relève uniquement du sensorium de la fourmi, l’obscurité ne devrait avoir aucune influence sur lui, et la fourmi devrait pouvoir reprendre son orientation aussi bien dans les tubes à parois opaques que dans les tubes à parois transparentes. Si, en supprimant la lumière solaire nous supprimons ce prétendu sens des angles, et nous enlevons à la fourmi toute possibilité de s’orienter, c’est que vraiment la fourmi semble demander au soleil les éléments de son orientation.
- Les expériences qu’il nous reste à décrire nous autorisent à défendre cette opinion.
- Nous refaisons les expériences IV et V ; mais, au lieu de nous servir de tubes à parois complètement opaques, nous employons des tubes dont les parois sont noires sur un côté et transparentes sur l’autre. Pour éviter que la paroi noire ne fasse miroir en réfléchissant la lumière qui arrive dans le tube par la paroi transparente, nous avons collé la feuille de papier noir non sur la face externe mais sur la face interne de la paroi. D’autre part, pour que la lumière soit également répartie dans le tube et éviter qu’il y ait des zones plus éclairées les unes que les autres, nous avons dépoli la paroi transparente en appliquant sur la face externe une mince couche de poudre de talc en suspension dans de l’eau gommée.
- Expérience VI (voir fig. 3). — Nous introduisons la fourmi dans un tube dont seul le côté droit est transparent (AB fig. 3), et nous reprenons l’expérience IL La fourmi se dirige de M vers N, éclairée par le côté droit. Tandis qu’elle chemine, nous faisons pivoter le tube d’un angle de 180 degrés. La fourmi se trouve alors orientée, vers M. Or nous constatons que contrairement à ce que nous avons observé dans l’expérience II, elle ne corrige pas cette nouvelle orientation : elle marche vers M et retourne à son point de départ. Elle n’a donc pas obéi au sens des angles, et c’est bien la lumière solaire qui, en la circonstance, l’a déterminée à garder sa nouvelle direction. En effet, à la suite du mouvement de rotation que nous avons fait subir au tube, la paroi noire qui se trouvait à gauche (AB) se trouve actuellement à droite (BA) ; de ce fait, la fourmi, dans sa nouvelle orientation, continue à recevoir la lumière solaire absolument comme dans sa première orientation, c’est-à-dire qu’elle est toujours éclairée par le côté droit et c’est ce qui semble expliquer pourquoi elle ne s’est pas aperçu du changement complet de direction qu’on lui a fait subir. Si la fourmi possédait réellement le sens des angles nous l’aurions vue, comme dans l’expérience I, faire un demi-tour sur elle-même et reprendre sa course dans la direction Nord.
- Expérience VIL— L’expérience II est refaite avec un tube recourbé dont la paroi constituant la grande cour-bui’e est noire et opaque alors que la paroi de la petite courbure est simplement dépolie : nous constatons les mêmes résultats que dans l’expérience VI. Malgré les changements de direction que les courbures du tube lui font subir, la fourmi n’en reste pas moins toujours éclairée par le côté gauche, et c’est la raison pour laquelle, au cours de son trajet, elle ne tient aucun compte des angles de déviation dont elle semble ne pas avoir conscience : contrairement à ce que nous avons constaté dans l’expérience II, la fourmi, sans hésitation et sans arrêt, comme dans l’expérience V, parcourt d’un seul trait toute la longueur du tube, changeant spontanément de direction, allant du Sud au Nord, de l’Est à l’Ouest, et du Nord au Sud.
- Expérience VIII (voir fig. 4). — Nous procédons tout d’abord comme pour l’expérience II, mais tandis que la fourmi avance dans le tube du Sud vers le Nord avec le soleil à droite, au lieu de faire subir au tube un mouvement de rotation de 180 degrés qui amènerait au Sud son extrémité Nord, nous faisons tourner le tube de 180° autour de son axe MN de façon à placer son côté droit
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- à gauche et à droite son côté gauche. Pendant ce mouvement de rotation du tube sur son axe horizontal, la fourmi se trouve portée à la paroi supérieure du tube, le dos en bas, les pattes en haut, elle lâche prise et se laisse choir sur la paroi inférieure; mais qu’elle tombe sur les pattes ou sur le dos, elle reprend sa route, sans rien changer à son orientation toujours dans la direction Sud-Nord. Si nous recommençons l’expérience avec le tube dont nous nous sommes servi pour l’expérience VI, c’est-à-dire avec un tube dont la paroi gauche est opaque et la paroi droite simplement dépolie, nous constatons, après que nous avons fait subir au tube le mouvement de rotation sur lui-même (voir fig. 4) que la fourmi, contrairement à ce que nous avons observé avec le tube transparent (expérience II) change son orientation et retourne à son point de départ.
- Cette différence entre les résultats obtenus suivant que l’on opère avec un tube dont les parois sont transparentes ou un tube dont un côté a été rendu opaque s’explique par ce fait que, après le mouvement de rotation du tube sur lui-même, la fourmi, dans le premier cas, se trouve toujours avec la lumière solaire à sa droite, puisque les deux parois du tube sont également transparentes, tandis que, dans le second cas, elle se trouve n’être plus éclairée que par le côté gauche puisque la paroi gauche du tube, laquelle est opaque, a été amenée à droite et intercepte la lumière solaire venant de ce côté. La fourmi, à ce changement d’éclairage, estime qu’elle fait fausse route, et, pour retrouver l’éclairage par le côté droit qu’elle avait à son point de départ et qui lui permet de garder son orientation dans la bonne voie, elle fait un demi-tour sur elle-même et abandonne par suite la direction Sud-Nord pour prendre la direction Nord-Sud.
- Ajoutons que si nous replaçons le tube dans sa position première, la fourmi abandonne sa nouvelle direction Nord-Sud pour reprendre à nouveau sa première direction Sud-Nord.
- Dans cette expérience, nous voyons la fourmi, pour maintenir sa position vis-à-vis de la lumière solaire, abandonner spontanément sa direction et se soumettre d’elle-même ci des déviations angulaires.
- Expérience /X. — Nous nous sommes servi dans cette expérience d’un tube droit (fig. 5) dont la moitié inférieure est opaque à gauche et transparente à droite, et la moitié supérieure opaque à droite et transparente à gauche. La fourmi, éclairée par le côté droit, franchit sans hésitation la première partie du tube, mais lorsqu’elle arrive vers le milieu, au point où le tube commence à devenir opaque du côté droit, elle s’arrête et refuse d’avancer. Il nous suffit alors, au moment où la fourmi approche du point milieu, de lui rendre son éclairage à droite en faisant lentement subir au tube un demi-tour sur lui-même de façon à amener à droite la paroi transparente qui se trouve à gauche, pour voir la fourmi se remettre en route et arriver jusqu’à l’extrémité B du tube.
- Expérience X. — Nous avons vu (exp. IV) que la fourmi, lorsqu’elle se déplace dans un tube de verre dont les parois noircies interceptent la lumière solaire, cesse de corriger les déviations que l’on fait subir à son axe de direction. Nous allons refaire cette même expérience en
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- nous servant non d’un tube à parois opaques, mais d’un tube de verre à parois transparentes contenu dans une gaine à parois opaques; un tube en carton dans lequel le tube en verre puisse se déplacer facilement convient admirablement pour procéder à l’expérience.
- Tandis que la fourmi avance du Sud au Nord, nous coiffons le tube de l’étui opaque, et nous faisons subir à l’appareil un mouvement de rotation de gauche à droite de 180 degrés. La fourmi se comporte alors comme dans le tube à paroi opaque (exp. IV), et ne corrige pas la déviation; elle abandonne sa route Sud-Nord et garde la route Nord-Sud que nous lui avons imposée. Mais si nous retirons rapidement l’étui alors que la fourmi, inconsciente de son erreur, poursuit sa route vers le Sud, nous voyons celle-ci s’arrêter brusquement, faire sous nos yeux un demi-tour sur elle-même et reprendre spontanément sa première orientation.
- Expérience X/. — La fourmi se déplace dans un tube droit transparent dont l’extrémité Nord est fermée. Arrivée à cette extrémité, elle s’obstine et se fatigue à franchir l’obstacle et ne revient jamais sur ses pas. Mais si nous portons au Sud l’extrémité Nord du tube, la fourmi fait un demi-tour sur elle-même et se remet immédiatement à marcher vers le Nord. Si avant de faire tourner le tube, nous le coiffons d’un étui opaque, la fourmi se trouvant dans l’obscurité ne corrige plus le mouvement de rotation subi, mais il nous suffit alors de retirer l’étui pour la voir se retourner immédiatement et repartir vers le Nord.
- Nos expériences nous permettent donc de faire les constatations suivantes :
- 1° La fourmi corrige toute déviation que l’on fait subir à son axe de direction, mais ce n’est pas toujours par un mouvement en sens inverse : suivant le cas, elle réagit en tournant dans le sens contraire ou dans le même sens, mais toujours dans le sens qui lui apparaît comme devant la remettre dans sa première position par rapport au soleil (exp. I et II).
- 2° Si un obstacle l’oblige pour continuer sa route à des déviations qui lui font perdre son orientation par rapport au soleil, elle ne franchit pas l’obstacle : elle s’arrête pour conserver le même éclairage (exp. III et XI).
- 3° Elle ne corrige aucune déviation et accepte toute nouvelle direction qu’on lui impose lorsqu’elle est dans l’obscurité et qu’elle se trouve privée de tout éclairage solaire (exp. IV et V).
- 4° C’est lorsqu’elle arrive à la lumière solaire qu’elle corrige les déviations qu’on lui a fait subir dans l’obscurité (exp. X et XI).
- 5° Elle ne corrige aucune déviation et abandonne son orientation si tout en la détournant de sa route on lui montre le même éclairage (exp. VI et VII).
- 6° Si, sans lui faire subir aucune déviation, on change le côté par lequel lui arrive la lumière solaire, elle se soumet d’elle-même, spontanément à la déviation qui doit la remettre dans son premier éclairage (exp. VIII)-.
- 7° Tout changement d’éclairage l’arrête, mais elle reprend immédiatement sa course pour la continuer dans la même direction si on lui rend son premier éclairage (exp. XI).
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- 8° Si un obstacle l’oblige de changer le côté de son éclairage, elle s’arrête; mais elle reprend sa course, si par le retrait de l’obstacle on lui rend son premier éclairage (exp. XI).
- En résumé, il suffit de supprimer la lumière solaire pour supprimer le. sens des angles. Il paraît donc bien
- démontré que c’est la lumière solaire et non un sens des angles qui, au retour, permettra à la fourmi isolée de retrouver . i 1 orientation vers le nid.
- Dr Séverin Icard.
- Lauréat de l’Institut.
- = L’HYDROCARBURATEUR = ET LE CARBURANT NATIONAL
- Des raisons diverses et principalement d’ordre économique ont conduit dès la fin de la guerre à envisager la solution d’un carburant national qui, tout en nous libérant dans une certaine mesure du joug des pays étrangers •producteurs de pétrole, offrirait l’avantage d’absorber une quantité importante d’alcools nationaux.
- C’est ainsi qu’il y a quelques années une tentative fut faite par l’institution du Carburant National composé, en parties égales, d’essence et d’alcool absolu mélangés. Malheureusement, les résultats ne confirmèrent pas les espoirs fondés à l’origine et l’on s’aperçut bien vite que ce mélange n’était vraiment utilisable qu’à la condition que l’alcool soit parfaitement et totalement déshydraté. Or la déshydratation de l’alcool est une opération industrielle qui coûte fort cher quand on la désire parfaite et on ne tarda pas à se trouver devant cette pénible alternative :
- Fig. 1.
- L’hydrocar buraleur Lioud.
- Il U yqq
- ou bien le mélange des deux liquides serait homogène et d’un prix de revient très élevé, donc prohibitif du seul point de vue économique, ou bien le carburant serait livré à des conditions avantageuses, mais alors d’un rendement pratique nettement insuffisant; donc incompatibilité entre les soucis légitimes de l’économique et les exigences, minima de la technique automobile.
- Cette difficulté à laquelle aucune solution n’était venue, depuis, apporter de remède a été résolue grâce à l’invention de l’hydrocarburateur ingénieusement réalisé par un industriel, M. Frank Lioud, d’Annonay.
- Le principe fondamental de l’hydrocarburateur dont nous donnons ci-dessous le schéma réside dans le fait qu’il permet l’emploi simultané comme carburant de deux liquides, dont l’un peut être de l’eau, par la présence de deux cuves à niveau constant alimentées par deux réservoirs différents et qu’il assure par la seule manœuvre de l’accélérateur la proportion convenable de ces deux liquides et de l’air.
- Le départ et le ralenti sont assurés par un gicleur spécial alimenté exclusivement par l’essence.Le bouchon du gicleur (1, fig. 1) fait office de gicleur de ralenti; il porte à cet effet deux calibrages situés dans une gorge circulaire (2). En outre, à la partie supérieure du bouchon est logé un calibrage d’air d’émulsion de 50 centièmes de mm.
- Le bouchon du gicleur d’alcool est du même modèle, le calibrage est d’un numéro supérieur afin de pouvoir être utilisé à la place de l’autre pendant la période d’hiver, durant laquelle le ralenti doit être un peu plus fort.
- Le gicleur d’essence (3) est vissé sur un porte-gicleur (4) ; sa forme conique assure une fermeture hermétique du canal par simple serrage du bouchon.
- Grâce à son dispositif spécial, l’hydrocarburateur permet d’obtenir deux pulvérisations successives, la pulvérisation primaire s’effectuant dans la buse (1, fig. 2), la secondaire dans le diffuseur (2) et perpendiculairement à la primaire.
- Il convient de remarquer que'c’est la première fois, dans l’histoire des moteurs à explosion, qu’une solution est apportée au problème tant cherché d’une injection correcte d’eau dans la chambre de compression, l’eau étant ainsi amenée pulvérisée dans un milieu porté à une très haute température.
- L’hydrocarburateur permet d’utiliser, comme carburant, les diverses combinaisons suivantes :
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- a) Essence et eau (10 à 15 pour 100 d’eau de la consommation d’essence) ;
- b) Essence et alcool hydraté ;
- c) Benzol et eau;
- d) Benzol et alcool hydraté;
- dont des essais ont été effectués pendant plusieurs années et sur des distances atteignant des milliers de kilomètres et contrôlés par le Conservatoire des Arts et Métiers, les Services techniques de l’Artillerie au Ministère de la Guerre et l’Office National des Becherches et Inventions; enfin le carburateur permet de brûler tous les méthanols, ce qui ouvre des possibilités infinies.
- De ces mélanges découlent des avantages notables d’ordre technique et d’ordre économique.
- Du point de vue technique, l’injection d’eau a pour conséquence de supprimer l’effet détonant, l’auto-allur mage, de permettre une augmentation de compression du moteur et d’obtenir une augmentation parallèle de puissance pouvant atteindre 40 pour 100. En outre, elle provoque un abaissement de la température des culasses et des pistons, donc une amélioration du refroidissement et la suppression des fâcheux effets de la calamine. Enfin, il a été constaté une absence absolue cl’oxyde de carbone à la sortie du pot d’échappement.
- Voici, à titre d’indication, les résultats obtenus au cours d’essais pratiqués entre Paris et Versailles : à une vitesse moyenne de 40 km à l’heure, une voiture équipée avec un carburateur ordinaire a consommé 9 litres 5 aux 100 kilomètres ; la même voiture équipée avec un hydrocarburateur a consommé 8 litres 2 et tandis que dans le premier cas la côte de Picardie était abordée à 58 km à l’heure et terminée à 30 km, elle était dans le second cas abordée à la même vitesse et terminée à 40 km. Dans le sens inverse les consommations furent respectivement de 7 litres 6 et de 6 litres 3.
- Dans le domaine économique, la diminution notable de consommation d’essence représente l’un des facteurs essentiels et l’alcool hydraté qui lui est adjoint étant d’un prix de revient inférieur vient ajouter à l’économie du système. Enfin, l’amélioration du refroidissement a pour conséquence d’entraîner une réduction notable de la consommation d’huile, dans une proportion variant entre 30 et 50 pour 100.
- Mais ces avantages économiques ne sauraient être examinés du seul point de vue de l’hydrocarburateur et il convient d’envisager les répercussions que la généralisation de cette nouvelle formule de carburation entraînerait pour l’économie nationale.
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- Fig. 2.
- Les chambres de pulvérisation.
- En effet, l’application généralisée de cette formule aurait pour conséquence d’augmenter de 20 pour 100 la quantité d’alcool utilisable pour les usagers du carburant actuel dit national, puisque l’alcool absolu serait remplacé par un alcool à 80°. D’autre part, elle entraînerait un abaissement sensible du prix de l’alcool, conséquence de la suppression des deux opérations industrielles particulièrement onéreuses : la rectification et la déshydratation. Et si l’on songe que la consommation annuelle moyenne en France est approximativement de 15 millions d’hectolitres d’essence, la simple substitution des 20 pour 100 d’eau contenue dans l’alcool représenterait une économie supérieure à 300 millions de francs. Puis il conviendrait de tenir compte du bénéfice réalisé par le remplacement de millions d’hectolitres d’essence au moyen d’une quantité correspondante d’alcool et de benzol que nous produisons chez nous à des prix intéressants et on pourrait ainsi évaluer approximativement à 60 pour 100 la réduction des importations de pétrole et d’essence qui en résulterait.
- En plus de l’attrait technique que présente l’hydrocar-burateur,il semble donc qu’il puisse être considéré comme apportant une solution susceptible de se substituer à celle du carburant national, en même temps qu’une formule nouvelle de la carburation depuis si longtemps recherchée.
- R. Moles-ki.
- UN STERILISATEUR AUTOMATIQUE
- POUR LA JAVELLISATION DES EAUX POTABLES
- Par une circulaire en date du 12 août 1929, M. le Ministre du Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales a signalé tout spécialement aux Préfets la nécessité d’assurer, mieux encore que par le passé, une surveillance effective des distributions d’eau potable.
- Mais les Municipalités ne peuvent pas toujours se procurer des eaux naturellement pures et il leur faut souvent recourir à des eaux contaminées ou contaminables. Il est alors absolument nécessaire, avant distribution, de faire subir à ces eaux un traitement pour les rendre potables.
- En vue de guider les Municipalités dans l’application
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- Arrivée de la solution titrée d’hypochlorite
- iou vende en verre
- Obturateur à /pointeau
- Niveau
- constant
- Vis commandant le déplacem :de l’index
- Jiègjet
- graduée
- Index mobile Ajutage solidaire de l’index
- Entonnoir
- Flotteur
- en verre
- Solution titrée d'h yp oc h I orite
- Tube Flexible Vers l’eau à ^ stériliser
- Caoutchouc
- Fig. 1.— Le stérilisateur automatique SADE.
- des procédés de correction et stérilisation des eaux potables, M. le Ministre du Travail a fait rédiger, par le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France, des
- Fig. 2. — Commande automatique du stérilisateur par la pompe élévatoire.
- Conduite
- de
- refou iem I
- Eau de
- Trop plein de
- Robinet flotteur.
- sûreté
- ' Groupe moto pompe élévatoire /C
- Arrivée d'eau à 'stériliser __
- « Instructions générales » complétant la circulaire ci-dessus.
- Mentionnons également la circulaire du Ministère du Travail en date du 15 février 1930, qui vise un procédé spécial de traitement dit « verdunisation ».
- Les « Instructions générales » rappelées ci-dessus contiennent notamment les passages suivants, relatifs aux appareils de stérilisation utilisant les hypochlorites (eau de Javel, chlorure de chaux, etc...).
- « Il faudra donner la préférence aux appareils dont « la surveillance et le réglage sont faciles, à ceux dont le « fonctionnement est le plus commode à contrôler.
- « Il y a lieu de demander aux constructeurs de l’appa-« reil choisi les garanties les plus sérieuses et pendant une « durée de fonctionnement suffisamment prolongée. La « surveillance des appareils doit être constante et vigi-« lante, car ils peuvent... ne pas fournir exactement la « dose de chlore nécessaire à l’épuration... »
- La Société auxiliaire des distributions d’eau a mis au point un apjiareil qui réalise les conditions d’une épuration impeccable au moyen de l’eau de Javel.
- Pour résoudre ce problème il fallait satisfaire rigoureusement aux conditions suivantes :
- — Connaître à tout instant, par simple lecture, le débit exact de l’appareil, donc la quantité de chlore introduite par litre d’eau à stériliser;
- — Pouvoir, à tout instant, et sans arrêter l’appareil, diminuer ou augmenter instantanément ce débit d’une quantité fixée à l’avance, soit qù’on change le taux de stérilisation, soit qu’on mette en service une nouvelle cuve dont le titre en chlore est différent de la première;
- •— Ecarter toute possibilité d’obstruction et à cet effet n’employer dans l’appareil aucun orifice capillaire;
- — Pouvoir débiter avec l’appareil, suivant les besoins, des doses de chlore élevées ou des doses infinitésimales et imperceptibles.
- Ce sont les conditions auxquelles satisfait le stérilisateur SADE qui, en outre, a l’avantage d’être entièrement automatique, son départ et son arrêt étant commandés par le départ et l’arrêt de la pompe élévatoire.
- Cet appareil est constitué par un vase à niveau constant et un ajutage d’écoulement placé à l’extrémité d’un tube flexible et se déplaçant le long d’une règle (fig. 1). Le vase en grès, de 20 litres de capacité environ, reçoit la solution stérilisante provenant de bacs de préparation. Un obturateur à pointeau dont le mouvement est commandé par un flotteur en verre, y maintient le niveau constant en ouvrant ou fermant, suivant la position du flotteur, l’orifice d’entrée de la solution.
- Le débit désiré est obtenu en faisant coulisser l’ajutage le long de la règle jusqu’en face du chiffre correspondant au débit voulu. Le zéro de la règle doit être placé au même niveau que le liquide dans le vase quand l’appareil ne fonctionne pas. Ceci s’obtient en déplaçant verticalement la règle au moyen d’une vis. Quand l’ajutage est au droit du zéro de la règle il n’y a aucun écoulement; si on descend l’ajutage au-dessous de ce niveau, l’écoulement commence. Le débit est d’autant plus grand que l’orifice de l’ajutage est plus bas, puisque la charge hydraulique est d’autant plus grande.
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- L’ajutage est solidaire d’un index qui se déplace le long de la règle qui est graduée en centimètres : un étalonnage fait par le constructeur donne lieu à l’établissement, pour chaque ajutage, d’une courbe indiquant le débit de celui-ci en litres par minute en fonction de la charge en centimètres, portée sur la règle.
- Supposons par exemple que le débit d’eau à stériliser soit de 100 m° à l’heure, que le titre de la liqueur stérilisante dans la cuve en service soit de 6 gr de chlore au litre et que le taux de stérilisation soit de 0 mgr 4 par litre.
- Pour régler le stérilisateur, il suffit de faire les deux opérations suivantes qui ne nécessitent aucun calcul :
- 1° Chercher sur un tableau dressé à l’avance, et du reste fourni par le constructeur, le débit correspondant à un taux de stérilisation de, 0 mgr 4 avec une liqueur titrant 6 gr; on trouve que l’ajutage doit débiter 0,11 litre par seconde.
- 2° Chercher sur la courbe de réglage la hauteur qui donne le débit de 0,11 litre, on trouve 0 m 08. On amènera donc l’index de l’ajutage devant la division 8.
- L’appareil est alors parfaitement réglé et donnera très exactement la quantité de chlore fixée.
- Cet appareil est utilisé pour stériliser les eaux amenées par gravité dans un puisard, un réservoir, une chambre de captage, etc...
- Il est également employé pour stériliser les eaux élevées par une pompe (fig. 2). Dans ce cas et pour respecter les instructions du Conseil supérieur cl’Hygiène qui prescrivent que le réglage d’un appareil doit être facile et sûr, il est indispensable que l’écoulement de la liqueur stérilisante soit entièrement indépendant de l’aspiration de la pompe.
- A cet effet, la solution régulièrement débitée par l’ajutage tombe dans un bac B alimenté en eau par le refoulement de la pompe, d’où elle est aspirée par la pompe elle-même, à l’aide de la petite conduite E (fig. 2).
- L’automaticité est assurée de la façon suivante :
- Si la pompe s’arrête, elle n’aspire plus dans le bac B, l’eau qui continue à couler du refoulement monte dans ce bac et le flotteur F monte également jusqu’à fermer sur le refoulement.
- En montant, le flotteur F fait monter l’entonnoir K, qu’il supporte jusqu’à la sortie du liquide; or la solution débitée par l’ajutage entre par l’entonnoir K, dès que celui-ci est hors du liquidé, l’écoulement de l’ajutage s’arrête, la stérilisation est arrêtée.
- Si la pompe est remise en route, elle aspire dans le bac B où le plan d’eau baisse, faisant baisser le flotteur et l’entonnoir K qui se trouve à nouveau baigné dans sa solution; celle-ci est distribuée à nouveau au même débit que précédemment puisque l’ajutage n’a pas bougé, la stérilisation est remise en route.
- Ce dispositif simple et robuste ne peut se caler ni se dérégler; il donne toute sécurité.
- Dans le cas où il est nécessaire de stériliser par introduction dans une conduite en pression de débit connu, ou un refoulement de pompe, il suffit d’intercaler un petit groupe d’injection qui prend la liqueur stérilisante dans le bac B (fig. 2) et l’injecte dans la conduite avec la pression convenable.
- 457-.=-=
- - .1 c.
- Fig. 3. — La cuve du stérilisateur avec sa règle graduée, et son ajutage mobile.
- Le petit groupe est enclenché avec la pompe principale à l’aide d’un dispositif électrique, mécanique, ou hydraulique. Ainsi se trouve conservée l’automaticité nécessaire à la stérilisation.
- Les différentes applications que nous venons d’envisager mettent en évidence les qualités de simplicité, de commodité, de robustesse et de sécurité, du stérilisateur SADE.
- On peut le mettre entre toutes les mains et les services d’hvgiène peuvent en contrôler instantanément la marche avec la plus grande facilité.
- R. VlLLERS.
- Fig. 4. —• Le stérilisateur équipé pour la commande automatique par la pompe élévatoire.
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- = la pêche chez les esquimaux
- DU GROENLAND
- Les Esquimaux du Groenland ont modifié considérablement leur manière de vivre depuis qu’ils sont en relations suivies avec les Européens; cette évolution des mœurs est particulièrement sensible chez les indigènes de la côte occidentale qui, beaucoup plus facile d’accès que le Groenland oriental, a été visitée régulièrement bien plus tôt que celui-ci par les navigateurs.
- Le premier contact des Groenlandais occidentaux avec les Européens remonte en effet à l’an 983, date de l’arrivée, dans les fjords du Sud-Ouest, du proscrit Erik le Rouge, fondateur d’une colonie d’islandais qui subsista dans cette région jusque vers le milieu du xvie siècle. Par la suite, les indigènes de l’Ouest trafiquèrent avec les pho-quiers néerlandais, anglais et Scandinaves, puis furent évangélisés par les Danois; ceux-ci transformèrent alors le Groenland occidental en une florissante colonie à monopole qui, de nos jours, compte plus de 15 000 individus, la plupart métis d’Esquimaux et d’Européens.
- Les Groenlandais de l’Est, par contre, sont demeurés jusqu’à ces derniers temps isolés des Européens; jadis répandus sur toute la côte orientale, ils furent décimés il y a un ou deux siècles par un cataclysme inconnu (froid? famine? épidémie?); ils n’ont subsisté que sur les rives des fjords d’Angmagsalik (65°40' N), et entre cette région et
- Fig. 3. — Esquimaux coiffés de casquettes, naviguant sur le kaïak. Baie Rosenvinge (Scoresby-Sound), août 1926. Croisière du Pourquoi-Pas ? Cliché Chatton.
- Fig. 1. — Agauche, Piège à scorpions de mer : deux crochets de fer c sont fixés à une pierre P, suspendue à une ligne l ( x 1/6).
- A droite, Harpon à Saumons : la hampe h est terminée par un aiguillon a et par deux tiges d’os t, pourvues d’une dent d ( X 1/14).
- le cap Farwel (pointe méridionale du Groenland); là vivent environ 500 individus, découverts par Gustav Holm en 1884 (‘)
- Comme leurs compatriotes de la côte occidentale, ces Esquimaux sont actuellement visités chaque été par un bateau danois qui leur apporte des objets manufacturés et des vivres en échange de matières premières (huile de Cétacés, fourrures, ivoire, etc.).
- Groenlandais de l’Ouest et de l’Est ont abandonné la cabane souterraine, la hutte de neige et la tente de peaux pour habiter de petites maisons de pierres et de bois,(pourvues d’us-tensiles européens, du fourneau à houille au vase de nuit et au réveille-matin; les femmes cachent leur
- culotte de peau de Phoque sous une jupe taillée à Copenhague et savent tourner le moulin à café; les hommes coiffent la casquette anglaise et fument la pipe; ils possèdent des fusils à répétition, qu’ils manient d’ailleurs avec beaucoup d’adresse. Mais, si intéressants que soient les résultats qu’ils obtiennent avec les armes modernes, ils continuent à utiliser, concurremment avec celles-ci, la plupart des engins de chasse et de pêche de leurs ancêtres. C’est que ces instruments sont, en général, des merveilles d’ingéniosité qui -— j’ai pu le constater au Scoresby-Sound en 1926, au cours de la croisière arctique du Pourquoi-Pas P dirigée parle Dr J.-B. Charcot — sont souvent au moins aussi efficaces que beaucoup d’armes perfectionnées des civilisés. C’est à la description de quelques engins de
- 1. En 1925, es Danois ont fondé une colonie au Scoresby-Sound (70°30' N) en transplantant sur les rives septentrionales de cet immense fjord une centaine d’individus d’Angmagsalik. Voir : E. Storgaard, Under Dannebrog og Tricoloren paa Gronlands Ôslkgst, 150 p., Kjobenhavn, 1926. — E. Mikkelsen, Nachbarn des Nordpols. Eine Koloniegriindung in Oslgronland, 287 p. Leipzig, 1929.— J .-B. Charcot, La mer du Groenland. Croisières du « Pourquoi-Pas? » 210 p., Paris-Bruges, 1929.
- Fig. 2. — En avant des personnages (deux femmes esquimaux et le géologue J. Lacoste), paquets de tendons de Narval séchant sur une perche; en arrière, se projetant sur le ciel, lanière en peau de Phoque tendue entre deux piquets et séchant. Cap Stewart (Scoresby-Sound, Groenland oriental),
- 8 août 1926. Croisière du Pourquoi-Pas ?
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- pêche utilisés couramment par les Groenlandais que sont consacrées ces colonnes (').
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- Les Esquimaux font une grande consommation de Poissons; c’est d’ailleurs le goût prononcé qu’ils ont pour ces animaux qui leur a valu leur nom européen : celui-ci est une altération de eski mantik ( = mangeurs de Poissons crus), termes sous lesquels ils sont désignés par les Indiens de l’Amérique boréale.
- Les Saumons (Salmo salar L.), les Caplans (Mallotus villosus L.) et les Scorpions de mer (Cottus scorpius L.), tous Poissons abondants sur les côtes du Groenland à certaines saisons, représentent une source de nourriture très importante pour les indigènes. Ceux-ci pêchent ces animaux à l’aide d’hameçons, de harpons ou de filets.
- I. Hameçons. —• Les hameçons sont employés par les Esquimaux du Groenland occidental depuis fort longtemps; ces engins, taillés primitivement dans des os, furent fabriqués par la suite avec du fer importé par les phoquiers européens; ils étaient fixés à l’extrémité de lignes faites avec des fragments de fanons de Baleine ou des lanières en peau de Phoque; les membranes interdigitales rouges de certains Oiseaux de mer servaient d’appât. Les Groenlandais orientaux ignoraient les véritables hameçons jusqu’à l’arrivée des Danois en 1884; ils capturaient cependant certains Poissons, surtout les Scorpions de mer, à l’aide d’un engin grossier rappelant l’hameçon, et représenté figure 1 : deux crochets de fer c sont fixés à une pierre tendre P, parfois aussi à un os de Phoque ou à un fragment de bois de Renne ; l’engin est suspendu à l’extrémité d’une lanière de peau l ou d’une ficelle faite avec des fibres tendineuses de Cétacé (1 2 3) ; cette ligne est maintenue par le pêcheur, qui guette près d’un trou de la banquise ou à bord de son kaïak (’) ; la pierre à crochets étant au voisinage du fond, le Poisson s’en approche et, pendant qu’il ouvre la bouche pour la saisir, le pêcheur, d’un mouvement sec, soulève la ligne et accroche la tête de l’animal.
- Les Groenlandais emploient actuellement des hameçons d’acier importés par les Danois; mais ils n’ont qu’une confiance très relative en leur efficacité et leur préfèrent les harpons, qu’ils lancent avec une adresse extraordinaire.
- II. Harpons. — Ces armes sont de types divers.
- Les harpons qui servent à capturer les Saumons sont
- 1. Ces descriptions sont faites d’après des observations personnelles, effectuées au Scoresby-Sound, et surtout d’après des renseignements fournis par le Capitaine Ejnar Mikkelsen, l’hôte du Pourquoi-Pas ? pendant la croisière de 1926, et par W. Tiialbitzer, Medd. om Grônl., XXXIX, (1912) 1914, p. 319.
- 2. Les tendons sont séchés en paquets sur de longues perches (fig. 2); les femmes les effilochent ensuite avec les doigts et les dents et font, avec les fibres dissociées, de la ficelle et un fil à deux ou à trois brins, très fin et très solide. Les Magdaléniens de la Dordogne, considérés par beaucoup de préhistoriens comme les ancêtres des Esquimaux actuels, se seraient servis des tendons de Renne pour le même usage.
- 3. Le kaïak est une petite embarcation à une place extrêmement stable, faite avec des peaux de Phoque tendues sur un bâti en bois (fig. 3).
- des sortes de fourchettes à deux ou trois fourchons insérés à 1’ extrémité d’une perche en bois longue de plusieurs mètres, faite souvent de plusieurs morceaux réunis bout à bout par des ligatures. Celui qui est représenté figure 1, est constitué par un aiguillon en fer a, enfoncé à l’extrémité renflée de la hampe de bois A; sur les faces latérales de celle-ci, de part et d’autre de l’aiguillon, sont ligaturées deux tiges d’os t portant chacune à leur extrémité, du côté interne, un croc fixe en os d, à pointe dirigée vers l’arrière. Cette arme, connue également des Esquimaux du Canada et de l’Alaska, est utilisée pour capturer les Saumons au moment où ils remontent les cours d’eau. Dès que ces Poissons sont aperçus au voisinage de l’embouchure d’une rivière, tout le camp est alerté; la rivière est barrée par des rangées de pierres qui émergent en partie; dans ce barrage sont ménagées des ouvertures où les animaux s’engagent et où ils sont embrochés par des guetteurs.
- La tête du harpon à Saumons de la figure 4 (dessin de gauche) est formée de deux tiges d’os f, à l’extrémité distale desquelles est articulée une petite lame osseuse o, pointue à ses deux extrémités; la base de chaque tige est engagée dans une cavité ménagée à l’extrémité d’une hampe h et y est maintenue solidement par une lanière l. Quand le Poisson est harponné, les lames o basculent autour de leur axe, à l’intérieur du corps de l’animal, et celui-ci ne peut se dégager.
- Parfois l’extrémité de la hampe est divisée par une fente
- Fig. 5. — Appeaux à Poissons : i, pièces d’os ou d’ivoire fixées par des lanières l ou des fragments de fanon m à une pierre sculptée P, suspendue à une ligne L ( X 1/4).
- Fig. 4. — A gauche, Harpon à Saunions : à l’extrémité de la hampe h sont fixées par des lanières l deux tiges d’os t, terminées par une lame osseuse articulée o ( x 1/8).
- A droite : Harpon à Saumons, analogue au précédent : l’extrémité de la hampe h est divisée en deux bras b; les pièces osseuses o, articulées sur les tiges en os t, portent une pointe de fer p ( x 1/5).
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- longitudinale en deux bras (fig. 4, dessin de droite) portant chacun une tige en os t sur laquelle est articulée une lame osseuse analogue à celles du harpon précédent. Parfois, aussi, ces lames osseuses sont assez épaisses et portent à une de leurs extrémités une petite pointe de fer; c’est le cas de celles du harpon de droite de la figure 4, où cette pointe est représentée en p.
- Les Esquimaux tuent quelquefois aussi les Saumons avec une sorte de lance qui a reçu des ethnologues le nom technique de dard à vessie; cet instrument, représenté figure 6, est utilisé plus spécialement pour chasser les Oiseaux et les jeunes Phoques; il est constitué par un aiguillon de fer ou d’os a, fixé au bout d’une hampe de bois h; sur celle-ci est adaptée une vessie p (jabot d’Oiseau, gonflé puis séché) qui empêche l’appareil de descendre au fond de l’eau ; l’engin est en général lancé à l’aide d’un propulseur P.
- Les armes représentées sur la fig. 4 et à g. de la fig. 6 servent à tuer les Saumons à travers les trous de la glace. Pour attirer les Poissons au voisinage de ces trous, l’Esquimau agite dans l’eau, près du fond, un appareil original (fig. 5) : des morceaux d’os ou d’ivoire i sont reliés par des lanières l ou par des tiges élastiques m, faites avec des esquilles de fanons de Baleine ou des rachis de plumes d’Oiseau, à un fragment de pierre tendre P (pierre ollaire, généralement), sculpté en forme de poire ou de poisson; la pierre est elle-même suspendue à une ligne L dont le pêcheur tient l’extrémité libre.
- Les harpons qui servent à capturer les Cottus scorpius sont formés (fig. 6, à droite) par deux ou trois aiguillons en os ou en fer a, barbelés sur une de leurs faces et ficelés à l’extrémité d’une longue hampe de bois h, la région barbelée étant t ournée vers l’intérieur ; le pêcheur monte la garde à bord du kaïak ou près d’un trou de la banquise, sur les fonds rocheux, non loin de la côte. La pêche se fait surtout à la fin de l’automne et au début de la belle saison.
- Parfois ces harpons à Cottes sont utilisés aussi pour chasser les Saumons et les Cycloptères (Cyclopterus lum-pus L.), ceux-ci assez communs dans les baies rocheuses, à l’époque du frai (avril-mai) ; ils servent encore à retirer de la mer les Algues dont les indigènes se nourrissent pendant les périodes de disette. Les Groenlandais recherchent, parmi ces Algues, les pontes des Poissons, notamment •t celles des Mallotus, qui sont considérées comme des friandises i exquises.
- Les Caplans (Mallotus villosus L., Angmagsat ou Ker-
- sagak en dialecte groenlandais), petits Salmonidés extrêmement abondants à l’époque de la reproduction (mai-juin) sur les côtes arctiques, sont parfois amenés à bord du kaïak en les piquant avec un harpon dont la tête est formée par deux chevilles de bois très fines et très pointues; mais c’est surtout avec le filet que sont capturés ces animaux.
- III. Filets. — Les Esquimaux ont beaucoup de répugnance à adopter les filets européens, auxquels ils préfèrent leurs modèles. Le filet à Mallotus est une sorte de panier cylindrique fait (fig. 7) avec deux cercles de bois réunis par une douzaine de baguettes parallèles; entre celles-ci et sur le cercle qui forme le fond sont tressées des lanières de peau; cette épuisette est fixée au bout d’un bâton et est maniée soit du rivage, soit de l’umiak (barque en peau de Phoque conduite généralement par les femmes). Le fjord Lichtenau (Groenland méridional) est un centre de pêche à Mallotus célèbre dans tout le pays ; les Caplans y arrivent en quantité prodigieuse au moment du frai, et les indigènes en capturent jusqu’à 40 000 kg en quelques semaines (G0 000 kg en 1854 !)
- Les Moules (Mytilus edulis L.) (‘), dont les Esquimaux, surtout les femmes, sont très friands, sont récoltées à l’aide d’un filet grossier, espèce de corbeille en bois fixée à un manche (fig. 7).
- Enfin les Groenlandais ne négligent pas divers Poissons : Perche de mer (Sebastes marinus L.), plusieurs Gadus, etc., qu’ils capturent soit à la main, soit à l’aide des engins décrits plus haut, ou qu’ils peuvent rencontrer en assez bon état dans l’estomac des grands Phoques.
- Les Poissons sont consommés par les Groenlandais, soit à l’état frais, soit après avoir été séchés au soleil sur les rochers. Les Poissons frais sont simplement bouillis dans l’eau salée (2). Secs, ils sont conservés à l’abri de l’humidité dans de petits hangars à murs de pierre et sont mangés en hiver, alors que les Phoques sont rares; la plus grande partie de ces provisions est constituée par des Mallotus-, dès que ces Poissons sont desséchés, les femmes les réunissent en de longs rubans en leur passant une ficelle à la base de la queue à l’aide d’une aiguille d’os (fig. 7) destinée spécialement à cet usage. Ces Poissons secs sont mangés tels quels, en général avec du lard de Cétacés; toutefois lorsqu’ils sont mal conservés, ils sont cuits préalablement à l’eau.
- Paul Remy,
- Assistant à la Faculté des Sciences de Nancy.
- 1. Ce Lamellibranche, qui s’étendait, durant la deuxième moitié du quaternaire, jusque dans les régions septentrionales du Groenland, ne vit plus actuellement qu’au sud des latitudes de 76°7' N sur la côte occidentale et de 66°30' N sur la côte orientale!
- 2. Les Moules, plusieurs Gastropodes marins, diverses Crevettes et même les Anémones de mer sont mangés après avoir subi la même préparation.
- Fig. 6. —A gauche. Dard à vessie : la hampe h, terminée par un aiguillon a et portant un ballon v, peut être lancée à l’aide du propulseur P ( x 1/20). A droite, Harpons à Scorpions de mer : des aiguillons barbelés a sont ligaturés à l’extrémité d’une hampe h ( X 1/7).
- Fig. 7. — De haut en bas: Filet à Caplans (x 1/17), Drague à Moules ( X 1/17). Aiguille d’os
- pour ficeler les Caplans ( X 1/19).
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- LA TÉLÉVISION A L’EXPOSITION DE T. S. F.
- DE BERLIN
- L’exposition annuelle de T. S. F. de Berlin comporte, depuis 1928, une section consacrée à la télévision r d’année en année, cette exposition spéciale augmente d’importance et d’intérêt. En 1928, c’étaient des transparents (diapositives, etc.) et de petits objets en mouvement qu’on transmettait; en 1929, des films de télécinéma et des personnes « télévisées »; cette année, c’était la radio-diffusion visuelle, combinée à la radio-diffusion acoustique, ainsi que des films sonores de télé-cinéma. La qualité des reproductions télévisuelles est également allée augmentant d’année en année : elle atteint, ou à peu près, le maximum compatible avec les restrictions dues aux bandes d’ondes disponibles.
- Comme d’habitude, c’est sous les auspices
- Fig. 2. — Transmellcur de téléfilm sonore construit par la Fernseli A. G.
- du Reichspost-Zentralamt, section des recherches des Postes allemandes, qu’a lieu l’exposition de télévision; cette section des recherches est, en même temps, exposante. En dehors du transmetteur télévisuel de Witzleben, dont les émissions passent par un petit transmetteur à tubes, sur l’onde de 115 mètres, avec le nombre normal d’éléments d’image (1200) et le nombre normal d’images par seconde (12,1/2), en sorte que ces émissions peuvent être reçues par tous les récepteurs exposés, la section des recherches dispose d’un transmetteur de télévision à rayon lumineux, construit par la Fernseli A. G. et destiné aux émissions régulières de Witzleben, limitées jusqu’ici aux films de télé-cinéma, mais qui vont être étendues à la télévision de personnes vivantes. Ce transmetteur comporte des cellules photo-électriques relativement insen-
- Fig. 1. —• Stand de. la Fernseli A. G. à l'exposition de Berlin.
- sibles à la lumière ordinaire, mais d’autant plus sensibles aux rayons infra-rouges ou calorifiques. Un filtre approprié arrête tous les rayons visibles; aussi les personnes assises devant cet « œil » électrique ne sont-elles aucunement gênées par la lumière. On peut même éclairer le « studio » par une lumière visible à courte longueur d’onde; la personne transmise par télévision pourra, par exemple, parfaitement lire un manuscrit.
- D’autre part, cette même Société expose un autre transmetteur à rayon lumineux explorateur d’une construction presque identique, mais muni d’un disque Nipkow à 67 trous et, par conséquent, donnant à peu près trois fois autant d’éléments d’images. Un autre dispositif,
- Fig. 3. — Stand de la Telelior.
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- Fig. 4. — Récepteur de télévision, pour émissions allemandes et anglaises, construit par Telehor.
- construit par la maison Zeiss-Ikon, de concert avec la Fernseh, permet de transmettre un film sonore de télécinéma; l’image, alors, est reçue par un récepteur de télévision construit ad hoc et combiné à un haut-parleur. Ces réceptions font voir combien les images se présentent mieux et combien l’illusion, grâce au concours de la partie acoustique, est plus grande. Ces transmissions se font à raison de 25 images par seconde.
- Quant aux récepteurs, la Fernseh, en dehors de ses. types normaux, à disques Nipkow, fait la démonstration d’un appareil à miroirs tournants, destiné aux projections sur écran, pour une assistance nombreuse.
- La Société Telehor expose également son nouveau synchroniseur, indépendant de la fréquence du réseau électrique, lequel évite tout déplacement des images et qui, dans tout l’intervalle accessible au transmetteur, assure une bonne réception à grande distance. Quant aux autres dispositifs exposés par cette même Société, signalons, en premier lieu, l’ajusteur d’images, qui, par une manipulation simple et rapide, permet d’ajuster l’image à la phase voulue, ainsi qu’un simple dispositif de passage rapide des réceptions allemandes aux réceptions anglaises.
- Deux récepteurs de la Telehor, comportant des disques à 42 trous, font voir à quel point les images deviennent plus claires et plus riches en détails, dès qu’on augmente le nombre de trous. C’est dire que, même avec les disques Nipkow, on peut réaliser des progrès importants, quant à la qualité des images.
- Tous les amateurs qui, en nombre de plus en plus grand, voudront construire leurs propres récepteurs de télévision, s’intéresseront sans doute aux boîtes de construction « Telehor-Tekade », lesquelles renferment, en excellente qualité, toutes les pièces requises pour la confection des téléviseurs. La Fei'nseh expose, du reste, elle aussi, des séries de pièces détachées dans un but analogue. Dr Alfred Gradenwitz.
- = OBSERVATION DES
- On sait combien il est difficile d’observer les oiseaux en mer, volant autour d’un bateau, et de reconnaître de loin l’es-
- Fig. 1. — Nombre moyen d’oiseaux observables en un jour entre 10" de longitude et 10° de latitude. Les quadrillages, les lignes interrompues et les pointillés indiquent les quantités décroissantes de macroplancton (en cc recueillis en une heure).
- -m-j a-nstirga v
- OISEAUX EN MER =
- pèce à laquelle on a affaire. Aussi le mémoire que M. Jesper-sen vient de publier dans les rapports océanographiques du « Dana », ba§é sur de très nombreuses constatations faites depuis 1913 dans l’Atlantique nord, apporte-t-il un nombre considérable de faits nouveaux.
- Tout d’abord, la répartition géographique des oiseaux du large est très inégale : tandis qu’on en rencontre plus de 100 par jour au nord de l’Ecosse, on n’en voit guère qu’un entre les 20° et 30° de latitude nord, comme le montre la figure ci-jointe empruntée au mémoire de M. Jespersen. La variation du nombre, selon la distance à la côte, est bien moindre que selon la latitude. La fréquence des oiseaux est liée àl’abondance duplancton, soit qu’ils s’en nourrissent directement, soit qu’ils chassent les poissons qui le mangent. '
- Les pufïins, le pétrel se rencontrent partout d’Europe en Amérique, le dernier seulement au-dessus du 40° en hiver, du 48-50° en été. L’océanite est en été le plus fréquent des oiseaux. Des sternes, oiseaux côtiers; une espèce, Sterna paradisea, a été vue jusqu’à 600 milles de toute terre. Par contre, le pingouin, le macareux, le fou de Bassan ne dépassent pas vers l’ouest le 30° de longitude, ni la frégate le 55° vers l’est. Les phaétons vivent surtout à l’est des côtes américaines et n’approchent pas l’Europe.
- Les oiseaux terrestres ne se voient guère en mer, sauf au moment des migrations où ils peuvent.s éloigner des côtes pour passer d’Europe en Afrique ou d’Amérique du Nord en Amérique du Sud; ceux d’Amérique s’éloignent beaucoup plus de terre en traversant la Mer caraïbe que ceux de l’ancien continent.
- R. M.
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- Fig. 1. — Vue générale de VEcole nationale d’horlogerie de Cluses.
- L’ÉCOLE NATIONALE D’HORLOGERIE
- DE CLUSES
- Petite bourgade d’environ 2500 âmes, Cluses se trouve pittoresquement juchée à 845 mètres d’altitude, au centre de la jolie vallée de l’Arve, qui s’étend de Genève au Mont Blanc et dont l’intelligente population cultive la mécanique de précision depuis des siècles. Bien avant qu’on songeât à y établir une école technique, la plupart des maisons de cette région alpestre, au sol aride et au rude climat, constituaient de modestes ateliers familiaux dans lesquels se fabriquaient, durant les longues veillées d’hiver, les divers rouages des montres ou des pendules. Là, des ouvriers experts apprenaient à leurs enfants l’art difficile de la chronométrie.
- Fig. 2.— Internat de l'Ecole nationale d'horlogerie de Cluses (inauguré le 6 juillet 1929).
- Iiélas, en 1844, un malheureux événement jeta le trouble dans l’industrieuse ruche savoyarde. Un incendie détruisit presque entièrement Cluses. Mais ses opiniâtres habitants ne se laissèrent pas abattre par la catastrophe. Ils rebâtirent leur cité avec l’aide du gouvernement sarde, qui désireux d’y maintenir une florissante industrie y créa une école d’horlogerie dont il confia la direction à un Français, disciple du célèbre Breguet, Achille Benoît (1848-1889). Ce savant praticien, doublé d’un administrateur énergique, sut assurer l’essor de la fondation et former des professionnels de talent.
- Aussi lorsque, en 1860, la Savoie devint française, la renommée de l’Ecole d’horlogerie de Cluses ne fit que grandir et s’étendit bien au delà de nos frontières. Par la suite, notre gouvernement se montra non moins empressé que les régimes antérieurs à favoriser son développement en l’installant dans des bâtiments appropriés (1880) et en y nommant des professeurs émérites. Au cours de la grande tourmente de 1914-18, l’institution apporta un très utile concours aux fabrications de guerre et s’annexa une section de rééducation professionnelle des mutilés.
- Continuant sa marche ascendante après la crise, l’Ecole nationale d’horlogerie de Cluses se transforma en 1929. Jusqu’à cette époque, ses élèves logeaient chez l’habitant. Tous les matins un clairon se plaçant au croisement des deux rues principales de la petite ville, sonnait le ralliement des apprentis horlogers. Mais les progrès du tourisme et des sports d’hiver devaient mettre un terme à cette période patriarcale. Les logeurs scolaires trouvèrent alors plus avantageux d’héberger les gens de passage que les jeunes artisans et il fallut aviser. Le sous-
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- Fig. 3. — L’atelier de mécanique de précision.
- secrétariat d’état de l’enseignement technique apporta une heureuse solution au conflit. On édifia un grand bâtiment de 4 étages selon les règles les plus modernes du confort et de l’hygiène, à côté même de l’école. Depuis le 1er janvier 1929, ce bel édifice permet d’abriter 250 élèves ayant chacun leur chambrette éclairée par une fenêtre, qui apporte à son occupant non seulement l’air salubre de la montagne, mais encore la vue de l’un des plus merveilleux paysages des Alpes.
- Actuellement Y Ecole nationale d'horlogerie de Cluses, aux destinées de laquelle préside M. Ch. Poucet, comprend quatre grandes salles de cours et de dessin, six vastes ateliers aux larges baies vitrées et parfaitement appropriés à leur destination. Ces locaux abritent un matériel d’enseignement incomparable et qui s’enrichit, chaque année, ainsi qu’une collection de modèles et d’appareils de démonstration, un musée d’horlogerie ancienne et une importante bibliothèque.
- Enfin, indépendamment d’une glacière et d’une étuve pour le réglage des chronomètres, l’établissement dispose d’une installation de T.S.F. lui permettant de recevoir, tous les jours, les signaux horaires de la Tour Eiffel.
- Les élèves se partagent en deux catégories : la section des réparations d'horlogerie et la section industrielle. Cette dernière forme des horlogers se destinant aux fabrications horlogères, des horlogers-électriciens, des mécaniciens pour la fabrication des appareils électriques et des instruments de précision, des techniciens pour la construction des outils et des machines-outils, des agents-mécaniciens pour les P. T. T. et les services électriques des compagnies de chemins de fer.
- L’Ecole reçoit des sujets des deux sexes, âgés d’au moins 14 ans et pourvus du certificat d’études primaires. Après trois années de scolarité à Cluses, le Sous-Secrétaire d’état de l’ensei-
- gnement technique délivre des brevets aux élèves qui ont satisfait d’une manière complète aux épreuves du programme.
- A partir de la rentrée de septembre 1930, les élèves de la section industrielle qui ont obtenu le brevet particulier (moyenne générale égalé au moins à 15 sur 20, sans aucune moyenne inférieure à 12) peuvent faire une quatrième année dans laquelle ils perfectionnent leur instruction technique. Après quoi, s’ils passent avec sjuccès les examens de sortie, ils reçoivent un diplôme spécial témoignant qu’ils peuvent occuper des emplois de chefs de fabrication.
- Durant les deux premières années, le programme comporte une série d’exercices-types servant de base à l’apprentissage des diverses spécialités, tant au point de vue pratique qu’au point de-vue théorique. Une fois en possession de ces connaissances fondamentales, les élèves commencent leur apprentissage industriel, dès le début de leur troisième année. La division des rhabilleurs s’occupe exclusivement de réparations et de réglage tandis que les futurs fabricants ou mécaniciens des diverses catégories réparent et construisent des appareils ou des machines-outils. S :+ il, par exemple, de réaliser une pendule électrique prenti doit, à l’aide des fraiseuses, des découpeuse emboutisseuses ou autres machines de l’atelier, fabr •; -tous les engins nécessaires. Une fois son outillage entièi ment au point, ce jeune homme s’en servira pour construire les organes de la pièce commandée.
- Ainsi, grâce à son excellente installation, à ses programmes fort bien étudiés et à son internat qui la rend abordable aux fils de familles modestes, l’Ecole de Cluses contribue, pour une large part, à hâter le jour prochain où l’industrie horlogère française ne sera plus tributaire de l’étranger. Jacques Boyer.
- Fig. 4. — L'alelicr d’horlogerie.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- QUESTIONS DE PARTAGE
- Les problèmes de partage revêtent parfois un caractère plaisant ou humoristique qui incite le lecteur à en rechercher la solution, bien que celle-ci soit souvent moins facile à trouver qu’on serait tenté de le supposer au premier abord.
- On peut ranger dans cette catégorie les deux problèmes suivants, celui des mesures de la laitière et celui du testament de l’Arabe.
- Les mesures de la laitière
- U ne laitière a 8 litres de lait à vend! e, contenus dans une mesure de 8 litres; elle possède encore deux autres mesures, l’une de 5 litres, l’autre de 3 litres. Une femme se présente, sans récipient, lui demandant 4 litres de lait. Comment la laitière va-t-elle s’y prendre pour lui mesurer ces 4 l. de lait ?
- La laitière remplit d’abord sa mesure de 5 1. en prenant le lait dans sa mesure de 8 L, puis elle remplit sa mesure de 3 1. en prenant le lait dans sa mesure de 5 1.; il reste 2 1. de lait dans sa mesure de 5. Comme la cliente n’a pas de récipient, elle fait passer ces 2 1. dans sa mesure de 3, en vidant au préalable sa mesure de 3 dans sa mesure de 8 ; elle a ainsi séparé 2 1. dans sa mesure de 3 et 6 1. dans sa mesure de 8.
- Elle recommence alors comme au début à remplir sa mesure deifL^Vec le contenu de sa mesure de 8; puis < lie finit de rem-pr.q inesure de 3 avec le contenu de sa mesure de 5. Il reste i-ç, ltins cette dernière les 4 1. demandés; en versant le con-'«e sa mesure de 3 dans sa mesure de 8, elle aura dans
- IS'U ü
- ' Uc 'ci les 4 autres litres de lait.
- ~*î)n peut présenter clairement les manipulations effectuées J.âns le tableau suivant : chaque ligne horizontale correspond à une opération et donne la quantité de lait contenue dans chacune des mesure?, le total de la ligne devant toujours donner le. 8 1. de lait.
- Opérations Mesure de 8 1. Mesure de 5 1. Mesure de 3 1.
- Etat initial 8 0 0
- lre opération 3 5 0
- 2e » 3 2 3
- 3e » 6 2 0
- 4e » 6 - r 0 2
- 5 e »• 1 5 ' 2
- 6e » 1 4 3
- 7 e » 4 4 0
- Comme on le voit, le mesurage des 4 litres de lait nécessite 6 opérations au moins.
- Le testament de l’Arabe
- Un Arabe meurt en laissant par testament à ses trois fils sa fortune composée de 17 chameaux; il en lègue la moitié à l’aîné, le tiers au cadet et le neuvième au plus jeune. On demande comment les 3 fils on effectué le partage des chameaux ?
- Ils ont d’abord essayé de procéder eux-mêmes au partage, mais n’ont pu y parvenir, se trouvant toujours arrêtés par l’impossibilité d’obtenir un nombre entier de chameaux pour
- la part de chacun. En désespoir de cause ils ont fait appel aux lumières du cadi. Celui-ci se rend sur les lieux monté sur son chameau qu’il attache à la suite des 17 autres; puis il dit à l’aîné : « Le testament te donne droit à la moitié de 17 chameaux, moi je te donne la moitié des 18 ici présents, soit 9 chameaux. » Il dit au second : « Il doit te revenir le tiers de 17 chameaux, prends le tiers de 18, soit 6 chameaux;» enfin au troisième : « Ta part est le neuvième de 17 chameaux, prends le neuvième de 18, soit 2 chameaux. » Puis le cadi repart monté sur son chameau, laissant les 3 héritiers enchantés de leur sort, chacun d’eux ayant ainsi obtenu une part plus grande que celle prévue au testament.
- Ce problème est aussi présenté sous une autre forme analogue, dans laquelle les chameaux sont remplacés par des vaches : i s’agit de partager 19 vaches entre trois héritiers, ’e testament donnant au 1er la moitié des vaches, au second le quart et au troisième le cinquième. En ajoutant une 20s vache, il est facile de voir que le 1er aura 10 vaches, le second 5 et le troisième 4.
- On pourrait également prendre le nombre de 23 animaux à partager, le 1er prenant la moitié, le second le tiers et le 3e le huitième.
- En général, on peut choisir, comme nombre d’animaux à partager, . un nombre premier immédiatement suivi d’un autre nombre dont la somme de trois de ses diviseurs soit égale au nombre premier, comme dans le tableau suivant :
- Nombre d animaux Diviseurs du nombre suivant Part de chacun
- 11 6, 3, 2 1 1 1
- 17 9, 6, 2 2 ’ 4 6 1 11
- 19 10,5,4 2 3 ’ 9 1 1 1
- 23 12, 8, 3 2 4 ’ 5 1 1 1
- 2 3 8
- Léon David.
- A propos d’une récréation antérieure (V. n° du 15 février 1930), un lecteur fait judicieusement remarquer qu’un nombre de trois chiffres peut donner lieu à trois nombres forcés 99, 990 et 1089, se'on que la permutation porte sur les deux derniers chiffres, les deux premiers ou le premier et le dernier.
- Il y a lieu d’ajouter que, pour obtenir ce résultat, les rois chiffres du nombre considéré doivent être différents.
- Si l’on restitue au premier nombre forcé le zéro qui le précède dans le résultat final, il est intéressant de constater que les trois nombres 099, 990 et 1089 jouissent de la curieuse propriété suivante : le second n’est que le premier renversé et le troisième la somme des deux autres.
- L. D
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- SEPTEMBRE 1930, A PARIS
- Le mois de septembre 1930 a été dans son ensembhTassez doux, peu ensoleillé et très pluvieux.
- Sa température moyenne, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 15°,3, présente un excès de 0°,6. Le temps qui était resté relativement doux jusqu’au 25, s’est refroidi brusquement à partir de cette date amenant le 28 le minimum absolu de température pour le mois, 5e,2. Le maximum absolu, 28°,5, a été noté le 5.
- Les pluies ont été très fréquentes et souvent^abondantes. Le nombre de jours de pluies appréciables, 18, n’a été atteint ou dépassé que trois fois depuis 1874.
- La quantité totale de pluie recueillie dans le mois, 77 mm, 6, à Saint-Maur, est supérieure de 60 pour 100 à la moyenne. Les précipitations les plus abondantes notées en 24 heures, ont été de 14 mm, 0 le 9 et de 20 mm, 0 le 11.
- La pression barométrique moyenne à l’Observatoire de Montsouris, 762 mm, 1, au niveau de la mer, est inférieure de 1 mm, 1 à la normale. L’humidité relative de l’air a été en moyenne de 84,8 pour 100 et la nébulosité moyenne du ciel de 75 pour 100.
- On a noté 7 jours d’orage, 12 jours de brouillard, à partir du 13, ces derniers ont été assez nombreux et parfois fort épais.
- On a observé le 26, à Vaucluse et à Meudon, un peu de grêle mêlée de pluie.
- Le 28, pour la première fois de la saison, on a signalé de la gelée blanche (à Rosny et à Ville-Evrard).
- Les vents de la moitié Ouest ont soufflé plus fréquemment que d’ordinaire.
- MOIS DE SEPTEMBRE ANTÉRIEURS
- La température, moyenne normale de septembre, est de 14°,7.
- Depuis 1757, la moyenne de septembre n’est descendue au-dessous de 12° que deux fois, en 1877, 11°,9 et en 1921 : 11°,5. Dans ce mois on peut avoir aussi des chaleurs exceptionnelles, comme en 1895, par exemple, mois pendant lequel la température donna durant onze jours des maxima supérieurs à 30° et, par suite, une moyenne atteignant une valeur très élevée (18°,9); il fut, du reste, le plus chaud de tous les mois de cette année-là...
- Septembre est le mois où la température éprouve le moins de changements. Pendant sept années, de 1847 à 1853, il fut plutôt froid.
- Les mois de septembre les plus froids ont été ceux de : 1912, moyenne 11°,5; 1877, 11°,9; 1887 et 1925, 12°,7; 1792 et 1807, 12o,9; 1793 et 1904, 13°,0; 1922, 13°,3; 1882, 13°,4; ceux les plus chauds : 1775 et 1865, 19°,4; 1770, 19°,1; 1895, 18°,9; 1760 et 1929, 18°,7; 1765, 18°,6; 1795, 18°,5; 1761, 18°,3; 1804, 18°, 2; 1841, 18°,1; 1772, 18®, 0.
- Les minima absolus de la température les plus bas connus en septembre ont été de : 0°,6 en 1877 ; 0°,7 en 1885; 0°,9 en 1912; ,1°,0 en 1889. En 1865, le plus bas minimum absolu du mois de septembre n’a pas été inférieur à 11°,3.
- Les plus hautes températures observées en septembre ont
- été les suivantes : 35°,8 en 1911 ; 35°,5 en 1895; 33°,8 en 1874 et en 1929; 33°,2 en 1898.
- Les mois de septembre les plus pluvieux ont été ceux de : 1896,118 mm,4 d’eau. (Obs. du Parc St-Maur)*; 1840,114 mm,l ; 1829,108 mm, 8 (Obs. de Paris) ; 1883, 103 mm, 8. (Obs. du Parc St-Maur) ; 1839, 99 mm, 3 ; 1866, 98 mm,5 ; 1835, 96 mm, 7 (Obs. de Paris) et ceux les plus secs : 1895, 0 mm, 1, insignifiante averse tombée le 11. la seule dans une période de sécheresse de 39 jours s’étendant du 24 août au 1er octobre; 1926,
- 4 mm, 1; 1810, 5 mm, 9 (Obs. de Paris, pluv. de la terrasse); 1929, 6 mm, 1 ; 1834, 8 mm, 0 (Obs. de Paris, pluv. de la cour) ; 1912, 9 mm, 0.
- En 1829 et en 1856, septembre donna 23 jours de pluie; en 1830, 22; en 1927, 21; en 1896 et en 1866, 20. En 1895, 1; en 1754, 2; en 1766 et en 1865, 3; en 1759, 1795, 1802, 1803, 1804, 1848, 1898, 1926 et 1929, 4.
- Le 8 septembre 1880, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, il est tombé, en 5 minutes, 15 mm,0 d’eau; le 10 septembre 1896, dans les 24 heures, à l’observatoire Gruby, de Montmartre, il est tombé 53 mm, 4 d’eau;, le 20, en 1867 et le 9, en 1865, en 30 minutes, il est tombé 56 mm à Monceau et 52 mm à l’Observatoire de Paris.
- On a compté en septembre 1894 jusqu’à 8 jours d’orage, nombre le plus grand connu pour ce mois.
- En septembre, 1895, le baromètre a été très élevé en moyenne, 766 mm, 4au niveau de la mer; en 1865, ce même mois, il e fut encore de 2 mm environ plus haut. Mais en 1895, le mercure n’a varié dans tout le mois que de 10 mm, 5 seulement, ce qui est sans exemple en septembre et bien rare pour tout autre mois. Par contre, l’année suivante, en 1896, le 25 septembre, un cyclone remarquable a passé sur la région parisienne dans la journée et l’abaissement du baromètre a été de 27 mm, 5, de midi du 24 à la même heure du 25, mouvement sans exemple également en septembre pour être aussi grand.
- Des trombes ont été observées en septembre, en 1839, le 1er, au Petit-Montrouge; en 1893, le 21, à Maisons-Laffitte et en 1896, le 10, à Paris même (très fort coup de vent local, à 2 heures trois quarts du soir, qui a sévi entre la place Saint-Sulpice et les Buttes-Chaumont; dénivellation brusque de 6 mm. au baromètre de la Tour Saint-Jacques, laquelle s’est trouvée juste sur la trajectoire de la trombe).
- Mois de septembre clairs : 1895. nébulosité moyenne, 14 pour 100 seulement, et ce mois a offert quatre jours sans la moindre trace de nuage; 1898, 26 pour 100; 1900, 29 pour 100; 1928, 28 pour 100; 1929, 31 pour 100; les plus couverts ont été ceux de : 1927, nébulosité moyenne, 77 pour 100 et 1905, 72 pour 100.
- Les moyennes les plus faibles de l’humidité relative de l’air en septembre ont été de : 66,2 pour 100 en 1895, 68,6 pour 100 en 1911, 71,8 pour 100 en 1928 et celles les plus fortes en 1879, 86,7 pour 100; en 1896, 86,4 pour 100; en 1881, 86,3 pour 100 et en 1882, 85,8 pour 100.
- En 1923, septembre a offert 21 jours de brouillard; en 1928, 17 et en 1925, 16.
- Em. Roger,
- Membre de la Société Météorologique.
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- PRESTIDIGITATION
- ÉVAPORÉE!
- Vue d’ensemble.
- Fig. 1.
- Au lever du rideau, le fond de la scène est garni d’un rideau de peluche verte sur lequel se détache une longue caisse formée de plaques de cristal maintenues par des bandes de cuivre nickelé.
- La caisse elle-même est posée sur un piédestal décoré d’un tapis, mais qui laisse voir le plancher et le fond de la scène.
- Déplus, cette caisse est séparée du piédestal par un léger chevalet en métal nickelé.
- L’opérateur fait remarquer au public la grande transparence du coffre, l’impossibilité qui existe de dissimuler quoi que ce soit dans un pareil objet, ou dans le piédestal. Il soulève même le tapis pour montrer que le piédestal est formé simplement d’une planche ne pouvant dissimuler aucune cachette. Il passe et repasse derrière le piédestal et le coffre afin qu’on puisse bien se rendre compte qu’il n’existe aucun effet de glace et il invite même quelques spectateurs à venir visiter l’installation.
- Il va alors chercher une jeune femme vêtue d’un riche costume rouge et or, rappelant assez celui de Méphisto. Elle est enveloppée d’un ample manteau noir qu’elle quitte au bout d’un instant; au moyen d’un escabeau que l’on apporte et que l’on remporte aussitôt, elle monte jusqu’au coffre, soulève le couvercle, se couche de tout son long en refermant le couvercle.
- Le prestidigitateur explique alors que la jeune femme peut
- se rendre invisible et impondérable, au point de pouvoir sortir de la caisse de cristal sans être vue mais que, pour cela, il lui faut l’obscurité.
- Au moyen de deux baguettes légères le prestidigitateur et un aide se tenant chacun à l’une des extrémités du coffre soulèvent un léger voile de soie verte et le déposent sur le coffre dont il cache seulement le dessus et la façade.
- Après avoir compté jusqu’à cinq le prestidigitateur et l’aide retirent le voile, le coffre est vide, la femme s’est évaporée !
- Cette curieuse expérience, fort bien combinée, se réalise de la manière suivante.
- La figure 2 représente tout l’appareil en coupe. La femme pour entrer dans le coffre soulève le couvercle CD sur ses charnières C et elle se couche sur le fond AB.
- Jusque-là rien d’anormal, mais au moment précis où le prestidigitateur et l’aide vont soulever le voile de soie avec les baguettes, ils posent à terre les extrémités inférieures de ces baguettes, puis se baissent pour les saisir par le bas et les soulever.
- Ce mouvement très naturel immobilise le voile tendu devant le chevalet pendant trois secondes environ.
- Ce temps a suffi pour faire baisser un double fond AB du coffre; ce double fond dont les bords viennent se cacher dans le chevalet BP, en BA” est une glace qui reflète une peluche verte existant dans un léger creux du plancher PP du piédestal.
- Lorsque la toile est montée, rien n’est changé pour le spectateur. La glace BA' lui fait croire qu’il voit toujours le fond de la scène au travers du chevalet.
- Avant de compter jusqu’à cinq, l’opérateur et son aide soulèvent légèrement la toile pour montrer qu’elle est toujours là. Mais aussitôt le fond AB forme charnière sur B, s’applique sur le faux fond et la femme entraînée par le mouvement se laisse glisser. Elle est recueillie sur un plancher RR, en passant dans une trappe O .qui se soulève dans la peluche verte du fond.
- Le prestidigitateur a soulevé le tapis devant le piédestal et l’a laissé relevé, mais il n’a pas touché à ce tapis derrière, car c’est lui qui peut empêcher des spectateurs d’apercevoir le passage ou un mouvement insolite.
- Le coffre est plus long qu’il n’est nécessaire afin que le corps ne soit pas vu au passage sur les côtés.
- Les spectateurs invités à vérifier l’installation ne peuvent voir la peluche posée dans le piédestal et destinée à être reflétée, parce que la toile de soie qui servira tout à l’heure à couvrir le coffre est étendue dessus, avec les baguettes. On les fait se retirer avant l’opération.
- On voit que le moindre détail est prévu pour que l’illusion soit complète.
- Alber.
- Fig. 2. —• Coupe de l’appareil.
- Coffre
- Chevalet
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- QUELQUES NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- DU SALON DE 1930
- L’ÉVOLUTION DU POSTE-SECTEUR
- Le Salon cle la T.S.F. de 1930 a démontré d’ une façon extrêmement nette la généralisation de l’emploi du poste secteur en France, puisque presque tous les constructeurs présentaient au moins un ou deux types destinés à être alimentés directement par le courant d’un secteur alternatif.
- Peut-être cette généralisation est-elle un peu exagérée, puisqu’il y a encore certainement, dans quelques régions de la France, des endroits où l’emploi d’un poste secteur est très
- de radiodiffusion français seront améliorés, il est probable que la majorité des auditeurs se contenteront d’entendre des émissions françaises, et, dans ce cas, les émissions à recevoir provenant de postes puissants et rapprochés, l’influence des parasites sera beaucoup moins nuisible.
- Jusqu’à ce moment, nous avons déjà noté aussi que les usagers désiraient, en général, non pas seulement entendre les. émissions nationales, mais aussi celles des principaux postes étrangers ; dans ces conditions, il est nécessaire de réaliser une amplification relativement considérable qui rend aussi plus
- Fig. 1. — Quelques modèles de postes secteur récents de type « local » à sensibilité moyenne.
- a) Bouchet et Aubignat; b) Gody; c) Ondia; d) Hervor. Ces postes sauf le dernier ne comportent pas d’étages à haute fréquence
- ou, en tout cas, un seul étage à résonance.)
- difficile, sinon impossible, non pas peut-être à cause des variations de tension du courant du secteur qu’il est généralement aisé d’atténuer grâce à l’emploi d’un système régulateur approprié, dont il existe d’assez nombreux modèles, mais plutôt à cause de l’influence des « parasites industriels ».
- Nous avons déjà, en effet, indiqué dans un numéro précédent que l’emploi d’un système d’alimentation par le secteur augmentait dans de grandes proportions l’influence des courants parasites à haute fréquence qui peuvent être transmis par des lignes de distribution. On peut bien utiliser également les dispositifs anti-parasites généralement assez simples, mais ces dispositifs se montrent le plus souvent inefficaces, lorsque les courants à éliminer sont relativement intenses, et surtout lorsqu’on veut recevoir une émission faible. Lorsque-les postes
- sensible l’influence des parasites, et nécessite, d’autre part, des postes très sélectifs, du moins dans les villes.
- La suppression totale des batteries d’alimentation est un bienfait désiré depuis de nombreuses années par tous les auditeurs de T.S.F. et même par la majorité des amateurs. Cette suppression est rendue possible dans de nombreux cas, grâce aux solutions actuelles du poste secteur, mais il n’est malheureusement pas encore exact d’affirmer que l’on peut partout et en n’importe quel point de la France employer avec succès un poste secteur. C’est là un cas d’espèce, que seule l’expérience peut déterminer.
- Il ne faut sans doute rien exagérer, et le nombre de ces endroits défavorables est relativement restreint; il est seulement nécessaire d’attirer sur ce point particulier l’atten-
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- tion des amateurs et des auditeurs qui désirent réaliser une installation de ce genre.
- Nos lecteurs savent sans doute déjà que l’on peut obtenir la suppression des batteries et l’alimentation des lampes du radio-récepteur par le courant du secteur alternatif à l’aide de trois procédés principaux :
- 1° Emploi d’un dispositif d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré à basse tension pour le chauffage des filaments de lampes ordinaires, et du courant redressé et filtré pour la tension plaque ;
- 2° Emploi de lampes spéciales comportant un filament chauffé par du courant de très faible tension non redressé, et alimentées en courant plaque par du courant redressé et filtré ;
- 3° Emploi de lampes spéciales du type à chauffage indirect, dans lesquelles le courant d’alimentation non redressé échauffe un organe chauffant distinct de la cathode, et alimentées également en courant plaque par du courant redressé et filtré
- Ainsi que nous l’avons fait pressentir dans un article de La Nature consacré à l’étude de ces lampes, on semble abandonner la deuxième solution, et l’on adopte exclusivement la première ou la troisième. Il y a même prédominance pour la troisième solution, c’est-à-dire pour l’emploi des lampes à
- Fig. 3. — Le Radiola 41. Aspect du châssis du^.Radiola 41 (à gauche : les étages haute fréquence blindés ; adroite, l’amplification basse fréquence et les organes d’alimentation).
- chauffage indirect; il faut convenir que cette solution semble la plus séduisante, puisqu’elle permet de réaliser des postes beaucoup moins complexes, dans lesquels il n’est besoin de prévoir aucun dispositif spécial pour le redressement et le filtrage du courant de chauffage.
- La majorité des constructeurs se sont donc ralliés à cette solution. Son efficacité dépend évidemment de la qualité même des lampes à chauffage indirect utilisées; on doit constater que les efforts des constructeurs ont permis d’améliorer peu à peu les caractéristiques des différents modèles ; en particulier, il existe maintenant des lampes à grille écran à chauffage indirect fournissant une amplification considérable et permettant la réalisation d’étages haute fréquence ou moyenne fréquence très efficaces. Ces modèles de lampes sont d’un prix encore élevé, aussi l’usager a-t-il le droit d’exiger qu’elles fournissent une durée de service assez grande, et soient exemptes de détériorations diverses, mauvais contacts internes, dilatation anormale de la cathode, inconstance de l'émission électronique, etc.
- La première solution, qui consiste dans l’emploi d’un système d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré pour le chauffage et la tension plaque, est plus coûteuse et plus complexe en apparence, mais elle a l’avantage de permettre l’emploi d’un montage de poste ordinaire, et de lampes du
- Fig. 2. — Poste sensible à étages d’amplification haute fréquence directee muni de lampes à chauffage indirect et à grille écran. Radiola 41.
- type normal avec filaments à faible consommation; aussi conserve-t-elle à juste titre ses partisans, et on peut même noter que les postes réalisés suivant ce principe peuvent être employés avec moins d’exceptions que les postes à lampes à chauffage indirect, parce qu’ils sont moins sensibles à l’influence des parasites, et, en tout cas, sont à peu près aussi sélectifs que des appareils alimentés par batteries.
- Quoi qu’il en soit, il y a maintenant, semble-t-il, une technique à peu près bien établie des postes à lampes à chauffage indirect, et le seul examen des différents types présentés au Salon a permis de s’en rendre compte. La plupart de ces appareils sont munis d’un système de réglage de la tension primaire d’alimentation, et quelques-uns comportent aussi des dispositifs de sûreté empêchant toute détérioration et toute surtension dans le circuit secondaire en cas de bris d’une lampe.
- En principe, les montages des appareils à lampes à chauffage indirect ne diffèrent guère, et nous l’avons déjà montré dans des articles précédents, de ceux des radiorécepteurs ordinaires. On peut pourtant discerner trois modèles de ce genre. Tout d’abord le poste local comportant trois à quatre lampes au maximum, c’est-à-dire une lampe haute fréquence généralement à grille écran, une lampe détec trice e t une ou deux lampes basse fréquence (généralement une seule trigrille de puissance). On trouve même des postes de cette catégorie à deux lampes comportant simplement une détectrice et une lampe trigrille de puissance (fig. 1). Ainsi que l’indique leur nom, ces appareils
- Fig. 4. —• Le Synçhro Secteur 4. Radio LL. Poste très simple pour réception sur antenne.
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- sont presque exclusivement destinés à recevoir des émissions de postes locaux. Leur puis-sance est assez grande pour permettre l’audition en haut - parleur d’une intensité suffisante, et ils sont bien adaptés à l’amplification phonographique. Par contre, leur sélectivité est très réduite elle réglage est évidemment très simple.
- A côté de cette première catégo -rie, nous pouvons ranger les postes sensibles à amplification haute fréquence directe. Ces récepteurs comportent un ou deux étages d’amplification haute fréquence à résonance avec lampes à grille
- écran à chauffage indirect, une lampe détectrice, et un ou deux étages d’amplification basse fréquence, très souvent avec lampe trigrille de puissance. Dans l’ébénisterie même du poste, on place en même temps les systèmes de transformation, de redressement et de régulation des courants d’alimentation (fig. 2 et 3).
- La plupart de ces appareils sont munis d’un système de réglage simplifié, et quelques-uns même sont à réglage essentiel unique. On peut remarquer, d’ailleurs, que sur presque tous les appareils actuels, quel que soit leur principe, on adopte des organes de réglage à tambour de repère d’un aspect très simple,
- Fig. 5. — Le synchro Secteur 6. Radio LL.
- Poste sensible à changement de fréquence, lampes à chauffage indirect, réglage unique, fonctionnant sur cadre.
- Fig. 6. — Vue intérieure du synchro Secteur 6. Radio LL.
- et que le système de réglage unique est de nouveau en faveur.
- Ces appareils sont ainsi extrêmement sensibles, et, grâce à l’emploi d’une forte tension plaque sur les étages basse fréquence, et de lampes de puissance convenables, permettent d’obtenir une amplification à la fois intense et généralement pure. Il faut remarquer, d’ailleurs, qu’ils sont très rarement destinés à être employés sur cadre, mais que l’antenne nécessaire peut être extrêmement courte, et se composer, le plus souvent, d’un fil isolé de quelques mètres, tendu à l’intérieur d’un appartement. Cette méthode est, d’ailleurs, d origine américaine.
- On voit maintenant apparaître sur quelques postes un nouveau système de montage du détecteur, sur lequel nous avons déjà donné des indications dans La Nature, le montage en détecteur de puissance. Dans quelques postes comportant, en effet, plusieurs étages d’amplification haute fréquence à lampes à grille écran, la détection est réalisée non pas par utilisation de la courbure de caractéristique grille, mais par utilisation de la courbure de caractéristique plaque avec lampe de puissance : c’est ce que nous avons appelé la détection de puissance. Dans un appareil fort intéressant, cette détection est même réalisée à l’aide d’une lampe à grille écran.
- Il est naturellement nécessaire de prendre pour la construction de ces postes des précautions spéciales; les étages haute fréquence sont généralement blindés, et, le plus souvent, assez nettement séparés des étages basse fréquence et même du bloc d’alimentation. La sélectivité est évidemment beaucoup plus grande que sur les postes précédents, quelquefois presque aussi accentuée que sur les appareils à changement de fréquence, sans toutefois être absolument équivalente en général.
- La solution la plus simple pour l’alimentation des appareils à changement de fréquence par le courant d’un secteur alternatif consiste d’ailleurs dans l’emploi d’une boîte d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré pour le chauffage des filaments et la tension plaque, car ce dispositif permet évidemment d’utiliser un montage récepteur complexe quelconque sans aucune modification. Les constructeurs de lampes ont pourtant réussi à mettre au point des lampes bigrilles à chauffage indirect permettant de monter des postes à changement de fréquence complets comportant sur les étages moyenne fréquence, soit des lampes ordinaires triodes à chauffage indirect, soit même des lampes à grille écran, et qui sont montés comme les postes précédents à amplification haute fréquence directe, sans redressement du courant de chauffage.
- Cependant, nous voyons aussi apparaître deux catégories d’appareils à changement de fréquence équipés avec ces lampes à chauffage indirect; d’une part, des appareils simples relativement peu sensibles, destinés non plus à être eemployés sur cadre, mais à être utilisés sur une antenne intérieure ou extérieure assez courte. Ces appareils comportent généralement une lampe bigrille changeuse de fréquence, un étage moyenne fréquence à lampe triode ou plutôt à lampe à grille écran, et un étage basse fréquence à lampe trigrille de puissance (fig. 4).
- A côté de ces postes, on a pu réaliser de même, et c’est là un résultat qui fait honneur aux techniciens, des postes sensibles à changement de fréquence, munis uniquement de lampes à chauffage indirect, du moins sur les étages haute fréquence et moyenne fréquence. Ces postes à 5 ou 6 lampes comportent une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux lampes moyenne fréquence à chauffage indirect, une lampe détectrice également à chauffage indirect, une lampe basse fréquence à chauffage indirect, et enfin une lampe de sortie à chauffage direct (fig. 5 et 6). La plupart de ces postes sont également à réglage essentiel unique.
- Nous pourrons, d’ailleurs, remarquer que l’étage de sortie
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- de tous ces postes secteur est, le plus souvent, réalisé à l’aide d’une lampe à chauffage direct, et nous avons montré précédemment qu’il était à peu près inutile d’utiliser comme lampe de sortie une lampe à chauffage indirect, puisque les irrégularités et les ronflements possibles ne sont plus amplifiés à ce moment par aucun étage postérieur.
- Il est bon de noter, enfin, que les constructeurs semblent maintenant se soucier peu à peu de la réception des ondes courtes sur la gamme de 10 à 100 mètres. Nous voyons apparaître des postes toutes ondes plus ou moins complexes, qui permettent d’obtenir ce résultat, un grand nombre d’adaptateurs pouvant être placés en avant du poste ordinaire pour la réception des ondes très courtes, et enfin de petits postes à ondes très courtes à deux ou trois lampes fort bien compris dont quelques-uns sont alimentés complètement par le courant d’un secteur.
- LES SYSTÈMES DE BOBINAGES MODERNES POUR LA RÉALISATION DES POSTES
- Il y a bien longtemps que les amateurs constructeurs n’emploient déjà plus les bobinages mobiles à monture amovible à
- Fig. 8. — Poste à 4 lampes, pouvant se monter facilement à l'aide de blocs d'accord et de résonance S et S’ analogues à celui de la fig. 7.
- broches, qu’ils adoptaient dans les débuts de la radiophonie, et, à l’heure actuelle, les bobinages d’accord, de résonance, de changement de fréquence, etc., sont généralement entièrement placés à l’intérieur même du poste, avec des commutateurs extérieurs; il existe, d’ailleurs, de nombreux modèles de blocs d’accord ou de résonance comportant des bobinages relativement réduits rassemblés sous une forme compacte, et munis d’un commutateur permettant de choisir immédiatement le bobinage correspondant à la longueur d’onde de l’émission à recevoir.
- Nous pouvons noter, par exemple, un bloc de forme cylindrique de 75 mm de diamètre et de 120 mm de hauteur, de montage très facile sur un panneau de poste et comportant en], un ensemble compact et indéformable, sans aucun fil à l’extérieur, tous les bobinages destinés à l’accord, à la résonance, au changement de fréquence, etc. (fig. 7). Le rendement maximum est obtenu par la suppression des « bouts morts », par la mise en court-circuit de chaque élément utilisé, et du total vers les sources, c’est-à-dire vers un point à potentiel constant. Des bobinages de ce genre sont établis pour tous les usages courants d’amateur, par exemple pour réaliser le système d’accord « en direct » avec six positions couvrant la
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- gamme de 150 à 3000 m, à l’aide d’un condensateur variable de un millième de microfarad en série ou en parallèle pour la résonance avec point milieu de bobinage prévu, c’est-à-dire pour le montage en neutrodyne, gamme de 150 à 3000 m avec trois positions, et un condensateur de 0,005 de microfarad aux bornes, pour le montage en hétérodyne enfin avec trois positions : petites ondes, moyennes ondes et grandes ondes sur la même gamme de longueurs d’onde. Des accessoires du même genre peuvent servir comme transformateurs haute fréquence, comme filtres, et comme transformateurs moyenne fréquence. Il est évident que ces blocs de bobinages rendent extrêmement aisée la réalisation d’un montage quelconque.
- A titre d’exemple nous indiquons le montage d’un poste comportant quatre lampes, soit une haute fréquence à résonance avec montage en neutrodyne, une détectrice à réaction électrostatique, et deux basse fréquence à transformateurs (fig. 8). Cet appareil se rapproche du type classique à résonance à quatre lampes dit C-119, mais il est plus stable, et la réaction est plus « souple », grâce à l’emploi d’un montage électrostatique réalisé simplement avec un petit condensateur, et une bobine de choc dans le circuit plaque de la lampe détectrice.
- Fig. 7. — Bloc d’accord, de résonance ou de modulation pouvant être monté rapidement sur un poste construit par un amateur.
- UN DIFFUSEUR BIEN ÉTUDIÉ
- Nous avons étudié dans le numéro du 15 septembre dernier les différents systèmes de diffuseurs de sons et nous avons montré que l’on pouvait employer soit des modèles d’assez grande surface dont les vibrations sont relativement limitées, soit, au contraire, des diffuseurs de diamètre réduit, mais dont le déplacement peut être quelquefois de l’ordre de quelques millimètres. Il est d’ailleurs nécessaire de placer ces derniers systèmes dans un « baffle » acoustique.
- Il faut donc que ce diffuseur soit extrêmement bien réalisé, puisque c’est de ses caractéristiques que dépend la bonne qualité de l’audition, tout autant, au moins, que de la réalisation du moteur de haut-parleur, et, si l’on peut établir à l’heure actuelle des moteurs de haut-parleurs électromagnétiques assez bien construits, et à des prix relativement modiques, permettant d’obtenir une audition de qualité satisfaisante, du moins si on se contente d’une intensité moyenne, il est absolument essentiel que ces moteurs soient adaptés à un diffuseur de qualité.
- Il existe, nous l’avons dit, de très nombreuses formes
- de diffuseurs. Nous pouvons Fi9- 9- — La membrane Altophone :
- , _____ • nouveau genre de diffuseur pour haut-
- en signaler encore une qui , , .
- , f • • i . parleur a moteur électromagnétique.
- semble assez originale et
- dont la forme est indiquée sur la figure 9. Comme on le voit, cette forme est très particulière, et l’inventeur en aurait, paraît-il, bien étudié les caractéristiques de façon à obtenir la reproduction la plus constante possible sur toute la gamme acoustique, sans pour cela augmenter son diamètre dans de trop grandes proportions.
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- Fig. 10. — Schéma de principe de V amplificateur Loflin-White.
- A et B sont les points de retour des prises médianes des enroulements secondaires des transformateurs d’alimentation.
- UN NOUVEL AMPLIFICATEUR PHONOGRAPHIQUE
- Les amplificateurs phonographiques actuellement utilisés sont généralement montés simplement à l’aide d’un.système de liaison à transformateurs, soit simples, soit du type push-pull; et, en utilisant des lampes de puissance à forte tension plaque convenablement choisies, on peut à l’heure actuelle obtenir des résultats très satisfaisants au point de vue musical, surtout en adoptant, ce qui est le cas général, des haut-parleurs électrodynamiques de qualité.
- On a lancé récemment aux Etats-Unis, cependant, un système d’amplification phonographique dont, d’ailleurs, le principe ne semble guère nouveau, mais dont la réalisation présente cependant des détails originaux. Dans ce système, on ne transmet plus les variations de tension plaque d’une lampe à la grille suivante au moyen d’un système de liaison spécial, mais on relie directement les deux, la fuite commune se faisant par l’intermédiaire d’une résistance (fig. 10). En principe, le système est donc particulièrement simple, puisqu’il n’y a plus de bobinage, plus de capacité, plus de transformateur, et les distorsions doivent aussi être réduites au minimum, puisqu’il n’en existe plus aucune cause visible si le montage est réalisé soigneusement.
- Sur ces appareils, on emploie, comme c’est le cas général
- Fig. 11.— Le phonographe électrique A. C.E. R, muni d’un amplificateur à liaison directe à résistance.
- Vu par devant et par derrière.
- d’ailleurs pour tous les amplificateurs phonographiques actuels, des lampes à chauffage indirect, du moins pour le premier étage, et il convient de porter le filament de la lampe à un potentiel positif par rapport à la grille. On y arrive en reliant la cathode d’un tube à chauffage indirect à un point judicieusement choisi du potentiomètre d’alimentation haute tension. Les diverses tensions plaque sont donc ainsi en général en série les unes avec les autres, et l’on est ainsi conduit à admettre des courants et des tensions assez importants pour que !e principe soit réellement intéressant.
- Sur le premier étage d’amplification, on adopte généralement une lampe à grille écran; il est bon aussi de prévoir des dispositifs de stabilisation souvent assez complexes; il ne semble pas, d’ailleurs, que l’amplification produite par ce système puisse être facilement très intense, mais elle est, en tout cas, suffisante pour produire une amplification phonographique assez intense pour un 'appartement : un tel appareil peut donc rendre de très grands services à un amateur aimant la belle musique, car il est indéniable que la qualité musicale d’un tel système bien construit, et adapté à un haut-parleur de modèle convenable, est extrêmement intéressante.
- Un constructeur français a, d’ailleurs, réalisé déjà et nous en avons pu voir les divers modèles au Salon de la T.S.F., un phonographe électrique comportant un système d’amplification de ce genre et un haut-parleur électrodynamique (fig. 11).
- Ce phonographe électrique comporte, réunis dans le même ensemble d’ébénisterie, un moteur phonographique avec moteur à induction : l’amplificateurp honographique avec ses lampes d’amplification et ses valves d’alimentation, et un haut-parleur électrodynamique. Tout l’ensemble paraît extrêmement bien étudié, et la qualité de l’audition obtenue est fort intéressante, à tel point qu’elle a attiré les suffrages de musiciens fort connus.
- LA CONSTRUCTION DES POSTE SECTEUR PAR LES AMATEURS
- Il est sans doute beaucoup plus simple pour un amateur constructeur, qui veut supprimer l’alimentation par batteries, d’utiliser une boîte d’alimentation produisant du courant redressé et filtré; en effet, cette boîte peut s’adapter à n’importe quel montage du type ordinaire; elle est indépendante du montage lui-même, ce qui fait que l’amateur constructeur peut changer son montage, le modifier, le transformer, sans avoir besoin de changer son système d’alimentation.
- Cependant, il est également possible pour un amateur constructeur de construire un poste comportant des lampes à chauffage indirect. Il est seulement indispensable de noter que la construction de tels appareils doit être réalisée avec des précautions spéciales, assez différentes de celles observées par le constructeur des appareils ordinaires, et qu’il est bon de se familiariser au préalable avec ces précautions, en essayant tout d’abord d’établir des montages simples.
- Nous voyons, d’ailleurs, apparaître déjà dans le commerce des pièces détachées destinées à la réalisation de ces postes, et qui permettent à un amateur constructeur de réaliser assez facilement des montages peu complexes; on pourra ainsi, par exemple, établir un appareil comportant une lampe à grille écran à chauffage indirect, une lampe détectrice également à chauffage indirect et une lampe de sortie, par exemple une lampe trigrille de puissance à chauffage direct. Etant donné que, dans ce poste, nous n’employons qu’un seul étage haute fréquence, il paraît inutile d’adopter un blindage spécial, et, d’autre part, pour rendre plus aisé le réglage de l’appareil, on
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- monte simplement dans l’antenne une résistance et non un système d’accord à résonance (fig. 12).
- Nous voyons cependant que ce type d’appareil comporte deux circuits accordés, système dérivé du montage des filtres passe-bande qui assurent au système une sélectivité assez
- Antenne
- |- 0.15/1000
- 5000tu
- ( O) H.P
- 05/1010
- 1000a>
- Fig. 12. — Un poste d’amateur à 3 lampes, entièrement alimenté par courant alternatif du secteur el réalisé avec des pièces Ferrix-Solor.
- grande. La réaction est obtenue par un montage mixte, à la fois capacitaire et à induction qui permet d’obtenir un fonctionne-
- ....-.....................-—= 473 =
- ment assez progressif. L’alimentation est assurée au moyen d’un transformateur à trois secondaires : le premier secondaire assure le chauffage des filaments des lampes ; le deuxième, le chauffage du filament de la valve biplaque de redressement, et enfin le troisième fournit le courant plaque nécessaire. Une résistance est intercalée, d’ailleurs, dans le circuit plaque de la lampe détectrice, afin d’abaisser la tension plaque correspondant à la valeur convenable.
- On peut adopter évidemment pour la réalisation de ce poste des lampes à chauffage indirect d’un type quelconque, Radio-technique, Gécovalve, Métal, Philips, Fotos, etc.; avec une antenne très courte pour la réception des émissions des postes locaux, ou une antenne plus longue pour la réception de celles des postes lointains; à la campagne, par exemple, on pourra déjà obtenir des résultats fort intéressants.
- P. HémardinQuer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Postes-Secleur. Etablissements Gody, à Amboise (Indre-et-Loire)-Radio LL., 5, rue du Cirque, Paris. Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, Paris. Hervor, 13, passage des Tourelles, Paris. Radiola, 79, boulevard Haussmann, Paris. Ondia, à Boulogne-sur-Mer. Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, Paris.
- Bloc d'accord : Ryva, 1S, rue Volta, Paris.
- Diffuseur : Altophone, Etablissements Truchet, 77, rue Rambuteau, Paris.
- Phonographe électrique : A.C.E.R. 4 1er, avenue du Chemin de fer, Rueil-Malmaison.
- Pièces pour postes secteur : Ferrix, rue Mazet, Paris.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- LA. PEINTURE A L'HUILE SUR LE CIMENT
- De nombreux produits sont offerts pour peindre à l’huile sur le ciment. Les résultats obtenus avec certains ne sont pas toujours ceux escomptés ou annoncés par le fabricant. La cause en est que les véritables données du problème ont échappé à ce dernier. Il y a là une question de chimie, autrement dit on doit tenir compte de la nature destructive qu’exerce sur la peinture l’alcali contenu dans le ciment.
- On sait que, lors de sa prise, le ciment met en liberté une certaine quantité de chaux hydratée, sous forme d’hydrate de calcium. Cet hydrate calcaire est un alcali énergique qui saponifie l’huile de la peinture et s’unit à elle pour former une sorte de savon. Il faut donc détruire cette alcalinité pour rendre la chaux inoffensive. Quels réactifs convient-il dès lors d’employer à cet effet?
- Si l’on badigeonne le ciment avec une eau acidulée, par exemple, par l’acide chlorhydrique (HCl), on forme à sa surface du chlorure de calcium (CaCls + 2H20) qui détruit bien la chaux, mais la remplace par un sel très hygrométrique, par conséquent à rejeter. Si l’eau reste acidulée avec de l’acide sulfurique (SOffT2) on forme cette fois un sulfate de calcium (S04Ca + 2HaO) autrement dit du gypse qui n’a que peu d’influence sur la peinture; mais cette formation de sulfate, comme le fait remarquer M. Moingeon, ingénieur, dans Arts et Bâtiment, n’existe qu’à la surface du ciment et on doit craindre que de la chaux vive ne se forme, par la suite, dans la profondeur de l’enduit. Il faudrait donc, pour l’éviter en partie n’opérer que sur d’anciens enduits ou faire absorber en profondeur aux enduits neufs, par plusieurs lavages, une quantité suffisante et diluée de S04HL Tel quel, ce procédé peut donner de bons résultats.
- On peut aussi employer une solution de silicate de soude (SFO’Na2), ou verre soluhle; on obtient ainsi, par double décomposition, un silicate de chaux (SiO30a) qui tout en étant inoffensif recouvre et durcit la surface du ciment, comme on le fait pour durcir la pierre de taille tendre (silicatisation).
- Un autre procédé consiste à traiter l’enduit par une solution de sulfate de zinc (S04Zn + 7H'J0) et d’eau mélangés par parties égales en poids; on obtient, après deux ou trois jours, une surface inerte par .l’équilibre chimique de ses éléments constitutifs et sur laquelle on peut peindre sans inconvénients. L’action chimique du sulfate de zinc s’explique de cette façon : mis en contact avec l’hydrate de calcium (chaux hydratée CaO + HaO) l’acide sulfurique du sulfate s’empare
- de la chaux et forme du sulfate de calcium (S04Ca + 2H20) et le zinc qu’il abandonne se transforme en hydrate de zinc ou oxyde de zinc hydraté [Zn(OI-I)-|, c’est-à-dire blanc de zinc genre lithopone connu des peintres et des architectes. Ces deux produits n’ont pas d’action néfaste sur l’huile de lin et sont, au contraire, fréquemment utilisés comme pigments en peinture.
- Il importe toutefois, comme le dit M. Moingeon, que le pigment soit imprégné sur quelques millimètres en profondeur afin que l’huile ne puisse pénétrer et atteindre la chaux non décomposée, si Ton veut éviter les « embus » ou alternances fâcheuses de parties mates et de parties brillantes, cauchemar des peintres. M. Bousquet.
- DESTRUCTION DES RATS
- M. J. de Greling nous écrit :
- « Après divers essais (dont le virus Pasteur) qui n’ont donné aucun résultat, j’ai employé avec grand succès la recette suivante :
- « Faire fondre une graisse odorante, y incorporer 1/4 de poudre de scille (Scilla maritima), laisser refroidir, et étendre sur tartines de pain grillé. »
- RÉACTION DES SOLS FLORAUX
- L’« horticulturiste » de l’Ohio a étudié les réactions du sol convenant le mieux aux fleurs.
- Les cyclamens et hydrangeas préfèrent les sols acides (terre de bruyère).
- Les calendula, les primula, les géraniums, les callas, les cinéraires préfèrent les sols alcalins (calcaires).
- Les œillets rouges, les chrysanthèmes, les gueules de loup demandent des sols variables suivant qu’on vise la dimension ou la fleur.
- La réaction du sol ne semble pas avoir d’influence sur la couleur des fleurs. Toutefois nous avons bleui des digitales dans l’eau calcaire, mais il s’agissait de fleurs coupées.
- On augmente l’acidité d’un sol par la tourbe, la terre de bruyère, le superphosphate, le sulfate d’ammoniaque.
- On la diminue par les engrais à réaction alcaline : fumiers, poudre d’os, scories de déphosphoration, chaux, nitrate de soude.
- La réaction du sol varie un peu avec la saison.
- Pierre Larue.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Newton-Stahl-Boerhave et la doctrine chimique,
- par Hélène Metzger. 1 vol. 332 p. Félix Alcan, Paris, 1930. Prix : 40 fr.
- Cét ouvrage fait suite au précédent livre du même auteur sur les doctrines chimiques en France du xvn» siècle à la fin du xvme siècle. Il contient trois études séparées : dans la première, l’auteur analyse l’influence de la philosophie newtonienne sur le développement de la doctrine chimique : Newton à la fin du xvn® siècle avait systématisé la mécanique, et en particulier donné une importance capitale à la notion de masse; il avait, en astronomie, condensé les faits connus dans la fameuse loi d’attraction universelle, qui ne cessait de recevoir les vérifications nouvelles. Malgré de vives résistances, sa doctrine s’imposait donc peu à peu aux philosophes et aux savants : Mlle Metzger montre les efforts déployés par les chimistes du xvme siècle pour faire rentrer la chimie dans le cadre des théories newtoniennes; ceux-ci, vus de loin, semblent n’avoir abouti qu’à un verbalisme stérile; ils eurent cependant une profonde influence en imprimant aux recherches chimiques des directions nouvelles qui préparaient l’avènement de Lavoisier.
- La deuxième étude est consacrée à Stahl, théoricien célèbre du xviii0 siècle, connu aujourd’hui encore comme le grand protagoniste du phlogistique : Mlle Metzger fait un exposé complet et très clair de l’ensemble de la vaste doctrine de Stahl qui visait à grouper et à expliquer tous les faits chimiques connus à son époque.
- La troisième étude est consacrée à Bœrhave : ce chimiste et professeur hollandais, aujourd’hui très oublié, jouit au xviii0 siècle, d’une immense notoriété, égale à celle de Stahl et eut une influence profonde sur le développement de la science chimique; l’auteur résume son oeuvre; celle-ci exposait clairement, mais sans les résoudre, les problèmes comme ceux de la nature de la chaleur, du mécanisme de la combustion et du rôle de l’air dans ce phénomène, de la composition de l’air, etc., elle a poussé les savants de l’époque à des investigations expérimentales qui ont eu les plus heureuses conséquences.
- Physique moderne, par G. Castelfranchi, traduit de l’italien par A. Quemper de Lanascol. 1 vol. 660 p. Librairie scientifique Albert Blanchard. Paris, 1930. Prix : 70 fr.
- La physique a évolué d’une façon prodigieuse en ces dernières ' années, et avec une telle vitesse qu’il est difficile, même pour les physiciens, à plus forte raison pour les profanes, d’en suivre tous les progrès. Le très original ouvrage de M. Castelfranchi vient, à cet égard, rendre un signalé service à tous ceux qui s’intéressent à cette science si captivante. Suivant autant que possible l’ordre historique, il s’est attaché à faire connaître clairement les étapes franchies par la physique, dans les trente dernières années. Elle a progressé suivant deux voies principales : le mécanisme d’une part avec les théories particulaires de la matière (atomes, molécules, électrons), les théories ondulatoires d’autre part (théorie électromagnétique de la lumière, propriétés des radiations); ces deux voies se sont rejointes récemment grâce à la mécanique ondulatoire et aux statistiques quantiques.
- Dans ces différents domaines, l’auteur, sans trop s’attacher aux détails d’expérience, montre les faits essentiels révélés par l’observation et les conséquences théoriques générales qui en résultent. Il nous fait surtout saisir très clairement l’enchaînement des idées qui résulte de découvertes comme les rayons X, la radioactivité, les propriétés de l’électron, l’effet photoélectrique, les lois des raies spectrales, les quanta, etc., et aboutit aux remarquables constructions théoriques de ces dernières années.
- Cette vue d’ensemble d’un observateur perspicace, sur un domaine si vaste et si mouvant, sera bien accueillie de tous ceux qui cherchent un guide pour les aider à le contempler à leur tour.
- Die physikalischen Prinzipien der Quantentheorie, von Dr N. Heisenberg. 1 vol. 118 p., 22 fig. S. Hirzel, Leipzig, 1930. Prix broché : 7 Marks.
- Le Dr Heisenberg est célèbre pour avoir formulé le paradoxal « principe d’indétermination », qui joue un rôle fondamental dans les nouvelles mécaniques statistiques des quanta, et qui soustrait au principe de causalité le domaine de la mécanique atomique.
- Dans le présent livre qui réunit le texte allemand d’un certain nombre de leçons professées à l’Université de Chicago, le savant professeur de l’Université de Leipzig montre très clairement pourquoi et comment s’introduit le principe d’indétermination, dès que dans le domaine atomique, on cherche à préciser le sens physique à donner aux grandeurs que l’on fait intervenir dans les équations. Entre autres exemples, citons celui, classique aujourd’hui, par lequel il montre que physiquement il est impossible de mesurer simultanément, avec Une précision indéfiniment croissante la position et la vitesse du même électron; le produit des erreurs commises sur ces deux mesures a une limite au-dessous de laquelle on ne peut descendre. Heisenberg, à cet exemple, en joint un grand nombre d’autres empruntés à des expériences fondamentales de l’atomistique. Il fait, en même temps, une analyse critique très profonde de ces grandeurs que nous em-
- ployons usuellement pour caractériser numériquement l’état d’un corps : coordonnées, vitesse, énergie, etc. et dont le transport du domaine de la mécanique macroscopique à celui de la mécanique atomique n’est pas absolument légitime.
- Handbuch der Kautschuk-Wissenschaft, sous la direction de K. Memmier. 1 vol. 766 pages, 246 fig., 10 pl. hors texte. Ilirzel, éditeur, Leipzig, 1930. Prix broché : 57,5 Mark.
- Voici un de ces ouvrages de solide et complète documentation, dont la littérature technique allemande présente tant d’échantillons remarquables. Celui-ci est consacré non pas à l’industrie caoutchou-tière proprement dite, mais à tous les problèmes scientifiques qui se posent depuis la récolte du latex jusqu’aux essais de l’objet fabriqué. Il donne un tableau complet de l’état actuel de la science du caoutchouc., mis au courant des travaux les plus modernes et il constitue un précieux instrument de travail pour les botanistes, biologistes, chimistes, physiciens, etc., soucieux de faire progresser la technique du caoutchouc. L’ouvrage est divisé en plusieurs parties, chacune rédigée par des spécialistes. Dans la première, M. Zimmermann énumère les diverses espèces connues de plantes à caoutchouc avec leurs caractères, étudie le latex, ses propriétés physiques et physiologiques, les procédés pour le recueillir, le conserver le concentrer, le coaguler et enfin le transformer en caoutchouc brut, en analysant l’influence des divers modes de traitement sur les propriétés du produit final.
- MM. Pummeret et Koch traitent de la chimie du caoutchouc : recherche et séparation des constituants du caoutchouc, formes poly-mérisées du caoutchouc, composés dérivés des hydrates de carbone du caoutchouc et action des principaux agents chimiques : halogènes, gaz nitreux, agents oxydants, etc. Ils développent les conclusions tirées par Harries de l’action de l’ozone pour établir la formule moléculaire du caoutchouc, examinent les procédés d’hydrogénation et leurs résultats. L’étude se termine par un exposé des vues modernes sur la constitution de la molécule de caoutchouc, et par un exposé de la question du caoutchouc de synthèse. M. E. Kindscher a rédigé le chapitre de la vulcanisation; il rappelle les diverses théories proposées et les phénomènes sur lesquels elles s’appuient, et présente un exposé de l’état actuel de nos connaissances sur la vulcanisation à chaud et à froid, sur l’action des accélérateurs de vulcanisation, et sur le problème de la régénération industrielle du caoutchouc. Le même auteur a écrit le chapitre consacré aux procédés d’analyse chimique des caoutchoucs.
- A M. Hock est dû un très intéressant chapitre sur les propriétés physiques, parfois paradoxales, du caoutchouc : propriétés élastiques et thermiques, hystérésis, structure physique, effet Gough-Joule, résultats des études récentes sur les diagrammes obtenus par rayons X, etc.
- MM. Memmier et Schob décrivent les diverses machines et méthodes employées pour les essais mécaniques des caoutchoucs. Enfin M. Polile décrit les procédés microscopiques et micrographiques pour l’examen des produits vulcanisés.
- Essai d’hydrogéologie (Recherche, étude et captage des eaux souterraines), par le Dr Ed. Imbeaux. 1 vol. 678 pages, 352 fig. Dunod, Paris, 1930. Prix broché : 270 fr.
- Dans cet important ouvrage, si modestement intitulé essai, M. Imbeaux, éminent ingénieur et savant, a groupé méthodiquement et condensé une documentation d’une étonnante ampleur sur les eaux souterraines et leur captage. L’auteur a consacré en effet, une grande partie de sa carrière à l’étude approfondie de ces questions, d’un si haut intérêt public; il a personnellement dirigé d’importants travaux; il rend un nouveau et signalé service en mettant à la disposition du public, sous une forme claire et de consultation commode, la masse de renseignements sûrs qu’il a su accumuler. Après avoir résumé, dans ses traits essentiels, la technique de la recherche de l’eau dans le sol, de l’étude de ses mouvements et de la détermination de ses qualités, il étudie en détail, dans l’ordre des formations géologiques, les propriétés des divers terrains au point de vue du régime des eaux souterraines; et cela non seulement en France, mais dans de nombreuses régions de l’Europe et en Amérique du Nord.
- La soie artificielle (fabrication et propriétés), par E. Wheeler. Traduit de l’anglais par H. Tatu. 1 vol. 156 pages, 50 fig. Dunod, Paris, 1930. Prix broché : 41 fr.
- Étude documentée et précise de l’état actuel de la technique de la soie artificielle : l’auteur passe en revue les opérations chimiques et mécaniques qui caractérisent les divers procédés utilisés aujourd’hui : viscose, soie au cuivre, nitrocellulose, acétate de cellulose, soie au chlorure de zinc, au sulfocyanure, etc. Il décrit l’outillage moderne des usines; il indique les propriétés et qualités des diverses soies ainsi que les méthodes de contrôle, d’essai et d’analyse.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Nouveaux records pour avions légers
- Le 2 septembre dernier, Maryse Bastié prenait le départ du Bourget pour s’attaquer au record de durée féminin et au record de durée pour avions pesant moins de 350 kg.
- Elle atterrissait le 4 septembre à 7 h 48, ayant élevé ces records à 37 h 55 m 43 sec.
- L’appareil utilisé était un avion Klemm, équipé d’un moteur Salmson de 40 ch. Il emportait au départ 525 1 d’essence et 30 1 d’huile.
- Le 5 septembre, Laulhé, pilotant un monoplan Albert à moteur Salmson de 40 ch s’attaquait au record de distance en circuit fermé pour avions pesant de 200 à 350 kg, et élevait ce record à 2714 km 400, en un temps de 26 h 01 m.
- Enfin le 12 septembre, sur avion Peyret-Mauboussin muni d’un moteur ABC de 32 ch Fauvel battait les records de durée et de distance en circuit fermé pour appareils pesant moins de 200 kg. Il parcourait 1258 km 800 en 12 h 03 m 03 s.
- Les records précédents s’élevaient aux chiffres suivants : durée, féminins : 35 h 46 mn (Léna Bernstein) ; durée pour avions de moins de 350 kg : 22 h 52 mn (Maryse Bastié); distance en circuit fermé pour avions de la même catégorie : 2500 km (Vicherek) ; distance en circuit fermé pour avions de moins de 200 kg : 1033 km (Lampich).
- La liaison Allemagne Etats-Unis en hydravion.
- Une traversée de l’Atlantique nord, en six étapes, a été réalisée du 20 au 26 août dernier par l’équipage allemand : Von Gronau, Zimmer, Albrecht, Hack.
- L’appareil utilisé était un hydravion Dornier Wal, le D-1422, équipé de deux moteurs BFW de 600 ch. Cet hydravion, déjà célèbre, était celui d’Amundsen au cours de son voyage au Pôle de 1925; il fut piloté par Courtney au cours d’une traversée de l’Atlantique par les Açores.
- Les étapes du raid furent les suivantes :
- Warnemunde-Reyjawik (Islande 2.200 km) ; Reyjawilt-Ivigtut (Groenland 1500 km) ; Ivigtut-Cartwright (Labrador), Cartwritgt-Queerisport; Queensport-Halifax ; Halifax-New-York.
- Ce vol indique nettement la valeur d’un appareil construit il y a 7 ans : peu de machines datant de 1923 seraient capables d’accomplir aujourd’hui une telle performance !
- Moteur Diesel d’aviation Fiat.
- Les usines Tiat ont mis au point et essayé récemment un moteur Diesel d’expérience, destiné à l’aviation.
- Ce moteur a été réalisé rapidement, par modification d’un moteur normal à 6 cylindres en ligne, du type Fiat A 12 bis (4 soupapes par cylindre, arbre à cames en tête).
- Le carter, le vilebrequin et l’embiellage ont été conservés; l’alésage des cylindres a été ramené de 160 mm à 140 mm. Les soupapes, de diamètre légèrement réduit, ont été écartées, de manière à permettre de placer au centre de la culasse un pulvérisateur de combustible.
- Deux injecteurs sont placés à l’arrière du moteur; ils assurent chacun l’alimentation de trois cylindres et sont formés de trois pompes à pistons commandés par cames. L’avance à l’injection et la durée d’injection sont réglables; le combustible est refoulé sous une pression de 200 à'300 kg/cm'1 dans les pulvérisateurs placés en tête des cylindres (injecteurs à ouverture automatique).
- Un clapet porté par chaque cylindre, et un distributeur (au bout de l’arbre à cames) permettent le démarrage du moteur à l’air comprimé.
- Les caractéristiques principales du moteur sont les suivantes :
- Alésage........................................ 140 mm.
- Course ......................................... 180 mm.
- Vitesse de régime .......................... 1600 t/mn.
- Vitesse maximum............................. 1700 t/mn.
- Puissance de régime............................ 180 ch.
- Puissance maximum .............................. 220 ch.
- Consommation............................. 200 gr par ch/h.
- Monté sur avion en juin dernier, ce moteur a effectué le voyage Turin-Rome dans de très bonnes conditions.
- Slip « Kivull » pour la mise à l’eau et le hissage des hydravions à bord des paquebots.
- La manœuvre consistant pour un paquebot à mettre un hydravion à la mer, ou à le hisser à bord, délicate par temps calme, est difficile et dangereuse en eau agitée.
- Paquebot
- Cables.
- Fig. 1. — Le Slip » Kivull
- Une catapulte placée sur le pont du navire permet le départ de l’hydravion; aucun dispositif pratique n’existait jusqu’ici pour ramener l’appareil à bord.
- Des expériences ont été récemment effectuées en Allemagne au moyen du dispositif « Kivull », dispositif qui doit permettre d’effectuer les deux manœuvres avec sécurité.
- Ce dispositif est formé d’une voile de toile mesurant environ 30 X 10 m, pouvant être déroulée à l’arrière du navire. Cette voile est raidie transversalement par des traverses de câbles : une poche est ainsi créée, et la résistance de l’eau dans cette poche assure la tension de la voile.
- Des lattes et des boucles de cordage permettent de circuler en toute sécurité sur le slip ainsi formé.
- La manœuvre d’accostage est la suivante : le navire avançant à vitesse réduite et les câbles d’extrémité étant peu tendus, l’hydravion vient s’échouer sur la partie basse de la voile.
- Les câbles sont alors tendus et la vitesse légèrement poussée; la voile se redresse d’elle-même et l’appareil se trouve soulevé; il peut alors être approché et fixé aux câbles d’un treuil pour être hissé sur le pont.
- La manœuvre de mise à: l’eau s’effectue de la manière inverse.
- Les essais du dispositif ont été suffisamment concluants pour décider la « Nord Deutscher Lloyd » à employer le système « Kivull » sur ses paquebots pour leur liaison éventuelle avec des hydravions postaux.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- RADIOPHONIE
- La radiodiffusion en France de Vatterrissage des aviateurs Costes et Bellonte aux Etats-Unis.
- Tous les auditeurs radiophoniques français qui étaient à l’écoute dans la nuit du 2 septembre dernier n’oubiieront pas de sitôt l’émouvante transmission des péripéties de l’atterrissage de Costes et Bellonte à New York. La T. S. F. leur a permis, pour ainsi dire, d’assister à l’enthousiaste réception faite à nos aviateurs.
- M. Charles Plâtrier, directeur de la C'e française de Radiophonie, vient d’expliquer à l’Académie des Sciences comment a été réalisé ce tour de force radiophonique. Nous reproduisons in extenso sa communication.
- «J’ai eu à organiser la radiodiffusion en France de l’atterrissage des aviateurs Costes et Bellonte aux Etats-Unis le 2 septembre, au terme de leur traversée de l’Océan Atlantique de l’Est à l’Ouest. Il n’est sans doute pas sans intérêt de noter les moyens qui ont été employés pour effectuer pour la première fois en France avec clarté et puissance la transmission de la parole à une aussi longue distance.
- « La difficulté principale qui s’est présentée résultait de i’indétermination de l’heure d’arrivée des aviateurs et de la nécessité où se trouvait la Compagnie française de Radiophonie d’assurer la liaison dans de bonnes conditions en toutes circonstances.
- «C’est pourquoi la réception directe d’une des 76 stations américaines qui ont radiodiffusé pour leur propre compte l’arrivée des aviateurs ne pouvait être envisagée en raison de son caractère trop aléatoire. Il n’en était pas de même de la liaison radiotéléphonique transcontinentale à ondes courtes dirigées sur New York-Londres. Cette liaison est, en effet, assurée par trois émetteurs et trois récepteurs de chaque côté de l’Océan, chacun de ces émetteurs travaillant sur une longueur d’onde particulière, de sorte que, selon l’heure du jour, il est toujours possible de choisir la longueur d’onde la plus favorable. De plus, les aériens de ces émetteurs sont constitués par des réseaux d’antennes qui jouent le rôle de projecteurs électromagnétiques et concentrent l’énergie rayonnée dans une direction privilégiée, ce qui contribue à donner à ce genre de liaison une sûreté exceptionnelle. D’ailleurs, l’ancienne liaison par ondes longues non dirigées de Rocky Point à Cupar et de Rugby à Houlton — elle date de 1927 — est toujours prête à entrer en service et à parer à toute défaillance.
- «La liaison fut assurée par un des émetteurs de Lawren-ceville, dans l’Etat de New-Jersey, sur 32 m de longueur d’onde avec une puissance antenne de 15 kilowatts. Le récepteur était situé à Baldock près de Londres. Le courant modulé venant du microphone installé sur l’aérodrome de Curtiss Field, et devant lequel quatre speakers se relayaient, était acheminé d’une part, par câbles, aux 76 stations américaines du réseau de la National Broadcasting Company, d’autre part à J'émetteur de Lawrenceville.
- « Après avoir franchi l’Atlantique, l’émission de Lawrenceville était reçue par la station de Baldock, d’où le courant modulé était envoyé à Londres et à Paris par câble spécial. Une dérivation directe prise sur ce câble alimentait les amplificateurs de Radio-Paris. A la sortie de ceux-ci le courant était envoyé dans quatre directions :
- 1° Au poste d’émission de Radio-Paris à Clichy;
- 2° Aux postes d’Etat de l’Ecole supérieure des P. T. T. et de la Tour Eiffel;
- 3° Aux haut-parleurs installés sur le toit de l’hôtel de l’Automobile Club, place de la Concorde;
- 4° Enfin au Théâtrophone.
- « On estime ainsi que la description de l’atterrissage des aviateurs et les paroles qu’ils ont prononcées devant le microphone ont ete entendues par les 50 000 personnes qui stationnaient place de la Concorde, par les 600 000 auditeurs de Radio-Paris, enfin par les 12 à 15 millions d’auditeurs des stations de la National Broadcasting Company. »
- MÉCANIQUE
- Le refroidissement des moteurs d’avions par l’éthylène-glycol.
- Le refroidissement de la chambre de combustion des moteurs à combustion interne est assuré le plus souvent par une circulation d’eau; l’eau après avoir circulé dans une chemise autour de la chambre et s’y être échauffée, vient se refroidir dans un radiateur où elle transmet à l’air les calories absorbées dans le moteur.
- L’eau présente des inconvénients; le principal est que sa température est limitée à la température d’ébullition : 100° an sol, mais beaucoup moins en altitude, quand il s’agit de moteurs d’avions, ou de dirigeables. Comme dans le radiateur l’évacuation des calories est proportionnelle à la différence de température entre le liquide et l’air ambiant, l’emploi de l’eau exige des radiateurs volumineux, qui constituent pour les avions un inconvénient sérieux. Ceci explique qu’on ait cherché à substituer à l’eau d’autres liquides ayant un point d’ébullition plus élevé.
- On a proposé dans ce but, nous l’avons signalé ici même il y a plusieurs années, l’éthylène glycol.
- Le Ct Lamé, dans YAèrophile, rend compte d’essais récents effectués avec ce liquide, aux Etats-Unis, sur les moteurs d’avions soit au banc d’essais, soit en vol.
- Ils ont été très favorables : on a pu, grâce à l’emploi de ce corps, réduire de 70 pour 100 la surface des radiateurs, et diminuer le poids du liquide refroidissant de 30 pour 100 environ; ce qui se traduit dans le bilan, malgré une diminution de puissance de moteur de 3 pour 100 environ, par un bénéfice important dû à l’allégement général de l’ensemble de l’appareil moteur, à la diminution des résistances passives dues au radiateur, et enfin à une diminution de la consommation d’essence.
- Dans ces essais, la température du liquide de refroidissement était portée à 149°.
- L’éthylène-glycol a pour formule (CH-OH)2. C’est un liquide transparent, incolore, inodore, de saveur légèrement sucrée, de densité 1,25 à 0°, bouillant à 197°5 et se congelant vers 17°. Il entre facilement en surfusion et de faibles quantités d’eau abaissent notablement son point de congélation. Sa chaleur spécifique varie de 0,53 à i suivant la température et la teneur en eau.
- Les essais ci-dessus ont été effectués avec un produit à 3 pour 100 d’eau, bouillant à 168°, devenant visqueux à 16° et se congelant à — 43°.
- On trouve en France également de l’éthylène-glycol. Le prix en est assez élevé, environ 15 000 francs la tonne.
- AGRONOMIE
- A propos de la culture sous papier.
- A la suite des articles parus dans La Nature sur « La culture sous papier » nous avons reçu un certain nombre de lettres
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- nous demandant l’adresse d’une maison française fabriquant le papier utilisé pour ce genre de culture.
- Nous avons le plaisir d’annoncer à nos nombreux correspondants que la maison Caborel, de Saint-Egrève (Isère), a mis au point un papier, « le Couvre-Sol » possédant les qualités, vantées à juste raison, du papier américain « Le Thermogène » employé, sur une vaste échelle, aux Iles Hawaï et étudié par le Département d’agriculture des Etats-Unis dans sa ferme expérimentale d’Arlington (Virginie).
- Grâce à la couverture des terrains, les planteurs d’ananas d’Hawaï réalisent, en effet, une surproduction de plus de 88 quintaux à l’hectare. Ils obtiennent par ce procédé une réduction des deux tiers sur le prix de revient des cultures et y trouvent par surcroît un moyen de défense des plus favorables contre les dégâts causés par les pluies violentes et par les craquelures du sol imputables aux grandes chaleurs.
- Les ingénieurs d’Arlington qui, pendant quatre ans, ont fait des expériences sous divers climats, dans des terres différentes, avec les espèces de plantes les plus variées, ont constaté que le procédé régularise la température du sol, empêche la pullulation des herbes parasites et facilite l’absorption de l’eau par les plantes. Ils ont, eux aussi, observé d’extraordinaires accroissements de rendement :
- Pour les pommes de terre 73 pour 100
- Pour le coton 91 pour 100
- Pour les patates douces 122 pour 100
- Pour le céleri 123 pour 100
- Pour le poivre 146 pour 100
- Pour l’aubergine 150 pour 100
- Pour le haricot vert 153 pour 100
- Pour la betterave 409 pour 100
- Pour la carotte 507 pour 100
- Pour le concombre 512 pour 100
- Une seule plante : l’arachide, a été défavorablement in-
- fluencée; son rendement fut déficitaire de près de la moitié.
- Pour toutes les autres catégories, les récoltes furent nettement plus abondantes (on le voit par nos exemples), et en même temps plus précoces, ce qui, dans nombre de cas, permit de faire une plantation et une récolte supplémentaires avant la fin de la saison de culture.
- Le papier de culture, n’est, certes, pas une panacée universelle destinée à remédier aux multiples inconvénients de la culture et de produire des miracles avec toutes espèces de plantes, sous n’importe quelle condition. On ne doit l’utiliser qu’avec circonspection dans les régions pluvieuses, mais, partout ailleurs, nous croyons pouvoir recommander la nouvelle méthode de culture à nos pépiniéristes, à nos maraîchers, et, d’une façon générale, à tous nos cultivateurs.
- Dans tous les cas, elle s’impose, tout particulièrement, à nos colons qui arriveront, de cette façon, à doubler ou tripler les rendements de leurs plantations, tout en réduisant leur prix de revient. L. K.
- BOTANIQUE
- Le Crambê de Tartarie.
- Le genre Crambé appartient à la famille des Crucifères, et porte vulgairement le nom de Chou marin (Crambe maritirna), très cultivé en Angleterre et un peu en France, où quelques amateurs l’apprécient, mais l’espèce dont je vais parler est bien plus importante, si l’on songff à son industrialisation, ce à quoi on n’a jamais pensé.
- Le Crambé de Tartarie (Crambe tatarica) est classé parmi les plantes alimentaires des anciens, et ses fortes souches sont
- ..... 11 = 477 ==
- propres à la production d’un arrow-root de grande valeur économique. Ses racines atteignent des dimensions énormes, alors que le feuillage reste ramassé et de dimensions restreintes, relativement, car il ne dépasse pas celles d’un chou ordinaire, avec des feuilles velues, rudes et pâles. Il paraît, qu’en temps de disette, à l’époque de Clusius, au xvne siècle, les Hongrois, voisins d’Erlau, se nourrissaient, en temps de disette, de ces racines géantes, qui remplaçaient le pain. Les Hongrois furent instruits par hasard de l’usage de cette racine par les Tartares, d’où ils lui donnèrent le nom de Tartaria.
- La racine de Crambé de Tartarie est d’une saveur douce et agréable, quand elle est crue : on en fait alors des salades qui plaisent généralement.
- Si l’on fait cuire la tige encore tendre, avant le développement des fleurs, dit Clusius et en l’assaisonnant comme le chou-fleur, c’est un mets agréable, mais c’est un travail pour retirer les fibres de l’écorce, nombreuses, «résistantes et difficiles à mâcher », ajoute le savant botaniste.
- En Bohême, notre Crambé portait le nom de Hyeronymus-Wurzel ou racine de Saint-Jérôme; je n’en connais pas la raison, mais les paysans la donnaient aux vaches pour augmenter leur lait.
- La culture de cette plante doit se faire dans des sols légers à la surface, glaiseux en dessous et peut-être même sableux par le fond, car c’est dans ces terrains-là, que la plante croît le plus volontiers, en fonçant ses racines à 1 m 50 de profondeur. Ce n’est donc pas une petite affaire que l’arrachage d’un tel légume, mais aujourd’hui avec nos procédés modernes d’extraction, cette culture serait intéressante au point de vue industriel.
- « Dans les terrains secs, dit Pallas, autre botaniste célèbre, le Crambe tatarica acquiert le goût du navet; les cosaques du Don le mangent avidement, cru ou cuit : ils l’appellent. Katran. »
- Ce Crambé se trouve à l’état sauvage dans la Russie méridionale et il est très difficile d’en obtenir des graines fertiles, parce que celles-ci, n’étant pas récoltées sur des plantes cultivées, n’arrivent que rarement à bon terme.
- Dans tous les cas, si l’on peut en obtenir des graines de récolte récente, il faut les semer de suite, car leur faculté germinative est très courte; pour bien faire, il faudrait, pour ainsi dire, les semer aussitôt la récolte faite, ce qui est presque impossible.
- Il est peu probable que le Crambe tatarica figure jamais dans nos potagers, mais il est intéressant pour la grande culture, malgré qu’en France on ne fasse guère usage de ces fécules légères, tant en honneur en Angleterre et en Amérique, pour l’alimentation des enfants et des convalescents, connues sous le nom d’arrow-root.
- Ce produit spécial est d’ailleurs retiré d’une foule de végétaux, mais le véritable est extrait seul du Maranta arundinacea, qui se cultive sur une grande échelle, dans presque toutes les colonies anglaises. R. de Noter.
- STATISTIQUE
- La population du monde.
- L’Annuaire Statistique de la France qui vient de paraître évalue à 1900 millions d’habitants la population actuelle du globe pour une sùperficie de 135 950 000 km2; soit une densité de 14 habitants au kilomètre carré. L’Europe compte 480 millions d’habitants (densité 49), l’Asie 960 millions (densité 23), l’Amérique du Nord 160 millions (densité 6), l’Amérique du Sud 75 millions (densité 4), l’Afrique 150 millions (densité 6), l’Océanie 75 millions (densité 7).
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTION
- Echafaudage volant « Ecureuil ».
- Cet échaufaudage se fixe sur toutes échelles, droites ou coulissantes; son montage et son démontage se font en quelques minutes. Il consiste en une plate-forme horizontale de travail que l’on élève au niveau voulu, jusqu’au premier barreau de l’échelle, par l’intermédiaire d’un câble, passant dans une poulie fixée au sommet de l’échelle, venant s’accrocher au tube transversal de l’appareil, tandis que le treuil de manœuvre, à bras pivotants, est placé au bas de l’échelle.
- Le blocage de la plate-forme à hauteur désirée est automatiquement réalisé, en premier lieu par un double jeu d’étriers à mâchoires. Chacun de ces étriers comporte au moins deux mâchoires en bois qu en métal, dont les faces internes sont recouvertes d’une semelle de caoutchouc strié, donnant l’adhérence, ces mâchoires éteint montées sur deux pattes coudées, reliées l’une à l’autre par un levier qui, en pivotant, provoque le rapprochement ou l’écartement des mâchoires, pour opérer le serrage ou le desserrage de l’étrier sur le montant de l’échelle. La disposition du levier et de ses points d’articulation sur les pattes des mâchoires étant telle que le fonctionnement soit entièrement automatique, le serrage des mâchoires s’effectue par le propre poids de la charge que l’on fait supporter à l’étrier par l’intermédiaire d’une bielle accouplée audit levier et fixée au-dessus de la plate-forme. Ainsi une partie de la charge est supportée en bout par les montants de l’échelle.
- Une autre l’est par deux paires de béquilles horizontales qui transmettent la poussée au mur ; une première paire étant située au niveau du plancher de l’échafaudage et l’autre à la base du système triangulé supportant cet échaufaudage. Les guides des béquilles inférieures sont pourvus d’un dispositif à secteurs dentés, qui permet le réglage par cliquetis d’un étrier pivotant sur les guides et s’appuyant contre les montants de l’échelle par le moyen d’un tube à double coude et à joues latérales de maintien.
- Ce système d’étrier à inclinaison, réglable par secteurs, permet de neutraliser la flexion de l’échelle quand on charge l’appareil; il permet aussi de surcharger une échelle bien au delà de la limite de sa flexibilité. Enfin ces deux dispositifs combinés — béquilles et étrier — procurent une stabilité absolue à l’appareil, quelle que soit la hauteur de l’échelle.
- L’accès sur la plate-forme se réalise facilement par une'trappe à coulisse glissant horizontalement, que l’on referme une fois monté et qui sert de plancher; un loquet automatique évite tout risque d’ouverture accidentelle de la trappe. Un garde-fou à croisillons complète la plate-forme et donne toute sécurité à l’ouvrier. En plaçant deux appareils à une certaine distance l’un de l’autre et en disposant une passerelle d’un appareil à l’autre, ainsi qu’une rampe à la hauteur du garde-fou, on
- obtient un échaufaudage permettant à plusieurs Ouvriers de travailler ensemble, ce qui est notamment le cas dans les ravalements en peinture des façades, pose des personnes, scellements, pose dé chéneaux et gouttières, crépissage, etc., travaux pour lesquels les échafaudages ordinaires sont si encombrants et impossibles à démonter chaque jour.
- Constructeur Société « L’Ecureuil », 27, rue des Petits-Champs, Paris.
- MÉCANIQUE
- Treuil « Gir » pour le chargement des bois en grumes.
- Cet appareil est un treuil fonctionnant à bras à l’aide d’un levier à cliquets, capable de décrire un demi-cercle autour de l’axe de la bobine qu’il actionne et sur lequel il est articulé.
- Voici comment il fonctionne : le levier étant complètement relevé, l’ouvrier, en l’abaissant, fait tourner la bobine par l’intermédiaire des cliquets de manœuvre qui assurent la solidarité du levier et de la bobine; le mouvement inverse se fait à vide, tandis que des cliquets de retenue prenant appui sur le châssis de l’appareil maintiennent la charge déjà levée.
- Le « Gir » est spécialement étudié pour le chargement des bois en grumes^ sur camions automobiles et remorques; mais il peut servir à charger tout objet sensiblement cylindrique ayant, en tant que dimensions et poids, les caractéristiques des grumes qu’il est apte à charger. Il se fixe au camion sur le côté au moyen d’une forte traverse en bois (ou en fer) convenablement disposée et monte la charge en la déroulant sur des plans inclinés. La poulie de renvoi placée à la partie supérieure domine la charge, facilitant ainsi l’ascension.
- Il est monobloc et se démonte en très peu de temps, sans effort, de sa position de travail, et peut ainsi assurer le chargement successif de plusieurs véhicules disposés pour le recevoir. Sa faculté de s’orienter, permettant des tractions en tous sens utiles, lui confère l’aptitude spéciale de charger rationnellement des bois de longueurs assez différentes.
- Constructeur : H. Clément, à Aillanville, parOrquevaux (Hte-Marne).
- Fig. 3. — Fonctionnement du treuil Gir.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Nous recevons de M. P., ingénieur-chimiste à Reims, les intéressantes communications qui suivent :
- 1° Auto frappée par la foudre.
- Je suis heureux de pouvoir répondre à la demande d’un lecteur par un exemple tout récent.
- Le 11 juin 1930, vers 17 heures, un auto-car rempli de touristes revenait de la Bérarde à Grenoble par la vallée sombre et encaissée de la Romanche. Avant d’arriver à Séchilienne, l’auto traversa un violent orage. A 500 m du village, l’accident se produisit : la capote se mit à claquer au vent, un touriste cria au chauffeur « Arrêtez ! la foudre ! » Ce dernier arrêta son véhicule 10 mètres plus loin. Il constata avec stupéfaction que la partie arrière du car, occupée par une femme et deux hommes, avait été presque entièrement arrachée, coupée en deux! Seul le côté gauche avait résisté. On trouva les deux hommes tués sur le coup, à une assez grande distance du car, tandis que la femme n’était qu’évanouie. Le car fut amputé de la partie arrière; les organes moteurs n’ayant pas été touchés, il put rentrer à Grenoble.
- Les causes de cet accident bizarre furent d’abord imputées à l’ébou-lement d’un rocher, détaché de la montagne, qui aurait frappé le côté droit du car vers son milieu ; en effet les ravins pierreux sont nombreux sur les pentes abruptes de cette vallée étroite et les éboulements fréquents sur la route.
- Cependant on ne trouva aucun fragment de roche à proximité et les voyageurs ne ressentirent aucun choc. Le car ne fut pas écrasé, mais coupé. L’accident est attribué à la foudre, car précisément à l’endroit où l’accident eut lieu un câble forestier servant au transport du bois du sommet de la montagne au fond de la vallée darde les deux broches d’acier de son tambour d’enroulement vers la Romanche, dans une direction presque perpendiculaire à la route.
- La foudre tombant sur le câble suivit ce dernier et traversa la route pour aller se perdre dans le torrent.
- En rencontrant l’auto-car, elle fit explosion; « foudre en boule » probablement, arrachant la tôle et projetant les infortunés voyageurs hors de la voiture. D’ailleurs l’autopsie révéla sur les cadavres les symptômes de mort par fulguration.
- Ce terrible accident, heureusement assez rare, provoqua une grosse émotion parmi les nombreux touristes du Dauphiné.
- 2° Acidité volatile d'un vin. (Communication parue en septembre dernier et adressée à un lecteur de Béziers.)
- Le dosage de l’acidité volatile dans les vins exige une grande précision. Le décret du 1er février 1930 déclare impropres à la consommation tout vin : 1° atteint d'acescence simple, dont l’acidité volatile, exprimée en gramme d’acide sulfurique (SO5!!*) par litre, est supérieure à 1 gr, 80; 2° les vins dont l’acidité volatile est supérieure à 1 gr, 5 seulement, mais présentant à la dégustation les caractères d’un vin piqué bien que, les éléments constitutifs ne paraissant pas sensiblement modifiés, leur aspect soit resté normal.
- Le procédé qui a étc publié dans La Nature ne permet pas d’obtenir une précision suffisante — pas même une approximation, par suite de la variation dans l’évaluation de l’acidité fixe, résultant de l’évaporation d’une quantité déterminée de vin pendant un temps indéterminé au bain-marie.
- 1er Procédé. — Pour évaluer l’acidité volatile d’un vin en déduisant de l’acidité totale l’acidité fixe obtenue par évaporation dans l’extrait sec, il faut opérer de la manière suivante:
- QUESTIONS
- De tout un peu.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Un stérilisateur automatique pour la javellisation des eaux potables. Constructeur du stérilisateur SADE : Société auxiliaire des Distributions d’eau, 5, rue Tronson Du Coudray, Paris (8°).
- M. Ledesert, à Plombière-Staint-IVIarcel. — Dans la région que vous habitez, les eaux torrentueuses sont troublées par de l’argile; pour amener la précipitation de celle-ci il vous suffira de modifier le pH et de rendre le milieu légèrement acide, puis d’envoyer dans un bac en bois, où se fera la sédimentation.
- 1° On dose l'acidité totale sur 5 cc de vin mesurés exactement, soit m cc obtenus de potasse décinormale en présence de 5 gouttes de phénolphtaléine à 1 0/00 ; 2° On mesure très exactement 5 cc de vin dans une capsule cylindrique de verre à fond plat mesurant 70 mm de diamètre sur 25 mm de haut. On place cette capsule dans une cloche à vide. Dans la cloche on place également une capsule de diamètre au moins double, contenant une épaisseur d’acide sulfurique à 66° Bé d’environ 7 mm. On fait le vide dans la cloche, et on l’abandonne à une température voisine de 15° pendant 4 jours. (Il faut s’assurer que le vide tient toujours dans la cloche.)
- Ce temps écoulé, on ajoute à l’extrait dans le vide ainsi produit 5 cc d’eau environ. On chauffe doucement en agitant. Dès que la dissolution est obtenue, on titre en présence de 5 gouttes de phénolphtaléine à 1 0/00 par une liqueur décinormale dépotasse très exacte, soit n cc. Pour l’acidité totale on avait par ex. m cc. L’acidité volatile sera donc obtenue par différence = (m cc — n cc) x 0,0049 x 200 grammes par litre.
- 2° Procédé rapide. En vingt minutes tout le dosage est généralement terminé en employant la méthode Duclaux ci-après : on place 20 cc de vin exactement mesurés, et 35 cc. d’eau distillée dans un ballon à fond rond et col court de 200 cc (en pyrex de préférence) ; on ajoute quelques grains de pierre ponce, on rattache le ballon à un réfrigérant à eau (modèle ordinaire des laboratoires); on distille vivement, en ayant soin d’augmenter la chaleur progressivement afin d’éviter les pertes par suite de la mousse produite. Recueillir les 50 premiers Centimètres cubes dans un ballon jaugé de 50 cc. Il faut éviter une surchauffe sur les parois du ballon qui produirait une caramélisation du résidu, en réglant soigneusement la flamme.
- Verser le contenu du ballon jaugé dans un verre quelconque et rincer le ballon avec de l’eau distillée : on ajoutera cette eau de rinçage au liquide précédent; puis 6 gouttes de phénolphtaléine à 1 0/00. -
- Enfin on verse, au moyen d’une burette graduée, une solution décinormale de potasse jusqu’à obtention d’une coloration rose persistant pendant plusieurs minutes.
- Le nombre de centimètres cubes versés, soit x, indique une teneur en acidité volatile, par litre de vin, exprimée en SCL'H* :
- 100
- Acidité volatile = xoc X — X 0,0049 x 50 grammes.
- oU
- — Il faut noter que presque toutes les méthodes de dosage de l’acidité volatile dans les vins donnent des résultats!-unpeu trop forts pour .les vins blancs qui ont été traités par les bisulfites, le gaz sulfureux qu’ils contiennent agissant sur l’indicateur. Dans ce cas, pour avoir des résultats exacts, il faut déduire de l’acidité volatile — obtenue par les procédés précédents — l’acidité correspondant au gaz sulfureux.
- Vernis cellulosiques.— Un lecteur pourrait-il me dire si les émanations produites par les vernis cellulosiques à base d’acétate de cellulose et d’acétate d’éthyle, formiate de méthyle, etc., ne sont pas toxiques. A la longue, ne sont-elles pas nuisiblès à la santé, et leur emploi n’est-il pas soumis à la surveillance des inspecteurs du travail? L’établissement qui les emploie n’étant pas dlassé parmi les établissements insalubres, d’après la loi, celle-ci ne peut-elle pas protéger un voisin fortement incommodé par les vapeurs abondantes produites par ces vernis?
- ET RÉPONSES
- L’eau sera alors décantée par une canelle également en bois placée à hauteur convenable; de temps en temps on fera une purge du dépôt au moyen d’une bonde ménagée sur le fond.
- La surveillance de l’acidité qui, nous le répétons, doit être très légère se fera facilement au papier de tournesol, bien entendu une semblable épuration ne concerne que les eaux ménagères, pour lavage toilette, etc. et non l’eau d’alimentation.
- Uue fois décantée, l’eau peut être additionnée d’un peu de carbonate de soude pour faciliter le savonnage, cette petite précaution rendra à l’eau toutes ses aptitudes.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- „. Beux., nouveaux membres de l’Académie des Sciences.
- Fig. 1. M. Louis Lapicque (Section d’Economie rurale). ; Fig. 2. — M. Charles Maurain (Astronomie) (phot. J. Boyer).
- Fig. 3. —Solarium tournant récemment inauguré à Aix-les-Bains (ph. J. Boyer).
- Fig. 4.
- Un véhicule aérien sur rail récemment essagé à Milngavie, près de Glasgow en Ecosse (phot. Keystone).
- Fig. 5. — Nouvelle forme de gazomètre sous pression ae 4 kg, capacité ae 10 000 m:i, mis en service à Waukesha (Etats-Unis) pour régulariser une distribution, de gaz à grande distance (phot. Keystone).
- Les nouveaux bureaux du grand tt'usl chimique, I. G. Farben-Iruluslrie à Francfort-sur-le-Mein (phot. Keystone).
- Fig. 6.
- Constructions modernes en Allemagne :
- Un groupe d’immeubles circulaire à Leipzig (phot. Keystone).
- Fig. 8.
- Forage de puits de pétrole dans la mer à Sea Cliff (Californie) (phot. Keystone).
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- V° 2846. — Ier Décembre 1930
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- LA NATURE
- MASSON et C'\ Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI9 CR. C Seine : tS.234) Tel. Littré 48-9z et 48-93.
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- ................... ( Six mois
- 90 fr. 45 fr.
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- N° 2846
- LA NATURE
- Ier Décembre 1930*:
- L’INDUSTRIE DU PÉTROLE EN ROUMANIE
- Vers 1848, on commence à trouver des puits de 200 m de profondeur, construits en quatre ans, et la production dépasse 22 000 kg.
- En 1851, on parvient à distiller le pétrole et une raffinerie est installée à Ploesti. En même temps, Bucarest est la
- POLO GN
- TCHECOSLOVAQUIE
- U.R.S.S
- HONGRIE
- Oradea Mare
- Chisinau
- Campent
- Timisoara
- \rbahasi
- Jivj a
- MER
- rurn Severin
- NOIRE
- A Craio
- Constantza
- Pétrole Gaz naturel Conduites de 10 pouces
- ROUMANIE LE PÉTROLE
- BULGARIE
- O Station de pompage
- Fig. 1. — Les gisements pétrolifères roumains.
- HISTORIQUE
- C’est en 1646 que le moine Baudinus, au retour d’un voyage en Moldavie, apprit pour la première fois à l’Occident l’existence de pétrole dans le pays des Roumains.
- Jusqu’à la fin du xvme siècle, le précieux produit ne fut employé que pour des usages médicaux et pour graisser les roues des chariots. L’exploitation était faite par les paysans qui s’associaient à quatre pour creuser des puits carrés, chacun faisant une paroi, jusqu’à l’apparition du pétrole qui était retiré avec des seaux. Le travail n’était possible qu’en hiver parce que les chaleurs provoquaient des émanations nocives.
- première ville du monde qui éclaire ses rues au pétrole. La Roumanie exporte alors 41000 kg de naphte par an dans les différents pays d’Europe. Mais bientôt la concurrence américaine et russe se fait sentir et la Roumanie est distancée : elle n’a pas de méthode, pas d’ingénieurs, pas de capitaux, pas de réservoirs...
- C’est seulement à partir de 1885 que l’industrie pétrolière roumaine reprend son essor. Le forage mécanique fait
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- Tonnes
- 4000000.
- 3.000.000-
- 2000000.
- 1.000.000.
- . Fig. 2. —• Production du pétrole de la Roumanie.
- son apparition, de grandes sociétés se fondent avec des capitaux étrangers et la production monte sans arrêts.
- Si bien qu’en 1913 la Roumanie est au quatrième rang des pays producteurs.
- 1. Etats-Unis................... 32 314 440 tonnes
- 2. Russie....................... 9 246 940 —
- 3. Mexique...................... 3 000 000 —
- 4. Roumanie..................... 1847 870 —
- En 1916, la Roumanie se précipite à son tour dans la
- mêlée mondiale. Bientôt contrainte d’abandonner la plus grande partie du territoire à l’ennemi, l’armée roumaine, d’accord avec les Alliés, détruit systématiquement toutes les installations pétrolières : 1000 sondes sont incendiées, 1500 obstruées, 1500 000 m3 de réservoirs sont défoncés, 83 000 wagons prêts à être exportés sont incendiés, le total des destructions dépasse 600 millions de lei or !
- Les chantiers vont rester inactifs pendant cinq mois, puis les Allemands, au prix d’efforts prodigieux,réussiront en avril 1917 à remettre en état une partie des sondes et à atteindre cette année-là 75 pour 100 de la production de 1916.
- Après la guerre, la Roumanie se relève rapidement, les sondes sont bien vite réparées, mais jusqu’en 1922 l’industrie pétrolière reste dans le marasme. Il y a crise de capitaux, crise de matériel, crise de moyens de transports. D’autre part, la question des indemnités se résout diffi-
- Fig. 3. — Destructions opérées pendant la retraite de 1916 dans les chantiers de la Slé Victoria. (Cliché établi par la Commission d’évaluation des dommages, le 25 mai 1919.)
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- Fig. 4. — Les sondes 8 et 9 de la Sté Victoria, le 25 mai 1919.
- cilement. Les commissions d’évaluation interalliées ne sont pas d’accord. C’est en 1922 seulement que le dommage est enfin fixé à 9 980 527 livres sterling et en 1928 que le mode de règlement des indemnités est accepté par les intéressés
- A partir de 1922, la production reprend définitivement sa marche croissante, mais la concurrence soulève constamment de nombreux problèmes : problème technique, problème de transports, politique d’état, etc.
- LES DONS DE LA. NATURE
- La géologie du pétrole obéit à trois grandes lois :
- I. L’âge géologique du terrain n’a pas d’influence sur sa richesse en pétrole.
- ÏI. Le pétrole se trouve dans les terrains poreux ou fissurés couverts d’un toit imperméable.
- III. Dans les terrains pétrolifères plissés, le pétrole se concentre en général vers la crête des anticlinaux.
- Ces principes, sauf le premier, semblent être vérifiés en Roumanie.
- Le pétrole se trouve presque uniquement dans la couche tertiaire récente. Les gisements les plus abondants sont d’abord dans le pliocène, puis dans l’éocène et l’oligocène. Le support poreux est en général constitué par des sables et le toit par de l’argile bleue ou grise. Enfin le pétrole se trouve toujours sur la crête ou plus souvent sur le revers d’un anticlinal, ce qui s’explique par des considérations de densité et par ce fait que le pétrole est presque toujours accompagné de gaz naturel et d’eau salée.
- Les terrains pétrolifères sont situés presque entièrement dans l’ancien royaume où ils occupent sur le bord externe des Carpathes une longue bande en forme d’arc de cercle. Les terrains reconnus couvrent environ 20 000 hectares mais les régions présumées pétrolifères représentent au bas mot 150 000 hectares.
- 1. Les sociétés anglaises, françaises et belges sinistrées reçoivent du gouvernement roumain des indemnités annuelles. Le montant de ces annuités avec leurs intérêts est déduit de la dette de guerre roumaine envers la Grande-Bretagne et la France.
- Fig. 5. — Les mêmes sondes en mai 1920.
- L’industrie pétrolière est soumise à une lente migration. Lorsque la production se met à baisser dans une région, des réserves sont mises en exploitation un peu plus loin. Depuis quelques années, l’extraction semble concentrée principalement dans quatre départements : Prahova, Dâmbovitza, Buzau et Bacau.
- PRODUCTION EN 1929
- Départements Tonnes
- Prahova...................... 3 374 347
- Dâmbovitza................ 1 290 418
- Buzau. . . . . ................... 86 407
- Bacau............................ 78 678
- Total.......................... 4 829 850
- Les chantiers les plus productifs ont été en 1929 ceux de
- Moreni (Prahova)............. 1 451 682 tonnes
- Gura-Ocnitzei (Dâmbovitza). . . 767 074 —
- Ceptura (Prahova)................. 650 321 —-
- Chiciura (Prahova) . ............. 541 404 —
- Ochiuri (Dâmbovitza).... 496 554 —
- Les chantiers autrefois célèbres de Baicoi et de Câmpina ne viennent plus que très loin derrière.
- Fig. 6. —- Coupe schématique"d'un anticlinal pétrolifère.
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- PROSPECTION
- La prospérité et la solidité d’une entreprise pétrolière ne se mesurent pas seulement- au nombre des sondes productives. C’est qu’en effet l’industrie du pétrole présente toujours un caractère aléatoire. Il n’est pas possible de prévoir à coup sûr la durée et le volume de la production d’une sonde. De plus, les accidents inévitables du forage aux grandes profondeurs, les interruptions consécutives aux accidents, en un mot le caractère provisoire des exploitations de pétrole, dont la vie dépasse rarement vingt ans, nécessite des sociétés pétrolières une activité . constante dans la recherche de nouvelles sources et l’acquisition de concessions neuves.
- Fig. 7. — Installation de sondage par le système rotatif (matériel Wirth à Erkelenz).
- A, table de rotation; B, treuil; C, D, pompes;moteur.
- 'Suspension
- Suspension
- Tête d’injection
- Dans les régions inexplorées on est guidé dans la recherche du pétrole par de nombreux indices superficiels : l’aspect du terrain, les suintements dans les galeries de mines, la présence de couches de bitume ou d’asphalte, les dégagements gazeux ( ). Mais ces indications ne suffisent pas pour permettre d’affirmer qu’on a découvert une nappe du précieux produit. Il faut entreprendre une « campagne de sondage ». Il est excessivement rare de trouver du pétrole au premier forage. Il faut au moins trois à cinq forages, plus ou moins profonds, revenant chacun à des prix de 7 à 12 millions de lei C1) pour obtenir un résultat.
- Aussi trois facteurs dominent-ils impérieusement l’exploitation du pétrole : la technique; le capital;
- Et aussi la politique d’Etat, à l’égard du pétrole, dont l’influence est décisive.
- LA TECHNIQUE DU PÉTROLE
- L’exploitation du pétrole par <c puits à main » est aujourd’hui abandonnée. L’exploitation par galeries selon la méthode inaugurée à Pechelbronn est exceptionnelle. Le véritable procédé pour extraire du sol le pétrole — ou tout autre produit liquide — est le sondage.
- Il consiste à percer un trou vertical jusqu’à la couche à exploiter. L’opération comporte trois parties : le forage, le curage et le tubage. Le liquide est extrait soit par jaillissement naturel, soit par épuisement artificiel.
- Le produit brut recueilli est ensuite raffiné.
- LE SONDAGE
- Trois procédés de sondage sont actuellement employés suivant les circonstances. Mais les deux premiers tendent à disparaître au profit du troisième dont les avantages sont immenses. Ce sont :
- a) le procédé par battage à tige et à curage discontinu ou sondage canadien.
- b) Le procédé par battage à corde et à curage discontinu ou sondage américain.
- c) Le procédé par rodage à curage continu ou sondage rotatif.
- Le procédé canadien consiste à enfoncer par battage une longue tige munie à sa partie inférieure d’un « trépan » et d’une masse percutante pouvant peser jusqu’à six tonnes. Au fur et à mesure de l’avance on ajoute à la tige des rallonges de 5 à 12 m. Les continuelles percussions produisent sur la tige des efforts de flambage qui nécessitent, pour éviter les ruptures, l’installation de dispositifs élastiques plus ou moins compliqués.
- Dans le procédé américain, à corde, la masse percutante est suspendue au bout d’un long câble, qui s’enroule et se déroule sur un treuil, et tombe en chute libre au fond du puits.
- Avec ces deux méthodes on emploie presque toujours le curage discontinu. Il consiste à descendre à la place du trépan une cloche à soupape ou « cuiller » qui se charge des déblais. L’opération est très longue, car il faut remonter
- 1. Toutefois en Transylvanie où on a découvert d’énormes sources de gaz naturels, le pétrole ne se trouve pas en quantité exploitable.
- 2. Le leu vaut actuellement 0 f. 1515.
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- toute la colonne pour la remplacer par la cuiller. D’autre part, sous l’effet des percussions, les boues s’accumulent et se tassent au fond de sorte que leur prise est difficile.
- Les terrains traversés sont souvent très friables et les chocs de la colonne risquent de faire ébouler les parois. Aussi est-il nécessaire de garnir les puits de tubes. Le tubage est en général télescopique, plus large à la surface qu’au fond. On compte généralement :
- Pour une profondeur de 100 m, un diamètre initial de 100 mm.
- Pour une profondeur de 300 m, un diamètre initial de 200 mm.
- Pour une profondeur de 600 m, un diamètre initial de 350 mm, etc...
- Une installation de forage comporte toujours un chevalement et un moteur pour la manœuvre de la colonne et des tubes.
- Le forage rotatif est apparu au Texas en 1901. Accompagné aujourd’hui de nombreux perfectionnements, dont le plus important est le curage continu par injection hydraulique, il réalise un immense progrès sur les autres procédés et tend à être universellement employé.
- Le trépan en forme de queue de poisson et tranchant est animé d’un mouvement de rotation par l’intermédiaire d’une colonne dont le poids contribue à l’avancement. La colonne est formée de tubes creux à section carrée ayant jusqu’à 24 m de long. On y envoie un courant d’eau continu qui remonte par côté, chargé de tous les débris de roches désagrégées et assure un curage automatique.
- On est arrivé à remplacer l’eau d’injection par de l’eau boueuse soigneusement dosée. Il en résulte un très grand avantage : l’argile contenue dans la boue se dépose sur les parois du puits et le colmate de sorte qu’il n’est plus nécessaire de faire suivre le tubage. Il est effectué en une seule fois quand le forage est achevé.
- L’économie de tubes ainsi réalisée n’est pas la seule. Le forage rotatif est aussi caractérisé par sa rapidité. On cite des forages de 1800 m de profondeur achevés en 4 mois. Avec les autres procédés et les incidents inévitables (ruptures de tiges, etc...) il faut compter un an pour atteindre 500 m. Enfin le système rotatif est le seul qui permette d’atteindre des profondeurs de 2000 m alors que les méthodes par battage n’ont plus qu’un rendement insignifiant à 1000 m. De plus, il permet, grâce à la simplification du tubage, d’avoir au fond un diamètre plus grand pour un diamètre d’entrée égal.
- L’installation comporte l’inévitable chevalement d’une trentaine de mètres de hauteur, un moteur à vapeur, des pompes Dupleix pour l’injection hydraulique, une table de rotation pour transmettre le mouvement à la colonne et tout un appareillage de suspension pour les tiges et le trépan.
- La grande difficulté dans le système rotatif est de maintenir la verticalité de la colonne. La trop grande vitesse de rotation, la dureté des roches traversées et leur obliquité tendent à la faire dévier. On a imaginé des appareils qui règlent automatiquement la vitesse de rotation et la pression du trépan de façon à assurer un forage parfaitement vertical. Les vitesses moyennes sont de l’ordre de 30 à 40 tours par minute.
- Fig. 8. — Trépans pour sondage, sijslème roialif.
- EXTRACTION
- Assez fréquemment en Roumanie — et c’est une preuve de la richesse du gisement roumain, — la pression gazeuse dans la nappe suffit à faire jaillir le pétrole à l’air libre. Le débit de certaines sondes est resté célèbre. En 1927 une sonde de la société I.R.D.P. a donné pendant plusieurs mois 200 tonnes par jour. Avant guerre une sonde de la « Colombia », à Moreni, donna longtemps 350 à 400 wagons par jour. Une autre, appartenant à la « Concordia» , donnait 4000 tonnes. Des bandages d’acier destinés à briser le jet étaient rongés en quelques heures. Tout dernièrement une sonde de la « Romana Americana » à Moreni semblait devoir battre tous les records lorsqu’un incendie l’a transformée en un véritable volcan que Ton n’a pas encore réussi à éteindre, malgré des tentatives qui ont coûté la vie à plusieurs personnes.
- Mais le plus souvent, il faut faire appel à l’extraction artificielle. On emploie la cuiller (comme pour le curage), le puisage par pistonnement ou par pompes canadiennes. Les deux premiers procédés, bien que plus coûteux, sont les plus usités, le troisième se prête mal à l’extraction du pétrole roumain trop souvent chargé de sable.
- Nature des produits recueillis. — Le pétrole brut, après avoir été débarrassé par décantation des eaux et des boues qu’il a entraînées, est un mélange de carbures d’hydrogène (saturés, forméniques, aromatiques...) accompagné de quelques composés oxygénés, sulfurés ou azotés. Sa composition varie beaucoup, même d’un chantier à un autre. D’une façon générale il contient :
- Carbone ....................83 à 87%
- Hydrogène...................lia 14%
- Oxygène.................. <3%
- Soufre .....................< 1%
- Azote.......................< 0,5%
- Mais ce qui caractérise avant tout un pétrole, c’est sa composition en produits de raffinage.
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- RAFFINAGE
- Le pétrole brut est inutilisable. Lé raffinage a pour but d’en séparer les différents produits demandés par l’industrie et le commerce. Il consiste à distiller le pétrole brut en le faisant passer dans une série de chaudières à températures croissantes placées en cascade. Le liquide arrive dans la chaudière la plus élevée, où la température est la plus basse, puis il descend la cascade en abandonnant des vapeurs de plus en plus lourdes. Ces vapeurs sont recueillies séparément et condensées. C’est ainsi qu’on obtient successivement : l’essence, le lampant, l’huile lourde et comme résidu le mazout. On tire aussi du pétrole brut des produits intermédiaires importants : des éthers de pétrole, de la vaseline, des huiles de graissage, du goudron, de la paraffine, etc...
- Pour les neuf dernières années la moyenne du rendement du pétrole roumain a été :
- Essences ...................23,2 %
- Lampant ........... 17,1 %
- Huiles lourdes.............. 9,2 %
- Mazout......................48,4 %
- Pertes ..................... 2,1 %
- La comparaison avec les autres pétroles est favorable à la Roumanie si l’on tient compte de ce que la valeur marchande d’un pétrole est en raison directe de la-quantité de substances légères qu’il contient (').
- Essences Lampant et huiles lourdes Mazout et pertes
- Roumanie. . . • 23,2 % 26,3 % 50,5 °/
- Russie .. . . . 5 . 40 55
- Pologne. . . . ; . .5 45 50
- Pennsylvanie . . 15 . 50 35
- Illinois . . . . . 10 50 35
- L Ce tableau ne tient pas compte des modifications apportées au pourcentage par le procédé du cracking.
- L’essence distille avant 150°. C’est de tous les produits du pétrole le plus important à cause de son emploi dans les moteurs à explosions. Sa densité varie de 0,710 à 0,784. L’essence roumaine possède la propriété appréciée de ne jamais présenter de phénomènes détonants à cause de la forte proportion de carbures aromatiques qu’elle contient.
- Le lampant passe entre 150° et 350° et sa densité oscille entre 0,810 et 0,830. Il sert à l’éclairage.
- Les huiles lourdes passent au-dessus de 350°; elles ont une densité de 0,850 à 0,885 et sont utilisées comme carburant dans les moteurs Diesel et semi-Diesel.
- Le résidu ou mazout est un liquide épais, ayant une densité de 0,910 et contenant des hydrocarbures lourds. On l’emploie pour le chauffage des chaudières de navires et de locomotives parce qu’il donne un meilleur rendement, une régularité plus grande et une manutention plus facile que le charbon.
- Un très grand progrès est apparu dans l’industrie du raffinage avec le procédé du cracking. Les produits légers étant les plus recherchés et les plus chers, on a pensé à transformer au maximum le mazout, produit de peu de valeur, en essence. Cette transformation se fait par la chaleur sous une forte pression. Les carbures lourds à point d’ébullition élevé donnent des carbures légers à point d’ébullition bas. Les premiers essais de cette méthode ont donné :
- 42 % 13 % 27 % 18 %
- Le cracking tend à se généraliser dans toutes les raffineries et oh pense à l’appliquer à partir non plus du mazout, mais de l’huile lourde. Son emploi permet en outre au raffineur de rester maître de la proportion de ses produits et de satisfaire au mieux les besoins économicjues.
- Il y a actuellement en Roumanie plus de 60 raffineries qui peuvent traiter plus de 5 000 000 de tonnes de pétrole par an. Les plus importantes sont à Câmpina, Cernavoda, Ploesti.
- LE TRANSPORT DU PÉTROLE
- Le transport du pétrole extrait jusqu’aux raffineries et de là aux lieux de consommation et aux ports d’exportations s’est d’abord fait uniquement par wagons-citernes de 10 tonnes réunis en trains entiers. Mais ce moyen s’est montré bien vite insuffisant devant la rapide augmentation de la production. De plus il en résultait un encombrement continuel des voies par les wagons s’en allant pleins dans un sens et vides dans l’autre. Aussi dès 1912 l’Etat a entrepris la construction d’un réseau de conduites qui décongestionne les voies ferrées et qui lui permet de contrôler en partie l’industrie du pétrole et d’empêcher la formation de trusts.
- Ces conduites j oignent les régions productives de Baicoi,
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- Buzau, Ploesti, Câmpina au grand centre de consommation, Bucarest, et aux deux grands ports d’exportation, Giurgiu et Constantza. Elles sont au nombre de quatre. Celle qui va à Constantza est réservée au lampant; elle a 320 km de long, 254 mm de diamètre et un débit de 120 wagons par jour. Deux autres conduisent à Giurgiu, la première du mazout, la seconde des produits légers avec chacune un débit de 50 wagons par jour. La dernière, longue seulement de 80 km, alimente la capitale en produits non raffinés et en combustible liquide. Des stations de pompage sont installées dans les principales villes du parcours.
- Bien que les sociétés particulières possèdent de leur côté plus de 2000 km de conduites joignant les chantiers aux raffineries, il devient nécessaire de construire de nouveaux pipe-lines pour satisfaire les besoins d’une production sans cesse croissante.
- Enfin on a construit des réservoirs dans les principales villes. Les plus importants sont à Constantza (parmù se font 75 pour 100 des exportations de pétrole) ; leur capacité dépasse 350 000 mr\
- LE CAPITAL
- Dès sa naissance, l’industrie pétrolière n’a pu trouver en Roumanie les capitaux nécessaires aux dépenses considérables quelle exige. Elle a dû faire appel aux capitaux étrangers à tel point qu’à la veille de la guerre, les Roumains ne possédaient que 7 pour 100 du capital investi dans cette industrie et ne participaient que pour 4 pour 100 dans la production. Sur un capital de 404 670 000 lei réparti entre 96 sociétés d’exploitation, 377 000 000 appartenaient à des groupes étrangers dont le plus puissant était le groupe allemand soutenu par la Deutsche Bank et la Disconto Gesellschaft.
- Groupes Capital Pourcentage
- Allemand . . .... 110 000 000 27,1
- Anglais .... 95 000 000 23,4
- Hollandais. . . . . . .. .. 80 000 000 20
- Français. ; . . . .... 40 000 000 10
- Américain.... .... 25 000 000 6
- Belge . . . . . ... * 12 000 000 . 3
- Autrichien. . . . .... 8 000 000 2
- Italien .... 4 000 000 1
- Suisse .... 3 000 000 ; 0,7
- 377 000 000 93,2
- La.période d’après guerre est caractérisée par une augmentation considérable des capitaux et surtout par leur nouvelle répartition. Les capitaux investis dans l’industrie pétrolière dépassent la valeur de 30 milliards de lei répartis entre plus de 200 sociétés. Les grandes sociétés allemandes (Steaua Romana, Yega, Concordia) ont été acquises .par des capitalistes roumains, français, anglais et belges. D’autre part, de nombreuses sociétés roumaines ont été fondées et trois d’entre elles (Crédit Minier, Indus-tria Romana de Petrol, Petrolul Romanesc) se placent au tout premier rang de la production, de sorte que le capital roumain participe maintenant pour 40 pour 100 à l’extraction du pétrole. La part française dépasse 150 mil-
- Fig. 10. — Puits de pétrole dans la région de Moreni.
- lions de francs. Quant aux deux grands trusts mondiaux, Standard Oil et Royal Dutch, ils sont représentés principalement, l’un par la « Romana Americana » et l’autre par 1’ « Astra Romana ».
- Le rapport du capital investi est très variable et dépend beaucoup d’un sondage heureux. C’est ainsi qu’en 1926, le « Crédit Minier », pour un capital nominal de 550 000 000 de lei a eu un bénéfice net de 421 412 542 lei et a distribué un dividende de 50 pour 100. Par contre, beaucoup de sociétés ont clos leur exercice sur une perte.
- Fig. 11. — Une usine de raffinage de pêlrole.
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- LA POLITIQUE DE L’ÉTAT
- La première loi des mines date de 1895. Elle était très libérale. Les substances bitumineuses étaient laissées à la libre disposition du propriétaire de la surface et aucun obstacle n’était mis à l’entrée des capitaux étrangers. Aussi affluèrent-ils. Ils permirent de mettre en valeur le naphte roumain; par contre, ils placèrent la presque totalité de l’industrie du pétrole sous le contrôle étranger.
- Après la guerre, la Roumanie se préoccupa de faire rentrer la nation en possession de la richesse pétrolière. La nouvelle loi des mines, promulguée en 1924, fut une loi de nationalisation. Elle poursuivait un double but : la sauvegarde de l’intérêt supérieur de l’État et le progrès économique. Le sous-sol devint propriété de l’État. Toute, concession nouvelle devait être refusée aux sociétés étrangères tant qu’elles ne se seraient pas constituées en sociétés roumaines (60 pour 100 au moins de capitaux roumains et les deux tiers du conseil d’administration composés de Roumains). Pour défendre les intérêts des raffineries, l’exportation du pétrole brut était interdite. En même temps les difficultés financières obligeaient à frapper de droits très lourds l’exploitation (35 pour 100 en moyenne de la production de chaque sonde) et l’exportation.
- Le résultat ne fut pas heureux. Si d’une part il devint possible à l’État de garantir une meilleure exploitation en n’accordant de concessions qu’aux sociétés possédant des moyens techniques et financiers suffisants, d’autre part le but de nationalisation ne put être atteint et les moyens employés pour y parvenir s’avérèrent même dangereux. Tout d’abord, en vertu du principe des droits acquis, on a accordé aux particuliers un délai de 50 ans avant de déclarer bien national le sous-sol de leurs propriétés. Or la plus grande et la plus riche partie des régions pétrolifères se trouve entre leurs mains. En outre,-les disponibilités financières de la Roumanie se sont montrées nettement insuffisantes pour tenir la place des capitaux étrangers. Et ces derniers., devant l’accueil défavorable qu’on leur réservait et la fiscalité excessive qui diminuait les bénéfices, ont bien vite dédaigné le champ d’action roumain. Si bien que l’industrie pétrolière a traversé dans ces dernières années une crise inquiétante aggravée par la concurrence des autres pays producteurs et il a fallu en 1929 tempérer les dispositions de la loi de 1924.
- La loi des mines de 1929 maintient le principe de la nationalisation du sous-sol mais supprime pour l’octroi des concessions la condition pour une société d’être constituée en société roumaine. Les droits d’exportation sont abaissés et les taxes d’exploitation sont établies d’une façon progressive plus équitable : la redevance due à l’Etat par sonde est de 12 pour 100 pour le premier millier de wagons, 15 pour 100 pour le second et croît proportionnellement jusqu’à un maximum de 50 pour 100. Autrefois la redevance était la même au début de la production, moment où les charges d’exploitation sont les plus lourdes, et à la fin.
- Enfin on prévoit la possibilité d’exporter le pétrole brut dans les situations difficiles.
- PRODUCTION, CONSOMMATION, EXPORTATION
- La production du pétrole roumain n’a cessé de croître, depuis la fin de la guerre, d’environ 12 pour 100 chaque année (Voir le graphique, fi g. 2). Au point de vue mondial, la Roumanie occupe le 7e rang :
- 1928 1929
- (tonnes) (tonnes)
- États-Unis................. 127 152 006 141 992 032
- Venezuela.................. 15 590 070 20 367 105
- U. R. S. S. Russie. ... 12 235 046 14 256 584
- Mexique................ 7 654 852 6 821 707
- Perse.................. 5 600 138 6 022 092
- Indes Néerlandaises ... 4 200 000 5 100 000
- Roumanie............... 4 509 787 4 827 278
- Colombie.................... 2 768 581 2 836 371
- Pérou....................... 1 617 742 1 211 599
- Trinité................ 1 182 953 1 344 833
- Argentine.............. 1 302 214 1 259 302
- Indes Britanniques. ... 1 146 821 1 170 374
- Sarawak......................... 751 092 760 166
- Pologne......................... 773 762 693 018
- Japon........................... 257 581 287 636
- Égypte.......................... 268 461 271 520
- Autres pays..................... 613 328 835 146
- 187 674 434 210 656 760 L’activité du forage est, elle aussi, en augmentation :
- Production Forage Rapport entre
- Années la production
- (tonnes) (mètres) et le forage
- 1922 .............. 1 365 830 88 527 15,3
- 1924 .............. 1 851 303 166 936 11,0
- 1926-.............. 3 241 329 267 491 12,2
- 1928 ............ 4 268 541 246 852 17,3
- 1929 ............ 4 820 000 310 000 15,5
- La caractéristique de la production roumaine est son fort rendement moyen par sonde. Il est presque parvenu au double du rendement américain (5 tonnes par jour contre 2 à 3 tonnes). Ceci prouve la grande richesse des gisements roumains. •
- Les raffineries n’ont pas été moins actives. En 1927 et 1928 la presque totalité de la production a été raffinée et
- a donné :
- 1927 . 1928
- Essence........................ 840 340 978 481
- Lampant .'..................... 574 170 693 883
- Huiles lourdes................. 319 000 374 389
- Mazout...................... 1 722 194 1 999 590
- Pertes. ........................... 77 633 85 928
- 3 533 346 4 132 271
- La consommation intérieure porte surtout sur l’essence et le mazout. Elle croît moins vite que la production :
- 1919 ................. 471 674 tonnes
- 1922 .................. 830 109 —-
- 1924 .................. 970 017 —
- 1926 ............... 1 293 649 —
- 1928 ............... 1 365 319 —
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- Les prix à l’intérieur ont considérablement baissé : l’essence moyenne vaut 13 lei 60 à 13 lei 90 le kg.
- Quant à l’exportation elle augmente également sans
- arrêt.
- 1919 ...................... 40 410 tonnes
- 1922 ..................... 434 173 —
- 1924 ..................... 434 987 —
- 1926 .................. 1 492 953 —
- 1928 ................. 2 344 016 —
- 1929 ................. 2 822 900 —
- Les divers produits exportés se répartissent ainsi :
- 1928 1929
- Essence........................... 662 337 802 421
- Lampant........................... 688 692 774 321
- Huiles lourdes.................... 269 172 451 498
- Paraffine........................... 2 902 3 477
- Mazout............................ 720 911 788 641
- Pétrole brut.................. 2 2 542
- 2 344 016 2 822 900
- Les principaux pays importateurs ont été en 1928 :
- Italie................................ 401 096 tonnes
- Grande-Bretagne....................... 298 258 —
- Égypte................................ 239 371 —
- Allemagne............................ 196 244
- Autriche.............................. 193 544 —
- Hongrie............................... 192 413
- France................................ 162 269 —
- Yougoslavie........................... 119 567 —
- Grèce................................. 99 657 —
- Bulgarie............................... 75 503 —
- Tchécoslovaquie........................ 52 251 —
- Turquie............................... 37 905 —
- Malheureusement le prix moyen de la tonne de pétrole brut a considérablement bai^â.é.
- De 1927 à 1928 il est tfôgcendu de £ 25 à £ 14. Aussi, tandis que le ton nagé l’exportation augmente, la valeur de l’exportation OTfninue.
- Elle n’était en 1928 que de 8 023 606 000 lei contre 9 450 000 000 de lei en 1926. Mais la valeur des produits exportés représente encore 28 pour 100 des exportations de la Roumanie.
- CONCLUSION
- Malgré sa production encore modeste, l’industrie pétrolière roumaine est susceptible de fournir des produits très appréciés avec un excellent rendement.
- La crise de ces dernières années qui atteint aujourd’hui tous les centres de production est due surtout à l’énorme accroissement de l’extraction mondiale, à la concurrence des grands trusts et à des mesures fâcheuses. Elle doit être surmontée grâce à la loi nouvelle et à de nouveaux perfectionnements techniques : extraction par gaz et par air comprimé, standardisation des tubes, captation des gaz de pétrole pour la force motrice, etc...
- Les débouchés italien et égyptien seront sans doute bientôt menacés par les pétroles de Mossoul.
- Mais, en Europe Centrale et dans les Balkans, le pétrole roumain devrait régner sans conteste.
- Il reste encore pour cela à faire un nouvel aménagement de la voie du Danube et des différentes voies terrestres qui vont vers le Sud et vers l’Ouest.
- Pierre Garnier.
- UN NOUVEAU PHÉNOMÈNE D’OPTIQUE
- LA DIFFUSION DE LA LUMIÈRE ET L’EFFET RAMAN
- LA DIFFUSION DE LA LUMIÈRE
- Les lois de la propagation rectiligne de la lumière, de la réflexion et de la réfraction, permettent d’édifier avec une approximation suffisante pour bien des usages la théorie des instruments d’optique et de comprendre le fonctionnement optique de l’oeil. Cependant ces lois sont impuissantes à rendre compte de phénomènes en apparence très simples qui se produisent constamment autour de nous.
- En effet, la plupart des objets que nous voyons ne sont pas lumineux par eux-mêmes. Ils ne peuvent que nous retourner la lumière émanée des sources qui les éclairent. Chacun de leurs points renvoie ainsi, dans toutes les directions, une partie de la lumière qu’il a reçue et devient une source secondaire de lumière. C’est là le phénomène de la diffusion.
- Ce phénomène est particulièrement net lorsqu’on envoie .. un faisceau lumineux à travers un liquide contenant en suspension de très petites particules. Si ces particules n’ont pas de couleur propre et sont de dimensions petites, comparées aux longueurs d’onde lumineuses, i la lumière diffusée latéralement par la cuve paraît bleue, [ tandis que la lumière transmise est teintée en rouge. Cela tient à ce que les très petites particules en suspension ont plus de prise sur les ondes les plus courtes, plus voisines d’elles par.leurs dimensions.
- L’expérience est très facile à répéter au moyen de la suspension obtenue en versant dans l’eau quelques gouttes d’une essence quelconque ou d’une solution de résine dans l’alcool : la suspension ainsi réalisée diffuse latéralement une belle lumière bleue tandis que le faisceau transmis donne sur un écran une tache rouge.
- * C’est à un phénomène analogue qu’est dû le bleu du
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- ciel. L’atmosphère, éclairée par la lumière du soleil, renvoie de tous côtés les rayons qu’elle reçoit, avec d’autant plus d’intensité que leur longueur d’onde est plus courte. C’est pourquoi elle "paraît bleue. La teinte rouge que prend le soleil" couchant 'èp résulte directement : lorsque les rayons du soleil àl’horizon traversent l’air sous une très grande épaisseur, presque tout le bleu est diffusé et, dans la lumière transmisë~ainsi privée de ses radiations de courte longueur d’onde, le rouge domine.
- La diffusion de la lumière, cause du bleu du ciel, se produit sur les molécules mêmes des divers gaz de l’atmosphère. L’expérience directe réalisée par Cabannes en 1914 a montré en effet que tout gaz traversé par un faisceau de lumière donne lieu à une diffusion latérale d’autant plus intense que la longueur d’onde est plus courte.
- Les liquides, même purifiés avec le plus grand soin de manière à éliminer toute particule étrangère, présentent eux aussi le phénomène de la diffusion. Si pendant longtemps on a cru qu’il existait des liquides « optiquement vides» dans lesquels un faisceau lumineux ne marquait son
- Fig. 1. —.Le cliché 1 montre le spectre de l’arc au mercure réduit à ta seule raie h = 4358 unités angstrom (les autres raies ont été à peu près complètement éliminées par absorption au moyen , d’écrans convenables).
- Le cliché 2 représente le spectre de la lumière diffusée par du benzène liquide éclairé par la radiation précédente. On y remarque une raie dont la position coïncide exactement avec celle de la lumière incidente et qui correspond au seul phénomène de diffusion connu avant la découverte de l’effet Raman. A droite de cette raie on distingue des raies secondaires qui correspondent aux raies négatives e l’effet Raman, les raies positives trop faibles n’ayant pas marqué sur le cliché.
- Le cliché 3 donne le spectre de la lumière diffusée par te toluène. On remarquera que le spectre de l’effet Raman est nettement différent de celui fourni par le benzène, les seules raies secondaires visibles étant encore les raies négatives.
- passage par aucune trace, c’est qu’on n’avait pas suffisamment éliminé l’influence des lumières étrangères et qu’on n’observait pas le liquide sur un fond absolument noir. On sait aujourd’hui qu’aucun liquide, si pur soit-il, n’est optiquement vide, pas plus d’ailleurs qu’aucun gaz ou aucun solide.
- IA DÉCOUVERTE DE L’EFFET RAMAN
- On croyait jusqu’à ces tout derniers temps qu’un milieu transparent éclairé par une lumière simple diffusait une lumière absolument identique à la lumière incidente hors les cas très particuliers de fluorescence. On pensait donc que la lumière n’éprouvait aucune modification essentielle lors de la diffusion.
- En réalité, en mettant en œuvre des méthodes d’analyse spectrale très perfectionnées, le physicien hindou Raman est parvenu en 1928 à établir que l’action d’une lumière simple sur les molécules d’un fluide ne donne pas seulement une lumière diffusée identique à la lumière incidente, mais engendre aussi des radiations que ne contenait pas cette lumière. La même découverte a été faite presque simultanément par deux physiciens russes Landsberg et Mandelstam en examinant la lumière diffusée par les cristaux de quartz et le spath d’Islande. Mais comme le travail des physiciens russes n’a été publié qu’en mai 1928, c’est-à-dire postérieurement à celui de Raman, le phénomène, suivant une tradition constante dans l’histoire des sciences, porte le nom du savant qui l’a fait connaître le premier et dont les beaux travaux sur ce sujet viennent d’être récompensés par l’octroi du prix Nobel de physique.
- Pour bien comprendre la nature des transformations produites par la diffusion moléculaire, il ne sera pas inutile de rappeler brièvement quelques notions simples d’optique physique. On sait que la lumière doit être considérée comme un phénomène périodique qui se propage, chaque radiation simple étant complètement définie par sa
- période T ou sa fréquence / =
- — . Ainsi la lumière verte T
- correspond à un phénomène vibratoire qui se reproduit 600 mille milliards de fois par seconde et par suite dont chacun dure un six cent mille milliardième de seconde, en sorte que l’on a pour cette lumière
- / = 600 000 000 000 000 qu’on écrit 6.1014 et
- 600 000 000 000 000 6.1014
- La longueur d’onde, c’est-à-dire la longueur dont se propage la lumière pendant une période, est définie par la relation
- Â = c T
- ou c désigne la vitesse de la lumière égale dans le vide à 300 000 kilomètres par seconde, soit 30 000 000 000 centimètres par seconde qu’on écrit 3.1010 cm : sec. Pour la radiation considérée on a :
- 3 10t0 __ 2 104 _ 5
- À “ 6 io14 “ ~T~ “ îoo ooo cm'
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- c’est-à-dire en prenant comme unité le micron (millième de millimètre ou dix-millième de centimètre) :
- X — 0,5 micron.
- Au lieu de la fréquence f on considère souvent dans les publications modernes sur l’optique le nombre d’ondes par unité de longueur :
- et comme X = c T ou ^
- on voit que N, égal à-> est bien proportionnel c
- à la fréquence. Pour la lumière considérée, le nombre d’ondes par centimètre sera :
- N =
- 1
- 0,000 05
- = 20 000.
- Fig. 2. — Le cliché 1 donne le spectre complet le l'arc au mercure. La cliché 2 le spectre de diffusion du tétrachlorure de carbone éclairé par l’ensemble des radiations de l’arc au mercure. On remarquera l'extrême complexité de ce spectre de diffusion. (Les figures précédentes ont été empruntées à un mémoire de MM. C.-V. Raman et K.-S. Krishnan.)
- Dans ce qui va suivre nous exprimerons, comme le font beaucoup d’auteurs, la fréquence de la radiation par le nombre d’ondes N.
- LES CARACTÈRES PRINCIPAUX DE L’EFFET RAMAN
- Si au moyen d’un spectrographe sensible on enregistre le spectre de la lumière diffusée par un corps pur non fluorescent que traverse un faisceau de lumière monochromatique de fréquence N, en se mettant rigoureusement à l’abri des lumières parasites, on constate que la lumière diffusée n’est pas simple, mais donne naissance à un véritable spectre qu’on appelle souvent spectre Raman du milieu.
- 1° Ce spectre comporte une raie principale de fréquence N égale à la fréquence de la lumière incidente, mais cette raie est entourée, de part et d’autre, de raies secondaires dont l’intensité décroît rapidement à mesure qu’on s’éloigne de la raie principale dont les fréquences ont pour valeur :
- N ± nv N ± n2, N ± n_... N d. n,
- les grandeurs nnv n,... nt, indépendantes de N, étant caractéristiques du milieu considéré.
- 2° Le phénomène est tout à fait général. On l’a constaté avec toutes les radiations excitatrices utilisées jusqu’à ce jour, même du domaine des rayons X, et avec tous les milieux interposés.
- 3° Le phénomène est symétrique en ce qui concerne la position des raies, puisque à toute raie de fréquence N —• ni correspond une autre raie de fréquence N -f- n( décalée de la même quantité par rapport à la fréquence fondamentale mais en sens inverse. Il ne l’est plus en ce qui concerne l’intensité des raies : les intensités des raies correspondant à un accroissement de la fréquence et qu’on appelle souvent raies positives,
- N -f n,, N + n2, N -f- n5,... N -(- ni
- sont toujours plus faibles que les intensités des raies dites négatives qui correspondent à un même décalage
- N — n.yi N — nv N — n.,... N — n,-.
- Aussi les raies négatives sont-elles plus faciles à observer et à étudier que les raies positives.
- 4° Le spectre Raman d’un milieu est très peu modifié par sa température et son état physique, mais il varie beaucoup avec la nature chimique de ce milieu.
- COMPARAISON ENTRE L’EFFET RAMAN ET D’AUTRES PHÉNOMÈNES OPTIQUES
- On connaît d’autres phénomènes optiques où le passage d’une radiation à travers un milieu matériel s’accompagne d’un changement de fréquence. Parmi les plus importants d’entre eux on peut citer la fluorescence et l’effet Comp-ton. Aussi est-il important de préciser en quoi l’effet Raman se distingue de ces phénomènes.
- La fluorescence des liquides, connue depuis longtemps, est un phénomène très particulier que présentent seulement un petit nombre de liquides ou de solutions, alors que l’effet Raman est, comme nous l’avons indiqué plus haut, tout à fait général. De plus le spectre de fluorescence est constitué par des bandes plus ou moins larges dont les fréquences ne sont pas liées à la fréquence de la raie excitatrice. Enfin, et c’est là une différence essentielle, la fluorescence n’est excitée que par des radiations déterminées, généralement de courte longueur d’onde, c’est-à-dire de grande fréquence, tandis que l’effet Raman apparaît quelle que soit la radiation utilisée, l’écartement clés diverses radiations secondaires par rapport à la radiation principale étant, absolument indépendant de celle-ci.
- Quant à l’effet Compton, découvert il y a quelques années par le physicien américain Compton, qui consiste en une diminution de fréquence au cours d’une diffusion, il n’a été observé que sur les rayons X. Il ne donne naissance qu’à une seule radiation diffusée, l’écart dé sa fréquence par rapport à celle de la radiation incidente, toujours très faible, ne dépendant aucunement du milieu sur lequel se produit la dispersion et étant uniquement en rapport avec les propriétés de ce constituant universel de là matière qu’est le corpuscule d’électricité négative ou électron.
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- LA THÉORIE DE L’EFFET RAM AN
- L’importance de l’effet Raman provient de ce qu’il fournit des indications extrêmement intéressantes sur les relations entre la matière et le rayonnement. S’il faut en croire le physicien américain Wood, bien connu par ses nombreuses recherches dans les domaines les plus divers de l’optique, cet effet constituerait l’une des meilleures preuves qu’on puisse fournir à l’appui de l’hypothèse des quanta.
- On sait que d’après cette hypothèse la lumière se propage par éléments discrets ou photons transportant chacun une énergie q = hN proportionnelle à la fréquence de la radiation envisagée, le coefficient h étant une constante universelle, dite constante de Planck; de plus, tout échange d’énergie entre un rayonnement et la matière ne peut se faire que par multiples du quantum hN correspondant à la fréquence de la radiation par laquelle s’est produit l’échange d’énergie.
- • D’autre part, une molécule matérielle èst un système composé d’atomes susceptibles d’exécuter à l’intérieur de la molécule des vibrations plus ou moins complexes, la molécule qui tourne toujours sur elle-même avec une grande vitesse pouvant éprouver des variations dans son mouvement de rotation, et les électrons qui interviennent dans la constitution des atomes étant eux-mêmes susceptibles d’éprouver d’importantes modifications dans les trajectoires qu’ils décrivent. Aussi l’énergie interne d’une molécule est-elle susceptible de varier. Mais elle ne peut pas prendre n’importe quelle valeur. Tous les phénomènes présentés par la matière concourent à établir que l’énergie ne peut prendre qu’un petit nombre de valeurs distinctes :
- E0, Ei5 E2,... E„.
- L’énergie la plus faible E0 correspond à ce qu’on peut appeler l’état normal de la molécule, les énergies Et, E2... Ep, rangées dans l’ordre des valeurs croissantes correspondant à ce qu’on appelle les divers états possibles d’excitation de la molécule.
- Le passage d’un des états de la molécule à un état supérieur d’excitation, par exemple de l’état EJ à l’état E_, est produit par l’absorption de l’excédent d’énergie nécessaire Es — Ej, cette énergie pouvant être apportée par une radiation, par le choc d’une autre molécule, etc. Au contraire, tout passage de la molécule à un état inférieur d’excitation, par exemple de l’état Es à l’état Et, s’accompagne de la libération de l’excédent d’énergie E.-E^ soit sous forme d’une radiation, soit sous forme d’énergie cinétique communiquée à une molécule voisine, etc.
- Ceci posé, considérons un milieu transparent traversé par une radiation de fréquence N dont les photons transportent chacun le quantum d’énergie hN. L’action d’un de ces photons sur une molécule du milieu peut ou non s’accompagner d’un échange d’énergie. D’où les divers cas possibles suivants :
- 1° Aucun échange d’énergie ne se produit et l’énergie E transportée par le photon est tout entière réémise par la molécule sous forme d’un photon de même énergie E et par suite de même fréquence N que la radiation inci-
- dente. C’est le phénomène de la diffusion moléculaire proprement dite, le seul que l’on connût avant la découverte de Raman.
- 2° Une partie e de l’énergie E transportée par le photon est absorbée par la molécule qui passe ainsi à un état d’excitation plus avancé, le reste de l’énergie du photon E — e étant réémis par la molécule sous forme d’une radiation de fréquence diminuée N — n correspondant aux raies négatives du spectre Raman.
- 3° Inversement si le photon de la radiation incidente frappe une molécule qui se trouve dans un état activé, celle-ci peut perdre une partie e de son énergie; l’énergie émise sous forme de radiation correspond alors à un quantum E + e et par suite à une fréquence accrue N -j- n définissant une raie positive de l’effet Raman.
- L’énergie d’une molécule ne pouvant prendre, ainsi que nous l’avons rappelé plus haut, qu’un petit nombre de valeurs distinctes, les valeurs de e correspondant à la variation du quantum de la radiation diffusée doivent être égales à la différence de deux quelconques des énergies caractéristiques de la molécule, par exemple E. — Et, en sorte que l’étude de l’effet Raman renseigne sur les états possibles d’excitation de la molécule et sur le spectre d’absorption du milieu, toute radiation absorbée ne pouvant qu’être utilisée à faire croître l’état d’excitation des molécules absorbantes.
- D’ailleurs les radiations dont l’absorption peut faire passer les molécules à un état d’excitation plus avancé correspondent toujours à de faibles fréquences et appartiennent au domaine infra-rouge. En sorte que l’étude de l’effet Raman renseigne sur le spectre d’absorption infra-rouge des milieux, spectre souvent très difficile à établir directement. Le spectre Raman est au contraire 'beaucoup plus facile à obtenir et à mesurer; de plus, en modifiant la radiation excitatrice, on peut amener les raies qui le constituent dans telle région spectrale qu’on veut. Il dépend étroitement de la structure moléculaire des corps et pourra sans doute fournir des renseignements intéressants sur cette structure comme le montrent les résultats déjà obtenus dans cette voie par M. Daure, Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, qui a établi le spectre Raman d’un grand nombre de composés.
- « Il semble donc, écrivait récemment M. Cabannes, Professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier, à qui l’on doit également d’importantes recherches sur ce phénomène, que l’effet Raman, si facile à étudier et à observer, est appelé à jouer un rôle fondamental dans l’étude des structures moléculaires. Malheureusement, il présente une grande infériorité vis-à-vis des méthodes habituellement utilisées par les chimistes pour caractériser les corps : il exige de trop grandes quantités de matières. Mais il est permis d’espérer que, la technique se perfectionnant, quelques décigrammes suffiront un jour à le mettre en évidence (*) ».
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- 1. Signalons que les perfectionnements apportés par M. Daure à la technique de production de l’effet Raman permettent déjà d’opérer sur des quantités de matières de l’ordre de quelques grammes.
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- L’AILE A FENTE ET LA SÉCURITÉ EN AVION
- LES PROGRÈS DE LA SÉCURITÉ AÉRIENNE
- En dépit des nombreux accidents d’avion qui depuis quelques mois émeuvent périodiquement l’opinion, il n’est pas paradoxal d’affirmer que la sécurité de la navigation aérienne a réalisé des progrès importants depuis la création des premières compagnies aériennes.
- Si les accidents restent encore fréquents dans les aviations militaires de tous les pays, par contre leur rareté dans les Compagnies de transports aériens devient de plus en plus grande. Ce fait est d’autant plus remarquable que non seulement le nombre de kilomètres parcourus par les avions civils s’accroît rapidement d’année en année, mais en outre la nuit et même la tempête ne sont plus pour eux des obstacles qui les contraignent comme autrefois à rester au port.
- Quant aux avions militaires,il faut bien se rendre compte que les accidents auxquels ils donnent lieu sont généralement la rançon des conditions de plus en plus dures qui leur sont imposées par les exigences de la guerre moderne. Car sera victorieuse l’armée aérienne qui possédera les avions les plus rapides, les mieux armés, les mieux protégés, et les équipages les plus audacieux et les plus manœuvriers. Dans cette course ardente à la royauté de l’air les risques sont inévitables dès le temps de paix, puisque c’est l’inconnu qu’affrontent de nouveau chaque jour ces équipages qui, avec une audace admirable, exigent toujours davantage du matériel. C’est pourquoi il faut saluer bien bas ces héros du temps de paix dont les combats sans gloire contre les éléments assurent cependant la sécurité du pays.
- Mais surtout il faut faire l’impossible pour économiser leur sang précieux.
- C’est pourquoi ceux qui, tout en ignorant les mystères de l’avion, s’inquiètent du sort de notre aéronautique, se réjouiront d’apprendre qu’une invention française, l’aile à fente, adaptée à la pratique par un constructeur anglais, va permettre à la fois de réduire considérablement les risques de l’air et d’améliorer la maniabilité des avions.
- Pour analyser le mécanisme de l’aile à fente, il nous faut d’abord décrire les phénomènes aérodynamiques qui assurent la sustentation d’un avion.
- Nous allons donc observer le mouvement de l’air d’abord autour d’une aile de forme classique dans ses diverses positions de vol, ce qui nous permettra de déterminer les phénomènes qui assurent la sustentation de l’avion.
- Nous observerons ensuite comment la présence de fentes pratiquées dans l’épaisseur de l’aile et tout le long de son envergure modifie ces phénomènes de façon à assurer la sustentation de l’avion précisément dans les circonstances où l’emploi de l’aile dépourvue de fentes ne suffit plus à l’assurer.
- LES PHÉNOMÈNES AÉRODYNAMIQUES AUTOUR D’UNE AILE D’AVION
- Le mouvement de l’air autour des ailes d’avions est rendu visible sur les photographies qui illustrent cette étude, au moyen de l’artifice suivant.
- Le modèle réduit qui figure sur chaque photographie est une aile vue de profil alors qu’elle se trouve soumise à l’action du courant d’air du tunnel aérodynamique lequel est employé, comme on le sait, pour mesurer les forces exercées par un courant d’air sur des ailes de différentes formes.
- Pour rendre ce courant d’air visible, on y a injecté des filets de fumée noire également espacés, qui traceraient des lignes horizontales s’ils n’étaient pas déviés par le bord d’attaque deTaile de façon à contourner celle-ci.
- Nous allons' examiner par ce moyen comment se comportent, autour de l’aile, les filets d’air dont les déformations sont rendues visibles par ces filets de fumée.
- Les figures 1, 2 et 4 montrent le mouvement des filets d’air autour d’une aile classique pour des incidences de plus en plus fortes.
- Dans la position 1 l’incidence est presque nulle. Les-filets d’air enveloppent l’aile par-dessus et par-dessous
- Fig. 1. —• Photographie du mouvement des filets d'air autour d’une aile sans fente placée dans le courant d’air sous une incidence nulle.
- presque sans être déviés. Les efforts qu’ils exercent sur celle-ci sont donc faibles. C’est pourquoi, dans cette position, la portance est faible (’).
- Dans la position 2 l’aile fait un angle d’incidence inférieur à 20 degrés avec la direction des filets d’air. Dans le cas représenté sur la figure cette incidence est de l’ordre de 10 degrés. L’expérience montre que c’est aux environs de cette valeur que la portance est maxima. Nous allons nous rendre compte des phénomènes qui produisent cette portance.
- Pour cela nous avons représenté le mouvement des filets d’air sur la figure 3, et nous avons figuré sur ce dessin les forces qui s’exercent sur l’aile.
- On voit que le bord d’attaque A de l’aile pénètre dans les filets d’air à la façon d’un coin qui les rejette partie vers le haut, partie vers le bas.
- Les filets rejetés vers le bas continuent à être refoulés
- 1. Voir dans La Nature l’article N° 2839, du 15 août 1930, sur le vol des oiseaux, les variations de la portance avec l’incidence de l’aile.
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- par la face inférieure de l’aile qui les comprime de plus en plus les uns sur les autres. En sorte qu’ils se resserrent de plus en plus à mesure qu’ils se rapprochent du bord de fuite C. Arrivés en ce point où ils sont libérés de cette pression, ils s’infléchissent vers le haut de façon à venir combler le vide que l’aile laisse derrière elle. Un peu plus loin ils rejoignent les filets passés par-dessus l’aile qui s’infléchissent vers le bas. À quelque distance en arrière de l’aile se trouve ainsi rétabli le régime des filets d’air qui avait été troublé par son passage.
- Nous voyons donc que la face inférieure de l’aile ne cesse de comprimer les filets d’air sur toute son étendue. Par réciprocité ces filets exercent sur l’aile une pression de bas
- Fig. 2. •— Photographie de mouvement des filets d’air autour d’une aile sans fente placée dans un courant d'air sous une incidence normale (inférieure à 20 degrés).
- Fig. 3. — Action des filets d’air sur une aile placée dans le courant d'air sous une incidence normale (inférieure à 20 degrés).
- en haut que nous avons représentée par les forces /t normales à la face inférieure de l’aile.
- Voyons maintenant comment se comportent les filets d’air que le bord d’attaque a refoulés vers le haut.
- Ceux-ci refoulant eux-mêmes les filets qui se trouvent immédiatement au-dessus d’eux commencent par se comprimer. Par réciprocité ils exercent une certaine pression sur la partie antérieure de l’aile. C’est cette pression que nous avons représentée par les forces /a normales à la face supérieure du bord d’attaque.
- Mais lorsque ces filets d’air dépassent le point le plus haut de l’aile, B, ils cessent d’être comprimés par elle, et tendent à s’infléchir vers le bas. A partir de ce point B ils
- vont donc s’ouvrir en éventail de façon à combler le vide que l’aile creuse derrière sa face supérieure.
- Les branches de l’éventail constitué par les filets d’air qui s’épanouissent ainsi vont en s’ouvrant jusqu’à ce que la branche inférieure rencontre les filets d’air inférieurs.
- Quelles forces vont s’exercer sur la partie de l’aile qui se trouve en arrière du point B? Nous avons vu que le refoulement des filets d’air vers le haut faisait apparaître un vide derrière la partie de l’aile qui est comprise entre les points B et C. Sans doute ce vide tend à se combler du fait qu’aspirant les filets d’air supérieurs, il les infléchit vers le bas. Mais comme ces filets, pour combler ce vide, sont obligés de s’ouvrir en éventail, leur épanouissement détend l’air qui les remplit à une pression inférieure à la pression atmosphérique. Il subsiste donc un vide partiel dans toute la partie de l’aile qui est comprise entre les points B et C. C’est l’effet de cette dépression que nous avons représenté par les forces F normales à la surface de l’aile.
- On a déterminé par des mesures précises la répartition des pressions et des dépressions ainsi créées à la surface d’une aile, et l’on s’est aperçu que la résultante des dépressions est très supérieure à la résultante des pressions. Par conséquent, contrairement à l’idée le plus communément répandue, la plus grande partie de la sustentation d’un avion est due non pas au soulèvement de l’aile par l’air qui frappe sa face inférieure, mais bien à l’aspiration de sa face supérieure par le vide qu’elle creuse constamment derrière son passage. Et cette circonstance permet de se rendre compte de la supériorité des ailes épaisses sur. les ailes minces au point de vue de la sustentation de l’avion : on se rend compte sur la figure 3 que le gros bord d’attaque d’une aile épaisse, refoulant énergiquement les filets d’air de part et d’autre de l’aile, créera derrière celle-ci un vide plus parfait que le petit bord d’attaque d’une aile mince, qui les coupe à la façon d’une lame de couteau. C’est une des raisons pour lesquelles le nombre des avions de transport dotés d’ailes épaisses augmente de plus en plus.
- s
- COMMENT SE PRODUIT L’ACCIDENT DE LA « PERTE DE VITESSE »
- Examinons maintenant sur les figures 4 et 5 comment se comportent les filets d’air lorsque l’aile les attaque sous un grand angle d’incidence, c’est-à-dire sous un angle supérieur à 20 degrés.
- Les filets d’air sont toujours divisés de la même façon par le bord d’attaque. Mais comme l’aile s’est inclinée davantage, la cavité creusée derrière sa face supérieure entre les points B et C est maintenant plus vaste. Par suite les filets d’air qui ont sauté par-dessus le bord d’attàque ne s’infléchissent plus suffisamment vers le bas pour venir combler cette cavité. C’est pourquoi on dit que ces filets d’air sont maintenant « décollés » de l’aile.
- Il semble que cette circonstance devrait être favorable à la sustentation puisque le vide qui aspire l’aile vers le haut est maintenant complet.
- Il en serait bien ainsi si les filets inférieurs ne venaient apporter dans cette cavité une grave perturbation.
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- Tant que l’aile avait conservé une incidence modérée, comme- sur les figures 2 et 3, les filets inférieurs rencontraient, au moment où ils quittaient le bord de fuite C, les filets supérieurs qui léchaient l’extrados de l’aile. Les filets inférieurs étaient donc refoulés dès leur sortie du bord de fuite, et ainsi maintenus dans le droit chemin. Avec les grandes incidences il n’en est plus de même : nous voyons que les filets inférieurs, qui ont été très fortement comprimés sous l’aile, trouvent brusquement derrière le bord d’attaque une vaste cavité .d’air vide.qui les aspire violemment vers le haut. Ils en profitent immédiatement pour se détendre, et même pour revenir en arrière afin de combler le vide que l’aile creuse derrière son passage. Ainsi prend naissance un tourbillon dont la volute vient frapper violemment l’extrados de l’aile comme on le voit sur la figure 5. Ce choc a pour effet de pousser l’aile de haut en bas, c’est pourquoi nous avons représenté son action par les forces dirigées vers le bas.
- Les conditions dans lesquelles ce tourbillon prend naissance nous expliquent clairement le phénomène de « la perte de vitesse » redouté à juste titre de tous les pilotes expérimentés à cause des terribles accidents dont il est responsable. Si, partant d’une faible incidence le pilote augmente jDrogressivement le cabrage de son gouvernail de profondeur de façon à accroître progressivement l’incidence de son avion il constate que la portance commence par croître avec l’incidence. Elle passe par un maximum pour une incidence comprise entre 10 et 15 degrés, après quoi elle commence d’abord par décroître progressivement. Puis, brusquement, aux environs de 20 degrés, prend naissance derrière l’aile le tourbillon que nous venons de décrire et qui, frappant l’aile par-dessus de haut en bas, détruit la portance. L’avion n’étant plus soutenu par ses ailes glisse latéralement et tombe comme une pierre. Si l’avion est à grande altitude et s’il est bien construit, son équilibre se rétablit après une chute qui peut être de 50 à 100 mètres au maximum. Mais, s’il est près du sol, le pilote n’a aucun moyen d’enrayer la chute et la catastrophe est inévitable. On voit qu’en réalité cette chute a pour cause initiale une incidence trop forte et non pas une excessive diminution de vitesse. Mais avant que ces phénomènes aient pu être analysés comme nous venons de le faire, les pilotes attribuaient la chute par glissade sur l’aile à la perte de vitesse pour cette raison que plus l’avion est cabré, plus il présente son ventre à l’action du vent, et par conséquent plus il est freiné par la résistance de l’air dans lequel il se déplace. La chute coïncidait donc avec une forte diminution de vitesse; et les deux phénomènes se produisant toujours simultanément la cause du premier était attribuée au second.
- LA SÉCURITÉ PAR L’AILE A FENTE
- Or l’emploi de l’aile à fente a démontré que l’on pouvait réduire la vitesse de l’avion autant qu’il est possible de le faire en lui donnant l’angle de cabrage maximum sans que pour cela se produise la chute par glissade sur l’aile. Nous allons examiner par suite de quels phénomènes l’aile à fente a ainsi remédié à ce grave danger.
- Les photographies reproduites par les figures 6, 7 et 8
- montrent le mouvement des filets d’air autour d’une aile à' trois fentes exposée à l’action du courant d’air sous les mêmes incidences que l’aile dépourvue de fente des figures 2, 3 et 4.
- Nous ne nous attarderons pas à étudier les positions représentées sur les figures 6 et 7 puisque/pour ces incidences, l’aile, normale assure:une portance suffisante. Qu’il nous suffise d’indiquer qu-e^çp.ur ces incidences faibles,' l’aile à fente n’a que des incon\>ù^mntsr': elle'n’accroît pas la portance, et par contre.elleraujfent’e la* résistance à l’avancement. En effet les filets -d’naf qui "passent dans les fentes frappent les trois bords d’attaque dans un sens opposé au mouvement de l’aile. Ils produisent ainsi un
- Fig. 4. — Photographie du mouvement des filets d’air autour d’une aile sans fente placée dans le courant d’air sous une incidence dangereuse (supérieure à 20 degrés).
- Fig. 5. — Action des filets d’air sur une aile sans fente placée dans le courant d’air sous une incidence dangereuse (supérieure à 20 degrés).'
- effet de freinage plus puissant qu’avec l’aile dépourvue de fentes, puisque celle-ci ne possède qu’un seul bord d’attaque. Un avion muni d’ailes à fentes sera donc moins rapide que le même avion pourvu d’ailes sans fentes.
- Nous verrons plus loin comment on remédie pratiquement à cet inconvénient.'
- Venons tout de suite à la comparaison des figures 8 et 9, puisque c’est pour les fortes'incidences que l’action de la fente devient utile. Nous avons représenté"sur'da Bgure 9 le mouvement des filets d’air autour d’une aile dotée d’une seule fente, située immédiatement derrière le bord d’attaque. En effet dans la pratique on n’emploie pas d’ailes à plusieurs fentes semblable au modèle qui est représenté
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- Fig. 6. — Photographie du mouvement des filets d’air autour d’une aile à fentes placée dans le courant d’air, sous une incidence nulle.
- sur les photographies ci-jointes. La fente unique a la même efficacité que les fentes multiples et elle permet en outre de remédier à l’inconvénient signalé ci-dessus.
- ' Comparons donc les figures 5 et 9. Cette comparaison fait apparaître, dès le.premier coup d'œil, l’action bienfaisante de la fente. Celle-ci canalise trois filets d’air qu’elle ; i}abat dans la cavité creusée dans le sillage de l’aile. Après s’être ainsi épanouis, ces filets viennent frapper les filets d’air inférieurs au moment où ces derniers, s’échappant derrière le bord d’attaque, allaient se détendre vers le haut. Ainsi est empêchée la naissamce du tourbillon dont les effets désastreux provoquaient la chute par glissage sur l’aile.
- Grâce à l’action de sa fente, l’aile à fente se comporte donc aux incidences supérieures à 20 degrés aussi correctement qu’aux incidences plus faibles. C’est seulement pour des incidences supérieures à 35 degrés que l’aile à fente laisse reparaître les tourbillons dangereux (fig .10).
- Cependant on peut dire que l’aile à fente fait disparaître i
- Fig. 7. — Photographie du mouvement des filets d’air autour d'une aile à fente placée dans le courant d’air, sous une incidence normale (inférieure à 20 degrés).
- radicalement le risque de chute par excès de cabrage, car les gouvernails de profondeur des avions sont dimension-nés de telle façon que, lorsque le pilote tire le manche à balai jusqu’à toucher son ventre, l’avion ne peut pas dépasser un angle de cabrage de 35 degrés pour lequel l’aile à fente conserve une portance suffisante pour assurer la sustentation. Nous parlons ici, bien entendu, d’un pilote qui effectue cette manœuvre assez lentement pour que l’avion atteigne progressivement l’incidence, qui correspond à la position extrême du gouvernail de profondeur. Evidemment si le pilote tire brutalement sur le manche à balai, l’avion recevra une violente impulsion qui l’entraînera bien au delà de l’incidence critique de 35 degrés, puisqu’il peut aller ainsi jusqu’à faire un looping. Mais en agissant de la sorte le pilote effectue une manœuvre anormale, qui ne se pratique pas sur les avions de transport, et au cours de laquelle les conditions d’équilibre de l’appareil sont d’ailleurs très différentes de celles que nous venons d’étudier.
- En définitive, l’aile à fente met l’avion à l’abri de la faute classique qui a causé tant de morts : la perte de vitesse au départ ('). Cette faute se produit toujours de la façon suivante. Quelques instants après le décollage, le moteur a une panne brusque ou une forte baisse de puissance qui oblige le pilote à atterrir immédiatement. Très souvent le pilote cherche à faire demi-tour pour revenir sur l’aéroport. On bien trouvant un obstacle devant lui il s’efforce de ralentir la descente de l’avion pour éviter d’accrocher l’obstacle. Dans les deux cas il cabre son avion pour lui donner l’incidence qui assure le maximum de portance et par conséquent la pente de descente la plus faible. Mais voyant approcher le sol avant que le virage soit terminé, ou bien voyant le sommet de l’obstacle se rapprocher, le pilote instinctivement tire de plus en plus sur le manche à balai, car il lui semble qu’il va ainsi prolonger la descente. Il arrive de cette façon à atteindre l’incidence critique pour laquelle se produit brusquement le tourbillon fatal. A cet instant l’avion glisse de côté et tombe comme une pierre. Comme cette chute se produit tout près du sol l’avion vient inévitablement s’écraser par terre avec une grande vitesse.
- C’est ainsi par exemple que périt à Toul le Ministre de l’Air M. Bokanowsld, le pilote ayant tenté, à la suite d’une panne au décollage, de revenir sur l’aéroport. Si l’avion avait été muni d’ailes à fentes l’accident eût été évité puisque, au maximum de cabrage du gouvernail de direction les ailes auraient conservé une portance suffisante pour assurer le sustentation. Sans doute l’aile à fente n’empêche pas un avion dont le moteur est en panne de descendre. Mais elle l’empêche de tomber à grande vitesse. Elle fait en somme l’office de parachute.
- - Elle a un autre avantage important. Lorsqu’un avion à ailes ordinaires se met en perte de vitesse le tourbillon qui se produit au voisinage du bord de fuite (voir fig. 4 et 5) agissant sur les ailerons leur enlève toute efficacité. Ces ailerons ne peuvent donc plus servir au pilote pour rétablir l’équilibre latéral détruit par la perte de portance.
- 1. Ceci n’est vrai, bien entendu, que pour les avions dotés de fentes bien proportionnées et suffisamment développées.
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- Au contraire l’aile à fente conservant aux filets d’air leur trajectoire normale au voisinage du bord de fuite, même sous les grandes incidences (voir fig. 8 et 9) conserve en même temps toute leur efficacité aux ailerons même lorsque le pilote tire à fond sur le manche à balai. Donc en toutes circonstances le pilote reste maître de l’équilibre latéral de son appareil par la manœuvre des ailerons.
- Ce que nous venons d’exposer montre l’importance considérable du progrès réalisé par l’aile à fente. On peut dire sans exagération que cette invention est le début d’une ère nouvelle au point de vue de la sécurité aérienne. Il est très regrettable, alors que son principe fut dévouvert avant la guerre par l’ingénieur français Constantin, qu’elle commence seulement à l’heure actuelle à entrer dans la pratique. Les brevets de M. Constantin sont d’ailleurs tombés depuis longtemps dans le domaine public. Leur mise en application plus rapide aurait certainement sauvé dans le monde quelques centaines de pilotes dont beaucoup n’étaient pas des débutants.
- L’AILE A FENTE AUTOMATIQUE
- Nous avons signalé plus haut un inconvénient de la fente : elle freine l’avion même aux faibles incidences, pour lesquelles elle n’est d’ailleurs d’aucune utilité. Comme ces faibles incidences sont les incidences normales de vol, il en résulte une diminution de la vitesse commerciale de l’avion. Pour un avion qui fait 150 km à l’heure, cette réduction dé vitesse est de l’ordre de 5 à 6 km. Elle est bien plus considérable encore sur les avions plus rapides. Sur un long voyage"une telle réduction n’est pas négligeable, surtout lorsque ce voyage est ralenti par un vent contraire. On a donc cherché à remédier à cet inconvénient. Cette recherche a nécessité beaucoup de tâtonnements et d’essais, et par conséquent des dépenses importantes. C’est l’ingénieur anglais Handley-Page qui l’a entreprise et menée récemment à bonne fin.
- L’aile à fente Handley-Page est représentée sur la figure 9. La partie avant A, Bt de la fente est mobile et peut venir s’appliquer exactement sur le bord d’attaque de l’aile comme on le voit sur la figure 11. Lorsque la fente est ainsi fermée l’effet de freinage dont elle était la cause disparaît.
- L’automaticité d’ouverture et de fermeture de la fente est réalisée par le procédé que nous allons décrire.
- La figure 9, qui représente le mouvement des filets d’air autour de l’aile, est à trop petite échelle pour représenter tous les détails de ce phénomène. Pour cette raison nous avons représenté le bord d’attaque à une échelle plus grande sur la figure 11, l’aile étant toujours placée dans le vent sous une forte incidence. Il résulte de cette forte incidence que l’extrême pointe avant qui est exposée au choc du premier filet d’air est le point A( situé dans le bas du bord d’attaque. Au-dessus de ce point la paroi du bord d’attaque s’élève d’abord verticalement. Elle va donc refouler le premier filet d’air verticalement de bas en haut. A son tour ce premier filet va refouler le filet voisin qui le surmonte, et, de proche en proche, tous les filets d’air situés au-dessus dû filet médian vont se'trouver
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- Fig. 8. —• Photographie du mouvement des filets d’air autour d’une aile à fentes placée dans le courant d’air sous une forte incidence (supérieure à 20 degrés).
- rejetés vers le haut tout en se comprimant les uns les autres.
- Mais à partir du point D, la paroi du bord d’attaque s’infléchissant vers l’arrière, les filets d’air les plus voisins de celle-ci trouvent un espace vide dans lequel ils vont pouvoir se détendre en s’infléchissant eux aussi vers l’arrière, de façon à échapper à la pression des filets qui les surmontent.
- C’est pourquoi nous voyons sur la figure 11 qu’à partir du point D les filets voisins du bord d’attaque s’ouvrent en un éventail dont les branches s’élargissent de plus en plus à mesure que la courbe du bord d’attaque leur laisse un espace disponible de plus en plus grand. Si le lec-. teur veut bien se reporter à la photographie des filets d’air sur la figure 8 il vérifiera en effet que ces filets, d’abord comprimés sur le nez du bord d’attaque, se détendent en s’élargissant à mesure qu’ils grimpent au-dessus de ce nez.
- Cette détente produit un vide au-dessus de la partie DBj du bord d’attaque, et ce vide tend à aspirer vers l’avant et vers le haut la partie mobile AjDBj de la fente. C’est ce phénomène qui est utilisé pour assurer l’ouverture automatique de cette dernière dès qu’apparaît le danger de glissade sur l’aile, puis sa fermeture dès que le danger a disparu.
- Fig. 9. — Action des filets d’air sur une aile à fente placée dans un courant d'air sous une forte incidence (supérieure à 20 degrés).
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- Pour comprendre cette automaticité remarquons sur la figure 11 que cette partie mobile est sollicitée par deux séries de forces antagonistes :
- 1° Dans la région A(D où les filets viennent s’écraser contre le nez du bord d’attaque les pressions /_ tendent à fermer la fente.
- 2° Dans la région DBt, au-dessus de laquelle ces mêmes filets viennent se détendre, le vide ainsi créé tend à ouvrir la fente par l’effet des forces f° dues à cette aspiration.
- Supposons que le pilote, dans un moment d’inattention, cabre trop son avion et lui donne une incidence dangereuse correspondant à celle des figures 9 et 11. Le vide créé au-dessus de la partie AtD sur laquelle viennent buter les filets d’air s’étend sur la majeure partie du bord d’attaque. Les forces d’aspiration /t deviennent prépondérantes et ouvrent la fente en aspirant la partie mobile AjDVj. Instantanément le danger de glissade sur l’aile se trouve conjuré sans que le pilote ait à intervenir.
- Lorsque le pilote ramène son avion à une incidence normale le nez du bord d’attaque s’abaisse ; la partie AjD sur laquelle viennent buter les filets d’air s’étend vers le haut, la partie DBj devant laquelle les filets se détendent diminue de longueur, les pressions /_ deviennent prépondérantes et referment l’aile automatiquement (remarquer
- Fig. 10. — A droite : aile à fentes placée dans le vent, sous une incidence inférieure à 35 degrés. Les fentes ont pour effet d’empêcher la formation de tourbillons dans le sillage de l’aile.
- A gauche :• aile à fentes placée dans le vent sous une incidence supérieure à 35 degrés : les fentes sont impuissantes à empêcher la formation des tourbillons dans le sill ge de l’aile.
- sur la figure 3 le recul du point où les filets d’air supérieur8 commencent à se détendre).
- Un avion, doté de ce dispositif, bénéficie donc de la sécurité due à l’emploi de la fente sans subir la réduction de vitesse qu’imposerait sans utilité une fente constamment ouverte.
- On conçoit toutefois que chaque forme d’aile exige des tâtonnements empiriques pour déterminer la forme et les dimensions de la partie mobile de la fente. De tels essais sont toujours longs et coûteux. C’est ce qui explique que le nombre des types d’avions dotés d’ailes à fente soit encore très restreint malgré tous les avantages de ce dispositif dont le prix est relativement élevé, car aux frais d’installation s’ajoutent des frais de licence à payer au détenteur du brevet, M. Idandley-Page.
- L’AILE A FENTE ET LA MANIABILITÉ DE L’AVION
- M. Idandley-Page a imaginé un dispositif qui permet d’utiliser la fente pour augmenter les qualités de maniabilité de l’avion.
- Un avion est d’autant plus maniable qu’il répond plus rapidement aux sollicitations des gouvernes lorsque le pilote veut effectuer un virage, et que son virage s’effectue sur un cercle de rayon plus faible.
- La maniabilité est une condition essentielle de la sécurité à l’atterrissage, principalement pour les atterrissages forcés en campagne consécutifs à.une panne de moteur. En pareil cas le pilote ne trouve souvent à proximité du lieu de la panne qu’un terrain de dimensions restreintes et bordé d’obstacles. Pour atterrir au point choisi il doit alors rester, pendant la descente de son avion, à proximité de ce point. Pour cela il effectue une série d’S jusqu’au moment où il juge son altitude propice à l’atterrissage. Il effectue alors un dernier virage qui doit l’amener à toucher le sol au point qu’il a choisi. En outre son avion doit conserver une vitesse suffisamment réduite pour ne pas dépasser en roulant les limites du terrain utilisable. De la précision du dernier virage effectué avant la prise de contact avec le sol dépend la réussite de l’atterrissage sans avarie. Il importe donc que ce virage puisse être fait dans un cercle de petit rayon et avec une vitesse réduite sans risquer pour cela la glissade sur l’aile qui, en pareilles circonstances, entraîne neuf fois sur dix un accident mortel.
- Du seul fait que l’aile à fente permet l’usage des grandes incidences sans risque de perte de vitesse et tout en conservant leur pleine efficacité aux ailerons, on se rend compte que ce type d’aile facilite beaucoup l’atterrissage à faible vitesse. Il facilite aussi le virage sur cercle de petit rayon pour une raison bien simple à comprendre. Tous les automobilistes connaissent la nécessité, pour prendre un virage serré, de ralentir leur voiture jusqu’à une vitesse très faible, afin que l’effet de l’inertie n’entraîne pas leur véhicule en dehors du virage. La même nécessité existe pour l’avion. Le pilote qui Areut faire un virage serré doit réduire la vitesse de son avion. Pour cela il tire sur le manche à balai de façon à cabrer l’avion. Si celui-ci est doté d’ailes à fentes, le pilote peut réduire sa vitesse dans des proportions beaucoup plus importantes qu’avec des
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- ailes sans fentes, ce qui lui permet de virer beaucoup plus court sans risquer la glissade sur l’aile.
- C’est déjà là un facteur important d’excellente maniabilité. ï-
- Mais cette qualité a encore été améliorée par le dispositif que nous allons décrire, qui a été imaginé et mis au point par M. Handley-Page.
- Pour en comprendre le fonctionnement, il faut d’abord se rappeler comment vire un avion. Pour virer à gauche par exemple,le pilote commence par incliner son avion latéralement en abaissant l’aile gauche par la manœuvre des ailerons. Dès que l’avion esttrèsincliné, le pilote tire sur le manche à balai. Le gouvernail de direction ainsi braqué tend à faire cabrer l’avion. Mais comme celui-ci est fortement incliné à gauche, ce cabrage n’a pas seulement pour effet de le faire monter : il le fait en même temps virer à gauche, les ailes prenant pour cela appui sur la couche d’air qui se trouve sous leur face inférieure.
- L’exécution du virage comporte donc deux manœuvres consécutives :
- 1° L’abaissement de l’aile qui se trouvera à l’intérieur du virage.
- 2.° Le braquage vers le haut du gouvernail de profondeur de façon à cabrer l’avion.
- Chacune de ces manœuvres demande un certain temps du fait de l’inertie des masses à déplacer au cours de chacune d’elles.
- Pour accélérer la première de ces manœuvres, M. Idand-ley-Page conjugue l’action des fentes et celle des ailerons de la façon suivante.
- L’avion devant réduire sa vitesse lorsque le pilote veut effectuer un virage serré celui-ci commencera par cabrer l’avion pour le freiner. A ce moment les fentes s’ouvriront sur les deux ailes de façon à augmenter leurs portances suivant le mécanisme que nous avons étudié.
- Le pilote incline ensuite fortement son avion à gauche s’il veut virer de ce côté. Pour cela il relève l’aileron gauche et abaisse l’aileron droit. Le couple ainsi créé par les ailerons a pour effet de basculer latéralement l’avion vers la gauche.
- Pour renforcer l’effet de ce couple, M. Handley-Page conjugue les fentes et les ailerons de telle façon que l’aileron qui se relève ferme la fente de l’aile correspondante. La fermeture de cette fente a pour effet de diminuer immédiatement la portance de cette aile, ce qui contribue à la faire enfoncer du côté où précisément le pilote veut incliner son avion.
- On a effectivement constaté qu’en pratique ce dispositif réduit sensiblement la durée des manœuvres de virage, et par suite augmente dans des proportions sérieuses la maniabilité de l’avion.
- Ce dispositif de conjuguaison des fentes et des ailerons a été dénommé « intercepteur » par M. blandley-Page.
- Nous avons indiqué ci-dessus pourquoi cette augmentation de maniabilité augmentait la sécurité des avions de transport ou de tourisme, surtout lors d’un atterrissage forcé.
- Pour ce qui concerne les avions militaires, elle a une importance encore plus considérable pour la raison suivante. Au cours d’un combat aérien chaque avion manceu-
- Fig. 11. — Action des filets d’air sur le b rd d’attaque d’une aile placée
- dans le courant d’air, sous une forte incidence (supérieure à 20 degrés).
- vre de façon à prendre l’ennemi sous le feu de ses mitrailleuses tout en restant lui-même en dehors du champ de tir de son adversaire. Comme chacun des deux combattants s’évertue à réaliser pour son propre compte cette double condition.il est évident que celui qui peut effectuer dans le moindre temps les manœuvres les plus serrées dispose, par rapporta son adversaire moins agile, d’une supériorité considérable. Et effectivement les essais Comparatifs effectués par l’aviation anglaise ont fait ressortir une supériorité si évidente en faveur des avions munis d’ailes à fente automatique et d’intercepteurs que le gouvernement anglais a décidé de ne plus commander d’avions de combat qui ne soient dotés de ces deux dispositifs.
- L’exposé qui précède et les expériences récemment effectuées par les services officiels français sur les avions présentés par la maison Handley-Page, montrent évidemment que l’adoption de l’aile à fente marquera une date importante dans l’histoire des aviations civile et militaire.
- Ce sont plus particulièrement les élèves-pilotes et les touristes de l’air qui bénéficieront de la sécurité que l’aile à fente assure aux passagers des avions qui en sont dotés. Leurs réflexes ne possèdent pas en effet un entraînement aussi parfait que ceux des pilotes professionnels qui sentent venir la perte de vitesse avant qu’elle ne se produise. C’est pourquoi il n’est pas excessif de dire que l’aile à fente est destinée à donner son essor au tourisme aérien en rendant le pilotage d’un petit avion jolus facile que la conduite d’une automobile. A. Verduranb.
- N. B. — Les photographies de filets aériens qui illustrent cet article ont été exécutées par M. Toussaint, directeur de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, qui nous les a obligeamment communiquées.; Nous lui exprimons ici nos remerciements. . *
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- L’UTILISATION DE L’ÉNERGIE THERMIQUE
- DE LA MER
- LA MISE A L’EAU DU TUBE SOUS-MARIN
- M. Georges Claude a donné à l’Académie des Sciences, dans la séance du 3 novembre, un compte rendu détaillé de la mise à Veau du tube destiné à puiser à grande profondeur l’eau froide sous-marine qui alimente le condenseur de l’usine d’essai de Matanzas. Pour mener à bien cette difficile opération, après deux échecs qui eussent découragé tout autre que M. Claude, le grand inventeur dut déployer toutes les ressources de son esprit inventif et de son énergie inébranlable.
- Nous reproduisons in extenso la note de M. Georges Claude, qui complète l’article que nous avons publié dans notre n° 2843.
- L’année dernière j’ai mis l’Académie au courant de l’échec d’une première tentative de pose d’un tube destiné à amener l’eau froide du fond de la baie de Matanzas à l’usine établie sur la rive, pour expérimenter dans les conditions de la pratique le procédé Claude-Boucherot. Je rappelle que le tube (2 m de diamètre, 2 km de long, en tôle de 2 mm ondulée, peinte, calôrifugée) avait été monté flottant à la surface du rio Canimar : tiré précipitamment à la mer à l’annonce de quatre jours de mauvais temps, il fut endommagé dans la rivière pendant son tirage et coula en mer, en route vers l’usine.
- Cet échec m’a servi de leçon pour la nouvelle tentative à laquelle, bien entendu, je me résolus de suite. A la place de ce montage à la surface de l’eau, générateur de terribles difficultés, je décidai, sur la suggestion de l’ingénieur Yasquez, mis à ma disposition par le Gouvernement cubain, que le nouveau tube (en tôle de 3 mm cette fois, mais réduit, à tort, à 1 m 60 de diamètre) serait entièrement monté à terre, reposant par des chariots espacés de 25 m sur une voie Decau-ville de 0 m 75 établie au voisinage de l’usine et aboutissant à la mer. Le tube pourrait être ainsi aisément tiré à l’eau un jour de beau temps par cabestans et remorqueurs, maintenu à la surface par ses flotteurs, puis amené en position, son extrémité de terre ramenée et amarrée dans le puits d’eau froide de l’usine, communiquant encore avec la mer par un large passage. L’immersion se réaliserait alors progressivement de la côte vers le large par remplissage successif et en partie automatique des flotteurs, le tube se posant ainsi régulièrement d’abord dans le puits, puis dans les 50 m de tranchée protectrice lui faisant suite, puis sur le fond de plus en plus distant.
- Une partie du tube, 200 m environ, devait, grâce à des flotteurs permanents chargés d’air comprimé, conserver une flottabilité relative pour franchir comme une arche la falaise verticale qui, à 350 m de la côte et 40 m sous l’eau, s’enfonce presque verticalement de 150 m, constituant, comme je l’ai dit, la grosse difficulté de cet emplacement. La partie du tube destinée à reposer au bord de la falaise et à se plier sur son arête avait été faite extrêmement flexible, grâce à un mode spécial de construction dit « en accordéon », imaginé par la Soudure Autogène Française, pour s’accommoder éventuellement de rayons de courbure très petits, 20 m et moins.
- Le tube immergé, la tranchée devait être immédiatement remplie de béton à prise rapide et le puits fermé par un mur en ciment, épais de 2 m 50 à la base et ï m 50 au sommet, à 5 m au-dessus de l’eau.
- Le mode opératoire ainsi prévu entassait donc en une opération unique les efforts d’une manœuvre de force comme
- le tirage d’un tube de 2 km et de 400 tonnes, avec la délicatesse et la précision des opérations de mise en place dans le puits et d’immersion dans une tranchée étroite. Je résolus bientôt de sérier les difficultés.
- Une première section de 150 m de long (section A) facile à manœuvrer, serait tirée, mise en place, immergée, la tranchée comblée et le puits fermé, l’extrémité libre du tuyau reposant sur le fond de la mer par l’intermédiaire de berceaux en bois l’empêchant de rouler sous l’action des courants sous-marins, généralement faibles dans la baie ('). Le reste du tube (section C, 1800 m) serait alors mis à l’eau à son tour, son extrémité terre étant à ce moment amarrée à deux câbles attachés eux-mêmes à deux points de la côte symétriques par rapport au puits, et de longueur telle que, ces câbles se tendant sous l’effort des remorqueurs du large, ladite extrémité de terre du tube vienne se placer d’elle-même en regard et à 20 ou 25 m au large du bout du tronçon A. L’immersion progressivement effectuée, comme dit ci-dessus, do la côte vers le large, l’intervalle entre A et C serait comblé par un tronçon B coupe après coup, à la longueur exacte nécessaire, la connexion des trois sections A, B, C par joints de caoutchouc et boulons s’opérant par scaphandriers, sans difficultés sérieuses à cette profondeur de 18 m.
- Le 31 mai, beau temps idéal. Le tronçon est tiré à la mer sans difficulté. Mais le tube n’est pas plutôt à l’eau qu’il coule par l’arrière : des flots d’air s’échappent des trois flotteurs de queue. Accident ou malveillance, leurs membranes de remplissage ont été crevées.
- Un nouveau tronçon A est mis en fabrication. Des flotteurs supplémentaires en caoutchouc et toile sont ajoutés par précaution; les membranes en peau du premier tronçon sont remplacées par des membranes en clinquant plus solides. Le 8 juin, le temps permet l’opération; elle s’effectue avec un plein succès : une heure et demie après le début, le tube repose dans sa tranchée; celle-ci est comblée, le mur est monté. C’est de ce premier succès que j’ai informé l’Académie — en ajoutant que le plus dur restait à faire.
- Le 23 août, la section C (1800 m), munie elle aussi de flotteurs supplémentaires de caoutchouc et toile, crainte de nouveaux incidents, est déplacée sur la voie pour amener sa tête au bord de l’eaü. Cette sorte de répétition montre la nécessité de doubler les deux cabestans électriques par deux cabestans à vapeur, aussitôt installés.
- Le 25, au matin, mer calme : l’opération est déclenchée avec le concours d’un bateau de l’État, le Morales, du remor queur de haute mer Doniphan et de dix petits remorqueurs, destinés soit à tirer le tube, soit à s’opposer à la poussée latérale des courants, dont la valeur pendant l’opération variera entre 0 n 2 et 0 n 25.
- A 6 h 15 m l’énorme serpent entre dans la mer avec décision; les chariots tombent au fond à mesure qu’ils quittent les rails. Nouvel incident : une membrane de remplissage est encore trouvée crevée, et remplacée à temps. Cependant, l’opération se déroule sans grandes difficultés. A 10 h 15 m le tube est entièrement à flot, et je puis croire le succès assuré. De fait,
- I. Des bouts de tube de 50 et 100 m posés en août 1929 par 15 m de fond, sans attaches, oscillaient faiblement en cas de mer de fond et n’ont été sérieusement déplacés et endommagés que lors du quasi-cyclone d'octobre 1929.
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- sous la traction des remorqueurs de tête, le tube, presque entièrement redressé, vient placer son extrémité côté terre à l’emplacement exact prévu par la tension des câbles d’amarrage; à 11 h 12 m j’ordonne de procéder à la manœuvre préparatoire de l’immersion : celle-ci, en effet, comporte deux étapes : 1° désobstruction des cheminées d’évacuation d’air des flotteurs; 2° après un nouveau signal, crevaison, depuis la côte, des membranes de remplissage de quelques flotteurs, qui entraîneront les autres.
- Or, de nombreux témoins des remorqueurs ou des vedettes ont vu les hommes placés à l’extrémité pleine mer du tube, non seulement déboucher les cheminées, mais, contrairement à leurs ordres écrits, crever les membranes des flotteurs de tête et crever par surcroît les flotteurs supplémentaires ajoutés par prudence. L’extrémité du tube fonçant immédiatement vers les profondeurs, a provoqué sur les câbles de la rive un effort énorme, correspondant à une notable partie du poids total du tube; les points d’attache se sont rompus (') et dans un mouvement longitudinal auquel l’eau n’opposait aucune résistance, ce second tube est parti à toute vitesse (6 à 8 milles à l’heure) rejoindre le premier...
- Pas plus que dans le premier, rien dans ce stupide accident n’est venu infirmer nos espérances; j’ai d’autant moins de raison de me décourager que le nouveau mode de lancement s’est montré bien supérieur au premier. Je décide donc qu’un troisième .tube sera mis en construction et achevé en deux mois — ce qui n’a été possible que grâce à l’exceptionnel dévouement de mon collaborateur Daimé et de son second M. Pierre — pour pouvoir l’immerger avant l’arrivée de la
- 1. Le fouettage de l’eau par les câbles à ce moment a été enregistré par le film cinématographique.
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- mauvaise saison; quelques modifications seront apportées au programme d’immersion pour diminuer^ les chances de sabotage ou de fausses manœuvres : l’opération de désobstruction des cheminées sera supprimée, les membranes de remplissages remplacées par des trous de 11 mm percés dans la paroi des flotteurs, obturés par des tiges de fer pesantes passant par les cheminées et dont je confierai le débouchage rapide dans la partie du tube au delà de la falaise à mes deux fils René et André et à deux hommes de confiance parcourant chacun rapidement un quart de cette partie du tube.
- Ainsi les flotteurs se rempliront tous également avec une grande lenteur ét le tube pourra s’immerger sensiblement horizontalement, sans exercer sur ses points d’attache l’effort qui a amené le précédent échec.
- Conformément à ce programme, avec le concours du croiseur Cuba et de l’armée, l’opération s’est déroulée sans aucun incident le 7 septembre; mis à l’eau de 7 h 25 m à 10 h 22 m sous les ordres de M. Vasquez, le tube, raidi par le Doniphan et le Morales sur les deux câbles d’amarre, venait se placer à 10 h 35 m à sa position correcte dans le prolongement de la section de 150 m, et, sous ma direction, était immergé de 11 h 20 m à 12 h 30 m. L’enfoncement transversal du tube (mesuré par l’abaissement de ballons gonflés d’hydrogène) s’opérait à une vitesse voisine de 1 mètre par seconde. La partie en accordéon venait reposer très exactement au bord de la falaise, tandis que l’extrémité côté terre du grand tube venait se poser sur le fond à la distance prévue de 22 m du bout de la section A, et la connexion des deux extrémités en regard par un troisième tronçon s’effectuait par scaphandriers quelques jours plus tard.
- J’indiquerai dans une prochaine Note les excellents résultats de mes essais. Georges Claude.
- LE PROBLÈME DE LA COULEUR EN CINÉMATOGRAPHIE
- Dès l’apparition du cinéma, les techniciens ont cherché à mettre au point les projections animées,-.en couleurs naturelles. Mais les progrès ont été beaucoup plus lents que pour le « blanc et noir » et les résultats actuels ne donnent au public que demi-satisfaction. Au contraire, le « sonore », tant décrié à ses débuts, a pu, par les perfectionnements très rapides de sa technique, convertir de nombreux incrédules. Le cinéma en couleurs est-il sur le point de suivre un si bel exemple? Avant de hasarder un pronostic, nous chercherons dans quelle mesure sont résolues les difficultés si complexes du problème. Auparavant, nous nous remettrons en mémoire quelques notions essentielles relatives à la vision des couleurs, et à leur reproduction.
- LA SENSATION DE COULEUR
- La sensation de couleur est produite par l’action de certaines radiations sur les cônes qui, avec les bâtonnets, tapissent le fond de la rétine. Cette action est variable avec la longueur d’onde. En quoi consiste-t-elle? Les phénomènes physiques, chimiques et nerveux qui relient la rétine au cerveau sont encore assez mystérieux. En tout
- cas, il est permis de comparer les cônes à de minuscules cellules photo-électriques. Suivant la longueur d’onde des rayons incidents, les courants électriques engendrés varient, d’où des sensations différentes. La théorie tri-chrome conduit à penser que les cônes sont de trois sortes: les courbes caractéristiques des cellules photo-électriques en fonction de la longueur d’onde sont de trois sortes.
- La sensation produite par une lumière dépend à la fois des longueurs d’onde des radiations comjmsantes et des intensités correspondantes. L’émission se représente par la courbe I — /.(A). La courbe A de la figure 1, représente l’émission du soleil dans le spectre visible. Le maximum est voisin de la longueur d’onde 0 p. 56 pour laquelle l’œil est, comme nous le verrons, le plus sensible. (L’abréviation p. désigne le micron, ou millième de millimètre.)
- Lorsqu’un objet reçoit un tel rayonnement, il en absorbe une partie, et c’est le reste, réfléchi, diffusé ou transmis, qui agit sur l’œil pour fournir la sensation colorée. La courbe B de la figure 1 représente la lumière du ciel, au nord, à midi ; la diffusion par l’atmosphère modifie nettement la répartition spectrale des intensités, en faveur des faibles longueurs d’onde.
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- Longueurs d'onde (en millimicrons)
- Fig. 1. — Courbes représentant l’émission du Soleil à midi dans le spectre visible (courbe A) et de la lumière du Ciel au nord à midi (courbe B). (D’après L. A. Jones et J. I. Crabtree.)
- Les noms.de violet, bleu, vert, jaune, orangé, rouge ont été donnés aux différentes sensations produites par les diverses radiations qui impressionnent l’œil. Comme on sait, elles sont comprises entre 0,4p. et 0,8p.. Les sensations varient d’une façon continue du violet au rouge quand la longueur d’onde croît. Les couleurs sont en nombre infini; il existe des sensations (pourpre), qui ne peuvent pas être produites par une seule sorte de radiation, mais par des mélanges.
- A intensité égale, des radiations de longueur d’onde différentes produisent sur l’œil une sensation plus ou moins vive. La figure 2 représente la courbe de sensibilité. La forme de la coui’be dépend d’ailleurs de la valeur absolue des intensités (phénomène de Purkinje). Quand ces dernières diminuent, les faibles longueurs d’onde deviennent prépondérantes : la lumière réfléchie par la lune a beau être, au point de vue de la répartition de l’énergie, plus « rouge » que la lumière du jour, les objets paraissent plus bleus au clair de lune.
- Fig. 2. — Visibilité relative des diverses radiations. (Cas d’un éclairement relativement intense). (D’après L. A. Jones et J. I. Crabtree.).
- Visibilités relatives JS -F" O) oo ë O i Q Q Q q
- 300 400 500 600 7Q0rrqi Longueurs d'ondes en m.p..
- En résumé, la sensation colorée produite par un objet, dépend de l’intensité qu’il transmet, réfléchit ou diffuse, pour chaque radiation.
- Reproduction des couleurs. -— Un procédé idéal de reproduction des couleurs doit, en conséquence, respecter ce nombre infini de paramètres. Seule, la méthode de Gabriel Lippmann est sensiblement dans ce cas. Elle consiste, comme on sait, à produire des ondes stationnaires par réflexion des rayons lumineux sur un miroir en contact intime avec la couche sensible (bain de mercure). Chaque radiation établit, en toute indépendance, son état d’ondes stationnaires, et les variations, dans l’épaisseur de la couche sensible, de l’action photochimique dépendent de tous les paramètres agissants. La reproduction est légèrement altérée par la grosseur du grain de l’émulsion et aussi par le fait que les actions photo-chimiques sur les différents grains ne sont pas tout à fait indépendantes les unes des autres (phénomène de diffusion photographique). C’est pourtant cette méthode qui a permis les reproductions les plus fidèles — de beaucoup — des couleurs naturelles. Mais son emploi est tellement difficile que, même pour la photographie, elle a dû céder le pas à d’autres procédés. Pour la cinématographie, le problème se complique encore.
- Heureusement, l’œil n’est pas un instrument sévère. Il n’est pas capable, comme l’oreille, d’analyser un mélange de sensations ; un musicien exercé peut reconnaître les différentes notes d’un accord. L’œil n’a qu’une impression globale, et même éprouve des sensations identiques pour des lumières spectralement différentes.
- Les mélanges de sensations colorées. — Si l’on observe un disque rotatif formé de secteurs de colorations différentes (fig. 3), à partir d’une certaine vitesse la sensation colorée est uniforme. En changeant les angles des secteurs, ou leur couleur, on fait varier la sensation résultante. Le résultat obtenu est différent de celui que donne un mélange de matières : si, par exemple, on mêle intimement du jaune de chrome, et du bleu d’outremer, on obtient un produit vert; car le bleu d’outremer renvoie des rayons bleus et des rayons verts, le jaune de chrome des rayons jaunes et des rayons verts. Dans le mélange, les rayons verts sont les seuls à ne pas être absorbés. Au contraire, en employant ces teintes pour un disque à deux secteurs, et en réglant les angles de ceux-ci, on arrive à une sensation de gris, intermédiaire entre le blanc, produit par l’ensemble de l’émission solaire, et le noir, absence totale de radiations. Les deux sensations élémentaires (produites par chacun des deux secteurs) sont dites complémentaires. D’une manière générale, deux sensations sont complémentaires lorsque, simultanées, elles produisent une impression de « blanc », ou de « gris ». En choisissant comme sensation celle que produit une région spectrale, aussi fine qu’on veut, on lui trouve, dans le spectre, une sensation complémentaire. Il n’existe d’ailleurs, entre les longueurs d’onde correspondantes, aucune relation simple. Nous verrons, en étudiant les procédés bichromes, l’application au cinéma de cette propriété des sensations colorées.
- Mélanges de trois sensations élémentaires. —:
- De nombreux travaux, notamment ceux de Newton, de
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- Youg, de lord Rayleigh et de Maxwell, ont montré que le mélange de trois sensations, convenablement choisies, permet de reproduire n’importe quelle autre sensation colorée, à peu de choses près.
- Voici le principe de l’appareil de Maxwell, ou colour-box (fig. 4). En C pénètre de la lumière blanche; elle est réfléchie, par le miroir mt sur les prismes p^ et p,, qui la réfractent sur le moiroir concave mr Au retour, réfractée à nouveau par les prismes pt et p2 (qui agissent chacun deux fois), elle forme en B un spectre. Par retour inverse des rayons lumineux, si la lumière vient de B, parmi les rayons issus d’un point b, seuls parviendront à la fente C ceux d’une certaine longueur d’onde. Au moyen de trois ouvertures B,, B,, B_, réglables en position et en largeur, Maxwell obtenait en C le mélange de trois sensations variables en couleur et en intensité. Il comparait la sensation résultante à celle de « blanc » : un faisceau de lumière blanche entrait par la fente A, et se réfléchissait sur les miroirs m_, mk et m,. En réglant les diverses ouvertures, il arrivait à égaliser les deux sensations. Il obtint
- Principe du « Colour Box » de Maxwell.
- Fig. 4.
- ainsi des groupes de trois sensations, dont la résultante équivalait à du blanc. Ces différents groupes, au point de vue sensation, sont donc identiques. En les comparant, Maxwell a dressé la table des sensations colorées que représente la figure 5. Chaque sensation y est représentée par un point du plan. Les trois sensations élémentaires R (rouge), V (vert), B (bleu), sont aux sommets d’un triangle équilatéral. Les distances d’un point aux trois sommets représentent les proportions des composantes. A chaque point situé à l’intérieur du triangle correspond une sensation qui peut être obtenue par un certain mélange des trois sensations R, V et B. Le blanc est représenté par le point W; quant aux sensations spectrales, elles sont sur la courbe (C) à peu près tout entière à l’extérieur du triangle : on ne peut donc pas reproduire exactement ces sensations, mais des sensations voisines, légèrement lavées de blanc. La partie RV de la courbe coïncide presque avec le côté RV du triangle : les différents mélanges RV reproduisent avec une grande fidélité les différents jaunes. Les sensations VB sont plus fortement lavées. Maxwell avait choisi les trois couleurs fondamentales (stcmdard-colours) qui
- représentaient pour le mieux les sensations spectrales. La région du triangle voisine du côté RB correspond aux sensations pourpre, sans équivalentes dans le spectre. La composition de chaque sensation spectrale en chacune des trois standard-colours est représentée par les courbes R, V, B (fig. 6).
- On voit que, seule, une petite région du bleu est représentable exactement.
- Fig. 3. — Un disque formé de secteurs de colorations différentes donne en tournant une sensation de couleur uniforme.
- APPLICATION A LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- C’est Ducos du Hauron qui réalisa les premières photographies utilisant les propriétés des mélanges de sensations colorées. Il réalisa deux processus différents, que nous retrouverons dans tous les procédés de cinématographie en couleurs.
- 1° Procédé par soustraction. — Il consiste à réaliser d’abord trois négatifs du sujet, chacun derrière un fdtre coloré : par exemple le négatif « rouge », derrière le filtre R, le négatif « vert » derrière le filtre V, le négatif « bleu », derrière le filtre B. Par le procédé dit « au charbon », que nous étudierons plus loin, on tire trois positifs teintés respectivement à l’aide de colorants aussi « complémentaires » que possible des filtres de prise de vues, et superposés. Soient R1, V1, B' ces colorants. On obtient ainsi une densité du colorant R1, par exemple, en raison inverse de la richesse en radiations R. Si, pour fixer lés idées, la zone spectrale R est seule représentée en un point du sujet (objet rouge), la densité R1 correspondante sera faible, et les densités V1 et B1 maxima. A l’examen par transparence, avec un éclairage de lumière blanche, le rouge sera moins absorbé que le vert et le bleu. Car les deux teintes complémentaires, R, et R1 n’ont presque pas de radiations communes. R1 absorbe à peu près R, V1 absorbe de même V, et B1 absorbe B. Au total, l’aspect sera un rouge lavé.
- 2° Procédé par addition. — Les trois négatifs, obtenus comme dans le cas précédent, sont inversés, et placés chacun derrière un filtre analogue à celui de la prise de vues. Si l’examen se fait à une lumière identique à l’éclairage du sujet lors de l’obtention des négatifs, on utilise les filtres R,
- V, B, eux-mêmes. Sinon, il faut les modifier pour les adapter à l’émission de la lanterne de projection; dans tous les cas. les trois faisceaux sont dirigés, par un procédé optique variable, vers un écran unique, où leurs actions s’ajoutent.
- Fig. 5. — Table des sensations colorées de Maxwell.
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- Longueurs
- "'v d’onde
- Fig. 6. — Composition de chaque sensation spectrale, caractérisée par sa longueur d’onde, en chacune des trois couleurs standard : rouge (R), violet (V), et bleu {B).
- Encore faut-il réaliser cette superposition avec une grande précision.
- Cette méthode est préférable à la précédente, où l’on n’arrive jamais à réaliser cpie grosso modo les propriétés requises des couples de teintes. Elle ne peut cependant pas fournir des résultats parfaits : un fdtre coloré a une certaine courbe de transparence, analogue aux courbes d’émission des sources lumineuses. La figure 7 représente la courbe de transparence d’un filtre vert-bleu Wratten, de Kodak. Au total, nous avons trois courbes qui peuvent empiéter (fig. 8 B) ou non (fig. 8 A). Dans le premier cas les radiations de longueur d’onde 2-3, par exemple, n’interviennent pas. Si un objet n’émettait que ces radiations, la photographie serait noire aux points correspondants. Dans le second cas, de telles radiations seront traduites, à la projection, à la fois par toutes les radiations B et toutes les radiations V. Dans les deux cas, on peut faire la remarque suivante : si deux objets ont un spectre prépondérant, l’un en radiations l’autre en radiations X, (c’est-à-dire ont des teintes différentes), ils ne seront pas différenciés. Si l’on avait à reproduire des couleurs spectrales, ces défauts seraient prohibitifs, mais les teintes naturelles sont heureusement très complexes.
- Fig. 8. — Reproduction des couleurs par le procédé Irichrome par addition. Le rôle dés écrans.
- Dans la figure A, les courbes de transparence des 3 écrans n’empiètent pas l’une sur l’autre. Les radiations des intervalles 2-3, 4-5 donneront des images noires.
- Sur la fig. B, les courbes empiètent; les radiations de l’intervalle 2-3 seront traduites par un mélange de radiations bleues et violettes ; celles de l’intervalle 4-5 par un mélange de radiations violettes et rouges.
- Longueurs
- 4 5
- Langueurs
- 6 d'onde
- Procédé Lumière. — La méthode trichrome ne devint vraiment industrielle, en photographie, que le jour où les trois monochromes R, Y, B purent être réalisés sur la même plaque. Tout le monde connaît le procédé Lumière ; les trois filtres sont divisés en éléments microscopiques (grains de fécule teintés) distribués en certaines proportions sur toute la surface. Ce procédé fait partie des méthodes « à éléments microscopiques » que nous verrons plus loin; il permet d’obtenir des « autochromes » jolis et assez peu dénaturés.
- Emploi des films gaufrés. — L’origine de ce procédé est une idée de Gabriel Lippmann, qui voulait réaliser la et photographie intégrale »; la première application de cette idée au cinéma se trouve dans un brevet de Rodolphe Berthon; le film gaufré est constitué de la façon suivante : la face non sensible est formée d’une multitude de calottes sphériques (ou à peu près), très petites (fig. 9). Le rayon de courbure de ces calottes est tel que la lentille limitée par l’une d’elles et l’autre face du film ait son foyer dans la
- Longueurs d’onde
- Fig. 7. — Courbe de transparence d’un filtre vert bleu Wratten de Eastman Kodak C°.
- couche sensible. Ainsi chacune de ces petites lentilles donne d’un objet une image située dans la couche sensible, pourvu que cet objet soit à une distance grande par rapport à l’épaisseur du film. Cette dernière est un.peu plus cl’un dixième de millimètre. L’objet n’a donc pas besoin d’être très loin pour que son image soit « au point ». Le nombre des cellules élémentaires ou « picots » est de plusieurs centaines au mm\ Pour les obtenir, il faut d’abord réaliser une matrice, c’est-à-dire un cylindre métallique gaufré en creux, sur lequel le film est appliqué, sous une pression et à une température déterminées. Le graveur alsacien Keller-Dorian était parvenu à fabriquer les matrices à la main. Aujourd’hui, elles sont fabriquées à l’aide de machines spéciales, comme le « micromouton » de M. Henri Chrétien : une pointe en diamant vient frapper à intervalles réguliers le cylindre qui se déplace d’un mouvement hélicoïdal. Un microscope permet de contrôler le gaufrage.
- Y Les « picots » jouent le même rôle que les grains de fécule
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- du procédé Lumière. Ils permettent d’obtenir, en chaque point de l’image, une différenciation chromatique, qui est réalisée de la manière suivante : l’objectif de prises de vues est muni d’un fdtre sélecteur trichrome. Ce filtre joue le rôle d’objet pour chacune des lentilles microscopiques, qui en donne une image minuscule. Supposons qu’une portion du sujet soit rouge. Aux points correspondants du film, les petites images du filtre sélecteur seront réduites à un secteur, puisque les 2 autres n’envoienUpas de lumière sur cette portion du film. Celui-ci est inversé, et se présente comme le montre la figure 10 À. A la projection, les rayons lumineux venant de cette région, par retour inverse, passeront seulement par le secteur rouge, et, sur l’écran, la portion correspondante de l’image sera rouge. Pour une teinte quelconque, l’image du filtre a l’aspect de la figure 10 B et le même raisonnement montre la reproduction de la couleur sur l’écran.
- Le film panchromatique. — Une difficulté du cinéma
- Fig. 10. — Rôle du filtre à 3 secteurs colorés, pour la photographie en couleur sur film gaufré.
- en couleur tenait à la sensibilité du film, très différente de celle de l’œil. La figure 11 A est la courbe de sensibilité d’une émulsion ordinaire, la figure 11 B celle d’une émulsion orthochromatique. .Aujourd’hui, le film panchromatique (fig. 11 C) est sensible à l’ensemble des radiations visibles, mais la courbe est très différente de celle de la figure 2. L’équilibrage des filtres doit tenir compte de cette différence, et notamment du « trou dans le vert », bien visible sur la figure 11 C.
- CINÉMA EN COULEURS PROCÉDÉS PAR ADDITION
- Nous possédons maintenant les éléments nécessaires pour passer en revue les différents procédés utilisés au laboratoire et dans la pratique cinématographique. Pour nous guider, nous adopterons une classification des méthodes de projection; commençons par les procédés additifs, et parmi eux, par :
- Les procédés trichromes. —• Le premier en date est celui de l’anglais Friese-Greene. Il employait une pellicule unique, derrière un filtre rotatif à secteurs : ainsi les monochromes R, V, B se succédaient comme le montre la figure 12. La projection utilisait de même un filtre tri-chrome. Ce procédé a de graves défauts. Entre la prise du monochrome R et celle du monochrome V, le sujet s’est déplacé : à la projection, les monochromes ne se superpo-
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- I 1 OOOO OOOO
- ( 1 Couche OOOO
- C 1 sensible OOOO
- OOOO OOOO OOOO
- Fig. 9. — Film gaufré vu par la tranche et de face. (Les « picots » sont très grossis.)
- sent pas, et il en résulte des « franges chromatiques », d’un effet désagréable. On peut les atténuer en augmentant la vitesse de déroulement du film; mais il faut pour cela des objectifs très ouverts, à faible profondeur de champ. De plus, les films s’usent très vite à la projection. Un procédé Gaumont consiste à réduire la dimension des images, ce qui permet une vitesse de déroulement plus faible. Mais on ne peut aller très loin dans ce sens ; le fort grossissement nécessaire nuit à la qualité des images.
- Pour éviter les « franges chromatiques », de nombreux dispositifs prennent les trois monochromes, non pas successivement, mais simultanément : on peut pour cela employer trois films, ou un seul avec images réduites. En tout cas, il faut, à un certain endroit, séparer les trois faisceaux R, V, B; ce qui peut se faire, soit au moyen de trois objectifs, soit, après passage des rayons dans un objectif unique, par un système de miroirs semi-transpa-
- Fig. 11. —• Speclrogrammes montrant les sensibilités de quelques émulsions pour diverses couleurs [longueurs d'ondes exprimées en m ;j..)
- A. émulsion ordinaire; B. film orthochromatique;
- C. film panchromatique. (D’après L. A. Jones et J. I. Crabtree.)
- B
- 400 500 600 700
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- i= 506
- rents. Dans le premier cas, les trois objectifs ne « voient » pas le sujet tout à fait de la même manière, et nous retombons, par l’effet de la parallaxe, sur les franges chromatiques. Dans le second cas, les miroirs semi-transparents posent de délicats problèmes d’équilibrage, et produisent des pertes importantes de lumière.
- Un procédé utilisant les propriétés de l’hyper-gonar (voir La Nature, du 1er déc. 1929) permet d’éviter tous les inconvénients précédents. Les trois monochromes sont pris simultanément, à l’aide de trois objectifs, placés derrière un hyper-Fig. 12. — Principe du procédé gonar qui a deux rôles triçhromé pour, la cinématographie essentiels
- en couleurs. . „ T1 -,
- 1° 11 permet de condenser les trois monochromes sur une seule pellicule.
- 2° Il réduit la parallaxe au point de la rendre négligeable.
- Ce procédé de prise de vues, dont la Société Technique d’Optique et de Photographie achève la mise au point, est, de tous les procédés actuels, celui qui présente le plus d’avantages.
- Pour ce qui est de la projection, il convient d’utiliser telles quelles les installations actuelles, d’autant plus que les salles viennent, à grands frais, de s’équiper en «sonore». L’emploi des procédés à « éléments microscopiques » résout la question.
- Nous avons dit, à propos du procédé Lumière, qu’il n’est pas utilisable en cinématographie. La couche sensible, lors de sa préparation est soumise à des pressions que le support de gélatine ne peut subir. D’ailleurs les « auto-chromes » nécessitent des poses très longues.
- Mais deux autres procédés sont utilisables. La méthode des trames, dont la première application à la cinématographie en couleurs est due à Szczepanick, se présente sous de nombreuses variantes (par exemple, les procédés Finlay, Dufay). La trame, telle que la représente la figure 13 est placée devant le positif, sur lequel on tire le monochrome négatif rouge, par exemple. L’image obtenue est teintée en rouge; une nouvelle couche sensible est coulée sur la première image et après avoir décalé la trame de 1/3, on tire le monochrome vert, que l’on teinte en vert. De même, après un nouveau décalage, pour le monochrome bleu. Les trois images monochromatiques d’un point ne sont donc pas en coïncidence, mais si e est assez petit, les résultats présentent une définition suffisante pour une bonne projection. La trame a des formes variées
- a
- R
- en cm
- a cm
- r
-
- V a
- .
-
- cm
- B cm
-
- a cm
- en R
- tn cm
- cm cm
- De même, les procédés de teintage, sont nombreux : par exemple, le mordançage, qui consiste à transformer la couche d’argent réduit en un sel capable d’absorber certains colorants, ou l’emploi de la gélatine bichromatée. Elle a la propriété d’être insoluble après exposition à la lumière. La couche sensible est teintée avant l’exposition, et après celle-ci les parties non impressionnées sont dissoutes dans l’eau tiède (procédé au charbon).
- Les colorants ne sont pas tous également stables à la lumière. Après un certain nombre de passages, les fdms, soumis à la forte intensité des arcs de projection, commencent à se décolorer.
- L’autre procédé « à éléments microscopiques » est l’emploi des films gaufrés. Ils ne présentent pas le dernier inconvénient. Mais ils exigent des objectifs de projection très ouverts, donc onéreux.
- Procédés bichromes. — Là, les franges chromatiques sont moins importantes, car l’intervalle de temps ou d’espace est réduit dans le rapport de deux à trois. Cependant, elles demeurent gênantes, et comme, d’autre part, la méthode bichrome est très imparfaite au point de vue « rendu des couleurs », les procédés additifs bichromes ne sont guère employés.
- Procédés par soustraction. — La prise de vue s’effectue par une des méthodes que nous venons d’examiner à propos des procédés additifs. Mais les positifs sont tirés comme dans la deuxième méthode de Ducos du ITauron. Dans tous les cas, l’obtention des images teintées exige de nombreuses opérations chimiques. C’est pourquoi les procédés par soustraction utilisés dans la pratique sont bichromes. Or, les expériences de Maxwell ont démontré la possibilité d’une reproduction presque parfaite au moyen de trois couleurs, mais deux sont insuffisantes; d’où la médiocrité des fdms en couleurs courants, films bichromes par soustraction.
- Les principaux procédés sont les svivants : Kodachrome, à prises de vues simultanées. Pour le tirage, il est fait emploi d’un film émulsionné sur ses deux faces ; chacune d’elles porte un monochrome de couleur complé- Figm 13
- mentaire de celle du filtre La cinématographie en couleurs correspondant. Quelques pas- par la méthode des trames. sages de la fuite dans le désert,, dans les Dix Commandements, utilisaient ce procédé Technicolor, à prises de vues également simultanées. Au tirage les deux positifs sont traités par un des procédés dits « au relief ». Jouant ensuite le rôle de matrices, ils fournissent, par impressions successives sur un film unique, la bande de projection.
- Jusqu’à maintenant, c’est le seul procédé d’un emploi commercial important. (Les procédés « au pochoir » ont eu aussi, et ont encore de nombreuses applications. Ils
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- permettent d’obtenir des projections agréables, et, en particulier, la maison Pathé est arrivée à de fort belles réalisations ; mais ces procédés relèvent de la peinture, et non de la photographie.)
- Multicolor. — La prise de vue utilise deux fdms, l’un contre l’autre, les couches sensibles en contact. Le film antérieur est orthochromatique, donc impressionné seulement par les rayons bleus et verts. De plus, il est teinté en rouge, et sert de filtre au film postérieur qui, lui, est panchromatique. Ces deux négatifs sont ensuite tirés sur les faces opposées d’un film unique.
- =- 11 - = 5U7 =
- L’AVENIR DU CINÉMA EN COULEURS
- Nous n’avons examiné qu’une partie infime des procédés à l’étude. Le cinéma en couleurs est en effet le problème du jour, et c’est par centaines que se comptent, protégées par des brevets mondiaux, les solutions proposées. Quelle est la plus complète? Pour la prise de vue, le procédé trichrome à l’hypergonar est le plus avantageux; et pour la projection, les procédés à éléments microcoscopiques. Là sans doute est la méthode de demain à moins d’une découverte sensationnelle. En tout cas il est permis d’escompter, à bref délai, des progrès considérables. Jean-Louis Lagrui.a.
- LA STANDARDISATION
- DES FRUITS ET DES LÉGUMES
- L’usage de' la standardisation dans l’industrie a simplifié les fabrications, accru la production et diminué le prix de revient des objets manufacturés. Aussi des spécialistes autorisés, réunis récemment à Paris, proposent d’appliquer ces principes à la culture des fruits et des légumes ainsi qu’à leur manutention. Nous allons résumer ici les divers rapports lus à cette assemblée, en insistant surtout sur les conclusions pratiques qui en découlent.
- LES PRINCIPES
- DE LA STANDARDISATION AGRICOLE
- M. Le Gallais, commissaire général du Congrès, s’est efforcé de dégager les principes de la standardisation horticole. Il constate d’abord que les fruits et les légumes présentés dans des emballages uniformes font prime sur les marchés français et étrangers. Grossistes, détaillants ou consommateurs veulent, en effet, acheter, les yeux fermés, les colis qu’on leur offre sans avoir besoin de peser, de compter ou d’examiner la marchandise. Ils payeront plus cher, sans hésitation, un cageot ou une banaste qu’on leur vend avec garanties de poids, de qualité et de quantité plutôt que de perdre leur temps à déballer des corbeilles ou des paniers disparates de formes et de grandeurs. Quelques chiffres, indiqués par M. Lavergne, suffisent à montrer que nos exportateurs primeuristes et fruitiers doivent se plier aux désirs de leurs clients et adopter ces directives pour combattre à armes égales, leurs redoutables concurrents européens, australiens ou américains.
- Ainsi, l’Italie qui a réglementé la matière, en 1927 seulement, a vu, grâce à la standardisation, ses exportations fruitières et maraîchères augmenter d’une façon régulière depuis cette époque. Notre voisine d’au delà des Alpes possède maintenant une marque nationale pour les fruits frais et secs, les agrumes et les légumes. Seuls peuvent employer ladite marque, apposée sur les colis
- par les agents de 1 « Institut national italien pour 1 exportation », les commerçants, coopératives de production et producteurs, inscrits aux organisations syndicales reconnues. En outre, les produits à exporter doivent répondre à certaines conditions de sélection, d’uniformité, de maturité, d’emballage, porter le cachet de la firme expéditrice et, le cas échéant, subir un contrôle « phytosanitaire » afin de garantir qu’ils ne renferment aucun parasite. A la faveur de toutes ces mesures stan-dardisatrices, l’expédition des poires italiennes en Allemagne a passé, en deux ans, de 127 000 à 169 000 quintaux métriques ; celle des pêches de 138 000 à 208 000, celle des châtaignes de 11000 à 20 000; celle des abricots de 56 000 à 92 000 et enfin celle des raisins de table de 162 000 à . 211000. De même, l’Italie exporte actuellement beaucoup de produits analogues en Angle-
- Fig. 1. — Récolte des poires dans un verger de la vallée du Rhône.
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- terre et tend à prendre la première place, en Europe dans le commerce des fruits et primeurs.
- D’ailleurs tous les producteurs et exportateurs horticoles étrangers s’inspirent aujourd’hui des procédés d’une standardisation rationnelle. Chacune de leurs grandes exjdoitations fruitières ou maraîchères se spécialise dans la production d’un, deux ou trois produits choisis d’après la nature du sol et le climat. On y soigne les arbres et les légumes de façon méthodicpie, des laboratoires spéciaux étudient les maladies cryptogamicpj.es ou parasitaires et indiquent aux intéressés les remèdes propres à se débarrasser des bestioles dangereuses ou des champignons dévastateurs. Leurs syndicats ou leurs coopératives couvrent les frais de ces stations phytopatho-logiques. L’Etat n’intervient que comme contrôleur tandis que des organismes commerciaux s’occupent de la
- classification des produits, de la standardisation de leurs emballages et de leur vente.
- Aux Etats-Unis, en particulier, on procède ainsi. Les producteurs californiens, par exemple, se contentent de cultiver et de cueillir leurs fruits. Une fois les pommes ou les oranges, les pêches ou les prunes, les ananas ou les abricots récoltés dans un de ces vergers américains, des wagonnets sur rails, établis entre les rangées des plantations, les amènent à des camions, qui les portent eux-mêmes à un établissement central où des machines les trient, les calibrent et les emballent en vue de leur expédition.
- Ces diverses opérations s’effectuent mécaniquement et on y emploie le système de la chaîne comme on monte une au omobile chez Ford ou chez Citroen. Après leur triage et leur calibrage, les fruits sont enveloppés dans du
- papier, puis mis en caisses, qu’une courroie sans fin dirige vers des machines qui les roulent et les cerclent au besoin. Après quoi, on charge lesdites caisses sur wagons ou bien on les envoie-dans un entrepôt frigorifique en attendant le moment propice pour les vendre.
- Dans le triage comme dans la classification horticole, les standardisateurs américains cherchent donc, de plus en plus, à simplifier la besogne des producteurs fruitiers, en leur demandant de cultiver un petit nombre de variétés. Après avoir trié les fruits ils distinguent pour chaque espèce arboricole, deux ou trois qualités nettement caractérisées par leur grosseur, leur poids ou leur aspect.
- Quant aux emballages standardisés, voici les directives, qui paraissent guider les exportateurs mondiaux. De préférence, on adopte les caisses rectangulaires ou carrées, qui tiennent le moins de place possible dans les wagons et les navires. On confectionne des emballages, non retournés par les destinataires, en bois blancs et légers (sapin, pin maritime, peuplier, bouleau, hêtre, etc.) ou bien on se sert de tonneaux, de paniers ou de vanneries diverses. Le degré de résistance des enveloppes limite seule leur légèreté, car de la solidité des emballages dépend souvent la bonne arrivée à destination des fruits et des légumes qu’ils renferment. Ainsi pour que les poires de Californie parviennent en parfait état jusqu’à Paris, il faut les mettre dans des caissettes en sapin spécial pesant vides 2 kg et contenant 120 fruits chacune. Les primeuristes italiens utilisent des paniers pour expédier leurs pêches jusqu’à Londres, le ferry-boat de Idarwich-Zeebrugge, leur évitant les transbordements de bateaux à wagons. Mais pour conserver longtemps les fruits et primeurs, la meilleure méthode est de les transporter par voiture isothermique ou frigorifique, puis de les entreposer dans des chambres froides. De la sorte, les poires d’Australie arrivent en Angleterre en état de frîacheur parfaite, de même que les abricots de l’Afrique du Sud ou les pommes du Canada.
- LES FRUITS
- Ces généralités posées, examinons très brièvement la standardisation des principaux fruits de France. Commençons par la poire dont on cultive de nombreuses espèces dans les vallées du Rhône et de la Seine, dans les départements du Loiret et du Maine-et-Loire ainsi que dans la région parisienne. M. Ernest Roesch, conseiller du commerce extérieur, estime difficile la tentative d’unification des différentes variétés, étant donnée la force des usages locaux. Néanmoins la chose ne lui semble pas impossible mais il conseille surtout de standardiser leur emballage. Pour les poires de prix modiques et à grosse production (Williams, Beurré-Hardy, Louise Bonne, Duchesse, Curé) les cagettes légères rectangulaires et à deux rangs renfermant chacune de 48 à 90 fruits suivant la grosseur semblent convenir parfaitement, car elles se manient aisément, s’empilent bien les unes sur les autres pour le voyage et plaisent aux
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- acheteurs. Pour les espèces plus fines et moins abondantes (Doyenné d’hiver et du Comice, Passe Crassane, etc.) les cagettes à un seul rang ou « plateaux » sont préférables. Ces écrins, dont chacun contient de 12 à 32 fruits, permettent une présentation impeccable de nos plus belles poires françaises.
- Pour la pèche, M. Clovis Roche, d’Àndance (Ardèche) invite les producteurs de notre pays à présenter seulement sur le marché trois catégories : « extra », « choix » et « tout venant » propres à la vente. Sous notre climat, on peut cultiver une trentaine de variétés de pêches dont la maturité s’échelonne de juillet à la fin d’octobre. Mais, vu leur délicatesse, ces fruits demandent à être traités avec beaucoup de ménagement. Il ne faut pas mêler de belles pêches avec d’autres trop vertes ou trop mûres, tachées ou véreuses et les empiler pêle-mêle dans de grandes corbeilles. On doit les mettre, toutes isolées par un protège-fruit en papier mousseline, en ouate de cellulose ou en frisure de bois, dans un plateau contenant 15 fruits pour la qualité « extra » et 24 pour la qualité « choix ». Afin de faciliter la manutention et d’augmenter la résistance des emballages, on groupe les plateaux en fardeaux de trois.
- Pour les Abricots, d’après M. Lucien Bonnefond, qui a poursuivi son enquête dans les pays de producteurs (Roussillon, Vaucluse, Vallées delà Durance et du Rhône], le plateau, la cagette et le billot doivent rester les types dont il faudra s’inspirer pour les emballages standards.
- Pour la prune, la normalisation s’impose d’autant plus que la concurrence étrangère a limité nos ventes de ce fruit dont avant la guerre nous avions presque seul le monopole sur le marché anglais. A cette époque, nous n’avions à redouter que l’Espagne et l’Italie. Mais depuis lors ces deux pays ont atteint une réelle perfection principalement dans l’obtention de superbes Reines-Claude. Afin de lutter avec succès dans ce domaine M. Louis Poutansaut, spécialiste montalbanais, pense qu’il faut rechercher les meilleures variétés ayant déjà fait leurs preuves, entre autres les prunes « bleues hâtives », les Japonaises et les Bur-bank, les Reines-Claude de Doullens, les Mirabelles et les Quetsches sans parler de la prune d’Agen qui subit une préparation spéciale. La période la plus favorable pour les expéditions prunières va du 1er juillet au 15 août, car à partir de ce moment il faut compter sur la récolte belge et surtout sur la production britannique qui a singulièrement augmenté au cours des dernières années. Pour répondre aux goûts de la clientèle, nos exportateurs de prunes devront, après avoir calibré leurs fruits par types en plusieurs catégories, les emballer soit dans un billot de forme ovale contenant net 10 kg de fruits, soit dans une cagette carrée de même contenance en bois scié et clouée légèrement évasée avec un fond rentrant un peu en dedans, soit dans un plateau à un rang pour les qualités tout à fait supérieures.
- Pour les pommes à couteau, le problème de la standardisation apparaît complexe, la consommation française étant aujourd’hui tributaire
- Fig. 3. —• Cueillette de cerises-bigarreaux aux environs de Tarascon.
- de l’étranger alors que certains pays comme la Belgique et la Hollande qui nous achetaient autrefois les cc Double Belle-Fleur » ou les « Rambour » de nos départements de l’est et du nord nous fournissent maintenant des wagons
- — Triage et emballage des grappes de raisin de table dans la région de Moissac (Tarn-el-Garonne).
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- Fig. 5. —• Marché des raisins de table à Moissac.
- entiers de « Rainette » ou de « Canada ». Cette déchéance provient du manque de soins apportés à nos arbres fruitiers et à la mauvaise présentation de leurs fruits abâtardis à la longue. Selon M. Lavergne, pour rénover les vergers français, il faudra sélectionner méthodiquement
- une trentaine de nos meilleures variétés de pommiers, adaptés à telle ou telle région de France, de façon à produire des fruits réguliers comme forme et couleur, et à les cueillir de manière à assurer ultérieurement le développement normal de leur maturité complète.
- Fig. 6. — Embarquement des paniers de raisin de labié en gare de Morières {Vaucluse).
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- Pour la châtaigne, M. Georges Boiron trouve impossible de recommander une trop grande uniformité dans la sélection des variétés pour l’ensemble du pays et, d’après son expérience, il préconise la standardisation par région tandis que M. de Montai demande la stricte application de la loi du 9 août 1930 pour défendre les producteurs de noix du Périgord, du Bordelais, des Charentes, de Grenoble et d’Alsace. Effectivement, bien que la France produise plus de noix qu’elle n’en consomme, la Hollande, la Bulgarie, la Turquie, l’Italie et même les Etats-Unis lui en ont fourni ensemble, au cours de l’année 1929, 42 310 quintaux, que des commerçants peu scrupuleux réexportaient sous le nom de « noix françaises ». Espérons que le Service des fraudes empêchera dorénavant ces pratiques malhonnêtes.
- Mais de tous les fruits, le raisin de table est le plus difficile à standardiser, car on ne saurait procéder ni au calibrage des grains, ni à celui de la grappe. Toutefois la sélection la plus rationnelle paraît être celle de Thor et de Cavaillon. Dans ces 2 régions, à degré égal, on ne tient compte que de deux qualités : l’une à fruits dorés et espacés, offrant une grande régularité de grappes et de grains, la seconde moins joliment colorée, à grains serrés ou irrégulièrement espacés. L’emballage d’exportation unique à préconiser, selon M. Lucien Guigues, est le billot de 16 pouces en bois roulé contenant 13 à 14 kg nets de marchandises.
- Pour la fraise, comme le constate avec juste raison M. J. Faurot, c’est du côté du récoltant qu’il y a le plus à faire, car on cultive actuellement 190 variétés de fraises en France alors que 3 d’entre elles suffiraient : « Madame Montôt » dont certains spécimens atteignent 100 gr mais qui manque de parfum et de couleur; la a Sire Harry » très productive, mais également peu parfumée et que la Moselle ainsi que le Bas-Rhin expédient par quantité en Allemagne ou en Suisse et enfin la « Sulpice Barbe », le meilleur type d’exportation.
- En revanche, la standardisation des cerises et des bigarreaux est pratiquement réalisée aujourd’hui en France, quoique la cueillette de ces fruits s’y fasse mal et qu’on n’y effectue pas le triage sauf dans le Var. Nos producteurs doivent donc modifier leurs méthodes de récolte, présenter leurs marchandises par catégories (extra, choix, non classées pour la consommation familiale) et adopter comme emballages, pour l’exportation, la caisse, le billot genre Mussy et la siève.
- LES LÉGUMES
- Examinons maintenant la standardisation des légumes, en commençant par la pomme de terre. La France, vu sa position géographique et les nombreuses variétés de « Parmentières » qu’elle cultive, se trouve en très bonne posture pour exporter celles-ci soit pour la consommation, soit pour la semence. A nos voisins d’Angleterre, nous fournissons des pommes de terre de primeur récoltées en abondance sur les côtes de Bretagne ainsi qu’à Barfleur tandis que, grâce à nos bateaux partant régulièrement du Havre, de Nantes, de Bordeaux et de Marseille nous approvisionnons la République Argentine, le Brésil et la région de Dakar d’Early Rose, de Ronde Jaune, de Chardonne,
- jFig. 7. — Emballage de pommes de terre de primeur en sacs standardisés et plombés, chez un cultivateur provençal.
- de Fin-de-Siècle et autres espèces de pommes de terre renommées pour la semence.
- Quoique la Grande-Bretagne se suffise au point de vue pommes de terre, son climat ne lui permet que d’obtenir des récoltes tardives, elle doit donc s’adresser à l’étranger pour satisfaire les besoins de ses nationaux en pommes nouvelles. Jadis notre pays était le principal fournisseur du marché britannique, mais actuellement les producteurs belges, hollandais et espagnols concurrencent à Londres nos primeuristes, qui y expédient leurs pommes de terre depuis la fin du mois de mai jusqu’en juin et juillet. Comme variétés, les Anglais demandent surtout la « Fluck » géante de Saint-Malo précoce et assez farineuse, la non moins précoce « Royal Kidney » aux longs tubercules à chair jaune et la « Fin-de-Siècle » ou « Up-to-date » demi-tardive, à chaire blanche jaunâtre, et à grand rendement, la très hâtive et très productive « Eesterlingen » aux longs tubercules à chair jaune. Jusqu’à ces dernières années les expéditeurs français faisaient leurs envois dans
- Fig. 8. —• Lavage mécanique des pommes de terre de primeur, avant leur emballage en cageots (Rognonas, Bouches-du-Rhône).
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- Fig. 9. .— Hall d’emballage des salades chez un expéditeur de Châleaurenard (Bouches-du-Rhône).
- clés barils, paniers en osier et autres emballages rigides. Aujourd’hui ils préfèrent les sacs pour les pommes de terre de consommation qu’ils trient sommairement pour éliminer les tubercules d’un poids inférieur à 30 grammes. De son côté, Marseille reçoit environ 90 millions de kg de pommes de terre en vrac dont les 3/5 partent pour l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte et la Palestine. Quant à nos primeuristes provençaux, ils lavent parfois leurs pommes de terre avant l’expédition. En revanche, les « Parmen-tières» à destination de l’Amérique du Sud et de l’Afrique Occidentale réclament des emballages soignés, comme le constate M. Besson, Directeur de la Coopérative des Syndicats agricoles du Finistère et des Côtes-du-Nord. Les colis de ce genre se font par caisse en bois de 30 kg net d’un poids brut de 34 à 35 kg; chacune d’elles renferme des tubercules triés mécaniquement, pesant de 30 à 80 gr pour la semence et à partir de 85 gr pour la consommation.
- Pour les petits pois, la standardisation est difficile vu les nombreuses variétés existantes et la délicatesse de la marchandise. D’après M. J. Muraille, exportateur à Monteux (Vaucluse), le problème comporte des solutions variées suivant que les producteurs se trouvent plus ou moins éloignés des destinataires. Quant à l’emballage, il vaut mieux adopter le sac de 8 kg que le billot Mussy et ne pas trop charger les wagons, car les pois s’échauffent facilement en cours de route.
- Pour les asperges, absorbées presque uniquement jusqu’ici par le marché national, M. Decault, président de la Chambre d’Agriculture du Loir-et-Cher, propose d’uniformiser le poids des bottes à un kg, de les emballer dans des cageots avec de la fibre de bois ou de papier et de standardiser la longueur des tiges. Nos producteurs des vallées du Rhône et de la Garonne doivent s’inspirer de ces directives s’ils veulent se créer des débouchés à l’étranger.
- Comme les salades se trouvent un peu partout et se vendent à assez bas prix, elles ne sauraient faire l’objet d’un véritable commerce d’exportation qu’à l’état de primeur. Il paraît donc pratiquement impossible de standardiser, d’une façon absolue par des caractéristiques
- immuables, « des articles dont les grosseurs varient constamment d’une semaine à l’autre, selon les circonstances atmosphériques et l’état de la production » comme le note le secrétaire du Syndicat des Exportateurs de Paris. Ajoutons seulement quelques précisions sur ce négoce maraîcher très spécial, précisions que nous emprunterons à un rapport de l’attaché commercial de France à Berne. La Suisse importe principalement nos Laitues ou Cabusses, nos Escaroles et en moindre quantité nos Escaroles frisées et nos Romaines. Ses commissionnaires achètent tout l’hiver jusqu’à mars-avril aux primeuristes de Perpignan et de la région d’Hyères, ensuite à ceux de Marseille et des Bouches-du-Rhône (Chateaurenard, Tarascon), plus tard en mars-juin aux maraîchers de Cavaillon (Vaucluse), puis à ceux de la banlieue de Lyon, de Châlon-sur-Saône et de l’Alsace. Enfin quand la production helvétique donne, la Suisse cesse ses importations. Notre seule concurrente pour les salades de primeur provient de l’Italie, mais nos exportateurs n’ont pas à redouter leurs confrères de l’autre côté des Alpes quand ils opèrent un triage sérieux, les Italiens ne faisant pas cette opération.
- On le voit par cet aperçu, écourté d’ailleurs, la standardisation des produits agricoles se révèle autrement ardue que celle des marchandises industrielles. Le technicien pour standardiser n’a qu’à uniformiser ses modèles ou ses séries d’objets manufacturés tandis que l’agriculteur doit sélectionner ses graines ou ses plantes, greffer ses arbres ou améliorer ses fleurs par des soins multiples. En outre, il lui faut compter avec la nature du terrain et les intempéries du ciel. Or ces travaux déjà fort délicats pour des fruits ou des légumes de pleine saison deviennent encore plus aléatoires quand il s’agit de primeurs. En ce cas, le standardisateur doit, grâce à un labeur persévérant et à d’ingénieuses méthodes artificielles, forcer la nature à produire dans des conditions anormales.
- . Jacques Boyer.
- Fig. 10. — Embarquement de salades en gare de Barbentane (B.- u-B.).
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- VIII. — LES SAVANTS NÉS AVEC “ LE DÉSIR DE SAVOIR ”
- Un certain nombre d’hommes de sciences ne naissent pas avec l’esprit scientifique proprement dit, mais, seulement avec cette chose vague que l’on appelle le « désir de savoir », c’est-à-dire avec un esprit curieux de toutes choses, esprit qui, un jour, se fixe sur une science déterminée et fait d’eux des « savants ».
- Ici, peuvent prendre place deux savants très éloignés l’un de l’autre à tous les points de vue, l’un plus qu’efïacé, Dodart, et l’autre plus qu’illustre, Newton, ce qui montre, une fois de plus, que les extrêmes se touchent.
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- Dodart (1634-1707), savant bien oublié aujourd’hui, avait, de son temps, acquis une certaine notoriété en Botanique, alors que, par ses ascendants et par son instruction assez rudimentaire, il ne semblait pas devoir s’occuper de cette science plus que d’autre chose. Il naquit à Paris. Son père était un simple bourgeois et sa mère la fille d’un avocat. Le premier, quoique peu instruit, avait, comme esprit, une bonne moyenne. La seconde était une femme aimable et se faisait remarquer par un caractère fort doux et un cœur très élevé.
- « Son père et sa mère, a écrit Fontenelle (2), ne se contentèrent pas de faire apprendre à leur fils le latin et le grec; ils y joignirent le dessin, la musique, les instrumens, qui n’entrent pas dans les éducations les plus somptueuses, et qu’on ne regarde que trop comme des superfluités agréables. Il réussit à tout de manière à donner les plus grandes espérances ; et il eut achevé ses études de si bonne heure, qu’il eut le temps de s’appliquer également au droit et à la médecine, pour se déterminer mieux sur la profession qu’il embrasserait. Il est peut-être le seul qui ait voulu choisir avec tant de connaissance de cause; il est vrai qu’il satisfaisait aussi son extrême avidité de savoir. Il prit enfin parti pour la médecine; son inclination naturelle l’y portait : mais ce qui le détermina le plus puissamment, c’est qu’il n’y vit aucun danger pour la justice, et une infinité d’occasions pour la charité; car il était touché dès lors de ces mêmes sentimens de religion, dans lesquels il a fini sa vie. On imagine aisément avec quelle ardeur et quelle persévérance s’attache à une étude un homme d’esprit, dont elle est le plus grand plaisir; et un homme de bien, dont elle est devenue le devoir essentiel. Il se distingua fort sur les bancs des écoles de médecine, et il nous en reste des témoignages authentiques, aussi bien que du caractère dont il était dans sa plus grande jeunesse. Guy Patin parle ainsi dans sa 186e lettre de l’édition de 1692 : Ce jourd’hui (1692) nous avons fait la licence de nos vieux bacheliers-, ils sont sept en nombre, dont celui qui est le second, nommé Dodart, âgé de vingt-cinq ans, est un des plus sages et des plus savants hommes de ce siècle. Ce jeune homme est un prodige de sagesse et de science.... Le P. Deschamps, d’une société fort peu aimée de Patin, ayant un jour entendu par hasard le jeune docteur dans une leçon aux écoles de médecine, fut si touché de sa belle latinité que, sur le rapport qu’il en fit au comte de Brienne, alors secrétaire d’Etat pour les affaires étrangères, ce ministre commença à penser à lui; et s’en étant informé d’ailleurs, il eut une extrême envie de se l’attacher en qualité de premier commis. Les commencemens dé ceux qui n’ont pour eux que le mérite , sont assez obscurs et assez lents, et l’établissement
- 1. Voir La Nature, depuis le n° 2808.
- 2. Œuvres de Fontenelle, tome I, lre partie, p. 108. Paris, 1818.
- de Dodart était fort médiocre; cependant, ni une fortune considérable qui venait s’offrir d’elle-même, ni l’éclat séduisant d’un emploi de cour, ne purent le faire renoncer à son premier choix. Sa fermeté était soutenue par des principes plus élevés, qui lui persuadaient que le ciel l’avait placé où il était.»
- Dodart, toutefois, ne se cantonna pas dans la médecine. Il avait son violon d’Ingres : la Botanique, science qui, en 1673, devait lui ouvrir les portes de l’Académie des sciences. Chose curieuse, il s’occupa, plus spécialement, de Physiologie végétale, discipline alors toute nouvelle; il chercha à savoir, en particulier, pourquoi la tige se dirige vers le ciel et la racine vers le centre de la, terre, mais n’y parvint pas, à l’instar de tous ceux qui, depuis, ont entrepris de résoudre cette énigme. Il avait, sur la constitution des végétaux, des idées un peu bizarres et s’efforça, par exemple, d’établir que l’ormeau est, en réalité, constitué par l’assemblage de 1584 millions de germes. De son œuvre ne reste pour ainsi dire rien, mais quelques botanistes, pour conserver son nom à la postérité, l’ont donné à diverses espèces de plantes décrites par eux, par exemple le Statice Dodartii qui pousse sur le littoral de l’Océan et de la Manche.
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- Isaac Newton (1642-1727) naquit à Woolstop, dans le comté de Lincoln; il était alors si chétif et si malingre que l’on crut qu’il ne pourrait vivre. Il semble descendre d’ancêtres écossais et non, comme on l’a écrit pendant quelque temps, d’une ancienne famille de la ville de Newton, dans le comté de Lancastre. Sa famille possédait la terre de Woolstop depuis près de 300 ans et y résidait. Son père étant mort quand lui-même était encore jeune, cette terre devint son héritage. C’est là qu’il passa ses jeunes années avec sa mère, qui s’était remariée mais ne cessa de veiller sur son éducation.
- On possède quelques détails sur l’enfance de Newton grâce à des documents anglais envoyés à Fontenelle (qui a écrit l’éloge de ce grand homme (') par Conduitt, le mari de la nièce de Newton, et à une relation écrite (1727) par le Dr Stu-lceley, qui, vivant à Grantham, l’avait beaucoup connu et s’était complu à recueillir des anecdotes sur les jeunes années de son ami (-). Ces documents ont été utilisés par J. B. Biot (°) dans une étude dont nous allons citer les principaux passages.
- Sa mère l’envoya de bonne heure à de petites écoles du village; puis, lorsqu’il eut atteint sa douzième année, elle le mit à Gratham, ville la plus voisine de Woolstop, pour y suivre les leçons de la grande école, qui était alors dirigée par un maître très instruit dans les langues savantes. Toutefois, son intention n’avait pas été de faire de son fds un érudit : elle ne voulait que lui faire acquérir les premiers principes d’éducation nécessaires à toute personne bien née et le mettre ainsi en état d’administrer lui-même son domaine. C’est pourquoi, après peu de temps (/,)s elle le rappela à Woolstop, et
- 1. Œuvres de Fontenelle, ,t. VIII, Paris, 1792.
- 2. Collection for the history of the town and stoke of. Grantham, con-taining authentic Memoirs of sir Isaac Newton, now first published from the original Mss in the possession of the Earl of Portsmouih, 1896.
- 3. Bibliographie de Newton, dans la Bibliographie universelle, et reproduite dans les Mélanges scientifiques et littéraires de Biot, tome I, page 123. Paris, 1858.
- 4. A son école, d’ailleurs, Newton s’était montré élève plutôt médiocre. L’étude n’avait, pour lui, aucun attrait. Et, si l’on en croit Arago, la première fois qu’il éprouva le besoin de travailler, ce fut pour conquérir la place d’un élève turbulent, qui, assis, à cause de son rang, sur une banquette supérieure à la sienne, l’incommodait de ses coups de pieds. Comme quoi, parfois, les petites causes...
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- commença de l’employer à ce genre d’occupation; mais il s’y montra aussi peu habile que peu disposé. Elle était loin alors de deviner la puissante intelligence dont, plus tard, Voltaire put dire sans faire crier à T exagération :
- Confidents du Très Haut, substances éternelles,
- Qui parez de vos feux, qui couvrez de vos ailes Le trône où votre maître est assis parmi nous,
- Parlez, du grand Newton n’étiez vous pas jaloux ?.
- Cependant, déjà, pendant son séjour à Grantham, Newton enfant s’était fait remarquer par un goût aussi vif que singulier pour toutes les inventions physiques ou mécaniques. Il était en pension chez un apothicaire nommé Clarke : là, retiré en lui-même, et peu jaloux de la société des jeunes enfants, il s’était fait une provision de scies, de marteaux, de toutes sortes d’outils d’une dimension adaptée à son âge; et il s’en servait avec tant de dextérité et d’intelligence qu’il n’y avait pas de machine qu’il ne sût imiter. Il fabriqua ainsi jusqu’à des horloges qui marchaient par l’écoulement de l’eau et indiquaient l’heure avec une précision extraordinaire.
- Un nouveau moulin à vent, d’une invention particulière, ayant été mis en construction près de Grantham, il n’eut pas de cesse qu’il n’eût connu le secret de cette mécanique. Il alla si souvent voir les ouvriers qui y travaillaient qu’il le devina et qu’il parvint à construire un modèle analogue, lequel tournait aussi sous l’effet du vent et opérait aussi bien que le grand moulin lui-même; avec cette différence qu’il y avait ajouté, de son invention, dans l’intérieur,... une souris qu’il appelait le meunier parce qu’il l’avait disposée de manière qu’elle servait à diriger le moulin et que, d’ailleurs, elle mangeait la farine qu’on lui confiait aussi bien qu’un vrai meunier aurait pu le faire (*).
- Une certaine pratique du dessin lui était nécessaire pour ses opérations : il se mit de lui-même à dessiner et y réussit; et bientôt les murs de sa petite chambre furent couverts de dessins de toute espèce, faits d’après d’autres dessins ou d’après nature.
- Ses jeux de mécanique, qui supposaient déjà tant d’invention, et même d’observation, l’occupaient tellement qu’il en négligeait ses études de langues, de sorte qu’à moins qu’il ne fût accidentellement excité et poussé par quelque circonstance particulière, il se laissait ordinairement surpasser par des condisciples d’un esprit bien inférieur au sien. Toutefois, ayant eu à supporter trop fortement la supériorité de l’un d’ëux, il se mit en tête de s’y soustraire; et lorsqu’il l’eut voulu, il parvint, en très peu de temps, à se placer à la tête de tous.
- Ce fut après avoir nourri et développé, pendant plusieurs années, des penchants aussi vifs, que sa mère l’ayant repris avec elle à Woolstop, voulut l’employer aux choses du ménage et à l’administration d’une ferme : on juge s’il y dut porter de l’inclination. Plus d’une fois sa mère l’envoya le samedi à Grantham, pour vendre du blé et d’autres denrées au marché, en le chargeant de rapporter à son retour les provisions nécessaires à la maison; mais, à cause de sa grande jeunesse, elle le faisait accompagner par un vieux serviteur de confiance, qui devait lui apprendre à vendre et à acheter. Or, dans ces cas-là, dès que le jeune Newton était arrivé à la ville, il n’était pas plutôt descendu de cheval, qu’il laissait à son vieux serviteur toute la conduite de la besogne; puis il allait se renfermer dans la petite chambre où il avait coutume de loger, chez l’apothicaire son ancien hôte; et là il restait à lire quelque vieux livre jusqu’à ce qu’il fût l’heure de repartir. D’autres fois, il ne se donnait pas le temps d’aller jusqu’à la ville; mais,
- 1. Cette comparaison de Biot est plutôt excessive, car les meuniers n’ont guère l’habitude de manger leur farine, du moins sous forme de farine brute...
- s’arrêtant en chemin au pied de quelque haie, il y demeurait à étudier jusqu’à ce que son homme vînt le reprendre à son retour. Avec cette passion de l’étude, on conçoit bien, qu’à la maison, sa répugnance pour les travaux de la campagne devait être extrême. Aussi, dès qu’il pouvait s’y dérober, son bonheur était d’aller s’asseoir sous quelque arbre avec un livre, ou de tailler avec son couteau des modèles en bois des mécaniques qu’il avait vues. On montre encore aujourd’hui, à Woolstop, un petit cadran solaire, construit par lui sur la muraille de la maison qu’il habitait. Il donne sur le jardin et se trouve placé à la hauteur qu’un enfant peut atteindre.
- Cette passion irrésistible qui entraînait le jeune Newton à l’étude des sciences surmonta enfin les obstacles que les habitudes et la prudence de sa mère lui opposaient. Un de ses oncles, l’ayant trouvé un jour sous une haie, un livre à la main et entièrement enseveli dans cette méditation, lui prit le livre et reconnut qu’il était occupé à résoudre un problème de mathématique. Frappé de voir un penchant à la fois si austère et si vif dans un si jeune âge, il détermina la mère de Newton à ne plus le contrarier davantage et à le remettre à Grantham pour y continuer ses études. Il y demeura jusqu’à 18 ans; après quoi, il passa à l’Université de Cambridge, où il fut admis, en 1660, dans le collège de la Trinité.
- L’étude approfondie des mathématiques avait été introduite dans l’enseignement de Cambridge depuis le commencement de ce siècle. Les éléments de la géométrie et de l’aTgèbre faisaient donc généralement partie des cours. Mais, par un hasard singulier, le jeune Newton eut le bonheur insigne d’y trouver, comme professeur, le docteur Barrow, qui, au mérite de s’être montré un des plus éminents mathématiciens de son siècle, a joint, aux yeux de la postérité, celui d’avoir été le maître le plus bienveillant comme le plus zélé protecteur du jeune génie qui naissait sous ses yeux. Pour se préparer à suivre les leçons qui devaient lui paraître si précieuses après les avoir tant désirées, Newton s’enquit des ouvrages qui devaient en faire le texte et se mit à les lire seul, d’avance, pour en suivre mieux les commentaires oraux. Ces ouvrages étaient la Logique de Saunderson et le Traité d’Optique de Képler; ce qui suppose que le jeune élève devait, par ses études à Grantham et par ses lectures solitaires, s’être déjà avancé dans la connaissance des éléments de la géométrie.
- On raconte, à ce sujet, que l’envie d’étudier les mathématiques lui fut d’abord suggérée par le désir de connaître s’il y avait quelque fondement dans la pratique de l’astrologie judiciaire; et, qu’ayant besoin pour cela de quelques constructions géométriques, il les avait empruntées d’un Euclide, qu’il avait consulté d’après la table; mais, qu’après avoir jeté, en cette occasion, un coup d’œil sur le reste du livre, il n’avait pas daigné le lire, le regardant comme rempli de choses trop simples et si évidentes que les démonstrations en sautaient aux yeux. «Ainsi, ajoute Fontenelle, en rapportant cette anecdote, on pourrait appliquer à Newton ce que Lucain a dit du Nil dont les anciens ne connaissaient point la source, qu’il n’a pas été permis aux hommes de voir le Nil faible et naissant. Ce mo theureux a été répété par tous les biographes ; et le prodige qu’il suppose a été si universellement adopté comme une tradition si incontestable que, pour y contredire, il faut avoir une conviction bien intime que la gloire de Newton n’en a pas besoin. Si la chose était vraie, elle serait exactement un prodige : car si l’on considère quel long enchaînement de démonstrations compose la géométrie d’Euclide, et combien l’exposé même de ces démonstrations est compliqué de lemmes et de théorèmes, dont la longue suite ne peut être interrompue sans que toute la chaîne de résultats se rompe, on trouvera presque impossible que Newton ait donné, à la simple vue, une telle succession d’idées dans leurs détails et dans l’ordre pré-
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- cis où elles étaient rangées. Mais on pourrait croire aisément qu’après avoir seulement étudié les premières propositions, il eût cherché successivement la démonstration des autres par lui-même, et qu’il les eût trouvées par sa propre invention, plutôt que de s’enfoncer dans une lecture aussi pénible. Cela s’accorderait avec l’espèce de regret que, plus tard, il éprouvait, disait-il, de ne pas s’être arrêté sur Euclide, dans le commencement de ses études mathématiques; et la chose, réduite à ce terme, serait encore assez étonnante.
- Au reste, sans pouvoir retrouver l’empreinte des premiers pas de ce génie solitaire, quand on voit Newton enfant chercher et embrasser avec tant d’ardeur tout ce qui pouvait satisfaire sa passion pour les inventions mécaniques, est-il supposable qu’il n’ait pas eu aussi l’envie d’étudier la géométrie, dont les applications lui devenaient si continuellement nécessaires ? est-il probable qu’avec un esprit aussi droit, il se fût amusé à construire des cadrans solaires machinalement, et sans le désir de connaître les principes de ces instruments, lui qui était si avide de tout approfondir ? Et une fois que ce genre de combinaisons se sera offert à lui, que fallait-il de plus que la beauté de la science même, et les rapports qu’elle avait avec la nature de son génie pour le captiver ?
- Quoi qu’il en soit, depuis son entrée à Cambridge, toute la marche de ses progrès ne laisse plus de doute; et le développement de ses pensées, si intéressant à consulter pour l’histoire de l’esprit humain, se trouve heureusement décrit par lui-même, ou constaté par ses monuments littéraires, qui permettent d’en suivre toutes les traces.
- A cette époque, Descartes régnait dans la philosophie, soit spéculative, soit naturelle. L’autorité des systèmes métaphy-
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- siques de cet esprit hardi et fécond ayant succédé à l’empire qu’avaient exercé auparavant ceux d’Aristote, avait fait adopter aussi, pour l’enseignement des mathématiques, sa méthode et ses ouvrages. La géométrie de Descartes fut donc un des premiers livres que Newton lut à Cambridge; et, après tous les efforts, qu’il avait dû faire dans ses études solitaires pour apprendre les premiers éléments dans des auteurs sans doute très imparfaits, il dut éprouver un vif plaisir lorsqu’il entra dans cette carrière étendue et facile que l’analyste français avait le premier ouverte et dans laquelle, montrant les rapports des équations algébriques avec les lieux géométriques, il découvre l’usage de ces rapports pour résoudre, presque à la simple vue, des problèmes qui avaient résisté jusqu’alors à tous les géomètres anciens et modernes.
- Nous n’avons que peu de choses à ajouter à ces considérations de Biot, sauf, qu’en 1665, Newton quitta Cambridge pour fuir la peste qui régnait alors à Londres et se retira dans sa terre de Woolstop, où il continua à méditer et à travailler; il y revint en 1666 et, vers 1688, fut nommé agrégé et maître-ès arts, pour être, en 1669, chargé de la chaire d’optique. Ses moyens demeurèrent médiocres jusqu’en 1699, année où il fut nommé directeur de la Monnaie, poste qui produisait un revenu considérable et lui permit de consacrer une bonne partie de son temps aux études scientifiques; toutefois, il est à noter que, de 1692 à 1694, ses facultés mentales semblent avoir subi une éclipse momentanée, ce qui n’a rien de déshonorant pour un cerveau qui avait tant travaillé et ce rqui, d’ailleurs, ne devait pas affaiblir sa future production scientifique.
- Henri Coupin.
- (.A suivre.)
- LA T. S. F. ET LES SOURDS
- Depuis que l’on sait renforcer au moyen de lampes triodes les courants qui font vibrer une membrane, la puissance du téléphone a pu être accrue au point que les personnes les plus dures d’oreille arrivent à se servir aisément de cet appareil. C’est ainsi qu’elles parviennent à entendre au casque les émissions radiophoniques ou celles du phonographe traduites au moyen du pick-up. Déjà dans certaines salles de spectacle, des casques reliés par des amplificateurs à lampes aux microphones récepteurs du théâtrophone peuvent être mis à la disposition des sourds afin de leur permettre d’entendre la pièce en même temps que de la voir. Mais il n’était pas à ma connaissance qu’il existât un moyen qui permît à un sourd d’entendre tout ce qui se jiasse chez lui. Aussi ma stupéfaction fut-elle grande, au cours d’un déjeuner auquel j’avais été invité, de voir le maître de la maison, que je savais être sourd comme un pot, prendre la part la plus active à la conversation générale et donner à chacun la réplique avec le plus parfait à propos. A la vérité notre amphitryon était bien coiffé d’un casque mais nul micro n’ornait la table et c’est tout juste si l’on pouvait apercevoir dans un coin de la salle à manger un haut-parleur d’ailleurs absolument usuel.
- La clé de l’énigme c’est que, le pavillon de ce haut-parleur recueillant tous les sons émis dans la pièce, un électromagnétique Brown, concentrait les ondes acoustiques sur sa membrane qui faisait fonctionner en générateur de courants le moteur du haut-parleur. C’est en somme le dispositif qu’employait Bell dans ses premiers téléphones : le transmetteur était alors cons-
- titué par un organe identique au récepteur, ce dernier ayant seul conservé aujourd’hui le nom de téléphone. On sait que le transmetteur trop peu sensible a été remplacé plus tard par le microphone. Aujourd’hui avec les amplificateurs ce défaut de sensibilité n’est plus un obstacle : dans l’installation de notre hôte, les courants engendrés dans le moteur du haut-parleur sont amplifiés par des lampes et arrivent aux récepteurs téléphoniques, qui les traduisent à nouveau en vibrations sonores.
- Ainsi le sourd, revêtu du casque, entend parfaitement tous les sons émis dans la pièce où se trouve le haut-parleur et même dans les pièces voisines tant cet appareil est sensible. Pour peu qu’il existe dans la maison voire au jardin quelques prises de courant en relation permanente avec l’appareil amplificateur, le sourd n’aura qu’à connecter le haut-parleur à l’une d’elles et il entendra parfaitement tout ce qui se passe chez lui.
- Malheur alors au visiteur non averti qui se livrerait aux plaisanteries qu’il pouvait se permettre impunément lorsque ses propos ne pouvaient toucher le maître de la maison sans avoir été hurlés dans un cornet acoustique ou répétés par quelque personne qu’il arrivait à comprendre sur les lèvres.
- J’ai été émerveillé de la simplicité de l’installation qui avait été suggérée à mon ami par un ingénieur électricien de Marseille et réalisée par un simple ouvrier monteur, ce qui s’explique fort bien puisqu’il ne s’agit en somme que d’inverser le mode d’emploi normal du haut-parleur.
- Jacques Netter.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1931 (‘)
- XI h.
- Grande
- • x
- En 1898, — on voit que cela n’est pas encore très loin dans le temps — on connaissait un peu plus de quatre, cents petites planètes circulant entre Mars et Jupiter.Aussi le monde astronomique apprit-il avec étonnement, au cours de cette année, la découverte, faite le 14 août,, par M. Witt, à l’observatoire Urania, de Berlin, d’une petite planète qui ne se comportait pas du tout comme les autres, mais dont l’orbite était en partie comprise entre les orbites de la Terre ët de Mars, en partie extérieure à celle de Mars. Cette petite planète, cataloguée comme la 433e connue, reçut le nom d’Eros. Son orbite présente une forte excentricité, qui a pour effet, à certaines époques, de la rapprocher considérablement de la Terre, à 22 millions de kilomètres seulement.
- Eros va se trouver précisément, le mois prochain, en opposition sensiblement à sa plus courte distance de la Terre, et cette circonstance va être une occasion unique — car elle ne se présente que très rarement —• d’observer cette curieuse planète. Cette observation sera possible avec les plus petits instruments,
- Eros atteignant presque la 7 e grandetir en février. La belle carte que nous donnons ici (fig. 1) complétée par quelques positions que l’on trouvera ci-après, permettra donc de rechercher Eros parmi les étoiles.
- Signalons que cette planète étant très près de la Terre, elle se déplacera très rapidement sur le ciel, par suite de la combinaison de son mouvement avec le nôtre.
- Voici, pour décembre et pour janvier, les positions calculées d’Eros, d’après les éphémérides du Rechen-Institut de Berlin :
- Dates. Ascension droite. Déclinai- son. Gran- deur.
- 1930 Déc. 1 9>> 14 ">,8 +48°23' 8,7
- —. — 5 9 27 ,3 +42 1 8,9
- — — 10 9 41 ,5 +40 1 8,4
- — — , 15 9 54 ,2 +37 39 8,1
- — — 20 10 5 ,2 + 34 54 8,0
- — — 25 10 14 ,5 +31 43 7,9
- — — 31 10 23 ,1 +27 19 7,6
- 1931 Janv. 19 10 31 ,0 + 9 33 7,5
- — — 27 10 25 ,9 + 0 38 7,4
- 50Î
- 40-
- 30’J
- 20”!
- 10-
- X h.
- les divers observatoires ne la voient pas, au même moment, à la même place sur le ciel, sa parallaxe est très grande. Donc on peut déterminer sa distance à la Terre avec précision et, connaissant cette distance, en déduire celle de la Terre au Soleil.
- La découverte d’Eros a été, à l’époque, absolument surprenante et, comme le faisait remarquer alors le « Bulletin de la Société astronomique de France », elle montrait une fois de plus qu’en astronomie, il faut s’attendre à tout.
- C’est très exactement ce que Ton pourrait écrire au sujet de la découverte de Pluton, la nouvelle planète transneptunienne,sur laquelle nous reviendrons prochainement en cette Revue.
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- 1janv. 193/
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- IX h.
- I. Soleil. — Le Soleil, en janvier, recommence nettement son ascension vers l’hémisphère nord, puisque sa déclinaison australe diminue d’environ 6 degrés pendant le mois. La durée du jour augmente progressivement. De S'Tô111 le 1er janvier, elle atteindra 9h17 m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de deux ou deux jours, en janvier.
- Date.
- Heure du passage.
- Janvier \ er llh 54 m 03
- —• 3 11 54 56
- — 5 11 55 51
- — 7 11 56 44
- — 9 11 57 35
- — 11 11 58 25
- — 13 11 59 12
- — 15 11 59 56
- — 17 12 0 38
- — 19 12 1 18
- — 21 12 1 54
- — 23 12 2 .27
- — 25 12 2 57
- — 27 12 3 24
- — 29 12 3 48
- — 31 12 4 8
- Fig. 1. — Trajectoire apparente décrite sur le ciel, de décembre 1930 au 5 mai 1931, par la petite planète Eros.
- L’opposition de cette planète aura lieu le 17 février 1931.
- Ceux des lecteurs de ce « Bulletin astronomique » qui pratiquent la photographie astronomique pourront facilement trouver Eros. Il leur suffira de prendre un cliché de la région où se déplace la planète avec une exposition de 1 heure ou 1 heure et demie, en suivant avec soin. Eros s’y inscrira comme un petit trait facile à distinguer parmi les étoiles.
- La planète Eros présente pour les astronomes un très grand intérêt. S’approchant très près de la Terre — relativement —
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont indiquées en temps universel, compté de 0hà 24h à partir de 0h (minuit). Le temps universel est le temps du méridien de Greenwich. C’est aussi le temps légal en France.
- Observations physiques. — La revue L’Astronomie donne chaque mois la situation de l’activité solaire pendant la rotation solaire précédente, d’après les observations faites à l’observatoire de Meudon.
- Avoir soin d’observer le Soleil chaque jour de beau temps et de dessiner ou photographier les détails visibles sur son disque.
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale commence à être visible le soir, au Sud-Ouest, à la fin du mois.
- On pourra essayer de l’observer à partir du 15, pendant la période de la nouvelle Lune.
- La lueur anti-solaire sera très élevée au dessus de l’horizon en janvier. Vers minuit, le 18, elle se trouvera entre les Gémeaux et le Cancer.
- Le 23, à la même heure, elle se trouvera dans le Cancer.
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- ASTRE Dates : J anvier Lever à Paris Passage au méridien de Paris (*) Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 6 7h 46 m llh 56 m 18s 16h 7 m 19h 6 m —22»35' 32'35 ', 0 Sagittaire i
- Soleil. . . . 16 7 41 12 0 18 16 20 19 49 — 21 4 32 34 ,2 Sagittaire ( «
- 26 7 32 12 3 11 16 35 20 32 — 18 53 32 32 ,4 Capricorne
- 6 7 26 11 51 16 17 19 4 — 19 54 10 , o 7C Sagittaire
- Mercure. . 16 6 14 10 37 15 0 18 26 — 20 14 8 ,8 X Sagittaire Le matin, à la fin du mois.
- / 26 6 2 10 18 14 34 18 45 — 21 33 7 ,0 Ç Sagittaire
- [ 6 4 8 8 53 13 37 16 1 — 16 17 35 ,8 Balance
- Vénus. . . \ 16 4 9 8 46 13 23 16 33 .— 17 39 31 ,0 Ophiuchus >Bien visible le matin.
- ( 26 4 15 8 45 13 15 17 11 — 19. 1 27 ,2 Ç Ophiuchus
- Ç 6 18 22 2 5 9 48 9 13 + 20' 17 13 ,4 X Lion
- Mars ) 16 17 23 1 13 9 3 9 1 + 21 29 14 ,9 X Lion Toute la nuit en opposition
- ) 26 16 21 0 18 8 16 8 45 + 22 42 14 ,2 y Cancer le 27.
- Jupiter. . . 16 15 22 23 10 7 10 7 2 + 22 52 43 ,4 o Gémeaux Toute la nuit. Opp. le 6.
- Saturne. . . 16 7 6 11 18 15 30 19 7 — 22 13 13 ,6 7t Sagittaire Invisible.
- Uranus. . . 16 10 33 16 54 23 15 0 44 + 4 2 3 ,4 189 P. Poissons Première partie de la nuit
- Neptune. . 16 19 52 2 42 9 32 10 30 + 10 12 2 ,4 p Lion Presque toute la nuit,.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en janvier, seront les suivantes :
- P. L. le 4, à I3h15 m 1 N. L. le 18, à 18h 36 m
- D. Q. le 11, à5h 9“ | P. Q. le27, à 0h 6m
- Age de la Lune le 1er janvier à 0h = 11 i,9 ; le 19 à 0h = CM,2. Pour avoir l’âge delà Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 19.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le 3 à 20h = +28» 12'; le 16 à 18h = — 28°14'; le 31, à 6h = + 28019'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 6 janvier, à 15h.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 22 janvier, à 13h.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 30 janvier, occultation de 406 B. Taureau (gr. 5,6) : immersion à 20h38m. — Occultation de 136 Taureau (gr. 4,6) : immersion à 22h6m,5.
- Le 31 janvier, occultation de 415 B. Taureau (gr. 6,1) : immersion à lh34m,5.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 4. Le coefficient de la marée atteindra 92 centièmes le 6 et le 7 janvier.
- Le phénomène du mascaret, en raison de la faible amplitude des marées, n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes.— Le tableau ci-dessus, qui est établi à l’aide des données de YAnnuaire astronomique Flammarion pour 1931 (qui nous ont été aimablement communiquées par Mme Flammarion;) contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de janvier.
- Mercure se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil, le 6 janvier, à 3h. Il arrivera à sa plus grande élongation du
- matin le 28 janvier, à 24°53' à l’Ouest du Soleil et sera visible en de mauvaises conditions, à partir du 22 janvier, jusqu’à là fin du mois. Diamètre, le 25 janvier = 7",2.
- Vénus brille d’un magnifique éclat dans le ciel du matin. Elle arrivera à sa plus grande élongation, le 2 février prochain. Diamètre, le 15 janvier = 31",4.
- Mars, à la limite des constellations du Lion et du Cancer, arrivera en opposition avec le Soleil le 27 janvier, à 19h. Il est donc placé dans les meilleures conditions de visibilité pour cette année, et peut être observé toute la nuit. Son diamètre, le jour de l’opposition, sera de 14",2.
- Pallas, la seconde des petites planètes gravitant entre Mars et Jupiter (seconde dans l’ordre des découvertes), se trouve dans des conditions très favorables, en opposition, pour être observée. Son éclat permet d’employer, pour la voir, des petits instruments (même de bonnes jumelles). Elle se trouve dans la constellation de l’Hydre. Voici deux positions où on pourra la rechercher :
- Date Ascension droite Déclinaison Grandeur
- Janvier27 ' 10h34m,5 — 18°12' 6,7
- Février 4 10h31m,3 — 16°26' 6,7
- Jupiter arrivera en opposition le 6 janvier, à 18h. Il est, comme Mars, visible toute la nuit, dans les meilleures conditions, puisqu’il brille dans les Gémeaux, très haut dans le ciel. Diamètre de Jupiter, le 15 janvier = 43",6.
- Une petite lunette suffit pour voir les bandes qui traversent lé globe et observer les très curieux phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Nous en donnons la liste à la page suivante, pour le mois de janvier.
- Saturne sera sn conjonction avec Jupiter le 5 janvier, à 13h. Il est invisible ce mois-ci.
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- des satellites de Jupiter
- Dates Heure. Satel- lite. Phéno mène.
- 16 19' 4 m I E. f.
- 17 3 21 III Im.
- 19 4 43 II P. c.
- 19 5 22 II O. c.
- 20 5 25 I Im.
- 20 17 10 III P. c.
- 20 18 36 III O. c.
- 20 20 29 III P. f.
- 20 21 37 IV Im.
- 20 21 57 III O. L
- 20 23 30 II Im.
- 21 0 34 IV Em.
- 21 1 2 IV E. c.
- 21 2 41 I P. c.
- 21 2 59 II E. f.
- 21 3 3 I O. c.
- 21 4 4 IV E. f.
- 21 4 56 I P. î.
- 21 5 18 I O. f.
- 21 23 51 I Im.
- 22 2 30 I E. f.
- 22 17 51 II P. c.
- 22 18 40 II O. c.
- 22 20 39 II P. f.
- 22 21 7 I P. c.
- 22 21 29 II O. f.
- 22 21 31 I O. c.
- 22 23 22 I P. f.
- 22 23 47 I O. f.
- 23 18 17 I Im.
- 23 20 59 I E. f.
- 24 17 48 I P. f.
- 24 18 15 I O. f.
- 27 20 28 III P. c.
- 27 22 35 III O. c.
- 27 23 47 III P. f.
- 28 1 45 II Im.
- 28 1 57 III O. f.
- 28 4 26 I P. c.
- 28 4 57 I O. c.
- 29 1 36 I Im.
- 29 4 26 I E. f.
- 29 20 8 II P. c.
- 29 21 17 II O. c.
- 29 22 52 I P. c.
- 29 22 56 II P. f.
- 29 23 26 I O. c.
- 30 0 7 II O. f.
- 30 1 7 I P. f.
- 30 1 41 I O. f.
- 30 20 2 I Im.
- 30 22 54 I E. f.
- 31 17 18 I P. c.
- 31 17 54 I O. c.
- 31 18 51 II E. f,
- 31 19 33 I P. f.
- 31 20 10 I O. f.
- taie avec le Soleil, le 2 jan-dans les Poissons, dès
- l’arrivée de la nuit. Voici quelques-unes de ses positions : Date. Ascension droite Déclinaison Diamètre.
- Janvier 6 0h 44 rn -h 3°57’ 3",4
- — 16 0 44 4- 4 2 3 ,4
- — 26 0 45 -f— 4 8 3 ,4
- Neptune dans le Lion, se lève dans les premières heures de
- la nuit. Voici quelques positions où l’on pourra le trouver, en s’aidant d’une bonne carte :
- Date Ascension droite Déclinaison Diamètre
- Janvier 6 10h3im 4- 10° 8’ 2",4
- — 16 10 30 4- 10 12 24
- — 26 10 29 4- 10 17 2 4
- IV. Phénomènes divers. - - Conjonctions :
- Le 4, à 9h Vénus en conjonction avec 49 Balance (gr. 5,7) à 0°7'N.
- Le 4, à 16h Jupiter La Lune, à 4°32’ S.
- Le 6, à 8h Mercure — Saturne, à 2°28’ N.
- Le 6, à 15h Mars — La Lune, à 0°34’ S.
- Le 8, à 0'1 Neptune —• — à 3°2' S-
- Le 14, à 23h Vénus — — à 8016’ N.
- Le 17, à 0h Mercure — — à 7°50' N.
- Le 17, à 18h Saturne — — à 5°20' N.
- Le 25, à 0» Uranus — — à 0°13 S.
- Le 31, à 22h Jupiter - à 4°50' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (fl Persée), visibles à l’œil nu : le 2 janvier, à 22h 2m; le 5, à 18'1 52 » ; le 20, à 2h 58 » ; le 22, à 23h 47 m ; le 25, à 20h 36 m .
- Temps sidéral. —• Voici quelques valeurs du temps sidéral à Paris, pour 0h (méridien de Greenwich) :
- Le 10 janvier 1931.............................7h 14“ 13*
- Le 20 janvier 1931............................. 7 53 38
- Le 30 janvier 1931.............. .............. 8 33 4
- Etoiles filantes. — Quelques radiants sont actifs en janvier, notamment celui des Bootides (radiant p Bouvier), qui donne, surtout les 2 et 3 janvier, des météores rapides, à longues trajectoires. Voici ces radiants, d’après la liste publiée dans VAnnuaire du Bureau des Longitudes :
- Dates. Ascension dr. Déclinaison Etoile voisine.
- Janvier 2 119° 4- 16° Ç Cancer
- 2 au 3 232 4- 49 ^ Bouvier
- — 4 au 11 180 + 35 N Chevelure
- — 18 232 + 36 Ç Couronne
- — 28 236 4- 25 a Couronne
- —• mois 105 + 44 63 Cocher
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le
- janvier à 21 *1, ou le 15 janvier à 20h est celui-ci :
- Au Zénith : Persée, le Cocher; Andromède.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Dragon. A l’Est : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : La Grande-Ourse.
- Au Sud : Orion; le Taureau; le Bélier.
- Au Sud-Est : Le Grand Chien (Sirius).
- A l’Ouest : Les Poissons; Pégase. La Baleine et le Cygne disparaissent.
- Em. Touchet.
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- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- L’USURE ET L’ENTRETIEN DES DISQUES PHONOGRAPHIQUES
- Le degré d’usure des disques par l’aiguille reproductrice est déterminé par deux facteurs essentiels, d’une part, le poids du diaphragme et du bras acoustique ou du pick-up avec son bras support, force qui agit verticalement, et, d’autre part, l’inertie de la membrane vibrante ou de l’armature du pick-up, force qui agit transversalement dans les deux sens, contre les parois internes du sillon (fig. 1).
- Il semblerait donc à première vue qu’il y ait d’abord intérêt à diminuer le poids du pick-up ou du diaphragme, de façon à abaisser la pression exercée par la pointe de l’aiguille sur le fond du sillon, mais l’expérience a montré que le poids d’un bon diaphragme ou d’un pick-up doit être, en général, voisin de 150 grammes. D’ailleurs, on utilise souvent des bras acoustiques à contrepoids permettant de compenser une partie de ce poids pour diminuer la pression effective de l’aiguille sur le sillon.
- Mais, si l’on abaisse le poids réellement appliqué sur l’aiguille au-dessous de 120 grammes environ, cette aiguille saute par-dessus le sommet des courbes trop resserrées des sillons et les détruit ainsi peu à peu, ce qui déforme complètement l’audition en détruisant toutes les finesses de l’enregistrement.
- Il faut considérer, de plus, que les sillons sonores doivent mettre en vibration l’aiguille reproductrice et le diaphragme ou l’armature du pick-up, mais que ces vibrations ne doivent pas se transmettre à la masse elle-même du diaphragme ou du pick-up, ce qui produirait une perte d’énergie et des vibrations parasites; il est donc absolument indispensable que ce diaphragme ou ce pick-up présente une grande inertie et, par conséquent, soit assez lourd. Théoriquement, il y aurait donc intérêt à employer un diaphragme ou un pick-up relativement lourd, quitte, s’il est besoin, à compenser en partie son poids par un contrepoids ou un système compensateur quelconque, de façon à abaisser la pression exercée par la pointe de l’aiguille.
- Par contre, l’usure latérale des parois du sillon provient de l’inertie de l’armature vibrante elle-même ou de la membrane du diaphragme, et, à ce point de vue, on peut noter que les diaphragmes à membranes métalliques très souples doivent théoriquement user moins le disque que les diaphragmes à membranes de mica plus épaisses.
- Certains modèles de reproducteurs électriques usent plus vite le disque que les diaphragmes mécaniques, parce qu’ils comportent des dispositifs d’amortissement, exagérés, et que l’entraînement de leur armature exige une pression plus forte de l’aiguille sur les parois du sillon que pour les diaphragmes mécaniques de modèles courants.
- Dans un reproducteur électrique, le dispositif d’amortissement devrait servir uniquement à éviter les vibrations parasites, et non pas à freiner constamment les mouvements de l’armature; c’est pourquoi il est bon d’utiliser un pick-up dans lequel cet amortissement est réglé au mieux une fois pour toutes par le constructeur ou peut même être réglé par l’amateur lui-même suivant la nature de son phonographe.
- D’autre part, la forme de l’aiguille et sa position dans le plan vertical et dans le plan horizontal par rapport à la tan-"gente au sillon sonore au point de contact sont également des facteurs importants, et malheureusement trop souvent négligés, de l’usure du disque.
- Nous avons déjà indiqué dans une chronique précédente les différents modèles d’aiguilles et donné quelques indications
- sur leur choix. Les aiguilles en acier du modèle ordinaire cylin-dro-conique ou « en fer de lance » sont, à juste titre, les plus employées, mais elles doivent être changées régulièrement après chaque audition pour éviter une usure anormale des sillons sonores, parce que la forme dé tranchant courbe prise par leur extrémité après la reproduction d’une seule face produit, en quelque sorte, un rabotage des parois internes de ce sillon.
- D’autre part, l’adoption d’une aiguille trop forte amène une usure beaucoup plus rapide du disque, et c’est pourquoi il est bon, en général, d’utiliser des aiguilles « médium », sauf lorsqu’on veut obtenir une audition très intense, par exemple, pour des disques de danse avec un phonographe portatif de modèle réduit. Au contraire, avec des phonographes électriques puissants, on peut quelquefois se contenter d’utiliser des aiguilles très fines puisque, dans ce cas, l’amplification finale est presque réglable à volonté.
- D’autre part, l’inclinaison de l’aiguille et sa position dans le plan horizontal par rapport aux sillons ont aussi une très grande importance pour la vie du disque, mais ces facteurs sont, en général, déterminés à l’avance au mieux par les constructeurs de phonographes ou, en tout cas, par le bras porte-pick-up. Nous donnerons, d’ailleurs, dans cette chronique quelques notions complémentaires sur cette question intéressante.
- En général, avec un phonographe bien construit, un diaphragme et des aiguilles convenablement détermi -nées, il est possible d'effectuer une cinquantaine de reproductions avec le même disque sans dommage appréciable; il est donc légitime d’évaluer la vie du disque au double de ce chiffre, et les amateurs, même exigeants, peuvent se contenter d’obtenir une centaine de reproductions avec le même disque. La durée du disque dépend essentiellement de la composition de sa surface. Or ce ne sont pas les disques dont la surface est faite de la matière la plus pure, et qui donnent par conséquent l’audition de la meilleure qualité, et la moins troublée par le bruit de grattement d’aiguille, qui sont toujours les plus durables. La plupart des discophiles préfèrent d’ailleurs obtenir une audition agréable, même si le nombre des reproductions doit être un peu réduit.
- En dehors des précautions qui viennent d’être indiquées concernant l’usage de l’aiguille et la détermination du diaphragme ou du pick-up reproducteur, et, en dehors aussi de celles que nous recommanderons plus loin et qui se rapportent à l’emploi du phonographe lui-même, on peut se demander s’il n’existe pas d’autres moyens permettant d’accroître la durée de service efficace d’un disque. Il vient immédiatement à l’esprit qu’on pourrait lubrifier sa surface de façon à diminuer les intensités du frottement des deux parties en regard. Il est, en effet, possible, d’encaustiquer légèrement de temps en temps, soit par des procédés ordinaires, soit à l’aide de produits spéciaux à base de cire vendus chez les marchands d’accessoires phonographiques, les deux faces du disque, ce qui diminue, en même temps, le bruit de grattement d’aiguille.
- Fig. 1. — Le poids du diaphragme ou du pick-up provoque une force verticale P qui applique l’aiguille sur le fond du sillon sonore, tandis que le frottement de l'aiguille contre les parois latérales provoque des réactions horizontales P’.
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- Un inventeur original a même pris un brevet pour la réalisation d’une aiguille reproductrice creuse déposant sur le disque une très légère couche d’huile, et certains discophiles enduisent leurs disques d’une légère couche d’huile de paraffine, à l’aide d’un pinceau. Sans doute, ces procédés sont théoriquement très recommandables, mais ils ont l’inconvénient pratique de rendre la manipulation des disques très désagréable, et c’est pourquoi on ne peut les conseiller, en général.
- Il est cependant un moyen beaucoup plus pratique qui ne donne pas sans doute des résultats aussi complets, mais qui paraît intéressant par sa simplicité même; il consiste à effectuer tout au moins les premières reproductions d’un disque neuf à l’aide d’une aiguille en fibre de bambou paraffinée. On dépose ainsi une couche de paraffine très légère au fond des sillons, ce qui constitue un enduit protecteur.
- En général, l’entretien du disque doit se borner à maintenir sa surface extrêmement propre, et, au besoin, comme nous venons de l’indiquer, à l’encaustiquer de temps en temps par un procédé quelconque.
- Le nettoyage de sa surface a pour but, non seulement d’enlever les poussières provenant de l’extérieur et qui s’accumulent sur les disques comme sur tout objet ordinaire, mais encore et surtout les particules de gomme-laque ou même de métal arrachées au fond du sillon sonore ou à l’aiguille reproductrice. Ce nettoyage s’effectue avec un tampon recouvert de velours ou une brosse en poil de chèvre.
- D’autre part, à propos du classement des disques dans une discothèque, étude qui a paru dans une récente chronique, nous avons noté que ce rangement avait une importance essentielle pour la bonne conservation des enregistrements. Les disques doivent être placés à l’abri de la poussière, de l’humidité, et surtout de la chaleur, et toute leur surface doit être soutenue par un support approprié, si on veut éviter une déformation très grave qui les met rapidement hors d’usage.
- Enfin, si la manœuvre d’un phonographe électrique ou mécanique peut être effectuée facilement par une femme ou un enfant, il est cependant absolument nécessaire, pour éviter l’usure trop rapide du disque, et aussi la détérioration possible des organes du phonographe, de prendre certaines précautions du reste très simples et peu nombreuses.
- Il faut, tout d’abord, ne jamais mettre en marche le plateau porte-disque, lorsque l’aiguille du diaphragme repose sur le sillon, et aussi ne pas arrêter la rotation avant la fin de la reproduction, sans avoir relevé le diaphragme au préalable.
- Fort heureusement, la plupart des disques actuels comportent au centre une spire centrale non enregistrée et circulaire, qui sert à arrêter la course de l’aiguille, celle-ci reposant sur ce sillon circulaire, et pouvant ainsi tourner sans fin, sans danger de détérioration pour le reste des sillons.
- Avec un disque de ce genre, on peut se dispenser de relever le diaphragme dès la fin de l’audition, mais il est pourtant toujours indispensable que le plateau ait atteint une vitesse de rotation normale avant de placer l’aiguille sur le sillon initial.
- Nous avons déjà décrit souvent dans nos chroniques des modèles de phonographes électriques ou mécaniques pourvus d’un système d’arrêt automatique de la rotation du plateau à la fin de l’audition, au moyen d’un dispositif d’arrêt mécanique ou électrique commandé par le bras porte-pick-up lui-même.
- Il est enfin un tour de main assez peu connu qui permet d’augmenter encore la durée du disque, et aussi d’obtenir une meilleure reproduction.
- Les aiguilles sont évidemment fabriquées en très grande série à la machine, et leur pointe présente une forme plus ou moins régulière, de sorte qu’un premier polissage de leur sur-
- face est effectué par les premiers sillons; ces derniers s’usent donc plus vite que les autres. C’est pourquoi, on peut recommander de placer d’abord le diaphragme sur la partie extérieure non enregistrée du disque (ou sur le sillon central également non enregistré) pendant un ou deux tours du plateau; oii produit ainsi un rodage utile de la pointe avant le commencement de la reproduction, et une poussée très légère sur le diaphragme ou le pick-up peut alors engrener l’aiguille sur le sillon initial.
- Ces soins d’entretien sont indispensables, si l’on veut augmenter la durée efficace de service d’un disque, mais il y a encore d’autres précautions à recommander au discophile concernant le mécanisme lui-même du phonographe. Elles exigent, il est vrai, des soins moins essentiels et surtout beaucoup moins fréquents.
- Tout d’abord, le moteur d’entraînement à ressort électrique doit être graissé de temps en temps si l’on veut obtenir toujours un fonctionnement durable et silencieux. Pour opérer ce graissage, il faut généralement effectuer un démontage très simple, mais qui exige quelques précautions.
- Les pièces à rotation rapide tels que le plateau du régulateur centrifuge, les coussinets, les engrenages, etc..., seront alors lubrifiées avec une huile légère de vaseline, tandis que les grands engrenages et les ressorts seront graissés avec de l’huile épaisse ou de la graisse consistante.
- On trouve, d’ailleurs, dans le commerce de petits tubes en étain avec bec injecteur qui facilitent beaucoup cette opération. Une fois cette dernière effectuée, on vérifiera si toutes les pièces du moteur tournent sans grincement, et le régulateur devra être parfaitement silencieux.
- Si le bras acoustique ou le porte pick-up est monté sur billes, ce qui est le cas général, son entretien se réduit à une vérification assez peu fréquente de la liberté de son mouvement de rotation; mais si son axe est simplement monté sur pivot, il sera bon de le graisser de temps en temps avec de l’huile fluide.
- Enfin, le diaphragme est un accessoire très délicat et absolument essentiel pour la bonne qualité de la reproduction. En particulier, la tension de la membrane vibrante doit rester absolument constante, si l’on ne veut pas constater une déformation correspondante de l’audition. En général, le réglage de cette tension ne peut être effectué par l’usager lui-même, et devra, au contraire, être effectué par un spécialiste. Il y a pourtant des resserrages faciles à effectuer à l’aide d’un tournevis dès qu’il se produit un desserrage de la capsule et l’usager pourra assez facilement les déceler. Notons, à ce propos, que l’aiguille doit toujours être parfaitement maintenue dans son mandrin, et qu’une position défectueuse entraîne immédiatement des vibrations parasites.
- On peut remarquer, d’ailleurs, que les diaphragmes modernes à membrane métallique sont plus délicats que les types anciens à membrane de mica : défaut relatif qui est la rançon de leur grande sensibilité. Il est donc indispensable de manier ces accessoires avec les plus grandes précautions, et de ne pas infliger de choc violent au levier porte-aiguille, ce qui risquerait de produire une déformation constante de la membrane.
- Enfin, il est bon de veiller au bon entretien de l’ébénisterie du phonographe, et tout spécialement d’éviter de le placer dans un endroit trop chaud ou trop humide.
- UN RÉPÉTITEUR POUR DISQUES
- On sait qu'il existe de petits dispositifs interrupteurs automatiques très simples arrêtant le fonctionnement du moteur à ressort lorsque la reproduction du disque est terminée; ces dispositifs de prix modique sont simplement actionnés sur le
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- bras acoustique du diaphragme ou le bras support du pick-up, et peuvent, d’ailleurs, se monter sur n’importe quel phonographe.
- Il n’y a rien de plus facile, aussi, lorsqu’on désire plusieurs fois de suite entendre le même disque pour des essais, pour effectuer de la musique de danse, ou bien parce que le sujet de l’enregistrement est particulièrement intéressant, que d’adopter ou de construire un petit dispositif simple en celluloïd ou même en carton replaçant automatiquement et continuellement. la pointe reproductrice dans la position initiale.
- Cet appareil se compose d’un plateau circulaire portant une gouttière spiraloïde servant de glissière pour l’aiguille, et d’une lamelle latérale permettant de régler la durée de l’audition suivant le disque utilisé. Ce plateau porte une molette centrale en bois solidaire du plateau d’entraînement lui-même et qui se fixe immédiatement par friction sur l’axe du phonographe (fîg. 2).
- Pendant l’audition des disques, l’aiguille glisse le long de la lamelle et s’oppose à la rotation de l’ensemble de l’appareil. Dès qu’elle arrive à l’extrémité de cette lamelle, l’appareil se met alors à tourner et entraîne l’aiguille dans les rainures; après un demi-tour, l’aiguille revient à l’extrémité du disque buter contre la lamelle, et l’audition recommence dans les mêmes conditions.
- UN APPAREIL POUR ENREGISTRER SOI-MÊME
- Les premiers phonographes à disques et surtout les phonographes à cylindres comportaient généralement un diaphragme mécanique enregistreur permettant à l’amateur d’enregistrer lui-même sa voix sur un rouleau ou un disque de cire vierge. Les phonographes actuels, si perfectionnés, ne permettent plus d’effectuer cette opération, d’une part, parce qu’ils ne comportent pas de diaphragme enregistreur, et d’autre part,
- Fig. 3. — L’appareil Retor permettant de transformer tout phonographe à disques en appareil enregistreur pour amateurs.
- I. L’ensemble du dispositif enregistreur [et reproducteur. IL Le système d’entraînement se plaçant surtaxe du plateau porte-disque, III. Le système reproducteur et enregistreur monté sur un phonographe.
- Gouttière
- Plateau
- jji Glissière . /y\sur laquelle
- \sS S’appuie l’aiguille
- Molette en bois
- Axe du plateau^ d’entraînement
- Fig. 2. — Appareil répétiteur en carton ou en celluloïd permettant de recommencer automatiquement le jeu d’un même disque. A droite : l’appareil en fonctionnement.
- parce que leur bras acoustique est uniquement porteur et qu’il est entraîné seulement par l’aiguille reproductrice, et non par le mécanisme moteur lui-même. Un phonographe actuel ne peut donc servir à l’enregistrement sans modification, et il est assez difficile de se procurer dans le commerce des appareils enregistreurs.
- Pourtant cette opération de l’enregistrement d’un disque par l’amateur lui-même offre évidemment un grand intérêt, soit pour conserver la voix d’une-personne comme on effectuerait une photographie, soit dans un but artistique, ou encore pour faire des essais de cinématographie sonore, etc..
- Il est donc intéressant de signaler un appareil qui semble simple, s’adapte sur n’importe quel phonographe d’un type quelconque, et permet d’enregistrer des disques en carton recouverts de cire ne pesant que 50 grammes, et pouvant, par conséquent, être expédiés par la poste comme des échantillons. '
- Cet appareil sert à la fois pour l’enregistrement et la reproduction; il comporte : 1° un bras acoustique a avec pavillon i; un petit diaphragme enregistreur h et grand diaphragme reproducteur g, une tige conductrice c; 2° Un entraîneur avec sa roulette o et sa butée p; 3° un support consistant en une douille k, une vis de réglage p et de petites vis à bois pour la fixation (fig. 3).
- Le principe de l’appareil est très simple : au bout du bras acoustique est fixé le support comportant, d’un côté le diaphragme enregistreur, et, de l’autre, le diaphragme reproducteur; ce support tourne autour d’un axe horizontal de telle façon que l’on puisse utiliser à volonté l’un ou l’autre de ces diaphragmes. L’enregistrement se fait verticalement comme dans les disques à saphir, et les membranes des diaphragmes sont simplement en mica. Le système d’entraînement est actionné par le plateau porte-disque du phonographe ordinaire, et, à cet effet, le manchon k vient simplement s’adapter sur l’axe de ce plateau. L’entraînement du système s’effectue donc comme dans les anciens phonographes enregistreurs,
- La pose de l’appareil sur un phonographe quelconque est relativement simple et peut être effectuée par tout usager. Il semble donc que ce dispositif soit fort intéressant, et, bien que nous ne l’ayons pas essayé nous-même, il est probable que les résultats sont suffisants, si l’on ne vise pas à obtenir des enregistrements vraiment artistiques.
- P. IIémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareil enregistreur et reproducteur pour amateurs Retor. Rho-dera Établissement, 218, Jette Avenue, Jette-Saint-Pierre près Bruxelles (Belgique).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Hommes et choses de sciences, par M. d’Ocagne. 1 vol. de VIII-305 pages. Vuibert, Paris 1930. Prix : 15 francs.
- En d’aimables et attachantes causeries, M. d’Ocagne, lui-môme grand géomètre, fait revivra à l’usage du grand public les figures de quelques grands mathématiciens français, comme Yiète, conseiller de Henri III et de Henri IV, créateur de l’algèbre; P. Fermât; le chevalier de Borda, cavalier, sapeur, puis marin, en même temps grand savant et inventeur en balistique, hydraulique, cartographie et géodésie; Lagrange; Laplace; Monge; les deux Carnot ;Poncelet, militaire, géomètre et mécanicien illustre, Augustin Cauchy, un des plus grands noms dans l’histoire des mathématiques, un des moins connus de la foule; Michel Chasles le grand géomètre, qui serait sans doute aussi peu connu des non initiés que Cauchy sans la célèbre mystification que lui infligea le faussaire Vrain Lucas; Evariste Galois, mort en duel à 20 ans en laissant quelques pages géniales qui furent plus tard le point de départ d’une nouvelle branche des mathématiques. M. d’Ocagne a fait également dans son recueil une place à quelques ingénieurs des ponts et chaussées, corps auquel il appartient lui-même, à Séjourné, grand novateur dans l’art des ponts, à Caquot son émule, aussi passionné des chosesdel’air que delà construction et surtout à Auguste Choisy, auteur de l’Arf de bâtir chez les Romains, originale figure d’ingénieur archéologue. L’ouvrage se termine par un bel hommage à Jules Verne. A ces études biographiques, s’ajoute un bel exposé de vulgarisation sur les marées.
- Aide-calcul graphique pour la mécanique générale, par Coloman Vargha, 1 atlas.de 20 planches en 1 carton. Ch. Béranger, éditeur, Paris. 1930. Prix : 82 francs.
- M. Vargha, avec le concours de l’Office des Recherches et Inventions, a établi une collection d’abaques destinés à abréger et faciliter les besognes de calcul dans les bureaux d’études de mécanique. Ils ont trait au calcul des courroies, des câbles, des arbres de transmission, des engrenages, des freins, embrayages et accouplemenos, des ressorts, des poutres, etc. L’auteur s’est attaché à construire des abaques d’un maniement aisé, utilisables dans un champ étendu. Son travail rendra sans aucun doute de très grands services et il est à souhaiter qu’il soit étendu dans l’avenir, dans le même esprit, à d’autres séries de problèmes mécaniques.
- Le pH et sa mesure, par M. Huybrechts. 1 vol. in-16, 227 p., 35 fig. Bibliothèque scientifique belge. Masson et Cie, Paris, 1930. Prix : 15 francs.
- Les mesures de pH, c’est-à-dire d’acidité et d’alcalinité des solutions exprimées par l’inverse du-logarithme de leur concentration en ions hydrogène, sont devenues tout à fait courantes et ont trouvé de multiples applications, tant en science pure qu’en industrie. Mais les théories physiques et chimiques sur lesquelles ces mesures sont basées sont restées pour beaucoup assez obscures, et cette ignorance limiterait la compréhension des phénomènes observés. Le.professeur de l’université de Liège en donne ici une explication tout à fait claire, logique, déduite des notions fondamentales de la physico-chimie et son raisonnement est si aisé à suivre qu’il éclairera tous les esprits, même les moins préparés.
- La faune de la France illustrée, par Rémy Perrier. ix. Bryozoaires, Brachiopodes, Mollusques, Protocardés (Amphioxus, Tuniciers), avec la collaboration de- Paul Fischer et Hervé Harant. 1 vol. in-8, 172 p., 778 dessins. Delagrave, Paris, 1930. Prix : 25 francs.
- L’œuvre très utile du professeur à la Faculté des Sciences de Paris se poursuit rapidement, puisque 6 fascicules ont déjà paru sur les 10 dans lesquels il a réussi à réunir toute la faune de France en tableaux synoptiques illustrés, commodes pour la détermination des espèces communes.Le dernier est consacré aux Bryozoaires, aux Brachiopodes, aux Mollusques, aux Protocardés, comprenant un grand nombre d'animaux marins, dont certains, les Mollusques notamment, ont depuis longtemps attiré l'attention des amateurs de sciences naturelles. Les tableaux dichotomiques, d’excellentes'figures très nombreuses, rendront aisée dans presque tous les cas l’exacte spécification des animaux qu’on rencontre et collectionne.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Fascicule XVII. Peridinea, par N. Peters; Scyphozoa, par Th. Krumbach. 1 vol. in-8, 160 p., 228 fig. Akâdemische Ver-lagsgesellschaft, Leipzig, 1930. Prix : 13,50 Marks.
- Continuation du grand inventaire zoologique de la Mer du Nord et de la Baltique. Ce nouveau fascicule, le 17e, est consacré aux Péridi-niens et aux Scyphozoaires. Les Péridiniens forment un groupe d’organismes micellulaires, souvent abondants dans le plancton, qu’on .
- classe tantôt parmi les algues et tantôt parmi les protozoaires; ils vivent dans une sorte de boîte dont la forme sert à classer les nombreuses espèces. Selon le plan si heureux de tout l’ouvrage, M. Peters, de Hambourg, donne leurs caractéristiques, indique la technique pour se les procurer, étudie leur cytologie, leur distribution géographique, leurs modes de vie, leur nourriture, leur multiplication, leurs parasites, puis présente leur classification, les caractères génériques et spécifiques, pour finir par une bibliographie sommaire, mais suffi-santé. Les Scyphozoaires ou Méduses acraspèdes sont un groupe de Cœlentérés auquel appartiennent la plupart des méduses qu’on voit arriver sur nos côtes et les Lucernaires qu’on trouve sur les algues du rivage. M. Krumbach, de Berlin, les étudie dans le même esprit que les autres auteurs du Tierwelt, sans oublier leur reproduction complexe, leurs propriétés irritantes, la phosphorescence de certaines espèces.
- Racial investigations X. The Atlantic Cod (Gadus calcarias L.) and local races of the same, par Joiis. Schmidt.
- 1 broch. in-8, 72 p., 10 cartes, 5 fig. Comptes rendus des travaux du Laboratoire Carlsberg, Copenhague, 1930. Prix : 5 kr.
- Il ne faut pas oublier que les célèbres découvertes du professeur Johs. Schmidt sur la vie de l’anguille ne sont qu’une partie d’une œuvre bien plus étendue poursuivie au Laboratoire Carlsberg sur les variations raciales de multiples espèces animales. Voici les résultats obtenus par l’examen de 20.000 morues recueillies en 114 stations différentes réparties dans tout l’Atlantique nord, depuis le nord de la Norvège, en passant par le Groenland et l’Islande, jusqu’aux côtes d’Amérique. En marquant des poissons vivants qu’on remettait à l’eau, en comptant le nombre des vertèbres et des rayons des nageoires, le Dr Schmidt est parvenu à reconnaître que, contrairement à l’anguille qui ne présente pas de variations, mais pareillement au Zoarces, la morue présente une mosaïque de populations dissemblables, plus ou moins localisées. En mer libre, le nombre moyen des vertèbres est d’autant plus grand que la température de l’eau est plus basse. C’est là un fait très curieux et inexpliqué introduit dans l’étude de la variation. .
- Thérapeutique médicale. II. Aliments médicaments, par M. Lœper, M. Labbé, Ch. Richet, R. Legendre, M. Renaud, M. Debray et A. Boutroux, J. Alquier, R. Lecoq, H. Labbé, FI. Leclerc, N. Fiessinger, G. Marciial, Ed. Lesné et Mme Randoin. 1 vol. in-8, 329 p., 21 fig. Masson et Cie, Paris, 1930. Prix : 45 francs.
- M. le Dr Lœper, professeur de thérapeutique à la Faculté de Médecine de Paris, a eu la bonne idée de publier ses cours qui trouvent ainsi une plus grande diffusion. C’est ainsi qu’on lui doit déjà une bonne étude des maladies du tube digestif et que paraîtra bientôt une autre sur les maladies du foie, les glandes endocrines et la nutrition, toutes deux en collaboration avec le Dr Lemaire. Entre temps, voici un autre volume sur les aliments médicaments, écrit avec le concours d’un grand nombre de collaborateurs compétents, lesquels ont traité les divers aliments en exposant leur rôle thérapeutique, tel qu’il ressort des données les plus récentes. Après un exposé d’ensemble du Dr Lœper, on y trouve le pain et les régimes par M. Labbé, la zomothérapie par Charles Richet, le poisson par R Legendre, les régimes lactés par M. Renaud, l’œuf par M. Debray et A. Boutroux, le vin par Lœper et Alquier, la bière par Lecoq, les légumes et les cures de légumes par I-I. Labbé, les fruits par H. Leclerc, le sucre médicament par N. Fiessinger,le sel marin par G. Marchai,l’huile de foie de morue par E. Lesné, les aliments irradiés par Mme L. Randoin. C’est une revue très complète qui intéressera les malades et les bien portants, les consommateurs aussi bien que les producteurs : tous y trouveront nombre de données utiles à glaner.
- Notes d'ethnologie néo-calédonienne, par Maurice Leenhardt, 1 vol. in-8, 341 p., 48 fig., 36 pl. en noir et en couleurs,
- 2 cartes. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnologie, 19l, rue Saint-Jacques, Paris, 1930. Prix : 100 fr.
- Le Père Leenhardt, de la Société des Missions, a. passé 25 ans en Nouvelle-Calédonie, en contact quotidien avec les indigènes qu’il évangélisait. Il a appris leur langue, noté leur vie, leurs institutions, leurs cérémonies, leurs croyances. Il apporte ainsi un document de premier ordre, unique, sur les Canaques dont la race se perd et dont la civilisation se transforme, à tel point que le P. Leenhardt a assisté à beaucoup de faits déjà disparus aujourd’hui. Il fait connaître ici tous les détails de cette organisation : l’habitat, les industries de la pierre et de la poterie, la préparation et la conduite de la guerre, la « monnaie calédonienne », sans valeur fiduciaire, la parenté complexe et les clans, les cultures, l’initiation, le pilou pilou, les totems, les dieux, la magie. Il le fait avec une compréhension, une exactitude qui donnent à son témoignage une valeur de tout premier ordre et classent cette monographie d’emblée parmi les classiques de l’ethnologie des peuples primitifs.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de Septembre et d’Octobre 1930.
- PHYSIQUE MOLÉCULAIRE
- Sur la structure du celluloïd (M. J.-J. Trillat). — L’auteur a entrepris récemment une série de recherches sur la structure du celluloïd en fonction de la quantité de camphre, et préparé ainsi une série de films qu’il a examinés sous une épaisseur constante, au moyen de la spectrographie par rayons X, en utilisant un tube métallique Baudoin fonctionnant sous 40 kilovolts, avec un courant de 40 milliampères.
- L’examen des diagrammes a montré tout d’abord qu’une addition de 5 pour 100 de camphre à la nitrocellulose modifie complètement son propre diagramme, le halo interne s’affaiblissant, pour disparaître complètement à partir de 10 à 15 pour 100 de camphre. Il apparaît ainsi que la cellulose nitrée présente, pour le produit d’addition, une affinité spéciale se traduisant par une combinaison susceptible elle-même de dissoudre le camphre en excès, sous forme d’une solution solide. La structure du produit reste d’ailleurs amorphe, et, même pour une addition de 300 pour 100, aucune trace de cristallisation n’apparaît. Quand on examine les films, sous trois directions perpendiculaires, on s’aperçoit que, dans le cas de la-nitro pure, le film présente, suivant la tranche, des renforcements bien marqués, la biréfringence notable s’expliquant par le parallélisme du support qui a servi à la coagulation et des chaînes de valence principale. L’effet d’orientation diminuant, puis disparaissant dès l’addition de camphre, on en conclut que la structure est devenue isotrope dans toutes les directions.
- L’action du camphre comme plastifiant, due à une saturation des forces d’attraction latérales émanées des chaînes de valence principale, est ainsi particulièrement marquée, puisqu’elle s’accompagne d’une fixation sur le dérivé nitré.
- GÉOLOGIE
- La chaîne calcaire du Rif espagnol entre Xauen et l’Oued M’ter (MM. P. Fallot, A. Marin et M. Blumentiial).
- •— Dans son ensemble, le jurassique de cette chaîne.s’enfonce vers le nord-ouest ou l’ouest, sous le Flysch, et, sauf des accidents locaux, rien ne pousse à y voir un complexe d’imbrications chassées vers l’extérieur. Entre Xauen et la transversale de Buha-la, la série secondaire, complétée localement de calcaires tithoniques et de Crétacé, s’enfonce sous le Nummulitique. A la hauteur de Bab-Taza, le Flysch s’élève pour s’appuyer contre le secondaire, vers Bab Amergaout. A Xerafat,'le front jurassique montre la disparition du pli le plus externe de la chaîne qui, quelques kilomètres plus loin, s’abaisse graduellement et, coupée en deux par l’oued el Had, vient s’ennoyer dans le Nummulitique. Le massif jurassique se rétrécit ensuite, à la hauteur du Jemis de Béni Selman, et son incurvation s’accentue pour devenir presque un "coude et arriver à une orientation Ouest-Sud-Ouest-Est-Nord-Est, que l’on observe selon la transversale de l’oued M’ter. La zone jurassique est bornée au midi par le Paléozoïque, constitué par des quartzites et des grauwackes, fortement redressés, qui s’étendent jusqu’au niveau de Tandret et la haute vallée de l’oued M’ter. Ensuite le Flysch, d’abord plissé, présente, dans le massif des Djebels Anaceur, Tiziglien et Berret, une allure plus tranquille, avec une cou-' ronne de formations gréseuses du type de F « arenisca de! Aljibe », et ce Nummulitique s’étend largement vers le sud et l’est, sans qu’on puisse encore préciser l’allure de son contact avec le Primaire. Le prolongement des calcaires jurassiques, vers la Punta Pescadores, indiquerait que ces roches représentent une zone plus interne que les diverses formations décrites dans les Boccoya par M. et Mme Russo.
- Les modifications forestières post-glaciaires des Vosges moyennes) (MM. G. Dubois et J. P. Hatt). — Par la méthode de l’analyse pollinique, misé au point par G. Erdt-man, les auteurs ont étudié un groupe de tourbières des Vosges moyennes : tourbière bombée du Champ du Feu, tourbière de pente de Sutt, tourbière de cuvette de la Maxe, la tourbe étant ainsi traversée sur des épaisseurs de 5,50 m, de 1 et de 6,50 m.
- L’histoire forestière des montagnes environnantes s’établit ainsi, d’après les diagrammes : après une sÿlve de pin et de bouleau, qui règne tout d’abord, le bouleau et le pin sont en régression, tandis qu’avec le coudrier se développe l’association chêne-tilleul-orme, où le tilleul cède peu à peu devant le chêne qui prévaut et demeure. Vient ensuite la hêtraie-sapineraie qui peuple bientôt la montagne, le sapin et le hêtre dominant surtout à la Maxe. Actuellement, c’est encore la hêtraie-sapineraie qui couvre les hauteurs de 500 à 1000 m dans les Vosges moyennes, où l’é'picea se montre d’ailleurs en forte progression. .
- La phase bouleau-pin-coudrier est contemporaine de la période subarctique ou de la période boréale de Blytt-Ser-nander: l’apogée de la chênaie mixte marque l’optimum de température post-glaciaire ; enfin la hêtraie-sapineraie débute à la fin de la période atlantique et se poursuit du néolithique à nos jours. Il semble enfin que la tourbière de la Maxe qui montre la succession de toutes ces phases prospères a débuté, voici quelque 90 siècles, le Champ du Feu et la tourbière de Sutt lui étant postérieurs respectivement d’un et de quatre milliers d’années.
- PALÉONTOLOGIE
- Contribution à l’étude des poissons ganoïdes fossiles
- (M. J. Piveteau). — Parmi les poissons Chondrostéens, les nombreux types de la famille des Catoptéridés se rencontrent en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique du Sud, le plus souvent dans le Trias inférieur, et l’auteur a signalé la présence à Madagascar d’une variété qui figure à l’actif de l’Italie et du Spitzberg.
- Ces poissons présentent, on le sait, des particularités anatomiques : le crâne primordial s’est ossifié ; malgré le début d’une plaque nasalopostrostrale, la région ethmoïdale est incomplètement conservée; les dents portées par le prémaxil-' laire sont pointues, comme celles de la portion antérieure du maxillaire et de la mandibule, les autres sont élargies... Il est à noter encore que le dessin des canaux sensoriels du crâne rappelle celui de Perleidus Woodwardi du Spitzberg : le supra-orbitaire prend naissance dans le pariétal et descend dans la région antéorbitaire ; l’infraorbitaire traverse le squamosal et s’infléchit en arrière de l’orbite...; sur le pariétal, on observe les « organes en puits » avec les trois branches : antérieure, moyenne et postérieure. Les nageoires verticales ont un même nombre de rayons externes et internes, les premiers n’étant articulés que dans leur partie distale. Les pectorales, plus développées que les pelviennes, ont leurs rayons ^dermiques articulés et ramifiés à l’extrémité distale seulement.
- En établissant les affinités de cette forme, M. J. Piveteau la place dans la famille des Catoptéridés que la structure du crâne et le dessin des canaux sensoriels rendent fort voisine des Paléoniscidés et qui présente, dans les nageoires, certains caractères de groupes plus élevés : Holostéens et Téléostéens. Il y aurait ainsi, sur certains points d’organisation, évolution parallèle entre deux groupes qui, d’autre part, se distinguent nettement par la structure fondamentale du crâne.
- Paul Baud.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Hydravion monoplace de chasse.
- L’aéronautique maritime italienne vient de s’enrichir d’un nouvel appareil de chasse : le « Savoia-Marchetti 67 ».
- Le S. 67 est un hydravion à coque monoplace; ses qualités les plus remarquables sont : son grand écart de vitesse, son rayon d’action, la rapidité de démontage et de remontage des ailes.
- La coque, de forme très étudiée au point de vue aéronautique, comporte un seul redan.
- Large et à fond creux vers l’avant, elle s’amincit rapidement en arrière du redan.
- La coque est construite entièrement en bois (monocoque) ; elle est protégée par cinq couches de vernis, et dans ses parties immergées, par une couche de mastic imperméable (goudron).
- Le poste du pilote est placé en avant de l’aile ; il présente une visibilité excellente vers l’avant et latéralement; deux hublots permettent au pilote de voir vers le bas. Deux mitrailleuses
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- Fig. 1. •— Le « Savoia-Marchetti 67 »,
- fixes sont placées à l’intérieur de la coque, devant le pilote (500 cartouches par mitrailleuse).
- L’appareil est équipé d’un moteur Fiat A.20 placé dans un fuseau caréné au-dessus de la coque; ce fuseau est porté par deux systèmes de mâts en N croisillonnés. Le Fiat A. 20, moteur en Y à 12 cylindres, à refroidissement par l’eau, pèse 340 kg (sans eau) et développe 460 ch à 2300 t/mn; il actionne directement, sur le S. 67, une hélice propulsive de construction bois, à deux pales.
- La voilure de l’hydravion est composée de deux demi-plans fixés sur des épaulements venus de construction avec la coque. Chaque demi-plan est haubané latéralement par deux mâts obliques fixés à la tête des montants qui portent le fuseau moteur.
- La voilure est, en plan, de forme trapézoïdale, le bord d’attaque étant creusé de chaque côté du fuselage afin d’augmenter la visibilité latérale.
- Le profil, épais, est variable le long de l’envergure; il présente son épaisseur maximum au droit des points de fixation des mâts.
- La structure des ailes comporte deux longerons caissons en bois, des nervures pleines, un recouvrement de contreplaqué du bord d’attaque au longeron arrière, un recouvrement de toile, sur le reste de l’aile.
- La voilure, cloisonnée par les nervures, présente des qualités de flottabilité intéressantes.
- Deux ballonnets, fixés aux longerons par des tubes, assurent la stabilité de l’hydravion à flot.
- L’empennage vertical comporte un plan de dérive en deux parties (la partie inférieure venue de construction avec la coque) et un gouvernail non compensé (construction bois et toile) ; l’empennage, horizontal, à gouvernes également non compensées, est fixé au milieu de l’empennage vertical; il est haubané au-dessous par des mâts, au-dessus par des câbles.
- Les caractéristiques principales de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure........................
- Longueur ........................
- Surface..........................
- Poids vide.......................
- Poids total en vol...............
- Vitesse maximum..................
- Vitesse minimum..................
- Montée à 3000 m, 9 min, 40 sec.
- Montée à 5000 m, 20 min , 20 sec.
- Rayon d’action, 4 h. 30 min.
- Les accidents sur les multimoteurs.
- En mai 1929, un bimoteur de bombardement de nuit se brise en l’air au cours d’un exercice sur le champ de tir de Bourges; en septembre de la même année, un appareil identique, mais muni de moteurs plus puissants (420 ch Jupiter au lieu de 230 ch Salmson) se brise en l’air à Courville au cours d’un exercice de nuit.
- Le 26 août dernier, un appareil du même type s’abat dans les environs de Chartres, , dans des circonstances restées obscures; le même jour, un quadrimoteur de construction semblable tombe près de Dijon à la suite de l’arrachement d’une ferrure du plan stabilisateur suivi de la rupture de la cellule.
- Tous ces accidents se sont produits dans des conditions de vol normales, et les appareils étant peu chargés ; ils ont tué dix-neuf hommes.
- Les avions bimoteurs accidentés sont d’entretien difficile, l’intérieur des plans étant inaccessible. Conçus pour utiliser deux moteurs de 230 ch, ils ont été modifiés hâtivement pour recevoir des moteurs de 420 ch (corde à piano doublant les ferrures d’attache des longerons du plan inférieur, en particulier) .
- De construction en bois, ils présentent très souvent des mâts de voilure flambés, des longerons et des nervures maîtresses fendus.
- En vol, ils peuvent être considérés comme dangereux, répondant mal aux gouvernes, et incapables de voler sur un seul moteur.
- Enfin, leurs qualités militaires, vitesse et rayon d’action, sont médiocres.
- On peut se demander si, dans l’état actuel de la technique de construction, un avion militaire doit être nécessairement un appareil dangereux. On peut se demander également si le service technique qui a laissé reprendre les vols, à la suite des premières catastrophes, a conscience de sa responsabilité : il est permis à un technicien de se tromper; il ne devrait pas lui être permis pour quelque cause que ce fût, de persister en dépit des conséquences désastreuses dans son erreur.
- 13,10m 8,97 m 27,2 m2 1170 kg 1600 kg 260 km-h 80 km-h
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE P. Appell.
- P. Appell, qui vient de mourir le 25 octobre 1930 compte parmi les plus brillants mathématiciens de l’école française de la fin du xixe siècle. Il fut aussi un professeur de qualité exceptionnelle et en particulier son traité classique de mécanique rationnelle est un modèle d’élégance et de clarté.
- Né à Strasbourg en 1855, il fit ses études à Strasbourg, puis après 1870 à Nancy où il fut le condisciple de Henri Poincaré. Entré en 1873 à l’Ecole Normale, il fit presque toute sa carrière à la Sorbonne où il fut professeur, doyen, puis recteur. Membre de l’Académie des Sciences en 1892, ses travaux portèrent sur la géométrie, Fanalyse pure et la mécanique rationnelle. Pendant la guerre, il dirigea avec une activité remarquable l’œuvre du Secours National.
- Pierre Termier.
- Nous résumons ci-dessous d’après l’éloge prononcé par M. Lecornu à l’Académie des Sciences le 27 octobre 1930 la belle carrière de ce savant, du géologue, qui fut aussi un brillant écrivain.
- Né à Lyon en 1859, sorti premier en 1880 de l’École Polytechnique et entré dans le Coi’ps des Mines, Pierre Termier avait, pendant cinq ans, professé à l’École des Mines de Saint-Étienne, à partir de 1894, il était devenu professeur d’abord de minéralogie et pétrographie, et plus tard, de géologie à l’École supérieure de Paris.
- En 1909, il avait été élu. membre de l’Académie dans la section de Minéralogie en remplacement de Gaudry.
- En 1911, il avait succédé à Michel Lévy dans la direction de la Carte géologique.
- Ses travaux se rapportent à la minéralogie, à la cristallographie, à la pétrographie, à la géologie régionale. Parmi ses œuvres les plus remarquables, M. Lecornu cite sa synthèse géologique des Alpes.
- Dès 1875, Suess avait montré que la chaîne alpine forme un tout, que, dans son édification, les efforts tangentiels ont joué le rôle prépondérant, qu’elle"résulte du refoulement d’un pays se plissant graduellement contre un obstacle inébranlable. En 1884, Marcel Bertrand et d’autres géologies avaient établi l’existence, en France et en Suisse, de nappes de recouvrement constituant des sortes d’empilements souvent charriés à très grande distance. Mais la constitution de la partie orientale, longue de plus de 500 km, demeurait fort obscure : les géologues autrichiens ne voyaient là qu’une sorte de chaos indéchiffrable. Or, en 1903, Pierre Termier à la suite de minutieuses observations, émit l’idée que les Alpes orientales sont, elles aussi, formées de nappes empilées et charriées.
- Il lui fallut longtemps pour faire triompher sa manière
- de voir, qui n’est plus contestée, même en Autriche.
- « L’on sait maintenant que partout où se dressent les Alpes d’immenses vagues rocheuses pareilles à celles d’une mer agitée se sont déplacées, mais avec une lenteur déconcertante, déferlant par places, envoyant parfois au loin des paquets colossaux. Quand tout s’est calmé, l’érosion, poursuivie pendant des siècles et des siècles, a continué à modeler ces belles montagnes et les a finalement amenées à leur physionomie actuelle.
- « La géologie des pays montagneux est rendue fort difficile, d’abord par les dangers et la fatigue physique qu’elle impose aux observateurs, ensuite et surtout par les grandes variations de faciès que présente une même couche examinée en diverses localités. On voit le métamorphisme changer progressivement des sédiments quelconques en terrains cristallophylliens. Il existe, par exemple, dans les Alpes occidentales, et la démonstration de ce fait est due en grande partie à Pierre Termier,
- trois séries cristallophyl -liennes, l’une antéhouillère, l’autre permo-houillère, la troisième allant du Trias supérieur à l’Éocène. Il fallait un don spécial pour être capable de s’y reconnaître.
- « Les Carpathes, qui se rattachent aux Alpes, ont fourni à P. Termier une confirmation éclatante de ses idées. Des sondages exécutés, d’après ses indications par une Compagnie française, ont fait découvrir, en 1903, le terrain houiller sous le Miocène beaucoup plus récent, celui-ci recouvert par le grès crétacé, qui, dans la série chronologique, est compris entre le Houiller et le Miocène : on touchait ainsi du doigt, pour ainsi dire, un phénomène de charriage.
- « Toujours infatigable, P. Termier a étendu ses recherches à l’Espagne, à la Corse, au Maroc, et partout il a trouvé la confirmation de ses vues. C’est au Maroc qu’il a été atteint par la maladie qui vient de l’emporter.
- « Lorsque Pierre Termier publia ses premiers travaux sur les Alpes, on l’accusa, en Autriche, d’être un poète plutôt qu’un géologue.
- « Poète, il l’était certainement, mais pas au point de laisser son imagination travestir les faits contrôlables. Après avoir, à force de patience, éclairci les énigmes de la carte, il savait d’un coup d’aile s’élever bien haut pour découvrir un vaste panorama, dont, en phrases magnifiques, il célébrait la belle harmonie. »
- MÉTALLURGIE
- Les aciers nitrurés. Leurs applications.
- On sait que les chemises des cylindres du moteur Hispano-Suiza monté sur l’avion Point-cVInterrogation de Costes et Bellonte sont construites en acier nitruré.
- Lors de l’apparition de la nitruration de l’acier, il y a quelques années, nous avons signalé ce nouveau mode de traité-
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- ment thermique de l’acier. Depuis, sa technique a été parfaitement mise au point et les applications des aciers nitrurés se sont multipliées.
- La magnifique tenue du moteur du Point-d’ Interrogation pendant sa traversée de l’Atlantique et pendant sa tournée de 20 000 km à travers les Etats-Unis met en évidence l’intérêt de la nitruration.
- On désigne sous ce nom une cémentation de l’acier opérée par l’ammoniac à la -température de 520° C. Les aciers se prêtant à ce traitement renferment du chrome et de l’aluminium. Us peuvent aussi contenir un peu de molybdène qui leur confère au point de vue de la dureté les qualités intéressantes.
- La nitruration provoque la formation d’un nitrure complexe. Elle présente les avantages suivants : le métal après traitement offre une dureté très élevée ; aucun traitement thermique ne suit la nitruration; enfin la basse température à laquelle s’effectue l’opération évite toute déformation dans la pièce traitée.
- Dans un mémoire sur les alliages métalliques, présenté au Congrès International de la Métallurgie à Liège et publié par la Revue de Métallurgie, M. Léon Guillet indique les progrès récents survenus dans la pratique de la nitruration.
- Les compositions des aciers se prêtant à la nitruration sont aujourd’hui bien définies : le teneur eh carbone doit se tenir entre 0,20 et 0,50 pour 100; la teneur en aluminium doit être voisine de 1 pour 100. Le chrome, le tungstène, le vanadium et le titane favorisent aussi la nitruration; mais aucun acier complexe ne contenant pas d’aluminium ne donne de résultats aussi favorables que les aciers contenant 1 pour 100 d’aluminium. Le nickel est intéressant en proportion faible (2 pour 100) pour favoriser le traitement thermique qui précède la nitruration.
- La nitruration se pratique toujours au four électrique. Celui-ci doit être muni d’un régulateur de température. Les parties de la pièce traitée qui doivent être soustraites à la nitruration sont protégées par étamage. On étame toute la pièce avant la fin de l’usinage ; et on travaille les par.ties qui doivent être nitrurées.
- Les applications de la nitruration sont très nombreuses aujourd’hui en mécanique : M Guillet en note une liste très longue. Partout où l’on veut éviter la trempe après cémentation, la nitruration s’impose; elle rend inutiles les opérations délicates de la rectification. C’est ainsi que l’on substitue aujourd’hui, pour les ponts arrière d’automobile, les couronnes nitrurées aux couronnes cémentées et trempées; celles-ci même après rectification présentent toujours un léger gauchissement qui empêche le couple d’être parfaitement silencieux. Les couronnes nitrurées, au contraire, ne présentent pas de déformation et sont d’un fonctionnement beaucoup plus silencieux. Les pièces nitrurées, grâce à leur dureté, sont employées pour les engrenages, les roulements à rouleaux, les cylindres d’imprimerie, les cylindres pour laminage à froid des métaux précieux, les cames et culbuteurs; les outils d’emboutissage, de pliage, etc., etc.
- BOTANIQUE'
- La tomate des anthropophages.
- Cette solanée, originaire de l’Océanie, était autrefois le * légume mangé avec la chair humaine, c’est donc une plante, sinon utile, du moins curieuse, qui mérite d’être rappeléeûci.
- La tomate en question (Solanum anthropophagorum, Seem.) est un grand arbuste touffu, haut de plus de deux mètres, avec un feuillage vert sombre, luisant, il porte de petites fleurs jaunes, auxquelles succèdent des fruits ou baies de la forme et de la couleur des tomates, petites et sans utilité pour nous, dans le Nord de l’Europe, mais dont on pourrait tirer un bon
- parti dans les pays chauds et tempérés, en hybridant cette espèce, avec la tomate de nos potagers. Qui sait si l’on ne parviendrait pas à rendre les fruits de cette espèce curieuse aussi comestibles que ceux du Solanum lycopersicum.
- Chez les indigènes des Iles Fidji ou Yiti, en Océanie, jadis la tomate en question portait le nom de Borodina et ne servait exclusivement qu’à l’assaisonnement de la chair humaine; on l’associait avec d’autres feuilles, telles celles du Malawari [Trophis anthropophagorum), le Tudana (Omalanthus pedicel-latus). Ces deux espèces sont de grands arbustes, qui croissent un peu partout, dans ce pays, à l’état sauvage; le Borodina ou Solanum anthropophagorum était cultivé et, il en existait toujours des touffes très fortes, près des habitations et surtout dans le voisinage du « buré », Maison des étrangers, ou les Fidjiens déposaient les corps des ennemis tués dans les combats et destinés à servir de pâture à ces sauvages.
- L’anthropophagie n’existe plus aujourd’hui aux îles Fidji, mais elle plane encore sur elles à titre de simple sujet historique- Déjà, à l’époque où le grand botaniste Seemann explorait l’Océanie, cette coutume avait presque totalement disparu grâce à renseignement chrétien et à la présence d’un consul britannique, qui mettait le holà !
- Seeman dit : « Da- chair humaine, des Fidjiens me l’ont maintes fois assuré, est extrêmement difficile à digérer, et les hommes les mieux portants souffrent pendant deux ou trois jours après en avoir mangé. Afin, sans doute, d’aider à la digestion, le bokola, nom technique donné àla chair de l’homme mort, est toujours mangé avec addition de légumes, d’où l’emploi de ceux cités ci-dessus. »
- Les feuilles de ces trois végétaux prédestinés étaient roulées autour de la chair humaine, et cuites avec elle sur des pierres chauffées, enfouies sous le sol. Le sel, naturellement, n’était pas oublié.
- « Tandis que toutes les autres sortes de légumes et de viandes sont mangées avec les doigts, on ne touche à la nourriture des cannibales qu’avec des fourchettes faites avec le bois du Nokonoko (Casuarina equisetifolia), ou du Yesi (Afzelia bijuga) portant des noms curieux et ayant trois ou quatre longues dents. La raison donnée à cette dérogation (continue Seeman), à la manière habituelle de manger, est la croyance généralement répandue, que les doigts qui ont touché le bokola, peuvent engendrer les maladies cutanées, quand ils sont en contact avec la peau délicate des enfants, et, comme les Fidjiens, aiment tendrement leur progéniture, ils font scrupuleusement usage de fourchettes dans les occasions indiquées ».
- Cette plante n’est pas d’un intérêt si grand qu’elle puisse engager à la cultiver, sinon pour la coloration de ses fruits qui, comme presque tous ceux des Solanum, sont assez ornementaux. Ce solanum ne présente en somme qu’un intérêt historique, ayant été lié a une coutume dès à présent presque complètement disparue.
- En 1867, Rantonnet, horticulteur à Hyères, fit une culture de cette plante et en obtint des fruits mûrs en février. A son avis, après dégustation, cette nouvelle tomate pouvait entrer dans la consommation générale, surtout dans la France méridionale.
- Pour moi, j’estime que par l’hybridation — comme je l’ai dit plus haut — on pourrait arriver à faire produire à cette espèce spéciale, des fruits aussi gros que ceux de nos tomates, mais, j’ajoute à cela, que dans ces conditions, elle ne pourrait être avantageusement cultivée que dans les pays chauds et tempérés : ses fruits ne mûrissant pas à partir des bords de la Loire. Cette tomate des anthropophages est d’ailleurs d’une saveur plus accentuée que l’autre et communiquerait peut-être celle-ci aux hybrides que l’on pourrait en obtenir et qu’on améliorerait ainsi.
- La parole est aux expérimentateurs. R. de Noter.
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- PETITES INVENTIONS
- RADIOPHONIE
- Le redresseur au sélénium.
- L’industrie radiophonique a donné depuis quelque temps un développement inespéré à différents systèmes de redresseurs de courant dont le principe n’est pas tout à fait nouveau mais qui, jusqu’alors, ne répondaient à aucun besoin réel et étaient de ce fait restés sans consécration.
- C’est ainsi que l’on a vu se perfectionner sucessivement, après le redresseur le vibreur dont le « soulier » bien connu fut l’ingénieux prototype, les redresseurs à lampes, les redresseurs électrolytiques, les petits redresseurs à vapeur de mercure et, en dernier lieu, les redresseurs secs ou métalliques.
- Parmi ceux-ci, les plus connus sont ceux qui font emploi des éléments à oxyde de cuivre Westinghouse; ils se prêtent à la réalisation de chargeurs d’accus et d’appareils d’alimentation convenant bien pour la radiophonie.
- Un autre dispositif appartenant à la même catégorie a vu le jour récemment et semble appelé à un certain succès également (dans la limite où la tendance actuelle à généraliser les postes-réseau permet encore d’attendre un succès pratique pour les appareils de l’espèce) : c’est le redresseur au sélénium.
- Le redresseur au sélénium est un dispositif d’invention allemande; il est basé sur l’emploi d’éléments redresseurs formés chacun d’une plaque de métal sur laquelle est soudée une couche de sélénium métallique et contre laquelle est pressée une deuxième feuille métallique; la plaque de métal constitue l’une des électrodes; la feuille forme l’autre électrode; le sélénium interposé entre les deux permet le passage du courant dans un sens, mais l’arrête dans l’autre.
- La feuille de métal est pressée contre le sélénium d’une façon uniforme, grâce à l’intervention d’une rondelle élastique; on place deux, trois ou plusieurs éléments les uns à la suite des
- seurs en opposition pour transformer du courant alternatif en courant continu en vue de la recharge des accumulateurs.
- autres, en serrant le tout à l’aide d’écrous sur une tige centrale traversant l’ensemble, ainsi que le montre la ligure 1.
- Le sélénium utilisé pour la préparation de l’élément redresseur est préparé d’une façon spéciale, qui le fournit sous une structure cristalline appropriée, dans laquelle il présente une grande conductibilité électrique dans un sens, tandis que, sous la même tension, il ne laisse passer, dans l’autre sens, que le 100e environ du courant admis dans le premier. En pratique, les électrodes proprement dites sont renforcées par des plaques métalliques plus épaisses, pour résister mieux à la pression mécanique à laquelle on soumet le tout, et, en même temps, pour assurer un meilleur refroidissement de l’appareil.
- Le redresseur à sélénium peut s’employer, comme les autres types de redresseurs, et d’après les schémas usuels, pour redresser, au choix, ou bien seulement les demi-périodes d’un sens ou bien les demi-périodes des deux sens.
- Un élément supporte sans inconvénient et sans défaillance des tensions jusqu’à 20 volts; en.pratique, on les fait généralement travailler sous 5 volts environ, il ne faut donc jamais qu’un nombre relativement restreint d’éléments pour redresser les tensions usuelles et comme les éléments sont simples
- et petits, un appareil de ce genre n’est ni compliqué, ni encombrant, ni coûteux; le système se prête aisément à la réalisation de redresseur à haute tension.
- Une première propriété remarquable de l’élément au sélénium est, comme il a été signalé plus haut, son excellente conductibilité dans un sens et sa grande résistance dans le sens opposé, grâce à quoi le courant de retour n’atteint que 1 pour 100 du courant utile. Fig. 1. — Groupe d’éléments
- Une deuxième qualité réside redresseurs au sélénium. dans l’insensibilité de l’élément, particulièrement de la couche de sélénium, aux vibrations et trépidations mécaniques, ainsi qu’aux variations de température; les redresseurs à sélénium peuvent fonctionner sans dommage d’une façon prolongée sous des températures atteignant jusqu’à 100° C.
- La couche de sélénium est hermétiquement enfermée entre les électrodes et se trouve donc à l’abri des attaques atmosphériques; comme pour les conducteurs métalliques, sa résistance électrique augmente lorsque la température s’élève; les éléments se protègent donc en quelque sorte automatiquement contre les surcharges.
- De même que l’on peut mettre en série un nombre d’éléments quelconque, pour redresser des tensions plus ou moins élevées, on peut faire fonctionner en parallèle deux ou plusieurs redresseurs pour avoir tel débit que l’on désire; les éléments peuvent d’ailleurs se construire en diverses grandeurs.
- La figure 2 montre l’emploi de deux éléments, montés en opposition, pour assurer la charge de petites batteries d’accumulateurs, en T. S. F. par exemple;
- Combiné avec des filtres appropriés, le redresseur par sélénium peut, comme les autres systèmes de redresseurs, être employé pour la réalisation d’appareils d’alimentation totale; divers modèles d’équipements de l’espèce, se prêtant à l’obtention des tensions anodiques et tensions de grilles nécès-saires, sont d’ailleurs mis sur le marché par les créateurs du dispositif dont il s’agit.
- OBJETS UTILES Pince-nappe.
- Lorsque, à lia belle saison, on dîne au jardin, la nappe se trouve parfois soulevée.
- Aussi, on a imaginé un pince-nappe. C’est un étrier qui comporte une lame coudée formant ressort, laquelle pince la nappe sous le plateau de la table.
- Elle l’empêche ainsi d’être enlevée facilement par le vent.
- Constructeur : Postel,
- 6, bout, des Italiens, Paris.
- Fig. 3. — Le pince-nappe et son emploi.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Transformation d’un pôste=valise.
- 1° L’appareil allemand, dont vous nous indiquez les principales caractéristiques, paraît être un poste à amplification haute fréquence directe comportant une lampe haute fréquence à grille-écran, une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence. Seule la dernière lampe basse fréquence de puissance est à filament ordinaire, les trois autres lampes sont à chauffage indirect.
- L’accord d’antenne est effectué à l’aide d’un dispositif assez simple, soit en dérivation avec condensateur fixé en série, soit en Tesla avec primaire apériodique lorsqu’on désire obtenir une sélectivité plus accentuée.
- Il existe en France d’assez nombreux modèles de postes du même genre, Philips, Ducretet, Duroc, etc... dont quelques-uns ont été décrits dans nos chroniques.
- 2° Nous ne pensons pas que vous puissiez simplement remplacer les lampes ordinaires moyenne fréquence de votre poste-valise par des lampes à grille écran. Ainsi que nous l’avons expliqué plusieurs fois, ces lampes à grille-écran ne peuvent être employées sans précaution spéciale, sans blindage et, en tout cas, sans emploi de bobinages de liaison spéciaux à forte impédance.
- De même, l’emploi de lampes à chauffage indirect exige un montage particulier, et, en tout cas, câblage spécial des connexions de chauffage, ainsi qu’il a été indiqué dans le n° 2824 de La Nature. Il nous paraît donc- bien difficile que vous alimentiez votre poste à l’aide du courant du secteur alternatif en adoptant ce procédé.
- Par contre, vous pouvez facilement supprimer les batteries d’accumulateurs et de piles d’alimentation, et les remplacer par une boîte d’alimentation fournissant du courant alternatif redressé et filtré par le chauffage et la tension plaque des lampes ordinaires de votre appareil.
- Réponse à M. F. de T., à Paris.
- Modification d’un poste à lampe à gril!e=écran.
- 1° Le, montage que vous avez essayé, comportant une lampe haute fréquence à résonance a grille-écran, une lampe détectrice, et une lampe basse fréquence trigrille de puissance peut sans doute donner de bons résultats s’il est bien étudié et il a l’avantage de la simplicité.
- Mais, par contre, l’emploi d’un seul étage haute fréquence ne permet pas d’obtenir une sensibilité très accentuée (ce qui exige l’emploi d’une antenne) et surtout, malgré les améliorations quel’on peut apporter au système d’accord, il ne peut produire une sélectivité marquée.
- Les résultats seront pourtant meilleurs si le montage de l’étage haute fréquence est correctement exécuté avec blindage bien disposé séparant les circuits de grille et de plaque de la lampe à grille-écran.
- 2° Si vous voulez modifier complètement votre appareil pour améliorer la sélectivité, deux solutions sont possibles.
- a) Employer un deuxième étage haute fréquence, également avec lampe à grille-écran. Cette solution est intéressante, mais elle est délicate, car elle exige une disposition spéciale des organes haute fréquence, un blindage très étudié, et dés bobinages à faible capacité répartie.
- b) Vous pouvez adopter un montage à changement de fréquence à quatre lampes dans lequel votre lampe à grille-écran jouera le rôle d’amplificatrice de moyenne fréquence. Ce poste à une lampe bigrille changeuse de fréquence, la lampe moyenne fréquence à grille-écran, une lampe détectrice, et une lampe trigrille de puissance paraît plus complexe, mais il est, en réalité, beaucoup plus aisé à établir.
- D’ailleurs, un exemple de ce montage a été déjà indiqué dans le n° de La Nature du 15 avril dernier.
- Réponse à M. M.*à Mont-de-Marsan,
- Préparons nous-mêmes un bon mastic à greffer.
- Prendre :
- Poix noire ...••••'.............2 kg 500
- Poix blanche ...................2 kg 500
- Blanc d’Espagne pulvérisé........1 kg £00
- Alcool dénaturé ........... 0 lit. 900
- Essence de térébenthine......• 0 lit. 600
- Cire jaune d’abeilles............0 kg 100
- Couper la poix noire en petits morceaux, faire fondre à feu doux sans flamme en remuant constamment avec un bâtonnet; quand elle est fondue ajouter la poix blanche et la cire. Retirer du feu, laisser
- Le Gérant : G. Masson.
- partiellement refroidir et y verser simultanément l’alcool et l’essence, tenus de chaque main, pendant qu’une seconde personne remue sans cesse.
- Le mélange étant homogène, on y ajoute le blanc d’Espagne que l’on répartit dans la masse.
- Mettre en pots bien bouchés que l’on conserve dans un lieu frais : cave ou cellier.
- Nous rappelons pour mémoire que le succès d’une greffe est lié à certaines conditions : l’opération réussit presque toujours avec les espèces d’un même genre, mais de genre à genre d’une même famille l’union devient plus difficile, elle se réalise cependant pour beaucoup de nos arbres fruitiers, ainsi le poirier se greffe sur cognassier ou sur aubépine, le pêcher sur prunier ou sur amandier, etc.
- D’autre part, un point très important est de placer le greffon et le sujet de manière que leurs éléments anatomiques soient communs et aussi rapprochés que possible ; autrement dit, dans la pratique, on cherchera à faire coïncider, sur une assez grande surface, la zone génératrice de bois ou cambium, les feuillets du liber et aussi l’écorce.
- Enfin l’opération du greffage devra se pratiquer au moment où sujet et greffon seront au même état de végétation, c’est-à-dire qu’il devra y avoir concordance de sèves. M. Rottembourg, à Paris.
- P.-S. —• Nous ne connaissons pas l’insecticide auquel vous faites allusion.
- Comment se dorent les tranches de livres.
- Pour dorer les tranches de livres, voici comment on procède :
- Après avoir redressé les cartons, on serre énergiquement les feuillets dans une presse a main, genre serre-joints de menuisier (vulgairement sergent), puis avec un grattoir spécial à lame d’acier on gratte avec soin la surface de la tranche afin d’enlever toutes les bavures du papier et on brunit une première fois avec un brunissoir d’agate.
- Cela fait, on passe une couche de mixture désignée assiette composée de Bol d’Arménie (argile rouge vif colorée par du peroxyde de fer) délayé dans de l’eau additionnée d’albumine (un blanc d’œuf pour trois volumes d’eau froide).
- On essuie aussitôt et, sans laisser sécher, on brunit une deuxième fois, ce qui permettra à la dorure de reposer sur une tranche bien unie.
- Une seconde couche de blanc d’œuf simple, c’est-à-dire sans Bol d’Arménie est alors appliquée; avant qu’elle soit sèche, on dépose sur elle une feuille d’or que l’on tamponne légèrement avec de l’ouate.
- Cinq à six heures plus tard, lorsque le tout est parfaitement sec, on brunit définitivement, en opérant au début avec légèreté, ensuite on passe à la surface un linge fin enduit de cire blanche et on brunit avec force, l’adhérence de la dorure étant alors suffisante pour qu’elle ne se détache plus. G. P. 147.
- De tout un peu.
- --IVI. G., à Paris. — Le liquide contenu dans les chaufferettes est obtenu en faisant dissoudre 15 kg d’acétate de soude dans 11 litres d’eau bouillante, remplir de suite la bouillotte.
- N. B. L’acétate de soude brut du commerce ou pyrolignite de soude convient parfaitement pour cet usage. La solution peut servir indéfiniment.
- . M. Chardin, à Pantin. — Nous pensons qu’un vernis cellulosique préparé pour métaux conviendra parfaitement pour protéger votre grillage galvanisé des atteintes de l’acide sulfureux. Vous trouverez des vernis de ce genre chez Clément et Rivière, 42, rue Beaure-paire, à Pantin.
- M. Dréderichs, à Cuire (Rhône). — Très probablement, le produit qui vous était vendu pour détartrer voire radiateur, était simplement constitué par du sucre, soit tel quel, soit coloré intentionnellement pour dérouter les recherches.
- L’emploi de ce sucre est basé sur la propriété qu’il possède, lorsqu’il est en excès, de former avec la chaux des sels solubles, qu’il est ainsi facile d’éliminer en dévissant le bouchon de vidange.
- M. Paul Lions, à Castres. Si la tache n’a pas disparu à l’éther, ni à la benzine, c’est qu’il ne s’agit pas d’huile ou de graisse; seul un examen au laboratoire permettrait de déterminer la nature du produit qui a amené la souillure dont vous-même ignorez l’origine.
- 76. — Paris, lmp. Lahure. — 1-12 1930.
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- 15 Décembre 1930
- N° 2847
- LA NATURE
- UNE GRANDE CULTURE COLONIALE
- L’ARACHIDE
- L’arachide (Arachis hypogeà] est une plante annuelle herbacée, de la famille des légumineuses, certainement originaire de l’Amérique du Sud, et qui fut introduite en
- Cette grande dispersion de l’aire géographique est due à une remarquable adaptation de la plante aux climats tropicaux et même tempérés. En Espagne, dans la région de Valence, on cultive ainsi des variétés très spéciales d’arachides qui sont fort appréciées pour les usages culinaires.
- En France, durant la guerre, des essais de
- Fig. 1 (en haut).—La préparation du terrain au Sénégal. Fig. 2 (à droite). — Transport de la récolte en calebasses. Fig. 3 (en bas). — Un secco d'arachides près d’une gare à M' Bour, Sénégal.
- Afrique par les négriers portugais, au début du xvie siècle. Des fouilles récentes ont d’ailleurs permis d’exhumer des gousses d’arachides dans d’anciens tombeaux péruviens. Depuis l’époque lointaine où la plante était cultivée par les indigènes du Brésil, elle s’est répandue à travers le monde et a conquis de vastes étendues de culture en Amérique du Nord, en Afrique et en Asie. Les principales régions productrices d’arachide sont la côte occidentale d’Afrique, du Sénégal au Sierra-Leone; le Mozambique; l’Inde; la Chine; la République Argentine et les Etats-Unis.
- culture furent entrepris dans les Landes en vue de pourvoir à l’alimentation spéciale des bataillons d’Afrique; ces cultures ont parfaitement réussi et quelques-unes subsistent encore actuellement.
- Les arachides sont des plantes à tiges tantôt rampantes, tantôt dressées qui atteignent de 30 à 80 cm, les variétés dressées étant de beaucoup les plus grandes. Les feuilles sont alternes, composées de deux paires de folioles et généralement duveteuses à leur face inférieure. Les fleurs sont de deux sortes ; les unes sont grandes, de couleur jaune, striée de rouge et toujours stériles; les autres sont plus
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- Fig, 4. — Un pied d'arachide.
- petites et naissent à la base des feuilles. Ces dernières sont fertiles, et la fécondation se fait avant l’ouverture des pétales.
- La fructification est fort curieuse: aussitôt après la fécondation, le long pédoncule qui porte la fleur commence à s’allonger, se recourbe vers le sol pour y enfoncer l’ovaire qui commence à grossir.
- A mesure du développement de la gousse, le pédoncule s’allonge et enfonce de plus en plus le fruit en terre jusqu’à une profondeur de 5 à 6 cm.
- Lorsque la maturité est atteinte, les gousses enfouies dans le sol sont constituées par un péricarpe fibreux ou coque, qui porte à sa surface un réseau de nervures limitant des dépressions.
- A l’intérieur de la coque, on trouve une à trois graines arrondies ou ovoïdes et recouvertes d’un épiderme papy-racé (épisperme) coloré de rose clair ou de rouge plus ou moins foncé, suivant les variétés.
- L’amande qui se trouve sous l’épiderme est blanc jaunâtre et formée de deux énormes cotylédons contenant 40 pour 100 d’huile. Entre les deux faces opposées des cotylédons se trouve l’embryon.
- Les variétés d’arachide, en raison de la dispersion géographique de la plante, sont extrêmement nombreuses. Qu’il nous suffise de dire qu’on distingue le type africain et le type asiatique. Le type africain a des tiges rampantes atteignant 0 m 60 au Sénégal et 1 m 20 en Chine. Les gousses se forment tout le long de ces tiges, mais sont plus nombreuses au voisinage du pied.
- Le type asiatique a des tiges dressées, des feuilles velues et des grousses groupées au pied de la plante.
- L’arachide végète entre trois et sept mois, il est donc nécessaire que le climat soit suffisamment chaud pour que lé cycle complet de la végétation puisse s’accomplir; aussi les cultures industrielles ne peuvent-elles être tentées
- avec succès qu’entre les 35e degrés de latitude Nord et Sud. Au delà de cette limite, qui englobe les Etats-Unis et la Cote Occidentale d’Afrique et les Indes, la culture n’est plus que légumière.
- Nous examinerons donc la culture au Sénégal et aux Etats-Unis; la différence entre les deux pays producteurs est énorme et tient à ce qu’au Sénégal la culture est entièrement entre les mains de l’indigène, tandis qu’aux Etats-Unis, elle est perfectionnée, grâce à un machinisme réellement impressionnant.
- CULTURE AU SÉNÉGAL
- Au Sénégal, l’indigène cultivait l’arachide depuis fort longtemps ; mais, en 1840, l’huilerie européenne à la recherche de matière première commença à rechercher la « pistache de terre » et vers 1885, la création de voies ferrées, notamment le Saint-Louis-Dakar, et, plus récemment le Thiès-Kayes, donnèrent un essor considérable à la culture en entretenant un courant d’exportation sans cesse grandissant.
- La culture est entièrement faite par l’indigène, sauf aux environs de Kaolack, où il existe une exploitation européenne.
- Depuis des temps millénaires, l’indigène sénégalais travaille le sol avec les deux mêmes instruments primitifs, dont l’un, « hilaire », est une simple lame métallique plus ou moins circulaire, fixée sur un manche assez long, et permettant le travail du sol sur une profondeur de trois à cinq centimètres; l’autre outil aratoire est la « daba », sorte de houe à main permettant de gratter le sol sur une dizaine de centimètres de profondeur.
- Muni de ces deux instruments, l’indigène arrache les mauvaises herbes de son champ et gratte la terre en contournant tous les obstacles, et, quand la saison des pluies est bien établie, en juin, juillet, il procède au semis. Pour semer l’arachide, l’indigène se contente de creuser de place en place, sans aucun alignement, des trous profonds de 5 cm au fond desquels il dépose une gousse et il referme le trou d’un coup de talon.
- Au bout d’une huitaine de jours, les cotylédons de la plante apparaissent, et trente jours après, la plante a poussé ses tiges, qui rampent sur le sol.
- Quand les tiges de l’arachide prennent une teinte jaune-brun, c’est-à-dire trois à quatre mois après le semis, la plante peut être récoltée.
- Les pieds d’arachides sont arrachés à la main, comme nos pommes de terre de France, puis laissés à sécher sur le terrain pendant quelques jours. Les gousses sont séparées des rameaux soit à la main, soit par un battage au moyen de bâtons. Les arachides sont ensuite conservés jusqu’à la vente, dans des paillottes ou « kroukrou », ou plus fréquemment, portées au négociant, à dos d’âne, de chameau, ou par voie ferrée.
- Au Sénégal, on estime qu’une famille indigène ne cultive au maximum que 70 à 80 ares d’arachides qui deman-
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- dent 150 à 160 journées de travail. Comme l’indigène ne fait que cela, on voit que les jours de farniente ne lui manquent pas, ce qui, d’ailleurs, convient parfaitement à son tempérament insouciant et paresseux.
- Les arachides destinés à l’exportation sont acheminés, par voie ferrée, jusqu’aux ports d’embarquement, où ils ne tardent pas à s’accumuler en véritables montagnes ou « seccos » bien connus des habitués des ports de l’Afrique Occidentale.
- Malgré les moyens rudimentaires de production, la quantité annuelle d’arachides récoltés en Afrique Occidentale française oscille entre 250 à 300 000 tonnes, avec un rendement moyen à l’hectare compris entre 500 et 700 kg.
- CULTCRE AUX ÉTATS-UNIS
- Bien que les arachides fussent introduits auxEtats-Unis dès les premiers temps de la colonisation, leur importance commerciale ne commença à se développer que vers 1870. Mais l’extension réellement industrielle de cette culture ne date que de 1910, époque à laquelle le charançon des capsules du coton (boll weevil) envahit les plantations de coton et oblige les fermiers américains à changer de culture. Les industriels qui, auparavant, travaillaient l’huile de coton, préconisèrent la culture de l’arachide, comme matière première de substitution convenant tout spécialement aux Etats du Sud.
- Durant la grande guerre, le Département de l’Agriculture mena une ardente campagne pour l’extension de la cuL ture de l’arachide.
- De nombreuses stations d’essais existent aux Etats-Unis et sont exclusivement réservées à l’amélioration des variétés d’arachides ainsi qu’aux essais culturaux.
- La culture, grâce à son extension considérable, a entraîné un développement corrélatif du machinisme agricole. Aux Etats-Unis, les fermiers américains disposent de semoirs mécaniques, de charrues récolteuses et de batteuses spécialement construites pour l’arachide.
- Les semis sont effectués en lignes, à écartement variable selon les régions et les variétés ; le sol est entretenu constamment en bon état d’humidité, grâce à des scarifiages fréquents et méthodiques selon les principes du dry-farming, si en honneur au Nouveau Monde... Inutile d’ajouter que les engrais, surtout potassiques, ne sont pas ménagés et que, dans ces conditions les rendements sont excellents, en dépit de circonstances climatiques parfois désavantageuses.
- On estime, en effet, que le rendement moyen est de 1200 à 2000 kg par hectare ; mais dans certains états de l’extrême sud, on a souvent observé des rendements de 2500 à 3000 kg par hectare.
- Une des particularités de la culture américaine est la mise en meule après l’arrachage, ou«curing », très en faveur dans les Etats de Virginie et de la Caroline du Sud. Les arachides sont disposés sur des chevalets de bois et restent trois à quatre semaines à sécher. On procède ensuite au battage au moyen de batteuses spéciales à grand travail, actionnées au moteur.
- Remarquons,, enfin, que les maladies de l’arachide sont rares et peu nombreuses, ce sont surtout quelques insectes
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- qui causent parfois, en certaines années, des dégâts heureusement peu importants.
- UTILISATIONS DES ARACHIDES
- La principale utilisation de l’arachide est l’extraction de l’huile au moyen de procédés industriels ; , mais au Sénégal et aux Etats-Unis ils entrent dans la consommation journalière sous forme d’arachides à grosses graines légèrement rôties dans leur coque. En France il n’y. a qu’une consommation restreinte, sinon tout à fait exceptionnelle.
- Les Américains consomment les arachides salés, ce sont des arachides rôtis qui ont été écossés, puis salés avant ou après que l’on a retiré la pellicule rouge. Dans les grandes villes américaines, des distributeurs automatiques débitent, pour une somme de dix cents, des paquets d’arachides salés qui sont très appréciés des gens pressés, ne voulant pas perdre de temps au restaurant.
- Le beurre d’arachide a également une grosse consommation outre-Atlantique, il est fait au moyen d’arachides rôtis, puis broyés et salés. Ce beurre sert à la confection de sandwichs. On estime à 50 000 tonnes la production du beurre d’arachide aux Etats-Unis.
- Enrobés dans le sucre ou le chocolat, les arachides offrent aussi un excellent débouché en confiserie et pâtisserie.
- Citons enfin la farine d’arachide utilisée dans l’alimentation et en pâtisserie.
- Au Sénégal, les indigènes procèdent, pour leur consommation personnelle, à l’extraction de l’huile, dans des conditions fort curieuses. Les graines sont séparées de la coque, puis nettoyées et pilonnées dans des mortiers au moyeu de pilons maniés de haut en bas. La pâte obtenue est mise à chauffer dans des marmites à double fond. Le chauffage se fait par la vapeur dégagée de l’eau placée dans le faux-fond, sous l’action d’une source de chaleur quelconque. Les trous du faux-fond sont bouchés avec du son de mil délayé dans de l’eau de manière que la vapeur puisse passer par les trous, mais que la pâte ne puisse tomber dans l’eau bouillante. Au bout d’une heure, la pâte est enlevée et pressée à la main; elle est très visqueuse et l’opération est fort pénible. Inutile d’ajouter que
- Fig. 5. — Une huilerie à Kaolack (Sénégal).
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- l’huile obtenue par pressage à la main n’est pas d’une grande pureté.
- Les indigènes fabriquent également un savon en malaxant des cendres végétales avec la pâte obtenue comme nous l’avons décrit.
- Dans les usines d’Europe, la préparation industrielle de l’huile est beaucoup plus complexe. Les arachides sont soigneusement nettoyés et débarrassés des poussières, puis dépelliculés au moyen de machines spéciales, qui les débarrassent en même temps du germe.
- Le broyage est fait entre des cylindres métalliques à vitesses différentielles qui provoquent, non seulement un écrasement, mais une déchirure des vésicules contenant les corpuscules gras.
- La farine obtenue est portée aux presses hydrauliques, on opère généralement une première pression à froid donnant 30 à 35 pour 100 d’huile surfine.
- On effectue ensuite deux ou trois autres pressions après malaxage à l’eau et broyage. Le tourteau restant, utilisé
- dans l’alimentation du bétail, contient encore 7 pour 100 d’huile.
- L’huile d’arachide obtenue est couramment employée dans l’alimentation et pour la préparation des conserves de sardines. Elle entre dans la composition des fromages de Hollande. Sur les marchés du Nord de l’Europe elle concurrence sérieusement l’huile d’olive et l’a même entièrement supplantée en maints endroits.
- Les huiles de seconde et troisième pression sont très recherchées pour la fabrication des savons blancs mousseux.
- L’importance de la plante mérite donc des efforts suivis dans notre colonie d’Afrique Occidentale, et plus spécialement au Sénégal. Depuis 1923, une station d’étude fonctionne à M’bambey et est spécialement chargée d’étudier l’introduction en Afrique des méthodes modernes de la culture américaine et la sélection des meilleures variétés.
- André Tréhard.
- L’UTILISATION DE L’ÉNERGIE THERMIQUE
- DES MERS
- LES RÉSULTATS D'ESSAIS DE L'USINE EXPÉRIMENTALE
- DE MATANZAS
- Dans notre précédent numéro, nous avons reproduit la communication de M. G. Claude décrivant la mise à l’eau des tubes destinés à remonter à la surface l’eau froide sous-marine. Dans une seconde communication faite à l’Académie des Sciences le 10 novembre dernier, M. Georges Claude a fait connaître les résultats obtenus dans l’usine expérimentale montée par lui à Cuba et utilisant cette eau froide pour refroidir le condenseur d’une turbine mue par la vapeur qu’émet l’eau chaude de surface bouillant dans le vide. ;
- Nous reproduisons ci-dessous cette communication.
- J’ai indiqué dans ma précédente Note (') comment s’est terminé heureusement par l’immersion correcte de mon troisième tube un effort de 2 ans.
- Le jour même de la connexion du tuyau à là côte, 15 septembre, la pompe Rateau du puits était mise en mouvement à l’allure de 4000 m3/h. Bientôt, l’eau du puits se refroidissait, donnant une température assez curieusement variable entre 13 et 16°, ce que j’ai d’abord attribué aux fluctuations des basses couches du Gulf Stream, conformément aux idées exposées par M. Idrac. Mais un défaut à une soudure dû tuyau, constaté ultérieurement au voisinage de la côte et provoquant à la faveur de la dépression une rentrée d’eau variable (!), a enlevé la netteté de nos conclusions, aussi bien à ce propos qu’à celui de la valeur du réchauffement. Celui-ci ne doit toutefois pas dépasser ni même atteindre 2°, puisque, malgré le mélange d’un peu d’eau de surface, on a enregistré un minimum de 11°,9 le 5 octobre de 6 h 30 à 8 h. 30 du matin, alors qüe les mesures de température à 600 m (profondeur probable de
- 1. (Voir La Nature, n° 2846).
- 2. Une dépêche reçue à l’instant du personnel resté pour démonter j’usine m’apprend que la tempête l’a beaucoup aggravée.
- l’extrémité du tube, les ballons destinés à indiquer la profondeur exacte ayant rompu leurs attaches pendant l’immersion) indiquent à cette profondeur une température variant entre 10 et 12°. Le défaut du tronçon A immergé depuis le 9 juin peut être attribué en partie au fait que la tranchée de protection, au lieu d’être creusée jusqu’à 17 m de profondeur, n’a pu être poussée par l’entrepreneur que jusqu’à 14 m. Ces faits sont d’ailleurs sans importance pour les installations futures dont les dispositions — à la faveur des enseignements acquis — seront tout à fait différentes.
- Ce pompage provoquait dans le puits une dépression de 3 m pour un débit de 1 m3/s, une vitesse dans le tube de 0,50 m/s et une température dans le puits de 13°. Cette dépression se réduisait à 0 m, 60, lors de l’arrêt de la pompe, après plusieurs oscillations de grande amplitude bien entendu.
- La perte de charge dans le tube intervient donc pour 2 m,40 et l’excès de densité de la colonne d’eau froide pour 0 m, 60. Ces résultats, relatifs à un tube de 1 m, 60 de diamètre, montrent combien peu d’énergie il en coûtera pour aller chercher l’eau froide au fond des mers. Dans les énormes tubes de l’avenir, des vitesses de 1 m par seconde donneront des pertes de charge inférieures à 2 m. Il est bien évident aussi que la question du réchauffement de l’eau pendant son ascension ne se posera plus pour de pareils tuyaux.
- Le 19 septembre, un excellent essai d’ébullition dissipait à son tour mes craintes que l’eau de mer, en raison de sa viscosité plus grande, ne produisît dans sa violente ébullition des mousses abondantes ,capables de démolir les turbines. En réalité, elle m’a paru se comporter aussi tranquillement que l’eau de la Meuse. On pouvait donc aussitôt procéder au montage de la turbine, que quelques difficultés prolongeaient jusqu’au
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- 1er octobre : ce même jour, la turbine mise en route avec des températures respectives de 27° et 15°,5 donnait une puissance de 10 kilowatts pour une consommation d’eau froide voisine de 250 litres par seconde. Ces résultats étaient progressivement améliorés jusqu’à 22 kilowatts, obtenus le 20 octobre dans les conditions suivantes :
- Consommation d’eau chaude et d’eau froide très peu supérieure à 200 litres par seconde.
- Température eau chaude : initiale 27°, finale 25°.
- Température eau froide : initiale 13°, finale 15°,
- Pression absolue au bouilleur 23 mm, au condenseur 16 mm (ce qui fait ressortir une grosse possibilité d’amélioration du condenseur).
- Yitesse de la turbine 3000 tours par minute, bien éloignée de la vitesse de régime 5500.
- Gaz dissous extraits du condenseur, 3 cm3 par litre d’eau.
- On a observé que certainement l’énergie dépensée pour le pompage et l’extraction des gaz était bien supérieure à 22kilo-wTatts et qu’en conséquence ma démonstration ne prouvait rien. Qu’on dépense à Matanzas bien plus de 22 kilowatts et même près de 100, je m’en suis expliqué longuement à l’avance, dans une conférence à l’Ecole Polytechnique que présidait notre regretté confrère M. Rateau (21 mai 1929). Il suffira de s’y reporter pour se convaincre de la manière dont l’événement a confirmé nos prévisions.
- Je dois en effet indiquer tout d’abord que les résultats précédents ont été obtenus avec un cinquième seulement de l’eau froide, le reste étant rejeté à la mer. En effet, un gros tube remontant beaucoup d’eau était indispensable pour éviter le complet réchauffement de l’eau durant son ascension — et cependant, je ne pouvais disposer que de ma turbine d’Ougrée, de grandes turbines fonctionnant sous de si' faibles pressions ne se construisant pas encore. Si la totalité de l’eau avait été employée, j’aurais donc produit 110 kilowatts bruts.
- D’un autre côté, si les raisons d’économie auxquelles j’ai été contraint après le désastre du premier tube ne m’avaient conduit à réduire à 1 m, 60 les 2 m de diamètre de ce premier tube, sa section de 50 pour 100 plus grande m’eût -permis de
- ..........—:..........—............= 533 '==
- remonter deux fois plus d’eau avec la même dépression de 3 m dans le puits et un réchauffement moindre — donc de produire pfus de 220 kilowatts bruts. %
- -Enfin, j’ai montré qup l’iénergie produite dans de semblables installations croît cqîmme le carré de la différence des températures. Si je ne /m’étais cru obligé, pour des raisons de prudence, à immerger mon premier tube, donc les autrès, aux faibles profondeurs de la baie de Matanzas, j’aurais ! pu bénéficier, dans les parages de Santiago de Cuba, d’ùn écart moyen de 24° (29° — 5°) au lieu de 14°, et recueillir une puissance trois fois plus grande, soit 660 kilowatts bruts — tout ceci sans tenir compte du rendement infiniment meilleur ; d’appareils beaucoup plus puissants.
- Quant à l’énergie requise pour les dépenses du système, je l’ai évaluée à 25 pour 100 de l’énergie produite, et n’ai aucune raison de revenir sur cette évaluation, que les constatations ci-dessus confirment pleinement. Tels quels,' ces chiffres font ressortir à 330 kilowatts bruts et à 250 kilowatts nets la puissance fournie par m3/s d’eau froide sous une différence de températures de 24° C.
- Si maintenant on prend en considération l’énorme amélioration résultant de l’emploi d’appareils très puissants à la place de mon unité de 50 kilowatts tournant à moitié de sa vitesse de régime et à moins de moitié de sa charge, et toutes les améliorations évidentes et possibles, on arrive à cette conclusion que, dans les conditions de température de Santiago de Cuba et dans les puissantes usines Claude-Boucherot de l’avenir, on obtiendra au moins cinq cents kilowatts nets par mètre cube d’eau froide par seconde.
- C’est un résultat magnifique, conforme à nos meilleures espérances.
- Enfin, mes réflexions de toute nature et la précieuse expérience que j’ai acquise me confirment dans Vopinion qu’il n’y aura pas de très grosses difficultés dans la réalisation de telles usines et que leur prix sera inférieur à celui des meilleures usines hydrauliques, inférieur même, pour les très grandes usines, à 2000 francs par kilowatt.
- Georges Claude.
- 'L’EVOLUTION DU MOTEUR DIESEL
- L’application du moteur Diesel à l’aviation, réalisée par Junkers en Allemagne, Packard aux Etats-Unis, Clerget en France, a attiré l’attention sur un engin qui débuta dans l’industrie avec un poids par cheval tel qu’il était impossible de lui prévoir une application même sur les véhicules industriels.
- Cependant en 22 années toutes les étapes ont été franchies. Nous allons les rappeler, très brièvement, pour aboutir à l’étude du Diesel actuel sans insister sur les nouveaux types « aériens » qui constituent des solutions très différentes de tous les modèles appartenant soit à l’industrie, soit à la navigation, soit à l’automobilisme.
- LE PRINCIPE DU MOTEUR DIESEL
- Rappelons tout d’abord le principe du moteur Diesel. On désigne aujourd’hui sous ce nom la classe des moteurs à combustion interne par opposition aux moteurs à explosion. Dans ces derniers, on comprime un mélange, opéré préalablement, d’air et de vapeurs ou gaz combustibles; puis à la fin du temps de compression une étincelle
- met le feu au mélange ; celui-ci explose et la pression dans le cylindre augmente brusquement, les gaz produits se détendent en produisant du travail, et sont expulsés du cylindre à la fin du temps de la détente.
- Dans le moteur Diesel, le processus est tout différent; on introduit d’abord dans le cylindre l’air de combustion, soit par aspiration au moyen du piston (moteur à 4 temps), soit par remplissage au moyen d’une pompe (moteur à 2 temps) ; puis le piston comprime l’air ainsi admis et le porte à une pression très élevée ; au cours de cette compression l’air s’échauffe et atteint une température élevée; le taux de compression est choisi assez élevé pour que cette température dépasse toujours très notablement le point d’inflammation du combustible. A la fin du temps de compression, on injecte le combustible dans le cylindre ; il s’y enflamme aussitôt et la combustion se poursuit à pression constante pendant toute la durée de l’injection. C’est donc une combustion continue d’une certaine durée au lieu d’une explosion instantanée. Puis l’introduction du combustible est arrêtée; les gaz
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- Diesel on ne descend jamais au-dessous de 30-35 kg, on atteint 72 kg dans le Diesel Junkers.
- On comprend, dans ces conditions, que le Diesel ait immédiatement manifesté une supériorité de rendement sur son aîné, le moteur à explosion. Enfin il brûle des huiles lourdes, de pouvoir calorifique supérieur à l’essence, de prix moins élevé, et dont le moteur à explosion jusqu’ici ne s’accommode pas. Ces huiles ont encore l’avantage d’être pratiquement ininflammables à l’air libre.
- Tous ces avantages justifient les efforts acharnés qui ont été déployés pour la mise au point du Diesel, et qui ont si bien réussi que ce moteur est aujourd’hui un concurrent dangereux de la machine à vapeur pour la propulsion des navires, par exemple.
- Ces efforts ont porté sur les points essentiels suivants : simplificalion et sécurité de l'injection du combustible, problème intimement lié à celui de combustion parfaite de la charge injectée; allégement du moteur grâce à des vitesses de rotation plus élevées, ceci exigeant avant tout une grande rapidité d’injection et de la combustion. Le problème de l’injection apparaît donc comme le problème capital dont la solution a conditionné toute l’évolution du moteur Diesel et dans ce qui suit nous exposerons le principe des solutions modernes.
- Assurer la combustion parfaite du liquide injecté est également un problème ardu. La combustion doit s'effectuer en effet en un dixième de tour environ, cela représente 1/30 de seconde pour un moteur lent tournant à 130 tours par minute, et 1/300 de seconde pour un moteur d’avion tournant à 1800 tours par mi-Fig. 2.— Reproduction microphotographique de brouillard de combustible obtenu, avant Vinflam- nute. Mais le problème se confond en
- mation du combustible, dans la chambre de combustion d’un moteur Diesel-Sulzer. Les goulles les pratique avec celui d’une bonneinjec-
- Plas grosses ont un diamètre de 0,06 mm. tion, d'une parfaite pulvérisation et
- du mélange intime avec l’air de la chambre de compression.
- HISTORIQUE ET APPLICATIONS DU MOTEUR DIESEL
- Vers 1890, l’ingénieur allemand R. Diesel avait présenté un mémoire intitulé Théorie et projet d'un moteur thermique rationnel destiné à supplanter les machines à vapeur et les moteurs thermiques actuellement en usage.
- Il prétendait réaliser un moteur fonctionnant rigoureusement suivant un cycle de Carnot et obtenir des rendements de l’ordre de 70 pour 100. Grâce à cet alléchant programme, Diesel put obtenir le concours de la Maschinen- fabrik Augsburg und Nurnberg (M. A. N.) et de Krupp. Des essais furent entrepris et l’on construisit un premier moteur à huile lourde. On s’aperçut bien vite que l’obtention d’un cycle de Carnot était pure utopie. Néanmoins, on put constater que le cycle réel, décrit ci-dessus, donnait en pratique des résultats intéressants, au point de vue du rende-
- Echappement
- Echappement
- Volumes
- Fig. 1. — Diagrammes théoriques d'un moteur à explosion (à gauche) et d'un moteur â combustion (à droite).
- chauds se détendent en continuant à produire du travail, jusqu’au moment où commence l’échappement assuré par le mouvement du piston dans les moteurs à 4 temps, et par une pompe de balayage dans les moteurs à 2 temps.
- Ainsi le Diesel offre l’avantage de supprimer l’allumage, avantage compensé il est vrai par les difficultés de l’injection du combustible sous haute pression.
- Mais surtout, de par son principe même, il est obligé de réaliser de très fortes compressions et, par suite, de hautes températures de combustion : condition qui lui permet de réaliser de très bons rendements; dans le moteur à explosion, le taux de compression est limité par le phénomène d’autodétonation du mélange combustible. Alors que les compressions à 7 kg sont des compressions très élevées pour le moteur à explosion, dans le
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- ment. A cette époque l’industrie n’utilisait guère, comme moteurs à explosion, que les moteurs à gaz, que l’on allumait par le moyen barbare des bougies chaudes. L’allumage automatique du Diesel parut alors un très grand avantage. L’industrie ne disposait, comme moteurs thermiques, que de la machine à vapeur alternative et du moteur à gaz pauvre, lui-même dans l’enfance.
- Le moteur Diesel se présentait d’emblée comme paré de grandes supériorités : consommation relativement faible d’un combustible alors bon marché, et simplicité des organes; la présence d’un compresseur pour assurer l’injection par l’air comprimé ne paraissait pas une complication, bien au contraire, à côté des auxiliaires nombreux de la machine à vapeur ou du gazogène.
- Le nouveau moteur suscita donc un vif intérêt et dès 1893 des modèles de petite puissance étaient présentés à l’Exposition de Monaco parM. A. N., Krupp et Gasmo-torenfabrik Deutz, et mis dans le commerce peu de temps après. En 1898, Dyckhofï de Bar-le-Duc entreprit en France, le premier, la construction de ces machines. Il faut bien dire que les premiers résultats ne répondirent pas aux espérances des promoteurs. On ne construisit tout d’abord que des machines de petite puissance, qui tournaient lentement et pesaient très lourd. Un moteur de 80 chevaux ne pesait pas moins de 300 kg au cheval. Les problèmes de construction étaient un peu déroutants pour des mécaniciens habitués surtout aux machines à vapeur. Bref le moteur Diesel était très coûteux et son fonctionnement n’était pas bien sûr. A la même époque, le moteur à explosion à essence se développait rapidement; la turbine à vapeur inaugurait son règne dans le domaine des grandes puissances. La plupart des partisans du Diesel se découragèrent. Mais les constructeurs allemands, avec une ténacité qui les honore, continuèrent leurs travaux de perfectionnement et de mise au point. Peu à peu, le moteur Diesel, toujours lent et lourd, était devenu une machine sûre; vers 1908 on construisait couramment des unités fixes de 12 à 250 chevaux, et beaucoup de centrales électriques de l’époque s’équipèrent avec ces machines, nettement plus économiques que la machine à piston. C’est à ce moment que les constructeurs de navires commencèrent à apercevoir l’intérêt du Diesel; désormais les progrès allaient être rapides et surtout trouver un stimulant énergique dans les rivalités des marines de guerre. On met au point les multi-cylindres et les moteurs à deux temps, on commence à équiper des voiliers avec des moteurs de secours; puis ce sont tous les sous-marins qu’on munit de moteurs Diesel; les puissances unitaires croissent rapidement. Enfin les formes s’affinent et se rapprochent peu à peu de celles adoptées pour le moteur à explosion.
- Dès 1910, la navigation de haute mer commence à recourir au nouveau moteur pour la propulsion des cargos. Pendant et après la guèrre, sous la poussée des exigences économiques, le moteur Diesel conquiert une très large place dans la marine de commerce; ce ne sont plus seulement les cargos qui l’emploient, mais
- même les paquebots de haut luxe et de gros tonnage. On construit aujourd’hui plus de navires à moteurs que de navires à turbines. Demain, sans doute, les grands bâtiments de guerre, cuirassés ou croiseurs, viendront à leur tour au Diesel.
- Mais la marine n’est pas aujourd’hui le seul domaine réservé au Diesel. Allégé et capable de vitesses de rotation élevées, le moteur Diesel reconquiert peu à peu à terre le domaine qu’il avait visé à sa naissance, celui réservé aux machines de puissance moyenne. U commence à équiper, en grand nombre, des camions automobiles, des groupes électrogènes.
- Le problème de la locomolive Diesel est à l’ordre du jour. C’est sur elle que l’on compte pour équiper le Transsharien. Enfin l’aviation entrevoit dans le Diesel le moteur à grand rayon d’action, à combustible bon marché et ininflammable qui lui permettra de devenir un moyen de transport économique et sûr.
- Ces vastes débouchés, cet avenir grandiose, le moteur Diesel les doit avant tout aux progrès réalisés dans ses dispositifs d’injection de combustible. C’est le sujet que nous allons maintenant examiner.
- Fig. 4. — Moteur Diesel-Sulzer de 250 ch pour ocomotive.
- Pulvérisateur
- Fig. 3. — Coupe schématique de la soupape à accumulation Sulzer pour injection sans air comprimé.
- A. aiguille à combustible. B. Piston d’accumulation (fourreau). C. Espace d’accumulation. D. Butée du piston, servant à entraîner l’aiguille. E. Ressort de fermeture. F. Ressort déblocage. G. Levier de commande.
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- Chambre ' à air
- Double cône
- Bougie daffumage. ( départ)
- Echancrure
- Piston
- Injecteur
- Fig. 5. — La culasse et le dispositif d’injection du moteur Diesel-Saurer pour camion automobile.
- L’INJECTION
- A l’origine, l’injection s’effectuait à l’aide d’air comprimé fourni par un compresseur à 60 kg qui assurait d’abord le démarrage, puis l’entrée et la pulvérisation du liquide combustible dans le cylindre.
- Actuellement l’injection à l’air comprimé tend à disparaître au profit de l’injection mécanique; celle-ci a permis de supprimer le poids mort du compresseur et de récupérer la puissance qu’il absorbe, avantages ayant pour conséquences la diminution du prix de revient et un meilleur coefficient de rendement.
- Toutefois, l’air comprimé avait l’avantage de favoriser le brassage intime de l’air et du liquide.
- Il n’en est plus de même avec les procédés d’injection mécanique, car un jet de liquide pénétrant dans une masse d’air immobile ne va pas bien loin; il devient donc nécessaire d’agiter violemment cette masse d’air pour obtenir le même résidtat. Dans certaines solutions adoptées, on a eu recours à une antichambre communiquant avec le cylindre par un passage étroit et dans laquelle un com-
- Fig. 6. — Le moteur Diesel-Saurer 6 cylindres de 80 ch pour camion.
- mencement de combustion provoque une vive turbulence de l’air; dans d’autres systèmes on fait appel à une admission tangentielle d’air frais pour produire d’abord le balayage des gaz brûlés et ensuite la turbulence ; mais l’un et l’autre système ont pour conséquence d’augmenter la quantité de chaleur transmise aux parois du cylindre et par conséquent d’éliminer des calories par l’intermédiaire de l’eau de refroidissement.
- Cet inconvénient mis à part, qu’il paraît d’ailleurs impossible de supprimer, le problème de l’injection mécanique est conditionné par trois éléments étroitement solidaires : la durée de l’injection, la pression qui l’accompagne et la section totale du passage dans les buses du pulvérisateur. Or cette dernière donnée découle des deux premières supposées techniquement déterminées. Il semble cependant qu’il soit toujours possible de subdiviser la section d’écoulement en autant d’ouvertures qu’il sera nécessaire pour réaliser la division du jet et sa pulvérisation.
- De nombreuses expériences ont été faites à ce sujet à l’Ecole Polytechnique de Munich par les ingénieurs de la maison Sulzer frères. La photographie (fig. 2), obtenue au cours d’essais de pulvérisation, montre que le jet sortant d’une ouverture de 0 mm 8 en gouttelettes de 0 mm 1 de diamètre ne se décompose en gouttelettes plus fines qu’à une certaine distance dans de l’air comprimé à 300 kg.
- Les organes d’injection.— Les organes d’injection : une pompe à combustible et un injecteur, peuvent être classés en deux catégories. La première comprend les appareils réalisant l’injection directe avec pompe à refoulement discontinu; la deuxième, dite à injection indirecte, est basée sur l’accumulation du combustible. L’injection directe se rencontre sur presque tous les moteurs parce qu’elle paraît la plus logique, la durée de l’injection correspondant pratiquement avec celle du refoulement de la pompe. Nous nous arrêterons d’abord à ce système.
- La pompe à combustible est destinée à envoyer à l’injecteur la quantité de liquide régulièrement dosée et sous une pression convenable. Il est facile de comprendre que cet organe doit être construit avec une très grande précision, surtout lorsqu’il est appelé à équiper des moteurs rapides qui ne demandent souvent que 10 mm° de combustible à chaque temps moteur et cela avec une pré -cision de 1 millième de seconde. Dans les grands moteurs, le problème est moins délicat parce que le volume du liquide refoulé peut atteindre 10 cm’.
- D’autre part, la plupart des constructeurs ayant admis le système de pompe indépendante pour chaque cylindre, il en résulte que la construction de ces pompes doit être d’une rigoureuse exactitude pour réaliser l’envoi d’une même quantité de liquide à chaque cylindre.
- Les pompes peuvent être groupées en un bloc unique bien que nettement séparées les unes des autres pour assurer l’alimentation indépendante de chaque cylindre. La solution paraît avantageuse parce que toutes sont commandées par le même arbre portant autant de cames qu’il y a de pompes. Le mécanisme de réglage est également solidaire de ce même bloc.
- Lorsque les pompes sont séparées, elles appartiennent ’
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- Fig. 7. — Camion Saurer à moteur Diesel.
- en propre à chaque cylindre et sont commandées comme les soupapes par une came spéciale calée sur l’arbre de distribution.
- L’avantage principal d’une telle disposition réside dans la possibilité de vérifier une pompe ou un système d’injection sans arrêter le moteur.
- Enfin certains constructeurs ont combiné un ensemble pompe-injecteur qui permet d’éviter les longues conduites de refoulement.
- Pour obtenir les variations de puissance, il est nécessaire de modifier la dose de combustible qui sera extrêmement réduite au ralenti et maximum à la grande vitesse. Si on agit sur la course du piston de la pompe, on fait intervenir une came conique capable de se déplacer le long de son arc sous le poussoir du piston;la commande se fait par un levier de manœuvre. Si le piston est à course constante, on fait intervenir un by-pass qui, par un mécanisme spécial, renvoie au réservoir la quantité de liquide qui ne doit pas parvenir au cylindre. Ce mode de réglage est très répandu. On trouve également un système de pompe à course constante dans lequel le réglage est obtenu par l’orientation du plongeur.
- L’injection est également assurée de plusieurs manières. Dans certains moteurs elle s’effectue directement dans la chambre d’explosion grâce à des pressions de refoulement très élevées de 270 à 350 kilogrammes et, dans certains cas de 690 kilogrammes (moteurs Junkers). On obtient ainsi des jets de liquide animés d’une très grande vitesse initiale à l’entrée dans le cylindre : il en résulte une bonne pulvérisation et un bon mélange.
- Les moteurs à antichambre comportent une chambre supplémentaire, ménagée dans la culasse, où s’effectue le début de la combustion pour obtenir, ainsi que nous l’avons dit plus haut, une turbulence favorisant la deuxième phase de la combustion. Dans ce cas, l’injection commence toujours plus tôt que dans les moteurs à injection directe. Dès que la première phase de la combustion a commencé, la pression intérieure qu’elle élève dans la chambre précipite l’air, le liquide et les gaz enflammés dans le cylindre au travers d’un ou de plusieurs orifices étranglés. Le liquide non brûlé se trouve réchauffé, pulvérisé et convenablement mélangé à l’air.
- Dans certains cas, la chambre supplémentaire est un simple réservoir d’air alimenté pendant la compression. L’injection du liquide a lieu, non dans cette chambre,
- mais dans le passage étranglé qui la relie à la chambre d’explosion. Dès que la pression est suffisante (point mort supérieur du piston) le liquide s’enflamme dans l’étranglement et l’air de la chambre supplémentaire se précipite en l’entraînant dans la chambre normale de combustion au moment précis où le piston commence à descendre. Ces réservoirs d’air sont généralement ménagés dans la culasse : il en existe également dans le piston.
- Il nous reste à dire quelques mots des injecteurs mécaniques qui équipent actuellement à peu près tous les moteurs Diesel. Les uns sont à buse ouverte; ils reçoivent directement le combustible de la pompe pour l’envoyer dans la chambre de combustion. Ils ne comportent, de ce fait, aucun mécanisme, mais les trous de pulvérisation doivent être calculés avec une très grande précision (0 mm 126 de diamètre). On reproche à ces injecteurs la formation d’une gouttelette d’huile après chaque injection; cette gouttelette donne naissance à un dépôt charbonneux autour des trous de sortie. D’autre part le système nécessite un filtrage rigoureux de l’huile afin d’éliminer tout corps étranger de dimension supérieure ou égale à 0 mm 126.
- Les injecteurs à buse fermée sont plus compliqués, mais bénéficient d’une marge d’ouverture assez large. Ce sont des sortes de soupapes constituées par une aiguille mobile dans un cylindre et ouvrant le trou d’injection au moment favorable. L’aiguille est assujettie sur son siège par un ressort ; mais, sous l’action de la pression d’huile envoyée par la pompe, l’aiguille se soulève et le combustible se précipite dans la chambre de combustion. Comme la pression baisse aussitôt, le ressort chasse l’aiguille sur son siège pour arrêter la projection d’huile.
- Fig. S. — Fonctionnement du moteur Mercédès-Benz à antichambre.
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- Fig. 9. — Vue extérieure du moteur Diesel, « Mercédès-Benz », à 6 cylindres pour camions.
- U accumulation. — La maison Sulzer frères qui a étudié dans ses laboratoires toutes les conditions de fonctionnement de tous les organes d’alimentation a abouti à une formule, déjà envisagée par M. Dumanois, qui consiste à considérer la pompe à combustible comme une simple pompe à débit continu accomplissant son travail pendant la période de temps comprise entre deux injections successives, en quelque sorte à contretemps. On constate de suite qu’un tel système est assuré d’une précision plus grande que celui qui consiste à actionner la pompe seulement pendant la période d’injection. Dans ce cas il est nécessaire de faire intervenir un accumulateur à la sortie de la pompe et un obturateur entre cet accumulateur et la buse d’injection.
- L’application d’un tel système peut être envisagée de plusieurs manières ; comme il nous est impossible d’entrer
- Fig. 10. — Coupe de la tête du moteur Mercédès-Benz.
- dans la technique du problème, nous nous contenterons d’ajouter que la solution définitivement adoptée comporte l’emploi d’une soupape à accumulateur représentée schématiquement en coupe figure 3.
- La dose de combustible nécessaire à une injection est, à la fin de l’injection précédente, refoulée dans la soupape à accumulateur et emmagasinée dans l’espace C qui constitue l’accumulateur. Pendant cette période de temps, l’aiguille ou soupape à combustible A repose sur son siège, bloquée par le ressort extérieur F agissant sur le levier de blocage G. Lorsque le nez de la came se présente en face du galet, il le pousse, l’aiguille est alors libérée et elle se soulève sous l’effet de la pression du combustible. Sur celui-ci appuie le fourreau B, dit piston d’accumulation, sollicité par le ressort E. Le liquide est alors chassé dans le cylindre, mais vers la fin de sa course, le fourreau, qui est pourvu d’une butée D rencontre l’épaulement de l’aiguille qu’il chasse de haut en bas pour fermer l’injecteur. Aussitôt, le nez de la came n’étant plus en contact avec le galet du levier de blocage, ce dernier appuie sur l’aiguille et la bloque. La soupape est alors prête à recevoir une nouvelle charge de combustible.
- Dans ces conditions, le nombre et le diamètre des trous d’injection n’ont plus d’influence sur la pression d’injection qui est indépendante de la vitesse du moteur et la durée de l’injection peut être choisie librement. De plus, la distribution et l’avance à l’allumage peuvent être modifiées pendant la marche.
- Avec la soupape à accumulation la consommation d’huile se réduit à 170 gr par cheval effectif et par heure pour des cylindres de 360 à 580 mm d’alésage. Des modifications de détail sont apportées à cette soupape pour l’appliquer aux petits moteurs.
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- Nous allons maintenant passer à la description de quelques dispositifs choisis parmi les plus récents, et nous étudierons, pour terminer, avec quelque détail l’ensemble du moteur Junkers qui se signale par une grande originalité mécanique.
- MOTEUR SAURER
- C’est là un type de moteur avec chambre à air ménagée dans la culasse. On remarque (fig. 5) que le piston porte une échancrure qui constitue une amorce de la chambre de combustion quand le piston est à son point mort haut. A ce moment, la compression de l’air est à son maximum dans la chambre à air et dans la partie ménagée à la suite de l’étranglement de cette chambre (espace mort). L’injecteur envoie le combustible à ce moment; il s’enflamme aussitôt ; mais le piston commence en même temps sa descente, créant une dépression derrière lui. L’air de la chambre supérieure se précipite alors dans le cylindre entraînant le combustible qui continue à brûler pendant une partie de la course du piston. Pour faciliter les départs à froid chaque cylindre porte une bougie à résistance spirale chauffée par le courant d’unë batterie et débouchant dans l’espace mort. Le moteur pour camions Saurer peut tourner à 2500 tours en pleine charge et à 3000 tours à vide.
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- MOTEUR MERCÉDÈS-BENZ
- Ce moteur est pourvu d’une chambre de précombustion partiellement refroidie. Le liquide y subit un commencement de combustion, puis l’air, les produits de cette combustion et le combustible en gouttelettes se précipitent dans le cylindre où la combustion se termine. C’est, comme le précédent, un moteur à quatre temps qui fonctionne de la façon suivante (fig. 8) : pendant l’aspiration, la soupape A laisse pénétrer l’air pur dans le cylindre. Dès que le piston prend sa course ascendante, il comprime l’air aspiré (les soupapes A et E sont fermées) à une pression provoquant la production d’une température de 550 à 600 degrés. Quelques instants avant l’arrivée du piston au point mort supérieur, le combustible liquide est refoulé sous une pression de 60 à 70 kg par
- cm2 par la pompe vers la soupape à combustible. Le ressort de cette soupape se comprime ; le pointeau d’injection laisse alors le liquide s’échapper dans la chambre de précombustion D. Au contact de l’air comprimé le combustible s’enflamme, se consume partiellement, se décompose et se vaporise. Il se produit donc un mélange de vapeur d’huile non brûlée et de gaz d’huile brûlée qui détermine une surpression dans la chambre D permettant l’entrée du mélange dans l’air du cylindre.
- Comme dans tous les moteurs à chambre de précombustion, la combustion préalable n’intéresse qu’une faible partie du liquide injecté. La combustion se contenue et se termine dans le cylindre, au contact de l’air pur porté à une certaine température par la compression, mais sans augmentation de pression puisque le piston commence sa course descendante. On réalise ainsi la combustion à pression constante.
- Quant à l’échappement, il se produit simplement par la remontée du cylindre refoulant le gaz à travers la soupape A ouverte comme dans un moteur à explosion.
- La mise en route s’effectue également comme dans le précédent moteur par une spirale chauffée électriquement qui pénètre dans la chambre de précombustion.
- LE SYSTÈME D’INJECTION BOSCH
- Le système d’injection Bosch est appliqué sur un grand nombre de moteurs pour camions. Il réalise le principe de l’injection à buse fermée avec un bloc de pompes
- installé sur le moteur comme une magnéto; l’ensemble est entraîné par l’arbre moteur avec accouplement élastique actionnant un arbre spécial pourvu d’autant de cames qu’il y a de cylindres à alimenter. Un piston parcourt le corps de 23ompe: il est susceptible de prendre un mouvement de rotation quand il se rapproche de la fin de sa course ascendante. Le rappel du piston vers le bas s’effectue par un ressort à boudin enveloppant le corps de pompe.
- Le début de l’injection est réglé par un mécanisme spécial placé sur le côté de la pompe qui permet de faire varier le calage de l’arbre à cames par rapport au vilebrequin du moteur.
- Il est nécessaire de régler non seulement le moment favorable à l’injection, mais aussi le Fig. 13. — Principe de la pompe à combus-débit du COmbus- lible et de la régulation du moteur Diesel de tible qui doit va- ^a Société Générale de Constructions Méca-• • . i niques (Svstème M. A. N.).
- ner suivant la '
- puissance à développer à chaque cycle. C’était là une grosse difficulté à résoudre puisque le débit se réduit à quelques millimètres cubes.
- Pour obtenir ce résultat, la partie supérieure du piston a été pourvue d’une rainure hélicoïdale communiquant avec un évidement circulaire également pratiqué dans le piston; la rainure met en communi-
- Tige de vérification
- p3 Vis de réglage du ressort
- Ressort
- Canalisation à combustible venant de la pompe
- Piston
- Cosse ou aiguille
- I * ''ÿ
- Orifice dînjectic
- Fig. 12.
- Projecteur système Bosch.
- vers lïnjectecrr
- Soupape
- Corps de pompe\
- Aspiration
- )spiration
- Secteur denté
- Crémaillère s Tige coulissante
- Rainure — hélicoïdale
- Evidement
- circulaire
- Liaison avec —I l’accélérateur I
- ^ \ Manchon % tournant
- Goupille
- Ressort
- sappe
- Poussoir
- Arbre à
- Fig. 11. — Pompe d’injection Bosch.
- vers ïïnjecteur Clapet de retenue
- Clapet de refoulement
- Arrivée du combustible
- vers le
- Cylindre
- Ambre de régulation
- Arbre des cames
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- Fig. 14. — L’injecleur M.A.N. : à gauche, l’appareil complet; à droite ses pièces détachées.
- cation la capacité du cylindre avec l’évidement circulaire. De plus le piston est animé d’un mouvement de rotation dont l’amplitude lui est communiquée par une tige coulissante reliée à l’accélérateur du véhicule. C.ette tige commande une crémaillère qui engrène constamment
- Fig. 15. — Vue d'ensemble d’un moteur Diesel marin de la Société Générale de Constructions Mécaniques (Système M. A. N.).
- avec un secteur denté appartenant à un manchon tournant.. Ce manchon porte à la partie inférieure deux fentes diamétralement opposées dans lesquelles viennent s’engager les deux extrémités cl’une goupille solidaire du piston lorsque celui-ci est près d’atteindre le sommet de sa course ascendante.
- Le croquis très schématique que nous avons établi montre le piston au point mort bas (fxg. 11). On voit que les ouvertures mettant en communication l’aspiration avec la capacité du cylindre sont entièrement ouvertes; le corps de pompe est donc plein de combustible. Dès que le piston commence à s’élever, la pression monte et le combustible, ouvrant la soupape supérieure, pénètre dans l’injecteur et de là dans le cylindre. Mais, un peu plus tard, la base de rainure se trouve en face de l’orifice de droite de l’aspiration, alors que sa partie supérieure se trouve au-dessus de l’orifice de gauche. Aussitôt le combustible contenu dans la capacité cylindrique refoule, par cette rainure, dans la capacité d’aspiration.
- L’alimentation du cylindre dure donc seulement pendant l’espace de temps compris entre l’instant où le piston a communiqué une pression suffisante au combustible pour lui permettre d’ouvrir la soupape et celui où la rainure hélicoïdale vient se placer en face de l’ouverture d’aspiration de droite. Or cette position est régularisée par le mouvement rotatif du piston réglé lui-même par l’accélération. Le débit de la pompe se trouve ainsi mécaniquement assuré avec une très grande précision.
- Voici maintenant comment est construit l’injecteur. Il comporte un corps de pompe à la base duquel se trouve un petit piston terminé par un cône ou aiguille reposant exactement sur le siège de l’orifice d’injection. Un ressort oblige cette aiguille à s’appliquer sur son siège et sa tension peut être réglée en agissant sur une vis supérieure. Cette vis livre passage à une tige de vérification de la descente de l’aiguille.
- Le combustible venant de la pompe arrive sous pression dans un espace annulaire entourant la base de l’aiguille et refoule celle-ci pour livrer passage à l’huile qui se précipite dans le cylindre par l’orifice d’injection.
- Ainsi que nous l’avons vu, c’est de la pompe que dépend le volume de l’huile injectée et même la pulvérisation qui, pour être suffisamment fine, doit s’effectuer sous une pression élevée. D’autre part cette pompe ne peut admettre l’entrée d’aucune bulle d’air, si ténue soit-elle, parce que son élasticité aurait pour effet de troubler la régularité du jet. C’est encore par la pompe que l’on peut faire varier l’avance à la combustion qui correspond à l’avance à l’allumage dans les moteurs à explosion. Par ces perfectionnements, on est arrivé à réaliser une sorte de compromis entre le cycle Diesel et le cycle Beau de Rochas pour obtenir une combustion qui se rapproche d’une véritable explosion et augmente la vitesse du piston moteur. La pression de combustion est de l’ordre de 45 kg.
- LE MOTEUR M. A. N.
- C’est un moteur à quatre temps destiné à la marine, dans lequel l’injection mécanique a été réalisée par une pompe et un injecteur par cylindre. On peut ainsi procéder au démontage d’une pompe ou d’un injecteur pour
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- vérification ou réparation sans arrêter le moteur. Le démarrage s’effectue à l’aide d’air comprimé dans un réservoir spécial timbré à 30 kg, le compresseur étant indépendant du moteur. Nous insisterons seulement sur les organes d’alimentation.
- La pompe (fig. 13) comporte un piston de grande longueur logé dans un cylindre très résistant au-dessus duquel aboutit l’arrivée du combustible. Quand le piston s’élève, le clapet de refoulement laisse passer le liquide dont la pression lui permet de se livrer un passage sur la tuyauterie d’injection en soulevant un deuxième clapet dit de retenue. Ce dernier est destiné à empêcher l’air du cylindre de venir désamorçer la pompe.
- Au moment où la quantité de combustible suffisante a été introduite dans le cylindre, l’arbre de régulation intervient pour dévier le liquide vers le réservoir d’alimentation par l’ouverture automatique d’un clapet qui provoque la fermeture des deux clapets de la pompe. Le réglage très précis et la longueur du corps de la pompe d’alimentation ne permettant aucune fuite, la quantité de liquide juste nécessaire est envoyée à l’injecteur. Ce réglage varie nécessairement avec chaque type de moteur.
- L’injecteur appartient au type dit à buse ouverte. Il comporte un corps extérieur et un tube central sur lequel vient se fixer le tube alimentaire venant defla pompe et qui se termine par un gicleur. Afin d’éviter la formation de gouttelettes d’huile, une circulation d’eau a été ménagée entre le corps extérieur et un cylindre creux intermédiaire.
- Dans ce moteur la compression de l’air est de 28 kilogrammes; le combustible est injecté sous une pression de 250 à 300 kg (fig. 15).
- LE MOTEUR CHALEASSIÈRE-JUNKERS
- La solution représentée par ce moteur est extrêmement originale et intéressante. C’est un moteur à deux temps, à pistons opposés se déplaçant en sens inverse dans un même cylindre, le piston supérieur ouvrant et fermant les orifices de balayage quand il est en haut de sa course et le piston inférieur ouvrant et fermant les orifices d’échappement dans la partie basse de sa course Ce système mécanique, fort avantageux à beaucoup d’égards, avait été essayé autrefois par Gobron pour les moteurs à explosion.
- Le vilebrequin comporte trois manivelles. Le piston inférieur est relié par sa bielle à la manivelle centrale et le piston supérieur par deux bielles latérales aux deux autres manivelles. Comme l’explosion chasse les deux pistons dans deux directions opposées, la bielle centrale travaille à la compression tandis que les deux autres travaillent à la traction. Ces deux dernières bielles sont articulées aux extrémités d’une traverse articulée elle-même sur la partie supérieure du piston. Enfin les manivelles du vilebrequin sont calées à un angle voisin de 180 degrés afin de permettre l’ouverture des orifices d’échappement avant celle des orifices de balayage et la fermeture de ces derniers après celle des premiers.
- Les deux pistons se déplacent dans un cylindre sans culasse, entouré d’une chambre de circulation d’eau. La chambre de combustion est la région comprise entre
- les deux pistons. La paroi.'du cylindre porte, au milieu de sa hauteur, les ouvertures du passage du ou des pulvérisateurs, de la soupape de lancement et d’une soupape de sûreté. Les orifices de balayage sont découpés à la partie supérieure et ceux d’échappement à la partie inférieure.
- L’air nécessaire au balayage des gaz brûlés et à la combustion est refoulé dans la chambre de combustion par une pompe de balayage.
- Le piston de cette pompe est attelé au piston moteur supérieur tandis que le cylindre est constitué par la paroi du carter qui entoure la partie supérieure du moteur. Ce piston aspire l’air extérieur à travers des clapets placés dans le fond supérieur du carter. Cet air aspiré pendant la période de compression du moteur est refoulé pendant le temps de détente et dans la chambre de combustion à travers les lumières de balayage percées obliquement (fig. 16) dans l’épaisseur de la paroi, pour l’obliger à prendre un mouvement de rotation autour de l’axe du cylindre. Ajoutons que ce mouvement persiste pendant la compression : la combustion s’effectue donc dans un milieu « turbulent » qui la favorise et réduit la consommation de combustible.
- L’injection est assurée dans chaque cylindre par une pompe dont le piston est actionné par une came articulée sur l’arbre manivelle. Le liquide est refoulé à travers un prdvérisateur dans la chambre de combustion constituée par l’espace compris entre les deux pistons et le cylindre. Le combustible est étalé par le pulvérisateur sous la forme d’un éventail dont le plan fait un angle d’environ 45° avec l’axe du cylindre.
- Notre figure 17 représente la succession des opérations pendant la durée d’un aller et retour complet des pistons moteurs. Tout d’abord les pistons se rapprochent, comprimant l’air frais qui s’échauffe tandis que le piston-pompe aspire l’air au-dessus de lui : à fin de course, le
- Fig. 17. —- Schéma du fonctionnement du moteur Diesel-Junkers, à 2 temps et à pistons opposés.
- Fig. 16.
- Coupe du moteur
- Cha léass ière-J unkers.
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- combustible est injecté entre eux par la pompe; il s’enflamme; la combustion se poursuit et les deux pistons s’éloignent l’un de l’autre tandis que le piston-pompe refoule en dessous de lui l’air frais précédemment aspiré. Puis, le piston inférieur découvre les lumières d’échappement et l’échappement commence. La course des pistons continue encore pendant quelques instants; le piston supérieur découvre alors les lumières d’admission, l’air frais refoulé précédemment par le piston-pompe s’y précipite, balaie devant lui les gaz brûlés et sort par les orifices d’échappement jusqu’à ce que les 2 pistons moteurs repartant en sens inverse se dirigent à nouveau l’un vers l’autre, ferment successivement les lumières d’admission, puis celles de balayage; la phase de compression recommence et ainsi de suite.
- Le système des pistons opposés est un de ceux qui
- permettent de réaliser dans un moteur à deux temps de la façon la plus rationnelle les opérations d’introduction de l’air frais et du balayage de l’air brûlé; opérations qui dans le cycle à 2 temps exigent toujours l’intervention d’un organe supplémentaire jouant le rôle de pompe.
- Mais nous ne pouvons terminer cette étude déjà longue sans signaler qu’il existe bien d’autres systèmes de moteurs à 2 temps ; c’est ainsi que dans les gros moteurs Diesel marins à deux temps les opérations de balayage sont souvent effectuées par des soufflantes centrifuges indépendantes, celle-ci permettent en outre de réaliser la suralimentation du moteur, ce qui, comme l’a montré M. Rateau, donne un moyen précieux d’accroître la puissance d’un moteur de dimensions données.
- Lucien Fournier.
- TRANSFORMATIONS APPARENTES DES PEINTURES EN SCULPTURE
- Transformer en sculpture un tableau serait du domaine de la sorcellerie. Une telle transformation peut cependant être réalisée en apparence par la science, cette forme moderne de la sorcellerie.
- La minuscule découverte permettant cette transformation n’a pas évidemment une importance considérable. Elle aura cependant peut-être pour conséquence une nouvelle méthode d’observation des tableaux et d’évaluation de leur valeur artistique.
- Fig. 1. — Un tableau, regardé à travers une lentille bi-convexe, prend l’apparence d’une sculpture.
- Pour réaliser la transformation précédente, il suffit de se procurer une de ces lentilles bi-convexes d’environ 10 cm de diamètre et de 20 à 25 cm de longueur focale tenue par un manche dont se servent quelquefois, pour faciliter la lecture, les personnes âgées.
- C’est avec ce modeste instrument que nous allons donner l’apparence d’une sculpture à un tableau représentant un sujet quelconque, un portrait de femme, par exemple. Pour y arriver, il suffira de la toute petite dose de patience nécessaire pour réaliser les opérations suivantes :
- 1° Décrocher du mur le tableau à examiner; 2° le placer verticalement la tête en bas sur une table à la hauteur de l’œil, à côté d’une fenêtre, de façon à l’éclairer latéralement ; 3° se placer à 3 ou 4 m du tableau, allonger complètement le bras avec la lentille tenue à l’extrémité de la main en face de l’œil.
- L’observateur ne verra d’abord qu’une image tout à fait confuse; mais en rapprochant ou éloignant lentement la main du portrait, il verra après quelques tâtonnements l’image renversée se redresser brusquement et se transformer en statue suivant la juste expression du peintre G. Granger à qui je montrais cette transformation.
- Pour que l’expérience réussisse complètement, c’est-à-dire pour que la peinture devienne aussi saillante qu’une sculpture, il ne faut pas que le tableau observé soit trop au-dessous du médiocre, lès infériorités ne s’améliorent pas et toutes les déformations tératologiques de certains artistes modernes ne font que s’exagérer.
- Si donc avec cette méthode d’observation la beauté d’un tableau s’accroît, la laideur s’accroît également et c’est pourquoi cette méthode d’observation pourrait devenir un moyen excellent de fixer les incertitudes d’un jury de peintres chargé de classer suivant leur valeur une collection de tableaux.
- La méthode d’observation que je viens de décrire pourrait
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- Fig. 2. — Une galerie de tableaux, équipée avec des lentilles.
- être considérablement simplifiée s’il s’agissait d’observer tous les tableaux d’un musée. Au'lieu de tenir la lentille d’observation à la main, il suffirait de fixer sur un pied une lentille à quelques mètres de chaque tableau (l). L’observateur serait maintenu à la distance suffisante de chaque lentille par une petite balustrade. Quelques mouvements de la tête en avant ou en arrière pour rapprocher ou éloigner l’œil de la lentille permettraient une mise au point exacte. On trouvera ici la figure d’un de ces futurs musées de l’avenir.
- Les explications qui précèdent permettent de produire avec une simple lentille convexe un phénomène d’aspect paradoxal. Il est possible, avec le même instrument, d’obtenir un autre phénomène d’aspect plus paradoxal encore.
- Personne n’ignore que c’est au moyen de lentilles concaves que se corrige la myopie. Avec une lentille suffisante, un myope moyen lira assez facilement les caractères d’un journal ordinaire à 30 cm environ de l’œil.
- Faire lire au même myope, à 1 m de distance, avec une lentille convexe le journal qu’il ne pouvait lire qu’à 30 cm avec une lentille concave semble théoriquement impossible.
- La solution de ce petit problème est cependant très simple.
- Sa réalisation s’obtient en opérant exactement comme nous l’avons fait quand il s’agissait d’observer un tableau.
- Le journal à lire sera fixé la tête en bas avec une épingle sur une surface verticale.
- 1. Renversé comme il a été expliqué plus haut.
- Pour lire redressés, les caractères renversés du journal, l’observateur, assis à une distance d’un mètre environ, tiendra la lentille à l’extrémité de son bras comme nous l’avons indiqué pour la vision en relief des tableaux. De légers mouvements de la main en avant ou en arrière permettront une mise au point rapide.
- Je ne considère pas assurément ce procédé de lecture comme possédant une utilité très pratique. Les myopes feront bien de garder leurs lunettes. Les amateurs de problèmes originaux seront seuls à trouver un intérêt quelconque à cette expérience.
- Je n’exposerai pas une théorie des phénomènes précédents. Elle serait contestable comme le sont, d’ailleurs, la plupart des théories de la physique moderne. Il y a un demi-siècle, nous savions en quoi consistait la lumière, l’électricité, la chaleur, la pesanteur et toutes les forces utilisées chaque jour. Nous ne le savons plus aujourd’hui. Comme le fait justement observer Lucien Poincaré, la compréhension des phénomènes les plus simples en apparence, le fonctionnement d’une sonnette électrique, par exemple, est très au-dessus des ressources de notre intelligence. Il semblerait qu’à mesure que les découvertes sceintifiques grandissent, leur interprétation devient de plus en plus incertaine.
- Les savants ignorent la raison première des phénomènes, les ignorants seuls ont conservé les vieilles certitudes qu’une science à son aurore croyait avoir établies pour toujours.
- D1' Gustave Le Bon.
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- LES TRUFFES
- Les truffes sont des champignons de la famille des Tubéracées et comprennent plusieurs espèces. La plus estimée est la truffe noire, comestible, dont le sol français détient le monopole exclusif et dont le volume varie de la taille d’une noisette à la grosseur du poing.
- Son nom scientifique est Melanosporum, rappelant les graines noires qu’elle contient dans les petits sacs qui constituent sa chair. L’exploitation la nomme « rabasse »; le commerce, truffe noire du Périgord»; la gastronomie,
- « truffe des gourmets ». Quant à l’art culinaire, il délégua Brillat-Savarin au baptême de la pupille et le célèbre auteur de la Physiologie du Goût l’appela : « diamant noir de la cuisine ».
- Ces champignons se rencontrent dans les terrains jurassiques et crétacés, nous dit M. Bacon. Ils affectionnent particulièrement les garrigues du Midi et les causses du Sud-Ouest. Il semble que les plateaux calcaires du Périgord leur offrent l’habitat idéal, car ils s’y développent admirablement et y ont acquis des qualités tout à fait remarquables.
- Certes, on trouve des truffes en d’autres points de France, notamment dans les régions de Vaucluse, des Basses-Alpes, de la Drôme, du Lot-et-Garonne, de l’Ardèche, des Bouches-du-Rhône, mais leur lieu d’élection est une bande de terrain large de 30 kilomètres et longue de 200, qui s’étend sur la Corrèze, le Lot, traverse la Dordogne d’est en ouest pour gagner les Cha-rentes.
- En Périgord, on rencontre les truffes plus spécialement dans les plateaux calcaires, les causses de la région où poussent des chênes d’assez petite taille, d’aspect souffreteux. C’est dans ces terres où le sol semble brûlé et privé de toute autre végétation que se développe le précieux cryptogame.
- Du reste, ce développement se fait par des voies secrètes. Sans vouloir imposer un cours de trufficulture, constatons, cependant, que l’existence de la truffe est subordonnée au développement de certaines essences : noisetiers, hêtres, charmes, peupliers, châtaigniers, mais surtout des chênes.
- Quand, vers fin mai, on examine une fine radicelle de l’arbre fruitier, on distingue des filaments légers de cou-
- Fig. 1 và gauche). —
- leur brune de 4 ou 5 mm, vivant là en parasites. Au cours de l’été, particulièrement après les pluies, ce mycélium, blanc d’abord, puis rose, puis roux clair et brun, se développe avec une rapidité extraordinaire, produisant un feutrage par amas de cordons blanchâtres qui, agglomérés en masses de tout petit volume, forment la truffe de nos marchés.
- La récolte se fait à l’aide d’animaux dont l’odorat subtil découvre le tubercule.
- Dans le Dauphiné, la Bresse, la Bourgogne ou la Champagne, on emploie les chiens, des roquets de petite taille à poil ras ou des barbets. On les dresse en les habituant d’abord à découvrir une petite truffe accompagnée d’un morceau de lard et cachée sous un peu de terre, puis, on supprime le lard et on leur donne un morceau de pain après la découverte de la truffe.
- Le chien évente la truffière, s’en approche en aspirant l’arome et s’arrête sur les truffes qu’il cherche à déterrer en grattant vivement le sol, droit au-dessus d’elles. Si la truffe est superficielle, il l’extrait et la rejette derrière lui; mais, pour peu qu’elle soit profondément placée, le « ramasseur », ou « caveur » complète la fouille avec l’extrémité d’une houlette ou avec une sorte de long couteau à forte lame.
- En Périgord on s’adresse surtout à la truie pour la récolte des truffes. D’octobre en avril, les jours où il fait froid et lorsque la terre n’est pas gelée, le truffier, le « rabassière », .comme on dit en provençal, précédé de sa bête s’achemine vers la truffière. Son carnier, un petit sac avec des glands attaché à sa ceinture, un gros bâton ferré et une corde à nœud cordant, voilà tout son matériel,
- La bête, conservant la mémoire des lieux fréquentés, reconnaît l’endroit où elle va travailler. Dès l’arrivée, elle se met à fouiller de son groin puissant le sol dont elle soulève bruyamment les pierres et l’humus qu’elle lance parfois jusqu’à trois mètres de distance. Puis, elle flaire le vent et décidément se dirige vers la truffe dont elle vient de humer l’alléchant arôme. Elle enfonce en terre son groin affamé, pour fouiller l’endroit où gît l’objet de sa convoitise.
- Un dernier coup de boutoir découvre le champignon. C’est alors que l’intervention du bâton ferré est de toute
- L'arrivée, dans la truffière, en Périgord. Fig. 2 (au milieu). — La truie a senti la truffe et gratte la terre de son museau. Fig. 3 (à droite). — La truffe apparue, le a caveur » fait reculer la bête d’un coup de bâton.
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- utilité pour aider l’animal et l’empêcher d’avaler la trouvaille.
- Pour récompenser la bête, le trufïier lui donne un ou deux glandé ou quelques grains de maïs, puis il débarrasse le tubercule, grosso modo, de la terre et des petites pierres qui comblent quelques-unes de ses rugosités; il le met ensuite dans son sac et la chasse continue ardente et inlassable. Une bonne truie trouve de 3 à 6 kg de truffes par jour, suivant l’abondance du champ. Dans les truffières artificielles, cette quantité est souvent dépassée.
- Quant à la vente, elle est pratiquée d’une manière des plus pittoresques, comme on va, du reste, le voir par les quelques détails que nous devons à l’aimable directeur de la Maison Bizac, de Souillac-Périgord.
- Le paysan emballe ses truffes dans un panier à anse qu’il enveloppe dans un de ces grands mouchoirs à carreaux de nos arrière-grand’mères et met le tout dans un sac. Il emporte ce sac dans la localité où se tient le marché aux truffes qui a lieu, généralement, l’après-midi. Arrivé à destination, il sort le panier pour le déposer dans une chambre d’hôtel, de préférence sombre, pour que l’acheteur ne puisse pas voir les défauts de la truffe.
- Il se rend ensuite sur la place où se réunissent, avec les panières de leur firme, les divers acheteurs de truffes. Il annonce, en secret, à l’un d’entre eux qu’il a... quelques truffes.
- « Allons voir », dit le courtier, et tous deux se rendent dans la chambre obscure. A peine le panier est-il déplié que d’autres jmysans entrent dans la pièce, un par un, afin d’assister à la discussion et appuyer leur confrère pour obtenir le prix maximum que tous désirent. L’acheteur doit tenir tête à tout le monde. On se fâche, on dit des gros mots... pour la forme, car, on finit toujours par se mettre d’accord.
- Au point de vue de la production, les départements du Vaucluse, des Basses-Alpes, du Lot, donnant annuellement chacun 200 000 kilos de truffes, viennent en premier lieu. La Dordogne et la Drôme viennent ensuite avec 15 000. Ces départements sont suivis de loin par la Charente, l’Aveyron, la Corrèze, le Lot-et-Garonne, les Bouches-du-Rhône, le Var, le Tarn, la Vienne, avec quelques dizaines de mille kilos.
- Mais, si le Périgord n’occupe que le deuxième rang pour la quantité, il tient incontestablement le premier, pour la qualité. C’est en Périgord que le cryptogame si recherché présente ses qualités les plus grandes, ce parfum merveilleux, cette chair savoureuse, qui le font accueillir avec une sollicitude attendrie dans tout l’univers, surtout depuis que nos trufficulteurs savent en faire d’excel-
- Fig. 4. — Le marché aux truffes de Souillac-, examen et pesée.
- lentes conserves dont le succès va sans cesse grandissant.
- La truffe est composée de matières azotées, d’acide phosphorique, de chaux et de magnésie. D’aucuns lui reprochent d’être indigeste. N’est-ce point tout simplement parce qu’elle fait l’ornement et le charme de repas trop copieux ?
- Dans tous les cas, si vous êtes gourmets et si vous voulez bien ne pas être trop gourmands, voici comment s’apprêtent les truffes et comment elles sont servies.
- Dans nos restaurants à la mode, on les présente souvent à l’état naturel, mais pelées et disposées sur de mignonnes serviettes à thé. C’est ce qui leur vaut la dénomination de « truffes à la serviette ».
- On fait une salade particulièrement goûtée avec un mélange de truffes coupées en lames, du blanc de céleri, des pickles et du vin blanc ou mieux du champagne mousseux.
- Les truffes sont aussi considérées comme un régal, quand on les traite de la manière suivante : une fois qu’elles ont été brossées, on les entoure de lard et on les enveloppe, ainsi arrangées, dans une feuille de papier huilé ou beurré, et le tout est mis à cuire sous les cendres chaudes. On les appelle alors des « papillottes de truffes à la Catalan ».
- On sait, d’autre part, que la truffe relève les sauces et convient à tous les ragoûts. Aussi est-elle en honneur dans la méridionale brandade de morue, la coquille de homard, le filet aux champignons, le poulet à la Marengo, surtout dans la dinde et la poularde rôties, enfin dans la légendaire omelette ou brouillade.
- L. Kuentz.
- UNE MINE UNIQUE AU MONDE
- C’est celle d’Ivigtulc sur la côte occidentale du Groenland. Tout le monde connaît de nom cet immense territoire polaire d’une superficie de 2 182 000 kilomètres carrés qui s’étend du Sud au Nord depuis le 60° de latitude boréale jusqu’au delà du 83° et dont les limites septentrionales sont mal précisées. On sait également que ce territoire appartient au Dane-
- mark. un des plus petits États européens et qu’il est presque entièrement recouvert d’une calotte glaciaire du « Inlandsis » dont l’origine a intrigué les géologues à tel point que certains ont cru y retrouver les derniers vestiges des époques passées.
- Nansen, qui l’a traversé pour la première fois en 1888, évalue l’épaisseur de la calotte glaciaire entre 1600 et 1900 mètres.
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- Sous cette énorme couche de glace, les terrains archéens qui forment la plus grande partie du pays doivent recéler en leurs flancs des richesses minérales considérables si l’on en juge par les résultats des prospections effectuées sur la partie accessible.
- Cette partie libre de glaces pendant quelques mois de l’année et qui est la seule habitable forme une bande étroite plus particulièrement accentuée sur le bord occidental et dont la superficie totale ne dépasse pas 300 000 kilomètres carrés.
- La mine d’Ivigtuk qui nous occupe se trouve au fond du fjord d’Arsuk, un peu au nord du cap de la Désolation. Sa position géographique est sensiblement 61° de latitude nord et 48° de longitude ouest de Greenwich. Le détroit de Davis la sépare de l’immensité désolée de la Terre de Baffin. Au fond du fjord commence un « No man’s Land», le plateau glacé, « l’Inlandsis »; climat extrêmement rigoureux, aucune végétation, l’interminable nuit polaire....
- Il faut donc que la matière que recèle en ses flancs cette terre inhospitalière soit bien précieuse pour que les hommes osent affronter tous les obstacles dressés par la nature; cette matière c’est la cryolithe dont le nom même est inconnu de beaucoup de personnes.
- LA CRYOLITHE
- La cryolithe est un fluorurè double d’aluminium et de sodium dont la formule est Al2 F4, 6 NaF. C’est une roche très rare puisqu’on ne l’a encore trouvée qu’en trois points du globe, à Miask dans les montagnes de l’Oural, à Pike Pealc dans le Colorado et enfin à Ivigtuk, ce dernier gisement étant le seul qui ait pu, jusqu’ici, être exploité sur une échelle commerciale, en dépit de sa situation dans les régions polaires. Elle se présente sous forme de petits cristaux cubiques blancs qui ont la couleur et le lustre de la glace. Elle doit d’ailleurs son nom à cette apparence (de Kryos = glace et lithos = pierre). On l’appelle aussi Spath de glace (ice-spar en anglais, Eisstein ou Eisspath en allemand). Sa densité est d’environ 3 ; sa dureté relativement faible : 2,5 de l’échelle de Mohr. Elle est assez facile à fondre à la flamme d’une bougie. Des cristaux de cryolithe plongés dans l’eau sont presque invisibles.
- L’analyse moyenne du minerai pur donne :
- Fluor..................54 %
- Alumine................14 %
- Sodium.................32 %
- Cette roche est employée depuis longtemps dans la fabrication de l’aluminium, mais son rôle a varié d’une façon assez curieuse.
- A l’origine, c’est-à-dire avant 1850, la cryolithe.n’était connue que comme une curiosité minéralogique, mais vers cette époque, on commença à l’employer en qualité de minerai d’aluminium. Son règne fut très bref. En 1860, à la suite de la découverte par Sainte-Claire-Deville, d’un procédé industriel de traitement de la bauxite, minerai cinq fois plus riche en aluminium et surtout beaucoup plus répandu, partant moins cher, la cryolithe fut complètement abandonnée. Une nouvelle découverte lui rendit un rôle que la précédente lui avait enlevé. En effet, c’est ün bain de cryolithe fondue et d’alumine anhydre qui constitue l’électrolyte dans le procédé Hall-Héroult découvert en 1866 et aujourd’hui universellement employé pour l’obtention de l’aluminium métallique. La consommation qui est de l’ordre de 100 grammes par kilogramme de métal produit assure à la cryolithe un débouché important dans cette seule industrie.
- On l’emploie également dans l’industrie de la glacerie, pour
- la fabrication de certains émaux et comme « flux » dans la préparation du ciment Portland.
- La mine d’Ivigtuk appartient au Gouvernement danois qui en a concédé l’exploitation à la Kryolit Mine und Handels-selkabet A. S. de Copenhague. Le gisement a été reconnu sur une distance de plusieurs centaines de mètres et sa puissance à la surface est de 60 mètres. Il est exploité, partie à ciel ouvert et partie en galeries.
- La cryolithe se présente sous forme de veines incluses dans les gneiss et elle est accompagnée de diverses roches, galène, cassitérite, blende, pyrite, mispickel, sidérite, spath-fluor, etc.
- Le minerai extrait est classé en diverses qualités suivant son degré de pureté, la première qualité devant titrer 95 pour 100 de cryolithe. On l’appelle aussi cryolithe blanche par opposition aux minerais inférieurs souillés de galène, pyrite, spath-fluor ou sidérite qui sont de couleur grise ou noire.
- La cryolithe subit avant son emploi un certain nombre d’opérations destinées à la purifier et qui comprennent un triage à la main, un broyage, des tamisages et enfin une séparation électro-magnétique.
- Deux maisons se partagent le monopole du commerce de la cryolithe dans le monde; l’une en Amérique, The Pennsylvania Sait Manufacturing C°, de Philadelphie, l’autre en Europe, la Société Oresunds Chemiske Fabriker de Copenhague.
- Les statistiques relatives à la production de la cryolithe sont rares. Les seules que nous ayons pu trouver sont celles publiées par « The Minerai Industry », années 1919, 1920, etc. et par «The Impérial Minerai Resources Bureau» du Board of Trade britannique. Elles donnent les chiffres suivants (en tonnes métriques).
- Répartition
- Années Extraction Europe Amérique.
- 1914 11 512 t. 7 373 t. 4 139 t.
- 1915 9 562 t. 5 809 t. 3 753 t.
- 1916 13 585 t. 9 812 t. 3 773 t.
- 1917 9 637 t. 5 678 t. 3 959 t.
- 1918 10118 t. 8 802 t. 1 316 t.
- 1919 6 367 t. 4 394 t. 1 973 t.
- 1920 13 928 t. 8 904 t. 5 024 t.
- 1921 11 138 t. 6 118 t. 5 120 t.
- 1922 8 687 t.
- 1923 13 893 t.
- 1924 16 781 t.
- 1925 22 418 t.
- Ces chiffres montrent que l’activité de la mine d’Ivigtuk ne décroît pas. Bien au contraire elle est loin de suffire à la demande et comme, d’autre part, le minerai extrait dans les conditions que nous venons d’indiquer est nécessairement d’un prix de vénte élevé, on a tendance depuis une vingtaine d’années, dans l’industrie de l’aluminium tout au moins, à lui préférer la cryolithe artificielle préparée à partir d’un mélange convenable de fluorine ou spath-fluor, de silice, (sable très pur) et de soude, au moyen de divers procédés dont le plus connu est le Bergius.
- Le prix de la cryolite naturelle a sensiblement varié au cours des trente dernières années. Il était de 850 francs (L 34) la tonne en 1908, 650 francs ou à: 26 en 1910, 500 francs ou £ 20 en 1914. Il est monté jusqu’à £ 50 en 1921. Son cours actuel est d’environ U 30 par tonne fob. ; port européen.
- Les principaux pays importateurs sont naturellement ceux qui fabriquent l’aluminium : les Etats-Unis, la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Ce dernier pays ainsi que la Tchécoslovaquie importent une certaine quantité de cryolithe pour leur industrie de l’émaillerie.
- A. F. Pellat.
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- LES ROBINETS ÉLECTRIQUES
- OU THYRATRONS
- PRINCIPE DES APPAREILS ET HISTORIQUE
- L’expression « robinet électrique » est due au grand inventeur Maurice Leblanc. Il entendait par ces mots un appareil électrique statique capable de laisser passer ou d’interrompre à volonté un courant électrique; il avait nettement aperçu la possibilité de le réaliser soit au moyen de tubes à ions, soit au moyen d’ampoules électriques et il avait indiqué les nombreuses utilisations qu’il entrevoyait pour des appareils de ce genre : relais, transformation de courant continu en courant alternatif, etc., etc. ('). Depuis lors la question des relais électriques fonctionnant au moyen de tubes à ions a fait de grands progrès et cette catégorie d’appareils commence à entrer dans le domaine pratique, grâce surtout aux études approfondies dont ils ont été l’objet de la part de la société américaine « General Electric C°»; celle-ci leur a donné un nom nouveau : thyratron du grec Gopa, porte, qui n’est en somme que la traduction du mot robinet.
- Le phénomène fondamental sur lequel repose le fonctionnement de ces appareils est le suivant : soit un tube contenant une cathode, une électrode et un gaz ioni-sable à la pression convenable ; ce tube sera par exemple un tube à vapeur de mercure (fig. 1), dont la cathode sera maintenue constamment excitée par un arc auxiliaire. Sur le trajet entre la cathode et l’anode on intercale une électrode auxiliaire, une grille, que l’on peut rendre à volonté positive ou négative par rapport à la cathode. En l’absence de la grille, un arc s’établit à travers le tube quand on porte l’anode à un potentiel convenable par rapport à la cathode; il en est de même avec la grille si celle-ci est positive; mais si elle est négative, on constate qu’il est impossible d’obtenir l’amorçage de l’arc.
- 1. Du passage de l’électricité à travers les gaz au point de vue industriel. (Conférences à l’Université de Bruxelles, 16 avril 1921.— Robinet électrique. Brevet français du 23 déc. 1919. La Nature, 21 et 27 janvier 1923.
- Fig. 2. — Le mécanisme de la grille dans un robinet électrique.
- La cathode émet des électrons dans une atmosphère ionisable.
- A. La tension étant établie entre anode et cathode, et la grille étant négative, celle-ci repousse les électrons; aucun courant ne
- passe.
- B. La grille est rendue positive; les électrons cheminent vers l’anode;
- un courant important traverse le tube.
- C. Si la grille est alors rendue à nouveau négative, elle s’entoure de gaines d’ions positifs, qui ne gênent que peu le passage des électrons;
- le courant n’est pas modifié.
- Cathode Grille Anode
- Fig. 1. — Schéma de principe d’un robinet électrique à vapeur de mercure, muni d’une grille intérieure à voltage variable.
- Par contre, une fois l’arc établi, le fait de rendre la grille négative n’a plus d’influence sensible sur l’arc. La grille est un robinet que l’on peut ouvrir avec une dépense d’énergie infime pour permettre le passage du courant dans l’arc, mais qui, lorsque le courant a été admis à circuler, ne se referme plus.
- Le phénomène s’explique aisément; lorsque l’arc n’est pas amorcé, les électrons émis par la cathode incandescente sont repoussés par la grille négative, et ne peuvent prendre la vitesse suffisante pour ioniser le gaz et provoquer la
- formation de l’arc. Mais lorsque l’arc s’est formé, et que l’on porte la grille à un potentiel négatif, celle-ci attire des ions positifs captés dans l’atmosphère environnante ionisée; elle s’entoure d’une gaine d’ions positifs qui exerce une attraction sur les électrons au lieu de les repousser comme précédemment et dans ces conditions elle cesse d’exercer un effet de contrôle sensible sur les électrons (fig, 2).
- Ce phénomène constaté pour la première fois, semble-t-il, par Langmuir en 1914 a été retrouvé indépendamment en 1915 par Maurice Leblanc qui à partir de 1919 en a décrit un certain nombre d’applications, notamment des changeurs de fréquence, et des transformateurs statiques de courant alternatif en courant continu (Y. La Nature, 21 janvier 1923).
- En 1923 et 1924, Langmuir, le savant collaborateur de la General Electric C°, a analysé d’une façon approfondie le mécanisme des gaines d’ions formées autour des grilles. Son étude a fourni des éléments permettant de soumettre au calcul le phénomène que nous venons d’exposer d’une façon qualitative.
- En 1926, deux Français, Dunoyer et Toulon, ont apporté une contribution importante à la question : ils ont signalé tout d’abord, conformément à des observations anciennes de Cooper-Hewitt, que l’électrode de contrôle, au lieu d’être une grille intérieure, pouvait être une gaine métallique disposée à l’extérieur du tube en verre dans lequel se forme l’arc. Ils ont surtout imaginéJun dispositif simple et ingénieux pour réaliser un relais avec des tubes de ce type munis d’une électrode de contrôle. En voici le principe.
- G-Imaginons un tube à arc, analogue à celui de la figureH. alimenté entre l’anode et cathode par un courant
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- Voltage d'anode
- Fig. 3. — Un redresseur de courant, alimenté par un courant alternatif dont la tension est représentée par la courbe A, ne laisse passer que les alternances positives, indiquées en hachures.
- alternatif dont le voltage en fonction du temps est représenté par la courbe A de la figure 3. En l’absence de grille, et la cathode étant portée à l’incandescence par exemple au moyen d’un arc auxiliaire comme dans la figure 1, le tube joue, on le sait, le rôle de redresseur, et ne laisse passer que les alternances positives du courant, représentées en hachures. Les alternances négatives sont arrêtées. Si nous supposons l’électrode de contrôle soumise à une tension alternative exactement de même phase que celle imprimée à l’anode, le fonctionnement du tube restera le même. Mais si nous décalons la phase de la tension de l’électrode de contrôle, gaine ou grille, par rapport à celle de l’anode, les choses vont changer. Nous avons représenté sur la figure 4 par la courbe sinusoïdale B la tension de grille, décalée en arrière par rapport à celle de l’anode. On voit que le courant ne peut plus se rétablir dans le tube, après une alternance négative, au moment précis où la tension d’anode redevient positive. Il faut en outre que la tension de grille soit redevenue positive, ce qui ne se produit, à chaque période, qu’aux moments représentés par les points nq, nq, m., nq..., etc.
- Le tube ne laisse plus passer que les fractions d’alternances positives représentées en hachures sur la figure 4. On voit que l’on dispose ainsi d’un moyen très simple pour régler à volonté, au moyen de la grille ou de la gaine, le moment d’allumage de l’arc et par suite l’intensité du courant moyen redressé par le tube ; on a ainsi réalisé un relais qui permet, au moyen d’une énergie extrêmement faible, les grilles consommant très peu de courants, de contrôler des courants d’intensité considé-
- Fig. 4. — Dans un redresseur, muni d'une grille à voltage alternatif B, le courant alternatif A.ne peut passer que pendant une fraction de chaque alternance positive.
- Voltage
- Voltage danode
- Voltage de grille
- râble. La figure 5 représente le dispositif originel de Toulon et Dunoyer.
- Il comporte une lampe à vapeur de mercure ordinaire, une gaine entourant l’anode et reliée à la cathode à travers une résistance R, et reliée d’autre part au conducteur d’anode à travers le primaire d’un petit transformateur T dont le secondaire est fermé sur une résistance variable r qui permet de faire varier le self du transformateur et de régler par suite le décalage de la phase de la gaine.
- Le relais à ions présente une différence fondamentale à l’égard des relais thermioniques bien connus aujourd’hui grâce aux lampes de T. S. F. Dans ces derniers, le courant étant uniquement dû à un flux d’électrons, particules toutes négatives, est limité par ce qu’on appelle la charge d’espace, c’est-à-dire par la répulsion mutuelle qui s’exerce entre électrons.
- Il n’en est plus de même dans les appareils à ions où l’atmosphère de particules électriques comprend toujours des particules positives et négatives.
- Les robinets de Maurice Leblanc, les relais à arc de Toulon et Dunoyer, n’ont reçu jusqu’ici que peu d’applications en France. Mais grâce aux études, aux mises au point, et aux réalisations effectuées par les laboratoires de la General Electric C° à Schenectady, il semble que ces appareils naissent maintenant à la vie industrielle et qu’un bel avenir leur soit réservé.
- Nous nous proposons de résumer l’état actuel de cette question d’après un exposé de M. Hull publié dans General Electric Review.
- LA CONSTRUCTION DES THYRATRONS
- Langmuir, dans ses premièrs essais, Maurice Leblanc, Toulon et Dunoyer se sontadressés tout d’abord au tube à vapeur de mercure usuel, à cathode incandescente excitée par un petit arc auxiliaire. Mais le phénomène fondamental reste le même, quelle que soit l’atmosphère ionisable du tube, et quelle que soit la source d’électrons qui en provoque l’ionisation, cause du passage de l’arc. On peut dire qu’un thyratron doit comporter les éléments suivants : une cathode et une anode, -une électrode de contrôle extérieure ou intérieure, dans ce dernier cas en forme de grille, une atmosphère gazeuse à faible pression, et une source d’électrons. Dans le tube ordinaire à vapeur de mercure, une masse de mercure constitue à la fois la cathode, la source d’électrons par sa tache cathodique excitée au moyen d’un arc auxiliaire, et le générateur de vapeurs créant l’atmosphère ionisable; dans un tel récipient on n’est pas maître de la pression du gaz et c’est là, en particulier, une des difficultés rencontrées par Leblanc au cours de ses essais de réalisation.
- C’était donc une idée toute naturelle de substituer à la cathode en mercure une cathode solide chauffée directement et émettrice d’électrons, comme dans les lampes électroniques de T. S. F. et de remplir indépendamment le tube au moyen d’un gaz convenable, aisément ionisable. Mais on se heurte dans cette voie à une autre difficulté bien connue de tous les constructeurs de lampes thermioniques ; lorsqu’une lampe de ce type est imparfaitement vidée, les ions créés par la collision des électrons
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- avec les molécules du gaz résiduel viennent bombarder la cathode et la détruisent rapidement. Cette difficulté a été vaincue par les chercheurs de la General Electric C°, grâce à une observation d’importance capitale, due à Hull, Kingdon et Langmuir.
- Les ions positifs ne provoquent pas de désintégration des cathodes lorsque leur vitesse reste inférieure à une certaine valeur, autrement dit lorsque le voltage maximum entre anode et cathode, pendant le passage du courant, est maintenu inférieur à une certaine tension, dite tension de désintégration. Cette tension critique a une valeur déterminée pour chaque gaz; elle est située entre 20 et 25 volts pour les gaz inertes et le mercure.
- Pour faire fonctionner un thyratron avec cathode chauffée, il suffira donc de choisir un gaz ayant un voltage de désintégration supérieur au voltage d’ionisation, et de maintenir dans le tube la tension de service toujours inférieure au voltage de désintégration. Le mercure qui a une tension d’ionisation de 6 à 7 volts convient bien. Sa pression dans l’ampoule devra être comprise entre 1 et 50 microns.
- Les savants de la General Electric C° ont également compris que le mode de construction des cathodes adopté dans les lampes électroniques convenait mal dans le cas actuel. Dans celles-ci la cathode est toujours un füament de forme rectiligne, chauffé directement ou indirectement. Le rendement des cathodes de cette forme, c’est-à-dire le rapport entre le nombre d’électrons émis et le courant de chauffage, est faible et inadmissible pour un appareil à usage industriel. Le problème est de diminuer la chaleur rayonnée par la cathode tout en augmentant l’émission électronique. Dans les thyratrons, la présence d’ions au voisinage des électrons, en supprimant la charge d’espace qui pour une tension donnée entre cathode et anode limite la sortie des électrons, permet des constructions de cathodes impossibles dans les lampes électroniques. Dans celles-ci la théorie et l’expérience montrent que l’on ne gagne rien à s’écarter de la forme du fdament rectiligne pour la cathode chauffée. Il n’en est pas de même dans le thyratron. Dans cet appareil on a pu employer par exemple des cathodes formées de rubans enroulés en spirales serrées ou mieux encore des cathodes multicellulaires à chauffage indirect du type représenté sur la figure 6. Un filament chauffant en tungstène, porté à l’incandescence par le courant du secteur, est placé axialement à l’intérieur d’un cylindre métallique émetteur d’électrons, garni intérieurement d’un revêtement réfractaire et isolant qui le sépare du filament recouvert extérieurement d’un enduit émetteur d’électrons, d’oxyde de thorium par exemple. Ce cylindre est en outre garni d’ailettes radiales en nickel, et entouré d’un ou de plusieurs cylindres concentriques en nickel, poli intérieurement qui assurent l’isolation calorifique des ailettes sauf à l’extrémité libre par où s’échappent les électrons. On parvient ainsi à réduire dans la proportion de 100 à 1 le courant de chauffage qui, avec un filament rectiligne chauffé, serait nécessaire pour provoquer le même courant dans le tube.
- La cathode représentée sur la figure 6 consomme 2,5 watts de courant de chauffage par ampère traversant le
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- Cathode
- Gaine
- Anode
- auxiliaire
- d'excitation
- \j—VvWW—1
- Fig. 5. — Schéma de principe du relais Toulon-Dunoijer, à gaine extérieure soumise à une tension déphasée par rapport à la tension d’anode.
- Fig. 6. — La cathode multicellulaire d’un thyratron de M. Hull. Coupe et vue perspective de la cathode entourée de cylindres réflecteurs.
- thyratron. En augmeni ant la longueur des cylindres, ce qui revient à mieux isoler encore la cathode chauffée, on peut réduire cette consommation à 0,6 watts.
- De même la construction des électrodes de contrôle a été étudiée à fond et l’étude a abouti à des formes très différentes de celles des lampes électroniques.
- Elles sont le plus souvent placées à l’intérieur de l’ampoule : ce sont alors des grilles ; tantôt elles sont disposées autour de la cathode, qu’elles doivent entourer complètement (fig. 7) ; l’anode dans certains cas entourant elle-même la’ grille (fig. 8), tantôt elles sont montées autour de l’anode, ce qui permet de réaliser des ampoules polyphasées avec plusieurs anodes et une seule cathode.
- Il a été également construit des thyratrons métalliques (fig. 9 et 10) dans lesquels l’enveloppe métallique, isolée des entrées de courant par des parties en verre, joue le rôle de grille.
- Cette enveloppe s’apparente manifestement à la gaine extérieure du relais Tou-lon-Dunoyer. L’avantage de ce mode de construction est d’éviter tout danger d’émission d’électrons par l’électrode de contrôle, qui
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- ici, ne peut s’échauffer. Les tubes de ce genre se prêtent au maniement de courants intenses.
- Il a été réalisé un modèle pour 100 ampères sous 20000 volts.
- Le voltage minimum à appliquer aux grilles ou gaines pour provoquer l’amorçage de l’arc dans le thyratron est une fraction très faible du voltage d’anode; ainsi dans le tube de la figure 7 cette fraction est
- —; dans le mo-
- 1000 ’
- dèle métallique de la figure 9 elle est de 5
- lïïôôô-
- APPLICATIONS
- Fig. 7. — Un thyratron de M. Huit, avec pyy THYRATRON grille entourant la cathode et anode extérieure.
- Ces nouveaux types d’appareil se prêtent, au moins en théorie, à une foule d’applications. L’avenir nous révélera celles qui deviendront réellement industrielles. Mais dès maintenant on peut prévoir qu’elles seront nombreuses. Elles dérivent toutes de cette propriété fondamentale des robinets à ions : établir et, dans certains cas, couper, avec une dépense d’énergie quasi nulle et presque instantanément des courants électriques, d’intensités même élevées. Ce rôle a été jusqu’ici joué, dans l’industrie électrique, par des interrupteurs, collecteurs, commutateurs, etc., organes mécaniques, parfois incertains, et qui s’usent.
- a) Courant alternatif. — Le cas le plus simple est celui où le thyratron est alimenté en courant alternatif; des explications données-au début de cet article, il résulte que, en l’absence de fonctionnement de la grille, l’appareil fonctionne comme redresseur, ne laissant passer que les alternances positives du courant. Si à des moments convenables on porte la grille à un potentiel négatif,
- Anode
- Grille
- Cathode
- Fig. 9. — Coupe d’un thyratron à enveloppe métallique servant d’électrode de contrôle.
- Tube mêtalliqi
- lue
- , Anode
- Cathode
- Filament
- elle interrompt le passage de ces alternances pour le rétablir quand elle redevient positive. Ainsi, par l’application, à la grille, de potentiels tantôt négatifs, tantôt positifs, à des moments convenables qui peuvent être déterminés, par exemple, par un organe de réglage, on module le courant débité par le thyratron. Sur ce principe, il â été réalisé des régulateurs de température pour fours électriques, des régulateurs de voltage pour alternateurs.
- Ce procédé dans lequel le voltage de grille varie nécessairement avec une certaine lenteur ne permet d’agir que sur des trains d’alternances.
- Un moyen de contrôle beaucoup plus délicat et sensible consiste à soumettre la grille à un voltage alternatif, de même fréquence que celui de l’anode, mais dont la phase est convenablement décalée par rapport au voltage d’anode, suivant la méthode Toulon-Dunoyer. On peut ainsi moduler le courant débité par le thyratron, alternance par alternance.
- Ce procédé a été employé par la General Electric C° pour contrôler des thyratrons au moyen du courant débité par des cellules photoélectriques.
- Nous n’entrerons pas dans le détail de ces montages; il nous suffira de dire que l’on a réalisé ainsi des dispositifs qui mettent en marche un thyratron au moment où une cellule photoélectrique est impressionnée par la lumière, et lui font débiter un courant proportionnel à l’illumination de la cellule.
- D’autres dispositifs permettent de faire l’inverse; c’est-à-dire d’interrompre un courant quand une cellule cesse d’être éclairée, ou encore de le diminuer proportionnellement à la réduction de l’illumination de la cellule. On peut ainsi par exemple commander automatiquement l’allumage ou l’extinction de lampes d’éclairage ou de phares suivant les variations de la lumière du jour.
- Des montages analogues permettront de réaliser des relais pour régler la combustion dans un foyer suivant l’opacité de la fumée qui s’en échappe.
- La sensibilité et le très grand coefficient d’amplification des thyratrons ouvrent la voie à une foule d’applications du même genre, en association avec des cellules photoélectriques de tous types.
- b) Courant continu. —Lorsque le thyratron, ou robinet électrique, est alimenté en courant continu, nous avons vu que lorsque le courant s’est amorcé, on ne peut plus l’interrompre par l’action de la grille.
- Fig. 8. — Coupe d’un thyratron avec anode entourant la grille.
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- Le thyratron est donc, dans ces conditions, un appareil doué d’une sorte de mémoire, suivant l’heureuse expression de M. Hull. On peut alors l’employer pour enregistrer des événements électriques ou des événements susceptibles d’être traduits électriquement; par exemple on peut lui faire enregistrer les pointes momentanées de voltages qui sur une ligne électrique, au cours d’un orage, dépasseront une valeur déterminée. Pour réaliser des enregistrements continus, il suffira d’adjoindre à l’appareil un relais électromécanique, coupant automatiquement le courant et ramenant au repos le thyratron après chaque amorçage; c’est ce que réalise le montage de la figure.
- Une autre méthode, plus générale, pour obtenir le même résultat, consiste à utiliser le courant qui traverse l’appareil après l’amorçage à charger un circuit comprenant des selfs et des capacités, circuit qui développera ensuite une force contre-électromotrice suffisante pour couper automatiquement l’arc créé dans le thyratron.
- Cette méthode, déjà préconisée par M. Maurice Leblanc, a été ingénieusement appliquée par M. Prince pour réaliser un très intéressant transformateur statique de courant continu en courant alternatif.
- Il consiste à monter en opposition deux thyratrons suivant la disposition de la figure 11 où chaque thyratron est constitué par le bras d’une ampoule à vapeur de mercure à deux bras, contenant chacun une anode et une grille. Le voltage alternatif imprimé à l’une des
- grilles est décalé de 180° par rapport à l’autre.
- L’une est négative pendant que l’autre est positive. Supposons que le courant traverse le thyratron de gauche, dont la grille est à un potentiel positif, la grille de droite étant à un potentiel négatif. Il ne passe pas de courant dans l’ampoule de droite; mais au moment où la grille de celle-ci devient positive, le courant s’établit dans le circuit correspondant ; le passage brusque de ce courant provoque la charge du condensateur C et établit à l’anode du premier thyratron une tension de sens inverse suffisante pour éteindre l’arc et ramener l’ampoule au repos, où elle se maintient tant que sa grille reste négative. On recueille ainsi au primaire d’un transformateur un véritable courant alternatif.
- On peut en élever ou en abaisser la tension à volonté en calculant convenablement le transformateur, puis le redresser à nouveau, par exemple avec un convertisseur à vapeur de mercure. On a alors un transformateur de tension pour courant continu purement statique.
- Ce sont là les premières solutions pratiques données au problème de la transformation du courant continu par appareils statiques. Le courant continu, dans les applications industrielles, a cédé la place au courant alternatif, à cause de son défaut de souplesse.
- Les nouveaux appareils, s’ils sont susceptibles de s’adapter à toute la gamme des puissances industrielles, ouvriraient de nouvelles perspectives à l’emploi du courant continu ; celui-ci présentant dans certains cas de grands avantages, notamment pour la distribution par câbles souterrains.
- Redresseur de courant alternatif
- Système avanceur de pha.
- Entrée du courant alternatif'
- Sortie du courant continu
- Thyratron double
- Fig. 10.
- Vue d'un thyratron àenveloppe métallique.
- Fig. 11. — Le montage de M. Prince pour transformer le courant continu en courant alternatif au moyen de thyratrons.
- A. Troller.
- LA QUESTION DU RAT
- Partout on se plaint des déprédations commises par les rats. On a beau chercher à les détruire par tous les moyens connus, leur nombre paraît augmenter.
- Employons-nous véritablement le bon moyen pour arriver à arrêter leur invasion ? Je viens de me livrer à une enquête, dans différents pays : en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, et je voudrais comparer ce qu’on y fait avec les moyens employés en France. En Angleterre, il y a, tous les ans !a semaine du rat, pendant laquelle on distribue des tracts pour inciter la population à détruire les rats. La campagne est intensifiée grâce au concours de toutes les organisations
- publiques et privées. Le résultat est problématique.
- En Allemagne, il y a les journées du rat, du 20 au 24 novembre, c’est-à-dire au moment où es rats, ne trouvant p’us de betteraves dans les champs, reviennent dans les locaux habités. Tous les propriétaires sont obligés de prouver à des inspecteurs qu’ils ont acheté un produit pour faire la destruction des rats. On considère que si le produit a été acheté il sera employé. Des sociétés avec lesquelles on fait des contrats se chargent au besoin de 'aire la dératisation.
- A Hambourg, durant ces quatre jours, il y a 150 contrôleurs qui vont de maison en maison se faire montrer
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- un contrat de dératisation ou la preuve qu’on a acheté un produit. Ces produits sont indiqués par des laboratoires officiels auxquels les inventeurs soumettent ce qu’ils désirent vendre. Ce contrôle est payé une somme de 500 marks. Seuls, les produits ayant obtenu l’autorisation d'efficacité peuvent être employés. Il y a un de ces laboratoires à l’Institut d’Hygiène de Berlin et un autre à l’Institut d’Hygiène de Hambourg.
- Les rats paraissent être assez nombreux en Allemagne, on en trouve au troisième étage de certaines maisons, ils sont cependant, peut-être, moins nombreux qu’en
- Fig. 1. — Poupelte, cliatte siamoise, qui avec Zam, chat siamois pris à bord d’un navire arrivant de Bangkok, a donné une lignée de bons chats ratiers.
- France. C’est une impression basée sur une vision rapide, que je suis prêt à modifier.
- A Anvers, il n’y a pour ainsi dire pas de rats. Là, j’ai cherché des rats et. n’en ai pas vu. Les égouts sont lavés tous les jours au moyen d’une chasse d’eau qui les nettoie d’une façon remarquable. Ils sont propres. Dans le quartier de ; la cathédrale, j’ai vu un grillage empêchant le rat d’entrer ou de sortir des égouts. On emploie donc ce que les Américains appellent lé rat-proofing. Comme je m’étonnais dans une famille, devant un jeune garçon de quinze ans, de ne pas rencontrer de rats, il me dit : « Ah ! Monsieur, ce n’est pas étonnant, nous sommes plus soigneux qu’en France, nous ne lais-
- sons rien traîner qui puisse attirer le rat, il ne trouve pas de nourriture ». Voilà un jeune homme à qui ses instituteurs ont appris comment il faut lutter contre le rat, qui partout est attiré par les produits alimentaires qu’on met à sa disposition. Le service de l’enlèvement des ordures, les poubelles, sont utilisés à Anvers selon les règles de l’hygiène. Les docks ont des hangars qui ne sont pas fermés par des portes à coulisse derrière lesquelles, seize heures sur vingt-quatre, les rats sont à l’abri de tous les regards et peuvent vivre confortablement, sans gêne aucune. Le toit de ces hangars, à Anvers, est supporté par des colonnes. Au niveau de ces colonnes il y a une barrière à claire-voie et à trois mètres plus loin une autre barrière qui sert à mettre les marchandises à l’abri du vol. Les rats sont donc à découvert et ne peuvent résister, faute d’abri. Le sol des hangars n’est pas constitué par de la terre; il est, comme disent les- Anglais, formé par du concrète, c’est-à-dire du ciment dans lequel les rats ne peuvent pas creuser de terrier. Enfin, au-dessus de tout cela, il y a, à Anvers, des chats ratiers, me dit le D1' liasse, le spécialiste connu. Je l’interrogeai sur la façon dont on s’y était pris pour faire une sélection de chats aussi forts et de gros calibre que ceux que j’avais vus dans cette ville; il me répondit que cette sélection répondait à l’idée des habitants, qui aiment ce qui est puissant et fort, comme tous les Flamands, et avaient réalisé eux-mêmes le type de chat par des croisements appropriés. De plus, j’ai rencontré dans plusieurs allées du Jardin Zoologique, par un beau matin d’octobre, où le soleil se montrait, plusieurs chats se promenant lentement dans les allées, personne ne cherchant à les faire fuir. Que les Sociétés protectrices des animaux enseignent à nos enfants la bienveillance pour les animaux.
- Voilà donc un grand port qui a su réduire au minimum la gent ratière. Que faisons-nous, en France, pour lutter contre le rat? Nous laissons à sa disposition des matières alimentaires qui l’attirent. Puis, à un moment donné, lorsque nous nous trouvons envahis, nous employons des moyens de destruction. Les rats, sentant le danger, vont coloniser un autre point et reviennent lorsque ce danger a disparu, mais le point colonisé conserve un certain nombre de rats. Nous favorisons par conséquent, par ce moyen, l’expansion du rat. Mais nous facilitons aussi sa pullulation, sans nous en rendre compte.
- En effet, lorsque, en Australie, en Amérique, dans les pays de grand élevage, on veut obtenir un grand troupeau de moutons ou de bovidés, on castre 97 pour 100 des jeunes mâles qui viennent de naître. Les 3 pour 100 des mâles qui restent sont suffisants pour assurer la reproduction de l’espèce. Si on laissait tous les mâles ils se battraient entre eux, ils harcèleraient les femelles qui n’arriveraient pas à mener une gestation à bien et la race en souffrirait.
- Les Australiens ont eu. à lutter contre les lapins et ont employé tous les moyens de destruction, sans succès. L’un d’eux a eu l’idée de faire l’expérience suivante. Il a pris 100 ha qu’il a séparés en deux parties égales. Dans l’une il a employé tous les moyens de destruction connus contre les lapins et au bout de cinq ans cet enclos
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- était un véritable désert, sans un arbre, sans une touffe d’herbe. De l’autre côté de la barrière, il avait mis au début des nasses dans lesquelles il prenait les lapins. Il tuait les femelles et lâchait les mâles. Les femelles harcelées n’eurent plus de progéniture et au bout de cinq ans la race était éteinte et la végétation luxuriante, à côté du désert voisin. C’est ce que les Australiens appellent : Kill only females (tuer seulement femelles). C’est la méthode K. O. F. (pour nous en tenir aux abréviations), qu’ils recommandent pour arriver à atténuer la propagation du lapin, qui a des résultats terribles dans leur pays. Leur formule pourrait devenir, en français, T. S. F. (tuer seulement femelles), ce qui la rend facile à retenir.
- Je ne demande pas que l’on détruise seulement les femelles du rat, et ce n’est pas pour cela que j’ai parlé de cette question. Mais c’est pour fournir une base à l’exposition de l’idée qu’elle suggère. Nous faisons, en ce moment, tout ce qu’il faut pour augmenter le nombre des rats. En effet, nous ne prenons aucune précaution, comme on le fait à Anvers, pour enlever rapidement les détritus. Les poubelles restent découvertes, nous mettons à la disposition des rats des matières alimentaires, ils viennent, ils pullulent. Nous détruisons leurs ennemis naturels, oiseaux, etc., et lorsque nous les trouvons par trop nombreux, trop gênants, nous décidons de les détruire, dans notre coin particulier, par des moyens que nous employons de temps en temps. Quels sont les rats qui se laissent prendre à nos appâts? Ce sont précisément les mâles, à la recherche d’aventure. Les femelles restent au terrier à élever leurs petits. Nous réduisons donc le nombre des mâles comme le font les éleveurs des grands troupeaux. Dans quelles proportions obtenons-nous ce résultat?
- J’ai voulu le savoir. Dans un dock, j’ai mis des nasses, les rats y étaient très nombreux. En huit jours, 150 rats ont été pris. Il y avait sur ce nombre onze femelles.
- Voilà comment nous opérons pour détruire les rats; nous faisons tout pour que leur espèce prospère. Que faut-il donc faire?
- 1° L’éducation du public qui doit savoir que plus on met de matières alimentaires à la disposition des rats, plus ils se multiplieront. Leur nombre s’accroîtra en raison de la quantité de nourriture qu’ils trouveront. En temps de disette ils se battent et se mangent les uns les autres ;
- 2° Il faut leur créer des conditions de vie qui leur soient intolérables, comme dans les docks d’Anvers, où les rats, toujours à la vue du public, ne peuvent pas constituer leur famille ;
- 3° Bâtir le sol de nos magasins et entrepôts avec du concrète, c’est-à-dire du ciment dans lequel ils ne peuvent creuser de terriers ;
- 4° Employer le rat-proofing américain, c’est-à-dire mettre des barrières en fil de fer pour empêcher les rats d’entrer dans nos maisons, en revenant des égouts;
- 5° Détruire les rats périodiquement et systématiquement, comme on le fait en Allemagne, du 20 au 24 novembre, partout à la fois, pour empêcher les rats d’aller coloniser dans le voisinage et employer à ce mo-
- Fig. 2. -—• Lilith, mère de Lico.
- ment contre eux tout l’arsenal de destruction connu.
- A Milan, en 1929, un appât empoisonné fut déposé par chaque deux mètres carrés de surface couverte : en tout trois millions d’appâts furent utilisés. Plusieurs dizaines de milliers de cadavres de rats ont été trouvés à la surface du sol. Le nombre total des animaux détruits est bien plus considérable, puisque l’on admet que les rats morts que l’on rencontre sur le sol ne représentent, en.réalité, que 2 pour 100 du nombre total des victimes;
- 6° Enfin créer une atmosphère biologique dans laquelle le rat ne puisse pas vivre, se servir pour cela de ses ennemis naturels et parmi eux, celui qui est prédestiné à cette fonction, le chat, notre meilleure sentinelle contre le rat. Mais il faut connaître la question du chat, car tous les chats ne sont pas bons ratiers.
- Depuis trente ans je m’occupe de la dératisation, et il y a quatre ans, je ne connaissais rien de la question du chat. Je croyais qu’il fallait affamer le chat pour qu’il poursuive le rat et arrive à le manger. Le chat ratier ne mange jamais le rat; il met ses victimes au tableau que, chasseur, il a l’air d’être fier -de montrer à
- Fig. 3. •— Lico, fils de Lililh, qui a obtenu la coupe du meilleur chat ratier posée à côté de lui.
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- son maître. Pour être bon ratier, il doit être fort et bien nourri.
- A l’heure actuelle, lorsqu’une chatte veut avoir des petits, elle cherche aventure, elle rencontre un mâle, le plus souvent à la cave, qui ri’a pas mangé depuis longtemps et est en misère physiologique. Les petits sont des avortons qui, de crainte des rats, s’en éloignent ou mangent dans la même écuelle.
- J’ai distribué de nombreux chats un peu partout, mais je ne puis répondre à toutes les demandes. Il faut que, dans toutes les régions, on fasse ce que j’organise en ce moment au Havre.
- J’ai pris un chat bon ratier et une chatte bonne ratière, j ai obtenu un chat qui a trois ans maintenant et a eu plusieurs prix pour ses qualités zootechniques, dans les expositions de chats et vient, cette année, d’avoir la
- coupe du meilleur chat ratier de France, fondée récemment.
- La chatte, bonne ratière, est Lilith et son fils titulaire de la coupe est Lico.
- On peut facilement faire de même partout et obtenir ainsi de bons chats ratiers. Nous avons exposé toute cette question dans un livre : Le Chat, son utilité, publié chez Baillière.
- Le P1' Calmette a donné le chiffre approximatif d’un milliard de francs-or comme étant celui des pertes causées tous les ans par les rats, et le D1 Roux a dit : « C’est une bonne opération commerciale de détruire les rats, jamais on ne dépensera pour s’en débarrasser une somme équivalant aux dégâts qu’ils causent. » Dr Adrien Loir (du Havre), Vice-président de l’Association internationale pour la destruction des rats fondée en 1902 à Copenhague.
- LE PONT DE SYDNEY (AUSTRALIE)
- Ce pont constitue un des ouvrages les plus remarquables de ces dernières années II a été construit pour relier les deux parties de la ville de Sydney, grande agglomération de 1300 000 habitants, coupée en deux par le port situé dans une baie à profil tourmenté. Le nouveau pont franchit la passe d’accès du port au moyen d’un
- arc métallique de 495 mètres de portée dont le sommet à plus de 131 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Cet arc s’arc-boute, au moyen de gigantesques rotules sur deux puissants massifs en béton armé, situés respectivement sur chacune des rives.
- L’arc formé d’éléments en acier a été monté à partir
- Fig. 1. — La construction de l’arc métallique-en porte-à-faux (fig. reproduite d’Engineering).
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- Fig. 2. — La construction de Varc au-dessus du pont de Sydney (ph. Wide World).
- Fig. 3. — L’achèvement de l’arc; la jonction des deux tronçons (ph. Wide World).
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- des deux rives; la réunion des deux tronçons vient de s’effectuer tout récemment. Chacun d’eux a été monté par éléments successifs, en porte-à-faux : l’ensemble de la construction étant maintenu en équilibre par un système de 128 câbles d’acier amarrés successivement au sommet des 7 premières travées de l’arc au fur et à mesure de leur achèvement et ancrés au fond d’un tunnel creusé à 36 mètres de profondeur sur la rive.
- Chacun de ces câbles a 7 cm de diamètre et environ 360 m de long. Ils étaient tendus au moyen de presses hydrauliques.
- Pendant toute la durée de la construction, ils ont fait l’objet d’un contrôle et d’une surveillance minutieux : pour constater qu’ils conservaient leur coefficient d’élasticité on les soumettait très fréquemment à des épreuves de vibration; de plus à intervalles réguliers, on mesurait les tensions dans les câbles et dans les pièces auxquelles ils étaient fixés.
- La manutention des pièces destinées à l’assemblage des travées s’effectuait au moyen de deux grues se déplaçant progressivement sur la partie supérieure de chacun des demi-arcs en construction : ces grues pèsent chacune 600 tonnes et peuvent lever 120 tonnes.
- La construction des abords du pont a été commencée en juillet 1923, celle du pont proprement dit en janvier 1925; la jonction des deux tronçons de l’arc a eu lieu le 10 septembre dernier; opération particulièrement délicate qui a parfaitement' réussi ; l’achèvement est escompté pour 1932. L’acier employé pour la construction du pont est de l’acier à 0,35 pour 100 de carbone, 0,2 pour 100 de silicium, 0,9 pour 100 de manganèse; l’ensemble du pont en absorbera 50 300 tonnes dont 37 000 tonnes pour l’arche principale.
- L’auteur de ce pont gigantesque est le Dr Bradfield de Sydney; les travaux sont exécutés par MM. Dorman, Long et C°.
- LES TRAVAUX ACTUELS D’ÉLECTRIFICATION
- DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS
- La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée avait projeté, il y a quelques années, d’électrifier la ligne de Chambéry à Modane où la traction à vapeur, étant donné les fortes rampes sur de grandes longueurs, présentait de nombreux inconvénients.
- Depuis un an et demi environ, les travaux sont terminés dans la section comprise entre Chambéry et Saint-Jean-de-Maurienne. Les travaux de la section de Saint-Jean-de-Maurienne à Modane ne seront terminés qu’au cours de l’année 1930. L’administration de la Compagnie P.-L.-M. comptait même que tout pourrait être prêt lors de l’établissement du service d’été. Sur les voies principales la prise de courant se fait par un 3e rail sous une tension de 1500 volts. Mais dans les gares importantes, où la pose d’un 3e rail serait embarrassante, la prise de courant se fait sur ligne de contact aérienne. C’est le cas des gares de Chambéry, Montmélian, Saint-Pierre-d’Albigny, Saint-Avre-la-Chambre, Saint-Jean-de-Maurienne et Modane.
- Le courant fourni à la Compagnie sous forme de courant triphasé à 42 000 volts est, avant d’être envoyé aux rails ou lignes d’alimentation des locomotives, transformé à 1500 volts, dans des sous-stations appartenant à la Compagnie P.-L.-M. et échelonnées le long de la ligne à Chambéry, Saint-Pierre-d’Albigny, Epierre, Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Michel-de-Maurienne, La Praz.
- Si l’on examine maintenant le matériel de traction proprement dit, la Compagnie P.-L.-M. avait commandé en 1922, à divers constructeurs, quatre locomotives électriques à grande vitesse de types différents, en vue de déterminer, par des essais comparatifs, le type le mieux approprié à la remorque des trains rapides sur la ligne de Modane. Les expériences effectuées avec ces machines en 1925 et 1926, sur la section de Chambéry à Saint-Pierre-d’Albigny, équipée avec un rail conducteur à 1500 volts, ont fait attribuer la préférence aux locomotives à caisse unique avec moteurs jumelés et transmission par arbre creux.
- Les machines d’essai, type 2-4-2, c’est-à-dire avec bogie
- à chaque extrémité du truck et avec quatre roues motrices, construites suivant les données précédentes, pouvaient développer, au moins pour la plus puissante d’entre elles, une force d’environ 2700 ch.
- Pour le type définitif, les services de la traction P.-L.-M. ont jugé opportun de prévoir une puissance bien supérieure, afin de réserver entièrement l’avenir. En portant le nombre des essieux moteurs de quatre à six et en augmentant, d’autre part, la puissance respective des moteurs, on est parvenu à obtenir une puissance d’environ 5400 ch, soit le double de celle des machines d’essai.
- Le groupement industriel Batignolles-Nantes-Oerlikon reçut en octobre 1927, de la part de la Compagnie P.-L.-M. la commande dé quatre locomotives de ce nouveau genre ou type 2-6-2. La première machine fut livrée en mai 1929, les autres quelques mois plus tard.
- Les locomotives 2-6-2 comportent, comme leurs aînées 2-4-2 dont elles dérivent, une seule caisse reposant sur deux trucks articulés par un attelage à rotule sphérique, d’une très grande robustesse.
- Chaque truck est muni de trois essieux moteurs et d’un bogie; chacun des essieux moteurs est attaqué par deux moteurs électriques, jumelés dans une carcasse commune, qui est montée sur le châssis du truck.
- Les pignons de ces moteurs attaquent une roue dentée calée sur un arbre creux entourant l’essieu moteur; les plateaux qui terminent l’arbre creux sont eux-mêmes reliés aux roues motrices par un dispositif d’entraînement à biélettes élastiques du système Oerlikon déjà expérimenté avec succès sur une des locomotives d’essai. La longueur de la caisse des nouvelles machines électriques type 2-6-2 est de 20 m 600, c’est-à-dire celle des grandes voitures à bogie en service pour le transport des voyageurs. Toutefois, la charpente des machines est différente, en raison du poids énorme de l’appareillage qu’elle doit contenir. Pour que cette charpente soit allégée le plus possible, on a employé des poutres métalliques évidées qui en occupent toute la hauteur. Avec l’appareillage intérieur,
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- la caisse toute montée pèse bien près de 50 tonnes. Cette charge est reportée sur les châssis des trucks au moyen de deux pivots à rondelles Belleville et de huit appuis latéraux à ressorts dont le réglage permet d’assurer une répartition convenable des poids sur les essieux moteurs et les bogies.
- Le poids total de la locomotive électrique considérée atteint 159 tonnes, soit exactement le poids de l’ensemble constitué par une machine à vapeur 2-4-1 type Mountain en ordre de marche (type le plus récent des locomotives à vapeur du réseau) et son tender avec approvisionnement en eau et charbon à moitié épuisés.
- Cependant le poids adhérent d’une locomotive électrique 2-6-2 dépasse 107 tonnes sur 6 essieux moteurs, tandis que celui d’une machine à vapeur Mountain n’est que de 74 tonnes sur quatre essieux moteurs; on conçoit donc l’avantage énorme en faveur de la locomotive électrique : c’est ainsi qu’à la vitesse de 90 kilomètres à l’heure la puissance disponible au crochet arrière d’une locomotive électrique 2-6-2 est le double de celle disponible au crochet arrière du tender d’une machine Mountain.
- Les locomotives 2-6-2 détiennent, d’ailleurs, momentanément, le record mondial de puissance pour les locomotives électriques à caisse unique.
- D’après M. Japiot, Ingénieur en chef adjoint du Matériel et de la Traction de la Compagnie P.-L.-M., lors des essais effectués avec ladite locomotive électrique, suivant une marche tracée de bout en bout à la vitesse de 90 km à l’heure entre Chambéry et Saint-Jean-de-Maurienne, on a pu porter la charge remorquée jusqu’à 800 tonnes sans difficulté : la vitesse n’est tombée au-dessous de 90 1cm à l’heure que sur les 10 derniers kilomètres du parcours, notamment entre Saint-Avre-la-Chambre et Saint-Jean-de-Maurienne où les rampes atteignent jusqu’à 15 mm par mètre. Cette vitesse est restée encore supérieure à 85 km à la montée de ces rampes, sauf sur un parcours d’un 1cm seulement où elle s’est abaissée à 80 km.
- Il est à noter, en passant, qu’au cours des essais précédents, toute la puissance disponible n’a pas été mise en jeu : on s’est systématiquement abstenu d’utiliser le dernier cran de marche de la locomotive, ce dernier cran devant en principe être réservé pour regagner éventuellement un retard.
- Dans un autre ordre d’idées, réchauffement des moteurs était loin d’atteindre les limites admissibles, de sorte que la charge de 800 tonnes aurait encore pu être notablement majorée sans aucun inconvénient.
- En résumé, la Compagnie des Chemins de Fer P.-L.-M. a à sa disposition, pour une ligne à profil difficile et à grand trafic comme celle de Chambéry à Modane, un engin de traction d’une puissance exceptionnelle, susceptible de résoudre avec facilité les problèmes qui pourraient se poser en matière de traction électrique dans un avenir plus ou moins éloigné.
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- La Compagnie des Chemins de Fer du Midi, dont la partie électrifiée du réseau représente déjà un nombre respectable de kilomètres, procède à l’équipement de la ligne de Béziers à Neussargues (277 km). Le parcours est très accidenté : quittant Béziers à l’altitude de 70 m, la ligne passe dans la vallée de l’Orb à Bédarieux (196 m), puis franchit plusieurs chaînons assez élevés pour atteindre la vallée du Tarn en aval de Millau. Le tunnel de Montpaon est le point culminant de ce premier tronçon. De Millau (379 m) la ligne suit le Tarn jusqu’à Aguessac puis s’élève en rampe de 33 mm par mètre sur une distance de plus de 15 km jusqu’au tunnel d’Engayresque, l’arête de partage des eaux des vallées du Tarn et de l’Aveyron. D’Engayresque à Séverac-le-Château la ligne descend en déclivité de 33 sur 9 km, puis sitôt le palier
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- de Séverac, remonte jusqu’au col de Lagarde pour redescendre dans la vallée du Lot qu’elle suit depuis Saint-Laurent d’Olt jusqu’au Monastier. Après le Monastier, la voie quitte la vallée du Lot, puis s’élève après Marvejols sur les plateaux de l’Aubrac qu’elle traverse du Sud au Nord à une altitude voisine de 1000 m jusqu’à la vallée de la Truyère qu’elle franchit sur le fameux viaduc de Garabit. Après Saint-Flour et Talizat, elle descend dans la vallée de l’Alagnon, se raccorder, à l’altitude de 800 m, à Neussargues aux lignes d’Arvant à Aurillac et de Paris à Eygurande et Neussargues par Montluçon.
- La fréquence des longues et dures rampes auxquelles s’ajoutent des courbes de rayon voisin ou inférieur à 300 m à certains passages, ne permet pas aux trains de voyageurs de dépasser 160 tonnes de charge. Dans ces conditions, le trafic est onéreux, la fréquence des trains doit être accrue d’où dépense de personnel et frais supplémentaires de traction.
- La ligne présente en effet des rampes de 27 à 33 mm par mètre sur une longueur de 90 km, soit sur un tiers du parcours environ. Sur le restant du tracé le profil comporte des rampes atteignant encore jusqu’à 18 mm. Les courbes sont à petit rayon et descendent à 300 m.
- La rampe d’Aguessac à Engayresque qui est la plus pénible du tracé est de 33,3 mm sur 14 km 700. La traction sur cette ligne est particulièrement difficile et coûteuse. On fait un emploi continuel de la double traction et du renfort en queue. Les machines du type Consolidation du réseau du Midi à 8 roues couplées et bissel à l’avant ne peuvent remorquer qu’une charge de 210 tonnes dans ces rampes avec une consommation de 35 kg 700.de charbon par kilomètre-train. La descente de ces rampes ne peut d’autre part se faire qu’avec l’utilisation de la contre-vapeur, la locomotive devant retenir tout le train.
- Améliorer les relations entre le Centre de la France et le Midi par Saint-Flour et Millau était une chose presque impossible sans l’électrification. Actuellement les seuls express mettant en communication Béziers avec Clermont-Ferrand et Paris par Millau-Saint-Flour et inversement, ne peuvent accomplir le trajet Béziers Saint-Flour, soit une distance de 258 km, qu’en 8 heures et le trajet Saint-Flour Béziers en 7 h 20. Ceci peut sembler paradoxal et cependant la marche de ces deux trains est poussée à un tel point que, sauf peut-être à l’arrêt de Millau, il n’est pas possible de réaliser un gain sur l’horaire. En effet, la plupart des rampes ne peuvent être gravies qu’à une vitesse de 25 à 30 km à l’heure et parfois moins. Les déclivités ne peuvent être passées qu’à 50 au maximum, lorsque la vitesse ne doit pas être réduite à 15 ou à 5 par suite de l’état de la voie ou de l’infrastructure.
- Il est donc indiscutable que la traction électrique, en permettant l’emploi de machines plus puissantes et d’une plus grande adhérence, donnera le moyen d’améliorer le tonnage des trains et les conditions du parcours.
- C’est au cours de l’année 1929 que les travaux d’électrification de la ligne de Béziers à Neussargues ont été entrepris.
- La ligne de contact sera une ligne caténaire aérienne qui recevra le courant par l’intermédiaire de 11 sous-stations échelonnées entre Neussargues et Béziers, savoir :
- Saint-Flour; Arcomie; Saint-Sauveur-de-Peyre; Le Monastier; Campagnac-Saint-Geniez; Séverac-le-Château; Aguessac; Tournemire-Roquefort; Montpaon; Joncels; Espondeilhan.
- La courant à haute tension sera fourni aux sous-stations de transformation, pour la plus grande partie, par une usine barrage sur le Tarn en aval de Millau. La tension de distribution est, comme pour les autres lignes, fixée à 1500 volts. Sauf pour la section à double voie, entre Saint-Laurent d’Olt et Millau, où les pylônes de support ont été placés de
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- chaque côté de la plate-forme, la ligne caténaire est suspendue à une potence sur voie unique.
- La pose des pylônes, à certains passages en tranchée profonde, n’a pas été sans présenter des difficultés en certains points du parcours.
- De même, l’installation des caténaires en tunnels a demandé l’abaissement de la plate-forme de la voie au cours de la traversée de certains souterrains.
- En raison des courbes nombreuses et de faible rayon, et du profil accidenté, il a fallu, afin d’obtenir un contact aussi parfait que possible entre l’organe de prise de courant et la ligne de distribution, apporter un soin particulier à l’établissement des caténaires.
- Les conditions à remplir pour obtenir un contact permettant de capter les grosses intensités de courant nécessaires aux vitesses envisagées sont les suivantes :
- o) Flexibilité aussi constante que possible en tous les points de la ligne.
- b) Horizontalité presque absolue du fil de contact, quelle que soit la température extérieure. 4
- c) La flexibilité de la ligne doit être réalisée de façon qu’il y ait entre les soulèvements dus à la pression du pantographe des automotrices et les déformations dues aux variations de la température, un rapport tel, qu’il ne puisse se produire aucun décollement du pantographe par rapport à la ligne de distribution et cela, quelle que soit la vitesse.
- d) La tension du fil de contact ne doit pas descendre au-dessous de 5 à 6 kg par mm carré, dans le but de conserver la rigidité voulue aux grandes vitesses.
- Enfin, dans les courbes à faible rayon qui ont nécessairement la file extérieure des rails relevée, le dévers se traduit pour le véhicule par des inclinaisons latérales importantes. Pour qu’au passage de ces petits rayons le contact soit toujours
- assuré entre la ligne et le pantographe, le tracé de la caténaire a dû être également rentré vers l’intérieur de la courbe.
- Nous avons indiqué plus haut la condition pour le fd de contact de ne pas avoir une tension inférieure à 5 ou 6 kg par mm carré. D’autre part, la tension de ce fil doit rester suffisamment loin de la tension faisant travailler le métal à la limite d’élasticité, de façon à éviter toute déformation permanente.
- Or, les grands écarts de température que l’on rencontre dans le parcours électrifié, ne permettent pas sans précautions spéciales de réaliser à la fois ces deux conditions, on a donc été amené à prévoir des organes spéciaux, automatiques ou non, pour ramener la tension dans les limites imposées.
- Sur double voie, les supports sont des fers à I cintrés à partir de leur milieu vers le haut et reliés au-dessus des voies par un fer profilé horizontal. L’ensemble est boulonné et affecte à peu près une forme ogivale d’ailleurs peu esthétique.
- La traversée des gares et stations se fait par portiques rectangulaires.
- Enfin, on a dû reporter le réseau de lignes télégraphiques et téléphoniques auparavant en bordure immédiate de la voie, ën arrière de la ligne des pylônes, quelquefois même en dehors de l’enceinte du chemin de fer.
- A fin septembre 1930, l’entreprise Giraudon avait presque entièrement terminé l’équipement de la section Béziers-Millau. On procède actuellement à la pose des portiques en ogive-sur la double voie entre Aguessac et Saint-Laurent-d’Olt. La voie unique est aussi en cours d’équipement entre Saint-Laurent et Le Monastier.
- Partout ailleurs, les socles d’implantation des pylônes sont prêts, on pense que la ligne pourrait être livrée à l’exploitation électrique, en partie du moins, au cours de l’année 1931.
- Georges Vié.
- LE CIMETIERE DE DINOSAURIENS DANS L’ALBERTA
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- Située entre le Saskatchewan et la Colombie britannique, l’Albertâ est une province canadienne divisée en trois régions naturelles bien distinctes, les régions méridionale, centrale et septentrionale. L’Alberta méridional, formée de vastes plaines ondulées et dénuées d’arbres, est une région propre par excellence à l’élevage. L’Alberta central ressemble beaucoup à la Saskatchewan centrale, son sol est formé d’une riche terre noire dont la productivité s’avère pour ainsi dire illimitée, elle est arrosée par la rivière Red Deer, et par la Saskatchewan Nord. L’Alberta septentrional présente à la fois des prairies et des forêts : c’est une région agricole et en même temps un merveilleux terrain de chasse pour les animaux à fourrures.
- Dans la vallée de la Red Deer, qui descend des Montagnes Rocheuses pour aller se jeter dans la Saskatchewan Sud, existe une région des plus curieuses qu’on appelle les mauvaises terres, « Bad Lands ». Des dunes de sable que le vent déplace et qui prennent des formes étranges, laissent voir de temps en temps à nu des fragments de squelette de formes plus étranges encore. Cette région
- de la Red Deer est un véritable cimetière de ces nombreux reptiles mi-terrestres, mi-aquatiques, auxquels on a donné le nom de Dinosauriens.
- Ces géants étaient de pacifiques herbivores qui marchaient lentement à terre sur leurs pattes de derrière ou qui nageaient dans les eaux peu profondes, broutant les plantes aquatiques.
- A cette époque secondaire de l’histoire de la Terre, une mer intérieure s’étendait du golfe du Mexique au Sud jusqu’à l’Océan arctique au Nord, divisant le continent américain en deux zones terrestres. Cette mer a été essentiellement changeante, autant du moins qu’on peut en juger par les sédiments qu’elle a laissés.
- Pendant 60 milles au-dessous de la Red Deer, se trouvent des sédiments d’eaux douces connus sous le nom de formation d’Edmonton. Puis vient la formation de Bear Paw composée d’argile grise, de coquilles marines et de minuscules animaux marins. Plus bas encore on trouve la formation de Belly River semblable à la formation d’Edmonton. Dans la partie inférieure de la rivière, à deux cents milles des montagnes, on trouve des dépôts
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- marins épais qui forment le sol actuel de la région des prairies et leur donnent leur richesse. Ainsi se sont succédé
- Il y a là un champ de recherches unique au monde ou plutôt qui n’a d’égal que les champs à fossiles de la Mongolie, mais le cimetière de Dinosauriens placé au bord d’une grande ligne de chemin de fer transcanadien est bien mieux placé pour les recherches de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Terre.
- L’Alberta est en effet bien desservie par deux lignes du Canadian National Railways. Edmonton, la capitale, se trouve reliée d’une part par Winni-peg aux grands réseaux de l’Est Canadien et des États-Unis et, d’autre part, du côté de l’Ouest, elle est en connexion rapide avec Vancouver et Prince-Rupert.
- Du reste, le gouvernement de l’Alberta dépense chaque année des sommes importantes pour perfectionner le réseau routier. Le touriste a donc toutes les facilités pour accéder aux diverses régions de l’Alberta.
- S’il vient d’Europe, il devra faire escale à Ottawa, la capitale du Dominion, dont le Musée a
- Fig. 2.
- L’emplacement du Cimetière de Dinosauriens Alberta.
- Fig. 1. — Aspect de la Vallée de Red Deer.
- dans ces territoires, des mers d’eaux douces et des mers d’eau salée, d’étendues variables.
- Les Dinosauriens se trouvent dans les sables et les boues de la formation d’Edmonton et de Belly River, c’est-à-dire dans les dépôts laissés par les eaux douces.
- Dans ces jours lointains, les rivages bas et marécageux de ces mers étaient couverts d’une luxuriante végétation tropicale, palmiers, roseaux en queue de cheval, fougères immenses. Ces rivages étaient à cette époque la patrie des reptiles, grands ou petits, marchant, nageant, volant, herbivores ou carnivores, revêtus souvent d’armures étranges, ou de cuirasses hérissées de piquants.
- Les mauvaises terres de la Red Deer ont fourni plusieurs centaines de squelettes et il ne se passe guère de saison sans que soit mis à jour quelque nouveau spécimen.
- Dans ce territoire qui se trouve le long des lignes du Canadian National Railway, chaque crue de la rivière au printemps et chaque érosion qui en résulte découvre de nouvelles richesses paléontolo-giques.
- recueilli un nombre imposant de ces squelettes de Dinosauriens.
- P. Desfosses.
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- Fig. 3 (en haut). — Mise à nu d’un squelette de Dinosaure. Fig. 4 (en bas). — Transport d’un ossemenl (Clichés du Canadian National)
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- LA DIVISION EFFECTUÉE DE DROITE A GAUCHE
- Si l’on multiplie un nombre terminé par l’un des chiffres 1, 3, 7 ou 9, par chacun des dix chiffres de la numération décimale, on obtient autant de produits se terminant par des chiffres différents.
- Il en résulte que l’on peut effectuer une division en commençant par la droite des nombres, lorsque le diviseur se termine par 1, 3, 7 ou 9, et que le dividende est un multiple exact du diviseur.
- Prenons deux nombres remplissant ces conditions, par exemple 30166176 et 6243; et divisons le premier par le second.
- Le dernier chiffre du quotient ne peut être que 2 (attendu que le produit de 3 par tout autre chiffre que 2 se terminerait par un autre chiffre que 6). On multiplie le diviseur par 2 et l’on retranche le produit du dividende. On a :
- 30166176 | 6243 3015369 2
- Le reste se termine par un 9 ; donc l’avant-dernier chiffre du quotient est 3. On multiplie le diviseur par 3 et l’on retranche le produit du premier reste. En continuant à opérer de la même manière, on obtient finalement :
- 30166176 | 6243
- 3015369 4832
- 299664
- 24972
- 0000
- Cette façon d’effectuer la division est mentionnée dans la plupart des recueils de Récréations mathématiques; elle offre une particularité qu’il nous paraît intéressant de signaler.
- Reprenons l’exemple ci-dessus et recommençons l’opération, cette fois en ne tenant compte que des quatre derniers chiffres du dividende (les autres étant supposés inconnus). Nous trouvons :
- ....6176J6243 369 ~4832
- 64 2 0
- Comme on le voit, le résultat est le même, que l’on prenne le dividende entier ou seulement ses quatre derniers chiffres.
- D’une façon générale, quand on opère dans les conditions indiquées ci-dessus, il suffit, pour déterminer le quotient, de connaître sur la droite du dividende autant de chiffres qu’il y en a au quotient.
- Il en est de même pour le diviseur, comme le montre l’exemple suivant :
- Soit le nombre 9612252 exactement divisible par 34827. Le quotient ne peut avoir que deux ou trois chiffres.
- Supposons que nous ne connaissions que les trois derniers chiffres du dividende et du diviseur, soit 252 et 827, et effectuons l’opération suivante :
- ...252 | 827 29 276
- 4
- 0
- Le quotient cherché est 276.
- Applications. — Les remarques qui précèdent sont susceptibles de nombreuses applications, par exemple sous la forme de problèmes-devinettes.
- On demande à une personne de penser un nombre quelconque , de 3 chiffres par exemple, puis de le multiplier par un autre nombre, celui-ci terminé par un chiffre impair autre que 5 (ce second nombre doit être connu), enfin de donner les 3 derniers chiffres du résultat.
- Soit 726 le nombre pensé, et 3427 le facteur choisi. Le produit est 2488002.
- r , . 2488002.
- Le nombre pense est évidemment le quotient de -------------
- . 3427
- U: mme on sait que ce quotient ne peut avoir que 3 chiffres, il suffit, pour le déterminer, de connaître les 3 derniers chiffres 002 du produit. On trouve, en effet :
- .. .002 | 427 44 726
- 9 0
- Souvent on est invité à répéter une devinette de ce genre. Dans ce cas, il est nécessaire, pour éviter la monotonie et surtout pour rendre l’explication plus malaisée à deviner, de varier les combinaisons. Voici quelques exemples des procédés que l’on peut employer :
- 1° Nombre pensé : 4 chiffres.
- Opérations à prescrire :
- Poser un nombre composé de 4 chiffres consécutifs (ce nombre reste inconnu) ;
- Ecrire au-dessus ce nombre retourné;
- Faire la différence des 2 nombres et la multiplier par le nombre pensé ;
- Donner les 4 derniers chiffres du résultat.
- Cette devinette peut être comparée au tour de la « carte forcée » des prestidigitateurs.
- En effet, la différence entre un nombre formé de 4 chiffres consécutifs et ce nombre retourné est constante et égale à 3087. Il suffit donc, pour avoir le nombre pensé, de diviser (par la droite) le nombre donné par 3087.
- 2° Avec le procédé suivant, le calcul final est des plus simples et peut aisément se faire de tête; ce qui permet de fournir immédiatement la solution.
- Nombre pensé : 2 chiffres.
- Faire ajouter 8;
- multiplier par 9; ajouter 10; multiplier par 11; retrancher 2;
- partager le résultat en 2 tranches en séparant les 2 derniers chiffres, et faire connaître l’une ou l’autre de ces 2 tranches.
- Solution. — Soit 87 le nombre pensé; le résultat est 9513.
- 1° On connaît la lre tranche ; 95.
- On en retranche 8 ; et l’on a : 95 — 8— 87.
- 2° On connaît la 2e tranche : 13.
- On divise (par la droite) 13 par 99, ou, ce qui revient au même, on prend le complément arithmétique de 13. On trouve : 100 —13 = 87.
- 3° Enfin, si l’on veut se dispenser de tout calcul final, on peut opérer de la façon suivante :
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- Nombre pensé : 1 à 3 chiffres.
- Faire ajouter 12987;
- multiplier par 77 ; ajouter 1 ;
- barrer les 2 premiers chiffres à gauche-, multiplier le nombre restant par 13.
- Cette fois, on n’a rien à demander. Le nombre pensé figure dans le résultat; il y est même représenté deux fois.
- En effet, soit 634 le nombre choisi; la suite des opérations donne :
- (634 + 12987) 77 = 1048817 >48818 x 13 - 634634.
- Pour revenir à la division effectuée de droite à gauche, nous donnerons un dernier exemple de problème-devinette où cette façon d’opérer trouve son application.
- On demande à une personne de choisir 2 nombres : l’un A quelconque -, l'autre B, terminé par un chiffre impair autre que 5. Il s’agit de trouver un 3e nombre qui, multiplié par B, donne un produit terminé par A.
- Supposons que les nombres choisis soient 8888 et 7777. On pose
- 8888 | 7777 778 7144
- 67 9 0
- et l’on a :
- 7777 X 7144 == 55558888
- On peut, de cette façon, obtenir à volonté de curieuses combinaisons de chiffres. E. Thibout
- LES DOLICS BULBEUX ET TUBÉREUX
- Le Dolic bulbeux (Pachyrrhizus angulatus, ou Dolichos bulbosus) est une légumineuse importante appartenant à la flore des Iles Philippines et cultivée aux Indes et aux Molu-ques ; d’après Roxburgh, elle aurait été transportée d’Amérique dans les autres parties du monde.
- Le Dolic bulbeux est voisin du genre Phaseolus ou Haricot ; il pousse comme ce dernier en rampant ou en grimpant, mais sa racine tubéreuse en fait un légume bien à part, elle seule formant la partie comestible de cette espèce.
- Ce dolic se recommande à l’attention des habitants de nos colonies, parce que, en tout temps, il peut leur fournir, sans aucune préparation, un aliment sain et abondant.
- « La croissance de cette plante est très rapide, dit M. Per-rotet, botaniste-cultivateur, trois à quatre mois suffisant pour que la racine acquière toute sa perfection. »
- Le dolic bulbeux s’accommode de tous les terrains, mais devient plus volumineux dans les sols légers, substantiels et humides.
- Sous le climat de Paris, rien à faire ou peu de chose, mais en Afrique du Nord et dans certaines régions du Midi de la France, on en obtiendrait des produits qui pourraient s’exporter sur nos grandes villes, où cet excellent légume serait fort apprécié.
- Il n’est d’ailleurs dans toute sa perfection que lorsqu’il est récolté à moitié de sa grosseur-, plus volumineux, il devient filandreux et perd toutes ses qualités.
- Les habitants de la Malaisie et des Philippines en font leurs plus grandes délices : ils le mangent cru ou cuit, à la manière des pommes de terre.
- C’est un mets sain et savoureux, que l’on voit sur toutes les tables.
- Pour nos colonies, c’est le légume par excellence et son importance est si grande, qu’à l’heure actuelle, le Dolic bulbeux est cultivé partout, en concurrence avec le Dolic tubé-reux, dont je parlerai plus loin et qui est peut-être encore plus caractéristique au point de vue alimentaire.
- La culture du Dolic bulbeux est des plus simples :
- Terre légère, fertile; - semis en paquets par 2 ou 3 graines; lorsque les plants sont assez développés, on en supprime un ou deux et on donne des rames, après avoir ouvert les rigoles d’arrosage.
- On pince les tiges à 1 mètre et les ramifications latérales
- complètement. Trois à quatre mois plus tard, on récolte des racines blanches, de la grosseur d’un navet et qui forment le légume apprécié, connu à Java, sous le nom de Bangkoang, et Dau en Cochinchine.
- Au Gabon on a obtenu, sans exagérer la fumure, près de 7000 kg à l’hectare.
- Le Dolic tubéreux (Pachyrrhizus tuberosus ou Dolichos tuberosus) appartient à la flore des Antilles et, très probablement, est originaire de la Martinique; cependant cette plante est connue depuis fort longtemps au Pérou, où on la désigne sous le nom de Ahipa.
- C’est une espèce bien distincte de la précédente, par son feuillage et par ses racines beaucoup plus volumineuses. C’est une plante alimentaire précieuse pour les pays chauds, par ses racines, mais dont les graines suspectes ne sont pas comestibles, comme celles du Dolic bulbeux, du reste. Au Venezuela on se sert des graines, en décoction, ou sous forme de poudre, pour détruire la vermine.
- Les usages culinaires de VAhipa sont les suivants :
- Après avoir fait bouillir les racines comme les Ignames, on les consomme de différentes manières.
- La fécule est d’un blanc pur et est de valeur égale à celle de la pomme de terre. On en retire aussi de \’Arrow-root.
- Ces deux produits sont très agréables au goût et de digestion facile. On en confectionne des flancs et des puddings.
- Les déchets du traitement de cette racine sont utilisés pour en faire une farine bonne et saine. On en obtient aussi une délicieuse farine, en découpant les tubercules et en les faisant sécher au soleil, puis en les moulant.
- Cette plante mérite donc toute l’attention des coloniaux, d’autant plus qu’on peut la planter à tout moment de l’année et récolter les racines en 4 à 5 mois, ce qui est un laps de temps très court. Sa production est considérable en arrow-root et en fécule, de sorte que ces matières pourraient figurer sur les marchés, à bon compte.
- Quoi qu’il en soit, le Dolic tubéreux donne parfois des tubercules d’une grosseur énorme, dont on peut retirer un grand profit.
- On en a parlé jadis, le cultive-t-on intensément aujourd’hui? J’en doute ! C’est pourquoi j’en rappelle la valeur à ceux que cela doit intéresser.
- R. de Noter.
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- PLIAGES DE PAPIER
- En pliant du papier de diverses façons, on arrive à produire des formes curieuses et amusantes.
- Tout le monde sait, plus ou moins, faire le chapeau de gendarme qui est l’ancêtre de tous les pliages, puis la cocotte, le bateau double, etc.
- Tous ces pliages sont intéressants, ils n’ont qu’un défaut c’est celui d’être trop connus, mais il existe d’autres pliages plus difficiles, à peu près inconnus et qui méritent d’être décrits.
- La plupart nous viennent du Japon, le pays des ouvrages de papier et des travaux de patience. Ce sont eux dont nous allons expliquer la fabrication et les phases qui transforment une feuille de papier.
- Nous serons reconnaissants à nos lecteurs de nous communiquer les pliages qu’ils pourraient connaître.
- LA
- BONBONNIÈRE JAPONAISE
- D’abord, un conseil qui sera utile pour tous les pliages.
- Employez un papier mince, mais résistant, qui supporte d’être plié et replié sans se déchirer.
- Les papiers japonais, tout au moins autrefois, étaient parfaits à cet égard ; ils seront remplacés par du papier mince d’emballage tel que celui employé par la plupart des magasins de nouveautés.
- Pour notre bonbonnière il faut couper votre papier en carré, bien régulièrement; c’est du reste par le carré, à de rares exceptions près, que commencent tous les pliages.
- Mettez votre carré de papier, bien à plat sur une table, puis pour commencer pliez-le suivant les deux diagonales sur une face (lignes DD, DD de la fig. 1).
- Retournez la feuille de papier et sur cette seconde face pliez la feuille en deux dans un sens MM, puis dans l’autre NN.
- Prenez maintenant les 4 angles DDDD, amenez-les les uns vers les autres, pour qu’ils arrivent à se toucher (fig. 2).
- Aplatissez et vous aurez un pliage carré, le quart du papier primitif bien que le dessin (fig. 3) le donne presque aussi orand afin d’être bien compréhensible.
- Abaissez alors les 2 pointes D plus bas que le centre. Ces deux pointes occuperont alors sur l’une et l’autre face l’emplacement du pointillé. |
- Faites maintenant les quatre plis DP, qui sont chacun la moitié de l’angle CDP. Ils se font donc en R, en amenant P au point P'.
- Sur la face que vous avez devant vous faites toucher les 2 points RR.
- Le pli se fera en DC.
- Retournez votre papier et faites de même sur l’autre face vous aurez la même forme de papier, mais vos deux surfaces,
- recto et verso, seront unies, sans pli (fig. 5).
- Pliez vers vous la pointe D sur O, vous ferez ce pli au point où vous ne serez pas gêné pour le faire par les plis qui se trouvent à l’intérieur.
- Faites de même au verso et vous serez en possession du pliage définitif (fig. 6), sur lequel en pliant fortement devant et derrière vous marquerez le pli B.
- Mais ici se présente une petite difficulté dans l’explication, mais que vous comprendrez facilement avec votre pliage sous les yeux et en regardant la fig. 7.
- Il faut, aux quatre points S, faire entrer en dedans ce point S.
- Cela abattra les angles S suivant l’indication du pointillé (fig. 6).
- Si maintenant vous regardez dans la direction de la flèche de cette même fig. 6, vous voyez uneou verture.
- Il vous faut sans défaire les plis S, pousser le point C qui est le milieu du fond de la bonbonnière, jusqu’à ce que ce fond s’aplatisse et que les quatre lignes BB arrivent à former les côtés de cette bonbonnière.
- Voyez la fig. 8, montrant l’effet définitif, lorsque vous aurez relevé les deux anses O.
- Comme on le voit, l’exécution de ce pliage ne présente pas de grandes difficultés. Prochainement nous indiquerons d’autres constructions, ceux de nos lecteurs qui essaieront de les réaliser les réussiront, croyons-nous, sans peine. Nous sommes persuadés que nombre d’entre eux y apporteront des variantes intéressantes. Alber.
- Fig. 1 à 8.
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- PHONOGRAPHIE - RADIOPHONIE - RADIOVISION
- DISQUES POUR BRUITS DE SCÈNE
- On sait qu’on emploie très fréquemment maintenant des disques pour films sonores et ces disques sont enregistrés spécialement. Ils ont un diamètre d’environ 40 centimètres, leur vitesse de rotation n’est que de 33 tours et demi par minute et ils peuvent fournir une reproduction continue d’environ 11 minutes. On trouve également dans le commerce des « disques de bruits » présentant les mêmes caractéristiques techniques que les disques ordinaires, mais sur lesquels sont enregistrés des bruits : bruits de la rue, de la mer, de l’orage, du vent, du train, des moteurs, etc. Ces disques peuvent être employés par des amateurs ou par des professionnels, de façon à accompagner des projections cinématographiques, généralement sans réaliser un synchronisme absolu, d’ailleurs inutile avec ce genre d’enregistrement.
- L’emploi de ces disques est tout indiqué pour obtenir des effets de cinématographie sonore avec des appareils de projection d’amateur, et nous indiquerons, d’ailleurs, dans une chronique prochaine comment on peut réaliser ainsi de véritables dispositifs de cinématographie sonore chez soi.
- Détecfrice
- Fig. 1. — Schéma de 2 étages basse fréquence à transformateurs avec condensateur de fuite C de 0,5 à 2/1000 de microfarad.
- Mais des disques du même genre peuvent être également utilisés pour produire des bruits de scène d’une façon beaucoup plus naturelle qu’à l’aide des anciens procédés mécaniques adoptés jusqu’ici, et nous avons pu constater récemment au théâtre l’adoption de plus en plus générale de ce procédé.
- C’est ainsi que lors de la création assez récente du Roi d'Yvetot à l’Opéra-Comique, on a pu admirer la réalisation très poétique d’une scène d’amour nocturne dans laquelle le bon roi rencontre la servante Jeanneton au bord d’une fontaine. Leur duo dans la campagne normande est alors accompagné par le chant harmonieux des rossignols.
- Le public a eu la surprise de constater la tonalité charmante des roulades et des trilles ainsi exécutées, dont la grande limpidité créait une atmosphère tout à fait champêtre.
- En réalité, cet effet de scène avait été obtenu en reproduisant électriquement des disques, sur lesquels avaient été enregistrés réellement les chants de rossignols dans un jardin, la nuit. Ces disques sont, d’ailleurs, réalisés par une grande maison d’édition phonographique et vendus dans le commerce.
- En dehors de leur usage particulier, des disques de bruits ou des disques de ce genre, dans lesquels les bruits naturels sont parfois accompagnés par des accents conjugués et harmonieux d’un instrument de musique à cordes, ont, en même
- temps, un intérêt intrinsèque et artistique certain. Il est donc probable que nous verrons leur nombre et leur diversité s accroître peu à peu, et qu’en tout cas presque tous les bruits de scène seront désormais exécutés à l’aide de phonographes électriques.
- LA CARTE POSTALE PHONOGRAPHIQUE
- Nous avons décrit récemment, dans La Nature, des disques composés d’une matière souple incassable genre cellophane, sur laquelle étaient gravés des sillons sonores du type à aiguille à variations transversales. Des fabricants anglais ont réalisé, de même, des cartes postales contenant, sous la forme d’une pellicule vernissée n’augmentant guère son épaisseur, un petit disque de 9 cm de diamètre, qu’il suffit de placer sur un phonographe pour entendre immédiatement un morceau d’une qualité d’enregistrement suffisante.
- On pourrait, sans doute, faire figurer sur ces cartes un enregistrement effectué par le correspondant lui-même de la façon indiquée dans l’article cité; mais, jusqu’à présent, ces nouvelles cartes postales renferment surtout des morceaux de musique plus ou moins classiques. Il est probable que nous verrons bientôt mises à la disposition du public des cartes postales non enregistrées que l’on pourra imprimer soi-même à l’aide d’un phonographe spécial relativement simple; ainsi la lettre parlée sera enfin devenue une réalité.
- UN TRANSFORMATEUR BASSE FRÉQUENCE BIEN ÉTUDIE
- De plus en plus, la liaison basse fréquence à transformateur est employée presque uniquement dans les amplificateurs, non seulement radiophoniques, mais encore phonographiques. On peut remarquer, en effet, que c’est ce système de liaison qui convient le mieux pour l’alimentation par le secteur, et, d’autre part, les résultats obtenus tant comme intensité que comme qualité d’audition sont excellents, à condition d’utiliser des transformateurs bien étudiés, des lampes de puissance convenables, avec une tension plaque et une polarisation de grilles correspondantes.
- Nous pouvons signaler à ce propos un modèle de transformateur particulièrement étudié pour les postes radiophoniques et pour les amplificateurs phonographiques de moyenne puissance.
- Le nombre des spires du primaire et la section du noyau sont suffisants pour assurer à l’enroulement une impédance élevée indispensable pour obtenir une bonne amplification des notes graves. D’autre part, le rapport de transformation relativement faible de 1 /3,5 au maximum assure aux enroulements une faible capacité répartie, ce qui permet une reproduction fidèle des notes aiguës.
- Enfin, les tôles au silicium à très faibles pertes de leur noyau -ont peu d’hystérésis, et une grande résistivité, ce qui évite les déformations dues au fer, et la qualité du fil employé, les précautions prises pour les bobinages leur assurent une longue durée.
- Pour les amplificateurs basse fréquence à un étage, on pourra utiliser un de ces transformateurs rapport 1 /3,5, pour un amplificateur basse fréquence à deux étages, un premier 1 /2,5 et un deuxième 1/1. Enfin, pour une grande puissance, on emploiera deux transformateurs, le premier de rapport 1 /3,5 et le deuxième de rapport 1 /2,5.
- Comme transformateur de sortie un rapport 1 /1 sera con-
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- venable, tandis que comme transformateur d’entrée pour pick-up, on adoptera généralement un modèle 1/3,5.
- On emploie quelquefois dans le circuit de plaque de la lampe détectrice, en shunt sur l’enroulement primaire, un condensateur qui livre passage aux courants de haute fréquence; il est recommandé, en tout cas, de diminuer autant que possible la capacité de ce condensateur; une capacité de 0,5 à 2 millièmes de microfarad est généralement très suffisante. Il est préférable, en outre, au lieu de placer le condensateur directement entre les bornes du transformateur, de l’intercaler entre la plaque de la détectrice et le pôle négatif de la batterie de chauffage (fig. 1).
- UN BRAS DE PICK-UP NOUVEAU MODÈLE
- Dans les premiers appareils phonographiques électriques on employait, pour supporter le pick-up électro-magnétique, un bras acoustique de phonographie quelconque; or, il est bien évident que le bras porte pick-up doit jouer alors un rôle uniquement mécanique et non acoustique; c’est pourquoi on commence à établir des bras spécialement adaptés à cet emploi.
- Un bras de pick-up bien étudié doit permettre de régler la pression de l’aiguille sur le fond du sillon à la valeur convenable; il doit suivre les mouvements du pick-up sans opposer aucun amortissement, et enfin, il doit être disposé de telle façon que la position de l’aiguille dans le plan vertical et dans le plan horizontal par rapport à la tangente au sillon au point de contact soit dans la position optima, à la fois pour diminuer l’usure du sillon, et pour assurer la meilleure qualité de reproduction sans distorsion.
- Nous avons indiqué plus haut que le pick-up devait présenter une certaine inertie afin que les vibrations de l’aiguille agissent uniquement sur l’armature, et non pas sur la masse entière du système. Il est donc bon, en général, de choisir un pick-up assez lourd, et, pour que la pression de l’aiguille appliquée réellement au fond du sillon ne soit pourtant pas trop grande, on peut adopter un bras comportant un contrepoids ou un dispositif compensateur à ressort, et, en tout cas, le poids du bras doit être aussi réduit que possible.
- De plus, son articulation de pivotement doit être réalisée de façon à diminuer au minimum les frottements, à supprimer tout risque de jeu afin d’éviter les vibrations parasites. Enfin, on peut disposer avec raison dans le bras lui-même le dispositif de contrôle, résistance ou potentiomètre, qui servira à régler l’intensité d’audition, ou du moins l’intensité des courants qui parviennent à l’amplificateur.
- Il est enfin une autre question assez importante, comme nous l’avons indiqué dans la chronique précédente, concernant l’orientation du « plan de travail » de l’armature vibrante, c’est-à-dire de l’aiguille reproductrice.
- Dans le plan vertical, l’angle que fait l’aiguille avec le sillon sonore doit être d’environ 50 à 55 degrés. A l’heure actuelle, un grand nombre de pick-up sont livrés avec leur bras, et calés à l’extrémité de ce bras de façon que cet angle optimum soit atteint. Il faut noter, d’ailleurs, que ces pick-up ainsi disposés d’une façon fixe sur un bras acoustique sont cependant montés sur un support terminal pivotant, afin de permettre facilement le remplacement de l’aiguille.
- La position du « plan de travail » par rapport à la tangente dans le plan horizontal est plus délicate à régler. On sait que, dans le cas ordinaire, à mesure que l’aiguille se déplace, cet angle varie constamment, puisque le bras est animé d’un mouvement de rotation et que sa longueur n’est pas très grande (fig. 2).
- Pour que la rotation du bras n’amène pas une variation de la position de l’aiguille par rapport aux sillons, il faudrait que la longueur du bras soit infinie ou que le déplacement du pick-up ne se fît plus par rotation, mais bien par une translation, suivant un diamètre passant par le centre du plateau.
- Des dispositifs de ce genre ont du reste été déjà réalisés, mais, semble-t-il, sans aucun résultat pratique.
- On a fait d’assez nombreuses recherches sur la manière d’éviter cet inconvénient, qui, en réalité, n’est pas très grave dans la pratique, du moins au point de vue de la qualité de reproduction; il serait cependant désirable que l’on puisse arriver à obtenir une variation beaucoup moins grande tout au moins de la position de l’aiguille, car ce phénomène provoque une pression anormale de la pointe contre le bord interne des sillons, et, par conséquent, une usure exagérée des parois de ces sillons.
- On se contente dans le cas ordinaire, avec un pick-up disposé perpendiculairement à l’axe du bras, de régler la position du bras de telle sorte que le plan de travail de l’aiguille soit perpendiculaire à la tangente au sillon pour le sillon moyen, de telle sorte que les variations de part et d’autre de cette position médiane sont moindres (fig. 2).
- Il y a pourtant déjà longtemps qu’on a étudié ce problème et, en particulier, M. Lumière dès 1911 a indiqué une solution étudiée à ce moment-là pour le diaphragme mécanique, mais qui s’applique parfaitement au pick-up reproducteur.
- Cette solution consiste à choisir rationnellement le point de pivotement du bras, au moyen d’une construction géométrique très simple, et la position de ce point de pivotement varie évidemment suivant la longueur du bras. Elle consiste, d’autre part, à disposer le pick-up à l’extrémité du bras non point perpendiculairement à l’axe de ce dernier, mais de telle sorte que son plan fasse un angle dirigé vers l’intérieur avec
- Fig. 3. — Bras de pick-up système Thorens, assurant au plan de travail de l’aiguille reproductrice une direction constamment normale au sillon. Il comporte de plus une résistance permettant de faire varier l’intensité de la reproduction.
- r
- Fig. 2. •— La position du plan du pick-up P par rapport aux sillons phonographiques varie constamment à mesure que le bras support tourne autour de l’axe O.
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- Fig. 4. — Poste local à lampe multiple Lœwe monté pour la reproduction phonographique.
- cet axe; cet angle varie suivant la longueur du bras, mais il est généralement de l’ordre de 60 degrés.
- On peut démontrer ainsi que des variations du plan de travail par rapport à la tangente aux sillons sont tout à fait atténuées et considérablement réduites.
- Cette solution a été adoptée sur quelques modèles de pick-up étrangers.
- Il y a, enfin, un dispositif sans doute plus complexe, mais qui est aussi plus perfectionné, et qui consiste à monter le pick-up à l’extrémité du bras non pas d’une façon fixe, mais sur un support pivotant de façon que sa position par rapport aux sillons puisse varier à chaque instant.
- C’est cette disposition qui est employée sur le modèle indiqué par la figure 3.
- Un parallélogramme articulé composé de tiges de laiton est relié, d’une part, au pick-up pivotant autour d’un axe vertical, d’autre part, à une plaquette fixe montée sur le corps du bras support; il dirige constamment le plan de travail de l’aiguille, de telle sorte qu’il demeure à peu près perpendiculaire aux sillons.
- Cet ensemble est étudié rationnellement et mécaniquement, de façon qu’il ne se produise aucun jeu dans les articulations, tant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique
- Ce nouveau modèle semble donc présenter de grands avantages sur les dispositifs similaires.
- LES LAMPES MULTIPLES ET LES REPRODUCTIONS PHONOGRAPHIQUES
- Nous avons déjà signalé, il y a quelque temps, dans La Nature, l’apparition de modèles allemands de lampes multiples comprenant dans une même ampoule de verre, dans laquelle on a fait le vide, recouverte intérieurement d’une couche de magnésium, comme les lampes à faible consommation ordinaires, plusieurs groupes d’électrodes constituant, en quelque sorte, plusieurs lampes de T. S. F. séparées, ainsi que leurs éléments de liaison, résistances et condensateurs.
- Le plus intéressant de ces modèles semble être constitué par un ensemble formant une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence, de telle sorte que la réception sur antenne des émissions locales ou même européennes est possible en utilisant simplement une lampe de ce genre avec un dispositif d’accord approprié (fig. 4).
- L’amplification basse fréquence, dans ce modèle, est réalisée à l’aide de résistances capacités, et, pour obtenir une amplification suffisante, il est donc nécessaire d’appliquer sur les électrodes correspondantes une tension plaque assez grande de l’ordre de 90 à 120 volts, avec polarisation de grille convenable
- Un tel poste si réduit peut également servir pour l’amplification phonographique, comme il est d’ailleurs évident, et il suffit pour cela, de faire agir les courants basse fréquence produits par un petit pick-up électro-magnétique sur le premier groupe des électrodes, en modifiant pourtant évidemment la polarisation de grille.
- Comme ces appareils sont peu coûteux et peu encombrants, il est possible, lorsque l’on veut obtenir une amplification plus forte ou faire des essais de stéréophonie, d’utiliser deux de ces récepteurs avec deux diffuseurs et un ou deux pick-up.
- |P03TE DE RÉCEPTION « TOUTES ONDES »
- L’augmentation du nombre des postes émetteurs sur ondes très courtes attire l’attention des auditeurs, et surtout des auditeurs des colonies, sur ce genre de réception. Il est, d’ailleurs, possible en France maintenant, comme nous l’avons déjà montré, de recevoir très facilement et d’une manière très pure les émissions américaines, australiennes, etc.
- Nous avons aussi déjà noté les avantages de l’emploi d’un poste à changement de fréquence pour effectuer cette réception, surtout au point de vue de la facilité de réglage. C’est pourquoi plusieurs constructeurs français établissent maintenant des postes à changement de fréquence permettant la réception sur toute la gamme 15-2000 mètres.
- Les dispositifs employés varient suivant les constructeurs. Il est évident, en tout cas, que la partie moyenne et basse fréquence demeure identique, et que seule varie le dispositif utilisé pour le changement de fréquence.
- Les uns, tout en modifiant le système d’accord, emploient une seule lampe oscillatrice montée en Hartley pour toute la gamme considérée. Les autres emploient deux lampes bi-grilles avec bobinages d’oscillation séparés, l’une servant pour la gamme 15-100 mètres, l’autre pour la gamme 200-2000 m. La photographie de la figure 5 représente un appareil de ce genre. Il peut être également considéré comme un véritable appareil d’usager parce que sa manœuvre est, en somme, extrêmement facile; il est seulement à remarquer qu’il est nécessaire d’utiliser des bobinages d’oscillation interchangeables pour la réception des ondes courtes.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Transformateurs basse fréquence « Lgric ». Etablissements Voilant et Saphores, 31, avenue Trudaine, Parfs.
- Bras de pick-up perfectionné, type Thereus. Etablissements Die-drichs, 13, rue Bleue, Paris.
- Postes à lampes multiples, Loewe-Radio, 19, rue Frédéric-Lemaître, Paris (20*0.
- Poste récepteur ouïes ondes. Radio L. I.. 5. rue du Cirque, Paris.
- Fig. 5. — Poste toutes ondes (15 à 2000 m) à changement de fréquence tgpe Radio LL.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Avion commercial Farman F. 300.
- Alors qu’il y a encore peu d’années le régime normal des moteurs d’avions commerciaux était voisin du régime maximum, la tendance actuelle est de ne faire donner aux moteurs toute leur puissance que momentanément, et de les réduire, en vol normal, aux deux tiers ou même à la moitié de leur puissance maxima.
- Ce mode d’utilisation des moteurs a l’inconvénient de nécessiter, à service égal, un matériel plus cher; il rend indispensable une mise au point parfaite de ce matériel tendant à réduire, ou en tout cas à délimiter, les régimes vibratoires critiques de la cellule et des moteurs. Mais le moteur se fatigue moins à régime réduit qu’au régime maximum : sa vie s’en trouve allongée, et les frais d’entretien réduits; la puissance étant répartie sur plusieurs moteurs, l’arrêt de l’un de ceux-ci n’oblige pas à interrompre le vol : les moteurs restants peuvent en effet
- Celle figure représente l'hgdravion monoplace de chasse
- Savoia-Marchetti 67 décrit dans le n° du 1er décembre, p. 524.
- La figure parue dans ce précédent numéro est celle de l'avion commercial Farman F. 300,
- être poussés alors au régime maximum, et compenser la chute de puissance du moteur défaillant.
- Ce sont ces constatations qui ont conduit les usines Farman à l’étude du trimoteur F. 300, monoplan de transport à grand excédent de puissance.
- La voilure du F.300, fixée sur le dos du fuselage en semi-cantilever, est de construction normale en bois et toile. Rectangulaire et de profil constant dans la partie centrale, elle est trapézoïdale de profil décroissant aux bouts d’aile. Deux paires de mâts obliques, en profilés de duralumin, haubanent l’aile.
- Trois moteurs Salmson de 230 ch équipent l’avion. Les moteurs latéraux sont fixés sous l’aile et en avant du bord
- d’attaque, à la pointe de fuseaux en tôle de duralumin. Le plan est déchargé du poids de ces moteurs par des mâts obliques reliant un point de chacun des mâts principaux aux fuseaux moteurs et à la partie supérieure du fuselage. Ce système rigide sert également d’appui aux mâts télescopiques du train d’atterrissage (amortisseur oléo-pneumatique).
- Le train est à large voie (3 m 30) et comporte des roues à freins.
- Le fuselage comporte des couples transversaux en caissons et un revêtement double en contreplaqué formant coque. Il comporte : un poste de pilotage à deux places côte à côte aménagé en conduite intérieure, la cabine pour huit passagers, un cabinet de toilette et une soute à bagages. L’empennage est classique, seul le gouvernail de profondeur est compensé.
- Les caractéristiques principales du F.300 sont :
- Envergure . . . 19,10 m
- Longueur . . . 13,35 m
- Surface portante . . .
- Poids vide . . . 2.400 kg
- Charge payante . . . . . . 800 kg
- Poids total . . . 4.200 kg
- Vitesse maxima . . . . . . 210 à 230 km-h
- L’appareil peut évoluer et gagner'de l’altitude avec l’un quelconque des moteurs arrêté : le fait a pu être contrôlé au dernier meeting d’aviation d’Orly.
- Hélicoptère italien cT “ Ascanio ”.
- Tandis que les Américains terminent la mise au point de l’hélicoptère « Curtiss-Bleecker », les Italiens procèdent aux essais de l’hélicoptère d’Ascanio, et ceci avec un plein succès*
- L’appareil de l’ingénieur d’Ascanio s’est attribué, en effet, les 8, 10 et 13 octobre, trois records importants, laissant assez loin derrière lui, les performances réalisées jusqu’à présent. Les records établis sont les suivants :
- Record de durée en circuit fermé : 8 mn 45 sec 1/5.
- Record de distance en ligne droite : 1078 m 60.
- Record d'altitude : 18 m, atteinte en 1 mn 40 sec 1/5.
- Les détails de construction de l’appareil sont encore peu connus. Notons simplement que la machine de d’Ascanio est composée de deux hélices à deux pales, placées l’une au-dessus de l’autre, et tournant en sens contraire.
- La nacelle, placée au-dessous des hélices porte le poste de pilotage, un train de quatre roues et le moteur (un Fiat de 80 ch). Trois hélices auxiliaires, de petit diamètre, assurent la stabilité et la direction de l’appareil (ces hélices sont à pas variable).
- La transmission de la puissance, du moteur aux hélices sustentatrices, est assurée, mécaniquement, au moyen d’un train d’enpennages réducteurs. L’incidence des pales est variable, et commandée comme dans le « Curtiss-Bleecker » par des volets mobiles placés derrière chaque pale.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Manuel du monteur électricien, par J. Laffargue et L. Jumau (20e édition), 1 vol., 934 p., 849 fig., 5 planches hors texte. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1930. Prix : cartonné toile, 75 fr.
- Le manuel de Laffargue dont la première édition remonte à plus de 30 ans, continue son utile carrière ; soigneusement révisé, en tenant compte des modifications survenues dans les installations électriques, il a gardé le caractère qui lui a assuré son succès : renseignements clairs, complets et précis sur les questions essentielles que doit connaître l’ouvrier monteur, mais toujours mis à sa portée par un exposé qui évite les développements trop savants. Il est cependant regrettable que le rajeunissement de certains chapitres ait été négligé ; sans doute on pardonnera aisément au continuateur de Laffargue de faire figurer encore quelques machines qui sont aujourd’hui des pièces de musée; mais voici un oubli beaucoup plus grave : le décret de 1927 qui prescrit les premiers soins à donner aux foudroyés et électrocutés est ignoré et l’ouvrage reproduit les instructions officielles de 1902 qui sont annulées depuis 3 ans. Le lecteur qui se fiera aveuglément au manuel peut ainsi s’exposer à de graves responsabilités.
- Applications de l’électricité à la marine, par L.-J.-M. Ricaud, E. Marget et J.-L. Routin. 1 vol. 320 pages, 125 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1930. Prix : 60 fr.
- Cet ouvrage comporte quatre parties : la première traite des services électriques à bord, en développant surtout le problème général des commandes à distance si important aujourd’hui à bord des navires de guerre; elle étudie également les installations de projecteurs,puis les différents services de bord qui utilisent des moteurs, enfin la commande électrique de la barre et les appareils de pointage continu des canons par visée directe.
- La seconde partie est consacrée à l’exposé des conditions spéciales qui régissent la production, la distribution et l’emploi de l’électricité à bord d’un navire. La troisième partie expose le problème de la propulsion électrique, décrit les diverses solutions, et en discute les avantages et inconvénients.
- Enfin, la quatrième partie, rédigée par M. Routin, décrit en détail les appareils actuellement réalisés ou proposés pour exécuter le télépointage et la télécommande.
- Die Binnengewasser, par August Thienemann. Band IX : Einführung, in die Bodenkunde der Seen, par E. Naumann, 1 vol. in-8, 126 p., 35 fig. Schweizerbart’sche Verlagsbuchhand-lung, Stuttgart, 1930. Prix : broché, 16 M.; relié, 17,50 Marks.
- Le 9e volume de ce traité des eaux continentales est consacré au fond des lacs. Il décrit les appareils de sondage, les techniques des recherches physiques, chimiques, biologiques, les types de fonds déjà étudiés et leurs caractéristiques pour aboutir à une classification limnologique. Ce genre d’études, peu développé en France, est au contraire largement poursuivi dans les pays plus continentaux. Une bibliographie abondante termine l’ouvrage et pourra servir à introduire le lecteur dans une connaissance détaillée du sujet.
- Die naturlicht n Pf'lanzenfamilien, par A. Engler et K. Prantl. 2° édition, vol. 18a. Angiospermae. 1 vol. in-8, 492 p., 212 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig, 1930. Prix : broché, 62 M.; relié, 68 M.
- L’inventaire de toutes les plantes du globe, dont nous avons maintes fois indiqué tous les mérites, s’enrichit d’un nouveau volume consacré à deux ordres de Cotylédonées, les Podostemonales, traitées par M. Engler; le sous-ordre des Saxifraginae, de l’ordre des Rosales, rédigé par M. Harms avec la collaboration d’un groupe de spécialistes : Diels, Engler, Niedenzu, Pritzel, Berger. Les Podostemonales sont des plantes à fleurs dont le port rappelle celui des lichens et des hépatiques, et qu’on ne connaît que dans les régions tropicales : Inde, Ceylan, Java, Madagascar, Célèbes, etc. C’est dire qu’elles sont encore peu connues et beaucoup d'entre elles depuis peu d’années seulement. On trouve ici tout ce qu’on sait de leurs espèces, de leur anatomie, de leur mode de vie. Les Saxifraginées sont des Rosacées dont beaucoup vivent dans nos pays : Saxifrage, Corylapsis, Sedum, et.c-> dont d’autres sont également exotiques; toutes sont traitées avec le soin, l’ordre, la minutie qui caractérisent la grande œuvre d’Engler.
- A monograph of the recent Cephalopoda. Part. I. Octopodinae, par G. C. Robson. 1 vol. in-S, 236 p., 88 fig., 7 pl. British Muséum (Natural History), London, 1929. Prix : cartonné toile, 17 sh. 6 d.
- Les Céphalopodes sont un des groupes d’animaux les plus difficiles à déterminer exactement en l’absence de tout ouvrage récent les concernant. En se basant sur les riches collections du British Muséum, y ajoutant l’étude des « pieuvres » conservées dans les autres
- grands inusées d’histoire naturelle, l’auteur a procédé à une révision complète d’une famille Octopodes et mis de l’ordre dans la multiplicité des formes déjà décrites. On ne saurait trop lui en savoir gré. Des 3 sous-familles des Octopodidés, ce volume est consacré aux seuls Octopodinés, l’ancien genre Oclopus, aujourd’hui divisé, et quelques autres. L’auteur commence par réunir tout ce qu’on sail de l’anatomie, des mœurs, du développement, des variations, de la phylogénie, de la distribution géographique de ces animaux, puis il les décrit espèce après espèce, en complétant par ses propres observations les renseignements publiés antérieurement.
- Bilder aus der Geschichte der biologischen Grund-probleme, par W. von Buddenbrock, 1 vol. in-8, 158 p., 8 portraits hors texte. GebrüderBorntraeger,Berlin, 1930. Prix : cartonné toile, 8,75 Marks.
- Ce tableau de l’histoire des problèmes biologiques fondamentaux est un court exposé, à l’usage de la jeunesse et des étudiants allemands, du développement qu’a pris, surtout depuis un siècle, l’étude des grandes questions relatives à la vie : origine, organisation, échanges énergétiques et chimiques, maintien, transmission et évolution. L’auteur a su grouper, dans cet historique, tous les faits importants dans un ordre logique et donner ainsi un aperçu fort clair des progrès incessants de la recherche biologique.
- Histoire de la langue française, par Albert Dauzat, 1 vol. in-8, 588 p. Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1930. Prix : 45 francs.
- Nos lecteurs connaissent la compétence et le talent d’exposition de l’auteur, directeur à l’Ecole des Hautes Etudes, et nous leur avons déjà signalé ses ouvrages si intéressants sur les noms de personnes et de lieux, les patois, les argots. Voici une œuvre magistrale qui expose l’histoire de notre langue, d’après les travaux récents de l’école française où brillent les noms de Meillet, Brunot et tant d’autres. La langue née du latin, a évolué et continue de changer comme toute la civilisation et l’histoire : elle s’est formée dans Plie de France et l’Orléanais, avant de repousser les dialectes et les patois et de s’étendre à travers le monde; codifiée dans les grammaires dès le xive siècle, puis dans les lexiques et les dictionnaires, elle s’est enrichie de termes, transformée dans ses constructions. Un grand effort d’analyse qui se poursuit a permis de tracer sa vie passée. Ce traité, fortement documenté, riche de bibliographie, suit les variations de son mécanisme interne : sons, phonétique, prononciation; mots, lexicologie, vocabulaire; rapports grammaticaux; il trace le tableau de son histoire externe : langue écrite, prose, poésie, orthographe; de ses dialectes et de ses variétés dans la nation, de son expansion dans le monde.
- Verdadera relacion delo sussedido enlos Reynos e provincias del Peru desde la yda a ellos del Virey Blasco ISunes Vêla hasta el desbarato y muerte de Gonçalo Piçarro (Sevilia, 1549), par Nicolas de Albenino. Reproduction fac-similé avec une introduction de José Toribio Médina. 1 vol. in-8. Travaux et mémoires de l’Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1930. Prix : cartonné toile, 30 francs.
- Récit très important pour l’histoire et très vivant de la révolte du Pérou et de la mort de Pizarre. Un seul exemplaire de ce document est connu, à la Bibliothèque nationale de Paris; sa reproduction permettra d’en tenir compte dans les études sur la conquête espagnole de l’Amérique du Sud.
- Carte géologique du massif du Mont-Blanc (partie française); l’échelle de 1/20 000, feuille Vallorcine, par P. Corbin et N. Oulianoff. 1 carte et 1 notice explicative. C. Jacquart. Saint-Maur-des-Fossés (Seine). 1930. Prix : 20 fr.
- Deux cœurs dans la jungle, par Victor Forbin. l vol. 252 p., Editions Baudinière, Paris, 1930. Prix : 12 fr.
- Voici un nouveau roman de notre collaborateur; il se déroule dans ce cadre de l’Amérique équatoriale où l’auteur a passé ses années de jeunesse; il en a rapporté sur les hommes et les choses de vives impressions qui s’expriment ici d’une façon particulièrement vivante. Dans un village perdu de Colombie, sous les tropiques américains, échoue un jeune ingénieur français, grièvement blessé par un Indien. Le hasard veut qu’il y soit recueilli,soigné et guéri par une Française. Us s’éprennent l’un de l’autre. Le jeune homme, après guérison, tœut ramener en France cette abandonnée. Elle s’y refuse. Cette rencontre et cette lutte émouvantes, font l’objet d’un récit, alerte, dont l’intérêt romanesque ne faiblit jamais.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances d’Octobre 1930.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Sur la distillation sèche du baume de Tolu (MM. J. Dupont et J.-J. Guerlain) . —Les premières expériences de Sainte-Claire Deville avaient signalé la formation de toluène et de benzoated’éthyle, et Scharling montrait par la suite que l’éther-sel répondait en réalité à la constitution C°HsCOOCH\
- Les expériences de MM. Dupont et Guerlain ont mis en évidence deux nouveaux composés, leurs devanciers n’ayant pas remarqué qu’une assez grande quantité des produits libérés est soluble dans une lessive alcaline.
- La distillation sèche, portant sur une masse de 250 grammes» donne lieu à un fort dégagement de gaz (COL’H-) ; le distillât comprend de l’eau qui surnage une masse cristalline riche en acides benzoïque et cinnamique, le résidu laissé dans la cornue présentant l’aspect d’un coke spongieux et brillant. L’huile fortement odorante, reprise par une lessive à 5 pour 100 NaOH donne une solution brune — la portion insoluble est encore à l’étude — qui a été soumise à la distillation fractionnée. La première portion passant entre 204 et 206° est formée de gaïacol; la seconde, de 218 à 222°, présente les caractères du créosol CH3C’U' (OCPF)OH; dans la troisième enfin, de 228 à 232°, il semble que domine l’éthylgaïacol.
- En résumé, la distillation sèche du baume de Tolu libère en quantités notables, comme la créosote du goudron de bois, des éthers monométhyliques de la pvrocatéchine et de ses homologues.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- L’ensimage de la fibre de laine avec les matières grasses en émulsion aqueuse (M. L. Meunier et J. Corbière). — Cette opération, courante dans l’industrie du drap, comprend depuis des siècles une série de tours de main, sans qu’on se soit préoccupé, jusqu’à ces derniers temps, d’étudier qualitativement et quantitativement les phénomènes d’absorption auxquels se prête la laine, quand on la met en contact avec une émulsion aqueuse d’huile d’olive.
- MM. Meunier et Corbière ont réalisé quelques expériences le savon producteur de l’émulsion se formant, par réaction de l’acide oléique, introduit dans l’huile, avec l’ammoniaque correspondante, dans l’eau de dispersion, l’émulsion stable se produisant, par passage à la centrifugeuse, une partie d’huile étant dispersée dans 100 d’eau savonneuse — et, pour avoir une absorption régulière, ils procédaient à la filtration, par siphonnage, dans des bandes de molleton de laine pure (40 X 4 cm) découpées dans le même sens —. Parmi les résultats obtenus, il est à signaler que :
- 1) Les particules de 2 p. sont numériquement les mieux retenues par la laine, mais l’absorption n’en reste pas moins régie, en poids, surtout par les particules lourdes de 8 à 11 p; 2) Si la teneur en savon de l’émulsion augmente jusqu’à 8,5 pour 100 du poids d’huile, le taux de matières grasses fixées sur la laine diminue et, pour des teneurs de 8,5 à 14,5, la courbe de fixation présente un palier; 3) Le poids des matières fixées est directement proportionnel au diamètre moyen des particules en émulsion; 4) Pour des pli inférieurs à .3, la laine peut absorber de grandes quantités de matières grasses (même 60 pour 100 de son poids) sans prendre un toucher gras, et le minimum d’absorption correspond au minimum de gonflement, c’est-à-dire au point isoélectrique (pH = 4,5)..
- MINÉRALOGIE
- Les minerais métalliques de Yougoslavie (M. H. Pav-lovitch) . — Les échantillons étudiés se rapportent à deux variétés : minerais cuprifères et minerais plombo-cuivro-argen-tifères.
- Aux premiers types se rattachent des minerais associés soit à des andésites ou à des dacites, soit à des serpentines ou des lherzolites.
- On peut citer, d’abord, les gîtes de Maïdan Peck et de Bor, puis les gisements de Podgoritza et de Planinitza. A Maïdan Peck, les couches profondes sont constituées de : pyrite, mis-piclcel, pyrrhotite, galène et cuivre gris, ce dernier élément expliquant la teneur élevée en argent des roches qui le renferment.
- Dans la zone d’oxydation, on voit la cuprite associée au cuivre natif et à la ténorite. Parfois la chalcopyrite est remplacée par l’érubescite violacée qui se transforme en cuprite et en malachite cuivreuse. Le gîte de Bor, au sud du précédent, a fait l’objet de nombreuses recherches et, d’après Lazarevci, sa genèse présenterait deux phases : une phase de forte pneumatolyse, avec formation de sulfures primaires (pyrite et inargite), puis une phase hydrothermale, avec formation de minéraux de cémentation. Mais, s’il existe entre Bor et Maïdan Peck, des analogies, dues à des phénomènes de cémentation, la minéralisation profonde établit entre eux de grandes différences. Parmi les gisements associés aux roches basiques, l’auteur cite ceux de Podgoritza et de Planinitza résultant sans doute de la transformation complète d’un minerai sulfuré primaire, et qui, riches en cuivre natif, en chalcocite secondaire et en cuprite forment des amas dans une serpentine abondante en castite.
- Aux seconds types, minerais cupro-plombo-argentifères, se rattachent les gîtes de Rudnik au centre de la Serbie, et le gisement de Dobrovo au sud. Les minerais qui remplissent les filons de Rudnik comprennent de la pyrite, de la galène associée à du cuivre gris argentifère, de la blende et; du mispickel en cristaux automorphes. A Dobrovo, se montrent la chalcopyrite, le mispickel, parfois en agrégats dendritiques, et la galène, intimement associée au cuivre gris argentifère.
- En résumé, comme l’indique M. H. Pavlovitch, l’examen microscopique de ces minerais met en évidence, comme point caractéristique, la présence constante du cuivre gris primaire.
- PHYSIOLOGIE
- Variation des échanges respiratoires des Poissons en fonction de la pression barométrique. (M. L. Baudin). — Les poissons sont très sensibles à une baisse de la pression barométrique et y répondent par d’amples variations de leurs échanges gazeux et de leur quotient respiratoire. Par un mécanisme inconnu, ils diminuent un peu leur consommation d’oxygène et beaucoup leur excrétion d’acide carbonique; le quotient respiratoire devient ainsi très bas. Ils rétablissent ensuite leurs échanges, même si la dépression continue. Les mêmes faits ont été observés à Lausanne, sur des poissons d’eau douce, et à Concarneau sur des poissons d’eau de mer.
- Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE B. Gley
- Peu après que l’Institut de France lui avait accordé le prix Osiris, le D Gley, professeur au Collège de France, vient de
- E. GLEY.
- mourir brusquement. C’est une des grandes figures de notre époque qui disparaît.
- Né en 1857, il avait appris la physiologie à Nancy auprès de Beaunis, puis était venu à Paris auprès de Marey. Préparateur, puis professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, puis assistant au Muséum, il était devenu, en 1908, professeur au Collège de France. L'Académie de Médecine l’élut, comme membre d’abord, puis comme président. Il fut longtemps aussi secrétaire général de la Société de Biologie dont il créa les premières filiales.
- Professeur à la voix ardente, d’un esprit élevé, d’une culture étendue, il fut, par la parole et par la plume, dans ses cours, ses discours, ses livres, l’enseigneur de toute une génération. Outre son classique Traité de physiologie aux multiples éditions, on lui doit des Essais de philosophie et d’histoire de la biologie, des Etudes de psychologie physiologique et pathologique, Les sécrétions internes, etc.
- Ses recherches personnelles ont porté sur les domaines les plus divers de la physiologie expérimentale, mais surtout sur les sécrétions internes où, après Claude Bernard, Brown-Séquard et d’Arsonval, il ouvrit nombre de chapitres importants. Dès 1890, il découvrait dans la glande thyroïde les lobules accessoires, puis les effets des extraits thyroïdiens qui ont conduit au traitement du myxœdème; en 1897, il classa les excitants spécifiques des glandes auxquels Starling donna le nom d’hormones; en étudiant la toxicité du sérum d’anguille, il participa à l’explication de l’hémolyse, des anticorps et de l’immunité.
- Il fut un grand travailleur, un remarquable professeur, une intelligence féconde.
- PÊCHES
- La situation du saumon en France.
- Les Annales des Eaux et Forêts du Ministère de l’Agriculture viennent de publier une longue étude des mesures à prendre pour assurer la circulation èt la conservation des poissons migrateurs dans les cours d’eau faisant l’objet de concessions d’énergie hydraulique.
- Elle débute par un rapport de M. Allotte, conservateur des Eaux et Forêts, qui expose la situation actuelle du saumon en France.
- On sait que ce poisson passe sa vie dans la mer et remonte les cours d’eau pour aller pondre près de leurs sources, après quoi il retourne aux eaux salées.
- Il lui faut donc libre passage sur tout le parcours ; les barrages et les usines hydroélectriques l’arrêtent dans sa course et leur multiplication amène le dépeuplement progressif de nos rivières.
- Or, ce poisson ne manque pas d’intérêt : outre qu’il est l’objet, d’une pêche sportive assez active, il est un mets fort goûté dont nous importons chaque année plus d’un million de kg, d’une valeur d’environ 30 millions de francs.
- Pour concilier les nécessités de l’utilisation des forces naturelles et celles de la pêche, on a décidé, depuis longtemps, d’établir le long de chaque barrage des échelles ou plans d’eau que le saumon puisse franchir, au besoin en bondissant hors de l’eau, mais ces échelles, pour être utiles, doivent être soigneusement installées et entretenues, et de plus, d’autres mesures doivent les compléter, notamment la pose de grillages à l’entrée
- Fig. 1. — Les cours d'eau à saumons de France en 1929.
- Cours d’eau fréquentéspar te saumon • •• Emptacements des frayeres
- ___ Cours d’eau récemment abandonnés
- o oo Anciennes Cray ères v... Cours d'eau autrefois fréquentés par te saumon
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- des canaux d’amenée aux turbines, pour empêcher qu’au moment de la descente, les jeunes ou tacons aillent s’y faire hacher. Ce sont ces questions que vient à nouveau d’étudier une
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- que nous reproduisons. Il n’est plus de saumons en France que dans l'Adour, la Loire, quelques cours d’eau bretons et le Rhin. Partout ailleurs, ils ne peuvent plus passer.
- Fig. 1. — La voiture express à propulsion aérienne. (Ph. Wide World.)
- commission ministérielle. Elles méritent qu’on y porte rapidement intérêt, à en juger par la carte que publie M. Allotte et
- Fig. 2. — L’avant de la voiture. (Ph. Wide World.)
- MÉCANIQUE
- Un express à propulsion aérienne.
- On a souvent proposé de mouvoir les véhicules terrestres, automobiles ou sur rails, au moyen d’une hélice aérienne. En France, un ingénieur distingué, M. I.eyat, a réalisé dans cette voie, voici quelques armées, d’intéressants essais d’automobile à hélice.
- On a aussi, immédiatement après la guerre, essayé d’équiper des wagons avec des moteurs d’avion et une hélice pour en faire des véhicules à propulsion autonome. Ces tentatives sont restées sans lendemain.
- Ce système de propulsion présente cependant un intérêt indéniable.
- Il simplifie considérablement les organes de transmission du mouvement du moteur au véhicule et bien que l’hélice ait un rendement assez médiocre, on conçoit que, surtout pour les grandes vitesses, le gain sur le poids du véhicule et la réduction des transmissions puisse compenser cette infériorité.
- L’idée vient d’être reprise en Allemagne par un ingénieur, M. Kruekenberg, qui a fait construire par la Gesellschaft für Verkehrstechnik un véhicule à propulsion aérienne sur voie ferrée dont les essais viennent d’être effectués avec succès, semble-t-il, le 18 octobre, entre Hanovre et Celle.
- Ce véhicule est remarquable par sa forme bien profilée. Il mesure 26 mètres de long, pèse 18,5 tonnes, et peut recevoir 40 passagers.
- Il est mû par un moteur d’avion de 200 ch. Il a réalisé, aux essais, la vitesse de 160 km à l’heure, en ne consommant que 60 litres d’essence aux 100 km.
- A. T.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Vemploi de la motocyclette pour mouvoir les engins de la ferme.
- Beaucoup d’agriculteurs possèdent des motocyclettes, et c’est pour eux une idée toute naturelle que de chercher à en
- Fig. 1. — Le “ Ser-Witl ”.
- utiliser le moteur pour mettre en mouvement les divers outils de ferme qui se prêtent à la commande mécanique : coupe-racines, meule à aiguiser, baratte, malaxeurs, concasseurs, scie à bûches, etc.
- Encore faut-il que la motocyclette reste constamment disponible pour la route qui représente son service normal.
- Le problème ainsi posé est moins simple qu’il ne paraît au premier abord. Il a été résolu, d’une façon qui semble très satisfaisante, par M. Olivier, an moyen de l’appareil qu’il a dénommé « Ser-Witt ».
- C’est un cadre sur lequel on fixera la motocyclette. Le moteur étant mis en mouvement, la roue arrière calée par un rouleau entraîne par frottement un deuxième rouleau récepteur de la force motrice, et porté par 2 paliers, fixés sur le cadre. L’arbre de ce rouleau récepteur porte un pignon denté et une poulie, le pignon denté engrène avec une roue déplus grand diamètre, donnant ainsi une démultiplication de mouvement; on dispose ainsi de la vitesse voulue pour faire mouvoir les outils à vitesse lente, tels que les concasseurs. Il suffit de relier l’arbre de ceux-ci à l’arbre de la grande roue dentée par une transmission à la cardan.
- Quant à la poulie montée sur l’arbre moteur, elle sert à
- Fig. 2. — Un concasseur actionné à l’aide du “ Ser-Witl ”.
- transmettre le mouvement par courroie aux outils à vitesse plus rapide : scies à bûches, meules émeri, etc.
- En outre, sur cette poulie, une gorge est prévue pour y passer une courroie commandant un petit ventilateur à hélice pour refroidir le moteur en créant un courant d’air artificiel.
- Enfin pour bien maintenir en place la motocyclette, le cadre est muni d’un cadre à 2 montants verticaux l’un à crémaillère, l’autre percé de trous. Une barre horizontale engagée d’une part dans l’un des trous, d’autre part dans l’intervalle correspondant de la crémaillère permet d’exercer sur la selle la pression voulue pour maintenir l’adhérence entre la roue arrière de la moto et le rouleau récepteur.
- L’ensemble du chariot est monté sur deux galets et muni de poignées qui permettent de le déplacer à la façon d’une brouette et de l’amener à l’endroit de la ferme où l’on a besoin de la force motrice.
- Constructeur : L. Olivier, Le May-sur-Ede (Maine-et-Loire).
- JOUETS
- Une nouvelle petite machine automobile.
- A l’heure qu’il est, les auteurs de petites inventions ne doivent conserver aucun espoir de tirer un bénéfice quelconque
- Fig. 3. — Schéma du mécanisme du jouet automobile.
- de leur travail; le mieux pour eux est de publier purement et simplement le résultat de leurs recherches dans le but d’en tirer au moins un bénéfice moral plutôt que d’y chercher vainement un profit pécuniaire.
- C’est dans cet esprit que nous livrons la primeur d’un jouet nouveau aux lecteurs de La Nature souhaitant que l’un d’eux puisse tirer de son exploitation un bénéfice que nous avons renoncé à y trouver nous-même.
- Les photographies et l’épure qui illustrent cet article font assez voir quel est le principe de cette petite machine automobile.
- Formée d’un corps creux dans lequel circule une boule de plomb ou de fonte, elle est portée par deux systèmes de pattes réunis entre eux par une courroie croisée passant sur deux poulies. Lorsque l’on pose la machine sur une surface plane présentant une déclivité, le contrepoids roule sur la surface intérieure du corps creux suivant une courbe bien déterminée et le jouet entier se déplace en décrivant des cabrioles du plus gracieux effet.
- La construction du petit objet dont nous donnons les photographies nous a demandé beaucoup de temps et de travail vu l’échelle que nous nous étions imposée pour aboutir à créer un jouet nouveau. Il n’en serait pas de même dans le cas où on chercherait à construire la machine en grand.
- Les théorèmes géométriques sur les figures semblables nous apprennent en effet que les volumes (et par conséquent les
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- masses) augmentent comme le cube des longueurs. Pour obtenir les « moments mécaniques » nécessaires à la bonne marche nous n’aurions plus besoin alors que d’un contrepoids d’encom-
- soit encore confinée dans le centre de la France, son lieu d’ori gine, où il nous a été donné de la voir appliquée.
- Vve Vulin et Magnet, à Feurs (Loire.)
- Fig. 4. — Quatre mouvements exécutés par le jouet.
- brement faible ce qui nous permettrait de simplifier le corps creux et même de le remplacer par un simple rail.
- Rien ne s’opposerait dans ces conditions à ce qu’on remplace le contrepoids par un moteur ni à ce qu’on fasse rouler des •wagonnets sur un système de rails fixés au pattes. On obtiendrait ainsi l’appareil de transport le plus baroque, peut-être, mais le seul capable de transporter des poids énormes sur des terrains sans consistance et cela avec un rendement comparable à celui d’une péniche.
- Le grand obstacle à la construction rapide du transsaharien tient dans l’impossibilité de transporter à pied d’œuvre des matériaux et des locomotives nécessaires. Voici peut-être l’outil demandé. Je me hâte de dire que nous sommes ici en plein roman d’aventure à la Jules Verne; mais qui sait ce que nous réserve l’avenir. Lucien Dodin.
- OBJETS UTILES
- Coins métalliques pour le maintien des toiles cirées.
- Avec ces coins, qui rappellent ceux des grands livres de commerce, il est possible aux ménagères de doubler la durée de leurs toiles cirées en les fixant à la table au moyen de quatre coins métalliques V.M.
- Plus besoin de demander au menuisier de vous confectionner, sur mesures, des baguettes.
- Petite dépense, grosse économie, attendu que la série de 4 vaut de 4 à 5 francs suivant que ces coins sont en zinc ou en laiton polis, et qu’ils peuvent servir plusieurs fois. Leur emploi est tellement simple est pratique qu’on et surpris qu’une telle invention n’ait pas vu le jour plus tôt, et dans tous les cas qu’elle
- Fig. 5. — Coins métalliques V. M.
- Pince multiple.
- Une pince présentée au Concours Lépine et brevetée, a été imaginée pour réunir en un seul les différents outils dont on peut avoir besoin dans les installations courantes.
- Elle s’adresse à des professions variées, évite l’encombrement d’une trousse d’amateur et même de professionnel.
- On risque moins évidemment d’égarer un outil quelconque lorsqu’on n’en a qu’un seul, qui vous rend tous les services possibles.
- Sur la figure on voit les différents outils qu’on a à sa disposition :
- En 1 se trouve un renflement formant marteau, et en 2 les becs constituant une pince plate, tandis qu’en 3 se trouve la pince coupante.
- En 4 la pince sert pour le serrage des écrous; en 5 c’est un ciseau à plâtre.
- Enfin en 6 et 7 des encoches servent pour couper des fils, à gauche des fils de cuivre, à droite des fils d’acier.
- Le n° 8 forme mors de pince universelle et permet de serrer les tubes.
- L’extrémité 9 peut servir de lame et de tournevis.
- En 10 la branche avec des dents forme arrache-clous ou décape-fils électriques.
- Enfin une partie est aimantée enll, ce qui permet d’attirer les clous ou les tournures de fer qui se sont logés dans les endroits plus ou moins inaccessibles.
- En vente chez Léon Chantepie,
- 15, rue Vézelay, Paris.
- Fig. 6. — Pince multiple.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la peinture sur ciment.
- M. le Dr Marcel Baudouin nous écrit :
- > Le Musée de Plein Air, de Croix de Vie (V.), qui présente un grand nombre de moulages en ciment sur tableaux de ciment en présente un Certain nombre qui ont été peints récemment.
- 1° Les premières peintures n’ont été appliquées que six ans après
- la fabrication des tableaux qui, dans ces conditions, sont restés six ans exposés aux intempéries (tempêtes, pluies, neiges, gelées, etc.). Ces tableaux ont été peints. (Fig. 1). La peinture a parfaitement tenu, depuis 1928. Pourquoi ? Parce que les pluies ont enlevé toute la chaux hydratée (CaO2). Après 6 ans, il n’en reste plus. Ce phénomène est connu des spécialistes, au demeurant.
- 2° Pour les tableaux de récente fabrication (1927-1930), j’ai utilisé la solution de sulfate de zinc (So4Zn) du commerce, mélangée avec le double de son poids d’eau (*). En cinq jours, on obtient un dépôt blanc inerte, que les pluies n’enlèvent pas. Si l’on peint à ce moment, le S04Ca se forme avec l’oxyde de zinc (ZnH202) et la peinture tient très bien.
- Il est facile de s’en assurer sur les tableaux de botanique du Musée, tous peints et exécutés en 1929-1930.
- J’ai cru utile de faire connaître ces faits expérimentaux que tout le monde, chaque jour, contrôle, en passant dans la rue (2). »
- Marcel Baudouin.
- Gomme laque.
- La gomme laque blanche dissoute dans l’alcool méthylique 98-99° que j’emploie comme vernis pour laquer des moulures blanches et d’autres couleurs, présente le défaut de sécher lentement et de coller au papier après emballage.
- Depuis de longues années déjà, j’use du même procédé et n’ai jamais observé cet inconvénient.
- Y aurait-il moyen de l’évitei ?
- J’oubliais de vous dire que j’emploie la laque blanche « solution incolore et transparente ».
- (*) Je dois dire que c’est dans La Nature qu’en 1929, j’ai trouvé la formule :
- Eau, 1000 gr.
- SO'Zn (commerce), 500 gr.
- Le S04Zn est très soluble dans l’eau.
- {-) Autrefois je coloriais les ciments avec une couche de ciment à l’ocre, etc.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Émissions téléphotographiques.
- Nous ne pouvons, à notre grand regret, vous renseigner d’une façon très exacte et très complète sur les horaires détaillés des émissions téléphotographiques ; et ce que nous en connaissons n’est guère différent de ce que vous avez pu trouver vous-même dans les journaux indiquant les radio-programmes. Il nous semble que vous pouvez vous adresser d’une façon utile, pour obtenir ce renseignement, au directeur de la revue La Télévision, 40, rue de Seine, à Paris.
- Réponse à Collège Saint-Joseph à Turniiout (Belgique).
- Construction d’un poste simple.
- Puisque vous désirez, avant tout, construire un appareil facile à établir, nous ne pensons pas qu’il soit intéressant pour vous d’aborder dès maintenant la construction des postes-secteur fonctionnant à l’aide du courant alternatif redressé pour la tension plaque, et au moyen de lampes à chauffage indirect. Remarquez, d’ailleurs, qu’il vous sera toujours possible, lorsque vous aurez construit un poste à batteries, de l’alimenter avec un dispositif séparé fournissant du courant redressé et filtré pour la tension plaque et le chauffage des filaments. Nous avons, d’ailleurs, déjà donné dans La Nature de nombreux exemples de dispositifs de ce genre.
- Vous pouvez, cependant, si vous désirez recevoir toutes les émissions européennes, adopter deux solutions bien distinctes à l’heure actuelle : soit le poste à antenne (à condition que vous puissiez bien entendu établir une antenne assez dégagée) comportant 3 ou 4 lampes, soit le poste à cadre comportant 5 ou 6 lampes.
- Comme système de poste à- antenne, vous pouvez choisir, soit le poste comportant un étage haute fréquence à résonance ou même à la rigueur deux étages à lampes à grille écran, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence avec lampes ordinaires, ou un seul étage à lampe trigrille dé puissance; soit le poste à changement de fréquence à quatre lampes comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, un étage moyenne fréquence à lampe à grille écran, une lampe détectrice et une lampe basse fréquence trigrille de puissance.
- Si vous préférez la solution à cadre, il n’est rien de plus facile que d’établir un changeur de fréquence comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux étages moyenne fréquence, à lampes ordinaires ou dont l’une peut être à grille écran, une lampe détectrice et un ou deux étages à basse fréquence.
- Si vous désirez le schéma d’un appareil de ce genre, vous pouvez soit consulter nos chroniques, soit des revues d’amateurs comme La T. S. F. pour tous, soit des livres de montages, par exemple Les montages modernes en radiophonie (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris), soit encore demander des schémas et listes de pièces détachées à des constructeurs tels que les maisons Bardon, Brunet, Unie (Ribet et Desjardins), Ryva, Dyna, etc. Réponse à M. Smith à Paris.
- Troubles de réception provenant de lampes.
- Il n’est pas rare de constater des troubles de réception relativement divers et provenant simplement des lampes, même lorsque leur fonctionnement paraît normal, que leur filament n’est pas brisé, ce qui est décelé soit par un examen visuel, lorsqu’il s’agit de lampes à filament thorié, soit par un essai électrique, lorsqu’il s’agit de lampes à filament à oxyde dont la lueur est presque invisible.
- . Il est d’abord indispensable de s’assurer, lôrsqu’on monte des lampes sur l’appareil, que les tiges métalliques ou broches, qui se trouvent sur leur culot, sont très propres et que leurs lames sont convenablement écartées. Il est donc bon de les vérifier et au besoin d’écarter les deux lames à l’aide d’un couteau. On constate pourtant quelquefois, au bout d’un certain temps d’usage, des grattements ou bruissements, surtout dans les lampes à chauffage indirect. Ces troubles proviennent d’un défaut de constance de l’émission électronique, ils sont dus à une mauvaise fabrication et l’usager ne peut donc y remédier; il faut remplacer la lampe et réclamer auprès du fabricant s’il est possible.
- Enfin, quelquefois, et surtout si l’on a appliqué sur la plaque une tension trop grande, il peut fort bien arriver que la lampe perde de sa puissance au bout d’un certain temps, par suite d’une diminution de l’émission électronique. On peu^, tenter, dans certains cas, une sorte
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- de régénération, en chauffant le filament sans appliquer de tension plaque, mais quelquefois aussi ce moyen est inefficace, et il faut remplacer la lampe. Vous pourriez trouver des renseignements à ce sujet dans la T. S. F. des usagers (Masson, éditeur).
- Réponse à M. Grillet, à Tours.
- Ce que doit être la bonne poudre à punaises.
- Bien qu’un grand nombre de fleurs appartenant à la famille des Synanthérées aient une action insecticide, ce sontaen réalité seulement celles provenant du pyrèthre du Caucase qui ont une efficacité certaine.
- C'est inexactement que l’on attribue à cette plante (Pyrethrum cene-rariaefolium ou Willemoii une origine caucasique, car elle provient de Dalmatie, et elle ne doit pas être confondue avec le Pyrethrum roseum qui vient d’Arménie, le Pyrethrum carneum de Perse, pas plus qu’avec les différentes variétés de jardin cultivées pour le seul ornement : P. gazonnant Tchiatchewii, P. Arthenium aureum, etc.
- Il est facile de reconnaître au microscope s’il s’agit du véritable Pyrèthre, car les grains de pollen de celui-ci ont une forme caractéristique, ils sont hérissés de nombreux aiguillons à la façon des masses d’armes d’autrefois et portent trois points arrondis.
- L’obtention de la poudre à punaises, qui porte aussi dans le commerce les différents noms de P. du Caucase, P. de Kraille, P. de Mismaque, P. persane, P. de Ferrand, P. de Ferry, P. de Vicat, P. de Julien, etc., ne présente aucune difficulté, puisqu’il suffit de laisser sécher de préférence à l'air seul les capitules du Pyrethrum Willemoti, de les pulvériser dans un mortier de fer et de passer au tamis ; le seul inconvénient est l’action fort irritante sur la muqueuse nasale; c’est pourquoi il est préférable d’acheter la poudre toute prête dans une maison de confiance.
- D’après les recherches du japonais Sato (1905), le principe actif est une résine qu’il a désignée sous le nom de Pyrethol; en 1909 Fujitan l’isola également et l’appela Pyrelhrone.
- Le Pyrethrum Willemoti peut être cultivé dans nos régions, avec succès; plusieurs exploitations importantes existent déjà en France, les amateurs que des essais de ce genre intéresseraient trouveront facilement la semence sous le nom de Pyrèthre de Dalmatie, chez les grands fournisseurs de graines, par exemple Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris. Réponse à M. Royer, à Rueil.
- Pouvoir bactéricide de Vargent.
- D’après R. Doerr (Zur Oligodynamie des Silbers. Biochemische Zeii-tchrifl, 1920-207), l’action bactéricide de l’argent serait due à la modification de la fréquence d’oscillation du noyau microbien par une masse métallique; ce serait une action de contact avec le noyau.
- MM. Lakovsky et Sesari, ayant cherché à vérifier cette conception^ ont effectivement constaté que des circuits en argent enroulés en spirales plates ou rondes, plongés dans des verres contenant de l’eau infectée par plus d’un million de bacilles typhiques ou de colibacilles, par centimètre cube, en amenaient la stérilisation complète en 25 heures.
- Le métal ne doit pas être chauffé auparavant, car il perd son pouvoir bactéricide, il conserve, paraît-il, par occlusion des gaz (oxygène et azote) en se refroidissant, ce qui empêche l’action de contact signalée ci-dessus.
- On peut, par contre, rendre à l’argent ses propriétés en le lavant avec une solution acide ou alcaline étendue et en rinçant à fond, de manière qu’il ne conserve ni acide, ni base à sa surface.
- Réponse à L. P. à Paris;
- Quelle est la composition du mastic « Serbat ».
- Le mastic pour joints de vapeur appelé couramment dans l’industrie mastic Serbat a la composition suivante :
- Bioxyde de manganèse..................... 200 grammes
- Sanguine (rouge d’Angleterre)............ 200 —
- Sulfate de baryte........................ 200 —
- Huile de lin cuite. .....................150 —
- On lui substitue parfois le mastic au graphite constitué par :
- Graphite pulvérisé....................... 600 grammes
- Sulfate de baryte........................ 600 —
- Chaux éteinte en poudre.................. 200 —
- Huile de lin cuite. ..................... 300 —
- Le Mastic Bonneville également employé s’obtient en délayant du gris de zinc (Mélange d’oxyde de zinc et zinc en poudre) dans le Wood-oil de façon à donner la consistance convenable.
- Réponse à M. Roehrich à St-Léger-du-Bois.
- De tout un peu.
- M. de Wergifosse, à Bruxelles. — La perméabilité des murs n’est pas un défaut, mais au contraire un avantage, « il faut que les murs respirent» si on veut que la maison soit saine.
- Supprimer la perméabilité, c’est maintenir l’humidité à l’intérieur, provoquer le ruissellement et le développement de toutes les moisissures et cryptogames. Nous vous engageons donc à laisser à votre construction toute la salubrité dont elle dispose actuellement.
- M. Reboul-Sulze, à Paris. — La pellicule moirée qui se forme à la surface des baguettes de soudure des plombiers est constituée par de l’oxyde puce de plomb Pb3 O4 résultant de l’oxydation à l’air du plomb encore à température élevée.
- Le soufre ajouté préventivement agit comme réducteur c’est-à-dire que l’oxygène intervenant se porte d’abord sur lui en donnant de l’acide sulfureux qui s’échappe dans l’air, laissant ainsi le temps à la soudure de revenir à une température assez basse pour que l’oxydation ne soit plus à craindre.
- Si le vinaigre est également employé dans le même but, c’est parce qu’il dissout l’oxyde de plomb en donnant de l’acétate de plomb incolore, mais alors il doit être employé à froid, l’acide acétique étant volatil.
- M. Alfredo de Araujo, à Sao Paulo. — Voici une des dernières formules de bain de chromage qui a été publiée :
- Faire dissoudre de l’acide chromique dans l’eau, dans la proportion de 5 pour 100 environ, ajouter un demi-gramme de borax par litre, puis aciduler légèrement au moyen d’acide sulfurique.
- L’objet à chromer étant placé à la cathode dans le bain, on prend comme anode une plaque de chrome et on fait passer un courant sous tension de 3 à 4 volts avec un débit de 0,6 ampère par centimètre carré, la température étant maintenue entre 30° et 40° C,
- M. Le Dr Collet, à Fez : 1° Les marbres se nettoient avec facilité en brossant énergiquement au moyen d’eau savonneuse javellisée. Au besoin on imprègne la brosse de ponce très fine et rince ensuite à fond.
- Après séchage complet, on passe une couche légère d’encaustique, cire blanche, térébenthine et fait briller à la flanelle.
- 2° Les piscines parisiennes sont les suivantes : Automobile-Club, 6, place de la Concorde. Château-Landon, rue Château-Landon, n° 31; Chazelles, 25, rue de Chazelles; Claridge, 74, avenue des Champs-Elysées; De la Gare, 45, Boulevard de la Gare; Lido, Arcades des Champs-Elysées; Métropole, 4, rue des Portes-Blanches; Molitor, avenue de la Porte-Molitor.
- Comme piscines municipales, ce sont par arrondissements :
- XIIe, 8, avenue Ledru-Rollin; XIIIe,'Butte-aux-Cailles, place Paul-Verlaine; XVe, 17, rue Blomet; XVIIIe, 2, rue des Fillettes et rue des Amiraux; XIXe, 1, rue Rouvet; XXe, rue des Tourelles.
- M. Bouton, au Mans. — Les tentatives de reproductions inversées de gravures ou documents imprimés par contact direct ne vous donneront le plus souvent que des résultats imparfaits, puisqu’il ne faut compter que sur les radiations emmagasinées préalablement dans le papier support par exposition à la lumière et restituées ensuite sous des formes plus ou moins actives à l’égard d’une émulsion.
- A notre avis le mieux est d’obtenir une photographie en prenant les précautions indiquées dans les ouvrages spéciaux par exemple « Reproduction de documents », Librairie I. de Francia, 118 bis, rue d’Assas, Paris XVIe.
- M. V. G., à Cog nac. — A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre un travail de mise au point. Notre rôle consiste uniquement à mettre à la disposition de nos lecteurs les éléments scientifiques qui leur permettront d’atteindre le but poursuivi, laissant à leurs recherches un certain intérêt qui en fait le charme.
- Dans le cas qui vous occupe, nous ne doutons pas que le laboratoire dont vous disposez ne vous facilite une solution rapide.
- M. Gaudeix, à La Jonchère. — L’enlèvement de taches d’encre violette sur une étoffe aussi fragile que le rose, sans que le fond soit modifié, est chose très problématique.
- Tout ce que vous pouvez essayer est de dissoudre dans l’alcool la matière colorante violette, en pliant l’étoffe en pointe et la trempant dans un godet contenant de l’alcool à brûler; il est probable que vous pourrez ainsi, tout au moins, atténuer beaucoup l’intensité de la tache.
- Pour terminer, vous pourrez faire une touche légère, au pinceau avec une solution saturée d’acide tartrique, sous réserve que le rose ne soit pas modifié en milieu acide.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- QUELQUES AVIONS REMARQUABLES
- Fig. 1 et 2. — L'avion gêa t de transport Hendley-Page à ailes à fentes,
- 4 moteurs, puissance totale : 2200 ch; vitesse 170 km-h.
- Le fuselage, long de 25 m, contient 2 salons et une salle à manger.
- (Ph. Wide World.)
- Fig. 3.
- L’avion Blériot-110, monté par Bossoutroi et Bossi, pour attaquer le record . de distance en circuit fermé.
- Moteur Hispano, 600 ch;
- vitesse 220 km-h, rayon d’action 12 000 km.
- (Ph. Wide World.) ;
- Fig. 4 et 5.
- Le Blériot-111, avion de transport à 6 places : muieur Hispano, 600 ch, vitesse 240 km-h. Train d’atterrissage escamotable.
- Vue du train d'atterrissage. {La roue entre dans une niche dans le plan.) (Ph. Wide World.)
- Fig. 6.
- Le DO-X hydravion Dornier à 12 moteurs de 600 ch peut porter 70 passagers. Il prépare la traversée de l'Atlantique. (Ph. Wide World.)
- Fig. 7.
- Le poste de navigation du DO-X. (Ph. Keystone View.)
- Le Gérant : G. Masson.
- i5o. — Paris, lmp. Lahure. — i5-i2-ig3o,
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- LA NATURE
- CINQUANTE-HUITIÈME ANNÉE —
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences, 379, 429, 523, 569. Accident curieux, 222.
- Acier : bleuissement, 41.
- Aciers nitrurés, 525.
- Accumulateurs en T. S. F., 282. Accumulateur régulateur de froid, 233. Accus de grande capacité, 135.
- Acidité volatile d’un vin, 479.
- Aéronautique : musée, 433.
- Aéroport colonial de Marignane, 399. Afrique occidentale : colonisation, 172.
- Aile à fente, 493.
- Aile habitable, 109.
- Air : phénomènes, 31.
- Allumage par batterie ou magnéto, 38. Amortisseur tubulaire, 234.
- Ananas, 10.
- Andrée : expédition polaire, 317.
- Antivol : 231.
- Appell : nécrologie, 525.
- Arachide, 529.
- Archets à fils d’argent, 328.
- Argent bactéricide, 575.
- Argenture du verre : perfectionnement, 418. Arracaclia, 78.
- Asperge : force développée, 58. Astronautique, 70.
- Astronomie : bulletin, 35, 131, 227, 324, 420, 516.
- Atlantique : traversée en avion, 289. Atomes : structure, 53.
- Auto frappée par la foudre, 479.
- Automobiles : circulation aux Etats-Unis, 38. Automobiles d’occasion, 230.
- Automobile pratique, 3S, 134, 230. Autostradcs, 134, 231.
- Avertisseur pneumatique, 231.
- Aviation : chronique, 43, 89, 137, 187, 235, 331, 475, 524, 567.
- Avions : œil téléviseur, 380.
- Avion sans queue, 109, 190.
- Avion : traversée de l’Atlantique, 289.
- B
- Baguettes Telefunken, 328.
- Bakélite, 143.
- Baleine : pêche 352.
- Ballons et céramique, 392. Ballons-jouets et de réclame, 28. Bambous comestibles, 3S1.
- Banane française, 344.
- Baume de Tolu : distillation, 569. Bauxite : exploitations françaises, 337. Bisons d’Europe, 292.
- Blé : variations de rendement, 380. Bleuissement de l’acier, 41.
- Bois d’ébène, 143.
- Borates de cæsium, 429.
- Bouillies cuivriques adhérentes, 190.
- 1930
- C
- Cage mystérieuse, 34.
- Cambriolage : protection rationnelle, 193. Cameroun : œuvre française, 310.
- Cancer : nouvel institut à Paris, 1.
- Cannes à pêche : fabrication, 149. Carburateurs : réglage, 134.
- Celluloïd : structure, 523.
- Céramiques aux ballons, 392.
- Chalutage : crise, 210.
- Champignon colossal, 3S1.
- Champignons : culture sans couche, 83. Champignons : reproduction en cire, 147. Chemins de fer : électrification, 556. Chemises à dossiers : utilisation, 41.
- Chêne et gland, 140.
- Chevaux et guerre, 370.
- Cheveux : fixage, 335.
- Chili : séismes, 168.
- Chlorure d’éthyle, 191.
- Ciment : taches de rouille, 384.
- Ciné de salon « Filo », 348.
- Cinéma en couleurs, 501.
- Cinéma parlant : nouve 1 appareil de projections, 78.
- Cinéma : régulateur Vitolia, 93.
- Cintreuse de tuyaux sans remplissage, 141. Cisaille pour moulures électriques, 142. Citrate de fer ammoniacal vert, 384. Cluses : école d’horlogerie, 463.
- Coins pour toiles cirées, 573.
- Colle pour caoutchouc vulcanisé, 143.
- Supplément au n" 2817 de La Nature d 15 Décembre 1P50.
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- ===== 578 ..................................
- Collier-douche pour bouteilles, 334.
- Colloïdes : évaporation, 406.
- Compteur électrique comme ampèremètre} 322.
- Congrès international de sécurité aérienne, 430.
- Contacteur de volant multiple, 136. Couvre-siège hygiénique, 46.
- Crambé de Tartarie, 477.
- Crawl, 143.
- Crochet à rupture d’attelage, 46.
- Cryolithe, 545.
- Cuivre dans l’Afrique du Sud, 188.
- Culture sous papier, 476.
- D
- Démonte-roues, 38.
- Désensibilisation des émulsions photographiques, 14.
- Désherbage chimique des voies ferrées, 414. Diable-car, 92.
- Diapositives : voile jaune, 144.
- Diffraction des rayons X, 444. Dinosauriens dans l’Alberta, 558.
- Dirigeable anglais R-101 : catastrophe, 365. Disques de phonographe : classement, 181. Disques souples et incassables, 335.
- Dolics, 562.
- Dorure sur tranche, 528.
- Dromographe Bertin, 6i.
- E
- Eau de table minéralisée gazeuse, 185. Eaux minérales à la source et en bouteille, 339.
- Echafaudage volant « Ecureuil », 478. Eclairs : photographie, 198.
- Ecole Breguet : 222.
- Electrification des chemins de fer, 556. Electrisation de l’essence, 342. Encaustique fluide, 143.
- Enduit lavable pour parquets, 95.
- Energie thermique des océans, 361, 500, 532.
- Ensilage : machines, 153.
- Esquimaux : pêche, 458.
- Essuie-glace intégral, 40.
- Etoiles filantes, 439.
- Expédition polaire Andrée, 317.
- Exposition internationale de Liège, 367.
- F
- Faille de 1930 à Bassou, 189.
- Fer oolithique du Djebel-el-Ank, 429. Feutres : imperméabilisation, 41. Fleurs coupées : conservation, 133,
- Fourmis : orientation, 448.
- Fraisainair, 334.
- Fruits et légumes : standardisation, 507. Fruits véreux : enregistrement ultra-sensible, 327.
- G
- Gants : précautions, 185.
- Générateur mobile à décharges sous un million de volts, 44.
- Gley : nécrologie, 570.
- Gomme laque, 574.
- Gonfleur automatique, 233.
- Gratte-ciel : statistique, 91.
- Grésivaudan : défense, IIP Groenland : recherche d’une route aérienne, 140.
- Guayavo, 45.
- H
- Hauts-parleurs d’amateurs, 241. Haut-parleur électrodynamique, 182. Hélicoptère Œhmichen, 190.
- Homme fossile de Péking, 306. Horlogerie : école de Cluses, 463.
- Huître, 49.
- Hydrocarburateur, 454.
- I
- Imperméabilisation des feutres, 41. Institut du cancer, 1.
- Ionisation des gaz et vapeurs, 101
- J
- Joncs en Picardie, 122.
- Jouet : machine automobile, 572.
- L
- Lac Moeris : légende, 125. Laine : ensimage, 569. Lampe électrique Soleil, 145. Lampe de puissance, 183.
- Laplace et la physique, 357.
- Laudanum : formes, 48.
- Lavande, 403.
- Le Bel : nécrologie, 327.
- Liège : exposition internationale, 367. Lithographies coloriées : aspects des tableaux à l’huile, 144.
- Livres nouveaux, 42, 90, 138, 186, 236, 330, 378, 428, 447, 522, 568.
- Loess : altération en Roumanie, 91.
- Lune : influences, 190.
- M
- Maïs : destruction, 45.
- Manutention mécanique dans les ports, 295. Marbre Lunel, 379.
- Marignane : aéroport colonial, 399. Marquises : nettoyage, 185.
- Martinet noir, 369.
- Mastic à greffer, 528.
- Mastics cellulosiques, 418.
- Mastic de vitrier, 143.
- Mastic Serbat, 575.
- Mathématiques : récréations, 33, 81, 129, 321,371,465, 561.
- Météorologie et activité solaire en Europe occidentale, 430.
- Médicaments du monde ailé, 149. Météorologie : mois à Paris, 84, 180, 323, 372, 467.
- Méthane : nouvelle synthèse, 429.
- Mine unique au monde, 545.
- Momies angoissées, 437.
- Moteurs d’avion : refoidissement par l’éthyl-glycol, 476.
- Moteur Diesel : évolution, 533.
- Motocyclette à la ferme, 572.
- Musée d’artillerie des Invalides, 94.
- Musée de l’aéronautique, 433.
- Musique radioélectrique, 64, 258.
- N
- Navires : inscription de la route sur la carte 61.
- Nécrologie : Appell, 525.
- — : Gley, 570.
- — : Le Bel, 327.
- — : Schloesing, 188.
- — : Termier, 525.
- Nettoyage des auvents en verre, 185.
- O
- Obélisques astronomiques du Loiret, 139, Observatoire de Tananarive, 411.
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- Observatoire de Zi-Ka-Wei, 268.
- Océans : énergie thermique, 361, 500. 532,
- Œuf phénomène, 335.
- Oiseaux de l’embouchure du Var, 127.
- Oiseaux en mer, 462.
- Oléron reliée au continent, 237. Q
- Onde sonore, observation visuelle, 335.
- Ondium Péchadre, 64.
- Ongles roses, 191.
- Opothérapie splénique, 65. Quanta et spectres de raies, 3.
- Orgue radioélectrique Givelet-Coupleux, 25S.
- Ostréiculture, 49.
- Outil universel, 234.
- Ours brun : hivernage, 97.
- Ouvre-boîtes de conserves, 142.
- R
- P
- Papier doré, 336.
- Papiers vieux : utilisation, 95.
- Paquebots à moteurs, 217.
- Paquebot La Fayette : installation téléphonique, 176.
- Pêche à la baleine, 352.
- Pêche des Esquimaux, 458.
- Peinture aux gonfleurs de pneus, 377. -Peinture économique, 377.
- Peinture sur ciment, 473, 574.
- Peintures : transformations apparentes en sculpture, 542.
- Pellicule photographique : fabrication, 385. Perturbations atmosphériques et solaires, 44. Pétrole en Roumanie, 4SI.
- Pé-tsaï, 179.
- Phénol dans les eaux de cokeries, 379. Phonographes et disques : évolution, 287. Phonographie, radiophonie, radiovision, 181, 423, 519, 564.
- Photographie des éclairs, 198. Photographie : désensibilisation des émulsions, 14.
- Photographies : documents, 480, 576. Photographie sur cuivre, 327.
- Piano photoélectrique Spielman, 8.
- Piano radioélectrique Givelet-Coupleux, 258. Pilori chinois, 226.
- Pince à sucre, 238.
- Pince multiple, 573.
- Pince-nappe, 527.
- Pliages de papier, 563.
- Plongée sous-marine de plus de 400 mètres, 291.
- Poissons ganoïdes fossiles, 523.
- — géants des eaux du Nord, 319.
- — respiration, 569.
- Pompe pyrovore, 92.
- Pont de Sydney, 554.
- Population du monde, 477.
- Ports : manutention mécanique, 295. Postes d’interprétation polyglotte à la Conférence de force motrice mondiale, 139. Poudre à punaises, 575.
- Prestidigitation, 34, 226, 419, 467. Propulsion aérienne, 571.
- Radiations biologiques : photographie, 165, 329.
- Radiodiffusion en France de l’atterrissage de Costes et Bellonte aux Etats-Unis, 476. Radiodiffusion : pannes, 272.
- Radiophonie aux colonies, 254. Radiophonie pratique, 85, 373. Radio-récepteur : technique en France, 276. Radiotechnique ; nouveautés, 284. Radiotechnique : nouveautés du salon, 468. Radiotechnique, ouïe et surdité, 17. Radiotone Boreau, 263.
- Radium des eaux pétrolifères de Bakou, 429. Ragondin : élevage, 409.
- Rails sans joints, 382.
- Raman : effet, 489.
- Rats : destruction, 473.
- — : question, 551.
- Rayons X : diffraction par les cristaux, 444. Rayons X : tubes, 432.
- Récepteurs téléphotographiques, 184. Recettes et procédés utiles, 41, S3, 133, 185, 322, 377, 418, 473.
- Réchauffeur de circulation d’eau, 40. Redresseur au sélénium, 527.
- Réfrigérant ; nouvelle substance, 327. Relais de vitesse magnétique, 135. Réservoir d’essence de sécurité, 232. Résinate de manganèse, 96.
- Résonance des gaz et vapeurs, 101.
- Rif espagnol : chaîne calcaire, 523.
- Robinets électriques : 547.
- Rongeurs de France : enquête, 417.
- Roseaux en Picardie, 122.
- Roumanie : pétrole, 481.
- S
- Sablier avertisseur, 382.
- Saumon : situation en Franco, 570. Sauvetage en pleine mer, G.
- Savants quand ils étaient jeunes, 177, 225, 513.
- Savoie et Italie, 190.
- Schloesing : nécrologie, 188.
- Schistes houillers : utilisation en céramique, 389.
- Sécurité aérienne : congrès international, 430. Séismes au Chili, 168.
- Serpents vivants au Muséum, 81.
- Serrure automatique de capot, 39. Signalisateur alternatif, 41.
- Sinanthropus de Peking, 306.
- Soleil : aspects à son coucher, 154.
- Soleil : protection contre l’ardeur, 48.
- Sols floraux : réaction, 473.
- Sols forestiers, 413.
- Soulèvement du sol et Distillation sous-glaciaire, 45.
- Sourds et T. S. F., 515.
- Spectres de raies et théorie des quanta, 3, Stabilisation automatique Constantin, 329. Stérilisateur automatique des eaux potables. 455.
- Sucre : morceau, 175.
- Surdité et radiotechnique, 17.
- Sydney : pont, 554.
- T
- Tabac dénicotinisé, 418.
- Taches de rouille sur ciment, 384.
- Taches de rouille sur le linge, 144. Tananarive : observatoire, 411.
- T. S. F. en automobile et postes portatifs, 280.
- T. S. F. et sourds, 515.
- T. S. F. : exposition, 241.
- T. S. F. : outillage de l’amateur, 332.
- T. S. F. : psychologie de l’auditeur français. 275.
- Télétacteur Gault, 267.
- Télévision à l’exposition de Berlin, 461. Télévision : projections sur écran, 316. Termier : nécrologie, 525.
- Thermomètre et échauffement de l’air, 307. Thorybomètre, 126.
- Thyratrons, 547.
- Toile bleue : affaiblissement de teinte, 191. Tomate des anthropophages, 526. Tournevis à préhension, 142.
- Transhumance, 24.
- Transport en commun, 237.
- Treillis imperméables au vent, 196. Tremblement de terre d’Italie, 189.
- Treuil « Gir » pour bois en grumes, 478. Truffes, 544.
- Trypanosomes de mammifères chez l’homme, 379.
- Tuberculose : nouveaux traitements actifs, 65.
- Typhus exanthématique, 116.
- U
- Uranium dans les eaux minérales, 379.
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- V Voies ferrées : désherbage, 414. Vol à voile et vol alpin, 56. Vol des oiseaux, 159, 207, Vosges : modifications forestières, 523. Vrillettes, 383. 2
- Vagotonine, 429. Vernis cellulosiques, 479. Vernis or pour laiton, 191. Verre blanc : pourquoi il devient violet, 335 Vert de vessie, 191. Vin à l’angustura, 377. Vision droite, 431. Vitres : coloration, 336. Zi-Ka-Wei : observatoire, 268. Y Yémen : exploration française, 394. Yougoslavie : minerais, 569.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. —• La cage mystérieuse, 34. —- Le pilori chinois, 226. — Mille francs pour vous ! 419. — Evaporée, 467.,— Pliages du papier, 503.
- B. (A.). — Curieux phénomènes d’électrisation de l’essence, 342.
- B. (M.). — Le morceau de sucre, 175.
- Baud (Paul). — Résume des communications à l’Académie des Sciences, 379, 429, 523, 569.
- Baudouin (Dr Marcel). •— Un champignon colossal, 381.
- Bernamomt (J.). — Les spectres de raies et la théorie des quanta, 3>
- —• La diffraction des rayons X par les cristaux, 444.
- Blocii (Eugène). — La structure des atomes, 53.
- Bloch (Léon). —• Résonance et ionisation des gaz et vapeurs, 101.
- Bordier (Dr H.). — Sur la force développée par l’asperge, 58.
- Bourgatn (André). —• Désensibilisation des émulsions photographiques, 14. — Le nouveau ciné de salon « Filo », 348. —• Fabrication de la pellicule photographique, 385.
- Bousquet (M.). — L’île d’Oléron reliée au continent, 237. — Désherbage chimique des voies ferrées, 414.
- Boutaric (A.). — L’observatoire de Zi-Ka-Wei, 268. — L’évaporation des solutions colloïdales, 406. — Nouveau phénomène d’optique( l’effet Raman, 4S9.
- Boyer (Jacques). — Le nouvel institut du cancer, 1. •— Le typhus exanthématique, 116. — Fabrication des cannes à pêche, 149. — L’école nationale d’horlogerie de Cluses, 463. — Standardisation des fruits et légumes, 507.
- Brandicourt (Virgile). — Joncs et roseaux en Picardie, 122. — Récréations mathématiques, 129, 321.
- Claude (Georges). — L’utilisation de l’énergie thermique de la mer, 500, 532.
- Coupin (Henri). —Les vieùx savants quand ils étaient jeunes, 177, 225, 513. — L’élevage du ragondin, 409.
- Daclin (A.). — Reproduction en cire des champignons, 147.
- David (Léon).—Amusement par les jetons, SI. — Questions de partage, 465.
- Debesse (Maurice). — Notre aéroport colonial : Marignane, 399.
- Desfosses (E.). —Le cimetière de Dinosauriens dans l’Alberta, 558.
- Dodin (Lucien). — Nouvelle petite machine automobile, 572.
- Eisenmenger (G.). —• Les nouveaux traitements actifs de la tuberculose, 65.
- Feuillée-Billot (A.). — Les serpents vivants au Muséum, 81. — Le martinet noir, 369. — Enquête sur les rongeurs de France, 417*
- Forbin (Victor). — La pêche à la baleine, 352.
- Fournier (Lucien). — L’astronautique, 70. — La manutention mécanique dans les ports, 295. — L’évolution du moteur Diesel, 533.
- Garnier (Pierre). — L’industrie du pétrole en Roumanie, 481.
- Givelet (A.). — Photographie des radiations d’origine biologique, 165.
- Gradenwitz (D.-A.). —• Le thorybomètre, 126.— Les postes d’interprétation polyglotte à la Conférence d’énergie motrice mondiale, 139. — Treillis imperméables au vent, 196. — Perception des sons par le toucher, 267. — Projections sur écran des images télévisuelles, 316. — Les baguettes Telefunken, nouvelles lampes radiophoniques, 328. — Archets à fils d’argent, 328. — Un œil téléviseur guide les avions dans l’obscurité, 380. — La télévision à l’exposilion de T. S. F. de Berlin, 461.
- H. (P.). — Psychologie de l’auditeur français de T. S. F., 275. — L’évo-
- lution des postes portatifs et la T. S. F. en automobile, 280. — Nouveautés radiotechniqucs, 284.
- 1 iémardinouer (P.). — La radiotechnique, l’ouïe et la surdité, 17. — Radiophonie pratique, 85, 373. — Phonographie, radiophonie, radiovision, 181, 423,519, 564.— Haut-parleurs d’amateurs, 241. — La radiophonie aux colonies, 254. — Les pannes de radiodiffusion, 272. — Où en est la technique des radio-récepteurs en France ? 276. — Les accumulateurs en T. S. F., 2S2. — L’évolution des phonographes et disques, 2S7. — La science française à l’exposition internationale de Liège, 367. — Nouveautés radiotechniques du Salon de 1930, 468.
- Hubert (Constant). — Défense des récréations mathématiques, 130.
- — Hubert, 321.
- Icard (Dr Séverin). — L’orientation des fourmis, 448.
- J. (S.). —• Un curieux accident, 222.
- Jaffray (J.). — Laplace et la physique, 357.
- K. (L.). — Un générateur mobile qui produit des décharges électriques sous un million de volts, 44. — La culture sous papier, 476.
- Ivazeeff (W.). —• L’hivernage de l’ours brun, 97. — Les derniers bisons d’Europe, 292.
- Ivuentz (L.). — L’ananas, 110. — Une nouvelle lampe électrique, 145.
- — Protection rationnelle contre le cambriolage, 193. — La banane française, 344. — Les truffes, 544.
- Lagrula (Jean-Louis). — Le problème de la couleur en cinématographie, 501.
- Lamare (Pierre). — Une exploration française au Yémen, 394.
- Larue (Pierre). — Comment distinguer les maïs, 45. — Distillation sous glaciaire et soulèvement du sol, 45.-—Degrés d’altération du loess en Roumanie, 91. —-Y a-t-il une relation entre la croissance du chêne et le poids du gland ? 140.— Machines à ensiler, 153. — La faille de 1930 à Bassol, 1S9. — Variations de rendement du blé, 1928-1930,380. —Sols forestiers, 413. •— Réaction des sols floraux, 473.
- Le Bon (Dr Gustave). — Transformations apparentes des peintures en sculpture, 542.
- Legendre (Dr J.). — Pour coloniser l’Afrique occidentale, 172.
- Loir (Dr Adrien). — La question du rat, 551.
- M. (R.). — L’observation des oiseaux en mer, 462.
- Moleski (R.). — L’hydrocarburateur et le carburant national, 454.
- Moll-Weiss (Maurice et Augusta). — Médicaments et médicastres du monde ailé, 149.
- Netter (Jacques). — La T. S. F. et les sourds, 515.
- Nodon (Albert). — Les récentes perturbations atmosphériques et solaires, 44. — Les séismes au Chili, 168. — A propos des radiations d’origine biologique, 329. — La météorologie et l’activité solaire dans l’Europe occidentale, de janvier à septembre 1930, 430.
- Noter (R. de). — Le guayavo, 45. — L’arracacha, 78. — Culture économique des champignons sans couche, 83. — Le pé-tsaï, 179. — Les bambous comestibles, 381. — Le crambé de Tartarie, 477.— La tomate des anthropophages, 526. — Les dolics bulbeux et tubéreux, 562.
- Peci-i (Dr J.-L.). — Le thermomètre ne peut donner une idée vraie de réchauffement de l’air, 307. — Les eaux minérales à la source et en bouteille, 339.
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- Pellat (A.-F.). — Les exploitations françaises de bauxite, 337. —
- Une mine unique au monde, 545.
- Picard (L.). — Automobile pratique, 38, 134, 230. — L’outillage de l’amateur de T. S. F., 332.
- R. (Ch.). —- Poissons géants pêchés dans les eaux du Nord, 319.
- Rallier du Baty (R.). — La crise de la pêche au chalut, 210.
- Raulin (G. de). — La défense du Grésivaudan, 118.
- Régnault (Dr Félix). — Les momies angoissées des animaux morts d’inanition, 437.
- Rémy (Paul). — La pêche chez les Esquimaux, 45S.
- Reverciion (Léopold). — L’observatoire de Tananarive, 411.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 84, ISO, 323, 372, 467.
- Rolet (Antonin). — La transhumance va-t-elle reprendre une nouvelle activité ? 24. —- La lavande, 403.
- Rudaux (Lucien). — Phénomènes aériens, 31. — Aspects du Soleil à son coucher, 154. — Les étoiles filantes et la terre, 439.
- Sauvaire-Jourdan (Commt). — Un beau sauvetage en pleine mer, 6. — L’inscription automatique des routes des navires sur la carte, 61. — Le Bamoun au Cameroun, 310.
- Sire (M.). — Un mode de transport en commun, 237.
- T. (A.). — La catastrophe du dirigeable anglais R-101,365.—Express à propulsion aérienne, 571.
- T. (E.). — Les obélisques astronomiques et géodésiques du Loiret, 139.
- Tiiibout (E.). — Le problème des 3 âges, 371. — La division effectuée de droite à gauche, 561.
- Thoret. — Vol à voile et vol alpin, 56.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique 35,131,227, 324,420, 516. — La photographie des éclairs, 19S.
- Tréhard (André). — L’huître et l’ostréiculture, 49. — Une grande culture coloniale : l’arachide, 529.
- Troller (A.). — Les robinets électriques, 547.
- Verdurand (A.). — L’aile habitable et l’avion sans queue, 109. — Comment volent les oiseaux, 159, 207. — L’aile à fente et la sécurité en avion, 49?.
- Verneuil (Max). —- Ballons-jouets et de réclame, 28. — Les ballons et la céramique, 392. —- Le musée de l’aéronautiqüe, 433.
- Viaud (G.). — A propos de la vision droite, 431.
- Vié (Georges). — Utilisation en industrie céramique des schistes houillers, 389. — Electrification des chemins de fer français, 556.
- Villers (R.). — Nouvel appareil pour les projections de cinéma parlant, 78. — Traversée de l’Atlantique en avion, 289. —- L’énergie thermique des océans, 361. — Stérilisateur automatique des eaux potables, 455.
- Weiss (E.-H.). — Le piano photoélectrique Spielman, 8. — L’ondium Péchadre, 64. — Nouveaux instruments de musique radioélectriques, 258.
- X. — La légende du lac Mœris, 125. — L’école Breguet, 222. — Le Sinanthropus de Péking, 306.
- Zurk (H.-L. Van). — Les oiseaux de l’embouchure du Var, 127.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- ObélisquesastronomiquesetgéodésiquésduLoiret(E.T.). . . . 139
- L’astronautique (L. Fournier)................................ 70
- L’observatoire de Tananarive (L. Reverchon)...................411
- L’observatoire de Zi-Ka-Wei (A. Boutaric).....................268
- Bulletin astronomique (Em. Touchet) . 35, 131, 227, 324, 420
- 516
- Nécrologie : Appell...........................................525
- Récréations mathématiques.
- Problèmes sur les aiguilles d’une montre........... 33
- Amusement par les jetons (L. David)................ 81
- Solution du problème (V. Brandicourt)................129
- Défense des récréations (C. Hubert)..................130
- Solution du problème de M. l’abbé Huelle (V.Brandicourt) 321
- Hubert (C. Hubert)...................................321
- Problème des 3 âges (E. Thibout)'..................371
- Questions de partage (L. David)......................465
- La division effectuée de droite à gauche (E. Tiiibout) . . 561
- II. — SCIENCES PHYSIQUES
- I. Physique.
- Les spectres de raies et la théorie des quanta (J. Bernamont) . 3
- La structure des atomes (E. Bloch).......................... 53
- Résonance et ionisation des gaz et vapeurs (L. Bloch) . . . 101
- Le thorybomètre (Dr A. Gradenwitz)..........................126
- Le thermomètre ne peut donner une idée vraie de réchauffement
- de l’air (D1 J.-L. Pech)....................................307
- Les eaux minérales à la source et en bouteille (D1 J.-L. Pecii) . 339
- Curieux phénomènes d’électrisation de l’essence (A. B.) .... 342
- Laplace et la physique (J. Jaffray).........................357
- Evaporation des solutions colloïdales (A. Boutaric).........406
- Teneur en radium des eaux pétrolifères de Bakou.............429
- La diffraction des rayons X par les cristaux (J. Bernamont). . 444
- L’effet Raman (A. Boutaric)....................................489
- Structure du celluloïd. .......................................523
- 2. Chimie.
- Nécrologie : Schloesing..................................... 188
- Nécrologie : A.-J. Le Bel..................................327
- L’uranium dans les eaux minérales ............................379
- Dosage des phénols dans les eaux de cokerie................379
- Nouvelle synthèse du méthane................................. 429
- Borates de cæsium.............................................429
- Aciers nitrurés. . ..........................................525
- Distillation sèche du baume de Tolu........................... . 569
- Ensimage de la laine..........................................569
- III. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du globe.
- Distillation sous-glaciaire et soulèvement du sol (P. Larue) . . 45
- Degrés d’altération du loess en Roumanie (P. Larue)............ 91
- Les séismes au Chili (A. Nodon)................................168
- La faille de 1930 à Bassou (P. Larue) . . :....................189
- Le tremblement de terre d’Italie..................................1S9
- Le Sinanthropus de Péking (X.)....................................306
- Le marbre Lunel...................................................379
- Caractères du minerai de fer oolitliique du Djebel el Auk. . . . 429
- Les étoiles filantes et la terre (L. Rudaux)...................439
- Chaîne calcaire du Rif espagnol................................. 523
- Modifications forestières des Vosges moyennes.....................523
- Nécrologie : Termier..............................................525
- Une mine unique au monde (A. F. Pellat) . .....................545
- Cimetière de Dinosauriens dans l’Alberta (E. Desfossés) . . 558
- Minerais métalliques de Yougoslavie...............................569
- 2. Météorologie.
- Phénomènes aériens (L. Rudaux)............................ 31
- Récentes perturbations atmosphériques et solaires (A. Nodon) . 44
- Aspects du soleil à son coucher (L. Rudaux)...............154
- Photographie des éclairs (E. Touchet).....................198
- La météorologie et l’activité solaire dans l’Europe occidentale, de
- janvier à septembre 1930 (A. Nodon) . .................430
- Le mois météorologique (Em. Roger). . 84, 180, 323, 372, 466
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- L’huître et l’ostréiculture (A. Tréhard)...................... 49
- Les serpents vivants au Muséum (A. Feuillée-Billot) .... 81
- L’hivernage de l’ours brun (W, Kazeeff).................... 97
- Les oiseaux de l’embouchure du Var (H.-L. Van Zurk) .... 127
- Médicaments et médicastres du monde ailé (M. et A. Moll-
- Weiss) ....................................................149
- Photographie des radiations d’origines biologiques (A. Givelet) 165
- Un mode de transport en commun (M. Sire)...................237
- Derniers bisons d’Europe (W. Kazeeff).........................292
- Poissons géants pêchés dans les eaux du nord (Ch. R.) .... 319
- A propos des radiations d’origine biologique (A. Nodon). . . . 329
- La pêche à la baleine (V. Forbin)..........................352
- Le martinet noir (A. Feuillée-Billot)........................ 369
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- Les chevaux et la guerre.....................................370
- Élevage du ragondin (H. Coupin)..............................409
- Enquête sur les rongeurs de France (A. Feuillée-Billot) . . . 417
- Isolement et préparation de la vagotonine.................429
- Les momies angoissées des animaux morts d’inanition (Dr Félix
- Régnault)....................... . ....................437
- L’orientation des fourmis (Dr S. Icard)...................448
- L’observation des oiseaux en mer (R. M.).....................4G2
- Poissons ganoïdes fossiles...................................523
- Transformations apparentes des peintures en sculpture (Dr G.
- le Bon)...................................................542
- Respiration des poissons et pression barométrique............569
- Nécrologie : Gley............................................570
- Situation du saumon en France................................570
- 4. Botanique. — Agriculture.
- L’ananas (L. Kuentz)....................................... 10
- Le guayavo (R. de Noter)..................................... 45
- Comment distinguer les maïs (P. Larue)..................... 45
- Force développée par l’asperge (Dr H. Bordier)............. 58
- L’arracaelia (R. de Noter).................................... 78
- Joncs et roseaux en Picardie (V. Brandicourt)..............122
- Y a-t-il une relation entre la croissance du chêne et le poids du
- gland (P. Larue)...........................................140
- Reproduction en cire des champignons (A. Daclin)...........147
- Machines à ensiler (P. Larue)..............................153
- Le pé-tsaï (R. -de Noter).....................................179
- La banane française (L. IIuentz)..............................344
- Variations de rendement du blé 1928-1930 (P. Larue) .... 380
- Les bambous comestibles (R. de Noter)......................381
- Un champignon colossal (Dr Baudouin)..........................3S1
- La lavande (A. Rolet).........................................403
- Sols forestiers (P. Larue) . ..............................413
- Culture sous papier (L. K.)...................................476
- Le crambé de Tartarie (R. cle. Noter). ....................477
- Standardisation des fruits et légumes (J. Boyer)...........507
- Tomate des anthropophages (R. de Noter)....................526
- Une grande culture coloniale : l’arachide (A. Tréiiard) . . 529
- Les truffes (L. Kuentz).............................. 544
- Les dolics bulbeux et tubércux (R. de Noter)...............562
- IV. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- La transhumance va-t-elle reprendre une nouvelle activité? (A.
- Rolet)................................................... 24
- La légende du lac Moeris (X.)........................... . . 125
- Expédition anglaise au Groenland à la recherche d’une route
- aérienne................................................. 140
- Pour coloniser l’Afrique occidentale (Dr J. Legendre) .... 172
- Le cuivre dans l’Afrique du Sud...........................188
- Le Bamoun au Cameroun (C‘ Sauvaire-Jourdan)...............310
- L’expédition polaire Andrée .................................317
- Une exploration française au Yémen (P. Lamare)............394
- La pêche chez les Esquimaux (P. Rémy).....................458
- La population du monde . .................................. 477
- L’industrie du pétrole en Roumanie (P. Garnier)..............481
- L’adaptation à l’homme des trypanosomes pathogènes de Mam-
- mifères .......................................................379
- Stérilisateur automatique des eaux potables (R. Villers) . . . . 545
- La question du rat (Dr A. Loir)...................................551
- VL — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Ballons-jouets et de réclame (M. Verneuil).................... 2S
- Statistique des gratte-ciel...................................... 91
- Fabrication des cannes à pêche (J. Boyer).....................149
- Le morceau de sucre (M. B.).................................. . 175
- Protection rationnelle contre le cambriolage (L. Kuentz). . . . 193
- Treillis imperméables au vent (Dr A. Gradenwitz)................ 196
- L’école Breguet (X.).............................................222
- Nouvelle substance réfrigérante. ................................327
- Les exploitations françaises de bauxite (A- L Pellat)............337
- La science française à l’exposition internationale de Liège
- (P. Hémardinouer)............................................ 367
- Utilisation dans l’industrie céramique des schistes houillers
- (G. Vié)......................................................3S9
- L’école nationale d’horlogerie de Cluses (J. Boyer)..............463
- 2. Photographie. — Phonographie.
- Désensibilisation des émulsions photographiques (A. Bourgain). Nouvel appareil pour les projections de cinéma parlant (R- Villers).......................................................
- Ilaut-parleurs d’amateurs (P. IIémardinquer)................
- Évolution des phonographes et disques (P. IIémardinquer). .
- Photographie sur cuivre.....................................
- Le nouveau ciné de salon « Filo » (A. Bourgain).............
- Fabrication de la pellicule photographique ( A. Bourgain). . . Le problème de la couleur en cinématographie (J.-L. Lagrula). Phonographie, radiophonie, radiovision (P. Hémardinouer):
- Disques : classement.................................
- Phonographe portatif........................... 182,
- Haut-parleur électrodynamique........................
- Lampe de puissance............(................1S3,
- Récepteurs téléphotographiques Disques de langues vivantes . . Disques rigides et incassables. . Moteur phonographique. . . . Sourdine pour haut-parleur . . Radio-récepteur portatif. . . .
- Poste à alimentation sur secteur
- Accessoire amusant............
- Usure et entretien des disques . Répétiteur pour disques. . . .
- Enregistreur •................
- Disques pour bruits de scène . Carte-postale phonographique . Transformateur basse fréquence
- Bras de pick-up...............
- Lampes multiples..............
- Poste toutes ondes............
- 17
- 78
- 241
- 287
- 324
- 348
- 385
- 501
- 181
- 424 182
- 425 184
- 423
- 424 424
- 426
- 426
- 427 427
- 519
- 520
- 521 564 564
- 564
- 565
- 566 566
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Le nouvel institut du cancer de Villejuif (J. Boyer)....... 1
- Les nouveaux traitements actifs de la tuberculose (G. Eisen-
- menger)................................ .............. 65
- Le typhus exanthématique (J. Boyer)........................116
- 3. Électricité.
- Le piano photoélectrique Spielman (E. Weiss).................. 8
- La radiotechnique, l’ouïe et la surdité (P. Hémardinouer) ... 17
- Générateur mobile qüi produit des décharges sous un million de
- volts (L. K.)............................ 44
- Un appareil de musique radioélectrique : l’ondium Péchadre 64 (E. Weiss)..................................................... 64
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- Les postes d’interprétation polyglotte à la Conférence de force
- motrice mondiale (Dr A. Gradenwitz)........................139
- Nouvellelampe électrique (L. Kuentz).......................145
- L’exposition de T. S. F....................................241
- La radiophonie aux colonies (P. Hémardinquer)..............254
- Nouveaux instruments de musique radioélectriques (E. Weiss). 257 Perception des sons par le toucher (Dr A. Gradenwitz) . . . . 268
- Les pannes de radiodiffusion (P. Hémardinquer).............272
- Psychologie de l’auditeur français de T. S. F. (P. IL)..... 275
- Où en est la technique des radio-récepteurs en France? (P. Hémardinquer)..................................................276
- L’évolution des postes portatifs et la T. S. F. en automobile *-
- (É. IL)................................................... 280
- Les accumulateurs en T. S. F. (P. Hémardinquer)...............282
- Nouveautés radiotechniques (P. H.).......................... 284
- Projections sur écran des images télévisuelles (Dr A. Gradenwitz) 316 Comment on reconnaît les fruits véreux par enregistrement ultrasensible .....................................................327
- Archets ù fils d’argent (Dr À. Gradenwitz)....................328
- Baguettes Telefunken (Dr A. Gradenwitz) . . . . . .........' 328
- L’outillage de l’amateur de T. S. F. (L. Picard)..............332
- La télévision à l’exposition de T. S. F. de Berlin (A. Gradenwitz).......................................................461.
- Nouveautés radiotechniques du salon de 1930 (P. Hémardinquer) ....................................................468
- Radiodiffusion en France de l’atterrissage de Costes et Bellonte
- aux États-Unis.............................................476
- La T. S. F. et les sourds (J. Netter).........................515
- Les robinets électriques (A. Troller).........................547
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Détection de puissance................................... 85
- Sélectivité et pureté d audition ........................ 85
- Parasites artificiels.................................... 86
- Transformateur basse fréquence........................... 86
- Boîte d’alimentation sur alternatif...................... 87
- Mise en. marche automatique des postes................... S8
- Parasites atmosphériques et industriels : élimination . . . 373
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Défensedu Grésivaudan (J. deRAULiN).........................118
- L’île d'Oléron reliée au continent (M. Bousquet)............237
- Manutention mécanique dans les ports (L. Fournier)..........295
- L’énergie thermique des océans (R. Villers).................361
- L’utilisation de l’énergie thermique des mers (G. Claude) 500, 532
- Le pont de Sydney...........................................554
- 5. Transports.
- Désherbage chimique des voies ferrées (M. Bousquet). .... 414
- L’hydrocarburateur (R. Moleski)...............................454
- L’évolution du moteur Diesel (L. Fournier)....................533
- Electrification des chemins de fer français (G. Vié)..........556
- . Express à propulsion aérienne.................................571
- Automobile pratique (L. Picard):
- Circulation aux États-Unis................................ 3S
- Allumage par batterie et magnéto.......................... 38
- Démonte-roues............................................. 3g
- Serrure automatique de capot.............................. 39
- Réchauffeur automatique................................... 40
- Essuie-glace intégral..................................... 40
- Signalisateur alternatif.................................. 41
- Réglage des carburateurs..................................134
- Autostrades...................................... 134, 231
- Batterie d’accus de grande capacité..................... 135
- Relais de vitesse magnétique.................. . .....135
- Contacteur de volant multiple ............................136
- 585
- Voitures d’occasion . ............................ . . * . 230
- Antivols.............................................. 321
- Avertisseur pneumatique.....................................231
- Réservoir de sécurité.......................................232
- Gonfleur automatique........................................233
- Outil universel........................................... 233
- Amortisseur tubulaire..................................... 234
- 6. Aviation et aéronautique.
- Vol à voile et vol alpin (Thoret).......................... . 56
- Aile habitable et avion sans queue (A. Verdurand)..........109
- Comment volent les oiseaux (A. Verdurand)............ 159, 207
- Traversée en avion de l’Atlantique (R. Villers)............289
- Stabilisateur automatique Constantin pour avion...............329
- La catastrophe du dirigeable anglais R.-101 (A. T.)........365
- Un œil téléviseur guide les avions dans l’obscurité (A. Gradenwitz)......................................................380
- Les ballons et la céramique (M. Verneuil)..................392
- Notre aéroport colonial : Marignane (M. Debesse)...........399
- Congrès international de la sécurité aérienne.................430
- Le musée de l’aéronautique (M. Verneuil)......................433
- Refroidissement des moteurs d’avion par l’éthylène-glycol. . . 476
- L’aile à fente et la sécurité en avion (A. Verdurand) ..... 493
- Chronique d’aviation. 43, 89, 137, 187, 235, 331, 475, 524, 567
- 7. Marine.
- Un beau sauvetage en pleine mer (C‘Sauvaire-Jourdan). . . 6
- L’inscription automatique des routes des navires sur la carte
- (C‘ Sauvaire-Jourdan)................................. 61
- Installation téléphonique du paquebot Lafayette..........176
- La crise de la pêche au chalut (R. Rallier du Baty)......210
- Les paquebots à moteurs et leurs avantages................. 217
- Un curieux accident (S. J.)..............................222
- Plongée sous-marine de plus de 400 mètres................291
- VIL - HISTOIRE DES SCIENCES
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (II. Coupin) . 177, 225
- 513
- VUI. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé des communications (P. Baud) . . . 379, 429, 523, 569
- IX. — VARIA
- Prestidigitation (Alber) :
- Pliages de papier (Alber)....................................563
- La cage mystérieuse.......................................... 34
- Le pilori chinois............................................226
- Mille francs pour vous.......................................449
- Evaporée..................................................... 67
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES I. Petites inventions.
- Couvre-siège hygiénique......................
- Crochet à rupture d’attelage.................
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- Diable-car..................................................... 92
- Pompe pyrovore................................................. 92
- Régulateur Vitolia pour cinéma................................. 93
- Cintreuse de tuyaux sans remplissage...........................141
- Cisaille pour moulures électriques. ...........................142
- Tournevis à préhension.........................................142
- Ouvre-boîtes de conserves......................................142
- Accumulateur régulateur de froid...............................238
- Pince à sucre..................................................238
- Air frais et assaini...........................................334
- Collier-douche pour bouteilles.................................334
- Rails sans joints . ...........................................382
- Sablier avertisseur............................................382
- Échafaudage volant « Ecureuil »............................. . 478
- Treuil « Gir « pour bois en grumes.............................478
- Redresseur au sélénium.........................................527
- Pince-nappe................................................... 527
- Motocyclette à la ferme........................................572
- Petite machine automobile......................................572
- Coins pour toile cirée.........................................573
- Pince multiple..............................................573
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Chemises à dossiers........................................... 41
- Imperméabilisation des feutres................................ 41
- Acier : bleuissement.......................................... 41
- Champignons : culture sans couches........................... 83
- Fleurs coupées : conservation.................................133
- Eau de tabl ominéralisée gazeuse............................ 185
- Gants : soins.................................................185
- Nettoyage des marquises.......................................185
- Compteur électrique ampèremètre...............................322
- Peinture économique...........................................377
- Peinture par gonfleurs de pneus...............................377
- Vin à l’angustura.............................................377
- Mastics cellulosiques.........................................418
- Tabac dénicotinisé............................................418
- Argenture du verre............................................148
- Peinture sur ciment...........................................473
- Rats : destruction............................................473
- Sols floraux : réaction.......................................473
- 3- Boîte aux Lettres.
- Changements de lettres........................................ 47
- Phonographes..................................... 47, 94 431
- T. S. F.......... 47, 94, 143, 192, 336, 383, 431, 528, 574
- Laudanum.................................................. . 48
- Soleil : protection......................................... 48
- Musée d’artillerie des Invalides............................... 94
- Papiers vieux : utilisation................•................ 95
- Enduit lavable pour parquets.................................... 95
- Résinate de manganèse........................................... 96
- rawl.......................................................... 143
- Bakélite........................................................143
- Bois d’ébène....................................................143
- Colle pour caoutchouc vulcanisé.................................143
- Encaustique fluide..............................................143
- Mastic de vitrier...............................................143
- Lithographies coloriées.........................................144
- Taches de rouille sur le linge..................................144
- Voile des diapositives..........................................144
- Savoie et Italie................................................190
- Lune : influences...............................................190
- Avion sans queue................................................190
- Hélicoptère Œhmichen............................................190
- Bouillies cupriques adhérentes..................................190
- Vernis or pour laiton...........................................191
- Chlorure d’éthyle...............................................191
- Ongles : pour les rosir.........................................191
- Vert de vessie................................................. 191
- Toile bleue : affaiblissement de couleur........................191
- Vision droite...................................................239
- Œuf phénomène................................................. 335
- Vision d’une onde sonore explosive..............................335
- Cheveux : fixage................................................335
- Disques souples et incassables..................................335
- Verre blanc devenu violet.......................................335
- Vitres : coloration.............................................336
- Papier doré.................................................... 336
- Vrillettes......................................................383
- Citrate de fer ammoniacal.......................................384
- Taches de rouille sur le ciment.................................384
- Vision droite...................................................431
- Tubes à rayons X.............................................. 432
- Auto frappée par la foudre..................................... 479
- Vin : acidité volatile..........................................479
- Vernis cellulosique.............................................479
- Mastic à greffer................................................528
- Dorure sur tranche..............................................528
- Peinture sur ciment.............................................574
- Gomme laque.....................................................574
- Poudre à punaises...............................................575
- Argent bactéricide..............................................575
- Mastic Serbat...................................................575
- Livres nouveaux : 42, 90, 138, 186, 236, 330, 378, 428, 474
- 522, 568
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Documents photographiques.......................... 480, 576
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1930.
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